[CE2] - Un Prix Pour l'Immortalité

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[CE2] - Un Prix Pour l'Immortalité

Message  Masashi Mura le Lun 2 Fév - 20:11

Satoshi Kagehisa était dans l’arène.

Cela aurait fait peur à presque n’importe qui ici ; Satoshi en duel. Il tenait les genin qui s’affrontaient un instant plus tôt, un dans chaque main. Il était droit, et regardait en direction des tribunes. La foule criait, menaçait de se disperser et de céder à la menace. Les équipes d’intervention se mirent en action ; ils ne bloquaient pas les sorties, pour éviter tout mouvement de panique, mais la dirigeait vers le côté opposé de l’endroit où on avait entendu l’explosion.

Masashi se téléporta. Il était dans une grande avenue, et les toits de Konoha auparavant si clairs et si colorés, étincelaient d’une ombre orangée. L’incendie se répandait. Des bruits de lutte éclataient, diffus, autour de la zone. Des cris également, fermes, des cris de ralliement. Konoha était attaqué. Masashi ne souriait pas. Il mâchonnait tranquillement le bout de sa cigarette, pour en ressentir plus vivement le goût âcre et piquant. Il était des moments où on pouvait mourir, des moments où on devait bien profiter d’un des petits plaisirs de la vie. La vie de shinobi a cela de bien qu’elle est brève, et que les excès n’en sont jamais totalement.

L’homme se redressa. Une ombre se dessinait face à lui. Une ombre fine, élancée, provocante. Un décolleté ouvert, un long manteau rouge et un chapeau. La jeune femme s’arrêta, pour jaugeait ce qui ressemblait à un adversaire. Masashi ne réagit pas. Il observait avec les oreilles les alentours. Ils étaient seuls dans les environs immédiats.

[Misa] – Je suis Misa, beau mec. Tu dis au revoir ?

[Masashi] – Bonsoir Misa.

Elle sourit, dévoilant une rangée de petites dents blanches.

[Misa] – Enfin quelqu’un d’humainement poli. Dis-moi, tu n’aurais pas perdu un Raikage ? J’en ai vu un une fois, juste sous ma botte.

[Masashi] – Ah. Il ne devait pas être très grand.

Misa joignit ses mains sur sa poitrine.

[Misa] – Et il a de l’humour ! Marions-nous.

Masashi n’eut pas de grandes difficultés à éviter l’éclair vif et blanc qui dévasta le coin d’une maison. Il se redressa, un genou et une main à terre. Elle voulait estimer sa force. Savoir si elle allait devoir utiliser tout de suite les grands moyens, ou si elle pouvait s’amuser un peu. Son attitude ne trompait pas un shinobi de la trempe de Masashi ; il en avait connu beaucoup, et il en avait tué beaucoup. Elle voulait paraître distraite pour l’impressionner, elle voulait qu’il s’interroge sur ses capacités réelles.

Il n’en avait pas besoin. Masashi ne perdait pas de temps à sous-estimer son adversaire. Il ouvrit la main, et détendit les muscles de son corps. La légère faiblesse n’échappa pas à Misa qui passa aussitôt à l’attaque, sans lame. L’homme se redressa, saisit le bras de la jeune femme avant que le chidori ne soit totalement formé et l’écrasa contre un mur. Il plaça avec vivacité son avant-bras sur sa gorge et pressa en forçant à l’aide de sa main libre. Misa se débattit mollement, la puissance brute du kuméen surprenait sa défense.

Il évita toutefois seulement de très peu une curieuse arme sphérique, pour ce qu’il en avait aperçu, qui lui érafla l’épaule. La douleur était étonnante, comme si elle explosait sur sa peau en myriade de petits points. Misa grimaça et se passa la main sur le cou, le visage encore très rouge. Un instant, elle avait vu la mort.

Quand elle releva la tête, Masashi savait que désormais, elle connaissait le niveau de son adversaire.

[?] – Putain ma grande mais tu déconnes ?! Tu vois les poings qu’il a ce mec ? Tu crois quoi, qu’il les utilise pour faire des putains de tricots ? Il les utilise pour étrangler les gonzesses, oui !

Misa lui jeta un regard noir. L’homme souriait tranquillement. Il se tourna vers Masashi. Il avait un œil qui ne bougeait pas. Il acquiesça dans sa direction.

[?] – Hey mon frère, faut pas se mettre dans un état comme ça ! Regarde, t’aurais pas frappé Misa, moi, je serais allé ailleurs. Maintenant, tu nous as tous les deux sur le dos, tu vois, pas cool.

[Misa] – Shin, dégages.

Masashi profita de l’occasion pour analyser son nouvel adversaire. Vêtements amples, l’un de ses bras était nu. Il était très raisonnablement musclé et ne semblait, visiblement, pas effrayé par le contact. Son arme était lourde, il l’avait senti au moment du choc, même très léger. C’était une chaîne singulière, où pendaient deux têtes ornées de piques. L’un d’eux était tâché de son sang. L’homme analysa ses options. Le dénommé Shin devait apprécier le corps à corps, seule occasion d’utiliser son étrange arme. La fille était clairement familière au raiton, pour en avoir fait deux fois l’utilisation en quelque temps. Il fallait donc mettre à l’écart l’homme, pour détruire la fille, et revenir vers le type. Le mieux était de réussir en une fois, là, afin de pouvoir porter assistance à d’autres secteurs.

