Restaurant : « Le Chien Fou ! »

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Message  Kaïsan le Mer 25 Oct - 3:34

-Pourquoi le mot assassin semble être aussi important pour moi? Aucune idée, pourquoi cette question? Sinon, tu à parlé de capacité héréditaire mais qu'en est il? J'avoue ne peut connaître les capacités héréditaires existantes et j'aime bien découvrir de nouvelle choses.

Pourquoi Rakurai semblait-il ne pas connaitre le mot assassin, peut-être était ce l'imagination fertile de Kaïsan, mais il semblait bel et bien avoir entendu et vu certaine choses qui se passait à la mention de cet art de tuer.

Kaïsan n'était pas fou, il avait bien entendu et vu cela. Peut-être que Rakurai ne voulait tous simplement en parler. Cette réponse était plus plausible. Il ne faisait que nier les faits. Kaïsan, fit donc comme si l'explication de Rakurai semblait logique.


- Et bien il m'a sembler y avoir un lien entre ce mot et toi, mais peut-être est ce le fruit de mon imagination.

Puis il se concentra pour formuler les mots correctement dans sa tête, il fallait maintenant explique à Kaïsan ce qu'était qu'une capacitée héréditaire. Kaïsan lui-même ne connaissait que la base sur ce sujet, mais il trouverait la bonne façon d'expliquer cela à Rakurai.

-Une capacitée héréditaire, est un don qui coulent dans le sang d'un individu. Moi, je provient du clan hyuga, qui utilise un dojutsu nommé le byakugan ainsi que quelques autres techniques. Ils existent certainement plusieurs clan ou familles possédants un don spéciale, mais je n'en connait pas plus sur se sujet.

Il termina son explication, il l'avait débiter à une vitesse rapide, comme si il semblait nerveux. En effet cela n'était pas tous les jours qu'il pouvait apprendre à d'autre personnes un peu plus sur un domaine qu'il connaissait bien. Kaïsan se retourna vers Rakurai, lui laissant le temps d'analyser et de comprendre les explications de Kaïsan malgré l'alcool qu'il avait ingurgiter ainsi que l'heure tardive.

L'ambiance battait son plein au restaurant le chien fou, les serveuses dansaient encore; infatiguables jeunes femmes au millieu d'un flot d'homme surexcitée. Kaïsan quant à lui commençait à être fatiguer, il commanda donc un autre verre pour se remmettre d'aplomb.

Kaïsan
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Re: Restaurant : « Le Chien Fou ! »

Message  Rakurai Yugen le Mer 25 Oct - 18:46

Rakurai avait éludé la question, certes, mais il ne pouvait rien faire face à l'esprit frais de Kaïsan et il n'était pas difficile de voir le rapprochement entre la terme "assassin" et lui quand on savait que Kempachi l'avais très clairement regardés tandis qu'il en parlait, mais cela lui importait peu, dans tout les cas il n'avait que des suppositions pour lui aucune certitudes et c'est cela qui convenait à Rakurai.

Ce dernier passât ensuite à l'explication sur ce qu'était une capacité héréditaire et là, il fallait avouer que Rakurai venait de faire un joli mensonge, on ne survivait pas en tant qu'assassin d'élite si l'on ne connaissait rien sur les capacités héréditaires des principales branches de familles ninja, les principales étaient les Hyuuga et les Uchiha, enfin il s'agissait là des deux plus dangereuses, et il fut assez intéressé de savoir que Kaïsan, qui venait de faire sa première erreur, lui dise qu'il était un Hyuuga.

Pourquoi une erreur? car les ninjas doivent avoir des secrets entre eux, l'on ne sais jamais ce qui risque d'arriver et pour éviter des fuites dans les compétences réelles des ninjas, il faut limiter le nombres d'informations qui sera distillés dans une équipe, et ainsi, une capacité aussi importante que celle des Hyuuga doit être jalousement gardés et non révélé. De ce fait, avouer à Rakurai qu'il était un Hyuuga serait peut être une erreur qui lui sera fatal si jamais Rakurai était prêt à échanger des informations contre sa vie dans le cas ou il serait capturé.

Rakurai tout en buvant son dixième verres (ou vingtième, il commençais à perdre le compte là) regardais un Kempachi qui continuais à danser avec les serveuses, il ignorait comme cette montagne faisait encore pour bouger vu la quantité d'alcool qu'il avais ingurgité, mais bon, si l'on se referait à son physique il avait encore de la marge avant de sombrer, au contraire de Rakurai qui commençais légèrement à piquer du nez, mais il voulait poser encore une question à Kaïsan une question rhétorique certes, mais il voulait voir jusqu'ou allait sa confiance.


¤Rakurai¤
"Je vois, c'est sympa dis moi, mais ta capacités spéciale c'est quoi au juste? Ou plutôt, c'est quoi qui, dans ton clan, fais que vous avez une capacité spéciale?"

Rakurai Yugen
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Re: Restaurant : « Le Chien Fou ! »

Message  Kaïsan le Jeu 26 Oct - 0:10

Rakurai semblait très interressée au sujet de la famille de Kaïsan. Les gens changeait normalement de sujet quand Kaïsan partait sur ce sujet lourd et compliquée. Rakurai quant à lui semblait, malgré la quantité d'alcool qui coulait dans ses veines, porter une attention particulière au parole de Kaïsan. Il semblait vouloir analyser les mondres explications de son interlocuteur. D'après le jeune Hyuga, l'explication au sujet de son clan semblait avoir été clair, mais malgré tous cela, Rakurai redemanda des explications.

-Je vois, c'est sympa dis moi, mais ta capacités spéciale c'est quoi au juste? Ou plutôt, c'est quoi qui, dans ton clan, fais que vous avez une capacité spéciale?

Kaïsan avait été très clair, Rakurai devait être sûrement lui aussi très curieux. Kaïsan aussi aimait bien en apprendre d'avatage, il possédait lui aussi cette qualité ou se défaut dépandament d'où ont voyait la chose. Malheureusement pour Rakurai, la curiosité avait ses limite et sa Kaïsan le savait. Si une des choses que son père lui avait répéter inlassablement, était que les secrets concernant les hyuga et le clan devait rester secret, il devait le rester.

Même si Kaïsan faisait confiance à Rakurai, il ne pouvait divulguer une information importante comme celle-ci. Puis pour le reste, c'est à dire la deuxième questions de Rakurai, il ne savait rien à propos de cela. Il ne savait strictement pas ce qui faisait qu'il possédait cette capacitée, il l'avait reçu à sa naissance et c'était les seules information qu'il avait eu à propos de son dons. Peut être que son père ne lui avait pas parler de cette partie des secrets du clan. Sur ce sujet, même si il avait voulut aider Rakurai, il n'aurait pas pu.


- Et bien, je ne sais pas, je ne peut pas répondre correctement à ta question. Je suis désoler, mais mes connaissances sur ce sujet son malheureusement limité.

Kaïsan était fatiguer, la tête lui tournait un peu. Il n'était pas habituer à consommer de l'alcool et de plus il était très rare qu'il veille aussi tard pour quelqu'un de son âge. Il balaya de ses yeux blanc le restaurant; Kempachi semblait encore en pleine période de séduction, les serveuse continuait encore et toujours leur danse entraînante et l'ambiance était encore à son maximum au sein du Chien fou.

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Re: Restaurant : « Le Chien Fou ! »

Message  Rakurai Yugen le Jeu 26 Oct - 19:59

Réponse modérée, bonne réponse donc. En effet, mieux valait laisser planait un doute sur quelque chose que de divulguer des informations dont l'on n'avais aucune certitude quand à leurs viabilités, donc c'était une bonne réponse, certainement pas complètes, mais elle avait au moins le mérite d'être honnête.

Le regard de Rakurai, devenant de plus en plus vitreux, se déposât à tour de rôles sur la piste de danse et sur son verre désespérément vide, il commençais à être épuisé, cela faisait pas mal de temps qu'il n'avait pas veillé aussi tard et cela commençais à se sentir, demain serait un jour très difficile.

Regardant une ultime fois les si séduisantes danseuses, Rakurai posât son verre vide à l'envers, signifiant ainsi aux serveuses ne dansant pas qu'il ne souhaitait boire rien de plus, avant de s'étirer longuement tout en baillant à s'en décrocher férocement la mâchoire. Il réajusta ses lunettes sur son nez avant de se tourner vers Kaïsan.


¤Rakurai¤
"Bon, moi je fatigue, j'ignore si toi aussi, mais en tout cas je sent que mon départ va se faire rapidement, si tu à encore une question je suis là, sinon je vais m'en aller."

¤Rakurai1¤
"En outre, n'oublions pas que Kempachi nous à promis un entraînement demain, il serait dommage qu'à cause de notre état lamentable nous ne puissions rien effectuer de concret n'est ce pas?"

Comme d'habitude les deux vois étaient parfaitement reconnaissable vu leurs différences d'intonation et de sonorité, mais seul l'intéressé ne semblait pas se rendre compte de ce léger "détail" de sa personnalité.

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Re: Restaurant : « Le Chien Fou ! »

Message  Kaïsan le Ven 27 Oct - 4:08

Kaïsan voguait doucement entre le merveilleux monde des rêves et la réalité. À proprement parlé, il ne savait plus si les plantureuses demoiselles qui dansaient autours de lui était le fruit de son imagination ou si cela était bien la réalité. Les yeux vitreux, il parcourut l'assemblé des yeux et vit Rakurai se lever et se mettre à lui parler.

Il s'approcha de Kaïsan et lui indiqua que si il n'avait plus rien à dire, il allait devoir quitter le restaurant afin de pouvoir se reposer. D'ailleur lui aussi était mort de fatigue, il allait devoir se mettre au lit rapidement si il voulait avoir la chance de pouvoir se lever le lendemain sans trop de mal.
De plus, si l'entrainement du lendemain porterai su le Henge, il se devait d'y être.


- Non, je ne croit pas avoir d'autre question. Je croit que je vais y aller moi aussi, au revoir et à demain, du moins si l'ont réusit à se lever.


Kaïsan voulut se lever, mais il était décidément beaucoup trop fatiguer. Il se lèverait dans quelques minutes, lorsque le courage de marcher jusqu'à chez lui dans les rues désertes lui reviendrait. Il s'installa donc confortablement, se cala contre sa chaise, et admira pendant quelques minutes encore les jolies serveuses.

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Re: Restaurant : « Le Chien Fou ! »

Message  Kempachi le Ven 27 Oct - 9:12

[Rakurai: +10 EXP RP]
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Re: Restaurant : « Le Chien Fou ! »

Message  Aburakkoi Kaname le Sam 29 Déc - 22:17

Kaname arriva finalement au village caché de la Foudre.
*Bordel que c'était chiant ce voyage, et j'ai mal au ventre !*
Lorsqu'il vit un restaurant.

*C'est pas trop tôt, enfin un resto, je me demande où sont les étudians de Konoha pour l'exam'. Peu importe, j'ai faim et mon ventre n'attend pas !*

Kaname entra dans le restaurant.

*Le restaurant du chien...? Les spécialités sont japonaise, mais j'espere que ce n'est pas ce que je pense...*

Kaname jaugea la pièce d'un regard rapide et précis.
Il vit au moins une vaigtaine de gens et trois personnes tenaient le comptoir. Kaname aimait aller droit au but. Il avait le don de juger une situation rapidement et avec précision. Reperer les choses les plus importante et atteindre son objectif.
En fait, Kaname ne supportait pas qu'on le remarque, et rester planter devant l'entrée risquerer de l'embêter.


*Bordel...Qu'est ce qui il y a comme monde ici.*

Il marcha plutôt gêner jusqu'au comptoir et une fois arriver, il soupira de soulagement. Comme s'il venait de rentrer d'une mission éprouvante.

[Kaname]Bonsoir, je voudrais un grand bol de ramen avec une assiète de Sashimi et enfin une petite bouteille de saké. Merci...

[Restaurateur]De rien ce sera tout ? Alors assyez vous, on va vous servir rapidement.

Kaname s'assit, et un peu plus tard on lui apporta ses commandes.
Un viel homme s'assit à sa table.


