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 « Boulevard of Broken Dreams »

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Kizaro
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MessageSujet: « Boulevard of Broken Dreams »   Mer 3 Aoû - 23:02

Rappel du premier message :

Quelque part dans une sombre ruelle de Kumo…

Une tête humaine se mouvant toute seule apparut à même le sol pour peu à peu s’en extraire lentement.
Puis ce fut au tour de deux larges épaules, d’un buste massif tranchant la terre comme l’aurait fait la proue d’un immense paquebot à travers la mer, de progresser nonchalamment dans la terre Kuméenne.

Une fois la totalité du corps de Kizaro apparue, l’homme s’encapuchonna sous un épais kimono rouge avant de s’enfoncer dans le boulevard scindant la cité en deux parties d’égale superficie.
L’ambiance qui s’en dégageait respirait la sérénité.
Kizaro put apercevoir des visages rayonnant et épanouis, ne se souciant certainement guère de quoi sera fait le lendemain…

Au détour de la grand’ place, il s’arrêta devant une gigantesque arche symbolisant l’union entre kumo et le clan Kaguya.
D’innombrables briques de pierre noire de différentes formes s’assemblaient pour composer une architecture plus générale, représentant une fleur de lys s’entrelaçant entre un éclair et un os…
Le tout s’élançait dans le ciel sombre et zébrés intempestivement d’éclairs furtifs, à une hauteur vertigineuse.


* Kumo, tu n’as en rien perdu de ton rayonnement ancestral *
* Tu es toujours aussi intacte qu’au temps où je t’ai quitté, afin de m’éloigner des troubles nauséabonds de mon plus ou moins regretté clan Kaguya *


L’air était empreinte d’une forte humidité se faisant d’autant plus ressentir de par la lourdeur de la température ambiante.

* Ca sent l’orage… Uhuh *

Le vieux Kaguya prit la direction de qui semblait être le cimetière de la cité…

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MessageSujet: Re: « Boulevard of Broken Dreams »   Sam 1 Aoû - 0:29

C’était d’abord face à l’obscurité que se dressait Taka. Puis une forme se dessina pour devenir une silhouette humaine et enfin laisser apparaître une jeune fille. Les sens en éveil, la chuunin balaya rapidement la personne afin d’en enregistrer le plus de détail possible, ce que la noirceur ne rendait pas forcément facile. La première chose qu’elle put déduire, c’était qu’il n’y avait aucune hostilité, aussi laissa-t-elle de côté sa posture défensive. Il fallait lâcher du leste, faire retomber la pression. En face, l’on s’approchait un peu plus.

[Etsuko] En fait, là, je veux surtout savoir où vont les papillons de jour la nuit, et où vont les papillons de nuit le jour. Et j’aimerais aussi savoir si le ciel est de la même couleur qu’ici dans l’endroit où tu viens. Et un tas d’autres choses encores…

Elle fit encore un pas et tourna les yeux vers la ville.

[Etsuko] Tu crois que les gens savent qu’on les regarde allumer les lumières ?

Quel étrange personnage. Maintenant qu’elle était plus proche, l’on pouvait voir plus de choses. Hors mise cette entrée en matière des plus étrange, la jeune fille proposait des cheveux rouges, ou roux, impossible à déterminer correctement. Quoi qu’il en fut, c’était une couleur vive. Aussi vive que la soudaine curiosité qu’elle éveillait chez la jeune Uchiha. Cet dernière fronça les sourcils avant de délier son visage, de commencer à se sentir un peu en sécurité au sein du village ninja de la foudre. Elle se tourna vers le contrebas et prit la parole.

[Taka] Les gens ne savent rien, ou ne veulent pas savoir… Je crois. Et pour te répondre, le ciel finit de se consumer à cette heure ci, lorsque je le regarde depuis chez moi.

Belle image, pourtant invisible à cause de la barrière minérale qui entourait les lieux. La jeune fille reprit sa position initiale, assise par terre, les genoux repliés devant elle. Elle en fit le tour avec les bras et plongea ses yeux dans une maison tout près où des ombres allaient et venaient.

[Taka] Pour chacun il n’y a que sa petite existence… Et pour certain il y a d’autres choses, comme les papillons. Tu les poursuivais sérieusement ? Je ne crois pas y ressembler, ceci dit, il serait bon d’avoir une vie aussi courte que la leur, parfois.

Il y avait une teinte d’ironie directement suivie d’un sérieux déconcertant. Elle parlait doucement mais suffisamment fort pour être entendue. Et malgré la froideur de son discours l’on pouvait sentir beaucoup d’humanité en dessous, à défaut d’assurance. Les pensées de la jeune Chuunin allaient et venaient à un point tel qu’une hésitation marquante habitait le moindre de ses mouvements, la moindre de ses paroles.

[Taka] Taka…

C’était la plus brève façon qu’elle avait trouvé pour se présenter. De toute façon, en dire plus aurait été inutile et elle n’en avait pas envie. Elle se demandait si elle n’aurait pas mieux fait de rester dans sa chambre, ou d’aller boire au bar. Il paraît que l’alcool fait oublier, au moins le temps de la soirée.

La Chuunin leva les yeux sur son interlocutrice, a la recherche d’autre chose qui puisse exciter sa curiosité, pourvu qu’elle soit satisfaite.


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MessageSujet: Re: « Boulevard of Broken Dreams »   Mar 4 Aoû - 13:02

Etsuko observait l'étrangère. Elle méritait d'être analysée au moins autant que n'importe qui, sinon davantage, et ce de part le fait qu'elle ne vienne pas de Kumo. Le regard de la jeune fille examina ses mains crispées, puis son visage tendu : pas de doute, son interlocutrice était sur ses gardes, même si les mouvements de son corps restaient calmes. Quelques instants plus tard, son expression sembla se détendre en partie et elle prit la parole, évoquant ceux qui refusaient de savoir. Intéressée, Etsuko releva vivement la tête. Elle aussi avait toujours l'impression qu'il y avait des gens qui ne voulaient pas savoir. Par exemple, tout le monde semblait totalement indifférent au fait qu'il était possible que les oiseaux que l'on voit dans le ciel soient en fait des illusions envoyées par les dieux, et que seuls ceux que l'on voit se poser existent réellement. Ils refusaient de savoir, peut être que ça les effrayait, après tout...

Chez elle, à la même heure, le ciel semblait à peu près semblable. Quoique Etsuko restait certaine qu'il y avait des différences. On ne peut pas tous avoir le même ciel, ça serait tellement étrange... Si les Hommes devaient tous avoir le même toit, ils se le disputeraient, c'était certain. Elle observa l'étrangère s'asseoir calmement, mais dans une position révélatrice, les genoux contre la poitrine, les jambes protégées par les bras. La jeune fille sourit : ce genre de posture révélait souvent un sentiment d'insécurité, et la presque inconnue ne se relâcherait apparemment pas facilement. Presque évident à analyser, mais l'expérience lui avait appris que l'on trouve parfois beaucoup à creuser chez des personnes qui n'ont en apparence pas grand chose à cacher. Elle posa son regard sur le dos de la demoiselle : droit, sans être tendu. Sa tension n'était donc pas extrême, ou alors elle la maitrisait très bien.

Etsuko s'assit à ses côtés, sans trop se rapprocher : au cours de ses années d'observation, elle avait compris que les gens qui n'étaient pas intimes éprouvaient généralement le besoin de conserver un certain cercle de solitude pour être pleinement détendus, et qu'elle se devait de respecter si elle souhaitait observer une personne dans son... Environnement naturel. Elle croisa ses jambes et posa une main à plat derrière elle afin de conserver son équilibre, tout en continuant d'écouter les paroles de la jeune fille.

Cette dernière évoqua l'individualisme étrange chez les humains, avant de la questionner sur les papillons. Etsuko se redressa, heureuse de savoir qu'elle allait pouvoir s'étendre un peu sur son sujet favori. Elle repassa intérieurement les paroles de la demoiselle, cernant une certaine sérénité emprunte de... Non, elle n'aurait pas su dire ce que c'était, il fallait qu'elle la fasse davantage parler pour comprendre. Ah, la dure tâche que c'était de vouloir cerner l'être humain mieux que quiconque... Puis l'étrangère lâcha son nom. Enfin, la chuunin supposa qu'il s'agissait de son nom, puisqu'il n'était accompagné d'aucun commentaire. Taka. L'harmonie du mot était inhabituelle dans l'oreille de la jeune fille, mais sans doute cela était-il du aux lieues qui les séparaient de l'endroit de sa naissance. Se doutant qu'il serait bien vu d'offrir elle aussi son nom, l'illusionniste répondit simplement :

« Etsuko. »

Puis elle se souvint des phrases précédentes de Taka, et enchaîna avec enthousiasme :

« Je ne les suivais pas, en fait, ce soir j'ai laissé les papillons de jour s'échapper. Ils sont trop rapides pour moi, de toute façon, j'ai déjà essayé de nombreuses fois... Quant à leurs camarades nocturnes... Eux, ils ne viennent pas ici. Ils aiment la lumière. »

Elle désigna d'un geste de la main évasif les maisons en contrebas, avant d'enchaîner sans perdre sa joie de pouvoir expliquer ce qu'elle avait découvert :

« Avant, je me demandais parfois si ils étaient de la même espèce, mais maintenant c'est certain, ils le sont. La preuve est simple, ils ont une caractéristique particulièrement importance en commun : les papillons recherchent la lumière, quoi qu'il arrive. Lorsqu'un papillon sort de sa chrysalide, ses ailes sont humides et il vole aussi haut qu'il le peut, vers le soleil, afin de les sécher. Et les papillons de nuit... Eux, ils tournent autour des sources de lumières qui transpercent les ténèbres. »

Elle marqua une pause, puis continua, la voix plus rêveuse :

« Je me suis toujours demandée lesquels aimaient le mieux la lumière, d'ailleurs. Ceux qui y vivent ou ceux qui la recherchent là où elle se fait rare... »

Les derniers mots se perdirent dans le silence du parc. Le vent soufflait doucement, la lune maintenant levée était cachée par les nuages, donc invisible. Une soirée comme une autre à Kumo... Mais Etsuko n'avait pas terminé de répondre à son interlocutrice.

« Il ne faut pas que les humains aient la même durée de vie que les papillons. Les papillons, comme beaucoup d'autres êtres vivants, savent ce qu'ils veulent et ils l'accomplissent, toujours. C'est pour ça que certaines fleurs ne durent que le temps d'une saison, ça leur laisse amplement le temps pour réaliser leurs désirs. Pas les humains. Nous, nous ne savons même pas ce que nous faisons ici, et il nous faut parfois plus de soixante ans pour le savoir. »

Le ton de sa voix était maintenant empreint de regret et d'une pointe de mépris. Etsuko éprouvait beaucoup d'intérêt pour ses congénères, mais elle avait fini par presque mépriser leur incapacité à déterminer la raison de leur présence dans la roue de la vie.

« Et il arrive souvent que cela ne suffise pas... »

En croisant son regard, la jeune fille remarqua quelque chose d'étrange dans les yeux de Taka. De la tristesse, peut être, elle n'aurait su le déterminer. Mais de toute façon, elle n'avait pas terminé de parler et enchaîna, reprenant des phrases encore antérieures de son interlocutrice...

« Pour chacun, son existence compte énormément, mais en même temps, si tu prends le temps de les regarder, aucun ne se rend seulement compte qu'il existe. Et c'est pour cela que soixante ou quatre vingt ans, après tout, c'est peut être trop. A quoi cela sert-il si on ne se rend pas compte que l'on existe ? Seuls les petits enfants le savent, mais cette connaissance s'estompe trop souvent, remplacée par des choses nettement moins intéressantes. Mais l'homme n'est pas seulement individuel. Je me suis demandée un jour à quoi cela servait de vivre après l'enfance, et j'ai mis beaucoup de temps à trouver la réponse. »

Etsuko abordait là une des questions les plus passionnantes (du moins, selon son avis personnel !) mais aussi une de plus évidentes de toutes ses réflexions. Elle ménagea un peu son suspense, puis délivra sa réponse :

« Les jeunes enfants sont tellement occupés à se rendre compte qu'ils existent qu'ils n'ont plus de temps pour se débrouiller tout seuls. Il faut quelqu'un pour les nourrir, pour les empêcher de se faire renverser par une chèvre, ou pour les soigner s'ils ont voulu découvrir la pesanteur. C'est à ça que les adultes servent. »

Donc, elle même ne servait à rien, puisqu'elle ne s'occupait d'aucun enfant. Question épineuse qu'elle résoudrait la prochaine fois qu'elle se plongerait dans ses pensées toute une journée. La chuunin secoua la tête puis se tourna vers Taka :

« Et toi, qu'est-ce que tu fais là ? »

Cela pouvait être interprété de diverses manières, mais elle ne précisa pas ce qu'elle voulait. Ou cela lui paraissait évident, ou elle était prête à entendre tout type de réponse...


L'expression a des frontières, la pensée n'en a pas. (V. Hugo)

MessageSujet: Re: « Boulevard of Broken Dreams »   Jeu 6 Aoû - 0:23

Elle ne l’aurait pas croisée, ça aurait été une inconnue de plus. Encore que dire qu’elle n’en était encore pas à ce moment précis semblait prématuré. Cependant, cette kuméenne, du moins c’est ce que Taka supposait, n’en était plus au stade de la vulgaire passante que l’on croise un jour et que l’on oublie toujours. D’abord parce qu’elle était venue parler - certes elle y avait peut-être été forcée par l’entrée en matière de la Chuunin - mais surtout parce qu’elle s’était poliment présentée, de façon très similaire à son homologue. Ce n’est qu’après ça qu’elle poursuivit sur le sujet précédent, les papillons.

Le thème en question semblait beaucoup intéresser Etsuko et il était clair qu’elle avait tout un rayon de commentaires à faire. Parfois, ils étaient accompagnés de pensées plutôt personnelles, d’autres fois ils étaient seuls, s’accompagnant les uns les autres une fois mis bout à bout. Quand on y réfléchissait, on arrivait souvent à se dire qu’on n’avait jamais pris le temps de penser à des choses aussi banales et aussi simples. Comme souvent, particulièrement en grandissant, quand les problèmes épineux et les situations complexes prennent le pas sur l’évidence même. Comme lorsqu’un sourire ne suffit plus à égayer un moment simplement parce que l’on attend plus, parce qu’on cherche plus, parce que l’on veut des gestes… Sans se rappeler que sourire, c’est aussi un geste. La condition des papillons… C’était la même chose. Un enfant s’intéressait aux insectes parce qu’il les voyait… Un adulte ? Il passait à côté ou l’écrasait.

[Etsuko] Je me suis toujours demandée lesquels aimaient le mieux la lumière, d'ailleurs. Ceux qui y vivent ou ceux qui la recherchent là où elle se fait rare...

Cette phrase là résonna dans l’esprit de Taka alors qu’un silence s’installait. On dit qu’il y a des qualités de silence, un peu comme les étoffes ou le bois. Il en existe des profonds, des courts ou des immenses et même d’autres que l’on n’entend presque pas. Celui-là était le bienvenu. Marqueur d’une réflexion certaine chez la kunoichi du feu, il était aussi un instant de repos pour son interlocutrice.

*S’il n’en tenait qu’à moi, les nocturnes l’aiment le mieux… Après tout, c’est lorsqu’une chose manque qu’elle prend subitement de la valeur dès qu’on la trouve.*

Elle ne savait pas si sa réponse allait déplaire. Elle ne savait même pas si elle était juste, ni même s’il existait une justesse dans ce genre d’interrogation. Mais Etsuko avait plutôt l’air calée dans le domaine, alors elle ne se risqua pas à la froisser, de plus elle ne voulait pas que l’on puisse lire certaines références à un vécu. Mais là encore, elle ne savait même pas où sa réponse prenait source. Certainement parce qu’elle fuyait l’abondance de certaine chose, qu’elle était partie trouver un autre rythme, d’autres personnes.

Etsuko n’avait pas terminé sa réponse. Elle reprit pour traiter d’un point soulevé par Taka. Sa logique était discutable, comme tout point de vue, mais il n’en restait pas moins pertinent. Et quelque part, dans un système de pensée particulier, la jeune fille à la chevelure rouge n’avait pas tort. C’était très triste comme vision des choses, très gris, mais ce n’était pas injustifié. Et malheureusement pour Taka, cet exposé sur les points de vue avait mené à une question fatidique, dirons-nous.

[Etsuko] Et toi, qu’est-ce que tu fais là ?

La Chuunin releva les yeux puis la tête. Elle regarda son interlocutrice qu’elle jaugea rapidement avant de retourner dans la marrée de lumières. Que faisait-elle là ? Elle n’avait pas de vraie réponse. Tout ce qu’elle savait, c’était que dans un premier temps…

[Taka] Je me repose. Et à l’inverse de ces petites bêtes ailées… Je fuis la lumière, la lumière de mon foyer.

Elle soupira. Ce foyer là était à des kilomètres. Il ne tarderait pas à s’embraser comme chaque soir et comme à Kumo, les lumières de Konoha s’allumeraient les unes après les autres. Des ninjas rentreraient chez eux, les marchands plieraient boutique et les restaurants et les bars se feraient plus accueillants… Aussi accueillant que le soleil du matin lorsqu’il vient déposer ses premières touches tièdes sur la forêt et les ruelles. Que se passait-il là bas ? Riku, était-il bien rentré ? Bien qu’il se soit retiré en la laissant seule – chose qu’elle lui ferait inévitablement payer – elle ne pouvait s’empêcher de s’assurer qu’il soit en bonne santé. Mais bien sûr, de là, elle n’avait aucun moyen de prendre de ses nouvelles.

[Taka] Je reprends mon souffle comme un enfant respire la première fois. C’est la première fois que je vois un autre parc que celui de chez moi, alors j’essaie d’en profiter et je cherche ce qu’il peut m’apporter. Des sensations, des émotions, des idées ? Pourquoi pas des rencontres.

Elle se tourna vers Etsuko, un léger sourire sur le visage. Un sourire maussade, avec bien peu de vigueur. Et même si l’on ne la connaissait pas, il était aisé de comprendre qu’elle pouvait en donner de bien plus radieux que ce pauvre petit coin de lèvre qui remonte. Elle ponctua avec une phrase de plus, supposant qu’elle aurait suffisamment dit sans tout dévoiler du premier coup.

[Taka] Je n’ai pas encore eu le temps de m’intéresser aux détails. Comme je ne suis arrivée que tout à l’heure, je me contente de prendre les choses en gros… Et j’avoue que comme ça, c’est un joli coin.


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MessageSujet: Re: « Boulevard of Broken Dreams »   Sam 8 Aoû - 17:55

La nuit avait maintenant pris pleinement ses droits.
Etsuko venait d'écouter en silence les paroles de Taka. Elle se rendait peu à peu compte que les humains semblaient se ressembler, malgré la distance à laquelle ils pouvaient grandir les uns des autres. Le simple fait qu'elles parlent le même langage en était une preuve suffisante.
La jeune femme fuyait la lumière. C'était étrange. La rouquine aimait la lumière bien plus que l'obscurité, et si l'ombre ne lui inspirait aucune crainte, il ne lui serait jamais venu à l'idée de se cacher la luminosité. Mais peut être Taka était-elle comme un animal de nuit ? Oui, cela devait être ça, il était possible qu'elle soit, tout simplement, une personne nocturne. Ce qui expliquait qu'elle traînait dans le parc à une heure pareille...

Puis les paroles prononcées par l'étrangère rappelèrent à Etsuko qu'elle était loin, très loin de chez elle. Il était vrai qu'elle devait se sentir quelque peu dépaysée par le changement. Peut être était-ce cela qui provoquait une telle impression ? Était-elle vraiment triste, maussade, ou alors se sentait-elle tout simplement perdue ? Pourtant, la chuunin avait remarqué qu'elle se tenait avec suffisamment d'assurance pour ne pas ressembler à une enfant qui ne savait pas trop où elle était et ce qu'elle faisait ici.

La jeune fille s'étira, puis reprit doucement la conversation, admirant au passage les quelques lucioles qui commençaient à peine à être visibles :

« Tu as besoin de te reposer, alors ? »

Rependre son souffle avait été l'expression exacte de son interlocutrice. Et en général, on reprenait une inspiration après une course ou un événement approchant, même par métaphore. Comme les chiots après avoir poursuivi de manière effrénée leurs congénères, en fait... Sauf qu'elle douta que Taka soit du genre à courir derrière les autres juste pour s'amuser. Les gens ne se couraient pas après, en général, ils préféraient se tourner autour, d'une manière moins directe qui déplaisait à Etsuko.

Dans les maisons, plus loin, quelques lampes s'allumaient, d'autres s'éteignaient, en alternance, comme un ballet dont le metteur en scène n'existait pas. Les danseurs se déplaçaient en ombres chinoises méconnaissables. Plus bas, dans les rues, une bande de gamins couraient. La jeune fille reconnu des enfants du quartier pauvre où elle vivait depuis si longtemps. Ils riaient. D'ailleurs, fait étrange, elle entendait rarement ses congénères shinobi rire. Ils avaient grandi trop vite, puisque même les aspirants les plus jeunes se forçaient à rester sérieux pour ne pas perdre en crédibilité. Du moins c'est ce qu'elle en avait compris... C'était dommage, du gâchis. Elle soupira un moment, puis étala ses deux mains à plat dans l'herbe, se délectant de façon passagère de sa texture douce et fraîche.

Elle hésita un instant à s'allonger, puis haussa les épaules, avant de s'étendre sur le dos, la respiration complètement ralentie. Il faudrait qu'elle se souvienne de cette sensation plus tard, quand elle serait de nouveau obligée à utiliser son énergie contre un assaillant, ou tout simplement pour progresser. Elle n'avait pas souvent utilisé la plénitude comme sentiment, mais pourquoi pas ? Etsuko écouta le silence un moment encore, avant de reprendre :

« Les détails, c'est important, tu sais... Il y a deux fleurs, aux alentours de la cité, qui se ressemblent beaucoup. En fait, l'une a une pétale de plus que l'autre, et c'est tout. Mais la première est délicieuse en salade, alors que la seconde est utilisée dans les poisons de base... »

Elle racontait peut-être n'importe quoi, en fait. Enfin, non, elle savait que ce qu'elle disait était juste. C'était ce que lui avait inspiré l'évocation des détails. Mais voir d'abord le paysage en entier était-il important ? Oui, bien sûr, elle avait observé bien souvent que son art s'appliquait mal si elle fonçait tête baissée vers les petits reliefs, certes importants et nécessaires, mais... Taka avait juste une façon d'aborder les choses très méthodique, en fait. Elle semblait avoir l'esprit rangé. Oui, voilà, c'était une personne droite, mesurée, organisée. Pas le genre à se mettre à hurler sans prévenir, ou à vous poignarder dans le dos sans vous avoir demandé votre autorisation. C'était plutôt une bonne nouvelle, mais en même temps, Etsuko aimait bien les imprévisibles, ils l'amusaient. Elle soupira une nouvelle fois, puis se redressa soudainement :

« Tu as souvent enfoncé des lames dans le corps des autres sans leur demander leur permission ? »

Juste pour confirmer sa théorie et ses suppositions.

La jeune fille leva les yeux vers le ciel. Beaucoup de nuages. Il était peu probable que la Lune reste longtemps visible...


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MessageSujet: Re: « Boulevard of Broken Dreams »   Dim 9 Aoû - 7:11

S’il avait simplement fallu se reposer, une nuit dans son propre lit aurait suffi. Il n’aurait été nullement nécessaire de se déplacer sur des centaines de kilomètres et cette rencontre là n’aurait pas eu lieu. Non, en fait c’était bien plus que du repos. Mis à part changer d’air, il fallait vraiment un dépaysement total. Pourquoi ? Juste pour remettre les choses à leur place réelle. Pour se rappeler l’importance de ce que l’on côtoie tous les jours de toutes les semaines et pendant des mois. Un peu comme une remise à zéro, sans pour autant oublier de quoi l’on est fait. Sans omettre les choses qui nous constituent, ni celles que l’on connait ou fréquente. Bien plus qu’un repos, c’était réellement une nouvelle bouffée d’oxygène qu’il lui fallait. C’était un nouveau chapitre. Et aussi bref eusse t-il été, il était suffisamment long pour que Taka se rappelle que chez elle demeurait tout ce dont elle avait besoin pour vivre. Tout ce qu’elle détestait, appréciait ou aimait se trouvait là-bas, désormais loin. Et ce curieux mélange de tout lui manquerait bien assez vite… Si ce n’était pas déjà le cas.

[Taka] En quelques sortes, oui… Du repos.

Etsuko posa les mains dans l’herbe fraîche. Pendant un instant, sous les yeux d’un spectacle autant nocturne que citadin, elle hésita à s’allonger pour finalement se résigner et se laisser aller. Taka n’en était probablement pas consciente elle même, mais l’attitude que venait d’afficher la Kuméenne avait eu pour effet de la détendre un peu. Instinctivement, elle lâcha ses genoux et s’assit en tailleurs, un peu courbée vers l’avant. Elle attendait que le silence se rompe de lui même, ou que quelqu’un daigne le faire. Elle avait bien fait… Car Etsuko semblait avoir quelque chose à dire, notamment par rapports à cette histoire d’aborder les choses en gros, avant de se plonger dans une quelconque complication. Il fallait avouer qu’une fois encore elle n’avait pas tort, chacune le savait pertinemment. Ne serait-ce que dans leur profession, où le moindre petit changement pouvait renseigner longuement sur quelqu’un. C’était un monde ou chacun des gestes était un aveu, où chaque attitude pouvait cacher un secret. Un monde où se fier aux apparences n’était plus un proverbe balancé en l’air, où le code du corps valait mieux que celui du langage.

Mais là, à cet instant précis, Taka quittait une longue journée de tout ceci pour une courte nuit de tout autre, et elle s’avouait la toucher du bout des doigts… Comme cet adolescent en bas, passant à côté des enfants, qui venait de frôler doucement le dos de la jeune fille qui l’accompagnait. Oui, elle caressait autre chose, elle découvrait autre chose et peu importe qu’il s’agisse de papillons cherchant l’éclairage ou n’importe quel autre insecte fuyant la tiédeur lumineuse. Pourtant, elle avait beau tâtonner et caresser, une lame froide vint instantanément se planter dans son esprit. D’où venait-elle ? Il fallait le demander à son interlocutrice, car c’était elle qui l’avait dégainée et qui venait de l’introduire au beau milieu de la conversation.

La chuunin se retourna brusquement, dévisageant outrageusement la Kuméenne avec presque un air de reproche dans les yeux. Mais tout ceci retomba bien vite. Après tout, elle n’était pas censée être au courant du malaise qui parcourait la kunoichi. Elle ne portait pas non plus de bandeau, ni autre chose qui puisse indiquer qu’elle appartenait au corps militaire du village ou d’un autre. Taka inspira un peu plus longtemps qu’à l’accoutumée. Elle bloqua tout pendant moins d’une seconde, et relâcha la pression accumulée dans sa poitrine. Ses yeux suivirent une luciole qui passait devant son visage, puis ils se perdirent dans le ciel de Kumo. Il était différent, finalement. Où étaient les étoiles ? Ou se trouvait la lune ? Pourquoi était-ce gris comme ça ? Certes, celui de Konoha avait lui aussi connu des heures sombres, mais le pays de la foudre était réputé pour son horizon bas… Bref. Au moins, eux avaient de la neige en hiver.

[Taka] Oui, je l’ai souvent fait. D’ailleurs, c’est toujours plus intéressant que passer par l’avant. Et… Pour être honnête, les seules fois où j’ai fiché un tranchant dans un corps, c’était sans que l’on soit prévenu.

Espionnage, escorte, diplomatie, reconnaissance, simple guerre et… Assassinat. C’était les domaines principaux pour les interventions. Parfois c’était un mélange de plusieurs, parfois c’était juste très simple. Toucher à tout… Donnait l’avantage d’avoir connu plusieurs sensations, plusieurs situations. Il fallait ensuite choisir sa route. Taka se retourna pour regarder Etsuko. Elle lui sourit largement et ajouta :

[Taka] Mais ne crois pas que je m’attache à le faire n’importe où, n’importe comment. Tu peux me tourner le dos, je ne ferai rien… De toute façon, je n’ai pas d’arme.

Même si elle ne le voulait pas, ce sourire juste avant donnait au final, combiné à son discours, quelque chose de malsain, d’impur… Quelque chose qui contrastait sérieusement avec son apparence et son attitude générale, mais aussi quelque chose qui prouvait que, même si elle n’était pas ninja, elle avait déjà versé le sang. Sur ordre d’un supérieur ? Pour une cause personnelle, qu’elle soit noble ou infecte ? Les raisons n’étaient pas claires et ne seraient sans doute énoncées, secret professionnel oblige !

[Taka] Toi… Tu fais souvent des choses inattendues ? Qu’elles paraissent stupides, intelligentes, voire… Démentes ?

Il fallait arriver à la cerner, ne serait-ce qu’un peu. Parce que jusque là, on avait plus parlé de Taka, à travers de paroles détournées, qu’autre chose. Normalement, c’était donnant-donnant.


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MessageSujet: Re: « Boulevard of Broken Dreams »   Jeu 20 Aoû - 1:27

[Mes excuses pour le retard]

Le temps s'écoulait dans une langueur plus qu'agréable. Le rythme de leur conversation était plutôt lent et laissait à Etsuko le temps de réfléchir aussi bien aux paroles de Taka qu'à ses implications. Elle avait presque le temps de laisser son esprit divaguer, aussi, mais cela n'était pas à préciser. Pas nécessaire.

L'étrangère avait confirmé avoir besoin de repos, même si ça réponse sonnait d'une manière peu habituelle. Probablement parce que son esprit méthodique avait du traiter la question, trouver la réponse parmi des milliers de dossiers bien rangés, et la formuler ensuite. Bien sûr. Brusquement, la jeune fille se retourna pour la dévisager. Les deux deux jeunes femmes se fixèrent quelques instants, immobiles, avant que Taka ne détourne le regard.

Puis elle répondit à sa question. Oui, elle avait déjà enfoncé un couteau dans le dos d'une personne. Sans lui demander. Plusieurs fois. Stupéfiée, Etsuko ouvrit grand les yeux. Le dos était plus intéressant que le torse ? Elle se demandait bien pourquoi. Elle même n'avait jamais eu besoin d'une arme pour mettre une personne à mort, puisqu'elle pouvait provoquer une défaillance du cerveau. Une espèce de crise cardiaque, en somme. Mais passons, Taka parlait de ses meurtres, et le sujet était plus que passionnant. C'était fascinant, après tout, une vie qui s'échappait. Où allait l'esprit ? Où pouvait-il bien se diriger, après tout ceci ? Est-ce qu'il voyait les autres continuer à bouger, tels des petites fourmis, ou s'effaçait-il à jamais ?

L'étrangère lui indiqua avec un grand sourire qu'elle ne la tuerait pas. Tant mieux, elle n'avait pas encore envie de mourir, même si elle était certaine que c'était une expérience à vivre une fois. Elle lui assura qu'elle ne portait aucune arme. La chuunin eut un léger sourire. Tout le monde portait une arme puissante, même si peu en avait conscience. Elle lâcha dans un murmure :

« Mais tu peux parler... »

Aucun sens pour quelqu'un qui n'aurait pas compris ses divagations. Mais la jeune fille s'attacha à l'expression de son interlocutrice. Son dernier sourire, ses dernières paroles cachaient quelque chose. Ça ne cadrait pas avec son attitude modérée, retenue, tranquille. Non, c'était un sourire plus carnassier. Quoique... Il était plus fourbe, plus sadique. Étrange. Mais Etsuko avait appris que les êtres comptaient toujours, ou presque, des contradictions. Ne pas en avoir prouvait qu'il y avait un couac, quelque chose de faux. La demoiselle retint un haussement de sourcils. De toute façon, il était rare que les gens restent naturels quand ils parlaient de la mort, qu'ils l'aient ou non provoquée. C'était dommage, car beaucoup avaient un avis passionnant sur le sujet, mais n'osaient pas en parler, se cachaient derrière l'humour, le sarcasme ou autre chose. Taka, elle, semblait utiliser un brin d'ironie, mêlé à... Elle n'aurait su dire quoi exactement.

La jeune fille lui retourna une question. Question qui supposait qu'enfoncer son poignard dans le dos d'une personne sans sa permission était stupide ou dément. Inattendu, du moins. Pas forcément, il était surement tout à fait naturel d'enfoncer sa lame entre les omoplates plutôt que dans le tibia, par exemple. C'était nettement plus facile, même si, hélas, le sujet avait tendance à ne pas y résister bien longtemps.
Le ton employé par Taka était curieux, presque trop, mais Etsuko ne s'en offensa pas. Elle réfléchissait à la réponse. Si elle avait déjà fait des choses inattendues ? Sans prendre plus de temps pour peser ses paroles, la jeune fille répondit avec une voix qui s'enthousiasmait un peu plus à chaque mot :

« Oh oui, par exemple, quand j'étais plus petite, une fois, j'ai fait manger un insecte à mon frère. Et j'en ai mangé un, après, mais pas la même espèce. Je voulais savoir si c'était bon ou pas... En fait, ça l'est, mais seulement quand ça a été bien grillé sur un poile. Pas tous les insectes, d'ailleurs.
Sinon, oui, j'ai déjà fait des choses stupides. »


Elle s'arrêta là. Pour elle, la majorité des missions qu'on lui avait assignée en tant que kunoichi, depuis le début de sa formation, était plutôt stupides, mais elle savait qu'elle n'était pas sensée en parler avec un profane. Elle prit donc le temps de peser ses mots.

« Mais bon, ce n'était pas moi qui ai choisi de les faire, je me contentais d'obéir. »

En fait, la demoiselle n'avait pas exactement la même notion de l'inattendu que la plupart des gens, même si elle ne s'en rendait pas vraiment compte...

« Mais, hum. Je suis déjà restée silencieuse tout un après-midi, en gardant des chèvres, et pourtant, il y avait quelqu'un à côté de moi. Je pensais ce jour là, alors je ne lui ai rien demandé. Rien du tout. C'était un peu dément, mais je ne le referais pas... »

La dernière phrase avait été prononcée sur le ton de la confidence, très naturellement. La jeune fille comprenait quand même que tout le monde n'a pas les mêmes attentes, on peut donc difficilement avoir tous le même avis sur ce qui est inattendu ou pas. Mais elle supposait que Taka se rapportait à sa vision de la chose, et qu'elle pouvait donc se permettre d'être peu précise.

Le vent s'accentua un peu, augmentant la vitesse de déplacement des nuages. Levant la tête, la chuunin enchaîna :

« Tu crois qu'il y a des gens qui vivent là-haut ? »


L'expression a des frontières, la pensée n'en a pas. (V. Hugo)

MessageSujet: Re: « Boulevard of Broken Dreams »   Ven 28 Aoû - 13:57

Taka : +38 XP
Etsuko : +41 XP

MessageSujet: Re: « Boulevard of Broken Dreams »   Dim 11 Oct - 12:46

C’étaient deux registres bien différents qui se confrontaient. Oui, parce que dans un premier temps, c’était plus une confrontation qu’autre chose, et le débat qui en naissait était plus qu’intéressant. Cette jeune fille, une fille de kumo, avait vraiment des opinions peu habituelles. Question d’origines ? D’environnement ? C’était possible, ça devait sûrement influer mais Taka devinait là quelque chose de plus profond, de plus personnel que l’influence de facteurs externes. Etsuko avait une vision bien spéciale des choses, une sorte de logique marginale. C’était un système de plus dans un univers commun.

La chuunin ne comprit pas bien la basse intervention de son interlocutrice. En fait, elle n’arrivait pas encore à la suivre lorsqu’elle se déconnectait partiellement de la réalité pour fuir dans ses pensées. Pourtant, cela aurait été tellement attachant, à défaut d’être bénéfique. Quoi qu’il en fut, il semblait que les deux se rejoignaient sur un point sans même le savoir. Il n’y avait pas forcément besoin d’une arme au sens propre du terme pour tuer. Taka le savait, Etsuko devait en avoir son idée, elle qui avait le pouvoir de perturber l’âme humaine. Ce petit air carnassier était en fait le résultat de cette pensée. Savoir que l’on peut ôter la vie aussi facilement que l’on dit « bonjour » avec pas même un outil en main…

La suite du discours changea presque du tout au tout. On quittait ce registre tragique de l’assassinat et de la mort pour des choses plus légères. Le récit qu’on servait à Taka avait de quoi être sympathique, et c’est en souriant vaguement qu’elle l’accueillit. Rares étaient les enfants qui ne s’étaient pas attelés à des activités étranges… Et en fait elle se demandait si elle n’en faisait pas partie, car, comme ça, aucun souvenir du genre ne lui revenait. Elle dévia de la conversation, entamant un bref voyage dans ses pensées toujours tournées vers Konoha. Mais Etsuko la ramena bien vite à la réalité. C’était sûrement le mot obéir qui était venu la frapper comme un véritable coup de poing. La jeune fille soupira. Ce mot était porteur de tellement de choses, particulièrement dans leur métier. Et même si une action comme celle de « suivre les ordres » semblait si simple, elle se rappelait qu’elle venait de faillir une fois de plus.

[Etsuko] Mais, hum. Je suis déjà restée silencieuse tout un après-midi, en gardant des chèvres, et pourtant, il y avait quelqu'un à côté de moi. Je pensais ce jour là, alors je ne lui ai rien demandé. Rien du tout. C'était un peu dément, mais je ne le referais pas...

Tout en regardant à nouveau le paysage, Taka haussa les sourcils. Quelle journée palpitante cela avait dû être se dit-elle. Elle s’imaginait dans un vert pâturage, en compagnie d’un jeune berger à l’accent douteux et aux mœurs étranges. Se faisant elle ne put s’empêcher de rire… Si ça n’avait tenu qu’à elle, elle l’aurait forcé à parler un peu, d’abord pour avoir l’occasion d’écouter sa voix et sa façon de parler mais aussi parce que trop de silence pouvait être lourd. Elle calma finalement son bref éclat de joie qui avait, l’espace d’un instant, illuminé son visage et fait résonner son rire cristallin. Elle retomba dans petit à petit dans sa grise mine, rappelée à la réalité par un petit vent frais qui accélérait la valse des nuages.

[Etsuko] Tu crois qu’il y a des gens qui vivent là haut ?

Elle leva un peu plus les yeux, s’arrêtant sur le premier qu’elle verrait. Qu’y avait-il là haut ? Est-ce qu’il ne faisait pas trop froid ? Trop chaud ? Humide ? Elle n’avait jamais pensé à ça mais la question que posait Etsuko avait le don d’y remédier. Les yeux perdus dans le ciel, elle semblait à nouveau traiter l’information. C’était très rationnel dans l’ensemble… Même si l’une des thèses s’affichait beaucoup moins dans ces critères là.

[Taka] Pourquoi pas… J’ai souvent entendu parler d’une ville dans le pays du feu. Je ne sais pas vraiment si elle touche le ciel comme on le dit, mais à en croire ceux qui l’auraient vue, il paraît que les bâtiments son si hauts qu’ils côtoieraient les nuages. Alors si des gens sont montés si haut… Pourquoi ne pourrait-on y vivre.

Elle marqua un temps. C’était la première thèse. La seconde ? Elle arriverait bien vite.

[Taka] Et puis… Il faut penser à la cité céleste. Loin loin loin à l’est. Après le pays de l’eau, il y a un autre pays. D’après les livres, les gens qui y habitent sont tous plus beaux qu’ici parce qu’ils ne subissent pas la lourdeur du sol. C’est une légende qu’on raconte chez moi… Elle est plus devenue une histoire pour enfants, faute de preuves. Mais j’aime croire qu’il y a un autre monde que l’on ne connaît pas encore. Peut-être sont-ce des anges ? Ces gens là…

Elle semblait partir aussi loin que l’endroit où se trouvait cette ville des airs. Pour être honnête, c’était sûrement l’un des seuls rêves d’enfant qu’il lui restait. Une braise échappée des cendres d’un réel sentiment de vie. Ce temps là était loin, très loin et tout ce qu’il en restait c’était une place de spectateur devant la mise en scène qu’on lui proposait. Regarder grandir la génération suivante en lui servant de tuteur, d’exemple.

[Taka] Tu aimerais y habiter ?


[Seuls les administrateurs ont le droit de voir cette image]
Age: 20ans | Taille: 1m67 | Poids: 60,2kg | Résidence: Konoha | Grade: Chuunin | Matricule: 000Z135R38T | Statut: Célibataire

~ Registre des missions ~
D:0/0 | C:2/0 | B:0/1 | A:0/0

~ Assassinats ~
Aucun

MessageSujet: Re: « Boulevard of Broken Dreams »   Ven 15 Jan - 19:18



    Taka : + 9 XP ( bonus chuunin inclus )

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