La Traque de Karasu
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La Traque de Karasu
Nul ne sait combien douce est la vengeance de celui qui a reçu l'injure
Le soleil était d'or et le ciel bleu parsemé de nuages blancs solitaires dans les yeux d'Hisato Abe. Ce juunin au regard sévère et aux cheveux cendrés n'était autre que le responsable du Centre de Communication du village caché de la Brume. Ses pas l'avaient menés à la plus haute tour de surveillance du village, là où siégeaient les unités d'élites chargées de retranscrire et de déchiffrer tous les messages codés qui pouvaient leur parvenir de l'extérieur. Hisato Abe s'était entretenu pendant une bonne demi-heure avec le chef de garde. Leur discussion avait principalement tourné autour des derniers horaires mis en place et d'une missive venue de Konoha. Hisato s'était ensuite accoudé à la rambarde extérieure pour profiter de la vue imprenable et ne l'avait plus quitté depuis.
Son oeil de lynx remarqua tout d'abord l'apparition d'un point noir dans le ciel azur. Un point qui progressivement se transforma en une tache de la taille d'une bille. Vingt années d'expérience dans les services de surveillance du village lui permirent d'identifier l'objet volant comme étant un oiseau messager. Deux chuunins en garde à ce moment là le remarquèrent eux aussi. Tous deux prirent place contre la rambarde, leurs yeux tournés vers le ciel.
Quand l'oiseau, en l'occurrence un pigeon voyageur, se posa sur la rambarde, Hisato lança un regard insistant au plus jeune des deux chuunins qui s'empressa aussitôt de lui tendre la missive conservée dans un petit boîtier situé autour du cou du volatile. L'autre chuunin se chargea ensuite de conduire l'animal dans une cage où il reçut eau et nourriture.
Hisato de son côté commença à décrypter le message. Ce qu'il découvrit le laissa sans voix.
Le village de Dozen venait d'essuyer trois décès inexpliqués.
Le bureau du Mizukage ne pouvait être plus éclairé.
Les rayons du soleil venaient frapper de plein fouet le dos de Shinji Azechi dont l'ombre s'étendait jusqu'à la porte d'entrée. Son visage fermé expliquait à lui tout seul la gravité de la situation. Face à lui, légèrement en retrait, Hisato Abe fixait le vide comme s'il était en proie à de violents doutes. A ses côtés, Kenji Eichino et Yukari Sabarito affichaient des visages indéchiffrables. Dans un coin de la pièce, Satoshi Kagehisa était également présent, tirant inlassablement sur sa cigarette comme si la nouvelle ne l'affectait pas le moins du monde.
C'est dans ce climat particulièrement lourd que Hyô Geïrou fit son entrée. Impassible, comme à son habitude, l'Homme de glace lança un bref coup d'oeil à Satoshi avant de diriger son attention sur Shinji Azechi. Il ne manqua pas de remarquer la présence notoire d'Hisato Abe, signe incontestable qu'un message potentiellement inquiétant était arrivé à Kiri.
Hyô – Vous m'avez fait demander ?
En guise de réponse, Shinji poussa dans sa direction la seule feuille mise en évidence sur le bureau.
Hyô s'avança et saisit ce qui était en réalité plus un feuillet qu'une véritable feuille. Le message était clair et ne laissait rien sous entendre. Le village de Dozen, sur l'île de Nagumo, s'était réveillé avec trois cadavres sur les bras. Deux adultes et un enfant retrouvés mort dans leur demeure familiale. Un seul indice était donné sur l'état des corps : l'extrême froideur de leur peau. L'information fit immédiatement tilt dans la tête d'Hyô. Karasu. Difficile il lui était d'expliquer pourquoi ce nom avait soudainement jaillit dans son esprit, mais une intime conviction le poussait à croire que le déserteur était étroitement lié à ces trois décès.
Shinji – Ce message nous est parvenu ce matin. Est-ce qu'il vous inspire quelque chose ?
Le ton était neutre. Hyô savait pertinemment que Shinji attendait une confirmation, non une réponse.
Hyô – Le message se veut très clair mais il ne nous informe que très brièvement sur l'état des corps et les circonstances. Je ne peux rien conclure sans ces éléments.
Il avait répondu en toute humilité. Il ne pouvait pas mentionner l'éventuelle implication de Karasu dans cette affaire. Cette hypothèse ne se basait que sur une impression. Son impression.
Yukari – Que suggérez-vous ?
Hyô n'était pas dupe. Le trio qui lui faisait face n'attendait qu'une seule chose de lui. Qu'il démontre son intérêt pour l'affaire.
Hyô – Nous devrions envoyer une équipe sur place pour établir un rapport détaillé.
Satoshi sourit discrètement. Il ne comprenait que trop bien l'intérêt des questions posées. Pas besoin d'être une flèche pour faire le lien entre l'extrême froideur décrite dans le message et le clan Aisu. Asahi voila le lien. Un lien que le trio d'anciens redoutait plus que tout. Non seulement parce que s'il était question de meurtres dans cette affaire cela voulait dire que l'organisation pouvait circuler librement dans le pays, mais surtout qu'ils devraient se résoudre à déclencher l'état d'alerte maximum pour éviter à Kiri un révère comme Konoha en avait connu un quelques mois plus tôt. Mais Hyô avait répondu intelligemment. Il savait que le doute subsisterait tant qu'un véritable rapport ne serait pas dressé par une équipe du village.
Kenji – Dans ce cas, Satoshi, vous mènerez votre équipe sur l'île de Nagumo. Vous établirez le contacte avec le maître des lieux, Eiji Nosaka, et vous nous rendrez compte de la situation dans les moindre détails.
Le ton était toujours aussi sec quand il s'agissait de Kenji Eichino, toujours. Hyô n'eut aucune réaction. Ses yeux continuaient de fixer le Mizukage terré dans son silence. Le trio voulait une réaction de sa part pour obtenir les réponses qu'il n'avait pas apporté en répondant à leurs questions. Mais ils se trompaient s'ils pensaient les obtenir de cette manière.
Satoshi – Ça ne va pas être possible.
Kenji s'apprêta à répliquer mais Satoshi poursuivit sur sa lancée.
Satoshi – J'ai d'autres projets pour cette équipe. Des trucs plus intéressants qu'une pêche aux cadavres. L'équipe d'Hyô est disponible. Elle fera ça mieux qu'aucune autre équipe.
Hyô aurait voulu sourire mais il se garda de le faire. Imperturbable, il se promit intérieurement de remercier Satoshi quand il en aurait l'occasion.
Kenji – Hyô n'a plus d'équipe.
Hyô reçut la réplique comme un véritable coup de couteau en plein coeur. Il savait bien que tôt ou tard on lui rappellerait qu'il avait encore une fois perdu la quasi totalité de son équipe. Même si les circonstances avaient été plus que particulières sur sa dernière sortie. Affronter trois membres de l'Asahi n'étant pas ce qui se faisait de plus simple ces derniers temps.
Satoshi – Théoriquement si. Il lui reste Iba. Deux hommes devraient amplement suffire pour dresser un rapport, non ? Un qui tient la plume et l'autre qui tient le papier.
L'ironie de Satoshi ne fit rire personne. Hyô vit une lueur glisser dans les pupilles du Mizukage. Quelques secondes plus tard, celui-ci croisait ses mains sous son menton. Le regard songeur, il adressa un coup d'oeil à chacun de ses conseillers auquel ils répondirent par un hochement de la tête.
Shinji – Très bien. Je vous charge vous et Iba Hiyori d'élucider cette affaire. Nous attendons de vous la plus grande discrétion au même titre que des réponses claires et précises sur ce qui a bien pu se passer à Dozen. Un bateau en partance pour l'île de Nagumo vous attendra à quai à 14 heures.
Hyô inclina la tête par simple politesse. Il se dirigea ensuite vers la porte du bureau sans dire un mot. Avant de la franchir, il croisa le regard de Satoshi. Tous deux se saluèrent ainsi, dans le plus beau des silences.
L'orphelinat de Kiri était une bâtisse imposante et austère au premier abord. Elle était le refuge de tous ces enfants abandonnés à un triste sort. Iba était l'un d'eux même s'il avait cessé d'être un enfant depuis longtemps. Hyô savait que le meilleur moyen de lui communiquer quelque chose était de lui laisser un message à l'accueil de l'orphelinat plutôt que de perdre un temps fou à le chercher aux quatre coins du village.