*Faut pas se gêner surtout*

Le viel homme posa une malette. Puis l'ouvrit et elle rêvela un shogi ban(table de shogi). Le viel homme installa les différentes pièces tranquillement.
Kaname se trouva particulièrement intêressais tout à coup.
Il demanda timidement :


[Kaname] Euh...excusez-moi viel homme, mais pourrais-je me joindre à votre partie, si cela ne vous dérang...

[Viel homme]Mais je me suis m'y ici justement dans ce but mon garçon^^.

*Comment a-t-il sût que je savais jouais au shogi*, se dit-il d'un air incrédule.

Kaname leva les yeux et croisa le regard du viel homme qui le fixait avec insistance.

[Kaname]Heu...Hmm je vous laisse faire le premier coup...

[Viel homme]HIN HIN !!

Kaname eû une grosse goutte derrière la nuque (expression dans un manga lorsqu'il se passe quelque chose frôlant la frayeur et le ridicule).

Peu après, Kaname menait la partie de deux pions quand soudain, le viel homme poussa son cavalier afin d'établir une situation de fourchette entre la tour et le fou de Kamane.

[Viel homme]HA HA HA, je t'ai eû !!! Grogna-t-il séverement.

*Il vaut mieux qu'on en finisse vite avant qu'il finisse par me sauter dessus.*

[Kaname]Ha ! Vous m'avez bien eû, cependant...

Le viel homme perdit son sourire tout à coup et regarder Kaname littéralement au plus profond de ses yeux.

*Ksah, mais qu'est ce qu'il à ce type.*

Kaname prit son courage à deux mains et pria pour qu'il ne se passe rien de trop chiant à gerer.

[Kamane]Cependant, dit-il tout en soutenant le regard du vieux à moitié.
Il se trouve que j'attendais que vous bougiez votre cavalier pour pouvoir laissai mon second fou vous mettre en echec.


Le viel homme regarda attentivement alors que Kaname poussait sa pièce.

[Viel homme]Ha c'est effectivement vrai. Mais ce n'est pas terminer pour autant.

Le vieux poussa son roi sur le côté pour enlever la mise en echec.

[Kaname]Pourtant remarquez, vous n'avez pûs bougez votre roi que sur cette case car les autres étaient soit occupées, soit ciblé par mes autres pièces. Et c'est justement pour cela qu'à partir du moment où je vous mettait en echec, la partie était terminer. De plus, j'ai laissais ma tour et mon fou en fourche exprès pour que vous vous jetiez sur cette occasion de revenir au score.
C'était un piège, et vous êtes tombé en pleins dedans.


Kaname bougea alors son général d'or pour mettre echec le roi.

[Kaname]C'est finit je pense...

Un leger sourire de satisfaction apparût sur le visage de Kaname.
Il aimait jouer contre des étrangers, pour tester son niveau dans d'autres villes ou pays.


[Viel homme]Eh bien on dirait que je ne suis plus assez fort pour la nouvelle génération.

Le viel homme désigna une personne, seul à une autre table.

[Viel homme]Cette fillette m'a battu sans vraiment se concentré, elle est forte. Et je pense qu'elle est même meilleur que vous.

Kaname sentit une légère pointe de provocation dans le ton du viel homme. Mais en même temps, il devait admettre que jouais contre cette fille devenait intêressant tout à coup.

Kaname finit son bol de ramen, se leva et finalement tandis sa main vers le viel homme.

[Kamane]Merci pour cette partie, je vais devoir aller à l'hotel à présent. C'était un plaisir.

Le vieux, sans dire un mot, et surpris qu'il n'ai pas voulu affronter la fille, lui serra la main.

[Viel homme]C'était un plaisir aussi mon gars.

Et Kaname sortit du restaurant en glissant un regard discret vers la fillette.

*Intêressant mais ce sera pour une prochaine fois*

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Re: Restaurant : « Le Chien Fou ! »

Message  Deishui le Jeu 27 Mar - 22:13

Arrow Village de Kumo Appartement de Deishui

Le pas vif, le jeune homme à la tignasse blonde négligé s'engagea dans la rue au pied de son appartement. Il se rappelait vaguement avoir emprunté ce chemin lors de son arrivé, ses idées fussent-elles brouillées par le saké. Où se trouvait-il précisément? Il aurait été incapable de le dire, d'une car son sens de l'orientation n'était pas des plus performants et de deux car il ne possédait ni plan ni carte de la ville. Il se souvint approximativement de ce que l'on lui avait dit : son appartement se trouvait non loin de l'Académie Ninja, chose vérifiée par l'affluence de jeunes shinobis ou de professeurs au style travaillé. Toutefois, cette information put-elle lui être utile, il n'en avait que faire. Il devait être dans moins d'une demi heure dans un restaurant dont il ne connaissait que le nom, aux côtés d'une demoiselle dont les courbes étaient comparable à celles des vagues après la tempête, douces mais prononcés. L'inquiétude grimpait, Deishui parvenait de moins en moins à le cacher. Ses yeux allaient et venaient nerveusement d'un bout à l'autre de la rue, espérant apercevoir un guide touristique ou un panneau...C'était peine perdue. L'écrivain n'était pas du genre à se presser, son retard le démontrait d'ailleurs bien. Cependant, son éducation le pousser à ne s'agiter que pour les rendez galants...
Ses mains commençaient à trembler. L'espace d'un instant, pour faire dégonfler l'angoisse qui le rongeait, il pensa à à sa bouteille de saké à moitié pleine restée dans l'appartement.


*Non...faut que j'arrête la déconne...Quelle merde, cette foutue bouteille m'a déjà mise en retard...*

Le soleil déployait ses ultimes rayons, transformant le ciel en une fresque rouge orangée parsemée de nuages roses. L'air se fit plus frais. Deishui soupire, prenant conscience qu'il lui faudrait trouver un guide pour espérer arriver à bon port. Chargé de sa mine des plus chaleureuse, il s'approcha d'un vieillard qui marchait dans un coin de la rue, tapant du pied dans une canette oxydée. Il semblait marmonner dans sa longue barbe. Il était comme les hommes avec qui le Da avait passé son enfance : un béret troué, un manteau rapiécé et une gueule de boxeur raté. Pour couronner le tout, une vague odeur d'alcool émanait de lui.
Loin d'être découragé par cette chose à laquelle Deishui avait finit par s'habituer par le passé, il s'approcha de lui puis le questionna sur un ton pressé :


Euhm ! Excusez moi ! Pourriez vous m'indiquez la direction du Restaurant le Chien Fou?

Le clochard s'arrêta dans sa marche et tourna la tête vers son interlocuteur. Il finit par aboyer dans un langage incertain :

[Vieux passant]
Qu'est-ce tu m'raconte ? T'veux un chien fou? T'es un comique? T'veux m'faire rire hein? Ahahahaha bah t'as gagné !


Loin de prendre cette réponse comme un échec, Deishui reprit d'une voix plus calme.

Non non, j e ne cherche pas un chien. J'ai rendez vous dans un restaurant, un restaurant appelé le Chien Fou. Vous avez du en entendre parle enfin...je suppose.

Le vieil homme parut songeur. Il porta sa main noueuse dans barbe, caressant celle ci avec douceur. Il aurait pu dégager une certaine sagesse ainsi positionné si quelques détritus ne s'étaient pas échappés de sa barbiche.

[Vieux passant]
L'chien fou qu'tu m'dis...J'vois p't'être bien d'quoi t'veux m'parler...
Ses yeux se rivèrent sur les poches du jeune homme. T'as d'quoi payer?

Deishui ne fut point vexé de cette réaction, d'ailleurs, il s'y attendait pour l'avoir jadis pratiqué. Il plongea donc sa main dans l'une des poches de son kimono pour en sortir quatre ou cinq pièces. Il était loin d'être riche, sans compter qu'il devrait inviter sa demoiselle à dîner. Néanmoins, tout service devait compensation, telle était la loi de la rue. Un sourire en coin, le blondinet laissa glisser les pièces dans les mains unis du vieil alcoolique.

[Vieux passant]
T'es un bon gamin...Bon...Alors t'vois la rue qui coupe celle sur laquelle t'es? Bah faut prendre celle là. Au bout, tu trouv'ra l'temple du raikage. En prenant à gauche, tu t'dirig'ra vers l'quartier marchand, ou l'quartier des plaisirs comme j'l'ai surnommé ah ah ! Une fois là bas, l'enseigne du restau qu'tu cherche s'ra suspendue à un toit, enfin j'suppose. Sa s'ra dans s'coin là. Si tu cherches d'la compagnie pour la nuit, attend qu'le soleil soit couché et tu d'vrais trouver ton p'tit bonheur hin hin !


Après que Deishui l'eut salué en guise de remerciement, le clochard reprit sa errance, frappant à nouveau dans sa canette.
De son côté, le jeune homme ne tarda pas à trottiner en direction du temple du Raikage. Il était rare pour lui de courir, bien qu'il eut une très bonne condition physique. Simplement, généralement, il préférait marcher pour admirer et se délecter de ce qu'il l'entourait. Seulement ce soir, rien n'était plus important à ses yeux que d'arriver à l'heure. Neuf heure moins le quart...
Les minutes passèrent comme des secondes pour Deishui qui s'activait à travers l'avenue principale de Kumo. Par chance, sa route était peu emprunté compte tenu de l'heure, nombre de familles étant à table. Il ne mit qu'une dizaine de minutes pour atteindre la fameuse allée des plaisirs. Restaurants, pubs et salles de jeux s'étendaient à perte de vue dans un halo de lumières aux couleurs acidulés. Une goutte de sueur perla sur la tempe du désormais étudiant ninja. D'un geste, il l'essuya avec sa manche puis se remit en quête du restaurant...C'est haletant qu'il finit par s'arrêter en face d'une pancarte indiquant : le Chien Fou. Souriant malgré la fatigue, le jeune homme pénétra dans le batiment.
Ce dernier était des plus somptueux, un restaurant à cheval entre le luxe et la gamme moyenne. Comment Deishui ferait-il pour se payer ne serait-ce qu'un bout de pain ici? La question ne se posait pas encore. Bombant le torse, tâchant d'avoir l'air naturel malgré les clients qui l'épiaient, le Da vint se présenter à l'accueil du restaurant. Celui ci était constitué d'une seule grande pièce morcelée en de multiples petits compartiments. Après ce petit repérage sans apercevoir sa demoiselle, le jeune homme entendit un voix rauque derrière lui.


[Serveur]
Que puis-je pour Monsieur?


Un homme d'une trentaine d'année se tenait derrière le comptoir. Il regardait d'un air distant son client. Sans se soucier de cette attitude peut accueillante, le blondinet lâcha :

J'attends, ou suis attendu, par une certaine Lunel.

Le regard du serveur s'assombrit. En guise de réponse, il grogna :

[Serveur]
Monsieur doit être Deishui Da...Suivez moi.


Après avoir contourné sa caisse, l'homme déplaisant se dirigea vers l'un des compartiment. Ses pas étaient petits et ses fessiers se balançaient d'un côté vers l'autre. Cette vue amusa particulièrement Deishui, eut-il du le cacher. Finalement, il fut convié à s'asseoir à une table déjà occupé par l'une des plus belle chose que la terre eut enfanté : la femme. Celle ci était comme les autres part son unicité mais s'en distinguait par sa fraîcheur et son sourire charmeur. Dés qu'il eut prit place, Deishui entendit cette voix qui l'avait la veille mené dans de merveilleux sentiers :

[Lunel]
Bonsoir Deishui, c'est....Vraiment bien que vous ayez pu venir.


Son visage légèrement maquillé exprimait une pureté que peu peuvent se vanter d'avoir conservé. En s'entendant vouvoyé par celle qui l'avait invité, l'étudiant sentit son cœur se serrer.

Ne me vouvoie pas, c'est gênant venant de la part d'une personne qui vous invite à passer une soirée dans un restaurant somptueux.

