Salle 216
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Re: Salle 216
Sans nul doute, Tenrou était un idéaliste. Il était de ceux qui pensait qu’en voulant quelque chose, on pouvait l’avoir. Non sans effort mais avec une volonté de fer, les portes s’ouvriraient plus facilement. Assurément la réalité était beaucoup plus dur. Mais il continuerait sur cette voie tant qu’aucun événement ne viendrait le contredire. Il n’avait pas pour lui la connaissance ni l’expérience de son homologue qui lui permettait de s’avancer. Il avait seulement de son côté l’innocence de ses débuts et un trop plein d’optimisme. Si pour certain cela apparaissait comme un défaut de taille, pour lui c’était une qualité essentielle, une preuve de son humanité. Plus la conversation avançait et plus il se rendait compte justement que les ninjas semblaient avoir abandonné cette part d’humanité en eux. Renier leurs sentiments pour mieux réaliser leurs objectifs. L’un n’était apparemment pas compatible avec l’autre. Pourquoi les shinobis devaient-ils donc tous suivre ce destin ?
L’espace d’un instant un frisson parcouru le corps de l’étudiant. Une pensée traversa son esprit. Et si lui aussi devait un jour devenir comme cela ? Non, cela n’était pas concevable. En tout cas pas vu son état d’esprit actuel.
La conversation continuait. Personne n’avait bougé de sa place. Tenrou était apparemment le seul à ne pas pouvoir rester en place. Cette fois ci, il avait fait un effort. Assis, il écoutait son interlocuteur. L’étudiant fût quelque pût surpris. La réplique du gennin sonnait bizarrement dans la tête de Tenrou. Lui qui avait une expression si rigide, un regard si peu amical avait aussi des gens qu’il aimait ? Des gens à protéger ? L’étudiant l’aurait plutôt imaginé seul, à l’écart des gens. Comme beaucoup d’autres ninjas d’ailleurs. Des ninjas que l’étudiant voyait distant, froid, sans attache…En d’autre terme seul. Un nouveau frisson parcourut l’étudiant. Avait-il devant lui une image de son avenir ? Une fois de plus, la réponse était négative. Il se le matraquait dans la tête. Il ne serait pas genre de shinobis.
Au delà de ces interrogations que se posaient l’étudiant, le gennin avait vu juste. Protéger les personnes qui nous sont chères n’ait pas chose aisée. Rien ne se passe jamais comme on le veut. On est parfois si impuissant face aux problèmes que lorsqu’ils surviennent, on ne sait jamais quoi faire.
Un bruit assourdissant résonna dans la tête de l’étudiant. Le bruit d’une chose qui tombe avec force au sol. Il se rappela succinctement de quelque chose. Quelque chose qu’il préféra ne pas faire ressurgir pour le moment. Il secoua alors la tête.
Comment espérer protéger des inconnus, un village alors que l’on n’est même pas capable de protéger ceux qui nous sont proche ? C’était le véritable défi. Et celui qui avait trouvé la réponse n’était sûrement pas encore né. Mais ce n’était pas non plus la prétention de Tenrou. Il espérait juste en protéger le maximum. Comment ? Il n’en savait encore rien. Il en saurait sûrement un peu plus en continuant d’apprendre à l’académie. Pour le moment, il ne pouvait même pas se protéger lui même. N’importe qui aurait pût le briser facilement.
Le ciel était presque complètement dégagé, les rayons du soleil perçaient. L’étudiant avait maintenant droit aux remontrance de son vis à vis. Il devait obéir, encore et toujours obéir. Les ordres avant tout. L’étudiant savait se plier à cet exercice. Il n’avait pas vraiment de problème vis à vis de l’autorité. Mais la nature des ordres qui lui seront donnés à l’avenir pourrait bien le faire fléchir. Quoi qu’il en soit, cet avenir proche ou lointain n’était pas vraiment sa plus grande préoccupation sur l’instant. Pour le moment, ce qu’il voulait c’était des réponses à ses questions. Le gennin allait-il l’éclairer ou non ? Il le serait dans peu de temps.
C’était négatif. Iba ne voulait pas devenir le testeur « testé » et refusa donc logiquement de se plier au petit exercice. Tenrou quoique déçu s’en était quelque peu douté. Pourquoi le gennin se serait amuser à prendre du temps pour céder à son caprice ? Il y avait bien une raison. Et cette raison se nommait Takeo. L’instructeur qui avait plus de pouvoir que l’étudiant fini par convaincre le gennin.
Le gennin se disait réaliste. Après tout, pourquoi pas. Malgré son jeune âge, il avait bien plus d’expérience que Tenrou et pouvait légitiment le persuader de la chose. C’était son point de vue en tous les cas. Et une fois de plus, l’état d’esprit de l’étudiant était remis en cause. Sa façon de penser représentait une faiblesse en soi aux yeux de son auditoire. C’était plutôt étrange pour lui qui pensait le contraire. Plus étrange la seconde réponse d’Iba. Il était resté dans le vague sur ses motivations. Pourquoi ne voulait-il pas tout dire ? Pourquoi ne voulait-il pas être franc cette fois ci ? Peut être était ce trop personnel pour en parler ou peut être ne voulait-il tout simplement pas s’exprimer sur le sujet par manque d’envie. Tenrou devait déjà s’estimer heureux d’avoir eût ce fragment de réponse. A la base le gennin ne voulait même pas répondre. C’était finalement une bonne chose que Takeo soit là bien qu’il ne l’ai jamais remis en cause.
Quelque chose d’autre encore avait retenu son attention. Quelque chose dont il n’avait pas fait attention sur l’instant. Sa famille FAISAIT parti des forces de Kiri ? Cela voudrait donc dire qu’ils ne le font plus. Une question en amener une autre. Pourquoi ? Comment ? Autant de questions auxquelles l’étudiant ne trouverait pas de réponse en tout cas pas pour l’instant. Il aurait beau retourner la question dans tous les sens, si elle n’était pas formulée directement à la personne concernée, l’étudiant n’en retirerait aucune réponse satisfaisante. Tout juste des hypothèses mal énoncée.
Sa réserve de question était limitée. Il savait qu’une autre interrogation serait mal accueillie par le gennin. Et cela même si Takeo était là. Iba lui n’était pas soumis à des contraintes de ce genre et avait relancé l’étudiant avec une nouvelle question.
« J’espérais bien pouvoir poursuivre sur ma voie tout en suivant l’enseignant des shinobis. J’espérais mal…Encore une fois, j’ai été un peu trop optimiste. »
L’étudiant marqua une pause. Le ton était devenu sec
« Je sais obéir si c’est ce que tu veux savoir. »
La réponse était claire et on ne peut plus honnête. Il savait obéir et c’était certain. Mais on ne lui avait jamais ordonné de commettre un meurtre ou une action de ce genre. Restait donc à savoir comment il réagirait dans ce type de situation. L’étudiant avait bien une petite idée mais il était inutile de s’avancer pour le moment.
La dernière question du gennin était plus intéressante et reposait en plus la question sur le pourquoi de l’entrée de Tenrou à l’académie. L’étudiant n’y avait pas vraiment répondu la première fois c’était l’occasion pour lui de se rattraper. Voulu ou non, le gennin faisait là d’une pierre deux coups.
« La voie que j’ai choisi est la Médecine. Je pense que tu l’avais déjà deviné. C’est un art qui n’est pas destiné à nuire mais à guérir. Un art qui même dans cette institution qu’est les ninjas trouve sa place pour venir en aide aux autres.
Je n’en pas encore commencé l’apprentissage. Takeo qui est mon instructeur s’efforce à m’apprendre les bases pour l’instant. On ne peut donc pas dire que je sois vraiment d’une grande utilité pour le moment. Enfin, chaque chose en son temps. »
Venait maintenant le temps de révéler pourquoi il avait choisit cette voie. Il avait déjà dû en faire part à son entrée à l’académie. C’était d’ailleurs Takeo qui lui avait posé cette même question. Ce jour là, il lui avait répondu franchement, lui avait parlé de sa mère et de ses problèmes. L’étudiant avait d’ailleurs justement appris ce même jour que Takeo avait lui aussi examiné sa mère comme nombre de médecins sans plus de succès. Aujourd’hui, il préférait raccourcir l’histoire. Sa voix se faisait plus mélancolique et son regard plus pensif.
« Si j’ai choisi cette voie et par la même occasion choisi de devenir ninja, c’est pour la même et unique personne…
J’espère en poursuivant ce chemin pouvoir un jour lui venir en aide… »
Dans son égarement, une pensée enfouie au fond de lui fit surface. La voix était quasi inaudible. Sans s'en rendre, compte il se laissa aller.
« Je hais tous ces médecins incapables... »
Il savait que le chemin allait être long et il n’en avait même pas gravi la première marche. Sa plus grande peur aurait été que cette personne qui lui est chère ne tienne pas jusqu’à ce jour annoncé. On ne revenait encore une fois à la même logique Il lui fallait du temps. Peut être même beaucoup plus qu’il ne le pensait.
L’étudiant releva la tête reprenant son attitude habituelle, il se tourna vers le gennin. Même s’il n’avait pas vraiment l’opportunité de poser des questions, il ne voulait pas se contenter de répondre. Sa nature curieuse l’empêchait de rester silencieux.
« Si j’en crois ta petite démonstration de tout à l’heure, tu as dû choisir le Ninjutsu. Je me trompe ? »
Sans plus de confirmation de la part du gennin, Tenrou enchaîna.
« J’aurai très certainement été mauvais dans cette discipline. Je n’ai jamais été vraiment très habile de mes mains de toute manière. »
L’espace d’un instant un frisson parcouru le corps de l’étudiant. Une pensée traversa son esprit. Et si lui aussi devait un jour devenir comme cela ? Non, cela n’était pas concevable. En tout cas pas vu son état d’esprit actuel.
La conversation continuait. Personne n’avait bougé de sa place. Tenrou était apparemment le seul à ne pas pouvoir rester en place. Cette fois ci, il avait fait un effort. Assis, il écoutait son interlocuteur. L’étudiant fût quelque pût surpris. La réplique du gennin sonnait bizarrement dans la tête de Tenrou. Lui qui avait une expression si rigide, un regard si peu amical avait aussi des gens qu’il aimait ? Des gens à protéger ? L’étudiant l’aurait plutôt imaginé seul, à l’écart des gens. Comme beaucoup d’autres ninjas d’ailleurs. Des ninjas que l’étudiant voyait distant, froid, sans attache…En d’autre terme seul. Un nouveau frisson parcourut l’étudiant. Avait-il devant lui une image de son avenir ? Une fois de plus, la réponse était négative. Il se le matraquait dans la tête. Il ne serait pas genre de shinobis.
Au delà de ces interrogations que se posaient l’étudiant, le gennin avait vu juste. Protéger les personnes qui nous sont chères n’ait pas chose aisée. Rien ne se passe jamais comme on le veut. On est parfois si impuissant face aux problèmes que lorsqu’ils surviennent, on ne sait jamais quoi faire.
Un bruit assourdissant résonna dans la tête de l’étudiant. Le bruit d’une chose qui tombe avec force au sol. Il se rappela succinctement de quelque chose. Quelque chose qu’il préféra ne pas faire ressurgir pour le moment. Il secoua alors la tête.
Comment espérer protéger des inconnus, un village alors que l’on n’est même pas capable de protéger ceux qui nous sont proche ? C’était le véritable défi. Et celui qui avait trouvé la réponse n’était sûrement pas encore né. Mais ce n’était pas non plus la prétention de Tenrou. Il espérait juste en protéger le maximum. Comment ? Il n’en savait encore rien. Il en saurait sûrement un peu plus en continuant d’apprendre à l’académie. Pour le moment, il ne pouvait même pas se protéger lui même. N’importe qui aurait pût le briser facilement.
Le ciel était presque complètement dégagé, les rayons du soleil perçaient. L’étudiant avait maintenant droit aux remontrance de son vis à vis. Il devait obéir, encore et toujours obéir. Les ordres avant tout. L’étudiant savait se plier à cet exercice. Il n’avait pas vraiment de problème vis à vis de l’autorité. Mais la nature des ordres qui lui seront donnés à l’avenir pourrait bien le faire fléchir. Quoi qu’il en soit, cet avenir proche ou lointain n’était pas vraiment sa plus grande préoccupation sur l’instant. Pour le moment, ce qu’il voulait c’était des réponses à ses questions. Le gennin allait-il l’éclairer ou non ? Il le serait dans peu de temps.
C’était négatif. Iba ne voulait pas devenir le testeur « testé » et refusa donc logiquement de se plier au petit exercice. Tenrou quoique déçu s’en était quelque peu douté. Pourquoi le gennin se serait amuser à prendre du temps pour céder à son caprice ? Il y avait bien une raison. Et cette raison se nommait Takeo. L’instructeur qui avait plus de pouvoir que l’étudiant fini par convaincre le gennin.
Le gennin se disait réaliste. Après tout, pourquoi pas. Malgré son jeune âge, il avait bien plus d’expérience que Tenrou et pouvait légitiment le persuader de la chose. C’était son point de vue en tous les cas. Et une fois de plus, l’état d’esprit de l’étudiant était remis en cause. Sa façon de penser représentait une faiblesse en soi aux yeux de son auditoire. C’était plutôt étrange pour lui qui pensait le contraire. Plus étrange la seconde réponse d’Iba. Il était resté dans le vague sur ses motivations. Pourquoi ne voulait-il pas tout dire ? Pourquoi ne voulait-il pas être franc cette fois ci ? Peut être était ce trop personnel pour en parler ou peut être ne voulait-il tout simplement pas s’exprimer sur le sujet par manque d’envie. Tenrou devait déjà s’estimer heureux d’avoir eût ce fragment de réponse. A la base le gennin ne voulait même pas répondre. C’était finalement une bonne chose que Takeo soit là bien qu’il ne l’ai jamais remis en cause.
Quelque chose d’autre encore avait retenu son attention. Quelque chose dont il n’avait pas fait attention sur l’instant. Sa famille FAISAIT parti des forces de Kiri ? Cela voudrait donc dire qu’ils ne le font plus. Une question en amener une autre. Pourquoi ? Comment ? Autant de questions auxquelles l’étudiant ne trouverait pas de réponse en tout cas pas pour l’instant. Il aurait beau retourner la question dans tous les sens, si elle n’était pas formulée directement à la personne concernée, l’étudiant n’en retirerait aucune réponse satisfaisante. Tout juste des hypothèses mal énoncée.
Sa réserve de question était limitée. Il savait qu’une autre interrogation serait mal accueillie par le gennin. Et cela même si Takeo était là. Iba lui n’était pas soumis à des contraintes de ce genre et avait relancé l’étudiant avec une nouvelle question.
« J’espérais bien pouvoir poursuivre sur ma voie tout en suivant l’enseignant des shinobis. J’espérais mal…Encore une fois, j’ai été un peu trop optimiste. »
L’étudiant marqua une pause. Le ton était devenu sec
« Je sais obéir si c’est ce que tu veux savoir. »
La réponse était claire et on ne peut plus honnête. Il savait obéir et c’était certain. Mais on ne lui avait jamais ordonné de commettre un meurtre ou une action de ce genre. Restait donc à savoir comment il réagirait dans ce type de situation. L’étudiant avait bien une petite idée mais il était inutile de s’avancer pour le moment.
La dernière question du gennin était plus intéressante et reposait en plus la question sur le pourquoi de l’entrée de Tenrou à l’académie. L’étudiant n’y avait pas vraiment répondu la première fois c’était l’occasion pour lui de se rattraper. Voulu ou non, le gennin faisait là d’une pierre deux coups.
« La voie que j’ai choisi est la Médecine. Je pense que tu l’avais déjà deviné. C’est un art qui n’est pas destiné à nuire mais à guérir. Un art qui même dans cette institution qu’est les ninjas trouve sa place pour venir en aide aux autres.
Je n’en pas encore commencé l’apprentissage. Takeo qui est mon instructeur s’efforce à m’apprendre les bases pour l’instant. On ne peut donc pas dire que je sois vraiment d’une grande utilité pour le moment. Enfin, chaque chose en son temps. »
Venait maintenant le temps de révéler pourquoi il avait choisit cette voie. Il avait déjà dû en faire part à son entrée à l’académie. C’était d’ailleurs Takeo qui lui avait posé cette même question. Ce jour là, il lui avait répondu franchement, lui avait parlé de sa mère et de ses problèmes. L’étudiant avait d’ailleurs justement appris ce même jour que Takeo avait lui aussi examiné sa mère comme nombre de médecins sans plus de succès. Aujourd’hui, il préférait raccourcir l’histoire. Sa voix se faisait plus mélancolique et son regard plus pensif.
« Si j’ai choisi cette voie et par la même occasion choisi de devenir ninja, c’est pour la même et unique personne…
J’espère en poursuivant ce chemin pouvoir un jour lui venir en aide… »
Dans son égarement, une pensée enfouie au fond de lui fit surface. La voix était quasi inaudible. Sans s'en rendre, compte il se laissa aller.
« Je hais tous ces médecins incapables... »
Il savait que le chemin allait être long et il n’en avait même pas gravi la première marche. Sa plus grande peur aurait été que cette personne qui lui est chère ne tienne pas jusqu’à ce jour annoncé. On ne revenait encore une fois à la même logique Il lui fallait du temps. Peut être même beaucoup plus qu’il ne le pensait.
L’étudiant releva la tête reprenant son attitude habituelle, il se tourna vers le gennin. Même s’il n’avait pas vraiment l’opportunité de poser des questions, il ne voulait pas se contenter de répondre. Sa nature curieuse l’empêchait de rester silencieux.
« Si j’en crois ta petite démonstration de tout à l’heure, tu as dû choisir le Ninjutsu. Je me trompe ? »
Sans plus de confirmation de la part du gennin, Tenrou enchaîna.
« J’aurai très certainement été mauvais dans cette discipline. Je n’ai jamais été vraiment très habile de mes mains de toute manière. »