Le temps était compté, il ne pouvait pas se permettre de le chercher. Aussi avait-il rédigé un message simple et concis qu'il laissa au personnel de l'orphelinat en leur demandant de le transmettre expressément à Iba dès qu'il passerait par là.
Son oeil de lynx remarqua tout d'abord l'apparition d'un point noir dans le ciel azur. Un point qui progressivement se transforma en une tache de la taille d'une bille. Vingt années d'expérience dans les services de surveillance du village lui permirent d'identifier l'objet volant comme étant un oiseau messager. Deux chuunins en garde à ce moment là le remarquèrent eux aussi. Tous deux prirent place contre la rambarde, leurs yeux tournés vers le ciel.
Quand l'oiseau, en l'occurrence un pigeon voyageur, se posa sur la rambarde, Hisato lança un regard insistant au plus jeune des deux chuunins qui s'empressa aussitôt de lui tendre la missive conservée dans un petit boîtier situé autour du cou du volatile. L'autre chuunin se chargea ensuite de conduire l'animal dans une cage où il reçut eau et nourriture.
Hisato de son côté commença à décrypter le message. Ce qu'il découvrit le laissa sans voix.
Le village de Dozen venait d'essuyer trois décès inexpliqués.
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Le bureau du Mizukage ne pouvait être plus éclairé.
Les rayons du soleil venaient frapper de plein fouet le dos de Shinji Azechi dont l'ombre s'étendait jusqu'à la porte d'entrée. Son visage fermé expliquait à lui tout seul la gravité de la situation. Face à lui, légèrement en retrait, Hisato Abe fixait le vide comme s'il était en proie à de violents doutes. A ses côtés, Kenji Eichino et Yukari Sabarito affichaient des visages indéchiffrables. Dans un coin de la pièce, Satoshi Kagehisa était également présent, tirant inlassablement sur sa cigarette comme si la nouvelle ne l'affectait pas le moins du monde.
C'est dans ce climat particulièrement lourd que Hyô Geïrou fit son entrée. Impassible, comme à son habitude, l'Homme de glace lança un bref coup d'oeil à Satoshi avant de diriger son attention sur Shinji Azechi. Il ne manqua pas de remarquer la présence notoire d'Hisato Abe, signe incontestable qu'un message potentiellement inquiétant était arrivé à Kiri.
Hyô – Vous m'avez fait demander ?
En guise de réponse, Shinji poussa dans sa direction la seule feuille mise en évidence sur le bureau.
Hyô s'avança et saisit ce qui était en réalité plus un feuillet qu'une véritable feuille. Le message était clair et ne laissait rien sous entendre. Le village de Dozen, sur l'île de Nagumo, s'était réveillé avec trois cadavres sur les bras. Deux adultes et un enfant retrouvés mort dans leur demeure familiale. Un seul indice était donné sur l'état des corps : l'extrême froideur de leur peau. L'information fit immédiatement tilt dans la tête d'Hyô. Karasu. Difficile il lui était d'expliquer pourquoi ce nom avait soudainement jaillit dans son esprit, mais une intime conviction le poussait à croire que le déserteur était étroitement lié à ces trois décès.
Shinji – Ce message nous est parvenu ce matin. Est-ce qu'il vous inspire quelque chose ?
Le ton était neutre. Hyô savait pertinemment que Shinji attendait une confirmation, non une réponse.
Hyô – Le message se veut très clair mais il ne nous informe que très brièvement sur l'état des corps et les circonstances. Je ne peux rien conclure sans ces éléments.
Il avait répondu en toute humilité. Il ne pouvait pas mentionner l'éventuelle implication de Karasu dans cette affaire. Cette hypothèse ne se basait que sur une impression. Son impression.
Yukari – Que suggérez-vous ?
Hyô n'était pas dupe. Le trio qui lui faisait face n'attendait qu'une seule chose de lui. Qu'il démontre son intérêt pour l'affaire.
Hyô – Nous devrions envoyer une équipe sur place pour établir un rapport détaillé.
Satoshi sourit discrètement. Il ne comprenait que trop bien l'intérêt des questions posées. Pas besoin d'être une flèche pour faire le lien entre l'extrême froideur décrite dans le message et le clan Aisu. Asahi voila le lien. Un lien que le trio d'anciens redoutait plus que tout. Non seulement parce que s'il était question de meurtres dans cette affaire cela voulait dire que l'organisation pouvait circuler librement dans le pays, mais surtout qu'ils devraient se résoudre à déclencher l'état d'alerte maximum pour éviter à Kiri un révère comme Konoha en avait connu un quelques mois plus tôt. Mais Hyô avait répondu intelligemment. Il savait que le doute subsisterait tant qu'un véritable rapport ne serait pas dressé par une équipe du village.
Kenji – Dans ce cas, Satoshi, vous mènerez votre équipe sur l'île de Nagumo. Vous établirez le contacte avec le maître des lieux, Eiji Nosaka, et vous nous rendrez compte de la situation dans les moindre détails.
Le ton était toujours aussi sec quand il s'agissait de Kenji Eichino, toujours. Hyô n'eut aucune réaction. Ses yeux continuaient de fixer le Mizukage terré dans son silence. Le trio voulait une réaction de sa part pour obtenir les réponses qu'il n'avait pas apporté en répondant à leurs questions. Mais ils se trompaient s'ils pensaient les obtenir de cette manière.
Satoshi – Ça ne va pas être possible.
Kenji s'apprêta à répliquer mais Satoshi poursuivit sur sa lancée.
Satoshi – J'ai d'autres projets pour cette équipe. Des trucs plus intéressants qu'une pêche aux cadavres. L'équipe d'Hyô est disponible. Elle fera ça mieux qu'aucune autre équipe.
Hyô aurait voulu sourire mais il se garda de le faire. Imperturbable, il se promit intérieurement de remercier Satoshi quand il en aurait l'occasion.
Kenji – Hyô n'a plus d'équipe.
Hyô reçut la réplique comme un véritable coup de couteau en plein coeur. Il savait bien que tôt ou tard on lui rappellerait qu'il avait encore une fois perdu la quasi totalité de son équipe. Même si les circonstances avaient été plus que particulières sur sa dernière sortie. Affronter trois membres de l'Asahi n'étant pas ce qui se faisait de plus simple ces derniers temps.
Satoshi – Théoriquement si. Il lui reste Iba. Deux hommes devraient amplement suffire pour dresser un rapport, non ? Un qui tient la plume et l'autre qui tient le papier.
L'ironie de Satoshi ne fit rire personne. Hyô vit une lueur glisser dans les pupilles du Mizukage. Quelques secondes plus tard, celui-ci croisait ses mains sous son menton. Le regard songeur, il adressa un coup d'oeil à chacun de ses conseillers auquel ils répondirent par un hochement de la tête.
Shinji – Très bien. Je vous charge vous et Iba Hiyori d'élucider cette affaire. Nous attendons de vous la plus grande discrétion au même titre que des réponses claires et précises sur ce qui a bien pu se passer à Dozen. Un bateau en partance pour l'île de Nagumo vous attendra à quai à 14 heures.
Hyô inclina la tête par simple politesse. Il se dirigea ensuite vers la porte du bureau sans dire un mot. Avant de la franchir, il croisa le regard de Satoshi. Tous deux se saluèrent ainsi, dans le plus beau des silences.
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L'orphelinat de Kiri était une bâtisse imposante et austère au premier abord. Elle était le refuge de tous ces enfants abandonnés à un triste sort. Iba était l'un d'eux même s'il avait cessé d'être un enfant depuis longtemps. Hyô savait que le meilleur moyen de lui communiquer quelque chose était de lui laisser un message à l'accueil de l'orphelinat plutôt que de perdre un temps fou à le chercher aux quatre coins du village.
Le temps était compté, il ne pouvait pas se permettre de le chercher. Aussi avait-il rédigé un message simple et concis qu'il laissa au personnel de l'orphelinat en leur demandant de le transmettre expressément à Iba dès qu'il passerait par là.
Prépare ton sac. Rendez-vous à 13h30 sur les quais, nous partons pour l'île de Nagumo.
Hyô.

Geïrou Hyô- Anbu de Kiri

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Re: La Traque de Karasu
La Traque de Karasu - Le commencement
Iba était en sueur et remontait doucement le chemin le menant à l’orphelinat de Kiri no Sato, quelques ouvrages sous le bras droit. Depuis ces derniers jours, il n’avait pas ménagé ses efforts pour parvenir à accroître ses compétences. Il apprenait avec une facilité déconcertante les techniques qui faisaient la fierté de son village. Il parlait avec les Eaux comme jamais auparavant et avec elles à ses côtés, sa maîtrise de l’élément croissait exponentiellement.
