[EK] - Par un soir de pluie
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[EK] - Par un soir de pluie
Depuis quelques semaines déjà, l'air est lourd, le ciel grisâtre et les nuages se profilent au loin comme une ligne de mort. Les arbres semblent flétrirent, les feuilles s'essoufflent. La terre appelle à l’aide, assoiffée, craquelée de part en part entre les immenses racines qui pompent la moindre goutte d’humidité. Les fontaines sont diminuées, parfois éteintes et si l’homme boit sans soif, la nature elle, souffre de son premier besoin, de sa première nécessité. Trois semaines criardes et enfin, enfin, l'orage arrive. Il est temps. C'est rare, mais en plein milieu de l'après-midi, les nuages montèrent sur Konoha. Grondant, l'orage s'abattit avec force et hargne. Il ne lâcha rien, lacéra ses victimes avec violence, sans pitié. Le soleil devrait alors se coucher, mais on ne le remarqua pas ; il faisait toujours noir. Les éclairs s'éteignirent, les températures redescendirent mais la pluie, elle, ne s'arrêta pas, jamais. Comme pour laver ses morts. C'est une soirée étrange, comme on vit peu dans le village caché de la Feuille. Il pleuvra jusqu'au lendemain matin, si pas plus. On est peu habitué à subir cela, là où le soleil et le radieux ciel bleu sont rois et reines. Pourtant l'onde est bien là.
Ce soir-là, il pleut sur Konoha, toutes les larmes du monde.
Domaine Scientifique d'un quartier Universitaire, centre-ville de Konoha. Il est vingt heures, la pluie dehors est battante. On retrouve dans une chambre stérile ouverte de toute part, deux hommes en blouses blanches étalés sur le sol. Ce sont sûrement des scientifiques. Morts, ça, c'est certain. Le nuage est invisible, mais il est là, pédant, dans les aérations. Eux, ils ont des masques à gaz, ce sont des hommes de science. Ils savent. Mais les autres, les profanes ?...
Une heure plus tard. La femme le lui avait pourtant demandé, de fermer cette putain de fenêtre. Il n'avait pas voulu l'écouter. Il ne l'écoutait jamais, de toute manière. Peut-être était-ce pour cela qu'il lui faisait si bien l'amour. L'activité était étrange, en face. Pas grave, ces scientifiques sont tous fous, se disaient-ils habituellement. Pourtant, les masques à gaz qu'ils portaient, eux, étaient bien là, réels. Il vomit. Puis il toussa. Puis il cracha du sang, et vomit encore. La femme entra. Elle le regarda, étonnée, presque apeurée. Elle vomit. Elle toussa. Elle cracha du sang. Et elle vomit. Encore.
Kase marchait rapidement. Son souffle était retenu par un lourd masque blanc, et une lourde blouse brune recouvrait ses chevilles jusqu’à sa tête. La pluie frappait sa tête dans un immense fracas mais il n’en avait cure. Il passa une main fatiguée sur son front trempée et ne cessa jamais plus d’avancer. Les rues étaient vides, c’était le seul point positif de cette horrible journée. Il grogna. Sa cheville s’était enfoncée dans une flaque d’eau. Retenant son corps contre le mur afin d’éviter la chute, il bougonna et reprit sa course.
Sous le préau qui bordait le laboratoire, un autre homme semblait l’attendre. Même blouse, même masque salvateur, il se réchauffait en frottant frénétiquement ses mains l’une contre l’autre, sans grand effet. Shinji aurait bien allumé une cigarette mais il savait parfaitement ce qui se passerait s’il enlevait son masque. Si le virus ne le tuait pas, le tabac aurait raison de lui, de toute façon. Il sourit de ce raisonnement enfantin, mais reprit subitement une mine énervée par l’absence de cigarette entre ses deux lèvres. Lorsqu’il aperçut Kase, il leva mollement une main amicale et celui-ci le rejoint enfin, à l’abri des hardes qui tombaient du ciel. Mais pas à l’abri du vent violent qui poussait les gouttes vers eux, ni de l’air, invisible, incolore, qui remplissait les poches de vide séparant les êtres.
[Kase] - Alors ?
Shinji fronça les sourcils, mais l’homme ne pouvait le voir grimacer. Il devenait cependant avec une certaine facilité.
[Shinji] - Ce n’est pas beau à voir.
Kase grogna. L’homme à la quarantaine avait pourtant surveillé ce projet de la base jusqu’aux finalités. Il n’était pas mortel.
[Kase] - C’était qui ?
Le jeune homme baissa la tête et renifla silencieusement. Il n’était pas question de pleurer, le ciel le faisait pour lui. Pourtant il avait vu sous ses yeux ébahi et effrayé, deux de ses camarades, des amis, des collèges - presque des frères - étalés sur le sol, le visage éteint, comme mort. Son doigt sur le cou de Saku lui avait très vite indiqué qu’elle l’était morte. S’il avait eu le courage de lui dévoiler son amour plus tôt, peut-être n’aurait-elle pas été ici au moment fatidique. En fait c’était certain dans l’esprit du scientifique. Ils mangeraient dans un petit restaurant romantique, regardant la pluie avec un sourire amusé. Ou ils serait simplement chez lui, dans son grand lit. Et avec le même sentiment de protection, il poserait sa main fatigué par le va et vient incessant des corps sur la vitre embuée, refroidit par le temps.
[Shinji] - Takeo-san… Et Saku-chan.
Seul le bruit des cordes qui s’écrasaient contre le sol put meubler les quelques secondes de silence qui meublèrent le dernier nom. Kase posa une main mal-assurée sur l’épaule de son confrère et ami et soupira.
[Kase] - Tu n’aurais rien pu faire, Shinji-san.
Peut-être même serais-tu mort à sa place, n’osa-t-il pas ajouté. Peut-être même serait-il mort à sa place, pour lui prouver son amour. Il l’aurait fait, pensa Kase. Il se serait jeté dans la gueule du loup pour elle, il aurait même bravé des shinobis. Il aurait à peu près tout fait pour les grands yeux verts de Saku, mais le courage de lui dire « je t’aime », non ça, il n’avait jamais trouvé assez courage.
Secouant soudainement la tête, Kase se concentra enfin sur le sujet de leur réunion et conseilla vivement à Shinji d’en faire de même.
[Kase] - Qu’est-ce que tu peux me dire du virus ?
[Shinji] - Vu la dose dissipée, il n’est pas mortelle, seulement hautement contagieux. Il suffit d’en respirer une petite concentration pour qu’il fasse effet.
Kase déglutit difficilement.
[Kase] - Symptôme et temps d’incubation ?
[Shinji] - Les effets se déclenchent trente ou quarante minutes après infection.
[Kase] - C’est très court.
[Shinji] - Trop court. En fait, il est même trop tard pour réagir.
Kase le fusilla du regard pour le ton désespéré qu’utilisait Shinji. Le fatalisme était ce genre de chose que le quadragénaire haïssait par-dessus tout. En tant qu’homme de science, chaque revers avec sa solution, chaque énigme pouvait être résolue et quelles qu’en soient les conséquences, l’homme devait être en mesure de parer chaque coup que la nature lui infligeait. Kase oubliait de temps en temps que l’homme se frappait lui-même et qu’il n’avait pas besoin de la foudre ou du vent pour souffrir.
Une heure s’était écoulée entre la découverte de Saku et de Takeo.
[Shinji] - Tout commence par des vomissements, une toux rauque et grasse, des crachats de sang, et rapidement c'est l’évanouissement.
[Kase] - Bien. Préviens l'Hôpital et les dispensaires. Envoie également une missive à l'entrepôt, nous aurons besoin de toutes les doses d'anti-virus possibles.
[Shinji] - Nous n'en aurons jamais ass...
Une nouvelle fois la paume de la main de Kase se posa sur l'épaule de Shinji, mais cette fois-ci elle était chaude, rassurante et à la fois forte. Son regard ne tremblait plus.
[Kase] - Fais ce que je te dis. Je dois immédiatement me rendre devant le Grand Conseil afin de leur faire mon rapport. Nous nous retrouverons.
D'un signe de la tête, Shinji lui souhaita un bonne chance en demi-teinte, et partit en courant sous la pluie. Kase soupira, et regarda le ciel, peu clément. Keira ne serait pas contente, c'était certain, mais il lui devait quelques explications. Quand elle remarquerait qu'il manquerait à son analyse de nombreux points pour le moins obscurs, elle entrerait sûrement dans une colère encore plus grande. Mais Keira est ce genre de femme qui sait parfaitement bien qu'il y a temps pour punir. Et un autre pour agir.
Kase était prêt à assumer les conséquences de ses actes. Ou plutôt des inactions. Mais plus tard, lorsque tout cela sera terminé.
Ce soir-là, il pleut sur Konoha, toutes les larmes du monde.
Domaine Scientifique d'un quartier Universitaire, centre-ville de Konoha. Il est vingt heures, la pluie dehors est battante. On retrouve dans une chambre stérile ouverte de toute part, deux hommes en blouses blanches étalés sur le sol. Ce sont sûrement des scientifiques. Morts, ça, c'est certain. Le nuage est invisible, mais il est là, pédant, dans les aérations. Eux, ils ont des masques à gaz, ce sont des hommes de science. Ils savent. Mais les autres, les profanes ?...
Une heure plus tard. La femme le lui avait pourtant demandé, de fermer cette putain de fenêtre. Il n'avait pas voulu l'écouter. Il ne l'écoutait jamais, de toute manière. Peut-être était-ce pour cela qu'il lui faisait si bien l'amour. L'activité était étrange, en face. Pas grave, ces scientifiques sont tous fous, se disaient-ils habituellement. Pourtant, les masques à gaz qu'ils portaient, eux, étaient bien là, réels. Il vomit. Puis il toussa. Puis il cracha du sang, et vomit encore. La femme entra. Elle le regarda, étonnée, presque apeurée. Elle vomit. Elle toussa. Elle cracha du sang. Et elle vomit. Encore.
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Kase marchait rapidement. Son souffle était retenu par un lourd masque blanc, et une lourde blouse brune recouvrait ses chevilles jusqu’à sa tête. La pluie frappait sa tête dans un immense fracas mais il n’en avait cure. Il passa une main fatiguée sur son front trempée et ne cessa jamais plus d’avancer. Les rues étaient vides, c’était le seul point positif de cette horrible journée. Il grogna. Sa cheville s’était enfoncée dans une flaque d’eau. Retenant son corps contre le mur afin d’éviter la chute, il bougonna et reprit sa course.
Sous le préau qui bordait le laboratoire, un autre homme semblait l’attendre. Même blouse, même masque salvateur, il se réchauffait en frottant frénétiquement ses mains l’une contre l’autre, sans grand effet. Shinji aurait bien allumé une cigarette mais il savait parfaitement ce qui se passerait s’il enlevait son masque. Si le virus ne le tuait pas, le tabac aurait raison de lui, de toute façon. Il sourit de ce raisonnement enfantin, mais reprit subitement une mine énervée par l’absence de cigarette entre ses deux lèvres. Lorsqu’il aperçut Kase, il leva mollement une main amicale et celui-ci le rejoint enfin, à l’abri des hardes qui tombaient du ciel. Mais pas à l’abri du vent violent qui poussait les gouttes vers eux, ni de l’air, invisible, incolore, qui remplissait les poches de vide séparant les êtres.
[Kase] - Alors ?
Shinji fronça les sourcils, mais l’homme ne pouvait le voir grimacer. Il devenait cependant avec une certaine facilité.
[Shinji] - Ce n’est pas beau à voir.
Kase grogna. L’homme à la quarantaine avait pourtant surveillé ce projet de la base jusqu’aux finalités. Il n’était pas mortel.
[Kase] - C’était qui ?
Le jeune homme baissa la tête et renifla silencieusement. Il n’était pas question de pleurer, le ciel le faisait pour lui. Pourtant il avait vu sous ses yeux ébahi et effrayé, deux de ses camarades, des amis, des collèges - presque des frères - étalés sur le sol, le visage éteint, comme mort. Son doigt sur le cou de Saku lui avait très vite indiqué qu’elle l’était morte. S’il avait eu le courage de lui dévoiler son amour plus tôt, peut-être n’aurait-elle pas été ici au moment fatidique. En fait c’était certain dans l’esprit du scientifique. Ils mangeraient dans un petit restaurant romantique, regardant la pluie avec un sourire amusé. Ou ils serait simplement chez lui, dans son grand lit. Et avec le même sentiment de protection, il poserait sa main fatigué par le va et vient incessant des corps sur la vitre embuée, refroidit par le temps.
[Shinji] - Takeo-san… Et Saku-chan.
Seul le bruit des cordes qui s’écrasaient contre le sol put meubler les quelques secondes de silence qui meublèrent le dernier nom. Kase posa une main mal-assurée sur l’épaule de son confrère et ami et soupira.
[Kase] - Tu n’aurais rien pu faire, Shinji-san.
Peut-être même serais-tu mort à sa place, n’osa-t-il pas ajouté. Peut-être même serait-il mort à sa place, pour lui prouver son amour. Il l’aurait fait, pensa Kase. Il se serait jeté dans la gueule du loup pour elle, il aurait même bravé des shinobis. Il aurait à peu près tout fait pour les grands yeux verts de Saku, mais le courage de lui dire « je t’aime », non ça, il n’avait jamais trouvé assez courage.
Secouant soudainement la tête, Kase se concentra enfin sur le sujet de leur réunion et conseilla vivement à Shinji d’en faire de même.
[Kase] - Qu’est-ce que tu peux me dire du virus ?
[Shinji] - Vu la dose dissipée, il n’est pas mortelle, seulement hautement contagieux. Il suffit d’en respirer une petite concentration pour qu’il fasse effet.
