[CI006] Escorte vers Nuageland
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[CI006] Escorte vers Nuageland
Mission Rang C : Escorte vers Nuageland
~* Partie 1 – Lullaby *~
~* Partie 1 – Lullaby *~
Cela commença doucement. D’abord une, puis deux grosses gouttes s’écrasèrent sur le plafond vitré dans un bruit mat qui résonna quelque secondes dans la pièce. Ine ouvrit les yeux. Puis ce fut la douche, qui frappa le verre si fort qu’elle crût qu’il allait se briser. Pourtant, ce déluge avait quelque chose de réconfortant.
La jeune femme tourna la tête sur le côté et sourit légèrement. Avançant sa main, elle retira du front de Ren’ai une mèche un peu trop longue qui venait lui chatouiller les narines. Oui, songea-t-elle, il était réconfortant d’être au chaud sous la couette auprès des gens que l’on aime lorsque le mauvais temps bat la campagne. Réconfortant aussi, pour une fois, de se laisser entourer de grands bras protecteurs, et de faire semblant de croire que rien ne pourrait jamais arriver.
La pluie se retira aussi vite qu’elle était venue. Elle avait lavé le ciel de ses particules de poussière, le rendant plus clair que jamais. Une nuit sans lune, qui laissa les étoiles s’exprimer un instant. Ine soupira d’aise et se blottit un peu plus contre Ren’ai. Puis le brouillard kiréen reprit ses droits, et le ciel devint presque blanc.
Mais Ine ne parvint pas à se rendormir tout de suite. Le léger ronronnement de l’homme à sa gauche n’en était pas la cause ; elle pensait juste à tant de choses à la fois que son cerveau semblait sur le point d’exploser.
D’abord, il y avait Ren’ai. Finalement, tout se rapportait toujours à lui, hein ? Comme une promesse qu’on se fait à soi-même et qu’on ne tient pas. La veille, Ren lui avait avoué avoir construit cette nouvelle chambre pour elle, quel que soit le niveau de relation qu’elle souhaitait maintenir avec lui. Ine n’avait pas osé reconnaître que, sans l’histoire de Taki et l’initiative de Kiba, elle ne serait probablement jamais retournée le voir. Mais d’avoir goûté de nouveau au fruit défendu, de se sentir aimée simplement avec tous ses travers et ses blessures sans l’admiration béate que lui manifestait Akizuchi, tout cela l’avait fait replonger sous le charme de l’ex-chuunin.
Cependant, Aki n’était pas un épisode facile à oublier.
La jeune femme porta la main à sa poitrine et enserra entre ses doigts le petit shuriken de Ren’ai, auquel était désormais accroché une tresse des cheveux blonds de Taki. C’était la fillette qui le lui avait donné la veille. Pour que tu n’oublie pas les gens qui t’aiment, qu’elle avait dit. Ine avait ri, répondu qu’elle n’avait pas vraiment besoin de ce pendentif pour ça et serré la gamine entre ses bras. Deux jours avaient suffi à en faire sa petite sœur, et c’était pour elle un déchirement de s’en aller si tôt. Taki était très douée, elle apprendrait certainement beaucoup le temps de son voyage à Kumo.
La perspective du voyage était pourtant tellement excitante ! Voyageuse dans l’âme, Ine n’avait pas peur de la route, du mauvais temps, de la fatigue que cela apportait. Après Konoha elle partait pour Kumo, et peut-être un jour pour Suna ou encore pour les ruines d’Iwa ! Et puis l’éventualité, même minime, de revoir Sho à Kumo et de faire plus ample connaissance était ravissante.
Oui mais voilà. Jetant de nouveau un coup d’œil à Ren’ai, Ine se pencha doucement vers lui pour déposer un baiser léger sur ses lèvres. Elle se pressa contre lui davantage, jusqu’à ce qu’il grogne un peu et l’enserre entre ses bras. De là, Ine soupira. Il y avait des jours où elle aurait tout donné pour profiter, ne serait-ce qu’une semaine, d’une vie de couple un peu plus ordinaire…
~*~
Les adieux, même temporaires, n’étaient pas son fort. Ine était donc en avance au rendez-vous fixé par Esio, et la première à être arrivée. Assise sur un petit muret qui bordait le chemin de terre battue elle balançait ses jambes, tapant régulièrement les pierres qui le composaient, la mine en proie à une profonde réflexion.
Le matin même, en se contemplant dans la glace, Ine s’était trouvée plus que jamais l’allure d’une kunoichi. Les effluves du voyage à venir, sans doute. Maintenant qu’elle était prête, l’attente était presque insoutenable avant le départ. Une fois sur les routes, il serait tellement plus facile de ne plus penser à rien…
Quelques cailloux qui roulent et elle leva les yeux sur Kiba. Il fumait encore, le bougre, et sans prendre le soin de la saluer il expira longuement ses volutes de tabac :
KIBA – Quelque chose te tracasse ?
Ine haussa ostensiblement les sourcils, puis lâcha un soupir.
INE – Ce n’est probablement pas la meilleure chose à dire quand on est sur le point de partir en mission mais… je ne sais plus trop où j’en suis.
Kiba ne répondit pas. Il se contenta de la jauger longtemps, et Ine détourna les yeux. Elle marmonna :
INE – C’est bon, je sais que tu peux voir en moi ce que tu veux. Pas la peine de te la jouer mystique, je ne suis pas d’humeur.
KIBA – C’est faux. Je n’y arrive pas tout le temps, et de moins en moins souvent si tu veux savoir.
Un instant, Ine chercha l’ironie sur le visage de Kiba et fut surprise de n’en voir pas une trace. Au contraire, le messager avait l’air on ne peut plus sérieux, et ses yeux mordorés bien plantés dans le gris des siens. La jeune femme laissa sa tête retomber sur sa nuque pour échapper à ce regard pénétrant. Le ciel était d’un bleu clair comme l’azur, les nuages cotonnaient dans le blanc pur. Magnifique journée. Mais impossible de se soustraire à l’insistance de Kiba. Ine soupira, et redressa la tête.
INE - Tu crois que…
KIBA – Tu veux que je te dise ce que j’en pense ?
Ine haussa les épaules et fixa ses pieds qui poursuivaient leur mouvement de balance. Elle murmura, sans grande conviction :
INE – Dis toujours…
Le jeune homme s’approcha de sa coéquipière et lui toucha le front du bout du doigt :
KIBA – Aki a brouillé les pistes, là.
Ine écarquilla les yeux. Gênée et rougissante, elle remit sa mèche en place sans le regarder.
INE – Je ne comprends pas, souffla-t-elle d’une voix peu assurée.
KIBA – Ine, as-tu toujours ton échiquier mental ?
La jeune femme se recula instinctivement. Avait-elle toujours son échiquier mental ? C’était une question idiote, pourquoi n’y serait-il plus ? Cependant, elle ferma les yeux et tenta une introspection. Elle n’y trouva que du flou… et en tomba à la renverse. Un instant hébétée, elle laissa Kiba la relever et bafouilla :
INE – Tu as raison. Je… je ne sais plus trop.
Les choses allaient à toute vitesse dans sa tête et elle n’en comprenait pas la moitié. Kiba avait parlé d’Aki, qui aurait brouillé les pistes. Pourquoi, alors, la Reine Noire avait-elle fait face à Kenji à son retour ? Comme s’il avait lu dans ses pensées à ce moment précis, le shinobi répondit à sa question :
KIBA – Ce n’était que la dernière façade de résistance mentale d’une entité vouée à disparaître. Ton subconscient te le dit, Ine. Tu es en train d’apprendre à faire avec tes émotions, c’est pourquoi ton esprit est embrouillé. Tu as des choses à régler avec toi-même, non ?
Ine baissa les yeux. Pourquoi Aki aurait-il contribué à détruire la dichotomie en elle ? Après tout, ça n’avait jamais été qu’une rencontre d’une nuit. Magique, certes. Agréable, aussi. Mais elle avait beau chercher, elle ne voyait pas ce que Kiba avait voulu dire. Celui-ci se ralluma une cigarette, lui souffla la fumée au visage et lâcha :
KIBA – T’es trop bête, il faut tout t’expliquer !
Sans prendre de gants, le genin fit la même chose qu’elle avait faite à Aki et Taki. Il entra dans son esprit, où régnait un brouillard digne de Kiri no Sato - pas kiréenne pour rien, hein ? Ine ne chercha pas à lutter et le laissa faire, curieuse de ce qu’il pourrait en tirer. Fermant les yeux, elle se retrouva cette nuit-là. Désœuvrée et désorientée, dans ce bar de Konoha où le brouhaha ambiant pouvait couvrir ses pensées un peu noires. Elle avait cru ne rien demander à personne, mais à la lumière des révélations de Kiba elle vit que tout son être appelait quelqu’un au secours. Et Aki était arrivé.
Akizuchi… un peu naïf, un peu trop gentil, et beaucoup trop admiratif. Elle n’avait pas été très honnête en jouant avec lui de la sorte. Et pourtant, aussi méchante qu’elle avait voulu paraître, Aki était resté le même. Entier, droit… et amoureux. Mieux. A ses côtés elle s’était sentie elle-même, Ine, et non pas une Reine Blanche ou une Reine Noire. Enfin, il lui avait dit, et cela avait plus de valeur que n’importe quelle autre parole à ses yeux : « Moi, mes émotions font ma force ». Ine prit soudain une décision, et le brouillard s’estompa un peu dans sa tête. Cela serait son nouveau crédo, et tant pis pour Kenji. Elle le lui dirait à Aki, quand elle le reverrait. Et ça, c’était devenu une certitude.
Ine rouvrit les yeux et sourit à Kiba.
INE - Merci, fit-elle simplement.
La cigarette de ce dernier n’était même pas entièrement consumée. Il l’écrasa néanmoins sous son pied et prit la jeune femme par les épaules.
KIBA – Tu sais quoi ? Comme genin messager je suis spécialisé dans le domaine des souvenirs. J’ai décidé de t’entraîner personnellement au cours de ce voyage. Tu es d’accord ?
INE – Toi ? Mais pourquoi ?
KIBA – On va faire de toi quelqu’un de grand.
Kiba sourit, d’un sourire qui n’avait rien d’étudié et qui toucha particulièrement la jeune kunoichi.
KIBA – Et ce sera notre petit secret, ajouta-t-il en lui adressant un clin d’œil.
XXX - Quel petit secret ?
Ine sursauta. Kiba, lui, ne perdit rien de son assurance et se retourna vers Bairei Koyo d’un air égal :
KIBA – Ah, Bairei. Si je te le disais, cela n’en serait plus un ! Mais l’important, c’est que nous soyions parés pour cette mission, pas vrai ?