Si sa nouvelle rencontre avec Karasu avait été douloureuse et lui avait appris qu’il n’était pas encore capable d’abattre cet adversaire, son entrevue avec Kenji, il y avait de cela une semaine, avait été destructrice. Il n’aurait jamais cru le vieil homme aussi fort, tant sur le plan martial, que sur le plan psychologique. Sans sombrer dans une critique péjorative de ses « performances », il analysait, avec une assiduité maladive ces évènements et ne doutait pas d’avoir été un opposant valeureux. Peut-être qu’en combat singulier, sur un champ de bataille, sur le plan de la puissance pure, il aurait pu l’emporter contre le conseiller du Mizukage, mais dans cette petite salle de la bibliothèque, les choses avaient été bien différentes. Ce qui s’était passé ce jour là et qui en avait découlé n’était pas sans avoir profondément marqué le jeune homme.
Il avait revu Hyô depuis leur combat à Konoha contre l’Asahi, mais encore une fois, il avait évité les sujets sensibles, comme si l’Homme de Glace attendant que se soit lui, Iba, qui parle le premier. Combien de temps encore pourrait-il tourner autour du pot et éviter cette discussion sur leurs origines communes ? Et leurs pouvoirs ? Hyô, à n’en pas douter, serait d’une excellente aide pour l’aider à mieux les comprendre et les maîtriser, pourtant, Iba l’avait négligé, presque ignoré, comme s’il ne voulait pas de son aide.
Toutefois en poussant son analyse plus profondément, il craignait Hyô, il avait peur de son regard, de son jugement, tout comme, enfant encore, il avait peur du regard de son maître Shinobu ou de son père. Ce regard approbateur qui atteste de la réussite ou qui au contraire, furieux, se détourne, pour ne pas voir plus longtemps, une cause de honte et de déshonneur.
L’Homme de Glace était une légende vivante à Kiri, le monde entier connaissait son nom et les jeunes shinobi dormaient en rêvant d’accomplir ses exploits. Les kunoichi se voyaient, pendu à sa cou, rendant verte de jalousie toutes leurs amies. Iba, lui, voyait un juge. Ses attaches au genre humain avaient disparu, happées par les affres du temps. La Faucheuse lui avait pris beaucoup, famille, maître, protecteur et l’avait contraint à être un asocial, un rebut, seul, déshonoré, portant l’horrible sobriquet de « Réprouvé ». Maintenant qu’il était si proche de quelqu’un qui aurait pu être son ami, un soutien ; une personne qui possédait une si forte ressemblance avec ce qu’il avait connupar le passé, un homme si charismatique, il avait peur …
L’orphelinat n’était plus loin, il prendrait une douche et continuerait à étudier en attendant le repas. Aujourd’hui peut-être pourrait-il manger avec les enfants ? Cela faisait longtemps qu’ils lui demandaient. Malgré ses pensées moribondes, l’Oï-nin se prit à aimer cette idée qu’il écartait souvent.
Il arriva à l’édifice qui l’avait accueillit depuis la fin de la guerre contre Suna. Le logement délabré que lui avait donné l’Académie, malgré son statut de paria, avait été détruit lors des affrontements contre les forces du pays du vent. En y repensant, il ne devait son entrée à l’Académie, ainsi que cet appartement de fortune qu’à Shinobu. Lui seul avait dû avoir l’influence nécessaire pour lui permettre d’obtenir ses avantages impensables pour toute personne de sa condition. Alors qu’il passait le hall d’entrée, la gouvernante l’arrêta. Le jeune homme la salua poliment.
Mme Kisako – Tu es encore dans un état déplorable. Tu devrais plus te ménager. Il avait grandi et pourtant elle continuait de le couver comme un de ses propres enfants. Malgré l’aspect puéril que cela pouvait recouvrir, Iba appréciait ce geste de bonté. Il répondit qu’il ferait plus attention à l’avenir, avec un sourire un peu plus appuyé.
Elle lui tendit un papier. Son visage avait l’air légèrement contrarié. Iba le prit, et lu ce qui était marqué dessus. Hyô le convoquait, ils partaient. Sa tête se détourna doucement sur l’intendante qu’il dépassait désormais de plusieurs têtes.
Iba – L’avez-vous lu ? Lui demanda-t-il. Elle lui répondit non, elle mentait, mais cela n’avait pas d’importance. Elle s’inquiétait pour lui.
Je vais devoir m’absenter pour quelques temps. Elle le dévisageait, comme on scrute un visage d’un mort que l’on tente de reconnaître sur une table de morgue, comme un dernier regard que l’on jette sur un corps dans un cercueil. Elle le regardait ainsi à chaque fois qu’il devait partir, certainement comme l’aurait fait une mère a qui on arrache le fruit de ses entrailles pour partir sur le front. Devançant ses recommandations, le jeune homme ajouta qu’il serait prudent.
Il prit la direction du dortoir, on lui avait aménagé une vieille mansarde, c’était petit, mais amplement suffisant pour le chasseur de déserteur. Il passa, avec la discrétion que les hommes de l’ombre se doivent d’avoir, dans les couloirs du bâtiment et ne se fit remarquer par personne, surtout pas des enfants. Il ouvrit la porte de sa chambre, elle semblait vide, s’il n’y avait eut ce lit qui trônait contre le mur.
Iba – Quelle utopie d’espérer tromper la vigilance d’un shinobi de votre trempe, Nimuro-san.
Nimuro – Allons, pas de cela entre nous, mon garçon. Tes visites sont assez rares pour que l’on se donnent la peine de les guetter.
Iba posa les livres empruntés à la bibliothèque sur son lit et fit de même, regardant l’ancien juunin, qui s’était mis dans l’angle mort de l’ouverture de la porte. Était-ce un de ces vieux réflexes dont les soldats ne peuvent se défaire ? Ou alors avait-il peur qu’en ayant détecté sa présence plutôt, Iba ait cherché à l’éviter ?
Iba – Je ne pourrais néanmoins pas rester longtemps, on me rappelle déjà. Sa voix ne trahissait pas d’émotion, mais Nimuro avait appris à comprendre ses absences d’intonation, qui ne protégeaient plus le jeune homme.
Nimuro – Vas-tu bien ? Les rumeurs vont de bon train et parle d’une altercation entre toi et Kenji Eichino. Avec cette assignation dans l’équipe de l’Homme de Glace et ce nouveau départ, je m’inquiète. Tu sais que si tu as besoin de parler, je suis là.
Iba – Je sais…Je t’en remercie. Concernant les commérages, ils sont ce qu’ils sont, rien de plus, rien de moins. Iba voulait éluder le sujet et son interlocuteur n’était pas dupe, alors qu’il allait rappuyer sa demande, le jeune homme relança.
Iba – As-tu des nouvelles de Sana-khan ?
La question fit plus mal qu’il ne l’aurait pensé au médecin invalide. Il s’en voulait d’avoir dit cela. Le faciès fermé de Nimuro trahissait l’inquiétude et les nuits tourmentées qu’il devait traverser.
Iba – Nous devrions descendre pour aider à préparer le repas.
***
Le repas s’était bien passé, les enfants avaient adoré sa présence, ses quelques tours de « magie » avec les Eaux,il avait bien aimé la neige dans la réfectoire, Mme Kisako moins. Avec Nimuro, ils avaient aussi compté les récits des valeureux aventuriers, puisant dans leur imagination et leur vécut pour construire l’improbable récit. Et puis une petite fille avait posé la question…
Petite Fille – Dis, Iba, qu’est-ce que c’est qu’un Réprouvé ? Un homme m’a dit que tu en étais un.
Cela avait jeté un silence puissant sur la tablée mais heureusement la gouvernante avait rapidement détourné la discussion et le repas avait repris son cours. Iba avait demandé à Nimuro s’il pouvait remettre les livres à la bibliothèque, ce dernier, avait accepté. L’Oï-nin était à l’heure, propre et équipé, pour son rendez-vous avec l’Homme de Glace. La légende de Kiri l’attendait déjà.