Kase déglutit difficilement.
[Kase] - Symptôme et temps d’incubation ?
[Shinji] - Les effets se déclenchent trente ou quarante minutes après infection.
[Kase] - C’est très court.
[Shinji] - Trop court. En fait, il est même trop tard pour réagir.
Kase le fusilla du regard pour le ton désespéré qu’utilisait Shinji. Le fatalisme était ce genre de chose que le quadragénaire haïssait par-dessus tout. En tant qu’homme de science, chaque revers avec sa solution, chaque énigme pouvait être résolue et quelles qu’en soient les conséquences, l’homme devait être en mesure de parer chaque coup que la nature lui infligeait. Kase oubliait de temps en temps que l’homme se frappait lui-même et qu’il n’avait pas besoin de la foudre ou du vent pour souffrir.
Une heure s’était écoulée entre la découverte de Saku et de Takeo.
[Shinji] - Tout commence par des vomissements, une toux rauque et grasse, des crachats de sang, et rapidement c'est l’évanouissement.
[Kase] - Bien. Préviens l'Hôpital et les dispensaires. Envoie également une missive à l'entrepôt, nous aurons besoin de toutes les doses d'anti-virus possibles.
[Shinji] - Nous n'en aurons jamais ass...
Une nouvelle fois la paume de la main de Kase se posa sur l'épaule de Shinji, mais cette fois-ci elle était chaude, rassurante et à la fois forte. Son regard ne tremblait plus.
[Kase] - Fais ce que je te dis. Je dois immédiatement me rendre devant le Grand Conseil afin de leur faire mon rapport. Nous nous retrouverons.
D'un signe de la tête, Shinji lui souhaita un bonne chance en demi-teinte, et partit en courant sous la pluie. Kase soupira, et regarda le ciel, peu clément. Keira ne serait pas contente, c'était certain, mais il lui devait quelques explications. Quand elle remarquerait qu'il manquerait à son analyse de nombreux points pour le moins obscurs, elle entrerait sûrement dans une colère encore plus grande. Mais Keira est ce genre de femme qui sait parfaitement bien qu'il y a temps pour punir. Et un autre pour agir.
Kase était prêt à assumer les conséquences de ses actes. Ou plutôt des inactions. Mais plus tard, lorsque tout cela sera terminé.

Namikaze Iki- Juunin de Konoha

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Re: [EK] - Par un soir de pluie
Kase traversa la ville le plus rapidement possible. La pluie écrasante, les flaques qui déformaient le relief et le vent aiguisé le ralentissait tant qu’il ne put courir que quelques minutes. La marche rapide mais lourde, le professeur accéléré comme il pouvait. Le grand bâtiment de la Tour Hokage se dessinait au loin, caché entre les nuages et l’obscurité du ciel qui grondait au dessus d’eux. Et puis son masque, celui qui recouvrait l’entière partie de son visage, ce manteau qui prenait l’eau et ses pieds qui s’enfonçaient dans deux centimètres d’eau à chaque fois qu’ils touchaient le sol, qu’ils s’y posaient avec l’appréhension qu’il se dérobe sous eux.
Les éclairs pourfendaient toujours le ciel avec la même virulence. Mais Kase n’en avait pas peur, et continuait sa route. Et même si cette situation pouvait l’effrayer, la simple idée que le Haut Conseil soit infecté le rendait… malade.
Il poussa les lourdes portes de la mairie, vidée. Son grand manteau marron tomba sur le sol carrelé et le scientifique s’engagea, courant, dans l’escalier qui montait vers l’administration. Lente et morne ascension, Kase soufflait bruyamment. Le quadragénaire souffrait de son manque de pratique sportive. Chacune de ses journées était rythmée par les expériences qu’il faisait, des découvertes que ses recherches permettaient de mettre à l’ordre du jour. Son équipe tournait chaque jour de l’année avec le fou rêve de trouver l’élixir de vie. Dans ce monde, il y a fort à faire, pensait-il souvent. Dans les longs couloirs du deuxième étage, il ne croisa qu’une fluette jeune femme qui lui lança un regard effrayé, un masque de tissu blanc recouvrant avec légèreté son nez et sa bouche. Lorsqu’elle posa son regard sur la combinaison de l’homme et ce qui le protégeait de l’air vicié, elle prit un peu plus peur encore et s’enfuit vers les issues de secours.
La porte du Conseil était fermée. Comme toujours, il reprit sa respiration et rehaussa ses épaules, de sorte de paraître un minimum digne de la fonction à laquelle il se frottait. Sa main se posa sur la poignée de sa porte ; il soupira, grognon. La porte s’ouvrit d’elle-même, aussi retira-t-il instinctivement ses doigts du métal et se figea, droit comme un balais. L’homme qui sortit de la pièce fronça un sourcil. Il avait pour lui une imposante stature, une nuque puissamment bâti et empestait la cigarette à plein nez. Les lèvres du shinobi restèrent muettes, collées l’une contre l’autre dans un insensible rictus, mais ses yeux, cachées dans l’ombre de sa casquette à carreaux, le fusillaient violemment d’un regard perçant.
[Kase] - Excusez-moi jeune homme, j’aimerais pass…
[…] - Kasashi-san, mais quel plaisir de vous voir - comme à chaque fois, il me semble.
La voix aigu de l’homme provenait d’un coin de la grande pièce. C’était une voix que Kase n’avait pas l’habitude d’entendre, cependant il la connaissait parfaitement. Elle eut pour mérite de faire sourire l’homme qui n’avait pas bougé d’un pouce face à lui. Il se déporta finalement et laissa Kase passer, non sans perdre une seule miette de ce qu’il voyait. L’assurance avec laquelle ses yeux se posaient sur lui sans craindre une quelconque riposte, ne serait-ce que rhétorique, prouvait combien la musculature du jeune homme n’était pas qu’un simple apparat, destiné à faire peur aux enfants. Sans n’être qu’une simple boule de muscles - à vrai dire, ses courbes restaient magnifiquement dessinées - le shinobi savait parfaitement se faire remarquer.
Kase avança prudemment dans la salle du Conseil. Prudemment, parce que n’étant pas un homme de terrain, il avait appris que les organes politiques n’étaient que d’autres castes dont les coups bas n’étaient que plus violent encore. Il finit par reconnaître sans peine le visage blanc et macabre qui, recouvert d’un masque blanc, lui apparaissait un peu plus encore qu’à l’accoutumée comme inhumain.
[Kase] - Bonjour, Okugane-sama.
Le juunin sourit.
[Okugane] - Salutation à vous, Kase Kasashi. Quel bon vent vous amène ?
Le quadragénaire s’approcha jusqu’au bureau et sourit, pâle. Sous son masque, aucune des émotions qu’il exprimait n’apparaissaient, mais le porte-parole du Haut Conseil avait ce don pour détecter chez ceux qu’il côtoie leur point faible. La faille, qu’Okugane aimait tant creuser, encore et encore. Kase n’avait rencontré cet homme que récemment, mais rapidement il s’en était fait une idée. Et bien que n’étant qu’un des éminents juunin du village, il restait l’un des plus vicieux et ambitieux qui soient. Pourtant Kase se considérait assez sage pour se tenir à la place qu’on lui avait confiée. Qu’importe le salaud qui lui dictait ses ordres.
Il ouvrit la bouche, mais aucun son ne sortit. D’un bref coup d’œil gêné, il regarda une demi-seconde le shinobi qui s’était posé contre la porte qu’il avait refermé derrière lui.
[Okugane] - Oh, bien sûr. Je vous présente Iki Namikaze, c’est un chuunin en qui j’ai toute confiance. Il sourit et laissa le silence rendre la situation plus à son aise encore. Enfin il ajouta. Vous pouvez parler devant lui sans gêne, Kasashi-san.
Kase décrit du regard une nouvelle fois le chuunin. Iki répondit par une absence totale de réaction. Son regard toisait la petite carrure de l’homme de savoirs et lui ordonnait de se retourner, comme s’il enfiler sur ses épaules des poids de plus en plus lourd à mesure que les secondes défilaient.
[Kase] - J’aimerais parler à Keira-sama.
Okugane sourit un peu plus. Son masque se tirait tellement le juunin jouissait du siège dans lequel il était assis.
[Okugane] - La Conseillère est extrêmement occupée en ce moment. Je vous demanderais de me raconter l’objet de votre venu, et je lui ferais par de votre visite mon ami, bien entendu.
Bien entendu. Iki parut grogner. S’il avait un peu plus de courage encore qu’il n’en possédait déjà pour surmonter la prétention de son supérieur hiérarchique, il aurait rit. Mais il se retint et le bruit que firent ses cordes vocales en se relâchant subitement fut étouffé dans le creux de sa gorge. Comme on se retint de vomir, avec ce sale gout sur la langue, le palet irrité par les sucs gastriques.
[Kase] - Je ne suis pas sûr que Keira-sama approuverait qu’on courcircuite le processus d’urgence qu’elle a mise en place.
[Okugane] - Je suis là pour la seconder. En son absence, il me parait évident qu’on ne ralentit pas les choses.
Il se leva et leur tourna le dos, plongeant son regard sur l’immensité du village et sur le ciel noir qui le recouvrait. Les gouttes d’eau s’abattaient avec une violence jusqu’à alors méconnue sur les grandes vitres de la salle du conseil.
[Okugane] - Bien au contraire, nous les accélérons.
Kase laissa un soupir sortir de son nez. Etouffé par son masque, il ressemblait plus à un sourd mouvement des épaules. De toute manière, se disait-il, il ne faisait pas le poids. Si Okugane avait envie d’entendre ce qu’il avait à dire, il était en droit de demander à ce qu’il parle. Pire, il avait pour lui tous les moyens possibles pour l’amener à parler. Résigné, il rangea une à une ses idées dans sa tête et organisa son rapport.
[Kase] - Le virus qui se propage sur Konoha est hautement contagieux. Il est trop tard pour en informer les habitants.
Préférant rester dans la pénombre qui lui conférait le temps, peu clément aujourd’hui, Okugane ne bougea pas.
[Okugane] - Que me conseillez-vous ?
[Kase] - Il faut avertir les hôpitaux de l’inévitable invasion de malades qu’ils vont recevoir, les administrations que le port du masque est obligatoire. Si le virus n’est pas mortel, il ne sera résorbé si nous ne nous emparons pas des antivirus qui se situent dans un entrepôt en banlieue du village. Il serait également sage de préserver les quartiers les moins touchés, et de faire en sorte que la folie ne se répande pas. Sinon…
Okugane se retourna, les yeux plissés, mais ne dit rien.
[Iki] - Sinon quoi ?
Kase se déporta lentement de sorte de ne faire dos à aucun des protagonistes, et laissant l’écho de la voix du chuunin pénétrer son esprit, l’attendrir puis l’envouter par sa force et son assurance, il termina sa phrase.
[Kase] - Sinon il faudra s’attendre à une importante vague de folie.
Un long et pesant silence s’installa. Iki réfléchissait toujours à ce que l’homme venait d’ajouter. Il imaginait sans peine les hôpitaux débordés, les gens reclus chez eux perdant d’eux tout ce qui faisait des hommes à part entière. On se battrait pour déménager vers les quartiers encore viables et finalement l’information comme quoi des antivirus existeraient parviendraient à leurs oreilles et on n’hésiterait pas à sortir les crocs pour s’en procurer un. Cette vision chaotique, quoi qu’un peu pessimiste de la chose, restait une possibilité. Et comme tous les habitants de Konoha, Iki n’avait aucune envie de revivre la folie qu’ils avaient tous connus lors du précédent examen chuunin. Si tôt… ce serait catastrophique.
[Okugane] - Merci pour votre rapport, Kasashi-san. Vous pouvez disposer.
[Kase] - Promettez-moi que vous prendrez cette situation au sérieux, Okugane-sama.
Iki sourit.
[Iki] - S’il ne le fait pas, je le ferais. Au revoir.
D’un bref signe de la tête, Kase quitta la salle. Avec ce sale sentiment que ses mises en gardes seront prises à la légère. Mais qu’importe, il avait rempli sa part du contrat. Kase était ce genre d’homme rempli d’espoirs quant à la bonne justice de l’homme pour l’homme. De l’homme par l’homme. Okugane paierait s’il subissait un échec. Lui, non. Mais si Kase était un sage, Okugane avait éteint toutes ces illusions sur le pouvoir politique bien jeune. Et il savait parfaitement quelle épingle tirer afin de réussir le meilleur des jeux. Iki resta planté là, face à lui, essayant de trouver un brin d’humanité dans l’homme qui avait fait du Namikaze ce qu’il était aujourd’hui. Pas en bien, non. Une bête, voilà ce qu’il était à ses yeux.
Le chuunin inspira et les yeux fatigués, se dirigea vers la sortie.
[Okugane] - Où vas-tu ?
Iki s’arrêta net mais ne se retourna pas.
[Iki] - Chercher quelques genins pour former une équipe et récupérer les antivirus.
[Okugane] - Il n’en est pas question. Une grande partie de nos équipes sont infectées. En fait il doit rester à peine une douzaine d’éléments.
[Iki] - Justement.
Il posa une cigarette dans le coin de ses lèvres et l’alluma d’un bref claquement des doigts sur son brique métalique.
[Iki] - Les médicaments sont notre priorité. Que dirait Keira si elle découvrait votre village attaqué parce que le reste du monde eut vent de notre faiblesse ?
Et de toute manière, je n’ai que faire de vos états d’âme. Il sourit, laissa un nuage de fumée embrumé la salle et reposa le masque sur son visage.