Bairei ne répondit pas. Il regardait fixement les mains toujours bandées d’Ine qui, mal à l’aise, les cacha derrière son dos. Kiba, se voyant, éclata de rire. Avant que Bairei ne pose de question, il lança d’un ton espiègle :
KIBA – Bah, ne t’inquiète pas. Ine s’amuse juste à arrêter les katanas avec ses mains !
Ine lui balança un coup de coude dans les côtes tout en rougissant. Bairei avait levé un sourcil, et elle se sentit obligée de lui expliquer la situation. Pour sa première « vraie » équipe, elle ne voulait pas partir sur de mauvaises bases.
INE - Une mission de rang D. Une petite fille s’était enfuie, elle m’a attaquée quand je l’ai retrouvée. Je lui ai bien fait croire qu’elle n’avait plus son katana mais il était déjà entre mes mains à ce moment-là.
Le visage d’Ine se barra d’une moue contrite tandis qu’elle haussait les épaules mais Bairei esquissa un sourire, séduit par le naturel de la jeune femme. Soulagée, celle-ci lui adressa un sourire en retour.
BAIREI – Je vois que vous vous connaissez déjà bien tous les deux.
Ine leva les yeux au ciel, faussement agacée :
INE - Normal ! fit-elle en désignant Kiba du pouce, Il a passé son temps à me courir après !
Ce fut au tour de Naoyuki d’arriver, l’air désinvolte. Elle les salua d’un hochement de la tête et leur présenta un panier qui contenait plusieurs pâtisseries.
NAOYUKI – Il faut être en forme pour le départ, dit-elle simplement.
Elle s’installa à côté d’Ine, émerveillée par tant de classe. Puis, alors que ses trois coéquipiers entamaient une conversation, la jeune kunoichi laissa son regard traîner sur l’équipe qu’ils formaient. Il n’était pas difficile de deviner qu’elle n’était pas indispensable pour cette mission, mais Ine décida de s’en accommoder. Elle était surtout heureuse d’avoir cette opportunité d’apprendre. De plus, elle avait le sentiment que beaucoup de choses allaient changer au cours de ce voyage vers le village des nuages…
Dernière édition par Watagumo Ine le Lun 9 Nov - 5:05, édité 1 fois

Watagumo Ine- Genin de Kiri

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Re: [CI006] Escorte vers Nuageland
Esio finit par rejoindre le groupe. Il se déplaçait correctement avec son fauteuil et le visage toujours souriant. Le grand air lui faisait du bien et l'excitation montait petit à petit en lui. Il allait à Kumo, le berceau de la médecine moderne,le lieu où résidait les Immortels. Le simple fait de penser pouvoir converser avec l'un d'eux lui donnait des ailes.
Le chuunin, avec l'aide de Bairei, avait correctement planifié leur parcours. Il ferait plusieurs escales dans des petites bourgades pour passer la nuit. En tant qu'équipe diplomatique, avec des enjeux réduits, il était fort peu probable qu'ils soient la cible de puissants adversaires. Esio aurait toujours pu être la cible de bandits ou de brigands, et malheureusement son état l'aurait considérablement gêné pour se défendre correctement. Cela expliquait la présence de trois autres shinobi à ses côtés. Le chuunin souriait intérieurement en se disant naïvement que c'était aussi pour pouvoir emporter plus d'ouvrages avec lui qu'on avait mis trois membres des forces de Kiri à sa disposition.
Cela avait toutefois représenter quelques choix douloureux pour le scientifique, il avait dû se passer de nombres d'ouvrages (bien que la majeur partie de leur contenu reste intact et complet dans son esprit) qu'il aurait souhaité prendre avec lui pour pouvoir en disserter avec ses homologues du village des Nuages. Enfin, il se consolait en se disant qu'il n'avait que quelques jours et qu'il devait de toute façon aller à "l'essentiel". Et puis, il était certain que la bibliothèque de Kumo no Sato était pleine à craquer de manuscrits aux valeurs inestimables. Le chuunin espérait avoir la chance de pouvoir poser les yeux sur quelques uns d'entre eux.
Il était aussi satisfait de ses collègues pour cette mission. Bairei était un homme bon, malgré un passé un peu difficile, ajoutez à cela ses capacités de réflexion et ses très bonnes connaissances en médecine, il était l'homme de la situation. Kiba était aussi un atout précieux, son statut particulier et son expérience de la route allait sans aucun doute faciliter leur voyage. Naoyuki et Ine, au-delà de leurs capacités martiales respectives, étaient toutes les deux extrêmement clairvoyantes et d'une compagnie plus qu'agréable.
Nul doute que ce déplacement vers le pays de la Foudre serait riche en apprentissage et en émotions.
Après avoir saluer l'ensemble de ses compagnons, Esio entreprit de leur donner plus de détails sur leur parcours.
Esio - Il nous faudra une bonne semaine, peut-être même quelques jours de plus, pour nous rendre à Kumo no Kuni. Avec Bairei, nous avons découpé notre voyage en trois parties. La première consiste à arriver au port d'Hasaï, pour y prendre une embarcation Sawa no Kuni. La deuxième partie sera bien sûr notre déplacement sur les flots pour nous rendre à Sawa. Et la dernière partie du voyage se fera par terre. Nous traverserons Sawa et Yuki pour rejoindre Kumo.
Il laissa un petit temps de battement pour voir si Bairei avait des éléments à ajouter. Ce dernier s'abstint de tout commentaire, indiquant d'un signe de tête qu'Esio pouvait poursuivre ses explications.
Esio - Au retour, nous prendrons directement une embarcation liant Kumo à Kiri. Si sur l'aller nous passons par les terres, c'est parce que nous irons, si la situation est propice, rendre des hommages au Sawakage et l'assurer des bonnes intentions de Kiri. De même, il nous sera peut-être possible de partager un dîner avec la table du daimyô de Yuki. Toutefois ce fait à sujet à caution, effectivement un homme de cette stature est extrêmement occupé, il n'est pas dit qu'il puisse nous accueillir lors de notre passage, qui sera bref, puisque notre objectif premier reste d'atteindre Kumo no Kuni pour la conférence de médecine.
Les visages semblaient surpris, pour certains, ravis, pour d'autres. Esio continua de sourire, d'un air qui lui était si naturel et qui le rendait si sympathique. Il retira les lunettes de son nez, sortit un petit mouchoir d'une des poches de sa veste et l'essuya tout en poursuivant ses explications.
Esio - Aujourd'hui, nous devons donc nous rendre à Hasaï. Nous prendrons une embarcation demain à la première heure. Pour la nuit, nous la passerons dans une auberge, celle qui nous semblera la plus attrayante lors de notre arrivée.
Puis il leur dit qu'il était temps de partir, Bairei se mit derrière le siège roulant d'Esio pour l'aider à avancer. Se serait de la marche toute la journée (pas de saut entre les arbres pour se déplacer.) ce qui faisait dire à Esio qu'il aurait le temps d'expliquer en route plus de détails. Bairei recommanda quand même aux genin de se tenir sur leurs gardes. Il y avait peu de chance pour affronter un adversaire dangereux, mais les voleurs et autres menus fretins pouvaient les guetter.
Ainsi ils se mirent tous en route pour Kumo no Kuni.
[Ine, dans ton prochain post, tu nous fais arriver à Hasaï, end écrivant notre journée. Je te laisse aussi faire l'arrivée à l'auberge. Si tu as des questions à poser à Esio, envoies les moi par MP, je te donnerai les réponses pour que tu puisses les introduire dans ton RP. Tu as carte blanche pour les itneractions avec les autres PNJ.]
Le chuunin, avec l'aide de Bairei, avait correctement planifié leur parcours. Il ferait plusieurs escales dans des petites bourgades pour passer la nuit. En tant qu'équipe diplomatique, avec des enjeux réduits, il était fort peu probable qu'ils soient la cible de puissants adversaires. Esio aurait toujours pu être la cible de bandits ou de brigands, et malheureusement son état l'aurait considérablement gêné pour se défendre correctement. Cela expliquait la présence de trois autres shinobi à ses côtés. Le chuunin souriait intérieurement en se disant naïvement que c'était aussi pour pouvoir emporter plus d'ouvrages avec lui qu'on avait mis trois membres des forces de Kiri à sa disposition.
Cela avait toutefois représenter quelques choix douloureux pour le scientifique, il avait dû se passer de nombres d'ouvrages (bien que la majeur partie de leur contenu reste intact et complet dans son esprit) qu'il aurait souhaité prendre avec lui pour pouvoir en disserter avec ses homologues du village des Nuages. Enfin, il se consolait en se disant qu'il n'avait que quelques jours et qu'il devait de toute façon aller à "l'essentiel". Et puis, il était certain que la bibliothèque de Kumo no Sato était pleine à craquer de manuscrits aux valeurs inestimables. Le chuunin espérait avoir la chance de pouvoir poser les yeux sur quelques uns d'entre eux.
Il était aussi satisfait de ses collègues pour cette mission. Bairei était un homme bon, malgré un passé un peu difficile, ajoutez à cela ses capacités de réflexion et ses très bonnes connaissances en médecine, il était l'homme de la situation. Kiba était aussi un atout précieux, son statut particulier et son expérience de la route allait sans aucun doute faciliter leur voyage. Naoyuki et Ine, au-delà de leurs capacités martiales respectives, étaient toutes les deux extrêmement clairvoyantes et d'une compagnie plus qu'agréable.
Nul doute que ce déplacement vers le pays de la Foudre serait riche en apprentissage et en émotions.
Après avoir saluer l'ensemble de ses compagnons, Esio entreprit de leur donner plus de détails sur leur parcours.
Esio - Il nous faudra une bonne semaine, peut-être même quelques jours de plus, pour nous rendre à Kumo no Kuni. Avec Bairei, nous avons découpé notre voyage en trois parties. La première consiste à arriver au port d'Hasaï, pour y prendre une embarcation Sawa no Kuni. La deuxième partie sera bien sûr notre déplacement sur les flots pour nous rendre à Sawa. Et la dernière partie du voyage se fera par terre. Nous traverserons Sawa et Yuki pour rejoindre Kumo.
Il laissa un petit temps de battement pour voir si Bairei avait des éléments à ajouter. Ce dernier s'abstint de tout commentaire, indiquant d'un signe de tête qu'Esio pouvait poursuivre ses explications.
Esio - Au retour, nous prendrons directement une embarcation liant Kumo à Kiri. Si sur l'aller nous passons par les terres, c'est parce que nous irons, si la situation est propice, rendre des hommages au Sawakage et l'assurer des bonnes intentions de Kiri. De même, il nous sera peut-être possible de partager un dîner avec la table du daimyô de Yuki. Toutefois ce fait à sujet à caution, effectivement un homme de cette stature est extrêmement occupé, il n'est pas dit qu'il puisse nous accueillir lors de notre passage, qui sera bref, puisque notre objectif premier reste d'atteindre Kumo no Kuni pour la conférence de médecine.
Les visages semblaient surpris, pour certains, ravis, pour d'autres. Esio continua de sourire, d'un air qui lui était si naturel et qui le rendait si sympathique. Il retira les lunettes de son nez, sortit un petit mouchoir d'une des poches de sa veste et l'essuya tout en poursuivant ses explications.
Esio - Aujourd'hui, nous devons donc nous rendre à Hasaï. Nous prendrons une embarcation demain à la première heure. Pour la nuit, nous la passerons dans une auberge, celle qui nous semblera la plus attrayante lors de notre arrivée.
Puis il leur dit qu'il était temps de partir, Bairei se mit derrière le siège roulant d'Esio pour l'aider à avancer. Se serait de la marche toute la journée (pas de saut entre les arbres pour se déplacer.) ce qui faisait dire à Esio qu'il aurait le temps d'expliquer en route plus de détails. Bairei recommanda quand même aux genin de se tenir sur leurs gardes. Il y avait peu de chance pour affronter un adversaire dangereux, mais les voleurs et autres menus fretins pouvaient les guetter.
Ainsi ils se mirent tous en route pour Kumo no Kuni.
[Ine, dans ton prochain post, tu nous fais arriver à Hasaï, end écrivant notre journée. Je te laisse aussi faire l'arrivée à l'auberge. Si tu as des questions à poser à Esio, envoies les moi par MP, je te donnerai les réponses pour que tu puisses les introduire dans ton RP. Tu as carte blanche pour les itneractions avec les autres PNJ.]

Esio Katoshi- Chuunin Instructeur de Kiri

- Nombre de messages: 22
Date d'inscription: 25/03/2008
Re: [CI006] Escorte vers Nuageland
~* Partie 2 – En route pour Hasaï *~
1. Une question de confiance
Ainsi ça y était.
Désormais, chaque pas qu’elle ferait la rapprocherait de Kumo no Kuni. Ine sentait l’ivresse de la route la posséder de nouveau toute entière. Elle fermait les yeux et la brise lui répondait, soulevant quelque peu ses cheveux ; elle entrouvrait les lèvres et l’air frais s’y engouffrait, gonflant ses poumons.
Cela ne l’empêchait toutefois pas d’être aux aguets, et la jeune femme jeta un coup d’œil en avant. Bairei avait rapidement pris la direction des opérations, déléguant à chacun sa place. Ils se relaieraient pour aider Esio à avancer sans encombre. En attendant Kiba marchait en tête, sifflotant nonchalamment, Bairei suivait avec l’infirme tout en discutant médecine et les deux kunoichi fermaient la marche une dizaine de mètres à l’arrière.
Ce jour-là ils devaient se rendre à pied au port d’Hasaï, d’où ils prendraient le bateau le lendemain matin. Ine avait été un peu surprise d’apprendre que la mission ne se cantonnait pas seulement à rejoindre Kumo, mais également à renforcer les relations diplomatiques de Kiri avec les villages secondaires de Sawa et Yuki. Que de choses intéressantes en perspective, d’autant qu’Ine aspirait de plus en plus à suivre la voie de Kiba.
Devenir messagère.
Tournant un peu la tête de côté, Ine détailla Naoyuki qui marchait à côté. L’adolescente avait le visage serein de quelqu’un qui est très à l’aise et pourtant parfaitement attentive à ce qu’il se passe autour d’elle. Ine regarda le soleil dans le ciel. Cela faisait deux bonnes heures depuis leur départ et elles n’avaient pas échangé un mot. Enfin, elle osa entamer la conversation :
INE – Naoyuki-san, puis-je savoir quelle est votre discipline ?
Ine pensait bien que sa compagne pratiquait le ninjutsu aqueux mais elle en voulait la confirmation. Plus que des mots, Naoyuki eut un geste éloquent de la main où s’agrégèrent plusieurs gouttes d’eau, jusqu’à créer une boule de liquide qui tremblotait au rythme de ses pas.
NAOYUKI – Je t’en prie, appelle-moi Nao, fit-elle simplement.
Un peu surprise par cette marque d’intimité si vite offerte, Ine acquiesça d’un hochement de la tête. Naoyuki esquissa un sourire très doux et poursuivit sur sa lancée :
NAOYUKI – J’ai quelques dons des Aisu mais pas assez pour appartenir au clan. J’ai donc dû cultiver ma sensibilité à l’eau d’une autre manière.
Elle fit passer la boule de liquide d’une main à l’autre, générant une gerbe d’arabesques qui les éclaboussèrent un peu. Effectivement, avec sa peau métissée et ses cheveux noirs frisottés, Naoyuki ne ressemblait pas vraiment à une Aisu et Ine devina que cela avait dû faire quelques histoires. L’adolescente, cependant, ne semblait pas s’en formaliser. Elle tourna la tête vers Ine et demanda :
NAOYUKI – Et toi, Ine ?
INE – Oh, moi j’ai voulu faire comme toi au début, mais je me suis vite rendue compte que j’étais faite pour le Genjutsu. Etant donné que j’ai commencé l’académie à dix-neuf ans j’étais plutôt douée, mais les choses ne semblent plus aussi faciles quand on a Kenji Eichino comme professeur.
NAOYUKI – Oui, j’en ai entendu parler. Il paraît qu’il ne prend pas beaucoup d’élève, tu as eu de la chance.
Ine fixa un instant le vide, réfléchissant à l’assertion de sa compagne. Elle n’avait pas vu les choses sous cet angle-là. Face à un homme comme le vieil aveugle il était difficile de savoir si l’on avait tiré le gros lot, mais elle ne devait pas être si mauvaise que ça s’il l’avait pris sous son aile, aussi noire soit-elle.
INE – Tu as peut-être raison, murmura-t-elle. Mais à vrai dire je ne suis pas sûre de l’être encore, son élève. J’ai gâché ma chance à l’examen chuunin.
NAOYUKI – Et tu crois qu’il se débarrasse de toi à cause de ça ? Voyons Ine, un homme comme Kenji Eichino, qui se trouve de plus être dans les hautes arcanes du pouvoir, ne t’aurait pas choisie s’il n’était pas sûr de ton potentiel. Cette mission est juste une manière pour lui de garder la tête haute, de montrer aux autres qu’il t’a « punie », de te tester peut-être aussi.
Kiba devait avoir raison. Il fallait tout lui expliquer. Naoyuki, avec son histoire de test, était dangereusement proche de la vérité, même si elle ne savait rien de ce manuel qu’elle devait ramener au vieux fou. Ine esquissa un petit sourire en la remerciant du regard. Elle se sentait étrangement plus légère, plus… confiante.
INE – Héhé, fit-elle en tirant légèrement la langue, dans ce cas je lui demanderais de m’apprendre un jeu d’esprit quand on rentrera. Sinon, ajouta-t-elle en changeant de sujet, tu as l’air de bien connaître Bairei ?
NAOYUKI – Et toi Kiba, répliqua gentiment Naoyuki en éludant la question.
Ine éclata de rire :
INE – Pourtant on ne se connaît que depuis l’autre jour, et…
La jeune kunoichi s’arrêta net.
NAOYUKI – Qu’y-a-t-il ?
INE – Je ne sais pas, mais j’ai un mauvais pressentiment.
L’adolescente métisse fronça les sourcils, cherchant un instant ce qui pouvait bien déranger sa collègue.
NAOYUKI – Je n’entends rien, constata-t-elle.
INE – Non c’est pas ça c’est… ça sent le traquenard.
NAOYUKI – Tu en es sûre ?
Ine acquiesça, l’air grave. Elle n’aurait pas su dire pourquoi, mais les années passées sur les routes lui avait appris à se fier à son instinct pour ce genre de choses. Les attaques de grand chemin n’étaient pas ce qu’il manquait et l’endroit où ils se trouvaient, même encore si proche de Kiri, semblait taillé pour une embuscade. Les arbres étaient trop grands et trop touffus de chaque côté du chemin glissant et boueux à ce niveau, ce qui ne facilitait pas l’avancée d’Esio dans son fauteuil roulant, même aidé de Bairei. Toujours en tête Kiba n’avait pas l’air de s’inquiéter mais la barre ne disparut pas du front d’Ine. S’en aperçevant, Naoyuki commença à se rapprocher à grands pas des deux médecins :
NAOYUKI – Bairei ! appela-t-elle.
Ce dernier se retourna, l’air interrogateur. Naoyuki le rejoignit et glissa quelques mots à son oreille. Le chuunin se redressa. Lançant un regard perplexe à Ine, il siffla pour avertir Kiba.
Mais c’était trop tard.
Un froissement d’air se fit entendre et Ine se mit à courir. La protection d’Esio était prioritaire. Plusieurs flèches se dirigeaient vers le petit groupe composé de l’infirme, de Bairei et de Naoyuki. Avant qu’elles n’atteignent leurs cibles toutefois, la jeune fille leva la main en clamant « Mizu no tate ! ». Les projectiles se heurtèrent à une barrière liquide avant de retomber tranquillement sur le sol.
Ine blêmit en voyant les flèches rudimentaires, et ce qu’elle craignait se produisit. Une dizaine de paysans sortit d’entre les arbres et les encercla, arcs et fourches en joue. Ils étaient sales, mal sapés mais ils ne tremblaient pas et dans leurs yeux se mélangeaient la colère et la peur. Ine se souvint de sa propre rage à l’égard des shinobis, avant que Ren’ai n’apparaisse dans sa vie. Puis elle contempla sa propre équipe, effrayante. Des tourbillons d’eau s’enroulaient et se déroulaient autour des mains de l’adolescente métisse, Bairei tendait les poings et Kiba avait dégainé les kunai. Elle-même ne se souvenait pas d’avoir sorti les senbons et ses phalanges blanchissaient tellement elle les coinçait fort entre ses doigts.
Soudain l’un des paysans retourna son arc vers celui qui semblait être leur chef. Tous laissèrent échapper un cri de stupeur. Ine comprit immédiatement ce qu’il se passait et, rejoignant Kiba, elle le poussa violemment.
INE – Arrête ! cria-t-elle.
Elle lâcha ses senbon et éleva ses mains bien en évidence.
INE – Nous ne vous voulons aucun mal.
CHEF des PAYSANS – Vous êtes des shinobi !
