Uzumi Meloku, feuille au vent.
Page 1 sur 1 • Partager •
Uzumi Meloku, feuille au vent.
Nom : Meloku
Prénom : Uzumi
Âge : 19 ans
Village : Kiri (Village du brouillard)
Grade Souhaité : Genin
Kekkai Genkai Souhaitée : Aucun
Techniques de départ :
- Henge - Métamorphose (Rang D)
- Bunshin - Clone (Rang D)
- Kawarimi - Permutation (Rang D)
Description Physique :
*La fille là bas ? La rousse aux yeux bleus ? Heu ... Sais plus nom ...*
-Un élève dans la classe d'Uzumi.
Fine et droite comme une épée, et composée du même acier, froid et mordant. Ainsi pourrait on définir la première impression qu'Uzumi donne d'elle. Un physique parfaitement proportionné, mince, musclé par de longues heures d'entraînement, est d'une teinte claire, sans pour autant être diaphane. Ses mouvements sont lestes et fluides, en accord avec son corps. Une chevelure flamboyante, coiffée en piques, mis à part deux longues mèches lui retombant sur le visage, est maintenue par un bandeau de couleur écarlate. Son visage triangulaire, aux joues remplies et aux lèvres fines et pulpeuses, est attirant. Néanmoins, deux détails rendent un tel visage angoissant : Ses yeux bleus, glaciaux en toute occasion, au regard insondable et indifférent, tout d'abord, et, son visage en lui même, anormalement statique, nul sourire, nulle mimique vient le déformer, il semble tailler dans le marbre. Ses goûts vestimentaires semblent s'orienter vers les vêtements simples, aux teintes brunes, rouges, ou blanches.
Description Mentale :
*Meloku ? Une élève irréprochable, calme et réservée, avec de bons résultats, sans pour autant être la meilleure. Ce que je lui reprocherai, par contre, serait son manque flagrant d'esprit d'équipe ... Oui, elle ne cherche pas à tisser de liens avec ses compagnons, ça lui sera dommageable sur le long terme, croyez moi.*
-Un professeur d'Uzumi.
*Meloku ? M'fait froid dans l'dos c'te fille ... Rit pas, sourit pas, parle pas. Elle obéit, c'est tout. Une arme, quoi. Sauf que des armes, bah, j'en ai pas vu beaucoup, des comme elle ...*
-Un compagnon d'équipe d'Uzumi.
*Meloku ? Jamais je ne ferai équipe avec elle. Pourquoi donc ? Il suffit de la regarder pour comprendre : glaciale, refusant tout contact, se contentant d'obéir ... Enfin, comprenez moi, je me moque que mes compagnons soient des glaçons ou des joyeux drilles, mais un tel refus du monde extérieur ... Soit, c'est une lâche, soit c'est une traîtresse, et quel que soit le cas, vous comprenez qu'il vaut mieux ne pas s'associer à elle.*
-Anonyme.
Encore une fois, la comparaison à une épée ne serait pas erronée. Glaciale, impitoyable, inflexible. Discrète et silencieuse au possible, insondable, yeux ne reflétant que votre reflet, tranchante dans ses dires, elle en déstabilise plus d'un. Contrairement aux premières apparences, elle n'est ni méprisante, ni condescendante, le terme la qualifiant le mieux serait indifférente, en fait. D'une rare discipline, elle applique à merveille le proverbe "La fin justifie les moyens", ce qui lui a valut la qualification d'impitoyable. Néanmoins, elle se révèle douée dans ce qu'elle entreprend, sans pour autant y briller, patiente et calculatrice. Certains disent qu'une ombre de tristesse voile son regard, parfois. D'autres affirment qu'à part leur propre reflet, ils ne voient rien d'autre. La seconde affirmation se révèle la plus répandue.
Histoire :
*Notre Uzu était la fille la plus rayonnante que nous n'avons jamais eu l'occasion de rencontrer ... Nous ... nous n'avons pas compris ... Mais comment aurions nous pu savoir ? Nous croyions juste que c'était une crise d'adolescence, nous n'aurions jamais pu imaginer qu'elle ... qu'elle deviendrait comme ça ... C'est notre fille qui est rentrée à l'Académie ... Et qu'en est il ressorti ? Un étranger, mais un étranger avec le corps de notre Uzu ... Nous vous demandons juste de nous la rendre, notre Uzu si souriante, si rayonnante, si adorable ... C'est tout ce que nous demandons, c'est tout ...*
-Mako, mère d'Uzumi
Agréable lecteur, toi à qui je m'adresse, si tu lis ces quelques mots, humbles au possible, c'est que tu auras trouvé cet ouvrage, en quelque lieu que se soit. Aucune faute ne me sera rejetée, car à partir de ce point, je te délivrerai mon premier avertissement : Ce manuscrit a été rédigé par quelqu'un qui t'es à la fois infiniment différent et infiniment semblable. N'y voit nulle méprise, agréable lecteur, mais cette lecture risque de t'être à défaut d'insensée, incompréhensible, car après tout, nous appartenons à des mondes distincts, destinés à se côtoyer sans jamais se rejoindre. Si néophyte tu es, arrêtes toi à ces mots et scelles cet ouvrage. Tu ne lirais que les traces d'une supposée folie. Si, par contre, tu es d'un état d'esprit supérieur, alors, mon témoignage t'est tout indiqué. Ceci est le fruit d'observations et réflexions sur le monde qui nous entoure, sur eux, l'engeance destructrice, le Léviathan telle que la nomme certains auteurs, mais aussi, et tout simplement, sur ma courte vie. Agréable lecteur, je tenterai de retranscrire l'essence de ma pensée avec la grande objectivité, le plus grande neutralité dont je suis capable, bien que par ma condition, condition partagée par tous et chacun, je doute en être capable. N'y vois aucune tentative de justification creuse, non. Vois y juste la preuve de ma sincérité à ton égard, car pour moi seul compte la vérité.
Je passerai de large la période de mon enfance, car, je doute qu'elle est un quelconque intérêt. Si, une quelconque curiosité à ce sujet tu possèdes, alors j'essayerai d'être aussi claire que possible : J'étais tout ce que j'essaye de me détacher aujourd'hui. J'en reparlerai plus loin, sois en sur, et je m'intéresserai plutôt à ma période à l'Académie, à l'âge de mes onze printemps.
Je ne comprends pas.
Pourquoi on se moquait de lui. Il était comique, certes. Un poids démesuré, et une maladresse du même acabit. Mais, ce n'était pas une raison. Pas une raison pour se moquer de lui, à répétition. Lorsque j'ai posé la question à mes amies, ils n'ont pas su quoi me répondre. Ils m'ont répondus que c'était juste pour rire, pour passer le temps, et que je ne devais pas me poser de questions. Pourtant, je m'en suis posée plein, de questions, même si à cette époque, je ne pouvais avoir de réponses satisfaisantes.
Je l'aime.
Que penser d'autre, alors que le garçon qui vous plaît depuis si longtemps, que vous trouvez si beau, charmant, drôle, vient cueillir son premier baiser sur vos lèvres ? Quatorze printemps, si je me souviens bien, et à l'époque, je croyais encore en eux. Ce moment avec lui fut un rêve éveillé, un conte de fées transcrit à la réalité. J'appréciais tant la chaleur qu'il m'apportait ...
Je le hais.
Quand il est loin de moi. Quand il préfère être avec ses amis ou d'autres filles plutôt qu'avec moi. Quand il m'a quitté pour une de mes amies, qu'il est parti sans se retourner, qu'il rit avec elle, la serrant dans ses bras. Je le hais. Je la hais. Je les hais. Et pourtant, j'avais tellement envie de le pardonner, de retourner dans ses bras, de partager de nouveau mes lèvres avec les siennes ... Ça n'est jamais arrivé. J'étais faible, mais c'était appelé à changer, tout est appelé à changer, après tout. Agréable lecteur, considères cet événement comme le début de ce que j'allais devenir, et de ce que je suis actuellement. La période de ténèbres avant celle de lumière. T'est-il déjà arrivé que, par un fait inexplicable, ta vision change ? Que tu remarques, observes des choses qui sont là depuis toujours, mais que tu ne vois que maintenant ? Comme si, tu remarquais les étoiles dans la voute stellaire, alors qu'elles sont là depuis le tout début ? C'est ce qui m'arriva.
Je comprends.
Au moment où mon ami se faisait rouer de coups, enfin, peut on considérer comme tel une personne vous suivant où que vous alliez, qui se complaît dans ses monologues, et pour lequel on a aucune estime ? J'en doute, mais nous l'appellerons ainsi pour simplifier ma tâche, car je n'ai nul souvenir de son nom. Mon ami, donc, se faisait rouer de coups, et pourtant, je ne ressentais nulle peine pour lui, nulle pitié, nul sentiment, en fait. Je tournais les pages d'un livre quelconque, comme toi, agréable lecteur qui boit mes paroles, en jetant parfois un regard inattentif à ce pauvre être. Tu me qualifieras de cruelle, insensible, et peut être avec raison. Soit. Comment nommerais tu alors, ceux qui participaient à cet acte, ceux qui l'observaient en imitant des mines consternées, ceux qui riaient avec plus ou moins de discrétion, ou encore, ceux qui étaient partis, car trop lâches pour supporter telle scène ? Vous comprendrez que dans de telles conditions, je puis t'assurer que je suis de loin la moins méprisable de tous. Tu me reprocheras peut être ma passivité, mais, en quoi ceux je suis plus excusable que ceux qui ont finis par intervenir ? Crois tu, penses tu réellement qu'ils le font par compassion ? Je te couperai tout de suite, agréable lecteur. Nous sommes tous égoïste, et ce même de façon inconsciente. Si ils sont intervenus, ce n'est que pour s'éviter des ennuis, ou pour bien se faire voir par la communauté. Je me répètes, mais c'est ainsi. Je suis la moins méprisable d'entre eux, même si cela peut te paraître aberrant.
Ils me craignent.
Car je suis différente. Différente d'eux. Ils ne me comprennent pas, et je doute même du fait qu'ils le voudraient. Moi je les comprends, et c'est pour cette raison que je refuses d'être comme eux. Je vis avec eux, mais pas parmi eux, car après tout, c'est le meilleur moyen que j'ai de vivre. On dit de moi que je suis une arme. C'est peut être le cas, mais je n'appartiens qu'à moi. Ils ont l'illusion que je suis la leur. Terrible erreur. Je combats avec eux, pas parmi eux. Je ne saurais m'identifier à eux, et peut être pour cette raison mon rôle d'arme m'est le plus adapté. Ils ont peur de moi, car c'est dans notre nature d'avoir peur de ce qu'on ne comprend pas. Et ils ont raison.
Agréable lecteur, l'encre me manque, et il reste pourtant bien des choses à te conter. Peut être un autre ouvrage te sera consacrer à nouveau, peut être pas. Je ne pourrais te le dire, mais je tiens néanmoins à te laisser avec mes conclusions.
L'être humain est méprisable. Une simple phrase qui résume mes observations. Car, oui, lorsqu'on a comprit qu'il a participé aux massacres les plus insensés, les plus sanglants que la Terre ait connue, pour un misérable lopin de terre, quelques babioles brillantes, ou, plus ridicule encore, pour avoir plus de main-mise sur quelque chose dont il n'aura jamais le contrôle, c'est le seul constat qui peut être affirmé. Agréable lecteur, ni toi ni moi n'échappons à notre condition. Mais nous pouvons nous éloigner, comme je l'ai moi même fait. Je juges encore aujourd'hui que l'ignorance quant à ce que nous sommes est le moyen le plus simple d'être heureux, mais lorsque la vérité s'impose à nous, nous ne pouvons l'écarter et vivre comme si de rien n'était. Agréable lecteur, toi qui m'a suivi jusqu'à la toute fin, je suis à la fois navrée et heureuse, sentiments qui n'ont plus de sens à mes yeux, mais que je me permets néanmoins d'écrire, de t'avoir confronter à la réalité. Je n'ai fait que mon devoir, sois en conscient. Il n'appartient qu'à toi de remettre en question le monde qui est le notre, ou de prendre mes écrits pour les relents de ma folie.
-Extraits du journal intime d'Uzumi.
As tu déjà écouté ce que je te contais
As tu déjà lu ce que je t'écrivais
As tu déjà écouté ce que je te jouais
As tu déjà laissé le monde te parlait
Es tu allé si loin juste pour sentir ta haine
As tu seulement joué pour devenir un pion sur le jeu
Aveugle que tu es, n'as tu pas vu
Que tu choisissais la longue route où tu attendais
