Parc de Kiri
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Parc de Kiri
*Aaaaaaaahhhhh ! Rien de tel qu’une brise fraiche pour vous remettre les idées en place !*
La soirée était froide, un vent humide soufflait entre les branches des cerisiers qui avaient perdus leurs feuilles depuis longtemps. Il faisait plus que frisquet, mais le sang qui battait les tempes d’Ine et ses oreilles glacées avaient un effet revigorant sur la jeune femme.
Après une journée chargée en émotions, Ine était rentrée chez Ren’ai. Visiblement, celui-ci n’allait vraiment pas bien. Elle avait été frappée de voir des larmes sur ses joues, comme le choc que cela produit sur un enfant qui voit son père pleurer.
Elle n’avait pas eu besoin de demander, la raison était claire. Même si l’ex-chuunin n’avait plus aucune douleur, ni aucune déviance malheureuse la nuit, les cauchemars qui l’habitaient s’étaient intensifiés, comme si le sceau dont il avait été marqué voulait compenser la douleur perdue. Elle ne dormait plus près de lui, comme le lui avait recommandé Shinji Azechi, surtout depuis qu’il lui avait installé une chambre minuscule dans un recoin de la petite habitation. Mais quelque soit la distance qui la séparait de lui, les hurlements de Ren’ai continuaient de ponctuer ses nuits, conférant une atmosphère de peur à laquelle elle avait fini par s’habituer.
Pas lui. Il était fatigué, éprouvé même. Son visage était plus pâle que la mort, des cernes dessinaient des poches noireâtres sous ses yeux, enlaidissant l’homme séduisant qu’il était. Ine avait pris les choses en main. Pas question de le laisser comme ça. Elle avait pris son hôte par la main gentiment, et l’avait entrainé dehors.
Ren’ai n’avait pas renâclé. Accroché à la main de son petit bout de femme, il s’était laisser mener dans les allées du parc. Le froid, intensifié depuis quelques jours à mesure que l’hiver avançait, avait vidé la place, et seuls les arbres pouvaient encore témoigner d’une présence éthérée.
Paradoxalement, l’aspect lugubre du parc avait un effet calmant sur le chuunin. L’air vif ne semblait pas le déranger, il paraissait même s’en repaitre. Ces derniers jours passer à tenter de dormir à tout prix lui avaient fait oublier l’extérieur. Il remercia Ine de l’avoir fait sortir. Il devrait plus prendre l’air, cela lui ferait du bien. Peut-être qu’il dormirait mieux, après ça…
La jeune kunoichi était heureuse de voir son Ren’ai revigoré reprendre peu à peu des couleurs plus engageantes. Elle lui proposa de s’asseoir sur un banc un instant, ce qu’il accepta avec plaisir. Son inactivité l’avait un peu essouflée, et ses jambes restaient fébriles. Ine se percha sur une branche basse qui côtoyait le banc où s’installa Ren’ai, et laissa le silence s’installer.
Tellement de choses s’étaient passées ce jour-là, et sa petite altercation avec Zen n’était pas pour la rassurer. Voir le jeune homme, le visage entre les mains, et sentir qu’elle avait un devoir envers lui, celui de rendre sa vie de nouveau acceptable, faisait battre son cœur plus rapidement qu’à l’accoutumée. Elle s’était promis de le faire, de devenir ce maître genjutsu dont il avait besoin pour guérir son esprit, mais elle avait besoin de Zen pour cela. Si seulement déjà elle en savait plus sur ce qu’il s’était passé !
Elle décida de rompre le silence. Le shinobi avait l’air apaisé maintenant. Elle murmura :
« Tu sais, Ren’ai-kun, quand tu es arrivé chez moi il y a cinq ans, tu n’as rien voulu me dire, car je n’appartenais pas au corps des shinobi. Mais à présent que j’en suis, tu pourrais me parler de ce qu’il s’est passé, non ? »
Ine était consciente qu’elle risquait de gâcher la soirée, le calme auquel ils avaient goûtés tous les deux, mais c’était d’importance vitale pour elle. Ren’ai releva la tête et la regarda, un mince sourire désolé aux lèvres :
« Si seulement moi-même je le savais, Ine-chan. Je ne me souviens que de deux choses de cette soirée. Une impression de mal-être intense, quand j’étais au milieu de mon équipe. La seconde, c’est tes yeux qui me fixaient quand je me suis réveillé. »
Ine se sentit mal à l’aise. Elle se souvint des paroles lancées par le chuunin la nuit où elle était allée chercher Nimuro. "Ne me touche pas, chien de kuméen !" avait-il hurlé, ainsi que "Vous êtes deux, sales lâches ! Mais vous ne pourrez rien contre les soldats de Kiri !". La seule chose qu’avait dite les collègues de Ren’ai en le déposant chez les parents d’Ine, c’était qu’il avait été pris en embuscade dans les rizières.
La jeune femme s’allongea sur sa branche, les bras maintenant son cou, le visage vers les étoiles qui parsemaient le ciel, plus visibles que jamais dans ce froid abrutissant. Elle murmura :
« Je te promets, Ren’ai, qu’un jour tu seras libéré de tes cauchemars. »
Elle ne vit pas le sourire reconnaissant, presque amoureux, qui s’imprimait sur les lèvres de son chuunin.
La soirée était froide, un vent humide soufflait entre les branches des cerisiers qui avaient perdus leurs feuilles depuis longtemps. Il faisait plus que frisquet, mais le sang qui battait les tempes d’Ine et ses oreilles glacées avaient un effet revigorant sur la jeune femme.
Après une journée chargée en émotions, Ine était rentrée chez Ren’ai. Visiblement, celui-ci n’allait vraiment pas bien. Elle avait été frappée de voir des larmes sur ses joues, comme le choc que cela produit sur un enfant qui voit son père pleurer.
Elle n’avait pas eu besoin de demander, la raison était claire. Même si l’ex-chuunin n’avait plus aucune douleur, ni aucune déviance malheureuse la nuit, les cauchemars qui l’habitaient s’étaient intensifiés, comme si le sceau dont il avait été marqué voulait compenser la douleur perdue. Elle ne dormait plus près de lui, comme le lui avait recommandé Shinji Azechi, surtout depuis qu’il lui avait installé une chambre minuscule dans un recoin de la petite habitation. Mais quelque soit la distance qui la séparait de lui, les hurlements de Ren’ai continuaient de ponctuer ses nuits, conférant une atmosphère de peur à laquelle elle avait fini par s’habituer.
Pas lui. Il était fatigué, éprouvé même. Son visage était plus pâle que la mort, des cernes dessinaient des poches noireâtres sous ses yeux, enlaidissant l’homme séduisant qu’il était. Ine avait pris les choses en main. Pas question de le laisser comme ça. Elle avait pris son hôte par la main gentiment, et l’avait entrainé dehors.
Ren’ai n’avait pas renâclé. Accroché à la main de son petit bout de femme, il s’était laisser mener dans les allées du parc. Le froid, intensifié depuis quelques jours à mesure que l’hiver avançait, avait vidé la place, et seuls les arbres pouvaient encore témoigner d’une présence éthérée.
Paradoxalement, l’aspect lugubre du parc avait un effet calmant sur le chuunin. L’air vif ne semblait pas le déranger, il paraissait même s’en repaitre. Ces derniers jours passer à tenter de dormir à tout prix lui avaient fait oublier l’extérieur. Il remercia Ine de l’avoir fait sortir. Il devrait plus prendre l’air, cela lui ferait du bien. Peut-être qu’il dormirait mieux, après ça…
La jeune kunoichi était heureuse de voir son Ren’ai revigoré reprendre peu à peu des couleurs plus engageantes. Elle lui proposa de s’asseoir sur un banc un instant, ce qu’il accepta avec plaisir. Son inactivité l’avait un peu essouflée, et ses jambes restaient fébriles. Ine se percha sur une branche basse qui côtoyait le banc où s’installa Ren’ai, et laissa le silence s’installer.
Tellement de choses s’étaient passées ce jour-là, et sa petite altercation avec Zen n’était pas pour la rassurer. Voir le jeune homme, le visage entre les mains, et sentir qu’elle avait un devoir envers lui, celui de rendre sa vie de nouveau acceptable, faisait battre son cœur plus rapidement qu’à l’accoutumée. Elle s’était promis de le faire, de devenir ce maître genjutsu dont il avait besoin pour guérir son esprit, mais elle avait besoin de Zen pour cela. Si seulement déjà elle en savait plus sur ce qu’il s’était passé !
Elle décida de rompre le silence. Le shinobi avait l’air apaisé maintenant. Elle murmura :
« Tu sais, Ren’ai-kun, quand tu es arrivé chez moi il y a cinq ans, tu n’as rien voulu me dire, car je n’appartenais pas au corps des shinobi. Mais à présent que j’en suis, tu pourrais me parler de ce qu’il s’est passé, non ? »
Ine était consciente qu’elle risquait de gâcher la soirée, le calme auquel ils avaient goûtés tous les deux, mais c’était d’importance vitale pour elle. Ren’ai releva la tête et la regarda, un mince sourire désolé aux lèvres :
« Si seulement moi-même je le savais, Ine-chan. Je ne me souviens que de deux choses de cette soirée. Une impression de mal-être intense, quand j’étais au milieu de mon équipe. La seconde, c’est tes yeux qui me fixaient quand je me suis réveillé. »
Ine se sentit mal à l’aise. Elle se souvint des paroles lancées par le chuunin la nuit où elle était allée chercher Nimuro. "Ne me touche pas, chien de kuméen !" avait-il hurlé, ainsi que "Vous êtes deux, sales lâches ! Mais vous ne pourrez rien contre les soldats de Kiri !". La seule chose qu’avait dite les collègues de Ren’ai en le déposant chez les parents d’Ine, c’était qu’il avait été pris en embuscade dans les rizières.
La jeune femme s’allongea sur sa branche, les bras maintenant son cou, le visage vers les étoiles qui parsemaient le ciel, plus visibles que jamais dans ce froid abrutissant. Elle murmura :
« Je te promets, Ren’ai, qu’un jour tu seras libéré de tes cauchemars. »
Elle ne vit pas le sourire reconnaissant, presque amoureux, qui s’imprimait sur les lèvres de son chuunin.

Watagumo Ine- Genin de Kiri

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Re: Parc de Kiri
Takeo sortait de chez lui, vide et sans conviction. Il était de nouveau en faction sur les portes de Kiri, cependant Arisawa n’était plus de la partie. Une larme invisible tomba de son œil, en pensant que son ami était porté disparu en mission depuis déjà quelques temps. Il n’y avait aucun signal qui aurait pu les mener à leur équipe, alors le village restait toujours sans information concrète, et déblatérait tout le temps les mêmes sornettes. Ils n’ont toujours pas atteint leur but, mais leur retour ne saurait tarder. Nous vous invitons à les attendre avec nous. Bien sûr. Takeo savait au fond de lui que son ami ne reviendrait plus. Pourtant… une équipe de deux Chuunins et d’un Jounin ne disparaît pas ainsi. Ils étaient partis renforcer des « éclaireurs » au Fort. Encore une décision qui le dépassait totalement. Il avait d’ailleurs eu une discussion à ce sujet avec Shinji. Ce dernier lui répondit que cette mission avait un impact très important sur l’Alliance des Enfants. Le Chuunin avait demandé des explications supplémentaires, et devant le refus de son supérieur, il en avait même perdu son sang froid, haussant le ton. Le sannin semblait peu à peu perdre son calme habituel, sans doute à cause des diverses pressions qu'il subissait chaque jour.
[Shinji] « Tu es bien placé pour me parler de réussite de mission, Takeo ! Ne te souviens-tu pas de la dernière qui t’as été assignée, lorsque tu étais encore Jounin ? Je n’ai rien à dire sur la manière dont tu as dirigé ton équipe, mais à telle lenteur que tes coéquipiers ont subit des blessures mortelles, et c’est miracle qu’il y en ait encore en vie aujourd’hui ! » Reprenant un ton plus calme, il avait continuer ainsi. « Fais moi confiance, Enfant de l’Alliance, Zabuza ne m’a pas nommé à tort. Tu peux disposer, dorénavant. »
Takeo marchait toujours lentement, les mains dans les poches, se remémorant les derniers paroles du chef de la cité. L’air maussade, il continua son errance. D’habitude, il aimait ces moments de paix intense et de tranquillité, mais sachant son coéquipier en mauvaise posture, il ne pouvait profiter de cette ballade.
*Arisawa… bordel, reviens. *
Il se prit les mains dans la tête et s’assit sur un banc. A ce moment là, des images de sa dernière mission resurgirent.
Des cris, de l’angoisse, une situation délicate, que faire ? J’hésite. Tout à coup, j’entend mon coéquipier hurler. Je me retourne, trop tard, il est touché. J’ordonne le repli, nous sommes la cible de leurs attaques, indéniablement. Pourquoi Takeo n’avait-il pas réagi plus tôt ? Je protège nos arrières, et on emmène le blessé à l’abri. C’est la priorité que je me suis fixée. A ce moment, si le Chuunin avait soigné son équipier… Une bâtisse, c’est bien. La mission étant complexe, je ne veux pas échouer. Je dépose le blessé dans la famille qui gentiment nous le garde et s’occupe de lui. Nous repartons. … il n’aurait jamais eu cette marque indélébile sur le torse.
[ ? ? ?] « Jounin Takeo Kosaki, en vertu des pouvoirs qui me sont conférés, je vous destitue de votre grade de lieutenant d’équipe. Vous serez maintenant assigné à la garde des portes de la ville en tant que Chuunin, suite à votre échec. »
Mais déjà les souvenirs s’enfuyaient, et Takeo revenait à la réalité. Ces moments difficiles, il les avait traversés et ne voulait pas y replonger. Aussi, il se lèva et continua sa marche.
Il respira un grand coup, l’air était frais. Le soleil le remettait d’aplomb petit à petit.
Il baissa sa tête, et mit un pied devant l’autre. Une voix inconnue se glissa alors à ses oreilles.
[ ? ? ?] « Je te promets, Ren’ai, qu’un jour tu seras libéré de tes cauchemars. »
*Ren’ai ! Mais, c’est…*
Impossible ? Cet homme avait été grièvement blessé cinq années auparavant. Les médecins, aussi brillants furent-ils, avaient déclarés que les sorties étaient prohibées pour ce jeune être. Aussi le Chuunin s’empressa d’aller le voir. Il le retrouva, là, sur un banc, proche d’une ravissante jeune demoiselle. Le Chuunin hésita un long moment avant de s’approcher, il ne devait peut-être pas les déranger. Cette discussion était peut-être privée ?
En revoyant l’homme sourire, les regrets emplirent son âme. Il n'était pas vieux, et pourtant déjà terriblement mortifié par la culpabilité…
Il admira la jeune femme à côté du shinobi, sur une branche, elle était souriante, et lançait des regards affectueux au garçon, qui les lui rendait. Il lui sembla la connaître, mais il n’en était pas absolument certain.
Indécis, Takeo s’apprêtait à reculer, mais voyant que le silence s’installait entre les deux personnes, il s’avança, d’un pas incertain. Sa veste de Chuunin le protégeait du froid, mais le duo, lui, devait le ressentir pleinement.
« Bonjour, Ren’ai… ça faisait longtemps, n’est-ce pas ? »
[Shinji] « Tu es bien placé pour me parler de réussite de mission, Takeo ! Ne te souviens-tu pas de la dernière qui t’as été assignée, lorsque tu étais encore Jounin ? Je n’ai rien à dire sur la manière dont tu as dirigé ton équipe, mais à telle lenteur que tes coéquipiers ont subit des blessures mortelles, et c’est miracle qu’il y en ait encore en vie aujourd’hui ! » Reprenant un ton plus calme, il avait continuer ainsi. « Fais moi confiance, Enfant de l’Alliance, Zabuza ne m’a pas nommé à tort. Tu peux disposer, dorénavant. »
Takeo marchait toujours lentement, les mains dans les poches, se remémorant les derniers paroles du chef de la cité. L’air maussade, il continua son errance. D’habitude, il aimait ces moments de paix intense et de tranquillité, mais sachant son coéquipier en mauvaise posture, il ne pouvait profiter de cette ballade.
*Arisawa… bordel, reviens. *
Il se prit les mains dans la tête et s’assit sur un banc. A ce moment là, des images de sa dernière mission resurgirent.
Des cris, de l’angoisse, une situation délicate, que faire ? J’hésite. Tout à coup, j’entend mon coéquipier hurler. Je me retourne, trop tard, il est touché. J’ordonne le repli, nous sommes la cible de leurs attaques, indéniablement. Pourquoi Takeo n’avait-il pas réagi plus tôt ? Je protège nos arrières, et on emmène le blessé à l’abri. C’est la priorité que je me suis fixée. A ce moment, si le Chuunin avait soigné son équipier… Une bâtisse, c’est bien. La mission étant complexe, je ne veux pas échouer. Je dépose le blessé dans la famille qui gentiment nous le garde et s’occupe de lui. Nous repartons. … il n’aurait jamais eu cette marque indélébile sur le torse.
[ ? ? ?] « Jounin Takeo Kosaki, en vertu des pouvoirs qui me sont conférés, je vous destitue de votre grade de lieutenant d’équipe. Vous serez maintenant assigné à la garde des portes de la ville en tant que Chuunin, suite à votre échec. »
Mais déjà les souvenirs s’enfuyaient, et Takeo revenait à la réalité. Ces moments difficiles, il les avait traversés et ne voulait pas y replonger. Aussi, il se lèva et continua sa marche.
Il respira un grand coup, l’air était frais. Le soleil le remettait d’aplomb petit à petit.
Il baissa sa tête, et mit un pied devant l’autre. Une voix inconnue se glissa alors à ses oreilles.
[ ? ? ?] « Je te promets, Ren’ai, qu’un jour tu seras libéré de tes cauchemars. »
*Ren’ai ! Mais, c’est…*
Impossible ? Cet homme avait été grièvement blessé cinq années auparavant. Les médecins, aussi brillants furent-ils, avaient déclarés que les sorties étaient prohibées pour ce jeune être. Aussi le Chuunin s’empressa d’aller le voir. Il le retrouva, là, sur un banc, proche d’une ravissante jeune demoiselle. Le Chuunin hésita un long moment avant de s’approcher, il ne devait peut-être pas les déranger. Cette discussion était peut-être privée ?
En revoyant l’homme sourire, les regrets emplirent son âme. Il n'était pas vieux, et pourtant déjà terriblement mortifié par la culpabilité…
Il admira la jeune femme à côté du shinobi, sur une branche, elle était souriante, et lançait des regards affectueux au garçon, qui les lui rendait. Il lui sembla la connaître, mais il n’en était pas absolument certain.
Indécis, Takeo s’apprêtait à reculer, mais voyant que le silence s’installait entre les deux personnes, il s’avança, d’un pas incertain. Sa veste de Chuunin le protégeait du froid, mais le duo, lui, devait le ressentir pleinement.
« Bonjour, Ren’ai… ça faisait longtemps, n’est-ce pas ? »
Dernière édition par le Sam 7 Avr - 14:34, édité 2 fois

