[BI003] - Les greniers de Yagi

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Re: [BI003] - Les greniers de Yagi

Message  Akio Raiteiro le Mer 7 Oct - 23:00

Depuis combien de temps ne s'était-il pas fait une "mission" avec Chiyoko ? Des lustres au moins. Akio souriait, il ressortait du longue convalescence et pouvait enfin retrouver la liberté qu'il avait toujours tant apprécié. Non qu'il n'aimait pas son village, ni même que ce dernier lui pesait, il était prêt à donner sa vie pour lui, aujourd'hui, tout comme demain. Mais, car il y a souvent un "mais", il y avait ce petit quelque chose dans son être, cette malice, qui l'empêchait de rester en place. Il savait que lorsqu'il serait capable de la vaincre, de la surpasser, ou plutôt de l'ignorer, alors il serait mort. Tout du moins une part de lui.

On lui avait dit que cela s'appelait grandir...

Faire preuve de lucidité. Mon cul ! On l'accusait d'en manquer cruellement. Le chuunin était turbulent, mais pas idiot. Lorsqu'il avait quitté le dojô des Miroirs d'Ambre pour le village de Kiri no Sato, il savait parfaitement où il allait mettre les pieds, il savait ce qu'on allait exiger de lui, et il l'avait accepté. Il n'avait jusqu'alors pas regretter son choix.

Il l'entendait encore, et encore, sonner et résonner, cette petite phrase assassine, qu'on lui avait glissé subtilement, lors de son examen pour devenir classe supérieure. Elle l'avait usé durant ces trop longues journées d'hôpital, mais, il voulait croire, qu'à ce jour, qu'elle n'avait plus d'effet sur lui. Comme toute les épreuves qu'il avait été amené à affronter, il devait la surmonter pour continuer d'avancer.

Un incompétent comme vous ne sera jamais juunin.

Qu'importe ce qu'il avait dis, il deviendrait ce qu'il voudrait, même si cela devait lui prendre plusieurs éternités ! Chiyoko lui adressa un regard interrogateur, car Akio se taisait depuis quelques minutes ce qui n'est guère courant. L'intéressé sourit alors et comme à de rares instants son visage prit quelques années, une sérénité et une maîtrise que l'on ne trouve que chez certains hommes d'exception, puis tout fut dissipé en un instant, en un geste.

Akio passa sa main dans ses cheveux.

Son sourire se fit plus niais et il retrouva une expression joviale, adolescente. Il donna un léger coup de coude à son partenaire ce qui ne manqua pas de le déséquilibrer. Chiyoko répliqua le geste puéril, mais Akio esquiva prestement et commença à taquiner son camarade sur sa "lenteur" et son "manque de réflexe", n'omettant pas de rappeler qu'il avait été longtemps été blessé à l'instar de son homologue, qui n'avait, pas ce raisonnement fumeux, "aucune excuse pour être aussi mauvais" !

Akio - Cela fait une éternité qu'on a pas eu l'occasion de se voir. On a bien fait de prévoir un peu de temps avant le bateau, comme prévu, je te propose d'aller boire un coup pour fêter cela.

Un sourire complice apparut sur le visage d'ordinaire si mystérieux de Chiyoko. Ils étaient dans les temps, ils avaient bien le temps de déguster "un petit rafraîchissement" ensemble.

***


Cela faisait bien plus de deux heures que le "petit rafraîchissement" avait commencé et les deux compères avaient bien entamé leurs bourses et pas que ces dernières. Attelé à une table de jeu, Akio essayait de se concentrer sur les deux cartes qu'il tenait dans ses mains, il avait bien du mal à déchiffrer les chiffres et la couleur qui s'y trouvaient dessinés. Pour "aider" à retrouver sa concentration, il descendit une nouvelle pinte d'un trait. Passé la dixième, il avait commencé à avoir du mal à boire correctement, ainsi, une partie du contenu lui avait allègrement couler sur le menton et dans le cou. Chiyoko de son côté n'était pas en reste et finissait lui aussi son pichet.

Sacré tandem.

Chiyoko se plongea alors dans la contemplation de la table en bois en approchant sa tête au raz de cette dernière. Il finit par lever la main pour commander de nouveau. Leurs partenaires de jeu commençaient légèrement à s'impatienter devant l'état déplorable des deux shinobi, toutefois, ces derniers ayant de quoi jouer et surtout payer, ils se disaient tous que c'était une occasion facile de se faire quelques pièces. Une serveuse vint apporter deux nouvelles boissons et alors qu'elle s'en allait, Akio lui pinca maladroitement les fesses. Elle se retourna, le rouge aux joues, le coupable se défaussa immédiatement sur l'autre membre du tandem, le pointant du doigt.

Akio - C'est pas moi ! C'est lui, juré ! hoqueta-t-il, entre deux relans gastriques.

La pauvre demoiselle jeta une regard incrédule sur le pauvre Chiyoko qui reniflait sans ménagement les sciures de bois, mélangés à l'hydromel et la saleté qui régnait sur le table. Comprenant que le pauvre hère ne pouvait être l'auteur de l'acte, elle administra une virulente claque à Akio, qui accusa le coup avec un couinement disgracieux. La tablé eut un rire gras, ce qui ne suffit pas à décoller Chiyoko de son étude. Akio se passa la main dans les cheveux et tenta de se redonner un peu de contenance, ce qui rata lamentablement.

Akio - De toute façon, elle est moche, il posa ses cartes sur la table, se leva maladroitement.
Excusez-moi Messieurs, je dois aller faire pleurer le colosse.

Il zigzagua jusqu'à un coin du bar, évitant tant bien que mal les tables et les gens et urina en plein public, sous le regard hébété des clients et des tenanciers. ALors qu'il s'en retournait s'asseoir, un barman plus corpulent que les autres lui demanda de sortir. Dans son petit monde, Akio n'entendit rien, ni même n'entrevu l'individu. Alors qu'il arrivait à la table, le barman posa une main trapue sur l'épaule du chuunin. Ce dernier, avec un réflexe conditionné par des années d'entraînement, se débarrassa aisément de l'emprise et fit reculer son adversaire.

Akio - Hé ! Chi-Chi ! Je crois que ce gars à un problème !

L'interpellé releva la tête, quittant miraculeusement sa contemplation dans laquelle il était plongé depuis plusieurs minutes, s'aggripa à la table pour ne pas manquer de tomber, malgré le fait qu'il soit assis dans une chaise. D'un œil morne, il dévisagea le barman. Il sourit, une expression presque sadique trônait sur ses lèvres.

Chiyoko - Ouais...Je crois qu'il a un problème.

Puis complètement par surprise, Chiyoko pivota et assena un puissant coup de poing dans la mâchoire d'un des joueurs de la tablée. L'homme s'effondra sur le sol, tandis que Chiyoko se relevait et crachait un glaire consistant sur sa victime.

Chiyoko - Connard de tricheur !

***


Lorsque le premier membre, sobre, de l'équipe de Chiyoko et Akio arriva, à la taverne, il ne put que constater les dégâts, un homme jeté par la fenêtre, les tables fracassées, les chaises démembrées, de la bière et bien d'autres boissons, épandues partout par terre. Un Akio et un Chiyoko, hilares, sanglant, qui faisaient toujours face à une dizaine d'hommes, sur les décombres de ce qui avait été un bar sympathique.

[Vous avez manqué le bateau Razz
Je met les informations dans le topic Coin RP associé =)]

Akio Raiteiro
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Message  Kawaki Sokka le Lun 19 Oct - 22:43

Sokka se décida enfin, de lever la tête, n’ouvrant qu’un œil, pour regarder quelle ombre venait de l’interpeller. A première vue, il semblait avoir une trentaine d’années. Ce dernier avait le poing serré. Le Chuunin ignora tout simplement cette attaque verbale, en refermant lentement sa paupière. Après tout, il n’y avait aucune raison de s’inquièter, pourtant, par reflexe il posa sa main droite près de sa taille, se rapprochant du tsuka de son katana.

??? – C’ets bien a toi que je parle. Bouge de cet endroit. C’est mon arbre.

Sokka – Ah ? Je n’avais pas vu de nom inscrit dessus pourtant.

Sokka aimait agacer, ce genre de personne. Le genre qui se croit permis de tout. Ils ne veulent que le monde les acceptent comme rois. Mais, face à cette attitude, l’Eisei-Nin, ne voyait qu’une seule chose comme réponse : les détrôner. Pour ne pas être surpris par quelconque attaque, il finit par ouvrir ses yeux, plongeant son regard dans celui de son interlocuteur. La luminosité piqua un peu ses prunelles, qui s’était habitué à la pénombre qu’offraient ses paupières. La suite n’allait être que bataille psychologique. Le villageois, regarda au niveau du cou du shinobi, avant de déclarer.

??? – C’est mon village, dégage ! Y’en a marre des ninjas qui viennent ici. Ils foutent toujours le bordel.

Sokka – Pas plus que les marins, si je me tiens à ce que j’ai vu précédemment.

Le Kawaki se leva, on lui avait gaché le plaisir de flemmarder, et puis le temps passant, l’heure du rendez-vous d’approchait à grand pas. Il allait devoir rejoindre, le port, à condition de retrouver, le deux Chuunin qui s’étaient éclipsé dès leur arrivée dans ce village.

??? – En tout cas, vous ne donnez pas une bonne image de vous-même. Toujours prêt a castagner, comme les deux autres que j’ai croisé au Bar, tout à l’heure.

Sokka réfléchit un moment. Se pouvait-il que ce soit eux ? Il était fort probable. Il fallait maintenant savoir où ils se trouvaient exactement. Il allait devoir cesser, son petit jeu, pour pouvoir partir à la pêche aux infos.

Sokka – Désolé. Sa main quitta la poignée de son arme pour que celle-ci passe dans ses cheveux. Je peux être idiot parfois.

Il utilisait non pas la flatterie mais l’humilité. Il allait le laisser roi pour cette fois. Le trone devenait ridicule par rapport, aux informations, qu’il pourrait délivrer. Et puis ce n’était pas à le briguant contre lui, qu’il allait les obtenir. Le jeune homme au teint mat, secoua la tête montrant un air peiné. Celui qui lui faisait pouvait penser que cela lui était adressé, mais L’Eisei-Nin, pensa tout simplement, où, le « capitaine » de cette mission et un de ses compagnons s’étaient tout simplement embarqués.

Sokka – Et tu peux me dire dans quel endroit tu as vu, ce que tu racontes ?

??? – Et pourquoi, je te le dirais. Roh, et puis je m’en fous. Va retrouver tes amis, du moment que tu te casses. Ils sont dans le bar « Le Mât Enivré ». Il doivent se taper sur la tronche depuis une demi heure déjà.

Le Kawaki, effectua un bref mouvement de tête vertical, tout en exprimant un « merci ». Finallement, il y repensa, mais il avait entendu des bruits assez sourd, au niveau du quartier marchand, et si c’était Akio et Chiyoko, et non un brigand, essayant de s’enfuir, tout en saccageant, le marché ? Son pouce et son index appuyèrent ses globules lui servant de vue. C’était plus qu’idiot de n’y avoir pas penser à ceci plus tôt. Enfin, il avait une bonne excuse, il ne les connaissait pas assez, pour le savoir.

L’Eisei-Nin, se mit en marche, prenant le même chemin, dans le sens inverse, qui l’avait amené dans le parc. Il courut rapidement, et ce n’est qu’au bout de 5min de course d’orientation, qu’il put se retrouver dans cette petite rue, où les bruits sourds prenaient leur origine. Il leva les yeux pour que son regard rencontrèrent l’insigne de la taverne. AU moment où il s’était approché assez pour entendre que son était bien celui provoqué par des coups de poings et autres, un homme vola littéralement par la fenêtre. Il n’attendit pas avant de s’écraser, sur le sol lourd de ses pavés, sans pouvoir se relever. Sokka imagina la situation dans laquelle s’était fourré les deux compères, et soupira à cette idée. Il n’aimait vraiment pas ce genre de situation.

Quelques instants plus tard, il pénétrant enfin dans l’antre. Les informations se révélèrent exacts. Akio et Chiyoko se battaient bien contre une bonne partie de la clientèle, tous ayant abusé de l’alcool. L’Eisei-Nin ne savait pas ce qu’il devait faire, pour mettre a terme, à ceci. Et ils allait louper, le bateau, ça devenait chaque seconde, une certitude. Le Chuunin devait peut-être essayer de les raisonner, ne sait-on jamais, peut-être qu’il n’avait pas assez bu pour oublier de faire fonctionner leurs méninges. Maladroitement, il essaya de se mettre entre les deux parties. Il voulait jouer le médiateur, celui qu’on écoute, voire obéit. Pauvre de lui, il ne savait pas que l’alcool et sa naïveté, faussaient tout bonnement sa pensée.

Il se plaça donc, entre d’un côté deux shinobi, se battant pour leur propre raison, et de l’autre, une troupe de clients habituels du bar – a en juger leur tête – revendiquant leur force en ce lieu.

Sokka – Écoutez. C’est une mauvaise idée. Vous allez le regrettez et…

Il n’eut pas le temps de terminer sa phrase qu’un objet voleta près de lui, le manquant de justesse, à quelque millimètres près, le Kawaki joncherait le seul, assommé, par un coup de bouteille, bien visé.

??? – On t’demande pas ton avis. Laisse-nous leur foutre une bonne raclée ! Et si tu veux pas, on va t’cogner dessus aussi, s’nous dérange pas !

Quel geste vain. Sokka était encore trop dans son idylle, malgré que cela faisait un bout de temps, qu’il était un ninja. Mais, il ne pouvait pas encore ne plus croire à ces rêves. Sinon, cela voudrait dire, que… Non, il ne pouvait pas y renoncer maintenant. C’était la raison qui lui avait poussé à faire, ceci. Le Chuunin ne voulait pas s’impliquer dans la bagarre. Il en aurait honte, qu’on rapporte qu’il aurait pris part à une bataille d’ivrogne, et les autres le regarderont différemment. Cependant, impuissant face à cette scène, un dilemme lui avait été posé. Combattre et ainsi, se débarrasser des ivrognes pour récupérer les deux autres compagnons, ou alors ne rien faire, ne voulant s’impliquer aucunement dans ce combat puéril.

Une idée lui germa. Ce n’était pas la meilleure, ni même une bonne, si on y réfléchissait après tout. Il suffisait de les empêcher de combattre. Cela semblait si simple et si évident. Mais, le jeune homme au teint mat, n’en avait pas les moyens, il ne pourrait pas les stopper par la force. Néanmoins avec de la malice, cela pouvait le faire. Ainsi, Sokka se retrouva à chambouler le bar, jonchant d’obstacles, diverses, comme un tabouret ou une table, déplacé plus facilement à l’aide de chakra. Encore un geste inutile, les opposant n’était que gêné temporairement, se servant même des obstacle pour essayer de frapper, l’autre plus facilement, plus fermement. Jusqu’à ce qu’il arrive face à face. Sokka devait en priorité éviter. Et c’est par reflexe, qu’il balança un cendrier, à deux reprises, qu’il avait trouvé en tâtonnant sur le bar où il s’était réfugié, visant les combattants. Il exprima un «désolé» au barman, pour la perte de ces objets. A chacun de ses lancés, un bruit sourd se fit entendre. Il avait touché des personnes, cependant aucune n’appartenant au corps Shinobi. Ils avaient reçu le coup en pleine, et étaient désormais allongé sur le sol, inertes.