Les éclairs pourfendaient toujours le ciel avec la même virulence. Mais Kase n’en avait pas peur, et continuait sa route. Et même si cette situation pouvait l’effrayer, la simple idée que le Haut Conseil soit infecté le rendait… malade.
Il poussa les lourdes portes de la mairie, vidée. Son grand manteau marron tomba sur le sol carrelé et le scientifique s’engagea, courant, dans l’escalier qui montait vers l’administration. Lente et morne ascension, Kase soufflait bruyamment. Le quadragénaire souffrait de son manque de pratique sportive. Chacune de ses journées était rythmée par les expériences qu’il faisait, des découvertes que ses recherches permettaient de mettre à l’ordre du jour. Son équipe tournait chaque jour de l’année avec le fou rêve de trouver l’élixir de vie. Dans ce monde, il y a fort à faire, pensait-il souvent. Dans les longs couloirs du deuxième étage, il ne croisa qu’une fluette jeune femme qui lui lança un regard effrayé, un masque de tissu blanc recouvrant avec légèreté son nez et sa bouche. Lorsqu’elle posa son regard sur la combinaison de l’homme et ce qui le protégeait de l’air vicié, elle prit un peu plus peur encore et s’enfuit vers les issues de secours.
La porte du Conseil était fermée. Comme toujours, il reprit sa respiration et rehaussa ses épaules, de sorte de paraître un minimum digne de la fonction à laquelle il se frottait. Sa main se posa sur la poignée de sa porte ; il soupira, grognon. La porte s’ouvrit d’elle-même, aussi retira-t-il instinctivement ses doigts du métal et se figea, droit comme un balais. L’homme qui sortit de la pièce fronça un sourcil. Il avait pour lui une imposante stature, une nuque puissamment bâti et empestait la cigarette à plein nez. Les lèvres du shinobi restèrent muettes, collées l’une contre l’autre dans un insensible rictus, mais ses yeux, cachées dans l’ombre de sa casquette à carreaux, le fusillaient violemment d’un regard perçant.
[Kase] - Excusez-moi jeune homme, j’aimerais pass…
[…] - Kasashi-san, mais quel plaisir de vous voir - comme à chaque fois, il me semble.
La voix aigu de l’homme provenait d’un coin de la grande pièce. C’était une voix que Kase n’avait pas l’habitude d’entendre, cependant il la connaissait parfaitement. Elle eut pour mérite de faire sourire l’homme qui n’avait pas bougé d’un pouce face à lui. Il se déporta finalement et laissa Kase passer, non sans perdre une seule miette de ce qu’il voyait. L’assurance avec laquelle ses yeux se posaient sur lui sans craindre une quelconque riposte, ne serait-ce que rhétorique, prouvait combien la musculature du jeune homme n’était pas qu’un simple apparat, destiné à faire peur aux enfants. Sans n’être qu’une simple boule de muscles - à vrai dire, ses courbes restaient magnifiquement dessinées - le shinobi savait parfaitement se faire remarquer.
Kase avança prudemment dans la salle du Conseil. Prudemment, parce que n’étant pas un homme de terrain, il avait appris que les organes politiques n’étaient que d’autres castes dont les coups bas n’étaient que plus violent encore. Il finit par reconnaître sans peine le visage blanc et macabre qui, recouvert d’un masque blanc, lui apparaissait un peu plus encore qu’à l’accoutumée comme inhumain.
[Kase] - Bonjour, Okugane-sama.
Le juunin sourit.
[Okugane] - Salutation à vous, Kase Kasashi. Quel bon vent vous amène ?
Le quadragénaire s’approcha jusqu’au bureau et sourit, pâle. Sous son masque, aucune des émotions qu’il exprimait n’apparaissaient, mais le porte-parole du Haut Conseil avait ce don pour détecter chez ceux qu’il côtoie leur point faible. La faille, qu’Okugane aimait tant creuser, encore et encore. Kase n’avait rencontré cet homme que récemment, mais rapidement il s’en était fait une idée. Et bien que n’étant qu’un des éminents juunin du village, il restait l’un des plus vicieux et ambitieux qui soient. Pourtant Kase se considérait assez sage pour se tenir à la place qu’on lui avait confiée. Qu’importe le salaud qui lui dictait ses ordres.
Il ouvrit la bouche, mais aucun son ne sortit. D’un bref coup d’œil gêné, il regarda une demi-seconde le shinobi qui s’était posé contre la porte qu’il avait refermé derrière lui.
[Okugane] - Oh, bien sûr. Je vous présente Iki Namikaze, c’est un chuunin en qui j’ai toute confiance. Il sourit et laissa le silence rendre la situation plus à son aise encore. Enfin il ajouta. Vous pouvez parler devant lui sans gêne, Kasashi-san.
Kase décrit du regard une nouvelle fois le chuunin. Iki répondit par une absence totale de réaction. Son regard toisait la petite carrure de l’homme de savoirs et lui ordonnait de se retourner, comme s’il enfiler sur ses épaules des poids de plus en plus lourd à mesure que les secondes défilaient.
[Kase] - J’aimerais parler à Keira-sama.
Okugane sourit un peu plus. Son masque se tirait tellement le juunin jouissait du siège dans lequel il était assis.
[Okugane] - La Conseillère est extrêmement occupée en ce moment. Je vous demanderais de me raconter l’objet de votre venu, et je lui ferais par de votre visite mon ami, bien entendu.
Bien entendu. Iki parut grogner. S’il avait un peu plus de courage encore qu’il n’en possédait déjà pour surmonter la prétention de son supérieur hiérarchique, il aurait rit. Mais il se retint et le bruit que firent ses cordes vocales en se relâchant subitement fut étouffé dans le creux de sa gorge. Comme on se retint de vomir, avec ce sale gout sur la langue, le palet irrité par les sucs gastriques.
[Kase] - Je ne suis pas sûr que Keira-sama approuverait qu’on courcircuite le processus d’urgence qu’elle a mise en place.
[Okugane] - Je suis là pour la seconder. En son absence, il me parait évident qu’on ne ralentit pas les choses.
Il se leva et leur tourna le dos, plongeant son regard sur l’immensité du village et sur le ciel noir qui le recouvrait. Les gouttes d’eau s’abattaient avec une violence jusqu’à alors méconnue sur les grandes vitres de la salle du conseil.
[Okugane] - Bien au contraire, nous les accélérons.
Kase laissa un soupir sortir de son nez. Etouffé par son masque, il ressemblait plus à un sourd mouvement des épaules. De toute manière, se disait-il, il ne faisait pas le poids. Si Okugane avait envie d’entendre ce qu’il avait à dire, il était en droit de demander à ce qu’il parle. Pire, il avait pour lui tous les moyens possibles pour l’amener à parler. Résigné, il rangea une à une ses idées dans sa tête et organisa son rapport.
[Kase] - Le virus qui se propage sur Konoha est hautement contagieux. Il est trop tard pour en informer les habitants.
Préférant rester dans la pénombre qui lui conférait le temps, peu clément aujourd’hui, Okugane ne bougea pas.
[Okugane] - Que me conseillez-vous ?
[Kase] - Il faut avertir les hôpitaux de l’inévitable invasion de malades qu’ils vont recevoir, les administrations que le port du masque est obligatoire. Si le virus n’est pas mortel, il ne sera résorbé si nous ne nous emparons pas des antivirus qui se situent dans un entrepôt en banlieue du village. Il serait également sage de préserver les quartiers les moins touchés, et de faire en sorte que la folie ne se répande pas. Sinon…
Okugane se retourna, les yeux plissés, mais ne dit rien.
[Iki] - Sinon quoi ?
Kase se déporta lentement de sorte de ne faire dos à aucun des protagonistes, et laissant l’écho de la voix du chuunin pénétrer son esprit, l’attendrir puis l’envouter par sa force et son assurance, il termina sa phrase.
[Kase] - Sinon il faudra s’attendre à une importante vague de folie.
Un long et pesant silence s’installa. Iki réfléchissait toujours à ce que l’homme venait d’ajouter. Il imaginait sans peine les hôpitaux débordés, les gens reclus chez eux perdant d’eux tout ce qui faisait des hommes à part entière. On se battrait pour déménager vers les quartiers encore viables et finalement l’information comme quoi des antivirus existeraient parviendraient à leurs oreilles et on n’hésiterait pas à sortir les crocs pour s’en procurer un. Cette vision chaotique, quoi qu’un peu pessimiste de la chose, restait une possibilité. Et comme tous les habitants de Konoha, Iki n’avait aucune envie de revivre la folie qu’ils avaient tous connus lors du précédent examen chuunin. Si tôt… ce serait catastrophique.
[Okugane] - Merci pour votre rapport, Kasashi-san. Vous pouvez disposer.
[Kase] - Promettez-moi que vous prendrez cette situation au sérieux, Okugane-sama.
Iki sourit.
[Iki] - S’il ne le fait pas, je le ferais. Au revoir.
D’un bref signe de la tête, Kase quitta la salle. Avec ce sale sentiment que ses mises en gardes seront prises à la légère. Mais qu’importe, il avait rempli sa part du contrat. Kase était ce genre d’homme rempli d’espoirs quant à la bonne justice de l’homme pour l’homme. De l’homme par l’homme. Okugane paierait s’il subissait un échec. Lui, non. Mais si Kase était un sage, Okugane avait éteint toutes ces illusions sur le pouvoir politique bien jeune. Et il savait parfaitement quelle épingle tirer afin de réussir le meilleur des jeux. Iki resta planté là, face à lui, essayant de trouver un brin d’humanité dans l’homme qui avait fait du Namikaze ce qu’il était aujourd’hui. Pas en bien, non. Une bête, voilà ce qu’il était à ses yeux.
Le chuunin inspira et les yeux fatigués, se dirigea vers la sortie.
[Okugane] - Où vas-tu ?
Iki s’arrêta net mais ne se retourna pas.
[Iki] - Chercher quelques genins pour former une équipe et récupérer les antivirus.
[Okugane] - Il n’en est pas question. Une grande partie de nos équipes sont infectées. En fait il doit rester à peine une douzaine d’éléments.
[Iki] - Justement.
Il posa une cigarette dans le coin de ses lèvres et l’alluma d’un bref claquement des doigts sur son brique métalique.
[Iki] - Les médicaments sont notre priorité. Que dirait Keira si elle découvrait votre village attaqué parce que le reste du monde eut vent de notre faiblesse ?
Et de toute manière, je n’ai que faire de vos états d’âme. Il sourit, laissa un nuage de fumée embrumé la salle et reposa le masque sur son visage.

Namikaze Iki- Juunin de Konoha

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Re: [EK] - Par un soir de pluie
Okugane s’était violemment rassis. Sa tête plongea entre ses deux paumes ouvertes, comme un second signe de chaos. C’était la première crise qu’il gérait. La première sans Keira, en fait. La première sans tout l’appui du Haut Conseil. Sans les directives des conseillers qu’il faisait appliquer à la lettre près. Okugane avait bien plus d’une flèche à son arc et si jamais on ne lui avait confié les reines du village ainsi, si le message qu’il écrivait sur les messages envoyés aux quatre coins du village et du pays ressemblait trait pour trait aux mots qu’il tirait de la bouche de Keira, le ton qu’il employait à cet effet avait toujours joué pour lui.
C’était ça, l’arme du juunin. Une simple rhétorique exagéré et lucide ; une rhétorique tueuse, meurtrière des mots, Okugane assassinait la logique et la raison par la seule lueur qu’il possédait au plus profond de son regard lorsqu’il s’exprimait. Une lueur que sa voix reportait à la perfection.
Iki n’avait pas claqué la porte. Ni la violence, ni la haine, ni même la colère que son âme colportait autour de lui comme un mauvais gaz, n’auraient su le remettre dans le droit chemin. Le chuunin connaissait rarement la raison, c’était peut-être pour cela qu’il était si bon. Un sourire malicieux s’afficha dessous le masque blanc. Son Iki, rien qu’à lui, bien à lui. Une machine qu’il avait construite, une machine qu’il entretenait, non sans difficulté. Une œuvre qui lui apporterait gloire et succès. Iki représentait cette clé.
Celle qui ouvre la grande porte du Haut Conseil.
[Okugane] - Seichi !
Le chien arriva, la langue pendante, les yeux arrondi par l’assouvissement. Le sourire du juunin disparut - comme à chaque fois qu’il découvrait Seichi. A vrai dire, Okugane avait maintes et maintes fois enquêté sur l’homme qui lui servait chaque jour un peu plus, de larbin. Il avait longtemps cru qu’il ne serait qu’un vulgaire espion qu’on aurait posé là, descendu tout droit du ciel. Il s’était senti surveillé, il s’était senti épié, trahi. Mais il n’avait jamais rien trouvé. Peut-être n’était-il qu’un de ses hommes dont on avait détruit la vie et à qui on avait promis un avenir libre, un destin sûr et heureux. Un destin entre ses mains.
Ou peut-être représentait-il l’élite de l’espionnage. Auquel cas, il jouait superbement bien sa pièce.
La voix du Namikaze s’était emplie d’une brève touche de sérénité. Une assurance qu’Okugane lui découvrait. Une sombre faille de son esprit lui faisait remarquait qu’il avait quelque peu délaissé son sujet ces derniers temps. Il l’avait repoussé et comblé, la faille. Il l’avait surmonté et tout cru il avait avalé ses pensées noires - plus noires encore que tous ses songes néfastes, ceux qui peuplent sa journée. Pourtant Iki semblait avoir pris une envergure qu’il ne lui connaissait pas et qui le surprenait, en bien. Un bien mitigé. Parce que la désagréable sensation qu’il lui échappe remontait le long de sa gorge comme le reste de son estomac lorsqu’il découvrait ses échecs et ses ratés. Okugane était ainsi, vomir était sa seule issue. Le genre d’homme qui ne peut faire autrement que de détruire ce qui ne fonctionne pas. Et d’avaler tout le reste.
