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 Habitation du Chuunin Ren'ai (Ine)

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MessageSujet: Re: Habitation du Chuunin Ren'ai (Ine)   Jeu 19 Oct - 23:05

Pour la deuxième fois de la journée, Ine se retrouva devant une porte. Si la première fois elle avait hésité par intimidation, cette fois-là son coeur battait tellement fort qu'elle crût qu'il allait exploser. Elle s'en voulait presque, mais son excitation était si intense qu'elle faisait ressurgir en elle des sentiments passés. Elle repensa au cynisme de Zen devant ses réactions de petite fille, et se morigéna :

"Arrête tes bêtises, Ine-chan, sale petite gamine!"

Mais sa soudaine assurance était feinte. Elle faillit faire demi-tour quand la porte s'ouvrit violemment. Elle fit un bond sur le côté, dans un espoir vain de se cacher dans l'angle mort de celle-ci, mais une main aggripa son poignet avec une force peu commune.

"Tu es peu discrète, petite fille. Tu fais un bouquin d'enfer !"


L'homme ne semblait pas en colère, amusé même, mais une certaine méfiance, inquiétude peut-être même, lui barrait le front. Bien qu'il n'ait que vingt-cinq ans, d'près les souvenirs d'Ine, cela le vieillissait, mais pas dans le sens négatif du terme.

Incapable de prononcer un seul mot, Ine laissa Ren'ai la dévisager, l'air perplexe. Il finit par lâcher son poignet, et la prit dans ses bras sans pudeur :

"Ine-chan !"fit-il, visiblement heureux de la voir, "Bon sang que viens-tu faire ici petit bout de femme !"

Ecrasée contre la poitrine de son chuunin, Ine sourit à l'évocation de ce surnom qu'elle-même avait oublié. Il l'écarta un peu pour mieux la regarder, et remarqua d'un ton appréciateur :

"Tu as changé, petit bout de femme. Tu a l'air... libéré ! Que viens-tu donc faire à Kiri?" répéta-t-il.

"Je viens apprendre", répondit Ine, fière de lui dévoiler le bandeau qu'elle avait dissimulé dans sa besace, "apprendre pour devenir kunoichi, et protéger les miens ! J'ai bien retenu tes leçons, Ren'ai, et j'ai été acceptée à l'Académie de Kiri !"

Le visage de l'homme s'assombrit. Il l'empoigna par les épaules et fit, presque avec désespoir :

"Tu n'as pas fait ça, Ine ?!"

Interloquée, la jeune femme laissa tomber le bandeau qui heurta le sol dans un bruit métallique. Ren'ai l'envoya voler un peu plus loin d'un coup de pied rageur, l'air plus sombre que jamais. Sans lâcher l'aspirante, il la secoua sans ménagement :

"Ine, pourquoi avoir fait ça ? C'est à cause de moi, n'est-ce pas?"

Il la lâcha enfin et se prit la tête entre les mains :

"Ah ! Quel besoin avais-je de t'enseigner tout cela ?", se lamenta-t-il. Il rencontra le regard complètement perdu d'Ine. Le sien même montrait qu'il était au bord de la panique. Il murmura :


"Tu cours à ta perte, petit bout de femme. Fuis tant que tu en as encore le temps, et va retrouver tes parents. Au moins là-bas tu y seras encore en sécurité."



Il abandonna la jeune femme éberluée sur le pas de sa porte, et s'en retourna à l'intérieur de sa maison.


[première partie, les prochaines viennent dès demain^^]

MessageSujet: Re: Habitation du Chuunin Ren'ai (Ine)   Ven 20 Oct - 12:18

Laissée seule sur le palier, Ine se laissa glisser au sol, et enfouit sa tête entre ses genoux. Elle était partagée entre la joie, la rage, la frustration et l'incompréhension.

La joie qu'il se soit rappelé d'elle.

La rage qu'il considère, lui comme tant d'autres, la vie des cultivateurs comme sécurisée et tranquille, quand il subissait les bandits, les réquisitions de guerre, la misère...

La frustration de n'avoir pas eu son mot à dire, et d'avoir laisser ses émotions prendre le contrôle.

L'incompréhension, enfin. Que s'était-il passé ? Elle n'y comprenait rien. Pourquoi Ren'ai, qui lui avait transmis cette fureur de vivre, cette envie de protéger ceux que l'on oubliait, pourquoi avait-il réagi si violemment en apprenant qu'elle était désormais aspirante ?

Une question qui l'avait effleuré quand elle était avec Zen revint à la charge, ajoutant à la détresse qu'elle ressentait. Pourquoi avait-il renoncé à son métier ?

Ine se laissa porter en arrière en esprit. Elle y retrouva Ren'ai et son sourire d'enfant, les étoiles dans les yeux, la passion dans tous ses gestes. Elle secoua la tête, et revint dans le présent. Zen lui avait affirmé qu'un chuunin avait de multiples raisons de quitter le ninjutsu. Elle n'était pas convaincu. Ren'ai n'avait pas de famille, ce ne pouvait être la mort de proches. Sauf, bien évidemment, si dans les deux années qui avaient suivi son départ de chez ses parents, il avait eu une petite amie. Sinon, il semblait en bonne santé ; pas de membres manquants, ou autre chose.

Ine fronça les sourcils. Dans sa tête les questions qui s'enchainaient et les réponses qu'elle tentait de leur donner lui donnait le vertige. Elle serra les poings.Hurla dans sa tête :



"Non, Ren'ai, même toi tu ne me feras pas renoncer ! Je suis étudiante à présent, et je tiens à être kunoichi. Pour mes parents, pour la troupe, pour Zen que je ne veux pas décevoir !"


Cette seule certitude dans le tourbillon de ses pensées la rassura. Elle deserra l'étreinte de ses mains sur ses jambes qui commençaient à fourmiller. La tension relâchée, les larmes se mirent à couler librement sur ses joues. La pluie, qui jusque là crachotait, se mit à tomber plus drue, et à se confondre avec elles. Ine sourit. Elle avait toujours aimé la pluie.

Elle se rapella la maxime de son chef de troupe, celle qu'il lui rapellait avant chaque entrée en scène, quand le stress commençait à la gagner :


"Tu vaincras si tu crois"

Aujourd'hui, avec les expériences que le destin avait bien voulu lui accorder, elle avait appris à avoir confiance en elle et en ses ressentis. Elle cessa de pleurer. La pluie était toujours plus violente, et elle commençait à se sentir glacée. Elle frissonna malgré elle.


MessageSujet: Re: Habitation du Chuunin Ren'ai (Ine)   Ven 20 Oct - 14:06

Elle resta ainsi un moment, perdant totalement la notion des heures qui s'écoulaient. Puis, au bout d'un temps qui lui sembla séculaire, la porte s'ouvrit derrière elle. Elle ne bougea pas.

Ren'ai passa à côté d'elle, et s'éloigna de quelques pas. Il se pencha pour ramasser le bandeau qu'il avait quelques heures auparavant envoyé valser. Il effleura du pouce les rayures que cela avait occasionné sur le métal, s'approcha d'Ine et le lui tendit. Elle prit l'objet sans un mot, les yeux déterminés profondément plongés dans les siens. Il détourna le regard, la contourna pour rejoindre sa porte. Sans se retourner, il fit à la jeune femme :


"Ne reste pas là, Ine-chan. Tu vas prendre froid."

***


L'odeur des ramen començait à monter des fourneaux. Ren'ai tendit des vêtements secs à Ine :

"Tiens, mets donc ça !"


Ine commença par regarder les vêtements secs sans réagir, avant de les prendre. Elle se déshabilla pour les revêtir après s'être essuyée avec la serviette qu'il lui avait donné. Ren'ai s'en était retourné à ses nouilles, non sans avoir remarqué que l'adolescente qu'il avait autrefois connu avait pris des formes fort agréables.

Ine ne disait rien. Elle se contentait d'attendre, attablée, tout en observant attentivement de tous les côtés. La maison de Ren'ai était très différente de celle, ordonnée et proprette, des parents de Zen. Curieusement, cela la mettait plus à l'aise, et la faisait se sentir moins opressée. De toute évidence, son chuunin n'était porté ni sur le ménage, ni sur le rangement. Une vaiselle de plusieurs jours trainait sur tout un bord de la table. Les fenêtres étaient couvertes de rideaux crasseux, et l'air sentait le fauve. L'habitation ne devait pas être fréquemement aérée.

Ren'ai déposa un bol plein devant elle, ce qui lui fit réaliser qu'elle n'avait pas manger depuis un moment. Elle avait atrocement faim. Elle prit les baguettes avec reconnaissance et engouffra les ramen à une vitesse folle, manquant s'étouffer avec, ce qui fit rire Ren'ai de bon coeur. Ce rire si particulier la fit s'arrêter net. Elle le fixa et fit, presque brusquement :


"J'ai besoin d'explications, Ren'."

L'ex-chuunin sourit tristement et répondit calmement :

"Une autre fois, Ine. On ne s'est pas vu depuis longtemps. Accorde moi du temps, tu veux ?"

Ine fronça un sourcil de mécontentement. Puis s'adoucit et hocha la tête.

"Alors c'est entendu", conclut-il. Il ajouta :

"Je suppose que tu n'as pas de toit, avec l'ambiance actuelle à Kiri. Reste donc chez moi. Ce n'est pas un palace, mais au moins on y est au sec."

***


Ine ne parvenait pas à s'endormir. Ren'ai et elle avait passé de longues heures à discuter, enfin elle surtout, de son chemin jusqu'à Kiri. Il avait beaucoup rit, mais ne comprenait toujours pas son choix. Quant à elle, malgré toutes ses tentatives, elle n'avait pas réussi à percer le mystère. Au final, il avait dégagé une couchette couverte de linge sale en s'excusant de n'avoir mieux à lui proposer, et lui était parti dormir dans une autre pièce.

La jeune femme tournait et se retournait sans cesse sur le futon. Trop de choses avaient marqué sa journée pour qu'elle s'endorme tranquillement. Elle tentait donc, couchée sur le dos et les mains sous la tête, de faire un ponit sur sa situation.

Un cri à glacer les sangs la fit se redresser brutalement sur sa couchette. Elle frissonna. Le hurlement venait de la pièce où son chuunin dormait. Elle n'hésita qu'un instant, et s'y rendit sur la pointe des pieds. Elle outrouvrit la porte qui lui sembla grincer terriblement. La pièce, bien que baignée de pénombre, était suffisamment éclairée par la lune qui projetait par la fenêtre pour qu'elle y voit assez clair. Le sol de la petite chambre était jonché de bouquins et de parchemins étranges. Mais elle n'y accorda que peu d'attention, et s'agenouilla près du futon de Kinjirareta Ren'ai. Celui-ci était baigné de sueur, et son front était brûlant. Elle repéra un vêtement non loin, le prit et lui épongea le front. L'homme avait le sommeil très agité, mais ne se réveilla pas. Elle avisa soudain la balafre de la blessure qu'elle lui avait autrefois soignée, tout en travers de son torse. Elle semblait presque rougeoyante. Ine avança sa main, et la recula aussitôt sous l'effet de la surprise. La cicatrice était brûlante.


"Bon sang, Ren'ai, que caches-tu ?"
, murmura-t-elle. Elle caressa le front du chuunin, qui finit par se calmer et finalement pris une respiration plus régulière. Ine décida de le veiller. Elle déposa un baiser léger sur la tempe de Ren'ai et se prépara à une nuit difficile...

MessageSujet: Re: Habitation du Chuunin Ren'ai (Ine)   Ven 20 Oct - 14:09

[Ine : +8 EXP RP]

MessageSujet: Re: Habitation du Chuunin Ren'ai (Ine)   Sam 4 Nov - 21:03

Ine se réveilla tôt dans la matinée. Elle faillit sursauter en ouvrant les yeux. Le visage de Ren'ai était tout contre le sien, et les ronflements sonores de celui-ci auraient pu réveiller tout un village. Elle s'étonna d'ailleurs de ne pas avoir été réveillée plus tôt. Et remercia les Fortunes que son chuunin soit lui toujours endormi. Elle se demandait bien comment elle lui aurait expliquer sa présence dans la petite chambre.

Elle s'éloigna sur la pointe des pieds, et rejoignit la pièce commune. A la lueur naissante du jour, la saleté de la maison était d'autant plus flagrante.


*Hmmmm. Je peux pas laisser ça comme ça !*

Elle retroussa ses manches, noua ses cheveux en arrière pour dégager son visage. Et poussa un long soupir. Par où commencer ?
Elle s'attaqua à la vaisselle en premier lieu, après avoir débarassé et lavé la table. Elle mit plus de temps qu'elle ne l'avait préalablement escompté. Quand enfin elle reposa sur la table la dernière assiette toute rutilante, elle s'assit deux minutes pour se reposer et grignoter un biscuit qu'elle trouva sous une pile d'emballages de céréales.


*Si seulement ça se limitait à ce que j'en vois. Même les placards sont en bordel ! Ahlala !!*

Elle reprit son courage à deux mains et s'en prit aux tiroirs qu'elle tria, jetant tout ce qui était inutile, laissant de côté ce dont elle doutait, et rangeant correctement le reste. Quand elle eut terminé sa tâche, elle essuya la vaisselle qu'elle disposa dans les endroits nouvellement dégagés.

Elle sourit de contentement en voyant le petit coin cuisine dégagé. Elle s'attaqua au linge qui trainait un peu partout sur le sol et le mit à tremper. Puis elle ouvrit en grand les ouvertures et balaya le sol. Elle termina par le petit coin qui faisait office de salle de bain. Désormais, ne restait que la pièce où dormait Ren'ai.