La demoiselle lâcha un petit rire. Etait-elle nerveuse ou tentait-elle de faire comme si?
Quoiqu'il en soit, la discutions débuta rapidement, s'attardant sur de vastes sujets tels que les premiers jours de printemps ou l'arrivée de la première neige. Au final, le couple quitta le restaurant au moment où les douze coups de minuit sonnaient. Pour les deux tourtereaux, la nuit passa. Baisers et rêves partagés, mains enlacés et corps liés.
Le lendemain matin, Deishui fut tiré de son profond sommeil par le piaillement des oiseaux. Il respira profondément, portant à son nez les draps dans lesquelles Lunel avait dormi. Son parfum était encore là mais elle avait disparu. Le jeune homme mit plusieurs secondes avant de s'en rendre compte.


*Tsss....Partir travailler en s'enfuyant comme une voleuse? Toutes les mêmes.*

En se relevant, il s'aperçut qu'il était chez lui, dans cette chambre qu'il n'avait fait qu'entrevoir la veille. Un mot avec l'écriture de sa muse avait été déposé sur le second oreiller.

Nous nous reverrons, Deishui...
Tâche de ne pas être en retard pour ton cours.

Lunel.


Machinalement, l'étudiant se leva, enfilant un peignoir avant de si diriger vers le salon-cuisine. Ses yeux se posèrent sur l'horloge...Dix heure ! Il était déjà dix heure ! Cette fois ci, Deishui ne fut pas saisi du même empressement que lors de son précédent retard, l'importance était moindre. Sans se presser, enchaînant bâillements et étirement, il s'attela à déjeuner, se doucher, puis s'habiller d'un de ses kimonos plié. à la va vite dans son baluchon. Fin prêt alors que la demie sonnait, il déclara pour lui même, visiblement satisfait du bazar bien installé dans son appartement :


Je m'y sens enfin comme chez moi. Bon, il est peut-être temps d'y aller, une demie heure de retard c'est pas si grave...Une heure par contre...

***

- 5 £ pour les sous donnés au vieillard
- 15 £ pour le repas
==> Reste 30 £ + bon d'achat de 50 £.


Arrow Village de Kumo, Académie, Amphi de Ninjutsu

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Re: Restaurant : « Le Chien Fou ! »

Message  Akogare Hyuuga le Ven 28 Mar - 18:45

Deishui : +8 XP RP.
Akogare: +4 XP RP (premier post réécris).

Information : il n'y a désormais plus de frais de consommation, vous pouvez poster comme s'il s'agissait d'un endroit normal.

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Re: Restaurant : « Le Chien Fou ! »

Message  Shijimano Seika le Lun 5 Oct - 19:03

-| Diner en Tête à Tête Imprévu |-
.1.

Rentrée dans la matinée à Kumo en compagnie de l’équipe n°2, une jeune femme à la chevelure d’ébène s’étirait sous l’eau bien chaude d’une douche encadrée de plexi glace donnant sur une vision panoramique de la salle de bain. Malgré qu’elle eut le temps de se brosser les cheveux le matin même, l’humidité de l’air -aidé par un vent diaboliquement froid-, avaient suffis à épaissir ses mèches, les redressant comme des cheveux gras que l’on n’aurait pas lavé pendant deux mois. L’impression et surtout la vison horrible de ceci dans la glace à peine posée son sac de couchage et son sac à dos l’avait faite se déshabiller en quatrième vitesse, et glisser là où elle se trouvait à présent, triant en même temps les informations de la veille et de la journée passée. La mission de rang C, la seconde qu’elle avait été effectuée de toute sa vie de Ninja, c’était bien déroulée : pas d’incidents, pas des réelles disputes avec ses compagnons de mission, les plantes avaient été découvertes rapidement, et cueillis avec soins avant d’être ramener saines et sauves à Kumo où le commanditaire de la mission, le forgeron Akio, avait récupéré sa commande et payé les Shinobis. Malgré une première impression vis-à-vis de Murai, et une certaine reconnaissance silencieuse d’un statut plus ou moins égalitaire entre Ananda et elle, ses relations avec trois garçons c’étaient bien passés. Bref, tout allait bien non ?

Et justement parce que tout allait bien, l’esprit encore torturé de la jeune femme cherchait un sujet, un moyen, de changer ce sentiment de bien être en sentiment d’inquiétude. Il y avait bien une nouvelle ce sentiment omniprésent d’être observé qu’elle avait ressentie à peine entrée dans le village mais… Mais elle savait que cela venait d’elle : pourquoi l’aurait-on surveillée ? Ca n’avait aucun sens. La jeune femme était ici depuis qu’elle était petite, et ne se souvenait plus de ce qui c’était passé avant son arrivé au village caché du pays de la foudre. Les informations étaient là, quelque part dans un recoin de son esprit, mais elle ne ressentait pas le besoin de les déterrer. Tout ceci viendrait en temps utile. La jeune femme laissa à son dos le plaisir de recevoir la douce caresse de l’eau chaude tandis qu’elle passait savon et lotion sur son corps, puis sur ses cheveux. C’était qu’il en fallait du temps à une dame pour se faire belle en prévision d’un diner. Malgré le fait qu’elle ne soit pas superficielle sur certains points, comme les bijoux ou les ornements, Seika refusait de se laisser aller avec son hygiène : pour elle, c’était quelque chose qui lui était propre, qui faisait d’elle ce qu’elle était dans ce village, dans la vie de tous les jours. Shijima Seika, jeune femme belle, douce et souriante, capable d’un simple sourire de faire chavirer bien des cœurs, et dont les rappels à l’ordre des mâles étaient exécutés dans la seconde. Ses mots pouvaient être interprétés comme chaleureux, mais lorsqu’elle parlait de sa vraie voix, froide et implacable, la jeune femme n’était plus dérangé. De la fermeté avec les hommes que diable : ces derniers étaient si faciles à manipuler, lorsqu’on savait s’y prendre… C’est ce que répétait souvent Ina pour taquiner son mari à Sakura et Seika. Les trois amies, d’âge et d’horizons différents, avaient tout de même une façon d’agir assez commune, même si des trois, c’était bien Seika qui s’intéressait le moins aux garçons.

Il était clair que son amie allait vite venir lui rendre visite une fois qu’Ina l’aurait mise au courant du retour de la Kunoichi de sa première mission en extérieur depuis celle à laquelle elles avaient participés, et qui c’était soldé par deux morts. Seika passa sa main humide sur son visage sur lequel l’eau ruisselait comme un voile, et ferma les yeux avant d’appuyer légèrement sur son front. Elle n’arrivait pas à sortir ces souvenirs de son crâne, mais en avait-elle vraiment envie ? Et le devait-elle, par respect pour son ancien Sensei et son meilleur ami… Ces souvenirs feraient à jamais partis d’elle, c’était ainsi, et comme l’avait dit Sho, ils deviendraient plus supportables avec le temps. Globalement elle avait plutôt bien tenu le rythme durant la mission, au niveau mental j’entends, car le physique lui n’avait pas de problème -la jeune femme s’entretenait bien si l’on peut dire-. Mais elle c’était laissée aller à repenser à ses souvenirs bien trop souvent, et parfois à des moments où cela la mettait en danger, une attitude qu’elle ne devait plus adopter : une Chunin, encore plus qu’un Genin, doit faire abstraction de ses sentiments durant sa mission pour se concentrer sur elle et sa réussite. Cette idée la fit sourire, tandis qu’elle finissait de rincer son corps : elle n’avait pas grand-chose à soustraire à ses réflexions durant ses instants d’absence, si ce n’était ses souvenirs, car pour ce qui était des sentiments… Souvent, elle n’était pas sur de savoir si ce qu’elle ressentait pouvait être qualifié de « sentiment ». Avait-elle été vraiment heureuse de rentrer à Kumo ? De réussir cette mission ?

Shijima tourna le robinet d’arrivée d’eau de la douche, mettant fin à la pression exercée sur le réservoir amenant l’eau chaude jusqu’à elle. Immobile, elle laisse l’eau gouter sur le carrelage de la douche, tandis qu’elle rouvrait ses yeux marrons-rouges, où brillait une flamme nouvelle que son Sensei avait peut être eu l’occasion d’apercevoir sur le chemin du retour, alors qu’ils cheminaient silencieusement côte à côte : une flamme de joie, renforçant une détermination nouvelle, ou plutôt ancienne. Elle était devenue Ninja car elle l’avait voulu, elle, et personne d’autre. Ils avaient voulu l’obliger à apprendre, mais elle ne l’avait fait que lorsqu’elle l’avait vraiment désiré, et était devenue Genin parce qu’au final, la vie de Ninja apportait à sa personne la possibilité de vivre une vie moins statique que celle d’un simple paysan ou d’un commerçant du village. Et de toute façon, elle ne se voyait ni dans les champs, ni derrière un comptoir. Seika désirait vivre sa vie, avec une certaine autonomie, pouvoir voyager et, un jour peut être, découvrir d’où elle était venue… Mais ça, c’était une quête qu’elle entreprendrait plus tard, lorsque sa situation nouvelle de Chunin du village ce serait stabilisée ! Nue, rafraichie malgré la chaleur de l’eau par cette douche qui était plus que le bienvenue, Seika prit le temps de plier ses affaires sales, et d’en faire un petit tas qu’elle laverait le lendemain, car ce soir elle avait à faire : Sho Nagoshi avait invité son équipe au complet au restaurant. Lorsqu’elle l’avait quitté sous la pluie le matin même, sans même un regard, la jeune femme avait douté de sa réponse à cette invitation : elle pouvait invoquer mille prétextes pour ne pas y aller. Mais cela faisait parti de ses exercices sociologiques comme le disait Hide. Shijima c’était arrêtée pendant un moment au rez-de-chaussée du petit immeuble d’un étage, pour venir annoncer à Ina qu’elle était rentrée. Cette dernière, l’attendait presque, comme une intuition lui avait-elle dit, la fenêtre ouverte sur la pluie tombant sur le village. Après un câlin des plus réconfortant, et sans même avoir prit le temps de poser ses bagages, Seika avait raconté d’une traite tout ce qui c’était passé durant la mission. Mais il ne s’agissait là que du résumé en terme physique : où ils étaient allés, ce qu’ils avaient dit, etc. La vraie discussion aurait lieu en compagnie de Sakura, lorsqu’elles feraient toutes les trois un petit diner entre filles pour fêter cette mission et prendre le temps d’en reparler à tête reposée. Sa turbulente amie était en entrainement avec sa propre équipe aujourd’hui, et elle serait de retour le lendemain.

[Watanabi Ina] « Et dit moi, ce diner dont a parlé ton Sensei, tu vas y aller ? »

Seika se paralysa, comme si on venait de lui donner une décharge électrique, et elle sentie le sang lui monter aux joues sans qu’elle puisse s’arrêter. Oui, qu’allait-elle faire hein ? A sa tête, Ina éclata d’un rire sec et prit la main de sa petite locataire préférée pour la rassurer, et donner confiance à la Kunoichi de dire ce qu’elle pensait de tout ça. Balbutiant quelque peu, Seika réussit à articuler quelques mots.

[Seika] « Si je ne suis pas trop fatigué, j’irais… »

[Watanabi Ina] « Oh, je suis sur que tu trouveras la force d’y aller ma fille, j’en suis même certaine ! »

Avec une moue gênée envers l’attitude moqueuse de la propriétaire de l’immeuble, Seika se laissa aller à rire en reconnaissant qu’en effet, elle trouverait la force d’y aller. Sur quoi, Ina l’avait invité à courir se faire belle pour la soirée. Maintenant qu’elle sortait de la douche, et essuyait l’humidité perlant sur les courbes de son corps, la jeune femme se demandait si c’était vraiment nécessaire qu’elle se fasse « vraiment » belle. Après tout, elle n’avait aucune raison de paraitre « femme » pour ce singe de Murai et se mur d’Ananda. Et aussitôt lui vint la penser « Et pour Sho alors ? ». Sakura avait raison, il était mignon, avec sa chevelure rouge, et son sourire naturellement enjôleur alors qu’il se voulait tout simplement gentil. Si l’on devait les comparer, elle et lui, ils se ressemblaient sur un point : ils étaient naturellement charmants, elle et lui. Et l’un envers l’autre, c’était une sorte de curiosité qu’elle avait sentie naître : son Sensei n’ignorait rien d’elle, et elle, avait tout à apprendre lui. Mais ce qu’il savait d’elle, c’était ce qu’il avait lu des rapports administratifs : lui aussi apprendrait à connaitre Shijima Seika telle qu’elle était. Et pour ça, ce diner était parfait. Ce serait un moment de détente tous les quatre après cette mission. Bien sur à ce moment du récit, la jeune femme ne sait évidement pas qu’ils ne seront pas quatre à ce diner.

