Bar - Restaurant de Konoha

Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet

Page 16 sur 16 Précédent  1 ... 9 ... 14, 15, 16

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Re: Bar - Restaurant de Konoha

Message  Akizuchi Hayasa le Sam 30 Mai - 3:48

La question avait doucement et délicatement fusé des lèvres de la kunoichi. Dans un murmure, elle avait peut-être voulu dissimuler la gêne qu’avait instillé en elle le compliment d’Akizuchi. Qui n’en était pas vraiment un, au demeurant. Seulement une impulsion qui s’était imposée à lui, un élan qu’il n’avait pu s’empêcher de partager avec elle. Et en cela, il avait été parfaitement sincère. C’était une juste vérité : ses yeux étaient magnifiques. Rien de plus, rien de moins. Il eut un doux sourire alors qu’elle portait son doigt à ses lèvres, goûtant la goutte de saké qui glissait sur sa peau. Il s’apprêta à répondre, lorsqu’il la vit partir. Se perdre dans ses souvenirs, dans ses pensées, il n’en savait rien. En tout cas dans un monde qui n’appartenait qu’à elle seule... Il décida donc de la laisser à ses rêveries. Lorsqu’elle reviendrait parmi eux, qu’elle le regarderait de nouveau, il répondrait. Il ne voulait pas la brusquer, il ne voulait pas risquer de saper cette confiance qui semblait naître entre les deux jeunes gens, en l’arrachant à une souvenance à laquelle elle tenait.

Il réfléchit donc à la question, de son côté. Appartenir à un clan... Elle n’aurait pu poser question plus facile, et pourtant, il était tellement compliqué de trouver les mots justes... L’enfance des Hayasas étaient différentes de celles des enfants nés dans un village, qu’ils soient ninjas ou de plus humbles conditions, si tant était que la condition shinobi s’élevait au-dessus des autres. La nature était le premier compagnon d’un nouveau né de leur clan. Ils naissaient en forêt, grandissaient sans prétention, entourés d’adultes aimants dans un cadre champêtre, presque parfait. Puis, lorsque venait l’adolescence, les choses changeaient. Étaient formés des ninjas, non plus de simples hommes. Initié à l’art shinobi, à la guerre et à la géopolitique, ils étaient plongés dans un monde de chaos, poussés par la seule force de leur patriotisme envers le clan et son histoire. Et envers Iwa, le village disparu qui malgré tout faisait leur fierté. Akizuchi ne pourrait jamais le nier : il ne se sentait pas konohéen. Il était un shinobi de la roche, et il se battait et s’entraînait pour le village d’Iwa et non pour la feuille et le feu.

C’était ça avant tout, appartenir à un clan. Porter ses valeurs et ses aspirations à travers ses propres buts, ses propres exploits et ses propres progrès. C’était accomplir ce pourquoi tous les membres croyaient être nés : redorer le blason d’un clan banni, pour le cas des Hayasas. Et pour Akizuchi, appartenir à ce clan ne signifiait qu’une seule chose : progresser et devenir fort pour un jour en prendre la tête et les mener tous vers une nouvelle ère de prospérité, qu’ils méritaient selon lui. Ils avaient trop longtemps été écartés du monde ninja, et il serait bientôt temps de faire savoir à tous que le clan Hayasa était encore là, fort, grand et qui pouvait avoir une influence sur le cours des événements. Akizuchi et ses camarades n’imaginaient pas l’histoire future du monde sans leur clan. Et ce devait être la même chose pour la plupart des familles.
Appartenir à un clan était différent...
Il sourit, amusé. La réponse était devenue la plus simple de toute : Appartenir à un clan, c’était différent...

Il darda son regard sur Ine, qui semblait avoir abouti à ses propres conclusions. Elle le regarda, une moue étrange affiché sur le visage. Et lorsqu’elle parla, faiblement, Aki sentit que quelque chose avait changé. Elle approcha son visage de lui, et une mèche de ses longs cheveux noirs glissa sur sa joue, le chatouillant très légèrement. Il réussit à contenir son impulsion, qui l’aurait poussé à fermer les yeux et à ressentir au plus profond de lui ce contact délicat avec la chevelure de la belle. Au lieu de ça, il détailla ses lèvres, son nez, ses pommettes avec plus de précisions encore. Et lorsqu’il croisa son regard, il ne put s’empêcher de frissonner imperceptiblement. Il n’était plus qu’un éclair rouge au coeur de la tempête. Cela lui fit l’effet d’une douche froide, mais elle mit fin à son cours calvaire en détournant les yeux. Lasse. Elle parla de nouveau, en révélant encore sur elle-même, sur sa vie. Et sur son maître, sur lequel il n’avait pas osé l’interroger quelques minutes plus tôt.
Elle sourit. Ce vieil homme, dur et froid, elle semblait l’aimer. Peut-être jouait-il un rôle particulier, que leur relation surpassait celle d’un simple maître et de son élève, passant peut-être pour celle d’un grand-père et de sa petite fille... Mais le jeune homme ne pouvait que conjecturer.

Puis, la colère prit place, surpassant tout autre sentiment qu’elle aurait pu ressentir. Akizuchi haussa un sourcil étonné, s’interrogeant sur les raisons de cette rage soudaine. Elle sourit de nouveau. Froidement. Une nouvelle tempête se préparait. Comme une ombre au tableau, comme une goutte de vin trouble l’eau... Elle termina son saké et planta une nouvelle fois son regard tumultueux dans le vif écarlate de celui du jeune homme. Il ne put s’empêcher de les écarquiller, sentant une langue de chakra lécher son esprit, une lame de chakra trancher les résistances de son âme. Et elle y pénétra sans retenue, mettant à nu son intimité, révélant à son esprit colérique ses secrets les plus enfouis. Mais elle n’alla pas loin. Il la sentait au fond de lui. Il entendit sa voix à l’intérieur, mais il ne put rien faire pour la repousser. Elle lui avait glissé quelques mots au creux de l’oreille, tout du moins c’est ce qu’il avait cru. Il s'inquiéta de ce qu’elle pourrait trouver en son sein.

Le meurtre qu’il avait perpétré à cause de sa malédiction, ses secrets d’enfances, les souvenirs du village d’Iwa, les souvenirs de son père... Ses entraînements, ses doutes, ses peurs... Sa plus grande peur.
Toutes ces choses qu’il gardait en lui sans jamais les exprimer. Si elle avait voulu, elle aurait pu le réduire en miettes, l’annihiler simplement. Aucune barrière n’était érigée. Aucune résistance elle n’aurait rencontré. Juste un esprit faible qu’elle aurait pu écraser avec la puissance de son art, de son âme. Mais elle n’en fit rien.

Elle s’attaqua à la dernière chose qu’il aurait pensé vouloir garder pour lui. L’image de la “belle en kimono à l’odeur discrète”, analogie avec le saké, à laquelle il avait identifié Ine un peu plus tôt. Une image si respectueuse envers elle, si représentative de l’admiration qu’il vouait au Genjutsu qu’elle usait, et à sa simple compagnie qu’il trouvait agréable, qu’il ne comprit pas les mots qu’elle prononça ensuite. Un objet sexuel ?

Elle se retira d’un seul coup, furieuse. Il semblait à Aki qu’une lame de fond venait de balayer l’intérieur de sa tête, lorsque le chakra quitta son corps. Il resta hagard pendant de longues secondes, si perdu qu’il entendit à peine la kunoichi lui parler et disparaître dans la foule. Il secoua la tête lentement, reprenant pied avec la réalité. Et lorsqu’il tourna la tête, plissant les yeux pour la chercher, c’était trop tard : elle avait disparu.

Il écarquilla les paupières, et sembla pris d’une frénésie impatiente. Il saisit sa bourse et en vida la moitié sur le comptoir, sans se soucier de donner beaucoup trop au tavernier. Il se fraya un chemin à travers la salle, les yeux rivés sur la porte d’entrée. Et lorsqu’il sortit à l’extérieur, il vit la belle disparaître de nouveau, à droite, dans une rue adjacente. Il courut vers elle, bifurquant dans la ruelle. Elle était juste là, marchant devant, dos à lui. Il fit quelques pas rapides, et leva la main pour saisir délicatement son poignet. Elle sembla vouloir résister un instant, mais elle finit par se retourner et le regarder après qu’il eut murmuré “Ine...”.

Il la fixait simplement. Dans les yeux. Son regard rouge était empli d’une telle douceur qu’il en devenait presque irréel. Les nuages disparurent et la lune sembla les saluer de sa pâle lueur, tandis que ses rayons bleutés les frappaient directement. Pourquoi une telle rage... Comment était-il possible qu’une femme comme elle puisse cacher tant de haine au fond de son esprit... Il ne comprenait pas, mais ne cherchait aucune réponse, pour l’instant. Il voulait simplement s’excuser. Elle avait parcouru son âme et était tombée sur une représentation très éphémère qu’il s’était fait d’elle, mais cela avait été une erreur, semblait-il.
Il souriait doucement, tendrement. Il ne voulait pas la froisser plus encore.

“- Ine... Pourquoi cette colère ?... Il pencha la tête sur le côté. Malgré son sourire destiné à apaiser la jeune femme, lui montrant qu’il n’avait aucune intention belliqueuse, il semblait soucieux. Il se remémora ses derniers mots, qu’il venait de se souvenir. Rentrer à Kiri ? En pleine nuit ? La colère t’aveugle-t-elle à ce point ?...

Ce n’était pas une accusation ou une agression. Simplement un constat.

“- Je suis désolé... Ine. Cette image que tu as détruite... Tu l’as mal interprété... Il eut une moue contrite. Il lâcha son poignet. Tu étais en mon esprit. Je ne peux pas me défendre... Tu aurais du le voir, que je n’avais aucune intention de te juger. Tu n’es pas un objet sexuel. Je n’ai jamais eu cette pensée à ton égard.

Il recula d’un pas, et écarta les bras.

“- Doutes-tu de moi ? De mes paroles ? Pénètre encore mon esprit, et vérifie mes dires par toi-même... Je suis sans défense, ton esprit surpasse le mien... Je te respecte. Je respecte ton art. Le Genjutsu... Il est si puissant. Je t’avouerais qu’il me fait peur. Mais pourquoi la colère ?... Subitement, il se mit à rire doucement. Tu vaux mieux que moi en tant que shinobi, je pense...

Le vent se leva, et glissa délicatement sur le visage du jeune homme, faisant onduler sa chevelure grise. Il ferma les yeux, appréciant la caresse de l’air sur sa peau. Il inspira longuement. Il ne put s’empêcher de murmurer...

“- La nature est si parfaite... Il ouvrit les yeux et fixa de nouveau la belle. Il ne redoutait pas sa réponse, même s’il savait qu’elle serait peut-être dévastatrice. Si parfaite...

Il pencha la tête très légèrement sur le côté, une nouvelle fois. Attendant le verdict...

Akizuchi Hayasa
Aspirant de Konoha
Aspirant de Konoha

Masculin
Nombre de messages: 415
Age: 20
Réputation: 2
Date d'inscription: 03/01/2009

Feuille de personnage
Expérience:
1/60  (1/60)
Réputation:
Etat:

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Bar - Restaurant de Konoha

Message  Watagumo Ine le Sam 25 Juil - 17:36

On ne change pas quelqu’un de fondamentalement gentil, hein ? Ine esquissa un sourire et se retourna vers Akizuchi, qui s’excusait de tout un tas d’inepties dont il n’était pas l’auteur. Contrairement à elle, le jeune homme ne s’était pas durci face à l’adversité, il avait laissé couler et pire, il voulait se faire pardonner de ce qu’elle s’était montrer injuste avec lui. Il lui avait même demandé de vérifier dans son esprit sa sincérité, dont elle ne doutait pas. Un peu naïf, mais admirable.

« Ca suffit ! » chuchota-t-elle en pressant son doigt contre les lèvres d’Aki qui s’arrêta net, coupé dans son élan.

« Pourquoi t’excuses-tu alors que tu n’as rien fait ? »

Le jeune shinobi demeura perplexe, surpris encore une fois du changement d’attitude de la kunoichi. De nouveau la colère avait laissé sa place à la mélancolie dans les prunelles de la jeune femme, qui s’éloigna de quelques pas pour aller s’asseoir dans l’herbe d’un petit square. Il la rejoignit sans dire un mot et s’installa à côté d’elle sans plus prendre garde au sol détrempé. Un peu de vent troublait cette nuit étoilée, ramenant sur son visage les mèches d’ébène d’Ine. Celle-ci restait silencieuse mais elle cherchait les mots qui pourraient exprimer ce qu’elle ressentait. Etait-elle aveuglée par la colère ? Et, si oui, avait-elle pour autant le droit de la laisser éclater au visage de personnes telles qu’ Akizuchi, qui semblait s’intéresser sincèrement à elle ?

Ine ramena ses mèches en arrière, puis les attacha avec une petite pince pour qu’elles n’aillent plus gêner son compagnon. Elle hésita encore un peu mais la chaleur de la présence du shinobi eut raison de ses inhibitions. Alors, sans fard, elle se lança à corps perdu dans un monologue qu’Aki se garda bien d’interrompre, l’écoutant attentivement et sans impatience :

« Quand j’étais à la rizière j’en voulais au monde entier, parce que nous autres paysans valons moins que le riz que nous ramassons aux yeux des shinobi. Puis Ren’ai est arrivé, et il était différent. Quand il est parti, j’ai saisi la première occasion de le rejoindre à Kiri, pour appartenir moi aussi aux ninjas qui protègent les faibles.

Après le… viol… »


Ine s’arrêta, enfouissant son menton entre ses genoux. Elle ne voulait pas voir la réaction d’Aki à cet épisode douloureux de sa vie mais elle poursuivit comme s’il s’était agi d’une bagatelle, reprenant d’un ton plus ferme :

« …j’en ai voulu personnellement aux hommes, mais j’ai aussi pris conscience que si je voulais me débrouiller seule, il fallait que j’apprenne. J’ai poursuivi ma route, retrouvé Ren’ai et commencé mon enseignement en choisissant le Genjutsu. Je croyais, à juste titre je pense, qu’étant donné ma constitution c’est comme ça que je m’en sortirais le mieux. Et de fait, je me suis débarrassée de deux hommes grâce à ça.

Maintenant que Kenji est devenu mon maître, je souffre de cette dichotomie qu’il m’impose en refusant la jeune femme que je suis, me rendant étrangère à mon propre esprit. J’ai l’impression de n’être pas faite pour être une lame froide que l’on sort d’un fourreau. Qui a dit, après tout, qu’on ne peut devenir expert en Genjutsu quand on se laisse porter par ses émotions ? »


Les lèvres d’Ine se tordirent en une moue contrite tandis qu’elle fixait un point imaginaire face à elle. Une larme roula sur sa joue, heureusement du côté opposé à Aki. Elle faillit sursauter quand soudain la main de celui-ci vint couvrir la sienne. A la place elle sourit et, inclinant un peu la tête de côté, osa rencontrer de nouveau le rouge sang de ses yeux.

« Tu es une personne de grande valeur, Akizuchi. Ne laisse personne t’enlever ça, pas même le meilleur professeur de Taïjutsu qui existe. »


Avant que le shinobi n’ait eu le temps de répondre, Ine se pencha et déposa un baiser sur la joue de celui-ci. Elle était consciente d’encourager l’étrange inclinaison qu’il semblait avoir pour elle, mais pour ce qu’il lui avait appris bien involontairement cela en valait la peine.

La kunoichi se leva et épousseta ses vêtements, sans autre réponse qu’un sourire amusé à la mine abasourdie d’Aki. La lune était ronde et pleine et ne cachait aucun détail, éclairant presque aussi bien que le soleil. Ine se fit plus grave :

« Je dois vraiment y aller. Quelle importance qu’il fasse nuit ? Je suis une femme, jolie peut-être, mais maintenant tout à fait capable de me défendre. »


Elle tendit sa main au jeune homme pour l’aider à se relever. Leurs visages étaient si proches qu’Ine rougit et baissa les yeux. Une sorte d’éternité magique se produisit, de ces moments où l’on ignorera toujours ce que l’on a fait ou dit. Puis la jeune femme recula de quelque pas, se détourna et s’éloigna. Avant de disparaître toutefois, elle se retourna une dernière fois vers Aki pour lui adresser un clin d’œil espiègle et un sourire coquin…

Watagumo Ine
Genin de Kiri
Genin de Kiri

Féminin
Nombre de messages: 316
Age: 22
Réputation: 8
Date d'inscription: 30/09/2006

Feuille de personnage
Expérience:
65/110  (65/110)
Réputation:
Etat:

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Bar - Restaurant de Konoha

Message  Akizuchi Hayasa le Ven 18 Sep - 2:00

“- Et je...

L’index d’Ine, délicatement, se posa sur ses lèvres. Elle avait chuchoté pour le faire taire. Soufflé par le changement radical de comportement de son interlocutrice, le jeune homme ne réagit pas. Il se contenta d’entendre au plus profond de lui les mots qu’elle avait délicatement glissé au gré du vent. Ces mots qui le rassuraient, ces mots qui lui faisaient peut-être espérer que le malentendu soit oublié.
Il la regardait dans les yeux. Bien entendu. La tempête les avait quitté, remplacé par la douce brise de la mélancolie. Il ne dit mot, se contentant de l’admirer. Elle s’éloigna de quelques pas, s’asseyant sur le sol du petit parc. Il s’approcha d’elle, et, toujours silencieux, toujours les yeux fixés sur elle, il s’assit à son tour. Juste à côté. La fraîcheur de la terre ne le troubla pas, tout comme le murmure du vent ne le gênait pas le moins du monde. Alors qu’elle attachait ses cheveux, sûrement pour ne pas les avoir devant le visage sous les caprices d’Éole, il ferma les paupières.
La caresse de l’air nocturne était si agréable. Ses cheveux blancs semblaient onduler comme l’herbe sur la plaine. Lorsque le premier mot du monologue d’Ine retentit dans la nuit, il ouvrit les yeux et la regarda, l’air sérieux et concentré.

Il fut surpris dès ses premières paroles. Il n’avait jamais réfléchi à cela. La valeur des paysans par rapport à la valeur des shinobis... Il ne voyait pas pourquoi, comme elle le disait, certains ninjas pouvaient voir les paysans comme des êtres inférieurs... Après tout, même s’ils ne maîtrisaient par le chakra, leur travail était nécessaire à la survie du monde. Ils nourrissaient les hommes, et ils auraient dû leur en être reconnaissant, plutôt que de les dénigrer...
Puis, il écarquilla les yeux. Horrifié. Le viol ?...
Elle avait plongé la tête entre ses genoux.
Et lui, ferma ses paupières.
Il l’écoutait, toujours. Il ne savait pour quelles raisons, mais son coeur semblait pleurer. Douloureuse réaction, à cette douloureuse confession. Elle était si forte. Inlassablement, elle continuait à se confier. Pourquoi ? En avait-elle besoin ? Pourquoi à lui ? Il entrouvrit ses paupières, tournant doucement la tête vers elle. Il l’admirait. Bien sûr. Son esprit surpassait tout ce qu’il connaissait. Était-ce l’influence de ce maître, qu’elle semblait aduler, et pourtant tant haïr, parfois ?... Ou ces personnes dont elle s’était débarrassée ? Il mesurait à quel point cet aveu pouvait être difficile.
Il posa une main sur son propre coeur. Son secret le taraudait, lui aussi. Et une simple pensée lui faisait plus mal que n’importe laquelle des blessures. Une fillette... Il avait assassiné sauvagement une fillette. Contre son gré, contre sa volonté, certes... Mais cela n’ôtait pas le poids du péché.
Il arqua un sourcil à sa question. Puis, silencieux, ne soufflant mot de ses songes, il soupira intérieurement :
L’émotion est au contraire la force de l’esprit. Les émotions le surpassent, le renforcent... Mais en aucun cas, l’absence d’émotions ne surpassent cette force...

Il la regardait à présent. Son ton avait vibré un instant, et la moue qu’elle afficha ensuite fendit son âme en deux. Son coeur, également. Il céda à son impulsion, et, déposa délicatement sa main sur celle de la jeune femme. Il sourit très légèrement, la fixant en espérant croiser son regard. Et c’est d’un sourire qu’elle lui répondit. Leurs iris se lièrent. Rouge et gris se mêlèrent un instant. Et, lorsqu’elle parla, un frisson le parcourut tout entier. Il se serait risqué à rougir, à bégayer, à répondre, à la remercier, ou il ne savait quoi d’autre. Mais ses pensées s’envolèrent hors de sa portée. Ses mots lui échappèrent, ses convictions disparurent. Il ne sut que dire, et il n’aurait pu le faire, de toute façon. Sa gorge nouée et sa respiration devenue difficile l’empêchaient d’émettre le moindre son.
Et ce qu’elle fit ensuite, le prenant totalement de cours, le laissa pantois. Rougissant cette fois sans pouvoir le retenir. Ses lèvres délicates venaient de se poser sur sa joue. Douce et éphémère chaleur, qu’il captura en fermant les yeux, gravant cette sensation en son esprit troublé. Elle se recula, et la brise nocturne reprit ses droit sur sa peau maintenant tremblante. La fraîcheur de l’obscurité lui sembla horrible, tout à coup.
Elle venait de se lever. Elle épousseta ses vêtements, souriante, amusée, tandis qu’il leva les yeux vers elle, abasourdi, toujours fébrile. Il n’aurait pas dû si bien la distinguer. Mais la lune l’éclairait de ses pâles rayons. Il l’observa - l’admira - un instant. Puis, un autre. Il ne pouvait détacher ses yeux d’elle. Un instant magique ? Juste éphémère, comme le chaste baiser - bisou - qu’elle lui avait offert. Elle parla plus gravement, annonçant son départ. Elle tendit sa main. Et, enfin, il réussit à déglutir, s’arrachant à sa rêverie passagère. L’air entra dans ses poumons soudainement et il inspira, s’avisant qu’il avait cessé de respirer pendant un moment. Il saisit la main tendue.
Et, lorsqu’il se redressa, il la vit rougir alors que leurs visages s‘effleurèrent presque. Un instant suspendu dans le temps. Une magie étrange mise en oeuvre. Fébrile détournement de leurs regards à tout deux. Il rougit lui aussi. Le cours des choses semblaient s’être arrêté une seconde.
Puis, reprenant son avancée, la trame du monde reprit.
Ine recula. Elle se détourna. Puis, le regardant une dernière fois, le clin d’oeil et le sourire qu’elle lui adressa firent bondir son âme, sinon son coeur. L’air lui manqua de nouveau, et il faillit lui hurler de rester encore là. Il n’en fit rien, toutefois, la laissant s’éloigner et disparaître dans la nuit...


Il resta debout, immobile. Le vent se leva, ses cheveux virevoltant dans les courants rageurs de cet élément capricieux. Il papillonna des cils un instant, semblant se réveiller. Qu’était-ce donc que ce qu’il venait de vivre ? Qu’était-ce, cet étrange instant de grâce ?
Évanescente rencontre... Avait-elle été réellement là ? N’était-ce pas une irréelle rencontre, un rêve éveillé qu’il avait fait ? Ine...Ine...” Il murmura doucement. Il fixait le vide. L’endroit où elle avait disparu. Les yeux toujours écarquillés, la bouche légèrement entrouverte. Fébrile, frissonnant, il leva la main. Et, deux de ses doigts se posèrent sur sa joue. Là où ses lèvres avaient tracé leur contour une seconde. Son coeur s’étreint. Elle disparaissait. Fantôme qui ne cesserait de hanter ses nuits. Ses pensées. Apparition d’un soir, qu’il ne reverrait plus. Ses doigts glissèrent sur sa peau. Cette délicate chaleur qu’il avait ressenti. Non, il ne pouvait pas. Pas comme ça. Il ne la reverrait plus...
Non. Impossible de supporter cette idée. Il fronça les sourcils, déterminé cette fois.
Elle ne pouvait pas partir ainsi !
Il s’élança dans l‘obscurité. Elle avait pris de l’avance. Après quelques minutes de course, il s’immobilisa au milieu d’un rue. Il ferma les yeux, inspirant longuement. Quel était son atout ? Ses sens. Bien sûr. Il s’efforça de calmer les battements de son coeur. Il réussit à retrouver une calme respiration. La nuit était silencieuse. Une effluve de parfum lui effleura le nez. Il le plissa, cherchant la saveur et l’odeur. Oui, c‘était elle. Elle était passée ici, il y avait peu. Aucun doute n’était possible. Il avança, marchant lentement. Il capta un son. Court, distinct, répété. Le même que dans la taverne, un peu plus tôt. Plus appuyé, toutefois. Il s’élança de nouveau, les yeux toujours clos. Se guidant à la mélodie qu’elle produisait en marchant.

Quelques secondes plus tard, et elle apparut. Enchantement. Il avait ouvert les yeux de nouveau. Une foulée ensuite, et il fut derrière elle. Il tendit le bras, saisissant son poignet. Un air connu, se dit-il, comme plus tôt. Mais il ne venait pas s’excuser, cette fois. Elle se retourna, croisant son regard, étonnée de le voir ici, sûrement. Il lui adressa un doux sourire. Puis, hésitant à peine une seconde, sa voix, faible mais grave, s’éleva dans la nuit :

“- Attends.

Il la fixait toujours dans les yeux, luttant contre l’envie de détourner le regard.

“- Ne pars pas. Je... Il hésita un instant de trop, et ce fut suffisant pour qu’il bégaie légèrement. ... Je veux te montrer quelque chose... Avant que tu ne quittes Konoha.

Elle ne dit mot, mais ce fut à son tour d’hésiter. Elle eut un très léger mouvement de recul, imperceptible. Mais il tenait son poignet, et il s’en aperçut donc. Il baissa la tête.

“- Tu ne crains rien, je te le promets... Il eut un petit sourire.”

Elle sembla céder, hochant la tête sans jamais prononcer la moindre parole. Souriant cette fois franchement, il se retourna, et, ne lâchant pas son poignet, de peur de la voir s’évanouir dans la nuit, l’entraîna derrière lui.
Après quelques minutes de course, ils arrivèrent non loin du flanc de la montagne des Hokage, là où les plus grands chefs du village avaient leurs visages gravés à jamais sur la roche. Akizuchi fit signe à la jeune femme, lui indiquant un petit chemin de pierre, presque invisible, qui montait à travers la montagne. Ils s’y engagèrent tout deux. Un moment plus tard, et il lâcha la main d’Ine, ne la regardant plus.
Et, ce fut à lui, de se lancer dans un monologue. La voix vibrante d’émotions, qu’il sut malgré tout maintenir directe et assurée.

“- Il y a peu de temps - avant que j’arrive à Konoha, en réalité - j’ai tué une petite fille. Il frissonna un instant. Notre clan est maudit, depuis plusieurs générations. L’histoire est compliquée, mais toujours est-il que le résultat importe... J’espère ne pas être décousu dans l’explication que je vais te donner, mais... Chaque mâle de notre clan, passé l’adolescence, subit un changement corporel important. La couleur de ses iris change, pendant une crise intense où il perd pied avec la réalité. Où il devient fou l’espace de quelques heures. À l’origine, cette crise avait pour but de nous faire tuer un membre de notre famille. Père, mère, frère ou soeur. C’est ce que voulait la personne qui nous a maudis. Tuer une personne de notre entourage pour nous faire souffrir, puis nous éveiller avec la marque qui nous rappellerait notre péché à jamais. Mais avec le temps, nous avons appris à reconnaître les signes avant-coureur d’une crise. Et donc, à s’en prémunir...

Il s’arrêta de marcher une seconde, inspirant longuement en fermant les yeux. Il ne regardait toujours pas son interlocutrice, ne souhaitant voir comment elle réagissait. Il était perdu dans ses pensées, dans ses souvenirs. Dans sa douleur, aussi.

“- ... Celui qui est touché est envoyé... Lâché, pour utiliser le mot exact... Dans un village civil... Je me suis réveillé, quelques heures plus tard. Sans souvenirs. Excepté le visage d’une enfant. Et son sang sur mes bras nus...

Il accéléra un peu le rythme, sa voix se brisant soudain. Il resta silencieux, continuant de monter le petit chemin rocailleux. Puis, lorsqu’il reprit, il semblait calmé. Son ton, presque rieur.

“- Je ne sais même pas pourquoi je te raconte cela... Un juste retour des choses, après ta confession ?...

Il rit doucement. Les yeux brillants, plissés, tandis qu’il fixait le sol devant lui.

“- Nous arrivons...

Ils débouchèrent au sommet du mont. En observant la nuit, éclairée uniquement par la lune, Ine pouvait apercevoir une petite tente, maintenue au sol par quelques grosses pierres. Une sorte de campement de fortune. Et, plus loin, une lueur étrange, comme émanant du sol. Il saisit à nouveau son poignet et l’attira vers cette dernière. Et, lorsqu’ils arrivèrent au bord de la falaise, il recula légèrement, la laissant profiter de la vue. Ils étaient au-dessus des têtes sculptées des Hokage.

La lune était ronde, éclairant la nuit de ses rayons. Sous leurs pieds s’étendaient Konoha, puis la forêt. Douces nuances de vert et de gris. Bleutés rayons de l’astre crépusculaire, auxquels se mêlaient les lueurs du village endormi. Ou presque, à en juger par les légères rumeurs émanant des rues en contrebas. Une chouette cria, lui répondit la brise. Le temps était doux, les étoiles nombreuses. Le cadre, magnifique. Un paysage d’une beauté mystique. À en couper le souffle, à en faire pâlir d’envie Dieu lui-même. Akizuchi ferma les yeux, inspirant longuement l’air pur. Ses cheveux blancs volant légèrement, un sourire au coin de lèvres. Il tourna la tête vers Ine. Puis, s’approchant d’elle, il posa les mains sur ses épaules, très délicatement. Il murmura, ne voulant briser la magie.

“- Merveilleux spectacle, n’est-il pas ?... Que rêver de plus beau ? La nature a tant à nous offrir... Que n’aurais-je pas donné pour contempler pareille merveille à jamais... Que ne donnerais-je pas, maintenant, pour continuer de pouvoir contempler la beauté.

Il avait dit cette dernière phrase en observant la nuque de la jeune femme. Il soupira, doucement, imperceptiblement, et passa à côté d’elle, inclinant la tête en lui offrant un délicat sourire.

“- Moi, mes émotions font ma force...

Il tapota son coeur un instant, la fixant toujours. Puis, il s’assit sur la roche, laissant ses jambes pendre dans le vide. Il leva les yeux vers elle, et l’invita d’un regard, à s’asseoir près de lui. Qu’elle le fasse ou non, ça lui était égal à présent. Il lui avait dit, et montré, ce qu’il voulait. À présent, il espérait qu’elle y réfléchisse. Au pouvoir de ces émotions, et qu’elle apprécie ce parfait spectacle...
Attendant qu’elle se décide, il tendit la main, ne cessant par contre de la regarder. Une envie de gourmandise lui tenaillait le ventre, et il sourit en sentant un petit sachet sous ses doigts, qu’il avait laissé là la nuit précédente. Il en sortit une framboise, qu’il porta à ses lèvres, la gobant tout entière, fermant les yeux, et rompant le contact avec les iris gris, si beau, de la jeune Kiréenne. Il en savoura le goût, souriant doucement, avant d’avaler le fruit.
Et, ses paupières s’ouvrirent, renouant le contact avec la belle...


Dernière édition par Akizuchi Hayasa le Dim 20 Sep - 4:43, édité 2 fois

Akizuchi Hayasa
Aspirant de Konoha
Aspirant de Konoha

Masculin
Nombre de messages: 415
Age: 20
Réputation: 2
Date d'inscription: 03/01/2009

Feuille de personnage
Expérience:
1/60  (1/60)
Réputation:
Etat:

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Bar - Restaurant de Konoha

Message  Watagumo Ine le Sam 19 Sep - 7:45

J’éprouvais des sentiments contradictoires à quitter ainsi Aki. D’un côté quelque chose me disait d’avancer, de ne pas m’attarder, car le vieux fou serait intransigeant sur mon retard. De l’autre, je regrettais de ne pas avoir la possibilité de discuter plus longuement avec le jeune homme. Je m’étais bien gardée de visiter plus avant son esprit, et même si je m’étais emportée sur l’image de la Belle en kimono – ce qui, au passage, avait été totalement stupide – j’y avais senti quelque chose, une attitude peut-être, qui m’avait poussée à me confier. A dire des choses que je n’avais partagé avec personne, sauf avec Ren’ai, Takeo dans une moindre mesure.

Je m’éloignais, mais à regret.

Est-ce que je m’en voulais d’avoir dit ces choses ? Un peu. J’étais mal à l’aise, surtout, de l’admiration que me vouait Akizuchi et que je ne pensais pas avoir méritée. J’avais fait l’amusée, essayé de prendre de la légèreté pour ne pas le faire souffrir. J’avais toutefois l’impression d’avoir raté mon coup. Et pourtant, difficile de ne pas ressentir quelque chose quand tant d’émotions filtraient au travers de la dimension créée, le temps d’une fraction de seconde, entre nos deux regards.

Il m’avait écouté mais sans rien dire, et je lui en étais reconnaissante pour cela. J’avais été un livre ouvert, mais cette fois contrôlé par le flot de mes paroles et non pas par une intrusion insidieuse venue violée mon intimité dans ma tête. Je m’étais senti moi, Ine. Pas une Reine Noire, pas une Reine Blanche, et ces instants dénués de toute façade me paraissaient à présent avoir été magiques.

J’avançais toutefois à pas vifs.

En réalité trop de choses s’étaient passées que j’aurais bien laissées en arrière. Pour me protéger. Tant de choses qui laisseraient à Kenji le soin de m’humilier davantage à notre prochaine rencontre, comme des mains qui se touchent, un baiser spontané, des regards trop fébriles. Je m’étais ouverte à un Konohéen, et donc par essence à un shinobi d’un village antagoniste qui pourrait un jour se servir de cela pour me faire tomber. Et puis merde ! C’était trop rageant de penser ainsi. J’avais plutôt envie de retenir tout cela comme d’un interlude apaisant après un troublant combat, et avant la tempête.

Cette décision intérieure m’enleva comme un poids des épaules, et je commençais à m’ouvrir de nouveau à la nuit konohéenne qui m’environnait. C’était une nuit magnifique, belle conclusion à la journée pleine de rebondissements que j’avais passée. Konoha, un joli village, qui aurait valu le coup qu’on s’y attarde plus. En fait, j’aurais tout donné pour une raison de m’y attarder plus. Oh, pourquoi donc avais-je l’impression de manquer quelque chose si je ne restais pas au moins cette nuit ?

Tout de même, avais-je le cœur en guimauve pour que n’importe quel garçon le fasse fondre malgré l’horreur qui m’était arrivée ? N’importe quel garçon ? Non, c’était assurément être méchante. J’avais d’abord été amoureuse de Ren’ai en adolescente naïve, puis d’un amour vrai construit au fil du temps. J’avais détruit cette histoire au nom de Kenji. Je savais, aussi, que c’était une cicatrice qui marquerait à jamais mon cœur. Pourquoi donc aussi, étais-je troublée par des gens torturés ? Cela se serait passé différemment si Ren avait été une personne forte, capable de soutenir les tourments de deux êtres. Mais il en avait été différemment.

Aki portait lui-aussi quelque déchirement en lui, je l’avais ressenti au plus profond de son être. Malgré tout il avançait, semblant vivre avec l’optimisme qui me manquait, à moi. Quelqu’un dont j’aurais eu beaucoup à apprendre. Plus de légèreté, moins de prise de tête. Moins de prise de tête…


Complètement enfoncée dans ses pensées, Ine avançait au radar et elle n’entendit pas Akizuchi la rejoindre en courant. Sentant qu’on lui agrippait le poignet elle fit volt-face, prête à se défendre. Elle fut surprise de croiser de nouveau les iris rouges. Un instant, Ine se sentit incapable de bouger. Elle ne s’attendait pas à le revoir jamais et une seconde elle s’en trouva contrariée. Le sourire d’Aki l’adoucit toutefois, et elle s’attendrit du « Attends » qu’il lui lança, presque comme une prière. Suspendue à son regard, elle le dévisagea tandis qu’il lui glissait quelques mots tremblants. Il disait qu’il voulait lui montrer quelque chose, avant qu’elle ne quitte Konoha.

Ine recula bien involontairement. Il y avait trop d’amour dans les yeux d’Aki, et elle en fut apeurée. Elle avait envie de fuir mais il la retenait toujours par le poignet. Qu’avait-elle fait ?

« Tu ne crains rien, je te le promets… »

Ine soupira mais ne répondit rien. Elle hocha la tête, l’air légèrement crispé, et se retrouva entraînée à la suite du jeune homme, courant presque pour ne pas tomber, jusqu’à un chemin escarpé à flanc de la montagne des Hokage. Là, Akizuchi ralentit tandis qu’Ine levait la tête, émerveillée par ces sculptures taillées à même la roche. Finalement, il la lâcha. La kunoichi se massa le poignet en faisant une grimace qu’il ne vit pas : il était à quelques mètres devant déjà. Accélérant le pas pour le rejoindre, Ine se rendit compte qu’elle avait raté le début de la conversation.

Akizuchi parlait de son clan comme d’une famille maudite. Ine frissonna quand elle apprit la teneur de cette malédiction. Elle voulut avancer la main vers le bras du jeune homme en gage de compassion et le heurta alors qu’il s’arrêtait. Même de dos, elle pouvait voir l’accablement peser sur les épaules du shinobi. Elle resta donc en arrière, respectant sa douleur comme il avait respecté la sienne quelques instants plus tôt.

« ... Celui qui est touché est envoyé... Lâché, pour utiliser le mot exact... Dans un village civil... Je me suis réveillé, quelques heures plus tard. Sans souvenirs. Excepté le visage d’une enfant. Et son sang sur mes bras nus... »

Ine s’arrêta net. Elle refusait de croire ce qu’Aki venait de dire. Elle essaya d’avaler sa salive, mais une grosse boule lui entravait la gorge. Akizuchi s’éloignait tout en poursuivant son discours, sans remarquer que la jeune femme ne le suivait plus. Parfaitement dégoûtée, Ine sentit ses poings se serrer sous l’assaut de la colère. Quel était ce clan de shinobi qui, une fois de plus, laissait les petites gens payer à sa place ? Des larmes de frustration roulèrent sur ses joues.

Un instant, Ine hésita. Aki était loin devant, il ne remarquerait pas tout de suite qu’elle était partie. D’un autre côté, il n’était pas responsable de la cruauté de son clan. Il l’avait écouté. Il ne l’avait pas jugée. Il l’avait, elle en était sûre, comprise. Prise d’un élan, Ine s’élança pour rejoindre le jeune homme, au moment même où il disait :

« Nous arrivons…»

Elle ne vit pas la tente de fortune qui gisait par le côté. N’osant s’approcher, le souffle court, elle se laissa entraîner par la main chaude d’Aki au plus proche du bord de la falaise. Sous leurs pieds se trouvaient les mêmes sculptures qu’ils avaient vues plus bas. En contrebas, une forêt gigantesque s’étendait à perte de vue, encadrant le village de la feuille illuminé par la lueur sélène comme par un projecteur. De la vallée montaient les bruits de la nuit, composant une douce mélodie qui les enveloppait d’un duvet de velours. Aki murmura, mais Ine n’entendit pas. Epoustouflée, elle observait, les yeux écarquillés devant tant de beauté. Elle avait voyagé pourtant, mais jamais ses pas ne l’avaient menée vers pareille merveille.

« Moi, mes émotions font ma force… »

Soudain sortie de son enchantement, Ine tourna la tête vers son voisin qui lui souriait tout en la dévisageant. Son cœur se mit à battre légèrement plus vite, et elle passa sa mèche derrière son oreille pour masquer sa gêne. Les émotions font la force ? C’était une chose à laquelle elle avait envie de croire tellement plus qu’à la neutralité prônée par Kenji. Mais là, maintenant, elle ne voulait pas penser à Kenji. Le moment était trop beau. Le regard de la jeune femme se perdit à l’horizon.

Akizuchi s’assit à l’extrémité de la falaise, les jambes pendues dans le vide. Ine devina l’invitation implicite que cela cachait. Mais elle ne voulait pas se presser. Elle détacha ses cheveux et les laissa se faire emporter par la brise, heureuse, soudain, de se trouver là.

Une odeur… de framboise ! La jeune femme tourna vivement la tête vers Akizuchi et retrouva les yeux si particuliers à qui la lune donnait une teinte sanguine. Se laissant tomber auprès de son compagnon, quitte à l’effrayer un peu par son inconscience, Ine se pencha vers le sachet dans lequel elle piocha à pleine main avant de tout engouffrer dans sa bouche. Elle ferma les yeux pour en apprécier l’explosion de saveur, puis elle se déporta en arrière en éclatant de rire tandis que ses cheveux volaient autour de son visage.

Désormais allongée sur le dos, les pieds dans le vide et les yeux rivés aux étoiles, Ine sourit. Toujours assis à côté, Aki la regardait, ou plutôt la dévorait des yeux, mais curieusement cela ne la gênait plus. Elle se redressa et se mit à balancer ses jambes.

« Tu sais, commença-t-elle, ce que fait ton clan est très moche, et malheureusement tellement représentatif de ce dont je te parlais. Je pensais qu’il suffirait que j’arrive pour que tout change, mais tout n’est pas si simple, hein ? »

Ine attrapa la main d’Aki et la serra entre ses doigts tièdes.

« Je ne t’en veux pas parce que je sais que tu n’en es pas le responsable. Toi non plus, tu ne dois pas t’en vouloir. »

Ine se pencha sur le visage d’Aki jusqu’à ce que leurs fronts se touchent, mêlant à l’extrême leurs regards. Aki se sentit soudain partir et Ine envelopper dans son esprit, lovée en lui comme elle l’avait été chez Sho. Elle n’osa d’abord pas bouger, pas avant de ressentir l’approbation d’Akizuchi. Alors, délicatement, elle ouvrit les tiroirs, découvrant la terrible histoire qui s’était produite ce soir-là, rendant à l’enfant tuée un nom, un prénom. A l’extérieur Aki tremblait fort, si fort qu’Ine se mua en une chaleur douce et, avec ses mains de feu, elle effaça la culpabilité qui habitait le cœur du jeune homme. Puis, doucement, elle se retira.

Leurs pupilles étaient toujours ancrées les unes-aux-autres. Ine rompit le contact en fermant les yeux, puis elle avança ses lèvres pour rencontrer celles d’Aki. Tétanisé, celui-ci la laissa prendre les commandes. La jeune femme se mit à pouffer, amusée. Leurs bouches avaient conservé le goût de la framboise…

Tout en l’embrassant, Ine poussait gentiment Aki en arrière, jusqu’à ce qu’il fut complètement allongé sur le dos. Là elle se laissa glisser, collée contre son flanc, à son côté et de nouveau elle admira la lune, les étoiles. Tournant enfin la tête après ce petit interlude, elle murmura au creux de l’oreille d’Akizuchi :

« Maintenant, tu vas pouvoir te rattraper pour cette petite fille… Et promets-moi de ne jamais laisser ton fils tuer un jour une innocente.»

Aki ne répondit rien mais il serra plus fort la main d’Ine. N’y tenant plus, la jeune femme se laissa aller à un bâillement et sa tête glissa sur le côté.

***


Ine plissa les paupières et porta la main devant ses yeux, aveuglée par une lumière vive. Elle se redressa, effrayée soudain de s’être endormie si près du vide. Aki était assis à son côté. Il la regarda, amusé, un sourire léger sur les lèvres. Elle voulut parler mais il la fit taire d’un doigt sur les lèvres et lui indiqua du menton le spectacle qui se déroulait face à eux. A l’horizon, le soleil commençait à peine à darder ses rayons sur la canopée, déclinant toute sa panoplie d’orange et de rose. Bouche-bée, Ine eut à peine la force de souffler ces mots :

« Tout est tellement beau que j’en oublie de respirer. »

Elle posa sa tête sur l’épaule du jeune homme et ils regardèrent ensemble, sans un mot, le soleil se lever. Quand tout fut fini et que l’agitation commençait à gagner Konoha en contrebas, Ine se leva et épousseta la stupide robe trop courte fournie par l’infirmière. Aki la regardait faire, de l’air de celui qui savait ce qu’elle allait dire. Ine ouvrit la bouche mais il la devança :

« Tu vas partir ? » demanda-t-il.

Ine fit la moue :

« Je ne peux pas rester. »

Remettant un peu d’ordre dans ses cheveux, Ine réfléchit à ce qu’elle pourrait dire mais elle avait encore l’esprit trop embrouillé. Elle se pencha une dernière fois pour déposer un baiser à la commissure des lèvres d’Aki et le fixa de ses prunelles grises.

« Merci de m’avoir amenée ici, c’était absolument magique. Mais je dois y aller maintenant. Il y a encore beaucoup à faire pour rendre ce monde meilleur, tu ne crois pas ?

Ine se redressa et Aki se leva précipitamment pour agripper son bras. Il croisa le regard noyé d’Ine qui souffla :

« S’il-te-plaît, n’essaie pas de me retenir cette fois ! Je te promets qu’on se retrouvera, un jour. Laisse-moi m’en aller… »

A regret, Akizuchi la lâcha. Ine s’éloigna et se retourna une dernière fois avant de disparaître, esquissant un geste timide de la paume. Glissant sa main dans sa poche, Aki sourit : la gourmande avait embarqué les framboises…

***


Ine avait le pied léger malgré l’escarpement du chemin coincé entre les roches. La bouche pleine de framboises, elle pensait à la nuit qu’elle venait de passer et sourit. Ren’ai, Takeo, maintenant Akizuchi. Elle n’était peut-être pas une grande kunoichi, mais elle savait au moins rendre les blessures mentales plus douces…

Watagumo Ine
Genin de Kiri
Genin de Kiri

Féminin
Nombre de messages: 316
Age: 22
Réputation: 8
Date d'inscription: 30/09/2006

Feuille de personnage
Expérience:
65/110  (65/110)
Réputation:
Etat:

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Bar - Restaurant de Konoha

Message  Akizuchi Hayasa le Ven 25 Sep - 3:39

Elle détacha ses cheveux, un magnifique sourire accroché au coin de lèvres. Akizuchi se délectait de la framboise, tout en l’observant toujours. Elle tourna vivement la tête vers lui, renouant le contact. Ce contact si particulier. Ce frissonnement imperceptible, qui ébranla le jeune homme alors qu’il semblait se noyer dans ce regard grisé. Son coeur se mit à battre plus fort, presque douloureusement, et il se retint de porter une main à sa poitrine. Était-ce mal de ressentir quelque chose d’aussi pur et d’aussi important ? Il gardait cette idée en tête. Il y reviendrait plus tard, mais pour le moment, seul l’instant présent importait. Seule Ine était digne d’occuper ses pensées. Elle se laissa tomber près de lui. Il eut une étincelle de frayeur durant une seconde, mais elle passa vite lorsqu’il songea qu’elle ne risquait rien. Après tout, elle savait ce qu’elle faisait. Par contre, ce qu’elle entreprit ensuite le surpris. Tendant la main vers le sachet de fruits, d’où elle extirpa une pleine poignée. Et les framboises qu’elle sembla presque dévorer toutes entières. Elle éclata de rire, et lui aussi, à moindre mesure, alors qu’elle s’allongeait sur le dos. Elle était radieuse, belle et divine, sous la lune. Il ne pouvait détourner ces yeux. Jamais. Si par malheur il tournait la tête et revenait sur elle, il ressentait toujours ce coup au coeur, ne pouvant s’empêcher de la trouver... Parfaite. Et de toute façon, il n’avait pas la volonté de cesser de la dévisager. Et... Elle ne semblait plus gêner par son regard rouge. Il s’étonna de sourire doucement, ne parvenant plus à retrouver un visage neutre. Ne le voulant plus.

Lorsqu’elle le redressa et lui parla, il ne put s’empêcher de trembler, un peu. Il faillit se défendre, défendre son clan, mais tout cela était futile. Elle avait raison, après tout. Elle le coupa dans ses élans en attrapant sa main. Il inspira doucement. Et c’est de son coeur apaisé par ses mots, que venait le sourire qu’il lui offrit en retour.

Elle approcha son visage du sien, et joignit leurs fronts. Il put se plonger, s’oublier presque dans son regard. Comme une bouée de sauvetage, dans la pénombre des souvenirs qu’elle avait éveillée. Il sentit son esprit forcer délicatement son âme. Cette fois, ce fut un contact doux. Il la sentit pénétrer doucement, se blottir dans sa tête. Il se sentit partir. Et il lui sembla qu’elle attendait quelque chose. Mon esprit est à toi... Il venait de lui donner son aval. Délicatement, elle prit possession de ce qu’il avait enfui au plus profond. Son histoire et son meurtre. Il partit dans les méandres de ses regrets, revenant à ce jour fatidique...

“Akizuchi ouvrit les yeux. Et la douleur explosa dans son crâne, tandis qu’il tentait de pousser sur ses bras pour se lever. Il était allongé sur le sol, sur le ventre.
Mais il y avait quelque chose de différent. Sensiblement différent. L’adrénaline montait en lui, et il pouvait ressentir le chakra tourbillonner dans son corps. Il tremblait de tous ses membres, sans pouvoir contrôler l’excitation qui semblait prendre possession de lui. Sa raison tint bon, mais les décharges d’énergie que son corps subissait eurent bientôt raison de celle-ci, lui faisant perdre pied avec la réalité.
Ses yeux s’écarquillèrent.
Il eut un flash, et enfin, dans sa folie, il comprit ce qui était en train de se passer. La malédiction du clan Hayasa était en train de le toucher... Comme elle touchait chaque enfant du clan, sans exception. Il allait devoir commettre un acte impardonnable, un acte brutal qu’il ne pourrait contrecarrer. Ses yeux prendraient la marque du Mal, et il deviendrait un membre à part entière du clan.
Puis, après ses quelques réflexions, sa volonté fut totalement annihilé.
Il se mit debout, tête baissée. Un veine battait à son front. Emplie de sang, emplie de chakra, comme son corps. Ses lèvres s’étirèrent en un sourire, il vibrait d’une excitation diabolique, perverse. Il était devenu une bête sauvage.

Il détecta un mouvement à sa gauche. Son regard tourna en direction de celui-ci. Une petit fille venait de s’engager sur la piste. Une proie. Il écarta les bras, se pencha en avant. Un rire venant du fond de sa gorge s’échappa d’entre ses lèvres. Et il bondit, donnant une impulsion avec ses jambes. Il tendit les mains vers la fillette qui ne pouvait plus rien faire. Et en une seconde, il fut sur elle.

Elle hurla. Un cri aigu. Brut, sans artifices. Un cri de douleur qui résonna, attirant quelques badauds du village. Et lorsqu’ils arrivèrent sur les lieux, ils purent voir un spectacle d’une horreur sans commune mesure. La bête aux yeux rouges venait de planter ses doigts dans l’abdomen innocent, éclatant d’un sordide et terrible rire, en proie à une folie meurtrière impossible à contenir. Il s’acharnait sur le petit corps, le lacérant de ses ongles et le frappant inlassablement. Le sang giclait tout autour, formant flaques et fresques sur le sol terreux. Akizuchi, ou, tout du moins, ce qu’il restait de lui, s’arrêta lorsque l’enfant ne bougea plus. Il leva les yeux vers les spectateurs, et plus précisément vers une femme qui avait les yeux écarquillés. Cette dernière hurla. Pauvre mère séparée de son enfant par un homme qui ne l’aurait pas voulu, dans des circonstances normales.

Une larme glissa sur la joue du maudit. Il pleurait son action, encore sous le coup de sa malédiction. Sa volonté avait repris le dessus un court instant. Un instant suffisant pour qu’il prenne la mesure de l’horreur. Et le nom que prononça la vieille femme résonna en lui, comme une accusation.

“- ALICE !

Il se redressa. Les bras pendants le long du corps, il n’accorda pas un regard à la dépouille. Il tremblait. Mais la bête reprit le dessus. Il se recula, puis se mit à courir à travers les bois. Il s’arrêta, un long moment plus tard, et s’évanouit au centre d’une clairière baignée par la lumière du soleil...”

Il tremblait. Fort. Le souvenir éveillait en lui douleur et souffrance. Culpabilité, regrets. Peur, aussi, de ce qu’il avait été capable de faire, malgré que ce ne soit sa volonté. Une larme coula sur sa joue, une deuxième. Puis, une chaleur apaisante se logea en son esprit troublé. Une douce flamme apposée par Ine. Son coeur se remit à battre normalement, alors qu’à nouveau, il se sentait bien. Mieux. Il la sentit s’ôter de son âme, revenir à son enveloppe. Et il n’y eut aucun contrecoup, cette fois. Il eut à peine le temps de croiser son regard gris, et elle rompit le contact, fermant ses paupières.

Et, sans qu’il ne puisse le prévoir, toujours en proie à la chaleur réconfortante de son esprit, elle joignit ses lèvres aux siennes, comme elle l’avait fait plus tôt avec leurs fronts puis leurs âmes. Il inspira doucement. Son parfum. Son goût. Framboise. Elle pouffa, et il se sentit léger. Exister. Il ne se rendait pas compte, ne savait pas quoi penser, et n’y arrivait pas. Le baiser se prolongea tendrement. Les rumeurs du village s’estompèrent, il ferma les yeux à son tour. Il leva une main, déposant délicatement ses doigts sur la joue de la jeune femme, effleurant sa peau délicate. Participant à l’étreinte sans en avoir l’air. Son coeur battait fort, tandis qu’elle posa une main sur sa poitrine pour l’aider à s’allonger.
Les larmes venaient de s’assécher.
Il sentit la pierre contre dos, mais c’était la dernière chose qui importait. Elle glissa à son côté. Il passa un bras derrière son épaule, la serrant doucement contre lui. Elle semblait heureuse, et il ne lui en fallait pas plus pour qu’il sourit. Elle regarda les étoiles, et quand elle tourna la tête pour lui murmurer, il frissonna doucement.
Il ne dit rien. Ne répondit rien. Il serra juste la main de la jeune femme, signifiant par ce geste silencieux qu’il accordait crédit à ses paroles. Je te le promets... Elle s’endormit, se laissant emporter au pays des songes. Mais le sommeil ne trouva pas de suite le jeune homme. Il avait matière à réfléchir.

Je n’y avais jamais songé, avant... Bien sûr, que nous n’avons pas le droit... Je me - nous - pensais aussi blanc que neige, mais non. C’est... Moche, comme elle l’a dit. Mais est-ce vraiment notre faute ? Doit-on se résoudre à laisser mourir les pères et mères de notre famille ? Avons-nous seulement le choix... ? Il serait aussi moche de laisser les adolescents tuer leurs parents. Ou assassiner l’enfant avant une éventuelle crise qui n’arrivera peut-être jamais. Pourquoi suis-je le premier depuis tant de temps ? À cause de mon ancêtre ? Il faut trouver une solution à ça... Je suis encore trop faible. Beaucoup trop. En ce moment même, peut-être un autre Hayasa connaît-il la même souffrance qui a été la mienne... Je te promets de changer ça, Ine. Les autres ne devraient pas avoir à souffrir de notre propre erreur. La légende dit que Ryuuzaki a été puni par cette malédiction. C’est pourquoi nous devons la porter... Mais le méritons-nous vraiment ? N’a t-on pas été assez puni comme cela ? Toutes ces années de peur, notre bannissement, notre errance... Nous nous sommes battus pour nous relever... Mais nous avons payé, plus que notre dû...
Tu disais que tu pensais qu’il suffisait que tu arrives pour que tout change, mais que ce n’était pas si simple.
Mais si, Ine... Ca l’est. Je m’en rends compte, grâce à toi. Que nous devons changer. C’est ta venue ici, qui m’a fait réfléchir à ça... Tu auras atteint ton but, finalement...

Je tourne la tête vers toi. Je te souris. Tu es belle, dormant, apaisée sous la Lune... Est-ce que je mérite vraiment que tu m’accordes ne serait-ce qu’un peu d’attention ?
Est-ce vraiment ça ? Est-ce que je rêve, encore ? Et si je me réveille seul, au matin ?...

Je frissonne. Je te serre délicatement contre moi. Je ne veux pas m’endormir. Non... J’ai peur... Je me sens partir... Je ne veux pas. Je te regarde alors que mes paupières se ferment lentement.

Ne disparais pas...
S’il-te-plaît...


***


Il ouvrit les paupières, délicatement. Son visage pâle, frappé par les rayons du soleil doux caché encore par l‘horizon, est tourné vers le ciel. Le rougeoiement de ses iris côtoient le bleu céleste. Son coeur s’étreint, et il tourna la tête. Un soupir de soulagement silencieux passa ses lèvres. Il sourit doucement, puis, délicatement, se redressa en faisant attention de ne pas la réveiller. La faim lui tiraillait le ventre, et il n’était pas question qu’il se gave de framboises. Peut-être lui restait-il quelques croissants dans sa besace. Il hésita à aller jusqu’à la tente. Il jaugea Ine, endormie, du regard, avant de finalement soupirer de nouveau et se mettre debout. Il se déplaça jusqu’à la toile, ne cessant de l’observer.
Veillant à ce qu’elle ne remue pas trop. Elle était toute proche du vide, mais il serait assez rapide pour réagir, au cas où.
Le soleil n’allait pas tarder à se lever. Il tendit la main, fouillant un instant jusqu’à trouver un petit croissant qu’il dévora. Il se retint de fermer les yeux pour en apprécier toute la saveur, ne voulant cesser de veiller sur Ine. Il retourna près d’elle, s’asseyant les jambes dans le vide.

Le premier rayon du jour pointa, et elle remua, plissant les yeux et se redressant rapidement. Il la regardait toujours, souriant. Amusé par ce brutal réveil, pourtant si doux. Elle faillit briser la magie, mais il leva un doigt qu’il posa avec délicatesse sur ses lèvres closes, désignant l’horizon d’un signe de tête. La forêt semblait flamboyante. Maelström de couleurs chaudes qui apaisa ses sens et le détendit, tandis qu’elle murmura les mots qu’il ne put qu’acquiescer silencieusement. Elle posa la tête sur son épaule, et lui sa joue sur les cheveux de la belle. Ils admirèrent ensemble la beauté de cette nature s’éveillant.

Puis, elle se leva, époussetant sa robe. Il la suivit du regard, l’oeil soudain mélancolique, presque nostalgique. Elle sembla vouloir parler, mais il la devança, cette fois. Un millier de pensées parcouraient son esprit, un millier de mots lui paraissaient adéquats. Il avait des milliers de choses à lui dire. Mais seul trois mots franchirent ses lèvres :

“- Tu vas partir ?...

Elle répondit. Il savait, bien sûr. Elle devait partir. Elle était une kiréenne, et n’était que trop restée. Elle se pencha et déposa un baiser au bord de ses lèvres, puis joignit leurs regards. Magique... C’était le mot. Voulait-ce aussi dire que ce n’était qu’éphémère ?... Il hocha imperceptiblement la tête.
Beaucoup à faire. Devenir fort, devenir méritant. Changer les choses. Tant de notions qu’il avait presque oublié. Il fallait qu’il se reprenne en main.

Elle se redressa, et il se leva, sans réfléchir, instinctivement, pour agripper son bras. Ses iris rencontrèrent une nouvelle fois ceux d’Ine. Elle le supplia de la laisser partir dans un souffle, la voix presque tremblante. Avec une promesse qu’il n’oublierait pas... Il la lâcha en frissonnant, laissant retomber son bras le long de son corps. Elle recula, se retourna une dernière fois dans un geste timide de la main, et disparut.

Je te regarde partir. Je te souris, un peu tristement. Tu es belle, heureuse, t’éloignant sous le Soleil... Est-ce que je mérite d’avoir eu tant d’attention de ta part ?...
Le rêve est-il terminé ? Te reverrais-je jamais ? Et si jamais nous ne nous retrouvons ?...


Je frissonne. Je tends la main vers toi, tu me tournes le dos. Je ne veux pas que tu partes. Non... J’ai peur... Je te regarde partir... Je ne veux pas. Je t’observe alors que tu disparais lentement.

Il met une main dans sa poche, détournant un peu le regard. Puis, une pointe de joie pique son coeur. Les framboises ont disparu. Il soupire longuement, regardant le chemin maintenant vide. Un petit sourire au coin des lèvres. Heureux, malgré cette pensée qui lui effleure l’esprit :

Ne m’oublie pas...
S’il-te-plaît...

Akizuchi Hayasa
Aspirant de Konoha
Aspirant de Konoha

Masculin
Nombre de messages: 415
Age: 20
Réputation: 2
Date d'inscription: 03/01/2009

Feuille de personnage
Expérience:
1/60  (1/60)
Réputation:
Etat:

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Bar - Restaurant de Konoha

Message  Namikaze Iki le Mer 28 Oct - 11:56

Akizuchi : +43 XP
Ine : +42 XP

Milles excuses pour le retard. Très bonnes sessions, sympathique à lire et, j'imagine, à écrire. Encore désolé pour le temps de validation et bon jeu à tous les deux =)

Namikaze Iki
Juunin de Konoha
Juunin de Konoha

Masculin
Nombre de messages: 2921
Age: 19
Réputation: 11
Date d'inscription: 29/01/2009

Feuille de personnage
Expérience:
141/300  (141/300)
Réputation:
Etat:

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Page 16 sur 16 Précédent  1 ... 9 ... 14, 15, 16

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum