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 L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)

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MessageSujet: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Mar 4 Avr - 10:01

Rappel du premier message :

Cela faisait déjà plusieurs jours qu'Hikke n'avait pas donné signe de vie. Je m'interrogeai aussi sur le rapport entre la présence de Chihiro et la disparition du grand dragon, sachant que ces deux évènements avaient eu lieu à quelques heures d'intervalle.

Je me demandai ce qui se passait à la surface. J'espérai que Satsushiki ne fut pas arrivé aux portes de Kiri et que le village ne soit pas en danger. Hikke m'avait dit qu'il me renverrait là bas le moment venu, et bien que je lui fasse confiance, je n'oubliai pas les paroles de Shinobu.

L'ancien Mizukage m'avait mis en garde contre son "ami". Même si le dragon protégeait Kiri, il était de nature vicieuse et empli de rancoeur. Malgré ce, je n'avais pas d'autre choix que d'attendre.

Alors que Chihiro et moi étions en train de nous entraîner encore et encore, la voix d'Hikke vint nous tirer hors de notre occupation.


*Mizukage, Enfant, il est temps... Le Kazekage s'est mis en marche ; le moment est venu pour vous de découvrir la vérité...*

La kunoichi et moi nous regardâmes, interdits, pendant quelques instants. Dans ses yeux, je pouvais lire un mélange de crainte et de peine, à contrario elle put voir dans les miens un sentiment d'impatience mélé à de l'excitation.

"Shihan... Que va-t-il se passer ?"

"Je ne sais pas exactement, mais je pense que je tiens enfin le moyen de vaincre le Kazekage, et cela me suffit. Hikke, dis m'en plus."

*Je ne le peux, Zabuza... Ce n'est pas à moi de le faire, mais tu trouveras les réponses de toi même. Si tu survis à ce qui t'attend, tu pourras me regarder dans les yeux sans trembler. Si tu échoues, l'Enfant mourra. Et si elle périssait avant que tu ne réussisses, tu ne pourrais revenir dans ton monde...*

"Je ne compte pas échouer. Envoie nous là où nous devons aller, il n'y a plus de temps à perdre."

*Si tel est ton choix...*

Nous ne pouvions toujours pas voir le grand dragon, tout laissait à penser qu'il n'était pas physiquement là, mais son esprit, par contre, ne nous avait surement jamais quitté.

Un tourbillon se forma au milieu de l'eau du lac et s'éleva dans les airs pour finalement prendre une forme circulaire semblable à un grand miroir. En regardant dans la masse aqueuse, nous pûmes apercevoir un passage de l'autre côté.


*Ma mission s'arrête ici, je ne peux rien de plus pour vous... Nous nous reverrons à la sortie, si vous revenez...*

"Bien, viens Chihiro, nous partons."

*Une dernière chose, Mizukage... Celle qui t'apportera la vérité se trouve de l'autre côté du portail, mais fais bien attention, ce que vous allez voir risque de vous changer radicalement...*

"Celle..? Que veux-tu dire ?"

Mais Hikke n'était déjà plus là. J'avançai en direction du portail, sans trembler ; Chihiro par contre, n'était pas rassurée, quelque chose lui glaçait le sang et elle n'aurait pas su dire quoi. Au moment où nous traversâmes la porte, elle se saisit de ma manche et ne la lacha pas tant que nous ne fûmes pas arrivés de l'autre côté.

Nous étions à présent dans un tunnel rocheux. La seule source de lumière en ce lieu se trouvait loin devant nous, ainsi nous nous dirgeâmes dans sa direction.

Quelque chose me troublait. Je savais que nous n'étions pas seuls, Hikke me l'avait dit, mais la présence que je ressentai était identique à la sienne, en plus maléfique...

Alors que nous avancions vers la lumière, un rire d'enfant retentit brièvement. A quelques mètres devant nous apparut une petite fille, vêtue d'un hakama rouge et d'un kimono blanc, arborant un masque de renard.


"Qui es-tu ?"

Chihiro resta figée d'effroi. Des images qu'elle avait oubliées lui revinrent en tête. Elle se vit accrochée à un rondin de bois, dérivant sur la mer, et la petite fille à ses côtés. Une larme roula le long de la joue de la kunoichi alors que l'inconnue disparaissait...


Dernière édition par le Mar 11 Avr - 9:52, édité 1 fois

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MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Ven 19 Mai - 15:30

Chihiro était debout, les mains dans le dos, les yeux fermés. Elle profitait du silence si particulier de la mer. Le refrain des vagues, qui lui avait paru si bruyant quelques minutes auparavant, n'était plus qu'un doux murmure qui apaisait son esprit tourmenté.
Elle se sentait lasse, terriblement lasse, et sa seule envie était de rentrer chez elle. De retrouver le monde dans lequel elle vivait, de revoir les gens qu'elle connaissait et de quitter cette affreuse illusion où elle ne distinguait plus le mensonge de la réalité.
Son maître lui manquait, et elle avait été tellement préoccupée par ce qu'elle vivait qu'elle en avait oublié sa disparition durant quelques temps. Elle en avait éprouvé de la honte, puis c'était finalement dit qu'elle ne pouvait affronter qu'un seul problème à la fois. Tant qu'elle ne serait pas venue à bout de ce songe, elle ne pourrait venir en aide à Zabuza. Ainsi, elle prit la décision de le secourir dès qu'elle retournerait dans le souterrain.
Depuis combien de temps était-elle là ? Combien d'heures, de jours, de semaines, de mois ? De quand datait son départ de Kiri ? Elle n'arrivait pas à estimer le temps passé, ne se souvenant même plus à quand remontaient ses dernières paroles avec Shinobu et Darok.
Mais cette mission inattendue lui avait permis de rencontrer le Mizukage d'un telle manière qu'elle le connaîtrait mieux que personne par la suite. Elle avait découvert cet enfant empli de crainte, cet adolescent déchiré par ses doutes et ses désirs qu'il avait été. A travers ce qu'il avait vécu, elle avait eut un aperçu de le vie qu'avaient mené ses parents, avant sa naissance. En rien elle n'était renseignée sur son enfance, mais elle entendait maintenant les liens qui s'étaient tissés entre le trio.
L'amitié semblait être une chose difficile à entretenir, et ce sentiment n'entravait-il pas le rôle qu'il avaient à tenir ? Apparemment non, puisque Zabuza n'avait pas hésiter à laisser le Démon de Kiri agir, sans se soucier des conséquences. Toutefois, il subissait à présent les effets de son geste, et la kunoichi, sans doute aucun, se devait de lui venir en aide. La solitude n'aide personne lorsqu'on se sent envahi par le désespoir.
Ainsi, alors qu'elle aurait souhaité demeurer dans cette paix, dans cet instant de tranquillité qu'elle dégustait lentement, elle sut qu'elle devait sortir de son mutisme, et que son devoir n'était pas de se renfermer sur sa propre personne. Examiner ce qu'elle ressentait était une chose, mais s'apitoyer sur son sort comme elle en avait envie était hors de question.
Elle ne parvenait pas à trouver un moyen efficace de rassurer le chuunin. Elle comprenait parfaitement sa décision, mais il lui semblait que le jeune homme oubliait une chose importante. Elle l'observait à la dérobée, assis sur les rochers dans la même posture qu'il avait adopté lorsqu'il était enfant et qu'il était venu se réfugier à cet endroit précis. La genin ne bougea pas et poussa un soupir audible, rouvrant les yeux pour contempler l'étendue d'eau embrasée par les derniers rayons du soleil.


"As-tu si peu confiance en tes amis, Zabuza ?" demanda-t-elle d'une voix douce.

Sans attendre de réponse, elle continua, le regard perdu dans l'horizon.

"Ils craignent le Démon, pas Zabuza. Ils ont peur de ce que la créature qui t'habite pourrait te faire endurer, que tu perdes le contrôle et qu'il t'arrive quelque chose d'irréversible. Ce n'est pas toi qui les effraie, ce sont tes... capacités peu ordinaires. L'amitié qu'ils ressentent pour toi ne s'est pas évanouie aujourd'hui. Ils ont été épouvantés car tu n'étais plus toi-même, mais ont parfaitement compris la nécessité de ton geste. Tu ne serais pas intervenu, Yuhi serait morte, ou pour le moins grièvement blessée. Laisse-leur le temps de s'en remettre, et tu verras que tu n'as rien perdu. Ils t'ont accepté, Zabuza, tel que tu es, et ils ne reviendront pas sur leur décision. Chaque fois que tu auras besoin de soutien, ils seront à tes côtés, quoiqu'il leur en coûte..."

Chihiro avait tenté de bannir l'amertume qui l'envahissait lorsqu'elle prononça ces derniers mots. Elle savait que le prix des actions qu'entreprendrait son maître serait la vie de ses parents, mais elle ne pouvait, dans tous les cas, empêcher ce qui se passerait.

"Apprends à compter sur le lien qui vous unit. Il ne cassera pas, je peux te l'affirmer, quelle que soit la décision que tu prennes. Aujourd'hui, tu as choisi une voie qui t'éloignera d'eux, sans doute, mais pas autant que tu ne le penses... Ils n'ont peut-être pas ton niveau, mais ils sont pour le moins aussi déterminés que toi. N'essaie pas de te débarrasser de cette amitié pour les protéger de toi, ou pour n'importe qu'elle autre raison. Car, pour le coup, tu t'attirerais réellement leurs foudres, et cette fois ci, ils t'en voudraient de les laisser en arrière. Ne regrette pas l'objectif que tu t'ais fixé, fais tout pour l'atteindre, mais assure tes arrières, n'oublie pas ceux qui t'ont soutenu, et qui te soutiendront jusqu'au bout."

Un sourire étira les lèvres de la jeune fille quand elle se tourna vers le futur dirigeant de Kiri.

"Je ne suis pas très douée pour les discours, et je ne veux pas devenir moralisatrice. Je te dis simplement ce que je pense, et c'est à toi de voir ce que tu veux faire de mon avis. Mais peut-être qu'une vision extérieure t'éclairera sur des aspects que tu avais négligé, bien que je ne sois pas fine observatrice et que mes jugements ne soient certainement pas sans faille. Je ne détiens pas la vérité, et ce n'est pas à moi de décider de ce que tu vas faire, et je ne veux pas t'influencer. Je voudrais juste t'aider."


Je suis une vilaine

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Lun 22 Mai - 10:47

"En fait, ils sont bien plus forts que moi, parce qu'ils s'aiment. Chacun donne la force à l'autre de se battre et survivre. Chacun est une raison d'exister pour l'autre, mais moi... moi je n'ai rien de tout ça. Malgré tout, je suis seul et je ne peux compter qur moi pour me donner une raison d'avancer. C'est pour ça que je souhaite quitter le groupe."

Chihiro et moi restâmes silencieux un long moment. Je ne savais quoi dire. Je me doutais qu'elle avait compris la nature de mes sentiments pour Yuhi et le trouble que cela engendrait pour moi vis à vis de Rokuro. Mais ces choses là, je ne pouvais les dire à personne et devait les garder pour moi. Finalement, ce fut elle qui brisa le silence.

"Tu devrais peut-être aller lui en parler. Même si elle ne partage pas tes sentiments, elle ne peut pas te détester. Et si elle te dit clairement les choses, alors tu seras fixé et pourras tirer un trait."

"Tu as sûrement raison..."

Je restai assis sur mon rocher, à jeter des galets dans l'eau, pendant encore une bonne heure, puis me dirigeai en direction de l'hôpital, où Yuhi devait certainement être. Chihiro se contenta de me suivre de loin.

Je toquai à la porte de la chambre que l'on lui avait assigné et entrai. Evidemment, Rokuro était là lui aussi, et à leurs regards je compris qu'il y avait quelque chose entre eux, ce quelque chose que je ne pourrai jamais obtenir.


"Je vous dérange ? Je peux revenir plus tard si vous le voulez..."

"Non, reste. Je m'inquiétais de ne pas te voir en arrivant au village, mais le Mizukage nous a dit que tu nous avait précédé et n'était pas blessé."

"C'est tout ce qu'il vous a dit ?"

Un silence pesant règna sur la pièce suite à cette question. Alors le vieil homme les avait déjà mis au courant... Que voulait-il bien faire ? Avait-il encore quelque chose de prévu pour moi ? J'eus la sensation que mon destin ne m'appartenait pas vraiment.

"Je vais vous laisser. Je crois que ce n'est pas à moi de t'en parler."

Rokuro se leva du tabouret sur lequel il était assis et se dirigea vers la porte. Nos regards se croisèrent alors. Dans celui de mon ami se lisait un mélange de colère et de tristesse, dans le mien de la lassitude et la douleur de prendre cette décision. Puis, il sortit.

Je m'avançai du lit de la convalescente et m'adossai au mur, près de la fenêtre. Je n'osai pas la regarder ni lui adresser la parole. Je savais que quoi que l'on dise, nous allions nous blesser et surement nous dire adieu.


"Zabuza... Pourquoi veux-tu nous quitter ?"

"Le Mizukage vous l'a déjà dit. Je veux devenir Jounin. Je pense que nous n'avons plus le même niveau vous et moi. Et j'ai un rêve à accomplir."

"Pourquoi te caches-tu toujours derrière ce masque, même avec nous ? Pourquoi ne dis-tu jamais ce que tu as vraiment sur le coeur ?"

"A quoi bon ? Cela serait voué à l'échec. Je préfère tirer un trait sur tout ça et vivre pour moi."

"Ce n'est pas facile pour moi non plus tu sais..."

"..."

"J'aurais préféré me comporter en kunoichi digne de ce nom et faire passer mon devoir avant mes sentiments, mais je ne peux pas. J'aime Rokuro, et je comprends ce que tu ressens aussi, mais je ne peux pas aller à l'encontre ce que mon coeur me dicte..."

"Alors tout est dit..."

"Tu vas nous quitter, n'est-ce pas ? Tu vas nous fuir à cause de moi et nous abandonner..."

"Je vais aller chercher mon destin ailleurs ; c'est tout."

