L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)

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L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)

Message  Zabuza Momochi le Mar 4 Avr - 9:01

Cela faisait déjà plusieurs jours qu'Hikke n'avait pas donné signe de vie. Je m'interrogeai aussi sur le rapport entre la présence de Chihiro et la disparition du grand dragon, sachant que ces deux évènements avaient eu lieu à quelques heures d'intervalle.

Je me demandai ce qui se passait à la surface. J'espérai que Satsushiki ne fut pas arrivé aux portes de Kiri et que le village ne soit pas en danger. Hikke m'avait dit qu'il me renverrait là bas le moment venu, et bien que je lui fasse confiance, je n'oubliai pas les paroles de Shinobu.

L'ancien Mizukage m'avait mis en garde contre son "ami". Même si le dragon protégeait Kiri, il était de nature vicieuse et empli de rancoeur. Malgré ce, je n'avais pas d'autre choix que d'attendre.

Alors que Chihiro et moi étions en train de nous entraîner encore et encore, la voix d'Hikke vint nous tirer hors de notre occupation.


*Mizukage, Enfant, il est temps... Le Kazekage s'est mis en marche ; le moment est venu pour vous de découvrir la vérité...*

La kunoichi et moi nous regardâmes, interdits, pendant quelques instants. Dans ses yeux, je pouvais lire un mélange de crainte et de peine, à contrario elle put voir dans les miens un sentiment d'impatience mélé à de l'excitation.

"Shihan... Que va-t-il se passer ?"

"Je ne sais pas exactement, mais je pense que je tiens enfin le moyen de vaincre le Kazekage, et cela me suffit. Hikke, dis m'en plus."

*Je ne le peux, Zabuza... Ce n'est pas à moi de le faire, mais tu trouveras les réponses de toi même. Si tu survis à ce qui t'attend, tu pourras me regarder dans les yeux sans trembler. Si tu échoues, l'Enfant mourra. Et si elle périssait avant que tu ne réussisses, tu ne pourrais revenir dans ton monde...*

"Je ne compte pas échouer. Envoie nous là où nous devons aller, il n'y a plus de temps à perdre."

*Si tel est ton choix...*

Nous ne pouvions toujours pas voir le grand dragon, tout laissait à penser qu'il n'était pas physiquement là, mais son esprit, par contre, ne nous avait surement jamais quitté.

Un tourbillon se forma au milieu de l'eau du lac et s'éleva dans les airs pour finalement prendre une forme circulaire semblable à un grand miroir. En regardant dans la masse aqueuse, nous pûmes apercevoir un passage de l'autre côté.


*Ma mission s'arrête ici, je ne peux rien de plus pour vous... Nous nous reverrons à la sortie, si vous revenez...*

"Bien, viens Chihiro, nous partons."

*Une dernière chose, Mizukage... Celle qui t'apportera la vérité se trouve de l'autre côté du portail, mais fais bien attention, ce que vous allez voir risque de vous changer radicalement...*

"Celle..? Que veux-tu dire ?"

Mais Hikke n'était déjà plus là. J'avançai en direction du portail, sans trembler ; Chihiro par contre, n'était pas rassurée, quelque chose lui glaçait le sang et elle n'aurait pas su dire quoi. Au moment où nous traversâmes la porte, elle se saisit de ma manche et ne la lacha pas tant que nous ne fûmes pas arrivés de l'autre côté.

Nous étions à présent dans un tunnel rocheux. La seule source de lumière en ce lieu se trouvait loin devant nous, ainsi nous nous dirgeâmes dans sa direction.

Quelque chose me troublait. Je savais que nous n'étions pas seuls, Hikke me l'avait dit, mais la présence que je ressentai était identique à la sienne, en plus maléfique...

Alors que nous avancions vers la lumière, un rire d'enfant retentit brièvement. A quelques mètres devant nous apparut une petite fille, vêtue d'un hakama rouge et d'un kimono blanc, arborant un masque de renard.


"Qui es-tu ?"

Chihiro resta figée d'effroi. Des images qu'elle avait oubliées lui revinrent en tête. Elle se vit accrochée à un rondin de bois, dérivant sur la mer, et la petite fille à ses côtés. Une larme roula le long de la joue de la kunoichi alors que l'inconnue disparaissait...


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Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)

Message  Chihiro Sanada le Dim 9 Avr - 19:20

Chihiro avait été remplie d'effroi lorsqu'il fallut franchir le passage menant au tunnel. Elle avait retenu sa respiration tout le long et avait saisi la manche de son maître instinctivement, angoissée par ce qui allait ce passer. Les paroles de Hikke étaient loin de la rassurer, mais elle avança pourtant. Toutefois, elle se figea en entendant le rire d'un enfant qui résonnait dans le souterrain. Il semblait venir du lointain point lumineux vers lequel ils se dirigeaient. Cependant, une petite fille qui portait un masque apparut quelques mètres devant eux, et la kunoichi serra les poings.

"Qui es-tu ?"

Subitement, une rafale d'images envahit l'esprit de la jeune fille, lui coupant le souffle et l'obligeant à fermer les yeux. Elle essayait de trouver un ordre logique aux représentations qui la hantaient, ou de les arrêter. Peine perdue, l'ensemble n'avait aucun sens.
Par ailleurs, un souvenir resurgissait plus souvent que tout autre. La genin se remémorait l'étreinte de l'eau glacée sur son corps, tandis qu'elle dérivait à la merci des courants, accrochée désespérément à un épais bout de bois. Elle se rappela de la peur qu'elle avait ressentie, et de la répugnance qu'elle éprouvait à présent envers les profondeurs mystérieuses de la mer. A ce moment-là, elle n'était pas seule. Assise sur le rondin, l'enfant au masque de renard la veillait du regard, sans chercher à faire le moindre geste pour lui venir en aide, mais ne montrant aucune agressivité à son égard non plus. Chihiro ne parvenait plus à savoir par quel moyen elle s'était retrouvée dans une telle situation, mais elle s'était sentie tellement perdue et seule à cet instant que la présence silencieuse de la petite fille l'avait rassérénée. Sans qu'elle ne puisse les retenir, des larmes s'écoulèrent le long de ces joues alors qu'elle essayait d'éclaircir ses souvenirs confus en vain. Elle voulut répondre à l'apparition quand celle-ci s'évanouit aussi furtivement qu'elle était survenue.


"Attends !"

Le cri de la kunoichi se perdit dans le tunnel. Elle essuya ses yeux, rageuse et impatiente de revoir cette étrange gamine. Elle se tourna vers le Mizukage et murmura :

"Shihan, je connais cette enfant. Je ne sais pas par quel moyen je l'ai rencontré, ni ce qui s'est passé, ni qui elle est, mais je l'ai déjà vue à une période de ma vie dont je ne me souviens pas bien. Je suppose que ça doit être après que l'on m'ait effacé la mémoire... Peu de temps après, car c'est extrêmement flou, mais je suis certaine qu'elle appartient à mon passé."

Elle cessa de parler d'un seul coup, songeant à la question qu'avait posée la fillette au masque.

"A votre avis, à qui s'adressait-elle ? A vous ou à moi ? Avez-vous une idée sur son identité ? Ce n'est pas une petite fille normale, c'est certain. J'ai eu des frissons comme... Comme lorsque Hikke est absent mais que l'on ressent sa présence. Elle m'a fait exactement le même effet..."

Chihiro ne savait quelle conduite elle devait tenir, intriguée par l'enfant et souhaitant poursuivre le chemin afin de la rencontrer de nouveau. D'un autre côté, elle se sentait très mal à l'aise. Était-ce un esprit ? La kunoichi se doutait que la gamine n'appartenait pas au monde réel, et cela la troubla. Ou se trouvaient-ils exactement ? Comment était-elle parvenue ici ? Pourquoi Hikke lui avait-il permis de rester alors que son rôle était terminé ? Elle n'arrivait pas à trouver de réponses plausibles à tout se qu'elle se demandait, mais était déterminée à élucider cela d'une façon ou d'une autre.

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Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)

Message  Zabuza Momochi le Lun 10 Avr - 9:07

Les mots de la kunoichi me surprirent ; comment pouvait-elle avoir déjà vu cette enfant alors que nous étions perdus quelque part à la frontière de l'Abysse ? Se pouvait-il que le passage entre les deux mondes se soit ré-ouvert ces dernières années ou y avait-il quelque chose de plus profond ?

"A qui elle s'adressait ? Elle n'a rien dit Chihiro... A moins que seul toi aies pu l'entendre..."

Tout cela ne présageait rien de bon, et mon sentiment d'inquiétude ne faisait qu'aller croissant au fur et à mesure que nous avancions dans le tunnel. Je savais que ce qui nous attendait n'allait pas être facile, et j'en eut la preuve quelques pas plus loin.

Le décor changea, et je me retrouvai sur un pont au dessus d'un bras de mer. Je me battai contre un autre shinobi, surement un Jounin de Konoha, vu le gilet qu'il portait et son bandeau frontal.

L'affrontement fut brutal et long, et se termina sur ma démise et mon dernier souffle. Haku était déjà morte, son corps gisant un peu plus loin. Chihiro ne put qu'assister à la scène, impuissante et immobile.

A nouveau, le décor changea ; cette fois, seule l'obscurité m'entourait et je fut comme pris dans un étau. Petit à petit, je me sentais partir, mais le Démon de Kiri ne semblait pas l'entendre de la sorte. Mes yeux virèrent au rouge et une nouvelle force s'empara de moi. Je me mit à creuser mon chemin à travers la terre de la tombe et finit par rejoindre la surface.

Chihiro était encore là, seul témoin de la scène. Une voix retentit dans nos esprits. C'était une voix grave et masculine, calme et ferme à la fois.


"Toi qui tient à présent le titre de Mizukage, es-tu vraiment sûr de qui tu es ?"

"Comment ça ? Qui es-tu et que veux-tu dire ?"

"Les morts ne reviennent pas de la tombe, "Zabuza". Toi le premier tu devrais le savoir. Alors qu'est-ce qui te prouve que tu es vraiment Zabuza Momochi ?"

Je restai sans voix quelques secondes, aussi surpris par la question que par la vérité qu'elle insinuait.

"Mes souvenirs me le prouvent, ainsi que la promesse faite à Rokuro et Yuhi !"

"Une fois de plus, qu'est-ce qui te prouve que ce sont tes souvenirs ? Tamafune te l'a dit ; tu as été rappelé parce que Kiri avait besoin de toi, mais comment peux-tu être sur que ce ne sont pas des souvenirs que l'on t'a donné ?"

Une fois de plus, je n'avais pas de réponse à donner à cette voix mystérieuse.

"Vois-tu donc Mizukage ? Rien n'est jamais vraiment ce qu'il semble être. Peut-être trouveras-tu des réponses à tes questions au bout du tunnel, et peut-être aussi qu'elles ne te donneront pas satisfaction. Il est encore temps pour toi de rebrousser chemin..."

L'illusion disparut, nous laissant à nouveau seuls dans le tunnel, Chihiro et moi.


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Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)

Message  Chihiro Sanada le Lun 10 Avr - 18:14

Chihiro fut saisie d'entendre que son maître n'avait pas perçu la question de la fillette. Ils continuèrent d'avancer, perdus dans leurs réflexions lorsqu'ils furent subitement sous l'emprise d'une illusion. Transportés dans un autre lieu, la kunoichi assista à ce qu'elle supposa être la remémoration de certains souvenirs du Démon de Kiri. Ce qu'elle vit l'effara, mais elle ne put faire le moindre geste, tétanisée par sa peur. Ensuite, une voix effrayante par son calme s'adressa à eux. La jeune fille devint la spectatrice de l'échange entre les deux hommes, laissant les mots se graver dans sa mémoire, la faisant douter également de sa propre identité. Zabuza semblait désarçonné par les déclarations de l'inconnu, et ne put lui répondre de manière convaincante.

Les dernières paroles prononcées lui firent envisager la possibilité de repartir et d'abandonner. Cette solution la tenta une brève seconde, puis sa raison reprit le dessus sur ses sentiments. Si le Mizukage continuait, elle le suivrait au péril de sa vie s'il le fallait. De plus, elle avait ses propres énigmes à résoudre, et ne comptait pas les laisser sans explications. Sa détermination se renforça alors qu'ils revinrent dans le tunnel. Immobile, elle regardait dans le vide, devant elle, ayant perdu contenance devant les propos adressés à son maître. Il paraissait avoir de même perdu son assurance, et ne la regardait pas.

Patientant, elle sentit brutalement un courant d'air froid caresser sa joue, et recula légèrement. Quelques instants plus tard, son propre reflet apparut devant elle, tout à fait à la manière de la petite fille au masque. Chihiro ne put que sourire, sachant ce qu'elle devait faire de ce double éperdu, qui la scrutait d'un air implorant.

"Je t'attendais."

Elle lui prit délicatement la main et l'amena à elle de façon à ne pas l'effrayer plus qu'elle ne l'était. L'autre Chihiro se laissa faire, et la kunoichi fut envahie de ses souvenirs quand la seconde elle-même se fondit en elle. Elle revit toute la mission qu'elle venait d'endurer, jusqu'à la rencontre avec l'entité de la fontaine. La plaie qui était apparue à son bras quelques temps (heures, jours, semaines, elle ne le savait pas) auparavant se rouvrit, et elle ressentit la douleur aiguë comme une bénédiction. Redevenue entièrement elle-même, elle était plus rassurée plus que jamais depuis son arrivée ici. Elle s'approcha de Zabuza.

"Shihan, nous devrions poursuivre notre route. J'ai l'impression que la lumière que nous essayons d'atteindre ne se rapproche pas malgré nos efforts et j'ai envie de retourner à Kiri le plus vite possible. Quelque chose me dit que le plus difficile reste à venir, mais nous n'avons pas de temps à perdre, n'est-ce-pas ?"

Elle se retourna vers le passage qu'on ne distinguait plus tant ils en étaient éloignés, devinant qu'elle allait peut-être regretter son choix, mais sa décision était prise. Elle mit en place un bandage autour de la plaie faite par l'Impératrice guettant une quelconque décision de la part du Mizukage. Ils n'allaient pas s'arrêter là, elle s'en doutait, et elle avait hâte d'aborder le bout du souterrain.

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Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)

Message  Zabuza Momochi le Mar 11 Avr - 9:57

"Je pense surtout que nous ne pourrons atteindre la lumière que lorsque le maître des lieux nous le permettra. Et quelque chose me dit que nos épreuves ne font que commencer..."

Chihiro et moi continuâmes notre avancée dans le souterrain, restant sur nos gardes mais sachant pertinement que nous ne pourrions nous soustraire à la prochaine attaque mentale que nous aurions à subir.

Et nous n'avions pas tort. Cette dernière ne tarda pas à venir. Cette fois-ci, l'illusion nous amena dans les souvenirs de Chihiro, et c'était moi qui assistait à la scène, impuissant.

C'était il y a dix ans. La jeune fille, Yuhi et moi nous tenions sur la berge d'un fleuve. L'enfant était apeurée et pleurait à chaudes larmes, quant à moi je restai silencieux. Sa mère prit alors la parole.


"Chihiro, tu dois comprendre que nous n'avons pas le choix ; c'est pour ton bien..."

"Je veux pas ! Je veux rester avec toi !"

"Ma fille, nous n'avons pas toujours le choix, et parfois nous devons en faire certains contraires à nos sentiments. Ne crois pas que j'aie envie de t'abandonner, mais il le faut, pour que tu vives."

"Pourquoi ??? Papa est parti et n'est jamais revenu, je veux pas que tu fasses comme lui !!!"

Un sentiment de culpabilité énorme me transperça le coeur à ce moment là. La conscience de ce que j'avais fait me taraudait et j'avais honte d'être la source de la douleur de cette enfant.

"Chihiro, tu ne seras jamais seule. Oni viendra avec toi et Zabuza sera là aussi. Et tu te feras des amis avec le temps."

"Yuhi, dépêchons-nous. Les Anbu ne vont pas tarder."

La kunoichi se tourna une dernière fois vers sa fille et lui caressa les cheveux.

"Je suis désolée, Chihiro."

A ce moment là, Yuhi utilisa le Genjutsu qu'elle avait mis tant d'années à développer, et la petite fille sombra dans l'inconscience.


"Chihiro !"

La kunoichi se trouvait à présent seule dans l'obscurité et entreprit de trouver une sortie. Au bout de quelques pas, elle cessa d'avancer ; Yuhi se tenait face à elle. La ressemblance entre la mère et la fille était frappante et nul n'aurait pu douter de leur lien de parenté.

"Chihiro, pour quelle raison te bats-tu ?"

"Maman, je..."

"Es-tu vraiment sûre que tu obéis au Mizukage par devoir ? Ta vie appartient-elle vraiment à Kiri ou as-tu quelque chose d'autre en tête ?"

Chihiro prit alors sa tête entre ses mains et ferma les yeux, comme pour chasser ces mots qui la hantaient.

"Assez !!!"

"Réponds-moi, ma fille..."


[Chihiro, Zabuza : +4 EXP RP]

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Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)

Message  Chihiro Sanada le Mar 18 Avr - 19:53

Chihiro demeura interloquée. Ce à quoi elle assistait, elle l'avait vécu ! Malgré tous les efforts qu'elle effectuait, elle ne s'en souvenait pas. Absolument pas. Cela ne l'empêcha pas d'enregistrer la moindre informations de cette scène et de la garder en mémoire. Toutefois, n'en ayant aucun souvenir, elle disposait d'un certain recul qui aurait été bridé par les sentiments qu'elle auraient ressenti si elle avait possédé des réminiscences de l'événement, ce qui n'était pas le cas. De ce fait, elle fut emplie de compassion pour la fillette indignée et effrayée qu'elle avait été. C'est de cette manière qu'on avait effacé sa mémoire... La petite Chihiro ne comprenait pas pourquoi sa mère souhaitait se séparer d'elle, et percevait cela comme une trahison dont elle ne pouvait soupçonner les enjeux. Tandis qu'elle observait cela, fébrile, elle eut comme une pointe de fierté enfantine, et résista à l'envie de s'élancer vers sa génitrice pour lui réclamer des comptes. Elle savait pourquoi Yuhi avait fait cela, mais elle ne put se retenir de lui en vouloir.

*Ce n'est pas juste. Maman n'avait pas le choix, et elle a fait ce qui était le mieux. Je ne dois pas être en colère contre cela. Cela a du être encore plus dur pour...*

Chihiro n'osait poursuivre sa pensée. Sa mère était morte peu de temps après, et elle se dit qu'elle n'avait pas vraiment eu le temps de souffrir de l'abandon de sa fille. La genin se détesta d'avoir pu penser une chose pareille. Elle n'en souffrait pas non plus, ayant perdu la mémoire, mais elle n'avait pas le droit de souiller les actes de sa mère alors que la décisions avait été si difficile à prendre, indubitablement. L'image de la fillette s'évanouit, et elle entendit le Mizukage l'appeler. L'appeler elle, ou la petite Chihiro ? Était-ce le Zabuza de l'illusion ou celui avec lequel elle était ? Cela lui importait peu. Contrairement à ce qu'elle espérait, le souterrain n'apparut pas. La jeune fille se trouvait dans le noir, et avançait avec hésitation. Elle ne se sentait pas à l'aise dans l'obscurité. Tout à coup, sa mère survint devant elle, à moins d'un mètre. Les yeux de la kunoichi s'écarquillèrent, et dans son regard se mêlaient la surprise, la joie et une infinie mélancolie. L'apparition n'avait rien de consistant, ce n'était qu'une représentation de ce qui avait été. Cependant, l'envie de Chihiro de se jeter dans ses bras était bien réelle, et faisait souffrir la genin.

"Chihiro, pour quelle raison te bats-tu ?"

Troublée, la jeune fille ne sut quoi répondre. Tant de fois elle s'était posée cette question, et tant de fois elle s'était voilé la face quant à la réponse.

"Maman, je..."

"Es-tu vraiment sûre que tu obéis au Mizukage par devoir ? Ta vie appartient-elle vraiment à Kiri ou as-tu quelque chose d'autre en tête ?"

Chihiro ne put supporter que Yuhi prononce ces mots.

"Assez!!!"

Elle ne voulait pas y réfléchir, elle ne voulait pas répondre, elle ne voulait pas l'admettre.

"Réponds-moi, ma fille..."

Chihiro releva la tête, étonnée. La femme devant elle, était-elle réellement une illusion ? Ne pourrait-elle pas, juste un instant, être véritablement sa mère ? La confusion de la kunoichi atteignait son apogée, et elle prit un air grave, cherchant ses mots. Ne devait-elle pas la vérité à sa mère ? Peut-être qu'ainsi elle se libérerait de ce qui l'angoissait... Durcissant son regard pour retenir ses larmes, elle répondit d'une voix incertaine.

"Ma vie appartient à Kiri, Maman, de cela tu peux être certaine. Je ne sais pas exactement pourquoi je me bats, mais j'ai juré de protéger Kiri quoi qu'il m'en coûte. C'est le seul endroit où je me sens chez moi, et je suis redevable à cet endroit de m'avoir offert une seconde chance après que je l'ai abandonné. J'essaie de me montrer à la hauteur, de ne pas être inutile, et tout ce que je fais est pour Kiri. Si je dois me battre pour ce village, je le ferai, si je dois tuer pour lui, je le ferai, si je dois mourir pour lui, je le ferai. Sans aucune hésitation, car ma loyauté va à Kiri, qui est ma patrie, ce que je veux préserver car il m'est précieux... Toutefois, si j'ai offert ma vie à Kiri, il en est autrement de mon cœur. Je me suis promis que ça n'affecterait en rien mes actes, car mon devoir passe avant mes sentiments. Mais je ne peux nier ce que je ressens, et en dépit de cela, je me suis engagée à ne pas le révéler. Je n'ai aucun projet en tête, mis à part celui de toute kunoichi, à savoir servir mon village."

Plus Chihiro tentait de se justifier, plus elle avait l'impression de s'enliser. Dans tous les cas, elle avait été aussi sincère que possible, sans trahir la promesse qu'elle s'était faite. La kunoichi rougit un peu plus, puis murmura :

"J'ai moi aussi une question à poser : comment puis-je annihiler la technique que tu m'as apposée, Maman ?"

Les lèvres de Yuhi s'étirèrent en un sourire, accentuant sa ressemblance avec sa fille.

"C'est à toi de découvrir ce moyen, Chihiro, et cela tu le sais. Mais peut-être n'est tu pas encore prête pour le trouver."

La genin haussa les épaules avec amertume. Elle s'était douté de la réponse, mais l'entendre faisait croître sa peine. Pas encore prête ? Avait-elle encore trop d'hésitation ? Manquait-elle de maturité ? Elle ne saisissait pas les paroles de sa mère, pas encore. Souhaitait-elle vraiment retrouver son passé ? Il lui semblait que oui, mais elle n'était même plus certaine de ça. Yuhi avait semé le trouble dans son esprit, remettant tout en question. Que devait-elle faire ? Alors que Chihiro se mordait les lèvres, prête à pleurer comme la fillette de la vision précédente, sa mère tendit la main et lui caressa tendrement la joue.

"Maman, il faut que..."

Elle n'eut pas le temps de finir. Le songe se dissipa et la kunoichi retourna dans le tunnel initial. Elle serra les poings, sentant sa tristesse se transformer en colère. Qui se jouait de ce qui lui faisait le plus mal ? Quelle entité gouvernait ces lieux et s'amusait de leurs souffrances ? Chihiro ne comprenait pas ce que cherchait la chose ou la personne qui agissait ainsi. Elle inspira profondément et secoua légèrement la tête. Sa fureur ne servait à rien, et elle se calma rapidement. Reprenant conscience de la présence de son maître, elle ne lui adressa pourtant pas la parole, trop préoccupée par ce qu'elle venait de vivre. Peut-être qu'en fait elle n'avait tout simplement pas envie de parler. Elle se remit à marcher en direction de la lumière qui lui sembla cette fois un peu plus proche.

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Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)

Message  Zabuza Momochi le Mar 18 Avr - 22:12

"Toutefois, si j'ai offert ma vie à Kiri, il en est autrement de mon cœur. Je me suis promis que ça n'affecterait en rien mes actes, car mon devoir passe avant mes sentiments. Mais je ne peux nier ce que je ressens, et en dépit de cela, je me suis engagée à ne pas le révéler."

*A quoi peut-elle bien penser ? J'espère qu'elle ne va pas se perdre en rêves impossibles... Cependant, on dirait que la petite fille a bien grandi...*

Chihiro et moi continuâmes notre avancée dans le tunnel rocheux. La lumière semblait cette fois-ci plus proche de nous, bien que le chemin à parcourir soit encore long.

J'éprouvais un certain malaise qui allait croissant à chaque pas que nous faisions, me demandant quelle était la finalité de toutes ces épreuves. Qui pouvait donc bien vouloir nous imposer ce voyage au coeur de nos sentiments et de nos souvenirs les plus enfouis ? Y avait-il vraiment un sens à tout ça ? Et surtout quel rôle Chihiro avait-elle à jouer là dedans ?

La jeune fille semblait troublée, mais je n'aurais su dire si c'était à cause des révélations qui lui avaient été faites ou à cause de celle qu'elle avait été forcée de faire.

Je m'apprêtai à lui demander lorsque je sentis un courant d'air froid tomber sur nous depuis le plafond.


"Attention !!!"

J'eut à peine le temps de pousser Chihiro hors de danger que les restes du plafond avaient déjà formés une barrière de pierre nous séparant. Je m'approchai de l'amoncellement qui se dressait devant moi et appelait mon élève.

"Chihiro tout va bien ?"

"Oui, Shihan, mais je..."

C'est à ce moment là que la nouvelle illusion prit place, du moins pour la kunoichi. Une fois de plus elle se retrouva au milieu de l'obscurité, et plus que jamais elle fut sur ses gardes ; des bruits de combats résonnaient autour d'elle.

Son maître était là en tenue d'Etudiant, avec pour seul arme un kunai ; il ne devait pas avoir plus de douze ans. Chihiro se rappela alors de ce qu'elle avait entendu une fois sur l'ancien examen Genin du pays de la Brume.


"Cent d'entre eux étaient jetés dans une fosse et seulement dix avaient le droit d'en ressortir. On raconte que c'était une épreuve terrible autant physiquement que psychologiquement, car il fallait tuer ses camarades... On dit aussi que cet examen a été réformé le jour où un enfant a tué tous les autres. Se pourrait-il que... ???"

Le Zabuza que Chihiro voyait à présent dans la fosse n'avait plus rien de l'homme froid et calculateur qu'elle connaissait ; c'était une bête assoiffée de sang qui se jettait sur ses adversaires, tuant pour survivre...

Une fois le carnage terminé, le jeune homme s'adossa à la paroi et se recroquevilla sur lui même, comme tétanisé par la conscience de son acte, une grande ombre planant alors sur lui...


"Je ne voulais pas..."

*C'était nécessaire... Il fallait que tu t'éveilles à ce pouvoir qui est le tien...*

"Je ne voulais pas tuer tout le monde..."

*C'est ainsi que sera ta vie de shinobi... Les faibles meurent et les forts survivent...*

"Quelle importance d'être fort, si je dois détruire la vie de ceux qui m'entourent ?"

*Tu seras toujours plus fort tout seul, Zabuza...*

Chihiro n'aurait pas su dire d'où provenait cette fois qui s'adressait à l'enfant qu'avait été son maître, mais elle était sure qu'il n'y avait plus qu'eux deux au fond de la fosse. Lui, ne bougeait plus et restait prostré.


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Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)

Message  Chihiro Sanada le Jeu 27 Avr - 10:44

Chihiro entendit à peine le cri d’avertissement de son maître qu’elle sentit qu’on la poussait violemment en avant. Tombant à genoux, elle attendit la fin de l’éboulement avant d’oser se retourner et se remettre debout. Son cœur battait la chamade et sa voix tremblait lorsqu’elle répondit à la question de Zabuza.

"Oui, Shihan, mais je…"

Elle s’interrompit brusquement, frissonnant au courant d’air froid qui l’enveloppait.

*Une nouvelle illusion…*

Elle s’écarta de l’amoncellement de rochers, contrainte d’assister à la vision. Des bruits de combats attisèrent sa curiosité, et la kunoichi patienta, jusqu’à ce que l’obscurité laisse place à l’image d’un jeune garçon, kunai à la main. Un étudiant de Kiri sans aucun doute. La genin fronça les sourcils : n’était-ce pas le Mizukage qui combattait ? Elle le reconnaissait sans peine, mais le jeune Zabuza n’avait rien de commun avec l’implacable et imperturbable Démon de Kiri qui l’accompagnait. Le soupçon qui s’était insinué en elle se confirma.

"Cent d'entre eux étaient jetés dans une fosse et seulement dix avaient le droit d'en ressortir. On raconte que c'était une épreuve terrible autant physiquement que psychologiquement, car il fallait tuer ses camarades... On dit aussi que cet examen a été réformé le jour où un enfant a tué tous les autres. Se pourrait-il que... ???"

L’adolescent semblait en proie à la folie, s’élançant sur ses adversaires avec férocité, sans la moindre peur, et en venait à bout sans effort. On ne lisait aucune hésitation dans ses gestes mortels, et ses yeux flamboyaient d’une joie cruelle à chaque fois qu’il apportait la mort. Chihiro recula devant ce garçon étrange qui continuait sa macabre mission sans s’apercevoir du carnage qu’il effectuait. La kunoichi fut prise de nausées, assaillie par l’odeur écoeurante du sang. Plaquant une main contre sa bouche et son nez, elle ne put supporter la vision des corps sans vie de tous ces enfants, et une telle insensibilité de la part des organisateurs d’une telle épreuve demeurait incompréhensible pour elle. Il y avait d’autres moyens… même si dans ce cas, les survivants auraient été endurcis à jamais par le fait d’avoir tué leurs camarades. Lorsqu’elle rouvrit les yeux, elle s’aperçut que son futur maître s’était recroquevillé contre une paroi, et avait recouvré la raison. Une ombre le surplombait, et Chihiro s’approcha de quelques pas, en silence, quand elle fut stoppée par la voix du jeune Zabuza.

"Je ne voulais pas..."

*C'était nécessaire... Il fallait que tu t'éveilles à ce pouvoir qui est le tien...*

"Je ne voulais pas tuer tout le monde..."

*C'est ainsi que sera ta vie de shinobi... Les faibles meurent et les forts survivent...*

"Quelle importance d'être fort, si je dois détruire la vie de ceux qui m'entourent ?"

*Tu seras toujours plus fort tout seul, Zabuza...*

La kunoichi entendait distinctement la voix qui répondait à l’étudiant, mais il n’était que tous les deux dans la fosse. Désemparée, elle voulut venir en aide à l’adolescent et s’agenouilla à ses côtés, sachant qu’elle ne pouvait intervenir dans l’illusion, mais ne pouvant s’empêcher de tenter la chose. Elle murmura d’une voix réconfortante à l’oreille du garçon qui dirigerait Kiri dans plusieurs années.

"N’écoute pas. C’est quand on a quelque chose ou quelqu’un à protéger que l’on devient vraiment fort. C’est dans cette seule perspective que tu as la possibilité de toujours repousser tes capacités et de t’épanouir. Si tu restes seul, il arrivera un moment où tu ne parviendras plus à évoluer faute de motivations suffisantes."

Le regard de Chihiro se perdit dans le vague.

"Il est certain que l’on prend un risque en choisissant de protéger quelqu’un ou quelque chose. Le risque de le perdre… Et c’est pour cela que l’on se bat de toutes ses forces pour le préserver, et que l’on s’améliore encore et toujours. Ce que l’on te dit n’a pas de sens, mais je sais qu’un jour tu comprendras ce que je t’explique par toi-même."

La kunoichi sourit, se demandant si le petit Démon de Kiri l’entendait. Elle aurait souhaité que ce soit le cas.

"Et puis… Vivre seul, ce n’est pas vivre, tu ne crois pas ?"

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Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)

Message  Zabuza Momochi le Jeu 27 Avr - 15:53

L'enfant qu'avait été Zabuza restait replié sur lui même, apeuré et silencieux. Alors qu'il réalisait la portée du carnage qu'il avait perpetré, la terreur s'empara de lui et il cacha encore plus sa tête dans ses bras.

"N’écoute pas. C’est quand on a quelque chose ou quelqu’un à protéger que l’on devient vraiment fort. C’est dans cette seule perspective que tu as la possibilité de toujours repousser tes capacités et de t’épanouir. Si tu restes seul, il arrivera un moment où tu ne parviendras plus à évoluer faute de motivations suffisantes."

Une voix douce le sortit de son mutisme. Zabuza était certain de ne l'avoir jamais vu auparavant et surtout pas aujourd'hui dans la fosse. Instinctivement il se saisit de son kunai et voulut le pointer en direction de la jeune fille, mais sa ressemblance frappante avec Yuhi l'arrêta net.

"Et puis… Vivre seul, ce n’est pas vivre, tu ne crois pas ?"

"Qui es-tu ???"

Le trouble s'empara du jeune garçon qui ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Chihiro, de son côté, restait interdite devant la situation. Comment diable pouvait-elle rencontrer Zabuza qui avait douze ans alors qu'elle n'était même pas née à l'époque ?

De son côté, le véritable Zabuza ne comptait pas laisser une simple barrière de pierre le séparer de sa disciple, ainsi entreprit-il de la faire disparaître. Il se mit alors à concentrer tout son Chakra dans la paume de sa main droite et le fit tourbillonner.


"Rasengan !!!"

L'amas de pierre se mit à se fendre puis explosa sous la puissance du Chakra du Mizukage. Mais alors que ce dernier s'attendait à retrouver Chihiro de l'autre côté, il fut confronté à une image lui rappelant de très mauvais souvenirs, lui enfant.

"Mais qu'est-ce que ..?"

Les deux Zabuza se jaugèrent du regard, puis l'environnement se mit à changer. Le sol se changea en eau et happa le Mizukage, l'entraînant dans ses profondeurs, alors que le Zabuza enfant lui se tenait le crâne et semblait souffrir atrocement.

La petite fille au masque réapparut alors aux yeux du maître et de sa disciple, toisant le Démon de Kiri en ricanant comme une enfant.


"Encore toi ? Qui es-tu ???"

"So... rin... cha..."

"Sorincha ...?"

Alors qu'il s'appretait à poser une nouvelle question, Zabuza disparut totalement dans l'eau, et la petite fille se volatilisa aussi sec.

Chihiro était à présent seule, à nouveau dans le couloir, avec l'enfant que fût autrefois son maître.



[Chihiro, Zabuza : +4 EXP RP]

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Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)

Message  Chihiro Sanada le Jeu 27 Avr - 18:43

Chihiro eut un mouvement de recul quand le jeune Zabuza se tourna vers elle, kunai en main, et qu’il lui demanda son identité. Elle était persuadée de ne pouvoir intervenir dans l’illusion, et pourtant le garçon l’avait entendue. Si elle avait été frappée par le fait de rencontrer son maître dans sa jeunesse, alors qu’elle n’avait pas encore été mise au monde, elle supposa rapidement que tout était possible dans la vision créée. Elle déglutit, mal à l’aise, cherchant ce qu’elle pouvait lui répondre. Elle ne pouvait pas lui annoncer qu’elle était Chihiro Sanada, non, car l’étudiant connaissait indubitablement ses parents, et les explications auraient été sans fin. Elle ne comptait pas mentir non plus, et de toute manière, elle ressemblait trop à sa mère, comme elle avait pu le constater de ses propres yeux, pour que son mensonge soit valable. Dans ce cas, que devait-elle faire ?
La kunoichi fut interrompue dans ses réflexions par un bruit d’explosion. L’illusion de la fosse ne se dissipa pas pour autant, et le Mizukage apparut dans un nuage de poussière soulevé par la destruction de l’amas de pierres, qui comblait le passage ultérieurement. Il avait l’air de ne pas voir Chihiro, les yeux fixés sur sa représentation enfantine avec stupéfaction.


"Mais qu’est-ce que ..?"

La vision fondit tandis que les deux Zabuza s’affrontèrent du regard, et le sol se changea en eau. La genin recula et vit avec horreur que son maître s’enfonçait dans la surface aqueuse, tandis que la fillette au masque apparut, un ricanement moqueur aux lèvres.

"Shihan !"

Elle courut vers le Démon de Kiri, en vain, car le couloir se reforma. La petite fille disparut elle-même, avant que Chihiro n’ait pu essayer de lui demander quoi que ce soit. Anéantie, la jeune fille se laissa tomber à genoux. Qu’allait-elle faire à présent ? Où était passé le Mizukage ? Devait-elle continuer sans lui ? Avait-elle un moyen de lui venir en aide ? Se tordant les mains de désespoir, Chihiro remarqua enfin la présence du jeune Zabuza non loin d’elle. Interloquée, elle ne sut quoi faire. Comment se faisait-il qu’il n’ait pas disparu avec le reste de l’illusion ? Chihiro se releva finalement, hésitant à dire quoi que ce soit, mais l’adolescent semblait tellement souffrir qu’elle s’approcha de lui et posa une main sur son épaule. Le gamin la repoussa violemment et s’éloigna.

"Qui es-tu ?"

Gênée, Chihiro décida de parler franchement.

"Je m’appelle Chihiro… Sanada. Je suis une kunoichi du village de la brume. Je ne te veux pas de mal…"

L’étudiant posa une main sur ses tempes, et paraissait éprouver de la difficulté à se concentrer.

"Tu fais partie de la famille de Rokuro, mais je ne t’ai jamais vue à Kiri."

La jeune fille hocha la tête.

"C’est logique. Je… Je suis la fille que Rokuro et Yuhi auront dans quelques années. Si tu ne m’as jamais croisée, c’est que je n’existe pas encore pour toi."

"Ce n’est pas possible, tu mens !"

"Mais je suis là… Il se pourrait que tu ne sois qu’une illusion pour moi, et que tu vas disparaître d’un instant à l’autre… Peut-être que je suis ton illusion… Et dans ce cas…"

"Arrête ! Ce que tu dis est faux ! Je ne suis pas une illusion !"

"Moi non plus. C’est là le problème, tu comprends ? Je crois que de toute manière, débattre là-dessus n’est pas le but de notre rencontre. Je suis aussi choquée que toi, et je ne sais pas où se situe la vérité."

Le garçon réfléchit un instant, et posa un regard grave sur la jeune fille.

"Si ce que tu dis est vrai… L’homme que j’ai vu et qui s’est fait engloutir par l’eau, c’était… moi ?"

"Oui… Toi tel que tu seras dans le futur."

L’étudiant ne dit mot, et resta immobile et silencieux, digérant ce qu’il venait d’apprendre.
Chihiro avait l’estomac noué, elle était complètement déboussolée. Plus elle tentait d’expliquer la situation, plus elle craignait que son point de vue soit faux. Néanmoins, quelque chose l’intriguait au plus haut point.


"Dis-moi, Zabuza… Avec qui parlais-tu tout à l’heure ? Avant de te rendre compte de ma présence ?"

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Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)

Message  Zabuza Momochi le Ven 28 Avr - 9:02

"Dis-moi, Zabuza… Avec qui parlais-tu tout à l’heure ? Avant de te rendre compte de ma présence ?"

"Je ne sais pas... Pendant toute l'épreuve j'ai entendu cette voix dans ma tête qui me disait comment me battre et comment tuer mes adversaires..."

La pression qui pesait sur les épaules du jeune garçon semblait s'être légèrement dissipée en présence de Chihiro, mais la kunoichi pouvait lire de la méfiance dans son regard. Il était évident pour elle que Zabuza ne croyait pas à son explication, mais pouvait-elle vraiment le blâmer ? Qui croirait à une telle histoire ?

La silence règna en maître pendant quelques minutes, puis la grille fermant la fosse fut retirée et deux Jounin descendirent et s'emparèrent du jeune garçon. Ils semblaient ne pas avoir remarqué Chihiro.


"Lâchez-moi ? Que me voulez-vous ?"

"Le Mizukage veut te voir, Genin Zabuza Momochi. Suis nous sans faire d"histoire."

"Laissez-moi ! Je ne veux pas le voir ! Je ne veux voir personne !"

"Tu ne nous laisses pas le choix alors."

Alors que Zabuza faisait face au premier des deux Jounin, le suivant s'était déplacé derrière lui et en profita pour le frapper du tranchant de la main dans la nuque. L'enfant s'effondra et fut sorti de la fosse, puis emmené à l'hôpital de Kiri.

***


"Vous ne pensez pas qu'on devrait le sceller Mizukage-sama ?"

"Non, Shinzo, nous ne pouvons pas. Même si nous tentions, c'est une entité bien trop puissante pour que nous puissions rivaliser avec elle. C'est le fardeau que doit porter Zabuza le restant de ses jours..."

"Mais qu'est-ce qu'exactement que le Démon de Kiri ?"

"Je ne peux te le réveler, Shinzo. Tout ce que tu as à savoir c'est qu'il doit devenir le plus fort possible dans les années à venir. Je compte sur toi en ce sens."

"Bien, Mizukage-sama."

"Laissons-le à présent, même si je n'ai pas pu lui parler, j'ai eu les informations dont j'avasi besoin en le lisant dans son Chakra. Il a besoin de repos, ce qui l'attend demain ne sera pas facile."

Les deux hommes quittèrent la pièce, ne laissant dans la chambre d'hôpital que Zabuza et Chihiro, que personne ne semblait remarquer à part lui jusqu'à présent.

Pendant des heures, la kunoichi resta à son chevet, veillant sur son sommeil. C'était la première fois qu'elle le voyait aussi paisible et sans son masque, ce qui contrastait avec d'habitude.

Zabuza finit par ouvrir les yeux et s'assis péniblement sur son lit. Il scruta ensuite toute la pièce et arrêta son regard sur la jeune fille.


"Dis moi, Chihiro, quel genre d'homme serai-je dans le futur ?"


Dernière édition par le Sam 14 Oct - 10:04, édité 1 fois

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Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)

Message  Chihiro Sanada le Ven 28 Avr - 12:40

Chihiro avait suivi en silence le Démon de Kiri, alors qu’on l’emmenait à l’hôpital. Elle avait pu constater que personne, mis à part Zabuza, ne la remarquait, et en fut soulagée. En effet, de quelle manière aurait-elle pu expliquer sa présence ? Déjà que son futur maître paraissait dubitatif… ce qui était normal, cette histoire n’avait pas vraiment de sens. Elle se demanda pourquoi on l’avait amenée face au genin, à quoi devait-elle assister ? Elle avait le pénible sentiment de s’être infiltrée dans les souvenirs du Mizukage, sans sa permission, et pensait que sa présence était indiscrète. Toutefois, elle n’avait aucun moyen de sortir de l’illusion, et par ailleurs, elle souhaitait discuter avec l’adolescent.
Lorsque l’on frappa le garçon pour l’assommer, son instinct maternel s’indigna, mais elle ne pouvait rien y faire. Elle emboîta docilement le pas aux deux hommes pour lesquels elle demeurait invisible et écouta la conversation, alors qu’on installait l’enfant dans un lit d’hôpital.


* Que peut-il bien se passer demain ? *

Plongée dans ses réflexions, la genin s’adossa à un mur, et veilla sur le sommeil de Zabuza. Sans son masque, endormi, il semblait si serein, si innocent, si… fragile. Elle avait du mal à croire que le même garçon avait assassiné ses camarades tantôt. Elle se questionna sur la nature du démon. Comment se faisait-il que certaines personnes soient possédées ? Est-ce que l’entité suivait ses propres objectifs en se servant de l’adolescent ? Y avait-il un moyen de s’en débarrasser ? De cela elle doutait, en revanche elle était pratiquement certaine que c’était le démon qui s’était adressé à Zabuza auparavant. Pouvait-on considérer qu’il le manipulait ?
La kunoichi soupira. Trop de questions, sans aucune réponse, comme toujours. Parfois elle avait l’impression de se torturer par des questionnements sans fin, mais qui pouvait l’aider à en venir à bout ? Pas le genin nouvellement nommé, et il n’était pas sûr que son maître accepte de lui répondre quand elle le reverrait. Quand elle le reverrait…


* Je voudrais savoir ce qui lui est arrivé. J’espère qu’il va bien… *

Au fond d’elle, la jeune fille ne s’inquiétait pas trop. Si les choses tournaient mal, elle le sentirait, elle en avait la certitude. Les heures passaient, indifférentes à ce qui pouvait se passer, à ce qu’elles pouvaient produire sur les hommes. Dans tous les cas, elles aidaient au repos du garçon.
Chihiro, dans sa semi conscience, ne s’aperçut du réveil du futur Mizukage seulement quand il s’adressa à elle.


"Dis-moi, Chihiro, quel genre d’homme serai-je dans le futur ?"

La genin sourit, lui montrant qu’elle avait entendu sa question, et pourtant conserva son air pensif.

* Ainsi, cela l’intéresse. Shihan, toujours si certain de vous, il vous est pourtant arrivé de douter, et ce n’est pas la première fois que je le vois. Quel prix paye-t-on à toujours cacher ses sentiments ? Alors, à une période de votre vie, vous étiez franc à ce point ? Incapable de camoufler votre colère, votre peur, votre anxiété, votre curiosité ? Il vous est arrivé de compter sur d’autres personnes que vous-même… Mes parents par exemple… Et maintenant moi ? *

La jeune fille avança lentement vers le lit de Zabuza, n’osant s’asseoir par crainte de la réaction qu’il pouvait avoir, cet être si imprévisible. Elle parla d’une voix paisible, cachant son trouble.


"Voilà une question à laquelle il m’est difficile de répondre… Plus tard, tu seras fort car tu auras trouvé quelque chose à protéger de toutes tes forces. Tu auras des épreuves difficiles à surmonter, mais tu en viendras à bout. Tu auras des moments de joie et de peine, de réussite et de désespoir, comme tout un chacun. Ta souffrance future fera que pour tous, tu paraîtras un homme froid, insensible, calculateur, impitoyable, mais l’on te respectera et l’on t’obéira car tous sauront que tu agis pour le bien commun. De ton charisme, tu obtiendras l’admiration de ceux qui croient en toi, et ils seront nombreux. Tu trouveras du réconfort dans la réalisation des buts que tu te seras fixé, et par l’accomplissement de ta volonté, dans la considération que l’on te manifestera, car personne ne sera indifférent à toi, en bien ou en mal. Néanmoins, il y aura quelques personnes auxquelles tu te montreras tel que tu es réellement, c’est-à-dire quelqu’un de tellement… humain… Et c’est pour cela que ces personnes t’accepteront totalement, car avant, bien avant d’être le Démon de Kiri, tu es un être humain, nullement différent des autres. Simplement ton destin sera plus difficile que celui des autres, mais tu auras toujours un ami pour te soutenir et te permettre de continuer à avancer, et qui comptera sur toi…"

La kunoichi marqua une pause et ferma un bref instant les yeux, souriante.


"Le Zabuza que je connais est quelqu’un de bien."

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Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)

Message  Zabuza Momochi le Sam 29 Avr - 16:48

Pour la première fois depuis des années, un sourire se dessinna sur mes lèvres. Je ne savais pas vraiment qui était cette Chihiro ni si elle disait vrai, mais elle semblait me connaître et m'apprécier, et ça c'était si rare...

Il y avait quelque chose dans le regard de cette jeune femme qui me donnait un sentiment de bien-être ; enfin je n'étais plus seul, plus malheureux, ni rejeté.


"Chihiro, je ne veux pas devenir le pion du Mizukage, ni une arme à la solde de Kiri, même si tu me dis que plus tard je serai un emblème pour ce pays, au moment présent, je veux juste... exister..."

Je me levai alors de mon lit et me mit à marcher pieds nus en direction de la fenêtre, puis l'ouvrit. Je regardai Chihiro dans les yeux et lui fit signe de me suivre.

"Viens, je veux te montrer quelque chose."

La jeune fille me suivit sans mot dire et finit par me rejoindre sur le toit de l'hôpital. J'étais déjà allongé sur le dos, regardant les étoiles. Chihiro vint s'asseoir à mes côtés et leva les yeux vers le ciel, m'imitant.

"J'aime regarder les étoiles, elles sont comme moi, seules dans l'immensité de l'univers."

"Ne dis pas ça, Zabuza. Tu ne seras jamais vraiment seul dans la vie qui t'attend."

"Je n'ai pas envie de penser au futur, je ne veux pas vraiment savoir ce qui m'attend demain. Pour le moment, je veux juste être au calme et ne pas avoir à me tourmenter..."

Chihiro ne répondit pas, mais elle comprenait parfaitement ce que le petit garçon voulait dire ; elle avait été dans le même état d'esprit que lui il n'y avait pas si longtemps que ça.

Doucement, elle s'approcha de Zabuza, lui passa la main dans les cheveux, puis prit sa tête et la posa sur ses genoux.


"Ne t'en fais pas, tout ira bien.."

"Dis, tout à l'heure tu as dit que j'aurais toujours un ami auprès de moi au long de ma vie. Qui est cette personne ?"

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Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)

Message  Chihiro Sanada le Mar 2 Mai - 10:24

Levant la tête pour contempler l’immensité et la beauté étoilée du ciel nocturne, la jeune fille caressa avec douceur les cheveux du petit Zabuza. Aurait-elle l’occasion de rencontrer ses parents ici ? Que se passerait-il alors ? Elle doutait que cela soit réalisable d’une part, et d’autre part elle était là pour un but bien précis, qui n’était certainement pas de voir ses parents à une époque où ils étaient plus jeunes qu’elle.
Ses lèvres formèrent un demi-sourire, la kunoichi étant amusée à l’idée d’être plus âgée que ses géniteurs tout en ressentant la déception de ne pouvoir les connaître, même dans cet étrange endroit. Sans plus chercher à imaginer des événements qui ne se produiraient pas, elle se concentra sur la question qui lui était posée.


