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 Amphithéâtre Ninjutsu

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MessageSujet: Amphithéâtre Ninjutsu   Dim 16 Mar - 12:44

Rappel du premier message :

Note : La dénomination NINJUTSU comprend : NINJUTSU ÉLÉMENTAIRE, NINJUTSU NON ÉLÉMENTAIRE et NINJUTSU DE COMBAT.

***


Les élèves ne cessaient d'affluer dans la vaste salle. C'était l'une des quatre plus grandes salles de l'Académie, terminée récemment, et qui sentait encore le neuf. Les bancs se remplissaient rapidement, et petit à petit les quelques vides visibles se comblaient.

Tsubaki jouait avec une petite ficelle bleue, et n'en détachait pas son attention. Elle ne s'intéressait pas aux nombreux étudiants qui cherchaient à capter son regard. Elle ne s'intéressait pas plus à Daiki, qui serrait convulsivement son poing puissant. Son corbeau était accroché à son épaule et Tsubaki ne put s'empêcher de soupirer.

[Daiki] - T'as dis quequ'chose ?

Pour la première fois, Tsubaki releva les yeux.

[Tsubaki] - J'ai dis : ton bestiaux me crache sur la jupe ou le chemisier, je le fais cuire à point pour en déguster chaque os à midi.

Daiki se redressa si soudainement que sa chaise vola en arrière.

[Daiki] - Petite... !

[Reiko] - Daiki, on s'assoit.

Elle murmura plus bas.

[Reiko] - Et on ne menace pas ses collègues !

Elle suivit son propre ordre en s'asseyant derrière le large bureau prévu pour les professeurs en charge du cours.

[Reiko] - Bonjour à tous pour ce cours sur le Ninjutsu ! Par Ninjutsu, j'entends certes le contrôle du feu, mais également le combat par armes blanches et le Ninjutsu plus classique.

Elle sourit, et rapprocha le micro de ses lèvres.

[Reiko] - Nous serons vos professeurs pour cette matière délicate, et nous vous enseignerons de notre mieux la façon de la maîtriser.

Tsubaki laissait son regard dériver parmi les rangs étudiants et, de temps à autre, elle répondait à un sourire par un autre. Daiki, lui, regardait obstinément le fond de la salle. Reiko poursuivait son bref exposé.

[Reiko] - Je me présente : Reiko Kairi, en charge du corps enseignant dans son ensemble et professeur de Ninjutsu.

Elle se tourna légèrement et désigna d'un ample geste du bras Tsubaki.

[Reiko] - Voici Tsubaki Hasuno, qui tentera de vous faire passer sa formidable puissance.

Tsubaki répondit d'un petit signe de la main et d'un nouveau sourire. Elle pourrait bientôt partir, ha ! C'était Reiko qui s'occuperait de ce cours. Elle jugea préférable d'ajouter un petit mot, pour montrer qu'elle s'intéressait à ce qu'elle faisait - ce qui était un mensonge relatif.

[Tsubaki] - À plus tard, je vous attends nombreux !

[Reiko] - Et voici Daiki Senjago, qui maîtrise mieux que quiconque l'élément du feu.

[Daiki] - Vous aurez intérêt à devenir rapidement meilleur, c'est moi qui vous le dis. Je n'aime pas ceux qui lambinent dans les petites sections.

Reiko continua son tour d'horizon sans tenir compte du ton incisif de son collègue.

[Reiko] - Voici Hiryuu Gesshoku, qui devrait vous apprendre à vous hisser parmi les meilleurs.

Hiryuu eut un sourire étrange sur les lèvres.

[Hiryuu] - Ça, ça ne dépend que de vous. Moi, je sais ce que je vaux.

[Reiko] - Et enfin, voici Uchiki Matsuda, avec qui vous devrez rapidement bien vous entendre.

Matsuda se leva, tirant nerveusement sur ses gants. Elle sourit légèrement.

[Matsuda] - Je l'espère oui...

Reiko se tourna de nouveau vers l'assemblée d'étudiants. Dans les jours à venir, ils auraient certainement fait le tour de l'ensemble des professeurs du Ninjutsu.
Tssubaki fut la première à se lever, elle salua les personnes présentes et descendit de la tribune pour s'engouffrer dans l'une des sorties de secours. Daiki la suivit, lui laissant juste suffisamment d'avance pour être sûr de ne pas devoir se la coltiner pendant tout le trajet.

[Reiko] - Bien, commençons le cours...

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MessageSujet: Re: Amphithéâtre Ninjutsu   Mer 22 Sep - 12:37

Hokufu : + 8 XP - Technique validée.

MessageSujet: Re: Amphithéâtre Ninjutsu   Lun 29 Nov - 16:04

C’était encore plus impressionnant que ce que le jeune Yamanaka avait imaginé. L’académie lui semblait immense, encore plus que la maison dans laquelle il vivait, et tant de monde, tant d’animation. Le contraste était saisissant avec l’environnement qu’il avait connu jusque là. Des élèves plus ou moins âgés couraient et s’agitaient dans tous les sens, des cris et des discussions animés attiraient l’oreille de Minoru tandis que son esprit était lui occupé à ne surtout pas s’ouvrir aux pensées multiples qui l’entouraient. Dans un lieu avec autant de vie, le negametengai le rendrait fou il en était sur et le craignait.

A présent que devait il faire, ou devait il allait, il n’en avait aucune idée et se sentait totalement perdu dans ce monde nouveau. Soudain il aperçut Aoi, l’un de ses cousins plus agé que lui et qui devait devenir Genin cette année en train de discuter avec des amis dont plusieurs jeune fille qui semblaient très intéressées par le Yamanaka . Bien que timide et n’osant pas allé déranger son parent, il se décida quand même à s’approcher de lui, la présence d’un Yamanaka était un gage de sécurité pour le nouvel étudiant, il y avait toujours eu quelque un de sa famille autour de lui depuis sa plus tendre enfance.

Le dénommé Aoi le remarqua et lui parla ainsi.

Aoi- Hé Mino ! Alors t’as traîné les pieds ce matin… Désolé on t’as pas attendu mais il fallait que j’vois quelqu’un.

Minoru l‘air gêné - C’est pas grave… Dis Aoi tu sais pas ou il faut que j’aille par hasard ?

Une des amies d’Aoi remarqua alors notre jeune héros et se précipita vers lui.

Jeune fille - Dis donc Aoi, tu ne m’avais pas dit que tu avais un petit frère encore plus mignon que toi ! Viens avec moi j’vais t’accompagner !

Dit elle en prenant la main du jeune Yamanaka et en l’entraînant derrière elle. Minoru jeta un regard vers Aoi et vit bien au sourire de celui-ci qu’il n’avait rien à craindre d’elle.

Minoru- J’suis pas son petit frère et j’suis pas mignon… et ou on va ?

Elle lui fit un clin d’œil et lui montra du doigt un groupe d’enfant à peu près de la taille de Minoru au centre duquel trônait une grande et belle jeune femme.

Kira - J’m’appelles Kira, si tu as besoin de quelque chose et que je suis dans le coin, viens me voir il n’y a pas de soucis… Regarde tu vois la dame la bas c’est Kairi sensei, la directrice de l’académie, elle s’occupe des nouveaux pour leurs premier jours à l’académie va la voir, elle est sympa. Allez à plus tard et ne t’inquiète pas, ça va bien se passer.

Elle lui fit un nouveau clin d’œil et s’éloigna tandis que le jeune garçon lui faisait un petit signe de la main. Il venait pour la première fois de faire l’expérience de l’attirance qu’exerçaient ceux de son clan sur les autres, de l’aura et de la popularité des Yamanaka.

Reiko Kairi fit signe à tous de l’écouter et prit la parole.

Reiko- Bonjour les enfants, je suis Reiko Kairi, la directrice de l’académie et professeur de ninjutsu. Bien, suivez moi à l’intérieur ou nous ferons plus ample connaissance et où je vous expliquerez ce que l’académie et les autorités du village attendent de vous pour les prochaines années qui viennent. Allez en ordre et en marche !

Les enfants… elle ne pouvait pas mieux dire, il n’y avait que des gosses autour d’elle, une quinzaine dont l’age devait varier de sept à dix ans quasiment tous complètement perdus mais qui avaient retrouvés un peu confiance en eux suite au petit discours de la directrice. Pour le moment tout se passait plutôt bien pour Minoru, il n’était pas arrivé en retard et les quelques personnes dont il avait entendu la voie l’avait rassurées.

Le professeur et les nouveaux élèves pénétrèrent ainsi dans l’académie et rapidement dans ce qui se nommait l’amphithéâtre de ninjutsu. Tous s’installèrent rapidement, Minoru, timide et discret s’installa à l’avant dernier rang entre un garçon qui semblait avoir le même age que lui et une petite fille toute menue qui avait l’air terrifié par ce qui lui arrivait. Ses cheveux étaient aussi noires que ceux de Minoru étaient blonds et ses grands yeux bleues lui donnaient un air pur et innocent, ce qu’elle était sans aucun doutes. Le jeune Yamanaka se pencha vers elle et dit.