Darok- Juunin Spécial de Kiri

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Re: Parc de Kiri
La voix sembla soudain sortir d’outretombe, et Ine se redressa vivement sur sa branche d’arbre. Elle se surprit à glisser sa main près du kunai qu’elle avait reçu à son inscription, accroché à sa cuisse, tout en guettant la réaction de Ren’ai. Elle-même ne voyant pas l’inconnu qui se profilait devant eux, et elle espérait qu’il réagirait à la voix de l’importun.
Et Ren’ai réagit immédiatement. Il releva la tête et, oubliant sa fatigue, se leva tout-à-fait. Ine resta un peu perplexe. Etait-ce un réflexe de défense, ou une posture de bienvenue à l’encontre du nouveau-venu ?
[Ren’ai]
”Takeo-sama ?”
Le ton de Ren’ai était prudent. Ine se prit à analyser la situation. La marque de respect montrait que l’homme était d’un grade supérieur à celui de son ex-chuunin. Sachant que celui-ci ne s’était pas beaucoup mêlé aux affaires du village depuis sa blessure, elle en déduisit qu’il s’agissait d’un compagnon d’apprentissage, comme Nimuro-san. Ou alors avait-il été sous ses ordres à un moment donné ? Elle attendit la suite des évènements pour avancer plus loin dans son analyse.
Le nommé Takeo hocha la tête et s'avança un peu plus, de façon à ce qu'Ine put le voir tout-à-fait. La jeune kunoichi crut ressentir un retour de balle. Le shinobi était plutôt grand, et avait une carrure assez imposante. Il était plutôt séduisant d'ailleurs, avec ses joues mal rasées, ses yeux d'un marron troublant et ses cheveux coupés très court. Revêtu d'une veste de chuunin (tiens, un chuunin ?) kaki, il arbhorait son bandeau autour de la taille. Il semblait avoir entre l'âge d'Ine et celui de Ren'ai, et son visage était soucieux, comme coupable.
*Ce parc au soir doit-être le rendez-vous des déprimés !* pensa la jeune femme. Curieusement, elle était certaine de ne jamais l'avoir croisé à Kiri. Alors d'où venait ce sentiment de déjà-vu ?
Ignorant jusqu'aux règles de la bienséance, oubliant sa nature de gaijin pour pousser à fond son sentiment d'être kiréenne, elle sauta à bas de sa branche, et avant que les deux hommes ne réagissent, se planta devant Takeo. Les mains posées sur ses hanches, le regard scrutateur, elle se tenait dans une posture de défi qui fit ressortir sa méfiance de façon évidente. Elle lança :
"On se connait ?"
Et Ren’ai réagit immédiatement. Il releva la tête et, oubliant sa fatigue, se leva tout-à-fait. Ine resta un peu perplexe. Etait-ce un réflexe de défense, ou une posture de bienvenue à l’encontre du nouveau-venu ?
[Ren’ai]
”Takeo-sama ?”
Le ton de Ren’ai était prudent. Ine se prit à analyser la situation. La marque de respect montrait que l’homme était d’un grade supérieur à celui de son ex-chuunin. Sachant que celui-ci ne s’était pas beaucoup mêlé aux affaires du village depuis sa blessure, elle en déduisit qu’il s’agissait d’un compagnon d’apprentissage, comme Nimuro-san. Ou alors avait-il été sous ses ordres à un moment donné ? Elle attendit la suite des évènements pour avancer plus loin dans son analyse.
Le nommé Takeo hocha la tête et s'avança un peu plus, de façon à ce qu'Ine put le voir tout-à-fait. La jeune kunoichi crut ressentir un retour de balle. Le shinobi était plutôt grand, et avait une carrure assez imposante. Il était plutôt séduisant d'ailleurs, avec ses joues mal rasées, ses yeux d'un marron troublant et ses cheveux coupés très court. Revêtu d'une veste de chuunin (tiens, un chuunin ?) kaki, il arbhorait son bandeau autour de la taille. Il semblait avoir entre l'âge d'Ine et celui de Ren'ai, et son visage était soucieux, comme coupable.
*Ce parc au soir doit-être le rendez-vous des déprimés !* pensa la jeune femme. Curieusement, elle était certaine de ne jamais l'avoir croisé à Kiri. Alors d'où venait ce sentiment de déjà-vu ?
Ignorant jusqu'aux règles de la bienséance, oubliant sa nature de gaijin pour pousser à fond son sentiment d'être kiréenne, elle sauta à bas de sa branche, et avant que les deux hommes ne réagissent, se planta devant Takeo. Les mains posées sur ses hanches, le regard scrutateur, elle se tenait dans une posture de défi qui fit ressortir sa méfiance de façon évidente. Elle lança :
"On se connait ?"

Watagumo Ine- Genin de Kiri

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Re: Parc de Kiri
La réaction de la jeune fille n’était guère surprenante vu que le Chuunin les avait troublés dans leur discussion. La fille, perchée sur son arbre, descendit à vive allure devant Ren’ai, qui s’était levé pour saluer son ancien camarade de façon bien polie. Farouche, elle semblait vouloir défendre son compagnon.
« Allons, tu n’as plus besoin de tant de politesse envers moi, Ren’ai-kun. »
[ ? ? ?] « On se connaît ? » demanda alors la demoiselle sans se préoccuper des règles de conduite. Le Chuunin haussa un sourcil.
« A-t-on vraiment besoin de se connaître pour échanger des mots ? Ne voulez-vous donc pas faire connaissance ?
…
Plus sérieusement, même si votre visage m’est familier, il est fort probable que se ne soit qu’un tour de mon esprit. Il y a peu de chance que nous nous soyons jamais rencontrés. Par contre je connais plutôt bien Ren’ai… » Il chuchota pour lui-même. « …et pour cause. »
Takeo tendit la main à l’ex-Chuunin, omettant la jeune dame. Le shinobi serra précieusement la main de son compagnon. Il avait l’air si faible, rien à voir avec son état d’antan. Fougueux, toujours prompt à rire. Aujourd’hui, ses yeux étaient délavés et de grosses cernes se dessinaient sous ses yeux. Il était devenu maigre et frêle. Nul doute que ses nuits devaient être difficiles. La vie ne l’avait pas gâté.
« Je me présente. On m’appelle Takeo, Takeo Kosaki. Ravi de te rencontrer, jeune fille, quel est ton nom ? » Il l'appelait jeune fille bein qu'elle devait avoir à peu près son âge.
Elle se ravisa et rangea son arme blanche voyant bien que l’homme n’était pas venu pour leur nuire. Et puis, c’était une connaissance de Ren’ai.
[Ine] « Watagumo Ine. » se contenta-t-elle de répondre.
« Bien, Ine.
Je suis content de t’avoir revu, Ren’ai. Ça faisait longtemps…
Depuis ce tragique événement. »
Le visage des deux hommes s’assombrit et le silence regagna la place. Il n’y avait personne d’autre dans le parc à cette heure. Le vent souffla fort, et Ren’ai plissa un œil, comme pour se protéger. Ine, quant à elle, regardait tour à tour les deux hommes. Takeo avait à peu près le même âge que l’étudiante et pourtant, plusieurs grades les séparait. Curieuse, elle se hasarda.
[Ine] « Quel tragique événement ?
Est-ce que ça a un rapport avec la… blessure de Ren’ai. »
Ignorant totalement la demoiselle, Takeo semblait perdu dans ses pensées.
« Watagumo… Watagumo…je ne crois pas avoir déjà entendu ce nom quelque part. »
[Ine] « Vous ne répondez pas à ma question. »
Cette fois, le Chuunin a entendu la question, et sa surprise s’affiche sur son visage. Il ne pourra pas dévier le sujet plus longtemps. Cette femme ne tolérera pas un autre écart, elle semble très autoritaire. Il soupira faiblement avant de répondre.
« J’étais le camarade de Ren’ai, avant qu’il ne soit blessé. »
Ren’ai mis sa main osseuse sur son front, comme s’il eut voulut garder cette vérité secrète. Le Chuunin le remarqua. Ine, elle, semblait surprise. Ses yeux s’écarquillèrent.
« J'étais présent au moment de sa blessure… »
« Allons, tu n’as plus besoin de tant de politesse envers moi, Ren’ai-kun. »
[ ? ? ?] « On se connaît ? » demanda alors la demoiselle sans se préoccuper des règles de conduite. Le Chuunin haussa un sourcil.
« A-t-on vraiment besoin de se connaître pour échanger des mots ? Ne voulez-vous donc pas faire connaissance ?
…
Plus sérieusement, même si votre visage m’est familier, il est fort probable que se ne soit qu’un tour de mon esprit. Il y a peu de chance que nous nous soyons jamais rencontrés. Par contre je connais plutôt bien Ren’ai… » Il chuchota pour lui-même. « …et pour cause. »
Takeo tendit la main à l’ex-Chuunin, omettant la jeune dame. Le shinobi serra précieusement la main de son compagnon. Il avait l’air si faible, rien à voir avec son état d’antan. Fougueux, toujours prompt à rire. Aujourd’hui, ses yeux étaient délavés et de grosses cernes se dessinaient sous ses yeux. Il était devenu maigre et frêle. Nul doute que ses nuits devaient être difficiles. La vie ne l’avait pas gâté.
« Je me présente. On m’appelle Takeo, Takeo Kosaki. Ravi de te rencontrer, jeune fille, quel est ton nom ? » Il l'appelait jeune fille bein qu'elle devait avoir à peu près son âge.
Elle se ravisa et rangea son arme blanche voyant bien que l’homme n’était pas venu pour leur nuire. Et puis, c’était une connaissance de Ren’ai.
[Ine] « Watagumo Ine. » se contenta-t-elle de répondre.
« Bien, Ine.
Je suis content de t’avoir revu, Ren’ai. Ça faisait longtemps…
Depuis ce tragique événement. »
Le visage des deux hommes s’assombrit et le silence regagna la place. Il n’y avait personne d’autre dans le parc à cette heure. Le vent souffla fort, et Ren’ai plissa un œil, comme pour se protéger. Ine, quant à elle, regardait tour à tour les deux hommes. Takeo avait à peu près le même âge que l’étudiante et pourtant, plusieurs grades les séparait. Curieuse, elle se hasarda.
[Ine] « Quel tragique événement ?
Est-ce que ça a un rapport avec la… blessure de Ren’ai. »
Ignorant totalement la demoiselle, Takeo semblait perdu dans ses pensées.
« Watagumo… Watagumo…je ne crois pas avoir déjà entendu ce nom quelque part. »
[Ine] « Vous ne répondez pas à ma question. »
Cette fois, le Chuunin a entendu la question, et sa surprise s’affiche sur son visage. Il ne pourra pas dévier le sujet plus longtemps. Cette femme ne tolérera pas un autre écart, elle semble très autoritaire. Il soupira faiblement avant de répondre.
« J’étais le camarade de Ren’ai, avant qu’il ne soit blessé. »
Ren’ai mis sa main osseuse sur son front, comme s’il eut voulut garder cette vérité secrète. Le Chuunin le remarqua. Ine, elle, semblait surprise. Ses yeux s’écarquillèrent.
« J'étais présent au moment de sa blessure… »

Darok- Juunin Spécial de Kiri

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Re: Parc de Kiri
« Je me présente. On m’appelle Takeo, Takeo Kosaki. Ravi de te rencontrer, jeune fille, quel est ton nom ? »
Ine remit son kunai à sa place. Cet homme ne semblait pas représenter de danger particulier, et Ren'ai paraissait le connaître. Mais cette horrible impression de l'avoir déjà vu, que lui-même affirmait, ne calma pas sa méfiance, et elle se contenta de répondre, sans y mettre de chaleur particulière :
« Watagumo Ine. »
L'homme hocha la tête en imprimant son nom, puis se tourna vers Ren'ai, auquel il fit :
"Je suis content de t’avoir revu, Ren’ai. Ça faisait longtemps… Depuis ce tragique événement. »
C'est comme si un "TILT !" sonore avait retenti dans la tête de la jeune femme. Tragique accident ? Takeo parlait-il de lui-même, ou bien de l'incident qui avait mené Ren'ai chez elle, et qui avait déclenché la longue série qu'était sa vie depuis cinq ans ?
Le silence avait repris ses droits, les visages se faisaient sombres. Elle dévisagea les deux hommes, tâchant de deviner ce qu'ils avaient pu vivre ensemble. Mais comme rien ne venait, elle prit les devants, et se hasarda à dire :
« Quel tragique événement ? Est-ce que ça a un rapport avec la… blessure de Ren’ai. »
Ren'ai ne répondit pas. Il ne semblait pas vouloir que sa jeune protégée fut mise au courant. Alors Ine regardait Takeo, qui lui était visiblement à des années-lumière de la situation présente.
« Watagumo… Watagumo…je ne crois pas avoir déjà entendu ce nom quelque part. »
« Vous ne répondez pas à ma question. », ne put-elle s'empêcher de répliquer sèchement. Le chuunin sembla et réveiller, et il soupira :
« J’étais le camarade de Ren’ai, avant qu’il ne soit blessé. »
Même si elle s'y attendait, Ine écarquilla les yeux. D'ailleurs, en le regardant bien, elle fut soudain tout-à-fait sûre d'avoir déjà vu cet homme. Son esprit la ramena cinq ans en arrière, quand un jeune homme de quinze ans s'était présenté à leur porte, portant un lourd fardeau sur les épaules...
Flashback.
Le début de soirée était calme, bien qu'un peu refroidi. Ine entretenait le petit bois du foyer qui servait à chauffer le riz du dîner, quand la porte se poussa pour laisser entrer un adolescent d'à peu près son âge. Deux autres hommes se trouvaient avec lui, plus âgés. L'un d'eux interpella la mère de la jeune fille, assez brusquement :
"Femme, libère un lit, que nous puissions y étendre notre compagnon blessé !"
Ine serra les dents. Elle détestait les hommes sans gêne qui réquisitionnaient tout sans prendre en compte le petit peuple. Mais la curiosité lui fit quitter son foyer pour suivre les nouveaux-venus que sa mère avait dirigé sans broncher dans la minuscule chambre de l'adolescente. Elle croisa le regard du jeune garçon de son âge, garçon plutôt mignon d'ailleurs. Il portait un bandeau de shinobi kiréen à la taille, affichait un air coupable, et ses yeux étaient d'un brun très troublant.
Fin du flashback.
« J'étais présent au moment de sa blessure… »
Cette réflexion, presque inutile, sortit Ine de ses souvenirs brumeux. Ren'ai, à côté, avait lui le visage d'un homme amnésique effrayé de connaître son passé. Il ne manifestait aucune rancoeur envers son ancien camarade qui avait gardé ces instants fatidiques pour lui. Ine, elle bouillonnait. Il y avait donc un homme à Kiri qui savait ce qu'il s'était passé ?! Elle le dévisagea plus attentivement. Oui, ça ne pouvait être que lui. Quelques années en plus, le charme d'un homme mature, mais toujours ce même air presque coupable.
Cet homme, Ine l'avait détesté un long moment. A l'époque, l'adolescente naïve qu'elle était n'avait pas accepté de se faire enlever la personne qui faisait battre son coeur de jeune fille. Maintenant, ces sentiments passés avaient peu de sens. Pourquoi un shinobi se serait embarrassé d'une gamine ? Sa haine avait disparue depuis longtemps maintenant.
Imperceptiblement, Ine se détendit. Elle présenta à Takeo un visage plus chaleureux, et sourit tristement :
"Pardonnez ma réaction, Takeo-san. Ma méfiance a été disproportionnée. Mais vous comprendrez que nous devons parler de tout cela au calme. Que pensez-vous de rejoindre un endroit tranquille pour que nous en discutions tous les trois ?"
Ine n'avait pas attendu l'accord de Ren'ai. Si elle l'avait fait, sans doute n'aurait-il jamais eu l'occasion de connaître ses moments dissous dans sa mémoire. Elle agissait avec un peu d'autorité à l'égard de son hôte, mais elle agissait pour son propre bien, et il savait cela. Sans le regarder, elle redressa le menton vers Takeo, et attendit sa réponse.
Ine remit son kunai à sa place. Cet homme ne semblait pas représenter de danger particulier, et Ren'ai paraissait le connaître. Mais cette horrible impression de l'avoir déjà vu, que lui-même affirmait, ne calma pas sa méfiance, et elle se contenta de répondre, sans y mettre de chaleur particulière :
« Watagumo Ine. »
L'homme hocha la tête en imprimant son nom, puis se tourna vers Ren'ai, auquel il fit :
"Je suis content de t’avoir revu, Ren’ai. Ça faisait longtemps… Depuis ce tragique événement. »
C'est comme si un "TILT !" sonore avait retenti dans la tête de la jeune femme. Tragique accident ? Takeo parlait-il de lui-même, ou bien de l'incident qui avait mené Ren'ai chez elle, et qui avait déclenché la longue série qu'était sa vie depuis cinq ans ?
Le silence avait repris ses droits, les visages se faisaient sombres. Elle dévisagea les deux hommes, tâchant de deviner ce qu'ils avaient pu vivre ensemble. Mais comme rien ne venait, elle prit les devants, et se hasarda à dire :
« Quel tragique événement ? Est-ce que ça a un rapport avec la… blessure de Ren’ai. »
Ren'ai ne répondit pas. Il ne semblait pas vouloir que sa jeune protégée fut mise au courant. Alors Ine regardait Takeo, qui lui était visiblement à des années-lumière de la situation présente.
« Watagumo… Watagumo…je ne crois pas avoir déjà entendu ce nom quelque part. »
« Vous ne répondez pas à ma question. », ne put-elle s'empêcher de répliquer sèchement. Le chuunin sembla et réveiller, et il soupira :
« J’étais le camarade de Ren’ai, avant qu’il ne soit blessé. »
Même si elle s'y attendait, Ine écarquilla les yeux. D'ailleurs, en le regardant bien, elle fut soudain tout-à-fait sûre d'avoir déjà vu cet homme. Son esprit la ramena cinq ans en arrière, quand un jeune homme de quinze ans s'était présenté à leur porte, portant un lourd fardeau sur les épaules...
Flashback.
Le début de soirée était calme, bien qu'un peu refroidi. Ine entretenait le petit bois du foyer qui servait à chauffer le riz du dîner, quand la porte se poussa pour laisser entrer un adolescent d'à peu près son âge. Deux autres hommes se trouvaient avec lui, plus âgés. L'un d'eux interpella la mère de la jeune fille, assez brusquement :
"Femme, libère un lit, que nous puissions y étendre notre compagnon blessé !"
Ine serra les dents. Elle détestait les hommes sans gêne qui réquisitionnaient tout sans prendre en compte le petit peuple. Mais la curiosité lui fit quitter son foyer pour suivre les nouveaux-venus que sa mère avait dirigé sans broncher dans la minuscule chambre de l'adolescente. Elle croisa le regard du jeune garçon de son âge, garçon plutôt mignon d'ailleurs. Il portait un bandeau de shinobi kiréen à la taille, affichait un air coupable, et ses yeux étaient d'un brun très troublant.
Fin du flashback.
« J'étais présent au moment de sa blessure… »
Cette réflexion, presque inutile, sortit Ine de ses souvenirs brumeux. Ren'ai, à côté, avait lui le visage d'un homme amnésique effrayé de connaître son passé. Il ne manifestait aucune rancoeur envers son ancien camarade qui avait gardé ces instants fatidiques pour lui. Ine, elle bouillonnait. Il y avait donc un homme à Kiri qui savait ce qu'il s'était passé ?! Elle le dévisagea plus attentivement. Oui, ça ne pouvait être que lui. Quelques années en plus, le charme d'un homme mature, mais toujours ce même air presque coupable.
Cet homme, Ine l'avait détesté un long moment. A l'époque, l'adolescente naïve qu'elle était n'avait pas accepté de se faire enlever la personne qui faisait battre son coeur de jeune fille. Maintenant, ces sentiments passés avaient peu de sens. Pourquoi un shinobi se serait embarrassé d'une gamine ? Sa haine avait disparue depuis longtemps maintenant.
Imperceptiblement, Ine se détendit. Elle présenta à Takeo un visage plus chaleureux, et sourit tristement :
"Pardonnez ma réaction, Takeo-san. Ma méfiance a été disproportionnée. Mais vous comprendrez que nous devons parler de tout cela au calme. Que pensez-vous de rejoindre un endroit tranquille pour que nous en discutions tous les trois ?"
Ine n'avait pas attendu l'accord de Ren'ai. Si elle l'avait fait, sans doute n'aurait-il jamais eu l'occasion de connaître ses moments dissous dans sa mémoire. Elle agissait avec un peu d'autorité à l'égard de son hôte, mais elle agissait pour son propre bien, et il savait cela. Sans le regarder, elle redressa le menton vers Takeo, et attendit sa réponse.

