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 Salle des Professeurs

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MessageSujet: Salle des Professeurs   Sam 15 Mar - 14:31

Rappel du premier message :


La salle des professeurs de Konoha est le lieu immanquable pour chacun d'entre eux. Ils y passent presque tous, au moins une fois par jour. Certains y restent même plus longtemps qu'en cours ! Vaste, un mur est entièrement occupé par les casiers qui brillaient par leur diversité : d'aucun sont entièrement personnalisé, avec des autocollants ou des citations, certains sont ouverts et laissent s'échapper quantité de documents sans doute très précieux, d'autres sont verrouillés à l'aide d'un demi-douzaine de cadenas et autres systèmes de sécurité. On peut reconnaître le professeur sans même lire le nom (parfois illisible, hélas) : Tsubaki a plus de vêtement et de nécessaires de beauté que de documents officiels, Ran possède quantité de sucreries et autres objets sans doute volés à ses étudiants ("empruntés", s'empresse-t-elle de préciser), le casier propre et parfaitement rangé de Koi Masamune...

Il est facile d'y accéder, l'entrée est autorisée aux étudiants. Si la salle est enfumée, Daiki est là. Si un chat trottine, Toraneko n'est pas loin. Il suffit généralement d'un coup d'oeil pour savoir ce dont on a besoin, et il y a toujours quelqu'un pour accueillir les étudiants. La prise de rendez-vous se fait ici également, tout simplement parce que c'est l'endroit le plus simple pour voir son professeur ou bien pour parvenir à son casier et y laisser un mot. Selon le professeur, le mot a plus ou moins de chance d'être suivi d'effets.

La salle des professeurs est l'occasion de voir des choses extraordinaires comme, par exemple, les passionnantes discussions entre Yukenshi et Toraneko, où environ trois mots sont lâchés en tout et pour tout ; ou bien encore les agressions sauvages de Ran, qui s'accroche sur tout dos, musculeux ou non. Elle a une préférence pour celui de Sasaku qui se laisse faire par gentillesse (ou stoïcisme, impossible d'être sûr), mais rien ne l'empêche de s'agripper à celui, beaucoup plus délicat, de Tsubaki qui promet alors mille et une mort plus horrible les unes que les autres. Puis la belle jeune femme s'assied sur une chaise et jette des regards mauvais sur la petite fille, toute rayonnante, qui chantonne une comptine aux paroles hasardeuses.

Certains enseignants fréquentent ces lieux de façon occasionnelle, c'est le cas de Hiryuu Gesshoku qui, lorsqu'il est de passage, empreinte assez facilement les allumettes de Daiki sans jamais penser à les lui rendre. Hakuba Soba, quant à lui, brille par son absence. Pour le trouver il vaut mieux se lever de bonne heure... enfin... façon de parler, car le jeune homme ne se lève généralement pas aux aurores, en revanche, il est assez régulièrement l'hôte de la forêt externe où il s'entraine... à moins qu'il ne soit occupé ailleurs, dans une bagarre vraisemblablement. Mais dans la bande de ceux qui ne sont toujours occupés ailleurs, il y en a une qui a une bonne excuse : c'est Yasu Nakagawa, l'Anbu qui passe lorsqu'elle est de permission.

Et puis il y a les assidues, les "petites jeunes encore pleines d'espoir" comme aime à se moquer Hiryuu. Yoko Omoshiroi fait partie de celles là, ces jeunes filles pleine d'espoir et d'énergie... trop peut être. A l'opposé, il y a Uchiki Matsuda, la nouvelle prof de ninjutsu qui aimeraient bien ressembler à une souris pour pouvoir se cacher des énergumènes qui fréquentent ces lieux. Il y a aussi un autre ninja qui ne voit pas (sans faire de mauvais jeu de mot) le temps passer lorsqu'il est en salle des profs, c'est Yamiyo Shimizu, le Jounin qui est un artiste de l'illusion.

Heureusement pour tous, certaines heures sont plus calmes. Ainsi, lorsque Saya rentre, il est rare qu'elle adresse la parole à quiconque. Elle pose la tête sur la table, un café fumant devant elle et attend. Elle s'entend curieusement très bien avec Sayuri Uchiha, avec qui elle discute avec plaisir. Ou avec Reiko aussi. Mais celle-ci ne passe pas souvent.

Chaque enseignant a une façon différente d'enseigner. Il est important d'en tenir compte pour trouver celui qui correspond le plus à l'idée que l'étudiant se fait des shinobi. Mais d'une façon générale, les professeurs se succèdent dans les classes et parfois, les élèves ont la surprise de voir qu'aujourd'hui encore, c'est Daiki Senjago qui va s'occuper du cours.


Dernière édition par Akogare Hyuuga le Sam 7 Nov - 19:31, édité 6 fois

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MessageSujet: Re: Salle des Professeurs   Dim 28 Sep - 16:34


MessageSujet: Re: Salle des Professeurs   Ven 7 Nov - 15:05

Sabi : +34 XP
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MessageSujet: Re: Salle des Professeurs   Dim 9 Nov - 6:09

Nara venait de sortir de chez elle. Elle se dirigeait en direction de l'académie ou elle espérait pouvoir se trouver un sensei qui lui apprendrais une quelconque techniques de Taijutsu. Au loin, la silhouette impréssise de l'académie se profilait enfin. Elle accéléra le pas. Nara ne voulait pas arriver a l'académie pour apprendre qu'il n'y avait plus de sensei disponible. Déja qu'elle s'était levé tard. Enfin elle arriva devant les lourdes portes de l'académie. Elle les poussas puis elle entra se dirigeant en direction du bureau de la secrétaire. Nara trouva cette dernière assise derrière sont bureau. Nara toussota légérement pour lui signaler sa présence. La secrétaire sursauta légérement avant de dire d'une voix qui se voulait gentille.

[secrétaire]: Que puis-je pour vous?

Nara prit quelques seconde a répondre.

[Nara]: Heu... Oui je cherchais un professeur de Taijutsu. Je voudrais savoir si il y en aurait un de disponible.

[secrétaire]: Laisse moi quelques seconde que je regarde dans mes papiers.

Elle fouilla pendant une dizaine de minute dans le désordre qu'éttais son bureau. Mais comment pouvait ont être si peu organisé? Enfin la secrétaire
sortit une feuille de papier qu'elle parcourut des yeux avant de répondre a Nara.

[secrétaire]: Bon...Professeur de Taijutsu...Désolé sur ma liste il n'y en as aucun de disponible pour le moment. Tu peut toujours te rendre a la salle des professeurs pour voir si l'un d'eux accepterais de te prendre dans l'un de ces cours sinon tu devras repasser demain.

Nara fut déçu par ce qu'avait dit la secrétaire.

[Nara]: Merci je vais aller voir a la salle des professeurs.

Nara se dirigea en direction de la salle qu'elle venait de nommer. Une fois rendu, elle cogna timidement a la porte. Personne ne lui répondit. Elle cogna un peu plus fort. Une voix grave lui répondit.

[???]: Oui. Oui patience j'arrive.

La porte s'ouvrit sur un homme au cheveux blond. Il devait bien faire une tête de plus que Nara et ne devait pas avoir plus de quelques années de plus qu'elle. Nara rougit un peu.

[???]: Bonjours mon nom est Hakuba Soba et le tien c'est?

Nara rougit un peu plus. Mais pourquoi elle rougissait comme cela? Ce n'était pas dans ces habitudes. Elle devait se reprendre.

[Nara]: Heu mon nom est Nara...Nara Hyuga.

Mais pourquoi avait-elle hésité? Cela ne lui ressemblait vraiment pas.

[Hakuba]: Bien et que puis-je pour toi Nara.

Nara pensa un peu avant de répondre.

[Nara]: Je me demandais si il n'y aurait pas un professeur de Taijutsu qui serait disponible pour m'apprendre quelques techniques. Je suis déja aller voire la secrétaire et elle ma suggéré de venir ici. Alors il y a un professeur de disponible?

[Hakuba]: Je suis désolé mais il n'y a pas de professeur disponible. Je suis seul ici et je suis vraiment désolé de t'apprendre que tout mes groupes sont complet jusqu'a demain. Tu n'a qu'a repasser.

Nara ne put caché sa déception. Elle allait encore devoir s'entraîner seule et surtout elle n'allait pas encore apprendre de nouvelles techniques.

[Nara]: Merci quand même. Je vais repasser demain alors.

[Hakuba]: Bye et bonne chance.

Il ferma la porte laissant seule Nara. Cette dernière découragé s'assit dans le couloirs. Nara se plongea dans ses pensées. Elle était tellement absorber par ses pensées, qu'elle n'entendit pas le bruit de pas qui se raprochait.

MessageSujet: Re: Salle des Professeurs   Dim 9 Nov - 17:25

Sabi s’arracha doucement d’un long et lourd sommeil. La journée de la veille, il avait effectué un complexe entraînement au désarment et ce matin, il sentait ses articulations et ses tendons crier au calme. Son corps parlait, il le savait. Mais il devait encore progresser. Depuis qu’il n’avait plus aucune base familiale, il n’avait personne pour le tenir dans les normes. Il était livré à lui-même, et c’était bien la seule chose qu’il regrettait. Il était… indépendant.

Comme tous les autres se dit-il finalement.

C’était vrai. Avec un peu de recul, le genin se rendait compte qu’il n’était devenu qu’un vulgaire genin des plus banaux qui soient. Avant de se rendre compte qu’il n’y avait pas de shinobis meilleurs que d’autres et que ce qu’il disait était vraiment stupide.

Il retira sa veste du dossier de la chaise, et passa le pas de la porte. Dans le couloir, aucun bruit, les voisins n’étaient pas encore réveillés, et apparemment Riku était occupé. Il ne désira pas savoir à quoi. Sur le sol, une lettre. Décidemment, cela devenait une habitude !

Il la lut rapidement. C’était Reïko qui lui demandait de lui rapporter un livre dont elle avait absolument besoin. Sabi ne comprit pas tout de suite, avant de se rappeler qu’une semaine auparavant la senseï lui avait prêté un imposant livre de cuisine, alors que le genin lui avait rétorqué que mise à part quelques conneries en tout genre, il ne mangeait pas énormément. Elle s’était affolé, décrivant un discours tout à fait prévisible sur l’importance d’un apport énergétique important, notamment à son âge, où dans une période d’adolescence et vu l’effort demandé par leur statut, leur croissance était à son paroxysme. Bref, les cérémoniades habituelles. Elle s’était insurgé qu’on ne s’occupe pas plus de lui avant de se rappeler pourquoi il était dans une telle situation. Il se souvient encore de son regard rempli de pitié, celui qui exaspérait le plus l’Uchiha. Elle avait alors tenu à lui refiler un bouquin, qui l’aiderait dans sa longue quête de bien-être culinaire.
Oui il s’en souvenait parfaitement maintenant, et cela le fit sourire.

Il pénétra dans la cuisine, prit le livre, et partit cette fois pour de bon.


Lorsqu’il arriva dans l’Académie il jeta un coup d’œil amusé à la nouvelle et très belle secrétaire qui s’abîmait les ongles à coup d’on ne sait trop quel produit chimique, bientôt en transe parce qu’il n’était pas venu se présenter et qu’il ne respectait pas la procédure. Sabi savait très bien où se situait le bureau des professeurs, il y était déjà rentré une ou deux fois. Il ne s’arrêta pas, mis en évidence son bandeau. Elle se rassit.

Héhéhé. La classe.

Il se faufila dans les couloirs, zigzaguant entre les étudiants, en esquivant un ou deux, et vérifia qu’il n’y avait pas de vieilles connaissances. La dernière fois qu’il était passé ici, il avait démoli un mur, interrompu un cours et mis à mal une quinzaine de bambins tous plus frivoles les uns que les autres. Il n’avait aucune idée de ce qui était arrivé à Shubaka, le principal eut été qu’il ne le retrouve pas sur son chemin. Ce mec était si minable, et l’Uchiha de plus en plus puissant, il ne pouvait rien y faire, c’était la dure loi de la nature.

L’idiote loi de la nature.

Nara - Je me demandais s’il n'y aurait pas un professeur de Taijutsu qui serait disponible pour m'apprendre quelques techniques. Je suis déjà allé voir la secrétaire et elle ma suggéré de venir ici. Alors il y a un professeur de disponible ?

La question le percuta.

Hakuba - Je suis désolé mais il n'y a pas de professeur disponible. Je suis seul ici et je suis vraiment désolé de t'apprendre que tout mes groupes sont complet jusqu'a demain. Tu n'a qu’à repasser.

Sabi fit un pas en arrière et se rangea dans l’angle obscur du couloir. Il voulait éviter de se faire remarquer du chuunin ; d’ailleurs, c’était un peu dangereux de se promener par ici. Les directives demandées par Takeshi ne lui donnaient guère le choix. Il savait qu’ils faisaient ça un peu contre leur volonté, bien qu’il eut un peu peur de la réaction d’Hakuba. La porte se ferma, il sentit le désarroi de la jeune femme, qui semblait un peu plus dans l’âge que lui. Il la vit s’assoir, puis pénétra dans le couloir. Il s’avança vers la porte, sans faire attention à elle, déposa son livre de cuisine dont il avait bien pris précaution de cacher la couverture, dans la boite aux lettres prévu à cet effet, et s’en retourna.

Il aurait pu tout aussi bien partir. Il aurait pu retourner chez lui et continuer sa petite vie tranquillement. En fait, il ne savait pas ce qu’il allait faire. Il s’arrêta juste à son niveau, et se tourna doucement vers elle.

Sabi – Tu cherches un professeur de Taijutsu ? S’il n’y en apparemment pas, peut-être que…

Il ne vit pas de bandeau sur son corps. Il décida de s’avancer.

Sabi – Oha, je m’appelle Sabi Uchiha. Je peux peut-être t’aider.

Sabi souriait rarement, mais il était tout aussi impossible qu’il vienne en aide à quelqu’un. Ce n’était pas qu’il considérait cela comme un basse tâche, simplement qu’il s’occupait de ses affaires et qu’il pensait que si tout le monde faisait ainsi, le monde serait bien moins problématique. Mais il ne serait pas drôle. Et on s’y ferait chier.


Dernière édition par Sabi le Mar 13 Jan - 23:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Salle des Professeurs   Dim 9 Nov - 18:58

Les pas s'était raproché de la porte. Un bruit de porte se fit entendre et le son d'un objet lourd que l'ont glissait sur une surface quelconque. Puis le bruit d'une porte que l'ont fermait se fit entendre.

[Sabi]:Tu cherches un professeur de Taijutsu ? S’il n’y en apparemment pas, peut-être que…

Nara leva la tête pour découvrir un jeune homme aux cheveux noirs qui ne devait pas être plus agé que Youso. Le garcon s'avanca de quelques pas en direction de Nara.

[Sabi]: Oha, je m’appelle Sabi Uchiha. Je peux peut-être t’aider.

Le garcon lui souriait. Nara remarqua alors le bandeau qu'il portait fièrement. Nara se leva. Elle rougissait encore. Il ne fallait vraiment pas que cela deviennent une habitude. Sa ne lui ressemblait vraiment pas.

[Nara]: Heu...Bonjours...Mon nom a moi c'est Na...Nara Hyuga.

Pourquoi avait-elle béguaillé? Elle n'était décidément plus du tout la même. Elle n'avait pas l'habitude d'être géné même qu'habituellement s'était tout le contraire. Nara décida de lui demandé si il pourait l'aider a s'entrainer. Peut-être qu'il accepterais qui sais?

[Nara]: Je me demandais si tu ne pourais pas m'apprendre une ou deux techniques? Il n'y a plus aucun professeurs de disponible. Alors tu veut?

Nara n'avait pas béguaillé. Enfin c'était-elle dit. Elle lanca un regard insistant a l'adolescent. Elle espérait de tout son coeur qu'il allait accepté.

MessageSujet: Re: Salle des Professeurs   Dim 9 Nov - 23:37

Sabi découvrit peu à peu à qui il parlait. En fait, il ne s’était pas vraiment intéressé à elle, le simple refus d’Hakuba l’avait attiré. Le reste n’avait été qu’un détail, une épine dans une botte de foin comme auraient dits ses ancêtres. Il leva les yeux aux ciels. Quels ancêtres ? Ses vieux croutons qui l’avaient laissé moisir sans scrupule aucun dans un caniveau ? Ou bien ceux qui les avaient engendrés ? La réponse, dans les deux cas, était la même, elle n’avait alors aucune signification.

La kunoichi assise sur son siège, un peu désespérée, leva les yeux vers lui. Oui, il l’avait deviné, elle était clairement plus âgée que lui. Dans cette période de la vie, quelques ans pouvaient facilement séparés deux êtres. Elle n’était pas bien vieille, pour ne pas dire qu’elle avait encore toute sa vie devant elle. Et entre un adolescent et une jeune femme, des différences il y en avait.
Sabi se reprit à se comparer à elle. C’était stupide, comme pouvait-il s’opposer à une personne du sexe opposé… Il aurait voulu se regarder avec ces yeux qui dénotaient une impression de surprise de lui-même, mais il convint que c’était tout bonnement impossible.