??? – Qu’est-ce que t’as osé faire à Naoki et Yuu ? Tu vas le regretter. Maintenant on sait t’es dans quel camp.

Sa phrase eut un écho, cette fois, de la part des Chuunin, trouvant enfin quelque chose à dire.

Akio – Hé, Chichi. Finalement, il est pas aussi coincé que je pense !

Chiyoko – Ouaip. Vu qu’il est de notre coté… On a qu’à l’encourager, il nous aidera encore peut être.

Et c’est après cette décision mûrement réfléchie que les deux Chuunin se mettait le nom de Sokka, ou quelque chose s’y approchant. Sous cette ambiance infernale, le Kawaki se retrouvait face à quelques des opposants ivrognes. Ne cherchant toujours pas, à attaquer, il ne faisait que se protéger, encore une fois à l’aide de tabourets, ou tout simplement ses bras. Et quand la situation devenait extrême, c’est-à-dire de se prendre un coup visant à l’abattre, il se résolut, à placer un coup de poing chargé de chakra, un «Gouwan», une technique de son répertoire.

L’Eisei-Nin, était désespéré face à une situation, qu’il n’avait qu’aggravé, chose qu’il ne pensait guère probable auparavant. Il se demandait comment allait-il pouvoir sortir de ce pétrin. Soudain, la porte s’ouvrit. Sokka jeta un coup d’œil pour savoir qui allait pénétrer dans un bar qui ne l’était désormais que par son nom. Après avoir aperçu ce qu’il voulait voir, il esquissa un bref sourire.

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Re: [BI003] - Les greniers de Yagi

Message  Liori Satsubatsu le Mer 21 Oct - 17:04

Visiblement, une loi fondamentale de l’univers était établie pour la recherche des individus d’un certain type. Le type d’individu concerné était «l’abruti». La loi, à quelques détails prêts, pouvait être résumée à ceci. « Lors ce que l’on cherche un individu A, dans une ville P couvrant un périmètre pouvant se situer entre les points G ; V ; D ; M, alors, les deux individus H et L peuvent poser leur cul quelque part et attendre qu’une agitation de grande ampleur, tout en étant très localisé, est lieu. L’individu A sera sur place. ».
Je ne considérais pas vraiment Akio comme un abruti. J’avais déjà fais la remarque qu’il était con, mais je n’ai jamais osé penser de lui qu’il était abruti. Pourtant, parfois, j’avais la désagréable impression qu’il faisait absolument tout pour qu’on de lui qu’il n’était en réalité que ça.
Un abruti capable de se mettre à dos toute une taverne et de la démolir en même temps que ses clients.

J’observais le désastre, le genre de scène qui aurait fait s’évanouir d’indignation les Hippies de la pire espèce, ou bien fondre en larme les propriétaires de bar les plus aguerries. D’ailleurs, le barman étant invisible, j’en déduisis qu’il s’était simplement caché derrière le bar pour pleurer en paix. Pauvre homme, j’en serais presque compatissant.
L’auteur, ou plutôt « les », de ce carnage étaient bien évidemment les deux Chuunin portés disparus. Au moins, ils avaient l’air de s’amuser. Si la mission échouait suite à leur comportement, ils conserveraient tout de même quelques « agréables souvenirs ».

Les immondes connards.

Sokka aussi était de la partie, visiblement sobre et moins amoché que les deux autres soulards –même si je me doutais que le sang sur nos deux compagnons ne leur appartenait pas. Je supposais qu’il était, tout comme nous, arrivé juste assez tôt pour se rendre compte qu’il aurait du prendre le bateau sans les deux autres. Sans doute aura-t-il était mêlée à la bagarre en tentant d’intervenir.
Il faisait au moins preuve d’une retenue exemplaire. S’il y avait des morts, on ne pourrait sans doute pas les lui reprocher. Le tirer de ce mauvais pas, pour ensuite se concerter et trainer les deux autres hors de la taverne, pouvait être une bonne idée. D’un autre côté, il accaparait l’attention de quelques ivrognes…

Je laissais à Haya le soin de ne pas se faire agresser et me dirigeait vers Akio, évitent de tourner le dos à la faction qu’il s’était fait pour ennemie. Je devais essayer d’en ramener un à la raison, ou du moins, le convaincre que le monde là dehors était largement plus intéressant qu’une taverne déjà en ruine. En particulier lorsque le paysage extérieur était constitué d’un « charmant » bateau les menant vers les greniers Yagi.
J’allais m’attaquer à Akio. C’était simplement lui que je pensais le plus facile à manipuler, une fois ivre, étant donné que c’était sur lui que j’en savais le plus… Je réfléchis quelques instants à la façon de m’adresser à lui.

[Liori] – Capitaine… Vous vous rendez compte que perdre du temps ici fera sans doute échouer la mission. Je crois que vous avez d'autres ambitions, non ?

Le chuunin me regarda un instant, puis pointa du doigt ses congénères.

[Akio] – C’est moi qui aie commencé, c’est eux !

A peine eut-il détourné son attention quelques secondes, qu’un des ivrognes vint l’attaquer. L’idée était bonne, mais il n’avait pas encore suffisamment de pratique pour qu’il puisse l’exploité entièrement. Il serait sans doute encore en train de se demander pourquoi le mur se rapprochait de lui, si le choc ne l’avait pas assommé. Même si la réponse d’Akio était irritante, je devais reconnaitre qu’il avait effectué une jolie projection.

[Akio] – C’est pas faux, (visiblement, mes paroles avaient finalement atteint un groupe de neurones résistant encore à l’alcool) y a autre chose à foutre que de rester avec ces culs terreux, n’est pas Chi-chi ?

L’intéressé approuva du chef.

[Chiyoko] – Ouais, commencent à devenir bien chiants ces cons.

Il ponctua ses propos de craquement d’os. Je notais mentalement qu’à sa place, j’aurais sans doute bloqué le bras avant de briser la jambe et de l’assommer l’assaillant… Mais briser le bras en deux points puis jeté le corps plus loin ne manquait pas de style non plus.
Pendant ce temps, Akio reparti gambader dans la foule, distribuant pain et marron, tel un saint, à qui en réclamait.
J’observais la scène de l’œil le plus neutre que je pouvais afficher, dans les conditions actuelle. Rester calme, et analyser la situation. Il était clair que suivre l’exemple de mes ainées serait le moyen le plus rapide pour mettre fin à cet affrontement ridicule. L’ennuie c’est qu’il ne voudrait sans doute plus s’arrêter qu’à cette taverne. Non, il fallait utiliser une voie plus diplomate, ne pas résoudre un conflit aussi absurde par la violence.
Nous avions donc trois chuunin pris dans la mêlée, dont un contre son gré. Haya qui, je l’espérais, tenais aussi à la manière douce et moi. Dommage que le volume sonore ici couvrait largement la voix d’Haya, elle m’aurait sans doute efficacement remplacée. Dommage qu’elle soit muette en fait.

La pensée d’être l’un des membres de la première des doubles équipes de Kiri à échouer sa mission parce qu’ils n’ont pas réussit à quitter le port où ils devaient embarquer effleura mon esprit. Je devais être grippé lors des cours traitant sur la diplomatie. Ou alors je dormais.

Soigneusement, je sectionnais une partie de mon bandage au bras gauche. Laissant mon poignet à l’air libre.

Je le libérais. Enfin, il n’avait pas de conscience propre, autre que la mienne, donc je libérais mon envie. Celle de quitter cet endroit. Le liquide rouge fusa et forma plusieurs tentacules qui traversèrent l’espace entre mes collègues et les autres sales cons. Quatre longues formes rouges qui se figèrent dans les airs, à une hauteur suffisante pour être vu de tous. Les tentacules s’entortillèrent alors, formant une sorte de tronc un peu plus large que le bras auquel il était relié. Une dernière pulsion, semblable à un battement, parcouru le sang, qui changea légèrement de forme. De grosse pointe saillait, donnant à mon précieux liquide vital l’apparence d’une ronce.

Ca faisait mal.

Lorsque je m’adressais à Akio, ma voix me paraissait étrangement calme. Pour les autres, elle devait juste sembler aussi gracieuse que d’habitude.

[Liori] - Je pense que ça serait une sage décision de partir en ignorant ces gens...

Ca marchait. Tout le monde s’était calmé. Sokka pouvait même tranquillement fausser compagnie à ses nouveaux amis. J’aurais pu m’amuser de la grimace dégouté que tiraient la plupart des gens présents, si je n’attendais pas autre chose.
Le coup que donna, au grand regret de sa main, Akio sur la forma que j’avais mis en place, sonna comme le gong. Ils se dirigèrent vers la sortie, trainant les pieds et marmonnant comme des gosses. Enfin.

Le barman, celui que je supposais en train de pleurer derrière le comptoir, sorti de sous une table. Le fourbe.
Pendant qu’il guettait les alentours et se reconstituait un personnage, je faisais revenir mon sang à sa place. C’était un spectacle encore plus intriguant que de le voir sortir. Il se contentait de retourner en arrière, sans bruit, sans tache volontaire. Comment on faisait pour réussir à « ranger » notre sang, c’était dur à expliquer. On résumait ça assez sommairement. « C’est comme le faire sortir… Mais à l’envers. »

[Barman] – Attendez ! Vous… Vous… VOUS RUINEZ MON BAR ! ET VOUS… (*Des petits oiseaux qui volent dans le vent, avec un beau ciel bleu et un soleil étincelant. On est bien dans l’herbe…* Sokka, tu peux sortir avec Haya pour t’occuper des deux autres. Ah, il s'était tut).

Parfois il était bon de penser à autre chose lorsque quelqu’un vous parlait. Surtout si par « parler » on entend essayer de faire s’effondrer à la force de ses cordes vocales ce qui restait encore debout dans une taverne après une gentillette bagarre d’ivrogne.
Etant le seul shinobi en présence, je me chargeais de répondre à ce courageux individu. Tout en m’imaginant lui envoyer une pique de sang dans les yeux. Douce diplomatie, ne m’abandonne pas maintenant.

[Liori] - D'après ce que je sais, ce sont des hommes capables de mettre en pièce une trentaine de personne et une taverne, en étant totalement ivre, que vous essayez de menacer. De plus ils sont aussi responsables des dégâts (je désignais d’un geste vague les clients survivants) et peuvent donc vous rembourser.
(Et maintenant, un peu de bluff. S’il se cachait sous les tables quand on réduisait son bar en miette, je ne supposais qu’il n’aimait absolument pas les conflits dans lesquels il pouvait devenir le centre d’interêt.)
Finalement, avec vos histoires vous risquez de faire échouer une importante mission pour Kiri... Si c'est le cas, je pense que vous regretteriez plus que quelques meubles cassés, lorsque mon village et notre client vous feront connaitre leur mécontentement...

J’attendais un peu pour voir sa réaction.

Si vous vous montrez raisonnable maintenant, d'ici quelques jours vous devriez pouvoir recevoir une compensation pour... Ce qui s'est passé ici.

Il balbutia plusieurs réponses à la fois, mais qui se rejoignais sur une idée commune. Il nous laissait partir. Je le fis un sourire avant de tourner les talons et de rejoindre le reste de l’équipe.

Tout en glissant mon bras gauche à l’intérieur de ma veste, je me faisais la remarque que rien de pire ne pourrais théoriquement nous arriver.

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Liori Satsubatsu
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Re: [BI003] - Les greniers de Yagi

Message  Haya Sasaki le Sam 24 Oct - 13:29

Dès qu’ils eurent aperçu la taverne, des indices plutôt évidents indiquaient qu’un ou deux ninjas éméchés y sévissaient depuis plusieurs minutes.

Haya jeta un œil dans la rue qui descendait sur les docks avec un peu de regret. S’ils allaient dans la taverne, il y avait de très bonnes chances pour que le bateau ne les attende pas. Ils étaient déjà en retard et il semblait improbable que le capitaine du navire soit réellement averti de leur présence à bord ou, s’il l’était, qu’il prendrait la peine de les attendre. Haya se passa une main sur le front et s’engagea à la suite de Liori. Elle restait intimement convaincue que faire le voyage en s’économisant la présence pesante et catastrophique des deux chuunin avait beaucoup de bon. Après tout, ils prendraient le prochain et ils les rattraperaient à Yagi. Ce n’était pas comme s’ils étaient obligés de partir ensemble. S’ils préfèrent la présence de la bière à celle de la mission, leur choix est fait. Mais ce n’était certainement pas le sien.

Malgré tout les mots de Satoshi lui revenaient en tête. En fait, elle s’en rappela plusieurs. Il les avait qualifié de branleurs mais avait assuré qu’ils pouvaient compter sur eux. Jusque là, son assertion ne se justifiait pas réellement. Peut-être envisageait-il le cadre d’un affrontement. Mais pire peut-être, selon le point de vue, il avait précisé qu’Akio serait chargé de les observer. Et si tout cela n’avait été qu’une sorte de test pour eux ? Cela restait peu vraisemblable et comme elle put l’observer en voyant l’état dans lequel étaient les deux ninjas, très compromis comme hypothèse. Aucune excuse, il s’agissait réellement de deux boulets.

La taverne était partiellement détruite, des débris de mobilier jonchaient le sol tout autour d’eux. Haya avisa Sokka et lui adressa un petit signe de la main. Il n’avait pas l’air dans une position extrêmement confortable. Haya utilisa l’eau d’une barrique explosée pour réduire la mobilité de ses adversaires, dont les pieds s’empêtrèrent dans une substance spongieuse et collante. Cela devrait lui permettre de s’écarter sans trop de mal. La jeune fille observa ensuite ceux qu’on ne pouvait manquer de voir, les deux chuunin qui trônaient fièrement. Elle soupira brièvement et fut encore une fois tentée de repartir. Des badauds, derrière elle, s’assemblaient. Haya fronça les sourcils. Cette agitation était mauvaise. La sécurité locale n’allait pas tarder à venir, à mesure que la rumeur d’une rixe de taverne se répandrait. Quelle superbe image des ninjas de kiri…

Liori s’éloignait en direction d’Akio, mais Haya resta au seuil de la porte. Elle n’avait pas très envie de voir des amis des bagarreurs s’ajouter sur le tas, cela exciterait un peu trop Akio et Chiyoko. Elle rendit son regard à un des clients de la taverne qui se demandait probablement si elle méritait un coup du tabouret qu’il brandissait. Haya essaya de le gratifier de son plus innocent sourire pour qu’il frappe quelqu’un d’autre. De préférence, celui qui avait les cheveux longs ou le petit gars en veste. Il se désintéressa d’elle. La tentative diplomatique de Liori semblait être un échec. Ne voyant pas de solution évidente, Haya préféra le laisser gérer. Tout ce qu’elle voyait, c’était tenter de dégriser les chuunins (qui étaient immanquablement ivres) mais cela ne réglerait pas la situation présente pour autant. Akio évoluait joyeusement parmi les clients et chacun de ses coups repoussait de plusieurs mètres ses malheureux adversaires. Haya secoua la tête. Quelle gloire, vraiment, de battre des paysans… Elle n’arrivait pas à concevoir comment la situation avait pu en arriver là. Peut-être les chuunins avaient-ils refusé de payer, ou bien ils avaient… simplement bu jusqu’à s’en retourner le cerveau.