Watagumo Ine- Genin de Kiri

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Re: Parc de Kiri
La déclaration n’eut pas l’effet escompté. Bien au contraire. Takeo souhaitait juste démêler une intrigue quelconque. Au lieu de ça, il plongea la demoiselle dans un profond mutisme. Ren’ai, immobile, comme à son habitude depuis quelques années, affichait un air renfrogné. La vérité que le Chuunin venait de laisser échapper n’aurait apparemment pas dû parvenir jusqu’aux oreilles d’Ine.
L’ex shinobi remonta son petit col, pour se protéger du froid. La fille semblait perdu dans son passé. Apparemment, Takeo n’était pas le seul rattrapé par ses souvenirs. Il ne put s’empêcher d’éprouver un sentiment de compassion pour Ine. Seuls les êtres rongés par l’incertitude ou les remords peuvent se replonger inconsciemment dans leur subconscient. Elle était comme lui, identiques dans leur attitude protectrice et dans leurs démarches disproportionnées.
A l’aide d’une réflexion, Le ninja brisa le silence. Ine revint à elle, puis défigura le Chuunin. Ne voulant pas lui céder la « partie », Takeo la fixa à son tour, les yeux dans les yeux. Ils restèrent ainsi quelques secondes. Plus il observait son regard, plus il était persuadé de la connaître. Cette fleur avait de jolies pétales mais sûrement une tige épineuse. Elle n'en était pas moins ravissante. Ren’ai semblait presque effrayé de retrouver son passé. Comment réagirait-il si Takeo devait expliquer les faits ? Ils ne s’étaient plus parlés depuis des années… depuis cinq longues années. Il ne s'téait sûrement pas renseigné sur les anciens membres de la mission, ni même sur la mission elle même. En y repensant, le rouge monta aux joues du Chuunin.
Etonnamment, Ine devint souriante, presque chaleureuse voire amicale. Le garçon ne s’était pas attendu à un tel changement de faciès. Il ne pouvait y avoir qu’une explication, elle allait lui demander quelque chose. Oui, c’est cela. Lui, il n’aurait réagi ainsi que dans ce but. Elle prit la parole.
[Ine] "Pardonnez ma réaction, Takeo-san. Ma méfiance a été disproportionnée. Mais vous comprendrez que nous devons parler de tout cela au calme. Que pensez-vous de rejoindre un endroit tranquille pour que nous en discutions tous les trois ?"
Takeo croisa les bras, et releva le menton, prenant une pose hautaine. Il dévisagea l’étudiante, qui semblait sincère. Il ne savait pas pourquoi, mais cette demoiselle prenait très à cœur l’histoire de Ren’ai. Son visage s’adoucit à son tour, faisant parler l’expérience, il adopta une voix cordiale, et déplissa les traits de sa figure.
« C’est d’accord, je partagerai tout ce que j’ai vu, entendu, senti et autres avec vous.
Cependant, je mettrai un bémol à dévoiler mes connaissances. Ce bémol consiste en trois points très précis, incontournables.
Ma première condition est…
Que Ren’ai accepte d’entendre tout ce que j’ai à dire, et d’affronter son passé. Libre à lui d’ensuite réagir comme il le veut.
Ce que j’ai à révéler est non seulement secret, mais aussi très intime. J’ai le devoir d’annoncer son passé à Ren’ai, s’il l’accepte, mais aussi l’interdiction de le divulguer à qui que se soit d’autre sans son autorisation. Je me doute que tu est très proche de lui. C’est pourquoi, ma deuxième condition est la suivante. Je veux savoir qui tu es réellement ? Je te connais. »
Les conditions imposées par le Chuunin créèrent un léger moment de silence. Avant que quiconque n’ait le temps de répondre, il termina.
« Je sais que tu es étudiante, ça se devine à ton attitude et ton accoutrement. Tu es une bleue, fraîchement arrivée. Je sais aussi que Ren’ai ne reçoit que les indemnités nécessaires à sa survie, qu’il n’a plus le temps de sortir, ni même - de temps en temps- la force de le faire. Ma dernière et ultime demande pour mes révélations : je paierai les consommations de ce soir. Toutes. »
Il regarda tour à tour ses deux interlocuteurs. La nuit se rafraîchit encore, alors que le vent soufflait. Les nuages s'écartèrent et laissèrent briller les étoiles. Le vent s'empêtra dans les branches, des arbres, les remuant et provoquant un son sinistre. Une fine bruine commença à apparaître.
*Si je m’étais attendu à le revoir ainsi. Ici. Il est maintenant si faible… Qu'ais-je fait? L'idiotie de l'adolescence. *
L’ex shinobi remonta son petit col, pour se protéger du froid. La fille semblait perdu dans son passé. Apparemment, Takeo n’était pas le seul rattrapé par ses souvenirs. Il ne put s’empêcher d’éprouver un sentiment de compassion pour Ine. Seuls les êtres rongés par l’incertitude ou les remords peuvent se replonger inconsciemment dans leur subconscient. Elle était comme lui, identiques dans leur attitude protectrice et dans leurs démarches disproportionnées.
A l’aide d’une réflexion, Le ninja brisa le silence. Ine revint à elle, puis défigura le Chuunin. Ne voulant pas lui céder la « partie », Takeo la fixa à son tour, les yeux dans les yeux. Ils restèrent ainsi quelques secondes. Plus il observait son regard, plus il était persuadé de la connaître. Cette fleur avait de jolies pétales mais sûrement une tige épineuse. Elle n'en était pas moins ravissante. Ren’ai semblait presque effrayé de retrouver son passé. Comment réagirait-il si Takeo devait expliquer les faits ? Ils ne s’étaient plus parlés depuis des années… depuis cinq longues années. Il ne s'téait sûrement pas renseigné sur les anciens membres de la mission, ni même sur la mission elle même. En y repensant, le rouge monta aux joues du Chuunin.
Etonnamment, Ine devint souriante, presque chaleureuse voire amicale. Le garçon ne s’était pas attendu à un tel changement de faciès. Il ne pouvait y avoir qu’une explication, elle allait lui demander quelque chose. Oui, c’est cela. Lui, il n’aurait réagi ainsi que dans ce but. Elle prit la parole.
[Ine] "Pardonnez ma réaction, Takeo-san. Ma méfiance a été disproportionnée. Mais vous comprendrez que nous devons parler de tout cela au calme. Que pensez-vous de rejoindre un endroit tranquille pour que nous en discutions tous les trois ?"
Takeo croisa les bras, et releva le menton, prenant une pose hautaine. Il dévisagea l’étudiante, qui semblait sincère. Il ne savait pas pourquoi, mais cette demoiselle prenait très à cœur l’histoire de Ren’ai. Son visage s’adoucit à son tour, faisant parler l’expérience, il adopta une voix cordiale, et déplissa les traits de sa figure.
« C’est d’accord, je partagerai tout ce que j’ai vu, entendu, senti et autres avec vous.
Cependant, je mettrai un bémol à dévoiler mes connaissances. Ce bémol consiste en trois points très précis, incontournables.
Ma première condition est…
Que Ren’ai accepte d’entendre tout ce que j’ai à dire, et d’affronter son passé. Libre à lui d’ensuite réagir comme il le veut.
Ce que j’ai à révéler est non seulement secret, mais aussi très intime. J’ai le devoir d’annoncer son passé à Ren’ai, s’il l’accepte, mais aussi l’interdiction de le divulguer à qui que se soit d’autre sans son autorisation. Je me doute que tu est très proche de lui. C’est pourquoi, ma deuxième condition est la suivante. Je veux savoir qui tu es réellement ? Je te connais. »
Les conditions imposées par le Chuunin créèrent un léger moment de silence. Avant que quiconque n’ait le temps de répondre, il termina.
« Je sais que tu es étudiante, ça se devine à ton attitude et ton accoutrement. Tu es une bleue, fraîchement arrivée. Je sais aussi que Ren’ai ne reçoit que les indemnités nécessaires à sa survie, qu’il n’a plus le temps de sortir, ni même - de temps en temps- la force de le faire. Ma dernière et ultime demande pour mes révélations : je paierai les consommations de ce soir. Toutes. »
Il regarda tour à tour ses deux interlocuteurs. La nuit se rafraîchit encore, alors que le vent soufflait. Les nuages s'écartèrent et laissèrent briller les étoiles. Le vent s'empêtra dans les branches, des arbres, les remuant et provoquant un son sinistre. Une fine bruine commença à apparaître.
*Si je m’étais attendu à le revoir ainsi. Ici. Il est maintenant si faible… Qu'ais-je fait? L'idiotie de l'adolescence. *

Darok- Juunin Spécial de Kiri

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Re: Parc de Kiri
[j'ai beaucoup apprécié "Cette fleur avait de jolies pétales mais sûrement une tige épineuse", c'est tout mimi ^____^]
Ren'ai se sentait comme écartelé entre deux sentiments tout à fait opposés. Comme s'il avait d'un côté son ange gardien moralisateur, et de l'autre son démon intérieur."C'est une occasion inespérée de combler ce vide dans ta tête !" lui disait l'ange, tandis que le démon répliquait en ricanant "Et si ce que tu vas découvrir ne te plait pas ? Tu es assez faible comme ça, ne rajoute pas plus de culpabilité. Tu n'as pas besoin de ces révélations !".
A la vérité, cela faisait cinq ans qu'il n'avait plus de vie. Ce retrait forcé dans son habitation, par peur de croiser les regards d'anciens camarades de combat, avait changé sa personne. Bye bye, le Ren'ai plein d'entrain, rieur, gaffeur, et terriblement complice. Il était devenu un étranger à lui-même.
Et subitement, Takeo réapparaissait dans sa vie. Takeo qu'il n'avait pas revu depuis cinq ans, depuis que le diagnostique des médecins l'avait décidé à rendre les armes, à abandonner tout son passé derrière lui. Et Takeo savait ce qu'il s'était passé ? L'ange avait-il raison, ou le démon était-il plus juste ?
Il se sentait trop faible pour prendre une décision. Ine, elle, prenait les choses en main, et avec détermination. Elle voulait sincèrement l'aider. Depuis quelques jours qu'il la logeait, elle avait amené un petit peu de joie dans son quotidien. Même si suivre son entrainement de kunoichi lui était douloureux, voir ses sourires quand elle lui racontait ses démêlés avec le chakra le remplissait d'une sorte de bonheur paternel. La gamine faisait ce qu'elle sentait juste, elle agissait par élans, comme lorsqu'elle avait ramené Nimuro-san chez lui. Sacré petit bout de femme !
Rassuré que l'apprentie genjutsu le chaperonne, il ne dit rien quand elle proposa à Takeo de discuter de l'évènement maudit. Il étouffa le diable qui protestait en lui, et attendit la réaction de son ancien collègue.
« C’est d’accord, je partagerai tout ce que j’ai vu, entendu, senti et autres avec vous.
Cependant, je mettrai un bémol à dévoiler mes connaissances. Ce bémol consiste en trois points très précis, incontournables.
Le coeur du jeune homme fit un bond dans sa poitrine. C'était donc bien vrai, Takeo pouvait lui rendre ce morceau de vie passé sous silence par sa mémoire récalcitrante et capricieuse. Mais il imposait des conditions. Il sentit Ine se raidir imperceptiblement. Visiblement, elle n'aimait pas ça. Elle redoutait certainement d'être mise à l'écart de ces révélations, et qu'il n'ait pas la force d'y être confronté seul. Ce qui n'était sans doute pas une crainte vaine. Mais trèves de pensées inutiles ! Il écouta les conditions de Takeo :
"Ma première condition est…
Que Ren’ai accepte d’entendre tout ce que j’ai à dire, et d’affronter son passé. Libre à lui d’ensuite réagir comme il le veut.
Ce que j’ai à révéler est non seulement secret, mais aussi très intime. J’ai le devoir d’annoncer son passé à Ren’ai, s’il l’accepte, mais aussi l’interdiction de le divulguer à qui que se soit d’autre sans son autorisation. Je me doute que tu est très proche de lui. C’est pourquoi, ma deuxième condition est la suivante. Je veux savoir qui tu es réellement ? Je te connais. »
Intime ? Y-avait-il des choses qu'il devait cacher à Ine dans ce que Takeo avait à dire ? De plus, celui-ci le mettait au pied du mur, en l'obligeant à prendre lui-même la décision. L'ange et le démon se remirent à batailler dans sa tête, faisant battre ses tempes presque douloureusement.
"C'est idiot ! C'est suicidaire ! Cet homme veut te perdre !"
"Ne laisse pas ce diable dégénéré te tromper, Ren', Ine t'apportera le soutien et la force pour ntendre ce que Takeo a à dire."
Devant le silence que ni lui, ni Ine ne brisa, le chuunin dicta sa dernière condition.
« Je sais que tu es étudiante, ça se devine à ton attitude et ton accoutrement. Tu es une bleue, fraîchement arrivée. Je sais aussi que Ren’ai ne reçoit que les indemnités nécessaires à sa survie, qu’il n’a plus le temps de sortir, ni même - de temps en temps- la force de le faire. Ma dernière et ultime demande pour mes révélations : je paierai les consommations de ce soir. Toutes. »
Takeo les regarda tour à tour, en insistant bien sur Ine dont il ne connaissait toujours pas l'identité. La jeune femme s'avança un peu. Elle débita d'un coup, dégageant des nuages de vapeur qui transcendaient l'air gelé devenu d'un coup plus agressif :
"Tu me connais. Ou plutôt il est exact que tu m'as déjà vue quelque part. Je suis la gamine chez qui tu as débarqué il y a cinq ans, portant Ren' sur ton dos."
Le ton était indifférent, mais l'intérêt des deux jeunes gens était éveillé. Le petit bout de femme se tourna vers Ren'ai et fit :
"Quant aux conditions, je les accepte. Ren', c'est à toi de prendre la décision."
Elle se tût, pour ne pas influencer davantage l'ex-chuunin. Elle savait qu'il savait quelle était sa position. Ren'ai lui lança un regard reconnaissant. Alors, l'ange, ou le démon ? Le démon ou l'ange ? Il respira un grand coup, redressa un peu le menton et fit face à Takeo qui l'observait avec attention :
"C'est entendu, Tak'. Raconte-moi ce qu'il s'est passé, que j'en finisse avec les incertitudes."
Takeo eut un mince sourire. Etait-il gêné, ou était-il simplement content de sa décision ? Mais il avait oublié quelque chose. Ine se risqua :
"Et... moi ?"
L'appréhension remplissait son joli regard. Ren'ai sourit :
"Toi, Ine-chan, tu seras là pour me soutenir. Tu veux bien ?"
Ine poussa un soupir de soulagement qui ne trompa personne. Elle eut un petit rire nerveux, et fit allègrement :
"On va où ?"
Ren'ai se sentait comme écartelé entre deux sentiments tout à fait opposés. Comme s'il avait d'un côté son ange gardien moralisateur, et de l'autre son démon intérieur."C'est une occasion inespérée de combler ce vide dans ta tête !" lui disait l'ange, tandis que le démon répliquait en ricanant "Et si ce que tu vas découvrir ne te plait pas ? Tu es assez faible comme ça, ne rajoute pas plus de culpabilité. Tu n'as pas besoin de ces révélations !".
A la vérité, cela faisait cinq ans qu'il n'avait plus de vie. Ce retrait forcé dans son habitation, par peur de croiser les regards d'anciens camarades de combat, avait changé sa personne. Bye bye, le Ren'ai plein d'entrain, rieur, gaffeur, et terriblement complice. Il était devenu un étranger à lui-même.
Et subitement, Takeo réapparaissait dans sa vie. Takeo qu'il n'avait pas revu depuis cinq ans, depuis que le diagnostique des médecins l'avait décidé à rendre les armes, à abandonner tout son passé derrière lui. Et Takeo savait ce qu'il s'était passé ? L'ange avait-il raison, ou le démon était-il plus juste ?
Il se sentait trop faible pour prendre une décision. Ine, elle, prenait les choses en main, et avec détermination. Elle voulait sincèrement l'aider. Depuis quelques jours qu'il la logeait, elle avait amené un petit peu de joie dans son quotidien. Même si suivre son entrainement de kunoichi lui était douloureux, voir ses sourires quand elle lui racontait ses démêlés avec le chakra le remplissait d'une sorte de bonheur paternel. La gamine faisait ce qu'elle sentait juste, elle agissait par élans, comme lorsqu'elle avait ramené Nimuro-san chez lui. Sacré petit bout de femme !
Rassuré que l'apprentie genjutsu le chaperonne, il ne dit rien quand elle proposa à Takeo de discuter de l'évènement maudit. Il étouffa le diable qui protestait en lui, et attendit la réaction de son ancien collègue.
« C’est d’accord, je partagerai tout ce que j’ai vu, entendu, senti et autres avec vous.
Cependant, je mettrai un bémol à dévoiler mes connaissances. Ce bémol consiste en trois points très précis, incontournables.
Le coeur du jeune homme fit un bond dans sa poitrine. C'était donc bien vrai, Takeo pouvait lui rendre ce morceau de vie passé sous silence par sa mémoire récalcitrante et capricieuse. Mais il imposait des conditions. Il sentit Ine se raidir imperceptiblement. Visiblement, elle n'aimait pas ça. Elle redoutait certainement d'être mise à l'écart de ces révélations, et qu'il n'ait pas la force d'y être confronté seul. Ce qui n'était sans doute pas une crainte vaine. Mais trèves de pensées inutiles ! Il écouta les conditions de Takeo :
"Ma première condition est…
Que Ren’ai accepte d’entendre tout ce que j’ai à dire, et d’affronter son passé. Libre à lui d’ensuite réagir comme il le veut.
Ce que j’ai à révéler est non seulement secret, mais aussi très intime. J’ai le devoir d’annoncer son passé à Ren’ai, s’il l’accepte, mais aussi l’interdiction de le divulguer à qui que se soit d’autre sans son autorisation. Je me doute que tu est très proche de lui. C’est pourquoi, ma deuxième condition est la suivante. Je veux savoir qui tu es réellement ? Je te connais. »
Intime ? Y-avait-il des choses qu'il devait cacher à Ine dans ce que Takeo avait à dire ? De plus, celui-ci le mettait au pied du mur, en l'obligeant à prendre lui-même la décision. L'ange et le démon se remirent à batailler dans sa tête, faisant battre ses tempes presque douloureusement.
"C'est idiot ! C'est suicidaire ! Cet homme veut te perdre !"
"Ne laisse pas ce diable dégénéré te tromper, Ren', Ine t'apportera le soutien et la force pour ntendre ce que Takeo a à dire."
Devant le silence que ni lui, ni Ine ne brisa, le chuunin dicta sa dernière condition.
« Je sais que tu es étudiante, ça se devine à ton attitude et ton accoutrement. Tu es une bleue, fraîchement arrivée. Je sais aussi que Ren’ai ne reçoit que les indemnités nécessaires à sa survie, qu’il n’a plus le temps de sortir, ni même - de temps en temps- la force de le faire. Ma dernière et ultime demande pour mes révélations : je paierai les consommations de ce soir. Toutes. »
Takeo les regarda tour à tour, en insistant bien sur Ine dont il ne connaissait toujours pas l'identité. La jeune femme s'avança un peu. Elle débita d'un coup, dégageant des nuages de vapeur qui transcendaient l'air gelé devenu d'un coup plus agressif :
"Tu me connais. Ou plutôt il est exact que tu m'as déjà vue quelque part. Je suis la gamine chez qui tu as débarqué il y a cinq ans, portant Ren' sur ton dos."
Le ton était indifférent, mais l'intérêt des deux jeunes gens était éveillé. Le petit bout de femme se tourna vers Ren'ai et fit :
"Quant aux conditions, je les accepte. Ren', c'est à toi de prendre la décision."
Elle se tût, pour ne pas influencer davantage l'ex-chuunin. Elle savait qu'il savait quelle était sa position. Ren'ai lui lança un regard reconnaissant. Alors, l'ange, ou le démon ? Le démon ou l'ange ? Il respira un grand coup, redressa un peu le menton et fit face à Takeo qui l'observait avec attention :
"C'est entendu, Tak'. Raconte-moi ce qu'il s'est passé, que j'en finisse avec les incertitudes."
Takeo eut un mince sourire. Etait-il gêné, ou était-il simplement content de sa décision ? Mais il avait oublié quelque chose. Ine se risqua :
"Et... moi ?"
L'appréhension remplissait son joli regard. Ren'ai sourit :
"Toi, Ine-chan, tu seras là pour me soutenir. Tu veux bien ?"
Ine poussa un soupir de soulagement qui ne trompa personne. Elle eut un petit rire nerveux, et fit allègrement :
"On va où ?"

