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 Haya Sasaki - Acceptée

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MessageSujet: Haya Sasaki - Acceptée   Jeu 17 Avr - 23:50

Rapport audio 214.36.31

"Individu décédé également. Vêtements déchirés. Large entaille sur la poitrine, plusieurs sur le ventre et les cuisses. Plusieurs types de lames, de qualité diverses. Beaucoup de sang. Merde…"
*Bruits indistincts*
"Elle a les cheveux collés au carrelage. Figure tuméfiée. Elle a été battue… longtemps. Hématomes sur le visage, les épaules, la poitrine, les jambes. Plusieurs de ses os doivent s’être brisés. Probablement violée. Ongles cassés. Elle s’est défendue."
*Bruits de pas*
"Beaucoup de traces boueuses. Je ne sais pas combien ils étaient, mais plus de deux. Différentes tailles de chau…"
*Course*
"Hide ? Hein ?"
*Bruit sourd. Craquement. Des murmures, des souffles, une minute trente cinq s’écoule*
"Putain. Elle est en vie. Son cœur était arrêté. J’en suis sûr. Hide, tiens-moi cette merde"
*Grésillement. Tissu déchiré, halètement. Une voix différente*
"Euh… Elle est clamsée depuis plus d’un jour ?"
*Voix lointaine, la première à s’être exprimée*
"Non. Elle a été battue il y a à peine huit heures. Elle a perdu énormément de sang. Elle devrait être morte au moins deux fois. Putain. Regarde-moi l’état de son dos, c’est dégueulasse. Il.. oh…"
"C’est… à gerber."
"Y a des inscriptions gravées sur son nom. Trop de sang, j’arrive pas à lire. Je sens son pouls. Trop lent, elle va retomber."
"L’équipe médicale arrive."

L’enregistrement s’interrompt. Il reprend brusquement.

"C’est son nom."
"Hein ?"
"C’est son nom. Ils ont gravé son nom sur son dos. Avec une espèce de couteau sans dents. Regarde. "
"Ha… ya ? Sasa… ki ? Haya Sasaki, c’est ça ? "
"Ouais. Ça a dû leur prendre au moins une heure pour l’écrire."
*Bruits de pas. L’enregistrement s’interrompt à nouveau. Définitivement*

*****


Trois ans qu’elle est morte. Tant mieux. Elle n’avait jamais rien apporté de bon autour d’elle. Toujours la même mine abattue, le même regard éteint. Tant mieux si elle est morte. Cela semblait si près pourtant… comme si sa mère était toujours là, assise sur ce fauteuil, à la regarder de biais. Mais elle n’y était plus.

Haya vivait avec ses deux sœurs et son frère. Leur père était souvent au travail, mais il revenait parfois pour plusieurs jours. Avec toujours des cadeaux dans les bras. Cela ne suffisait pas à excuser ses absences, mais il était là. C’était un homme puissant, rudement bâti, avec des épaules et un dos de bûcheron. Quand ils étaient jeunes, il disait qu’un jour il soulèverait leur maison pour les amener près de la plage. Ils riaient. Toujours.

La jeune fille porta le regard dehors. Murazaki, sa plus jeune sœur – dix ans – jouait avec leur frère aîné. Yuma. Il était beau, avec ses cheveux noirs et son grand sourire. Haya était sûre qu’il n’était pas leur vrai frère, il ne leur ressemblait pas. Il était plus pâle, plus brun. Mais elle ne lui en parlait jamais, cela le peinait.

Elle l’avait vu pleurer pour la première fois il y a trois ans. Le jour de la mort de leur mère. Depuis, il s’occupait d’eux. Quand il était là.

*****


Elle était malade aujourd’hui. En début de semaine, elle avait fêté ses quinze ans. Elle tombait toujours malade peu de temps après ses anniversaires. Depuis qu’elle était toute petite. Aujourd’hui, son père était là, à lui tenir la main. Elle avait de la fièvre et discernait difficilement son visage, mais il souriait en lui caressant les cheveux.

[Kane] Je suis près de toi ma chérie. Tu ne vas pas subir ça toute seule, pas vrai ?

*****


Haya avait du courrier ce matin-là. C’était une blague stupide. Ses voisins devaient s’ennuyer. Quand ils la saluèrent, elle ne répondit pas. Quelle lettre ridicule. Ils ne savaient pas comment occuper leur temps.

