Restaurant : « Le Chien Fou ! »
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Re: Restaurant : « Le Chien Fou ! »
-| Diner en Tête à Tête Imprévu |-
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Seika et Sho jouait à un drôle de jeu : celui de la pernicieuse mais ô combien intéressante découverte de l’autre. Tous les deux avaient déjà réussis l’exploit, si tel pouvait être considéré comme un exploit, de comprendre la surface des eaux troubles qu’étaient leurs âmes respectives. Des âmes profondes, sombres, cachés derrières des sourires lumineux, se servant des effets produits sur autrui pour enfermer les démons qui rôdaient sous la surface de cette eau noire, parfois croupie, qui ne laissait au-dessus d’elle que quelques îlots de lumière, comme pour guider l’esprit égaré vers un lieu de refuge. Mais ce refuge, était aussi bien visible des démons que des anges, et il était normal, qu’avec le temps, ces îlots s’effritent, s’effondrent, et que le cœur d’une personne ne vive plus qu’en compagnie de ses plus grandes peurs, qui détruiraient peu à peu toutes formes d’humanité en elle. C’était de cette peur, que naissait l’espoir de trouver une île, voir un continent de bonheur, au milieu duquel, d’où qu’on tende l’oreille, l’on entendrait que les doux échos des souvenirs heureux, des paroles réconfortantes, ce qui permettait parfois à ce que d’aucun nommait l’être humain de rester Homme, et de ne pas sombrer dans le chaos.
Et c’était une partie plus ou moins importante de ce chaos qui guettait ces deux êtres, ces deux Chuunin de Kumo, alors que leurs regards se fuyaient puis se croisaient, incapables de ne penser à autre chose qu’à la personne en face de soi, et que leurs sourires laissaient peu à peu transparaitre plus de naturel, plus de franchise de leurs parts. Seika ne tint sa position de force sur Sho que quelques instants, le temps pour ce dernier de reprendre les deux questions de la jeune femme, et de leurs associés sans avoir à beaucoup y réfléchir deux réponses, qui mettraient Seika dans l’embarras une nouvelle fois, et dévoilerait encore un peu plus d’elle à l’homme aux cheveux rouges. A peine eut-elle quittée son sourire que Nagoshi contre-attaqua, en répondant par un autre sourire, et de manière franche. En tout cas c’était ce qu’il voulait faire paraître. Mais derrière ce jeu dans lequel ils s’étaient lancés tous les deux, y avait-il un véritable fond de vrai ?
[Sho] « Ce soir là, j’ai vu une femme qui se sentait seule face à son mal. Aujourd’hui, je vois une femme qu’il me plait de ne plus laisser seule. »
Mais que… ? Si son regard avait été autre, et si la jeune femme n’avait pas eu en elle cette part de contrôle qui lui permettait de résister à l’adversité, elle aurait surement rougie plus que de raison. Mais il était impossible pour elle de ne pas voiler cette rougeur sous ses yeux. La jeune femme plissa les yeux, gênée, et se contenta de continuer de sourire. C’était bien la première fois qu’une telle déclaration lui faisait quelque chose. Car Seika en avait eu des propositions, des déclarations en tout genre, des demandes mais, mais… Jamais elle n’en avait ressenti d’impressions particulières, comme en cet instant où Sho, cette fois sans passer par-dessus ses barrières, venant d’y frapper doucement, demandant presque la permission d’entrer pour découvrir encore plus intimement la jeune femme. Les yeux ambres de son Sensei prirent une allure espiègle, comme Seika lorsqu’elle avait posée ces deux questions. Il lui renvoyait la balle, si l’on devait exprimer ça en termes de jeu. C’était à elle maintenant, de l’arrêter, et de préparer son prochain envoi verbal, pour pousser au-delà leurs connaissances mutuelles, même si encore une fois, la difficulté était plus grande pour Seika que pour l’homme en face d’elle : elle n’avait pas eu le plaisir de lire son dossier à ce charmant jeune-homme. D’ailleurs, malgré les cernes et son regard sérieux et parfois aussi neutre et froid que le sien, quel âge avait-il ? La jeune femme lui donnait quasiment le même âge qu’elle, surement la vingtaine passé…
Les réflexions embrayèrent le processus psychologique de Sho visant à la pousser à se dévoiler encore plus. Certes, s’ils restaient tous les deux sur leurs positions ils n’avanceraient jamais, mais jamais au grand jamais il ne fallait brusquer autrui vis-à-vis d’un tel instant de douceur et de calme. Sho termina le contenu de sa tasse de thé, sans n’avoir lâché une seule seconde Shijima du regard. Elle-même, une fois son calme une nouvelle fois repris, répondit à se regard, et termina sa propre tasse, sans quitter ses iris d’ambre. Sa déclaration, même s’il n’éprouvait surement qu’un sentiment de proximité à son égard, était touchante dans le fond. Il était vrai que bon nombre de personnes appréciaient sa compagnie, alors qu’elle-même ne faisait rien pour être populaire. Mais c’était peut être parfois ce rire naturel, ses yeux doux mais pleins de détermination, qui jouaient en sa faveur sans qu’elle s’en rende compte. Ses pensées furent interrompues, alors que sans prévenir, un homme âgé, plus de la cinquantaine surement, fît coulisser la porte de la pièce et vint s’incliner devant eux, puis plus particulièrement vers Seika lorsqu’il découvrit sa silhouette habillée de son kimono.
[???] « Nagoshi-san, vous ne m’aviez pas dit qu’une telle beauté faisait parti de votre équipe ? Laissez-moi me présenter mademoiselle, je suis Nakaso Asano, le propriétaire de cet établissement. »
Ainsi c’était le propriétaire de l’établissement… Mais que venait-il faire ici ? Il connaissait Sho puisqu’il l’avait nommé naturellement Nagoshi-san. Ne se sentant pas exclue de la conversation, bien au contraire car elle en faisait partie sans s’en rendre compte, la jeune femme inclina la tête vers Asano en souriant. Ce dernier lui rendit sa gentillesse en dévoilant ses dents encore blanches. Cet homme avait un petit quelque chose d’amical pour la jeune femme, un peu comme Ina et son mari. Non, non, Seika n’avait pas la hantise de la vieillesse et du troisième âge, disons juste que dans l’absolu, le comportement de beaucoup n’étaient pas vraiment pour lui convenir, et que du coup elle ne s’approchait plus vraiment de ces personnes. Shijima jeta un coup d’œil à Sho qui lui en tout cas, n’avait plus les yeux fixés sur elle, mais… Oui là, un petit : il luttait pour ne pas la regarder. Et cela n’étonnait pas tant que ça la jeune femme, car elle aussi ne désirait plus luttée contre le mouvement naturel qui la poussait à garder ses yeux fixés sur lui. Le propriétaire les tira de leurs torpeurs en se penchant vers Sho pour lui dire ceci.
[Nakaso Asano] « C’est une fille exceptionnelle Nagoshi-san, je le ressens. Veillez bien sur elle, vous m’entendez ?! »
Ah les vieux et leur sens du tact légendaire, duquel ils se jouaient bien aisément : deux jeunes gens ainsi cachés aux regards, dinant en tête à tête, évidement il fallait tout de suite penser et faire des déclarations voilées dans ce sens. Mais c’était gentiment formulé, et peut être pas avec des arrières pensées, aussi Seika se contenta-t-elle de pencher la tête en avant, le rouge lui revenant un peu plus aux joues : et oui elle avait déjà perdu beaucoup de ses barrières, et commençait à réagir comme lorsqu’elle était seule avec Sakura et Ina. Sauf qu’elles n’étaient pas des hommes, et que leurs paroles ne lui faisaient pas le même effet loin de là. Et lorsque Sakura la regardait et lui disait d’un seul coup qu’elle était magnifique, cela les faisaient rires toutes les deux et Seika faisait un petit tour sur elle-même pour laisser son amie la détailler. Bref. Le propriétaire, après avoir adressé à son Sensei un sourire de « tu comprends que t’as pas droit à l’erreur avec une femme comme ça petit d’accord ? », ce dernier se pencha vers elle, et lui murmura faiblement quelques mots, de manière à ne pas être entendu de Sho. Seika se pencha un peu de côté pour écouter, les yeux fixés sur ce garçon aux cheveux rouges.
[Nakaso Asano] « Et vous veillez sur lui, il a beau être spécial, il n’en reste pas moins un bon garçon ... Même s’il a la fâcheuse manie de toujours me battre au jeu de go. Voyant la jeune femme sourire de plus belle, radieuse, et surtout sentant qu’elle allait suivre ce conseil à la lettre, Asano se redressa pour s’adresser aux deux jeunes gens. Bien, jeunes gens, il est temps de passer votre commande, mademoiselle, avez-vous fait votre choix ? »
[Seika] « Oui. La jeune femme pencha la tête de côté et déclara, souriante. Je vais prendre des Yakitoris s’il vous plait, volaille, pas de bœuf. »
De son côté Sho commanda ce qui lui plaisait, et qu’il avait choisi en à peine quelques secondes à partir du moment où il avait eu le menu en main. Surement connaissait-il bien l’établissement, pour connaitre son propriétaire et jouer avec lui. Sho était surprenant de par ses relations, mais pouvait-on en attendre moins de la part d’un Chuunin aussi connu et important que lui dans le village ? Sho n’était pas que son instructeur : il avait été l’instructeur de beaucoup de Shinobis, et la Kunoichi se sentait comme, privilégiée, d’accaparer l’attention d’un tel homme, et surtout de se voir désigner comme la source d’une envie « presque » trop douce, celle de ne plus la laisser seule. Est-ce les prémisses d’une vraie relation entre eux ? Impossible à dire, cette question appartenait à l’avenir. Après avoir noté mentalement leurs commandes, le vieux Asano s’inclina de nouveau et lui fit un dernier sourire tout en refermant la porte coulissante derrière lui. Ils auraient à attendre un petit moment, de l’ordre d’une dizaine de minutes, voir plus si le plat de son homologue était plus complexe à préparer que le sien. Seika, sans s’en rendre compte, avait été un peu stressé par l’apparition de ce personnage, et son souffle se calma. Son corps se détendit visiblement, et ceci la surprit, car cela voulait dire qu’inconsciemment, elle ne considérait plus la présence de Sho comme un élément instable de l’avenir, et donc une composante de calme. Mais si son corps disait ceci, son esprit restait suspicieux : Sho, était aussi mystérieux qu’elle ne l’était sur ses sentiments, sur ce qu’il pensait de tout et n’importe quoi, et l’on était obligé de se dévoiler soi-même par ses propres questions pour l’atteindre. Cet échange, qui n’était pas équivalent, n’irait peut être pas plus loin.
[Seika] « Sho… Tu es un homme… Intéressant. Dit-elle après avoir cherché le mot dans sa tête pendant une seconde. Mais déclarer ne pas vouloir laisser une femme seule… Ce ne sont que des mots. Et la femme que l’on ne veut pas laisser seule à son mot à dire dans l’histoire tu t’en doutes… Elle prit une inspiration et fixa de façon intense le Médecin. Même si une part de moi serait ravie de ne plus être seule… Je ne peux pas m’empêcher de penser, que c’est à sens unique. Tu es bien plus habile des mots et des impressions que moi, et je n’arrive pas à savoir si tes paroles donneront naissance à des actes. Mais… Seika respira plus lentement, le ton de sa voix baissant. Si tu essayais dans un futur proche… Je ne… Te repousserais pas. »
Non, elle ne le repousserait pas. Pas parce qu’il avait réussi à gagner quelques distances de plus par rapport à tous ceux qui avaient essayés avant lui, mais parce qu’elle avait envie de croire en quelque chose, et de croire en quelqu’un : de croire que cette personne arriverait vraiment à l’arracher à cette solitude de l’âme, petit à petit, et qu’ainsi, ensembles, ils seraient complets. Mais l’homme en qui elle voulait croire avait ses propres peurs, et l’eau trouble de son âme était aussi noire et profonde que la sienne. Etait-il vraiment possible que l’association de ces deux âmes puisse faire naître une nouvelle eau, plus claire ? Une autre question qu’elle mit de côté. Le plus important avait été dit : si Sho ne voulait pas la laisser seule, qu’il essaye donc, elle ne l’en empêcherait pas, ni ne le repousserait pas. Mais cela ne voulait pas dire, qu’il réussirait, même si tout au fond d’elle, perdue sur son îlot au milieu des eaux troubles, la lumière de son être tenterait de briller plus fort, pour l’inciter à venir la chercher… Seika avait un peu perdu son sourire, et son air était plus grave à présent, des mots qu’elle venait de déclarer à l’homme en face d’elle. Ses yeux, qu’elle avait laissés posés sur lui, se détachèrent de son regard. Elle baissa la tête, ne sachant plus quoi dire à présent. Le diner allait bientôt arriver, ils reparleraient après celui-ci surement, lorsque viendrait l’heure des desserts et des boissons…
Et c’était une partie plus ou moins importante de ce chaos qui guettait ces deux êtres, ces deux Chuunin de Kumo, alors que leurs regards se fuyaient puis se croisaient, incapables de ne penser à autre chose qu’à la personne en face de soi, et que leurs sourires laissaient peu à peu transparaitre plus de naturel, plus de franchise de leurs parts. Seika ne tint sa position de force sur Sho que quelques instants, le temps pour ce dernier de reprendre les deux questions de la jeune femme, et de leurs associés sans avoir à beaucoup y réfléchir deux réponses, qui mettraient Seika dans l’embarras une nouvelle fois, et dévoilerait encore un peu plus d’elle à l’homme aux cheveux rouges. A peine eut-elle quittée son sourire que Nagoshi contre-attaqua, en répondant par un autre sourire, et de manière franche. En tout cas c’était ce qu’il voulait faire paraître. Mais derrière ce jeu dans lequel ils s’étaient lancés tous les deux, y avait-il un véritable fond de vrai ?
[Sho] « Ce soir là, j’ai vu une femme qui se sentait seule face à son mal. Aujourd’hui, je vois une femme qu’il me plait de ne plus laisser seule. »
Mais que… ? Si son regard avait été autre, et si la jeune femme n’avait pas eu en elle cette part de contrôle qui lui permettait de résister à l’adversité, elle aurait surement rougie plus que de raison. Mais il était impossible pour elle de ne pas voiler cette rougeur sous ses yeux. La jeune femme plissa les yeux, gênée, et se contenta de continuer de sourire. C’était bien la première fois qu’une telle déclaration lui faisait quelque chose. Car Seika en avait eu des propositions, des déclarations en tout genre, des demandes mais, mais… Jamais elle n’en avait ressenti d’impressions particulières, comme en cet instant où Sho, cette fois sans passer par-dessus ses barrières, venant d’y frapper doucement, demandant presque la permission d’entrer pour découvrir encore plus intimement la jeune femme. Les yeux ambres de son Sensei prirent une allure espiègle, comme Seika lorsqu’elle avait posée ces deux questions. Il lui renvoyait la balle, si l’on devait exprimer ça en termes de jeu. C’était à elle maintenant, de l’arrêter, et de préparer son prochain envoi verbal, pour pousser au-delà leurs connaissances mutuelles, même si encore une fois, la difficulté était plus grande pour Seika que pour l’homme en face d’elle : elle n’avait pas eu le plaisir de lire son dossier à ce charmant jeune-homme. D’ailleurs, malgré les cernes et son regard sérieux et parfois aussi neutre et froid que le sien, quel âge avait-il ? La jeune femme lui donnait quasiment le même âge qu’elle, surement la vingtaine passé…
Les réflexions embrayèrent le processus psychologique de Sho visant à la pousser à se dévoiler encore plus. Certes, s’ils restaient tous les deux sur leurs positions ils n’avanceraient jamais, mais jamais au grand jamais il ne fallait brusquer autrui vis-à-vis d’un tel instant de douceur et de calme. Sho termina le contenu de sa tasse de thé, sans n’avoir lâché une seule seconde Shijima du regard. Elle-même, une fois son calme une nouvelle fois repris, répondit à se regard, et termina sa propre tasse, sans quitter ses iris d’ambre. Sa déclaration, même s’il n’éprouvait surement qu’un sentiment de proximité à son égard, était touchante dans le fond. Il était vrai que bon nombre de personnes appréciaient sa compagnie, alors qu’elle-même ne faisait rien pour être populaire. Mais c’était peut être parfois ce rire naturel, ses yeux doux mais pleins de détermination, qui jouaient en sa faveur sans qu’elle s’en rende compte. Ses pensées furent interrompues, alors que sans prévenir, un homme âgé, plus de la cinquantaine surement, fît coulisser la porte de la pièce et vint s’incliner devant eux, puis plus particulièrement vers Seika lorsqu’il découvrit sa silhouette habillée de son kimono.
[???] « Nagoshi-san, vous ne m’aviez pas dit qu’une telle beauté faisait parti de votre équipe ? Laissez-moi me présenter mademoiselle, je suis Nakaso Asano, le propriétaire de cet établissement. »
Ainsi c’était le propriétaire de l’établissement… Mais que venait-il faire ici ? Il connaissait Sho puisqu’il l’avait nommé naturellement Nagoshi-san. Ne se sentant pas exclue de la conversation, bien au contraire car elle en faisait partie sans s’en rendre compte, la jeune femme inclina la tête vers Asano en souriant. Ce dernier lui rendit sa gentillesse en dévoilant ses dents encore blanches. Cet homme avait un petit quelque chose d’amical pour la jeune femme, un peu comme Ina et son mari. Non, non, Seika n’avait pas la hantise de la vieillesse et du troisième âge, disons juste que dans l’absolu, le comportement de beaucoup n’étaient pas vraiment pour lui convenir, et que du coup elle ne s’approchait plus vraiment de ces personnes. Shijima jeta un coup d’œil à Sho qui lui en tout cas, n’avait plus les yeux fixés sur elle, mais… Oui là, un petit : il luttait pour ne pas la regarder. Et cela n’étonnait pas tant que ça la jeune femme, car elle aussi ne désirait plus luttée contre le mouvement naturel qui la poussait à garder ses yeux fixés sur lui. Le propriétaire les tira de leurs torpeurs en se penchant vers Sho pour lui dire ceci.
[Nakaso Asano] « C’est une fille exceptionnelle Nagoshi-san, je le ressens. Veillez bien sur elle, vous m’entendez ?! »
Ah les vieux et leur sens du tact légendaire, duquel ils se jouaient bien aisément : deux jeunes gens ainsi cachés aux regards, dinant en tête à tête, évidement il fallait tout de suite penser et faire des déclarations voilées dans ce sens. Mais c’était gentiment formulé, et peut être pas avec des arrières pensées, aussi Seika se contenta-t-elle de pencher la tête en avant, le rouge lui revenant un peu plus aux joues : et oui elle avait déjà perdu beaucoup de ses barrières, et commençait à réagir comme lorsqu’elle était seule avec Sakura et Ina. Sauf qu’elles n’étaient pas des hommes, et que leurs paroles ne lui faisaient pas le même effet loin de là. Et lorsque Sakura la regardait et lui disait d’un seul coup qu’elle était magnifique, cela les faisaient rires toutes les deux et Seika faisait un petit tour sur elle-même pour laisser son amie la détailler. Bref. Le propriétaire, après avoir adressé à son Sensei un sourire de « tu comprends que t’as pas droit à l’erreur avec une femme comme ça petit d’accord ? », ce dernier se pencha vers elle, et lui murmura faiblement quelques mots, de manière à ne pas être entendu de Sho. Seika se pencha un peu de côté pour écouter, les yeux fixés sur ce garçon aux cheveux rouges.
[Nakaso Asano] « Et vous veillez sur lui, il a beau être spécial, il n’en reste pas moins un bon garçon ... Même s’il a la fâcheuse manie de toujours me battre au jeu de go. Voyant la jeune femme sourire de plus belle, radieuse, et surtout sentant qu’elle allait suivre ce conseil à la lettre, Asano se redressa pour s’adresser aux deux jeunes gens. Bien, jeunes gens, il est temps de passer votre commande, mademoiselle, avez-vous fait votre choix ? »
[Seika] « Oui. La jeune femme pencha la tête de côté et déclara, souriante. Je vais prendre des Yakitoris s’il vous plait, volaille, pas de bœuf. »
De son côté Sho commanda ce qui lui plaisait, et qu’il avait choisi en à peine quelques secondes à partir du moment où il avait eu le menu en main. Surement connaissait-il bien l’établissement, pour connaitre son propriétaire et jouer avec lui. Sho était surprenant de par ses relations, mais pouvait-on en attendre moins de la part d’un Chuunin aussi connu et important que lui dans le village ? Sho n’était pas que son instructeur : il avait été l’instructeur de beaucoup de Shinobis, et la Kunoichi se sentait comme, privilégiée, d’accaparer l’attention d’un tel homme, et surtout de se voir désigner comme la source d’une envie « presque » trop douce, celle de ne plus la laisser seule. Est-ce les prémisses d’une vraie relation entre eux ? Impossible à dire, cette question appartenait à l’avenir. Après avoir noté mentalement leurs commandes, le vieux Asano s’inclina de nouveau et lui fit un dernier sourire tout en refermant la porte coulissante derrière lui. Ils auraient à attendre un petit moment, de l’ordre d’une dizaine de minutes, voir plus si le plat de son homologue était plus complexe à préparer que le sien. Seika, sans s’en rendre compte, avait été un peu stressé par l’apparition de ce personnage, et son souffle se calma. Son corps se détendit visiblement, et ceci la surprit, car cela voulait dire qu’inconsciemment, elle ne considérait plus la présence de Sho comme un élément instable de l’avenir, et donc une composante de calme. Mais si son corps disait ceci, son esprit restait suspicieux : Sho, était aussi mystérieux qu’elle ne l’était sur ses sentiments, sur ce qu’il pensait de tout et n’importe quoi, et l’on était obligé de se dévoiler soi-même par ses propres questions pour l’atteindre. Cet échange, qui n’était pas équivalent, n’irait peut être pas plus loin.
[Seika] « Sho… Tu es un homme… Intéressant. Dit-elle après avoir cherché le mot dans sa tête pendant une seconde. Mais déclarer ne pas vouloir laisser une femme seule… Ce ne sont que des mots. Et la femme que l’on ne veut pas laisser seule à son mot à dire dans l’histoire tu t’en doutes… Elle prit une inspiration et fixa de façon intense le Médecin. Même si une part de moi serait ravie de ne plus être seule… Je ne peux pas m’empêcher de penser, que c’est à sens unique. Tu es bien plus habile des mots et des impressions que moi, et je n’arrive pas à savoir si tes paroles donneront naissance à des actes. Mais… Seika respira plus lentement, le ton de sa voix baissant. Si tu essayais dans un futur proche… Je ne… Te repousserais pas. »
Non, elle ne le repousserait pas. Pas parce qu’il avait réussi à gagner quelques distances de plus par rapport à tous ceux qui avaient essayés avant lui, mais parce qu’elle avait envie de croire en quelque chose, et de croire en quelqu’un : de croire que cette personne arriverait vraiment à l’arracher à cette solitude de l’âme, petit à petit, et qu’ainsi, ensembles, ils seraient complets. Mais l’homme en qui elle voulait croire avait ses propres peurs, et l’eau trouble de son âme était aussi noire et profonde que la sienne. Etait-il vraiment possible que l’association de ces deux âmes puisse faire naître une nouvelle eau, plus claire ? Une autre question qu’elle mit de côté. Le plus important avait été dit : si Sho ne voulait pas la laisser seule, qu’il essaye donc, elle ne l’en empêcherait pas, ni ne le repousserait pas. Mais cela ne voulait pas dire, qu’il réussirait, même si tout au fond d’elle, perdue sur son îlot au milieu des eaux troubles, la lumière de son être tenterait de briller plus fort, pour l’inciter à venir la chercher… Seika avait un peu perdu son sourire, et son air était plus grave à présent, des mots qu’elle venait de déclarer à l’homme en face d’elle. Ses yeux, qu’elle avait laissés posés sur lui, se détachèrent de son regard. Elle baissa la tête, ne sachant plus quoi dire à présent. Le diner allait bientôt arriver, ils reparleraient après celui-ci surement, lorsque viendrait l’heure des desserts et des boissons…

Shijimano Seika- Chuunin de Kumo

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Re: Restaurant : « Le Chien Fou ! »
¤,.°o°O Chapitre 9 : Un Fragment d'Avenir O°o°.,¤
« Tête à tête »
4
« Tête à tête »
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L’ambiance était presque trop apaisante. Sho s’étant depuis toujours habitué au calme et à la sérénité, il aimait ces instants où les bruits de la ville s’évanouissaient au profit du silence. Ces instants où il pouvait presque s’entendre penser. Ce dîner ressemblait à l’un de ces moments privilégiés où il se sentait presque chez lui, dans la vallée verte. Il se revoyait enfant, perdu quelque part dans la vallée, assit sur un rocher ou sur une motte de terre à contempler l’incroyable vue que pouvait lui offrir cet endroit. Ce soir, il regardait le ciel et l’oiseau perché avec des yeux d’enfant, ses propres yeux qui n’avaient pas grandement changés d’expression depuis ses premiers jours. La vie avait parfois ce goût sucré qui lui donnait toute sa valeur. Le sucre de la vie s’apparentait souvent à des souvenirs ou à des souhaits inachevés. Ses souvenirs étaient toujours là, blottis dans un coin de sa mémoire, mais où étaient passés ses souhaits inachevés, ses rêves d’enfant ? Il n’en savait rien. Il ne se souvenait plus.
NAKASO. – Yakitoris de volaille ...
La voix de Nakaso le ramena dans l’instant présent. Ses yeux clignèrent puis se tournèrent vers le gérant du Chien Fou. Celui-ci était toujours penché sur son petit carnet, un stylo à la main. A regarder Seika, il jugea qu’elle avait sans doute fini de passer commande. Ce qui s’avéra être vrai lorsque le vieux Nakaso se tourna vers lui.
NAKASO. – Et pour vous Nagoshi-san ?
Sho avait déjà fait son choix bien avant de franchir la porte de l’établissement. C’est donc sur un ton naturel qu’il répondit aussitôt :
SHO. – Brochettes de Tsukuné. Merci.
Le gérant griffonna encore quelques mots sur son calepin tout en se caressant le menton d’un air songeur. Pauvre Nakaso, dire qu’il avait passé le plus clair de sa vie à s’occuper de ce restaurant sans jamais mettre le pied en dehors du village. Toute sa vie tournait autour de cette bâtisse et du seul et unique projet dans lequel il s’était investi corps et âme. L'étranger ne représentait absolument rien pour lui. Il ne voulait pas y mettre un pied, il était beaucoup trop attaché à Kumo et à sa clientèle pour ça. Allez savoir pourquoi, Nakaso Asano était pourtant l’homme le plus aux faits des politiques étrangères. Sûrement était-ce l'oeuvre des nombreux voyageurs qui faisaient escales ici et qui lui murmuraient tout ce qu'il y avait à murmurer sur l'extérieur et ses travers.
NAKASO. – Parfait ! Rétorqua le vieil homme. Je crois que je n’ai plus rien à faire ici, je vous souhaite donc de passer une agréable soirée.
Après quoi Nakaso quitta la petite pièce, laissant de nouveau les deux chuunin seuls. Le silence était toujours roi à ce moment là. Les deux shinobis échangeaient quelques regards par-ci par-là mais pas le moindre mot, à croire qu’ils se testaient l’un l’autre. En réalité, pour ce qui était de Sho, ces regards lui suffisaient amplement. Il n’en demandait pas davantage. La discussion avait bien avancé, même s’il n’avait pas appris tout ce qu’il y avait à apprendre sur Seika, il comprenait que cela demanderait du temps, beaucoup de temps. Mais de son côté, la belle kunoichi ne semblait pas vouloir attendre plus longtemps pour exprimer quelques unes de ses petites vérités.
SEIKA. – Sho… Tu es un homme… Intéressant, lui annonça-t-elle avec un semblant d’hésitation. Mais déclarer ne pas vouloir laisser une femme seule… Ce ne sont que des mots. Et la femme que l’on ne veut pas laisser seule à son mot à dire dans l’histoire tu t’en doutes…
Aucun sourire ne fendit les lèvres de l’eisei-nin à ce moment là. Son regard mielleux et ô combien mystérieux se contenta de fixer attentivement celui de Seika. Elle s’apprêtait à lui dire quelque chose de très important pour elle, certainement plus important encore que ce qu’elle aurait pu imaginer en entrant dans le restaurant quelques minutes plus tôt. Ce dîner prenait une allure de plus en plus inattendue, pensa-t-il.
SEIKA. – Même si une part de moi serait ravie de ne plus être seule… continua-t-elle sur le même ton. Je ne peux pas m’empêcher de penser, que c’est à sens unique. Tu es bien plus habile des mots et des impressions que moi, et je n’arrive pas à savoir si tes paroles donneront naissance à des actes. Mais… Si tu essayais dans un futur proche… Je ne… Te repousserais pas.
Sho continua de regarder Seika pendant plusieurs dizaines de secondes sans rien dire. Ses mots ne laissaient place à aucune interprétation, ils étaient tout à fait clairs, tout du moins pour l’esprit analytique de l’eisei-nin. Seika ne le repousserait pas s’il essayait de l’approcher ... conquérir étant un mot qui n’avait aucune valeur dans son vocabulaire. Elle ne dirait pas non, elle demandait simplement à voir des actes qui justifieraient toutes les paroles qu’il avait pu prononcé depuis le début du dîner. Mais Sho savait que les choses n’évoluaient jamais aussi facilement, surtout en présence de Seika. Il la savait fragile et lui n’était pas homme à tout précipiter comme beaucoup de ses collègues. Chaque chose avait son cours naturel et mieux valait ne pas le dévier. Il avancerait mais à son rythme.
Délicatement, Sho fit couler un peu de thé dans la tasse de Seika par politesse puis dans la sienne ensuite. Après avoir reposé la théière, il porta le délicieux liquide à ses lèvres en réfléchissant à ce qu’il allait pouvoir répondre. Le déclic se fit en quelques instants. La tasse de thé retrouva la table et les yeux de Sho ceux de Seika.
SHO. – J’avancerai pas à pas dans ce cas.
Les minutes s’écoulèrent avec une étrange lenteur pour les deux chuunin. Les plats furent servis comme ils les avaient demandés. Yakitoris de volaille pour Seika et brochettes de Tsukuné pour Sho, accompagnés de quelques sauces, bols de riz, carotte, ou encore chou. Durant le repas, le silence fut quelques fois interrompu par quelques questions d’ordre général et d’autres un peu plus personnelles. Mais globalement le dîner se déroula dans un calme relatif qui avait au moins le don de justifier le vieil adage « A un dîner, parles si tu le désires, mais ton assiette risquerait de fuir » comprenez, à trop parler on en oublie de manger. Quand leur plat principal fut achevé, Sho et Seika reçurent la visite d’un serveur qu’il leur amena toute sorte de petites pâtisseries offertes par le restaurant mais aussi quelques échantillons de liqueurs et autres alcool plus ou moins forts, avec pour les moins tentés, deux breuvages sucrés préparés à base de thé vert tout aussi exquis que le premier qu’ils avaient goûtés en arrivant.
N’étant pas spécialement fan des liqueurs, Sho les laissa volontiers de côté et se servit une tasse d’un thé vert au goût très prononcé et très sucré. La théière encore à la main, il adressa un regard à Seika, comme pour lui demander ce qu’elle voulait qu’il lui serve. Quand elle porta enfin son choix sur l’un des produits en présence, Sho la servit habilement puis il s’occupa de sa propre dégustation dans un silence absolu.
Un silence rapidement interrompu par une énième question.
SHO. – Racontes-moi comment tu es devenu chuunin.
NAKASO. – Yakitoris de volaille ...
La voix de Nakaso le ramena dans l’instant présent. Ses yeux clignèrent puis se tournèrent vers le gérant du Chien Fou. Celui-ci était toujours penché sur son petit carnet, un stylo à la main. A regarder Seika, il jugea qu’elle avait sans doute fini de passer commande. Ce qui s’avéra être vrai lorsque le vieux Nakaso se tourna vers lui.
NAKASO. – Et pour vous Nagoshi-san ?
Sho avait déjà fait son choix bien avant de franchir la porte de l’établissement. C’est donc sur un ton naturel qu’il répondit aussitôt :
SHO. – Brochettes de Tsukuné. Merci.
