[CE2] - Légendes
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[CE2] - Légendes
Il était là, le tueur d’enfants, il était là, le tueur de mondes.
Ten était triste ces jours-ci. Elle levait les yeux vers lui, des yeux caves, esquissait un sourire mélancolique, détournait la tête. Alors il lui touchait la lèvre, doucement, comme on approche ses doigts d’un oiseau effrayé. Et il voyait une lueur scintiller dans ce regard bleu qu’il avait aimé une fois. Il aurait voulu lui parler, lui dire que voilà, la vie est ainsi faite, parfois elle prend un mauvais tour. Il faut savoir rendre les armes.
Aujourd’hui, sous le haut soleil de Konoha, les combats se suivaient sans se ressembler. Le premier tour de l’épreuve. Akogare n’était jamais passé par là ; c’était inutile de se montrer aux autres villages, comme une espèce de trophée aux yeux blancs. Ils avaient mieux à faire. Et ces pauvres Genin s’acharnaient là, les uns contre les autres, dans des luttes fratricides qui ne les épargnaient pas. Ils combattaient pour une note, pour se faire remarquer, ou simplement parce qu’ils le devaient. La nuit était tombée ; de nombreux combats s’étaient déroulés. Des lampions étaient suspendus tout autour des gradins, de sorte qu’on voit parfaitement les combattants. Comme lors d’un spectacle. C’était dégoûtant. Akogare quitta son siège et fit quelques pas, pour se dégourdir. Il avait rencontré quelques uns des grands noms du monde des shinobi. Ils étaient des bêtes curieuses qui s’épiaient furtivement, à l’occasion.
Ils étaient disséminés dans l’arène, les uns gardaient l’intendant de Kumo – les terribles Immortels, des visages blancs et fiers, silencieux comme la mort qui passe – les autres surveillaient leurs étudiants – ou encore Satoshi, le Lion des Flots, comme on l’avait écrit sur le parchemin. Akogare avait discuté avec eux. Il était plus ou moins chargé de la sécurité, avec le capitaine des ANBU et, d’une façon générale, le Haut Conseil de Konoha. Keira l’avait enjoint une fois de plus à respecter son caractère nouveau et détestable de légende, pour ce que ce mot contenait. Des légendes, Akogare en connaissait quelques unes ; elles avaient l’avantage d’avoir les paupières closes.
Et puis l’explosion.
Une colonne de fumée s’éleva sur plus de trente mètres. Une fumée âcre, dont on sentait la puanteur jusqu’ici, dans les tribunes. Le bois avait ployé, et il lui sembla entendre un bref cri. Les portes étaient attaquées. Akogare jeta un œil sur Ten, qui s’était immédiatement levée.
[Akogare] – Récupère Endo et rejoins-moi ma grande. Dis à Hedan de rester avec les enfants.
Il se téléporta et il s’aperçut que d’autres faisaient de même. Combattre ou s’enfuir, il fallait choisir ; quel dommage que le choix ne lui appartienne pas. Quelque part, Akogare n’était pas étonné. La ruelle était noire et froide, encore vide, les habitants de Konoha étaient des guerriers, ils ne cédaient pas à la panique même si la terreur les dévorait de l’intérieur. C’était comme si tout cela se passait sur un autre plan d’existence, que cela n’était jamais qu’une probabilité de réalisée, une de plus. Akogare s’assit sur une petite cheminée condamnée, ses yeux nacrés posés sur la ruelle. Il voyait des formes floues s’avancer à grande vitesse, ou s’enfuir plus lentement.
Il était tranquille. La force qui sommeillait en lui s’étirait, dragon serein qui veille les yeux grands ouverts. Il vit la forme lente et souple s’approcher. Elle l’avait remarqué elle aussi, cela se notait à sa façon de se déplacer – prudente, circonspecte. La silhouette mal dessinée s’arrêta, son lourd chapeau de paille dissimulant son visage bas. Il leva insensiblement la tête, insuffisamment pour qu’Akogare puisse distinguer ses traits. C’était inutile. Il n’avait plus guère de secrets pour lui.
[Akogare] – Salut, garçon.
L’homme ne broncha pas. Il avait la main sur son katana, mais ne fit pas mine de le sortir. Akogare laissait son chakra s’exprimer par touches fugaces, comme un peintre, pour que l’homme cerne l’ampleur de sa force. Cette fois-ci, l’homme leva la tête. Leurs yeux se rencontrèrent ; pâles, pétillants, noirs, sévères.
[Noya] – Je ne vois qu’un garçon ici.
Il avait une douloureuse voix traînante, comme si chacun de ses mots se détachaient de son palais avec quelque difficulté. Akogare avisa un mouvement derrière l’homme, mais il n’y prêta pas attention ; détourner les yeux serait bien la dernière erreur à commettre.
[Akogare] – Le mal du pays ?
[Noya] – Le sang de Konoha me manquait.
Derrière lui déboucha un colosse prodigieux, tout en muscle, il arrivait presque au sommet des portes. De petits yeux sombres profondément enfoncés dans leurs orbites se levèrent sur le Hyuuga. Le torse bombé, il se tenait à quelques pas de Noya.
[Toguro] – On doit avancer Noya.
Il aboyait presque, de son étrange voix graillonneuse. Noya ne bougeait toujours pas ; il laissa s’échapper une dizaine de secondes avant de souffler.
[Noya] – Fais, et il te tuera sans y penser.
Toguro leva à nouveau la tête vers celui qui se dessinait comme leur adversaire. Il plissa le regard, et renifla bruyamment. Akogare nota qu’il n’avait pas exactement la même sensibilité au chakra que Noya ; il devait faire du Taijutsu, la voie des personnalités les plus médiocres pour ce délicat exercice. Un médecin serait plus averti. L’avantage d’être un Hyuuga, c’est que le chakra n’a plus beaucoup de secrets.
[Toguro] – Eh bien bouge !
Le colosse se déplaça comme une célérité étonnante. Il tapa la maison sur laquelle s’était posé Akogare, qui sauta sur une autre, à peine plus éloignée. Il se tenait accroupi, un léger sourire aux lèvres. Noya n’avait pas bougé. Son pied, toutefois, marqua un léger recul, et son genou se fléchi, prêt à tourner pour lui faire face. Toguro redressa sa carcasse musculeuse, s’ébroua et retira d’une main rageuse la poussière et les pierres qui s’étaient perdues sur ses bras.
[Noya] – Kikuria est ici, sais-tu. Il progresse dans ce pathétique petit village, massacre et tue sur son chemin, accompagné de son protecteur.
[Akogare] – Tu vois, moi je n’ai pas de protecteurs. Noya Fujissuke, je vais prendre ta tête désormais.
Akogare se retrouva dans son dos et enfonça ses doigts dans le bas de ses reins. Le Général d’Asahi attrapa d’un revers de sa main celle du Hyuuga. Il ne pressa pas, son regard se fit toutefois plus acéré encore ; les nuages couvaient dans le cœur de cet homme, et l’air sentait bon la pluie.
[Akogare] – Il pleut aussi en enfer, tu ne crois pas ?
Akogare fit exploser son chakra tout autour de lui. L’odeur des doigts brûlés de Noya lui nargua les narines, mais déjà l’ombre au long chapeau s’était reculée. Cette fois-ci, son katana chanta hors de son fourreau. Toguro fit mine de se déplacer, mais il s’immobilisa brusquement. Ses yeux s’écarquillèrent doucement, comme s’il expérimentait une sensation nouvelle ; ou une sensation trop connue.
[Ten] – T’es à moi, toi.
Akogare leva les yeux un bref instant en direction de la jeune femme. Elle avait une main sur la hanche, et ce fameux air de guerrière dans sa stature et dans son regard à présent déterminé. Un combat et puis s’en va, hein ? Noya tenait son katana bien en évidence devant lui. Une longue lame effilée, qui s’était plantée dans bien des corps ; et qui serait bientôt à lui. On disait que prendre l’arme de son ennemi, c’était prendre une partie de sa force. Mais c’est surtout que l’ennemi était trop mort pour l’utiliser, qui nous rendait plus fort.
[Akogare] – Montre-moi ton talent, Noya. Nous verrons bien lequel des deux est le plus fort.
Les veines autour des yeux de Noya se tendirent, et son regard prit un aspect vitreux, mais pas totalement gris. Comme les yeux d’un aveugle clairvoyant. Les siens firent de même, et le monde devint très pâle. Tranquillement, Akogare remit le masque qui pendait à son flanc sur son visage.
[Akogare] – Ce ne sera pas Hyuuga Akogare qui t’aura tué, mais Konoha.
Il faut savoir rendre les armes. Et les reprendre.
Ten était triste ces jours-ci. Elle levait les yeux vers lui, des yeux caves, esquissait un sourire mélancolique, détournait la tête. Alors il lui touchait la lèvre, doucement, comme on approche ses doigts d’un oiseau effrayé. Et il voyait une lueur scintiller dans ce regard bleu qu’il avait aimé une fois. Il aurait voulu lui parler, lui dire que voilà, la vie est ainsi faite, parfois elle prend un mauvais tour. Il faut savoir rendre les armes.
Aujourd’hui, sous le haut soleil de Konoha, les combats se suivaient sans se ressembler. Le premier tour de l’épreuve. Akogare n’était jamais passé par là ; c’était inutile de se montrer aux autres villages, comme une espèce de trophée aux yeux blancs. Ils avaient mieux à faire. Et ces pauvres Genin s’acharnaient là, les uns contre les autres, dans des luttes fratricides qui ne les épargnaient pas. Ils combattaient pour une note, pour se faire remarquer, ou simplement parce qu’ils le devaient. La nuit était tombée ; de nombreux combats s’étaient déroulés. Des lampions étaient suspendus tout autour des gradins, de sorte qu’on voit parfaitement les combattants. Comme lors d’un spectacle. C’était dégoûtant. Akogare quitta son siège et fit quelques pas, pour se dégourdir. Il avait rencontré quelques uns des grands noms du monde des shinobi. Ils étaient des bêtes curieuses qui s’épiaient furtivement, à l’occasion.
Ils étaient disséminés dans l’arène, les uns gardaient l’intendant de Kumo – les terribles Immortels, des visages blancs et fiers, silencieux comme la mort qui passe – les autres surveillaient leurs étudiants – ou encore Satoshi, le Lion des Flots, comme on l’avait écrit sur le parchemin. Akogare avait discuté avec eux. Il était plus ou moins chargé de la sécurité, avec le capitaine des ANBU et, d’une façon générale, le Haut Conseil de Konoha. Keira l’avait enjoint une fois de plus à respecter son caractère nouveau et détestable de légende, pour ce que ce mot contenait. Des légendes, Akogare en connaissait quelques unes ; elles avaient l’avantage d’avoir les paupières closes.
Et puis l’explosion.
Une colonne de fumée s’éleva sur plus de trente mètres. Une fumée âcre, dont on sentait la puanteur jusqu’ici, dans les tribunes. Le bois avait ployé, et il lui sembla entendre un bref cri. Les portes étaient attaquées. Akogare jeta un œil sur Ten, qui s’était immédiatement levée.
[Akogare] – Récupère Endo et rejoins-moi ma grande. Dis à Hedan de rester avec les enfants.
Il se téléporta et il s’aperçut que d’autres faisaient de même. Combattre ou s’enfuir, il fallait choisir ; quel dommage que le choix ne lui appartienne pas. Quelque part, Akogare n’était pas étonné. La ruelle était noire et froide, encore vide, les habitants de Konoha étaient des guerriers, ils ne cédaient pas à la panique même si la terreur les dévorait de l’intérieur. C’était comme si tout cela se passait sur un autre plan d’existence, que cela n’était jamais qu’une probabilité de réalisée, une de plus. Akogare s’assit sur une petite cheminée condamnée, ses yeux nacrés posés sur la ruelle. Il voyait des formes floues s’avancer à grande vitesse, ou s’enfuir plus lentement.
Il était tranquille. La force qui sommeillait en lui s’étirait, dragon serein qui veille les yeux grands ouverts. Il vit la forme lente et souple s’approcher. Elle l’avait remarqué elle aussi, cela se notait à sa façon de se déplacer – prudente, circonspecte. La silhouette mal dessinée s’arrêta, son lourd chapeau de paille dissimulant son visage bas. Il leva insensiblement la tête, insuffisamment pour qu’Akogare puisse distinguer ses traits. C’était inutile. Il n’avait plus guère de secrets pour lui.
[Akogare] – Salut, garçon.
L’homme ne broncha pas. Il avait la main sur son katana, mais ne fit pas mine de le sortir. Akogare laissait son chakra s’exprimer par touches fugaces, comme un peintre, pour que l’homme cerne l’ampleur de sa force. Cette fois-ci, l’homme leva la tête. Leurs yeux se rencontrèrent ; pâles, pétillants, noirs, sévères.
[Noya] – Je ne vois qu’un garçon ici.
Il avait une douloureuse voix traînante, comme si chacun de ses mots se détachaient de son palais avec quelque difficulté. Akogare avisa un mouvement derrière l’homme, mais il n’y prêta pas attention ; détourner les yeux serait bien la dernière erreur à commettre.
[Akogare] – Le mal du pays ?
[Noya] – Le sang de Konoha me manquait.
Derrière lui déboucha un colosse prodigieux, tout en muscle, il arrivait presque au sommet des portes. De petits yeux sombres profondément enfoncés dans leurs orbites se levèrent sur le Hyuuga. Le torse bombé, il se tenait à quelques pas de Noya.
[Toguro] – On doit avancer Noya.
Il aboyait presque, de son étrange voix graillonneuse. Noya ne bougeait toujours pas ; il laissa s’échapper une dizaine de secondes avant de souffler.
[Noya] – Fais, et il te tuera sans y penser.
Toguro leva à nouveau la tête vers celui qui se dessinait comme leur adversaire. Il plissa le regard, et renifla bruyamment. Akogare nota qu’il n’avait pas exactement la même sensibilité au chakra que Noya ; il devait faire du Taijutsu, la voie des personnalités les plus médiocres pour ce délicat exercice. Un médecin serait plus averti. L’avantage d’être un Hyuuga, c’est que le chakra n’a plus beaucoup de secrets.
[Toguro] – Eh bien bouge !
Le colosse se déplaça comme une célérité étonnante. Il tapa la maison sur laquelle s’était posé Akogare, qui sauta sur une autre, à peine plus éloignée. Il se tenait accroupi, un léger sourire aux lèvres. Noya n’avait pas bougé. Son pied, toutefois, marqua un léger recul, et son genou se fléchi, prêt à tourner pour lui faire face. Toguro redressa sa carcasse musculeuse, s’ébroua et retira d’une main rageuse la poussière et les pierres qui s’étaient perdues sur ses bras.
[Noya] – Kikuria est ici, sais-tu. Il progresse dans ce pathétique petit village, massacre et tue sur son chemin, accompagné de son protecteur.
[Akogare] – Tu vois, moi je n’ai pas de protecteurs. Noya Fujissuke, je vais prendre ta tête désormais.
Akogare se retrouva dans son dos et enfonça ses doigts dans le bas de ses reins. Le Général d’Asahi attrapa d’un revers de sa main celle du Hyuuga. Il ne pressa pas, son regard se fit toutefois plus acéré encore ; les nuages couvaient dans le cœur de cet homme, et l’air sentait bon la pluie.
[Akogare] – Il pleut aussi en enfer, tu ne crois pas ?
Akogare fit exploser son chakra tout autour de lui. L’odeur des doigts brûlés de Noya lui nargua les narines, mais déjà l’ombre au long chapeau s’était reculée. Cette fois-ci, son katana chanta hors de son fourreau. Toguro fit mine de se déplacer, mais il s’immobilisa brusquement. Ses yeux s’écarquillèrent doucement, comme s’il expérimentait une sensation nouvelle ; ou une sensation trop connue.
[Ten] – T’es à moi, toi.
Akogare leva les yeux un bref instant en direction de la jeune femme. Elle avait une main sur la hanche, et ce fameux air de guerrière dans sa stature et dans son regard à présent déterminé. Un combat et puis s’en va, hein ? Noya tenait son katana bien en évidence devant lui. Une longue lame effilée, qui s’était plantée dans bien des corps ; et qui serait bientôt à lui. On disait que prendre l’arme de son ennemi, c’était prendre une partie de sa force. Mais c’est surtout que l’ennemi était trop mort pour l’utiliser, qui nous rendait plus fort.
[Akogare] – Montre-moi ton talent, Noya. Nous verrons bien lequel des deux est le plus fort.
Les veines autour des yeux de Noya se tendirent, et son regard prit un aspect vitreux, mais pas totalement gris. Comme les yeux d’un aveugle clairvoyant. Les siens firent de même, et le monde devint très pâle. Tranquillement, Akogare remit le masque qui pendait à son flanc sur son visage.
[Akogare] – Ce ne sera pas Hyuuga Akogare qui t’aura tué, mais Konoha.
Il faut savoir rendre les armes. Et les reprendre.

Akogare Hyuuga- Oi-nin de Konoha

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Re: [CE2] - Légendes
Le vent charriait des bouffées humides de pluie concentrée, mais rien ne tombait. Noya était parfaitement immobile à présent. La respiration tranquille, la main sûre. Il tenait son katana – Akogare devait bien l’avouer – avec une maîtrise certaine, et à bien y regarder, il ne laissait que deux ouvertures à son adversaire. Chacune potentiellement mortelle, selon la vivacité dont il pouvait faire preuve. Le Hyuuga essayait de ne pas se laisser déconcentrer par les démolitions perpétrées par Toguro qui, par on ne sait quel miracle, avait échappé au Genjutsu de Ten. Il fit craquer son poing, et le positionna devant lui, placide. L’art des Hyuuga, un art qu’il n’aimait pas beaucoup mais qui avait le mérite d’être le sien.
D’être le seul qu’il connaissait.
Noya écarquilla les yeux en voyant Akogare planter trois de ses doigts dans sa poitrine, juste au-dessus de son cœur. Le jeune homme fut agité d’un imperceptible tremblement ; son sang monta brusquement à son cerveau, quitta la gigantesque pompe pendant deux douloureuses secondes avant de refluer avec la même violence. Akogare, exsangue, crut laisser échapper un léger gémissement. Ce n’était pas exactement de la douleur, Noya l’avait noté. Plutôt… Comme lorsque l’on se réceptionne d’un toit trop haut, lorsque le souffle disparaît un instant, et revient.
Il ne se passa tout d’abord rien, et Noya fut tenté d’attaquer au plus vite pour mettre un terme à la menace qu’il sentait grandir. Son instinct de guerrier, toutefois, le mit en garde de n’en rien faire. Akogare abattit ses bras de chaque côté de son corps, se ramasse sur lui-même, et une colonne formidable de chakra le traversa de part en part. Noya plissa les yeux, aveuglé par le bleu lumineux. Les murs tremblèrent, et on entendit les vitres de tout le quartier grincer d’une façon sinistre.
Lorsqu’Akogare releva la tête, les fentes de son masque étaient illuminées de la même lumière bleue vive. Ses vêtements flottaient comme s’il était pris au milieu d’une violente bourrasque pourtant il demeurait immobile. Son bras bougea, Noya sentit le chakra courir sur sa peau, la mordiller doucement, la goûter. Il déglutit sans le vouloir ; le chakra pesait sur sa gorge, oppressait sa poitrine et se répercutait jusqu’à dans ses os.
Akogare reprit la garde propre au clan Hyuuga. Noya peinait presque à discerner les contours de sa silhouette, tellement le halo bleu qui l’entourait était dense. Il baissa son bras, et attaqua.
C’était vide et noir. Le fond du puits, le fond du puits. C’était noir, il engloutissait la lumière avec l’appétit d’une jeune louve. La chasse au papillon, une chasse éternelle ; attraper une libellule avec les mains sans l’écraser. Ten dû se retirer, parce que la masse fondait sur elle.
Elle sauta en arrière d’un habile saut, et se réceptionna au sommet d’une petite poutrelle. Elle observait le colosse. Toguro, du Pays de la Roche. On disait de lui qu’il avait la force de déplacer une montagne ; on disait qu’il l’avait déjà fait. Si elle ne s’était pas trompée dans son estimation, un coup de cette force suffirait à la mettre hors jeu pendant un certain temps, et tuerait à coup sûr quelqu’un de moins compétent. Il tapait avec rage et précision. Il s’appelait Toguro, et elle n’avait pas peur de lui.
Elle n’avait pas d’emprise sur lui, comme la pluie glisse sur le galet. Il lui faudrait des siècles avant de parvenir à l’éroder. Son esprit n’était pas une forteresse imprenable, hérissée de piques et équipée de douves et de pièges mortels. Non, c’était une grande place vide, froide, sans aucun souvenir tangible, sans aucune émotion palpable. Elle ne pouvait rien lui faire, il semblait virtuellement immunisé aux attaques de l’esprit.
Parce qu’il n’en avait pas ? … Ou bien la protection qui lui avait été appliqué – ou qui était naturel chez lui, comme une capacité héréditaire, elle ne parvenait pas à savoir – lui était tout bonnement inconnue. Il ne semblait pas user de chakra, du moins, pour le moment, ce qui réduisait l’action d’Akogare. De toute façon, Akogare semblait trop occupé pour s’en charger.
Elle risqua un coup d’œil, pendant que Toguro tentait de rattraper les deux Anbu qui l’avaient suivi jusqu’ici. Le chakra du jeune homme lui piquait la peau et, lorsqu’il avait ouvert la toute dernière porte, plus par défi que par autre chose, elle avait senti un terrible frisson lui parcourir l’échine – un frisson, elle en fut horrifiée, de pur plaisir. La première fois qu’Akogare avait ouvert ainsi son chakra, sans la maîtrise qu’il avait aujourd’hui, une explosion similaire à une expulsion ratée et hasardeuse de chakra s’était produite. Ten, qui n’était qu’à quelques pas, avait eu le visage profondément coupé par une lame bleue et pourtant, la douleur s’était totalement effacée au profit d’une expérience nouvelle, pure, une expérience qui la rapprochait autant qu’elle l’éloignait du Hyuuga. Akogare avait aussitôt arrêté sa technique, et s’était penché sur Ten. Elle ne remarqua qu’à ce moment là que le souffle l’avait poussé à terre. Il lui passa un doigt sur sa joue détrempée de sang et sourit, d’un sourire à la fois triste et taquin, comme il savait les faire quand il voulait s’excuser.
[Akogare] – Ah… On dirait que j’ai merdé.
Et il s’était relevé.
Noya planta son arme dans le vêtement du Hyuuga. Ce dernier bloqua la lame contre son flanc, observant son adversaire droit dans les yeux. Ses veines semblaient plus grosses, son Byakugan était parfaitement éveillé, tempêtant dans ce corps énorme, dans ces veines affamées de chakra. Noya n’essaya pas de tirer sa lame à lui. Il posa la main sur l’épaule d’Akogare, en pensant faire exploser cette maudite tête. Mais il fut étonné de remarquer qu’il n’arrivait pas à toucher le muscle de son adversaire, comme si une épaisse couche de papier le lui recouvrait.
Noya n’en tint pas compte et le fit détonner. Il recula, son katana en main, tandis qu’il observait la réaction de son adversaire. La fumée dissipée, Akogare se tenait toujours très droit, son expression n’avait pas changée. Les couches de chakra apparues sur son corps s’évanouissaient lentement, ou plutôt, redevenaient invisibles. Noya fronça imperceptiblement les sourcils. Ses attaques étaient sans effet. Il devait absolument bloquer le flux de chakra, qui était utilisé dans des proportions trop énormes pour qu’il puisse rivaliser.
[Akogare] – Ouvre la porte toi aussi. Autrement, je t’écraserais.
Noya sourit, et la sérénité s’imposa en lui.
[Noya] – On n’écrase pas ainsi Noya Fujissuke.
[Akogare] – Oh, je crains que si.
[Noya] – Je suis né avant toi, Akogare, bien avant toi. Nous ne sommes simplement pas de la même valeur.
Le regard d’Akogare se tourna lentement sur la droite. A l’ombre d’une petite ruelle, une silhouette se dessinait discrètement. On aurait presque pu l’ignorer, presque, si Tenshi ne lui décrivait pas le monde tel qu'il est d’ici jusqu’aux portes du village. Il savait très précisément où étaient les autres membres d’Asahi, et aussi qui ils affrontaient. Ils avaient une densité de chakra particulière. Noya en avait une également.
Mais pas cette ombre.
[Akogare] – Va-t-en. Ce n’est pas ton combat.
Il avait parlé d’une voix monotone, éraillée par le chakra. Cela lui donnait une curieuse résonance, comme s’il parlait à travers un tuyau métallique. Une voix venue d’un autre monde, aussi monstrueuse, sans doute, que son apparence présente. La forme se tourna vers lui. Dégage, se répéta-t-il mentalement. Je ne veux pas de toi ici. C’est ma montagne, et je ne suis pas encore au sommet. Je ne t’ai pas encore invité.
D’être le seul qu’il connaissait.
Noya écarquilla les yeux en voyant Akogare planter trois de ses doigts dans sa poitrine, juste au-dessus de son cœur. Le jeune homme fut agité d’un imperceptible tremblement ; son sang monta brusquement à son cerveau, quitta la gigantesque pompe pendant deux douloureuses secondes avant de refluer avec la même violence. Akogare, exsangue, crut laisser échapper un léger gémissement. Ce n’était pas exactement de la douleur, Noya l’avait noté. Plutôt… Comme lorsque l’on se réceptionne d’un toit trop haut, lorsque le souffle disparaît un instant, et revient.
Il ne se passa tout d’abord rien, et Noya fut tenté d’attaquer au plus vite pour mettre un terme à la menace qu’il sentait grandir. Son instinct de guerrier, toutefois, le mit en garde de n’en rien faire. Akogare abattit ses bras de chaque côté de son corps, se ramasse sur lui-même, et une colonne formidable de chakra le traversa de part en part. Noya plissa les yeux, aveuglé par le bleu lumineux. Les murs tremblèrent, et on entendit les vitres de tout le quartier grincer d’une façon sinistre.
Lorsqu’Akogare releva la tête, les fentes de son masque étaient illuminées de la même lumière bleue vive. Ses vêtements flottaient comme s’il était pris au milieu d’une violente bourrasque pourtant il demeurait immobile. Son bras bougea, Noya sentit le chakra courir sur sa peau, la mordiller doucement, la goûter. Il déglutit sans le vouloir ; le chakra pesait sur sa gorge, oppressait sa poitrine et se répercutait jusqu’à dans ses os.
Akogare reprit la garde propre au clan Hyuuga. Noya peinait presque à discerner les contours de sa silhouette, tellement le halo bleu qui l’entourait était dense. Il baissa son bras, et attaqua.
***
C’était vide et noir. Le fond du puits, le fond du puits. C’était noir, il engloutissait la lumière avec l’appétit d’une jeune louve. La chasse au papillon, une chasse éternelle ; attraper une libellule avec les mains sans l’écraser. Ten dû se retirer, parce que la masse fondait sur elle.
Elle sauta en arrière d’un habile saut, et se réceptionna au sommet d’une petite poutrelle. Elle observait le colosse. Toguro, du Pays de la Roche. On disait de lui qu’il avait la force de déplacer une montagne ; on disait qu’il l’avait déjà fait. Si elle ne s’était pas trompée dans son estimation, un coup de cette force suffirait à la mettre hors jeu pendant un certain temps, et tuerait à coup sûr quelqu’un de moins compétent. Il tapait avec rage et précision. Il s’appelait Toguro, et elle n’avait pas peur de lui.
Elle n’avait pas d’emprise sur lui, comme la pluie glisse sur le galet. Il lui faudrait des siècles avant de parvenir à l’éroder. Son esprit n’était pas une forteresse imprenable, hérissée de piques et équipée de douves et de pièges mortels. Non, c’était une grande place vide, froide, sans aucun souvenir tangible, sans aucune émotion palpable. Elle ne pouvait rien lui faire, il semblait virtuellement immunisé aux attaques de l’esprit.
Parce qu’il n’en avait pas ? … Ou bien la protection qui lui avait été appliqué – ou qui était naturel chez lui, comme une capacité héréditaire, elle ne parvenait pas à savoir – lui était tout bonnement inconnue. Il ne semblait pas user de chakra, du moins, pour le moment, ce qui réduisait l’action d’Akogare. De toute façon, Akogare semblait trop occupé pour s’en charger.
Elle risqua un coup d’œil, pendant que Toguro tentait de rattraper les deux Anbu qui l’avaient suivi jusqu’ici. Le chakra du jeune homme lui piquait la peau et, lorsqu’il avait ouvert la toute dernière porte, plus par défi que par autre chose, elle avait senti un terrible frisson lui parcourir l’échine – un frisson, elle en fut horrifiée, de pur plaisir. La première fois qu’Akogare avait ouvert ainsi son chakra, sans la maîtrise qu’il avait aujourd’hui, une explosion similaire à une expulsion ratée et hasardeuse de chakra s’était produite. Ten, qui n’était qu’à quelques pas, avait eu le visage profondément coupé par une lame bleue et pourtant, la douleur s’était totalement effacée au profit d’une expérience nouvelle, pure, une expérience qui la rapprochait autant qu’elle l’éloignait du Hyuuga. Akogare avait aussitôt arrêté sa technique, et s’était penché sur Ten. Elle ne remarqua qu’à ce moment là que le souffle l’avait poussé à terre. Il lui passa un doigt sur sa joue détrempée de sang et sourit, d’un sourire à la fois triste et taquin, comme il savait les faire quand il voulait s’excuser.
[Akogare] – Ah… On dirait que j’ai merdé.
Et il s’était relevé.
***
Noya planta son arme dans le vêtement du Hyuuga. Ce dernier bloqua la lame contre son flanc, observant son adversaire droit dans les yeux. Ses veines semblaient plus grosses, son Byakugan était parfaitement éveillé, tempêtant dans ce corps énorme, dans ces veines affamées de chakra. Noya n’essaya pas de tirer sa lame à lui. Il posa la main sur l’épaule d’Akogare, en pensant faire exploser cette maudite tête. Mais il fut étonné de remarquer qu’il n’arrivait pas à toucher le muscle de son adversaire, comme si une épaisse couche de papier le lui recouvrait.
Noya n’en tint pas compte et le fit détonner. Il recula, son katana en main, tandis qu’il observait la réaction de son adversaire. La fumée dissipée, Akogare se tenait toujours très droit, son expression n’avait pas changée. Les couches de chakra apparues sur son corps s’évanouissaient lentement, ou plutôt, redevenaient invisibles. Noya fronça imperceptiblement les sourcils. Ses attaques étaient sans effet. Il devait absolument bloquer le flux de chakra, qui était utilisé dans des proportions trop énormes pour qu’il puisse rivaliser.
[Akogare] – Ouvre la porte toi aussi. Autrement, je t’écraserais.
Noya sourit, et la sérénité s’imposa en lui.
[Noya] – On n’écrase pas ainsi Noya Fujissuke.
[Akogare] – Oh, je crains que si.
[Noya] – Je suis né avant toi, Akogare, bien avant toi. Nous ne sommes simplement pas de la même valeur.
Le regard d’Akogare se tourna lentement sur la droite. A l’ombre d’une petite ruelle, une silhouette se dessinait discrètement. On aurait presque pu l’ignorer, presque, si Tenshi ne lui décrivait pas le monde tel qu'il est d’ici jusqu’aux portes du village. Il savait très précisément où étaient les autres membres d’Asahi, et aussi qui ils affrontaient. Ils avaient une densité de chakra particulière. Noya en avait une également.
Mais pas cette ombre.
[Akogare] – Va-t-en. Ce n’est pas ton combat.
Il avait parlé d’une voix monotone, éraillée par le chakra. Cela lui donnait une curieuse résonance, comme s’il parlait à travers un tuyau métallique. Une voix venue d’un autre monde, aussi monstrueuse, sans doute, que son apparence présente. La forme se tourna vers lui. Dégage, se répéta-t-il mentalement. Je ne veux pas de toi ici. C’est ma montagne, et je ne suis pas encore au sommet. Je ne t’ai pas encore invité.

Akogare Hyuuga- Oi-nin de Konoha

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Re: [CE2] - Légendes
Obscur, la marche des âmes dans les méandres de la mort. Viens à moi petit homme, viens ! Quelques pas encore et tu verras les marches de l’obscurité, l’armée des guerriers de l’ombre, emportés par la grande faucheuse. Oui, hanté par les faits et gestes de mon visage de monstre, je remplis de ces masques l’horreur même de l’homme. Ah ! Ils croient tous pouvoir arrêter tout et tout le monde. Toi compris mon petit, toi compris. Mais tu n’es qu’un gamin, imbécile. Tu n’es qu’un enfant, et tu te détaches du cortège qui mène vers la lumière de la vie. Un môme qui aurait pu oublier et mener sa vie, dans la difficulté, tu vas devenir un petit point dans l’immensité de l’histoire : en fait tu n’aurais rien. Ni honneur, ni gloire, ni renom, ni même un nom. Tu resteras l’imbécile qui aura tenté de faire valoir ce qu’il dit de puissance aux yeux du monde.
Mon regard se pose sur cette lumière bleuté qui m’attire.
Le vent, insolent, m’emporte. Il n’y a pourtant qu’une brise. Mes vêtements se plissent et se collent finalement à mon ventre, poussés par une force dont on ne peut même arrêter l’élan. Les pavés glissent, et je manque de tomber. Et pourtant, je suis debout. Les aberrations de chakra, trop puissant, trop poussif, m’obligent à affronter la pire des armes que ce monde n’ait jamais connu. Et moi, tout petit, je m’infiltre. Peu à peu tout ce qui m’entoure me dépasse, le visage de Nara, sûrement la dernière chose humaine et rationnelle que j’ai vu jusque là, s’efface, le ciel bleu, n’est plus qu’un nuage noir qui pleure ses têtes de morts, tombés dans tous les combats que l’histoire a subi. Nous sommes une plaie. Ils sont une plaie. Mais qui, ils ?
Je ne puis le deviner. Je sors des rues bordant le grand mur. Passant ma main sur la pierre froide je frémis. Mais il n’est pas question de froid, c’est ce simple sentiment d’excitation qui me prendre et qui me rend fou. Inexplicable. Shinzei se réveille, il me parle. Étrangement, il n’a pas essayé de m’appeler lorsque j’encaissais tous les coups de Riku, pour ne donner que le dernier, le seul vraiment digne de ma puissance, digne de la confiance que certains ont placé en moi, et de la colère que d’autres ressentent. Il me presse, il veut sortir. Tu n’es qu’une vision de l’esprit, Shinzei. Tu n’es rien d’autre qu’un fantasme, une aura malsaine qui représente tout ce qu’il y a de mauvais en moi ; et il y en a. Quelques larmes perlent mes yeux. Lorsqu’elles s’écrasent contre mon vêtement, je me rends compte qu’il pleut du sang.
- Shinzei - C’est lui…
Si près du but. Si près de la fin. Si près de toute fin. Le sang, qui bat, qui apporte la vie. Ah, Shinzei, combien d’années as-tu rêvé d’être en face de ce démon qui te hante ? Combien de corps as-tu du massacrer pour avoir, ce nom ? Ce nom qui aujourd’hui, en peuplant mes rêves, t’amène directement à lui. Je n’ai qu’une ombre mais pourtant, je sais qu’il est là, à quelques mètres. Je ne le vois toujours pas, c’est comme creuser dans un tunnel sans fin, ni promise, ni due.
Mes yeux se ferment, mais je n’arrête pas d’avancer. Je sens, en moi, cette puissance, rampante, qui s’enroule autour de mon cou pour ne plus jamais me lâcher. Elle est là, elle et sa sinueuse langue, qui siffle à mes oreilles. Une puissance, bien amère à vrai dire. Enfin j’arrive sur la place. Des corps qui gisent, sans vie cette fois. Bien étrange scénario, rien de bien comparable à ce que j’ai pu connaitre. Même Bakemon avait l’air plus vivant qu’eux, lorsque je l’ai laissé. En fait, il l’était. Jamais je n’aurais pu donner la mort.
Il avance, le petit bonhomme. Il avance les yeux toujours fermés, il avance comme si rien ne pourrait l’arrêter. Ses courtes jambes progressent, et son centre de gravité, bas, comme un enfant, l’empêche de s’envoler, devant les vagues de chakra qui balayent Konoha. Des larmes de sang continuent de glisser sur ses joues bronzées. Elles renferment toute la tristesse de l’Uchiha. Oui, seulement sa tristesse, parce que tout sa colère s’est envolé devant le chaos de la situation. Dès le début de l’Examen, il avait su. C’était inévitable, cet incommensurable passion pour la puissance. Cela l’avait mené aux portes, à la chute, à la scène finale, bien loin dans les actes, après les trois coups de bâtons. Il avait toujours trouvé qu’il était violent de commencer une scène par trois coups, comme battre un nouveau né dès la naissance. Certains diront que c’est pour le faire respirer, d’autres admettront qu’il faut l’habituer à la vulgarité de ce monde. S’il faut se battre pour respirer, alors ils auront tous raisons. Il avait vu dans les yeux de Riku sa propre chute, et il s’était laissé aller à une molle absence. Pourtant même lui n’avait pu en venir à bout.
Il devina l’aura d’Akogare. Sa voix également. Toujours à l’angle de la rue Sabi ne recevait que peu d’information, pourtant il en savait déjà bien assez. Il revoyait dans son esprit le visage de l’Anbu, ses joies et ses peines. Et surtout son teint neutre qui plie tous les autres, sous une force incroyable. Si c’était bien lui qui se battait, si ce chakra éblouissant leur appartenait bien, à lui et à son adversaire dont il avait les deux syllabes en bouche, alors Sabi serait juste un spectateur. Pourtant il doutait de sa capacité à rester sagement assis sur les gradins. Face à celui qui était la clé, le pilonne. Sabi ne savait pas vraiment s’il était bon ou méchant, même si pour le village l’histoire était déjà écrite. Mais il doutait, de plus en plus, de son rôle dans son histoire à lui, dans sa vie. Qu’il meurt, soit. Il mourra. Pas sans lui avoir parlé. Parce que mourir dans l’ignorance était sûrement la pire des choses. Et sûrement que de ses paroles l’Uchiha ne désirerait qu’une seule chose.
Sa mort.
Impossible, bien sûr.
Sa main se posa sur l’angle du bâtiment. Comme essoufflé d’une course contre le temps et contre la nature, Sabi s’y reposa, le bras tendu, la tête baissé, haletant. En face, un peu plus loin, il y avait Akogare. Derrière, un gigantesque homme de pierre ne cessait de faire jouer ses poings contre une svelte kunoichi, encore assez agile pour éviter les coups. C’était presque nécessaire, lorsqu’on voyait la pierre gicler en de nombreux éclats. Il aurait sûrement suffit d’un seul coup. Mais tout cela ne l’intéressait pas. C’était le décor, dans lequel Sabi se trouvait, et qui prenait Konoha à la gorge. Konoha, Kiri, et Kumo, d’ailleurs. Ces trois nations rassemblées en un point, névralgique, qui, délibérant de leurs puissances durant l’Examen, le ton invisible parce qu’hautaint, se retrouvait au pied du mur. Ce même mur dont Akogare parlait sans cesse, cette montagne au sommet si haut. Une lutte continuelle. Sabi sourit, coiffé par ses mèches qui lui tombaient sur le visage. Le Hyuuga avait un bel idéal. Il ne s’en rendait compte que maintenant. Certainement très idéaliste, mais de la puissance de ses coups il pourrait creuser la montagne.
Que se passerait-il si l’on rasait tout, et que le monde ne serait qu’une immense plaine ?
- Akogare - Va-t-en. Ce n’est pas ton combat.
Il ne bougea pas. Akogare sembla insister du regard. Sabi ne se rendait pas vraiment compte dans quel étrange bordel il mettait l’Anbu. Noya devait sourire, d’un plaisir malsain, de voir un élément si imprévu arriver à lui, perturber son adversaire, et ouvrir chez lui des ouvertures physiques, et mentales. Je rompais un idéal. Désolé. Mais je ne peux plus m’en aller. Nous avons beaucoup parlé toi et moi, mais nous ne connaissons de l’un à l’autre, finalement que très peu de choses. Il sentit la pression qui montait, d’un côté comme de l’autre. Sabi n’était pas un cadeau, loin de là. Et s’il avait avec lui, un beau paquet cadeau même pour un chuunin fébrile, devant lui se dessinait des puissances sans nom. Et dont la seule main pouvait venir à bout de lui, en quelques secondes.
Il ne broncha pas. Puis, sans bouger, ses lèvres se soulevèrent, et formèrent quelques mots.
- Sabi - Désolé, Akogare-san, c’était inutile, en fait, avec tout le respect que j’ai pour vous, il passa doucement la langue sur ses deux lèvres où les gouttes de sang continuaient de glisser, c’est aussi, sa main vint remettre ses mèches rougies en ordre, dégageant légèrement son front et ses paupières éteintes, mon combat.
Ses paupières se soulèvent. Le vent brasse ses mèches. Une gerbe de sang tombe sur le sol. Une pulsion étrange l’anime, il ne sourit pas, il n’est pas concentré, il est juste perdu dans une tristesse inconnue. Son œil s’ouvre. Sa pupille se dilate. Il fixe, intensément, non une cible, ni une proie, pas même une impossible victime : un être. Sabi délaissa Akogare. Un dédain involontaire, il était happé par cette force, celle que Noya développait. En lui des dizaines, des centaines de questions se confrontaient pour savoir laquelle serait la première, la plus évidente, la plus pertinente, sans qu’il ne trouve aucune réponse. Noya ne représentait, pour le moment, pas un ennemi, qu’importe cette soi-disant Asahi, qu’importe le village. Aujourd’hui, je pense à moi. Cela fait quinze que je rumine. Tu me laisserais bien ce privilège, n’est-ce pas ?
On lui dirait sûrement que la mort l’attend, et que quoi qu’il en pense, il ne la mérite pas. On ne meurt pas ignorant. Le Hyuuga allait gagner. Et on enterrerait Noya avec ses secrets. Puis Sabi avec son ignorance. Qu’importe le gout de la vie, qu’importe l’odeur de l’amour, il n’y a rien de pire que de ne pas savoir qui a jeté cette petite graine sur le pavé. Oui, cette semence naturelle, qu’on a délaissée. Pas celle qu’on a injustement jetée par la fenêtre, celle qui tombe du ciel. Et qui plonge dans la terre, comme seule père un soleil brûlant. Il ne suffira que de quelques questions, puis d’une mort que personne ne pourra feindre ou parer, et il sera enfin à toi…
Je me redresse. Je fais un pas. Et je m’arrête. Je ne lâche pas Noya du regard. Mon sang coule toujours, pourtant mon Sharingan n’a rien de plus que tous les autres jours. C’est juste Shinzei qui bout. Le pauvre…
Il fronce les sourcils, il montre bien le sang qui dégouline, les trois virgules noires qui tournent dans cette marre d’hémoglobine, lui faire comprendre qui je suis, lui faire accepter le contexte, lui faire comprendre l’histoire. On ne voit pas tous les jours un genin qui ose venir perturber un combat entre deux montagnes, entre deux falaises qui se percutent sans jamais mourir. La dernière pierre gagnera. Non, lui n’était qu’un ruisseau qu’aucune roche n’aurait pu arrêter. Ce jour était inscrit. Comme aucun autre avant, il lui semblait. Ce regard incessant de tristesse, il fallait qu’il le perturbe, il fallait qu’il le choque. Il fit un second pas. Sa main redressa ses cheveux sur sa tête, puis se remit droit devant l’homme au grand chapeau de paille. Une trace rouge écaillée s’étala dans sa paume, il n’en eut cure.
C’était ce sharingan, ce regard, cette chevelure, ce pas élancé. Pour la foule, tout ce ressemblait, mais pour lui, cela devait tinter faux, un souvenir, frais d’une quinzaine d’année. Noya ne devait jamais l’avoir vu, lui et sa petite bouille de bébé, allongé dans son berceau sur le trottoir sal et nauséabond des bas quartiers de Konoha. Mais eux, il les connaissait. Il fit un troisième pas, et inspira un grand coup. Akogare avait disparu, la rue, aussi. Tout était noir, comme dans ses rêves, et le grand homme au chapeau de paille dévoilait enfin son visage.
Les vérités d’un songe. Les vérités d’un rêve qui devenaient réalité.
- Sabi - Si tu es bien Noya, l’homme au chapeau de paille - mais tu ne peux en être autrement - alors tu ne verras en moi, rien d’autre que l’impertinence et l’audace d’un gamin fou.
Il marqua une pause. Il parlait à un homme qui pouvait le broyer avant qu’il n’ait le temps de le penser. C’état déjà un miracle qu’il ait pu s’avancer jusqu’ici. En vie.
- Sabi - Mais peut-être… Que tu te reconnaitras son nom, Sabi Uchiha, fils de Sanobu Uchiha et d’Idji Uchiha. Si tu es bien celui-ci, tu n’auras pas oublié cette femme. Elle peuple mes songes. Depuis quinze ans.
Sabi baissa la tête et pleura un peu plus, le sang s’étalant sur le sol herbeux. Il avait cette question, au bout des lèvres. Finalement c’était bien cela, qu’il recherchait plus que tout. Oui, cette unique motivation, bien naturelle. Cette pulsion bien humaine. Cet être qui manquerait à tout nourrisson.
Il sécha ses larmes rouges, et se redressa. Qu’importe l’insolence éventuelle de Noya. Il aurait au moins eu le mérité d’aller jusqu’ici. Ensuite, rien n’était plus de son ressort.
- Sabi - Pourrais-je la revoir, un jour ?
Oui, tout enfant a besoin d’une mère.
Mon regard se pose sur cette lumière bleuté qui m’attire.
Le vent, insolent, m’emporte. Il n’y a pourtant qu’une brise. Mes vêtements se plissent et se collent finalement à mon ventre, poussés par une force dont on ne peut même arrêter l’élan. Les pavés glissent, et je manque de tomber. Et pourtant, je suis debout. Les aberrations de chakra, trop puissant, trop poussif, m’obligent à affronter la pire des armes que ce monde n’ait jamais connu. Et moi, tout petit, je m’infiltre. Peu à peu tout ce qui m’entoure me dépasse, le visage de Nara, sûrement la dernière chose humaine et rationnelle que j’ai vu jusque là, s’efface, le ciel bleu, n’est plus qu’un nuage noir qui pleure ses têtes de morts, tombés dans tous les combats que l’histoire a subi. Nous sommes une plaie. Ils sont une plaie. Mais qui, ils ?
Je ne puis le deviner. Je sors des rues bordant le grand mur. Passant ma main sur la pierre froide je frémis. Mais il n’est pas question de froid, c’est ce simple sentiment d’excitation qui me prendre et qui me rend fou. Inexplicable. Shinzei se réveille, il me parle. Étrangement, il n’a pas essayé de m’appeler lorsque j’encaissais tous les coups de Riku, pour ne donner que le dernier, le seul vraiment digne de ma puissance, digne de la confiance que certains ont placé en moi, et de la colère que d’autres ressentent. Il me presse, il veut sortir. Tu n’es qu’une vision de l’esprit, Shinzei. Tu n’es rien d’autre qu’un fantasme, une aura malsaine qui représente tout ce qu’il y a de mauvais en moi ; et il y en a. Quelques larmes perlent mes yeux. Lorsqu’elles s’écrasent contre mon vêtement, je me rends compte qu’il pleut du sang.
- Shinzei - C’est lui…
Si près du but. Si près de la fin. Si près de toute fin. Le sang, qui bat, qui apporte la vie. Ah, Shinzei, combien d’années as-tu rêvé d’être en face de ce démon qui te hante ? Combien de corps as-tu du massacrer pour avoir, ce nom ? Ce nom qui aujourd’hui, en peuplant mes rêves, t’amène directement à lui. Je n’ai qu’une ombre mais pourtant, je sais qu’il est là, à quelques mètres. Je ne le vois toujours pas, c’est comme creuser dans un tunnel sans fin, ni promise, ni due.
Mes yeux se ferment, mais je n’arrête pas d’avancer. Je sens, en moi, cette puissance, rampante, qui s’enroule autour de mon cou pour ne plus jamais me lâcher. Elle est là, elle et sa sinueuse langue, qui siffle à mes oreilles. Une puissance, bien amère à vrai dire. Enfin j’arrive sur la place. Des corps qui gisent, sans vie cette fois. Bien étrange scénario, rien de bien comparable à ce que j’ai pu connaitre. Même Bakemon avait l’air plus vivant qu’eux, lorsque je l’ai laissé. En fait, il l’était. Jamais je n’aurais pu donner la mort.
Il avance, le petit bonhomme. Il avance les yeux toujours fermés, il avance comme si rien ne pourrait l’arrêter. Ses courtes jambes progressent, et son centre de gravité, bas, comme un enfant, l’empêche de s’envoler, devant les vagues de chakra qui balayent Konoha. Des larmes de sang continuent de glisser sur ses joues bronzées. Elles renferment toute la tristesse de l’Uchiha. Oui, seulement sa tristesse, parce que tout sa colère s’est envolé devant le chaos de la situation. Dès le début de l’Examen, il avait su. C’était inévitable, cet incommensurable passion pour la puissance. Cela l’avait mené aux portes, à la chute, à la scène finale, bien loin dans les actes, après les trois coups de bâtons. Il avait toujours trouvé qu’il était violent de commencer une scène par trois coups, comme battre un nouveau né dès la naissance. Certains diront que c’est pour le faire respirer, d’autres admettront qu’il faut l’habituer à la vulgarité de ce monde. S’il faut se battre pour respirer, alors ils auront tous raisons. Il avait vu dans les yeux de Riku sa propre chute, et il s’était laissé aller à une molle absence. Pourtant même lui n’avait pu en venir à bout.
Il devina l’aura d’Akogare. Sa voix également. Toujours à l’angle de la rue Sabi ne recevait que peu d’information, pourtant il en savait déjà bien assez. Il revoyait dans son esprit le visage de l’Anbu, ses joies et ses peines. Et surtout son teint neutre qui plie tous les autres, sous une force incroyable. Si c’était bien lui qui se battait, si ce chakra éblouissant leur appartenait bien, à lui et à son adversaire dont il avait les deux syllabes en bouche, alors Sabi serait juste un spectateur. Pourtant il doutait de sa capacité à rester sagement assis sur les gradins. Face à celui qui était la clé, le pilonne. Sabi ne savait pas vraiment s’il était bon ou méchant, même si pour le village l’histoire était déjà écrite. Mais il doutait, de plus en plus, de son rôle dans son histoire à lui, dans sa vie. Qu’il meurt, soit. Il mourra. Pas sans lui avoir parlé. Parce que mourir dans l’ignorance était sûrement la pire des choses. Et sûrement que de ses paroles l’Uchiha ne désirerait qu’une seule chose.
Sa mort.
Impossible, bien sûr.
Sa main se posa sur l’angle du bâtiment. Comme essoufflé d’une course contre le temps et contre la nature, Sabi s’y reposa, le bras tendu, la tête baissé, haletant. En face, un peu plus loin, il y avait Akogare. Derrière, un gigantesque homme de pierre ne cessait de faire jouer ses poings contre une svelte kunoichi, encore assez agile pour éviter les coups. C’était presque nécessaire, lorsqu’on voyait la pierre gicler en de nombreux éclats. Il aurait sûrement suffit d’un seul coup. Mais tout cela ne l’intéressait pas. C’était le décor, dans lequel Sabi se trouvait, et qui prenait Konoha à la gorge. Konoha, Kiri, et Kumo, d’ailleurs. Ces trois nations rassemblées en un point, névralgique, qui, délibérant de leurs puissances durant l’Examen, le ton invisible parce qu’hautaint, se retrouvait au pied du mur. Ce même mur dont Akogare parlait sans cesse, cette montagne au sommet si haut. Une lutte continuelle. Sabi sourit, coiffé par ses mèches qui lui tombaient sur le visage. Le Hyuuga avait un bel idéal. Il ne s’en rendait compte que maintenant. Certainement très idéaliste, mais de la puissance de ses coups il pourrait creuser la montagne.
Que se passerait-il si l’on rasait tout, et que le monde ne serait qu’une immense plaine ?
- Akogare - Va-t-en. Ce n’est pas ton combat.
Il ne bougea pas. Akogare sembla insister du regard. Sabi ne se rendait pas vraiment compte dans quel étrange bordel il mettait l’Anbu. Noya devait sourire, d’un plaisir malsain, de voir un élément si imprévu arriver à lui, perturber son adversaire, et ouvrir chez lui des ouvertures physiques, et mentales. Je rompais un idéal. Désolé. Mais je ne peux plus m’en aller. Nous avons beaucoup parlé toi et moi, mais nous ne connaissons de l’un à l’autre, finalement que très peu de choses. Il sentit la pression qui montait, d’un côté comme de l’autre. Sabi n’était pas un cadeau, loin de là. Et s’il avait avec lui, un beau paquet cadeau même pour un chuunin fébrile, devant lui se dessinait des puissances sans nom. Et dont la seule main pouvait venir à bout de lui, en quelques secondes.
Il ne broncha pas. Puis, sans bouger, ses lèvres se soulevèrent, et formèrent quelques mots.
- Sabi - Désolé, Akogare-san, c’était inutile, en fait, avec tout le respect que j’ai pour vous, il passa doucement la langue sur ses deux lèvres où les gouttes de sang continuaient de glisser, c’est aussi, sa main vint remettre ses mèches rougies en ordre, dégageant légèrement son front et ses paupières éteintes, mon combat.
Ses paupières se soulèvent. Le vent brasse ses mèches. Une gerbe de sang tombe sur le sol. Une pulsion étrange l’anime, il ne sourit pas, il n’est pas concentré, il est juste perdu dans une tristesse inconnue. Son œil s’ouvre. Sa pupille se dilate. Il fixe, intensément, non une cible, ni une proie, pas même une impossible victime : un être. Sabi délaissa Akogare. Un dédain involontaire, il était happé par cette force, celle que Noya développait. En lui des dizaines, des centaines de questions se confrontaient pour savoir laquelle serait la première, la plus évidente, la plus pertinente, sans qu’il ne trouve aucune réponse. Noya ne représentait, pour le moment, pas un ennemi, qu’importe cette soi-disant Asahi, qu’importe le village. Aujourd’hui, je pense à moi. Cela fait quinze que je rumine. Tu me laisserais bien ce privilège, n’est-ce pas ?
On lui dirait sûrement que la mort l’attend, et que quoi qu’il en pense, il ne la mérite pas. On ne meurt pas ignorant. Le Hyuuga allait gagner. Et on enterrerait Noya avec ses secrets. Puis Sabi avec son ignorance. Qu’importe le gout de la vie, qu’importe l’odeur de l’amour, il n’y a rien de pire que de ne pas savoir qui a jeté cette petite graine sur le pavé. Oui, cette semence naturelle, qu’on a délaissée. Pas celle qu’on a injustement jetée par la fenêtre, celle qui tombe du ciel. Et qui plonge dans la terre, comme seule père un soleil brûlant. Il ne suffira que de quelques questions, puis d’une mort que personne ne pourra feindre ou parer, et il sera enfin à toi…
Je me redresse. Je fais un pas. Et je m’arrête. Je ne lâche pas Noya du regard. Mon sang coule toujours, pourtant mon Sharingan n’a rien de plus que tous les autres jours. C’est juste Shinzei qui bout. Le pauvre…
Il fronce les sourcils, il montre bien le sang qui dégouline, les trois virgules noires qui tournent dans cette marre d’hémoglobine, lui faire comprendre qui je suis, lui faire accepter le contexte, lui faire comprendre l’histoire. On ne voit pas tous les jours un genin qui ose venir perturber un combat entre deux montagnes, entre deux falaises qui se percutent sans jamais mourir. La dernière pierre gagnera. Non, lui n’était qu’un ruisseau qu’aucune roche n’aurait pu arrêter. Ce jour était inscrit. Comme aucun autre avant, il lui semblait. Ce regard incessant de tristesse, il fallait qu’il le perturbe, il fallait qu’il le choque. Il fit un second pas. Sa main redressa ses cheveux sur sa tête, puis se remit droit devant l’homme au grand chapeau de paille. Une trace rouge écaillée s’étala dans sa paume, il n’en eut cure.
C’était ce sharingan, ce regard, cette chevelure, ce pas élancé. Pour la foule, tout ce ressemblait, mais pour lui, cela devait tinter faux, un souvenir, frais d’une quinzaine d’année. Noya ne devait jamais l’avoir vu, lui et sa petite bouille de bébé, allongé dans son berceau sur le trottoir sal et nauséabond des bas quartiers de Konoha. Mais eux, il les connaissait. Il fit un troisième pas, et inspira un grand coup. Akogare avait disparu, la rue, aussi. Tout était noir, comme dans ses rêves, et le grand homme au chapeau de paille dévoilait enfin son visage.
Les vérités d’un songe. Les vérités d’un rêve qui devenaient réalité.
- Sabi - Si tu es bien Noya, l’homme au chapeau de paille - mais tu ne peux en être autrement - alors tu ne verras en moi, rien d’autre que l’impertinence et l’audace d’un gamin fou.
Il marqua une pause. Il parlait à un homme qui pouvait le broyer avant qu’il n’ait le temps de le penser. C’état déjà un miracle qu’il ait pu s’avancer jusqu’ici. En vie.
- Sabi - Mais peut-être… Que tu te reconnaitras son nom, Sabi Uchiha, fils de Sanobu Uchiha et d’Idji Uchiha. Si tu es bien celui-ci, tu n’auras pas oublié cette femme. Elle peuple mes songes. Depuis quinze ans.
Sabi baissa la tête et pleura un peu plus, le sang s’étalant sur le sol herbeux. Il avait cette question, au bout des lèvres. Finalement c’était bien cela, qu’il recherchait plus que tout. Oui, cette unique motivation, bien naturelle. Cette pulsion bien humaine. Cet être qui manquerait à tout nourrisson.
Il sécha ses larmes rouges, et se redressa. Qu’importe l’insolence éventuelle de Noya. Il aurait au moins eu le mérité d’aller jusqu’ici. Ensuite, rien n’était plus de son ressort.
- Sabi - Pourrais-je la revoir, un jour ?
Oui, tout enfant a besoin d’une mère.

Sabi Uchiha- Mort
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Re: [CE2] - Légendes
Bienvenue sur le champ de bataille, content que tu y sois arrivé. Nous pensions que ton destin était scellé, ce n’est pas ce que nous imaginions. Mais on dirait que nous sommes plus forts que nous en avons l’air.
Sabi était un imbécile. En tant qu’être humain, Akogare aurait pu ignorer ce facteur pour se contenter de voir un enfant qui cherche des informations sur sa mère. En tant que personne intelligente, Akogare voyait uniquement qu’il était en situation de combat, face à deux puissants adversaires, et avec un moucheron attiré par la lumière dans les jambes. Il réfléchissait aussi vite qu’il le pouvait. Et la solution, elle, continuait à filer.
Noya fixait du regard le jeune Uchiha. Il avait les lèvres pincées et aucune émotion ne semblait filtrer de son corps. Il était tendu comme un guerrier, et Akogare savait qu’actuellement, c’était en guerrier qu’il pensait.
[Noya] – Je me souviens de toi.
Sa voix résonna doucement dans la nuit claire. Derrière, Toguro continuait son œuvre de destruction. Akogare fit un pas, et Noya se tourna vers lui. Ce fut en le regardant lui qu’il s’exprima à nouveau.
[Noya] – Ce n’est pas ta mère que je visais. Elle a fait la chose la plus sensée. Partir. Tu ne lui appartiens pas, tu es devenu un individu. Le reste ne m’intéresse pas.
Noya était un professionnel ; il se moquait de Sabi, de ses parents, de ce passé qu’il ressassait. Quelle pitié… Ne pas parvenir à grandir à cause d’un manquement essentiel. Non, décidément, Sabi n’était pas prêt à gravir la montagne ni à saisir sa main tendue. Il était trop désespérément jeune. Mais Akogare ne le laisserait pas saccager son rêve à lui. Trop de sang avait été versé en ce sens, trop d’espoirs avaient été nourris à cette sève-là. Noya passa à l’attaque, et Sabi sortit immédiatement des pensées du Hyuuga. Il saisit le poignet de son ennemi et tira violemment dessus pour le déséquilibrer. Akogare tapa en visant le cœur, mais d’une habile torsion Noya parvint à dévier le choc. De fins filaments bleus s’attachèrent à ses vêtements avant de se dissiper.
Il était évident que Noya cherchait à ne pas utiliser de chakra. Il ne voulait pas se mettre en position de faiblesse, car il lui était impossible de rivaliser sur ce terrain.
Et puis ils revinrent. Les yeux rouges. Sabi était comme un mauvais rêve, la prise qui manque pendant l’ascension. Akogare le saisit d’une main et le souleva du sol. Il serra davantage le poignet armé de Noya.
[Akogare] – Pars.
Le mot métallique quitta ses lèvres. Il envoya de toutes ses forces l’adolescent s’écraser à terre, en espérant à moitié qu’il soit assommé et qu’il ne se relève plus. Trop de tard pour les réponses. Akogare avait un travail, et personne ne l’empêcherait de le mener à terme. La colère, la haine, et après ? Il n’y attachait pas d’importance. Seul le résultat comptait, la sécurité de ses amis, de ses proches – celle de Sabi.
Il sentit le coup de Noya sur sa poitrine et grogna. L’explosion de chakra perturba ses sens, et la lame frôla sa cuisse. Akogare se déconcentrait.
Car tout cela lui rappelait de mauvais songes à lui aussi.
La famille était un phénomène étrange ; elle pouvait renforcer l’individu, ou le conduire à la faiblesse. Akogare avait quitté la sienne. Sabi n’en avait même pas eu le loisir. S’il avait vécu avec sa mère… Idji ? Cela ne lui disait rien. Sanobu en revanche… Mais rien de précis. Des images, des mots. Il restait Takeshi. Ah… Oui, il comprenait les sentiments et les agissements de Sabi. Mais chacun reposait à sa place. Et la place d’Akogare était face à Noya, et celle de Noya face à Akogare. Sabi n’avait plus nulle part où aller dans ce présent. Il devait se créer sa propre voie, ailleurs.
Noya se battait un cran en-dessous de ce qu’il était capable de donner. Il prenait garde à contenir son adversaire qui malgré l’intense concentration en chakra, attaquait peu. Akogare n’était pas pressé d’en finir. Quelque part, il se disait qu’il faisait son travail. Qu’il ne tirait pas au flanc. Puis il y eut le cri déchirant des mille oiseaux. Noya daigna tourner la tête. Le Chidori creusait le sol, une ligne barbare et mal définie, une ligne de mort qui s’approche. Mais Noya était tranquille.
Akogare fit un pas. Il attrapa au vol le poignet de Sabi et l’arrêta net. Le Chidori mourut sans un bruit, en quelques éclats moribonds, avant de cesser tout à fait. Un Chidori noir, noir comme la mort.
[Akogare] – Noya est ma cible. Ma cible. N’interviens plus, Sabi-kun. N’interviens plus.
Akogare retira son masque, et son regard passa de Noya à Sabi. L’homme d’Asahi observait la scène sans faire mine d’attaquer. Ce combat n’avait pas l’air de lui convenir. Il aurait préféré quelque chose de plus… épique, un vrai duel. Noya était ainsi. Il n’attaquerait pas Akogare dans le dos, sans le prévenir ; même si Akogare était sans doute meilleur que lui.
Le Hyuuga posa son masqua dans les mains de Sabi.
[Akogare] – Je ne tuerais pas Noya. Laisse-moi désormais, s’il te plait. Pars.
Pars.
Akogare s’apprêtait à faire face à Noya quand il perçut le choc. Comme une montagne qui vous heurte. Tout souffle quitta son corps et l’espace d’un instant il suffoqua. Avant de percuter le mur. Celui-ci ne se brisa pas sous l’impact. Le Hyuuga sentit une main puissante lui saisir la tête, sous les cheveux.
[Toguro] – Noya ! C’est comme ça qu’on s’y prend !
Un rugissement de bête sauvage. Toguro fracassa le crâne d’Akogare contre la pierre à six reprises. Le mur se fissura sérieusement, taché d’un sang sombre et presque noir. Ten demeurait interdite, à une dizaine de mètre de là, la bouche entrouverte.
[Noya] – Eh bien ? …
Toguro soufflait fort. Il s’arrêta, sans toutefois libérer le Hyuuga. Ce dernier réussit à capter le regard vide du monstre d’Iwa. Son nez s’était brisé dès le premier choc, ses arcades sourcilières s’étaient également ouvertes, ses lèvres fendues laissaient entrevoir un simulacre de sourire.
[Akogare] – Ah… La force.
Toguro s’apprêta à enfoncer son poing libre dans l’estomac de son adversaire, mais Akogare le lui immobilisa avant qu’il ne l’atteigne. L’homme força, banda ses muscles, mais le Hyuuga le contenait sans ciller.
[Akogare] – Ah… La faiblesse...
Sans même y mettre beaucoup de puissance, Akogare percuta la carotide de Toguro à l'aide de son coude, puis à très grande vitesse, six autres points de son corps. Le monstre recula, surpris, mais Akogare fit exploser son chakra tout autour de lui. Toguro fut repoussé de plusieurs mètres, chancelant, mais sans toutefois s’effondrer. Il secouait la tête bêtement, comme s'il était assommé. Il y eut un étrange silence. Ten observait Akogare, qui observait Noya, qui observait Sabi.
Akogare se tourna vers ce dernier, et il grinça des dents. L'afflux de chakra était...
Mortel.
Sabi était un imbécile. En tant qu’être humain, Akogare aurait pu ignorer ce facteur pour se contenter de voir un enfant qui cherche des informations sur sa mère. En tant que personne intelligente, Akogare voyait uniquement qu’il était en situation de combat, face à deux puissants adversaires, et avec un moucheron attiré par la lumière dans les jambes. Il réfléchissait aussi vite qu’il le pouvait. Et la solution, elle, continuait à filer.
Noya fixait du regard le jeune Uchiha. Il avait les lèvres pincées et aucune émotion ne semblait filtrer de son corps. Il était tendu comme un guerrier, et Akogare savait qu’actuellement, c’était en guerrier qu’il pensait.
[Noya] – Je me souviens de toi.
Sa voix résonna doucement dans la nuit claire. Derrière, Toguro continuait son œuvre de destruction. Akogare fit un pas, et Noya se tourna vers lui. Ce fut en le regardant lui qu’il s’exprima à nouveau.
[Noya] – Ce n’est pas ta mère que je visais. Elle a fait la chose la plus sensée. Partir. Tu ne lui appartiens pas, tu es devenu un individu. Le reste ne m’intéresse pas.
Noya était un professionnel ; il se moquait de Sabi, de ses parents, de ce passé qu’il ressassait. Quelle pitié… Ne pas parvenir à grandir à cause d’un manquement essentiel. Non, décidément, Sabi n’était pas prêt à gravir la montagne ni à saisir sa main tendue. Il était trop désespérément jeune. Mais Akogare ne le laisserait pas saccager son rêve à lui. Trop de sang avait été versé en ce sens, trop d’espoirs avaient été nourris à cette sève-là. Noya passa à l’attaque, et Sabi sortit immédiatement des pensées du Hyuuga. Il saisit le poignet de son ennemi et tira violemment dessus pour le déséquilibrer. Akogare tapa en visant le cœur, mais d’une habile torsion Noya parvint à dévier le choc. De fins filaments bleus s’attachèrent à ses vêtements avant de se dissiper.
Il était évident que Noya cherchait à ne pas utiliser de chakra. Il ne voulait pas se mettre en position de faiblesse, car il lui était impossible de rivaliser sur ce terrain.
Et puis ils revinrent. Les yeux rouges. Sabi était comme un mauvais rêve, la prise qui manque pendant l’ascension. Akogare le saisit d’une main et le souleva du sol. Il serra davantage le poignet armé de Noya.
[Akogare] – Pars.
Le mot métallique quitta ses lèvres. Il envoya de toutes ses forces l’adolescent s’écraser à terre, en espérant à moitié qu’il soit assommé et qu’il ne se relève plus. Trop de tard pour les réponses. Akogare avait un travail, et personne ne l’empêcherait de le mener à terme. La colère, la haine, et après ? Il n’y attachait pas d’importance. Seul le résultat comptait, la sécurité de ses amis, de ses proches – celle de Sabi.
Il sentit le coup de Noya sur sa poitrine et grogna. L’explosion de chakra perturba ses sens, et la lame frôla sa cuisse. Akogare se déconcentrait.
Car tout cela lui rappelait de mauvais songes à lui aussi.
La famille était un phénomène étrange ; elle pouvait renforcer l’individu, ou le conduire à la faiblesse. Akogare avait quitté la sienne. Sabi n’en avait même pas eu le loisir. S’il avait vécu avec sa mère… Idji ? Cela ne lui disait rien. Sanobu en revanche… Mais rien de précis. Des images, des mots. Il restait Takeshi. Ah… Oui, il comprenait les sentiments et les agissements de Sabi. Mais chacun reposait à sa place. Et la place d’Akogare était face à Noya, et celle de Noya face à Akogare. Sabi n’avait plus nulle part où aller dans ce présent. Il devait se créer sa propre voie, ailleurs.
Noya se battait un cran en-dessous de ce qu’il était capable de donner. Il prenait garde à contenir son adversaire qui malgré l’intense concentration en chakra, attaquait peu. Akogare n’était pas pressé d’en finir. Quelque part, il se disait qu’il faisait son travail. Qu’il ne tirait pas au flanc. Puis il y eut le cri déchirant des mille oiseaux. Noya daigna tourner la tête. Le Chidori creusait le sol, une ligne barbare et mal définie, une ligne de mort qui s’approche. Mais Noya était tranquille.
Akogare fit un pas. Il attrapa au vol le poignet de Sabi et l’arrêta net. Le Chidori mourut sans un bruit, en quelques éclats moribonds, avant de cesser tout à fait. Un Chidori noir, noir comme la mort.
[Akogare] – Noya est ma cible. Ma cible. N’interviens plus, Sabi-kun. N’interviens plus.
Akogare retira son masque, et son regard passa de Noya à Sabi. L’homme d’Asahi observait la scène sans faire mine d’attaquer. Ce combat n’avait pas l’air de lui convenir. Il aurait préféré quelque chose de plus… épique, un vrai duel. Noya était ainsi. Il n’attaquerait pas Akogare dans le dos, sans le prévenir ; même si Akogare était sans doute meilleur que lui.
Le Hyuuga posa son masqua dans les mains de Sabi.
[Akogare] – Je ne tuerais pas Noya. Laisse-moi désormais, s’il te plait. Pars.
Pars.
Akogare s’apprêtait à faire face à Noya quand il perçut le choc. Comme une montagne qui vous heurte. Tout souffle quitta son corps et l’espace d’un instant il suffoqua. Avant de percuter le mur. Celui-ci ne se brisa pas sous l’impact. Le Hyuuga sentit une main puissante lui saisir la tête, sous les cheveux.
[Toguro] – Noya ! C’est comme ça qu’on s’y prend !
Un rugissement de bête sauvage. Toguro fracassa le crâne d’Akogare contre la pierre à six reprises. Le mur se fissura sérieusement, taché d’un sang sombre et presque noir. Ten demeurait interdite, à une dizaine de mètre de là, la bouche entrouverte.
[Noya] – Eh bien ? …
Toguro soufflait fort. Il s’arrêta, sans toutefois libérer le Hyuuga. Ce dernier réussit à capter le regard vide du monstre d’Iwa. Son nez s’était brisé dès le premier choc, ses arcades sourcilières s’étaient également ouvertes, ses lèvres fendues laissaient entrevoir un simulacre de sourire.
[Akogare] – Ah… La force.
Toguro s’apprêta à enfoncer son poing libre dans l’estomac de son adversaire, mais Akogare le lui immobilisa avant qu’il ne l’atteigne. L’homme força, banda ses muscles, mais le Hyuuga le contenait sans ciller.
[Akogare] – Ah… La faiblesse...
Sans même y mettre beaucoup de puissance, Akogare percuta la carotide de Toguro à l'aide de son coude, puis à très grande vitesse, six autres points de son corps. Le monstre recula, surpris, mais Akogare fit exploser son chakra tout autour de lui. Toguro fut repoussé de plusieurs mètres, chancelant, mais sans toutefois s’effondrer. Il secouait la tête bêtement, comme s'il était assommé. Il y eut un étrange silence. Ten observait Akogare, qui observait Noya, qui observait Sabi.
Akogare se tourna vers ce dernier, et il grinça des dents. L'afflux de chakra était...
Mortel.

Akogare Hyuuga- Oi-nin de Konoha

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Re: [CE2] - Légendes
Lorsque le chaos couvre tout, lorsque le noir ne laisse plus une place pour le blanc, lorsque l’amour est caché par la haine, rien n’est plus vraiment humain. On devient shinobi ce jour funeste où l’on rompt nos liens avec le reste du monde, et lorsqu’on décide de le servir. Ou de l’asservir, ce monde. De trop d’ordre, et de si peu d’obéissance, cela prenait cette tournure, à l’amer gout de café bouillu. Noya avait bien son bandeau rayé. Akogare non. C’était, ce qui pour tous, différenciaient les deux shinobis. Et une nouvelle fois, c’était le bien et le mal qui s’affrontaient d’un seul concert, cachant aux restes, aux autres, le fond d’une telle dispute. Nous sommes là pour vous protéger, nous donnerons notre vie pour le village, ne posez donc plus de questions, se voyait déjà dire Sabi devant la foule en délire de tant de violence. Et on leur servirait le nombre de personnes arrêtées, le nombre de victoires, élevé, bien sûr.
Nous ne sommes qu’hypocrisie.
Sabi fit un pas de plus. Il s’avança, c’est vrai, encore un peu plus, risquant d’être à portée du Hyuuga. Il l’était déjà, mais il espérait avoir une seconde pour lui, avant que la main de Noya ne percute son cœur. Et cette fois, il ne se tromperait pas. Il ne viserait pas juste au dessus comme l’avait fait Akogare lors de leur entraînement.
Ses paroles le fouettèrent. Mais à quoi t’attendais-tu donc, petit homme ? Croyais-tu vraiment que le grand déserteur, en proie avec l’une des plus puissantes montagnes du village, dans un conflit qui dépasse de bien haut celui du bien contre le mal, celui du village contre une organisation malfaisante, qu’il se mettrait à genoux, et qu’il lâcherait une petite larme en citant les dernières paroles de ta mère, mourante, et gardée à son chevet par l’imposant déserteur des heures durant ? Croyais-tu vraiment cela ?
Sabi se vit tout petit. Il se sentit stupide, bête, puis bientôt, inutile.
On avait tous, à un moment ou à un autre, trouvé bien plus fort que soit. En face, et aussi à côté. Et c’est en essayant de servir dans la bataille, que l’on se rend compte que nous n’avons pas le niveau, et qu’à vouloir aider, on gêne. Mais on surmonte l’obstacle, on travaille encore et encore, et finalement, c’est cette précédente personne, cet allié qui, involontairement, vous a souillé mentalement, que vous repoussé du doigt, d’un index vengeur, écrasant de l’autre main votre ennemi. Tu vois petit, je n’avais pas besoin de toi. Sabi savait bien qu’il n’y avait rien d’inhumain là dedans.
Mais c’était bien cela qui le dérangeait.
Chaque combat était un jeu, dont les pièces étaient déjà montées. On pariait, et l’on gagnait, ou non. Il n’y avait que rarement d’alternatives, et pour Sabi il n’y eut jamais que ce brin de chance qui confère, non pas la victoire, mais la défaite sans que la mort ne décide de le prendre. Sa vie n’avait été qu’une suite de cartes que l’on mélange toujours de la même manière, et dont on tira toujours les mêmes. Jamais un as ne sort, aucun cœur, pas une dame non plus.
Qu’aurait-il donné pour revoir Idi ? Sa mort, s’il avait fallu la rejoindre tout là haut. Pourtant le dédain de Noya a son égard ne lui avait pas permis d’en apprendre plus. Il n’était pas bien difficile de comprendre, que morte ou non, elle ne pourrait jamais revoir son fils, simplement parce que… ce n’est plus son fils.
A vrai dire cela ne l’a jamais été vraiment. Et cette graine dont Sabi cherchait encore et toujours la main porteuse, celle qui l’avait retirée d’un arbre pour la couver, et qui, finalement, avait décidée de la laisser choir sur le sol, était bien tombée du ciel. Un véritable cadeau de la nature. Une parole divine, un souffle, inconnu, qui l’avait apporté dans les rues de Konoha. De ses rêves, Sabi savait déjà que son père n’était pas digne d’être reconnu en tant que tel et qu’il avait sûrement fait des choix dont ni son âme, ni celle de son soit disant fils ne pourrait racheter, mais elle…
Akogare le souleva doucement, et d’une injonction qu’il voulait la dernière, l’Anbu mêla les actes à la parole, l’aidant quelque peu à réaliser l’ordre donné. « Pars. » Qu’ai-je d’autre à faire ?
Je tombai contre un mur, mon cou se rompit, ma tête percuta la pierre, laissant un écho désagréable rebondir le long des parois de mon crâne. Etrangement, je n’ai pas mal, et je regarde l’Anbu, perplexe. Ne pouvait-il pas me comprendre ? N’a-t-il pas, de la même manière, vécu une situation similaire ? Je ne peux supporter un tel choix, je ne peux accepter de ne jamais la revoir, parce que l’homme qui l’a retiré de la folie d’un père se croit supérieur aux autres.
Sabi arma son poing. Il n’avait donc pas appris cette technique pour rien. Si la providence avait finalement désigné Riku comme une cible ne méritant pas de subir les foudres noires d’une nouvelle arme, alors Noya paierait. Oui, il aura sauvé une femme, qui ne représente plus rien, sinon l’ombre d’elle-même, et à cause de lui, Sabi avait du passer les quinze première années de sa vie à chercher, à fouiller les méandres de ses songes pour en trouver des vérités. Les mille oiseaux résonnèrent, les éclairs noirs s’allumèrent et déversèrent leur colère, celle que Sabi avait en lui, cachée et entassée depuis ces quinze ans.
Elles étaient pour toi, Noya.
Le monde rouge que décrivait Shinzei, celui que le Sharingan me permettait de contempler, n’était pas un monde très beau. C’était plutôt un espace remplie de sang, rouge, et de mort, noire. C’était une nouvelle dimension des trois premières que nous connaissons déjà, mais celle-ci reflétait la passion de la haine, et son penchant pour la fin. Il n’était pas difficile de voir à quel point un être peut-être haï, ou peut haïr. Shinzei semblait plutôt doué pour cela, même s’il restait une question, une interrogation blanche, au milieu de ce monde lavé de candeur. On voyait souvent, dans cet œil, une puissance divine, une force incarnée. Peut-être que la possibilité de prendre à chacune de ses potentielles victimes un arme, est un don. Mais elle a un prix, et étrangement, Sabi se souvint avoir approximativement expliqué cela à quelqu’un. Bien que le nom de celui-ci lui échappait. Et pourtant, Noya n’était pas conforme à ses attentes : il aurait du être, tout de noir vêtu, un homme dont on veut faire taire la moindre parole, le plus simple filet d’air, par la vengeance. Mais non, il était transparent, plus encore qu’Akogare. Shinzei râlait. C’était sûrement, parce que c’était bien la première fois que je contrôle « vraiment » mon sharingan, et que je ne vois pas le monde par ses yeux, à lui, mais par le miens. Je n’ai rien, à reprocher à cet homme. C’est celui d’Akogare, il n’est pas à moi, il ne m’appartient. Je ne peux être en colère que contre eux, ceux que l’on appelle père, et mère, et contre tous ceux qui les entourent.
Mais aujourd’hui, ils ne sont plus là. Et mon Kuroi Chidori ne peut plus être stoppé.
Sabi avait une envie folle de s’excuser, une envie de fondre en larme dans les bras d’Akogare, alors que son arcane mourrait, son poignet bloqué par sa main ferme. Il n’en fit rien. La colère l’avait pris, une nouvelle fois Shinzei avait vaincu pourtant l’Anbu était encore là où il fallait pour éviter à l’Uchiha tout honteux désagrément. Il se tourna vers lui, alors que le Nuke-nin ne semblait avoir cure de leur petite discussion et attendait patiemment son tour.
- Sabi - J’ai pensé, un court instant, que ce serait aussi la mienne, Akogare-san.
Chose étrange, il retira son masque, et le regarda dans le blanc des yeux. Sabi plongea son regard vers l’intense afflux de chakra qui crispait le visage d’Akogare, un puissant Byakugan développé à son paroxysme. La confrontation était étonnante, et Sharingan face à Pupille blanche, il n’y aurait pas de vainqueur aujourd’hui. Ou alors il y en aurait deux.
Sabi ne pleurait plus. Il ne lâcha pas le masque que le Hyuuga mettait entre ses mains, répétant ses premiers mots. Mais il n’y avait plus rien d’insultant, plus rien de déshonorant dans l’intonation de sa voix. Un ton solennel, un peu triste, presque suppliant, Sabi ne pouvait reculer devant la demande. Il n’avait pas vraiment le choix, à vrai dire. Mais comprendre cela, c’était savoir reconnaître au Hyuuga son droit, et savoir se reconnaitre à soi-même une intelligence assez poussée pour donner le respect.
Il esquissa un sourire et colla le masque contre son buste, le tenant fermement.
- Sabi - Bien, je ne vous dérangerais plus Akogare-san ; je ne vous dérangerais plus.
Si jamais Noya disait mot sur eux, vous me préviendriez n’est-ce pas, eut-il envie de rajouter. Mais il ne le fit pas. Car quelques instants plus tard, ce combat aux allures chevaleresques, se transformait en un véritable carnage. Sabi eut à peine le temps de se retourner, qu’il entendit de lourds coups fendrent l’air, les os se craquer, la peau gémir de souffrance, et le sang couler sur la pierre, laissant apparaitre le rouge de la chaire. Le grand homme qui n’était autrefois, qu’un décor du second plan, un être sans véritable consistance et s ans importance aucune, venait de rompre avec la justice et la morale d’un même temps, et avait profité de la posture étrangère à celle d’un combat à mort, pour mettre face contre terre Akogare.
Mais c’était bien plus qu’une série de frappes. C’était un meurtre violent et rageur. Il avait mis toute son expérience, car l’homme au bandeau d’Iwa ne savait sûrement faire que cela : taper dur, et fort.
Le Sharingan de Sabi s’arrêta, sur le visage détruit d’Akogare, et sur les mains pleines de sang de Toguro. Il restait fixé, ébahi par tant de violence. Il n’avait jamais vu cela auparavant. Il n’avait jamais pu deviner qu’il existait… un être capable de faire cela. Les murs s’étaient fissurés sous la force de l’enchaînement, et pourtant le visage meurtri du Hyuuga pu émettre un simili de sourire. Sabi ne décollait pas et restait bloqué sur le mur que la tête du Konohéen avait rencontré, une fois battu. Rien… Rien n’avait plus de sens. Il voyait Bakemon devant lui, en deux fois plus grand, et six fois plus mauvais. Sabi passa son avant-bras sur le bas de ses yeux et essuya les dernières larmes de sang qui n’avaient pas voulu glisser. Et alors il sourit.
J’ai toujours eu un faible pour les gras con.
Toguro fit quelques pas en arrière, titubant. Akogare était un étonnant personnage. Assez endurant pour attirer vers lui tous les regards. Mais Sabi n’avait d’yeux que pour la montagne Iwaienne. Le cercle se fermait, les sourires se taisaient. Akogare aurait son homme, puisqu’il le voulait. Et Noya n’était finalement, qu’un pleutre objectif pour l’Uchiha, il ne se rendait compte que maintenant que ceux qui méritaient son mépris étaient bien ces deux parents qui l’avaient abandonné. Et quoi qu’en dise le Nuke-nin, quel que soit la condition d’Idji aujour’hui, on ne peut faire le sacrifice d’un enfant, d’un fils.
Et finalement, dans l’injonction première d’Akogare, Sabi retrouvait un semblant de vérité, une justesse de mise. Ils paieraient, d’une manière, ou d’une autre, pour tout le mal qu’ils ont fait.
L’indécence de cet homme valait tous les sacrifices.
J’aurais aimé vivre, vraiment. Apprécier le gout fruité des choses, voire la lumière partout et tout faire pour la propager, même dans les ombres les plus obscures. Mais était-ce vraiment possible ? Je n’ai plus de socle, je n’ai plus de bases, plus rien sur quoi mes pieds pourraient avancer, se reposer pour se projeter. A quoi bon vivre si personne autour n’est là pour vous regarder. Pas d’applaudissements aux premiers pas, pas de « papa » pour première parole, ni de « merci » pour dernière appréciation.
Non, personne n’y est pour rien, sinon ceux qui sont responsables. Ils sont absents. Ils ont torts. Ils ont toujours eu torts.
- Sabi - Hé ! Le gros !
Les ombres se turent. La lumière envahit la pièce, et le dernier acte sonnait. Les protagonistes restaient en attente de conclusion, d’un évènement qui ne devait pas être inscrit, mais qui par la force des choses, était bien apparent. Sabi avait ce masque entre les mains, et il en sourit. Il jeta un coup d’œil sur ses contours blancs, et devant la pureté de l’objet il ne put voir que la confiance d’Akogare. On ne donnait pas un attribut de pouvoir si important à un simple porte-manteau, en guise de sous-main. Tout disparut, et Sabi mêla au milieu de ce tout, les visages de ceux qui avaient peuplés sa vie. Il y eut ces deux parents dont la seule vertu fut de le mettre au monde. Et puis après, plus rien.
Hé ! Le gros, se répéta le genin intérieurement. Il n’aimait pas les gros, apparemment. Toguro tomberait, tout comme Bakemon, de ses propres coups, ou de ceux d’un autre. Qu’il meurt, ou non, qu’importe, Sabi avait juste la ferme intention de le mettre assez à mal pour que l’Anbu finisse le boulot. Il ne voulait pas de sacrifice inutile, il n’y en aurait pas. Des raisons pour vivre, il n’en trouvait aucune. L’amour n’avait jamais porté son cœur, et si les apparences avaient voulu qu’effectivement, il eut aimé, cela ne ressemblait à rien d’autre qu’un voile qu’il avait voulu porté, pour bien faire. Il y avait l’amitié, celle de son coéquipier, celle qu’il avait crée avec Sho, en assez peu de temps pour quelle soit largement intense. Et puis il y avait lui. Sabi restait fixé sur cet excès de violence. Un shinobi n’avait rien de bien humain, mais le grand personnage n’était plus un ninja. C’était un monstre qui méritait de mourir pour ce qu’il venait de faire. Absorbé par tant de colère…
Le chakra se concentra, vidant le corps de Sabi de toute sa substance. D’un bond il s’était relevé, et s’était jeté sur Toguro. Cette fois il y resterait. L’explosion était un arcane intéressant. C’était une puissance cachée que personne n’avait jamais osé utilisée. Aujourd’hui, on dévoilerait les secrets, et comme une bombe humaine, Sabi en sourit. Shinzei braillait sûrement de peur, de voir ses projets s’effacer par un contrôle qu’il avait perdu, mais Sabi ne l’entendait plus. Plus brûlant encore que le feu, le chakra rongea tout. Le genin vit ses vêtements se réduire à néant, de simples atomes plongés dans une immensité d’autres. Et bientôt ce fut le bout de doigt. Il crut devoir touché Toguro, mais c’était trop tard, déjà il voyait le bout de ses doigts s’évaporer devant lui. Puis la lumière recouvrit tout.
Plus aucun son. Tout était vide. Tout était blanc.
C’est fini, Sabi.
Nous ne sommes qu’hypocrisie.
Sabi fit un pas de plus. Il s’avança, c’est vrai, encore un peu plus, risquant d’être à portée du Hyuuga. Il l’était déjà, mais il espérait avoir une seconde pour lui, avant que la main de Noya ne percute son cœur. Et cette fois, il ne se tromperait pas. Il ne viserait pas juste au dessus comme l’avait fait Akogare lors de leur entraînement.
Ses paroles le fouettèrent. Mais à quoi t’attendais-tu donc, petit homme ? Croyais-tu vraiment que le grand déserteur, en proie avec l’une des plus puissantes montagnes du village, dans un conflit qui dépasse de bien haut celui du bien contre le mal, celui du village contre une organisation malfaisante, qu’il se mettrait à genoux, et qu’il lâcherait une petite larme en citant les dernières paroles de ta mère, mourante, et gardée à son chevet par l’imposant déserteur des heures durant ? Croyais-tu vraiment cela ?
Sabi se vit tout petit. Il se sentit stupide, bête, puis bientôt, inutile.
On avait tous, à un moment ou à un autre, trouvé bien plus fort que soit. En face, et aussi à côté. Et c’est en essayant de servir dans la bataille, que l’on se rend compte que nous n’avons pas le niveau, et qu’à vouloir aider, on gêne. Mais on surmonte l’obstacle, on travaille encore et encore, et finalement, c’est cette précédente personne, cet allié qui, involontairement, vous a souillé mentalement, que vous repoussé du doigt, d’un index vengeur, écrasant de l’autre main votre ennemi. Tu vois petit, je n’avais pas besoin de toi. Sabi savait bien qu’il n’y avait rien d’inhumain là dedans.
Mais c’était bien cela qui le dérangeait.
Chaque combat était un jeu, dont les pièces étaient déjà montées. On pariait, et l’on gagnait, ou non. Il n’y avait que rarement d’alternatives, et pour Sabi il n’y eut jamais que ce brin de chance qui confère, non pas la victoire, mais la défaite sans que la mort ne décide de le prendre. Sa vie n’avait été qu’une suite de cartes que l’on mélange toujours de la même manière, et dont on tira toujours les mêmes. Jamais un as ne sort, aucun cœur, pas une dame non plus.
Qu’aurait-il donné pour revoir Idi ? Sa mort, s’il avait fallu la rejoindre tout là haut. Pourtant le dédain de Noya a son égard ne lui avait pas permis d’en apprendre plus. Il n’était pas bien difficile de comprendre, que morte ou non, elle ne pourrait jamais revoir son fils, simplement parce que… ce n’est plus son fils.
A vrai dire cela ne l’a jamais été vraiment. Et cette graine dont Sabi cherchait encore et toujours la main porteuse, celle qui l’avait retirée d’un arbre pour la couver, et qui, finalement, avait décidée de la laisser choir sur le sol, était bien tombée du ciel. Un véritable cadeau de la nature. Une parole divine, un souffle, inconnu, qui l’avait apporté dans les rues de Konoha. De ses rêves, Sabi savait déjà que son père n’était pas digne d’être reconnu en tant que tel et qu’il avait sûrement fait des choix dont ni son âme, ni celle de son soit disant fils ne pourrait racheter, mais elle…
Akogare le souleva doucement, et d’une injonction qu’il voulait la dernière, l’Anbu mêla les actes à la parole, l’aidant quelque peu à réaliser l’ordre donné. « Pars. » Qu’ai-je d’autre à faire ?
Je tombai contre un mur, mon cou se rompit, ma tête percuta la pierre, laissant un écho désagréable rebondir le long des parois de mon crâne. Etrangement, je n’ai pas mal, et je regarde l’Anbu, perplexe. Ne pouvait-il pas me comprendre ? N’a-t-il pas, de la même manière, vécu une situation similaire ? Je ne peux supporter un tel choix, je ne peux accepter de ne jamais la revoir, parce que l’homme qui l’a retiré de la folie d’un père se croit supérieur aux autres.
Sabi arma son poing. Il n’avait donc pas appris cette technique pour rien. Si la providence avait finalement désigné Riku comme une cible ne méritant pas de subir les foudres noires d’une nouvelle arme, alors Noya paierait. Oui, il aura sauvé une femme, qui ne représente plus rien, sinon l’ombre d’elle-même, et à cause de lui, Sabi avait du passer les quinze première années de sa vie à chercher, à fouiller les méandres de ses songes pour en trouver des vérités. Les mille oiseaux résonnèrent, les éclairs noirs s’allumèrent et déversèrent leur colère, celle que Sabi avait en lui, cachée et entassée depuis ces quinze ans.
Elles étaient pour toi, Noya.
Le monde rouge que décrivait Shinzei, celui que le Sharingan me permettait de contempler, n’était pas un monde très beau. C’était plutôt un espace remplie de sang, rouge, et de mort, noire. C’était une nouvelle dimension des trois premières que nous connaissons déjà, mais celle-ci reflétait la passion de la haine, et son penchant pour la fin. Il n’était pas difficile de voir à quel point un être peut-être haï, ou peut haïr. Shinzei semblait plutôt doué pour cela, même s’il restait une question, une interrogation blanche, au milieu de ce monde lavé de candeur. On voyait souvent, dans cet œil, une puissance divine, une force incarnée. Peut-être que la possibilité de prendre à chacune de ses potentielles victimes un arme, est un don. Mais elle a un prix, et étrangement, Sabi se souvint avoir approximativement expliqué cela à quelqu’un. Bien que le nom de celui-ci lui échappait. Et pourtant, Noya n’était pas conforme à ses attentes : il aurait du être, tout de noir vêtu, un homme dont on veut faire taire la moindre parole, le plus simple filet d’air, par la vengeance. Mais non, il était transparent, plus encore qu’Akogare. Shinzei râlait. C’était sûrement, parce que c’était bien la première fois que je contrôle « vraiment » mon sharingan, et que je ne vois pas le monde par ses yeux, à lui, mais par le miens. Je n’ai rien, à reprocher à cet homme. C’est celui d’Akogare, il n’est pas à moi, il ne m’appartient. Je ne peux être en colère que contre eux, ceux que l’on appelle père, et mère, et contre tous ceux qui les entourent.
Mais aujourd’hui, ils ne sont plus là. Et mon Kuroi Chidori ne peut plus être stoppé.
Sabi avait une envie folle de s’excuser, une envie de fondre en larme dans les bras d’Akogare, alors que son arcane mourrait, son poignet bloqué par sa main ferme. Il n’en fit rien. La colère l’avait pris, une nouvelle fois Shinzei avait vaincu pourtant l’Anbu était encore là où il fallait pour éviter à l’Uchiha tout honteux désagrément. Il se tourna vers lui, alors que le Nuke-nin ne semblait avoir cure de leur petite discussion et attendait patiemment son tour.
- Sabi - J’ai pensé, un court instant, que ce serait aussi la mienne, Akogare-san.
Chose étrange, il retira son masque, et le regarda dans le blanc des yeux. Sabi plongea son regard vers l’intense afflux de chakra qui crispait le visage d’Akogare, un puissant Byakugan développé à son paroxysme. La confrontation était étonnante, et Sharingan face à Pupille blanche, il n’y aurait pas de vainqueur aujourd’hui. Ou alors il y en aurait deux.
Sabi ne pleurait plus. Il ne lâcha pas le masque que le Hyuuga mettait entre ses mains, répétant ses premiers mots. Mais il n’y avait plus rien d’insultant, plus rien de déshonorant dans l’intonation de sa voix. Un ton solennel, un peu triste, presque suppliant, Sabi ne pouvait reculer devant la demande. Il n’avait pas vraiment le choix, à vrai dire. Mais comprendre cela, c’était savoir reconnaître au Hyuuga son droit, et savoir se reconnaitre à soi-même une intelligence assez poussée pour donner le respect.
Il esquissa un sourire et colla le masque contre son buste, le tenant fermement.
- Sabi - Bien, je ne vous dérangerais plus Akogare-san ; je ne vous dérangerais plus.
Si jamais Noya disait mot sur eux, vous me préviendriez n’est-ce pas, eut-il envie de rajouter. Mais il ne le fit pas. Car quelques instants plus tard, ce combat aux allures chevaleresques, se transformait en un véritable carnage. Sabi eut à peine le temps de se retourner, qu’il entendit de lourds coups fendrent l’air, les os se craquer, la peau gémir de souffrance, et le sang couler sur la pierre, laissant apparaitre le rouge de la chaire. Le grand homme qui n’était autrefois, qu’un décor du second plan, un être sans véritable consistance et s ans importance aucune, venait de rompre avec la justice et la morale d’un même temps, et avait profité de la posture étrangère à celle d’un combat à mort, pour mettre face contre terre Akogare.
Mais c’était bien plus qu’une série de frappes. C’était un meurtre violent et rageur. Il avait mis toute son expérience, car l’homme au bandeau d’Iwa ne savait sûrement faire que cela : taper dur, et fort.
Le Sharingan de Sabi s’arrêta, sur le visage détruit d’Akogare, et sur les mains pleines de sang de Toguro. Il restait fixé, ébahi par tant de violence. Il n’avait jamais vu cela auparavant. Il n’avait jamais pu deviner qu’il existait… un être capable de faire cela. Les murs s’étaient fissurés sous la force de l’enchaînement, et pourtant le visage meurtri du Hyuuga pu émettre un simili de sourire. Sabi ne décollait pas et restait bloqué sur le mur que la tête du Konohéen avait rencontré, une fois battu. Rien… Rien n’avait plus de sens. Il voyait Bakemon devant lui, en deux fois plus grand, et six fois plus mauvais. Sabi passa son avant-bras sur le bas de ses yeux et essuya les dernières larmes de sang qui n’avaient pas voulu glisser. Et alors il sourit.
J’ai toujours eu un faible pour les gras con.
Toguro fit quelques pas en arrière, titubant. Akogare était un étonnant personnage. Assez endurant pour attirer vers lui tous les regards. Mais Sabi n’avait d’yeux que pour la montagne Iwaienne. Le cercle se fermait, les sourires se taisaient. Akogare aurait son homme, puisqu’il le voulait. Et Noya n’était finalement, qu’un pleutre objectif pour l’Uchiha, il ne se rendait compte que maintenant que ceux qui méritaient son mépris étaient bien ces deux parents qui l’avaient abandonné. Et quoi qu’en dise le Nuke-nin, quel que soit la condition d’Idji aujour’hui, on ne peut faire le sacrifice d’un enfant, d’un fils.
Et finalement, dans l’injonction première d’Akogare, Sabi retrouvait un semblant de vérité, une justesse de mise. Ils paieraient, d’une manière, ou d’une autre, pour tout le mal qu’ils ont fait.
L’indécence de cet homme valait tous les sacrifices.
J’aurais aimé vivre, vraiment. Apprécier le gout fruité des choses, voire la lumière partout et tout faire pour la propager, même dans les ombres les plus obscures. Mais était-ce vraiment possible ? Je n’ai plus de socle, je n’ai plus de bases, plus rien sur quoi mes pieds pourraient avancer, se reposer pour se projeter. A quoi bon vivre si personne autour n’est là pour vous regarder. Pas d’applaudissements aux premiers pas, pas de « papa » pour première parole, ni de « merci » pour dernière appréciation.
Non, personne n’y est pour rien, sinon ceux qui sont responsables. Ils sont absents. Ils ont torts. Ils ont toujours eu torts.
- Sabi - Hé ! Le gros !
Les ombres se turent. La lumière envahit la pièce, et le dernier acte sonnait. Les protagonistes restaient en attente de conclusion, d’un évènement qui ne devait pas être inscrit, mais qui par la force des choses, était bien apparent. Sabi avait ce masque entre les mains, et il en sourit. Il jeta un coup d’œil sur ses contours blancs, et devant la pureté de l’objet il ne put voir que la confiance d’Akogare. On ne donnait pas un attribut de pouvoir si important à un simple porte-manteau, en guise de sous-main. Tout disparut, et Sabi mêla au milieu de ce tout, les visages de ceux qui avaient peuplés sa vie. Il y eut ces deux parents dont la seule vertu fut de le mettre au monde. Et puis après, plus rien.
Hé ! Le gros, se répéta le genin intérieurement. Il n’aimait pas les gros, apparemment. Toguro tomberait, tout comme Bakemon, de ses propres coups, ou de ceux d’un autre. Qu’il meurt, ou non, qu’importe, Sabi avait juste la ferme intention de le mettre assez à mal pour que l’Anbu finisse le boulot. Il ne voulait pas de sacrifice inutile, il n’y en aurait pas. Des raisons pour vivre, il n’en trouvait aucune. L’amour n’avait jamais porté son cœur, et si les apparences avaient voulu qu’effectivement, il eut aimé, cela ne ressemblait à rien d’autre qu’un voile qu’il avait voulu porté, pour bien faire. Il y avait l’amitié, celle de son coéquipier, celle qu’il avait crée avec Sho, en assez peu de temps pour quelle soit largement intense. Et puis il y avait lui. Sabi restait fixé sur cet excès de violence. Un shinobi n’avait rien de bien humain, mais le grand personnage n’était plus un ninja. C’était un monstre qui méritait de mourir pour ce qu’il venait de faire. Absorbé par tant de colère…
Le chakra se concentra, vidant le corps de Sabi de toute sa substance. D’un bond il s’était relevé, et s’était jeté sur Toguro. Cette fois il y resterait. L’explosion était un arcane intéressant. C’était une puissance cachée que personne n’avait jamais osé utilisée. Aujourd’hui, on dévoilerait les secrets, et comme une bombe humaine, Sabi en sourit. Shinzei braillait sûrement de peur, de voir ses projets s’effacer par un contrôle qu’il avait perdu, mais Sabi ne l’entendait plus. Plus brûlant encore que le feu, le chakra rongea tout. Le genin vit ses vêtements se réduire à néant, de simples atomes plongés dans une immensité d’autres. Et bientôt ce fut le bout de doigt. Il crut devoir touché Toguro, mais c’était trop tard, déjà il voyait le bout de ses doigts s’évaporer devant lui. Puis la lumière recouvrit tout.
Plus aucun son. Tout était vide. Tout était blanc.
C’est fini, Sabi.

Sabi Uchiha- Mort
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Re: [CE2] - Légendes
Les bruits des combats retentissaient, tout le village était alerte. Les habitants couraient dans tous les sens, les ninjas tentaient tant bien que mal de les diriger vers la tour du Hokage, dernier refuge, dernier bastion contre la menace encore inconnue de la majeure partie des agressés. Les seuls au courants étaient soit mort soit en plein combat pour leur vie.
Riku s'allongea, ou plutôt s'affala, sur le toit où jusqu'à présent il était resté assis. Le calme relatif de l'arène maintenant vidée était agréable, le genin avait regardé du haut de son perchoir les différents groupes se rétracter vers la tour du Hokage. Mais aussi ! Les quelques genins qui s'étaient éclipsé, refusant la protection de l'organisation des autorités Konohéennes au profit de l'ombre de la nuit.
Nara et Sabi étaient les deux qui étaient partis dans les premiers, mais qu'espéraient-ils ? Rejoindre ces zones où la mort dominait ? Peut-être apercevoir de loin la puissance des combats qui se déroulaient dans leur village ? Histoire de se faire une petite frayeur et de comprendre l'écart entre les assaillants et eux même qui n'étaient pas encore chuunin.
Le tournoi chuunin d'ailleurs... qu'en était il advenu a part cette arène dont la poussière était déjà retombée au sol. Cela n'avait plus aucune sorte d'importance dorénavant, le mot d'ordre était cours pour ta vie. Du moins pour les genin pas encore apte à une guerre. Si cela était bien une guerre car étrangement les effondrements et fracas semblaient provenir de quelques points distincts et non pas d'un front uni, et encore moins de multiples duels épars dans les rues. Non il s'agissait de chocs titanesques entre les gradés et puissants.
Allongé sur le toit, Riku pouvait ressentir tout ça, il parvenait aussi à localiser les directions générales des conflits. Étrangement serein d'être resté là où plus personne n'irait, car tout bon agresseur savait que ce lieu serait évacué immédiatement, le genin ne cessait de penser à son combat précédent. Sabi avait commencé à sortir un jutsu terrible, comme s'il sortait toute sa haine sa rancoeur et sa tristesse dans ces éclairs noirs, maudits. Dans ses yeux il avait put voire l'âme de son ami dévorée par des flammes sombre mais Riku ne savait pas quoi faire pour l'aider.
[Riku] – La vie est si compliquée...
*Sabi pourquoi n'as tu jamais vidé ton sac... tu es fort mais tu souffres... *
Le genin se releva alors pris d'une motivation surgi de nulle part, sans savoir le pourquoi il avait conscience que ce devait être fait. Comme si la vie elle même l'interpellait pour qu'il ne passe pas à côté de son destin. La silhouette sombre confondue dans la nuit dont seul les désormais courtes mèches blanches tranchaient resta immobile quelques instants.
*Il est temps d'arrêter de ne rien faire... où... bordel ! Par où c'était déjà ! *
Les yeux fermés, les images défilaient rapidement pour revenir à ce moment précis, Sabi se glissait dans une ruelle. Une fois trouvée, la direction fut corroborée par les fracas lointains du rude combat qui devait voir lieu là bas. Riku avança de trois pas et sauta dans le vide, il atterrit souplement et entama le chemin au pas de course. Il trouva la ruelle de ses souvenirs et continua à avancer au plus vite. Les étoiles luisaient, la nuit était froide et le foulard que Riku portait devant sa bouche empêchait l'apparition blanche de son souffle. Un chat le regarda avec suspicion avant de se terrer plus encore dans le cageot qui lui servait d'abri, le genin tourna son regard vers une cheminée et s'y retrouva en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. De là il entendit un rugissement suivit de six coups frappés avec une puissance terrifiante. On aurait dit des explosions mais le bruit était trop sourd. Riku sauta sur les toits suivant et se retrouva figé à une bonne vingtaine de mètres de l'action.
*C'est qui ces gars... *
Il observa la scène en détail, il y trouva Sabi le seul qu'il put nommer d'ailleurs car tous les autres lui étaient inconnus. Mais que faisait il là ? Ce combat était loin d'être de son niveau et pourtant Riku savait que l'Uchiha était loin d'être faible. Et pourquoi s'avançait il de quelques pas vers le colosse.
*Putain mais qu'est ce que tu branles ! Dégages vite ! *
Malgré la pression qui montait, la peur, et la sensation de faiblesse qui l'accablait le genin sentit ses jambes le faire aller de l'avant. Au fond de lui il savait que quelque chose n'allait pas et finalement l'esprit ne suivit plus. Seul l'instinct dominait et Riku se ruait vers son frère d'arme, celui même dont le chakra bouillonnait, s'intensifiait créant un halo autour de lui. Mais qu'elle était loin cette lumière, qu'il était loin son ami. Jamais il ne l'atteindrait pas avant que ce soit fin. Pour avoir effectué cette technique souvent le genin en connaissait l'issue, celle de l'utilisation au niveau interdit, bien qu'il ne l'ait pas vécue.
Trop loin. Beaucoup trop.
*Alors c'est ainsi que ça se termine mon ami...*
Arrêté sur un toit, Riku ne put que contempler la dernière manifestation de puissance, la dernière manifestation de vie de celui à qui il attachait le plus d'importance. De l'explosion furent projetés de nombreux débris, celui qui vint heurter l'oeil droit de Riku aurait pût être aisément évité mais la douleur du coeur était bien trop grande.
Il tomba à genou, les larmes coulaient se mêlant au sang de sa blessure, rougissant plus encore le foulard qu'il portait pour cacher son visage. C'était son choix... c'était sa vie... il aurait été égoïste de lui reprocher son acte. Un sourire dissimulé se dessina sur le visage de Riku, au moins il avait connu un homme... dont la description n'était désormais plus possible. Si quelqu'un voulait connaître le Sabi que Riku connaissait il lui faudrait sonder directement son coeur.
*Sabi, pour tout... merci... *
Le coeur encore lourd, le genin ne put attendre que la poussière retombe, il ne voulait en aucun cas se mêler à ce combat qui n'était pas le sien. Il se téléporta aussi loin qu'il le put en direction de la tour du Hokage... la nuit serait longue, blanche et emplie de nostalgie.
Riku s'allongea, ou plutôt s'affala, sur le toit où jusqu'à présent il était resté assis. Le calme relatif de l'arène maintenant vidée était agréable, le genin avait regardé du haut de son perchoir les différents groupes se rétracter vers la tour du Hokage. Mais aussi ! Les quelques genins qui s'étaient éclipsé, refusant la protection de l'organisation des autorités Konohéennes au profit de l'ombre de la nuit.
Nara et Sabi étaient les deux qui étaient partis dans les premiers, mais qu'espéraient-ils ? Rejoindre ces zones où la mort dominait ? Peut-être apercevoir de loin la puissance des combats qui se déroulaient dans leur village ? Histoire de se faire une petite frayeur et de comprendre l'écart entre les assaillants et eux même qui n'étaient pas encore chuunin.
Le tournoi chuunin d'ailleurs... qu'en était il advenu a part cette arène dont la poussière était déjà retombée au sol. Cela n'avait plus aucune sorte d'importance dorénavant, le mot d'ordre était cours pour ta vie. Du moins pour les genin pas encore apte à une guerre. Si cela était bien une guerre car étrangement les effondrements et fracas semblaient provenir de quelques points distincts et non pas d'un front uni, et encore moins de multiples duels épars dans les rues. Non il s'agissait de chocs titanesques entre les gradés et puissants.
Allongé sur le toit, Riku pouvait ressentir tout ça, il parvenait aussi à localiser les directions générales des conflits. Étrangement serein d'être resté là où plus personne n'irait, car tout bon agresseur savait que ce lieu serait évacué immédiatement, le genin ne cessait de penser à son combat précédent. Sabi avait commencé à sortir un jutsu terrible, comme s'il sortait toute sa haine sa rancoeur et sa tristesse dans ces éclairs noirs, maudits. Dans ses yeux il avait put voire l'âme de son ami dévorée par des flammes sombre mais Riku ne savait pas quoi faire pour l'aider.
[Riku] – La vie est si compliquée...
*Sabi pourquoi n'as tu jamais vidé ton sac... tu es fort mais tu souffres... *
Le genin se releva alors pris d'une motivation surgi de nulle part, sans savoir le pourquoi il avait conscience que ce devait être fait. Comme si la vie elle même l'interpellait pour qu'il ne passe pas à côté de son destin. La silhouette sombre confondue dans la nuit dont seul les désormais courtes mèches blanches tranchaient resta immobile quelques instants.
*Il est temps d'arrêter de ne rien faire... où... bordel ! Par où c'était déjà ! *
Les yeux fermés, les images défilaient rapidement pour revenir à ce moment précis, Sabi se glissait dans une ruelle. Une fois trouvée, la direction fut corroborée par les fracas lointains du rude combat qui devait voir lieu là bas. Riku avança de trois pas et sauta dans le vide, il atterrit souplement et entama le chemin au pas de course. Il trouva la ruelle de ses souvenirs et continua à avancer au plus vite. Les étoiles luisaient, la nuit était froide et le foulard que Riku portait devant sa bouche empêchait l'apparition blanche de son souffle. Un chat le regarda avec suspicion avant de se terrer plus encore dans le cageot qui lui servait d'abri, le genin tourna son regard vers une cheminée et s'y retrouva en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. De là il entendit un rugissement suivit de six coups frappés avec une puissance terrifiante. On aurait dit des explosions mais le bruit était trop sourd. Riku sauta sur les toits suivant et se retrouva figé à une bonne vingtaine de mètres de l'action.
*C'est qui ces gars... *
Il observa la scène en détail, il y trouva Sabi le seul qu'il put nommer d'ailleurs car tous les autres lui étaient inconnus. Mais que faisait il là ? Ce combat était loin d'être de son niveau et pourtant Riku savait que l'Uchiha était loin d'être faible. Et pourquoi s'avançait il de quelques pas vers le colosse.
*Putain mais qu'est ce que tu branles ! Dégages vite ! *
Malgré la pression qui montait, la peur, et la sensation de faiblesse qui l'accablait le genin sentit ses jambes le faire aller de l'avant. Au fond de lui il savait que quelque chose n'allait pas et finalement l'esprit ne suivit plus. Seul l'instinct dominait et Riku se ruait vers son frère d'arme, celui même dont le chakra bouillonnait, s'intensifiait créant un halo autour de lui. Mais qu'elle était loin cette lumière, qu'il était loin son ami. Jamais il ne l'atteindrait pas avant que ce soit fin. Pour avoir effectué cette technique souvent le genin en connaissait l'issue, celle de l'utilisation au niveau interdit, bien qu'il ne l'ait pas vécue.
Trop loin. Beaucoup trop.
*Alors c'est ainsi que ça se termine mon ami...*
Arrêté sur un toit, Riku ne put que contempler la dernière manifestation de puissance, la dernière manifestation de vie de celui à qui il attachait le plus d'importance. De l'explosion furent projetés de nombreux débris, celui qui vint heurter l'oeil droit de Riku aurait pût être aisément évité mais la douleur du coeur était bien trop grande.
Il tomba à genou, les larmes coulaient se mêlant au sang de sa blessure, rougissant plus encore le foulard qu'il portait pour cacher son visage. C'était son choix... c'était sa vie... il aurait été égoïste de lui reprocher son acte. Un sourire dissimulé se dessina sur le visage de Riku, au moins il avait connu un homme... dont la description n'était désormais plus possible. Si quelqu'un voulait connaître le Sabi que Riku connaissait il lui faudrait sonder directement son coeur.
*Sabi, pour tout... merci... *
Le coeur encore lourd, le genin ne put attendre que la poussière retombe, il ne voulait en aucun cas se mêler à ce combat qui n'était pas le sien. Il se téléporta aussi loin qu'il le put en direction de la tour du Hokage... la nuit serait longue, blanche et emplie de nostalgie.

Yumemi Riku- Chuunin de Konoha

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Re: [CE2] - Légendes
C’était une masse blanche, blanche et éclatante.
Elle transperçait la vision exacerbée d’Akogare. C’était une masse douloureuse, comme un gigantesque phare dans lequel on serait enfermé. Il n’arrivait même plus à discerner les points de chakra tant ceux-ci étaient en proie à l’explosion. Akogare serra les dents, et tourna lentement la tête vers Ten. Elle comprit. Toi aussi, pars, disait-il, je te rejoins tout de suite.
Toguro avait une main sanglante devant lui, pour assurer son équilibre. Il ne répondit pas à l’appel de Sabi – il n’en avait pas besoin. Ses yeux étaient fermés, et il secouait lourdement sa tête de droite à gauche, comme un pendule rouillé. Noya observait Sabi d’un air neutre. Il se rendait bien compte de ce qui était en train de se passer, il se rendait bien compte du danger. On pouvait le sentir dans l’air ; la douce fragrance du chakra qu’on brûle. Akogare n’essaya pas de convaincre Sabi de ne rien faire. Il n’en avait pas le droit.
Il amorça un mouvement pour se replier, en espérant secrètement que leur retraite pousserait Sabi à faire marche arrière, s’il en était encore capable. Mais c’était un mécanisme qu’il ne contrôlait pas, il était comme l’enfant qui joue avec une lame. Il voit juste le côté brillant, pas le côté qui coupe. Et pourtant, quand il a la lame bien dans le ventre comme il l’avait présentement, il saluait le mort solennellement.
Le katana de Noya effleura son cou.
[Noya] – Il est inutile de s’enfuir. Tu n’es pas un lâche.
Akogare tenta de se dégager, mais d’une habile rotation, Noya transperça ses vêtements amples. Il bloqua la lame contre lui, et ils restaient là, incapables d’exécuter le moindre mouvement sans se compromettre. Le regard d’Akogare passait de Noya à Sabi, jusqu’à ce que Sabi s’élance. Et s’élance, et s’élance. Noya ne fit pas mine de bouger. Quelque part dans son esprit, Akogare se demanda s’il valait vraiment la mort de deux membres d’Asahi et d’un Genin en prime.
Sans doute pas, non.
[Akogare] – Kai… Ten !
La première chose qu’Akogare sentie fut la lame de Noya dans son dos. Elle râpa doucement, comme la caresse d’une femme, mais ne parvint pas à s’enfoncer. Noya avait lâché son katana. Le chakra d’Akogare, le monstrueux chakra d’Akogare, s’exfiltra d’un seul bloc tout autour de lui. Les proportions du Kaiten étaient prodigieuses ; il balaya la bâtisse la plus proche et en souffla une autre. Il dansait au centre, avec la maîtrise parfaite de celui qui ne sait pas quoi faire mais qui sait que quelque chose doit être fait.
Le choc de l’explosion. Deux chakra qui se rencontraient, se mordaient comme des bêtes sauvages, goûtaient leur sang mêlé. Et Akogare tournait, et Sabi disparaissait. Ses réserves s’amenuisaient trop vite. Il approchait de sa limite plus rapidement qu’il ne l’aurait cru. Maintenir la barrière contre le premier choc était insuffisant, cela n’atténuait en rien les ramifications tout autour du globe.
Finalement, Akogare tomba à genoux et un choc au niveau de sa poitrine le traîna sur un bon mètre. La tête lui tournait, comme si le tourbillon s’était déroulé seulement dans son esprit, contre les parois de son crâne nu. Les sons ne lui parvenaient pas en totalité, mais il se força à se redresser.
Il se laissa retomber.
Le Kaiten n’avait pas eu l’effet escompté. Un grand cratère s’était formé autour d’eux, et les maisons qui avaient eu le malheur de se trouver sur leur parcours avaient été soufflées comme si elles n’avaient jamais existé. Noya avait de toute évidence était protégé, il se tenait agenouillé à quelques pas de là. Aucune trace de Sabi ou de Toguro lors de ce premier aperçu.
Akogare se redressa. Noya ne s’intéressa pas à lui et il aurait été tentant de simplement le tuer, là, tout de suite. Mais il avait gaspillé une trop grosse quantité de chakra, malgré ses réserves, et il avait la détestable impression que ses os tremblaient dans tout son corps. Noya n’avait pas l’air de souhaiter poursuivre le combat. Akogare comprit que la mission d’Asahi, et la sienne par extension, avait pris fin pendant l’explosion.
Le Hyuuga s’avança. Il marchait presque normalement. Une douleur dans son dos se réveilla, mais il l’ignora. Il approchait du centre du cratère et poursuivit un peu plus loin, là où s’étaient tenu Sabi et Toguro. Il ne restait presque rien. Un corps plus que calciné, le chakra l’avait semble-t-il fait exploser de l’intérieur. Il n’avait pas dû souffrir, si tant est que cela ait un intérêt. Akogare mit un genou à terre, et passa sa main au-dessus des restes.
[Akogare] – Imbécile…
Il leva la tête, mais ne vit aucune trace de Toguro. La voix de Noya perça le silence.
[Noya] – Tu n’aurais pas dû intervenir.
Akogare rencontra son regard.
[Noya] – C’était stupide de nous aider. Le garçon aurait pu nous emporter tous les quatre.
Je ne vous ai pas aidé, pensait Akogare. Il avait espéré que son chakra parvienne à étouffer celui de Sabi avant que celui-ci n’explose. Peut-être que s’il en avait mis un peu plus ? … Non, cela n’avait simplement pas marché. Sabi était mort, et Akogare avait dû sauver sa vie comme il le pouvait. En sauvant ses ennemis. Parfois, il y a des ironies dont on se passerait volontiers.
[Akogare] – Sabi méritait mieux. Il méritait la vérité.
Noya haussa insensiblement les épaules.
[Noya] – Tu ne l’as lui a pas dite, cette vérité. Son histoire n’a rien d’extraordinaire. Un père traître, une mère aujourd’hui morte, et après ? Tu la connaissais aussi bien que moi cette histoire. Aussi bien que lui.
[Akogare] – Cela ne me convient pas.
Noya acquiesça, comme s’il comprenait le sentiment d’Akogare. Il le dévisageait soigneusement, et finit par ranger son katana dans son fourreau.
[Noya] – Akogare Hyuuga, je te propose de régler cela plus tard. A la fin du mois, présente-toi à la Vallée de la Fin accompagné d’un témoin.
Akogare haussa un sourcil.
[Akogare] – Un défi ?
Le Général d’Asahi hocha la tête et se détourna. Il disparut dans une ruelle. Akogare regarda autour de lui, en essayant de capter les sons qui se dégageaient du village attaqué. Asahi battait en retraite ? Il apprendrait dans quelques heures qu’elle était leur mission, mais il n’en ressentait aucune hâte. Pour le moment, il n’y avait qu’un enfant qui était mort pour défendre une certaine conception de la vie. Une conception d’imbécile, mais la vie serait trop simple si les gens acceptaient simplement de se reposer sur les autres. Non, plus que simple, la vie cesserait d’être par manque d’action… jusqu’à ce que les acteurs meurent.
Akogare se releva. Il était seul à présent.
Un léger étourdissement persistait, suite à la disparition trop soudaine de son chakra. Il avait échoué aujourd’hui. Deux adversaires s’étaient présentés à lui, et il n’était pas parvenu à les abattre. Toguro était à sa portée et Noya… Il n’avait pas montré l’étendue de sa puissance ici, mais il devait l’être également. Ils auraient l’occasion de vérifier cela à la fin du mois. Konoha ne serait pas mis au courant. Eh… Il risquait une petite suspension, en cas de victoire, pour ne pas avoir envisagé l’option de trahir Noya. Mais il avait le sentiment que ce défi devait se faire dans les règles antiques de l’art de tuer, une mise à mort contrôlée, avec un enjeu. A la fin du mois, Asahi perdrait l’un de ses généraux, ou Konoha perdra l’un de ses plus puissants piliers. On n’a rien sans risque. Quelque part dans l’esprit d’Akogare, le risque que Noya le trahisse lui demeurait. Mais il n’était pas l’heure de s’en préoccuper.
Il observa une dernière fois les restes de Sabi. Comme c’était stupide… A quoi cela sert-il de se poser des questions si on préfère ne pas en entendre les réponses ? De toute façon, ce monde n’était pas fait pour lui. S’il avait été plus puissant, il aurait été l’heure pour lui de mourir ou de se retirer – ou bien d’arrêter de s’interroger, mais c’est sans doute l’option la plus difficile. Mais il était trop jeune et trop inexpérimenté, alors il avait fait quelque chose de stupide.
Akogare se passa la main sur le visage. Son sang était encore chaud sous ses doigts. Les particules de chakra l’avaient préservé d’avoir le crâne défoncé, mais la force de cet homme était étonnante. C’était la première fois qu’il voyait Toguro.
Le Hyuuga s’assis contre un mur. Ses jambes tremblaient. Il allait attendre que son chakra se ravive un peu. Puis il irait voir Keira.
Et le reste des dégâts.
Noya le retrouva. Il était presque intégralement blanc, certains des os s'étaient brisés et reposaient à présent à terre. Il s'approcha à pas lent, et le toucha du bout de sa botte. Toguro ne réagit pas. Noya se pencha mais ne trouva nul endroit où appliquer ses doigts, tant Toguro était hérissé d'os.
[Noya] - On bouge. Kikuria nous appelle. Ne t'inquiète pas, il n'a pas oublié ta médiocrité, inutile de la lui rappeler tout de suite. Lève-toi !
Toguro tressailli. Son esprit faible aurait aussitôt réagi à la voix de Kikuria. Mais pas à la sienne. Noya regarda autour de lui. Il lui était impossible de porter cette carcasse osseuse. Trop lourde et impraticable en l'état. L'explosion avait réveillé son don d'un seul coup ; les os, terriblement dur à briser. Un don répugnant.
Noya posa sa main sur ce qui restait de poitrine à Toguro et y apposa un sceau. Il réalisa deux signes rapides, souffla un mot, et le corps disparu.
Maintenant, Kikuria allait le réveiller.
Durement.
Elle transperçait la vision exacerbée d’Akogare. C’était une masse douloureuse, comme un gigantesque phare dans lequel on serait enfermé. Il n’arrivait même plus à discerner les points de chakra tant ceux-ci étaient en proie à l’explosion. Akogare serra les dents, et tourna lentement la tête vers Ten. Elle comprit. Toi aussi, pars, disait-il, je te rejoins tout de suite.
Toguro avait une main sanglante devant lui, pour assurer son équilibre. Il ne répondit pas à l’appel de Sabi – il n’en avait pas besoin. Ses yeux étaient fermés, et il secouait lourdement sa tête de droite à gauche, comme un pendule rouillé. Noya observait Sabi d’un air neutre. Il se rendait bien compte de ce qui était en train de se passer, il se rendait bien compte du danger. On pouvait le sentir dans l’air ; la douce fragrance du chakra qu’on brûle. Akogare n’essaya pas de convaincre Sabi de ne rien faire. Il n’en avait pas le droit.
Il amorça un mouvement pour se replier, en espérant secrètement que leur retraite pousserait Sabi à faire marche arrière, s’il en était encore capable. Mais c’était un mécanisme qu’il ne contrôlait pas, il était comme l’enfant qui joue avec une lame. Il voit juste le côté brillant, pas le côté qui coupe. Et pourtant, quand il a la lame bien dans le ventre comme il l’avait présentement, il saluait le mort solennellement.
Le katana de Noya effleura son cou.
[Noya] – Il est inutile de s’enfuir. Tu n’es pas un lâche.
Akogare tenta de se dégager, mais d’une habile rotation, Noya transperça ses vêtements amples. Il bloqua la lame contre lui, et ils restaient là, incapables d’exécuter le moindre mouvement sans se compromettre. Le regard d’Akogare passait de Noya à Sabi, jusqu’à ce que Sabi s’élance. Et s’élance, et s’élance. Noya ne fit pas mine de bouger. Quelque part dans son esprit, Akogare se demanda s’il valait vraiment la mort de deux membres d’Asahi et d’un Genin en prime.
Sans doute pas, non.
[Akogare] – Kai… Ten !
La première chose qu’Akogare sentie fut la lame de Noya dans son dos. Elle râpa doucement, comme la caresse d’une femme, mais ne parvint pas à s’enfoncer. Noya avait lâché son katana. Le chakra d’Akogare, le monstrueux chakra d’Akogare, s’exfiltra d’un seul bloc tout autour de lui. Les proportions du Kaiten étaient prodigieuses ; il balaya la bâtisse la plus proche et en souffla une autre. Il dansait au centre, avec la maîtrise parfaite de celui qui ne sait pas quoi faire mais qui sait que quelque chose doit être fait.
Le choc de l’explosion. Deux chakra qui se rencontraient, se mordaient comme des bêtes sauvages, goûtaient leur sang mêlé. Et Akogare tournait, et Sabi disparaissait. Ses réserves s’amenuisaient trop vite. Il approchait de sa limite plus rapidement qu’il ne l’aurait cru. Maintenir la barrière contre le premier choc était insuffisant, cela n’atténuait en rien les ramifications tout autour du globe.
Finalement, Akogare tomba à genoux et un choc au niveau de sa poitrine le traîna sur un bon mètre. La tête lui tournait, comme si le tourbillon s’était déroulé seulement dans son esprit, contre les parois de son crâne nu. Les sons ne lui parvenaient pas en totalité, mais il se força à se redresser.
Il se laissa retomber.
Le Kaiten n’avait pas eu l’effet escompté. Un grand cratère s’était formé autour d’eux, et les maisons qui avaient eu le malheur de se trouver sur leur parcours avaient été soufflées comme si elles n’avaient jamais existé. Noya avait de toute évidence était protégé, il se tenait agenouillé à quelques pas de là. Aucune trace de Sabi ou de Toguro lors de ce premier aperçu.
Akogare se redressa. Noya ne s’intéressa pas à lui et il aurait été tentant de simplement le tuer, là, tout de suite. Mais il avait gaspillé une trop grosse quantité de chakra, malgré ses réserves, et il avait la détestable impression que ses os tremblaient dans tout son corps. Noya n’avait pas l’air de souhaiter poursuivre le combat. Akogare comprit que la mission d’Asahi, et la sienne par extension, avait pris fin pendant l’explosion.
Le Hyuuga s’avança. Il marchait presque normalement. Une douleur dans son dos se réveilla, mais il l’ignora. Il approchait du centre du cratère et poursuivit un peu plus loin, là où s’étaient tenu Sabi et Toguro. Il ne restait presque rien. Un corps plus que calciné, le chakra l’avait semble-t-il fait exploser de l’intérieur. Il n’avait pas dû souffrir, si tant est que cela ait un intérêt. Akogare mit un genou à terre, et passa sa main au-dessus des restes.
[Akogare] – Imbécile…
Il leva la tête, mais ne vit aucune trace de Toguro. La voix de Noya perça le silence.
[Noya] – Tu n’aurais pas dû intervenir.
Akogare rencontra son regard.
[Noya] – C’était stupide de nous aider. Le garçon aurait pu nous emporter tous les quatre.
Je ne vous ai pas aidé, pensait Akogare. Il avait espéré que son chakra parvienne à étouffer celui de Sabi avant que celui-ci n’explose. Peut-être que s’il en avait mis un peu plus ? … Non, cela n’avait simplement pas marché. Sabi était mort, et Akogare avait dû sauver sa vie comme il le pouvait. En sauvant ses ennemis. Parfois, il y a des ironies dont on se passerait volontiers.
[Akogare] – Sabi méritait mieux. Il méritait la vérité.
Noya haussa insensiblement les épaules.
[Noya] – Tu ne l’as lui a pas dite, cette vérité. Son histoire n’a rien d’extraordinaire. Un père traître, une mère aujourd’hui morte, et après ? Tu la connaissais aussi bien que moi cette histoire. Aussi bien que lui.
[Akogare] – Cela ne me convient pas.
Noya acquiesça, comme s’il comprenait le sentiment d’Akogare. Il le dévisageait soigneusement, et finit par ranger son katana dans son fourreau.
[Noya] – Akogare Hyuuga, je te propose de régler cela plus tard. A la fin du mois, présente-toi à la Vallée de la Fin accompagné d’un témoin.
Akogare haussa un sourcil.
[Akogare] – Un défi ?
Le Général d’Asahi hocha la tête et se détourna. Il disparut dans une ruelle. Akogare regarda autour de lui, en essayant de capter les sons qui se dégageaient du village attaqué. Asahi battait en retraite ? Il apprendrait dans quelques heures qu’elle était leur mission, mais il n’en ressentait aucune hâte. Pour le moment, il n’y avait qu’un enfant qui était mort pour défendre une certaine conception de la vie. Une conception d’imbécile, mais la vie serait trop simple si les gens acceptaient simplement de se reposer sur les autres. Non, plus que simple, la vie cesserait d’être par manque d’action… jusqu’à ce que les acteurs meurent.
Akogare se releva. Il était seul à présent.
Un léger étourdissement persistait, suite à la disparition trop soudaine de son chakra. Il avait échoué aujourd’hui. Deux adversaires s’étaient présentés à lui, et il n’était pas parvenu à les abattre. Toguro était à sa portée et Noya… Il n’avait pas montré l’étendue de sa puissance ici, mais il devait l’être également. Ils auraient l’occasion de vérifier cela à la fin du mois. Konoha ne serait pas mis au courant. Eh… Il risquait une petite suspension, en cas de victoire, pour ne pas avoir envisagé l’option de trahir Noya. Mais il avait le sentiment que ce défi devait se faire dans les règles antiques de l’art de tuer, une mise à mort contrôlée, avec un enjeu. A la fin du mois, Asahi perdrait l’un de ses généraux, ou Konoha perdra l’un de ses plus puissants piliers. On n’a rien sans risque. Quelque part dans l’esprit d’Akogare, le risque que Noya le trahisse lui demeurait. Mais il n’était pas l’heure de s’en préoccuper.
Il observa une dernière fois les restes de Sabi. Comme c’était stupide… A quoi cela sert-il de se poser des questions si on préfère ne pas en entendre les réponses ? De toute façon, ce monde n’était pas fait pour lui. S’il avait été plus puissant, il aurait été l’heure pour lui de mourir ou de se retirer – ou bien d’arrêter de s’interroger, mais c’est sans doute l’option la plus difficile. Mais il était trop jeune et trop inexpérimenté, alors il avait fait quelque chose de stupide.
Akogare se passa la main sur le visage. Son sang était encore chaud sous ses doigts. Les particules de chakra l’avaient préservé d’avoir le crâne défoncé, mais la force de cet homme était étonnante. C’était la première fois qu’il voyait Toguro.
Le Hyuuga s’assis contre un mur. Ses jambes tremblaient. Il allait attendre que son chakra se ravive un peu. Puis il irait voir Keira.
Et le reste des dégâts.
***
Noya le retrouva. Il était presque intégralement blanc, certains des os s'étaient brisés et reposaient à présent à terre. Il s'approcha à pas lent, et le toucha du bout de sa botte. Toguro ne réagit pas. Noya se pencha mais ne trouva nul endroit où appliquer ses doigts, tant Toguro était hérissé d'os.
[Noya] - On bouge. Kikuria nous appelle. Ne t'inquiète pas, il n'a pas oublié ta médiocrité, inutile de la lui rappeler tout de suite. Lève-toi !
Toguro tressailli. Son esprit faible aurait aussitôt réagi à la voix de Kikuria. Mais pas à la sienne. Noya regarda autour de lui. Il lui était impossible de porter cette carcasse osseuse. Trop lourde et impraticable en l'état. L'explosion avait réveillé son don d'un seul coup ; les os, terriblement dur à briser. Un don répugnant.
Noya posa sa main sur ce qui restait de poitrine à Toguro et y apposa un sceau. Il réalisa deux signes rapides, souffla un mot, et le corps disparu.
Maintenant, Kikuria allait le réveiller.
Durement.

Akogare Hyuuga- Oi-nin de Konoha

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Namikaze Iki- Juunin de Konoha

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