Les Statues Meurent Aussi
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Re: Les Statues Meurent Aussi
Ils patientèrent une semaine.
Un matin, Tael allumait le feu. Ashe la regardait faire, elles étaient seules à être réveillée. La femme regarda un long moment son masque, à terre. Elle voulait l'oublier, mais c'était comme s'il était enchaîné à elle. Ashe lui avait sourit.
[Ashe] - Fais ce dont tu as besoin, non ?
Tael n'avait pas répondu tout de suite. Elle avait posé ses doigts sur les rebords de son masque et l'avait caressé. Les souvenirs s'en échappaient, fuyants et brutaux. Elle le leva au niveau de son visage et sourit à son tour.
[Tael] - Oui. Tu as raison.
Elle jeta le masque dans les flammes et elles le regardèrent se consumer, ensembles.
Ashe n'avait pas entièrement récupérée, mais elle insistait pour ne pas retarder davantage ce qui devait être leur dernier mouvement. Ils marchaient le long des couloirs, accompagnés de cette étrange lumière bleutée. Eko dirigeait la marche, il avait depuis longtemps repéré les lieux. Il les conduisit à une salle relativement vaste, circulaire. La poussière, invisible, était cependant immédiatement suffocante.
[Geisei] – Cette caverne ne me manquera pas.
[Ashe] – A moi non plus.
Geisei soutenait la petite fille par le bras, plus par mesure de prudence que par réelle nécessité.
Tael s'avançait et observait les lieux. Il n'y avait rien ici qui puisse leur donner la moindre indication. Quelques meubles brisés, des étagères remplies de livres écornés et ternes.
[Geisei] – On va devoir lire les bouquins, là ?
Il grogna.
[Geisei] – Si c'est le cas, je préfère partir de suite.
Tael posa sa main sur le seul meuble dont elle ne pouvait déterminer l'utilité. A son contact, elle comprit qu'il s'agissait de pierre, sculptée d'un seul bloc dans ce matériau glacial. Il y avait des rainures au-dessus et, au centre, un creux en forme de cercle.
[Tael] – Ce ne sera pas nécessaire.
Elle plongea sa main dans son chemisier et en ressortit ce qu'elle avait pris pour un hochet, dans la montagne il y avait quelques temps déjà. Sans trop savoir comment s'y prendre, elle le plaça dans ce qui devait être son emplacement d'origine. Quand elle tira dessus, l'objet refusa de sortir. Elle se recula, hésita et ouvrit la bouche mais avant qu'elle ne parle la pièce trembla.
[Eko] – Mauvaise idée. Le vent arrive.
Il désigna le plafond et tous regardèrent dans cette direction. Le tremblement s'intensifia.
[Tael] – Rapprochez-vous autour de moi.
Ils s'exécutèrent. Ils purent voir la première fissure craqueler la voûte, puis une myriade d'autres plus fines mais beaucoup plus longues s'étendre et s'immiscer entre les dalles.
[Geisei] – Ca va s'écrouler.
[Tael] – Oui.
Geisei hésita une seconde, puis ajouta.
[Geisei] – Et on est dessous.
[Tael] – Oui.
[Geisei] – Bien. Je voulais juste être sûr que tout le monde était bien au courant.
Une pierre se déchaussa et s'écrasa sur une étagère. La voûte trembla davantage. Tael saisit Ashe par la taille et la rapprocha d'elle. Elle se pencha à son oreille.
[Tael] – Tiens toi à moi. Et prends ça.
Elle lui remit une bague.
[Ashe] – Pourquoi ?
[Tael] – Elle est trop petite pour moi.
C'était la bague qu'Hasu lui avait donnée. Un fin anneau qui avait appartenu à la plus jeune des Trois Sœurs.
[Ashe] – Merci.
Tael ne répondit pas et leva les yeux. Les pierres tombaient et bientôt, comme l'avait prédit Eko, le vent arriva. Il dévasta le plafond et, comme s'il était pourvu d'une conscience propre, stationna au-dessus d'eux sans les toucher autrement qu'en faisant claquer leurs vêtements.
[Tael] – Bien. On va y aller.
[Geisei] – Où ?
Tael sourit.
[Tael] – Ne t'en occupes pas.
Les dernières pierres qui chutaient s'immobilisèrent dans les airs. La femme ferma les yeux et tordit la réalité. Elle marchait vers le vent, et avec elle tous ses compagnons. Le vent gronda, furieux d'être piégé. Il reculait à mesure qu'elle progressait.
Il s'enfuit, elle le suivit.
Le front trempé de sueur, des vertiges la menaçaient. La vitesse du vent importait peu, sa réalité était la sienne. Mais tracter ses compagnons était particulièrement épuisant. Comme si elle devait les porter sur ses épaules, sans considération pour l'espace, juste l'effort était présent. Le vent essayait de l'attaquer, parfois, mais il comprit rapidement qu'il ne pouvait pas gagner ici.
Ils s'arrêtèrent en même temps. Le vent prit de la hauteur et disparut. Tael tomba à genoux, haletante. Ashe regardait autour d'elle, les lèvres entrouvertes.
[Ashe] – Comment tu as fait ?
Geisei cligna plusieurs fois des yeux et se passa une main devant, agressé par la luminosité éclatante. Ils étaient près d'une cascade et aux côtés d'un bois.
[Tael] – J'ai suivi le vent. Mais c'était un être humain.
La petite fille fronça les sourcils.
[Ashe] – Un humain ?
[Tael] – Oui. C'est comme ça que je l'ai ressenti, comme si un humain avait pris l'apparence du vent pour nous attaquer.
Tael releva la tête. C'était la cascade de Gamuro, le premier village par lequel elle était passée en quittant Konoha. Le village devait être tout proche, elle caressa un instant l'idée d'aller le visiter une dernière fois. Passer voir Mashiro, et Akogare. Juste pour le serrer dans ses bras et revoir Tenshi.
Elle se redressa totalement.
[Tael] – Je suis passé par-là au tout début de mon voyage. J'aurais pu le finir avant même de le commencer.
[Geisei] – Ouais, mais je t'aurais pas rencontré.
Elle sourit et hocha la tête.
[Eko] – Il faut aller dans le village ?
[Tael] – Non, derrière la cascade.
Geisei posa sa main sur son sabre.
[Geisei] – Tu vas utiliser la réalité ?
Tael se remit en marche en suivant l'étroit sentier de pierre, celui qui se rapprochait au plus près de la cascade.
[Tael] – Ce ne sera pas nécessaire. Nous sommes attendus.
Ils ne posèrent pas plus de questions et gravirent la pente. Le bruit de la cascade leur parvint brusquement, bien qu'il n'ait été qu'une vague rumeur jusqu'alors. Geisei grimaça et parla, mais sa voix fut étouffée.
La pente s'interrompait brutalement. Eko posa sa main sur l'oreille de Tael et rapprocha ses lèvres.
[Eko] – Le son est creux derrière l'eau. Il y a un passage.
Tael hocha la tête. De là où ils étaient, il était impossible de voir quoique ce soit par-delà le rideau écumeux. Ils se regardèrent. Avant qu'ils ne puissent l'en empêcher, Ashe avait déjà levé une main vers la cataracte. Celle-ci gémit et sa progression fut brisée. La petite fille utilisa l'eau pour s'en faire un pont entre leur bord et celui qui était apparu, de l'autre côté.
Ils passèrent rapidement, Ashe relâcha la cascade.
[Tael] – Ce n'est pas prudent Ashe.
La petite fille posa sa main autour de sa taille et avança. Elle ne répondit pas.
[Eko] – C'est étrange.
[Tael] – Oui. On est observé.
Geisei retira sa lame de son fourreau et la posa sur son épaule.
[Geisei] – Je ne sais pas qui sont tes ennemis, Tael. Mais on s'en occupera.
Ils marchèrent sur le sol rocheux, le bruit tonnant de la cascade s'estompait déjà. Tael marchait en tête, avec Ashe appuyée contre elle. Ils cheminaient lentement, sans se soucier des regards qui pesaient sur eux. Ils quittèrent l'antichambre et suivirent un très petit couloir, lequel ne tarda pas à déboucher sur une salle rectangulaire aux proportions beaucoup plus larges.
Six hommes habillés de pourpre se tenaient devant une grande porte.
Un matin, Tael allumait le feu. Ashe la regardait faire, elles étaient seules à être réveillée. La femme regarda un long moment son masque, à terre. Elle voulait l'oublier, mais c'était comme s'il était enchaîné à elle. Ashe lui avait sourit.
[Ashe] - Fais ce dont tu as besoin, non ?
Tael n'avait pas répondu tout de suite. Elle avait posé ses doigts sur les rebords de son masque et l'avait caressé. Les souvenirs s'en échappaient, fuyants et brutaux. Elle le leva au niveau de son visage et sourit à son tour.
[Tael] - Oui. Tu as raison.
Elle jeta le masque dans les flammes et elles le regardèrent se consumer, ensembles.
Ashe n'avait pas entièrement récupérée, mais elle insistait pour ne pas retarder davantage ce qui devait être leur dernier mouvement. Ils marchaient le long des couloirs, accompagnés de cette étrange lumière bleutée. Eko dirigeait la marche, il avait depuis longtemps repéré les lieux. Il les conduisit à une salle relativement vaste, circulaire. La poussière, invisible, était cependant immédiatement suffocante.
[Geisei] – Cette caverne ne me manquera pas.
[Ashe] – A moi non plus.
Geisei soutenait la petite fille par le bras, plus par mesure de prudence que par réelle nécessité.
Tael s'avançait et observait les lieux. Il n'y avait rien ici qui puisse leur donner la moindre indication. Quelques meubles brisés, des étagères remplies de livres écornés et ternes.
[Geisei] – On va devoir lire les bouquins, là ?
Il grogna.
[Geisei] – Si c'est le cas, je préfère partir de suite.
Tael posa sa main sur le seul meuble dont elle ne pouvait déterminer l'utilité. A son contact, elle comprit qu'il s'agissait de pierre, sculptée d'un seul bloc dans ce matériau glacial. Il y avait des rainures au-dessus et, au centre, un creux en forme de cercle.
[Tael] – Ce ne sera pas nécessaire.
Elle plongea sa main dans son chemisier et en ressortit ce qu'elle avait pris pour un hochet, dans la montagne il y avait quelques temps déjà. Sans trop savoir comment s'y prendre, elle le plaça dans ce qui devait être son emplacement d'origine. Quand elle tira dessus, l'objet refusa de sortir. Elle se recula, hésita et ouvrit la bouche mais avant qu'elle ne parle la pièce trembla.
[Eko] – Mauvaise idée. Le vent arrive.
Il désigna le plafond et tous regardèrent dans cette direction. Le tremblement s'intensifia.
[Tael] – Rapprochez-vous autour de moi.
Ils s'exécutèrent. Ils purent voir la première fissure craqueler la voûte, puis une myriade d'autres plus fines mais beaucoup plus longues s'étendre et s'immiscer entre les dalles.
[Geisei] – Ca va s'écrouler.
[Tael] – Oui.
Geisei hésita une seconde, puis ajouta.
[Geisei] – Et on est dessous.
[Tael] – Oui.
[Geisei] – Bien. Je voulais juste être sûr que tout le monde était bien au courant.
Une pierre se déchaussa et s'écrasa sur une étagère. La voûte trembla davantage. Tael saisit Ashe par la taille et la rapprocha d'elle. Elle se pencha à son oreille.
[Tael] – Tiens toi à moi. Et prends ça.
Elle lui remit une bague.
[Ashe] – Pourquoi ?
[Tael] – Elle est trop petite pour moi.
C'était la bague qu'Hasu lui avait donnée. Un fin anneau qui avait appartenu à la plus jeune des Trois Sœurs.
[Ashe] – Merci.
Tael ne répondit pas et leva les yeux. Les pierres tombaient et bientôt, comme l'avait prédit Eko, le vent arriva. Il dévasta le plafond et, comme s'il était pourvu d'une conscience propre, stationna au-dessus d'eux sans les toucher autrement qu'en faisant claquer leurs vêtements.
[Tael] – Bien. On va y aller.
[Geisei] – Où ?
Tael sourit.
[Tael] – Ne t'en occupes pas.
Les dernières pierres qui chutaient s'immobilisèrent dans les airs. La femme ferma les yeux et tordit la réalité. Elle marchait vers le vent, et avec elle tous ses compagnons. Le vent gronda, furieux d'être piégé. Il reculait à mesure qu'elle progressait.
Il s'enfuit, elle le suivit.
Le front trempé de sueur, des vertiges la menaçaient. La vitesse du vent importait peu, sa réalité était la sienne. Mais tracter ses compagnons était particulièrement épuisant. Comme si elle devait les porter sur ses épaules, sans considération pour l'espace, juste l'effort était présent. Le vent essayait de l'attaquer, parfois, mais il comprit rapidement qu'il ne pouvait pas gagner ici.
Ils s'arrêtèrent en même temps. Le vent prit de la hauteur et disparut. Tael tomba à genoux, haletante. Ashe regardait autour d'elle, les lèvres entrouvertes.
[Ashe] – Comment tu as fait ?
Geisei cligna plusieurs fois des yeux et se passa une main devant, agressé par la luminosité éclatante. Ils étaient près d'une cascade et aux côtés d'un bois.
[Tael] – J'ai suivi le vent. Mais c'était un être humain.
La petite fille fronça les sourcils.
[Ashe] – Un humain ?
[Tael] – Oui. C'est comme ça que je l'ai ressenti, comme si un humain avait pris l'apparence du vent pour nous attaquer.
Tael releva la tête. C'était la cascade de Gamuro, le premier village par lequel elle était passée en quittant Konoha. Le village devait être tout proche, elle caressa un instant l'idée d'aller le visiter une dernière fois. Passer voir Mashiro, et Akogare. Juste pour le serrer dans ses bras et revoir Tenshi.
Elle se redressa totalement.
[Tael] – Je suis passé par-là au tout début de mon voyage. J'aurais pu le finir avant même de le commencer.
[Geisei] – Ouais, mais je t'aurais pas rencontré.
Elle sourit et hocha la tête.
[Eko] – Il faut aller dans le village ?
[Tael] – Non, derrière la cascade.
Geisei posa sa main sur son sabre.
[Geisei] – Tu vas utiliser la réalité ?
Tael se remit en marche en suivant l'étroit sentier de pierre, celui qui se rapprochait au plus près de la cascade.
[Tael] – Ce ne sera pas nécessaire. Nous sommes attendus.
Ils ne posèrent pas plus de questions et gravirent la pente. Le bruit de la cascade leur parvint brusquement, bien qu'il n'ait été qu'une vague rumeur jusqu'alors. Geisei grimaça et parla, mais sa voix fut étouffée.
La pente s'interrompait brutalement. Eko posa sa main sur l'oreille de Tael et rapprocha ses lèvres.
[Eko] – Le son est creux derrière l'eau. Il y a un passage.
Tael hocha la tête. De là où ils étaient, il était impossible de voir quoique ce soit par-delà le rideau écumeux. Ils se regardèrent. Avant qu'ils ne puissent l'en empêcher, Ashe avait déjà levé une main vers la cataracte. Celle-ci gémit et sa progression fut brisée. La petite fille utilisa l'eau pour s'en faire un pont entre leur bord et celui qui était apparu, de l'autre côté.
Ils passèrent rapidement, Ashe relâcha la cascade.
[Tael] – Ce n'est pas prudent Ashe.
La petite fille posa sa main autour de sa taille et avança. Elle ne répondit pas.
[Eko] – C'est étrange.
[Tael] – Oui. On est observé.
Geisei retira sa lame de son fourreau et la posa sur son épaule.
[Geisei] – Je ne sais pas qui sont tes ennemis, Tael. Mais on s'en occupera.
Ils marchèrent sur le sol rocheux, le bruit tonnant de la cascade s'estompait déjà. Tael marchait en tête, avec Ashe appuyée contre elle. Ils cheminaient lentement, sans se soucier des regards qui pesaient sur eux. Ils quittèrent l'antichambre et suivirent un très petit couloir, lequel ne tarda pas à déboucher sur une salle rectangulaire aux proportions beaucoup plus larges.
Six hommes habillés de pourpre se tenaient devant une grande porte.

Akogare Hyuuga- Oi-nin de Konoha

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Re: Les Statues Meurent Aussi
[Début du message précédent édité, suite à un oubli.]
[Tael] – Ah.
Elle leva les yeux, une alcôve permettait de voir la salle suivante.
[Tael] – Je dois passer.
[Geisei] – Je m'occupe des six, vous passez.
Eko leva un sourcil.
[Eko] – Tu es sûr ?
Geisei sourit largement et quelque chose de rassurant brillait dans ses yeux. L'envie.
[Geisei] – Tu ne m'as vu me battre que contre la nana de tout à l'heure. Et elle était jolie. Pas eux.
Il s'avança, une main le long du corps et l'autre resserrée autour de son sabre.
[Geisei] – Suivez-moi et passez.
Ils l'écoutèrent. Les six hommes ne bougèrent pas, ils tenaient tous leur arme. Geisei attendit d'être à une quinzaine de mètre pour s'incliner.
[Geisei] – Messieurs, vous avez l'honneur de m'avoir pour adversaire. Je vous défie tous les six. Ecartez-vous.
Ils s'exécutèrent. Tael, Ashe et Eko s'enfoncèrent dans cette allée. Ils ne furent pas attaqués. Cela indiquait deux choses. Ils savaient qu'ils allaient gagner contre Geisei, et ils savaient que Tael allait au devant de dangers plus grands encore. Elle se tourna vers le jeune homme. Il avait ouvert son kimono, ses épaules et le haut de sa poitrine étaient fièrement exposés.
Elle lui sourit et se détourna.
D'un coup sec, Eko ouvrit la porte.
[Ashe] – Oh…
La salle était nettement plus haute que la précédente. Des torches de différentes couleurs – verte, rouge, jaune ou violettes – couraient sur les murs, ce qui donnait à la salle une atmosphère presque mystique.
La pièce était vide. La porte se referma avec un bruit sourd. Leurs pas résonnaient étonnamment sur les dalles froides.
Deux silhouettes se détachèrent des ombres sont que rien ne le laisse présager. Tael les reconnut.
[Hideo] – Je vous attendais.
Ashe fronça les sourcils. L'homme présenta la salle d'un ample geste du bras.
[Hideo] – Pas d'eau ici, petite. Juste de l'acier et de la pierre.
Il sortit son arme, et Tael hésita. Hideo était certainement trop fort pour Ashe ou pour Eko, quoiqu'elle ne sache pas de quoi ce dernier était capable. Elle-même aurait du mal contre lui. Et c'était sans compter l'autre.
[???] – Je t'ai loupé dans la forêt. J'aime pas les arbres.
C'était le jeune aux cheveux courts qui l'avait agressé il y a plusieurs semaines désormais. Les Sans-Visages l'avait probablement sauvé ce jour-là, l'homme possédait d'étranges pouvoirs. Mais aujourd'hui, elle était armée.
Derrière eux, une nouvelle porte, encore plus haute. Elle devait continuer.
Avant qu'elle ne puisse faire le moindre mouvement, l'homme était sur eux. Il chercha le flanc d'Ashe, mais Tael para sa lame.
[Tael] – Gamin.
Elle riposta, les aciers se longèrent mais ce fut celui de la femme qui rencontra la chair. Eko le saisit par l'épaule et l'envoya au loin, contre un pilier.
[Hideo] – Ne la sous-estime pas Tsaharu.
Tael s'avançait vers le jeune homme, encore inconscient. Hideo secoua la tête et courut à sa rencontre. Elle esquiva son attaque, répliqua mais son adversaire était rapide. Les échanges étaient brefs, la femme voulait le tuer et en finir le plus vite possible. Elle se rapprocha du pilier, reculant sous les assauts d'Hideo. Tael entendit Tsaharu se redresser, dans son dos. Elle vit même, du coin de l'œil, Eko se précipiter vers eux. Le coup partit. Mais curieusement, elle ne fut pas touchée. Ce fut à cet instant qu'elle perçu la fumée violette.
[???] – Ah ! la lâcheté. C'est un sentiment rassurant.
[???] – Ironique, tu ne penses pas ? Qu'un sentiment causé dans et par l'insécurité puisse nous faire sentir au calme.
Hideo recula d'un pas. Deux formes drapées dans des manteaux rouges lui tournaient le dos. L'une d'elle se tourna, son visage n'existait pas mais il semblait radieux.
[???] – Ils sont deux ! Ils sont deux ! On va bien s'amuser.
C'était le plus petit des deux, il arrivait à peine à la poitrine de Tael. Deux lames battaient ses flancs, longues et effilées. Le second, beaucoup plus grand, plus de deux mètres, portait une lame colossale. Elle était en ce moment plantée dans le sol et la pointe de l'arme de Tsaharu était fichée en son centre.
Les Sans-Visage étaient venus honorés leur promesse.
[???] – Je serais tenté de dire que la lâcheté, fondamentalement, est rattachée à ce qui fonde notre essence. C'est-à-dire une force négative qui se nourrit de nos peurs, de nos doutes et de notre absence de confiance – en nous et en les autres.
[???] – Ah, je ne suis pas d'accord. On ne devient pas lâche, pas plus qu'on ne né ainsi. Même des gens terrifiés, qui ont subi de lourds traumatismes peuvent se révéler courageux. C'est d'ailleurs à force d'expérience que le courage apparaît : ce n'est qu'une balance qui nous souffle les actions qui doivent être entreprises et celles qui, trop dangereuses ou inutiles, doivent être évitées.
Le petit ricana et se tourna totalement vers Hideo. Pendant leur conversation, les deux ennemis s'étaient éloignés de quelques pas, hésitants quant à la conduite à adopter.
[???] – Tael ! Ah, Tael ! Je suis très content de te voir, toutefois, je te prierais de nous laisser ces deux individus. S'il te plaît, belle gourmande, partage un peu.
[???] – Ne le prends pas mal, mais nous préférons philosopher tous les deux. C'est notre petite habitude.
Tael ouvrit la bouche, puis hocha la tête.
[???] – Ah ! Délicieuse, absolument délicieuse ! Petit hochement de tête divin, inclinaison féminine, presque coquette, qui nous invite à écorcher ces deux gentilshommes.
[???] – Oui, très sexy, très sexy. Et puis, cette façon que tu as de tenir ta lame Tael, je t'assure elle crée en moi des images très douces mais, hélas, c'est tout à fait déconcentrant. Et ta bouche, ta bouche entrouverte appelle au baiser !
Tael referma ses lèvres en un sourire fin.
[???] – Oh, coquin. Tu vas la faire rougir. Non ? Même pas un peu ? Un tout petit peu ? Tael, délici…
Tsaharu l'attaqua. Il l'éloigna du plat de la lame.
[???] – Quelle impolitesse ! J'allais déclamer un poème enflammé à notre succulente Tael ! Il n'y a rien de plus injuste qu'un ignorant.
[???] – Oh ! Je connais, je connais cette ligne ! C'est dans un livre ?
[???] – Du théâtre oui.
Tael recula, Eko et Ashe l'attendaient près de l'autre porte.
[Eko] – On peut les laisser seuls ?
[Tael] – Ils sont très bons. Un peu dissipés, c'est tout.
[Tael] – Ah.
Elle leva les yeux, une alcôve permettait de voir la salle suivante.
[Tael] – Je dois passer.
[Geisei] – Je m'occupe des six, vous passez.
Eko leva un sourcil.
[Eko] – Tu es sûr ?
Geisei sourit largement et quelque chose de rassurant brillait dans ses yeux. L'envie.
[Geisei] – Tu ne m'as vu me battre que contre la nana de tout à l'heure. Et elle était jolie. Pas eux.
Il s'avança, une main le long du corps et l'autre resserrée autour de son sabre.
[Geisei] – Suivez-moi et passez.
Ils l'écoutèrent. Les six hommes ne bougèrent pas, ils tenaient tous leur arme. Geisei attendit d'être à une quinzaine de mètre pour s'incliner.
[Geisei] – Messieurs, vous avez l'honneur de m'avoir pour adversaire. Je vous défie tous les six. Ecartez-vous.
Ils s'exécutèrent. Tael, Ashe et Eko s'enfoncèrent dans cette allée. Ils ne furent pas attaqués. Cela indiquait deux choses. Ils savaient qu'ils allaient gagner contre Geisei, et ils savaient que Tael allait au devant de dangers plus grands encore. Elle se tourna vers le jeune homme. Il avait ouvert son kimono, ses épaules et le haut de sa poitrine étaient fièrement exposés.
Elle lui sourit et se détourna.
D'un coup sec, Eko ouvrit la porte.
[Ashe] – Oh…
La salle était nettement plus haute que la précédente. Des torches de différentes couleurs – verte, rouge, jaune ou violettes – couraient sur les murs, ce qui donnait à la salle une atmosphère presque mystique.
La pièce était vide. La porte se referma avec un bruit sourd. Leurs pas résonnaient étonnamment sur les dalles froides.
Deux silhouettes se détachèrent des ombres sont que rien ne le laisse présager. Tael les reconnut.
[Hideo] – Je vous attendais.
Ashe fronça les sourcils. L'homme présenta la salle d'un ample geste du bras.
[Hideo] – Pas d'eau ici, petite. Juste de l'acier et de la pierre.
Il sortit son arme, et Tael hésita. Hideo était certainement trop fort pour Ashe ou pour Eko, quoiqu'elle ne sache pas de quoi ce dernier était capable. Elle-même aurait du mal contre lui. Et c'était sans compter l'autre.
[???] – Je t'ai loupé dans la forêt. J'aime pas les arbres.
C'était le jeune aux cheveux courts qui l'avait agressé il y a plusieurs semaines désormais. Les Sans-Visages l'avait probablement sauvé ce jour-là, l'homme possédait d'étranges pouvoirs. Mais aujourd'hui, elle était armée.
Derrière eux, une nouvelle porte, encore plus haute. Elle devait continuer.
Avant qu'elle ne puisse faire le moindre mouvement, l'homme était sur eux. Il chercha le flanc d'Ashe, mais Tael para sa lame.
[Tael] – Gamin.
Elle riposta, les aciers se longèrent mais ce fut celui de la femme qui rencontra la chair. Eko le saisit par l'épaule et l'envoya au loin, contre un pilier.
[Hideo] – Ne la sous-estime pas Tsaharu.
Tael s'avançait vers le jeune homme, encore inconscient. Hideo secoua la tête et courut à sa rencontre. Elle esquiva son attaque, répliqua mais son adversaire était rapide. Les échanges étaient brefs, la femme voulait le tuer et en finir le plus vite possible. Elle se rapprocha du pilier, reculant sous les assauts d'Hideo. Tael entendit Tsaharu se redresser, dans son dos. Elle vit même, du coin de l'œil, Eko se précipiter vers eux. Le coup partit. Mais curieusement, elle ne fut pas touchée. Ce fut à cet instant qu'elle perçu la fumée violette.
[???] – Ah ! la lâcheté. C'est un sentiment rassurant.
[???] – Ironique, tu ne penses pas ? Qu'un sentiment causé dans et par l'insécurité puisse nous faire sentir au calme.
Hideo recula d'un pas. Deux formes drapées dans des manteaux rouges lui tournaient le dos. L'une d'elle se tourna, son visage n'existait pas mais il semblait radieux.
[???] – Ils sont deux ! Ils sont deux ! On va bien s'amuser.
C'était le plus petit des deux, il arrivait à peine à la poitrine de Tael. Deux lames battaient ses flancs, longues et effilées. Le second, beaucoup plus grand, plus de deux mètres, portait une lame colossale. Elle était en ce moment plantée dans le sol et la pointe de l'arme de Tsaharu était fichée en son centre.
Les Sans-Visage étaient venus honorés leur promesse.
[???] – Je serais tenté de dire que la lâcheté, fondamentalement, est rattachée à ce qui fonde notre essence. C'est-à-dire une force négative qui se nourrit de nos peurs, de nos doutes et de notre absence de confiance – en nous et en les autres.
[???] – Ah, je ne suis pas d'accord. On ne devient pas lâche, pas plus qu'on ne né ainsi. Même des gens terrifiés, qui ont subi de lourds traumatismes peuvent se révéler courageux. C'est d'ailleurs à force d'expérience que le courage apparaît : ce n'est qu'une balance qui nous souffle les actions qui doivent être entreprises et celles qui, trop dangereuses ou inutiles, doivent être évitées.
Le petit ricana et se tourna totalement vers Hideo. Pendant leur conversation, les deux ennemis s'étaient éloignés de quelques pas, hésitants quant à la conduite à adopter.
[???] – Tael ! Ah, Tael ! Je suis très content de te voir, toutefois, je te prierais de nous laisser ces deux individus. S'il te plaît, belle gourmande, partage un peu.
[???] – Ne le prends pas mal, mais nous préférons philosopher tous les deux. C'est notre petite habitude.
Tael ouvrit la bouche, puis hocha la tête.
[???] – Ah ! Délicieuse, absolument délicieuse ! Petit hochement de tête divin, inclinaison féminine, presque coquette, qui nous invite à écorcher ces deux gentilshommes.
[???] – Oui, très sexy, très sexy. Et puis, cette façon que tu as de tenir ta lame Tael, je t'assure elle crée en moi des images très douces mais, hélas, c'est tout à fait déconcentrant. Et ta bouche, ta bouche entrouverte appelle au baiser !
Tael referma ses lèvres en un sourire fin.
[???] – Oh, coquin. Tu vas la faire rougir. Non ? Même pas un peu ? Un tout petit peu ? Tael, délici…
Tsaharu l'attaqua. Il l'éloigna du plat de la lame.
[???] – Quelle impolitesse ! J'allais déclamer un poème enflammé à notre succulente Tael ! Il n'y a rien de plus injuste qu'un ignorant.
[???] – Oh ! Je connais, je connais cette ligne ! C'est dans un livre ?
[???] – Du théâtre oui.
Tael recula, Eko et Ashe l'attendaient près de l'autre porte.
[Eko] – On peut les laisser seuls ?
[Tael] – Ils sont très bons. Un peu dissipés, c'est tout.

