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 L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)

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MessageSujet: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Mar 4 Avr - 10:01

Cela faisait déjà plusieurs jours qu'Hikke n'avait pas donné signe de vie. Je m'interrogeai aussi sur le rapport entre la présence de Chihiro et la disparition du grand dragon, sachant que ces deux évènements avaient eu lieu à quelques heures d'intervalle.

Je me demandai ce qui se passait à la surface. J'espérai que Satsushiki ne fut pas arrivé aux portes de Kiri et que le village ne soit pas en danger. Hikke m'avait dit qu'il me renverrait là bas le moment venu, et bien que je lui fasse confiance, je n'oubliai pas les paroles de Shinobu.

L'ancien Mizukage m'avait mis en garde contre son "ami". Même si le dragon protégeait Kiri, il était de nature vicieuse et empli de rancoeur. Malgré ce, je n'avais pas d'autre choix que d'attendre.

Alors que Chihiro et moi étions en train de nous entraîner encore et encore, la voix d'Hikke vint nous tirer hors de notre occupation.


*Mizukage, Enfant, il est temps... Le Kazekage s'est mis en marche ; le moment est venu pour vous de découvrir la vérité...*

La kunoichi et moi nous regardâmes, interdits, pendant quelques instants. Dans ses yeux, je pouvais lire un mélange de crainte et de peine, à contrario elle put voir dans les miens un sentiment d'impatience mélé à de l'excitation.

"Shihan... Que va-t-il se passer ?"

"Je ne sais pas exactement, mais je pense que je tiens enfin le moyen de vaincre le Kazekage, et cela me suffit. Hikke, dis m'en plus."

*Je ne le peux, Zabuza... Ce n'est pas à moi de le faire, mais tu trouveras les réponses de toi même. Si tu survis à ce qui t'attend, tu pourras me regarder dans les yeux sans trembler. Si tu échoues, l'Enfant mourra. Et si elle périssait avant que tu ne réussisses, tu ne pourrais revenir dans ton monde...*

"Je ne compte pas échouer. Envoie nous là où nous devons aller, il n'y a plus de temps à perdre."

*Si tel est ton choix...*

Nous ne pouvions toujours pas voir le grand dragon, tout laissait à penser qu'il n'était pas physiquement là, mais son esprit, par contre, ne nous avait surement jamais quitté.

Un tourbillon se forma au milieu de l'eau du lac et s'éleva dans les airs pour finalement prendre une forme circulaire semblable à un grand miroir. En regardant dans la masse aqueuse, nous pûmes apercevoir un passage de l'autre côté.


*Ma mission s'arrête ici, je ne peux rien de plus pour vous... Nous nous reverrons à la sortie, si vous revenez...*

"Bien, viens Chihiro, nous partons."

*Une dernière chose, Mizukage... Celle qui t'apportera la vérité se trouve de l'autre côté du portail, mais fais bien attention, ce que vous allez voir risque de vous changer radicalement...*

"Celle..? Que veux-tu dire ?"

Mais Hikke n'était déjà plus là. J'avançai en direction du portail, sans trembler ; Chihiro par contre, n'était pas rassurée, quelque chose lui glaçait le sang et elle n'aurait pas su dire quoi. Au moment où nous traversâmes la porte, elle se saisit de ma manche et ne la lacha pas tant que nous ne fûmes pas arrivés de l'autre côté.

Nous étions à présent dans un tunnel rocheux. La seule source de lumière en ce lieu se trouvait loin devant nous, ainsi nous nous dirgeâmes dans sa direction.

Quelque chose me troublait. Je savais que nous n'étions pas seuls, Hikke me l'avait dit, mais la présence que je ressentai était identique à la sienne, en plus maléfique...

Alors que nous avancions vers la lumière, un rire d'enfant retentit brièvement. A quelques mètres devant nous apparut une petite fille, vêtue d'un hakama rouge et d'un kimono blanc, arborant un masque de renard.


"Qui es-tu ?"

Chihiro resta figée d'effroi. Des images qu'elle avait oubliées lui revinrent en tête. Elle se vit accrochée à un rondin de bois, dérivant sur la mer, et la petite fille à ses côtés. Une larme roula le long de la joue de la kunoichi alors que l'inconnue disparaissait...


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MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Dim 9 Avr - 20:20

Chihiro avait été remplie d'effroi lorsqu'il fallut franchir le passage menant au tunnel. Elle avait retenu sa respiration tout le long et avait saisi la manche de son maître instinctivement, angoissée par ce qui allait ce passer. Les paroles de Hikke étaient loin de la rassurer, mais elle avança pourtant. Toutefois, elle se figea en entendant le rire d'un enfant qui résonnait dans le souterrain. Il semblait venir du lointain point lumineux vers lequel ils se dirigeaient. Cependant, une petite fille qui portait un masque apparut quelques mètres devant eux, et la kunoichi serra les poings.

"Qui es-tu ?"

Subitement, une rafale d'images envahit l'esprit de la jeune fille, lui coupant le souffle et l'obligeant à fermer les yeux. Elle essayait de trouver un ordre logique aux représentations qui la hantaient, ou de les arrêter. Peine perdue, l'ensemble n'avait aucun sens.
Par ailleurs, un souvenir resurgissait plus souvent que tout autre. La genin se remémorait l'étreinte de l'eau glacée sur son corps, tandis qu'elle dérivait à la merci des courants, accrochée désespérément à un épais bout de bois. Elle se rappela de la peur qu'elle avait ressentie, et de la répugnance qu'elle éprouvait à présent envers les profondeurs mystérieuses de la mer. A ce moment-là, elle n'était pas seule. Assise sur le rondin, l'enfant au masque de renard la veillait du regard, sans chercher à faire le moindre geste pour lui venir en aide, mais ne montrant aucune agressivité à son égard non plus. Chihiro ne parvenait plus à savoir par quel moyen elle s'était retrouvée dans une telle situation, mais elle s'était sentie tellement perdue et seule à cet instant que la présence silencieuse de la petite fille l'avait rassérénée. Sans qu'elle ne puisse les retenir, des larmes s'écoulèrent le long de ces joues alors qu'elle essayait d'éclaircir ses souvenirs confus en vain. Elle voulut répondre à l'apparition quand celle-ci s'évanouit aussi furtivement qu'elle était survenue.


"Attends !"

Le cri de la kunoichi se perdit dans le tunnel. Elle essuya ses yeux, rageuse et impatiente de revoir cette étrange gamine. Elle se tourna vers le Mizukage et murmura :

"Shihan, je connais cette enfant. Je ne sais pas par quel moyen je l'ai rencontré, ni ce qui s'est passé, ni qui elle est, mais je l'ai déjà vue à une période de ma vie dont je ne me souviens pas bien. Je suppose que ça doit être après que l'on m'ait effacé la mémoire... Peu de temps après, car c'est extrêmement flou, mais je suis certaine qu'elle appartient à mon passé."

Elle cessa de parler d'un seul coup, songeant à la question qu'avait posée la fillette au masque.

"A votre avis, à qui s'adressait-elle ? A vous ou à moi ? Avez-vous une idée sur son identité ? Ce n'est pas une petite fille normale, c'est certain. J'ai eu des frissons comme... Comme lorsque Hikke est absent mais que l'on ressent sa présence. Elle m'a fait exactement le même effet..."

Chihiro ne savait quelle conduite elle devait tenir, intriguée par l'enfant et souhaitant poursuivre le chemin afin de la rencontrer de nouveau. D'un autre côté, elle se sentait très mal à l'aise. Était-ce un esprit ? La kunoichi se doutait que la gamine n'appartenait pas au monde réel, et cela la troubla. Ou se trouvaient-ils exactement ? Comment était-elle parvenue ici ? Pourquoi Hikke lui avait-il permis de rester alors que son rôle était terminé ? Elle n'arrivait pas à trouver de réponses plausibles à tout se qu'elle se demandait, mais était déterminée à élucider cela d'une façon ou d'une autre.


Je suis une vilaine

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Lun 10 Avr - 10:07

Les mots de la kunoichi me surprirent ; comment pouvait-elle avoir déjà vu cette enfant alors que nous étions perdus quelque part à la frontière de l'Abysse ? Se pouvait-il que le passage entre les deux mondes se soit ré-ouvert ces dernières années ou y avait-il quelque chose de plus profond ?

"A qui elle s'adressait ? Elle n'a rien dit Chihiro... A moins que seul toi aies pu l'entendre..."

Tout cela ne présageait rien de bon, et mon sentiment d'inquiétude ne faisait qu'aller croissant au fur et à mesure que nous avancions dans le tunnel. Je savais que ce qui nous attendait n'allait pas être facile, et j'en eut la preuve quelques pas plus loin.

Le décor changea, et je me retrouvai sur un pont au dessus d'un bras de mer. Je me battai contre un autre shinobi, surement un Jounin de Konoha, vu le gilet qu'il portait et son bandeau frontal.

L'affrontement fut brutal et long, et se termina sur ma démise et mon dernier souffle. Haku était déjà morte, son corps gisant un peu plus loin. Chihiro ne put qu'assister à la scène, impuissante et immobile.

A nouveau, le décor changea ; cette fois, seule l'obscurité m'entourait et je fut comme pris dans un étau. Petit à petit, je me sentais partir, mais le Démon de Kiri ne semblait pas l'entendre de la sorte. Mes yeux virèrent au rouge et une nouvelle force s'empara de moi. Je me mit à creuser mon chemin à travers la terre de la tombe et finit par rejoindre la surface.

Chihiro était encore là, seul témoin de la scène. Une voix retentit dans nos esprits. C'était une voix grave et masculine, calme et ferme à la fois.


"Toi qui tient à présent le titre de Mizukage, es-tu vraiment sûr de qui tu es ?"

"Comment ça ? Qui es-tu et que veux-tu dire ?"

"Les morts ne reviennent pas de la tombe, "Zabuza". Toi le premier tu devrais le savoir. Alors qu'est-ce qui te prouve que tu es vraiment Zabuza Momochi ?"

Je restai sans voix quelques secondes, aussi surpris par la question que par la vérité qu'elle insinuait.

"Mes souvenirs me le prouvent, ainsi que la promesse faite à Rokuro et Yuhi !"

"Une fois de plus, qu'est-ce qui te prouve que ce sont tes souvenirs ? Tamafune te l'a dit ; tu as été rappelé parce que Kiri avait besoin de toi, mais comment peux-tu être sur que ce ne sont pas des souvenirs que l'on t'a donné ?"

Une fois de plus, je n'avais pas de réponse à donner à cette voix mystérieuse.

"Vois-tu donc Mizukage ? Rien n'est jamais vraiment ce qu'il semble être. Peut-être trouveras-tu des réponses à tes questions au bout du tunnel, et peut-être aussi qu'elles ne te donneront pas satisfaction. Il est encore temps pour toi de rebrousser chemin..."

L'illusion disparut, nous laissant à nouveau seuls dans le tunnel, Chihiro et moi.


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MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Lun 10 Avr - 19:14

Chihiro fut saisie d'entendre que son maître n'avait pas perçu la question de la fillette. Ils continuèrent d'avancer, perdus dans leurs réflexions lorsqu'ils furent subitement sous l'emprise d'une illusion. Transportés dans un autre lieu, la kunoichi assista à ce qu'elle supposa être la remémoration de certains souvenirs du Démon de Kiri. Ce qu'elle vit l'effara, mais elle ne put faire le moindre geste, tétanisée par sa peur. Ensuite, une voix effrayante par son calme s'adressa à eux. La jeune fille devint la spectatrice de l'échange entre les deux hommes, laissant les mots se graver dans sa mémoire, la faisant douter également de sa propre identité. Zabuza semblait désarçonné par les déclarations de l'inconnu, et ne put lui répondre de manière convaincante.

Les dernières paroles prononcées lui firent envisager la possibilité de repartir et d'abandonner. Cette solution la tenta une brève seconde, puis sa raison reprit le dessus sur ses sentiments. Si le Mizukage continuait, elle le suivrait au péril de sa vie s'il le fallait. De plus, elle avait ses propres énigmes à résoudre, et ne comptait pas les laisser sans explications. Sa détermination se renforça alors qu'ils revinrent dans le tunnel. Immobile, elle regardait dans le vide, devant elle, ayant perdu contenance devant les propos adressés à son maître. Il paraissait avoir de même perdu son assurance, et ne la regardait pas.

Patientant, elle sentit brutalement un courant d'air froid caresser sa joue, et recula légèrement. Quelques instants plus tard, son propre reflet apparut devant elle, tout à fait à la manière de la petite fille au masque. Chihiro ne put que sourire, sachant ce qu'elle devait faire de ce double éperdu, qui la scrutait d'un air implorant.

"Je t'attendais."

Elle lui prit délicatement la main et l'amena à elle de façon à ne pas l'effrayer plus qu'elle ne l'était. L'autre Chihiro se laissa faire, et la kunoichi fut envahie de ses souvenirs quand la seconde elle-même se fondit en elle. Elle revit toute la mission qu'elle venait d'endurer, jusqu'à la rencontre avec l'entité de la fontaine. La plaie qui était apparue à son bras quelques temps (heures, jours, semaines, elle ne le savait pas) auparavant se rouvrit, et elle ressentit la douleur aiguë comme une bénédiction. Redevenue entièrement elle-même, elle était plus rassurée plus que jamais depuis son arrivée ici. Elle s'approcha de Zabuza.

"Shihan, nous devrions poursuivre notre route. J'ai l'impression que la lumière que nous essayons d'atteindre ne se rapproche pas malgré nos efforts et j'ai envie de retourner à Kiri le plus vite possible. Quelque chose me dit que le plus difficile reste à venir, mais nous n'avons pas de temps à perdre, n'est-ce-pas ?"

Elle se retourna vers le passage qu'on ne distinguait plus tant ils en étaient éloignés, devinant qu'elle allait peut-être regretter son choix, mais sa décision était prise. Elle mit en place un bandage autour de la plaie faite par l'Impératrice guettant une quelconque décision de la part du Mizukage. Ils n'allaient pas s'arrêter là, elle s'en doutait, et elle avait hâte d'aborder le bout du souterrain.


Je suis une vilaine

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Mar 11 Avr - 10:57

"Je pense surtout que nous ne pourrons atteindre la lumière que lorsque le maître des lieux nous le permettra. Et quelque chose me dit que nos épreuves ne font que commencer..."

Chihiro et moi continuâmes notre avancée dans le souterrain, restant sur nos gardes mais sachant pertinement que nous ne pourrions nous soustraire à la prochaine attaque mentale que nous aurions à subir.

Et nous n'avions pas tort. Cette dernière ne tarda pas à venir. Cette fois-ci, l'illusion nous amena dans les souvenirs de Chihiro, et c'était moi qui assistait à la scène, impuissant.

C'était il y a dix ans. La jeune fille, Yuhi et moi nous tenions sur la berge d'un fleuve. L'enfant était apeurée et pleurait à chaudes larmes, quant à moi je restai silencieux. Sa mère prit alors la parole.


"Chihiro, tu dois comprendre que nous n'avons pas le choix ; c'est pour ton bien..."

"Je veux pas ! Je veux rester avec toi !"

"Ma fille, nous n'avons pas toujours le choix, et parfois nous devons en faire certains contraires à nos sentiments. Ne crois pas que j'aie envie de t'abandonner, mais il le faut, pour que tu vives."

"Pourquoi ??? Papa est parti et n'est jamais revenu, je veux pas que tu fasses comme lui !!!"

Un sentiment de culpabilité énorme me transperça le coeur à ce moment là. La conscience de ce que j'avais fait me taraudait et j'avais honte d'être la source de la douleur de cette enfant.

"Chihiro, tu ne seras jamais seule. Oni viendra avec toi et Zabuza sera là aussi. Et tu te feras des amis avec le temps."

"Yuhi, dépêchons-nous. Les Anbu ne vont pas tarder."

La kunoichi se tourna une dernière fois vers sa fille et lui caressa les cheveux.

"Je suis désolée, Chihiro."

A ce moment là, Yuhi utilisa le Genjutsu qu'elle avait mis tant d'années à développer, et la petite fille sombra dans l'inconscience.


"Chihiro !"

La kunoichi se trouvait à présent seule dans l'obscurité et entreprit de trouver une sortie. Au bout de quelques pas, elle cessa d'avancer ; Yuhi se tenait face à elle. La ressemblance entre la mère et la fille était frappante et nul n'aurait pu douter de leur lien de parenté.

"Chihiro, pour quelle raison te bats-tu ?"

"Maman, je..."

"Es-tu vraiment sûre que tu obéis au Mizukage par devoir ? Ta vie appartient-elle vraiment à Kiri ou as-tu quelque chose d'autre en tête ?"

Chihiro prit alors sa tête entre ses mains et ferma les yeux, comme pour chasser ces mots qui la hantaient.

"Assez !!!"

"Réponds-moi, ma fille..."


[Chihiro, Zabuza : +4 EXP RP]

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Mar 18 Avr - 20:53

Chihiro demeura interloquée. Ce à quoi elle assistait, elle l'avait vécu ! Malgré tous les efforts qu'elle effectuait, elle ne s'en souvenait pas. Absolument pas. Cela ne l'empêcha pas d'enregistrer la moindre informations de cette scène et de la garder en mémoire. Toutefois, n'en ayant aucun souvenir, elle disposait d'un certain recul qui aurait été bridé par les sentiments qu'elle auraient ressenti si elle avait possédé des réminiscences de l'événement, ce qui n'était pas le cas. De ce fait, elle fut emplie de compassion pour la fillette indignée et effrayée qu'elle avait été. C'est de cette manière qu'on avait effacé sa mémoire... La petite Chihiro ne comprenait pas pourquoi sa mère souhaitait se séparer d'elle, et percevait cela comme une trahison dont elle ne pouvait soupçonner les enjeux. Tandis qu'elle observait cela, fébrile, elle eut comme une pointe de fierté enfantine, et résista à l'envie de s'élancer vers sa génitrice pour lui réclamer des comptes. Elle savait pourquoi Yuhi avait fait cela, mais elle ne put se retenir de lui en vouloir.

*Ce n'est pas juste. Maman n'avait pas le choix, et elle a fait ce qui était le mieux. Je ne dois pas être en colère contre cela. Cela a du être encore plus dur pour...*

Chihiro n'osait poursuivre sa pensée. Sa mère était morte peu de temps après, et elle se dit qu'elle n'avait pas vraiment eu le temps de souffrir de l'abandon de sa fille. La genin se détesta d'avoir pu penser une chose pareille. Elle n'en souffrait pas non plus, ayant perdu la mémoire, mais elle n'avait pas le droit de souiller les actes de sa mère alors que la décisions avait été si difficile à prendre, indubitablement. L'image de la fillette s'évanouit, et elle entendit le Mizukage l'appeler. L'appeler elle, ou la petite Chihiro ? Était-ce le Zabuza de l'illusion ou celui avec lequel elle était ? Cela lui importait peu. Contrairement à ce qu'elle espérait, le souterrain n'apparut pas. La jeune fille se trouvait dans le noir, et avançait avec hésitation. Elle ne se sentait pas à l'aise dans l'obscurité. Tout à coup, sa mère survint devant elle, à moins d'un mètre. Les yeux de la kunoichi s'écarquillèrent, et dans son regard se mêlaient la surprise, la joie et une infinie mélancolie. L'apparition n'avait rien de consistant, ce n'était qu'une représentation de ce qui avait été. Cependant, l'envie de Chihiro de se jeter dans ses bras était bien réelle, et faisait souffrir la genin.

"Chihiro, pour quelle raison te bats-tu ?"

Troublée, la jeune fille ne sut quoi répondre. Tant de fois elle s'était posée cette question, et tant de fois elle s'était voilé la face quant à la réponse.

"Maman, je..."

"Es-tu vraiment sûre que tu obéis au Mizukage par devoir ? Ta vie appartient-elle vraiment à Kiri ou as-tu quelque chose d'autre en tête ?"

Chihiro ne put supporter que Yuhi prononce ces mots.

"Assez!!!"

Elle ne voulait pas y réfléchir, elle ne voulait pas répondre, elle ne voulait pas l'admettre.

"Réponds-moi, ma fille..."

Chihiro releva la tête, étonnée. La femme devant elle, était-elle réellement une illusion ? Ne pourrait-elle pas, juste un instant, être véritablement sa mère ? La confusion de la kunoichi atteignait son apogée, et elle prit un air grave, cherchant ses mots. Ne devait-elle pas la vérité à sa mère ? Peut-être qu'ainsi elle se libérerait de ce qui l'angoissait... Durcissant son regard pour retenir ses larmes, elle répondit d'une voix incertaine.

"Ma vie appartient à Kiri, Maman, de cela tu peux être certaine. Je ne sais pas exactement pourquoi je me bats, mais j'ai juré de protéger Kiri quoi qu'il m'en coûte. C'est le seul endroit où je me sens chez moi, et je suis redevable à cet endroit de m'avoir offert une seconde chance après que je l'ai abandonné. J'essaie de me montrer à la hauteur, de ne pas être inutile, et tout ce que je fais est pour Kiri. Si je dois me battre pour ce village, je le ferai, si je dois tuer pour lui, je le ferai, si je dois mourir pour lui, je le ferai. Sans aucune hésitation, car ma loyauté va à Kiri, qui est ma patrie, ce que je veux préserver car il m'est précieux... Toutefois, si j'ai offert ma vie à Kiri, il en est autrement de mon cœur. Je me suis promis que ça n'affecterait en rien mes actes, car mon devoir passe avant mes sentiments. Mais je ne peux nier ce que je ressens, et en dépit de cela, je me suis engagée à ne pas le révéler. Je n'ai aucun projet en tête, mis à part celui de toute kunoichi, à savoir servir mon village."

Plus Chihiro tentait de se justifier, plus elle avait l'impression de s'enliser. Dans tous les cas, elle avait été aussi sincère que possible, sans trahir la promesse qu'elle s'était faite. La kunoichi rougit un peu plus, puis murmura :

"J'ai moi aussi une question à poser : comment puis-je annihiler la technique que tu m'as apposée, Maman ?"

Les lèvres de Yuhi s'étirèrent en un sourire, accentuant sa ressemblance avec sa fille.

"C'est à toi de découvrir ce moyen, Chihiro, et cela tu le sais. Mais peut-être n'est tu pas encore prête pour le trouver."

La genin haussa les épaules avec amertume. Elle s'était douté de la réponse, mais l'entendre faisait croître sa peine. Pas encore prête ? Avait-elle encore trop d'hésitation ? Manquait-elle de maturité ? Elle ne saisissait pas les paroles de sa mère, pas encore. Souhaitait-elle vraiment retrouver son passé ? Il lui semblait que oui, mais elle n'était même plus certaine de ça. Yuhi avait semé le trouble dans son esprit, remettant tout en question. Que devait-elle faire ? Alors que Chihiro se mordait les lèvres, prête à pleurer comme la fillette de la vision précédente, sa mère tendit la main et lui caressa tendrement la joue.

"Maman, il faut que..."

Elle n'eut pas le temps de finir. Le songe se dissipa et la kunoichi retourna dans le tunnel initial. Elle serra les poings, sentant sa tristesse se transformer en colère. Qui se jouait de ce qui lui faisait le plus mal ? Quelle entité gouvernait ces lieux et s'amusait de leurs souffrances ? Chihiro ne comprenait pas ce que cherchait la chose ou la personne qui agissait ainsi. Elle inspira profondément et secoua légèrement la tête. Sa fureur ne servait à rien, et elle se calma rapidement. Reprenant conscience de la présence de son maître, elle ne lui adressa pourtant pas la parole, trop préoccupée par ce qu'elle venait de vivre. Peut-être qu'en fait elle n'avait tout simplement pas envie de parler. Elle se remit à marcher en direction de la lumière qui lui sembla cette fois un peu plus proche.


Je suis une vilaine

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Mar 18 Avr - 23:12

"Toutefois, si j'ai offert ma vie à Kiri, il en est autrement de mon cœur. Je me suis promis que ça n'affecterait en rien mes actes, car mon devoir passe avant mes sentiments. Mais je ne peux nier ce que je ressens, et en dépit de cela, je me suis engagée à ne pas le révéler."

*A quoi peut-elle bien penser ? J'espère qu'elle ne va pas se perdre en rêves impossibles... Cependant, on dirait que la petite fille a bien grandi...*

Chihiro et moi continuâmes notre avancée dans le tunnel rocheux. La lumière semblait cette fois-ci plus proche de nous, bien que le chemin à parcourir soit encore long.