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Re: Parc de Kiri
Il faisait de plus en plus froid, la nuit et le gel gagnant la ville. La jeune fille s’avança d’un pas après que le Chuunin lui ait dicté ses conditions. Ren’ai, confus, regardait la scène. On aurait dit qu’une lutte affreuse se déroulait dans son esprit. Ine expira, un petit nuage de vapeur se forma immédiatement. C’est alors qu’elle dévoila son identité, indifférente.
[Ine] "Tu me connais. Ou plutôt il est exact que tu m'as déjà vue quelque part. Je suis la gamine chez qui tu as débarqué il y a cinq ans, portant Ren' sur ton dos."
*C’était donc ça. Bon Dieu, que fait cette gamine ici ? Aurait-elle fait tout ça pour Ren’ ? C’est à n’y plus rien comprendre. *
Takeo était méfiant, et regardait à présent la demoiselle d’un tout autre œil. Il mit ses mains dans ses poches, le bout des doigts frigorifiés. Ren’ai ne devait pas être en très bon état non plus.
[Ine] "Quant aux conditions, je les accepte. Ren', c'est à toi de prendre la décision."
Le Chuunin baissa la tête. Cette sale gamine pleurnicharde avait changé apparemment. Il se souvenait qu’elle avait crié et pleuré lorsqu’ils étaient revenus chercher Ren’ai, et aujourd’hui elle apparaissait tellement plus mature, engagée. Pendant ce temps, lui, qu’avait-il fait ? Ces cinq années, il s’était affaibli, et même s’il ne voulait pas l’admettre, il n’avait plus le courage d’être un shinobi. Donner des ordres, diriger une équipe, c’était plus pour lui. Il était juste bon à garder des portes.
[Ren'ai] "C'est entendu, Tak'. Raconte-moi ce qu'il s'est passé, que j'en finisse avec les incertitudes."
Takeo garda la tête basse, un maigre sourire vint se figer sur ses lèvres. Une fois de plus, il était à la traîne. Déjà tous les autres voulaient en finir avec leurs chimères que lui se morfondait dans les remords. Son attitude le dégoûtait, autant que leur comportement était exemplaire. Pourtant, devant ses collègues, il arrivait à passer pour quelqu’un de bien. Comment pouvait-il mentir ainsi ?
Après un court échange entre Ine et son ancien camarade, une question plana sur les shinobi.
[Ine] "On va où ?"
Personne ne se hasarda à répondre, peut-être que le meilleur endroit restait le parc ? Ren'ai frissona, le froid gagnait en ampleur. Takeo s'inquiéta.
« …
C’est plus agréable de discuter de ce que j’ai à dire autour d’une table, à côté d’un foyer réchauffant. Ici, il fait trop froid. Ren’, je vois bien que tu cailles. Comme je l’ai déjà dit, ce que je vais révéler ne concerne pas les autres. Un endroit public ne me dérange cependant pas, à condition que l’on ne parle pas fort. En ce cas, notre destination me semble toute indiquée, le bar nous attends. » dit-il en les invitant d’un mouvement de la tête dans la direction du bâtiment.
Ils acceptèrent et se dirigèrent ensemble vers le lieu nouvellement restauré. Takeo savait pourquoi le lieu avait été dévasté, il s’agissait d’un secret des Enfants de la Brume. D’ailleurs, il ne lui semblait pas qu’Ine ne fasse parti de leur groupe. Peut-être pouvait-il la recruter.
Ils quittèrent le parc et après quelques minutes de marche arrivèrent à « La fleur Polaire ». Même à cette heure tardive, les fêtards ayant terminé leur mission venaient arroser leur prime. L’ambiance était chaleureuse, et il y avait un sacré brouhaha. Personne ne prêtait attention aux nouveaux clients sauf le Barman.
* Personne n’entendra notre discussion ainsi. C’est pas plus mal. *
Ils furent conduis à une table ronde en bois où ils s’installèrent. Le serveur n’allait pas tarder à venir les voir et prendre des commandes. Pendant ce temps, Takeo se mit à l’aise, ouvrant un peu sa tunique, faisant craquer les os de ses doigts. Ren’ai précautionneusement, il était épuisé de sa ballade. Takeo n’y avait pas pensé mais si la marche du parc jusqu’au pub l’avait essoufflé? Trop tard pour y songer de toutes façons.
Non.
C’était le même état d’esprit qui conduisit Ren’ dans cet état déplorable. Lorsque quelque chose est fait, il faut savoir revenir sur sa décision au cas où elle ne serait pas la meilleure. C’est ce qui s’appelle savoir prendre du recul. Il y a cinq ans, c’est ce qui lui a manqué pour réussir sa mission. Il en a payer le prix coûtant.
« Maintenant que nous sommes assis à cette table, confortablement, nous allons pouvoir discuter de ce qui s’est déroulé quelques années auparavant. Ren’ai, nous sommes là, si jamais il y avait un problème. » La gorge de ren’ se noua, alors qu’Ine semblait impatiente.
« …
Plongeons nous dans le passé.
Quel est ton dernier souvenir Ren’ai ? Quelles sont les sensations que tu as éprouvées ? Replonge toi maintenant, au cœur de l’action, redeviens ce que tu as été cette nuit. »
[Ine] "Tu me connais. Ou plutôt il est exact que tu m'as déjà vue quelque part. Je suis la gamine chez qui tu as débarqué il y a cinq ans, portant Ren' sur ton dos."
*C’était donc ça. Bon Dieu, que fait cette gamine ici ? Aurait-elle fait tout ça pour Ren’ ? C’est à n’y plus rien comprendre. *
Takeo était méfiant, et regardait à présent la demoiselle d’un tout autre œil. Il mit ses mains dans ses poches, le bout des doigts frigorifiés. Ren’ai ne devait pas être en très bon état non plus.
[Ine] "Quant aux conditions, je les accepte. Ren', c'est à toi de prendre la décision."
Le Chuunin baissa la tête. Cette sale gamine pleurnicharde avait changé apparemment. Il se souvenait qu’elle avait crié et pleuré lorsqu’ils étaient revenus chercher Ren’ai, et aujourd’hui elle apparaissait tellement plus mature, engagée. Pendant ce temps, lui, qu’avait-il fait ? Ces cinq années, il s’était affaibli, et même s’il ne voulait pas l’admettre, il n’avait plus le courage d’être un shinobi. Donner des ordres, diriger une équipe, c’était plus pour lui. Il était juste bon à garder des portes.
[Ren'ai] "C'est entendu, Tak'. Raconte-moi ce qu'il s'est passé, que j'en finisse avec les incertitudes."
Takeo garda la tête basse, un maigre sourire vint se figer sur ses lèvres. Une fois de plus, il était à la traîne. Déjà tous les autres voulaient en finir avec leurs chimères que lui se morfondait dans les remords. Son attitude le dégoûtait, autant que leur comportement était exemplaire. Pourtant, devant ses collègues, il arrivait à passer pour quelqu’un de bien. Comment pouvait-il mentir ainsi ?
Après un court échange entre Ine et son ancien camarade, une question plana sur les shinobi.
[Ine] "On va où ?"
Personne ne se hasarda à répondre, peut-être que le meilleur endroit restait le parc ? Ren'ai frissona, le froid gagnait en ampleur. Takeo s'inquiéta.
« …
C’est plus agréable de discuter de ce que j’ai à dire autour d’une table, à côté d’un foyer réchauffant. Ici, il fait trop froid. Ren’, je vois bien que tu cailles. Comme je l’ai déjà dit, ce que je vais révéler ne concerne pas les autres. Un endroit public ne me dérange cependant pas, à condition que l’on ne parle pas fort. En ce cas, notre destination me semble toute indiquée, le bar nous attends. » dit-il en les invitant d’un mouvement de la tête dans la direction du bâtiment.
Ils acceptèrent et se dirigèrent ensemble vers le lieu nouvellement restauré. Takeo savait pourquoi le lieu avait été dévasté, il s’agissait d’un secret des Enfants de la Brume. D’ailleurs, il ne lui semblait pas qu’Ine ne fasse parti de leur groupe. Peut-être pouvait-il la recruter.
Ils quittèrent le parc et après quelques minutes de marche arrivèrent à « La fleur Polaire ». Même à cette heure tardive, les fêtards ayant terminé leur mission venaient arroser leur prime. L’ambiance était chaleureuse, et il y avait un sacré brouhaha. Personne ne prêtait attention aux nouveaux clients sauf le Barman.
* Personne n’entendra notre discussion ainsi. C’est pas plus mal. *
Ils furent conduis à une table ronde en bois où ils s’installèrent. Le serveur n’allait pas tarder à venir les voir et prendre des commandes. Pendant ce temps, Takeo se mit à l’aise, ouvrant un peu sa tunique, faisant craquer les os de ses doigts. Ren’ai précautionneusement, il était épuisé de sa ballade. Takeo n’y avait pas pensé mais si la marche du parc jusqu’au pub l’avait essoufflé? Trop tard pour y songer de toutes façons.
Non.
C’était le même état d’esprit qui conduisit Ren’ dans cet état déplorable. Lorsque quelque chose est fait, il faut savoir revenir sur sa décision au cas où elle ne serait pas la meilleure. C’est ce qui s’appelle savoir prendre du recul. Il y a cinq ans, c’est ce qui lui a manqué pour réussir sa mission. Il en a payer le prix coûtant.
« Maintenant que nous sommes assis à cette table, confortablement, nous allons pouvoir discuter de ce qui s’est déroulé quelques années auparavant. Ren’ai, nous sommes là, si jamais il y avait un problème. » La gorge de ren’ se noua, alors qu’Ine semblait impatiente.
« …
Plongeons nous dans le passé.
Quel est ton dernier souvenir Ren’ai ? Quelles sont les sensations que tu as éprouvées ? Replonge toi maintenant, au cœur de l’action, redeviens ce que tu as été cette nuit. »

Darok- Juunin Spécial de Kiri

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Re: Parc de Kiri
Pour la seconde fois de la journée, Ine se retrouva à la « Fleur Polaire ». Elle espérait, en son for intérieur, que cette deuxième discussion dans le bar serait plus constructive que celle du matin.
L’ambiance déjà n’était plus la même. Le calme de la matinée avait fait place aux saoulards du soir, et il régnait une ambiance de vie, de chaleur, qui contrastait avec le parc morbide et gelé qu’ils venaient de quitter. Le bruit était assourdissant, et personne ne remarqua l’entrée des shinobi, mis à part le barman, bien entendu. Se fondre dans cette masse avait quelque chose de rassurant, et Ine, pour la première fois de la journée, se sentit réellement bien.
Takeo se mit à son aise. Cet homme avait quelque chose en lui qui mettait Ine en confiance. Elle l’aimait bien. Il avait quelque chose de Ren’ai, avec son air qui le faisait paraître un peu plus vieux qu’il ne l’était, et cette barre soucieuse qui traversait son front. Sans nul doute, lui aussi n’avait pas eu une vie facile.
La petite marche avait essoufflé un peu Ren’. Ine devinait sans peine qu’elle n’était pas la seule à entrer en compte dans ce manque de souffle. Peut-être ses démons intérieurs étaient revenus à la charge, après qu’il ait accepté le marché que leur proposait Takeo. Des choses qu’elle-même ne connaissait que trop. Ce devait être aussi compliqué pour Ren’ai de savoir qu’il allait retrouver son passé, que pour Ine de savoir qu’elle allait lui raconter le sien.
A la table ronde où ils étaient installé, le silence était de mise. Ine regardait Takeo, qui regardait Ren’ai, qui lui-même fixait la jeune femme. Finalement, ce fut Takeo qui le rompit.
« Maintenant que nous sommes assis à cette table, confortablement, nous allons pouvoir discuter de ce qui s’est déroulé quelques années auparavant. Ren’ai, nous sommes là, si jamais il y avait un problème.
Plongeons nous dans le passé. Quel est ton dernier souvenir Ren’ai ? Quelles sont les sensations que tu as éprouvées ? Replonge toi maintenant, au cœur de l’action, redeviens ce que tu as été cette nuit. »
Ren’ai sursauta. Depuis leur petite marche, il avait les tempes pire que des percussions. Et ça tambourinait ! On eut dit que le démon, mécontent de son choix, prenait un malin plaisir à les transformer en djembe sur lesquels il s’excitait dans une musique d’enfer. Tout cela ne l’aidait pas à y voir clair.
Son dernier souvenir ? Il en avait discuté avec Ine un peu plus tôt. Il y avait réfléchi cinq ans auparavant, avec un effort surhumain pour retrouver cette fresque perdu de sa mémoire. En vain. Il était dans une rizière, point. Rien d’autre. Il n’était même pas certain de se rappeler le but précis de leur mission d’alors.
Ses sensations ? L’imminence d’un danger. Il avait eu l’instinct pour ses choses-là, autrefois. Encore une chose qu’il avait perdu au change. Il avait décidément beaucoup perdu. Il croisa le regard d’Ine, grave et attentif. Bah, il l’avait gagné, elle, le petit bout de femme qui travaillait d’arrache-pied pour le sortir de cette merde. Et Takeo, ressurgi après tant d’années, semblait vouloir l’aider sincèrement, lui aussi. D’ailleurs, Ren’ai se demandait bien pourquoi.
Se refondre à cet instant fatidique ? Il en était bien incapable. D’autant que le rythme de ses tempes s’emballait…
« Tu ne les aides pas, Ren’ ! Fais un effort ! »
*Oh non ! Pas eux, pas encore !*
« Ange stupide ! Tu ne vois pas qu’il a mal ? Tu vois bien que tu n’y arrives pas Ren’. Inutile d’insister. »
« Et toi, démon malfaisant, tu attises en lui ce sentiment ! Mais tu ne gagneras pas cette fois, je suis décidé à faire triompher le bien ! »
*Arrêtez, tous les deux, vous êtes stupides ! Je suis capable de prendre mes décisions tout seul !*
Un peu excédé, Ren’ai posa ses mains à plat sur la table. Les percus disparurent, l’ange et le diable se volatilisèrent. Il soupira.
« Je regrette, Takeo, je ne serais sans doute pas d’une grande aide. La dernière chose dont je me souviens, c’est cette rizière où nous étions, l’imminence d’un danger. J’ai dû m’éloigner un peu, peut-être.
Ine avait suivi attentivement la bataille stratégique qui s’opérait dans l’esprit de Ren’, les différents actes se marquant sur son visage fermé. A un moment donné, elle avait jeté un coup d’œil à Takeo, qui lui-même observait l’ex-chuunin avec intérêt.
A présent, son hôte était reparti dans ses pensées. Ni elle ni Takeo ne firent de commentaires, sentant l’un comme l’autre que quelque chose se passait. Ine ne pouvait nier qu’elle était un peu crispée. Leur table était comme une bulle de calme au milieu du brouhaha ambiant. Ils devaient paraître étrange à un œil extérieur. Tiens, d’ailleurs, le serveur n’était toujours pas passé ?
Ren’ai murmura :
« C’est cela, je me suis éloigné un peu. Je voulais savoir d’où venait ce malaise que je ressentais.
Tiens ? Ren’ ne lui avait pas parlé de ça, quelques minutes plus tôt. La magie de Takeo semblait opérer. Les yeux dans le vide, Ren’ai donnait l’impression de revivre ces instants qui lui avaient été volés. Elle espérait juste qu’il ne se mettrait pas à hurler dans le bar comme chez lui quelques nuits auparavant.
« Quelle sera votre commande, Mademoiselle, Messieurs ? »
Ils sursautèrent tous les trois. Ine crut que son cœur allait exploser sa poitrine tellement il battait vite. Le serveur se tenait à côté, le calepin à la main, en briseur involontaire d’une magie qui opérait encore quelques instants plus tôt. Il souriait.
Ren’ai était ressorti du vague, Takeo semblait un peu agacé. Il annonça sèchement sa commande. Las, Ren’ demanda la même chose. Ine, elle, se rabattit sur un chocolat chaud. Le serveur s’éloigna, les laissant autour de la table, de retour à leur point de départ.
L’ambiance déjà n’était plus la même. Le calme de la matinée avait fait place aux saoulards du soir, et il régnait une ambiance de vie, de chaleur, qui contrastait avec le parc morbide et gelé qu’ils venaient de quitter. Le bruit était assourdissant, et personne ne remarqua l’entrée des shinobi, mis à part le barman, bien entendu. Se fondre dans cette masse avait quelque chose de rassurant, et Ine, pour la première fois de la journée, se sentit réellement bien.
Takeo se mit à son aise. Cet homme avait quelque chose en lui qui mettait Ine en confiance. Elle l’aimait bien. Il avait quelque chose de Ren’ai, avec son air qui le faisait paraître un peu plus vieux qu’il ne l’était, et cette barre soucieuse qui traversait son front. Sans nul doute, lui aussi n’avait pas eu une vie facile.
La petite marche avait essoufflé un peu Ren’. Ine devinait sans peine qu’elle n’était pas la seule à entrer en compte dans ce manque de souffle. Peut-être ses démons intérieurs étaient revenus à la charge, après qu’il ait accepté le marché que leur proposait Takeo. Des choses qu’elle-même ne connaissait que trop. Ce devait être aussi compliqué pour Ren’ai de savoir qu’il allait retrouver son passé, que pour Ine de savoir qu’elle allait lui raconter le sien.
A la table ronde où ils étaient installé, le silence était de mise. Ine regardait Takeo, qui regardait Ren’ai, qui lui-même fixait la jeune femme. Finalement, ce fut Takeo qui le rompit.
« Maintenant que nous sommes assis à cette table, confortablement, nous allons pouvoir discuter de ce qui s’est déroulé quelques années auparavant. Ren’ai, nous sommes là, si jamais il y avait un problème.
Plongeons nous dans le passé. Quel est ton dernier souvenir Ren’ai ? Quelles sont les sensations que tu as éprouvées ? Replonge toi maintenant, au cœur de l’action, redeviens ce que tu as été cette nuit. »
Ren’ai sursauta. Depuis leur petite marche, il avait les tempes pire que des percussions. Et ça tambourinait ! On eut dit que le démon, mécontent de son choix, prenait un malin plaisir à les transformer en djembe sur lesquels il s’excitait dans une musique d’enfer. Tout cela ne l’aidait pas à y voir clair.
Son dernier souvenir ? Il en avait discuté avec Ine un peu plus tôt. Il y avait réfléchi cinq ans auparavant, avec un effort surhumain pour retrouver cette fresque perdu de sa mémoire. En vain. Il était dans une rizière, point. Rien d’autre. Il n’était même pas certain de se rappeler le but précis de leur mission d’alors.
Ses sensations ? L’imminence d’un danger. Il avait eu l’instinct pour ses choses-là, autrefois. Encore une chose qu’il avait perdu au change. Il avait décidément beaucoup perdu. Il croisa le regard d’Ine, grave et attentif. Bah, il l’avait gagné, elle, le petit bout de femme qui travaillait d’arrache-pied pour le sortir de cette merde. Et Takeo, ressurgi après tant d’années, semblait vouloir l’aider sincèrement, lui aussi. D’ailleurs, Ren’ai se demandait bien pourquoi.
Se refondre à cet instant fatidique ? Il en était bien incapable. D’autant que le rythme de ses tempes s’emballait…
« Tu ne les aides pas, Ren’ ! Fais un effort ! »
*Oh non ! Pas eux, pas encore !*
« Ange stupide ! Tu ne vois pas qu’il a mal ? Tu vois bien que tu n’y arrives pas Ren’. Inutile d’insister. »
« Et toi, démon malfaisant, tu attises en lui ce sentiment ! Mais tu ne gagneras pas cette fois, je suis décidé à faire triompher le bien ! »
*Arrêtez, tous les deux, vous êtes stupides ! Je suis capable de prendre mes décisions tout seul !*
Un peu excédé, Ren’ai posa ses mains à plat sur la table. Les percus disparurent, l’ange et le diable se volatilisèrent. Il soupira.
« Je regrette, Takeo, je ne serais sans doute pas d’une grande aide. La dernière chose dont je me souviens, c’est cette rizière où nous étions, l’imminence d’un danger. J’ai dû m’éloigner un peu, peut-être.
Ine avait suivi attentivement la bataille stratégique qui s’opérait dans l’esprit de Ren’, les différents actes se marquant sur son visage fermé. A un moment donné, elle avait jeté un coup d’œil à Takeo, qui lui-même observait l’ex-chuunin avec intérêt.
A présent, son hôte était reparti dans ses pensées. Ni elle ni Takeo ne firent de commentaires, sentant l’un comme l’autre que quelque chose se passait. Ine ne pouvait nier qu’elle était un peu crispée. Leur table était comme une bulle de calme au milieu du brouhaha ambiant. Ils devaient paraître étrange à un œil extérieur. Tiens, d’ailleurs, le serveur n’était toujours pas passé ?
Ren’ai murmura :
« C’est cela, je me suis éloigné un peu. Je voulais savoir d’où venait ce malaise que je ressentais.
Tiens ? Ren’ ne lui avait pas parlé de ça, quelques minutes plus tôt. La magie de Takeo semblait opérer. Les yeux dans le vide, Ren’ai donnait l’impression de revivre ces instants qui lui avaient été volés. Elle espérait juste qu’il ne se mettrait pas à hurler dans le bar comme chez lui quelques nuits auparavant.
« Quelle sera votre commande, Mademoiselle, Messieurs ? »
Ils sursautèrent tous les trois. Ine crut que son cœur allait exploser sa poitrine tellement il battait vite. Le serveur se tenait à côté, le calepin à la main, en briseur involontaire d’une magie qui opérait encore quelques instants plus tôt. Il souriait.
Ren’ai était ressorti du vague, Takeo semblait un peu agacé. Il annonça sèchement sa commande. Las, Ren’ demanda la même chose. Ine, elle, se rabattit sur un chocolat chaud. Le serveur s’éloigna, les laissant autour de la table, de retour à leur point de départ.