Akogare Hyuuga- Oi-nin de Konoha

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Re: Les Statues Meurent Aussi
[???] – Tael, de combien de temps as-tu besoin ?
[Tael] – Autant que tu peux m'en accorder.
[???] – Quelle réponse intelligente !
Le petit Sans-Visage testa la garde d'Hideo. Il ne frappa qu'une fois et hocha la tête.
[???] - Tu auras ton temps Tael. Va !
Tael et ses deux compagnons ignorèrent les échanges métalliques et passèrent la porte. Mêmes proportions que la précédente, à peu de choses près. Cette fois-ci, il n'y avait pas de quatrième porte devant eux, juste un long couloir verdâtre. Ils se dirigèrent vers lui, pendant que les battants de bois se refermaient. Tael s'aperçut que son cœur battait plus rapidement.
Eko grogna.
[Eko] - Attention.
Les chaînes à ses poignets tintèrent sourdement. Tael ralentit son pas, sa main se posa sur son katana.
[Tael] – Ashe, derrière moi.
Ashe eut à peine le temps d'obéir que des ombres colorées s'abattaient tout autour d'eux. L'une d'elle apparut face à la femme. Celle-ci fronça les sourcils.
[Tael] – Vous ?
Geisei para les deux lames d'un unique mouvement. Sa jambe s'appuyait sur les dalles trop lisses. Ses quatre autres adversaires le contournaient déjà. Il attendit trois secondes supplémentaires et se retira, écartant d'un geste l'une des lames ennemie. Il fit deux pas de côtés, très rapides, et frappa de toute l'ampleur de son bras la cuisse d'un autre homme. L'attaque manqua, Geisei se rétracta aussitôt.
[Geisei] – Pas mal. Mais est-ce que vous voulez vraiment continuer ?
Pour toutes réponses, trois lames bondirent vers sa poitrine. Il sauta et la pointe de son sabre pénétra dans le pied d'un homme. Celui-ci grogna.
[Geisei] – Je ne vous demande pas ça par politesse. Mais…
Il sentit la brûlure curieusement glaciale de l'acier dans sa jambe. Il haussa les sourcils et jeta un coup d'œil derrière lui. Un ennemi s'apprêtait à frapper à son tour. Geisei essaya de se mouvoir mais la lame dans son dos l'en empêchait. S'il bougeait, l'un de ses organes pouvait être endommagé. Le sabre ennemi se rapprochait.
[Geisei] – Trop pressé, eh ?
Il s'avança d'un pas, l'acier lui rongea le corps mais avant que l'ennemi ne puisse aggraver sa blessure, Geisei était déjà hors de portée.
[Geisei] - Je prendrais ça pour un non.
[???] – Ne le prends pas mal, mais je trouve ta vision furieusement iconoclaste.
[???] – Tiens donc.
Le plus grand frappa de toute la puissance de son bras le sol devant Tsaharu. Le guerrier recula précipitamment, mais déjà il se faisait de nouveau agresser.
[???] – Ne le prends pas mal, hein.
[Mugen] – Aucune inquiétude. J'aime quand tu es honnête.
Le dénommé Mugen poussa Tsaharu du bout de sa lame contre le mur. Pendant ce temps, le petit virevoltait tout autour d'Hideo qui le repoussait inlassablement.
[???] – Je vais approfondir ma pensée. Tu semblais, dans ta démonstration oublier le facteur de la passion.
Mugen rit joyeusement.
[Mugen] – Oh ! oui ! la passion. J'aime ce mot. Pas-si-on. Il roule sur la langue. Enfin, si j'en avais une.
[Tsaharu] – Comment peux-tu rire, monstre ?
Mugen posa son arme sur l'épaule et se saisit le menton.
[Mugen] – Eh bien, puisque tu évoques notre condition, sache qu'elle n'est guère reluisante. Avant, nous étions beaux comme des dieux, vraiment. Qu'est-ce qu'on pouvait s'aligner comme nanas, hein, Kanko ?
Kanko esquiva la lame d'Hideo d'une simple torsion dorsale et riposta au niveau du cœur. Le guerrier dût reculer, encore.
[Kanko] – Si je me souviens ! A ce propos, tu te rappellede cette nuit à la taverne du… merde, c'était quoi son nom…
Mugen frappa du plat de son arme l'épaule de Tsaharu. Le jeune homme partit s'écrouler plus loin. Il se redressa sur un genou, chancelant.
[Kanko] – Ah, oui, San Mando. C'était à San Mando.
Tsaharu ferma les yeux et projeta une formidable force contre Mugen. Ce dernier vola à travers la moitié de la salle et s'écrasa contre les dalles, lesquelles se déchaussèrent sous son poids. Il y eut un surprenant silence.
[Tsaharu] – Je suis le vent, je frappe sans être vu, je suis toujours là où l'on ne m'attend pas.
Mugen se redressa, appuyé sur son épée. Il se releva totalement et laissa échapper une exclamation.
[Mugen] – Oui ! Avec les deux gonzesses, c'est bien ça ? La très belle et la pas trop jolie ? Même que j'avais la très belle.
[Kanko] – Avant qu'on échange…
[Mugen] – Oui. La très belle n'était finalement pas très excitante. Un peu trop passive, j'avais l'impression de gémir pour deux, voire pour toute la taverne. Et puis, elle mettait les dents.
Les épaules de Tsaharu s'affaissèrent. Il se remémorait tous les adversaires qu'il avait terrifiés, en les frappan comme il l'avait fait. Même cette Tael avait été étonnée. Sa mâchoire se contracta, sa silhouette s'effaça rapidement et il devint le vent.
[Tsaharu] – Je vais mettre les dents aussi maintenant.
[Kanko] – C'est vrai. Elle était maladroite. Pleine de bonne volonté, mais timide et maladroite.
Tsaharu se précipita sur Mugen, lui lacéra la chair et les habits puis prit un peu de hauteur. Le guerrier vermeil était immobile. Il toussota.
[Mugen] – Timide, c'est le mot. Ca lui coupait toute imagination.
Hideo réussit à s'infiltrer dans la garde de son petit adversaire. Il frappa à trois reprises, mais aucun fluide ne s'écoula. Kanko sauta en l'air.
[Kanko] – Pourtant avec son corps, elle poussait la mienne jusqu'à des confins encore inconnus.
Mugen secoua la tête et la leva vers Tsaharu.
[Mugen] – Quel gâchis, hein ? Si jolie et si nulle. Allez, viens par-là toi.
L'homme sourit.
[???] – J'en ai peur.
Tael sortit son arme.
[Tael] – Depuis le début c'est vous ?
Il haussa les épaules.
[???] – Quel début ? Tu as commençais à t'immiscer dans mes affaires au port. Je ne sais pas pourquoi, mais tu m'as poursuivi jusqu'ici.
L'homme portait un bandeau sur les yeux. Tael se souvenait de la rencontre avec Kahei. Elle attendait une indication pour sa quête, il l'avait abordé et puis elle était allée se coucher. Pendant la nuit, le village dans lequel elle se trouvait avait été attaqué par des pirates. Par lui.
[Tael] – Tu as ma fille.
L'homme n'esquissa pas le moindre mouvement, il semblait réfléchir. Il finit par sourire.
[Kahei] – J'en doute.
Il se détourna et écarta les rangs de ses gardes. Tael fronça les sourcils et fit un pas. Des lames se propulsèrent à sa rencontre.
[Kahei] – C'est une très mauvaise idée, Tael. Tu peux faire demi-tour, je n'ai nulle rancœur contre toi.
Tael fut poussée par Eko, lequel envoya son bras colossal contre les lames ennemies. Il saisit l'homme le plus proche, le leva au niveau de son visage et lui écrasa le nez d'un coup sec avant de l'envoyer s'écraser contre les autres.
Kahei s'éloignait dans le couloir.
[Ashe] – On te rejoint.
Ashe était dans le dos d'Eko, aucun adversaire ne s'intéressait à elle, trop occupé à contenir la prodigieuse force de l'homme.
Tael hocha la tête brièvement et courut devant elle. Un ennemi jugea opportun de l'intercepter, sa tête rebondit deux fois sur le sol. La femme s'enfonça à la suite de Kahei.
Eko fit carillonner ses chaînes. Il savait ce que voulait la petite fille dans son dos, c'est-à-dire attirer l'attention de tous pendant qu'elle rassemblait la force nécessaire pour les balayer. Mais Ashe sentit un coup heurter son crâne. Des larmes apparurent au coin de ses yeux tandis qu'elle chutait lentement. Elle chercha son agresseur, mais il n'y avait personne.
Elle comprit alors que c'était simplement son corps qui lui indiquait qu'il ne pouvait plus faire davantage d'efforts.
Tsaharu fut obligé de reprendre sa forme humaine. Sa lèvre saignait, et une large balafre déchirait son torse. Mugen l'ignora et se tourna vers son compagnon. Kanko était très rapide, mais cet Hideo était très doué. Peut-être un peu trop prudent, il était impressionnable. Il n'y avait peut-être rien de pire, dans un combat. Cette soudaine faiblesse où l'on en vient à douter de sa propre force, où l'on préfère éviter la défaite plutôt que d'atteindre la victoire.
[Kanko] – … Toute la journée du lendemain, on l'a passée à la taverne si je me souviens bien.
[Mugen] – Correct. Il faisait beau temps et on avait une mission genre importante, en plus, les deux nanas étaient reparties.
Il se tourna vers Tsaharu.
[Mugen] – Toutefois je suis pas sûr qu'elles soient parties en marchant droit, si tu vois le truc.
Le jeune homme grogna une syllabe inaudible.
[Kanko] – Mais ce jour-là, il y avait cette minuscule fille qui chantait avec son groupe.
[Mugen] – Ouais, très dynamique la nana, elle souriait et riait tout le temps. Elle mettait le feu dans ce petit bouge misérable.
[Kanko] – Elle était très drôle en plus. Elle sortait avec l'un de ses musiciens, le gros balourd aux cheveux courts
Mugen jeta un regard appuyé sur Tsaharu.
[Mugen] – Un peu comme toi, le visage peut-être plus long. Enfin laid quoi, comparés à nous.
[Kanko] – Sans offenses bien sûr.
Tsaharu attaqua.
[Mugen] – Démonstration pratique : la vérité blesse...
L'homme sauta dans les airs et abattit son arme sur Mugen. Celui-ci envoya brutalement sa lame dans les cieux, transperçant l'abdomen du jeune guerrier.
[Mugen] – … mais elle n'est pas la seule.
Tael déboucha sur un espace au plein air. Des arbres résineux s'élevaient partout et ignoraient la rivière et la roche. Kahei l'attendait sur un petit promontoire rocailleux, son bandeau rouge barrait son visage souriant.
Il tenait une très longue lame à la main.
[Kahei] – C'est dommage. Une si jolie femme. Tael. Ta-el. C'est ton vrai nom ?
[Tael] – Oui.
[Kahei] – Pourquoi es-tu venue Tael ?
Elle s'avançait toujours, à pas lents.
[Tael] – Ma fille.
Il secoua la tête lentement.
[Kahei] – Nous n'avons pas d'enfants ici. Les esclaves sont revendus presque immédiatement. Alors, pourquoi es-tu venue Tael ?
Elle ne répondit pas.
[Kahei] – Tu peux repartir Tael. Nous n'avons pas à nous affronter, ce serait inutile.
Il baissa la lame de son arme.
[Kahei] – Je suis sincèrement désolé pour ta fille, mais elle n'est pas chez nous et ne l'a jamais été. Si tu ne recules pas, alors nous nous battrons.
Il la pointa de son arme.
[Kahei] – Et personne ne viendra t'aider ici, dans mon sanctuaire.
Tael sourit.
[Tael] – Célébrons la rencontre de deux héros alors. Tous les deux.
[Tael] – Autant que tu peux m'en accorder.
[???] – Quelle réponse intelligente !
Le petit Sans-Visage testa la garde d'Hideo. Il ne frappa qu'une fois et hocha la tête.
[???] - Tu auras ton temps Tael. Va !
Tael et ses deux compagnons ignorèrent les échanges métalliques et passèrent la porte. Mêmes proportions que la précédente, à peu de choses près. Cette fois-ci, il n'y avait pas de quatrième porte devant eux, juste un long couloir verdâtre. Ils se dirigèrent vers lui, pendant que les battants de bois se refermaient. Tael s'aperçut que son cœur battait plus rapidement.
Eko grogna.
[Eko] - Attention.
Les chaînes à ses poignets tintèrent sourdement. Tael ralentit son pas, sa main se posa sur son katana.
[Tael] – Ashe, derrière moi.
Ashe eut à peine le temps d'obéir que des ombres colorées s'abattaient tout autour d'eux. L'une d'elle apparut face à la femme. Celle-ci fronça les sourcils.
[Tael] – Vous ?
***
Geisei para les deux lames d'un unique mouvement. Sa jambe s'appuyait sur les dalles trop lisses. Ses quatre autres adversaires le contournaient déjà. Il attendit trois secondes supplémentaires et se retira, écartant d'un geste l'une des lames ennemie. Il fit deux pas de côtés, très rapides, et frappa de toute l'ampleur de son bras la cuisse d'un autre homme. L'attaque manqua, Geisei se rétracta aussitôt.
[Geisei] – Pas mal. Mais est-ce que vous voulez vraiment continuer ?
Pour toutes réponses, trois lames bondirent vers sa poitrine. Il sauta et la pointe de son sabre pénétra dans le pied d'un homme. Celui-ci grogna.
[Geisei] – Je ne vous demande pas ça par politesse. Mais…
Il sentit la brûlure curieusement glaciale de l'acier dans sa jambe. Il haussa les sourcils et jeta un coup d'œil derrière lui. Un ennemi s'apprêtait à frapper à son tour. Geisei essaya de se mouvoir mais la lame dans son dos l'en empêchait. S'il bougeait, l'un de ses organes pouvait être endommagé. Le sabre ennemi se rapprochait.
[Geisei] – Trop pressé, eh ?
Il s'avança d'un pas, l'acier lui rongea le corps mais avant que l'ennemi ne puisse aggraver sa blessure, Geisei était déjà hors de portée.
[Geisei] - Je prendrais ça pour un non.
***
[???] – Ne le prends pas mal, mais je trouve ta vision furieusement iconoclaste.
[???] – Tiens donc.
Le plus grand frappa de toute la puissance de son bras le sol devant Tsaharu. Le guerrier recula précipitamment, mais déjà il se faisait de nouveau agresser.
[???] – Ne le prends pas mal, hein.
[Mugen] – Aucune inquiétude. J'aime quand tu es honnête.
Le dénommé Mugen poussa Tsaharu du bout de sa lame contre le mur. Pendant ce temps, le petit virevoltait tout autour d'Hideo qui le repoussait inlassablement.
[???] – Je vais approfondir ma pensée. Tu semblais, dans ta démonstration oublier le facteur de la passion.
Mugen rit joyeusement.
[Mugen] – Oh ! oui ! la passion. J'aime ce mot. Pas-si-on. Il roule sur la langue. Enfin, si j'en avais une.
[Tsaharu] – Comment peux-tu rire, monstre ?
Mugen posa son arme sur l'épaule et se saisit le menton.
[Mugen] – Eh bien, puisque tu évoques notre condition, sache qu'elle n'est guère reluisante. Avant, nous étions beaux comme des dieux, vraiment. Qu'est-ce qu'on pouvait s'aligner comme nanas, hein, Kanko ?
Kanko esquiva la lame d'Hideo d'une simple torsion dorsale et riposta au niveau du cœur. Le guerrier dût reculer, encore.
[Kanko] – Si je me souviens ! A ce propos, tu te rappellede cette nuit à la taverne du… merde, c'était quoi son nom…
Mugen frappa du plat de son arme l'épaule de Tsaharu. Le jeune homme partit s'écrouler plus loin. Il se redressa sur un genou, chancelant.
[Kanko] – Ah, oui, San Mando. C'était à San Mando.
Tsaharu ferma les yeux et projeta une formidable force contre Mugen. Ce dernier vola à travers la moitié de la salle et s'écrasa contre les dalles, lesquelles se déchaussèrent sous son poids. Il y eut un surprenant silence.
[Tsaharu] – Je suis le vent, je frappe sans être vu, je suis toujours là où l'on ne m'attend pas.
Mugen se redressa, appuyé sur son épée. Il se releva totalement et laissa échapper une exclamation.
[Mugen] – Oui ! Avec les deux gonzesses, c'est bien ça ? La très belle et la pas trop jolie ? Même que j'avais la très belle.
[Kanko] – Avant qu'on échange…
[Mugen] – Oui. La très belle n'était finalement pas très excitante. Un peu trop passive, j'avais l'impression de gémir pour deux, voire pour toute la taverne. Et puis, elle mettait les dents.
Les épaules de Tsaharu s'affaissèrent. Il se remémorait tous les adversaires qu'il avait terrifiés, en les frappan comme il l'avait fait. Même cette Tael avait été étonnée. Sa mâchoire se contracta, sa silhouette s'effaça rapidement et il devint le vent.
[Tsaharu] – Je vais mettre les dents aussi maintenant.
[Kanko] – C'est vrai. Elle était maladroite. Pleine de bonne volonté, mais timide et maladroite.
Tsaharu se précipita sur Mugen, lui lacéra la chair et les habits puis prit un peu de hauteur. Le guerrier vermeil était immobile. Il toussota.
[Mugen] – Timide, c'est le mot. Ca lui coupait toute imagination.
Hideo réussit à s'infiltrer dans la garde de son petit adversaire. Il frappa à trois reprises, mais aucun fluide ne s'écoula. Kanko sauta en l'air.
[Kanko] – Pourtant avec son corps, elle poussait la mienne jusqu'à des confins encore inconnus.
Mugen secoua la tête et la leva vers Tsaharu.
[Mugen] – Quel gâchis, hein ? Si jolie et si nulle. Allez, viens par-là toi.
***
L'homme sourit.
[???] – J'en ai peur.
Tael sortit son arme.
[Tael] – Depuis le début c'est vous ?
Il haussa les épaules.
[???] – Quel début ? Tu as commençais à t'immiscer dans mes affaires au port. Je ne sais pas pourquoi, mais tu m'as poursuivi jusqu'ici.
L'homme portait un bandeau sur les yeux. Tael se souvenait de la rencontre avec Kahei. Elle attendait une indication pour sa quête, il l'avait abordé et puis elle était allée se coucher. Pendant la nuit, le village dans lequel elle se trouvait avait été attaqué par des pirates. Par lui.
[Tael] – Tu as ma fille.
L'homme n'esquissa pas le moindre mouvement, il semblait réfléchir. Il finit par sourire.
[Kahei] – J'en doute.
Il se détourna et écarta les rangs de ses gardes. Tael fronça les sourcils et fit un pas. Des lames se propulsèrent à sa rencontre.
[Kahei] – C'est une très mauvaise idée, Tael. Tu peux faire demi-tour, je n'ai nulle rancœur contre toi.
Tael fut poussée par Eko, lequel envoya son bras colossal contre les lames ennemies. Il saisit l'homme le plus proche, le leva au niveau de son visage et lui écrasa le nez d'un coup sec avant de l'envoyer s'écraser contre les autres.
Kahei s'éloignait dans le couloir.
[Ashe] – On te rejoint.
Ashe était dans le dos d'Eko, aucun adversaire ne s'intéressait à elle, trop occupé à contenir la prodigieuse force de l'homme.
Tael hocha la tête brièvement et courut devant elle. Un ennemi jugea opportun de l'intercepter, sa tête rebondit deux fois sur le sol. La femme s'enfonça à la suite de Kahei.
Eko fit carillonner ses chaînes. Il savait ce que voulait la petite fille dans son dos, c'est-à-dire attirer l'attention de tous pendant qu'elle rassemblait la force nécessaire pour les balayer. Mais Ashe sentit un coup heurter son crâne. Des larmes apparurent au coin de ses yeux tandis qu'elle chutait lentement. Elle chercha son agresseur, mais il n'y avait personne.
Elle comprit alors que c'était simplement son corps qui lui indiquait qu'il ne pouvait plus faire davantage d'efforts.
***
Tsaharu fut obligé de reprendre sa forme humaine. Sa lèvre saignait, et une large balafre déchirait son torse. Mugen l'ignora et se tourna vers son compagnon. Kanko était très rapide, mais cet Hideo était très doué. Peut-être un peu trop prudent, il était impressionnable. Il n'y avait peut-être rien de pire, dans un combat. Cette soudaine faiblesse où l'on en vient à douter de sa propre force, où l'on préfère éviter la défaite plutôt que d'atteindre la victoire.
[Kanko] – … Toute la journée du lendemain, on l'a passée à la taverne si je me souviens bien.
[Mugen] – Correct. Il faisait beau temps et on avait une mission genre importante, en plus, les deux nanas étaient reparties.
Il se tourna vers Tsaharu.
[Mugen] – Toutefois je suis pas sûr qu'elles soient parties en marchant droit, si tu vois le truc.
Le jeune homme grogna une syllabe inaudible.
[Kanko] – Mais ce jour-là, il y avait cette minuscule fille qui chantait avec son groupe.
[Mugen] – Ouais, très dynamique la nana, elle souriait et riait tout le temps. Elle mettait le feu dans ce petit bouge misérable.
[Kanko] – Elle était très drôle en plus. Elle sortait avec l'un de ses musiciens, le gros balourd aux cheveux courts
Mugen jeta un regard appuyé sur Tsaharu.
[Mugen] – Un peu comme toi, le visage peut-être plus long. Enfin laid quoi, comparés à nous.
[Kanko] – Sans offenses bien sûr.
Tsaharu attaqua.
[Mugen] – Démonstration pratique : la vérité blesse...
L'homme sauta dans les airs et abattit son arme sur Mugen. Celui-ci envoya brutalement sa lame dans les cieux, transperçant l'abdomen du jeune guerrier.
[Mugen] – … mais elle n'est pas la seule.
***
Tael déboucha sur un espace au plein air. Des arbres résineux s'élevaient partout et ignoraient la rivière et la roche. Kahei l'attendait sur un petit promontoire rocailleux, son bandeau rouge barrait son visage souriant.
Il tenait une très longue lame à la main.
[Kahei] – C'est dommage. Une si jolie femme. Tael. Ta-el. C'est ton vrai nom ?
[Tael] – Oui.
[Kahei] – Pourquoi es-tu venue Tael ?
Elle s'avançait toujours, à pas lents.
[Tael] – Ma fille.
Il secoua la tête lentement.
[Kahei] – Nous n'avons pas d'enfants ici. Les esclaves sont revendus presque immédiatement. Alors, pourquoi es-tu venue Tael ?
Elle ne répondit pas.
[Kahei] – Tu peux repartir Tael. Nous n'avons pas à nous affronter, ce serait inutile.
Il baissa la lame de son arme.
[Kahei] – Je suis sincèrement désolé pour ta fille, mais elle n'est pas chez nous et ne l'a jamais été. Si tu ne recules pas, alors nous nous battrons.
Il la pointa de son arme.
[Kahei] – Et personne ne viendra t'aider ici, dans mon sanctuaire.
Tael sourit.
[Tael] – Célébrons la rencontre de deux héros alors. Tous les deux.

Akogare Hyuuga- Oi-nin de Konoha

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Re: Les Statues Meurent Aussi
Geisei chercha de sa main libre la blessure que ses ennemis lui avaient infligée. Il sentit son sang chaud coulait entre ses doigts et secoua la tête.
[Geisei] – Embroché, huh ?
Quand il attaqua, il n'avait rien perdu de sa vitesse, ses mouvements étaient plus amples, plus brefs aussi. Il créait autour de lui un cercle libre. Cela lui demandait beaucoup d'efforts et sa blessure s'élargissait, le liquide se répandait aussi bien dans son dos que sur son ventre. Ce n'était cependant pas une blessure mortelle, quand bien même elle avait pénétré d'un bout à l'autre.
Seule la quantité de sang versé pouvait influencer son état.
[Geisei] – Un, deux.
Il bondit sur un pied puis sur l'autre, tourna sur lui-même et planta son arme dans la poitrine de l'home qui l'avait suivi. Il tomba face contre terre.
[Geisei] – Cinq contre un, pas trop fatigués ?
Il feinta, frappa doucement sur le bras de son adversaire et se déplaça autour de lui. Ses yeux surveillaient chacun des mouvements ennemis, il faisait de son mieux pour ne jamais avoir personne derrière lui.
Il se demandait ce que ferait Tousen dans sa position. La réponse ne le rassura pas : Tousen aurait déjà gagné. Geisei se trouvait lent, lourd. Ses gestes étaient faibles, il ne parvenait pas à y insuffler la force nécessaire.
Il se concentra. Il était plus puissant que cela, il avait abattu des hommes et des femmes beaucoup plus impressionnants.
De plus, il n'avait pas envie de voir sa vie s'achever ici. Geisei posa son arme contre son genou fléchi.
[Geisei] – Tousen, salaud, tu aurais pu me l'apprendre entièrement.
Il sourit et se leva.
[Geisei] - Mais on verra bien le résultat.
[Kanko] – Eh bien vous savez quoi ?
Hideo n'ouvrit pas même la bouche. Il ne pouvait éviter d'entendre le flot de paroles incessant, mais son esprit bien ordonné l'écartait comme ce qu'il était : un parasite. Pourtant, il ne parvenait à prendre l'ascendant sur Kanko. Trop vif, il était partout. Une chance qu'il ne prenne pas ce combat au sérieux.
[Kanko] – C'était le soir, à peu près dix-neuf heures. Elle chantait, on était quelques uns à l'applaudir. Elle avait une bouche, oh ! à faire pâlir, euh…
Mugen toussota et proposa.
[Mugen] – Tamoko Hufi ?
Kanko rit et dût même interrompre son attaque pour se tenir les côtes. Hideo n'hésita pas et porta une attaque, le petit guerrier l'écarta par pur réflexe.
[Kanko] – Oh oui ! oui, à faire pâlir Hufi. Et pourtant, la Hufi, je vous assure qu'elle réveillerait la libido d'un moine mort et ascète.
Tsaharu tenait difficilement debout. Il se répétait que s'il perdait, c'était à cause de la taille de l'épée de son ennemi. C'était quoi, ce sabre ridiculement grand ? Il était aussi large que ses cuisses jointes, et pratiquement plus long que lui.
Hideo porta une attaque de flanc, la lame s'enfonça, mais Kanko ne sembla pas s'en soucier.
[Kanko] – Elle s'approche de nous…
[Mugen] – Oui, de nous.
Tsaharu se mit en garde, Mugen lui accorda un coup d'œil mais se désintéressa aussitôt.
[Mugen] – Avec son décolleté échancré jusqu'au nombril.
[Kanko] - Mmh, oui, presque. Enfin bref, elle s'approche et nous sourit en nous disant que c'est sa pause.
Mugen laissa son arme sur son épaule et envoya Tsaharu s'écraser contre le mur d'une main.
[Mugen] – Elle nous demande si on veut chanter avec elle, parce qu'on a de jolies voix.
[Kanko] - Tu oublies de préciser que tu lui as répondu, fort à propos : "jalouse ?" Voyou.
Hideo fronça les sourcils. Le corps de son adversaire était solide, mais il ne saignait pas. Cependant, il était forcément blessé. Pourquoi se souciait-il se peu de son état ? Il porta une attaque au niveau de la poitrine, Kanko para maladroitement et la pointe de la lame pénétra son abdomen.
[Mugen] – Vrai. Ah. C'est sans doute grâce à ça que quelques heures plus tard…
[Kanko] – Tais-toi ! Ne raconte pas la fin. Oh, tu vas tout gâcher.
Il se tourna vers Hideo.
[Kanko] – Vous avez deviné la fin, dites ?
[Hideo] – Non. Je n'écoute pas.
[Kanko] – On peut poursuivre, tant mieux.
Hideo hésitait. S'il relâchait son pouvoir, il risquait d'y avoir de très importants dégâts dans l'antre de son supérieur. Kahei n'aimait pas le désordre. Mais il était évident que ses attaques étaient parfaitement inutiles.
[Kanko] – Donc, nous, confiants, on lui dit qu'on est ok.
Hideo avait cessé de se battre, contrairement à Tsaharu qui s'était relevé et qui harcelait les flancs de Mugen. Mais le géant se contentait de le repousser d'une main.
[Kanko] – On chante avec elle. Faut dire, on était bons chanteurs, même si on était plus versé dans la chanson paillarde. Mais on connaissait ses chansons par cœur, elle était toute contente.
Mugen finit par refermer son poing autour du cou de Tsaharu. Le jeune homme s'agita dans tous les sens, furieux. Le géant l'approcha de son visage. D'une voix dangereusement basse, il lui demanda.
[Mugen] – Tu vas écouter l'histoire tranquillement, oui ou non ?
Il le secoua dans tous les sens et, devant l'absence de réponse, l'envoya de toutes ses forces dans le mur.
[Kanko] – Tu abîmes le public là, Mug. Bon. Son lourdaud de petit ami nous fusillait du regard. Je le comprends, Mugen avait sa main sur le bras nu de sa nana et il avait tendance à la laisser un peu trop longtemps.
Mugen haussa les épaules.
[Mugen] – Tu l'as dit, elle était ravie.
Hideo joignit ses mains et ferma les yeux. Quelques secondes plus tard, les piliers de la pièce frémirent. Les Sans-Visages ne s'en soucièrent pas.
[Kanko] - Oui, elle s'appuyait aussi plus que de raison contre nous. Non, rassurez vous, elle n'était pas saoule. Quelques minutes plus tard, on lui propose d'aller se reposer dans notre chambre.
Mugen soupira.
[Mugen] – Elle venait de vivre peut-être les moments les plus excitants de sa vie, son accord était fatal. Mais…
Une pierre tomba et éclata les dalles sous son poids. Kanko leva les yeux vers la voûte.
[Kanko] – Son lourdaud de copain avait tout entendu. Dans l'esprit de la nana, il n'existait même plus. Mais il allait tout faire foirer, vous savez, culpabilité, responsabilité, ces conneries.
Tout un pan du plafond céda. Mugen se rapprocha de son ami et ils observèrent ensembles la chute des pierres.
[Mugen] – Kanko a attiré la fille dans l'escalier. Elle allait protester, en disant que son copain était juste là. Mais j'ai pris le copain et je l'ai balancé par la fenêtre. Paf ! coup droit. On a même pas entendu la chute.
Le flot de leur parole se ralentissait à mesure que les pierres tombaient.
[Kanko] – Oui… Je l'ai prise par la main et j'ai dit : "quel copain ?" Elle s'est tourné, la lumière jouait sur ses mèches, j'avais très envie d'elle. Elle était hagarde, Mugen a dit : "ah, il a dû partir avec la bonne femme qui était là-bas". Et j'ai ajouté : "elle lui faisait des œillades pendant qu'il jouait, ça en devenait gênant.
[Mugen] – Alors son copain s'est de nouveau effacé de son esprit. Elle a monté les marches en riant, on parlait. C'était bien.
Un pilier s'effondra. Le bruit qu'il émit lorsque la base se sépara du tronc résonna un long moment, prélude de sa chute. Les autres suivirent un par un, le bruit retentissant empêchait quiconque de parler.
[Hideo] – C'était passionnant. Vraiment. Mais maintenant, nous devons vous quitter. Notre maître nous attend.
[Mugen] – Ce n'est pas encore fini.
Hideo recula très rapidement, c'était presque irréel. Les pierres qui étaient tombées s'élevèrent de quelques centimètres au-dessus du sol.
[Hideo] – Si, ça l'est.
Les pierres fondirent sur eux.
La masse d'hommes appuyait contre lui, il saignait à plusieurs endroits. Mais Eko se redressa de toute sa taille et emprisonna la tête d'un guerrier dans sa main. Il la tordit jusqu'à entendre distinctement les os craquer.
Il jeta un bref coup d'œil à Ashe. Il crut que la jeune fille s'était évanouie.
Mais elle était toujours consciente. La douleur avait commencé de son crâne, pour couler le long de sa colonne vertébrale d'où elle atteint chaque muscle. Elle cherchait, mais aucune source d'eau ne semblait directement disponible. Si elle avait été plus près de la cascade, la question ne se serait pas posée et la douleur se serait retirée.
Mais pour le moment, la seule eau qu'elle détectait était celle enfermée dans le corps des gardes. Il serait possible, bien sûr, de la faire exploser et le sort de tous serait réglé. Cependant cela demandait une dose d'énergie qu'Ashe ne possédait plus. Le fait même de réfléchir lui coûtait des souffrances.
Eko murmura des mots inaudibles. Il frappa le sol du pied, une fine lézarde courut. Du dos de la main il écarta ses plus proches agresseurs. Ashe s'agita lorsqu'un des hommes baissa les yeux sur elle. Il fit un pas dans sa direction, mais Eko lui brisa le bassin.
[Eko] – Laissez l'enfant.
Dès qu'il eut finit de parler, une barrière pourpre les sépara de la foule ennemie. Surpris, ils essayèrent leurs armes dessus mais le voile coloré absorbait leurs attaques une à une. L'acier s'enfonçait d'un ou deux centimètres, jamais plus, peu importait la force du coup.
Eko s'agenouilla.
[Eko] – Ashe, tout va bien ?
Elle sourit.
[Ashe] – Fatiguée.
L'homme la tourna prudemment sur le dos. Ses côtes n'étaient pas intactes. D'autres guerriers étaient apparus dans la salle, la boule pourpre n'isolait pas le son. Ils étaient très nombreux, une cinquantaine. Ashe respira profondément à plusieurs reprises, puis murmura.
[Ashe] – Je sais comment on peut sortir de là. Mais je suis trop faible, j'aurai besoin de toi.
Les rayons du soleil se reflétaient à chaque fois que leurs katana se rencontraient. Parfois, quelques étincelles étaient libérées et partaient s'éteindre sans hâte dans l'herbe. Kahei restait toujours très droit, il ne manquait jamais ses sauts et ses attaques visaient immanquablement un organe vital.
Tael ne lui accordait aucun répit, elle appuyait sur sa garde, exploitait tous les avantages, mêmes infimes, qui se présentait à elle. C'était peut-être son tout dernier combat. Mais cela semblait insuffisant, Kahei ne se fatiguait pas. Ses gestes étaient calculés, trop précis pour ne pas trahir une pratique plus qu'assidue du sabre.
Sa façon de se battre rappelait à Tael celle de Tenshi, la femme qui lui avait ôté son bras droit.
Le bandeau de Kahei flottait dans les airs.
[Kahei] – Les légendes ne mentaient pas, on dirait. Tu es très forte.
Il réfléchit en esquivant la lame de la femme.
[Kahei] – Oui, peut-être l'une des plus grandes guerrières de ce monde. Tu pourrais défier n'importe lequel de ces prétendus ninja.
Tael se fendit et recula d'un pas.
[Tael] – Ils ne m'intéressent pas.
[Kahei] – Si Konoha s'était fait attaqué, l'aurais-tu défendu ?
La femme se mit en garde, l'esprit et les muscles tendus.
[Tael] – Je me serais battue, oui.
[Kahei] – Tu aurais inversé le cours de l'histoire, tu le sais ?
Tael sourit tristement.
[Tael] – L'histoire est faite pour être inversée. Sinon, on ne ferait que la subir.
Kahei attaqua, la violence de l'assaut fit reculer la guerrière. Il exécuta un mouvement, Tael le perdit des yeux.
Elle tomba sur un genou et baissa la tête. Elle saignait.
[Kahei] – Rapide mais pas assez.
Tael contempla la tache vermeille s'étendre sur son chemisier. Elle n'avait pas même senti le coup s'enfoncer dans sa chair. A trois reprises, elle cligna des yeux.
[Kahei] – On va vite terminer cela.
Tael passa ses doigts sous le tissu imbibé, chercha un court moment et retira sa main. Elle tenait un petit instrument détérioré.
[Kahei] - Hum ?
Elle le porta à ses lèvres et siffla. Longuement. C'était la flûte qui, bien des mois plus tôt, lui avait été confiée par Genji.
Tael attendit.
[Geisei] – Embroché, huh ?
Quand il attaqua, il n'avait rien perdu de sa vitesse, ses mouvements étaient plus amples, plus brefs aussi. Il créait autour de lui un cercle libre. Cela lui demandait beaucoup d'efforts et sa blessure s'élargissait, le liquide se répandait aussi bien dans son dos que sur son ventre. Ce n'était cependant pas une blessure mortelle, quand bien même elle avait pénétré d'un bout à l'autre.
Seule la quantité de sang versé pouvait influencer son état.
[Geisei] – Un, deux.
Il bondit sur un pied puis sur l'autre, tourna sur lui-même et planta son arme dans la poitrine de l'home qui l'avait suivi. Il tomba face contre terre.
[Geisei] – Cinq contre un, pas trop fatigués ?
Il feinta, frappa doucement sur le bras de son adversaire et se déplaça autour de lui. Ses yeux surveillaient chacun des mouvements ennemis, il faisait de son mieux pour ne jamais avoir personne derrière lui.
Il se demandait ce que ferait Tousen dans sa position. La réponse ne le rassura pas : Tousen aurait déjà gagné. Geisei se trouvait lent, lourd. Ses gestes étaient faibles, il ne parvenait pas à y insuffler la force nécessaire.
Il se concentra. Il était plus puissant que cela, il avait abattu des hommes et des femmes beaucoup plus impressionnants.
De plus, il n'avait pas envie de voir sa vie s'achever ici. Geisei posa son arme contre son genou fléchi.
[Geisei] – Tousen, salaud, tu aurais pu me l'apprendre entièrement.
Il sourit et se leva.
[Geisei] - Mais on verra bien le résultat.
***
[Kanko] – Eh bien vous savez quoi ?
Hideo n'ouvrit pas même la bouche. Il ne pouvait éviter d'entendre le flot de paroles incessant, mais son esprit bien ordonné l'écartait comme ce qu'il était : un parasite. Pourtant, il ne parvenait à prendre l'ascendant sur Kanko. Trop vif, il était partout. Une chance qu'il ne prenne pas ce combat au sérieux.
[Kanko] – C'était le soir, à peu près dix-neuf heures. Elle chantait, on était quelques uns à l'applaudir. Elle avait une bouche, oh ! à faire pâlir, euh…
Mugen toussota et proposa.
[Mugen] – Tamoko Hufi ?
Kanko rit et dût même interrompre son attaque pour se tenir les côtes. Hideo n'hésita pas et porta une attaque, le petit guerrier l'écarta par pur réflexe.
[Kanko] – Oh oui ! oui, à faire pâlir Hufi. Et pourtant, la Hufi, je vous assure qu'elle réveillerait la libido d'un moine mort et ascète.
Tsaharu tenait difficilement debout. Il se répétait que s'il perdait, c'était à cause de la taille de l'épée de son ennemi. C'était quoi, ce sabre ridiculement grand ? Il était aussi large que ses cuisses jointes, et pratiquement plus long que lui.
Hideo porta une attaque de flanc, la lame s'enfonça, mais Kanko ne sembla pas s'en soucier.
[Kanko] – Elle s'approche de nous…
[Mugen] – Oui, de nous.
Tsaharu se mit en garde, Mugen lui accorda un coup d'œil mais se désintéressa aussitôt.
[Mugen] – Avec son décolleté échancré jusqu'au nombril.
[Kanko] - Mmh, oui, presque. Enfin bref, elle s'approche et nous sourit en nous disant que c'est sa pause.
Mugen laissa son arme sur son épaule et envoya Tsaharu s'écraser contre le mur d'une main.
[Mugen] – Elle nous demande si on veut chanter avec elle, parce qu'on a de jolies voix.
[Kanko] - Tu oublies de préciser que tu lui as répondu, fort à propos : "jalouse ?" Voyou.
Hideo fronça les sourcils. Le corps de son adversaire était solide, mais il ne saignait pas. Cependant, il était forcément blessé. Pourquoi se souciait-il se peu de son état ? Il porta une attaque au niveau de la poitrine, Kanko para maladroitement et la pointe de la lame pénétra son abdomen.
[Mugen] – Vrai. Ah. C'est sans doute grâce à ça que quelques heures plus tard…
[Kanko] – Tais-toi ! Ne raconte pas la fin. Oh, tu vas tout gâcher.
Il se tourna vers Hideo.
[Kanko] – Vous avez deviné la fin, dites ?
[Hideo] – Non. Je n'écoute pas.
[Kanko] – On peut poursuivre, tant mieux.
Hideo hésitait. S'il relâchait son pouvoir, il risquait d'y avoir de très importants dégâts dans l'antre de son supérieur. Kahei n'aimait pas le désordre. Mais il était évident que ses attaques étaient parfaitement inutiles.
[Kanko] – Donc, nous, confiants, on lui dit qu'on est ok.
Hideo avait cessé de se battre, contrairement à Tsaharu qui s'était relevé et qui harcelait les flancs de Mugen. Mais le géant se contentait de le repousser d'une main.
[Kanko] – On chante avec elle. Faut dire, on était bons chanteurs, même si on était plus versé dans la chanson paillarde. Mais on connaissait ses chansons par cœur, elle était toute contente.
Mugen finit par refermer son poing autour du cou de Tsaharu. Le jeune homme s'agita dans tous les sens, furieux. Le géant l'approcha de son visage. D'une voix dangereusement basse, il lui demanda.
[Mugen] – Tu vas écouter l'histoire tranquillement, oui ou non ?
Il le secoua dans tous les sens et, devant l'absence de réponse, l'envoya de toutes ses forces dans le mur.
[Kanko] – Tu abîmes le public là, Mug. Bon. Son lourdaud de petit ami nous fusillait du regard. Je le comprends, Mugen avait sa main sur le bras nu de sa nana et il avait tendance à la laisser un peu trop longtemps.
Mugen haussa les épaules.
[Mugen] – Tu l'as dit, elle était ravie.
Hideo joignit ses mains et ferma les yeux. Quelques secondes plus tard, les piliers de la pièce frémirent. Les Sans-Visages ne s'en soucièrent pas.
[Kanko] - Oui, elle s'appuyait aussi plus que de raison contre nous. Non, rassurez vous, elle n'était pas saoule. Quelques minutes plus tard, on lui propose d'aller se reposer dans notre chambre.
Mugen soupira.
[Mugen] – Elle venait de vivre peut-être les moments les plus excitants de sa vie, son accord était fatal. Mais…
Une pierre tomba et éclata les dalles sous son poids. Kanko leva les yeux vers la voûte.
[Kanko] – Son lourdaud de copain avait tout entendu. Dans l'esprit de la nana, il n'existait même plus. Mais il allait tout faire foirer, vous savez, culpabilité, responsabilité, ces conneries.
Tout un pan du plafond céda. Mugen se rapprocha de son ami et ils observèrent ensembles la chute des pierres.
[Mugen] – Kanko a attiré la fille dans l'escalier. Elle allait protester, en disant que son copain était juste là. Mais j'ai pris le copain et je l'ai balancé par la fenêtre. Paf ! coup droit. On a même pas entendu la chute.
Le flot de leur parole se ralentissait à mesure que les pierres tombaient.
[Kanko] – Oui… Je l'ai prise par la main et j'ai dit : "quel copain ?" Elle s'est tourné, la lumière jouait sur ses mèches, j'avais très envie d'elle. Elle était hagarde, Mugen a dit : "ah, il a dû partir avec la bonne femme qui était là-bas". Et j'ai ajouté : "elle lui faisait des œillades pendant qu'il jouait, ça en devenait gênant.
[Mugen] – Alors son copain s'est de nouveau effacé de son esprit. Elle a monté les marches en riant, on parlait. C'était bien.
Un pilier s'effondra. Le bruit qu'il émit lorsque la base se sépara du tronc résonna un long moment, prélude de sa chute. Les autres suivirent un par un, le bruit retentissant empêchait quiconque de parler.
[Hideo] – C'était passionnant. Vraiment. Mais maintenant, nous devons vous quitter. Notre maître nous attend.
[Mugen] – Ce n'est pas encore fini.
Hideo recula très rapidement, c'était presque irréel. Les pierres qui étaient tombées s'élevèrent de quelques centimètres au-dessus du sol.
[Hideo] – Si, ça l'est.
Les pierres fondirent sur eux.
***
La masse d'hommes appuyait contre lui, il saignait à plusieurs endroits. Mais Eko se redressa de toute sa taille et emprisonna la tête d'un guerrier dans sa main. Il la tordit jusqu'à entendre distinctement les os craquer.
Il jeta un bref coup d'œil à Ashe. Il crut que la jeune fille s'était évanouie.
Mais elle était toujours consciente. La douleur avait commencé de son crâne, pour couler le long de sa colonne vertébrale d'où elle atteint chaque muscle. Elle cherchait, mais aucune source d'eau ne semblait directement disponible. Si elle avait été plus près de la cascade, la question ne se serait pas posée et la douleur se serait retirée.
Mais pour le moment, la seule eau qu'elle détectait était celle enfermée dans le corps des gardes. Il serait possible, bien sûr, de la faire exploser et le sort de tous serait réglé. Cependant cela demandait une dose d'énergie qu'Ashe ne possédait plus. Le fait même de réfléchir lui coûtait des souffrances.
Eko murmura des mots inaudibles. Il frappa le sol du pied, une fine lézarde courut. Du dos de la main il écarta ses plus proches agresseurs. Ashe s'agita lorsqu'un des hommes baissa les yeux sur elle. Il fit un pas dans sa direction, mais Eko lui brisa le bassin.
[Eko] – Laissez l'enfant.
Dès qu'il eut finit de parler, une barrière pourpre les sépara de la foule ennemie. Surpris, ils essayèrent leurs armes dessus mais le voile coloré absorbait leurs attaques une à une. L'acier s'enfonçait d'un ou deux centimètres, jamais plus, peu importait la force du coup.
Eko s'agenouilla.
[Eko] – Ashe, tout va bien ?
Elle sourit.
[Ashe] – Fatiguée.
L'homme la tourna prudemment sur le dos. Ses côtes n'étaient pas intactes. D'autres guerriers étaient apparus dans la salle, la boule pourpre n'isolait pas le son. Ils étaient très nombreux, une cinquantaine. Ashe respira profondément à plusieurs reprises, puis murmura.
[Ashe] – Je sais comment on peut sortir de là. Mais je suis trop faible, j'aurai besoin de toi.
***
Les rayons du soleil se reflétaient à chaque fois que leurs katana se rencontraient. Parfois, quelques étincelles étaient libérées et partaient s'éteindre sans hâte dans l'herbe. Kahei restait toujours très droit, il ne manquait jamais ses sauts et ses attaques visaient immanquablement un organe vital.
Tael ne lui accordait aucun répit, elle appuyait sur sa garde, exploitait tous les avantages, mêmes infimes, qui se présentait à elle. C'était peut-être son tout dernier combat. Mais cela semblait insuffisant, Kahei ne se fatiguait pas. Ses gestes étaient calculés, trop précis pour ne pas trahir une pratique plus qu'assidue du sabre.
Sa façon de se battre rappelait à Tael celle de Tenshi, la femme qui lui avait ôté son bras droit.
Le bandeau de Kahei flottait dans les airs.
[Kahei] – Les légendes ne mentaient pas, on dirait. Tu es très forte.
Il réfléchit en esquivant la lame de la femme.
[Kahei] – Oui, peut-être l'une des plus grandes guerrières de ce monde. Tu pourrais défier n'importe lequel de ces prétendus ninja.
Tael se fendit et recula d'un pas.
[Tael] – Ils ne m'intéressent pas.
[Kahei] – Si Konoha s'était fait attaqué, l'aurais-tu défendu ?
La femme se mit en garde, l'esprit et les muscles tendus.
[Tael] – Je me serais battue, oui.
[Kahei] – Tu aurais inversé le cours de l'histoire, tu le sais ?
Tael sourit tristement.
[Tael] – L'histoire est faite pour être inversée. Sinon, on ne ferait que la subir.
Kahei attaqua, la violence de l'assaut fit reculer la guerrière. Il exécuta un mouvement, Tael le perdit des yeux.
Elle tomba sur un genou et baissa la tête. Elle saignait.
[Kahei] – Rapide mais pas assez.
Tael contempla la tache vermeille s'étendre sur son chemisier. Elle n'avait pas même senti le coup s'enfoncer dans sa chair. A trois reprises, elle cligna des yeux.
[Kahei] – On va vite terminer cela.
Tael passa ses doigts sous le tissu imbibé, chercha un court moment et retira sa main. Elle tenait un petit instrument détérioré.
[Kahei] - Hum ?
Elle le porta à ses lèvres et siffla. Longuement. C'était la flûte qui, bien des mois plus tôt, lui avait été confiée par Genji.
Tael attendit.