Le temps dehors ne c’était pas bien arrangé… Comment devait-elle s’habiller alors ? Il était à présent dix-neuf heures, et le rendez-vous qu’ils c’étaient fixés avait lieu à vingt-heures, à un restaurant du centre du village portant l’étrange nom de « Le Chien Fou ». Sa chevelure avait séché, son corps enroulé dans une serviette palpitait à cause des différences de températures entre l’eau chaude et sa chambre. Son bandeau avait réintégré sa place sur son étagère, et elle se voyait mal mettre une robe blanche pour sortir et marcher dans la boue. Elle pouvait toujours mettre une tenue ressemblante à celle qu’elle avait adoptée pour la mission : short noir, chemise noir et veste en cuir. Mais le seul parapluie qu’elle possédait n’allait pas du tout avec cet ensemble ! Il s’agissait d’un modèle « ombrelle », en tissu traité et ouvragé, aussi agréable à l’œil que résistance à la pluie. L’ouvrage du tissu représentait la branche d’un cerisier, dont les fleurs, rouge sang et non pas rose, s’envolaient au grès du vent, le tout sur un fond noir. Un short noir et une chemise noire avec ça : autant dire qu’elle portait le deuil ! Non, non, non, une soirée de détente nécessitait une tenue plus festive ! C’est alors, qu’en fouillant dans son armoire, elle finit par trouver son bonheur, autant pour son corps, que pour ses pieds qu’elle ne voulait pas salir dans la boue…

---|-¤-|---

Y’aurait-il une fête sous cette pluie diluvienne ? Etait-ce un festival ? Un mariage était-il prévu ?
Voici les questions que se posèrent toutes les personnes qui croisèrent cette femme, marchant d’un pas lent mais certains à travers le village. Une paire de geta aux pieds, une ombrelle noirs aux fleurs de pétales rouges de sang sur l’épaule, protégeant son corps et ses vêtements de la pluie, la jeune femme marchait lentement pour éviter de salir le bas de son komon, un kimono dont les motifs répétitifs représentaient un enchevêtrement de branches de cerisiers. La couleur principale de ce komon était le rouge foncé, presque rouge sang comme l’ombrelle, mais les branches, d’une couleur bien plus clairs, rehaussait l’habit et le rose des pétales de fleurs donnait à la silhouette de la jeune femme quelque chose de sincèrement fleuri, comme un trompe l’œil. Mais comme elle marchait au milieu de la rue, sous la pluie, il était difficile de la confondre avec autre chose qu’une femme se rendant à un rendez-vous, ou un diner selon les murmures s’élevant ça et là. Un obi, long tissu de soi enroulé autour de la taille et se terminant en nœud papillon dans le dos, venait achever de donner à Shijima Seika, une allure des plus agréables à l’œil. Et oui, ne pas être superficiel ne voulait pas dire qu’on ne savait pas s’habiller ! Sa chevelure noire était laissée libre, et ses mouvements à chacun de ses pas les faisaient onduler comme les vagues noires d’une nuit mystérieuse. Bref, toute sa personne respirait la beauté et la grâce féminine et naturelle des femmes que la nature a gâtée.

Souriante, Seika saluait de la tête les personnes qui la saluait, tout en se dirigeant vers le restaurant. Elle n’était pas allez souvent au Chien Fou, peut être deux ou trois fois, depuis qu’elle habitait Kumo. Ce qui ne lui laissait guère de souvenir de l’endroit, si ce n’était qu’il s’agissait d’un restaurant fréquenté, possédant au fond de la salle des petites « cases » pour les personnes voulant fêter quelque chose, ou les couples, etc. Surement allaient-ils aller là-bas tous les quatre… Shijima arriva à vingt heures cinq minutes, et elle se doutait un peu qu’elle serait la première. Le restaurant, à cause de la pluie surement, n’était pas spécialement bondé, et il régnait une ambiance presque tamisé à l’intérieur. Un serveur vint la recevoir, et s’inclina très respectueusement devant elle. Elle avait peut être opté pour une tenue « trop » belle qui sait…

[Serveur] « Bonsoir madame, vous voulez une table ? Vous attendez quelqu’un ? »

[Seika] « Oui en fait… Nous devons diner ici, moi et mon équipe. Peut être notre Sensei a-t-il réservé une table, il s’appelle Sho Nagoshi. »

[Serveur] « Oh oui, Nagoshi-Sama est déjà installé, je vais vous amener à votre table ! »

Il s’inclina une nouvelle fois, un peu rouge pivoine d’avoir croisé le regard de Seika, qui elle souriait gentiment. Après avoir replié son ombrelle, elle suivit le serveur à travers le couloir naturel créé à partir des tables et des chaises pour se diriger vers le fond du restaurant. Les petites cases dont elle se souvenait avaient changés, et il s’agissait à présent de réduits privés, fermés par des portes coulissantes, et donnants surement sur la cour intérieure du square. Le serveur frappa la porte une seule et unique fois et l’ouvrit après avoir reçu un « Oui ? » venant de l’intérieur. Seul Sho était arrivé apparemment, et cela ne l’étonnait guère… La porte glissa, et une main tendue l’invita à entrer. La jeune femme, le visage encadré d’ébène, laissa sa paire de geta à l’entrée, et posa délicatement son pied dont la forme fine couverte d’un tabi était aussi gracieuse que le reste de son corps, sur le sol de la pièce. La porte se referma derrière elle, et la jeune femme s’inclina devant son Sensei, avant de se redresser, et de déclarer avec un sourire, la tête penché de côté.

[Seika] « Bonsoir Sho. »

Shijimano Seika
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Re: Restaurant : « Le Chien Fou ! »

Message  Sho Nagoshi le Mar 6 Oct - 15:44

¤,.°o°O Chapitre 9 : Un Fragment d'Avenir O°o°.,¤
« Tête à tête »
1

Le cliquetis d'une serrure se fit entendre puis le grincement d'une porte qui s'ouvre. Une ombre glissa dans l'entrebâillement de la porte avant que celle-ci ne se referme. Le bruit d'une clé en métal qui rencontre le verre, d'un sac qui s'écroule sur le sol, le froissement d'un tissu qu'on enlève, le frémissement d'un linge qu'on abandonne sur le sol ... et le son de la pluie battante contre les fenêtres. Parmi tous ces sons, aucun n'égalait la profondeur de la respiration lente et quasi imperceptible de l'individu.

Dans le salon plongé dans la pénombre, l'ombre dégagea une chaise sur laquelle elle s'affala lourdement. La fatigue était bien là. Sournoise, déchirante, elle était capable de crisper le moindre centimètre de muscle et conférait au moindre clignement d'oeil des vertus soporifiques. Les longs doigts de l'étranger glissèrent le long de ses cuisses, son dos se bomba puis un long soupire s'échappa de sa bouche comme une sorte d'hymne à la libération. Ses lèvres frémirent, ses cheveux fourchus glissèrent sur son visage, voilant partiellement son regard, mais le silence ne trouva pas de trône où s'assoire. La pluie frappait les vitres avec toujours plus d'insistance quand les premiers grondements du ciel se firent entendre. Kumo et son mauvais temps légendaire ... une malédiction et une aubaine si on en croyait les rumeurs.

Au fil des minutes, l'averse prit une ampleur démesurée à un moment où les fenêtres parurent assaillis par des lances à eau.

L'ombre quitta son siège de fortune et marcha en direction de la cuisine. Là-bas, un étrange faisceau de lumière cendrée révéla son regard perçant. Ses yeux ressemblaient à deux fragments d'ambre ramenés à la lumière d'une lampe. Lumineux et envoûteurs, ils ne trahissaient pourtant aucune émotion ni aucun sentiment particulier. L'homme aux cheveux colorés de rouge et de violet ouvrit le réfrigérateur et en sortit une petite bouteille d'eau qu'il décapsula d'un seul coup de pouce avant de la porter à ses lèvres. Ses gorgées se succédèrent quasiment au même rythme que ses pas sur le parquet. Il entra dans sa chambre, referma la porte coulissante derrière lui, puis il s'assit sur le bord du lit en terminant d'une traite le restant d'eau que contenait la bouteille pendue à sa main. La chambre baignait dans l'obscurité la plus totale, mais cela n'empêcha pas Sho de poser la bouteille sur sa table de chevet ou encore de programmer son réveil. Question d'habitude. Il se coucha, les bras croisés derrière sa tête, puis il s'endormit au son de la pluie martelant la bâtisse.

¤¤¤

Le réveil sonna durant quelques secondes à peine. Sho délaissa rapidement sa sonnerie stridente pour la douceur de la pluie qui continuait inlassablement de s'abattre sur le village tout entier. L'eisei-nin se leva sans marquer d'arrêt. Il fit coulisser la porte de sa chambre et alluma la lampe posée sur la grande commode du salon. Un bassin d'or illumina aussitôt la pièce et son visage. Son regard s'arrêta sur l'autre bord de la commode. Une lettre y était posée. Une lettre qu'il n'avait lu qu'une seule fois au cours de son existence, une seule et unique fois. Depuis, la lettre était restée sur cette commode à l'écart de sa vie.

Il fallut quelques longues secondes à Sho pour reporter son attention ailleurs que sur cette lettre. Son regard balaya alors le salon avant de s'arrêter sur le cadran de l'horloge numérique. L'appareil indiquait 19:20.

Parfait ... dix minutes sous la douche, cinq autres à se préparer, et Sho sortit de sa chambre, fin prêt, pour le dîner qu’il avait lui-même organisé en l’honneur de son équipe. Sa tenue reflétait parfaitement bien sa personnalité. Une longue veste rouge ajustée à son torse et ornée de filaments d'or, un hakama assortie décoré de motifs noir brodés à la main, pour le côté mystérieux mais incroyablement voyant. Une chemise blanche sans manches, très légère, dont le col en V offrait une vue saisissante sur son cou tatoué et la jointure de ses clavicules, une longue étoffe de lin noir en guise de ceinture, pour le côté simpliste mais raffiné.

Quinze minutes avant l'heure prévue du rendez-vous, l'eisei-nin quitta son appartement pour le restaurant le plus réputé du village : le Chien Fou. Pour se protéger de la pluie, il fit un petit détour d'environ cinq minutes par des ruelles presque entièrement couvertes par le prolongement des toitures. Il fut accueilli à la porte du restaurant par le chef de salle en personne. Un dénommé Genki.

GENKI. Bonsoir Nagoshi-san, belle journée n'est-ce pas ?

L'eisei-nin sourit en levant le nez vers le ciel.

SHO. Oui, très belle journée.

GENKI. Bien, je ne vais pas vous faire attendre plus longtemps, suivez-moi je vous prie.

Légèrement en retrait par rapport au gérant, Sho se laissa guider à travers le restaurant. Quelques unes des têtes présentes se retournèrent sur son passage. L'eisei-nin le remarqua aisément mais il se contenta de suivre son chemin comme si de rien n'était, les yeux fixés droit devant lui. Après avoir traversé la grande salle, Genki le mena dans une sorte de complexe rectangulaire où plusieurs pièces privées jouxtaient une cour verdoyante à ciel ouvert. Une porte coulissante fut ouverte devant lui, Sho laissa ses sandales à l'entrer et entra dans ce qui était une magnifique petite pièce où siégeait une table basse entourée de quatre coussins. Il remercia son guide d'un hochement de la tête et s'installa du côté qui faisait face à la porte coulissante. A sa gauche, la cour lui offrait une vue imprenable sur le ciel grisâtre. Les couverts étaient déjà en place sur la table.