Ine se passa un bras sur son front où perlaient de petites gouttes de sueur. Elle était contente d'elle-même. Elle avisa les sacs-poubelle entassés près de l'entrée, les prit et quitta la petite habitation.

Dehors, le soleil devenait plus net, malgré le brouillard continuel qui baignait Kiri no Kuni. Elle respira un grand coup l'air vif et frais qui lui fouettait le visage.

Elle alla déposer les sacs près de la boite-à-lettre. La facteur passait justement. Il la regarda d'un air méfiant :


"Qui es-tu, petite ? Ren'ai reçoit, maintenant ?"


Ine détesta le ton méprisant qu'avait pris l'homme, et pourtant elle se maitrisa :

"Une vieille connaissance. Je l'ai soigné un jour, en retour il m'héberge pour un temps. Je viens d'être acceptée à l'Académie."


L'homme se dérida :

"Ah, tu es aspirante ! Dans ce cas, ceci te concerne. Peux-tu me donner ton nom, pour le courrier ?

-Ine. Watagumo Ine.

-C'est entendu. Watagumo Ine, chez Ren'ai. Bonne journée alors, Ine-chan."

Il s'éloigna. Ine contempla le petit propectus jaune qu'il avait glissé dans sa main. Il y était question d'un cours que donnait Zen. Elle regarda le soleil, et en conclut qu'elle était en retard à son premier cours. Elle se maudit, retourna dans la maison où elle revêtit sa tenue d'aspirante heureusement sèche, laissa un petit mot sur la table dégagée, attrapa prestement son bandeau rayé et partit en trombe vers l'Académie.

MessageSujet: Re: Habitation du Chuunin Ren'ai (Ine)   Lun 6 Nov - 10:17

[Ine : +3 EXP pour ce RP et celui sur l'Académie]

MessageSujet: Re: Habitation du Chuunin Ren'ai (Ine)   Dim 3 Déc - 14:57

[suite rp maison de Nimuro]

[Nimuro]
"C'est un bien étrange mal qui frappe ton ami... Je n'ai jamais rien entendu de tel. J'en déduis que ce n'est pas une maladie naturelle, mais c'est peut-être dû à l'utilisation d'un jutsu...

Quoiqu'il en soit, je ne peux pas me prononcer sans l'avoir examiné. Si tu veux bien me mener chez lui."


"Oui, Nimuro-san !"


Nimuro remplit une besace de divers produits aux couleurs et étiquettes étranges, ainsi que quelques ouvrages. Ils se mirent en direction de l'habitation de Ren'ai.

En chemin, Ine se demandait comment Ren'ai allait réagir, avec l'appréhension d'une petite fille qui a fait une bêtise, et qui doit l'avouer à son père. Elle ne lui avait pas spécialement demandé son accord pour ramener le médecin, et pas plus pour l'assister dans la nuit. En amenant Nimuro, elle se dévoilait de façon flagrante.

Nimuro dut sentir sa gêne, et il lui sourit pour la rassurer, lui signifiant qu'il était là, à côté d'elle. La jeune kunoichi retrouva son assurance, et frappa à la porte. Cette dernière s'ouvrit quelques secondes après. Le Chuunin et le Médecin se fixèrent du regard un court instant.


[Ren'ai]
"Tu es là toi aussi... "

Le regard d'Ine passa de l'un à l'autre, la bouche ouverte tellement elle était surprise. *Ils se connaissent !?* semblait dire son visage. Ren'ai lui sourit, lui ferma la bouche et fit :

[Ren'ai]
"Ne restez pas plantés là, entrez..."

Il se déplaça pour les laisser entrer, ébouriffant au passage les cheveux d'Ine avec affection. Il leur désigna le petit sofa, sortit des verres à liqueur :

[Ren'ai]
"Sake?"

Il soupira devant la négation du médecin.

[Ren'ai]
"Soit."

Puis il se retourna vers Ine, et fit avec un ton presque espiègle :

[Ren'ai]
"Toujours aussi peu discrète, petite fille. Tu as laissé quelques-uns de tes cheveux sur mon oreiller. Il va falloir que je t'apprenne quelques trucs."

Il désigna du menton Nimuro :

[Ren'ai]
"Connaissant ta curiosité, je savais que tu me l'amènerais."

Il étendit les bras, comme s'il offrait son corps.

[Ren'ai]
"C'est quand tu veux, Doc."

Il grimaça, reprenant un ton plus grave qui fit frissonner Ine. Nimuro se leva, lui intima l'ordre de s'allonger sur le sofa. Ren'ai obéit, et fit avec rage :

[Ren'ai]
"Nimuro, enlève-moi cette saloperie, et je serais ton éternel débiteur."

MessageSujet: Re: Habitation du Chuunin Ren'ai (Ine)   Mar 5 Déc - 12:33

[Ren'ai]
"Nimuro, enlève-moi cette saloperie, et je serais ton éternel débiteur."

"Je vais voir ce que je peux faire... Avant toute chose, je dois définir d'où provient ton mal. Si je me base sur le témoignage d'Ine, je dirais que tu as été frappé par un jutsu assez puissant, mais je préfère en être certain. Allonge toi, Ren'ai."

Le Chuunin s'allongea sur le sofa, enlevant sa chemise. Comme le Médecin l'avait prévu, le kiréen ne portait aucun signe apparent de blessure.

Nimuro fit subir une longue série d'examens à son compatriote, pris des échantillons de son sang et nota une grande quantité d'informations sur un calepin. Au bout de quelques heures, il intima à Ren'ai de se rhabiller.


[Ren'ai]
"Alors, qu'est-ce que j'ai ?"

"Je ne peux pas me prononcer. A première vue, tout va bien et rien ne t'handicape, c'est pour cela que j'ai pris des échantillons de ton sang ; ton organisme ne peut pas mentir."

[Ren'ai]
"Et si malgré ça tu ne peux rien faire ?"

"Il n'y a que deux cas de figure dans lesquels je serais impuissant : soit le mal est déjà trop étendu et est devenu sans espoir de remission, soit il est trop complexe pour moi. Si le deuxième cas surgit, je ferai appel au Docteur Azechi, lui saura quoi faire."

[Ren'ai]
"Le Docteur Azechi ? Tu veux dire, le nouveau Mizukage ?"

"Oui, je parle du successeur de Zabuza-sama..."

[Ren'ai]
"Tu as des amis hauts placés à présents dis donc..."

Nimuro fit mine de ne pas relever la remarque et remballa ses affaires pendant qu'Ine préparait du thé pour le trio. Une fois cette pause terminée, le Jounin se leva et se dirigea vers la sortie, raccompagné par la jeune fille et Ren'ai.

"Je vais voir ce que je peux trouver en analysant ton sang. Ine, si une crise se produit, je te demanderai de bien faire attention à ce qui lui arriveet de le noter, puis de venir me chercher. Je vous laisse, j'ai comme dans l'idée que je vais avoir du pain sur la planche."

MessageSujet: Re: Habitation du Chuunin Ren'ai (Ine)   Lun 11 Déc - 21:00

[Nimuro]
"Je vais voir ce que je peux trouver en analysant ton sang. Ine, si une crise se produit, je te demanderai de bien faire attention à ce qui lui arrive et de le noter, puis de venir me chercher. Je vous laisse, j'ai comme dans l'idée que je vais avoir du pain sur la planche."

Nimuro s'éloigna. Ren'ai referma la porte. Ine baissa la tête. Elle aurait aimé rentré six pieds sous terre.

"Hey, ptit bout d'femme ! Je ne vais pas te manger."

Son visage s'assombrit. Il murmura :

"A dire vrai tu as eu le courage que je n'ai pas eu. Des années que je passe mes nuits à faire le même cauchemar. Mais je n'ai pas pu me résoudre à aller consulter. Peur qu'on se moque de moi, qu'on ne me prenne pour un fou. J'ai préféré quitter le jutsu de moi-même qu'on ne m'y contraigne. Mon équipe commençait à me considérer bizarrement."

Ine allait le rassurer, mais il la coupa avant même qu'elle ne commence, reprenant son air joyeux et son ton charmeur habituel :

"Avec tout cela, petite fille, tu ne m'as toujours pas dit quel jutsu tu avais choisi...?"

"Le genjutsu. Zen m'a ouvert les yeux. C'est ce qui me correspond le mieux, je crois."

Le sourire de Ren'ai s'effaça un instant. "Tu en fais exprès", disait son visage, mais il s'abtint de tout commentaire. Il se contenta de hausser les épaules, et fit :


"Je t'ai arrangé une couche à côté de la mienne. J'en ai profité pour ranger la chambre, aussi. A ce propos, merci d'avoir fait un peu de ménage ici. A vrai dire, il y a longtemps qu'une femme n'est pas passée ici.."

Il fit une grimace cocasse qui fit sourire la jeune femme. Il ajouta :

"Comme ça tu pourras me surveiller de près la nuit... Pas de trop près tout de même !"

Il adressa à la kunoichi un clin d'oeil qui la fit rougir violemment. Elle baissa les yeux, gênée, tandis qu'il éclatait de rire. Il lui proposa un sake qu'elle accepta vivement, pour cacher sa confusion.

***


Ine resta peu de temps éveillée, cette nuit-là. Elle tenait à écouter la respiration de l'ancien chuunin, pour se renseigner sur son état. Mais, éprouvée par la nuit dernière et par sa première journée de cours bien remplie, elle s'endormit plus rapidement qu'elle ne l'aurait souhaité.

Un hurlement qui n'avait plus rien d'humain la réveilla en pleine nuit. Elle sursauta violemment, porta la main à la petite lampe pour l'allumer. Elle n'en eut pas le temps. Son poignet fut vivement attrappé par une poigne hors du commun. Elle s'agita pour se dégager, mais Ren'ai la saisit par les hanches. La jeune femme sentit la brûlure de la cicatrice dans le dos.

Ne prenant plus le temps de réfléchir, elle saisit à tâtons de sa main restée libre la lampe et l'asséna sur le tête du chuunin, passant par-dessus son épaule. L'adrénaline aidant, le coup fut suffisamment puissant pour assommer l'homme. Elle se libéra du corps lourd de Ren'ai et s'enfuit en courant de la petite habitation, pieds nus dans sa chemise de nuit blanche.

Elle courut à perdre haleine, ne se souciant pas du froid mordant et du sol acéré qui labourait ses pieds. Un homme aviné voulut l'arrêter, la faisant trébucher, mais elle lui lança un tel regard qu'il s'en fut en hurlant au fantôme. Elle se releva et repartit de plus belle. Elle ne s'arrêta qu'une fois arrivée à la porte de Nimuro, sur laquelle elle frappa avec toute la violence dont elle était capable :


"Nimuro-san, Nimuro-san !!"

Elle entendit un grand fracas dans la maison, et Nimuro-san ouvrit la porte en se frottant la tête. Apparemment, il s'était cogné, mais la jeune fille était trop perturbée pour s'en excuser. Encore endormi, il contempla la kunoichi haletante, dont la détresse emplissait les yeux. Il bailla et fit d'une voix pateuse :

"Eh bien que se passe-t-il Ine-chan? On croierait que tu as croisé le kazekage !"

Ine l'attrappa par la main, lui laissant à peine le temps de fermer sa porte.

"Nimuro-san, il est devenu fou !"

Ce fut la seule explication qu'elle lui donna. L'entrainant derrière elle le plus rapidement qu'elle le pouvait avec sa claudication, elle courut en sens inverse vers l'habitation de Ren'ai.

MessageSujet: Re: Habitation du Chuunin Ren'ai (Ine)   Jeu 14 Déc - 14:18

*Toc toc toc*

[???]
"Nimuro-san !!!"

*Toc toc toc*

[???]
"Nimuro-san !!!"

*Hmmm... Qu'est-ce que c'est...?*

Nimuro releva la tête et cambra le dos. Il s'était endormi sur son livre de Médecine, assis sur sa chaise. Le Médecin bailla à s'en décrocher la machoire et se leva en regardant la pendule accrochée au mur.

[Ine]
"Nimuro-san !!!"

*Uh ? Ine-san ? Que peut-elle vouloir à cette heure-ci... ? Ren'ai !!!*

Le Jounin se précipita vers la porte, et manqua de s'étaler au sol, se prenant les pieds dans le tapis. Il ouvrit la porte et trouva sur son seuil une Ine en chemise de nuit et pieds nues, l'air apeurée.

"Eh bien que se passe-t-il Ine-chan? On croirait que tu as croisé le Kazekage !"

La kunoichi s'empressa de saisir la main de Nimuro et le tira hors de chez lui, commençant une course effrenée.

[Ine]
"Nimuro-san, il est devenu fou !"

Ine n'eut pas besoin d'en dire plus. Nimuro allait enfin pouvoir constater les effets de la "maladie" de Ren'ai. Une fois arrivés devant la maison du Chuunin, le Médecin intima à la jeune fille de le laisser passer devant. Il ne savait pas ce qui pouvait arriver et préférait éviter toute potentialité de risque.

Il poussa la porte et entra, regardant bien à droite et à gauche... personne. Faisant quelque pas dans l'appartement, il remarqua une faible lueur verdâtre sous la porte du fond. Chuchotant il demanda à Ine :

"Qu'y-a-t-il dans cette pièce ?"

[Ine]
"C'est la chambre..."

"Je passe devant..."

Nimuro ouvra la porte avec précaution. Dans la chambre, Ren'ai se roulait au sol, se tenant la tête. La lueur provenait de sa cicatrice, et le Médecin voulut se pencher pour l'examiner, mais le Chuunin le saisit à la gorge, lui sautant dessus pour l'étrangler.

[Ren'ai]
"Ne me touche pas, chien de kuméen !"

*Hein...? Que raconte-t-il ?*

Ine voulut intervenir pour les séparer, mais Ren'ai était sur ses gardes, comme s'il se battait pour sa vie, et la repoussa au sol violement.

[Ren'ai]
"Vous êtes deux, sales lâches ! Mais vous ne pourrezrien contre les soldats de Kiri !"

Le Chuunin n'était déjà plus dans cette réalité. Dans sa tête défilaient des images du passé ; il se revoyait dans les rizières, pris en embuscade par des shinobi de Kumo, le jour où il avait reçu cette blessure qui avait mis fin à sa carrière.

"Désolé, Ren'ai... Tu ne me laisses pas le choix..."

De sa main gauche, Nimuro repoussa Ren'ai qui pesait sur lui de tout son poids. De la droite, il lui asséna un coup de poing qui le sonna légèrement et lui relâcher sa garde, puis il fit apparaître le scalpel de Chakra et le planta dans la nuque du Chuunin, qui tomba au sol, tel une poupée de chiffon.

[Ine]
"Nimuro-san ! Qu'est-ce que vous avez fait ???"

"J'ai paralysé ses fonctions motrices en frappant la vertèbre cervicale qui génère cette capacité. Tant que je n'aurais pas inversé le jutsu, il restera paralysé. Ainsi, je vais pouvoir l'osculter sans difficulté. Va me chercher de la lumière s'il te plait."

La jeune fille obtempéra et apporta une lampe de chevet qu'elle posa à même le sol, pendant que Nimuro mettait Ren'ai sur le dos. Le Médecin chargea sa main de Chakra et la posa sur la blessure. Cette dernière se mit à luire de plus belle.

*C'est bien ce que je pensais... Il a été frappé par un jutsu, et celui qui a fait ça n'est pas un débutant... Je n'ai jamais vu un sceau aussi petit et presque indécelable à l'oeil nu...*

Nimuro se releva, l'air grave, cessant la circulation de Chakra dans sa main. Au sol, Ren'ai gisait toujours, sa blessure continuant de briller.

[Ine]
"Alors ???"

"Je suis désolé, je ne peux rien faire... Le mal qui le frappe est issu d'une technique bien trop complexe pour moi. Peut-être que le Sanin Shinji Azechi pourra faire quelque chose, mais je crains que malgré ce, il n'y ait pas d'espoir..."

[Ine]
"Mais pourquoi ???"

"Le mal qui le frappe est insidieux ; la blessure ne le fait pas souffrir tant que ça en elle même. Certes, il ressent la douleur, mais elle est lié à un événement traumatisant de sa vie et affecte son esprit, le poussant à la démence.

La Voie de la Médecine permet de soigner les corps, pas les esprits... Je suis désolé..."

MessageSujet: Re: Habitation du Chuunin Ren'ai (Ine)   Jeu 14 Déc - 23:18

Tout s'était passé très vite pour Ine. A peine avait-elle eut le temps de désigner la chambre au médecin que son chuunin l'envoyait violemment rouler au sol. Assez sonnée, autant par le coup que par la surprise, elle ne comprit pas les vociférations de l'homme devenu fou furieux :

[Ren'ai]
"Vous êtes deux, sales lâches ! Mais vous ne pourrez rien contre les soldats de Kiri !"

Quand la jeune aspirante se redressa, un peu rétablie mais la vision un peu floue, elle put voir le jeune médecin, toujours aux prises avec le malade. Soudain, il lâcha d'un air crispé :

[Nimuro]
"Désolé, Ren'ai... Tu ne me laisses pas le choix..."

De sa main gauche, Nimuro repoussa Ren'ai qui pesait sur lui de tout son poids. De la droite, il lui asséna un coup de poing qui le sonna légèrement et lui relâcher sa garde, puis il fit apparaître le scalpel de Chakra et le planta dans la nuque du Chuunin, qui tomba au sol, tel une poupée de chiffon. Ine sursauta. Elle lâcha un petit cri et s'indigna avec véhémence :

[Ine]
"Nimuro-san ! Qu'est-ce que vous avez fait ???"

"J'ai paralysé ses fonctions motrices en frappant la vertèbre cervicale qui génère cette capacité. Tant que je n'aurais pas inversé le jutsu, il restera paralysé. Ainsi, je vais pouvoir l'osculter sans difficulté. Va me chercher de la lumière s'il te plait."

Trop choquée pour réagir, la jeune fille obtempéra et alluma la petite lampe tordue, dont elle s'était servie pour frapper Ren'ai, tandis que Nimuro le retournait sur le dos. Elle vit le Médecin charger sa main de Chakra et la poser sur la blessure qui se mit à luire de plus belle, de cette luminosité malsaine.

Nimuro ausculta pendant un court moment le chuunin. Quand il eut fait son diagnostique, il se releva, l'air grave. Ine, inquiète, demanda :


"Alors ???"

"Je suis désolé, je ne peux rien faire... Le mal qui le frappe est issu d'une technique bien trop complexe pour moi. Peut-être que le Sanin Shinji Azechi pourra faire quelque chose, mais je crains que malgré ce, il n'y ait pas d'espoir..."

"Mais pourquoi ???"

"Le mal qui le frappe est insidieux ; la blessure ne le fait pas souffrir tant que ça en elle même. Certes, il ressent la douleur, mais elle est lié à un événement traumatisant de sa vie et affecte son esprit, le poussant à la démence.

La Voie de la Médecine permet de soigner les corps, pas les esprits... Je suis désolé..."


Ine observa le médecin un moment sans comprendre. Nimuro vit très bien ses lèvres trembler violemment, alors qu'elle s'attachait à empêcher ses larmes de venir à ses yeux, trop fière pour pleurer. Elle regarda l'homme étendu à terre, sans connaissance, et fit d'une toute petite voix :

"Je dois voir le nouveau Mizukage, n'est-ce pas ?"

Nimuro opina du chef. La détresse de la jeune femme lui faisait peine à voir. Il contempla l'aspirante se pencher sur le corps. Il ne put s'empêcher de se récrier lorsqu'il la vit commencer à charger l'homme sur son dos :

"Que fais-tu, Ine-chan ?"

"Je l'amène au Mizukage. Je ne vais pas le laisser comme ça !"

L'air décidé d'Ine fit reculer Nimuro. Son visage s'était mu en un masque de fermeté et de détermination impressionnant. Elle fit la grimace en se relevant sous le poids de Ren'ai, mais ne faiblit pas. Ainsi chargée, elle commença à s'approcher de la porte à petits pas hésitants, très lentement. Nimuro soupira et laissa échapper un petit sourire.

"Attends, Ine. Je vais t'aider à le porter."

Ine eut un petit sourire reconnaissant. Nimuro attrapa les jambes de Ren'ai, et se mit à la suivre dans la nuit, vers la maison des Azechi.

[suite plus tard maison de Zen]

MessageSujet: Re: Habitation du Chuunin Ren'ai (Ine)   Jeu 14 Déc - 23:22

[Ine : +6 EXP RP]

MessageSujet: Re: Habitation du Chuunin Ren'ai (Ine)   Dim 21 Jan - 23:23

[suite entrainement aux lacs]

Après cette journée épuisante d’entrainement, Ine se sentait vidée. Elle se dépêcha de rentrer, le vent dehors devenu plus mordant que jamais. La lumière qui filtrait par la fenêtre indiqua que Ren’ai était dans la cuisine, sans doute à mitonner un petit plat. Elle se lêcha les babines rien que d’y penser, et regarda discrètement par la vitre.

Ce qu’elle vit la sidéra. Loin d’être en train de préparer à manger pour sa jeune protégée, Ren’ai était attablé devant une bouteille de sake presque vide. Le regard dans le vide, il serrait dans sa main un petit verre à liqueur, et ne bougeait pas. Furieuse, Ine faillit se mettre en colère et se ruer dans l’habitation. Elle soupira. Cela ne servirait à rien, il ne l’écouterait pas.

Elle eut une idée. C’était une occasion en or de tester sa métamorphose. Ses réverves, elle le sentait, étaient presque épuisées, mais elle tiendrait bien le temps nécessaire pour ramener à la raison l’ex-chuunin. Elle s’encouragea mentalement, et fit danser ses doigts pour prendre l’apparence de Nimuro. Elle s’observa. Il y avait bien quelques imprécisions dues au peu peu de temps qu’elle avait passé en compagnie du médecin, mais avec un peu de chance et l’alcool aidant, Ren’ai ne remarquerait rien.

Elle se râcla la gorge et poussa la porte entrouverte. Elle se glissa au côté du chuunin et posa une main sur son épaule :


« Tu n’es pas sérieux, Ren’. »

Ren’ai haussa les épaules. De toute évidence, ça n’allait pas fort. Ine-sous-la-forme-de-Nimuro inspira profondément. Elle espérait ne pas se fourvoyer :

« Je comprends ta frustration, Ren’, et je regrette de n’avoir pas pu faire plus. Tu sais que je l’aurais fait si j’en avais eu la possibilité. Mais si tu ne le fais pas pour toi, fais le pour Ine-chan. »

Touché ! L’homme releva les yeux vers Ine.

« Ine-chan. Elle ne serait pas contente si elle me voyait. »

Il se leva, passa de l’eau sur son visage et vida le sake dans l’évier. Plus éveillé déjà, il se tourna vers Nimuro-Ine qui s’affolait, sentant ses réserves au plus bas :

« Tu as raison Nimuro-san. Je dois faire attention à elle. J’ai l’impression qu’elle se sent très impliquée par mon état. »

Il fronça un sourcil :

« D’ailleurs, elle devrait déjà être là. Je devrais peut-être… »

« Non ! »

Ine saisit l’occasion au vol. Elle fit un sourire affable à la Nimuro et fit :

“Laisse, Ren’. Je dois y aller. Si je la croise, je lui dirais de rentrer, d’accord ? »

Ren’ai acquiesça, un sourire de remerciement aux lèvres :

“OK ! Moi je vais lui faire à manger. Si elle s’est entrainée toute la journée, elle doit mourir de faim.”

Il dévisagea celle qu’il pensait être Nimuro et fit :

« Merci, Nimuro-san.”

Ine hocha la tête, fit un petit signe de la main et sortit de la maison, un peu trop rapidement à son goût pour ne pas paraître suspecte. Une fois dehors, elle se mit hors de vue de la fenêtre pour reprendre son apparence. Elle sentit sa tête lui tourner.

*Ouhlala, j’en ai trop fait aujourd’hui moi !*

Elle attendit un moment, le temps de se remettre, et de manière à atténuer la méfiance de Ren’ai. Puis elle se composa un visage satisfait, remit ses cheveux en place, et laissant derrière elle toute trace de culpabilité, entra dans l’habitation.

[ce post n’aura pas de suite]

MessageSujet: Re: Habitation du Chuunin Ren'ai (Ine)   Lun 22 Jan - 2:20

[Ine : +3 EXP RP]

MessageSujet: Re: Habitation du Chuunin Ren'ai (Ine)   Sam 3 Mar - 16:04

Mes doigts courent le long des plants de riz. J’ai quoi, quatre, cinq ans ? Peu importe. J’adore cette sensation des pieds nus dans l’eau de la rizière, le riz à peine mûr qui vient me chatouiller les genoux. Tout ce qui fait mon cadre rassurant et familier de fille de cultivateur.

Au loin, mon père discute avec un homme attifé d’une drôle de manière. Attisée par la curiosité, je m’approche. Mon père me voit, il fait un petit sourire triste et se penche pour me prendre dans ses bras. L’homme d’en face à l’air méchant, il n’écoute pas mon papa, et fait un signe aux autres hommes comme lui qui sont derrière. Ceux-là entrent dans la réserve pour en ressortir avec de grands sacs pleins de riz, fruits d’une saison entière de récolte.

Je suis trop petite pour comprendre, mais je serre mes petits poings de bébé. Oh, comme je déteste ces gens qui rendent triste mon papa !!


Le décor change, mais pas la scène. J’ai grandi, je dois avoir neuf ans maintenant. Dans la petite habitation où je fais cuire le déjeuner avec maman, des barbares entrent en fracassant la porte, poussent ma mère sans vergogne et commencent à embarquer tout ce qu’ils voient. Furieuse, je bombarde de coups de pieds et de poings les mollets de l’un d’eux qui me frappe, m’envoyant valdinguer à l’autre bout de la pièce, d’où mon univers devient soudain flou.

Je me réveille à côté de papa, qui m’interroge du regard sur mon état. Je tourne les yeux ; la maison est en flammes, une fumée épaisse se dégage du bois qui brûle et qui fait pleurer mes yeux. A moins que ce ne soit pas que la fumée…

Je serre les dents. Qu’est-ce que je peux faire d’autre ? Je ravale ma salive et je regarde papa qui regarde presque stoïquement notre toit qui s’effondre. Il faudra tout reconstruire. Ce n’est pas la première fois. En attendant, on dormira dehors. Ce n’est pas juste.


Un autre bond dans le temps, et me voilà adolescente, pleine de haine et d’idées naïves sur la vie et l’amour. Je ne m’étonne plus de rien, et le fracas que font des shinobi en entrant, alors que je prépare le dîner, ne m’émeut pas. Quoique. Ceux-là ont l’air assez mal en point. Ceux-là ne viennent pas réquisitionner. Ceux-là ont besoin d’aide.

Je m’approche, mue par la curiosité. Il y a un adolescent d’à peu près mon âge, une femme blessée et un autre shinobi en grave état. La kunoichi et le jeune ninja ne restent pas longtemps. Ils nous laissent le convalescent qui délire, avant de repartir vers leur mission en nous assurant qu’ils repasseraient le chercher quelques jours plus tard.

Je m’attarde au chevet de l’homme, que maman a laissé à ma charge. Il est très séduisant, et aussi très étrange. Une mauvaise blessure barre son torse, que je baigne d’eau régulièrement. Quelques fois, il ouvre des yeux couleur d’eau et profère des cris que je ne comprends pas, avant de ressombrer dans son sommeil comateux. Cet homme me fascine. Un mélange d’hostilité et de chaleur se dégage de lui, une espèce de magnétisme qui me laisse difficilement indifférente. J’ai hâte de pouvoir discuter avec lui. Vivement qu’il aille mieux.


Ren’ai s’en va. Pourquoi faut-il qu’on nous enlève toujours ce que l’on a de mieux ? Je passe une main rageuse pour essuyer mes larmes. Plus rien ne peut être comme avant maintenant. Il me donne pleins de rêves et me laisse seule dans la routine des récoltes de riz ? Non. Je ne veux pas. Tu n’avais pas le droit ! Tu n’avais pas le droit…

La vie est moche.


Au village, les rumeurs courent qu’une troupe de théâtre est arrivée ! Je tiens ma chance, un an que Ren’ est parti, un an que je cherche le moyen de m’enfuir de cette vie qui n’est plus la mienne. La troupe repart demain…

La nuit est tombée, et avec elle la certitude de faire ce que je dois faire. Devant le miroir piqueté, je prends le petit shuriken qui pend sur ma poitrine depuis que Ren’ l’y a déposé. Je soulève ma longue chevelure, et tranche le tout d’un geste. Les cheveux tombent sur le sol, épars. Dans le miroir, Ine apparaît avec des cheveux courts que j’arrange à la manière d’un adolescent rebelle. Puis je me lève, ramasse le baluchon qui contient le peu d’affaires que je possède, et entrouvre la petite porte de la pièce où dorment mes parents du sommeil du juste. Adieu papa. Adieu maman. Je m’en vais. Je vais retrouver ma vie dans les mains de celui où elle s’est arrêtée. Je deviendrais kunoichi, et je vous protègerais. Je vous le promets.

La route ! Le froid qui mord, mais l’indicible sentiment de liberté, et la fierté d’avoir réussi ce premier pas. Je me dépêche, je dois rejoindre la troupe. Les roulottes n’avancent pas vite, mais ce serait bête de les rater. Des itinérants passeront forcément un jour à Kiri no Kuni. Au loin, un cheval hennit. Je suis proche du but. La petite caravane est arrêtée, et les comédiens sont regroupés autour d’un feu. Je m’y joins. On ne me demande pas ce que je fais là. Je sors quelques balles remplies de riz, jongle un coup en faisant le pitre et mime le départ déchirant de chez moi, la folle joie des chemins que l’on foule et la faim qui me tenaille. Il n’en faut pas plus pour être acceptée. Si je m’étais présentée en tant que fille, j’aurais échoué. Mais l’ombre, mon visage androgyne et mes formes pas encore dévoilées ne laissent un peu de temps devant moi. Le temps de me rendre utile et indispensable.


Suekko. La benjamine. Le petit surnom que l’on m’a donné ici. Suekko est heureuse, parce que la route nous emmène à Kiri no Kuni. Toutes les représentations en chemin nous prendront du temps, mais d’ici moins d’un an nous aurons rejoint mon but final. Ren’ai y vit-il toujours ? Me reconnaîtra-t-il ? Oh, que de questions auxquelles il me tarde d’avoir des réponses ! Je n’ai pas oublié ton enseignement, Ren’. Je deviendrais kunoichi, où les routes seront mon avenir.

En attendant, il fait froid, l’hiver bat son plein et nous enveloppe, nous les gaijin itinérants, d’un bandeau de brouillard malsain. Il faut du bois, sinon le foyer s’éteindra. Il n’y a rien de plus mortel qu’un foyer qui s’éteind en hiver. Déjà, Echiko la vieille chamane est morte dans son sommeil la nuit dernière. Elle était vieille, elle n’a pas été pleurée. Mais il y a des enfants, l’avenir de la troupe, ceux que l’on ne peut pas perdre. Pour ceux-là, je me suis un peu éloignée.

Je sais que je n’aurais pas dû, la neige qui tombe risque de recouvrir mes traces, et je risque de ne pas retrouver mon chemin. Dans ce vent, mes cris ne s’entendront pas, et je serais perdue. Non, je n’aurais pas dû. Je vais faire demi-tour.

La neige ne tombe plus. La trace de mes pas est encore claire, mais cette fois le danger se présente sous la forme du crépuscule qui ne va pas tarder à tomber. J’avale ma salive, tout en frissonant. Les arbres sont noirs, lugubres, effrayants. J’ai hâte de rentrer. Je me presse un peu. Quelque chose va arriver, c’est comme un mauvais pressentiment qui fait affluer l’adrénaline dans tout mon corps.

Une main s’abat sur mon épaule.



"Non !"


Ine se réveilla. Son front était couvert de sueur, elle tremblait de froid. Elle se mit à sangloter doucement, sans se rendre compte de la présence de Ren'ai dans le noir de sa petite chambre. Adossée au mur, la jeune femme se tenait en chien de fusil, l’oreiller coincé contre son ventre qui lui lançait terriblement. Elle se leva sans faire de bruit, pour ne pas réveiller son compagnon, qui avait eu une lourde soirée lui aussi. Elle avait besoin d’air, et le goût de rance qui emplissait sa bouche n’était pas du tout bon signe.

Elle sursauta quand, au passage de la porte, une main se posa sur son épaule. Sans violence, celle-là, mais avec fermeté tout de même. De quoi la fait hurler de peur. La lumière s’alluma, et Ren’ai se présenta à elle. Il la prit entre ses bras, et elle put enfouir son visage contre son torse en pleurant à chaudes larmes. Il fit doucement :


"Toi non plus tu ne dors pas tranquille, Ine-chan."

La jeune femme se sentait comme une toute petite fille, voire un tout nouveau-né. Elle était perdue dans une sorte de brume à travers laquelle elle ne voyait plus clairement, et qui faussait ses sensations. Ren’ai la reconduisit sur sa couchette et l’installa contre le mur. Il s’apprêtait à aller lui chercher un verre d’eau quand elle l’attrapa par le bras en murmurant :

"Non, Ren’, reste ici, j’ai besoin de toi."

L’ex-chuunin ne put s’empêcher de sourire. Alors quoi ? Les rôles s’inversaient ? Ine lui montrait enfin cette faiblesse qu’il avait senti en elle depuis son arrivée dans sa petite habitation. Elle qui avait jusque là tout fait pour qu’il aille mieux, pour qu’il récupère ce fragment de son passé qu’il avait perdu, qui l’avait soutenu dans cette entreprise douloureuse et difficile.

Il s’assit à côté de sa petite kunoichi déboussolée, et attendit. Il fallait que, comme lui, elle sente le moment où le poids des souvenirs était trop important pour pouvoir le porter seule. Si ce n’était pas ce soir-là, et bien soit, il attendrait. Lui-même avait mis le temps. Mais il savait Ine courageuse, il ne doutait pas que le big-bang aurait bientôt lieu.

Et effectivement, son petit bout de femme prit sa main et la serra dans la sienne. Sans le regarder, elle commença :


« C’est difficile. »

« Je le sens aussi, petite sœur de mes nuits. Viens vers moi. Tu sens ta main ? Elle tremble, mais la mienne aussi. Dis-toi que tout va bien, que je suis à côté de toi, que rien ne t’arrivera plus maintenant que je suis là. »

Ine lui lança de côté un regard reconnaissant, accompagné d’une esquisse de sourire de remerciement. Puis elle se plongea dans la contemplation détaillée de ses orteils.

« Je ne t’ai pas tout raconté, tu sais ? Il est arrivé certaines choses dont je ne suis pas fière. Celles qui sont à l’origine de mon aversion pour tout ce que je ne contrôle pas. »

Elle se tut, étouffant de nouveau un sanglot. Une lance s’amusait à lui tirailler le bas-ventre. Ren’ai lui déposa un baiser sur le front, et murmura :

« Ce n’est pas grave si ça ne vient pas ce soir, Ine-chan. L’important est que ça sorte. Je vais te laisser, appelle-moi si tu en as envie. »

Il s’éloigna de quelques pas, sans qu’elle ne réagisse. Mais quand il fut sur le point de sortir de la petite pièce, elle chuchota :


« C’était il y a un an. J’ai fait l’idiote, en m’éloignant trop des roulottes pour ramasser du petit bois assez sec. Il nous fallait un feu de camp, le froid était mordant, et comme on était itinérants, et bien on le ressentait plus que quiconque.

Ren’ai s’arrêta sur le pas de la porte, et ne bougea plus. Ine poursuivit sur sa lancée, la voix légèrement tremblante :

« Je me suis donc un peu éloignée. Il y avait une sorte de petit chemin qui amenait plus profond dans la forêt, je me suis dit que le bois y serait plus sec, car plus à couvert de la neige. Mais je ne suis pas allée jusqu’au bout. Les arbres me faisaient peur, la neige risquait de recouvrir mes pas, et si je ne retrouvais pas mon chemin, j’étais perdue. »

Toujours immobile, Ren’ai n’esquissa pas une parole. Le flot de celles d’Ine se répercutaient sur les murs et le sol comme une rivière de souvenirs. Son débit était encore lent, mais il y avait fort à parier qu’il allait s’accélérer sous peu. Maintenant qu’elle était partie, le plus dur était passé.

« J’ai donc décidé de faire demi-tour, avant qu’il ne fasse noir. Là… »

Sa voix se cassa, elle avala sa salive avec difficulté et renifla un peu. Les larmes revenaient sur ses joues.

*Tiens bon, Ine-chan*l’encouragea mentalement Ren’ai. La jeune femme inspira profondément :

« Là une main s’est posée sur mon épaule. Non, plutôt, elle m’a attrapée par l’épaule. Je me suis retournée. C’était… je sais pas trop, un brigand des routes, sans doute. On en avait déjà rencontré plein avec la troupe, mais là j’étais toute seule face à lui ! Il avait un regard de dément, d’affamé ! Je n’ai rien pu faire, il m’a fait tomber à terre, et avant que je réagisse, il… il était sur moi. J’ai essayé de me débattre, mais c’était inutile, il était trop fort pour moi, la lutte ne servait à rien, et pourtant, je me débattais de toutes mes forces, de toutes mes forces. J’avais peur, oh, si peur ! Il m’a plaqué sous lui, et déchiré mes vêtements. »

Ren’ai tourna discrètement la tête. Les joues d’Ine étaient inondées de larmes, et ses yeux affolés persistaient à fixer virtuellement ses pieds. Il sentit sa respiration s’accélérer, alors qu’elle hésitait à poursuivre, ce qu’elle fit néanmoins. Cependant, son ton était en retrait, comme si elle y allait totalement à reculons :

« J’avais froid, mon dos était trempé par la neige. Le contraste était assez horrible parce que, parce que lui était brûlant. Tout, absolument tout en lui était brûlant. Ses yeux sur moi. Son souffle dans mon cou. Ses mains sur mes poignets. Son bas-ventre contre le mien. Et puis… et puis elle a été en moi, cette brûlure… »

La jeune femme s’arrêta de nouveau. Ren’ai vit son souffle s’épancher lourdement dans le froid de la pièce. Sa gamine était fatiguée, et raconter tout ça était éprouvant. Il se demanda si elle aurait la force de terminer son récit. Maintenant qu’il en connaissait la teneur, il s’expliquait mieux qu’elle n’en ai pas parlé avant. Un événement dans sa journée avait été déclencheur, mais quoi ? Il doutait que ce fut sa propre expérience de la soirée qui en avait été la cause. Ine, sans le savoir, lui en donna la réponse :

« Par les Fortunes, Ren’, la pupille de Zen m’a fait tout revivre, absolument tout, et dans les moindres détails ! Je n’arrive pas à comprendre que ce soit arrivé ! Pourquoi tant de précisions ?! Le genjutsu fait mal, très mal. Trop mal. »

Les choses prenaient une tournure intéressante. Ainsi Ine prenait la mesure du pouvoir de sa spécialisation. Cela allait-il la freiner ? Prendrait-elle une autre voie ? Il décida de prendre la parole, pour la première fois depuis le début du récit de la kunoichi. Il se retourna complètement, et fit :

« Ine-chan, voudrais-tu changer de jutsu ?”

La jeune femme releva la tête avec vivacité, et essuya ses joues d’un revers de la main rageur :

« Certainement pas ! Le genjutsu fait mal, mais n’est-ce pas ce qu’il me faut ? Je n’ai aucun talent pour le corps à corps, la seule chose que je sais faire, c’est jouer avec les émotions des gens ! »

Elle se radoucit :

« Non, je ne changerais pas de jutsu. J’aime ce que je fais. Cela devrait être suffisant, non ? »

Ren’ai sourit et rejoignit Ine sur la couchette. Il posa sa main et sur la sienne et demanda doucement :

« Comment ça a finit finalement ? »

[suite après]


Dernière édition par le Sam 3 Mar - 21:08, édité 3 fois

MessageSujet: Re: Habitation du Chuunin Ren'ai (Ine)   Sam 3 Mar - 20:59

[suite post précédent, trop long :p]

Ine eut un petit rire désabusé :

« Je suppose que je devrais être contente qu’il ne m’ait pas tuée. Il m’a juste laissée en plan dans la neige. Après, j’ai dû m’évanouir, parce que je ne me souviens pas qu’on soit venu me chercher. Je me suis réveillée dans une des roulottes de la troupe, et je n’ai pas cherché à savoir comment ils m’avaient retrouvé. »

La kunoichi se nicha dans les bras de Ren’ai et prit une toute petite voix:

« Je me sens si sale, Ren’… »

Ren’ai se leva, tenant contre lui la frêle jeune femme si éprouvée. Il la porta jusqu’au pas de la douche où il la posa, et déposa un baiser sur son front :

« Prends donc une douche bien chaude, et ne lésine pas sur l’eau, pour une fois je peux bien avoir une facture un peu élevée. Je vais te préparer de quoi te ravigorer. »

Il s’enfuit en lui décochant un clin d’œil. Ine, d’abord interdite, se déshabilla. Son corps nu était parcouru par des frissons qui lui faisaient une chair de poule presque risible. Elle entra dans la douche, referma la porte derrière elle et ouvrit à fond les robinets. L’eau, d’abord gelée, augmenta peu à peu en température, réchauffant par là même Ine. Elle exposa son visage à l’eau, frotta ses yeux douloureux à force de pleurer, et frotta aussi le reste de son corps avec un savon qui fleurait bon l’edelweiss. Puis elle sortit, s’enveloppa dans un peignoir laissé là à son attention par Ren’ai qu’elle alla rejoindre dans la cuisine.

Celui-ci déposa devant elle un thé au sake qu’il venait de faire bouillir. Elle le remercia, et porta à ses lèvres le liquide chaud, lourd et piquant qui vint réchauffer les dernières parties gelées de son corps, mais aussi son esprit meurtri. Ine se mit à sourire. Ren’ai lui tournait le dos, s’activant à lui préparer des crêpes. Elle se leva, enveloppa son buste de ses petits bras et posa sa tête à la base de sa nuque.


*La vie est moche*, pensa-t-elle, *mais elle vaut la peine d’être vécue.*

[et voilà Zen, presque 3000 mots. Je crois que j'ai réussi ton défi Razz ]

MessageSujet: Re: Habitation du Chuunin Ren'ai (Ine)   Mer 7 Mar - 23:12

[Ine : +14 EXP RP]

MessageSujet: Re: Habitation du Chuunin Ren'ai (Ine)   Dim 7 Fév - 23:43

~* Le Procès de Nezu – Ren’ai *~


1. Renaissance

Kinjirareta Ren’ai surveillait la cuisson du lait tout en gardant un œil sur l’horloge accrochée au mur récemment remis à neuf. Le jeune homme était grand et les muscles roulaient sous la peau de ses bras à mesure qu’il touillait le liquide afin qu’il ne lève pas trop vite. Il passa une main dans son opulente chevelure aux reflets de cuivre et d’or. Leurs boucles tombaient désormais presque en base de nuque, formant un étrange contraste avec sa peau brunie par les fourneaux de la forge. Et, blême, la cicatrice qui lui barrait le torse n’en ressortait que plus, sans toutefois avoir le caractère malsain qu’elle avait eu jadis.

Oui, Kinjirareta Ren’ai n’avait plus rien de l’homme défait qu’avait retrouvé son petit bout de femme en arrivant à Kiri un an et quelques mois plus tôt. Ine avait fait irruption dans sa vie comme un rayon de soleil dans la nuit. Elle s’était battue pour qu’il se retrouve, lui, un Ren plein d’entrain, de fougue et franc rieur. Et de fait l’entrain lui était revenu, et malgré les tempêtes intérieures auxquelles faisait face son Ine-chan il avait tenu le coup pour elle, à son tour, sans savoir vraiment si elle lui reviendrait.

Un chaton couleur crème piaula en grattant de la patte sur son jean pour attirer son attention. Ren’ai se pencha pour le prendre entre ses mains, le câlina puis le déposa sur son épaule le temps d’éteindre le gaz. C’est le moment que choisit Taki pour entrer. Le cheveu en bataille, l’air déchaîné, la fillette semblait de très mauvaise humeur tandis qu’elle jetait sans ménagement son sac sur une chaise. En mode Arashi, aurait dit Ine. Ren’ai esquissa un sourire en coin.

Ren – Qu’y-a-t-il Taki-chan ? demanda-t-il en lui tendant son chocolat chaud.

La petite fille avait pris l’habitude depuis son entrée à l’académie de terminer ses après-midi chez l’ex-chuunin pour travailler ses techniques. Elle s’asseyait sagement à la table, prenait un goûter puis pouvait passer des heures à lire des manuels pour en comprendre les jutsu. Une fois qu’elle avait du mal à faire un enchaînement, Ren’ai l’avait machinalement corrigée, se trahissant ainsi aux yeux de la fillette qui ne l’avait depuis plus lâché. Si Ine avait été trop fière pour lui demander de l’aide, c’était une fierté que n’avait pas la petite Taki. Cédant avec plus de plaisir qu’il ne l’aurait pensé, Ren’ai avait montré à l’aspirante son habileté à manier les shuriken de toutes sortes et de toutes tailles. C’est par lui que Taki avait fini par délaisser le ninjutsu aqueux pour choisir le ninjutsu de combat. Et, douée, comme elle l’était au katana, il y avait fort à parier que l’enfant grimperait vite les échelons de la hiérarchie.

Mais si le jeune homme aidait volontiers Taki, il se gardait bien de jamais utiliser de chakra. Considéré comme convalescent on avait même pas pris la peine de brûler la substance en lui lorsqu’il s’était retiré du corps militaire, et cela faisait des années qu’il tentait d’oublier ce flux omniprésent en lui. Jusque là, il y était parvenu sans trop de difficulté…

Le petit chat lui labourant l’épaule, Ren’ai finit par sortir de sa rêverie. Il déposa l’animal qui alla courir se cacher dans la chambre. Taki, elle, semblait ne pas décolérer et le jeune homme réitéra sa question.

Taki – Aujourd’hui un type est venu nous parler à l’académie. Il va y avoir un procès sous peu et ils cherchent des gens pour témoigner. J’ai proposé d’aider à l’enquête mais on n’a pas voulu de moi. A quoi ça sert de louer mes talents si c’est pour me laisser au rebut ?!

Ren’ai ne put s’empêcher de rire.

Ren – Tu n’as que neuf ans, Taki-chan ! Tu es certes plus mature que d’autres mais j’imagine que témoigner à ce procès doit comporter des risques que de toute façon ta mère n’acceptera pas de prendre. Reste donc en dehors de ces histoires de grands, crois-moi tu y viendras bien assez tôt. Il esquissa un sourire devant l’air buté de Taki puis ajouta : Mais au fait, de qui est-ce le procès ?

La petite fille releva la tête de sa tasse, exhibant une moustache de chocolat au-dessus de la lèvre. Elle chercha un instant dans sa tête puis lâcha :

Taki – Je crois bien que c’est Nezu, son nom. Un politicien véreux si j’ai bien compris, la guerre interne ça s’rait sa faute.

Ren’ai accusa le choc. Projeté dans ses souvenirs de la soirée passée avec Takeo, il serra les poings. Ils étaient sûrs d'avoir été trahis par quelqu'un lors de cette mission qui avait viré au cauchemar. Le nom de Nezu avait été prononcé à demi-mot par Takeo. Pouvaient-ils raisonnablement penser que l'homme se tenait derrière tout ça ? La guerre entre Kumo et Kiri avait laissé derrière elle des sillons sanglants qui n'étaient toujours pas comblés, et la guerre interne de Kiri aussi. Comment ne pas se rappeler de l'air bouleversé d'Ine qui y avait perdu son professeur et ami ? Peut-être était-ce le moment, après des années de répugnance, de reprendre du service.

Ren'ai papillota et sourit à Taki qui, son chocolat terminé, le regardait d'un drôle d'air.

Ren - Je suis désolé Taki, tu ne vas pas pouvoir rester ce soir, fit-il en débarrassant le bol. Je dois rendre visite à un vieil ami.

La fillette ouvrit de grands yeux puis soupira et se leva de sa chaise.

Taki - Bah, de toute façon je suis trop énervée ce soir. Je vais aller m'occuper de mon petit frère.

Contournant la table, elle se dressa sur la pointe des pieds pour déposer un bisou sur la joue de Ren'ai. Lorsqu'elle fut partie, le jeune homme s'installa sur une chaise et laissa son esprit vagabonder. De nouveau le chaton vint quémander des caresses et il l'installa sur ses genoux. Puis, pour la première fois depuis des années, il ouvrit sa main devant lui et laissa s'exprimer une flamme de chakra au creux de sa paume. Intrigué, le petit chat essaya d'attraper cette chose bleue bizarre, sans y parvenir. Ren'ai sourit. Oui, songea-t-il, peut-être était-ce le moment de ressortir ce bon vieux bandeau du placard...


Dernière édition par Watagumo Ine le Dim 18 Avr - 23:07, édité 1 fois

MessageSujet: Re: Habitation du Chuunin Ren'ai (Ine)   Ven 19 Fév - 12:33

2. Deux vieux frères

Ainsi qu’il l’avait dit à la petite Taki, Ren’ai se rendait chez un vieil ami à lui. Plusieurs mois s’étaient écoulés depuis sa dernière rencontre avec Takeo et, si Ine l’avait revu depuis, lui n’avait pas cherché à précipiter les choses. Non pas par peur, car maintenant il avait une idée plus précise des évènements qui s’étaient produits dans cette rizière. Peut-être était-ce plus un moyen de faire table rase du passé pour mieux vivre dans le présent. Il n’avait pas vraiment envie d’en vouloir à Takeo, même après ce qu’Ine avait fini par lui apprendre.

Pourtant, là, c’était plus fort que lui. Il avait repassé maintes et maintes fois la conversation de ce soir-là dans sa tête, repassé ces évènements qui avaient depuis ressurgi dans sa mémoire. La mort de Mana, l’infirmité de la Taki de son équipe, sa propre convalescence et la rétrogradation de Takeo, cinq années qui leur avaient été volées à tous et que quelqu’un devait payer. Ce pouvait être Nezu, ou peut-être un autre. Mais s’ils ne sautaient pas sur l’occasion que permettait cette histoire de procès, sans doute n’essaieraient-ils jamais de savoir ce qu’il s’était réellement passé.

Ren’ai frappa trois coups fermes sur la porte. Un bruit de précipitation, puis elle s’ouvrit sur Takeo. Le chuunin médecin poussa un cri de surprise. Ren’ai se mit à rire et entra sans y être invité :

Ren – Non Tak tu ne rêves pas, blagua-t-il, je ne suis pas une apparition sortie tout droit d’il y a cinq ans.

Tak – J’y ai bien cru un instant. Te voilà redevenu toi-même on dirait. Je t’offre un verre ?

Ren’ai acquiesça d’un hochement de tête, une myriade d’étoiles illuminant ses yeux. C’était comme revenir des années en arrière, quand ils n’avaient pas besoin de mots pour communiquer. Malgré les cinq ans qui les séparaient en âge, Takeo et Ren’ai s’étaient toujours bien entendu depuis qu’on les avait assigné à la même équipe sous la direction de Wakeshima Kotaro. Pas de jalousie non plus, bien que le jeune Takeo fut un juunin prometteur à l’époque.

Ce dernier revint bien vite dans le salon avec une petite bouteille de saké. Le sourire de Ren’ai s’élargit.

Ren – Je me rappelle, dit-il, quand au retour d’une mission une petite bouteille comme celle-ci suffisait à nous mettre KO. Je ne suis pas sûr de faire mieux ce soir.

Sans répondre Takeo ouvrit la bouteille et leur versa deux coupes. En tendant à Ren’ai la sienne, un mince sourire aux lèvres, le médecin dévisagea son compagnon et demanda :

Tak – Bon alors, me diras-tu ce que nous fêtons ?

Ren’ai leva sa coupe :

Ren – Trinquons à ma reprise de service, lança-t-il, et à notre collaboration future.

Takeo esquissa un sourire plus franc.

Tak – Je suis heureux de voir que le bandeau te sied toujours aussi bien. Je serais évidemment le premier à t’encourager, si tu m’expliquais cette histoire de collaboration ?

Ren’ai laissa tomber sur la table le journal qu’il avait acheté avant de venir. Sur la Une figurait un portrait de Nezu qui titrait « Enfin un procès pour le politicien Nezu ». Takeo pâlit. Il n’était pas difficile de deviner où Ren’ai voulait en venir.

Tak – Nous ne savons même pas s’il en est responsable, Ren ! protesta-t-il sans trop de conviction. Puis, baissant la tête, il demanda : Ine t’a raconté n’est-ce pas ?

Ren’ai haussa les épaules avec colère :

Ren – On n’en a rien à foutre de ton sentiment de culpabilité, Tak ! Tout ce que je sais, moi, c’est que notre mission a été sabotée. S’il y a une petite probabilité pour que Nezu soit dans le coup, ce procès est le moment rêvé pour le faire plonger. Je suis prêt à prendre n’importe quel risque, la question est : est-ce que tu me suis ?

Le médecin avala ce qu’il lui restait de saké et ferma les yeux sous la brûlure de l’alcool. Sa décision était prise lorsqu’il les rouvrit.

Tak – Tu as raison Ren, lâcha-t-il. Il faut en finir avec cette histoire.

Ren – Bien, fit le chuunin avec un sourire qui trahissait son soulagement. Crois-tu que Taki pourrait être des nôtres ?

Takeo hocha la tête en signe de dénégation.

Tak – J’en doute. Taki a abandonné le corps des shinobi suite à la perte de son bras. Elle est maman depuis peu et semble très heureuse. Nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes. Maintenant dis-moi : tu as un plan ?

Ren’ai réfléchit quelques instants. S’ils avaient affaire à une taupe au sein de l’administration, il ne serait pas facile de la démasquer. La guerre civile à Kiri avait montré de plus que Nezu s’y était constitué tout un réseau de fidèles.

Ren – Ce serait une erreur, comme tu l’as dit, de partir en considérant d’emblée Nezu comme coupable. Partons sans a priori et on verra bien ce sur quoi on débouche. On est d’accord pour dire que nous avons été piégés par quelqu’un que la guerre entre Kiri et Kumo arrangeait. Te rappelles-tu qui nous a assigné cette mission ?

Tak – La mission nous a été assignée par le bon vieux Kotaro mais elle émanait d’une femme, Wataru Echiko. J’ai voulu aller la voir quand nous sommes rentrés mais elle était alors très occupée, pas le temps de s’occuper d’un cas mineur comme le nôtre alors que la guerre contre les kuméens faisait rage. Je me demande, ajouta le médecin, pensif, s’il serait possible de la rencontrer maintenant.

Les deux hommes se regardèrent. Il fallait bien un début à tout.

MessageSujet: Re: Habitation du Chuunin Ren'ai (Ine)   Ven 5 Mar - 18:46

3. Trahisons administratives ?

Wataru Echiko était si petite et si sèche qu’il était difficile de croire qu’elle avait été un jour maître de Taïjutsu. En la matière, Ren’ai n’avait jamais côtoyé que des brutes épaisses. Elle avait dû être un jour très séduisante mais l’âge - une bonne quarantaire d’années - avait donné aux traits de son visage la sournoiserie du renard. C’était la curiosité, disait-elle, qui l’avait poussée à les recevoir malgré tout le travail qu’elle avait à faire.

Echiko – Presque six années après l’échec de cette mission, je me demande bien ce qui a pu vous pousser à venir me voir maintenant ?

La kunoichi afficha un sourire ironique qui en disait long sur le fait qu’elle n’était pas dupe. L’évènement en cours brassait pas mal les médias à Kiri ces jours-là et sa longue expérience dans l’administration la tenait au courant de tout. C’est Takeo qui se lança le premier :

Takeo – Nous savons que notre mission a été sabotée. Nous voulons savoir par qui.

Le sourire de la femme s’élargit. Elle passa une main dans sa longue queue de cheval d’un noir de jais entretissé d’argent et minauda :

Echiko – Et vous me soupçonnez moi ? C’est tout de même une grave accusation que vous portez-là.

Le chuunin médecin accusa le coup en reculant, incapable un instant de cacher sa confusion.

Takeo – Non, ce n’est pas ce que j’ai voulu dire, bafouilla-t-il. Il nous a juste semblé que vous pourriez nous aider dans notre recherche. C’est vous qui, à l’époque, aviez transmis cet ordre de mission à notre senseï.

Echiko – Eh bien, fit-elle en remuant la main de manière désinvolte, ce doit être ce saoulard de Kotaro qui aura lâché l’information dans quelque bar malfamé du marché noir.

Les deux hommes se jetèrent un regard en coin : leur vieux senseï comptait malheureusement – coïncidence ? – au rang des premières victimes de la guerre interne de Kiri. Ren’ai s’avança à son tour :

Ren’ai – Madame, nous avons pris le temps de nous renseigner aux archives de la bibliothèque avant de venir. Plusieurs missions ont échoué dans le même temps que la nôtre. Pendant une guerre cela pourrait certes être normal mais pas dans de telles proportions. Sans vouloir vous accuser vous, nous pensons que quelqu’un dans l’administration pourrait avoir été une taupe.

Le regard de la kunoichi s’aiguisa.

Echiko – Poursuivez, dit-elle.

Ren’ai – Nous aimerions savoir qui d’autre que vous était au courant de notre mission. Des informations ont forcément été divulguées d’une façon ou d’une autre, et vous êtes sans doute la seule à pouvoir nous renseigner là-dessus.

Echiko – Vous jouez un jeu dangereux messieurs. Si j’étais cette taupe dont vous me parlez, je pourrais avoir des soutiens qui me débarrasseraient discrètement des gens trop curieux que vous êtes.

Elle soupira, faussement lasse.

Echiko – Cependant, j’aime mon métier et avant tout mon pays. Puisque cela semble tant vous tenir à cœur, je peux vous prouver que vous vous trompez au sujet de l’administration.

La femme se leva, se dirigea vers la porte et vérifia que personne n’écoutait depuis le couloir. En se rasseyant sur sa chaise elle dénoua sa longue chevelure. Puis, baissant la voix, elle commença son récit :

Echiko – C’est nul autre que le Yondaime Shotaru qui est venu un soir en personne me parler au sujet de votre mission. Pourquoi à moi, qui n’étais que dans les bas échelons de l’administration, je ne le sais pas. Peut-être avait-il comme vous des doutes sur un espion potentiel au sein de Kiri ? Il m’a donc demandé, sans que cela ne se sache et en insistant bien là-dessus, d’envoyer une équipe pour prévenir ceux du fort de la possibilité d’une infiltration. Vous n’étiez pas sensés connaître la teneur de ce message, par ailleurs, ajouta-t-elle en lorgnant sur Takeo.

J’ai peut-être fait une erreur en ne venant pas vous contacter moi-même. J’avais confiance en Kotaro - un sourire affectueux adoucit son visage un court instant - malgré son penchant connu pour l’alcool. Je doute que le Yondaime lui-même puisse être suspecté et il m’avait de plus assurée que j’étais la seule mise dans la confidence.

Wataru Echiko n’attendit pas de réactions. Elle se leva et, tendant la main aux deux shinobi, leur présenta courtoisement la porte.

Echiko – Malheureusement c’est tout ce que je puis vous dire. Je vous souhaite bonne chance si toutefois mon histoire ne vous a pas convaincue, car vous aurez du mal à prouver ce que vous avancez si vous persistez à croire que Kotaro n’a pas été la faille.

Les chuunin s’inclinèrent en remerciement. La saluant, ils sortirent de la pièce puis du bâtiment.

MessageSujet: Re: Habitation du Chuunin Ren'ai (Ine)   Sam 6 Mar - 0:20

4. Dans les bas-fonds de Kiri (1)

Ren’ai et Takeo se retrouvèrent donc désœuvrés. Ils étaient d’accord sur une chose néanmoins : le récit d’Echiko avait des accents de vérité. Pour l’avoir vérifié avant de la rencontrer, ils savaient bien tous deux que la femme n’avait pas fait l’objet d’une promotion douteuse à la sortie de la guerre. Difficile, également, de soupçonner le Yondaime qui, bien que n’étant pas connu pour avoir fait des étincelles quand il se trouvait dans les hautes sphères du pouvoir, passait pour un homme loyal à sa patrie.

Ren – Qu’est-ce qu’on fait ? demanda Ren’ai, osant enfin rompre le silence qui s’était installé. Tu crois qu’elle a raison et que Kotaro a merdé ?

Takeo réfléchissait du mieux qu’il le pouvait. Suite à leur déconfiture, les deux hommes s’étaient assis sur un banc du parc, non loin du quartier administratif. Etait-ce l’attachement à leur vieux sensei qui leur rendait difficile de croire qu’il put être coupable d’une telle négligence ? C’est en songeant à Kotaro et à ce qu’en avait dit Echiko que le jeune homme finit par avoir une idée.

Takeo – Tu te rappelles comme Kotaro aimait nous raconter ses virées au marché noir ?

Ren’ai esquissa un sourire entendu. Wakeshima Kotaro n’avait pas été un sensei facile à vivre, à la limite de la dissidence souvent. Une solide brute qui semblait ne réfléchir qu’avec ses poings et un verre de saké dans chaque. Et qui pourtant se révélait d’une réelle astuce pour débusquer la plus petite information. Plusieurs fois – et ces moments qui jalonnaient leurs entraînements en équipe étaient mémorables ! – il avait tenté de les embarquer tous faire une « virée au marché noir » comme il appelait ça, se heurtant à ses jeunes élèves dont l’honneur de shinobi le disputait à l’arrogance.

Takeo - A défaut d’autre chose, c’est peut-être là-bas qu’on devrait chercher ? Imagine que nos chiens de kuméens n’étaient que des mercenaires.

Ren – Tu veux dire que quelqu’un aurait émis une contre-mission pour qu’on ne puisse jamais prévenir les collègues qu’ils étaient infiltrés ?

Takeo acquiesça et l’idée fit son chemin dans l’esprit des deux shinobi. L’attaque qu’ils avaient subie n’était pas le fait d’amateurs. A l’époque leur équipe était en place depuis près de deux ans et tournait si bien qu’on leur avait déjà assigné plusieurs missions d’importance. Sans compter la complicité qui les liait tous comme les doigts d’une même main et ajoutait un peu plus à leur invincibilité. Et pourtant, vaincus ils avaient été.

Takeo – On les aura payés pour nous tuer tous et ils y ont presque réussi. Regarde ce qu’on est devenu après ça. On avait l’avenir devant nous…

Ren - J’espère qu’ils étaient bien payés ! renchérit le jeune homme, le front barré par une soudaine irritation.

Les deux shinobi se regardèrent un bref instant, frappés par la même idée.

Ren – Il faut qu’on trouve ce marché noir !

MessageSujet: Re: Habitation du Chuunin Ren'ai (Ine)   Sam 17 Avr - 2:45

5. Dans les bas-fonds de Kiri (2)

Ils avaient déambulé partout dans Kiri, parcouru jusqu’à la plus petite ruelle malfamée du village déparés de leurs bandeaux mais les bouches étaient demeurées désespérément closes. Pas le plus petit indice pour leur indiquer une entrée vers ce qu’ils pensaient être souterrain peut-être. Découragés, ils avaient échoué dans un petit bar vide où ils avaient jadis partagé quelques verres avec Kotaro. Et de boire, pour oublier cette sale journée où tout semblait se liguer contre eux…

C’est au troisième saké, quand son champ de vision commença à devenir sérieusement trouble que Ren’ai se retrouva transporté quelques années en arrière. Ils étaient alors tous autour d’une table de ce même bar, lui, Takeo, Taki lovée sur les genoux de Mana et le vieux Kotaro, qui avait déjà torché deux bouteilles de saké et dont les mains ne tremblaient pourtant pas. Leur équipe au grand complet, dans les jours fastes où ils avaient leur petite célébrité au sein du village. Maintenant qu’il y pensait, ce bar avait été bien plus qu’un lieu de passage pour eux. Il y faisait sombre malgré le bois clair qui tapissait tous les murs. Il connaissait presque par cœur les idéogrammes qui, peints à l’encre noir, en ornaient chaque pan pour indiquer le Nord, le Sud, l’Est et l’Ouest. Combien de fois avaient-ils ri en voyant Kotaro se pencher d’une bonne tête pour passer sous la porte ? Et de parier qu’il se la prendrait en ressortant, saoul comme il l’était. Mais il les couchait tous, toujours.

Ce soir-là ils étaient d’humeur plutôt morose. Quelques jours auparavant le sensei leur avait refilé une mission « au nom d’un collègue ». Ils devaient retrouver quelqu’un, un type important qui avait disparu depuis trop longtemps pour que l’administration s’en souvienne, mais que sa famille cherchait soit-disant encore. Dès le départ Ren’ai avait flairé l’entourloupe, le soupçonnant de l’avoir fait pour enfin pouvoir les traîner dans ce marché noir qu’il semblait tant aimer. Il avait fait part de ce sentiment à ses amis mais n’avait récolté qu’un haussement d’épaules de Takeo, un sourire railleur de Mana et une moue boudeuse de Taki. Il fallait pourtant croire qu’il avait vu juste, lorsque Kotaro s’exclama avec force clameur :

Kotaro – Bon alors les enfants, vous emmènerai-je en virée chercher vos informations ?!

Comme d’habitude, le vieux filou n’avait essuyé qu’un torrent de regards sombres. Dans un éclat de rire il avait appelé la jeune serveuse et, l’attrapant par les hanches, avait réclamé une nouvelle tournée « pour ces jeunes imbéciles ». Les coupelles étaient arrivées… et puis plus rien.

Ren’ai avait été le dernier à se réveiller, la bouche pâteuse et les mèches en pagaille. Ils avaient tous des têtes de déterrés, sauf Kotaro qui sirotait tranquillement ce qui, au nombre de verres vides disposés sur la table, devait être son neuvième saké.

Kotaro – Voilà ce que c’est de boire plus d’alcool qu’on est capable d’en ingurgiter.

Il avait tenté de protester d’une voix faiblarde avant d’abandonner. Puis Taki lui avait tendu un bout de papier sale :

Taki – Regarde, Ren.

Il y avait jeté un œil avant de dévisager Kotaro tout à la saveur de son saké. Le papier comprenait la fausse identité de leur cible et l’adresse où le trouver.

Ren’ai – Qu’est-ce que… comment… ?

Kotaro avait haussé ses épaules formidables et émis un rot sonore, la malice plein les yeux.

Kotaro – Un jour vous comprendrez, bande de moules, qu’être shinobi nécessite parfois quelques entorses à l’honneur.

Emergeant de son rêve éveillé, Ren’ai se frotta les yeux. Takeo le fixait d’un air interrogatif.

Takeo – On dirait que tu viens de voir un fantôme, Ren.

C’était presque vrai. Cet épisode surgit des nimbes de son esprit lui laissait un arrière-goût bizarre dans la bouche qu’il ne parvenait pas à expliquer. Jusqu’à ce qu’il entraperçoive, derrière la serveuse au comptoir, une porte qui comportait l’organigramme indiquant le centre de toute chose. Mais cela n’avait pas de sens, pas là où il était. Il dévisagea alors la fille, qui lui rendit sans sourciller son regard avec une moue amusée. D’adolescente elle était devenue femme, mais c’étaient les mêmes yeux d’argent qui le fixaient. Cette fille… il ne parvenait pas à retrouver le petit nom que lui donnait Kotaro en la prenant par les hanches d’un air paternel.

Ren’ai finit par se lever pour se diriger en titubant légèrement jusqu’au comptoir. Elle le regarda faire avec le sourire goguenard de celle habituée aux avances de ses clients mais ne pipa mot. Arrivé face à elle, Ren’ai sortit maladroitement tout l’argent que contenaient ses poches et le répandit sur le comptoir.

Ren’ai – Je t’offre un verre, …

Il chercha dans sa tête le nom de la jeune fille. La grimace qu’il esquissa arracha un rire clair à la demoiselle qui engouffra toute la monnaie.

Ren’ai – … Neda !

La jeune femme ne décilla pas et indiqua le petit écriteau posé non loin en continuant d’essuyer son verre.

Serveuse – Je m’appelle Kira, fit-elle d’un ton neutre.

Ren’ai – Non ce n’est pas ça, protesta-t-il faiblement. Je t’offre un verre… à la santé de ce bon vieux Kotaro… Neda.

Neda reposa le verre et se pencha vers Ren’ai pour souffler à son oreille :

Neda – Alors cette fois on est prêt pour une petite virée Ren’ai ?

Takeo s’étant approché, elle lui adressa le même sourire interrogateur. Le médecin hocha la tête puis toucha le poignet de Ren’ai qui sentit passer le flux de chakra. Ses idées redevinrent plus claires. Neda lui attrapa la main et le tira derrière le comptoir, non sans avoir inspecté les environs d’abord. Elle ouvrit la porte, les entraîna dans le fond du petit entrepôt et dégagea du mur une grosse étagère, dévoilant une seconde porte. Elle invita Takeo à passer mais retint Ren’ai par la manche avant qu’il ne suive. Fourrant la main dans son corsage elle en retira tout l’argent qu’elle y avait mis et le rendit à son propriétaire.

Neda – Chut ! intima-t-elle avant qu’il ne proteste. Tu en auras besoin de l’autre côté, et Kotaro serait furax si je le gardais.

Ren’ai voulut remercier la jeune fille. Celle-ci préféra profiter de ces mains occupées pour attraper son visage et l’embrasser. Ren’ai se mit à rougir.

Neda – Une revanche sur mon adolescence, glissa-t-elle avec malice avant de le pousser vers la porte. Elle agita la main en guise d’adieu. Bon courage à vous dans votre quête ! l’entendirent-ils crier alors qu’ils avançaient vers la lumière au bout du tunnel.

MessageSujet: Re: Habitation du Chuunin Ren'ai (Ine)   Dim 18 Avr - 23:07

6. Dans les bas-fonds de Kiri (3)

Le marché noir de Kiri n’était pas souterrain. Même en essayant de s’en représenter mentalement la configuration, Ren’ai ne parvenait pas à avoir une idée claire sur son agencement. Pour Takeo, il s’agissait d’une avenue toute en longueur disposée dans un vide aménagé entre les baraquements des tavernes et commerces. Plusieurs bars comme celui qu’ils venaient de quitter devaient y donner accès, chacun muni d’un gardien dont il fallait connaître le vrai nom. Sans Kotaro et ses frasques, ils n’auraient probablement jamais trouvé ce marché aux merveilles.

Takeo avait repris la direction des opérations. Le médecin interpellait quelques personnes pour savoir où chercher des informations, mais les regards qu’on leur lançait n’étaient pas spécialement amicaux. Ren’ai en vint à se maudire de n’avoir pas écouté Kotaro jadis. Ils étaient des intrus ici, et tout dans leur personne le criait à qui voulait l’entendre. Ce serait un miracle s’ils n’avaient pas d’ennuis avant de sortir de là. Et justement, en parlant d’ennuis…

XXX – Alors mes gaillards, on s’est perdu ?

Les deux shinobi se retournèrent comme un seul homme. Le bonhomme, accompagné de deux sbires, n’avait pas forcément l’air aimable malgré le ton mielleux qu’il employait. D’un coup d’œil, Ren’ai avisa que les passants s’éloignaient de la scène et suspecta une habitude du larron, d’apostropher ainsi les nouveaux-venus… voire pire. Fourrant avec désinvolture ses mains dans ses poches, il y serra contre ses paumes les shuriken qui y étaient cachés. Takeo prit le ton de la diplomatie :

Takeo – Non, nous recherchons des informations.

XXX – Et sur quoi je vous prie ?

Takeo – Ca, ça nous regarde.

L’homme se mit à rire. Il avait des dents plus marrons que blanches, ce qui gâchait l’air distingué qu’il semblait vouloir se donner. Un homme qui prend soin de son apparence, songea Ren’ai. Mais donc les muscles, saillants à l’extrême, ne donnaient pas du tout envie d’aller s’y frotter.

XXX – Soit, répliqua-t-il d’un ton égal. Ce qui me regarde en revanche, c’est que vous n’ayez pas payé vos droits.

Takeo et Ren’ai se regardèrent.

Ren’ai – Nous avons payé Neda.

XXX – Ce n’était qu’un droit d’entrée, fit-il en haussant les épaules, moi je vous parle d’un droit de passage. Avancez la monnaie si vous ne voulez pas d’ennuis !

Takeo – Si nous vous payons, nous n’aurons pas assez pour payer nos informations.

L’homme se remit à rire.

XXX – C’est la dure loi du marché noir mon garçon ! Mais je t’aime bien alors approche. Il s’avança de quelques pas. Faisons un marché, fit-il en baissant la voix comme pour une confidence, tu me payes ce que je te demande et je t’emmène voir celui qui répondra à ta question. Qu’est-ce que tu veux savoir ?

Takeo – Nous voulons savoir si une contre-mission a été mise sur la marché il y a de cela cinq ans.

L’homme dévisagea le médecin d’un air circonspect, puis il se pencha pour indiquer un montant que Takeo négocia un peu. Ils finirent par se mettre d’accord et Takeo adressa un signe de tête en direction de Ren’ai qui sortit l’argent. D’un geste de la main, l’autre congédia ses hommes et les invita à le suivre. Le marché noir n’en avait pas l’air comme ça mais c’était un vrai dédale de petits entrepôts, d’étals et de tavernes toutes en longueur qui garnissaient l’espace restreint alloué par les arrière-cours des commerces kiréens. Ils marchèrent un moment, accompagnés d’un crachin qui les glaça jusqu’à la moelle. L’homme finit par s’arrêter, souleva une tenture et les laissa passer devant lui, non sans leur serrer la main.

XXX – Ce fut un plaisir que de faire affaire avec vous, déclara-t-il avec une moue narquoise. N’hésitez pas à faire appel à Tenten lors de votre prochain détour par chez nous !

Les deux shinobi le remercièrent chaudement. Il valait mieux se faire des amis plutôt que des ennemis dans cet endroit et Takeo savait qu’il s’était fait avoir. Ils examinèrent les lieux, une espèce de fumoir où un jeune homme servait des boissons. Il n’y avait qu’un occupant, dans le fond, un homme chétif couvert pour partie par une grande bure qui cachait ses traits, ne dévoilant que sa bouche et son menton. Ren’ai et Takeo s’installèrent en face de lui et le médecin réclama du saké pour trois.

Takeo – Il y a cinq ans de cela nous avons été pris en embuscade par des soit-disant kuméens alors que nous allions avertir des alliés qu’ils étaient peut-être infiltrés. Notre mission était secrète mais nous pensons qu’il y a eu des fuites.

XXX – C’est bien long, cinq ans…

Takeo hocha la tête et Ren’ai avança tout le reste de son argent sur la table. L’homme sourit. Sa voix était rauque et éraillée, vraisemblablement à cause des volutes de tabac qui les environnaient. Pour ce qu’ils pouvaient en dire il semblait assez âgé pour avoir été là cinq ans auparavant.

XXX – Secrète à quel point, la mission ?

Takeo – Trois personnes étaient au courant : le Yondaime, Wataru Echiko et notre sensei.

L’homme sourit de nouveau.

XXX – Ah, la mission du fort, n’est-ce pas ?

Il fit un geste de la main et Takeo, dans un soupir, mit à son tour la main à la poche.

XXX – Tout ce que je peux vous dire c’est qu’effectivement une contre-mission a été émise à votre sujet. Très forte prime par ailleurs, on ne voulait pas que vous réussissiez…

Ren’ai – Vous ne savez pas qui a commandité cette…

XXX – Non, je viens de vous le dire. Les choses bougent beaucoup ici, et seule la forte mise sur vos têtes valait le coup d’être retenue. Et, qui qu’ait été ce commanditaire, n’allez pas imaginer qu’il se baladait comme une fleur à attendre qu’on le reconnaisse !

Ren’ai s’empourpra mais un regard de Takeo le calma instantanément.

Takeo – Soit. Peut-être avez-vous une information sur les exécutants alors ?

L’homme hocha négativement la tête.

XXX – Non. Ils ne sont pas reparus depuis leur récompense. Soit ils ont eu le bon sens de changer de coin, soit ils se sont fait assassinés si vous voulez mon avis. En tout cas je ne connais pas leurs noms.

Takeo repoussa sa chaise et se leva :

Takeo - Viens, Ren, allons voir ailleurs, nous perdons notre temps.

L’homme sourit en tapotant ses doigts sur la table.

XXX – Vous ne trouverez pas mieux que moi, je vous le garantie. Vous feriez mieux de retourner chez vous et d’oublier cette histoire.

Il ne croyait pas si bien dire. Ils déambulèrent quelques temps encore sans rien trouver à se mettre sous la dent, ne réussissant qu’à se faire un peu plus déplumer. Découragés par ce nouveau semi-échec, ils rejoignirent le bar de Neda où ils se firent offrir un saké puis se séparèrent pour rentrer chez eux chacun de leur côté, éreintés par cette journée mouvementée.

MessageSujet: Re: Habitation du Chuunin Ren'ai (Ine)   Jeu 22 Avr - 0:18

7. Sombres histoires d’argent

Le souffle court, Ren’ai ressassait les évènements de la journée.

Quand son équipe existait encore, Ren’ai allait souvent courir ; il avait remarqué que cela l’aidait à mieux réfléchir. Il renoua avec cette tradition ce soir-là. Tandis qu’il allongeait foulée après foulée en direction de la plage, il repensa à ce qu’ils avaient appris au marché noir. Au moins avaient-ils confirmé leur hypothèse de la contre-mission. C’était finalement bien peu, mais cela avait le mérite de leur en apprendre une autre : il y avait donc bien eu une fuite. Ce qui impliquait trois personnes : Kotaro, Wataru Echiko ou bien le Yondaime en personne.

Ren’ai s’arrêta un instant dans le parc pour s’appuyer contre un arbre et reprendre son souffle. Je suis un peu rouillé, songea-t-il. Il étira un peu ses jambes avant de repartir, en même temps que ses pensées se remettaient à tourbillonner. Il ne croyait pas que ce fut Kotaro. Le vieux sensei les avait entraîné une bonne dizaine d’années avant de les prendre tous les quatre pour en constituer une équipe. Même s’il n’était passé prendre des nouvelles depuis l’accident, et Ren’ai pensait que c’était par culpabilité, il n’en avait pas reformé par la suite et avait compté parmi les premiers disparus de la guerre civile. Probablement tué par l’un des partisans de Nezu, encore une chose qu’il devrait payer !

Ren’ai serra les poings et essuya d’un revers du poignet son front luisant de sueur. Avant d’aller voir Echiko Takeo et lui s’étaient renseignés sur une éventuelle ascension injustifiée de la femme au sein de l’administration, sans rien trouver de concret. Il en était presque sûr, le Yondaime Shotaru avait dû laisser échapper l’information. L’administration étant tenue par Nezu - ce qui n’était un secret pour personne – l’homme devait y avoir eu accès d’une façon ou d’une autre, sinon directement. Et, quand bien même cela n’aurait pas été le cas, ce dont Ren’ai doutait fortement, Nezu était indirectement responsable de n’avoir pas su s’entourer de gens de confiance pour administrer Kiri et éviter la mort de plusieurs de leurs compatriotes.

Seulement voilà, ils ne détenaient malheureusement rien de plus que des mots, et pas de preuves. Ren’ai imaginait sans mal les réactions de la Cour s’ils parlaient de ces découvertes au marché noir. Sans nul doute, ils ne feraient là que servir la cause de Nezu quand ils voulaient le voir détruit.

Découragé, Ren’ai vit apparaître sa maison sans qu’une idée ne lui soit venue pour impliquer Nezu sans équivoque. Il entra, traversa le salon sans s’arrêter et se fourra sous la douche. Revigoré par l’eau froide, il ressortait de la salle de bain en frottant vigoureusement ses cheveux trop longs quand il s’arrêta net. Il y avait quelqu’un chez lui, assit sur son canapé. Un dos nu basané, couturé de cicatrices, une personne trop imposante pour s’y tromper. Ren’ai n’osa pas bouger, de peur de rêver. Un avant-bras couvert de bandes s’appuya contre les coussins du canapé et Kotaro se tourna pour regarder Ren’ai, un sourire gaillard aux lèvres.

Kotaro – Tu étais tellement absorbé que tu es passé sans me voir. Dois-je être vexé ?

Kotaro se leva pour donner l’accolade à un Ren’ai trop interdit pour réagir. Le jeune homme détaillait le vieux sensei avec insistance. Ses cheveux en bataille retenus par un ruban étaient devenus poivre et sel. Pour le reste, rien de changé : il n’avait jamais connu Kotaro que torse nu par tous les temps et toutes les saisons, mais il remarquait que depuis la dernière fois plusieurs blessures - qui devaient par ailleurs avoir été graves - s’étaient ajoutées à sa peau déjà à rude épreuve. Une énorme marmule aux poings de titan fière d’appartenir au Suiken Ryuu.

Kotaro – Alors ? fit-il goguenard, on passe dans mon royaume sans me rendre visite ?

Ren’ai fronça les sourcils :

Ren’ai – Tu es sensé être mort !

Kotaro haussa les épaules.

Kotaro – Bof, si tous ceux qui disparaissent mystérieusement étaient morts… Mais c’est vrai que j’y ai échappé de peu.

Ren’ai aurait voulu sourire de la modestie de Kotaro mais il était encore trop sonné. Celui-ci parcourut le salon des yeux et demanda tout de go :

Kotaro – Une femme dans ta vie ?

Ren’ai sortit de sa torpeur et s’autorisa un rire amusé et fier :

Ren’ai – Oui, elle s’appelle Ine.

Kotaro – Je sais, fit-il, joli brin de fille. J’espère que le vieux Ken ne te la gobera pas toute crue. Bon, ce n’est pas tout ça mais je suis venu pour vous aider, puisque vous n’avez pas l’air de vous débrouiller tout seuls une fois de plus !

Ren’ai – Mais comment...?

Kotaro – Tu as croisé Tenten n’est-ce pas ? Ben c’est mon fils spirituel. C’est lui qui m’a rapporté la présence de deux imbéciles qu’il a pu plumer, et pas que lui d’après ce que j’ai compris !

Ren’ai – Mais pourquoi personne ne te dénonce ? Cela intéresserait peut-être des gens de savoir que tu es toujours en vie.

Kotaro esquissa un sourire entendu :

Kotaro – Parce que je sais certaines choses, et que personne n’a envie de déménager tout le marché noir. J’en suis l’un des piliers tu sais ? Mais je ne suis pas venu parler de moi mais de Nezu, parce que c’est bien de ça qu’il s’agit n’est-ce pas ? Je peux vous aider, mais il faudra me payer !

La bouche de Ren’ai se tordit en une moue contrite et il fit un mouvement vers la porte :

Ren’ai – J’ai tout donné au marché noir mais si tu me laisses deux minutes peut-être que Takeo…

Kotaro explosa de rire, si fort que Ren’ai eut l’impression que tout tremblait autour de lui.

Kotaro – Mais bougre d’âne, c’est d’alcool que je te parle !

Ren’ai se mit à rougir et il poussa un soupir de soulagement, avant d’aller dénicher une vieille bouteille de saké remisée au fond d’un placard. Il l’apporta à son sensei qui la déboucha et en sentit l’arôme.

Kotaro – Bon, tant que je bois donne-moi tes conclusions.

Et Ren’ai lui raconta tout ce que sa course lui avait permis de mettre à jour. Kotaro l’écoutait en hochant la tête d’un air satisfait mais Ren’ai ne parvenait pas à savoir s’il s’agissait de ses dires ou alors d’une appréciation du saké. Quand il eut fini, Kotaro lui tendit la bouteille.

Kotaro – Je pense comme toi. Pour avoir des preuves maintenant, j’ai un plan. L’informateur a bien insisté sur la forte somme qui a été versée pour cette contre-mission, donc si l’administration est là-dessous on peut imaginer qu’elle s’est servie dans la caisse du village…

Ren’ai se décomposa :

Ren’ai – Un détournement de fonds ? gémit-il. On arrivera jamais à prouver une chose pareille !

Kotaro se mit à sourire :

Kotaro – Tu crois ça ? Bon, Ren, je t’emmène chez la seule femme qui ait jamais pu me battre !

~*~

XXX – Kotaro ? Quelle surprise…

Appuyée au chambranle de sa porte d’entrée, Wataru Echiko n’avait pourtant pas l’air plus surprise que cela. Une nouvelle fois, Ren’ai se demanda ce que ces deux-là pouvaient bien avoir partagé par la passé. Il esquissa néanmoins un petit sourire en imaginant cette femme si petite mettre une raclée à Kotaro.

Echiko – Tout le monde te croit mort, ajouta-t-elle d’un ton égal. Je trouvais ça bizarre aussi. Dis-moi ce qui t’amènes…. Elle avisa Ren’ai derrière Kotaro. Ou plutôt ne me dis rien. Entrez.

Elle s’écarta pour les laisser passer. Elle était en robe de chambre, prête à se coucher ou presque. Repoussant un livre, elle leur proposa de s’asseoir sur son canapé et puis un thé, puisqu’elle allait s’en faire un. Ils acceptèrent volontiers. Quand elle revint avec la théière, elle lorgna sur Ren’ai et sourit :

Echiko – J’aurais dû me douter que vous n’étiez pas du genre à abandonner, mais de là à me ramener Kotaro je suis impressionnée jeune homme.

Tout en versant le thé elle s’adressa cette fois au sensei :

Echiko – Quant à toi vieux grigou, la prochaine fois mets-moi dans la confidence. Tu sais bien comme je déteste être surprise !

Kotaro étira le bras pour l’attraper par la hanche mais elle se dégagea vivement et lui tordit le bras. Il se mit à rire :

Kotaro – Nous avons besoin de tes qualifications, ma chérie.

Echiko s’installa en face sur un fauteuil et le fixa intensément en buvant une gorgée de thé.

Kotaro – Une contre-mission a été émise contre mon équipe il y a cinq ans, se lança-t-il. Comme je ne crois pas que tu sois à l’origine de la fuite, on ne peut impliquer que le Yondaime. Vu la somme offerte sur la tête de mes élèves et le fait quasi certain que Nezu, ou au moins quelqu’un de son administration ait mouillé dedans, on pense qu’un détournement des fonds du village a été commis et je sais que tu peux nous aider pour prouver ça.

La femme reposa sa tasse sur la table basse et les dévisagea de ses yeux verts en amande.

Echiko – Pourquoi je vous aiderais ? demanda-t-elle.

Kotaro se pencha vers elle :

Kotaro – Parce que tu détestes Nezu autant que moi… et parce que j’ai accepté de boire ton eau chaude dégueulasse !

Echiko sourit, avant de laisser ses yeux sombrer dans le vague :

Echiko – C’est vrai que je déteste Nezu. Cet homme est un traître à son village, Shinji Azechi aurait dû le tuer au lieu de lui faire un procès qu’il va gagner !

Kotaro – …sauf si tu nous aides. Ecoute, Chiko, Ren’ai veut témoigner contre Nezu à ce procès mais il n’a aucune preuve tangible. Si nous parvenons à découvrir ce détournement de fonds, Nezu sera au moins tenu responsable des agissements de son administration. Cela pourrait faire pencher la balance.

Echiko – Chut ! Elle posa un doigt sur ses lèvres. Je n’ai jamais entendu parler d’une boîte noire pour les dirigeants mais demain je trouverais une excuse pour aller fouiller dans les livres de compte du village. Avec la guerre contre Kumo il y avait pas mal d’importations d’armes, et donc des flux d’argent important. S’il y a quelque chose de suspect, je vous tiendrais au courant.

Ren’ai se leva et s’inclina respectueusement.

Ren’ai – Je vous remercie, Wataru-san.

Echiko fit un geste désinvolte de la main :

Echiko – C’est Echiko, jeune homme, et vous me remercierez quand Nezu sera en prison. Je passerais chez vous en soirée demain, avec ce que j’aurais trouvé.

~*~

Le lendemain, Ren’ai, Takeo et Kotaro attendaient Echiko. Si Takeo semblait calme, Ren’ai bouillait et faisait les cent pas dans la pièce tandis que Kotaro alignait une fois de plus les verres de saké. Taki était passée, comme à son habitude après ses cours à l’académie mais Ren’ai l’avait gentiment renvoyée chez elle. Le regard suspicieux que lui avait alors lancé la petite fille était de mauvais augure pour leur prochaine rencontre.

On frappa à la porte et Ren’ai se rua à l’entrée pour faire entrer Echiko. L’ancienne maître de Taïjutsu tenait contre elle un recueil assez volumineux. Il l’invita à s’asseoir et lui servit un thé qu’elle accepta avec joie. Elle avait l’air sombre et un peu fatigué.

Takeo – C’est le livre des comptes ? demanda le médecin en désignant le recueil du menton.

Echiko – Presque, répondit-elle d’un ton las. Ce sont les dépenses effectuées lors de la guerre contre Kumo.

Kotaro – Tu n’as pas eu de mal à le récupérer ?

Echiko se mit à rire :

Echiko – Oh non ! On me connaît depuis longtemps aux archives et je sais être persuasive. De toute façon on n’avait pas beaucoup de raisons pour m’empêcher de répondre aux réclamations d’un fournisseur qui prétend n’avoir toujours pas été payé…

Ses lèvres s’étirèrent en un mince sourire et elle ouvrit le volume qui était criblé de marques-pages. Elle posa son doigt sur une ligne de compte gribouillée :


Echiko – Ca, ça date du lendemain où je suis partie trouver Kotaro pour votre mission au fort. Une commande d’armes à un fournisseur de Sawa, Kyoki, pour une somme étrangement élevée similaire à celle de votre contre-mission. Au début je n’ai rien trouvé de suspect et puis j’ai remarqué qu’à chaque fois que ce fournisseur est mentionné cela correspond à un montant important. Il apparaît une dizaine de fois et devinez…

Ren’ai – … cela correspond à chaque fois à des missions qui ont foiré, murmura le shinobi, comme par peur d’avoir raison.

Le front de Takeo se plissa de contrariété et Kotaro jura en reposant violemment son verre sur la table.

Echiko – Exactement. Du coup j’ai été vérifier le registre des négociants d’armes. Ce Kyoki ne se trouve pas dans la section de Sawa. Il n’apparaît même nulle part.

Takeo – C’était donc bien un détournement de fonds…

Echiko – Oui, et bien caché. Nous n’en aurions probablement jamais rien su sans votre insistance, jeunes gens.

Kotaro leva son verre d’un air solennel :

Kotaro – On le tient les enfants !

Echiko sourit tendrement en le regardant :

Echiko – Tu t’emportes, mon chéri. Mais oui, ça devrait bien plomber sa défense. Je vous laisse le recueil, j’y ai laissé un mot de ma part avec le tampon administratif expliquant que c’est moi qui vous l’ait fourni. Vous devriez aller le déposer dès demain comme pièce à conviction. En tout cas, je vous souhaite bonne chance pour le procès.

Ren’ai et Takeo se regardèrent. Puis Ren’ai servit un saké à tout le monde et porta un toast, la voix grave remplie d’émotions :

Ren’ai – Pour Mana, pour Taki. Pour venger Umi no Kiri.

[Suite => Procès de Nezu]

MessageSujet: Re: Habitation du Chuunin Ren'ai (Ine)   Dim 25 Avr - 16:18

9. Et la vie continue…

Kinjirareta Ren’ai surveillait la cuisson du lait quand Taki entra en trombe, l’air déchainé des mauvais jours. Elle tenait dans ses mains le journal du matin, titrant « Nezu Shimoto parmi les Réprouvés », qu’elle tendit devant lui d’une mine accusatrice.

Taki – Tu n’es qu’un traître Ren, tu aurais pu m’intégrer à ton enquête !

Et de le rouer de coup avec ses petits poings, sans lui laisser une seconde de répit alors que le lait débordait, maculant l’ensemble du plan de travail de mousse blanche. Toujours attaqué, Ren retira en catastrophe la casserole du feu. Les coups cessèrent de pleuvoir et une voix gronda :

XXX – En voilà une de furie, tiens !

Ren’ai se retourna : Taki flottait dans les airs, maintenue par le poignet par Kotaro qui évitait habilement les coups de pieds décochés par la fillette furieuse. Une main calme se posa sur son avant-bras :

Echiko – Tu n’as jamais été tendre avec les enfants Kotaro.

Kotaro haussa les épaules et reposa Taki par terre. Derrière eux surgit Takeo, qui traînait derrière la Taki d’Umi no Kiri. La jeune femme avait le visage un peu rond à cause de sa grossesse récente mais sinon elle n’avait pas changé et elle était toujours très séduisante avec sa longue chevelure acajou, ses yeux de biche et son corps délié. Surpris, Ren’ai demanda :

Ren’ai – Que faites-vous tous ici ?

Kotaro – Cette question ! s’esclaffa le vieux sensei, On est venu boire un coup pour fêter ça bien sûr !

Il avait amené ce qu’il fallait de bouteilles de saké pour fêter, à son sens, dignement l’évènement. Il y en avait trois fois trop bien entendu mais Echiko n’avait pas réussi à le réfréner davantage. Ils s’installèrent tous dans le salon, au grand dam de la fillette qui boudait dans son coin. Kotaro fut le premier à lever son verre, enfin sa bouteille :

Kotaro – A Nezu le Réprouvé ! clama-t-il.

Echiko – Pour la justice rétablie à Kiri.

Takeo – Pour Umi no Kiri

Taki – … et pour Mana, renchérit la jeune maman.

Tous se tournèrent vers Ren’ai qui restait étrangement silencieux. Celui-ci esquissa un sourire :

Ren’ai – A la vie qui continue, fit-il simplement.

Ils trinquèrent et la discussion se mit en route. Ren’ai invita la fillette à venir s’installer sur ses genoux. Il se demandait ce qu’il allait bien pouvoir faire désormais. Sans doute se faire assigner à une équipe, ou pourquoi pas, enseigner à des terreurs comme la petite Taki ? Néanmoins, il aurait préféré voir Nezu mort. Il n’était pas tranquille, pas tant pour lui que pour ceux auxquels il tenait.

Un nouvel invité se dévoila à la bande d’amis en miaulant. Taki prit le chaton crème entre ses bras puis se tourna vers Ren’ai :

Taki – Dis, Ren, il serait ptet temps de lui donner un nom tu crois pas ? On pourrait l’appeler Mana ?

[FIN]
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