"Reste s'il te plait... Nous avons besoin de toi..."

"Ma décision est prise. Adieu, Yuhi. Je compte sur toi pour faire part de la nouvelle à Rokuro."

Sur ces derniers mots, je quittai la pièce, laissant Yuhi seule avec ses larmes et filai vers ma zone d'entraînement.

"Idiot..."

Chihiro me suivit de loin. Elle avait tout entendu de derrière la porte. Une fois arrivé dans la région des grands lacs de Kiri, je sautai au sol et me retournai vers le dernier arbre sur lequel j'avais mis le pied, écrasant rageusement mon poing contre son tronc.


[Chihiro, Zabuza : +4 EXP RP]

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Mer 24 Mai - 22:51

"Shihan..." murmura-t-elle.

Chihiro n'osait s'avancer, rendue indécise par la fureur qui émanait du jeune homme.
Que pouvait-elle faire ? C'était inéluctable, elle le savait, et ne pouvait tenir rigueur à sa mère d'avoir écouté ses sentiments. Elle-même ne pouvait pas se le permettre, alors elle comprenait la décision de Yuhi, et était persuadée que celle qui l'avait mise au monde connaissait les conséquences de son acte. Malgré toutes les supplications qu'elle aurait pu lui adresser, Zabuza ne serait pas revenu. C'était bien trop dur. Blessé dans sa fierté et dans son amour, il ne pouvait que s'éloigner du couple.
Le temps apaiserait sa douleur. Viendrait l'époque où l'amitié qui liait les trois chuunin renaîtrait de ses cendres. Elle n'était pas morte, de toute façon. Leur lien était plus fort que cela, même si le futur Mizukage le reniait pour l'instant.
Rokuro... Elle trouvait le comportement de son père lâche. Elle ne sentait pas proche de lui, ou moins de lui que de sa génitrice en tous cas. Il aurait du parler avec Zabuza, c'était son meilleur ami après tout. Personne n'était responsable de ce qui se passait, mais elle avait l'impression que son père avait fui des explications qui auraient peut-être été nécessaires. Toutefois, il était impossible pour le moment de parler avec celui qui deviendrait jounin dans peu de temps; sa colère était bien trop vive.


"Shihan ?"

Il lui tournait le dos, les épaules affaissées, la tête baissée, silencieux. La kunoichi inspira et retint son souffle quelques secondes, réunissant son courage.

*Je ne sais pas si ce que tu as fais était un bon choix, mais...*

Si douloureux. Si la kunoichi avait eu à choisir, elle aurait préféré être dénuée de émotions. Comme elle le comprenait ! Et comme elle se sentait incapable à lui venir en aide ! Elle se doutait que Zabuza avait compris, dès qu'il avait fait connaissance avec elle, que jamais Yuhi ne lui appartiendrait. Il avait simplement mis fin à ses vaines espérances, ce soir.

"C'est mieux ainsi. Si tu avais caché cela, même si elle le soupçonnait, ça n'aurait fait qu'empirer les choses. La situation est claire maintenant entre vous, et ne le regrette pas. Tu le savais au fond de toi..."

Ses propres paroles lui faisaient mal. Tout ce qu'elle fuyait était devant ses yeux, cette souffrance aurait pu être sienne.

"Cela vaut mieux que fuir ! Tu aurais toujours été peiné de la voir avec lui, inaccessible, ignorante de tes tourments. Elle le sait à présent, n'éprouve pas de remords !"

*Mais...*

Zabuza ne réagissait pas. La kunoichi avait haussé le ton, non pas de manière agressive, mais l'on entendait dans sa voix toute la détresse qui était tapie au fond de son âme. Malheureuse, traversée par une tristesse sans bornes parce qu'elle comprenait trop bien ce que son maître pouvait ressentir, elle s'approcha de lui et lui saisit avec hésitation la manche.

"Shihan..."

*Mais, même si tu es persuadé du contraire...*

"... Elle t'a repoussé, c'est vrai. Mais ne pense pas que tout est fini pour vous, même si ça ne sera jamais ce à quoi tu aspires tant."

Chihiro retenait les larmes menaçantes, consciente que les dernières paroles de sa mère avant sa mort seraient un supplice pour le jeune homme.

"Elle s'en souviendra bien avant la fin, je te le jure. Elle aura besoin de ton aide... parce que..."

*Elle a essayé de te le dire, tu ne l'as pas écoutée...*

"... Tu ne l'as pas perdue!"


Je suis une vilaine

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Lun 29 Mai - 13:14

"On ne peut perdre ce que l'on n'a jamais acquis... J'ai aimé Yuhi au moment où je l'ai vue, mais j'ai de suite compris qu'elle n'avait d'yeux que pour lui.

Alors je me suis tu pendant toutes ces années, espérant qu'elle changerait d'avis, qu'elle me remarquerait. Mais je me rends à l'évidence : jamais je ne pourrai être sien.

Rokuro et elle ont reconnu ma valeur ; ils ont sûrement été les seuls. Je ne leur en veut pas, mais je préfère partir loin d'eux, pour leur bonheur..."


Je me retournai lentement vers Chihiro. Cette dernière n'avait pas lâché ma manche et semblait tout autant triste que moi. Je me demandai quelle était la raison des tourments qui l'étreignaient, mais je préférai lui laisser le libre arbitre de m'en parler si elle le pensait nécessaire.

Je regardai la kunoichi en souriant et prit ses mains dans les miennes. Le rouge monta aux joues de la jeune fille et elle baissa la tête, n'osant parler.


"Je sais que le temps ne changera rien. Ta présence ici est la preuve que rien ne pourra défaire les liens entre Rokuro et Yuhi. Et puis, je ne voudrais pas empêcher que tu ne viennes au monde... J'espère te revoir dans ma vie future..."

Chihiro voulut me dire ce qu'elle ressentait. L'espace d'un instant, elle se dit que peut être cela changerait notre avenir à tous les deux, peut être qu'ainsi, la vie serait moins difficile. Prenant son courage à deux mains, elle se décida à se lancer.

"Shihan, je..."

Mais à ce moment là, la scène changea et je ne tenai déjà plus ses mains. Ce que la kunoichi vit la glaça d'effroi. Nous étions dans une tente de commandement, Rokuro, Yuhi, dont le ventre était déjà rond, et moi même. A l'extérieur, une odeur de sang planait dans l'air, omniprésente.

Chihiro put remarquer que ses parents portaient eux aussi des gilets de Jounin. Quant à moi, je devais avoir son âge à présent. Elle se rendit compte à quel point j'avais grandi depuis le dernier passage de ma vie qu'elle avait vu, et cette pensée la fit sourire et rougir.

Mais elle fut vite sortie de sa rêverie par le son des voix qui montaient. La discussion entre nous trois était animée et virait à la dispute.


"Il est hors de question que Yuhi aille combattre dans son état."

"Nous n'avons pas le choix, c'est la guerre. Soit Kumo nous écrase, soit nous les écrasons, et pour cette deuxième option nous avons besoin de TOUS nos Jounin."

"Mais elle attend un enfant !!! C'est du suicide pur et simple !"

"Et alors ? Avant d'être une femme, elle est une kunoichi. Son devoir passe avant tout et la sureté du village aussi."

"Elle est avant tout MA femme ! Je ne peux la laisser être mise en danger de la sorte. De plus, sa condition risquerait de mettre la mission en péril."

"Tu t'insubordinnerais donc à mes directives et abandonnerait la défense de ton village juste parce que tes sentiments te disent le contraire Rokuro ? Quel merveilleux shinobi tu fais.

Maintenant écoute-moi et écoute-moi bien. Je suis le chef de cette équipe et je ne laisserai aucun de mes camarades mourir, alors reste calme et obéis moi. Si tu persistes dans ton refus et ton erreur, je me verrai contraint de te résigner par la force. Est-ce que tu désires ?"


"Le pouvoir t'es monté à la tête, Zabuza. Autrefois tu nous aurais considéré comme des amis ; aujourd'hui nous ne sommes que des subordonnés... Je ne te reconnais plus."

"Nous avons tous changé. La différence à présent c'est que votre amour mutuel vous a rendu faibles. Moi de mon côté, je n'ai vécu que pour moi et je suis devenu fort."

Rokuro serra son poing droit et m'attrappa par le col de la main gauche, prêt à me frapper. Moi, je le regardai froidement, sans montrer la moindre émotion derrière mon masque. Yuhi, quant à elle, baissa les yeux et fixa le sol, honteuse.

"Je ne te permets pas !!!"

"Et ? Tu n'as rien à me permettre ni à m'interdire, Rokuro. C'est fini cette époque où tu étais le Senpai et moi le Kohai. A présent je suis bien plus fort que toi ; la preuve en est : je t'ai ecrasé lors de l'examen Chunin et je suis devenu Jounin bien des années avant toi. Maintenant ravale ta fierté et ferme la."

"Je vais te..."

"Arrêtez-tous les deux !!! J'en ai assez !!! Pourquoi faut-il toujours que vous soyiez en compétition ? Pourquoi êtes vous sans cesse en train de vous jalouser ? J'en ai assez !"

Rokuro resta silencieux, peiné de voir des larmes rouler le long des joues de sa bien-aimée. De mon côté, je restai impassible et repris la parole.

"Tu en as assez dis-tu ? Sache que si tu n'étais pas là, tout aurait toujours été pour le mieux. Maintenant je vous laisse le choix, soit vous reprenez vos esprits et vous remettez à penser comme des shinobi, soit vous disparaissez de ma vue immédiatement.

Yuhi, si tu ne t'endurcis pas, tu mourras forcément sur le champ de bataille. Dehors, c'est la guerre, et elle n'épargne ni femme ni enfant.

Rokuro, tu dis vouloir protéger ta femme ? Comment peux-tu déjà survivre toi même si la peur de la perdre obscurcit ta raison ?

Comprenez à présent que je ne peux avoir confiance en vous si vous persistez dans votre erreur de jugement."


Je pris un kunai dans l'étui attaché le long de ma cuisse et le lançai en direction de Yuhi. Elle ferma les yeux et mis ses bras devant elle pour se protéger. Rokuro, lui resta immobile, surpris par mon geste.

Le projectile termina sa course dans le poteau de bois, à quelques centimètres de la kunoichi. Elle s'effondra à genoux et se mit à sangloter, incapable de parler.


"Vous comprenez à présent ? Voilà ce que nous allons faire. Je vous laisse une dernière chance. Je vais sortir d'ici et vous laisser. Soit vous revenez tous les deux, résolus et obéissants, soit ce kunai vous délivre de cette vie qui est la votre.

Je veux vous revoir tous les deux ou bien ne plus jamais vous revoir tout court. Ai-je été bien clair ?"


Sans les regarder, je sortis de la tente. Nous étions dans une région rocheuse, parsemée de ravins et de canyons. J'avais choisi ce point de façon stratégique ; ici, nous pouvions facilement tendre des embuscades à nos adversaires.

Je me posai au bord d'une falaise, les bras croisés sur le torse, regardant dans le lointain. Chihiro avait laissé ses parents seuls et m'avait suivi, surprise du discours que je leur avait tenu.


Dernière édition par le Mar 12 Déc - 14:15, édité 3 fois

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Mar 30 Mai - 15:54

Chihiro devait accélérer pour suivre le pas rapide de son maître. Rendue silencieuse par la dispute qui avait opposé Zabuza et son père, elle ne savait que dire. Elle connaissait mieux le jounin que ses propres parents, dont elle avait perçu l'impuissance lors de cette mise au point.

Elle comprenait mieux d'où lui venait son caractère faible.

La kunoichi ne savait pas trop ce qu'elle devait penser de son père. Sa mère lui ressemblait fortement, et elle se sentait naturellement proche d'elle. Le lien n'était pas brisé, malgré la technique qui avait effacé sa mémoire. Il lui semblait se rappeler du sentiment de sécurité que lui apportait sa présence, de la chaleur maternelle qui lui avait été arrachée. Une réminiscence de son passé qu'elle imaginait peut-être.

Mais pour Rokuro... Rien, rien du tout. Les souvenirs dataient trop sans doute, il était mort quand elle était encore enfant. Cette absence la rendait mélancolique, et un léger sentiment de culpabilité s'était insinué dans sa réflexion. Elle aurait du se remémorer quelque chose à son propos, c'était injuste. Elle n'avait la possibilité de le découvrir qu'à travers Zabuza, et l'image qu'elle en avait n'était certainement pas celle qu'elle aurait du avoir. Elle s'en voulait... Elle s'en voulait car elle ne savait plus ce qu'elle ressentait pour lui quand il était encore en vie.

D'un autre côté, elle estimait que le futur Mizukage avait été dur dans ses paroles. Pour que Yuhi soit forcée de se battre malgré son état, les choses devaient aller mal. Il n'avait sûrement pas le choix.

Battus par le vent, ses cheveux fouettaient son visage. Elle les repoussa avec agacement, et s'immobilisa brusquement. Auparavant, elle avait vu sa mère faire exactement le même geste, alors que Zabuza et Rokuro discutaient vivement. Attendrie, elle eut un sourire, ravie de voir qu'elle ne s'était pas tant éloignée de cette femme qu'elle aurait du chérir, mais qui lui était inconnue.

La place qu'elle occupait au sein du trio n'était pas facile, et la jeune fille éprouvait de la compassion pour sa mère, qui se sentait la cause du déchirement entre les deux jounin.

Le choix du lieu de combat était judicieux, comme le remarqua Chihiro. Elle ne possédait pas de grands talents stratégiques, mais elle savait que le terrain était souvent un enjeu primordial lors d'une bataille. Elle n'était pas tellement renseignée sur cette guerre, mais cela lui importait peu. Cela s'était déjà produit, et elle en connaissait l'issue. Ses géniteurs et son maître en ressortiraient vivants.

Elle rougit en pensant à ce qu'elle avait failli faire. Emportée par un trop-plein d'émotions, elle en était presque à déclarer ce qu'elle voulait tenir caché. Un heureux hasard avait fait en sorte que l'illusion évolue avant qu'elle ait eu le temps de dire quoi que ce soit. Elle devait être plus précautionneuse, car elle se doutait bien qu'en parler n'arrangerait pas la situation, et créerait un malaise certain.