-Nuit de songes, Au revoir, beauté.
Prénom : Uzumi
Âge : 19 ans
Village : Kiri (Village du brouillard)
Grade Souhaité : Genin
Kekkai Genkai Souhaitée : Aucun
Techniques de départ :
- Henge - Métamorphose (Rang D)
- Bunshin - Clone (Rang D)
- Kawarimi - Permutation (Rang D)
Description Physique :
*La fille là bas ? La rousse aux yeux bleus ? Heu ... Sais plus nom ...*
-Un élève dans la classe d'Uzumi.
Fine et droite comme une épée, et composée du même acier, froid et mordant. Ainsi pourrait on définir la première impression qu'Uzumi donne d'elle. Un physique parfaitement proportionné, mince, musclé par de longues heures d'entraînement, est d'une teinte claire, sans pour autant être diaphane. Ses mouvements sont lestes et fluides, en accord avec son corps. Une chevelure flamboyante, coiffée en piques, mis à part deux longues mèches lui retombant sur le visage, est maintenue par un bandeau de couleur écarlate. Son visage triangulaire, aux joues remplies et aux lèvres fines et pulpeuses, est attirant. Néanmoins, deux détails rendent un tel visage angoissant : Ses yeux bleus, glaciaux en toute occasion, au regard insondable et indifférent, tout d'abord, et, son visage en lui même, anormalement statique, nul sourire, nulle mimique vient le déformer, il semble tailler dans le marbre. Ses goûts vestimentaires semblent s'orienter vers les vêtements simples, aux teintes brunes, rouges, ou blanches.
Description Mentale :
*Meloku ? Une élève irréprochable, calme et réservée, avec de bons résultats, sans pour autant être la meilleure. Ce que je lui reprocherai, par contre, serait son manque flagrant d'esprit d'équipe ... Oui, elle ne cherche pas à tisser de liens avec ses compagnons, ça lui sera dommageable sur le long terme, croyez moi.*
-Un professeur d'Uzumi.
*Meloku ? M'fait froid dans l'dos c'te fille ... Rit pas, sourit pas, parle pas. Elle obéit, c'est tout. Une arme, quoi. Sauf que des armes, bah, j'en ai pas vu beaucoup, des comme elle ...*
-Un compagnon d'équipe d'Uzumi.
*Meloku ? Jamais je ne ferai équipe avec elle. Pourquoi donc ? Il suffit de la regarder pour comprendre : glaciale, refusant tout contact, se contentant d'obéir ... Enfin, comprenez moi, je me moque que mes compagnons soient des glaçons ou des joyeux drilles, mais un tel refus du monde extérieur ... Soit, c'est une lâche, soit c'est une traîtresse, et quel que soit le cas, vous comprenez qu'il vaut mieux ne pas s'associer à elle.*
-Anonyme.
Encore une fois, la comparaison à une épée ne serait pas erronée. Glaciale, impitoyable, inflexible. Discrète et silencieuse au possible, insondable, yeux ne reflétant que votre reflet, tranchante dans ses dires, elle en déstabilise plus d'un. Contrairement aux premières apparences, elle n'est ni méprisante, ni condescendante, le terme la qualifiant le mieux serait indifférente, en fait. D'une rare discipline, elle applique à merveille le proverbe "La fin justifie les moyens", ce qui lui a valut la qualification d'impitoyable. Néanmoins, elle se révèle douée dans ce qu'elle entreprend, sans pour autant y briller, patiente et calculatrice. Certains disent qu'une ombre de tristesse voile son regard, parfois. D'autres affirment qu'à part leur propre reflet, ils ne voient rien d'autre. La seconde affirmation se révèle la plus répandue.
Histoire :
*Notre Uzu était la fille la plus rayonnante que nous n'avons jamais eu l'occasion de rencontrer ... Nous ... nous n'avons pas compris ... Mais comment aurions nous pu savoir ? Nous croyions juste que c'était une crise d'adolescence, nous n'aurions jamais pu imaginer qu'elle ... qu'elle deviendrait comme ça ... C'est notre fille qui est rentrée à l'Académie ... Et qu'en est il ressorti ? Un étranger, mais un étranger avec le corps de notre Uzu ... Nous vous demandons juste de nous la rendre, notre Uzu si souriante, si rayonnante, si adorable ... C'est tout ce que nous demandons, c'est tout ...*
-Mako, mère d'Uzumi
Agréable lecteur, toi à qui je m'adresse, si tu lis ces quelques mots, humbles au possible, c'est que tu auras trouvé cet ouvrage, en quelque lieu que se soit. Aucune faute ne me sera rejetée, car à partir de ce point, je te délivrerai mon premier avertissement : Ce manuscrit a été rédigé par quelqu'un qui t'es à la fois infiniment différent et infiniment semblable. N'y voit nulle méprise, agréable lecteur, mais cette lecture risque de t'être à défaut d'insensée, incompréhensible, car après tout, nous appartenons à des mondes distincts, destinés à se côtoyer sans jamais se rejoindre. Si néophyte tu es, arrêtes toi à ces mots et scelles cet ouvrage. Tu ne lirais que les traces d'une supposée folie. Si, par contre, tu es d'un état d'esprit supérieur, alors, mon témoignage t'est tout indiqué. Ceci est le fruit d'observations et réflexions sur le monde qui nous entoure, sur eux, l'engeance destructrice, le Léviathan telle que la nomme certains auteurs, mais aussi, et tout simplement, sur ma courte vie. Agréable lecteur, je tenterai de retranscrire l'essence de ma pensée avec la grande objectivité, le plus grande neutralité dont je suis capable, bien que par ma condition, condition partagée par tous et chacun, je doute en être capable. N'y vois aucune tentative de justification creuse, non. Vois y juste la preuve de ma sincérité à ton égard, car pour moi seul compte la vérité.
Je passerai de large la période de mon enfance, car, je doute qu'elle est un quelconque intérêt. Si, une quelconque curiosité à ce sujet tu possèdes, alors j'essayerai d'être aussi claire que possible : J'étais tout ce que j'essaye de me détacher aujourd'hui. J'en reparlerai plus loin, sois en sur, et je m'intéresserai plutôt à ma période à l'Académie, à l'âge de mes onze printemps.
Je ne comprends pas.
Pourquoi on se moquait de lui. Il était comique, certes. Un poids démesuré, et une maladresse du même acabit. Mais, ce n'était pas une raison. Pas une raison pour se moquer de lui, à répétition. Lorsque j'ai posé la question à mes amies, ils n'ont pas su quoi me répondre. Ils m'ont répondus que c'était juste pour rire, pour passer le temps, et que je ne devais pas me poser de questions. Pourtant, je m'en suis posée plein, de questions, même si à cette époque, je ne pouvais avoir de réponses satisfaisantes.
Je l'aime.
Que penser d'autre, alors que le garçon qui vous plaît depuis si longtemps, que vous trouvez si beau, charmant, drôle, vient cueillir son premier baiser sur vos lèvres ? Quatorze printemps, si je me souviens bien, et à l'époque, je croyais encore en eux. Ce moment avec lui fut un rêve éveillé, un conte de fées transcrit à la réalité. J'appréciais tant la chaleur qu'il m'apportait ...
Je le hais.
Quand il est loin de moi. Quand il préfère être avec ses amis ou d'autres filles plutôt qu'avec moi. Quand il m'a quitté pour une de mes amies, qu'il est parti sans se retourner, qu'il rit avec elle, la serrant dans ses bras. Je le hais. Je la hais. Je les hais. Et pourtant, j'avais tellement envie de le pardonner, de retourner dans ses bras, de partager de nouveau mes lèvres avec les siennes ... Ça n'est jamais arrivé. J'étais faible, mais c'était appelé à changer, tout est appelé à changer, après tout. Agréable lecteur, considères cet événement comme le début de ce que j'allais devenir, et de ce que je suis actuellement. La période de ténèbres avant celle de lumière. T'est-il déjà arrivé que, par un fait inexplicable, ta vision change ? Que tu remarques, observes des choses qui sont là depuis toujours, mais que tu ne vois que maintenant ? Comme si, tu remarquais les étoiles dans la voute stellaire, alors qu'elles sont là depuis le tout début ? C'est ce qui m'arriva.
Je comprends.
Au moment où mon ami se faisait rouer de coups, enfin, peut on considérer comme tel une personne vous suivant où que vous alliez, qui se complaît dans ses monologues, et pour lequel on a aucune estime ? J'en doute, mais nous l'appellerons ainsi pour simplifier ma tâche, car je n'ai nul souvenir de son nom. Mon ami, donc, se faisait rouer de coups, et pourtant, je ne ressentais nulle peine pour lui, nulle pitié, nul sentiment, en fait. Je tournais les pages d'un livre quelconque, comme toi, agréable lecteur qui boit mes paroles, en jetant parfois un regard inattentif à ce pauvre être. Tu me qualifieras de cruelle, insensible, et peut être avec raison. Soit. Comment nommerais tu alors, ceux qui participaient à cet acte, ceux qui l'observaient en imitant des mines consternées, ceux qui riaient avec plus ou moins de discrétion, ou encore, ceux qui étaient partis, car trop lâches pour supporter telle scène ? Vous comprendrez que dans de telles conditions, je puis t'assurer que je suis de loin la moins méprisable de tous. Tu me reprocheras peut être ma passivité, mais, en quoi ceux je suis plus excusable que ceux qui ont finis par intervenir ? Crois tu, penses tu réellement qu'ils le font par compassion ? Je te couperai tout de suite, agréable lecteur. Nous sommes tous égoïste, et ce même de façon inconsciente. Si ils sont intervenus, ce n'est que pour s'éviter des ennuis, ou pour bien se faire voir par la communauté. Je me répètes, mais c'est ainsi. Je suis la moins méprisable d'entre eux, même si cela peut te paraître aberrant.
Ils me craignent.
Car je suis différente. Différente d'eux. Ils ne me comprennent pas, et je doute même du fait qu'ils le voudraient. Moi je les comprends, et c'est pour cette raison que je refuses d'être comme eux. Je vis avec eux, mais pas parmi eux, car après tout, c'est le meilleur moyen que j'ai de vivre. On dit de moi que je suis une arme. C'est peut être le cas, mais je n'appartiens qu'à moi. Ils ont l'illusion que je suis la leur. Terrible erreur. Je combats avec eux, pas parmi eux. Je ne saurais m'identifier à eux, et peut être pour cette raison mon rôle d'arme m'est le plus adapté. Ils ont peur de moi, car c'est dans notre nature d'avoir peur de ce qu'on ne comprend pas. Et ils ont raison.
Agréable lecteur, l'encre me manque, et il reste pourtant bien des choses à te conter. Peut être un autre ouvrage te sera consacrer à nouveau, peut être pas. Je ne pourrais te le dire, mais je tiens néanmoins à te laisser avec mes conclusions.
L'être humain est méprisable. Une simple phrase qui résume mes observations. Car, oui, lorsqu'on a comprit qu'il a participé aux massacres les plus insensés, les plus sanglants que la Terre ait connue, pour un misérable lopin de terre, quelques babioles brillantes, ou, plus ridicule encore, pour avoir plus de main-mise sur quelque chose dont il n'aura jamais le contrôle, c'est le seul constat qui peut être affirmé. Agréable lecteur, ni toi ni moi n'échappons à notre condition. Mais nous pouvons nous éloigner, comme je l'ai moi même fait. Je juges encore aujourd'hui que l'ignorance quant à ce que nous sommes est le moyen le plus simple d'être heureux, mais lorsque la vérité s'impose à nous, nous ne pouvons l'écarter et vivre comme si de rien n'était. Agréable lecteur, toi qui m'a suivi jusqu'à la toute fin, je suis à la fois navrée et heureuse, sentiments qui n'ont plus de sens à mes yeux, mais que je me permets néanmoins d'écrire, de t'avoir confronter à la réalité. Je n'ai fait que mon devoir, sois en conscient. Il n'appartient qu'à toi de remettre en question le monde qui est le notre, ou de prendre mes écrits pour les relents de ma folie.
-Extraits du journal intime d'Uzumi.
As tu déjà écouté ce que je te contais
As tu déjà lu ce que je t'écrivais
As tu déjà écouté ce que je te jouais
As tu déjà laissé le monde te parlait
Es tu allé si loin juste pour sentir ta haine
As tu seulement joué pour devenir un pion sur le jeu
Aveugle que tu es, n'as tu pas vu
Que tu choisissais la longue route où tu attendais
-Nuit de songes, Au revoir, beauté.