Il le mit au courant des informations qui étaient parvenues aux autorités du village. Il ne fallut pas longtemps à Iba pour comprendre ce qui s’était joué entre les dirigeants et Hyô, ainsi que la personne qui devait se cacher derrière les meurtres.
Iba – Karasu.

Iba Hiyori- Oi-nin de Kiri

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Re: La Traque de Karasu
Le bateau était bien à quai. La silhouette d'Hyô était quasiment invisible à l'oeil du capitaine, perchée qu'elle était sur l'une des toitures qui surplombait les hangars du port. L'Homme de glace observait sans réellement observer. Ses yeux glissaient le long du quai, s'arrêtaient parfois sur un détail insignifiant, puis revenaient vers le navire qui leur avait été réservé à lui et Iba pour se rendre sur l'île de Nagumo. Karasu, ce nom ne quittait plus ses pensées. Au plus profond de lui-même, il espérait que tout n'était que le fruit de son imagination. L'Asahi ne pouvait et ne devait être lié aux trois décès de Dozen. Il n'y avait aucune raison pour que ce village soit ciblé par cette organisation, aucune. Tout comme il n'y avait aucune ressemblance dans le mode opératoire utilisé sur les lieux et celui utilisé à Konoha. Non, l'Asahi ne pouvait être résolument lié à cette affaire.
Attaché à sa ceinture, le masque d'Anbu d'Hyô oscillait fébrilement dès qu'une brise s'engouffrait dans le port. Il le détacha et le contempla longuement en se demandant quel genre de mauvaises surprises l'attendaient. Kiri avait été contacté pour élucider trois décès inexpliqués. Kiri n'aurait jamais été contacté si ces gens n'avaient rien représentés pour la communauté. Il y avait forcément un non-dit. Il y avait forcément quelque chose, restait à savoir quoi.
A l'extrémité nord du quai, la silhouette d'Iba apparut enfin, telle une ombre au milieu d'un tableau de maître. Iba, le Réprouvé, comme il était appelé. Réprouvé ... le mot résonna encore et encore dans la tête d'Hyô, son visage figé dans une expression neutre. Un mensonge oublié pour maquiller l'impuissance d'une nation. Un mensonge nourrit par la stupidité de tous, mais payer par un seul. Que n'avait-il pas enduré à cause de ce seul sobriquet. Que n'avait-il pas souffert pour le prix d'un mensonge. Malgré ça, il avait surmonté les épreuves et traçait désormais un trait continu dans un avenir que le Destin essayait de rendre incertain. Il était le seul membre de son équipe à être sortit vivant des affrontements de Konoha. Il était le seul à être encore là.
Hyô descendit de son perchoir au moment où Iba se présenta devant le hangar. En croisant son regard, il se sentit retourner bien des années en arrière quand il n'était encore qu'un enfant. Il revit le visage crispé de Shinobu à quelques mètres de là et face à lui, cette profondeur, cette certitude qui habitaient le regard de son opposant et ami. Deux gouttes d'eau entraînées pour devenir des piliers de glace. Deux gouttes d'eau entraînées pour satisfaire le rêve d'un vieux fou. Voila ce qu'ils avaient été, rien de plus, rien de moins. Aujourd'hui, Shinobu reposait au panthéon des grands maîtres et son héritage s'était perdu dans les méandres de deux esprits figés qu'il avait voulu érigé au statut de chefs incontestés. Mais les fils du Destin restaient tortueux. Le jour viendrait où le rêve du maître referait surface. Ce jour, les deux goûtes d'eau se reverraient enfin dans le même miroir. Ce jour là, sous l'oeil du Malin, le monde verrait naître la légende des piliers de glace. Le regard d'Iba reflétait cette lueur, ce secret, cette légende. Hyô y voyait le passé recouvert par la brume et l'avenir pendu à l'extrémité d'une plume.
Hyô – Deux adultes et un enfant ont été retrouvés mort dans leur demeure familiale de Dozen. Le message transmis aux autorités fait écho de l'extrême froideur de leur peau.
Iba – Karasu.
L'intuition d'Iba était la même que celle qu'il avait eu en prenant connaissance du contenu de la missive envoyée par le maître de l'île. Cela n'avait peut-être pas une valeur hautement symbolique mais Hyô sentait que l'intuition d'Iba validait en quelque sorte la sienne. Il gardait néanmoins les pieds sur terre. Si par mésaventure, leur intuition s'avérait être la bonne, ils auraient très certainement fort à faire mais si elle s'avérait inexacte, Karasu disparaîtrait à nouveau aussi simplement qu'il était apparu. Une partie de lui voulait bien évidemment que la première solution soit la bonne et que leurs pas les conduisent de nouveau devant ce monstre de puissance pour mettre fin à ses jours. Mais une autre partie voulait que la seconde solution soit également la bonne et que jamais ils n'aient à recroiser sa route. Sans doute était-ce la peur de perdre de nouveau un coéquipier qui poussait Hyô à penser de cette manière.
Il hocha de la tête.
Hyô – Possible.
A ce moment précis, une silhouette imposante se présenta à eux comme étant le capitaine du navire sur lequel ils allaient voyager jusqu'à l'île de Nagumo.
Senichi – Bien le bonjour ! Vous êtes certainement les deux bonhommes que je dois conduire sur l'île de Nagumo ? Je me présente, je suis le capitaine Senichi Yamaga.
Senichi Yamaga ressemblait à un de ces colosses aux muscles ultra développés. Ses yeux étaient gris clair comme celui de ses cheveux. Sa mâchoire carré lui donnait l'air d'un monstre d'acier mais son tablier à rayures blanches et bleues par-dessus son ensemble bermuda / chemise à fleurs, lui donnait l'allure d'un petit patron de bar ami du Saké et de la franche camaraderie. Hyô échangea un bref regard avec Iba puis il reporta ses yeux sur Senichi, l'air profondément impassible.
Hyô – C'est bien nous.
Senichi – Allons bon ! Vous pouvez embarquer, il ne me reste que deux trois petites choses à régler et nous pourrons nous mettre en route. Vous avez le pied marin j'espère ?
Hyô ne soupira pas même si l'envie de le faire ne lui manquait pas. Faisant mine de n'avoir rien entendu, il se dirigea lentement vers le bateau à quai, laissant un capitaine intrigué qui ne manqua pas de faire peser son regard interrogateur sur Iba. Cet homme ne devait pas être du coin pour ne pas savoir à qui il avait faire au premier coup d'oeil. Ce qui en soit n'était pas plus mal. Mais demander à deux membres du clan Aisu s'ils avaient le pied marin relevait tout simplement de l'hérésie. L'eau n'avait aucun secret pour eux. Aucun. Mais sûrement les prenait-il pour de simples villageois sans la moindre expérience de la mer.
Une dizaine de minutes plus tard, lorsque les 14h retentirent, le navire du capitaine Yamaga quitta les quais en direction du nord avec à son bord deux shinobis dont il ne connaissait rien, pas même les noms.
Senichi – Vous êtes des drôles de types. Vous ne parlez pas beaucoup. En tout cas, ça ne me regarde peut-être pas mais je pense que vous avez mal choisi votre jour pour aller sur l'île de Nagumo.
Les yeux d'Hyô, qui étaient jusque là tournés vers la mer et l'horizon, s'arrêtèrent sur le visage carré du capitaine. Que voulait-il dire par " vous avez mal choisi votre jour " ? Faisait-il allusion aux trois corps qui avaient été retrouvé le matin même ? Peu probable. Afin de s'assurer qu'il ne s'agissait pas de cette raison là, Hyô fit mine de s'intéresser au discours de leur guide.
Hyô – Que voulez-vous dire ?
Senichi – Vous devez pas être au courant vous. J'ai une soeur moi qui habite sur l'île de Nagumo, elle m'a raconté qu'on a retrouvé des morts congelés tout près de chez elle.
La réponse du capitaine surprit Hyô même si rien ne filtra sur son visage. Les trois décès avaient été rendus publique ... enfin, s'il était bien question des trois corps pour lesquels lui et Iba faisaient le déplacement. Et si ce n'était pas le cas ... Hyô ne préférait pas envisager cette possibilité.
Hyô – Quand ça ?
Senichi – Ce matin. C'est étrange hein ? Menfin, j'ai ma petite idée sur ceux qui ont fait le coup.
Hyô échangea un regard avec Iba. La traversée allait être longue.
