[BI003] - Les greniers de Yagi

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[BI003] - Les greniers de Yagi

Message  Akio Raiteiro le Ven 10 Avr - 21:50

- Shuo, Haya, Akio, Chiyoko, Liori et Sokka participent à cette mission qui se déroule sur une des petites îles, Yagi, aux alentours de l'île principale, avec Kiri no Kuni, nommée Uke.

- Liori, Chiyoko et Akio sont tous des MJ, c'est-à-dire que leurs posts sont susceptibles de donner des éléments supplémentaires/complémentaires pour faire avancer la mission.

- Comme pour le tournoi chuunin, vous ne pourrez poster que lorsque deux autres personnes auront posté suite à votre dernier post.

- N'hésitez pas à prendre des initiatives personnelles. Pour se faire, contactez un des MJ par Mp et exposez lui ce que vous comptez faire, il vous donnera alors les résultats de votre action. Il en va de même pour les dialogues avec des PNJ. Si vous n'êtes pas sûr des répliques ou si vous souhaitez poser des questions, envoyez les par MP aux MJ, ils vous donneront les réponses adéquates.

Nom : Les greniers de Yagi
Code : BI003
Rang : Mission de rang B
Type : Neutralisation

Descriptif : La famille Yagi craint pour ces greniers, une troupe de pirates bien organisée, qui frappe toujours au bon moment, semble avoir mis pied à terre et les faibles milices locales ne parviendront pas à les repousser. Les Yagi demandent donc l'aide des shinobi de Kiri no Kuni.

Pour Kiri, ce n'est pas la première fois que le village a affaire avec les pirates. La méthode la plus efficace pour les faire taire c'est de tuer la tête pensante, d'un coup. Le problème réside toutefois dans le fait qu'il n'y a pas qu'une seule tête. Laisser s'échapper un de ses individus c'est à coup sûr corser la mission.

Kiri a décidé de dépêcher deux équipes de chuunin, pour permettre d'adapter la stratégie aux évènements, et éviter que, dans une situation défavorable, les shinobi ne soient trop en infériorité numérique face à leurs adversaires.

Récompense : 400 £
Primes : 400 £ si vous trouvez comment les pirates s'organisent et s'informent et si vous y mettez fin.

[ Je vous laisse vous retrouver, si vous souhaitez vous pouvez aussi discuter de la mission. A partir de votre deuxième post vous pouvez avancer en direction de l'île de Yagi, sans y arriver immédiatement, bien sûr. Comme dis plus haut, pour tout complément d'informations, envoyer un MP aux MJ.]


Dernière édition par Akio Raiteiro le Mar 30 Juin - 21:28, édité 1 fois

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Re: [BI003] - Les greniers de Yagi

Message  Kawaki Sokka le Ven 22 Mai - 22:46

Une demi heure avait passé, depuis la rencontre avec Satoshi. Le soleil n’était pas encore réveillé à cette heure-ci, il fallait encore attendre, être plus patient, pour le voir. La brume, elle était déjà. Elle les accompagnait vers la route qui menait aux portes de Kiri. Leur prochain rendez-vous était là-bas. Ils allaient découvrir l’autre équipe, et partir. Quitter le village, découvrir de nouvelles choses. La plupart des apprentis ninja en rêve d’une mission à l’extérieur, quitter enfin l’île principale.

Sokka bailla, il n’était pas encore réveillé, malgré la poussée d’adrénaline avait fourni son corps par l’excitation. La ballade matinale était menée par Liori, et Haya et le Kawaki le suivait, tout simplement. Le jeune homme au teint mat aurait bien voulu faire un détour à sa pâtisserie préférée, histoire de prendre de suite un vrai petit déjeuner. Oui, un petit zigzag parmi d’autres. Il avait déjà pris des croissants, mais là, c’était un jour différent, il en fallait donc plus.

* Bordel, Il n’est même pas six heures. Et le départ, lui, est à sept heures. Rien qu’une douzaine de pains de chocolat… C’est pas la mort… *

Le Chuunin se mit la main au ventre. Ce dernier avait déjà digéré ce qu’il avait ingurgité quelques minutes avant que son propriétaire rejoigne les autres à la fontaine et réclamait qu’on le remplisse. Le bruit fit écho dans la ruelle où s’était engagé, l’équipe. Il observa Haya qui avait mis sa main devant la bouche, comme pour se retenir de rire. Quant à Liori, il s’était retourné pour se rassurer que le bruit venait bien de son coéquipier, arrêtant ainsi la marche vers les portes de Kiri. Il avait un regard indéfinissable. Il fallait tout simplement lui répondre, pour qu’il puisse paraître plus compréhensible.

Sokka – C’est que j’ai faim moi… (Il marqua une pause avant de reprendre plus bas) Si seulement on pouvait faire un détour…

Liori – Vas-y, et grouille… Et, ramènes-en pour moi aussi…

Le Satsubatsu s’était un peu imposé comme le second de l’équipe, celui sur lequel il fallait écouter quand Satoshi n’était pas présent. Une équipe, même après quelque temps de cohabitation avait rarement une entente à affronter toute épreuve. Il fallait donc en choisir un, supérieur aux autres. Le choix était tombé sur le Chuunin aux cheveux blancs car, il était le seul, devenu instructeur. Donc si les autorités lui faisait assez confiance pour lui confier une équipe, il en valait de même pour cet autre cas.

Sokka – Compris.

Le Kawaki fit de suite demi-tour, courut à une assez bonne allure avant de sauter pour atteindre un balcon, son bras s’accrochant à la barrière et d’un geste agile, il arriva à sa route préférée pour traverser la ville : les toits. Il jeta un coup d’œil vers le sol, pour voir les deux autres repartir dans la direction du rendez-vous. Lui, il allait rendre visite à un cher ami, un certain pâtissier.

***


Sokka se retrouva devant la boutique, en peu de temps. Comme plus tôt dans cette matinée, le vieux Hoko, était là en train de préparer sa boutique qui allait bientôt être ouverte. Le Chuunin se prit la peine de frapper la porte. Le pâtissier leva la tête des gourmandises posées sur l’étalage pour revoir, son plus fidèle client, comme il le disait aussi bien. Il ouvrit la fenêtre étonné.

Hoko – Hé bien, hé bien. Je pensais que tu n’avais pas de temps à me consacrer !

Il se toucha sa barbe blanche avant de prendre un air niais prêt à éclater de rire.

Sokka – C’ets vrai… Excuse-moi, mais si je suis revenu c’est pour encore t’acheter tes douceurs… J’ai encore faim et puis un ami m’a demandé d’en ramener aussi. SI tu pouvais me mettre un mélange de tes véloutés, ça serait gentil.

Hoko – Je t’en met combien ?

Sokka – Pour 100ryos, on a une grosse faim !

Hoko – Hé bien, hé bien. Je t’apporte ça dans un gros sac…

Il fallut attendre quelques minutes à peine pour le revoir chargé de la commande. Sokka le paya tout en le remerciant et lui souhaita une bonne journée. Maintenant, le shinobi devait rejoindre l’équipe au plus vite. Il voulait perdre le moins de temps possible.

***


Le Kawaki rattrapa le groupe au moment où, ils allaient rejoindre l’autre équipe. Il balança une friandise à Liori. La rencontre était enfin là. On pouvait discerner deux hommes, et un autre un peu plus jeune, en retrait. Sokka le reconnut de suite, c’était Shuo. Les présentations n’allaient sûrement pas se faire attendre.

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Message  Haya Sasaki le Dim 31 Mai - 11:58

Malgré la description des membres de la seconde équipe – un genin et deux chuunin capables mais douteux – Haya n’était pas inquiète. Elle n’avait jamais effectué de missions de rang intermédiaire et elle s’attaquait pour commencer à une mission délicate et importante pour le village. Mais c’était ainsi, sans doute, qu’elle progresserait le plus rapidement. En attendant d’en savoir plus sur elle-même, la jeune fille faisait confiance à son corps et à ses capacités pour la sauver. Il l’avait déjà fait une fois et… peut-être un petit peu plus, bien qu’elle n’ait aucun moyen de le prouver. Mais quelque chose lui disait que son pouvoir s’était manifesté avant son arrivée à Kiri et que c’était grâce à lui qu’elle avait survécu suffisamment longtemps pour y entrer et être secourue.

Avec les cicatrices qui accompagnent chaque échec.

Aujourd’hui, cela faisait presque un an qu’elle était arrivée à Kiri. Le village de la brume l’avait accueilli en son sein plus vite qu’elle ne l’aurait cru possible. Hakame avait fait le nécessaire pour la faire intégrer l’académie et, contrairement à ce qu’avait pensé l’adolescente en premier lieu, cette décision n’avait pas été une erreur. Cette précision, Haya savait qu’elle n’avait rien du hasard. Hakame savait des choses sur son don et il savait qu’il allait se réveiller mais jamais Haya ne l’avait interrogé à ce sujet car elle sentait que s’il ne lui avait rien dit, c’était parce qu’il estimait que ce n’était pas son rôle. Néanmoins, des inconnues pesaient sur la jeune fille : est-ce que son père et son frère étaient toujours en vie ? Elle aimerait retourner à leur maison. Oui. Après la mission, elle demanderait une… permission… ou quelque chose comme cela pour retourner sur les lieux où elle avait grandi. Elle n’espérait pas, bien sûr, y découvrir son père et Yuma tranquillement assis et se lever pour la serrer dans leurs bras. Mais elle savait que c’était là-bas qu’il fallait aller pour commencer son enquête. Haya s’étonna même de ne pas y avoir pensé avant, comme si son esprit, pour la protéger, avait exclu la maison de son champ de possibilité. Après tout, il avait bien exclu la parole de ce champ…

Haya suivait Liori, car Sokka s’était absenté pour aller chercher à manger. Elle nota sans y attacher beaucoup d’importance qu’il n’avait pas pensé à prendre ses précautions avant de partir, ou bien qu’il avait un appétit redoutable dans lequel il sacrifierait à l’avenir sa paie. Elle se promit de trouver une réponse à cette question avant la fin de la mission.

Il n’y avait qu’Akio sur les lieux.

Haya regarda alentours pour s’assurer que les deux autres membres de l’équipe ne s’étaient pas éloignés pour aller à l’ombre, mais elle ne sentait la présence de personne d’autre autour d’eux. Elle fronça les sourcils imperceptiblement. Ils étaient un peu en avance sur l’emploi du temps, puisque Satoshi les avait laissé partir vingt bonnes minutes avant le début annoncé de la mission. Néanmoins, c’était étonnant. Haya se rappela le qualificatif employé par Satoshi pour décrire Chiyoko. Probablement avait-il oublié de se lever.

La jeune fille se tenait debout devant Akio et se demanda si, le cas échéant, il était suffisamment puissant pour assurer le rôle d’une équipe entière. Sans doute pas. S’il pouvait certainement accomplir le travail d’un genin en plus du sien, Chiyoko étant de niveau équivalent Akio serait moins solide. Par conséquent, la stratégie s’en retrouverait modifiée et leur équipe aurait un avis plus lourd que le sien. Elle notait cela sans s’en rendre compte, comme si son esprit savait parfaitement ce qu’il faisait et qu’il n’avait besoin du concours de personne pour y parvenir. Akio était d’un niveau plus élevé que le leur, cela ne faisait aucun doute. Il ne devait pas être extrêmement éloigné d’une promotion pour devenir Chuunin donc, sans avoir l’expérience de Satoshi ou d’Hyô, il restait puissant – peut-être plus qu’eux, à lui seul.

Quelque part et même si elle trouvait cette pensée ridicule voire dangereuse, Haya était rassurée de ne pas voir Chiyoko en compagnie d’Akio. Déjà qu’ils étaient plus puissants et expérimentés qu’eux, elle avait vraiment peur d’être reléguée à une importance anecdotique ; même si elle ne parvenait pas à déterminer pourquoi cela lui tenait tant à cœur. Après tout, le point capital était que la mission soit une réussite et peu importait les égos. Mais elle éprouvait toutefois de la satisfaction à se sentir en mesure de… négocier…

Elle hocha la tête à l’attention d’Akio, en attendant que quelqu’un parle – comme souvent.

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Re: [BI003] - Les greniers de Yagi

Message  Chiyoko le Sam 6 Juin - 14:36

Ploc. Le bruit de l’eau qui coulait le long des murs, s’ingurgitant dans les gouttières, s’immisçant dans les rigoles des trottoirs cherchant désespérément la porte de sortie, la fin de toutes ses souffrances, l’arrivée de ce trop long périple.

Une bouche d’égout.

Chiyoko collait avec un certain amusement son visage sur la plaque vitrée et léchait les gouttes qui s’y déposaient, de l’autre côté. Son regard se déportait là où le mouvement se faisait le plus étrange, se délectant de la moindre petite incompréhension, de l’aléatoire, du succin et du curieux. Imaginant les plus sombres scénarios, sortant des configurations requises, des paramètres nécessaires, les femmes passaient la porte de bois et s’allonger sur le pavé, à moitié nues, à moitié inconscientes. Et il viendrait les sauver, toutes. Une à une il les porterait sur son dos fragile de fébrile homme de puissance, il les ramènerait dans son chez lui, dans son petit coin tranquille, son refuge, enfumé et empestant le mauvais alcool. Une à une il les déposerait sur son lit moelleux. Une à une les déshabillerait. Une à une il les couvrirait.

Une à une elles disparaitraient.

Le temps des préliminaires était révolu. Chiyoko avait perdu foi dans le romantisme, l’érotisme. Il n’avait cessé de chercher le caractère humain chez l’autre. Il ne l’avait jamais vraiment trouvé. Arracher les robes et se jeter sur les peaux roses des femmes, cela l’avait toujours dégouté. Peut-être était-ce à cela que servait cette poudre blanche au début si violent, mais à l’état si agréable.

Le front contre la fenêtre, il passa un doigt sous son nez. Du sang. Encore ? Oui, encore quelques gouttes qu’il n’aimait guère. Le réveil sonna, il était déjà cinq heures. Le chuunin ne savait pas ce qu’il faisait là. Il était déjà debout, depuis un temps dont il ignorait tout. En vérité il ne se souvenait pas s’être couché. Pire.

Il ne se souvenait pas avec qui.

Un éclair blanc étincela sa raison. Il se retourna violemment et jeta son regard sur son propre lit. Les draps défaits cachaient quelques nouvelles taches rouges dont il espérait ne pas deviner la provenance. Si la garce qu’il avait comblée cette nuit portait en elle les fruits de l’avenir, il s’en serait rendu compte, bien avant. Oui, évidemment. Ce sang-là n’avait rien de commun avec celui qui sortait de la voute céleste qui donnait naissance et qui rougissait les joues heureuses de parents comblés. La porte de la chambre était ouverte, Chiyoko la passa et s’engagea dans le fin couloir. Là, à droite, la salle de bain était allumée, la porte entre ouverte. Réflexe humain, sa main droite s’empara d’un kunai, toujours en position dans la poche extérieure de son pantalon et de l’autre il poussa avec lenteur la porte. Ses deux genoux fléchirent. Ses yeux s’éteignirent. Sa main s’endormit et la lame tomba à même le sol, délivrant un sobre son métallique. Son dos bascula, ses jambes s’enfonçaient dans le carrelage. Un à un ses pieds se paralysèrent, sa langue se colla à son palet et sa bouche s’assécha. À genoux dans la salle de bain, il leva les yeux vers le plafond comme s’il allait tomber une solution. Son nez se remit à saigner. Quelques gouttes s’en échappèrent et dégoulinèrent le long de sa lèvre.

Ploc. Ploc. Le son ténu de la pluie qui tombe et qui s’écrase dans les flaques déjà grandes. Celle-là n’avait rien d’harmonieux. Cette eau était rouge.

Chiyoko ouvrit un œil. Allongé sur le carrelage, le dos contre la baignoire, la tête dans le vide, il reprit peu à peu ses esprits, comme sortant d’un cauchemar bien réel. Il devait être suffisamment en retard pour aujourd’hui il était donc temps de se lever, de se préparer et de partir comme il l’avait prévu. Sa main chatouilla le sol, froid et s’y posa pour prendre appui. Comme un réflexe, elle s’y retira. Remonta son bras vers lui, Chiyoko jeta son regard sur sa paume dont la sensibilité avait été touchée par une substance étrange. Une substance qui n’avait pas sa place ici, qui ne devait pas y être et qui n’y avait jamais été. Avec un soupir apeuré, Chiyoko essuya le sang qu’il avait dans la main sur le mur. Il se releva et défit son pantalon qu’il jeta dans la baignoire. Retournant dans la chambre il en enfila un autre et changea sa veste. Les yeux illuminés de tristesse, globuleux d’incompréhension il retourna devant la salle de bain. Il retourna affronter cette réalité qui lui faisait peur, cette réalité qui lui demandait : « alors bonhomme, comment es-tu arrivé jusqu’ici ? Qu’as-tu fait pour mériter cela ? »

Rien, absolument rien. Et c’était peut-être bien ça le problème.

La jeune femme était ravissante. Elle était nue, étalée sur le carrelage originairement blanc de la petite pièce. Plusieurs coups de couteau avaient tranché les veines de l’intérieur de ses bras et creusés deux fois son dos, une fois son sein gauche et une autre fois son abdomen. Oui, elle était très belle. Il lui aurait fait l’amour des heures durant s’il n’avait pas été si captivé par l’appât de l’illicite qui lui proposait un monde meilleur. Elle baignait dans une flaque de sang. Dans son propre sang dont elle était vidée en totalité. Blanche comme un linge. Un linge qu’on mouille et qu’on essore avec insistance jusqu’à ce qu’il cède. Quelques larmes perlèrent ses yeux, mais aucune n’osa s’écouler le long de sa joue. Il s’assit sur son lit et avança la petite table basse de bois. Une plaque de métal, une petite paille de plastique et une poudre mystérieusement blanche. D’un long reniflement, Chiyoko inspira violemment et se projeta en arrière, rebondissant sur son matelas. Il ne pleurait plus, il n’était même plus là, parti.

Chiyoko ne se pardonnerait jamais d’ignorer d’elle jusqu’à son propre nom.


¤¤¤



L’homme s’enferma dans son chapeau. Il mit une cigarette écrasée dans sa bouche et l’alluma rapidement sans aucun autre signe distinctif particulier. Il se mêlait dans la foule, entre les gens, un blouson, un bob et la figure cachée par l’ombre de l’égoïsme. Ce matin-là pourtant, il n’y avait personne. Il était six heures et demie déjà et l’homme sombre semblait s’imaginer les foules passantes de la pause déjeunée de midi. Kiri n’avait jamais été un village très culturellement actif. Le temps, le froid, l’humidité, l’armée, tout ici était fait pour rester chez soi, devant un bon feu, une tasse de thé entre les mains. Il ne semblait ni s’arrêter, ni vouloir passer le reste de sa vie autour de la chaude ambiance d’un confort irréel. En vérité, il méprisait ces gens-là. Cela se sentait à la simple pression de ses chaussures sur le trottoir, à son allure rapide, mais belliqueuse, à son bob qui cachait jusqu’à ses yeux et son blouson qui, rémonté, enfermait sa bouche sous une couche de toile.

L’homme bifurqua plusieurs fois. Parfois il revenait même sur ses pas comme s’il se sentait suivi, épié. Bientôt il arriva au point de rendez-vous. Son coéquipier était là, mais aujourd’hui il ne savait pas quoi en penser. Les mioches aussi lui tenaient compagnie sans qu’il en semble vraiment heureux. Qu’importe, il n’était pas homme à se soucier des autres. Et surtout pas de leurs sentiments. Toute la petite équipe était là, et encore une fois il était le dernier. Deux de ses doigts rabaissèrent le col de son manteau et insérèrent la cigarette incandescente dans sa bouche. Il inspira, puis replaça le manteau sur son visage. La fumée sortit par ses deux narines comme deux colonnes inarrêtables.

Chiyoko les regarda, un à un, les décrivant du regard. Ses yeux étaient d’un blanc pâteux, mais caché par les mèches plaquées sur son front par son bob, il était certain de ne pas être embêté. Et puis tous ici, connaissaient son tempérament. Ils imaginaient même savoir dans quelle belle merde il vivait. En temps normal, il aurait simplement dit que ce n’étaient pas leurs affaires. Aujourd’hui, il pouvait affirmer que non, sa vie n’avait rien de bien prévisible. Le chuunin les décrivait, un à un, lentement, dans un silence glacial.

[Chiyoko] - Salut Akio.

Le chuunin, son coéquipier était toujours droit, les muscles bombés. Il fallait admettre qu’il en avait un bon petit paquet, mais étrangement, Akio n’avait jamais été un élément perturbant pour Chiyoko. Il ne pensait pas l’être non plus. Tous deux avaient leurs peines, leurs haines et leurs envies. Ils ne se comprenaient pas, mais ils savaient parfaitement ce que la vie avait de chiant et ce qu’elle avait de profitable.

D’une philosophie commune, tout ce que la vie avait de profitable n’était jamais à repousser.

Sans grande surprise, Chiyoko s’était toujours rangé derrière Akio. Commander n’était pas une passion, bien au contraire même. Se mettre en avant était un art que le duelliste maîtrisait cependant avec un tact très subtil. Alors le cours des choses s’était ainsi fait et tous s’y retrouvaient.

Chiyoko tira négligemment sur sa clope et leva les yeux vers le ciel, brumeux. Il passa un doigt sous son nez et soupira. Quelques gouttes de sang. Quelques minuscules gouttes de sang.

Chiyoko
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Re: [BI003] - Les greniers de Yagi

Message  Shuo le Mar 9 Juin - 19:18

Sans relâche, les gouttes tombaient d'un ciel noir et menaçant. Le vent faisait trembler les panneaux de bois de la grande demeure, tandis qu'il courait dans les champs, y dessinant une véritable mer en furie. La mer, justement. Non loin de là, la mer déchaînait sa colère sur les côtes de la petite île. Depuis que le clan avait chuté, plus rien ne pouvait apaiser la mer. Elle exprimait son désaccord. Mais je ne le savais pas encore. Rien ne s'était encore passé. Pas de défaites, pas de fuites désespérées, pas de retraites tragiques mais nécessaires... Rien de tout cela. Puis le ciel, tout là haut, qui, inlassablement, se rapproche, étendant ses bras sur la terre entière. L'île est devenue la terre, le royaume un empire. La chute est trop prévisible, alors que le ciel se fait de plus en plus oppressant. Comme un couvercle, comme une chape de plomb, il recouvre tout.

Jusqu'à m'obscurcir la vue.

***


Je me réveille en sursaut, réprimant un cri. La nuit a été rude pour moi. Un combat ardu, lame contre lame avec l'insomnie. Était-ce l'annonce de la mission à venir qui m'avait perturbé? J'en étais presque certain. Ce rêve à propos de l'île... Lorsqu'on m'avait annoncé que je partais avec plusieurs ninjas que je connaissais déjà, je m'étais réjoui. Lorsqu'on m'avait annoncé que cette mission se déroulait dans les îles, j'avais accusé un instant la surprise. J'avais bien trop peur d'un retour aux sources, et de ce qu'il pourrait occasionner chez moi. Malgré tout ce que je désirais ardemment, je n'étais pas fort mentalement. Enfin, mon esprit n'était malheureusement pas aussi blindé que celui d'autres personnes. J'étais peut-être devenu trop tendre.

*Assez de palabres! *

Me levant rapidement, je m'aperçus que j'étais en sueur, et que ma tête me lançait. Une sorte d'alerte, en quelque sorte. Je pris note mentalement de cet événement, avant d'engloutir rapidement un déjeuner complet, de prendre mes affaires, et de sortir prestement dans le froid. Une fois n'est pas coutume, j'étais en avance... Mes pas me menèrent tout naturellement au travers des ruelles jusqu'au port. Je me remémorai les conseils donnés pour la mission. L'île de Yagi... J'avais beau me targuer de connaître toutes les îles jouxtant celle de mon enfance, j'en découvrais tous les jours. Certainement une île qui se basait sur le commerce maritime. Florissant, d'où l'intérêt des pirates... Les derniers hommes du clan Qin, qui avaient pu s'enfuir et n'avaient pas retrouvé de quoi vivre, s'étaient très probablement faits pirates. Le meilleur moyen de gagner sa vie avec ses compétences martiales. Tant que les ninjas de tel ou tel village n'étaient pas dépêchés pour y remédier...
Au plus profond de moi, je ressassais cette idée effrayante: des hommes du clan avaient très bien pu devenir des pirates. Et au plus profond de moi, il n'existait plus qu'un espoir, avec celui de la réussite. Un espoir, un cri, une supplique, presque.

*Faites que je n'aie pas à combattre mes cousins... *

Je continuais désormais sans me poser plus de questions. Je tentais juste de me remémorer les personnes qui seraient présentes...

***


J'arrivai à l'endroit du rendez-vous à l'heure souhaitée. Cela me laissa le temps d'observer quelque peu mes camarades, puis de choisir une position pour glander suffisamment avant de partir pour la mission. Il y avait là Liori et Sokka, qui venait juste de partir acheter à manger. Je saluai ces deux-là d'un signe de tête. J'avais toujours en tête l'exercice périlleux de Liori, et de notre réaction qui l'avait laissé si dépité. Puis je me remémorai le combat avec Sokka. Éprouvant, et inutile. Mais une belle victoire pour mon camarade. Le troisième chuunin en présence était une chuunin, que je ne connaissais que de vue. Son nom m'échappait, mais elle n'allait sûrement pas tarder à se présenter. Je fus plus surpris quand je vis Akio attendre avec nous. Je ne l'avais pas revu depuis qu'il s'était fait blesser lors de la guerre civile. Il avait l'air toujours d'aussi bonne humeur que d'habitude. Enfin, des pas frappèrent le sol et je reconnus avec surprise Chiyoko. La dernière fois, je l'avais abandonné dans un troquet véreux, ivre mort, bien entendu. Le voir ainsi dans le cadre sérieux de cette mission avait quelque chose d'irréel.

M'avançant un peu plus, je saluai l'ensemble des personnes présentes d'un signe de la tête. Ils devaient certainement tous sentir que je n'étais pas à mon aise ici. J'avais l'impression de m'être trompé, de me trouver seul, trop faible pour une telle mission. J'espérais me tromper. Malgré tout, j'espérais que je pourrais prouver mon utilité. Ayant vécu les seize premières années de ma vie sur une telle île, je savais comment mon père procédait lorsqu'il devait défendre son petit territoire contre les pirates. Le plus important? Le soutien de la population. Si elle protégeait les pirates, nous ne pourrions rien faire. Il fallait espérer que la population locale ne les défendait pas... Malheureusement, la pauvreté était parfois telle...

Mais j'étais déjà en train d'extrapoler. Tout d'abord, les présentations. Puis nous verrions, tous ensemble, comment s'organiser. Préférant m'en remettre aux jugements des chuunins pour l'instant, je marquai une pose dans mes réflexions et, lorsque Sokka revint d'un pas rapide, son kilo de croissants ou autres viennoiseries à la main, je me rapprochai du groupe. Tous avaient l'air prêts.

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Re: [BI003] - Les greniers de Yagi

Message  Liori Satsubatsu le Mer 24 Juin - 17:06

Une marche paisible vers les portes du village. Un voyage pas si long que ça mais qui malheureusement avait semblé durer une éternité. Un voyage plein d’embuche, d’obstacle imprévu et d’aventure. De bêtes immondes à combattre, ce qui les força d’ailleurs à se séparer d’un des trois membres qui formaient leur petit groupe, pour contenter la bête rugissante.
Fort heureusement, ce n’était qu’une séparation temporaire. En attendant, le couple de ninja que formaient Liori et Haya continuèrent leur petit bout de chemin. Tout les deux occupés à diverses choses. L’une de ces occupation était bien évidement de marcher. La seconde, pour le Satsubatsu, était d’essayer de régler la radio qui occupait un espace dans son crâne, prêt de son oreille. Une station de radio encombrante qui avait fonctionné parfaitement durant plus d’une dizaine d’années, et qui soudainement tombait en panne, lançant un horrible grésillement que l’on ne stoppait que lorsque l’on se décidait à abandonner. Malheureusement pour lui, Liori n’avait pas l’habitude d’abandonner. Surtout quand un sursaut de clarté surmontait les interférences.

Bien évidement si on lui avait ouvert le crâne, on n’aurait pas trouvé une radio. Ni même un transistor. Sans doute de la matière grise, bien compressé dans un crâne ayant finit sa croissance.

Finit comme leur marche. La transition minable faite, le groupe de deux personnes avait presque rejoins les portes. Ils pouvaient même apercevoir l’unique personne qui se trouvait ici. Sans doute Akio. Se rapprochant tranquillement, Liori prit le temps de se demander combien de temps il avait attendu ici. Il en profita aussi pour se rappeler des ressources dont matériel dont il disposerait personnellement pour cette mission. Elles étaient maigres, mais cela lui suffirait amplement. Son arme, sa tenue et quelques pilules. Il connaissait ses faiblesses mieux que personne, il avait donc décidé de se montrer prudent sur ce point depuis quelques temps. Il avait aussi faim, mais ça, ça ne l’aiderait sans doute pas.
Finalement, ils arrivèrent en face d’Akio.

[Liori] – Salut… Tu as l’air en formes.

Toujours avec un éternel sourire plus que forcé, il ne prit même pas la peine d’écouter une possible réponse du Chuunin spécialisé en Taïjutsu.

Il s’était adressé à Akio en le tutoyant. Il voulait se montrer direct avec le Chuunin pour lui faire remarquer qu’il partageait maintenant le même grade. Et aussi car le vouvoiement n’était pas forcément le style de langage le plus à même d’être employé dans une mission. (Il songea d’ailleurs qu’Haya avec son mutisme risquait de poser problème en cas de difficultés).
Maintenant, il ne leur restait plus qu’à attendre les effectifs manquant des deux équipes, qui heureusement ne tardèrent pas.

Ce fut d’abords Shuo qui arriva à l’heure qui avait été convenue. L’élève et le maitre, aujourd’hui coéquipier, se saluèrent silencieusement. Ce fut ensuite au tour de Sokka d’apparaitre dans le champ de vision du petit groupe. Son coéquipier précédait de peu le dernier shinobi, Chiyoko, qui confirmait être ce qu’il était quand il s’arrêta auprès des cinq autres membres pour la mission, et salua Akio.
Le Satsubatsu dévisagea rapidement celui qui serait l’un de ses coéquipiers. Uniquement pour graver son image dans un coin de sa mémoire. Entre la pile de ceux dont il se souviendrait pour des années encore, et ceux qu’il avait oublié de classer dans la catégorie précédente. Un bref rappelle pour éviter de l’attaquer par erreur. (La vie serait plus simple avec des panneaux « allié » et « ennemie » à accrocher autour de son cou).

Liori mit en bouche la petite brioche que Sokka lui avait lancée. Il tenait à remplir le creux de son estomac avant de commencer quoi que ce soit. La pâtisserie était savoureuse, encore chaude et fondant sur la langue. Avec un agréable gout de miel qui faisait frissonner les papilles. Le genre de chose qui faisait regretter de n’avoir que le gout du sang en bouche chaque fois que l’on mangeait quelque chose. La petite douceur disparue aussi vite qu’elle était arrivée dans sa main, car de toute évidence elle ne faisait que passer.

Le Satsubatsu se frappa presque théâtralement les mains bandée et gantée, pour retirer d’hypothétique miette, avant de prendre la parole.

[Liori] – Je suppose qu’on aura tout le temps de discuter en chemin, donc autant se mettre en route tout de suite.

Il faisait confiance à ce qu’on lui avait décrit du caractère d’Akio pour que le groupe se mette en marche. Il espérait un mouvement rapide. Car même si cela ne faisait que quelques minutes qu’ils étaient là, il avait l’impression qu’un mois aurait tout aussi bien s’écouler. Une impression désagréable qu’il souhaitait dissiper.

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Re: [BI003] - Les greniers de Yagi

Message  Akio Raiteiro le Mar 30 Juin - 22:51

Akio sourit. Finalement tout le monde était réuni. Bien sûr, il était arrivé en premier. Comme toujours, se dit-il pour lui même. La vitesse, c'était son monde à lui, un monde où l'on ne pouvait pas l'approcher. Toutefois une partie perfide de son esprit lui susurra que Rai l'avait atteint dernièrement. Il avait été plus rapide, plus prompt à agir et réagir, que lui. Il avait gagné sur le fils. En y repensant, c'était la surprise qui lui avait permis de gagner. Rai n'aurait jamais baissé sa garde sinon, la puissance des portes Célestes étaient immenses, mais Akio la maîtrisait très mal et encore il était bien incapable de la déployer entièrement.

Il se souvenait encore distinctement de cet étonnement non feint sur le visage de son ami d'enfance. Il avait saisi l'occasion et son adversaire ne s'en était pas remis. La suite avait été douloureuse. Les assauts du nukenin lui avaient brisé plusieurs côtes. La libération des verrous psychiques et les brusques mouvements qui suivirent avaient créé des hémorragies internes, le plongeant dans le coma. Il avait manqué toute la guerre à Kiri et bien d'autres choses. Il était resté invalide et allité durant de longs mois, lui qui aimait tant courir.

On lui avait même dit qu'il était possible qu'il ne puisse plus marcher. Jamais.

Mais heureusement le destin en avait décidé autrement. La médecine avait fait des miracles et ce qu'elle n'avait pu réparer, ses efforts intensifs en salle de rééducation, ses entraînements à la limite du masochisme, lui avaient rendu. Cela avait été dur. Il avait payé de sa personne, son mental s'était renforcé, sans aucun doute.

Il ne savait pas s'il pouvait vraiment dire qu'il avait progressé. Il espérait être au moins au niveau d'avant la guerre interne du village de la Brume. L'équipe était un peu bizarrement constituée. Cinq chuunin, un genin en passe d'être promu. Voilà qui était pour le moins étonnant.

On l'avait briffé, il savait quels étaient leurs objectifs et pourquoi on avait constitué une telle équipe. C'était une sorte de renforcement d'effectifs, parce que les autorités craignaient surtout un fort nombre d'adversaires. Ils avaient beau être des shinobi, ils n'étaient pas capable d'affronter une vingtaine d'adversaires simultanément, chacun. Il y aurait forcément des angles morts qu'ils ne pourraient couvrir et puis il y avait un risque de voir des ennemis sachant manipuler le chakra. Dans ce cas, le nombre d'opposant qu'ils pouvaient affronter en même temps était réduit très, très, fortement.

Il connaissait Liori, il avait été son élève, promu au dernier tournoi chuunin. Il avait avait Sokka Kawaki, un nouveau promu aussi. Haya Sasaki, une muette, qui était avec Satoshi le jour où ils avaient été attaqué. Shuo, un autre élève, futur chuunin à ce que l'on disait. Et lui, Akio, quand deviendrait-il juunin ? On lui avait refusé cette promotion, une fois. Cela lui laissait toujours un goût amer.

Et enfin il y avait le meilleur. Chiyoko. Un bon copain de promotion. Avec lui, la mission promettait d'être sympa. Akio se déplaça promptement, en soulevant un peu de poussière, ne devenant plus qu'une image floue sur les rétines. Il réapparru le bras enserrant les épaules de Chiyoko.

Akio - Hé ! Chiyoko ! On y va ? Tu sais, je pense que l'on va bien se marrer.

Son homologue chuunin répondit comme à son habitude. Akio se tourna vers les autres, passa la main dans ses cheveux, affichant un sourire presque candide.

Akio - Donc, puisque nous sommes tous là, il vous faut savoir un truc, c'est moi qui vais diriger cette mission.

Il y eut un grand silence. Ses interlocuteurs le regardaient étrangement. Son allocution ne devait pas avoir eut l'effet escompté. Décidément être chef d'équipe n'était pas de tout repos.

Akio - Ok...Je reconnais que je me suis peut-être un peu enflammé. Débutons cette mission correctement. Je serais le chef d'équipe avec Chiyoko comme second.

Nouveau silence. Même Chiyoko le regardait bizarrement. Bon, on verrait plus tard pour le commandement. Ils s'étaient tous levés du pied gauche ce matin, ou quoi. Restez zen, détourner l'attention, une technique "de sioux" pour parvenir à détendre l'atmosphère.

Akio - Allez Shuo, en route ! Va falloir accélérer si tu veux être promu.

Troisième silence. Décidément, il était temps de partir.

[Je vous laisse en autonomie, vous avez un post chacun (si cela fait un peu plus et ne rentre pas dans un seul post, poster le en deux parties). N'hésitez pas à contacter les autres pour écrire des dialogues communs narrés sur plusieurs posts. Chaque post doit faire avancer le groupe vers sa destination, un port de l'île d'Uke. Vous êtes libres de lancer des petites péripéties, mais attention cela doit se terminer avec le dernier des 6 prochains posts. N'hésitez donc pas à vous contacter tous par MP. Je rappelle que Akio c'est Iba et Chiyoko, c'est Iki Smile

La dernière personne à poster devra alors faire arriver tout le groupe dans le port.

Vous n'êtes pas obligé de respecter l'ordre ci-dessus. Si vous avez des questions, contactez moi par MP.]

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Re: [BI003] - Les greniers de Yagi

Message  Haya Sasaki le Mar 7 Juil - 17:59

Haya poussa un discret soupir. Elle ne voyait pas exactement de quel droit Akio pouvait revendiquer la direction de la mission, Satoshi n’avait rien évoqué de tel. Peut-être le Chuunin avait-il eu des ordres dans ce sens, en amont, et que leur responsable n’en avait pas été informé. D’après ce que Satoshi avait expliqué, il y avait deux équipes distinctes, soit deux commandements, pas une vaste équipe sous la gérance d’un unique chef. La jeune fille n’essaya toutefois pas d’en faire la remarque, d’une part parce que cela serait laborieux et qu’Akio ne semblait pas être le plus patient des hommes, mais également parce que à son avis, cela serait plus efficace de n’avoir qu’un dirigeant. De surcroît, Akio avait plus d’expériences qu’eux et si ce n’était pas une excuse pour se reposer sur lui, cela lui semblait naturel que pour leur première mission son avis et celui de Chiyoko soit plus déterminant que le leur. Cela leur épargnerait les discussions aux moments cruciaux, même si la jeune fille ne souhaitait pas réellement sacrifier en totalité l’idée de deux équipes en collaboration. Si leur avis devait être donné parce qu’il lui semblait plus judicieux, elle le donnerait, notamment d’après les mises en garde de Satoshi.

Le départ était lancé. Haya se positionna en queue de peloton sans y penser. Son regard se posa sur Shuo et elle ne put que se questionner sur sa présence. Pourquoi avoir intégré un genin à cette mission qui semblait proposer une confrontation inévitable ? Elle espérait que leur chef ne leur abandonnerait pas le membre de leur équipe, ce qui serait proprement scandaleux. Il était à leur charge et elle espérait bien que les deux gros bras en avaient conscience. S’ils avaient jugé bon d’intégrer un genin, c’était qu’il n’avait pas besoin de protection particulière. La jeune fille avait quelques réserves à son sujet, mais elle en saurait davantage une fois arrivé au terme de leur voyage.

Elle ne connaissait Yagi que de nom et n’y était jamais allée. On disait que c’était une île plutôt riche et commerçante. L’activité de pirates dans cette zone était pour le moins étonnante : si près d’Uke et si loin des côtes pirates, il fallait qu’il y ait un réseau solide et d’excellents bénéfices. Toutefois s’ils étaient parvenus à passer les défenses des autres îles, la force qu’ils allaient affronter risquer de se limiter à un ou deux navires, mais guère plus, à moins que leur passage n’ait été acheté ce qui présentait alors des risques aléatoires. La richesse de Yagi avait déjà attiré l’envie et la convoitise par le passé, et Haya savait que les vieilles rancunes étaient les plus promptes à se rouvrir. Sans trop s’avancer, la perspective d’affronter des pirates la rassurait quelque peu. Il s’agissait certainement de bretteurs compétents avec plusieurs atouts dans leurs manches, de l’équipement par exemple, mais la grande majorité d’entre eux ne devaient rien connaître des arts ninja. Si elle se doutait que les effrayer serait complexe, en partie à cause de la présence de leur chef, chacun d’entre eux pourra rivaliser avec plusieurs pirates sans courir trop de risques. Elle espérait simplement que chacun saura se montrer raisonnable et pourvu d’un sens d’équipe rigoureux, pour éviter de prendre un risque individuel qui se propagerait en risques de groupes.

Le paysage variait peu et évoquait les mêmes sites qu’Haya avait vu mille fois auparavant. Ils n’étaient qu’à une poignée de kilomètres de kiri, même s’ils avançaient à vive allure. Il s’agissait d’un calcul intelligent, puisqu’ils pourront se reposer un peu pendant l’inévitable voyage en bateau. De là où ils étaient, les ports les plus proches étaient ceux de Dashida et d’Ine, mais il se pouvait qu’ils utilisent un bateau personnellement réquisitionné par kiri, amarré dans un endroit spécifique. Ou alors vers un port inconnu à Haya, Uke ne manquait pas de petits villages portuaires qui s’improvisaient lieux de passages. Après un rapide calcul, la chuunin estima le temps de voyage jusqu’au port Dashida à un peu moins de deux heures, s’ils conservaient cette allure et à supposer que ce soit leur destination. Normalement, aucune pause ne devrait être déclarée, tout simplement parce que cela était superflu.

Ils se déplaçaient avec rapidité dans l’une des régions boisées d’Uke, sautant de branches en branches et conservant des distances qu’Haya supposa réglementaire mais à tout le moins commodes. Elle aimait assez avoir une vue sur chacun de ses équipiers, pas réellement pour espionner leurs actions ou par peur d’être surprise, mais parce qu’elle pouvait essayer de deviner à leurs traits et à leurs mouvements ce à quoi ils pensaient. Peut-être que Sokka pensait à son croissant, à cet instant et Haya esquissa un fin sourire.

Elle posa la main sur sa ceinture pour sentir la dure chaîne qui pendait à ses côtés. Aussitôt, la jeune fille se remémora ses intenses séances d’entraînements des dernières semaines, seule puis avec les membres de la flamme jaune. Elle pouvait se souvenir des blessures reçues, de son entretien très sérieux avec Satoshi. Ce matin, comme elle le pensait, il ne lui avait adressé aucune remarque particulière. C’était un arrangement entre eux et Sokka et Liori avaient été prévenus, un peu plus tôt dans la semaine, de ces séances d’entraînements afin de prévenir une éventuelle nouvelle mort. On n’était jamais trop prudent, sans doute, à fréquenter des tueurs patentés. Elle leur avait écrit un bête message, mais cela lui avait semblé suffisant d’autant qu’ils ne suivaient aucun cours ensemble et qu’ils n’avaient pas encore mis en place de programme d’entraînement commun. Ce sera peut-être le cas après cette mission.

Tous ces efforts n’avaient de cesse de rassurer Haya sur ses capacités. Hyô croyait en elle, Satoshi aussi, les membres de la flamme jaune étaient intrigués (ce qui se rapprochait le plus de l’admiration, sans doute, pour eux) et Haya était persuadée qu’il y avait autre chose et que très bientôt, dans quelques semaines, elle aurait des réponses à des questions qu’elle n’osait pas encore formuler.

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Re: [BI003] - Les greniers de Yagi

Message  Kawaki Sokka le Mar 28 Juil - 22:29

La peur. Une émotion qu’on dit étrangère aux héros. Un sentiment obsolète, un de nos restes de l’animal qu’on était. Pour être fort, il fallait se débarrasser de ce sentiment. Tout ceci était faux, que des préjugés. C’est la peur qui rend plus fort. C’est la peur qui rendait les hommes des héros. Paradoxalement c’est grâce à elle qu’on évolue, qu’on change pour faire disparaître cette peur. Mais la peur est toujours présente. On la ressent plusieurs fois dans sa vie, nous permettant de passer d’un état à un autre qu’on juge meilleur. Puis la peur revient, sous une autre forme. Ainsi, s’établit un cycle sans fin.

Sokka était de nouveau dans cet état. Il y avait des signes qui ne trompaient pas. Une faim digne de celle d’un ogre par exemple. Ainsi, il se retrouvait à voyager avec un sac rempli de pâtisseries, croissants et brioches en tout genre, au goût mielleux et fondant. Le Chuunin s’inquiétait tout bonnement de cette mission. Sa première mission réellement importante. Il ne fallait pas ramener un chat perdu ou garder un gosse pourri gâté. Là, on pouvait considérait que c’était une "vraie mission", avec du sang et tout le reste. L'Eisei-nin allait devoir se battre pour sa survie, celle de ses compagnons et la réussite de la mission. Il espérait que les autorités de Kiri l'avait bien jugé apte à cette mission.

Le groupe, après de brèves salutations, s’était déjà mis en route depuis un moment sous un silence presque glacial. Chacun avait choisi sa position de chef ou de suiveur. C'était donc Akio qui menait la marche avec Chiyoko, suivi des autres. Sokka se trouvait dans les derniers, aussi muet que les autres. Il était mal à l'aise, il détestait ce genre de situation. C'était dans ces cas-là, qu'on se posait toutes sortes de questions, et surtout les plus absurdes, qui n'on pour effet que de douter. Voilà, pourquoi Sokka avait peur.

Les deux équipes avançait d'un pas assez rapide, laissant Kiri loin derrière. La route était parsemée d'arbres qui avait réussi à pousser dans la zone marécageuse où se trouvaient les Chuunin. Chaque pas s'enfonçait lourdement dans la terre molle, détrempé, par une pluie antérieure. Ainsi, le terrain empêcha les Shinobi de pouvoir apprécier le paysage. Ce n'était pas forcément ce qu'ils recherchaient, mais toute cette ambiance était stressante. Les chaussures boueuses demandant plus d'effort pour lever le pied. L'Eisei-nin n'attendait qu'une chose: arriver le plus tôt possible et il n'était pas le seul à penser ceci. De plus, en levant les yeux, on pouvait remarquer, que les nuages présents, s'assombrissaient. Ils étaient gorgés d'eau, liquide qui allait bientôt déborder et se déverser sur eux. On en pouvait pas rêver mieux comme temps pourri. Akio, impatient essayait, lui aussi, d'accélérer le pas, trouvant que la marche était trop mollassonne.

Sokka se retourna. Il vit une Haya perdue dans ses pensées. Il jugea bon, de ralentir le pas, pour se mettre à la même hauteur qu'elle. Il avait juste besoin d'une compagnie. Une personne avec lui. Il avait délibéré qu'elle était la personne idéale. En effet, le Kawaki avait apprécié leur collaboration lors de l'examen Chuunin – qui datait désormais. Il regrettait de n'avoir pas plus poussé ceci en amitié ou quelque chose s'en approchant, chose nécessaire, maintenant qu'ils étaient dans la même équipe. Se trouvant, désormais, suffisament proche pour engager la conversation, Sokka décida de briser le silence.

Sokka – Pensive?

Il prit une pause le temps que Haya quitte de vue ses chaussures et la route, pour tourner la tête vers le jeune homme. Ainsi fait, il pousuivit.

Sokka – Ou bien, tu réfléchis comme pour la première épreuve de l'examen?

Il avait décidé d'ajouter ceci, car il la connaissait un peu à ce sujet depuis leur coopération. Il la savait un peu calculatrice, enfin plutôt assez prévoyante, essayant de résoudre les inconnues avec les données qu'elle avait. Apparement il avait vu juste, vu que la Chuunin laissa fendre ses lèvres en un agréable sourire, avant d'acquiescer. A son tour, Sokka imita ce sourire. Cela suffisait, et il appréciait ce bref moment, qui le menait vers la quête qu'il s'était mis en tête. Toujours dans ce sens, il tendit son sachet en direction de la jeune fille. Il avait fait sûrement fait l'erreur de ne pas lui demander plus tôt si elle voulait une de ces friandises, si savoureuse, si mielleuse. Il ne fallut pas attendre longtemps pour que la Kunoichi plonge sa main dans le paquet où attendaient cinq six croissants, le reste étant englouti par le ventre glouton du jeune homme au teint mat. Elle en prit un, qui était saupoudré de sucre collant ses main, avant de l'apporter à ses fines lèvres pour en goûter un morceau.

Sans le vouloir Haya, avait enlevé un poids à son coéquipier. Ce dernier s'en foutait du temps qu'il ferrait, et dans quel terrain, il s'aventurait. Il était simplement heureux de commencer à nouer une amitié -enfin il espérait- , lui qui avait peu d'ami.

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Re: [BI003] - Les greniers de Yagi

Message  Akio Raiteiro le Dim 2 Aoû - 23:18

[J'avance pour motiver les troupes, vous pourrez toujours revenir sur le déplacements dans les bois dans vos prochains posts. Nous arrivons au port.]

Akio sautait d'arbres en arbres. C'était la première fois depuis sa convalescence qu'il pouvait sortir du village. Il aurait aimé s'élancer à toute vitesse, faire la course avec le vent, le sentir fouetter son visage, voir les paysages défiler à une vitesse déroutante, enivrante. Mais il ne pouvait pas, on lui avait dit de se ménager ou il risquait une rechute. Il gardait encore des séquelles de son affrontement contre Rai.

Et puis, en toute modestie, le reste de l'équipe ne lui suivrait jamais. Il était bien trop vif.

Il était content de faire ce travail avec Chiyoko, même s'ils ne se ressemblaient pas, Akio avait déjà pu effectuer plusieurs missions avec ce dernier et éprouvait une franche sympathie pour lui. Il ne savait pas trop quoi penser de Liori, n'avait-il pas été son élève l'espace d'un bref instant ? Il semblait être devenu plus fort.

Akio - Dis moi, tu vas nous refaire le coup du type qui crache du sang au cours de la mission ? Enfin, je demande ça parce que c'est clairement dégueulasse et que ça risque de faire fuir les demoiselles, si tu vois ce que je veux dire ?

Aux vues du regard que lui lançait le Satsubatsu, il était assez évident "qu'il ne voyait pas". En son for intérieur, Akio savait qu'il y mettait de la mauvaise foi, il ne voulait pas voir. Les impératifs de la vie masculine lui passaient-ils au-dessus de la tête ? Se serait fort dommage de se priver de ces joies saines et simples. Toujours est-il que la discussion ne semblait pas bien engagée.

Il décida donc d'aller ennuyer quelqu'un d'autre. Il s'approcha d'Haya. Elle le dévisagea, se demandant certainement ce qu'il allait lui dire. Il lui fit un grand sourire et se repassa la main dans les cheveux. L'espace d'un instant, elle pouvait s'imaginer qu'il allait parler de stratégie, d'objectifs précis pour l'accomplissement, demander son avis ou donner le sien. Faire quelque chose de constructif et d'intéressant en somme.

Akio - Merde...j'ai oublié que t'étais muette.

Et il se déplaça vers un nouveau membre de l'équipe hétéroclite, laissant Haya le regarder de travers. Elle est bizarre celle-là, ne put s'empêcher de penser le chuunin, elle ne m'a pas rendu mon sourire. Puis il s'approcha de Sokka. Lui aussi le regardait étrangement. Akio ne put alors s'empêcher de creuser ses joues et de loucher, pour faire une grimace et rendre cet regard interrogateur à son interlocuteur. Sans surprise, cela ne le fit pas rire.

Akio - Décontractes-toi. J'ai l'impression que si je te met une olive dans le cul, tu vas me faire cent litres. T'inquiètes, si y a un problème, je te protégerai.

On lisait une profonde envie de l'injurier sur le visage de Sokka, à moins que ce ne soit le début d'un fou rire. Le décor défilait et déjà au loin on pouvait voir le port. Cela faisait plusieurs heures qu'ils progressaient sur les terres du Pays de l'Eau. Doucement, le chuunin s'approcha de Chiyoko. Il se passa la main dans les cheveux.

Akio - Dis donc ils sont pas causant, comment tu veux que l'on forme une équipe soudée si on communique pas. Tu penses qu'ils prennent mal le fait que je sois le chef de mission ?

Chiyoko - Je crois que tu penses trop.

C'était dis. Sans trop savoir pourquoi, Akio avait l'impression que Chiyoko venait de lui intimer l'ordre de se taire. Non, son ami ne ferait pas cela. Rapidement, le chuunin se retourna et héla le genin.

Akio - On est bientôt arrivé au port, encore un petit effort, Shuo, tu vas voir, c'est rien. Ensuite tu pourras te reposer.

Le chuunin, amateur de vitesse, n'avait nullement envie de diminuer les capacités de Shuo, il n'était juste pas doué en communication. Enfin "pas doué" n'était pas le bon terme, il était nul, serait plus proche de la vérité. Le port n'était plus qu'à quelques minutes. Le trajet lui avait parut long, forcément les autres trainaient un peu. Ils arrivèrent enfin à destination et pénétrèrent dans la ville. Elle était en ébullition, l'activité battait son plein. Après avoir déambuler dans quelques rues, Akio s'arrêta à un stand de poissonnerie et commença à discuter avec le vendeur, qu'il semblait connaître, il revint quelques minutes plus tard.

Akio - Il doit y avoir un bateau en partance pour notre destination dans deux heures, au quai 7. Vous pouvez vaquer dans la ville à vos occupations. Tâchez de ne pas être en retard., il saisit de l'épaule de Chiyoko et le ramena proche de lui. Nous, faut qu'on aille voir un truc. A tout à l'heure !

Déjà les deux compères s'éloignaient, se fondant dans la masse, jusqu'à disparaître complètement, sans laisser de trace.

[C'est court, mais c'est pour vous permettre de jouer et d'avancer un peu dans cette mission. Vous pouvez faire ce que vous voulez dans le port. Sachez que Akio et Chiyoko sont en retard au rendez-vous, vous pouvez finir vos posts en disant ce que vous faites pour les chercher.

Techniquement, il y a 10 quartiers dans la ville. En arrivant en ville vous êtes tous dans le Quartier 1 (entrée de la ville Nord), lorsque vous attendez au point de rendez vous, vous êtes au Quartier 5 (le port) à la fin de votre Post vous pouvez être dans n'importe quel autre quartier. Vous envoyez alors le numéro de quartier dans lequel vous vous trouvez à Akogare (ou à moi si je suis de retour de vacances), nous vous dirons si vous trouvez ou non Akio et Chiyoko.

En vous montrant astucieux avec votre RP, vous pouvez faire en sorte de donner deux numéros de quartier dans votre MP, mais je n'en dirais pas plus, faites marcher vos méninges.

Attention, si vous êtes si vous êtes en groupe (2 minimum pour faire un groupe ^^) vous ne pouvez envoyer qu'un numéro de Quartier (sauf si vous êtes malins ^^). Néanmoins, si vous êtes seul et que vous trouvez les deux lascars, cela ne signifie pas que les autres les trouve. Dans le cas où ils sont trouvés, il faudra à chaque joueur ne les ayant pas trouvé, un post complet supplémentaire pour arriver sur les lieux.

Quartier 1 - Entrée de la Ville Nord
Quartier 2 - Entrée de la Ville Ouest
Quartier 3 - Entrée de la Ville Est
Quartier 4 - Quartier dit "chaud"
Quartier 5 - Docks
Quartier 6 - Quartier Résidentiel
Quartier 7 - Centre-ville
Quartier 8 - Quartier administratif
Quartier 9 - Quartier Marchand
Quartier 10 - Sources et Parcs.]

Akio Raiteiro
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Re: [BI003] - Les greniers de Yagi

Message  Haya Sasaki le Sam 8 Aoû - 16:06

Elle était heureuse que Sokka vienne lui parler. Les personnes qui faisaient cet effort en dépit de son mutisme étaient relativement rares, au-delà de son cercle d'amis le plus proche. Il s'agissait soit de ninja de rang avancé qui ne s'arrêtait pas à ce genre de détails, mais dont la discussion était souvent tout à fait professionnel, soit des personnes qui souhaitaient créer un lien avec elle. Elle se doutait que Sokka appartenait à ce bord, aussi accepta-t-elle avec plaisir le croissant qu'il lui proposait. Malgré son solide petit déjeuner, elle l'avala goulument et se lécha les doigts pour savourer le sucre resté collé. Elle jeta un coup d'œil à Sokka qui avait reporté son attention sur la route, et se dit qu'elle trouverait bien un moyen de le remercier pendant le voyage. Elle était navrée de ne pouvoir entretenir une conversation, mais visiblement cela ne gênait pas Sokka (ou bien il le cachait très bien), et elle fut rassurée qu'il ne prenne pas son silence pour de l'ingratitude ou une intention hostile, comme cela lui arrivait parfois.

Quand Akio l’aborda, Haya le dévisagea avec prudence. Vu ce qu’il venait de dire à Liori, elle s’attendait au pire. Elle essayait d’imaginer une remarque graveleuse ou mal maquillée, ou au contraire un compliment très joliment tourné, quelque chose de simplement sexuel en somme. Elle ne fut pas très déçue quand il ne se passa rien, pour ainsi dire, et qu’Akio lui rappela avec beaucoup de tact et de légèreté la nature de son handicap. Elle le dévisagea sans parvenir à dissimuler une once de mépris dans son regard.

Il pensait vraiment qu’elle allait se mettre à glousser et à se tortiller, gênée devant son regard de braise ? Impressionnant. Elle esquissa toutefois un vague sourire à la mention de l’arrière-train de Sokka. Elle doutait de la seconde partie de sa petite bravade, non parce qu’elle doutait de ses compétences mais parce qu’elle avait l’impression que ce serait à eux de lui sauver ses fesses à lui, tôt ou tard. Elle adressa un regard désolé à Sokka et fit un petit mouvement d'épaule, qui signifiait dans sa tête que la pertinence des phrases d'Akio étaient à peu près égales à celle d'un enfant de trois semaines.

Elle trouvait ses tentatives de discussions avec le reste de l’équipe pénibles. Ce n’était pas très naturel, mais elles avaient le mérite d’exister. Peut-être que si Haya pouvait parler, elle lui lancerait quelques piques gentilles pour voir s’il avait un peu d’esprit à revendre. S’il en avait, elle aurait trouvé une aimable distraction on le taquinant jusqu’à ce qu’elle se lasse ou qu’ils arrivent au port. Grâce à son imagination débordante, il penserait certainement qu’elle essayait de le séduire, vaincue par son charme époustouflant et sa répartie foudroyante. Alors il passerait la nuit dans sa cabine à attendre les petits coups sur sa porte, qui dévoileraient une Haya en fort petite tenue et tout alanguie d’amour.

Et ils auraient la paix.

Mais hélas, elle ne pouvait remplir cette mission de première importance. Alors ils atteignirent le port (enfin), les oreilles pures de toute autre tentative balourde de discussion.

Akio – Il doit y avoir un bateau en partance pour notre destination dans deux heures, au quai 7. Vous pouvez vaquer dans la ville à vos occupations. Tâchez de ne pas être en retard. Nous, faut qu'on aille voir un truc. A tout à l'heure !

Haya les regarda, atterrée. Mais à quoi bon se réveiller aussi tôt si c’était pour se tourner les pouces ?! Deux heures ? Elle avait perdu deux heures de sommeil, à courir comme des bœufs, alors que rien ne pressait ? Elle ramassa un caillou et l’envoya dans leur direction, bien qu’il eût disparu depuis un moment, et s’assit pesamment sur une petite caisse, le menton dans la main et les jambes croisées. Ils n’avaient rien à faire dans ce port pourri, à part se faire draguer par des marins qui lui feraient regretter la verve pâteuse d’Akio.

Voir un truc… Les prostituées ? Les bars ? Parce que non non, bien sûr ils n’allaient pas vérifier si le bateau partait toujours, si tout se passait bien, s’ils n’étaient pas attendu par des personnes malintentionnées, s’ils étaient les seuls passagers, si le bateau n’était pas piégé ou ce genre de petit détail intriguant qui peut, parfois, sauver une ou deux vies.

Cela n’avait aucune importance. Haya se releva et s’étira. Elle se rapprocha de ses équipiers toujours présents, et leur indiqua qu’elle allait se promener un peu, peut-être vers le port précisa-t-elle. Elle leur donnait rendez-vous à cet endroit dans une heure et demie, après quoi ils iraient chercher les soudards qui trouveraient sans doute très pertinent de rater le bateau. Après tout, un ninja peut courir sur l’eau alors pourquoi, pourquoi, prendre un bateau ?

Elle s’éloigna tranquillement, bien décidée à visiter le port malgré le peu d’attrait qu’il pouvait présenter de prime abord. Haya jeta un œil aux vitrines, les yeux grands ouverts. Malgré tout, c’était la première fois qu’elle pénétrait dans une ville. Son père l’avait amené quand elle était jeune dans quelques villes connues d’Uke, mais cela restait exceptionnel. Les deux villages qu’elle connaissait, celui où elle était née et kiri, ne présentaient pas beaucoup de magasins pour les jeunes filles en fleur. Ce port-ci (elle ignorait s’il s’agissait de Dashida ou d’un autre, son sens de l’orientation n’étant pas à ce point développé) présentait quelques bâtiments, surtout pour les adultes. Elle devina une sorte d’hôtel, deux restaurants et un certain nombre de magasins de vêtements. Il était étonnant de ne trouver nulle part de magasin d’armes ou quelque chose qui évoquait un aspect militaire.

Bien décidée à ne pas dépenser son argent, Haya errait dans ce qui ressemblait le plus à un quartier résidentiel, avec ses nombreuses demeures empilées les unes sur les autres. Le port possédait un petit charme malgré tout, et l’odeur marine lui rappelait ses souvenirs d’enfance, avec la mer si près que ses sœurs et elle y allaient à pied pour se baigner toute la journée. Elle devina au loin le port proprement dit, là où ils auraient dû se trouver si Akio savait compter et estimer les distances. Bien utile de savoir courir vite… Quelle était cette manie de se lever tôt pour une mission qui ne devait commencer que plus tard ? C’était idiot.

Elle se dirigea vers le port et s’assit sur le ponton, les jambes dans le vide. L’eau était plus sombre qu’elle ne l’aurait cru. Elle se sentait curieusement excitée en voyant toute cette étendue, et Haya se demanda si ce n’était pas un effet de son don éveillé. Elle jeta un œil autour d’elle pour s’assurer que personne ne viendrait l’ennuyer, et s’amusa à créer de petits serpents d’eau qui s’enroulaient entre eux. Elle retira ses chaussures et remonta le pantalon qu’elle portait sous sa tunique, puis marcha le long du ponton. Le bois chauffait ses pieds, mais l’heure matinale n’avait pas encore permit au soleil de briller trop durement. Elle descendit le long d’un petit escalier de pierre, sentit avec délice le sable chatouiller ses orteils et s’enfonça dans l’eau. Elle resta un moment immobile, les yeux fermés avec dans la main ses chaussures, puis elle remonta lentement la plage en restant immergée dans l’eau jusqu’aux genoux. Elle revint sur la plage. Il était encore tôt, aussi posa-t-elle ses affaires dans le sable et conserva ses pieds de manière à ce qu’ils soient caressés régulièrement par le ressac de la mer. Elle encore plus d’une demi-heure avant de devoir retourner à l’entrée de la ville, et peut-être que ses équipiers se sentiraient aussi attirés par le calme qui régnait sur la plage.

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Message  Liori Satsubatsu le Mer 19 Aoû - 3:07

Akio était sans doute un bon shinobi doublé d’un excellent combattant. Mais à sa façon, il était visiblement très con. Oh, bien sur, cela n’était pas une connerie définitivement handicapante et potentiellement mortelle. Son cerveau était sans doute capable de traduire la majeure partie des informations extérieures qui transitaient par les sensations de son corps, liées donc à ses sens de perceptions. De ce fait, il devait avoir un minimum les pieds sur terre, et savoir quelle réaction il valait mieux privilégier, en fonction de la situation dans laquelle lui et sa vie se trouvaient. Mais il n’en demeurait pas moins con.
Mais comme Liori respectait Akio en tant que combattant et partenaire, pour cette mission au moins, il passa outre sa remarque stupide, et se contenta de le regarder fixement sans dire un mot.

Il aurait très bien pu faire remarquer que, bien sur qu’il finirait invariablement par cracher du sang. C’était obligé. Et même si cela pouvait intervenir n’importe quand, c’était une telle routine qu’on ne trouvait pas forcément utile de toujours le mentionner.
Et pour ce qui était de faire fuir les demoiselles, il avait entendu dire que certaines étaient parfois attirées par les cicatrices, mais plus rarement pour les plaies ouvertes, à vie.
Il aurait donc pu dire quelque chose du genre. Mais il ne le fit pas. Il se foutait déjà royalement de ce que venais de lui dire Akio, et de plus, le spécialiste de taijutsu venait de s’éloigner pour aller « discuter » avec les autres membres de l’équipe.

Liori sorti son paquet de cigarette de sa poche et en prit une qui se retrouva bien vite coincé entre ses lèvres. Il réussit au bout de quelques essais à faire jaillir une petite et faible flamme via le mécanisme au supplice. Sans aucune hésitation, aucune ombre de remords sur son visage, il usa de la vie qu’il venait de donner pour entrainer un début de consumation à sa cigarette. La flamme s’éteignit lorsqu’il referma son vieux briquet. Lorsqu’elle sorti de sa bouche, la fumée se perdit derrière lui et bientôt derrière le groupe. Si quelqu’un y avait prêté attention, il aurait sans doute remarqué que Liori crachait, plus que souffler, la fumée de ses cigarettes. Mais contrairement à ceux qui ne supportait pas la fumée, lui il la crachait tranquillement. C’était juste qu’il n’en voulait pas. Il n’aimait pas particulièrement fumer et encore moins la fumée. Mais le faire lui permettait de s’éclaircir l’esprit, de lui libérer le crâne du vrombissement incessant qui l’assaillait depuis des années.

Et dans l’immédiat, cela le projeta, avec l’aide du décor qu’ils traversaient, en plein examen Chuunin. Une expérience en équipe qui avait été fort peu concluante. Les divers membres de l’équipe du moment n’avaient pas mené un jeu d’équipe idéal. Liori pouvait mettre cela sur le compte de la composition de l’équipe, qui comprenait des membres issus de deux villages différents et qui n’avait pas eut le temps de se connaitre et donc d’apprendre à se faire confiance. D’autant que s’il avait connu d’avance les capacités stratégique de leur « éclaireur », ils auraient peut être pu éviter le désastre qu’avait été cette épreuve.
Mais ici, ça ne se passerait pas comme ça. Faute de les aimer, il savait qu’il pouvait faire confiance à la plupart des membres de son équipe…
A la plupart.


Ce ne fut que quelques minutes plus tard que Liori écrasa le cadavre de sa cigarette. Encore un corps dont il était heureux de se débarrasser.

Akio venait de les abandonner dans le village inconnu, devant une poissonnerie. S’il ne l’avait pas vu discuter avec le marchand avant de partir, il aurait juré que c’était une action maladroite du Chuunin pour qu’ils ne se sentent pas dépaysé par rapport à Kiri. Si ça avait été le cas, s’aurait été un bel essai, même si le lieu importait peu au Satsubatsu tant qu’il savait où aller.

Une pierre rebondit dans la rue qu’avait empruntée les deux membres les plus expérimentés de l’équipe. Haya, visiblement mécontente, était l’auteur de cet excès de violence contre les vents et les sols de ce port. Soit elle en voulait particulièrement au caillou qu’elle venait de jeter, soit c’était adressé aux deux Chuunin qui venait de les quitter. Peu après elle sembla décider de visiter la ville, et avec une économie de mouvement lié à ce qu’on pouvait supposer être la force de l’habitude, réussie à faire comprendre qu’elle allait en direction du port, qu’elle leur donnait rendez vous ici dans une heure et demi et qu’ensuite ils iraient chercher, main dans la main, les deux personnes qui venaient de les quitter pour voir un « truc ». Parfois des gestes valaient mieux que des paroles. Parfois avoir un carnet aidait aussi.

Liori regarda Haya s’éloigner en fendant la foule. Le Satsubatsu réajusta son sabre afin qu’il ne le gêne pas pour progresser au milieu de la foule. Et après avoir signalé à ses deux autres coéquipiers qu’il partait aussi en balade, il se mit à la poursuite de la jeune fille.

Il la suivait sans trop de problème. Les rues marchandes étaient pleines de gens, sans doute une majorité d’étrangers qui venaient d’arriver par bateau, ou de marins en quêtes d’autres choses que d’un bordel. Pourtant, Liori n’avait pas de mal à avancer, la foule s’écartait devant lui, l’air de rien. Certaines personnes croisaient son regard et restaient ensuite accroché à un point sur son visage, jusqu’à ce qu’il les dépasse. Ce n’est que lorsqu’il s’arrêta devant une vitrine qu’avait observé sa muette de compatriote qu’il comprit pourquoi il sentait tant de regards se poser sur lui.
Certains marins ramenaient parfois de vilaines blessures au cours de leur voyage. Une majeure partie était lié à des accidents en cours de navigation, d’autres naissaient suite à un accrochage avec des pirates belliqueux, parfois boire un verre était l’occasion de gouter des spécialités locales. Bref, beaucoup de gens présent étaient sans doute habitués aux cicatrices en tout genre. Mais peu de personne pouvaient se vanter d’avoir une chair en charpie et toujours à vif sur le visage, sans en paraitre plus incommodé que cela.

Liori posa sa main droite sur la joue correspondante. Evidement, c’était plutôt douloureux, au quotidien comme maintenant. Sa main ou l’air marin le faisaient souffrir rien qu’avec le plus léger des contacts. Il n’y était pas insensible. Personne ne pouvait l’être. Il s’y été juste habitué et résigné. La marque de sa famille rampait sur lui avec la ferme intention de lentement, mais surement, le dévorer dans son intégralité. A moins qu’il ne meure avant… Mais il ne pouvait pas se plaindre. C’aurait été faire preuve de faiblesse quand il savait que des dizaines, de vingtaines et bien plus encore, vivaient la même chose de que lui, sans broncher d’avantage. Ils savaient que même « les autres » n’apprécieraient pas qu’il agisse ainsi.
Mais il attirait de plus en plus de regards, et cela le rendait peu à peu nerveux. Son reflet lui jeta un regard qui lui semble implorant quand il comprit ce que Liori comptait faire. Une expérience qui avait déjà été tenté bien des fois il y a des générations, et que n’importe quel Satsubatsu n’avait depuis jamais renouvelé.

Lorsqu’il retira sa main et senti le feu froids de son chakra arrêté de brûler sa joue, qui avait retrouvé une peau presque intacte. N’en demeurait qu’une fine trace blanche qui se fondait presque parfaitement avec son teint pale. Oh il le regretterait très bientôt, aucun doute. Mais maintenant on ferait sans doute moins attention à lui et il pourrait marcher l’esprit tranquille. La raison de sa marche avait justement profité de ce petit intermède pour quitter son champ de vision. Le Satsubatsu ne paniqua pas. Il savait où elle se rendait, il lui suffisait juste de suivre la même route.

Ce n’est que quelques longues minutes plus qu’il retrouva la jeune fille, au bord de l’eau, sur la plage. S’il devait tenir un journal des plaintes, nul doute que plusieurs centaines de pages pourraient être couvertes d’une petite écriture serré désordonnée qui serait là pour agresser et choquer l’égo de cette abomination naturelle, qui passait son temps à se faufiler dans chaque espace où elle pouvait nuire à n’importe quel individu de constitution normale. Surtout quand la constitution normale en question était un corps couvert de plaies en tout genre. Le sable s’immisçait partout, pire que le plus douer des membres du service d’espionnage de Kiri. Depuis sa plus tendre enfance, Liori avait évité tout lieu constitué de sable. Et la première fois qu’il en avait vu, une partie de son cerveau l’avait immédiatement identifié comme un ennemi naturel. Une nuisance à absolument éviter. Ses parents lui avait aussi déconseillé de trainer prêt de ceci, avec en plus les éternelles recommandations que font les parents à leurs enfants.

Il s’engagea sur l’étendu sableuse et s’arrêta juste à la droite d’Haya. Sa voix sembla entrer dans l’air avec la ferme intension de la lacérer, puis de trancher ce qui pouvait l’être, avant de passer les restes à la moulinette. Comme une juste revanche sur les vents froids, portant l’odeur du sel et du large, qui cherchait parfois à lui arracher la peau du visage.
Il avait toujours sa voix mutilée et pourtant tellement audible.

[Liori] – Tu ne devrais pas laisser tes pieds dans l’eau… Le sable va y rester coller.

Il l’observa un moment, sans rien dire, puis il s’assit à côté d’elle, déposant son arme à sa droite et évitant de trop s’approcher du ressacs de l’eau.
Il l’avait vu combattre, il se faisait une idée de ses capacités dans les arts du ninjutsu. Il savait que malgré son handicap elle avait réussi à progresser au même grade que lui, durant le même examen. Mais il devait poser la question.

[Liori] – Haya… Est-ce que je peux te faire confiance ?

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Message  Haya Sasaki le Sam 22 Aoû - 17:33

Le plaisir simple d’avoir les pieds dans l’eau lui rappelait des souvenirs qu’Haya pensait émoussés par le temps avec une netteté stupéfiante.

Bien qu’elle ait grandi pas très loin de la mer, elle n’était pas souvent allée sur la plage. Son père avait des difficultés à mobiliser une journée pour s’y rendre avec toute la famille, et il les trouvait trop jeunes pour y aller seules. Mais les fois où ils avaient pu s’enfoncer dans le sable et jouer dans les vagues, Haya avait toujours ressenti un plaisir profond et une joie sauvage à s’y trouver. Cela n’avait pourtant rien à voir avec le don de leur père, c’était seulement le plaisir d’une enfant qui s’amusait avec sa famille et ce bonheur simple lui manquait.

Sa vie ne s’était pas tellement compliquée. Elle avait eu des remous tragiques mais désormais, tout était en réalité très simple. Autant qu’un jeu d’enfant. Des missions à remplir, des entraînements à ingurgiter, des relations à nouer, tout était parfaitement établi. Quand Hakame lui avait proposé de devenir kunoichi, Haya avait pensé à une vague blague. A cette époque, elle était fragile, peinait à tenir debout et s’agrippait avec désespoir à ses béquilles. Une belle kunoichi ! Mais la vacuité de sa vie la frappait avec une telle violence qu’Haya avait accepté, ne serait-ce que pour s’occuper l’esprit. Elle s’était dit qu’il ne devait pas y avoir que des génies parmi les ninjas, et que là aussi ils devaient avoir des pelletées de médiocres. Cela ne la gênait pas de devenir l’une de ces médiocres, car ça la maintiendrait occupé. Elle voyait également là une rééducation pour son corps et son esprit : non seulement elle apprendrait à bouger à nouveau, mais elle se ferait des amis et cela l’aiderait. Quand on ne peut même pas se parler à soi-même, on se sentait rapidement très seul.

Et puis, tout cela s’était passé. Elle avait été médiocre, elle avait eu des amis, son corps s’était réhabitué à soutenir son propre poids. Elle s’était remplumée aussi et les marques de nombreuses semaines passées alitées se sont finalement effacées. Comme Naikin le lui avait dit, les cicatrices de son corps et de son esprit ne disparaîtraient jamais mais ce n’était pas là sa volonté. Cela faisait partie d’elle à présent. Pour le meilleur ou pour le pire, cela ne dépendait plus d’elle. Peu à peu, elle s’était révélée moins lamentable qu’il n’y paraissait. Il y avait des indices pendant ses entraînements, l’eau répondait parfois curieusement bien à ses demandes, mais aussi pendant la guerre civile où elle avait peut-être tué deux personnes (cela non plus elle n’en saurait jamais rien). Haya s’était ainsi retrouvée sans trop le vouloir au tournoi chuunin. Elle avait fait tout cela très sérieusement, comme on passerait un test important et elle eut la surprise de se voir proposer un grade supérieur, en compagnie de Satoshi Kagehisa et de deux garçons qu’elle connaissait encore bien peu. C’était si inattendu qu’elle n’eut pas le temps d’être surprise. Puis comme rassérénée par cette distinction, sa force crue lentement, progressivement, jusqu’à sa rencontre avec la flamme jaune. Et là, enfin, elle était arrivée à quelque chose.

Aujourd’hui, elle se doutait que le fait qu’Hakame lui propose une place à l’académie n’était pas un heureux hasard. Il devait connaître son père mieux qu’elle ne le connaissait elle-même (Haya se gronda mentalement de penser une telle chose ; peut-être que des éléments de la vie de son père lui échappait encore, mais elle était sûre d’être la seule personne vivante à pouvoir se souvenir de la façon dont il l’embrassait et la serrait contre lui), avec son don et tout le reste, alors il avait sauté le pas.

Haya secoua la tête, enfonça ses doigts dans le sable et tourna la tête sur le côté. Liori se tenait à ses côtés, il la dévisageait posément.

Liori – Tu ne devrais pas laisser tes pieds dans l’eau… Le sable va y rester coller.

Elle sourit légèrement. C’était le genre de choses qu’aurait pu dire sa sœur aînée, Kaeru. Une pensée soudain très rationnelle et coupée du plaisir immédiat de sentir l’eau lui caresser les pieds. Le jeune homme s’assit à sa droite, tandis qu’elle essayait de déterminer son âge. Les dégâts sur sa peau et, pour le peu qu’elle en savait, la souffrance continuelle qu’il subissait avait affecté ses traits. Ils étaient certainement plus durs qu’ils ne l’étaient à l’origine. Peut-être dix sept ans. Plus vieux qu’elle en tout cas, elle en était presque sûre.

Liori– Haya… Est-ce que je peux te faire confiance ?

Haya ne réagit pas, elle observa quelques secondes l’horizon et jeta un coup d’œil en biais à son partenaire. Elle sentait que sa réponse était importante à ses yeux, mais elle ne voyait pas de façon précise d’y répondre. Sa confiance… Elle n’en savait rien. Il aurait dû être un peu plus précis. Est-ce que je serais prête à me sacrifier pour lui sauver la vie ? Très certainement dans le feu de l’action, mais ce ne serait pas un sacrifice réfléchi et raisonné. Elle mettrait sa vie en jeu de façon naturelle, sans imaginer sa propre mort mais en ne voyant que la sienne. Il n’y avait pas de confiance là dedans, elle aurait probablement fait la même chose pour un inconnu qu’elle devait protéger, ou même un inconnu tout court (bien que se connaissant, elle aurait réfléchi un peu plus longtemps avant de partir pleine d’allant s’écraser contre quelqu’un de bien trop fort pour elle). Est-ce qu’elle était prête à entendre ses plus noirs secrets ? Haya n’était pas sûre d’en avoir très envie. Est-ce qu’il planifiait de laisser Akio et Chiyoko ici et de partir sans eux ? Si seulement !

A ses yeux, la confiance n’était pas une donnée que l’on attribuait à droite à gauche, mais un processus lent, qui se construit au fil des interactions et ne fera jamais que se renforcer au fil des ans sans jamais acquérir de statut définitif. La confiance peut être confiée, reprise, trahie… C’était un élément trop changeant pour qu’on puisse donner quelque chose d’absolu qui ne soit pas une promesse. Néanmoins, Haya sentait que cette confiance naîtrait et que c’était peut-être là le fond de la question de Liori. Ou bien il essayait de déterminer s’il pouvait faire confiance à ses capacités, ou si elle fléchirait au moment critique. Une pensée amusante, à vrai dire, et presque rassurante. C’était beau que certains voient encore en elle une jeune fille de bientôt dix-sept ans, qui n’avait rien appris en un an passé à kiri. Elle ne prétendait pas que la vie l’avait forgée, qu’elle s’était endurcie à la suite du massacre de sa famille, ou qu’elle était en quelque sorte… blasée quant aux questions relatives à la vie et la mort. Ce n’était pas du tout le cas. Il lui faudrait plus de temps que ces quelques secondes pour déterminer avec exactitude sa position, mais elle savait que combattre ou tuer n’était pas de l’ordre du problème, aussi sûrement qu’elle savait que sa poitrine respirait un air marin et salé. Peut-être aurait-elle dû se sentir un peu vexée de la question de Liori, même s’il n’y mettait aucun affect. Mais elle n’éprouvait rien de tel, c’était normal que la question se pose. Si quelqu’un l’avait vu en train de lutter sur ses béquilles, il ne pouvait pas se dire qu’il avait face à lui une redoutable combattante, et ce n’était probablement pas le cas même sans béquilles. Mais elle ne comptait pas mourir tout de suite, et même si ce n’est pas quelque chose que l’on décide tout seul, elle avait décidé de ne pas mourir l’année dernière. Il lui restait des questions à régler et ce n’était ni cette mission ni les suivantes qui l’en empêcherait. Et si ce faisant, elle pouvait conserver les mêmes partenaires et peut-être amis, chacun y trouvait son compte.

Haya hocha donc la tête profondément en rendant à Liori son regard, sans juger nécessaire d’ajouter quoi que ce soit par écrit. Elle revint à la contemplation de la mer une petite dizaine de secondes et traça quelques caractères dans le sable, face à son équipier.

Haya – J’ai confiance en moi.

Elle sourit au visage à qui cela n’avait pas dû arriver souvent, puis se passa un doigt chargé de chakra sur le mollet pour en retirer le sable. Elle l’essuya nonchalamment dans l’eau, mais il n’était pas encore l’heure de partir, à moins que Liori ne le désire particulièrement.

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Message  Kawaki Sokka le Mer 23 Sep - 0:26

Quand Akio s'était approché de lui, il se demandait ce qu'il avait l'intention de faire. Il s'ennuyait de ce voyage apparemment, et essaya de remonter le niveau, enfin à sa manière. Sokka n'avait jamais encore eu affaire avec ce Chuunin, dont il ne pouvait que lui exprimer d'un regard à la fois inquiet et curieux, de ce que réservait son futur interlocuteur. Il commença par grimacer, d'une grimace que l’Eisei-nin aurait bien répondu par un sourire, mais ce n'était pas le moment de perdre une sorte de concentration que s'était mis Sokka dans la tête. Sans doute à cause de cette mission, sa première "vraie" mission, le danger était plus que présent, il devrait même le combattre et remporter la bataille.

Akio avait senti cette sorte d'inquiétude, et le Kawaki eut le droit à une de ces phrases censé le décontracter. Ces phrases qui affirmaient un de ses défauts sans doute: il n'avait réellement pas le don d'un orateur. Le jeune homme au teint mat, ne savait pas trop comment réagir face à ceci, il aurait bien voulu lui riposter d’un poing en pleine tête, juste comme ça. Mais il se ravisa, Akio allait répliquer, sûrement était-il plus fort, et la querelle aurait eu des conséquences plus que néfaste pour la mission. Sokka se ravisa, donc ne laissant que comme réponse un long silence, auquel il espérait que ça ferait fuir son interlocuteur. Ce qui fonctionna au bout d’un moment, comme un fauve qui se ravisa de poursuivre une proie inaccessible. Le Kawaki aurait pu entrer dans le jeu, mais il aurait fallu que ça en vaille la peine.

Il fallut attendre encore un moment avant que le groupe puisse arriver aux frontière de la ville. Une ville inconnue pour Sokka, il ne quittait que très rarement Kiri. Et les seuls sorties effectués, n’avait que pour souvenirs, des images floues. Apparemment la ville était bien dans le stéréotype d’un village portuaire, un endroit pour marins qui ne faisait que passer, leur permettant de s’occuper avant leur nouveau départ. Un lieu capable d’assouvir aussi bien les besoins, que les envies. Mais cela ne restait qu’à décuvrir pour l’Eisei-nin, espérant que sa curiosité serait assouvi en découvrant ce lieu.

Akio – Il doit y avoir un bateau en partance pour notre destination dans deux heures, au quai 7. Vous pouvez vaquer dans la ville à vos occupations. Tâchez de ne pas être en retard. Nous, faut qu'on aille voir un truc. A tout à l'heure !

Les autres personnes du groupe n’eut le temps de réagir, que les deux Chuunin s’enfonçait dans le peu de foule que présentaient les rues, avant d’être cachés par les bâtiments. Ils les avaient bien abandonnés. Ce qui surprit qu’à moitié, Sokka qui détourna alors le regard vers ses coéquipiers. Haya agacée, se décida d’aller vers le port. Elle fut suivi après un bref moment par Liori, qui semblait vouloir discuter avec sa coéquipière, Sokka ne voyait pas d’autre raison, connaissant un peu, le personnage.

Ainsi, il se retrouva seul avec Shuo. Ce dernier aperçut que son ancien adversaire lui adressa un regard avec un sourire exprimant un embarrant. C’était idiot, mais depuis le CE, ils ne s’étaient pas encore rencontré, même s’ils habitaient le même village. Sokka voulait éviter une sorte de malaise en le revoyant dans les rues kiréennes. Une sorte de tristesse inexplicable envers lui. Tout ceci était incompréhensible. Tous deux savient qu’il n’étaient que des pantins jouant leur promotion, pour espérer avoir une meilleure vie quotidienne, ou plus de responsabilités ou toute autre logique débouchant à ce combat. Et Aujourd’hui encore l’Eisei-nin n’était pas prêt à discuter avec lui. Cependant il le prévint qu’il allait lui à son tour, bouger de cet endroit, pour ne pas s’enraciner au portes de la ville ou devenir une statue que des enfant reluquerait d’un drôle d’œil.

Sokka – Bon, je vais, moi aussi visiter la ville, histoire de passer le temps. Il doit bien avoir un endroit, où je vais pouvoir flâner tranquillement .

Il marqua une pause. Il hésitait à dire une certaine phrase, néanmoins il devait briser cette glace entre eux avant qu’elle devienne assez épaisse pour en devenir indestructible. Il ne laissa qu’une ouverture, pour voir si son interlocuteur le rejoindrait ou non. S’il ne le retrouvait pas, ce n’était sûrement pas un échec, mais l’inverse indiquerait sûrement une réussite vers une bonne entente entre eux, vu qu’il n’avait rien à se reprocher, notamment.

Sokka – Si jamais, tu trouves un parc ou quelque chose ressemblant, en te baladant. J’y serai sûrement.

L’Eisei-nin se l’accorda. Il avait mieux comme ouverture. Cependant il espérait que ça suffirait. Il n’allait pas partir dans une de ses explications qui au final embrouillerait le tout. Sur ces mots, Sokka laissa esquisser, sur son visage un bref sourire, histoire de rassurer, sans doute.

Ainsi, le Kawaki se mit en marche, d’un pas nonchalant, les bras croisés derrière sa tête, comme pour reposer sa tête. Elle lui faisait mal depuis un certain incident plus tôt dans la matinée. Finalement c’était assez idiot ce qui c’était passé. Une envie de bien paraître, ce n’était pas ce qu’on leur demandait, aux shinobis. La classe, c’ets un bonus, qui s’acquiert pour les plus braves, les meilleurs d’entre eux. Sokka n’était pas de ce genre, ou tout du moins, pas encore.

En longeant le long des rues, il se demandant ce que pouvait réserver un endroit comme celui dans lequel où il se tenait. Un village pêcheur sans doute, venant de se lever. Il est vrai qu’il était assez tôt, mais le groupe avait deux heures à tuer avant d’embarquer. Pourquoi n’être pas parti deux heures plus tard ? En y songeant, c’était Akio qui l’avait voulu ainsi, la raison, il se tenait de ne pas la communiquer. Drôle d’homme en tout cas, Sokka aurait aimé le découvrir davantage, mais cela demandait une conversation, chose que le shinobi ne tenait pas à faire, vu le don du Chuunin en ce point. A part ça, ce détail, cela restait un inconnu, un inconnu en qui, apparemment, il devait faire confiance, sous certaines conditions avait dit Satoshi qui le désignait comme une tête brûlée.

Le jeune homme au teint mat, finit par arriver à un rue proche du quartier marchand. Cela devait être ça, il y avait les odeurs, qui ne trompait pas. Le poisson même frais dégage une odeur, non répugnante comme le pourri, mais une odeur quand même. La prochaine intersection lui donna raison. A sa droite, la rue était jonché de boutiques, dont certains marchands semblait attraper le client dès le niveau du trottoir, les interpellant sur les qualités de leur boutiques. Puis, un peu plus loin, on pouvait voir que la foule était plus animé, non pas par les joies des achats, mais il semblait avoir quelque chose perturbait le semblant de tranquillité de ce quartier. Sokka pensa à un marin qui n’avait pas décuvé, se mettant en scène, ou bien même un voleur matinal, s’enfuyant avec son butin. De toute façon, l’Eisei-nin ignora ce qui pouvait réellement se tramer et n’avait pas l’envie de s’y attarder. C’était quelque chose de sans importance, pas la peine de s’affoler.

Enfin après plusieurs minutes de marche, le Kiréen tomba enfin a ce qui semblait être un parc : un gros rectangle de verdures, découpé par des allées de pavés, le tout parsemés par des arbres. En s’y rapprochant, Sokka remarqua que l’endroit était au bord de la mer, bordée par une falaise ne dépassant pas les trois mètres. Il allait pouvoir enfin ce reposer dans un endroit calme, histoire de se préparer mentalement à ce qui l’attendait. Il se ramena le plus près du bord. Il s’assit et s’aida d’une arbre, pour en faire un dossier. Il était face à la ville qu’il venait de parcourir partiellement. On pouvait apercevoir que la côte dessinait une courbe, tout en rapprochant le sol de la mer niveau hauteur. Au niveau où les deux se rencontrèrent, le port s’y trouvait aménagé de quelques bateaux tanguant légèrement, par les vagues que le vent s’amusait à créer. Finalement, le Kawaki n’étais pas si mal, il faudrait juste qu’il veille à ne pas s’endormir et à attendre hypothétiquement Shuo. Seulement c’est ce qu’il pensait. Mais on avait prévu autre chose pour lui.

??? – Dégage !

[HRP : Désolé du temps de réponse, mais bon, ce que avec la reprise des études et tout ça... C'était pas facile de trouver du temps pour répondre. En espérant que ça ira. ^^]

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Re: [BI003] - Les greniers de Yagi

Message  Haya Sasaki le Mer 7 Oct - 11:57

Haya se détourna vers la mer, dont les vagues jouaient à quelques mètres d’eux. Elle ramena ses genoux sous son menton et passa ses bras autour, les yeux perdus dans l’horizon. Malgré ses efforts, elle ne parvenait pas à trouver une façon plus satisfaisante de répondre à son partenaire. Il apprendrait à lui faire confiance… ou non. Cela ne dépendait pas entièrement d’elle. Peut-être que le processus de confiance était quelque chose d’inévitable au travail d’une équipe ? Un élément qui se forgeait grâce à des missions de ce type. Haya était convaincue qu’on était davantage prêt à faire confiance à quelqu’un avec qui on a lutté, partagé des émotions fortes de danger et de peur, quelque chose d’intime qu’on ne montrait pas souvent, qu’à un étranger.

La seule chose qu’elle savait, et cela lui suffisait pour l’instant, c’était qu’elle ne doutait pas de ses capacités et qu’elle croyait en la force de son bras et en celle de son esprit. Elle ne redoutait pas de donner la mort. Elle s’y était préparée il y a longtemps, en acceptant de devenir une kunoichi et sans essayer de se cacher cette vérité. Elle n’apprendrait rien au moment d’abattre sa main pour ôter la vie. Pas de mauvaises surprises, pas d’hésitations ou de remords, rien que l’instant présent. Haya ne pouvait en être sûre, mais elle pensait avoir déjà donné la mort pendant la guerre de kiri. Elle n’avait jamais essayé de se renseigner. Mais elle savait également que quoi qu’il arrive, elle serait amenée à tuer dans un avenir plus ou moins proche.

Et elle redoutait un peu d’en retirer du plaisir.

Liori - Ca me va.

Haya leva la tête. Le ciel était couvert mais il ne pleuvait pas. Elle se leva et réitéra la même opération que précédemment pour retirer les grains de sable collés à ses jambes, après quoi elle enfila ses chaussures et indiqua à Liori la direction de la ville. Ils s’y rendirent sans se presser et sans parler. Haya n’avait pas grand espoir de retrouver un Akio prêt à partir et un Chiyoko enthousiaste à la perspective de prendre le bateau. Néanmoins, elle n’imaginait pas que deux Chuunin puissent réellement faire preuve d’un tel manquement.

Elle ne fut donc pas déçue lorsqu’elle n’aperçut… personne. Haya s’assit sur un tonneau, les mains sur le rebord et le regard évoluant sur les visages alentour. Kiri réussissait à être l’un des meilleurs villages malgré des agissements discutables. C’était honorable. Elle se demanda si elle n’était pas un peu trop sérieuse pour cette mission, mais elle jugea que son attitude était adaptée à la situation. Pour sa toute première mission effective, elle se retrouvait avec une mission de rang B et une équipe avec laquelle elle n’avait pas encore beaucoup travaillé. Et leur seul avantage, le fait d’être plusieurs ninjas sur l’affaire, se révélait plus une tare qu’autre chose. Mais elle se sentait tout de même stimulée par la mission proprement dit et par le voyage jusqu’à Yagi. Haya n’avait jamais voyagé, même pour aller d’une île à une autre, c’était une bonne occasion d’en apprendre un peu plus. Et puis, combattre des pirates, cela lui rappelait les histoires que lui racontait son père sur les attaques de l’est il y a longtemps.

D’ailleurs, elle n’imaginait pas que les pirates puissent encore attaquer une île aussi importante que Yagi, alors que celle-ci fait pratiquement face à Uke et Kiri. Ils devaient forcément s’attendre à l’arrivée d’une équipe du village, mais pourtant… Ils avaient certainement préparé quelque chose qui les retarderait ou qui les éliminerait, ou alors ils étaient très sûrs d’eux. Peut-être y avait-il parmi eux un ou plusieurs ninjas ? Peut-être allait-il attaquer le bateau pendant son voyage ? Peut-être que le bateau était en réalité une propriété des pirates ?

Haya aurait presque était tentée de croire qu’Akio et Chiyoko avaient déjà pris toutes ses hypothèses en considération mais à mesure que le temps s’écoulait et que l’heure du rendez-vous disparaissait dans l’oubli, sa conviction s’effilochait. Il serait regrettable de mourir à cause d’un mouvement bref d’incompétence ou d’égarement de la part des dirigeants de l’opération mais Haya restait convaincue qu’Akio et Chiyoko étaient malgré tout de très bons ninja. Satoshi l’avait bien dit et elle avait vu Akio combattre.

Haya finit par se remettre debout et s’étirer, les muscles un peu engourdis par l’inaction. Elle dévisagea Liori et indiqua du menton la rue qui s’offrait à eux. Un bref acquiescement de son équipier et ils se mirent en route, dans la direction empruntée par le duo maléfique. Et ils marchèrent longtemps… longtemps… sans rien trouver. Un peu découragée, Haya se demanda où ils étaient. Pas très loin des docks et… sans doute là où les marins venaient chercher un peu de compagnie.

Un excellent point de départ.

Haya s’engagea en compagnie de Liori dans une sordide petite ruelle où, curieusement, personne ne fit d’avance à son partenaire. Pourtant il était pratiquement entier aujourd’hui. La jeune fille jetait des coups d’œil furtifs par les fenêtres sales de ce qui pouvait s’apparenter à des auberges, sans jamais apercevoir Akio qui, elle en était sûre, aurait été extrêmement visible. Ils progressèrent ainsi pendant quelques minutes sans rien trouver qui puisse les mettre sur la piste. Haya se demanda si Sokka ne les attendait pas au lieu du rendez-vous. Il était étrange qu’il ait été en retard. Peut-être avait-il retrouvé avant eux les deux sordides personnages ? Et qu’il essayait en vain de les tirer de quelque endroit louche. Ou alors il s’était fait éventré par un voleur à la petite semaine, ce qui n’était tout de même pas très glorieux pour un ninja de kiri en mission. Haya se retourna plus par automatisme que par autre chose mais évidemment, il n’y avait aucun Sokka derrière elle.

Ils arrivèrent au bout de la rue sans avoir croisé l’ombre d’un chuunin. Haya ne put s’empêcher d’être un peu soulagée : au moins n’étaient-ils pas tombés dans la plus obscure décadence à aller aux prostituées quelques minutes avant de partir en bateau. Ce qui n’aurait d’ailleurs pas été très flatteur pour eux.

Haya consulta Liori du regard et il devait penser la même chose qu’elle : l’heure tournait, le bateau était très certainement à quai et il ne tarderait plus à partir. Pour l’instant, ils n’étaient plus que deux et Haya préférait dans l’absolu ne pas se séparer de son équipier. Il fallait passer à la vitesse supérieure, et dans toute cette foule il devait bien y avoir quelqu’un qui avait croisé deux ninjas de kiri, ce n’était tout de même pas complètement anodin. En remontant la voie en direction des quais, Haya eut une idée qui en valait une autre et qui étouffait un peu son handicap. Elle prit la forme d’Akio dans une belle imitation de sa crâne assurance. Liori comprit sa stratégie en la pointant du regard tandis qu’elle se transformait tour à tour en Akio et en Chiyoko.

Liori - Vous auriez vu un de ces hommes ?

Ils répétèrent l’opération à cinq reprises, mais souffraient toujours la même réponse négative. Les chuunin ne semblaient pas être passés par ici… Haya se retransforma en elle-même, un peu dépitée mais néanmoins déterminée à remettre la main sur ses coéquipiers d’un jour. Il se pouvait même qu’ils soient à présent sur le lieu du rendez-vous, mais quelque chose qui ressemblait à de l’instinct lui disait que non. Ils avaient l’air un peu trop pressés et un peu trop heureux de s’éclipser pour que ce soit une activité ponctuelle. Ils devaient être en train de rouler sous la table avec une jeune femme sur les genoux, ou un tableau aussi peu reluisant…

Haya interrogea Liori du menton pour savoir où il souhaitait chercher à présent. La ville, qui lui avait semblé un peu petite en arrivant, se révélait beaucoup plus vaste quand il s’agissait de retrouver deux individus en particulier. Haya se promit d’éviter, dans la mesure du possible, toutes les missions qui consistaient à retrouver des gens.

Ils ont une fâcheuse tendance à savoir où se fourrer pour demeurer invisible…

Haya Sasaki
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