Tenrou- Genin de Kiri

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Re: Salle 216
Le jeu continuait et ne semblait pas vouloir s’arrêter. Petit à petit, Iba arrivait à percer à jour Tenrou et bientôt il pourrait avoir une idée plus précise sur sa mentalité. Il avait cessé de pleuvoir, et le temps se mettait au beau, bien que le ciel restait constellé de nuages ci et là. De toutes les réponses de l’étudiant, une seule retint son attention et ce n’était pas le fait qu’il obéirait. Chez les shinobi c’était plutôt du « marche ou crève », Tenrou n’aurait pas vraiment le choix. Non, ce qui avait vraiment marqué le genin c’était…
Chaque chose en son temps…
Il avait donc affaire à un individu se montrant comme posé. Un bon point pour Tenrou, cette attitude étant en effet les prémisses d’une réflexion approfondie, ne laissant pas de place aux éléments superficiels. Toutefois, cela ne faisait qu’accroître la méfiance du genin. Il devait rester le plus objectif possible et ne pas se laisser guider par ses impressions et à priori. Iba se devait d’être méthodique et consciencieux.
Tenrou lui expliqua alors qu’il avait choisi la médecine comme voie principale. En effet cela correspondait au personnage et à sa mentalité, enfin il s’agissait sans aucun doute, de l’enseignement le plus proche de sa philosophie. Iba trouva cependant le garçon assez moralisateur, ce qui commença à l’exaspérer quelque peu. Non pas que le genin se sentait détenir la vérité absolue sur son confrère, mais que ce dernier se trompait sur nombres de points. La différence est mince…
Ironiquement, Iba se dit que l’étudiant ne devait même pas savoir l’élément décisif qui avait décidé les autorités à former des médecins shinobi. Tout simplement l’augmentation du taux de réussite des missions à haut risque, celles où il faut se battre et donc…
Bien sûr on pouvait se cacher derrière des prétextes comme quoi les médecins ninja aidaient la populace, néanmoins ils sont peu nombreux, pour ne pas dire inexistant, car la majorité est réquisitionnée pour les combattants ; ou encore œuvre pour le bien de tous. Les médecins n’en restent pas moins des soldats aguerris et meurtriers. Le jeune garçon se souvenait encore de Nimuro capable de briser un mur en béton armé à mains nues, il était inutile de se demander ce qu’il se passerait lorsqu’il frapperait un homme…
Non, décidément, le garçon était bien loin des réalités de ce monde.
Une autre phrase attira son attention…
Elle avait été à peine susurrée. Le garçon éprouvait du ressentiment envers les médecins ? Pourquoi ? Iba jeta un regard interrogateur sur Takeo. Celui-ci ne répondit pas…
Le genin devrait trouver par lui même. La cause la plus plausible restait qu’un de ses membres de sa famille proche avait eut un différent ou un problème avec le service hospitalier. « incapable » sous-entendait que cette personne n’avait put être sauvée, soignée correctement. Peut-être était-elle estropiée à cause d’un « raté » ? Peut-être n’était-elle plus de ce monde ?
Un instant le garçon se demanda s’il serait assez vicieux pour demander plus de détails à son interlocuteur. Peut-être pas de front, il risquait de trouver de l’opposition, mieux valait biaiser.
Habile, c’est ce que venait de penser Iba de Tenrou.
Le genin savait que Tenrou n’oserait plus poser de questions sur son passé, il avait posé ses pions pour empêcher l’étudiant de réitérer une telle manœuvre. Pourtant, maintenant que le jeune garçon venait de trouver une faiblesse, son homologue parvenait quand même à renvoyer la balle, faire dériver le sujet. Iba redevenait l’accusé, et cela malgré les entraves rhétoriques de Tenrou. C’était plutôt fin, mais était-ce prémédité ?
Le garçon allait continuer d’acculer son interlocuteur, ainsi il saurait…
Mais d’abord, il fallait retourner la situation à son avantage.
«- Effectivement, je pratique le ninjutsu. »
Simple, efficace et pas d’informations supplémentaires pour Tenrou. Voilà une nouvelle modalité qu’Iba pouvait rajouter au test : est-ce que l’étudiant parviendrait à « le coincer » pour lui faire dire quelque chose sur son passé ? Certainement pas, sauf si Takeo intervenait encore. Passons à l’offensive.
«- Pas très doué avec tes mains ? C’est pas légèrement gênant pour être médecin ? Je croyais que l’on devait être capable de pratiquer des opérations chirurgicales complexes, on m’aurait menti ? »
Sarcastique, il n’avait laissé aucun mot au hasard, surtout le dernier. Trèves de plaisanteries, ce n’est pas en continuant sur ce chemin qu’il parviendrait à obtenir des résultats concrets et positifs. Takeo ne semblait avoir apprécié que moyennement le trait d’humour noir du jeune garçon. Dommage…
Enchaînons.
«- Toutefois, comme tu l’as dit précédemment, la maîtrise viendra avec le temps et l’expérience.
Nouvelle pause. Il devait dorénavant aborder prestement un sujet plus général pour espérer revenir sur des éléments personnels de Tenrou.
«- Il n’y a pas une voie qui prévaut sur une autre. Toutes se valent, car elles ont toutes une utilité au sein d’une équipe. Le rôle de chaque spécifique de chaque membre dépends de sa voie. En tant que médecin tu te devras de « protéger et soigner » les membres de ton escouade.
Première concession de la part d’Iba. Qu’est-ce que cela pouvait bien caché ? Le garçon se surpris à sourire très faiblement. Il avait ferré le poisson, il ne restait plus qu’à tirer sur le ligne.
«- Tu sais, une équipe c’est un peu comme une seconde famille… »
Tenrou devait à cet instant avoir deviné où voulait en venir le genin, à moins qu’il ne soit plus bête que ce qu’il avait estimé. Le jeune garçon était calculateur, ses yeux trahirent une certaine malice qui n’était pas encore malsaine, juste espiègle.
«- D’ailleurs, j’ai crut lire quelque part que tu avais une famille nombreuse…
Tu entretiens de bons rapports avec eux ? Approuvent-ils ta décision de rentrer dans les forces du village de la Brume ? »
Il y avait une pointe d’amertume dans la voie d’Iba. Une famille…
Chaque chose en son temps…
Il avait donc affaire à un individu se montrant comme posé. Un bon point pour Tenrou, cette attitude étant en effet les prémisses d’une réflexion approfondie, ne laissant pas de place aux éléments superficiels. Toutefois, cela ne faisait qu’accroître la méfiance du genin. Il devait rester le plus objectif possible et ne pas se laisser guider par ses impressions et à priori. Iba se devait d’être méthodique et consciencieux.
Tenrou lui expliqua alors qu’il avait choisi la médecine comme voie principale. En effet cela correspondait au personnage et à sa mentalité, enfin il s’agissait sans aucun doute, de l’enseignement le plus proche de sa philosophie. Iba trouva cependant le garçon assez moralisateur, ce qui commença à l’exaspérer quelque peu. Non pas que le genin se sentait détenir la vérité absolue sur son confrère, mais que ce dernier se trompait sur nombres de points. La différence est mince…
Ironiquement, Iba se dit que l’étudiant ne devait même pas savoir l’élément décisif qui avait décidé les autorités à former des médecins shinobi. Tout simplement l’augmentation du taux de réussite des missions à haut risque, celles où il faut se battre et donc…
Bien sûr on pouvait se cacher derrière des prétextes comme quoi les médecins ninja aidaient la populace, néanmoins ils sont peu nombreux, pour ne pas dire inexistant, car la majorité est réquisitionnée pour les combattants ; ou encore œuvre pour le bien de tous. Les médecins n’en restent pas moins des soldats aguerris et meurtriers. Le jeune garçon se souvenait encore de Nimuro capable de briser un mur en béton armé à mains nues, il était inutile de se demander ce qu’il se passerait lorsqu’il frapperait un homme…
Non, décidément, le garçon était bien loin des réalités de ce monde.
Une autre phrase attira son attention…
Elle avait été à peine susurrée. Le garçon éprouvait du ressentiment envers les médecins ? Pourquoi ? Iba jeta un regard interrogateur sur Takeo. Celui-ci ne répondit pas…
Le genin devrait trouver par lui même. La cause la plus plausible restait qu’un de ses membres de sa famille proche avait eut un différent ou un problème avec le service hospitalier. « incapable » sous-entendait que cette personne n’avait put être sauvée, soignée correctement. Peut-être était-elle estropiée à cause d’un « raté » ? Peut-être n’était-elle plus de ce monde ?
Un instant le garçon se demanda s’il serait assez vicieux pour demander plus de détails à son interlocuteur. Peut-être pas de front, il risquait de trouver de l’opposition, mieux valait biaiser.
Habile, c’est ce que venait de penser Iba de Tenrou.
Le genin savait que Tenrou n’oserait plus poser de questions sur son passé, il avait posé ses pions pour empêcher l’étudiant de réitérer une telle manœuvre. Pourtant, maintenant que le jeune garçon venait de trouver une faiblesse, son homologue parvenait quand même à renvoyer la balle, faire dériver le sujet. Iba redevenait l’accusé, et cela malgré les entraves rhétoriques de Tenrou. C’était plutôt fin, mais était-ce prémédité ?
Le garçon allait continuer d’acculer son interlocuteur, ainsi il saurait…
Mais d’abord, il fallait retourner la situation à son avantage.
«- Effectivement, je pratique le ninjutsu. »
Simple, efficace et pas d’informations supplémentaires pour Tenrou. Voilà une nouvelle modalité qu’Iba pouvait rajouter au test : est-ce que l’étudiant parviendrait à « le coincer » pour lui faire dire quelque chose sur son passé ? Certainement pas, sauf si Takeo intervenait encore. Passons à l’offensive.
«- Pas très doué avec tes mains ? C’est pas légèrement gênant pour être médecin ? Je croyais que l’on devait être capable de pratiquer des opérations chirurgicales complexes, on m’aurait menti ? »
Sarcastique, il n’avait laissé aucun mot au hasard, surtout le dernier. Trèves de plaisanteries, ce n’est pas en continuant sur ce chemin qu’il parviendrait à obtenir des résultats concrets et positifs. Takeo ne semblait avoir apprécié que moyennement le trait d’humour noir du jeune garçon. Dommage…
Enchaînons.
«- Toutefois, comme tu l’as dit précédemment, la maîtrise viendra avec le temps et l’expérience.
Nouvelle pause. Il devait dorénavant aborder prestement un sujet plus général pour espérer revenir sur des éléments personnels de Tenrou.
«- Il n’y a pas une voie qui prévaut sur une autre. Toutes se valent, car elles ont toutes une utilité au sein d’une équipe. Le rôle de chaque spécifique de chaque membre dépends de sa voie. En tant que médecin tu te devras de « protéger et soigner » les membres de ton escouade.
Première concession de la part d’Iba. Qu’est-ce que cela pouvait bien caché ? Le garçon se surpris à sourire très faiblement. Il avait ferré le poisson, il ne restait plus qu’à tirer sur le ligne.
«- Tu sais, une équipe c’est un peu comme une seconde famille… »
Tenrou devait à cet instant avoir deviné où voulait en venir le genin, à moins qu’il ne soit plus bête que ce qu’il avait estimé. Le jeune garçon était calculateur, ses yeux trahirent une certaine malice qui n’était pas encore malsaine, juste espiègle.
«- D’ailleurs, j’ai crut lire quelque part que tu avais une famille nombreuse…
Tu entretiens de bons rapports avec eux ? Approuvent-ils ta décision de rentrer dans les forces du village de la Brume ? »
Il y avait une pointe d’amertume dans la voie d’Iba. Une famille…