J'éprouvais un certain malaise qui allait croissant à chaque pas que nous faisions, me demandant quelle était la finalité de toutes ces épreuves. Qui pouvait donc bien vouloir nous imposer ce voyage au coeur de nos sentiments et de nos souvenirs les plus enfouis ? Y avait-il vraiment un sens à tout ça ? Et surtout quel rôle Chihiro avait-elle à jouer là dedans ?

La jeune fille semblait troublée, mais je n'aurais su dire si c'était à cause des révélations qui lui avaient été faites ou à cause de celle qu'elle avait été forcée de faire.

Je m'apprêtai à lui demander lorsque je sentis un courant d'air froid tomber sur nous depuis le plafond.


"Attention !!!"

J'eut à peine le temps de pousser Chihiro hors de danger que les restes du plafond avaient déjà formés une barrière de pierre nous séparant. Je m'approchai de l'amoncellement qui se dressait devant moi et appelait mon élève.

"Chihiro tout va bien ?"

"Oui, Shihan, mais je..."

C'est à ce moment là que la nouvelle illusion prit place, du moins pour la kunoichi. Une fois de plus elle se retrouva au milieu de l'obscurité, et plus que jamais elle fut sur ses gardes ; des bruits de combats résonnaient autour d'elle.

Son maître était là en tenue d'Etudiant, avec pour seul arme un kunai ; il ne devait pas avoir plus de douze ans. Chihiro se rappela alors de ce qu'elle avait entendu une fois sur l'ancien examen Genin du pays de la Brume.


"Cent d'entre eux étaient jetés dans une fosse et seulement dix avaient le droit d'en ressortir. On raconte que c'était une épreuve terrible autant physiquement que psychologiquement, car il fallait tuer ses camarades... On dit aussi que cet examen a été réformé le jour où un enfant a tué tous les autres. Se pourrait-il que... ???"

Le Zabuza que Chihiro voyait à présent dans la fosse n'avait plus rien de l'homme froid et calculateur qu'elle connaissait ; c'était une bête assoiffée de sang qui se jettait sur ses adversaires, tuant pour survivre...

Une fois le carnage terminé, le jeune homme s'adossa à la paroi et se recroquevilla sur lui même, comme tétanisé par la conscience de son acte, une grande ombre planant alors sur lui...


"Je ne voulais pas..."

*C'était nécessaire... Il fallait que tu t'éveilles à ce pouvoir qui est le tien...*

"Je ne voulais pas tuer tout le monde..."

*C'est ainsi que sera ta vie de shinobi... Les faibles meurent et les forts survivent...*

"Quelle importance d'être fort, si je dois détruire la vie de ceux qui m'entourent ?"

*Tu seras toujours plus fort tout seul, Zabuza...*

Chihiro n'aurait pas su dire d'où provenait cette fois qui s'adressait à l'enfant qu'avait été son maître, mais elle était sure qu'il n'y avait plus qu'eux deux au fond de la fosse. Lui, ne bougeait plus et restait prostré.


Dernière édition par le Sam 14 Oct - 10:57, édité 1 fois

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Jeu 27 Avr - 11:44

Chihiro entendit à peine le cri d’avertissement de son maître qu’elle sentit qu’on la poussait violemment en avant. Tombant à genoux, elle attendit la fin de l’éboulement avant d’oser se retourner et se remettre debout. Son cœur battait la chamade et sa voix tremblait lorsqu’elle répondit à la question de Zabuza.

"Oui, Shihan, mais je…"

Elle s’interrompit brusquement, frissonnant au courant d’air froid qui l’enveloppait.

*Une nouvelle illusion…*

Elle s’écarta de l’amoncellement de rochers, contrainte d’assister à la vision. Des bruits de combats attisèrent sa curiosité, et la kunoichi patienta, jusqu’à ce que l’obscurité laisse place à l’image d’un jeune garçon, kunai à la main. Un étudiant de Kiri sans aucun doute. La genin fronça les sourcils : n’était-ce pas le Mizukage qui combattait ? Elle le reconnaissait sans peine, mais le jeune Zabuza n’avait rien de commun avec l’implacable et imperturbable Démon de Kiri qui l’accompagnait. Le soupçon qui s’était insinué en elle se confirma.

"Cent d'entre eux étaient jetés dans une fosse et seulement dix avaient le droit d'en ressortir. On raconte que c'était une épreuve terrible autant physiquement que psychologiquement, car il fallait tuer ses camarades... On dit aussi que cet examen a été réformé le jour où un enfant a tué tous les autres. Se pourrait-il que... ???"

L’adolescent semblait en proie à la folie, s’élançant sur ses adversaires avec férocité, sans la moindre peur, et en venait à bout sans effort. On ne lisait aucune hésitation dans ses gestes mortels, et ses yeux flamboyaient d’une joie cruelle à chaque fois qu’il apportait la mort. Chihiro recula devant ce garçon étrange qui continuait sa macabre mission sans s’apercevoir du carnage qu’il effectuait. La kunoichi fut prise de nausées, assaillie par l’odeur écoeurante du sang. Plaquant une main contre sa bouche et son nez, elle ne put supporter la vision des corps sans vie de tous ces enfants, et une telle insensibilité de la part des organisateurs d’une telle épreuve demeurait incompréhensible pour elle. Il y avait d’autres moyens… même si dans ce cas, les survivants auraient été endurcis à jamais par le fait d’avoir tué leurs camarades. Lorsqu’elle rouvrit les yeux, elle s’aperçut que son futur maître s’était recroquevillé contre une paroi, et avait recouvré la raison. Une ombre le surplombait, et Chihiro s’approcha de quelques pas, en silence, quand elle fut stoppée par la voix du jeune Zabuza.

"Je ne voulais pas..."

*C'était nécessaire... Il fallait que tu t'éveilles à ce pouvoir qui est le tien...*

"Je ne voulais pas tuer tout le monde..."

*C'est ainsi que sera ta vie de shinobi... Les faibles meurent et les forts survivent...*

"Quelle importance d'être fort, si je dois détruire la vie de ceux qui m'entourent ?"

*Tu seras toujours plus fort tout seul, Zabuza...*

La kunoichi entendait distinctement la voix qui répondait à l’étudiant, mais il n’était que tous les deux dans la fosse. Désemparée, elle voulut venir en aide à l’adolescent et s’agenouilla à ses côtés, sachant qu’elle ne pouvait intervenir dans l’illusion, mais ne pouvant s’empêcher de tenter la chose. Elle murmura d’une voix réconfortante à l’oreille du garçon qui dirigerait Kiri dans plusieurs années.

"N’écoute pas. C’est quand on a quelque chose ou quelqu’un à protéger que l’on devient vraiment fort. C’est dans cette seule perspective que tu as la possibilité de toujours repousser tes capacités et de t’épanouir. Si tu restes seul, il arrivera un moment où tu ne parviendras plus à évoluer faute de motivations suffisantes."

Le regard de Chihiro se perdit dans le vague.

"Il est certain que l’on prend un risque en choisissant de protéger quelqu’un ou quelque chose. Le risque de le perdre… Et c’est pour cela que l’on se bat de toutes ses forces pour le préserver, et que l’on s’améliore encore et toujours. Ce que l’on te dit n’a pas de sens, mais je sais qu’un jour tu comprendras ce que je t’explique par toi-même."

La kunoichi sourit, se demandant si le petit Démon de Kiri l’entendait. Elle aurait souhaité que ce soit le cas.

"Et puis… Vivre seul, ce n’est pas vivre, tu ne crois pas ?"


Je suis une vilaine

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Jeu 27 Avr - 16:53

L'enfant qu'avait été Zabuza restait replié sur lui même, apeuré et silencieux. Alors qu'il réalisait la portée du carnage qu'il avait perpetré, la terreur s'empara de lui et il cacha encore plus sa tête dans ses bras.

"N’écoute pas. C’est quand on a quelque chose ou quelqu’un à protéger que l’on devient vraiment fort. C’est dans cette seule perspective que tu as la possibilité de toujours repousser tes capacités et de t’épanouir. Si tu restes seul, il arrivera un moment où tu ne parviendras plus à évoluer faute de motivations suffisantes."

Une voix douce le sortit de son mutisme. Zabuza était certain de ne l'avoir jamais vu auparavant et surtout pas aujourd'hui dans la fosse. Instinctivement il se saisit de son kunai et voulut le pointer en direction de la jeune fille, mais sa ressemblance frappante avec Yuhi l'arrêta net.

"Et puis… Vivre seul, ce n’est pas vivre, tu ne crois pas ?"

"Qui es-tu ???"

Le trouble s'empara du jeune garçon qui ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Chihiro, de son côté, restait interdite devant la situation. Comment diable pouvait-elle rencontrer Zabuza qui avait douze ans alors qu'elle n'était même pas née à l'époque ?

De son côté, le véritable Zabuza ne comptait pas laisser une simple barrière de pierre le séparer de sa disciple, ainsi entreprit-il de la faire disparaître. Il se mit alors à concentrer tout son Chakra dans la paume de sa main droite et le fit tourbillonner.


"Rasengan !!!"

L'amas de pierre se mit à se fendre puis explosa sous la puissance du Chakra du Mizukage. Mais alors que ce dernier s'attendait à retrouver Chihiro de l'autre côté, il fut confronté à une image lui rappelant de très mauvais souvenirs, lui enfant.

"Mais qu'est-ce que ..?"

Les deux Zabuza se jaugèrent du regard, puis l'environnement se mit à changer. Le sol se changea en eau et happa le Mizukage, l'entraînant dans ses profondeurs, alors que le Zabuza enfant lui se tenait le crâne et semblait souffrir atrocement.

La petite fille au masque réapparut alors aux yeux du maître et de sa disciple, toisant le Démon de Kiri en ricanant comme une enfant.


"Encore toi ? Qui es-tu ???"

"So... rin... cha..."

"Sorincha ...?"

Alors qu'il s'appretait à poser une nouvelle question, Zabuza disparut totalement dans l'eau, et la petite fille se volatilisa aussi sec.

Chihiro était à présent seule, à nouveau dans le couloir, avec l'enfant que fût autrefois son maître.



[Chihiro, Zabuza : +4 EXP RP]

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Jeu 27 Avr - 19:43

Chihiro eut un mouvement de recul quand le jeune Zabuza se tourna vers elle, kunai en main, et qu’il lui demanda son identité. Elle était persuadée de ne pouvoir intervenir dans l’illusion, et pourtant le garçon l’avait entendue. Si elle avait été frappée par le fait de rencontrer son maître dans sa jeunesse, alors qu’elle n’avait pas encore été mise au monde, elle supposa rapidement que tout était possible dans la vision créée. Elle déglutit, mal à l’aise, cherchant ce qu’elle pouvait lui répondre. Elle ne pouvait pas lui annoncer qu’elle était Chihiro Sanada, non, car l’étudiant connaissait indubitablement ses parents, et les explications auraient été sans fin. Elle ne comptait pas mentir non plus, et de toute manière, elle ressemblait trop à sa mère, comme elle avait pu le constater de ses propres yeux, pour que son mensonge soit valable. Dans ce cas, que devait-elle faire ?
La kunoichi fut interrompue dans ses réflexions par un bruit d’explosion. L’illusion de la fosse ne se dissipa pas pour autant, et le Mizukage apparut dans un nuage de poussière soulevé par la destruction de l’amas de pierres, qui comblait le passage ultérieurement. Il avait l’air de ne pas voir Chihiro, les yeux fixés sur sa représentation enfantine avec stupéfaction.


"Mais qu’est-ce que ..?"

La vision fondit tandis que les deux Zabuza s’affrontèrent du regard, et le sol se changea en eau. La genin recula et vit avec horreur que son maître s’enfonçait dans la surface aqueuse, tandis que la fillette au masque apparut, un ricanement moqueur aux lèvres.

"Shihan !"

Elle courut vers le Démon de Kiri, en vain, car le couloir se reforma. La petite fille disparut elle-même, avant que Chihiro n’ait pu essayer de lui demander quoi que ce soit. Anéantie, la jeune fille se laissa tomber à genoux. Qu’allait-elle faire à présent ? Où était passé le Mizukage ? Devait-elle continuer sans lui ? Avait-elle un moyen de lui venir en aide ? Se tordant les mains de désespoir, Chihiro remarqua enfin la présence du jeune Zabuza non loin d’elle. Interloquée, elle ne sut quoi faire. Comment se faisait-il qu’il n’ait pas disparu avec le reste de l’illusion ? Chihiro se releva finalement, hésitant à dire quoi que ce soit, mais l’adolescent semblait tellement souffrir qu’elle s’approcha de lui et posa une main sur son épaule. Le gamin la repoussa violemment et s’éloigna.