[Okugane] - Nous n’avons pas une minute à perdre.
En fait, il était certainement trop tard. Le timbre grave du chuunin lui annonçant qu’il réunirait les derniers éléments afin de réaliser ce que Kase Kasashi avait demandé au porte parole du Haut Conseil de faire n’était pas une parole en l’air ; du moins était-ce ce qu’il en avait conclu. Iki plaisantait rarement. Il fumait, crachait, répondait avec insolence et s’adonnait à l’indécent art de la provocation. Le voilà sérieux. Le voilà prêt à tout. Il n’y avait pas une minute à perdre, Okugane se répéta-t-il comme s’il fallait que ses désirs se réalisent hier. Seichi était un fidèle serviteur. Mais il n’était ni mage, ni sorcier. Ni Dieu, en fait, comme peu de gens sur ce monde.
[Seichi] - Bien, Okugane-sama. Que dois-je faire ?
Il réfléchit. Lentement, tel un cadavre retrouvant la vie - ce qu’on peut appeler la vie - sa tête blanche, macabre, se releva et doucement ses deux lèvres se délièrent. Le serpent poserait son baiser, son baiser de mort. Comme on mord sa proie sans la tuer, simplement souffrante tant que la tâche ne serait accomplie ; puis la mort. Okugane était cette araignée qui mangeait son amant une fois qu’il lui avait fait l’amour. Mais l’homme n’avait jamais découvert la passion, il recouvrait toujours à un sentiment bien physique, un va et vient incessant qui use. Comme un maître il domptait les femmes, il les utilisait jusqu’à ce qu’elles déposent leur dernier souffle puis les lâchait, épuisée, sur son lit de mort.
Il était temps de prendre des décisions. Mais l’araignée enceinte n’était bonne qu’à accouchée. Comme toutes les autres, lorsque les proies se feraient rares, elle crèverait. Dans la tête d’Okugane, il s’agissait du plus grand des rêves d’Iki. Un rêve qui tournerait rapidement au cauchemar. Assis dans ce siège, le juunin avec un village entier de proie.
[Okugane] - Contactez Taka Uchiha et Sanosuke Beijen.
Seichi baissa la tête mais ne dit rien.
[Okugane] - Qu’y a-t-il ?
Parle, minable. Parle où je plongerais ma main dans ta gorge jusqu’à ce que j’entende le son de ta voix.
[Seichi] - Sauf votre respect Okugane-sama et sans vous offens…
[Okugane] - Dépêchez, le coupa-t-il. Mon… Notre temps est compté.
Il s’agissait bien de son temps, en vérité. Mais la généralité est toujours celle qui régit. Qui régit, non celle qui donne des ordres.
[Seichi] - Beijen-sama est indisponible. Il a été hospitalisé comme la majeure partie des ninjas de classe moyenne et de classe supérieure…
L’œil gauche du juunin défaillit. Il partait dans des directions que seule sa colère dirigeait. Un spasme le prit et il trembla de part. Ses doigts s’entrechoquaient comme des dents jaunies par le mauvais appétit. Ses yeux clignèrent violemment et sa mâchoire se désossa succinctement de sa position. Okugane frappa avec rage sur sa table de bois.
Une douzaine d’éléments, c’était ce qu’il avait omis d’étouffer devant Iki. Et la liste s’égrenait chaque minute.
[Okugane] - Vous donnerez les ordres de Sanosuke au dénommé Kenji Uchiha.
[Seichi] - Une nouvelle fois Okugane-sama… Il se tut l’espace d’un instant, mais devant l’impatience de son supérieur, il préféra sans crainte oser. Donner la charge d’une équipe à un… genin, est-ce vraiment votre décision ?
[Okugane] - Il est sempaï et la mission que je désire lui confier n’est qu’une banale charge administrative. Faites ainsi. Et taisez-vous.
D’une traite, le juunin se leva et confronta son regard au ciel, toujours noir. La même pluie battait les vitres de la salle du conseil, avec une virulence que même l’homme ne saurait contrecarrer. Quelques éclairs découpaient toujours le paysage, laissant dans une rapide seconde l’opportunité d’illuminer la criante Konoha dans une vision chaotique de ce qui pourrait être la fin d’un tout. Quelques mois après l’invasion d’Asahi et de Kikuria entre les murs du village, quelque chose de plus monstrueux encore s’abattait sur eux. Quelque chose que, même après des années et des années d’entraînements, ils ne sauraient combattre. Finalement, à côté de la nature, Kikuria n’était qu’une mouche qu’on écrase à l’aide d’une tapette à mouche. Une grosse tapette mouche, certes.
Mais une tapette à mouche tout de même.
[Okugane] - Que Taka Uchiha se dirige vers le Quartier Nord. C’est la seule zone de Konoha qui n’est pas touché. Il sera accompagné des genins Hakai et Youso Shi, et de l’aspirant Mike Natoli.
[Seichi] - Quel sera l’objet de la mission ?
[Okugane] - Qu’il défende le quartier coute que coute. Ni entrée, ni sortie, aucune exception ne sera tolérée.
Seichi hocha frénétiquement de la tête.
[Okugane] - Dites également à Kenji Uchiha d’aider les infirmiers à gérer l’invasion de l’hôpital. Qu’il parte sur le champ avec les aspirants Akizuchi Hayasa et Kehydan Lyushan. Qu’ils se débrouillent pour désengorger les couloirs et garder un minimum d’ordre là-bas.
Les paroles de Kase lui revinrent à l’esprit ; la folie. La dernière chose dont il avait besoin c’était que la situation dégénère. Que cette vision du chaos s’arrête ici.
Mais on ne peut arrêter l’onde folle.
[Seichi] - Que dois-je dire au chuunin Namikaze ?
Okugane se retourna violemment.
[Okugane] - Que voulez-vous dire ?
[Seichi] - Eh bien… ne faut-il pas également s’occuper de la recherche des antivirus ?
[Okugane] - Qu’il se débrouille, j’ai assez à faire.
Sauf votre respe… Seichi se tut. Il avait usé assez de formules pour prévenir son supérieur. En fait, il l’avait déjà bien aidé. Et si les antivirus semblaient dans sa tête, comme la priorité logique de la réaction à l’épidémie, c’était bien celle d’Okugane qui donnait les ordres.
Et comme tout ordre, il faut parfois apprendre à s’y soustraire afin de ne plus le rencontrer à l’avenir.
C’était ça, l’arme du juunin. Une simple rhétorique exagéré et lucide ; une rhétorique tueuse, meurtrière des mots, Okugane assassinait la logique et la raison par la seule lueur qu’il possédait au plus profond de son regard lorsqu’il s’exprimait. Une lueur que sa voix reportait à la perfection.
Iki n’avait pas claqué la porte. Ni la violence, ni la haine, ni même la colère que son âme colportait autour de lui comme un mauvais gaz, n’auraient su le remettre dans le droit chemin. Le chuunin connaissait rarement la raison, c’était peut-être pour cela qu’il était si bon. Un sourire malicieux s’afficha dessous le masque blanc. Son Iki, rien qu’à lui, bien à lui. Une machine qu’il avait construite, une machine qu’il entretenait, non sans difficulté. Une œuvre qui lui apporterait gloire et succès. Iki représentait cette clé.
Celle qui ouvre la grande porte du Haut Conseil.
[Okugane] - Seichi !
Le chien arriva, la langue pendante, les yeux arrondi par l’assouvissement. Le sourire du juunin disparut - comme à chaque fois qu’il découvrait Seichi. A vrai dire, Okugane avait maintes et maintes fois enquêté sur l’homme qui lui servait chaque jour un peu plus, de larbin. Il avait longtemps cru qu’il ne serait qu’un vulgaire espion qu’on aurait posé là, descendu tout droit du ciel. Il s’était senti surveillé, il s’était senti épié, trahi. Mais il n’avait jamais rien trouvé. Peut-être n’était-il qu’un de ses hommes dont on avait détruit la vie et à qui on avait promis un avenir libre, un destin sûr et heureux. Un destin entre ses mains.
Ou peut-être représentait-il l’élite de l’espionnage. Auquel cas, il jouait superbement bien sa pièce.
La voix du Namikaze s’était emplie d’une brève touche de sérénité. Une assurance qu’Okugane lui découvrait. Une sombre faille de son esprit lui faisait remarquait qu’il avait quelque peu délaissé son sujet ces derniers temps. Il l’avait repoussé et comblé, la faille. Il l’avait surmonté et tout cru il avait avalé ses pensées noires - plus noires encore que tous ses songes néfastes, ceux qui peuplent sa journée. Pourtant Iki semblait avoir pris une envergure qu’il ne lui connaissait pas et qui le surprenait, en bien. Un bien mitigé. Parce que la désagréable sensation qu’il lui échappe remontait le long de sa gorge comme le reste de son estomac lorsqu’il découvrait ses échecs et ses ratés. Okugane était ainsi, vomir était sa seule issue. Le genre d’homme qui ne peut faire autrement que de détruire ce qui ne fonctionne pas. Et d’avaler tout le reste.
[Okugane] - Nous n’avons pas une minute à perdre.
En fait, il était certainement trop tard. Le timbre grave du chuunin lui annonçant qu’il réunirait les derniers éléments afin de réaliser ce que Kase Kasashi avait demandé au porte parole du Haut Conseil de faire n’était pas une parole en l’air ; du moins était-ce ce qu’il en avait conclu. Iki plaisantait rarement. Il fumait, crachait, répondait avec insolence et s’adonnait à l’indécent art de la provocation. Le voilà sérieux. Le voilà prêt à tout. Il n’y avait pas une minute à perdre, Okugane se répéta-t-il comme s’il fallait que ses désirs se réalisent hier. Seichi était un fidèle serviteur. Mais il n’était ni mage, ni sorcier. Ni Dieu, en fait, comme peu de gens sur ce monde.
[Seichi] - Bien, Okugane-sama. Que dois-je faire ?
Il réfléchit. Lentement, tel un cadavre retrouvant la vie - ce qu’on peut appeler la vie - sa tête blanche, macabre, se releva et doucement ses deux lèvres se délièrent. Le serpent poserait son baiser, son baiser de mort. Comme on mord sa proie sans la tuer, simplement souffrante tant que la tâche ne serait accomplie ; puis la mort. Okugane était cette araignée qui mangeait son amant une fois qu’il lui avait fait l’amour. Mais l’homme n’avait jamais découvert la passion, il recouvrait toujours à un sentiment bien physique, un va et vient incessant qui use. Comme un maître il domptait les femmes, il les utilisait jusqu’à ce qu’elles déposent leur dernier souffle puis les lâchait, épuisée, sur son lit de mort.
Il était temps de prendre des décisions. Mais l’araignée enceinte n’était bonne qu’à accouchée. Comme toutes les autres, lorsque les proies se feraient rares, elle crèverait. Dans la tête d’Okugane, il s’agissait du plus grand des rêves d’Iki. Un rêve qui tournerait rapidement au cauchemar. Assis dans ce siège, le juunin avec un village entier de proie.
[Okugane] - Contactez Taka Uchiha et Sanosuke Beijen.
Seichi baissa la tête mais ne dit rien.
[Okugane] - Qu’y a-t-il ?
Parle, minable. Parle où je plongerais ma main dans ta gorge jusqu’à ce que j’entende le son de ta voix.
[Seichi] - Sauf votre respect Okugane-sama et sans vous offens…
[Okugane] - Dépêchez, le coupa-t-il. Mon… Notre temps est compté.
Il s’agissait bien de son temps, en vérité. Mais la généralité est toujours celle qui régit. Qui régit, non celle qui donne des ordres.
[Seichi] - Beijen-sama est indisponible. Il a été hospitalisé comme la majeure partie des ninjas de classe moyenne et de classe supérieure…
L’œil gauche du juunin défaillit. Il partait dans des directions que seule sa colère dirigeait. Un spasme le prit et il trembla de part. Ses doigts s’entrechoquaient comme des dents jaunies par le mauvais appétit. Ses yeux clignèrent violemment et sa mâchoire se désossa succinctement de sa position. Okugane frappa avec rage sur sa table de bois.
Une douzaine d’éléments, c’était ce qu’il avait omis d’étouffer devant Iki. Et la liste s’égrenait chaque minute.
[Okugane] - Vous donnerez les ordres de Sanosuke au dénommé Kenji Uchiha.
[Seichi] - Une nouvelle fois Okugane-sama… Il se tut l’espace d’un instant, mais devant l’impatience de son supérieur, il préféra sans crainte oser. Donner la charge d’une équipe à un… genin, est-ce vraiment votre décision ?
[Okugane] - Il est sempaï et la mission que je désire lui confier n’est qu’une banale charge administrative. Faites ainsi. Et taisez-vous.
D’une traite, le juunin se leva et confronta son regard au ciel, toujours noir. La même pluie battait les vitres de la salle du conseil, avec une virulence que même l’homme ne saurait contrecarrer. Quelques éclairs découpaient toujours le paysage, laissant dans une rapide seconde l’opportunité d’illuminer la criante Konoha dans une vision chaotique de ce qui pourrait être la fin d’un tout. Quelques mois après l’invasion d’Asahi et de Kikuria entre les murs du village, quelque chose de plus monstrueux encore s’abattait sur eux. Quelque chose que, même après des années et des années d’entraînements, ils ne sauraient combattre. Finalement, à côté de la nature, Kikuria n’était qu’une mouche qu’on écrase à l’aide d’une tapette à mouche. Une grosse tapette mouche, certes.
Mais une tapette à mouche tout de même.
