Appartement de Shijima Seika

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Re: Appartement de Shijima Seika

Message  Sho Nagoshi le Lun 2 Nov - 12:40

¤,.°o°O Chapitre 10 : Les Prémisses du Changement O°o°.,¤
« A l'ombre de la demi-lune »
5

Sho était assis à l'entrée du petit restaurant de son quartier entrain de déguster un verre de thé. La rue était encore calme à cette heure de la matinée. Il y avait bien quelques personnes qui passaient de temps à autres mais rien de comparable à la foule qui envahirait la rue d'ici quelques heures. Derrière le comptoir du restaurant, le chef – un homme de forte carrure aux cheveux coupés courts – s'afférait à la préparation de son plat fétiche : l'Oden, le pot au feu local à base de légumes, d'oeufs durs et de quenelles de poisson.

L'eisei-nin n'avait pas fermé l'oeil de la nuit. Ses paupières étaient colorées d'un violet peu prononcé, signe que cette nuit blanche n'était que la dernière d'une longue série. Malgré ça, il se portait pour le mieux. Rien dans son attitude ni dans sa gestuelle ne laissait présager la moindre séquelle physique ou psychique. Il se sentait parfaitement bien, calme et détendu, comme à son habitude. Si dormir était synonyme de regain de force pour beaucoup, pour lui ce n'était plus que le lointain souvenir d'un temps révolu. Le sommeil était un luxe qu'il ne pouvait plus se payer. Le village était fragile, Seika était fragile, sa propre existence était fragile. Il n'avait presque plus de temps pour lui, les heures passées à mettre en place des programmes d'entraînements, à préparer ses missions futures, et à tenir à jour sa paperasse administrative, lui accaparaient le plus clair de ses journées.

Un coursier entra dans le restaurant, les bras chargés de caisses d'oeufs frais. Sho le suivit du coin de l'oeil sur même pas deux mètres que deux silhouettes lui barrèrent la vue.

? Nous avons à vous parler Nagoshi-san.

Sho ne prit même pas la peine de regarder les deux hommes qui venaient de s'arrêter devant sa table. Il abaissa simplement ses yeux sur son verre de thé fumant.

? C'est à propos de Shijima Seika.

Rien d'étonnant. Il s'était attendu à cette visite depuis le moment où Seika s'était endormie dans ses bras la nuit passée. Certaines personnes avaient assistés à leur petit affrontement sur le toit de l'immeuble où Seika résidait. Aujourd'hui, ces mêmes personnes, ou d'autres envoyés par leurs soins, cherchaient à comprendre ce qui s'était passé. Il n'y avait vraiment rien d'étonnant là dedans, quoi que cela ne présage rien de bon pour Seika. Elle qui avait déjà visité la salle d'interrogatoire du terrible Toukotsu risquait de faire un séjour bien plus désagréable en prison si jamais quelqu'un venait à savoir qu'elle s'était attaquée à un gradé.

Le dos de Sho rencontra le dossier de sa chaise, la manche gauche de son kimono frémit quand sa main se coucha sur les deux fourreaux pendus à sa ceinture. Le regard toujours tourné vers sa tasse de thé, il répondit de la manière la plus décontractée qui soit.

SHO. Je vous écoute.

Il y eut un silence notable. Sho comprit que les deux hommes ne savaient pas par où commencer tant l'affaire était délicate.

? Un rapport rédigé cette nuit fait état d'un affrontement sur le toit d'un immeuble de la deuxième artère. Ce rapport stipule que vous étiez présent sur ce toit en compagnie de la chuunin Shijima Seika. Est-ce que vous confirmez ?

SHO. Je confirme.

Sho porta la tasse de thé à ses lèvres pour en déguster quelques précieuses gouttes, ses yeux dirigés vers la table. Il entendit le son caractéristique d'une mine gratter le papier ; son propre interrogatoire pouvait commencer.

? Ce rapport stipule également que vous et la chuunin Shijima Seika vous êtes affrontés durant cinq minutes, faisant tomber la foudre à deux reprises sur le lieu de l'affrontement et ayant recourt à une arme blanche. Vous confirmez ?

SHO. Je confirme.

Le ton était toujours aussi décontracté. Sho reposa la tasse de thé sur la table.

? D'après les observations menées par l'auteur de ce rapport, la chuunin Shijima Seika vous aurait attaqué à deux reprises. Vous confirmez ?

SHO. Non.

Nouveau silence. Les doigts fins de Sho se mirent à glisser le long de la poignée de son nodachi.

? Ce n'est pas ce qui s'est passé ?

SHO. Non.

? Est-ce que vous voulez bien nous éclairer sur ce point ?

Cette fois-ci, Sho releva sensiblement sa tête pour plonger son regard dans celui de ses interlocuteurs. Les deux hommes étaient approximativement de la même taille. Le premier avait des cheveux bruns en bataille, des yeux verts perçants, et tenait accroché en diagonal dans son dos une faux à deux lames. Le second était plus maigre, plus athlétique, et possédait une longue crinière blonde teintée d'un regard profond. A première vue, tous deux étaient des chuunin, mais d'un niveau élevé, peut-être même plus élevé que le rang ne le demandait. Ils étaient malins et habitués à travailler ensemble, cela se notait au tout premier regard. La vigilance était de mise.

SHO. En réalité, ce n'est pas Seika qui a attaqué la première mais moi.

Les deux hommes échangèrent un regard surpris.

SHO. J'ai cherché à la surprendre alors qu'elle était au plus bas de sa forme, dans le cadre de tests menés pour jauger la réactivité des membres de mon équipe.

? Vous voulez dire que cet affrontement n'en était pas vraiment un ?

Sho immobilisa sa main contre la garde de son nodachi. En même temps, il porta une nouvelle gorgée de thé à ses lèvres tout en fixant un point imaginaire entre lui et la table.

SHO. C'est bien ça.

? Si ce que vous dîtes est vrai, pourquoi avoir utilisé votre katana pour lui infliger une blessure bien réelle ?

SHO. Je voulais qu'elle se sente en danger, qu'elle le ressente au plus profond de ses entrailles. Comme elle sera amené à le ressentir face à d'éventuels ennemis.

La mine recommença à gratter le papier mais Sho ne remua pas d'un cil. Il savait parfaitement ce qu'il était entrain de faire.

? C'est une drôle de manière d'enseigner la peur à vos élèves, vous ne trouvez pas ?

SHO. Shigeo-sama considère mon enseignement comme irréprochable, mais peut-être n'êtes-vous pas d'accord avec son point de vu ?

Sho plongea ses yeux mielleux dans les leurs pour apporter un poids supplémentaire à sa question. Les deux hommes parurent soudainement gênés. Ils échangèrent quelques regards fuyants puis ils reportèrent toute leur attention sur Sho quand celui-ci s'adressa de nouveau à eux.

SHO. Si vous n'avez rien à ajouter, j'aimerai me retirer si vous me le permettez ?

L'homme aux cheveux blonds se gratta la nuque en plissant les yeux.

? Bien sûr ! Bien sûr ! Vous pouvez partir Nagoshi-san, nous en avons terminé. Excusez-nous de vous avoir importuné.

? Vous comprenez, nous avons été si étonnés par le contenu de ce rapport que nous avons cherchés à nous assurer que tout était en règle.

Sho avala le restant de thé que contenait sa tasse après s'être levé. Sa main gauche délaissa la garde d'Hoshiyo et retomba le long de son corps.

SHO. Ce n'est rien, vous faisiez votre travail. Maintenant vous savez la vérité.

En se retournant, il entendit l'homme aux yeux verts saisir le papier que son coéquipier tenait entre les mains et le déchirer. Fin de l'histoire.


¤¤¤


Deux, c'est le nombre de coups qu'il donna. Le couloir était vide, il était seul face à la porte de l'appartement de Seika. Cette même porte qu'il avait franchi la nuit dernière avec le corps de la pauvre kunoichi sur les bras. Avait-elle eu le temps de récupérer un minimum ? Se souvenait-elle de tout ? Sho n'était pas venu pour trouver les réponses à ces questions. S'il était là, c'était pour une occasion particulière que l'affrontement d'hier soir avait quelque peu effacé. Seika avait fêté son anniversaire hier, un bien triste jour si on s'en référait à tout ce qu'elle avait vécu au cours de ces dernières vingt quatre heures.

Sho avait fait le déplacement pour inverser la tendance. Le passé était le passé, il était de ceux qui ne s'y replongeaient que très rarement. D'une manière ou d'une autre, même si cela paressait hautement improbable, il voulait lui faire oublier cette nuit noire. Le bon sens vous dirait que c'est peine perdue mais allez expliquer ça à un eisei-nin légèrement, comment dire ... différent ? Sho souhaitait associer cette journée à quelque chose de plus positif, quelque chose qui tenterait d'équilibrer ne serait-ce qu'un petit peu la balance. C'est pour cette raison qu'il était là, pour cette raison qu'il tenait une petite boîte en cuire marron ornée de filaments d'or sur les arrêtes. A l'intérieur ? Un cadeau. Un simple cadeau comme il était coutume d'en offrir à un anniversaire.

Des bruits de pas étouffés résonnèrent derrière la porte. Sho cligna des yeux quand cette dernière s'ouvrit sur Seika.

A première vue, elle semblait en meilleure forme.

SHO. Avec un peu de retard ..

Il lui tendit la boîte en cuire. En l'ouvrant, Seika découvrirait une étoffe comme celle qui ornait le cou de Sho. A ceci près qu'elle n'était pas aussi extravagante. Blanc nacré pour le fond avec des losanges légèrement plus prononcées pour qu'on ne les distingue que sous la lumière du coucher de soleil ; et le contour décoré par de longs et doux filaments de soie argenté.

SHO. .. joyeux anniversaire.

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

Sho Nagoshi
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Re: Appartement de Shijima Seika

Message  Shijimano Seika le Lun 2 Nov - 21:53

-| 23 Ans, et Toujours Aussi Populaire… Ou Presque |-
.9.

Qui pouvait bien frapper à cette heure-ci ? Qui pouvait bien venir frapper chez-elle ? Peut être Sakura qui venait prendre de ses nouvelles, ou Ina, qui sait. Revêtue d’une robe blanche, sans ses apparats de cuir qui caractérisaient une tenue plus guerrière que féminine, et suivant l’idée qu’elle n’avait rien à attendre de plus que la vérité des faits, c’est ainsi qu’elle se dirigea vers la porte de son appartement. S’il s’agissait bien des forces de la police secrète, ou de Jounin venus l’arrêter, au moins partirait-elle dignement : comme une femme, comme un être humain, ce qu’elle était avant d’être une Kunoichi ou une citoyenne du village caché de Kumo. Plaçant ses pieds dans des petits chaussons blancs en fourrure synthétique, douce et réchauffant, elle traversa donc son salon, sa tasse de thé encore fumante et à moitié vide dans la main droite, bien déterminée à ne pas verser de larmes. Quel fût donc sa surprise en regardant par la lunette de l’entrée, de voir la personne à qui appartenaient les deux coups brefs qui avaient retenti à sa porte : Sho Nagoshi.

Ses sourcils se froncèrent, et immobile et analysa rapidement la situation : ce qui était arrivé la veille n’était pas un rêve, aussi sur que ça avait été son anniversaire, et qu’elle avait à présent vingt-trois ans. Or donc, la nuit non-plus n’avait pas été un cauchemar, si ce n’est un cauchemar éveillé : elle avait attaqué Sho à coup de Raiton Daishino, en espérant le pousser à la tuer, pour mettre fin à ses souffrances intérieurs et totalement psychologiques, causés par des années de souffrances et de solitudes inhibées durant son enfance dans le village. Ce qu’avait finalement fait le Chuunin Instructeur. Mais ça n’avait été qu’une feinte : son attaque, bien que mortel, ne l’avait pas tuée. Le Médecin avait utilisé une technique médicale à travers la lame de son arme pour ne pas rendre l’attaque mortel, ce qui faisait qu’elle puisse marcher, parler, respirer et penser à l’heure actuel. Mais son arrivé pouvait être aussi synonyme de l’arrivée des autorités, dont le jeune homme aux cheveux rouges faisait parti. Autrement dit, au moment où elle ouvrirait cette porte, son destin serait scellé. Mais ne l’était-il pas déjà depuis bien longtemps ? Non, ce n’était pas ce qu’elle pensait : Shijima Seika n’avait aucun destin, tout restait à construire aujourd’hui ! Et sa vie, restait à être vécue, avec les parts de noirceur qui étaient en elles, et la douceur et blancheur naturelle de son être. Elle n’inspirait pas au pacifisme, mais elle espérait bien avoir un rôle à jouer dans le village, si on lui laissait l’occasion de continuer sa lutte de pouvoir. De plus, il restait encore la question de son passé, mais les deux objectifs étaient liés : les autorités savaient très bien qui elle était, pour Seika c’était une certitude. Si elle arrivait à gagner en pouvoir ici-bas, elle pourrait devenir assez influente pour obtenir les informations manquantes pour reconstituer le puzzle : le piano, Taki, sa mère, le parfum, tous ces éléments n’étaient que des petites pièces. Shijima posa la main sur la poignée de la porte. Une fois celle-ci ouverte, se serrait aussi une ouverture sur cet avenir dont elle ne distinguait pas la couleur, mais qui s’annonçait plein de surprise, de couleurs, et d’aventures ! Pouvait cracher sur tout ça en fuyant maintenant ? Qui vivra verra : la Chuunin appuya sur la poignée, et déclencha en réaction la levée du loquet qui bloquait la porte de l’intérieur, ce qui eut pour elle effet d’ouvrir le morceau de bois isolateur marquant l’entrée de sa demeure.

Son sourire apparue sur son visage, même si les cernes sous ses yeux trahissaient son état de fatigue encore omniprésent. Il en allait de même pour Sho, mais comme le Shinobi le lui avait fait comprendre durant leur diner, il était tout à fait capable de résister à cette fatigue pourtant naturelle des êtres humains. Et en sens, pouvait-on qualifier Sho d’humain ? Qu’est ce qui nous caractérisait tous ? La jeune femme ne le savait pas, et elle s’en foutait là tout de suite maintenant. Son sourire et son regard fatigué lue dans celui de son chef d’équipe que le passé était derrière eux : l’affaire semblait close d’après son attitude. Et il le prouva en lui déclarant gentiment.

[Sho] « Avec un peu de retard … »

Joignant le geste à la parole, et dans sa grâce masculine habituel et propre à sa personne, le Médecin lui tendit un paquet : une petite boite de cuir marron entourée de filaments d’ors sur les arrêtes, légères et très agréable au touché en tout cas. Mais la jeune femme soupçonnait que ce cadeau en soit en cachait un autre. Et comme n’importe quelle autre personne dans sa situation, la jeune femme ouvrit la boîte. Ses lèvres laissèrent échapper un son qui rappelait celui du miaulement d’un chat, plein d’incompréhension, curieux, et surtout, heureux d’avoir quelque chose à quoi s’intéresser. Seika déposa la tasse qu’elle tenait toujours derrière elle, sur une petite table du vestibule servant justement à déposer les choses encombrantes tandis qu’on se mettait à l’aise dans l’appartement. Puis d’une main nue et délicate, elle tira de la dite boite une étoffe nacrée, d’une blancheur immaculée. Mais en y regardant de plus près, elle remarqua que la texture du tissu semblait plus épaisse par endroit, formant comme des losanges sur toute la langueur sur ce que l’on pouvait désigner d’écharpe. Le tout était achevé sur les bords par des filaments argentés doux et brillants légèrement à la lumière du jour. Un cadeau tout approprié à la jeune femme qui, comme on avait pu le voir jusqu’ici, avait tendance à se balader tout de même avec la même tenue qu’il pleuve qu’il vente ou qu’il neige. Elle avait bien sur des vêtements chauds pour l’hiver, et certains étaient d’ailleurs des cadeaux, comme celui qui venait de lui faire Sho. Mais la texture semblait aussi assez légère pour être portée aussi lorsqu’il faisait beau, comme son Sensei le faisait actuellement d’ailleurs. Sauf que son écharpe à lui était un rien plus extravagante que la sienne il fallait bien l’avouer.

[Sho] « ... Joyeux anniversaire. Acheva-t-il avec un sourire. »

La mine illuminé de Seika devait surement le renseigner en ce moment-même sur l’effet que lui faisait sa présence inattendue, et ce cadeau encore plus inattendue de sa part. Ce n’était pas tant le cadeau en lui-même -bien qu’il soit magnifique et fort bien choisi-, mais l’acte qui était louable et dont le remercia brusquement. Sans crier gare, et sans plus rien faire des convenances et des considérations en cet instant, la jeune femme à la chevelure d’ébène relevé d’une mèche blanche parfaite se jeta dans les bras du jeune homme aux cheveux rouges, couvert de bandages, mais à l’allure toujours aussi calme et agréable. Ses bras autour de ses épaules, ne lui laissant que la possibilité de poser ses mains sur ses hanches, ce qu’il fit après un moment d’hésitation, Seika le serra fort contre elle, écrasa sans s’en rendre compte sa poitrine contre son torse musclé. Mais en cet instant elle se fichait de se dire qu’elle était une femme, et lui un homme : en cet instant ils étaient des amis. Finalement la Kunoichi desserra son étreinte et gratifia le jeune homme de son sourire spécial, la tête penchée de côté, lui déclarant avec une joie non-dissimulée.

[Seika] « Merci Sho, tu as tenu ta promesse. »

Et pour elle cela voulait dire beaucoup, car peu d’hommes étaient capables de tenir leurs promesses. Finalement elle s’écarta de lui, en réalisant qu’elle se tenait à ras de son visage. Le rouge lui monta légèrement aux joues, ce qui ressortait plutôt bien sur sa peau blanche. Ohlala qu’est-ce qu’elle venait de faire ? Elle préférait encore le baffer encore pour avoir réussi à lui planter une lame dans le corps, plutôt que de se mettre à rougir ainsi. Mais c’était aussi comme ça qu’était Seika avec ses amis : expressive. Ce qu’elle n’était pas avec les autres dehors, si ce n’était pour exprimer des sentiments négatifs, son amusement face à certaines situations, ou sa désapprobation face à d’autres. Par tout ce qui était arrivé depuis une semaine, le jeune homme était rapidement devenu quelqu’un qui jouissait auprès de Shijima de la même place que celle qu’elle réservait en son cœur à ses amis, et en cela il avait faire. Mais on pouvait dire sans détour que les événements l’y avaient aidé sans le vouloir : le processus normal, si rien de tout ça n’était arrivé, aurait prit bien plus de temps qu’une semaine. Mais baste de tout ça, Sho avait tenu sa parole, c’était tout ce qui comptait, et en plus il était venu lui souhaiter un joyeux anniversaire, malgré tout ce qui c’était passé la veille au soir : comme le lui avait dit ses yeux, tout ceci était derrière eux à présent. Si Sho avait voulu réussir à changer cette journée qui aurait pu être triste, en quelque chose de plus heureux, il avait réussi. Mais cela n’empêchait pas la paranoïa naturelle de la jeune femme à la chevelure d’ébène de continuer de fonctionner, et elle passerait surement le reste de la journée dans l’attente, anxieuse, d’un événement quelconque. Vu qu’elle n’osait pas, et ne désirait pas gâcher cet instant de bonheur en ressassant les événements passés, elle ne dit rien et se contenta d’enrouler l’étoffe autour de son cou, pour oublier qu’elle était en train de rougir de s’être jetée au cou de son supérieur, après avoir essayé de le tuer la veille -sans succès-.

L’étoffe était grande, et elle l’installa de façon à ce qu’elle recouvre son épaule droite et son biceps droit, tandis qu’elle découvrait une partie de son épaule gauche. Mais son cours était entièrement couvert, ce qui était l’essentiel : la jeune femme se laissait aller à un style légèrement asymétrique avec les écharpes, et d’habitude ça lui allait plutôt bien. Elle caressa le tissu, et sans mot dire, plongea de nouveau son regard dans celui du Chuunin face à elle, maintenant que son cœur avait cessé de battre la chamade. Mais elle n’arrivait pas à lire derrière son sourire comment il la trouvait. Seika l’avait déjà remarqué sans vraiment en être sur mais en fait, Sho ne semblait guère fait commerce de l’apparence des gens : pour lui c’était à l’intérieur de l’être que se cachait la véritable apparence des gens, et en ça il avait raison. Il n’y avait qu’à voir quelle obscurité parcourait son âme pour comprendre que l’extérieur n’était qu’un artifice. Cependant, Shijima était une femme élevé comme une femme et qui avait par conséquence, certaines considérations sur sa propre personne sur le plan physique et vestimentaire. Aussi demanda-t-elle, dans l’attente d’une réponse sincère, mais positive, à son chef d’équipe.

[Seika] « Comment me trouves-tu Sho ? Elle fit un petit tour sur elle-même dans un torrent de blancheur agrémenté de la noirceur de sa chevelure, avant de s’arrêter et de s’écarter légèrement de l’entrée, le bras légèrement tendu vers l’intérieur de l’appartement. Veux-tu entrer si tu n’es pas trop occuper ? Cela fait un moment que je n’ai pas eu de visiteur chez moi, et ça me ferait plaisir de partager un thé avec toi ? »

Même si la vrai traduction aurait été -et Sho pouvait le lire dans ses yeux-, « Veux-tu rester encore un peu avec moi, et tout simplement partager un moment d’intimité avec moi ? ». La jeune femme n’était pas insistante : si Sho était occupé, elle s’en voudrait de le retenir, mais comme elle l’avait fait pour Sakura, et pour Ina, il était important pour elle que ses amis pénètrent au moins une fois dans son « sanctuaire » personnel, qui pour une fois, comme lorsque Sakura venait elle aussi la voir, était éclairé de lumière (car Seika gardait lorsqu’elle était seule obstinément les volets fermés par crainte d’être observée).

Shijimano Seika
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Re: Appartement de Shijima Seika

Message  Sho Nagoshi le Ven 6 Nov - 0:21

    ................................................................
    Chapitre 10 : Les Prémisses du Changement
    A l'ombre de la demi-lune
    ................................................................

¨ Nagoshi Sho
¨ Shijimano Seika



    Lorsqu'elle ouvrit le paquet, Seika découvrit l'écharpe nacrée dont Sho lui fit cadeau. Ses yeux brillèrent comme des pierres précieuses révélées à la lumière du jour, mais rien n'égala son sourire aux yeux de Sho. Car plus que tout, l'eisei-nin aimait la voir sourire. Il sentait son coeur s'alléger et ses tourments voguer jusqu'à d'autres rives. Il savait que ce n'était que passager ; à peine plus long que les temps d'une mélodie, mais cela l'apaisait. Dire qu'il était tout bonnement heureux relevait cependant de l'indécis, car de tels sentiments étaient à son coeur ce que le crépuscule était à l'aube, une inconnue. Le regard perçant malgré tout, il contempla les mains de Seika puis ses yeux pétillants à la recherche d'un présage.

    Ce présage prit forme de la manière la plus surprenante qui soit. Il avait beau être observateur, Sho ne vit surgir, soit par naïveté soit par refus, ni le rapprochement soudain de Seika ni l'étreinte qui s'en suivit. Impuissant, il sentit son coeur se serrer et ses yeux se crispés comme si un voile venait de tomber sur eux et qu'ils cherchaient à voir au-delà. Involontairement, son ventre se contracta ; s'il en avait été capable, il se serait certainement retranché encore plus profondément. La poitrine de Seika se colla contre son torse. Au-delà de l'aura chaleureuse qui se dégagea de se rapprochement, Sho sentit un poids toquer aux portes de sa cage thoracique, un poids qui différait du sien. Son rythme était normal, il frappait régulièrement, ni trop vite ni trop lentement. Pour les Hommes, il était impossible de comprendre le langage de sourd entre ces deux mondes, mais eux s'entendaient et se comprenaient à leur manière, comme tous coeurs battants à l'unisson.

    Le temps parut glisser lentement, très lentement, comme si l'Horloger avait voulu immortaliser l'instant. Résolu à montrer un peu plus d'affection qu'il en était capable habituellement, Sho laissa ses mains glisser sur les flancs de sa coéquipière et s'arrêter sur ses hanches. Le contact de ses mains se vit léger, égal à une caresse suspendue. Le voile qui crispait ses yeux disparus aussi aisément qu'il était apparu, les laissant prendre une expression plus sincère et plus pensive également.

    Seika serra un peu plus son étreinte et Sho y répondit par le plat de sa main droite contre le creux de son dos. Leur moment s'arrêta à cela. Seika se retira avec douceur et les mains de Sho revinrent le long de son corps, le plus simplement du monde.

    ¨ Merci Sho, dit Seika. Tu as tenu ta promesse.

    Sho abaissa son menton en allongeant la courbe de son sourire. De son côté, Seika enroula l'écharpe autour de son cou en s'armant de deux auréoles rosâtres sur ses joues. La gêne n’était jamais trop loin dans ce genre de situation, mais Sho semblait s’en être préservé. Ses yeux parcouraient sensiblement le vide tandis que les images de la nuit passée défilaient dans son esprit comme la pellicule d'un vieux film. Il la vit disparaître sous sa main. Il vit le regard de son mystérieux démon intérieur, sa silhouette à travers la foudre. Il la vit s'effondrer dans ses bras et s'endormir comme si tout ce qui c'était passé n'était que l'essence même d'un mauvais rêve. Il releva la tête et plongea son regard perçant dans le sien. Il la voyait rougir.

    ¨ Comment me trouves-tu Sho ? Demanda-t-elle.

    Elle pivota sur elle-même pour lui offrir une vue globale de son nouvel accessoire.

    ¨ Si j'en crois ce que je vois ; que tu n'avais pas besoin de cette écharpe pour être belle, répondit-il avec un naturel déconcertant.

    ¨ Veux-tu entrer si tu n’es pas trop occupé ? Cela fait un moment que je n’ai pas eu de visiteur chez moi, et ça me ferait plaisir de partager un thé avec toi.

    Les yeux de Sho retrouvèrent leur profondeur chimérique. Posément, ils dévièrent vers l'intérieur de l'appartement et en observèrent les rares recoins qui osaient s'offrir à eux. La décision ne fut aucunement délicate à prendre.

    ¨ Avec joie, répondit-il en ramenant son regard sur elle.

    Seika sourit et l'invita à entrer d'un simple mouvement du bras. Sho inclina poliment la tête et entra. Son regard insondable ne se porta pas vers la décoration ou les lampes qui projetaient d'innombrables faisceaux de lumière dans toutes les directions, mais vers le sol qu'il suivit comme s'il marchait sur un fil invisible suspendu dans le vide. Comme il en avait été question la nuit passée, Sho ne s'importait aucunement du lieu où Seika vivait. C'était elle qu'il était venu voir, non son appartement.

☆ Post 6 ☆

Sho Nagoshi
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Re: Appartement de Shijima Seika

Message  Shijimano Seika le Sam 7 Nov - 14:11

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.10.

Le regard de Sho, bien que tendre, était aussi songeur, tandis qu’elle s’était écartée de lui, desserrant son étreinte sur le Chuunin Instructeur. Malgré leur rapprochement soudain cependant, le Médecin n’avait pas laissé le rouge lui monter aux joues : étaient-ils encore sensible en tant que mâle à ces marques physiques d’affections ? Voilà une question que lui aurait posée Sakura en cet instant, car pour son amie l’amour et l’affection n’étaient jamais éloignés de la présence physique, et des caresses. Seika n’avait aucune idée de ce que pouvait être ces dites caresses… Oui elle était vierge, et alors ? Chacun ses problèmes… Haem, cette pensée ne l’aida pas à diminuer la rougeur de ses joues, mais au moins elle se contrôla assez pour ne pas rougir de plus belle.

A la question, un peu rhétorique, qu’elle lui posa concernant son apparence une fois le cadeau de son collègue enroulé autour du coup comme un châle, Nagoshi lui répondit simplement.

[Sho] « Si j'en crois ce que je vois ; que tu n'avais pas besoin de cette écharpe pour être belle. »

Uh qu’il est adorable ce beau jeune homme aux cheveux rouges de sang ! Pour un peu elle l’aurait gratifié d’un nouveau câlin, mais elle se contenta de sourire, la tête penchée vers le bas, comme prise de timidité. Elle n’allait pas non-plus se mettre à lui sauter au cou à chaque mot gentil si ? Quelle image donnerait-elle, alors que son naturel était si calme, et froid ? Mais vous savez ce qu’on dit : les cœurs de glaces sont les plus chauds une fois fondus… Sur cette nouvelle pensée non pas gênante mais même légèrement amusante, son Responsable d’équipe accepta son invitation à pénétrer chez elle, ponctué d’un charmant.

[Sho] « Avec joie. »

Après avoir incliné la tête vers elle pour accompagner son assentiment, Sho passa près d’elle et entra donc chez elle, tandis que derrière lui, Seika refermait simplement la porte, sans verrou. A l’intérieur, qui pour une fois était éclairé, baignait dans une lumière blanche agréable et réchauffant. L’appartement de la demoiselle à la mèche blanche était en fait beaucoup plus petit que ce que Sho avait pu en voir la veille : il ne s’agissait à proprement parler que d’un trois pièces. A gauche de l’entrée, tout de suite en rentrant, se trouvait la salle de bain avec douche-baignoire et les toilettes. En face, en s’avançant, les deux Chuunin arrivèrent donc dans le salon-cuisine de six ou sept mètres carré (Seika n’était pas à cheval sur les chiffres). Enfin, exactement en face de la porte d’entrée, de l’autre côté du salon, se trouvait une nouvelle porte, et la chambre de la jeune femme, là où il l’avait déposé pendant la nuit. Quand à la cuisine, elle se trouvait donc dans le salon, contre le mur, juxtaposé à la salle de bain. C’était simple, et suffisant, plus que suffisant, pour une célibataire qui n’avait que très rarement de la visite, et encore cela se limitait-il à une personne -Sakura- de temps en temps. Quand à la décoration, rien d’incroyable loin de là. Contrairement à d’autres personnes, même si chez-elle était un peu un sanctuaire inviolable, ce n’était pas le reflet de son être, ou de ses passions. De toute façon elle n’avait guère de passion… Les murs étaient blancs. Sho avait naturellement retiré ses chaussures une fois la porte passée, quand à Seika elle était juste en Tabi.

D’un pas léger, sa robe flottant au-dessus du parquet, elle fit donc installer son ami dans un canapé en cuir blanc, face à une table basse et à une bibliothèque. Autour de la dite table se trouvait deux autres fauteuils de cuir blanc, identiques. La jeune femme, à deux mètres de lui, prit donc une nouvelle tasse propre, et y versa la liqueur encore chaude du thé. Lorsqu’elle revint auprès du jeune homme, elle lui tendit gentiment la tasse en déclarant.

[Seika] « J’ai peur qu’il soit loin d’égaler celui que nous avons bu au Chien Fou. »

Délaissant Nagoshi une minute, elle retourna à l’entrée récupérer sa tasse qu’elle avait laissée pour prendre en main la boîte du cadeau de Sho. Elle laissa la boîte où elle était, et observa son reflet dans la glace à droite de l’entrée. En effet cela lui allait plutôt bien… Cette blancheur ne faisait que mettre en valeur son visage, et rehaussait la couleur rouge de ses yeux marron. Revenant dans le salon, une question fît jour dans son esprit : où allait-elle s’assoir ? Lorsque c’était Sakura, les deux femmes étaient assises l’une à côté de l’autre sur le canapé évidement, leurs jambes repliées et enlacées. Mais aussi amical que soit leur relation à Sho et elle, il n’en restait pas moins un homme, et Seika n’était pas du genre à être « trop » entreprenante non-plus. Le câlin qu’elle lui avait faite devant l’entrée, c’était une marqué d’amitié, rien à voir avec une quelconque tentative de séduction féminine non, non, non. Et de toute façon, l’homme aux cheveux rouges, s’il l’avait analysé ainsi, n’y attachait pas grande importance donc.

Finalement la jeune femme s’installa dans un fauteuil, celui à la droite du canapé, car le Chuunin s’était assis à droite lui aussi. Ainsi ils étaient proches, assez pour parler sur le ton de l’intimité, ou de la confidence, mais elle gardait tout de même une distance, pas vraiment de sécurité mais de façon à dire « Voilà Sho, pour l’instant nous en sommes là ». Les jambes croisés, sa cheville dénudée, la tasse de thé encore chaude sans plus être fumante, Seika lui sourit, mais ne trouva pas quoi dire.

Elle était encore sous le choc de la veille, tout simplement, et se mettre à parler de choses banales, de la vie de tous les jours, du temps qui passe, ce n’était pas pour elle, enfin, pas maintenant en tout cas. Cela lui arrivait bien sur de bavarder comme une vieille fille avec Ina quand elle dinait chez elle. Elle devrait d’ailleurs aller la voir, pour lui expliquer tout ce qui c’était passé, la rassurer. Shijima pensa aussi à Sakura, sa pauvre amie devait surement être inquiète et la mort de Xang ne pouvait pas passer inaperçu non-plus. La rumeur s’étendrait rapidement parmi les Juunin et les Chuunin, que la belle et mystérieuse Seika avait tué un Genin, et qu’elle était en liberté. Cette réaction de ceux qui avaient accès aux informations serait inévitable malheureusement.

Seika resta donc là, assise, à continuer de boire son thé en compagnie de son Responsable, collègue, et maintenant ami. Peut être que lui avait quelque chose à lui dire ? La jeune femme garda ses yeux fixés sur ceux ambrés de son Sensei : elle ne prétendait pas le connaitre mais, elle avait souvent remarqué que ses yeux -et les siens d’ailleurs- exprimaient le plus souvent leurs pensées, leurs questions, leurs interrogations, ou tout simplement leurs sentiments… Si Sho voulait lui dire quelque chose, le message passerait principalement par ses yeux. Souriante, elle resta donc ainsi, dans un calme et un silence à peine troublé par leurs respirations, et des craquements du cuir…

Shijimano Seika
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Re: Appartement de Shijima Seika

Message  Sho Nagoshi le Dim 15 Nov - 1:04

¤,.°o°O Chapitre 10 : Les Prémisses du Changement O°o°.,¤
« A l'ombre de la demi-lune »
7

Après avoir délaissé ses sandales dans l'entrée, Sho s’avança dans le salon qui servait de pièce centrale à l’appartement. Un rapide coup d’oeil à sa gauche puis à sa droite lui suffit pour remarquer la maigre décoration mise en place. Quelques pièces de mobilier, des murs blancs, et le stricte nécessaire pour ne pas manquer de confort, voilà qui reflétait bien l’identité même de Seika. Sho ne la connaissait ni trop coquette ni trop attachée aux biens matériels. Le sourire toujours suspendu à ses lèvres, il se tourna vers sa coéquipière et lui offrit un regard qui voulait dire quelque chose comme « c’est un endroit for sympathique ». Malheureusement, il n’était pas venu pour juger la décoration ou la manière dont elle avait disposé ses meubles. Il avait quelque chose à lui dire, quelque chose qui demanderait toute son attention.

La belle l’invita à s’assoire dans un canapé placé autour d’une table basse. Sho acquiesça et prit place comme convenu par les règles de politesse après avoir surélevé ses deux fourreaux pour ne pas qu’ils gênent son assise. La main gauche posée sur la garde d’Akikaze, l’autre posée sur sa cuisse, il suivit attentivement le moindre petit geste de Seika. La cérémonie du thé était un art extrêmement complexe qui demandait, pour les plus passionnés, d’innombrables heures d’études. La température de l’eau, le types de feuilles, de récipients, ou encore le nombre de bulles formées au moment de servir le thé, était autant de facteurs qu’aucune personne ne pouvait se venter de maîtriser sans ces études.

Les mains de Seika se déplaçaient avec lenteur pour manipuler les différents ustensiles. Elle usait d’une grande délicatesse et même si cela n’était peut-être pas parfait pour un oeil avisé, on sentait qu’elle maîtrisait les étapes les plus importantes de cette cérémonie quasi séculaire.

Quand elle revint vers lui avec une tasse remplie au deux tiers, Sho saisit la tasse de ses deux mains, la droite épousant le contour et la gauche aplatit sous la base. Il la gratifia d’un hochement de tête et ramena lentement ses bras vers lui.

SEIKA. J’ai peur qu’il soit loin d’égaler celui que nous avons bu au Chien Fou.

SHO. Ne sois pas si dur avec toi-même.

L’eisei-nin ramena ses yeux sur sa tasse. Il en contempla longuement le contenu sans y voir autre chose que l’étrange reflet de son visage à la surface du liquide légèrement tremblant. Le doux parfum du thé monta alors jusqu’à ses narines. Il l’huma, les paupières closes. De là où il venait, il se disait que les meilleurs thé étaient toujours ceux qui faisaient voguer l’esprit loin de ses rivages. Rien qu’en le respirant, Sho se sentit partir vers le sud, là où le soleil brillait constamment dans un ciel bleu azur. Il se vit au sommet d’une toute petite colline couverte d’une belle herbe verte. En contrebas, des hectares et des hectares de champs cultivés s’étendaient à perte de vue. Il se sentit en paix avec lui-même, comme si rien ne pouvait l’atteindre en haut de sa colline.

Le craquement du cuir le ramena dans l’appartement de Seika. Il cligna des yeux et allongea la courbe de son sourire avant de goûter au thé de sa coéquipière. Une gorgée, une seule, comme toujours ; une manière de sentir tous les aromes pétiller dans sa bouche, et Sho comprit qu’il avait à faire à un thé raffiné. Peut-être pas un thé comme ceux qu’on pouvait trouver chez les cueilleurs, mais un thé néanmoins délicieux et revigorant.

SHO. Il est très bon, merci.

Sa voix était sincère, chaleureuse, presque mielleuse mais un voile glissa sur ses yeux. La nuit avait été courte, mais ce n’était pas la fatigue qui s’exprimait à travers eux en cet instant. Il s’agissait de quelque chose de plus profond, quelque chose que lui même ne s’expliquait pas. Jusqu’à aujourd’hui, il n’avait jamais eu à le faire et il n’arrivait pas à comprendre pourquoi il devait en être ainsi. Mais une voix dans sa tête lui murmurait que c’était la meilleure chose à faire depuis que la nouvelle était tombée. Difficile de savoir s'il s'agissait de sentiments ou bien une question d'éthique mais il avait décidé qu'il devait le lui annoncer. Il avait promis, promis qu'il serait là pour elle. Sans doute était-ce le moment de lui montrer qu'elle n'était pas n'importe qui à ses yeux.

Le regard abaissé sur la table basse, il repensa à ce que lui avait confié l'Intendant. Dans quarante huit heures il allait se lancer sur les traces du Yondaime. Un honneur dirait certain, une simple mission comme une autre de son point de vu. Le village avait perdu un objet d’une grande valeur, il était tout naturel de sa part de le retrouver et de le ramener chez lui. Au-delà de ça, il y avait également le cas du professeur Tsukushi. Un porté disparu qu’il s’était juré de retrouver après l’attaque qu’il avait subis en plein coeur de l’hôpital par un homme qui s’était fait passé pour ce professeur. Qui sait où il pouvait être aujourd’hui ? Peut-être déjà à dix pieds sous terre. Car s’il possédait un nom de lieu pour l’objet recherché par l’Intendant, il n’avait pas la moindre idée de l’endroit où pouvait se trouver le professeur Tsukushi. Ce qui compliquait particulièrement sa tâche.

La senteur du thé lui chatouilla de nouveau les narines. Ses paupières clignèrent puis ses bras se tendirent pour déposer la tasse sur la table basse. Son sourire avait brusquement disparu.

SHO. Seika ... nous n’allons plus nous revoir pendant un temps.

Ses yeux dorés prirent une lumière triste et fatiguée. Lentement, il bascula en arrière de sorte à ce que son dos vienne s’appuyer contre le dossier du canapé. Son regard, qui jusque là avait évité le contact de celui de sa coéquipière, se tourna subitement vers elle. Un léger sourire revint ponctué ses fines lèvres, comme pour lui montrer que ce n’était rien de bien tragique.

SHO. L’Intendant m’a confié une mission qui devrait m’éloigner du village durant quelques semaines si ce n’est pas des mois. J’aurai pu partir sans rien te dire, c’est probablement ce que j’aurai fait avec n’importe qui d’autre, mais quelque chose me disait de ne pas te faire endurer ce genre de comportement.

Son regard glissa de nouveau vers la table basse.

SHO. Pardonnes-moi de ne pas t’apporter meilleure nouvelle.

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

Sho Nagoshi
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Re: Appartement de Shijima Seika

Message  Shijimano Seika le Dim 15 Nov - 2:12

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.11.

La vérité était, qu’en cet instant rien d’autre n’aurait pu perturber Seika. Que ce soit l’apparition d’une section de l’Anbu, que ce soit l’attaque d’un groupuscule nommé Asahi sur le village, que ce soit l’explosion de tout le village, rien de tout cela ne l’aurait touché, affecté, autant que ce que Sho lui déclara par la suite. Et pourtant ce n’était pas faute de ne point désirer en être affectée. La jeune femme était juste, heureuse de partager ses instants avec Nagoshi, un ami, un vrai. Du moins pour ce qu’il lui en avait montré jusque-là. Mais la Kunoichi ne voyait pas de raison de douter, de lui, alors elle se laissait aller, sereine, sans se douter qu’outre cette journée qu’elle aurait qualifié presque d’après-guerre mentale, cachait en réalité une nouvelle fatalité.

Elle vit tout de suite le regard de Sho changer, tandis qu’il détachait ses lèvres de sa tasse de thé, qu’il avait qualifié de « très bonne ». Il avait eu l’air d’être sincère, et c’était plutôt gentil de sa part de le lui dire. Mais ses yeux n’avaient plus caressés les siens, comme il aimait à le faire d’habitude, surement plus par habitude, que par une réelle marque d’attention envers elle. Ses deux ambres fixés sur la table basse du salon de la belle à la chevelure d’ébène, il sombrait dans ses pensées, de seconde en seconde. Mais comme un plongeur s’enfonce dans les eaux troubles, Sho finit par remonter, respirant, gonflant sa poitrine, cherchant à inspirer pour enfin déclarer sans la regarder ce qu’il avait à dire.

[Sho] « Seika... Nous n’allons plus nous revoir pendant un temps. »

[Seika] « … Qu… »

Mais la gorge de la jeune femme s’était serrée, coinçant ses cordes vocales, l’empêchant d’émettre un seul son audible pour son interlocuteur. Comment ça il n’allait plus la revoir ? N’était-il pas son responsable d’équipe ? Son ami ? Seika se reprit elle-même en se faisant l’effet d’un coup de fouet mental : était-elle une femme digne, ou une simple gamine dont le cœur battait la chamade à la moindre évocation d’une rupture ? Certes elle n’en avait pas connu beaucoup des ruptures dans la vie, et autant dire qu’elle n’en avait jamais connu de cet acabit là. Mais son esprit allait trop vite en besogne, car Sho n’avait pas fini de parler elle le voyait bien, à sa manière de changer de position et d’enfin replonger son regard dans le sien, tout en s’adossant au canapé. Il avait un léger sourire sur les lèvres : son cœur se calme bien vite, sous l’impulsion de sa raison, car ce qu’il avait à dire ne concernait pas leur relation à proprement parler.

[Sho] « L’Intendant m’a confié une mission qui devrait m’éloigner du village durant quelques semaines si ce n’est pas des mois. J’aurai pu partir sans rien te dire, c’est probablement ce que j’aurai fait avec n’importe qui d’autre, mais quelque chose me disait de ne pas te faire endurer ce genre de comportement. »

Puis il se pencha une nouvelle fois en avant, rompant encore leur contact visuel, comme si cela était trop difficile pour lui de l’affronter.

[Sho] « Pardonnes-moi de ne pas t’apporter meilleure nouvelle. »

Meilleure nouvelle… Clair que ce n’était pas une très bonne nouvelle mais… Seika décroisa ses jambes, et reposa délicatement sa tasse de thé sur la table basse. Une fois sur ses jambes, elle contourna son fauteuil et alla au lavabo saisir un verre d’eau, qu’elle remplit normalement, comme si ce geste avait été le plus naturel de la terre, et qu’il n’eut été à une aucune seconde troublé par des désirs et des pensées très contradictoires dans son esprit. La jeune femme fit cul-sec du verre d’eau, et laissa échapper un long soupire de lassitude : rien n’était jamais vraiment rose dans sa vie il fallait bien l’avouer. Après un malheur, et un grand bonheur, succédait une nouvelle fois un retour à la réalité assez brutale. Mais n’était-elle pas trop affectée par ceci ? N’était-elle pas « trop » en phase avec Nagoshi ? Cette question revenait une nouvelle fois sur le tapis, et silencieusement, dos à Sho, elle prit le temps d’y réfléchir, et d’y répondre : non, elle n’était pas trop proche de Sho, cet homme formidable lui avait prouvé pas plus tard que durant la nuit-même qu’il était capable de veiller sur elle, et de l’aider à se sortir d’un mauvais pas. Mais devait-elle pour autant lui en être « si » reconnaissante ? Et puisqu’était la reconnaissance pour elle de toute façon…

Du bout des doigts elle caressa l’étoffe blanche autour de son cou. Quelqu’un sur qui l’on peu compter… Et il n’y avait pas que Seika : tout le village comptait sur lui. Et l’Intendant aussi à ce qu’elle voyait, vu qu’il lui confiait une mission importante. La jeune femme ne l’avait pas entendu ajouter quelque chose en rapport avec cette mission : si elle avait été confiée par l’Intendant en personne, alors elle était top-secrète, mais ne pouvait requérir la présence d’un Jounin, ou d’un Anbu. Seika leva ses mains à son visage et appuya légèrement sur ses joues, avant de remonter à ses cheveux et de les caresser, faisant du même coup retomber sur son front, le long de l’arrête de son nez, de ses lèvres, de son cou, de ses seins, descendant jusqu’à son ventre comme le reste de sa chevelure au niveau du bas-dos, sa mèche blanche. Mais elle ne l’écarta pas et se contenta de se retourner brusquement vers son ami.

Ce dernier releva le visage en l’entendant se retourner dans un flottement de vêtements. D’un pas rapide, en trois enjambées, Seika vint se placer face au Médecin, qui bascula en arrière sur le canapé, vu le peu de distance qui les séparait l’un de l’autre, et tout simplement pour pouvoir voir son visage. Son regard n’était pas froid, mais autoritaire, ce qui était assez rare pour la jeune femme. Ses yeux marrons-rouges plantés dans les siens, Seika releva la jambe, et vint poser son pied chaussé d’un tabi blanc sur le rebord du canapé, entre les jambes de son Sensei, qui ne fit aucun geste, se contentant simplement d’observer, l’air un peu surpris. Dans le regard de la jeune femme, il y avait une émotion qui passait, une émotion sourde, mais puissante, qui disait avec une certaine gentillesse « tais-toi et écoute ». Alors Seika prit la main de Sho, et la posa sur son ventre, juste à l’emplacement de sa cicatrice.

[Seika] « Tu as fais cette cicatrice pour me sauver. »

La jeune femme se pencha un peu plus, et porta la main de l’homme aux cheveux rouges entre ses seins, près de son cœur.

[Seika] « Alors ne me fais pas une nouvelle cicatrice ici en ne revenant pas de cette mission d'accord ? »

Souriante, malgré la gravité de ses propos, Seika lâcha la main de son ami et vint s’installer à côté de lui sur le canapé de cuir, les jambes reposant sur les genoux de Nagoshi. Plus ou moins enlacés de cette manière, elle lui demanda.

[Seika] « Tu n’y vas pas seul tout de même ? »

Sous-entendu, évoque-moi seulement l’idée que tu puisses y aller seul et je ne te laisse pas sortir de cette pièce sans m’avoir juré de m’emmener, ou d’avoir une personne de confiance avec toi pour accomplir cette mission. Pas qu’elle soit mère poule non, mais Seika lorsqu’elle avait un ami, un vrai, l’aimait vraiment, et pour rien au monde elle ne voulait le perdre. Vu la façon dont l’annonçait Sho en plus, elle avait de quoi se faire du souci non ? Pas qu’elle se sente seule sans lui, mais… Sa présence était rassurante du coup, qu’il parte… Bref. Seika savait que les choses se passaient ainsi, et d’ailleurs ça arrivait souvent avec Sakura. Pourtant avec son amie, elle n’avait pas le même genre de réaction qu’avec Sho…

Seika remarqua alors… Qu’elle était bien à côté de lui. Le pas avait été franchi, et cette retenue sans fondement qu’elle avait eu s’était échappé aussi vite qu’elle était apparue… Souriante, mais inquiète, la Kunoichi avait gardé la main de Sho entre les siennes, la caressant du bout de doigts, comme elle aimait parfois à le faire avec Sakura…

Shijimano Seika
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Re: Appartement de Shijima Seika

Message  Sho Nagoshi le Mer 18 Nov - 1:50

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« A l'ombre de la demi-lune »
8

Sho continua de fixer la table basse, même quand Seika se leva et le dépassa pour se rendre devant son lavabo. Ses yeux aussi perçants que la pointe d’une lance exprimèrent une fatigue plus psychologique que physique. Bien des choses étaient arrivées depuis que Seika avait intégré sa première équipe. Des choses qui avaient le don de lui redonner le sourire, comme d’autres qui pouvaient le rendre plus froid et distant. Blesser Seika n’était pas le but qu’il avait cherché à atteindre en venant chez elle ; tout comme il n’avait d’aucune façon cherché à l’agacer. Son départ était tout simplement irrémédiable.

Le soupire de sa coéquipière lui parvint comme un lointain murmure. Il ferma ses yeux et se laissa gagner par l’obscurité et le silence. Les battements de son coeur se mirent à chantonner, l’afflux de sang dans ses veines à fredonner ; tout son corps se mit au diapason de l’instant. Mais les sentiments de sa coéquipière étaient autant de fils de soie qu’il était délicat de saisir et de comprendre. Aussi eut-il à peine le temps de tourner sa tête quand il entendit ses pas revenir avec rapidité auprès de lui.

Sa surprise ne transparue ni dans son regard ni sur son visage. Il se tassa simplement contre le dossier du canapé et plongea son regard dans le sien. Il y lut comme une forme de colère, d’incompréhension, peut-être même d’autorité. Dans son silence, il attendit le dénouement.

Seika sembla prendre des routes qu’il n’avait jamais empruntées. Au point que son regard laissa filtrer sa surprise quand la belle porta son pied sur le rebord du canapé, entre ses deux jambes. Avant même qu'il n'ait eu le temps de se demander à quel genre de jeu elle s’amusait, elle prit sa main et la remonta sur son ventre. Sho sut alors qu’elle voulait lui rappeler la présence d’une cicatrice ; et non des moindres, puisqu’il s’agissait de la marque que son katana avait laissé sur elle au cours de la nuit.

SEIKA. Tu as fais cette cicatrice pour me sauver.

Les yeux de Sho se voilèrent et un sourire léger apparu aux coins de ses lèvres. Le souvenir de cette cicatrice était presque aussi marqué dans son esprit qu’il ne l’était sur la peau de Seika.

SEIKA. Alors ne me fais pas une nouvelle cicatrice ici en ne revenant pas de cette mission d'accord ?

N’importe qui aurait trouvé une réponse à cela, mais Sho n’en trouva aucune. Il leva simplement ses yeux vers le visage de Seika. Il la regarda ainsi pendant une dizaine de secondes. Secondes au cours desquelles son esprit se ferma comme s’il était victime d’un genjutsu. Il sentit simplement le coeur de sa coéquipière battre contre sa main tel un tambour régulier. Son sourire s'évanouit. Un seul hochement de tête suffit.

SEIKA. Tu n’y vas pas seul tout de même ?

Sa question se perdit dans la mémoire de Sho. L'eisei-nin la regarda prendre place à ses côtés, ses jambes reposant sur ses genoux. Les contacts physiques autres que ceux qui se déployaient dans le cadre de son travail avaient toujours été d’un grand mystère à ses yeux. Dire qu’il ne les aimait pas n’était que pure folie. Seulement, il les craignait pour toutes les sensations qu’ils pouvaient engendrer. Mais le regard persistant de Seika lui rappela qu’une question lui avait été posée et qu’il n’y avait toujours pas répondu.

Comme si de rien n’était – bien que tous ses sens étaient rivés sur le contact entre ses jambes et celles de Seika – il répondit sur le ton neutre qu’on lui connaissait :

SHO. Non, j’ai réussi à obtenir l’aide d’un professeur sur cette mission. Cela suffira à résoudre les éventuels problèmes rencontrés en cours de route.

S’il avait répondu oui, Sho était persuadé que Seika serait sortie de ses gongs. Jamais elle ne l’aurait laissé affronter seul le moindre danger. Pourquoi ? Il n’en savait rien. La relation qu’il partageait avec elle avait prit une tournure pour le moins étrange depuis le soir où ils s’étaient tous deux entretenus à l’ombre des arbres. Rien ne pouvait être considéré comme tout à fait normal dans leur relation. Ils se ressemblaient autant qu’ils se différenciaient l’un l’autre. Ils avaient chacun leur propre code, leur propre langage, leur propre état d’esprit. Pourtant, Sho jurait qu’il n’avait jamais connu pareille compréhension. Le Destin était peut-être incertain et tortueux, quelque chose lui murmurait que Seika serait toujours là, quelque part, pour lui.

Il avait beau ne pas savoir s’il avait besoin ou non de sa présence, il ne pouvait nier l’étrange sentiment qu’il éprouvait à son contact. Comme si les choses ne pouvaient aller que pour le mieux lorsqu’elle se tenait à ses côtés. Le loup solitaire qu’il était ne pouvait pas comprendre grand chose à ce langage du coeur. Mais tôt ou tard, les mots viendraient combler son manque et alors, il comprendrait.

Ses yeux dorés dégringolèrent le long de son bras et s’arrêtèrent sur les doigts de Seika qui s’amusaient à caresser sa main. Un trouble son nom tomba à l’intérieur de lui, créant remous et vaguelettes. Son sang se glaça alors que ses sourcils se fronçaient légèrement.

Alors son regard retourna dans le vague, là où il se sentait dans son foyer, et des paroles d’un autre temps jaillirent de sa bouche, portées par une voix douce et assurée.

SHO. Je suis tordu et torturé ... crois-tu que tu voudrais de ça ?

Une lueur traversa ses yeux, une flamme projeta sa langue dorée sur les murs de sa rétine. Lentement, ils se tournèrent vers l’éclat brun rougeâtre qui habitait ceux de Seika. Sho ne souriait pas. Son visage n’exprimait ni interrogation ni surprise. Détendu, calme, le loup contempla ce qui n’était rien d’autre qu’une louve toute aussi solitaire que lui.

Ses doigts s’animèrent et sa main serra les siennes avec ce qui ressemblait presque à de la tendresse.

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

Sho Nagoshi
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Re: Appartement de Shijima Seika

Message  Shijimano Seika le Mer 18 Nov - 12:22

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.12.

C’était étrange à expliquer, cette attirance mutuelle qu’ils avaient l’un pour l’autre. Tantôt on aurait dit deux parts égales d’une même âme, ne demandant qu’à être confondus de nouveau. D’autres fois on aurait pu les voir comme deux individualistes que rien ne pouvaient réunir. Seika ne savait pas grand-chose de la vie en société de Nagoshi, mais avec ce qu’il lui avait dit et montré jusque là, il était un peu comme Seika : il avait beau connaitre du monde, en fin de compte il était seul chez lui, sans pouvoir dormir, prisonnier d’un présent auquel il ne pouvait échapper. Depuis combien de temps ces yeux n’avaient-ils pas été clos, dans une longue nuit de sommeil réparatrice ? Lui-même ne devait plus le savoir à force.

Le Chuunin instructeur prit un temps pour lui répondre, tant il semblait perdu dans ses pensées. Mais à quoi pensait-il ? Son regard n’exprimait ni gêne ni honte ni même colère ou plaisir pour cette position qu’avait adopté Seika et qui, plus ou moins le retenait contre elle. Elle-même ne concevait rien de négatif à être ainsi mais, ça aurait été mentir que de dire qu’elle n’aimait pas être ainsi. Seika, aimait recharger son cœur en chaleur humaine. La proximité était un moyen simple d’y arriver. Mais là c’était autre chose, une autre forme de douce chaleur, qui l’étreignait. Heureuse ? Oui, plutôt. Mais soucieuse de savoir si son ami allait partir seul pour cette mission qu’il décrivait comme passablement longue. Aussi Sho, semblait revenir à lui, sa main toujours entre celles de la jeune femme, finit par lui répondre.

[Sho] « Non, j’ai réussi à obtenir l’aide d’un professeur sur cette mission. Cela suffira à résoudre les éventuels problèmes rencontrés en cours de route. »

Ouf, la jeune femme respira enfin. La plupart des professeurs de Kumo étaient avant toute chose des Shinobis émérites, comme lui d’ailleurs. Et s’il partait avec un professeur, peu importe ce dernier, ce ne pouvait être qu’une bonne chose. Une idée la fit sourire : et s’il partait avec Souryo ? Ca ferait de sacrées vacances à la belle Kunoichi ! Souriante de nouveau, autant par cette bêtise qu’elle avait pensé que par le fait de savoir son ami en sécurité, ou presque, avec un autre professeur pour cette mission, la jeune femme se laissa aller contre lui, appréciant leur long contact… Elle n’avait pas besoin de lui répondre par des mots, ses yeux avaient parlés pour elle, son corps avait parlé pour elle, et son cœur, qui s’était tus, s’animait, peu à peu. Le rapport avec la situation ? Et bien quand une femme est aussi proche d’un homme, cela ne peut que lui faire se sentir bien vous ne croyez pas ? Sauf cas particuliers que je ne décrirais pas là…

Sho replongea dans ses pensées, ses yeux caressant le corps de la jeune femme, avec une certaine pointe d’étonnement transparaissant derrière son calme habituel. Ses yeux d’ambres se voulaient impassibles, mais Seika commençait, commençait juste, à les comprendre, à sentir quand son regard disait quelque chose qu’il ressentait, ou qu’il voulait cacher. Il semblait agiter de pensées contradictoires, ou plutôt qui pouvaient difficilement cohabiter entre elles. Un peu comme Seika, mais en plus prononcé.

Pour elle-même, qui malgré les apparences avait une vie sociale, et des amies fidèles et chères à son cœur, la jeune femme ne se faisait pas d’illusion. Ses yeux marrons-rouges ne quittaient pas ceux de Sho, qui lui-même cherchait, surement en lui-même, une réponse clair à donner à ce qu’il ressentait. Avait-elle peur qu’il ne puisse ressentir comme elle cette chaleur qui lui étreignait l’âme ? Avait-il seulement pour habitude de la ressentir de temps en temps ?

Finalement, Sho devait être bien plus seul que Shijima, et s’était triste, vraiment. C’était pour cette raison qu’elle sentait, sans pourtant en avoir de preuves, que Seika restait ainsi contre son « ami ». Mais pouvait-elle seulement parler d’ami ? La Kunoichi comprit aussi, comme une porte qu’on ouvre sur un espace que l’on regard par un trou de serrure, que sa relation avec Sakura était un peu identique à celle qu’elle avait avec Sho en ce moment même : Sakura avait pour Seika des attentions, des regards, des gestes, qui étaient plus que de l’amitié. Cela la fit rougir intérieurement : oui, Seika commençait à se souvenir, de ce que c’était, d’aimer.

Elle n’avait pensé jamais plus ressentir ça, ne s’en était jamais senti le droit. Mais maintenant que tous les événements s’étaient chamboulés entre eux, que sa vie avait prit une autre tournure, qu’elle pouvait à nouveau « vivre » pour de vrai… Seika n’avait pas envie d’attendre, d’attendre l’autorisation d’un mort. Elle devait respecter sa promesse, cela voulait-il dire qu’elle n’avait pas le droit de tomber amoureuse à nouveau ?

Les femmes ont souvent des éducations différentes des hommes, ce doit être pour ça qu’elles sont plus facilement accessibles à des sentiments aussi doux que ceux que l’on peut avoir lorsqu’on est amoureuse. Mais Seika ayant eu une éducation un peu particulière et totalement impersonnel, sans forme sentimentale qu’elle soit féminine ou masculine, ceci expliquait qu’elle mette autant de temps à saisir en elle-même ce qu’elle ressentait. Pour Sho, ce devait être encore plus dur, de comprendre, tout simplement, pourquoi son regard, et son être, se tournait vers elle. Il n’y avait pas de mots, mais il y avait en Sho un monstre tout aussi terrifiant que celui de la jeune femme.

Et parce qu’il ne savait pas, parce qu’il avait peur tout simplement, de cette même peur pouvant étreinte le cœur au moment le plus crucial de sa libération, les yeux de Sho se voilèrent, perdirent de leur éclat. Il se réfugia en lui-même, comme elle-même le faisait souvent. Oh Sho, pensa-t-elle… Il avait peur, elle aussi mais, pas de la même peur. Seika ignorait ce qu’il avait bien pu perdre dans son passée, pour en perdre le sommeil, et le goût d’aimer, mais ce qu’elle savait, c’était qu’il était toujours possible d’arranger les choses, de manière douce, ou brutal -comme de se faire planter par un sabre par exemple-. Oui, il y avait des manières si douces…

[Sho] « Je suis tordu et torturé ... Crois-tu que tu voudrais de ça ? »

Seika eut un petit sourire timide, comme si, malgré la gravité de sa déclaration, cette phrase n’était qu’une invitation à plus de « présence ». Pourquoi hésiter ? Elle allait le faire remonter à la surface et lui faire goûter, ce qu’il avait peur d’approcher. Son regard replongea dans celui de la jeune femme, sa main qui était entre les siennes s’agita et saisit celle qui la caressait, la serrant doucement.

[Seika] « Sho… Je ne peux pas te dire que je veuille, d’une chose ou d’une autre. Si tu es tordu et torturé, je suis brisé et tout aussi torturé ! Mais hier soir tu m’as montré qu’il était possible de recoller les morceaux d’un cœur brisé… Alors, je pense qu’il est possible de dénouer petit à petit les nœuds de ton cœur tordu. »

Seika eut un petit rire, comme si tout ceci était d’un naturel chaleureux. Et en effet, elle se sentait bien, à ses côtés. Elle était heureuse. Sho avait retrouvé un sourire calme, un sourire qui frémit et s’agrandit légèrement après qu’elle eut parlé. Deux âmes sur des îles différentes. Sho avait fait le premier pas pour la rejoindre et la secourir, à elle d’en faire de même. Aussi Sho Nagoshi n’était-il pas au bout de ses surprises, et il allait avoir matière à réflexion durant ses longues nuits blanches !

[Seika] « Et je pense… Qu’il y a des manières plus douces pour dénouer un cœur, que de se prendre un coup de sabre… Comme ceci. »

Sa chevelure ondula faiblement. Sa main serra avec autant d’insistance celle de cet homme aux cheveux rouges qui se trouvait à ses côtés. Et enfin, sans crier gare, son visage fût plus près du sien, bien plus près, accomplissant un geste qu’elle n’avait eu l’occasion d’accomplir qu’une seule fois durant toute sa vie. Si près, que ses lèvres vinrent se poser délicatement sur celles de cette personne… Les lèvres de Sho étaient tièdes, celle de Seika aussi. Le baiser qu’elle lui prodigua, comme on exerce une douce caresse sur un patient pour le détourner de sa souffrance, lui permit de faire remonter sa main libre le long de son ventre musclé, puis de son torse, pour se poser sur son cœur, contre lequel elle appuya faiblement, pour ressentir à son tour qu’il battait, qu’il vivait, que Sho Nagoshi n’était pas qu’un bloc de marbre taillé dans le seul but de vivre une vie impersonnel pour ce village. A l’intérieur de ce bloc, vivait toujours un cœur, un cœur capable d’aimer…

Seika détacha ses lèvres des siennes, et rouvrit les yeux, à peu près en même temps que Sho. Devait-elle le qualifier d’amant à présent ? Aucune idée, Sho était juste Sho, et ce baisé n’en était encore qu’un. Mais pour Shijima cela voulait déjà dire quelque chose de fort. Leurs regards se croisèrent de nouveau, et Seika resta à un souffle de celui de l’Eisei-nin, ses yeux où étincelait le rouge plongés dans ceux où étincelait l’or.

-|-|-|-|-|-|-|-|-|-|-|-|-|-|-|-|-|-

Que se passa-t-il ensuite ? Sho resta-t-il aux côtés de celle qui venait de caresser son cœur avec autant de tendresse ? Tout ceci n’appartient qu’à eux, et eux-mêmes ne seront peut être jamais certains que tout ceci se soit réellement passé. La vérité appartient à celui qui lira leur histoire, sans chercher à en déterminer un sens, et un dénouement.

Mais chacun des deux protagonistes, gardera en lui cet instant, précieux, jusqu’à leur prochaine rencontre. Si l’un les voyaient comme des loups, l’une les voyaient comme des corbeaux, mais peut importe la désignation, Seika et Sho étaient ce qu’ils étaient : deux jeunes gens, empruntant ensemble une voie, dont ils ne connaissaient pas la finalité.

Fusion éternel, ou séparation irréversible, amour, ou haine…

Mais ceci, est une autre histoire.

.Fin.

Shijimano Seika
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Re: Appartement de Shijima Seika

Message  Sho Nagoshi le Mer 18 Nov - 15:26



    Sho : + 88 XP ( bonus chuunin inclus )
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Sho Nagoshi
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