"Qui es-tu ?"

Gênée, Chihiro décida de parler franchement.

"Je m’appelle Chihiro… Sanada. Je suis une kunoichi du village de la brume. Je ne te veux pas de mal…"

L’étudiant posa une main sur ses tempes, et paraissait éprouver de la difficulté à se concentrer.

"Tu fais partie de la famille de Rokuro, mais je ne t’ai jamais vue à Kiri."

La jeune fille hocha la tête.

"C’est logique. Je… Je suis la fille que Rokuro et Yuhi auront dans quelques années. Si tu ne m’as jamais croisée, c’est que je n’existe pas encore pour toi."

"Ce n’est pas possible, tu mens !"

"Mais je suis là… Il se pourrait que tu ne sois qu’une illusion pour moi, et que tu vas disparaître d’un instant à l’autre… Peut-être que je suis ton illusion… Et dans ce cas…"

"Arrête ! Ce que tu dis est faux ! Je ne suis pas une illusion !"

"Moi non plus. C’est là le problème, tu comprends ? Je crois que de toute manière, débattre là-dessus n’est pas le but de notre rencontre. Je suis aussi choquée que toi, et je ne sais pas où se situe la vérité."

Le garçon réfléchit un instant, et posa un regard grave sur la jeune fille.

"Si ce que tu dis est vrai… L’homme que j’ai vu et qui s’est fait engloutir par l’eau, c’était… moi ?"

"Oui… Toi tel que tu seras dans le futur."

L’étudiant ne dit mot, et resta immobile et silencieux, digérant ce qu’il venait d’apprendre.
Chihiro avait l’estomac noué, elle était complètement déboussolée. Plus elle tentait d’expliquer la situation, plus elle craignait que son point de vue soit faux. Néanmoins, quelque chose l’intriguait au plus haut point.


"Dis-moi, Zabuza… Avec qui parlais-tu tout à l’heure ? Avant de te rendre compte de ma présence ?"


Je suis une vilaine

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Ven 28 Avr - 10:02

"Dis-moi, Zabuza… Avec qui parlais-tu tout à l’heure ? Avant de te rendre compte de ma présence ?"

"Je ne sais pas... Pendant toute l'épreuve j'ai entendu cette voix dans ma tête qui me disait comment me battre et comment tuer mes adversaires..."

La pression qui pesait sur les épaules du jeune garçon semblait s'être légèrement dissipée en présence de Chihiro, mais la kunoichi pouvait lire de la méfiance dans son regard. Il était évident pour elle que Zabuza ne croyait pas à son explication, mais pouvait-elle vraiment le blâmer ? Qui croirait à une telle histoire ?

La silence règna en maître pendant quelques minutes, puis la grille fermant la fosse fut retirée et deux Jounin descendirent et s'emparèrent du jeune garçon. Ils semblaient ne pas avoir remarqué Chihiro.


"Lâchez-moi ? Que me voulez-vous ?"

"Le Mizukage veut te voir, Genin Zabuza Momochi. Suis nous sans faire d"histoire."

"Laissez-moi ! Je ne veux pas le voir ! Je ne veux voir personne !"

"Tu ne nous laisses pas le choix alors."

Alors que Zabuza faisait face au premier des deux Jounin, le suivant s'était déplacé derrière lui et en profita pour le frapper du tranchant de la main dans la nuque. L'enfant s'effondra et fut sorti de la fosse, puis emmené à l'hôpital de Kiri.

***


"Vous ne pensez pas qu'on devrait le sceller Mizukage-sama ?"

"Non, Shinzo, nous ne pouvons pas. Même si nous tentions, c'est une entité bien trop puissante pour que nous puissions rivaliser avec elle. C'est le fardeau que doit porter Zabuza le restant de ses jours..."

"Mais qu'est-ce qu'exactement que le Démon de Kiri ?"

"Je ne peux te le réveler, Shinzo. Tout ce que tu as à savoir c'est qu'il doit devenir le plus fort possible dans les années à venir. Je compte sur toi en ce sens."

"Bien, Mizukage-sama."

"Laissons-le à présent, même si je n'ai pas pu lui parler, j'ai eu les informations dont j'avasi besoin en le lisant dans son Chakra. Il a besoin de repos, ce qui l'attend demain ne sera pas facile."

Les deux hommes quittèrent la pièce, ne laissant dans la chambre d'hôpital que Zabuza et Chihiro, que personne ne semblait remarquer à part lui jusqu'à présent.

Pendant des heures, la kunoichi resta à son chevet, veillant sur son sommeil. C'était la première fois qu'elle le voyait aussi paisible et sans son masque, ce qui contrastait avec d'habitude.

Zabuza finit par ouvrir les yeux et s'assis péniblement sur son lit. Il scruta ensuite toute la pièce et arrêta son regard sur la jeune fille.


"Dis moi, Chihiro, quel genre d'homme serai-je dans le futur ?"


Dernière édition par le Sam 14 Oct - 11:04, édité 1 fois

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Ven 28 Avr - 13:40

Chihiro avait suivi en silence le Démon de Kiri, alors qu’on l’emmenait à l’hôpital. Elle avait pu constater que personne, mis à part Zabuza, ne la remarquait, et en fut soulagée. En effet, de quelle manière aurait-elle pu expliquer sa présence ? Déjà que son futur maître paraissait dubitatif… ce qui était normal, cette histoire n’avait pas vraiment de sens. Elle se demanda pourquoi on l’avait amenée face au genin, à quoi devait-elle assister ? Elle avait le pénible sentiment de s’être infiltrée dans les souvenirs du Mizukage, sans sa permission, et pensait que sa présence était indiscrète. Toutefois, elle n’avait aucun moyen de sortir de l’illusion, et par ailleurs, elle souhaitait discuter avec l’adolescent.
Lorsque l’on frappa le garçon pour l’assommer, son instinct maternel s’indigna, mais elle ne pouvait rien y faire. Elle emboîta docilement le pas aux deux hommes pour lesquels elle demeurait invisible et écouta la conversation, alors qu’on installait l’enfant dans un lit d’hôpital.


* Que peut-il bien se passer demain ? *

Plongée dans ses réflexions, la genin s’adossa à un mur, et veilla sur le sommeil de Zabuza. Sans son masque, endormi, il semblait si serein, si innocent, si… fragile. Elle avait du mal à croire que le même garçon avait assassiné ses camarades tantôt. Elle se questionna sur la nature du démon. Comment se faisait-il que certaines personnes soient possédées ? Est-ce que l’entité suivait ses propres objectifs en se servant de l’adolescent ? Y avait-il un moyen de s’en débarrasser ? De cela elle doutait, en revanche elle était pratiquement certaine que c’était le démon qui s’était adressé à Zabuza auparavant. Pouvait-on considérer qu’il le manipulait ?
La kunoichi soupira. Trop de questions, sans aucune réponse, comme toujours. Parfois elle avait l’impression de se torturer par des questionnements sans fin, mais qui pouvait l’aider à en venir à bout ? Pas le genin nouvellement nommé, et il n’était pas sûr que son maître accepte de lui répondre quand elle le reverrait. Quand elle le reverrait…


* Je voudrais savoir ce qui lui est arrivé. J’espère qu’il va bien… *

Au fond d’elle, la jeune fille ne s’inquiétait pas trop. Si les choses tournaient mal, elle le sentirait, elle en avait la certitude. Les heures passaient, indifférentes à ce qui pouvait se passer, à ce qu’elles pouvaient produire sur les hommes. Dans tous les cas, elles aidaient au repos du garçon.
Chihiro, dans sa semi conscience, ne s’aperçut du réveil du futur Mizukage seulement quand il s’adressa à elle.


"Dis-moi, Chihiro, quel genre d’homme serai-je dans le futur ?"

La genin sourit, lui montrant qu’elle avait entendu sa question, et pourtant conserva son air pensif.

* Ainsi, cela l’intéresse. Shihan, toujours si certain de vous, il vous est pourtant arrivé de douter, et ce n’est pas la première fois que je le vois. Quel prix paye-t-on à toujours cacher ses sentiments ? Alors, à une période de votre vie, vous étiez franc à ce point ? Incapable de camoufler votre colère, votre peur, votre anxiété, votre curiosité ? Il vous est arrivé de compter sur d’autres personnes que vous-même… Mes parents par exemple… Et maintenant moi ? *

La jeune fille avança lentement vers le lit de Zabuza, n’osant s’asseoir par crainte de la réaction qu’il pouvait avoir, cet être si imprévisible. Elle parla d’une voix paisible, cachant son trouble.


"Voilà une question à laquelle il m’est difficile de répondre… Plus tard, tu seras fort car tu auras trouvé quelque chose à protéger de toutes tes forces. Tu auras des épreuves difficiles à surmonter, mais tu en viendras à bout. Tu auras des moments de joie et de peine, de réussite et de désespoir, comme tout un chacun. Ta souffrance future fera que pour tous, tu paraîtras un homme froid, insensible, calculateur, impitoyable, mais l’on te respectera et l’on t’obéira car tous sauront que tu agis pour le bien commun. De ton charisme, tu obtiendras l’admiration de ceux qui croient en toi, et ils seront nombreux. Tu trouveras du réconfort dans la réalisation des buts que tu te seras fixé, et par l’accomplissement de ta volonté, dans la considération que l’on te manifestera, car personne ne sera indifférent à toi, en bien ou en mal. Néanmoins, il y aura quelques personnes auxquelles tu te montreras tel que tu es réellement, c’est-à-dire quelqu’un de tellement… humain… Et c’est pour cela que ces personnes t’accepteront totalement, car avant, bien avant d’être le Démon de Kiri, tu es un être humain, nullement différent des autres. Simplement ton destin sera plus difficile que celui des autres, mais tu auras toujours un ami pour te soutenir et te permettre de continuer à avancer, et qui comptera sur toi…"

La kunoichi marqua une pause et ferma un bref instant les yeux, souriante.


"Le Zabuza que je connais est quelqu’un de bien."


Je suis une vilaine

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Sam 29 Avr - 17:48

Pour la première fois depuis des années, un sourire se dessinna sur mes lèvres. Je ne savais pas vraiment qui était cette Chihiro ni si elle disait vrai, mais elle semblait me connaître et m'apprécier, et ça c'était si rare...

Il y avait quelque chose dans le regard de cette jeune femme qui me donnait un sentiment de bien-être ; enfin je n'étais plus seul, plus malheureux, ni rejeté.


"Chihiro, je ne veux pas devenir le pion du Mizukage, ni une arme à la solde de Kiri, même si tu me dis que plus tard je serai un emblème pour ce pays, au moment présent, je veux juste... exister..."

Je me levai alors de mon lit et me mit à marcher pieds nus en direction de la fenêtre, puis l'ouvrit. Je regardai Chihiro dans les yeux et lui fit signe de me suivre.

"Viens, je veux te montrer quelque chose."

La jeune fille me suivit sans mot dire et finit par me rejoindre sur le toit de l'hôpital. J'étais déjà allongé sur le dos, regardant les étoiles. Chihiro vint s'asseoir à mes côtés et leva les yeux vers le ciel, m'imitant.

"J'aime regarder les étoiles, elles sont comme moi, seules dans l'immensité de l'univers."

"Ne dis pas ça, Zabuza. Tu ne seras jamais vraiment seul dans la vie qui t'attend."

"Je n'ai pas envie de penser au futur, je ne veux pas vraiment savoir ce qui m'attend demain. Pour le moment, je veux juste être au calme et ne pas avoir à me tourmenter..."

Chihiro ne répondit pas, mais elle comprenait parfaitement ce que le petit garçon voulait dire ; elle avait été dans le même état d'esprit que lui il n'y avait pas si longtemps que ça.

Doucement, elle s'approcha de Zabuza, lui passa la main dans les cheveux, puis prit sa tête et la posa sur ses genoux.


"Ne t'en fais pas, tout ira bien.."

"Dis, tout à l'heure tu as dit que j'aurais toujours un ami auprès de moi au long de ma vie. Qui est cette personne ?"