[Okugane] - Que Taka Uchiha se dirige vers le Quartier Nord. C’est la seule zone de Konoha qui n’est pas touché. Il sera accompagné des genins Hakai et Youso Shi, et de l’aspirant Mike Natoli.
[Seichi] - Quel sera l’objet de la mission ?
[Okugane] - Qu’il défende le quartier coute que coute. Ni entrée, ni sortie, aucune exception ne sera tolérée.
Seichi hocha frénétiquement de la tête.
[Okugane] - Dites également à Kenji Uchiha d’aider les infirmiers à gérer l’invasion de l’hôpital. Qu’il parte sur le champ avec les aspirants Akizuchi Hayasa et Kehydan Lyushan. Qu’ils se débrouillent pour désengorger les couloirs et garder un minimum d’ordre là-bas.
Les paroles de Kase lui revinrent à l’esprit ; la folie. La dernière chose dont il avait besoin c’était que la situation dégénère. Que cette vision du chaos s’arrête ici.
Mais on ne peut arrêter l’onde folle.
[Seichi] - Que dois-je dire au chuunin Namikaze ?
Okugane se retourna violemment.
[Okugane] - Que voulez-vous dire ?
[Seichi] - Eh bien… ne faut-il pas également s’occuper de la recherche des antivirus ?
[Okugane] - Qu’il se débrouille, j’ai assez à faire.
Sauf votre respe… Seichi se tut. Il avait usé assez de formules pour prévenir son supérieur. En fait, il l’avait déjà bien aidé. Et si les antivirus semblaient dans sa tête, comme la priorité logique de la réaction à l’épidémie, c’était bien celle d’Okugane qui donnait les ordres.
Et comme tout ordre, il faut parfois apprendre à s’y soustraire afin de ne plus le rencontrer à l’avenir.

Namikaze Iki- Juunin de Konoha

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Re: [EK] - Par un soir de pluie
Que faisait Keira ? Où était-elle ? Qu’est-ce qui la retenait ainsi ? Okugane avait tant de questions en tête, que rien ne paraissait à même d’y répondre. Le représentant de la conseillère n’avait pas été choisi par hasard ; Okugane en avait toujours été ravi. Mais il découvrait finalement l’importance de son poste, seul, acculé, affaibli. Amoindri par l’expérience qui lui manquait et fatigué des multiples dossiers qu’il traitait, seul dans son coin, à l’abri des regards. Le Namikaze en représentait une bonne partie, une couche épaisse de feuilles dans un gros classeur sous le tiroir de son bureau marbré. De nombreux rapports, quelques noms, quelques ordres de missions et un suivi physique et psychologique qui paralysait le juunin. Il serait peut-être temps pour lui d’arrêter, de mettre ce dossier en dessous de la pile d’autres que le Haut Conseil lui donnait chaque jour, et de mettre, non un terme, mais bien un creux, à la relation qu’il avait établi avait le sujet. Iki n’était qu’un dossier parmi tant d’autres. Mais de tous, il représentait le mieux, et son honneur. Et sa fierté.
Assis dans le fond du grand siège de son bureau, impatient, Okugane scrutait méthodiquement le paysage Konohéen. Le nuage infini qui surplombait le village déversait encore toute sa colère. Une pluie battante battait les ruelles et, ça et là, quelques vitres misérables éclataient sous la force de l’eau. Un vent déchainé poussait les grands arbres ; d’ailleurs plusieurs s’en étaient déracinés. Ce qu’il avait sous les yeux, Okugane n’y croyait pas vraiment. D’un côté, il semblait contrôler cette situation. De l’autre, il se savait assez manipulateur pour se persuader lui-même de sa compétence. Pour la première fois, il était irrémédiablement seul, et cela le perturbait.
Lorsqu’on n’a jamais eu l’occasion d’être laissé pour compte devant un fait accompli, il n’est pas rare de se tromper. Lorsqu’on a toujours été bercé dans les bras d’une mère, aussi symbolique soit-elle, qui vous couve et qui vous protège, la première fois qu’elle vous quitte, les mêmes erreurs, produites au même moment, prennent une tournure qu’on ne pouvait imaginer. L’impression de fondre sur le parquet du Grand Conseil, empêchait Okugane de respirer calmement. Il ne voulait pas fondre. Il ne voulait pas mourir.
Et il n’y a qu’une chose pire que la mort. Le déshonneur.
Seichi n’aimait pas Iki. Leur relation ressemblait toujours à un discours entre un roi et son peuple, mais quelle que soit sa position, le secrétaire animait toujours de violents jugements à son égard. Jugements qu’il gardait enfermés au plus profond de lui-même, comme pour attendre le grand jour où un tribunal moral se pencherait sur le chuunin. Peut-être était-ce aujourd’hui. Mais non, ce n’était pas le but. Okugane tomberait, c’était certain, et comme chaque chose devait avoir son temps pour être faite, il s’occuperait du petit protégé du conseiller un peu plus tard.
Cette vague qui paralysait Konoha n’était pas tombée à point. On l’avait faite tombée à point. Et Seichi en était pas peu fier.
Il avait trouvé Sanosuke avec un étonnement certain. Le juunin devait nécessairement être dans une chambre d’hôpital, cloitré dans son lit, tué par quelques puissants somnifères. Mais de la même manière, cela importait peu sur les évènements qui suivraient. Cela l’arrangeait presque : un homme occupé est un homme aveugle.
Le Lys n’avait pas trouvé pertinent de lui donner un nom, mais Seichi avait déjà quelques idées sur la question. Ne touche pas à un virus bactériologique très contagieux, étudié par des chercheurs compétents depuis de nombreuses années dans un secret processionnel qui veut. Il n’aurait pas été capable de le faire, et dans cette opération, il souriait de n’avoir qu’à marcher sous la pluie et à regarder le village se plier à leur botte. A sa botte. L’espace d’un instant il y crut. Okugane était laid, mais lorsqu’il ne sentait plus les marches du pouvoir sous ses pieds, son visage se dérobait en un rictus monstrueux. Quelque chose d’inhumain et d’à la fois si réconfortant.
[…] – Bonjour, Seichi.
La voix lécha ses oreilles avec détermination. C’était une intonation satisfaite mais presque autoritaire. La jeune femme, dont Seichi devinait le traits sous son imposante capuche brune, était une personne sûre d’elle et assez puissante pour que cela ne soit pas considéré comme de l’orgueil à l’état pur.
[Seichi] – Bonsoir.
Il ne connaissait pas son nom, seulement le rang qu’elle tenait. Yuri Dou, le Lys Cuivré. Il s’inclina à cette pensée et sous son masque blanc, afficha un bref sourire poli.
[…] – Comment va-t-il ?
[Seichi] – Il se porte bien. Il est là-haut.
Son bras s’éleva dans les airs et du doigt, le jeune homme désigna la majestueuse tour rouge de l’Hokage qui, sous la pluie, perdait un peu de sa splendeur. La jeune femme releva doucement la tête, si bien qu’on put apercevoir son menton et afficha un grand sourire satisfait à la vue des lumières que les vitres du bureau du Haut Conseil ne tamisaient pas assez pour que le ciel noir ne les rende indétectable.
[…] – Bien. J’imagine que tu veux connaître la suite ?
Elle imaginait bien.
[Seichi] – Je saurais me contenter des informations que je possède déjà. Il s’arrêta quelques secondes et réécouta la phrase qu’il venait de lancer. Elle était peut-être un peu sèche, c’est bien ce qu’il lui semblait. Kase Kasashi et Iki Namikaze ne sont pas des pions que l’on manipule entre le pouce et l’index.
[…] – Il ne fallait pas s’attendre à autre chose de leur part. Que font-ils maintenant ?
[Seichi] – Le Namikaze serait parti dans un entrepôt en banlieue de Konoha, mais il n’est protégé par aucun ordre de mission. Kase a disparu.
[…] – Kase n’est pas d’un très grand danger. Mais je vais tout de même m’occuper de lui. Merci Seichi, passe une bonne fin de journée.
Elle lui frappa l’épaule et s’en alla avec ce même regard pétillant et moqueur. Le Lys s’était mis en action, Seichi regarda le ciel, et reprit son éternelle marche.
Cela faisait trop longtemps qu’il tournait en rond.
Assis dans le fond du grand siège de son bureau, impatient, Okugane scrutait méthodiquement le paysage Konohéen. Le nuage infini qui surplombait le village déversait encore toute sa colère. Une pluie battante battait les ruelles et, ça et là, quelques vitres misérables éclataient sous la force de l’eau. Un vent déchainé poussait les grands arbres ; d’ailleurs plusieurs s’en étaient déracinés. Ce qu’il avait sous les yeux, Okugane n’y croyait pas vraiment. D’un côté, il semblait contrôler cette situation. De l’autre, il se savait assez manipulateur pour se persuader lui-même de sa compétence. Pour la première fois, il était irrémédiablement seul, et cela le perturbait.
Lorsqu’on n’a jamais eu l’occasion d’être laissé pour compte devant un fait accompli, il n’est pas rare de se tromper. Lorsqu’on a toujours été bercé dans les bras d’une mère, aussi symbolique soit-elle, qui vous couve et qui vous protège, la première fois qu’elle vous quitte, les mêmes erreurs, produites au même moment, prennent une tournure qu’on ne pouvait imaginer. L’impression de fondre sur le parquet du Grand Conseil, empêchait Okugane de respirer calmement. Il ne voulait pas fondre. Il ne voulait pas mourir.
Et il n’y a qu’une chose pire que la mort. Le déshonneur.
***
Seichi n’aimait pas Iki. Leur relation ressemblait toujours à un discours entre un roi et son peuple, mais quelle que soit sa position, le secrétaire animait toujours de violents jugements à son égard. Jugements qu’il gardait enfermés au plus profond de lui-même, comme pour attendre le grand jour où un tribunal moral se pencherait sur le chuunin. Peut-être était-ce aujourd’hui. Mais non, ce n’était pas le but. Okugane tomberait, c’était certain, et comme chaque chose devait avoir son temps pour être faite, il s’occuperait du petit protégé du conseiller un peu plus tard.
Cette vague qui paralysait Konoha n’était pas tombée à point. On l’avait faite tombée à point. Et Seichi en était pas peu fier.
Il avait trouvé Sanosuke avec un étonnement certain. Le juunin devait nécessairement être dans une chambre d’hôpital, cloitré dans son lit, tué par quelques puissants somnifères. Mais de la même manière, cela importait peu sur les évènements qui suivraient. Cela l’arrangeait presque : un homme occupé est un homme aveugle.
Le Lys n’avait pas trouvé pertinent de lui donner un nom, mais Seichi avait déjà quelques idées sur la question. Ne touche pas à un virus bactériologique très contagieux, étudié par des chercheurs compétents depuis de nombreuses années dans un secret processionnel qui veut. Il n’aurait pas été capable de le faire, et dans cette opération, il souriait de n’avoir qu’à marcher sous la pluie et à regarder le village se plier à leur botte. A sa botte. L’espace d’un instant il y crut. Okugane était laid, mais lorsqu’il ne sentait plus les marches du pouvoir sous ses pieds, son visage se dérobait en un rictus monstrueux. Quelque chose d’inhumain et d’à la fois si réconfortant.
[…] – Bonjour, Seichi.
La voix lécha ses oreilles avec détermination. C’était une intonation satisfaite mais presque autoritaire. La jeune femme, dont Seichi devinait le traits sous son imposante capuche brune, était une personne sûre d’elle et assez puissante pour que cela ne soit pas considéré comme de l’orgueil à l’état pur.
[Seichi] – Bonsoir.
Il ne connaissait pas son nom, seulement le rang qu’elle tenait. Yuri Dou, le Lys Cuivré. Il s’inclina à cette pensée et sous son masque blanc, afficha un bref sourire poli.
[…] – Comment va-t-il ?
[Seichi] – Il se porte bien. Il est là-haut.
Son bras s’éleva dans les airs et du doigt, le jeune homme désigna la majestueuse tour rouge de l’Hokage qui, sous la pluie, perdait un peu de sa splendeur. La jeune femme releva doucement la tête, si bien qu’on put apercevoir son menton et afficha un grand sourire satisfait à la vue des lumières que les vitres du bureau du Haut Conseil ne tamisaient pas assez pour que le ciel noir ne les rende indétectable.
[…] – Bien. J’imagine que tu veux connaître la suite ?
Elle imaginait bien.
[Seichi] – Je saurais me contenter des informations que je possède déjà. Il s’arrêta quelques secondes et réécouta la phrase qu’il venait de lancer. Elle était peut-être un peu sèche, c’est bien ce qu’il lui semblait. Kase Kasashi et Iki Namikaze ne sont pas des pions que l’on manipule entre le pouce et l’index.
[…] – Il ne fallait pas s’attendre à autre chose de leur part. Que font-ils maintenant ?
[Seichi] – Le Namikaze serait parti dans un entrepôt en banlieue de Konoha, mais il n’est protégé par aucun ordre de mission. Kase a disparu.
[…] – Kase n’est pas d’un très grand danger. Mais je vais tout de même m’occuper de lui. Merci Seichi, passe une bonne fin de journée.
Elle lui frappa l’épaule et s’en alla avec ce même regard pétillant et moqueur. Le Lys s’était mis en action, Seichi regarda le ciel, et reprit son éternelle marche.
Cela faisait trop longtemps qu’il tournait en rond.