Attaché à sa ceinture, le masque d'Anbu d'Hyô oscillait fébrilement dès qu'une brise s'engouffrait dans le port. Il le détacha et le contempla longuement en se demandant quel genre de mauvaises surprises l'attendaient. Kiri avait été contacté pour élucider trois décès inexpliqués. Kiri n'aurait jamais été contacté si ces gens n'avaient rien représentés pour la communauté. Il y avait forcément un non-dit. Il y avait forcément quelque chose, restait à savoir quoi.
A l'extrémité nord du quai, la silhouette d'Iba apparut enfin, telle une ombre au milieu d'un tableau de maître. Iba, le Réprouvé, comme il était appelé. Réprouvé ... le mot résonna encore et encore dans la tête d'Hyô, son visage figé dans une expression neutre. Un mensonge oublié pour maquiller l'impuissance d'une nation. Un mensonge nourrit par la stupidité de tous, mais payer par un seul. Que n'avait-il pas enduré à cause de ce seul sobriquet. Que n'avait-il pas souffert pour le prix d'un mensonge. Malgré ça, il avait surmonté les épreuves et traçait désormais un trait continu dans un avenir que le Destin essayait de rendre incertain. Il était le seul membre de son équipe à être sortit vivant des affrontements de Konoha. Il était le seul à être encore là.
Hyô descendit de son perchoir au moment où Iba se présenta devant le hangar. En croisant son regard, il se sentit retourner bien des années en arrière quand il n'était encore qu'un enfant. Il revit le visage crispé de Shinobu à quelques mètres de là et face à lui, cette profondeur, cette certitude qui habitaient le regard de son opposant et ami. Deux gouttes d'eau entraînées pour devenir des piliers de glace. Deux gouttes d'eau entraînées pour satisfaire le rêve d'un vieux fou. Voila ce qu'ils avaient été, rien de plus, rien de moins. Aujourd'hui, Shinobu reposait au panthéon des grands maîtres et son héritage s'était perdu dans les méandres de deux esprits figés qu'il avait voulu érigé au statut de chefs incontestés. Mais les fils du Destin restaient tortueux. Le jour viendrait où le rêve du maître referait surface. Ce jour, les deux goûtes d'eau se reverraient enfin dans le même miroir. Ce jour là, sous l'oeil du Malin, le monde verrait naître la légende des piliers de glace. Le regard d'Iba reflétait cette lueur, ce secret, cette légende. Hyô y voyait le passé recouvert par la brume et l'avenir pendu à l'extrémité d'une plume.
Hyô – Deux adultes et un enfant ont été retrouvés mort dans leur demeure familiale de Dozen. Le message transmis aux autorités fait écho de l'extrême froideur de leur peau.
Iba – Karasu.
L'intuition d'Iba était la même que celle qu'il avait eu en prenant connaissance du contenu de la missive envoyée par le maître de l'île. Cela n'avait peut-être pas une valeur hautement symbolique mais Hyô sentait que l'intuition d'Iba validait en quelque sorte la sienne. Il gardait néanmoins les pieds sur terre. Si par mésaventure, leur intuition s'avérait être la bonne, ils auraient très certainement fort à faire mais si elle s'avérait inexacte, Karasu disparaîtrait à nouveau aussi simplement qu'il était apparu. Une partie de lui voulait bien évidemment que la première solution soit la bonne et que leurs pas les conduisent de nouveau devant ce monstre de puissance pour mettre fin à ses jours. Mais une autre partie voulait que la seconde solution soit également la bonne et que jamais ils n'aient à recroiser sa route. Sans doute était-ce la peur de perdre de nouveau un coéquipier qui poussait Hyô à penser de cette manière.
Il hocha de la tête.
Hyô – Possible.
A ce moment précis, une silhouette imposante se présenta à eux comme étant le capitaine du navire sur lequel ils allaient voyager jusqu'à l'île de Nagumo.
Senichi – Bien le bonjour ! Vous êtes certainement les deux bonhommes que je dois conduire sur l'île de Nagumo ? Je me présente, je suis le capitaine Senichi Yamaga.
Senichi Yamaga ressemblait à un de ces colosses aux muscles ultra développés. Ses yeux étaient gris clair comme celui de ses cheveux. Sa mâchoire carré lui donnait l'air d'un monstre d'acier mais son tablier à rayures blanches et bleues par-dessus son ensemble bermuda / chemise à fleurs, lui donnait l'allure d'un petit patron de bar ami du Saké et de la franche camaraderie. Hyô échangea un bref regard avec Iba puis il reporta ses yeux sur Senichi, l'air profondément impassible.
Hyô – C'est bien nous.
Senichi – Allons bon ! Vous pouvez embarquer, il ne me reste que deux trois petites choses à régler et nous pourrons nous mettre en route. Vous avez le pied marin j'espère ?
Hyô ne soupira pas même si l'envie de le faire ne lui manquait pas. Faisant mine de n'avoir rien entendu, il se dirigea lentement vers le bateau à quai, laissant un capitaine intrigué qui ne manqua pas de faire peser son regard interrogateur sur Iba. Cet homme ne devait pas être du coin pour ne pas savoir à qui il avait faire au premier coup d'oeil. Ce qui en soit n'était pas plus mal. Mais demander à deux membres du clan Aisu s'ils avaient le pied marin relevait tout simplement de l'hérésie. L'eau n'avait aucun secret pour eux. Aucun. Mais sûrement les prenait-il pour de simples villageois sans la moindre expérience de la mer.
***
Une dizaine de minutes plus tard, lorsque les 14h retentirent, le navire du capitaine Yamaga quitta les quais en direction du nord avec à son bord deux shinobis dont il ne connaissait rien, pas même les noms.
Senichi – Vous êtes des drôles de types. Vous ne parlez pas beaucoup. En tout cas, ça ne me regarde peut-être pas mais je pense que vous avez mal choisi votre jour pour aller sur l'île de Nagumo.
Les yeux d'Hyô, qui étaient jusque là tournés vers la mer et l'horizon, s'arrêtèrent sur le visage carré du capitaine. Que voulait-il dire par " vous avez mal choisi votre jour " ? Faisait-il allusion aux trois corps qui avaient été retrouvé le matin même ? Peu probable. Afin de s'assurer qu'il ne s'agissait pas de cette raison là, Hyô fit mine de s'intéresser au discours de leur guide.
Hyô – Que voulez-vous dire ?
Senichi – Vous devez pas être au courant vous. J'ai une soeur moi qui habite sur l'île de Nagumo, elle m'a raconté qu'on a retrouvé des morts congelés tout près de chez elle.
La réponse du capitaine surprit Hyô même si rien ne filtra sur son visage. Les trois décès avaient été rendus publique ... enfin, s'il était bien question des trois corps pour lesquels lui et Iba faisaient le déplacement. Et si ce n'était pas le cas ... Hyô ne préférait pas envisager cette possibilité.
Hyô – Quand ça ?
Senichi – Ce matin. C'est étrange hein ? Menfin, j'ai ma petite idée sur ceux qui ont fait le coup.
Hyô échangea un regard avec Iba. La traversée allait être longue.

Geïrou Hyô- Anbu de Kiri

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Re: La Traque de Karasu
Iba et Hyô étaient montés depuis quelques minutes. Ils avaient pris soin de cacher leurs attributs shinobi tels que leur bandeau ou leur masque. Il était inutile de révéler leur identité et les motifs de leur périple. Paradoxalement, le jeune homme se demandait si le fait de faire courir le bruit que des ninja expérimentés courraient derrière l'auteur des meurtres, pouvait amener l'assassin à faire un faux pas ? Si c'était quelqu'un d'inexpérimenté, sans doute. La peur le poussant alors à des actions inconsidérées. Toutefois, si comme il le pensait, Karasu était derrière ce massacre, cela ne servirait à rien, car il était mondialement recherché et avait depuis bien longtemps cessé de craindre les membres d'un village caché, de plus cela leur fermerait des portes. Tout le monde a quelque chose à se reprocher et personne ne souhaite que cela soit découvert, alors qui accueillerait à bras ouvert des enquêteurs du monde des ombres ?
Ils montèrent sur l'embarcation, qui aux vues de sa petitesse ne servait qu'à faire de courts aller retours entre les différentes îles du Pays de l'Eau. Le capitaine et seul membre d'équipage avait une allure massive, celle d'un homme puissamment bâti. Rapidement, Iba chercha à l'évaluer. Son style vestimentaire d'un goût que l'Oï-nin qualifierait de "décalé" jurait avec la carrure de l'individu. Avec méthode, le jeune homme chercha différents scénarios possibles quant au passé de leur interlocuteur. Combattant reconvertis dans le transport maritime ? Corsaire repenti ? Ou tout simplement la vie en mer l'avait forgé ? Cet examen passé, Iba en entama un autre et se demanda si l'individu pouvait représenter un risque quelconque pour lui ? Certainement, non.