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Mar 2 Mai - 11:24

Levant la tête pour contempler l’immensité et la beauté étoilée du ciel nocturne, la jeune fille caressa avec douceur les cheveux du petit Zabuza. Aurait-elle l’occasion de rencontrer ses parents ici ? Que se passerait-il alors ? Elle doutait que cela soit réalisable d’une part, et d’autre part elle était là pour un but bien précis, qui n’était certainement pas de voir ses parents à une époque où ils étaient plus jeunes qu’elle.
Ses lèvres formèrent un demi-sourire, la kunoichi étant amusée à l’idée d’être plus âgée que ses géniteurs tout en ressentant la déception de ne pouvoir les connaître, même dans cet étrange endroit. Sans plus chercher à imaginer des événements qui ne se produiraient pas, elle se concentra sur la question qui lui était posée.


"Il ne s’agit pas d’une seule personne… Malheureusement, le temps passe et nous enlève ce qui nous tient à cœur. Nous devons toujours nous battre pour ce qui nous est précieux, pourtant il arrive fréquemment qu’on le perde.
A ce moment-là, vaincre le désespoir et la culpabilité qui s’emparent de nous est une épreuve difficile, toutefois nous y parvenons, et l’on finit par oublier, pour ne garder que les instants les plus forts, ceux qui nous ont marqué à vie, de magnifiques passages devenus souvenirs impérissables."


Chihiro soupira, rendue mélancolique et pensive par ses propres paroles. Elle se sentait seule, loin de chez elle, du village de Kiri qu’elle connaissait. Elle était tiraillée entre son envie de rentrer et son désir de venir en aide à son futur maître. Elle reprit d’une voix adoucie par la tristesse.

"La personne qui te soutiendra et qui comptera plus que tout pour toi, cette personne là changera indubitablement, Zabuza, mais jamais tu ne pourras dire que tu es seul. Si c’est l’impression que tu as, alors tu es aveugle… ou bien cherches-tu à fuir ?
Il y aura toujours quelqu’un pour se soucier de toi, quoi qu’il arrive, et qui te traitera en ami."


Le silence s’installa. Pas un lourd silence empli de malaise, non, un silence de réflexion, où chacun assimilait les paroles de l’autre, et ses propres paroles, se posait des questions, parvenait à des conclusions.
La genin s’interrogeait sur son invisibilité apparente. Personne ne la voyait, à part le jeune shinobi, en était-elle pour autant devenue immatérielle ? Si elle était prisonnière d’une illusion, en faisait-elle partie pour autant ? Que se passerait-il si, là, maintenant, elle repoussait le gamin de ses genoux, elle se levait et s’élançait par-dessus la barrière du toit ? Avait-elle la possibilité de périr ici ?
Mais la kunoichi ne repoussa pas Zabuza, ne se leva pas, et ne sauta pas du toit. Même si elle ne possédait pas de réponse, elle ne voulait pas expérimenter le résultat. Elle avait une mission à remplir, et pour en venir à bout, elle devait attendre la fin de la vision. Elle allait assister l’enfant jusque là, affronter avec lui ce qui se passerait le lendemain, et se rendrait utile pour lui.
Son devoir de kunoichi était d’obéir, et elle avait l’ordre tacite d’accomplir ce qu’elle avait entrepris avec le Mizukage. Qu’il soit absent ou pas ne changeait rien, elle atteindrait la lumière du fond du couloir de pierre, et saurait qui se joue ainsi de leurs sentiments et de leur souvenirs, de ses sentiments et de ses souvenirs perdus, lui arrachant des vérités qu’elle ne souhaitait pas énoncer, lui faisant prononcer des mots qu’elle aurait voulu garder cachés.
Elle ne faillirait pas.
Sa main, qui était restée en suspens alors qu’elle affermissait sa volonté, bravant son brûlant désir de revenir chez elle, reprit ses caresses sur les cheveux du genin nouvellement promu.


"Ne crois-tu pas que tu devrais être au lit ? Une dure journée t’attend demain, il me semble…"
s’exclama-t-elle d’un ton faussement réprobateur.


Je suis une vilaine

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Mar 2 Mai - 12:12

"Ne crois-tu pas que tu devrais être au lit ? Une dure journée t’attend demain, il me semble…"

"Je n'ai pas envie de savoir ce qui m'attend demain... Je sais que je vais devoir encore tuer des gens, me battre et faire des choses que je n'ai pas envie de faire..."

"Un shinobi n'a pas de place pour ses sentiments. C'est une arme à la solde de son village et de son Kage. Son devoir passe avant toute chose."

Je restai interdit quelques instants. Les paroles de Chihiro m'avaient troublé. Croyait-elle vraiment ce qu'elle venait de me dire ? N'étions nous juste que ça ?

"Tu penses vraiment que nous ne sommes que des objets ... ?"

"Non... Je pense que nous sommes bien plus que cela et que malgré notre devoir omniprésent, nous devons écouter nos coeurs. La phrase que je t'ai dite tout à l'heure me vient de mon maître."

"Il doit être sévère et impitoyable alors..."

"Il l'est souvent, mais il sait aussi être juste quand il le faut. Cet état d'esprit il le tient de ses expériences, de tout ce qu'il a vécu. Un jour tu me diras ces mots, et au début je ne te croirai pas, mais je me rendrai compte au fil du temps du véritable sens qu'ils contiennent..."

Je ne savais plus quoi dire. Alors un jour je serai un shinobi puissant et redouté et j'aurais Chihiro comme disciple... Tout cela me semblait si lointain et si compliqué.

La fatigue finit par avoir raison de moi et je m'endormis, la tête sur les genoux de la kunoichi. Un instant, elle voulut me réveiller et me dire de retourner dans mon lit, mais l'expression paisible qu'elle put lire sur mon visage l'en dissuada.

De longs instants passèrent ainsi. Chihiro contemplait l'enfant que j'avais été, se demandant ce que le lendemain me réservait. Quelque part elle était aussi inquiète que moi, peut-être par peur d'en apprendre plus sur son passé.

Une présence vint la tirer de sa rêverie. Shinzo, l'homme qui était a mon chevet en présence du Mizukage quelques heures auparavant se trouvait à présent sur le toit, accroupi au dessus de moi. Chihiro voulut dire quelque chose, mais le Jounin ne sembla pas la remarquer, comme tous les autres.


"Pauvre enfant, un bien triste destin t'attend. Et dire que je vais devoir faire de toi un shinobi..."

Shinzo me prit alors à bras le corps et me ramena dans ma chambre, veillant sur moi pendant de longs moments. On aurait pu croire qu'il avait peur de ce qui nous attendait le lendemain, du moins ce fut l'impression qu'il laissat à Chihiro.

Le lendemain matin, il revint pour me réveiller et me mener au bureau du Mizukage, puis me laissa seul avec lui. Le regard du vieil homme pesait sur moi ; on aurait dit qu'il lisait à travers moi et savait que j'avais peur.


"Tu sais pourquoi tu es ici, Zabuza ?"

"Non..."

"Je t'ai convoqué parce que tu es à présent un Genin de Kiri. L'examen d'hier... ne s'est pas vraiment déroulé comme je l'avais prévu ; cependant, le Démon de Kiri s'est manifesté et je n'ai plus besoin de le faire passer sous cette forme. Il sera changé à l'avenir."

"Le Démon de Kiri... ?"

"Tu comprendras le moment venu. A présent, je vais te présenter ton équipe. Vous travaillerez dorénavant tous les trois sous les ordres de Shinzo-sensei. Entrez !"

La grande porte du bureau s'ouvrit et je fut surpris de voir qui étaient les deux partenaires que le Mizukage m'avait choisi.

"Rokuro ! Yuhi !"

"Félicitations, Zabuza. Tu es enfin un shinobi de la Brume."

"Nous étions sûrs que tu réussirais."

"Ces deux-là ont expressément demandé à faire partie de la même équipe que toi. Etant donné ta situation, je ne peux faire autrement."

*Ma situation...*

Je restai muet, me demandant pour quelle raison le Mizukage semblait me porter tant d'attention à présent. Quel terrible secret planait au dessus de mon existence même ? Et surtout, qu'était-ce bien donc que ce "Démon de Kiri" ?


[Chihiro, Zabuza : +4 EXP RP]

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Mar 2 Mai - 13:20

Après avoir échangé encore quelques paroles où Chihiro tenta de démontrer à Zabuza l’ambiguïté du rôle du shinobi, le garçon ferma les yeux et s’endormit sur ses genoux. Elle hésita à le ramener dans son lit, et décida, attendrie, de n’en rien faire.
La nuit s’écoula avec lenteur, sans que Chihiro ne ressente la moindre fatigue. Elle demeurait silencieuse, effleurant parfois du bout des doigts le visage de l’enfant. Méditative, elle sombrait dans un demi songe délicieusement agréable, où ses pensées erraient sans but et ne la tourmentaient pas.
Alors qu’une brume insidieuse et glaciale envahissait les rues du village, à une heure où l’on ne sait plus s’il est tard le soir ou tôt le matin, un homme s’accroupit à ses côtés, observant avec compassion le petit Zabuza. Il y avait du regret dans sa voix lorsqu’il murmura, et de la résignation. Il s’empara délicatement de l’adolescent, et retourna dans sa chambre, où il l’allongea. Chihiro l’avait suivi comme une ombre, sachant qu’il ne la voyait pas. Elle s’adossa au mur face au lit, laissant le shinobi s’installer dans un fauteuil et veiller sur le sommeil du garçon avec attention.


"Zabuza, des gens te protègent, et tu ne les distingues pas…"
chuchota-t-elle.

Le matin arriva bien trop vite au gré de la jeune fille. Qu’allait subir celui qui deviendrait son maître ? Elle était agitée lorsqu’ils se rendirent au bureau du Mizukage, mais elle ne laissa pas paraître son inquiétude lorsqu’elle sourit avec confiance à Zabuza, l’encourageant. L’homme qui les avait accompagnés se détourna après s’être incliné devant le chef de Kiri.
Ce fut quand la porte se referma que le Mizukage consentit à entretenir Zabuza sur ce qui allait suivre.
La kunoichi était extrêmement soulagée de savoir que le passage au grade de genin allait être réformé. Une telle boucherie pour raffermir les jeunes cœurs n’était que pure cruauté. Elle aurait souhaité que l’homme développe une explication sur le Démon de Kiri, mais ce n’était à priori pas son but.
Il laissa ensuite entrer ceux qui deviendraient les partenaires de Zabuza, et les battements cardiaques de Chihiro semblèrent se stopper un long instant. La kunoichi parvint enfin à reprendre sa respiration, mais l’air inhalé paraissait lui brûler les poumons. Ses parents… Là, devant elle, si vivants, si… jeunes. En regardant Yuhi, la genin avait presque l’impression de se voir dans un miroir.


"Maman…"

Chihiro s’avança vers sa mère, mais celle-ci ne la regardait pas. La kunoichi réprima un sanglot et se mordit les lèvres pour retenir ses pleurs. Pourquoi ? Pourquoi une telle insensibilité à la souffrance qu’elle éprouvait ? Qui était capable de cela ? Dans quel but la blessait-on de cette manière ?
Elle osa enfin diriger son regard vers celui qui allait être son père, ne l’ayant encore jamais aperçu. Ses mains tremblèrent convulsivement, et elle laissa les larmes couler sur ses joues.


"Pourquoi tu ne me vois pas ?" siffla-t-elle, une pointe de haine dans le ton.

Elle se tourna vers le seul être qui connaissait sa présence. Elle lut sur son visage la joie d’être avec ses amis, la fierté d’avoir reçu leurs compliments, mais aussi la crainte… La crainte de l’inconnu et de l’incompréhension, la peur inspirée par les faibles connaissances qu’il possédait sur lui-même.
La kunoichi s’en voulut : elle s’était montré égoïste. Elle avait dit qu’elle le soutiendrait, elle se l’était promis et n’en avait rien fait. Elle devant faire une croix sur le passé, personne ne la remarquerait jamais ici, et ses parents ne reviendraient pas : ils étaient morts, et il fallait qu’elle cesse de se voiler la face. Ce n’était que de illusions, en aucun cas elle n’aurait la possibilité de leur parler réellement. Pour son futur maître, la situation était totalement différente.
Elle essuya ses yeux avec le bout de ses manches et se plaça derrière Zabuza, posant ses mains sur ses épaules de manière réconfortante. D’une voix rendue hésitante par ces pleurs, elle murmura à son oreille.

"Ne crains rien, Zabuza, tu dois être fier de ce que tu es. Je suis persuadée que tu apprendras à maîtriser le pouvoir que tu possèdes et qui te rend plus puissant que nul autre. Plus puissant mais plus faible. Ne reste pas aveugle."