Iba Hiyori- Oi-nin de Kiri

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Re: Salle 216
Le gennin ne laissait rien au hasard. Le moindre mot mal utilisé par l’étudiant était retourné contre lui. Il se devait de faire plus attention aux phrases employées. A ce petit jeu, l’étudiant était assurément moins doué que son homologue. Et la situation dans laquelle il se trouvait l’empêchait de prendre toute les libertés qu’il voudrait. Il était celui qu’on interrogeait et aussi celui qui devait répondre. Iba lui, n’avait pas de tels choses à prendre en considération. Ses réponses ne pouvaient être plus courte et plus vague. Il ne semblait pas vouloir se prendre au jeu du question-réponse et préférait seulement les poser.
Tenrou aurait pût nourrir plus d’espérance quand aux détails des réponses du gennin mais il n’en fît rien. Il n’était pas surpris mais juste un peu déçu. Il devrait se montrer plus percutant pour obtenir des réponses plus développées. Mais en était-il seulement capable ? Son interlocuteur aurait sûrement vite fait de prendre le dessus. Inutile donc de prévoir quelques coups à l’avance. L’étudiant n’aurait fait que surcharger son cerveau. Il n’était pas calculateur et n’allait pas le devenir au cours de cette conversation. Il préférait plutôt laisser libre cours à l’échange, une occasion se présenterait peut être d’elle même.
L’étudiant avait vu juste, le gennin était bien un adepte du Ninjutsu. Il n’y avait pas là raison d’être fière. Le gennin l’avait lui même fait savoir plus tôt en givrant la boule de papier. Givrer ? Les techniques de Kiri n’étaient-elles pas uniquement basées sur un déploiement aqueux ? La question traversa un instant l’esprit du jeune garçon. Il n’était pas assez instruit pour l’affirmer. Peut être était ce seulement une variante. Après tout cela ne changeait pas grand chose. Mais l’étudiant se rappela justement que le gennin lui avait menti sur ce point. Pourquoi ? Il n’en savait rien. Et c’était à ce moment là tout à fait inutile. Il lui avait fait croire que lui aussi pourrait un jour apprendre le faire, qu’il s’agissait simplement de manipuler du chakra. La vérité était plus complexe. Et d’ailleurs Tenrou ne pourrait jamais apprendre à le faire. Une question de plus qui restait en suspens…
Le ton devenait à présent moqueur. Les derniers mots de Tenrou n’avaient pas échappés au gennin. Ne pas être habile de ses mains pouvait être perçu comme un handicap pour un médecin. Et c’était bien le cas. Quel patient confierait sa vie à un chirurgien avec deux bras gauche ? Personne, bien sûr. Évidemment, ces mots n’étaient pas prononcés dans ce sens. L’étudiant parlait plus d’une habilité technique spécifique au Ninjutsu. Le gennin le savait lui aussi plus ou moins. Tenrou avait déjà eût à maintes reprises l’occasion de travailler avec ses mains notamment et surtout à la tannerie de son père. C’était un travail purement artisanale qu’il devait accomplir là bas. Il n’était pas le plus doué des employés mais il se débrouillait plutôt pas mal.
L’étudiant ne prit pas la peine de répondre aux moqueries du gennin. Il se contenta juste de sourire en retour. Il n’était pas quelqu’un de rancunier et avait lui même l’occasion d’user de quelques moqueries envers ses proches.
Pour la première fois, le gennin semblait rejoindre l’étudiant sur certains points. « Protéger et soigner », tel était le rôle d’un médecin au sein d’une équipe. Bien que ces mots sonnaient bien à l’oreille de Tenrou, ils avaient moins de crédibilité en sortant de la bouche d’Iba Cela interpella logiquement l’étudiant. Le gennin n’avait-il donc rien à ajouter sur la fonction de ces médecins. ? Tenrou aurait plutôt eût tendance à penser que le gennin lui aurait dépeint un côté plus négatif de la profession. Apprendre à soigner le corps humain pour mieux le détruire. Ou encore n’importe quel autre aspect « dégradant » de la chose. Mais le gennin n’en fit rien. Le gennin n’était du genre à faire des concessions inutilement. S’il disait là ce que voulait bien entendre Tenrou c’est qu’il avait une idée derrière la tête.
Le gennin avait également raison de dire qu’aucune voie ne prédominait sur une autre. Chacune était destinée à un but bien précis et devait également sûrement correspondre à une façon de voir les choses bien construite. Dans le cas de Tenrou choisir la médecine était un cheminement logique. Comme un aboutissement, une succession d’événement qui l’ont finalement amené à faire ce choix.
L’étudiant avait bien raison d‘avoir quelques soupçons quand aux intentions du gennin. La transition était plus qu’explicite. Une équipe, une famille…Voilà ou il voulait finalement en venir. Iba voulait en savoir plus sur son entourage proche. Les liens que l’étudiant entretenait avec eux, leurs problèmes, leurs vie au quotidien…Tout ce qui fait d’un jeune garçon ce qu’il sera plus tard. Comme le disait l’adage, dit moi avec qui tu traîne et je te dirais qui tu es. C’est sûrement ce que devait penser le gennin.
Tenrou était maintenant prévenu. Iba exploiterait la moindre faille et la tirerait à son avantage pour mieux le cerner.
« En effet, nous sommes une famille nombreuse. Je t’épargne les détails sur qui est qui, ce serait trop long. En tout, nous sommes donc sept. »
Une phrase de préambule, elle était là pour confirmer les dires du gennin et apporter quelques précision supplémentaires. Certains auraient pût trouver cela encombrant. Autant de monde qui se trouve à la maison, le manque d’intimité…Mais pour Tenrou, il n’en était rien. L’esprit familiale était un moteur chez les Yoshiki. La machine était bien réglée. Aucun membre n’était de trop. Chacun avait sa place à occuper dans cet espace. Ils étaient chacun les pièces d’un mécanisme qui fonctionnait très bien. Un mécanisme qui n’avait failli qu’en de très rares occasions.
« Ma famille, c’est ma raison d’être. Ils me permettent d’avancer avec sérénité. Ils sont toujours là quand le besoin s’en fait ressentir, me soutiennent, me reprennent quand c’est nécessaire…Sans eux, je ne serais sûrement pas celui que je suis aujourd’hui.
Alors, évidemment que j’entretiens de bon rapports avec eux. Sans cela, je deviendrais un homme seul et triste. Et ce n’est pas ce que je souhaite. Personne n’aspire à une vie solitaire, personne n’aime être seul…Même les ninjas…j’en suis sûr… »
L’étudiant respira un grand coup. Il se demandait si c’était le moment d’interroger le gennin. Sa famille…Lui aussi devait ressentir la même chose que Tenrou à ce sujet. Mais peut être valait-il mieux pour l’instant se contenter de poursuivre.
« Bien entendu, il y également des disputes. Mais c’est comme partout. Les disputes sont parfois nécessaires. Il n’y a pas de véritable amitié sans disputes. Et cela doit également être le cas pour toi, avec ta famille… »
Restait un dernier point. Tenrou avait jugé de bon de ne rien dire à sa famille au sujet de son entrée à l’académie. C’était son choix et c’est ainsi qu’il avait décidé d’opérer. Cela n’avait apparemment pas posé de problèmes lors de son admission à l’académie. Alors pourquoi y en aurait-il maintenant ?
« Pour approuver, il faudrait déjà qu’ils en sachent quelque chose…J’ai préféré ne rien leur dire. Je sais bien qu’ils l’apprendront tôt ou tard, que ce n’est qu’une question de temps. Mais, plus ce jour tardera à venir et mieux ce sera pour tous. Je ne veux inquiéter personne…
C’est un choix que j’ai fait de mon propre chef et je l’assume entièrement. »
L’étudiant se souvenait de ce matin où il avait pour la première fois aperçu les murs de l’académie. Il ne savait pas vraiment dans quoi il s’engageait en faisant cela et ne le savait toujours pas beaucoup plus maintenant. Mais il avait un objectif en tête. Un objectif qui lui permettrait sûrement d’avancer plus qu’il ne l’aurait pensé lui même dans ce monde qu’il commençait tout juste à découvrir.
« Toi tu n’a pas dû rencontrer ce genre de « problème »…Ta famille fait parti des forces de Kiri, ils connaissent déjà le métier et les risques qu’il comporte.
Ils ont dû être des professeurs de choix pour toi. Ils doivent être fier de toi…
Ce serait d’ailleurs sûrement enrichissant de pouvoir les rencontrer un jour. »
L'étudiant ne pensait pas à tord, il était réellement sincère dans ses propos. Rencontrer toute une famille qui a sût concilier leurs vies de shinobis et leurs vies familiale aurait assurément pût être quelque chose d’intéressant. Et cela, surtout pour Tenrou qui avait dû mal à s’imaginer la chose.
Tenrou aurait pût nourrir plus d’espérance quand aux détails des réponses du gennin mais il n’en fît rien. Il n’était pas surpris mais juste un peu déçu. Il devrait se montrer plus percutant pour obtenir des réponses plus développées. Mais en était-il seulement capable ? Son interlocuteur aurait sûrement vite fait de prendre le dessus. Inutile donc de prévoir quelques coups à l’avance. L’étudiant n’aurait fait que surcharger son cerveau. Il n’était pas calculateur et n’allait pas le devenir au cours de cette conversation. Il préférait plutôt laisser libre cours à l’échange, une occasion se présenterait peut être d’elle même.
L’étudiant avait vu juste, le gennin était bien un adepte du Ninjutsu. Il n’y avait pas là raison d’être fière. Le gennin l’avait lui même fait savoir plus tôt en givrant la boule de papier. Givrer ? Les techniques de Kiri n’étaient-elles pas uniquement basées sur un déploiement aqueux ? La question traversa un instant l’esprit du jeune garçon. Il n’était pas assez instruit pour l’affirmer. Peut être était ce seulement une variante. Après tout cela ne changeait pas grand chose. Mais l’étudiant se rappela justement que le gennin lui avait menti sur ce point. Pourquoi ? Il n’en savait rien. Et c’était à ce moment là tout à fait inutile. Il lui avait fait croire que lui aussi pourrait un jour apprendre le faire, qu’il s’agissait simplement de manipuler du chakra. La vérité était plus complexe. Et d’ailleurs Tenrou ne pourrait jamais apprendre à le faire. Une question de plus qui restait en suspens…
Le ton devenait à présent moqueur. Les derniers mots de Tenrou n’avaient pas échappés au gennin. Ne pas être habile de ses mains pouvait être perçu comme un handicap pour un médecin. Et c’était bien le cas. Quel patient confierait sa vie à un chirurgien avec deux bras gauche ? Personne, bien sûr. Évidemment, ces mots n’étaient pas prononcés dans ce sens. L’étudiant parlait plus d’une habilité technique spécifique au Ninjutsu. Le gennin le savait lui aussi plus ou moins. Tenrou avait déjà eût à maintes reprises l’occasion de travailler avec ses mains notamment et surtout à la tannerie de son père. C’était un travail purement artisanale qu’il devait accomplir là bas. Il n’était pas le plus doué des employés mais il se débrouillait plutôt pas mal.
L’étudiant ne prit pas la peine de répondre aux moqueries du gennin. Il se contenta juste de sourire en retour. Il n’était pas quelqu’un de rancunier et avait lui même l’occasion d’user de quelques moqueries envers ses proches.
Pour la première fois, le gennin semblait rejoindre l’étudiant sur certains points. « Protéger et soigner », tel était le rôle d’un médecin au sein d’une équipe. Bien que ces mots sonnaient bien à l’oreille de Tenrou, ils avaient moins de crédibilité en sortant de la bouche d’Iba Cela interpella logiquement l’étudiant. Le gennin n’avait-il donc rien à ajouter sur la fonction de ces médecins. ? Tenrou aurait plutôt eût tendance à penser que le gennin lui aurait dépeint un côté plus négatif de la profession. Apprendre à soigner le corps humain pour mieux le détruire. Ou encore n’importe quel autre aspect « dégradant » de la chose. Mais le gennin n’en fit rien. Le gennin n’était du genre à faire des concessions inutilement. S’il disait là ce que voulait bien entendre Tenrou c’est qu’il avait une idée derrière la tête.
Le gennin avait également raison de dire qu’aucune voie ne prédominait sur une autre. Chacune était destinée à un but bien précis et devait également sûrement correspondre à une façon de voir les choses bien construite. Dans le cas de Tenrou choisir la médecine était un cheminement logique. Comme un aboutissement, une succession d’événement qui l’ont finalement amené à faire ce choix.
L’étudiant avait bien raison d‘avoir quelques soupçons quand aux intentions du gennin. La transition était plus qu’explicite. Une équipe, une famille…Voilà ou il voulait finalement en venir. Iba voulait en savoir plus sur son entourage proche. Les liens que l’étudiant entretenait avec eux, leurs problèmes, leurs vie au quotidien…Tout ce qui fait d’un jeune garçon ce qu’il sera plus tard. Comme le disait l’adage, dit moi avec qui tu traîne et je te dirais qui tu es. C’est sûrement ce que devait penser le gennin.
Tenrou était maintenant prévenu. Iba exploiterait la moindre faille et la tirerait à son avantage pour mieux le cerner.
« En effet, nous sommes une famille nombreuse. Je t’épargne les détails sur qui est qui, ce serait trop long. En tout, nous sommes donc sept. »
Une phrase de préambule, elle était là pour confirmer les dires du gennin et apporter quelques précision supplémentaires. Certains auraient pût trouver cela encombrant. Autant de monde qui se trouve à la maison, le manque d’intimité…Mais pour Tenrou, il n’en était rien. L’esprit familiale était un moteur chez les Yoshiki. La machine était bien réglée. Aucun membre n’était de trop. Chacun avait sa place à occuper dans cet espace. Ils étaient chacun les pièces d’un mécanisme qui fonctionnait très bien. Un mécanisme qui n’avait failli qu’en de très rares occasions.
« Ma famille, c’est ma raison d’être. Ils me permettent d’avancer avec sérénité. Ils sont toujours là quand le besoin s’en fait ressentir, me soutiennent, me reprennent quand c’est nécessaire…Sans eux, je ne serais sûrement pas celui que je suis aujourd’hui.
Alors, évidemment que j’entretiens de bon rapports avec eux. Sans cela, je deviendrais un homme seul et triste. Et ce n’est pas ce que je souhaite. Personne n’aspire à une vie solitaire, personne n’aime être seul…Même les ninjas…j’en suis sûr… »
L’étudiant respira un grand coup. Il se demandait si c’était le moment d’interroger le gennin. Sa famille…Lui aussi devait ressentir la même chose que Tenrou à ce sujet. Mais peut être valait-il mieux pour l’instant se contenter de poursuivre.
« Bien entendu, il y également des disputes. Mais c’est comme partout. Les disputes sont parfois nécessaires. Il n’y a pas de véritable amitié sans disputes. Et cela doit également être le cas pour toi, avec ta famille… »
Restait un dernier point. Tenrou avait jugé de bon de ne rien dire à sa famille au sujet de son entrée à l’académie. C’était son choix et c’est ainsi qu’il avait décidé d’opérer. Cela n’avait apparemment pas posé de problèmes lors de son admission à l’académie. Alors pourquoi y en aurait-il maintenant ?
« Pour approuver, il faudrait déjà qu’ils en sachent quelque chose…J’ai préféré ne rien leur dire. Je sais bien qu’ils l’apprendront tôt ou tard, que ce n’est qu’une question de temps. Mais, plus ce jour tardera à venir et mieux ce sera pour tous. Je ne veux inquiéter personne…
C’est un choix que j’ai fait de mon propre chef et je l’assume entièrement. »
L’étudiant se souvenait de ce matin où il avait pour la première fois aperçu les murs de l’académie. Il ne savait pas vraiment dans quoi il s’engageait en faisant cela et ne le savait toujours pas beaucoup plus maintenant. Mais il avait un objectif en tête. Un objectif qui lui permettrait sûrement d’avancer plus qu’il ne l’aurait pensé lui même dans ce monde qu’il commençait tout juste à découvrir.
« Toi tu n’a pas dû rencontrer ce genre de « problème »…Ta famille fait parti des forces de Kiri, ils connaissent déjà le métier et les risques qu’il comporte.
Ils ont dû être des professeurs de choix pour toi. Ils doivent être fier de toi…
Ce serait d’ailleurs sûrement enrichissant de pouvoir les rencontrer un jour. »
L'étudiant ne pensait pas à tord, il était réellement sincère dans ses propos. Rencontrer toute une famille qui a sût concilier leurs vies de shinobis et leurs vies familiale aurait assurément pût être quelque chose d’intéressant. Et cela, surtout pour Tenrou qui avait dû mal à s’imaginer la chose.