Namikaze Iki- Juunin de Konoha

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Re: [EK] - Par un soir de pluie
Le vent est impressionnant. Malgré les imposantes fondations de la haute tour, les murs semblent tanguer. La structure est baladée par les rafales qui imposent leur danse. C’est une valse éternelle, incessante, que rien ne peut réellement arrêter. Yuri déteste le vent. Il l’a toujours détesté, et ce n’est apparemment pas aujourd’hui que cela va changer. Yuri n’aime pas le changement. Mais Yuri n’aime pas grand-chose dans le monde qui l’entoure. Puisqu’on ne peut se passer de Yuri, on ignore seulement ses colères, même si, souvent, on pense très fort qu’elle emmerde son monde à frapper l’air de toutes ses forces. Heureusement, Yuri est une assez bonne shinobi pour savoir que le vide ne l’est jamais vraiment, et qu’un coup de poing dans l’infini n’est jamais vraiment perdu. Quelque part, quelqu’un souffrira alors. Et Yuri s’en contentait. Elle est ainsi Yuri Dou, le Lys Cuivré.
Les vitres tremblèrent. L’une d’elle s’était déjà brisée, mais un bandage de bois empêchait les trombes de pluies poussées par le vent de pénétrer à l’intérieur de la vieille tour ronde. La jeune femme se demandait toujours qu’elle était l’origine de cette construction, mais elle n’en trouva jamais une. C’était bien dommage : elle aurait pu prendre par la gorge l’homme qui eut la sombre idée de construire une telle horreur. La sensation d’être si près du ciel l’étranglait, elle. La réalité lui manquait à chaque fois qu’elle pénétrait dans ce lieu. Le contact avec la terre ferme, avec le corps humain, c’étaient des concepts desquels elle ne se reculait jamais. On l’avait ainsi formée, le Lys la prenait comme elle était. Il n’était pas question de changer pour les beaux yeux d’hommes qu’elle ne connaissait pas. Et qu’elle n’aimerait particulièrement pas connaître.
[…] – Ohayo, Dou-sama.
Dou ne se retourna pas. Elle préféra garder un œil sur ce ciel noir qui les couvrait de toute sa colère. Un ciel qui, malgré tout ce qu’elle éprouvait pour lui, l’avait bien aidé, à elle, et à tous ses petits camarades de jeu.
[Dou] – Tu ne dis plus bonjour, Namari-san ?
L’homme qui semblait porter le nom de Namari grimaça. Ses yeux étaient profondément ancré dans son visage, contrastant avec un corps jeune et athlétique qui les portait.
[Namari] – Ce sont des paroles inutiles, Dou-sama.
[Dou] – La politesse n’est jamais inutile. Elle ne l’est pas pour moi. Si tu veux continuer à vivre, Namari, il faudra que tu apprennes à t’y faire, sans quoi ta vie pourrait… Ses yeux se posèrent sur la vitre. La pluie s’était calmée. Bientôt elle se tairait, ce qui provoqua un léger sourire sur les lèvres de la jeune femme. S’écourter, Namari. S’écourter.
[Namari] – Bien. Pardonnez-moi, Dou-sama.
Dou mit les mains dans ses poches et délaissa l’intérêt que le temps portait à ses yeux. Elle se retourna lentement et accrut son sourire devant les deux hommes. Cela faisait quelques mois qu’elle leur donnait quelques petites missions, sûrement indigne de leur statut au sein du Lys Cendré. On les appelait Yuri Namari, et Yuri Hikari : le Lys de Plomb et le Lys de Lumière. Dou ne connaissaient ni leur nom, ni leur prénom, pas même leur origine. Elle avait simplement en tête leur aptitude au combat, leur qualité d’homme et ce surnom que le Lys donnait à tous ceux qui l’intégraient. Eux-mêmes, ils la nommaient « Dou-sama ». Une chose qui l’horripilait, mais comme toutes les autres, elle n’y pouvait rien, et s’en contentait un peu comme elle pouvait.
[Dou] – Le plan se déroule comme prévu. Le virus s’est correctement propagé dans le village et le Haut Conseil est pris momentanément à la gorge. Dans la tourmente, aucun de nos pions n’a été découvert, c’est une autre bonne nouvelle.
[Namari] – Combien de morts les autorités recensent-ils ?
Dou grimaça.
[Dou] – Moins d’une dizaine. Mais ce n’est pas important. Ce qui l’est cependant, c’est le nombre de malades, l’hôpital engorgé et surtout, la majorité des effectifs clouée au lit.
[Namari] – La majorité ?...
Elle les affligea d’un sourire satisfait.
[Dou] – C’est pour cela que vous entrez en scène. Un chuunin se dirige actuellement vers le local en banlieue de Konoha. Ce qu’il y contient et la raison pour laquelle il y va ne vous intéresse pas. Je veux simplement que vous l’en empêcher.
[Hikari] – On a des informations sur le bonhomme ?
[Dou] – Seichi dit que c’est un bon petit morceau. A vous d’ouvrir la bouche assez grand.
[Namari] – Et si jamais…
Elle se retourna vers la fenêtre.
[Dou] – Faites ce qu’il y a à faire.
Ils sortirent sans un mot. L’ombre qui s’était retranchait de l’autre côté de la petite pièce s’étala jusqu’à elle. Son sourire s’éteint soudainement.
[…] – C’était la meilleure chose à faire, Dou-chan…
Elle renifla et laissa son regard se perdre dans la tempête, à l’extérieur du site.
[Dou] – Je sais, Sestsu-sama. Je sais.
Je sais.
La porte du laboratoire grinça. Kase trembla. Le silence qui régnait dans les locaux depuis le développement du virus et la mort de deux des membres de son équipe de recherche rendait chaque son plus fort, plus suintant, plus terrifiant qu’ils ne devraient l’être. Il s’avança lentement vers les bureaux, faisant bien attention de ne pas bousculer les petits plots que les autorités avaient laissé à côté des grandes tâches de sang, et à la craie qui dessinait les deux corps, mort. Kaze revit leur visage sur le carrelage qui portait les marques de leur décès. Mais il n’était pas venu jusqu’ici pour rendre ses souvenirs plus tragiques qu’ils ne l’étaient déjà devenus. Sa main se posa sur son bureau, et son corps se baissa, ouvrant un tiroir. Il posa finalement son dos sur le dossier de sa chaise et farfouilla dans quelques papiers.
« 18h06. Le projet avance finalement mieux que nous ne l’avions imaginé. C’est Kasakshi qui va être content : les symptômes se tarissent et les effets sont cumulés grâce à l’enzyme que nous avons ajusté puis ajouté à la solution initiale. Les indicateurs sont plutôt bons mais il reste encore quelques effets indésirables qu’il faudra corriger. Demain, le remplaçant devra très certainement s’attacher à la diffusion des anticorps dans l’organisme. Le processus est trop long. Fin du Rapport. Saku Kuroko »
Il reconnu son écriture. Evidemment, Kase avait cotoyé la jeune femme depuis de longs mois. Son équipe lui avaient passé de nombreux mois enfermés dans le laboratoire. La signature venait confirmer son raisonnement. Mais Saku Kuroko n’avait rien à faire ici. Il ne l’avait pas dit à Shinji, évidemment, mais sa partenaire devait être en permission, quelque part loin de ce village.
« 18h14. Nous retirons enfin le sujet de la chambre stérile. Saku ne tremble pas mais je la sens frémir. Pourtant, nous avons répété la démarche durant de longues heures. Tout se passera bi… »
Le papier s’arrêtait là. Il n’y avait plus rien d’autre. Kase ne comprenait pas ce qui y était rédigé, le sujet ne lui rappelait rien de bien connu et l’écriture différait également. La porte s’ouvrit en trombe. Le médecin ne put voir le visage de l’homme qui restait droit, fixé devant lui, mais l’aura qui l’entourait était assez explicite. Il se leva, la main de l’homme s’abattit sur le quadragénaire. Il tomba. Le bureau fut jeté contre le mur et se brisa. Kase ouvrit la bouche pour crier, mais aucun son n’en sortit.
Une fumée opaque sortait du laboratoire et couvrait le ciel un peu plus. La pluie l’éteindrait sûrement. Mais pas assez vite.
Les vitres tremblèrent. L’une d’elle s’était déjà brisée, mais un bandage de bois empêchait les trombes de pluies poussées par le vent de pénétrer à l’intérieur de la vieille tour ronde. La jeune femme se demandait toujours qu’elle était l’origine de cette construction, mais elle n’en trouva jamais une. C’était bien dommage : elle aurait pu prendre par la gorge l’homme qui eut la sombre idée de construire une telle horreur. La sensation d’être si près du ciel l’étranglait, elle. La réalité lui manquait à chaque fois qu’elle pénétrait dans ce lieu. Le contact avec la terre ferme, avec le corps humain, c’étaient des concepts desquels elle ne se reculait jamais. On l’avait ainsi formée, le Lys la prenait comme elle était. Il n’était pas question de changer pour les beaux yeux d’hommes qu’elle ne connaissait pas. Et qu’elle n’aimerait particulièrement pas connaître.
[…] – Ohayo, Dou-sama.
Dou ne se retourna pas. Elle préféra garder un œil sur ce ciel noir qui les couvrait de toute sa colère. Un ciel qui, malgré tout ce qu’elle éprouvait pour lui, l’avait bien aidé, à elle, et à tous ses petits camarades de jeu.
[Dou] – Tu ne dis plus bonjour, Namari-san ?
L’homme qui semblait porter le nom de Namari grimaça. Ses yeux étaient profondément ancré dans son visage, contrastant avec un corps jeune et athlétique qui les portait.
[Namari] – Ce sont des paroles inutiles, Dou-sama.
[Dou] – La politesse n’est jamais inutile. Elle ne l’est pas pour moi. Si tu veux continuer à vivre, Namari, il faudra que tu apprennes à t’y faire, sans quoi ta vie pourrait… Ses yeux se posèrent sur la vitre. La pluie s’était calmée. Bientôt elle se tairait, ce qui provoqua un léger sourire sur les lèvres de la jeune femme. S’écourter, Namari. S’écourter.
[Namari] – Bien. Pardonnez-moi, Dou-sama.
Dou mit les mains dans ses poches et délaissa l’intérêt que le temps portait à ses yeux. Elle se retourna lentement et accrut son sourire devant les deux hommes. Cela faisait quelques mois qu’elle leur donnait quelques petites missions, sûrement indigne de leur statut au sein du Lys Cendré. On les appelait Yuri Namari, et Yuri Hikari : le Lys de Plomb et le Lys de Lumière. Dou ne connaissaient ni leur nom, ni leur prénom, pas même leur origine. Elle avait simplement en tête leur aptitude au combat, leur qualité d’homme et ce surnom que le Lys donnait à tous ceux qui l’intégraient. Eux-mêmes, ils la nommaient « Dou-sama ». Une chose qui l’horripilait, mais comme toutes les autres, elle n’y pouvait rien, et s’en contentait un peu comme elle pouvait.
[Dou] – Le plan se déroule comme prévu. Le virus s’est correctement propagé dans le village et le Haut Conseil est pris momentanément à la gorge. Dans la tourmente, aucun de nos pions n’a été découvert, c’est une autre bonne nouvelle.
[Namari] – Combien de morts les autorités recensent-ils ?
Dou grimaça.
[Dou] – Moins d’une dizaine. Mais ce n’est pas important. Ce qui l’est cependant, c’est le nombre de malades, l’hôpital engorgé et surtout, la majorité des effectifs clouée au lit.
[Namari] – La majorité ?...
Elle les affligea d’un sourire satisfait.
[Dou] – C’est pour cela que vous entrez en scène. Un chuunin se dirige actuellement vers le local en banlieue de Konoha. Ce qu’il y contient et la raison pour laquelle il y va ne vous intéresse pas. Je veux simplement que vous l’en empêcher.
[Hikari] – On a des informations sur le bonhomme ?
[Dou] – Seichi dit que c’est un bon petit morceau. A vous d’ouvrir la bouche assez grand.
[Namari] – Et si jamais…
Elle se retourna vers la fenêtre.
[Dou] – Faites ce qu’il y a à faire.
Ils sortirent sans un mot. L’ombre qui s’était retranchait de l’autre côté de la petite pièce s’étala jusqu’à elle. Son sourire s’éteint soudainement.
[…] – C’était la meilleure chose à faire, Dou-chan…
Elle renifla et laissa son regard se perdre dans la tempête, à l’extérieur du site.
[Dou] – Je sais, Sestsu-sama. Je sais.
Je sais.
***
La porte du laboratoire grinça. Kase trembla. Le silence qui régnait dans les locaux depuis le développement du virus et la mort de deux des membres de son équipe de recherche rendait chaque son plus fort, plus suintant, plus terrifiant qu’ils ne devraient l’être. Il s’avança lentement vers les bureaux, faisant bien attention de ne pas bousculer les petits plots que les autorités avaient laissé à côté des grandes tâches de sang, et à la craie qui dessinait les deux corps, mort. Kaze revit leur visage sur le carrelage qui portait les marques de leur décès. Mais il n’était pas venu jusqu’ici pour rendre ses souvenirs plus tragiques qu’ils ne l’étaient déjà devenus. Sa main se posa sur son bureau, et son corps se baissa, ouvrant un tiroir. Il posa finalement son dos sur le dossier de sa chaise et farfouilla dans quelques papiers.
« 18h06. Le projet avance finalement mieux que nous ne l’avions imaginé. C’est Kasakshi qui va être content : les symptômes se tarissent et les effets sont cumulés grâce à l’enzyme que nous avons ajusté puis ajouté à la solution initiale. Les indicateurs sont plutôt bons mais il reste encore quelques effets indésirables qu’il faudra corriger. Demain, le remplaçant devra très certainement s’attacher à la diffusion des anticorps dans l’organisme. Le processus est trop long. Fin du Rapport. Saku Kuroko »
Il reconnu son écriture. Evidemment, Kase avait cotoyé la jeune femme depuis de longs mois. Son équipe lui avaient passé de nombreux mois enfermés dans le laboratoire. La signature venait confirmer son raisonnement. Mais Saku Kuroko n’avait rien à faire ici. Il ne l’avait pas dit à Shinji, évidemment, mais sa partenaire devait être en permission, quelque part loin de ce village.