Le gérant griffonna encore quelques mots sur son calepin tout en se caressant le menton d’un air songeur. Pauvre Nakaso, dire qu’il avait passé le plus clair de sa vie à s’occuper de ce restaurant sans jamais mettre le pied en dehors du village. Toute sa vie tournait autour de cette bâtisse et du seul et unique projet dans lequel il s’était investi corps et âme. L'étranger ne représentait absolument rien pour lui. Il ne voulait pas y mettre un pied, il était beaucoup trop attaché à Kumo et à sa clientèle pour ça. Allez savoir pourquoi, Nakaso Asano était pourtant l’homme le plus aux faits des politiques étrangères. Sûrement était-ce l'oeuvre des nombreux voyageurs qui faisaient escales ici et qui lui murmuraient tout ce qu'il y avait à murmurer sur l'extérieur et ses travers.
NAKASO. – Parfait ! Rétorqua le vieil homme. Je crois que je n’ai plus rien à faire ici, je vous souhaite donc de passer une agréable soirée.
Après quoi Nakaso quitta la petite pièce, laissant de nouveau les deux chuunin seuls. Le silence était toujours roi à ce moment là. Les deux shinobis échangeaient quelques regards par-ci par-là mais pas le moindre mot, à croire qu’ils se testaient l’un l’autre. En réalité, pour ce qui était de Sho, ces regards lui suffisaient amplement. Il n’en demandait pas davantage. La discussion avait bien avancé, même s’il n’avait pas appris tout ce qu’il y avait à apprendre sur Seika, il comprenait que cela demanderait du temps, beaucoup de temps. Mais de son côté, la belle kunoichi ne semblait pas vouloir attendre plus longtemps pour exprimer quelques unes de ses petites vérités.
SEIKA. – Sho… Tu es un homme… Intéressant, lui annonça-t-elle avec un semblant d’hésitation. Mais déclarer ne pas vouloir laisser une femme seule… Ce ne sont que des mots. Et la femme que l’on ne veut pas laisser seule à son mot à dire dans l’histoire tu t’en doutes…
Aucun sourire ne fendit les lèvres de l’eisei-nin à ce moment là. Son regard mielleux et ô combien mystérieux se contenta de fixer attentivement celui de Seika. Elle s’apprêtait à lui dire quelque chose de très important pour elle, certainement plus important encore que ce qu’elle aurait pu imaginer en entrant dans le restaurant quelques minutes plus tôt. Ce dîner prenait une allure de plus en plus inattendue, pensa-t-il.
SEIKA. – Même si une part de moi serait ravie de ne plus être seule… continua-t-elle sur le même ton. Je ne peux pas m’empêcher de penser, que c’est à sens unique. Tu es bien plus habile des mots et des impressions que moi, et je n’arrive pas à savoir si tes paroles donneront naissance à des actes. Mais… Si tu essayais dans un futur proche… Je ne… Te repousserais pas.
Sho continua de regarder Seika pendant plusieurs dizaines de secondes sans rien dire. Ses mots ne laissaient place à aucune interprétation, ils étaient tout à fait clairs, tout du moins pour l’esprit analytique de l’eisei-nin. Seika ne le repousserait pas s’il essayait de l’approcher ... conquérir étant un mot qui n’avait aucune valeur dans son vocabulaire. Elle ne dirait pas non, elle demandait simplement à voir des actes qui justifieraient toutes les paroles qu’il avait pu prononcé depuis le début du dîner. Mais Sho savait que les choses n’évoluaient jamais aussi facilement, surtout en présence de Seika. Il la savait fragile et lui n’était pas homme à tout précipiter comme beaucoup de ses collègues. Chaque chose avait son cours naturel et mieux valait ne pas le dévier. Il avancerait mais à son rythme.
Délicatement, Sho fit couler un peu de thé dans la tasse de Seika par politesse puis dans la sienne ensuite. Après avoir reposé la théière, il porta le délicieux liquide à ses lèvres en réfléchissant à ce qu’il allait pouvoir répondre. Le déclic se fit en quelques instants. La tasse de thé retrouva la table et les yeux de Sho ceux de Seika.
SHO. – J’avancerai pas à pas dans ce cas.
¤¤¤
Les minutes s’écoulèrent avec une étrange lenteur pour les deux chuunin. Les plats furent servis comme ils les avaient demandés. Yakitoris de volaille pour Seika et brochettes de Tsukuné pour Sho, accompagnés de quelques sauces, bols de riz, carotte, ou encore chou. Durant le repas, le silence fut quelques fois interrompu par quelques questions d’ordre général et d’autres un peu plus personnelles. Mais globalement le dîner se déroula dans un calme relatif qui avait au moins le don de justifier le vieil adage « A un dîner, parles si tu le désires, mais ton assiette risquerait de fuir » comprenez, à trop parler on en oublie de manger. Quand leur plat principal fut achevé, Sho et Seika reçurent la visite d’un serveur qu’il leur amena toute sorte de petites pâtisseries offertes par le restaurant mais aussi quelques échantillons de liqueurs et autres alcool plus ou moins forts, avec pour les moins tentés, deux breuvages sucrés préparés à base de thé vert tout aussi exquis que le premier qu’ils avaient goûtés en arrivant.
N’étant pas spécialement fan des liqueurs, Sho les laissa volontiers de côté et se servit une tasse d’un thé vert au goût très prononcé et très sucré. La théière encore à la main, il adressa un regard à Seika, comme pour lui demander ce qu’elle voulait qu’il lui serve. Quand elle porta enfin son choix sur l’un des produits en présence, Sho la servit habilement puis il s’occupa de sa propre dégustation dans un silence absolu.
Un silence rapidement interrompu par une énième question.
SHO. – Racontes-moi comment tu es devenu chuunin.
¤,.°o°O ... O°o°.,¤

Sho Nagoshi- Chuunin Instructeur de Kumo

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Sho avait commandé des brochettes de Tsukunés, et Nakaso, le gérant du restaurant, était parti depuis un moment lorsqu’il lui répondit enfin. Son sourire avait disparu dès qu’elle c’était remise à parler, surement parce sa déclaration était personnelle et nécessitait toute son attention. Malgré cela, et les longues secondes qui succédèrent sa voix lorsque se fût éteinte, Sho semblait reprendre le contrôle de son corps. Il lui servit une nouvelle tasse de thé, et s’en servit une à lui aussi, qu’il porta à ses lèvres, les paupières à moitié fermés, appréciant le contact de breuvage encore chaud. Puis il rouvrit brusquement les yeux, comme s’il venait de trouver quoi lui répondre. Une réponse toute simple, qui convenait parfaitement au moment, et à sa nature calme et silencieuse.
[Sho] « J’avancerai pas à pas dans ce cas. »
La Kunoichi pencha la tête en avant, l’inclinant de telle manière à faire comprendre à son hôte qu’elle était d’accord avec cette conclusion sur ce sujet de la discussion. Ils avaient tous le temps de voir évoluer leur relation, tout le temps d’apprendre à se connaitre, et ce diner était un pas en avant dans leurs histoires à chacun. Un pas tranquille, sur les rivages des îles respectives des quelques ils étaient séparés par les eaux sombres, et les dangers qui se trouvaient en dessous. Cela prendrait du temps de se rejoindre l’un l’autre, voir dans le cas présent, de laisser Sho la rejoindre. Mais bon, c’était le seul moyen d’y arriver. Seika prit sa tasse, et porta à son tour le thé à ses lèvres, tout en continuant de fixer son charmant Sensei aux cheveux rouges… La soirée était, et promettait de demeurer agréable…
[Sho] « J’avancerai pas à pas dans ce cas. »
La Kunoichi pencha la tête en avant, l’inclinant de telle manière à faire comprendre à son hôte qu’elle était d’accord avec cette conclusion sur ce sujet de la discussion. Ils avaient tous le temps de voir évoluer leur relation, tout le temps d’apprendre à se connaitre, et ce diner était un pas en avant dans leurs histoires à chacun. Un pas tranquille, sur les rivages des îles respectives des quelques ils étaient séparés par les eaux sombres, et les dangers qui se trouvaient en dessous. Cela prendrait du temps de se rejoindre l’un l’autre, voir dans le cas présent, de laisser Sho la rejoindre. Mais bon, c’était le seul moyen d’y arriver. Seika prit sa tasse, et porta à son tour le thé à ses lèvres, tout en continuant de fixer son charmant Sensei aux cheveux rouges… La soirée était, et promettait de demeurer agréable…
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Le temps passa lentement, calmement, ce qui n’était pas pour déplaire la jeune femme qui, malgré son sommeil réparateur de l’après-midi, restait encore un peu chamboulé par cette première sortie hors du village depuis plusieurs années. Quand à Sho, son regard passait de Seika au jardin ouvragé. La pluie c’était arrêté depuis un moment à présent, et les filets d’eaux qui tombaient et sr poursuivaient ça et là avaient cessés leur jeu musicale.
Un serveur vint leur apporter le plat principale environ une dizaine de minutes seulement après que Nakaso ait prit leurs commandes. Pourtant, elle avait l’impression que cela faisait des heures qu’il avait disparu. Son ventre ne criait cependant pas famine, et les effluves venant des cuisines étaient évacués par un système de ventilation pour permettre à chaque convive d’apprécier son plat et ses odeurs, sans être agressés par celles des autres. Seika remit ses genoux l’un contre l’autre, reprenant une position plus distinguée pour une femme au restaurant, les fesses sur ses talons. Le serveur déposa son plateau devant elle : Yakitoris de volailles, sauces piquantes, et un bol de riz.
Sho avait quelque chose de relativement semblable face à lui. Le diner commença donc, agrémenté de quelques échanges verbaux, dans des sourires bienveillants l’un envers l’autre. Seika lâcha un peu le regard du Chuunin pour se concentrer sur son repas. Un diner sympathique vraiment, ça la changeait. En fait elle se sentait comme les fois où elle dinait seule : un silence, un bien être, un calme. Mais elle n’était pas seule, et elle se sentait malgré tout bien, c’est ce qui était formidable avec cette soirée. Et Sho n’était pas Sakura, loin de là : Sakura aurait eu le temps de caser au moins une dizaine de sujet de conversations depuis qu’elle était entrée dans le restaurant, et même sur le chemin pour y venir, et même avant si elle était venue l’attendre devant chez elle pour aller diner. Oui parce qu’il arrivait que même la présence d’une porte n’empêche pas son amie de lui parler, même si elle devait crier pour ça. Elle aussi, avait souffert de ce qui était arrivé, mais l’apprentie Kunoichi Médecin avait toujours été plus douée que Shijima pour se faire des amies… Du coup elle avait reçu plus de soutien que Seika, mais cela n’excusait rien à la jeune femme à la chevelure d’ébène.
Elle termina légèrement avant son collègue son repas : elle n’avait pas spécialement un gros appétit, même s’il ne restait rien sur son plateau. Non là c’était particulier : la nourriture était tellement bonne qu’elle ne pouvait pas résister à l’envie de tout manger. Et puis c’était aussi une marque de respect vis-à-vis du gérant et de son cuisiner, et de Sho qui l’invitait à ce diner.