Uzumi Meloku- Genin de Kiri

-

Nombre de messages: 143
Age: 17
Réputation: 2
Date d'inscription: 12/07/2009
Feuille de personnage
Expérience:


(53/100)
Réputation:
Etat:

Re: Uzumi Meloku, feuille au vent.
Finalement, contrairement à ce que je t'ai dis par MP, je répond dés maintenant.
Donc, Bienvenue sur Ryoma.
J'aime beaucoup cette fiche et je te valide directement. Tu recevras bientôt ton bandeau et tu pourras RP dans Kiri. N'hésites pas à prendre contact avec des joueurs pour démarrer une session commune ^^.
Fiche accepté : +20 exp BG
(Liori : +10xp Lecteur)
Donc, Bienvenue sur Ryoma.
J'aime beaucoup cette fiche et je te valide directement. Tu recevras bientôt ton bandeau et tu pourras RP dans Kiri. N'hésites pas à prendre contact avec des joueurs pour démarrer une session commune ^^.
Fiche accepté : +20 exp BG
(Liori : +10xp Lecteur)
Dernière édition par Liori Satsubatsu le Jeu 20 Aoû - 1:00, édité 1 fois
_________________




Liori Satsubatsu- Chuunin Instructeur de Kiri

-

Nombre de messages: 1122
Age: 19
Réputation: 19
Date d'inscription: 08/04/2008
Feuille de personnage
Expérience:


(139/200)
Réputation:
Etat:
Re: Uzumi Meloku, feuille au vent.
Merci beaucoup. =)

Uzumi Meloku- Genin de Kiri

-

Nombre de messages: 143
Age: 17
Réputation: 2
Date d'inscription: 12/07/2009
Feuille de personnage
Expérience:


(53/100)
Réputation:
Etat:

Re: Uzumi Meloku, feuille au vent.
Idem.
Bienvenue sur Ryoma
Bienvenue sur Ryoma

Namikaze Iki- Juunin de Konoha

-

Nombre de messages: 2924
Age: 19
Réputation: 11
Date d'inscription: 29/01/2009
Feuille de personnage
Expérience:


(141/300)
Réputation:
Etat:
Re: Uzumi Meloku, feuille au vent.
*Meloku ? Tssk, bonne famille qu‘ça, mais v‘là qu‘c‘te femme elle est apparu,, comme ça, d‘nulle part, j‘vous l‘dis, graine d‘démon c‘te femme, pleure tout l‘temps qu‘on‘l‘dit, moi j‘vous dis, ç‘cache qu‘que chose …*
-Buntaro, voisin de la résidence Meloku.
*Comme souhaité, mon seigneur, voici le rapport que vous m’avez quémandé faire.
Les archives de Kiri No Sato ne gardent aucune trace de la famille Meloku lors de la fondation dudit village. Les premières traces de celle-ci semblent remonter à l’époque où Etsuo Michiyuki fut Mizukage, sous la personne de Hanzo Meloku, shinobi dont sa geste n’est retranscrite que par sa mort lors d’une embuscade préparée par les Seigneurs des Eaux. Les archives gardent la trace de tous ses descendants, ainsi que de leur fonction. L’on ne retrouvera par la suite aucun individu digne de mériter une quelconque mention, faits d’arme et gestes insignifiants tombés dans les abysses de l’oubli.
Takeshi Meloku aujourd’hui se démarque de tous ses prédécesseurs. Juunin appartenant au corps des forces spéciales, il fut l’un des rescapés de l’assaut de Kumo no Sato, et se démarqua pour avoir combattu et tué en duel singulier le shinobi Goro Uwa des forces spéciales de Kumo.
Takeshi Meloku s’occuperait désormais de la sécurité intérieure de Kiri no Sato, l’expérience de la guerre marquée dans son esprit, à ses dires, et préférant s’occuper de sa famille.
Il est le père de la dénommée Uzumi, Genin à l’Académie. Étudiante sérieuse, et avec de bons résultats à ses débuts. Par la suite, à partir de ses 15 ans, ses absences se sont enchaînées au point qu’elle a été renvoyée. Elle n’aurait réintégrée l’académie qu’il y a peu, et semble refaire preuve du sérieux de ses débuts. Un suivi plus attentif nous a permis de vérifier la véracité de telle information, et confirmer qu’elle s’est de nouveau rangée. Il aurait été regrettable que nous dûmes la remettre sur le droit chemin. Aucun autre information digne d’être mentionnée à son sujet.
Ainsi donc, après tant de platitudes, voici la partie du rapport qui vous intéressera, je n’en ai nul doute.
Mako Aruna, épouse de Takeshi Meloku, reste un mystère impénétrable à nos yeux, encore aujourd’hui, où tel rapport vous est remis. Nous savons juste qu’elle est arrivée à Kiri no Sato il y a très exactement 19 ans. Date exacte à laquelle elle s’est liée à Takeshi, et à laquelle elle a enfantée de sa fille unique.
Aucune trace d’elle ne se retrouve dans les registres du village, ni de ceux aux alentours. C’est comme si son existence n’avait commencée que le jour où les fiançailles entre elle et son futur époux furent annoncées, au point même où nous pouvons douter que le nom qu’elle porte soit le vrai.
Comme demandé, nous l’avons épiée des mois durant, néanmoins, sans aucun résultat vraiment concluant.
Il a été vérifié qu’elle était membre active d’une secte locale, les Enfants de Korhal, organisation sans grande envergure, mais que nous ne pouvons néanmoins tolérer en nos terres. Un prochain rapport vous sera remis, au sujet de telle entité, mais nous ne attarderont pas sur celle-ci maintenant.
Elle n‘a révélée aucune affinité avec les éléments, ni aucune maîtrise dans les armes.
Enfin, pour conclure ce rapport sur, une éventuelle piste de recherche, nous avons eu l’occasion lors de nos tours de garde, de la surprendre, sanglotant dans sa chambre, les soirs où son époux reste de garde. Un nom revenait souvent, entre ses pleurs : « Asuna ».*
-Rapport 32-146-087.
-Buntaro, voisin de la résidence Meloku.
*Comme souhaité, mon seigneur, voici le rapport que vous m’avez quémandé faire.
Les archives de Kiri No Sato ne gardent aucune trace de la famille Meloku lors de la fondation dudit village. Les premières traces de celle-ci semblent remonter à l’époque où Etsuo Michiyuki fut Mizukage, sous la personne de Hanzo Meloku, shinobi dont sa geste n’est retranscrite que par sa mort lors d’une embuscade préparée par les Seigneurs des Eaux. Les archives gardent la trace de tous ses descendants, ainsi que de leur fonction. L’on ne retrouvera par la suite aucun individu digne de mériter une quelconque mention, faits d’arme et gestes insignifiants tombés dans les abysses de l’oubli.
Takeshi Meloku aujourd’hui se démarque de tous ses prédécesseurs. Juunin appartenant au corps des forces spéciales, il fut l’un des rescapés de l’assaut de Kumo no Sato, et se démarqua pour avoir combattu et tué en duel singulier le shinobi Goro Uwa des forces spéciales de Kumo.
Takeshi Meloku s’occuperait désormais de la sécurité intérieure de Kiri no Sato, l’expérience de la guerre marquée dans son esprit, à ses dires, et préférant s’occuper de sa famille.
Il est le père de la dénommée Uzumi, Genin à l’Académie. Étudiante sérieuse, et avec de bons résultats à ses débuts. Par la suite, à partir de ses 15 ans, ses absences se sont enchaînées au point qu’elle a été renvoyée. Elle n’aurait réintégrée l’académie qu’il y a peu, et semble refaire preuve du sérieux de ses débuts. Un suivi plus attentif nous a permis de vérifier la véracité de telle information, et confirmer qu’elle s’est de nouveau rangée. Il aurait été regrettable que nous dûmes la remettre sur le droit chemin. Aucun autre information digne d’être mentionnée à son sujet.
Ainsi donc, après tant de platitudes, voici la partie du rapport qui vous intéressera, je n’en ai nul doute.
Mako Aruna, épouse de Takeshi Meloku, reste un mystère impénétrable à nos yeux, encore aujourd’hui, où tel rapport vous est remis. Nous savons juste qu’elle est arrivée à Kiri no Sato il y a très exactement 19 ans. Date exacte à laquelle elle s’est liée à Takeshi, et à laquelle elle a enfantée de sa fille unique.
Aucune trace d’elle ne se retrouve dans les registres du village, ni de ceux aux alentours. C’est comme si son existence n’avait commencée que le jour où les fiançailles entre elle et son futur époux furent annoncées, au point même où nous pouvons douter que le nom qu’elle porte soit le vrai.
Comme demandé, nous l’avons épiée des mois durant, néanmoins, sans aucun résultat vraiment concluant.
Il a été vérifié qu’elle était membre active d’une secte locale, les Enfants de Korhal, organisation sans grande envergure, mais que nous ne pouvons néanmoins tolérer en nos terres. Un prochain rapport vous sera remis, au sujet de telle entité, mais nous ne attarderont pas sur celle-ci maintenant.
Elle n‘a révélée aucune affinité avec les éléments, ni aucune maîtrise dans les armes.
Enfin, pour conclure ce rapport sur, une éventuelle piste de recherche, nous avons eu l’occasion lors de nos tours de garde, de la surprendre, sanglotant dans sa chambre, les soirs où son époux reste de garde. Un nom revenait souvent, entre ses pleurs : « Asuna ».*
-Rapport 32-146-087.
Dernière édition par Uzumi Meloku le Ven 16 Oct - 7:32, édité 1 fois

Uzumi Meloku- Genin de Kiri

-

Nombre de messages: 143
Age: 17
Réputation: 2
Date d'inscription: 12/07/2009
Feuille de personnage
Expérience:


(53/100)
Réputation:
Etat:

Re: Uzumi Meloku, feuille au vent.
Triste, si triste … Pourquoi, pourquoi, Asuna … Pourquoi …
Pathétique que je suis, à me morfondre à l’abri du regard de mon époux et de ma fille, mais, je ne suis personne, personne pour leur imposer cela … Personne pour leur imposer, les tourments de mon âme qui glisse, glisse, glisse vers le néant, ténèbres apaisantes, douce folie …
Triste, si triste, à me morfondre à l’abri du regard de mon époux et de ma fille, mais, ne suis-je donc pas Maîtresse des Eaux à la destinée solitaire, froide et morne comme la glace elle-même ?
Pathétique que je suis, à me morfondre à l’abri du regard de mon époux et de ma fille, alors que si je n’avais été si faible, si peureuse, si … jeune, tout cela aurait pu se finir, ténèbres apaisantes, repos éternel …
Oh, Asuna, pourquoi toi et pas moi, dis-le moi ..?
Dis le moi, où que tu reposes désormais …
-Le retour en arrière est impossible, ma fille.
-Je ne le sais que trop bien, Père, cessez donc de vous inquiéter.
Un sourire confiant sur les lèvres, regard désinvolte, je contemplais mon paternel, au faciès tendu, qui pourtant ne dévoilait aucune expression, aucun sentiment, ne laissait transparaître rien de ce qui pouvait traverser son esprit. Pourtant, je ne le savais que trop bien, qu’il préférerai m’arrêter tout de suite, plutôt que de me laisser accomplir ce que je devais accomplir, ce que j’allais accomplir, ce qui déformerait à jamais ma psyché, ce qui ferait de moi …
Quelqu’un d’autre, que moi …
Mais je l’acceptais. Étrangement, je n’en ressentais aucune gêne, m’abandonner à ce rituel que je pouvais parfaitement m’épargner.
Qu’ils auraient souhaité m’épargner.
Mais je ne pouvais décemment m’esquiver. Car nous le savions, il … rôdait. Oui, trois fois oui, il rôdait, et sa seule allusion …
Sa seule allusion nous faisait trembler. Les fait trembler. Les fait tous trembler, maître des eaux, ou tout simplement Aisu du nom de notre clan … Notre clan, et non notre famille, le clan auquel nous appartenions avant que le Drame arrive et nous sépare tous, nous condamnant à l’errance, à l’isolation …
A la mort elle-même.
Nous qui étions puissants réunis, nous ne sommes plus que cibles faciles, pour eux, pour lui …
Et c’est pour cela, que je n’ai nul regret à accomplir ce que je vais accomplir, car si ce n’est moi qui le fait ? Qui le fera ?
… Elle.
Elle, ma douce, tendre moitié, la personne que j’aime le plus au monde, elle dont le cœur bat au rythme du mien, elle, douce Asuna, douce jumelle d’âme et de sang …
Je ne peux, je ne dois, si ce n’est moi qui m’abandonne, ce sera elle, elle qui sera contrainte à le faire, elle qui le fera pour m’épargner tel châtiment, car c’est ainsi qu’elle le verrait, ma Asuna, qu’ils le voient, reste de ma famille.
Un châtiment nécessaire, un châtiment pour le plus grand bien. Mais qui reste avant tout et pour tout, un châtiment …
Ainsi, Père et moi nous trouvons à la bordure du cercle de runes, seuls, à l’insu de tous et toutes, cercle d’invocation, cercle de pacte qui liera pour l’éternité et peut être un peu plus, moi, Mako, à la créature surnaturelle que l’on nomme … Orochi.
Runes brillantes, luisantes de chakkra, à la couleur glacée, couleur que nous portons avec fierté, car c’est celle-ci qui teinte nos pupilles lorsque nous faisons appel, lorsque nous implorons les Eaux de nous prêter main-forte en période de crise, de guerre.
Que les Eaux me protège, si elles entendent ma prière désespérée, bien que je me sois promise que nulle peur, nul doute ne devait souiller mon âme résolue, inébranlable.
-Je reviendrai en moins de temps qu’il ne le faut, ne t’inquié- …
Et comme pour me faire douter de mes paroles, creuses au possible, arc électrique, bleu étincelle, s’éleva dans l’espace saturé de chakkra, cercle de runes, juste à la limite qui sépare rituel et zone pure … Comme si l’entité enfermée s’impatientait, menace implicite, invitation à fuir ou affronter le regard centenaire, millénaire même, de cet être surpuissant, éternel peut-être même.
Frisson qui parcoure mon échine, me glace entièrement, moi fille des Eaux …
Et le regard insistant, pressant de Père qui n’arrange rien, qui me donne envie de tourner les talons, courir pour ne plus jamais m’arrêter, nul regard à l’arrière, juste me préoccuper de ce qu’il y aurait devant moi …
Stupide fille que je suis, par simple esprit de contradiction, voilà que j’avance un pied à l’intérieur du cercle, chakkra agressant mon toucher, avant qu’un second pas vienne l’emboîter, que je me retrouve entièrement, complètement dans cette zone coupée de la réalité, du reste du monde, qu’angoissante, terrible et dévorante sensation s’empare de moi, m’empêchant de bouger, d’ouvrir la bouche, mots qui meurent dans ma gorge …
… Si peur …
Sotte que je suis, maintenant que je suis si proche du but, que mon courage flanche et ma volonté fléchit … Esprit écrasant le mien, pouvoir palpable, alors qu’il m’observe froidement …
Peur si peur …
Et un troisième pas suit enfin, secondes qui auraient pu paraître siècles avant de m’approcher de la fin de celle que je suis, pour donner naissance à une personne nouvelle, Prince Dragon, entité nouvelle issue de ma fusion avec l’Orochi, entité nouvelle qui les protégera tous …
Surtout toi, ma tendre moitié, ma tendre Asuna …
… Pardonne moi, je le fais pour toi, pour nous, pour eux tous …
Mes yeux se closent d’eux même, larmes perlant au coin de mes yeux, avant que je susurre :
-Es-tu là ..?
Vibrations du chakkra, son atrocement aigu et discontinu qui bourdonne à mes oreilles pour seule et unique réponse, me laissant plus seule que je ne l’étais déjà, me laissant plus angoissée que je ne l’étais déjà …
Nouveau frisson le long de l’échine. Pourquoi cela présage-t-il quelque chose de funeste ? Stupide que je suis ! Le simple fait que je sois ici est un présage funeste, stupide, sotte enfant …
Peur, si peur … Je ne céderai pas, je ne dois pas céder, non, non …
-Elle entend, et écoute, Toi mandatée par les Eaux pour en ma présence être convoquée.
Yeux écarquillés,
Perfide, sournoise, vicieuse créature qui ose reprendre sa voix … Comment ne pourrais-je la reconnaître, alors que sa sonorité m’est aussi familière que la propre mienne ? Douce et faible, ton toujours tendre, légèrement sucré, voix dont elle fait don à tous, alors qu’à moi, à moi, néophyte ne le comprendrai, même si elle et moi nous comprenons, subtilité dans sa voix, une voix encore plus douce à mes oreilles, dans laquelle je la sens enjoué, joueuse, malicieuse, subtilités que seule moi peut percevoir, subtilités qu’elle n’adresse qu’à moi et rien qu’à moi …
Perfide créature … Elle tente de me faire perdre le contrôle, mais elle n’y arrivera pas, non, pareille provocation ne peut ni ne doit m’affecter …
… Elle ose pourtant la reprendre …
Et voici sentiment inexplicable de meurtre qui vient à mon esprit, qui revient sans cesse alors que je tente de le retirer. Et j’ai peur, si peur, de perdre le contrôle, de constater que je le perd, que des sentiments qui ne sont miens m’envahissent et s’imposent plus puissants, persistants …
-Elle sait pourquoi tu es là, mandatée par les Eaux, elle et toi étiez destinées à être réunie, même si l’attente se fit plus longue que celle prévue …
-Destinées à être réunie ..?
-Deux éloignées l’une de l’autre, deux qui une fois réunies, auront la force de manipuler le Destin, de protéger ce à quoi elles tiennent le plus …
Voix douce, si douce, de ma tendre et douce moitié …
Larmes qui coulent le long de mes joues, sans aucune honte, sans nul regard à qui pourrait me surprendre, en sachant parfaitement que personne ne le fera, car seul Père et moi sommes en ces lieux et savons que nous le sommes.
Et Père ne m’interrompra pas, il sait ce qu’il en coûterait d’interrompre le dialogue …
-Elle est attentive à tes tourments, mandatée des Eaux Mako, et elle ne te laissera pas seule pour les, la protéger contre lui …
Voix sibylline qui s’infiltre dans mon esprit, qui me convainc peu à peu que ce n’est pas une déchéance, un abandon de soi, que c’est juste le mieux qu’il y a faire, le mieux qu’il y a à faire pour que nous soyons pas séparées, toutes les deux, deux qui ne font qu’une, comme l’a résumé si parfaitement l’Orochi …
-Que dois-je faire pour que nous soyons liées ..?
-Mandatée des Eaux, jeune, douce enfant, chuchote mon nom, juste chuchote le, et nos destinées se lieront pour ne faire qu’une …
-Je t’écoute, Orochi …
-… Saïshina …
Ai-je vraiment bien fait, à ce moment là, de répéter son nom ..? Maintenant que tout cela est si lointain, mais tellement proche à mes yeux, je crois que ce fut ma plus terrible erreur, ce fut la terrible erreur qui fait que aujourd’hui …
… Je sois toujours en vie …
-Saïshina, lie toi à moi, deviens moi, comme moi je me lies à toi, et que je deviens toi …