Sho n'y porta quasiment aucune attention. Son regard était tourné vers la cour, plus précisément vers les filets d'eau qui dégoulinaient de la toiture à trois mètres de lui. Entendre l'eau frappé la pierre avec toujours la même intensité avait quelque chose d'apaisant en soit.

Un coup fut donné à la porte. Le regard de Sho se porta immédiatement vers elle. Combien de temps s'était-il écoulé depuis son arrivé ? Il n'en savait rien. Il lui semblait juste s'être déconnecté de la réalité durant quelques instants.

SHO. Oui ?

La porte coulissa, laissant apparaître un pied en premier, puis une jambe couverte d'une étoffe fleurie, et finalement un corps svelte blottit dans une magnifique tenue traditionnelle et un visage angélique qui ne laissait aucune place à l'interprétation. Seika ... L'eisei-nin se leva et s'inclina devant son invité. En s'inclinant, un sourire glissa sur ses lèvres, un sourire léger qui ne laissait aucune place à la moquerie ou à la surprise. Un simple sourire ravi en réalité.

SEIKA. Bonsoir Sho.

SHO. Bonsoir Seika.

Sho lui indiqua le coussin qui lui faisait face d'un geste délicat de la main. Quand Seika se fut assise, il prit place sur son propre coussin dans un silence absolu. Inconsciemment ou pas, Seika l'intriguait. Elle avait un quelque chose qui l'attirait d'une manière qui échappait presque totalement à sa compréhension. Il ne la connaissait pas, il était loin de la connaître. Bien évidemment, il y avait les rapports qu'on lui avait transmis à son sujet. Mais il ne voulait pas la connaître de cette manière là. Les rapports n'étaient qu'un ramassis d'observations menées par des personnes qui n'approchaient quasiment jamais l'objet du rapport d'au moins cinquante mètres. Comment aurait-il pu se fier à ce genre d'âneries ? Qui pouvait s'y fier d'ailleurs ? Non, il voulait la découvrir de ses propres yeux, loin de tout a priori. Elle devait se livrer d'elle-même, lui révéler son véritable visage de manière qu'aucun rapport, aucun mot ne puisse relater. Ce n'est que de cette manière là qu'il découvrirait la véritable Seika.

Ce soir, quelque chose lui disait qu'il venait déjà de découvrir un peu de cette personne si étrangère et pourtant si familière à ses yeux. Sa coéquipière était absolument magnifique même pour l'oeil particulièrement observateur et critique qu'il était. Elle n'avait aucun défaut, elle était simplement éblouissante. Ce qualificatif choisit par ses propres soins le laissait perplexe. Lui qui n'avait jamais apprécié quoi que ce soit à sa juste valeur ne pouvait pourtant trouver d'autres mots pour qualifier la jeune femme qui lui faisait face. Lui qui prévoyait tout n'était plus capable de prévoir ne serait-ce que les dix prochaines minutes de ce dîner. Ses yeux descendirent vers la table basse, son sourire s'accentua, comme s'il se moquait de lui-même. Il secoua très très légèrement la tête puis il leva les yeux vers la cour. Lui qui était si énigmatique, si vague, devait côtoyer la réalité. Il ramena lentement ses yeux vers Seika et reprit un sourire plus léger, plus courtois.

SHO. Tu es très en beauté ce soir.

Dire la vérité, c'est sans doute ce qu'il faisait le mieux. Il fixa le regard de Seika pendant plusieurs secondes comme pour tenter de la percer à jour puis il dévia par-dessus son épaule lorsqu'un nouveau coup résonna contre la porte. Murai ou Ananda ? Il opta pour le second choix mais la réalité fut toute autre.

SHO. Entrez.

Genki apparut dans l'encadrement de la porte. Le sourire aux lèvres, il entra, s'inclina poliment devant Seika puis il déposa un petit plateau en porcelaine entre les deux ninjas avant de disparaître derrière la porte coulissante. Sur le plateau, une sorte de théière en porcelaine laissait échapper un semblant de fumée blanche par son bec. Le sourire de Sho prit une toute autre ampleur, s'apparentant à celui d'un enfant découvrant la plus grande merveille du monde. Avec une certaine légèreté et une profonde délicatesse, l'eisei-nin bascula sur ses genoux et se pencha de manière à saisir la théière et à faire couler quelques lampées de son contenu dans la tasse mise à la disposition de Seika.

SHO. D'où je viens, il est coutume d'offrir une gorgée du meilleur thé de la région à son invité afin de lui témoigner son respect et sa reconnaissance. Tiens.

En prononçant ces mots, Sho glissa ses mains de part et d'autre de la tasse. Il la souleva et bras tendus, il l'offrit à Seika sans la quitter du regard.

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

Sho Nagoshi
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Re: Restaurant : « Le Chien Fou ! »

Message  Shijimano Seika le Mar 6 Oct - 17:54

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.2.

Sho fût vite debout, et s’inclina devant la jeune femme à l’allure gracieuse. Elle-même lui rendit son salut, d’un mouvement de la tête vers l’avant. Son Sensei souriait, mais elle n’arrivait pas à dire pour quelle raison : trouvait-il sa tenue trop complexe et pas adapté à une soirée comme celle-ci ? Ou bien souriait-il de surprise à la découverte de cette jeune femme dont il n’avait eu que des aperçus froids et neutres, et qui se révélait être une femme en pleine période d’épanouissement ? Ou bien, était-il seulement content qu’elle soit arrivée la première, avant Ananda et Murai ? Malgré tout, elle aurait bien imaginé voir Murai arriver avant elle, ce singe devait avoir un ventre à nourrir capable de frigo des garde-mangers. Mais non, point de Murai, ni d’Ananda, qui, avec le sérieux dont il avait fait preuve durant la mission, aurait du se trouver là lui aussi. Les convenances, voulaient que ce soit la femme qui arrive en retard… Mais au diable les idées populaires !

L’homme à la chevelure de sang avait le regard encore perdue dans le vague : à quoi pensait-il avant qu’elle n’arrive ? Seika, sans un mouvement et aucun signe visible, se maugréa mentalement : elle se posait bien trop de questions, et celles-ci allaient venir gâcher cette soirée qui s’annonçait pour le moment… Plutôt calme ? Le Ninja l’invita d’un geste gracile à prendre place sur un coussin en face d’elle. Son ombrelle fût laissée contre le mur de cloison séparant leur petit salon privé de celui à leur gauche, et la jeune femme, avec d’infini gestes et précautions, prit soin de s’installer de manière à être à l’aise, sans pour autant abîmer ou froisser son komon. Une fesse sur le coussin, le reste de son poids répartie sur ses deux jambes jointes placés à moitié sous elle, Seika avait adopté une position décontracté, différente de la simple position à genoux joints, qu’on adoptait de façon plus formelle lorsqu’on était à table mais que le repas n’avait pas encore été servi. Malheureusement, la Kunoichi n’avait pas vraiment été éduqué par une mère, et ce qu’elle savait de ces petites choses, ces uses et ses coutumes, c’était grâce à Ina et Sakura. Aussi, sans s’en rendre compte, la jeune femme respectait les convenances en adoptant cette position, car elle était célibataire. Le dos droit, se retenant un peu de se laisser aller à rougir tant la situation lui paraissait incongrue, Seika se contentait de sourire à son Sensei, tandis que lui-même s’installait face à elle, dans une position plus masculine qui, si elle l’avait adopté, n’aurait plus été de la provocation ou de l’indécence…

[Sho] « Tu es très en beauté ce soir. »

Cette remarque lui fît de nouveau pencher la tête de côté. Loin d’être gênée, elle plongea son regard dans celui couleur d’ambre de l’homme assis face à elle et son sourire un peu timide s’élargit de quelques millimètres. Les yeux légèrement plissés, elle tourna alors son regard vers l’extérieur, où le temps orageux continuait de déverser une pluie fine sur le village. Ce temps, entre lourdeur et fraicheur, leur permettait d’avoir le store ouvert sur le jardin intérieur, où des jeux d’eaux faisaient courir des petites ruisseaux dans tous les sens, formant des motifs recherchés représentant des symboles connus de la mythologique. Son regard, comme celui de son Sensei avant qu’elle n’arrive, fût absorbé par cette beauté simple, qui lui faisait encore oublier que le monde ne résumait pas à une goutte de pluie. Malgré le salut, et le sourire, Shijima remarqua qu’elle n’avait pas spécialement envie de parler : profiter de l’instant de calme qui régnait ici en compagnie de cet homme lui suffisait pour le moment. Et puis, elle attendait elle aussi que ses deux camarades les rejoignent.

Un coup à la porte lui fît détacher son regard de celui du Ninja Médecin. Ce dernier prit une nouvelle fois la parole et invita celui qui venait de frapper à entrer dans la pièce. Peut être s’agissait-il de Murai, ou d’Ananda ?... Rien du tout oui, c’était le serveur qui l’avait conduite ici qui venait leur apporter un service à thé. Le serveur s’inclina devant elle, qui se contenta de plisser les yeux en souriant, les mains croisés sur ses cuisses, appréciant le contact agréable de l’étoffe. Le service fût disposé entre Sho et elle, et Shijima pouvait voir une fine et imperceptible fumée blanche sortir du bec de la théière. Seika devait avouer que le service était beau, autant que la qualité d’ameublement du restaurant. Elle ne se souvenait pas qu’il ait été aussi chic. Mais à y penser sur le moment, c’était un cadeau charmant que Sho leur faisait de l’inviter ici : les tarifs ne devaient pas être donnés… Seika étouffa un petit rire, en voyant la mine réjouit de Sho face au service à thé, et son sourire se fit un peu plus naturel, légèrement moins neutre, tandis qu’il lui servait une tasse qu’il prit et tendit à la jeune femme après avoir déclaré.

[Sho] « D'où je viens, il est coutume d'offrir une gorgée du meilleur thé de la région à son invité afin de lui témoigner son respect et sa reconnaissance. Tiens. »

Seika se laissa aller à un autre petit rire. Ce n’était pas de l’amusement, juste des souvenirs qui continuaient d’affluer dans son esprit, comme le souvenir d’une conversation houleuse avec Sakura, dans laquelle elle avait défendu bec et ongle son point de vue selon quoi, lorsqu’un homme beau, charmant, et gentil, vous invitait au restaurant, il fallait sauter sur l’occasion ! Shijima n’imaginait pas très bien comment elle pourrait « sauter » sur l’occasion, mais elle imaginait un peu comme aurait réagit son amie en cet instant, ce qu’elle fit, son sourire révélant au moment où elle saisit la tasse, frôlant du bout des doigts les mains chaudes de Sho Nagoshi, ses dents blanches. Pour elle, tout ceci était presque un jeu, car il s’agissait d’une découverte tout simplement : la découverte d’une autre vie que celle qu’elle passait avec ses deux amies. La Kunoichi n’avait plus passé de temps avec un homme depuis un moment, du moins de cette façon en tout cas. Et à y réfléchir, c’était la première fois qu’on l’invitait au restaurant, que ce soit dans un cadre plus ou moins privé d’ailleurs, comme c’était le cas ce soir. Silencieuse, ses yeux légèrement plus rouges que d’habitudes posés sur la tasse, elle la fit tourner entre ses mains, réchauffant ainsi sa peau douce et traitée. Puis elle porta la tasse remplie du liquide chaud à ses narines, et ferma les yeux pour humer, et décrypter de façon plus précise les senteurs de ce thé. La séance du thé, elle la passait avec Ina d’habitude, ou avec Sakura, et c’était toujours un thé finement choisi, mais qui restait dans les moyens financiers de la propriétaire et de son amie : rien à voir avec les capacités du plus beau restaurant de Kumo ! L’odeur émanant du thé la transporta en quelques instants à travers des rizières et des montagnes, et il imagina la plante qui avait donné vie à ce breuvage, arrosée de la pluie fine qui continuait de battre autour d’eux, et dont chaque goutte continuait de résonner en elle, les yeux ainsi fermés. Finalement, ces lèvres délicates s’entrouvrirent de nouveau, et vinrent épouser presque sensuellement le rebord de la tasse. Sensuelle, mais naturelle avant tout, et surtout n’ayant pas vraiment conscience de l’effet qu’elle pouvait faire en cet instant à son Sensei, la jeune femme garda les yeux fermés tandis qu’elle avalait une gorgée du thé brûlant. La chaleur, loin de la blesser, réchauffa agréablement son être, tandis que l’arrière goût du thé se faisait déjà sentir, fort et pourtant subtile. En effet, il s’agissait bien du meilleur thé de la région, ou du moins qu’elle ait goûtée jusque là.