A croire que cela était calculé, un serveur entra quelques minutes après que Sho ait terminé, pour les débarrasser de leurs plateaux vides. La jeune femme avait vraiment bien mangé, et elle se sentait toute chose : elle avait sommeil, voilà tout. Mais rien dans son apparence ne semblait la trahir, si ce n’était ses yeux dont les iris devaient avoir l’air de se rétracter. Sho, qui était médecin, verrait surement qu’elle était fatiguée, mais la soirée n’était pas terminée après tout, et le serveur revint avec un assortiment de pâtisserie, puis un autre de boissons. Pour les pâtisseries Seika passait son tour : elle n’avait vraiment plus de place dans l’estomac. Par contre une petite douceur du cœur, elle n’était pas contre…
Du regard, Sho lui présenta le plateau de boissons qu’elle observait, et suivi le regard de la jeune femme. Aucun mot ne fût prononcé : ils n’en avaient pas eu besoins apparemment. Sho saisit une toute petite bouteille d’alcool de prune et lui en versa une petite coupe. Inclinant une nouvelle fois la tête vers lui, Sho se servit quand à lui une tasse d’un autre thé qui à l’odeur, semblait particulièrement parfumé et sucré. Shijima se promit de lui en demander une coupe une fois son petite verre d’alcool ingurgité, et cela prendrait un moment. Seika n’était pas femme à boire l’alcool comme du petit lait, et même, c’était très rare qu’elle s’autorise un petit verre. Du coup son corps était peu habitué et réagissait très vite aux liqueurs, l’obligeant à n’en prendre qu’en petites quantités.
Le silence fût une nouvelle fois « troublé » par la voix de l’homme aux cheveux rouges, qui lui posa une question qui la prit un peu de court…
[Sho] « Racontes-moi comment tu es devenu Chuunin. »
Le plus étonnant étant que ce n’était pas une question en soit, du moins si elle jugeait du ton employé par le Médecin. Seika prit finalement une inspiration : l’histoire n’était pas bien longue à raconter.
[Seika] « Et bien, je suis devenu Chuunin il y a quelques semaines à peine en fait. Cette promotion est une sorte de gratification pour mes efforts fournis pour me réinsérer dans le village, et pour des événements survenus à partir d’une simple Mission de Rang D. Seika prit une petite inspiration et tourna son visage vers le jardin. Je devais aider un vieux jardinier à tenir son magasin pour l’après-midi. Tout allait bien puis brusquement un groupe de trois Genin est arrivé. Ils n’avaient pas la tête à passer chez le fleuriste si tu vois ce que je veux dire, et le propriétaire les a amenés à l’arrière pour leur parler en privé. Je trouvais ça louche, et surtout j’avais enlevé mon bandeau pour travailler, aussi les trois adolescents ne se doutaient-ils pas que j’étais une Kunoichi. Vu qu’il n’y avait personne dans le magasin, j’ai abandonné mon post pour aller écouter… Et grand bien m’en a prit : les trois adolescents pratiquaient le racket sur le pauvre commerçant, à ce qu’ils dirent, ce n’était pas que sur lui. J’ai… J’ai prit une chaise et j’ai frappé le premier avant qu’il ne comprenne ce qui lui arrivait. Le second je l’ai immobilisé d'une décharge de Chakra. Le troisième a réussi à fuir. Alors je l’ai poursuivi à travers le village, tantôt le combattant, tantôt lui courant après. Quand les gens ont enfin compris qu’on n’était pas deux étudiants en train de jouer, ils ont appelés à l’aide. J’ai fini par rattraper le Genin, à qui j’ai demandé son nom. Il s’appelait… Zabi… Quelque chose. La Juunin Yoigoshi Ibaru -une collègue à vous je suppose- est alors intervenu, pour nous séparer avant que je fasse quelque chose d’irréfléchi. Après quoi le village m’a offert cette promotion, en découvrant que j’avais non-seulement mit fit au racket des marchands, mais que le Genin que j’avais arrêté était le chef du gang. Maintenant il était en prison… »
En y repensant, il lui avait sorti un truc sur le village, et sa mère. Mais elle n’était pas vraiment en état d’écouter du coup elle n’y avait pas fait attention… Seika secoua la tête et revint à son Sensei aux cheveux rouges, lui souriant, avant de lui demander.
[Seika] « Et toi Sho, comment es-tu devenu Chuunin ? »
Au moins, elle, elle posait une question, non mais.
Un serveur vint leur apporter le plat principale environ une dizaine de minutes seulement après que Nakaso ait prit leurs commandes. Pourtant, elle avait l’impression que cela faisait des heures qu’il avait disparu. Son ventre ne criait cependant pas famine, et les effluves venant des cuisines étaient évacués par un système de ventilation pour permettre à chaque convive d’apprécier son plat et ses odeurs, sans être agressés par celles des autres. Seika remit ses genoux l’un contre l’autre, reprenant une position plus distinguée pour une femme au restaurant, les fesses sur ses talons. Le serveur déposa son plateau devant elle : Yakitoris de volailles, sauces piquantes, et un bol de riz.
Sho avait quelque chose de relativement semblable face à lui. Le diner commença donc, agrémenté de quelques échanges verbaux, dans des sourires bienveillants l’un envers l’autre. Seika lâcha un peu le regard du Chuunin pour se concentrer sur son repas. Un diner sympathique vraiment, ça la changeait. En fait elle se sentait comme les fois où elle dinait seule : un silence, un bien être, un calme. Mais elle n’était pas seule, et elle se sentait malgré tout bien, c’est ce qui était formidable avec cette soirée. Et Sho n’était pas Sakura, loin de là : Sakura aurait eu le temps de caser au moins une dizaine de sujet de conversations depuis qu’elle était entrée dans le restaurant, et même sur le chemin pour y venir, et même avant si elle était venue l’attendre devant chez elle pour aller diner. Oui parce qu’il arrivait que même la présence d’une porte n’empêche pas son amie de lui parler, même si elle devait crier pour ça. Elle aussi, avait souffert de ce qui était arrivé, mais l’apprentie Kunoichi Médecin avait toujours été plus douée que Shijima pour se faire des amies… Du coup elle avait reçu plus de soutien que Seika, mais cela n’excusait rien à la jeune femme à la chevelure d’ébène.
Elle termina légèrement avant son collègue son repas : elle n’avait pas spécialement un gros appétit, même s’il ne restait rien sur son plateau. Non là c’était particulier : la nourriture était tellement bonne qu’elle ne pouvait pas résister à l’envie de tout manger. Et puis c’était aussi une marque de respect vis-à-vis du gérant et de son cuisiner, et de Sho qui l’invitait à ce diner.
A croire que cela était calculé, un serveur entra quelques minutes après que Sho ait terminé, pour les débarrasser de leurs plateaux vides. La jeune femme avait vraiment bien mangé, et elle se sentait toute chose : elle avait sommeil, voilà tout. Mais rien dans son apparence ne semblait la trahir, si ce n’était ses yeux dont les iris devaient avoir l’air de se rétracter. Sho, qui était médecin, verrait surement qu’elle était fatiguée, mais la soirée n’était pas terminée après tout, et le serveur revint avec un assortiment de pâtisserie, puis un autre de boissons. Pour les pâtisseries Seika passait son tour : elle n’avait vraiment plus de place dans l’estomac. Par contre une petite douceur du cœur, elle n’était pas contre…
Du regard, Sho lui présenta le plateau de boissons qu’elle observait, et suivi le regard de la jeune femme. Aucun mot ne fût prononcé : ils n’en avaient pas eu besoins apparemment. Sho saisit une toute petite bouteille d’alcool de prune et lui en versa une petite coupe. Inclinant une nouvelle fois la tête vers lui, Sho se servit quand à lui une tasse d’un autre thé qui à l’odeur, semblait particulièrement parfumé et sucré. Shijima se promit de lui en demander une coupe une fois son petite verre d’alcool ingurgité, et cela prendrait un moment. Seika n’était pas femme à boire l’alcool comme du petit lait, et même, c’était très rare qu’elle s’autorise un petit verre. Du coup son corps était peu habitué et réagissait très vite aux liqueurs, l’obligeant à n’en prendre qu’en petites quantités.
Le silence fût une nouvelle fois « troublé » par la voix de l’homme aux cheveux rouges, qui lui posa une question qui la prit un peu de court…
[Sho] « Racontes-moi comment tu es devenu Chuunin. »
Le plus étonnant étant que ce n’était pas une question en soit, du moins si elle jugeait du ton employé par le Médecin. Seika prit finalement une inspiration : l’histoire n’était pas bien longue à raconter.
[Seika] « Et bien, je suis devenu Chuunin il y a quelques semaines à peine en fait. Cette promotion est une sorte de gratification pour mes efforts fournis pour me réinsérer dans le village, et pour des événements survenus à partir d’une simple Mission de Rang D. Seika prit une petite inspiration et tourna son visage vers le jardin. Je devais aider un vieux jardinier à tenir son magasin pour l’après-midi. Tout allait bien puis brusquement un groupe de trois Genin est arrivé. Ils n’avaient pas la tête à passer chez le fleuriste si tu vois ce que je veux dire, et le propriétaire les a amenés à l’arrière pour leur parler en privé. Je trouvais ça louche, et surtout j’avais enlevé mon bandeau pour travailler, aussi les trois adolescents ne se doutaient-ils pas que j’étais une Kunoichi. Vu qu’il n’y avait personne dans le magasin, j’ai abandonné mon post pour aller écouter… Et grand bien m’en a prit : les trois adolescents pratiquaient le racket sur le pauvre commerçant, à ce qu’ils dirent, ce n’était pas que sur lui. J’ai… J’ai prit une chaise et j’ai frappé le premier avant qu’il ne comprenne ce qui lui arrivait. Le second je l’ai immobilisé d'une décharge de Chakra. Le troisième a réussi à fuir. Alors je l’ai poursuivi à travers le village, tantôt le combattant, tantôt lui courant après. Quand les gens ont enfin compris qu’on n’était pas deux étudiants en train de jouer, ils ont appelés à l’aide. J’ai fini par rattraper le Genin, à qui j’ai demandé son nom. Il s’appelait… Zabi… Quelque chose. La Juunin Yoigoshi Ibaru -une collègue à vous je suppose- est alors intervenu, pour nous séparer avant que je fasse quelque chose d’irréfléchi. Après quoi le village m’a offert cette promotion, en découvrant que j’avais non-seulement mit fit au racket des marchands, mais que le Genin que j’avais arrêté était le chef du gang. Maintenant il était en prison… »
En y repensant, il lui avait sorti un truc sur le village, et sa mère. Mais elle n’était pas vraiment en état d’écouter du coup elle n’y avait pas fait attention… Seika secoua la tête et revint à son Sensei aux cheveux rouges, lui souriant, avant de lui demander.
[Seika] « Et toi Sho, comment es-tu devenu Chuunin ? »
Au moins, elle, elle posait une question, non mais.

Shijimano Seika- Chuunin de Kumo

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¤,.°o°O Chapitre 9 : Un Fragment d'Avenir O°o°.,¤
« Tête à tête »
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« Tête à tête »
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Sa tasse de thé blottit dans le creux de sa main gauche, sa main droite blottit contre elle, Sho laissait son parfum enivrant remonter jusqu'à ses narines par un presque imperceptible nuage de fumée. Son regard n'avait pas quitté le visage de Seika. La belle portait de temps à autres la coupe contenant un peu d'alcool de prune à ses lèvres. Une légère brise s'engouffrait dans la pièce par la petite cour intérieure et venait jouer avec les cheveux de nos deux invités. L'oiseau au plumage bleu encre avait quitté son refuge de fortune et s'était envolé vers son nid certainement. La soirée suivait son cours normal, sans interruption, sans précipitation, juste au rythme qu'il fallait. On ne pouvait espérer meilleure soirée, si ce n'est une soirée sous un ciel étoilé, mais tout habitant de Kumo avait depuis longtemps appris à apprécier les innombrables masses nuageuses qui venaient encombrer la voûte céleste au-dessus de sa tête, au point d'en oublier le reste.
SEIKA. – Et bien, je suis devenu Chuunin il y a quelques semaines à peine en fait, s'exclama Seika après une courte inspiration. Cette promotion est une sorte de gratification pour mes efforts fournis pour me réinsérer dans le village, et pour des événements survenus à partir d’une simple Mission de Rang D.
Sho avala une gorgée de thé en fixant attentivement Seika. La question qu'il avait posée était loin d'être anodine. Il souhaitait apprendre la vérité, celle qui ne dormait sur un aucun rapport mais qui sortirait tout simplement de sa bouche. Cette vérité là était la plus précieuse de toute, celle que la personne concernée offrait à son vis-à-vis sans forcément attendre quelque chose de lui. C'était sans doute le premier pas vers ce qu'on pouvait appeler une confiance réciproque.
Détendu, calme, l'eisei-nin écouta attentivement le récit de sa camarade après avoir reposé sa tasse sur la table pour montrer, en quelque sorte, qu'il était tout ouï. Ce qu'il entendit était en soit une histoire particulièrement rocambolesque. D'après ses dires, tout avait commencé par une simple mission de rang D, autant dire le genre de missions où le danger n'existait pas, sauf exceptions très rares. Avec la chance qu'elle avait, Seika était tombée sur l'une de ces exceptions. Le commanditaire de la mission avait reçu la visite d'un trio de genin venu pour lui soustraire une somme d'argent alors que Seika était entrain d'accomplir sa mission pour lui. Elle avait découvert la supercherie fomentée par le trio malgré la discrétion voulu par le gérant de l'établissement et son employeur. Elle avait décidé d'attaquer – rien d'étonnant du point de vu de Sho – et s'était ainsi débarrassé de deux des trois imbéciles. Elle avait ensuite pourchassé le troisième dans une bonne partie du village avant d'être coupé dans son élan par Yoigoshi Ibaru – une collègue d'Akai Juutai également professeur de Médecine à l'académie. Conclusion de l'histoire : sans le savoir elle avait en quelque sorte démanteler un petit gang de shinobis sévissant dans les parages. C'est cet acte qui lui avait valu sa promotion au rang de chuunin. Une promotion pour le moins originale, loin de celle qu'avait vécu Sho bien avant elle.
C'est justement ce que Seika à savoir dans la foulée.
SEIKA. –Et toi Sho, comment es-tu devenu Chuunin ?
La promotion de Sho ne résonnait qu'à l'appel d'un seul nom : Konoha. C'est en effet au village caché de la feuille que Sho l'avait décroché en passant brillamment les épreuves imposées par les organisateurs de l'examen chuunin. Il avait tout d'abord fait parti d'une équipe composée de shinobis venus des trois plus grandes nations du monde, Foudre, Feu, et Eau, au cours de la première épreuve. Les Chasseurs ... il sourit à l'évocation du nom de cette équipe. Comme leur nom l'indiquait, les chasseurs courraient après une autre équipe. Cette équipe là avait héritée de l'appellation proies. Le but de l'épreuve était simple. Quelque part dans la forêt interne de Konoha se trouvait deux examinateurs, le premier avec un code en sa possession, et le second au centre de la forêt attendait quant à lui de recevoir ce fameux code pour déclarer l'une des deux équipes gagnantes. Les proies étaient partis avec une demi-heure d'avance sur les chasseurs mais grâce à leur rapidité d'action et leur efficacité, les chasseurs séparés en plusieurs binômes avaient réussis à mettre la main sur le code et à le remettre à l'examinateur placé au centre de la forêt.
Moment inoubliable ...
SHO. – Ma promotion remonte à quelques mois déjà, commença-t-il en souriant légèrement. J'étais l'un des membres de la délégation de Kumo envoyée à Konoha pour l'examen chuunin. En recevant l'honneur de représenter le village à cet examen, j'ai pu me mêler et me confronter aux meilleurs genin venus des quatre coins du monde. Au cours de cette édition, l'examen se déclinait en deux épreuves distinctes. La première consistait à mettre la main sur un code secret dans l'épaisse forêt interne de Konoha et de remettre ce code à un examinateur situé au centre de la dite forêt pour deux équipes composées de genin de tous les horizons. La première équipe à remettre le code au centre l'emportait. Je te passe volontiers les détails, mais l'équipe dont je faisais parti à remporter cette épreuve.
Si la première épreuve cherchait à mettre en avant l'esprit d'équipe des concurrents, la seconde épreuve, elle, les avait mené au coeur de l'arène, là où la poussière se mêlait à la chaleur du soleil ardent. Au coeur de l'arène de Konoha, les genin s'étaient affrontés dans des duels libres sous les regards de centaine et de centaine de spectateurs et de dirigeants. Un moyen comme un autre pour les autorités de chaque village caché de jauger plus ou moins l'évolution des effectifs adverses. Kumo, qui comptait le plus petit effectif de genin parmi les grandes nations représentées, avait plus ou moins bien réussi cette seconde épreuve. Parmi les sélectionnés, Sho se souvenait notamment d'Asuna, sa première coéquipière, celle avec qui il avait fait équipe sous la tutelle de Reisui Shouka. Elle s'était malheureusement inclinée face à une kiréenne spécialiste du ninjutsu. Lui était tombé sur une autre représentante du Pays de l'Eau, Watagumo Ine, spécialiste du genjutsu, et l'avait remporté, validant ainsi sa réussite complète à l'examen.
SHO. – La deuxième épreuve consistait à se retrouver au coeur de l'arène de Konoha face à un autre genin choisi au hasard, poursuivit-il en fixant toujours Seika. Le hasard m'a offert une kiréenne maîtrisant le genjutsu. Malgré les difficultés qu'elle m'a posé, j'ai réussi à la vaincre. Tout ça avant ...
Avant la fin. La terrible fin. Le sourire de Sho s'effaça et son regard dévia vers la cour intérieure du restaurant. Devant ses yeux, il revit défilé toutes les images de l'examen. Les explosions, les colonnes de fumées noires s'échappant vers le ciel, les cris, l'incompréhension, et la mise en sécurité des participants par les autorités combinées des trois grandes nations. L'attaque d'Asahi les avait tous surpris. Les sbires de la terrible organisation avaient mis à mal les forces spéciales des trois grandes nations. Ils avaient frappés Konoha en plein coeur pour des raisons qui lui échappaient encore totalement. Sur leur marche victorieuse ils l'avaient emporté lui ... lui avec qui il avait fait équipe au cours de la première épreuve de l'examen. Sabi Uchiha. Sho se revit brusquement devant sa tombe sous le ciel bleu de Konoha souriant à l'un de ses fils disparus. Le plus prometteur des genin de l'examen y avait trouvé la mort. L'Asahi lui avait offert cette mort ... il n'était qu'un genin. Un simple genin.
Les lâches meurent plusieurs fois avant leur mort mais le brave ne goûte jamais la mort qu'une seule fois. Sache que ta mort ne sera jamais vaine, mon ami, non jamais. La mort ferme les yeux des morts mais elle ouvre ceux des survivants.
SHO. – ... tout ça avant l'attaque de l'Asahi, finit-il par dire en plissant légèrement les yeux. Les membres de cette organisation ont surpris les dirigeants de toutes les nations par leur puissance. Ils ont ôtés nombre de vies. Parmi elles, il y avait un garçon avec qui j'ai formé un binôme au cours de la première épreuve de l'examen. Il s'appelait Sabi. C'était le meilleur konohéen en course. Lui aussi avait réussi toutes les épreuves de l'examen ... mais ils ont pris sa vie. Je ne sais pas comment, mais ils lui ont pris.
Sans même réellement s'en rendre compte, Sho venait de révéler à Seika une de ces blessures. Sabi n'était peut-être pas son meilleur ami – il n'en avait jamais eu – mais il avait été son coéquipier et quelque part son ami au cours de cet examen. Un jour, l'Asahi payerait pour sa mort. Sho ne savait pas quand, ne savait pas où, mais un jour les membres de l'Asahi payeraient. Ce jour là, il espérait pouvoir être là pour leur faire avaler la poussière ou un de ces poisons hautement toxiques dont Akai avait le secret. Il espérait qu'un jour il serait là pour les regarder de haut mourir à petit feu. Ce jour là, Sabi et tous les autres seraient vengés.
Le regard de Sho perdit de sa profondeur en repensant à ces évènements tragiques. Aucune colère ne glissait sur lui ni à l'intérieur de lui. Le temps d'un instant, il se déconnecta de la réalité pour tomber quelque part dans le néant. Là où les pensées tournoyaient et l'imaginaire se dessinait.
¤,.°o°O ... O°o°.,¤

Sho Nagoshi- Chuunin Instructeur de Kumo

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Sho lui raconta à son tour une partie de son histoire, après quelques minutes de silence qui lui permirent surement de mettre de l’ordre dans ses idées. Comme elle s’en doutait un peu, l’homme aux cheveux rouges avait suivi le chemin classique de la monté au grade de Ninja de classe moyenne : par le tournoi des Chuunin. Un tournoi auquel elle n’avait jamais participé. Si son équipe n’avait pas été décimée au cours de cette mission, et si elle avait été plus forte, elle aurait pu suivre Sakura qui elle, avait participé, seule, à la session de cette année là.
Ainsi son Sensei s’était-il montré brillant lors de l’examen : il avait brillamment réussi ses deux épreuves. La première qui avait été une course poursuite autant qu’une course tout court, puis la seconde, un classique duel en un contre un dans l’arène de Konoha, le village caché du Pays du Feu où c’était déroulé le tournoi. Elle était malgré tout assez surprise d’apprendre qu’il était devenu Chuunin seulement à ce moment là : a voir l’autorité et les responsabilités dont il jouissait, on aurait pu croire que ça faisait déjà quelques années qu’il était dans le circuit. Et bien non, aussi surprenant que ce soit, cela remontait à seulement quelques mois en arrière. Seika se souvint, avoir entendu la rumeur d’un départ, d’un événement à l’extérieur de sa cage blanche. Mais elle était trop basse, et ne pouvait pas voir la rue depuis la maison de soin. Peu importe, elle était devenue Chuunin par ses propres moyens. Même si dans le fond, sa promotion était étrange… Certes démanteler un gang, ça n’arrivait pas tous les jours, mais même. Shijima secoua mentalement la tête : pas besoin de se prendre le chou sur les raisons qui avaient poussé l’administration à lui accorder ce grade.