« 18h14. Nous retirons enfin le sujet de la chambre stérile. Saku ne tremble pas mais je la sens frémir. Pourtant, nous avons répété la démarche durant de longues heures. Tout se passera bi… »
Le papier s’arrêtait là. Il n’y avait plus rien d’autre. Kase ne comprenait pas ce qui y était rédigé, le sujet ne lui rappelait rien de bien connu et l’écriture différait également. La porte s’ouvrit en trombe. Le médecin ne put voir le visage de l’homme qui restait droit, fixé devant lui, mais l’aura qui l’entourait était assez explicite. Il se leva, la main de l’homme s’abattit sur le quadragénaire. Il tomba. Le bureau fut jeté contre le mur et se brisa. Kase ouvrit la bouche pour crier, mais aucun son n’en sortit.
Une fumée opaque sortait du laboratoire et couvrait le ciel un peu plus. La pluie l’éteindrait sûrement. Mais pas assez vite.

Namikaze Iki- Juunin de Konoha

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Re: [EK] - Par un soir de pluie
Iki s’était endormi quelques minutes. Exténué, il était rentré directement de l’hôpital jusqu’à la Tour Hokage, il avait pénétré dans les grands couloirs toujours vides et s’était assis mollement sur un siège confortable, face aux grandes baies vitrées du bureau d’Okugane. Le juunin avait disparu. L’espace d’un instant, il s’était demandé s’il fallait qu’il parte à sa recherche. Il avait hésité à se lever mais il ne fit rien. Comme on paie toujours de ses erreurs, Okugane ne dérogerait pas à la règle. Parfois, il fallait assumer un échec. Un contrat de déserteur sur la tronche n’est jamais une solution en soi. Il avait souri à cette pensée, il avait tirée doucement sur sa cigarette, ne délaissant pas du regard le foyer qui consumait silencieusement le tabac. De son supérieur, Iki n’aurait plus qu’à chasser les cendres, d’un bref revers de la main. Il était donc resté là, face au soleil qui trouait lentement l’épais plafond nuageux, face au vent qui se calmait et face à cette vigoureuse pluie qui s’amorçait. Lorsque ses paupières se soulevèrent enfin, il retrouva le village qu’il avait laissé, une journée plus tôt. Le ciel avait repris ce bleu radieux, ce jaune lumineux et les nombreuses flaques, seules preuves du déluge passé, s’effaçaient progressivement. Sa main bougea mécaniquement. Un petit tas de cendres tomba sur son genou. Il bougonna quelques mots inaudibles et s’étira.
Keira passa la porte de la salle du conseil. Iki aperçut quelques visages derrière elles qui disparurent très vite dans d’autres annexes. Le chuunin ne s’était jamais intéressé à ceux qui géraient le village, il exécutait simplement leurs ordres. Alors sur leur mine, il ne reconnut que la maladie qu’on appelle « politique », un vieux virus qui prend les hommes et qui ne les lâche jamais. Seichi se leva derrière lui, entassa une petite pile de feuilles et se baissa nerveusement vers la conseillère. Iki sortit de sa torpeur et lâcha la cigarette sur le sol. Se levant, désintéressé, il l’écrasa comme on écrase une mouche ; sans pitié. La conseillère posa son regard puissant et assuré sur lui. Subitement, il se rendit compte qu’il avait toujours ce même vêtement troué, ces chausses encore humides et salies par la bout. Son visage était tiré, ses traits marqués par une fatigue latente. Une odeur de sueur humide et froide se dégageait de son armure dont seule la plaque de métal sur son bras luisait encore. Le Namikaze passa une main dans ses cheveux moite et les rangea comme il put, dans un ordre de bataille affligeant. Il avait perdu sa casquette, et de toute s ces péripéties, c’était certainement celle qui l’embêtait le plus.
Ses deux pieds se rabattirent sans conviction. Il baissa poliment la tête et la remonta aussitôt, parce que c’était plus une coutume qu’un réel respect. Keira parut sourire, mais son visage indiquait plutôt un intérêt muet et ténu pour le chuunin. Intérêt qui se retrouvait malheureusement recalé au second rang, derrière toutes les mauvaises épreuves que Konoha avait du subir depuis la veille au soir.
[Keira] – Seichi-san. L’homme releva la tête soudainement. Ce qui luisait dans ses yeux, c’était une certaine forme d’hypocrisie. Une hypocrisie que Keira ne connaissait que trop bien. Okugane Tsukyoko n’est-il pas avec vous ?
Iki sourit intérieurement. Cette colère, presque haineuse, qui se traduisait dans la voix de la conseillère était lourde de conséquence. Ce n’était pas une rage éphémère que l’on connait à ceux qui gèrent le monde et qui, bien logiquement, s’amusent à jouer avec leurs sentiments comme ils jouent avec des vies humaines.
La porte s’ouvrit finalement, et le visage ténébreux du juunin apparut. Entouré de deux autres conseillers et d’un juunin qu’Iki ne connaissait pas, il s’avança vers Keira et ne dit rien. Son rictus parlait pour lui-même.
[Keira] – Tsukyoko-san. Cette manière de commencer chacune de ses phrases par le nom de son interlocuteur, et les quelques secondes de silence qu’elle laissait une la dernière syllabe tue étaient effrayantes. Votre gestion du village en mon absence parle d’elle-même. Je ne sais pas encore quelles furent vos décisions et comment vos choix ont porté sur le désordre qui règne à l’extérieur et qui, probablement, a régné durant toute la nuit. En attendant, et parce qu’il m’est impossible de mettre les institutions dans les mains d’homme en qui je ne peux faire confiance durant les absences du Haut Conseil, j’accepte sans plaisir mais avec une certaine satisfaction votre démission.
[Okugane] – Je n’ai rédigé aucune dé…
Elle avança d’un pas et ses yeux se plissèrent.
[Keira] – Si, Tsukyoko-san. Vous avez démissionné, je peux vous l’assurer.
Le juunin baissa la tête, comme vaincu, abattu. La main du shinobi dont le regard fixait sans hésitation un point invisible dans le ciel se posa sur son épaule. Lentement, il lui défit le nœud qui retenait l’insigne du village à son cou et laissa tomber le métal sur le parquet. C’était le son de la défaite, et il était bien amer.
[Keira] – Une commission d’enquête s’occupera de me faire un rapport. J’en profiterais également pour mettre au clair quelques points sur vos faits passés dont les dossiers ne relatent qu’une réalité floue et imprécise. Suite à cela, et en fonction de ces conclusions, nous vous tiendrons au courant des sanctions que vous encourez, ou non, pensa-t-elle sans conviction. En attendant vous êtes renvoyé à la vie civile, dans toutes ses formes et ses applications.
Elle lui tourna le dos et passa une main fatigué dans ses cheveux.
[Keira] – J’espère pour vous que nos chemins ne se recroiseront plus, Okugane.
Le cortège sortit et un silence morbide s’installa. Keira se retourna et se dirigea vers l’ancien bureau d’Okugane. Seichi retira doucement la chaise à l’arrivée de la conseillère, mais elle le prit de vitesse et s’empara du dossier dans lequel elle posa lourdement son dos, et tout son corps, apparemment tiraillé par de trop nombreuses nuits blanches et par une pression qui semblait difficilement supportable. Iki ne jugeait pas Keira, d’abord parce qu’il n’avait pas à le faire. Ensuite parce qu’il fallait assumer ses choix. Et puis, certainement un peu parce que d’autres hommes mourraient loin du village, loin de toute famille, sur ses ordres, à elles. Il ne la haïssait pas pour autant, mais une neutralité affligeante et presque irrespectueuse et impolie émanait du regard désintéressé du chuunin. La tigresse qui s’était déployée devant eux se tut finalement et soupira, exténuée.
[Keira] – Namikaze Iki, asseyez-vous je vous prie.
Iki sortit une cigarette de la petite poche qui gondolait sur son pectoral gauche. Lentement, il l’alluma et prit le temps de tirer une petite latte avant de répondre.
[Iki] – Je crois que je vais rester debout, Keira-sama. J’aurais tout le loisir de me reposer cette entrevue terminée.
Keira sourit à peine et s’affaissa dans son fauteuil. Elle n’avait plus le courage de réprimander qui que se soit. Et Iki n’avait rien fait pour l’être.
[Keira] – Je vous remercie au nom du Conseil pour votre implication, à vous et à tous les autres, dans cette crise. Quant à vous Seichi, elle resta concentrée sur la cigarette dans la bouche du chuunin, vous remplacerez provisoirement Tsukyoko-san sous ma tutelle, le temps que je statue sur ce poste. Vous ferez également parvenir à l’administration l’officialisation de la promotion de Kenji Uchiha. Il y a longtemps que nous aurions du lui confier ce grade de chuunin, j’espère qu’il saura en être digne.
Iki sourit mentalement. Il connaissait le bonhomme pour l’avoir croisé une ou deux fois. Leur dernière rencontre s’était plus ou moins terminée dans le sang, mais l’un comme l’autre aimaient se battre et cela n’avait pas représenté une barrière en soi. Comme il se l’imaginait, l’Uchiha prendrait cette promotion avec un dédain certain. Un faux dédain, quelque chose d’assez hypocrite. Mais on ne pouvait pas trop en demander à un gamin, remarqua-t-il, ironiquement.
[Iki] – Keira-sama, j’aimerais annoncer personnellement à Kenji-kun cette nouvelle.
Il n’avait pas eu le courage de parler de « bonne » nouvelle. Elle fit un bref hochement de la tête. Seichi s’éclipsa finalement et referma derrière lui la grande porte du conseil.
Iki tapa doucement sur sa cigarette. Une gerbe de cendre tâcha le sol et un sourire se dessina sur son visage sali par le temps.
[Iki] – Sauf votre respect, il y a plusieurs choses dont vous devriez être mise au courant, Keira-sama.
La conseillère soupira une énième fois, comme si elle s’attendait au discours du chuunin. Il sortit une chaise du dessous de la table et se laissa tomber dessus. Il plaça ses deux mains jointes sur le bureau ovale et décrit durant quelques longues secondes la fumée de sa cigarette monter jusqu’au plafond, comme une grande cheminée dont aucun courant ne viendrait trouer la linéarité.
[Keira] – Je vous écoute.
Iki sourit.
[Iki] – J’ai trouvé sur la route qui menait à l’entrepôt en banlieue de Konoha, deux imbéciles qui portaient l’insigne du village. Ils expliquent plus ou moins l’état merdique de mon armure et les traces de sang sur mes mains et sur mon visage, mais en aucun cas ils n’ont su me donner les raisons de leur connerie.
[Keira] – Les avez-vous interrogés ?
Il repensa au visage méconnaissable du premier, à ses lèvres éclates, à son nez tordu et à ses arcades largement ouvertes. Le second gisait contre le trottoir, quelques côtes empalées sur un pavé. Son genoux s’était finalement démis de sa position, et avait provoqué une certaine satisfaction dans l’esprit du chuunin.
Même s’il les avait interrogé, ils n’auraient rien pu dire.
[Iki] – Oui. Et la seule chose que j’ai pu tirer d’eux, c’est le mot « Yuri ». Je ne sais pas si cela vous dit quelque chose …
Keira cligna nerveusement des yeux. Ses mains jouaient sur les touches d’un piano invisibles et balayaient le bureau sans cesse. Elle soupira encore et laissa sa tête tomber sur le dossier de sa chaise. La conseillère n’avait pas l’habitude de se laisser aller, notamment devant ses subordonnés. Surtout devant ces subordonnés. Elle connaissait plus ou moins les grandes lignes du dossier d’Iki, et malgré les éléments qui remontaient à sa mémoire, le chuunin avait fait preuve d’une étrange implication dans cette crise.
[Keira] – J’aimerais vous poser une question, Namikaze-san. Elle se redressa. Pourquoi avez-vous fait tout cela pour un village que vous détestez ?
Iki hâla une bouffée de fumée et l’expira presque immédiatement. Ses épaules se soulevèrent et se baissèrent instantanément, laissant échapper un petit rire nerveux. Iki ne détestait pas Konoha, mais l’homme qui à ses yeux le représentait. Ce même homme qui à leurs yeux à tous, ne valait plus rien, sinon un nom sur une petite fiche de renvoi.
[Iki] – Je suis comme tous les autres, Keira-sama, je n’ai pas envie de crever.
Keira le toisa longuement. Elle devinait parfaitement bien ses raisons, mais après tout, elle n’était pas en mesure de l’obliger à les lui révéler.
[Keira] – On l’appelle Yuri Kaijin, le « Lys Cendré ». C’est une organisation secrète bien connue de nos services qui agit à l’intérieur des murs du village. Nous n’avons que peu d’informations sur sa hiérarchie et sur ses objectifs. Une chose est sûre néanmoins, à chaque fois que nous pensons l’avoir détruite, elle renait de ses cendres. Elle n’était jusqu’alors pas considérée comme violente. Son regard se posa sur les mains du chuunin, marquées des nombreux coups qu’il avait porté la veille. Mais il faut croire que les temps changent, et nos ennemis aussi.
Iki lâcha un « hum » discret, signifiant qu’il avait compris et qu’il prenait bonnes notes de toutes ces informations. Il tira généreusement sur sa cigarette. Certaines choses se révélaient à ses yeux, inexplicables jusqu’alors.
[Iki] – Vous voulez dire que le virus qui s’est répandu dans Konoha est un acte terroriste ?
