Parc de Kiri

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Re: Parc de Kiri

Message  Watagumo Ine le Jeu 12 Avr - 11:47

Je ne saurais dire... quel sentiment domine mon esprit. A la fin de son tragique récit, Takeo a frappé la table de la paume. En théâtre, on dirait qu'il souhaite marquer sa colère. Mais colère contre quoi, contre qui ? Assurément, mes compagnons de troupe auraient trouvé le chuunin fort bon comédien. A dire vrai, j'ai même failli être attrapée. Avec le recul peut-être, on pourrait dire que le mensonge entraîne le mensonge, et que le médecin est tellement embourbé qu'il a fini par croire à sa propre version des choses, tout en refoulant la vraie. Je me suis trompée. Takeo est aussi paumé que Ren'ai.

D'ailleurs, en voyant celui-ci à mon côté, touché par l'héroïsme de son ex-supérieur et fondu de compassion, je ne peux réprimer un accès de larmes qui roulent sans bruits sur mes joues. Alors, quel sentiment ? La pitié ? L'écoeurement ? Le dégoût ? J'ai l'impression d'être une cocotte-minute qui va exploser.

Heureusement -ou non !-, le bref soulagement qui apparait sur le visage de Takeo à la vue de mes larmes fait office de soupape. Je me sens soudain très fatiguée, et une langueur empoisonnée me prends. Ai-je vraiment envie de lutter ? Ai-je le droit pour autant de m'énerver ? Ce matin même cela a failli mal tourner avec Zen. Je ne pourrais dire quel est le vrai du faux, même si en cherchant je pourrais les démêler. Seules de petites choses ont trahi le shinobi, encore une fois parce qu'il a dû tellement raconté, encore et encore, les évènements passés qu'ils ont pris corps dans son esprit. Sans cette subtile hésitation aux moments majeurs, que l'on pourrait mettre sur le compte de la douleur des souvenirs, j'aurais sans doute adhéré. Tout aurait été tellement plus simple. Mais je ne peux pas ignorer.

Intérieurement, je souris presque de me sentir comme une justicière de carton-pâte, engagée contre le malheur des gens. Le mensonge détruit. Il a détruit la vie de Takeo qui n'a pas eu le courage d'assumer devant ses supérieurs le poids de ses erreurs. Sa jeunesse, la discipline militaire de Kiri, je ne le blâme pas pour ça, pas plus que je ne suis certaine de ne pas agir de la sorte. Mon imagination débordante aurait tout aussi bien pu inventer un périple qui eût minimiser ma culpabilité. Seulement voilà. Désolée Tak'. Je ne peux te laisser faire croire à Ren' ce récit qui lui fera se sentir plus minable encore qu'il ne se considère. Désolée Takeo, pour toi aussi, parce que je ne vais pas être tendre. Désolée Takeo, d'être moi-même comédienne. Désolée enfin Takeo, parce que je n'ai pas cru à tes paroles...

J'essuie mes larmes. Ma décision est prise. Le silence domine toujours la petite pièce, tandis que le calme a envahi mon esprit. J'avale une lampée de mon sake, je repose la soucoupe sur la table et je dis, sans ambages :


"Tu as aussi sacrifié la tienne sur l'autel du mensonge, Takeo. Dommage, mais je ne crois pas un mot de ton récit."

C'était dur, c'était cru. Ren'ai faillit s'étouffer avec sa boisson, complètement soufflé. Indigné par mon comportement, la claque partit toute seule. La douleur fut vive et arracha quelques larmes à mes yeux, mais moi je ne cessais de fixer Takeo. Tout en massant ma joue rougie, ne prêtant pas attention au regard furieux de mon compagnon, je décryptais les sentiments confus que revêtaient tour à tour les traits du médecin si séduisant. Pêle-mêle, de l'affolement, un peu d'admiration, beaucoup de culpabilité et une profonde résignation.

Ren'ai se leva. Il voulut contourner la table pour aller soutenir son camarade dont il croyait connaître les affres, mais Takeo leva la main. Lui non plus ne détachait plus ses yeux de mon visage fermé. Sans doute voulait-il comprendre, comment j'en étais arrivée à une telle conclusion ? Ren'ai, tout à sa fougue, m'excusa, prétextant que je ne savais pas ce que je disais. Takeo le coupa. Il baissa la tête, fixant désespérément son regard sur la table basse. Ma joue me cuisait toujours, j'avais envie de porter de nouveau ma main à elle, mais celle de Takeo, qui pendait sur l'accoudoir de son vieux fauteuil, l'appelait. Je résistai. Ce n'était pas le moment de montrer de la compassion. Comme pour Ren'ai, le moment était primordial.


*Mais de quel droit tu décides de ces choses pour les autres ? Tu détesterais te retrouver face au mur, avec ton histoire de v... !!*

Cette voix dans sa tête, Ine ne voulait pas l'entendre. Heureusement, Takeo prit la parole :

"Laisse, Ren'ai. Ine n'a pas complètement tort."

La grande naïveté de Ren'ai en prit encore un coup. Je redoutai une nouvelle réaction excessive, mais il n'en fut rien. Il revint s'asseoir à côté de moi, nous resservi à tous trois du sake, et attendit calmement, comme je le faisais.

Je bois le liquide lourd et incolore tout en guettant les lèvres de Takeo. Je me surprends à me demander quel goût elles ont, avant de me rendre compte que l'alcool me fait tourner la tête. Je dois pourtant rester concentrée.

Les minutes passent sans que rien ne les arrêtent. Takeo paraît totalement immergé dans ses pensées, et il ne réagit même pas -en tout cas visiblement- quand finalement je prends sa main entre les miennes. Elle est gelée, mais il ne tremble pas.

J'aimerais qu'il réagisse, il me fait peur ainsi. J'ai l'impression que son âme pourrait être bloquée par les questions et la culpabilité. Alors je secoue sa main, d'abord gentiment, puis avec un peu plus de vigueur, et enfin carrément avec violence. Il ne bouge pas, pourquoi ne bouge-t-il pas ? Alors je crie :


"Takeo !"

Watagumo Ine
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Re: Parc de Kiri

Message  Darok le Ven 13 Avr - 11:08

Takeo avait fini sa comédie. Au fil du temps, il s’était auto-persuadé de la vérité de ce mensonge si bien qu’il ne mentait plus mais racontait vraiment ce que son esprit semblait avoir vécu. Malheureusement, il n’avait pas eu assez de tact à cause de la présence de Ren’ai et à cause d’une hésitation, Ine l’avait percer à jour, intérieurement. Et ça, il l’avait compris et le redoutais. Cette version était fausse, certes, mais c’était aussi la plus appropriée pour Ren’ai. Comment réagirait-il s’il savait que son supérieur l’avait lâchement abandonné ? Il ne voulait pas y penser. Non, il faisait le vide en lui, il était calme, mais une angoisse vint le déranger.

*Elle t’a démasqué huhu. C’est la fin Takeo. La fin de la fin ! Car elle t’as démasqué. *

Il n’était plus calme maintenant, mais terrifié. L’ex-shinobi ne s’en rendait pas compte et était totalement ému de la bravoure de Takeo. Ses yeux étaient humides. Ren’ai avait pitié de Takeo… c’était bien le but de la tirade de ce dernier, mais la réaction de l’homme le déstabilisa encore plus car il se faisait passer pour une personne qu’il n’était assurément pas. Cela faisait cinq ans qu’il n’avait plus parlé de cette époque, et dans son cœur, il se dégoûtait. Il en venait presque à remercier Ine d’avoir découvert la vérité.
Mais comment les choses allaient-elles se passer maintenant ? Si Kiri apprenait la nouvelle, Takeo serait soit banni du village, soit tué. Non, il fallait mieux qu’elle se taise, celle-là. Oui c’est ça, qu’elle se taise, ou la faire taire ! Il n’y a pas d’autres solutions si le Chuunin voulait préserver sa sûreté. A ce moment, il était complètement perdu, son âme enfouie sous les gravats de l’immeuble « souvenirs ». Il l’avait vendue en échange de sa sécurité, mais il ne pouvait plus le refaire ! Non, il venait de se rendre compte de son infâme comportement, il était hors de question de recommencer. Il y a cinq ans, il fuyait les miroirs, mais ces derniers temps, tellement persuadé de la véracité de ses dires, il menait bon train et ne s’en souciait plus. Après cette conversation, nul doute que sa haine envers lui-même resurgirait.