Ine plongea ses prunelles dans les siennes et répliqua calmement :
INE – Mais pas des nukenin.
Comprenant où la jeune femme voulait en venir, Bairei renchérit :
BAIREI – Nous sommes des kiréens en mission. Nous n’avons jamais eu l’intention d’attaquer quelque village que ce soit et ne l’avons jamais fait.
Hésitant, le chef des paysans consulta ses amis du regard. Un silence de tension s’installa. Ine s’avança prudemment, sans toutefois découvrir Esio qu’elle protégeait derrière elle avec les autres.
INE – J’ai vécu quinze ans dans une rizière avant d’être kunoichi. Vous pouvez nous faire confiance, je vous l’assure.
La voix d’Esio s’éleva de derrière son barrage humain :
ESIO – Et je m’en porte garant au nom de Kiri no Sato.
Le chef des paysans soupira et abaissa son arme, bientôt imité par ses compagnons… sauf l’un d’eux qui s’avança, clairement vindicatif. Il fit face à Bairei, égal de carrure, et détourna la tête pour cracher sur le sol. Toisant de nouveau le shinobi, il lâcha d’un ton mauvais :
PAYSAN – Les paroles des shinobi ne valent rien ! Kiréens ou non, vous nous servez tous les mêmes mensonges, et nous prenez pour des abrutis. Nous sommes sensés être sous votre protection dans le Pays de l’Eau, vous vous rappelez ? Où étiez-vous quand notre village a été attaqué par Sankaze ?
Les shinobi se consultèrent du regard, perplexes. Esio poussa gentiment Kiba et Naoyuki et fit rouler son fauteuil jusqu’au paysan.
ESIO – Qui est Sankaze ? demanda-t-il en fronçant les sourcils, soucieux.
Le chef des paysans reprit la parole :
CHEF des PAYSANS – Veuillez excuser la rancœur de Nomin, monsieur. Il y a quelques jours notre village a été attaqué par un groupe de trois nukenin qui se fait appeler Sankaze, les Trois Vents. Deux hommes et une petite fille. On ne sait pas vraiment ce qu’ils cherchent, ils détruisent, c’est tout. Plusieurs villages ont ainsi été mis à sac et nous avons décidé de constituer en petits groupes pour nous défendre…
BAIREI – C’est une erreur ! Vous ne pourriez rien faire contre des nukenin, même à dix contre trois !
ESIO – Bairei a raison, c’est trop dangereux. Vous devriez envoyer une délégation déposer une requête à Kiri no Sato, c’est la meilleure chose que vous pourriez faire. Comment pouvons-nous vous aider si vous ne nous mettez pas au courant ? ajouta-t-il d’un ton doux.
Il fut convenu que le petit groupe agirait de la sorte. Après avoir accepté de partager un rapide déjeuner avec les paysans, Esio et son escorte se remirent en route vers le port d’Hasaï.
Dernière édition par Watagumo Ine le Mar 10 Nov - 17:30, édité 1 fois

Watagumo Ine- Genin de Kiri

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Re: [CI006] Escorte vers Nuageland
2. Préoccupations
KIBA – Bon, prête pour l’entraînement ?
Ine tourna la tête et dévisagea Kiba, un vague sourire aux lèvres. Il avait noué ses cheveux en catogan et dégagé les mèches de son visage. Ses manches étaient retroussées, sa cigarette, coincée derrière son oreille. Sans doute, elle avait le plus sexy des professeurs de Genjutsu.
Après le repas, le messager avait insisté auprès de Bairei pour se trouver un moment en compagnie de la jeune femme. Visiblement préoccupé, le chuunin avait quelque peu grimacé mais Kiba l’avait assuré qu’ils resteraient aussi vigilants, voire plus, que le matin-même. Naoyuki ouvrait donc la marche, suivie des deux chuunin qui chuchotaient activement, et Kiba et Ine se retrouvaient en tête-à-tête derrière tout ce beau monde.
La kunoichi hocha la tête :
INE – Je suis toute à toi, fit-elle avec malice.
KIBA – Bien.
Satisfait, le jeune homme coinça sa cigarette entre ses lèvres et sortit son briquet pour l’allumer.
KIBA – D’abord, marmonna-t-il en se débattant avec l’engin, je voulais que nous discutions stratégie en Genjutsu. Tu disais avoir perdu ton combat au tournoi chuunin. Tu sais pourquoi ?
Ine fronça un peu les sourcils. Elle n’aimait pas spécialement qu’on lui rappelle cet épisode, mais il était vrai que Kenji n’avait même pas pris la peine de lui expliquer les raisons de son échec. La jeune femme avait eu le temps d’y réfléchir sur le trajet retour de Konoha et elle en avait tiré les conclusions suivantes :
INE – Je n’ai pas fait attention à mes réserves de chakra et je l’ai laissé s’approcher trop vite alors que je résiste peu physiquement. Quant à mes seules attaques, elles faisaient trop peu de dégâts, et je crois que j’ai trop tardé à relâcher les démons.
KIBA – Ca fait beaucoup de trop…
Ine fit la grimace mais ne répondit rien.
KIBA – Au moins tu y as réfléchi. Je vais te dire ce que je pense du combat en un contre un dans notre discipline. Tu dois avoir une bonne esquive, pour éviter à tout pris le corps-à-corps. Ne t’embête pas à essayer de taper, tu dois tout miser sur ton Genjutsu. As-tu des techniques pour améliorer tes illusions ?
INE – Je possède l’Eiensei et la Funshinkanbasu.
Kiba hocha la tête, satisfait.
KIBA – Ensuite, poursuivit-il, avant d’attaquer purement ton adversaire il te faut le déstabiliser. Un spécialiste du temps utiliserait son domaine, moi je préfère jouer sur les souvenirs de mon opposant. Avec le professeur que tu as, j’imagine que toi tu es plutôt orientée douleur ?
Voyant la jeune femme acquiescer, il sourit, ses lèvres déguisant une légère ironie.
KIBA – Tu as maîtrisé le Nakusu sur Taki. Je voulais t’apprendre la suite logique, les Incertitudes, mais à cause de ce qu’il s’est passé ce matin je vais plutôt t’enseigner à ériger une barrière mentale.
Ine ouvrit des yeux ronds, surprise.
INE – Mais je croyais que c’était une question de force mentale !
KIBA – Ca joue, mais ça n’est pas suffisant. En tout cas pas face à un spécialiste du Genjutsu et d’après ce qu’ont dit les paysans, il y en a un parmi Sankaze. De plus, j’ai l’impression qu’un poste comme le mien te plairait et un messager se doit également de protéger les informations qu’il transporte au péril de sa vie. Alors, ça t’intéresse ?
Ine soupira. Alors elle aurait pu se protéger un peu plus efficacement des intrusions de Kiba et de Kenji ? Décidément, elle avait encore beaucoup à apprendre, et la présence du messager à ses côtés était une réelle aubaine. La jeune femme noua ses cheveux en une queue de cheval, fit craquer ses doigts et lança joyeusement :
INE - Je suis prête !
KIBA – Bien.
Le shinobi jeta sa cigarette puis, levant les mains, il lui montra la série de signes qu’Ine reproduisit consciencieusement.
KIBA – Alors que le Kai te permet de sortir d’une illusion adverse, le Bouclier des Errances empêchera tout bonnement celle-ci de percer ton tissu mental. Sachant que ton esprit est ta seule véritable arme, il te faut faire attention à maintenir ta barrière mentale. Regarde.
Ne sachant pas que regarder, la jeune kunoichi lança un coup d’œil à Kiba qui l’observait fixement. Soudain elle se rendit compte qu’elle tremblait, assez violemment de surcroît. Il lui fallut une seconde pour comprendre qu’il s’agissait de la technique Senritsu mais avant qu’elle n’utilise le Kai et ne se blesse, Kiba stoppa l’afflux de chakra. Avisant le regard noir d’Ine, il éclata de rire :
KIBA – Pas la peine de me regarder comme ça, il faut bien que tu apprennes. Je vais recommencer mais d’abord, essaie d’ériger ton bouclier.
Docile, Ine exécuta la série de jutsu, y envoyant le chakra nécessaire puis murmura « Rurou no Tate ! ». Voyant ses mains trembler de nouveau, elle inspira et ajusta le flux de chakra qui constituait la barrière mentale. Celle-ci commença à se faire plus consistante, jusqu’à l’arrêt total des tremblements. Un brin fière d’elle, Ine leva les yeux et adressa un large sourire à Kiba… avant de ressentir une vive douleur lui vriller le cerveau.
KIBA - C’est une technique assez difficile à acquérir, asséna le messager d’un ton égal, parce qu’elle nécessite une attention constante et un entretien régulier. Entraîne-toi, je vérifierais plus tard si tu y arrives mieux.
Ine ouvrit la bouche pour protester mais Kiba avait déjà rejoint Esio et Bairei en quelques foulées. La jeune femme, se retrouvant seule, en profita pour mieux examiner le paysage alentours. La forêt s’était espacée pour laisser la place à une végétation plus sèche soumise à l’épreuve des vents marins. Désormais, il leur faudrait trois heures environ pour rejoindre Hasaï. Dans cette étendue marécageuse, le long d’une route relativement fréquentée par les marchands –ils en avaient croisés plusieurs depuis le midi-, il devenait improbable d’être attaqué par des shinobi un tant soit peu malins. De plus, les quelques villages qui se trouvaient le long du chemin étaient intacts, si bel et si bien qu’il fallait s’adresser à des paysans pour avoir vent des attaques de Sankaze… ce que les shinobi faisaient assez rarement, somme toute.
Ine soupira. Toujours cette même barrière. Elle avait croisé peu de gens comme elle, issus des bas étages de la société shinobi et devenus ninja. Parfois même elle se demandait comment elle avait bien pu y parvenir et ce qu’elle y faisait, mais des jours comme celui-là lui rappelaient le nindo qu’elle s’était fixée en tant que kunoichi : protéger les plus faibles et démunis.
Devant elle cela bougea un peu. Kiba reprit sa place de meneur de chemin et Naoyuki échangea quelques mots avec les deux chuunin. Ce fut Bairei qui rejoignit Ine. La jeune femme ne se sentait pas vexée d’être maintenue à l’arrière, là où elle était constamment accompagnée. Etant donné sa position dans l’équipe et son dossier si peu fourni, elle s’estimait déjà heureuse d’avoir pris part à cette mission.
Le chuunin avait toujours son air préoccupé du midi et l’air peu enclin aux bavardages. Ine se remit donc à son apprentissage silencieux de la barrière mentale, jouant sur les influx de chakra à envoyer pour constituer le film protecteur autour de son cerveau. Allant plus loin que ce que Kiba lui avait enseigné, elle essayait de trouver la dose précise qui lui permettrait de garder en permanence cette barrière de façon naturelle, sans qu’elle ait besoin de plus y penser. Ce serait insuffisant face à Kenji, mais au moins le messager espiègle aurait plus de mal à venir l’embêter !
Bairei observait la jeune femme du coin de l’œil. Lorsque celle-ci s’en rendit compte, elle s’arrêta net et rendit son regard au médecin, l’air interrogateur. Bairei sourit légèrement, puis lança :
BAIREI – C’est bien que tu t’entraîne, mais ne disperse pas trop de chakra, au cas où.
Ine hocha la tête, consciencieuse. Le médecin reprit :
BAIREI – Tu as eu l’œil ce matin, bravo pour ton sens aiguisé.
La kunoichi se sentit rougir sous le compliment.
INE – Bah, fit-elle en haussant les épaules, ce serait malheureux après plusieurs années passées sur les routes. Je n’ai pas beaucoup de mérite.
BAIREI – Je vais être franc avec toi. Tu es une jeune femme très agréable mais j’avais quelques doutes quant à ton utilité dans cette équipe. A la base c’est un spécialiste du Taïjutsu qui devait se joindre à nous, j’ignore pourquoi tu as été proposée à la place. En tout cas, je suis heureux de voir que je m’étais trompé.
Ine ne répondit rien. Elle était juste contente de voir qu’elle avait gagné l’estime de quelqu’un comme Bairei. Ses lèvres s’étirèrent en un mince sourire et ses yeux brillèrent un peu de plaisir.
En fin de journée, lorsque le soleil se mit à décliner, Naoyuki vint prendre la relève d’Ine, lui proposant d’accompagner Esio pour la dernière heure de voyage. Ce que la jeune femme accepta avec joie. Elle aimait bien l’infirme, qui était si calme et si agréable. Celui-ci, d’ailleurs, l’accueillit avec ce sourire doux qui dans l’esprit d’Ine le caractérisait déjà :
ESIO – Ine, fit-il. Drôle de journée, n’est-ce pas ?
La kunoichi acquiesça d’un mouvement de la tête et prit place derrière la chaise roulante, qu’elle se mit à pousser avec le plus de délicatesse possible.
INE – Oui, répondit-elle. Vous et Bairei avez l’air bien préoccupés.
ESIO – Oui, ce n’est pas une très bonne nouvelle. Ces nukenin ont l’air assez dangereux d’après ce que nous en ont dit les paysans. J’espère qu’ils iront bien demander de l’aide à Kiri et que nous ne croiseront pas ces Sankaze.
INE – Je pense qu’ils le feront. Vous leur avez montré qu’ils peuvent nous faire confiance et ils ne voudront pas risquer des vies s’ils n’ont aucune chance.
Esio hocha la tête et médita quelques instants.
ESIO – Etiez-vous souvent attaqués là d’où tu viens ?
INE – C’était assez régulier. En général, c’était pour voler dans nos réserves, mais jamais de la destruction gratuite. A vrai dire, ces nukenin ont un comportement assez singulier.
ESIO – C’est bien ce qui m’inquiète. Si cette mission n’était pas si importante nous aurions déjà fait demi-tour.
Ils discutèrent ainsi une bonne demi-heure. Esio interrogeait Ine sur sa vie avant Kiri et la jeune femme évoquait ses souvenirs avec un plaisir étrange à ses yeux. Enfin, le petit port d’Hasaï se dévoila à l’horizon, terme de cette première journée de mission. En entrant dans le village Ine plissa le nez, assaillie par l’odeur forte de poissons. Celle-ci semblait partout, accrochée aux murs suintants des petites baraques cossues qui encadraient la route principale. Il y avait encore beaucoup d’activité malgré l’heure tardive. L’équipe se resserra autour d’Esio et Kiba les guida jusqu’à la petite auberge où ils passeraient la nuit.
L’établissement était sobre mais rempli de gens de toute sorte. Habitués, pêcheurs buvant un dernier verre avant de partir en mer, quelques voyageurs isolés dans leur coin. L’entrée des cinq shinobi passa difficilement inaperçue, surtout avec la chaise roulante d’Esio. Avec l’aisance de l’habitude, Kiba s’avança vers le comptoir. Puis il leur adressa un signe de la main et l’équipe alla s’installer à l’une des tables en bois massif de la petite salle.
KIBA – Bon, prête pour l’entraînement ?
Ine tourna la tête et dévisagea Kiba, un vague sourire aux lèvres. Il avait noué ses cheveux en catogan et dégagé les mèches de son visage. Ses manches étaient retroussées, sa cigarette, coincée derrière son oreille. Sans doute, elle avait le plus sexy des professeurs de Genjutsu.
Après le repas, le messager avait insisté auprès de Bairei pour se trouver un moment en compagnie de la jeune femme. Visiblement préoccupé, le chuunin avait quelque peu grimacé mais Kiba l’avait assuré qu’ils resteraient aussi vigilants, voire plus, que le matin-même. Naoyuki ouvrait donc la marche, suivie des deux chuunin qui chuchotaient activement, et Kiba et Ine se retrouvaient en tête-à-tête derrière tout ce beau monde.
La kunoichi hocha la tête :
INE – Je suis toute à toi, fit-elle avec malice.
KIBA – Bien.
Satisfait, le jeune homme coinça sa cigarette entre ses lèvres et sortit son briquet pour l’allumer.
KIBA – D’abord, marmonna-t-il en se débattant avec l’engin, je voulais que nous discutions stratégie en Genjutsu. Tu disais avoir perdu ton combat au tournoi chuunin. Tu sais pourquoi ?
Ine fronça un peu les sourcils. Elle n’aimait pas spécialement qu’on lui rappelle cet épisode, mais il était vrai que Kenji n’avait même pas pris la peine de lui expliquer les raisons de son échec. La jeune femme avait eu le temps d’y réfléchir sur le trajet retour de Konoha et elle en avait tiré les conclusions suivantes :
INE – Je n’ai pas fait attention à mes réserves de chakra et je l’ai laissé s’approcher trop vite alors que je résiste peu physiquement. Quant à mes seules attaques, elles faisaient trop peu de dégâts, et je crois que j’ai trop tardé à relâcher les démons.
KIBA – Ca fait beaucoup de trop…
Ine fit la grimace mais ne répondit rien.
KIBA – Au moins tu y as réfléchi. Je vais te dire ce que je pense du combat en un contre un dans notre discipline. Tu dois avoir une bonne esquive, pour éviter à tout pris le corps-à-corps. Ne t’embête pas à essayer de taper, tu dois tout miser sur ton Genjutsu. As-tu des techniques pour améliorer tes illusions ?
INE – Je possède l’Eiensei et la Funshinkanbasu.
Kiba hocha la tête, satisfait.
KIBA – Ensuite, poursuivit-il, avant d’attaquer purement ton adversaire il te faut le déstabiliser. Un spécialiste du temps utiliserait son domaine, moi je préfère jouer sur les souvenirs de mon opposant. Avec le professeur que tu as, j’imagine que toi tu es plutôt orientée douleur ?
Voyant la jeune femme acquiescer, il sourit, ses lèvres déguisant une légère ironie.
KIBA – Tu as maîtrisé le Nakusu sur Taki. Je voulais t’apprendre la suite logique, les Incertitudes, mais à cause de ce qu’il s’est passé ce matin je vais plutôt t’enseigner à ériger une barrière mentale.
Ine ouvrit des yeux ronds, surprise.
INE – Mais je croyais que c’était une question de force mentale !
KIBA – Ca joue, mais ça n’est pas suffisant. En tout cas pas face à un spécialiste du Genjutsu et d’après ce qu’ont dit les paysans, il y en a un parmi Sankaze. De plus, j’ai l’impression qu’un poste comme le mien te plairait et un messager se doit également de protéger les informations qu’il transporte au péril de sa vie. Alors, ça t’intéresse ?
Ine soupira. Alors elle aurait pu se protéger un peu plus efficacement des intrusions de Kiba et de Kenji ? Décidément, elle avait encore beaucoup à apprendre, et la présence du messager à ses côtés était une réelle aubaine. La jeune femme noua ses cheveux en une queue de cheval, fit craquer ses doigts et lança joyeusement :
INE - Je suis prête !
KIBA – Bien.
Le shinobi jeta sa cigarette puis, levant les mains, il lui montra la série de signes qu’Ine reproduisit consciencieusement.
KIBA – Alors que le Kai te permet de sortir d’une illusion adverse, le Bouclier des Errances empêchera tout bonnement celle-ci de percer ton tissu mental. Sachant que ton esprit est ta seule véritable arme, il te faut faire attention à maintenir ta barrière mentale. Regarde.
Ne sachant pas que regarder, la jeune kunoichi lança un coup d’œil à Kiba qui l’observait fixement. Soudain elle se rendit compte qu’elle tremblait, assez violemment de surcroît. Il lui fallut une seconde pour comprendre qu’il s’agissait de la technique Senritsu mais avant qu’elle n’utilise le Kai et ne se blesse, Kiba stoppa l’afflux de chakra. Avisant le regard noir d’Ine, il éclata de rire :
KIBA – Pas la peine de me regarder comme ça, il faut bien que tu apprennes. Je vais recommencer mais d’abord, essaie d’ériger ton bouclier.
Docile, Ine exécuta la série de jutsu, y envoyant le chakra nécessaire puis murmura « Rurou no Tate ! ». Voyant ses mains trembler de nouveau, elle inspira et ajusta le flux de chakra qui constituait la barrière mentale. Celle-ci commença à se faire plus consistante, jusqu’à l’arrêt total des tremblements. Un brin fière d’elle, Ine leva les yeux et adressa un large sourire à Kiba… avant de ressentir une vive douleur lui vriller le cerveau.
KIBA - C’est une technique assez difficile à acquérir, asséna le messager d’un ton égal, parce qu’elle nécessite une attention constante et un entretien régulier. Entraîne-toi, je vérifierais plus tard si tu y arrives mieux.
Ine ouvrit la bouche pour protester mais Kiba avait déjà rejoint Esio et Bairei en quelques foulées. La jeune femme, se retrouvant seule, en profita pour mieux examiner le paysage alentours. La forêt s’était espacée pour laisser la place à une végétation plus sèche soumise à l’épreuve des vents marins. Désormais, il leur faudrait trois heures environ pour rejoindre Hasaï. Dans cette étendue marécageuse, le long d’une route relativement fréquentée par les marchands –ils en avaient croisés plusieurs depuis le midi-, il devenait improbable d’être attaqué par des shinobi un tant soit peu malins. De plus, les quelques villages qui se trouvaient le long du chemin étaient intacts, si bel et si bien qu’il fallait s’adresser à des paysans pour avoir vent des attaques de Sankaze… ce que les shinobi faisaient assez rarement, somme toute.
Ine soupira. Toujours cette même barrière. Elle avait croisé peu de gens comme elle, issus des bas étages de la société shinobi et devenus ninja. Parfois même elle se demandait comment elle avait bien pu y parvenir et ce qu’elle y faisait, mais des jours comme celui-là lui rappelaient le nindo qu’elle s’était fixée en tant que kunoichi : protéger les plus faibles et démunis.
Devant elle cela bougea un peu. Kiba reprit sa place de meneur de chemin et Naoyuki échangea quelques mots avec les deux chuunin. Ce fut Bairei qui rejoignit Ine. La jeune femme ne se sentait pas vexée d’être maintenue à l’arrière, là où elle était constamment accompagnée. Etant donné sa position dans l’équipe et son dossier si peu fourni, elle s’estimait déjà heureuse d’avoir pris part à cette mission.
Le chuunin avait toujours son air préoccupé du midi et l’air peu enclin aux bavardages. Ine se remit donc à son apprentissage silencieux de la barrière mentale, jouant sur les influx de chakra à envoyer pour constituer le film protecteur autour de son cerveau. Allant plus loin que ce que Kiba lui avait enseigné, elle essayait de trouver la dose précise qui lui permettrait de garder en permanence cette barrière de façon naturelle, sans qu’elle ait besoin de plus y penser. Ce serait insuffisant face à Kenji, mais au moins le messager espiègle aurait plus de mal à venir l’embêter !
Bairei observait la jeune femme du coin de l’œil. Lorsque celle-ci s’en rendit compte, elle s’arrêta net et rendit son regard au médecin, l’air interrogateur. Bairei sourit légèrement, puis lança :
BAIREI – C’est bien que tu t’entraîne, mais ne disperse pas trop de chakra, au cas où.
Ine hocha la tête, consciencieuse. Le médecin reprit :
BAIREI – Tu as eu l’œil ce matin, bravo pour ton sens aiguisé.
La kunoichi se sentit rougir sous le compliment.
INE – Bah, fit-elle en haussant les épaules, ce serait malheureux après plusieurs années passées sur les routes. Je n’ai pas beaucoup de mérite.
BAIREI – Je vais être franc avec toi. Tu es une jeune femme très agréable mais j’avais quelques doutes quant à ton utilité dans cette équipe. A la base c’est un spécialiste du Taïjutsu qui devait se joindre à nous, j’ignore pourquoi tu as été proposée à la place. En tout cas, je suis heureux de voir que je m’étais trompé.
Ine ne répondit rien. Elle était juste contente de voir qu’elle avait gagné l’estime de quelqu’un comme Bairei. Ses lèvres s’étirèrent en un mince sourire et ses yeux brillèrent un peu de plaisir.
En fin de journée, lorsque le soleil se mit à décliner, Naoyuki vint prendre la relève d’Ine, lui proposant d’accompagner Esio pour la dernière heure de voyage. Ce que la jeune femme accepta avec joie. Elle aimait bien l’infirme, qui était si calme et si agréable. Celui-ci, d’ailleurs, l’accueillit avec ce sourire doux qui dans l’esprit d’Ine le caractérisait déjà :
ESIO – Ine, fit-il. Drôle de journée, n’est-ce pas ?
La kunoichi acquiesça d’un mouvement de la tête et prit place derrière la chaise roulante, qu’elle se mit à pousser avec le plus de délicatesse possible.
INE – Oui, répondit-elle. Vous et Bairei avez l’air bien préoccupés.
ESIO – Oui, ce n’est pas une très bonne nouvelle. Ces nukenin ont l’air assez dangereux d’après ce que nous en ont dit les paysans. J’espère qu’ils iront bien demander de l’aide à Kiri et que nous ne croiseront pas ces Sankaze.
INE – Je pense qu’ils le feront. Vous leur avez montré qu’ils peuvent nous faire confiance et ils ne voudront pas risquer des vies s’ils n’ont aucune chance.
Esio hocha la tête et médita quelques instants.
ESIO – Etiez-vous souvent attaqués là d’où tu viens ?
INE – C’était assez régulier. En général, c’était pour voler dans nos réserves, mais jamais de la destruction gratuite. A vrai dire, ces nukenin ont un comportement assez singulier.
ESIO – C’est bien ce qui m’inquiète. Si cette mission n’était pas si importante nous aurions déjà fait demi-tour.
Ils discutèrent ainsi une bonne demi-heure. Esio interrogeait Ine sur sa vie avant Kiri et la jeune femme évoquait ses souvenirs avec un plaisir étrange à ses yeux. Enfin, le petit port d’Hasaï se dévoila à l’horizon, terme de cette première journée de mission. En entrant dans le village Ine plissa le nez, assaillie par l’odeur forte de poissons. Celle-ci semblait partout, accrochée aux murs suintants des petites baraques cossues qui encadraient la route principale. Il y avait encore beaucoup d’activité malgré l’heure tardive. L’équipe se resserra autour d’Esio et Kiba les guida jusqu’à la petite auberge où ils passeraient la nuit.
L’établissement était sobre mais rempli de gens de toute sorte. Habitués, pêcheurs buvant un dernier verre avant de partir en mer, quelques voyageurs isolés dans leur coin. L’entrée des cinq shinobi passa difficilement inaperçue, surtout avec la chaise roulante d’Esio. Avec l’aisance de l’habitude, Kiba s’avança vers le comptoir. Puis il leur adressa un signe de la main et l’équipe alla s’installer à l’une des tables en bois massif de la petite salle.

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Re: [CI006] Escorte vers Nuageland
Le voyage jusqu'à Hasaï s'était bien déroulé. Il y avait eut cette petite incartade avec les paysans sur la route, qui, selon le médecin, avait eut deux points positifs. Premièrement, il avait pu voir et d'une certaine manière tester les capacités de son équipe. Ine n'avait pas démérité en sentant le mauvais coup venir. Esio ne doutait toutefois pas que Kiba aurait senti peu de temps après Ine la présence hostile. Son passé de voyageur lui approtait dans ce domaine une expérience considérable. Bairei, s'il n'avait pas vu le coup venir, avait été de tous, le plus prompt à réagir. Ses rélfexes trahissaient les années d'expérience en tant que shinobi de Kiri no Sato. Naoyuki avait aussi eut une bonne attitude.
Esio était extrêmement satisfait de son équipe. Il leur en fit part, dans des termes mesurés.
Le deuxième point était cette menace que représentait Sankaze. Comment cela n'avait-il pas pu parvenir aux oreilles du village de la Brume ? Le groupe ne devait pas commettre de trop "grosses" exactions, ce qui combiné à la peur instillée dans le cœur des paysans, avait beaucoup ralenti la transmission de l'information. Rien ne lui permettait de juger du niveau des individus. Toutefois s'ils étaient trois, il y avait fort à parier qu'une simple équipe ne suffirait pas forcément à les neutraliser dans les meilleures conditions possibles.
Sa mission restait aussi la priorité, face à l'absence d'éléments concrets sur la situation. S'il avait vu avec largesse sur le temps nécessaire pour se rendre à Kumo no Sato, le retard ne pouvait être toléré. Esio portait sur ces épaules une partie du prestige du village, il devait avoir une attention très particulière à ses actes. Il s'agissait bel et bien d'une mission diplomatique. Pas de combat, pas de mise à mort, pas d'espionnage, juste du dialogue et du bon sens.
Leur arrivée à Hasaï, quoique sobre, fut forcément remarquée. Il était peu courant de voir des shinobi en mission, encore moins un en chaise roulante. Les gens lançaient des regards interrogateur au véhicule qu'utilisait Esio. Comment était-ce possible ? Lui, un shinobi ? Pouvait-il se battre ? Toutes ses questions se susurreraient à voix basse. Naoyuki semblait pester contre ces remarques qu'elles jugeaient injurieuses.
Esio - Je te remercie Naoyuki, mais leur surprise et leurs questionnements sont légitimes, tu ne penses pas ?
La jeune femme ne semblait pas de son avis. Esio ne se dépareillait pas de son sourire amical et bienveillant. Comme à chaque instant depuis qu'Ine l'avait rencontré, il y avait cet aura, non de puissance, mais de sérénité douce qui l'entourait. Son sourire se fit plus prononcé, exprimant une réelle et franche bonne humeur.
Esio - Je n'ai jamais considéré mon handicap comme tel. A mes yeux, c'est une épreuve de la vie, qu'il faut savoir prendre comme une chance et non comme un fardeau.
Il philosopha encore quelques instants sur sa condition, puis ils entrèrent dans une auberge simple, mais il n'avait pas besoin d'un grand luxe. Cela leur irait parfaitement. Kiba allait leur commander de quoi se restaurer. Esio souffla alors à Bairei qu'il pouvait y aller. L'homme se retourna pour quitter l'établissement, non sans adresser une recommandation aux deux jeunes femmes sur le fait d'avoir "à l'œil, ce grigou d'Esio". Les deux chuunins venaient de lancer une interrogation dans les esprits des genin. Le médecin infirme attendit toutefois le retour deKiba pour expliquer ce qu'était parti faire Bairei.
Esio - Il est parti prendre des informations. Il devrait revenir avec des précisions sur notre passage sur les terres de Sawa, ainsi que l'horaire exact de notre départ demain et peut-être d'autres renseignements intéressants. Nous ne voyageons pas cachés et arborons nos bandeaux parce que nous sommes une délégation de Kiri. Si cela nous octroie certains avantages, nous ne devons pas nous laisser à l'excès de confiance. Prudence reste mère de sûreté.
Les plats commandés par Kiba arrivaient. Il s'agissait d'un potage fumant, dégageant un fumet appétissant, avec des miches de pain. Esio assura que Bairei ne manquerait pas de les rattraper, ce qui fut attesté avec un soupir ironique par Naoyuki, attestant de l'appétit de l'individu. Ensemble, ils commencèrent donc à souper. La discussion fut portée sur des sujets très divers, on en aurait presque oublié la mission dans ce cadre sympathique et cette douce chaleur qui sortait de l'âtre de la bâtisse.
Alors que la pluie commençait à tomber et que l'on mangeait doucement les fruits qui servaient de desserts, Bairei fit son apparition, calme et posé. Il ne manqua pas de faire une remarque sur le temps et fut tout content de trouver un bol de soupe chaude face à sa chaise. Il informa les membres de l'équipe sur l'horaire plus que matinal du bateau de demain. Il s'était aussi enquis du temps qui apparemment promettait d'être plus clément lors de leur traversée. De plus, on avait pas vu de pirates sur leur route maritime depuis des mois et il y avait fort à parier que ce voyage ne dérogerait pas à la règle.
Enfin, Bairei acheva son récit sur sa collecte d'informations, avec Sawa no Kuni. Son visage s'était légèrement fermé, sa voix était devenu plus maîtrisée, sans perdre de sa franchise. On évoquait un sujet très sérieux.
Bairei - Je pense qu'il se passe des choses étranges à Sawa, Esio ne dit rien, pas plus que les autres membres de l'équipe.
Mon informateur ne disposait que de très peu de renseignements, mais il est fort probable que nous ne puissions voir personne là-bas. Il semblerait que la situation politique dans les hautes sphères de Sawa se soit dégradée à vitesse folle depuis ces derniers jours. Très peu de choses transpirent sur ce qui se serait passé, on parle de la visite d'un seul homme, auprès du dirigeant du village. Le problème vient aussi du fait qu'aucun changement notable pour les habitants n'a eut lieu, ce qui fait que d'innombrables rumeurs courent les rues, sans que l'on puisse en savoir la part de vérité et d'invention.
Esio hocha la tête pour signifier qu'il avait bien tout compris et son regard se porta sur chacun des genin. Eux aussi semblait avoir saisi la teneur des propos de Bairei.
Esio - Nous veillerons à clarifier la situation une fois à Sawa. Il n'est pas impossible que nous ne soyons plus les bienvenus.
Bairei finit promptement son repas et Esio suggéra que tout le monde aille se coucher pour être en forme demain, aux aurores.
[Je valide ta technique.
Je te laisse décrire ton point de vue sur ce passage. A la fin de ton prochain post, fais nous arriver sur le bateau que nous devons prendre. Il doit pouvoir transporter une trentaine de personnes et dispose de chambres et d'une salle de restauration. Tu es libre d'ajouter tous les détails que tu souhaites au bateau. Le capitaine est une femme, d'une cinquantaine d'années, et un PNJ pour la suite de la trame, je m'en charge donc.
Si tu as des questions, n'hésites pas à m'envoyer un MP ^^]
Esio était extrêmement satisfait de son équipe. Il leur en fit part, dans des termes mesurés.
Le deuxième point était cette menace que représentait Sankaze. Comment cela n'avait-il pas pu parvenir aux oreilles du village de la Brume ? Le groupe ne devait pas commettre de trop "grosses" exactions, ce qui combiné à la peur instillée dans le cœur des paysans, avait beaucoup ralenti la transmission de l'information. Rien ne lui permettait de juger du niveau des individus. Toutefois s'ils étaient trois, il y avait fort à parier qu'une simple équipe ne suffirait pas forcément à les neutraliser dans les meilleures conditions possibles.
Sa mission restait aussi la priorité, face à l'absence d'éléments concrets sur la situation. S'il avait vu avec largesse sur le temps nécessaire pour se rendre à Kumo no Sato, le retard ne pouvait être toléré. Esio portait sur ces épaules une partie du prestige du village, il devait avoir une attention très particulière à ses actes. Il s'agissait bel et bien d'une mission diplomatique. Pas de combat, pas de mise à mort, pas d'espionnage, juste du dialogue et du bon sens.
Leur arrivée à Hasaï, quoique sobre, fut forcément remarquée. Il était peu courant de voir des shinobi en mission, encore moins un en chaise roulante. Les gens lançaient des regards interrogateur au véhicule qu'utilisait Esio. Comment était-ce possible ? Lui, un shinobi ? Pouvait-il se battre ? Toutes ses questions se susurreraient à voix basse. Naoyuki semblait pester contre ces remarques qu'elles jugeaient injurieuses.
Esio - Je te remercie Naoyuki, mais leur surprise et leurs questionnements sont légitimes, tu ne penses pas ?
La jeune femme ne semblait pas de son avis. Esio ne se dépareillait pas de son sourire amical et bienveillant. Comme à chaque instant depuis qu'Ine l'avait rencontré, il y avait cet aura, non de puissance, mais de sérénité douce qui l'entourait. Son sourire se fit plus prononcé, exprimant une réelle et franche bonne humeur.
Esio - Je n'ai jamais considéré mon handicap comme tel. A mes yeux, c'est une épreuve de la vie, qu'il faut savoir prendre comme une chance et non comme un fardeau.
Il philosopha encore quelques instants sur sa condition, puis ils entrèrent dans une auberge simple, mais il n'avait pas besoin d'un grand luxe. Cela leur irait parfaitement. Kiba allait leur commander de quoi se restaurer. Esio souffla alors à Bairei qu'il pouvait y aller. L'homme se retourna pour quitter l'établissement, non sans adresser une recommandation aux deux jeunes femmes sur le fait d'avoir "à l'œil, ce grigou d'Esio". Les deux chuunins venaient de lancer une interrogation dans les esprits des genin. Le médecin infirme attendit toutefois le retour deKiba pour expliquer ce qu'était parti faire Bairei.
Esio - Il est parti prendre des informations. Il devrait revenir avec des précisions sur notre passage sur les terres de Sawa, ainsi que l'horaire exact de notre départ demain et peut-être d'autres renseignements intéressants. Nous ne voyageons pas cachés et arborons nos bandeaux parce que nous sommes une délégation de Kiri. Si cela nous octroie certains avantages, nous ne devons pas nous laisser à l'excès de confiance. Prudence reste mère de sûreté.
Les plats commandés par Kiba arrivaient. Il s'agissait d'un potage fumant, dégageant un fumet appétissant, avec des miches de pain. Esio assura que Bairei ne manquerait pas de les rattraper, ce qui fut attesté avec un soupir ironique par Naoyuki, attestant de l'appétit de l'individu. Ensemble, ils commencèrent donc à souper. La discussion fut portée sur des sujets très divers, on en aurait presque oublié la mission dans ce cadre sympathique et cette douce chaleur qui sortait de l'âtre de la bâtisse.
Alors que la pluie commençait à tomber et que l'on mangeait doucement les fruits qui servaient de desserts, Bairei fit son apparition, calme et posé. Il ne manqua pas de faire une remarque sur le temps et fut tout content de trouver un bol de soupe chaude face à sa chaise. Il informa les membres de l'équipe sur l'horaire plus que matinal du bateau de demain. Il s'était aussi enquis du temps qui apparemment promettait d'être plus clément lors de leur traversée. De plus, on avait pas vu de pirates sur leur route maritime depuis des mois et il y avait fort à parier que ce voyage ne dérogerait pas à la règle.
Enfin, Bairei acheva son récit sur sa collecte d'informations, avec Sawa no Kuni. Son visage s'était légèrement fermé, sa voix était devenu plus maîtrisée, sans perdre de sa franchise. On évoquait un sujet très sérieux.
Bairei - Je pense qu'il se passe des choses étranges à Sawa, Esio ne dit rien, pas plus que les autres membres de l'équipe.
Mon informateur ne disposait que de très peu de renseignements, mais il est fort probable que nous ne puissions voir personne là-bas. Il semblerait que la situation politique dans les hautes sphères de Sawa se soit dégradée à vitesse folle depuis ces derniers jours. Très peu de choses transpirent sur ce qui se serait passé, on parle de la visite d'un seul homme, auprès du dirigeant du village. Le problème vient aussi du fait qu'aucun changement notable pour les habitants n'a eut lieu, ce qui fait que d'innombrables rumeurs courent les rues, sans que l'on puisse en savoir la part de vérité et d'invention.
Esio hocha la tête pour signifier qu'il avait bien tout compris et son regard se porta sur chacun des genin. Eux aussi semblait avoir saisi la teneur des propos de Bairei.
Esio - Nous veillerons à clarifier la situation une fois à Sawa. Il n'est pas impossible que nous ne soyons plus les bienvenus.
Bairei finit promptement son repas et Esio suggéra que tout le monde aille se coucher pour être en forme demain, aux aurores.
[Je valide ta technique.
Je te laisse décrire ton point de vue sur ce passage. A la fin de ton prochain post, fais nous arriver sur le bateau que nous devons prendre. Il doit pouvoir transporter une trentaine de personnes et dispose de chambres et d'une salle de restauration. Tu es libre d'ajouter tous les détails que tu souhaites au bateau. Le capitaine est une femme, d'une cinquantaine d'années, et un PNJ pour la suite de la trame, je m'en charge donc.
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Esio Katoshi- Chuunin Instructeur de Kiri

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Date d'inscription: 25/03/2008
Re: [CI006] Escorte vers Nuageland
~* Partie 3 – Un ponton au clair de lune *~
Ine ne s’était pas rendue compte qu’elle mourrait de faim avant que l’assiette fumante ne soit déposée devant elle. Un instant elle se sentit un peu coupable vis-à-vis du pauvre Bairei. Juste une seconde. Esio avait à peine dit que celui-ci les rattraperait vite qu’elle dévorait littéralement son potage, manquant s’étouffer avec le pain mais demeurant insensible au regard rieur de Kiba et aux yeux ronds de Naoyuki qui reconsidérait en esprit la goinfrerie de Bairei.
L’ambiance du repas était si familiale qu’Ine eut soudain l’impression que les bras de Ren’ai étaient bien loin, comme s’ils venaient tous de passer un mois ensemble sur les routes. Perdus dans la chaleur cosy de la petite auberge, la mission aurait tout aussi bien pu ne pas exister et eux n’être pas des shinobi… jusqu’à l’arrivée de Bairei, tout du moins. Ce dernier sembla d’abord plutôt détendu mais quelque chose dans sa posture inquiétait la kunoichi. Elle l’écouta attentivement, grignotant du bout des lèvres les quelques fruits qui composaient le dessert.
Le problème provenait de Sawa no Kuni. Plus tôt dans la journée Esio avait évoqué une rencontre avec le Sawakage, afin de renforcer les liens diplomatiques de Kiri avec ce village caché mineur mais néanmoins important au niveau de la scène géopolitique ryoméenne. Ce qu’avait appris Bairei était assez inquiétant.
Le regard d’Ine fit le tour de la table. Les mines étaient devenues graves, elle-même avait l’impression que son estomac se révolterait au moindre fruit supplémentaire. Elle reposa le grain de raisin qui roula un peu sur le bois massif. Ses yeux croisèrent le chemin de ceux de Naoyuki qui posaient, sans doute, les mêmes questions que les siens : qui était cet homme, et qui pouvait bien vouloir empêcher de bonnes relations entre Kiri et Sawa ?
ESIO - Nous veillerons à clarifier la situation une fois à Sawa. Il n'est pas impossible que nous ne soyons plus les bienvenus.