[Seika] « C’est une coutume des plus charmantes que tu m’apprends. Je n’en ai malheureusement pas à te faire découvrir moi-même. Si ce n’est exprimer de la façon la plus simple ma reconnaissance pour cette découverte : merci Sho, ce thé est vraiment très bon. »

La jeune femme garda la tasse sur ses genoux, entre ses mains pour éviter qu’un malheur n’arrive. Pas qu’elle soit spécialement maladroite, mais elle ressentait une certaine tension, accompagnant la découverte de cette situation, et elle désirait apparaitre sous son jour le plus radieux à Sho, pour qu’il la considère autrement que comme une personne froide et d’une neutralité permanente, comme l’avait peut être suggéré son dossier. Lorsqu’elle lui avait parlé, durant la nuit qu’ils avaient passée dans les montagnes, certes cela avait été court, mais suffisant. Elle n’avait pas su comment réagir en fait, et c’était immédiatement renfermée dans sa neutralité habituelle, ses yeux ne reflétant plus alors que les flammes qui marquaient la seule trace de vie en elle. Une façon comme une autre de ne pas rentrer en conflit avec les choses « nouvelles » c’était tout simplement de leur opposer un état à mi-chemin entre la gentillesse et la froideur, ce qu’elle faisait la plupart du temps. Mais ce soir, aussi nouvelle que soit la situation pour elle, c’était autre chose qu’un bout de papier qu’elle voulait lui présenter : c’était « elle », une femme charmante, agréable, et naturellement belle à se damné, comme un ange d’innocence et de douceur… Mais capable de se renfermer sur elle-même en quelques secondes, pour ne plus opposer qu'une armure froide et violente aux Hommes. Les secondes filaient vite, et Seika observa que Sho ne buvait pas du thé qu’il lui avait offert. Peut être que la coutume le voulait comme ça mais… La Kunoichi s’installa comme son Sensei à genoux à présent, et tendit la main droite tout en saisissant sa manche de la main gauche pour éviter de renverser quelque chose. Ses doigts fins vinrent enlacer la théière, qu’elle souleva délicatement pour venir lui verser un peu du breuvage. Concentrée sur ce qu’elle faisait, elle ne savait pas ce qu’exprimaient les yeux d’ambres de son Sensei et si elle faisait bien de faire ceci. Aussi ajouta-t-elle en versant le thé dans sa tasse.

[Seika] « Je m’en voudrais de profiter seule de ce succulent breuvage, bois donc avec moi… Ca te ferait surement du bien. Seika finit de verser le liquide toujours fumant et releva la tête, pour plonger -bien plus près-, ses yeux dans ceux de son Sensei, y lisant ce qu’elle soupçonnait. Et je pense que tu en auras besoin si tu ne veux pas t’effondrer de fatigue. Une nuit blanche ce n’est pas évident à rattraper, surtout en à peine une demi-journée… Seika posa la théière et recula pour laisser ses fesses reposer sur ses talons, tout en joignant naturellement ses mains à ses genoux, et en s’inclinant devant le Shinobi. Merci d’avoir veillé sur notre sommeil Sho, et merci de m’avoir permit d’accomplir cette mission avec succès. »

Shijimano Seika
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Re: Restaurant : « Le Chien Fou ! »

Message  Sho Nagoshi le Jeu 8 Oct - 18:36

¤,.°o°O Chapitre 9 : Un Fragment d'Avenir O°o°.,¤
« Tête à tête »
2

Beaucoup auraient frissonnés, d'autres auraient rougis, en sentant les mains délicates de Seika glisser le long des leurs. Mais il était des gens pour qui ce genre de sensation peinait à provoquer des rictus aussi visibles. Sho, par exemple, ne ressentit qu’une peau agréablement douce glisser sur ses doigts, rien de plus, rien de moins. Il savait pertinemment que beaucoup de ses camarades auraient remué ciel et terre pour ne recevoir qu’une seule caresse de Seika, mais lui ne laissa aucune place à ce genre de sentiments. S’émerveiller pour un être ne se résumait pas à le toucher, à le regarder, ou ne serait-ce qu’à l’écouter. S’émerveiller relevait d’un mécanisme complexe qui prenait racine dans les méandres les plus tortueux du cerveau humain. Il s’agissait d’un tout et parfois d’un rien. Seika avait une part de mystère attirante. Elle était belle et intelligente, il n’y avait aucun doute là-dessus, mais Sho ne s’intéressait pas à ce genre de détails ou en tout cas ne les prenait-il pas en compte pour déterminer qui lui plaisait ou non. Seika lui plaisait mais il était sans doute un peu trop tôt pour se demander quel genre de détails lui plaisait chez elle. Il appréciait sa compagnie, sa présence, mais il ne chercha pas à comprendre le pourquoi du comment. Il se contentait d’observer et de profiter de leur instant.

Ses yeux perçants posés sur ses mains, Sho suivit attentivement chacun de ses gestes. La manière dont elle tenait la tasse entre ses mains, la lenteur avec laquelle elle ferma ses paupières, l’inspiration qu’elle prit pour se noyer dans l’odeur du thé, ou encore la légèreté avec laquelle elle porta la tasse jusqu’à ses lèvres, chacun de ces gestes dénotaient une forme de noblesse d’âme accompagnée d’une note de raffinement. En côtoyant Seika au jour le jour, notamment dans le cadre des missions, Sho avait réalisé sans trop de difficultés qu’elle disposait d’un large panel de chaînes qui lui permettaient d’obstruer toutes pensées au profit d’un calme olympien. Mais ce qu’elle offrait à sa vue depuis son arrivée, c’était une vision presque surréaliste de la plénitude et de la tranquillité. Un individu calme, quel qu’il soit, avait forcément quelque chose d’enfoui en lui. Quelque chose de destructeur qui lui accaparait toute sa force mentale quasiment tous les jours. C’est ce secret si bien gardé qui faisait d’eux des personnes calmes, parfois froides ou même distantes. Leur vie avait un goût différent du commun des mortels. Elle respirait la douleur, la peine, le doute, ou encore le chagrin sans jamais l’affirmer haut et fort. Ces gens là devenaient quasiment insensibles aux provocations, la vie les persécutant déjà bien assez au jour le jour. Le destin faisait souvent d’eux des incompris jusqu’à ce que deux d’entre eux se rencontrent et qu’inconsciemment ils finissent par se comprendre sans même avoir à prononcer le moindre mot.

Sho aurait put prononcer tous les mots du monde ou répondre évasivement aux paroles de Seika mais il se contenta simplement de sourire quand elle lui expliqua qu’elle n’avait rien à lui montrer d’aussi particulier que son introduction au thé. Paisible, calme, mais souriant, l’eisei-nin s’amusa de son imprévisibilité. Il quitta la prunelle de ses yeux pour la regarder entièrement se mettre à genoux et verser quelques centilitres de thé dans la tasse qu’il avait laissé vide jusque là. Irrésistiblement, son regard croisa de nouveau le sien, mais de plus près cette fois-ci. Un réflexe étranger lui fit accentuer son sourire avant de réprimer un rire quand Seika releva son manque évident de sommeil. A peine dix heures tout au plus, c’est le temps cumulé qu’il avait passé à dormir au cours de ces cinq derniers jours. De manière plus générale encore, il ne dormait presque plus. Parfois deux ou trois heures par-ci par-là, quand les jours ne lui étaient pas trop défavorables. Comme il lui arrivait souvent d’aligner les nuits blanches sans pouvoir y remédier. La fatigue était là, quelque part, pesant de tout son poids sur certaines parties de son organisme. La médecine lui avait heureusement appris à combattre ses méfaits et à essuyer, sans cesse essuyer, les dégâts, les dégâts du corps et non ceux de l’âme.

SHO. C’était mon devoir de veiller sur vous ... tout comme de te faire confiance.

Sa réponse était sans équivoque. Son sourire perdit un peu de sa gaieté pour prendre une forme plus légère, plus polie. Il avala une gorgée de thé et tourna sa tête en direction de la cour en visant plus particulièrement le seul carré de ciel qu’il lui était possible de voir depuis sa position. Il aurait pu terminer sa phrase en lui disant qu’elle n’avait pas à le remercier pour ce qu’il avait fait, mais une voix dans sa tête l’avait persuadé du contraire. Personne ne pouvait rejeter des remerciements, peu importe sur quels fondements ils se basaient, ils avaient toujours une raison d’être, même si ce n’était pas forcément évident de la découvrir. Seika avait ses raisons de le remercier. Il savait qu’en elle, les souvenirs de son passé la faisaient saigner, en le remerciant, elle lui murmurait en quelque sorte que les saignements avaient légèrement diminués grâce, directement ou indirectement, à ce qu’il avait fait pour elle. Un sentiment de joie aurait pu envahir son coeur sachant cela, mais il savait que le combat était loin d’être terminé. Il était d’ailleurs fort probable qu’il ne se termine jamais. Les souvenirs de Seika ne s’effaceraient jamais totalement, ils la poursuivraient jusqu’à la fin de ses jours. Sho ne ressentit qu’un sentiment à ce moment là : l’espoir. L’espoir qu’un jour, Seika puisse vivre sans avoir à se retourner continuellement sur son passé.

Les minutes passaient et toujours aucune nouvelle des deux autres membres de l’équipe. La première mission de rang C pour un aspirant ou pour un genin représentait toujours une débauche d’énergie largement supérieure à tous ce qu’ils avaient pu accomplir depuis leur premier jour d’inscription à l’académie. A cette heure-ci, Sho voyait Ananda et Murai allongés sur leur lit, partis pour une demi-journée de sommeil réparateur. Cette image le fit sourire quand un nouveau coup fut donné à la porte. Genki, toujours aussi souriant, revenait pour demander à Sho s’il fallait encore attendre les autres invités. Sho répondit que non. Murai et Ananda ne viendraient pas, ce qui transformait aussitôt un simple dîner en équipe en un dîner en tête à tête avec Seika. Étonnant coup du sort. Genki pivota sur ses talons et réapparut dix secondes plus tard avec les menus qu’il présenta d’abord à Seika puis ensuite à Sho. Ce dernier le remercia d’un hochement de tête. Le serveur s’inclina ensuite respectueusement puis il disparut aussi simplement qu’il était apparu.

Le menu était complet : yakitoris, tempura, niku-juga, sukiyaki, omu-raisu, gohan, korokke ou encore sushi pour les plats les plus célèbres, yôkan, monaka, dorayaki, kuzukiri, oshiruko ou encore an-mitsu pour les desserts, et les indémodables bols de riz ou de nouilles servis dans un nombre incalculable de sauces. Sho connaissait bien la carte, il posa donc rapidement son menu sur le sol, à sa gauche. Ne voulant pas déranger Seika dans sa séléction, il abaissa son regard dans le vide en essayant de paraître le moins absent possible. Se retrouver seul avec Seika avait une valeur particulière. Ce n’était pas quelque chose qu’il avait forcément prévu mais ça ne le déplaisait pas pour autant, au contraire. Il avait là une occasion peut-être unique de mieux cerner la seule femme qui l’intriguait à ce point. Il n’avait aucune idée de la manière dont les choses allaient évolués, mais il était désormais certain qu’elles allaient évolués. Peut-être vers un meilleur, peut-être vers un pire. A bien regarder la scène de plus près, il était presque impensable que ce dîner débouche sur un pire. Le temps confirmerait ou non.

Lorsque Seika parut sûre de son choix, Sho croisa brièvement son regard avant de tourner ses yeux vers la cour. Il aurait alors très bien pu lui demander ce qu’elle s’apprêtait à commander, mais l’eisei-nin porta ses paroles vers une autre réalité, plus lointaine.