Une idée avait germé dans son esprit, quelque chose qu'elle essayait de repousser mais qui la tourmentait. Elle s'avança pour se mettre à la hauteur de Zabuza, qui scrutait l'horizon, le visage fermé.


"Shihan... Ce n'est pas un moyen détourné de vous..."


Peine perdue, la kunoichi ne trouvait pas de terme qui adoucirait sa question.

"... de vous venger ?" souffla-t-elle en un murmure à peine audible, presque honteuse d'avoir prêté de mauvaises intentions à son maître.

Ce n'était de toute façon pas possible, elle ne croyait pas qu'il puisse raisonner de cette manière. S'il avait donné l'ordre à la femme qu'il aimait de se battre, bien qu'elle porte un enfant, c'était qu'il n'avait pas d'autres choix.

"Je vous prie de m'excuser. Je n'aurais jamais du me permettre de dire une chose pareille." s'exclama Chihiro d'un ton d'excuse. "Je manque de clairvoyance."

Elle inclina légèrement la tête, notant qu'elle vouvoyait de nouveau Zabuza. Était-ce parce qu'il n'était plus un enfant, ou à cause de l'autorité qui émanait de lui, et qui lui faisait craindre des représailles ? Elle n'aurait su le dire, mais se sentait subitement mal à l'aise.


Je suis une vilaine

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Mar 30 Mai - 16:46

"Pour avoir envie de se venger, il faut haïr. Je n'ai pas de haine pour Rokuro ni pour Yuhi, mais en tant que chef, je me dois de prendre des décisions parfois difficiles et cruelles.

Comme tu peux le voir, c'est la guerre avec Kumo. Nous avons déjà perdu un bastion ; tout le clan Hiyori est tombé. Tout ça parce que le Mizukage est faible..."


Je me tut alors, écoutant les bruits alentours, puis portai la main à la garde de Kubikiri Houcho. D'un bond, je sautai au fond du ravin, concentrant le Chakra sur la plante de mes pieds pour ralentir ma chute. Chihiro fit de même.

J'avais vu juste dans les manoeuvres de nos ennemis, ils allaient tenter de passer par le ravin pour nous prendre à revers. Manque de chance pour eux, j'avais trop d'expérience en matière de tactiques de guérilla pour qu'ils puissent me suprendre. Faisant face à cinq guerriers de Kumo, je pointai mon Grand Sabre en direction de celui qui semblait être le plus gradé.


"Vous n'irez pas plus loin, vos vies s'arrêtent ici."

"Ah bon ? Tu me sembles bien présomptueux ; puis-je savoir à qui j'ai l'honneur ?"

"A quoi bon ? Si je te disais mon nom tu mourrais à genoux en m'implorant de t'épargner."

"Tu parles beaucoup pour un homme seul. Sois tu es aussi fort que tu le prétends, soit tu es complètement fou pour venir seul contre cinq."

"Vous n'êtes en position de supériorité, même à cinq. Mais il suffit, il est l'heure de faire parler l'acier."

Je me mis à avancer lentement en direction de mes cinq adversaires, puis disparut en plein milieu du chemin. Ils dégainèrent leurs kunai et se mirent en garde. Mais il était déjà trop tard ; un bruit sourd se fit entendre et la tête de l'un d'entre eux roula au sol, séparée de son corps.

"Qu'est-ce que ... ?"

Une fois de plus, le bruit de ma lame déchira le silence, par deux fois. Deux des shinobi de la Foudre s'écroulèrent, tentant tant bien que mal de rattraper leurs viscères.

"Mais qui es-tu à la fin ?"

Le chef d'équipe se rendit compte qu'il était le dernier encore en vie lorsqu'il manqua de trébucher sur le cadavre du quatrième et dernier de ses hommes.

"Ce n'est pas possible, tu n'es pas humain !"

"On le dit parfois. Certains me surnomment le Démon de Kiri."

"Zabuza Momochi... Je ne m'attendais pas à te trouver ici. On nous avait pourtant dit que tu défendais Kiri no Kuni. Que fais-tu dans cet avant-poste isolé ?"

"La désinformation de ses adversaires est la clé de la victoire. Dommage que tu ne puisses jamais aller rapporter cette information."

J'abattis Kubikiri Houcho sur mon adversaire mais fut surpris lorsqu'il se dissipa dans un nuage de fumée. Un clone... j'avais été trop imprudent et je risquai de le regretter amèrement.

"RAITON !!!"

Mon châtiment ne se fit pas attendre. L'éclair projeté par mon adversaire me frappa de plein fouet dans le dos et m'envoya rouler au sol. Mon sens de l'équilibre fut troublé par la soudaine décharge d'éléctricité, et je me retrouvai incapable de me relever.

"Le Démon de Kiri, tu parles. Tu as une bien grande bouche, mais à présent tu es à ma merci. Tu salueras le diable de ma part."

Mon adversaire sortit un kunai de sa sacoche et le pointa dans ma direction, prêt à m'achever, mais, chance pour moi, les renforts venaient d'arriver. Je savais bien qu'ils ne m'abandonneraient pas.

"BLIZZARD DE KIRI !!!"

Le pied de Rokuro vint s'enfoncer dans le visage du Kuméen, l'envoyant valser au loin et s'écraser contre la paroi rocheuse. Puis mon compagnon d'arme fila en sa direction, rapide tel le vent, et continua son oeuvre. Yuhi, quant à elle vint me prêter main forte.

"Zabuza, tu n'as rien ?"

"Ne t'en fais pas pour moi. Je ne meurs pas aussi facilement."

"Je suis désolée... Nous ne voulions pas que tu croies que nous t'avions abandonné. Tu sais, j'ai eu honte de..."

"Je ne l'ai jamais cru. Il fallait simplement que je vous remotive. J'ai dû être dur, mais le résultat est là."

"Oui !"

La honte que je pouvais lire sur le visage de Yuhi se changea en sourire de soulagement. Ils semblaient avoir compris tous deux la portée de mes paroles ; j'avais enfin retrouvé mes compagnons de toujours. Rokuro qui avait achevé notre adversaire vint nous rejoindre.

"Je vois que tu ne peux pas te passer de nous."

"Ai-je un jour dit que je le pouvais ?"

"Je suis désolé, Zabuza. J'ai été le dernier des imbéciles tout à l'heure et..."

"N'en parlons plus. Nous n'avons pas de temps à perdre ; nous devons continuer la mission. Vous deux, assurez-vous qu'il n'y a pas d'autres troupes Kuméennes en direction de Kiri et allez faire votre rapport au Mizukage. Moi je file à Nanashi Mura m'occuper d'assassiner leur diplomate avant qu'il ne reprenne la route vers Konoha. S'ils s'allient, c'est la fin pour nous."

"Bien" répondirent en coeur les deux Jounin. Cette fois-ci je devais travailler seul. Le meurtre silencieux était ma spécialité et ils le savaient. Je filai donc en direction de ce petit village, Chihiro sur les talons.

Sans faire le moindre bruit, je me déplaçai d'ombre en ombre jusqu'à l'auberge et me glissai dans la chambre du diplomate, kunai en main. A peine fus-je passé par la fenêtre que je dus esquiver un shuriken lancé sur moi. Je me doutais bien qu'il n'était pas venu sans garde du corps, et je devais faire vite si je ne voulais pas qu'il s'échappe.


"Tu ne te rends pas compte de ce que tu fais, Démon de Kiri !"

"Je sers mon pays, voilà ce que je fais. Peu m'importe qui je dois tuer pour cela tant que ça sert Kiri no Kuni !"

"As-tu conscience de ce que tu dis ? Te rends-tu au moins compte de la situation ? Kiri ne retrouveras jamais sa grandeur d'antan avec ce Mizukage là !"

"Comment oses-tu ??? Je ne te permettrai pas de dire un mot de plus de tel !!"

"Rends-toi compte de la situation. Kiri est inféodé au daimyo. Il n'a plus rien d'un village caché, toi et tes camarades n'êtes rien de plus que des soldats sur-entraînés ! Vous n'avez plus de Nindo, mêmes vos légendaires Grands Sabres vous ont abandonné !"

"..."

Dans un accès de rage, je me jetai sur mon adversaire et lui tranchai la gorge. Il n'avait montré aucune resistance et s'était laissé tuer bien sagement. Pourquoi ?

N'ayant pas le temps de la réflexion, je rentrai dans la chambre du diplomate et l'égorgeai à son tour, comme on saigne un porc. Alors que je regardai son cadavre, les mots du shinobi me revirent en tête :


*Vous n'avez plus de Nindo, mêmes vos légendaires Grands Sabres vous ont abandonné *

"Kiri est peut être faible, le Mizukage aussi, mais moi, je représente l'avenir. Je rendrai à ma patrie sa grandeur d'antan ... à n'importe quel prix..."


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MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Mer 31 Mai - 12:11

Quand Zabuza s'était fait attaquer, Chihiro n'avait rien pu faire. Elle ne pouvait intervenir, ce qui était extrêmement rageant. On ne pouvait pas changer le passé, elle le savait parfaitement, et pourtant la kunoichi était consternée par son impuissance à agir. Elle avait ressenti de la fierté et du soulagement en s'apercevant que son père et sa mère étaient venus le secourir. Elle était heureuse : comme elle l'avait dit, le lien ne s'était pas brisé entre eux, en dépit des mésententes.
Son maître était un fin stratège, et cette qualité ne se limitait pas au domaine du combat. Avait-il prévu les réactions de Yuhi et Rokuro ? Cela n'aurait pas étonné la jeune fille. Si l'homme était à ce point calculateur, alors manipuler les esprits devait être un jeu d'enfant. Cela en était effrayant. Chihiro se souvint qu'il avait sciemment provoqué sa haine pour la forcer à persévérer. Il avait suffit de faire d'un étudiant rebelle un exemple pour que tous le craignent et le respectent, et cela dès son arrivée à Kiri.
Oui, quand on le connaissait peu, le Mizukage paraissait être un homme féroce, froid et insensible, mais par ailleurs il apparaissait comme un chef charismatique et expérimenté, aux capacités indéniables. Chacun des shinobi de Kiri avait appris à lui faire confiance, et ne discutait jamais ses ordres sensés. Il avait réussi à faire d'eux des armes accomplies, dont l'efficacité serait testée lors de l'attaque de Suna.
Si elle ne s'était pas déjà produite... Chihiro était persuadée que ce n'était pas le cas. C'était tout simplement impossible pour elle d'envisager l'invasion de son village.
En entendant les dernières paroles de Zabuza, la kunoichi baissa les yeux. Ainsi, les dires du garde du corps l'avaient poussé à prendre sa décision. Le destin de ses parents et le triste futur de son maître étaient scellés. Chihiro comprenait cette envie, ce besoin de purifier Kiri et de lui rendre sa splendeur. Elle aussi était attaché à son village natal, au point que les remords qu'elle avait éprouvés en le désertant l'avaient forcé à revenir. Choix qu'elle ne regrettait pas.
La kunoichi durcit son regard. Tant de choses lui manquaient... Les non-dits la rongeaient petit à petit, mais elle assumerait sa résolution, certaine que s'en écarter un tant soit peu causerait des problèmes. Elle ne voulait pas devenir aussi faible et indécise que ses parents, qui vivaient dans la peur constante de se perdre. Elle, elle s'était juré de devenir une kunoichi apte à défendre Kiri et à accomplir avec succès les missions qu'on lui confierait, bien que ses aptitudes ne soient pas très développées.


*Quelque soit le but final de cette mission, j'aurai au moins amélioré mon analyse du comportement... Et mes idées sont plus claires à présent. Ces souvenirs ne m'appartiennent pas et je ne veux pas me les approprier, mais je comprends mieux plusieurs choses à présent.* pensa-t-elle avec un demi-sourire.

Elle n'était peut-être pas talentueuse mais sa détermination la soutiendrait dans la poursuite de ses objectifs. Tout comme celle de son maître l'aiderait dans la sienne.

"Vous y parviendrez, Shihan." annonça-t-elle d'un air grave. "Des sacrifices seront nécessaires et vous devrez surmonter de nombreuses difficultés. Cependant vous atteindrez ce à quoi vous aspirez grâce à votre patience et à votre volonté. Ne perdez pas espoir, ne soyez pas découragé par les obstacles."


Je suis une vilaine

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Mer 31 Mai - 12:40

"Des sacrifices seront nécessaires et vous devrez surmonter de nombreuses difficultés. Cependant vous atteindrez ce à quoi vous aspirez grâce à votre patience et à votre volonté. Ne perdez pas espoir, ne soyez pas découragé par les obstacles."

"Je n'en ai pas le droit. Le jour où j'ai empoigné Kubikiri Houcho, j'ai scellé mon destin. En prenant l'arme que Kiri lui même a brandi, je suis devenu le défenseur du pays de la Brume, et j'accomplirai ma mission... quel qu'en soit le prix..."

Ces dernières paroles firent frissonner Chihiro. Elle savait ce que l'avenir me réservait et les choix que j'aurais à faire. Moi, je ne l'imaginais pas encore, mais je le saurais bientôt.

"Viens, nous rentrons à Kiri."

Chihiro me suivit, les yeux rivés sur mon ombre. Une impression de solitude et d'abandonnement la prit au coeur, comme si le temps de la séparation entre nous s'approchait. A quoi pouvais-je bien penser ? Quels tourments me mèneraient à organiser un coup d'état ? L'angoisse eut raison de la kunoichi et cette dernière tenta de me prévenir. Au fond d'elle, même si elle savait que rien ne changerait, elle voulait m'empêcher de perdre la raison.

"Shihan, attendez ! Il ne faut pas que..."

Mais il était déjà trop tard. La scène avait encore changé, et Chihiro se trouvait à présent dans les rues de Kiri, de nuit. Des torches brulaient dans toute la ville et les shinobi de la Brume couraient dans le village. L'état d'alerte semblait avoir été donné.

"Zabuza est devenu fou ! Il a tenté de tuer le Mizukage !"

"Impossible ! Lui ? Le héros de Kiri ? Mais qu'est-ce qui lui a pris ?"

"Aucune idée, mais les ordres sont de le ramener, mort ou vif !"

"Mais on ne pourra rien faire contre lui, c'est le chef des Anbu !!!"

Alors le jour fatidique était arrivé... Chihiro ne put s'empêcher de se sentir abbatue. S'il était une scène qu'elle ne voulait pas voir c'était bien celle là, mais elle compris que, quelle que soit la personne qui l'avait envoyé dans me souvenirs, elle voulait lui montrer cette partie de moi. Pourquoi ?

La jeune fille se douta instinctivement de l'endroit où je me trouvai et fila à toute vitesse vers la plage. Elle nous y trouva Rokuro et moi. Mon ami de toujours était dans mes bras, mais mon kunai était planté dans son coeur ; il vivait ses derniers instants.


"Pourquoi ...?"

"Il le faut. Si je vis, ils feront le lien entre nous. Je ne veux pas qu'il arrive quelque chose à Chihiro ou Yuhi...."

"Etait-ce vraiment nécessaire ? Pourquoi ne pas m'avoir tué moi ? C'eut été plus simple..."

"Tu as oublié ? Je ne peux pas te vaincre, tu le dis toujours toi même."

Rokuro sourit en prononçant cette phrase, mais loin d'être ironique, il semblait sincère.

"Et puis, je n'aurait pas pu faire ce sacrifice, je ne suis pas assez fort pour ça, mais toi, toi, Zabuza, un grand futur t'attend, un jour je sais que tu reviendras et rendra à Kiri sa gloire d'antan..."

Rokuro s'effondra et se mit à vomir son sang. Comprenant qu'il n'y avait plus rien à faire, je l'allongeai sur le sable, ma main sous sa nuque, essayant de le garder conscient le plus possible. Je ne voulais pas le perdre.

"Zabuza... J'ai foi en toi... Tout ce qui fait son asencion est voué à choir, mais l'inverse est aussi vrai... ne l'oublie pas..."

"..."

"Zabuza... promets moi de protéger Yuhi et Chihiro..."

"Je te le promets. Je veillerai sur elles, dans l'ombre, et personne ne leur fera de mal. Je serai à leurs côtés."

"Toujours ?"

"Oui, toujours..."

"Merci... mon... ami..."

Rokuro ferma les yeux, me laissant seul avec mes doutes, mes remords et ma colère envers moi même. Au loin, je pouvais entendre des bruits de pas qui se rapprochaient.


[Chihiro, Zabuza : +4 EXP RP]

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Jeu 1 Juin - 13:11

Le cœur de Chihiro battait à tout rompre alors qu'elle se précipitait vers la plage. A quel moment allait-elle arriver ? Serait-il encore temps ?
Ses yeux s'embuèrent : elle ne pouvait rien faire, elle connaissait la suite des événements.


*Je ne veux pas qu'il meure !*

Elle ne se souvenait de rien, Avec ce qu'elle avait appris, elle n'avait pas la sensation d'être proche de son père. Cependant... elle avait du l'aimer et l'admirer, autrefois, comme toutes les petites filles, et elle souhaitait rester fidèle à cette relation là.
La peur qu'elle éprouvait à l'idée qu'il soit tué était bien réelle, et cela prouvait que, quelque part dans son âme, il devait rester une cendre rougeoyante de son amour filial pour Rokuro.
La kunoichi aperçut la silhouette de son maître, assis dans le sable, qui lui tournait le dos. Elle redoubla son allure, éperdue, sachant qu'il était déjà trop tard mais ne pouvant se résoudre à l'accepter.
Quand elle vit son père étendu, soutenu par les bras de son maître, il lui sembla un bref instant que ses battements cardiaques s'étaient arrêtés. Il était déjà mort, et elle n'avait pas pu l'empêcher.


"Shihan ..."

La jeune fille tomba à genoux, sanglotante, écœurée par son impuissance. Les larmes inondèrent ses joues tandis qu'elle se penchait vers le visage apaisé de Rokuro en murmurant :

"Pardon... Je le savais et je ne pouvais pas intervenir. Je suis désolée ..."

Elle voulut effleurer ses cheveux du bout des doigts, mais elle n'était qu'une illusion visible aux yeux seuls de Zabuza, et elle n'était pas capable de le toucher.

"Malgré mon désir, je ne pouvais pas changer le cours des choses... C'était inéluctable... Pardonne-moi..."

Elle était réellement malheureuse, alors que Rokuro était pour elle à peine plus qu'un inconnu. Ses pleurs ne s'arrêtaient plus, et toutefois, elle était résignée son sort : elle deviendrait orpheline et amnésique, éternellement déchirée par ses sentiments pour son maître et son aversion pour les crimes qu'il avait commis. Elle avait pris sa décision depuis longtemps : la vengeance ne la mènerait à rien. Selon elle, la punition serait assez difficile à supporter : toute sa vie il portera la culpabilité de cette journée, et le futur qui l'attendait n'avait rien d'encourageant.
Le regard fixé sur ses poings serrés et posés sur ses genoux, elle inspira pour calmer le tremblement de sa voix.


"Shihan, ne sois pas en colère. Tu as fais ce que tu devais faire, et c'était aussi sa volonté. N'oublie pas que le salut de Kiri est à ce prix. Il est parti en se battant pour une noble cause, et tu ne t'es pas déshonoré. Il ne pouvait en être autrement, je crois..."

*Cela nous protégera, Maman et moi, pendant quelques années. Mais les anbu ne seront pas dupes. Cela tu l'apprendras plus tard, ce n'est pas à moi de te le dire. Ce n'est pas mon rôle.*

Sans le regarder, Chihiro se releva, ses yeux s'attardant sur le kunai qui avait causé le trépas de son géniteur. Les épaules affaissées, la démarche hésitante, elle s'éloigna de ce qui lui causait une douleur trop grande, essuyant ses larmes avec ses manches.


Je suis une vilaine

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Jeu 1 Juin - 15:52

"Shihan, ne sois pas en colère. Tu as fais ce que tu devais faire, et c'était aussi sa volonté. N'oublie pas que le salut de Kiri est à ce prix. Il est parti en se battant pour une noble cause, et tu ne t'es pas déshonoré. Il ne pouvait en être autrement, je crois..."

"Je ne suis pas en colère. J'ai juste honte de ne pas avoir pu protéger ceux que j'aime..."

Serrant les poings et devant fuir les Anbu à mes trousses, je me mit à courir dans la direction de la sortie du village, n'osant pas regarder Chihiro. Cette dernière se retourna, lançant un dernier coup d'oeil vers moi, me voyant fuir dans le lointain ; puis la scène changea à nouveau.

La kunoichi se retrouva au milieu d'une rizière. Dans le ciel, l'astre solaire était presque couché, et la surface de l'eau avait des reflets orangés. Baissant les yeux, elle eut un haut le coeur ; l'eau était rouge par endroits, un rouge qu'elle n'avait que trop vu récemment.

Regardant un peu plus loin, elle put apercevoir des cadavres d'Anbu flotter à la surface. Quant à moi je portais le corps sans vie de Yuhi dans mes bras. A nouveau, les larmes eurent raison de Chihiro.


"Ainsi, il aura fallu que le Mizukage me sépare de toi aussi... Ne t'en fais pas Yuhi, ta mort ainsi que celle de Rokuro ne sera pas en vain, je t'en fais le serment. Je vais aller corriger cette injustice tout de suite."

J'enterrai Yuhi, creusant la terre de mes mains et déposant son corps dans le tertre. Une fois ceci fait je retournai en direction de Kiri no Kuni. Tremblante, Chihiro me suivit, ne sachant pas vraiment ce qui allait arriver. Une fois de plus la scène changea...

Nous étions à présent dans la salle du Mizukage. Ce dernier gisait étendu sur le sol, la gorge tranchée. Un grand nombre d'Anbu était eux aussi décédés, certains presque méconnaissables tant ils avaient été massacrés. Shinzo était assis par terre, dos au mur, suppliant pour sa vie alors que le pointai de la lame de Kubikiri Houcho.


"C'est terminé, vieil homme. Tu es le dernier à savoir, tu dois mourir comme tous les autres."

"Pourquoi ce massacre, Zabuza ? Tu étais le plus grand défenseur de Kiri, alors pourquoi as-tu trahi ? Pourquoi as-tu tué le Mizukage ?"

"C'était un faible. Par sa faute, Kiri a sombré et n'est plus que l'ombre de sa gloire passée. Je rétablis juste l'ordre des choses."

"Et tu crois que les gens te suivront ? Tu as détruit le dernier symbole qui restait de l'autorité. Personne ici n'est prêt à te suivre. Cette génération n'obéira jamais à un parjure tel que toi !"

"Alors je reviendrai et dresserai la génération suivante. Je ferai des enfants des lâches les guerriers de demain. Mais en attendant, tu es le dernier homme au courant pour Yuhi, Rokuro et Chihiro. Je vais te réduire au silence."

"Et qu'est ce que cela changera ? Ca ne la rendra pas plus heureuse. Ca ne les ramènera pas. Et toi tu ne pourras pas rester ici. Moi par contre je peux quelque chose..."

"Je ne te crois pas, vieil homme ! Tu es comme eux tous, un bonimenteur ! Ils avaient juré de me servir et ont tenté de me tuer. Ils ont tué Yuhi aussi ! Et tu veux que j'aie confiance en toi ?"

"Et toi ? Crois tu que je sois heureux de savoir que deux de mes trois élèves sont morts ? Tués par leur ami en plus ?"

"SILENCE !!!"

Je levai Kubikiri Houcho, prêt à en abattre la lame sur celui qui fut mon sensei, mais Chihiro m'en empêcha. Elle sera les bras autour de ma taille, enfouissant sa tête dans mon dos et suppliant.

"Arrêtez, Shihan !"


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MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Jeu 1 Juin - 18:58

"Arrêtez, Shihan !"

Chihiro s'était instinctivement jetée sur lui pour l'empêcher de mettre fin aux jours de Shinzo.

"Ça ne mène à rien et vous le savez ! N'avez-vous pas déjà assez de sang sur les mains ? Que peut-il contre vous ? Il ne tentera rien, il est seul et vous êtes plus fort, il le sait. Qu'il soit au courant de votre trahison ou non, peu importe ! Quand je reviendrai à Kiri, personne ne se souviendra de qui étaient mes parents, ni de ce qu'ils ont fait ou pas... Et il ne va pas vous poursuivre pour vous tuer, ça ne rime plus à rien... Pourquoi, Shihan ? Il a dit qu'il pouvait vous aider, pourquoi vous ne l'écoutez pas ? Pourquoi toujours tuer ? Vous aviez confiance en lui autrefois..."

La kunoichi sanglotait, épouvantée par la mort de sa mère à laquelle elle avait assisté, effrayée par le nombre de vies qu'arrachait son maître. La scène de la rizière l'avait laissée interdite, seules ses larmes avaient montré ce qu'elle ressentait, alors que Zabuza enterrait lui-même sa mère. Elle savait maintenant de quelle manière ses parents étaient morts, de quelle façon elle était devenue orpheline. Un tel passé expliquait le comportement et le caractère de Zabuza, tel qu'elle le connaissait. Lorsqu'elle regardait autour de lui, il n'y avait que des corps sans vie... Comment pouvait-il continuer en supportant ses propres actes ? Chihiro savait qu'il ne faisait pas cela par plaisir, seulement par nécessité. Ce n'était pas là l'important.
Après quelques secondes, la kunoichi reprit d'un ton plus calme, la voix étouffée par le tissu du vêtement que portait Zabuza et contre lequel elle avait plaqué son visage.


"Ce n'est pas ce que Maman aurait voulu... Moi je ne veux plus que vous tuiez des gens ! Cet homme n'est pas votre ennemi, j'en suis certaine. Je ne veux pas qu'il meure lui aussi, et je me fiche de ce dont il a connaissance. Croyez-vous sincèrement qu'il constitue une menace ?"

La jeune fille ne savait pas si ses paroles auraient un impact. Elle ne savait pas si cet homme allait mourir ou non. Elle n'avait pas souvenir de l'avoir croisé à Kiri mais ne perdit pas espoir. Elle ne souhaitait pas que Zabuza ait encore le poids d'une âme à porter sur ses épaules. Une de plus... Elle se souvenait du sensei du futur Mizukage, avec quel air attendri il avait surveillé le sommeil du garçon qui venait d'être promu genin... Son maître ne pouvait pas tuer cette personne, elle ne l'acceptait pas.

"Laissez-le, c'est un vieil homme qui a sûrement assez souffert durant sa vie. Vous n'avez rien à craindre de lui. Je ne veux pas que vous deveniez l'assassin d' une personne de plus. Il a sans doute eu assez peur pour se taire, quel que soit le secret qu'il cache. Vous reviendrez, à présent il le sait, et il ne dira rien. Je vous en prie, laissez-le sauf !"


Je suis une vilaine

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Ven 2 Juin - 14:25

J'abbatis ma lame en direction de Shinzo. Ce dernier mis ses bras devant lui comme pour se protéger, sachant que c'était impossible, mais la mort ne vint pas le chercher. J'avais arrêté mon bras, troublé par les paroles de Chihiro, non pas que j'eus pitié de mon sensei.

"Pars... Vite ! Avant que je ne change d'avis. Disparais avec ton secret et ne remets plus jamais les pieds à Kiri no Kuni."

Tremblant comme une feuille, le vieux shinobi pris ses jambes à son cou sans demander son reste et quitta la pièce en courant, me laissant seul avec Chihiro, que moi seul pouvait voir.

"Merci... Tu m'as sauvé."

"Shihan..."

Je rengainai Kubikiri Houcho et serrai les poings de rage. Que me restait-il à présent ? Plus rien. J'avais perdu mon ami et la femme que j'aimais ; je devais protéger une enfant qui, si elle découvrait ce que j'avais fait, me détesterait surement.

Prenant un kunai, je faisais lentement glisser sa pointe le long de mon bandeau frontal, le rayant en son centre, me marquant moi même comme un déserteur, un traître.


"A présent, je n'ai plus rien à perdre..."

Je quittai le village de Kiri en courant m'enfonçant dans la brume. Chihiro me suivit mais finit par se perdre dans le brouillard. Au loin elle pouvait distinguer des formes dont elle s'approcha, mais ce qu'elle vit ne fut pas ce à quoi elle s'attendait.

Haku gisait au sol, déjà morte, quant à moi, je faisais face à un homme dont l'accoutrement laissait à penser qu'il était un shinobi de Konoha. Ce dernier concentra son Chakra dans sa main et fonça vers moi.


"CHIDORI !!!"

Je n'offrai aucune resistance, laissant la main du Jounin me transpercer le coeur. Il eut un regard surpris et terrifié lorsque mon sang gicla sur son visage et que le regardai en souriant. Il voulut dire quelque chose, mais je m'écroulai au sol, déjà mort.

"Pourquoi ...?"

Chihiro fut effondrée. Elle n'aurait jamais pu croire à ma mort. L'espace d'un instant elle se tourmenta en se demandant si ce n'était pas elle qui avait changé le cours des choses. Une larme roula sur sa joue, alors que la brume l'envloppait ainsi que mon corps.

Lorsqu'elle rouvrit les yeux, elle put m'apercevoir, me tenant debout, pâle. Une lumière blanche cachait tout autour de nous et la petite fille au masque se dressait devant moi.


"Je suis revenu. J'ai tenu promesse."


Dernière édition par le Mar 12 Déc - 14:40, édité 2 fois

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Mar 6 Juin - 13:22

La kunoichi éprouvait de la reconnaissance et du soulagement. Il avait été difficile pour son maître d'épargner le vieil homme, mais elle avait réussi à le raisonner. Sa mort n'aurait rien apporté. Qui sait ? Peut-être ce geste servira-t-il le destin par la suite.
Chihiro aurait pu trouver mille excuses pour justifier ce qu'elle venait de faire, mais elle ne les énoncerait pas à Zabuza. Elle voulait se prouver à elle-même qu'elle avait bien agi, pas à lui, puisque finalement elle culpabilisait d'avoir influé sur le cours des choses, même pour sauver la vie d'un homme.
Quelles seraient les conséquences de son acte ? Elle ne pouvait le deviner, mais craignait ce qui allait en découler. A première vue, Shinzo, en gardant le secret, ne provoquerait rien de fâcheux pour le fugitif. Par ailleurs, le jeune fille ne pouvait en être sûre.
Lorsque Zabuza raya son bandeau, arborant dès lors le signe des déserteurs, le coeur de la kunoichi se serra. Elle savait dans quelles circonstances son maître s'était infligé ce fardeau, qu'elle-même portait depuis son retour peu glorieux à Kiri. Si elle en était fière à présent, il n'en avait pas était de même au début. Chaque personne qu'elle croisait pouvait déduire en voyant l'insigne barré le crime dont elle était coupable. Ce qui fait qu'en son sens, elle se devait de démontrer à chacun que malgré tout, elle était digne de faire partie des kunoichi du village.
Pendant qu'elle pensait à cela, elle s'était élancée à la suite du futur Mizukage dans la brume. Au bout de quelques minutes, elle s'aperçut qu'elle avait perdu sa trace.


*J'ai encore des progrès à faire...* remarqua-t-elle avec une pointe d'ironie.

Elle n'était pas effrayée, bien qu'elle ne connaisse pas le lieu où elle se trouvait. Elle se doutait qu'on ne la laisserait pas indéfiniment errer dans l'illusion, et que tôt ou tard, elle s'évanouirait pour laisser place à une nouvelle image. Chihiro patienta quelques minutes, scrutant l'horizon à travers les nappes de brouillard. Au loin, elle son regard s'arrêta sur des formes indistinctes qui évoluaient.
La genin dirigea ses pas dans la direction des silhouettes, qu'elle ne quittait pas des yeux de peur de ne pas les retrouver. Quand elle parvint enfin à s'extraire du voile laiteux, elle faillit buter contre le corps d'une fille qui devait plus ou moins avoir son âge. Elle s'agenouilla à ses côtés, décidée à venir en aide à la blessée, mais il ne faisait aucun doute qu'elle était déjà passée de l'autre côté lorsque Chihiro se rendit compte des multiples contusions dont elle souffrait et de la quantité de sang qu'elle avait perdu.


*Il n'y a plus rien à faire... Et de toute manière elle ne peut pas me voir, et je ne peux pas la toucher, je n'aurais pas pu la soigner.* se dit-elle, regrettant une fois de plus son impuissance.

Elle se releva en entendant le cri du shinobi de Konoha, auquel elle n'avait adressé qu'un bref coup d'oeil à son arrivée, préoccupée par l'état de la compagne de son maître.
L'attaque transperça Zabuza, qui demeurait immobile, et Chihiro poussa un cri de surprise. Son maître s'effondrait, vaincu, mais le visage éclairé par un sourire paisible que l'on devinait sous ses bandages. Les larmes s'écoulèrent des yeux de la jeune fille sans qu'elle cherche à les retenir.


"Pourquoi ?" murmura Chihiro.

"Pourquoi vous n'avez pas évité cette attaque ?" demanda-t-elle d'une voix qui laissait transparaître son désespoir.

Un instant l'effleura l'idée que c'était peut-être à cause d'elle, qu'elle n'aurait pas du changé les choses dans un passé qui ne lui appartenait pas. Elle avait l'impression que son âme venait de voler en éclats. La tête appuyée sur le torse sanglant du déserteur, elle pleura un moment, et finit par fermer ses yeux fatigués par tant de sanglots.
Quand elle redressa la tête, l'environnement avait encore changé. En face d'elle, se tenait Sorincha, et la petite fille masqué posait son regard calme sur la genin, interrogatrice. Derrière elle, Zabuza, celui que Chihiro connaissait, celui qui avait disparu avant qu'elle ne soit entraînée dans cet enchaînement d'illusions qui l'avait meurtrie.
Elle souriait, bien qu'elle ressente subitement l'épuisement de son corps, le tremblement de ses mains qu'elle ne parvenait plus à stopper, et la lassitude de son esprit qu'elle avait tenu éloignée depuis trop longtemps. Elle se mit debout avec difficulté, sachant que si elle avait encore de quoi pleurer, sa vision aurait été embuée à la vue de Zabuza.
Cependant, c'était Sorincha qu'elle regardait, attirée par le mystère qui émanait de la frèle silhouette, curieuse de voir si elle allait en apprendre plus sur la petite fille.


Je suis une vilaine

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Mer 7 Juin - 11:34

"Je suis revenu. J'ai tenu promesse."

Mon regard se perdit dans les yeux jaunes de Sorincha. Nous restâmes ainsi sans mot dire, pendant quelques secondes, impassibles sous nos masques. Chihiro put sentir une certaine tension dans l'air et eut la sensation que nous n'étions pas seuls dans la brume. Puis Sorincha brisa le silence.

"Pourquoi...?"

"Je te l'ai dit le jour où j'ai pris possession de Kubikiri Houcho. Je reviendrai pour te libérer des tourments qui t'enchaînent à ce monde, cette haine et ce ressenti qui sont autant d'entraves à ton repos."

"Je ne te crois pas... Tu as les mêmes yeux que lui... Tu finiras comme lui..."

"Je ne répèterai pas les erreurs du passé. J'ai vu ce qui t'étais arrivé lorsque j'ai plongé la main dans ton coeur. Tu as attendu ma venue toutes ces années, veillant sur le Grand Sabre. Je sais quelle est ta mission en ce monde, Enfant, il est temps pour nous de..."

"Ne m'appelle pas comme ça ! Tu m'as déjà remplacé ! Toi aussi tu m'abandonnes ! Tu es comme Kiri, stupide, incapable de voir autour de toi !"

Les yeux jaunes de Sorincha se mirent à luire de façon malsaine et une expression de haine put se lire alors qu'elle me regardait.

"Te remplacer... ?"

En me retournant vers Chihiro, je compris alors la portée des mots de Sorincha. Comment était-ce possible ? Et surtout qui avait agencé tout ça ?

*Effectivement, Sorincha, tu as perdu ta place dans notre ordre...*

Ma disciple et moi reconnurent immédiatement cette voix qui résonnait dans nos têtes. Hikke... Shinobu m'avait dit de me méfier de lui ; je comprenais pourquoi à présent.

"Toi... Pourquoi ?"

*J'ai vu au travers des miroirs du temps... Si tu conserves ta place auprès du Forgeron, tu le mèneras à sa perte... Son ressenti et sa peine t'ont enchaîné à ce monde, de ce fait, tu seras toujours partagé entre amour et haine pour lui, mais au final la haine qui t'habite sera la plus forte... Kiri sombrera dans les flammes, l'héritage du fondateur tombera en poussière et tu resteras seule, sans alternative...*

"Alors tu l'as envoyée changer le cours du temps..."

*En effet, je t'ai privée de ta mission pour que tout se passe pour le mieux...*

"Constate le résultat ! Crois-tu vraiment qu'il aurait du mourir aujourd'hui ? En voulant tout modifier tu as condamné tout Kiri. Il t'avait bien prévenu lorsqu'il t'a créé : nous ne devions pas intervenir dans le destin des humains."

*Il existe une solution... Toi, tu as le pouvoir de le ramener... Tant que le pouvoir de Kubikiri Houcho ne sera pas relâché, tu gardes la capacité qui est tienne...*

"Fort bien... Mais sache que je te ferai payer cher cette dette..."

Sorincha se tourna alors vers moi. La colère dans ses yeux n'avait pas le moins du monde diminué, bien qu'elle fut tournée vers Hikke à présent.

"Suis-moi... Je vais te ramener dans ton monde, mais sache que le tribut sera lourd pour toi... Tu perdras tous tes pouvoirs et tes souvenirs, tu oublieras Chihiro et tous les autres... Mais tu pourras réinverser le cours du destin..."

"Je refuse !"

"Pourquoi ...?"

"Je me souviens ce que j'ai lu au fond de toi. Si je t'oublie, il n'y aura personne pour se rappeler de toi... Qu'adviendra-t-il de toi ? Le ressenti qui te submerge ne cessera de s'accroître. Tu m'as attendu toutes ces années ; je ne veux pas t'abandonner."

"Nous n'avons pas le choix... Le temps est compté... Chihiro me remplacera et servira d'ancre spirituelle..."

"Bien..."

Je pris la main de Sorincha et m'enfonçai dans la brume, disparaissant avec elle, laissant Chihiro seule. Une dernière phrase se fit entendre dans l'air, alors que je retournai vers le monde physique :

"Je reviendrai. Je te le promets."



[Chihiro, Zabuza : +4 EXP RP]

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Jeu 8 Juin - 15:27

Chihiro était complétement perdue, elle n'arrivait pas à suivre l'échange entre Sorincha et son maître. Ils parlaient à demi-mots, ou de choses qu'elle n'entendait pas car elle n'en avait pas connaissance. Elle voyait bien que la fillette se sentait trahi, et sa haine était presque palpable. La kunoichi ressentait de la compassion pour elle, elle avait l'air de tellement souffrir... même si la jeune fille n'en connaissait pas la cause, elle aurait voulu être capable de lui venir en aide. Cependant elle se garda bien d'interrompre la conversation, ayant l'impression que tout cela ne la concernait en aucun cas.
Quand la voix d'Hikke s'infiltra dans ses pensées, Chihiro sursauta de surprise. Le nouvel intervenant ajouta à sa confusion, elle avait réellement la sensation d'être mise à part. Toutefois elle n'en éprouvait pas de frustration, sachant que si on ne l'invitait pas à se joindre à la conversation, c'était que le sujet ne la regardait pas. Dans tous les cas, elle aurait loisir de demander de plus amples explications à Zabuza plus tard, et cela ne l'inquiétait pas tellement.
D'après ce qu'elle arrivait à saisir, elle avait quand même un rôle à jouer dans cette histoire. Comme elle l'avait craint, elle avait touché à ce qu'elle ne devait pas, et avait changé le cours des choses. Etait-ce en évitant la mort à ce vieil homme ? Elle avait écouté son coeur, était-ce un crime ? Quelles en seraient les conséquences ?
C'était à cause d'elle que Sorincha était si en colère ? Elle ne lui avait pourtant pas adressé un regard, et sa fureur paraissait dirigée vers le Mizukage et surtout Hikke.
Qu'allait-il se passer à présent ? Est-ce-que sa mission était terminée ?
Apparement non. Le temps qu'elle cherche à rassembler les morceaux de l'histoire qu'elle possédait, qu'elle essaie d'en trouver un sens, Sorincha et son maître avait pris leur décision.
La kunoichi le regarda s'enfoncer dans la brume, guidé par la fillette, et elle se sentit profondément découragée. Allait-elle rester là, seule ? Elle voyait le départ de Zabuza comme un abandon, alors qu'elle se trouvait dans un lieu tellement étrange... Elle doutait même qu'il s'adresse à elle alors qu'il s'éloignait., et demeura muette, totalement désemparée. Elle était lasse de ce jeu et souhaitait que les choses reviennent à la normale.


*Que vais-je faire maintenant ?*


Je suis une vilaine

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Jeu 8 Juin - 16:03

*Que vais-je faire maintenant ?*

*Ce pour quoi je t'ai fait venir ici, Enfant... A présent que tu as vu et compris ce qui était arrivé à l'héritier du Forgeron, tu dois prendre ta place auprès de lui... Tu dois jouer ton rôle...*

"Mon rôle ? Mais quel est-il ?"

Chihiro avait parlé à voix haute, surprise que le dragon ait parlé directement dans son esprit. Elle ne comprenait plus rien, ne savait pas pourquoi elle était là. Pour elle, son maître l'avait toujours protégée dans un premier temps parce qu'il l'avait promis et ensuite par affection. Se pouvait-il qu'il y eut autre chose ?

*Je vais à présent te révéler une partie de la vérité... Tu sauras tout si ton maître surmonte les épreuves que je lui infligerai à son tour... Je te l'ai déjà dit, l'un sans l'autre vous n'êtes rien...

Sache qu'il y a des hommes en ce monde qui ne peuvent choisir leur destin... Ton maître en fait partie, tous comme chaque Kage... Leur avenir est intrinsèquement lié à notre dimension, ce depuis la nuit des temps...

Zabuza a été accepté par Kubikiri Houcho... De tous les Grands Sabres de Kiri c'est le plus puissant, car Kiri lui même l'a porté et s'est battu avec... L'homme qui le brandit n'est autre que son descendant, car seuls ceux de sa lignée en ont le droit...

Mais les hommes les plus forts de ce monde ne restent que des hommes, et Kiri lui même avait une faiblesse... Pour échapper aux tourments qui le guettaient, il s'était exilé sur l'île que vous appelez à présent, l'Ile Maudite, mais par un jour de tempête il trouva une petite fille échouée sur la plage...*


Chihiro sursauta à cette dernière phrase. Tout commençait à prendre du sens à ses yeux, les pièces du puzzle s'imbriquaient au fur et à mesure du récit d'Hikke.

*Je vois que tu comprends qui était cette enfant... Le jour où elle est morte, Kiri est devenu fou de rage... Le Démon qui était en lui se déchaîna et appela les tempêtes et les tsunami...

L'âme de Sorincha, torturée par la peine de son père adoptif, ne put trouver le repos et retourna sur Terre... Kiri voyant l'étendue de son égoïsme se donna la mort et enferma Sorincha loin de ce monde, lui confiant la tâche de veiller sur Kubikiri Houcho jusqu'au jour où son successeur ferait son apparition...

Mais les années de solitude et d'isolement on seché le coeur de l'Enfant... Elle, qui autrefois était le garde-fou de la conscience de Kiri, erre sans but propre entre son monde et le votre... Le jour où Zabuza a retiré le Grand Sabre, il a lu dans son coeur et a vu sa peine... Il lui a promis de revenir pour elle mais...

J'ai vu à travers le courant du temps... Si je n'étais pas intervenu, Sorincha aurait fini par tuer Zabuza... Le coeur du Mizukage est trop empli de peine et de ressentiment pour apaiser celui de l'Enfant... Alors j'ai cherché dans son passé quelqu'un qui pourrait remplir cette tâche mieux qu'elle...*


"Et tu m'as trouvée..."

*En effet... En te faisant modifier le cours du temps, j'ai empêché Sorincha de commettre l'irréparable... Zabuza est précieux à nos yeux, tout comme Satsushiki... Nous ne pouvons nous permettre de les perdre... Ta mission est de rester aux côtés du Mizukage et de l'empêcher de succomber au Démon de Kiri... Sans toi, il périra...*

Pour la première fois depuis longtemps, la colère et l'indignation prirent le pas sur Chihiro. De quel droit ces créatures se permettaient-elles de choisir le destin de son maître et le sien ? Et Sorincha ? Qu'allait-elle devenir ? La kunoichi eut une profonde peine pour la petite fille. Et si elle aussi était privée de sa tâche ? Que ferait-elle ? Elle voulut adresser une dernière phrase à Hikke, mais ce dernier l'interrompit.

*Nous n'avons plus le temps... Retourne dans ton monde, l'heure de Zabuza est arrivée...*

Une flaque d'eau fit son apparition sous les pieds de Chihiro et se mit à l'engloutir, tout comme cela avait été le cas avec moi quelque temps auparavant. Où allait-elle bien pouvoir atterrir ?


[Tu peux à présent poster dans Kiri.]

[Fin de la première partie.]


Dernière édition par le Sam 14 Oct - 12:32, édité 1 fois

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Jeu 29 Juin - 15:14

Chihiro marchait le long de la plage, évitant avec circonspection les vagues, qui menaçaient d’effleurer ses pieds nus à la moindre inattention. Elle tenait la main de sa mère, et caressait distraitement du bout de ses petits doigts le bracelet de coquillages que Yuhi portait. Son père était un peu en retrait, prévenant sa fille à chaque fois que l’eau montait un peu trop haut. Au bout d’un moment, La fillette fut lassée du jeu et entreprit de creuser un grand trou, tandis que ses parents s’étaient assis à ses côtés et profitaient du coucher de soleil.

"Chihiro, que souhaites-tu comme cadeau pour tes cinq ans ?" demanda Rokuro avec attendrissement.

La petite fille fronça les sourcils, pensive, cessant immédiatement son occupation. Enfin, un air triomphal éclaira son visage, et elle s’exclama :

"Je veux le même sabre que Oni-chan !"


Yuhi éclata de rire.

"Mais, Chihiro, tu ne pourrais même pas le soulever !"

La gamine eut une moue boudeuse.


"Oui, mais moi je veux ça ! D’ailleurs, je vais aller le lui demander !"

Chihiro sauta hors du trou et enleva le sable qui lui chatouillait le visage. Elle tira la langue à sa mère qui riait toujours, et partit en courant vers le centre de Kiri.

"Chihiro ! Reviens ici immédiatement ! Tu sais que tu ne dois pas te promener seule, c’est dangereux !" lui cria son père, qui s’était relevé subitement.

Mais la fillette ne s’arrêta pas pour autant. Elle connaissait le moindre recoin de son village, qui était son terrain de jeu, et s’y sentait en sécurité. Et elle savait pertinemment que si c’était si dangereux que cela, Rokuro aurait vite fait de la rattraper. Elle aperçut non loin la silhouette qu’elle avait remarqué alors qu’elle creusait. Elle l’avait tout de suite identifiée et s’était empressée de la rejoindre.

"Oniiii-chaaaaaan ! Qu’est-ce que tu fais là, tout seul ? s’écria-t-elle en s’arrêtant juste devant Zabuza. Je sais que tu nous regardais, pourquoi tu n’es pas venu avec nous ?"

Elle le regarda avec curiosité, puis ajouta d’une voix innocente.

"Oni-chan, tu es tout vieux !"


Je suis une vilaine

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Jeu 29 Juin - 15:39

Le passage à travers les dimensions ne m'avait pas ramené dans la grotte, au contraire il m'avait emporté jusqu'à Kiri no Kuni. Il ne me fallut pas longtemps pour comprendre où je me trouvai. La disposition des bâtiments dans le village, les murs complétement rénovés.... J'étais revenu un peu plus de dix ans en arrière.

*Hikke... Est-ce encore un de tes tours ? Où est-ce dû à Sorincha ? Et surtout, que voulez-vous me montrer ...?"

Je me mit à arpenter les rues de Kiri, jusqu'au bord de mer. Je ne savais pas si je devais aller par là, mais c'était un endroit qui me rassurait toujours. Un couple et leur petite fille se promenaient le long des vagues, alors que l'astre solaire reflétait ses lueurs orangées sur la mer. Je ne les reconnus pas immédiatement, mais la voix de la petite fille fit s'envoler tous mes doutes.

"Oniiii-chaaaaaan ! Qu’est-ce que tu fais là, tout seul ? Je sais que tu nous regardais, pourquoi tu n’es pas venu avec nous ?"

*Chihiro ... Alors ce doit être Rokuro et Yuhi là bas...*

Les gens autour de nous furent surpris du comportement de la petite fille. Apparement, seule elle pouvait me voir. Les autres villageois ne semblaient pas remarquer ma présence. Je me tournai vers elle et la regardai en souriant.

"Oni-chan, tu es tout vieux !"

Cela me semblait logique, j'avais dix ans de plus que le Zabuza qu'elle avait l'habitude de voir, mais je ne pouvais pas le lui expliquer, elle ne comprendrait pas... Je m'accroupis pour me mettre à son niveau et lui tapota la tête, comme à mon habitude à cette époque là.

"Chut ! J'essaye une nouvelle technique pour que personne ne me voie et ça à l'air de marcher ; regarde les gens, ils ne se rendent pas compte que je suis là.

Viens avec moi !"


Me relevant, je pris doucement la main de Chihiro et l'emmena hors de vue de la foule. On ne savait jamais ce qui pouvait arriver si j'étais découvert.

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Lun 10 Juil - 10:28

Très heureuse de l'attention et de la confiance que Zabuza lui portait, Chihiro prit son air le plus innocent, et avança dans la foule comme si elle était seule. Sa petite taille lui permettait de se faufiler aisément entre les passants pressés, et elle atteignit une ruelle plus calme rapidement.
Si son futur maître n'était pas visible aux yeux des autres, la fillette, elle, voyait bien la grande main qui avait prise la sienne.


"Pourquoi moi je peux te voir alors ?"

La petite fille était entrée dans une profonde réflexion, les yeux dans le vide, se mordillant avec application la lèvre supérieure. Une autre question, d'un intérêt majeur pour elle, stoppa l'élaboration d'une hypothése sur le fait que Zabuza n'était pas invisible pour elle.

"Oni-chan, pour mon anniversaire, je veux le même sabre que toi !" s'exclama l'enfant avec un sourire. "Il faut que tu me dises comment je dois faire, parce que Maman pense que je suis trop jeune et que je ne pourrai pas le soulever. Je peux essayer, dis ? Moi, je vais lui montrer que je peux le faire!"


Chihiro hésita quelques instants, puis proposa :


"Si tu me laisses essayer, je te donnerai quelque chose, Oni-chan."


Elle était très fière d'avoir trouvé un moyen d'augmenter ses chances pour que Zabuza accepte sa requête. Elle était persuadée que l'homme ne résisterait pas à la tentation d'un cadeau, même si elle ne savait pas encore ce qu'elle lui offrirait.
Pendant le délai de réflexion qu'elle avait la générosité d'accorder à l'ami de ses parents, elle concentra son attention sur la main du futur Mizukage. Elle semblait toute à fait normal, comme le reste de son corps, avait l'apparence et la consistance qu'elle lui connaissait, le même poids, la même couleur de peau que d'habitude. Comment les autres pouvaient-ils ne pas l'apercevoir ? La fillette comptait bien éclaircir ce mystère.


"Ta technique est très é-la-bo-rée."
apprécia-t-elle d'un ton supérieur. "Quand je serai kunoichi, tu devras me l'apprendre !"


Je suis une vilaine

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Lun 10 Juil - 11:00

Chihiro et moi filâmes à travers les rues de Kiri ; personne ne prêta attention à la fillette et nul ne pouvait me voir. Une fois arrivé loin des yeux de tous, nous nous arrêtames dans une ruelle.

"Pourquoi moi je peux te voir alors ?"

"Parce que je veux bien que tu me voies." répondis-je en lui souriant sincèrement.

Chihiro me rendit un sourire encore plus grand en jouant avec une de ses mèches de cheveux, puis se mit à réfléchir intensément. Qu'est-ce qui pouvait bien passer par la tête d'une enfant de cet âge ? Je me surpris moi même à me poser cette question ; cela ne me ressemblait guère. Mes interrogations furent interrompues par une nouvelle intervention de la petite fille.

"Oni-chan, pour mon anniversaire, je veux le même sabre que toi ! Il faut que tu me dises comment je dois faire, parce que Maman pense que je suis trop jeune et que je ne pourrai pas le soulever. Je peux essayer, dis ? Moi, je vais lui montrer que je peux le faire !"

Je regardai alors Chihiro avec un autre sourire, cette fois amusé. Alors c'était donc ça qui la travaillait tant ? Je me rendis compte que les temps avaient beaucoup changé depuis mon arrivée à Kiri. A son âge, la seule à laquelle nous pensions c'était à s'entraîner en vue de la guerre, pas à jouer. Peut-être était-ce le signe que le village de la Brume prenait une nouvelle direction, ou peut être était-ce simplement moi qui n'avait pas eu de véritable enfance...

"Si tu me laisses essayer, je te donnerai quelque chose, Oni-chan."

"Tu sais, porter un Grand Sabre de Kiri n'est pas une chose si facile. C'est bien plus qu'une arme, c'est un symbole de notre village. Cela signifie que tu es l'un des shinobi les plus forts de tous. Je te laisserai le porter le jour où tu deviendras une fière kunoichi."

Chihiro fit une petite moue et traina du pied sur le sol, puis passa à autre chose. Elle me fixa intensément et m'examina sous toutes les coutures. Quelque chose dans mon apparence semblait la troubler.

"Ta technique est très é-la-bo-rée. Quand je serai kunoichi, tu devras me l'apprendre !"

"Ha ha ha. C'est une technique de très grand ninja c'est pour ça. Promis je te l'apprendrai un jour."

La petite fille sourit de toutes ses dents et allait rajouter quelque chose lorsque une voix très familière nous interrompit.

"Chihiro ! Tu es là ! Nous nous sommes faits un sang d'encre. Combien de fois t'avons nous déjà dit de ne pas partir toute seule comme ça ?"

Yuhi, poussée par l'instinct maternel avait mis peu de temps à retrouver sa fille. Alors que je la vis, plus belle encore que dans mes souvenirs, je fus pris d'un pincement au coeur. J'étais soulagé, et à la fois regrettai qu'elle ne puisse pas me voir.

Chihiro regarda dans ma direction et avant qu'elle ne puisse dire quoi que ce soit, je mis mon doigt devant ma bouche, lui intimant le silence.


"Je ne suis pas là ! C'est notre secret ! Nous nous reverrons bientôt."

"Alors, Chihiro Sanada, qu'as tu à dire pour ta défense ?"

"Je recommencerai plus..."

"Voilà qui est plus sage" répondit Yuhi en souriant à sa fille. "Allez viens, on rentre à la maison."

"Oui maman !"

Chihiro se retourna une dernière fois dans ma direction et me fit un petit signe de la main pour me dire au revoir. Je le lui rendit avant de me retrouver à nouveau seul dans la ruelle.

*Pourquoi me montre-t-on ça ? Qui prend plaisir à me torturer en me montrant ce bonheur que j'ai détruit ? Hikke ? Sorincha ? Ou quelqu'un d'autre ?*

La brume se leva, enveloppant toute la scène et me transportant vers une autre partie de la vie de Chihiro.


[Allez on passe au souvenir suivant :p ]

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Mar 11 Juil - 13:58

Zabuza était dans la pièce principale de la maison de Rokuro et Yuhi. Cette dernière s'affairait, tandis que la petite Chihiro, qui devait avoir sept ans, lui tournait autour. Sans aucun doute, sa mère préparait leurs affaires en vue d'un départ imminent. Il faisait assez sombre, le temps était propice à un orage, bien que la journée vienne à peine de débuter.
Le silence était rompu par les soupirs agacés et fréquents de Yuhi, et par les sanglots de Chihiro.


"Maman, on ne peut pas partir ! Je ne veux pas ! Je veux rester à Kiri !" protesta-t-elle d'une voix faible, rendue rauque par les pleurs.

La femme baissa la tête, on pouvait lire sa profonde fatigue sur son visage pâle, et les traces qu'avaient laissé des larmes récentes. Elle abandonna le sac qu'elle était en train de remplir de vêtements, et s'approcha de Chihiro. Elle la serra contre elle, caressant les doux cheveux noirs de son enfant, tandis que la fillette avait enfoui son visage dans les vêtements maternels.

"Chihiro, je t'ai déjà expliqué. Il est dangereux pour nous de rester ici, tu le sais." rappela Yuhi avec lassitude.

"Tu vas abandonner Papa ! Il va rester tout seul ici, moi je ne veux pas !"

"Bien sûr que non, ma chérie... Nous devons nous mettre à l'abri, c'est ce qu'aurait voulu Rokuro, tu ne crois pas ? Il sera rassuré de nous savoir en sécurité, même si c'est loin de lui. Et puis, on a pas besoin de sa tombe pour se souvenir de lui, n'est-ce-pas ?"

Yuhi parlait de plus en plus doucement, et elle leva les yeux vers le plafond pour retenir son chagrin. Elle ne devait pas faiblir devant sa fille, elle devait se montrer réconfortante, elle devait...

"Tu vas le laisser tout seul ! Je te déteste ! Tu ne penses qu'à toi !"

La petite fille repoussa les mains de sa mère et s'élança vers la porte. Elle se retourna, et aperçut Zabuza, immobile. Elle lui adressa un regard noir, cachant sa surprise de le voir ici. N'avait-il pas fui ? Ensuite, elle se précipita dans la rue, courant en direction de la dernière demeure de son père. Yuhi se mit à pleurer, les mains plaquées sur son visage, dépassée par les évènements.

Chihiro entra dans le cimetière sans ralentir ses pas, et s'effondra dans la neige qui recouvrait l'endroit où gisait le corps sans vie de son père. Une pierre tombale avait été dressée lors de l'enterrement, mais la fillette n'avait pas besoin de lire les gravures pour savoir que c'était bien là. Elle pleurait à chaudes larmes, comprenant que non seulement la décision de sa mère était irrévocable et nécessaire, mais aussi que celle-ci n'avait pas le choix. Cependant, la petite fille ne pouvait se résoudre à partir en laissant son père derrière elle, même s'il était mort.


Je suis une vilaine

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Mar 11 Juil - 16:46

*Yuhi... malgré tout ça tu ne détestes pas... Pourtant j'ai brisé ton bonheur...*

J'aurais voulu la réconforter et la prendre dans mes bras, mais même ici je n'en avais pas le droit. Sûrement parce que le but de ma présence en cette époque était tout autre. Sachant ce que j'avais à faire, je rattrappai Chihiro et la vit s'effondrer sur la tombe de son père en pleurant.

*Toi aussi j'ai brisé ta vie ce soir...*

La petite fille se rendit compte de ma présence et se retourna dans ma direction. Elle me lança un regard noir tout en reniflant à cause des larmes.

"Pourquoi tu es là ? Tout le monde dit que tu es un méchant et que tu as fui le village !"

"Peut-être ont-ils raison... Peut-être que je suis une mauvaise personne... Tu sais, les gens ne comprennent pas toujours tes actes ou tes paroles... Parfois tu veux agir pour le bien de tous et les autres croient que tu leur veux du mal. La vie est ainsi..."

"Alors pourquoi tu es encore là si tout le monde te court après ?"

Je m'accroupis devant la petite fille et la regardait d'un air complice.

"Tu as oublié ? C'est la technique secrète que je t'apprendrai quand tu seras kunoichi. Personne d'autre que toi ne peut me voir ; c'est notre petit secret."

Chihiro esquissa un sourire puis reprit avec des sanglots dans la voix :

"Oni-chan, je serai jamais kunoichi, maman veut qu'on quitte Kiri..."

"Elle a raison. C'est mieux pour vous. Kiri est devenu un endroit où il ne fait pas bon vivre. Et puis je serai toujours là pour vous protéger..."

Chihiro se mit à pleurer à chaudes larmes et se jetta dans mes bras, serrant la manche de ma veste dans ses petits poings.

"C'est vrai hein ? Tu feras pas comme papa ? Tu vas pas nous laisser ? Je veux pas que tu partes moi !"

*Si seulement tu savais ce qui nous attend tous les deux ...*

"Promis, je serai toujours avec toi."

Cette promesse, je ne pourrai pas toujours la tenir ; je savais ce qui allait arriver, mais au fond de moi, je souhaitais faire changer les choses, inverser le cours du temps pour que rien de tout cela n'arrive, comme Sorincha l'avait fait, mais en avais-je seulement le droit ?


[Chihiro, Zabuza : +4 EXP RP]

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Mer 12 Juil - 13:43

La fillette releva la tête et sourit franchement à Zabuza, réconfortée par sa promesse. Elle avait confiance en lui, car il ne lui avait jamais menti, avait toujours respecté sa parole engagée envers elle, et, de plus, il lui confiait quelques uns de ses secrets, comme celui de la technique d’invisibilité.
Elle se sentait plus importante qu’une enfant au regard de Zabuza.
Chihiro se releva en essuyant ses pleurs renifla une dernière fois, et se tourna vers la tombe de son père.


"Maman et moi, on va partir, Papa. On sera loin de toi, mais on sera en sécurité. Rester à Kiri, c’est dangereux pour nous, et je sais que tu ne veux pas ça. Ce n’est pas parce qu’on part que l’on va t’oublier, c’est promis. Et je te jure aussi qu’un jour, je deviendrai une kunoichi, que je reviendrai ici."
sussura Chihiro d’un ton empreint de tristesse, mais aussi de résolution.

La petite fille fit volte-face, attrapa la main du futur Mizukage, et partit en direction de sa maison.
Alors qu’ils traversaient les ruelles tortueuses de Kiri, Chihiro demanda avec calme à celui qui deviendrait son maître :


"Je crois qu’il vaut mieux que tu restes invisible, Oni-chan. Je ne suis pas sûre que ton retour fasse du bien à Maman. On était persuadées que tu étais parti, et que l’on ne te reverrait pas avant longtemps."

L’homme ayant acquiescé, l’enfant accéléra son allure, et finit par courir alors que la porte n’était plus qu’à quelques mètres. Elle rentra comme une bourrasque dans la pièce principale où sa mère demeurait prostrée dans un fauteuil, son regard larmoyant perdu dans le vide. A l’arrivée précipitée de Chihiro, elle sortit de sa torpeur et se leva subitement, se hâtant de serrer sa fille dans ses bras. La fillette nicha son visage contre le cou de Yuhi, et s’écria :

"Pardon Maman ! Je ne te déteste pas, j’ai menti ! Je sais qu’on doit partir, et ce n’est pas ta faute. J’ai dit au revoir à Papa, et je sais qu’il est d’accord avec toi."

Elle recula un peu, caressant de ses petits doigts les joues de sa mère, faisant disparaître les larmes qui perlaient à ses yeux.

"Je vais t’aider à faire nos bagages Maman, et après nous partirons."


Yuhi hocha la tête et se remit à l’œuvre, non sans avoir déposé un baiser sur le front de sa fille. Chihiro savait que Zabuza était dans la pièce, mais elle n’émit aucune remarque et ne lui adressa pas la parole, de crainte de trahir sa présence. La petite fille assistait sa mère du mieux qu’elle le pouvait, et bientôt leurs sacs à dos furent prêts. Se retournant une dernière fois vers sa demeure, Chihiro adressa un signe d’adieu à son futur maître.


"Chihiro, tu viens ?"

Elle rejoignit Yuhi, lui tenant la main fermement.







Yuhi avait appris à Chihiro à maîtriser son chakra : l’adolescente marchait sur l’eau sans le moindre effort. Elle avait fourni à sa fille des shuriken et des kunai, sachant que l’aspiration de son enfant était de retourner à Kiri et de devenir kunoichi. Six années étaient passées depuis leur départ, et cet objectif ne s’était que renforcé dans l’esprit de Chihiro. Elle s’entraînait durement, sous les indications de sa mère qui la conseillait avec bienveillance.
L’après-midi de novembre était froide, et Yuhi octroya une pause à l’étudiante acharnée.
Elles s’installèrent contre un tronc d’arbre, puis Chihiro tenta de réguler sa respiration, les yeux levés vers le ciel. Depuis le temps, elle s’était accoutumée à la vie d’ermite qu’elles menaient toutes deux, cependant il arrivait que l’adolescente regrette de n’avoir pas d’autres contacts humains. Elle en était devenue assez introvertie et timide, prenant peu la parole mais écoutant beaucoup. Dans tous les cas, aujourd’hui était un jour spécial, et l’enfant s’en réjouissait. Si tout se passait comme prévu, ce soir, comme chaque année, Zabuza viendrait leur rendre visite. C’était le treizième anniversaire de Chihiro, et l’ami de ses parents ne ratait jamais l’événement annuel. Yuhi brisa le silence en demandant d’une voix complice :


"Chihiro, que dirais-tu de rentrer ? J’ai des choses à préparer pour ce soir, et tu as bien mérité du repos, tu ne crois pas ?"

L’adolescente sourit de contentement et se leva prestement. Sa mère fit de même et se dirigea vers leur maison. Chihiro observa un moment cette femme gracieuse et élégante, que le temps ne semblait atteindre. Elle l’admirait, pour sa force et sa volonté, et elle l’aimait tant… Elle voulait la protéger, pour ne jamais la perdre, et peut-être avoir un jour la possibilité de panser la blessure causée par la mort de Rokuro. Même si elles ne parlaient pas souvent de lui, Chihiro savait qu’il hantait chaque instant de leur vie. Elle lui en voulait un peu pour cela, car elle sentait sa mère incapable d’avancer, d’aller plus loin que là où elles se trouvaient. Chihiro avait été tenue au courant de la tentative d’assassinat de son père et Zabuza, et elle en comprenait l’enjeu, maintenant qu’elle était plus âgée. Elle ne pouvait le leur reprocher. La seule chose qu’elle ignorait était la façon dont était mort son père, comme si personne n’y avait assisté. Mais il défendait une noble cause, et l’adolescente était fière de lui, et elle ne se posait pas tant de questions. Elle savait aussi qu’elles ne pouvaient vivre comme tout le monde, par crainte qu’un Anbu retrouve un jour leurs traces. Elle le déplorait, mais la terreur que lui inspirait le fait d’être recherchées suffisait à brider ses lamentations.
Elles atteignirent bientôt leur masure, et, alors que Chihiro allait ouvrir la porte, sa mère lui fit un clin d’œil et déclara :


"Cette année, je vais faire un extra : tu vas avoir ton cadeau à l’avance."

A ces mots, le visage de l’enfant s’illumina d’un sourire.

"Mais, tu dois accomplir quelque chose d’abord."


Chihiro hocha la tête, l’air déterminé.

"Sais-tu encore faire cela ?"


Yuhi mit deux doigts dans sa bouche et souffla. Un sifflement strident rompit la tranquillité de leur retraire, et la jeune fille sursauta. Elle essaya à son tour. C’était son père qui lui avait appris à faire cela, mais elle n’avait jamais eu utilité à s’en servir.
Les premières tentatives se soldèrent par des échecs. Chihiro se bavait plus dessus qu’autre chose, ce qui faisait rire sa mère aux éclats. Bientôt, elle fut forcée de s’arrêter, prise de vertiges.


"Entraîne-toi et fais-moi signe quand tu y parviendras…"
indiqua Yuhi avant de rentrer chez elles.

Chihiro resta dehors un long moment, alternant les essais et les interruptions, quand elle apeçut une silhouette entre les arbres. Bondissant sur ses pieds, elle s’approcha, intriguée, quand elle tomba nez-à-nez avec Zabuza. Elle eut un recul de surprise, suivi d’un sourire de joie quand elle reconnut la personne.


*Depuis combien de temps est-il là ?*

"Oni-chan ! Tu es déjà arrivé ! Comme je suis heureuse ! Viens, Maman t’attend sans doute !"

L’apprentie kunoichi lui prit la main et l’emmena vers la maison avec entrain.


Je suis une vilaine

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Mer 12 Juil - 17:50

Une fois de plus, j'avais été transporté dans les souvenirs de Chihiro, dans ces moments que sa mémoire avait occultés suite au jutsu de Yuhi. Je me rappelai parfaitement ce jour, il avait eu lieu peu de temps avant le jour fatidique... Ce jour là, j'étais venu rendre visite à Yuhi et sa fille en compagnie d'Haku.

"Oni-chan ! Tu es déjà arrivé ! Comme je suis heureuse ! Viens, Maman t’attend sans doute !"

La jeune fille prit ma main et décida de m'emmener en direction de chez elle. Je savais que Yuhi ne pourrait pas me voir, et le Zabuza de cette époque ne tarderait surement pas à arriver. Il me fallait trouver une ruse.

"Attends ! Il ne faut pas que ta mère me voit, je suis là incognito..."

Chihiro marqua une pause et me regarda, surprise.

"Pourquoi Oni-chan ?"

"Et bien... parce que je suis venu t'apprendre quelque chose avant que nous fassions la fête."

Il me fallait absolument gagner du temps avant que Zabuza et Haku n'arrivent. Yuhi appelerait certainement Chihiro, ce qui me permettrait de partir sans éveiller ses soupçons.

"Tu vas me montrer ta technique pour devenir invisible ?"

"Non, ça je te l'apprendrai un autre jour. Aujourd'hui, je vais te montrer comment on siffle, comme ça ta mère sera fière de toi."

"Tu sais le faire toi ? Moi je n'y arrive pas. Papa m'avait montré, mais c'était il y a longtemps..."

"A moi aussi il m'a appris... C'était notre signal quand nous avions ton âge. Je vais te montrer."

Je desserai les bandages qui formaient mon masque et apparut à visage découvert. Ce fut la première fois que Chihiro me vit ainsi ; le rouge lui monta aux joues quelques instants, mais elle se ravisa et ne fit mine de rien.

"Oni-chan... On dit que ceux qui ont vu ton visage ne sont plus là pour le raconter... C'est vrai ?"

"Non, c'est un mythe" répondis-je en lui souriant. "Il y a des gens qui ont vu mon visage et qui sont encore vivants : ta mère, toi et Haku. C'est une histoire que l'on raconte pour faire peur aux garnements."

"Moi je suis toujours sage !"

"Mais je le sais... Bien, je vais te montrer comment siffler. Regarde, c'est facile. Tu mets tes doigts dans ta bouche comme ça et tu souffles. Il faut bien que tu serres les dents si tu ne veux pas te baver dessus."

"D'accord !"

Chihiro s'entraîna ainsi pendant une bonne demi-heure et finit par arriver à siffler correctement sous mon regard amusé. En ce qui me concernait, j'étais pris d'une étrange sensation : je me sentais serein comme jamais je ne l'avais été auparavant. Etait-ce ce qu'avait ressenti Rokuro alors qu'il était avec sa fille ? Au fond de moi, je l'enviai...

"Chihiro ! Zabuza et Haku sont arrivés ! Viens !"

Je posai mon doigt devant ma bouche, comme la première fois où j'étais apparu dans les souvenirs de Chihiro.

"Pas un mot de tout ça pendant la soirée d'accord ? Moi je vais aller reprendre la place de mon clone devant la porte pendant que ta mère te cherche. Fais la attendre un peu."

La jeune fille opina du chef alors que sautai dans l'arbre le plus proche et m'eloignai d'elle. Observant la scène de loi, je vis Yuhi arriver et ramener Chihiro à leur maison où les attendaient Haku et le moi de cette époque.

J'eut un pincement au coeur en voyant la jeune fille qui m'avait accompagnée dans mes années d'errance. Elle aussi subirait un destin funeste, perdant la vie pour me protéger...


*Haku... et toi, où est-tu à présent ? J'espère que tu es allée au Paradis...*

Dans la maisonnette , la fête battait son plein. Chihiro et Haku, qui avait quelques années de moins, jouaient toutes les deux, alors que Yuhi et mois discutions autour d'un verre de sake.

"Ca fait plaisir de les voir s'entendre aussi bien, non ?"

"Ca me fait surtout bizarre de voir Haku s'amuser et rire ainsi. Nous n'en avons pas souvent l'occasion elle et moi ; nous parcourons les routes à longueur de journées..."

"Et j'imagine que tu ne dois pas être très drôle toi non plus." dit Yuhi avec un sourire taquin.

"Un shinobi..."

"Oui, oui, oui... Un shinobi est une arme qui n'a pas de sentiments, blablabla..."

"..."

"Déride-toi un peu, Monsieur le méchant Démon de Kiri. Ce soir c'est la fête !"

Yuhi devait avoir un peu abusé du sake pour parler ainsi, elle qui d'habitude était si calme et posée, mais au moins elle avait le sourire, capacité que je la croyais avoir perdu depuis fort longtemps.

"Chihiro, tu as réussi à siffler comme je t'ai montré ?"

"Oui, maman !"

"Montre moi alors, ma chérie."

Fière d'elle, la petite fille porta ses doigts à sa bouche et siffla de toutes ses forces. La porte de la chaumière grinça légèrement, et le Zabuza de l'époque porta sa main sur la garde de Kubikiri Houcho. Quant à moi, je souris intérieurement.

Ce n'était pas un Anbu de Kiri qui avait ouvert la porte, mais une une petite boule de poils à quatre pattes, un louvetau. Ce dernier s'approcha de Chihiro et vint lui lécher la main.


"Je te présente ton nouveau compagnon, Chihiro. Il va falloir que tu en prennes soin. Bon anniversaire ma chérie."

Emerveillée, Chihiro serra l'animal contre elle et le couvra de caresses, que ce dernier lui rendit en lui léchant le visage.

"Il faut lui trouver un nom. Comment vas-tu l'appeler ?"

"Heuuuuu..."

La petite fille regarda tout autour d'elle et arrêta son regard sur Zabuza, qui était en train de boire sa coupe de sake.

"Hé bien... Comme c'est un animal qui doit faire peur, mais qu'il est gentil, comme Oni-chan, je vais l'appeler Oni !"

Zabuza manqua de s'étouffer en avalant son alcool, ce qui fit bien rire Yuhi, Chihiro et Haku.


Dernière édition par le Sam 14 Oct - 12:54, édité 1 fois

MessageSujet: Re: L'héritage du Forgeron (Chihiro, Zabuza)   Jeu 13 Juil - 12:23

La scène s’estompa, pourtant le cadre demeura le même. Une fin de journée ensoleillée, tellement identique aux autres jours, si calme que l’attention se relâche. Chihiro, plusieurs mois après avoir fêté ses treize ans, jouait avec Oni vers la rivière non loin de sa maison. Il faisait terriblement chaud ce jour-là, et l’adolescente avait poussé le loup dans l’eau, amusée par son air effaré. Celui-ci ne tarda pas à se venger, car sitôt ressorti sur la berge, il s’ébroua avec acharnement, arrosant copieusement sa maîtresse. Cette dernière éclata de rire, quand elle se rendit compte qu’elle n’était pas seule. En effet, Zabuza était sorti de sa retraite, l’air inquiet, et avançait vers la jeune fille. Chihiro l’étudia quelques instants, et sut qu’il ne s’agissait pas de son Oni-chan habituel, mais de celui qui devait rester invisible. Elle le reconnaissait car il était plus vieux que l’autre. Elle s’approcha elle aussi, lentement, accompagnée par Oni qui ne comprenait pas ce qui intriguait l’adolescente. Il jappa, et Chihiro lui caressa distraitement l’échine jusqu’à ce qu’il se calme.

"Bonjour, Oni-chan."

Ce Zabuza l’intimidait, mais elle voulait des réponses. Elle n’était plus une enfant, elle méritait la vérité.

"Tu n’es pas avec Haku-chan ? Où est-elle ? Je sais que tu n’es pas un clone de Oni-chan, et je sais que ce n’est pas une technique, mais alors qui es-tu ?"

L’homme haussa les épaules, et répondit :

"On ne peut rien te cacher... Je ne suis pas le Zabuza de ton époque, on m'a fait traverser les courants du temps pour être près de toi. Je sais ce qui va arriver à l'avenir. Je ne te dirai rien, mais sache que je serai toujours avec toi..."

Il reprit, sans se soucier de la surprise qui se lisait dans les yeux écarquillés de Chihiro :

"Nous n’avons pas le temps avec ça, où est Yuhi ?"

La jeune fille, qui le scrutait avec curiosité, indiqua avec un certain ressentiment :

"Elle est à la maison. Elle m’a demandé de sortir jouer dehors et de profiter du beau temps. Elle fait de plus en plus souvent cela…"

Elle se pencha un peu et souffla rapidement, d’un ton plus bas :

"La dernière fois, je l’ai espionné, et je suis quasiment certaine qu’elle met au point une technique de genjutsu. Elle ne veut pas le faire devant moi de peur que j’essaie, j’imagine…"

L’adolescente croisa les bras sur sa poitrine, et expliqua d’un ton boudeur :

"Maman m’a peut-être appris à me battre, mais elle n’a jamais accepté de m’enseigner des jutsu..."

Chihiro lança un regard aigu à celui qui deviendrait son maître, et lui demanda :

"Aujourd’hui, tu veux lui parler ?"

"Non, je ne le peux pas, tu es la seule capable de savoir que je suis là."

La jeune fille hocha la tête.

"Que viens-tu faire alors ?"

Lorsque Zabuza s’apprêta à répondre, il fut interrompu par le Zabuza de l’époque, qui stoppa sa course devant Chihiro.

"Chihiro, je te cherchais partout avec Yuhi. Tu parles toute seule ?"

La gamine secoua la tête négativement.

"Je discutais avec Oni. Que fais-tu là, Oni-chan ?"

"Tu dois venir avec moi, les Anbu vous ont retrouvé, ils ne vont pas tarder à arriver."

Le sang de Chihiro se glaça. Elle regarda avec insistance le Mizukage, celui invisible aux yeux de son double, se questionnant sur ce qui allait suivre. Ce qu’elle avait tant redouté était sur le point de se produire. Sans perdre un instant, elle siffla Oni et courut en direction de leur masure. Sa mère attendait, assez alarmée, et serra Chihiro dans ses bras quand elle arriva. Elle leva ensuite les yeux vers Zabuza.

"Merci beaucoup. J’aurais perdu plus de temps que toi à la chercher. Nous devons partir à présent."

L’adolescente avait peur. Elle savait ce qui allait se passer si les Anbu les rattrapaient. Mais elle savait également que si Zabuza était là, c’était pour les protéger. Ils allaient s’en sortir. Ils s’éloignèrent de la masure si chère au cœur de la jeune fille, abandonnant tout ce à quoi elle tenait, et principalement les souvenirs qui leur restaient de Rokuro. Toutefois, elle ne pleurait pas, bien trop occupée à s’éloigner le plus rapidement possible. Oni jouait l’éclaireur, gambadant avec aisance à travers les arbres, sans se douter de ce qui se passait. Il était ravi de la promenade, bien que personne ne semblait faire attention à lui. Le loup revint vers sa maîtresse, et frotta vigoureusement sa tête contre la jambe frêle. Chihiro passa sa main dans les poils du cou de l’animal, lui sourit timidement sans cesser sa marche. Ils cheminaient avec diligence, néanmoins la tension était palpable.
Au bout de quelques temps, ils parvinrent à la rive d’un large fleuve. Yuhi échangea un regard entendu avec Zabuza, puis se tourna vers sa fille.


"Chihiro, nous allons continuer à fuir. Toi, tu vas partir par là." dit-elle en pointant un doigt vers la rivière.

L’adolescente, tétanisée, ne dit rien. Des larmes perlèrent à ses yeux. Elle se doutait que si sa mère voulait se séparer d’elle, c’était pour la sauver, ce qui signifiait que si elles restaient ensemble, elles n’avaient presque aucune chance de survivre.

"Ecoute, Chihiro, je n’ai pas beaucoup de temps.. Je vais faire quelque chose qui te protégera quoi qu’il arrive, ma chérie. Je sais que tu es au courant. J’ai élaboré un jutsu qui va effacer ta mémoire…"

"Non ! Je t’en prie, Maman, Ne fais pas ça !"

La jeune fille pleurait pour de bon, et se jeta dans les bras de sa mère.

"Je ne veux pas te quitter, je ne veux pas t’oublier, je veux rester avec toi, je t’en supplie !"

Yuhi rétorqua d’une voix faible :

"Et moi je veux que tu restes en vie, Chihiro. Si le destin est clément, je ne tarderai pas à te rejoindre."

"Ce n’est pas vrai ! Je ne veux pas partir toute seule !"

"Chihiro, tu dois comprendre que nous n'avons pas le choix ; c'est pour ton bien..."

"Je veux pas ! Je veux rester avec toi !"

"Ma fille, nous n'avons pas toujours le choix, et parfois nous devons en faire certains contraires à nos sentiments. Ne crois pas que j'ai envie de t'abandonner, mais il le faut, pour que tu vives."

"Pourquoi ??? Papa est parti et n'est jamais revenu, je veux pas que tu fasses comme lui !!!" s’écria Chihiro avec rancœur.

"Chihiro, tu ne seras jamais seule. Oni viendra avec toi et Zabuza sera là aussi. Et tu te feras des amis avec le temps." affirma la kunoichi d’une voix qu’elle avait du mal à maintenir ferme.

"Yuhi, dépêchons-nous. Les Anbu ne vont pas tarder."

Quand Zabuza annonça cela, l’adolescente le dévisagea avec son regard le plus noir.

"Je suis désolée, Chihiro." s’excusa Yuhi, en plongeant ses yeux dans ceux de sa fille.

La jeune fille s’évanouit instantanément. Les deux shinobi la mirent à l’eau, accrochée à un tronc d’arbre, accompagnée de Oni. Ils la regardèrent s’éloigner quelques instants, puis partirent à toute vitesse.
Inconsciente, Chihiro atteignit promptement l’embouchure du fleuve aux eaux agitées, puis la mer. Zabuza l’avait suivi en marchant sur l’eau. Inutile de poursuivre Yuhi, il savait ce qu’il allait advenir. Oni ne cessait de gémir, mordillant le poignet de sa maîtresse sans réussir à l’éveiller. La mer était houleuse, et le tronc penchait dangereusement. Un orage se préparait, et la nuit était en train de tomber.
Quelques instants plus tard, Chihiro reprit ses esprits. Elle sourit à Oni, sans le reconnaître, et prit conscience de la fillette au masque qui était assise à ses côtés. Celle-ci l’épia avec intérêt, quand la tempête éclata subitement. Les vagues submergèrent le radeau de fortune, et Oni ne tarda pas à sauter dans l’eau pour rejoindre la plage, que l’on voyait au loin. Chihiro, elle, s’agrippait de toutes ses forces sous la vision indifférente de la petite fille. Finalement, elle lâcha prise, n’étant pas de taille à lutter avec l’élément en fureur. Elle était épuisée, et son esprit demeurait vide. De ce fait, l’eau l’engloutit, pénétrant dans sa bouche et son nez, emplissant ses poumons, tandis que l’adolescente ne faisait aucun geste pour se sauver.


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