Le départ se fit sans encombre et Iba se posta sur non loin du commandant, le regard porté sur la mer, cependant. Son esprit tournait à plein régime depuis l'annonce d'Hyô. Il émettait des hypothèses incongrues qu'il rejetait presque aussitôt. Ces morts, c'était Karasu, sans aucun doute possible. Si les propos colportés étaient fondés, ce ne pouvait être que lui. Le shinobi ne voyait personne pour imiter ainsi la marque du déserteur. Dérivant dans ses raisonnements, il en vint à penser qu'il n'avait pas toujours pas osé parler véritablement à Hyô. Concrètement, ce n'était pas grand chose, mais pour le garçon, cela semblait être une terrible difficulté.
Le capitaine tenta d'engager la conversation et fit référence aux morts de l'île. Ni une, ni deux, cela fit "tilt" dans l'esprit de l'Oï-nin. Heureusement pour lui, les années d'expérience lui avait appris à masquer ses trop vives émotions et à répondre calmement avec les idées claires. Iba ne doutait pas qu'Hyô avait aussi saisi l'ambiguïté de la chose, d'ailleurs il questionna prudemment le chef du navire à ce sujet.
Une idée sur ceux qui ont fait le coup ? Baratin ? Possible. Après tout il ne savait pas quand les meurtres avaient été commis, mais par contre les corps avaient été retrouvés ce matin. Il se posait à Iba un problème de temps. Comment le capitaine pouvait-il être au courant s'il fallait presque huit heures pour se rendre de Uke à Nagumo ? En supposant que les corps aient été découvert au lever du jour, soit vers six heures du matin, le capitaine ne pouvait se trouver avec eux à cet instant et disposer de l'information, d'autant qu'Iba doutait que l'on puisse faire, sans trace de fatigue visible, un aller Nagumo-Uke aux aurores et repartir dans la foulée.
Le capitaine devait donc être à Uke même ce matin (ou tout du moins dans les environs immédiats). Si comme il le prétendait sa sœur l'avait prévenu, elle avait dû lui envoyer un courrier le matin même. Toujours pour cause de temps, elle devait donc se trouver proche de la zone "sensible".
Senichi – Ça n'a pas l'air de vous intéresser, et vous avez bien raison. Il ne faut pas se mêler de ce genre d'histoire. Généralement, ça ne vous apporte que des problèmes.
Deux minutes plus tard.
Senichi – Maintenant que j'y pense, vous ne m'avez pas donner vos noms toute à l'heure. Pas vrai ?
Piège ? Toujours difficile à dire. Prudence est mère de sûreté. Iba se retourna pour faire face à son interlocuteur. Il esquissa un très léger sourire et marqua son visage d'un air éveillé et quelque peu enthousiaste. L'Oï-nin se souvenait avoir beaucoup travailler devant sa glace son jeu d'émotion, tout comme bien avant, il avait entreprit d'apprendre à les masquer le mieux possible. C'est donc le plus traîtreusement du monde qu'Iba répondit.
Iba - Désolé, je suis un peu perdu. C'est la première fois que je quitte Uke, ça fait quelque chose.
Ce n'était pas faux, mais le ton avenant et engageant l'était. Hyô, qui le connaissait légèrement, devait en avoir conscience et surtout saisir la subtilité de la manœuvre. Le capitaine aurait certainement son opinion, mais par sa méconnaissance serait incapable de trancher.
Iba - C'est vrai que nous ne sommes même pas présenté, dit-il sur un ton gêné. L'homme ignorait l'identité d'Hyô, était-il un ermite ? Enfin l'esprit fourbe du jeune homme en profita pour imaginer alors un piège retors, tandis que ces yeux plongèrent sur le capitaine, guettant la moindre de ses réactions.
Je m'appelle Toshiro Aisu et voici mon cousin, Kei.
L'Oï-nin comptait savoir si leur nom de famille évoquait quelque chose pour le capitaine. Si oui, il prendrait le temps de le questionner plus en détail. Si non, il savait pertinemment que l'homme parlerait autour de lui de sa journée, des deux personnes qu'il avait transporté et de leur nom. Si le meurtrier avait tué des membres de leur clan, peut-être tenterait-il de nouveau le coup ? Iba marqua un temps d'arrêt pour laisser répondre son interlocuteur tandis qu'Hyô suivait la conversation en silence, pour le moment.
Iba - Mais reprenez, vous alliez nous dire ce que vous pensiez de cette sinistre affaire, derrière cette phrase avaient des allures de politesse, le ton était engageant, mais pouvait-on se douter qu'il était faux ? Iba se complaisait dans ce jeu d'acteur uniquement parce qu'il y voyait des renseignements à glaner, sinon, il y a fort à parier qu'il n'aurait pipé mot du voyage.
Hyô marqua lui aussi une posture indiquant qu'il était à l'écoute du capitaine, sans trop l'accentuer toutefois, pour ne pas en faire trop ou alors dévoiler un trop vif intérêt.
[C'est un peu court, mais je ferais mieux les prochaines fois =)]
Ils montèrent sur l'embarcation, qui aux vues de sa petitesse ne servait qu'à faire de courts aller retours entre les différentes îles du Pays de l'Eau. Le capitaine et seul membre d'équipage avait une allure massive, celle d'un homme puissamment bâti. Rapidement, Iba chercha à l'évaluer. Son style vestimentaire d'un goût que l'Oï-nin qualifierait de "décalé" jurait avec la carrure de l'individu. Avec méthode, le jeune homme chercha différents scénarios possibles quant au passé de leur interlocuteur. Combattant reconvertis dans le transport maritime ? Corsaire repenti ? Ou tout simplement la vie en mer l'avait forgé ? Cet examen passé, Iba en entama un autre et se demanda si l'individu pouvait représenter un risque quelconque pour lui ? Certainement, non.
Le départ se fit sans encombre et Iba se posta sur non loin du commandant, le regard porté sur la mer, cependant. Son esprit tournait à plein régime depuis l'annonce d'Hyô. Il émettait des hypothèses incongrues qu'il rejetait presque aussitôt. Ces morts, c'était Karasu, sans aucun doute possible. Si les propos colportés étaient fondés, ce ne pouvait être que lui. Le shinobi ne voyait personne pour imiter ainsi la marque du déserteur. Dérivant dans ses raisonnements, il en vint à penser qu'il n'avait pas toujours pas osé parler véritablement à Hyô. Concrètement, ce n'était pas grand chose, mais pour le garçon, cela semblait être une terrible difficulté.
Le capitaine tenta d'engager la conversation et fit référence aux morts de l'île. Ni une, ni deux, cela fit "tilt" dans l'esprit de l'Oï-nin. Heureusement pour lui, les années d'expérience lui avait appris à masquer ses trop vives émotions et à répondre calmement avec les idées claires. Iba ne doutait pas qu'Hyô avait aussi saisi l'ambiguïté de la chose, d'ailleurs il questionna prudemment le chef du navire à ce sujet.
Une idée sur ceux qui ont fait le coup ? Baratin ? Possible. Après tout il ne savait pas quand les meurtres avaient été commis, mais par contre les corps avaient été retrouvés ce matin. Il se posait à Iba un problème de temps. Comment le capitaine pouvait-il être au courant s'il fallait presque huit heures pour se rendre de Uke à Nagumo ? En supposant que les corps aient été découvert au lever du jour, soit vers six heures du matin, le capitaine ne pouvait se trouver avec eux à cet instant et disposer de l'information, d'autant qu'Iba doutait que l'on puisse faire, sans trace de fatigue visible, un aller Nagumo-Uke aux aurores et repartir dans la foulée.
Le capitaine devait donc être à Uke même ce matin (ou tout du moins dans les environs immédiats). Si comme il le prétendait sa sœur l'avait prévenu, elle avait dû lui envoyer un courrier le matin même. Toujours pour cause de temps, elle devait donc se trouver proche de la zone "sensible".
Senichi – Ça n'a pas l'air de vous intéresser, et vous avez bien raison. Il ne faut pas se mêler de ce genre d'histoire. Généralement, ça ne vous apporte que des problèmes.