Haya sursauta presque lorsqu’elle tourna la tête sur le côté et avisa un homme du double de son âge qui la fixait du regard avec insistance, à quelques centimètres de son visage. Elle ne sait pas exactement où elle puisa la force de résister à son instinct (le frapper fort et plusieurs fois) et recula à l’intérieur de la taverne. L’homme l’observait toujours. Son court bâton (qui avait dû être jusqu’à aujourd’hui le pied d’une chaise) heurtait à intervalle régulier la paume de sa main. Elle maudit intérieurement à la fois son bandeau qui l’associait immanquablement aux fauteurs de trouble et son inattention qui aurait pu lui valoir un violent coup si son adversaire avait été un peu plus entreprenant. Haya hésitait à passer à l’attaque à son tour. Si elle le faisait, peut-être que la situation se terminerait plus vite mais il n’était pas dans son intention de combattre des civils qui, elle en était intimement persuadée, étaient dans leur bon droit. Son dilemme fut interrompu par l’apparition d’une substance pâteuse d’un rouge sombre. Haya porta sa main à son nez, l’odeur agressive du sang assaillant ses sens. La jeune fille lança un regard à Liori qui, comme elle l’avait pensé en voyant une quantité aussi prodigieuse, avait partiellement libéré son pouvoir. Ce n’était pas très esthétique mais tout le monde fixait le spectacle avec un mélange partagé de stupeur et de dégoût. Akio, assiégé par un certain nombre de litre de sang, l’observait avec une expression assez drôle.

Chiyoko et son compagnon finirent par se mettre en direction de la porte et Haya leur emboîta le pas. Elle s’arrêta toutefois pour contempler le sang qui était aspiré, en quelque sorte, par Liori et qui réintégrait son corps. Elle se demandait ce qui se passait quand il était blessé en combat. Un geyser de sang ? Rien de particulier ? Haya put assister aux hurlements du barman mais remarqua qu’il avait tout de même attendu qu’Akio et Chiyoko sortent pour la laisser s’exprimer. Pas très spontanée. Mais à mesure qu’il hurlait, il semblait prendre confiance et même si cela ne dura pas plus d’une vingtaine de secondes, il acheva essoufflé et rouge de fureur. Haya regarda autour d’elle. Il était vrai que les meubles encore debout se comptait sur… non, ils ne se comptaient plus.

Elle ignorait que Liori puisse se montrer si volubile. Elle ignorait aussi qu’il arrive à sourire. Haya elle-même ne se sentait pas d’humeur suffisamment apaisée pour sourire. Même si avoir raté le bateau ne signifiait pas avoir raté la mission, les pirates étaient par nature portés sur le déplacement. S’ils venaient à apprendre qu’une équipe de ninjas est restée bloquée dans un port d’Uke alors qu’ils étaient en mission… ils repartiraient et la mission s’évanouirait avec eux. Ou alors, pire, ils devraient faire une recherche méthodique et s’embarquer pendant plusieurs semaines jusqu’à retrouver les pirates.

Plusieurs semaines avec Akio et Chiyoko. L’horreur. Déjà qu’en quelques heures ils avaient su se montrer tout à fait brillants, elle n’osait imaginait leur potentiel s’étaler sur la durée. Finalement la diplomatie de Liori était un succès, mais il restait un problème. Akio et Chiyoko, observaient avec un très grand sérieux le sol qui quelques secondes plus tôt était couvert de sang. Ils discutaient à voix basse de ce miracle et s’attribuait l’un l’autre ce mérite. Dehors, la foule ne désemplissait pas et le temps jouait clairement contre eux. Haya n’avait aucune envie de subir la présence de deux ivrognes. Akio était déjà pénible sobre, cela lui suffisait. Elle malaxa un peu de chakra, prit une profonde inspiration et recracha une importante quantité d’eau dans le dos des deux chuunins, en visant la tête. Peut-être avait-elle un peu exagérée car ils traversèrent la cloison malmenée comme un seul homme et glissèrent à l’extérieur de la rue. Les passants s’écartèrent précipitamment et Haya regarda le plafond qui grinçait d’une façon menaçante. Elle essuya l’eau qui coulait sur son menton mais n’osa pas rencontrer le regard du barman. Elle sortit par l’ouverture qu’elle avait créé avec le plus de dignité possible et rendit à Akio son regard. Il semblait un peu hébété et se grattait le sommet du crâne en dévisageant Haya. Maintenant qu’il semblait aller mieux, elle ne désespérait pas de rejoindre les quais pour se renseigner sur le prochain bateau. Peut-être même que s’ils avaient de la chance, le dernier bateau n’était pas encore parti.

Mais la chance n’était définitivement pas avec eux. Elle perçut un bruit de course plus haut dans la rue et les passants qui s’écartaient laissèrent émerger un nombre impressionnant de gardes. En réalité, comme elle le remarqua, les gardes étaient déjà présents. C’était seulement les renforts qu’elle voyait là. Ils discutaient avec les badauds et des doigts fréquents se pointaient sur Akio et Chiyoko, qui s’étaient redressés et s’occupaient à dépoussiérer leurs habits, indifférents à l’agitation alentour. Haya rencontra le regard de Liori et haussa les épaules. Haya s’approcha et Akio lui jeta un regard mauvais, mais elle l’attribuait davantage à son humeur maussade qu’à une réelle hostilité. Il s’ébroua brutalement et Haya s’essuya le visage.

Celui qui semblait être le chef de la garde acquiesça sèchement au rapport de l’un de ses collaborateurs et s’avança de plusieurs pas, tout en restant à bonne distance des ninjas. Il indiqua du menton les clients de la taverne, en plus ou moins bon état.

Chef de la Garde - Vous êtes mis aux arrêts pour trouble de l’ordre public, coups et blessures et destruction de commerces. Gardes.

Une dizaine de gardes relevèrent les clients sans trop de ménagement et s’écartèrent de la foule. Le chef de la garde observait Akio et Chiyoko mais son trouble était évident. Il ouvrit la bouche puis la referma. Voyant que Haya le regardait (les deux chuunins étant encore un peu sonnés et toujours parfaitement indifférents au reste du monde), reporta son attention sur elle.

Chef de la Garde - Je vous prierai de vous rendre sans opposer de résistance, afin que vous soyez équitablement juger pour vos actions.

Haya écarquilla les yeux. Jugés ? C’était insensé ! Ils étaient payés par le daimyo de ce pays, par leur supérieur hiérarchique, pour une mission d’importance ! Et ils allaient perdre leur temps dans un procès ? Ils risquaient de passer au moins la nuit en cellule et c’était autant de chances pour que la mission s’évapore. Haya jugea l’homme et observa qu’il n’avait fait aucun mouvement dans le sens de ses paroles. Il leur demandait de venir, mais ne les y obligeait pas. Il devait savoir que s’ils opposaient une résistance, comme il disait, celle-ci serait brève et pas réjouissante pour lui. Néanmoins, il était dans son droit le plus absolu d’exiger que justice soit rendue et Haya n’allait pas lui jeter la pierre. Elle essaya tout de même une tentative qui, même si elle pouvait sembler primitive et un peu stupide, pouvait toutefois leur épargner quelques soucis. Elle essaya de prendre un air coquet, adressa un sourire ingénu au garde et battit légèrement des paupières. Le chef de la garde demeura impassible, même si une ombre d’inquiétude et d’incompréhension traversa son regard.

Va mourir rustre, pensa Haya…

Elle reprit un air neutre et s’approcha de l’homme. Ses subordonnés abaissèrent leurs armes ou reculèrent, méfiants, mais le chef ne broncha pas. Elle acquiesça la tête et l’homme écarquilla les yeux.

Chef de la Garde - Euh… Vous acceptez ?

Haya acquiesça à nouveau. Elle indiqua du doigt Liori, derrière elle, et fit un mouvement de la tête pour enjoindre le jeune homme à la rejoindre. Elle regarda Sokka et lui sourit en pointant cette fois-ci Akio et Chiyoko. Il ne devrait pas avoir trop de mal à les garder à l’œil, ils étaient encore groggy et de trop mauvaise humeur pour s’amuser davantage. Elle observa le chef de la garde qui la dévisageait avec de plus en plus de consternation, se désigna, désigna Liori à ses côtés et posa son doigt sur lui enfin.

Chef de la Garde - Vous deux ? Très bien. Parfait. Gardes !

Un homme la saisit par le bras mais la relâcha aussitôt. Haya se retrouva encadrée par quatre hommes, Liori derrière elle. La foule s’écartait à leur passage et les gardes qui détenaient les clients leur emboîtèrent le pas. Ils étaient plus nombreux encore qu’elle ne l’avait imaginé. Une ville avait vraiment besoin d’autant de gardes ? Si près de kiri ? Haya haussa mentalement les épaules et se concentra sur le déroulement des opérations. Par sécurité, elle avait préféré que Liori vienne avec elle. D’une part parce qu’elle était muette et que cela pouvait poser problème, mais également parce que très égoïstement, la perspective d’être seule en cellule pendant un temps indéterminé, sans la moindre possibilité de demander son avis à quelqu’un d’autre, la dérangeait. Bien sûr, il était hautement improbable que cette ville dispose d’un équipement capable de retenir des ninjas. Mais Haya n’avait pas envie d’attirer davantage d’ennuis à kiri et était décidée à respecter les procédures normales, même si elles les retardaient. Le fait qu’ils soient en mission à l’heure actuelle pèserait pour eux. Il serait stupide de les retenir, mais Haya, après le navrant spectacle de la taverne, préférait ne pas s’avancer sur l’intelligence des hommes. Ensuite, Sokka, Akio et Chiyoko pourraient prendre de l’avance s’ils voyaient que ça tardait, ou venir argumenter avec l’autorité qu’ils s’apprêtaient à voir. La situation n’était pas aussi misérable qu’elle le paraissait.

Ils arrivèrent en vue d’un vaste bâtiment que le chef de la garde, par politesse, leur dit être la mairie. Une fois dans le hall, Haya fut surprise de la qualité de la décoration. Le chef ne perdit pas de temps en observation et se dirigea directement vers deux hommes en poste. Il indiqua les ninjas de la tête.

Chef de la Garde - Je veux que ces deux-là passent en comparution immédiate. Faites le nécessaire.

Les gardes saluèrent et s’éloignèrent dans deux directions opposées. On les fit entrer dans une salle adjacente pourvue de quatre bancs le long de murs. Haya s’assit sagement sur le banc le plus éloigné de la porte, Liori s’installa à côté d’elle et les autres clients s’assirent tout autour mais aucun ne s’approcha de leur banc. Trois gardes restèrent dans la pièce avec eux. Haya se rejeta en arrière et ferma les yeux ; la lumière était un peu agressive.

Le temps passa et hormis quelques discussions qui se nouaient, personne n’entra dans la pièce. Liori refit son bandage calmement, déjà tâché de sang. Il absorba une substance qu’Haya ne connaissait pas, mais il demeura impassible. Elle savait avoir fait le bon choix en permettant à Akio et Chiyoko de s’éloigner et de ne pas venir s’expliquer. Ils n’auraient fait qu’aggraver la situation, en se plaignant comme des enfants en bas âge et en refusant d’admettre leurs torts. Oh et puis, ils auraient tout aussi bien pu frapper sur leurs juges. Tant qu’à faire… Quelqu’un finit toutefois par frapper brièvement, la porte s’entrouvrit et le garde indiqua les ninjas du menton. Les hommes en poste dans la pièce s’approchèrent d’eux.

Garde - L’assemblée va vous recevoir.

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Re: [BI003] - Les greniers de Yagi

Message  Haya Sasaki le Sam 24 Oct - 14:52

Haya se leva, et essaya d’en voir un peu plus en tendant la tête, mais la porte à peine entrebâillée ne la laissa pas voir grand-chose.

Garde - C’est une sorte de tribunal.

Il était de toute évidence gêné à l’idée de juger des ninjas de kiri. Haya haussa les épaules mentalement. Ils ne risquaient strictement rien. Il fallait être un fou pour s’opposer à une mission qui pourrait servir leurs intérêts. Et mieux encore, ni Haya ni Liori n’étaient responsables de quoi que ce soit. Ils se contentaient de représenter les intérêts des ninjas ici. Ils suivirent les gardes docilement dans de longs couloirs, jusqu’à arriver à l’intérieure d’une salle bien éclairée, occupée par différents dignitaires assis côte à côte à l’opposé de la porte. Haya les détailla rapidement du regard ; il s’agissait certainement de leurs juges, donc. Le tavernier se trouvait également là, un peu nerveux peut-être, ainsi que le chef de la garde, droit dans ses bottes. Haya commençait à trouver le temps très long. Cela faisait plus d’une heure qu’ils patientaient, et le temps ne jouait pas pour eux.

Elle ferait payer cela à Akio et Chiyoko, mais surtout Akio. Elle se promit de plus de le surveiller étroitement. Il était hors de question que ses choix discutables leur porte à nouveau préjudice, surtout lorsque leur vie serait en danger. Elle ne laisserait pas un imbécile la mettre en danger, ni elle, ni ses équipiers. Elle ne le laisserait pas mourir non plus, d’ailleurs.

Ils s’installèrent toujours sous étroite surveillance, dans un petit boxe. Haya se passa une main sur le visage. Elle mourrait de soif mais elle jugea inapproprié de créer un peu d’eau. Cela pourrait être pris comme une sorte de… violation de la paix tacite… Elle tira sur la manche du garde et lui indiqua d’un geste qu’elle allait se déshydrater de l’intérieur, mais l’homme la dévisagea comme si elle était folle (et un peu dangereuse). Haya reporta son attention sur les juges. Un homme âgé mais bien bâti s’était levé et observait tour à tour les participants de cette petite réunion officielle.

Maire - Bien, mmh, nous allons commencer. Mmh.

Il lisait différents rapports pendant qu’il s’exprimait, qui relataient certainement les faits qui leur étaient incriminés. Le regard suspicieux qu’il leur lança corrobora son hypothèse. Il se tourna en direction du tavernier qui se raidit avec violence.

Maire - Monsieur, pourriez-vous témoigner des faits que vous reprochez aux ninjas ici présents ?

L’homme se leva à son tour, toujours un peu mal à l’aise, et évita soigneusement le regard placide que lui jetait Haya. Pitié, qu’on en finisse, pensait-elle.

Tavernier - Bien sûr, monsieur le maire. Il y a deux heures environ, alors que je m’occupais du service comme à mon habitude, deux ninjas de kiri sont entrés.

Le maire acquiesça profondément.

Maire - La jeune fille et le jeune homme ici présents.

Tavernier - Heu, non. Non, deux hommes. Un petit voyou et un plus grand mauvais joueur.

Le maire relut ses fiches et dévisagea très rapidement le tavernier, Haya et Liori et le chef de la garde. Son regard resta sur ce dernier.

Maire - Mmh, continuez.

Tavernier - Je ne sais pas bien comment cela a commencé, ils jouaient aux cartes avec d’autres clients et puis brusquement, ils les ont frappé. Ils étaient ivres, sans aucun doute, et je les ai peut-être servi plus que de raison, mais ils étaient riches et… enfin… faut bien vivre quoi.

Maire - Passons, passons.

Tavernier - En quelques minutes à peine, ils avaient déjà détruit du mobilier, des tables de mon grand-père imaginez, et ils frappaient les clients. Alors bien sûr, ninja ou pas, ils ne se sont pas laissés faire et là, eh bien... certains se sont faits massacrer.

Maire - Mais cela a duré longtemps d’après ce qui est indiqué sur ces rapports ?

Tavernier - Oui, ils étaient saouls.

Le maire dévisagea Liori, puis Haya, essayant peut-être d’estimer à l’œil nu le degré d’alcoolémie qui circulait dans leurs veines.

Maire - Mais ce ne sont donc pas ces jeunes gens les principaux fautifs ?

Tavernier - Non monsieur. Le jeune homme a séparé tout le monde en faisant… je sais pas quoi… et la petite na… la jeune fille a cassé du mobilier en crachant de l’eau, je crois.

Ca sonnait si trivial dans sa bouche…

Tavernier - Pour dessaouler ses compagnons. Ca a marché je crois.

Le maire acquiesça doucement, le regard fixé sur ses fiches. Il indiqua au tavernier de se rasseoir et tourna son attention sur les ninjas.

Maire - Vous êtes bien associés aux fauteurs de troubles ?

Haya hocha la tête. Le chef de la garde dandinait.

Maire - Pourquoi avoir amené deux personnes qui n’ont pas grand-chose à voir avec les crimes ?

Le chef haussa les épaules et eut un geste vague, mal à l’aise.

Chef de la Garde - Ces deux-là se sont rendus de bon gré... Je ne savais pas qu’ils n’étaient pas les principaux coupables et je n’ai pas pensé à faire une enquête plus poussée, puisqu’ils se rendaient.

Le maire se tourna à nouveau vers les ninjas.

Maire - Pourquoi vous être rendus si vous n’avez rien à vous reprocher de particulier ?

Haya jeta un coup d’œil à Liori et haussa finalement les épaules. Il fronça les sourcils et enchaîna.

Maire - Est-ce que vous contestez les faits rapportés ? Que faites vous dans cette ville, pourquoi ce problème ?

Dignitaire - N’oublions pas, messieurs, que les ninjas de kiri ont toujours eu une attitude respectable par rapport à notre port et à notre ville. Je suis personnellement convaincu qu’il existe une bonne explication à ceci, car les débordements sont extrêmement rares.

Haya lui enverrait des fleurs, un jour, si elle ne finissait pas en prison.

Maire - Il n’en reste pas moins qu’ils ont détruit un établissement public. En avoir le pouvoir ne leur en donne pas l’autorisation… Expliquez-vous, je vous prie.

Haya saisit le papier et le stylo à sa disposition devant elle.

Maire - Mmh, à voix haute s’il vous plait, ne faites pas votre timide.

Haya lui lança visiblement un regard peu amène car le vieil homme s’adossa précipitamment à son siège. Elle grimaça un sourire et indiqua d’un geste qu’elle n’en était pas capable.

Elle entreprit alors d’écrire une longue lettre, en ordonnant ses pensées pour essayer d’agencer son discours de la façon la plus claire possible.

Haya - Messieurs,

Les faits ont été rapportés avec exactitude. Je vous remercie humblement de nous laisser l’opportunité de nous exprimer et je tiens à souligner que moi et mon collègue sommes profondément navrés de l’attitude désolante de nos compagnons ainsi que pour les torts et l’agitation qu’ils ont causés.

Je souhaitais représenter les ninjas dans cette affaire afin d’éviter tout trouble supplémentaire.

Nous sommes actuellement, tous ensembles, en mission pour kiri et pour le daimyo du pays de l’eau. Cette mission vise à arrêter et tuer les pirates qui s’en prennent à l’heure où nous parlons à l’île de Yagi. Il est probable que ces pirates, une fois enrichis par leurs pillages, s’en prennent à d’autres villages côtiers. Nous avons perdu un temps qui nous est extrêmement précieux et pardonnez-moi si je place la vie de nombreux civils un peu plus haut sur mon échelle que celle d’un bar de votre ville. Nous sommes certes en tort, mais vous devriez savoir au vu de votre position qu’il y a un temps pour tout.

Je remercie par ailleurs le chef de la milice de ne pas nous avoir attaqués à vue, car cela aurait causé sans aucun doute de nombreux problèmes supplémentaires. Néanmoins, les personnes incriminées sont mes supérieurs pour cette mission. Agir contre eux, ou les interdire de se déplacer en ville, ne m’était pas permis. Ils sont toutefois des éléments fondamentaux de cette mission, malgré leur immaturité certaine que vous avez hélas pu constater.

Messieurs, je vous répète nos plus sincères excuses.


Elle donna le papier au garde et dévisagea le maire pendant qu’il lisait à voix haute son texte. Elle n’aurait peut-être pas dû le traiter à mots couverts d’incompétent, mais son agacement commençait à se muer en colère à mesure que le temps passait. Combien de bateaux avaient-ils ratés à présent ? Y en aurait-il un autre avant demain ? Tout ça pour un bar insalubre et sordide… Il aurait été bien plus rapide de payer tout de suite le tavernier pour qu’il s’en paye trois heures, de ces foutus bars. Le maire s’éclaircit la gorge, après avoir brièvement délibéré avec ses collègues.

Maire - Bien, mmh, en ma qualité de maire de cette ville, je vous condamne à des travaux d’intérêts généraux. Toutefois, votre mission reste prioritaire, vous pouvez partir. Je tiens toutefois à ce que vous signez par écrit ou que vous déclariez sur l’honneur revenir ici une fois celle-ci réussie.

Haya l’observa d’un air impassible et écrivit sur une page blanche.

Haya - Monsieur,

Vous êtes trop bon.

Vous pouvez être assuré que les responsables, et j’insiste sur ce point, reviendront ici. Je m’en assurerai personnellement. Il est toutefois impensable que je vienne perdre mon temps ici, alors que je ne suis absolument pas responsable de quoi que ce soit. Les deux responsables reviendront et pas un de plus. Ils vous dédommageront également, de leur poche.

Je dois toutefois, malheureusement, apporter un petit bémol à cette déclaration Ô combien solennelle. Il se pourrait que nous mourions en essayant de protéger votre charmante petite ville côtière. Vous m’en voyez profondément désolée, mais je tiens tout de même à vous assurer qu’au moment de mourir, toutes mes pensées seront tournées vers cette injustice.

Monsieur, adieu, nous ne nous reverrons pas.


Elle donna le papier au même garde que précédemment, cette fois-ci le maire lut en silence. Ils discutèrent brièvement entre eux, puis le maire reprit la parole.

Maire - Eh bien, mmh, nous ferons ainsi. Si j'ai votre parole... vous pouvez disposer. Gardes !

Haya et Liori se levèrent en même temps. Ce n'était pas trop tôt. Il allait maintenant falloir supporter un Akio et un Chiyoko de mauvaise humeur. Mais Haya leur souhaitait de faire profil bas, car elle sentait que pour le bien de cette mission, elle n'allait pas supporter davantage d'écart. Et elle espérait bien que Liori et Sokka soient dans le même état d'esprit. Ils furent escortés à l'entrée de la mairie par les gardes et leur capitaine, qui semblait soulagé d'en avoir terminé avec cet épisode. Ils leur indiquèrent la direction des quais et repartirent en ronde. Haya regarda Liori et eut un mince sourire désabusé.

Ce n'était définitivement pas trop tôt.

Haya Sasaki
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Re: [BI003] - Les greniers de Yagi

Message  Kawaki Sokka le Jeu 29 Oct - 20:39

Sokka ne réalisait pas encore ce qui venait de se passer. Il y a quelques moments auparavant, il était acculé par terre cherchant une ultime chaise comme rempart à l’attaque d’un des ivrognes. Puis la porte s’était ouverte, par un petit bruit significatif, celui qui rapportait que les renforts étaient enfin arrivés. L’intervention de Liori avait nécessairement calmé le jeu qui se faisait depuis de longues dizaines de minutes. Puis Haya avait eu aussi l’envie de participer à l’arrêt totale des festivités, dessaoulant au passage les deux Chuunin ivres. Tout s’était passé si rapidement que le Kawaki n’eut à peine le temps d’attendre, qu’il se retrouvait déjà en dehors du bar, avec les autres Shinobi.

Tout ceci aurait été parfait, bien qu’incompréhensible, si la milice du village ne s’était pas ramené. Bien sur, que les gardes étaient présents prêt à intervenir, pour la sécurité du village. C’était ce qui avait de plus normal lorsqu’un incident de cet ampleur survenait dans un lieu qui était quasiment détruit. Un bar qui n’a pas pu résister à la puissance des coups qu’il recevait. Pas grand-chose, pouvait encore témoigner ce qu’il était, à part le comptoir qui avait servi de refuge a son propriétaire.

C’était tout cet ensemble d’événements qui avait amené aux conséquences qui suivaient : Haya et Liori arrêtés par les gardes, pour une quelconque condamnation, à la place de Akio et Chiyoko, qui, eux, étaient groggy par l’attaque aquatique de Haya. Sokka resta passif, devant cette scène, la scène où les compagnons de son équipe étaient arrêté, et allaient passés le reste de la journée, sûrement. Il résista à la tentation d’intervenir, ce n’était pas le moment d’envenimer les choses, ou plutôt, continuons d’envoyer de l’eau sur ce feu presque éteint et non de l’huile. Le jeune homme au teint continua d’aller en ce sens, en tirant les deux Ninjas endormis, vers une ruelle étroite, perpendiculaire à la rue du bar. Histoire de se cacher pour que la scène prennent fin.

Sokka attendit quelques minutes, avant, de modifier son apparence, histoire que les passants ne l’assimilent pas à cet incident. Pour se faire, il dénoua son bandeau Ninja autour de son cou pour le ranger de sa besace. Dans cette dernière il sortit une bande de tissu noir. Rangent ses cheveux mi-long bruns en arrière, il y attacha ce tissu au tour de la tête de manière à qu’il devienne un bandana, obligeant les cheveux a rester en arrière. Le changement était certes minime, mais assez pour tromper ceux qu’ils ne le connaissaient pas. Cela aurait été sans doute plus simple, s’il connaissait le jutsu de métamorphose.

Il se dépêcha de revenir à l’endroit de l’incident, pour questionner les promeneurs, de ce qu’il s’était passé, et où allait être emmenés tous les suspects. Il eût assez rapidement un réponse qu’il semblait convenable : «Sûrement à la mairie». Le petit stratagème ayant fonctionné, il retourna rapidement sur ses pas. Il allait devoir s’occuper d’autres choses, désormais. Il était face à deux ivrognes s’étant assoupi après avoir livré leur bataille de celui qui frapperait le plus fort. L’un des deux étaient même, le «chef» de cette mission. Sokka hésita à leur foutre une bonne claque, pour les réveiller, en les traitant d’irresponsable. Il l’aurait bien voulu et ils l’auraient bien cherché. Cependant, cela ne suffisait pas. Il ne connaissait pas à l’avance leur réaction dû à ce réveil, et pire encore, ils pourraient répliquer, chose que ne voulait pas le Chuunin. Après quelques reflexions du Kawaki, Akio et Chiyoko décidèrent de se réveiller, tous seuls. Et bien que Sokka n’avait pas frappé, leur réveil était ponctué de quelque maux au crânes. Après ce long moment, Akio décida enfin de savoir ce qu’il s’était passé, depuis qu’ils étaient sorti du bar. Sokka répondit à sa demande, essayant de garder un ton neutre.

Sokka – …Et c’est ainsi, que grâce à vous, Haya et Liori ont été emmené pour être juger de vos actes.

Après quelques échanges de regards entre les deux compères, Akio décida de prendre la parole.

Akio – Bah, c’est simple, non ? Il suffit d’aller les chercher. On y va, on demande d’abord gentillement de les libérer. Sinon, on les fera sortir à notre manière.

Après avoir expliqué son idée, il mit son poing dans son autre main, pour faire craquer les os de ses doigts. Un geste qui permettait de faire comprendre sa pensée, implicitement. Il eut comme seul réponse de Sokka, un long soupir. Il commençait à en avoir marre, malgré que cela faisait à peine que quelques heures qu’ils se côtoyaient.

Sokka – Et comme ça, on aggrave encore notre cas ? Vaut mieux faire profil bas pour le moment.

Chiyoko – C’est pas faux.

Sokka – Il vaut mieux réfléchir à un plan. Et en attendant, on a autre chose à s’occuper.

Akio – Comme ?

Sokka – Déjà il manque votre troisième compagnon. Ca serait bien d’aller le chercher, il pourrait nous être utile, non ? Et puis, avec votre petite escapade, on a loupé tout simplement le bateau, le mieux serait d’en trouver un autre, si on souhaite quitter rapidement cette ville.

Sokka était étonné. D’abord par lui-même, il avait réussi a dégager de ses paroles une certaine aisance et un sérieux qui ne le mettait pas en doute. C’était bien, sans aucun doute, la première fois qu’il parlait ainsi. La deuxième chose encore plus surprenante était que les deux compagnons se levèrent, sans broncher un seul mot. Il se montrait même prêt à suivre le Kawaki dans son plan. Sokka a été si persuasif ? Non, il ne fallait pas rêver tout de même. Alors que cachaient-il ? Sûrement un coup fourré, oui sûrement. Il allait devoir les surveiller, au moins il avait un avantage sur eux, lui savait où étaient ses deux coéquipiers. Il espéraient que leur curiosité serait assez forte, pour canaliser leur envie de les libérer de force.

Sokka – C’est parti pour chercher Shuo. On devrait retourner à l’entrée du village. Avec un peu de chance, il s’y trouve encore.

Avec énormément de chance aurait été plus juste, néanmoins c’était un de ces moments où on devait rester le plus positif possible. Bizarrement, encore une fois, les deux autres personne restaient silencieux, se contentant juste de suivre Sokka, se dirigeant vers l’endroit qu’il avait tout juste nommé. Il reprenait tout simplement la route qu’il avait arpenté, il y a quelques heures. Il fallut tout de même marcher un moment, avant d’arriver à destination. Et heureusement la chance était au rendez-vous : Shuo s’était installé non loin de la porte du village, assis sur un banc. Il attendait tout simplement qu’on vienne le chercher. A la vue des autres Ninja, il se contenta de se lever et rejoindre le groupe. Il devait se dire, qu’il était enfin l’heure de partir.

Sokka – Shuo… Je suis content de te revoir.

Le Genin se contenta d’acquiescer d’un signe de la tête avant d’esquisser un mince sourire figé. Sokka était à moitié rassuré au moins, il avait une personne sur qui compter et sobre, un argument qui prenait toute sa valeur, avec tous les évènements qui venaient de se dérouler. Sokka, quant à lui, décida de rester dans l’optique de son plan. Il allait pouvoir demander à Shuo de lui rendre un service, même.

Sokka – On n’a pas le temps de t’expliquer ce qui vient de se passer, cependant on a besoin de ton aide. Comme tu doute, les deux heures de délai pour les bateau ont été dépassé, et donc on l’a, tout simplement, loupé.

Il marqua une pause le temps que son interlocuteur puisse digérer les informations.

Sokka – On a besoin donc, que tu aille au port, pour rechercher un autre bateau. Si tu en trouve un. Fais tout pour qu’ils soient encore là, quand nous reviendrons.

Une nouvelle pause pour une nouvelle digestion.

Sokka – En effet, on ne peut t’accompagner. De notre côté, nous devons retrouver Liori et Haya pour les amener au port. Tu peux le faire ?

Shuo – D’accord. Il me suffit juste de trouver un bateau.

Encore une nouvelle fois, Sokka était stupéfait. Akio et Chiyoko ne bronchaient aucun mot. Avaient-ils décidé de se tenir a carreaux, en se rendant compte de la gravité de la situation. C’était trop beau pour être vrai. Le Kawaki se demandait tout de même quand le rêve allait prendre fin. Cependant, après tout, ils pourraient très bien s’être tout simplement calmés. Encore un mystère, songea Sokka. Le groupe se sépara donc, pour retrouver leur composition initiale : d’un côté Shuo, seul, devait réussir à retenir un bateau en direction de l’île de Yagi, de l’autre côté, les trois Chuunin devait s’occuper de réunir les deux équipes, au port pour embarquer. Une chose plus facile à dire qu’à faire. Tout d’abord il fallait se diriger vers la mairie, et se souvenir où elle se trouvait, aussi.

Il leur fallut une dizaine de minutes, pour se retrouver, enfin devant une batisse assez grande, qui semblait être la Mairie. Les deux gardes postés à la porte d’entrée, confirmaient les hypothèses. Il fallait maintenant jouer finement, pour espérer pouvoir rentrer et libérer Haya et Liori, en douceur. Sokka ne se permettrait pas qu’un autre incident survienne. Ca signerait sans aucun doute l’échec total de la mission. Il espérait que les deux personne qui l’accompagnaient, allaient garder leur calme. C’était tout de même, eux les fautifs. L’Eisei-Nin se posta devant un garde.

Sokka – On aimerait pouvoir rentrer, s’il vous plait.

Garde – Impossible. Une audience tient cours en ce moment même.

Ainsi, le jugement avait déjà commencé. Il ne perdait pas de temps, ici.

Sokka – Justement, on est là, pour ça. Il faudrait faire sortir les deux Ninja. Nous sommes en mission. Il en va de la réussite de cette mission importante.

Garde – Je ne changerais pas ma décision

Il tenait donc, à ce que Akio et Chiyoko s’énervent, et commence par le tabasser, puis mettre la mairie dans le même état que la taverne ? Pourtant, à la grande surprise, les deux Chuunin restaient passifs, ce qui devenait de plus en plus louche.

Un long moment d’attente, qui retardait leur mission, une fois de plus. Mais, au bout de ce délai, la porte de la Mairie s’ouvrit pour laisser s’échapper deux silouhettes. Sokka, qui s’était retiré un peu plus loin, après de vaines explications, fixa les deux personnages. C’était bien Haya et Liori. Sokka ne pouvait s’empêcher de crier de joie.

Sokka – Enfin vous voilà !

¤.¤.¤


Tous les six se trouvaient désormais au port. Shuo avait réussi à convaincre un capitaine d’embarquer des Shinobi dans son navire. Ils montèrent chacun leur tour pour arriver sur le pont principal du bateau. Chiyoko se dirigea vers le capitaine pour régler le payement de leur embarcation. Enfin ils allaient partir. Cependant l’aventure ne faisait que débuter, réservant encore de nombreuses surprises. Sokka n’allait, décidément, pas fini d’être étonné.

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Re: [BI003] - Les greniers de Yagi

Message  Akio Raiteiro le Lun 2 Nov - 17:35

Akio gardait le silence. Depuis longtemps, trop longtemps, sans qu’on n’ait à lui rappeler. Même pour ceux qui ne le côtoyaient que depuis quelques heures, cette nouvelle tranquillité, ou tout du moins, inactivité des cordes vocales, était pour le moins étrange. Cela faisait plusieurs minutes que le grand bateau, chargé de nombreux voyageurs, avait quitté le port, et ni Chiyoko, ni Akio n’avaient dit un mot. Une espèce de lourdeur s’était installée entre les membres de l’équipe depuis que les deux compères avaient retrouvé leur esprit.

En faisant le point sur les évènements qu’ils venaient de traverser, on pouvait vite se rendre compte que ce n’était pas bien glorieux. La mission n’avait même pas commencée. Ils n’avaient même pas pris la mer et leurs objectifs avaient risqué d’être compromis. Et pourquoi ? Parce qu’il avait souhaité boire un verre avec son ami Chiyoko…

Akio, vous ne serez jamais juunin.

Que les mots peuvent être douloureux parfois et resurgir au plus mauvais moment. Le jugement de ces supérieurs était telle une lame qu’on aurait plantée près du cœur et qu’on ne cesserait de remuer. Aujourd’hui, encore, Akio ne les avait pas fait mentir. Il se souvenait pourtant des recommandations qu’on lui avait données, ils lui avaient dit qu’il s’agissait d’une nouvelle chance.

Il n’y avait pas à tortiller, il avait bien merdé.

Pourtant ce n’était pas faute de vouloir bien faire. Il avait la motivation, il avait l’envie. Mais comme on lui avait rabâché, il lui manquait encore des choses pour être chef d’équipe.

***


Alors qu’il était encore en rééducation, en train de lutter pour faire un pas, suivi d’un deuxième, cramponné sur deux barres parallèles, on était venu lui annoncer la nouvelle. C’était Kenji, lui-même, qui était venu lui dire. « Le vieux », comme Akio aimait l’appeler, l’avait évité durant toute la période où il avait dû rester aliter, mais l’infirmière, un peu bavarde, n’avait pu s’empêcher de raconter au chuunin, que celui qui siégeait dorénavant à la droite du Mizukage Shinji, venait demander des nouvelles presque chaque jour.

Kenji était un vieillard bougon, irascible, retors, mais Akio l’aimait bien.

C’était cet aveugle acariâtre qui l’avait accueillit à son arrivée à Kiri, alors qu’il arrivait de l’école des Miroirs d’Ambre. Il se rappelait bien que son mentor lui avait dit qu’il n’arriverait à rien en faisant du taïjutsu. Il l’avait plus ou moins confié à Idan, mais avait continué à veiller sur lui de loin. Ensemble, ils leur étaient arrivés de surveiller les portes du village. Akio ne savait pas pour qui cela avait le plus été une punition, dans le sens où tous les deux, à leur manière, étaient insupportables.

Kenji – Satoshi a fait un compte-rendu sur ton action lors de la tentative de coup d’état de Nezu. Suite à cela, l’administration a décidé de te confier une équipe, pour un essai, sur une mission extérieure.

Sur le coup, Akio n’avait pas su quoi dire et une fois n’est pas coutume, il n’avait rien essayé de raconter pour combler le « vide ». Pas de bégaiements, pas de phrases sans queue ni tête. Juste rien. L’annonce l’avait complètement estomaqué, lui à qui on avait promis l’échec, on lui laissait une sorte de passe-droit pour devenir chef d’équipe ? Est-ce que la nouvelle position de Kenji avait joué en sa faveur ? Akio n’en savait rien et n’imaginait pas un instant que « le vieux » ait pu faire cela dans son intérêt.

Kenji – Par contre, pour faire une mission, je pense que je ne t’apprends rien en te disant, qu’il faut sortir de l’hôpital. Et pas sur des béquilles.

Le chuunin avait hoché bêtement la tête. Kenji était parti. Une sorte de folie, de frénésie s’empara alors du jeune homme. On avait rarement vu un homme, même shinobi, faire autant d’efforts pour se remettre d’aplomb et pouvoir courir de nouveau. Son rétablissement fut « foudroyant » d’après les médecins, avec plus de deux mois d’avance sur les prévisions.

***


Akio réalisait qu’il venait d’anéantir plusieurs mois de travail en quelques heures. Il avait complètement détruit un bar, amoché les clients qui consommaient à l’intérieur, jeté l’opprobre sur Kiri no Sato. Et le pire, ce n’était pas lui qui avait dû assumer les conséquences de ses actes. Il se retourna vers les membres de son « équipe ». Comme on pouvait l’observer en de trop rares moments, une certaine aura « charismatique », un sérieux maîtrisé, quelque peu repentant, se lisait sur le visage du jeune homme.

Akio – Je vous dois des excuses, à vous tous. Notre…enfin…mon comportement n’a pas été celui qui incombe à un chef d’équipe. J’ai…j’ai été complètement…stupide. J’assumerai mes torts, lorsque la mission sera terminée. En attendant…je vous laisse choisir entre vous qui dirigera par la suite cette mission.

Akio fit alors volte face et commença à s’éloigner avant de se faire interpeller par Liori.

Liori – Hé ! Où est-ce que tu crois aller comme cela ?!

L’interpellé se retourna pour dire qu’il avait besoin de se reposer et réitéra des excuses. Avant qu’un des membres puissent ajouter quelque chose, Chiyoko leva le bras horizontalement, qui leur signifiait de se taire. Lui aussi était fautif, mais il semblait bien moins affecté que son compagnon de beuverie. Peut-être était-il plus lucide, toujours est-il qu’il avait l’intelligente réflexion de laisser Akio seul, un instant, pour faire le point. Ce dernier disparut alors du champs de vision des cinq autres ninja, comme avalé par la carcasse en bois du bateau.

***


Les côtes de Yagi étaient maintenant visibles. Cela faisait de longues heures qu’ils étaient partis d’Uke. D’après le capitaine du navire, ils seraient à quai dans moins d’un quart d’heure. La brume s’était levée en en même temps que l’astre solaire. L’équipe s’était réunie sur un ponton, mais Akio n’était toujours pas réapparu.

Soudain, des formes floues et sombres firent leur apparition par l’opaque horizon blanchit. Quatre, cinq ? Peut-être même plus. Tout se passa très vite, sans réellement que les shinobi n’aient le temps de réagir. Les contours se firent distincts et dévoilèrent des embarcations fines et élancées. Ces dernières fondaient sur le paquebot. L’absence de pavillon laissait présager le pire et alors que l’alarme commençait à retentir, les premiers flibustiers prenaient déjà d’assaut le navire. De leur position, les ninja de Kiri no Kuni purent observer que les pirates avaient positionné leurs petits voiliers sous forme d’un cercle autour de leur gros bateau. Des dizaines d’hommes montaient sur le navire à l’aide de grappins et autres outils d’abordage. Ils semblaient étrangement disciplinés, malgré les cris et les injures qu’ils proféraient et une cohésion militaire ressortait de leur déplacement groupé. Une dizaine d’hommes finirent par arriver sur le ponton où se trouvaient les membres du village de la Brume.

[???] – Ces putains de ragots sont vrais ! Les shinobi de Kiri sont bien sur ce putain de rafiot !, s’exclama l’un d’entre eux en apercevant les bandeaux sombres, ornés d’une plaquette de métal.

La nouvelle se propagea comme une traînée de poudre que l’on venait d’allumer et toujours plus de pirates arrivaient sur le ponton, avec des intentions très peu pacifiques. L’un d’eux eut le courage et la bêtise d’attaquer Chiyoko. Sa mâchoire fut immédiatement brisée et son corps jeté, dans la foulée, par-dessus bord. La prestation des autres membres de l’équipe du village de la Brume, freina brutalement les ardeurs des bandits, qui commençaient à les encercler, tout en gardant une bonne distance de sécurité.

Subitement, alors que la bataille semblait s’engager une voix rocailleuse retentit dans les haut-parleurs du navire.

[???] – Shinobi de Kiri, nous venons de prendre possession du poste de commande avec ses officiers, plusieurs de nos groupes armés sont en train de capturer des passagers. L’ensemble du navire est désormais sous notre contrôle. Rendez vous immédiatement ou nous exécuterons les otages. Il n’y a pas de négociation possible, ni de deuxième sommation.

[Allez vite voir le Coin RP pour avoir plus d’informations sur la suite de la mission.]

Akio Raiteiro
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Re: [BI003] - Les greniers de Yagi

Message  Haya Sasaki le Mar 3 Nov - 17:06

Ce bateau était trop gros.

Haya resta accoudée à la balustrade alors qu’il s’éloignait du port. Le capitaine avait visiblement accepté de retarder son expédition, qui ne devait faire qu’escale à Yagi pour se ravitailler et laisser les nombreux civils se dégourdir les jambes sur la terre ferme. La petite ville qui les avait tant retardés s’éloignait et Haya n’en était pas mécontente. Ils avaient à présent au moins deux heures de retard sur leurs prévisions et ce n’était pas une excellente chose. C’était vraiment trop stupide… risquer de rater une mission importante pour une broutille sans grosses conséquences. Il aurait été tellement plus simple de laisser repartir les ninjas ! Maintenant, les pirates avaient de grandes chances de savoir qu’une ou plusieurs équipes de kiri étaient toutes proches. Le bateau qui devait arriver à Yagi leur donnera cette information, a fortiori s’ils parviennent à l’intercepter.