Minoru- C’est ta première journée à toi aussi ?

Question bète puisque Kira et la directrice avaient déjà mentionnaient ce détail, son groupe n’était constitué que de nouveaux étudiants. Mais l’attention n’était pas encore se qui caractérisait le blondinet.

Fillette- Oui… J’m’appelle Sona et toi ? Dis tu crois qu’on va rester longtemps ici ?

Minoru- Minoru… Heu je sais pas , mon cousin Aoi m’a dit qu’une fois il était resté deux jours et deux nuits entiere dans l’académie parcequ’un élève n’arrivait pas à répondre à une question… Mais je ne suis pas sur que ce soit vrai…

Evidemment et comme un peu partout dans le monde, l’un des plus grands plaisirs des ainés de Minoru était de se payer sa tete et de lui raconter les plus folles histoire que notre héros gobait sans difficultés.

La directrice scruta sa jeune assemblée puis parla.

Reiko- Vous savez tous, enfin j’imagine, ce que vous faites ici. En tant que membres de notre communauté vous étés tous déstinés à suivre la voie de nos ancêtres et la notre, la voie des shinobis. Et c’est pour vous préparer au mieux à cela que vous étés tous ici aujourd’hui. L’enseignement que vous recevrez à l’académie vous donnera les bases d’un pouvoir qui dépassent complètement le commun des mortels. Celui de contrôler ce que l’on appelle le chakra, ceux que d’autres appellent le pouvoir de réaliser des miracles.

Pas un bruit dans la salle, l ‘assemblée était soit captivé soit terrifiée… Ce nouveau discours n’était décidément pas terrible, trop solennel, trop grave. Elle décida de détendre l’atmosphère par un magnifique sourire et ajouta.

Reiko- Mais ne vous en faites pas trop, tout ira bien !











(en cours ^^)

MessageSujet: Re: Amphithéâtre Ninjutsu   Ven 3 Déc - 21:37

La jeune Genin était de sortie ce jour-là. Son entrainement à la maison était épuisant et difficile, elle commençait même à se demander si elle réussirait vraiment à maîtriser les techniques familiales un jour. Heureusement qu'elle était plutôt optimiste de nature sans quoi elle serait restée au lit à ruminer ses échecs.

Mais la journée était belle et elle se sentait suffisamment légère pour persévérer plutôt que de se laisser démonter. Il fallait qu'elle progresse, pas question de baisser les bras, on comptait trop sur elle pour qu'elle broie du noir.

C'est donc en sautillant que la jeune kunoichi se dirigea vers l'académie ninja.

Isae avait décidé de revoir les bases du ninjutsu, après tout elle n'avait pas une réserve de chakra très conséquente et s'épuisait plutôt vite. C'était gênant surtout pour son entrainement, comment avancer s'il faut sans arrêt faire une pause pour refaire sa réserve ?! D'autant que les techniques un peu avancées puisaient beaucoup dans les réserves et l'idée de s'évanouir ou pire à cause d'une réserve de chakra trop basse avait de quoi refroidir !

Elle s'était glissée dans le cours de ninjutsu de la directrice et s'était vite rendue compte qu'il n'y avait que des nouveaux, des aspirants... en même temps c'était prévisible !

S'étant mise au dernier rang et essayant de se faire toute petite pour ne pas se faire remarquer, elle entendit le jeune garçon à côté d'elle. Minoru ? Elle lui glissa à voix basse :

[Isae] Pour les deux jours et deux nuits c'est pas des blagues ! dit-elle avec un grand sourire et des yeux malicieux.

[Isae] J'm'appelle Isae. Normalement je devrais pas être dans ce cours mais c'est toujours bon de revoir les bases... surtout que chez moi ça a du mal à rentrer des fois... dit-elle en se frottant l'arrière de la tête.

Malheureusement pour elle, sa petite intervention auprès de son voisin n'était pas d'une grande discrétion et elle s'était suffisamment remarquée pour que le professeur intervienne :

[Reiko] - Mademoiselle Ryoufuu, vous allez pouvoir donner quelques explications à propos du chakra, n'est-ce pas ?!

[Isae] - Euh oui sensei ! dit-elle en se levant brusquement.
- Euh le chakra est l'énergie spirituelle qui court dans chaque être vivant... euh... elle circule dans des canaux et les tenketsu et... on malaxe son chakra avant de l'utiliser pour... pour... les techniques... euh... dit-elle en semblant se creuser les méninges.

[Reiko] - C'est tout ? Vous en êtes sure ?

Isae commençait à transpirer, elle était déjà Genin mais les question de cours était un mauvais moment à passer pour elle qui mettait un peu de temps à comprendre. Elle avait certes intégré comment malaxer son chakra mais sans une grande efficacité. D'ailleurs en parlant d'efficacité, elle eut soudain un éclair de génie et s'exclama :

[Isae] - Mais il faut faire attention au sens dans lequel on le malaxe sinon le flux est instable ! Et puis ne pas trop dépenser son chakra car sans chakra c'est la mort assurée donc il faut bien réguler le flux, c'est le Yokusei.

[Reiko] Bon ça suffira, vous en avez déjà dit beaucoup et je pense que certains n'auront pas tout compris d'ailleurs...

Isae s'assis en poussant un soupir à fendre l'âme. Si elle avait su qu'elle se ferait interroger, elle ne serait pas venue ! Elle envoya un nouveau sourire à Minoru en ajoutant :

[Isae] - Chui pas la plus douée mais si tu as besoin d'aide tu peux demander ! Enfin j'essaierai au moins de t'aider... dit-elle d'un air désolé.

Il lui manquait encore pas mal de confiance en elle, malgré ses capacités. Isae n'avait pas d'esprit combatif, c'était peut-être son plus grand défaut. Il lui faudrait probablement un déclic voire un coup de pied au fesses pour qu'elle sorte enfin ses griffes...


Sur le chemin, je ne regrette rien car même si le destin m'a contraint
J'ai le coeur chaud, les poings serrés et je regarde au loin l'horizon.


Age: 17 ans Taille: 1M67 Poids: 52Kg Village: Konoha Grade: Genin

MessageSujet: Re: Amphithéâtre Ninjutsu   Mer 8 Déc - 13:30

Mais pour l’heure il était question de maîtrise, celle du ninjutsu. Elle espérait bien comprendre enfin le Yokusei, savoir économiser son chakra était important, elle ne disposait pas d’une réserve importante comparé à d’autres Genin. Réguler le flux de chakra, c’était là le secret mais comment ? Il n’y avait pas une vanne ou un robinet à tourner pour régler le débit ! Et les explications scolaires n’étaient pas

[Reiko] Le Yokusei… certains auront peut-être du mal à appréhender le contrôle du chakra, et vous devrez apprendre à sentir le chakra s’écouler en vous et trouver une image ou une sensation vous permettant de le réguler, tout comme le fait même de le malaxer… Mais il faudra prendre chaque chose en son temps.

"Trouver une image ou une sensation" ?! C’était facile à dire mais à faire… Comment pouvait-on savoir ce que l’on devait sentir ou imaginer pour parvenir à contrôler son flux de chakra ? Cela demandait déjà de la concentration de malaxer et garder un flux suffisant pour produire une technique alors réduire le flux au minimum… pourtant, c’était vrai qu’Isae sentait parfois une drôle de sensation lorsqu’elle malaxait son chakra et l’utilisait, comme… un courant d’air, un souffle, une brise. Etait-ce là sa façon de sentir le flux de chakra ? Peut-être… et si c’était par son affinité Fuuton que son esprit donnait cette forme à son chakra ?

Ce n’était pas dans le caractère d’Isae de réfléchir longtemps, elle préférait largement la pratique et l’instinct. Elle eut un sourire en coin alors qu’un sentiment de confiance et de certitude prenait le pas sur le doute et les questions. Il n’y avait pas de doute à avoir, cette brise c’était son flux de chakra et maintenant qu’elle savait ce qu’elle devait ressentir, il suffisait de se concentrer afin de calmer ce vent le plus possible.

Regardant sa main droite, Isae décida d’essayer, c’était de cette façon qu’elle apprenait le mieux. Aussi elle malaxa son chakra, puis se concentra sur sa main pour y envoyer. Ecarquillant les yeux de surprise, elle le sentait, comme un courant d’air soufflant dans son bras jusqu’à sa main.

C’était ça ! Il n’y avait aucun doute !

Passé la joie de bien sentir le flux de chakra, Isae prit exemple sur sa respiration. De la même façon qu’elle peut expirer doucement, la kunoichi tenta d’apaiser le "vent" de chakra pour n’en faire qu’un léger souffle. Fermant les yeux, elle expira tranquillement et par la même occasion, réduit le flux de chakra vers sa main, le maintenant quelques instant avant de le relâcher.

Isae eut un franc sourire, relevant la tête pour regarder la professeur.

*Merci Reiko-sensei… grâce à vous j’ai enfin compris !* se dit-elle.

Elle avait finalement bien fait de venir à ce cours, même si cela lui avait valut de se faire remarquer et d’avoir l’air perdue au milieu d’aspirants… mais non seulement elle avait enfin compris le Yokusei mais elle avait aussi rencontré Minoru.

C’était une bonne journée en fait…


Sur le chemin, je ne regrette rien car même si le destin m'a contraint
J'ai le coeur chaud, les poings serrés et je regarde au loin l'horizon.


Age: 17 ans Taille: 1M67 Poids: 52Kg Village: Konoha Grade: Genin

MessageSujet: Re: Amphithéâtre Ninjutsu   Ven 17 Déc - 18:10

Minoru : +6 XP
Isae : +8 XP – Technique validée

MessageSujet: Re: Amphithéâtre Ninjutsu   Sam 9 Avr - 20:07

La salle était enfumée avant qu’il n’y pose le premier pas. Dans l’atmosphère étouffante du petit amphithéâtre, quelques étudiants s’affairaient. Beaucoup s’agitaient, comme pour se débattre, inutilement, et tenter de se débarrasser de ce nuage qui les enivrait et qui faisait cracher leurs poumons. Les enfants sont, décidemment, de bien petites choses. Naisen leva son regard vers le haut de la tribune. Une douzaine de rangées étaient visibles, les autres recouvertes d’une épaisse masse grise. Il en devina trois, mais n’y prêta aucune attention. Ce qui l’importait, c’était le regard noir et dégouté de ses congénères. Un sentiment d’inquiétude et d’impatience se mêla à une incompréhension générale presque folle. Là, ils avaient pénétré dans des lieux austères, viciés. L’image sordide de la classe parfaitement rangée, du professeur attentif, pédagogue, compréhensif et tout à fait agréable s’effondrait comme un vulgaire château de carte pris dans les bras d’une brise frivole.

Naisen avança d’un pas, d’un seul. Il découvrit le visage horrifiée d’une fille de son âge dont les yeux humides portaient les marques de quelques larmes involontaire que la cigarette aurait provoquées. Il ne fit rien. Son immobilisme le dégouta presque mais il n’eut le courage d’aller la voir. Quelque part, il avait en lui ce cynisme engouffré derrière une enveloppe de neutralité. Sans un mot, il la regarda courir vers le couloir tandis qu’il relevait le haut de sa veste pour tenter de combattre la fumée. Il échappa un sourire et marcha jusqu’au grand bureau de bois fièrement monté sur une petite estrade dont le parquet, vieilli, ne luisait plus. Son attention se reporta sur le cendrier, plein, qui accueillait une montagne de mégots et de cendres, étalées tout autour de lui avec la plus grande nonchalance.

Une ombre apparut. Naisen ne sut pas comment il lui fut possible de la distinguer, mais elle provoqua un bref courant d’air nauséabond qui bouscula le nuage immobile qui stagnait, bloqué par le plafond de l’amphithéâtre. L’enfant leva les yeux, intrigué par l’image qui venait de disparaître instantanément sous ses yeux et fut très vite déséquilibré par un coup violent qui le projeta aux pieds de l’estrade. La chute fut aussi lourde qu’inattendue. Naisen émit un bref cri de douleur et grimaça, tentant de se remettre sur son dos. Là, il se rassit et passa une main le long de ses reins, comme pour vérifier que la douleur ne serait que superficielle.

[…] – Tu pourrais t’excuser, imbécile.

Naisen se releva. Il frotta son épaule, encore sous le choc et leva lentement les yeux vers la haute figure de l’homme. Il y découvrit un regard noir et perçant. Une immense crête séparait son crâne en deux parties et sa musculature prononcée et mise à nue par une veste sans manches. Le buste gonflé, bien ancré sur ses deux pieds, il lui lança des yeux colériques tandis que ses mains s’ouvraient et se fermaient dans une poigne violente, explosive. Sa mâchoire se désaxait dans un grincement désagréable, crispant et mordillait sans ménagement le filtre d’une cigarette fumante. Naisen cligna des yeux et recula d’un pas.

Subitement, il se jeta sur lui et l’attrapa par le col pour le soulever dans les airs. Lorsqu’il fut à sa hauteur, il tira négligemment sur sa cigarette et propulsa la fumée directement dans le visage de l’Uchiha. Naisen toussota mais ne lâcha pas son opposant du regard, impatient de découvrir de ce dont il s’agissait. Un embryon d’affolement et de peur s’immisça en lui. Incontestablement, il ne comprenait pas, ce qui avait pour avantage de ne pas fondre en larme. Naisen lui jetait toujours des yeux nébuleux dans l’attente d’une réponse, d’une explication. Il le vit mordiller une dernière fois sa cigarette avant que sa puissante main ne s’en empare et la jette au loin dans un mouvement rageur.

[…] – J’ai dis : tu pourrais t’excuser.

Il fit craquer sa mâchoire.

[Daiki] - Imbécile.

Sans lui laisser le temps dire le moindre mot, il le lâcha et l’envoya voltiger quelques mètres plus loin. Naisen se releva difficilement. La douleur se fit plus intense. Il la localisa avec plus de facilités mais ne parvint pas l’éteindre si bien qu’en lui jetant un dernier coup d’œil, il préféra se retira dans quelques rangées de table un peu plus en hauteur. C’est là que l’ombre réapparut. Virevoltant au milieu de l’amphithéâtre, elle émit un cri strident et survola leurs crânes avec une vitesse impressionnante. Ses grandes ailes déployées, une brève bourrasque les bouscula. L’oiseau noir se posa finalement sur l’épaule de l’homme, toujours droit sur l’estrade et qui les observait avec un regard colérique. Ses deux ailes se refermèrent dans un grand battement et un dernier cri finit de capter leur attention. L’immense corbeau se calma et enfonça ses serres dans la chair de l’homme.

[Daiki] – Je m’appelle Daiki, et j’suis votre prof. Pas de bavardages, pas de questions, pas de problèmes. J’veux pas grand-chose, juste le silence et un peu d’a … Il plongea sa main dans sa poche et en sortit deux petits shuriken et les balança vers le premier rang. Les deux étoiles de métal s’enfoncèrent dans le bois du bureau qui séparait deux étudiants, ce qui stoppa net leur discussion. Un peu d’attention.

Lentement, il s’installa derrière son bureau. Son corbeau, toujours perché sur son épaule leur jetait des regards mauvais et les observait avec une précision diabolique, impatient de trouver la faille. S’enfonçant dans le fond de son siège, il gesticula, grimaça, lança quelques injures gratuites et renifla bruyamment. Il émanait de sa personne une aura chaotique, une impression de destruction sans lendemain. L’air détaché, il attrapa une cigarette d’un paquet aux contours défaits et dans un claquement de doigt, l’alluma. La petite explosion eut raison de leur attente. La salle avait arrêté de respirer. Le choc les avait surpris et un à un, Naisen les regardait baisser les yeux, rassuré par l’origine de l’explosion. Daiki tira sur sa clope et lança la fumée dans les airs.

[Daiki] – Le feu n’est pas un élément pour les tapettes. Vous êtes des tapettes ?

Il laissa un silence malsain terminer sa phrase. Comme s’il attendait une réponse …

[Daiki] – Vous êtes des gamins. Vous ne valez rien. Et c’est à moi qu’on demande de l’aide …

Il soupira puis continua.

[Daiki] - T’as un problème en haut ?

Il jeta un regard rageur vers l’un d’entre eux.

[Daiki] - T’aimes pas ma manière de fonctionner ? Ecoutez moi bien bandes de larves, j’suis pas là pour vous tenir la main. Moi, vot’ main, j’l’explose, c’est compris ?

Ils comprirent.

Là, il se leva et s’avança vers les premiers rangs. Son regard noir devint plus étouffant, il les englobait tous dans un monde sans souffle, dans un monde vicié. Naisen retint sa respiration quelques secondes, craignant de ne pas sortir indemne de ce cours. De ne pas en sortir moins indemne, en fait.

[Daiki] – Bakuyatachi. C’est la base du chaos. On l’appelle le toucher explosif, moi je l’appelle le « C’toi le loup ». Il y a pas beaucoup d’entre vous qui vont aimer le corps à corps. Vous êtes là pour apprendre à faire mumuse loin du danger ? Non, vous allez morfler, stupides petites choses. Et la meilleure chose que j’puisse vous apprendre, c’est de faire fermer la gueule du p’tit con prétentieux qui va venir vous emmerder. Il leva son index et son majeur dans les airs avec un air triomphant. Et un peu bête. Deux doigts. Deux putains de doigts et vous lui collez la raclée de sa vie. Il tourne, il tourne, il tourne, l’grand méchant et …

Il tournait sur lui-même en même temps qu’il parlait jusqu’à se stopper face à eux, l’air effrayant, un rictus terrifiant sur son visage tandis que son corbeau s’était envolé dans les airs. Il tendit sa main vers l’avant tandis qu’une étincelle les gifla tous et qu’une impressionnante dose de chakra pénétra les lieux. Naisen suffoqua presque sous la densité de l’énergie. Le nuage de fumée prit des couleurs pourpres, tira vers un orange nauséabond qui s’infiltrait dans tous les interstices de la pièce.

[Daiki] – BAAM !

Daiki tourna sur lui-même dans de grands mouvements de bras qui brassèrent l’air. Une explosion retentissante claque au visage des premiers rangs tandis qu’un brasier impressionnant disparut aussi vite qu’il était apparu. Une sinueuse odeur de brûler se répandit dans toute la classe tandis que le professeur s’arrêtait de gesticuler et leur lançait un regard satisfait, narquois et malsain à la fois. L’explosion avait littéralement bousculé le nuage de fumée en deux. La fumée noire qui en émana vint compenser le trou béant. Naisen ouvrit machinalement sa bouche pour faire disparaître le tampon d’air compressé qui recouvrait ses tympans et tenta de trouver le visage décomposé des étudiants du premier rang dont les vêtements avaient sévèrement noircis.

Un silence de mort les toucha.

[Daiki] – Il est là, le con. Tout près. Et … « Hop, touché, c’toi l’loup ! ». Beaucoup de chakra, beaucoup de dégâts. Le reste, on l’emmerde. Entre deux doigts, juste entre deux doigts, vous concentrez votre chakra. Il manque cette putain d’étincelle, un corps, de la chaire, n’importe quoi, on s’en branle. Tu t’en branles pas ?

Il se rapprocha dangereusement d’une jeune fille assise au premier rang et posa son visage contre le sien.

[Daiki] - Alors dégage, pétasse. Moi j’m’en branle. C’est de la violence qu’il faut. L’énergie, quedal. De la violence, de la colère, bouffez de la rage au p’tit dej, j’en sais rien, j’m’en fous, mais faites péter tout ça.

Je vous emmerde, d’ailleurs, pensa-t-il très fort.

[Daiki] – Si vous arrivez pas à comprendre ça, vous pouvez dégager, moins j’vous vois, mieux j’me porte. Les autres, maintenant que vous savez faire, on passe à la suite.

Trois d’entre eux se lèvres aussitôt, rangèrent aussi rapidement qu’ils le purent les quelques affaires qu’ils avaient à peine eu le temps de sortir de leur sac et se dirigèrent vers la porte. Daiki ne daigna pas leur adresser ne serait-ce qu’un regard et en vérité, c’était heureux. Sans nul doute que s’il avait vraiment voulu porter une quelconque attention à ces désistements, il aurait décidé de ne pas bien le prendre et la suite, ils la devinaient tous. La porte se referma derrière eux et un nouveau silence morbide s’installa.

Daiki revint jusqu’à son bureau, continuant de tirer sans s’arrêter sur sa cigarette. C’était peut-être bien la troisième, la quatrième, depuis qu’il avait pénétré les lieux. Il les enfilait avec une rapidité ahurissante et s’amusait parfois à les jeter sur une ou deux bouilles trop candides à son gout. Parfois, il imaginait le mégot exploser, les défigurer, prendre flamme à leur contact. Sa mine déçue était salvatrice. Naisen resta là, assis au fond de sa chaise et se fit tout petit. Il espérait que l’explosif professeur ne le remarque, qu’il ne remarque personne autour de lui et qu’il continue son cours comme il l’avait commencé.

En s’intéressant seulement au premier rang.

MessageSujet: Re: Amphithéâtre Ninjutsu   Lun 11 Avr - 18:32

Daiki Senjago était un personnage très particulier. Loin de s’en moquer, Naisen ne cessait de l’observer. Le coup qu’il lui avait infligé au début du cours était toujours douloureux et même si cette douleur n’était pas gênante en soit, elle restait désagréable et portait en elle la marque d’un homme violent et colérique. Néanmoins, Naisen ne cessait de douter de la sincérité du jeu jouer par le professeur. Toutes ses mimiques, toute sa gestuelle, sa manière de parler, de s’adresser aux autres, d’enseigner, l’ensemble de son œuvre ressemblait à un mauvais rôle dans une mauvaise pièce de théâtre. Naisen crut bien qu’il se moquait d’eux et que le masque allait tomber, à un moment ou à un autre, mais jamais Daiki ne parut plus sincère qu’à mesure que le temps passait. Son grand corbeau flirtait avec leurs crânes et s’envolaient dans de longues parades aériennes, n’hésitant pas à paraphraser son maître de longs cris stridents.

Quelque part, il l’intéressant. Il l’attirait. Non, bien sûr, Naisen ne se reconnaissait absolument pas dans l’attitude qui découlait de la personnalité du professeur, mais il fallait tout de même lui attribuer une qualité. Si, au fond de lui, il n’était pas un autre homme, s’il ne cachait pas une humanité fragile qu’il trouvait honteuse, s’il jouait juste, si sa partition s’avérait véridique alors Daiki était certainement l’homme le plus vrai que l’enfant n’ait jamais rencontré. Il y avait fort à parier qu’il ne se laissait que très rarement marcher sur les pieds, qu’il menait son petit train de vie comme il le désirait et que dans chacune des circonstances qui puissent arriver à lui, il prenait la décision qui lui convenait le mieux sans se soucier ni des conseils des autres, ni des répercussions que cette décision pouvait avoir sur elles.

Outre le personnage, il y avait un lui un véritable brasier incandescent. La technique qu’avait relâché le professeur avait l’air passablement simple ou, tout du moins, parmi les moins complexes à aborder et pourtant, il l’avait exécutée avec une telle aisance et une telle puissance que Naisen n’osait imaginer ce qu’il saurait faire avec quelques arcanes plus poussés et bien plus violents. Plus à son image. L’espace d’un instant, l’Uchiha se questionna sur sa crédibilité à suivre ce cours, à suivre cette voie. Le caractère enflammé de Daiki lui rappelait combien l’élément était incontrôlable, aléatoire. Il lui semblait aussi irrégulier que dévastateur et l’idée de ne pas pouvoir complètement maîtriser cet attribut l’effrayait. L’idée de devoir s’attacher à une personnalité telle que celle de Daiki l’horrifiait d’autant plus.

Etrangement, il devait s’en assurer. Malgré ce que cela semblait impliquer, Naisen prit la décision de se lever, de rassembler un peu de son courage et d’hausser la voix.

[Naisen] – Excusez-moi …

La salle se retourna et un silence mortel s’installa. Daiki resta la tête penchée vers le bureau, le regard fixé sur sa cigarette. Il léchait chaque seconde muette qui s’écoulait avec une déliquescence cruelle. Sa langue sortit de sa bouche et lécha lentement ses deux lèvres desséchée. Avec la même patience, il leva peu à peu les yeux vers la voix qui venait de s’élever. Un sourire malsain était apparu sur son visage, dans un rictus monstrueux. Daiki jouissait. Un petit rire étouffé sortait de sa gorge, un rire jubilatoire aux consonances graves et d’autant plus terrifiantes. Daiki finit par croiser son regard et resta fixé dessus. Son corbeau se posa sur son épaule dans un balai de plumes et de petits cris désagréables.

Néanmoins, Naisen resta debout et attendit que le professeur soit entièrement tourné vers lui.

[Naisen] – Il faut être comme vous pour maîtriser ces arcanes ?

Daiki changea du tout au tout. Sa surprise s’exprima très nettement sur son visage qui s’était aussitôt détendu, prenant une expression plus simple d’étonnement. L’espace d’un instant, il chercha quoi répondre, mais il ne réussit à extirper de cette réflexion qu’une soupe de mots bafouillés et inaudibles. Naisen sentit bien que son professeur peinait et, sans exprimer aucune pitié pour autant, décida de préciser.

[Naisen] – Je veux dire : il faut forcément être méchant ?

La classe arrêta de respirer une nouvelle fois. Autour de lui, les regards restaient fixés, parfois clairement amusés par son ton enfantin et l’insolence involontaire avec laquelle Naisen avait formulé ses deux questions. D’autres apeurés, attendaient la sanction avec une impatience perceptible, espérant du plus profond de leur âme de ne pas la partager avec lui. Certaines semblaient même lui en vouloir d’avoir levé la parole et d’user de tels mots. Mais de manière générale, un bon nombre d’entre eux voyaient en lui un certain courage. Un courage suicidaire. Mais du courage tout de même. La suite allait être, dans tous les cas, passionnante.

Le bout de sa cigarette toucha le verre du cendrier. Daiki la posa, d’abord, relativement délicatement. Puis, se rendant compte de l’absurdité de son geste, il la jeta entièrement dans le petit réceptacle et l’écrasa de son poing fermé. Ses yeux nébuleux se plissèrent enfin et sa mâchoire se referma avec une férocité restée presque insoupçonnée. Avec un sourire rageur, il se leva, fit éclater un à un chacun de ses muscles proéminents et fit un pas en avant. Son regard s’avérait presque sérieux, quoi que furieux.

[Daiki] – Tu me trouves méchant, le mioche ?

Il grimaça. Dans un raclement de gorge sonore, il fit un nouveau pas et se retrouva devant le premier rang. Là, son regard se fit plus précis, plus insistant. Pour la première fois depuis le début du cours, il s’intéressait réellement à l’un d’entre eux même si Naisen doutait que ce soit pour le meilleur.

[Daiki] – T’as p’tètre quelque chose contre ma manière de procéder ? Vas’y , lance-toi, puisqu’il semble que y’a que toi qu’a des couilles dans cette pièce ?

Du respect ?

Non, certainement pas.

[Naisen] – C’était une observation. Je voulais savoir.

Il sourit un peu plus, laissant apparaitre deux canines pointues.

[Daiki] – T’aimerais que je sois gentil ? Que j’vous respecte tous, que je vous câline ?

[Naisen] – Non, je vous aime bien comme ça.

Les épaules du Senjago tombèrent aussitôt. Il cligna des yeux machinalement et resta statique, immobile devant la réflexion.

Naisen n’avait pas réellement menti. Lorsqu’il ouvrit la bouche, il eut la nette impression qu’il agissait en hypocrite, comme pour sauver sa peau d’une mauvaise situation, une situation qu’il avait probablement mal évalué. Mais rapidement, il se rendit compte qu’il n’en était rien. Le ton de sa voix avait été placidement neutre, impeccablement sec et franchement sincère. Bien qu’il ne portait pas Daiki dans son cœur, et d’ailleurs, il était bien trop tôt pour évaluer qui, dans cette salle, serait de bonne ou de mauvaise compagnie, il y avait quelque chose dans cet homme qui l’attirait, qui l’intriguait et qui le passionnait. Contrairement à une grande partie de l’amphithéâtre qui resta tout aussi surpris par cette dernière allocution, Daiki ne le rebutait pas. Il lui faisait un peu peur et l’idée de devoir subir les foudres du professeur semblait horrible et mortelle. Néanmoins, Naisen ne trouva aucune raison réelle de le haïr et de manière tout à fait simpliste, il l’avait facilement classé dans les catégories de ceux qu’il aimait bien. Jusqu’à ce qu’il lui prouve qu’il n’y avait définitivement pas sa place, qu’il était un homme mauvais. Un visage double pour un monde bien plus complexe. Mais Naisen avait toujours procédé ainsi.

[Daiki] – Tu m’aimes bien comme ça ?

Il afficha des yeux ronds presque terrifiés. Il cria.

[Daiki] – Tu m’aimes bien comme ça ?!

Daiki répéta machinalement sa question comme pour prendre conscience de l’impact qu’elle pouvait avoir, de sa signification profonde et des conséquences que cela aurait sur la réalité. Lui. On l’aimait bien. Cela lui semblait complètement inimaginable. Ses poings, clos, serraient un cou invisible et contractaient chaque muscle de ses bras dans un impressionnant spectacle. Néanmoins, il semblait que sa colère ne puisse s’effondrer sur personne, sinon d’autres innocents – ce qui, en soit, ne serait pas un mauvais choix. L’idée de l’attaquer personnellement lui sembla délicate. Pourquoi ? Etrangement, il n’en savait rien. Peut-être parce qu’effectivement, il avait eu les couilles de se lever et d’être franc. Il en douta, quelques moitiés de secondes mais rapidement, le regard froid de son élève le persuada du contraire. Non, il était bien là, devant lui, à l’aimer. A l’aimer. A l’apprécier, préféra-t-il corriger.

Du respect ? Bordel non, non, il ne pouvait pas le respecter. Mais il ne pouvait pas non plus le détruire en un claquement doigt, non, il ne pouvait pas. Alors que devait-il faire ? Comment devait-il agir ? Bordel, n’avait-il pas été assez chiant, n’avait-il pas été un connard fini, un salopard de première ? Est-ce qu’il s’était fait chié à emmerder le monde depuis qu’il s’était extirpé du placenta de sa putain de mère porteuse pour qu’on vienne lui dire qu’au fond, on le supportait ? Non, cela il devait le punir. Mais d’un autre côté, sa question l’intéressait.

Son esprit démoniaque le démangeait. En pleine action, il fumait. Peut-être pourrait-il retourner la situation à son avantage. Peut-être. Il devrait faire des sacrifices, comme faire avec cet imbécile amoureux, mais finalement, il arriverait toujours à avoir raison, à montrer sa supériorité.

L’impression de se sentir tenu par les couilles le rebutait. Mais, merde, il n’allait pas se torturer l’esprit pour un bambin de onze piges.

[Daiki] – C’est quoi ton p’tit nom, le mioche, dis-le moi.

Son attitude changea du tout au tout. Il parut sérieux, mais il dégageait de lui une ironie latente parfaitement perceptible. Naisen hésita à l’interpréter ainsi mais il s’avérait que le rôle que jouait Daiki ne lui ressemblait absolument pas et qu’il semblait même lui être incompatible. Avec la même franchise, sans aucune hésitation, il répondit.

[Naisen] – Naisen. Naisen Uchiha.

Daiki eut un petit rire jouissif.

[Daiki] – Un Uchiha, putain. On a un Uchiha. Il renifla bruyamment. Okay Naisen. T’as pas l’air d’être un connard, j’me trompe ? T’as l’air d’être un petit enfoiré droit dans ses bottes hein ?

Il hésita, puis hocha lentement de la tête, acquiesçant du regard.

[Daiki] – M’en doutais. Alors puisque t’es une petite merde innocente et fragile, selon toi, tu s’rais pas capable d’allumer ta clope en claquant des doigts ?

Daiki monta quelques marches de l’escalier qui menaient aux gradins de l’amphithéâtre. Les élèves baissaient leur regard en constatant que le Senjago s’amusait à leur lancer des yeux incandescents puis se retournaient impatiemment derrière lui.

[Daiki] – C’est ça ton raisonnement ? C’est ça qu’tu veux savoir. Bah c’est simple, microbe. Tu vas la lancer, la technique.

Il arriva à sa hauteur avec un sourire démoniaque.

[Daiki] – Et t’as intérêt à la lancer avant moi, gamin.

Naisen eut l’air subitement perdu. La situation telle qu’il l’avait envisagé ne se terminait en aucun cas par une mort rapide et puissante. Mais à bien y réfléchir, il n’avait prévu aucune fin. Il ne s’était pas enquillé d’une quelconque spéculation sur l’avenir, se doutant bien que cela lui nuirait. Sa seule hypothèse avait été que Daiki s’occupe de lui de manière lente et tortueuse. Qu’il le fasse souffrir, longtemps. Mais là, il s’était peut-être trompé.

Lorsqu’il se rendit compte que Daiki n’avait pas perdu une seule seconde et que ses deux mains s’étaient entremêlées à une vitesse ahurissante, il eut un réflexe inattendu. Il l’imita. De tête, il tenta de se remémorer leur composition et leur signification tandis qu’il sentait le regard impatient de Daiki fouetter son visage. Une onde d’énergie s’empara de son corps. Naisen crut ne plus sentir son cœur battre jusqu’à ce que son flux sanguin devienne finalement presque trop sonore, inquiétant. Sans trop comprendre comment, il libéra une partie de son chakra dans ses deux doigts et là, l’explosion retentit. Une autre, bien plus impressionnante la précéda d’une trop petite seconde. La chaleur s’accrut. Elle devint rapidement insupportable. Une impressionnante nappe de chakra l’entoura. A son contact, elle lui brûla la peau, rongeant les fibres du tissu de sa veste. Naisen sentit ses pieds décoller du sol. Une flamme gigantesque explosa devant son visage tandis qu’il semblait voler.

Le contact de la table derrière lui fut plus intense qu’il ne l’aurait parié. Son dos s’écrasa dessus avec une violence effrayante. Il émit un cri plaintif qui se perdit dans le fracas des deux explosions, puis son corps retomba à même le sol avec la même violence. Daiki eut un rire diabolique et avec ce même sourire sadique attrapa le col de sa veste et le tira à lui.

[Daiki] – Tu vois, t’avais raison gamin. T’es trop gentil.

Il s’arrêta une seconde, son visage redevint étrangement neutre puis une étincelle illumina son rictus qui se retendit en un circonspect masque monstrueux.

[Daiki] – Recommence.

Daiki le lâcha et le regarda lutter pour tenir debout. Il leva sa main dans les airs et lui infligea une puissante gifle. De la même manière, il l’attrapa et le remis sur ses pieds, l’air grave, colérique.

[Daiki] – RECOMMENCE !

Naisen effectua un effort sur lui-même pour se concentrer à nouveau. La deuxième explosion fut plus puissante. Il fut éjecté un peu plus loin, tandis que Daiki continuait de rire dans un gémissement jubilatoire. Il laissa l’enfant se relever tout seul et reprit un air plus sérieux, plus grave. Sa colère sembla s’être dissipé tandis qu’il s’adossait contre le mur et allumait tranquillement une cigarette.

[Daiki] – Tu sais qu’y a des gens intelligents ? Ils s’sont intelligemment dit qu’y aurait des p’tits minables dans ton genre qu’arriveraient à rien. Parce qu’ils étaient faibles. Parce que c’était lavettes. Alors ils ont inventé une technique qui les aid’raient à manipuler un peu plus intensément les flammes.

Il pointa un doigt victorieux vers le haut.

[Daiki] – Netsuretsu Shinzou. Le cœur ardent du shinobi. Moi j’l’appelle le « Kaboum Plus Plus » . Il fixa Naisen intensément. Ecoute moi bien mon p’tit gars, parce que c’est pour toi que je dis tout ça. Les autres, z’ont pas les couilles. C’est un p’tit truc qui va t’aider, alors sois attentif. Tu sais comment on fait ? Bah on fait rien. Tu mets du chakra partout, tu te laisses immerger. Et ensuite, ça pète. Suffit d’avoir l’courage, microbe. T’as du courage ?

Naisen resta immobile et muet.

[Daiki] – Alors fais moi péter tout ce merdier.

La nuit commençait presque à tomber. L’heure était passée. Atrocement. Naisen jeta un coup d’œil à ses vêtements noircis par les flammes. Il tenta une longue inspiration mais l’odeur proéminente de la cigarette l’en empêcha. Il ne sentait plus ses mains, rougies, ses pieds semblaient ne plus vouloir lui répondre tandis qu’il peinait à garder la tête droite, de fatigue. Entièrement vidé de sa substance, l’Uchiha décida qu’il était temps de s’assoir, ce qu’il fit sans s’occuper de la réaction de Daiki. Son énergie semblait s’être dissipée dans sa totalité. La chaleur ambiante devenait peu à peu insupportable tandis qu’il tentait de compter le nombre de fois où Daiki l’avait fait répéter sa technique. Ce n’était qu’avec un doigt rageur qu’il avait conclu leur séance et qu’il avait décrété, à l’unanimité avec lui-même, que si l’Uchiha devait continuer, ce n’était que pour son plaisir personnel mais que de ce plaisir-là, il en avait assez profité pour la journée, que continuer deviendrait malsain. Plus malsain que cela ne l’était déjà, probablement.

La salle se vida rapidement. En une petite minute, Naisen se retrouva seul, assis au premier rang, exténué. Il tentait de combattre les nombreux picotements que l’utilisation à répétition du cœur ardent avait provoqués en lui. Il jeta un regard fatigué vers Daiki, assis derrière son bureau et qui s’amusait à se balancer dangereusement, la clope au bout des lèvres. Le Senjago ne semblait porter aucune attention à l’Uchiha tandis qu’il se levait et rangeait les quelques affaires qu’il avait sorti. Rapidement, il posa son sac sur l’épaule qu’il avait encore plus ou moins intacte et sans dire un mot, se dirigea vers la porte.

[Daiki] – Evite de poser des questions stupides la prochaine fois, gamin.

Naisen s’arrêta, tourna la tête vers le professeur qui fixait toujours un horizon invisible, tirant sur sa cigarette avec nonchalance. Il haussa les épaules et ne répondit pas.

[Daiki] – Aller, casse-toi. Demain j’veux une autre décla’ d’amour. Il ricana. Plus persuasive celle-là. Maintenant dégage.

Naisen se retourna et se remit à marcher. Il devinait déjà le sourire satisfait de Daiki, sa position insolente et sa satisfaction agaçante devant le spectacle de la classe vide.

Non, décidemment, il n’arrivait pas à le haïr.

MessageSujet: Re: Amphithéâtre Ninjutsu   Ven 15 Avr - 11:48

    Naisen ( Niveau 5 )
    : +0% Bonus Inclus
    : +33 XP - Techniques Validées

    : Je crois que c'est l'une des toutes premières fois qu'on voit ce cher Daiki apparaître dans un RP. Et c'est réussi ! Avec toute cette fumée, il en ferait presque de l'ombre à Naisen. Très bonne petite session d'apprentissage =)
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MessageSujet: Re: Amphithéâtre Ninjutsu   Jeu 5 Mai - 1:30

Un enfant qui passe, une glace dans une main, la main de sa mère dans l'autre. À la terrasse d'en face, des petits vieux semblent jouer au shogi, un thé posé à côté et patientant bien sagement d'être dégusté avec soin et plaisir; une fois que le coup aura été joué. Le type qui les salue, là, c'est le restaurateur d'à côté. Comme tout le temps, il passe un coup de balais devant son commerce pour le rendre plus accueillant ; ou pour que les clients ne salissent pas trop l’intérieur en entrant.

Au milieu de tout ça, un oiseau qui se moque éperdument de nos petites activités. Lui, tout ce qui l’intéresse, c’est ce bout de pain qui traîne au milieu de la rue. Ha… le centre-ville a ses charmes et ses mystères. Ici plus qu’ailleurs, peu importe qui l’on est, au final on ne représente que le petit bout d’un grand ensemble. Un ensemble qui perdure ; peu importe notre présence ou non.

Je n’explique pas ce frisson qui me parcourt quand je pense à tout ce monde qui avance inéluctablement, sans que je ne puisse rien y faire. C’est magnifique et, à la fois, tellement effrayant. On n’y peut rien.


- « Je savais que tu serais ici. »

Cette voix, je la reconnaitrais entre mille. Elle a raison, dès que je veux tuer le temps, je me retrouve dans les mêmes endroits. La librairie, ma chambre, parfois le parc, parfois ici. Exactement ici. Les marches de ce salon de massage, piège pour les voyageurs, offrent un sacré perchoir, à deux pas seulement de l’académie. C’est un bon endroit pour observer la petite vie des gens. Une petite vie qu’un jour je protègerai...

- « Comment ça s’est passé ? »
- « Franchement… c’était décevant. »
- « Ah ? Pourquoi ? »

Décevant, c’est bien le mot. Après tout, c’est un choix de vie que l’on fait lorsque l’on se présente à l’académie. Je m’attendais à des tests bien plus poussés. Au lieu de ça, on te fait remplir un questionnaire et tu te présentes devant un jury de trois personnes qui examinent sous tous les angles ta façon de répondre. A la fin des questions la première page de ton dossier est tamponnée. Un gros « Réformé » vient barrer le texte si tu n’es pas apte à suivre une formation et, dans le cas contraire, « Engagé » vient s’inscrire au même emplacement.

- « C’est sans doute suffisant. Tu as des professionnels devant toi, non ? Il faut leur faire confiance. »
- « Evidemment. Je ne vais pas commencer à tout remettre en question, sinon j’en ai pour une vie de lutte et d’enfermement. On ne change pas le système aussi facilement. »
- « Et tu ne devrais pas être en cours ou quelque chose comme ça ? Je me rappelle que Risa-nee avait commencé immédiatement. »
- « Pour dire vrai, on fait un peu comme on veut. Les cours sont ouverts tout le temps et l’on se présente si l’envie nous prend. Je pense que je commencerai demain ou, si je m’ennuie trop, cet après-midi. »

Son sourire a toujours été franc. C’est agréable de voir Saya. On dirait que rien ne peut jamais lui faire perdre sa joie. On dirait que tout la rend toujours heureuse et que rien ne peut l’atteindre. »

Ces choses-là, ce sourire et ces vies qui passent, confirment mon choix. Je veux qu’elles puissent exister en toute sécurité et, mieux, qu’elles grandissent et se répandent partout autour de moi. Je devrais peut-être commencer à travailler dès aujourd’hui.


**

Dans les couloirs de l’académie, c’était la cohue. Des cours qui se finissaient, d’autres qui commençaient, un roulement bien organisé et pourtant à l’allure d’un sacré désordre. Certains ne savaient pas où ils allaient et d’autres étaient sûrs d’eux, parfois à tort.

Dans tout ce remue-ménage, Sora avançait tranquillement, une main dans une poche, l’autre proche de son épaule ou la lanière d’une besace en tissu s’appuyait largement. Ses yeux allaient d’étudiant en étudiante, d’étudiante en mur et de mur en porte. Il s’arrêta un instant doutant de l’endroit où il se rendait mais la conversation de quelques novices – qui, tout comme lui se rendait à ce cours – lui confirma qu’il était sur la bonne voie. Et même, il était à deux pas de la salle.

Il reprit sa marche sur quelques mètres et bifurqua pour passer l’encadrement. Il y avait déjà quelques têtes et la salle était bruyante. Sora s’immobilisa en haut des marches de l’amphithéâtre et jeta un œil autour de lui. Un groupe d’étudiants passa juste à côté et quitta la salle puis, rapidement, il fut suivi par d’autres. Sans un mot, l’adolescent regarda ses confrère faire avant de s’intéresser de plus près à l’attroupement qui était devant le tableau.

Une fois plus près mais surtout une fois l’espace un peu plus dégagé, ses yeux s’attardèrent sur une inscription faite à la craie stipulant que le cours se passerait en extérieur. Un sourire s’afficha sur son visage tandis que ses yeux se dirigeaient vers la fenêtre. Dehors, le soleil régnait et le léger vent qui caressait Konoha éviterait qu’il ait chaud.

Dans la cours, la classe ressemblait plus à un troupeau informe qu’à une vraie promotion. Néanmoins il régnait une sorte de discipline à partir du moment où le professeur était présent. Le garçon s’approcha un peu plus pour ne rien rater de sa première session et découvrit, presque avec stupéfaction, que celui, ou plutôt celle, qui leur enseignerait les bases avait probablement l’âge de Risa. Sans doute serait-il plus à son aise dans ces conditions…


**

La première fois que je l’ai vue je me suis demandé comment une fille comme elle pouvait être professeur. Pire, comment une fille comme elle pouvait être kunoichi ? Je me suis vite rendu compte que l’apparence compte parfois peu dans ce monde, à mon grand plaisir.

Uchiki-sensei est une personne vraiment timide et, ce jour-là, j’ai eu l’impression que c’était son premier cours. Pourtant, nombre d’autres gamins m’ont certifié qu’elle enseignait déjà depuis quelques temps. Enfin… elle était surement parmi les plus jeunes. Je me rappelle encore qu’il fallait tendre l’oreille, même lorsque l’on était au premier rang. Et puis, avec les minutes qui passaient, elle avait pris peu à peu de l’assurance et ses propos étaient… plus clairs.


**

- « Rappelez-vous, c’est la base de la base. Votre chakra est une denrée périssable et vous aurez vite fait de l’avoir consommé. Croyez-moi, il faut savoir l’économiser. »

Tout était question de ressenti et de pratique. Depuis quelques minutes déjà, Sora était immobile, yeux fermés et mains jointes et tentait tant bien que mal de faire circuler ce flux qui réside en chacun. Il sursauta lorsqu’Uchiki arriva derrière lui
.
- « C’est bien ce que tu fais là ! Regarde, on voit déjà que tu extrais du chakra de ton corps. Attention à n’en pas gaspiller ! »

Le garçon regarda autour de lui, d’abord perplexe, puis il suivit des yeux le doigt du professeur. En effet, lorsqu’il y prêtait plus attention, il pouvait voir des remous d’air autour de ses vêtements. En forçant un peu la cadence, et au bout de plusieurs dizaines de minutes, il pouvait presque voir de faibles volutes bleuâtres, plus important encore il les ressentait.

**

C’est étrange de voir comme chaque nouveau pas, à partir de cet instant, m’aura fait avoir l’impression de découvrir un nouveau monde. Comme si les choses autour de moi changeaient à une vitesse folle et sans que je puisse les arrêter, comme si les choses en moi suivaient la même dynamique. Sans doute était-ce le début d’une grande transformation.

Cette fois-là, j’ai compris pour la première fois ce que « être à l’écoute de son corps » voulait dire. Je n’ai jamais su ce que les autres ressentaient à cet instant et je crois que ça n’a aucun intérêt. Nous sommes tous différent. Nous ne voyons ni ne sentons les mêmes choses, nous ne comprenons pas les mêmes mots lorsque nous lisons les mêmes phrases. Et souvent, nous n’éprouvons pas mutuellement les mêmes sentiments.

Parfois c’est dur… et ça fait mal.


**

- « Attention à ne pas vous bruler ! »

Évidemment, pour bon nombre de jeunes fougueux, comme la majorité des aspirants présents, la mise en garde était arrivée un peu trop tard. Certain se léchaient déjà la main ou suçaient le bout de leur doigt comme s’ils l’avaient posé sur une bougie de cire encore fondue. Et oui, le feu ça brûle.

Pour d’autres, les multiples tentatives ne donnaient rien. Même en se forçant, même en se concentrant, même en mettant toute la bonne volonté que l’on pouvait investir dans l’exercice, les résultats n’arrivaient pas. En fait, il n’y avait qu’une personne pour qui, ce jour-là, la flamme d’un nouveau départ ne brûlait pas. Et même si des centaines d’essais laissaient entendre une faible progression, la désillusion était… déchirante.

Sora, une fois tous ses semblables partis, ramassa son sac la tête basse et la mine abattue. Sa tête se tourna vers le portail et son pied droit fit un premier pas, cependant il n’alla pas plus loin. Il regarda ses mains dans un silence pesant. La brise légère qui s’étalait de tout son long depuis le matin rappela à chacun sa présence jouant presque le rôle d’un soutien. Le garçon décida finalement de faire volte-face. Un peu plus loin, Uchiki terminait de ramasser les quelques babioles qu’elle avait amenées pour illustrer certains points techniques de son cours.


- « Uchiki-sensei ? Je ne voudrais pas vous déranger mais… »
- « Mais tu as un problème avec le second exercice. J’ai vu ça. »

Elle lui accorda un timide sourire auquel il ne sut quoi répondre. Mains dans les poches, l’aspirant gardait la tête le regard au sol, masqué par l’arête de son bonnet. Il ne faisait plus aussi clair qu’en milieu de journée et, dans le ciel, le soleil commençait à darder les nuages de cette chaude lueur du soir que chacun connaissait au village.

- « Ne t’inquiète pas, on va voir ce qu’on peut faire. Commençons par rentrer, il commence à faire frais. »

Dans la salle de classe, il faisait encore clair. Les quelques arbres qui habitaient les jardins de l’académie projetaient leur ombre jusque sur les murs intérieurs, toujours plus grande, toujours plus imposante. Uchiki ouvrit un tiroir dans le bureau des professeurs et en sortit une petite feuille de papier sous le regard curieux du garçon. Elle s’assit en face de Sora et lui tendit.

- « Attrape ça. »
- « Qu’est-ce que… c’est ? »
- « C’est un papier tout à fait particulier. Il a la propriété d’être sensible au chakra. Sais-tu ? Chacun a un chakra qui lui est propre. C’est un peu comme le sang. Tout le monde a du sang rouge, mais chacun a ses propres cellules le composant. Néanmoins on regroupe les sangs en fonction du groupe et du rhésus. De la même façon, les chakra sont répartis en cinq éléments : feu, eau, terre, air et foudre. Ces éléments sont à l’origine de nos techniques… »

Il fronçait d’abord les sourcils mais, soudainement, le visage de Sora s’illumina. Sans qu’il n’eût pu prévoir la suite des évènements, les idées s’entassaient déjà dans son esprit. Au fond, il espérait avoir une réponse qui le satisfasse et il avait la conviction que cette réponse viendrait rapidement.

- « Il te suffit d’utiliser ton chakra comme nous l’avons fait dans la première heure de… »

Le papier se fendit avant même qu’Uchiki n’eût terminé. Elle masqua difficilement sa surprise puis finit par sourire. Impatient d’entendre le verdict, Sora leva les yeux vers son professeur.

- « L’air… »
- « Le vent ? »

Ses yeux pleins d’espoirs, il n’avait pu retenir cette question qui lui brûlait les lèvres.

- « Exactement, ceci explique tes difficultés d’aujourd’hui. Au fond je te comprends. Il est difficile de vouloir se faire manifester une affinité qui n’est pas celle que l’on devrait utiliser naturellement.»
- « Alors je ne pourrai pas utiliser de techniques ? »
- « Si, bien sûr que si. Ce sera juste plus difficile pour toi. Il faudrait que tu apprennes des techniques de type Fuuton, pas Katon. Mais on ne les enseigne pas ici.»

- « Et si je voulais quand même les apprendre ? »

Uchiki ne put s’empêcher de sourire à nouveau. Elle lisait en lui comme l’on avait lu en elle, autrefois. Avec distraction, elle tourna les yeux vers la fenêtre. Quelques secondes de silence prirent place entre eux, quelques secondes qu’un soupir vint briser.

- « Faisons un marché. Prouve-moi que tu peux te servir du Katon et je t’apprendrai le Fuuton. »
- « Comment me l’apprendriez-vous ? On ne l’enseigne pas ici… »
- « L’académie non, moi non plus en théorie. En théorie… »

Il affirma du chef, le doute encore inscrit sur le visage. A nouveau le silence s’installa, un silence qui clôturait sans doute cette conversation. Il avait les cartes en main, c’était à lui de les abattre dans le bon ordre. Poliment, il remercia Uchiki d’avoir accepté de déborder sur son temps libre puis se dirigea vers la sortie.

- « Comment t’appelles-tu ? »
- « Sora, madame… Matsuda Sora. »

Elle lui sourit timidement avant qu’il ne disparaisse dans le couloir. Dehors, les branches s’agitèrent et quelques feuilles passèrent devant les fenêtres. Elle sourit au vide.

*Matsuda… hein ?*

**

Je l’ai toujours senti sur ma peau… Cette brise qui m’accompagne partout où je vais.

[Je demande la validation de Yokusei et Netsuretsu Shinzou]

MessageSujet: Re: Amphithéâtre Ninjutsu   Mer 9 Nov - 23:08

Mikina était à l'amphithéâtre depuis bientôt deux heures et trente minutes. Et il y avait une quantité de personnes très limitée ce jour là. Ce qui signifiait pas grand monde à qui parler, ce qui n'était pas l'habitude de Mikina de toute façon. Non. C'était exagéré. Elle voulait vraiment oser parler à des jeunes de son âge ! De pouvoir rire avec eux ! De vivre une vie plus en communauté ! D'avoir une équipe ! Seulement, elle n'avait jamais eut le courage de faire les démarches. C'était... Beaucoup trop compliqué pour elle ! Et malgré ses seize ans, elle était timide avec les gens qu'elle ne connaissait pas. Pourquoi personne n'était dans cette immense salle ce jeudi matin ? Sans aucun doute, parce que le soleil brillait et que tout les élèves s'entraient dehors ? Hein ? C'était une explication logique, pas vrai ? Elle soupira longuement et reporta son attention sur sa pille magistrale de livres. Hé oui ! Elle avait encore été distraite pour un rien !

"Le Ninjutsu et ses bases" était sans aucun doute un livre passionnant. Mais un bouquin devient beaucoup moins intéressant quand on l'a déjà lu une dizaine de fois ! Elle le repoussa doucement pour tirer un autre volume. Plus poussiéreux. Plus miteux.
"Comment accroitre son intelligence ?" Elle grommela entre ses dents.

Mikina - Sans blagues !

Un jeune garçon, de peut être douze ans, tourna un regard interrogatif vers elle. Elle lui intima de se taire d'un geste agacé de la main et ouvrit le vieux livre, sans conviction. Elle parcourra les premières lignes du regard.
C'était vraiment un tas de feuilles inutile ! Encore quelque chose dont elle n'aurait aucunement besoin pour pratiquer. Quoi ? C'est drôle de n'avoir jamais pratiqué, alors qu'on devient une femme ? Non ! Absolument pas !
Elle se passa la main dans les cheveux, prit ses onze livres dans l'autre et se dirigea vers la petite bibliothèque de la salle. Elle rajusta sa prise sur les livres à plusieurs reprises. C'était pas si lourd que ça, après tout ! Elle jeta un coup d'œil dehors tout en continuant d'avancer. Il faisait vraiment beau ! Pas un seul nuage ! Sans se rendre compte qu'elle allait bientôt percuter une table violemment si elle ne relevait pas immédiatement la tête, elle rejeta sa chevelure bleutée d'un mouvement de la nuque. Elle fit un pas de plus et... Ce qui devait arriver arriva, évidemment ! Son bassin heurta la table où deux femmes travaillaient, elle trébucha, et toute sa lecture se répandit sur le sol. Elle gémit de honte et s'affaira immédiatement à ramasser " Comment le Ninjutsu peut vous sauver" ou "Technique de combats". Quand elle se releva, rouge pivoine, elle remarqua que les deux femmes la fixait, sans aucune trace de fureur pour le désagrément. Elle s'excusa brièvement, les yeux virés vers le sol mais une des dames lui toucha gentiment l'épaule et lui tendit un livre.

Femme qui en réalité n'en est pas une, mais ça vous ne le savez pas encore - Tiens. Tu as oublié celui là.

Mikina ouvrit de grands yeux en entendant la voix de l'inconnue. Elle le dévisagea une seconde et se rendit compte que c'était un homme. ( On ne s'en doutait pas ! ) Mais la finesse de ses traits pâle, le bleu de ses gros yeux, sa morphologie et sa coiffure, plutôt androgyne, l'avait induite en erreur. Ses sourcils se haussèrent en un accent circonflexe, sous l'effet de la surprise. Elle lui sourit timidement, reprit son livre, et murmura un "merci" à peine audible pour une oreille humaine. Il devait avoir dans les vingt ans. Peut être plus. Il ne portait pas son bandeau frontal au front, mais à l'épaule droite. Il devait être Chûnnin. Ses vêtements avaient une couleur claire et avaient l'air solide. Quand à l'autre femme, qui avait observé la scène visiblement très amusée, elle était loin d'être une beauté. Une immense balafre lui barrait le visage de haut en bas et des dizaines de petites cicatrices couvraient son cou dénudé. Elle avait l'air un peu plus vielle que le "garçon" mais pas de beaucoup. Ce qui était joli chez elle, c'était ses cheveux, coupés courts. Cette coupe lui donnait un coté mystérieux tout à fait délicieux. Vous ne saviez pas qu'une paire de ciseau pouvait faire un tel effet, avouez ! En tout cas, elle semblait lire dans Mikina comme dans un livre ouvert et lui glissa un clin d'œil complice. Mikina rougit et la femme engagea la conversation.

Femme - C'est quoi ton nom, jeune fille ?
Mikina - Heu.. Je m'appelle Mikina, du clan Zôji.
Femme - Tu est la fameuse Mikina... Ton ancien Sensei, ce n'était pas Karaï par hasard ?
Mikina - Si ! Comment vous le savez ?

La jeune femme hocha la tête en souriant. Un air amusé planté sur sur ses traits joyeux. Contre toute attente, ce fut l'homme qui répondit.

Homme - Karaï est notre instructeur à tout deux depuis bientôt cinq ans. Il aime parler de ses anciens élèves.

Mikina était abasourdie. Son ancien Sensei avait donc actuellement des élèves ! Et il ne le lui avait jamais dit ! Elle grommela

Mikina - Intolérable ! Absolument intolérable !

Les deux adultes se regardèrent, visiblement à deux doigts d'exploser de rire devant sa réaction. Mikina leur jeta un regard agacé et se retourna sans rien ajouter. Il faudrait qu'elle touche deux mots à Karaï ! Il lui avait caché quoi d'autre ? Il avait peut être des enfants ? Hein, après tout ! Pourquoi pas ? Elle leva les yeux au ciel, vraiment exaspérée. Elle savait que d'un point de vue extérieur, cette petite chose semblait anodine mais pour elle... C'était la fin du monde ! Pour elle, un maitre ne devait rien cacher à ses élèves ! Et pareil à l'inverse ! Et elle avait toujours appliqué cette manière de penser. Elle continua à remuer ses sombres pensées, tendit qu'elle commença à remettre chaque livres à sa place propre, ce qui lui prit un certain temps.

Un moment après, elle se dirigea vers une table isolée et sortit des friandises japonaises à base de wasabi. Elle les versa dans le petit bol qu'elle avait pris avec soi et en piocha une rageusement. Elle mit ses genoux contre sa poitrine en continuant de grignoter. Elle était comme ça: après un effort physique ou intellectuel, il fallait qu'elle mange. Et des trucs bien dégoutant pour la santé, si possible. Plus c'était gras, salé ou huileux mieux elle se sentait. L'amphithéâtre n'était pas un lieu fait pour manger, évidemment, mais elle s'en fichait totalement. Et de toute façon, les bibliothécaires avaient tellement l'habitude de la voir qu'elle faisait presque partie des meubles ! Après avoir mordu dans un morceau particulièrement piquant, elle ne put s'empêcher d'agiter sa main devant la bouche, sans doute dans l'espoir d'éteindre un feu pas même allumé. Quand elle faisait ça, elle se sentait idiote. Et ce fut dans cette position gênante que l'étrange homme-femme vint la rejoindre discrètement. Il se fit tellement discret qu'elle mit quelques secondes à remarquer sa présence et ce fut quand il déclara d'une voix neutre qu'il s'appelait Soudann. Mikina sursauta et se retourna. Elle pinça les lèvres.

Mikina - Dis, c'est vrai ? Tu es vraiment son... Son élève ?
Soudann - Oui, je te l'ai déjà dit !
Mikina - Mais.. Un Sensei peut avoir plusieurs groupes en même temps ? Ce n'est pas normal !

Elle secoua la tête, vraiment pas convaincue.

Mikina - Pas normal du tout !
Soudann - Tu as raison, un maitre ne peut théoriquement pas avoir plus de trois élèves à la fois mais...
Mikina - Mais quoi, bon sang ! C'est à lui que je disait le plus de choses ! C'est avec lui que je travaillait ! C'est avec lui que je mangeait ! Je n'y crois pas !

Soudann avait soudain l'air absent, pas du tout concerné par les paroles de la jeune fille. Il avait le regard vide, tout à coup. Alors Mikina comprit qu'elle l'énervait et qu'elle ferrait mieux de se la boucler. Elle soupira légèrement et se calma. Elle en profita pour baisser la voix.

Mikina - Pourquoi viens tu vers moi ?
Soudann - Je suis venu car tu sembles manquer de présence humaine. Il faudrait que tu parles à quelqu'un autres que ton ourson en peluche. Je pense que combattre te ferai le plus grand bien. Sincèrement. Tu deviendrait plus mature.
Mikina - Je ne demandes que ça, moi ! Combattre ! Pratiquer ! Avoir quelqu'un qui pourrait m'aider ! Et je n'ai plus d'ours en peluche depuis bien longtemps..
Soudann - Je ne te promets rien.. Mais, reviens demain. Je vais peut être trouver moyen de t'aider.

Sur ce, il se leva et disparut derrière des rangées d'étagères, laissant Mikina hébétée. Ce garçon était vraiment particulier... Et Seigneur, comment pouvait-il savoir qu'elle se confessait à son petit ours en peluche ?
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