Tenrou- Genin de Kiri

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Iba n’avait rien dit, par politesse, mais aussi parce que couper de tous moyens l’étudiant ne le mènerait à rien d’intéressant. Son esprit divaguait légèrement, jusqu’où devait-il aller ? Qu’elle était la limite ? Pour le moment, il pouvait faire un rapport correct, quoique peu consistant, qui plus est, Takeo avait déjà dû noter tout ce qu’il inscrirait sur son foutu papier. Une chose l’étonnait plus que tout, c’était le silence des deux chuunins. Son esprit tortueux lui chuchota qu’il était peut-être, lui aussi, évalué. Après tout, le test qu’il infligeait depuis une bonne demi-heure à son étudiant était d’une inutilité déconcertante du fait de son intégration récente, cependant il était plus intéressant de mettre à l’épreuve un shinobi qui commençait à avoir de l’ancienneté et surtout qui possédait un lourd passé. Les probabilités ne jouaient certainement pas en faveur de cette hypothèse, néanmoins un homme averti en vaut deux, ses précédentes aventures lui avaient enseigné que prudence était mère de sûreté.
Il devait rester concentré…
Le genin avait l’impression de chercher les aveux d’une quelconque culpabilité sur un sujet tout aussi quelconque de Tenrou. Ce dernier avait habilement déjoué sa tentative, pour en apprendre plus sur ses rapports familiaux. Ce n’était pas très grave, il avait tout le temps d’y revenir et possédait de multiples moyens de relancer le sujet. Ce qui le dérangeait plus était la tournure de la discussion. Volontaire ou non, l’étudiant s’aventurait sur un sujet douloureux et quasiment sujet à tabou. L’espace d’un instant, Iba crut qu’il allait être déstabilisé au point de devoir complètement éluder la question. Il l’avait déjà fait une fois auparavant. Cela pouvait être interprété de deux façons, soit du mépris pour son interlocuteur, ou une faiblesse apparente sur le sujet évoqué. Les deux cas étaient fort peu recommandable dans la situation du jeune garçon. Non pas que l’opinion que Tenrou pourrait lui porter était un souci, mais celui de Takeo si, en imaginant que ce dernier soit réellement là pour l’évaluer. Devait-il prendre les paroles de son supérieur pour des ordres ? Allons, du calme, il y avait forcément un moyen de retourner la situation à son avantage. Peut-être…Il lui fallait toutefois du temps, autant relancer sur le début de réponse de Tenrou…
«- Donc ta famille n’est pas au courant de ton enrôlement. Je me demande comment elle réagirait en l’apprenant ? Te soutiendrait-elle ou bien te dénigrerait-elle ? »
Iba marqua une pause, il devait construire son raisonnement et déjà des ébauches lui apparaissaient. Faire attention à ses phrases « inutiles », qui n’étaient usitées que dans le seul but de donner le change. Il ne fallait pas que l’on s’en rende compte qui cherchait ses mots et qu’il ne menait plus « l’interrogatoire » d’une main de maître, de fer. Ses éocutions devaient donc avoir un intérêt plus ou moins marqué. Le genin n’était néanmoins pas inquiet, il maîtrisait correctement ses respirations et son débit n’avait presque pas varié, de plus, n’ayant pas été attaqué de front, mais plutôt de manière officieuse, son visage était resté placide, malgré l’affluence de souvenirs d’une époque révolue et regrettée. Son esprit construisait encore et toujours son futur « discours », toutefois il lui fallait enchaîner, attaquer.
«- Cependant sa réaction n’a aucun intérêt, n’est-ce pas ? »
La question n’en était pas une. Il souhaitait juste voir la conséquence d’une telle annonce sur le faciès de l’apprenti. Bien sûr, il était gêné, bien sûr, la réaction de sa famille aurait de l’importance ; pour lui, puisqu’elle représentait tout son petit monde. Toutefois ce n’était pas ce semblant d’assaut qui visait à bouscule Tenrou une nouvelle fois. Continuons…
«- Tu appartiens aux forces militaires de Kiri, dorénavant ; c’est leur jugement qui est important. »
Impressionnant ce que cette phrase pouvait le vieillir, au bas mot trente ans de plus. Qu’importe, passons. Takeo semblait légèrement amusé, bien qu’il masqua tout sentiment du mieux qu’il le put. L’autre chuunin était une forteresse aux murs de granit et d’acier : complètement impénétrable.
«- Je vais peut-être t’étonner mais nous possédons quelques points communs. Moi aussi je me suis inscrit et présenté à l’Académie de mon propre chef. Je pense que nous avons été inconscients et courageux, d’une bravoure naïve, celle que n’ont que les fous et les suicidaires sur un champ de bataille. Seraient-ils fiers de toi ? »
Là encore, le genin ne voulait pas de réponse, juste se servir de sa question pour rebondir. Il lui fallait maintenant être précis, frapper juste. Rendre ses paroles incisives, et non larmoyantes, ni pitoyables. Conscient de sa propre faiblesse, le genin redoubla d’efforts, et l’on put presque croire son visage de glace, sculpté dans les tréfonds d’un glacier, mais son regard ne put s’empêcher de se faire un instant, lointain, perdu dans une rêverie revêtant des visages perdues depuis longtemps.
«- Sont-ils fiers de moi? Je l’espère. Je pense qu’ils approuveraient mon choix, celui de m’engager dans les effectifs du village de la Brume. Quant à savoir s’ils auraient été de bons professeurs…je pense que oui »
L’emploi des temps avait dû mettre la puce à l’oreille de l’étudiant. Il allait tester sa réaction, il était là pour cela et il ne devait pas se laisser distraire par les émotions, voilà ce qu’on lui avait appris. Il était sûr d’avoir capté l’attention de son interlocuteur, il pouvait le poignarder maintenant.
«- Les rencontrer ? J’aimerai bien moi-même. »
C’était équivoque. Tenrou devait se poser des questions. Il était temps de retourner la situation, assez parler de lui, on retournerait prochainement au sujet de cette entrevue.
«- Ils sont morts. Tous… »
Voilà c’était dit…Le silence s’était fait, suite à l’annonce froide et amère. Tenrou semblait incertain. Iba allait accentuer son doute.
«- La guerre contre Kumo, il y a douze ans de cela, me les a volé. »
La date donnée devait déboussoler un peu l’étudiant, mais qui pouvait donner à ce frêle corps d’à peine plus d’une dizaine d’années, gardé dans un carcan de glace pendant pas loin de six longs printemps, les dix huit qu’il possédait mentalement.
«- Il me reste certes de la famille éloignée, mais pour eux je dois être pire que la peste et le choléra réunis. Je suis un paria. Si ta famille venait à disparaître, que se passerait-il ?
Piquant parce que sûrement un peu jaloux de la chance de Tenrou, Iba continua avec cynisme. Il allait le plonger dans des situations qu’ils ne devaient imaginer que dans ses pires cauchemars. Il allait frapper dur, mais c’était les règles, il ne pouvait s’y soustraire.
«- Famille nombreuse donc. Et si l’on venait à tuer ton père, ta mère aussi, en l’ayant préalablement violée. Tes frères roués de coups, puis envoyés aux mines de sel, et tes sœurs mises dans je ne sais quel harem, bien sûr c’est dans le meilleur des cas, à savoir si le massacre les a épargné. Prêcherais-tu toujours la discussion ? Et une fois ton deuil fait, deviendrais-tu un ninja solitaire comme tu me l’as si bien dépeint, ou la vie te semblerait-elle tellement sans saveur qui tu y mettrais fin ?
Iba n’avait pas rit, ni sourit. On aurait dit que ses paroles étaient le blizzard même. Certainement parce que toutes ses questions, toutes ses situations, il les avait déjà imaginer et peut-être penser à les concrétiser.
Il devait rester concentré…
Le genin avait l’impression de chercher les aveux d’une quelconque culpabilité sur un sujet tout aussi quelconque de Tenrou. Ce dernier avait habilement déjoué sa tentative, pour en apprendre plus sur ses rapports familiaux. Ce n’était pas très grave, il avait tout le temps d’y revenir et possédait de multiples moyens de relancer le sujet. Ce qui le dérangeait plus était la tournure de la discussion. Volontaire ou non, l’étudiant s’aventurait sur un sujet douloureux et quasiment sujet à tabou. L’espace d’un instant, Iba crut qu’il allait être déstabilisé au point de devoir complètement éluder la question. Il l’avait déjà fait une fois auparavant. Cela pouvait être interprété de deux façons, soit du mépris pour son interlocuteur, ou une faiblesse apparente sur le sujet évoqué. Les deux cas étaient fort peu recommandable dans la situation du jeune garçon. Non pas que l’opinion que Tenrou pourrait lui porter était un souci, mais celui de Takeo si, en imaginant que ce dernier soit réellement là pour l’évaluer. Devait-il prendre les paroles de son supérieur pour des ordres ? Allons, du calme, il y avait forcément un moyen de retourner la situation à son avantage. Peut-être…Il lui fallait toutefois du temps, autant relancer sur le début de réponse de Tenrou…
«- Donc ta famille n’est pas au courant de ton enrôlement. Je me demande comment elle réagirait en l’apprenant ? Te soutiendrait-elle ou bien te dénigrerait-elle ? »
Iba marqua une pause, il devait construire son raisonnement et déjà des ébauches lui apparaissaient. Faire attention à ses phrases « inutiles », qui n’étaient usitées que dans le seul but de donner le change. Il ne fallait pas que l’on s’en rende compte qui cherchait ses mots et qu’il ne menait plus « l’interrogatoire » d’une main de maître, de fer. Ses éocutions devaient donc avoir un intérêt plus ou moins marqué. Le genin n’était néanmoins pas inquiet, il maîtrisait correctement ses respirations et son débit n’avait presque pas varié, de plus, n’ayant pas été attaqué de front, mais plutôt de manière officieuse, son visage était resté placide, malgré l’affluence de souvenirs d’une époque révolue et regrettée. Son esprit construisait encore et toujours son futur « discours », toutefois il lui fallait enchaîner, attaquer.
«- Cependant sa réaction n’a aucun intérêt, n’est-ce pas ? »
La question n’en était pas une. Il souhaitait juste voir la conséquence d’une telle annonce sur le faciès de l’apprenti. Bien sûr, il était gêné, bien sûr, la réaction de sa famille aurait de l’importance ; pour lui, puisqu’elle représentait tout son petit monde. Toutefois ce n’était pas ce semblant d’assaut qui visait à bouscule Tenrou une nouvelle fois. Continuons…
«- Tu appartiens aux forces militaires de Kiri, dorénavant ; c’est leur jugement qui est important. »
Impressionnant ce que cette phrase pouvait le vieillir, au bas mot trente ans de plus. Qu’importe, passons. Takeo semblait légèrement amusé, bien qu’il masqua tout sentiment du mieux qu’il le put. L’autre chuunin était une forteresse aux murs de granit et d’acier : complètement impénétrable.
«- Je vais peut-être t’étonner mais nous possédons quelques points communs. Moi aussi je me suis inscrit et présenté à l’Académie de mon propre chef. Je pense que nous avons été inconscients et courageux, d’une bravoure naïve, celle que n’ont que les fous et les suicidaires sur un champ de bataille. Seraient-ils fiers de toi ? »
Là encore, le genin ne voulait pas de réponse, juste se servir de sa question pour rebondir. Il lui fallait maintenant être précis, frapper juste. Rendre ses paroles incisives, et non larmoyantes, ni pitoyables. Conscient de sa propre faiblesse, le genin redoubla d’efforts, et l’on put presque croire son visage de glace, sculpté dans les tréfonds d’un glacier, mais son regard ne put s’empêcher de se faire un instant, lointain, perdu dans une rêverie revêtant des visages perdues depuis longtemps.
«- Sont-ils fiers de moi? Je l’espère. Je pense qu’ils approuveraient mon choix, celui de m’engager dans les effectifs du village de la Brume. Quant à savoir s’ils auraient été de bons professeurs…je pense que oui »
L’emploi des temps avait dû mettre la puce à l’oreille de l’étudiant. Il allait tester sa réaction, il était là pour cela et il ne devait pas se laisser distraire par les émotions, voilà ce qu’on lui avait appris. Il était sûr d’avoir capté l’attention de son interlocuteur, il pouvait le poignarder maintenant.
«- Les rencontrer ? J’aimerai bien moi-même. »
C’était équivoque. Tenrou devait se poser des questions. Il était temps de retourner la situation, assez parler de lui, on retournerait prochainement au sujet de cette entrevue.
«- Ils sont morts. Tous… »
Voilà c’était dit…Le silence s’était fait, suite à l’annonce froide et amère. Tenrou semblait incertain. Iba allait accentuer son doute.
«- La guerre contre Kumo, il y a douze ans de cela, me les a volé. »
La date donnée devait déboussoler un peu l’étudiant, mais qui pouvait donner à ce frêle corps d’à peine plus d’une dizaine d’années, gardé dans un carcan de glace pendant pas loin de six longs printemps, les dix huit qu’il possédait mentalement.
«- Il me reste certes de la famille éloignée, mais pour eux je dois être pire que la peste et le choléra réunis. Je suis un paria. Si ta famille venait à disparaître, que se passerait-il ?
Piquant parce que sûrement un peu jaloux de la chance de Tenrou, Iba continua avec cynisme. Il allait le plonger dans des situations qu’ils ne devaient imaginer que dans ses pires cauchemars. Il allait frapper dur, mais c’était les règles, il ne pouvait s’y soustraire.
«- Famille nombreuse donc. Et si l’on venait à tuer ton père, ta mère aussi, en l’ayant préalablement violée. Tes frères roués de coups, puis envoyés aux mines de sel, et tes sœurs mises dans je ne sais quel harem, bien sûr c’est dans le meilleur des cas, à savoir si le massacre les a épargné. Prêcherais-tu toujours la discussion ? Et une fois ton deuil fait, deviendrais-tu un ninja solitaire comme tu me l’as si bien dépeint, ou la vie te semblerait-elle tellement sans saveur qui tu y mettrais fin ?
Iba n’avait pas rit, ni sourit. On aurait dit que ses paroles étaient le blizzard même. Certainement parce que toutes ses questions, toutes ses situations, il les avait déjà imaginer et peut-être penser à les concrétiser.