SHO. Dire que je ne suis pas d’ici et que toute ma vie tourne désormais autour de ce village. Le destin est parfois ironique. Notre devoir pour ce pays, pour tous ces inconnus, nous ferait presque oublié notre ancienne vie, du temps où nous ne savions pas encore ce qu’était les armes, les responsabilités, ou même la mort. Ce que nous étions s’efface avec le temps ... mais il y a des jours où les choses refont surface et où nous saignons intérieurement, peut-être plus profondément encore que lorsque le tranchant d’une lame nous transperce.

Il abaissa ses yeux et finit par sourire légèrement.

SHO. L’autre soir, quand je t’ai dis que tu ne te séparerais jamais de ton souvenir, je savais que tu saignais, comme tu saignes à chaque fois que tu y repenses. Qui que tu sois, j’espère du fond du coeur qu’un peu de bonheur viendra embellir tes jours car à te voir comme je t’ai vu ce soir là, et comme je te vois maintenant, je crois qu’il n’existe aucune femme qui ne mérite plus cette chance que toi.

Aucune femme ... Sho replongea ses yeux ambrés dans le marron rouge de ceux de Seika ... non aucune.

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

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Re: Restaurant : « Le Chien Fou ! »

Message  Shijimano Seika le Ven 9 Oct - 1:41

-| Diner en Tête à Tête Imprévu |-
.3.

[Sho] « C’était mon devoir de veiller sur vous ... tout comme de te faire confiance. »

Bien sur, que dire de plus mise à part ceci ? Son rôle en tant qu’instructeur s’étendait aussi au fait de prendre le risque de faire confiance à ses élèves, et donc de veiller sur eux. Remarquez, tous les instructeurs Shinobis pouvaient ne pas posséder cette qualité, et d’ailleurs, tous les villages ne prisaient pas une méthode d’enseignement aussi libre vis-à-vis de leurs instructeurs. Le formatage était toujours d’actualité et de mise dans leur monde. Mais à Kumo, et en tout cas pour les expériences que Shijima en avaient eu, elle n’avait jamais eu à se plaindre d’une tentative d’endoctrinassions vers une idéologie nationaliste par exemple, ou sous n’importe quelle forme. Le sourire de Sho, qui avait suivit un rire étouffé à la remarque de la jeune femme sur son état de fatigue. Il n’y avait pas répondu, à cette partie de la phrase, mais c’était voulue et elle le savait : s’ils s’entendaient pour le moment bien, et s’ils avaient envies de se connaitre plus ou moins mieux tous les deux, c’était aussi parce qu’ils voyaient dans l’autre un part des reflets de sa propre âme. En tout cas c’était l’avis de Seika sur la question.

Silencieux, leurs gestes et leurs regards suffisant à la seule activité communicative entre eux, ils se perdirent chacun dans des songes différents. Après avoir tourné la tête vers la cour intérieur, mouvement que suivit Seika de ses yeux marrons-rouges, elle-même se mit à détailler une nouvelle fois le jardin intérieur, et les goutes d’eaux tombant ça et là, de façon chaotique et pourtant presque coordonnées. La symphonie ainsi créé continuait d’emplir l’air de la nuit. Un air lourd, pas froid, ni chaud, mais à mi-chemin entre le tiède et le froid. Un temps qui, contrairement à d’autres femmes frileuses, ne la faisait pas frissonner de froid. Sa main droite récupéra distraitement la tasse de thé encore chaude et aux trois quarts remplies, et sa sœur la rejoignit pour porter le breuvage raffiné à ses lèvres. Sans le vouloir surement, Sho et Seika pensaient à la même chose en cet instant : l’absence presque inquiétante des deux autres membres de l’équipe n°2. Mais d’inquiétante, leur absence était en fait presque normal : l’un n’était qu’un Aspirant Ninja, j’autre qu’un jeune Genin, ils n’avaient pas encore l’endurance de Shijima ou de Nagoshi. Et encore, Sho semblait cacher derrière son regard et ses gestes plus de fatigue qu’il ne voulait laisser penser, et surtout une fatigue qu’il se cachait à lui-même. Il était Médecin… Surement possédait-il des moyens de résister à la douleur, ou à la fatigue. Répondant à leurs interrogations, l’on frappa encore à la porte coulissante, qui s’ouvrit encore une fois sur le serveur qui semblait être responsable de leur soirée en quelque sorte. Ce dernier s’inclina et se mit à genoux à moitié sur l’entrée de la salle, avant de s’adresser à son Sensei.

[???] « Nagoshi-sama, voulez-vous attendre encore vos deux autres invités ? »

[Sho] « Non. La réponse fût plus rapide qu’elle ne l’aurait pensé. Nous allons commander, merci. »

Le serveur se releva et ressortit de la pièce pour revenir quelques secondes plus tard avec deux menus, qu’il tendit d’abord à Seika, en lui souriant d’un air légèrement rougissant encore, en s’inclinant, puis à son collègue Chuunin. S’étant remise dans sa position initiale, plus à l’aise, la jeune femme ouvrit la carte, qui comme elle l’aurait pensée pour ce restaurant à l’allure somme toute traditionnel, était complète. Mais alors que ses yeux parcouraient déjà les noms, et les descriptions des plans, elle réalisa comme un retour de boomerang -avec un retard donc-, que Sho venait tout simplement de transformer cette soirée tout d’abord prévue pour quatre, en tête à tête entre eux. Si un diner avec une équipe Ninja était une chose qu’elle ne pensait plus jamais vivre, elle n’avait jamais vécu auparavant un tel instant d’intimité avec une personne qu’elle trouvait d’agréable compagnie sans la connaitre plus, depuis longtemps. Ses lèvres se pincèrent, mais elle se remit naturellement à sourire : ils étaient juste tous les deux ? Tant mieux ! Ils pourraient discuter en toute tranquillité, vu que le singe et Ananda dormaient surement profondément, épuisés par cette mission qu’ils avaient accomplis avec brio, et il fallait bien le reconnaitre. La Kunoichi leva les yeux du menu, pour observer quelques secondes l’homme aux cheveux rouges : Sho avait déjà reposé son menu, et observait la table, le service, ou ses pieds tout simplement. Réfléchissait-il, était-il fatigué, ou bien tout simplement ne pensait-il à rien, ainsi penché en avant ? Plus les minutes passaient, plus la jeune femme sentait une certaine assurance lui venir : n’allez pas penser qu’elle se sentait plus encline à parler, loin de là. C’était même le contraire : plus le temps passait, plus elle se reprenait, et reformait ses barrières mentales naturels, se maugréant surtout de son emportement premier. Bien sur elle était la seule à penser que son comportement avait été indécent, et surtout digne d’une adolescente. Loin, très loin, des réactions d’une vraie femme si je puis dire. Certes elle voulait lui montrer qui elle était, mais il y avait manière, et manière, d’apprendre à se connaitre. Finalement ce diner en tête à tête renforçait encore plus la pensée qu’elle avait eu de considérer tout ceci comme une expérience nouvelle d’une part, mais aussi comme la possibilité de se rapprocher de quelqu’un d’autre que ces deux amies : pour Seika, la naissance d’une réelle relation d’amitié, nouvelle, était comme un rêve lointain, auquel pourtant elle vouait un espoir sans bornes. Sho… Avait quelque chose qui la rapprochait d’elle, autant qu’elle de lui, ils le sentaient tous les deux. Peut être que cette soirée allait créer les véritables premiers liens d’intimités entre eux, sur lesquels reposeraient une grande partie de leurs futurs rapports. En tout cas, c’était une partie de l’objectif de la jeune femme. L’autre objectif… C’était tout simplement de passer un bon moment en sa compagnie, avec des boissons douces montant très lentement à la tête, et une nourriture plus exotique que d’habitude. Seika aimait bien changer les habitudes, surtout dans ce genre de situations : ça lui donnait matière à réflexion, et qui disait réflexion disait contrôle. La Kunoichi ne relâcherait jamais ce contrôle qu’elle exerçait sur elle-même… Mais ça ne la rendait pas invivable pour tant, et faisait d’elle une personne somme toute très gentille, bien que mystérieuse. Finalement, elle porta son choix sur un plat qu’elle n’avait plus mangé depuis bien longtemps, des Yakitoris, la dernière fois remontait à un diner chez Sakura si ses souvenirs étaient bons, du temps où elles étaient Genin toutes les deux, avant de partir à cette fameuse mission… Rah, et voilà qu’elle y repensait. Mais cela ne changea en rien son sourire, et la jeune femme se contenta de reposer le menu sur la table, attendant tout comme son Sensei surement, que le serveur revienne prendre leur commande.

Leurs regards se croisant de nouveau, Shijima lut dans le regard de l’homme qu’il sortait lui aussi de ses propres réflexions. Et alors qu’il tournait sa tête de côté, mettant fin à leur contact visuel, Sho se mit à parler d’un sujet qu’elle ne c’était vraiment pas vue aborder deux minutes plus tôt. Mais un peu comme ce soir près du feu, il n’y avait eu aucuns signes précurseurs des paroles sérieuses de son Sensei. Par sérieuse, j’entends surtout, visant à un objectif, ou une conversation, plus profonde qu’à l’accoutumer.

[Sho] « Dire que je ne suis pas d’ici et que toute ma vie tourne désormais autour de ce village. Le destin est parfois ironique. Notre devoir pour ce pays, pour tous ces inconnus, nous ferait presque oublier notre ancienne vie, du temps où nous ne savions pas encore ce qu’était les armes, les responsabilités, ou même la mort. Ce que nous étions s’efface avec le temps ... Mais il y a des jours où les choses refont surface et où nous saignons intérieurement, peut-être plus profondément encore que lorsque le tranchant d’une lame nous transperce. Il abaissa ses yeux et finit par sourire légèrement. L’autre soir, quand je t’ai dis que tu ne te séparerais jamais de ton souvenir, je savais que tu saignais, comme tu saignes à chaque fois que tu y repenses. Qui que tu sois, j’espère du fond du cœur qu’un peu de bonheur viendra embellir tes jours car à te voir comme je t’ai vu ce soir là, et comme je te vois maintenant, je crois qu’il n’existe aucune femme qui ne mérite plus cette chance que toi. »

Seika laissa passer une seconde avant de sentir son corps réagir sans qu’elle lui ait dicté d’ordres : ses yeux s’écarquillèrent, ses iris tremblèrent, sous le coup de la surprise, et tout son corps se raidit et se pencha naturellement en arrière, la bouche légèrement entre-ouverte, ne croyant pas qu’elle venait d’entendre ce qu’elle venait d’entendre. Là, elle aurait eu beau imaginer, retourner la déclaration dans tous les sens pendant des heures, elle ne savait pas quoi répondre. Et puis, pourquoi fallait-il qu’il la regarde aussi directement dans les yeux ? Le regard ambré de son interlocuteur faillit transpercer le mur électrique de ses barrières mentales. Et oui ne l’oublions pas, on ne devient pas pratiquante du Ninjutsu élémentaire de l’élément le plus instable de la création sur un simple coup de tête. Repéré dès les premiers exercices, elle avait été poussé, et l’avait senti, à s’entrainer sur cette voie. Mais quel est le rapport avec la situation, avec la déclaration, avec ce regard, et avec cet homme ? Et bien, si l’esprit était une forteresse, dans le cas de Seika, les paroles de Sho avaient été comme des boulets des canons, ne visant pas les murs, mais passant par-dessus, pour exploser au-dessus d’elle. Ces mots avaient passés les barrières psychologiques de son être sans les forcer, et c’était ça qui la troublait le plus. De façon imagée, les boulets de canons venaient d’exploser pour révéler une pluie de fleur…

Garder le contrôle, garder le contrôle, se calmer, tout va bien, oui tout va bien, il n’a fait que te dire ce qu’il pensait de toi. Mais pas seulement, la première partie de ses mots avaient presque une valeur de confidence, comme le fait de livrer une petite partie de soi à quelqu’un qui n’avait pas demandé à la recevoir. Un cadeau, pour voir si elle réagissait, s’il prenait la main tendue qu’il lui présentait mentalement. Ses iris dilatés revinrent à la normal, et ses lèvres closent frémirent, avant de laisser échapper de nouveaux sons, le buste de nouveau droit, le port altier et son calme retrouvé.