[Sho] « Tout ça avant ... »
Seika tendit l’oreille, car le ton de son collègue avait changé. Sa voix c’était fait plus distance en l’espace d’une seconde. Son regard vacilla, et échappa à ses iris, retournant à la contemplation de la cour intérieure. Que c’était-il passé après ? Elle aurait voulu poser la question d’elle-même, mais elle savait déjà que Sho, s’il devait lui parler de son passé, ne le ferait pas plus que par ce qu’il se déciderait à lui montrer.
[Sho] « ... Tout ça avant l'attaque de l'Asahi. Les membres de cette organisation ont surpris les dirigeants de toutes les nations par leur puissance. Ils ont ôtés nombre de vies. Parmi elles, il y avait un garçon avec qui j'ai formé un binôme au cours de la première épreuve de l'examen. Il s'appelait Sabi. C'était le meilleur Konohéen en course. Lui aussi avait réussi toutes les épreuves de l'examen ... Mais ils ont pris sa vie. Je ne sais pas comment, mais ils lui ont pris. »
Asahi. Un nom qu’elle avait déjà entendu murmurer, sans jamais comprendre de qui ou quoi il s’agissait. N’étant pas d’un naturelle très curieuse, surtout lorsqu’on murmurait des mots avec un regard un peu effrayé, la Kunoichi n’avait jamais essayé d’en savoir plus sur ce nom, sur ce qui tournait autour de lui, sur le mystère qui gravitait dans ces murmures.
Maintenant elle en savait un peu plus grâce à Sho. Asahi était donc une organisation. Une organisation sans but apparent, qui avait attaqué Konoha à la clôture de l’examen Chuunin. Une organisation toujours de ce monde à en croire le regard qu’elle croyait déceler du coin de l’œil de Sho, le visage toujours tourné vers la cours. Apparemment l’histoire le touchait personnellement parce qu’une personne à laquelle il tenait était morte durant l’attaque d’Asahi sur le village caché, un Genin nommé Sabi. Le nom ne lui disait rien, mais si l’attaque avait été aussi violente qu’il semblait le faire entendre, de nombreux morts il y avait du avoir. Etrange cette organisation. Elle avait bien quelques questions qui lui venaient automatiquement à l’esprit, mais elle les garda pour elle. Certes elle n’était pas curieuse, mais elle aimait bien avoir toutes les données en main pour réfléchir calmement.
Elle aurait voulu par exemple demander si l’Asahi avait laissé un message, s’ils avaient e des revendications, ce genre de chose, un élément qui pourrait expliquer leurs motivations. Mais aussi important que soit le Chuunin instructeur aujourd’hui, à l’époque il n’était qu’un Genin. Et ce ne sont pas les Genin qui sont au courant de ce genre de chose. Surement choqué par la mort de cet ami qu’il semblait s’être fait pendant l’examen, il n’avait de façon pas eu l’esprit à poser des questions de ce genre, enfin peut être. Peut être pour la première fois depuis ces trois jours qu’elle connaissait Sho, Seika n’était pas sur d’arriver à le comprendre : il semblait toujours calme et plein d’une force solide, d’une volonté implacable et tout en douceur. Pourtant là, son regard avait perdu de son intensité, et elle n’y voyait plus de là où elle était, briller la flamme qui l’animait sans cesse. Sho, avait ses propres cicatrices, comme tout le monde. Comme elle.
La jeune femme tendit la main et saisit délicatement sa petite coupelle d’alcool de prune, qu’elle termina, laissant le breuvage finir de réchauffer son organisme, en émoussant légèrement ses sens. Loin de se sentir pompette, la jeune femme n’en était pas moins légèrement fatiguée. Que devait-elle faire, ou dire, en cet instant ? Elle n’en savait rien, aussi ne dit-elle rien, plutôt que de dire une bêtise. La Kunoichi tritura une mèche d’ébène de ses cheveux, avant d’avoir un petit éclair de réveil dans sa tête. Se servant une tasse du thé qu’avait prit son vis-à-vis, elle prit un alcool très léger de riz de bonne qualité, et remplit une nouvelle petite coupe, qu’elle posa à l’extrémité gauche de la table, du côté de la cour.
Délicatement, Seika se releva et saisit deux coussins qui bordaient ceux dont elle se servait pour s’assoir. Elle les plaça face à la cour, s’installa sur le sien, et fit signe à Sho de la rejoindre, tout en ajoutant par-dessus son épaule avec un sourire amicale.
[Seika] « Nous serons plus à l’aise pour regarder le jardin ainsi, sinon demain nous aurons tous les deux un torticolis affreux. »
Bien sur elle savait que Sho, étant médecin, n’avait pas à craindre ce genre de petits désagréments de la vie. Mais elle n’était pas dans cette situation, et préférait être installée ainsi, pour profiter de la fraicheur de la nuit, tout en étant réchauffé par l’alcool.
Lorsque son collègue l’eut rejoint, elle prit du bout de ses doigts fins sa tasse de thé, qu’elle plaça sur ses genoux, observant une nouvelle fois le jardin, mais du coin du regard, son esprit tourné vers des réflexions inutiles auxquelles elle ne pouvait pas apporter de réponse. Nagoshi lui fournirait : ses réponses un jour, pour le moment ils en avaient assez dit sur eux-mêmes pour la soirée. Toutes leurs questions trouveraient des réponses en temps voulu. Mais en cet instant il y en avait une qui lui tournait de façon malsaine dans la tête…
Pouvait-elle devenir assez puissante pour défier un village à elle seule, comme cette organisation l’avait fait en défiant trois villages en même temps, alors que leurs ressources militaires étaient déployées et prêtes au combat ? Pouvait-on réellement devenir aussi puissant ? L’idée était plaisante, mais elle arrivait mal à juger de la puissance des Shinobis qu’elle croisait pour le moment. Elle manquait encore d’expérience…
La pensée lui vint, que si cette organisation venait à s’en prendre à un seul village à la fois, ce village serait peut être anéanti. Une pensée terrifiante en fait, car même si elle n’aimait pas spécialement Kumo, c’était ici qu’elle avait grandie, et souffert. Mais aussi ici qu’elle avait connue le bonheur, et la joie, qu’elle avait rencontrée des personnes qui étaient chers à son cœur. Comment réagirait-elle, si un tel événement devait arriver ? Elle aviserait sur le moment sans doute. Ce leitmotiv ne se lassait pas de lui revenir. Dans un sens, c’était marcher à l’instinct, et cela pouvait être vu comme de l’orgueil. Seika n’était pas de cet avis : si Asahi attaquait le village, peu importe la décision qu’elle prendrait, ce ne serait nullement pas guidé par l’orgueil, seulement par sa promesse : protéger ceux qui ne peuvent se protéger seuls… Quitte à en mourir à son tour ? Surement oui…
Mais ça aurait été dommage.
Les secondes puis les minutes continuèrent de s’écouler, tandis qu’ils restaient perdus dans leurs pensées. Mais au moins, se dit-elle avait un sourire en coin, étaient-ils côte à côté dans cette situation. Seika tourna la tête vers Sho, et fixa ses yeux ambrés. Encore un message du regard de la part de la Kunoichi, un message qui disait simplement « Nous affronterons l’avenir tous les deux ».
Ainsi son Sensei s’était-il montré brillant lors de l’examen : il avait brillamment réussi ses deux épreuves. La première qui avait été une course poursuite autant qu’une course tout court, puis la seconde, un classique duel en un contre un dans l’arène de Konoha, le village caché du Pays du Feu où c’était déroulé le tournoi. Elle était malgré tout assez surprise d’apprendre qu’il était devenu Chuunin seulement à ce moment là : a voir l’autorité et les responsabilités dont il jouissait, on aurait pu croire que ça faisait déjà quelques années qu’il était dans le circuit. Et bien non, aussi surprenant que ce soit, cela remontait à seulement quelques mois en arrière. Seika se souvint, avoir entendu la rumeur d’un départ, d’un événement à l’extérieur de sa cage blanche. Mais elle était trop basse, et ne pouvait pas voir la rue depuis la maison de soin. Peu importe, elle était devenue Chuunin par ses propres moyens. Même si dans le fond, sa promotion était étrange… Certes démanteler un gang, ça n’arrivait pas tous les jours, mais même. Shijima secoua mentalement la tête : pas besoin de se prendre le chou sur les raisons qui avaient poussé l’administration à lui accorder ce grade.
[Sho] « Tout ça avant ... »
Seika tendit l’oreille, car le ton de son collègue avait changé. Sa voix c’était fait plus distance en l’espace d’une seconde. Son regard vacilla, et échappa à ses iris, retournant à la contemplation de la cour intérieure. Que c’était-il passé après ? Elle aurait voulu poser la question d’elle-même, mais elle savait déjà que Sho, s’il devait lui parler de son passé, ne le ferait pas plus que par ce qu’il se déciderait à lui montrer.
[Sho] « ... Tout ça avant l'attaque de l'Asahi. Les membres de cette organisation ont surpris les dirigeants de toutes les nations par leur puissance. Ils ont ôtés nombre de vies. Parmi elles, il y avait un garçon avec qui j'ai formé un binôme au cours de la première épreuve de l'examen. Il s'appelait Sabi. C'était le meilleur Konohéen en course. Lui aussi avait réussi toutes les épreuves de l'examen ... Mais ils ont pris sa vie. Je ne sais pas comment, mais ils lui ont pris. »
Asahi. Un nom qu’elle avait déjà entendu murmurer, sans jamais comprendre de qui ou quoi il s’agissait. N’étant pas d’un naturelle très curieuse, surtout lorsqu’on murmurait des mots avec un regard un peu effrayé, la Kunoichi n’avait jamais essayé d’en savoir plus sur ce nom, sur ce qui tournait autour de lui, sur le mystère qui gravitait dans ces murmures.
Maintenant elle en savait un peu plus grâce à Sho. Asahi était donc une organisation. Une organisation sans but apparent, qui avait attaqué Konoha à la clôture de l’examen Chuunin. Une organisation toujours de ce monde à en croire le regard qu’elle croyait déceler du coin de l’œil de Sho, le visage toujours tourné vers la cours. Apparemment l’histoire le touchait personnellement parce qu’une personne à laquelle il tenait était morte durant l’attaque d’Asahi sur le village caché, un Genin nommé Sabi. Le nom ne lui disait rien, mais si l’attaque avait été aussi violente qu’il semblait le faire entendre, de nombreux morts il y avait du avoir. Etrange cette organisation. Elle avait bien quelques questions qui lui venaient automatiquement à l’esprit, mais elle les garda pour elle. Certes elle n’était pas curieuse, mais elle aimait bien avoir toutes les données en main pour réfléchir calmement.