"Il ne s’agit pas d’une seule personne… Malheureusement, le temps passe et nous enlève ce qui nous tient à cœur. Nous devons toujours nous battre pour ce qui nous est précieux, pourtant il arrive fréquemment qu’on le perde.
A ce moment-là, vaincre le désespoir et la culpabilité qui s’emparent de nous est une épreuve difficile, toutefois nous y parvenons, et l’on finit par oublier, pour ne garder que les instants les plus forts, ceux qui nous ont marqué à vie, de magnifiques passages devenus souvenirs impérissables."


Chihiro soupira, rendue mélancolique et pensive par ses propres paroles. Elle se sentait seule, loin de chez elle, du village de Kiri qu’elle connaissait. Elle était tiraillée entre son envie de rentrer et son désir de venir en aide à son futur maître. Elle reprit d’une voix adoucie par la tristesse.

"La personne qui te soutiendra et qui comptera plus que tout pour toi, cette personne là changera indubitablement, Zabuza, mais jamais tu ne pourras dire que tu es seul. Si c’est l’impression que tu as, alors tu es aveugle… ou bien cherches-tu à fuir ?
Il y aura toujours quelqu’un pour se soucier de toi, quoi qu’il arrive, et qui te traitera en ami."


Le silence s’installa. Pas un lourd silence empli de malaise, non, un silence de réflexion, où chacun assimilait les paroles de l’autre, et ses propres paroles, se posait des questions, parvenait à des conclusions.
La genin s’interrogeait sur son invisibilité apparente. Personne ne la voyait, à part le jeune shinobi, en était-elle pour autant devenue immatérielle ? Si elle était prisonnière d’une illusion, en faisait-elle partie pour autant ? Que se passerait-il si, là, maintenant, elle repoussait le gamin de ses genoux, elle se levait et s’élançait par-dessus la barrière du toit ? Avait-elle la possibilité de périr ici ?
Mais la kunoichi ne repoussa pas Zabuza, ne se leva pas, et ne sauta pas du toit. Même si elle ne possédait pas de réponse, elle ne voulait pas expérimenter le résultat. Elle avait une mission à remplir, et pour en venir à bout, elle devait attendre la fin de la vision. Elle allait assister l’enfant jusque là, affronter avec lui ce qui se passerait le lendemain, et se rendrait utile pour lui.
Son devoir de kunoichi était d’obéir, et elle avait l’ordre tacite d’accomplir ce qu’elle avait entrepris avec le Mizukage. Qu’il soit absent ou pas ne changeait rien, elle atteindrait la lumière du fond du couloir de pierre, et saurait qui se joue ainsi de leurs sentiments et de leur souvenirs, de ses sentiments et de ses souvenirs perdus, lui arrachant des vérités qu’elle ne souhaitait pas énoncer, lui faisant prononcer des mots qu’elle aurait voulu garder cachés.
Elle ne faillirait pas.
Sa main, qui était restée en suspens alors qu’elle affermissait sa volonté, bravant son brûlant désir de revenir chez elle, reprit ses caresses sur les cheveux du genin nouvellement promu.


"Ne crois-tu pas que tu devrais être au lit ? Une dure journée t’attend demain, il me semble…"
s’exclama-t-elle d’un ton faussement réprobateur.

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Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)

Message  Zabuza Momochi le Mar 2 Mai - 11:12

"Ne crois-tu pas que tu devrais être au lit ? Une dure journée t’attend demain, il me semble…"

"Je n'ai pas envie de savoir ce qui m'attend demain... Je sais que je vais devoir encore tuer des gens, me battre et faire des choses que je n'ai pas envie de faire..."

"Un shinobi n'a pas de place pour ses sentiments. C'est une arme à la solde de son village et de son Kage. Son devoir passe avant toute chose."

Je restai interdit quelques instants. Les paroles de Chihiro m'avaient troublé. Croyait-elle vraiment ce qu'elle venait de me dire ? N'étions nous juste que ça ?

"Tu penses vraiment que nous ne sommes que des objets ... ?"

"Non... Je pense que nous sommes bien plus que cela et que malgré notre devoir omniprésent, nous devons écouter nos coeurs. La phrase que je t'ai dite tout à l'heure me vient de mon maître."

"Il doit être sévère et impitoyable alors..."

"Il l'est souvent, mais il sait aussi être juste quand il le faut. Cet état d'esprit il le tient de ses expériences, de tout ce qu'il a vécu. Un jour tu me diras ces mots, et au début je ne te croirai pas, mais je me rendrai compte au fil du temps du véritable sens qu'ils contiennent..."

Je ne savais plus quoi dire. Alors un jour je serai un shinobi puissant et redouté et j'aurais Chihiro comme disciple... Tout cela me semblait si lointain et si compliqué.

La fatigue finit par avoir raison de moi et je m'endormis, la tête sur les genoux de la kunoichi. Un instant, elle voulut me réveiller et me dire de retourner dans mon lit, mais l'expression paisible qu'elle put lire sur mon visage l'en dissuada.

De longs instants passèrent ainsi. Chihiro contemplait l'enfant que j'avais été, se demandant ce que le lendemain me réservait. Quelque part elle était aussi inquiète que moi, peut-être par peur d'en apprendre plus sur son passé.

Une présence vint la tirer de sa rêverie. Shinzo, l'homme qui était a mon chevet en présence du Mizukage quelques heures auparavant se trouvait à présent sur le toit, accroupi au dessus de moi. Chihiro voulut dire quelque chose, mais le Jounin ne sembla pas la remarquer, comme tous les autres.


"Pauvre enfant, un bien triste destin t'attend. Et dire que je vais devoir faire de toi un shinobi..."

Shinzo me prit alors à bras le corps et me ramena dans ma chambre, veillant sur moi pendant de longs moments. On aurait pu croire qu'il avait peur de ce qui nous attendait le lendemain, du moins ce fut l'impression qu'il laissat à Chihiro.

Le lendemain matin, il revint pour me réveiller et me mener au bureau du Mizukage, puis me laissa seul avec lui. Le regard du vieil homme pesait sur moi ; on aurait dit qu'il lisait à travers moi et savait que j'avais peur.


"Tu sais pourquoi tu es ici, Zabuza ?"

"Non..."

"Je t'ai convoqué parce que tu es à présent un Genin de Kiri. L'examen d'hier... ne s'est pas vraiment déroulé comme je l'avais prévu ; cependant, le Démon de Kiri s'est manifesté et je n'ai plus besoin de le faire passer sous cette forme. Il sera changé à l'avenir."

"Le Démon de Kiri... ?"

"Tu comprendras le moment venu. A présent, je vais te présenter ton équipe. Vous travaillerez dorénavant tous les trois sous les ordres de Shinzo-sensei. Entrez !"

La grande porte du bureau s'ouvrit et je fut surpris de voir qui étaient les deux partenaires que le Mizukage m'avait choisi.

"Rokuro ! Yuhi !"

"Félicitations, Zabuza. Tu es enfin un shinobi de la Brume."

"Nous étions sûrs que tu réussirais."

"Ces deux-là ont expressément demandé à faire partie de la même équipe que toi. Etant donné ta situation, je ne peux faire autrement."

*Ma situation...*

Je restai muet, me demandant pour quelle raison le Mizukage semblait me porter tant d'attention à présent. Quel terrible secret planait au dessus de mon existence même ? Et surtout, qu'était-ce bien donc que ce "Démon de Kiri" ?


[Chihiro, Zabuza : +4 EXP RP]

Zabuza Momochi
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