Le repas fut terminé en silence, puis ils se séparèrent pour la nuit. Ine et Naoyuki partageaient la même chambre et les trois shinobi se trouvaient dans une pièce attenante. Il fallait se lever tôt le lendemain.
Naoyuki s’endormit assez rapidement mais, bien que plongée dans les ténèbres, Ine ne parvenait pas à faire abstraction des bruits d’activité à l’étage du-dessous. Longtemps après leur arrêt elle se focalisait toujours sur le moindre son qui troublait sa nuit : les ébats de voisins un peu trop bruyants, la toux sèche d’une personne malade… Sentant la folie guetter, la jeune femme finit par se lever. A tâtons dans le noir elle rejoignit la porte-fenêtre le plus silencieusement possible puis sortit sur la terrasse.
L’air frais lui fit instantanément du bien. Ine ferma les yeux et inspira profondément pour calmer la chamade de son cœur. Quand elle se fut un peu retrouvée elle rouvrit les yeux pour profiter de la nuit. Pas si loin, le son d’une flûte se faisait entendre. La mélodie était un peu triste mais très douce, elle remuait les entrailles comme un souvenir à la fois douloureux et joyeux. Ine se hissa sur la pointe des pieds pour tâcher d’apercevoir le musicien. Derrière les pins maritimes de l’arrière-cour enfin, elle aperçut une silhouette au bout d’un petit ponton qui avançait sur l’eau. La lune cachée derrière les nuages on la voyait très peu, la musique seule trahissait sa présence.
Et elle était si jolie qu’avant de savoir ce qu’elle faisait, Ine passa la rambarde et se laissa tomber un étage en-dessous, atténuant le bruit de sa chute à l’aide du chakra. Au bout du ponton la mélodie s’arrêta mais l’ombre ne bougea pas. La kunoichi avança, ses pieds nus parcourant les lattes de bois un peu échardées. Arrivée au bout de la plateforme qu’elle faisait trembler au rythme de ses pas, Ine ne vit qu’une incandescence mais cela lui fut suffisant pour deviner que c’était Kiba. Lui et sa sempiternelle cigarette.
La mer était calme, ne produisant qu’un doux clapotis. Au-dessus d’eux la lune commençait à se dégager, rond parfait qui illuminait le ciel comme un soleil de minuit. Le messager était assis au bord et ses pieds frôlaient la surface de l’étendue liquide.
INE – Jolie vue, fit la jeune femme en s’installant à côté du shinobi. Tu ne dors pas ?
KIBA – Je pourrais te poser la même question, rétorqua le messager en expirant de longues volutes de fumée. Je suis insomniaque mais j’ai besoin de peu de sommeil pour être en forme, ne t’inquiète pas. Et toi ?
Ine haussa les épaules.
INE – Je sais pas, je n’arrive pas à dormir. Ce qu’a dit Bairei… on dirait que cette mission ne sera pas aussi simple qu’on aurait pu l’escompter. D’un côté je suis excitée, de l’autre… complètement effrayée.
KIBA – Je comprends. Ce n’est pas facile de se faire une idée en plus. A peu près n’importe qui pourrait vouloir voir échouer un partenariat entre Kiri et Sawa, que ce soit un autre village caché ou les traitres qui ont provoqué la guerre interne.
La guerre interne. Ine n’en gardait pas un très bon souvenir, y ayant perdu son professeur et ami, Zen. Souhaitant changer de sujet, la jeune femme avisa la flûte posée à côté de son compagnon.
INE – Je ne savais pas que tu jouais d’un instrument.
KIBA – Ce n’est qu’une flûte. Ine ?
La kunoichi tourna la tête vers son compagnon, l’air interrogateur. Kiba la dévisagea, insistant, et cela pendant de longues minutes. Baissant les yeux, Ine avisa le léger tremblement - mais pas de froid, celui-là ! - qui affectait ses mains et elle ajusta machinalement la quantité de chakra qui constituait sa barrière mentale.
KIBA – Pas mal, fit-il d’un ton moqueur. Tu apprends vite.
Ine ne réagit pas. Son regard, triste mais tendre, s’était accroché à un point imaginaire de la surface de l’eau. Surpris, Kiba demanda :
KIBA – C’est tout ? Pas de regard noir, de moue blasée ou de grimace ?
Les lèvres d’Ine dessinèrent un vague sourire et la jeune femme rabattit ses genoux sous son menton, fixant toujours l’horizon devant elle.
INE – Dis-moi Kiba ? Toi tu sais plein de choses sur moi, mais moi rien du tout. Comment es-tu devenu messager ?
Le shinobi soupira. Un soupir qui montrait qu’il s’était attendu à cette question. Il sortit un caillou de la poche de son grand manteau et le lança avec force sur l’eau, alignant plusieurs ricochets qui en perturbèrent la surface tranquille.
KIBA – J’étais voyageur. Je suis un homme de la Terre, j’ai grandi dans le pays d’Iwa.
INE – Mais ! s’exclama la kunoichi, décontenancée. Comment as-tu atterri à Kiri alors ?
Kiba s’alluma une nouvelle cigarette et aspira tranquillement une longue bouffée. Son regard se perdit dans la contemplation de la lune et la jeune femme devina qu’il ne lui en dirait pas plus.
INE - Bah, laisse tomber ! lâcha-t-elle sans parvenir à contenir l’accent furieux de sa voix. Il faut bien entretenir le mystère, n’est-ce pas ?
KIBA - Ne sois pas vexée, je t’en prie.
Ine le fixa avec acuité, surprise du ton si doux du messager. Bien sûr qu’elle était vexée. Un instant elle eut envie d’entrer dans son esprit, de chercher toutes ces choses qu’il lui cachait. Mais le shinobi était sans doute bien plus puissant qu’il ne le laissait voir.
INE – Kiba, tu n’as vraiment rien ressenti ce matin avant l’attaque des paysans ? demanda-t-elle avec circonspection.
Le genin ne répondit pas mais son sourire s’était élargi. La jeune femme fronça les sourcils, soudain soucieuse.
KIBA - Je savais que tu le sentais. J’aurais agi différemment si j’avais su que c’était dangereux. La voix du shinobi se voulait rassurante. Ecoute, je vais te dire une chose Ine. Je ne te connais que depuis quelques jours mais tu as déjà beaucoup changé, et…
Agacée, Ine le coupa sèchement :
INE – Mais pourquoi est-ce que tu t'intéresse autant à moi ?!
KIBA – Parce que tu me rappelles ma petite sœur.
Le visage d’Ine perdit toute trace de mécontentement pour laisser place à de la surprise. Kiba lui sourit tendrement. Incapable quelques instants d’ouvrir la bouche, la jeune femme déposa sa tête contre l’épaule du shinobi.
INE – Dis, tu rejoues de la musique pour moi ? S’il-te-plaît ?
Le messager jeta sa cigarette et repris en main sa flûte. Puis il commença à jouer un morceau. En fermant les yeux Ine se sentit transportée, comme si tout ce qu’il ne pouvait lui dire, Kiba le lui exprimait au travers de sa musique. Il y avait des moments de bonheur pur, d’amour à en faire éclater le cœur et puis le danger arrivait et détruisait tout pour ne laisser que le chagrin. Remuée au plus profond d’elle-même, Ine pleurait en silence des flots de larmes. Quand cela la fit renifler, Kiba s’arrêta et la regarda avec un petit sourire.
KIBA – Va te coucher maintenant, lui intima-t-il en lui embrassant le front. Tu vas être fatiguée demain sinon.
La jeune femme se mit à bailler et acquiesça, docile. Comme un zombie elle se leva sous le regard attendri du shinobi et partit rejoindre son lit, où elle s’endormit instantanément.
~*~
Ine ne s’était pas vraiment attendue à un bateau aussi grand. Elle avait plutôt imaginé une petite barque capable de les contenir tous les cinq, plus peut-être un pêcheur qui leur servirait de guide. Au lieu de ça, l’embarcation semblait pouvoir transporter et héberger à son bord une bonne trentaine de personnes.
C’était un grand bateau à roue qui tournait manifestement à la vapeur, et tout de bois verni. L’ Ikari, qu’il s’appelait. Le propriétaire ne devait pas être spécialement commode. En voyant les petites cabines lambrissées à hublot qui leur serviraient de chambres personnelles, la jeune femme se tourna vers Esio, surprise :
INE – La traversée pour Sawa dure si longtemps que ça ?
Celui-ci sourit en réponse. Tandis que les autres montaient à bord leurs quelques bagages, Ine avait aidé l’infirme à prendre place sur l’embarcation. Le soleil n’était pas encore levé et il faisait un peu froid mais le ciel n’était pas chargé, ce qui promettait une traversée plutôt tranquille.
XXX – Tout le monde est à bord ?
Ine se tourna vers l’endroit d’où provenait la voix, ferme et autoritaire. C’était une femme qui portait sur la tête un tricorne élimé, petite mais qui en imposait par sa présence. Elle devait avoir dans les cinquante ans.
ESIO – Le capitaine, Sei Sancho, glissa le médecin à la kunoichi.
Celle-ci hocha la tête. La sirène du bateau retentit et la roue imposante se mit à tourner, mettant en branle l’embarcation qui commença à s’éloigner de son embarcadère. Kiba apparut à leur côté et il souffla :
KIBA – On va avoir droit au lever de soleil, tu viens sur le pont ?
Ine interrogea du regard Esio qui sourit, lui faisant signe qu’il n’avait plus besoin d’elle pour le moment. Les deux compagnons se rendirent sur la passerelle où se trouvait déjà Naoyuki. Ils s’appuyèrent à la rambarde à côté d’elle et contemplèrent l’horizon où le soleil commençait à peine à entamer son ascension, colorant le ciel d’oranges et de roses en une fresque élaborée.
Ine esquissa un sourire. Kiba tourna la tête vers elle et lança, machinal :
KIBA – Au fait, Ine. Qu’est devenu ton échiquier mental ?
La jeune femme se pencha au-dessus de l’eau, ferma les yeux et inspira profondément les embruns qui faisaient voleter ses mèches autour de sa tête. Lorsqu’elle rouvrit les yeux son sourire était rayonnant.
INE – C’est un ponton, fit-elle, au bord de l’eau et, au-dessus, la lune est ronde et claire.
Kiba lui sourit en retour. A côté, Naoyuki fronça un peu les sourcils, perplexe. Elle se demandait ce qui pouvait bien rendre ces deux-là si heureux.
[Iba, si je me suis trop avancée sur la description du capitaine pnj je peux changer]

Watagumo Ine- Genin de Kiri

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