Ce que j’ai ressentie alors m’a fait l’effet … d’une rupture. Quelque chose en moi venait de se briser, sans que je ne sache jamais vraiment ce que ce fut. Juste cette impression de ne plus être complète, impression inexplicable, insensée, et qui me poursuit encore aujourd’hui … L’espace saturé de chakkra ne m’agressait plus comme il le faisait avant. L’impression incompréhensible mais désagréable que cette énergie m’était familière, que je venais de l’assimiler …
Quelque chose qui me dit, que je venais de faire la pire connerie que j’aurais pu jamais faire …
Plus de larmes aux yeux, comme si quelqu’un les avaient séchées …
… Et je craque.
Je tourne les talons, cours en direction de Père, envie enfantine, stupide, de retourner dans ses bras, me sentir protégée comme je me sentais protégée alors que je n’étais pas âgée de plus de dix hivers …
-Mako … Mako … Mako !
Voix qui s’impose à mon esprit, yeux qui s’ouvrent et se referment aussitôt, aveuglées, blessées par les rayons incandescents du soleil descendant, laissant place à sa sœur et jumelle Lune, dans les royaumes sombres de la Nuit.
Soleil que je suis, Lune qu’est ma douce et tendre moitié, douce Asuna …
Quelque chose dans la gorge qui me dérange, je tousse une fois, puis plusieurs afin de m’en débarrasser. Je me sens si fatiguée …
Je tourne enfin le visage vers Père, père qui m’a appelée alors que j’étais dans les limbes, limbes dans lequel j’ai plongée sans même savoir pourquoi, ni comment …
-C’passé quoi ..?
-Petite sotte … Tu t’es étalée sur le sol, maladroite que tu es, en trébuchant, de retour du cercle …
Des mots bien durs, mais sa voix me faisait clairement comprendre qu’il était inquiet. Et lorsqu’il est inquiet, il fait preuve de peu de tact …
Je ne peux pas m’empêcher de rire, alors que je me relève, tête me tournant un peu.
-Rhoo, mais c’est rien ! Tu vois bien que je me suis relevée, que j’ai pas de blessures ! Enfin, à part la grosse bosse qui commence à enfler sur le front, mais c’est pas grand-chose, ça partira tout seul …
-Petite idiote …
Mais pourtant, il m’adresse un de ses rares sourires que j’apprécie autant, avant de passer son bras autour de mes épaules, me soutenant afin d’empêcher une nouvelle chute, et me mener de retour au camp de la famille.
Hâte de revoir tout le monde, hâte de revoir Asuna, hâte de retrouver un endroit où je pourrais m’allonger, reposer mes yeux …
Et sur tout le chemin du retour, ni lui ni moi n’avons parlé, ni même évoqué ce qui venait de se dérouler, il y a à peine quelques minutes, ou heures, je ne sais plus vraiment … Il doit se douter, que je n’ai pas envie de me confier, que je tenais à ce que cela reste pour moi. Il devait savoir à quel point cette rencontre fut … Spéciale.
Voûte stellaire dans laquelle mon regard se perd, dans la contemplation des astres innombrables, points fugaces dans un océan de ténèbres, de l’astre lunaire qui fait office de Soleil pour nous, Aisu, et qui bien que plus imposant, se retrouve n’être qu’une île … Et si tout ces points lumineux venaient à s’éteindre ? La Lune se verrait-elle engloutie, happée par le néant ?
Pensée qui s’estompe, alors que j’entend un petit bruit mas, signe que quelqu’un s’est assis sur l’herbe juste à coté de la couchette sur laquelle je suis couchée.
Même pas besoin de tourner le visage pour voir qui c’est, je le devine aisément, après tout, c’était devenue une habitude pour nous deux.
-Mako-chan ! Tu es partie où cet après-midi ?
Je clos les yeux un moment, air pensif, air qui je le sais, impatiente un peu plus ma tendre et douce jumelle, elle si curieuse de nature mais si fragile de corps … Je tourne enfin mon visage vers le sien, si proche du mien, m’arrachant un sourire enjoué. Comme l’impression de me regarder dans un miroir, après tout, les mêmes traits, les mêmes boucles auburn, les mêmes yeux azurs … Beaux, si beaux, dans lesquels je pourrais me perdre, comme je me perds dans la contemplation de l’infinité stellaire, sauf que je pourrais m’y perdre pour l’éternité et un peu plus encore …
-Mako-chan ! Mako-chan !
Nouveau sourire, avant de répondre d’un ton désintéressé, désinvolte, d’une façon qui attise sa curiosité, afin qu’elle tente de me percer à jour, petit jeu malicieux auquel j’adore m’adonner avec elle, mais qui n’aboutirait que sur un mensonge, cette fois-ci …
Sensation de dégoût profond, de mentir à ma seconde moitié …
Mais il le faut, pour elle, pour moi, pour nous.
-Oh, trois fois rien, tu sais, l’habitude …
Je faisais un geste de la main, qui voulait dire que ce n’était intéressant. Et comme à son habitude, elle m’attaquait de nouveau avec un de ses regards désapprobateurs, accusateurs, ce genre de regard qui couplé à un tout, font d’elle qui elle est : La personne que j’aime le plus au monde.
-Rafraîchis moi la mémoire sur ce que c’est, l’habitude, pour toi !
Et au début, je crois que ce n’était même pas pour jouer avec elle que je la faisais attendre de telle façon, mais juste car je me sentais mal à l’aise quant à l’embêter sur la banalité de mon quotidien, lorsque celui-ci m’attirait loin d’elle. Et toujours, toujours, elle s’est intéressée au moindre de mes gestes, à la moindre de mes paroles, comme moi je le fais avec elle …
Je me sens si bien, avec elle …
-Père a souhaité me parler, il est inquiet à son sujet … Et il voulait que je sois sur mes gardes, on ne sait jamais, la famille Honoryuu … Décimée complètement il y a quelques semaines seulement … Il avait des amis, parmi eux …
Je fermais les yeux.
Je savais que si elle me regardait, elle saurait que je mentais, que je lui cachais quelque chose, et elle aurait insisté, tellement, m’aurait fait sentir mal à un point où je lui aurais tout révélé, jusqu’aux moindres détails … Mais je devais lui épargner ça, je le devais, elle s’inquiéterait tellement, cela pourrait même aggraver sa santé, elle si fragile depuis toute petite …
Je n’ai pas le droit, je dois mentir à ma moitié ne serait-ce qu’une fois dans ma vie, pour notre bien.
-C’est sûr … Je me rappelle encore de sa tête, quand il a appris la mort du vieux Finde’ … Ils étaient amis de longue date, c’est … c’est ignoble à quel point il fauche les vies comme si elles n’avaient aucun valeur, ignoble …
Sa voix se brisa.
Je la serrais dans mes bras, geste protecteur, sanglots déchirant mon âme, mais résolue à ce qu’elle s’apaise sans mon intervention. Et j’avais pourtant, tellement envie de me joindre à ses pleurs silencieux, tellement envie …
Enfin, son corps ne fut plus victime de soubresauts, mais elle tremblait désormais, alors qu’une chaleur accablante nous assaillait en cette nuit d’été.
Je devais être forte, pour nous deux, je ne devais pas l’abandonner, ma douce et tendre Asuna …
-Mako-chan ..?
-Oui, ma Asuna-chan ..?
-Tu me promets que jamais on ne sera séparées ?
-Tssk, petite sotte, depuis ma naissance je nous ai faites cette promesse …
Je tapotais du bout du doigt son nez, apaisée par son regard réconforté, sentant qu’elle se blottissait contre moi, posant sa tête contre le creux de mon épaule, battements de cœur s’élevant à mes oreilles, respiration lente, profonde et régulière, caractéristique du sommeil, se faisant entendre enfin.
Je me permettais d’écarter une mèche brune rousse de son visage paisible, avant de soupirer, heureuse.
Laissons le sommeil me restaurer, maintenant que nous sommes réunies …
Pourquoi, pourquoi n’y a-t-il que glace autour de moi ? Pourquoi ma douce et tendre jumelle ne se trouve plus à mes cotés, alors que je me réveille en sursaut, pour voir scène si inquiétante ? Entendre cris si angoissants, contempler cadavres glacés parsemant ce paysage de givre et neige ? Alors que je sais clairement ce que cela signifie, même si je refuse de le croire, que je tente de me persuader en vain que c’est juste un rêve, un mauvais rêve …
-Mandatée des Eaux Mako, tu sais ce qu’il doit advenir, pour notre bien …
Notre bien … Le bien d’Asuna et moi … Jamais séparées, je lui ai promis, je ne peux pas, je ne dois, plutôt mourir que le parjure …
-Prête moi ta force, Saïshina … chuchotais-je d’une voix abandonnée.
Et le néant tomba sans crier gare sur moi, alors que j’entendais un dernier susurrement : « Tes désirs sont miens, ma force est tienne … »
J’ouvre les yeux, subitement.
Un mauvais rêve, juste un mauvais rêve … J’éclate de rire toute seule, sentant la chaleur d’Asuna contre moi, mais aussi quelque chose d’humide contre ma poitrine, sûrement la pluie, ou des larmes nocturnes de ma tendre et douce jumelle … Je pose enfin mon regard sur elle, toute sourire …
Hurlement déchirant qui pourfend la colline.
Oh, ma douce et tendre Asuna, pourquoi toi et pas moi ..?
Pourquoi a-t-il fallu qu’il soit sadique au point de me laisser en vie, sans toi pour à mes cotés, coquille désormais vide ..?
Pourquoi Aisu Karasu nous a-t-il tous tué, sauf moi ? Pourquoi, pourquoi ..?
… J’ai oublié mon nom, je ne veux plus aucun attachement aux Eaux, plus aucun attachement à ma famille, plus aucun attachement à elle, plus aucun, aucun … Il ne me reste plus qu'à prier Kiriah pour le repos de ma famille, de ma tendre et douce moitié, parties à jamais, jamais, jamais ...