Watagumo Ine- Genin de Kiri

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Re: Parc de Kiri
Ren’ai sembla soudain perturbé. Ses yeux se perdirent dans le vide tout en s’écarquillant ; il baissa la tête. Takeo savait très bien que l’esprit de son ancien camarde dérivait dans les limbes des souvenirs, aussi douloureux soient ils. Ren’ai avait besoin de soutien pour affronter son passé, car le maléfice qui lui avait été apposé était très puissant. Takeo le fixait, ses joues creusées et ses bras osseux. Il ne savait pas pourquoi il ne l’avait pas rencontré plus tôt, peut-être l’aurait-il soulagé, il n’y avait jamais songé. Il s’était plutôt démené pour toujours l’éviter. Alors pourquoi cette fois était-il allé à sa rencontre ? La question demeurait sans réponse. Peut-être avait-il finalement eu des remords ? Mais est-ce que Ren’ai aurait eu le courage d’affronter ce passage là de sa vie seul ? S’il avait accepté d’entendre la vérité, n’était-ce pas seulement dû à cette demoiselle ?
Takeo l’en remerciait profondément, elle avait « sauvé » à sa manière son compagnon, alors qu’il en avait été incapable cinq ans plus tôt.
[Ren’ai] « Je regrette, Takeo, je ne serais sans doute pas d’une grande aide. La dernière chose dont je me souviens, c’est cette rizière où nous étions, l’imminence d’un danger. J’ai dû m’éloigner un peu, peut-être.
…
C’est cela, je me suis éloigné un peu. Je voulais savoir d’où venait ce malaise que je ressentais. »
Takeo ne bronchait pas, il ne voulait pas déconcentrer son aîné. S’il y avait un moment à ne pas gâcher, c’était celui-là. Cette situation, cette atmosphère, étaient propices à la redécouverte de son esprit. Une partie de soi que le garçon avait perdu. Takeo n’avait pas choisi le lieu apr hasard : conviviale, il fallait que l’ex chuunin se sente à l’aise.
D’ailleurs Ine, elle, semblait crispée. Sa présence était importante pour Ren’ai, mais pas uniquement. Peut-être que Takeo n’aurait pas eu le courage de raconter les faits à un Ren’ seul. Avec la jeune fille, il était plus fort, au moins mentalement. Alors qu’il avait relevé la tête pour parler, il se replonge alors dans la situation précédente. Ses yeux vaguèrent, ils ne regardèrent plus rien de précis. Sa vision n’était plus confinée, elle s’élargissait alors au domaine de la mémoire. Voilà où Takeo voulait en venir, en se mettant dans les conditions de la blessure, les sensations revenues, il serait plus facile d’aborder le récit. Encore un peu, et Ren’ai aura les dispositions nécessaires pour faire face au…
[Serveur] « Quelle sera votre commande, Mademoiselle, Messieurs ? »
Crétin. Les trois shinobis sursautèrent. Ren’ai sortit de son état de méditation. Si le serveur savait ce qu’il venait d’empêcher, il s’en mordrait les doigts. Il était possible que Ren’ai ne retrouve plus jamais ces perceptions, ces émotions. Auquel cas, il faudrait improviser. Contrarié, Takeo demanda sèchement un jus de fruit. Ren’ai l’imita alors qu’Ine prit un chocolat chaud.
« Ce sera notre unique commande la soirée, nous ne voulons que cela. Pour l’addition, je passerai au comptoir, pas la peine de se déplacer. » Le serveur agréa d’un signe de tête, et lorsqu’il fut assez loin, le Chuunin continua. « Désolé de l’interruption, attendons que le gêneur rapporte nos boissons pour continuer. »
Ils restèrent silencieux, pendant quelques minutes, jusqu’à ce que, en effet, le serveur ramena lesdites commandes. Takeo s’empara de son verre de jus, orange. Il amena la coupe à sa bouche, et en bu une gorgée. Abricot. Takeo adorait ce goût. Ren’ai copia sur son ancien chef, et avala une gorgée du liquide. Ine, elle, avait enserré la tasse chaude de ses deux mains. De la vapeur s’échappait continuellement de son chocolat. La discussion allait reprendre d’un moment à l’autre, dès que les participants seraient prêts à la continuer.
Voyant que le verre de Ren’ai se vidait assez rapidement, Takeo espéra que ce divertissement l’avait assaini et qu’il avait recouvert ses esprits. Il parla sereinement. Raconter les faits soulageait son âme.
« L’autre fois, dans la rizière. Tu t’es en effet déplacé. On ne savait pas pourquoi, jusqu’à aujourd’hui. Qu’est-ce que c’était… ? Quelques mètres au maximum.
Et c’est à ce moment là, que tu t’es écroulé. Tu a été le premier à tomber, mais aussitôt après, Mana, le plus jeune de notre escouade s’est effondré à son tour. Lui, il est mort sur le coup.
…
On ne peut cependant pas dire que tu aies eu plus de chance que lui. Le terme ne convient pas. »
Les deux autres personnages semblaient non seulement surpris d’un tel calme face aux propos débités, mais aussi d’un tel tact. Takeo n’avait utilisé aucun subterfuge, aucun moyen détourné pour raconter les faits.
« C’est à ce moment, que j’ai déclaré une retraite. Trop bien embusqués, les adversaires étaient invisibles. Dans notre fuite, j’ai hérité de quelques cicatrices, et nombre de plaies. Taki, elle, avait le bras et la main gauche ensanglantés.
Ren’ai, te souviens-tu du but de notre mission ? »
Takeo savait que Ren’ai avait du mal à se concentrer sur cette époque. Mais un ordre de mission, surtout la dernière, on s’en souvenait toute sa vie. Incroyablement posé, aucune émotion n’était trahie dans sa voix.
Takeo l’en remerciait profondément, elle avait « sauvé » à sa manière son compagnon, alors qu’il en avait été incapable cinq ans plus tôt.
[Ren’ai] « Je regrette, Takeo, je ne serais sans doute pas d’une grande aide. La dernière chose dont je me souviens, c’est cette rizière où nous étions, l’imminence d’un danger. J’ai dû m’éloigner un peu, peut-être.
…
C’est cela, je me suis éloigné un peu. Je voulais savoir d’où venait ce malaise que je ressentais. »
Takeo ne bronchait pas, il ne voulait pas déconcentrer son aîné. S’il y avait un moment à ne pas gâcher, c’était celui-là. Cette situation, cette atmosphère, étaient propices à la redécouverte de son esprit. Une partie de soi que le garçon avait perdu. Takeo n’avait pas choisi le lieu apr hasard : conviviale, il fallait que l’ex chuunin se sente à l’aise.
D’ailleurs Ine, elle, semblait crispée. Sa présence était importante pour Ren’ai, mais pas uniquement. Peut-être que Takeo n’aurait pas eu le courage de raconter les faits à un Ren’ seul. Avec la jeune fille, il était plus fort, au moins mentalement. Alors qu’il avait relevé la tête pour parler, il se replonge alors dans la situation précédente. Ses yeux vaguèrent, ils ne regardèrent plus rien de précis. Sa vision n’était plus confinée, elle s’élargissait alors au domaine de la mémoire. Voilà où Takeo voulait en venir, en se mettant dans les conditions de la blessure, les sensations revenues, il serait plus facile d’aborder le récit. Encore un peu, et Ren’ai aura les dispositions nécessaires pour faire face au…
[Serveur] « Quelle sera votre commande, Mademoiselle, Messieurs ? »
Crétin. Les trois shinobis sursautèrent. Ren’ai sortit de son état de méditation. Si le serveur savait ce qu’il venait d’empêcher, il s’en mordrait les doigts. Il était possible que Ren’ai ne retrouve plus jamais ces perceptions, ces émotions. Auquel cas, il faudrait improviser. Contrarié, Takeo demanda sèchement un jus de fruit. Ren’ai l’imita alors qu’Ine prit un chocolat chaud.
« Ce sera notre unique commande la soirée, nous ne voulons que cela. Pour l’addition, je passerai au comptoir, pas la peine de se déplacer. » Le serveur agréa d’un signe de tête, et lorsqu’il fut assez loin, le Chuunin continua. « Désolé de l’interruption, attendons que le gêneur rapporte nos boissons pour continuer. »
Ils restèrent silencieux, pendant quelques minutes, jusqu’à ce que, en effet, le serveur ramena lesdites commandes. Takeo s’empara de son verre de jus, orange. Il amena la coupe à sa bouche, et en bu une gorgée. Abricot. Takeo adorait ce goût. Ren’ai copia sur son ancien chef, et avala une gorgée du liquide. Ine, elle, avait enserré la tasse chaude de ses deux mains. De la vapeur s’échappait continuellement de son chocolat. La discussion allait reprendre d’un moment à l’autre, dès que les participants seraient prêts à la continuer.
Voyant que le verre de Ren’ai se vidait assez rapidement, Takeo espéra que ce divertissement l’avait assaini et qu’il avait recouvert ses esprits. Il parla sereinement. Raconter les faits soulageait son âme.
« L’autre fois, dans la rizière. Tu t’es en effet déplacé. On ne savait pas pourquoi, jusqu’à aujourd’hui. Qu’est-ce que c’était… ? Quelques mètres au maximum.
Et c’est à ce moment là, que tu t’es écroulé. Tu a été le premier à tomber, mais aussitôt après, Mana, le plus jeune de notre escouade s’est effondré à son tour. Lui, il est mort sur le coup.
…
On ne peut cependant pas dire que tu aies eu plus de chance que lui. Le terme ne convient pas. »
Les deux autres personnages semblaient non seulement surpris d’un tel calme face aux propos débités, mais aussi d’un tel tact. Takeo n’avait utilisé aucun subterfuge, aucun moyen détourné pour raconter les faits.
« C’est à ce moment, que j’ai déclaré une retraite. Trop bien embusqués, les adversaires étaient invisibles. Dans notre fuite, j’ai hérité de quelques cicatrices, et nombre de plaies. Taki, elle, avait le bras et la main gauche ensanglantés.
Ren’ai, te souviens-tu du but de notre mission ? »
Takeo savait que Ren’ai avait du mal à se concentrer sur cette époque. Mais un ordre de mission, surtout la dernière, on s’en souvenait toute sa vie. Incroyablement posé, aucune émotion n’était trahie dans sa voix.

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[Bon, puisque je risque de partir prochainement et qu'il se peut que je ne me connecte pas:
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]
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Re: Parc de Kiri
« L’autre fois, dans la rizière. Tu t’es en effet déplacé. On ne savait pas pourquoi, jusqu’à aujourd’hui. Qu’est-ce que c’était… ? Quelques mètres au maximum.
Et c’est à ce moment là, que tu t’es écroulé. Tu a été le premier à tomber, mais aussitôt après, Mana, le plus jeune de notre escouade s’est effondré à son tour. Lui, il est mort sur le coup.
…
On ne peut cependant pas dire que tu aies eu plus de chance que lui. Le terme ne convient pas. »
C’est à ce moment, que j’ai déclaré une retraite. Trop bien embusqués, les adversaires étaient invisibles. Dans notre fuite, j’ai hérité de quelques cicatrices, et nombre de plaies. Taki, elle, avait le bras et la main gauche ensanglantés.
Ren’ai, te souviens-tu du but de notre mission ? »
Takeo débitait tout cela avec un calme presque effarant. Ine découvrait beaucoup de facettes de la vie de shinobi, qui n'étaient assurément ni joyeuses ni rassurantes. Une mission mal terminée,se soldant avec un mort, un blessé grave et deux autres salement amochés. La jeune femme se tourna vers Ren'ai, qui essayait de boire une dernière goutte virtuelle de son jus d'abricot. Elle sentit sa tension, extraordinairement palpable dans cette atmosphère pourtant délassée de fin de soirée bien arosée à la Fleur Polaire. Ses yeux croisèrent les siens, et elle y vit l'affolement le plus total. Instinctivement, elle posa sa main sur la sienne. Il se calma.
Cependant, il baissa la tête. De toute évidence, il était confus, confus de ne plus bien savoir quelque chose qui semblait si fondamental. Il pressa ses tempes, comme s'il effectuait un effort surhumain. Finalement, il balbutia d'un ton mal assuré :
"C'était... un message, je crois. Oui, c'est cela, nous devions porter un message ultra-confidentiel.
Je me suis éloigné... il avait cette sensation. Comme un appel. Je n'ai pas compris sur le coup que ce devait être un genjutsu. Mais le kuméen..."
D'un coup il releva la tête, et serra les poings, les yeux brusquement brillants :
"Bien sûr, "grinça t-il entre ses dents, c'était des chiens de kuméens ! Le message devait être compromettant. Bon sang, Tak', on a été trahi !
L'ancien chuunin devenait un peu plus survolté à chaque seconde, comme si ses souvenirs revenaient en une sorte de flot croissant. Sans doute quelque chose de semblable à ce qu'Ine elle-même avait vécu plus en amont dans la journée. Elle se sentit soudain très mal à l'aise, et quêta du regard Takeo. Quelque chose dans son calme lui était rassurant, voire réconfortant. Celui-ci comprit le malaise, hocha la tête en direction de la jeune femme et chercha à tempérer Ren'ai, qui répliqua avec fureur :
"Réfléchis, Takeo. Comment auraient-ils pu savoir sinon que nous transportions ce message ? Quelqu'un a trahi. Quelque de la hiérarchie, ou quelqu'un de l'équipe.
Ine reçut comme une douche froide. C'était une terrible accusation, sans fondement véritable, que Ren'ai lançait. La kunoichi vit Takeo commencer à perdre son sang-froid.
*Vite !*
Sans réfléchir, elle étendit le pied sous la table et rencontra la jambe du jeune homme, qui étouffa un juron. Elle appuya son regard avec intensité. Un regard qui voulait dire, "sois indulgent, ne faisons pas de bêtises". Takeo accusa réception du message, tout en se penchant en avant pour frotter son genou douloureux. Ine grimaça et esquissa un petit sourire, qui lui signifiait qu'elle était désolée.
Et c’est à ce moment là, que tu t’es écroulé. Tu a été le premier à tomber, mais aussitôt après, Mana, le plus jeune de notre escouade s’est effondré à son tour. Lui, il est mort sur le coup.
…
On ne peut cependant pas dire que tu aies eu plus de chance que lui. Le terme ne convient pas. »
C’est à ce moment, que j’ai déclaré une retraite. Trop bien embusqués, les adversaires étaient invisibles. Dans notre fuite, j’ai hérité de quelques cicatrices, et nombre de plaies. Taki, elle, avait le bras et la main gauche ensanglantés.
Ren’ai, te souviens-tu du but de notre mission ? »
Takeo débitait tout cela avec un calme presque effarant. Ine découvrait beaucoup de facettes de la vie de shinobi, qui n'étaient assurément ni joyeuses ni rassurantes. Une mission mal terminée,se soldant avec un mort, un blessé grave et deux autres salement amochés. La jeune femme se tourna vers Ren'ai, qui essayait de boire une dernière goutte virtuelle de son jus d'abricot. Elle sentit sa tension, extraordinairement palpable dans cette atmosphère pourtant délassée de fin de soirée bien arosée à la Fleur Polaire. Ses yeux croisèrent les siens, et elle y vit l'affolement le plus total. Instinctivement, elle posa sa main sur la sienne. Il se calma.
Cependant, il baissa la tête. De toute évidence, il était confus, confus de ne plus bien savoir quelque chose qui semblait si fondamental. Il pressa ses tempes, comme s'il effectuait un effort surhumain. Finalement, il balbutia d'un ton mal assuré :
"C'était... un message, je crois. Oui, c'est cela, nous devions porter un message ultra-confidentiel.
Je me suis éloigné... il avait cette sensation. Comme un appel. Je n'ai pas compris sur le coup que ce devait être un genjutsu. Mais le kuméen..."
D'un coup il releva la tête, et serra les poings, les yeux brusquement brillants :
"Bien sûr, "grinça t-il entre ses dents, c'était des chiens de kuméens ! Le message devait être compromettant. Bon sang, Tak', on a été trahi !
L'ancien chuunin devenait un peu plus survolté à chaque seconde, comme si ses souvenirs revenaient en une sorte de flot croissant. Sans doute quelque chose de semblable à ce qu'Ine elle-même avait vécu plus en amont dans la journée. Elle se sentit soudain très mal à l'aise, et quêta du regard Takeo. Quelque chose dans son calme lui était rassurant, voire réconfortant. Celui-ci comprit le malaise, hocha la tête en direction de la jeune femme et chercha à tempérer Ren'ai, qui répliqua avec fureur :
"Réfléchis, Takeo. Comment auraient-ils pu savoir sinon que nous transportions ce message ? Quelqu'un a trahi. Quelque de la hiérarchie, ou quelqu'un de l'équipe.
Ine reçut comme une douche froide. C'était une terrible accusation, sans fondement véritable, que Ren'ai lançait. La kunoichi vit Takeo commencer à perdre son sang-froid.
*Vite !*
Sans réfléchir, elle étendit le pied sous la table et rencontra la jambe du jeune homme, qui étouffa un juron. Elle appuya son regard avec intensité. Un regard qui voulait dire, "sois indulgent, ne faisons pas de bêtises". Takeo accusa réception du message, tout en se penchant en avant pour frotter son genou douloureux. Ine grimaça et esquissa un petit sourire, qui lui signifiait qu'elle était désolée.