Iba Hiyori- Oi-nin de Kiri

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La discussion était déjà bien entamé. L’étudiant avait fini de parler et c’était maintenant à son tour d’écouter. Et bien que dans la pièce ou il se trouvait, il y eût quatre personnes, il y en avait seulement deux qui échangeaient des mots. Pourquoi les deux chunnin restait là sans rien dire ? Il n’en avait aucune idée. Au fond cela ne l’intéressait pas vraiment non plus. Sa discussion avec le gennin, si discussion on pouvait l’appeler retenait déjà toute son attention.
La question qui suivit tout de suite la fin du discours de l’étudiant laissa un moment de silence pour des raisons différentes et chez le gennin et chez l’étudiant. Tenrou lui même ne savait pas comment sa famille réagirait, c’est aussi peut être pour ça qu’il ne l’en avait rien dit. Au fond de lui, il se persuadait que ses proches l’accepteraient, le soutiendraient et l’aideraient même. Mais et si ce n’était pas le cas ? S’ils le rejetaient, l’excluaient ? Que ferait il alors ? Encore une fois, il n’arrivait pas à s’imaginer la chose. Ce n’était pas possible que sa famille réagisse ainsi. Mais il persistait toujours ce doute. Et si…
Personne avant lui n’avait pris ce genre d’initiative. Ni son grand frère, ni sa grande sœur ou alors il ne le savait pas. Cela ne l’aidait pour savoir comment l’annoncer ou comment ils le prendraient. Peut être finalement aurait-il dû en parler avec sa mère avant de s’engager. Mais elle aurait sûrement refusé la chose prétextant encore qu’elle allait bien alors que ce n’était pas le cas. Désormais il n’était plus possible de faire marche arrière et l’étudiant commençait à en prendre conscience.
Le visage de l’étudiant s’agrandit, l‘air légèrement amusé. C’était évident. Bien sûr que la réaction de sa famille avait de l’importance. Elle était tout pour lui. Sans elle, il ne lui restait plus rien. Et son interlocuteur devait bien l’avoir compris. Pourquoi posait-il alors une telle question alors qu’il en connaissait très bien la réponse ? Peut être parce que cela n’en était pas une.
L’étudiant n’était en définitive qu’un objet qui devait obéir et exécuter des ordres sans réfléchir. C’est ce que le gennin essayé finalement de lui dire. Qu’est ce qui amène un si jeune garçon à penser de la sorte ? C’est ce que se demandait Tenrou sur le moment. Il n’arrivait pas vraiment à comprendre qu’on puisse en arriver à raisonner ainsi.
La discussion se précisait un peu plus tandis que l’expression du gennin se faisait plus froide et distante. Sa famille…Pourquoi en parlait-il au passé ? Il ne devait pas les avoir vu depuis un moment. Plus d’un an en tout cas date de son entrée à l’académie. C’est ce qu’en tout cas en avait compris Tenrou. Mais cela restait tout de même étrange, son interlocuteur lui avait lui même dit qu’ils faisaient parti des forces de Kiri. Il devait forcément les avoir au moins croisé dans l’académie. Une mission un peu trop longue ou alors était ce toute autre chose ?
Les interrogations de l’étudiant ne tardèrent pas à trouver de réponses. Ses yeux s’ouvrirent en grand et il laissa échapper un léger son venant du plus profond de sa gorge. Mort ? Tous ? Il n’arrivait pas à y croire. L’étudiant était rempli d’incertitude, il commençait à mieux comprendre. D’étranges sentiments se mêlaient dans l’esprit de l’étudiant. Il voulait exprimer sa peine envers le gennin mais il savait au fond de lui qu’il n’en voudrait pas. Cela ne ferait sans doute que rendre les choses plus compliquées qu’elles ne l’étaient déjà. L’étudiant était pris de mutisme et gardait cet même expression figé sur son visage.
Iba ne lui laissa de toute manière pas le temps de prendre la parole. Il voulait déstabiliser l’étudiant jusqu’au bout même si pour cela, il devait occulter certains sentiments. Et il le réussissait bien. La mine de Tenrou se fit plus évasif. Il fronça les sourcils songeur et quelque peu perdu. C’était il y a douze, douze longues années que sa famille s’en était allées. La guerre les lui avait arraché. Tenrou avait à peine trois ans, trop jeune pour se rappeler de quoi que ce soit. Mais alors que dire de son interlocuteur ? Etait-il seulement né ? Il devait avoir tout au plus un an à cette époque peut être même moins. Il n’avait donc pas pût connaître sa famille. Ou alors peut être faisait il seulement plus jeune que son âge de quelques années tout au plus.
Orphelin à la naissance…C’était cruelle à penser mais Tenrou se disait que ce devait être plus « facile » à vivre que de grandir avec sa famille puis de la voir mourir. Mais les épreuves dans chacun des cas ne sont pas les mêmes.
L’étudiant pris finalement la parole. Le ton employé était quelque peu attristé. Il parlait lentement. Par respect pour son interlocuteur, il ne préféra pas rien dire au sujet de sa famille. Aucune formule toute faite compatissante à sa situation. Iba n’en voulait certainement pas et il l’avait fait comprendre par le ton qu’il avait employé tout au long de son exposé.
« Coïncidence ou non, j’ai également quelques points commun avec toi. Ma famille éloignée ne me reconnaît pas. Ni moi, ni aucun autre de mes frères et sœurs d’ailleurs. Tantes, oncles, grands parents…Tous comme ils sont, ils n’ont pas voulu voir mes parents ensemble. »
C’était il y a bien longtemps de cela déjà et les deux amoureux n’avaient pas tenu compte de l’avis de leur entourage. Ils n’avaient jamais pris la peine de raconter toute l’histoire à leurs enfants. Tout ce qu’ils savaient, c’est que les premiers jours avaient été difficile pour leur deux parents. Et depuis cet époque, ils n’avaient jamais revu ni frères, ni sœur, ni même leur propre parents.
« Si ma famille venait à disparaître…Je pense que j’essayerais d’aller rencontrer ces gens là. Ils ne me voient ni comme la peste ni comme le choléra même s’ils ne m’acceptent pas. Je pense donc que j’irais les voir. Et s’ils venaient à me rejeter, je me tournerais vers les amis que j’ai. En tout cas, je ne resterais pas seul… »
Le regard de l’étudiant se déporta un instant vers la fenêtre. C’était tellement plus facile à dire qu’à faire. Comment s’imaginer sans sa famille alors qu’il a toujours tout construit autour de celle ci ? Un beau discours en soi mais qui mériterais d’être éprouvé en situation.
« C’est ce que je pense en ce moment même. Mais en ce moment même, ma famille est toujours bien présente… »
Finalement, il ne savait vraiment pas ce qu’il ferait. Peut être sombrerait-il tout simplement dans la folie pour finir ses jours seul dans une pièce monotone et vide.
Le gennin n’en était pas resté là et la situation qu’il avait dépeint semblait encore plus incroyable que les pires histoires que l’étudiant avait pût imaginer. Le meurtre pouvait encore rester tolérable. Par tolérable, il fallait bien comprendre par rapport à d’autres circonstance. L’étudiant remis sa tête dans l’axe de celui du gennin, le point légèrement serré sous la table. Violer sa mère…C’était tout simplement impardonnable. Il ne pouvait rester calme rien qu’en imaginant cela. Sa respiration se faisait plus rapide et plus forte. Il s’imaginait bien dans sa tête en face de l’auteur de cet acte. Et ce n’est pas des mots qu’il échangeait avec lui. Heureusement, il ne faisait que l’imaginer. Quel horrible personnage aurait été capable de telles atrocités ?
L’étudiant repris une respiration plus normale et décrispa son poing. Il préférait encore voir ses frères et sœurs mort que les savoir en train de souffrir. Même si la pensée qu’ils puissent être toujours en vie quelque part soit positive, pas dans ces circonstances là. Les savoir mort lui permettrait de faire ainsi son deuil et de ne pas se ronger l’esprit plus encore.
« Qui prêcherait encore la discussion après cela ? Seul un fou pourrais garder son calme après avoir vu subir de telles atrocités. Et seul un fou pourrais commettre de telles actes. Ce n’est pas l’attitude de quelqu’ un d’humain. Mais j’essayerais tout de même de comprendre. Pourquoi, pourquoi à-t-il agit ainsi ? Peut être qu’en le comprenant, on pourra éviter à d’autre d’avoir à subir la même chose. »
La voix de Tenrou avait retrouvé son timbre habituel. La salle était calme et le ciel dégagé. Qui pourrait sincèrement vivre en portant cela sur le dos ? Aucun être humain ne peut se dire encore doué d’humanité après avoir agit ainsi. Et aucun Homme après avoir vu sa famille décimée ne peut tomber plus bas. Mais lorsqu’il se relève, il ne peut qu’en sortir grandit.
« La vie n’aura sûrement plus le même goût après. Il y aura sûrement des jours ou je voudrais mourir. Mais si j’arrive à surmonter tout cela, je pourrais alors rebondir. Si mon malheur peut servir aux autres alors je me dévouerais à cet cause. J’aiderai ceux qui en ont besoin pour que cela n’arrive plus jamais. »
L’étudiant pencha légèrement sa tête sur le côté. Il n’avait pas oublié tout ce que le gennin lui avait dit sur sa famille…C’était encore bien dans son esprit. Il se demandait bien comment il avait pu surmonter cette épreuve. Peut être que pour se protéger, il avait développé cette épaisse carapace ne laissant ni sentiment ni émotion transparaître. Était ce là, sa manière à lui d’avoir rebondit ?
« J’aurais une question à te poser… »
L’étudiant savait que les questions n’étaient pas vraiment les bienvenue de sa part. Il enchaîna alors rapidement.
« Je sais que ce n’est pas à moi de poser les questions mais celle ci sera la dernière. »
L’étudiant fixa le gennin et surenchéri le regard calqué sur celui de son interlocuteur.
« Quel âge as-tu ? »
La question qui suivit tout de suite la fin du discours de l’étudiant laissa un moment de silence pour des raisons différentes et chez le gennin et chez l’étudiant. Tenrou lui même ne savait pas comment sa famille réagirait, c’est aussi peut être pour ça qu’il ne l’en avait rien dit. Au fond de lui, il se persuadait que ses proches l’accepteraient, le soutiendraient et l’aideraient même. Mais et si ce n’était pas le cas ? S’ils le rejetaient, l’excluaient ? Que ferait il alors ? Encore une fois, il n’arrivait pas à s’imaginer la chose. Ce n’était pas possible que sa famille réagisse ainsi. Mais il persistait toujours ce doute. Et si…
Personne avant lui n’avait pris ce genre d’initiative. Ni son grand frère, ni sa grande sœur ou alors il ne le savait pas. Cela ne l’aidait pour savoir comment l’annoncer ou comment ils le prendraient. Peut être finalement aurait-il dû en parler avec sa mère avant de s’engager. Mais elle aurait sûrement refusé la chose prétextant encore qu’elle allait bien alors que ce n’était pas le cas. Désormais il n’était plus possible de faire marche arrière et l’étudiant commençait à en prendre conscience.
Le visage de l’étudiant s’agrandit, l‘air légèrement amusé. C’était évident. Bien sûr que la réaction de sa famille avait de l’importance. Elle était tout pour lui. Sans elle, il ne lui restait plus rien. Et son interlocuteur devait bien l’avoir compris. Pourquoi posait-il alors une telle question alors qu’il en connaissait très bien la réponse ? Peut être parce que cela n’en était pas une.
L’étudiant n’était en définitive qu’un objet qui devait obéir et exécuter des ordres sans réfléchir. C’est ce que le gennin essayé finalement de lui dire. Qu’est ce qui amène un si jeune garçon à penser de la sorte ? C’est ce que se demandait Tenrou sur le moment. Il n’arrivait pas vraiment à comprendre qu’on puisse en arriver à raisonner ainsi.
La discussion se précisait un peu plus tandis que l’expression du gennin se faisait plus froide et distante. Sa famille…Pourquoi en parlait-il au passé ? Il ne devait pas les avoir vu depuis un moment. Plus d’un an en tout cas date de son entrée à l’académie. C’est ce qu’en tout cas en avait compris Tenrou. Mais cela restait tout de même étrange, son interlocuteur lui avait lui même dit qu’ils faisaient parti des forces de Kiri. Il devait forcément les avoir au moins croisé dans l’académie. Une mission un peu trop longue ou alors était ce toute autre chose ?
Les interrogations de l’étudiant ne tardèrent pas à trouver de réponses. Ses yeux s’ouvrirent en grand et il laissa échapper un léger son venant du plus profond de sa gorge. Mort ? Tous ? Il n’arrivait pas à y croire. L’étudiant était rempli d’incertitude, il commençait à mieux comprendre. D’étranges sentiments se mêlaient dans l’esprit de l’étudiant. Il voulait exprimer sa peine envers le gennin mais il savait au fond de lui qu’il n’en voudrait pas. Cela ne ferait sans doute que rendre les choses plus compliquées qu’elles ne l’étaient déjà. L’étudiant était pris de mutisme et gardait cet même expression figé sur son visage.
Iba ne lui laissa de toute manière pas le temps de prendre la parole. Il voulait déstabiliser l’étudiant jusqu’au bout même si pour cela, il devait occulter certains sentiments. Et il le réussissait bien. La mine de Tenrou se fit plus évasif. Il fronça les sourcils songeur et quelque peu perdu. C’était il y a douze, douze longues années que sa famille s’en était allées. La guerre les lui avait arraché. Tenrou avait à peine trois ans, trop jeune pour se rappeler de quoi que ce soit. Mais alors que dire de son interlocuteur ? Etait-il seulement né ? Il devait avoir tout au plus un an à cette époque peut être même moins. Il n’avait donc pas pût connaître sa famille. Ou alors peut être faisait il seulement plus jeune que son âge de quelques années tout au plus.
Orphelin à la naissance…C’était cruelle à penser mais Tenrou se disait que ce devait être plus « facile » à vivre que de grandir avec sa famille puis de la voir mourir. Mais les épreuves dans chacun des cas ne sont pas les mêmes.
L’étudiant pris finalement la parole. Le ton employé était quelque peu attristé. Il parlait lentement. Par respect pour son interlocuteur, il ne préféra pas rien dire au sujet de sa famille. Aucune formule toute faite compatissante à sa situation. Iba n’en voulait certainement pas et il l’avait fait comprendre par le ton qu’il avait employé tout au long de son exposé.
« Coïncidence ou non, j’ai également quelques points commun avec toi. Ma famille éloignée ne me reconnaît pas. Ni moi, ni aucun autre de mes frères et sœurs d’ailleurs. Tantes, oncles, grands parents…Tous comme ils sont, ils n’ont pas voulu voir mes parents ensemble. »
C’était il y a bien longtemps de cela déjà et les deux amoureux n’avaient pas tenu compte de l’avis de leur entourage. Ils n’avaient jamais pris la peine de raconter toute l’histoire à leurs enfants. Tout ce qu’ils savaient, c’est que les premiers jours avaient été difficile pour leur deux parents. Et depuis cet époque, ils n’avaient jamais revu ni frères, ni sœur, ni même leur propre parents.
« Si ma famille venait à disparaître…Je pense que j’essayerais d’aller rencontrer ces gens là. Ils ne me voient ni comme la peste ni comme le choléra même s’ils ne m’acceptent pas. Je pense donc que j’irais les voir. Et s’ils venaient à me rejeter, je me tournerais vers les amis que j’ai. En tout cas, je ne resterais pas seul… »
Le regard de l’étudiant se déporta un instant vers la fenêtre. C’était tellement plus facile à dire qu’à faire. Comment s’imaginer sans sa famille alors qu’il a toujours tout construit autour de celle ci ? Un beau discours en soi mais qui mériterais d’être éprouvé en situation.
« C’est ce que je pense en ce moment même. Mais en ce moment même, ma famille est toujours bien présente… »
Finalement, il ne savait vraiment pas ce qu’il ferait. Peut être sombrerait-il tout simplement dans la folie pour finir ses jours seul dans une pièce monotone et vide.
Le gennin n’en était pas resté là et la situation qu’il avait dépeint semblait encore plus incroyable que les pires histoires que l’étudiant avait pût imaginer. Le meurtre pouvait encore rester tolérable. Par tolérable, il fallait bien comprendre par rapport à d’autres circonstance. L’étudiant remis sa tête dans l’axe de celui du gennin, le point légèrement serré sous la table. Violer sa mère…C’était tout simplement impardonnable. Il ne pouvait rester calme rien qu’en imaginant cela. Sa respiration se faisait plus rapide et plus forte. Il s’imaginait bien dans sa tête en face de l’auteur de cet acte. Et ce n’est pas des mots qu’il échangeait avec lui. Heureusement, il ne faisait que l’imaginer. Quel horrible personnage aurait été capable de telles atrocités ?
L’étudiant repris une respiration plus normale et décrispa son poing. Il préférait encore voir ses frères et sœurs mort que les savoir en train de souffrir. Même si la pensée qu’ils puissent être toujours en vie quelque part soit positive, pas dans ces circonstances là. Les savoir mort lui permettrait de faire ainsi son deuil et de ne pas se ronger l’esprit plus encore.
« Qui prêcherait encore la discussion après cela ? Seul un fou pourrais garder son calme après avoir vu subir de telles atrocités. Et seul un fou pourrais commettre de telles actes. Ce n’est pas l’attitude de quelqu’ un d’humain. Mais j’essayerais tout de même de comprendre. Pourquoi, pourquoi à-t-il agit ainsi ? Peut être qu’en le comprenant, on pourra éviter à d’autre d’avoir à subir la même chose. »
La voix de Tenrou avait retrouvé son timbre habituel. La salle était calme et le ciel dégagé. Qui pourrait sincèrement vivre en portant cela sur le dos ? Aucun être humain ne peut se dire encore doué d’humanité après avoir agit ainsi. Et aucun Homme après avoir vu sa famille décimée ne peut tomber plus bas. Mais lorsqu’il se relève, il ne peut qu’en sortir grandit.
« La vie n’aura sûrement plus le même goût après. Il y aura sûrement des jours ou je voudrais mourir. Mais si j’arrive à surmonter tout cela, je pourrais alors rebondir. Si mon malheur peut servir aux autres alors je me dévouerais à cet cause. J’aiderai ceux qui en ont besoin pour que cela n’arrive plus jamais. »
L’étudiant pencha légèrement sa tête sur le côté. Il n’avait pas oublié tout ce que le gennin lui avait dit sur sa famille…C’était encore bien dans son esprit. Il se demandait bien comment il avait pu surmonter cette épreuve. Peut être que pour se protéger, il avait développé cette épaisse carapace ne laissant ni sentiment ni émotion transparaître. Était ce là, sa manière à lui d’avoir rebondit ?
« J’aurais une question à te poser… »
L’étudiant savait que les questions n’étaient pas vraiment les bienvenue de sa part. Il enchaîna alors rapidement.
« Je sais que ce n’est pas à moi de poser les questions mais celle ci sera la dernière. »
L’étudiant fixa le gennin et surenchéri le regard calqué sur celui de son interlocuteur.
« Quel âge as-tu ? »