Elle s’appelait Nara. Une Hyûga de surcroit. Il était dans la tradition culturelle que leurs deux clans ne s’apprécient pas. Il ne savait pas ce qu’en pensait Nara, d’ailleurs il s’en fichait, mais il n’était pas imprégné de cela. Pourtant, il n’avait jamais vraiment eu une admiration totale pour ces petits personnages aux pupilles blanches. La première fois qu’il en rencontra un, il s’appelait Akogare et il était Anbu. Il faisait bien de se méfier…

Il la trouva sursautant, la voix agitée. Ses joues se teintèrent et le teint pâle qu’on avait refilé aux Hyûga dès la naissance se transforma en un rose tomate assez ridicule. Il n’avait que quinze, et… Et elle rougissait devant lui. Tout aurait du se passer dans le sens inverse. L’absence de bandeau expliquait une partie de sa situation. Cependant, cela devenait presque désagréable. Et puis, un Hyûga avec les joues rouges, ce n’est plus un Hyûga, c’est une tarte meringuée avec deux grosses fraises…


Sabi – Eh, calme-toi…

De son visage naissait une certaine timidité. Pourtant, elle ne tourna pas autour du pot. Sabi se remit en question : cette fille était-elle vraiment timide ? Ou simplement subjuguée par sa faiblesse, celle symbolisée par l’absence de bandeau ?

La proposition était sienne. Il n’avait simplement pas eu le temps de la faire.

Sabi – Je pourrais faire ça oui. Je sais pas trop si je suis habilité à le faire mais… Il passa un bref coup d’œil vers la porte encore fermée de la salle commune aux professeurs. Je veux bien essayer.

Il ne savait pas s’il devait lire du soulagement, ou de l’excitation. Il tentait cette expérience, les yeux fermés à bras ouverts, ce qu’il faisait très rarement. Mais il fallait un début à tout. Et il se dit que dans l’optique d’un éventuel poste de chuunin, un brun d’approche pédagogique ne serait pas foncièrement mauvais.

Sabi – Tu veux quelque chose en particulier ? Je ne connais pas tout, je n’ai pas vraiment le temps de m’entraîner mon Taijutsu en ce moment. Cependant, j’aurais quelques petites techniques intéressantes…

Il voulait faire un bref résumé des compétences de Nara, de ses envies. Mais il savait que ce comptait n’était évidemment pas ses passions. Dans la difficile voie du corps, nous faisions ce dont nous étions capables. On pouvait y mettre tout l’amour que le monde porte sur ses épaules, si le corps n’est pas assez souple, il sera toujours impossible à n’importe qui de toucher ses pieds les jambes tendues… Et pour cela, il n’y avait qu’une solution. Il ne voulait simplement presser les étapes.
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MessageSujet: Re: Salle des Professeurs   Mar 11 Nov - 0:23

[Sabi]: Je pourrais faire ça oui. Je sais pas trop si je suis habilité à le faire mais…

Il passa un bref regard a la salle des professeurs. Allait-il dire non? Nara se croisa les doigts pour qu'il disent oui.

[Sabi]: Je veux bien essayer.

Sa réponse soulaga grandement Nara qui commencais a croire qu'il allait vraiment dire non. Elle allait enfin apprendre de nouvelle techniques. Puis Sabi continua.

[Sabi]: Tu veux quelque chose en particulier ? Je ne connais pas tout, je n’ai pas vraiment le temps de m’entraîner mon Taijutsu en ce moment. Cependant, j’aurais quelques petites techniques intéressantes…

Nara réfléchit quelques instants avant de répondre. Elle n'y avait pas penser avant. Elle pensait que le sensei allait lui montrer ce qu'il voulait lui montrer et Nara allais faire avec. Nara réfléchit encore quelque seconde en repassant toute les techniques qu'elle pourait apprendre mais aucune ne lui venait a l'esprit. Elle prit une grande inspiration et enfin elle se décida a répondre.

[Nara]: Je ne sais pas trop. Je pensais apprendre une techniques qui me permettrais d'augmenter mes dégâts au corps a corps ou encore une techniques qui me permettrais d'évité mieu les attaques adverse. Mais je vais te laisser me proposé une technique que tu veut me montrer. A j'oubliais nous risquons d'avoir besoin d'un endroit tranquille pour apprendre cette technique. Que dirait tu de mon terrain d'entraînement?

Nara lui laissa le temps de répondre. Pensant déja qu'il allait dire oui, elle se leva et se dirigea en direction de la porte de l'académie. Après quelque pas elle se stoppa et se retourna en direction de Sabi.

[Nara]: Tu viens?

MessageSujet: Re: Salle des Professeurs   Mer 12 Nov - 21:42

Nara se leva. Oui, elle était un peu plus grande que lui. Sur l’instant, il se retrouva tombé en enfance. Son âge lui remonta à l’esprit. Quinze ans et toutes ses dents. Pourtant, il avait toujours cette chose supérieure qu’on appelait un bandeau. C’était fou comment il pouvait dompter une personne si grande avec une seule simple plaque de métal où régnait en maître l’insigne de Konoha. Le monde était devenu encore un peu plus complexe qu’il ne l’avait pensé. Il les dressait dans un ordre hiérarchique bien ancré dans la réalité mais tout à fait irrationnel.

Dans son sac, quelque chose pesait encore. Il avait pourtant bien déposé le livre de Reïko à l’emplacement prévu. Il ouvrit rapidement la fermeture éclair et plongea sa main dans la poche de tissu. Il en sortit un livre dont il reconnut enfin la texture. Ses doigts ripèrent sur la couverture usée, et les feuilles qu’il tourna sans même le sortir lui rappelaient le vieux papier avec lequel Takeshi écrivait ses recommandations. Finalement il agrandit l’ouverture et posa ses yeux sur le bouquin. C’était effectivement l’œuvre dont Keïko lui avait fait part, sur les techniques de son clan. Il repensa à l’entraînement qu’il avait suivi avec Akogare, et sa main mise sur le Chidori. Ouais, il ferait sûrement ainsi.

Ils avancèrent lentement dans les couloirs. Sabi était pressé de quitter le couloir qui donnait sur la salle des profs. A tout moment, un de ces enseignants pouvait ouvrir la porte et se rendre compte que l’Uchiha était ici, devant eux, et qu’il les narguait de sa seule présence.

Sabi –Tu sais, le Taijutsu, je n’ai jamais vécu quelque chose de plus difficile. Dans d’autres disciplines, tu peux toujours te reposer et attendre que ton chakra remplisse ton corps. Tu peux lire et t’assoir en réfléchissant. Ici, tout est tronqué, il n’y a que les coups qui forgent l’expérience.

Il repensa une énième fois à cette phrase qui avait si bien défini la vie de Sabi. Un enchaînement perpétuel de blessures, d’ouvertures, de froissements, et de sang. C’était un beau résumé de la dure vie du shinobi qui ne voulait que son corps pour exprimer son art. Et il y en avait peu, à vrai dire. Si peu qui n’avaient que pour seul objectif que leurs poings frappent si fort qu’ils en fassent mourir leur adversaire. Sabi ne faisait pas parti de ces gens-là, parce qu’il était faible. Mais il s’en contentait. Avoir la mort au bout des doigts, ce devait être terrible. Alors il cachait cela par une pluralité de ses compétences, qu’il gérait avec bien des difficultés… Son genou était encore frileux de ses derniers pas de danse. Il retrouva le visage de Bakemon. C’était le premier à tomber sous ses coups. Et cela lui provoquait toujours cet éternel frisson. Il sentit sa jambe faible, il faillit tomber. Puis il se reprit. Il ne voulait pas admettre que cela pouvait durer indéfiniment et qu’il n’existait personne en ce monde qui sortait de ses aventures sans séquelles.

Il écouta attentivement la Hyûga. Il cernait à peu près ses désirs. Mais en était-elle vraiment capable ? Cela, il s’occuperait plus tard de le juger. Du moins de le savoir. De toute manière, si elle voulait progresser, elle prendrait ce dont il avait à lui proposer.

Sabi – J’dois avoir quelques p’tits trucs ouais.

Elle lui proposa gentiment son terrain d’entraînement. Il ne pouvait qu’accepter. Il la trouva changée. Comme si mise en confiance, la jeune femme s’ouvrait un peu plus. Le rouge de sa timidité, ou de son ridicule, il ne savait toujours pas, avait disparu, et son sourire faisait ravage sur son visage. Elle était un peu plus belle comme ça. Et ce que Sabi souhaitait à tous, c’était de qu’ils se sentent bien. Tels qu’ils étaient.

Ils devaient alors choisir un lieu. En fait, il s’en fichait un peu. Tant qu’ils étaient à l’air libre, sous le seul toi qui convienne, le ciel et ses nuages, le reste lui était égal.

Sabi – Si tu y tiens, allons-y.

Ils sortirent de l’académie. Sabi la suivit, sans mot dire.


Suite à l'aire d'entraînement de Nara.

MessageSujet: Re: Salle des Professeurs   Lun 17 Nov - 1:18

Nara : +7 XP
Sabi : +20 XP

MessageSujet: Re: Salle des Professeurs   Jeu 29 Jan - 18:04

“- Bien entendu, avec l’examen Chuunin, il est fréquent de voir des ninjas s’entraîner à de nouvelles techniques...
- L’Académie doit fonctionner à plein régime, non ?
- On peut dire ça, oui. D’après ce que j’ai cru comprendre, les amphis sont presque toujours pleins.
- Ca ne m’étonne pas...

Ils continuèrent de discuter, mais l’esprit du jeune homme venait de quitter la terre ferme pour s’évader dans un maëlstrom de pensées en rapport avec cette conversation. Il était assis sur un toit, contemplant les nuages, quand le son de cette dernière lui fut apporté par le vent. Il n’avait eu qu’à tendre l’oreille pour écouter simplement l’échange entre les deux femmes qui se trouvaient plus bas.
Échange qui l’avait d’ailleurs tout de suite intéressé.
Il ferma les yeux et inspira profondément, se gorgeant de l’odeur des arbres feuillus non loin d’ici. Il avait plu très légèrement la nuit précédente, et l’humidité avait décuplé les senteurs de la nature. Pendant de longues secondes, Akizuchi oublia l’extérieur pour ne penser qu’à la sensation qu’il ressentait à voir ses sens exacerber son environnement, au moyen d’odeurs et de sons qui formaient un ensemble délicieux.
Il était peut-être temps pour lui de débuter son entraînement pour devenir un ninja à part entière.
Le Taijutsu enseigné par les Hayasas au sein du clan était encore trop basique, il lui fallait approfondir la chose.
Apprendre.
Il ne le ressentait pas encore, mais il finirait bientôt par avoir soif d’apprendre.
Il voulait devenir un maître. Au-delà de son objectif, au-delà des aspirations de son clan le concernant, c’était aussi pour lui qu’il voulait devenir fort. Pour lui, et pour Iwa.
Le patriotisme qu’il sentait au fond de lui n’était pas feint. Il était l’incarnation de sa détermination à retrouver et rebâtir le village de ses souvenirs.

Mais pour cela, il devait acquérir puissance et force. S’entraîner afin de pouvoir parvenir à ses buts sans difficultés.
Et les deux femmes lui avaient fourni un renseignement utile : l’Académie était plus active que jamais. Il pourrait sûrement trouver là-bas un professeur en Taijutsu qui lui apprendrait une technique ou un enchaînement.
Il se redressa en pliant les coudes, puis il se laissa tomber du toit, dans la rue, à côté des personnes qu’il avait entendu discuter.
Elles sursautèrent toutes deux, et il s’inclina légèrement, murmurant :

“- Pardonnez-moi, je ne voulais pas vous faire peur. Il se passa une main dans les cheveux, en leur souriant, avant de commencer à marcher vers l’Académie. Il leur adressa un signe de la main. Passez une bonne fin de journée !

Il croisa les mains dans son dos, effleurant le poing kunai accrochée à sa ceinture. Il leva les yeux au ciel, se demandant s’il était plus judicieux d’apprendre à frapper correctement avec ses poings, ou au contraire de se baser sur le tranchant et la force des armes. Il pourrait tout aussi bien faire les deux. Après tout, lorsque le Shukuchi se réveillerait enfin en lui, les techniques mises au point par les Hayasas nécessiteraient à la fois des capacités de Taijutsu, en majeure partie, mais aussi certaines connaissances en Kenjutsu. Toujours était-il qu’il devait s’améliorer.
Il savait qu’il n’avait aucune prédisposition pour le Ninjutsu, ou, tout du moins, personne ne l’avait jamais formé à cela, alors l’apprentissage de cet art était pour lui inconcevable. D’autant plus qu’il considérait les utilisateurs de Ninjutsu comme des lâches, se cachant derrière les éléments par peur d’affronter l’adversaire en face. Rien ne valait l’affrontement au corps à corps, la douleur dans les muscles à la fin d’un entraînement, l’adrénaline ressenti lors d’un violent combat aux poings et aux pieds avec un opposant aussi acharné qu’un animal.
Akizuchi sourit béatement.
Puis, il éclata de rire au milieu de la rue, faisant sursauter les passants alentour. Il avait vraiment les idées bizarres, parfois.
Il se reprit vite, et continua son chemin jusqu’à l’Académie.

À laquelle il arriva, quelques minutes plus tard. Il entra dans le hall, et se dirigea vers le bureau où la secrétaire semblait être en train de remplir quelques papiers.
Il réfléchit quelques instants. Il savait qu’il se déroulait sûrement des cours en amphithéâtre en ce moment même, mais si c’était possible, il aurait aimé un cours particulier afin d’apprendre une technique. Peut-être pourrait-il trouver ça s’il pouvait se renseigner sur les différents professeurs qui enseignaient le Taijutsu ici.

Il se racla la gorge pour attirer l’attention de la fonctionnaire - qui, il avait l’impression, s’ennuyer gargantuesquement, assise là sans rien faire de constructif... -, puis il lui sourit :

“- Dites-moi, pourriez-vous m’indiquer la salle des professeurs, s’il-vous-plaît ?

Et elle releva la tête dans un sourire, heureuse de servir enfin à quelque chose. Akizuchi retint un rire à cette pensée, puis il hocha la tête, la remerciant lorsqu’elle lui indiqua d’une main où il devait aller. Il s’inclina et tourna les talons, se dirigeant dans la direction indiquée.

Il grimpa à un escalier qui menait au couloir où se trouvait ladite salle. Il s’arrêta devant cette dernière. La porte était ouverte, et il se contenta d’observer l’intérieur. Il s’avança et toqua, assez fort, avant de lancer dans la pièce, sans attendre l’ordre d’entrer :

“- Y’a-t-il un professeur spécialisé dans le Taijutsu par ici ?

MessageSujet: Re: Salle des Professeurs   Jeu 29 Jan - 19:44

Hakuba eut un doute. Affreux. Horrible. Dantesque. C’était impossible. Quelques gouttes glissèrent le long de son front. Il leva les yeux au ciel ; réfléchit ; fixa les lisières lointaines de la forêt : réfléchit ; lança un affront burlesque au soleil ; réfléchit. Il s’affala sur le matelas d’herbe. Sa tête bouillonnait. Remit sur ses fesses, les coudes encerclant ses deux genoux remontés jusqu’à son menton, le chuunin fronça les sourcils.

Reïko était-elle digne de confiance ?

Une suspicion très peu professionnelle, il est vrai, mais Hakuba n’avait jamais eu confiance qu’en ses poings, et éventuellement, en ceux qui comme lui, croyaient à l’amère dangereusité du corps, que de ce qu’il recèle en son sein. Alors oui, il se permit d’avoir un doute. Reïko était, une belle femme. C’est vrai. Une femme très intelligente. Ce n’était pas faux non plus. Mais se souviendrait-elle de ses instructions ?

- Hakuba - Reïko-chan, je vais m’entraîner dans la forêt, tu pourras m’envoyer d’éventuels élèves qui essaieraient de toucher au Taijutsu ?

C’était à peu près ce qu’il lui avait dit, son petit sourire de gentil garçon sur les lèvres, et son air mignon. Elle avait acquiescé, d’une moue pateuse. Passionné avant tout par son art, parce que c’est bien un art, et son style de combat, Hakuba passait de longues heures dans les grands bois de Konoha, durant lesquelles il s’entraînait pour toujours rester au niveau. Lequel ? Il ne savait pas bien. Mais il fallait qu’il soit en constante évolution. Il ne rechignait jamais à accepter des étudiants durant ces séances originairement personnelles. C’était peut-être pour cela que beaucoup l’appréciaient. Alors lorsqu’il partait ainsi, il laissait un message. Mais personne d’autre que la directrice de l’Académie n’était présent, et il avait du lui laisser son petit mot bien affectif, ses consignes de presque-père, un côté serein et positif, comme toujours. Il se souvenait du sourire mitigé de Reïko de ces méthodes d’une moindre mesure académique, mais reconnaissant le charisme certains du chuunin - en punition - auprès de ses élèves, elle ne dit rien et se contenta d’affirmer un « oui » discret d’un petit hochement de la tête. Yasu aurait été un peu plus franche, pour ne pas dire carrément souriante de pouvoir aider comme elle pouvait son collègue, chez qui elle trouvait d’ailleurs, de formidables méthodes. Sûrement parce qu’elles ressemblent étrangement aux siennes. Mais Yasu était ce genre de femmes qui mêlent avec une fine beauté finesse et respect.

Quelques heures déjà qu’il était là, et aujourd’hui, personne n’était venu le rejoindre. Ses sourcils se froncèrent un peu plus encore alors qu’il avalait une gorgée d’eau fraiche.


***



Reïko s’approcha de la cible. C’était un jeu, malsain peut-être, mais tellement jouissif. Passant devant une vitre de l’académie qui laissait la lumière de l’extérieur illuminer les larges couloirs, elle se retrouva dans une position assez inconfortable de par le reflet que le verre renvoyer, qui, paradoxalement, la fit sourire un peu plus encore. Elle arriva à quelques mètres du bureau, sa première proie de la journée. Le dos courbé, les mains tendues, les doigts crispés comme si d’immenses ongles allaient se refermer sur leur victime pour leur écailler la peau et faire tomber leur chaire vive sur le sol, elle fit un léger clin d’œil à la fonctionnaire qui avait vu le scandale sur patte arrivé, et qui, tout naturellement, avait pris peur.

Le mot « taijutsu » résonna à son oreille. Elle en fut désolée. Et manqua de s’écraser sur le sol. L’étudiant se retourna, surpris par la silencieuse féline qui s’était immiscer dans son dos.

Reïko haussa les épaules intérieurement, priant elle ne savait quelle entité que le gamin ne l’est pas vu dans une position digne des meilleurs jours de Ginko. Le chuunin en charge de l’académie passa une rapide main dans ses cheveux afin de redresser ses mèches et fit un sourire un peu trop sur-joué, mais qui exprimait assez la volonté d’accueil de la jeune femme. Tout ceci n’était qu’une image bien sûr, la volonté pédagogique de Reïko prenait souvent le dessus, mais jamais assez pour user de méthodes peu scrupuleuses.

- Reïko - Salut. Si tu cherches un professeur de Taijutsu, Hakuba Soba est toujours preneur.

Elle réfléchit quelques secondes, avant de continuer.

- Reïko - Tu devrais le trouver en lisière de forêt. Il préfère l’air extérieur à celui vicié - selon ses termes… - de l’académie.

Elle eut envie de lui souhaiter un « bon courage », un peu trop mauvaise langue à son gout, mais n’en fit rien. D’un sourire radieux, toujours présent devant des élèves qu’elle respectait plus que tout, quel que soit leur attrait vers des voies toutes différentes de celle enseignée par la chuunin, elle s’éclipsa rapidement d’un vague signe de la main.
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MessageSujet: Re: Salle des Professeurs   Mer 25 Fév - 21:36

Akizuchi : +5 XP
Hakuba (as Iki) : +7 XP


Tous tarés ces PNJ's :')

MessageSujet: Re: Salle des Professeurs   Dim 28 Juin - 16:47

Chez les Kosake

Et voilà, Soya venait de se rejeter par la personne qui s'occupait de donner les missions, et de renseigner les étudiants et les genin dans leurs futurs fonctions. La jeune genin avait donc demandé à avoir une nouvelle équipe. Et ce n'était pas la première fois en deux semaines. Elle fut donc renvoyer par la personne qui s'occupait de tout ça ! Encore une fois aucune n'équipe n'était à disposition pour que Soyate puisse entrer dans un groupe et lui permettre de faire des missions et de s'améliorer avec ses camarades et un senseï. Ce fut la raison pour laquelle Soya en profita pour aller dans la salle des professeur. C'était le seul endroit où elle pouvait trouver quelqu'un pour l'aider dans son entrainement. Et elle espérait bien tomber sur la bonne personne. Traversant les couloirs sans faire le moindre bruit, de son air toujours boudeur, d'une plus grande ampleur à cause de son rejet pour être dans une quelconque équipe, Soya arriva devant la salle des professeurs, réputées pour être l'endroit de tous les délires. Les prof réunis là étaient vraiment dans leur monde, et il était difficile parfois d'y entrer, voir... d'en ressortir !

Soya avait décidé de prendre les choses en main. Elle avança sa main lentement vers la poignée de la porte et baissa lentement celle-ci pour ouvrir la porte vers l'intérieur de la pièce.
Elle fut rapidement aidée par quelqu'un de la salle des professeurs. En effet, la porte s'ouvrit brusquement alors qu'elle comptait enfin l'ouvrir. Elle voltigea donc à l'intérieur de la pièce, son regard croisant celui du professeur de Ninjutsu Daiki Senjago, qui ne chercha pas à l'aider dans son vol plané. Celui-ci sortit de la pièce tandis que le professeur de Genjutsu, Yamiyo Shimizu, vint à la rescousse de Soya. Celle-ci sentit quelqu'un la retenir avant de toucher le sol. Yamiyo Shimizu qui avait à peine un an de plus que la demoiselle, lui fit un sourire en la redressant, avant de se tourner vers Daiki Senjago :

[Yamiyo Shimizu]
la prochaine fois Daiki, faites attention ! Vous avez failli blesser quelqu'un, un élève qui plus est !

Daiki se retourna, lança un regard de tueur à Yamiyo avant de claquer la porte brutalement et de disparaître de la vision de Soya qui soupira de contentement. Elle fit un sourire à son sauveur, ne sâchant pas si celui-ci le verrait. Elle lui dit alors d'un ton véritablement sincère.

[Soyate]Je vous remercie... professeur ! Excusez-moi de vous avoir déranger de la sorte !

Pour seule réponse, Yamiyo fit un petit signe de la main pour faire comprendre à Soyate qu'il n'y avait aucun problème. La jeune demoiselle se mit alors sur ses gardes, ne sachant pas vraiment à quoi s'attendre d'autre dans cette pièce de fous ! Elle tourna sur elle-même, pour observer les professeurs qui étaient présents. A présent, elle ne cherchait, non pas des professeurs de médecine, mais des professeurs de ninjutsu. En effet, elle s'était décidée à essayer de s'entrainer un peu dans ce domaine qui lui était si difficile d'accès, notamment le ninjutsu élémentaire. Alors, sans doute qu'un professeur accepterait d'aider cette élève vers le ninjutsu non-élémentaire. Elle avait une idée pour une technique très spéciale qu'elle souhaitait apprendre, mais qui lui demanderait beaucoup, beaucoup de temps d'entrainement ! Et la seule personne capable de l'aider, et ça l'ennuyait un peu car il s'agissait d'une femme, mais elle l'aimait bien du fait de sa gentillesse et de sa patience, était bel et bien... Uchiki Matsuda. Elle était douée pour la maîtrise du chakra, et c'est exactement ce dont Soya avait besoin. Or, elle était là et c'était parfait ! Soyate avait un peu de chance de ce côté. Manquait plus qu'elle accepte, et ça serait parfait !
Elle se dirigea donc vers elle, la salua et lui demanda alors, de son air boudeur habituel.

[Soya]Mademoiselle Matsuda. Je ne suis jamais venue vous demander quoi que ce soit par le passé vis à vis de quelconque entrainement. Vous savez que je ne suis pas très doué pour le ninjutsu. C'est la raison pour laquelle je vous une faveur. Pourriez-vous m'aider à développer une technique toute particulière que vous seriez surement la seule, avec Hasuno Senseï, à pouvoir m'enseigner ?

Son étonnement sur le moment laissa place à une réponse de sa part, plutôt timide. Elle fit un petit sourire pendant qu'elle se mit à parler.

[Uchiki Matsuda]
Et bien, Soyate, je pense que je pourrais t'aider, mais je ne te promets rien au niveau du temps que je peux te consacrer. Mais si tu y tiens, dans ce cas, c'est avec joie !

Soyate fit une grimace en signe de remerciement, qui était censé représenter un sourire. Puis, elle demanda à Matsuda si elles pouvaient commencer de suite. Celle-ci, acquit sans problème. Elle n'avait plus rien à faire de la journée et ce serait une occasion de permettre à une ninja comme Soyate de s'améliorer. Ainsi, Matsuda et Soya sortirent de la pièce pour se diriger à l'extérieur de l'académie, dans un endroit tranquille, soit, la forêt Interne de Konoha. Là bas, les deux jeunes femmes seraient tranquilles et pourraient ainsi mettre en œuvre leur entrainement.

=> La forêt interne de Konoha

MessageSujet: Re: Salle des Professeurs   Mar 28 Juil - 18:17

Soyate : +7 XP

MessageSujet: Re: Salle des Professeurs   Mer 9 Sep - 15:34

Le vent souffle. Douce brise matinal qui réveil les sens de leur torpeur nocturne. Une fraicheur vivifiante qui semble emballer les habitants pour une nouvelle journée. Routine certaines des jours passant sans réel objectif. Chaque individu appliquait son rituel matinal. Quelques uns sortaient de leur draps avec douceur tandis que d’autres se rendormaient aussi tôt. Mais au final, tous se levaient pour se préparer pour la journée à venir. Le vent n’était qu’une contrainte dont ils prendraient compte plus tard, lorsque le temps de sortir de leur demeure serait venu. Les arbres en avaient déjà un avant goût. Les feuilles, couleur nature, s’élevaient au rythme de cette bise tandis que les branches résistaient tant bien que mal.

Kenji était debout devant la grande baie vitrée de sa chambre. Il regardait le soleil s’élever vers les cieux dans ce doux paysage poétique. Sans un mot. Sa main venait de temps à autre flirter avec sa chevelure sombre tandis que ses yeux obscurs ne lâchaient pas le spectacle du regard. Il était habillé tout en noir, un bermuda de cette couleur avec un haut dans le même coloris. Seul le bandage blanc qu’il portait à son bras gauche coupait avec cette noirceur suprême. Il y avait aussi ce rouge, intense, qui représentait l’éventail du clan auquel il appartenait, qu’il arborait fièrement dans son dos. Il inspira une dernière fois profondément et sortit de sa chambre.

La sobriété était omniprésente dans cette pièce, mais il n’en avait que faire. Il était ici pour dormir et étudier. Seul le contenu comptait, le reste n’était que superficiel. Cela trahissait sa pensée lorsqu’il pénétra dans la grande cuisine de la demeure. La femme du chef, Shiori, venait de préparer le thé matinal tandis que son mari attendait sagement assis à la table basse. Dans un ensemble couleur ciel, ce dernier déposa son regard sur l’ombre qui entrait dans l’espace de l’encadrement de la porte. Sans un mot il salua le jeune garçon qui le lui rendit. Kenji vint s’assoir en face de lui alors que Shiori déposait les tasses de thé devant les deux garçons.

Takeshi ne toucha pas à sa tasse. Il observait son élève dans un regard profond. Il devinait que ce dernier avait des idées derrières la tête mais ne les disait pas. Il était vrai que Kenji souhaitait poser certaines questions au patriarche. Mais il se retint, ce n’était peut être pas le moment ou qu’il n’en avait pas envie. Takeshi fit le choix à sa place dans une voix grave et pénétrante.

[Takeshi] – Parle Kenji. Je vois que ton cœur est remplit de question.

Kenji leva un regard sombre vers son maître. C’était l’une des rares personnes pour laquelle il ferait tout. Il était dévoué au vieil homme et ce dernier le savait bien. Ils se connaissaient bien et rares étaient les secrets que Kenji pouvait garder pour lui sans que Takeshi ne le sache. Il prit alors une voix neutre mais tout de même sérieuse.

[Kenji] – A vrai dire il n’y en a qu’une seule dont la réponse m’échappe…

[Takeshi] –

Kenji se passa doucement une main dans ses cheveux et inspira profondément avant de continuer.

[Kenji] – En lisant des parchemins, je suis tombé sur ce que les autorités appellent les techniques interdites. D’après ce que j’ai lu, elles sont très dangereuses pour son utilisateur mais aussi très puissante. Comment puis-je les étudier ?

[Takeshi] – Si elles sont interdites ce n’est pas pour rien Kenji.

[Kenji] – Je comprends. Vous m’autorisez à aller à l’académie pour en savoir un peu plus Takeshi sama ?

Takeshi but quelques gorgées de son thé et se redressa. Son regard pénétrant visait Kenji alors qui partait en direction du quartier. Il dit ses derniers sans grandes convictions. Avant de laisser son jeune élève.

[Takeshi] – Fais comme tu l’entends Kenji.

Kenji resta seul devant son thé. Shiori était sortit avec le patriarche pour des affaires plus intimes. Il regarda son petit verre et ni toucha pas. Le petit brin de fumée qui s’élevait de ce dernier commençait petit à petit à se dissoudre. Il se leva et partit.

D’un pas déterminé il avançait à travers les ruelles de Konoha. Le vent face à lui faisait se soulever ses mèches sombres dans un mouvement régulier. Il jurait intérieurement car il avait bien vu qu’au fond de lui Takeshi ne souhaitait pas lui apprendre des techniques dites interdites. Il était vrai que le fait qu’elles soient dangereuses et interdites, justement, était de bons arguments mais pour un jeune garçon cherchant toujours à s’améliorer c’était difficile à accepter. Sa fureur se calma alors que ses pas le menaient vers l’académie, il savait que si le patriarche faisait cela c’était pour son bien. Il ne fallait pas lui en vouloir et Kenji ne voulait pour le moment que des informations. Il ne cherchait pas à assimiler en moins d’une semaine une technique surpuissante. Il n’était pas ce type de personne, avant tout, il voulait en connaître l’utilité et savoir s’il pouvait l’apprendre, s’il en était capable. Car il rencontrerait surement beaucoup de refus, le premier prétexte serait la sagesse. Takeshi venait de le lui dire, il était bien trop jeune, les gens ne voudraient pas confier une once de pouvoir à un jeune garçon qui plus est un Uchiha dont la plus part ne voyait qu’un individu orgueilleux, prétentieux et sournois. C’était difficile.

Les grandes portes du bâtiment d’enseignant se dessinaient devant lui. Majestueuses, elles étaient là pour impressionner les jeunes étudiants et remplir leur cœur d’ardeur. Une propagande de l’esprit dont Kenji ne se laissa pas charmer. Il pénétra dans le bâtiment qu’il avait souvent côtoyé autrefois. Même si aujourd’hui il n’irait pas dans les amphithéâtres pour suivre un cours. Il devait parler à un professeur, ou tout du moins à un plus haut gradé que lui pour en savoir plus sur les questions qu’il se posait.

A travers les corridors et autres salles de cours il arriva enfin devant la salle des professeurs. Sa main se posa sur la poignée de fer et dans un mouvement souple il ouvrit la porte. Un léger courant d’air venant d’une fenêtre ouverte le fit frissonner un court instant. Il avait devant lui un comptoir ou une secrétaire semblait se battre avec des feuilles de différentes couleurs. Dans la pièce quelques professeurs traînaient en attendant que leur cours commencent tandis que sur certains sièges trônaient des enfants avec leurs parents. Des punitions les attendaient mais Kenji n’en avait que faire.

Le pas sûr, il s’avança dans la pièce en allant tout droit. Il s’arrêta devant le comptoir et visa du regard la secrétaire qui levait des yeux interrogatifs. Il ne dit rien attendant que cela soit elle qui prenne la parole. Ce qu’elle fit rapidement dans une mélodie aigue.

[???] – Bonjour, puis-je vous aider jeune homme ?

Kenji lui rétorqua d’une voix neutre et sans appelle.

[Kenji] – J’aimerais voir un professeur.

[???] – Quelqu’un en particulier ?

[Kenji] – Non.

[???] – Pour quel motif ?

[Kenji] –

[???] – Je vois.

Un petit air dubitatif se dessina sur le visage de la jeune fille. Ses cheveux mauves étaient en parfaites symbioses avec ses yeux violet. Mais son regard un peu niais dérangeait le tout. Elle n’était pas très belle mais tout de même respectable. Elle se leva et partit en direction d’un petit meuble derrière elle. Elle ouvrit un tiroir avant de se raviser. Sa voix sortit encore de ses lèvres, un peu trop criarde.

[???] – Votre nom s’il vous plaît.

[Kenji] – Uchiha Kenji.

Elle marqua une pause et se reprit rapidement. Elle ne voyait pas souvent d’Uchiha en ces lieux mis à part Sayuri qui était elle-même enseignante. Elle aurait eu tants de questions à poser à ce jeune garçon mais c’était déplacé au vue de sa position. La secrétaire éplucha alors les dossiers avant de sortir celui du jeune homme.

[???] – Je reviens.

Elle partit par un couloir face à Kenji qui voyait ses courbes s’estomper peu à peu. Il se passa doucement une main dans les cheveux et attendit. Il espérait voir quelqu’un de plus haut gradé que lui qui pourrait lui en apprendre un peu plus sur ces jutsu si particulier. Mais il priait aussi pour que ce dernier ne prenne pas mal la curiosité qui rongeait l’Uchiha. Il verrait bien en temps voulu.
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MessageSujet: Re: Salle des Professeurs   Mer 9 Sep - 19:19

Un courant d’air frais chatouilla la plante de ses pieds. Iki se releva brusquement et examina d’un air soupçonneux la fenêtre ouverte, de l’autre côté de la pièce. La brume qui enveloppait ses yeux couvrait les zones d’ombres et les extrémités de son champ de vision avec une virulence qui étonnait encore le jeune homme. Doucement il se recroquevilla contre lui-même et laissa ses paupières se fermer et s’ouvrir silencieusement. Se fermer, puis s’ouvrir, dans le même et insensé rythme matinal. L’ombre calme et sereine cédait sa place à la lumière violente et agressive du soleil qui rougeoyait, puis reprenait ses droits. L’incertitude sur le vainqueur de ce jeu quotidien n’en était pas réellement une.

Chaque homme finissait par se réveiller, et malgré la violence du monde extérieur, malgré ses défauts et ses fausses attirances, la nuit s’arrêtait là, lorsque la lumière gagnait le droit de s’épanouir au travers des rares nuages de coton blanc. Ici plus que partout ailleurs, l’astre rayonnait d’une puissance insoupçonnée. C’était une grosse ampoule qu’Iki enviait et haïssait à la fois. Parfois, dans un grand moment d’errance, il tendait le bras et espérait briser l’ampoule qui incendiait ses pupilles à longueur de journée.

Le ciel ne pouvait être plus éclairé.

Ce matin-là, Iki eut l’amère sensation qu’il existait, quelque part, la définition du bonheur. Qu’elle était gravée dans son âme comme on grave la roche pour que jamais ne s’effacent les lettres de son message. Amère parce que le shinobi n’imaginait pas, et n’avait jamais pu imaginer ce que le mot bonheur signifiait. Dans le sourire des passants, il voyait certainement la peur de la réalité, l’hypocrisie de l’âme humaine, mais jamais il ne trouvait ce plaisir satisfait qui ravivait les flammes des êtres. C’était peut-être bien ça, le bonheur.

Un sourire amusé se dessina sur ses lèvres. Il disparut sous le rebord nacré de la tasse de thé qu’il porta à ses lèvres. Elles se décolèrent aussitôt du liquide bouillant, comme si l’écrin des arômes fumant de la lotion s’était dangereusement transformé en un poison aux senteurs acerbe, arborant une amère couleur de poids. Peut-être le tube blanc qu’il tenait mollement entre son index et son majeur y était-il quelque chose. Néanmoins Iki ne se souvenait pas avoir déjà ressenti une quelconque nappe sucrée à ce que ses lèvres délectaient. Il ne se souvenait guère plus avoir fumé dès les premières lueurs de sa vie. Le même sourire innocent perla son visage avec une triste absurdité et le jeune homme avala d’un trait la potion.

Il tira lentement sur sa clope. Ses bras s’étendirent vers le ciel, étirant tout le haut de son corps. Un nuage de fumée vint cacher soudainement le soleil de ses sujets. Iki reprit sa cigarette entre ses doigts et leva les yeux au ciel.

[Iki ] – Caché par les cendres d’une clope… Tu resteras toujours aussi pitoyable mon vieux.

La fumée se dissipa. Les rayons de l’astre parurent étrangement plus violents, comme une logique violence. C’était là la réaction d’un homme vieilli, d’un homme bouffé par le temps et par la nostalgie d’un passé morfond. Iki le savait, il le vaincrait.

***


Il y avait dans la salle des professeurs de l’académie de Konoha une amère odeur de café qui empestait l’air.

Les fenêtres fermées mais les volets grands ouverts, les rayons du soleil fouettaient les émanations du liquide noirâtre qui pénétrait alors sans mal la moelle des vêtements et des murs si bien que plus une parcelle de la pièce ne pouvait se soustraire au calvaire de la caféine. Malgré cela, la bouilloire fonctionnait toujours, et les grains bruns tassaient le fond des verres des shinobi qui passaient par-là. Pour travailler. Ou simplement pour bailler.

Iki écrasa sa cigarette dans le petit cendrier déjà bien rempli qui gisait au milieu de la table. Une multitude de feuilles la jonchaient, l’encre comblait la moindre particule de papier. Plongé dans la lecture d’un vieux rapport de mission, il laissa tomber le mégot avec dédain, préférant ne pas donner d’importance au tabac qui finissait de se consumer sous son nez. Un peu plus loin, Hiryuu bougonnait quelques paroles incompréhensibles. Avachi dans un siège, il feuilletait nerveusement un épais livre mais ne pouvait s’empêcher de lancer quelques regards piquants à ceux qui passaient dans son dos, provoquant un léger filet d’air qui remuait les coins des pages du bouquin. Iki sourit mais ne dit rien.

L’arôme enivrant de Yasu l’enveloppa soudainement. Il ne savait pas bien si c’était l’accoutumance à son parfum ou sa professeur n’avait aucune idée de la dose de parfum qu’elle se pomponnait chaque matin dans sa petite salle de bain, mais quelque soient les raisons de l’affriolante senteur qui l’annonçait de la plus belle des manières, Iki la reconnaitrait toujours.

[Yasu] – Tu pues la clope.

La soudaine envie de la remercier lui vint à l’esprit. Parmi toutes les idées qui se bousculaient dans le crâne du chuunin, la plus accrocheuse restait toujours celle qui l’amenait à cette fâcheuse tendance au sarcasme, au dédain et à la moquerie.

[Iki] – Il faut bien sentir quelque chose, lâcha-t-il, les yeux toujours rivés sur la pile de papier que ses coudes entouraient sur la table de travail. Esquissant un sourire amusé, il ajouta : Tu t’es encore levé du mauvais pied ?

Yasu n’imaginait pas combien l’humour de son élève lui manquait. Elle n’imaginait pas non plus combien il lui manquait, lui. Même si parfois, dans ses rêves, elle arrivait à élaguer cette idée du passé que la nostalgie n’arrivait pas même à réanimer dans sa propre conscience, le Namikaze avait changé et ne ressemblait plus à celui qu’elle avait importé de l’Ecole des Six Lions. Il ne ressemblait plus à ce môme effrayé, qui aboyait comme un vulgaire chien aboie devant le danger. Elle aurait aimé être comblée de ce changement, de son évolution. Elle aurait aimé sourire devant l’homme décomplexé qu’elle décrivait des yeux, même si elle se doutait qu’il resterait toujours dans son cœur un brin de violence, une fine excitation perpétuelle qui ferait de lui un excellent soldat et un homme redoutable.

Mais quelque part au plus profond de son âme, elle craignait n’y être pour rien. Et elle en était désolée.

[Iki] – Je crois que Minato te cherchait. Il ne m’a pas dit pourquoi, mais il avait cette tête trop sérieuse pour que je prenne la précaution de lui demander de quoi il… Il releva la tête et sourit, une perle de moquerie dans ses yeux. Il s’agissait.

[Yasu] – Qu’est-ce qu’il me veut encore…

[Iki] – Alors tu t’es vraiment levé du mauvais pied, hein ?

Un large sourire fit apparaitre une rangée de petites dents soigneusement entretenues.

[Yasu] – Qu’est-ce qui a changé chez toi, Iki ?

Ses yeux se posèrent sur elle avec délicatesse. Iki avait peur de ne pas avoir bien compris cette question. Ou de trop bien l’avoir compris. La simple idée qu’il ait conscience des grands changements de son âme, de son être et logiquement de sa vie l’effrayait. Ce genre de choses, pensait-il, il préférait les laisser au destin et vivre pleinement ces changements. Les grandes constatations, les éloges, les excuses, ces grandes embrassades, rien ne lui plaisaient dans le concept de la sincérité. Combien de « je t’aime » valait un baiser ? Combien de pardons valaient une solution ?

Et combien de promesses égalaient un mensonge ? Tant. Et tant encore.

[Iki] – Probablement rien, répondit-il, finalement énervé.

[Yasu] – Tu prends toujours ces…

[Iki] – Je ne comprends pas comment tu ne retiens pas leur nom. C’est quand même grâce à toi que chaque matin je me drogue avec ces petits machins bleus.

Les joues rouges de Yasu finirent par tromper la colère d’Iki. Il sourit quelques secondes et posa son paquet de feuilles sur la table. Il s’étira lentement, comme pour expier chaque particule de fatigue qui engourdissait son corps et prit une cigarette dans le paquet bientôt vide qui gisait à côté du cendrier – bientôt plein. Dans un coin de sa mémoire, il avait enfermé cette journée-là. Le visage satisfait d’Okugane qui jouissait d’une de ses rares victoires comme s’il s’agissait du plus long acte sexuel qu’il n’ait jamais réalisé, les mains froides de Yasu sur sa nuque, la voix criarde du médecin qui pensait l’étudier. On n’étudiait pas un homme, Iki pensa-t-il avec colère. Il n’y a pas de règles, pas d’échelles. Aucun concept, justes des faits. Y’avait-il des noms pour les hommes bons qui battaient leurs femmes ? Condamnait-on les femmes qui volaient pour nourrir leurs enfants ?

La justice n’était qu’un affreux précepte inventé par l’homme. Certains disaient que tant que les hommes vivaient, le crime existerait. Iki préférait croire qu’il suffirait simplement d’éradique l’homme dupé pour abolir le crime. Abolir la justice et rétablir un semblant d’humanité. Toute la misère du monde était contenue dans ces petites pilules bleues. Les hommes de sciences appelaient cela des antidépressifs.

Il fallait bien être dupe pour penser qu’un tube guérirait les maux des hommes effondrés.

Yasu s’en était atrocement voulu. Peut-être pour cela que ses mains avaient été froides, la première fois qu’elle les posa sur sa nuque, une fois sa trahison commise. Il l’avait assaillit par son silence et son dédain, mais aujourd’hui encore il ne pouvait se convaincre de juger son geste. Okugane était un homme de pouvoir. Et comme tout homme de pouvoir, il savait appuyer là où seuls les hommes qui rassemblaient plus de pouvoir que lui n’avaient ni mal, ni peur. Okugane était cette petite bulle que le Namikaze ingérait chaque matin et chaque soir et qui le mettait durant quelques heures dans un état de latence insupportable.

Asana pénétra en trombe dans la salle. L’émail de ses dents reflétait les rayons du soleil que son large sourire laissait irrémédiablement passés. Iki leva un sourcil étonné, alors qu’Hiryu grimaçait dans son coin. Il n’aimait pas être perturbé. Surtout dans son travail. Un sourire secret illumina le visage d’Iki qui n’avait jamais vraiment compris ce personnage pourtant bien connu des aspirants de Konoha. La masse informe qui sortit de la porte derrière la jeune femme s’appelait Minato. Son ombre s’était jusqu’aux fenêtres, à quelques mètres de lui.

[Asana] – Y’a un mignon petit bonhomme qui demande votre aide, dehors.

[Hiryuu] – La tienne n’est certainement pas à la hauteur, c’est clair.

Minato ne rit pas. Sa lourde main se posa sur l’épaule de sa collègue. Il posa son regard sur le juunin qui, malgré son rang supérieur, se remit à sa lecture sans sourciller. Bien sûr non, Minato ne l’effrayait pas. A vrai dire, Hiryuu pouvait se vanter de ne craindre que peu d’âmes à Konoha, mais il avait bien mieux à faire que de s’occuper d’un aspirant. Sa lecture était comme une seconde voie, et chacune des minutes qu’il passait en dehors des amphithéâtres l’arrimaient vers des découvertes toujours plus époustouflantes. Hiryuu était ce genre de génie qui ne cachait pas que le talent n’était qu’un absurde concept.

[Minato] – Qui est-ce ?

[Asana] – Kenji Uchiha. Il a le teint un peu triste mais il parait plutôt sympathique.

[Yasu] – Tu vois le monde entier avec une bouille sympathique, Asana-chan.

C’était comme un reproche. Mais Asana n’avait pas peur des piques que lui lançaient son entourage. Sa vision du monde ne changerait pas, et si elle devait chercher jusqu’à la mort les clés du bonheur dans le cœur des hommes, alors elle s’y lancerait sans regrets ni remords. Asana était une gentille personne, mais Iki ne pouvait pas supporter cet optimisme qui l’affligeait de part en part.

[Minato] – Pourquoi tu ne t’en occuperais pas, Asana ?

[Asana] – J’aurais bien aimé, mais j’ai une classe entière à aimer moi. Et je ne suis pas sûr qu’il est réellement besoin d’un entraînement au Taijutsu.

[Iki] – Comment dis-tu qu’il s’appelle ?

La juunin se retourna, surprise. Iki laissa tomber la cendre qui perler le bout de sa cigarette et expira lentement.

[Asana] – Uchiha Kenji, ou quelque chose comme ça…

Le shinobi se leva et soupira. Yasu, intriguée par sa réaction ne lâcha pas son visage du regard, comme si un seul de ses sentiments s’y exprimerait comme on l’exprimerait dans un livre vierge. Il s’avança d’un pas et chuchota quelques mots à l’oreille de sa professeur. Des mots qui resteraient à jamais gravé dans sa mémoire.

« Désolé, ce que je t’ai dis tout à l’heure… C’était blessant. Je ne voulais pas. »

***


Il les avait tous dépassé un à un. Lorsqu’Asana lui avait demandé s’il était sûr de sa décision, il afficha un sourire satisfait et hocha calmement de la tête. Kenji Uchiha, voilà un nom qui ne sonnait pas totalement juste dans le timbre de son oreille. Chacune de ses cellules grises s’étaient mises en action afin de déterminer à qui appartenait ce nom.

La porte s’était doucement ouverte et le chuunin en était sorti, le visage serein, malgré ses doutes. Il n’avait pas lacé son armure mais sa casquette était toujours posé sur sa tête, imprégné des arômes du café et de l’odeur des cigarettes qu’il fumait régulièrement. Son bandeau serrait son avant-bras gauche mais la musculature puissante qu’il entretenait chaque soir l’empêchait d’en avoir une quelconque sensation. D’une main il rentra à l’intérieur du col de son haut la longue griffe pointue qui se balançait autour d’un collier de cuir.

Peut-être avait-il vraiment changé… Personne ne l’avait lu ainsi. Mais il n’était pas nécessaire qu’on découvre ce qui faisait de lui un homme étrange. Un loup parmi les loups. Différent, mais finalement étrangement ressemblant à la masse que représentait le monde.

Le couloir était vide. Seul l’Uchiha se tenait droit face à lui. Un sourire jouissif dessina son rictus. La violence de son âme retrouvait finalement un peu de sens. Il avait combien cette sensation le rendait heureux.

[Iki] – Salut bonhomme.

Il s’avança d’un pas et s’arrêta si près de lui qu’il pouvait sentir sa respiration sur son visage. Et la sienne qui fouettait ses cheveux noirâtres.

[Iki] – Pour que tu mettes un nom sur un visage bien connu… Je m’appelle Iki Namikaze. Son sourire s’accentua doucement jusqu’à devenir un large et sinistre rictus. Qu’est-ce que je peux faire pour toi ?

MessageSujet: Re: Salle des Professeurs   Jeu 10 Sep - 18:59

Kenji patientait sans un geste devant le comptoir de la secrétaire. La petite fenêtre ouverte sur sa droite laissait entrer un petit vent qui rafraichissait une pièce sombre. Il tourna la tête et vit que le ninja et sa mère qui patientaient sur des chaises contre les murs semblaient bien tendus. La peur se dessinait sur le visage du jeune garçon qui ne portait pas encore de bandeau ninja. Tandis que la mère reflétait un miroir de déception et d’excuse. Elle ne s’en sortait plus avec cet enfant mais c’était le sien, elle l’aimait et malgré les disputes elle ne cesserait jamais de l’adorer et de le chérir. Elle serait là quand il aurait besoin d’elle, elle lui donnerait ce qu’il faut pour qu’il grandisse, s’épanouisse et devienne l’homme dont les femmes rêvent. Sa déception était grande mais elle ne lui en voulait pas. Son regard était toujours tendre envers son fils, les yeux d’une mère proche et sincère.

Le jeune aspirant faisait ce que chaque enfant faisait dans cette situation, il en profitait. Sa mère laissant tout passer il pouvait s’ouvrir aux pires activités que la vie lui permettait. Les seules représailles étaient quelques réprimandes, assez rares tout de même. Il observait avec insistance Kenji et ce dernier le vit. Il jeta son regard noir et un peu froid dans celui du jeune enfant. Par surprise il ne baissa pas les yeux. Ce fut la mère qui intervint tout envoyant des signaux d’excuses à l’Uchiha.

[???] – On ne regarde pas les gens comme cela Sazu ! Excusez le je vous pris.

[Sazu] – Tu es un Uchiha ! Tu es un ninja !

L’enfant prit alors une pose de gamin intéressé. Si sa mère ne le tenait pas par les épaules il aurait bondit au pied de Kenji. Car pour lui c’était l’avenir qu’il voyait. Ce qu’il voulait être ce qu’il espérait tant devenir. Une illusion propagande par les hautes instances. L’enfer de la mort et de la guerre. Comment des enfants pouvaient-ils souhaiter de telles choses ?

[Kenji] –

L’Uchiha ne répondit rien et tourna la tête. Il était plus intéressé par le dossier qu’avait ressorti la jeune secrétaire sur lui. Il s’était trompée, elle ne l’avait pas emporté mais laissé sur le bureau devant lui. Il y voyait son nom marqué dans une écriture manuscrite et le début de sa chevelure noir dépassait de la première feuille dans l’angle droit. Il mentirait en disant qu’il ne brûlait pas d’envie d’ouvrir ces pages pour savoir ce que les autres savaient sûr lui. Mais ce troupeau de feuille ne lui appartenait pas, il n’était pas encore un berger assez haut gradé pour y avoir accès. Pourtant il était là, le dossier d’une couleur jaune ternie par les années. Un petit coup d’œil se faisait rapidement. Il souffla et tendit la main… Pour se la passer dans les cheveux. La journée était difficile.

Il y avait eu sa conversation houleuse avec Takeshi et maintenant cette tentation pour connaître ce que les autorités pensaient réellement de lui. Il croisa les bras et s’adossa contre le comptoir. Ce fut une mauvaise idée car le gamin continuait à le regarder. Pauvre idiot qui ne comprenait pas que sans discipline il n’irait pas loin. Il aurait été si facile de lui faire une leçon de moral, de soulager sa mère d’un effort. Mais Kenji ne fit rien et attendit patiemment.

L’attente durant quelques minutes avant qu’un garçon se présente devant lui. Il était plus grand et surement plus âgé que Kenji. Il possédait la musculature d’un lion et ses pas étaient aussi sûrs que celui d’un Uchiha. La seule chose qui semblait lui donner un peu de charme était cette petite casquette qui flirtait avec ses cheveux, mais tout cela fut contre balancé par cette odeur de cigarette qui vint brûler les narines du jeune garçon. Il n’aimait pas du tout les gens qui fumaient, l’odeur et l’action sur leur corps que cela provoqué était complètement stupide. Il ne fallait pas être très intelligent pour fumer en sachant que cela n’apportait que du négatif. Mais il était très dur, voir impossible, de ramener à la raison un fumeur car celui-ci pouvait, malgré son manque d’intelligence, sortir un nombre d’argument étonnant. Il vous ferez presque regretter d’être en bonne santé.

Il possédait sur son visage cette expression méprisable que nombres de shinobis détestaient. Cette fierté et ce sens de la repartie qui coulait dans ses veines. Et ses premiers mots ne firent qu’assurer au jeune garçon ce qu’il savait déjà. Le nom « bonhomme » raisonna dans son esprit sans que rien ne transparaissent sur son visage. Il affichait toujours cette impassibilité et ce regard sans réflexion. Ses yeux sombres se jetèrent dans ceux de son opposant qui se présenta rapidement sous le nom d’Iki Namikaze.

Il n’en avait jamais entendu parler. C’était peut être un professeur récemment promut. De toute façon, mis à part Hiryuu, Tsubaki et la directrice de l’établissement il ne connaissait pas les autres enseignants. Puis il n’en avait que faire, il avait fait une demande et on lui amenait la personne demandée. Une seul chose était sûr c’était qu’il était plus haut gradé que Kenji et qu’il pourrait répondre à ses questions.

L’Uchiha se passa doucement une main dans les cheveux et d’une voix neutre aux petits piquent du Namikaze répondit.

[Kenji] – Des oreilles se perdent ici, pourrions-nous aller dans un endroit plus tranquille ?

Iki sembla confirmer la demande du jeune garçon et entraina Kenji dans les méandres des couloirs de l’académie. Ils marchèrent une longue minute ensemble avant de trouver finalement une salle de classe libre. Elle était de simple facture et pouvait être utilisé à tout moment mais pour l’instant elle était vide.

Ils y pénétrèrent en silence et fermèrent la porte pour ne pas être dérangé. Kenji fit quelques pas dans la pièce tout en se dirigeant vers les fenêtres. Il se posta devant une regardant le soleil inonder la petite cours de jeu de l’école. De nombreux élèves profitaient de la récréation pour se dégourdir les jambes et se vider la tête. C’était une belle peinture qui se dessinait sous ses yeux mais ce temps là pour lui était révolu. Il n’était plus le même et aspirait à de plus grande chose. Mais avant cela il devait savoir s’il était capable d’avoir le droit de penser à de plus grandes choses. Il se passa doucement une main dans les cheveux et se retourna vers Iki. Un regard toujours aussi sombre.

[Kenji] – J’ai longtemps étudié que cela soit à l’académie ou avec le clan. Mais certaine zones restent tout de même dans l’ombre.

Il marqua une courte pour être sûr de ce qu’il allait dire par la suite et reprit.

[Kenji] – J’aimerais en savoir plus sur les techniques interdites.

C’était dit. Il allait voir si l’homme devant lui allait le disputer et se rétracter ou comprendre la curiosité d’un jeune ninja. Beaucoup penseraient qu’il était avide de pouvoir et pourtant c’était tout le contraire du jeune Uchiha. Mais pour cela il faudrait connaître ses sentiments et ça personnes ne l’avaient assimilé.
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MessageSujet: Re: Salle des Professeurs   Ven 11 Sep - 14:16

Dans les yeux de l’enfant, quelque chose d’innocent s’était mis à briller. Cela scintillait de milles feux et rendait le décor un peu plus chaotique qu’il ne l’était déjà, pour le regard enfantin qu’il portait sur le monde. Iki ne portait, à l’habitude, aucune attention à ce genre de réaction. La vérité était plus simple encore : le monde qui l’entourait n’était qu’un mirage qu’on avait confectionné pour que les hommes s’épanouissent dans ce qu’ils font et à l’intérieur même de ce qui leur permet de vivre. Ce ne fut que plus récemment qu’il découvrit un semblant d’attirance pour la déchéance de ses congénères.

Ce qui autrefois n’avait aucune importance à ses yeux en prenait, peu à peu. Comme un rideau qu’on tire lentement, dévoilant la scène et ses protagonistes. Il n’en restait pas moins que le soleil était un adversaire irritable. Et Kenji une personnalité qu’il avait sondé auparavant et qu’il savait détestable.

Une forme absurde de peur étincela ses pupilles. Son air faussement réservé, son allure régulièrement travaillée et cette main qui ne cessait de chasser ses mèches tombantes de son visage et de ses oreilles. Et l’émerveillement d’un gamin naïf – mais qui ne le serait pas ? Qu’était devenu l’Uchiha qu’Iki avait envie de découvrir ? Où était-il passé durant cette courte seconde ? Qu’importaient les oreilles fortuites, ce qui se faisaient passer pour sourds mais qui buvaient chacune des syllabes que les lèvres pouvaient écrire. De quoi as-tu peur, petit être ?

A sa demande, Iki acquiesça. Ils parcoururent quelques mètres et pénétrèrent dans une salle qui semblait convenir au genin. C’était une fausse solution, mais elle leur conviendrait : à Kenji parce qu’il avait alors l’illusion de sentir ses secrets ou ses hontes plus en sécurité dans un lieu où les murs renfermaient sa voix, à Iki parce que partout dans l’Académie, il était et resterait celui dont il devait le plus se méfier. Et que par le plus grands des hasards, on venait de l’enfermer dans la même pièce que sa cible.

La porte se referma derrière lui. Il se posa contre elle, nonchalant, et sortit un petit paquet de carton. Frappant sèchement sa base, il en sortit un petit tube blanc qui rougit au contact de l’allumette qu’Iki avait craqué contre le mur. Une amère odeur de cigarette s’empara de la salle, légèrement diffuse par l’air qui pénétrait des hautes fenêtres largement ouvertes. Il laissa Kenji prendre ses marques et décrit chacun de ses mouvements comme on épie un animal de foire. Un animal dont on ignore tout, qu’on sonde comme si l’on découvrait pour la première chacun de ses faits et gestes. Il se l’avouait sans aucune difficulté, le shinobi n’avait qu’une bien mince expérience des hommes. Autrefois il aurait dédaigné s’y intéressé, mais paradoxalement cette pulsion était venue soudainement à lui. Alors chaque sujet était une chance et méritait qu’on s’y intéresse. Il faisait cela avec une froide passion mais ne rechignait pas à se lancer dans des entreprises parfois périlleuses. Des entreprises qui l’amèneraient à sympathiser avec des gens qu’il savait ne pas apprécier. Des personnalités qu’il avait déjà aperçues, de loin. En soit Kenji représentait à ses yeux une cible. Une cible un peu différente de toutes les autres.

[Iki] – Qu’est-ce que ça t’inspire ?

Devant l’air surpris de Kenji, il montra du bout du menton les aspirants qui s’amusaient dans la cours de l’Académie que l’Uchiha scrutait avec attention.

[Iki] – A moins que tu ne sois attiré par les enfants, ce qui ferait de toi un personnage un peu plus détestable que tu ne l’es déjà, je me demande ce que tu peux ressentir face à l’innocence de l’enfance. Il marqua une petite pause et tira rapidement sur sa cigarette. Du dégout ? De la nostalgie ? Une cheminée de fumée sortit de sa bouche. Du dédain ? …

Le chuunin sourit et passa une jambe sur l’autre. Aussi dégradant que cela pouvait paraître, ses interrogations lui paraissaient légitimes, il ne ressentait aucune honte à les poser avec autant d’indélicatesse. Après tout, il n’avait pas plus connu l’enfance qu’il ne connaissait Kenji réellement.

[Iki] – Nous nous sommes déjà vu, toi et moi. Tu étais sur cette estrade, devant des dizaines de gens qui te regardaient avec cette lueur ténue dans leurs yeux. Et tu paraissais particulièrement heureux. Il gloussa. Je ne connais pas grand-chose au bonheur, par contre je sais qu’un homme qui n’existe que par le regard des autres n’en est pas vraiment un.

Es-tu vraiment humain, c’est la question qu’il se posait. Une réponse à cette question l’aurait aidé à se comprendre lui-même, parce qu’il y avait encore ce doute qui restait en suspens au plus profond de son âme. Sur sa propre qualité à aimer et à détester. Sur sa façon de joueur le personnage qu’on lui avait demandé d’être.

[Iki] – Tu vois, il y a ces enfants qui rêvent de devenir comme toi. Et il y a les gens comme moi, qui aspirent à vivre ce que, eux, les mioches, vivent aujourd’hui. Je me dis souvent qu’il y a un moment dans la vie où il faut que nous regrettions une bonne partie de ce que nous avons commis auparavant et, qu’inéluctablement, l’enfance reste un moment pur de notre vie.

Iki s’avança d’un pas et toisa le soleil qui frappait leurs visages illuminés.

[Iki] – Mais j’ai comme l’impression que tu ne regrettes rien. Et que ces gosses, là, devant toi, t’apparaissent comme des sots bienheureux – mais des sots tout de même – qui comprendront plus tard, à quel point toi, moi, eux, nous tous, ne sommes pas des gens normaux. Ne sommes nous-pas différents ?

Non, ils ne l'étaient pas.

La jouissance de développer un raisonnement jusqu’à son terme. Iki avait oublié à quel point cela provoquait un sentiment de satisfaction. D’une certaine manière, il découvrait cette sensation-là. Quelques mois auparavant, il ne serait pas vu ne serait-ce que lui adresser la parole. Pourtant, aujourd’hui, quelque chose le poussait à en savoir plus. Si chacun de ses mots pouvaient être interprétés comme une indélicate provocation, comme un discours visant à rabaisser son congénère plus bas que terre, Iki avait cependant réussi à y inséré un véritable et sincère intérêt. La condition était qu’il n’y avait pas de place pour les gens qu’il n’appréciait pas. Un dédain à toute épreuve.

Il était pourtant si intéressant de découvrir la moelle de ceux qui n’aimaient pas le monde autrement que par leur cœur.

Réajustant sa casquette sur sa tête et balayant du revers de la main les quelques mèches qui cachaient ses yeux, il repensa à la première question de Kenji. Celle qu’il avait volontairement mise de côté, préférant dire ce qu’il avait à dire plutôt que de partir dans une véritable confidence de professeur à élève. Ils restèrent quelques minutes à contempler le décor qui s’offrait à eux et avec le même dégout Iki toisait le soleil et ses rayons, petits soldats de lumière. Il soupira, puis reprit la parole.

[Iki] – Je n’ai rien à t’apprendre. Les techniques interdites sont interdites, c’est une assez bonne raison pour les regarder de loin. A moins que tu ne m’explique en quoi elles t’intéressent vraiment…

Il repensa à la première explication de l’Uchiha. Elle lui sembla particulièrement défaite de sens.

[Iki] – … je ne saurais réellement te renseigner.

MessageSujet: Re: Salle des Professeurs   Dim 13 Sep - 2:49

Cet homme, ce ninja. Etrange, c’était le mot qui venait à l’esprit du jeune Uchiha lorsqu’il l’observait. Ses gestes semblaient si désinvoltes mais pourtant bien calculés. Il regardait Kenji comme si c’était la première fois qu’il voyait un autre shinobi. Et ce regard, profond et cynique à la fois, il déplaisait au genin. Cette impression d’être épié et calculé, savoir s’il mentait ou était sincère. Une conversation passée au scanner qui mettait à mal la bonne entente entre les deux protagonistes. Cette méfiance ne pouvait donner de bon rapport, elle empêchait que la confiance s’installe. C’était là le principal problème de l’Uchiha. Jamais il ne donnait sa confiance à quelqu’un, personne au monde ne pouvait prétendre à cela. Il était le seul, il était l’unique même s’il aidait les autres. La méfiance se lisait dans son regard tandis que ses bras flirtaient avec ses armes de shinobi.

Le soleil était prés de son zénith. Lentement et avec certitude il entamait sa montée final. Tel un cycliste il dépensait sans compter toute son énergie pour permettre à ceux qui se trouvaient prés de lui d’en profiter. Central géante, source de bien être, de nombreux adjectifs mélioratifs en faisaient l’éloge. Mais d’autres le détruisaient, préférant la lumière lunaire plus intime. Il éclairait de toute sa splendeur la cours qui se pavanait sous ses rayons. Les enfants riaient, jouaient ou se disputaient. Quelques uns étaient laissés de côté, mal aimés, sans amis, tandis que d’autres formaient de véritables bandes soudées. Une surveillante veillait à ce qu’il n’y ait pas trop de chahut durant cette pause qui était une véritable bouffée d’oxygène pour les élèves. Sortir de l’académie et faire une chose qui leurs semblait essentielle, jouer.

Une forte odeur de cigarette inonda la petite salle de classe dans laquelle se trouvaient les deux protagonistes. Cette fumée dégoutante et maladive que de nombreuses personnes pensaient oxygénant. Mourir tout en croyant mieux respirer. Un véritable paradoxe qui semblait impossible à révéler. Mais Kenji n’était pas venu ici pour faire une leçon de moral à Iki. Toutes ces pensées lui traversaient par habitude l’esprit mais il n’en tint pas compte. Il souhaitait trouver mieux et fut surprit lorsque cela fut le professeur lui-même qui prit la parole.

Les mots percutèrent le jeune garçon avec déception. Si c’était cela que pensait les autres de lui, ils se trompaient tous. Il ne traitait personne avec dédain, il avait oublié depuis assez longtemps le goût de cette fierté porté sur son front. Il laissait ses actes parler pour lui. Ses lèvres restaient collées l’une à l’autre dans une douce peinture que peu de gens comprenait. Les clichés étaient rapidement faits, une Uchiha, un prétentieux. Il lui suffit de s’exposer un peu trop comme le font la plus part des genin et cela serait mal interprété…

Ces enfants, ils les voyaient rire, sourire sans trop se poser de question. Il n’avait réellement d’avis sur eux, ni même envie d’en avoir un. Il ne les voyait pas comme cela, pour lui ce n’était que des ombres nostalgiques. De simple pantin qui dansaient lors d’un spectacle. Il n’avait que faire que cela soit des gamins tout ce qu’il observait était leur insouciance. Cette envie de devenir fort pour épater les autres. Il regrettait le temps où il n’avait qu’à s’entrainer et souhaiter grandir. Maintenant qu’il était à la fin de sa période d’adolescent il ne savait plus quoi faire. Le monde était fait pour ceux qui avaient un objectif, un but à atteindre avec détermination. Une volonté de feu coulait dans leur veine tandis qu’ils faisaient tout pour réaliser leur rêve. Kenji n’avait pas de rêve, il ne rêvait pas. Une copine qu’il n’était pas sûr d’aimer et une vie jonchée entre les attentes de son maître et celles d’autres individus tout aussi malsain. Mais lui, Kenji Uchiha, que souhaitait-il vraiment ?

Il avait bien une idée. C’était plutôt une envie par défaut qu’un réel objectif. Il désirait voir un grand clan Uchiha, il souhaitait que ce dernier soit fort et puissant. Mais on ne pouvait réellement parler de rêve personnel alors que chaque habitant du quartier aspirait à cette idéologie. Un monde blazer s’étendait sous son regard sombre, un monde sans vie.

Iki lui dit alors qu’ils s’étaient déjà rencontrés. Si cela avait été le cas, l’Uchiha ne s’en souvenait plus. Il est vrai que lors du festival du feu de Konoha il n’avait que peu était présent. Son petit numéro sur l’estrade était fait pour divertir. Les habitants pouvaient s’exclamer et jubiler de joie. Et Iki avait beau penser que Kenji en était content il n’en était rien. Tout cela n’était que des illusions pour épater une galerie déjà bien fourni. Il s’en foutait mais l’avait fait car Takeshi le lui avait demandé. C’est tout.

Ce curieux personnage semblait remettre en doute tout ce que pensait Kenji. Il le jugeait et tirait des conclusions hâtives alors qu’il ne connaissait pas le passé du jeune garçon. Ils s’observaient, l’un dans l’autre essayant de comprendre ce qu’ils étaient. Le regard sombre de Kenji perçait sans vie, derrière le petit nuage de fumée, celui de l’enseignant. Il se passa doucement une main dans les cheveux et réfléchit quelques secondes. L’individu semblait le prendre pour un être hautain et imbu de lui-même. Il n’était pas cela tout du moins il l’espérait. Il ne regrettait rien de son passé pas par pur vantardise mais juste car c’était le passé. On ne peut le changer, il faut alors prendre ses responsabilités et aller de l’avant. La question ne devrait point se poser, ce n’était que des rêves de folies que de croire pouvoir changer un passé même peu glorieux.

[Kenji] – Leur insouciance… C’est cela que je vois lorsque je les regarde. Ils aspirent à devenir grands sans trop réfléchir à ce qui les attendra. Apprendre des techniques pour devenir fort et vaincre les autres. Cela pourrait faire sourire les plus naïfs. Il plongea plus fortement son regard dans celui d’Iki. Un jeu de mort absurde se dessine entre leur main.

Oui. C’était cela que pensait réellement Kenji. Il ne se souciait que très rarement des autres car tout ce qu’il voyait c’était des gens prêt à tout dans leur intérêt. Les enfants apprenaient à se battre pour la gloire du village, fier patriote. Mais lorsque leur talent ne suffisait plus on faisait appelle à d’autre. Ils étaient jeunes et ne prenaient pas encore en compte tout cela. Un voile se dressait devant leurs yeux d’enfant tandis qu’ils s’amusaient.

[Kenji] – Lorsque j’étais au festival ma représentation était faite pour faire sourire les habitants après ce qu’ils avaient vécu. Tu parles de plaisir ? Non. Je l’ais fais car je n’avais rien d’autre à faire.

Un petit air détaché c’était dessiné sur son visage lorsqu’il dit cette dernière phrase. Il marqua une courte pause puis reprit.

[Kenji] – Tu as raison, l’enfance est un moment pur de notre vie. Mais je ne regrette rien. Non par vantardise mais car l’enfance appartient au passé, on ne peut refaire ce que l’on a déjà fait. Regretter c’est perdre du temps inutile, il vaut mieux construire le futur.

Kenji n’avait pas encore assez vécu pour comprendre réellement le sens du mot regret. Il n’avait pas un passé très glorieux où juste l’arrogance et la prétention dictait sa conduite. Maintenant il essayait d’oublier son passé, il devait ne plus penser à ses parents morts, à Takeshi qui le manipule, aux railleries des autres enfants. Tout cela n’existait plus, il était Kenji.

[Kenji] – Ces enfants sont des « sots bienheureux » et je ne leurs reproche pas. Au contraire, ils font ce que tous les enfants de leurs âges font. Ils n’ont rien à comprendre, il n’y a pas de différence entre les hommes. Un peu de chakra qui coule dans nos veines mais l’homme ne pense pas par cela. La seule différence qui existe est dans le caractère de chacun.

Kenji se passa doucement une main dans les cheveux préférant arrêter sa phrase à cet instant. Pour lui tous les Hommes étaient pareil. Ils cherchaient une seule et unique chose, leur intérêt particulier. Leurs petits bonheurs même au détriment des autres. Il détestait cela et haïssait ceux qui l’exhibaient. Bizarrement il se serait permit d’haïr l’Homme pour cela mais il ne dit rien et personne ne pouvait le savoir. Relâchant l’emprise de son regard sombre sur Iki il reprit la parole.

[Kenji] – Un professeur qui ne peut aider pour une technique c’est assez paradoxal. Si je vous dis pour la gloire de Konoha vous me croyez ?

Kenji sourit légèrement et se repassa doucement une main dans les cheveux. Lui-même ne savait pas trop pourquoi les techniques interdites l’intéressaient temps. C’était quelque chose qui avait provoqué une envie mystérieuse lorsqu’il avait lu ce mot, interdit, sur un parchemin. Vouloir le Graal car on sait tout bonnement qu’on ne peut l’avoir. L’hypocrisie d’une enfance pas encore terminée.


Dernière édition par Kenji Uchiha le Dim 13 Sep - 19:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Salle des Professeurs   Dim 13 Sep - 19:46

Aussi étrange que cela puissait paraître pour un homme de sa trempe, Iki l’avait écouté sans broncher. Il n’adhérait pas au discours de Kenji, le discours qui chatouillait ses oreilles avec une assurance démesurée. Il n'aimait pas l'intonation de sa voix, il n'aimait pas le ton que prenait chaque phrase qui sortait de sa bouche. Peut-être ne l'aimait-il simplement pas. Il n’en savait rien et, à bien y réfléchir… Il s’en foutait. Le respect se vissait soudainement sur son regard comme une idée absurde. Mais une idée tout de même.

Il tira sur sa cigarette. Et si la fumée le tuait ? Alors tous ses problèmes seraient résolument effacés. Un trou cendré dans la gorge de l’Uchiha. Oui, ce serait si simple. Si simple et si complexe à la fois.

Iki sourit. Un nuage de fumée opaque sortit de sa bouche et continua d’envahir la pièce.

[Iki] – A la gloire de Konoha ? Tu ferais ça pour elle, toi ? Elle qui n’a rien fait pour toi… Ce serait réellement une bonne idée ?

Une fausse bonne idée, pensa-t-il pour lui-même. Konoha n’avait jamais vraiment aidé Iki, même s’il se persuadait parfois du contraire. Il avait essayé de regarder le village comme une grande dame qui le sert entre ses bras, sa tête dans le creux de ses deux seins chauds. Finalement, elle l’avait étranglé et lorsqu’il fut à terre, elle le viola.

Comme on viole un enfant. Un insouciant. C’est ça.

[Iki] – Je ne crois pas en Konoha. Je n’ y ai jamais cru, mais peut-être que tout ça changera. Pour autant que je puisse me souvenir, il y aurait de multiples raisons pour que les techniques proscrites m’intéressent, mais certainement pas celle-là. Non, vraiment.

Des techniques interdites… Iki n’en ignorait pas l’existence, mais il ne se souvenait pas en avoir apprise une un jour. Elles étaient conservées dans ces gros rouleaux que l’Académie gardait sous scellée. Comme des bijoux de famille d’une richesse sans nom. Des bijoux qu’on mettrait autour de son cou, avec une fierté poignante. On se pavanerait et on attiserait les regards sur cet or et cet argent d’un émail presque parfait. Les femmes ouvriraient leurs décolletées, les hommes laisseraient leur torses nus. Et ils baiseraient tous, dans cet amour perfide et cette richesse dénuée de sens. Et dénudée. Mise à nue comme une vulgaire catin. Konoha renfermait bien des secrets. Mais combien de putains se targuait-elle d’abriter ?

Certainement bien plus.

[Iki] – L’idée, ce n’est pas que je te crois, ou que je ne te crois pas. C’est que tu crois en toi-même.

C’était l’idée, oui.

[Iki] – Un genin n’a pas besoin de ce genre d’armes. Pourtant tu n’es pas n’importe quel genin, puisque tu es là, devant moi, et que tu revendiques ces connaissances sans trembler. Alors je me demande : qu’est-ce qu’il y a de plus chez toi que chez les autres de ton grade ? Qu’est-ce qui, dans ta vie, motive soudainement ta volonté d’en découvrir un peu plus ?

C’étaient tellement de questions sans réponses. Iki n’attendait aucune réponse. S’il avait fallu être franc, Kenji l’aurait été dès la première minute. Paradoxalement, le chuunin avait joué carte sur table le premier. Mais le ton de l’Uchiha l’avait trahi. « Pour la gloire de Konoha, une réponse parmi tant d’autres ». Iki aurait ri devant le sérieux de son vis-à-vis, mais Kenji n’avait aucune réelle motivation à transporter sur son petit dos véloce ce fardeau. Toute cette gloire qu’on met dans un paquet et qu’on jette du haut du toit de la Tour Hokage aux petits enfants qui rêvent de voir un jour, leur nom inscrit en lettres de gras sur le grand livre des légendes du village. Et du monde entier.

Surtout du monde entier.

Kenji n’était pas ainsi. Tant mieux, c’était une bonne chose. Mais y avait-il des raisons valables à l’ambition ? Il aurait simplement put lui dire combien il lui paraissait nécessaire de devenir encore plus fort. Plus fort que ce qu’il n’était déjà. Il aurait pu lui expliquer que sa curiosité l’avait poussé dans ces retranchements les plus reculés. Il y avait tant d’explications plausibles que celle du cœur, et uniquement celle-là, ne saurait convenir au chuunin.

Iki s’assit lentement sur une table et jeta son dévolu sur le tableau noir que les craies tapissaient de traits chaque jour. Il était d’un vide effrayant, les craies misérablement repliées dans la rigole de fer. Sa clope entre les deux lèvres, il laissait la fumée toucher le plafond comme une échelle vers un monde peut-être meilleur. Un monde différent en tout cas.

MessageSujet: Re: Salle des Professeurs   Lun 14 Sep - 2:33

L’atmosphère qui régnait dans la pièce était étrange. Les regards cyniques se mélangeaient à des gestes ironiques. Tout n’était qu’illusion, des attitudes qui ne trahissaient pas les pensées réelles des deux protagonistes. Leur carapace fait de mensonge et de certitude ne se fissurait pas. Ils se jaugeaient sans faiblir, l’un analysant l’autre sans jamais trouver de réponse. C’était un jeu où personne ne gagnait. Il n’y avait que des matchs nuls et sans raison d’être car juste deux murs se faisaient face sans faiblir. L’ambiance n’était pas encore tendue mais on ressentait que cela n’allait tout de même pas fort.

Kenji se passa lentement une main dans les cheveux tout en observant Iki. Ce dernier semblait avoir d’autres préjugés sur la vie que les siens. Mais ce n’était pas grave, Kenji n’était pas ici pour discuter des goûts et des couleurs qu’ils pouvaient bien avoir. Chacun pouvaient bien penser comme il le voulait après tout l’Uchiha n’en avait que faire. Ce qu’il voulait c’était des informations plus précises sur les techniques interdites. Mais le professeur n’avait pas l’air enclin à les lui donner. Au lieu de cela, il parlait de la gloire de Konoha. Des paroles qui sonnaient peut-être le glas d’une victoire certaine dans le cœur des patriotes mais pour Kenji cela n’était qu’une vague propagande. Ils ne s’attachaient à rien, une idée, une conception ? Ce n’était pas concret comparé au nombre de vie humaine qui tombaient. Fou qu’ils étaient à croire que se battre pour rien était une bonne chose.

Pour Iki c’était différent. Il ne voyait pas comment accorder sa confiance au village alors qu’il n’avait rien fait pour lui. L’intérêt personnel avant la réciprocité. Il ne pouvait le lui reprocher mais cela appuyait la théorie de l’Uchiha concernant le profit personnel avant de donner aux autres. Même lui s’en servait alors. C’était navrant. Toute cette société qui tournait autour du prêté et du rendu, tout cet égoïsme quelque fois si bien caché qu’il pourrait le faire mentir. Un monde pourrit par l’individualisme et les croyances des soi-disant leaders.

Le fait que Kenji est ironisé sa réponse montrait qu’il n’avait pas de réel but pour apprendre ces techniques interdites. Iki le voyait bien. Il n’était pas sociopathe mais reconnaissait les sentiments de l’Uchiha. C’était un début et Kenji était prêt à ne plus ironiser pour parler de chose sérieuse. Mais le principal problème était qu’il ne savait vraiment pas pourquoi ces techniques l’attiraient autant.

Et pourtant, Iki semblait attendre une réponse. Il s’assit tranquillement sur une table tirant à nouveau sur cette cigarette que Kenji détestait tant. Il observait le jeune garçon comme on regardait un animal dans un zoo. On analysait ses gestes, on essayait de voir s’il ne se trahissait pas. Pour au final voir qu’il n’était qu’un humain parmi tant d’autre.

Un petit son de cloche sonna. Il retentit à travers tout l’établissement coupant la conversation entre les deux protagonistes durant un certain laps de temps. Kenji en profita pour se rapprocher de quelques pas du bureau où l’enseignant se pavanait. Il s’y arrêta et se posa avec délicatesse contre la table du premier rang. Il se passa doucement une main dans les cheveux et prit la parole d’une voix neutre et quelque peu dégagée.

[Kenji] – Konoha ? Un simple lieu. On ne se bat pas pour quelque chose qui n’est pas concret. Se battre pour les habitants de Konoha, je pense que cette phrase a plus de sens. Je comprends cette idéologie même si je ne l’accepte pas plus que l’autre. Il sourit. Tu as raison, je n’apprendrais pas ces techniques pour la gloire de Konoha.

Il n’avait que faire du village. Pour le moment il ne pouvait rien faire pour lui et c’était réciproque. Ils étaient seuls l’un face à l’autre, et peut-être qu’un jour l’un des deux feraient le premier pas. Le problème pour Kenji était de savoir s’il avait réellement envie de faire ce premier pas. Comme une prostituée qui l’aguichait, elle essayait de lui faire miroiter une belle vie durant de court instant. Ses atouts mis en valeurs elle cachait ses défauts par de douces propagandes. Mais l’Uchiha n’était pas un marin qui revenait sur terre et passait son temps à jouer et à se faire plaisir.

[Kenji] – Je m’en fou des notions de supériorités.

Non. Non, Kenji venait de perdre son sang-froid. Il était pourtant quelqu’un de calme et rationnel. Et ce terme fou venait tout gâcher. Il n’avait que faire des autres. Mais il n’aimait pas qu’on parle de supériorité, d’enfant prodige ou autres stupidités dans le même genre. Il reprit son calme rapidement. Ce n’était pas lui qui avait parlé, peut-être qu’Iki comprendrait. Mais ce n’était qu’un professeur, il connaissait l’Uchiha au travers d’un dossier fait de papier. Il ne savait pas ce qu’il avait vécu et dut subir. Personne ne savait ce qui se cachait au fond de son cœur froid.

Son visage se ferma quelques secondes avant que son regard noir tombe à nouveau sur l’enseignant. Kenji souffla quelques mots avec un léger sourire avant de se passer une main dans sa chevelure sombre.

[Kenji] – Peut-être par défi…

Kenji ne savait même pas s’il croyait en ses paroles. De toute façon c’était soi ça soi rien. Si Iki ne répondait pas, il partirait. Déçu peut-être ou simplement conscient qu’il demandait quelque chose de bien trop précieux. Pauvre genin qui devrait baisser la tête et ne rien dire. Patienter que ce village le voit et commence à lui accorder une once d’intention. Ce n’était pas pour tout de suite.
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MessageSujet: Re: Salle des Professeurs   Lun 14 Sep - 17:50

C’était une occasion bien rare. Il s’était rapproché volontairement d’un individu qu’il savait ne pas être le grand ami que tout gamin cherche tout au long de sa vie, mais prenant sur lui, il avait fait ce premier pas qui l’affligeait d’étonnement à l’égard de ceux qui le connaissaient un peu mieux que cela. Au regard de Yasu notamment. Il s’était intéressé au personnage avec une franchise qu’il découvrait lui-même et pensait avoir réussi à garder un ton qu’il aurait ressorti à toute personne se trouvant en face de lui à ce moment précis. Non, peut-être aurait-il embrassé Hizu ou aurait-il ignoré d’un sourire mesquin Yasu.

Mais tous les autres, tous ceux qui se greffaient au décor et qui composait son entourage proche, ceux qui croyaient le connaître mais qui ne voyaient de lui que la face visible d’un iceberg bien trop souterrain pour être réellement compris. Il ne leur en voulait pas. D’ailleurs il considérait que c’était bien mieux ainsi. Iki n’aimerait pas connaître chacune des passions et des ignorances de ses congénères. Il y avait quelque chose de malsain là-dedans. Ils bossaient ensemble.

Ce n’était pas un groupe de potes qui jouaient aux cartes.

[Iki] – Hum. Pas très métaphorique comme bonhomme, pas vrai ?

Il gloussa et écrasa sa cigarette contre le rebord de la table de bois brun qui servait habituellement de bureau. Mais que le chuunin avait momentanément recyclé en un vaste cendrier incinérable.

[Iki] – Ceux qui vivent ici ont payé cher pour être en sécurité. C’est Konoha qui leur a promis. C’est Konoha qui a promis la paix, qui a promis l’avenir à toute une génération d’enfants. Ceux qui jouent, dehors, comme les gamins qu’ils sont. Ni toi, ni moi, n’avons le droit de laisser cette idéologie de côté. Ce n’est pas un cours de moral… Même si ça y ressemble étrangement. Mais si j’arrive à faire la part des choses alors…

Alors tout le monde devrait savoir la faire.

[Iki] – D’habitude je renvois les gens à la vie qu’ils avaient avant de me rencontrer. Je me rends compte combien c’est gênant. Et exténuant de leur répondre.

Oui, c’était fatiguant. Mais à la fois moralement satisfaisant. Iki n’avait jamais ressenti le bonheur, sinon en touchant du bout des lèvres le corps désinvolte d’Hizu. Et c’était un plaisir bien trop récent à son gout. Cette sensation de vide qui pesait sur ses hanches l’avait abîmé en bien. Ses jamais flanchaient comme si le haut de son corps s’était vidé de sa substance. Comme s’il l’avait partagé avec un autre et que dans un intense moment de confiance, on la lui avait dérobée. C’était à peu près ça. Il s’était étalé sur son matelas et s’était endormi, d’un sommeil réparateur.

Les mots prenaient un sens particulier dans la bouche de Kenji. Ce ton neutre ressemblait parfois au discours engagé d’une coquille vide. Malgré tout son passé, le genin paraissait rempli d’un dédain dont il n’arrivait pas à se séparer. Quelles que soient ses ambitions, il resterait toujours celui qui n’avait que faire des autres, même s’il affirmait le contraire, et sûrement avec justesse. Iki était presque certain que l’Uchiha devait être bien meilleur dans le rôle qu’on lui avait demandé de jouer avant qu’il ne s’en affranchisse. Et qu’il affiche ce visage détaché. Détaché de la réalité.

Soudainement il parut enclin à se livrer. A partager. Ce n’était certes pas de la meilleure des manières, mais son intonation avait changé, et les mots qu’il avait utilisé se différenciaient par la toute la colère qui émanait d’eux. L’émail rouillé qui recouvrait le genin s’effritait peu à peu pour laisser entrevoir quelque chose de plus sordide, de plus violent. Mais de plus vrai à la fois.

Iki dessina un rictus sérieux sur son visage. Il réfléchissait à la réponse qu’il pourrait donner à son congénère. Puis il afficha un sourire satisfait.

[Iki] – Bien. Retrouve-moi demain matin, lorsque le soleil illuminera la lisière. L’arène sera un lieu parfaitement à même de régler ton petit problème.

[La suite ici.]
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MessageSujet: Re: Salle des Professeurs   Lun 14 Sep - 17:54

Kenji : + 40 XP
Iki : + 57 XP

MessageSujet: Re: Salle des Professeurs   Jeu 7 Avr - 22:26

Naisen se réveilla de plutôt bonne humeur. Il s’étira longuement dans son grand lit et scruta son plafond durant quelques secondes, comme pour immerger. Là, un sourire amusé modela son visage et sans en attendre davantage, Naisen se leva et passa une main rapide dans son dos. L’odeur alléchante du thé se répandait jusque devant la porte de sa chambre et l’accompagnait dans le couloir. Attiré jusqu’à la cuisine, il se délecta de voir la tasse fumante que Tomoro avait laissé à son égard avant de partir, probablement. Ses pensées furent pour son frère. Depuis quelques semaines, Tomoro avait mystérieusement disparu de sa vue. L’espace d’un instant, il avait cru qu’il ne faisait plus partie de sa vie, mais non, décidemment, cette idée semblait folle, dénuée de sens. La relation qui les liait était saine, presque idéale. Tomoro avait toujours été cette formidable transition entre la vie quotidienne du clan et celle militaire que son ainé abordait avec de plus en plus de rigueur à mesure qu’il grandissait. Avec un plaisir vivace, il partageait régulièrement chacune de ses expériences, des plus pitoyables aux plus mémorables. La première fois que Naisen posa les pieds dans l’Académie de Konoha, étrangement, il n’y fut pas tellement dépaysé, les récits de son frère toujours bien inscrits dans sa mémoire. L’idée était parfois fausse, ou mal maîtrisée, quelque part alambiquée, mais pourtant l’essentiel était bien là. Tomoro était à la fois un modèle et un exemple. Loin d’être un piètre shinobi, quoi que trop jeune, lui avait-t-on dit, il était celui qui l’avait converti à cette passion. Une passion que le clan développait depuis sa naissance, une passion qui n’était pas nécessairement inscrite dans leurs gênes. L’enfant jeta son regard sur le liquide qui fumait à l’intérieur de sa tasse et sourit, quelques parcelles de souvenirs lui revenant à la mémoire.

Mais non, décidemment, Tomoro avait quelque peu disparu. Mais Naisen mima de ne pas le remarquer et avala une première gorgée de la boisson, s’étirant à nouveau dans on long bâillement. Posant sa tasse encore pleine sur la table, il se dirigea rapidement vers la salle de bain et se plongea dans une douche qu’il voulut rapide. L’eau brûlante s’écrasa sur son corps et dégagea une buée dense qui remplit la petite pièce assez rapidement. Il en sortit éveillé, quoi que maugréant quelques pensées hasardeuses envers son lit, qu’il côtoyait de trop loin, à son avis. Il enfila un haut brun, puis une petite veste noire qui portait discrètement l’insigne du clan dans le revers de ses manches. Contrairement à son père dont la fierté d’appartenir à la grande famille des Uchiha, Naisen s’était toujours plutôt réservé. Il accordait un grand crédit aux valeurs de son clan, c’était indéniable. Mais Naisen n’avait jamais vécu que dans un quartier en proie à un conflit malsain qui avait effacé sa famille de l’histoire. Il ne leur en voulait pas, non, mais paradoxalement, il se faisait bien plus pragmatique quant à l’approche qu’il portait envers ces valeurs. Comme nombre d’autres enfants de sa génération, il n’avait connu qu’une haine sordide qui les empêchait de s’amuser tranquillement dans les ruelles du village. Ce n’était rien, vraiment, trois fois rien, mais c’était tout à fait le genre de choses que les enfants retenaient avec une aisance formidable. Sans hésiter, il plia l’ourlet de ses manches et, le sourire aux lèvres, quitta la maison de son père.

Comme à son habitude, un soleil de plomb frappait le village de Konoha. Sa chaleur était à son paroxysme, d’une sécheur presque salvatrice. Une faible brise traversait les rues avec un petit côté sympathique tandis que les quelques passants que l’enfant croisait cherchaient le côté ombré des rues. Il n’était pourtant pas tôt, l’astre allait bientôt pointer haut dans le ciel et c’était justement l’heure où la population fermait ses volets, ouvraient grandes ses fenêtres et restaient dans la fraicheur de leur appartement. Naisen s’occupa d’éviter les grandes artères, préférant rafler les murs de pierres des petites ruelles sinueuses qui s’escarpaient dans tous les sens. Il salua sobrement quelques marchands qui discutaient ça et là, attendant que la chaleur ne tombe et que les habitants de Konoha ne sortent enfin de chez eux pour venir faire leurs achats.

Malgré son calme latent, Konoha s’était habillée de quelque chose de bourdonnant. Depuis quelques jours, les discussions incessantes s’étaient accaparées des sujets biens différents de ceux habituels. Les regards que l’on tournait vers la mairie se coloraient d’une attente devenue insupportable tandis qu’on observait plusieurs mouvements de troupes avaient été notés ça et là dans les rues du village. Le soleil, le vent, les arbres ; ils restaient tous égaux à eux-mêmes mais il y avait bien quelque chose de changé, quelque chose de nouveau qui avait pris Konoha à la gorge et qui, apparemment, le dépassait. On racontait que des hommes étaient partis, qu’ils allaient faire de grandes choses et qu’enfin, on pourrait rajouter un visage sur la grande falaise qui bordait le village. On narrait également les frasques du clan Uchiha, le rassemblement des grandes familles fondatrices, la refonte d’une politique et tout un tas d’autres choses qui étaient censés bouleversés Konoha et que Naisen ne comprenait pas bien. Néanmoins, il avait bien compris qu’on le devinait Uchiha et il y avait à son sujet plusieurs sujets de conversations qu’on lui cachait. Il haussait généralement les épaules, ne portant que très peu d’attention à ce que les ragots pouvaient décrire à son sujet, et souriait innocemment. D’ailleurs, n’était-il pas qu’un enfant ? Une petite chose de onze ans qui ne valait pas rien, sinon de porter un avenir qu’on décriait comme intéressant, comme une grande majorité des autres personnes de son âge. Non, les gens ne lui jetaient pas des regards méchants, et c’était en cela que la nouveauté était étonnante. Ce n’était rien non plus de sympathique ou de pleinement heureux, mais il y avait de l’attente et de l’impatience, une incompréhension et un désir perceptible de connaissances.

Le grand bâtiment de l’académie était enfin visible. Naisen décrocha un regard à son égard mais reprit très vite sa marche vers son entrée. Les petits jardins qui l’entouraient défilèrent rapidement et l’Uchiha pénétra dans le hall de l’entrée avec satisfaction. La dernière fois qu’il avait mis les pieds ici, c’était pour qu’on lui délivre un bandeau au cours d’une épreuve qu’il avait trouvé simpliste. Ce passage, relativement bref, de sa vie, lui était paru anecdotique, presque inutile. Les connaissances qu’il avait engrangées lui semblaient pauvres et les relations qu’il y noua se retrouvaient quelque peu déstructurées par une demande trop peu pressante. L’enfant se dirigea immédiatement vers la salle des professeurs. Efficacement indiqué, Naisen s’arrêta devant sa porte et y frappa par pur politesse avant de l’ouvrir. Il y passa la tête et jeta un regard vif, tentant de faire une analyse rapide des personnes qui s’y trouveraient.

[Toraneko] – On peut t’aider ?

Naisen ouvrit la porte en entier et s’avança jusqu'à ce qu’il puisse la fermer. Assise devant une petite table, la jeune femme tournait quelques pages d’un petit livre. Lorsqu’on avait frappé à la porte, elle s’était aussitôt stoppée, attendant avec une patience presque sadique de voir qui en sortirait. Le visage tendu, un sourcil haussé, elle semblait attendre une réponse, une bonne réponse, tandis que son index et son pousse pliait le coin d’une page avec insistance.

[Naisen] – Je cherche Sayuri.

Ses deux sourcils retombèrent et se froncèrent. Dans un soupire exagéré, elle fixa son regard un peu plus intensément sur le visage de l’enfant tandis que sa main tordait littéralement la page que ses doigts agitaient plus tôt.

[Toraneko] – Tout le monde cherche Sayuri. Tout le monde aime Sayuri. Et Sayuri aime tout le monde. Qu’est-ce qu’elle peut faire pour toi la demoiselle ?

Il y avait quelque chose de nauséabond dans sa façon de présenter les choses. De nauséabond, et de jaloux, également.

Naisen cligna des yeux.

[Naisen] – Cela ne vous regarde pas. Je cherche juste Sayuri. Elle n’est pas là ?

Chiyoko se leva. Elle afficha d’abord un regard intriguée, mais lorsqu’elle fut intimement convaincue qu’elle venait bien d’entendre ce qu’elle avait entendu, il vira aussitôt en un rictus sévère et colérique. Ce n’était pas tant la remarque, qu’elle avait d’ores et déjà qualifiée d’insolente, qu’elle prit mal, que le ton neutre et appliqué, sérieux, de la phrase et le visage impeccablement livide de l’enfant qui restait droit devant elle. Si elle jugeait encore sur l’insouciance de Naisen ou sur sa parfaite provocation, elle était presque certaine de passer une mauvaise journée. Encore une autre. La chuunin se rapprocha dangereusement de lui mais Naisen n’esquissa pas un mot, pas un mouvement. Il se contenta de la regarder se déplacer dans sa colère sans que cela ne l’amuse ni ne l’effraie.

Parmi les rares professeurs que l’Uchiha avait rencontrés, il savait qu’il en existait de toute sorte et que certains n’étaient pas tout à fait des tendres. Néanmoins, il préféra ne pas se disperser par les personnalités complètement différentes du corps professoral et avait décrété pour lui-même – et pour les autres – qu’il serait bien plus simple d’aller droit au but.

[Toraneko] – Et si elle n’était pas là, comment aurais-tu fait ?

Naisen haussa les épaules.

[Naisen] – Je serais revenu demain. Est-ce que cela veut dire qu’elle ici ? Il sourit. J’aimerais vraiment lui parler vous savez.

Le visage livide de Toraneko n’était pas particulièrement beau. Ce fut la première chose qui vint à l’esprit de Naisen tandis qu’il tentait d’esquiver du regard le corps de la professeur qui était maintenant juste devant lui, afin de trouver au fond de la grande pièce la silhouette, devenue réconfortante par nécessité, de Sayuri. Lorsqu’il se rendit compte que, définitivement non, elle n’était pas visible, il se reporta sur le regard devenu terrible de Chiyoko.

[Sayuri] – Aller, Chiyoko, ne fais pas l’enfant. Regarde, n’est-il pas trognon ? Le visage basanée de Sayuri apparut subitement derrière l’épaule de Toraneko, un large sourire dévoilant deux rangées de petites dents blanches parfaitement alignées. Ah, et ton chat … Il est en train de dévorer ton livre de chevet.

La professeur fit un grand pas sur le côté, surprise et fusilla sa collègue du regard. Mais très vite, son attention se porta sur le félin qui s’était attaqué au livre qu’elle était en train de lire et dont elle s’était défaite avec l’apparition de Naisen. Après un soupire fatiguée, ses épaules tombèrent mollement et la jeune femme se dirigea sans broncher vers sa table de travail. Naisen la suivit du regard, toujours interrogé par la personne qu’il venait de découvrir. Il ne se posa guère plus de questions et se reporta alors sur Sayuri, dont le visage fin et féminin s’était discrètement collé au sien. Il recula d’un pas, amusé et lui lança un sourire satisfait.

[Sayuri] – Le fils d’Okane, devant moi, une chance inouïe ! Elle accompagna sa tirade d’un sourire sincère qui venait essuyer l’ironie dont la jeune femme semblait raffoler. Viens, entre, fais comme chez toi.

Elle n’attendit pas sa décision et s’enfonça aussitôt dans la grande pièce. Une multitude de tables étaient comme posées. On y devinait facilement une première et ancestrale organisation, chahutée par les allées et venues des professeurs depuis la nuit des temps. Quelques cendriers mal vidés empestaient encore la cigarette, trois petites plaques dégageaient des flammes qui chauffaient des tasses remplies d’eau en continu tandis que la chatière de Toraneko était posée en évidence au milieu de la salle. Le long du mur, au fond, les casiers s’entassaient tandis que trois étagères parfaitement alignées étaient remplies de livres un soupçon moins bien rangés. Naisen évolua dans ce monde qu’il trouvait à part, annexe et dont il imaginait déjà les histoires affriolantes ou effrayantes qui s’y étaient déroulées depuis toutes ces années.

Sayuri l’emmena un peu plus loin, derrière la petite bibliothèque. Sur une grande table entourée d’une multitude de chaises, elle avait posé quelques bouquins, trois tasses de cafés, un cendrier vide et son dévolu. Là, elle s’effondra sur son siège plus qu’elle ne s’y assit et, du regard, invita Naisen à s’en accaparer une. Sans faire attention à lui, elle versa un peu de thé dans les deux tasses et en poussa une négligemment vers lui tandis qu’elle portait la sienne à ses lèvres.

Elle la reposa et se tourna finalement vers lui.

[Sayuri] – Ton père va bien ?

L’enfant sourit et acquiesça d’un signe de la tête.

[Sayuri] – Tant mieux ! Cela fait longtemps que je ne l’ai pas vu, j’espère qu’il s’occupe bien de toi. Elle leva un sourcil intéressé. Ca fait un bail que je ne t’ai plus vu ici non plus. Toujours pas repris les cours ?

Naisen haussa les épaules, d’un sourire gêné.

[Naisen] –Pas eu le temps. Il s’est passé de drôles de choses au clan ces derniers temps …

Sayuri s’enfonça un peu plus dans son siège et, malgré son visage décontracté, Naisen crut lire un peu de sérieux dans son regard. Du peu qu’il s’était intéressé à la réforme du clan et des évènements qui l’avaient agité les jours précédents, il n’avait pas aperçu Sayuri. Il ne portait pas de conclusions spécifiques à cela. Naisen était très loin d’être au courant de tout ce qui s’y était déroulé. Il n’avait d’ailleurs jamais émis le souhait de s’y intéresser. Sans se soucier de quoi que se soit, il avait néanmoins été plongé des ces troubles, entraîné bien involontairement par son père.

Sayuri soupira, tandis qu’un bref sourire s’empara de ses lèvres.

[Sayuri] – Il parait oui. Ce ne sont pas tout à fait le genre de choses qui m’intéressent tu sais. Et je pense que quelqu’un de ton âge ne devrait pas y porter une attention quelconque. Elle se redressa. C’est pour me parler de ça que tu es venu me voir ?

Naisen s’empara de sa tasse et l’entoura de ses mains. Il haussa une nouvelle fois les épaules, indécis.

[Naisen] – Je ne sais pas. J’aimerai comprendre. Beaucoup de monde s’agite et … Il réfléchit une seconde aux mots qu’il allait employer. Je suis trop proche de tout ça pour comprendre ce que j’ai à y faire.

Okane avait été très explicite sur la question. « Reste en dehors de ce merdier, mon fils. » Cela lui avait paru un tantinet compliqué à assimiler. Les conséquences de la réforme fouettaient sa famille de plein fouet. Sa famille proche comme éloignée. C’était tout le Domaine du Corbeau qui s’était mis en émoi, et ceux voisins également. Le tourbillon qui avait pris le clan emportait dans un bourdonnement explosif chacune des personnalités de ces domaines et avec elles, leurs proches. Okane, oui, avait été stricte et sincère. Naisen ne savait pas s’il ne s’était pas rendu compte de la tâche que cela représentait mais l’impression de voir un fossé se creuser entre eux l’effrayait. Si bien que Naisen, pourtant délié de toute responsabilité, s’efforçait de le suivre du mieux qu’il pouvait.

De ne pas le décevoir.

[Sayuri] – Hum, écoute. Ton père n’est pas un … un crétin. C’est même quelqu’un de plutôt intelligent, voir même de particulièrement … Bref. Il y a plusieurs choses qui sont en train de changer, dans le clan, dans le village aussi. Tu ne le vois pas, tu le ressens peut-être, je ne sais pas, moi-même je ne suis sûr de rien sinon d’une chose : tu n’as rien à faire.

[Naisen] – Cela ne me concerne pas ?

Sayuri eut un petit rire amusé devant les questions de Naisen. Elles lui paraissaient particulièrement simples et pourtant, elles trouvaient leurs réponses si complexes à construire.

[Sayuri] – Tu sais, il y a des hommes et des femmes à qui l’on a donné le pouvoir de nous diriger. Pour que ça soit plus simple. Ils prennent des décisions pour toi, pour moi, pour nous, pour savoir comment nous allons vivre, comment nous allons évoluer et vers où nous allons tourner nos efforts. Alors si, cela te concerne. Ou te concernera un jour, pas maintenant, rien n’est encore fait. Elle but une gorgée de thé et continua. Son ton se voulait simple et articulé. Le clan n’a pas fait que des belles choses et il y a des gens, dont ton père, qui font en sorte, aujourd’hui, d’effacer ces choses-là pour en construire de nouvelles, plus belles. Ce n’est pas facile, tu sais, c’est même très compliqué, ça va prendre du temps et surtout, ça rend les gens particulièrement nerveux. Certains comme toi ne comprennent pas, d’autres ont peur, c’est tout à fait compréhensible. Il faut leur laisser un peu de temps et tu verras, tout rentrera dans l’ordre. Ce jour-là, je pense que tu saurais vers où aller. Mais tu n’as que onze bonhomme, tu ne devrais pas te poser ce genre de questions.

La main de Sayuri s’enfonça dans ses cheveux bruns et les fit voltiger sympathiquement. Le sourire de la jeune femme revint aussitôt qu’elle eut terminée sa tentative d’explication. Elle n’y sembla, aux premiers abords, pas tout à fait satisfaite, mais sa personnalité joyeuse et sympathique reprit très vite le dessus. Naisen eut un rire succin et plongea son regard dans le creux de sa tasse. Là, un mélange effrayant de peur et d’incompréhension s’y mêla.

Il en fit abstraction comme il put et porta la tasse à ses lèvres avec un sourire innocent.

MessageSujet: Re: Salle des Professeurs   Sam 9 Avr - 4:57

Sayuri avait ce regard déconcertant.

Ses yeux se plongeaient dans les siens avec une force incroyable. Mais étrangement, ils fuyaient avec vitesse pour décrire d’immense cercles autour de lui, s’attachant à tous les éléments du décor qui les entourait. Elle ne perdait pas une miette de leur environnement, elle ne voulait jamais être déconnectée de sa réalité. Et pourtant, Sayuri semblait s’être attachée à une réalité brièvement différente de la leur. Si tant est qu’ils aient tous cette même conception. Elle avait gardé un peu d’enfant en elle, une curiosité vivace, une envie oppressante qu’elle sentait vouloir combler pour tous les moyens. Son assurance, sa sérénité mêlée à cette passion inestimable pour le moment présent répandait autour d’elle une aura de satisfaction difficilement descriptible.

Naisen cligna des yeux, étonné. Il scruta tranquillement le livre ouvert dont elle avait commencé la lecture avant son arrivée, probablement. Ou avant que le chat gris de Toraneko ne vienne la dérange et qu’elle l’est, d’une manière ou d’une autre, renvoyer à des vacations plus personnelles. Il semblait bien évident que ses malheurs n’étaient pas tout à fait anodin et que Chiyoko avait du récupérer son animal de compagnie avec une attitude proche de la colère, découvrant le visage ironique de la jeune femme. Naisen tentait d’imaginer la scène, il n’y parvint que partiellement et se reporta très vite sur le moment présent.

L’ambiance tamisée de la salle rendait leur rencontre tout à fait particulière. Naisen ne connaissait pas tellement l’Uchiha qui lui faisait face, avec ce même sourire amical et décalé à la fois. Il l’avait d’abord aperçu quelques fois dans les couloirs de l’académie tandis qu’il s’escarpait dans quelques cours pour commencer sa formation. Et puis, très vite, le clan les avait reliés. Ce n’était rien d’exceptionnel, ni de bien profond. Juste, un lien, un élément de leur vie, de leur être, qu’ils avaient en commun. Un nom, en somme, rien d’autre, mais cela provoquait généralement une symbiose idéale. Naisen ne se doutait pas qu’elle avait été souvent déçue par les membres du clan qu’elle avait du rencontrée dans le bâtiment, mais décrivant son visage attendrissant et détaché à la fois, Naisen n’hésita pas de concevoir cette déception comme anecdotique dans l’idée de la jeune femme. Mais il n’avait osé faire ce premier pas et il avait découvert une personne intéressante, agréable, caractérielle mais toujours sincère, rarement surjouée. Sayuri avait ce pouvoir incroyable d’être elle, et c’était un élément de sa vie que Naisen n’arrivait ni à comprendre, ni à assimiler. Ce n’était pas tant la façon de se jouer que celle de comprendre le principe du jeu. La sensation de n’être qu’une enveloppe vide l’envahissait régulièrement et ce vide l’effrayait. Ou du moins, l’incompréhension paradoxale de sa présence. Naisen était un enfant charmant, mais qu’était-il de plus ? Réellement.

[Sayuri] – Aller, accouche. Elle lui adressa un sourire impatient. On va pas y passer des heures tu sais.

Naisen parut surpris. Plongé dans ses pensées, il l’avait presque oublié. Le temps lui avait paru ralentir et s’il avait bien senti le regard insistant de la jeune femme, il ne s’était pas rendu compte que le silence s’était éternisé dans quelques interminables secondes et qu’il en devenait presque désagréable.

Sayuri posa son menton entre les deux paumes de ses mains réunies et laissa son visage se reposer de toute émotion, comme en attente. C’était à proprement parlé cela. Une espèce de curiosité latente qui la tenait en haleine et la ferme intention de ne pas vouloir attendre plus longtemps. Pour une raison ou pour une autre. Naisen ne doutait pas qu’elle en avait un nombre conséquent à lui proposer.

[Naisen] – Quelle est la barrière entre le monde des rêves et le notre ?

Surprenant. Quelle était la direction de la question, que sous-entendait-elle, Naisen ne semblait guère plus au courant que la professeur. Elle leva un sourcil intéressé, intrigué également, tout aussi impatiente de découvrir ce qui se tramait à l’intérieur et à l’extérieur de cette interrogation. La réponse, elle ne lui vint d’abord pas à l’esprit, préférant s’immerger dans une explication beaucoup plus complexe et certainement moins réaliste de sa cause.

Son buste pencha en avant et son visage se rapprocha dangereusement du sien.

[Sayuri] – Il n’y en a … Elle lui lâcha un rictus amusé, tout en gardant ce fond perplexe qui en demandait plus. Pas. Pas à proprement parler.

Là, elle se renfonça dans son siège et fit couler un peu plus d’eau dans le fond de sa tasse. L’air ailleurs, sa bouche resta muette et son esprit semblait s’être perdu dans quelques pensées agars.

Lorsqu’elle revint à elle, elle constata que la mine intéressée de Naisen n’avait pas évoluée. Elle échappa un soupire presque inaudible et étala ses bras lentement sur la table.

[Sayuri] – Qu’est-ce que tu veux savoir à ce sujet ?

Son visage devint tendu, presque trop.

[Sayuri] – Les rêves sont personnels. Si tu veux découvrir ceux des autres, tu es un voyeur. Si ce sont les tiens que tu essayes de comprendre, tu es bizarre. N’essaye pas de t’aventurer sur ce chemin-là, il est complexe et dangereux. Ce n’est pas une aventure pour bonhomme de ton âge.

Naisen ne comprit pas tout ce qu’elle voulut insinuer. Les rêves étaient une chose particulièrement floue pour lui, si bien que les explications, aussi incomplètes furent-elles, et les mises en garde de l’Uchiha lui parurent d’autant plus incompréhensibles. Néanmoins, il fit mine d’acquiescer.

La main de Sayuri se déplaça subitement vers son poignet et le serra.

[Sayuri] – Eh, petit homme. Fais pas l’idiot.

Son emprise devint presque brutale. Naisen sentit une faible douleur frissonner son corps tandis qu’il jeta un coup d’œil discret à la main de Sayuri. Sa poigne se referma un peu plus fort et l’enfant se retint de gindre un faible cri. Il mordilla sa langue inférieur en guise de compensation, mais doutait de pouvoir garder secret son malaise. Si tant est qu’il dut le garder ainsi.

[Sayuri] – Promets-moi que le jour où tu voudras faire quelque chose de stupide à ce sujet, tu viendras m’en parler.

Il haussa les épaules, nonchalant, toujours platement neutre devant un danger que la jeune femme semblait exprimer mais dont il ne saisissait pas même les grandes lignes.

Naisen n’était simplement pas conscient de la question qu’il venait de poser. Ou, du moins, n’en comprenait-il pas lui non plus tous les tenants et les aboutissements. Dans son idée, s’il en avait une concrète et explicite, les rêves l’intéressaient autant qu’il les effrayaient. Cette conception floue, nébuleuse, aux aspects magiques, envoutants et chaotiques l’interrogeait. Il n’y voyait rien de matériel, bien sûr, c’était un rêve et il était assez grand pour le comprendre. Mais la réalité avec laquelle ses rêves mettaient un point d’honneur à préciser les descriptions le rendait perplexe. Cette sensation du réel si parfaitement retranscrite, ce sentiment d’être lu, compris, littéralement déchiqueté par une pensée bien au dessus de lui ; il ne trouvait aucun mot pour décrire cela. C’était une expression, une sensation. Un sentiment. Voila. Un sentiment, rien de plus. Aucun autre mot ne lui venait à l’esprit, finalement. Et malgré toute la bonne volonté de Sayuri, il n’aurait su mieux décrire son intention que d’en apprendre un peu plus, donner un autre nom, plus précis, à ce sentiment qui l’envahissait.

La main de l’Uchiha se raffermit un peu plus sur son poignet. Il grimaça sous la douleur grimaçante et d’un geste de la tête, acquiesça sobrement. Sans dire un mot de plus, elle le lâcha et reporta son attention sur la tasse qu’elle venait de délaisser. Un sourire nouveau rejaillit, un sourire pour en cacher un autre. Sayuri était difficilement lisible, d’autant qu’il ne la connaissait guère, sinon pour l’avoir côtoyé une ou deux fois. Elle l’avait aidé, un peu. Par sa simple présence, évidemment, elle lui avait rendu la vie bien plus facile.

Et il fallait croire qu’elle continuait. Même s’il avait plutôt la sensation d’être stoppé, net, pour une chose qu’il n’avait pas faite. La jeune femme lâcha un bref soupire qui reflétait un pan de son inquiétude.

[Sayuri] – Qu’est-ce qu’ils t’évoquent, à toi ?

Naisen leva des yeux globuleux. La question le troublait. Là, il comprit. C’était évident. Ce malaise qu’il ressentait à l’idée de répondre, elle l’avait ressentit elle aussi. Cela semblait être plus complexe, nécessairement parce que la juunin avait une connaissance des choses de ce monde bien plus poussée que la sienne et qu’elle devait avoir en sa possession assez de clés pour en comprendre les dangers et les menaces, mais l’idée première était-là.

Il prit le temps de réfléchir. Les pensées se bousculaient. Certaines lui vinrent rapidement à l’esprit, mais très vite elles furent renversées par d’autres, plus complexes, plus intimes. Ce lien, il ne l’avait pas assez étudié et Naisen se rendit très vite compte qu’il n’avait pas pris le temps ni la peine d’y réfléchir lui-même. Il aurait aimé, au fond de lui, que Sayuri lui donne une réponse claire, concrète, précise, mais lorsqu’elle la lui retourna, il saisit la complexité de la chose. Il n’y avait pas de définition de ce processus là. Il n’y avait rien d’autre que de vagues conceptions étranges, mystérieusement ensevelies par un brouillard mental dense et désagréable.

[Naisen] – J’ai l’impression d’être épié. Quelque chose en moi me regarde, s’accapare mes souvenirs et joue avec. J’aimerais comprendre, lui demander mais chaque fois que j’essaye …

Il eut un regard triste et amer.

[Naisen] – Il y a ce tourbillon. Il déchire tout. Je crie, et je me réveille.

On dirait qu’on m’en refuse l’accès, pensa-t-il.

Sayuri le regarda intensément. Elle cligna nerveusement des yeux et posa sa tasse sur la table sans dire le moindre mot. Quelque chose l’avait décontenancé. Non, peut-être pas. Intrigué. Inquiété peut-être, même si le mot semblait lourd, trop lourd. Elle semblait le sondé, il se sentit transparent, inexistant.

[Sayuri] – Il y a quelque chose en toi … Elle prit un air faussement grave. De ruisselant. Si, si. Je suis tout à fait sérieuse.

Là, elle se leva avec autant de détachement que l’intérêt qu’elle lui avait porté. Elle s’étira mollement et repris un air franchement décalé et posa deux doigts sur le front de Naisen. Elle le poussa en arrière d’un bref mouvement et émit un petit rire qu’elle voulut sinistre mais qui retentit comme un cri moqueur. Naisen répondit par un sourire intrigué mais préféra ne rien dire.

[Sayuri] – Va jeter un coup d’oeil dans la bibliothèque du clan, un livre devrait t’intéresser. Trouve-le, peut-être pourra-t-il t’aider. Elle enfila rapidement une veste d’un rouge pétant et passa une main dans ses cheveux en bataille. Je dois y aller bonhomme. Et n'oublie pas. Tu as promis.

Naisen la regarda partir avec mince sourire aux lèvres. Il sonda du regard le fond de sa tasse et avala le thé qui restait d’une traite. Là, il inspira péniblement l’air vicié de la salle et s’en imprégna jusqu’à s’être complètement reposé d’une discussion éprouvante.

Quelque part au fond de lui, pourtant, quelque chose s’était réveillé. Ce n’était pas bien distinct, ni réellement descriptible. Néanmoins, il trouva la force de se relever et sans adresser ni un mot, ni un regard à Toraneko, il passa le pas de la porte et s’enfonça dans un couloir.

Un œil au dessus de son âme.
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