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 Port de Kiri

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MessageSujet: Re: Port de Kiri   Mer 13 Sep - 13:35

[merci pour la création du topic. Wink]
[passage situé après le RP en cours sur le topic ruelles de Kiri]

Le soir suivant sa rencontre avec les enfants de l’orphelinat, Sana-khan se dirigea d’un pas rapide vers le port de Kiri, emmitouflée dans sa nouvelle cape et parée de ses épaisses mitaines pour lutter contre le souffle assez froid qui venait de la mer.

Lorsqu’elle arriva au point de rencontre que lui avait donné Nimuro la veille pour l'emmener sur les îles de Kiri, le jeune homme était déjà là. Il n’avait pas renoncé à ce qu’il avait dit après leurs mésaventures pendant la guerre, et avait effectivement démissionné de ses fonctions ; il ne portait plus la tenue des ninja de Kiri ni le bandeau du village de la brume, et était vêtu d’un simple pantalon ample, d’un débardeur sombre et d’une large écharpe qui flottait au vent. A voir ses chaussures poussiéreuses et les gants usés qu’il portait, il avait dû passer la journée à aider à déblayer les gravats et sécuriser les bâtiments endommagés. Quand il vit la jeune femme, il lui fit signe de la main et l’accueillit avec un léger sourire, malgré ses traits tirés par le manque de sommeil.


"J’espère que je ne t’ai pas fait trop attendre…"

Sana-khan suivit le geste de Nimuro qui lui désignait la mer et regarda au loin avec la main en visière devant les yeux, pour distinguer les contours en contre-jour des îles qui s’éparpillaient à perte de vue au-delà du port.

"C’est là-bas… ?"

Nimuro opina du chef.

"La marée est basse, nous n’aurons même pas besoin de prendre un bateau… La jetée affleure, cela fait temporairement un chemin au sec, mais il faudra surveiller la montée des eaux. Es-tu partante ?"

Sana-khan acquiesça et suivit en silence le jeune homme en direction du long chemin de gravier qui s’étirait dans la baie et reliait la plus grande île de la sortie du port à la terre. Le vent frais soufflait par bourrasques, et elle devait retenir d’une main le grand foulard qu’elle avait enroulé trois fois autour de son cou pour éviter qu’il ne s’envole.

Les deux jeunes gens se dirigèrent vers la forme sombre au relief accidenté qui émergeait au-dessus de l’eau sans se retourner une seule fois vers le village marqué par la guerre, comme s’ils lui tournaient le dos d’un commun accord pour essayer d’oublier ce qu’ils y avaient vécu quelques jours plus tôt…

Une fois à l’abri des rochers, au pied du sentier qui partait à l’assaut de l’île, ils purent commencer à discuter sans devoir couvrir les sifflements du vent, et s’aidèrent mutuellement à franchir les obstacles dans les passages difficiles du chemin rocailleux qui menait au sommet. La végétation était rare, constituée de touffes d’herbes clairsemées et d’arbustes qui avaient pris racine dans les anfractuosités de la roche. Leur but atteint, Sana-khan se mit à la hauteur de Nimuro et contempla la vue.

Le spectacle valait l’effort fourni. Le cadre était impressionnant, entre la nature sauvage, presque apocalyptique, le vent, qui soufflait plus violemment encore au sommet de l'île, et les vagues qui venaient se briser dans des gerbes d'écume au bas de la falaise.

Nimuro s’assit en tailleur sur le sol, rapidement imité par Sana-khan qui passa ses bras autour de ses jambes repliées et posa le menton sur ses genoux, le nez dans son foulard. Au bout de quelques longues minutes où seul le cri d’une mouette se faisait parfois entendre par-dessus le bruit de la mer et du vent, le jeune homme soupira.


"La guerre est terminée, tu es délivrée de tes obligations, maintenant… As-tu des projets ?"

Il tourna la tête et adopta la même pose que la jeune femme, comme si le fait d’avoir la tête dans ses bras l’encourageait à poursuivre sans hésiter et l’empêchait de laisser échapper des sottises.

"… Vas-tu rester à Kiri, ou reprendre la route ?"

Sana-khan ne répondit pas tout de suite, et lorsqu’elle le fit, d’un ton calme et posé, la lueur dans ses yeux pâles aurait dû avertir son interlocuteur du danger.

"Et toi… ? Qu’as-tu décidé de faire, à présent ?"

Nimuro parut étonné par la question – comme si la réponse n’était pas évidente !

"Eh bien… j’avais dit que je rendrais mon bandeau après la guerre ; c’est chose faite. Je ne souhaite plus être shinobi... Je suis un homme comme les autres, à présent."

"…"

Le silence qui s’ensuivit était si lourd que Nimuro, étonné, tourna la tête… juste à temps pour voir Sana-khan se relever et lui tomber dessus comme un chat sauvage, poings en avant. Cette réponse était précisément celle qu’elle ne voulait pas entendre et qui menaçait de mettre le feu aux poudres.

"Un homme comme les autres, oui ! Et pendant ce temps, tout va à vau-l’eau ! J’ai vu Kisako en ville, au pied de l’orphelinat en ruines, elle est débordée ! Yumi pleure tout le temps, les gamins te réclament… Mais tu es un homme normal, alors tout est pour le mieux !"

Instinctivement, Nimuro avait roulé sur le côté pour éviter l’attaque. Il était à présent assis au milieu des fougères, des morceaux de feuilles dans les cheveux, les yeux ronds comme des soucoupes de se faire ainsi agresser par la jeune femme, qui ne lui laissa pas le temps de comprendre ce qui lui arrivait et lança un nouvel assaut qui fit mouche.

"Tu baisses les bras de n’avoir pas pu sauver Kentarô, je le sais ; mais personne ne l’aurait pu, pas même Bouddha ! Et à présent qu’il nous regarde de là où il se trouve, que voit-il ? Son « grand frère » qui se lamente et abandonne ses idéaux parce qu’il a autant de volonté qu’une palourde !"

Nimuro, bien qu’abasourdi par la situation, eut encore assez de réflexes pour esquiver maladroitement le coup et le recevoir sur l’épaule. Puis il attendit la suite en levant le bras pour parer à toute nouvelle attaque… mais rien ne vint, et au bout de quelques secondes il se risqua à jeter un œil par-dessus son coude.
Sana-khan s’était laissée tombée à genoux devant lui, essoufflée par sa vendetta, et le toisait avec un regard noir. Cependant, quand elle reprit la parole, son ton avait considérablement changé et son visage s’était radouci.


"Tu veux que je te dise, Monsieur « Tout-le-monde »…? Il y a plus de gens ici qui ont besoin de toi que tu ne le crois… Tout Kiri a vu l’enfer, et même moi qui viens de loin l’ai vécu avec vous, les shinobi ; pourquoi veux-tu t’isoler alors que tout est à reconstruire ? Ne nous laisse pas tomber !"

La dernière phrase ressemblait plus à une supplique qu’à un ordre. Le manque de sommeil et le souvenir des évènements récents commençaient à avoir raison des défenses de Sana-khan qui, dans l’espoir un peu futile de cacher qu’elle perdait le contrôle de ses émotions, détourna la tête pour s’essuyer les yeux avec le revers de sa manche. Visiblement très gêné, le jeune homme se redressa tant bien que mal en faisant tomber les feuilles de ses vêtements et se mit à sa hauteur.

MessageSujet: Re: Port de Kiri   Mer 13 Sep - 16:39

Nimuro fit quelques pas en direction de Sana-khan, tout en regardant le sol. Il avait plus honte d'avoir fait verser une larme à la jeune femme que de son attitude vis à vis de la hiérarchie de Kiri, mais ce qu'elle avait dit l'avait néanmoins secoué.

*Les enfants... *

"Sayuri, je..."

Le Chuunin voulait s'excuser, lui dire à quel point il avait honte de lui même, mais l'image de Kentarô lui revint à l'esprit. Parce qu'il n'avait pas pu être là, la personne qui l'admirait le plus au monde était morte et pour cela, il s'en voulait terriblement.

"Je suis désolé... Je sais bien que tout le monde a besoin de moi, mais je ne me sens plus capable d'assumer... Je ne veux plus que qui que ce soit meure par ma faute ou parce que je ne suis pas là... Je ne veux pas non plus inspirer d'autres gosses sur la voie du shinobi..."

"Alors tu préfères fuir tes responsabilités..."

"Que puis-je faire de plus qu'aider à reconstruire le village ? Tu l'as bien vu toi même, je ne suis qu'un shinobi de second ordre... Pendant toutes ces années, je me suis caché à l'orphelinat pour fuir mon incompétence, mon indécision... Il n'y a qu'à me regarder pour le réaliser ; comment un éclopé pourrait-il être un ninja digne de ce nom ?"

Sana-khan se retourna comme une furie et saisit Nimuro par les bretelles de son débardeur, les joues empouprées par la rage.

"Tu vas arrêter ! Tais toi ! Il n'y a que toi pour dire de telles bêtises ! Personne ici ne pense ça de toi, surtout pas les enfants ni Kisako... encore moins Kentarô de son vivant..."

La kunoichi baissa la tête, laissant rouler une larme sur sa joue. Le Chuunin eut l'échine parcourue par un frisson et sentit une boule se former dans sa gorge. Il laissa ses bras tomber le long de son corps et serra les poings.

"Je suis désolé... Le souvenir de Kentarô est encore trop présent dans mon coeur pour que je puisse prendre ma décision... J'aurais voulu moi aussi qu'il soit avec nous aujourd'hui, et qu'il joue dans les rochers comme il avait l'habitude de faire et..."

"Arrête..."

Cette dernière phrase était plus une supplication qu'un ordre. Elle avait été prononcée entre deux sanglots, ce qui sembla faire prendre conscience de quelque chose au Chuunin. Sana-khan se laissa aller pour la première fois depuis longtemps et posa la tête sur l'épaule de Nimuro, ne contenant plus sa tristesse.

Ce dernier resta immobile quelques secondes, interdit. Puis, il enserra la jeune femme de ses bras et la serra contre lui, passant une main dans ses cheveux.


"Pardonne-moi... J'ai conscience que je te fais beaucoup de mal à toi aussi... Je crois que je vais aller voir Kisako et parler avec elle... J'irai voir les enfants aussi avant de prendre une décision définitive..."

MessageSujet: Re: Port de Kiri   Jeu 14 Sep - 23:34

Cela faisait si longtemps que Sana-khan n’avait plus goûté aux larmes qu’elle fut elle-même surprise de les sentir couler sur ses joues et les essuya d’une main, comme si elle ne pouvait se résoudre à croire qu’elle se laissait aller à une pareille émotion. Mais le soulagement qu’elle en ressentit d’abord fut vite remplacé par un sentiment de colère diffuse envers elle-même. L’étreinte de Nimuro était agréable, mais elle s’en détacha néanmoins en le repoussant doucement et reprit quelques distance.

*Il est temps que je m’en aille, à faire n’importe quoi je vais finir par réellement me compromettre…*

- Pardonne-moi, la fatigue m’égare… Je prends sûrement tout cela trop à cœur, et je ne devrais rien te reprocher alors que je ne sais même pas si je vais moi-même rester à Kiri ou repartir…

Retrouvant son expression habituelle, elle se tourna à nouveau vers la mer et soupira en secouant ses cheveux ébouriffés.

- Le village de la brume ne se relèvera pas facilement de ce conflit, et tu n’es pas le seul à baisser les bras… Mais vous êtes une nation guerrière, n’est-ce pas…?

Un son insolite l’interrompit et elle tourna la tête en direction du sentier par lequel ils étaient venus. Intrigué, Nimuro regarda dans la même direction que la jeune femme, mais il ne vit rien de particulier et celle-ci haussa légèrement les épaules comme si elle avait rêvé avant de reprendre le fil de son discours.

- … Je veux dire par là que la ferveur que vous avez mise à défendre le village alors même que votre chef était absent, je ne l’avais encore jamais vue. Et pourtant, j’ai eu l’occasion de traverser des contrées en guerre, crois-moi !

Comme si ses propres paroles venaient de lui rappeler quelque chose, Sana-khan suspendit sa réflexion et plongea son regard pâle dans celui du chuunin.

- D’ailleurs, j'y songe… Le Mizukage… comment va-t-il ? Je n’ai plus rien entendu à son sujet depuis son entrée à l’hôpital, j’en ai conclu que tout allait bien, mais tu devrais en savoir plus…

Nimuro parut d’abord surpris, puis profondément ennuyé.

- Eh bien, je…

Mais avant qu'il n'ait pu finir sa phrase, ce fut à son tour de s’interrompre. Le vent apportait des bribes de conversation. Sana-khan, en alerte, se leva.

- Des voix... J'avais donc bien entendu ! Quelqu'un d'autre que nous serait en route pour l'île ?

- A cette heure-ci ? Ca serait une drôle d'idée, la mer ne va pas tarder à recouvrir la jetée... D’ailleurs, il serait bon que nous rentrions si nous ne voulons pas être coincés ici…

Le chuunin se redressa également, et les deux jeunes gens entreprirent de rebrousser chemin. Sana-khan fut la première à contourner le rocher qui masquait la jetée et s’immobilisa soudain, ses vêtements flottant au vent.

- Nimuro…

- Oui ?

- Tu m’as bien dit que tu irais voir Kisako et les orphelins, n’est-ce pas ?

Un peu surpris, le jeune homme la rejoignit et s’appuya au rocher pour soulager sa jambe invalide avant de lui répondre.

- Oui, et je m’y tiendrai… Pourquoi cette question ?

- Je crois que tu n’auras pas beaucoup de peine à te donner pour croiser leur route... Regarde…

A peu de distance de là, sur les pavés du port, se tenait un petit groupe qu’ils n’eurent pas de mal à identifier.

- Les enfants… Kisako… ?

Nimuro n’en revenait pas. Derrière lui, Sana-khan eut un léger sourire et remonta son foulard un peu plus haut. Sur le parapet, devant les enfants, se tenait le jeune genin qu’elle avait eu l’occasion de voir le jour même devant les ruines de l’orphelinat, et elle était persuadée qu’il n’était pas étranger à l’organisation de la petite expédition qui les avait amenés au port.

*Belle efficacité, Iba…*

Reprenant les choses en main, elle poussa légèrement le chuunin en avant.

- Dis, loin de moi l’idée de te brusquer mais on devrait peut-être se dépêcher de les rejoindre, non ?

En effet, les vagues commençaient à partir à l’assaut du passage surélevé qui rejoignait la terre ferme et la voie menaçait de devenir rapidement impraticable à pied. Nimuro acquiesça et s’engagea en premier sur la jetée. Bien qu’il n’ait pas tourné la tête, Sana-khan avait brièvement aperçu son expression.

*Il a souri… ?*

Le cœur un peu plus léger, elle descendit à sa suite sur le chemin de graviers. De l’autre côté, un enfant les avait aperçus et le signala à ses camarades. Aussitôt, une voix fluette s’éleva et une petite silhouette se détacha du groupe pour descendre au bord de l’eau.

- Nimuro ! Nii-san !

- Yumi ! Reste ici… Yumi !

La petite fille fit la sourde oreille et, loin d’obéir à la gouvernante, se précipita sur le chemin pour s’élancer vers le jeune shinobi.

- Reviens, c’est dangereux ! Tu risques de tomber !!

Mais la petite ne l’écoutait pas et continuait à courir sur le gravier déjà mouillé par l’eau qui montait insensiblement, et ce qui devait arriver arriva ; les galets qui constituaient les bords du chemin devenu instable cédèrent sous son poids et, perdant l’équilibre, elle tomba à l’eau dans les rouleaux d’écume qui charriaient des algues et des débris vers la plage. Kisako poussa un cri d’angoisse.

- Mon dieu, elle ne sait pas nager !!

Heureusement, Nimuro avait vu venir l’accident et s’était précipité vers Yumi qu’il parvint à rattraper in extremis par le bras avant que le va-et-vient des vagues ne l’ait entraînée plus loin. D’une main sûre, il la tira hors de l’eau et la prit dans ses bras avant de se relever. La petite cracha un peu d’eau salée et se mit à pleurer.

L’incident ne semblait avoir duré que quelques fractions de secondes, mais Sana-khan était sans doute la seule à avoir remarqué que sur la rive, à distance équivalente, Iba avait amorcé le même mouvement que Nimuro pour se porter au secours de la fillette et y avait renoncé aussitôt assuré que le chuunin arriverait à temps.


*Il leur faudrait un sacré bataillon d’anges gardiens, à ces gamins ; en voilà un bien singulier…*

Ôtant sa cape de ses épaules, elle en emmitoufla Yumi qui continuait à pleurer doucement, blottie contre l’épaule de Nimuro qu’elle refusait de lâcher. Puis ils gagnèrent rapidement le port où ils furent accueillis par Kisako tremblante.

- Oh seigneur, assez de drame pour aujourd’hui ! Nimuro-kun, il faut vite aller lui faire sécher ses vêtements, elle va attraper froid !

Les enfants s’étaient massés autour d’eux, et instinctivement, le chuunin avait reprit sa place auprès des orphelins comme s’il ne les avait pas quittés plus de quelques heures.

- Oui, je vous suis ! Où avez-vous été relogés ?

La gouvernante eut un geste d’impuissance.

- Nous sommes toujours dans les ruines de l’orphelinat…

- Dans les ruines de… C’est pas vrai ! Bon. Kisako-san, venez avec moi s’il vous plaît. Les enfants, vous m’attendez ici, et personne ne s’approche de l’eau, d’accord ? Benitora, c’est compris ?

Il se tourna vers Sana-khan et Iba, restés un peu en retrait.

- Je peux vous demander de les surveiller un moment, Sayuri, et…

Comme Iba semblait tarder à réagir, Sana-khan répondit à sa place.

- …Iba Hiyori, l’un des élèves du Mizukage... Pars tranquille, nous veillerons au grain. Ne tarde pas, Yumi grelotte déjà !

Nimuro fit un bref signe de tête et s’éloigna rapidement, la fillette toujours dans ses bras, accompagné par la gouvernante.

Mais s'inquiéter était inutile ; la mésaventure de Yumi semblait avoir dissuadé les autres enfants de se montrer indisciplinés, et loin d’être turbulents ils restaient au contraire étrangement silencieux. Sana-khan laissa échapper un léger soupir et se tourna vers le jeune genin.

- Nous voilà bien embarqués… Si tu en profitais pour me raconter comment tu as atterri ici ?

MessageSujet: Re: Port de Kiri   Ven 15 Sep - 8:15

[Sana-khan : +8 EXP RP]

[Zabuza : +3 EXP RP]

MessageSujet: Re: Port de Kiri   Sam 16 Sep - 20:18

[J'ai lutté pour finir Razz]

Iba cheminait en tête de la petite troupe, Mme Kisako fermait la marche. Comme pour une ballade en ville, lors d’une après-midi ensoleillée, les enfants étaient rangés deux par deux, et se tenant la main…
Où tout du moins ils étaient sensés se tenir la main, mais bien sûr aucun ne l’appliquait.
Qu’importe… pas besoin d’être « en règles »…

Il se souvenait bien du regard ahuris que lui avait lancé la gouvernante, lorsqu’il avait annoncé son intention d’emmener le groupe au port. Elle avait été tout d’abord retissante à l’idée de quitter son refuge, mais Iba s’y prit si bien qu’elle accepta, enchantée par l’idée. Ses arguments les plus poignants avait été la ballade pour les enfants, l’opportunité de retrouver Nimuro, et puis le bord de mer qui serait, quoi qu’elle en dise serait beaucoup plus propice aux enfants qu’un champs de bataille et les décombres d’une ville.
Mais avec la brise du large, ils pourraient prendre froid, je ne sais pas s’ils sont assez couverts. Et s’ils sont faim ?…
Elle s’inquiétait vraiment pour ces bambins…comme une louve pour ses petits. Il lui avait fallut montrer patte blanche pour qu’elle cesse de montrer des crocs…

Le garçon s’étonnait de la nouvelle attention qu’il apportait lui aussi aux enfants. Il avait fait plusieurs détours pour éviter les rues qu’ils avaient vus auparavant dévastées et jonchées de corps…
Et quand par hasard, au détour d’une ruelle, il tombait sur un de ces cimetières, il se retournait, un sourire navré aux lèvres, et se mettait à parler pour détourner l’attention des enfants, prétextait qu’il s’était trompé de chemin, et le groupe se détournait de l’hécatombe. Mme Kisako avait, dès le début, comprit son petit jeu, et l’aidait du mieux qu’elle pouvait, trouvant elle aussi des « excuses-bidon », et bien d’autres stratagèmes, pour éviter que les enfants ne posent le regard, là, où il ne fallait pas.
De temps en temps, elle remontait la file d’enfants, pour s’assurer que chacun d’eux allait bien, adressait un regard complice à Iba, puis s’en retournait à sa place.

Il ne s’en était pas rendu compte…mais à aucun moment Iba ne s’était considéré comme faisant partit du groupe de bambins. Non jamais…
Il était un surveillant, plus un enfant ; cet âge était révolu depuis longtemps. Il en prenant conscience aujourd’hui.

Le genin se demandait quand un des sacripant, qui se tenait dans le groupe allait faire un écart, sous prétexte de se rendre intéressant, mais à son grand étonnement, ce moment ne vint jamais, la plupart était suspendu à ses gestes, comme s’il était un héros de film…
Ce genre de personne qu’on imagine seulement, et que l’on ne rencontre jamais. Des tels regards le m’étaient vraiment malaise, mais il fit tout pour ne rien laisser paraître.
Il se retourna pour vérifier que tout allait bien, jetant un œil sur les derniers du groupe, à côté de Mme Kisako se tenait Yumi ; son discours n’avait servi à rien, pas même à l’apaiser. Leurs regards se croisèrent, et Iba n’y lut que de la haine, de la rancune et du mépris…
C’était exactement le même que ce qu’il l’appelait par son « surnom ». Vide, froid, parfois meurtris ou meurtrier. Pourtant, elle était trop jeune pour savoir quoique ce soit sur les siens, et leur échec.
Elle le détestait pour autre chose, elle lui reprochait un autre échec. Celui de ne pas avoir été là pour Kentâro…
Iba n’aurait pas put comprendre une telle haine, s’il n’avait pas vu, les garçons qui essayaient parfois de l’imiter, ou bien qui essayait d’enchaîner des signes incantatoires.
Pour eux, un ninja était-il plus qu’un homme ?

Soudain, le garçon eut une terrible douleur à la tête, fulgurante…
Il chancelait, la glace qui entourait sa blessure explosa, et le sang se remit à couler, abondamment, le long de son bras. Tombant à genoux, il compris ce qu’il venait de se passer, les glandes productrices de chakra, activées par les médecins avaient cessé de faire effet. Déjà les cris des enfants se propageaient. Iba devait arrêter cela, et rapidement. L’écume aux lèvres, à l’aide de sa main droite, il se mit à chercher frénétiquement dans sa sacoche, sortant les projectiles, sans réussir à trouver ce dont il avait besoin…
Puis ses doigts engourdis finir par se saisir des petites sphères qu’il cherchait avec tant de vigueur. Il en sortit une bonne dizaine, en faisant tomber plusieurs, et enfourna le reste dans sa bouche.
Mme Kisako accourrait…
Des pilules militaires, leur effet est pratiquement immédiatement. Une fois absorbées, les composants se désagrègent en un temps record, se propageant dans tout le corps à l’aide du système sanguin.


[Mme Kisako] «- Iba ! Iba ! Répondez-moi, que vous arrive-t-il ? »

Sa voix se voulait calme, pour ne pas effrayer les enfants, mais ses yeux trahissaient son profond désarroi. Le garçon lui serrait les dents, surmontant difficilement le retour de la douleur.
Cela dura environ une minute…le chakra fournit par les pilules arrivait. Aussitôt, les cheveux d’Iba se hérissèrent sur son crâne, et ses yeux devinrent opales…
Mme Kisako recula, surprise, guère longtemps, son instinct materne reprit prestement le dessus et elle éloigna les enfants de quelques mètres. La glace se reforma sur sa blessure, sans même savoir comment il s’y prenait, du givre se posa sur son visage. Ses attributs héréditaires se mettaient en action...
Sa virulente migraine se dissipa, il reprenait son souffle et d’un revers de manche essuya la bave qui pendait négligemment sur son menton.


«- Ce n’est rien, c’est fini, vous n’avez plus à vous inquiétez. Tout va bien… »

Comment pouvait-il espérer les convaincre alors que sa voix tremblait comme une feuille morte, sur le déclin de l’automne ? Mme Kisako fut la première à faire un pas en avant, pour s’approcher.

[Mme Kisako] «- Iba…que s’est-il passé ? », finit-elle par murmurer.

«- Vous connaissez l’effet des drogues de combat… », répondit-il, haletant. Il ne s’était toujours pas retourné pour faire face au groupe.

[Mme Kisako] «- Mon Dieu ! Ne me dites pas que… », elle n’eut pas le temps de finir, Iba la coupa, le ton de sa voix s’était fait plus incisif.

«- Vous connaissez ? », sa voix était devenue sèche.

[Mme Kisako] «- …, un peu…les grandes lignes… », le souffle du garçon s’était fait plus régulier.

«- Bien…lors de la guerre, pour augmenter les capacités des shinobis, je suppose que les médecins ont reçu des consignes. En manipulant un peu mon réseau de chakra, ils ont augmenté mes capacités pour un laps de temps très court…Bien sûr cela à un contrecoup. Je pensais pouvoir tenir encore une heure, mais non. Je suis désolé que vous m’ayez vous dans cet état, vous et les enfants. »

[Mme Kisako] «- Qu’allez-vous faire ?

«- Grâce aux pilules, j’ai encore une à deux heures devant moi…
Après, il faudrait que j’aille à l’hôpital… »


Avec l’emploie du temps, Mme Kisako comprit exactement ce que sous-entendait Iba. Les Réprouvés n’ont pas accès aux soins. Elle se tut, l’air grave, derrière eux, les enfants s’étaient massés. Certains pleuraient. De nouveau maître de lui même, Iba se retourna, feignant un sourire. Il s’approcha des petits qui pleuraient, les rassura du mieux qu’il put, aider de Mme Kisako, se décida à faire un petit tour. Un truc très simple, et surtout qui requerrait peu de chakra. Il appela à lui les Eaux environnantes qu’il associa pour former une sphère aqueuse brillante, de petite taille. Une fois fait, il la fit tourbillonner parmi les enfants, certains cherchèrent vainement à l’attraper, comme un papillon ; d’autres l’ignorèrent. Le calme était revenu, et l’on se remit en route pour attendre le port.
Mme Kisako pour détendre l’atmosphère avait lancé une chanson que les enfants reprenaient en cœur. Iba, de son côté, essuyait tant bien que mal son bras gauche à l’aide de sa veste déjà bien abîmée. Qu’allait-il faire ? Il ne pourrait pas y échapper, il lui restait quelques pilules, mais il n’en aurait pas indéfiniment, et sans Zabuza-sama pour le soutenir, l’hôpital lui était proscrit…

Sur ces sombres pensées, il arriva sur les berges de Kiri no Kuni. Comment retrouver Nimuro maintenant ? Iba n’en avait aucune idée…
Heureusement, pour une fois, la chance fut avec lui. Deux silhouettes apparurent de derrière un rocher qui masquait la jetée…Sana-khan, et très certainement Nimuro, à en croire les éclats de joie des enfants l’entourant. Néanmoins, entre tous, se fut Yumi qui fit le plus de bruit. A peine l’avait-elle aperçut qu’elle s’élança vers lui…en passant sur un chemin remplis de galets plus que glissants. Iba regardait la scène d’un œil attentif.
Ce qu’il redoutait arriva, un monceau du chemin s’affaissa et la jeune fille fut jetée à la mer, ses réflexes, malgré la douleur lancinantes, le firent bouger immédiatement. Toutefois, il fut moins prompt que Nimuro, et voyant que ce dernier n’aurait absolument pas besoin de lui, il stoppa sa course.

Nimuro rejoint alors son groupe, et redevint le meneur qu’il avait toujours été. Iba lui resta en retrait, n’écoutant même pas les propos échangés…cela ne le regardait pas, il en avait bien assez fait pour aujourd’hui. Une question le rongeait : combien de temps ? Combien avant la prochaine crise ? Il ne pouvait pas infliger sa présence aux enfants de l’orphelinat, il n’avait plus d’appartement…
Il se trouverait peut-être un coin tranquille dans des ruines, peut-être qu’en cherchant un peu, il trouverait aussi du matériel nécessaire aux premiers soins…
Nimuro venait de se rapprocher de lui, et il demandait à Sayuri, et lui de veiller sur le groupe, pendant qu’il s’occupait de Yumi.


*Sayuri ? !…*

Iba se garda bien de poser des questions. Si Sana-khan ou Sayuri ne lui avait pas révélé son vrai nom, c’est parce qu’elle ne le souhaitait pas. Il était inutile qu’il débatte de choses aussi futiles avec elle.
De plus, il n’avait pas refusé la demande de Nimuro ; son petit coin allait devoir attendre, pas trop longtemps, espérait-il…
Nimuro disparaissait parmi les bâtiments, et Sana-khan reporta son regard sur lui.


[Sana-khan] «- Nous voilà bien embarqués… Si tu en profitais pour me raconter comment tu as atterri ici ? »

Iba n’arrivait pas à percevoir sur quel ton la phrase avait été prononcé, et de ce fait, il ne savait pas sur lequel répondre. Las, il s’assit sans même s’en excuser auprès de son interlocuteur, toutefois, il était trop secoué pour se soucier des bonnes manières. Se faisant, il observait Sana-khan qui attendait toujours sa réponse. Il hésitait à lui mentir, raconter une jolie fable, mais il se ravisa. Il n’y arriverait pas, ou plutôt l’étudiante n’était le genre de personne à se faire duper, encore moins par un garçon de onze ans et demi…

«- C’est long…mais…je suppose que nous avons tout notre temps, n’est-ce pas ? »

Il n’attendait pas de réponse, et il n’en eut pas. Sana-khan attendait patiemment…
Iba hésitait toujours à savoir s’il pouvait se confier à elle. Il n’allait pas lui dire la Vérité, juste des bouts…


«- Lors que les Sunéens ont attaqué, Shinzo-senseï m’a dépêché pour évacuer la plage…
Il eut bien un pêcheur récalcitrant et …


Mamoru ? Où était-il maintenant ? Le genin éluda ce passage, il n’avait pas su l’arrêter, il n’en avait pas eut la force. Son poing droit se crispa involontairement, il espérait que Sana-khan ne le remarquerait pas.

«- et…je suis retourné dans Kiri même pour me battre, là, j’ai vu mon maître Shinobu-sama me faire ses adieux… »

Le sujet était douloureux, d’une certaine manière, plus que la blessure givrée qui ornait son épaule gauche. Là encore, il transformait les faits, Sana-khan ne pourrait pas le comprendre, ses sentiments, ni même le voyage onirique, et les derniers cadeaux de son maître. Son regard se porta sur sa main droite, et la bille diamant qui y était incrustée. Les yeux de la jeune femme se firent interrogateur, mais Iba ne dit rien.

«-J’ai affronté le démon…j’ai vite été mit en déroute, mais je ne sais comment j’ai été éloigné du danger par quelqu’un…puis soigné par un duo de médecins. », Iba ne savait toujours pas que c’était Sana-khan qui l’avait extirpé du danger.

«- Puis la suite, tu la connais, l’affrontement titanesque, le dôme de ténèbres…
Un des clones du Kazekage m'a blessé à l'épaule...
Enfin, la clôture de cette tragédie…
En sortant de l’hôpital, j’ai découvert que mon immeuble n’était plus qu’un tas de décombres…
Errant, j’ai trouvé le petit groupe, et me voilà »
, le garçon avait survolé les événement de ces dernières vingt-quatre heures et n’avait pas abordé son passé car la question de Sana-khan était trop ouverte, et lui avait permit d’éviter de répondre sur ce point. C’était du donnant-donnant, au tour de la jeune femme de s’exprimer…

«- Et toi ?…,le genin le dévisageait depuis quelques minutes et réalisa enfin…
- Tu ne portes plus ta veste d’étudiante ? »

MessageSujet: Re: Port de Kiri   Mer 20 Sep - 19:51

[Iba]
«- Et toi ?…Tu ne portes plus ta veste d’étudiante ? »

Sana-khan haussa les sourcils. Depuis qu’elle avait quitté son logement, elle avait presque oublié qu’elle ne portait plus la tenue règlementaire : dans la confusion générale, personne ne s’en était étonné ou ne lui avait posé de question à ce sujet.

Sans répondre tout de suite, elle posa ses yeux pâles sur le jeune garçon, puis s’accouda au parapet sur lequel il était assis. Il était inutile de cacher la situation dans laquelle elle se trouvait, même à un jeune shinobi qu’elle pensait dévoué à la cause du village de la brume - et ce, malgré les rumeurs qui planaient autour de lui pour des raisons qui lui restaient obscures.


- Je ne suis pas une étudiante tout à fait comme les autres… Je suis une voyageuse arrivée à Kiri un peu par hasard, et j’ai choisi d’y rester pour me former aux bases de votre art du combat avant de repartir vers de nouveaux horizons.

Elle s’interrompit un instant, puis continua son explication, de sa voix calme où perçait l’éternel accent dont elle ne semblait pas soucieuse de se défaire.

Un peu plus loin, l’air de rien, le gamin nommé Benitora écoutait d’une oreille.


- Dès le départ, j’avais dit à votre dirigeant, Zabuza, que mon installation ici n’était pas définitive, mais je lui avais promis de lui offrir temporairement ma liberté et de mon montrer loyale envers le pays de la Brume…

Sana-khan voulut chercher machinalement son paquet de tabac dans sa poche avant de réaliser qu’elle n’en avait plus et que, de toute manière, fumer devant les enfants n’aurait pas été judicieux.

- Maintenant, la guerre est terminée, et je suis libre. Même si le Mizukage ne me rend pas ma liberté, je la prendrai. Le problème, c’est que j’aurais aimé pouvoir repartir comme je suis venue… Mais le sort en a décidé autrement.

Elle fit une nouvelle pause, plus longue, avant de continuer comme si elle parlait à elle-même.

- L’orphelinat a été détruit par un combat acharné entre différents acteurs d’une force inouïe pour des motifs que j'ignore ; je n’ai même pas une idée précise des camps auxquels ils appartenaient...
Ce qui m’importe dans l’histoire, c’est qu’un gamin de 7 ans a été tué sous mes yeux. Un orphelin nommé Kentarô, qui considérait Nimuro comme son grand frère et ne rêvait que d’être shinobi comme lui et ses propres parents, celui-là même qui est à l’origine de l’antipathie de Yumi pour toi… Mais Kisako-san t’en a peut-être parlé, le contraire serait étonnant.


En disant ces mots, Sana-khan toisait à nouveau le jeune garçon, qui la regardait sans ciller.

- Toujours est-il que c’est ce qui me lie à ce village pour le moment, même si je n'en porte plus la tenue. J’ai un nom, une piste, que je compte creuser pour pouvoir un jour dormir en paix et me dire que j’ai réussi à mettre les bâtons dans les roues à l’auteur de ce crime. Que j’appartienne pleinement au pays de la brume ou que j’en parte, je n’y renonçerai pas.

L’explication semblait suffisante, et Sana-khan n’en dit pas plus. En fait, ayant enregistré de façon presque scientifique ce qui c’était passé à l’orphelinat, elle disposait d’un certain nombre d’éléments supplémentaires et avait déjà commencé à reconstituer le puzzle, mais ces informations n’étaient pas nécessaire pour justifier sa situation, pire encore, elles pouvaient s’avérer dangereuses. Quant au mobile exact de son grief, il n’aurait pas été facile à exprimer non plus tant le sentiment qu’elle éprouvait était complexe, mêlé de haine envers Karasu le général d’Asahi, de regret de n’avoir pas pu tenir Kentarô à l’écart du combat, et de colère sourde d’avoir été elle-même passablement humiliée dans l’épreuve.

Sur ces entrefaits, Nimuro réapparut, sans Yumi ni Kisako. Les enfants relevèrent la tête.


[Nimuro]
- Ca y est, nous avons trouvé une solution ! Nous avons obtenu l’autorisation d’occuper le bâtiment attenant à l’Académie. Kisako-san et Yumi y sont restées en compagnie du gardien, elles nous attendent. Il y a des lits en fer, c’est sommaire, mais c’est un hébergement décent et il faudra s’en contenter avant de trouver mieux…

Sana-khan acquiesça, heureuse que le chuunin ait repris les choses en main. Le jeune homme regroupa les orphelins dont certains commençaient à bâiller, avant de se redresser à nouveau.

[Nimuro]
- Je les emmène, il commence à faire froid… Sayuri, Iba, vous avez le choix... Voulez-vous nous suivre ou repartir de votre côté ?

MessageSujet: Re: Port de Kiri   Ven 22 Sep - 23:04

La question s’était échappée de ses lèvres, sans aucune préméditation, sans aucune arrière pensée. Et toi ? …Tu ne portes plus ta veste d’étudiante ?
Il venait subitement de réaliser, et se demandait pourquoi il ne l’avait pas remarqué plutôt.
Iba ne sut dire si c’était de la surprise, de l’étonnement ou rien de tout cela, qui passa en un instant sur les yeux de Sana-khan. Le garçon n’avait jamais été très doué à ce petit jeu, d’autant plus que la jeune femme appréciait cacher son visage, en remontant son col. Un vieux réflexe pour se fondre dans la foule ? Passer inaperçu ?…
Le court silence qui s’était installé entre les deux personnes, lui, en disait long sur la situation. Iba avait touché un point sensible, sans même le vouloir.

Sana-khan s’assit à ses côtés, le genin apprécia le geste, qui révélait une certaine considération de la part de la jeune femme. A force d’être pris de haut, on s’attache rapidement à ces petits détails. Mais n’était-ce pas juste parce qu’elle, aussi, était fatiguée ? Qu'importe.
Le calme avait disparu, la marée montait…
L’étudiante s’exprima, les yeux d’Iba se posait alternativement sur son interlocutrice, et l’horizon.
En peu de temps, il allait en apprendre plus que n’importe qui à Kiri, sur la mystérieuse jeune femme. Pourquoi ? Il ne semblait pas y avoir de raison et le garçon n’en chercha pas.

Notre genin était bien, malgré le froid mordant qui habitait le village de la Brume en cette saison, malgré sa blessure à l’épaule, il se sentait bien. Pour pas grand chose, quelques mots échangés avec une parfaite inconnue, assis face à la mer. Il y avait bien longtemps qu’il n’avait pas parlé d’autres choses qu’entraînement, guerre, ou son passé.
Sana-khan lui parlait-elle comme à un ami ? Iba le souhaitait, même s’il avait plutôt l’impression de soulagé sa coéquipière d’une poids. Ainsi il se sentait être utile, mais aussi d’être accepter. La voix de Sana-khan avait beau être teintée de son accent, rien d’autre ne l’entachait, pas de haine, ni de rancune, encore moins de dédain.

C’est agréable d’avoir une discussion, une vraie discussion avec quelqu’un…

Cela lui rappelait malheureusement les trop courtes journées avec son maître. Un pointe de regret affligea son cœur, mais le récit épique de la jeune femme réussit à lui faire oublier…jusqu’à quand ?
Elle l’avait dit elle-même, « je ne suis pas une étudiante tout à fait comme les autres »
Rien qu’à sa physionomie, Iba le savait déjà, trop vieille, (plutôt trop vieux...) s’était-il dit la première fois qu’il l’avait vu…
Cependant le garçon avait au moins compris quelque chose : Rares sont ceux dans les troupes de Kiri qui peuvent se vanter d’être des « étudiants normaux »…
Sacrée pêcheur ! Il aurait du enseigner la philosophie à la place d’attraper le poisson.

Sana-khan relata ensuite le triste épisode de l’orphelinat, donnant ainsi la pièce manquante au puzzle qu’avait créé Yumi, puis elle s’était tut, jugeant en avoir dit assez ou bien n’ayant plus rien à ajouter.
Il savait maintenant comment était mort Kentâro, ainsi que ses rêves.
De même, il savait pourquoi la sombre demoiselle n’avait toujours pas quitté Kiri no Kuni. La réponse d’Iba était plus celle d’un homme désabusé que celle d’un enfant…


«- La guerre n’épargne personne, pas même les enfants…ni les vieillards. »

Sa voix était froide, et ses yeux perdus dans le vague : le gamin qu’il était pleurerait encore longtemps la disparition du vieux à barbichette et sa bouteille. Le genin avait vécut deux fois l’horreur de la guerre. C’est beaucoup pour un ex-enfant de onze ans comme pour un adulte. Iba posa derechef ses yeux sur la demoiselle errante.

«- Tout à l’heure, je crois que j’ai été présomptueux avec Yumi…
J’ai prétendu pouvoir comprendre sa peine. Comment aurais-je pu ?
Il en va de même pour toi, Sana-khan, je sais maintenant que je ne peux pas te comprendre, savoir ce que tu ressens, tout simplement parce que tu es toi, et je suis moi. Par contre, je peux te soutenir…
Même si ce n'est pas grand-chose... »


Son regard était-il incrédule ? Se moquait-elle de lui ? Peut-être…
Et elle n’aurait pas totalement tort, ce n’était pas des mots que l’on entendait dans la bouche des jeunes enfants.


«- En ce qui me concerne, je vais attendre de voir si Zabuza-sama sort du coma. Bien que les chances soient minces, je lui fait confiance. Il a été un des rares à croire en moi, et mes capacités. C’est un juste retour des choses… »

Iba parlait sans vraiment s’en rendre compte sous la tutelle bienveillante ? de Sana-khan. Elle lui en avait dit beaucoup, et lui rien…ou presque…
Et puis parler, cela soulage…


« Si jamais…, sa voix s’était faite hésitante.
Si jamais il ne passait pas cette épreuve, je n’ose penser à ce qu’il se passerait. Les conséquences seraient terribles…
Les politiques reprendraient le pouvoir, Kiri retomberait dans l’anarchie d’où Zabuza-sama l’a tiré. Ses peines, ses efforts, ses rêves, seraient détruits, balayés d’un simple revers de main.


Iba marqua un nouveau temps d’arrêt, non pas pour chercher ses mots, mais pour mieux mesurer leurs importances. Sana-khan ne l’avait pas quitté des yeux.

«- Mme Kisako a dit que je ressemblais au Mizukage, dans son enfance…
Je ne laisserai pas des pourris revenir au pouvoir…
Si…
, encore et toujours la terrible hypothèse.
Si le pire arrive, la vie ici, pour moi, risque de devenir intenable. Je partirais et je reviendrais, tout comme Zabuza-sama l’a fait…

Nouvelle pause. La jeune femme le prenait-elle au sérieux ? Ou bien n’y voyait-elle que le délire d’un enfant encore choqué par d’épouvantables visions. Toujours est-il qu’il changea de sujet, en apparence…

«- La guerre a due prélever un grand nombre de gradés…de même les centres d’informations, les archives ne doivent plus être en état, détruits ou saccagés, quant à ceux qui seraient encore intacts, ils seront bien gardés, et tu n’y aura pas accès. Alors comment comptes-tu t’y prendre pour retrouver ton assassin ?
Tu partiras sûrement à la recherche d’informations. Si ce jour vient, préviens-moi, j’aimerais t’accompagner…

T’accompagner, hein. Pas que tu m’emmènes, je ne serais pas une charge pour toi, tu peux en être sûr.
Quant au pourquoi, je te répondrais qu’en t’observant un peu on comprends vite que tu as de l’expérience en la matière, un tel voyage pourrait m’apprendre beaucoup.
Je veux devenir plus fort. Je deviendrais un grand shinobi, c’était les dernières volontés des êtres que j’aimais. »


Sana-khan ne semblait pas se troubler par une telle déclaration…
Nimuro arriva peu de temps après. Il avait trouvé un endroit où loger les orphelins. Tant mieux…
Le petit groupe s’apprêtait à partir…


[Nimuro] «- Je les emmène, il commence à faire froid… Sayuri, Iba, vous avez le choix... Voulez-vous nous suivre ou repartir de votre côté ? »

Le doute n’était plus possible. Il avait bien appelé Sana-khan, Sayuri. Etait-ce un surnom ? Son vrai nom ? Quoi qu’il en soit, Iba restait sur sa décision, il continuerait de l’appeler Sana-khan, à moins que cette dernière l’autorise à faire autrement. Il tenta de se relever en m’appuyant maladroitement sur son bras gauche, ce qui lui fit pousser une faible plainte, qui ne passa pas inaperçu aux oreilles de l’étudiante et du chuunin. Ce dernier apercevant la blessure du garçon sous la pellicule de glace proposa son aide.

[Nimuro] «- Je peux t’aider ?, demanda-t-il.

«- J’en doute, à moins que tu sois médecin ?

Sa voix était un peu acide, la blessure l’affaiblissait, et il n’avait pas besoin que l’on s’apitoie sur son sort. Nimuro et Sana-khan échangèrent un sourire complice. Puis l’imposant jeune homme s’approcha d’Iba, sa main auréolée de bleu. Il la passa délicatement sur la plaie béante, faisant voler en éclat la glace, et cicatrisant la déchirure. Le sang coagulait rapidement, et bientôt le genin n’avait plus qu’une croûte rouge foncée sur l'épaule gauche. Il était très loin de s’en plaindre. Il remercia vivement Nimuro, et prit le chemin de l’Académie. Au bout de quelques pas, il se retourna vers Sana-khan.

«- Aussi stupide que cela puisse paraître, et sans que je sache pourquoi, j’aimerais voir sourire et entendre rire la petite Yumi…
Changer sa façon de me considérer ; je ne suis pas un…
, il allait dire assassin, mais il se rendit compte que c’était vrai, on l’avait formé, entraîné pour tuer…
- Je ne suis pas un bourreau d’enfants…mais un ange vengeur.
C’est aussi pour cela que je souhaite t’accompagner. »

MessageSujet: Re: Port de Kiri   Lun 25 Sep - 12:49

[Iba : +10 EXP RP]

[Sana-khan : +5 EXP RP]

MessageSujet: Re: Port de Kiri   Lun 25 Sep - 17:21

Bien qu’elle n’en ait rien laissé paraître et l'ait laissé parler à son tour sans l’interrompre, le discours du jeune garçon était teinté d’une telle maturité qu’il avait parfois réellement surpris Sana-khan.
Cependant, avant qu’elle n’ait pu répondre à son étonnante requête, le retour de Nimuro pour chercher les orphelins avait interrompu leur échange.


[Nimuro]
"Je les emmène, il commence à faire froid… Sayuri, Iba, vous avez le choix... Voulez-vous nous suivre ou repartir de votre côté ?"

Cette dernière remarque la rappela à la réalité. Repartir… pour aller où ? Puisqu’elle ne souhaitait pas réintégrer le logement qu’elle occupait avant la guerre, il lui fallait trouver un nouvel abri... Son idée première avait été de reprendre ses habitudes de voyage et de dormir n’importe où avec ses affaires en restant continuellement en mouvement, mais sa rencontre avec les orphelins et le jeune shinobi l’incitait à changer temporairement d’avis. Le retour à une vie précaire et aventureuse interviendrait bien assez tôt.

Sana-khan fit donc signe de la main à Nimuro pour lui faire comprendre qu’elle venait et se redressa, quittant son appui sur le parapet. Le chuunin sourit, visiblement heureux qu’elle ait décidé de les suivre. Puis elle se tourna vers Iba, toujours assis sur le rebord de pierre.


"Surveiller cette bande de marmots sera sûrement plus agréable que de dormir à la belle étoile par ce temps, qu’en dis-tu… ?"

Elle s’interrompit, étonnée, en voyant la grimace de douleur du garçon. L’hôpital de Kiri ne l’avait-il pas pris en charge après les combats ? Mais avant qu’elle n’ait pu dire quoi que ce soit, Nimuro, qui arrivait derrière elle, se proposa pour soigner le jeune genin. La petite troupe put ensuite, sans hâte, se mettre en route vers l’Académie.

Après quelques instants de marche silencieuse, Iba reprit le fil de ce qu’il avait entreprit d’expliquer avant l’arrivée du chuunin.

[Iba]
« …Je ne suis pas un bourreau d’enfants…mais un ange vengeur.
C’est aussi pour cela que je souhaite t’accompagner. »


Sana-khan fronça légèrement les sourcils. Depuis qu’elle avait intégré le village, les contacts humains qu’elle avait réussi à établir avaient été la cause de ses principaux dilemmes, et la situation dans laquelle elle se trouvait à présent lui posait un nouveau problème.

"Je pense que je comprends ce que tu peux ressentir, Iba, et je serai la dernière à essayer de te décourager de partir pour faire tes armes, ou plutôt, de te perfectionner, de faire tes preuves et de te trouver une véritable raison d’exister..."

Elle regarda plus attentivement son jeune interlocuteur, tandis que les enfants excités par leur déménagement couraient autour d’eux avec une énergie renouvelée sans prêter attention à ce que disaient les adultes – de par son statut, Iba semblait avoir été définitivement classé dans cette catégorie.

"... Cependant, si je ne peux que te conseiller de suivre ton instinct pour faire avancer les choses, quitte à quitter temporairement le village, il m’est difficile de te laisser m’accompagner… C’est un combat qui se mène seul."
"Vous apprenez ici toute la valeur de l’esprit d’équipe, mais cela a ses revers. Cela permet de triompher parfois, mais comment apprendre à ne compter que sur ses propres forces quand on est entouré ? Que penser lorsque l’on met ses propres camarades en danger et qu’on assiste à leur chute ?"

Elle secoua la tête comme pour chasser un mauvais souvenir.

"J’ai été élevée dans un esprit d’individualisme et d’autonomie qui me freine à accepter des compagnons de route, même si je ne doute pas un instant que tes capacités au combat soient supérieures aux miennes et que tu sois tout sauf une charge… J’espère que tu comprends ce que je veux dire… ? Un voyage initiatique se fait en compagnie de soi-même ; quant à moi, je vais sûrement avoir à faire face à des problèmes qui te seront étrangers et ne viendraient que s’ajouter aux tiens."

Sana-khan attendit encore un instant avant de formuler l’idée qui lui avait traversé l’esprit durant le discours d’Iba, lorsqu’ils se trouvaient encore dans le port de Kiri.

"Par contre… Tu me demandais comment je comptais m’y prendre pour retrouver l’assassin de Kentarô… Tu as vu ma marque tout à l’heure, n’est-ce pas ? En vérité, je vais avoir à utiliser des talents que nous développons au sein de mon clan et qui, bien que très utiles, sont généralement très mal vus par ceux qui cultivent la droiture et l’honnêteté. Si cela ne te fait pas peur, je peux toujours te proposer de mettre à profit le temps que nous aurons avant que les instances de Kiri ne reprennent les choses en main pour te transmettre certaines de ces… "aptitudes". Cela te servira sûrement un jour où l’autre, si tu comptes réellement partir…"

A cet instant, une petite fille qui portait un épais bonnet de laine fit une vilaine chute sur les pavés devant eux. Sana-khan la releva gentiment et retourna les bords de son bonnet qui lui tombait sur les yeux.

"Là… ça ira mieux ainsi. Comment veux-tu voir où tu vas, avec ça devant le nez ? Allez, on continue, donne-moi la main et fais attention où tu mets les pieds !"

De fil en aiguille, ils arrivèrent à destination. Les baies vitrées du rez-de-chaussée de leur nouveau lieu d'accueil, semblables à celles du bâtiment principal de l’Académie, étaient intactes, et la lumière allumée dans l’entrée éclairait largement à la ronde. C’était assurément plus rassurant qu’une grande bâtisse vide à moitié ruinée.

*Les gamins et Kisako ont dû vivre des moments cauchemardesques là-bas… J’ai dans l’idée que nous allons avoir à chasser du monstre, cette nuit !*

Curieusement, cette perspective amusait assez la jeune femme, et le fait de se trouver là lui apportait une sérénité qu’elle se s’attendait pas à retrouver avant longtemps. La gouvernante était restée fidèle à son poste, Nimuro était revenu – avec ou sans bandeau, qui s’en souciait ? -, Iba s’était spontanément rajouté au groupe, et avec les enfants, ils constituaient une espèce de microcosme assez agréable dans un univers mis à mal par une guerre insensée.
Ce genre d’associations pouvait sans aucun doute faire renaître rapidement Kiri de ses cendres, et Sana-khan, qui ne doutait pas un instant de la volonté des habitants du pays de la brume, songeait un peu plus tard, tout en courant après Benitora dans les escaliers pour lui faire enfiler un pull, que la plupart des habitants qu’elle avait pu croiser durant son séjour dans la région devaient déjà avoir trouvé leur propre façon de se tourner vers un nouvel avenir.
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