Je suis une vilaine

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Mar 2 Mai - 14:39

La crainte qui m'avait envahi s'estompa lorsque Chihiro eut posé les mains et sur mes épaules et m'eut murmuré des paroles réconfortantes à l'oreille. Je lui aurait volontiers répondu à ce moment là, mais personne d'autre que moi ne semblait la voir. Rassuré, je repris la parole et m'adressai au Mizukage.

"Ma situation ? Qu'entendez-vous par là ? Que je suis un monstre ? Que les gens ont peur de moi et que seuls Rokuro et Yuhi veulent s'approcher de moi ?"

"Calme-toi, Zabuza. Je n'ai pas dit ça..."

"Et vous voulez me faire croire ça ? Je ne suis pas idiot, j'ai toujours été rejeté ne serait-ce que par mon nom ! Vous croyez que le fait d'avoir massacré tous mes camarades me rendra plus populaire ???"

"Arrête, Zabuza. Nous savons tous que ce n'était pas ta faute..."

La colère m'envahit alors que les paroles hypocrites du Mizukage résonnaient dans ma tête. Je baissai la tête et serrai les poings, et les dents. Une lueur rougeâtre se mit à briller dans mes yeux, et tous purent discerner une perturbation dans mon Chakra. Lentement, je relevai la tête et fixai le chef suprême de Kiri no Kuni.

"Je vous montrerai un jour... Je deviendrai le shinobi le plus puissant de ce village et je vous tuerai pour vous apprendre à décider de mon destin à ma place..."

"Zabuza, assez ! Tu n'as pas le droit de t'adresser au seigneur Mizukage de la sorte."

"Ce n'est rien, Rokuro. Quant à toi, Zabuza, menace-moi tant que tu veux, je ne te crains pas. Mais quitte à vouloir me tuer alors entraîne-toi, nuit et jour, sans relâche, et tue-moi si tu le peux. Il n'y a pas de honte à être vaincu par un adversaire supérieur, et lorsqu'un chef devient faible il faut le remplacer. Mais n'oublie pas que pour l'instant tu n'es qu'un apprenti shinobi et une déchet dont personne ne veut."

Pris de colère, je quittai la pièce en courant, cachant mes larmes.

"Zabuza !"

"Laisse-le partir. S'il a fui, c'est surement pour ne pas nous montrer sa souffrance. Il peut sembler dur et méchant, mais au fond de lui il a mal de ne pas être reconnu par les villageois. Peut-être la colère l'aidera-t-elle à se trouver."

"Rokuro..."

"Il a raison, Yuhi. Malgré son jeune âge, Zabuza a surement déjà pu faire l'expérience de toutes les afflictions dont peut souffrir le coeur d'un être humain. C'est aussi pour ça que j'ai accepté votre demande. Sans vous il cèdera au Démon de Kiri et pourrait devenir le pire danger que le village ait jamais connu. Si vous le soutenez, il deviendra surement un héros pour ce village."

"Malgré le respect que je vous dois, Mizukage-sama, vos raisons m'importent peu. Zabuza est mon ami, et Yuhi et moi sommes la seule "famille" qu'il ait. De ce fait, nous serons toujours à ses côtés, avec ou sans votre approbation. N'est-ce pas, Yuhi ?"

"... Oui, nous ne pouvons pas le laisser tomber. Lui en tout cas, ne nous abandonnerait surement pas."

"Bien, je vois que les liens qui vous unissent sont vraiment forts. En ce cas, je n'ai pas de souci à avoir pour l'avenir."

J'étais parti me réfugier sur les rochers, au bord de la mer. Ici, personne ne venait jamais me déranger, pas même les pêcheurs qui me considéraient comme un oiseau de mauvaise augure.

Ma main droite saignait tant j'avais frappé dans un des rochers et j'étais fatigué d'avoir pleuré toutes les larmes de mon corps. Chihiro finit par me retrouver et s'assit près de moi, en silence.


"Tu crois que le vieux a raison ? Peut-être effectivement que je ne suis qu'un dêchet comme il l'a dit..."


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MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Mar 2 Mai - 17:35

Le Mizukage s'y était pris de la mauvaise manière. Voilà ce que pensait la kunoichi en fouillant en tout sens Kiri pour retrouver Zabuza. Si semblable à celui qu'elle connaissait, mais totalement différent du village qu'elle aimait. Elle continua sa course éperdue, et chaque instant elle voyait l'espoir de retrouver la trace du garçon s'éloigner un peu plus.

*Ce n’était pas la bonne façon de s’adresser à lui. Il n’a pas confiance en lui-même, pourquoi le rabaisser ? Les mots avaient blessé l’enfant bien plus que ne l’auraient fait des coups. Je comprends à quel résultat voulait parvenir Mizukage-sama en agissant de la sorte, et il me semble qu’il a réussi, mais il y a d’autres moyens. Pourquoi toujours user de la violence, de la peur et de la provocation ?*

La leçon avait en tout cas porté ses fruits, Chihiro ne pouvait que le confirmer. En effet, des années plus tard, Zabuza emploierait la même technique à son encontre, pour que la jeune fille puisse aller de l’avant.
Mais elle n’était pas dans la même situation que son futur maître, quoi qu’elle-même avait du affronter cette épreuve dans la solitude. Elle avait été rassurée par ce que ses parents avaient dit sur l’amitié qu’ils portaient à Zabuza, elle était à présent certaine qu’il ne serait pas seul.
La réaction qu’il avait eue était compréhensible. Susciter sa colère à un tel degré revenait à s’en faire un ennemi, et la genin était sûre que le Mizukage le savait pertinemment.


*Alors voici l’homme que vous avez tué avec l’aide de mon père, Shihan…*

Chihiro s’arrêta pour reprendre son souffle, et surtout pour méditer sur la cachette la plus probable. Elle repensa aux différents endroits qu’elle avait traversés avec Zabuza. Le toit de l’hôpital lui était inaccessible, car l’on remarquerait aussitôt sa présence…
Où pouvait-il être ?
Elle emprunta une marche rapide, moins harassante qu’une course, et qui lui permettrait d’observer convenablement les environs.
Elle avançait à bonne allure le long de la mer, croisant des pêcheurs et des familles qui profitaient de la clémence du temps, quand elle aperçut un garçon assise sur des rochers.
Il avait ramené ses genoux contre sa poitrine et entourait ses jambes de ses bras, les poings serrés rageusement. Le menton posé sur ses genoux, il regardait l’horizon, une lueur haineuse dans les yeux. Chihiro remarqua le sang qui dégoulinait de sa main droite, mais ne s’en inquiétait pas outre-mesure.
Elle hésitait à s’installer à ses côtés, ne sachant comment l’adolescent réagirait à sa présence, devinant qu’il voulait peut-être rester seul. Toutefois, Zabuza s’adressa à elle, et elle se plaça près de lui.


"Tu crois que le vieux a raison ? Peut-être effectivement que je ne suis qu'un déchet comme il l'a dit..."

"C’est ce que tu penses ? Est-ce l’opinion que tu as de toi ? Un mot suffit à anéantir ta confiance ? Vis-tu à travers ce que les autres disent de toi ? Perds-tu espoir si facilement ? Te détestes-tu à ce point ?"


La kunoichi secoua doucement la tête, désemparée.

"Non, ce n’est pas comme ça que cela fonctionne. Montre lui qu’il se trompe, tu as toutes les capacités pour devenir un grand ninja de Kiri. Personne n’a le droit de te traiter de déchet, car même la personne la plus banale, la plus inintéressante, celle qui ne sait rien faire et qui n’a aucun talent, même celle-ci à un rôle à jouer ici-bas. Un jour, elle se découvrira une chose qu’elle seule est capable de faire, et sa vie sera éclairée par une autre lumière, elle se prouvera qu’elle n’est pas inutile. Tu peux devenir bien plus fort que Mizukage-sama, tu sais ? Tu peux devenir bien plus indispensable à Kiri qu’il ne l’est. Garde courage ! Bientôt il saura que de vous deux, le déchet n’est pas toi. Mais j’ai beau parler, il faut que ce soit toi qui en fasse l’expérience, que tu trouves la preuve toi-même de ton utilité au sein de Kiri, ou plutôt pour ce qui t’est précieux. Tu es en train d’éprouver l’ambiguïté entre ton devoir de shinobi et ton cœur d’homme. Montre leur que tu es bien plus que ce qu’ils ne voient !"


Je suis une vilaine

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Mer 3 Mai - 11:37

"Tu as surement raison ..."

Le désespoir avait une nouvelle fois laissé place à la colère. Ce jour-là, je me fit une promesse, celle de ne plus jamais verser de larmes, quelle qu'en soit la raison. Je serrai rageusement mon poing gauche et ramassai un galet de la main droite, puis le lançai à la surface de l'eau. Il ricocha plusieurs fois et à ce moment-là, la vision de Chihiro changea.

Le monde autour d'elle se brouilla, et de nouveaux évènements apparurent à ses yeux. Les cercles sur l'eau n'était plus laissés par le caillou, mais par le déplacement d'un Zabuza un peu plus vieux qu'il y avait quelques secondes ; il devait avoir quinze ans tout au plus.

La kunoichi reconnut l'endroit où elle se trouvait immédiatement : elle était dans les gradins du Bassin aux Requins, sur la surface de l'eau, Zabuza et Rokuro se battaient. Le Mizukage et les Jounin du village observaient le combat avec attention.


"Abandonne, Zabuza, tu ne peux pas me vaincre et tu le sais."

"Tu te trompes sur mon compte, Rokuro. J'ai changé depuis le temps. Aujourd'hui c'est moi qui vais te vaincre."

Rokuro fonça sur moi, tentant de me décocher un coup de pied dans les côtes. Prenant appui de ma main sur sa jambe, je passai par dessus lui et atterit dans son dos, kunai en main, et lui en portait un coup. D'un rapide mouvement de tête, il esquiva la lame et me retourna un coup du dos de son poing fermé. Je me baissai prestement, laissant sa main raser le sommet de mon crâne et reculai d'une cabriole.

"Tu te débrouilles plutôt bien. D'habitude tu n'es pas si agressif en combat contre moi."

"Aujourd'hui je suis motivé plus que jamais. Si je gagne je deviendrai Chuunin et je pourrai réaliser mon rêve !"

"Tu n'as toujours pas abandonné cette idée hein..."

"Le Mizukage m'a promis que si je réussissais il me confierait cette mission. Même si je dois te tuer, je ne peut pas laisser passer l'occasion."

"Tu es vraiment stupide ou quoi ??? Tu crois vraiment que même si tu arrives à rentrer dans la grotte tu pourras récupérer Kubikiri Houcho ? Depuis plus d'un siècle, tous ceux qui ont tenté ne sont jamais revenus ! Zabuza, je t'empêcherai d'y aller, quitte à te blesser gravement !"

"Je ne suis pas n'importe qui ! Je suis Zabuza Momochi, le Démon de Kiri. Maintenant je vais te montrer !

Kage Bunshin no Jutsu !"


Un autre Zabuza apparut à mes côtés. J'allais devoir montrer à Rokuro ce dont j'étais vraiment capable afin de pouvoir réaliser mes rêves pour l'avenir.

*C'est mauvais ! Zabuza a plus de Chakra que moi, je vais devoir ruser ; je ne sais pas quel coup il prépare.*

Les deux Zabuza reculèrent et l'un d'entre eux se mit à reproduire les sceaux du Suiton, alors que l'autre se plaçai devant lui pour le défendre. Rokuro fonça alors sur le deuxième et sauta par dessus lui pour affronter celui qui préparait un jutsu.

Il se mit à le frapper violement pour briser la chaîne de sceaux et fut trè surpris de voir qu'au bout de quelques coups, il se dissipa dans un nuage de fumée.


"Il a insufflé du Chakra dans son clone pour me leurrer ???"

"Tu compris vite, Rokuro, mais maintenant, c'est terminé.

Kirigakure no Jutsu !!!"


Un épais brouillard se leva sur toute l'arène, et tout ce que l'on put distinguer furent des bruits de combat et le son du métal qui s'enfonce dans la chair. Lorsque la Brume se dissipa, l'assistance marqua un moment de silence, horrifiée. Je me tenai derrière Rokuro, un kunai planté au niveau de ses reins et un autre au niveau de son coeur. Je relâchai alors mon étreinte et mon ami de toujours tomba dans l'eau, s'enfonçant vers le fond.

"Félicitations, Chuunin Zabuza Momochi."

Sans mot dire, je sautai en direction des gradins et passai devant Yuhi.

"Zabuza !!! Comment as-tu pu ???"

"Il vivra. J'ai évité les points vitaux. Je ne pourrai pas sacrifier un ami pour mon rêve, même si je dois l'atteindre coûte que coûte."

A ce moment là, Rokuro sortit la tête hors de l'eau. Les Jounins se précipitèrent pour le sortir et lui prodiguer les premiers soins. Yuhi se retourna à nouveau dans ma direction, mais je n'étais déjà plus là.

*Zabuza...*


[Chihiro, Zabuza : +4 EXP RP]

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Jeu 4 Mai - 14:37

Chihiro était partie à la suite de Zabuza, sans un regard vers ses parents.

Les voir était bien trop douloureux pour elle…
Elle devait tirer un trait là-dessus, elle n’était pas là pour ça. Mais porter les yeux sur sa mère et découvrir que le regard qu’elle lui rendait la traversait comme si elle était invisible la mettait à la torture. Elle préférait fuir ce contact visuel qu’elle seule percevait. De plus, elle était trop intimidée par son père avec lequel elle ne semblait pas avoir vécu longtemps, pour le regarder dans les yeux.

Elle devait se satisfaire de l’issue du combat, car elle comprenait les motivations de son futur maître, à présent à peine plus jeune qu’elle, et se félicitait de la décision de l’adolescent de ne pas avoir blessé son père mortellement. Cela aurait été inutile, le porteur du Démon de Kiri ayant obtenu ce qu’il souhaitait. Elle avait assisté au combat entre deux adversaires féroces et déterminés à atteindre la victoire malgré leur amitié, et cela l’avait fortement impressionnée. Rien à voir avec les combats d’étudiants dont elle avait été spectatrice, elle avait pu ici apercevoir la rage de vaincre que son maître tentait de distiller aux shinobi du village du brouillard.


*Alors il a réellement tenu ses engagements… Il est devenu chuunin et a battu mon père. Mais comme il semble froid ! Il a l’air de s’être endurci, et adopte un air imperturbable. Que reste-t-il de l’enfant expressif ? Dans quelle mesure est-il semblable à Shihan ?*


Rokuro voulait empêcher son ami de partir à la recherche du grand sabre qui ne le quitterait plus jamais par la suite. La genin savait qu’il reviendrait sauf de la grotte où gisait Kubikiri Houcho, et ne s’inquiétait pas, mais si les rumeurs prétendaient que personne n’en était revenu, l’acharnement que mettait son père à retenir Zabuza était justifié.
Par ailleurs, le chuunin se souviendrait-il d’elle et des conseils qu’elle avait essayé de lui prodiguer ?

Instinctivement, elle accéléra pour parvenir à sa hauteur et saisit sa manche comme elle le faisait habituellement avec le Mizukage. Subitement, elle se rendit compte que le jeune homme à ses côtés n’était pas son maître, au sens où elle ne le connaissait pas vraiment.
Elle relâcha le tissu et s’écarta légèrement, soudainement gênée.


"Félicitations pour cette victoire et ta promotion, Zabuza."


Je suis une vilaine

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Ven 5 Mai - 9:00

"Félicitations pour cette victoire et ta promotion, Zabuza."

Je me retournai vers la kunoichi et, imperturbable au début, finis par lui adresser un sourire. Comme toujours, sa présence me faisait du bien et me redonnait confiance en mes convictions.

"Merci, Chihiro. Si j'en suis là aujourd'hui, c'est grâce à toi. Tout ce que tu m'as dit précédemment m'a beaucoup aidé."

Elle et moi nous regardâmes longuement dans les yeux, puis je repris ma route, la jeune fille sur mes talons. Elle comprit immédiatement où je me dirigeai, reconnaissant la route menant à la Grand Fontaine de Kiri.

"Zabuza, pourquoi cherches-tu tant à t'approprier Kubikiri Houcho ?"

"On dit que c'est le Grand Sabre que portait le fondateur de Kiri no Kuni. Si je reviens avec, je deviendrai un symbole et je détiendrai la puissance nécessaire pour réaliser mon rêve."

"Tu as bien grandi alors..."

"Avant je n'avais rien. Maintenant j'ai cette raison d'être."

Nous continuâmes notre route en silence, jusqu'à ce que nous arrivions à l'entrée de la grotte. Chihiro put ressentir un vent glacial provenant des profondeurs de la terre.

"Tu peux venir avec moi si tu le désires. De toute façon, seul moi peut te voir on dirait."

Chihiro ne dit rien à ce moment là, mais elle fut rassurée de savoir que sa présence importait à mes yeux. Toujours silencieuse, elle me suivit, s'agrippant à nouveau à ma manche.

Après avoir erré de nombreuses heures dans des boyaux rocheux, et avoir marché sur et dans l'eau glaciale, nous finîmes par arriver devant un autel sur lequel reposait un sabre gigantesque. Chihiro reconnut immédiatement l'arme que son maître portait toujours dans le dos.


"Cela me semble bien facile..."

"La véritable épreuve commence maintenant je pense. Regarde tout autour de nous, il reste des ossements humains au niveau de l'autel. Mais je ne suis pas comme eux, je réussirai moi."

Je posai la main sur le manche de Kubikiri Houcho et relâchai mon Chakra, le faisant entrer en résonance avec l'autel. Une forme se dessina dans l'air, au dessus de nous ; à ce moment là, Chihiro laissa échapper un cri de surprise, reconnaissant la petite fille au masque de renard.

Cette dernière et moi même commencèrent à nous affronter du regard, ses yeux jaunes perçant jusqu'à mon âme. Sans que je ne puisse le contrôler, le Démon de Kiri refit surface en moi, et cette fois ce furent mes yeux qui prirent une couleur étrange et malsaine : rouge sang.

Aucun des deux ne lâcha prise, et, flottant dans l'air, Sorincha descendit à ma hauteur. Sans trahir la moindre émotion, elle enfonça sa main dans ma poitrine, au niveau de mon cœur. Un frisson me parcourut l'échine et transperça mon corps alors que je la sentit fouiller dans mes sentiments et mes souvenirs.

La petite fille sembla surprise et eut un mouvement de recul. J'esquissai un sourire et enfonçai à mon tour la main dans sa poitrine en la fixant dans les yeux. Nous restâmes ainsi, nous regardant fixement, de longues minutes. Chihiro, de son côté restai silencieuse et horrifiée. Ainsi son maître aussi avait rencontré cet étrange enfant de par le passé, c'était donc là la preuve que tous les trois étaient liés d'une façon ou d'une autre.


"Tu vois, moi aussi je suis comme toi. Il n'y a plus que la rancœur et la détresse qui me font vivre et autant l'un que l'autre, nous avons déjà versé toutes les larmes de notre corps."

Je relâchai ma poigne et retirai doucement ma main du corps de Sorincha. Cette dernière attrapa le bout de mes doigts de ses deux mains et me fixa à nouveau de son regard jaunâtre, qui me sembla bien moins malsain que quelques instants auparavant. J'aurai presque pu croire que j'y lisai de la tristesse, une tristesse semblable à la mienne, mais cette pensée me quitta bien vite.

"Promis, nous nous reverrons un jour, et comme tu le souhaites, j'oublierai tout jusqu'à ce moment."

L'enfant disparut alors, quant à moi, je tombai à genoux, épuisé, prenant appui sur Kubikiri Houcho afin de ne pas me retrouver face contre terre, mais l'épreuve que j'avais subi était bien plus éprouvante que ce que je ne l'avais pensé, et je sombrai dans l'inconscience au bout de quelques secondes.

"Zabuza !"


Dernière édition par le Sam 14 Oct - 11:25, édité 1 fois

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Ven 12 Mai - 16:56

"Zabuza !"

Le chuunin s'était effondré, épuisé par l'épreuve que lui avait imposé Sorincha.
Quel rôle jouait cette petite fille ? Quel lien entretenait-elle avec le futur Mizukage et la genin ? Chihiro ne parvenait pas à deviner les intentions de la fillette au masque, mais ce qui était certain, c'était qu'il suffisait qu'elle apparaisse pour que l'esprit de la jeune fille se trouble. Quand elle était là, la kunoichi cherchait désespérément un souvenir la concernant, où la moindre information qui pourrait lui indiquer son identité, en vain. Elle était profondément terrorisée rien qu'en regardant ses yeux jaunes.
Zabuza gisait dans l'inconscience, la garde du grand sabre nouvellement acquis serré dans sa main crispée. Elle le retourna sur le dos avec douceur, et desserra lentement ses doigts, posant avec respect Kubikiri Houcho à ses côtés.


"Quel est ton rêve, Shihan ?"

Chihiro s'était assise à ses pieds, ne sachant pas quoi faire. Elle soupira et lissait pensivement la manche de son vêtement.

*Je souhaiterais rester avec toi pour pouvoir te conseiller. En connaissant le futur, peut-être pourrai-je t'aider à éviter le pire... Je ne connais pas toute la vie de Shihan, c'est certain, mais je te serai certainement utile... De cette manière, est-ce-que mes parents auraient pu échapper à la mort ? Je ne serais pas orpheline dans ce cas, je n'aurais pas quitté Kiri, j'aurais vécu avec eux et je n'aurais pas perdu la mémoire...*

La kunoichi sentit le picotement familier qui lui brûlait les yeux, et avala sa salive, furieuse contre elle-même.

*Ne te laisse pas bercer par l'illusion, jamais tu ne pourras rien changer ici...
Ce n'est pas la réalité! Pourquoi faut-il toujours que je me torture en imaginant des choses qui ne se produiront jamais ?*


Elle se leva et fit quelques pas. Jamais elle ne serait capable de sortir de la grotte le garçon sans aide. Elle avait bien trop peur de se perdre dans les nombreux boyaux souterrains du fait qu'elle ne connaissait pas le chemin, et ils avaient marché pendant des heures. Le mieux était d'attendre le réveil de Zabuza. Finalement, il lui semblait qu'elle ne pouvait l'assister d'aucune manière, et son agacement fut renforcé par cette impression. Elle était toujours dépendante de quelqu'un, elle n'arrivait à prendre aucune décision par elle-même, et surtout elle ne parvenait pas à se sortir de cette situation. De quelle manière devait-elle soutenir le chuunin cette fois là ? Celui qui deviendrait son maître paraissait avoir trouvé un sens à sa vie, et était déterminé à poursuivre son but. Le combat contre Rokuro l'avait prouvé, il était prêt à tout pour atteindre son objectif. La kunoichi s'agenouilla sur le sol froid et posa la tête de Zabuza sur ses genoux, comme elle l'avait fait quand il était plus jeune. En s'évanouissant, son front avait heurté une pierre, et la jeune fille essuya le sang qui avait séché sur la blessure bénigne. L'obscurité, le froid et les ossements jonchant le sol lui donnaient des frissons d'angoisse, mais elle se força à rester calme, levant les yeux vers le plafond irrégulier de la cavité.

"Je crois que je t'en veux... Au nom de tes idéaux, tu m'as volé mes parents, Shihan. Je m'étais promis de te tuer, mais je n'en vois plus l'intérêt à présent. Ma raison a du étouffer mon ressentiment, depuis que j'ai appris la vérité et à te connaître. Mais je t'en veux toujours... Un peu."

Chihiro taisait le vertige qui s'emparait d'elle. Ce qu'elle avait évoqué avec sa mère, elle s'était juré de le cacher, et elle respecterait cela. Yuhi, elle, l'avait deviné, ce qui lui avait permis de lui confier à demi-mots ce qu'elle ressentait.
Les syncopes ne duraient jamais très longtemps, Chihiro le savait. Quand elle entendit le souffle de Zabuza changer de rythme, elle sut qu'il ne tarderait plus à s'éveiller. En effet, quelques minutes plus tard, le chuunin ouvrit les yeux. La kunoichi lui sourit et l'aida à se relever. Elle observa le shinobi ramasser le grand sabre, prenant appui sur lui pour compenser sa fébrilité. Il se passa une main sur les yeux pour en chasser le voile qui perturbait sa vision. Quand la genin fut sûre que l'état du jeune homme était revenu à la normale, elle s'approcha de lui.


"On rentre, maintenant ?"


Je suis une vilaine

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Sam 13 Mai - 22:20

"Je crois que je t'en veux... Au nom de tes idéaux, tu m'as volé mes parents, Shihan. Je m'étais promis de te tuer, mais je n'en vois plus l'intérêt à présent. Ma raison a du étouffer mon ressentiment, depuis que j'ai appris la vérité et à te connaître. Mais je t'en veux toujours... Un peu."

*Alors c'est ce que l'avenir me réserve... Quel est le but de ta présence, Chihiro ? Sachant ça, je devrais me méfier de toi, mais même en le voulant je n'y arrive pas..*

Je serai bien resté ainsi encore quelques temps, mais je ne devais pas laisser la jeune fille s'occuper de moi ainsi, je pourrais en perdre ma résolution et mes buts en m'attachant trop à elle. Je finis par ouvrir les yeux, ne laissant pas paraître que j'avais attendu ses paroles, puis sans oser la regarder, ramassai Kubikiri Houcho et me relevai.

"On rentre, maintenant ?"

"Oui, repartons ; nous n'avons plus rien à faire ici. A présent, le destin est en marche et plus rien ne pourra l'arrêter. Je possède Kubikiri Houcho, symbole du village de la Brume, je vais pouvoir redonner à Kiri sa gloire passée."

Chihiro ne put retenir un frisson à l'évocation de ces faits. Elle, elle savait ce qui allait arriver et ce qui allait advenir de notre pays pour les années à venir. Mais malgré toutes mes belles déclarations, elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'autre chose me motivait dans ma quête.

Nous errâmes à nouveau pendant des heures dans les souterrains, nous appuyant l'un sur l'autre, épuisés que nous étions. Alors que nous ne voyions toujours pas la sortie, Chihiro trébucha et tomba. La fatigue avait eu raison d'elle, et la jeune fille ne trouvait plus la force de se relever.


"Je suis désolée, mais je n'en peux plus..."

"C'est normal. Cette grotte n'est pas ordinaire. La fatigue que nous ressentons attaque notre corps et notre esprit. Il faut garder son Chakra concentré à tout moment."

Je pris Chihiro sur mon dos et me remit en route. Il ne fallait pas rester ici si nous voulions vivre plus longtemps. Au bout de quelques heures, nous aperçûmes la lumière du jour. Sans hésiter, je me dirigeai vers la sortie et nous menai hors de la grotte.

Alors que nous sôrtimes de la structure rocheuse, la scène changea. Chihiro fut alors témoin d'un spectacle qui lui glaça le sang. Nous étions à présent dans une fôret ; Rokuro affrontait un shinobi qui le gardait à distance respectable, alors que Yuhi subissait les assauts d'un maître Taijutsu et que moi j'étais paralysé par ce qu'elle reconnut immédiatement comme une Pupille de Peur.


*Je ne veux pas... Je ne dois pas mourir maintenant... Je ne veux pas que Yuhi meure...*

Mes yeux virèrent au rouge, comme lorsque j'étais dans la fosse, et la colère me fit sortir du Genjutsu. Mon adversaire fut si surpris qu'il ne put esquiver le coup de Grand Sabre qui sépara sa tête de son corps.

Fou de rage je me jetai sur l'adversaire de Yuhi. Il comprit de suite que j'étais bien plus dangereux qu'elle et se décida à m'affronter, alors qu'elle restait tétanisée par la peur. Plusieurs fois il me frappa, s'attendant à ce que j'évite ses coups, mais je n'en fit rien. Je restai sur mes positions et le frappai de ma lame jusqu'à ce qu'il tombe au sol, puis encore après.

Alors que je frappai ce qui n'était plus qu'une bouillie sanguinolante, Yuhi, qui était déjà genoux au sol, n'en put plus et m'attrappa par la taille, me suppliant d'arrêter ce massacre.


"Arrête, Zabuza !!! Je ne veux pas voir ça..."


[Chihiro, Zabuza : +4 EXP RP]

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Dim 14 Mai - 11:49

Chihiro, brisée par la fatigue, tremblait sporadiquement. L'épuisement n'était pas tant physique que mental, elle souhaitait que ça s'arrête, que l'on se lasse de ce jeu pour la laisser retourner dans le monde auquel elle appartenait. Elle savait bien que rien n'exaucerait son souhait, et qu'elle devait tenir jusqu'au bout, malgré tout ce qu'on pouvait lui faire subir.
Ce n'était pas la première fois qu'elle voyait le Démon de Kiri à l'oeuvre. Cependant, il semblait qu'à présent Zabuza l'avait accepté comme faisant partie de lui-même, et qu'il y avait recours. La kunoichi n'avait jamais vu une telle haine dans ses yeux, tandis que le shinobi s'acharnait sur celui qui s'en était pris à Yuhi, continuant à le frapper alors qu'il était déjà mort, jusqu'à ce que l'homme soit méconnaissable.
Le coeur soulevé, Chihiro avait fermé les yeux face à cette scène insupportable, tétanisée de dégoût, se crispant un peu plus à chacun des cris de l'adversaire de sa mère.
Elle entendit l'interpellation de cette dernière, et vit qu'elle retenait Zabuza, couvert du sang, son regard rouge si effrayant.
Encore une fois, la jeune fille se posa la question. Quelle relation entretenait son maître avec l'entité qui le hantait ?
Voir ses parents la laissait plus ou moins indifférente. Ils appartenaient à un passé qu'elle ne pourrait jamais atteindre, malgré son désir brûlant de les voir lui sourire ou s'adresser à elle, de se rendre compte de sa présence. Mais elle savait qu'il n'en serait rien, et n'espérait plus. Elle était seulement spectatrice des souvenirs du futur Mizukage, totalement impuissante à changer quoi que ce soit.
Pourquoi voulait-on qu'elle voie cela ? C'était trop, ou pas assez. Elle ne se sentait pas à sa place, ayant l'impression qu'elle épiait des choses que son maître aurait voulu garder cachées. Mais cela aiguisait sa curiosité, et elle aurait voulu en connaître plus, comprendre le passé de Zabuza qui lui semblait si mystérieux. Ce qui lui semblait certain, c'est qu'elle sera liée à lui, plus qu'à n'importe qui, lorsqu'elle aura surmonté ces épreuves... Si, pour le moins, ce qu'on lui montrait était la vérité...
Lorsque ses nausées s'apaisèrent, elle avança vers le trio. Son père avait vaincu le shinobi qu'il affrontait, sans efforts apparents, car l'homme avait perdu toute sa concentration par la peur que lui avait inspiré la mort de ses compagnons. Jamais elle ne jeta un coup d'oeil en direction des corps inertes, et serrait les poings pour arrêter ses tremblements.
Etait-ce le destin qui l'attendait ? Tuer des personnes inconnues, qui avaient sans doute une vie, une famille qui attendait leur retour et qui pleurerait leur départ, tuer sans la moindre hésitation pour ne pas être tuée ? Etait-ce vraiment ce qu'elle désirait ? Non, elle détestait le combat. Pourtant, elle avait porté des coups à Tomohiko, un camarade. Pourtant, elle savait que si son maître le lui demandait, elle tuerait, pour le bien de Kiri, pour son propre salut, pour protéger ce qu'elle aimait. Les raisons pour qu'elle ne retienne pas ses attaques étaient nombreuses, et elle avait ça dans le sang apparement.
Chihiro doublerait ses efforts, quoi qu'on lui demande, le défi ne serait jamais trop difficile. Aller à l'encontre de ses principes, voilà son catharsis, voilà ce qui purifierait son âme du sentiment dont elle avait tellement honte.
Elle devait toutefois reconnaitre que c'était grâce à ce qu'elle ressentait qu'elle persévérait sur la voie qu'elle avait choisie, bravant sa répulsion du meurtre.
La kunoichi sentait la tension dans l'air, s'apercevait combien ses parents et son maître semblaient gênés, troublés par ce qui s'était produit. Le silence était lourd, pesant. Le regard de Yuhi était-il chargé de reproche ou de crainte ? Ce qui était certain, c'est qu'elle n'osait plus regarder celui qui l'avait sauvée. Rokuro, lui, ne savait que dire, et paraissait attendre que quelqu'un se décide à dénouer la situation, sans oser prendre l'initiative.


"Pourquoi une telle fureur, Shihan ?" demanda-t-elle d'un ton calme.

L'appelation lui avait échappée. Mais, après tout, son maître et le chuunin étaient la même personne, bien que de différentes époques.

"Que savez-vous sur le Démon de Kiri ? Je ne comprends pas..."

Elle ne comprenait pas, mais se tut. Elle venait de se rendre compte que Zabuza ne pouvait lui répondre tant que ses parents se trouvaient avec lui. Elle avait tellement envie d'en savoir plus sur le Démon, et de questionner le jeune homme.

*Nous en parlerons plus tard, si on nous en laisse l'occasion...*


Je suis une vilaine

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Lun 15 Mai - 10:49

La voix de Yuhi arrêta mon geste immédiatement. Peu à peu, la colère me quitta, et le voile rouge qui avait enténébré mon esprit se dissipa. Plus aucun de nos ennemis ne respirait encore ; nous avions accompli notre devoir de shinobi.

La kunoichi relâcha son étreinte et fondit en larmes, Rokuro resta interdit, quant à moi, je remis Kubikiri Houcho dans mon dos en silence. En me retournant vers mes camarades, je put lire de la peur dans leurs yeux, une peur qui n'était dirigée qu'envers ma personne.

Détournant le regard, je repris la direction du village de la Brume, les laissant seuls. Chihiro, contrairement aux autres me suivit. J'attendis d'être sûr que nous fûmes seuls avant de lui adresser la parole.


"Pour répondre à ta question de tout à l'heure, je ne sais pas comment je suis rentré dans cet état de folie meurtrière. Je sais juste que chaque fois que la mort me guette, comme dans la fosse, je perds le contrôle de moi même.

Je ne sais pas vraiment ce qu'est le Démon de Kiri ; j'ai entendu le Mizukage en parler mais il ne m'a jamais dit ce que c'était vraiment. Tout ce que je sais, c'est qu'il est en moi."


Chihiro écouta mes paroles, inquiète et dans l'incompréhension la plus totale. Tant de choses semblaient être liées, mais elle n'arrivait pas à trouver le fil conducteur. Ce qui la troublait le plus était la promesse que j'avais faite à Sorincha dans la grotte. Pour quelle raison avais-je juré d'oublier ?

La kunoichi se rendit compte que cela faisait quelques temps qu'elle n'avait pas vu le vrai Zabuza. Elle se demandait où il pouvait être et s'il allait bien. Elle eut un peu honte de ne pas avoir pensé à lui avant et se rendit compte que l'endroit où elle se trouvait à présent n'était pas son monde. Cette dernière pensée la mina tout le long du chemin du retour.

Quant à moi, je restai silencieux tout le reste du chemin. Je repensai à la peur de Yuhi et à son geste. La seule personne au monde dont je voulais l'affection me voyait à présent comme un monstre et me rejetterait surement.

Arrivé à Kiri no Kuni, je me rendis sans attendre au bureau du Mizukage et lui fit mon rapport sur la mission que nou venions d'accomplir. Ce dernier m'écouta attentivement et me demande de prendre congé.


"Mizukage-sama, j'ai une requête à vous présenter."

"Parle, Zabuza. Je t'écoute."

"Je souhaite passer les tests pour devenir Jounin."

"Déjà ? Ta passation au grade de Chunin ne date que de quelques mois, ne penses-tu pas que c'est prématuré ?"

"J'ai bien réfléchi. Je suis prêt."

"Pour que tu viennes me faire une telle demande, j'imagine que quelque chose s'est produite, sinon tu ne songerais pas à te séparer de tes compagnons, qui ne sont d'ailleurs pas au rapport."

"L'attachement que j'ai pour eux est une faiblesse que je dois éliminer. De plus, je pense être plus efficace seul ; ils ne sont plus à mon niveau depuis que j'ai battu Rokuro et pris possession de Kubikiri Houcho."

Le Mizukage me regarda et aquiesca de la tête. Il savait surement quelles étaient mes vraies motivations, même s'ils ne les évoquaient pas. Sans mot dire, il ouvrit un des tiroirs de son bureau et en sortit un papier aux entêtes de Kiri. Il griffonna quelques mots dessus, puis porta à nouveau son regard sur moi en me tendant le formulaire.

"Voilà ta convocation pour les tests. Ils auront lieu la semaine prochaine ; sois à l'heure."

"Merci, Mizukage-sama."

Une fois sorti de l'office du vieil homme, je me dirigeai vers la plage et allai m'asseoir sur les rochers comme à mon habitude. Chihiro ne m'avait pas quitté une seule seconde depuis mon retour, mais je ne savais pas quoi lui dire. A ce moment là, je me sentis désespérément seul.
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