Pathétique que je suis, à me morfondre à l’abri du regard de mon époux et de ma fille, mais, je ne suis personne, personne pour leur imposer cela … Personne pour leur imposer, les tourments de mon âme qui glisse, glisse, glisse vers le néant, ténèbres apaisantes, douce folie …
Triste, si triste, à me morfondre à l’abri du regard de mon époux et de ma fille, mais, ne suis-je donc pas Maîtresse des Eaux à la destinée solitaire, froide et morne comme la glace elle-même ?
Pathétique que je suis, à me morfondre à l’abri du regard de mon époux et de ma fille, alors que si je n’avais été si faible, si peureuse, si … jeune, tout cela aurait pu se finir, ténèbres apaisantes, repos éternel …
Oh, Asuna, pourquoi toi et pas moi, dis-le moi ..?
Dis le moi, où que tu reposes désormais …
-Le retour en arrière est impossible, ma fille.
-Je ne le sais que trop bien, Père, cessez donc de vous inquiéter.
Un sourire confiant sur les lèvres, regard désinvolte, je contemplais mon paternel, au faciès tendu, qui pourtant ne dévoilait aucune expression, aucun sentiment, ne laissait transparaître rien de ce qui pouvait traverser son esprit. Pourtant, je ne le savais que trop bien, qu’il préférerai m’arrêter tout de suite, plutôt que de me laisser accomplir ce que je devais accomplir, ce que j’allais accomplir, ce qui déformerait à jamais ma psyché, ce qui ferait de moi …
Quelqu’un d’autre, que moi …
Mais je l’acceptais. Étrangement, je n’en ressentais aucune gêne, m’abandonner à ce rituel que je pouvais parfaitement m’épargner.
Qu’ils auraient souhaité m’épargner.
Mais je ne pouvais décemment m’esquiver. Car nous le savions, il … rôdait. Oui, trois fois oui, il rôdait, et sa seule allusion …
Sa seule allusion nous faisait trembler. Les fait trembler. Les fait tous trembler, maître des eaux, ou tout simplement Aisu du nom de notre clan … Notre clan, et non notre famille, le clan auquel nous appartenions avant que le Drame arrive et nous sépare tous, nous condamnant à l’errance, à l’isolation …
A la mort elle-même.
Nous qui étions puissants réunis, nous ne sommes plus que cibles faciles, pour eux, pour lui …
Et c’est pour cela, que je n’ai nul regret à accomplir ce que je vais accomplir, car si ce n’est moi qui le fait ? Qui le fera ?
… Elle.
Elle, ma douce, tendre moitié, la personne que j’aime le plus au monde, elle dont le cœur bat au rythme du mien, elle, douce Asuna, douce jumelle d’âme et de sang …
Je ne peux, je ne dois, si ce n’est moi qui m’abandonne, ce sera elle, elle qui sera contrainte à le faire, elle qui le fera pour m’épargner tel châtiment, car c’est ainsi qu’elle le verrait, ma Asuna, qu’ils le voient, reste de ma famille.
Un châtiment nécessaire, un châtiment pour le plus grand bien. Mais qui reste avant tout et pour tout, un châtiment …
Ainsi, Père et moi nous trouvons à la bordure du cercle de runes, seuls, à l’insu de tous et toutes, cercle d’invocation, cercle de pacte qui liera pour l’éternité et peut être un peu plus, moi, Mako, à la créature surnaturelle que l’on nomme … Orochi.
Runes brillantes, luisantes de chakkra, à la couleur glacée, couleur que nous portons avec fierté, car c’est celle-ci qui teinte nos pupilles lorsque nous faisons appel, lorsque nous implorons les Eaux de nous prêter main-forte en période de crise, de guerre.
Que les Eaux me protège, si elles entendent ma prière désespérée, bien que je me sois promise que nulle peur, nul doute ne devait souiller mon âme résolue, inébranlable.
-Je reviendrai en moins de temps qu’il ne le faut, ne t’inquié- …
Et comme pour me faire douter de mes paroles, creuses au possible, arc électrique, bleu étincelle, s’éleva dans l’espace saturé de chakkra, cercle de runes, juste à la limite qui sépare rituel et zone pure … Comme si l’entité enfermée s’impatientait, menace implicite, invitation à fuir ou affronter le regard centenaire, millénaire même, de cet être surpuissant, éternel peut-être même.
Frisson qui parcoure mon échine, me glace entièrement, moi fille des Eaux …
Et le regard insistant, pressant de Père qui n’arrange rien, qui me donne envie de tourner les talons, courir pour ne plus jamais m’arrêter, nul regard à l’arrière, juste me préoccuper de ce qu’il y aurait devant moi …
Stupide fille que je suis, par simple esprit de contradiction, voilà que j’avance un pied à l’intérieur du cercle, chakkra agressant mon toucher, avant qu’un second pas vienne l’emboîter, que je me retrouve entièrement, complètement dans cette zone coupée de la réalité, du reste du monde, qu’angoissante, terrible et dévorante sensation s’empare de moi, m’empêchant de bouger, d’ouvrir la bouche, mots qui meurent dans ma gorge …
… Si peur …
Sotte que je suis, maintenant que je suis si proche du but, que mon courage flanche et ma volonté fléchit … Esprit écrasant le mien, pouvoir palpable, alors qu’il m’observe froidement …
Peur si peur …
Et un troisième pas suit enfin, secondes qui auraient pu paraître siècles avant de m’approcher de la fin de celle que je suis, pour donner naissance à une personne nouvelle, Prince Dragon, entité nouvelle issue de ma fusion avec l’Orochi, entité nouvelle qui les protégera tous …
Surtout toi, ma tendre moitié, ma tendre Asuna …
… Pardonne moi, je le fais pour toi, pour nous, pour eux tous …
Mes yeux se closent d’eux même, larmes perlant au coin de mes yeux, avant que je susurre :
-Es-tu là ..?
Vibrations du chakkra, son atrocement aigu et discontinu qui bourdonne à mes oreilles pour seule et unique réponse, me laissant plus seule que je ne l’étais déjà, me laissant plus angoissée que je ne l’étais déjà …
Nouveau frisson le long de l’échine. Pourquoi cela présage-t-il quelque chose de funeste ? Stupide que je suis ! Le simple fait que je sois ici est un présage funeste, stupide, sotte enfant …
Peur, si peur … Je ne céderai pas, je ne dois pas céder, non, non …
-Elle entend, et écoute, Toi mandatée par les Eaux pour en ma présence être convoquée.
Yeux écarquillés,
Perfide, sournoise, vicieuse créature qui ose reprendre sa voix … Comment ne pourrais-je la reconnaître, alors que sa sonorité m’est aussi familière que la propre mienne ? Douce et faible, ton toujours tendre, légèrement sucré, voix dont elle fait don à tous, alors qu’à moi, à moi, néophyte ne le comprendrai, même si elle et moi nous comprenons, subtilité dans sa voix, une voix encore plus douce à mes oreilles, dans laquelle je la sens enjoué, joueuse, malicieuse, subtilités que seule moi peut percevoir, subtilités qu’elle n’adresse qu’à moi et rien qu’à moi …
Perfide créature … Elle tente de me faire perdre le contrôle, mais elle n’y arrivera pas, non, pareille provocation ne peut ni ne doit m’affecter …
… Elle ose pourtant la reprendre …
Et voici sentiment inexplicable de meurtre qui vient à mon esprit, qui revient sans cesse alors que je tente de le retirer. Et j’ai peur, si peur, de perdre le contrôle, de constater que je le perd, que des sentiments qui ne sont miens m’envahissent et s’imposent plus puissants, persistants …
-Elle sait pourquoi tu es là, mandatée par les Eaux, elle et toi étiez destinées à être réunie, même si l’attente se fit plus longue que celle prévue …
-Destinées à être réunie ..?
-Deux éloignées l’une de l’autre, deux qui une fois réunies, auront la force de manipuler le Destin, de protéger ce à quoi elles tiennent le plus …
Voix douce, si douce, de ma tendre et douce moitié …
Larmes qui coulent le long de mes joues, sans aucune honte, sans nul regard à qui pourrait me surprendre, en sachant parfaitement que personne ne le fera, car seul Père et moi sommes en ces lieux et savons que nous le sommes.
Et Père ne m’interrompra pas, il sait ce qu’il en coûterait d’interrompre le dialogue …
-Elle est attentive à tes tourments, mandatée des Eaux Mako, et elle ne te laissera pas seule pour les, la protéger contre lui …
Voix sibylline qui s’infiltre dans mon esprit, qui me convainc peu à peu que ce n’est pas une déchéance, un abandon de soi, que c’est juste le mieux qu’il y a faire, le mieux qu’il y a à faire pour que nous soyons pas séparées, toutes les deux, deux qui ne font qu’une, comme l’a résumé si parfaitement l’Orochi …
-Que dois-je faire pour que nous soyons liées ..?
-Mandatée des Eaux, jeune, douce enfant, chuchote mon nom, juste chuchote le, et nos destinées se lieront pour ne faire qu’une …
-Je t’écoute, Orochi …
-… Saïshina …
Ai-je vraiment bien fait, à ce moment là, de répéter son nom ..? Maintenant que tout cela est si lointain, mais tellement proche à mes yeux, je crois que ce fut ma plus terrible erreur, ce fut la terrible erreur qui fait que aujourd’hui …
… Je sois toujours en vie …
-Saïshina, lie toi à moi, deviens moi, comme moi je me lies à toi, et que je deviens toi …
Ce que j’ai ressentie alors m’a fait l’effet … d’une rupture. Quelque chose en moi venait de se briser, sans que je ne sache jamais vraiment ce que ce fut. Juste cette impression de ne plus être complète, impression inexplicable, insensée, et qui me poursuit encore aujourd’hui … L’espace saturé de chakkra ne m’agressait plus comme il le faisait avant. L’impression incompréhensible mais désagréable que cette énergie m’était familière, que je venais de l’assimiler …