« La fuite ou la mort. Va Yuma. »

N’importe quoi. Sept mots absurdes. Il faisait beau aujourd’hui. Elle amènerait Murasaki à la rivière. Peut-être même que Kaoru viendra aussi. Elle prendrait de quoi manger. Un déjeuner au bord de l’eau, cela faisait un moment qu’ils ne pouvaient plus se le permettre – fichu hiver !

*****


Il avait plût inhabituellement fort ces deux dernières semaines. Les pluies se déclenchaient en automne habituellement. Certaines inondaient des villages entiers. Mais c’était le printemps… Haya regardait la pluie tombait, à l’abri à l’étage de sa maison. Le sentier devant chez eux était engloutis par les eaux. Leur jardin aussi.

[Kaoru] – Ferme la fenêtre…

Kaoru était couchée sur le dos, les jambes croisées et un bras derrière la tête. Elle ne pouvait même pas voir que la fenêtre était ouverte, qu’est-ce que ça pouvait bien lui faire ? Haya l’ignora. Kaoru était sa sœur aînée. Elle avait dix-sept ans à présent, et bénéficiait d’un succès certain chez les hommes. Elle en jouait beaucoup.

Leur père aurait dû rentrer la veille. Mais le temps l’avait sans doute retenu dans quelque auberge de route. Il ne leur avait jamais rien dit sur ses absences répétées. Il devait être… quelque chose d’important. Politicien ? Il n’en avait pas l’air. Plutôt un guerrier. Quand elle était enfant, elle l’imaginait tour à tour et sans se l’expliquer vendeur de chaussure et mercenaire dynastique. Mais il gardait toujours un sourire éclatant aux lèvres et déclarait, inlassable :

[Kade] Je suis ce que mes enfants veulent que je sois. Allons-y pour vendre des chaussures !

Il mentait. Il n’avait pas de cirage.

*****


Un jour, Haya aussi serait une guerrière. Elle le sentait comme cela. Quand elle observait les gens dans la rue, elle se demandait combien d’entre eux survivraient en cas de raid. Les raids n’étaient pas fréquents sur cette partie-là de la côte, mais quelques uns des villages voisins avaient déjà été touchés. Rien de grave. Des pillages, une poignée morts et ils repartaient. Plus personne ne s’en étonnait. Les gens se contentaient d’organiser des milices. Ils avaient même mis au point un système de feu, sur les côtes, pour prévenir les fermiers trop proches du rivage. Cela marchait bien.

Et puis, il y avait Kiri.

Elle les avait vus. Deux fois. Des équipes de shinobi. Une fois, l’un d’entre eux – un beau jeune homme, avec un bandeau autour du cou et un grand sourire – s’était agenouillé à son niveau et lui avait passé la main dans les cheveux. Haya ne devait pas avoir plus de huit ans. Il lui avait parlé. Elle ne se souvenait plus de tout ce qu’il avait dit, des bribes. Qu’elle était mignonne. Et que son père était fort. Elle avait hoché la tête. Bien sûr qu’il est fort, papa. Un jour, il soulèvera notre maison et on ira habiter à Kiri. Il avait rit. Oui, oui, on t’attendra petite. Sept années s’étaient écoulées. Peut-être était-il mort, ce jeune homme. Il lui avait dit son nom.

Elle a oublié.

*****


Elle savait qu’aujourd’hui, quelque chose allait se passer. En bien ou en mal, cette journée était destinée à ne pas rester égale. Haya regardait le soleil se lever. Sur ce versant là de l’île, il apparaissait au-dessus de la mer. Elle se réveillait juste à temps pour le voir et elle restait là, des minutes durant, à l’observer. Puis elle vaquait à ses occupations journalières, sous le regard de ce seul spectateur. Et le village s’éveillait.

Elle repensa au message d’hier. Elle l’avait laissé sur la table, caché sous un sac de fruit. Kaoru n’en aurait rien à faire, mais inutile d’alarmer Murasaki. Yuma était parti pour une semaine régler des affaires dans un village voisin. Il avait dit : « si tu as besoin de moi, un besoin urgent, demande au vieux Kajima ». Le vieux Kajima sentait l’oignon. Toute sa maison empestait l’oignon. Parfois, l’été, pour se faire un peu d’argent, elle allait passer un coup de savon là-bas. C’était toujours pareil ; trois jours de grommellements, de « surtout ne touches pas à ça, empotée ! » et de soupirs. Puis il s’adoucissait tout d’un coup, et devenait gentil. Il lui donnait des repas à ramener, l’écoutait parler, lui demandait de chanter plus fort quand elle chantonnait pour passer le temps.

Elle l’aimait bien. Mais il était inutile de le déranger. C’était un homme occupé, le vieux Kajima. Il faisait… plein de choses. Quand elle nettoyait, il lui retirait des tonnes de papiers des mains, prétextant que c’était privé, ou urgent, ou pas de son âge. Un temps, elle avait été sûre que le vieux Kajima employait des filles pour… enfin, faire ce que fait Kaoru tous les deux soirs. Elle avait été si terrifiée qu’elle avait refusé d’y aller pendant un mois, certaine qu’il allait la vendre à un gros négociant en armes.

Ce sont les pires, les négociants en armes.

Murasaki était réveillée. Elle était toute ensommeillée, la tête couchée sur la table. Trop d’agitation la veille, à la rivière.

[Murasaki] Tu vas faire quoi ? Aujourd’hui.

[Haya] Je sais pas. Faire un tour chez Tosuki. Et après je verrais.

Tosuki, c’était son patron. Elle servait de temps en temps les repas dans une petite auberge. Tosuki était un peu sec, mais curieusement pas ennuyant avec les horaires. Elle pouvait aller travailler n’importe quand, les jours où ça l’arrangeait, et pendant autant d’heures qu’elle voulait. Elle n’était pas payée grand-chose, mais cela lui suffisait pour économiser un peu. Ils n’avaient jamais été dans le besoin – leur père gagnait beaucoup, visiblement. Il était sans doute bandit en fait. Oui, un bandit avec de grands pouvoirs !

Murasaki voulait la suivre, mais elle insista pour qu’elle reste avec Kaoru. L’auberge de Tokusi n’était pas forcément de tout repos pour une fille, elle préférait éviter cela à sa petite sœur.

*****


Rapport audio 216.21.68

"Maison dévastée. Partiellement brûlée. Il semblerait que le feu n’ait pas pris. Une lettre est plantée dans la porte à l’aide d’un couteau encore sanglant. Il est écrit : La fuite ou la mort. Va Yuma. L’écriture est vive. Deux mots ont été ajoutés : LA MORT. L’écriture rouge évoque du sang. Sans doute celui de la gamine. D’une des gamines. "

*****


Peu de monde aujourd’hui. Haya restait assise sur le comptoir, à balancer mollement ses jambes. Elle discutait avec Otome, celle qui s’occupait du bar. Elle avait vu des quantités d’alcooliques dans sa vie, c’était extraordinaire ! Elle avait toujours trois quatre histoires sous le coude, pour passer le temps, entre deux commandes.

Aujourd’hui, elle semblait plus agitée que de coutume.

[Otome] Tu devrais aller dormir chez Kajima ce soir. Avec tes sœurs.

[Haya] Hein ?! Kajima ? Pourquoi ? Ça pue chez lui !

Otome esquissa l’ombre d’un sourire.

[Otome] Ou alors chez moi. Oui, viens dormir chez moi. Vous serez un peu serrées, mais ça ira. Juste ce soir. Et après, on avisera.

Haya avait les sourcils haussés. Elle ne comprenait rien à ces attentions.

[Haya] Qu’est-ce qu’il se passe Oto ?

La jeune femme haussa les épaules, vaguement gênée.

[Otome] Je crois que ce soir sera une mauvaise nuit.

Elle avait refusé. Elle n’avait cédé que sur un point ; aller voir Kajima. Le vieil homme était assis devant chez lui, sa pipe en bois à la bouche. Il observa Haya s’approcher sans la quitter une seule fois des yeux et sans prononcer une parole, jusqu’à ce qu’elle se tienne face à lui, embarrassée. La voix profonde de Kajima retentit. Il n’avait pas son ton taquin de d’habitude.

[Kajima] Tu as bien fait de venir. Nous avons beaucoup de choses à nous dire. Et je crois que nous sommes pressés.


Dernière édition par Haya Sasaki le Sam 24 Oct - 14:26, édité 1 fois

MessageSujet: Re: Haya Sasaki - Acceptée   Ven 18 Avr - 17:10

Rapport audio 216.21.68

"Trois jours après l’attaque. Maintenant qu’il fait jour, des indices évidents apparaissent. Une équipe, celle d’Ushimata, a récupéré tout ce qui pourrait nous être utile. La porte d’entrée a été forcée. Vue la position de la table, elle était postée en barricade. L’un des pieds est cassé, il est dans un coin, brisé et sanglant. Il a visiblement servi pour battre l’une des filles. La partie taillée est également rouge."
*Bruit de pas*
"Le mobilier est renversé, comme si les attaquants cherchaient quelque chose. C’est du bon travail, mais je crois qu’ils ne cherchaient rien. C’était une mission d’extermination. Rien ne laisse supposer que ce soient des shinobi. Je…"
*Bruit de pas. Crissement. Plis de vêtements. Silence*
"C’est Kade. Sa photo. Il tient ses gamines dans les bras. Et son fils aussi. Putain. Le même sourire."
*Bruit indéfini*
"Il y a un peu de sang dessus, le cadre est brisé. Bordel…"
*Bruit indéfini. Coupure*

*****


[???] Elle survivra. Je… enfin, son métabolisme a été terriblement affecté, son corps et en morceaux encore. Mais elle survivra. Nos meilleurs médecins se relaient autour d’elle.

Une voix sonore, caverneuse – et triste ! si triste – répond.

[???] Combien de temps que vous êtes dessus ?

[???] Trois semaines. Elle était dans le coma quand elle est arrivée. Elle se réveille parfois et replonge. C’est étrange.

[???] Oui. Informez-moi en cas de changement. Même si… même si elle meurt. Informez-moi en priorité.

*****


Elle pouvait se voir dans le miroir. Elle voyait un œil. Le reste, c’était des bandages. Elle était une sorte de momie. Même son œil libre voyait flou. Comme si elle regardait dans l’eau – dans l’eau salée. Elle passait des heures à se regarder ainsi. Les infirmiers passaient la voir, lui parlaient. Elle n’arrivait même pas à comprendre ce qu’ils disaient. Son esprit était éteint. Totalement éteint. Il ne remplissait que quelques fonctions de survie, et la vue. Elle pouvait bouger la tête. Droite, presque gauche.

*****


Elle resta huit mois. Les sens lui étaient revenus progressivement. Lentement. Un par un. Yeux. Ouï. Odorat. Et le toucher, enfin le toucher. Haya pouvait même manger. Une infirmière s’asseyait, et la nourrissait. C’était humiliant. Elle s’y était habituée. Ils la disaient amnésique. Ils disaient qu’elle aurait dû pouvoir parler maintenant. Que si elle ne le faisait pas, c’était qu’elle était affectée psychologiquement, qu’il y avait un blocage.
Il n’y avait pas de blocages.

Elle n’avait rien oublié de cette nuit-là. Rien du tout.

*****


Haya retira les derniers bandages. Elle n’avait plus de marques sanglantes. C’était de longues heures de tortures, les changements de bandages. Ils les enlevaient presque tous, sauf les plus sensibles, et les remettaient. Elle grognait, gémissait, pleurait. Mais ne parlait pas. Aujourd’hui, elle n’en avait plus aucun, de bandage. Ses cheveux avaient été coupés courts les premiers jours. Ils avaient repoussé. Elle ira chez un coiffeur. Pour arranger ça. Elle avait encore un teint de malade. De déterrée qui n’a pas vu le soleil depuis des années. Des siècles sans soleil. Elle voulait un gâteau à la fraise. Avec le brillant. De bonnes fraises juteuses. Ils doivent avoir ça ici. Quand elle sortirait. Demain. Elle sortirait demain.

Mais, au fait, c’était où exactement, ici ?

*****


Haya était nue. Elle observait son corps dans un grand miroir mural. Délicatement, elle passait sa main sur les surfaces de son corps qui avaient dormi si longtemps. On lui avait fourni des béquilles le jour de sa sortie. Elle peinait à les tenir. Elle n’avait plus aucune force dans les bras. Cela devait faire des mois qu’elle n’avait pas mâché de la viande.

Le visage. Nez cassé. Ils l’avaient replacé. Cela ne se voyait presque pas. Il fallait vraiment être très près – la distance d’un baiser. Ses lèvres avaient explosé, mais elles étaient roses et fines à présent. Plus de sang pour les maquiller. On ne discernait plus les bleus qui recouvraient ses joues, son front et son menton. Il n’y avait plus rien. À peine une oreille un peu écorchée, vraiment à peine. Ses yeux voyaient clairs, ses grands yeux verts. Ses cils étaient bien découpés, ses sourcils agréablement séparés. Tout était très bien. Très bien…

La poitrine. De petits seins de quinze ans. Ou bien seize ? Elle avait peut-être pris une année. Elle se souvenait des mains qui les pressaient comme si elles étaient toujours là. Plus de bleus là non plus. Il n’y avait que cette entaille qui lui sabrait le sein gauche jusqu’au nombril. Katana.

Des bras maigres, si maigres ! Un chaton famélique ! Elle avait des difficultés à lever la main, pour la porter à ses yeux. Cinq doigts. Combien de fois avaient-ils été brisés ? Ils n’en gardaient aucune trace. Ils bougeaient sans mal. Les ongles avaient repoussé.

Elle se souvenait. Il y avait encore des zones floues, ou même noires, mais elle se souvenait. Ils en avaient arraché. Comment, déjà ? Aucune idée. Au couteau, comme on épluche une pomme. Certainement.

Un ventre tout plat, il y avait de nombreuses cicatrices dessus. Sur ses jambes aussi. Des petites griffures blanches, voire très légèrement roses.

Et le dos. Il y avait son nom d’écrit dessus. En toute lettre. Aucune annotation. Pas d’insulte ou d’explications. Juste son nom. Haya. Sasaki. Aucune nouvelle de son père. Ils profitaient du fait qu’elle ne parle pas pour ne pas l’informer. Elle pourrait écrire. Porter autour du cou un écriteau : « Où est papa ? ». Les gens riraient. Une estropiée qui cherche son père. Et, c’est quoi ton nom gamine ? C’est génial, pas besoin de parler, suffit de la retourner! Hey ! c’est une invite ? Au moins une qui ferme sa gueule. Et bonne avec ça.

Haya ferma les yeux. Ce n’était pas un beau corps. Tout affamé. Oui. De la viande. Et du poisson. Elle aimait les fruits. Elle allait en chercher au marché. Des fruits et… oui, des céréales et… Mais pas de Murakami.

*****


Elle avait bien seize ans. Depuis deux mois. Bon anniversaire. Bon anniversaire Haya. Elle a repris des forces. Les béquilles sont presque un fardeau désormais. Les médecins disent que c’est bon signe. Elle sait où elle est. Ils lui ont dit. Mais elle avait deviné. Il y avait beaucoup de ninja en ville.

Elle était à Kiri.

Des ninja venaient la voir chez elle. Ils l’avaient installés dans le centre-ville. Des gens passaient lui apporter de quoi manger. Ils avaient pitié d’elle. Ils disaient, pensant sans doute que parce qu’elle était muette elle avait une mauvaise ouï, ils disaient que c’était elle, le dossier 214.36.31. 214.36.31. Tous ses chiffres rien que pour elle !

[Hakame] Et comment tu vas aujourd’hui ?

Elle sourit.

[Hakame] C’est bien. C’est important que tu ailles bien.

Il ne la quittait pas des yeux. D’aussi loin qu’elle se souvienne, Hakame avait toujours été à côté d’elle. À son chevet même ! Alors qu’il semblait si puissant, et qu’il devait avoir des responsabilités. Il était là. Et il souriait, et il riait, et il lui passait la main dans les cheveux. Il l’embrassait sur le front pour lui dire au revoir et sur la joue pour lui dire bonjour. Il parlait beaucoup. Elle écoutait avec intérêt. Parfois même, elle s’endormait contre lui. Il n’était plus là quand elle se réveillait, mais il y avait encore son odeur.

[Hakame] Je… J’ai pensé à quelque chose.

À une tarte à la fraise. Elle pensait à une tarte à la fraise – encore.

[Hakame] Je travaille à l’Académie. L’Académie Ninja.

Haya fit semblant d’être surprise, puis se fendit d’un léger sourire.

[Hakame] Ouais, ouais, t’es au courant. Mais je pensais que tu serais intéressée par y entrer..

Cette fois-ci, Haya ne souriait plus. Il ne plaisantait pas. Il était bien sérieux. Elle ne comprenait pas pourquoi il disait cela. C’était juste ridicule. Une estropiée, qui deux mois plus tôt luttait pour se tenir debout, ninja ? Ah ! et pourquoi pas moine ?

[Hakame] C’est sérieux Haya. Très sérieux. Tu ignores beaucoup de choses. Tu les apprendras dans les temps.

Elle fronçait les sourcils. C’était donc un refus ? Mais non. Idiot. Cela demande réflexion. Être une kunoichi de Kiri. Une guerrière. Elle s’était dit que c’était ça, sa destinée, quelques années plus tôt. Kunoichi. Ku-No-I-Chi. Oui. Oui. Et pourquoi pas ? Il devait y avoir de la place pour y caser une handicapée, non ?

[Hakame] Crois-moi Haya. Personne ne se moquera de toi.

Ce n’était pas cela qui la retenait. Elle s’en fichait. Elle n’en avait pas beaucoup souffert, des moqueries. Oh ! quelques sourires, quelques sous-entendus. Elle en souriait. Il n’était pas question de comparer les souffrances. Ils avaient le droit de se moquer. Et elle de sourire.

[Hakame] Tu es d’accord ?

Elle hocha la tête.

*****


[Haya] Et ça ?

La petite fille pointait un doigt sur les ruches de la petite prairie. Son père la tenait par la main et marchait d’un pas tranquille vers celles-ci.

[Kade] Ce sont des ruches ! Avec des abeilles.

Ils étaient tous proches désormais. Il y avait quelque chose d’un peu dégoûtant dans ce fourmillement, mais d’étonnamment fascinant. Des centaines d’abeilles volaient, se posaient et butinaient tour à tour. La beauté était saisissante.

[Kade] Elles produisent du miel.

[Haya] Oh.

[Kade] Tout le monde a une utilité, tu ne crois pas ?

Il leva sa main vers la ruche. Les abeilles volaient, se posaient l’espace d’un instant sur ses doigts puis repartaient, déçues. Il posa sa main libre sur la tête de sa fille.

[Kade] Les abeilles font du miel. Les hommes se servent.

[Haya] Et leur utilité ?

[Kade] Aux hommes ? Ah ! ils espèrent.

*****


Quatre mois s’étaient écoulés. Haya était Genin. Elle n’était pourtant pas extraordinairement douée. Même un peu maladroite. Mais elle est passée Genin. Hakame l’a félicité. Il a organisé une petite fête pour elle, en comité réduit. Il y avait ses amis, Hakame, sa femme et leurs enfants. Cela avait été une bonne soirée. Une très bonne soirée. Elle avait rit, même. Rit ! Elle adorait rire.

Genin. Étrange. Cela sonnait bizarrement. Haya Sasaki, Genin de Kiri. De Kiri en plus ! Elles portaient de moins en moins ses béquilles. Son corps s’était bien remis. Les médecins continuaient de la suivre avec assiduité. Comme un petit vase précieux qui risquait de se briser par terre.

*****


Rapport audio 216.21.68

"Cette photo... "
*Bruit indistinct*
"Je prendrais soin d’elle, putain, fais-moi confiance. "
*Bruit indistinct*
"Je prendrais soin d’Haya. "
*Plis de vêtements. Crissement de bottes*
"Hakame Sakuraba. Terminé. "
*Coupure*

Haya a écrit:
[BL souhaitée : Aisu
Grade Souhaité : Genin
Techniques Souhaitées : Maîtrise du Ninjutsu ; Création d'Eau ; Suiton]

MessageSujet: Re: Haya Sasaki - Acceptée   Ven 18 Avr - 17:34

Haya: + 30 XP RP

Félicitations! Te voilà non seulement acceptée à Kiri, mais aussi genin !
La Blood Line t'es accordée ainsi que les trois techniques suscitées.

Ps: Fallait que tu prennes la même BL que moi, hein ? Qui qui fait du rentre dedans à qui, hein ?! Razz

MessageSujet: Re: Haya Sasaki - Acceptée   Ven 18 Avr - 17:56

Cool!
Mais n'essaye pas d'inverser les rôles, j'ai vu clair dans ton petit jeu (je ne me plaindrais auprès de personne ^^)
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MessageSujet: Re: Haya Sasaki - Acceptée   

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