Deux minutes plus tard.
Senichi – Maintenant que j'y pense, vous ne m'avez pas donner vos noms toute à l'heure. Pas vrai ?
Piège ? Toujours difficile à dire. Prudence est mère de sûreté. Iba se retourna pour faire face à son interlocuteur. Il esquissa un très léger sourire et marqua son visage d'un air éveillé et quelque peu enthousiaste. L'Oï-nin se souvenait avoir beaucoup travailler devant sa glace son jeu d'émotion, tout comme bien avant, il avait entreprit d'apprendre à les masquer le mieux possible. C'est donc le plus traîtreusement du monde qu'Iba répondit.
Iba - Désolé, je suis un peu perdu. C'est la première fois que je quitte Uke, ça fait quelque chose.
Ce n'était pas faux, mais le ton avenant et engageant l'était. Hyô, qui le connaissait légèrement, devait en avoir conscience et surtout saisir la subtilité de la manœuvre. Le capitaine aurait certainement son opinion, mais par sa méconnaissance serait incapable de trancher.
Iba - C'est vrai que nous ne sommes même pas présenté, dit-il sur un ton gêné. L'homme ignorait l'identité d'Hyô, était-il un ermite ? Enfin l'esprit fourbe du jeune homme en profita pour imaginer alors un piège retors, tandis que ces yeux plongèrent sur le capitaine, guettant la moindre de ses réactions.
Je m'appelle Toshiro Aisu et voici mon cousin, Kei.
L'Oï-nin comptait savoir si leur nom de famille évoquait quelque chose pour le capitaine. Si oui, il prendrait le temps de le questionner plus en détail. Si non, il savait pertinemment que l'homme parlerait autour de lui de sa journée, des deux personnes qu'il avait transporté et de leur nom. Si le meurtrier avait tué des membres de leur clan, peut-être tenterait-il de nouveau le coup ? Iba marqua un temps d'arrêt pour laisser répondre son interlocuteur tandis qu'Hyô suivait la conversation en silence, pour le moment.
Iba - Mais reprenez, vous alliez nous dire ce que vous pensiez de cette sinistre affaire, derrière cette phrase avaient des allures de politesse, le ton était engageant, mais pouvait-on se douter qu'il était faux ? Iba se complaisait dans ce jeu d'acteur uniquement parce qu'il y voyait des renseignements à glaner, sinon, il y a fort à parier qu'il n'aurait pipé mot du voyage.
Hyô marqua lui aussi une posture indiquant qu'il était à l'écoute du capitaine, sans trop l'accentuer toutefois, pour ne pas en faire trop ou alors dévoiler un trop vif intérêt.
[C'est un peu court, mais je ferais mieux les prochaines fois =)]

Iba Hiyori- Oi-nin de Kiri

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Re: La Traque de Karasu
Iba – C'est vrai que nous ne sommes même pas présenté, je m'appelle Toshiro Aisu et voici mon cousin, Kei.
Hyô n'haussa même pas un seul sourcil lorsque Iba se risqua à poser un nom sur leur visage. Il était Oï-nin, cela impliquait forcément une retenue et des responsabilités. Il était donc tout aussi libre de s’y tenir que de n’y accorder aucune attention. Révéler leur véritable origine représentait un danger même si le capitaine semblait peu familier au monde dont lui et Iba étaient issus.
A première vue, leur guide ne semblait pas jouer un rôle convenu à l’avance, il paressait sincère dans ses propos. Néanmoins, révéler le nom des Aisu pouvait entraîner quelques difficultés futures. Hyô imaginait le capitaine entrer dans une taverne de l’île après leur voyage et au vu de son franc-parler, le voir raconter à qui voulait l’entendre qu’il avait conduit deux bonhommes, Toshiro et Kei Aisu sur l’île, deux types pas très bavards soit dit en passant. Si les commanditaires des meurtres se trouvaient encore sur l’île – ce qui semblait peu probable bien que rien n’était vraiment impossible – et qu’ils apprenaient d’une manière ou d’une autre que deux Aisu venaient d’accoster, il y avait fort à parier qu’ils ne fermeraient pas l’oeil durant les 72 heures à venir.
Senichi – Toshiro et Kei ... ok ! Je vais essayer de m’en souvenir héhé.
Hyô n’écoutait même plus. Il réfléchissait. Était-ce l’orgueil qui avait poussé Iba à agir de cette manière ? Il n’y croyait pas. Il était mieux placé que quiconque pour savoir que certaines situations demandaient que l’on prenne des risques pour en dénouer les fils. C’était sans doute ce que Iba essayait de faire en agissant de la sorte. Il voulait des réponses aussi claires que possible. Même si Hyô jugeait qu’il était sans doute un peu trop tôt pour prendre des risques, il laissa une chance à son subordonné d’aller jusqu’au bout de son idée. Advienne que pourra.
Le bateau naviguait à toute allure sur les eaux troubles qui séparaient l’île principale du pays de celle de Nagumo. Encore très haut dans le ciel, l’astre du jour continuait de descendre en direction de l’horizon qu’il finirait par rejoindre d’ici quelques heures. Hyô ne semblait pas distrait par le spectacle, il se demandait jusqu’où lui et Iba devraient se rendre pour comprendre ce qui s’était déroulé à Dozen. La marque des affrontements de Konoha était encore là, au plus profond de lui. Il savait qu’il ne pouvait encore quantifier la puissance des membres d’Asahi avec une profonde exactitude. Même Karasu semblait échapper royalement à tous ses pronostics. Si ces individus se trouvaient mêlés à cette histoire, il n’y aurait plus d’échappatoires cette fois-ci, ce serait eux ou son duo avec Iba.
Senichi – Votre nom me dit quelque chose, Aisu hein ? Je l’ai déjà entendu quelque part, mais je ne me souviens plus où ... saleté de mémoire !
L’Homme de glace reporta son regard sombre vers le capitaine. L’homme lui tournait le dos, accroché qu’il était à la barre. Ainsi, il avait déjà entendu ce nom quelque part ... étonnant pour quelqu’un qui ne les avait même pas reconnu.
Senichi – Mais vous inquiétez pas pour elle, j’oublie peut-être beaucoup de chose mais pas les routes maritimes. Je m’y balade depuis que je suis tout petit, elles sont gravées à jamais là-dedans.
Le capitaine désigna son cerveau en tapotant sur son crâne.
Fait rarissime, Hyô dessina un semblant de sourire sur son visage au moment où le capitaine jeta un regard par dessus son épaule. Il voulait se donner un air sans doute un peu plus sympathique et abordable de manière à aider Iba dans sa tâche. Mais il devait avouer que sourire, même aussi légèrement qu’il était entrain de le faire, lui laissait un goût profondément amer au fond de la bouche. Ils étaient lancés sur les traces d’une affaire particulièrement complexe au prime abord mais ils devaient sourire à une personne qui n’avait peut-être jamais mis un pied dans le centre-ville de Kiri. La scène avait forcément de quoi les désoler.
Iba - Mais reprenez, vous alliez nous dire ce que vous pensiez de cette sinistre affaire.
Le capitaine reporta son attention devant lui. Hyô effaça aussitôt son sourire. Senichi ne les regardait plus et le chemin entamé par Iba ne prêtait plus à sourire, même pour l’homme le plus joyeux du monde.
Senichi – ... hmm vous avez raison je m’égare, alors reprenons où nous en étions ... alors les morts congelés ... oui ! Je vous disais que j’avais ma petite idée sur ceux qui avaient fait le coup. Si vous voulez mon avis, c’est ces maudits pirates qui pointent à nouveau le bout de leur nez. Si vous leur devez de l’argent à ces types là, c’est comme si vous étiez déjà mort. J’ose pas imaginer ce qu’ils ont du faire à ces pauvres gens ...
Hyô lança un bref regard en direction d’Iba. Des pirates ? Cet homme avait-il perdu la tête ou bien parlait-il en connaissance de cause ? La question était plutôt préoccupante. La menace pirate avait été écartée depuis un sacré paquet d’années. Pourtant, le capitaine en parlait comme s’il était habituel d’en rencontrer tous les jours. Intrigué par cette bien étrange version des faits, Hyô se permit de donner un petit coup de pouce à Iba en veillant toutefois à camoufler au mieux l’intérêt qu’il pouvait porter à ces propos.
Hyô – Est-ce que nous sommes susceptible de croiser leur route ?