Quelque chose qui me dit, que je venais de faire la pire connerie que j’aurais pu jamais faire …
Plus de larmes aux yeux, comme si quelqu’un les avaient séchées …
… Et je craque.
Je tourne les talons, cours en direction de Père, envie enfantine, stupide, de retourner dans ses bras, me sentir protégée comme je me sentais protégée alors que je n’étais pas âgée de plus de dix hivers …
-Mako … Mako … Mako !
Voix qui s’impose à mon esprit, yeux qui s’ouvrent et se referment aussitôt, aveuglées, blessées par les rayons incandescents du soleil descendant, laissant place à sa sœur et jumelle Lune, dans les royaumes sombres de la Nuit.
Soleil que je suis, Lune qu’est ma douce et tendre moitié, douce Asuna …
Quelque chose dans la gorge qui me dérange, je tousse une fois, puis plusieurs afin de m’en débarrasser. Je me sens si fatiguée …
Je tourne enfin le visage vers Père, père qui m’a appelée alors que j’étais dans les limbes, limbes dans lequel j’ai plongée sans même savoir pourquoi, ni comment …
-C’passé quoi ..?
-Petite sotte … Tu t’es étalée sur le sol, maladroite que tu es, en trébuchant, de retour du cercle …
Des mots bien durs, mais sa voix me faisait clairement comprendre qu’il était inquiet. Et lorsqu’il est inquiet, il fait preuve de peu de tact …
Je ne peux pas m’empêcher de rire, alors que je me relève, tête me tournant un peu.
-Rhoo, mais c’est rien ! Tu vois bien que je me suis relevée, que j’ai pas de blessures ! Enfin, à part la grosse bosse qui commence à enfler sur le front, mais c’est pas grand-chose, ça partira tout seul …
-Petite idiote …
Mais pourtant, il m’adresse un de ses rares sourires que j’apprécie autant, avant de passer son bras autour de mes épaules, me soutenant afin d’empêcher une nouvelle chute, et me mener de retour au camp de la famille.
Hâte de revoir tout le monde, hâte de revoir Asuna, hâte de retrouver un endroit où je pourrais m’allonger, reposer mes yeux …
Et sur tout le chemin du retour, ni lui ni moi n’avons parlé, ni même évoqué ce qui venait de se dérouler, il y a à peine quelques minutes, ou heures, je ne sais plus vraiment … Il doit se douter, que je n’ai pas envie de me confier, que je tenais à ce que cela reste pour moi. Il devait savoir à quel point cette rencontre fut … Spéciale.
Voûte stellaire dans laquelle mon regard se perd, dans la contemplation des astres innombrables, points fugaces dans un océan de ténèbres, de l’astre lunaire qui fait office de Soleil pour nous, Aisu, et qui bien que plus imposant, se retrouve n’être qu’une île … Et si tout ces points lumineux venaient à s’éteindre ? La Lune se verrait-elle engloutie, happée par le néant ?
Pensée qui s’estompe, alors que j’entend un petit bruit mas, signe que quelqu’un s’est assis sur l’herbe juste à coté de la couchette sur laquelle je suis couchée.
Même pas besoin de tourner le visage pour voir qui c’est, je le devine aisément, après tout, c’était devenue une habitude pour nous deux.
-Mako-chan ! Tu es partie où cet après-midi ?
Je clos les yeux un moment, air pensif, air qui je le sais, impatiente un peu plus ma tendre et douce jumelle, elle si curieuse de nature mais si fragile de corps … Je tourne enfin mon visage vers le sien, si proche du mien, m’arrachant un sourire enjoué. Comme l’impression de me regarder dans un miroir, après tout, les mêmes traits, les mêmes boucles auburn, les mêmes yeux azurs … Beaux, si beaux, dans lesquels je pourrais me perdre, comme je me perds dans la contemplation de l’infinité stellaire, sauf que je pourrais m’y perdre pour l’éternité et un peu plus encore …
-Mako-chan ! Mako-chan !
Nouveau sourire, avant de répondre d’un ton désintéressé, désinvolte, d’une façon qui attise sa curiosité, afin qu’elle tente de me percer à jour, petit jeu malicieux auquel j’adore m’adonner avec elle, mais qui n’aboutirait que sur un mensonge, cette fois-ci …
Sensation de dégoût profond, de mentir à ma seconde moitié …
Mais il le faut, pour elle, pour moi, pour nous.
-Oh, trois fois rien, tu sais, l’habitude …
Je faisais un geste de la main, qui voulait dire que ce n’était intéressant. Et comme à son habitude, elle m’attaquait de nouveau avec un de ses regards désapprobateurs, accusateurs, ce genre de regard qui couplé à un tout, font d’elle qui elle est : La personne que j’aime le plus au monde.
-Rafraîchis moi la mémoire sur ce que c’est, l’habitude, pour toi !
Et au début, je crois que ce n’était même pas pour jouer avec elle que je la faisais attendre de telle façon, mais juste car je me sentais mal à l’aise quant à l’embêter sur la banalité de mon quotidien, lorsque celui-ci m’attirait loin d’elle. Et toujours, toujours, elle s’est intéressée au moindre de mes gestes, à la moindre de mes paroles, comme moi je le fais avec elle …
Je me sens si bien, avec elle …
-Père a souhaité me parler, il est inquiet à son sujet … Et il voulait que je sois sur mes gardes, on ne sait jamais, la famille Honoryuu … Décimée complètement il y a quelques semaines seulement … Il avait des amis, parmi eux …
Je fermais les yeux.
Je savais que si elle me regardait, elle saurait que je mentais, que je lui cachais quelque chose, et elle aurait insisté, tellement, m’aurait fait sentir mal à un point où je lui aurais tout révélé, jusqu’aux moindres détails … Mais je devais lui épargner ça, je le devais, elle s’inquiéterait tellement, cela pourrait même aggraver sa santé, elle si fragile depuis toute petite …
Je n’ai pas le droit, je dois mentir à ma moitié ne serait-ce qu’une fois dans ma vie, pour notre bien.
-C’est sûr … Je me rappelle encore de sa tête, quand il a appris la mort du vieux Finde’ … Ils étaient amis de longue date, c’est … c’est ignoble à quel point il fauche les vies comme si elles n’avaient aucun valeur, ignoble …
Sa voix se brisa.
Je la serrais dans mes bras, geste protecteur, sanglots déchirant mon âme, mais résolue à ce qu’elle s’apaise sans mon intervention. Et j’avais pourtant, tellement envie de me joindre à ses pleurs silencieux, tellement envie …
Enfin, son corps ne fut plus victime de soubresauts, mais elle tremblait désormais, alors qu’une chaleur accablante nous assaillait en cette nuit d’été.
Je devais être forte, pour nous deux, je ne devais pas l’abandonner, ma douce et tendre Asuna …
-Mako-chan ..?
-Oui, ma Asuna-chan ..?
-Tu me promets que jamais on ne sera séparées ?
-Tssk, petite sotte, depuis ma naissance je nous ai faites cette promesse …
Je tapotais du bout du doigt son nez, apaisée par son regard réconforté, sentant qu’elle se blottissait contre moi, posant sa tête contre le creux de mon épaule, battements de cœur s’élevant à mes oreilles, respiration lente, profonde et régulière, caractéristique du sommeil, se faisant entendre enfin.
Je me permettais d’écarter une mèche brune rousse de son visage paisible, avant de soupirer, heureuse.
Laissons le sommeil me restaurer, maintenant que nous sommes réunies …
Pourquoi, pourquoi n’y a-t-il que glace autour de moi ? Pourquoi ma douce et tendre jumelle ne se trouve plus à mes cotés, alors que je me réveille en sursaut, pour voir scène si inquiétante ? Entendre cris si angoissants, contempler cadavres glacés parsemant ce paysage de givre et neige ? Alors que je sais clairement ce que cela signifie, même si je refuse de le croire, que je tente de me persuader en vain que c’est juste un rêve, un mauvais rêve …
-Mandatée des Eaux Mako, tu sais ce qu’il doit advenir, pour notre bien …
Notre bien … Le bien d’Asuna et moi … Jamais séparées, je lui ai promis, je ne peux pas, je ne dois, plutôt mourir que le parjure …
-Prête moi ta force, Saïshina … chuchotais-je d’une voix abandonnée.
Et le néant tomba sans crier gare sur moi, alors que j’entendais un dernier susurrement : « Tes désirs sont miens, ma force est tienne … »
J’ouvre les yeux, subitement.
Un mauvais rêve, juste un mauvais rêve … J’éclate de rire toute seule, sentant la chaleur d’Asuna contre moi, mais aussi quelque chose d’humide contre ma poitrine, sûrement la pluie, ou des larmes nocturnes de ma tendre et douce jumelle … Je pose enfin mon regard sur elle, toute sourire …
Hurlement déchirant qui pourfend la colline.
Oh, ma douce et tendre Asuna, pourquoi toi et pas moi ..?
Pourquoi a-t-il fallu qu’il soit sadique au point de me laisser en vie, sans toi pour à mes cotés, coquille désormais vide ..?
Pourquoi Aisu Karasu nous a-t-il tous tué, sauf moi ? Pourquoi, pourquoi ..?
… J’ai oublié mon nom, je ne veux plus aucun attachement aux Eaux, plus aucun attachement à ma famille, plus aucun attachement à elle, plus aucun, aucun … Il ne me reste plus qu'à prier Kiriah pour le repos de ma famille, de ma tendre et douce moitié, parties à jamais, jamais, jamais ...

Uzumi Meloku- Genin de Kiri

-

Nombre de messages: 143
Age: 17
Réputation: 2
Date d'inscription: 12/07/2009
Feuille de personnage
Expérience:


(53/100)
Réputation:
Etat:

Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum












