L'Avènement de l'Aube Nouvelle
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L'Avènement de l'Aube Nouvelle
Les feuilles bruissaient sous leurs pas. Ils s’approchaient doucement, groupés, ombres parmi les ombres. Les hauts arbres du Pays du Feu accrochaient les ultimes rayons du soleil, comme autant de mains qui cherchaient à saisir un peu d’éternité. Il y avait quelque chose de séculaire, dans cette forêt, de profondément ancestral. Une chape pesante de souvenirs, une mémoire émoussée, endormie contre le sein mouvant du temps. Kikuria était sensible à ce curieux changement dans l’air, insaisissable, comme une odeur nouvelle. Il se demandait, distraitement, si les hommes qui le suivaient pouvaient en dire autant. Leurs expériences étaient maigres, comparé au temps. Il fallait être sot ou très puissant pour oser se tenir sur le passage du temps ; pas de la mort, mais du temps. La mort est une variable qui peut être éludée, sans trop de talent, sans beaucoup d’effort ; le temps, lui, est aussi implacable que cette forêt. Il croit, grandit, change lentement ; il n’est pas pressé. Il n’est pas humain.
Nous non plus, se dit Kikuria, nous non plus.
Il s’arrêta, et plus aucun bruit ne s’échappa l’espace d’un instant, comme si les bois eux-mêmes rataient un battement. Puis un oiseau reprit son piaillement, auquel un autre, plus loin, fit écho immédiatement. La barrière de protection du village de Konoha. Elle était invisible, mais Kikuria n’avait pas besoin de la voir. Ils auraient pu entrer de force dès maintenant. Dévaster tout le monde, toute la rue, tout le village. Donner la mort à qui veut bien tendre les bras, et même à ceux qui fuient.
Mais ils n’étaient pas venu mettre à bas ce petit amoncellement de bois et de pierre ; pas tout de suite, du moins. Le village vivait d’un événement rare, et certains des shinobi les plus puissants qui marchaient sur cette terre étaient assemblés au même endroit. Cela, Kakumei n’osera jamais le faire. Attaquer un village au faîte de sa puissance, lorsqu’il se croit insensible. Ils préféraient travailler dans l’ombre, comme de petites araignées insidieuses. Votre toile ne sera jamais assez forte pour retenir ma main. Asahi était le soleil levant de ce monde endormi, ils rayonneraient. Ce qu’ils s’apprêtaient à faire aujourd’hui, l’histoire le retiendra à jamais. Et il fallait que tous y assistent, que tous puissent témoigner et avoir peur, que la terreur s’insinue dans le cœur de ces jeunes oiseaux effrayés qui avaient la prétention de vouloir gravir les échelons de la société des shinobi. Misérables, prenez la puissance là où elle repose et ne vous attardez pas avec de la bureaucratie ! Vous vous endormez, vous vous amollissez. Laissez-moi vous réveiller, une dernière fois.
Il leva doucement la main.
Non, aujourd’hui, il fallait entrer comme les loups dans le pré à la tombée de la nuit. Marcher avec précaution, l’œil alerte et le bras fort. Passer les défenses, solides au demeurant, et créer l’explosion au cœur même. Il ne servait à rien de prévenir tout le monde, oh non. Non seulement leur cible fuirait, car elle saurait immédiatement qui vient lui ôter la vie de sa misérable carcasse, mais de surcroît ils risqueraient d’être ralentis au mauvais moment. A la guerre, il fallait toujours choisir les lieux de l’affrontement. Se révéler quand on le choisit, pas attendre passivement d’être trahi par une petite erreur. Cela, ils le savaient tous ici.
Un vieil homme s’avança, son œil vif et fou pétillant d’une malice perverse. Kikuria ne l’appréciait guère, s’il lui était arrivé d’apprécier quelqu’un ces dernières années. Mais celui-ci avait un génie particulier, précieux en ce qu’il était si généreusement offert. Il suffisait de le lui reconnaître et de lui permettre de l’exprimer pour qu’il soit comme un jeune chiot qui aurait trouvé sa gamelle pleine, après une longue promenade. Urasa frôla la barrière sans la toucher, et il agissait comme s’il était effectivement capable de la voir. Bien des semaines plus tôt, il était venu repérer les lieux selon ses instructions. Kikuria avait été satisfait de remarquer que cela ne lui avait guère pris de temps avant d’établir une stratégie efficace.
La barrière, d’après ses dires, était reliée à des sortes de piliers de chakra situées à l’intérieur même du village. Il ne pouvait pas être plus précis, mais pour pouvoir les désactiver, il fallait être dans Konoha ; et encore, en désactiver une préviendrait à l’instant les autorités. Urasa pensait qu’elles étaient trop éloignées pour tenter cette approche, que même des membres aussi puissants que ceux qui composaient Asahi ne parviendraient pas à un résultat convenable. Autant charger tout de suite, avait-il maugréé, avec une once de dédain. Le chakra était parfaitement équitable sur toute la surface, formant un dôme fermé, aussi bien en haut que sous la terre. Une défense efficace, mais dont la stabilité même posait problème. Il suffisait – par une obscure opération, qui demandait visiblement une certaine somme de connaissances techniques sur la matière du chakra – de tromper la barrière, en lui faisant croire que la masse de chakra qui soutenait le dôme était résolument la même. En effet, lorsqu’un corps traverse le dôme, il ajoute son propre chakra pendant une demi-seconde, ce qui alerte les autorités. Mais le dôme n’est pas capable de déterminer le type de chakra, qu’il soit factice – créé par l’homme – ou naturel, il n’arrivait pas à le savoir. Urasa se revêtit d’un long gant, très serré aux extrémités, et le fit traverser la barrière sans la moindre hésitation.
[Urasa] – Passez.
Kikuria s’avança. Il n’aimait pas le ton dépourvu de déférence qu’employait Urasa, mais il avait appris que lorsqu’il confiait une tâche à un homme compétent, il fallait lui faire confiance pour la mener proprement. Ses hommes le suivirent. Urasa passa le dernier. Il retira le gant à l’instant, et le fourra dans l’une de ses nombreuses poches.
Le chakra du médecin allait habiter un instant le dôme, endormir sa vigilance. C’était un chakra hybride, mélangé avec une énergie inconnue contenue et distillée dans le gant. Cela n’intéressait guère Kikuria de toute façon, l’important était d’avoir réussi. La supercherie tiendrait suffisamment longtemps.
Les palissades de Konoha se dessinaient. La nuit était à présent tombée. On percevait de l’agitation dans les rues et au-delà, comme une fébrilité qui saturait l’air. Bien. Kikuria ferma les yeux. Les battements de son cœur faiblirent, jusqu’à ne plus résonner à ses oreilles. Il cherchait ; des centaines de fils, aucun n’était le bon, il cherchait, ses doigts tâtonnaient, tâtonnaient, ses yeux transperçaient. Il en attrapa un, un fil mauve, mauve et mou, qui tombait entre ses doigts, un fil qui était déjà coupé.
Il rouvrit deux pupilles sanglantes.
[Kikuria] – Soru, Ikue, avec moi.
Il ne donna aucun ordre supplémentaire. Les autres savaient où aller et que faire. Ils quittèrent l’ombre de la forêt pour approcher des lampions de la porte de garde. Ils marchaient très calmement. Kikuria pouvait presque sentir le souffle frais du vent sur sa joue. Presque. Les gardes les avaient vu. L’un d’eux s’étaient redressé, et au moment où il allait parler, deux kunai s’enfoncèrent dans sa gorge, à quelques millimètres d’écart. Ikue abattit sans le regarder le second. Misa se téléporta au sommet, pour s’assurer que personne d’autre n’était présent. Le poste de garde était si proche, si proche… Quel dommage qu’ils n’aient pas des oreilles de démons.
Kikuria entra dans Konoha. Son sombre manteau siffla, menaçant, tandis qu’il activait le pas dans une direction précise. Le gigantesque samourai soutenait son rythme sans peine, la main posée sur son arme. Son armure grinçait, comme une lanterne agitée par les vents. L’incendie menaçait. Ikue partait en éclaireur, tout autour d’eux, vive et rapide. Les autres se dispersèrent à très grandes vitesse. Un cri.
Ce soir, l’odeur du sang. Demain, l’odeur des morts.
Nous non plus, se dit Kikuria, nous non plus.
Il s’arrêta, et plus aucun bruit ne s’échappa l’espace d’un instant, comme si les bois eux-mêmes rataient un battement. Puis un oiseau reprit son piaillement, auquel un autre, plus loin, fit écho immédiatement. La barrière de protection du village de Konoha. Elle était invisible, mais Kikuria n’avait pas besoin de la voir. Ils auraient pu entrer de force dès maintenant. Dévaster tout le monde, toute la rue, tout le village. Donner la mort à qui veut bien tendre les bras, et même à ceux qui fuient.
Mais ils n’étaient pas venu mettre à bas ce petit amoncellement de bois et de pierre ; pas tout de suite, du moins. Le village vivait d’un événement rare, et certains des shinobi les plus puissants qui marchaient sur cette terre étaient assemblés au même endroit. Cela, Kakumei n’osera jamais le faire. Attaquer un village au faîte de sa puissance, lorsqu’il se croit insensible. Ils préféraient travailler dans l’ombre, comme de petites araignées insidieuses. Votre toile ne sera jamais assez forte pour retenir ma main. Asahi était le soleil levant de ce monde endormi, ils rayonneraient. Ce qu’ils s’apprêtaient à faire aujourd’hui, l’histoire le retiendra à jamais. Et il fallait que tous y assistent, que tous puissent témoigner et avoir peur, que la terreur s’insinue dans le cœur de ces jeunes oiseaux effrayés qui avaient la prétention de vouloir gravir les échelons de la société des shinobi. Misérables, prenez la puissance là où elle repose et ne vous attardez pas avec de la bureaucratie ! Vous vous endormez, vous vous amollissez. Laissez-moi vous réveiller, une dernière fois.
Il leva doucement la main.
Non, aujourd’hui, il fallait entrer comme les loups dans le pré à la tombée de la nuit. Marcher avec précaution, l’œil alerte et le bras fort. Passer les défenses, solides au demeurant, et créer l’explosion au cœur même. Il ne servait à rien de prévenir tout le monde, oh non. Non seulement leur cible fuirait, car elle saurait immédiatement qui vient lui ôter la vie de sa misérable carcasse, mais de surcroît ils risqueraient d’être ralentis au mauvais moment. A la guerre, il fallait toujours choisir les lieux de l’affrontement. Se révéler quand on le choisit, pas attendre passivement d’être trahi par une petite erreur. Cela, ils le savaient tous ici.
Un vieil homme s’avança, son œil vif et fou pétillant d’une malice perverse. Kikuria ne l’appréciait guère, s’il lui était arrivé d’apprécier quelqu’un ces dernières années. Mais celui-ci avait un génie particulier, précieux en ce qu’il était si généreusement offert. Il suffisait de le lui reconnaître et de lui permettre de l’exprimer pour qu’il soit comme un jeune chiot qui aurait trouvé sa gamelle pleine, après une longue promenade. Urasa frôla la barrière sans la toucher, et il agissait comme s’il était effectivement capable de la voir. Bien des semaines plus tôt, il était venu repérer les lieux selon ses instructions. Kikuria avait été satisfait de remarquer que cela ne lui avait guère pris de temps avant d’établir une stratégie efficace.
La barrière, d’après ses dires, était reliée à des sortes de piliers de chakra situées à l’intérieur même du village. Il ne pouvait pas être plus précis, mais pour pouvoir les désactiver, il fallait être dans Konoha ; et encore, en désactiver une préviendrait à l’instant les autorités. Urasa pensait qu’elles étaient trop éloignées pour tenter cette approche, que même des membres aussi puissants que ceux qui composaient Asahi ne parviendraient pas à un résultat convenable. Autant charger tout de suite, avait-il maugréé, avec une once de dédain. Le chakra était parfaitement équitable sur toute la surface, formant un dôme fermé, aussi bien en haut que sous la terre. Une défense efficace, mais dont la stabilité même posait problème. Il suffisait – par une obscure opération, qui demandait visiblement une certaine somme de connaissances techniques sur la matière du chakra – de tromper la barrière, en lui faisant croire que la masse de chakra qui soutenait le dôme était résolument la même. En effet, lorsqu’un corps traverse le dôme, il ajoute son propre chakra pendant une demi-seconde, ce qui alerte les autorités. Mais le dôme n’est pas capable de déterminer le type de chakra, qu’il soit factice – créé par l’homme – ou naturel, il n’arrivait pas à le savoir. Urasa se revêtit d’un long gant, très serré aux extrémités, et le fit traverser la barrière sans la moindre hésitation.
[Urasa] – Passez.
Kikuria s’avança. Il n’aimait pas le ton dépourvu de déférence qu’employait Urasa, mais il avait appris que lorsqu’il confiait une tâche à un homme compétent, il fallait lui faire confiance pour la mener proprement. Ses hommes le suivirent. Urasa passa le dernier. Il retira le gant à l’instant, et le fourra dans l’une de ses nombreuses poches.
Le chakra du médecin allait habiter un instant le dôme, endormir sa vigilance. C’était un chakra hybride, mélangé avec une énergie inconnue contenue et distillée dans le gant. Cela n’intéressait guère Kikuria de toute façon, l’important était d’avoir réussi. La supercherie tiendrait suffisamment longtemps.
Les palissades de Konoha se dessinaient. La nuit était à présent tombée. On percevait de l’agitation dans les rues et au-delà, comme une fébrilité qui saturait l’air. Bien. Kikuria ferma les yeux. Les battements de son cœur faiblirent, jusqu’à ne plus résonner à ses oreilles. Il cherchait ; des centaines de fils, aucun n’était le bon, il cherchait, ses doigts tâtonnaient, tâtonnaient, ses yeux transperçaient. Il en attrapa un, un fil mauve, mauve et mou, qui tombait entre ses doigts, un fil qui était déjà coupé.
Il rouvrit deux pupilles sanglantes.
[Kikuria] – Soru, Ikue, avec moi.
Il ne donna aucun ordre supplémentaire. Les autres savaient où aller et que faire. Ils quittèrent l’ombre de la forêt pour approcher des lampions de la porte de garde. Ils marchaient très calmement. Kikuria pouvait presque sentir le souffle frais du vent sur sa joue. Presque. Les gardes les avaient vu. L’un d’eux s’étaient redressé, et au moment où il allait parler, deux kunai s’enfoncèrent dans sa gorge, à quelques millimètres d’écart. Ikue abattit sans le regarder le second. Misa se téléporta au sommet, pour s’assurer que personne d’autre n’était présent. Le poste de garde était si proche, si proche… Quel dommage qu’ils n’aient pas des oreilles de démons.
Kikuria entra dans Konoha. Son sombre manteau siffla, menaçant, tandis qu’il activait le pas dans une direction précise. Le gigantesque samourai soutenait son rythme sans peine, la main posée sur son arme. Son armure grinçait, comme une lanterne agitée par les vents. L’incendie menaçait. Ikue partait en éclaireur, tout autour d’eux, vive et rapide. Les autres se dispersèrent à très grandes vitesse. Un cri.
Ce soir, l’odeur du sang. Demain, l’odeur des morts.

Kikuria- Organisation Asahi

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Date d'inscription: 16/06/2005
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