Résidence Luuse

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Résidence Luuse

Message  Uzumi Meloku le Mar 3 Nov - 19:31

°~° Prologue : The Frostwhisper °~°


Pourquoi, pourquoi, qu'ai-je fais, pourquoi ...
Hurlement terrible qui déchire la nuit, glaçant mon sang, annonçant le glas sinistre de la fin, de la déchéance, un avant-goût de ce qui m'attendait lorsqu'il m'aurait enfin atteint ...
Mais, à quoi bon fuir ? Mes plaies saignent, mes forces me quittent au rythme des gouttes de sang coulant sur le sol ... Froides, si froides, se gelant au contact de l'air, tombant dans un fracas qui me semble si assourdissant ...
Froid, si froid, mon souffle qui s'étend en nuages de vapeur ...
Gagner du temps, je dois ... Les prévenir, oui, tant qu'il en est temps, vite ...
Mes mains engourdies tracent les runes aussi vite qu'elles en sont capables, avant qu'un chien apparaisse dans une fine volute de fumée, pelage d'automne, oreilles levées, nerveux, en position de garde, alors que cela ne faisait qu'une fraction de seconde qu'il se retrouvait dans notre plan.
*Il le sent* pensais-je tout de suite ... Et pourtant, la distance qui nous sépare était ... Importante.
Mais, vu la facilité avec laquelle il s'était défait de moi ...
Gémissement de douleur, balancement, nausées, j'entoure mes cotes de mes bras, dans une tentative futile d'empêcher le sang de couler ...

-Kakai, cher Kakai ... Cette lettre ... Il doit la recevoir ... Cours, cours, cours, ne regarde en arrière, ne t'arrête jamais ô grand jamais, ou tout mes sacrifices ... Inutiles ...

-Compris.

Un seul mot, un seul regard, volonté inébranlable face à ce qui était mon dernier testament, il se saisit de la lettre tachée de sang, sang tombé par inadvertance, sang qui je l'espérais ne gênerait en rien à la lisibilité ... Peur, si peur, que tout cela soit inutile ...
Comment en suis-je arrivé là ?
Je ne sais pas, je ne sais plus, mais je n'ai plus le temps, et je ne l'aurais plus jamais ...
Nouveau gémissement, plus fort cette fois-ci, malgré tous mes efforts pour le retenir ...
Seule, si seule, le bruissement des feuilles, des pas, du passage de Kakai ne sont plus, me laissant solitaire face à ma destinée ...
Aurais-je pu croire, à un seul instant, mourir ainsi ?
Gémissement plus long, larmes de douleur, de tristesse, de désarroi, qui perlent, glissent le long de mes joues.
Pourquoi, pourquoi, je n'ai jamais voulue être là, pourquoi m'y a-t-on obligée ? Pourquoi, pourquoi ...
Nouveau hurlement, strident, proche, beaucoup trop proche, gémissement de peur, alors que j'essaye tant bien que mal de me relever, que je m'appuie sur un arbre proche ...
Grimace, alors que je sens de la résine se coller à ma main, se mêlé à mon sang, coulé finalement dans une écœurante couleur vomi ...
Haut le cœur violent, arrière-goût désagréable qui monte à la gorge, odeur de sang qui étouffe mes narines ...

Je cours, encore et encore, à travers les feuillages, ronces, orties qui fouettent, entaillent mon visage, vêtements en lambeaux à cause de mes innombrables chutes ...
Mal si mal, mais je cours comme si les fouets de l'Enfer étaient à mes trousses, mal, si mal, mais ... C'est pour le mieux. Je ne fuis pas pour me sauver, je ne suis pas stupide au point de croire à cet éphémère espoir ... Il lui faut du temps, et du temps, c'est la seule chose que je peux offrir, désormais ...
Mes plaies m'élancent, mon cœur bat trop rapidement, larmes, sang, et transpiration se mêlent en un liquide poisseux qui suinte ...
D'angoisse.
La Lune illumine, la scène terrible, spectatrice de son forfait, héraut de sa prochaine venue, sensible aux hurlements sauvages de son fils, Mère bienveillante, encourageant son enfant.
Vite, plus vite ...

Recroquevillée sur moi-même, tête entre mes genoux, j'attends ...
Juste attendre, incapable de quoi que se soit d'autre, tremblements incontrôlables, alors que je sens qu'il arrive, Porte-Givre, température tournant froide, glaciale.
Je n'arrive plus à penser à quoi que ce soit d'autre, à par ...
Que je vais mourir, ici, seule au beau milieu de nulle part ...
... Et personne, personne ne le saurait, morte toute seule, alors qu'on s'inquiéterait pour moi, mois de recherche pour enfin trouver ma dépouille glacée ...
Pourquoi, pourquoi, pourquoi en suis-je arrivée là ? Pourquoi ..?
Gémissement de douleur, plus faible ...
Les perles de sang coulent, mais je m'en moque, plus rien n'a d'importance ...
Pourquoi cela en aurait, après tout ... Il ...
Faible grincement, je relève ma tête beaucoup, beaucoup trop lentement ...
Le sceau ... Rien senti ... Comment ..?
Un vent glacial vient assaillir mes plaies, les rendre plus douloureuses qu'elles ne le sont déjà, me recroqueviller d'autant plus ...
Et il cesse aussi vite qu'il a commencé ... Porte qui grince, battant qui s'ouvre et se ferme, bête terrible qui ouvre et referme sa bouche garnie de crocs ...
Bête de laquelle je suis prisonnière ...
Longues, trop longues secondes ... Sueur qui coule le long de mon front, de ma joue, bien trop lentement ... Larme de sueur, qui arrête sa course un moment sur le bout de mon visage, pendant de bien trop longues secondes ...
Regard qui ne se détache d'elle, alors qu'enfin elle tombe, elle tombe, elle tombe ...
Glace.
Glace qui éclate au contact du sol. Yeux écarquillés.
Noir, si noir ... Rien qui ne se dévoile, une fois le seuil passé ...
Froid, si froid ... Vapeurs qui tombent en lourdes volutes.
J'avale ma salive, avec difficulté, avant qu'enfin, sinistre son se laisse entendre, quelque chose qui roule sur le sol, quelque chose qui roule vers moi, peur, trop peur, de voir ce que ça pourrait être, de ce que ça pourrait signifier ...
Yeux qui se lèvent enfin, peureusement.
Cri de terreur qui meurt dans la gorge.
Kakai ... Pourquoi ... J'étais sûre ... Mes Bunshin ... Pourquoi ..?
Plaquée au sol, bave qui coule le long de mon visage, crocs si près de ma gorge, grognement ô combien atroce ...
Loup aux yeux de braise, pelage de neige, imposant, griffes déchirant la chair de mes bras.
Incapable de bouger, plus les forces, plus l'envie, plus rien, rien, rien ...

Et je n'ose même pas tourner la tête, pour le regarder, lui ...
Comme la bête sanguinaire, je n'ai pas entendu son arrivée, je sais juste qu'il est là, son souffle chaud contrastant avec le froid mordant, je le sens, sa présence, je le sens, accroupie à coté de moi, me contemplant ...
Je ferme les yeux, lâchement, pourquoi, pourquoi ... Je n'ai jamais demandée à être là ...
J'éclate en sanglots, larmes se glaçant sur mes joues, gémissements faibles et pathétiques ...


-Pitié ...

-Où est-elle ..?

-Pitié ...

Sa voix était douce, si douce, douce à un point que je ne l'aurais jamais imaginé ...
J'ose enfin tourner le regard vers lui ...
Triste, si triste ...
Pourquoi, est-il si triste ..?
Yeux d'ébène, qui me contemplent mélancoliquement ...
Triste, si triste, pourquoi ..?


-Navré, vraiment ...

Éclat saphir.


Dernière édition par Uzumi Meloku le Mer 11 Nov - 19:58, édité 1 fois

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Re: Résidence Luuse

Message  Uzumi Meloku le Mer 11 Nov - 18:45

°~° Chapitre 1 : Union Interdite °~°


Rêves et espoirs ...
Encore une journée, copie de celle d'hier, d'avant d'hier ... Celle de tous les jours d'avant, en fait ...
Que suis-je ..?
Rêves et espoirs, brisés comme miroirs au sol ...
Si faible, si pathétique ...
Qui suis-je ..?
Pourquoi ... pourquoi s'entête-t-on, à me faire comprendre que je n'ai rien à faire, ici ...
Pourquoi, pourquoi s'acharnent-t-ils, à me faire regretter mon existence même ...
Une réponse, si simple, si facile, qui vient d'elle-même ...
Différente ... Car tu es toi, différente d'eux ...
Car tu es toi, qui l'aime elle ...
Car tu es toi, et que eux ne le sont pas ... Méprisables ...
Où est-elle, ma reine, ma déesse, ma raison de vivre, mon univers ..?
Triste, si triste, sans toi à mes cotés ...
Triste, si triste, sans toi, avec moi, toi qui éclipse tout ce qu'il y a autour, et même au delà ...

Recroquevillée sur moi-même, épaules affaissées, tête entre les genoux.
Ciel gris, lourds nuages qui vagabondent paresseusement, dans les prairies infinies et célestes, royaume où tout est beau, pur, si proche des astres, petits et grands, lunaires et solaires ...
Quoi qu'il en soit, ici bas, les nuages ont décidés de *me pisser dessus*, comme le disent si poétiquement les bien trop nombreux résidents des quartiers bas ...
Regard perdu dans les étendues d'un étang aux eaux verdâtres, trônant au milieu d'un petit parc, bien entretenu, en plein cœur du Village ...
Joncs et roseaux, pour seule compagnie ...
Au moins, l'herbe est relativement confortable ... Mais humide, humidité qui s'infiltre à travers les vêtements, me gèle jusqu'aux os, refroidit ma peau comme le plus mordant des froids ...
Et pourtant, je ne veux pas, je n'ose pas pas me relever ... Regard perdu sur les flots immobiles, silencieux, eaux calmes bercées par la symphonie de milliers de goutes tombant en cœur ...
Mélodie qui m'entraîne vers d'autres horizons, lac qui devient océan, eau à perte de vue, destination inconnue qui se profile ...
Tellement envie, de partir pour l'inconnu ... Tellement peur, que ce soit bien pire qu'ici ... Tellement peur, de ce que je pourrais voir, de ce que je pourrais manquer, en me retournant ...
Vent qui se lève, qui caresse mon visage, entraîne mes larmes, pluie qui s'écrase sur mon visage avec plus d'intensité ...
Froid, si froid ... Aucune envie, pourtant, de faire en sorte que cela cesse ...
Regard qui se lève, yeux rougis, mère et fils qui se baladent, sur l'autre rive ... Pressés de revenir chez eux, sûrement ... Après tout, il pourrait attraper froid, ce mignon petit enfant ... Ce serait dommage, qu'il tombe malade, collé à sa mère, enfouis dans un manteau bien trop grand pour lui ... Pourquoi, penser à lui, alors que je suis exactement dans son cas ..?
Car je ne le suis pas ... Car lui profite de la chaleur de quelqu'un qui l'aime ... Car lui n'aura sûrement les problèmes que j'ai, moi ...
Larmes qui coulent, alors que mon regard ne se détache des deux silhouettes, qui avancent encore et encore, jusqu'à disparaître dans le lointain ...
Regard qui ne se détache, du point où je les ai perdu de vue ...
Je ne serais jamais comme eux, jamais heureuse comme ils le sont ... Cela m'est refusé, on dirait bien ...
Ma tendre et douce, où es-tu ..? Pourquoi n'es-tu pas là ?
J'ai ... besoin de toi ... Égoïste que je suis, je ne pense qu'à mon bien-être, plutôt qu'au tien ...
Méprisable, méprisable, juste méprisable ...
Gémissement plaintif qui s'élève, avec pour seule réponse le clapotis de la pluie contre les eaux ...
Seule, si seule ... Si seulement, si seulement ce lac pouvait me tenir compagnie ... Pouvait me parler, partageait mes peines ... Tellement mieux, je me sentirai, tellement apaisée, je serais, en plein cœur de ce maelström ...


-Seule, si ... seule ...

Voix qui s'élève, à peine perceptible, effacée par la pluie qui gagne en intensité.
Cheveux collés à mon front, à mes joues, m'empêchant de voir clairement, long rideau voilant ma vue, de l'enfer sur terre.
L'enfer est autrui, disait un auteur. Tellement, tellement raison ...
Moins de gouttes viennent frapper mon visage, pluie qui se calme, qui me caresse presque, impression absurde, alors que mon regard se perd de nouveau dans ces eaux teintés de bleu et de vert, de nuances et tonalités infinies, ne laissant rien deviner de ce qui pourrait se trouver sous la surface ...
Nouveau soupir, mais pourtant, je me sens un peu mieux, un peu plus calme, plus envie d'être dégoutée à vie de l'eau, ou, plus simplement, de me noyer ...
Et la pluie qui reprend de plus belle, à cette simple pensée, pluie qui me lacère presque la peau, me faisant tomber à la renverse, protéger mon visage de mes mains ... avant de s'estomper aussi vite qu'elle est venue ...
Douce pluie, qui me berce, me console, mieux que quiconque ne pourrait le faire, à par toi ...
Où es tu, mon amour ..?

Longues secondes, dans le silence le plus total, yeux clos, profitant de la sensation, assise en tailleur.
Longues secondes, où je ne pense plus à rien, sauf à elle ...
Hâte de revenir à l'appartement, la voir, sauter dans ses bras, partager mes lèvres avec les douces siennes, et peut être ... sûrement, même, plus encore ...
Grognement plaintif de mon ventre, qui interrompt tout cela.
Nouveau soupir, j'ai oublié de prendre mon petit déjeuner, ce matin ... Regard qui se lève, vers le ciel ... limpide, je le devine, à travers les nuages ...
Gouttes d'eau, tombant autour de moi, caresses imperceptibles et ô combien nombreuses ...
Il est temps de rentrer, je pense, Motoko-chan doit sûrement s'inquiéter pour moi ...
Faim qui m'assaille, j'époussète mes hanches, même si je sais que ça ne sert à rien, la pluie a accompli sa tâche, à ce niveau là, regard qui se dépose à nouveau, sur cet océan de pureté ... Lasse, si lasse, que j'ai envie de ne pas bouger d'ici ... Mais, il le faut bien, après tout, on m'attend, enfin, je l'espère ...
Long soupir.
Bruit mas, de quelqu'un qui s'assoit. A coté de moi.
Impossible, je ... Entendu, il aurait du faire du bruit en approchant, comment ...
Pourquoi, surtout ...
Je reste immobile, tétanisée, tête qui refuse de pivoter à ma gauche, pour voir à qui je m'adresse ...
Secondes de silence, froid qui m'envahit, anormal, anti-naturel ...
Lui, l'instigateur de celui-ci ..? Très possible ... Il était assez puissant pour s'être déplacé jusqu'à moi, sans même que je l'entende ... Alors, pourquoi ne pourrait-il pas ..?
Long frisson le long de l'échine. Je résiste pour ne pas trembler. Panique, angoisse, terreur. Sa présence ... Yeux qui se closent, tous seuls.


-Tant ...

Yeux qui s'ouvrent, alors que le froid se retire aussi vite qu'il est venu ...
Voix douce, si douce que j'aurais pu avoir l'impression que c'était la pluie qui m'avait susurré à l'oreille, voix douce, mais avec quelque chose dessous ... Un quelque chose indéfinissable, un quelque chose qui me serre le cœur, rien qu'à l'entendre ...
Je me tourne vers lui, sentiments ravageurs retirés, pour le contempler, regard troublé.
Sombre, c'est le qualificatif qui lui conviendrait le mieux ... Vêtements noirs, yeux ébènes, chevelure corbeau ... Sombre, mais pas dans le même style que taciturne, sombre, dans ce que ... pourrais-je m'avancer ? Ce qui me semblerait être, une tristesse voilée, mélancolie inavouable, alors que son regard semble perdu dans les profondeurs de ce lac, comme si plus rien d'autre exister ...
J'ai l'impression, de me voir dans un miroir ...


-Tant de tristesse, de désarroi ... s'élève encore une fois, sa voix douce.

Secondes de silence gêné, pour unique réponse, avant qu'enfin, son regard se tourne vers moi ... Puits de ténèbres où je pourrais tomber pour ne jamais revenir ...
Regard qui se détourne rapidement, angoissé, pour se focaliser sur mes genoux.
... Qui est-il ? Pourquoi me parle-t-il comme ça ?
Je ne m'en moque pas, du tout ... Mais, je ne sais pas, intuition sûrement, que je devrai ... Partir, loin, maintenant, sans plus attendre.
Jambes qui s'exécutent automatiquement, me soulevant, pieds qui pivotent, alors que je m'éloigne, sans le regarder, sans même trouver une quelconque excuse, prête à courir au moindre de ses mouvements, en sachant très bien à quel point c'est absurde, qu'il pourrait me rattraper juste en claquant des doigts ...
Qu'importe, au moins, je préfère ça à me poignarder moi même le cœur ...
Infime mouvement, à la périphérie de mon regard.
Goutte de pluie, qui ruisselle de mon visage.
A peine le temps de me retourner, que de l'eau, beaucoup trop d'eau même, s'abat sur moi ...
Yeux écarquillés, mais pourtant, je me suis promise, de lui refuser le plaisir d'un quelconque cri.
Triste, si triste, pourquoi ... Pourquoi, alors que ...
Contact de givre, sur mon visage.
Flocons de neige, qui virevoltent, autour de moi.
Main tremblante qui se lève, vers ma joue, caresse du bout des doigts ...
Glace, qui fond au contact de l'air, de la chaleur de mes doigts ...
Et lui, qui me contemple, petit sourire aux lèvres, regard amical, doux, à l'image de sa voix ...


-Nous sommes pareils, toi et moi.

Regard intense, qui ne cille pas.
Il n'est pas plus grand que moi, maintenant que je le vois, debout ...
Comme je le pensais, même si cette idée devrait me déranger plus que ce qu'elle me dérange, maintenant ... Quelque chose que je ne peux décrire, un quelque chose dans sa présence, dans sa voix, dans son être ...
Lui et moi, nous sommes pareils.

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Re: Résidence Luuse

Message  Uzumi Meloku le Mar 17 Nov - 21:55

°~° Chapitre 2 : Savoirs recouvrés °~°



Belle, si belle Lune …
Nuit de songes, nuit de rêves, nuit d’automne.
Éclat mirifique, d’une lune sublime, reine parmi les reines, reine parmi les astres innombrables, incandescents, illuminant une voûte stellaire s’étendant à l’infini et même un peu plus …
Jusqu’où va-t-elle, existe-t-il des frontières, à ce qui semble être … l’incarnation de la perfection ?
Je ne peux que me tromper.
Il n’y a rien de plus parfait … qu’elle, ma douce et tendre …
Sourire qui se dessine sur mon visage, regard perdu dans les cieux, couchée sur une étendue d’herbe verte et tendre, ce type d’herbes dont les herbivores raffolent, ce type d'herbe sur lequel il est si plaisant de se poser, pour profiter d'un repos si mérité ...
Regard perdu dans le néant, dans le tout, dans le rien, alors que j'essaye de compter en vain les étoiles qui illuminent cet océan céleste, songeuse, astres, dansant complexe chorégraphie, que je peine à discerner, alors, quant à connaître sa véritable signification ...
Un jour, qui sait, mais maintenant, là, tout de suite, le plus important est que je suis seule, solitaire en ce parc, mais ... Si paisible, ici, avec pour seule compagnie ciel ô combien beau et eaux calmes, eaux d'encre, eaux dont la surface plane expose reflet déformé de l'astre lunaire.
Mais jamais ils ne combleront ce vide béant, ce vide créé par ton absence ...
Léger vent qui se lève, m'arrachant un frisson, me rappelant pourquoi je suis là, si seule, au lieu d'être à l'appartement, sous les draps, blottie contre elle, avec pour seule préoccupation la douce odeur de ses cheveux, le doux contact de sa peau ...
Cœur qui se serre, alors que je pense à elle, que j'ai laissée seule ... Alors que je pense à moi, que j'ai laissé seule, aussi ...


-A minuit, sur les rives de ce lac.

Derniers mots, sur lesquels nous nous sommes quittés, après un discours ...
Oui, voilà le problème, son discours. A peine quelques mots, mais ... Troublants. Énigmatiques. Beaucoup de questions sans réponses, beaucoup de réponses sans questions ... Mais quelque chose, me pousse à l'attendre là, à cette heure tardive.
Minuit arrive à pas de titans, je bouge nerveusement sur moi-même, essayant de trouver position plus confortable, quelques secondes durant, avant de me retrouver dans la même posture qu'au départ.
Soupir, las. Il va être en retard.
Et pourquoi, pourquoi je l'attend ..?
Pour une promesse, sous entendue, que je crois sous entendue, aucune confirmation ...
La promesse de me donner la force.
A quoi bon être forte ? Il y a toujours quelqu'un de plus fort que soit ... Forte, ou encore, l'assurance que quelqu'un arrive dans son sommeil pour nous dessiner un deuxième sourire, juste pour voir à quel point on est fort ... Pire que tout, être forte, juste pour pouvoir se targuer de supprimer des vies plus vite qu'un quelconque autre quidam ... Méprisables, qu'ils sont ...
Mais ... J'en ai pourtant besoin ... Besoin, pour elle ... Pour pouvoir la protéger, ne pas être un poids pour elle, pouvoir accomplir ses rêves ...
Je dois être forte, pour elle.
Fort, pour un monde en paix. Pour notre monde en paix. Un monde où il n'y a que elle et moi, où rien d'autre n'existe ... Après tout, les autres peuvent très bien brûler en enfer, tant qu'elle ... elle est avec moi, tant qu'elle est heureuse ...
Cœur qui se serre, vague de culpabilité m'envahissant ... C'est mal, je ne devrai pas penser à cela, c'est ... affreux. Mais c'est là. Ça me dérange, mais je ne veux pas m'en défaire. Je l'accepte pleinement comme ce que c'est ...
Doigts qui se referment sur l'herbe, l'arrachant, geste sec et violent, avant de les rouvrir, gerbes vertes retombant lentement, planant un bref instant en l'air, avant de retourner à leur lieu de naissance, d'origine.
Et l'autre qui n'arrive toujours pas ... Juste comme les autres, juste se moquer de moi, il m'a menti ...
Poings qui se resserrent, ongles qui éraflent la terre, alors qu'un rire amer s'échappe de mes lèvres.
Je n'ai besoin ni de lui, ni de personne, pour devenir forte, vous entendez ?! Personne !
Je me lève rapidement, fureur froide m'animant, pivotant pour retrouver la douce présence de la seule qui me comprend, de la seule en qui je peux avoir confiance ...

Yeux écarquillés.
Loup au pelage de lys, de neige, à peine à quelques mètres de moi, couché sur le sol, me contemplant de ses grands yeux écarlates, regard qui me semble perplexe, guettant le moindre de mes mouvements, intelligence se reflétant dans ses iris, tout sauf animale.
Un loup qui me semble bien familier. Pas qui me rapprochent de lui, nulle crainte me faisant revenir à la raison. Après tout, il avait la taille d'un destrier de guerre, et une seule de ses morsures ...
Une seule de ses morsures, me faucherait un membre. Quant à choisir, je préférai que ce soit une jambe, au moins je ... Arrête, tout de suite Uzu !
Je secoue la tête, chassant ses pensées peu réjouissantes. Loup qui continue de m'observer, sans esquisser le moindre mouvement de rencontre, ni de fuite.
Sentiment de défiance, même si pourtant je ne me sens nullement menacée. Un quelque chose d'imperceptible, d'indéfinissable, un quelque chose que je pourrais définir comme une aura, une présence, bref, quelque chose qui me fait juste dire ça : Nous avons quelque chose en commun.
Et ce quelque chose en commun, c'est lui ...
Me voilà à coté de la bête, qui s'est relevée une fois à ses cotés, comme m'attendant, tête tournée en ma direction, regard que je devine doux, alors qu'une main timide, geste hésitant, vient caresser son pelage, si soyeux, si agréable, pelage contre lequel on voudrait poser sa tête, profiter de sa chaleur, pour s'y endormir ... En sachant, pourtant, que tel geste serait peu toléré, même pour animal si amical.


-Que me veux-tu ..?

Chuchotement à peine perceptible, qui se confond avec le murmure de la nuit.
Regard perçant en retour, un regard profond, comme si il me comprenait, alors qu’il met son museau sous ma main, avant de la faire retomber sur son dos. Main qui glisse le long de son dos, juste par plaisir, en fait, oubliant la singulière situation dans laquelle je me trouve, avant qu’interrogation du regard se porte sur noble loup à pelage fantomatique.
Léger mouvement de la tête. Comme si il acquiesçait.
Illuminés par l'éclat lunaire, silhouette de nacre, silhouette de pénombre, à l'échange silencieux.

Avez-vous déjà galopé sur un cheval ? Moi, non. Mais j'imagine, ce que ça doit être. Mais bon, en tout cas, pensez-y, vous. Puis, enlevez le bruit pesant des sabots et le cliquetis du mors, et imaginez à la place des foulées silencieuses et feutrées. Puis, imaginez, au lieu du dos noir, gris, ou bai du cheval, la fourrure soyeuse, ombre spectrale se découpant dans cet océan d'encre ... Et puis imaginez que vous allez deux fois plus vite que le destrier de guerre le plus rapide ... Et c'est un coursier qui n'a besoin d'être guidé, et qui jamais n'est fatigué ...
Voilà ce qu'est ma chevauchée, dont la description est loin, pourtant si loin de ce que représente la réalité ...
Déposée en douceur, sur un sol ferme et stable, une imposante bâtisse se présente à moi, nulle lumière illuminant les nombreuses fenêtres. Porte ouverte, ouverture vers le néant, happant toute lumière à son intérieur.
Angoisse qui ressurgit en moi. Ai-je bien fait de venir ?
Rassurante présente, de la noble bête au pelage de neige, qui s'éloigne d'un pas tranquille, paisible, en direction des ténèbres insondables, sans la moindre crainte ...
Un pas, suivis d'un autre, m'approche toujours plus près de cette gueule béante ...
L'impression que je fais la pire connerie de ma vie, l'impression que je revis quelque chose de déjà arrivé ... Mais qu'importe.

Advienne que pourra.

Uzumi Meloku
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Re: Résidence Luuse

Message  Uzumi Meloku le Mer 25 Nov - 0:06

*La peur, c'est cette fraction de seconde pendant laquelle tu hésites, et après laquelle tu te retrouves au sol, un second sourire dessiné sur ta gorge.*


Noir, si noir ...
Ténèbres insondables, en cette entrée, gorge béante vers ... Ailleurs.
Tout simplement, après tout, je ne savais où cela me mènerait. Vers lui, c'est certain ...
Mais lui, représente à la fois tout et rien. La force, mais de quelle force peut-il me faire le don ? Réponses, à mes innombrables interrogations. Questions, vis à vis de sous-entendus, non-dits,
Questions qui me préoccupent ... Pourtant, je n'ai peur qu'il me fasse du mal. Lui et moi sommes liés, c'est la seule chose que je peux affirmer sans retenue. Pour tout le reste ...
Ombres fugitives, néant angoissant.
Douce présence, spectrale, irréelle, de ma monture d'une chevauchée, de mon compagnon en ces ténèbres accablantes, pas feutrés d'un loup au pelage d'albâtre, qui me guide paisiblement, à travers les couloirs de l'imposante demeure ...
Silence inquiétant, si ma main n'était posée sur son dos ... J'aurais jurée être seule.
J'entends tout ... Ma respiration saccadée, mes pas sur le sol de bois, le frottement du tissu quand j'avance ... Mais rien d'autre.
Pas même le passage de mon compagnon, pas même les grillons à l'extérieur, ou tout autre son nocturne, caractéristique dans les environs ...
Presque terrifiant. Frisson le long de l'échine. Goutte de sueur froide, qui tombe sur le sol avec un peu trop de fracas.
Quand va-t-on arriver ..? Mal à respirer. Il fait ...
Froid, si froid ... Chaleur réconfortante de la fourrure entre mes doigts.
Froid, si froid ... Si familier ... Comme si je le côtoyais depuis toujours, alors que je ne l'avais jamais ressenti auparavant ... Peur qui se distille dans la curiosité, froid caressant ma peau dans la plus tendre des attentions ...
Suis-je folle ..? L'éclat lunaire me manque tant, alors que cela fait si peu que je l'ai quitté ... Pitié, que l'on retrouve rapidement la fragrance nocturne, la chaleur pourtant inhabituelle d'une nuit d'automne, prêt à laisser l'ascendant à l'hiver ...
Je n'aime pas, la solitude dans les ténèbres ...
Et heureusement qu'il est là, compagnon impassible, sinon ... Je me serais enfuie vers je ne sais où, je ne sais où se trouvant contre un mur si pas de chance, dehors si j'en avais un peu plus ...
Mes doigts se refermèrent un peu plus sur les poils soyeux de la noble bête, sans que celle-ci ne proteste nullement, que sa démarche paisible n'en soit nullement troublée, comme si en fait, rien ne s'était passé, rien n'était arrivé.
Que je n'étais pas là, que je n'existais pas, même ... Volonté inexorable d'arriver à sa destination, que je sois ou pas avec lui ...
Agréable, comme sensation ... Vraiment, sans ironie aucune ... Enfin si, un peu, beaucoup même.
Soupir, à peine perceptible ... Plus de mouvements, on vient juste de s'arrêter, brusquement pour moi, naturellement pour lui, lui qui connait parfaitement sa route ...
Je ne vois rien, même pas ce qui se trouve à quelques centimètres devant moi ... Rien, même pas noble bête qui m'accompagne, même pas le sol à mes pieds ... Rien, rien, trois fois rien ...
Mains qui tâtonnent dans le vide, avant d'enfin se poser sur une surface dure ... Quelque chose qui semble coulisser ... Une porte ? Une porte vers où ?
Lui. Réponse qui s'impose à mon esprit, après tout ... C'était bien pour lui, que j'étais venue ...
Je secoue la tête, un peu lasse. L'heure tardive, sûrement ... Mais pourquoi ai-je pensée trouver quelque chose d'autre, derrière cette porte ?
Stupide, stupide, stupide ...

Vaste cour intérieure, ornée par un grand bassin, occupant presque toute son étendue ...
De l'eau à perte de vue ... Et lui, lui, trônant sur celle-ci ...
Enfin, trôner ... Pas tellement, plutôt assis en tailleur dessus, silhouette se découpant dans le noir de la nuit, contemplant l'infinité stellaire, dans une attitude mélancolique ...
Regard que je surprend, à se lever vers les cieux ... La lune est belle ...
Si belle, ce soir ... Nouvelle lune, pleine lune, imposante, entière, couleur de ...
Oui, voilà le problème en fait ... Sa couleur disons ... inhabituelle. Magnifique, certes mais ... bleu.
D'une douce couleur bleu argentée, surnaturelle ... Féérique, même.
Mon regard se perdait dans sa contemplation ... Normal, qu'il la contemple de la façon de laquelle il la contemple ... Si beau, mais si triste ... Si triste, et que je n'arrive même pas à dire pourquoi ...
Je le sais, c'est tout, c'est un fait indéniable, aussi indéniable que je l'aime, ma Motoko-chan ...
Long soupir, tellement envie d'être contre toi, en ta seule et unique compagnie ... mais tellement envie, aussi, de voir ce qu'il va suivre ...
Cette nuit est spéciale, après tout.
Loup de neige passant à coté de moi, toujours aussi paisible, que je suis du regard, sur mes gardes, guettant le moment où il s’arrêterait, ferait quelque chose d’un peu plus « surnaturel », après tout, rien ici n’était ce que l’on pourrait qualifier d’habituel …
Cette lune, ce loup, lui …
Surtout lui, même … Statique sur la surface de l’eau, aucune esquisse de mouvement, indiquant qu’il m’avait remarqué … Lui, contemplant cette lune magique, comme coupé du monde …
Petit bruit mat qui capte de nouveau mon attention, noble bête qui s’allonge sur l’herbe, dos au sol, regard levé vers le ciel … Vers la lune, je pourrais même affirmer … Reflet de l’astre sur ses prunelles écarlates, à peine déformé … Reflet mien, à peine déformé, alors qu’il porte son attention sur moi, quelques secondes durant, avant de nouveau plonger dans la vision de la voûte stellaire.
L’impression d’avoir vu un étranger, en me regardant dans ses yeux …
Je secoue la tête, doucement. Fatigue sûrement … Après tout, qui d’autre aurait pu se refléter ? Petit rire nerveux, en guise de réponse.
Absurde, tout simplement absurde …
Pas qui me rapprochent de la rive … Lac miniature, en plein milieu d’une villa … Cette idée me fit sourire, même si le concept était étrange … Pourquoi souhaiter un lac en sa résidence ? Quel apport y avait-il à cela ?
Un rapport avec la lune, sûrement, vu comment il la contemple, assis sur sa surface … Quel rapport … Ça, ça reste à voir …
Pas qui effleure l‘eau avec timidité, avant qu‘un pied ferme se pose sur la surface aqueuse, sans s‘enfoncer, maîtrise du chakkra, m’assurant la prise sur celle-ci, comme sur un sol solide.
Petit sourire, sentiment de fierté, alors qu’un second pas ne suive le premier, que je m’avance vers lui, pour contempler à ses cotés magnifique spectacle, d’un astre lunaire à l’éclat fantastique …
Mais le troisième ne suivit. Premier geste, un geste qui signifie qu’il sait que je suis là. Un bras levé, qui me demande de stopper, avant qu’un autre geste …
Cette autre geste, un geste qui veut dire « Non ».
Non … Mais à quoi ? A ma venue vers lui ? Car à part ça, je ne vois pas à quoi il pourrait faire allusion …
Interrogation du regard, troublée.
J’entreprend un mouvement pour me retourner, que le même geste est refait, encore.
Il ne veut pas que je m’approche … mais il ne veut pas non plus que je m’éloigne … Que veut-il, alors ..?
Quelque chose m’échappe. Et ce quelque chose je le trouverai.
Regard qui s’est habitué à la faible luminosité, regard qui se porte aux alentours, un regard qui sert pas à grand-chose en fait, vu comme je vois rien qui pourrait répondre à mes questions pressantes …
Je suis nulle, nulle, nulle … Je n’arrive même pas à comprendre ce qu’il veut de moi, je suis stupide … Larmes qui me viennent aux yeux, brûlantes, me sentant humiliée.
Mais j’y peux rien, quoi … Y’a quoi, à part ça ..?
Loup toujours couché, toujours dans sa contemplation.
Lui, toujours assis, toujours dans sa contemplation …
Et ça répond à ma question, ça ? Qu’ils soient assis, regard perdu dans …
Un moment … Assis … Sur l’eau ..?
Regard qui se pose sur lui, statique, puis plus bas … Jusqu’à ce qu’éclat attire mon attention.
Pas l’éclat que fait un rayon lunaire sur une eau d’encre, non … Un éclat différent, plus cristallin, plus froid …
… Un éclat de glace.
Et je regarde la surface de l’eau, à mes pieds. C’est ça, qu’il attend de moi ..?
Il ne réagit pas, en tout cas.
Mes larmes semblent pas vouloir couler sans mon autorisation, aussi.
Et je ne m’en plains pas … Et je dois avouer qu’elles auraient coulées, si je l’avais pas remarqué avant …
Petit sourire sur le visage, un brin heureuse.
Car je sais ce qu’il veut, car je sais comment le faire … Je le sens, au fond de moi. Cette douce caresse, froide …
Cette douce caresse, qui se matérialise, qui caresse l’eau comme un amant caresserait son être aimé, afin que j’ai mes appuis sur celle-ci …
Fine couche de glace, qui me mène à lui, au fur et à mesure que mes pas s’en approche.
Toujours assis, regard ne se détachant pas de sa contemplation, alors que je suis juste à ses cotés, que je m’assois, givre m’empêchant d’aller dire « coucou » aux poissons …
Singulière situation, que celle dans laquelle on se trouve … Et que va-t-il advenir, maintenant ?
Je commence à grelotter, assise sur la surface de gel … Tremblante, je cherche une meilleur position, pour tenter sans grande conviction d’esquiver le froid qui mord ma peau, à travers les vêtements … Sans succès, pas comme si je m’y attendais …
Soupir, avant que sa voix me surprenne, que je me dresse et reste droite comme une épée, nerveuse, tête qui se tourne un peu trop rapidement vers lui, m’arrachant une grimace de douleur.


-Lunarris t’a mené ici sans accrocs ..?

-Heu … Aucun, aucun … après un moment d’hésitation, voix à peine perceptible.

Secondes de silence, alors que je regarde mes genoux, gênée, ne trouvant rien à dire.
Je me maudis, d’être comme ça …


-La lune est belle, ce soir …

J’acquiesce, trop lentement à mon goût, regard qui n’ose se tourner vers lui, qui n’ose se lever vers les cieux … Avant que finalement, il se lève de lui-même, et contemple de longues minutes durant ce spectacle bien trop unique …
Éclat qui finalement s’éteint, magie qui disparaît, pour laisser place à une lune un peu trop banale, après ce que je viens de voir …
Soupir, de tristesse. Qui saurait, quand tel événement se reproduire ..?


-Je suis heureux de te voir, Uzumi.

-Merci, Lean-sama …

-Allons, pas de ces banalités entre nous.

Je sens son regard sur moi, intense, mélancolique, un regard qui lui est propre, alors que j’ose enfin tourner mon visage vers le sien.
Ébène contre azur, qui semblent s’opposer. Et ce contact qui persiste plusieurs secondes durant.
Ce contact, qui me fait remarquer que ce n’est pas de l’obsidienne qu’il y a dans ses iris … mais un violet, très sombre, qui pourrait passer inaperçu, mais qui est là, tel le soleil le jour, la lune la nuit.


- Le Hyuuton ou la force de commander au froid et au givre, est l’art de manipuler le Suiton et le Fuuton, dans le but de donner naissance à ce nouvel élément, hybride des deux.
Hyuuton, ou encore la glace, impassible et constante, silencieuse et létale, créatrice et destructrice … Saisir, capter l’essence de cet art, c’est arrivé à ne faire qu’un avec celui-ci … Et cela, rare sont dans la possibilité d’y parvenir, de ne serait-ce qu’effleurer cette perspective … Or, certains élus naissent avec ce don.


Un sourire effleura son visage, premier que je voyais depuis que je le connaissais.
J’allais même me permettre d’en dessiner, mais c’était avant que ses traits s’endurcissent, et que sa voix résonne, plus froide, plus tranchante.
Angoisse qui tord mes entrailles. Mal à avaler ma salive.
J’ai fait quoi de mal ..?


-Je suis Juunin depuis à peu près huit ans … A l’époque où je devais avoir ton âge, à peu près. Et toi, alors ? Qu’es-tu ? Juste une Genin, un grade qui ne fait honneur à ton talent ou ton génie …

Je me recroquevillais sur moi-même, comme une petite fille qu’on réprimande.
Jamais eu cette impression, depuis que j’ai quitté la maison …


-Tu es réfléchie, intelligente, tu fais preuve d’un certain brio dans les arts de la guerre, mais … Pourtant … Je ne te donne pas plus de chances de survie qu’un quelconque autre abruti … Et ce, même en ne te connaissant que d‘aujourd‘hui, cela se voit, à ta démarche, à te façon d’être : Tu suintes l’angoisse, la peur, les doutes.

Et le pire dans tout ça ? C’est que j’ai rien à dire.
La conversation aurait pu être si intéressante ...


-Néanmoins … Ce n’est qu’un état d’esprit. Et le premier pas vers la grandeur, et d’adopter l’état d’esprit le plus favorable à celle-ci. Les doutes, la peur ? Nous les reléguerons dans l’oubli. Comment nous y parviendrons ? Oh, ça … Je m’en occupe, ne t’en inquiète pas …

Un nouveau sourire, plus inquiétant celui-ci illumina son visage.
Long regard, alors qu’il traçait des runes, que l’air se gelait, qu’une terreur indicible s’emparait de moi …
Qu’est-ce que …


Grand bruit mat, quand je tombe sur le lit, épuisée.
Pas de Motoko-chan, pas de câlin du matin … Faut dire que je suis pas revenue tôt … Bientôt dix heures, et me voilà enfin à la maison …
Cette nuit … intéressante …
Pas d’importance, juste dormir, fermer les yeux, laisser le noir me happer dans son giron apaisant …
Juste … dor …


-Cette formation d’étoiles forme la constellation Orion, aisément reconnaissable par ...

Spoiler:
Entraînement : Marcher sur L'eau

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Uzumi Meloku
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