Akogare Hyuuga- Oi-nin de Konoha

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Re: Les Statues Meurent Aussi
Rien ne se passa toutefois. Kahei haussa les épaules.
[Kahei] – Tant pis.
Il abattit son sabre. Tael modifia la réalité pour se retrouver à quelques mètres de lui, debout, sa propre arme dressée. L'homme fronça les sourcils.
[Kahei] – Tiens…
Tael réitéra l'opération pour attaquer cette fois-ci, mais à sa grande surprise, Kahei bloqua son attaque. Elle ne se découragea pas et était déjà de l'autre côté, à frapper encore. Mais à chaque fois, l'épée de l'homme bloquait ses efforts.
[Kahei] – [color=brown]Je n'ai pas d'yeux, Tael. De naissance. Ta capacité, très intéressante s'il en est, n'agit que sur les sens visuels.
Il frappa.
[Kahei] – Cela pourrait t'être utile si j'étais plus lent.
Il fut brusquement très près d'elle et elle perçut son souffle contre sa joue.
[Kahei] – Ce n'est pas le cas.
Le tranchant de son katana l'effleura et, lorsqu'elle se dégagea, lacéra plus profondément son torse. Tael grogna et y porta son poignet. Elle perdait beaucoup de sang.
Ashe entendit le son perçant de la flûte. Elle se redressa sur un coude et attendit que l'instrument se taise. Elle ne pouvait dire exactement comment, mais elle savait que c'était Tael. Avait-elle besoin d'eux ?
Elle se mordit la lèvre.
[Eko] – J'ai entendu aussi. Mais tu es sûre de vouloir faire ce que tu as dit ?
La petite fille ne dit rien, puis hocha lentement la tête.
[Ashe] – Je le crois. Il faut le faire.
Eko acquiesça en silence. Avec son aide, Ashe se mit sur ses pieds. Elle ferma les yeux.
[Ashe] – J'aurais besoin de toi. Tu ne m'abandonneras pas ?
L'homme sourit.
[Eko] – Ne dis pas de bêtises. Mais… comment tu feras pour revenir ?
Ashe baissa la tête. Elle se tut un peu trop longtemps, et son sourire n'avait rien de convainquant.
[Ashe] – Ce n'est pas…
[Eko] – Ashe. Comment ?
Elle évita son regard, sa main toujours appuyée sur son puissant torse.
[Ashe] – Je ne reviendrais pas. Si je me retransforme en eau, je le resterais. Je n'aurais de conscience que pendant quelques secondes, ce temps me servira à te dégager le chemin.
Ses yeux bleus rencontrèrent ceux de l'homme. Il fronçait les sourcils.
[Ashe] – Tu sauveras Tael, hein ? Tu lui diras combien elle a été importante pour moi, combien j'aurais aimé mieux la connaître ?
[Eko] – Je peux battre ces hommes seul. Tu restes derrière moi, et je les détruis. Fais moi confiance, tu n'as…
Elle secoua la tête.
[Ashe] – Non. Si tu relâches ta force ici, et tu ne pourras pas l'éviter, la caverne ne tiendra pas.
Les épaules d'Eko s'affaissèrent. Il comprit qu'il ne pourrait plus faire changer d'avis la petite fille.
[Eko] – Et après ? Une fois que tu as libéré le chemin ?
[Ashe] – Tu iras aider Tael.
[Eko] – Oui, mais toi ?
Elle eut un petit sourire d'excuse.
[Ashe] – Je te l'ai dit, je redeviendrais de l'eau. Je reprendrais ma forme d'origine.
Eko croisa les bras sur sa gigantesque poitrine. Il eut un grognement sourd.
[Eko] – Tu as parlé de ta mère, un jour, de tes parents.
[Ashe] – Je parlais de la mer. Même Tael l'ignore mais je t'en prie, dépêchons-nous.
L'homme secoua la tête mais ne discutas plus. Il posa ses doigts sur la barrière, les coups d'épées s'intensifièrent.
Il ferma les yeux. Il avait déjà connu une situation similaire, il aurait préféré ne plus jamais devoir assumer la mort d'un enfant.
C'était l'ami de son jeune frère. Ils avaient été capturé par la milice d'un village adverse et attendaient au fond d'une geôle. Leur gardien passait tous les jours donner à manger. Ils étaient seuls et parlaient, pour s'occuper. En raison des dommages qu'il avait causé, Eko avait été attaché, ses deux poings et ses chevilles étaient figés par des fers épais.
Il n'y avait pas de chemin de sortie.
Mais ils réussirent à mettre un plan au point. Eko écoutait les bruits en haut, il avait l'oreille fine, et il s'assurait que personne ne descende sans prévenir. L'enfant était suffisamment agile pour passer par les barreaux, ceux du haut de sa cellule. Il était venu crocheter les serrures qui emprisonnaient Eko.
Toutefois la garde avait été alertée par le bruit des chaînes. Ils descendirent, Eko n'était pas encore sorti de sa prison, l'enfant allait déverrouiller ses mains. Les gardes ont couru alors qu'Eko tirait sur ses chaînes. Il a essayé de cacher l'enfant derrière lui, l'un des hommes a ouvert la porte et s'est avancé. Il a planté le bout de sa lance dans la cuisse d'Eko, l'enfant s'est écarté et ils l'ont transpercé de leurs armes. Les chaînes ont cédées.
Il a tué ceux qui se dressaient sur son chemin et a ramené le corps inerte de l'enfant à son village.
Puis il est parti.
Ashe conservait les yeux fermés.
[Eko] – J'ouvre ?
Elle acquiesça.
[Ashe] – Merci Eko.
Ses paupières se levèrent sur son regard troublant. Elle sourit.
[Ashe] – Tu as beaucoup de vertu et de courage.
Eko ne répondit pas et la barrière disparut. Il se demanda, alors que le visage d'Ashe coulait à ses pieds, si son courage pouvait réellement être comparé à celui de la petite fille. Certainement pas. Bientôt, Ashe ne fut qu'une flaque. Les soldats ennemis observèrent cela, méfiants, et ne pensèrent pas même à attaquer Eko.
L'eau se déforma, gagna en hauteur et en volume. Un pilier qui se tortillait sur lui-même prit forme et se déversa sur les rangs ennemis. Ils évitaient consciencieusement Eko, l'effleurant parfois sans y laisser la moindre goutte.
Les soldats hurlèrent et se dispersèrent dans toute la salle, mais l'eau les traquait et les fauchait, sans pitié.
Eko demeura le seul debout.
Ce qui restait d'Ashe voleta dans les airs un moment puis, presque délicatement, tomba au sol et s'y répandit en larges flaques.
Les pierres les renversèrent. Ils n'essayèrent même pas de les esquiver, elles étaient trop nombreuses.
Ils disparurent derrière l'énorme monticule et la poussière s'éleva jusqu'à la voûte dévastée. Hideo observa son œuvre un instant et, critique, poussa un petit soupir.
[Hideo] – C'est grossier mais cela fera l'affaire. Je ne sais pas ce qu'ils étaient, mais ils étaient résistants. Tsaharu. En route.
Tsaharu se releva. Chacun de ses muscles le faisait souffrir et il devait avoir plusieurs os brisés. Mais il aurait bien le temps de se reposer pendant le prochain raid, il aimait particulièrement l'ambiance des navires. Le léger tangage, propice au sommeil. Et le vent, partout, souverain. Oui, c'était bon.
[Tsaharu] – Je comprenais rien à ce qu'ils disaient en plus.
Ils se détournèrent.
[Mugen] – Alors on va reprendre.
Une voix, plus proche des deux hommes, s'éleva à son tour.
[Kanko] – Oh non. Trop long. Concluons, concluons.
Kanko quitta les roches sous lesquels il était enseveli. Il se dépoussiéra et examina soigneusement chaque pli de sa robe.
[Kanko] - On en était à la partie du lit en plus.
[Mugen] – Oui le lit ! Ah ! le lit…
Mugen poussa du pied les dalles qui l'écrasaient. Il se dégagea et traîna sa lourde épée derrière lui. Il se passa une main sur le sommet du crâne.
[Mugen] – Ah, plus de cheveux. Dur.
Hideo referma la bouche. Il réfléchissait à toute vitesse. Aucune créature dans ce monde n'était immortelle. C'était un concept contraire à celui de l'humanité. Mais il ne connaissait rien au sujet de ces êtres. Si elles étaient, ou avaient été, humaines.
[Mugen] – Figurez-vous que cette petite chanteuse a été la seule que l'on se soit faite à deux.
[Kanko] – Ouais, la première et la dernière.
[Mugen] – Pas que ça ce soit mal passé, hein.
[Kanko] – Loin de là même, ce fut l'une de nos meilleures soirées.
Tout en parlant, ils s'approchaient. Mugen épousseta son vêtement de sa main libre et pointa à bout de bras son arme sur Hideo.
[Mugen] – Enfin, les détails de la soirée ne doivent pas vous passionner, hein ?
[Kanko] – Oui. Vous manquez cruellement de conversation. Faire s'écrouler le toit, quelle idée grotesque !
[Mugen] – Je vous donne la version courte : à sept heures du matin, on n'était toujours pas couché et on a passé la journée suivante dans la chambre jusqu'à ce que la serveuse vienne prendre de nos nouvelles.
Kanko fit jouer ses lames entre ses doigts.
[Kanko] – Suite à quoi on a eu le dîner au lit, et on a continué nos ébats.
[Mugen] – Voilà, maintenant, adieu.
Geisei savait que l'un de ses ennemis courait à sa rencontre, l'épée en l'air. Il courait vite, mais il garda les yeux fermés. Il répétait mentalement la technique, encore et encore. Elle était approximative, il ne l'avait vue totalement que deux fois, chaque fois Tousen en avait exécuté une version parfaite.
Il se mit en garde.
Son corps répondait parfaitement, il n'était pas fatigué. Il ne souffrait pas même de sa blessure à la poitrine. Il sentait tout, les pas des ennemis sur les dalles, le vent très léger dans son dos, les roches qui tremblaient doucement. Sa lame qui se levait. Il rouvrit les yeux.
Les hommes étaient disséminés dans toute la salle. Seuls deux s'étaient lancés à sa rencontre.
Il décida de ne pas attendre davantage. Le problème de l'hésitation est son caractère exponentiel : il se nourrit lui-même et prend une ampleur impossible à surmonter.
Alors que c'était très simple en vérité. Juste nouveau.
Il courut. Son épée tapait contre son épaule droite. Sa main libre se tendit en avant. Il fallait juste réussir à encaisser un coup, un seul. Ne pas le prendre dans une zone qui l'handicaperait et s'en remettre entièrement à lui pour survivre.
C'était une technique que Tousen aimait beaucoup parce qu'elle était gentiment ironique. Et Tousen aimait la mort ironique.
La lame ennemie mordit sa cuisse. Geisei avait modifié sa course d'un pas pour que son nerf ne soit pas touché. Le coup s'enfonça peu profondément, moins de dix centimètres. La douleur cependant fouetta les sangs du guerrier.
C'était parfait. Il trancha la gorge de celui qui l'avait frappé, dégagea sa jambe, tourna sur lui-même et planta de dos son arme dans l'estomac du second. Il poursuivit sa rotation et ignora les deux corps qui chutaient sans un bruit au sol. Déjà, il sentait son esprit s'endormir.
Son corps poursuivait ses mouvements. La technique de Tousen était une utilisation détournée de l'hypnose. L'être humain était souvent plus habile à manipuler les esprits des autres plutôt que le sien propre. Geisei avait appris, en s'obligeant à la rigueur, à ordonner son esprit, à taire ses émotions et à maîtriser son corps. Pour le moment, il exigeait que son cerveau s'endorme pendant dix secondes.
Tout devint noir et tous les sons s'évanouirent.
Geisei avait l'impression de marcher sur une ligne très étroite et très fine. Si jamais il venait à se questionner sur des questions purement matérielles comme celle de savoir où étaient ses ennemis ou comment les atteindre dans ce noir, il savait que tout disparaîtrait et qu'il resterait immobile, là, le cerveau parfaitement éteint.
La technique consistait à contourner les contraintes imposées par le cerveau. Ce n'était plus lui qui régissaient quoique ce soit, les transmissions nerveuses étaient interrompues pendant le temps demandé par l'utilisateur.
Et son corps ne répondait plus à aucune des normes de la possibilité humaine. Ainsi les blessures à son ventre et à sa cuisse cessèrent de saigner, il se déplaça beaucoup plus vite et frappait sans même à avoir à bouger le bras. Il ressentait ses ennemis sans se fier à aucun de ses sens.
Et avant que le décompte ne s'arrête, Geisei s'immobilisa.
Malgré sa maîtrise de la réalité, Tael ne parvenait à rivaliser avec la vitesse de son adversaire. C'était étonnant. Mais alors qu'elle se battait, elle se souvenait de ses duels précédents. Elle revoyait Tenshi, avec son long bâton. Elle revivait la perte de son bras. Quand elle combattait contre la guerrière aux cheveux mauves, Tael était incapable de manipuler correctement la réalité. Elle pouvait l'exploiter parce qu'à cette époque, Akogare était faible et pleins de doutes. Mais ils se battaient dans sa réalité à lui.
Aujourd'hui, elle était capable de mettre les arbres à genoux et d'inverser le cours de l'eau. Pourtant Kahei conservait toujours une microseconde d'avance sur ses mouvements.
C'était comme poursuivre un fantôme. Et soudain, Tael s'interrompit. La lame de Kahei traversa sa poitrine à trois reprises, mais elle ne bougea pas.
Comme poursuivre un fantôme. La femme déglutit, son sang s'accumulait au fond de sa gorge. Elle le laissa se répandre sur son menton. La vérité, si tenue qu'elle en paraissait irréelle flamboya devant elle l'espace d'une seconde. Si elle ne la saisissait pas maintenant, elle disparaîtrait et se cacherait à jamais derrière la douleur.
Mais Tael la saisit.
Sa fille n'existait pas. Elle était morte en bas âge, elle était morte là où elle l'avait laissé, devant une porte. Personne ne l'avait découverte, elle n'avait jamais marché.
Elle avait poursuivi un fantôme, le dernier, et ce fantôme là se tenait derrière elle, lié à elle par une lame nue.
[Kahei] – Tant pis.
Il abattit son sabre. Tael modifia la réalité pour se retrouver à quelques mètres de lui, debout, sa propre arme dressée. L'homme fronça les sourcils.
[Kahei] – Tiens…
Tael réitéra l'opération pour attaquer cette fois-ci, mais à sa grande surprise, Kahei bloqua son attaque. Elle ne se découragea pas et était déjà de l'autre côté, à frapper encore. Mais à chaque fois, l'épée de l'homme bloquait ses efforts.
[Kahei] – [color=brown]Je n'ai pas d'yeux, Tael. De naissance. Ta capacité, très intéressante s'il en est, n'agit que sur les sens visuels.
Il frappa.
[Kahei] – Cela pourrait t'être utile si j'étais plus lent.
Il fut brusquement très près d'elle et elle perçut son souffle contre sa joue.
[Kahei] – Ce n'est pas le cas.
Le tranchant de son katana l'effleura et, lorsqu'elle se dégagea, lacéra plus profondément son torse. Tael grogna et y porta son poignet. Elle perdait beaucoup de sang.
***
Ashe entendit le son perçant de la flûte. Elle se redressa sur un coude et attendit que l'instrument se taise. Elle ne pouvait dire exactement comment, mais elle savait que c'était Tael. Avait-elle besoin d'eux ?
Elle se mordit la lèvre.
[Eko] – J'ai entendu aussi. Mais tu es sûre de vouloir faire ce que tu as dit ?
La petite fille ne dit rien, puis hocha lentement la tête.
[Ashe] – Je le crois. Il faut le faire.
Eko acquiesça en silence. Avec son aide, Ashe se mit sur ses pieds. Elle ferma les yeux.
[Ashe] – J'aurais besoin de toi. Tu ne m'abandonneras pas ?
L'homme sourit.
[Eko] – Ne dis pas de bêtises. Mais… comment tu feras pour revenir ?
Ashe baissa la tête. Elle se tut un peu trop longtemps, et son sourire n'avait rien de convainquant.
[Ashe] – Ce n'est pas…
[Eko] – Ashe. Comment ?
Elle évita son regard, sa main toujours appuyée sur son puissant torse.
[Ashe] – Je ne reviendrais pas. Si je me retransforme en eau, je le resterais. Je n'aurais de conscience que pendant quelques secondes, ce temps me servira à te dégager le chemin.
Ses yeux bleus rencontrèrent ceux de l'homme. Il fronçait les sourcils.
[Ashe] – Tu sauveras Tael, hein ? Tu lui diras combien elle a été importante pour moi, combien j'aurais aimé mieux la connaître ?
[Eko] – Je peux battre ces hommes seul. Tu restes derrière moi, et je les détruis. Fais moi confiance, tu n'as…
Elle secoua la tête.
[Ashe] – Non. Si tu relâches ta force ici, et tu ne pourras pas l'éviter, la caverne ne tiendra pas.
Les épaules d'Eko s'affaissèrent. Il comprit qu'il ne pourrait plus faire changer d'avis la petite fille.
[Eko] – Et après ? Une fois que tu as libéré le chemin ?
[Ashe] – Tu iras aider Tael.
[Eko] – Oui, mais toi ?
Elle eut un petit sourire d'excuse.
[Ashe] – Je te l'ai dit, je redeviendrais de l'eau. Je reprendrais ma forme d'origine.
Eko croisa les bras sur sa gigantesque poitrine. Il eut un grognement sourd.
[Eko] – Tu as parlé de ta mère, un jour, de tes parents.
[Ashe] – Je parlais de la mer. Même Tael l'ignore mais je t'en prie, dépêchons-nous.
L'homme secoua la tête mais ne discutas plus. Il posa ses doigts sur la barrière, les coups d'épées s'intensifièrent.
Il ferma les yeux. Il avait déjà connu une situation similaire, il aurait préféré ne plus jamais devoir assumer la mort d'un enfant.
C'était l'ami de son jeune frère. Ils avaient été capturé par la milice d'un village adverse et attendaient au fond d'une geôle. Leur gardien passait tous les jours donner à manger. Ils étaient seuls et parlaient, pour s'occuper. En raison des dommages qu'il avait causé, Eko avait été attaché, ses deux poings et ses chevilles étaient figés par des fers épais.
Il n'y avait pas de chemin de sortie.
Mais ils réussirent à mettre un plan au point. Eko écoutait les bruits en haut, il avait l'oreille fine, et il s'assurait que personne ne descende sans prévenir. L'enfant était suffisamment agile pour passer par les barreaux, ceux du haut de sa cellule. Il était venu crocheter les serrures qui emprisonnaient Eko.
Toutefois la garde avait été alertée par le bruit des chaînes. Ils descendirent, Eko n'était pas encore sorti de sa prison, l'enfant allait déverrouiller ses mains. Les gardes ont couru alors qu'Eko tirait sur ses chaînes. Il a essayé de cacher l'enfant derrière lui, l'un des hommes a ouvert la porte et s'est avancé. Il a planté le bout de sa lance dans la cuisse d'Eko, l'enfant s'est écarté et ils l'ont transpercé de leurs armes. Les chaînes ont cédées.
Il a tué ceux qui se dressaient sur son chemin et a ramené le corps inerte de l'enfant à son village.
Puis il est parti.
Ashe conservait les yeux fermés.
[Eko] – J'ouvre ?
Elle acquiesça.
[Ashe] – Merci Eko.
Ses paupières se levèrent sur son regard troublant. Elle sourit.
[Ashe] – Tu as beaucoup de vertu et de courage.
Eko ne répondit pas et la barrière disparut. Il se demanda, alors que le visage d'Ashe coulait à ses pieds, si son courage pouvait réellement être comparé à celui de la petite fille. Certainement pas. Bientôt, Ashe ne fut qu'une flaque. Les soldats ennemis observèrent cela, méfiants, et ne pensèrent pas même à attaquer Eko.
L'eau se déforma, gagna en hauteur et en volume. Un pilier qui se tortillait sur lui-même prit forme et se déversa sur les rangs ennemis. Ils évitaient consciencieusement Eko, l'effleurant parfois sans y laisser la moindre goutte.
Les soldats hurlèrent et se dispersèrent dans toute la salle, mais l'eau les traquait et les fauchait, sans pitié.
Eko demeura le seul debout.
Ce qui restait d'Ashe voleta dans les airs un moment puis, presque délicatement, tomba au sol et s'y répandit en larges flaques.
***
Les pierres les renversèrent. Ils n'essayèrent même pas de les esquiver, elles étaient trop nombreuses.
Ils disparurent derrière l'énorme monticule et la poussière s'éleva jusqu'à la voûte dévastée. Hideo observa son œuvre un instant et, critique, poussa un petit soupir.
[Hideo] – C'est grossier mais cela fera l'affaire. Je ne sais pas ce qu'ils étaient, mais ils étaient résistants. Tsaharu. En route.
Tsaharu se releva. Chacun de ses muscles le faisait souffrir et il devait avoir plusieurs os brisés. Mais il aurait bien le temps de se reposer pendant le prochain raid, il aimait particulièrement l'ambiance des navires. Le léger tangage, propice au sommeil. Et le vent, partout, souverain. Oui, c'était bon.
[Tsaharu] – Je comprenais rien à ce qu'ils disaient en plus.
Ils se détournèrent.
[Mugen] – Alors on va reprendre.
Une voix, plus proche des deux hommes, s'éleva à son tour.
[Kanko] – Oh non. Trop long. Concluons, concluons.
Kanko quitta les roches sous lesquels il était enseveli. Il se dépoussiéra et examina soigneusement chaque pli de sa robe.
[Kanko] - On en était à la partie du lit en plus.
[Mugen] – Oui le lit ! Ah ! le lit…
Mugen poussa du pied les dalles qui l'écrasaient. Il se dégagea et traîna sa lourde épée derrière lui. Il se passa une main sur le sommet du crâne.
[Mugen] – Ah, plus de cheveux. Dur.
Hideo referma la bouche. Il réfléchissait à toute vitesse. Aucune créature dans ce monde n'était immortelle. C'était un concept contraire à celui de l'humanité. Mais il ne connaissait rien au sujet de ces êtres. Si elles étaient, ou avaient été, humaines.
[Mugen] – Figurez-vous que cette petite chanteuse a été la seule que l'on se soit faite à deux.
[Kanko] – Ouais, la première et la dernière.
[Mugen] – Pas que ça ce soit mal passé, hein.
[Kanko] – Loin de là même, ce fut l'une de nos meilleures soirées.
Tout en parlant, ils s'approchaient. Mugen épousseta son vêtement de sa main libre et pointa à bout de bras son arme sur Hideo.
[Mugen] – Enfin, les détails de la soirée ne doivent pas vous passionner, hein ?
[Kanko] – Oui. Vous manquez cruellement de conversation. Faire s'écrouler le toit, quelle idée grotesque !
[Mugen] – Je vous donne la version courte : à sept heures du matin, on n'était toujours pas couché et on a passé la journée suivante dans la chambre jusqu'à ce que la serveuse vienne prendre de nos nouvelles.
Kanko fit jouer ses lames entre ses doigts.
[Kanko] – Suite à quoi on a eu le dîner au lit, et on a continué nos ébats.
[Mugen] – Voilà, maintenant, adieu.
***
Geisei savait que l'un de ses ennemis courait à sa rencontre, l'épée en l'air. Il courait vite, mais il garda les yeux fermés. Il répétait mentalement la technique, encore et encore. Elle était approximative, il ne l'avait vue totalement que deux fois, chaque fois Tousen en avait exécuté une version parfaite.
Il se mit en garde.
Son corps répondait parfaitement, il n'était pas fatigué. Il ne souffrait pas même de sa blessure à la poitrine. Il sentait tout, les pas des ennemis sur les dalles, le vent très léger dans son dos, les roches qui tremblaient doucement. Sa lame qui se levait. Il rouvrit les yeux.
Les hommes étaient disséminés dans toute la salle. Seuls deux s'étaient lancés à sa rencontre.
Il décida de ne pas attendre davantage. Le problème de l'hésitation est son caractère exponentiel : il se nourrit lui-même et prend une ampleur impossible à surmonter.
Alors que c'était très simple en vérité. Juste nouveau.
Il courut. Son épée tapait contre son épaule droite. Sa main libre se tendit en avant. Il fallait juste réussir à encaisser un coup, un seul. Ne pas le prendre dans une zone qui l'handicaperait et s'en remettre entièrement à lui pour survivre.
C'était une technique que Tousen aimait beaucoup parce qu'elle était gentiment ironique. Et Tousen aimait la mort ironique.
La lame ennemie mordit sa cuisse. Geisei avait modifié sa course d'un pas pour que son nerf ne soit pas touché. Le coup s'enfonça peu profondément, moins de dix centimètres. La douleur cependant fouetta les sangs du guerrier.
C'était parfait. Il trancha la gorge de celui qui l'avait frappé, dégagea sa jambe, tourna sur lui-même et planta de dos son arme dans l'estomac du second. Il poursuivit sa rotation et ignora les deux corps qui chutaient sans un bruit au sol. Déjà, il sentait son esprit s'endormir.
Son corps poursuivait ses mouvements. La technique de Tousen était une utilisation détournée de l'hypnose. L'être humain était souvent plus habile à manipuler les esprits des autres plutôt que le sien propre. Geisei avait appris, en s'obligeant à la rigueur, à ordonner son esprit, à taire ses émotions et à maîtriser son corps. Pour le moment, il exigeait que son cerveau s'endorme pendant dix secondes.
Tout devint noir et tous les sons s'évanouirent.
Geisei avait l'impression de marcher sur une ligne très étroite et très fine. Si jamais il venait à se questionner sur des questions purement matérielles comme celle de savoir où étaient ses ennemis ou comment les atteindre dans ce noir, il savait que tout disparaîtrait et qu'il resterait immobile, là, le cerveau parfaitement éteint.
La technique consistait à contourner les contraintes imposées par le cerveau. Ce n'était plus lui qui régissaient quoique ce soit, les transmissions nerveuses étaient interrompues pendant le temps demandé par l'utilisateur.
Et son corps ne répondait plus à aucune des normes de la possibilité humaine. Ainsi les blessures à son ventre et à sa cuisse cessèrent de saigner, il se déplaça beaucoup plus vite et frappait sans même à avoir à bouger le bras. Il ressentait ses ennemis sans se fier à aucun de ses sens.
Et avant que le décompte ne s'arrête, Geisei s'immobilisa.
***
Malgré sa maîtrise de la réalité, Tael ne parvenait à rivaliser avec la vitesse de son adversaire. C'était étonnant. Mais alors qu'elle se battait, elle se souvenait de ses duels précédents. Elle revoyait Tenshi, avec son long bâton. Elle revivait la perte de son bras. Quand elle combattait contre la guerrière aux cheveux mauves, Tael était incapable de manipuler correctement la réalité. Elle pouvait l'exploiter parce qu'à cette époque, Akogare était faible et pleins de doutes. Mais ils se battaient dans sa réalité à lui.
Aujourd'hui, elle était capable de mettre les arbres à genoux et d'inverser le cours de l'eau. Pourtant Kahei conservait toujours une microseconde d'avance sur ses mouvements.
C'était comme poursuivre un fantôme. Et soudain, Tael s'interrompit. La lame de Kahei traversa sa poitrine à trois reprises, mais elle ne bougea pas.
Comme poursuivre un fantôme. La femme déglutit, son sang s'accumulait au fond de sa gorge. Elle le laissa se répandre sur son menton. La vérité, si tenue qu'elle en paraissait irréelle flamboya devant elle l'espace d'une seconde. Si elle ne la saisissait pas maintenant, elle disparaîtrait et se cacherait à jamais derrière la douleur.
Mais Tael la saisit.
Sa fille n'existait pas. Elle était morte en bas âge, elle était morte là où elle l'avait laissé, devant une porte. Personne ne l'avait découverte, elle n'avait jamais marché.
Elle avait poursuivi un fantôme, le dernier, et ce fantôme là se tenait derrière elle, lié à elle par une lame nue.