*Je veux de nouveau me regarder dans la glace sans me cracher dessus. Et pour ça, il faut que j’arrête de me voiler la face.*

Mais voilà qu’Ine s’était mise à pleurer. Inconsciemment, le ninja se dit qu’elle n’avait finalement pas compris la vérité, et qu’il était simplement paranoïaque. Mais si elle ne l’avait pas démasqué, alors tout rentrait dans l’ordre ! Un bref soulagement fut lisible sur le visage de Takeo. La jeune fille semble elle aussi en proie à des confusions. Ren’ai, quant à lui, est le seul à ne pas comprendre les enjeux de cette discussion. Il est toujours aussi naïf. Le silence tombe, lorsque d’un coup, Ren’ai et Ine essuie leurs larmes. Cette dernière prends un peu de saké avant d’affirmer d’une poigne infléxible.

[Ine] « Tu as aussi sacrifié la tienne sur l'autel du mensonge, Takeo. Dommage, mais je ne crois pas un mot de ton récit. »

*Alors elle savait. Depuis le début ! Je suis ridicule.
Et lorsqu’elle s’est mise à pleurer je me suis sentit libéré, mais quel con, je suis égoïste. Elle avait compris que mon récit était faux et ça a dû lui faire mal au cœur de voir Ren’ai ainsi…Je n’ai pas le droit de les faire souffrir. Ni lui, ni elle. *


Mais perdu dans ses pensées, Takeo n’eut pas le temps de réagir avant que l’ancien shinobi ne flanque une baffe à la jeune fille, ce qui lui arracha un cri ainsi que quelques larmes. Ine ne cessait de le fixer. Voilà où l’avait mené ce mensonge, il était le coupable de l’histoire, mais Ine, courageuse et brillante, était celle punie. C’était la parole de la fille contre la sienne, et Ren’ai le croyait lui ! Est-ce que… pouvait-il oser… s’en sortir ainsi ?
Non, il devait se résigner devant son erreur, l’accepter une fois pour toutes. Il suffisait d’un mot, un simple mot qui mettrait fin à cette dispute.
Ren’ai était dans une colère noire, mais Ine ne s’intéressait toujours pas à lui, scrutant le médecin encore et toujours, et massant sa joue endolorie. Il eut une bouffée de chaleur et commençait à s’affoler un peu. De quoi avait-il peur ? Sa décision était prise, il devait dire la vérité et ainsi détruire ces cinq années de mensonge et d’imposture.

C’est alors que la colère de Ren’ai s’estompa et qu’il s’approcha du Chuunin comme pour le réconforter. Le réconforter, lui ? ! Alors que c’était Ine qui avait pris la plus méchante partie ? Non, il ne pouvait plus l’ignorer, il ne pouvait plus se supporter. Il leva la main, et déclara haut et fort.


« Laisse, Ren'ai. Ine n'a pas complètement tort. »

Pourquoi « pas complètement » ? Elle n’avait pas tort du tout, je suis un misérable. Ren’ai s’immobilisa, et pour toute réaction leur servir un verre de saké chacun. Le regard de Takeo était perdu, tout comme lui. Il ne savait pas ce qu’il devait faire, comment devait-il réagir ? Alors il s’était plongé dans un mutisme, insensible comme un roc à tous sons externes, afin de trouver une réaction appropriée. Tous les regards étaient rivés sur lui, mais il ne s’en souciait guère. Il ne bouge plus, n’a plus aucune réaction. Le silence pèse lourd dans la salle, mais une fois de plus il ne s’en soucie guère. Tout son monde, toute son activité se déroule à l’intérieur de son esprit. Sa respiration, bien que très rythmée, est très silencieuse. Ses yeux se portent au loin, mais il ne se soucie plus non plus de ce qu’il regarde. A vrai dire, dans cette position, il est effrayant.

Finalement, il prends un verre de saké, qu’il ingurgite d’un seul coup et repose le petit verre. Son regard n’a toujours pas bougé du point fixe qu’il cible.

Finalement, sa vue se détourne enfin et se pose sur l’ancien shinobi.


« Lorsqu’on s’est rencontré, ce soir, tu m’as dit que tu étais prêt à te remémorer tes souvenirs. Mais ceux-là, moi je tente de les oublier. Et je ne suis pas prêt à les raconter non plus. Désolé, mais…je dois partir. Peut-être que si nos chemins se croisent à nouveau, dans cette immense ville qu’est Kiri, mon cœur s’ouvrira à vous, et mes peines se déverseront sur vous. Mais il n’est pas l’heure. »

Et sans même leur laisser le temps de répondre, ou de placer une phrase, le Chuunin s’enfuit, rapidement. Ine regarda le siège où quelques instants plus tôt, Takeo était assis, et y vit quelques taches humides.

[Ine]
* Il a pleuré ?*


[C’était très agréable, merci beaucoup Ine Smile ]
[Darok, Ine : + 12 EXP RP]

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Re: Parc de Kiri

Message  Isamu le Dim 10 Fév - 13:22

Le parc de Kiri, délicieuse petite enclave à demi sauvage au beau milieu du village. Pas grand chose à voir avec ses abords, ceci dit, et encore moins avec les marécages un peu plus loin. Isamu avait souvent franchi les barrières de Kiri, parfois pour une mission, souvent à l'insu de ses supérieurs. Il pouvait aisément comparer ce qu'il avait vu à l'extérieur avec ce petit parc accueillant.

Dehors, tout était terriblement calme. Même le doux clapotis de l'eau semblait vouloir s'étouffer dans les brumes denses qui surplombaient immanquablement toute étendue d'eau. La faune était présente, discrète, mais néanmoins dangereuse. Rares étaient les oiseaux qui osaient pousser la chansonnette. Respectaient ils simplement le silence tendu des mangroves ? Ou avaient ils simplement peur d'être repérés par leurs nombreux prédateurs au sol ou dans l'eau ?
Le parc était très différent. Peu d'animaux sauvage, rien de dangereux, la plupart avaient été exterminés il y avait bien longtemps. Il restait bien quelques serpents venimeux, mais ils préféraient se tenir à bonne distance des humains ces temps ci... Et puis il y avait le bruit. La rumeur persistante, incessante, de la ville qui l'entourait, et de ses centaines d'habitants. *une vraie fourmilière ... en moins bien, évidemment*

Pauvre imitation, fade caricature d'une nature noble et dangereuse, le parc offrait tout de même un milieu avantageux pour certaines races d'animaux. Les rongeurs étaient légion : souris, rats, mulots... C'étaient eux qui entretenaient les quelques reptiles qui subsistaient. Enfin, il y avait les insectes. *mais ceux là pourraient vivre n'importe où, n'est ce pas ?*

C'était sûrement le cas, mais la colonie qui intéressait Isamu à ce moment précis était une fourmilière douillettement installée derrière l'écorce d'un des arbres les plus imposants du parc, localisée sur une des premières branches, là où le bois était large et vieux. Le chuunin tenait en équilibre, dans une position passablement inconfortable, à quinze mètres au dessus du sol. Une main et le pieds opposés assuraient une prise incertaine sur deux branches plus fines. Ses deux autres membres étaient directement apposés à la surface verticale. Une discrète aura bleutée les entourait.

*Allez venez. Venez dire bonjour. Nous avons des choses à nous dire, oui oui. C'est la première fois que je vous vois, mes amis. Vous vous êtes installés ici il y a combien de temps ? Ca doit être récent, parce que je connais tous les insectes du coin, moi. Toutes les ruches, toutes les fourmilières. Et il y en a ! Ca oui ! Vous êtres plus nombreux dans cet enclos que nous autres humains dans tout le pays ! Ha, j'imagine leur tête si jamais ils apprenaient votre nombre. Leur moue dégoûtée, leur froncement de sourcil. Ils ne vous aiment pas, ça non, mais vous, ça ne vous affecte pas. De toute façon, la plupart d'entre vous ne vivront pas assez longtemps pour apercevoir un autre humain que moi alors ... *

C'était là un exercice dans lequel Isamu était passé maître. En expulsant une certaine dose de chakra par ses mains et ses pieds, il était capable de se déplacer sans ennuis sur la quasi-totalité des surfaces verticales de la région. D'autre part, c'était plus aisé sans chaussure, ce qui expliquait pourquoi le garçon était toujours pieds nus. *Comme les insectes ! Mais c'est plus facile pour eux, sont plus légers. Moi ça m'a demandé beaucoup d'entraînement. Facile maintenant !*

Il approcha son visage d'une ouverture dans le bois. Sa présence avait été repérée, provoquant un tollé monumental dans la fourmilière. Un flux dense de minuscules bestioles noires - il n'était pas évident de les repérer sur l'écorce sombre - traversait incessamment ce qui devait être la porte principale vers la colonie. Les soldats se mettaient en place, entourant les mains du chuunin.

*Aux armes ! C'est la guerre ! Mais vous ne pouvez rien contre moi, héhé. Votre acide me chatouille, et vos mandibules ne sont pas assez puissante pour percer ma peau. Heureusement que je ne suis pas hostile, sinon vous auriez de gros ennuis.*

Songeur, Isamu fixait la colonie. Pourrait il réellement la détruire ? pour cela, il fallait être sûr d'atteindre la reine, et ce n'était déjà pas évident. Il pouvait écraser l'écorce de l'arbre, cela détruirait la plupart des galeries, mais la reine était profondément enfouie, peut être trop pour qu'il puisse l'atteindre de cette façon. Il pouvait tenter de noyer la colonie en versant de l'eau par cette ouverture. Ce serait un massacre, mais il y aurait forcement des survivants. Avec les insectes, il y en a toujours.
Un sourire amusé se dessina sur ses lèvres.

*Egalité, aucun de nous ne peut détruire l'autre. Tentons de négocier*

Cinq ou six insectes sortirent de sa manche et rampèrent sur son bras pour finalement atteindre le bois. Ils étaient à peu près de la même taille que les fourmis. Leur tête était juste un peu plus petite, et ils semblaient mieux carapacés. Lorsqu'ils arrivèrent au milieu du cercle formé par leurs congénères, ils s'arrêtèrent et tentèrent de communiquer.

*Des phéromones. Messages olfactifs de paix. Nous venons en paix !*

Les négociations furent brèves, mais fermes. Les fourmies se jetèrent sur les nouveaux venus et, s'y mettant à quatre contre un, les décapitèrent proprement à l'aide de leurs mandibules.
Le visage d'Isamu s'assombrit. Il était un peu déçu. *Pas si grave, c'est rare d'y arriver du premier coup. Ceci dit, je crois qu'une correction s'impose mes petites...*

Le chuunin se jeta sur l'armée adverse et, d'une paire de coups de langue bien placés, en engloutit plusieurs dizaines. *Je considère ça comme une compensation. Bien pauvre, vous n'êtes pas très goutues.* Puis il rompit le contact bleu qui le liait au tronc. Il tomba silencieusement de l'arbre, comme un fruit trop mur, et s'écrasa lourdement au sol, ses membres pliant nettement sous son poids.

Il se releva toutefois sans problème, et apparemment sans avoir souffert. Se retournant, il eut la surprise d'apercevoir qu'il n'était pas seul dans le parc. Il y avait une jeune fille, à peu près son age, qui l'observait avec curiosité. Depuis combien de temps était elle là ? Ca n'avait pas grande importance.

Méfiant, Isamu s'assit en tailleur à bonne distance de la nouvelle venue et sortit son cahier. Il commença à y consigner son premier contact avec la fourmilière. Il traçait les mots à une vitesse folle, sans même jeter le moindre regard sur la feuille, trop occupé qu'il était à fixer l'autre fille de façon inquisitrice. Qui était elle ? D'où venait elle ? Il ne l'avait jamais vue. Connaissait pas son nom, non plus. C'était un peu angoissant.

De son côté, la jeune étudiante semblait hésiter sur la conduite à adopter. Percevait elle le trouble d'Isamu ? Si c'était le cas, ce n'était pas pour le mettre plus à l'aise.

*Chuunin ! Je suis chuunin hein, alors va pas me chercher des ennuis, hein ! Si tu attaques, je riposte. Fort ! Alors bouge pas, hein !*

Les deux jeunes gens s'observèrent quelques secondes en silence. Isamu avait presque fini d'écrire. Il en avait profité pour noter l'apparition de l'étrangère, ainsi que son apparence physique. Il n'avait d'autre part pas l'intention de s'attarder ici davantage. La présence d'un inconnu le mettait très mal à l'aise.

[changement de programme : à toi Kageru ^^]

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Re: Parc de Kiri

Message  Kageru le Mer 9 Avr - 22:43

Kageru venait de sortir de l'académie depuis plusieurs heures, elle visitait doucement, mais sûrement la ville pour prendre ses repères, elle remarqua un petit chemin qui semblait mener a un endroit assez éloigner du village, un endroit paisible où il ne semblait pas y avoir autant de monde que dans les rues de la ville. Kageru souvent son instinct avança lentement dans le parc, il ne semblait pas y avoir grand monde voir même personne, cet endroit allait devenir l'endroit préférè de Kageru. Elle avançait lentement dans cet endroit paisible, le soleil était au rendez-vous, il ne chauffait pas trop, mais sa présence n'était pas du tout désagréable.

En marchant sur le chemin qui traversait ce petit parc elle tombât sur une petite rivière qui démarrait à une cascade dont le son qui sans dégageait n'était pas désagréable, au contraire il était doux et assez sourd, c'était un son que Kageru avait déjà entendu étant enfant, mais où elle ne sans rappelait pas du tout, dans le village où elle avait grandi il n'y avait pas de cascade. Kageru fixait la cascade oubliant ce qui l'entourait, le son qui émanait de la cascade semblait l'envouter, mais dans son petit monde de paradis une présence troublante lui fit tourner la tête vers ce qui semblait être un jeune garçon.

[Kageru]
-Hein ?

Elle ne l'avait même pas sentie, était-il la depuis un moment ou venait-il d'arriver. La posture qu'il prenait était à la fois drôle et bizarre, que faisait-il en haut de cet arbre. Il semblait regarder le tronc de l'arbre où il était percher, elle pencha légèrement la tête sur le côté comme pour réfléchir, c'était son tic, à chaque fois qu'elle ne comprenait pas quelque chose elle penchait la tête sur le côté. Ce fut en penchant la tête qu'elle pue voir ce qu'il faisait, aillant une bonne vue elle remarqua qu'elle semblait jouer avec des fourmis, après tout chacun avait sa façon personnelle de passer le temps.

[Kageru]
-Pourquoi cette fourmilière et pas celle qui se trouve au pied de l'arbre ?

Elle ne pu s'empêcher de regarder ce qu'elle faisait et surtout elle vue les insectes sortir de ça manche, elle ne savait pas pourquoi nie comment, mais il semblerait que ce garçon d'un tour dans sa manche ou plutôt plus d'un insecte. Quand celui-ci donna un coup de langue pour manger quelques fourmis, Kageru leva un sourcille, voilà que maintenant il se mettait à manger les fourmis, ce type n'était vraiment pas nette. Après son coup de langue qui créa un replie des fourmis il descendit de l'arbre, sortant un petit carnet il commença à noter des choses, son écriture était rapide, mais le plus bizarre c'était qu'il regardait Kageru et non ce qu'il écrivait.

[Kageru]
-Pourquoi il me regarde lui ? J'ai quelque chose sur moi ?

Kageru commença à regarder ses vêtements et à toucher son visage, ses bras, ses cheveux elle n'avait rien de suspect sur elle est pourtant ce garçon continuait de la fixer, elle n'aimait vraiment pas qu'on la fixe comme ça, cela la mettait mal à l'aise, elle détourna le regard vers le sol avec des petites marques rouges qui apparaissaient sur son visage, touchant du bout des doigts l'extrémité de ses joue devenue légèrement rose elle sentie une petite chaleur qui émanait de celle-ci. Redressant son regard vers le jeune homme qui la fixait toujours, d'une douce voie elle lui demanda.

[Kageru]
-Pardonner mon importunité, mais pourquoi avoir tué ses fourmis, avez-vous peu d'estimer pour un être vivant au point de couper court à ça courte existence ?

Kageru cherchait ses mots, la main fermée poser sur sa poitrine elle ne savait pas vraiment quoi dire, le regard de ce garçon la gênais énormément et devoir lui parler d'une chose qu'il allait sûrement trouver insignifiante était encore plus dure pour notre jeune ami qui n'avait jamais vraiment tenue de discutions avec quelqu'un d'autre que Isumi sa mère adoptive. Elle regardait le sol et continua à parler doucement.

[Kageru]
-Je suis désolée je n'aurais pas dû dire quelque chose comme-ça, après tout vous avez sûrement vos raisons, c'est juste que chaque vie qui s'éteint sous mes yeux quels qu'elle soit me fait souvent avoir des réactions dans ce genre pardonner moi.

Elle s'inclina doucement devant lui, une main sur son haut pour que celui-ci ne s'ouvre pas entièrement, se redressant elle attendit une quelconque réponse de ce garçon.

Kageru
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Re: Parc de Kiri

Message  Isamu le Ven 11 Avr - 12:03

La jeune fille pencha légèrement la tête. Le crayon, dans la main d'Isamu gratta le papier. Génée, elle entreprit d'inspecter les moindres plis de ses vêtements. Le crayon, dans la main d'Isamu gratta le papier. Le rouge de ses joues devint plus vif, et son regard se défila. Elle porta la main au visage. Le crayon, dans la main d'Isamu gratta le papier. Puis, semblant enfin vaincre sa timidité, elle demanda d'une voix fluette : pourquoi avoir tué ses fourmis, avez-vous peu d'estime pour un être vivant au point de couper court à sa courte existence ?

Le crayon, dans la main d'Isamu ... s'immobilisa en l'air, à quelques centimètres du papier. Tuer ? Tuer des fourmis ? Etait-ce ce qu'il venait de faire ? Il semblait bien que oui. Très étrange, cette sensation qu'il éprouvait à la mention du mot « tuer », un mélange d'appréhension et d'insignifiance. Le mot sonnait comme quelque chose de terrible, mais ce qu'il venait de faire n'avait rien de ... terrible, n'est ce pas ?

-Je suis désolée je n'aurais pas dû dire quelque chose comme-ça, après tout vous avez sûrement vos raisons, c'est juste que chaque vie qui s'éteint sous mes yeux quels qu'elle soit me fait souvent avoir des réactions dans ce genre pardonner moi.

Isamu se figea dans ne position expectative. Il porta son crayon à la bouche, adoptant une attitude concentrée, et ne quitta pas la jeune fille des yeux. Cet enfant était décidément des plus bizarre ! Que voulait elle, après tout ? Et quel intérêt avait elle à s'excuser à présent ? Et puis, montrer tant d'interêt pour la perte d'une poignée de fourmis, c'était réellement exagéré. Isamu avait fini par remarquer que les humains avaient une nette tendance à se plaindre de la mort d'autres humains, mais qu'ils ne se souciaient que rarement des plus petites créatures. Il avait fini par faire le lien avec la nature sociétaire des insectes, opposée à l'individualisme humain. Alors que chacun de ces primates pouvait développer des talents particuliers utiles à tout le groupe, les insectes, eux, étaient parfaitement remplaçables et n'agissaient que dans l'optique du développement de la colonie. Isamu trouvait ce dernier mode de fonctionnement tellement plus efficace, quoiqu'un peu moins intéressant, il devait en convenir.

Alors cette gamine ... plaignait un élément remplaçable. Original !

La plume du chuunin se remit à parcourir le feuillet avec d'autant plus d'enthousiasme qu'il croyait avoir trouvé une nouvelle personne digne d'interêt. Quant à son malaise initial, il avait totalement disparu. En effet, pourquoi aurait il paniqué devant une gamine qui semblait encore plus nerveuse que lui ?

Par quoi commencer ? Les présentations. Le chuunin se para de son sourire le plus éclatant et lança, guilleret :

« Dis moi ton nom ! Donne moi des informations ! Ah, moi, c'est Isamu. »

« Donne moi des informations » ? Peut être s'était il montré trop enthousiaste, cette fois ci. Il ne se souvenait pas avoir jamais entendu quelqu'un faire les présentations de cette manière... Bah, quel mal y avait il à présenter les choses avec honnêteté ?

« Tu es ... »
Il marqua une longue pause, pendant laquelle il pencha doucement la tête sur le côté, comme pour mimer l'attitude pensive de l'étudiante. Mais son sourire s'était évanoui : il était maintenant question de choses sérieuses.
« ... bizarre, non ? »

Isamu
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Re: Parc de Kiri

Message  Kageru le Ven 11 Avr - 18:29

Ce garçon ne semblait pas réagir à ce qu'avait dit Kageru précédemment, elle se venait de se redressait après s'être incliné devant lui la main toujours sur le haut de con petit chemisier gris avec quelque couleur rose un peu partout. Ce garçon n'avait pas d'expression sur son visage, comme s'il se fixait complètement de ce qu'elle disait ou même ce qu'elle avait dit. Elle remarqua un mouvement de ça part, alors il n'était pas mort sur place, qu'elle soulagement, elle pue remarquer qu'il commençait à nouveau à noter sur son petit carnet, mais que pouvait-il noter sur se carnet en la fixant comme cela.

[Kageru]
-Ce garçon est... Spécial... Vraiment très spécial.

Elle fit un pas pour s'approcher de lui l'histoire de l'examine davantage, il n'avait pas l'air méchant, mais mieux ne valait-il pas se fier aux apparences, peut-être était-il un monstre avec un visage mignon qui dévorait les jeunes fille qu'il croisait !! Kageru commençait à partir dans des suppositions plus stupides les unes que les autres, mais quelque chose la fit descendre sur terre. Ce garçon il venait de parler !

[Isamu]
-Dis moi ton nom ! Donne moi des informations ! Ah, moi, c'est Isamu.

Kageru semblait légèrement surprise par ces questions si soudaine, il s'était même présenté sans qu'elle ne lui demande, avait-il envie de la connaitre, mais pour quelle raison... Kageru n'avait vraiment rien de spécial, son apparence physique était normale, était-ce à cause de ses cheveux et de ses yeux qu'il demandait ce genre de question... Sans doute que ce garçon avait du mal à s'exprimer elle ne le savait pas, mais ce qu'il rajouta allait sans doute l'aider.

[Isamu]
-Tu es ...

Kageru attendit la suite de la phrase, remarquant qu'il commençait à l'imiter, il penchait lui aussi la tête sur le côté, il avait eu un bref sourire au moins il savait sourire. Elle n'attendit pas qu'il finisse sa phrase pour commencer à répondre.

[Kageru]
-Je suis ?

Toute suite après qu'elle est fini, il continua sa phrase, pourquoi avoir mis autant de temps pour prononcer cette phrase. Kageru en était sur ce garçon était spécial, mais pour elle tous les garçons était spécial, car elle n'aimait pas trop les garçons.

[Isamu]
... bizarre, non ?

Kageru eut un petit temps de reflection, devait tel répondre aux questions de cette Isamu, il était dans le village cela voulait dire qu'il n'était pas méchant, mais allait-il être gentil avec elle, c'était la seule question qui lui trottait dans la tête, enfin pour le moment.

[Kageru]
-Hum... Et bien je m'appelle Kageru et en quoi suis-je bizarre ?

Elle le regardait dans les yeux, un petit regard d'ange ce dessinait sur le visage de Kageru, elle avait toujours la tête légèrement pencher sur le côté, mais cette fois c'était le côté inverse d'il y a cinq minutes. Elle attendait une réponse de ce garçon qui semblait aussi bizarre que lui.

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Re: Parc de Kiri

Message  Isamu le Mar 15 Avr - 0:03

Hum... Et bien je m'appelle Kageru et en quoi suis-je bizarre ?

Kageru venait de pencher à nouveau la tête, dans l'autre sens cette fois ci. Isamu l'imita à nouveau, amusé. Vraiment, drôle de manie, se disait il. Sa soeur lui avait parlé, une fois, de ces gens qui avaient ce genre de ... comment appelait elle ça ? Des tics ? Quelque chose comme ça. Il se concentra quelques instants, insatisfait par le manque de précision de son souvenir. Il avait pourtant dû le noter ; il notait tout, de toute façon. Oui ! Des tics, c'était bien le nom qu'elle avait donné. * Sûr ? * Sûr !
Il pointa un doigt faussement accusateur sur la jeune fille.

« - Tu es bizarre parce que tu as un tic. »
Pause ... grand sourire ...
« - Tu veux savoir lequel ? »

Il ricana gaiement. C'était la première fois qu'il observait ce genre de comportement. On ne trouvait pas ça chez les insectes, c'était une particularité plus ... humaine.
Le chuunin s'amusait de la timidité de Kageru. Ses réactions trahissaient une nervosité décidément irrationnelle. Il n'allait quand même pas la mordre ! Ou peut être était elle seulement ignorante ?

« Un tic. Une manie, un comportement ... une mimique ! Un petit mouvement inconscient ... obsessionnel ? Non, pas le bon mot. Irraisonné ? Non plus. Arh ... »

Il se gratta la tête un bref instant, puis se figea brusquement. Il recommença à pencher la tête, un peu, puis un peu plus. Le buste suivit lentement, ainsi que le reste du corps, jusqu'à ce qu'il finisse par faire une pirouette agile sur le côté.
Il ricana à nouveau, plus que satisfait de son effet.

Mais sa galipette avait eu pour effet de lui remettre les idées en place. La raison pour laquelle il l'avait qualifiée de bizarre au départ n'avait rien à voir avec son tic, n'est ce pas ? Non.
Une ombre s'abattit sur le visage candide du jeune homme. Le sujet était autrement plus grave, et de fait, intéressant.

« - Tu sais, je ne crois pas que tu aies à t'en faire. Ce n'est pas en en tuant quelques unes qu'on peut faire du mal aux fourmis, non. Elles sont nombreuses, et bien organisées, ça oui. On n'a pas besoin de mal réagir si ... quelques unes disparaissent. De toute façon, elles étaient là pour ça, à l'origine, puisque c'étaient des soldats. »

Il marqua une brève pause. Une idée venait de lui traverser l'esprit, et elle ne lui sembla pas si saugrenue que ça, à première vue.
« - C'est pareil pour nous d'ailleurs ! Perdre un ou deux humains ... même dix ou vingt, ça n'est pas très grave pour la colo ... pour le village. De toute façon, nous les ninjas, on est là pour ça, non ? S'il y a un danger pour les humains, c'est à nous de l'attaquer en premier. Il y a forcément des pertes ... mais elles sont vite remplacées. C'est le but de l'Académie, non ?

Il hésita. La structure sociale était tout de même différente. Peut être n'était il pas judicieux de faire un rapprochement si complet entre humains et insectes, après tout. Comment en juger ?
Isamu sembla soudain perdre tout interêt dans la discussion qu'il menait. Il se plongea dans une réflexion intense, apparemment indifférent au monde extérieur.

Isamu
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Re: Parc de Kiri

Message  Isamu le Sam 31 Mai - 19:27

Isamu : +28 exp RP
Kageru (si tu nous fais l'honneur de revenir :p) : +22 exp RP

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Message  Watagumo Ine le Lun 30 Juin - 22:28

La nuit est froide mais étrangement l’humidité n’est pas au rendez-vous, ce qui rend le froid plus soutenable. Emmitouflée dans ma veste d’étudiante, j’attends, perchée sur la branche d’un gros arbre. Dans ma tête les idées se bousculent. Encore une fois, je vais m’occuper de ce qui ne me regarde pas ! Enfin, ce qui touche à Ren’ai me touche aussi, d’une certaine manière. Quoique. Après tout, je n’ai pas vraiment demandé la permission à Ren, pour ce soir. Et puis, rien ne me garantit qu’il va venir.
Pourtant, j’en ai l’intime conviction. Sans le connaître vraiment, de l’avoir croisé une nuit de déprime tend à me faire penser qu’il est le genre à noyer ses idées noires dans la noirceur du parc kiréen. Pour l’avoir fait moi-même, je sais combien c’est rassurant, et déculpabilisant…


Ine jeta un œil sur sa montre. Bientôt minuit. L’heure du crime, pensa-t-elle amusée. Dans ce village de shinobi, il n’était pas difficile d’imaginer les pires assassinats, les gorges tranchées au hasard d’une ruelle. Pourtant, Kiri no Kuni était on ne peut plus calme à la nuit tombée. La faute au climat, peut-être. Les gens qui n’avaient rien à se reprocher préféraient dormir au chaud chez eux. Les pensées d’Ine se tournèrent vers Ren’ai. Curieusement, les révélations succinctes de Takeo avaient calmé ses cauchemars. Peut-être culpabilisait-il moins à présent, et rien que pour ça Ine était heureuse de la décision qu’elle avait prise ce soir-là, face aux mensonges du chuunin médecin. Malgré tout, bizarrement, elle s’inquiétait pour Takeo. Elle aurait pu le détester, parce qu’il était indirectement responsable de l’état de Ren’ai. Cela aurait même été plus facile. Mais elle en était incapable, à vrai dire. Le soulagement de Takeo, quand il avait vu qu’elle avait compris, restait gravé dans sa mémoire, et elle se sentait un devoir de l’aider lui aussi.

« Décidément, ça devient une habitude chez moi ! »

Ine regarda ses pieds qui balançaient. Un nuage passa devant la lune, la plongeant dans un noir d’encre. Des pas se firent entendre sur le chemin caillouté. Excitée, elle tendit le cou pour essayer d’apercevoir le nouveau venu, mais l’ombre ne facilitait pas les choses. Elle se pencha un peu trop, et trop tard, se sentit glisser de la branche. BOUM ! Elle atterrit rudement sur les fesses, face au promeneur.

«Aïe ! » Gênée, elle grimaça. Une main se tendit vers elle :

« Eh bien, un peu plus et tu me tombais dessus ! »

Elle aurait reconnu cette voix entre mille. Elle se releva d’un bond, faisant reculer l’infortuné insomniaque :

« Takeo-san ! »

Elle épousseta sa veste et fit un large sourire, que la lune enfin dégagée dévoila avec le reste de son visage. Ine tendit la main au shinobi, radieuse :

« Je t’attendais. »

Watagumo Ine
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Re: Parc de Kiri

Message  Takeo le Mar 1 Juil - 15:31

Je suis rentré à Kiri, enfin… Pourquoi suis-je seul ? Un membre de mon équipe est mort. Les deux autres sont gravement blessés. J’ai dû les laisser aux soins de personnes sur place. Et j’ai continué la mission seul, laissez moi vous en raconter les détails…

Pour échec suite à votre mission primordiale, Takeo, votre grade de Juunin vous est retiré. Toutefois, votre attitude a permis à deux membres de votre équipe de survivre. Pour cela, le grade de Chuunin vous est accordé. Vous serez pour l’instant assigné aux portes et à l’académie pour accueillir et former les générations suivantes.

Salut c’est moi. Takeo. Comment ça qui c’est ? Bah, Takeo, Chuunin médecin de Kiri, ancien Juunin. Ouais, j’ai été Juunin… Pourquoi j’ai été rétrogradé ? Bah, écoutes c’est une longue histoire…

Encore un verre ! Non j’ai pas trop bu ! Sinon j’aurai plus soif, quelle question ! Pourquoi je bois ?…bah, après tout, j’ai du temps. Ecoutes bien mon histoire…

C’est toi Takeo ? Ton miroir est brisé… Enfin, toi, moi. Nous sommes la même personne, non ? Oui, Takeo, laisse moi te raconter à nouveaux l’histoire de ta mission. C’est ainsi et pas autrement que tu t’es comporté. Ecoutes bien cette histoire…
Bonjour Takeo, c’est encore moi. Ton miroir est toujours brisé. Pourquoi faut-il que tu le frappes chaque matin ? Tu devrais le réparer. En attendant, écoutes l’histoire de ta mission.

C’est ainsi et pas autrement que tu as agi. C’est ainsi…et pas autrement.


Les mains dans les poches, le médecin marchait quotidiennement dans le parc, dès la tombée de la nuit, et des heures durant. Il faisait sans cesse le tour du parc, machinalement, et ressassait ses pensées.
Ce soir ne faisait pas exception, pour l’instant tout du moins.

Il était complètement perdu dans ses pensées. Ses pensées ? Soyons précis : ses souvenirs. Lesquels ? Les plus importants de sa vie : ceux de sa mission échouée. Vous aviez compris ? Comment ça, lesquels ? Les vrais ou les faux ? Ah… Il ne distinguait plus les vrais des faux. Il s’était tant persuadé que les faux étaient les vrais et les vrais étaient faux, que son avis n’était plus objectif, et sa mémoire en était altérée.

Il arriva près d’un grand arbre. Et pour la première fois de sa vie, il cru qu’un ange était tombé du ciel. Mais il n’en fut rien, ce n’était qu’Ine, qui, maladroite, était tombée d’une branche. A peu de chose près, elle tombait directement dans ses bras, mais elle attira sur le postérieur, étouffant un juron. Intérieurement, cette chute fit rire le Chuunin. Ce n’est point l’homme qui tombe de sa chaise qui rit de sa propre chute [Baudelaire, " De l’essence du rire. " III…ah mince, c’est demain le bac ><].

" Eh bien, un peu plus et tu me tombais dessus ! " taquina le chuunin, avant de lui tendre la main pour l’aider à se relever, comme un jardinier aurait cueilli une fleur.

" Takeo-san ! " reprit-elle surprise… " Je t’attendais. " …ou pas. Elle semblait radieuse.

La dernière confrontation avec Ine s’était soldée par sa fuite. Il n’était pas sûr de pouvoir faire face à son passé, et nul doute qu’elle allait encore le questionner. Mais cette fois, au moins, il n’y avait pas Ren’ai.
Lorsqu’elle avait découvert la supercherie, Takeo s’était à la fois senti soulagé et éperdument confus. Rien que de la voir lui retournait l’estomac.

" Tu m’attendais ? " Il feinta l’interrogation. " Je suppose que tu ne veux pas simplement marcher avec moi… " Il ne lui était même pas venu à l’esprit comment Ine savait qu’il venait marcher ici le soir. Il ne s’en souciait pas : avec elle, il se sentait à la fois énervé et calme, confiant et lâche.

Takeo, ton miroir est encore brisé ! ? Laisse moi te raconter de nouveaux une histoire. Celle de ta mission échouée...

Takeo
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Re: Parc de Kiri

Message  Watagumo Ine le Mar 1 Juil - 16:56

" Je suppose que tu ne veux pas simplement marcher avec moi… "

Ine se sentit rougir. Takeo n’était pas spécialement chaleureux, mais ce n’était pas froid non plus. Il ne la chassait donc pas. Soulagée, elle se détendit ; elle ignorait pourquoi elle était si contente de le revoir.

« Je… Non. » avoua-t-elle à mi-voix. Elle se gratta la tête, un peu gênée.

« En fait… »

« …tu veux savoir ce qu’il s’est réellement passé. » Takeo plongea son regard dans celui d’Ine qui baissa les yeux.

« J’aimerais bien. Je sais que ce ne sont pas mes oignons, et je ne voudrais pas que tu me prennes pour une sale gamine trop curieuse et mal élevée. Mais… »

*Ca ne va pas !* Ine avait l’étrange impression que les choses ne se passaient pas comme elles l’auraient dû. En tout cas, rien ne collait au scénario qu’elle s’était fait dans sa tête. Elle avait prévu de mettre Takeo au pied du mur, mais elle s’en révélait incapable. Troublée et perdue, plutôt que d’employer la confrontation, elle murmura :

« Tu sais, je voulais te remercier pour l’autre soir. Toute cette histoire… elle m’a permis d’exorciser mon propre passé. »

Elle sourit doucement et releva bravement la tête.

« Je voudrais t’aider. Bien sûr, c’est à toi de faire ce choix de me raconter les choses ou non, et je ne peux t’y obliger. Tu peux me trouver arrogante, mais sache que ce n’est pas le cas. Ma démarche est sincère. »

Elle marqua une pause pour mieux appuyer le regard de Takeo, sans parvenir à déchiffrer l’expression de celui-ci.

« Je ne te dénoncerai pas » reprit-elle, un air farouche illuminant son joli visage. « Je ne dirai rien à Ren’ai, même, si c’est ce que tu souhaites. D’ailleurs, il ne sait même pas que je suis ici. »

Ine baissa le ton de sa voix. Un éclair de mélancolie passa sur son front et elle se mordit la lèvre inférieure.

« Le passé est un miroir, Takeo-san. Brisé, il est comme un puzzle qu’il faut réassembler. Mais, tout seul, on risque de se couper. Et si l’hémorragie est grave, qui t’aidera à te soigner ? »

Elle rit. « Bien sûr, tu es médecin. Mais les blessures du cœur sont invisibles, et, pour ça, la médecine n’est pas suffisante. Il te faut la colle qui cimentera de nouveau ton miroir. Même ainsi, il ne sera plus jamais tout à fait pareil. »

Ine tendit la main vers Takeo. A ce moment seulement, elle s’aperçut qu’il la dévisageait avec stupeur.

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Re: Parc de Kiri

Message  Takeo le Jeu 3 Juil - 10:47

Takeo s’en doutait, Ine n’était pas venu pour se balader avec lui, ni pour lui faire la causette à propos de son dîner de la veille. Et bien évidemment, elle recherchait la vérité – et c’est bien logique – mais étonnamment elle ne la recherchait pas pour Ren’ai, mais pour elle.

* Comme si elle avait quelque chose à cacher, elle ! Quelque chose dont elle a si honte qu’elle ne sort que le soir, lorsque personne ne peut la voir !

Bon, on est le soir, mais elle m’a dit qu’elle m’attendait, c’est pour ça sûrement. *

Elle venait de lui déballer toutes ses pensées, confuses, en un instant. C’était assez paradoxal : Takeo avait besoin d’un confident et en devenait un. Mais Ine le mettait à l’aise ainsi. Il sourit, mais le cacha.
Elle voulait l’aider, il avait besoin d’aide.

Takeo, c’est encore moi. Ton miroir s’effrite encore. De plus en plus. Je suis là pour t’aider, écoutes mon histoire…
- Non !
Voilà cinq ans que je me rabâche chaque jour une version des faits différentes. Il est temps d’arrêter de se voiler la face. Il faut assumer…

Ine s’approcha. Hésitante, elle bafouilla en se mordant le lèvre –gênée ? – des paroles sincères, assez philosophiques.

" Le passé est un miroir, Takeo-san. Brisé, il est comme un puzzle qu’il faut réassembler. Mais, tout seul, on risque de se couper. Et si l’hémorragie est grave, qui t’aidera à te soigner ? "

* Le passé est un miroir ? Pourtant, quand je le regarde, rien ne se reflète. Est-il brisé ? Mon passé est intact… même s’il est faux. Je ne comprends plus..où j'en suis? *

Elle rit et se rapprocha.
" Bien sûr, tu es médecin. " Elle posa la mais sur la poitrine de Jounin, resté silencieux jusqu’alors. " Mais les blessures du cœur sont invisibles, et, pour ça, la médecine n’est pas suffisante. Il te faut la colle qui cimentera de nouveau ton miroir. Même ainsi, il ne sera plus jamais tout à fait pareil. "

" Et je suppose qu’on ne trouve pas cette colle dans les rayons de l’épicier…" Ine hocha négativement la tête en unique signe de réponse.
" Et tu te crois capable de cimenter ce cœur ? Voilà cinq ans qu’il se fragmente. " La réplique était cinglante. Takeo, quant à lui, était plutôt perturbé.
" Tu risques d’en avoir pour longtemps avant de le rafistoler. "

Il la fixa, de ses yeux fins. Il ne s’était toujours pas rasé, depuis près d’une semaine, des poils en bataille poussaient, irréguliers, sur sa peau pâle.
Ils restèrent immobiles, le temps d’une courte bise. Takeo, détourna son regard, finalement.

" Plus que mon passé, j’ai un autre miroir, moi qui s’est effrité… "

Comment ça, tu veux assumer ?
- C’est toi qui me dis sans cesse de réparer ce miroir. Je sais désormais comment il faut faire.
Tu mens. Tu ne sais pas, tu crois savoir.
- Si je veux de nouveaux voir un reflet dans ce visage brisé, sans en être dégoûté, sans frapper ce miroir d’autant plus fort, il faut que je me confie. Voilà tout.
Tu t’obstines dans l’erreur. Ecoutes donc mon histoire..
- Non ! Ce miroir, j’ai enfin saisi ce que c’était.
Tu mens. Tu n’as pas saisi, tu crois avoir saisi.
- Peut-être. Mais l’acceptation de soi est un pas vers la rédemption. Ce miroir, pour moi, c’est autant mon égo que ma conscience. J’ai besoin d’une conscience, je veux la retrouver !
Alors, Takeo, cette fille te servira de conscience ?
- Cette fille m’aidera à la retrouver et à ne plus jamais la perdre.
S’il en est ainsi, racontes donc ton histoire…pour la première fois depuis cinq ans. Libères toi de ce fardeau qui t’as occupé l’esprit pendant si longtemps.

" …ce miroir, j’en ai besoin. Et pour le reconstruire, j’ai besoin de toi. "

Ine me prêtait une oreille attentive, maintenant plus que jamais.

" La vraie version des faits, tu seras bientôt la deuxième personne au monde à la connaître. La première, c’est moi. "
J’inspirai. J’étais prêt, désormais.

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Re: Parc de Kiri

Message  Watagumo Ine le Mer 9 Juil - 18:34

" Et tu te crois capable de cimenter ce cœur ? Voilà cinq ans qu’il se fragmente. "

*PAF, prends ça dans ta figure, Ine-chan, ça t’apprendra à t’occuper des affaires des autres !*

Ine se sentit soudain très triste, et elle était prête à rentrer et à laisser Takeo tranquille, puisqu’il ne semblait pas vouloir de son aide. Heureusement, le jeune homme s’adoucit :

" Tu risques d’en avoir pour longtemps avant de le rafistoler. "

Il la fixait et elle lui rendit son regard, s’efforçant de se montrer forte et assurée pour mieux l’encourager. Sa barbe de quelques jours le rendait craquant, un peu sauvage. Ine sentit son cœur battre un peu plus vite qu’à l’accoutumé et finalement, Takeo détourna les yeux. Elle se détendit.

" Plus que mon passé, j’ai un autre miroir, moi qui s’est effrité… ce miroir, j’en ai besoin. Et pour le reconstruire, j’ai besoin de toi. "

Le feu monta aux joues d’Ine, et elle remercia le ciel qu’il fasse nuit noire pour que Takeo ne puisse pas le voir. Alors ça y était ? Il était prêt à lui raconter la véritable histoire de cette mission ratée ?

" La vraie version des faits, tu seras bientôt la deuxième personne au monde à la connaître. La première, c’est moi. "

Takeo inspira profondément. Prise d’un élan de je-ne-sais-pas-trop-quoi, je m’élevai sur la pointe des pieds pour déposer un baiser sur sa joue rappeuse. Je pris aussi sa main :

« Tu peux y aller » l’encourageai-je, « je suis avec toi. »

Je me donnai un air sérieux et élevai l’autre main, la droite. Solennelle et sans le perdre des yeux, je lâchai :

« Je te promets de ne pas t’interrompre. »

*Je passe pour une idiote* -_-‘

J’examinai Takeo qui avait pris l’air résolu de la personne bien décidée à en finir avec ses problèmes. Je souris malgré moi, parce que ça lui conférait une espèce d’aura qui le rendait encore plus séduisant. Pour ma part, j’étais prête à accueillir son récit, à l’écouter, à le consoler s’il le fallait. J’attendis qu’il se lance.


[Désolée c'est pas bien long et ça fait pas avancé le smilblik mais je peux pas raconter à ta place ce que va dire Takeo^^]

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Re: Parc de Kiri

Message  Takeo le Ven 18 Juil - 23:22

[Avec le scénario à Kiri, je suis complètement passé à côté >< soooorrrryyy (cf wanted xD)
Pour la peine, t'as le droit à un post plutôt long Very Happy]

Elle me prononçait des paroles encourageantes, mais je ne les entendais déjà plus. Mon esprit était revenu cinq ans auparavant, lors de la désastreuse affaire qui précéda ma dégradation.

" Où m’en étais-je arrêté la dernière fois ? "

En fait, je n’avais pas commencé. Je me posai cette question dans le seul et unique but de persister à croire que j’avais raconté un brin de vérité la dernière fois. Je ne suis pas encore tout à fait prêt à la raconter.
Je devrai partir, comme chez Ren’ai…

Je devrai fuir. Fuir ? Encore ? ! Ah, ça non ! J’en ai marre de fuir…

Mais j’ai beau chercher les mots, rien ne me vient à la bouche. J’ai menti. Je me suis enfui…Dis les, allez !

" Je…j’ai… " Me suis enfui ! Menti ! Dis quelque chose bon sang ! Mes cordes vocales semblent immuables, aucun son ne sort de ma bouche.
Tout d’un coup, je transpire. J’ai une bouffée de chaleur, comme si l’on m’avait enfermé dans un four à thermostat chaud. Je deviens rouge, heureusement que la nuit est bien noire ce soir.

" Ce n’est pas facile à dire. "

Pourquoi est-ce que je dis ça ? Elle le sait. Et ce n’est pas ce que je veux dire. Je détourne encore le problème. Je devrai peut-être, avant de le dire à quelqu’un d’autre, réussir à me le dire, à moi, que je me suis enfui, pour de bon. Après, ça serait plus simple, non ?

Peut-être pas. Face à face avec moi-même, avec mon miroir brisé, personne ne peut me pousser à m’assumer. Fuir est tellement simple.

" Je… "

Mais elle, elle me pousse vers l’avant, elle me guide, m’incite, non pas pour la vérité, mais pour m’enlever le poids qui m’alourdit les épaules.

" …me suis… "

Oui, allez, plus qu’un petit effort. Elle me prends la main, nos doigts s’entrelacent. Elle dépose un baiser sur ma joue, et la sensation me rappelle que je ne me suis pas rasé depuis quelques jours. Je sens qu’elle est captivée, qu’elle attends une suite, le dernier mot. Celui qui me libérera, qui nous libérera. Mon rythme cardiaque s’accélère, cette mission a été un véritable traumatisme pour moi.

" …enfui. " Oui ! Le mot est finalement sorti, en fin de souffle. Mais tout d’un coup, je sens son treinte sur ma main, plus faible moins vivace.
Maintenant que j’ai commencé, il faut finir. Je lui dois la vérité, toute, entière.

" Connais-tu les Réprouvés ? " Elle ne dit mot, mais je crois qu’elle a hoché la tête.
" Ce sont des traîtres à la Patrie. Ils ont permit à Kumo de s’infiltrer par le Fort de la Rivière Rouge et de nous couper les renforts. Nous avons pu repousser l’assaut, au pris de fortes pertes.
J’étais Jounin à l’époque. Je dirigeais une escouade, comprenant Ren’ai. La veille de la trahison, l’ancien Kage nous a confié une mission terriblement cruciale. Cette mission était d’apporter un message aux dirigeants du Fort. Certaines hautes Instances avaient entendus le bruit que des intrus avaient pénétrer ledit Fort. Ils étaient au courant de la trahison des Réprouvés.

Comment je le sais ? Ah, ça c’est un secret professionnel, j’y viens. " Une petite touche d’ironie pour se donner du courage.

" Nous sommes partis au coucher de soleil. Imagine notre équipe comme espoir de Kiri. Quelle farce ! " Je m’arrête un instant.

" J’avais presque quinze ans à l’époque… "

Etonnamment, l’étreinte d’Ine se resserra. C’était agréable. Heureusement que Tachi, ma fiancée, ne nous voyait pas, sinon j’allais au-delà de gros ennuis.

" Au milieu de notre chemin, en plein marécage, nous avons été attaqué. Ren’ai, le premier, est tombé. Sa cage thoracique avait explosé. Puis, j’ai esquivé de justesse une attaque raiton qui m’a blessé à la nuque. "
Comme preuve à l’appui, je relève mon col et fais découvrir à Ine, bien qu’elle ne puisse la voir, une cicatrice, marque d’une ancienne estafilade.

" L’ennemi était trop bien embusqué. J’ai déclaré un repli. Mes mais deux autres coéquipiers avaient été touchés à leur tour. L’un est mort sur le coup. L’autre a aujourd’hui un bras en moins. On a pu repartir à trois – je portais Ren’ai – sans blessure supplémentaire, et sans honneur.
Le but de cette unité devait être d’empêcher des troupes de rejoindre le Fort. Il s’agissait d’une embuscade sans aucun doute. Nous étions attendus et pris au dépourvu. Mon unité avait été réduite au néant. J’ai administré, lorsque j’ai estimé être assez éloigné de la zone de combat, les premiers soins à Ren’ai et ma coéquipière. Malheureusement, je n’ai pas pu faire de miracle.

Le jutsu qui a frappé Ren’ai était un maléfice puissant, et je n’ai fait que préserver sa vie. Nul doute que si j’étais resté plus longtemps à ses côtés pour étudier son cas, avant que le maléfice ne s’installe et devienne trop puissant, j’aurais pu l’enlever ou au moins en diminuer la portée. Quant à mon autre équipière, son bras était foutu, je ne pouvais rien pour elle. "

J’étais sur ma lancée, je ne me souciais plus de la réaction d’Ine vis-à-vis de ma déclaration. Il fallait que je dise tout, sans erreur, sans mensonge.

" On a trouvé un petit village, où j’ai confié mes deux équipiers à des familles différentes. Tu l’auras deviné, tu as hérité de Ren. " On s’était assis sur l’herbe depuis longtemps. Je ne m’en étais pas rendu compte. Je pris un brin d’herbe que je coinçais entre mes deux lèvres.

" J’ai ensuite enfreint une règle élémentaire. J’ai voulu savoir pourquoi mon équipe avait été attaquée et disloquée. J’ai donc ouvert la missive, et j’ai tout lu…
Il était question d’un, d’un seul, d’un unique traître. Il fallait que je reparte finir la mission, en prenant un nouveau chemin. Mais j’avais terriblement peur. Désormais j’étais tout seul, sans renfort, ni soutien.

J’ai avancé dans les marécages, par un autre chemin, mais il était impossible d’y être silencieux. Je supportais une pression effroyable, d’être attaqué à tout moment, et d’y laisser la vie sur le coup, sans pouvoir rien y faire.

C’est là que je me suis écroulé, et que mon miroir s’est effrité pour la première fois. " Je crachais au plus loin le brin d’herbe que j’avais gardé dans la bouche.

" Je me suis enfui, comme une lopette. Et je ne suis même pas retourné vers mes camarades blessés. J’avais besoin de me sentir en sécurité, alors je suis repartit sur Kiri sur le champ.

C’est sur le chemin du retour que j’ai eu affreusement honte. J’ai inventé une histoire à deux sous pour revenir plus en héros qu’en lâche, quitte à me poignarder moi-même, aux portes de la ville.

Une unité médicale ne fut même pas déplacée : cette mission était un secret absolu, elle ne devait pas s’ébruiter. C’est pour ça que Ren’ai et ma coéquipière n’ont pas reçu les soins nécessaires. J’ai été hospitalisé, moi, sans enquête.

A mon réveil, l’homme qui m’avait chargé de la mission était mort, la guerre était déclarée. Une nouvelle notion s’était installée, celle de Réprouvés. Ma missive avait disparu, je n’avais plus de preuve, mais je reste persuadé que les Réprouvés ont été piégé par le traître, qui n’a d’ailleurs plus remis le pieds au village.

Voilà, tu connais les grandes lignes. C’est pas glorieux. J’ai raté la mission, et tué mon équipe, en me donnant le beau rôle. Et je suis loin d’en être fier.

Pardon. " Je m’excuse à qui ? Pourquoi ? Ce que je viens de dire, j’aimerai que Ren’ai le sache. Je me passe la main sur le menton, comme à l’accoutumée.

* Il faudrait que je rase cette barbe de trois jours…*

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Re: Parc de Kiri

Message  Watagumo Ine le Mar 22 Juil - 22:52

« Elle te va bien pourtant. Je trouve ça très sexy. »

Ca lui avait échappé. Ecrasée de honte, Ine se mit à rougir tandis que Takeo la dévisageait sans comprendre. Il se rendit compte qu’il avait pensé à voix haute et il se mit à rire de la confusion de la jeune kunoichi, bientôt rejoint par Ine qui se moqua d’elle-même de bon cœur. Ils étaient toujours assis sous un arbre du parc, déserté à cette heure avancée de la nuit. La lune faisait néon, les quelques chouettes bande sonore. Leurs rires s’éteignirent dans la vapeur de leur souffle.

Ine sentait, entre ses doigts mêlés à ceux de Takeo, les battements de cœur du chuunin médecin. Sa main était chaude, et en cherchant bien elle ressentait même l’infime flux de chakra qui circulait dans ses veines. Plus d’affolement. De la sérénité, seulement. Apaisée, Ine posa sa tête sur l’épaule de Takeo qui se raidit un peu.

« Je ne sais pas quoi te dire. » Ine était grave, un peu confuse, presque désolée. Maintenant que Takeo lui avait tout raconté, maintenant que le puzzle du miroir était résolu, il fallait le consolider. Mais était-elle capable d’effacer sa culpabilité ?

« Je ne sais pas ce que j’aurais fait, à ta place. Tu n’avais que quinze ans, et quelque fut le nombre d’années d’entraînement, quelque fut ton grade d’alors, on n’est pas encore un homme à quinze ans.

Ce que je sais, c’est que j’aurais fait pareil que toi. J’aurais privilégié mes hommes à ma mission. Ce qu’il s’est passé après, je ne peux pas t’en blâmer. Avec la pression, les responsabilités que cela impliquait, tu as pris peur et c’est tout à fait humain. Tu n’as pas à t’en vouloir, Takeo. Tu as agi comme n’importe quel enfant qui a fait une bêtise. Tu as déguisé la faute. »


Ine se mit à bailler involontairement, rattrapée par la fatigue. Elle s'excusa, d’une voix de petite fille :

« Je suis désolée, Tak. Je ne t’aurais pas été d’un grand secours finalement. Je voudrais sauver le monde mais je suis bien incapable de te consoler. J’espère que le fait de m’avoir raconté ton histoire t’aura au moins soulagé, comme moi je l’ai été quand Ren m’a prêté son oreille. »

Elle savait qu’elle devait s’en aller, mais Ine n’en avait aucune envie. La chaleur de Takeo, là, dans le froid de la nuit kiréenne, elle se sentait bien tout contre lui.

« Pardon. » murmura-t-elle. Envie de dormir. Elle ferma les yeux.

Watagumo Ine
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