Tenrou- Genin de Kiri

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Iba avait créé un climat de malaise, et Tenrou en semblait clairement imprégné. Le genin devait s’avouer qu’il n’était pas tranquille. Il fut un temps où le simple fait d’évoquer la disparition tragique de sa famille l’aurait mit dans un état lamentable. Aujourd’hui il était juste mélancolique. Néanmoins, il n’en était resté pas moins observateur. Tenrou était bien comme il le pensait, sa motivation venait de sa famille, la médecine qu’il avait choisi comme voie d’apprentissage traduisait très bien son sens du dévouement pour les siens. Il voulait être à même de les soigner. Toutefois, il manquait encore de clairvoyance au goût du jeune garçon. Pour le genin, il était devenu évident que les shinobi ne pouvaient uniquement se contenter de faire le « bien ». Si on leur apprenait à se battre, ce n’était pas uniquement pour défendre, mais aussi pour tuer. Tant que l’étudiant n’aurait pas été confronté à ce choix, manger ou être mangé, il ne pourrait pas correctement appréhender les paroles de son sempaï. Ce dernier avait aussi noté une légère réaction de Takeo, l’autre était resté impassible, si ce n’est peut-être les mains, dont il pouvait voir les tendons se contracter très faiblement. Takeo, lui, s’était contenté de sourire. Ce n’était pas un sourire mesquin ou calculateur, ni même compatissant. Peut-être simplement de satisfaction. Iba ne saurait le dire, était-il lui aussi testé ou non ?
De même lors de son évocation des horreurs de la guerre, en y mêlant les membres de la famille de son apprenti, la fureur s’était lue sur son front. Ses poings s’étaient serrés avec violence. Le garçon était beaucoup trop émotif, cela allait lui jouer des tours. Déjà Iba cherchait d’autres voies pour sonder son étudiant. Constant dans son attitude, le genin finit d’écouter son interlocuteur. Il aurait sûrement mieux fait de ne pas suivre sa ligne de conduite, car la dernière lancée de Tenrou laissa un blanc. Le genin ne put y répondre, car il ne possédait pas la réponse. C’était étrange de ne pas pouvoir répondre à une question aussi simple, aussi banale. Il ne pouvait pas l’éviter, puisqu’elle était fermée, c’est-à-dire n’attendait qu’une réponse simple, et éluder présentait toujours autant de risques vis-à-vis de Takeo. Le silence se posa durant quelques secondes, Iba conscient de son erreur, réfléchissait à toute vitesse, il pouvait de nouveau mentir à Tenrou…
«- Quel âge j’ai ? »
La réponse semblait à la fois évidente et absurde. Que dire, que faire ? Il ne s’était pas vraiment penché sur le sujet depuis son retour de mission avec Darok. Il avait préféré oublier, mettre ses événements absurdes dans un coin de sa mémoire, et ne pas les perdre cette fois-ci. Ce qu’il avait appris était déboussolant, surtout qu’il savait pertinemment qui lui manquait un bout du puzzle pour connaître l’entière vérité. Il restait trop de mystères et de tabous, sur sa vie, ses pouvoirs, la mort des siens, son nom…
«- A dire vrai, je ne sais pas. »
Voilà une réponse qui en désarçonnerait plus d’un. Tenrou ne ferait pas exception, pourtant Iba n’avait plus vraiment la tête au test. Ce n’était pas bon pour lui, il devait se ressaisir, mais comment ?
«- D’un point de vue purement historique je devrais avoir dix huit ans, bientôt dix-neuf. »
Puis il se montra du doigt à son étudiant. Non, il n’avait pas l’air d’un adolescent à peine rentrer dans le monde adulte, sa majorité obtenue. Il avait la corpulence et le faciès d’un enfant de douze ans, pas plus, peut-être un peu moins.
«- Pourtant… »
Il devait clore ce sujet et rapidement. Ressassant les paroles de son confrère vis-à-vis de la folie des combats, il se décida à relancer le sujet là-dessus. Il y redeviendrait maître et Tenrou le « cobaye ». Cependant, il savait fort bien qu’il ne ferait que tourner en rond, les points de vues divergeaient et il n’y changerait rien pour le moment. Il fallait laisser du temps au temps. Toutefois, le genin décida de resservir le couvert une fois, pour se laisser du temps.
«- Pour en revenir à la folie des hommes, je dirais que la guerre en est une. A partir de ce postulat, on peut considérer que tout ce qui se déroule lors d’un tel événement n’est qu’absurdités violentes et obscènes. Les massacres, les génocides et autres exterminations n’existent pas dans les livres. Tu t’es récemment inscrit, ce qui veut dire que tu étais dans les refuges pour civil lors de la guerre avec Suna, il y a six mois de cela. Tout les shinobi ont été réquisitionné pour aller au combat, sauf les plus jeunes étudiants. Nous avons vu la Mort, et l’avons donner. Il n’y a rien de sensé dans ses actes, mais je préfère être considéré comme fou plutôt que mort. »
Il marqua une pause et essaya de se remémorer exactement ce qu’il ressentait à chaque affrontement. D’abord il y avait la montée d’adrénaline, l’accélération du pouls, des tremblements éparses, parfois faibles ou démentiels, causés par l’effroi, la crainte, l’hésitation…
Il se souvenait de ce qu’il avait ressenti face au Kazekage démoniaque. Balayé comme un simple fétu de paille…
«- Une chose est certaine, lorsque l’on se bat pour sa vie, tout les coups sont permis… »
Au cœur de la bataille, face à l’ennemi, plus puissant, plus nombreux, l’honneur n’est d’aucun secours. Iba voulait clore le débat. Il était temps de passer à un autre sujet. IL indiqua à son interlocuteur de patienter plusieurs minutes et le genin commença à se concentrer. Il accumula de l’eau dans sa main, tourné vers le ciel. De minuscules gouttelettes venaient s’y agglomérer, et la bulle d’eau croissait avec une vitesse exponentielle. Lorsqu’il jugeait qu’il possédait assez de matière première, le garçon ferma les yeux et commença à l’aide de son chakra à modeler un objet. Dès les premiers instants, il se rendit compte de la difficulté de ce qu’il était en train de tenter. Il demanda l’aide des Eaux, et sous ses paupières, ses yeux devinrent bleu argenté. Quelques gouttes s’étiraient le long de son front. La bulle d’eau ressemblait maintenant à un parallélépipède d’environ vingt centimètres, sur vingt, sur trois. Sur la face supérieure, visible par Tenrou, un damage commença à se former. Soixante quatre cases apparurent, puis la structure se cristallisa. Le plus facile avait été fait, Iba possédait un échéquier de glace, il ne restait plus qu’à avoir les pièces. L’exercice demandait pas mal d’énergie, mais sa symbiose avec les Eaux facilitait énormément les choses. Durant environ cinq minutes, il confectionna les pièces, toujours les yeux fermés. Il lui suffisait de se focaliser sur la forme de l’objet souhaité, de le modeler ensuite avec son chakra puis de le geler. En mois de dix minutes, le jeu était prêt. Iba essuya la sueur sur son front.
«- C’était la première fois que je me livrais à ce genre d’exercice. »
On aurait put croire qu’il cherchait à s’excuser. Il n’en était rien. Prestement Iba disposa les pièces dans une configuration donnée et expliqua les rudiments du jeu à son apprenti. S’il connaissait tant mieux, sinon…dans les deux cas, il estimait que ce n’était pas du temps de perdu que de rappeler les consignes du jeu. Il énonça la situation que l’échéquier lui mettait sous les yeux.
«- Commençons par faire simple. Le fou noir adverse attaque et a mis ton roi en échec. Ton cavalier blanc peut le prendre, mais il sera aussitôt pris par la tour. La seule autre solution sur la plateau est de déplacer le roi, pour fuir l’échec, néanmoins au coup d’après le fou noir peut faire une fourchette sur ta tour et ta dame, c’est-à-dire que tu ne peux sauver qu’une des deux pièces. Sacrifies-tu le cavalier ? »
Il réorganisa le damier. Les pièces avaient pris une toute nouvelle position. Il regarda Tenrou dans les yeux. Bien sûr, il avait déjà réfléchi au positionnement et savait qu’il n’existait pas d’autres choix que celui qu’il proposait.
«- Pour prendre la reine blanche, pièce la plus importante de l’adversaire, tu peux sacrifier trois pions, ou une tour et un pion. Quel serait-on choix ? Et expliques moi pourquoi aussi. »
De même lors de son évocation des horreurs de la guerre, en y mêlant les membres de la famille de son apprenti, la fureur s’était lue sur son front. Ses poings s’étaient serrés avec violence. Le garçon était beaucoup trop émotif, cela allait lui jouer des tours. Déjà Iba cherchait d’autres voies pour sonder son étudiant. Constant dans son attitude, le genin finit d’écouter son interlocuteur. Il aurait sûrement mieux fait de ne pas suivre sa ligne de conduite, car la dernière lancée de Tenrou laissa un blanc. Le genin ne put y répondre, car il ne possédait pas la réponse. C’était étrange de ne pas pouvoir répondre à une question aussi simple, aussi banale. Il ne pouvait pas l’éviter, puisqu’elle était fermée, c’est-à-dire n’attendait qu’une réponse simple, et éluder présentait toujours autant de risques vis-à-vis de Takeo. Le silence se posa durant quelques secondes, Iba conscient de son erreur, réfléchissait à toute vitesse, il pouvait de nouveau mentir à Tenrou…
«- Quel âge j’ai ? »
La réponse semblait à la fois évidente et absurde. Que dire, que faire ? Il ne s’était pas vraiment penché sur le sujet depuis son retour de mission avec Darok. Il avait préféré oublier, mettre ses événements absurdes dans un coin de sa mémoire, et ne pas les perdre cette fois-ci. Ce qu’il avait appris était déboussolant, surtout qu’il savait pertinemment qui lui manquait un bout du puzzle pour connaître l’entière vérité. Il restait trop de mystères et de tabous, sur sa vie, ses pouvoirs, la mort des siens, son nom…
«- A dire vrai, je ne sais pas. »
Voilà une réponse qui en désarçonnerait plus d’un. Tenrou ne ferait pas exception, pourtant Iba n’avait plus vraiment la tête au test. Ce n’était pas bon pour lui, il devait se ressaisir, mais comment ?
«- D’un point de vue purement historique je devrais avoir dix huit ans, bientôt dix-neuf. »
Puis il se montra du doigt à son étudiant. Non, il n’avait pas l’air d’un adolescent à peine rentrer dans le monde adulte, sa majorité obtenue. Il avait la corpulence et le faciès d’un enfant de douze ans, pas plus, peut-être un peu moins.
«- Pourtant… »
Il devait clore ce sujet et rapidement. Ressassant les paroles de son confrère vis-à-vis de la folie des combats, il se décida à relancer le sujet là-dessus. Il y redeviendrait maître et Tenrou le « cobaye ». Cependant, il savait fort bien qu’il ne ferait que tourner en rond, les points de vues divergeaient et il n’y changerait rien pour le moment. Il fallait laisser du temps au temps. Toutefois, le genin décida de resservir le couvert une fois, pour se laisser du temps.
«- Pour en revenir à la folie des hommes, je dirais que la guerre en est une. A partir de ce postulat, on peut considérer que tout ce qui se déroule lors d’un tel événement n’est qu’absurdités violentes et obscènes. Les massacres, les génocides et autres exterminations n’existent pas dans les livres. Tu t’es récemment inscrit, ce qui veut dire que tu étais dans les refuges pour civil lors de la guerre avec Suna, il y a six mois de cela. Tout les shinobi ont été réquisitionné pour aller au combat, sauf les plus jeunes étudiants. Nous avons vu la Mort, et l’avons donner. Il n’y a rien de sensé dans ses actes, mais je préfère être considéré comme fou plutôt que mort. »
Il marqua une pause et essaya de se remémorer exactement ce qu’il ressentait à chaque affrontement. D’abord il y avait la montée d’adrénaline, l’accélération du pouls, des tremblements éparses, parfois faibles ou démentiels, causés par l’effroi, la crainte, l’hésitation…
Il se souvenait de ce qu’il avait ressenti face au Kazekage démoniaque. Balayé comme un simple fétu de paille…
«- Une chose est certaine, lorsque l’on se bat pour sa vie, tout les coups sont permis… »
Au cœur de la bataille, face à l’ennemi, plus puissant, plus nombreux, l’honneur n’est d’aucun secours. Iba voulait clore le débat. Il était temps de passer à un autre sujet. IL indiqua à son interlocuteur de patienter plusieurs minutes et le genin commença à se concentrer. Il accumula de l’eau dans sa main, tourné vers le ciel. De minuscules gouttelettes venaient s’y agglomérer, et la bulle d’eau croissait avec une vitesse exponentielle. Lorsqu’il jugeait qu’il possédait assez de matière première, le garçon ferma les yeux et commença à l’aide de son chakra à modeler un objet. Dès les premiers instants, il se rendit compte de la difficulté de ce qu’il était en train de tenter. Il demanda l’aide des Eaux, et sous ses paupières, ses yeux devinrent bleu argenté. Quelques gouttes s’étiraient le long de son front. La bulle d’eau ressemblait maintenant à un parallélépipède d’environ vingt centimètres, sur vingt, sur trois. Sur la face supérieure, visible par Tenrou, un damage commença à se former. Soixante quatre cases apparurent, puis la structure se cristallisa. Le plus facile avait été fait, Iba possédait un échéquier de glace, il ne restait plus qu’à avoir les pièces. L’exercice demandait pas mal d’énergie, mais sa symbiose avec les Eaux facilitait énormément les choses. Durant environ cinq minutes, il confectionna les pièces, toujours les yeux fermés. Il lui suffisait de se focaliser sur la forme de l’objet souhaité, de le modeler ensuite avec son chakra puis de le geler. En mois de dix minutes, le jeu était prêt. Iba essuya la sueur sur son front.
«- C’était la première fois que je me livrais à ce genre d’exercice. »
On aurait put croire qu’il cherchait à s’excuser. Il n’en était rien. Prestement Iba disposa les pièces dans une configuration donnée et expliqua les rudiments du jeu à son apprenti. S’il connaissait tant mieux, sinon…dans les deux cas, il estimait que ce n’était pas du temps de perdu que de rappeler les consignes du jeu. Il énonça la situation que l’échéquier lui mettait sous les yeux.
«- Commençons par faire simple. Le fou noir adverse attaque et a mis ton roi en échec. Ton cavalier blanc peut le prendre, mais il sera aussitôt pris par la tour. La seule autre solution sur la plateau est de déplacer le roi, pour fuir l’échec, néanmoins au coup d’après le fou noir peut faire une fourchette sur ta tour et ta dame, c’est-à-dire que tu ne peux sauver qu’une des deux pièces. Sacrifies-tu le cavalier ? »
Il réorganisa le damier. Les pièces avaient pris une toute nouvelle position. Il regarda Tenrou dans les yeux. Bien sûr, il avait déjà réfléchi au positionnement et savait qu’il n’existait pas d’autres choix que celui qu’il proposait.
«- Pour prendre la reine blanche, pièce la plus importante de l’adversaire, tu peux sacrifier trois pions, ou une tour et un pion. Quel serait-on choix ? Et expliques moi pourquoi aussi. »