[Seika] « Tous nos souvenirs ne sont pas là pour nous faire saigner Sho. Et ce bonheur que tu me souhaites, je ne sais pas si je le connaitrais un jour, car c’est celui que tu conçois. Elle pencha la tête de côté en lui souriant plus naturellement. Tu as eu une expérience de la vie aussi longue et tortueuse que la mienne à t’entendre, et pourtant je pense que, comme moi, tu as le même point commun de ne pas pouvoir te libérer de tes souvenirs. Ton sommeil est aussi court et troublé que le mien, même si je dois avouer que je n’enchaine pas les nuits blanches comme tu sembles les enchainer ! Seika se mit à rire, en imaginant sa tête après le genre de nuit qu’avait passé Sho à veiller sur son équipe pendant leur sommeil, une nuit très éprouvante psychologiquement. Pourtant, nous avons tous les deux une vie, tous les deux des personnes qui comptent sur nous, et puis, le village attend de toi comme de moi que nous lui soyons fidèle, et que nous soutenions ceux qui ont besoins de nous en son sein. »

On aurait pu croire qu’elle lui faisait la morale, mais c’était loin d’être ça : Seika lui disait juste sur l’instant, ce qui lui venait à l’esprit. Après tout, être naturelle était le moyen le plus simple de se présenter, de présenter qui on était, comment on était, comment on pensait, plus ou moins d’ailleurs. Mais la jeune femme continua, car elle désirait ajouter quelque chose. Quelque chose qu’elle ajouta, avec sincérité, d’un ton qui n’avait jamais été aussi envoutant de toute sa vie, et le plus amusant, c’était tout simplement qu’elle ne s’en rendait pas compte ! Et malgré ceci, malgré les deux questions qu’elle allait poser, elle sentit encore passer un souvenir en elle, celui de la première fois où elle avait regardé Matsuo de cette façon… Leurs regards toujours entremêlés, leurs yeux ne se lâchant pas une seule seconde, ne clignant même pas des paupières, Seika fît exactement ce que Sho venait de faire sur elle : elle traversa son regard, et regarda au-delà de ses magnifiques yeux couleur d’ambre, tout en déclarant, avec un sourire joueur sur le visage, et un ton enjôleur.

[Seika] « Et comment m’as-tu vu ce soir là Sho ? Et… Comment me vois-tu en cet instant, pour mériter de voir mes jours être embellis de bonheur ? »

Et oui, Sho n’avait pas le monopole des déclarations visant à faire réagir l’autre, et à déterminer de ces réactions « qui » il était. Il fallait dire qu’à entendre cet homme, Seika devait avoir l’air bien malheureuse, alors qu’elle était loin de l’être : certes, sa vie n’était pas faite de « grandes » joies. Mais l’accumulation des petites choses de tous les jours, faisaient qu’elle était sereine, et parfois même heureuse, vraiment. Même si ces instants où elle pensait être heureuse soient extrêmement rares… Et puis, au final pourquoi lui non-plus n’y aurait pas droit à ce bonheur qu’il lui souhaitait ? Ses yeux souriant laissèrent échapper un scintillement de chaleur, qu’elle voulue aussi clair et interprétable par le Chuunin assit en face d’elle et qui ne voulait rien dire d’autre que « Tu n’es pas seul Sho, à vouloir le bonheur des autres… Moi aussi j’aimerais que tu sois heureux, à présent que je vois transparaitre toute cette souffrance que tu laisses peser et glisser sur toi, car ce n’est qu’un acide qui te ronge peu à peu, et effrite ton être. Et un jour, tu t’apercevras que tu ne sauras même plus ce que ça fait, d’être heureux toi aussi… Comme moi. », car Seika, ne savait plus depuis longtemps, ce que signifiait « être heureuse »…

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Re: Restaurant : « Le Chien Fou ! »

Message  Sho Nagoshi le Dim 11 Oct - 23:17

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« Tête à tête »
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La réaction de Seika ne se fit pas attendre. Ses yeux s’écarquillèrent comme si elle venait de recevoir un coup violent dans la poitrine, sa bouche s’entrouvrit comme si l’air lui manquait, son âme resta en suspend durant plusieurs secondes comme si quelque chose venait de basculer en elle. Sho ne la quitta pas des yeux. Il voulait la voir, la regarder, sans aucun détour, sous cette apparence fragile, désemparée. C’était la première fois qu’il réussissait à réveiller une véritable réaction chez elle, la première fois qu’il découvrait un visage plus humain, loin des conventions imposées par le code des shinobis. Ils n’étaient en cet instant plus des chuunins, ou des ninjas du village caché des nuages, ils n’étaient que des êtres humains, une femme et un homme réunis autour d’une table par un jour de pluie.

La belle kunoichi à la chevelure d’ébène retrouva toutefois rapidement une meilleure posture et un visage plus modéré dans ses expressions. Un visage qui n’avait pourtant plus rien à voir avec celui qu’elle lui avait offert au cours de leur mission ou celui arboré depuis le début de cette soirée.

Sho porta la tasse de thé à ses lèvres, abaissa momentanément ses yeux dorés sur la robe translucide du breuvage, avant d’en avaler une gorgée. Il rencontrait enfin la véritable Seika, celle qui n’avait pas besoin de se cacher derrière un masque de neutralité pour attiser les regards. Lui aussi était d’un habituel neutre et distant. Mais ce soir, il révélait une facette plus singulière, plus intime, de sa personnalité. Il lui arrivait parfois d’en révéler quelques éclats dans le cadre de son travail d’instructeur, mais jamais rien de comparable à ce soir.

Pourquoi les choses étaient-elles si particulières ce soir là ? Peut-être parce qu’il avait l’impression de se retrouver devant un fragment de son propre reflet quand il la regardait. Seika lui ressemblait ... elle le complétait.

Sho reposa sa tasse de thé sur la table tout en reportant son regard vers Seika au moment où celle-ci retrouva le chemin de la parole. Avec une grande attention, il l’écouta et rit à son tour lorsqu’elle évoqua le nombre de nuits blanches dont il devait être victime. Le rire de Sho n’avait rien de communicatif ni de franc, il était léger comme celui de quelqu’un qui vit en paix avec le monde qui l’entoure et qui rit à la vue d’un papillon se couchant sur les pétales d’une fleur. Seika ne se trompait pas. Sa vie était tortueuse, parsemée de souvenirs douloureux, elle ressemblait à un champ de ruines. Mais il existait quelques vagues lueurs, tenus par des personnes qui lui étaient chers, qui laissaient place à un semblant d’espoir et de renouveau. Ces gens là expliquaient à eux seuls pourquoi Sho servait Kumo avec autant de brio. Ils n’étaient peut-être pas une raison de vivre pour lui, mais il savait pertinemment que sa vie aurait un goût bien plus amer sans eux.

La théière ne laissait plus échapper qu’un très fin filament de vapeur blanche quand Seika saisit sa chance. En un instant, les rôles s’inversèrent, Sho passa d’acteur à spectateur et Seika de spectatrice à actrice. Les deux questions qu’elle posa à Sho le firent sourire. Un sourire aimable qui exprimait tout son amusement. Seika était rusée, ses questions n’auraient pu être mieux choisies. Sho savait qu’il ne pouvait faire d’impasse, qu’il devait aller à l’essentiel, l’essentiel étant ce qu’il pensait d’elle. Il savait aussi qu’il ne pouvait prendre trop de temps à réfléchir car ce genre de détails laisserait planer un doute sur sa réponse. Aussi répondit-il avec un calme souligné, quelques secondes à peine après que Seika n’ait resserré ses lèvres.

SHO. Ce soir là, j’ai vu une femme qui se sentait seule face à son Mal. Aujourd’hui, je vois une femme qu’il me plait de ne plus laisser seule.

Révélation ? Difficile à savoir, l’eisei-nin avait l’art et la manière de retourner la situation à son avantage, même quand cela semblait tout à fait inespéré, mais tout en restant très vague dans ses intentions. Cela faisait certainement parti du mythe, cette image que Sho s’était habitué à véhiculer de jour en jour. Dire qu’il éprouvait quelque chose pour Seika ne relevait certainement pas du mensonge. Mais de là à désigner clairement ce qu’il éprouvait pour elle ... c’était une tâche nettement plus ardue. Il y avait quelque chose, c’était indéniable. Mais quoi exactement ? Sho savait reconnaître quand quelqu’un lui plaisait, Seika lui plaisait pour des raisons sans doute peu conventionnelles ( la première étant qu’elle l’intriguait plus que quiconque ). Elle était belle, intelligente, amusante et tout un tas d’autres superlatifs du même genre mais Sho la considérait bien au-delà de ça. Il savait également reconnaître quand il éprouvait des sentiments plus prononcés pour une personne en particulier, ce qu’il éprouvait en l’occurrence pour Seika. Ce qu’il ne savait pas en revanche, c’est sur quoi ses sentiments allaient déboucher. L’énigme se trouvait là, à cet endroit précis.

Pour nourrir cette grande question, Sho termina le contenu de sa tasse sans quitter Seika des yeux. Son regard n’avait presque pas changé. Ses yeux d’un rouge terne exprimaient une forme d’espièglerie qui allait sans doute de paire avec les questions qu’elle lui avait posées. Soudainement ses pensées se volatilisèrent, la porte coulissa et laissa apparaître un homme d’une soixantaine d’années au crâne dégarni. Ses yeux étaient si plissés qu’on en distinguait plus le blanc. Armé d’un très grand sourire, il s’inclina respectueusement devant les deux chuunins et s’arrêta sur le visage de Seika.

? Nagoshi-san, vous ne m’aviez pas dit qu’une telle beauté faisait parti de votre équipe ? Laissez-moi me présenter mademoiselle, je suis Nakaso Asano, le propriétaire de cet établissement.

Le sourire du vieil homme avait quelque chose de sage et de réconfortant. Sho le connaissait depuis un petit bout de temps désormais. Nakaso était un grand ami du vieux Hondô, l’homme qui avait en quelque sorte accueillit Sho dans le village. Très tôt, l’eisei-nin avait fait la rencontre du restaurateur, il avait même passé quelques après-midi en sa compagnie à jouer au jeu de go. Nakaso ne s’était jamais lassé de perdre, jamais. Il avait ce côté enfantin très prononcé, cette joie de vivre communicative, et ce respect contagieux de chaque être humain. Comme il le disait si bien lui-même « chaque vie a son importance, peut-être ni pour vous ni pour moi, mais pour quelqu’un quelque part ». En repensant à ces paroles, Sho abaissa ses yeux dans le vide pour ne pas avoir à regarder Seika. Une force invisible le poussait à regarder la jeune femme en pensant à ces paroles. Il ne sortit de là que lorsque Nakaso se tourna vers lui pour lui reparler.

? C’est une fille exceptionnelle Nagoshi-san, je le ressens. Veillez bien sur elle, vous m’entendez ?!

Sho sourit et acquiesça. Nakaso se pencha ensuite vers Seika pour lui murmurer ceci :

? Et vous veillez sur lui, il a beau être spécial, il n’en reste pas moins un bon garçon ... même s’il a la fâcheuse manie de toujours me battre au jeu de go.

L’eisei-nin ne ressentit pas le besoin de tendre l’oreille pour entendre les paroles de Nakaso. Son sourire s’accentua mais il se contenta de regarder son ami sans prononcer le moindre mot.

? Bien, jeunes gens, il est temps de passer votre commande, mademoiselle, avez-vous fait votre choix ?

Pendant que Nakaso interrogeait Seika, Sho porta son regard en direction de la cour à l’endroit où un oiseau au plumage d’un bleu encre très sombre s’était posé, à l’abri de la pluie. Ses sentiments ressemblaient un peu à cet oiseau. Pour l’heure, ils se cachaient de la pluie, bien à l’abri, mais un jour, qui sait, peut-être que la pluie cesserait de tomber et qu’ils s’envoleraient. Ses sentiments ressemblaient beaucoup à cet oiseau. Ils attendaient de croiser le regard.

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Sho Nagoshi
Chuunin Instructeur de Kumo
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