[Keira] – Il semblerait oui. Mais tout cela est encore trop récent pour que nous puissions avancer quoi que se soit. En attendant, je vous demanderais de garder cela secret. Quelqu’un ici donne des informations qu’il devrait garder pour lui, et je ne crois pas Okugane capable de faire une telle bêtise. Ce n’était pas dans son intérêt… Ce sera mieux pour tout le monde, oui.
Elle ouvrit finalement un tiroir et en sortit un épais dossier jaune. Son regard neutre et assuré qui démontrait combien Keira était une habituée des échanges secrets, des complots diplomatiques et des stratégies d’importance cruciale, se posa dessus avec une certaine satisfaction, et une mystérieuse impression, attirante et dangereuse à la fois.
[Keira] – Suite à vos effets, le Conseil et moi avons statué sur votre cas également. Il est clair que le village n’est pas une priorité pour vous. Néanmoins, vous avez toujours exécuté vos missions avec succès et vous avez su passer outre un ordre qui vous paraissait mettre en péril l’intégrité du village. Elle échappa un râle, mais continua. Je n’ai pas le temps de vous offrir une quelconque cérémonie, mais je vous nomme dès à présent Juunin de Konoha. Vous n’aurez d’autre supérieur que le Haut Conseil lui-même.
Elle sourit fébrilement et poussa le dossier vers lui.
[Keira] – Voici votre première mission.
Keira passa la porte de la salle du conseil. Iki aperçut quelques visages derrière elles qui disparurent très vite dans d’autres annexes. Le chuunin ne s’était jamais intéressé à ceux qui géraient le village, il exécutait simplement leurs ordres. Alors sur leur mine, il ne reconnut que la maladie qu’on appelle « politique », un vieux virus qui prend les hommes et qui ne les lâche jamais. Seichi se leva derrière lui, entassa une petite pile de feuilles et se baissa nerveusement vers la conseillère. Iki sortit de sa torpeur et lâcha la cigarette sur le sol. Se levant, désintéressé, il l’écrasa comme on écrase une mouche ; sans pitié. La conseillère posa son regard puissant et assuré sur lui. Subitement, il se rendit compte qu’il avait toujours ce même vêtement troué, ces chausses encore humides et salies par la bout. Son visage était tiré, ses traits marqués par une fatigue latente. Une odeur de sueur humide et froide se dégageait de son armure dont seule la plaque de métal sur son bras luisait encore. Le Namikaze passa une main dans ses cheveux moite et les rangea comme il put, dans un ordre de bataille affligeant. Il avait perdu sa casquette, et de toute s ces péripéties, c’était certainement celle qui l’embêtait le plus.
Ses deux pieds se rabattirent sans conviction. Il baissa poliment la tête et la remonta aussitôt, parce que c’était plus une coutume qu’un réel respect. Keira parut sourire, mais son visage indiquait plutôt un intérêt muet et ténu pour le chuunin. Intérêt qui se retrouvait malheureusement recalé au second rang, derrière toutes les mauvaises épreuves que Konoha avait du subir depuis la veille au soir.
[Keira] – Seichi-san. L’homme releva la tête soudainement. Ce qui luisait dans ses yeux, c’était une certaine forme d’hypocrisie. Une hypocrisie que Keira ne connaissait que trop bien. Okugane Tsukyoko n’est-il pas avec vous ?
Iki sourit intérieurement. Cette colère, presque haineuse, qui se traduisait dans la voix de la conseillère était lourde de conséquence. Ce n’était pas une rage éphémère que l’on connait à ceux qui gèrent le monde et qui, bien logiquement, s’amusent à jouer avec leurs sentiments comme ils jouent avec des vies humaines.
La porte s’ouvrit finalement, et le visage ténébreux du juunin apparut. Entouré de deux autres conseillers et d’un juunin qu’Iki ne connaissait pas, il s’avança vers Keira et ne dit rien. Son rictus parlait pour lui-même.
[Keira] – Tsukyoko-san. Cette manière de commencer chacune de ses phrases par le nom de son interlocuteur, et les quelques secondes de silence qu’elle laissait une la dernière syllabe tue étaient effrayantes. Votre gestion du village en mon absence parle d’elle-même. Je ne sais pas encore quelles furent vos décisions et comment vos choix ont porté sur le désordre qui règne à l’extérieur et qui, probablement, a régné durant toute la nuit. En attendant, et parce qu’il m’est impossible de mettre les institutions dans les mains d’homme en qui je ne peux faire confiance durant les absences du Haut Conseil, j’accepte sans plaisir mais avec une certaine satisfaction votre démission.
[Okugane] – Je n’ai rédigé aucune dé…
Elle avança d’un pas et ses yeux se plissèrent.
[Keira] – Si, Tsukyoko-san. Vous avez démissionné, je peux vous l’assurer.
Le juunin baissa la tête, comme vaincu, abattu. La main du shinobi dont le regard fixait sans hésitation un point invisible dans le ciel se posa sur son épaule. Lentement, il lui défit le nœud qui retenait l’insigne du village à son cou et laissa tomber le métal sur le parquet. C’était le son de la défaite, et il était bien amer.
[Keira] – Une commission d’enquête s’occupera de me faire un rapport. J’en profiterais également pour mettre au clair quelques points sur vos faits passés dont les dossiers ne relatent qu’une réalité floue et imprécise. Suite à cela, et en fonction de ces conclusions, nous vous tiendrons au courant des sanctions que vous encourez, ou non, pensa-t-elle sans conviction. En attendant vous êtes renvoyé à la vie civile, dans toutes ses formes et ses applications.
Elle lui tourna le dos et passa une main fatigué dans ses cheveux.
[Keira] – J’espère pour vous que nos chemins ne se recroiseront plus, Okugane.
Le cortège sortit et un silence morbide s’installa. Keira se retourna et se dirigea vers l’ancien bureau d’Okugane. Seichi retira doucement la chaise à l’arrivée de la conseillère, mais elle le prit de vitesse et s’empara du dossier dans lequel elle posa lourdement son dos, et tout son corps, apparemment tiraillé par de trop nombreuses nuits blanches et par une pression qui semblait difficilement supportable. Iki ne jugeait pas Keira, d’abord parce qu’il n’avait pas à le faire. Ensuite parce qu’il fallait assumer ses choix. Et puis, certainement un peu parce que d’autres hommes mourraient loin du village, loin de toute famille, sur ses ordres, à elles. Il ne la haïssait pas pour autant, mais une neutralité affligeante et presque irrespectueuse et impolie émanait du regard désintéressé du chuunin. La tigresse qui s’était déployée devant eux se tut finalement et soupira, exténuée.
[Keira] – Namikaze Iki, asseyez-vous je vous prie.
Iki sortit une cigarette de la petite poche qui gondolait sur son pectoral gauche. Lentement, il l’alluma et prit le temps de tirer une petite latte avant de répondre.
[Iki] – Je crois que je vais rester debout, Keira-sama. J’aurais tout le loisir de me reposer cette entrevue terminée.
Keira sourit à peine et s’affaissa dans son fauteuil. Elle n’avait plus le courage de réprimander qui que se soit. Et Iki n’avait rien fait pour l’être.
[Keira] – Je vous remercie au nom du Conseil pour votre implication, à vous et à tous les autres, dans cette crise. Quant à vous Seichi, elle resta concentrée sur la cigarette dans la bouche du chuunin, vous remplacerez provisoirement Tsukyoko-san sous ma tutelle, le temps que je statue sur ce poste. Vous ferez également parvenir à l’administration l’officialisation de la promotion de Kenji Uchiha. Il y a longtemps que nous aurions du lui confier ce grade de chuunin, j’espère qu’il saura en être digne.
Iki sourit mentalement. Il connaissait le bonhomme pour l’avoir croisé une ou deux fois. Leur dernière rencontre s’était plus ou moins terminée dans le sang, mais l’un comme l’autre aimaient se battre et cela n’avait pas représenté une barrière en soi. Comme il se l’imaginait, l’Uchiha prendrait cette promotion avec un dédain certain. Un faux dédain, quelque chose d’assez hypocrite. Mais on ne pouvait pas trop en demander à un gamin, remarqua-t-il, ironiquement.
[Iki] – Keira-sama, j’aimerais annoncer personnellement à Kenji-kun cette nouvelle.
Il n’avait pas eu le courage de parler de « bonne » nouvelle. Elle fit un bref hochement de la tête. Seichi s’éclipsa finalement et referma derrière lui la grande porte du conseil.
Iki tapa doucement sur sa cigarette. Une gerbe de cendre tâcha le sol et un sourire se dessina sur son visage sali par le temps.
[Iki] – Sauf votre respect, il y a plusieurs choses dont vous devriez être mise au courant, Keira-sama.
La conseillère soupira une énième fois, comme si elle s’attendait au discours du chuunin. Il sortit une chaise du dessous de la table et se laissa tomber dessus. Il plaça ses deux mains jointes sur le bureau ovale et décrit durant quelques longues secondes la fumée de sa cigarette monter jusqu’au plafond, comme une grande cheminée dont aucun courant ne viendrait trouer la linéarité.
[Keira] – Je vous écoute.
Iki sourit.
[Iki] – J’ai trouvé sur la route qui menait à l’entrepôt en banlieue de Konoha, deux imbéciles qui portaient l’insigne du village. Ils expliquent plus ou moins l’état merdique de mon armure et les traces de sang sur mes mains et sur mon visage, mais en aucun cas ils n’ont su me donner les raisons de leur connerie.
[Keira] – Les avez-vous interrogés ?
Il repensa au visage méconnaissable du premier, à ses lèvres éclates, à son nez tordu et à ses arcades largement ouvertes. Le second gisait contre le trottoir, quelques côtes empalées sur un pavé. Son genoux s’était finalement démis de sa position, et avait provoqué une certaine satisfaction dans l’esprit du chuunin.
Même s’il les avait interrogé, ils n’auraient rien pu dire.
[Iki] – Oui. Et la seule chose que j’ai pu tirer d’eux, c’est le mot « Yuri ». Je ne sais pas si cela vous dit quelque chose …
Keira cligna nerveusement des yeux. Ses mains jouaient sur les touches d’un piano invisibles et balayaient le bureau sans cesse. Elle soupira encore et laissa sa tête tomber sur le dossier de sa chaise. La conseillère n’avait pas l’habitude de se laisser aller, notamment devant ses subordonnés. Surtout devant ces subordonnés. Elle connaissait plus ou moins les grandes lignes du dossier d’Iki, et malgré les éléments qui remontaient à sa mémoire, le chuunin avait fait preuve d’une étrange implication dans cette crise.
[Keira] – J’aimerais vous poser une question, Namikaze-san. Elle se redressa. Pourquoi avez-vous fait tout cela pour un village que vous détestez ?
Iki hâla une bouffée de fumée et l’expira presque immédiatement. Ses épaules se soulevèrent et se baissèrent instantanément, laissant échapper un petit rire nerveux. Iki ne détestait pas Konoha, mais l’homme qui à ses yeux le représentait. Ce même homme qui à leurs yeux à tous, ne valait plus rien, sinon un nom sur une petite fiche de renvoi.
[Iki] – Je suis comme tous les autres, Keira-sama, je n’ai pas envie de crever.
Keira le toisa longuement. Elle devinait parfaitement bien ses raisons, mais après tout, elle n’était pas en mesure de l’obliger à les lui révéler.
[Keira] – On l’appelle Yuri Kaijin, le « Lys Cendré ». C’est une organisation secrète bien connue de nos services qui agit à l’intérieur des murs du village. Nous n’avons que peu d’informations sur sa hiérarchie et sur ses objectifs. Une chose est sûre néanmoins, à chaque fois que nous pensons l’avoir détruite, elle renait de ses cendres. Elle n’était jusqu’alors pas considérée comme violente. Son regard se posa sur les mains du chuunin, marquées des nombreux coups qu’il avait porté la veille. Mais il faut croire que les temps changent, et nos ennemis aussi.
Iki lâcha un « hum » discret, signifiant qu’il avait compris et qu’il prenait bonnes notes de toutes ces informations. Il tira généreusement sur sa cigarette. Certaines choses se révélaient à ses yeux, inexplicables jusqu’alors.
[Iki] – Vous voulez dire que le virus qui s’est répandu dans Konoha est un acte terroriste ?
[Keira] – Il semblerait oui. Mais tout cela est encore trop récent pour que nous puissions avancer quoi que se soit. En attendant, je vous demanderais de garder cela secret. Quelqu’un ici donne des informations qu’il devrait garder pour lui, et je ne crois pas Okugane capable de faire une telle bêtise. Ce n’était pas dans son intérêt… Ce sera mieux pour tout le monde, oui.
Elle ouvrit finalement un tiroir et en sortit un épais dossier jaune. Son regard neutre et assuré qui démontrait combien Keira était une habituée des échanges secrets, des complots diplomatiques et des stratégies d’importance cruciale, se posa dessus avec une certaine satisfaction, et une mystérieuse impression, attirante et dangereuse à la fois.
[Keira] – Suite à vos effets, le Conseil et moi avons statué sur votre cas également. Il est clair que le village n’est pas une priorité pour vous. Néanmoins, vous avez toujours exécuté vos missions avec succès et vous avez su passer outre un ordre qui vous paraissait mettre en péril l’intégrité du village. Elle échappa un râle, mais continua. Je n’ai pas le temps de vous offrir une quelconque cérémonie, mais je vous nomme dès à présent Juunin de Konoha. Vous n’aurez d’autre supérieur que le Haut Conseil lui-même.
Elle sourit fébrilement et poussa le dossier vers lui.
[Keira] – Voici votre première mission.

Namikaze Iki- Juunin de Konoha

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