Les épaules du capitaine tremblèrent de rire.
Senichi – De qui ? Des pirates ? Oh non non, ils sont moins nombreux maintenant. Finie l’époque où ils pillaient les côtes, désormais ils mettent le pied à terre et se fondent à la population. Ils ressemblent d’ailleurs plus à des brigands qu’à de véritables pirates, vous n’avez rien à craindre.
Des pirates brigands, voilà qui rendaient les choses un peu plus claires.
Hyô ne voyait aucun rapport entre la congélation des victimes et les moyens conventionnels utilisés par les brigands ou les pirates. Comment des hommes condamnés à piller et à voler pour survivre auraient pu congeler trois personnes ? Leur implication dans cette affaire était hautement improbable, voir impossible. Non, ça ne pouvait pas être eux. Hyô s’apprêtait à reporter son attention sur l’océan défilant à perte de vue quand quelque chose fit tilt dans sa tête. Et si le capitaine désignait autre chose par brigands ? Après tout, il avait été incapable de le reconnaître. Partant de cette constatation, comment aurait-il pu distinguer un membre de l’Asahi ou leur sous-fifres d’un groupe de brigands ? Son vocabulaire et ses connaissances ne semblaient pas couvrir cet écart d’après ce que Hyô en avait compris depuis le début de leur voyage.
Le regard songeur, il regarda Iba en fronçant ses sourcils pour le faire réagir sur cette étrange histoire de brigands. C’était à son tour de mener la danse.
Hyô n'haussa même pas un seul sourcil lorsque Iba se risqua à poser un nom sur leur visage. Il était Oï-nin, cela impliquait forcément une retenue et des responsabilités. Il était donc tout aussi libre de s’y tenir que de n’y accorder aucune attention. Révéler leur véritable origine représentait un danger même si le capitaine semblait peu familier au monde dont lui et Iba étaient issus.
A première vue, leur guide ne semblait pas jouer un rôle convenu à l’avance, il paressait sincère dans ses propos. Néanmoins, révéler le nom des Aisu pouvait entraîner quelques difficultés futures. Hyô imaginait le capitaine entrer dans une taverne de l’île après leur voyage et au vu de son franc-parler, le voir raconter à qui voulait l’entendre qu’il avait conduit deux bonhommes, Toshiro et Kei Aisu sur l’île, deux types pas très bavards soit dit en passant. Si les commanditaires des meurtres se trouvaient encore sur l’île – ce qui semblait peu probable bien que rien n’était vraiment impossible – et qu’ils apprenaient d’une manière ou d’une autre que deux Aisu venaient d’accoster, il y avait fort à parier qu’ils ne fermeraient pas l’oeil durant les 72 heures à venir.
Senichi – Toshiro et Kei ... ok ! Je vais essayer de m’en souvenir héhé.
Hyô n’écoutait même plus. Il réfléchissait. Était-ce l’orgueil qui avait poussé Iba à agir de cette manière ? Il n’y croyait pas. Il était mieux placé que quiconque pour savoir que certaines situations demandaient que l’on prenne des risques pour en dénouer les fils. C’était sans doute ce que Iba essayait de faire en agissant de la sorte. Il voulait des réponses aussi claires que possible. Même si Hyô jugeait qu’il était sans doute un peu trop tôt pour prendre des risques, il laissa une chance à son subordonné d’aller jusqu’au bout de son idée. Advienne que pourra.
Le bateau naviguait à toute allure sur les eaux troubles qui séparaient l’île principale du pays de celle de Nagumo. Encore très haut dans le ciel, l’astre du jour continuait de descendre en direction de l’horizon qu’il finirait par rejoindre d’ici quelques heures. Hyô ne semblait pas distrait par le spectacle, il se demandait jusqu’où lui et Iba devraient se rendre pour comprendre ce qui s’était déroulé à Dozen. La marque des affrontements de Konoha était encore là, au plus profond de lui. Il savait qu’il ne pouvait encore quantifier la puissance des membres d’Asahi avec une profonde exactitude. Même Karasu semblait échapper royalement à tous ses pronostics. Si ces individus se trouvaient mêlés à cette histoire, il n’y aurait plus d’échappatoires cette fois-ci, ce serait eux ou son duo avec Iba.
Senichi – Votre nom me dit quelque chose, Aisu hein ? Je l’ai déjà entendu quelque part, mais je ne me souviens plus où ... saleté de mémoire !
L’Homme de glace reporta son regard sombre vers le capitaine. L’homme lui tournait le dos, accroché qu’il était à la barre. Ainsi, il avait déjà entendu ce nom quelque part ... étonnant pour quelqu’un qui ne les avait même pas reconnu.
Senichi – Mais vous inquiétez pas pour elle, j’oublie peut-être beaucoup de chose mais pas les routes maritimes. Je m’y balade depuis que je suis tout petit, elles sont gravées à jamais là-dedans.
Le capitaine désigna son cerveau en tapotant sur son crâne.
Fait rarissime, Hyô dessina un semblant de sourire sur son visage au moment où le capitaine jeta un regard par dessus son épaule. Il voulait se donner un air sans doute un peu plus sympathique et abordable de manière à aider Iba dans sa tâche. Mais il devait avouer que sourire, même aussi légèrement qu’il était entrain de le faire, lui laissait un goût profondément amer au fond de la bouche. Ils étaient lancés sur les traces d’une affaire particulièrement complexe au prime abord mais ils devaient sourire à une personne qui n’avait peut-être jamais mis un pied dans le centre-ville de Kiri. La scène avait forcément de quoi les désoler.
Iba - Mais reprenez, vous alliez nous dire ce que vous pensiez de cette sinistre affaire.
Le capitaine reporta son attention devant lui. Hyô effaça aussitôt son sourire. Senichi ne les regardait plus et le chemin entamé par Iba ne prêtait plus à sourire, même pour l’homme le plus joyeux du monde.
Senichi – ... hmm vous avez raison je m’égare, alors reprenons où nous en étions ... alors les morts congelés ... oui ! Je vous disais que j’avais ma petite idée sur ceux qui avaient fait le coup. Si vous voulez mon avis, c’est ces maudits pirates qui pointent à nouveau le bout de leur nez. Si vous leur devez de l’argent à ces types là, c’est comme si vous étiez déjà mort. J’ose pas imaginer ce qu’ils ont du faire à ces pauvres gens ...
Hyô lança un bref regard en direction d’Iba. Des pirates ? Cet homme avait-il perdu la tête ou bien parlait-il en connaissance de cause ? La question était plutôt préoccupante. La menace pirate avait été écartée depuis un sacré paquet d’années. Pourtant, le capitaine en parlait comme s’il était habituel d’en rencontrer tous les jours. Intrigué par cette bien étrange version des faits, Hyô se permit de donner un petit coup de pouce à Iba en veillant toutefois à camoufler au mieux l’intérêt qu’il pouvait porter à ces propos.
Hyô – Est-ce que nous sommes susceptible de croiser leur route ?
Les épaules du capitaine tremblèrent de rire.
Senichi – De qui ? Des pirates ? Oh non non, ils sont moins nombreux maintenant. Finie l’époque où ils pillaient les côtes, désormais ils mettent le pied à terre et se fondent à la population. Ils ressemblent d’ailleurs plus à des brigands qu’à de véritables pirates, vous n’avez rien à craindre.
Des pirates brigands, voilà qui rendaient les choses un peu plus claires.
Hyô ne voyait aucun rapport entre la congélation des victimes et les moyens conventionnels utilisés par les brigands ou les pirates. Comment des hommes condamnés à piller et à voler pour survivre auraient pu congeler trois personnes ? Leur implication dans cette affaire était hautement improbable, voir impossible. Non, ça ne pouvait pas être eux. Hyô s’apprêtait à reporter son attention sur l’océan défilant à perte de vue quand quelque chose fit tilt dans sa tête. Et si le capitaine désignait autre chose par brigands ? Après tout, il avait été incapable de le reconnaître. Partant de cette constatation, comment aurait-il pu distinguer un membre de l’Asahi ou leur sous-fifres d’un groupe de brigands ? Son vocabulaire et ses connaissances ne semblaient pas couvrir cet écart d’après ce que Hyô en avait compris depuis le début de leur voyage.
Le regard songeur, il regarda Iba en fronçant ses sourcils pour le faire réagir sur cette étrange histoire de brigands. C’était à son tour de mener la danse.

Geïrou Hyô- Anbu de Kiri

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