Mais tout cela n’était qu’un élément à venir. La traversée ne faisait que commencer. Haya avait été quelque peu surprise de voir que Sokka et les deux autres les attendaient à la sortie de la mairie. Elle n’aurait su dire exactement pourquoi, mais cela l’avait surprise. Elle avait salué Sokka d’un signe de main et d’un sourire, puis ils s’étaient dirigé tous ensemble vers les docks dans un silence un peu tendu, peut-être. Haya n’avait pas grand-chose à dire même si elle avait été capable de parler. A présent qu’ils étaient en route, elle ne pouvait pas dire qu’elle en voulait à Akio ou à Chiyoko pour leur attitude. C’était leur façon d’être, ils auraient dû être plus fermes dès le début. Maintenant qu’ils partaient et que le mal était mis entre parenthèses, il n’y avait plus de raison de ne pas rester uniquement concentrés sur la mission. Haya mentirait en prétendant désirer repartir un jour en compagnie d’Akio ou de Chiyoko, mais elle ne désirait pas rester sur cette impression plus que mitigée pour autant. Après tout, deux amis qui se retrouvent pour une mission, ils avaient certainement des choses à se dire. Peut-être d’une façon un peu trop virile, mais enfin…

Néanmoins, Akio semblait très affecté et plus cela durait, plus Haya excluait les relents de l’alcool. Il regardait dans le vague ou par terre, sans réelle expression, ne manifestait pas de plaisir particulier à être en route pour une mission et quelque part, Haya sentait qu’il y avait quelque chose pour lui qui signifiait beaucoup. Probablement était-il déçu de lui-même ? Il y avait en effet de quoi. Lorsqu’il avait présenté ses excuses, Haya n’avait rien ressenti de particulier à son égard. Mais elle trouvait que c’était de la facilité d’abandonner ses charges à ce moment-là. Il s’était certainement décrédibilisé à leurs yeux, mais la décision ne lui appartenait pas. Haya ne pensait pas qu’un changement de chef d’équipe était pertinent (d’autant qu’à ses yeux, Akio n’avait jamais été le chef d’équipe de cette mission, simplement une sorte de consultant plus expérimenté). Mais c’était naturel de vouloir s’isoler et Haya n’aurait absolument pas imaginé venir coller Akio dans cette situation. Elle espérait simplement qu’il ne fasse pas de bêtises pour se racheter. Ce serait catastrophique, pour eux et pour lui. Avant d’arriver au port, Haya se promit d’aller le voir. Elle n’aurait pas grand-chose à lui dire (et pour cause…), mais peut-être seulement lui signifier que non, à ses yeux, il n’était pas la raclure de l’univers. Seulement… un garçon emporté qui devrait réfléchir avec plus d’attention.

Elle ne disposait pas de beaucoup d’éléments sur ce qu’avait été sa vie, sur ce qu’il vivait à présent. Mais elle l’avait vu combattre pour les protéger dans la forêt, juste avant la guerre, et ce n’était pas quelque chose qu’Haya oublierait facilement. Il avait sans aucun doute de grandes qualités, des qualités de chef, mais il souffrait de ses propres démons. Il ne devait pas être beaucoup plus vieux qu’elle, même si cela devait faire bien plus longtemps qu’il était ninja. Elle espérait que cette mission lui permettrait de mettre le doigt sur ce qu’il lui fallait surveiller pour continuer sa progression…

Haya, elle, savait ce qu’il lui fallait. Et elle savait aussi qu’elle irait les chercher, ces éléments manquants, parce que de sa progression dépendait beaucoup de composantes de sa vie. Cela prendrait du temps, mais elle n’était pas impatiente. Elle quitta la balustrade et déambula un peu sur le ponton. Le bateau était trop gros. Elle s’était fait la réflexion en montant. Il était trop… appétissant… un bateau de croisière, c’était une mauvaise idée de l’emprunter dans le cadre de leur mission. Après tout, des pirates pillent. Quelque chose d’aussi gros et d’aussi fastueux ne manquerait pas d’exciter leurs instincts, d’autant qu’ils étaient certainement au courant du passage de ce bateau à proximité de Yagi. Néanmoins, les prochains bateaux étaient beaucoup trop tardifs et si celui-ci se faisait attaquer, il y aurait toujours six ninjas pour le défendre.

Même si ce n’était pas exactement ce qu’elle aimait, le bateau était beau et très bien entretenu. Elle se demandait si elle aurait eu les moyens de se le payer s’ils ne voyageaient pas gratuitement. Ou peut-être était-ce le village qui payait leur trajet, elle n’en savait pas beaucoup plus et la perspective d’interroger quelqu’un à ce sujet ne lui disait vraiment rien. En réalité le bateau était si intimidant qu’Haya hésitait à aller dans sa cabine ou à explorer ses entrailles. Elle se sentait presque rassurée à côté de la mer, avec la brise marine et cette odeur de sel tout autour d’eux. Il lui était impossible de savoir exactement où étaient ses compagnons à l’heure actuelle, Haya était restée plus longtemps qu’elle ne l’aurait pensé sur le ponton. Le voyage ne serait pas trop long, huit heures peut-être, quoiqu’au rythme où allait le bateau cela pouvait s’allonger de quelques heures supplémentaires. Comme il lui semblait probable qu’elle ne mettrait plus jamais les pieds devant un bateau aussi gargantuesque, Haya trouva idiot de ne pas en profiter pour le découvrir plus en détail.

Elle ouvrit une porte et traversa un bref couloir pour déboucher sur une salle gigantesque, où se fréquentaient plusieurs dizaines de passagers. Les femmes avaient de jolies robes, les hommes étaient richement habillés, si bien qu’Haya en vint à observer sa tenue pour remarquer à quel point elle faisait tache. Une chaîne fixée à la taille, une veste seyante mais malgré tout guerrière, avec une plaque de métal clairement visible, et les bandages autour de ses jambes qui faisaient très… ninja. On lui jeta quelques coups d’œil curieux mais elle n’était pas parvenue à complètement casser l’ambiance. Haya prit son courage à deux mains et commença à marcher très lentement dans le salon, en regardant autour d’elle en essayant de ne pas paraître trop émerveillée. Certes elle était kunoichi et elle était partie pour tuer des pirates, mais elle ne pouvait rester totalement placide face à ce spectacle. Ou plutôt, elle aurait pu, mais elle n’en voyait pas du tout la nécessité.

Homme - Ah, c’est vous les ninja de Kiri ?

Haya baissa brusquement les yeux et s’arrêta net pour éviter de rentrer dans l’homme qui lui faisait face. Elle hocha la tête une fois et tenta un sourire maladroit. C’est vous qui nous avez retardé de près d’une heure ?. Oui oui c’est nous désolée désolée. L’homme souriait et l’observait avec intérêt (si bien que s’en était vaguement gênant), et Haya en conclut que c’était la première fois qu’il voyait un ninja et qu’il espérait peut-être quelque chose d’un peu… extraordinaire. Mais Haya n’avait pas grand-chose d’impressionnant à lui montrer et là non plus, elle n’en voyait absolument pas la nécessité.

Homme - Cela fait plaisir de savoir que vous êtes là.

L’homme inclina brièvement la tête et revint auprès de sa compagne pour l’entretenir de sa discussion enrichissante avec la jeune ninja qu’il venait de rencontrer (ou quelque chose dans cet esprit). Haya acheva sa petite visite et s’éclipsa discrètement dans un nouveau couloir. Elle essayait de se repérer au mieux, si jamais elle devait se rendre quelque part en toute urgence, mais la grandeur des lieux rendaient la tâche délicate. Elle rencontrait quelques personnes, seules ou en couple, qui traversaient le couloir dans le sens opposé pour se rendre, comme elle le déduisit, dans le salon géant. Haya découvrit toutefois qu’il y avait plusieurs salons géants, avec parfois autant de monde, ce qui laissait présager un bateau plus gigantesque encore qu’elle ne l’avait pensé. Combien pouvaient-ils être là dedans ? Plus de cent, sans aucun doute.

Un escalier descendait. Haya jeta un œil mais estima que ce devait être la salle des machines, ou quelque chose dans cet esprit, et que les lieux ne devaient pas présenter beaucoup d’intérêt. Elle poursuivit donc sa route sans se presser, s’arrêta dans une sorte de restaurant pour manger quelque chose (toujours à l’œil), puis continua jusqu’à ce qui ressemblait à une salle de jeu. Elle observait les tables avec stupéfactions, sans même savoir pourquoi les gens utilisaient un long bâton pour frapper une boule qui allait frapper d’autres boules qui s’enfonçaient ensuite dans des trous. Et ils faisaient cela longtemps, en faisant parfois jouer quelqu’un d’autre, pour on sait qu’elle raison. Haya finit par remarquer que les joueurs échangeaient leurs places quand aucune boule ne rentrait dans les trous, ce qui devait donc être le but du jeu. Elle était toute proche de l’une de ses tables et tellement concentrée sur le jeu qu’elle sursauta quand on lui toucha l’épaule.

Homme - Tu veux essayer ?

Haya écarquilla les yeux et secoua la tête avec énergie.

Homme - Tu es sûre ? Tu joues mon coup. Ce n’est pas un problème, au contraire.

Au contraire de quoi ? Les ninjas avaient une prédisposition naturelle à envoyer des boules dans des trous avec un bâton ? Elle se saisit toutefois du bâton qu’on lui tendait et sentit (avec une certaine gêne) ses joues rosirent en constatant que tout le monde la fixait avec curiosité. Mais après tout, il fallait bien faire quelque chose de ce voyage et Haya avait calculé son temps pour aller se reposer une ou deux heures sur la fin du voyage. Elle copia la position qu’elle avait observée plusieurs fois, par rapport à la boule qu’il fallait vraisemblablement envoyer contre les autres. Elle visa avec soin une autre boule et rata complètement son coup, avec un brio qui confinait au génie. Haya se redressa, perplexe, et observa la boule qui avait soigneusement évité toutes les autres. C’était minable.

Homme - Ah! Peut-être un peu trop de force dans le bras. Ce n’est pas étonnant.

Il rit et Haya sourit maladroitement, en passant le bâton à un autre homme qui réussit avec décontraction un coup compliqué, qui déclencha quelques sifflets d’admiration. Il finit par rater sa troisième boule, et tendit le bâton à Haya (qui se reprocha de ne pas s’être enfuie sitôt son échec consommé).

Homme - Vas-y, vas-y, tente à nouveau !

Haya cherchait un moyen de refuser poliment mais se prêta finalement au jeu. L’homme ne tenait pas exactement le bâton comme elle. Au coup précédent, la jeune fille l’avait utilisé comme un bâton utilisé pour frapper (un vrai bâton), mais là il s’agissait plutôt de faire glisser la boule jusqu’aux autres, quelque chose de plus perforant et de moins écrasant. Elle se repositionna, heurta la boule d’un geste vif et la regarder en heurter une, puis deux autres, pour un total de deux boules dans les trous. L’homme lui donna une grande claque dans le dos et il y eut quelques applaudissements. On l’engagea à jouer son deuxième coup, qu’Haya joua rapidement avec succès, mais comme l’autre joueur, elle buta à la troisième. Il y avait de moins en moins de boules, en réalité, et elles étaient mal placées (mais cela faisait sans doute partie du jeu). Haya rendit son bâton à l’homme, s’inclina et leur adressa un petit signe de la main avant de s’éloigner. Ils l’encouragèrent à revenir jouer plus tard dans la journée, mais Haya doutait intérieurement d’en avoir l’opportunité. Elle s’assit à une table et se passa une main sur le front. Amusant ce jeu inconnu. Plus mathématique qu’elle ne l’aurait pensé en l’observant simplement.

On lui servit un verre sans qu’elle ne l’ait demandé. Haya renifla le liquide, repéra une vague odeur d’alcool, masquée par du sucre et du sirop. Elle regarda soigneusement autour d’elle pour s’assurer qu’il n’y avait pas de personne vaguement louche qui l’observait. Il n’était pas improbable que les pirates soit sur place, qu’ils aient laissé des hommes au port et qu’ils aient infiltré le bateau pour assurer à leurs petits amis des portes grandes ouvertes en trafiquant, pourquoi pas, la machinerie du bateau. Haya plongea le bout du doigt dans le verre et le porta à sa bouche. Il ne semblait pas y avoir de goût autre que ceux qu’on peut espérer dans une liqueur, mais elle ne s’y connaissait ni en liqueur, ni en poison. Elle redressa la tête et avisa un homme, à sa table, qui l’observait avec consternation. Haya laissa retomber sa main sur la table et essaya, en vain, de prendre un air dégagé comme s’il n’y avait rien de plus distingué au monde que de tremper son petit doigt dans un verre.

Elle se garda toutefois de le boire, se leva et essaya d’observer les autres jeux. La salle devait être encore plus grande que le salon où elle était arrivée tout d’abord. Au mur opposé, des gens jouaient à envoyer des boules, encore, contre des tubes qui tombaient. Haya fixait ce spectacle avec étonnement, parce que les gens semblaient trouver cela très amusant alors que de là où elle était, Haya peinait à voir l’intérêt de la chose. Poussée par la curiosité, elle s’approcha et observa de plus près. Les boules avaient des tailles et des couleurs variées, mais devaient nécessairement avoir un poids différents les unes des autres car les gens ne les portaient pas de la même manière. Elle secoua la tête intérieurement en avisant un homme prendre une boule trop grosse pour son gabarit, probablement pour faire le malin. Son jet fut une catastrophe. Haya s’amusa à estimer la taille idéale de la boule selon la morphologie des personnes qui jouaient (elle s’amusait comme elle pouvait), puis se décida à tenter elle-même quand l’une des parties en cours s’acheva. Les personnes autour d’elle l’inscrire dans leur groupe. Ils n’étaient que quatre, ce qui annonçait une partie plus brève que la précédente. Haya jouait en dernière, les jets des autres joueurs n’avaient pas été prodigieux, hormis un qui avait essayé de s’y prendre à deux fois pour une raison qui lui échappait, mais qui avait échoué. Haya passa la main sur les boules, les effleurant juste, pour trouver celle qui lui conviendrait le mieux. Elle en essaya une, puis une autre et porta son choix sur une boule intermédiaire de couleur orange.

Elle se positionna, copiant sur les joueurs précédents qu’elle avait observé avec grand soin, légèrement décalée sur la droite. Elle s’élança sur deux pas (elle ne voyait pas beaucoup l’intérêt de courir sur une grande distance, ce n’était pas comme si elle essayait de toucher le ponton arrière du bateau) et relâcha sa boule avec, jugea-t-elle, une certaine habilité. Tous les tubes tombèrent et Haya sourit puis s’apprêta à céder sa place quand on lui indiqua qu’elle avait un deuxième tir offert. La jeune fille ne s’interrogea pas davantage sur la raison, saisit la même boule et réussit un nouveau tir parfait. Cette fois-ci, visiblement, c’était à quelqu’un d’autre de jouer. Haya réussit un total de six tirs parfaits pour 8 tirs, ce qui étaient un score intéressant, mais elle s’en voulait un peu d’avoir faiblit sur les derniers tirs. Son bras était plus lourd qu’elle ne l’aurait cru et elle aurait peut-être dû choisir une boule plus légère, alors, pour équilibrer. Le jeu était plus amusant qu’elle ne l’aurait cru, à nouveau, et Haya regretta de ne pas avoir trouvé à kiri des équivalents. Elle s’arracha toutefois à la salle de jeu pour ne pas être tentée d’y rester tout le trajet et poursuivit son chemin.

Il y avait une salle avec des gens à moitié nus qui… ne faisaient pas ce qu’on pensait, mais… pourquoi des coquillages sur le dos ? … Certains barbotaient sans grande élégance, des personnes d’âges divers, d’autres portaient des masques pour la peau et Haya en conclut que c’était l’endroit où venaient les gens qui avaient besoin de cuver l’alcool ingurgité. Elle s’approcha de quelques pas.

Homme - Bonjour mademoiselle, venez par ici pour vous dévêtir.

Haya le regarda avec des yeux ronds. Il semblait sérieux, en plus. Elle secoua lentement la tête, pour essayer de voir s’il ne plaisantait finalement pas.

Il ne plaisantait pas.

Haya repartit aussi vite qu’elle était venue. Elle ne saisissait pas exactement pourquoi on lui aurait mis des coquillages morts sur le bas du dos, mais certainement pas pour qu’elle aille mieux. Et il n’était pas réellement dans ses intentions de montrer au tout-venant les meurtrissures à jamais marquées dans son dos, c’était quelque chose de suffisamment pénible dans un milieu intimiste sans qu’elle n’aille le laisser admirer par tout le monde. La jeune fille remonta le couloir et atteignit finalement les chambres. Elle se souvenait par chance du numéro de la sienne, qui semblait être à l’opposé, aussi marcha-t-elle sans se presser. Elle partageait sa chambre avec Sokka et Liori. Seul ce dernier se trouvait dans la cabine, elle le salua d’un signe de la tête et d’un sourire.

Haya grimpa sur sa couchette, retira sa veste, s’étira, et s’enfonça dans ses couvertures. Elle ferma les yeux et s’endormit quelques minutes plus tard, comme si son corps répondait docilement à son emploi du temps.

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Re: [BI003] - Les greniers de Yagi

Message  Haya Sasaki le Ven 6 Nov - 19:11

Quand Haya se leva, elle était seule dans la chambre. Elle glissa hors du lit, se passa une main sur les yeux et chercha un peu d’eau, en vain. Elle se dirigea vers la salle de bain, s’essuya le visage et remis sa veste sur ses épaules. Sans doute étaient-ils bientôt arrivés à présent. Haya retrouva avec une relative facilité son chemin jusqu’au ponton, où se trouvaient déjà Chiyoko, Sokka et Liori. Haya se positionna à côté d’eux. Yagi apparaissait au loin. Le voyage s’était bien passé, mais il n’y avait aucune trace d’Akio. Elle espérait qu’il ne s’était pas mortifié dans quelque endroit obscur pour expier son crime. Il fallait tout de même aller de l’avant maintenant, et réfléchir plus tard sur cet épisode malheureux. Haya fut toutefois perturbée dans sa pensée par un événement qui lui arracha un frisson d’appréhension.

Des bateaux se dirigeaient vers eux. Il ne fallait pas être un génie pour deviner que d’une part, cela s’annonçait comme une mauvaise rencontre, et que d’autre part il allait falloir réagir rapidement. Il ne s’agissait certainement pas de la milice de Yagi, bien que cela soit vraisemblable, l’heure était trop avancée maintenant. Les pirates devaient déjà être implantés à Yagi, savoir qui s’y dirigeait et prendre l’initiative. Haya porta son regard autour d’elle à mesure qu’elle comprenait. Les civils. Il y en avait plus ici que sur l’île. Leur tactique n’était pas mauvaise. Haya savait toutefois qu’elle bénéficiait ici d’un soutien inépuisable d’eau et que ce serait, pour elle, un avantage important. Et elle savait aussi que, malheureusement, les otages ne représentaient qu’une donnée parmi d’autres à ses yeux.

C’était une tactique pas mauvaise. Pas mauvaise… le rapport de la mission indiquait la présence d’un chef. Haya connaissait sa cible. Cet homme se ferait connaître. Il voudra se faire mousser auprès de ses hommes, leur montrer qu’il ne craint pas kiri. Ce sera probablement l’erreur de sa stratégie, parce que lorsqu’il le fera, ils connaîtront sa position. Une fois leur tacticien soigneusement éventré, cette marée impressionnante devrait ranger ses crocs. S’ils parvenaient jusqu’au chef. Haya pouvait les voir à présent et les choses se passèrent avec une telle facilité et une telle vitesse qu’elle en resta un instant décontenancée. Les pirates étaient sur le quai, partout, par grappes entières, ils montaient sur le bateau comme des colonies de fourmis autour d’une miche de pain. Haya serra les poings et s’approcha, les sourcils froncés. De nombreux regards étaient tournés vers eux, petite unité immobile dans cette agitation. Haya se retourna brusquement vers Chiyoko mais ce dernier se dégagea avec une aisance évidente de son agresseur. Il observait la situation avec sérieux et efficacité, jugea Haya. Elle le préférait ainsi.

??? – Shinobi de Kiri, nous venons de prendre possession du poste de commande avec ses officiers, plusieurs de nos groupes armés sont en train de capturer des passagers. L’ensemble du navire est désormais sous notre contrôle. Rendez vous immédiatement ou nous exécuterons les otages. Il n’y a pas de négociation possible, ni de deuxième sommation.

Hélas, la mission stipulait d’arrêter les pirates, pas de sauver les otages. Haya savait quelle serait la décision de ses équipiers parce que c’était aussi la sienne. Elle les observa et acquiesça doucement la tête. Haya tourna tout autour d’elle-même pour voir toujours plus de pirates s’agglutiner avec prudence.

Elle connaissait en tout cas la localisation du chef et elle se souvenait que la mission précisait très clairement d’éliminer la tête. Une indication judicieuse. Il était dans la salle des commandes, seul endroit susceptible de disposer d’une installation permettant de communiquer à tout le bateau à la fois. Haya l’indiqua du doigt à ses équipiers, pour montrer qu’elle allait se diriger là-bas et qu’un peu d’aide pour dégager le terrain ne serait pas superflue.

Ce bateau était beau, mais il n’en resterait pas grand-chose s’ils se donnaient réellement à fond. Les pirates ne leur laisseraient pas beaucoup de choix, Haya ne les sous-estimait pas. Ils étaient trente fois plus nombreux qu’eux, ils étaient armés d’objets suffisamment coupants pour être dangereux et ils avaient des ordres clairs donnés par une personne habituée à ce genre d’opération. Rien de risible là-dedans. Mais elle ne se cachait pas non plus la vérité : ils n’avaient pas la moindre chance, même à l’usure, contre eux. S’ils travaillaient efficacement pour se soutenir les uns les autres, les vagues de pirates s’écraseraient contre eux en vain.

Le problème venait alors des otages, qui seraient massacrés pendant ce temps, sans qu’ils puissent intervenir. Deux cent morts civiles, plus deux cent morts de pirates, un carnage abominable qui risquait de tourner court. C’était tout de même perturbant de se dire que cinq ninjas étaient capables d’une telle ampleur dans le massacre. Il n’était toutefois pas l’heure de se questionner la rationalité de la puissance, mais plutôt d’agir promptement et avec efficacité.

Les pirates qui les entouraient s’approchaient avec précaution. Il était temps de passer à l’action. Haya se tourna vers eux, joignit ses mains et quelques secondes plus tard, un début de brouillard se répandait sur toute la longueur du bateau. Elle observa froidement les pirates disparaître, emportés par les brumes, tandis qu’ils jetaient des coups d’œil inquiets autour d’eux. Un très léger maux de tête la menaça puis s’évanouit. Ce bateau était définitivement trop grand, mais si elle voulait couvrir une surface suffisante Haya savait qu’elle ne devait pas hésiter à entamer ses réserves. Heureusement que Benihime lui avait appris cette technique, elle risquait de gêner terriblement les pirates (s’ils n’avaient pas l’habitude de ce genre de climat, ce qui pouvait tout aussi bien être le cas). Néanmoins, étendre le brouillard sur une telle surface la fatiguait plus qu’elle ne l’aurait pensé et elle adressa un remerciement muet au pirate qui avait décidé de les attaquer pendant qu’ils étaient sur le bateau. C’était un mouvement vaguement inconsidéré quand quelqu’un de son sang voyageait dessus, quand bien même ne disposait-elle ni de la puissance ni de la maîtrise d’un Hyô ou d’un Iba.

Certains pirates se hélaient d’un bout à l’autre du bateau, désorientés par ce brusque revirement. Elle entendait des conversations étouffées et précipitées, nerveuses, et il lui sembla que des hommes quittaient le navire embrumé, terrifiés à l’idée qu’une lame ne les traverse silencieusement pendant qu’ils ne s’y attendaient pas. Une bonne occasion pour passer à la suite.

Haya se passa une main sur le front et se rapprocha sans faire de bruit de ses équipiers qui semblaient avoir convenu d’un plan. Haya indiqua les pirates devant eux pour signifier qu’il fallait s’en occuper avant de se séparer. Il ne lui paraissait pas très pertinent de laisser derrière eux des équipiers en situation délicate, ils auraient déjà fort à faire une fois engagés plus avant. La jeune fille fit de nouveau face aux pirates dissimulés dans de lourdes chapes brumeuses, joignit ses mains, inspira et concentra son chakra. D’un geste de la main, elle envoya l’eau de la mer avec force contre ses adversaires en essayant d’en toucher le plus possible en une fois. Maintenant qu’ils étaient sonnés, c’était le moment de passer à l’action. Haya suivit Liori qui s’engageait déjà vers le poste de commandement, à présent invisible à leurs yeux mais qui ne devait pas avoir changé de place depuis la dernière fois. Elle se pencha en avant et traversa les pirates sans s’arrêter, alors que Chiyoko, Shuo et Sokka se précipitaient pour les achever. Une fois ces derniers mis hors d’état de nuire, cette petite équipe pourrait infiltrer le bateau et essayer de sauver quelques otages. Haya aurait certainement préféré qu’ils se concentrent tous ensemble sur le poste de commandement, mais il lui semblait également irresponsable d’abandonner les civils à leur sort. Et elle et Liori avaient de bonnes chances de mettre un terme à la vie du chef pirate à eux deux, Haya n’avait pas encore de plan bien établi en tête mais pour l’instant, leurs adversaires n’avaient rien montré de particulièrement troublant. Leur nombre, toutefois, représentait une lourde pénalité mais ils ne pouvaient pas s’arrêter là-dessus.

Haya sauta sur la balustrade et bondit d’un même élan sur le haut du toit. Le brouillard la recouvrait totalement ici aussi, mais elle se doutait que l’intérieur du bateau était hélas préservé. Utiliser un tel brouillard l’aurait complètement asséchée et l’idée d’être à la merci d’une horde de pirates ne lui disait rien du tout. Chiyoko, Sokka et Shuo pourront toutefois profiter de l’exigüité des couloirs pour briser l’avantage numérique, elle leur faisait confiance pour limiter les chances d’être blessé ou capturé. Ou pire… Liori avait atteint le poste de commandement, d’une façon qui manquait assurément de subtilité mais qui était tout de même relativement spectaculaire. Haya s’arrêta brusquement pour éviter la pluie de verre et de copeaux de bois. Elle ne parvenait plus à voir ce qui se déroulait là haut.

Haya sauta sur le mur à quatre pattes, se redressa et reprit sa course. Instinctivement, elle savait qu’elle allait très bientôt utiliser son chakra et à chaque pas qu’elle faisait, les différentes possibilités qui s’offraient à elle défilaient à toute allure. Haya n’était pas inquiète. Liori n’était pas un incapable et la voix de tout à l’heure, alors déformée par le mégaphone, retentit à ses oreilles comme un murmure au loin.

? - Vous n'êtes pas si surprenants que cela, shinobi.

Ils avaient trouvé un chef.

Pourquoi n’était-il pas plus inquiet que cela, au moment de mourir ?

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Re: [BI003] - Les greniers de Yagi

Message  Liori Satsubatsu le Ven 6 Nov - 23:34

J’étais accoudé au bastingage, laissant l’air marin me caresser, ou plutôt fouetter, le visage. Je me remémorais les paroles d’Akio quelques dizaines de minutes plus tôt. Il avait l’air vraiment affecté par ce qu’il avait fait. Il réalisa
it les conséquences de ses actes et avait la décence de son excuser. C’était peut être plus que ce qu’on était vraiment en droit de lui demander.
Cependant, je m’inquiétais de sa réaction. Je ne le connaissais pas suffisamment pour prévoir ce qu’il allait faire, mais j’avais la net impression que ce qu’il avait fait lui avait énormément couté. Au moins, il n’allait pas fuir la mission, il l’avait dit. Mais est-ce que ces événements allaient l’affecter ?

J’observais l’horizon. Au moins, le bon côté de la chose, c’était qu’avec le retard accumulé nous avions sans doute embarqué sur un navire bien plus confortable que celui prévu initialement. Un bateau de croisière, suffisamment spacieux, gros et lourd pour ne pas se faire importuner par les vagues qu’il dominait.
Du moins le plus petite.
Du moins celle qui ne faisait pas trop tanguer le navire…
Enfin…

Beurps.

Ayant laissé une part de moi-même derrière moi. Plus exactement, dans l’eau de mer qui s’agitait et peut être quelques infimes morceaux de coques, je décidais de m’aventurer plus avant dans le cercueil marin… Le bateau quoi.


Je déambulais dans les couloirs donnant accès aux cabines. Je sortais de la notre. On avait réussit à dégoter deux cabines pour nous six, l’espace de la traversé jusqu’à notre objectif. Je m’y étais rendu dans l’idée de la repérer plus facilement une fois la nuit tombé, et tout simplement pour m’allonger et oublier l’endroit où je me trouvais. Cependant…
C’était comme demander à un bout de viande d’oublier qu’il venait de se faire avaler et qu’il était en passe de se faire dissoudre dans un estomac étranger, par des sucs gastriques vraiment agressif. Sauf que dans le cas présent, le bout de viande c’était moi, et l’estomac la gigantesque carcasse de métal qui –pour l’instant- se trouvait en majorité au dessus du niveau de l’eau.
Cette comparaison m’ouvrait l’appétit.
Curieuse sensation que de sentir son estomac réclamer à corps et à cri de se faire remplir, tout en suppliant de le laisser partir en balade, à travers notre bouche.

Je me promenais donc sur le navire, me fixant pour objectif de rejoindre l’une des deux « salles de restauration » du navire. Les endroits qui avaient l’air le plus intéressant avec nos cabines.
J’arrivai sur place et je pu admirer d’un œil distrait la décoration du lieu. Un faux luxe, avec ses meubles et mur en bois vernis, une baie vitrée qui donnait vue sur une piscine –je trouvais vraiment bizarre ce concept de cuve d’eau servant à se baigner, sur un bâtiment conçus exactement pour le contraire- et plusieurs tables rectangulaires, couverte par une nappe blanche, étaient parsemé dans la pièce. Et il y avait bien évidement un buffet à volonté. A mon sens, l’une des meilleures inventions de l’homme depuis… Aucune idée.

Ma table était envahie. Une invasion d’odeur, de couleur et de gout différent. Des assiettes, des bols remplis de divers aliments. Ici, de simple nouille accompagné de quelques légumes. Relativement sec, elles s’accordaient bien avec la sauce du canard laqué. Des pommes de terres, légèrement poivré et dorée. Des jolis morceaux de porc panés. Des cuisses de diverse volaille. Une sautée de champignon. Le moins que je puisse dire, c’est que même si ce n’était pas aussi bon que ça en avait l’air, ça remplissait son office tout autant que mon estomac.


Retour à la cabine, un petit somme pour digérer en paix. C’était le plan de base. Un très bon plan. Dommage qu’un picotement à la joue me réveilla.
Je retirais la tête de mon oreiller qui s’était collé à ma joue. Il était humide et rouge. Je passais la main sur ma joue. Elle se couvrit elle aussi d’une humidité rouge. Peut être aurais-je le temps d’aller jusque dans la salle de bain ? Visiblement non.
Ma joue, mes bras, mon torse. Tout mon corps subissait des pulsations irrégulières, de plus en plus violente. Je serrais les dents, tandis que du sang se frayait un chemin entre elles, les teintants de rouge. Le hurlement que je retenais au fond de ma gorge se transforma en gargouillis quand le sang monta à l’assaut de la lumière du jour. Il ne prit même pas la peine de chercher à passer la maigre barrière que représentait ma mâchoire, et s’échappa allégrement au niveau de mon cou. Le bandage qui le cerclait s’étira, se trempa et changea de couleur, avant de tout simplement exploser. Du sang se répandait sur le mur et ma couchette.
Ma joue me faisait de plus en plus mal, tout comme la totalité de mon corps, en dépit de la drogue que j’avais pris avant de me coucher. Les chairs que j’avais reformé quelques heures auparavant dans le port finirent de se déchirer, lentement, le faux sourire que cela me formait s’était d’avantage élargit, je le sentais. Et le sang coulait.

Ce ne fut que qu’une dizaine de minutes plus tard que je fus apte à constater les dégâts… Et à tenter de les diminuer.
J’ouvris le hublot de notre cabine, et laissait l’air marin envahir la pièce, l’odeur de l’iode luttant avec celle du sang pour la domination de la pièce. Pendant que l’air s’engouffrait dans la cabine, je faisais sortir mon sang de là. Il me suffisait d’appliquer ma main dessus pour pouvoir tranquillement le faire se déplacer à travers le hublot et se déverser dans l’eau. Tandis que j’essayais de totalement retirer le sang de ma couverture et de mon matelas, je me fis la réflexion qu’avec une telle manœuvre, le bateau attirerait sans nul doute les requins.

Finalement, ma couverture et mon T-shirt furent bon pour finir à la poubelle. Le sang s’étant trop profondément incrusté pour que je puisse l’en faire sortir. C’était vraiment triste. Je maitrisais mon sang depuis maintenant plus de 13 ans, voir même plus, et cela faisait à peine 3 ans que j’arrivais à maitriser la manipulation extérieur. Et encore, ce n’était même pas dans sa totalité. Quel dommage.

Lorsque que Haya entra dans la cabine j’avais finis par refaire la totalité et mes bandages, et fermé ma veste par dessus. Elle me salua d’un signe de tête et d’un sourire. Je ne fis d’effort que pour l’un, l’autre étant à nouveau ancré dans mon visage. Elle venait se coucher. J’observais le ciel, à travers le hublot fermé, qui s’assombrissait peut à peu. Encore abruti par la drogue et la douleur, je décidais de l’imiter, me couchant sur la couchette à l’opposé de celle que j’avais occupée. Puis je sombrais dans le sommeil peu après Haya, bercé par a respiration.

Je fus réveillé une fois de plus, mais par la fraicheur cette fois. Je restais allongé une ou deux minutes, essayant de me rappeler rapidement où j’étais. Lorsque je réalisais que ce lieu concernait des balancements répétitifs et une rébellion de mon estomac, je décidais d’oublier de me rappeler.
Le ciel se colorait lentement hors de notre cabine. Le matin approchait, ainsi, je décidais de me lever. Je sortis de la cabine, et ferma doucement la porte en me rappelant que Haya dormait au dessus de moi. Quant à Sokka, je ne l’avais pas vu.

Je fus rapidement sur le pont, regrettant le vêtement que ma crise avait ruiné quand l’air violent et froid me percuta. Je repérais certains de me camarade, qui observaient l’horizon. En m’approchant d’eux, je constatais qu’on pouvait enfin voir notre destination. Les sombres côtes que nous devions protéger des pirates… A supposé qu’il ne soit pas trop tard et qu’il reste bel et bien quelque chose à protéger.
Haya nous rejoignit au bout de quelques minutes. L’équipe était ainsi presque complète, il ne manquait plus que Akio, que je n’avais pas vu depuis ses « excuses publiques ».

Et soudain, tout se passa très vite. De nombreuses embarcations surgirent de l’horizon. Avalèrent la distance les séparant de notre navire, et l’encerclèrent. Alors que l’alarme résonnait enfin, des dizaines, je pouvais même supposer une centaine, d’hommes abordèrent notre navire. Nous fûmes alors encerclés par un certain nombre d’entre eux.

[???] – Ces putains de ragots sont vrais ! Les shinobi de Kiri sont bien sur ce putain de rafiot !

Inutile d’être un génie pour comprendre que ces individus étaient des pirates. S’ils étaient ici, cela voulait-il dire qu’ils avaient déjà attaqué les greniers ? Sans doute… Les commanditaires de notre mission avaient du finir entre leurs mains et tout avouer. Enfin, c’était le scénario le plus catastrophique –Je ne prenais pas en compte le fait d’effectuer une bataille navale comme un scénario catastrophe. Ils pouvaient très bien avoir attaqué ce navire par hasard, en ayant entendu des rumeurs.
Un bruit d’os qui craque, suivit par le bruit d’un corps à la mer se fit entendre. Cela me remémora une pensée que j’avais eue entre deux phases de sommeil.
L’imitable et fameux style de Chiyoko, eut tôt fait de faire comprendre aux pirates que le corps à corps était déconseillé. Je portais la main à la poigné de mon arme et me demandant lesquels d’entre eux je devrais prendre pour cible une fois que le combat débuterait.

[???] – Shinobi de Kiri, nous venons de prendre possession du poste de commande avec ses officiers, plusieurs de nos groupes armés sont en train de capturer des passagers. L’ensemble du navire est désormais sous notre contrôle. Rendez vous immédiatement ou nous exécuterons les otages. Il n’y a pas de négociation possible, ni de deuxième sommation.

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Re: [BI003] - Les greniers de Yagi

Message  Liori Satsubatsu le Lun 23 Nov - 20:27

Voila autre chose. Ils n’étaient pas idiots. Prendre des otages.
J’eue un instant d’hésitation. Je ne tenais pas particulièrement aux personnes à bord du navire, mis à part mes coéquipiers et peut être celui chargé d’éviter que ce navire finisse au fond de l’eau. Mais, si nous agissions et qu’un massacre avait lieu, que des « innocents » étaient tués. Cela ne risquait-il pas de ternir la réputation du village ? Devrions nous les écouter pour agir ensuite… Un charmant conflit entre deux faces de l’éducation que m’avait fournis ma famille. Se battre et faire honneur au village. Bordel.

Haya pointa du doigt la tour de contrôle. Oui, évidement. Celui qui venait de parler et que l’ont pouvait supposer être le chef devait se tenir là. Il avait de plus une superbe vue pour voir si nous agissions de façon contraire à ses souhaits. Saleté.
Un mouvement à côté de moi. Haya qui composait des signes. Elle avait visiblement décidé d’ignorer les consignes du pirate. Pendant quelques secondes, je me sentis honteux. Notre mission spécifié bien l’élimination des pirates, le sauvetage d’otage n’était que secondaire.

Des langues brumeuses montèrent à l’assaut de nos chevilles et recouvrirent bientôt tout le sol, pour ensuite envelopper une grande partie du bateau. La visibilité diminuait peu à peu. Je murmurais alors aux personnes situés à mes côtés, Haya et Sokka, ma décision de prendre d’assaut la tour… Quelques secondes plus tard, je bondissais en avant, arme au clair. Je frappais une silhouette dans la brume qui obstruait le chemin, et poursuivit ma course. Derrière moi, les rumeurs d’un combat (ou plutôt d’exécutions) se faisaient entendre.
Malgré l’absence de visibilité, le bateau n’avait pas changé. J’avais observé le chemin, ainsi aucun obstacle imprévu ne me barra le chemin.
Des bruits de course derrière moi indiquèrent que j’étais suivi.

Lorsque j’entamais enfin l’escalade de la tour, je fus sur à 100% qu’il s’agissait d’un de mes coéquipiers. Sans doute Haya vu qu’il n’y avait pas eus de commentaire Sokkarien, et que cette dernière avait eut la même idée que moi. J’atteignis le sommet.
Les vitres qui me bouchaient l’accès subirent mon courroux. Le chakra concentré dans mon poing explosa au moment de l’impact, le choc se propageant à travers une bonne partie de la structure qui céda. De nombreux débris chutèrent vers l’extérieur. Mauvais calcul, espérons que mon compagnon n’en subirait pas trop les frais.

Dans la pièce, beaucoup de personne. Des gens debout, les méchants. Des gens attachés, les otages. Un homme juste en face de moi, d’un âge indéfini, mais sans nul doute encore jeune, au visage marqué par l’expérience et les vilaines cicatrices qui vont avec. Le chef.

[Le Pirate] - Vous n'êtes pas si surprenants que cela, shinobi.

Le mouvement qu’il effectua me mit la puce à l’oreille. Le fait de tourner la tête et de voir un pirate amorcer un coup avec une masse confirma mes derniers soupons. C’est l’homme qui veut me faire mal. Qui a osé prétendre que la vie n’était pas faite de noir et de blanc ?

Je me renversais en arrière, semelle toujours coller à la paroi de la tour. Et admira le coup me passer largement au dessus. Je me redressais, me servant plus de mon sang que des mes muscles pour forcer mon corps à effectuer cette pénible besogne, et saisit la cheville du pirate armé. Au passage, je notais la présence de pirate sortant des accessoires qui risquaient de poser problèmes s’ils étaient justement utilisés. Ramenant mon corps vers l’extérieur, je jetais le pirate, hors de la tour, de toute la force dont je pouvais faire preuve. Tandis qu’il s’écrasait plusieurs mètres plus bas, Haya acheva de monter à mon niveau. Les choses sérieuses aller commencer, et en beauté je vous pris.

Le bandage neuf de mon bras gauche se déchira, libérant une quantité élevé de sang, qui prit rapidement la forme de lame. Plus exactement, d’un quadrillage de lame, qui nous précéda lorsque nous firent à nouveau irruption dans l’étage. Les fameux accessoires, des filets, furent réduit en charpie par le tranchant de mon sang, et Haya cracha une fabuleuse substance, semblable à un glaire géant (faute de meilleur comparaison). Le produit immonde eut tôt fait de coller les pirates au sol.
Nous entrions donc plus avant dans la tour, chargeant mes pieds de chakra pour éviter d’être moi aussi totalement englué. Haya, à l’aide d’une arme qu’il maniait avec dextérité, mis à terre trois pirates. Quant à moi, m’attaquais aux lanceurs de filets, et aux pirates les plus proches, avec mon sang. Ils finirent eux aussi au sol.

Celui que nous identifions comme le chef hurla un autre, et alors que ma coéquipière se jetais sur lui, il y eut un grand flash blanc qui m’aveugla en dépit me mes, trop petites, lunettes noires. (Qui malgré toute cette agitation demeuraient obstinément sur le bout de mon nez). Les pirates profitèrent de ceci pour se libérer de la glue. L’un d’entre eux se jeta sur moi et fit intimement connaissance avec mon arme, qui lui trancha proprement le ventre. Un autre, d’un acabit tellement énorme (même pour une masse floue) que je me demandais comment je ne l’avais pas remarqué avant, me fonça dessus.

Etrangement, durant les quelques secondes qui séparait la course de l’impact, j’eus le temps de voir que ceux qui avaient l’air de… Sergent ou grade pirate équivalent, s’occupait à écrire sur des parchemins. En général, si on prend le temps de faire ça quand quelqu’un massacre joyeusement ses camarades, c’est soit qu’on a un héritage à légué… Soit qu’on accorde un certains pouvoir aux parchemins possédant des écritures… Ou des sceaux.

Le choc promettait d’être rude, et je m’y préparais. Le sang Jaillis de la plante de mes pieds, traversa mes chaussures et s’enfonça dans le sol. J’allais m’ancrer pour arrêter une charge de taureau. Saisissant mon arme à deux mais, je l’abattis dés qu’il arrivait à porté, ce qui était difficile à définir avec mes yeux encore perturbé par la lumière trop vive de tout à l’heure.
La lame lui rentra dans le flanc, et ne lui trancha par les jambes comme je l’avais espéré. La prochaine fois je viserais la tête.

La charge s’arrêta finalement, de justesse. Quelle classe. Mon arme coincé dans le corps d’une vache muté en être humain, et j’avais failli faire le grand saut. Au moins, et désolé pour elle, Haya se chargeait de finir le travail tandis que je décoincé mon arme.
Les derniers pirates encore debout me permirent de rattraper mon retard sur les actions d’Haya, et la pièce fut alors totalement transformé en bain de sang. Une bonne partie m’appartenait, mais je n’étais pas la victime. Il parait que c’est toujours comme ça quand un Satsubatsu se bat.

[Liori] – Tu vas nous dire à quoi servaient ces parchemins !

Ou pas. Une confiance malsaine. Soit il était puissant, soit il était idiot. Dans tout les cas, il savait garder le silence. Un sourire plus énervant que le miens lui barrait le visage. Je luttais contre l’envie de lui trancher la gorge.
Je regardais Haya. Peut être avait elle une subite idée de génie.
Par la fenêtre derrière elle, je pouvais voir un certain nombre de pirate revenir sur le pont, les bras chargé d’objet qui devait être dans la bateau avant. Visiblement, nos coéquipiers ne pouvaient pas être partout à la fois et n’avaient pas pu empêcher le pillage du bateau.
Ce n’était pas vraiment un problème. Nous n’avions qu’à tuer tout les pirates.

J’allais commenter cela, lorsque de la fumée sortie du sol. Il ne s’agissait pas de brume. Haya (du moins je supposais que c’était son fait) l’avait dissipée quelques instants plus tôt.
Je ne tardais pas à faire le lien. Parchemin et fumée. Des explosifs. On devait fuir. Mais les otages ? On s’en foutait non ? Et le pirate ? Il ne parlerait pas. Mais on avait trop de question… Et puis merde.

[Le pirate] - C'est inutile. Vous avez perdu...

Le sang s’abattis sur les corps d’où semblait provenir la fumée. Nous avions fait une erreur. J’avais fais une erreur. La fuite aurait du être la meilleure solution.
Plutôt que de me lamenter, j’entamais une série de jurons, difficile de faire mieux dans notre situation. Le souffle de l’explosion me fit bientôt taire.

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