Watagumo Ine- Genin de Kiri

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Re: Parc de Kiri
[Tout d'abord: désolé. Désolé du temps de réponse, et désolé du contenu de ma réponse. Je ne savais pas vraiment quoi faire, alors j'ai opté pour la solution qui te permettrait un maximum de Rp. Entre chacun de mes dialogues, je n'ai pas ou peu décrit Ine, pour que tu sois plus libre. Tu peux à ta guise poser des questions entre mes paroles et en imaginer les réponses. A ta guise.
Ensuite: J'espère que mon texte coïncidera avec ce que tu as imaginé, car là, je me suis permis beaucoup de révélations pour avancer.
Si pas tout hasard, quelque chose n'allait pas, il reste bien évidemment l'édit.]
[Ren’ai] « C'était... un message, je crois. » Il surmontait petit à petit sa peur de l’événement. La « gamine » n’y était sûrement pas innocente. « Oui, c'est cela, nous devions porter un message ultra-confidentiel.
Je me suis éloigné... il y avait cette sensation. Comme un appel. Je n'ai pas compris sur le coup que ce devait être un genjutsu. Mais le kuméen... » Il arrivait désormais à réfléchir convenablement à la précédente situation. A ceci près que le genjutsu avait sûrement atteint l’équipe entière.
Mais soudainement, l’ancien shinobi releva brutalement sa tête et déclara d’une voix chaude. « Bien sûr, c'était des chiens de kuméens ! Le message devait être compromettant. Bon sang, Tak', on a été trahi ! »
Le Chuunin n’irait pas jusque là. Il avait réfléchi longtemps après son échec la raison de celui-ci. S’il est vrai que rien ne laissait prévoir leur mission, ces bâtards étaient néanmoins très sur leurs gardes dès leur arrivée. Mais tout cela coïncidait avec la situation d’époque.
Ren’ai semblait de plus en plus sûr de sa thèse, sentant qu’il se rapprochait du but, il devenait enflammé.
[Ren’] « Réfléchis, Takeo. Comment auraient-ils pu savoir sinon que nous transportions ce message ? Quelqu'un a trahi. Quelque de la hiérarchie, ou quelqu'un de l'équipe. »
Le Chuunin restait muet il attendait que son ancien subalterne termine le flot de sa pensée. Il gardait cependant un lot de réponses enfoui en lui. Il n’avait jamais vu son aîné aussi impatient, déchaîné. Regardé de travers, son expression semblait démente. Un instant Takeo perdit son habituelle assurance. Comment pouvait-il être si calme alors qu’à côté de lui, un être cher s’agitait tel une furie. Ses accusations n’étaient pas fondées mais pas fondamentalement erronées. Il hésita un moment avant de l’interrompre, quand il reçu un coup dans le tibia. Il étouffa un cri en buvant une gorgée de son jus. Ine, incrédule, demandait au Chuunin de mettre sa patience au travail, une fois de plus.
Mais que devait-il attendre ? Le gouvernement de l’époque, pourri, reprenait de sa « superbe » et des mots malencontreusement lancés au milieu de la taverne pourraient bien provoquer l’arrêt du Chuunin. Alors devait-il arrêter Ren’ai, ou le laisser continuer ?
Ce dernier prit sa tête dans ses mains et posa ses coudes sur la table. Il en avait apparemment assez de revivre ce moment, ces passages cauchemardesques de sa vie et bien qu’Ine tâchait de le réconforter, il commença à trembloter. Le bord de ses yeux devint rouge d’exaspération, et ses tremblements gagnèrent de l’ampleur.
Il était temps. Takeo, maintenant dans le dos de Ren’, lui posa sa main sur l’épaule. Il s’était levé à une vitesse remarquable. L’ex Chuunin se calma, le jutsu médical que Takeo lui administrait via sa paume semblait efficace. Il lança deux piécettes comme paiement sur la table et invita le couple à terminer la discussion loin d’oreilles indiscrètes – cette fois plus pour protéger Ren’ai lui-même que son secret.
« Allons chez moi maintenant. Fini le temps des questions, je vais tout dévoiler. »
* Quitte ou double : j’espère que cette marche va lui permettre d’assimiler ce que je viens de lui dire et de reposer son esprit plutôt que de le fatiguer. *
Il soutint son regard envers Ine, interrogatrice, lui indiquant de lui faire confiance. Elle ne semblait pas sûre d’elle, ni de lui d’ailleurs. Pouvait-elle réellement lui faire confiance ? Actuellement, elle lui confiait le malade : Takeo pouvait très bien ruiner le moral de celui-ci s’il ne jouait pas finement son jeu. Cependant elle sentait depuis la rencontre, un sentiment… pour le moins étrange. Non pas indescriptible, mais mêlé de plusieurs sensations. Et s’il y avait encore de l’espoir pour son ami blessé ?
Ils se levèrent et Takeo passa sa veste doublée à son camarade. Il refusa tout d’abord, mais comme son supérieur l’y obligea, il fut contraint de l’accepter. Ensemble ils sortirent de la tanière.
* Bon, comment vais-je m’y prendre ? Fait-on des pauses ? Dans ce cas là je raconte au fur et à mesure ?… Ou bien, je raconte tout à notre arrivée ? Hum…
Il se fait tard, et je sens qu’en plus du stress la fatigue le gagne progressivement. Mieux vaut y aller en douceur. *
Le groupe continuait d’avancer dans la nuit, mais avait changé de direction: le logis de Ren’ai. Le couple ne s’en rendait pas compte, trop occupé à réfléchir. Takeo avait décidé qu’une nuit de sommeil ne serait pas de trop pour digérer les révélations. Aussi le trajet de son habitation à celle de son camarade le fatiguerait à coup sûr.
« J’ai déjà réfléchi aux possibilités que tu as énoncées Ren’-san. Et je peux d’ores et déjà annihiler la deuxième hypothèse. Toi mieux que quiconque sait que nul n’aurait trahi. Et pour preuve : les deux autres membres de notre équipe ont subi de lourds, très lourds dommages. Un a succombé sur le coup, l’autre n’est plus en état de combattre. Alors, oui, il n’y a que moi qui n’aies subi que peu de blessures, mais quand je te raconterai la suite de la mission tu comprendra sûrement que je n’aies pas de rapport avec une quelconque trahison.
Si le message avait été compromettant pour Kiri, ils ne l’auraient pas envoyés tout bonnement. De plus cette mission était secrète, et les personnes ciblées par le message n’avaient aucun moyens d’en savoir le contenu. » Ren'ai écraquilla les yeux, soudain illuminé.
[Ren’ai] « Mais c’est vrai, avant le départ… »
« Oui, comme avant chaque mission: j’ai lu le contenu du message. Il était composé en plusieurs parties distinctes. » Il fit une courte pause, laissant Ine et Ren’ai patienter. « Comme dit précédemment nous devions l’emmener à un avant-poste, situé dans une région où des tensions persistaient avec le pays de la foudre. Voilà ce que disait la première partie du message : des espions infiltrés dans l’armée Kuméenne avaient réussi à prévoir leur plan d’attaque sur cet avant-poste. Nous devions prévenir les shinobi Kiréens pour empêcher que cette position stratégique ne tombe entre les mains de ses chiens. »
[Ren’ai] « Mais à cette époque l’armistice avait été signée ! » déclara-t-il.
« Exact, mais Kumo rêvait et rêve toujours de faire main basse sur nos îles. En tout cas, même si nous connaissions leurs intentions, nous ne pouvions pas prendre de réelles initiatives sous peine de déclarer une nouvelle guerre : comprends le gouvernement Ren’ai, Kumo n’avait pas encore lancé d’offensives, il pouvait donc plaider l’innocence et renforcer ses contacts avec les autres pays à nos dépends. Et avec ce point stratégique, conquérir notre capitale aurait été un jeu d’enfant car nous n’avions plus beaucoup de troupes. Le temps nous était compté.
Aussi surveillait-il étroitement les alentours de la zone tactique. Nous étions pris en « fourchette ». Notre seul espoir résidait en notre message. »
[Ren’ai] « Dans ce cas, comment ont-ils su avec précision notre itinéraire ainsi que notre position ? » Ren’ai semblait s’énerver au fur et à mesure que Takeo parlait. Ce dernier ne prêtait pas grande attention à la jeune fille, préférant se concentrer sur l’homme.
« On arrive à la deuxième partie du message.
Dans notre camp, un petit politicien gagnait du pouvoir rapidement. Impopulaire et tyrannique, nul ne prévoyait ses ambitions. Peut-être pouvait-il s’allier à Kumo pour de l’argent, peut-être pas. Autant est-il que cet être était soupçonné de vouloir renverser le régime déjà instable. Dans le message que nous devions apporter nous les mettions en garde contre cet homme. »
[Ine] « Quel est-il ? »
« Je ne pense pas que son nom va t’éclairer, Ine-san. » Ren’ai le regarda alors intensivement, il retrouvait peu à peu le regard d’autrefois. Takeo ne put s’empêcher de répondre, dans un soupir. « Nezu. »
[Ren’ai] « Alors c’est lui qui nous a trahi ! ? »
« Pas de conclusion hâtive mon ami. Tiens, nous sommes arrivés devant chez toi, comme prévu. »
[Ren’ai] « Comment ? Mais on devait aller dans ton immeuble pour discuter de ça calmement. »
« Nous serons bien chez toi aussi, n’est-ce pas ? » Dit-il un sourire aux lèvres.
[Ren’ai] « Tu te joues de nous, tu te joues de moi Takeo ! Qu’as-tu en tête ? » Ren’ai perdait son calme habituel. Le Chuunin avait sûrement été trop direct avec lui. Ine tenta de le calmer, avec succès cette fois.
« Holà, gardes ton calme mon ami. Si je t’ai amené ici, c’est que tu seras non seulement plus à l’aise chez toi, mais que tu pourras te reposer juste après notre discussion lorsque je partirai. Et puis, aurais-tu accepté de quitter la taverne pour rentrer chez toi, calmement ? » Il ne reçut pas de réponse à cette question.« Bien, reprenons. » Ils poussèrent la porte d’entrée de la maison et allèrent s’asseoir dans les fauteuils. Ren’ai était tiraillé par plusieurs émotions sans qu’aucune ne prennent le dessus.
« Je disais donc de ne pas conclure trop hâtivement...
Après l’échec de la traversée dans la rizière, et après que je t’aies déposé chez Ine, j’avais le choix entre deux options.
D’un côté, impossible de prévoir dans combien de temps l’assaut Kuméen serait donné, surtout après notre intrusion. De plus il fallait un certain temps pour organiser la défense.
Mais dans l’autre main, j’avais les capacités de vous guérir…
Oui, si je l’avais fait à cet instant précis, Taki pourrait encore être shinobi, et toi…
Tu n’aurais sûrement pas enduré toutes ces souffrances. »
Ensuite: J'espère que mon texte coïncidera avec ce que tu as imaginé, car là, je me suis permis beaucoup de révélations pour avancer.
Si pas tout hasard, quelque chose n'allait pas, il reste bien évidemment l'édit.]
[Ren’ai] « C'était... un message, je crois. » Il surmontait petit à petit sa peur de l’événement. La « gamine » n’y était sûrement pas innocente. « Oui, c'est cela, nous devions porter un message ultra-confidentiel.
Je me suis éloigné... il y avait cette sensation. Comme un appel. Je n'ai pas compris sur le coup que ce devait être un genjutsu. Mais le kuméen... » Il arrivait désormais à réfléchir convenablement à la précédente situation. A ceci près que le genjutsu avait sûrement atteint l’équipe entière.
Mais soudainement, l’ancien shinobi releva brutalement sa tête et déclara d’une voix chaude. « Bien sûr, c'était des chiens de kuméens ! Le message devait être compromettant. Bon sang, Tak', on a été trahi ! »
Le Chuunin n’irait pas jusque là. Il avait réfléchi longtemps après son échec la raison de celui-ci. S’il est vrai que rien ne laissait prévoir leur mission, ces bâtards étaient néanmoins très sur leurs gardes dès leur arrivée. Mais tout cela coïncidait avec la situation d’époque.
Ren’ai semblait de plus en plus sûr de sa thèse, sentant qu’il se rapprochait du but, il devenait enflammé.
[Ren’] « Réfléchis, Takeo. Comment auraient-ils pu savoir sinon que nous transportions ce message ? Quelqu'un a trahi. Quelque de la hiérarchie, ou quelqu'un de l'équipe. »
Le Chuunin restait muet il attendait que son ancien subalterne termine le flot de sa pensée. Il gardait cependant un lot de réponses enfoui en lui. Il n’avait jamais vu son aîné aussi impatient, déchaîné. Regardé de travers, son expression semblait démente. Un instant Takeo perdit son habituelle assurance. Comment pouvait-il être si calme alors qu’à côté de lui, un être cher s’agitait tel une furie. Ses accusations n’étaient pas fondées mais pas fondamentalement erronées. Il hésita un moment avant de l’interrompre, quand il reçu un coup dans le tibia. Il étouffa un cri en buvant une gorgée de son jus. Ine, incrédule, demandait au Chuunin de mettre sa patience au travail, une fois de plus.
Mais que devait-il attendre ? Le gouvernement de l’époque, pourri, reprenait de sa « superbe » et des mots malencontreusement lancés au milieu de la taverne pourraient bien provoquer l’arrêt du Chuunin. Alors devait-il arrêter Ren’ai, ou le laisser continuer ?
Ce dernier prit sa tête dans ses mains et posa ses coudes sur la table. Il en avait apparemment assez de revivre ce moment, ces passages cauchemardesques de sa vie et bien qu’Ine tâchait de le réconforter, il commença à trembloter. Le bord de ses yeux devint rouge d’exaspération, et ses tremblements gagnèrent de l’ampleur.
Il était temps. Takeo, maintenant dans le dos de Ren’, lui posa sa main sur l’épaule. Il s’était levé à une vitesse remarquable. L’ex Chuunin se calma, le jutsu médical que Takeo lui administrait via sa paume semblait efficace. Il lança deux piécettes comme paiement sur la table et invita le couple à terminer la discussion loin d’oreilles indiscrètes – cette fois plus pour protéger Ren’ai lui-même que son secret.
« Allons chez moi maintenant. Fini le temps des questions, je vais tout dévoiler. »
* Quitte ou double : j’espère que cette marche va lui permettre d’assimiler ce que je viens de lui dire et de reposer son esprit plutôt que de le fatiguer. *
Il soutint son regard envers Ine, interrogatrice, lui indiquant de lui faire confiance. Elle ne semblait pas sûre d’elle, ni de lui d’ailleurs. Pouvait-elle réellement lui faire confiance ? Actuellement, elle lui confiait le malade : Takeo pouvait très bien ruiner le moral de celui-ci s’il ne jouait pas finement son jeu. Cependant elle sentait depuis la rencontre, un sentiment… pour le moins étrange. Non pas indescriptible, mais mêlé de plusieurs sensations. Et s’il y avait encore de l’espoir pour son ami blessé ?
Ils se levèrent et Takeo passa sa veste doublée à son camarade. Il refusa tout d’abord, mais comme son supérieur l’y obligea, il fut contraint de l’accepter. Ensemble ils sortirent de la tanière.
* Bon, comment vais-je m’y prendre ? Fait-on des pauses ? Dans ce cas là je raconte au fur et à mesure ?… Ou bien, je raconte tout à notre arrivée ? Hum…
Il se fait tard, et je sens qu’en plus du stress la fatigue le gagne progressivement. Mieux vaut y aller en douceur. *
Le groupe continuait d’avancer dans la nuit, mais avait changé de direction: le logis de Ren’ai. Le couple ne s’en rendait pas compte, trop occupé à réfléchir. Takeo avait décidé qu’une nuit de sommeil ne serait pas de trop pour digérer les révélations. Aussi le trajet de son habitation à celle de son camarade le fatiguerait à coup sûr.
« J’ai déjà réfléchi aux possibilités que tu as énoncées Ren’-san. Et je peux d’ores et déjà annihiler la deuxième hypothèse. Toi mieux que quiconque sait que nul n’aurait trahi. Et pour preuve : les deux autres membres de notre équipe ont subi de lourds, très lourds dommages. Un a succombé sur le coup, l’autre n’est plus en état de combattre. Alors, oui, il n’y a que moi qui n’aies subi que peu de blessures, mais quand je te raconterai la suite de la mission tu comprendra sûrement que je n’aies pas de rapport avec une quelconque trahison.
Si le message avait été compromettant pour Kiri, ils ne l’auraient pas envoyés tout bonnement. De plus cette mission était secrète, et les personnes ciblées par le message n’avaient aucun moyens d’en savoir le contenu. » Ren'ai écraquilla les yeux, soudain illuminé.
[Ren’ai] « Mais c’est vrai, avant le départ… »
« Oui, comme avant chaque mission: j’ai lu le contenu du message. Il était composé en plusieurs parties distinctes. » Il fit une courte pause, laissant Ine et Ren’ai patienter. « Comme dit précédemment nous devions l’emmener à un avant-poste, situé dans une région où des tensions persistaient avec le pays de la foudre. Voilà ce que disait la première partie du message : des espions infiltrés dans l’armée Kuméenne avaient réussi à prévoir leur plan d’attaque sur cet avant-poste. Nous devions prévenir les shinobi Kiréens pour empêcher que cette position stratégique ne tombe entre les mains de ses chiens. »
[Ren’ai] « Mais à cette époque l’armistice avait été signée ! » déclara-t-il.
« Exact, mais Kumo rêvait et rêve toujours de faire main basse sur nos îles. En tout cas, même si nous connaissions leurs intentions, nous ne pouvions pas prendre de réelles initiatives sous peine de déclarer une nouvelle guerre : comprends le gouvernement Ren’ai, Kumo n’avait pas encore lancé d’offensives, il pouvait donc plaider l’innocence et renforcer ses contacts avec les autres pays à nos dépends. Et avec ce point stratégique, conquérir notre capitale aurait été un jeu d’enfant car nous n’avions plus beaucoup de troupes. Le temps nous était compté.
Aussi surveillait-il étroitement les alentours de la zone tactique. Nous étions pris en « fourchette ». Notre seul espoir résidait en notre message. »
[Ren’ai] « Dans ce cas, comment ont-ils su avec précision notre itinéraire ainsi que notre position ? » Ren’ai semblait s’énerver au fur et à mesure que Takeo parlait. Ce dernier ne prêtait pas grande attention à la jeune fille, préférant se concentrer sur l’homme.
« On arrive à la deuxième partie du message.
Dans notre camp, un petit politicien gagnait du pouvoir rapidement. Impopulaire et tyrannique, nul ne prévoyait ses ambitions. Peut-être pouvait-il s’allier à Kumo pour de l’argent, peut-être pas. Autant est-il que cet être était soupçonné de vouloir renverser le régime déjà instable. Dans le message que nous devions apporter nous les mettions en garde contre cet homme. »
[Ine] « Quel est-il ? »
« Je ne pense pas que son nom va t’éclairer, Ine-san. » Ren’ai le regarda alors intensivement, il retrouvait peu à peu le regard d’autrefois. Takeo ne put s’empêcher de répondre, dans un soupir. « Nezu. »
[Ren’ai] « Alors c’est lui qui nous a trahi ! ? »
« Pas de conclusion hâtive mon ami. Tiens, nous sommes arrivés devant chez toi, comme prévu. »
[Ren’ai] « Comment ? Mais on devait aller dans ton immeuble pour discuter de ça calmement. »
« Nous serons bien chez toi aussi, n’est-ce pas ? » Dit-il un sourire aux lèvres.
[Ren’ai] « Tu te joues de nous, tu te joues de moi Takeo ! Qu’as-tu en tête ? » Ren’ai perdait son calme habituel. Le Chuunin avait sûrement été trop direct avec lui. Ine tenta de le calmer, avec succès cette fois.
« Holà, gardes ton calme mon ami. Si je t’ai amené ici, c’est que tu seras non seulement plus à l’aise chez toi, mais que tu pourras te reposer juste après notre discussion lorsque je partirai. Et puis, aurais-tu accepté de quitter la taverne pour rentrer chez toi, calmement ? » Il ne reçut pas de réponse à cette question.« Bien, reprenons. » Ils poussèrent la porte d’entrée de la maison et allèrent s’asseoir dans les fauteuils. Ren’ai était tiraillé par plusieurs émotions sans qu’aucune ne prennent le dessus.
« Je disais donc de ne pas conclure trop hâtivement...
Après l’échec de la traversée dans la rizière, et après que je t’aies déposé chez Ine, j’avais le choix entre deux options.
D’un côté, impossible de prévoir dans combien de temps l’assaut Kuméen serait donné, surtout après notre intrusion. De plus il fallait un certain temps pour organiser la défense.
Mais dans l’autre main, j’avais les capacités de vous guérir…
Oui, si je l’avais fait à cet instant précis, Taki pourrait encore être shinobi, et toi…
Tu n’aurais sûrement pas enduré toutes ces souffrances. »