Iba Hiyori- Oi-nin de Kiri

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L’étudiant demeurait à la fois pensif et mal à l’aise. Il se demandait encore comment son interlocuteur pouvait rester aussi calme. Tenrou dans la situation du gennin se serait sûrement mis à pleurer en évoquant un sujet aussi douloureux que la mort des siens. Il était émotif. Il n’était pas pareil qu’Iba. Dans cette pièce, entouré de ces trois shinobi, cela aurait était vu comme un défaut, une faiblesse. Pour lui, cela restait juste un trait de caractère.
Quelque chose dérangeait également l’étudiant. Il avait gaspillé bêtement la dernière question qu’il s’était octroyé. Iba n’y avait pas vraiment répondu. Au contraire, sa réponse au lieu de se suffire à elle même amenait de nouvelles questions. Mais le garçon l’avait dit, il n’en poserait aucune autre et c’est ce qu’il ferait. Il était tout de même étonné de voir que le gennin ne connaissait même pas son âge. Tout le monde connais son âge. C’était tellement évident. Et même s’il ne pouvait donner une date précise, il devait au moins connaître l’année de sa naissance. Mais non, rien de tout ça. Le gennin disait avoir presque dix-neuf ans. Mais qui pourrais réellement le croire ? Il avait dû mal à s’en convaincre lui même. Une fois de plus, Tenrou n’aurait pas de réponse, juste des questions en plus. Des questions qui elles mêmes n’auraient pas de réponse pour le moment. Peut être un autre jour…
La discussion s’était à nouveau braquée sur le « bien et le mal ». Tenrou croyait pourtant en avoir fait le tour avec son interlocuteur mais le gennin en avait décidé autrement. Après tout, c’était lui qui était maître de la discussion. Cette fois ci, Iba avait dit des choses qui avaient un peu plus percutées dans la tête de l’étudiant. Tenrou s’imaginait sur le champ de bataille et se demandait qu’est ce qu’il en ressortirait. Enfoncerait-il sauvagement sa lame dans la chair de son adversaire ? Il se voyait mal pris de cet instinct animal. Manger ou être mangé. Se laisserait-il tout simplement faire sans réagir ? Ce n’était pas non plus la bonne solution. Personne ne peut sincèrement renoncer de vivre sans rien faire. Alors qu’elle attitude adopter ? Comme à l’accoutumée, l’étudiant n’avait pas de réponse. En théorie, il savait tout de même ce qu’il ne ferait pas dans pareil situation. Mais en pratique, il n’avait aucune idée de sa réaction. Il n’avait jamais était confronté à telle situation et espérer ne jamais l’être. Pendant la guerre contre Suna, il était comme tous les autres civils réfugiés dans des abris. Cet épisode ne lui avait pas paru douloureux. Il n’avait assister à aucune scène et n’avait perdu aucun proche. Chaque jour après la guerre, il continuait de côtoyer les même gens qu’avant. C’était peut être pour cela que le débarquement Sunéens l’avait si peu marqué.
La guerre une fois qu’elle survient s’impose à elle même. Elle est à traiter différemment des simples missions d’assassinat ou autre. La guerre reste tout de même à éviter. Combattre ce n’est pas seulement prendre les armes. Mais une fois celle ci enclenchée, alors il faut qu’elle soit moralement correctement menée. Elle ne doit pas non plus éclater injustement.
Ce que Tenrou reprochait le plus dans le discours du gennin c’est ce côté moral complètement occulté. Pourquoi mêler des civils aux combats ? Les combats ne doivent concerner que les combattants. Il faut mener une guerre « juste » si celle ci doit être menée. Tout ceci, l’étudiant ne l’avait pas dit. Il s’était contenté de le penser. Iba ne cherchait de toute manière pas de réaction.
Tenrou observait attentif ce que faisait le gennin. C’était fascinant, tout simplement fascinant. Décidément, Iba avait plus d’un tour dans son sac. Et il semblait faire cela avec tellement de facilité. Il paraissait avoir le contrôle sur toute forme aqueuse. A ce moment là, Tenrou se demandait bien s’il pourrait un jour arriver à un tel résultat malgré la voie qu’il avait choisi. Il aurait sûrement amusé Nina avec de tels tours. Ce n’était pas vraiment le but mais cela aurait fait un bon moyen de divertissement.
L’attention de Tenrou commença doucement à chuter. A l’aide de son index, il commença à gribouiller quelques dessins sur la table qui était devant lui. Bien que rien n’apparaisse sur le pupitre, les dessins étaient clair dans la tête de l’étudiant. Il y avait là une maison grossièrement dessinée et un personnage allongé devant celle ci. Tout autour de lui se tenait trois autres bonhommes debout cette fois ci. Tenrou essuya d’un revers de main l’image qu’il s’était projetée sur la table puis poussa un petit soupir. Iba avait désormais toutes les pièces en main. C’était du travail bien fait et surtout pour un premier essais. Il n’y avait rien à redire. Le jeune garçon avait tout de même du mal à suivre ce que le gennin attendait de lui. Il voulait faire une partie d’échec ? Ici ? Maintenant ?
« J’ai déjà eût l’occasion d’y jouer mais un petit rappel des règles reste toujours une bonne chose. »
Tenrou ne se posa pas vraiment de question. Il se contenta de suivre le courant. La situation était maintenant énoncée. Son roi était mis en échec par le fou adverse. De là, la disposition des pièces lui offrait plusieurs possibilités quand à la marche à entreprendre. Après quelques secondes de réflexion, Tenrou pris la parole.
« Hum…Dans un premier temps, je dirais que je ne sacrifierais pas le cavalier. Je m’explique. Le fou noir met mon roi en échec. Je déplace ce dernier comme tu l’as suggéré. A partir de là, le fou noir se déplace également et peut faire une attaque double. Ma tour et ma dame sont alors vulnérable. Mais si le fou peut se déplacer en diagonale, ma dame aussi. Donc elle pourra l’éliminer au coup suivant et alors je n’aurais à subir aucune perte. Je n’aurais alors aucune pièce à sacrifier et j’aurais même éliminé le fou adverse en prime. »
Tenrou fronça légèrement les sourcils, une main sur la joue, il observait encore le jeu. Il se demandait si c’était bien là la bonne solution et si c’était la meilleur chose à faire. Il se demandait également s’il n’avait pas fait quelque part une erreur dans son raisonnement. Peut être quelque chose lui avait elle échappé ? Dans le doute, l’étudiant surenchéri.
« Tout ça ne peut marcher que si bien entendu le fou noir n’est plus protége par la tour une fois qu’il se déplace pour faire son attaque double. Le cas échant, la meilleur chose à faire est je pense de sacrifier le cavalier. De cet manière, je préserve ma tour de la fourchette du fou qui je pense est plus importante à ce stade que mon cavalier. »
Il n’y avait pas grand chose à rajouter. Iba changea la disposition des pièces une nouvelle fois. Cette fois, la situation était différente. Il ne s’agissait plus de défendre mais d’attaquer. Mais surtout de quel manière attaquer. Deux possibilités s’offrait à l’étudiant pour s’emparer de la dame adverse. Dans les deux cas, le résultat restait le même. Mais au final, l’une ou l’autre des possibilités influeraient sur la suite de la partie.
« Je sacrifierais les trois pions. »
Tenrou n’hésita pas un instant en donnant sa réponse. Pour lui, c’était clair. C’était ce qu’il fallait faire. Il regarda le gennin dans les yeux. Celui ci attendait une explication à ce choix.
« Les pions même s’ils restent utiles sont tout de même limités. En terme de potentiel pur, on ne peut pas dire que ce soit les pièces les plus importante du jeu. Qualitativement, on ne peut pas dire non plus que deux pions ni même trois d’ailleurs valent une tour. C’est un sacrifice utile. Je perds certes une pièce en plus mais ce n’est pas plus mal. Quantitativement, je serais peut être lésé mais ce n’est pas le nombre de pièce qui compte ici. »
Tenrou retira la main de son visage pour pointer de son index la dame de glace posée sur l’échiquier.
« C’est LA pièce la plus importante. Alors qu’est ce que trois pions quand on regarde le handicap que cela inflige ? Et puis même si je n’avais pas le choix, je sacrifierais tout de même ma tour et mon pion. Cela reste tout de même un « bon » sacrifice quand on connaît l’importance de la dame. On ampute ainsi l’adversaire d’une puissance de feu non négligeable. »
Tout cette histoire d’échec en avait fait oublier à Tenrou le malaise qu’il ressentait plus tôt. Il n’était plus question de famille, ni de combat, juste d’un jeu. Il en était même arrivé à oublier qu’il était toujours pris dans l’engrenage de ce test qui avait pris place dès qu’il avait franchi la porte de cette pièce.
Quelque chose dérangeait également l’étudiant. Il avait gaspillé bêtement la dernière question qu’il s’était octroyé. Iba n’y avait pas vraiment répondu. Au contraire, sa réponse au lieu de se suffire à elle même amenait de nouvelles questions. Mais le garçon l’avait dit, il n’en poserait aucune autre et c’est ce qu’il ferait. Il était tout de même étonné de voir que le gennin ne connaissait même pas son âge. Tout le monde connais son âge. C’était tellement évident. Et même s’il ne pouvait donner une date précise, il devait au moins connaître l’année de sa naissance. Mais non, rien de tout ça. Le gennin disait avoir presque dix-neuf ans. Mais qui pourrais réellement le croire ? Il avait dû mal à s’en convaincre lui même. Une fois de plus, Tenrou n’aurait pas de réponse, juste des questions en plus. Des questions qui elles mêmes n’auraient pas de réponse pour le moment. Peut être un autre jour…
La discussion s’était à nouveau braquée sur le « bien et le mal ». Tenrou croyait pourtant en avoir fait le tour avec son interlocuteur mais le gennin en avait décidé autrement. Après tout, c’était lui qui était maître de la discussion. Cette fois ci, Iba avait dit des choses qui avaient un peu plus percutées dans la tête de l’étudiant. Tenrou s’imaginait sur le champ de bataille et se demandait qu’est ce qu’il en ressortirait. Enfoncerait-il sauvagement sa lame dans la chair de son adversaire ? Il se voyait mal pris de cet instinct animal. Manger ou être mangé. Se laisserait-il tout simplement faire sans réagir ? Ce n’était pas non plus la bonne solution. Personne ne peut sincèrement renoncer de vivre sans rien faire. Alors qu’elle attitude adopter ? Comme à l’accoutumée, l’étudiant n’avait pas de réponse. En théorie, il savait tout de même ce qu’il ne ferait pas dans pareil situation. Mais en pratique, il n’avait aucune idée de sa réaction. Il n’avait jamais était confronté à telle situation et espérer ne jamais l’être. Pendant la guerre contre Suna, il était comme tous les autres civils réfugiés dans des abris. Cet épisode ne lui avait pas paru douloureux. Il n’avait assister à aucune scène et n’avait perdu aucun proche. Chaque jour après la guerre, il continuait de côtoyer les même gens qu’avant. C’était peut être pour cela que le débarquement Sunéens l’avait si peu marqué.
La guerre une fois qu’elle survient s’impose à elle même. Elle est à traiter différemment des simples missions d’assassinat ou autre. La guerre reste tout de même à éviter. Combattre ce n’est pas seulement prendre les armes. Mais une fois celle ci enclenchée, alors il faut qu’elle soit moralement correctement menée. Elle ne doit pas non plus éclater injustement.
Ce que Tenrou reprochait le plus dans le discours du gennin c’est ce côté moral complètement occulté. Pourquoi mêler des civils aux combats ? Les combats ne doivent concerner que les combattants. Il faut mener une guerre « juste » si celle ci doit être menée. Tout ceci, l’étudiant ne l’avait pas dit. Il s’était contenté de le penser. Iba ne cherchait de toute manière pas de réaction.
Tenrou observait attentif ce que faisait le gennin. C’était fascinant, tout simplement fascinant. Décidément, Iba avait plus d’un tour dans son sac. Et il semblait faire cela avec tellement de facilité. Il paraissait avoir le contrôle sur toute forme aqueuse. A ce moment là, Tenrou se demandait bien s’il pourrait un jour arriver à un tel résultat malgré la voie qu’il avait choisi. Il aurait sûrement amusé Nina avec de tels tours. Ce n’était pas vraiment le but mais cela aurait fait un bon moyen de divertissement.
L’attention de Tenrou commença doucement à chuter. A l’aide de son index, il commença à gribouiller quelques dessins sur la table qui était devant lui. Bien que rien n’apparaisse sur le pupitre, les dessins étaient clair dans la tête de l’étudiant. Il y avait là une maison grossièrement dessinée et un personnage allongé devant celle ci. Tout autour de lui se tenait trois autres bonhommes debout cette fois ci. Tenrou essuya d’un revers de main l’image qu’il s’était projetée sur la table puis poussa un petit soupir. Iba avait désormais toutes les pièces en main. C’était du travail bien fait et surtout pour un premier essais. Il n’y avait rien à redire. Le jeune garçon avait tout de même du mal à suivre ce que le gennin attendait de lui. Il voulait faire une partie d’échec ? Ici ? Maintenant ?
« J’ai déjà eût l’occasion d’y jouer mais un petit rappel des règles reste toujours une bonne chose. »
Tenrou ne se posa pas vraiment de question. Il se contenta de suivre le courant. La situation était maintenant énoncée. Son roi était mis en échec par le fou adverse. De là, la disposition des pièces lui offrait plusieurs possibilités quand à la marche à entreprendre. Après quelques secondes de réflexion, Tenrou pris la parole.
« Hum…Dans un premier temps, je dirais que je ne sacrifierais pas le cavalier. Je m’explique. Le fou noir met mon roi en échec. Je déplace ce dernier comme tu l’as suggéré. A partir de là, le fou noir se déplace également et peut faire une attaque double. Ma tour et ma dame sont alors vulnérable. Mais si le fou peut se déplacer en diagonale, ma dame aussi. Donc elle pourra l’éliminer au coup suivant et alors je n’aurais à subir aucune perte. Je n’aurais alors aucune pièce à sacrifier et j’aurais même éliminé le fou adverse en prime. »
Tenrou fronça légèrement les sourcils, une main sur la joue, il observait encore le jeu. Il se demandait si c’était bien là la bonne solution et si c’était la meilleur chose à faire. Il se demandait également s’il n’avait pas fait quelque part une erreur dans son raisonnement. Peut être quelque chose lui avait elle échappé ? Dans le doute, l’étudiant surenchéri.
« Tout ça ne peut marcher que si bien entendu le fou noir n’est plus protége par la tour une fois qu’il se déplace pour faire son attaque double. Le cas échant, la meilleur chose à faire est je pense de sacrifier le cavalier. De cet manière, je préserve ma tour de la fourchette du fou qui je pense est plus importante à ce stade que mon cavalier. »
Il n’y avait pas grand chose à rajouter. Iba changea la disposition des pièces une nouvelle fois. Cette fois, la situation était différente. Il ne s’agissait plus de défendre mais d’attaquer. Mais surtout de quel manière attaquer. Deux possibilités s’offrait à l’étudiant pour s’emparer de la dame adverse. Dans les deux cas, le résultat restait le même. Mais au final, l’une ou l’autre des possibilités influeraient sur la suite de la partie.
« Je sacrifierais les trois pions. »
Tenrou n’hésita pas un instant en donnant sa réponse. Pour lui, c’était clair. C’était ce qu’il fallait faire. Il regarda le gennin dans les yeux. Celui ci attendait une explication à ce choix.
« Les pions même s’ils restent utiles sont tout de même limités. En terme de potentiel pur, on ne peut pas dire que ce soit les pièces les plus importante du jeu. Qualitativement, on ne peut pas dire non plus que deux pions ni même trois d’ailleurs valent une tour. C’est un sacrifice utile. Je perds certes une pièce en plus mais ce n’est pas plus mal. Quantitativement, je serais peut être lésé mais ce n’est pas le nombre de pièce qui compte ici. »
Tenrou retira la main de son visage pour pointer de son index la dame de glace posée sur l’échiquier.
« C’est LA pièce la plus importante. Alors qu’est ce que trois pions quand on regarde le handicap que cela inflige ? Et puis même si je n’avais pas le choix, je sacrifierais tout de même ma tour et mon pion. Cela reste tout de même un « bon » sacrifice quand on connaît l’importance de la dame. On ampute ainsi l’adversaire d’une puissance de feu non négligeable. »
Tout cette histoire d’échec en avait fait oublier à Tenrou le malaise qu’il ressentait plus tôt. Il n’était plus question de famille, ni de combat, juste d’un jeu. Il en était même arrivé à oublier qu’il était toujours pris dans l’engrenage de ce test qui avait pris place dès qu’il avait franchi la porte de cette pièce.

Tenrou- Genin de Kiri

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Iba Hiyori- Oi-nin de Kiri

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