Elle aurait voulu par exemple demander si l’Asahi avait laissé un message, s’ils avaient e des revendications, ce genre de chose, un élément qui pourrait expliquer leurs motivations. Mais aussi important que soit le Chuunin instructeur aujourd’hui, à l’époque il n’était qu’un Genin. Et ce ne sont pas les Genin qui sont au courant de ce genre de chose. Surement choqué par la mort de cet ami qu’il semblait s’être fait pendant l’examen, il n’avait de façon pas eu l’esprit à poser des questions de ce genre, enfin peut être. Peut être pour la première fois depuis ces trois jours qu’elle connaissait Sho, Seika n’était pas sur d’arriver à le comprendre : il semblait toujours calme et plein d’une force solide, d’une volonté implacable et tout en douceur. Pourtant là, son regard avait perdu de son intensité, et elle n’y voyait plus de là où elle était, briller la flamme qui l’animait sans cesse. Sho, avait ses propres cicatrices, comme tout le monde. Comme elle.
La jeune femme tendit la main et saisit délicatement sa petite coupelle d’alcool de prune, qu’elle termina, laissant le breuvage finir de réchauffer son organisme, en émoussant légèrement ses sens. Loin de se sentir pompette, la jeune femme n’en était pas moins légèrement fatiguée. Que devait-elle faire, ou dire, en cet instant ? Elle n’en savait rien, aussi ne dit-elle rien, plutôt que de dire une bêtise. La Kunoichi tritura une mèche d’ébène de ses cheveux, avant d’avoir un petit éclair de réveil dans sa tête. Se servant une tasse du thé qu’avait prit son vis-à-vis, elle prit un alcool très léger de riz de bonne qualité, et remplit une nouvelle petite coupe, qu’elle posa à l’extrémité gauche de la table, du côté de la cour.
Délicatement, Seika se releva et saisit deux coussins qui bordaient ceux dont elle se servait pour s’assoir. Elle les plaça face à la cour, s’installa sur le sien, et fit signe à Sho de la rejoindre, tout en ajoutant par-dessus son épaule avec un sourire amicale.
[Seika] « Nous serons plus à l’aise pour regarder le jardin ainsi, sinon demain nous aurons tous les deux un torticolis affreux. »
Bien sur elle savait que Sho, étant médecin, n’avait pas à craindre ce genre de petits désagréments de la vie. Mais elle n’était pas dans cette situation, et préférait être installée ainsi, pour profiter de la fraicheur de la nuit, tout en étant réchauffé par l’alcool.
Lorsque son collègue l’eut rejoint, elle prit du bout de ses doigts fins sa tasse de thé, qu’elle plaça sur ses genoux, observant une nouvelle fois le jardin, mais du coin du regard, son esprit tourné vers des réflexions inutiles auxquelles elle ne pouvait pas apporter de réponse. Nagoshi lui fournirait : ses réponses un jour, pour le moment ils en avaient assez dit sur eux-mêmes pour la soirée. Toutes leurs questions trouveraient des réponses en temps voulu. Mais en cet instant il y en avait une qui lui tournait de façon malsaine dans la tête…
Pouvait-elle devenir assez puissante pour défier un village à elle seule, comme cette organisation l’avait fait en défiant trois villages en même temps, alors que leurs ressources militaires étaient déployées et prêtes au combat ? Pouvait-on réellement devenir aussi puissant ? L’idée était plaisante, mais elle arrivait mal à juger de la puissance des Shinobis qu’elle croisait pour le moment. Elle manquait encore d’expérience…
La pensée lui vint, que si cette organisation venait à s’en prendre à un seul village à la fois, ce village serait peut être anéanti. Une pensée terrifiante en fait, car même si elle n’aimait pas spécialement Kumo, c’était ici qu’elle avait grandie, et souffert. Mais aussi ici qu’elle avait connue le bonheur, et la joie, qu’elle avait rencontrée des personnes qui étaient chers à son cœur. Comment réagirait-elle, si un tel événement devait arriver ? Elle aviserait sur le moment sans doute. Ce leitmotiv ne se lassait pas de lui revenir. Dans un sens, c’était marcher à l’instinct, et cela pouvait être vu comme de l’orgueil. Seika n’était pas de cet avis : si Asahi attaquait le village, peu importe la décision qu’elle prendrait, ce ne serait nullement pas guidé par l’orgueil, seulement par sa promesse : protéger ceux qui ne peuvent se protéger seuls… Quitte à en mourir à son tour ? Surement oui…
Mais ça aurait été dommage.
Les secondes puis les minutes continuèrent de s’écouler, tandis qu’ils restaient perdus dans leurs pensées. Mais au moins, se dit-elle avait un sourire en coin, étaient-ils côte à côté dans cette situation. Seika tourna la tête vers Sho, et fixa ses yeux ambrés. Encore un message du regard de la part de la Kunoichi, un message qui disait simplement « Nous affronterons l’avenir tous les deux ».

Shijimano Seika- Chuunin de Kumo

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Re: Restaurant : « Le Chien Fou ! »
¤,.°o°O Chapitre 9 : Un Fragment d'Avenir O°o°.,¤
« Tête à tête »
6
« Tête à tête »
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A l'intérieur du vide dans lequel Sho venait de tomber, ses souvenirs tournoyaient dans un panache de fumée grise. Il revoyait plusieurs visions du passé, son passé. Les épais troncs d'arbre de la Forêt Interne de Konoha, l'examinatrice aux cheveux rose bonbon, le groupe des proies aligné sous ses yeux, l'annonce de la première victoire, le regard de Sabi, le tirage au sort de la deuxième épreuve, le brouhaha du centre ville de Konoha, le sunéen qui parlait trop, la silhouette d'Akai Juutai sur le toit, le quartier de Kumo, les Immortels, l'Intendant, l'arène de Konoha, le soleil ardant, la détermination d'Ine, la main levée de l'examinateur, sa seconde victoire, les explosions ... l'agitation générale ... les premières tours de fumée noire ... l'ombre d'Asahi. Autant de flashs qui se succédèrent les uns à la suite des aux autres dans sa tête. Mais dans le fond, que connaissait-il d'Asahi ? De vagues rumeurs, même pas un seul visage, une seule silhouette, rien que des ombres qui faisaient peser leur épée de Damoclès sur le monde shinobi tout entier.
Ce monde là n'était pas prêt à les combattre, pas encore. Kumo le premier. A cette idée, un noeud se noua autour de son estomac. Et si jamais – l'éventualité était omniprésente dans son esprit – les sbires d'Asahi choisissaient d'attaquer Kumo, que se passerait-il ? Certes, le village avait vu naître les Immortels en son sein mais que pouvait un petit groupe d'individus, aussi puissants soient-ils, face à une armée de destructeurs ? Probablement pas grand chose. Il ne doutait pas des capacités de son village à se défendre, il doutait de ses capacités à survivre. Il y aurait toujours un kuméen pour défendre le village, toujours. Il croiserait peut-être rapidement le chemin de la mort mais il défendrait le village jusqu'au dernier souffle. Au-delà de ça, qui pouvait réellement contenir cette organisation ? L'Intendant ? Sho se doutait bien que Shigeo-sama possédait plus d'une corde à son arc. Mais même lui avait été surpris par l'attaque portée à Konoha, même lui avait été surpris par leur puissance. Alors qui pouvait les retenir ? Une coalition des principales nations ? Peut-être ... mais si l'attaque était portée sur un village caché en particulier, il faudrait trois à quatre jours à leurs alliés d'infortune pour leur porter secours ... alors à quoi pouvait bien ressembler cette coalition ?
Tant de questions mais si peu de réponses. Tant d'énigmes et si peu de solutions.
SEIKA. – Nous serons plus à l’aise pour regarder le jardin ainsi, sinon demain nous aurons tous les deux un torticolis affreux.
Les yeux de Sho retrouvèrent leur teinte et leur profondeur habituelle. Il dévia aussitôt son attention vers Seika dont la voix l'avait brusquement ramené sous le ciel de Kumo. La kunoichi aux cheveux d'ébène avait quitté sa position pour s'assoire face à la cour, offrant son dos à sa vue. En la regardant ainsi, Sho se murmura à lui-même que Kumo avait peut-être un avenir. Une génération prometteuse commençait à voir le jour en son sein. Bien sûr, certains deviendraient des shinobis de légende, d'autres mourraient dans l'anonymat ou sur le champ de bataille, d'autres encore quitteraient ces murs pour se joindre à des groupuscules plus ou moins scrupuleux ... mais parmi cette génération, il y aurait forcément une lueur d'espoir, quelqu'un qui serait capable à son tour de perpétuer la volonté des Nuages.
Dans un froissement d'étoffes, Sho se mit debout et parcourut la courte distance qui le séparait de Seika. Il prit ensuite place sur le coussin qu'elle avait laissé à sa disposition.
SHO. – C'est une belle soirée, fit-il en souriant légèrement.
Les mains posées sur ses genoux, l'eisei-nin contempla longuement la magnifique petite cour du Chien Fou. Il observa aussi le ciel sous toutes ses coutures. Les nuages, les fragments d'étoiles qui réussissaient à se révéler par moment, l'encre de la nuit, le faible éclat de la lune derrière un voile grisâtre, en clair un ciel dans tout ses états. Quand Seika tourna sa tête vers lui, il fit de même et la contempla avec la même admiration. Ils ne leur fallaient aucuns mots pour se comprendre, leur regard parlait pour eux. Lui comprenait qu'il pourrait compter sur elle, elle qu'elle pourrait compter sur lui simplement en regardant au-delà de ses yeux. Il y avait comme une forme de télépathie entre eux. Un langage qui leur était propre, qu'ils étaient seuls à déchiffrer et à émettre, une communication intemporelle.
Un sourire franc courba les lèvres de Sho, ses yeux se plissèrent très légèrement, comme s'il réalisait vraiment que cette soirée était une belle soirée. Son regard glissa vers le sol puis il repartit vers la cour où il se perdit définitivement.
¤¤¤
Personne ne sait vraiment ce qui s'est passé ce soir là. Pas même les deux protagonistes de cette soirée. Il n'y a aucun récit qui raconte fidèlement ce diner entre Shijimano Seika et Nagoshi Sho. Ce que l'Histoire raconte, c'est que quelque chose est né de cette complicité entre les deux chuunins et que cette chose évolua en une longue et belle aventure. Ces deux noms sont gravés quelque part, leur histoire, elle, s'est noyée dans leur silence. Personne ne sait vraiment qui ils sont ni même à quoi ils aspirent. Mais leurs noms sont gravés quelque part et leur histoire fera parler d'eux encore longtemps après leur mort.
De ce dîner, il ne demeura qu'une image ... un homme et une femme assis l'un à côté de l'autre, deux âmes identiques, sous le ciel nuageux de Kumo.
[ FIN ]
¤,.°o°O ... O°o°.,¤

Sho Nagoshi- Chuunin Instructeur de Kumo

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Sho Nagoshi- Chuunin Instructeur de Kumo

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