Darok- Juunin Spécial de Kiri

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Re: Parc de Kiri
Au grand soulagement d’Ine, Takeo ne s’énerva pas après Ren’ai. Elle ne put s’empêcher de respirer. Elle commençait à bien connaître son homme, et là ça n’allait vraiment pas. Ren’ai, ne se rendant pas compte de l’échange entre les deux jeunes gens, se mit à trembler avec un peu plus d’intensité. La fatigue, l’énervement se faisaient sentir. Il plaqua ses mains contre ses tempes, et ne sentit même pas celle d’Ine qui toucha son poignet.
Takeo se leva et se mit dans le dos de Ren’ai, et ce très rapidement. Ine perçut l’infime décharge de chakra qui calma instantanément l’ex-chuunin. De la médecine, donc. Takeo lui lança un regard lourd de sens. Elle hocha la tête en signe d’assentiment, se leva elle-même et attrappa le bras de Ren’ai pour l’inviter à la suivre. Le médecin déposa le règlement de leur commande sur la table, et fit :
« Allons chez moi maintenant. Fini le temps des questions, je vais tout dévoiler. »
Cette phrase, Ine attendait de l’entendre depuis le début de leur conversation. Mais maintenant qu’elle avait été lancée, elle jeta un regard inquiet en direction de Ren’ai, puis vers Takeo qui le lui rendit de façon soutenue. Très probablement, il avait senti l’inquiétude et l’interrogation qui la tenaillaient, à propos du convalescent et de l’idée de le lui en confier.
Soudain furieuse contre elle-même, Ine balaya ces idées malsaines de son esprit. Il est des choses qui ne trompent pas, et le visage de Takeo en faisait partie. Ce sentiment - étrange !- de sécurité qu’elle éprouvait avec lui plus qu’avec aucun autre lui donnait envie de lui faire confiance. Il y avait d’ailleurs de quoi se poser des questions. Depuis qu’elle était à Kiri, elle s’était fortement attachée à Ren, à Zen aussi, maintenant… Takeo ? Il y avait sans doute une explication à cela, à ce qui effaçait la méfiance première qu’elle ressentait face à un homme, et ce depuis le malencontreux événement qui l’avait brisée une fois encore plus tôt dans la journée, face à la pupille de son professeur.
Il n’y avait d’ailleurs qu’une seule explication ; c’était Kiri no Kuni, les shinobi de la brume, qui avaient effacé cette méfiance, qui lui avait donné à la place le petit embryon de confiance qui émergeait peu à peu en elle. La jeune femme sourit à Takeo. Si lui ne pouvait aider Ren’ai à retrouver son passé, alors qui le pourrait ? Il incarnait sans nul doute le seul espoir de son compagnon.
Le ninja dût percevoir qu’Ine s’était détendue, et il passa sa veste doublée à Ren’ai qui tremblait toujours un peu. Celui-ci hocha la tête négativement, mais céda sous le regard impérieux que lui lança alors le chuunin médecin. Ils sortirent tous les trois du restaurant, et se retrouvèrent de nouveau dans le froid mordant de la nuit avancée.
Alors qu’ils avançaient, l’esprit d’Ine était en ébullition. Beaucoup de choses se passaient ce jour-là, c’était assez étonnant comme tout pouvait arriver dans le même temps. Elle ne pourrait sans doute pas parler de son propre passé le soir même à Ren’ai, et elle avait un peu peur de ne remettre cela sans arrêt, de ne pas avoir el courage d’en parler. Le comportement de Ren’ai en attestait ; toute chose n’est pas bonne à dire, et encore moins à entendre. Heureusement, Takeo interrompit ses pensées négativistes :
« J’ai déjà réfléchi aux possibilités que tu as énoncées Ren’-san. Et je peux d’ores et déjà annihiler la deuxième hypothèse. Toi mieux que quiconque sait que nul n’aurait trahi. Et pour preuve : les deux autres membres de notre équipe ont subi de lourds, très lourds dommages. Un a succombé sur le coup, l’autre n’est plus en état de combattre. Alors, oui, il n’y a que moi qui n’aies subi que peu de blessures, mais quand je te raconterai la suite de la mission tu comprendra sûrement que je n’aies pas de rapport avec une quelconque trahison.
Si le message avait été compromettant pour Kiri, ils ne l’auraient pas envoyés tout bonnement. De plus cette mission était secrète, et les personnes ciblées par le message n’avaient aucun moyens d’en savoir le contenu. »
Ces révélations semblèrent réveiller Ren’ai, qui écarquilla les yeux et s’exclama :
« Mais c’est vrai, avant le départ… »
Avec un brin d’autorité dans la voix, Takeo le coupa, et fit, en ponctuant son discours de pauses qui entretenaient le suspens :
« Oui, comme avant chaque mission: j’ai lu le contenu du message. Il était composé en plusieurs parties distinctes.
Comme dit précédemment nous devions l’emmener à un avant-poste, situé dans une région où des tensions persistaient avec le pays de la foudre. Voilà ce que disait la première partie du message : des espions infiltrés dans l’armée Kuméenne avaient réussi à prévoir leur plan d’attaque sur cet avant-poste. Nous devions prévenir les shinobi Kiréens pour empêcher que cette position stratégique ne tombe entre les mains de ces chiens. »
Ine écoutait attentivement ce pan de l’histoire de Kiri qu’elle ne connaissait pas encore. Cinq années auparavant, donc, Kiri avait été en guerre contre un autre village caché de shinobi, en l’occurrence ici Kumo ? Elle fouilla dans sa mémoire, mais celle-ci ne contenait pas d’informations précises sur Kumo no Kuni. Ce qui n’était pas le cas de Ren’ai, qui déclara :
« Mais à cette époque l’armistice avait été signée ! »
[Takeo]
« Exact, mais Kumo rêvait et rêve toujours de faire main basse sur nos îles. En tout cas, même si nous connaissions leurs intentions, nous ne pouvions pas prendre de réelles initiatives sous peine de déclarer une nouvelle guerre : comprends le gouvernement Ren’ai, Kumo n’avait pas encore lancé d’offensives, il pouvait donc plaider l’innocence et renforcer ses contacts avec les autres pays à nos dépends. Et avec ce point stratégique, conquérir notre capitale aurait été un jeu d’enfant car nous n’avions plus beaucoup de troupes. Le temps nous était compté. Aussi surveillait-il étroitement les alentours de la zone tactique. Nous étions pris en « fourchette ». Notre seul espoir résidait en notre message. »
« Dans ce cas, comment ont-ils su avec précision notre itinéraire ainsi que notre position ? »
Ine suivait avec la plus grande attention l’échange entre les deux hommes, tâchant de comprendre la géopolitique et la tactique de l’époque. Devant la complexité de l’affaire, elle remercia mentalement les Fortunes de n’avoir été qu’une adolescente alors.
Mais Ren’ai, lui, s’énervait un peu plus à mesure que Takeo poursuivait :
« On arrive à la deuxième partie du message.
Dans notre camp, un petit politicien gagnait du pouvoir rapidement. Impopulaire et tyrannique, nul ne prévoyait ses ambitions. Peut-être pouvait-il s’allier à Kumo pour de l’argent, peut-être pas. Autant est-il que cet être était soupçonné de vouloir renverser le régime déjà instable. Dans le message que nous devions apporter nous les mettions en garde contre cet homme. »
« Quel est-il ? » ne put s’empêcher de demander la jeune femme. La médecin daigna enfin la considérer, et répondit, avec un soupir :
« Je ne pense pas que son nom va t’éclairer, Ine-san.
Nezu. »
[Ren’ai] « Alors c’est lui qui nous a trahi ! ? »
Devant la véhémence de son compagnon, Ine sursauta un peu. Elle se demanda qui était ce Nezu, qu’aucun des deux hommes ne semblait porter dans son cœur. Takeo, lui, tâcha de calmer Ren’ai :
« Pas de conclusion hâtive mon ami. Tiens, nous sommes arrivés devant chez toi, comme prévu. »
Comme prévu ? Ine dévisagea le chuunin, se demandant soudain quel jeu celui-ci jouait. Ren’ai, lui, s’insurgea :
« Comment ? Mais on devait aller dans ton immeuble pour discuter de ça calmement ! »
« Nous serons bien chez toi aussi, n’est-ce pas ? »
« Tu te joues de nous, tu te joues de moi Takeo ! Qu’as-tu en tête ? »
Ine vit venir le drame. Elle attrappa le poignet d’un Ren’ai à bout de nerfs, loin du Ren’ai au calme légendaire habituel. L’ex-chuunin plongea dans les yeux tristes de sa jeune compagne et se maîtrisa instantanément. Takeo lança, d’un ton rieur qui détendit l’atmosphère :
« Holà, gardes ton calme mon ami. Si je t’ai amené ici, c’est que tu seras non seulement plus à l’aise chez toi, mais que tu pourras te reposer juste après notre discussion lorsque je partirai. Et puis, aurais-tu accepté de quitter la taverne pour rentrer chez toi, calmement ? »
La jeune kunoichi eut un petit sourire en coin. Bien sûr que non, Ren’ai n’aurait pas accepté. Celui-ci afficha une moue mutine, mais ne dit rien. Il entrèrent dans la petite habitation.
Laissant les deux hommes s’installer dans le petit salon, Ine alla attrapper une bouteille de sake dans la cuisine et en remplit trois soucoupes qu’elle ramena avec elle. Elle tendit la boisson aux deux shinobi, et s’assit elle-même dans l’un des fauteuils miteux.
L’atmosphère réchauffée du petit salon étant plus intimiste que la taverne de la Fleur Polaire, elle incitait aux confidences. Pour la première fois de la soirée, Takeo laissa échapper la culpabilité que lui-même ressentait dans l’histoire :
« Je disais donc de ne pas conclure trop hâtivement...
Après l’échec de la traversée dans la rizière, et après que je t’aies déposé chez Ine, j’avais le choix entre deux options.
D’un côté, impossible de prévoir dans combien de temps l’assaut Kuméen serait donné, surtout après notre intrusion. De plus il fallait un certain temps pour organiser la défense.
Mais dans l’autre main, j’avais les capacités de vous guérir…
Oui, si je l’avais fait à cet instant précis, Taki pourrait encore être shinobi, et toi…
Tu n’aurais sûrement pas enduré toutes ces souffrances. »
Le silence tomba dans la petite pièce. Ine baissa les yeux. Elle le connaissait, ce sentiment de culpabilité. Elle savait surtout combien il était difficile de vivre avec ce poids sur le coeur. Presque instinctivement, elle posa sa main sur celle de Takeo.Le shinobi médecin tressaillit mais ne dit rien ; il se contenta de dévisager la jeune femme.
Ine soutint le regard de Takeo. Ses yeux ne montraient pas de pitié, juste l'étincelle qui montrait qu'elle savait ce qu'il ressentait pour l'avoir elle-même vécu, d'une manière un peu différente. Maintenant, elle comprenait ce qu'il avait dû se passer. Takeo avait dû faire face à deux choix.Le premier, amener Ren'ai plutôt que Taki chez Ine, ce qui avait en soi constituer une perte de temps dans la poursuite de la mission. Or, s'il y avait bien une chose dont Ine était consciente, c'était que la mission était sensée primer sur tout autre chose. Par là déjà, il avait manqué à son devoir.Le deuxième choix auquel le chuunin avait été confronté, c'était sauver Taki, ou la laisser à son sort pour terminer en urgence la mission, à savoir délivrer son message avant qu'il ne soit trop tard. L'embuscade par les Kuméens démontrait bien qu'ils en savaient déjà beaucoup trop pour risquer perdre de l'avance, si tant est qu'il en avait encore un peu.
La trame des évènements passés se déroulant petit à petit dans sa tête, elle y voyait désormais un peu plus clair. Elle se pencha un peu, coinça derrière une oreille une mèche qui dansait devant ses yeux et serra un peu plus la main de Takeo :
"Tu as donc poursuivi seul votre mission. Que s'est-il passé, ensuite ?"
L'homme tressaillit presque imperceptiblement. Sa fierté lui commandait sans doute de ne pas montrer de telles choses, mais Ine sentit ce tressaillement au creux de sa main.Elle était curieuse de connaître la suite. Ren'ai était lui aussi pendu aux lèvres de son ex-supérieur.
Takeo poussa un long soupir. Il était difficile de faire marche arrière désormais.
"Je suis effectivement reparti, pour terminer la mission."
Takeo se leva et se mit dans le dos de Ren’ai, et ce très rapidement. Ine perçut l’infime décharge de chakra qui calma instantanément l’ex-chuunin. De la médecine, donc. Takeo lui lança un regard lourd de sens. Elle hocha la tête en signe d’assentiment, se leva elle-même et attrappa le bras de Ren’ai pour l’inviter à la suivre. Le médecin déposa le règlement de leur commande sur la table, et fit :
« Allons chez moi maintenant. Fini le temps des questions, je vais tout dévoiler. »
Cette phrase, Ine attendait de l’entendre depuis le début de leur conversation. Mais maintenant qu’elle avait été lancée, elle jeta un regard inquiet en direction de Ren’ai, puis vers Takeo qui le lui rendit de façon soutenue. Très probablement, il avait senti l’inquiétude et l’interrogation qui la tenaillaient, à propos du convalescent et de l’idée de le lui en confier.
Soudain furieuse contre elle-même, Ine balaya ces idées malsaines de son esprit. Il est des choses qui ne trompent pas, et le visage de Takeo en faisait partie. Ce sentiment - étrange !- de sécurité qu’elle éprouvait avec lui plus qu’avec aucun autre lui donnait envie de lui faire confiance. Il y avait d’ailleurs de quoi se poser des questions. Depuis qu’elle était à Kiri, elle s’était fortement attachée à Ren, à Zen aussi, maintenant… Takeo ? Il y avait sans doute une explication à cela, à ce qui effaçait la méfiance première qu’elle ressentait face à un homme, et ce depuis le malencontreux événement qui l’avait brisée une fois encore plus tôt dans la journée, face à la pupille de son professeur.
Il n’y avait d’ailleurs qu’une seule explication ; c’était Kiri no Kuni, les shinobi de la brume, qui avaient effacé cette méfiance, qui lui avait donné à la place le petit embryon de confiance qui émergeait peu à peu en elle. La jeune femme sourit à Takeo. Si lui ne pouvait aider Ren’ai à retrouver son passé, alors qui le pourrait ? Il incarnait sans nul doute le seul espoir de son compagnon.
Le ninja dût percevoir qu’Ine s’était détendue, et il passa sa veste doublée à Ren’ai qui tremblait toujours un peu. Celui-ci hocha la tête négativement, mais céda sous le regard impérieux que lui lança alors le chuunin médecin. Ils sortirent tous les trois du restaurant, et se retrouvèrent de nouveau dans le froid mordant de la nuit avancée.
Alors qu’ils avançaient, l’esprit d’Ine était en ébullition. Beaucoup de choses se passaient ce jour-là, c’était assez étonnant comme tout pouvait arriver dans le même temps. Elle ne pourrait sans doute pas parler de son propre passé le soir même à Ren’ai, et elle avait un peu peur de ne remettre cela sans arrêt, de ne pas avoir el courage d’en parler. Le comportement de Ren’ai en attestait ; toute chose n’est pas bonne à dire, et encore moins à entendre. Heureusement, Takeo interrompit ses pensées négativistes :
« J’ai déjà réfléchi aux possibilités que tu as énoncées Ren’-san. Et je peux d’ores et déjà annihiler la deuxième hypothèse. Toi mieux que quiconque sait que nul n’aurait trahi. Et pour preuve : les deux autres membres de notre équipe ont subi de lourds, très lourds dommages. Un a succombé sur le coup, l’autre n’est plus en état de combattre. Alors, oui, il n’y a que moi qui n’aies subi que peu de blessures, mais quand je te raconterai la suite de la mission tu comprendra sûrement que je n’aies pas de rapport avec une quelconque trahison.
Si le message avait été compromettant pour Kiri, ils ne l’auraient pas envoyés tout bonnement. De plus cette mission était secrète, et les personnes ciblées par le message n’avaient aucun moyens d’en savoir le contenu. »
Ces révélations semblèrent réveiller Ren’ai, qui écarquilla les yeux et s’exclama :
« Mais c’est vrai, avant le départ… »
Avec un brin d’autorité dans la voix, Takeo le coupa, et fit, en ponctuant son discours de pauses qui entretenaient le suspens :
« Oui, comme avant chaque mission: j’ai lu le contenu du message. Il était composé en plusieurs parties distinctes.
Comme dit précédemment nous devions l’emmener à un avant-poste, situé dans une région où des tensions persistaient avec le pays de la foudre. Voilà ce que disait la première partie du message : des espions infiltrés dans l’armée Kuméenne avaient réussi à prévoir leur plan d’attaque sur cet avant-poste. Nous devions prévenir les shinobi Kiréens pour empêcher que cette position stratégique ne tombe entre les mains de ces chiens. »
Ine écoutait attentivement ce pan de l’histoire de Kiri qu’elle ne connaissait pas encore. Cinq années auparavant, donc, Kiri avait été en guerre contre un autre village caché de shinobi, en l’occurrence ici Kumo ? Elle fouilla dans sa mémoire, mais celle-ci ne contenait pas d’informations précises sur Kumo no Kuni. Ce qui n’était pas le cas de Ren’ai, qui déclara :
« Mais à cette époque l’armistice avait été signée ! »
[Takeo]
« Exact, mais Kumo rêvait et rêve toujours de faire main basse sur nos îles. En tout cas, même si nous connaissions leurs intentions, nous ne pouvions pas prendre de réelles initiatives sous peine de déclarer une nouvelle guerre : comprends le gouvernement Ren’ai, Kumo n’avait pas encore lancé d’offensives, il pouvait donc plaider l’innocence et renforcer ses contacts avec les autres pays à nos dépends. Et avec ce point stratégique, conquérir notre capitale aurait été un jeu d’enfant car nous n’avions plus beaucoup de troupes. Le temps nous était compté. Aussi surveillait-il étroitement les alentours de la zone tactique. Nous étions pris en « fourchette ». Notre seul espoir résidait en notre message. »
« Dans ce cas, comment ont-ils su avec précision notre itinéraire ainsi que notre position ? »
Ine suivait avec la plus grande attention l’échange entre les deux hommes, tâchant de comprendre la géopolitique et la tactique de l’époque. Devant la complexité de l’affaire, elle remercia mentalement les Fortunes de n’avoir été qu’une adolescente alors.
Mais Ren’ai, lui, s’énervait un peu plus à mesure que Takeo poursuivait :
« On arrive à la deuxième partie du message.
Dans notre camp, un petit politicien gagnait du pouvoir rapidement. Impopulaire et tyrannique, nul ne prévoyait ses ambitions. Peut-être pouvait-il s’allier à Kumo pour de l’argent, peut-être pas. Autant est-il que cet être était soupçonné de vouloir renverser le régime déjà instable. Dans le message que nous devions apporter nous les mettions en garde contre cet homme. »
« Quel est-il ? » ne put s’empêcher de demander la jeune femme. La médecin daigna enfin la considérer, et répondit, avec un soupir :
« Je ne pense pas que son nom va t’éclairer, Ine-san.
Nezu. »
[Ren’ai] « Alors c’est lui qui nous a trahi ! ? »
Devant la véhémence de son compagnon, Ine sursauta un peu. Elle se demanda qui était ce Nezu, qu’aucun des deux hommes ne semblait porter dans son cœur. Takeo, lui, tâcha de calmer Ren’ai :
« Pas de conclusion hâtive mon ami. Tiens, nous sommes arrivés devant chez toi, comme prévu. »
Comme prévu ? Ine dévisagea le chuunin, se demandant soudain quel jeu celui-ci jouait. Ren’ai, lui, s’insurgea :
« Comment ? Mais on devait aller dans ton immeuble pour discuter de ça calmement ! »
« Nous serons bien chez toi aussi, n’est-ce pas ? »
« Tu te joues de nous, tu te joues de moi Takeo ! Qu’as-tu en tête ? »
Ine vit venir le drame. Elle attrappa le poignet d’un Ren’ai à bout de nerfs, loin du Ren’ai au calme légendaire habituel. L’ex-chuunin plongea dans les yeux tristes de sa jeune compagne et se maîtrisa instantanément. Takeo lança, d’un ton rieur qui détendit l’atmosphère :
« Holà, gardes ton calme mon ami. Si je t’ai amené ici, c’est que tu seras non seulement plus à l’aise chez toi, mais que tu pourras te reposer juste après notre discussion lorsque je partirai. Et puis, aurais-tu accepté de quitter la taverne pour rentrer chez toi, calmement ? »
La jeune kunoichi eut un petit sourire en coin. Bien sûr que non, Ren’ai n’aurait pas accepté. Celui-ci afficha une moue mutine, mais ne dit rien. Il entrèrent dans la petite habitation.
Laissant les deux hommes s’installer dans le petit salon, Ine alla attrapper une bouteille de sake dans la cuisine et en remplit trois soucoupes qu’elle ramena avec elle. Elle tendit la boisson aux deux shinobi, et s’assit elle-même dans l’un des fauteuils miteux.
L’atmosphère réchauffée du petit salon étant plus intimiste que la taverne de la Fleur Polaire, elle incitait aux confidences. Pour la première fois de la soirée, Takeo laissa échapper la culpabilité que lui-même ressentait dans l’histoire :
« Je disais donc de ne pas conclure trop hâtivement...
Après l’échec de la traversée dans la rizière, et après que je t’aies déposé chez Ine, j’avais le choix entre deux options.
D’un côté, impossible de prévoir dans combien de temps l’assaut Kuméen serait donné, surtout après notre intrusion. De plus il fallait un certain temps pour organiser la défense.
Mais dans l’autre main, j’avais les capacités de vous guérir…
Oui, si je l’avais fait à cet instant précis, Taki pourrait encore être shinobi, et toi…
Tu n’aurais sûrement pas enduré toutes ces souffrances. »
Le silence tomba dans la petite pièce. Ine baissa les yeux. Elle le connaissait, ce sentiment de culpabilité. Elle savait surtout combien il était difficile de vivre avec ce poids sur le coeur. Presque instinctivement, elle posa sa main sur celle de Takeo.Le shinobi médecin tressaillit mais ne dit rien ; il se contenta de dévisager la jeune femme.
Ine soutint le regard de Takeo. Ses yeux ne montraient pas de pitié, juste l'étincelle qui montrait qu'elle savait ce qu'il ressentait pour l'avoir elle-même vécu, d'une manière un peu différente. Maintenant, elle comprenait ce qu'il avait dû se passer. Takeo avait dû faire face à deux choix.Le premier, amener Ren'ai plutôt que Taki chez Ine, ce qui avait en soi constituer une perte de temps dans la poursuite de la mission. Or, s'il y avait bien une chose dont Ine était consciente, c'était que la mission était sensée primer sur tout autre chose. Par là déjà, il avait manqué à son devoir.Le deuxième choix auquel le chuunin avait été confronté, c'était sauver Taki, ou la laisser à son sort pour terminer en urgence la mission, à savoir délivrer son message avant qu'il ne soit trop tard. L'embuscade par les Kuméens démontrait bien qu'ils en savaient déjà beaucoup trop pour risquer perdre de l'avance, si tant est qu'il en avait encore un peu.
La trame des évènements passés se déroulant petit à petit dans sa tête, elle y voyait désormais un peu plus clair. Elle se pencha un peu, coinça derrière une oreille une mèche qui dansait devant ses yeux et serra un peu plus la main de Takeo :
"Tu as donc poursuivi seul votre mission. Que s'est-il passé, ensuite ?"
L'homme tressaillit presque imperceptiblement. Sa fierté lui commandait sans doute de ne pas montrer de telles choses, mais Ine sentit ce tressaillement au creux de sa main.Elle était curieuse de connaître la suite. Ren'ai était lui aussi pendu aux lèvres de son ex-supérieur.
Takeo poussa un long soupir. Il était difficile de faire marche arrière désormais.
"Je suis effectivement reparti, pour terminer la mission."

Watagumo Ine- Genin de Kiri

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Re: Parc de Kiri
Ine compatissait avec ma peine, et j’essayais de la masquer, inutilement. J’attendais la réaction de Ren’ai, et je la soupçonnais violente, inconsciente et non retenue. Je désirais qu’il se défoule, qu’il me lance ses quatre vérités, un coup de poing ou je ne sais quoi encore. J’attendais la remontée de ses sentiments, l’explosion de son calme si longtemps enchaîné. Il était en droit de m’incendier, me bafouer de tous les noms, même renier mon grade.
Je pensais n’avoir plus rien à lui dire après la mission, je me voilais la face. Même maintenant que je suis en face de lui, que vois sa mine affaiblie, son corps ragaillardi, ses yeux cernés, je garde mon sourire hypocrite. Comment puis-je garder cette attitude intarissable ? Après tout, je… je suis un criminel.
J’ai abandonné les membres de mon équipe.
J’ai tué les membres de mon équipe.
J’ai abandonné Ren’ai.
J’ai tué les cinq dernières années de sa vie, et je tuerai aussi les prochaines.
Le seul qui ne devrait plus avoir le droit d’être ninja, c’est moi. Lui, il est innocent, et pourtant, c’est lui qui souffre le plus. Je ne comprends pas très bien la logique de cette histoire, dont je suis l’un des acteurs principaux malheureusement.
Ah ! Comme j’aimerai revenir en arrière, dans le passé, corriger cette erreur phénoménale. Ne pas être reparti, ne pas être tombé dans ce piège mortel pour mes équipiers, ne pas avoir été choisi pour cette mission. Et je ne pense pas être le seul. Lui aussi, en face de moi, il ne doit rêver chaque jour que d’une vie sans ce maléfice, une vie normale, dont il pourrait profiter pleinement. Une vie agréable.
Une fois de plus, je me voile la face, et je m’enfuit de mes responsabilités. Le chef d’équipe, c’est moi. Si je n’ai pas réussi à préserver mon équipe ni à remplir ma mission, alors c’est que j’ais été non seulement inutile mais aussi incompétent.
Il m'arrive parfois de penser que j'aurai moi aussi dû mourir là bas, à leurs côtés.
Ine étreignit ma main. La sienne était douce, tiède, fine. Agréable. Cependant elle me transmettait inconsciemment ses sentiments. Elle était troublée, perdue, déboussolée, chavirée par tous ses événements. Moi même je m’embrouillais en y repensant, il s’agissait d’une époque très tendue avec des conflits géopolitiques intenses. Mais les avoir vécu m’aidait à les comprendre, et aussi à m’en souvenir.
[Ine] « Tu as donc poursuivi seul votre mission. Que s’est il passé, ensuite ? »
Un frisson me parcouru l’échine rien que d’y repenser. Ren’ai n’avait pas réagi qu’on me demandait déjà des informations supplémentaires. Et celles-là n’avaient plus de rapport avec l’ex-shinobi. Ren’ai recherchait des fragments de sa mémoire, et c’était bien son droit, mais ces souvenirs là, j’aurai préférer les oublier.
L’intense peur de la mort que j’éprouvais, seul dans ces marécages, de nuit, avec la conscience de mon équipe morte et enterrée, un lourd fardeau à transmettre, c’était à en devenir fou. Et les Kuméens qui pouvaient se dissimuler derrière n’importe quel arbre mort, m’emprisonner et me torturer. Là, tomberait l’insupportable odeur de la défaite, du devoir inachevé, à peine entamé. La peur d’une honte cuisante et de ma faiblesse s’abattit sur moi, me rendant plus faible, peureux, paranoïaque.
Si j’avais continué cette mission, je serai devenu fou.
Je ne pouvais plus, c’était au-delà de mes forces. Chaque pas résonnait dans tout l’espace, indiquant ma présence à tous les habitants du marais. Chaque avancée pouvait annoncer ma fin imminente. La pression était trop lourde. Je ne pouvais plus avancer, il fallait que je parte, mon courage, mes ambitions, mon nindo, tout venait de s’écrouler pendant cette mission. J’avais peur, si peur.Il était impossible de mener cette mission à bien.
Je me voilais la face une fois de plus. Ce n’était pas la mission qui était trop difficile, mais moi qui n’était pas assez fort.
« Je suis effectivement reparti, pour terminer la mission. »
J’essayais de garder mon calme. J’avais menti à tout le monde à mon retour, je ne vois pas pourquoi je ne mentirai pas à eux aussi. J’étais devenu très performant dans l’art de la tromperie contrairement à ce que mon apparence pouvait faire penser.
J’avais été blessé pendant l’embuscade Kuméenne, et mon sang se déversait peu à peu dans ces eaux mourantes. Je pouvais ressentir la flétrissure de mon corps, comme celle de mon âme. Des larmes me montèrent aux yeux : j’avais abandonné mon équipe, compagnons depuis toujours mais pas pour toujours. Je me dégoûtais, inconscient de mon acte pour achever une mission – certes ô combien importante - sans grande chance de succès. La peur était au rendez-vous, me harcelant, me retournant les boyaux. Je faillis vomir plusieurs fois, pas seulement à cause de l’odeur du paysage…
« J’avançais… prudemment dans les marécages, l’eau jusqu’aux mollets. »
Je m’arrêtai spontanément, kunai en main, les yeux exorbités.
Mes pieds n’avançaient plus, refusaient d’obéir aux injonctions de mon esprit. J’étais tiraillé entre trois pôles. Mon patriotisme, que je croyais inflexible, ma culpabilité, grandissante, et ma peur, insurmontable. Cette dernière balayait petit à petit tout mon monde, et m’empêchait dorénavant de me mouvoir.
De mes yeux humides s’écoulèrent de chaudes larmes alors que je tombais à genoux. L’eau m’arrivait maintenant à la taille. Je n’étais plus une cible, mais un gibier, aussi facile à tuer qu’un bébé inoffensif. La pression de la situation m’avait complètement écrasé.
*Autant que ce récit corresponde à tout ce que j’ai énoncé avant, il y a cinq ans, lors de mon retour.
Impensable, en cinq longues années, en face d'un de mes camarades d'époque... je suis toujours autant... faux-cul !
Je suis… répugnant. Vraiment. *
Ne laissant rien paraître, et reprenant mon souffle, je continuai mon récit.
« J’ai traversé les marécages, en destination du point stratégique. Je ne me suis jamais découragé, priant pour arriver à temps. »
J’étais complètement découragé. Je possédais toujours mes armes blanches, dont un kunai dans ma main droite. Tout à coup, l’envie de repartir à Kiri s’immisça en moi. Je voulais m'enfuir d’ici, quitter cette sensation folle d’amertume et d’impuissance. Tant qu’on y était, pourquoi ne pas se donner la mort maintenant ? L’échec était insupportable, je ne savais pas si je pourrais vivre avec.
Mais là n’était pas le plus dur. Pourrais-je vivre en sachant que j’ai condamné mon équipe ? La mort était en effet une situation préférable au retour.
Je portai le kunai au niveau de ma carotide, prêt à me suicider.
« C’est alors qu’un duo de ninja kuméens m’apparut au loin. Apparemment, il s’agissait d’une chasse dont j’étais la proie. Lequel des deux devait me vaincre le premier, tel devait être leur pari.
Blessé au combat, je réussit à me défaire d’un adversaire, mais l’autre… »
Non, j’avais trop peur de la mort. Peut-être qu’à petit pas, j’étais prêt à l’accepter ? Je descendit alors le kunai au niveau de mon abdomen, et me l’enfonça rapidement, sans hurler. Une mort silencieuse, c’était le type de mort que je souhaitait.
« …m’enfonça son kunai dans l’abdomen. J’étais sévèrement touché, et si je n’avais pas été médecin, je serai mort à cette heure.
De justesse, je m’en débarrassai. Aucun des deux n’avait un niveau exceptionnel. Ils devaient être tirés par leur vanité, voire leur ambition pour être venu m'affronter car sinon, la raison les aurait inciter à s'enfuir. »
Je montrai alors la cicatrice faite par mon Kunai comme « preuve » de mes dires. Mon visage restait impassible. Mon regard se perdait, je n’avait plus conscience de mon environnement. Je ne revivais que trop bien cette scène lugubre.
Mon sang se vidait rapidement et il se fit absorber par le tissu de ma tenue, qui devint rougeâtre. Mes mains elles aussi ensanglantées tremblaient. J’allais finir par me vider de mon sang, dans cet endroit inconnu, infesté d’insectes, pourri par le temps, et dévasté par l’Homme.
Eh, quoi ?! Je vais vraiment finir ici, seul… C’était peut-être mon destin ? Mais, je… n’ai pas assez de courage. Je ne veux pas mourir ! Pas maintenant ! Lentement, mes blessures se refermèrent grâce à ma maîtrise de la médecine.
Je repars à Kiri. J’abandonne.
Il me fallait une excuse à mon échec. Je laissai donc une marque de l’entaille afin de garder une preuve lors de mon retour. J'avait tout un trajt pour établir une convenable péripétie.
« Blessé, aux portes de la mort, je n’ai plus voulu que vivre. Je savais très bien que dans mon état, il me serait impossible d’atteindre le point stratégique.» Comme d’habitude, j’embuais mes yeux, technique que j’avais acquise étant enfant. « J’ai… échoué ! J’ai sacrifié vos vies en vain ! »
Ma main s'abattit lourdement sur la table. Intérieurement, je trouvais que je ne jouais pas si mal la comédie. Jusqu'ici, personne encore n'avait démanteler mon mensonge, et personne ne pourrait jamais le faire. J'espére.
Je pensais n’avoir plus rien à lui dire après la mission, je me voilais la face. Même maintenant que je suis en face de lui, que vois sa mine affaiblie, son corps ragaillardi, ses yeux cernés, je garde mon sourire hypocrite. Comment puis-je garder cette attitude intarissable ? Après tout, je… je suis un criminel.
J’ai abandonné les membres de mon équipe.
J’ai tué les membres de mon équipe.
J’ai abandonné Ren’ai.
J’ai tué les cinq dernières années de sa vie, et je tuerai aussi les prochaines.
Le seul qui ne devrait plus avoir le droit d’être ninja, c’est moi. Lui, il est innocent, et pourtant, c’est lui qui souffre le plus. Je ne comprends pas très bien la logique de cette histoire, dont je suis l’un des acteurs principaux malheureusement.
Ah ! Comme j’aimerai revenir en arrière, dans le passé, corriger cette erreur phénoménale. Ne pas être reparti, ne pas être tombé dans ce piège mortel pour mes équipiers, ne pas avoir été choisi pour cette mission. Et je ne pense pas être le seul. Lui aussi, en face de moi, il ne doit rêver chaque jour que d’une vie sans ce maléfice, une vie normale, dont il pourrait profiter pleinement. Une vie agréable.
Une fois de plus, je me voile la face, et je m’enfuit de mes responsabilités. Le chef d’équipe, c’est moi. Si je n’ai pas réussi à préserver mon équipe ni à remplir ma mission, alors c’est que j’ais été non seulement inutile mais aussi incompétent.
Il m'arrive parfois de penser que j'aurai moi aussi dû mourir là bas, à leurs côtés.
Ine étreignit ma main. La sienne était douce, tiède, fine. Agréable. Cependant elle me transmettait inconsciemment ses sentiments. Elle était troublée, perdue, déboussolée, chavirée par tous ses événements. Moi même je m’embrouillais en y repensant, il s’agissait d’une époque très tendue avec des conflits géopolitiques intenses. Mais les avoir vécu m’aidait à les comprendre, et aussi à m’en souvenir.
[Ine] « Tu as donc poursuivi seul votre mission. Que s’est il passé, ensuite ? »
Un frisson me parcouru l’échine rien que d’y repenser. Ren’ai n’avait pas réagi qu’on me demandait déjà des informations supplémentaires. Et celles-là n’avaient plus de rapport avec l’ex-shinobi. Ren’ai recherchait des fragments de sa mémoire, et c’était bien son droit, mais ces souvenirs là, j’aurai préférer les oublier.
L’intense peur de la mort que j’éprouvais, seul dans ces marécages, de nuit, avec la conscience de mon équipe morte et enterrée, un lourd fardeau à transmettre, c’était à en devenir fou. Et les Kuméens qui pouvaient se dissimuler derrière n’importe quel arbre mort, m’emprisonner et me torturer. Là, tomberait l’insupportable odeur de la défaite, du devoir inachevé, à peine entamé. La peur d’une honte cuisante et de ma faiblesse s’abattit sur moi, me rendant plus faible, peureux, paranoïaque.
Si j’avais continué cette mission, je serai devenu fou.
Je ne pouvais plus, c’était au-delà de mes forces. Chaque pas résonnait dans tout l’espace, indiquant ma présence à tous les habitants du marais. Chaque avancée pouvait annoncer ma fin imminente. La pression était trop lourde. Je ne pouvais plus avancer, il fallait que je parte, mon courage, mes ambitions, mon nindo, tout venait de s’écrouler pendant cette mission. J’avais peur, si peur.Il était impossible de mener cette mission à bien.
Je me voilais la face une fois de plus. Ce n’était pas la mission qui était trop difficile, mais moi qui n’était pas assez fort.
« Je suis effectivement reparti, pour terminer la mission. »
J’essayais de garder mon calme. J’avais menti à tout le monde à mon retour, je ne vois pas pourquoi je ne mentirai pas à eux aussi. J’étais devenu très performant dans l’art de la tromperie contrairement à ce que mon apparence pouvait faire penser.
J’avais été blessé pendant l’embuscade Kuméenne, et mon sang se déversait peu à peu dans ces eaux mourantes. Je pouvais ressentir la flétrissure de mon corps, comme celle de mon âme. Des larmes me montèrent aux yeux : j’avais abandonné mon équipe, compagnons depuis toujours mais pas pour toujours. Je me dégoûtais, inconscient de mon acte pour achever une mission – certes ô combien importante - sans grande chance de succès. La peur était au rendez-vous, me harcelant, me retournant les boyaux. Je faillis vomir plusieurs fois, pas seulement à cause de l’odeur du paysage…
« J’avançais… prudemment dans les marécages, l’eau jusqu’aux mollets. »
Je m’arrêtai spontanément, kunai en main, les yeux exorbités.
Mes pieds n’avançaient plus, refusaient d’obéir aux injonctions de mon esprit. J’étais tiraillé entre trois pôles. Mon patriotisme, que je croyais inflexible, ma culpabilité, grandissante, et ma peur, insurmontable. Cette dernière balayait petit à petit tout mon monde, et m’empêchait dorénavant de me mouvoir.
De mes yeux humides s’écoulèrent de chaudes larmes alors que je tombais à genoux. L’eau m’arrivait maintenant à la taille. Je n’étais plus une cible, mais un gibier, aussi facile à tuer qu’un bébé inoffensif. La pression de la situation m’avait complètement écrasé.
*Autant que ce récit corresponde à tout ce que j’ai énoncé avant, il y a cinq ans, lors de mon retour.
Impensable, en cinq longues années, en face d'un de mes camarades d'époque... je suis toujours autant... faux-cul !
Je suis… répugnant. Vraiment. *
Ne laissant rien paraître, et reprenant mon souffle, je continuai mon récit.
« J’ai traversé les marécages, en destination du point stratégique. Je ne me suis jamais découragé, priant pour arriver à temps. »
J’étais complètement découragé. Je possédais toujours mes armes blanches, dont un kunai dans ma main droite. Tout à coup, l’envie de repartir à Kiri s’immisça en moi. Je voulais m'enfuir d’ici, quitter cette sensation folle d’amertume et d’impuissance. Tant qu’on y était, pourquoi ne pas se donner la mort maintenant ? L’échec était insupportable, je ne savais pas si je pourrais vivre avec.
Mais là n’était pas le plus dur. Pourrais-je vivre en sachant que j’ai condamné mon équipe ? La mort était en effet une situation préférable au retour.
Je portai le kunai au niveau de ma carotide, prêt à me suicider.
« C’est alors qu’un duo de ninja kuméens m’apparut au loin. Apparemment, il s’agissait d’une chasse dont j’étais la proie. Lequel des deux devait me vaincre le premier, tel devait être leur pari.
Blessé au combat, je réussit à me défaire d’un adversaire, mais l’autre… »
Non, j’avais trop peur de la mort. Peut-être qu’à petit pas, j’étais prêt à l’accepter ? Je descendit alors le kunai au niveau de mon abdomen, et me l’enfonça rapidement, sans hurler. Une mort silencieuse, c’était le type de mort que je souhaitait.
« …m’enfonça son kunai dans l’abdomen. J’étais sévèrement touché, et si je n’avais pas été médecin, je serai mort à cette heure.
De justesse, je m’en débarrassai. Aucun des deux n’avait un niveau exceptionnel. Ils devaient être tirés par leur vanité, voire leur ambition pour être venu m'affronter car sinon, la raison les aurait inciter à s'enfuir. »
Je montrai alors la cicatrice faite par mon Kunai comme « preuve » de mes dires. Mon visage restait impassible. Mon regard se perdait, je n’avait plus conscience de mon environnement. Je ne revivais que trop bien cette scène lugubre.
Mon sang se vidait rapidement et il se fit absorber par le tissu de ma tenue, qui devint rougeâtre. Mes mains elles aussi ensanglantées tremblaient. J’allais finir par me vider de mon sang, dans cet endroit inconnu, infesté d’insectes, pourri par le temps, et dévasté par l’Homme.
Eh, quoi ?! Je vais vraiment finir ici, seul… C’était peut-être mon destin ? Mais, je… n’ai pas assez de courage. Je ne veux pas mourir ! Pas maintenant ! Lentement, mes blessures se refermèrent grâce à ma maîtrise de la médecine.
Je repars à Kiri. J’abandonne.
Il me fallait une excuse à mon échec. Je laissai donc une marque de l’entaille afin de garder une preuve lors de mon retour. J'avait tout un trajt pour établir une convenable péripétie.
« Blessé, aux portes de la mort, je n’ai plus voulu que vivre. Je savais très bien que dans mon état, il me serait impossible d’atteindre le point stratégique.» Comme d’habitude, j’embuais mes yeux, technique que j’avais acquise étant enfant. « J’ai… échoué ! J’ai sacrifié vos vies en vain ! »
Ma main s'abattit lourdement sur la table. Intérieurement, je trouvais que je ne jouais pas si mal la comédie. Jusqu'ici, personne encore n'avait démanteler mon mensonge, et personne ne pourrait jamais le faire. J'espére.

Darok- Juunin Spécial de Kiri

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