Akogare Hyuuga- Oi-nin de Konoha

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Mugen et Kakon essuyèrent leurs lames. Hideo bougeait encore faiblement, il rampait sur le sol sous le regard des guerriers vermeils. Son compagnon en revanche était mort, proprement coupé en deux par un coup de taille de Mugen.
[Mugen] – Tu bâcles le travail Kakon.
Ce dernier secoua la tête.
[Kakon] – Pas du tout. Je voulais qu'il assume le fait d'avoir dégueulassé le terrain avec son plafond. Maintenant, pour ramper, ça risque d'être dur.
[Mugen] – Délicieusement cruel.
Les deux guerriers se tournèrent l'un vers l'autre.
[Kakon] – C'était notre dernier combat ?
[Mugen] – Sans doute… On est mort. Pff.
Kakon allait répliquer mais une brève tension de l'air le fit taire. Il leva les yeux, imité par Mugen. Bientôt, une nouvelle forme apparue.
[Mugen] – Pas toi… Oh… Déçu. Je voyais l'autre monde comme quelque chose d'excitant, pas avec toi.
Kakon peina lui aussi à dissimuler sa déception, trahie par un profond soupir.
[???] – Tael est mourante. J'ai juré d'être là quand elle tomberait, j'ai vécu pour ce jour.
[Mugen] – Vécu, vécu, c'est vite dis…
[Kakon] – Mourante ? Il semblerait qu'on se soit un peu trop amusé avec ces deux-là.
Mugen hocha la tête et marcha en direction de la porte, suivit par les deux formes rouges.
[Mugen] – Tael, mourir. Peuh, conneries.
Geisei ouvrit les yeux. Son corps fut pris de spasmes puissants et impossibles à réfréner, il laissa ses muscles protester à leur gré. Son épée rebondit à terre et il s'écroula à son tour. Les cadavres déchiquetés de ses ennemis occupaient une moitié de la salle. Beaucoup de sang. Le guerrier avait vaguement la nausée, mais il ne parvenait à déterminer si c'était la soudaine perception suffocante de l'odeur du sang ou bien les convulsions qui la lui causait.
Il se redressa sans attendre que son corps se rétablisse. Il avait puisé très loin dans ses réserves, mais il en avait suffisamment encore pour rejoindre Tael.
Kahei ôta son arme du corps de la guerrière. Il l'observait.
[Kahei] – Eh bien ? Pourquoi te laisses-tu mourir ?
Davantage de sang s'écoula de sa bouche, Tael fit l'effort de cracher. Elle se tourna très lentement et Kahei s'aperçut qu'elle avait les yeux rouges. Il fronça les sourcils mais ne dit rien.
Les guerriers se dévisagèrent un moment, quelques secondes. Puis Kahei frappa la poitrine de la femme, une nouvelle fois. Elle n'essaya pas de parer et reçut le coup, sous le cœur.
[Kahei] – Bats-toi.
Sa lame descendit sur le ventre de la femme et pressa doucement sur sa peau. Une perle de sang apparut.
[Kahei] – Bats-toi !
Une violente vague d'angoisse le submergea. Ce n'était pas normal, son cœur battait plus vite. Elle devait se battre. Il s'apprêtait à planter son arme, il voulait qu'elle crie, la pousser à se lutter de nouveau – à se défendre au moins. Mais avant qu'il ne commence même à appuyer, un coup prodigieux abaissa sa lame. Il leva les yeux et croisa deux yeux bleus, glaciaux.
[???] – Tael. Bats-toi.
Tael tourna la tête. Elle mit plusieurs secondes avant d'écarquiller les yeux.
[???] – Bats-toi. C'est ton dernier combat. Pense aux gens que tu as tués. Tu leur dois une mort digne, une mort de guerrière. Prends ton arme, et BATS-TOI !
Tael se réveilla brusquement. Elle avait raison, il fallait se battre. Elle releva son arme, Kahei quitta les yeux bleus pour rencontrer ceux, noirs, de son adversaire.
La guerrière se déplaçait plus vite. Elle ignorait ses blessures ou le sang qui gonflait ses vêtements. Sous le regard de la nouvelle arrivante, elle se battait avec tout son talent. Tout ce qu'elle avait accumulé jusqu'à alors, tout lui revenait. Et elle était belle, vraiment belle. Ses larmes cessèrent à mesure qu'elle virevoltait, qu'elle sautait et qu'elle frappait. Même le sang n'avait plus le temps d'imprégner le tissu ou sa peau, il volait au sol.
Hasu sourit.
La porte s'ouvrit, Eko arma son poing et le baissa aussitôt. Mugen et Kakon regardèrent autour d'eux.
[Mugen] – Pas mal. Peut-être un peu théâtral, genre apocalypse, mais pas mal.
Kakon invita du bras Eko à poursuivre sa route vers la porte.
[Kakon] – Tael a besoin de nous.
Le colosse hocha la tête et se détourna. Ils marchèrent tous les quatre de concert.
Son katana glissait entre ses doigts. Mais elle serrait si fort qu'ils auraient pu se briser. Kahei arborait une large entaille sous son bandeau, sur la joue droite. Hasu parvenait à peine à les suivre du regard, elle manquait la majorité des mouvements. Elle entendit des bruits de pas derrière elle, mais ne daigna pas se retourner.
Elle déclara simplement.
[Hasu] – Laissez la régler ça.
Le Sans-Visage dernièrement apparu continua à marcher. Hasu lui jeta un coup d'œil par-dessus l'épaule.
[Hasu] – On s'arrête.
[???] – Dégages.
Il sortit de son sa robe un katana très épais, il ressemblait davantage à un hachoir qu'à une arme commune. Hasu haussa un sourcil.
Elle attendit le coup, se déplaça sur le côté et appuya avec son pied sur le bras du Sans-Visage.
[Hasu] – Je protége Tael. C'est-à-dire pas seulement son corps, mais aussi son honneur de guerrière. Si tu interviens, je te tue.
Elle se pencha sur lui et posa une délicate main sur son épaule.
[Hasu] – Je ne plaisante pas. Si tu veux la voir mourir, tais-toi et regarde.
Elle retira son pied puis, plus lentement, sa main. Son regard retourna auprès des deux guerriers.
Tael esquiva une lame qui visait son épaule et se projeta en avant pour riposter. Elle délivrait de puissants coups, sans jamais fatiguer son bras. Kahei gardait les sourcils froncés, totalement concentré sur sa tâche. Elle ne pouvait dire s'il était le meilleur combattant qu'elle avait rencontré. La notion de mieux s'était, elle s'en rendait compte aujourd'hui, effacée au fil des ans. Alors, lorsque son katana faucha Kahei dans son élan, lorsqu'elle le planta contre un arbre, elle ne s'estimait pas meilleure. Pas même plus chanceuse ou plus vivante. Non. Mais elle était soulagée. Comme si brusquement, tout explosait et qu'il ne restait que ce lien, une lame et deux corps.
Elle coupa ce lien et retira son arme. Tael chancelait en reculant. Kahei glissa sur les genoux, ses yeux se fermèrent. Il n'était pas tout à fait mort.
[Kahei] – Pourquoi… ? Es-tu venue ?
Tael sentit ses lèvres s'étirer. Sur sa gauche, des pas retentissaient.
[Tael] - Une erreur. Je croyais que... mes fantômes étaient ici.
Kahei hocha la tête très lentement, comme s'il espérait économiser un souffle.
[Kahei] – Ah… Ils étaient en toi, hein ? J'ai les miens aussi.
Il chuta. Tael, elle, demeura sur les genoux, tourna la tête et croisa les yeux d'Hasu. Celle-ci l'embrassa et la serra dans ses bras. Elle ne se recula pas et murmura dans ses cheveux.
[Hasu] – Je te suivais. Depuis longtemps. Parfois la nuit, je venais à côtés de toi pendant que tu dormais. Tu faisais de sales rêves, même quand la petite était avec toi.
Eko tressaillit mais il ne dit rien.
[Hasu] – Je t'avais perdu et j'ai entendu la flûte. Je suis venue immédiatement.
Tael sourit.
[Tael] – Tu as repris les armes pour moi ?
Hasu rit brièvement, un hoquet l'interrompit.
[Hasu] – Oui. On est des guerrières toutes les deux. C'est comme ça qu'on doit vivre, non ?
Les yeux de Tael se fermèrent. Sa voix était très faible.
[Tael] – Oui… comme ça.
Hasu se recula. Elle tenait le visage de son amie dans ses deux mains, son front contre le sien.
Les Sans-Visages se placèrent en demi-cercle autour des deux femmes. Mugen et Kakon gardaient la tête basse et les mains jointes devant eux, contrairement au troisième qui, les bras sur sa poitrine, contemplait de haut Tael.
Geisei apparut finalement. Il s'appuyait sur son épée, Eko partit le soutenir. Réticent, il demanda.
[Geisei] – Alors ?
Eko ne répondit pas. Son visage fermé fit frissonner Geisei. Ils s'approchèrent tous les deux du petit groupe.
[Hasu] – Ce jour-là, sur les tombes de mes sœurs, on aurait dû jurer de ne plus regarder en arrière aussi.
[Tael] – Oui... Les armes n'étaient pas... le problème en définitive. C'était juste nous.
Eko remit Geisei à Mugen, lequel le prit instantanément sous son bras. Le guerrier s'approcha de Tael et posa ses doigts sur son épaule. Tael leva les yeux sur lui et sourit, heureuse de voir qu'il s'en sortait qu'avec quelques taches de sang sur le torse.
[Eko] – Tael… Ashe…
Il cherchait ses mots. Le sourire de Tael ne disparut pas.
[Eko] – Ashe n'est…
[Tael] – Chut... ce n'est qu'une enfant. Ils croient... toujours que leurs secrets sont... impénétrables, c'est très touchant.
Il la dévisagea sans comprendre. Hasu s'éloigna de quelques pas et demeura accroupie. Ils restèrent là et une flaque d'eau s'immisça entre eux. Tael sourit et posa ses doigts dessus.
[Tael] – Reviens Ashe. Tu n'es pas perdu, tu as juste... besoin d'être guidée. Tu es un esprit... de l'eau, pas l'eau elle-même. Reviens... à moi.
Sous ses doigts, le corps d'Ashe se composa. La petite fille referma ses doigts sur la main de Tael puis lui sauta au cou, ses larmes coulaient sur son visage et glissaient sur la peau de la femme. Elle tremblait.
[Ashe] – Comment tu savais ?
Tael lui rendit du mieux qu'elle put son étreinte.
[Tael] – Tu serais resté de l'eau si... personne ici ne t'attendait. Moi... je t'attendais et je tiens à toi. La bague que je t'ai donné, c'était... pour que tu te perdes pas et que tu me retrouves.
Ashe reniflait pour reprendre son souffle, Tael la laissa pleurer.
[Ashe] – Mais toi ?
[Tael] – Je suis soulagée... Et non, plus rien ne pourra me sauver désormais.
Les pleurs d'Ashe redoublèrent.
[Ashe] – Pourquoi tu m'as fait revenir ? Si c'est pour partir ?
Elle ajouta, si bas que seule Tael put l'entendre.
[Ashe] – Qui m'attend si tu pars ?
Tael ferma les yeux un très bref instant.
[Tael] - Je ne pourrais pas t'expliquer... l'extrême soulagement que j'approuve en te... sentant là, contre moi, bien vivante. Quand ma fille est née, je n'ai pas éprouvé ce sentiment.
Elle lui caressa les cheveux.
[Tael] - Tu comprendras quand... tu seras dans ma situation. Je t'ai vraiment aimée sans réserve.
Ses forces la quittaient. Elle gardait les yeux fermés. Elle sentait leur présence à tous. Ashe, Hasu, Eko, Geisei… Mugen et Kakon… Et même Henoru. Il avait tenu sa promesse. Être là à la fin. Elle en était sincèrement touchée.
[Tael] – J'aurais aimé mieux vous connaître.
Elle ne lutta pas plus et se laissa tomber au sol. Sa tête rencontra la roche doucement, mais elle ne sentait pas la pierre lui meurtrir la tête. Elle ne saisissait que la chaleur réconfortante d'Ashe et, parfois, ses larmes qui éclataient sur sa peau.
C'était vraiment très doux.
Tael aurait aimé mourir de la main d'Hasu. Elle savait que la femme avait apporté son katana, celui qu'elles avaient enterré toutes les deux, dans le cimetière. Elle aurait aimé sentir son acier dans ses entrailles et voir la main, la main halée d'Hasu la tenir, et appuyer. Mais elle ne pouvait lui demander cela. Elle ne voulait pas qu'elle souffre encore. Ses pensées perdirent en consistance. Ce n'était plus que des sensations, et c'était bon.
Eko posa une main sur l'épaule d'Ashe et s'agenouilla à ses côtés. La petite fille s'appuya sur lui et s'abandonna contre son torse. Il referma ses bras colossaux sur elle. Hasu caressa les cheveux désordonnés de Tael. Elle ne respirait plus. Elle déposa un baiser sur son front et se redressa. Henoru hocha la tête.
[Henoru] – Notre dette est payée Tael. Bon repos.
Il se détourna, hésita et ajouta.
[Henoru] – Tu l'as bien mérité.
La brume violette l'enveloppa et il disparut.
[Hasu] – L'un de vous a un moyen de nous amener là où je le lui indique ?
Ashe hocha la tête. Hasu lui essuya l'une des larmes qui roulait sur sa joue et sourit.
[Hasu] – Très bien. On va lui offrir ce qu'elle mérite.
[Mugen] – Tu bâcles le travail Kakon.
Ce dernier secoua la tête.
[Kakon] – Pas du tout. Je voulais qu'il assume le fait d'avoir dégueulassé le terrain avec son plafond. Maintenant, pour ramper, ça risque d'être dur.
[Mugen] – Délicieusement cruel.
Les deux guerriers se tournèrent l'un vers l'autre.
[Kakon] – C'était notre dernier combat ?
[Mugen] – Sans doute… On est mort. Pff.
Kakon allait répliquer mais une brève tension de l'air le fit taire. Il leva les yeux, imité par Mugen. Bientôt, une nouvelle forme apparue.
[Mugen] – Pas toi… Oh… Déçu. Je voyais l'autre monde comme quelque chose d'excitant, pas avec toi.
Kakon peina lui aussi à dissimuler sa déception, trahie par un profond soupir.
[???] – Tael est mourante. J'ai juré d'être là quand elle tomberait, j'ai vécu pour ce jour.
[Mugen] – Vécu, vécu, c'est vite dis…
[Kakon] – Mourante ? Il semblerait qu'on se soit un peu trop amusé avec ces deux-là.
Mugen hocha la tête et marcha en direction de la porte, suivit par les deux formes rouges.
[Mugen] – Tael, mourir. Peuh, conneries.
***
Geisei ouvrit les yeux. Son corps fut pris de spasmes puissants et impossibles à réfréner, il laissa ses muscles protester à leur gré. Son épée rebondit à terre et il s'écroula à son tour. Les cadavres déchiquetés de ses ennemis occupaient une moitié de la salle. Beaucoup de sang. Le guerrier avait vaguement la nausée, mais il ne parvenait à déterminer si c'était la soudaine perception suffocante de l'odeur du sang ou bien les convulsions qui la lui causait.
Il se redressa sans attendre que son corps se rétablisse. Il avait puisé très loin dans ses réserves, mais il en avait suffisamment encore pour rejoindre Tael.
***
Kahei ôta son arme du corps de la guerrière. Il l'observait.
[Kahei] – Eh bien ? Pourquoi te laisses-tu mourir ?
Davantage de sang s'écoula de sa bouche, Tael fit l'effort de cracher. Elle se tourna très lentement et Kahei s'aperçut qu'elle avait les yeux rouges. Il fronça les sourcils mais ne dit rien.
Les guerriers se dévisagèrent un moment, quelques secondes. Puis Kahei frappa la poitrine de la femme, une nouvelle fois. Elle n'essaya pas de parer et reçut le coup, sous le cœur.
[Kahei] – Bats-toi.
Sa lame descendit sur le ventre de la femme et pressa doucement sur sa peau. Une perle de sang apparut.
[Kahei] – Bats-toi !
Une violente vague d'angoisse le submergea. Ce n'était pas normal, son cœur battait plus vite. Elle devait se battre. Il s'apprêtait à planter son arme, il voulait qu'elle crie, la pousser à se lutter de nouveau – à se défendre au moins. Mais avant qu'il ne commence même à appuyer, un coup prodigieux abaissa sa lame. Il leva les yeux et croisa deux yeux bleus, glaciaux.
[???] – Tael. Bats-toi.
Tael tourna la tête. Elle mit plusieurs secondes avant d'écarquiller les yeux.
[???] – Bats-toi. C'est ton dernier combat. Pense aux gens que tu as tués. Tu leur dois une mort digne, une mort de guerrière. Prends ton arme, et BATS-TOI !
Tael se réveilla brusquement. Elle avait raison, il fallait se battre. Elle releva son arme, Kahei quitta les yeux bleus pour rencontrer ceux, noirs, de son adversaire.
La guerrière se déplaçait plus vite. Elle ignorait ses blessures ou le sang qui gonflait ses vêtements. Sous le regard de la nouvelle arrivante, elle se battait avec tout son talent. Tout ce qu'elle avait accumulé jusqu'à alors, tout lui revenait. Et elle était belle, vraiment belle. Ses larmes cessèrent à mesure qu'elle virevoltait, qu'elle sautait et qu'elle frappait. Même le sang n'avait plus le temps d'imprégner le tissu ou sa peau, il volait au sol.
Hasu sourit.
***
La porte s'ouvrit, Eko arma son poing et le baissa aussitôt. Mugen et Kakon regardèrent autour d'eux.
[Mugen] – Pas mal. Peut-être un peu théâtral, genre apocalypse, mais pas mal.
Kakon invita du bras Eko à poursuivre sa route vers la porte.
[Kakon] – Tael a besoin de nous.
Le colosse hocha la tête et se détourna. Ils marchèrent tous les quatre de concert.
***
Son katana glissait entre ses doigts. Mais elle serrait si fort qu'ils auraient pu se briser. Kahei arborait une large entaille sous son bandeau, sur la joue droite. Hasu parvenait à peine à les suivre du regard, elle manquait la majorité des mouvements. Elle entendit des bruits de pas derrière elle, mais ne daigna pas se retourner.
Elle déclara simplement.
[Hasu] – Laissez la régler ça.
Le Sans-Visage dernièrement apparu continua à marcher. Hasu lui jeta un coup d'œil par-dessus l'épaule.
[Hasu] – On s'arrête.
[???] – Dégages.
Il sortit de son sa robe un katana très épais, il ressemblait davantage à un hachoir qu'à une arme commune. Hasu haussa un sourcil.
Elle attendit le coup, se déplaça sur le côté et appuya avec son pied sur le bras du Sans-Visage.
[Hasu] – Je protége Tael. C'est-à-dire pas seulement son corps, mais aussi son honneur de guerrière. Si tu interviens, je te tue.
Elle se pencha sur lui et posa une délicate main sur son épaule.
[Hasu] – Je ne plaisante pas. Si tu veux la voir mourir, tais-toi et regarde.
Elle retira son pied puis, plus lentement, sa main. Son regard retourna auprès des deux guerriers.
Tael esquiva une lame qui visait son épaule et se projeta en avant pour riposter. Elle délivrait de puissants coups, sans jamais fatiguer son bras. Kahei gardait les sourcils froncés, totalement concentré sur sa tâche. Elle ne pouvait dire s'il était le meilleur combattant qu'elle avait rencontré. La notion de mieux s'était, elle s'en rendait compte aujourd'hui, effacée au fil des ans. Alors, lorsque son katana faucha Kahei dans son élan, lorsqu'elle le planta contre un arbre, elle ne s'estimait pas meilleure. Pas même plus chanceuse ou plus vivante. Non. Mais elle était soulagée. Comme si brusquement, tout explosait et qu'il ne restait que ce lien, une lame et deux corps.
Elle coupa ce lien et retira son arme. Tael chancelait en reculant. Kahei glissa sur les genoux, ses yeux se fermèrent. Il n'était pas tout à fait mort.
[Kahei] – Pourquoi… ? Es-tu venue ?
Tael sentit ses lèvres s'étirer. Sur sa gauche, des pas retentissaient.
[Tael] - Une erreur. Je croyais que... mes fantômes étaient ici.
Kahei hocha la tête très lentement, comme s'il espérait économiser un souffle.
[Kahei] – Ah… Ils étaient en toi, hein ? J'ai les miens aussi.
Il chuta. Tael, elle, demeura sur les genoux, tourna la tête et croisa les yeux d'Hasu. Celle-ci l'embrassa et la serra dans ses bras. Elle ne se recula pas et murmura dans ses cheveux.
[Hasu] – Je te suivais. Depuis longtemps. Parfois la nuit, je venais à côtés de toi pendant que tu dormais. Tu faisais de sales rêves, même quand la petite était avec toi.
Eko tressaillit mais il ne dit rien.
[Hasu] – Je t'avais perdu et j'ai entendu la flûte. Je suis venue immédiatement.
Tael sourit.
[Tael] – Tu as repris les armes pour moi ?
Hasu rit brièvement, un hoquet l'interrompit.
[Hasu] – Oui. On est des guerrières toutes les deux. C'est comme ça qu'on doit vivre, non ?
Les yeux de Tael se fermèrent. Sa voix était très faible.
[Tael] – Oui… comme ça.
Hasu se recula. Elle tenait le visage de son amie dans ses deux mains, son front contre le sien.
Les Sans-Visages se placèrent en demi-cercle autour des deux femmes. Mugen et Kakon gardaient la tête basse et les mains jointes devant eux, contrairement au troisième qui, les bras sur sa poitrine, contemplait de haut Tael.
Geisei apparut finalement. Il s'appuyait sur son épée, Eko partit le soutenir. Réticent, il demanda.
[Geisei] – Alors ?
Eko ne répondit pas. Son visage fermé fit frissonner Geisei. Ils s'approchèrent tous les deux du petit groupe.
[Hasu] – Ce jour-là, sur les tombes de mes sœurs, on aurait dû jurer de ne plus regarder en arrière aussi.
[Tael] – Oui... Les armes n'étaient pas... le problème en définitive. C'était juste nous.
Eko remit Geisei à Mugen, lequel le prit instantanément sous son bras. Le guerrier s'approcha de Tael et posa ses doigts sur son épaule. Tael leva les yeux sur lui et sourit, heureuse de voir qu'il s'en sortait qu'avec quelques taches de sang sur le torse.
[Eko] – Tael… Ashe…
Il cherchait ses mots. Le sourire de Tael ne disparut pas.
[Eko] – Ashe n'est…
[Tael] – Chut... ce n'est qu'une enfant. Ils croient... toujours que leurs secrets sont... impénétrables, c'est très touchant.
Il la dévisagea sans comprendre. Hasu s'éloigna de quelques pas et demeura accroupie. Ils restèrent là et une flaque d'eau s'immisça entre eux. Tael sourit et posa ses doigts dessus.
[Tael] – Reviens Ashe. Tu n'es pas perdu, tu as juste... besoin d'être guidée. Tu es un esprit... de l'eau, pas l'eau elle-même. Reviens... à moi.
Sous ses doigts, le corps d'Ashe se composa. La petite fille referma ses doigts sur la main de Tael puis lui sauta au cou, ses larmes coulaient sur son visage et glissaient sur la peau de la femme. Elle tremblait.
[Ashe] – Comment tu savais ?
Tael lui rendit du mieux qu'elle put son étreinte.
[Tael] – Tu serais resté de l'eau si... personne ici ne t'attendait. Moi... je t'attendais et je tiens à toi. La bague que je t'ai donné, c'était... pour que tu te perdes pas et que tu me retrouves.
Ashe reniflait pour reprendre son souffle, Tael la laissa pleurer.
[Ashe] – Mais toi ?
[Tael] – Je suis soulagée... Et non, plus rien ne pourra me sauver désormais.
Les pleurs d'Ashe redoublèrent.
[Ashe] – Pourquoi tu m'as fait revenir ? Si c'est pour partir ?
Elle ajouta, si bas que seule Tael put l'entendre.
[Ashe] – Qui m'attend si tu pars ?
Tael ferma les yeux un très bref instant.
[Tael] - Je ne pourrais pas t'expliquer... l'extrême soulagement que j'approuve en te... sentant là, contre moi, bien vivante. Quand ma fille est née, je n'ai pas éprouvé ce sentiment.
Elle lui caressa les cheveux.
[Tael] - Tu comprendras quand... tu seras dans ma situation. Je t'ai vraiment aimée sans réserve.
Ses forces la quittaient. Elle gardait les yeux fermés. Elle sentait leur présence à tous. Ashe, Hasu, Eko, Geisei… Mugen et Kakon… Et même Henoru. Il avait tenu sa promesse. Être là à la fin. Elle en était sincèrement touchée.
[Tael] – J'aurais aimé mieux vous connaître.
Elle ne lutta pas plus et se laissa tomber au sol. Sa tête rencontra la roche doucement, mais elle ne sentait pas la pierre lui meurtrir la tête. Elle ne saisissait que la chaleur réconfortante d'Ashe et, parfois, ses larmes qui éclataient sur sa peau.
C'était vraiment très doux.
Tael aurait aimé mourir de la main d'Hasu. Elle savait que la femme avait apporté son katana, celui qu'elles avaient enterré toutes les deux, dans le cimetière. Elle aurait aimé sentir son acier dans ses entrailles et voir la main, la main halée d'Hasu la tenir, et appuyer. Mais elle ne pouvait lui demander cela. Elle ne voulait pas qu'elle souffre encore. Ses pensées perdirent en consistance. Ce n'était plus que des sensations, et c'était bon.
Eko posa une main sur l'épaule d'Ashe et s'agenouilla à ses côtés. La petite fille s'appuya sur lui et s'abandonna contre son torse. Il referma ses bras colossaux sur elle. Hasu caressa les cheveux désordonnés de Tael. Elle ne respirait plus. Elle déposa un baiser sur son front et se redressa. Henoru hocha la tête.
[Henoru] – Notre dette est payée Tael. Bon repos.
Il se détourna, hésita et ajouta.
[Henoru] – Tu l'as bien mérité.
La brume violette l'enveloppa et il disparut.
[Hasu] – L'un de vous a un moyen de nous amener là où je le lui indique ?
Ashe hocha la tête. Hasu lui essuya l'une des larmes qui roulait sur sa joue et sourit.
[Hasu] – Très bien. On va lui offrir ce qu'elle mérite.

Akogare Hyuuga- Oi-nin de Konoha

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Re: Les Statues Meurent Aussi
Il était encore tôt, c'était le milieu de l'après-midi. Ashe les avait conduit par la voie des airs jusqu'à l'endroit où Hasu avait enterré ses deux sœurs. Le cimetière était à flanc de colline, sur le côté opposé de la mer. Ils s'étaient arrêtés de l'autre côté. Les tombes n'étaient pas visibles, il n'y avait que le sable, les arbres et la mer.
Le corps de Tael avait été brûlé sur la plage, porté haut sur un lit de pierres puis ses cendres avaient été rassemblées d'une une urne vide.
[Mugen] – Vous devriez les laisser s'envoler.
Devant l'hésitation d'Hasu, il ajouta.
[Mugen] – On pourra toujours venir ici se recueillir.
Hasu rouvrit l'urne mais ne la déversa pas. Ashe s'essuya les yeux.
[Ashe] – Dans l'eau ?
[Hasu] – Oui.
Elle laissa les cendres s'échapper, la petite fille les recueillit sur une large surface aqueuse. Hasu agita un long moment l'urne, puis la lâcha à son tour sur le plateau que proposait Ashe, laquelle dirigea le tout au-dessus de la mer. Elle les y déposa avec douceur.
Ils restèrent sans rien dire un moment puis gravirent en sens inverse la colline. Ils s'assirent à son sommet, Ashe restait contre Eko et tenait la main d'Hasu.
[Kanko] – Et dire que c'est elle qui m'a tué. Ca ne nous rajeunit pas.
Ashe sourit faiblement.
[Ashe] – Comment ?
[Kanko] – On pourrait te raconter l'histoire de notre mort pendant des heures, mais je ne me sens pas suffisamment de force pour parler autant.
[Mugen] – Et c'est une histoire assez gênante. On était saoul, on a essayé de… enfin, voilà, quoi.
Le silence retomba. Les Sans-Visages furent les premiers à se lever.
[Mugen] – Bon… on va y aller nous. Je suppose qu'on va pouvoir se reposer maintenant.
Kanko grogna.
[Kanko] – Pas certain d'aimer ça.
[Eko] – Vous allez disparaître ?
Mugen haussa les épaules. Il avait abandonné son arme dans la mer et comme Kanko avait trouvé l'idée très bonne, il avait fait de même.
[Mugen] – Je ne sais pas comment ça se passe. On ferme les yeux et on disparaît, comme Henobu. Mais où ?
[Kanko] – Gageons qu'il y aura des femmes.
[Mugen] - Et qu'on reprendra notre visage d'origine.
Il s'inclina devant les autres.
[Mugen] – Adieu. Promis, on vous garde une place.
Kanko acquiesça.
[Hasu] – Adieu…
Ils disparurent dans des veloutes mauves. Geisei observa la fumée s'élever et disparaître. Il se leva à son tour et soupira.
[Geisei] – Bon, et bien…
Il serra Eko contre lui puis embrassa Ashe chaudement. Il lui frotta les épaules, et l'embrassa de nouveau.
[Geisei] – Fais attention à toi, hein ?
[Ashe] – Promis.
Elle sourit largement. Il hocha la tête et se tourna finalement vers Hasu. Ils s'observèrent un court instant puis il l'enlaça à son tour. Elle se détendit très légèrement contre lui.
[Hasu] – Euh, au revoir.
[Geisei] – Geisei. Mon nom c'est Geisei.
Elle sourit.
[Hasu] – Au revoir Geisei, et merci pour tout.
[Geisei] – Au plaisir !
Il se recula, hésita, et baissa la tête vers Ashe sans toutefois la regarder.
[Ashe] – Oui ?
[Geisei] – Et bien... Je me demandais si tu pouvais me conduire à un certain endroit... Avec tes pouvoirs.
Ashe haussa les sourcils.
[Ashe] – Dis moi où.
Il se baissa et elle sourit.
[Ashe] – Tu y seras, marche sur la flaque là.
Il rit et s'exécuta. A peine se fut-il stabilisé qu'il prit de la hauteur. Ceux en bas lui firent de grands signes de mains. Ils le regardèrent disparaître au loin.
[Hasu] – On va partir nous aussi, non ?…
La femme se leva. Elle passa une main dans ses cheveux blonds et sourit de nouveau.
[Eko] – Tu vas poursuivre seule ?
[Hasu] – Je ne sais pas. Pourquoi ? ...
Eko se redressa et avec lui Ashe.
[Eko] – Je voudrais voyager avec toi.
Hasu plissa insensiblement les yeux, se mordit la lèvre et détourna les yeux.
[Hasu] – Et la petite ?
[Ashe] – Je veux venir aussi.
La femme sourit à nouveau.
[Hasu] – On dirait une petite famille, non ?
Ashe rayonna.
[Ashe] – C'est qu'on doit en avoir besoin alors.
Hasu lui posa une main sur l'épaule.
[Hasu] – Oui. Ca doit être ça.
Ils contemplèrent un moment la mer, silencieux, puis lui tournèrent le dos. Ils marchèrent droit devant eux, à travers le cimetière puis dans la plaine. Ils parlaient doucement, et riaient aussi. Ils ignoraient où ils iraient, mais cela n'était finalement plus aussi important qu'ils l'avaient cru jusqu'alors.
Le corps de Tael avait été brûlé sur la plage, porté haut sur un lit de pierres puis ses cendres avaient été rassemblées d'une une urne vide.
[Mugen] – Vous devriez les laisser s'envoler.
Devant l'hésitation d'Hasu, il ajouta.
[Mugen] – On pourra toujours venir ici se recueillir.
Hasu rouvrit l'urne mais ne la déversa pas. Ashe s'essuya les yeux.
[Ashe] – Dans l'eau ?
[Hasu] – Oui.
Elle laissa les cendres s'échapper, la petite fille les recueillit sur une large surface aqueuse. Hasu agita un long moment l'urne, puis la lâcha à son tour sur le plateau que proposait Ashe, laquelle dirigea le tout au-dessus de la mer. Elle les y déposa avec douceur.
Ils restèrent sans rien dire un moment puis gravirent en sens inverse la colline. Ils s'assirent à son sommet, Ashe restait contre Eko et tenait la main d'Hasu.
[Kanko] – Et dire que c'est elle qui m'a tué. Ca ne nous rajeunit pas.
Ashe sourit faiblement.
[Ashe] – Comment ?
[Kanko] – On pourrait te raconter l'histoire de notre mort pendant des heures, mais je ne me sens pas suffisamment de force pour parler autant.
[Mugen] – Et c'est une histoire assez gênante. On était saoul, on a essayé de… enfin, voilà, quoi.
Le silence retomba. Les Sans-Visages furent les premiers à se lever.
[Mugen] – Bon… on va y aller nous. Je suppose qu'on va pouvoir se reposer maintenant.
Kanko grogna.
[Kanko] – Pas certain d'aimer ça.
[Eko] – Vous allez disparaître ?
Mugen haussa les épaules. Il avait abandonné son arme dans la mer et comme Kanko avait trouvé l'idée très bonne, il avait fait de même.
[Mugen] – Je ne sais pas comment ça se passe. On ferme les yeux et on disparaît, comme Henobu. Mais où ?
[Kanko] – Gageons qu'il y aura des femmes.
[Mugen] - Et qu'on reprendra notre visage d'origine.
Il s'inclina devant les autres.
[Mugen] – Adieu. Promis, on vous garde une place.
Kanko acquiesça.
[Hasu] – Adieu…
Ils disparurent dans des veloutes mauves. Geisei observa la fumée s'élever et disparaître. Il se leva à son tour et soupira.
[Geisei] – Bon, et bien…
Il serra Eko contre lui puis embrassa Ashe chaudement. Il lui frotta les épaules, et l'embrassa de nouveau.
[Geisei] – Fais attention à toi, hein ?
[Ashe] – Promis.
Elle sourit largement. Il hocha la tête et se tourna finalement vers Hasu. Ils s'observèrent un court instant puis il l'enlaça à son tour. Elle se détendit très légèrement contre lui.
[Hasu] – Euh, au revoir.
[Geisei] – Geisei. Mon nom c'est Geisei.
Elle sourit.
[Hasu] – Au revoir Geisei, et merci pour tout.
[Geisei] – Au plaisir !
Il se recula, hésita, et baissa la tête vers Ashe sans toutefois la regarder.
[Ashe] – Oui ?
[Geisei] – Et bien... Je me demandais si tu pouvais me conduire à un certain endroit... Avec tes pouvoirs.
Ashe haussa les sourcils.
[Ashe] – Dis moi où.
Il se baissa et elle sourit.
[Ashe] – Tu y seras, marche sur la flaque là.
Il rit et s'exécuta. A peine se fut-il stabilisé qu'il prit de la hauteur. Ceux en bas lui firent de grands signes de mains. Ils le regardèrent disparaître au loin.
[Hasu] – On va partir nous aussi, non ?…
La femme se leva. Elle passa une main dans ses cheveux blonds et sourit de nouveau.
[Eko] – Tu vas poursuivre seule ?
[Hasu] – Je ne sais pas. Pourquoi ? ...
Eko se redressa et avec lui Ashe.
[Eko] – Je voudrais voyager avec toi.
Hasu plissa insensiblement les yeux, se mordit la lèvre et détourna les yeux.
[Hasu] – Et la petite ?
[Ashe] – Je veux venir aussi.
La femme sourit à nouveau.
[Hasu] – On dirait une petite famille, non ?
Ashe rayonna.
[Ashe] – C'est qu'on doit en avoir besoin alors.
Hasu lui posa une main sur l'épaule.
[Hasu] – Oui. Ca doit être ça.
Ils contemplèrent un moment la mer, silencieux, puis lui tournèrent le dos. Ils marchèrent droit devant eux, à travers le cimetière puis dans la plaine. Ils parlaient doucement, et riaient aussi. Ils ignoraient où ils iraient, mais cela n'était finalement plus aussi important qu'ils l'avaient cru jusqu'alors.

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Re: Les Statues Meurent Aussi
La petite clairière était calme. Les oiseaux bondissaient joyeusement d'une branche à l'autre et piaillaient forts. Toute la forêt retentissait de leur joie.
[Naiko] – V'la fermez, b'de 'culés ?
Les autres statues étaient figées là où les arbres s'écartaient. L'endroit était parfait, le vent frais mais jamais froid et les nuits agréables. Mais le problème venait toujours des oiseaux.
[Kisuke] – La poésie, Naiko, la poésie. C'est notre salut à tous.
[Naiko] – B'cl-la ! 'Tin. Les zoziaux m'gonflent.
Naiko bougea faiblement, quoique la pierre ne se brisât pas. Il soupira.
[Naiko] – T'jours crevé le vioc ?
[Aya] – On s'en fout, ouais !
[Kisuke] – Bien dit.
Le silence retomba. Il ne se passait plus rien.
[Kisuke] – Je sens un élancement dans ma cuisse droite.
La jambe de Naiko gagne en consistance et se fracassa contre celle de Kisuke. Il rit bruyamment.
[Naiko] – Va mieux ?
Aya soupira.
[Aya] – Je préférais les oiseaux...
[Kisuke] – Ouais…
[Aya] – Ta gueule.
Le silence à nouveau. Les oiseaux avaient fui sous les insultes et les vociférations de Naiko, désormais seules les branches grinçaient, parfois. Uruku était le seul à être réellement retransformé en pierre. Mais s'il ne le faisait pas, il pourrait en mourir. Il n'était même pas conscient de ce qu'il réalisait : c'était son organisme qui réagissait à sa place. Kisuke le disait tous les jours pourtant.
[Kisuke] – Il est trop vieux ce gros.
Mais ils profitaient tous du fait qu'il soit inconscient pour dire du mal sur lui. Il avait la mauvaise habitude de briser des os lorsqu'il était contrarié. Et son âge, outre ses rhumatismes, était un sujet hautement périlleux.
Kisuke s'endormit. C'était l'un des nombreux inconvénients de leur état, ils n'avaient pas un contrôle parfait. Aya n'était pas certaine que l'immortalité ou l'absence de tout besoins soient des raisons suffisantes pour excuser leur ennui. Parce que personne ne passait par cette forêt.
De fait, personne ne se doutait qu'elle existe.
Et puis ils l'entendirent. Enfin, au moins elle, Naiko s'était également assoupi. Quelqu'un approchait. Aya jubilait, quoiqu'elle s'appliquât à conserver sa forme solide. Elle pourrait se battre seule, en un contre un, pour laver l'affront de sa défaite précédente.
Oui, c'était une très bonne idée.
Elle ferma les yeux. La personne approchait. Elle ne pouvait retenir un sourire. Quelques pas encore, et elle ajouterait un mort à son compte.
Quand elle fut à portée, elle ouvrit les yeux et bondit, son poignard levé.
[Aya] – Crève, ouais !
Elle chancela, sa surprise coupa net son élan. L'individu la rattrapa, un sourire joyeux aux lèvres.
[Geisei] – Je comptais te réveiller avec un baiser, comme dans les livres.
Elle se redressa et chercha à reculer, mais Geisei ne la lâcha pas. Il crut la voir rougir alors qu'elle évitait son regard.
[Aya] – Crétin, dégages, je veux pas te voir.
Elle redevint instantanément un épais bloc de pierre. Geisei haussa un sourcil et l'embrassa. Il laissa ses lèvres un long moment sur celles, glaciales et craquelées, de la jeune fille, puis il se rapprocha de son oreille.
[Geisei] - Ah ouais ?
Elle ne répondit pas et ne bougea pas plus. Il rit et se détourna.
[Geisei] – Tant pis alors.
Il s'éloigna de plusieurs pas.
[Naiko] – D'gages c'nnard. C'fait largué par la môme, 'xc'lent !
[Kisuke] – Oui. C'est très réjouissant tout ça.
L'adolescente reprit sa forme originelle, de chair et de sang. Elle bondit en avant et referma ses bras sur Geisei. Il s'arrêta, elle se berça contre lui, la tête entre ses omoplates.
[Aya] – Je plaisantais ! Je veux partir avec toi.
[Geisei] – Hmm ?
Elle reposa son pied par terre.
[Aya] – Je croyais que tu n'allais pas revenir.
Il se tourna vers elle.
[Geisei] – Oh ? Pourquoi ?
[Aya] – Eh bien... Je suis pas jolie, moins forte que toi et même pas sympa. Me suis dis que tu te moquais.
Geisei fit mine de réfléchir.
[Geisei] – Je suis sûr qu'après une bonne douche tu seras tout à fait recommandable.
Elle ouvrit la bouche puis le poussa violemment contre un arbre.
[Aya] – Je vais te pourrir, ouais !
Geisei l'attira à lui, ils s'embrassèrent. Aya se tourna ensuite vers ses anciens compagnons et agita la main.
[Aya] – A plus les emmerdeurs ! On se reverra peut-être, ouais !
L'homme la prit par la taille pour l'attirer à lui et ils s'enfoncèrent dans les bois.
[Aya] – Où on va ?
[Geisei] – Dans une taverne.
[Aya] – Ah ouais ?
Il hocha la tête.
[Geisei] – J'ai soif ouais. Et on dormiras bien.
Aya se tût un moment puis rit. Geisei appréciait ce rire, plus encore que lorsqu'il était tout enrobé de moquerie.
[Aya] – C'est habile de choisir l'auberge. Pour notre première nuit d'amour, ce genre de choses. Ouais, subtil.
[Geisei] – Oh ? Tu me prêtes des intentions Aya. Mais puisque tu le proposes si aimablement, prenons un moyen de transport que m'a prêtée une amie, ce sera plus rapide.
Aya le pinça.
[Aya] – Une amie ?
Geisei lui lança un regard de biais et soupira.
[Geisei] – Une amie de dix ans.
Elle hocha la tête, satisfaite.
Kisuke et Naiko les regardèrent partir. Kisuke se gratta le sommet du crâne.
[Kisuke] – Qu'est-ce que je vais faire de vous deux ?
Naiko le dévisagea.
[Naiko] – 'Sais pas. Mais j'pense… Si l'type est r'venu, c'est qu'y z'ont niqué c'lui qu'nous a foutu c'mme ça.
Il s'interrompit puis reprit.
[Naiko] – Donc, on peut s'casser.
Kisuke était littéralement foudroyé. Naiko... Naiko exprimer une idée intelligente… Naiko parler pour formuler une bonne nouvelle. Non, le sommeil le guettait de nouveau.
[Kisuke] – Tu as raison…
Ils se dévisagèrent ; puis bondir en même temps en avant.
[Kisuke & Naiko] – C'toi qui t'occupe du vieux !
Ils disparurent et ne s'arrêtèrent plus.
[Naiko] – V'la fermez, b'de 'culés ?
Les autres statues étaient figées là où les arbres s'écartaient. L'endroit était parfait, le vent frais mais jamais froid et les nuits agréables. Mais le problème venait toujours des oiseaux.
[Kisuke] – La poésie, Naiko, la poésie. C'est notre salut à tous.
[Naiko] – B'cl-la ! 'Tin. Les zoziaux m'gonflent.
Naiko bougea faiblement, quoique la pierre ne se brisât pas. Il soupira.
[Naiko] – T'jours crevé le vioc ?
[Aya] – On s'en fout, ouais !
[Kisuke] – Bien dit.
Le silence retomba. Il ne se passait plus rien.
[Kisuke] – Je sens un élancement dans ma cuisse droite.
La jambe de Naiko gagne en consistance et se fracassa contre celle de Kisuke. Il rit bruyamment.
[Naiko] – Va mieux ?
Aya soupira.
[Aya] – Je préférais les oiseaux...
[Kisuke] – Ouais…
[Aya] – Ta gueule.
Le silence à nouveau. Les oiseaux avaient fui sous les insultes et les vociférations de Naiko, désormais seules les branches grinçaient, parfois. Uruku était le seul à être réellement retransformé en pierre. Mais s'il ne le faisait pas, il pourrait en mourir. Il n'était même pas conscient de ce qu'il réalisait : c'était son organisme qui réagissait à sa place. Kisuke le disait tous les jours pourtant.
[Kisuke] – Il est trop vieux ce gros.
Mais ils profitaient tous du fait qu'il soit inconscient pour dire du mal sur lui. Il avait la mauvaise habitude de briser des os lorsqu'il était contrarié. Et son âge, outre ses rhumatismes, était un sujet hautement périlleux.
Kisuke s'endormit. C'était l'un des nombreux inconvénients de leur état, ils n'avaient pas un contrôle parfait. Aya n'était pas certaine que l'immortalité ou l'absence de tout besoins soient des raisons suffisantes pour excuser leur ennui. Parce que personne ne passait par cette forêt.
De fait, personne ne se doutait qu'elle existe.
Et puis ils l'entendirent. Enfin, au moins elle, Naiko s'était également assoupi. Quelqu'un approchait. Aya jubilait, quoiqu'elle s'appliquât à conserver sa forme solide. Elle pourrait se battre seule, en un contre un, pour laver l'affront de sa défaite précédente.
Oui, c'était une très bonne idée.
Elle ferma les yeux. La personne approchait. Elle ne pouvait retenir un sourire. Quelques pas encore, et elle ajouterait un mort à son compte.
Quand elle fut à portée, elle ouvrit les yeux et bondit, son poignard levé.
[Aya] – Crève, ouais !
Elle chancela, sa surprise coupa net son élan. L'individu la rattrapa, un sourire joyeux aux lèvres.
[Geisei] – Je comptais te réveiller avec un baiser, comme dans les livres.
Elle se redressa et chercha à reculer, mais Geisei ne la lâcha pas. Il crut la voir rougir alors qu'elle évitait son regard.
[Aya] – Crétin, dégages, je veux pas te voir.
Elle redevint instantanément un épais bloc de pierre. Geisei haussa un sourcil et l'embrassa. Il laissa ses lèvres un long moment sur celles, glaciales et craquelées, de la jeune fille, puis il se rapprocha de son oreille.
[Geisei] - Ah ouais ?
Elle ne répondit pas et ne bougea pas plus. Il rit et se détourna.
[Geisei] – Tant pis alors.
Il s'éloigna de plusieurs pas.
[Naiko] – D'gages c'nnard. C'fait largué par la môme, 'xc'lent !
[Kisuke] – Oui. C'est très réjouissant tout ça.
L'adolescente reprit sa forme originelle, de chair et de sang. Elle bondit en avant et referma ses bras sur Geisei. Il s'arrêta, elle se berça contre lui, la tête entre ses omoplates.
[Aya] – Je plaisantais ! Je veux partir avec toi.
[Geisei] – Hmm ?
Elle reposa son pied par terre.
[Aya] – Je croyais que tu n'allais pas revenir.
Il se tourna vers elle.
[Geisei] – Oh ? Pourquoi ?
[Aya] – Eh bien... Je suis pas jolie, moins forte que toi et même pas sympa. Me suis dis que tu te moquais.
Geisei fit mine de réfléchir.
[Geisei] – Je suis sûr qu'après une bonne douche tu seras tout à fait recommandable.
Elle ouvrit la bouche puis le poussa violemment contre un arbre.
[Aya] – Je vais te pourrir, ouais !
Geisei l'attira à lui, ils s'embrassèrent. Aya se tourna ensuite vers ses anciens compagnons et agita la main.
[Aya] – A plus les emmerdeurs ! On se reverra peut-être, ouais !
L'homme la prit par la taille pour l'attirer à lui et ils s'enfoncèrent dans les bois.
[Aya] – Où on va ?
[Geisei] – Dans une taverne.
[Aya] – Ah ouais ?
Il hocha la tête.
[Geisei] – J'ai soif ouais. Et on dormiras bien.
Aya se tût un moment puis rit. Geisei appréciait ce rire, plus encore que lorsqu'il était tout enrobé de moquerie.
[Aya] – C'est habile de choisir l'auberge. Pour notre première nuit d'amour, ce genre de choses. Ouais, subtil.
[Geisei] – Oh ? Tu me prêtes des intentions Aya. Mais puisque tu le proposes si aimablement, prenons un moyen de transport que m'a prêtée une amie, ce sera plus rapide.
Aya le pinça.
[Aya] – Une amie ?
Geisei lui lança un regard de biais et soupira.
[Geisei] – Une amie de dix ans.
Elle hocha la tête, satisfaite.
Kisuke et Naiko les regardèrent partir. Kisuke se gratta le sommet du crâne.
[Kisuke] – Qu'est-ce que je vais faire de vous deux ?
Naiko le dévisagea.
[Naiko] – 'Sais pas. Mais j'pense… Si l'type est r'venu, c'est qu'y z'ont niqué c'lui qu'nous a foutu c'mme ça.
Il s'interrompit puis reprit.
[Naiko] – Donc, on peut s'casser.
Kisuke était littéralement foudroyé. Naiko... Naiko exprimer une idée intelligente… Naiko parler pour formuler une bonne nouvelle. Non, le sommeil le guettait de nouveau.
[Kisuke] – Tu as raison…
Ils se dévisagèrent ; puis bondir en même temps en avant.
[Kisuke & Naiko] – C'toi qui t'occupe du vieux !
Ils disparurent et ne s'arrêtèrent plus.

Akogare Hyuuga- Oi-nin de Konoha

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Re: Les Statues Meurent Aussi
[Garde] – Comment avez-vous trouvé le village ?
Akarui se mordit la lèvre. Elle se tenait devant l'imposant ninja, lequel portait haut son bandeau de Konoha. Il avait les bras croisés sur la poitrine et ses lèvres demeuraient figées.
[Akarui] – C'est une amie qui… enfin, une amie… je ne la connaissais pas vraiment mais…
[Garde] – Pas vraiment, hein ?
Akarui était très gênée. Elle avait répété ce qu'elle dirait tout au long de son voayge, soit depuis deux jours. Cependant, elle avait l'esprit totalement vide suite aux quelques questions du garde. Elle avait miraculeusement trouvé Konoha et là…
[Akarui] – Eh bien… comment dire… c'était Tael, elle s'appellait Tael.
[Garde] – 'Connais pas.
Il détourna les yeux, signifiant que la conversation était close.
[Akarui] – S'il vous plaît, j'ai quitté mon travail et ma famille pour venir ici.
[Garde] – 'Pas mes affaires.
Quelqu'un toussota derrière lui. C'était un homme grand, habillé tout de blanc. Il posa une main amicale sur l'épaule du garde et tapota plusieurs fois dessus.
[???] – Non, tout va bien. Cette jeune femme peut entrer.
L'homme fronça les sourcils, hésita, se tourna vers Akarui et lui indiqua de passer. Il ne comprenait pas ce qui lui arrivait, mais curieusement il ne s'en souciait pas. La jeune femme ne se fit pas prier et trottina aux côtés de l'homme en blanc. Celui-ci lui indiqua le chemin et s'inclina.
[???] – Je suis Mashiro. Un ami de Tael. Venez.
[Akarui] – Merci beaucoup !
Mashiro la conduisit jusqu'à l'ancienne maison de Tael. Depuis le temps, elle était époussiérée et abandonnée. Plus d'un an après son départ, la guerrière n'était pas réapparu.
[Mashiro] – Voilà, c'était sa maison. Bienvenue à Konoha !
[Akarui] – Merci encore. Vous savez si Tael reviendra ? J'aimerais la remercier.
Mashiro lui ouvrit la porte et l'invita à entrer. Il sourit gentiment.
[Mashiro] – Je crains que Tael ne passe plus par-ici. Mais rassurez-vous, je suis sûr qu'elle est très bien là où elle est.
Fin.
Akarui se mordit la lèvre. Elle se tenait devant l'imposant ninja, lequel portait haut son bandeau de Konoha. Il avait les bras croisés sur la poitrine et ses lèvres demeuraient figées.
[Akarui] – C'est une amie qui… enfin, une amie… je ne la connaissais pas vraiment mais…
[Garde] – Pas vraiment, hein ?
Akarui était très gênée. Elle avait répété ce qu'elle dirait tout au long de son voayge, soit depuis deux jours. Cependant, elle avait l'esprit totalement vide suite aux quelques questions du garde. Elle avait miraculeusement trouvé Konoha et là…
[Akarui] – Eh bien… comment dire… c'était Tael, elle s'appellait Tael.
[Garde] – 'Connais pas.
Il détourna les yeux, signifiant que la conversation était close.
[Akarui] – S'il vous plaît, j'ai quitté mon travail et ma famille pour venir ici.
[Garde] – 'Pas mes affaires.
Quelqu'un toussota derrière lui. C'était un homme grand, habillé tout de blanc. Il posa une main amicale sur l'épaule du garde et tapota plusieurs fois dessus.
[???] – Non, tout va bien. Cette jeune femme peut entrer.
L'homme fronça les sourcils, hésita, se tourna vers Akarui et lui indiqua de passer. Il ne comprenait pas ce qui lui arrivait, mais curieusement il ne s'en souciait pas. La jeune femme ne se fit pas prier et trottina aux côtés de l'homme en blanc. Celui-ci lui indiqua le chemin et s'inclina.
[???] – Je suis Mashiro. Un ami de Tael. Venez.
[Akarui] – Merci beaucoup !
Mashiro la conduisit jusqu'à l'ancienne maison de Tael. Depuis le temps, elle était époussiérée et abandonnée. Plus d'un an après son départ, la guerrière n'était pas réapparu.
[Mashiro] – Voilà, c'était sa maison. Bienvenue à Konoha !
[Akarui] – Merci encore. Vous savez si Tael reviendra ? J'aimerais la remercier.
Mashiro lui ouvrit la porte et l'invita à entrer. Il sourit gentiment.
[Mashiro] – Je crains que Tael ne passe plus par-ici. Mais rassurez-vous, je suis sûr qu'elle est très bien là où elle est.
Fin.
Dernière édition par le Ven 31 Aoû - 19:08, édité 2 fois

Akogare Hyuuga- Oi-nin de Konoha

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Re: Les Statues Meurent Aussi
Quatre ans plus tard.
Akogare ouvrit les yeux. Il ne reconnaissait pas ce plafond blanc, ni même la position de cette fenêtre qui laissait passer trop de rayons – beaucoup trop. Il cligna plusieurs fois des yeux, les derniers vestiges de ses rêves heureux s'effaçèrent avec paresse. Le jeune homme sentit un contact contre sa jambe et, au moment où il s'aperçut qu'il était nu, les souvenirs de sa soirée s'imbriquèrent brutalement.
Il sourit.
[Akogare] – Salut Sime.
La jeune femme grogna.
[Akogare] – Hmm, je crois me souvenir que ton copain reviens à midi, non ?
Elle se redressa brusquement, les yeux écarquillés. Le sourire du jeune homme s'étira. Elle se passa une main dans les cheveux et cherchait péniblement sa montre. Ce laborieux effort lui fut épargné car trois coups retentirent contre sa porte d'entrée. Akogare rit doucement.
[Akogare] – Mon sixième sens s'affine on dirait. Ou bien c'est le septième je ne sais plus.
Tout en parlant, il avait quitté le lit et enfilait ses vêtements. Il était assez inhabituel qu'il s'attarde chez des femmes. Il préférait partir au cours de la nuit, ou bien de les inviter chez lui. Cela évitait ce genre de déconvenues. Mais quand son regard se posa sur Sime, toujours couchée dans son lit, la poitrine qui dépassait légèrement, il savait qu'il avait pris une excellente décision.
[Sime] – J'aurais dû dire cinq heure.
Deux nouveaux coups.
[Akogare] – T'aurais dû dire jamais. Regarde à côté de quoi tu vas passer.
Il s'immobilisa dans une pose séduisante et Sime fut incapable de réprimer un rire.
[Sime] – Tu repasseras ce soir ?
[Akogare] – Non.
Il cligna de l'oeil et termina de boutonner sa chemise. Sime eut une moue vaguement boudeuse puis se fendit d'un sourire radieux.
[Sime] – Tu devrais te dépêcher.
[Akogare] – Ouais, ouais. Bonne journée.
Il se pencha et s'arrêta à quelques centimètres de ses lèvres. Elle l'embrassa. Ses doigts effleurèrent son épaule, elle grogna doucement.
[Sime] – Tu m'appelles ?
Il se recula en souriant mais ne répondit pas. Il s'éloigna de la jolie blonde dont les jambes venaient de quitter le confort du lit, et se pencha à la fenêtre.
[Sime] – J'arrive !
Akogare jeta un coup d'oeil par-dessus son épaule. Sime venait de s'emmitouffler dans sa chemise de nuit et trottinait en direction de la porte.
Il sauta.
Sans même s'en apercevoir, il prit la route pour aller chez lui. C'était une petite maison blanche au toit violet, parfaitement placé dans le vilage – au centre. Quelques ninja le saluaient, d'un hochement de tête ou d'une accolade et, pour les plus intimes, d'un petit sourire charmant.
Les plus sévères fronçaient les sourcils. Mais Akogare savait que les récriminations avaient changé avec le temps. Ce n'était plus ni sur sa tenue ni sur ses retards - ou rarement - que s'exprimaient les griefs. Aujourd'hui c'était plus quelque chose du genre : "J'espère qu'il n'était pas avec ma fille, sinon..."
[Eiko] – Enfin !
Akogare fit mine de ne pas avoir entendu mais ne pressa pas le pas. Une main se resserra sur son avant-bras, il se tourna et écarquilla les yeux d'une manière très réussie.
[Akogare] – Oh ! Eiko. Comment…
[Eiko] – Cinq heures Akogare. Rendez-vous à cinq heures devant les portes. Tu te souviens, hier, le briefing ?
Akogare poursuivit sa marche et Eiko le suivit. Il fit semblant de réfléchir.
[Akogare] – Mmh… D'hier, je me souviens surtout d'une merveilleuse poitrine sur laquelle je me suis endormi, mais…
La Jounin grogna et son camarade s'interrompit. Le Hyuuga posa une main sur sa taille et se pencha à son oreille.
[Akogare] – Il faut que j'aille chez moi. On est le six. Je dois voir quelqu'un, c'est important.
Il bondit sur un toit et adressa un salut fort peu militaire.
[Akogare] – On se revoit plus tard !
[Eiko] – Ne précise pas l'heure. Ca va m'énerver.
Akogare partit – mais ne s'enfuit pas, ou si peu. Il ouvrit sa porte. Mashiro l'attendait, assis sur son lit.
[Mashiro] – Salut.
Le jeune homme ferma la porte derrière lui et ouvrit les volets. Il s'étira longuement et s'assit sur une chaise.
[Akogare] – Elle est morte, hein ?
Mashiro hocha la tête.
[Akogare] – Depuis longtemps ?
[Mashiro] – Trois ans, à peu près.
Ils ne dirent rien pendant un long moment, à simplement s'observer. Finalement, Akogare soupira.
[Akogare] – J'avais fait un rêve à ce moment-là. Il me disait que quelqu'un de proche était mort, une grande guerrière. J'avais pas pigé que c'était elle.
[Mashiro] – Tael a laissé quelque chose pour toi.
Le Hyuuga plissa les yeux.
[Akogare] – Ah ?
[Mashiro] – Oui. Mais, euh, eh bien... Je l'ai égaré chez San.
La perplexité se peigna sur les traits d'Akogare.
[Akogare] – Rappelle-moi de ne pas te confier mes cendres.
Il se leva.
[Akogare] – Je vais le chercher alors. C'est quoi ?
[Mashiro] – Un mot. Comme celui que tu avais laissé chez tes parents, avant de partir il y a... pfiou, longtemps.
Il rit.
[Mashiro] – Il est dans un des placards. Dans la chambre de la petite.
Akogare posa la main sur la poignée de la porte et hocha la tête.
[Akogare] – Bien. Merci.
[Mashiro] – Je vais, hum, t'attendre ici. Prends ton temps.
Il sortit et prit le chemin en sens inverse. San avait conservé la maison de ses parents, eux avaient déménagé dans un autre quartier de la ville.
Il connaissait le chemin par cœur. Il prit un instant pour considérer tout le chemin qu'il avait parcouru depuis la première fois qu'il avait emprunté cette route. C'était assez impressionnant. Sept années plus tard, il n'avait plus grand-chose à voir avec le petit garçon terrifié. Il sourit intérieurement.
Il tapa deux fois à la porte. Il n'avait aucune appréhension, la main posée sur le mur et l'autre dans la poche. Il entendit des pas courir sur le sol, une voix étouffée, puis la porte s'ouvrit. Il sourit et San le regardait. Elle lui retourna son sourire.
[Akogae] – Salut !
Il l'embrassa sur chaque joue, même si elle n'aimait habituellement pas ça et recula d'un pas.
[San] – Salut… Euh, entre je t'en prie.
Il s'exécuta, elle referma la porte derrière lui. Le regard d'Akogare tomba sur le ventre de la jeune femme.
[Akogare] – Encore trois mois, hein ?
Elle rayonna.
[San] – Deux ! Je le sens bouger la nuit. Et même le jour d'ailleurs. Dès que je veux me reposer en fait.
Akogare sourit.
[Akogare] – Meo dort ?
[San] – Non non, il est parti travailler. Tu veux boire quelque chose – viens !
Il secoua la tête.
[Akogare] – Non, te déranges pas. Je dois juste prendre un truc en-haut.
[San] – Oh ? Eh bien, suis-moi.
Elle s'avança vers l'escalier et grimaça.
[San] – Généralement, juste après que j'ai fini de monter les marches – quand je vais dormir donc – le bébé se réveille.
[Akogare] – Quoi, tu vas dormir là ?
Elle lui lança un regard qui lui avait presque manqué et sourit. Ils avançèrent côtes à côtes. San s'était mariée avec Meo. Elle avait invité Akogare, qui avait protesté vivement en disant qu'il n'aimait *pas* les mariages. Mais il était quand même venu. Au moins pour voir le mari. Un homme sympathique, très joyeux. Il avait été un peu craintif de la réaction du Hyuuga, certain qu'il aurait quelque rancune contre lui. Ce n'était pas le cas et même, cela l'avait étonné qu'on puisse s'imaginer une telle chose.
[San] – C'est pas rangé. Désolée.
[Akogare] – Ne t'excuse pas. J'aurais bientôt fini.
Elle resta à la porte et lui s'avança vers les placards. Il s'agenouilla, de dos, et ouvrit le battant. Il fit semblant de chercher le temps de se remémorer les instants passés.
[San] – Tu devrais passer plus souvent tu sais. Enfin, tu dois pas avoir trop de temps.
Akogare rit.
[Akogare] – Oh si, j'en ai. Je t'appelle quand même pas mal, non ?
Elle haussa les épaules et ne répondit pas. Le jeune homme ne mit pas longtemps à trouver le papier qu'il cherchait – jauni, mais il n'avait pas pris l'humidité. Il ne le lut pas tout de suite. Il voulait être seul. Il savait qu'il devait être seul. Il se releva lentement et soupira.
San le regardait toujours. Il s'approcha d'elle et se pencha sur son ventre.
[Akogare] – Quand je pense à tous les gens qui doivent te faire le coup…
[San] – Quel coup ?
[Akogare] – Se baisser pour parler à ton nombril.
Elle gloussa.
[Akogare] – Tu y crois toi, qu'un bébé ça entend ce qu'on dit ?
Elle hocha la tête.
[Akogare] – Bien…
Il posa sa main sur son ventre et se pencha davantage encore, jusqu'à ce que ses lèvres frôlent le vêtement tendu.
[Akogare] – J'aurais pu être ton père, mais heureusement pour toi, c'en est un autre.
[San] – Tu aurais fait un très bon père.
[Akogare] – C'est ce qu'elles disent toute quand je quitte leur lit. Mais vous ne m'aurez pas, prédatrices ! je me protège.
Il se redressa et ils se regardèrent. San sourit.
[San] – Pauvre Akogare, hein ? Traqué par les femmes.
[Akogare] – Les jolies seulement. Les autres, je leur fais peur. Allez, à plus.
Akogare rangea le papier dans sa poche. Il soupira. Autour de lui, ses coéquipiers s'agitaient. Lentement, il mit son masque en place. C'était un visage de loup, avec de fines rayures bleues sur les joues.
[Yoshimo] – On est en retard.
[Akogare] – Hum. Ouais.
[Ten] – La faute à qui ?
Elle gloussa.
[Akogare] – C'est pas comme si c'était urgent.
La langue de Yoshimo claqua séchement.
[Yoshimo] – Six heures du matin. Pas deux heures de l'après midi. Tu vois la différence ?
[Akogare] – Euh. Non.
Il sauta sur la branche la plus proche.
[Akogare] – Allez les enfants. On se bouge !
Il partit. Yoshimo, les bras croisés sur sa poitrine, grogna.
[Ten] – Fais pas cette tête-là ! Aller sécuriser une route, c'est pas une question de minutes.
[Yoshimo] – Si c'était moi qui était en retard, tu ne dirais pas ça.
La jeune femme, malgré son masque de tigre, ne chercha pas à dissimuler sa surprise.
[Ten] – Bien sûr. Tu es toujours à l'heure.
Elle gloussa une nouvelle fois puis partit. Yoshimo la suivit.
Hyuuga Akogare,
Je suppose que j'aurais été soulagée si j'avais pu te le dire directement. Mais je pense que certaines personnes sont faite pour ne jamais être soulagées. Tu n'es pas de celles-ci. Quand je me suis introduite dans ton esprit, je ne me souciais pas de ta survie. Je voulais celle que tu abritais, je voulais Tenshi.
J'avais été présomptueuse. Quand tu t'enfuya la seconde fois, pendant le combat où j'ai perdu mon bras, je lui ai demandé pourquoi elle te défendait. Pourquoi elle s'obstinait à fuir avec toi, alors que je lui proposais de me rejoindre moi, de m'habiter pour qu'elle puisse réveler sa force au monde réel. Elle m'a dit que c'était par amour pour ce que tu étais, et pour ce que tu deviendrais. C'était simplement pour l'avenir qu'elle refusait ma proposition. Ton avenir, et celui des personnes que tu rencontreras. Elle savait que j'étais l'une des seules personnes au monde à pouvoir la sortir de ton esprit, et elle savait que si elle me repoussait elle terminerait comme elle était née : prisonnière.
J'ai mis longtemps à comprendre. Mais je suis heureuse d'être morte avec cette connaissance. Je voudrais te remercier de m'avoir montré qu'il était possible de ne pas gâcher nos nouvelles chances. Et comment on prenait son avenir en main, comment on pouvait refuser son destin. Le tien était de mourir, le mien d'être ignorante. Au final, c'est moi qui suit morte et toi qui sait.
C'est mieux ainsi.
Tael.
Akogare ouvrit les yeux. Il ne reconnaissait pas ce plafond blanc, ni même la position de cette fenêtre qui laissait passer trop de rayons – beaucoup trop. Il cligna plusieurs fois des yeux, les derniers vestiges de ses rêves heureux s'effaçèrent avec paresse. Le jeune homme sentit un contact contre sa jambe et, au moment où il s'aperçut qu'il était nu, les souvenirs de sa soirée s'imbriquèrent brutalement.
Il sourit.
[Akogare] – Salut Sime.
La jeune femme grogna.
[Akogare] – Hmm, je crois me souvenir que ton copain reviens à midi, non ?
Elle se redressa brusquement, les yeux écarquillés. Le sourire du jeune homme s'étira. Elle se passa une main dans les cheveux et cherchait péniblement sa montre. Ce laborieux effort lui fut épargné car trois coups retentirent contre sa porte d'entrée. Akogare rit doucement.
[Akogare] – Mon sixième sens s'affine on dirait. Ou bien c'est le septième je ne sais plus.
Tout en parlant, il avait quitté le lit et enfilait ses vêtements. Il était assez inhabituel qu'il s'attarde chez des femmes. Il préférait partir au cours de la nuit, ou bien de les inviter chez lui. Cela évitait ce genre de déconvenues. Mais quand son regard se posa sur Sime, toujours couchée dans son lit, la poitrine qui dépassait légèrement, il savait qu'il avait pris une excellente décision.
[Sime] – J'aurais dû dire cinq heure.
Deux nouveaux coups.
[Akogare] – T'aurais dû dire jamais. Regarde à côté de quoi tu vas passer.
Il s'immobilisa dans une pose séduisante et Sime fut incapable de réprimer un rire.
[Sime] – Tu repasseras ce soir ?
[Akogare] – Non.
Il cligna de l'oeil et termina de boutonner sa chemise. Sime eut une moue vaguement boudeuse puis se fendit d'un sourire radieux.
[Sime] – Tu devrais te dépêcher.
[Akogare] – Ouais, ouais. Bonne journée.
Il se pencha et s'arrêta à quelques centimètres de ses lèvres. Elle l'embrassa. Ses doigts effleurèrent son épaule, elle grogna doucement.
[Sime] – Tu m'appelles ?
Il se recula en souriant mais ne répondit pas. Il s'éloigna de la jolie blonde dont les jambes venaient de quitter le confort du lit, et se pencha à la fenêtre.
[Sime] – J'arrive !
Akogare jeta un coup d'oeil par-dessus son épaule. Sime venait de s'emmitouffler dans sa chemise de nuit et trottinait en direction de la porte.
Il sauta.
Sans même s'en apercevoir, il prit la route pour aller chez lui. C'était une petite maison blanche au toit violet, parfaitement placé dans le vilage – au centre. Quelques ninja le saluaient, d'un hochement de tête ou d'une accolade et, pour les plus intimes, d'un petit sourire charmant.
Les plus sévères fronçaient les sourcils. Mais Akogare savait que les récriminations avaient changé avec le temps. Ce n'était plus ni sur sa tenue ni sur ses retards - ou rarement - que s'exprimaient les griefs. Aujourd'hui c'était plus quelque chose du genre : "J'espère qu'il n'était pas avec ma fille, sinon..."
[Eiko] – Enfin !
Akogare fit mine de ne pas avoir entendu mais ne pressa pas le pas. Une main se resserra sur son avant-bras, il se tourna et écarquilla les yeux d'une manière très réussie.
[Akogare] – Oh ! Eiko. Comment…
[Eiko] – Cinq heures Akogare. Rendez-vous à cinq heures devant les portes. Tu te souviens, hier, le briefing ?
Akogare poursuivit sa marche et Eiko le suivit. Il fit semblant de réfléchir.
[Akogare] – Mmh… D'hier, je me souviens surtout d'une merveilleuse poitrine sur laquelle je me suis endormi, mais…
La Jounin grogna et son camarade s'interrompit. Le Hyuuga posa une main sur sa taille et se pencha à son oreille.
[Akogare] – Il faut que j'aille chez moi. On est le six. Je dois voir quelqu'un, c'est important.
Il bondit sur un toit et adressa un salut fort peu militaire.
[Akogare] – On se revoit plus tard !
[Eiko] – Ne précise pas l'heure. Ca va m'énerver.
Akogare partit – mais ne s'enfuit pas, ou si peu. Il ouvrit sa porte. Mashiro l'attendait, assis sur son lit.
[Mashiro] – Salut.
Le jeune homme ferma la porte derrière lui et ouvrit les volets. Il s'étira longuement et s'assit sur une chaise.
[Akogare] – Elle est morte, hein ?
Mashiro hocha la tête.
[Akogare] – Depuis longtemps ?
[Mashiro] – Trois ans, à peu près.
Ils ne dirent rien pendant un long moment, à simplement s'observer. Finalement, Akogare soupira.
[Akogare] – J'avais fait un rêve à ce moment-là. Il me disait que quelqu'un de proche était mort, une grande guerrière. J'avais pas pigé que c'était elle.
[Mashiro] – Tael a laissé quelque chose pour toi.
Le Hyuuga plissa les yeux.
[Akogare] – Ah ?
[Mashiro] – Oui. Mais, euh, eh bien... Je l'ai égaré chez San.
La perplexité se peigna sur les traits d'Akogare.
[Akogare] – Rappelle-moi de ne pas te confier mes cendres.
Il se leva.
[Akogare] – Je vais le chercher alors. C'est quoi ?
[Mashiro] – Un mot. Comme celui que tu avais laissé chez tes parents, avant de partir il y a... pfiou, longtemps.
Il rit.
[Mashiro] – Il est dans un des placards. Dans la chambre de la petite.
Akogare posa la main sur la poignée de la porte et hocha la tête.
[Akogare] – Bien. Merci.
[Mashiro] – Je vais, hum, t'attendre ici. Prends ton temps.
Il sortit et prit le chemin en sens inverse. San avait conservé la maison de ses parents, eux avaient déménagé dans un autre quartier de la ville.
Il connaissait le chemin par cœur. Il prit un instant pour considérer tout le chemin qu'il avait parcouru depuis la première fois qu'il avait emprunté cette route. C'était assez impressionnant. Sept années plus tard, il n'avait plus grand-chose à voir avec le petit garçon terrifié. Il sourit intérieurement.
Il tapa deux fois à la porte. Il n'avait aucune appréhension, la main posée sur le mur et l'autre dans la poche. Il entendit des pas courir sur le sol, une voix étouffée, puis la porte s'ouvrit. Il sourit et San le regardait. Elle lui retourna son sourire.
[Akogae] – Salut !
Il l'embrassa sur chaque joue, même si elle n'aimait habituellement pas ça et recula d'un pas.
[San] – Salut… Euh, entre je t'en prie.
Il s'exécuta, elle referma la porte derrière lui. Le regard d'Akogare tomba sur le ventre de la jeune femme.
[Akogare] – Encore trois mois, hein ?
Elle rayonna.
[San] – Deux ! Je le sens bouger la nuit. Et même le jour d'ailleurs. Dès que je veux me reposer en fait.
Akogare sourit.
[Akogare] – Meo dort ?
[San] – Non non, il est parti travailler. Tu veux boire quelque chose – viens !
Il secoua la tête.
[Akogare] – Non, te déranges pas. Je dois juste prendre un truc en-haut.
[San] – Oh ? Eh bien, suis-moi.
Elle s'avança vers l'escalier et grimaça.
[San] – Généralement, juste après que j'ai fini de monter les marches – quand je vais dormir donc – le bébé se réveille.
[Akogare] – Quoi, tu vas dormir là ?
Elle lui lança un regard qui lui avait presque manqué et sourit. Ils avançèrent côtes à côtes. San s'était mariée avec Meo. Elle avait invité Akogare, qui avait protesté vivement en disant qu'il n'aimait *pas* les mariages. Mais il était quand même venu. Au moins pour voir le mari. Un homme sympathique, très joyeux. Il avait été un peu craintif de la réaction du Hyuuga, certain qu'il aurait quelque rancune contre lui. Ce n'était pas le cas et même, cela l'avait étonné qu'on puisse s'imaginer une telle chose.
[San] – C'est pas rangé. Désolée.
[Akogare] – Ne t'excuse pas. J'aurais bientôt fini.
Elle resta à la porte et lui s'avança vers les placards. Il s'agenouilla, de dos, et ouvrit le battant. Il fit semblant de chercher le temps de se remémorer les instants passés.
[San] – Tu devrais passer plus souvent tu sais. Enfin, tu dois pas avoir trop de temps.
Akogare rit.
[Akogare] – Oh si, j'en ai. Je t'appelle quand même pas mal, non ?
Elle haussa les épaules et ne répondit pas. Le jeune homme ne mit pas longtemps à trouver le papier qu'il cherchait – jauni, mais il n'avait pas pris l'humidité. Il ne le lut pas tout de suite. Il voulait être seul. Il savait qu'il devait être seul. Il se releva lentement et soupira.
San le regardait toujours. Il s'approcha d'elle et se pencha sur son ventre.
[Akogare] – Quand je pense à tous les gens qui doivent te faire le coup…
[San] – Quel coup ?
[Akogare] – Se baisser pour parler à ton nombril.
Elle gloussa.
[Akogare] – Tu y crois toi, qu'un bébé ça entend ce qu'on dit ?
Elle hocha la tête.
[Akogare] – Bien…
Il posa sa main sur son ventre et se pencha davantage encore, jusqu'à ce que ses lèvres frôlent le vêtement tendu.
[Akogare] – J'aurais pu être ton père, mais heureusement pour toi, c'en est un autre.
[San] – Tu aurais fait un très bon père.
[Akogare] – C'est ce qu'elles disent toute quand je quitte leur lit. Mais vous ne m'aurez pas, prédatrices ! je me protège.
Il se redressa et ils se regardèrent. San sourit.
[San] – Pauvre Akogare, hein ? Traqué par les femmes.
[Akogare] – Les jolies seulement. Les autres, je leur fais peur. Allez, à plus.
***
Akogare rangea le papier dans sa poche. Il soupira. Autour de lui, ses coéquipiers s'agitaient. Lentement, il mit son masque en place. C'était un visage de loup, avec de fines rayures bleues sur les joues.
[Yoshimo] – On est en retard.
[Akogare] – Hum. Ouais.
[Ten] – La faute à qui ?
Elle gloussa.
[Akogare] – C'est pas comme si c'était urgent.
La langue de Yoshimo claqua séchement.
[Yoshimo] – Six heures du matin. Pas deux heures de l'après midi. Tu vois la différence ?
[Akogare] – Euh. Non.
Il sauta sur la branche la plus proche.
[Akogare] – Allez les enfants. On se bouge !
Il partit. Yoshimo, les bras croisés sur sa poitrine, grogna.
[Ten] – Fais pas cette tête-là ! Aller sécuriser une route, c'est pas une question de minutes.
[Yoshimo] – Si c'était moi qui était en retard, tu ne dirais pas ça.
La jeune femme, malgré son masque de tigre, ne chercha pas à dissimuler sa surprise.
[Ten] – Bien sûr. Tu es toujours à l'heure.
Elle gloussa une nouvelle fois puis partit. Yoshimo la suivit.
Hyuuga Akogare,
Je suppose que j'aurais été soulagée si j'avais pu te le dire directement. Mais je pense que certaines personnes sont faite pour ne jamais être soulagées. Tu n'es pas de celles-ci. Quand je me suis introduite dans ton esprit, je ne me souciais pas de ta survie. Je voulais celle que tu abritais, je voulais Tenshi.
J'avais été présomptueuse. Quand tu t'enfuya la seconde fois, pendant le combat où j'ai perdu mon bras, je lui ai demandé pourquoi elle te défendait. Pourquoi elle s'obstinait à fuir avec toi, alors que je lui proposais de me rejoindre moi, de m'habiter pour qu'elle puisse réveler sa force au monde réel. Elle m'a dit que c'était par amour pour ce que tu étais, et pour ce que tu deviendrais. C'était simplement pour l'avenir qu'elle refusait ma proposition. Ton avenir, et celui des personnes que tu rencontreras. Elle savait que j'étais l'une des seules personnes au monde à pouvoir la sortir de ton esprit, et elle savait que si elle me repoussait elle terminerait comme elle était née : prisonnière.
J'ai mis longtemps à comprendre. Mais je suis heureuse d'être morte avec cette connaissance. Je voudrais te remercier de m'avoir montré qu'il était possible de ne pas gâcher nos nouvelles chances. Et comment on prenait son avenir en main, comment on pouvait refuser son destin. Le tien était de mourir, le mien d'être ignorante. Au final, c'est moi qui suit morte et toi qui sait.
C'est mieux ainsi.
Tael.

Akogare Hyuuga- Oi-nin de Konoha

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Quelque part.
L'enfant ouvrit les yeux. Il faisait noir, le temps de s'habituer. Combien de temps avait-elle dormi ? Une heure, deux jours ? Elle tâtonna et se surprit à grogner. Son épaule lui faisait mal, et l'ensemble de son côté droit semblait avoir souffert.
Elle parcourut rapidement son corps de ses mains. Des hématomes, mais pas de blessures sanglantes. Aucune odeur ne filtrait, à part celle de l'humidité. Pas de sons non plus, à part les siens propres. Son regard ne s'habituait pas à l'obscurité, elle restait la même, opaque.
La petite fille ferma les yeux. Elle ne pouvait mobiliser son pouvoir ici. Comme si les murs de la prison - car s'en était bien une - l'entravaient. Elle essaya d'éprouver les limites de l'endroit. Elle pouvait tenir debout sans mal, même avec les deux bras levés et sur la pointe des pieds. Au bout d'une dizaine de mètres, elle rencontra un premier mur de pierres sombres. Elle fit le tour de la salle à deux reprises ; aucune porte.
Son coeur battait plus fort. Avait-elle été jetée ici ? Oubliée ?
Allait-elle mourir ici ?
Elle se souvenait de la bataille bien sûr. Elle avait combattu jusqu'au limite de son corps, elle avait balayé ses adversaires, mais il y avait eu cette éraflure. Minime et empoisonnée, au cou. Sa vue s'était brouillée, et elle ne parvenait plus à capter son pouvoir.
Puis elle s'était réveillée ici. Où était ici ? Il y avait de l'humidité ici. Pourquoi ne pouvait-elle la contrôler ? Elle, Ashe, l'enfant qui parle aux flots. Noir, blanc. Quelque chose au plafond. C'était donc un puits, une sorte de puits ; un cachot, plus vraisemblablement.
[???] - C'est bien elle.
[???] - Tuez-la ici. Elle n'a aucune force.
[???] - Hum. Vous êtes inconséquent, mon ami. Elle va nous l'amener. Elle ne peut pas ne pas venir.
Il y eut un silence. Ashe se dissimulait les yeux derrière la main. Le soleil était donc si proche ? Elle n'avait pas grand-chose à faire pour sortir. Elle n'aimait pas du tout les endroits fermés.
[???] - Selon mes informations, Tael est décédée.
[???] - Vos informations sont certainement fausses. Tael est immortelle.
Au nom de Tael, Ashe sursauta. Elle était morte, elle le savait. Elle l'avait vue mourir.
Le soleil lui fut de nouveau dissimulé. Elle savait où était la porte désormais.
L'enfant ouvrit les yeux. Il faisait noir, le temps de s'habituer. Combien de temps avait-elle dormi ? Une heure, deux jours ? Elle tâtonna et se surprit à grogner. Son épaule lui faisait mal, et l'ensemble de son côté droit semblait avoir souffert.
Elle parcourut rapidement son corps de ses mains. Des hématomes, mais pas de blessures sanglantes. Aucune odeur ne filtrait, à part celle de l'humidité. Pas de sons non plus, à part les siens propres. Son regard ne s'habituait pas à l'obscurité, elle restait la même, opaque.
La petite fille ferma les yeux. Elle ne pouvait mobiliser son pouvoir ici. Comme si les murs de la prison - car s'en était bien une - l'entravaient. Elle essaya d'éprouver les limites de l'endroit. Elle pouvait tenir debout sans mal, même avec les deux bras levés et sur la pointe des pieds. Au bout d'une dizaine de mètres, elle rencontra un premier mur de pierres sombres. Elle fit le tour de la salle à deux reprises ; aucune porte.
Son coeur battait plus fort. Avait-elle été jetée ici ? Oubliée ?
Allait-elle mourir ici ?
Elle se souvenait de la bataille bien sûr. Elle avait combattu jusqu'au limite de son corps, elle avait balayé ses adversaires, mais il y avait eu cette éraflure. Minime et empoisonnée, au cou. Sa vue s'était brouillée, et elle ne parvenait plus à capter son pouvoir.
Puis elle s'était réveillée ici. Où était ici ? Il y avait de l'humidité ici. Pourquoi ne pouvait-elle la contrôler ? Elle, Ashe, l'enfant qui parle aux flots. Noir, blanc. Quelque chose au plafond. C'était donc un puits, une sorte de puits ; un cachot, plus vraisemblablement.
[???] - C'est bien elle.
[???] - Tuez-la ici. Elle n'a aucune force.
[???] - Hum. Vous êtes inconséquent, mon ami. Elle va nous l'amener. Elle ne peut pas ne pas venir.
Il y eut un silence. Ashe se dissimulait les yeux derrière la main. Le soleil était donc si proche ? Elle n'avait pas grand-chose à faire pour sortir. Elle n'aimait pas du tout les endroits fermés.
[???] - Selon mes informations, Tael est décédée.
[???] - Vos informations sont certainement fausses. Tael est immortelle.
Au nom de Tael, Ashe sursauta. Elle était morte, elle le savait. Elle l'avait vue mourir.
Le soleil lui fut de nouveau dissimulé. Elle savait où était la porte désormais.

Akogare Hyuuga- Oi-nin de Konoha

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