Mais Masashi n’était pas prétentieux ; ces adversaires étaient au moins de son niveau, et peut-être un peu plus pour l’un des deux. Il n’arrivait pas encore à savoir lequel. Cela ne se jouait pas sur ce qu’ils avaient montré jusqu’à présent, ou sur les techniques ou les équipements qu’ils utilisaient ; mais dans l’attitude. La femme semblait faire la tête. Elle se passait encore la main sur le cou. Maniérisme, ou bien était-elle sincèrement affectée ? Si elle était à ce point fragile, Masashi savait qu’il pouvait l’écraser sans même prendre la peine de paralyser son acolyte. Mais les aléas du combat étant ce qu’ils sont, quelque chose lui disait que jamais Misa ne le laisserait s’approcher de trop à nouveau.

[Misa] – Je voulais juste voir s’il était bon.

[?] – Ouais, maintenant t’as vu, alors laisse-moi faire ma belle, je m’occupe de tout et toi, tu retires ton joli petit cul de mon œil pour ne pas me distraire.

[Masashi] – Renkei Kusari.

Misa écarquilla les yeux. Masashi se redressa brusquement et, de toute la force de son bras, tira. La jeune femme vola littéralement jusqu’à lui et, avant qu’elle ne le percute, il écrasa son poing dans son plexus. Un épais nuage de fumée en résulta, l’homme se déporta immédiatement sur sa droite pour éviter la contre-attaque de son adversaire. Deux boules d’acier jaillirent en fendant les volutes restantes pour s’enfoncer dans le sol. Masashi se tourna, se retourna à nouveau, et ne put éviter le coup de pied de la jeune femme. Son bras râpa à terre tandis que davantage de poussière se soulevait. Shin était déjà sur lui à nouveau, prêt à l’achever au sol. Avant qu’il n’ait le temps d’armer son bras, Masashi tapa dans son genou à une vitesse stupéfiante. Il en profita pour se relever et s’éloigner d’un bond.

[Misa] – Je ne sais pas si tu tiendras très longtemps tu sais... Sans vouloir couper ton…élan guerrier.

Shin faisait tournoyer son fléau. Ils allaient réattaquer et Masashi avait beau passer en revue ses options, non seulement elles s’amenuisaient mais en plus aucune n’apparaissait comme satisfaisante. Les mains de Misa s’épousèrent à nouveau, ses yeux pétillants posés sur sa victime. Le colosse noir arriva sur lui, son arme décrivant un arc de cercle mortel au-dessus de sa tête. Le corps de Masashi se cambra, et il grogna sous la douleur de la technique de la femme. C’était comme si son corps était branché à une prodigieuse source d’électricité, qu’il en était le conducteur et qu’il allait en mourir. Le fléau s’abattit.

[Haita] – Antei.

Masashi Mura
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Re: [CE2] - Un Prix Pour l'Immortalité

Message  Masashi Mura le Mar 3 Fév - 19:51

Le torse de Masashi s’ouvrit sous la puissance du coup. Le sang jaillissait par gerbe erratiques. L’homme recula, vaincu par la foudre et la blessure mortelle qui venait de le terrasser. Shin se tourna lentement vers son nouvel adversaire. Les yeux de Misa passaient de l’un à l’autre, du mort au vivant.

Haita se tenait à quelques mètres de là. L’aigle vert, avec son bec crochu de prédateur, prêt à déchiqueter les flancs offerts de ses ennemis. Il était tranquille, sa longue silhouette longiligne se découpant nettement dans l’obscurité rehaussée de flammes gourmandes. L’Immortel était leur nouvel adversaire, et Misa ne pouvait s’empêcher de se sentir effrayée et excitée par l’affrontement qui s’annonçait. On racontait beaucoup de choses sur ses exploits, et ils devaient avoir à peu près le même âge. Mais alors qu’elle peinait à maîtriser correctement les éléments, Haita se démarquait déjà au cours de missions de rang A. Il resserra son gant. Deux membres des forces spéciales – de Konoha, d’après le signe sur leurs masques – l’encadraient.

[Haita] – Misa Deita. Je crois que la traque touche à sa fin.

Le regard de Misa s’attarda sur le corps de Masashi. L’Immortel ne semblait pas affecté par cet échec. Antei, elle avait entendu ce nom. C’était une technique interdite de très haut rang, elle n’avait jusqu’à présent rencontré personne qui sache correctement l’utiliser. Elle observa les deux fentes noires de Haita.

[Misa] – Pour qu’Antei marche, il faut manger une pilule. Joli coup de bluff, mais ça ne marche pas.

[Masashi] – Les Immortels sont constamment sous l’effet de cette pilule. Notre intendant et ses gardiens aussi. Nous sommes des gens prudents.

