[CE2] - Bonne Conscience
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Re: [CE2] - Bonne Conscience
Iki suivait d’un pas lent la troupe qui s’étendait le long de la rue. A chaque carrefour quelques personnes venaient rejoindre le groupe, comme s’il émanait de celui-ci une sensation de sécurité. Le chuunin savait bien qu’il n’en était rien. Si Asahi s’était décidé à faire mal, ils auraient tous depuis bien longtemps un adversaire à leur taille. Quoi que la plupart du temps, les vêtements qu’on voulait nous voir porter se révélaient trop grands. Ecraser par le poids du tissu, c’est un peu comme tomber au combat. Honte, déshonneur, l’organisation se fichait sûrement pas mal de la morale que leurs actions chamboulaient.
De quelle morale parle-t-on ? Sûrement celle que Keira et ses larbins se devaient d’installer. A vrai dire, je ne m’y retrouve pas, mais il parait que je n’ai guère le choix.
Hisatomi était le seul exemple qu’ils avaient de la puissance de l’adversaire. A lui seul il dissolvait l’organisation établie, à la va-vite par le lion, l’emportant dans les bas-fonds des ruelles de Konoha. Au loin, les combats se réduisaient à de simples ballons dont on étouffe le claquement. Cependant le nuage de cendre et de poussière qui s’élevaient à chaque déflagration ne mentait pas. Il n’y avait pas de ballons de baudruche, ni de montgolfières. Plutôt un sac qu’on aurait rempli de haine et de sensations exaspérantes, preuves des diableries des villages cachés, qu’on aurait fait exploser. Rétablir l’ordre, détruire pour mieux reconstruire ; le terrorisme est en fait un principe bien subjectif, et d’un côté comme de l’autre, individuellement, chacun avait une bonne raison de croire en ce qu’il faisait. Il suffisait d’une intelligence un peu plus machiavélienne pour réunir tout le monde, satisfaire la volonté commune des mortels, pour leur faire oublier leurs buts individuels, et leur promette que dans le groupe, chacun se retrouvait.
Iki n’avait rien de commun avait tout cela, mais de choix, il n’en avait pas.
Le regard sombre du grand Juunin qui le surveillait d’un coin de l’œil peu discret se posait sur lui. Ah, s’il savait…
Konoha était ce magnifique village que l’on trouait en quelques secondes, jetant chaos et colère dans cet amas de fausse sécurité, de fausse sérénité. Mais le village s’en sortirait, comme d’habitude, et les guerriers qui le peuplent relèveraient la tête, fière, et joueraient de leurs grands bras musclés pour rétablir cet ordre. Ils le servent, ils sont convaincus de sa légitimité, et de sa supériorité, mais jamais ils ne se sont demandés comment l’on pouvait tous les utiliser avec une facilité déconcertante. Peut-être parce que c’est leur œuvre, à tous.
Et que je n’en suis qu’une parmi tant d’autres.
La tour qui apparaissait quelques minutes auparavant comme un faible château de carte posé sur une table de bois fissuré se démarquait peu à peu du paysage. Derrière elle, les rocheuses faisaient ressortir les défunts visages de ses anciens locataires. La tour n’appartient à personne, celui qui l’habite la loue, parce qu’elle survit, mais eux, jamais. Le grand drame des institutions est de creuser le présent dans la mémoire des gens, pour que de la perte, on se console des victoires passées. Le grand parvis était bondé. Foules de civiles entourées de militaires s’adonnaient à une danse étrange. On lisait cette hypocrite confiance sur les visages des forces en place. En queue de peloton, le Namikaze raffermissait la position de son bob à chaque explosion. Il l’avait déjà déduit, Asahi ne l’emporterait pas aujourd’hui. A vrai dire il aurait trouvé cette mort odieuse. Mais si l’organisation, qui n’avait de secrète maintenant que le nom, avait voulu détruire Konoha dans la barbarie la plus sordide qui soit, un schéma brouillon comme seul stratégie, ils seraient déjà tous morts, et ce groupe se serait rapidement éclaté, éparpillé un peu partout dans les méandres du village. Il se trompait peut-être, et pourtant, n’était-il toujours pas là, sa cigarette fumant entre les passants, debout, à suivre les mêmes consignes depuis trois ans ?
Quel était le crétin qui l’avait mis en vie ?
Il en fallait en fait si peu pour voir la peur débarquer dans votre couche et vous immobilisé le temps que la mort ne vous coupe la tête. Heureusement Iki ne connaissait aujourd’hui et ici que la haine. Et à bien y réfléchir, ce n’était pas une meilleure solution.
On donna les instructions puis on les amassa dans un grand trou noir dont le Chuunin ignorait l’existence. Une porte les accueillit finalement et tous pénétrèrent dans l’antichambre. Ce village recelait de secrets dont il était impossible de déceler l’immensité. Là, enfin, ils purent se reposer. Les groupes se reformèrent, les familles se recomposèrent, et les pères courageux retrouvaient avec chaleur leur femme et enfants perdus dans la cohue générale. Ici, ils n’étaient pas censés risquer quelque chose. Par les petites fenêtres ils apercevaient les nuages noires qui couvraient le village, cachant la clarté du soleil. Iki, désintéressé du sujet laissa deux ninjas refermer la porte, et s’assit à ses côtés. Il retira son bob et passa une main poussiéreuse dans ses cheveux aplatis. Une cigarette glissa entre ses doigts et la fine flamme courbée de son briquet vint l’allumer. Il la posa doucement sur ses lèvres et tira lentement dessus comme s’il voulait en extirper toute vie. La fumée pénétra dans sa bouche, recula dans la gorge, et, cloitrée, sortit par le coin de ses lèvres. Il aspira doucement, levant la tête vers le plafond, et laissa quelques ronds correctement formés s’échapper de sa bouche pour se dissiper dans l’air renfermé de la grande salle. Repliant ses genoux jusqu’à ses coudes, il posa finalement son regard sur le conglomérat humain qui s’agitait devant lui, dans un étrange brouhaha étouffé. Il finit de pousser la fumée devant lui dans un sac brouillon.
Les yeux de Satoshi l’avaient intrigué. Comment avait-il pu ne pas les voir ? Un lion qui se bat est toujours intéressant. Il y a toujours ce petit quelque chose qu’il a en plus, et que vous ne connaissiez pas jusque là. Le Juunin n’était pas n’importe quel élément de l’Ecole, cela ne faisait que raffermir son intéressement pour le sujet. Le teint argenté qui luisait dans ses pupilles attisait sa curiosité. Iki revit le visage ferme de Kawazi, puis se rendit compte à quel point l’ambiance même des Six Lions lui manquait. Kawazi, Hiroshin, et tous les autres, les salles d’entraînements, les quelques prairies ensoleillées, les enseignements, d’une sagesse pleine pour une violence contrôlée. Iki se sentait peu à peu perdu ici. C’étaient des valeurs, tout un art qui s’effaçait un peu plus chaque jour. Mais cela, il ne put que l’admettre aujourd’hui, lorsqu’il trouva devant lui, un lion se battre à nouveau. Trois ans que cela n’était plus arrivé, et il trouvait ça fort regrettable. Au plus profond de lui-même, il ne les haïssait pas. Il avait simplement peur de ne plus jamais revoir ce qui avait fait de lui, un farouche combattant, et un être humain discipliné et obéissant. Chacun l’avait trouvé râleur, cynique, mais tout était jeu, et le Namikaze s’amusait à avancer ses pions avec une sournoiserie avisée.
Il serait dans l’avantage d’Okugane de l’autoriser à partir, et à retrouver les siens quelques temps. Sinon il perdrait une partie de lui-même, et ne serait plus le combattant puissant que Konoha désirait voir en l’amenant ici. Iki ferait ainsi, oui. Il avait les arguments pour.
Des voix plaintives s’élevèrent alors qu’un cri désespéré retentit. Iki se releva rapidement et tenta de trouver ce qui agitait tant les foules. Un coup d’œil par une fenêtre lui rappela que dehors, on se battait encore, et que les flammes ne s’éteindraient pas tantôt. Enfin une forme s’éclipsa du cercle formé, passant avec agilité entre les corps. Izawa, qui était-ce ? Iki n’en avait aucune idée, et à vrai dire, il s’en fichait. Pourtant, à cause de ce nom, l’homme qui fonçait vers la porte, vers lui, allait commettre une erreur. Une très grave erreur.
L’insigne de Kumo sur son bandeau m’était bien visible. La peur, dans ses yeux aussi, accompagné d’un soupçon de folie. Et oui, toi, tu es pris par la colère. Les symptômes ne me trompent que rarement, je les connais.
Iki insista, son regard percuta l’homme qui courrait vers lui. Non mon coco, tu ne passeras pas. Pas maintenant en tout cas. Le Chuunin prit la cigarette entre ses deux doigts et la laissa tomber sur le sol. Son pied vint l’écraser doucement ne laissant qu’un léger nuage pénétrer dans l’air obscurci de la pièce. Il se décala d’un pas, et cacha la porte de bois aux yeux de son interlocuteur. Il était décidé, le bougre, il ne s’arrêtait pas. Bien, bien. Tant pis. Il ne sortirait pas pour autant. La jambe droite d’Iki se tendit et vint toucher du bout du pied le sol et ses coudes se plièrent doucement. La main tendue du ninja avait sûrement but pour passer outre de cet obstacle de chair et d’os - surtout d’os… Au moment où celle-ci allait se poser sur son épaule pour pousser le chuunin, le corps se déroba. La cible déséquilibrée, Iki passa la tête sous son bras tendu et se déporta légèrement. Ses lèvres bougèrent, lentement, comme si le temps était, non pas arrêté, mais simplement ralenti, et il chuchota pour lui-même un « Fuiuchi » que personne d’autre ne put entendre. Sauf l’homme peut-être. Mais souvent, la folie bouche les oreilles. Elle rend déjà aveugle, pourquoi ne pourrait-elle faire plus ? La première jambe s’enfonça dans le sol alors que la seconde partait rapidement, léchant doucement le sol.
Son pied percuta la cheville du bonhomme qui n’avait rien d’un adversaire. Pas aujourd’hui, en tout cas. Il s’affaissa et percuta le carrelage froid. Iki esquissa un sourire dissimulé, et le releva rapidement. Une main passa dans son dos et s’empara du bob qui était resté dans sa poche. Il le positionna sur sa tête, poussant ses mèches sur sa tête.
- Iki - Je me demande. Tu es fou ou tu es amoureux ?
La blague était sommaire et sûrement inapproprié ici, mais qu’importe. Il le lâcha lentement, de sorte que l’homme sorte de son état second. Pourtant Iki ne se recula pas, hésitant quelque peu. Il n’était pas question qu’il sorte ; il ne « fallait » pas qu’il sorte. Malgré son regain pour ce village, Iki imaginait déjà la liste des morts.
Et elle était bien trop longue à son gout.
- Iki - J’viens sûrement de te sauver la vie… Désolé.
Iki se recula définitivement. Il s’adossa contre la lourde porte et alluma une nouvelle cigarette. Il n’était pas dans son intention de se vanter d’un tel geste, le Chuunin n’avait rien de généreux ni solidaire, aussi n’insista-t-il pas. C’était sûrement la première fois qu’il s’excusait pour ça. C’était aussi la première fois qu’il s’excusait. Mais ça, c’était son problème. Il laissa la fumée opaque monter dans les hauteurs de la salle et oublia, rapidement, ce qui venait de se passer.
Déjà il se perdait dans ses songes. Le tube blanc se posa sur ses deux lèvres, il aspira. Cette merde le tuerait. Mais personne ne le sauverait de ça. Tant mieux…
De quelle morale parle-t-on ? Sûrement celle que Keira et ses larbins se devaient d’installer. A vrai dire, je ne m’y retrouve pas, mais il parait que je n’ai guère le choix.
Hisatomi était le seul exemple qu’ils avaient de la puissance de l’adversaire. A lui seul il dissolvait l’organisation établie, à la va-vite par le lion, l’emportant dans les bas-fonds des ruelles de Konoha. Au loin, les combats se réduisaient à de simples ballons dont on étouffe le claquement. Cependant le nuage de cendre et de poussière qui s’élevaient à chaque déflagration ne mentait pas. Il n’y avait pas de ballons de baudruche, ni de montgolfières. Plutôt un sac qu’on aurait rempli de haine et de sensations exaspérantes, preuves des diableries des villages cachés, qu’on aurait fait exploser. Rétablir l’ordre, détruire pour mieux reconstruire ; le terrorisme est en fait un principe bien subjectif, et d’un côté comme de l’autre, individuellement, chacun avait une bonne raison de croire en ce qu’il faisait. Il suffisait d’une intelligence un peu plus machiavélienne pour réunir tout le monde, satisfaire la volonté commune des mortels, pour leur faire oublier leurs buts individuels, et leur promette que dans le groupe, chacun se retrouvait.
Iki n’avait rien de commun avait tout cela, mais de choix, il n’en avait pas.
Le regard sombre du grand Juunin qui le surveillait d’un coin de l’œil peu discret se posait sur lui. Ah, s’il savait…
Konoha était ce magnifique village que l’on trouait en quelques secondes, jetant chaos et colère dans cet amas de fausse sécurité, de fausse sérénité. Mais le village s’en sortirait, comme d’habitude, et les guerriers qui le peuplent relèveraient la tête, fière, et joueraient de leurs grands bras musclés pour rétablir cet ordre. Ils le servent, ils sont convaincus de sa légitimité, et de sa supériorité, mais jamais ils ne se sont demandés comment l’on pouvait tous les utiliser avec une facilité déconcertante. Peut-être parce que c’est leur œuvre, à tous.
Et que je n’en suis qu’une parmi tant d’autres.
La tour qui apparaissait quelques minutes auparavant comme un faible château de carte posé sur une table de bois fissuré se démarquait peu à peu du paysage. Derrière elle, les rocheuses faisaient ressortir les défunts visages de ses anciens locataires. La tour n’appartient à personne, celui qui l’habite la loue, parce qu’elle survit, mais eux, jamais. Le grand drame des institutions est de creuser le présent dans la mémoire des gens, pour que de la perte, on se console des victoires passées. Le grand parvis était bondé. Foules de civiles entourées de militaires s’adonnaient à une danse étrange. On lisait cette hypocrite confiance sur les visages des forces en place. En queue de peloton, le Namikaze raffermissait la position de son bob à chaque explosion. Il l’avait déjà déduit, Asahi ne l’emporterait pas aujourd’hui. A vrai dire il aurait trouvé cette mort odieuse. Mais si l’organisation, qui n’avait de secrète maintenant que le nom, avait voulu détruire Konoha dans la barbarie la plus sordide qui soit, un schéma brouillon comme seul stratégie, ils seraient déjà tous morts, et ce groupe se serait rapidement éclaté, éparpillé un peu partout dans les méandres du village. Il se trompait peut-être, et pourtant, n’était-il toujours pas là, sa cigarette fumant entre les passants, debout, à suivre les mêmes consignes depuis trois ans ?
Quel était le crétin qui l’avait mis en vie ?
Il en fallait en fait si peu pour voir la peur débarquer dans votre couche et vous immobilisé le temps que la mort ne vous coupe la tête. Heureusement Iki ne connaissait aujourd’hui et ici que la haine. Et à bien y réfléchir, ce n’était pas une meilleure solution.
On donna les instructions puis on les amassa dans un grand trou noir dont le Chuunin ignorait l’existence. Une porte les accueillit finalement et tous pénétrèrent dans l’antichambre. Ce village recelait de secrets dont il était impossible de déceler l’immensité. Là, enfin, ils purent se reposer. Les groupes se reformèrent, les familles se recomposèrent, et les pères courageux retrouvaient avec chaleur leur femme et enfants perdus dans la cohue générale. Ici, ils n’étaient pas censés risquer quelque chose. Par les petites fenêtres ils apercevaient les nuages noires qui couvraient le village, cachant la clarté du soleil. Iki, désintéressé du sujet laissa deux ninjas refermer la porte, et s’assit à ses côtés. Il retira son bob et passa une main poussiéreuse dans ses cheveux aplatis. Une cigarette glissa entre ses doigts et la fine flamme courbée de son briquet vint l’allumer. Il la posa doucement sur ses lèvres et tira lentement dessus comme s’il voulait en extirper toute vie. La fumée pénétra dans sa bouche, recula dans la gorge, et, cloitrée, sortit par le coin de ses lèvres. Il aspira doucement, levant la tête vers le plafond, et laissa quelques ronds correctement formés s’échapper de sa bouche pour se dissiper dans l’air renfermé de la grande salle. Repliant ses genoux jusqu’à ses coudes, il posa finalement son regard sur le conglomérat humain qui s’agitait devant lui, dans un étrange brouhaha étouffé. Il finit de pousser la fumée devant lui dans un sac brouillon.
Les yeux de Satoshi l’avaient intrigué. Comment avait-il pu ne pas les voir ? Un lion qui se bat est toujours intéressant. Il y a toujours ce petit quelque chose qu’il a en plus, et que vous ne connaissiez pas jusque là. Le Juunin n’était pas n’importe quel élément de l’Ecole, cela ne faisait que raffermir son intéressement pour le sujet. Le teint argenté qui luisait dans ses pupilles attisait sa curiosité. Iki revit le visage ferme de Kawazi, puis se rendit compte à quel point l’ambiance même des Six Lions lui manquait. Kawazi, Hiroshin, et tous les autres, les salles d’entraînements, les quelques prairies ensoleillées, les enseignements, d’une sagesse pleine pour une violence contrôlée. Iki se sentait peu à peu perdu ici. C’étaient des valeurs, tout un art qui s’effaçait un peu plus chaque jour. Mais cela, il ne put que l’admettre aujourd’hui, lorsqu’il trouva devant lui, un lion se battre à nouveau. Trois ans que cela n’était plus arrivé, et il trouvait ça fort regrettable. Au plus profond de lui-même, il ne les haïssait pas. Il avait simplement peur de ne plus jamais revoir ce qui avait fait de lui, un farouche combattant, et un être humain discipliné et obéissant. Chacun l’avait trouvé râleur, cynique, mais tout était jeu, et le Namikaze s’amusait à avancer ses pions avec une sournoiserie avisée.
Il serait dans l’avantage d’Okugane de l’autoriser à partir, et à retrouver les siens quelques temps. Sinon il perdrait une partie de lui-même, et ne serait plus le combattant puissant que Konoha désirait voir en l’amenant ici. Iki ferait ainsi, oui. Il avait les arguments pour.
Des voix plaintives s’élevèrent alors qu’un cri désespéré retentit. Iki se releva rapidement et tenta de trouver ce qui agitait tant les foules. Un coup d’œil par une fenêtre lui rappela que dehors, on se battait encore, et que les flammes ne s’éteindraient pas tantôt. Enfin une forme s’éclipsa du cercle formé, passant avec agilité entre les corps. Izawa, qui était-ce ? Iki n’en avait aucune idée, et à vrai dire, il s’en fichait. Pourtant, à cause de ce nom, l’homme qui fonçait vers la porte, vers lui, allait commettre une erreur. Une très grave erreur.
L’insigne de Kumo sur son bandeau m’était bien visible. La peur, dans ses yeux aussi, accompagné d’un soupçon de folie. Et oui, toi, tu es pris par la colère. Les symptômes ne me trompent que rarement, je les connais.
Iki insista, son regard percuta l’homme qui courrait vers lui. Non mon coco, tu ne passeras pas. Pas maintenant en tout cas. Le Chuunin prit la cigarette entre ses deux doigts et la laissa tomber sur le sol. Son pied vint l’écraser doucement ne laissant qu’un léger nuage pénétrer dans l’air obscurci de la pièce. Il se décala d’un pas, et cacha la porte de bois aux yeux de son interlocuteur. Il était décidé, le bougre, il ne s’arrêtait pas. Bien, bien. Tant pis. Il ne sortirait pas pour autant. La jambe droite d’Iki se tendit et vint toucher du bout du pied le sol et ses coudes se plièrent doucement. La main tendue du ninja avait sûrement but pour passer outre de cet obstacle de chair et d’os - surtout d’os… Au moment où celle-ci allait se poser sur son épaule pour pousser le chuunin, le corps se déroba. La cible déséquilibrée, Iki passa la tête sous son bras tendu et se déporta légèrement. Ses lèvres bougèrent, lentement, comme si le temps était, non pas arrêté, mais simplement ralenti, et il chuchota pour lui-même un « Fuiuchi » que personne d’autre ne put entendre. Sauf l’homme peut-être. Mais souvent, la folie bouche les oreilles. Elle rend déjà aveugle, pourquoi ne pourrait-elle faire plus ? La première jambe s’enfonça dans le sol alors que la seconde partait rapidement, léchant doucement le sol.
Son pied percuta la cheville du bonhomme qui n’avait rien d’un adversaire. Pas aujourd’hui, en tout cas. Il s’affaissa et percuta le carrelage froid. Iki esquissa un sourire dissimulé, et le releva rapidement. Une main passa dans son dos et s’empara du bob qui était resté dans sa poche. Il le positionna sur sa tête, poussant ses mèches sur sa tête.
- Iki - Je me demande. Tu es fou ou tu es amoureux ?
La blague était sommaire et sûrement inapproprié ici, mais qu’importe. Il le lâcha lentement, de sorte que l’homme sorte de son état second. Pourtant Iki ne se recula pas, hésitant quelque peu. Il n’était pas question qu’il sorte ; il ne « fallait » pas qu’il sorte. Malgré son regain pour ce village, Iki imaginait déjà la liste des morts.
Et elle était bien trop longue à son gout.
- Iki - J’viens sûrement de te sauver la vie… Désolé.
Iki se recula définitivement. Il s’adossa contre la lourde porte et alluma une nouvelle cigarette. Il n’était pas dans son intention de se vanter d’un tel geste, le Chuunin n’avait rien de généreux ni solidaire, aussi n’insista-t-il pas. C’était sûrement la première fois qu’il s’excusait pour ça. C’était aussi la première fois qu’il s’excusait. Mais ça, c’était son problème. Il laissa la fumée opaque monter dans les hauteurs de la salle et oublia, rapidement, ce qui venait de se passer.
Déjà il se perdait dans ses songes. Le tube blanc se posa sur ses deux lèvres, il aspira. Cette merde le tuerait. Mais personne ne le sauverait de ça. Tant mieux…

Namikaze Iki- Juunin de Konoha

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Re: [CE2] - Bonne Conscience
Il était difficile de résister à la tentation de se retourner, et c’était par d’habiles coups d’œil qu’Haya tentait de ne pas perdre le fil des actions de Satoshi. Il ne faisait pas mine de vouloir combattre, et la jeune fille se dit qu’il essayait simplement de gagner du temps. L’homme ne s’intéressait pas à eux. Il ne quitter pas son adversaire du regard, comme s’ils se connaissaient depuis des années. De vieux amis qui se retrouvent autour d’un verre, ou d’un village en feu. Bientôt ils disparurent de son champ visuel, et elle fut bien obligée de se concentrer à nouveau sur l’immédiat. Ils progressaient en silence, quelques murmures s’élevaient de temps à autre, mais rien de plus.
La tour était bien visible à présent. Une ombre parmi les ombres, plus haute, plus fière, mais rien qu’une ombre. C’était sans doute là qu’ils devaient se diriger pour éviter le mal, se cacher, en attendant d’être fort pour l’affronter. De nombreuses personnes les surveillaient. L’intervention de l’homme inconnu n’avait sans doute pas contribué à les relaxer. Ils jetaient eux aussi des regards inquiets et prudents autour d’eux, prêt à parer à toute éventualité. La mort avait cette étrange faculté à flotter tout autour, à presser doucement leur peau pour que tout le monde la ressente pleinement. Mais elle n’appuie finalement que rarement. Un shinobi de Konoha ouvrit la porte dérobée qui n’était pas là auparavant. Le village savait conserver de petits secrets. La prudence, toujours.
Ils s’enfoncèrent dans les ombres. Un enfant sanglotait. Des reniflements brefs, lancinants. Haya sentit une détestable boule d’anxiété lui pesait brusquement sur l’estomac. C’était une chose de prendre conscience que le village était attaqué, mais s’en été une autre de voir les conséquences. Ces sanglots, c’était la réponse étouffée que personne n’avait le droit ici de murmurer. Ils devront cacher leur tristesse en dépit des pertes, pour se focaliser entièrement sur le présent, sur l’agression. C’était un monde étrange. Ils montaient depuis un petit moment, et la douce pente rassurait la jeune fille. Bientôt la fin des tunnels, de ces enchevêtrements terreux et angoissants.
Le hall qui se dessina était plus vaste qu’elle ne l’aurait imaginé, et beaucoup de personnes étaient déjà assemblés. L’autre versant de l’arène, ainsi que d’autres gens certainement, étaient arrivées avant eux. Haya avisa Shimuka au moment où l’adolescente tournait la tête pour observer le visage des nouveaux venus. Son visage se détendit brusquement, et elle se précipita sur Haya pour la soulever littéralement du sol.
Shimuka – Enfin ! Tu pouvais pas nous rejoindre ?!
Haya rendit son étreinte à son amie, et se fendit d’un doux sourire d’excuse. Elle ne l’avait même pas vu partir, puisqu’au moment de l’évacuation Haya était avec les participants de la deuxième épreuve, dans cette sorte d’antichambre. Sur le moment, même si elle avait pensé à ses amis dans les gradins, elle n’avait pas songé à les rejoindre.
Shimuka ne lâcha pas Haya, et expliqua qu’elle cherchait toujours Mie et les autres. Elles étaient ensemble pendant le trajet, mais s’étaient perdues de vue dans les tunnels. Haya hocha la tête pour indiquer qu’elle comprenait et qu’elles n’avaient qu’à chercher ensemble.
Mais alors qu’elles commençaient, il y eu cet étrange incident. Un homme, celui qui les avait conduits ici, cria quelque chose. Un nom, peut-être. Mais il ne regardait personne dans la salle. Il regardait dehors. Haya ressentit un frisson lui parcourir l’échine. C’était comme voir un tableau, sans doute. Si on avait été peintre, on aurait fait autrement. Mais on est spectateur, alors on regarde. Quelqu’un l’empêcha de passer. L’homme tomba par terre, l’autre s’adossa à la porte. Haya avait les sourcils froncés à présent. Elle s’approcha lentement, tandis que les shinobi présents se retournaient dans la direction de l’incartade. Il y avait un shinobi de Konoha, celui qui empêchait de passer, et un autre de Kumo. Haya pouvait percevoir sur sa peau la colère sourde de l’homme de Kumo. C’était une colère dangereuse. Pour lui, principalement. La jeune fille regarda autour d’elle. Il y avait beaucoup de shinobi, beaucoup qui regardaient. S’ils le voyaient commettre une imprudence, il risquait son grade, sinon plus. Il était toujours à terre, et commençait à se relever. Shimuka s’arrêta, mais Haya poursuivit. Bien sûr, elle aurait dû faire comme tous les autres ici. Rester spectatrice et attendre, quelque part, que cela dégénère. Il y avait quelque chose qu’elle comprenait, chez cet homme, et qu’elle soutenait de tout son cœur même si elle savait que c’était vain. Non, il aurait été trop facile de croiser les bras et de simplement observer. Il y avait deux peintres ici, elle pouvait bien prendre un pinceau à son tour.
Tranquillement, elle posa la main sur le bras du shinobi à terre, et lui adressa un sourire rassurant. Il savait qu’elle n’était qu’une bête genin, puisqu’il avait assisté aux combats. S’il était arrogant, cela aurait l’effet inverse, il le prendrait mal. Dans le cas contraire, il se demanderait peut-être pourquoi une simple genin s’intéresserait à lui. Et si son cerveau avait encore un peu de lucidité, il regarderait autour de lui et verrait tous ces regards. Si cet imbécile de Konoha avait laissé les choses se faire, le shinobi de Kumo serait sorti. Qu’il meurt, eh bien ? Il se battrait pour ce qu’il avait décidé de défendre. Mais à cause de lui, il était désormais prisonnier ici. Haya se redressa, et le regarda sévèrement. Elle s’approcha à nouveau, et observa à travers la fenêtre. Elle sentait la présence du shinobi de Konoha.
Oui, il lui avait sans doute sauvé la vie. Et qui était-il, pour le faire ? Un imbécile, rien de plus. Le shinobi de Kumo avait le droit de mettre sa vie en jeu. Il avait un grade et des compétences. Il avait le droit, oui, d’utiliser sa force pour sauver son amie. Et rien ni personne hormis un supérieur n’avait le droit de le priver de cette sensation. Qui était-il, pour réduire un homme (peut-être amoureux, peut-être un frère, qu’importe ?) à l’état de spectateur alors qu’il aurait dû être acteur ?
Haya dévisagea l’homme de Konoha. Tranquillement, d’une voix si éraillée qu’elle en était presque inaudible, elle murmura :
Haya – Pousses-toi, homme.
Elle déglutit douloureusement. Sa langue brûlait contre son palais et son cœur s’affolait. Il n’était pas censé savoir qu’elle était muette. Pourquoi était-elle si en colère ? Ses yeux pétillaient, mais pas d’excitation pour avoir enfin réussi à parler, mais plutôt d’une rage froide, glaciale devant une injustice qui ne saurait être tolérée. Cet homme avait le droit de sortir. Il n’avait pas le droit de frapper cet abruti de Konoha pour sortir. Mais il avait le droit de sortir. Ce serait mal vu, malvenu, dangereux : mais c’était son droit. La colère a toujours été un puissant stimulant. C’était comme si elle avait, pour quelques secondes, réussit à reconstituer des syllabes de sorte à créer des mots maladroits, à défier son mutisme pour laisser place à son indignation.
A quoi cela sert-il alors, d’avoir le pouvoir est de toujours voir cette porte fermée alors qu’on a besoin de nous ? A quoi cela sert-il d’apprendre, encore et encore, comment tuer si quand on a l’occasion de sauver un être qui nous est cher, quelqu’un ferme cette porte ? A rien ! Si ce qu’ils faisaient ici était à ce point inutile, alors à quoi bon cette comédie de tournoi ? A quoi bon progresser si leurs actions étaient toujours destinée à sauver des civils et jamais des amis ? Pousses-toi de là, crétin ! Haya ne pouvait pas concevoir que tout cela ne servait finalement à rien. Que même après tant d’années et tant d’efforts, on devait toujours observer les siens mourir. Qu’on n’était que des spectateurs, et jamais des peintres.
Haya n’avait pas quitté le shinobi de Konoha des yeux. Des nuages de fumées passaient entre eux, comme pour brouiller les pistes. Brouiller les pistes... Va fumer ailleurs, et laisse le cours des choses se réaliser. Tu n'as aucun droit de priver cet homme de ses espoirs, de le briser. Qui tu es ?
Un connard. Un de plus. Pousse-toi.
La tour était bien visible à présent. Une ombre parmi les ombres, plus haute, plus fière, mais rien qu’une ombre. C’était sans doute là qu’ils devaient se diriger pour éviter le mal, se cacher, en attendant d’être fort pour l’affronter. De nombreuses personnes les surveillaient. L’intervention de l’homme inconnu n’avait sans doute pas contribué à les relaxer. Ils jetaient eux aussi des regards inquiets et prudents autour d’eux, prêt à parer à toute éventualité. La mort avait cette étrange faculté à flotter tout autour, à presser doucement leur peau pour que tout le monde la ressente pleinement. Mais elle n’appuie finalement que rarement. Un shinobi de Konoha ouvrit la porte dérobée qui n’était pas là auparavant. Le village savait conserver de petits secrets. La prudence, toujours.
Ils s’enfoncèrent dans les ombres. Un enfant sanglotait. Des reniflements brefs, lancinants. Haya sentit une détestable boule d’anxiété lui pesait brusquement sur l’estomac. C’était une chose de prendre conscience que le village était attaqué, mais s’en été une autre de voir les conséquences. Ces sanglots, c’était la réponse étouffée que personne n’avait le droit ici de murmurer. Ils devront cacher leur tristesse en dépit des pertes, pour se focaliser entièrement sur le présent, sur l’agression. C’était un monde étrange. Ils montaient depuis un petit moment, et la douce pente rassurait la jeune fille. Bientôt la fin des tunnels, de ces enchevêtrements terreux et angoissants.
Le hall qui se dessina était plus vaste qu’elle ne l’aurait imaginé, et beaucoup de personnes étaient déjà assemblés. L’autre versant de l’arène, ainsi que d’autres gens certainement, étaient arrivées avant eux. Haya avisa Shimuka au moment où l’adolescente tournait la tête pour observer le visage des nouveaux venus. Son visage se détendit brusquement, et elle se précipita sur Haya pour la soulever littéralement du sol.
Shimuka – Enfin ! Tu pouvais pas nous rejoindre ?!
Haya rendit son étreinte à son amie, et se fendit d’un doux sourire d’excuse. Elle ne l’avait même pas vu partir, puisqu’au moment de l’évacuation Haya était avec les participants de la deuxième épreuve, dans cette sorte d’antichambre. Sur le moment, même si elle avait pensé à ses amis dans les gradins, elle n’avait pas songé à les rejoindre.
Shimuka ne lâcha pas Haya, et expliqua qu’elle cherchait toujours Mie et les autres. Elles étaient ensemble pendant le trajet, mais s’étaient perdues de vue dans les tunnels. Haya hocha la tête pour indiquer qu’elle comprenait et qu’elles n’avaient qu’à chercher ensemble.
Mais alors qu’elles commençaient, il y eu cet étrange incident. Un homme, celui qui les avait conduits ici, cria quelque chose. Un nom, peut-être. Mais il ne regardait personne dans la salle. Il regardait dehors. Haya ressentit un frisson lui parcourir l’échine. C’était comme voir un tableau, sans doute. Si on avait été peintre, on aurait fait autrement. Mais on est spectateur, alors on regarde. Quelqu’un l’empêcha de passer. L’homme tomba par terre, l’autre s’adossa à la porte. Haya avait les sourcils froncés à présent. Elle s’approcha lentement, tandis que les shinobi présents se retournaient dans la direction de l’incartade. Il y avait un shinobi de Konoha, celui qui empêchait de passer, et un autre de Kumo. Haya pouvait percevoir sur sa peau la colère sourde de l’homme de Kumo. C’était une colère dangereuse. Pour lui, principalement. La jeune fille regarda autour d’elle. Il y avait beaucoup de shinobi, beaucoup qui regardaient. S’ils le voyaient commettre une imprudence, il risquait son grade, sinon plus. Il était toujours à terre, et commençait à se relever. Shimuka s’arrêta, mais Haya poursuivit. Bien sûr, elle aurait dû faire comme tous les autres ici. Rester spectatrice et attendre, quelque part, que cela dégénère. Il y avait quelque chose qu’elle comprenait, chez cet homme, et qu’elle soutenait de tout son cœur même si elle savait que c’était vain. Non, il aurait été trop facile de croiser les bras et de simplement observer. Il y avait deux peintres ici, elle pouvait bien prendre un pinceau à son tour.
Tranquillement, elle posa la main sur le bras du shinobi à terre, et lui adressa un sourire rassurant. Il savait qu’elle n’était qu’une bête genin, puisqu’il avait assisté aux combats. S’il était arrogant, cela aurait l’effet inverse, il le prendrait mal. Dans le cas contraire, il se demanderait peut-être pourquoi une simple genin s’intéresserait à lui. Et si son cerveau avait encore un peu de lucidité, il regarderait autour de lui et verrait tous ces regards. Si cet imbécile de Konoha avait laissé les choses se faire, le shinobi de Kumo serait sorti. Qu’il meurt, eh bien ? Il se battrait pour ce qu’il avait décidé de défendre. Mais à cause de lui, il était désormais prisonnier ici. Haya se redressa, et le regarda sévèrement. Elle s’approcha à nouveau, et observa à travers la fenêtre. Elle sentait la présence du shinobi de Konoha.
Oui, il lui avait sans doute sauvé la vie. Et qui était-il, pour le faire ? Un imbécile, rien de plus. Le shinobi de Kumo avait le droit de mettre sa vie en jeu. Il avait un grade et des compétences. Il avait le droit, oui, d’utiliser sa force pour sauver son amie. Et rien ni personne hormis un supérieur n’avait le droit de le priver de cette sensation. Qui était-il, pour réduire un homme (peut-être amoureux, peut-être un frère, qu’importe ?) à l’état de spectateur alors qu’il aurait dû être acteur ?
Haya dévisagea l’homme de Konoha. Tranquillement, d’une voix si éraillée qu’elle en était presque inaudible, elle murmura :
Haya – Pousses-toi, homme.
Elle déglutit douloureusement. Sa langue brûlait contre son palais et son cœur s’affolait. Il n’était pas censé savoir qu’elle était muette. Pourquoi était-elle si en colère ? Ses yeux pétillaient, mais pas d’excitation pour avoir enfin réussi à parler, mais plutôt d’une rage froide, glaciale devant une injustice qui ne saurait être tolérée. Cet homme avait le droit de sortir. Il n’avait pas le droit de frapper cet abruti de Konoha pour sortir. Mais il avait le droit de sortir. Ce serait mal vu, malvenu, dangereux : mais c’était son droit. La colère a toujours été un puissant stimulant. C’était comme si elle avait, pour quelques secondes, réussit à reconstituer des syllabes de sorte à créer des mots maladroits, à défier son mutisme pour laisser place à son indignation.
A quoi cela sert-il alors, d’avoir le pouvoir est de toujours voir cette porte fermée alors qu’on a besoin de nous ? A quoi cela sert-il d’apprendre, encore et encore, comment tuer si quand on a l’occasion de sauver un être qui nous est cher, quelqu’un ferme cette porte ? A rien ! Si ce qu’ils faisaient ici était à ce point inutile, alors à quoi bon cette comédie de tournoi ? A quoi bon progresser si leurs actions étaient toujours destinée à sauver des civils et jamais des amis ? Pousses-toi de là, crétin ! Haya ne pouvait pas concevoir que tout cela ne servait finalement à rien. Que même après tant d’années et tant d’efforts, on devait toujours observer les siens mourir. Qu’on n’était que des spectateurs, et jamais des peintres.
Haya n’avait pas quitté le shinobi de Konoha des yeux. Des nuages de fumées passaient entre eux, comme pour brouiller les pistes. Brouiller les pistes... Va fumer ailleurs, et laisse le cours des choses se réaliser. Tu n'as aucun droit de priver cet homme de ses espoirs, de le briser. Qui tu es ?
Un connard. Un de plus. Pousse-toi.

Haya Sasaki- Chuunin de Kiri

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Re: [CE2] - Bonne Conscience
Les flammes l’encerclaient, prisonnière la chuunin de kumo ne pouvait pas grand chose. Si seulement cette ronde n’était qu’un filament rougeoyant, elle aurait pu s’en sortir d’elle-même, affrontant le feu un quart de seconde, en plein saut. Mais non, le brasier l’entourant n’était pas franchissable, et elle le savait très bien. Elle restait en son centre, couchée sur le ventre, hurlant à qui voudrait l’entendre. Izawa était sur le toit d’une maison complètement incendiée. Seulement, de la simple fumée sortait des fenêtre, aucune flamme ne venait lécher les murs externes, simplement le toit.
De là où ils étaient, de l’intérieur de la tour, les ninjas pouvaient percevoir ces hurlements.
Et maintenant qu’Arai avait signaler l’événement, tous le prirent en compte et beaucoup restèrent devant les fenêtre à observer les choses se faire, les entendre, les écouter, et ne rien faire.
Arai, lui, avait couru.
Oui, la colère monta en lui. Aucun ninja à l’extérieur semblait avoir entendu Izawa appeler à l’aide. Aucun ! Il y avait de quoi hurler de colère, et pourquoi pas même sortir l’aider soi même ? Izawa n’était pas qu’une chuunin de kumo en danger, c’était une amie, une sœur, une partie de son cœur qui risquait de disparaitre, dévorée par les flammes d’un feu assassin.
Dans ce genre de sentiment, on ne voit plus rien que le but à atteindre. On n’entend rien d’autre non plus. On est comme obsédé, mutilé de l’intérieur à l’idée d’échouer, envahit par une entité autre que nous-même. Oui, nous sommes possédés. Arai était possédé. Mais, cette entité avait-elle un nom ? Ou n’était-elle que sa propre colère ? Il se pouvait en effet qu’elle porte une identité propre. Extérieur à sa personne, une entité chaque instant en sa compagnie, qui influait depuis peu sur son comportement et ses sensations. Bientôt, il saurait. Bientôt.
Là, il ne pouvait pas y réfléchir.
Izawa.
Il bouscula des masses, sauta par-dessus des plus petites, et couru vers la porte. La porte. Celle qui allait lui permettre de la sauver, elle, Izawa. Il ne voyait rien, rien d’autre que cette porte, ni poignée, ni salissures, ni garde, uniquement cette porte. Il tendit la main pour l’ouvrir dans son élan, mais il fut bloqué. Arai ne comprit rien à ce qui lui arrivait. Emporté par son propre élan, il perdit l’équilibre, sentit un violent coup à la cheville et vint rencontrer le sol sans s’apercevoir du chemin parcouru. La poussière lui piquait les yeux et rendait sa respiration difficile, son bras quant à lui formait un angle douloureux, maintenu par… un autre ninja. Qui était-il ? Quand avait-il … ? Arai, machinalement, força. Il devait continuer. Cette porte ! Rien que cette porte, bordel ! Une fois traversée, il pourrait la délivrer. Les flammes ne lui feraient rien à lui, il a été entraîné, il a été formé, qu’est-ce qu’un ninja de soutien s’il ne peut pas secourir ? Qu’est-ce qu’un médecin s’il ne peut sauver ?
[Arai] – RAAAAAH !
Ce hurlement, il venait du ventre. Profondément enfoui, il était ressorti tel un ressort qui se retend après une compression trop forte. Du sable rentra dans sa bouche alors qu’il se débattait pour se relever. Inutilement. Le ninja qui le maintenait était trop efficace dans sa prise, ou était-ce qu’Arai était simplement trop « pressé » pour être efficace dans ses propres mouvements ? Et pourquoi pas les deux ? Mais rien à faire, le chuunin de kumo ne pouvait se calmer aisément. Il ne faisait que visualiser Izawa au milieu des flammes, n’attendant que son aide, car personne ne viendrait… personne.
Tout le monde observait. Enfin, le spectacle était partagé. La ninja dehors, encerclée, ou le chuunin à l’intérieur grognant à en faire trembler les murs ? Quoiqu’il en soit, la prestation en intérieur avait durée quelques instants, une éternité pour l’acteur principal, mais seulement quelques instants. Là, il se calmait, ses grognements avaient cessé, ses mouvements devenaient moins forts et moins vivaces. Le ninja reprit son bob et se releva. Il lâcha donc Arai, après s’être assuré qu’il n’allait pas repartir en délire.
[Iki] – Je me demande. Tu es fou ou tu es amoureux ?
Va te faire foutre.
[Iki] – J’viens sûrement de te sauver la vie… Désolé.
Mais… Ya de quoi s’excuser oui ! Rien à branler de ma vie, j’peux bien m’en servir comme je l’entends si c’est pour en sauver une autre…
Alors qu’il allait tenter de se relever à son tour, une main vint lui soulever le bras, lui apportant une aide non pas nécessaire, mais forte agréable, bien qu’inattendue. Une jeune demoiselle venait le soutenir, lui souriant, généreusement. Son visage lui disait quelque chose… il l’avait vu plus tôt dans la journée. Oui, elle avait combattu aujourd’hui. Une kiréenne si sa mémoire était bonne.
Il se releva totalement. Et voulu remercier la petite, seulement, elle était occupée. Son regard était rivé sur le présumé gardien de la porte. Le boss du niveau en quelques sortes. Un bob sur la tête, une cigarette au bec, la jeune fille le dévisageait lourdement. Elle partageait presque le sentiment d’Arai à son égard.
Un connard.
Un connard qui n’avait pas tort, d’une certaine manière, mais un connard tout de même. Un murmure, surprenant de difficulté, et durement porteur de sens, se dégagea des lèvres douces et pourtant délicates de cette kunoichi.
[Haya] – Pousse-toi, homme.
Arai fut touché qu’elle prenne les choses tant à cœur. Sa folie était-elle donc partagée ? Il posa une main sur cette petite épaule kiréenne, et lui murmura :
[Arai] – Ne t’embarque pas dans une histoire que tu pourrais esquiver. J’apprécie ton geste, j’apprécie ton aide. Mais, prend soins de toi, c’est préférable. Merci.
Il était dorénavant ‘calme’. La situation s’était apaisée dans la salle, uniquement dans la salle. Dans sa tête en revanche, dans son cœur, tout était en mouvement. Il se consumait de l’intérieur. Mais, pire, Izawa elle brûlait peut-être vraiment. Il n’avait qu’à passer cette porte.
[Arai] – Tu auras bien assez de force pour la remettre, non ? avait-il susurré en direction du ‘gardien’.
A peine avait-il fini sa phrase qu’il bondit en avant. Les muscles de ses jambes temporairement décuplés en puissance le propulsèrent droit devant lui. Même ce ninja n’eut pas le temps de réagir. Il fallait passer cette porte, et s’il y avait une couche de chair par-dessus, il ne restait qu’à les passer toutes les deux. D’un seul coup. Arai arriva si vite au contact de l’homme qu’il n’eut pas le temps de retirer la cigarette de ses lèvres. Il sentit son corps poursuivre sa lancée, défiant la résistance de ses obstacles, et alors qu’il sentit le tout pencher en sa faveur il murmura à son tour, comme un message à faire passer ce petit « Adorenarin ». Suivit d’un bruit lourd. La porte avait cédé, elle et son gardien étaient dorénavant couchés au sol, Arai était déjà reparti, une roulade en guise de réception. Il prit appui sur le mur en face de lui, ne se priva pas de courir dessus, afin de ne pas perdre son élan.
Il allait la sauver. Izawa.
De là où ils étaient, de l’intérieur de la tour, les ninjas pouvaient percevoir ces hurlements.
Et maintenant qu’Arai avait signaler l’événement, tous le prirent en compte et beaucoup restèrent devant les fenêtre à observer les choses se faire, les entendre, les écouter, et ne rien faire.
Arai, lui, avait couru.
Oui, la colère monta en lui. Aucun ninja à l’extérieur semblait avoir entendu Izawa appeler à l’aide. Aucun ! Il y avait de quoi hurler de colère, et pourquoi pas même sortir l’aider soi même ? Izawa n’était pas qu’une chuunin de kumo en danger, c’était une amie, une sœur, une partie de son cœur qui risquait de disparaitre, dévorée par les flammes d’un feu assassin.
Dans ce genre de sentiment, on ne voit plus rien que le but à atteindre. On n’entend rien d’autre non plus. On est comme obsédé, mutilé de l’intérieur à l’idée d’échouer, envahit par une entité autre que nous-même. Oui, nous sommes possédés. Arai était possédé. Mais, cette entité avait-elle un nom ? Ou n’était-elle que sa propre colère ? Il se pouvait en effet qu’elle porte une identité propre. Extérieur à sa personne, une entité chaque instant en sa compagnie, qui influait depuis peu sur son comportement et ses sensations. Bientôt, il saurait. Bientôt.
Là, il ne pouvait pas y réfléchir.
Izawa.
Il bouscula des masses, sauta par-dessus des plus petites, et couru vers la porte. La porte. Celle qui allait lui permettre de la sauver, elle, Izawa. Il ne voyait rien, rien d’autre que cette porte, ni poignée, ni salissures, ni garde, uniquement cette porte. Il tendit la main pour l’ouvrir dans son élan, mais il fut bloqué. Arai ne comprit rien à ce qui lui arrivait. Emporté par son propre élan, il perdit l’équilibre, sentit un violent coup à la cheville et vint rencontrer le sol sans s’apercevoir du chemin parcouru. La poussière lui piquait les yeux et rendait sa respiration difficile, son bras quant à lui formait un angle douloureux, maintenu par… un autre ninja. Qui était-il ? Quand avait-il … ? Arai, machinalement, força. Il devait continuer. Cette porte ! Rien que cette porte, bordel ! Une fois traversée, il pourrait la délivrer. Les flammes ne lui feraient rien à lui, il a été entraîné, il a été formé, qu’est-ce qu’un ninja de soutien s’il ne peut pas secourir ? Qu’est-ce qu’un médecin s’il ne peut sauver ?
[Arai] – RAAAAAH !
Ce hurlement, il venait du ventre. Profondément enfoui, il était ressorti tel un ressort qui se retend après une compression trop forte. Du sable rentra dans sa bouche alors qu’il se débattait pour se relever. Inutilement. Le ninja qui le maintenait était trop efficace dans sa prise, ou était-ce qu’Arai était simplement trop « pressé » pour être efficace dans ses propres mouvements ? Et pourquoi pas les deux ? Mais rien à faire, le chuunin de kumo ne pouvait se calmer aisément. Il ne faisait que visualiser Izawa au milieu des flammes, n’attendant que son aide, car personne ne viendrait… personne.
Tout le monde observait. Enfin, le spectacle était partagé. La ninja dehors, encerclée, ou le chuunin à l’intérieur grognant à en faire trembler les murs ? Quoiqu’il en soit, la prestation en intérieur avait durée quelques instants, une éternité pour l’acteur principal, mais seulement quelques instants. Là, il se calmait, ses grognements avaient cessé, ses mouvements devenaient moins forts et moins vivaces. Le ninja reprit son bob et se releva. Il lâcha donc Arai, après s’être assuré qu’il n’allait pas repartir en délire.
[Iki] – Je me demande. Tu es fou ou tu es amoureux ?
Va te faire foutre.
[Iki] – J’viens sûrement de te sauver la vie… Désolé.
Mais… Ya de quoi s’excuser oui ! Rien à branler de ma vie, j’peux bien m’en servir comme je l’entends si c’est pour en sauver une autre…
Alors qu’il allait tenter de se relever à son tour, une main vint lui soulever le bras, lui apportant une aide non pas nécessaire, mais forte agréable, bien qu’inattendue. Une jeune demoiselle venait le soutenir, lui souriant, généreusement. Son visage lui disait quelque chose… il l’avait vu plus tôt dans la journée. Oui, elle avait combattu aujourd’hui. Une kiréenne si sa mémoire était bonne.
Il se releva totalement. Et voulu remercier la petite, seulement, elle était occupée. Son regard était rivé sur le présumé gardien de la porte. Le boss du niveau en quelques sortes. Un bob sur la tête, une cigarette au bec, la jeune fille le dévisageait lourdement. Elle partageait presque le sentiment d’Arai à son égard.
Un connard.
Un connard qui n’avait pas tort, d’une certaine manière, mais un connard tout de même. Un murmure, surprenant de difficulté, et durement porteur de sens, se dégagea des lèvres douces et pourtant délicates de cette kunoichi.
[Haya] – Pousse-toi, homme.
Arai fut touché qu’elle prenne les choses tant à cœur. Sa folie était-elle donc partagée ? Il posa une main sur cette petite épaule kiréenne, et lui murmura :
[Arai] – Ne t’embarque pas dans une histoire que tu pourrais esquiver. J’apprécie ton geste, j’apprécie ton aide. Mais, prend soins de toi, c’est préférable. Merci.
Il était dorénavant ‘calme’. La situation s’était apaisée dans la salle, uniquement dans la salle. Dans sa tête en revanche, dans son cœur, tout était en mouvement. Il se consumait de l’intérieur. Mais, pire, Izawa elle brûlait peut-être vraiment. Il n’avait qu’à passer cette porte.
[Arai] – Tu auras bien assez de force pour la remettre, non ? avait-il susurré en direction du ‘gardien’.
A peine avait-il fini sa phrase qu’il bondit en avant. Les muscles de ses jambes temporairement décuplés en puissance le propulsèrent droit devant lui. Même ce ninja n’eut pas le temps de réagir. Il fallait passer cette porte, et s’il y avait une couche de chair par-dessus, il ne restait qu’à les passer toutes les deux. D’un seul coup. Arai arriva si vite au contact de l’homme qu’il n’eut pas le temps de retirer la cigarette de ses lèvres. Il sentit son corps poursuivre sa lancée, défiant la résistance de ses obstacles, et alors qu’il sentit le tout pencher en sa faveur il murmura à son tour, comme un message à faire passer ce petit « Adorenarin ». Suivit d’un bruit lourd. La porte avait cédé, elle et son gardien étaient dorénavant couchés au sol, Arai était déjà reparti, une roulade en guise de réception. Il prit appui sur le mur en face de lui, ne se priva pas de courir dessus, afin de ne pas perdre son élan.
Il allait la sauver. Izawa.
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Arai Tsumetai- Chuunin Instructeur de Kumo

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Re: [CE2] - Bonne Conscience
Iki ne bougea pas. Il restait là, allongé sur le sol, de tout son long. Son bob tenait fébrilement sur sa tête, se décollant peu à peu de son front. Tout était allé trop vite, et il n’avait pas suivi. Mais non, il ne s’en voulait, il avait fait ce qu’il pensait juste, le reste n’était que détail. On a tous une bonne raison de croire que l’autre a tort, à défaut d’avoir soi-même raison. Alors qu’importe l’argumentation, qu’importent les valeurs et les principes qui régissent nos bonnes petites âmes humaines, nous avons tous ce brin de conscience qui nous susurre à l’oreille : l’imbécile, évite lui cette erreur qui lui couterait cher. Et en chacun de nous, le mal s’insinue et déforme notre vision : sois sûr de toi. L’homme l’avait percuté de plein fouet, d’une force impressionnante. Et malgré les bons appuis d’Iki, il n’avait pas fait le poids. Alors soit, il était certainement, soit plus fou, soit plus amoureux qu’il ne l’avait imaginé. Alors soit, il irait jusqu’à la mort s’il le fallait, le chuunin ne le suivrait pas. On appelle ce sentiment qui nous pousse à protéger une théorie puis à la rompre dans la même seconde l’inconscience. Iki s’interdisait même de songer à la mort. L’homme y allait.
Sans lui, donc.
Savoir si c’est la colère ou la raison qui nous dirige, qui le dirige, a toujours été une question sans réponse. De la même manière, chacun y voyait ses symptômes, chacun y trouvait ses intentions, mais personne n’avait raison. Iki n’était pas insensible, il cachait simplement ses sentiments à ceux qui ne méritaient pas de les connaitre, ceux-là même qu’ils ne jugeaient pas d’une grande et bonne empreinte sur sa vie. Les priorités, il les connaissait, et il exécutait avec fermeté et sérieux. Tout ce qui les entoure n’est pas bien intéressant. On a tous un endroit et un moment où l’on souhaite que sa vie se passe. On ne sait pas comment, mais on sait où, et avec qui ; il n’était pas question de rester jusqu’à la mort à Konoha. Il n’y avait donc aucune nécessité un sentiment d’amitié ou même d’amour parmi eux. Pourtant, il y avait de quoi chambouler un homme.
Que devait-il faire, en tant qu’homme ? Que devait-il faire en tant que ninja, chuunin de Konoha ? Iki ne se sentait ni homme, ni shinobi ; en fait, il était perdu. La lâcheté, il n’y en avait pas, et pourtant, dans ce méandre d’émotions, quelque chose ressortait comme de l’inactivité, de l’attente ; il subissait, et il n’aimait guère cela. On ne sait jamais vraiment que la vie nous prépare lorsqu’on est en queue de peloton, alors qu’en tête, on affronte, on couvre, mais jamais on ne sera touché par ceux qui nous précédent puisque devant, il n’y a rien. Alors maintenant il pouvait répondre : que devait-il faire en tant que lion ?
Se battre, dans un duel avec lui-même. Etrangement, il se trouva pathétique.
L’air frais pénétra dans les couloirs, provoqué par ce courant d’air glacial, comme les yeux de la jeune femme qui se tenait toujours devant lui et qui perdait son regard sur l’ombre de l’homme qui avait forcé le passage. Iki soupira doucement, prit son paquet et en retira une cigarette qu’il alluma rapidement. La fumée se dégagea de sa bouche et se prit dans les courants. Doucement, le chuunin la rejetait laissant un nuage gras et opaque qui n’en finissait plus. Iki avait purement ignoré la kunoichi, et il s’en voulait un peu. Les femmes ne font pas partie de ce regain de colère et de haine. Sauf si elles participent activement à sa chute, morale. Pourtant ici, elle n’avait fait que défendre à voix haute sa position, et il la respectait, quoi qu’il arrive ; bien qu’il ne la partage pas. Son regard sûr s’était posé sur lui, et sa phrase, limpide et articulée avait transcendé le silence. « Pousses-toi homme », et quoi donc encore ? Moi aussi je veux vivre riche et en paix, avec plein de petites femmes autour de moi, une pour le thé, une pour la bouffe, une pour le lit. Réveille-toi, tu comprendras.
Iki leva un œil, toujours étalé sur le sol alors que derrière les gens commençaient à reprendre leurs discussions interrompues par les évènements, et dévisagea la jeune femme, un bandeau de Kiri fièrement porté. Elle était toujours là, devant la porte défoncée. Iki tira doucement sur sa clope et soupira, une seconde fois.
- Iki - C’est dommage, vraiment, il aurait été amoureux, je l’aurais laissé passer.
Il plia ses coudes et se posa dessus, laissant une nappe de fumée s’extraire de ses poumons encore jeunes.
- Iki - M’enfin, on a tous nos petits secrets…
Le chuunin se releva finalement. Il avança doucement vers la porte, à terre, et passa ses battants craquelés par le coup violent. Oui, on a tous nos petits secrets, Iki en cachait de tellement gros, qu’il se demandait finalement comment tous ceux qui l’entourent pouvaient donc se plaindre. Mais ils ne se plaignaient, et une nouvelle fois il retrouvait le mal partout en eux. Il arriva au niveau de la kunoichi, et s’arrêta, la tête toujours droite, fixée droit devant lui. Il posa sa cigarette sur ses deux lèvres et la retira presque immédiatement. Alors sa voix grésilla.
- Iki - Puisque tu as l’air sûre de toi, je serais amusé d’avoir ton avis là-dessus, un jour…
Ses yeux dévissèrent sans que son visage ne bronche et il posa son regard sur la ninja, comme attendant une réponse qu’il ne demandait pas. Iki reprit sa marche, et lâcha un soupçon de fumée par ses narines, exaspéré. Il rejoint rapidement le centre de la troupe et s’incéra doucement dans un groupe de chuunins de Konoha, qui papotaient de tout et de rien. Se fondre, dans la masse, c’était ce qu’il faisait toujours, et ce qu’il y avait de mieux à faire, sûrement.
Sans lui, donc.
Savoir si c’est la colère ou la raison qui nous dirige, qui le dirige, a toujours été une question sans réponse. De la même manière, chacun y voyait ses symptômes, chacun y trouvait ses intentions, mais personne n’avait raison. Iki n’était pas insensible, il cachait simplement ses sentiments à ceux qui ne méritaient pas de les connaitre, ceux-là même qu’ils ne jugeaient pas d’une grande et bonne empreinte sur sa vie. Les priorités, il les connaissait, et il exécutait avec fermeté et sérieux. Tout ce qui les entoure n’est pas bien intéressant. On a tous un endroit et un moment où l’on souhaite que sa vie se passe. On ne sait pas comment, mais on sait où, et avec qui ; il n’était pas question de rester jusqu’à la mort à Konoha. Il n’y avait donc aucune nécessité un sentiment d’amitié ou même d’amour parmi eux. Pourtant, il y avait de quoi chambouler un homme.
Que devait-il faire, en tant qu’homme ? Que devait-il faire en tant que ninja, chuunin de Konoha ? Iki ne se sentait ni homme, ni shinobi ; en fait, il était perdu. La lâcheté, il n’y en avait pas, et pourtant, dans ce méandre d’émotions, quelque chose ressortait comme de l’inactivité, de l’attente ; il subissait, et il n’aimait guère cela. On ne sait jamais vraiment que la vie nous prépare lorsqu’on est en queue de peloton, alors qu’en tête, on affronte, on couvre, mais jamais on ne sera touché par ceux qui nous précédent puisque devant, il n’y a rien. Alors maintenant il pouvait répondre : que devait-il faire en tant que lion ?
Se battre, dans un duel avec lui-même. Etrangement, il se trouva pathétique.
L’air frais pénétra dans les couloirs, provoqué par ce courant d’air glacial, comme les yeux de la jeune femme qui se tenait toujours devant lui et qui perdait son regard sur l’ombre de l’homme qui avait forcé le passage. Iki soupira doucement, prit son paquet et en retira une cigarette qu’il alluma rapidement. La fumée se dégagea de sa bouche et se prit dans les courants. Doucement, le chuunin la rejetait laissant un nuage gras et opaque qui n’en finissait plus. Iki avait purement ignoré la kunoichi, et il s’en voulait un peu. Les femmes ne font pas partie de ce regain de colère et de haine. Sauf si elles participent activement à sa chute, morale. Pourtant ici, elle n’avait fait que défendre à voix haute sa position, et il la respectait, quoi qu’il arrive ; bien qu’il ne la partage pas. Son regard sûr s’était posé sur lui, et sa phrase, limpide et articulée avait transcendé le silence. « Pousses-toi homme », et quoi donc encore ? Moi aussi je veux vivre riche et en paix, avec plein de petites femmes autour de moi, une pour le thé, une pour la bouffe, une pour le lit. Réveille-toi, tu comprendras.
Iki leva un œil, toujours étalé sur le sol alors que derrière les gens commençaient à reprendre leurs discussions interrompues par les évènements, et dévisagea la jeune femme, un bandeau de Kiri fièrement porté. Elle était toujours là, devant la porte défoncée. Iki tira doucement sur sa clope et soupira, une seconde fois.
- Iki - C’est dommage, vraiment, il aurait été amoureux, je l’aurais laissé passer.
Il plia ses coudes et se posa dessus, laissant une nappe de fumée s’extraire de ses poumons encore jeunes.
- Iki - M’enfin, on a tous nos petits secrets…
Le chuunin se releva finalement. Il avança doucement vers la porte, à terre, et passa ses battants craquelés par le coup violent. Oui, on a tous nos petits secrets, Iki en cachait de tellement gros, qu’il se demandait finalement comment tous ceux qui l’entourent pouvaient donc se plaindre. Mais ils ne se plaignaient, et une nouvelle fois il retrouvait le mal partout en eux. Il arriva au niveau de la kunoichi, et s’arrêta, la tête toujours droite, fixée droit devant lui. Il posa sa cigarette sur ses deux lèvres et la retira presque immédiatement. Alors sa voix grésilla.
- Iki - Puisque tu as l’air sûre de toi, je serais amusé d’avoir ton avis là-dessus, un jour…
Ses yeux dévissèrent sans que son visage ne bronche et il posa son regard sur la ninja, comme attendant une réponse qu’il ne demandait pas. Iki reprit sa marche, et lâcha un soupçon de fumée par ses narines, exaspéré. Il rejoint rapidement le centre de la troupe et s’incéra doucement dans un groupe de chuunins de Konoha, qui papotaient de tout et de rien. Se fondre, dans la masse, c’était ce qu’il faisait toujours, et ce qu’il y avait de mieux à faire, sûrement.

Namikaze Iki- Juunin de Konoha

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Ran Kokoro- Juunin de Konoha

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Re: [CE2] - Bonne Conscience
Il y avait de quoi se poser de sérieuses question sur l’intellect des shinobi.
Ils progressaient en silence, de peur que l’un de leur souffle les trahisse. Ils pénétraient par une porte dérobée, cachée de tous, une porte marquée sans doute d’un sceau en chakra. Ils suivaient des tunnels pénibles, noirs, certains pleuraient. Ils débouchaient dans un hall, grand espace rempli de personnes qui s’effrayaient si jamais l’un d’eux soupirait trop fort.
Et pourtant, on défonçait quand même la porte principale. Oui, et des fusées de signalements, aussi, pourquoi pas. Tant qu’à mourir, autant qu’il y ait des étincelles. Haya soupira, et s’assit par terre, fatiguée des efforts de la journée.
Le shinobi de Kumo était moins malin qu’il n’y paraissait. Enfin, non, ce n’était pas ce qu’elle voulait dire. Il n’y avait déjà pas grand-chose de malin à crier dans un lieu prétendument secret, à pousser et provoquer une simili-rixe, et à fracasser la porte d’entrée. Mais Satoshi s’était adressé à lui plutôt qu’à un autre. Pourquoi ? Parce qu’il était le plus proche ? Parce qu’il s’adressait à la cantonade, et que le kuméen l’a pris pour lui ? Peut-être bien. Non, la chose la plus stupide que le kuméen ait fait, c’est ne pas remarquer qu’Haya courait à peu près… mille chances de moins d’avoir des ennuis. Déjà, même si le shinobi de Konoha était un crétin, il n’aurait pas frappé une genin. Il l’aurait insultée, sans doute, lui aurait promis (s’il était vraiment crétin) de lui casser la gueule à la récré, mais rien de plus. Et en constatant son impuissance crasse (toujours selon le postulat qu’il était crétin), il se serait poussé, pour grogner, ou pour autre chose, l’intimider par exemple. Et le kuméen serait passé. Mais ce dernier avait un sérieux problème avec la notion de diversion. Pire encore : lui pouvait se faire casser la gueule. Disons qu’il n’y avait pas de problème éthique pour écraser quelqu’un d’à peu près le même grade. Frapper une genin en revanche, il faut avoir du vent entre les jambes.
Haya releva la tête pour dévisager le shinobi de Konoha. Il était couché par terre, et fumait une nouvelle cigarette. Il jeta un œil vers la jeune fille. Elle le regarda sans le voir, puis releva la tête pour observer les gens autour d'eux. Il y avait un certain silence qui s'était créé, puis les discussions reprenaient. Trois shinobi se détachèrent du groupe pour surveiller la porte. Quoiqu'il en soit, ce n'était plus à elle de se soucier du kuméen ou de l'homme à la cigarette.
Être entouré d’imbéciles était une sensation désagréable. Comme être plongée dans un torrent sans savoir nagé, et avec des gens qui te disaient de penser à respirer. Des fois qu’on oublie entre deux gorgées. C’est chuunin (elle espérait sincèrement, pour le futur des villages ninja, qu’ils n’étaient pas à un grade supérieur) à ça n’arrive plus à se retenir. La frime, c’est bien à l’académie, quand il y a encore des jeunes cœurs pour s’émouvoir. En situation de guerre, c’était soit très déplacé, soit très…
Oui, stupide, encore…
Elle essaya, en vain, de se rappeler combien de fois ce mot avait traversé son esprit au cours des cinq dernières minutes.
Shimuka s'approcha, posa sa main sur l'épaule d'Haya sans s'en rendre compte. Elle baissa les yeux et la dévisagea étrangement. Elle ne dit rien, mais la jeune genin savait à quoi elle pensait. Tu as parlé, disaient ses yeux. Oui, j'ai parlé... Elle posa ses doigts sur sa gorge. Bien sûr, elle ne s'était pas irritée pour s'y peu, mais elle avait eu la sensation de déchirer du papier en prononçant ces quelques mots. Aujourd'hui toutefois, Haya avait une piste à travailler et elle l'a devait à deux personnes qu'elle ne reverrait probablement jamais. L'une était partie se faire tuer, l'autre, eh bien... disparu. Quelque part, il lui rappelait Satoshi, avec sa cigarette. Le côté "j'assure" en moins. Le côté chiant un peu trop prononcé. Elle sourit en se disant que ce serait l'une des énième personne que le juunin n'apprécierait pas.
En fait, ils n’étaient pas nécessairement stupides. Haya se surprit à remarquer qu’elle était simplement de mauvaise humeur. Cette journée avait été trop longue et trop éprouvante. Elle avait faim et sommeil et, même si ce n'était pas très héroïque, elle aspirait à retrouver ses quartiers le plus vite possible. Cette attaque, d'après ce qu'elle avait entendu et déduit, n'était pas faite pour durer. Un peu de sommeil serait le bienvenu. Plus tard, ils réfléchiraient.
Ils progressaient en silence, de peur que l’un de leur souffle les trahisse. Ils pénétraient par une porte dérobée, cachée de tous, une porte marquée sans doute d’un sceau en chakra. Ils suivaient des tunnels pénibles, noirs, certains pleuraient. Ils débouchaient dans un hall, grand espace rempli de personnes qui s’effrayaient si jamais l’un d’eux soupirait trop fort.
Et pourtant, on défonçait quand même la porte principale. Oui, et des fusées de signalements, aussi, pourquoi pas. Tant qu’à mourir, autant qu’il y ait des étincelles. Haya soupira, et s’assit par terre, fatiguée des efforts de la journée.
Le shinobi de Kumo était moins malin qu’il n’y paraissait. Enfin, non, ce n’était pas ce qu’elle voulait dire. Il n’y avait déjà pas grand-chose de malin à crier dans un lieu prétendument secret, à pousser et provoquer une simili-rixe, et à fracasser la porte d’entrée. Mais Satoshi s’était adressé à lui plutôt qu’à un autre. Pourquoi ? Parce qu’il était le plus proche ? Parce qu’il s’adressait à la cantonade, et que le kuméen l’a pris pour lui ? Peut-être bien. Non, la chose la plus stupide que le kuméen ait fait, c’est ne pas remarquer qu’Haya courait à peu près… mille chances de moins d’avoir des ennuis. Déjà, même si le shinobi de Konoha était un crétin, il n’aurait pas frappé une genin. Il l’aurait insultée, sans doute, lui aurait promis (s’il était vraiment crétin) de lui casser la gueule à la récré, mais rien de plus. Et en constatant son impuissance crasse (toujours selon le postulat qu’il était crétin), il se serait poussé, pour grogner, ou pour autre chose, l’intimider par exemple. Et le kuméen serait passé. Mais ce dernier avait un sérieux problème avec la notion de diversion. Pire encore : lui pouvait se faire casser la gueule. Disons qu’il n’y avait pas de problème éthique pour écraser quelqu’un d’à peu près le même grade. Frapper une genin en revanche, il faut avoir du vent entre les jambes.
Haya releva la tête pour dévisager le shinobi de Konoha. Il était couché par terre, et fumait une nouvelle cigarette. Il jeta un œil vers la jeune fille. Elle le regarda sans le voir, puis releva la tête pour observer les gens autour d'eux. Il y avait un certain silence qui s'était créé, puis les discussions reprenaient. Trois shinobi se détachèrent du groupe pour surveiller la porte. Quoiqu'il en soit, ce n'était plus à elle de se soucier du kuméen ou de l'homme à la cigarette.
Être entouré d’imbéciles était une sensation désagréable. Comme être plongée dans un torrent sans savoir nagé, et avec des gens qui te disaient de penser à respirer. Des fois qu’on oublie entre deux gorgées. C’est chuunin (elle espérait sincèrement, pour le futur des villages ninja, qu’ils n’étaient pas à un grade supérieur) à ça n’arrive plus à se retenir. La frime, c’est bien à l’académie, quand il y a encore des jeunes cœurs pour s’émouvoir. En situation de guerre, c’était soit très déplacé, soit très…
Oui, stupide, encore…
Elle essaya, en vain, de se rappeler combien de fois ce mot avait traversé son esprit au cours des cinq dernières minutes.
Shimuka s'approcha, posa sa main sur l'épaule d'Haya sans s'en rendre compte. Elle baissa les yeux et la dévisagea étrangement. Elle ne dit rien, mais la jeune genin savait à quoi elle pensait. Tu as parlé, disaient ses yeux. Oui, j'ai parlé... Elle posa ses doigts sur sa gorge. Bien sûr, elle ne s'était pas irritée pour s'y peu, mais elle avait eu la sensation de déchirer du papier en prononçant ces quelques mots. Aujourd'hui toutefois, Haya avait une piste à travailler et elle l'a devait à deux personnes qu'elle ne reverrait probablement jamais. L'une était partie se faire tuer, l'autre, eh bien... disparu. Quelque part, il lui rappelait Satoshi, avec sa cigarette. Le côté "j'assure" en moins. Le côté chiant un peu trop prononcé. Elle sourit en se disant que ce serait l'une des énième personne que le juunin n'apprécierait pas.
En fait, ils n’étaient pas nécessairement stupides. Haya se surprit à remarquer qu’elle était simplement de mauvaise humeur. Cette journée avait été trop longue et trop éprouvante. Elle avait faim et sommeil et, même si ce n'était pas très héroïque, elle aspirait à retrouver ses quartiers le plus vite possible. Cette attaque, d'après ce qu'elle avait entendu et déduit, n'était pas faite pour durer. Un peu de sommeil serait le bienvenu. Plus tard, ils réfléchiraient.

Haya Sasaki- Chuunin de Kiri

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Namikaze Iki- Juunin de Konoha

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Re: [CE2] - Bonne Conscience
La peur régnait en maître sur Konoha. Bien sûr, ce n’était pas le seul sentiment qui planait dans l’air. Mais cette crainte dominait, provoquée par l’Asahi aux desseins destructeurs. Le vent en apportait les cris, les plaintes, les pleurs, les odeurs. Les civils fuyaient, les ninjas faibles, comme Kehydan, réagissaient de la même façon à moins de ne posséder ne serait-ce qu’une once d’un stupide courage. Les autres se battaient, malgré une frayeur nouée dans l’estomac. Ce Satoshi, face à une ancienne connaissance, ne semblait pas à l’aise face à l’homme gras mais puissant.
Syara observait la scène de ses yeux verts dans lesquels dansaient les reflets du ciel rougeoyant, au rythme des explosions lointaines. Pourquoi hésitait-il ? Ses fins sourcils se froncèrent et l’éclat de ses yeux devint inquiétant. Incapable de s’en apercevoir, Kehydan tremblait, apeuré comme un agneau perdu dans un troupeau, chassé à travers les montagnes par des loups sanguinaires. Un enfant qui a perdu sa mère. Et Syara ne voulait pas de ce rôle.
Parfois, elle l’endossait. Elle avait besoin du Lyushan, sinon elle ne pourra pas avancer vers son objectif. Et cet imbécile avait quelque fois besoin d’être poussé. Lorsqu’elle pensait au jeune garçon, elle se sentait partagée entre haine et amour, pitié et mépris. Que ne donnerait-elle pas pour revenir en arrière, dans ce passé, et renoncer à cette promesse. Devenir kunoichi. Être libre de travailler à son propre rythme, et certainement pas freinée par Kehydan. Ne plus avoir besoin de lui. Cette personnalité si malléable et facile à manipuler pour peu qu’on prenne le temps de suivre son mode de pensée. Si naïf qu’en un rien de temps, il pourrait accorder son entière confiance à n’importe qui. Elle avait pu en profiter, autrement personne d’autre n’aurait joué son jeu, dans le clan. Mais elle aussi avait peur. Peur que quelqu’un d’autre ne lui enlève Kehydan, de la même façon qu’elle l’avait arraché à ses sœurs et la petite vie tranquille qu’elles lui traçaient.
Le visage de marbre, ne laissant transpirer aucune de ces émotions, elle posa une main rassurante sur l’épaule de l’aspirant. Le troupeau se mettait à nouveau en route, s’éloignant du jounin de Kiri. Une brebis valeureuse qui permettait aux autres de regagner les hauteurs rassurante. La tour. Elle fit la moue et reprit sa marche avec tous les autres, se fondant dans la masse et tenant la main du jeune garçon qui semblait plus égaré que jamais. Elle lui adressa quelques paroles, mais il ne répondit pas. Etait-ce parce qu’il rêvassait, fuyant encore plus l’accablante réalité de ce monde ? Ou parce qu’il se concentrait sur les remous autour d’eux ? Impossible à dire. Pinçant ses lèvres, elle laissa place au silence entre eux, une atmosphère qui la plongea dans de sombres pensées.
Perdus dans la marée humaine, ils n’assistèrent pas à l’étonnante apparition de la grotte, même si Syara se sentit contrariée par la présence d’un élément qu’elle n’avait jamais vu dans ce décor auparavant. Avant de laisser la terre les avaler, elle se retourna et observa le village. De leur point de vue, plusieurs foyers, sans doute attisés par de titanesques combats, se distinguaient dans la masse de fumées. Kehydan ne pouvait les voir, car trop éloignés, mais elle s’aperçut qu’il se redressait légèrement. Il respira bruyamment.
[Kehydan] Rentrons !
Il se retourna et s’enfonça dans la grotte, suivi par la jeune fille. L’ambiance pesante à l’intérieur était oppressante. Certains retrouvaient des amis ou membres de la famille, croulants sous les étreintes et embrassades. D’autres tournaient en rond, comme des lions rongeant leur frein en cage. Et puis il y avait ceux comme Kehydan. Il se laissa glisser contre une paroi en frissonnant. Syara l’imita et ferma les yeux.
Le jeune garçon n’aimait pas la situation. Vraiment pas. Il se sentait profondément effrayé, son cœur tressautait dans sa poitrine à la manière d’un cheval emballé, lancé en plein galop. Il entendait le rythme irrégulier de ses sabots frappants sur le sol, des tambours de la peur résonnant dans sa chair, faisant vibrer ses nerfs. Là, tout de suite, il ne craignait pas la mort. De nombreux shinobis réunis ici pourront s’occuper de ces terribles adversaires capables de semer la pagaille au sein même d’un village ninja. Non, son effroi s’amplifiait en imaginant le futur. Celui auquel il sera confronté.
Syara observait la scène de ses yeux verts dans lesquels dansaient les reflets du ciel rougeoyant, au rythme des explosions lointaines. Pourquoi hésitait-il ? Ses fins sourcils se froncèrent et l’éclat de ses yeux devint inquiétant. Incapable de s’en apercevoir, Kehydan tremblait, apeuré comme un agneau perdu dans un troupeau, chassé à travers les montagnes par des loups sanguinaires. Un enfant qui a perdu sa mère. Et Syara ne voulait pas de ce rôle.
Parfois, elle l’endossait. Elle avait besoin du Lyushan, sinon elle ne pourra pas avancer vers son objectif. Et cet imbécile avait quelque fois besoin d’être poussé. Lorsqu’elle pensait au jeune garçon, elle se sentait partagée entre haine et amour, pitié et mépris. Que ne donnerait-elle pas pour revenir en arrière, dans ce passé, et renoncer à cette promesse. Devenir kunoichi. Être libre de travailler à son propre rythme, et certainement pas freinée par Kehydan. Ne plus avoir besoin de lui. Cette personnalité si malléable et facile à manipuler pour peu qu’on prenne le temps de suivre son mode de pensée. Si naïf qu’en un rien de temps, il pourrait accorder son entière confiance à n’importe qui. Elle avait pu en profiter, autrement personne d’autre n’aurait joué son jeu, dans le clan. Mais elle aussi avait peur. Peur que quelqu’un d’autre ne lui enlève Kehydan, de la même façon qu’elle l’avait arraché à ses sœurs et la petite vie tranquille qu’elles lui traçaient.
Le visage de marbre, ne laissant transpirer aucune de ces émotions, elle posa une main rassurante sur l’épaule de l’aspirant. Le troupeau se mettait à nouveau en route, s’éloignant du jounin de Kiri. Une brebis valeureuse qui permettait aux autres de regagner les hauteurs rassurante. La tour. Elle fit la moue et reprit sa marche avec tous les autres, se fondant dans la masse et tenant la main du jeune garçon qui semblait plus égaré que jamais. Elle lui adressa quelques paroles, mais il ne répondit pas. Etait-ce parce qu’il rêvassait, fuyant encore plus l’accablante réalité de ce monde ? Ou parce qu’il se concentrait sur les remous autour d’eux ? Impossible à dire. Pinçant ses lèvres, elle laissa place au silence entre eux, une atmosphère qui la plongea dans de sombres pensées.
Perdus dans la marée humaine, ils n’assistèrent pas à l’étonnante apparition de la grotte, même si Syara se sentit contrariée par la présence d’un élément qu’elle n’avait jamais vu dans ce décor auparavant. Avant de laisser la terre les avaler, elle se retourna et observa le village. De leur point de vue, plusieurs foyers, sans doute attisés par de titanesques combats, se distinguaient dans la masse de fumées. Kehydan ne pouvait les voir, car trop éloignés, mais elle s’aperçut qu’il se redressait légèrement. Il respira bruyamment.
[Kehydan] Rentrons !
Il se retourna et s’enfonça dans la grotte, suivi par la jeune fille. L’ambiance pesante à l’intérieur était oppressante. Certains retrouvaient des amis ou membres de la famille, croulants sous les étreintes et embrassades. D’autres tournaient en rond, comme des lions rongeant leur frein en cage. Et puis il y avait ceux comme Kehydan. Il se laissa glisser contre une paroi en frissonnant. Syara l’imita et ferma les yeux.
Le jeune garçon n’aimait pas la situation. Vraiment pas. Il se sentait profondément effrayé, son cœur tressautait dans sa poitrine à la manière d’un cheval emballé, lancé en plein galop. Il entendait le rythme irrégulier de ses sabots frappants sur le sol, des tambours de la peur résonnant dans sa chair, faisant vibrer ses nerfs. Là, tout de suite, il ne craignait pas la mort. De nombreux shinobis réunis ici pourront s’occuper de ces terribles adversaires capables de semer la pagaille au sein même d’un village ninja. Non, son effroi s’amplifiait en imaginant le futur. Celui auquel il sera confronté.
Kehydan n’est pas quelqu’un de courageux. Oh, ça non.
Cela fait-il de lui un lâche ?
Cela fait-il de lui un lâche ?
Il s’interrogeait, voyant un homme se battre pour sortir au dehors et sauver une amie des griffes de ces puissants ennemis, un autre le retenait, le priant de penser à sa vie qui serait si vainement mise en danger, alors qu’une kunoichi au contraire l’encourageait à suivre sa voie. On dit que les guerriers possèdent des vertus qui les grandissent. L’honneur, le courage, l’abnégation de soi au profit de son seigneur et maître, et tant d’autres encore… Qui, parmi ces trois les possède toutes ? Le premier suit son cœur et oublie ce qu’il devrait faire, le second n’a pas cette fierté caricaturale qui devrait le pousser à agir afin d’aider une semblable en péril, quant à la troisième, elle prétendra posséder le courage de s’opposer, mais est en réalité simplement incapable de trancher parmi ces avis divergents, souhaitant sans doute que leur dispute prenne fin et que le calme reprenne.
Ces constations étaient rassurantes pour Kehydan. Personne n’est parfait, pas même ces ninjas. Il n’aura donc pas besoin de l’être. Cependant, indéniablement, l’étudiant ne pouvait pas réagir comme eux. Il n’entrait pas dans la même catégorie que ces gens aux réactions relativement calmes face à de tels évènements. À sa naissance, on ne lui avait cédé aucune qualité de la sorte, et les principes de son éducation avaient toujours été à l’encontre de ce genre de comportement martial. Et il s’était toujours senti bien. Devait-il changer quelque chose en lui ? Il n’en avait pas envie. Pourtant… Rester ainsi ne l’aidera pas à devenir un véritable shinobi.
Ces constations étaient rassurantes pour Kehydan. Personne n’est parfait, pas même ces ninjas. Il n’aura donc pas besoin de l’être. Cependant, indéniablement, l’étudiant ne pouvait pas réagir comme eux. Il n’entrait pas dans la même catégorie que ces gens aux réactions relativement calmes face à de tels évènements. À sa naissance, on ne lui avait cédé aucune qualité de la sorte, et les principes de son éducation avaient toujours été à l’encontre de ce genre de comportement martial. Et il s’était toujours senti bien. Devait-il changer quelque chose en lui ? Il n’en avait pas envie. Pourtant… Rester ainsi ne l’aidera pas à devenir un véritable shinobi.
Alors… Que deviendra-t-il ?
Ces doutes revenaient le hanter régulièrement depuis son arrivée à Konoha, et il avait la certitude que ces tourments ne disparaîtraient qu’avec son renoncement ou son acceptation de certaines évolutions. Lesquelles rimaient avec sacrifice poignant. Incapable de choisir. Il ne faisait que repousser le temps des décisions, se levant chaque jour avec ce poids sur l’âme. Un poids qui, parfois, lors d’occasions comme celles-ci, l’enfonçait au plus profond de lui-même. Dans des ténèbres qu’il ignorait jusqu’alors et qui pourtant se nourrissent de ses sentiments. De cette honte à être incapable de se remuer, de peur face à l’inconnu et à un univers brutal, de tristesse pour sa famille. Des larmes fusèrent soudainement sous son bandeau noir qu’il recouvrit de ses mains pour en cacher l’humidité. Dans sa tête retentit les paroles de sa sœur, il y a longtemps avant qu’ils ne disparaissent. Avant que le « nous » ne se meure…
[Tainara] Dites, vous croyez au Destin ?
Son Dragon l’appelait à choisir. Le temps sera bientôt écoulé, car rien ne peut être indéfiniment repoussé. Sa réponse, aujourd’hui comme autrefois, demeurait la même. Il y croyait profondément, ce chemin aux branches infinies. Ou presque, car la mort nous attend de l’autre côté. Avec patience, elle épie nos faits et gestes, la voie que l'on choisit.
*Oui… Je sais… Mais j’attendrai le dernier moment… Il vaut mieux ne pas précipiter les choses. Tu penses sûrement comme moi, mon frère...*
Mais le jeune Lyushan n’était-il pas en train de se mentir à lui-même ? Car à trop repousser… On finit par rater ce moment, sans même s’en apercevoir. Et la fin se rapproche alors dangereusement vite. Son amie rouvrit les yeux, et passa son bras autour de ses épaules en sentant son abattement, les traits figés en une expression glacé.
[Syara] Ne t'en fais pas, Kehydan. Dors... Car je veillerai…
Oui, elle veillera à ce qu’il y arrive… Aucun doute là-dessus.
*Oui… Je sais… Mais j’attendrai le dernier moment… Il vaut mieux ne pas précipiter les choses. Tu penses sûrement comme moi, mon frère...*
Mais le jeune Lyushan n’était-il pas en train de se mentir à lui-même ? Car à trop repousser… On finit par rater ce moment, sans même s’en apercevoir. Et la fin se rapproche alors dangereusement vite. Son amie rouvrit les yeux, et passa son bras autour de ses épaules en sentant son abattement, les traits figés en une expression glacé.
[Syara] Ne t'en fais pas, Kehydan. Dors... Car je veillerai…
Oui, elle veillera à ce qu’il y arrive… Aucun doute là-dessus.

Kehydan Lyushan- Aspirant de Konoha

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Re: [CE2] - Bonne Conscience
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Allons, des courageux niveau 9 ce ne sont que de vilains prétentieux ou des racketteurs de cours de récré !
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Akogare Hyuuga- Oi-nin de Konoha

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