Masashi se tenait plus loin, à droite. La blessure sur son torse était toujours visible, mais il ne semblait pas en tenir compte. Une technique terrifiante, et sordide. Que pouvait-on ressentir ? Haita devait percevoir la douleur de Masashi, tous ceux qui avaient ingéré la pilule devaient la ressentir. Et de leur côté, ils étaient tout de suite au courant dès qu’une blessure était portée. C’était ainsi qu’Haita avait su où retrouver le… gardien. Un hasard regrettable. Shin observait cela avec un désintérêt non feint. Il connaissait, bien sûr, Haita, mais cela ne l’impressionnait pas. Et pour cause. Misa sourit.

[Misa] – Et si on infligeait tellement de dégâts qu’il ne resterait plus rien de ton corps, cela marcherait ?

[Haita] – Pour cela, il faudrait encore que je sois plus mauvais que je ne le suis.

Il se retrouva face à Shin, en suspension dans les airs. Misa réalisa une épaisse barrière lumineuse tout autour d’elle, si bien qu’elle ne vit pas réellement le coup qui envoya Shin se briser contre un autre pan de mur. Haita était véloce, puissant, et ce n’étaient même pas ses atouts premiers. Un adversaire intéressant. Quel dommage que Misa ne soit pas tenue de le vaincre.

La jeune femme fit s’abattre au sol trois éclats de foudre successifs. Hélas, l’élément à cela d’insoumis qu’il est parfois difficile de le faire frapper juste. Masashi était au moins aussi rapide que son homologue de Kumo, mais ne dit-on pas que aussi vite que la foudre ? Haita fut touché à l’épaule par un trait tout droit descendu des cieux. Il s’affaissa sans ralentir, toucha le sol d’une main, et rebondit de plus bel à l’assaut de la colonne blanche qu’avait dressée Misa. Sa technique était redoutable ; il frappait avec son poing nu, ce qui aurait dû le désintégrer aussitôt, mais il utilisait la régénération à une telle vitesse que son bras ressortait du piège mortel comme s’il venait de naître. Il cherchait à épuiser ses défenses, la densité de chakra autour d’elle ne laissait aucun doute ; il en fallait des quantités prodigieuses pour maintenir la barrière. Les deux ANBU de Konoha semblaient sécuriser les lieux tout autour, laissant le soin d’attaquer à Haita. Une fois qu’ils en auraient fini, ils se révéleraient sans doute ennuyeux.

[Misa] – Enma Koorogi !

La colonne disparut aussitôt, engloutie par les ténèbres nouvelles. Le silence assourdissant les laissa interdit un instant. Haita se passa la langue sur les lèvres, derrière son masque. Il le sentait, il le sentait si bien que cela embrumait son esprit. Kaeko était attaquée, et blessée. Il tenait le fil de sa vie entre ses doigts, et la jeune femme s’y abandonnait en totale confiance. Mais si le fil venait à se briser, si Haita, pour une raison inconnue, souffrait plus qu’il ne pouvait en endurer, alors il ne pourrait plus maintenir le lien. Il ferait tout pour lâcher celui de Shigeo et de Kaeko en dernier.

Mais il savait de quoi Misa était capable. Elle avait dévasté le temple du Raikage avec un Kirin prodigieux. C’était bien cette chimère que redoutait l’Immortel. Si c’était elle qui fendait ce couvercle noir opaque, il faudrait réagir aussitôt. Plus vite que la foudre, sourit-il. Il y eut un bruit sourd et distinctif de corps qui s’effondre.

[Masashi] – Imprudente.

Haita tendit l’oreille.

[Masashi] – Kengyou Ryuu… Hakuchou no Kamae.

Masashi avait vécu longtemps, pour un shinobi. Trente longues années à s’améliorer, à acquérir toujours un peu plus de force. Il avait voyagé loin, et il avait appris beaucoup. Son entraînement dans la fameuse école Kengyou ne remontait pas à si longtemps. Il n’avait que vingt-trois ans, et pourtant, chaque technique qu’il avait accumulée, chaque enchaînement qu’il avait maîtrisé, était terriblement clair dans son esprit. Lorsque son poing morcela l’obscurité pour fracasser les côtes de Misa, il sut que tout ce temps avait été sagement employé.

Le jardin noir s’évanouit, se ramassa sur lui-même pour disparaître à terre. Aussitôt, les toits enfumés de Konoha reparurent, l’odeur de brûlé leur piqua à nouveau les narines, et l’urgence d’aider la population civile se fit à nouveau sentir. L’un des membres de Konoha était à terre, agonisant mais pas encore mort. Misa s’était déjà redressée. Elle cracha un peu de sang, et se passa la manche sur les lèvres. Elle souriait étrangement, comme surprise de l’ironie du sort.

[Misa] – Tu es plein de surprises, Masashi. J’aurais sans doute dû t’écraser dès le début.

Avant de sacrifier tant de chakra, pensa-t-elle. A sa gauche, un grand homme s’était relevé d’un éboulis, et de petites pierres s’écoulaient sur lui pour retomber à terre. Il s’époussetait bruyamment en grommelant.

[Shin] – Merde putain, il tape fort ce salopard.

Haita se porta aux côtés du shinobi de Konoha et posa ses doigts sur la plaie fine et nette. Masashi ainsi que l’autre homme masqué bondissaient l’un sur Misa, l’autre sur Shin. L’ANBU ne laissa pas le temps à l’homme de main d’Asahi de poursuivre sa longue litanie injurieuse. D’un geste souple il sortit son katana de derrière son dos et l’enfonça jusqu’à la garde dans son foie. Le colosse cligna des yeux, la tête baissée sur son adversaire. Il ouvrit la bouche à deux reprises, comme muet, recula d’un pas mais restait fermement tenu. Il cracha un peu de sang, toussota un peu sur le masque blanc de l'ANBU. Ce dernier ne lâcha rien, et sembla même tourner un peu la lame, pour assurer sa prise.

Finalement, n’en pouvant plus, Shin éclata de rire.

[Shin] – Avoue que… T’y as cru, hein ?!

Il appliqua son bras gauche contre le ventre de celui qui portait le katana. A trois reprises, un long jet enflammé incroyablement dense traversa son corps. L’homme se renversa en arrière et tomba, mort. Haita se redressa calmement, les yeux fixés sur le bras fumant. Il n’était pas exactement terminé par une main humaine, mais par une cavité sombre, de laquelle était sortie les traits lumineux et mortels. Shin s’étira, s’ébroua à grand renfort de grognements, et fit tournoyer son arme.

[Shin] – Amène-toi.

[?] – Eh bien, eh bien. On a commencé sans moi ?

La voix traînante, moqueuse et geignarde. Une voix qui avait marqué l’enfance d’Haita. Il se souvenait du regard avant de l’apercevoir, à la lueur d’un bâtiment incendié. Le petit homme, presque voûté, observait placidement la scène, un long sourire étirant ses vieilles joues mangées par un début de barbe. Urasa Yûmito.

[Urasa] – Comme je suis heureux de te revoir Haita ! Tout ce temps, sans une lettre ? Shin, laisse-moi l’Immortel, tu n’es pas de taille. Je te laisse les autres chiens.

Masashi Mura
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Message  Misa Deïta le Ven 6 Fév - 14:02

Le corps de Haita était resté bien droit. Son cœur, pourtant, avait manqué un battement. L’air frais des nuits de Konoha s’infiltrait dans les interstices de son masque, dans la fente de ses yeux et même jusqu’à son cou, comme une lame froide appliquée par un ennemi consciencieux. Il ne tremblait pas ; depuis longtemps maintenant, il avait revêtu le rôle de l’oiseau de proie, de l’orfraie fatal qui agit sur le destins des hommes.

Tu es celui qui choisis qui doit mourir et qui doit vivre, Haita, n’oublie jamais l’importance de tes choix, disait son maître quand il avait encore un souffle pour agiter sa poitrine.

Le vieil homme se redressa de peu. Il marchait sans arme. Ses longs doigts fuselés se frottaient les uns contre les autres, d’une manière machinale, et il était curieux d’entendre la douce sonorité produite. Cela lui rappelait le parchemin froissé. Les yeux lumineux dans l’obscurité étaient fichés sur Haita.

[Haita] – Urasa.

Urasa eut un sourire sinistre. Il exécuta une parodie de révérence, sans quitter l’Immortel des yeux. Et à travers ce regard, les souvenirs remontaient.

***


Une matinée nuageuse, avec un ciel presque gris.

Haita était en avance, comme à son habitude. Il gravissait les marches avec célérité. Il était serein. Son exploit de la veille résonnait encore à ses oreilles. Le plus terrifiant avait été le silence glacé qui l’avait accueilli, tout d’abord. Il avait levé les yeux sur son professeur, en quête d’un soutien, et il s’était demandé s’il n’avait pas fait une erreur.

Quand il rencontra le regard de son maître, il comprit que non.

La haute tour du village de Kumo avait peu à peu été quittée. Il s’agissait, il se souvient parfaitement de l’histoire, d’une tour de guet lorsque le village n’était encore qu’un assemblement douteux de bâtisses en bois. La géographie particulière du Pays de la Foudre, avec ses montagnes gigantesques et ses lacs intérieurs gênait la visibilité. Alors le dirigeant de l’époque, qui était davantage un chef de tribu qu’un Kage, entreprit la construction de cette tour à l’œil implacable. On disait qu’il fallait six hommes à son sommet pour avoir une vision parfaite du monde, et un adage de l’époque signifiait « Douze yeux pour la sécurité, une main pour l’épée », ou quelque chose d’approchant.

Aujourd’hui, la tour avait perdu de sa superbe, mais elle offrait une tranquillité particulière et Haita, sans qu’il ne se l’explique, y était très attaché.

Son maître était là, son dos massif penché sur le paysage qui s’étendaient sous eux. Haita s’arrêta, sans bruit. Son maître savait qu’il était là ; il le savait toujours. Il ne s’intéressa tout d’abord pas à lui, puis finit par murmurer.

[Urasa] – Il y a quelque chose de terrible dans ton destin, Haita. Tu es celui qui choisis qui doit mourir et qui doit vivre, plus qu’aucun d’entre nous.

Il se tourna lentement, ses traits sérieux déridés par un doux sourire.

[Urasa] – Tâche de ne jamais perdre de vue l’importance de tes choix.

Hier, Haita avait partagé les blessures mortelles d’un équipier. Aujourd’hui, il allait ramener à la vie un mort.

Et le monde dormirait sagement au creux de sa main, et personne ne lui fera de mal.

Jamais.

***


Urasa avait été un grand théoricien de la médecine.

Il fut l’un des premiers à réellement démarquer Kumo comme un village d’éminents médecins. A bien y regarder, il participa grandement à donner à la médecine un usage au combat, à les faire quitter leurs hôpitaux pour rejoindre le cœur de la bataille. Cette méthode, critiquée, fit des miracles en quelques semaines. Le pourcentage de perte diminua drastiquement. Encouragé par ce succès retentissant, Urasa s’enfonça plus loin. Ses livres se vendaient à travers le monde, et leur complexité s’accrue en même temps que les connaissances de ses lecteurs.

Puis il rencontra Haita.

Un génie. Plus que cela, bien plus. C’était l’essence de l’Eisei. C’était la vie et la mort mêlée, qui avait accouchée d’un rejeton magnifique, d’une divinité. Dès six ans Haita se révélait déjà intriguant, pour ses professeurs. Mais ce ne fut que lorsqu’il eut treize ans que son potentiel explosa réellement. Quelle beauté ! Quelle grandeur ! Urasa s’en souvenait aujourd’hui encore avec une netteté parfaite, comme un souvenir préservée par du papier et une vitre. Haita avait posé sa main, sa petite main d’adolescent, sur le cœur d’un homme mort. Il avait les yeux grands ouverts, et il murmurait à voix basse.

Et l’homme mort lui rendit son regard.

Haita ne recula pas, ne frissonna pas. Il sourit doucement. « Bienvenue chez toi », avait-il murmuré très simplement.

Urasa le prit sous son aile à partir de ce moment-là. Les dirigeants virent aussitôt le génie chez ce garçon – qui ne l’aurait pas vu ? Il était aussi éblouissant qu’un rayon de soleil sur une rivière. Et plusieurs mois plus tard, il développait des prémices de techniques inouïs.

Antei. L’équilibre parfait ; une légende mal maîtrisée jusqu’à lui. Haita Neko.

***


Masashi cracha un peu de sang. Il y avait des vérités sur un champ de bataille qui jaillissaient plus clairement que l’eau d’une cascade. Il ne faisait pas le poids contre la femme. Elle était désarmée, agenouillée comme lui, à quelques mètres à peine. Elle l’observait. Aucun des deux ne s’essayait à sous-estimer son adversaire. Ils s’étaient évalués avec précision pendant les premières minutes du combat, et désormais ils en arrivaient à la même conclusion.

Que Shin intervienne ou pas, Masashi n’en avait plus pour longtemps.

Ses blessures étaient superficielles ; en plus des quelques égratignures glanées au départ, il arborait désormais une entaille peu profonde sur le flanc droit, son épaule avait du mal à se bouger suite à un choc contre un mur, et l’un de ses genoux avaient de grosses faiblesses. Sans compter, bien sûr, un Chidori presque réussi qui avait manqué lui arracher un poumon. Quelque chose lui disait que Misa n’avait plus guère de chakra à dépenser. Mais quelque chose de plus important le perturbait, dans ce combat.

Il y avait ici trois ennemis. Il connaissait Urasa, et avait entendu parlé de Shin ; il avait poursuivi Misa après qu’elle eut attaqué Kumo, mais sans succès. Ils prenaient le temps de combattre. Pourquoi ? Ce ne pouvait être leur objectif. Porter le combat à Konoha, alors que les délégations ont amené quelques uns de leurs membres les plus puissants ? Non. Ce qui laissait deux options. Soit ils avaient un objectif déterminé et les hommes de mains avaient pour mission de ralentir les équipes d’intervention ou de créer des nœuds de tensions. Soit ils couvraient un événement qui se déroulait à peut-être des milliers de kilomètres d’ici. Un village attaqué ? Une diversion sur la durée ?

[Misa] – Tu rêves ?

Masashi leva la main, par réflexe, avant que son esprit reprenne le contrôle de son corps. La lame tapa contre un os, mais ne parvint pas à se ficher dans sa chair. Il fit grincer ses gants, et bondit en avant. Plus loin, derrière lui, il entendait Shin au prise avec le dernier membre des forces spéciales. S’il tenait encore un peu, peut-être que… Il ne cligna pas des yeux. Le choc n’avait pas été violent. Très doux, il s’était insinué en lui comme si cela avait été sa place légitime. Misa était toute proche ; Masashi pouvait humer son parfum. Son cou était légèrement humide, elle transpirait. Les yeux noirs de l’homme trouvèrent ceux de la femme. Elle le dévisageait, les yeux légèrement froncés.

Ils se plissèrent davantage lorsqu’elle retira le pique de pure foudre de l’abdomen de Masashi.

Il ne l’avait pas vu activer cette forme du Chidori. Elle avait dû le faire lorsque son attention était attiré ailleurs. Ou peut-être lorsqu’elle a invoqué cette curieuse protection, au tout début du combat. Elle l’aurait maintenu aussi longtemps ? … Masashi tomba à genoux, le souffle court. Il tâta la blessure. La manteau entrouvert de Misa, ses longues jambes tournées vers lui. La tête lui tournait. Il leva les yeux. La femme avait armé son bras, prête à frapper une toute dernière fois. L’électricité se concentrait dans sa main, se transformait en une nouvelle arme. Une nouvelle arme.

La lame plongea. Masashi fit une main ferme saisir celle de Misa, et l’éclair mourir presque aussitôt, coupé dans son élan. Un masque lui rendit son regard. L’homme aurait volontiers sourit, s’il n’avait pas eu tellement peur de grimacer.

[Kaeko] – Je m’occupe d’elle. Va récupérer un peu, Masashi. Tu t'es bien battu.

Misa grogna doucement, et chercha à se dégager de la prise de la jeune femme.

[Misa] – Encore une foutue Immortelle.

Le regard de Kaeko se posa sur Haita. Ainsi… il se battait contre Urasa. Ce jour devait arriver, tôt ou tard. Et Haita ne perdrait pas. Elle se tourna vers Misa et serra plus fermement sa main.

Haita ne perdait jamais.

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Re: [CE2] - Un Prix Pour l'Immortalité

Message  Misa Deïta le Mar 10 Fév - 20:27

Je n’ai plus de chakra. Je n’ai plus de chakra, et cette garce me fait mal.

Misa n’avait pas le temps de réfléchir. Le visage blanc de Kaeko le dévisageait sans expression, un masque. Elle ne s’abaissa pas à regarder autour d’elle pour voir qui pouvait l’aider. Elle entendait Shin qui se battait contre un membre des forces spéciales et trois autres shinobi qui étaient apparus comme par un mauvais miracle. Cette expédition menaçait de prendre un mauvais tournant si Kikuria n’annonçait pas rapidement sa victoire.

Sa victoire… et la nôtre.

[Misa] – Lâche-moi, chérie.

Kaeko ne répondit pas. Pourquoi n’attaquait-elle pas ? Merde, qu’est-ce qu’il lui faut ? Elle n’était pas affectée par les arcs électriques qui couraient sur sa peau, presque invisibles. Misa ferma les yeux.

[Misa] – C’est bête. Tu devrais m’écouter.

Le poing de Kaeko rentra dans son bas-ventre. Le coup était puissant, mais pas assez pour faire reculer la jeune femme. Elle rouvrit les yeux et secoua la tête.

[Kaeko] – Je sens à peine ton chakra.

[Misa] – Ce n’est pas bien grave.

L’étincelle dans son regard noir fit plisser les yeux à Kaeko.

[Misa] – Kirin.

Kaeko, derrière son masque, écarquilla les yeux. Elle lâcha la main et recula, recula mais un peu trop tard. Plus rapide que l’éclair, disait Haita.

C’était un échec.

***


Haita tapa de toutes ses forces. Il sentit les os d’Urasa contre son poing, sa chair trembler sous la secousse. Le corps du vieil homme manqua basculer, mais sa prise était solide. Il hochait frénétiquement la tête, les lèvres tordues par un semblant de sourire. Il n’utilisait aucune technique, il ne faisait montre d’aucune résistance.

C’était très agaçant.

Haita se positionna de telle sorte à pouvoir garder un œil à la fois sur Kaeko et sur Urasa. Masashi s’était mis hors de portée, et Misa ne semblait pas désirer – ou pouvoir, pour être exact – l’achever. De toute manière, elle n’aurait pas pu. Haita ne l’aurait pas laissé faire. Les actions d’Urasa devaient avoir un but. Il avait des atouts qu’il conservait à l’abri, qu’il ne désirait pas utiliser. Il savait que Haita et son équipe étaient sous l’influence d’Antei. Il attendait peut-être que l’Immortel tombe à court de chakra ? Il faudrait se montrer patient. Ou alors... Haita se tourna une nouvelle fois vers Kaeko.

[Urasa] – Regarde… On sent la pluie.

Une partie du cerveau de Haita se disait qu’on ne pouvait pas regarder sentir la pluie, quand brusquement il comprit ce que voulait dire son ancien maître.

[Haita] – Kaeko !

La foudre s’abattit. C’était une concentration intense, toute l’électricité contenue dans ces nuages qui s’abattait. Haita joignit ses mains. Plus rapide que la foudre. Le choc le jeta à terre, et il se sentit cracher un peu de sang. Sa main le maintenait à genoux. Elle commençait à trembler. L’Immortel redressa la tête.

[Haita] – Yuwaeru Kunan… réussi.

Il sentit Urasa se précipiter sur lui, prêt à profiter de sa faiblesse. Kaeko se trouvait à quelques pas à peine. Elle n’avait rien. Elle allait se reprendre dans quelques secondes maintenant, et continuer le combat. Haita fut soulevé du sol par la poigne du médecin, et projeté une dizaine de mètres plus loin. Il cracha à nouveau un peu de sang, avant de s’immobiliser. Il percevait la course d’Urasa à terre. Pam… Pam…

Il ne percevait plus les fils de Masashi et d’un autre Immortel, Tadashi. Il avait dû les lâcher suite au choc. Impardonnable.

Il arrêta le tibia d’Urasa avant qu’il ne le percute.

[Haita] – S’il te plaît Urasa. Meurs cette fois-ci.

***


La foudre ne les frappa pas toutes les deux. Misa, d’une habile roulade, se mit hors de portée quelques millisecondes avant que la foudre ne frappe. La jeune femme observait sa technique et respirait avec difficulté. Elle détestait cette sensation. Son Kirin était faible comparé à celui qui avait soufflé le toit du Temple du Raikage. Elle ne pouvait guère faire mieux sans chakra. Une solution d’extrême nécessité, qui avait ses risques. Pendant quelques temps, il semblerait que Misa Deita soit peu utile à son organisation.

Elle se rattraperait plus tard.

Shin la rejoignit, son fléau posé sur l’épaule. Il regardait la technique de son œil unique avec un mélange d’admiration et de plaisir malsain. Il s’y connaissait, en puissance des vents, cela ne faisait aucun doute. Le sang qui goûtait de son arme ne laissait aucun doute au destin de ses ennemis. Misa détourna les yeux, et demeura accroupie.

[Shin] – Elle est pas crevée, la salope.

Misa maugréa.

[Misa] – Ouais ouais, ça m’aurait étonné aussi…

Tuer un Immortel, ce serait elle qui serait entrée dans la légende. Et tant qu’à faire, autant l’éviter.

Kaeko reculait. Ses yeux étaient baissés sur Haita, et elle se sentait en colère de ne pas avoir su prendre soin d’elle-même. C’était si ridicule… de se faire sauver par Haita, de le mettre en danger parce qu’on a été imprudent. Haita et Masashi avaient malgré tout plus d’expérience qu’elle. Elle avait beau être l’un des plus puissants éléments de Kumo, il n’en demeurait pas moins qu’elle apprenait tous les jours un peu plus. Masashi disait que la seule erreur que pouvait commettre quelqu’un de puissant, c’était de sous-estimer son adversaire. Si on se refuse à se laisser aller à cela, disait-il, on ne pouvait pas perdre. Ou pas avoir honte de perdre.

Le regard de Haita. Il lui disait de poursuivre son combat, que cela ne se finissait pas encore, qu’ils avaient une mission à accomplir ici. Elle se détourna et évita le coup de Shin. Kaeko reculait sous les assauts adroits, et observait l’homme prendre un plaisir évident à ce combat.

[Shin] – Troisième gonzesse que je tue, ça se fête.

Kaeko arrêta son bras, mais Shin força et entra en contact avec son épaule. Elle fut étonnée par sa force. Il avait beau avoir une carrure impressionnante, elle n’avait pas pensé qu’il puisse lui faire mettre genou à terre.

[Shin] – Mais j’ai bien envie de faire ta tête, tiens. Pendant qu’elle est encore sur tes épaules.

De sa main libre, Shin passa ses doigts sous le menton de Kaeko et tira d’un coup sec. La tête de la jeune femme fut tirée vers le bas, mais le masque ne céda pas. Elle profita de cette interruption pour libérer son chakra tout autour d’elle, en de légers arcs blancs. Shin s’écarta. Et Kaeko attaqua. Elle sortit la lame qu’elle portait dans son dos. C’était une arme étrange, pourvue de deux tranchants, mais creuse en son centre. Shin l’observa sans ciller, puis se fendit pour parer le coup ample. Son arme était gênante en défense et Kaeko, plus rapide que lui. Il grogna en essayant d’éviter les nombreux coups. Quand ceux-ci effleuraient sa peau, ils ne causaient pas beaucoup de douleur mais la sensation du sang qui coule est incommodante. Shin ne pouvait plus toucher la jeune femme sans se mettre à la portée des éclairs qui couraient sur sa peau. Ce n’était pas la bonne stratégie pour la combattre, Shin le savait bien, mais il rechignait à montrer ses autres talents. Il préféra simplement faire exploser son chakra de sorte à repousser la jeune femme un peu plus loin, puis il envoya l’une des boules contre Kaeko. La chaîne qui la retenait s’étira, sous le regard stupéfait de la jeune femme. Celle-ci écarta les jambes juste avant l’impact ; la boule s’enfonça à terre en soulevant un léger nuage de poussière, et elle pouvait presque sentir les piques caresser l’intérieur de ses cuisses.

[Shin] – Hé… On voit que t’as l’habitude, hein, d’écarter les jambes.

Kaeko grimaça, arqua son dos en arrière, posa une main à terre, et se remit sur ses jambes avec grâce. Son adversaire tira brusquement sur la chaîne, et la boule revint à lui. La force de son bras lui évita de le perdre.

Kaeko ferma les yeux. Elle ressentait trop de choses ; la douleur de Masashi, sa poitrine encore ouverte qui le faisait souffrir. Celle de Haita, qui s’était relevé et qui combattait Urasa plus loin. En se concentrant, elle sentait également la respiration de Shigeo. L’Intendant était protégé par les deux derniers Immortels. C’est lui qui a insisté pour que Kaeko parte. Il l’a vu se raidir et tourner son visage blanc vers un point indistinct. Elle a soufflé « Haita », et Shigeo avait alors posé sa main sur son bras. « Rejoins-le Kaeko. Je pense qu’il a besoin de toi à ses côtés. Tadashi, Nobuko et Masaki sont bien assez pour moi. » Elle avait essayé de protester, de lui dire que Haita ne voudrait pas qu’elle vienne. Il avait secoué la tête doucement et il avait sourit. Elle comprit qu’elle devait y aller, et qu’il lui donnait l’excuse d’obéir à un ordre informulé.

Elle fut heureuse de le faire.

[Kaeko] – Raiton. Gi…an !

Elle hurla la dernière syllabe. La technique, prodigieuse, souleva un épais sillage de poussière. Toutefois, elle passa à un bon mètre à côté de Shin. Ce dernier observa le Gian s’écraser plus loin, sans plus d’effet. Il reporta son regard incrédule sur Kaeko. Peut-être avait-il frapper un peu trop fort et…

[Kaeko] – Kameno Gian.

La jeune femme se raidit légèrement tandis qu’un nuage noir se matérialisait à ses côtés. Il était blanc, craquelé et Shin de là où il était pouvait ressentir la sombre énergie qui s’en dégageait. Kaeko retira le masque qu’elle portait, et dégagea d’un mouvement de la tête ses cheveux. Shin opina.

[Kaeko] – Satisfait ?

[Shin] – Grave. Je bande.

Kaeko survola le masque de chakra, et se l’appliqua sur son visage préservé. La sensation de la matière qui se colle sur la peau était détestable et angoissante. Shin ne lui laissa pas le temps de poursuivre et s’élança sur elle, décrivant des cercles avec son fléau. Le sentiment de puissance menaçait de submerger Kaeko ; c’était comme être entier, enfin. Mais le masque était traître et trompeur, il mentait, murmurait des paroles doucereuses pour dominer totalement ses porteurs. Kaeko le repoussa.

Ce n’était qu’un objet.

[Kaeko] – Raikiri… Sempuu.

La foudre commença à s’amasser dans l’ensemble de son bras, crépitant d’une énergie noire et mauvaise. Kaeko fondit sur Shin. De sa main libre, elle saisit le poignet de l’homme et l’empêcha d’achever son coup. La boule lumineuse qu’elle tenait se ficha dans le ventre de l’homme d’Asahi. Kaeko se dégagea, saisit son katana d’un coup de pouce et se retourna pour frapper la poitrine de Shin. Elle se téléporta dans son dos, frappa à nouveau, puis apparut à ses flancs. Sa lame et son genou s’enfoncèrent de concert dans les flancs exposés du colosse.

[Kaeko] – Raikiri Nirentotsu !

Les deux poings de Kaeko se chargèrent de deux Raikiri, qu’elle enfonça en même temps dans le corps de Shin. Elle se recula de deux pas et d’un geste vif, ôta le masque et l’envoya se briser contre un coin de mur. L’Immortelle observait sa cible calmement, en essayant de récupérer son souffle. Shin se tenait bien droit, les bras écartés pour mieux observer le travail de la jeune femme. Il siffla d’admiration.

[Shin] – T’abuse !

[Misa] – Shin. Arrête de frimer et ramène-toi. On s’en va.

La jeune femme atterrit à ses côtés et grimaça en observant les blessures qui se refermaient lentement. Kaeko avait une main sur la poitrine, elle haletait. Misa lui adressa un beau sourire et un clin d’œil.

[Misa] – Tu es toute mignonne sans ton masque. Et tu es encore plus mignonne puisque tu auras du mal à nous rattraper. Alors, à une prochaine fois, Immortelle. Mais ne te presse pas trop.

Misa saisit Shin par le vêtement et tira violemment. L’homme se baissa juste à temps pour ramasser son arme, sans cesser de maugréer.

[Shin] – Je suis blessé, et elle m’a fait mal, et toi, tu ne me fais même pas de câlins. Tu sais, même un petit, juste le temps de sentir tes énormes arg…

[Misa] – Je n’ai plus de chakra, mais tu as toujours quelque chose de fragile entre les jambes. Ou peut-être pas.

Kaeko était trop fatiguée pour leur donner la chasse. Quelque chose lui disait que c’était ainsi que cela devait se terminer. Elle observa les deux silhouettes disparaître dans les ténèbres de la rue. L’Immortelle se leva et se dirigea à pas traînants jusqu’à Masashi. Elle posa une main sur son épaule et se pencha. Il hocha durement la tête, mais il allait bien. Kaeko lui murmura quelques mots et se dirigea vers Haita. Il se tenait droit, tourné vers là où avait disparu Asahi. La jeune femme posa sa main au creux de ses reins, et son front sur son épaule.

[Kaeko] – Urasa ?

[Haita] – Parti.

Il posa ses doigts sur la main de Kaeko, et la serra doucement.

[Haita] – Pour l’instant.

Misa Deïta
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Re: [CE2] - Un Prix Pour l'Immortalité

Message  Namikaze Iki le Lun 16 Mar - 13:28

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Namikaze Iki
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