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 Aire d'Entraînement de Sho

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MessageSujet: Aire d'Entraînement de Sho   Mer 23 Avr - 20:31

¤,.°o°O Chapitre 1 : Vie et Survie O°o°.,¤
« Les Blessures du Passé / Apprentissage de la Régénération ( Partie 1 ) »


Accompagné de prêt par Setsuko, Sho déambula dans les ruelles du village à la recherche d'un terrain d'entraînement adéquat. A ses yeux, adéquat signifiait aussi bien calme que totalement désert. Autant dire que cette perle rare ne se trouverait directement que dans la périphérie du village, là où les shinobis se faisaient plus rares. Setsuko lui avait proposé un endroit tout désigné pour ce besoin de solitude : le rocher du Kumo. Nouveau venu dans le village des nuages, Sho n'avait encore connaissance de ce lieu. A vrai dire, il n'en avait même jamais entendu parler jusqu'ici. Sachant sa nouvelle camarade sincère et prompte à l'aider, Sho accepta sa requête. Ainsi, les deux shinobis fraîchement sortis de l'académie prirent la direction du centre ville pour entièrement le traverser et se diriger au loin vers l'ouest du village. Vingt bonnes minutes de marche et ils arrivèrent enfin à destination. Comme le lui avait dit sa camarade, l'endroit était totalement désert. Devant son regard sombre, Sho découvrit des hectares de terre et de poussière avec pour repère cette immense rocher qui avait donné son nom à l'endroit. Observateur, il remarqua immédiatement les innombrables fissures et autres crevasses qui parsemaient ce véritable champ de bataille. Avec un peu de bon sens, il n'était délicat de comprendre que ce lieu avait servit à un grand nombre d'entraînements et d'expérimentations par le passé. Bien heureusement pour les lieux, Sho ne venait pas pour les détériorer d'avantage. Maintenant qu'il avait suivit la pratique menant à la maîtrise de la régénération, il voulait tout simplement la tester sur son propre corps. Pour cela, nul besoin de pourfendre la terre ou de faire exploser les rochers, juste d'entreprendre une démarche sur ses propres cicatrices.

· Setsuko · Tu souhaites peut-être que je te laisse seul ?

· Sho · Ce serait aimable de ta part, oui.

Une petite mine crispant son visage, Setsuko joua de ses doigts pendant quelques secondes comme si elle cherchait ses mots. De dos à elle, Sho n'y vit absolument rien et s'afféra à poser son sac sur le sol. Ne trouvant de raisons qui lui permettrait de rester, Setsuko poussa un soupire presque inaudible puis pivota sur ses talons pour le chemin de retour. Entendant les pas de cette dernière s'éloigner progressivement, le descendant des Nagoshi marqua un temps d'arrêt, planté droit comme un pic, avant de se retourner légèrement en direction de sa camarade.

· Sho · Setsuko ! ... merci.

Son regard intense se plongea à hauteur des épaules menues de sa nouvelle amie. Cette dernière s'arrêta brusquement comme si elle avait été foudroyée par les douces paroles de son camarade de classe. A son tour elle se tourna en sa direction et lui adressa un sourire baigné de joie puis s'en alla sans ajouter le moindre mot. Un léger sourire aux coins de ses fines lèvres, Sho regarda sa silhouette s'éloigner encore et encore jusqu'à disparaître à l'horizon. Abaissant alors son regard dans le vide en repensant au sourire de sa camarade, il détacha son haut de kimono et le déposa délicatement sur son sac. Le torse et les bras entièrement recouvert de ces fines bandelettes qu'il s'était amusé à enrouler au cours de la matinée, il demeura pensif pendant de longues minutes, se rappelant entre autre le discoure de Juutai-sama. " Ce qui pourrait prendre des années voir plusieurs vies à se reconstituer naturellement, peut avec cette technique ne prendre qu'une seule heure à plusieurs jours entiers " cette phrase résonna en nombre d'échos dans sa tête.

La main légère, il déroula soigneusement la longue voir interminable bandelette de lin noir, découvrant petit à petit son torse meurtris d'un nombre incalculable de cicatrices dont certaines étaient ouvertes jusqu'au sang. Un rictus de douleur entailla son visage l'espace de quelques instants. Desserrant l'étreinte qu'il avait l'habitude d'exercer sur son corps, Sho ressentait à présent comme une multitude de brûlures le saisir sur toute la surface de sa peau. Une souffrance sans nom qui l'avait saisit dans sa toute jeunesse alors que ses défenses étaient encore fébriles. Tout au long de sa jeune existence, il avait cherché un moyen de venir à bout de cette douleur, de ce mal que seul, il supportait. Voila qu'aujourd'hui il possédait peut-être le savoir nécessaire à la reconstruction de son organisme. Un savoir qu'il avait seulement acquit au premier cours de médecine de l'académie. A bien y repenser, Sho se demandait encore ce que lui réserverait l'avenir dans cette discipline. Lui qui pensait que jamais il ne viendrait à bout de sa douleur, venait d'apprendre une technique capable de la soigner ou tout du moins de l'apaiser significativement. Cela seulement au premier cours qu’il avait suivit à l’amphithéâtre. Qu'apprendrait-il ensuite ? Que viendrait-il à découvrir ? Il ne le savait pas et ne pouvait même pas soupçonner toute l'ampleur de ce qui l'attendait. Pourtant, il sommeillait en lui une force et une soif grandissante. Autant de désirs qui le conduiraient vers les sommets, s'il réussissait à atteindre les objectifs qui fleurissaient petit à petit dans son esprit discret et silencieux.

Son long bandage retiré, Sho déposa soigneusement le tout par dessus son sac. La peau au contact de l'air tiède de cette pleine après-midi, il s'installa à même le sol, les jambes croisées de telle manière qu'il prit la position du lotus. Là, il ferma lentement ses paupières et se laissa envahir par la douceur du vent, la volupté des nombreux parfums qui sillonnaient l'air environnant. Progressivement, son esprit fit totalement le vide, oubliant d'éventuels soucis, interrogations douteuses, ou tout autres pensées néfastes à la bonne réalisation de sa nouvelle technique. Vint un moment où Sho ressentit le chakra s'écouler dans son corps en attendant son utilisation. A cet instant précis, il rapprocha ses mains l'une de l'autre à la hauteur de ses pectoraux comme deux aimants attirés irrésistiblement l'un vers l'autre. Puis avec une rapidité déconcertante, il enchaîna cinq symboles bien précis: serpent - cheval - coq - chien - buffle, et prononça très clairement:

· Sho · Régénération

A partir de ce moment, Sho sentit plusieurs vagues successives de chakra se relayer et se propager aléatoirement dans tout son corps. Réalisant qu'il était entrain de dépenser une trop grande dose de chakra sans même avoir prit le temps de bien réfléchir à la méthode qu'il devait utiliser, il brisa le symbole du buffle dans lequel ses mains étaient jusque là figées. La technique interrompu, il sentit la pression retomber autour de lui. Rouvrant ses yeux, il fixa un point imaginaire au loin comme s'il mobilisait toutes ses connaissances dans la tranquillité la plus accomplie. La connaissance du corps, il la possédait puisqu'il s'exerçait sur son propre organisme. L'état des blessures, il le connaissait également depuis des années. Il ne lui manquait donc plus que la maîtrise du chakra afin d'acheminer efficacement ce dernier vers ses blessures. Mais comment s'y prendre. Lui suffisait-il de penser à l'endroit que son chakra devait rejoindre ou existait-il une autre manière d'arriver au résultat final ?

· Sho · * Finalement, j'aurai mieux fait de prendre cette feuille récapitulative *

En effet, Sho regrettait désormais de ne pas avoir prit la feuille que l'instructrice de l'académie avait préparée à l'intention de ses élèves. A y réfléchir, il était persuadé que tout y était expliqué étape par étape. Il ne pouvait néanmoins revenir sur ses pas à présent. Le cours était terminé et qui savait où il pourrait trouver Akai Juutai à cette heure de la journée ? Si seulement il n'avait pas demandé à Setsuko de partir, elle aurait très certainement put l'aider une fois de plus. Décidemment, il n'était pas très doué pour jouer de bonne relation avec la gente féminine. Un soupire de dépit s'échappa de ses lèvres et se perdit aussitôt dans l'air ambiant. L'astre du jour avait déjà bien entamé sa périlleuse descente vers les enfers nocturnes. Avant de s'y reprendre, Sho décida qu'il devait réfléchir au moyen efficace d'acheminer son chakra au point d'encrage de la régénération sans pour autant en subir de trop grandes pertes pour une première fois. Il devait réussir coûte que coûte à maîtriser cette technique mais ce n'était pour autant qu'il était pressé par le temps et devait se précipiter bêtement. Sortant de sa position quasi méditative pour déplier ses jambes au maximum, il bascula en arrière en prenant appuis sur ses avant-bras. Là, il bascula sa nuque en arrière et leva ses yeux vers le ciel turquoise de Kumo. Aujourd'hui était un beau jour ... aujourd'hui était incontestablement un jour nouveau pour le jeune Nagoshi.


¤,.°o°O ... O°o°.,¤

MessageSujet: Re: Aire d'Entraînement de Sho   Sam 17 Mai - 23:27

¤,.°o°O Chapitre 1 : Vie et Survie O°o°.,¤
« Les Blessures du Passé / Apprentissage de la Régénération ( Partie 2 ) »


Le restant de l'après-midi s'écoula aussi lentement que la matinée. Sho occupa ce temps à méditer et à poursuivre l'entraînement physique qu'il avait élaboré quelques années plutôt sans jamais écarter la réflexion qu'il avait entamée sur l'apprentissage de la régénération. Lentement, la position du soleil décrut dans le ciel puis disparut totalement sous l'ombre de l'horizon. Sho eut la bonne idée de préparer un petit feu de bois à la tombée du crépuscule, en prévention d'une nuit fraîche. Car, oui, le jeune étudiant avait la ferme intention de passer la nuit sur les lieux. Assit à califourchon sur une branche supérieure du premier chêne qui vint à croiser sa route, il s'adossa contre le tronc et se laissa allez peu à peu au sommeil et au repos. La nuit fut calme quoi qu'interrompu par quelques hululements nocturnes ou autres cris d'animaux sauvages. Un fort vent frais souffla entre les épais branchages de l'arbre mais jamais il ne déstabilisa notre jeune ami dans sa posture. Figé comme un hibou sur sa branche, Sho dormit jusqu'aux aurores, réveillé seulement par les premiers piaillements tapis dans la forêt avoisinante. Ses yeux sombres parcoururent dès lors le peu d'étendu que la vue lui permettait. En cette heure, le ciel était encore partagé entre le bleu nuit et la très faible lueur d'un soleil renaissant en direction de l'est. C'est donc d'un pied prudent que Sho descendit de son lit de fortune et réussit à poser le pied à terre sans le moindre encombre. Le torse simplement recouvert d'un t-shirt noir à manches longues, il retrouva son sac de voyage et y saisit de quoi se préparer une bonne infusion de thé pour débuter cette nouvelle journée d'entraînement.

Après quelques manipulations hasardeuses, Sho réussit à faire bouiller un peu d'eau dans une casserole cabossée. Là, il jeta quelques feuilles d'un vert émeraude et entama la préparation d'un étonnant breuvage à la teinte d'un jaune translucide sous l'effet de quelques pincées de sucre. Cette boisson fraîchement écoulée dans une tasse il s'assit à même le sol dans la même position de la veille. Jambes entrecroisées, il tint sa main droite autour de la tasse et la gauche en dessous d'elle. Le regard plongé dans le vide, l'air encore peu réveillé, Sho porta de temps à autres le doux breuvage jusqu'à ses lèvres rosées. Plus les minutes passaient et plus l'air semblait se réchauffer. Bientôt, le jour triompherait de nouveau dans le ciel et il pourrait recommencer son entraînement à la régénération. Dans son esprit, commençait à mûrir une idée ou tout du moins une manière de venir à bout des difficultés qu'il avait rencontré la veille. Par le biais de la métamorphose, il savait comment extérioriser son chakra et l'amener à envelopper son corps tout entier. Il lui était donc venu à l'idée qu'en acheminant son chakra hors de son corps, il réussirait peut-être à faire fonctionner la régénération pour un début. Il n'aurait ensuite qu'à concentrer cet acheminement autour de son torse en particulier afin de curer les blessures qui l'entaillaient. Fort de cette idée qui ne demandait qu'à être testé, Sho en termina avec sa tasse de thé et la déposa soigneusement sur le sol avant de rapprocher ses mains l'une de l'autre à hauteur de sa poitrine. En sentant la brise légère glisser le long de son dos et de ses épaules, il referma lentement ses paupières et tenta de faire le vide quand une voix rocailleuse s'éleva soudainement derrière lui.

· Kôsuke · Un endroit vide de monde ... le calme plat ... c'est en effet un endroit idéal pour s'entraîner.

Sho reconnut immédiatement la voix du vieux Hondô, le premier homme qui lui avait offert son amitié à son arrivé dans le village caché des nuages. Un très léger sourire aux lèvres, Sho rouvrit ses yeux et se leva avant de se tourner vers son invité surprise. Comme toujours, Kôsuke Hondô étonnait aussi bien par la noblesse de son visage que par la tranquillité perpétuelle qui semblait émaner de lui. En guise d'un profond respect, Sho se courba en abaissant son regard sur le sol poussiéreux de l'endroit. En réponse, le vieux Hondô fit de même, bien que ses articulations vieilles d'un plus grand nombre d'années n'étaient plus à même de faire plier son dos aussi bas que le jeune étudiant. Un sourire amusé entailla rapidement son visage ridé par les années, heureux qu'il était de retrouver son voisin de quartier dans un tel endroit. De son côté, ce dernier ne semblait comprendre ni pourquoi il était venu jusqu'ici ni comment il avait apprit qu'il était ici ( si jamais c'était vraiment lui qu'il recherchait ). Mais avant même qu'il n'ait put entrouvrir ses lèvres pour lui poser la question, le vieux Hondô y répondit par ces quelques mots.

· Kôsuke · Je savais que je te trouverai ici ... en passant par ton appartement hier, j'ai remarqué que tu n'y étais pas. Comme tous les grands shinobis de Kumo ont fait leur apprentissage dans cet endroit, j'étais persuadé de te retrouver ici.

· Sho · Votre sens de la déduction me surprendra toujours ...

· Kôsuke · Allons allons ! A mon age, l'ego n'a plus grand besoin d'être flatté de cette manière. Mais trêve de plaisanteries, comment avance ton entraînement ?

· Sho · Et bien, disons que les premiers essais ne se sont pas avérés très concluant. J'ai toutefois espoir que j'arriverai à mes fins.

Le vieillard acquiesça d'un hochement de tête et ajouta :

· Kôsuke · Est-ce que cela te dérange si je t'observe de loin, jeune Nagoshi ?

· Sho · Ma foi ... non

Une fois de plus, le vieux Hondô hocha de la tête puis s'éloigna de quelques mètres avant de s'assoire à l'ombre d'un rocher de la hauteur d'un homme moyen. Sho, lui, décida de reprendre l'entraînement là où il l'avait laissé. Soit à la théorie d'après laquelle il devait laisser son chakra s'émanciper hors de son corps pour ensuite le concentrer sur son torse. L'esprit plus ou moins libéré, le jeune représentant de la famille Nagoshi reprit sa posture à même le sol, les jambes croisées dans la position du lotus. Lentement mais sûrement, il ferma ses paupières et plongea aussi bien sa vision que son esprit dans l'obscurité la plus totale. Seul, seul avec ses battements de coeur, il apaisa progressivement son rythme cardiaque et établit une sorte de vide à l'intérieur de lui. Ne ressentant désormais plus que les quantités de chakra parcourir ses veines et son corps tout entier, Sho rapprocha ses mains à hauteur de sa poitrine. Le moment était venu de tester sa théorie. Le moment était venu pour lui de réussir, enfin. Emporté par son désir de guérison, il expira longuement et délicatement puis brusquement, sans un seul bruit, enchaîna les différents symboles liés à la technique de régénération : serpent - cheval - coq - chien - buffle avant d'expulser un taux moyen de chakra hors de son corps. Sentant ce flux d'énergie nimbée son corps, il fixa son esprit sur la seule image de son torse. Quand il jugea la visualisation parfaite, Sho murmura :

· Sho · Régénération

Dès lors, il sentit une chaleur peu commune lui parcourir le torse comme s'il se tenait tout prêt d'un feu de bois crépitant. Son chakra s'enfonça dans sa peau et lentement, accéléra la cicatrisation de ses blessures. Sho tenta alors de s'imaginer, comme il le pouvait, la régénération de ses cellules à l'échelle microscopique. Sa maîtrise de cette technique n'étant pas encore à son maximum, seul quelques unes de ses blessures cicatrisèrent définitivement. Pour les autres, il y avait fort à croire que le jeune shinobi tenterait de les soigner plus tard quand il retrouverait un peu de ses forces. Fatigué par l'effort demandé, Sho relâcha totalement son esprit et toute sa concentration comme quelqu'un qui se réveillait brusquement d'un mauvais rêve. Essoufflé et quelque peu désorienté, le jeune étudiant apposa ses mains sur ses genoux recroquevillés, tout en respirant aussi profondément qu'il lui était permit. Il avait atteint le premier de ses nombreux objectifs et même s'il souffrait autant que s'il venait de parcourir quarante kilomètres au pas de course, il était heureux de ce qu'il avait accompli. L'avenir était nervuré d'autant de travail, si ce n'était encore davantage d'exercices au fur et à mesure qu'il chercherait à atteindre les sommets.

Au loin, on pouvait entendre les applaudissements du vieux Hondô.


¤,.°o°O ... O°o°.,¤

MessageSujet: Re: Aire d'Entraînement de Sho   Dim 18 Mai - 15:30

Sho: + 20 XP RP.

Incontestablement, je reste un grand fan ... Smile
Good job .

MessageSujet: Re: Aire d'Entraînement de Sho   Sam 27 Sep - 20:31

¤,.°o°O Chapitre 3 : La lame et l'esprit O°o°.,¤
« Sacrifice / Apprentissage du Jinsei Noshi - De la Vie à la Mort ( Partie 1 ) »

Comme il l'avait espéré, Sho réussit à convaincre un éleveur des environs de lui confier l'une de ces poules. Pas n'importe laquelle, une poule malade, plus proche des portes de la mort que de toute autre chose à vrai dire. Sur le trajet qui le conduisait aux montagnes du village, il répéta mentalement ce qu'il avait découvert dans le livre des maux. Chaque paragraphe, chaque passage important, résonnait dans son esprit avec une telle force qu'il lui était désormais impossible de se concentrer sur autre chose. Quoi que cela puisse lui en coûter, il devait réussir à maîtriser cette technique d'une manière ou d'une autre pour son propre bien et celui du village. Il devait plus que jamais acquérir cette polyvalence mais aussi cette spécialisation en médecine défensive. Il le fallait rapidement si cette rumeur de tournoi s'amplifiait et s'avérait finalement exacte dans les jours à venir. L'occasion rêvée de prouver sa valeur et sa détermination à l'égard du village était peut-être sur le point de se produire, il ne pouvait la manquer. Lui, le natif de la Vallée Verte se devait d'inscrire son nom dans un petit bout de l'Histoire, aussi courte fut la page. Au fond de lui, il le savait, il savait qu'il y arriverait même s'il devait passer plusieurs jours à s'entraîner encore et encore sans la moindre nourriture à portée de main hormis cette poule ( qu'il ne mangerait à vrai dire pour rien au monde ). Son corps était prêt et son esprit tout autant. Il ne manquait plus qu'à mettre en pratique ce qu'il avait apprit dans le livre des maux en s'imprégnant du contexte dans lequel le Jinsei Noshi était né. Pour cela, il devait faire appel à deux désirs distincts : celui de blesser et de soigner. Autant dire que cela ne serait pas facile au prime abord de confronter deux souhaits diamétralement opposés. Pourtant, il devait réussir à le faire sans même savoir comment, il le devait.

Arrivé dans les montagnes, Sho se dirigea vers un endroit bien particulier où se dressait un gigantesque rocher au beau milieu d'un champ de poussière et de gravas. C'est à cet endroit même qu'il avait apprit à gérer la technique Saisei ou Régénération, et c'est ici qu'il apprendrait le Jinsei Noshi car seul cet endroit le faisait sentir comme chez lui. Il avait crée comme des liens avec le sol de cette terre, des liens que rien ni personne ne pourraient altérer. C'est donc avec un sourire heureux qu'il revint à fouler la terre de son aire d'entraînement. A quelques pas de là, il remarqua les troncs épais et nervurés des quelques arbres qui réussissaient encore à vivre dans les parages. L'idée lui vint immédiatement d'y attacher l'animal qu'il tenait sous son bras à l'aide d'une corde qu'il avait prit le soin d'emprunter au passage à l'éleveur. Ceci fait, il revint au milieu de l'aire d'entraînement, ôta sa tunique rougeâtre, laissant son torse entièrement dissimulé sous plusieurs mètres de bandage frémir devant le vent qui soufflait à cette hauteur, et s'installa sur le sol dans la position du lotus. La paume de ses mains tournée l'une vers l'autre, il laissa ses paupières se clorent et son esprit se vider de toutes réflexions inutiles. Enfermé dans cette position, Sho pouvait désormais se concentrer sur le seul instant présent, faisant abstraction de tout ce qu'il avait put vivre jusqu'ici pour ne plus ressentir que le rythme régulier de son coeur. Chacun de ces battements se répandait en onde dans son corps et se perdait contre les parois délicates de sa peau. Lentement, Sho diminua son rythme cardiaque et s'abandonna peu à peu aux éléments qui l'entouraient. Le vent qui soufflait autour de lui, la terre sur laquelle il reposait, la végétation qui frémissait au loin. La nature répondait au moindre de ses frissons de coeur comme si elle comprenait ce langage depuis toujours.

La concentration ne faisait pas tout. Sho devait désormais éveiller son chakra et le mobiliser dans ses mains pour pouvoir le propulser hors de son corps le moment venu. Son esprit vide matérialisa les canaux de chakra comme dans un songe. A l'intérieur de ces canaux, Sho pouvait sentir le flux se mouvoir tel un grand ensemble vaporeux. Ce flux étant limité dans un certain laps de temps, il devait l'utiliser avec précaution et se laisser une marge de deux petites tentatives pour chaque forme du Jinsei Noshi avant l'épuisement totale. C'était relativement peu pour qu'il puisse arriver à ses fins mais il devait y arriver, il n'avait pas d'autres choix. Dans son esprit, il visualisa sa cible et les entailles qui la déchireraient bientôt. Il y dessina le développement de son offensive : les signes, l'incantation, le chakra s'extirpant de son corps pour fendre l'air et finalement blesser sa cible. Cette visualisation acquise, Sho fit affluer une quantité de chakra le long de ses doigts et de la paume de sa main. Avec une vitesse et une dextérité remarquable, le jeune shinobi exécuta ensuite les différents signes suivant : chien-bélier-cheval-serpent ; avant de se murmurer pour lui-même :

· Sho · Jinsei Noshi.

Mais rien. Rien ne se produisit. Accrochée à son arbre, la poule picorait le sol sans se soucier des préoccupations du shinobi. Ce dernier, lui, rouvrit lentement ses yeux pour s'apercevoir que la technique n'avait tout simplement pas fonctionner. Que c'était-il passé ? Où son chakra avait-il put se dissiper ? A bien y réfléchir, il ne l'avait même pas sentit sortir de son corps. Il y avait donc forcément quelque chose qui n'allait pas, mais quoi ? Lassé, Sho se laissa basculer en arrière pour se retrouver le dos à plat sur le sol. Ses longs cheveux rouges masquaient une partie de son visage, mais ses yeux pouvaient néanmoins distinguer la beauté du ciel turquoise qui s'étendait au-dessus de lui. Que devait-il faire pour y arriver ? Était-il seulement capable d'atteindre ce niveau de maîtrise ? Autant de questions qui restèrent sans réponse pendant près d'une heure de temps passée à regarder le ciel. Sho avait beau chercher une ou plusieurs solutions au problème, il n'avait que sa mémoire et les lignes du livre des maux pour en trouver. Autant dire qu'il n'était pas avancé à grand chose pour le moment. Une autre heure s'écoula sans la moindre réponse quand subitement, ses pupilles se logèrent dans le coin de ses yeux pour fixer l'extrémité du fourreau de son katana qui dépassait tout juste de sa tunique, à un mètre tout au plus sur sa droite.

· Sho · * Réfléchit Sho, qu'est ce que tu as pu rater. *

Soudainement, la raison lui parut claire comme de l'eau de roche. Si son premier essai n'avait pas marché c'est qu'il n'avait pas visualisé correctement les dégâts. Le Jinsei Noshi pouvait ouvrir des entailles plus ou moins profondes sur la cible, un peu comme son katana pouvait en infliger lui aussi. Il devait couper la peau de sa cible, la sectionner avec son chakra et pour cela, il devait agir comme dans un combat réel, les yeux fixés sur sa cible et le coeur empli par la volonté de lui nuire. Certes la poule n'était pas le pire ennemi du monde mais il n'avait pas le choix de composer qu'avec ce qu'il avait en sa possession. Alors il se laissa envahir par un profond sentiment de colère, qu'il puisa dans les plus mauvais souvenirs de son existence et dans la peine qu'il pouvait ressentir si loin de sa famille. A partir de là, il put ressentir comme des flammes bouillir au fond de son estomac et lui nouer le ventre. Il visualisa les entailles qu'il s'apprêtait à faire subir à l'animal, en se les imageant avec l'image de son katana. Ce degré de visualisation atteint, Sho se redressa brusquement, les genoux légèrement fléchis, et s'élança à toute vitesse vers l'arbre où l'animal était attaché comme s'il allait le frapper de plein fouet. Dans sa course, il enchaîna les signes chien-bélier-cheval-serpent au même moment que l'afflux de chakra arrivait à son paroxysme dans ses mains, alors il sentit son énergie déferler sur sa cible et la déchirer de toute part comme si plusieurs poignards lui tailladaient la peau. La poule rendit un dernier cri puis tomba raide morte sur le sol. Sho s'arrêta à un mètre d'elle, essoufflé, et resta un moment immobile devant son cadavre étendu dans son propre sang. L'animal était malade et sur le point de mourir, il n'avait que précipité le processus mais nul doute que la technique aurait un moindre effet sur un être humain. Une voix s'éveilla alors dans son dos et le sortit de ses songes.

· Kôsuke · A chaque fois que je te retrouve, tu sembles avoir grandi, jeune Nagoshi.

· Sho · Et à chaque fois que je vous retrouve, je me surprends à me demander comment vous devinez le moment opportun pour vous présenter à moi Hôndo-sama.


Le vieil homme eut un petit rire et lui répondit d'une voix sage et forte à la fois.

· Kôsuke · Il te reste beaucoup de choses à apprendre sur moi.

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

MessageSujet: Re: Aire d'Entraînement de Sho   Mar 30 Sep - 18:18

¤,.°o°O Chapitre 3 : La lame et l'esprit O°o°.,¤
« Sacrifice / Apprentissage du Jinsei Noshi - De la Vie à la Mort ( Partie 2 ) »

Un léger vent d'ouest balaya la scène, faisant osciller la longue chevelure rouge flamme de Sho et frétiller les plumes du gallinacé laissé pour mort sur le sol poussiéreux. Le vieil homme et le jeune shinobi s'observèrent pendant un long instant sans prononcer le moindre mot. L'attitude de chacun était aussi calme et détaché qu'à leur habitude. A ceci près, que le vieux Hôndo affichait une mine bien différente à celle qui accompagnait habituellement ses journées. Un brin déterminée, presque féroce, comme un loup se délectant de la proie qui se déplace sous son museau. Intrigué, Sho ne semblait réellement comprendre les dernières paroles que son vieil ami lui avait adressé autant que l'expression de son visage. Devait-il s'en inquiéter ? Voila une question qui trouva rapidement une réponse, dès lors que le vieillard plongea sa main droite derrière son dos. Par réflexe, Sho prit une posture défensive, les genoux et les bras légèrement repliés de manière à pouvoir se déplacer avec une extrême rapidité si l'occasion se présentait. Cet homme n'était pas Kôsuke Hôndo, c'était impossible ! Hôndo arborait toujours une joie de vivre vivifiante pour ceux qui venaient à le rencontrer. Bien qu'il ne raffolait pas des discussions privées, il ne laissait jamais peser le moindre mystère sur sa personne. Et s'il en avait la possibilité, il était toujours le premier à l'encourager et à l'applaudir dès qu'il réussissait quelque chose. Mais la personne qui se trouvait en face de lui ne répondait à aucun de ces critères spécifiques. Quelque chose n'allait pas. Il y avait une incohérence dans tout ceci mais laquelle exactement ? Sho n'aurait sut le dire. Il était seul face à cet individu qu'il ne reconnaissait plus aux traits de son visage à et ses manières. Que pouvait-il faire ?

Akikaze était de plus trop loin de sa position désormais. S'il souhaitait s'en emparer, il lui fallait se rapprocher d'Hôndo ou tout du moins de la silhouette qui se faisait passer pour lui. Un Genjutsu ? L'idée effleura son esprit sans trouver l'écho qui lui permettait de le confirmer. Sho ne comprenait pourquoi mais la situation semblait soudainement échapper à son contrôle. Lui qui était venu s'entraîner tranquillement au Jinsei Noshi était à présent prisonnier d'une réalité qu'il ne réussissait plus à discerner clairement. A tel point, que son esprit commençait à se brouiller d'interrogations douteuses et d'hypothèses farfelues. Quand brusquement, le vieux Hôndo propulsa puissamment son bras droit vers l'avant, lançant à toute vitesse deux kunai dans sa direction. Les yeux de Sho s'écarquillèrent de surprise mais ses jambes prirent une vive impulsion et le jeune shinobi du village Caché des Nuages parvint à éviter les deux projectiles, qui terminèrent leur course plantés dans l'écorce déjà bien tailladée de l'arbre le plus proche. Le souffle court, il s'élança entre les arbres du petit bosquet en courant afin de semer la terrible scène qu'il venait de vivre. Kôsuke Hôndo avait tout fait pour lui depuis qu'il était arrivé à Kumo, comment quelqu'un - car il était désormais certain à ses yeux que cet individu n'était le vieil homme qu'il appréciait tant - avait-il put prendre son apparence et pour quelle raison s'en prenait-il désormais à lui ? La réponse semblait si vague ou à vrai dire totalement incompréhensible que Sho en chassa les sources de sa tête pour se concentrer seulement sur ce qu'il devait faire à présent.

Au détour d'une petite clairière, il se glissa derrière un tronc d'arbre et tenta de reprendre son souffle tout en gardant un oeil attentif tout autour de lui au cas où une autre offensive lui serait portée. Il devait retourner au village, il n'avait pas d'autres choix à présent. La situation était délicate, il n'y a que là-bas qu'il serait certain d'être en sécurité. Mais comment s'y rendre si cet individu barrait le seul chemin qui permettait d'y retourner ? Sho n'eut le temps d'y réfléchir que ses oreilles frémirent en entendant un craquement sur sa gauche. Malheureusement pour lui, l'offensive vint de la droite et si son ultime réflexe lui permit d'éviter de nouveau la pointe acérée d'un premier kunai se fut le second qui se planta douloureusement dans sa cuisse. Étouffant son cri de la main droite, Sho prit son courage à deux mains et retira le kunai de sa cuisse de l'autre. La douleur ressentit n'en fut que plus grande mais l'étudiant en médecine connaissait désormais une manière de soigner ce genre de blessure. Chien-bélier-cheval-singe, telles furent les signes que l'Esei-nin enchaîna avant de propulser une quantité de chakra dans la petite entaille qu'il venait de souffrir. La spécificité défensive du Jinsei Noshi fit son effet et l'hémorragie s'arrêta d'un seul coup d'autant que la plaie se referma pour former une cicatrice sur la bonne voie de guérison. Fatigué par l'effort brusque qu'il venait de fournir en l'espace de quelques minutes, Sho se tint tout de même sur ses gardes. Quand des applaudissements se firent entendre quelque part dans son dos.

· Sho · * C'est pas vrai ! Qu'est ce qui se passe à la fin ! *

Surprise totale, Kôsuke Hôndo se tenait derrière lui, son sourire heureux aux lèvres. Sho n'y comprenait rien. Était-ce une nouvelle illusion qui tentait de l'amadouer pour mieux l'achever ? Persuadé que oui, le shinobi s'élança et frappa du poing droit sa cible quand celle-ci se volatilisa en fumée blanche. Un clone ? Impossible ! Des pas résonnèrent au loin et une silhouette se détacha d'un tronc d'arbre à trois heures de sa position. Au fur et à mesure qu'elle se rapprocha, Sho reconnut en elle les traits exacts de Kôsuke Hôndo habités du même sourire qu'il venait tout juste de voir se volatiliser sous l'impulsion de son poing. Se pouvait-il qu'il se trouve de nouveau face à un clone ? La suite des évènements lui fit comprendre que non, au même titre qu'elle leva le voile sur tout ce qu'il venait de se dérouler.

· Kôsuke · N'ai crainte Nagoshi-kun, c'est bien moi. Si tu tiens vraiment à en être certain, je te dirais que la première fois que nous nous sommes rencontrés au village, j'étais vraiment endormi, quoi que j'aie put t'en dire après que tu sois rentré.

En entendant ces mots, Sho reprit sa posture normale en clignant frénétiquement des yeux comme si l'incompréhension qui régnait en ce moment même dans sa tête, brouillait la moindre de ses fonctions motrices.

· Kôsuke · Je suis désolé de t'avoir fait endurer tout ceci mais il le fallait si tu voulais atteindre une maîtrise totale du Jinsei Noshi. Il fallait que tu sois blessé, il fallait que tu te sentes en danger pour en arriver à ce stade et tu as brillamment réussi, comme je m'y attendais.

· Sho · ... je ... je ne comprends pas. Comment saviez-vous que je m'entraînais à cette technique ?

· Kôsuke · Comme je te l'ai dis plus tôt, tu as beaucoup de choses à apprendre sur moi. La première d'entre elle étant que j'ai été un ninja moi aussi. La seconde, que j'ai également suivie la voie Eisei. Cette technique n'a donc aucun secret pour moi.


· Sho · Vous un Eisei-nin ? Je comprends mieux les kunai, la diversion et le clone, maintenant.

· Kôsuke · | Rire | Malgré toutes ces années, je n'ai pas vraiment perdu la main hein ? | Rire | Allez vient, rentrons au village, je t'invite au restaurant. Après tout, c'est la moindre des choses après ce que je viens de t'infliger.

Ainsi l'ancienne et la nouvelle génération de shinobis se joignirent l'une à l'autre, côte à côte, marchant dans la même direction, quittant l'entraînement pour le centre ville comme si la sagesse du passé cherchait désormais à forger la fougue du présent.

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

MessageSujet: Re: Aire d'Entraînement de Sho   Mar 30 Sep - 18:43

Sho: + 20 XP (technique validée)

MessageSujet: Re: Aire d'Entraînement de Sho   Mar 4 Nov - 15:44

¤,.°o°O Chapitre 5 : Renforcement O°o°.,¤
« L'affrontement / Apprentissage du Kawarimi - Permutation ( Partie 1 ) »

Une goutte, puis deux, puis quatre, et finalement le déluge. Sous ces trombes d'eau, les toits de Kumo laissaient résonner des notes creuses ou lourdes selon leur inclinaison et l'agencement de leurs tuiles. Le concerto occupait toute la superficie du village jusque dans ses rues vides où la nuit avait toutefois allumé quelques lueurs derrière les vitres opaques de certaines habitations. Le village caché des nuages dormait paisiblement mais pour combien de temps encore ?

Loin, très loin des ruelles du village, une ombre sommeillait au coeur des montagnes. Vêtu d'un long manteau rouge pourpre au col large, elle restait tapis dans les branchages verdoyants d'un chêne perdu à la lisière d'un bosquet, contemplatifs du spectacle qui s'offrait actuellement à elle. Dans ses yeux aussi noirs que le jais se réfléchissaient les kilomètres de toitures et de bâtisses qui se trouvaient aux pieds des montagnes. Kumo, son antre, sa force, le village qui l'avait recueilli. Un lieu de paix et de tranquillité comme il n'en avait jamais connu de pareil dans son existence. Un endroit qu'il lui fallait protéger depuis qu'il en était devenu l'un des shinobis. Un honneur, pensait-il, un devoir, dans d'autres circonstances. Peu importait dans le fond. Kumo pouvait dormir en toute tranquillité ; ses shinobis veillaient ... ils veillaient toujours.

Au terme de cinq longues minutes, l'averse se fit moins violente, empruntant alors les traits d'une pluie fine semblable à une nuée de diamant tombant du ciel. L'ombre se laissa glisser jusqu'à la terre ferme, révélant ainsi un visage impassible et une chevelure rouge brique un semblant ébouriffée. Jugeant qu'il était temps de s'abandonner à quelques exercices, elle s'avança sous la pluie, ses pas s'enlisant légèrement dans les marres d'eau nouvellement formées. Son chemin l'amena sur une terre moins engorgée où un gigantesque rocher de plus de cinq mètres se dressait comme un trône en plein coeur des montagnes. La légende voulait qu'il soit indestructible. Elle racontait même que certains shinobis s'étaient essayés à la détruire de leur propre main pour se retrouver les os brisés. Peu enclin à suivre les pas incertains de ces malheureux, Sho se contenta de le contempler de haut en bas comme on contemple un monument d'une extrême beauté.

Il lui inspirait une certaine prestance, voir une certaine noblesse. A son échelle, le temps ne semblait avoir d'emprise sur lui. Il ne vieillissait pas, demeurait immobile de jour comme de nuit, ne se souciait qu'il vente ou qu'il pleuve. Combien de vies d'hommes avait-il déjà vu se consumer devant lui ? La réponse était introuvable. Il n'exprimait rien, se contentait de se dresser comme le digne gardien des lieux.

· Setsuko · On dit que ce rocher renfermerait l'âme du village ...


S'exclama une jeune fille aux cheveux d'un blond étincelant, attachés en une queue de cheval solide dans son dos, et aux yeux d'un bleu turquoise. Tout comme Sho, elle portait le bandeau frappé du symbole du pays de la foudre autour de son front, mais se démarquait par sa tenue plus légère, short noir assortie à ses bottes et débardeur gris.

· Setsuko · ... il m'est difficile d'imaginer le contraire à chaque fois que je le revois.

Conclut-elle en s'arrêtant à deux mètres de lui. Sho la dévisagea un long instant, encore sensiblement surpris de ne pas l'avoir entendu arriver. Setsuko, la première amie qu'il avait rencontré en arrivant à l'académie. Une fille qu'il appréciait pour beaucoup. Quelqu'un sur qui il pouvait se reposer si jamais les choses venaient à se dégrader d'une manière ou d'une autre.

Les paroles qu'elle venait de prononcer résonnant encore dans sa tête, l'eisei-nin releva son regard vers le rocher et le fixa un long moment. L'âme du village ... oui, à le regarder ainsi, peut-être était-il bien le gardien de cette volonté de fer commune à tous les shinobis de Kumo. Dans un sens, il veillait peut-être même sur chacun d'eux. Sa grandeur n'avait de limite que sa taille mais lorsqu'on l'observait de si près, on venait à ressentir une sensation particulière et étourdissante à la fois. Celle de n'être rien de plus qu'un amas de chair et d'os en mouvement, mais un amas capable de sentir cette volonté, ce courage, cette détermination, bouillir au fond d'elle comme le torrent de lave brûlait au fond du volcan. Oui, il n'y avait pas de doute possible ; ce rocher préservait l'âme de Kumo et aussi longtemps qu'il se dresserait dans ces montagnes, et que les shinobis du village lui rendraient hommage, l'âme de Kumo subsisterait.

Setsuko marqua un pas de côté et se tourna vers son camarade avec un léger sourire aux coins des lèvres. Un vent d'ouest se leva secrètement puis déferla sur la scène, balayant les chevelures respectives des deux shinobis désormais face à face. Un silence pesant s'en suivi. Attentif l'un à l'autre, se fut Setsuko la première qui bougea pour porter ses mains derrière son dos. Sho, lui, resta parfaitement immobile quoi qu'il réalisait soudainement que son entraînement allait être un peu plus intéressant que d'habituel.

Un second souffle de vent eut le temps de lui caresser le visage quand Setsuko reporta ses mains à portée de vue. Toutes les deux étaient à présent refermées sur des kunais luisant comme des crocs sur le point de fendre la chair. La première de ses pensées alla à Akikaze, son katana, pendu sous les pans de son long manteau mais il s'en réserva l'usage à plus tard. Jusqu'à cet instant, lui et Setsuko n'avait jamais échangé les moindre coups. Il n'avait aucune idée de ses forces et de ses faiblesses, autant qu'elle ne connaissait les siennes. Il pouvait cependant lire cette lueur de défi dans son regard aussi clair qu'un ciel de printemps, comme si elle avait attendu ce moment depuis déjà trop longtemps.

· Sho · J'espère que tu ne retiendras pas tes coups parce que je suis un ami.

Le ton prononcé était léger, nullement moqueur, tout juste amical.

· Setsuko · Pas le moins du monde, sois rassuré.

La réponse se termina par un petit rire amusé tandis qu'elle prenait position, les genoux fléchis. Dans son neutralisme habituel, Sho se contenta de rester bien droit, attentif au moindre mouvement que viendrait à faire sa camarade. Cet affrontement soudain semblait s'être décidé d'un commun accord sans qu'aucun des deux parties n'eut à prononcer le moindre mot. Après tout, il leur fallait souvent à peine plus d'un regard pour s'entendre sur une question. A celui qu'elle lui avait offert en arrivant, Sho avait immédiatement compris qu'elle était venue pour le défier. Sans doute avait-elle besoin de connaître ses limites en vu du tournoi chuunin. Ou peut-être était-ce un simple rapport de force pour savoir si elle se trouvait être plus forte que lui ou pas. Mais dans le fond, peu importait la raison de cet affrontement maintenant qu'il était sur le point de commencer.

L'espace d'une fraction de seconde et Setsuko disparut de son champ de vision. Téléportation ? Il n'eut le temps de le soupçonner qu'un violent coup de poing le frappa de côté, déplaçant ses pas d'un ou deux maîtres sous la puissance de l'impacte. Déboussolé au point de ne pas pouvoir essuyer le coup de pied fouetté en plein ventre qui suivi, Sho se retrouva rapidement dos au sol sans n'avoir rien vu de son adversaire.

· Setsuko · Je te croyais plus vif que ça ...

Murmura-t-elle en se penchant légèrement sur lui, son sourire de défi toujours dessiner sur son visage d'ange. Réagir, réagir, ce mot ne cessait de parcourir l'esprit de Sho. Avec une vitesse presque déroutante, il puisa sa revanche en enchaînant divers signes : chien-bélier-cheval-serpent .... la phase offensive du Jinsei Noshi. Setsuko eut à peine le temps d'écarquiller ses yeux que son camarade mit un terme à la technique en libérant son chakra sur sa cible, sa main droite pour conducteur. De profondes entailles sanguinolentes s'ouvrirent alors le long de ses bras et sur son torse, la déchirant de douleurs. Elle entama alors sa propre succession de signes dans l'espoir de contrecarrer les effets de cette technique mais Sho se leva trop vite, beaucoup trop vite pour qu'elle puisse en terminer. D'un coup de pied latéral, il brisa sa série de signes et en profita pour enchaîner sur un coup de poing dans l'estomac.

· Sho · Et moi je te croyais plus sur tes gardes ...


La réponse était donnée. Les deux shinobis se regardèrent dans le blanc des yeux, leur souffle légèrement plus rapide qu'à la normale. Qui allait prendre le dessus ? La question trouva rapidement une réponse, dès lors que Setsuko enchaîna une série de trois signes, sans que Sho n'ait le temps de réagir. Une fois de plus, elle disparut de son champ de vision. Se jurant qu'on ne l'y reprendrait pas, Sho prit une posture défensive et s'assura de contrôler les alentours pour éviter de se faire surprendre. Ses yeux de félins allaient et venaient tout autour de lui tandis que ses sens s'essayaient à repérer la présence de Setsuko. Seulement, rien, rien n'eut lieu en une minute de temps. La belle eisei-nin avait totalement disparut. C'était-elle téléporter plus loin pour éveiller sa curiosité et l'obliger à rompre sa garde pour mieux se téléporter à nouveau et le surprendre ? Sho envisageait la possibilité bien que l'idée en soit lui paressait louche.

Quand dans un sursaut, le sol se déroba sous ses pieds dans une succession de petites secousses. Déséquilibré, il ne trouva l'impulsion nécessaire pour se sortir de ce pétrin que Setsuko sortit en furie de la terre et le frappa d'un si puissant uppercut sous la mâchoire que ses pieds se décolèrent du sol au même moment que ses mâchoires claquaient violemment l'une contre l'autre. Une fois de plus mis au sol, Sho ne trouva cette fois la force de se relever aussi facilement que la première fois. Sa tête résonnait encore lourdement du coup précédent et résonna encore davantage lorsque la belle planta ses kunais dans chacune de ses cuisses, avant de se téléporter à distance raisonnable pour éviter toute contre-attaque soudaine.

Sho se releva péniblement au bout d'une trentaine de secondes, se persuadant corps et âme que ce n'était pas fini, bien au contraire. Jouant une fois de plus de ses compétences, il enchaîna les signes conduisant à la régénération et laissa son chakra influer jusqu'à ses cuisses. Il savait qu'il devait garder une certaine constante dans le flux qu'il était entrain de dissiper de manière à ce que ses blessures guérissent le plus rapidement possible. De son côté, Setsuko trouva la force de se guérir également en s'appliquant la phase défensive du Jinsei Noshi sur ses blessures.

· Setsuko · Tu te bats bien. Je suis impressionnée.

· Sho · Je te retourne le compliment ..

Un sourire amusé tordu sur son visage, Sho ne laissa guère plus de temps à son amie pour s'en remettre et se glissa à toute vitesse jusqu'à elle. Arrivée à sa hauteur, il tenta un coup de pied fouetté quand il se heurta à une matière bien plus dure que la peau humaine. Un nuage de poussière blanche lui explosa en pleine figure. Une fois dissipée, Sho s'étonna de découvrir un simple rondin de bois échouer sur le sol. Était-ce ce qu'il avait fra ...

La question n'eut le temps de se frayer un chemin dans son esprit qu'il sentit deux lames froides se planter dans son épaule droite. Impossible ! Comment avait-elle put le tromper sans qu'il ne remarque rien ?

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

MessageSujet: Re: Aire d'Entraînement de Sho   Jeu 6 Nov - 3:15

¤,.°o°O Chapitre 5 : Renforcement O°o°.,¤
« L'affrontement / Apprentissage du Kawarimi - Permutation ( Partie 2 ) »

Le doute s'empara subitement de lui. La scène avait beau repasser en boucle dans sa tête, il ne réussissait à se remémorer ni le moindre détail ni le moindre élément en particulier qu'il aurait hormis de prendre en compte au cours de son offensive. Les faits étaient pourtant là, le corps de Setsuko s'était substitué à un vulgaire rondin de bois, lui permettant de l'attaquer dans son dos sans qu'il ne se doute de rien. Certes, sa technique de régénération continuait d'agir et le préservait encore des quelques blessures qu'il venait d'essuyer mais là n'était pas son souci principal.

D'un simple revers de main, Sho retira les deux kunais plantés dans son épaule puis se tourna vers sa camarade. Son regard n'exprimait plus qu'un semblant d'agacement motivé par son incompréhension. Le vent continuait de souffler avec toujours plus d'insistance comme si une tempête s'apprêtait à déferler sur les montagnes d'un moment à l'autre. Le ciel avait prit une teinte encore plus sombre et menaçante qu'elle ne l'avait été jusqu'ici. A croire qu'une nouvelle averse allait également s'abattre sur eux pour compléter le tout.

Sa longue chevelure balayée par le vent, Sho serrait les deux kunais de son adversaire dans sa main droite. Son regard, plus perçant encore que ceux des félins, fixait son visage comme s'il y cherchait une réponse qu'il ne réussissait à trouver lui-même. Le silence, lourd de sens, ne cessait de prendre de l'ampleur de minute en minute. Chacun des deux parties réfléchissaient à sa prochaine offensive ou tout du moins à la manière de surprendre leur adversaire en évitant un maximum les risques de contre-attaque. Sho eut une nouvelle pensée pour son katana mais jugea qu'il était encore trop tôt pour le révéler, d'autant qu'il possédait maintenant les deux kunais de Setsuko et qu'il lui restait une plus grande réserve de chakra à disposition après le nombre de techniques qu'elle avait utilisé.

Que faire ? La question ne cessait de traverser ses pensées quand soudainement, une idée s'extirpa du lot de possibilités engagé dans son esprit. Et s'il recréait les mêmes conditions que quelques instants plus tôt ? En utilisant cette fois-ci les kunais à sa disposition pour l'obliger à reproduire sa technique ? Certes, cela ne garantissait pas la réutilisation forcée du jutsu dont elle s'était servit pour tromper sa vigilance, mais son plan avait au moins le mérite de l'obliger à quitter sa position si elle ne voulait pas subir cette attaque de front. D'une manière ou d'une autre, il venait de créer une diversion lui permettant de l'atteindre soit pour reconnaître sa technique soit pour la toucher avec son Jinsei Noshi.

Son plan en place, Sho ne laissa s'écouler qu'une fraction de seconde entre l'instant où il fléchit sur ses genoux et celui où il s'élança à toute vitesse vers sa camarade, son buste légèrement incliné vers l'avant et ses bras tendus vers l'arrière pour se donner plus de vitesse encore. Une fois à portée ni trop courte ni trop grande pour porter son offensive à exécution, l'eisei-nin prit appuis sur son pied gauche, décolla légèrement du sol, puis ramena violemment son bras droit vers l'avant, propulsant ainsi les deux kunais avec une rapidité fulgurante. Alors son oeil aguerrit le remarqua enfin ! Ce signe qu'il avait manqué quelques instants plus tôt ! Au contact de la cible, les deux kunais disparurent dans un nuage de fumée blanche, confirmant son hypothèse. Ne se laissant toutefois pas déborder par sa réussite passagère, il fit volte-face et para avec brio le coup de poings de Setsuko, visiblement surprise d'être découverte.

Sa contre-attaque déchue, la belle shinobi aux cheveux dorés fit quelques bonds en arrière pour se mettre à distance raisonnable.

· Setsuko · Alors ... alors tu as finalement compris ?

Lui demanda-t-elle, le souffle court.

· Sho · Tu m'as surpris c'est vrai ... mais cette fois-ci j'ai eu le temps de comprendre comme fonctionnait ta technique.

Il s'était exprimé d'une voix délicate mais avec ce quelque chose de déterminé en plus. Il comprenait maintenant quelle technique son amie avait utilisée. C'était une sorte de moyen de permutation qui permettait à un shinobi de substituer son corps à un rondin de bois afin de tromper l'oeil de la personne lui faisant face. Il en avait déjà entendu parler dans les couloirs de l'académie, notamment de la bouche des élèves sortant de l'amphithéâtre de ninjutsu. Elle était très souvent utilisée pour surprendre un adversaire lorsque celui-ci attentait une série de coups physiques. Maintenant qu'il savait comme l'utiliser, il lui fallait préserver quelques quantités précieuses de chakra pour porter son coup final.

Mais l'heure n'était pas encore venue, patience ... patience. Il lui fallait occuper l'esprit de Setsuko le plus longtemps possible afin de mettre en place l'attaque qui mettrait fin à cet affrontement. Son long manteau rouge brique se balançant de gauche à droite au rythme du vent, son regard toujours fixé sur son amie, Sho n'attendait plus que le moment opportun pour frapper, sachant pertinemment qu'elle n'était plus en posture d'utiliser que l'équivalent d'une seule technique.

· Setsuko · Tu me regardes comme si tu te retenais d'agir ...

Dans un sens, Setsuko avait raison. Il lui fallait emmagasiner une bonne quantité de chakra. Une quantité qui lui permettrait de tester la technique de permutation. Comme il n'avait jamais eu l'occasion de s'entraîner à sa réalisation auparavant, il jugea, à juste de titre, qu'il devait utiliser une plus grande quantité d'énergie que ne le demandait réellement la technique, ceci afin de s'assurer de son bon fonctionnement.

· Setsuko · ... mais je te connais plus que tu ne le crois ...

Akikaze dormait encore paisiblement dans son fourreau alors que de petites gouttes de pluie commençaient à tomber ici et là sur ce champ de boue et de graviers. Bien que sensible aux paroles que venaient de prononcer son amie, Sho restait figé dans ce mutisme et ce neutralisme à toute épreuve. Concentré sur sa tache, il continuait de mobiliser son chakra, bien que la quantité nécessaire à la réussite de son essai était dors et déjà dépassé depuis quelques secondes, il continuait, pour faire croire à son adversaire qu'il préparait une technique d'une bien plus grande ampleur.

· Setsuko · ... et crois bien que je ne te laisserai pas faire !

Emportée par son instinct, Setsuko sortit de ses gongs et se précipita sur lui, enchaînant les coups de pieds fouettés, comme les coups de poings et les esquives de côté lorsque Sho venait à riposter par le même genre d'armes. Le combat venait d'entrer dans sa phase physique la plus intense. Aussi rapide que précis, les coups pleuvaient de toute part aussi bien que la pluie tombait à présent sur la scène. Chaque offensive portée se soldait par un contre immédiat de la part de l'un ou de l'autre. Les phalanges s'arrêtaient contre les avant-bras, les tibias contre les coudes ou les genoux. Les deux eisei-nin rivalisaient de vitesse et de force. A un tel point qu'il n'aurait été incongru de se demander comment leur os pouvait encore et toujours résister à tant de puissance.

Pendant encore cinq bonnes minutes, le combat s'intensifia jusqu'au moment où, trouvant une brèche sur le même fil, l'un et l'autre frappèrent avec une si grande force que la distance de quelques centimètres qui les séparaient jusqu'ici s'agrandit d'un bon mètre. Sestuko avait prit un coup en plein ventre qu'elle tenait de sa main gauche ensanglantée. De son côté, Sho avait essuyé un coup en plein visage et tentait, tant bien que mal, de nettoyer les filets de sang qui dégoulinaient à présent de ses narines. L'épreuve de force était terminée. Il ne manquait plus que le gong final.

C'est sur cette pensée que Sho força volontairement la garde de Setsuko, l'obligeant à se défendre encore et encore sous la vitesse de ses coups de pieds et de poings. Le plan qu'il avait méthodiquement ficelé depuis quelques minutes était sur le point d'être révélé à l'ombre de la nuit. Et alors qu'il continuait ses enchaînements, il brisa volontairement sa propre défense, sachant pertinemment que son amie profiterait de cette occasion inouïe pour lui infliger sa riposte. Ce qui arriva. Mais Sho avait prévu sa réaction bien à l'avance et en avait même profité pour libérer son chakra tout en mobilisant l'image d'un rondin de bois dans sa tête, et plaçant les doigts de sa main droite de manière à reproduire le signe qu'il avait distinguer en observant Setsuko utiliser la permutation.

Un nuage de fumée blanche explosa soudainement en lieu et place du corps de Sho et quand il s'eut totalement évaporé, Setsuko laissa ses yeux se fermer et un sourire mélancolique se dresser sur son visage en sentant la lame froide d'un katana sous sa gorge.

· Sho · C'est terminé ...

Oui, le combat était bel et bien terminé. Sho avait brandit Akikaze hors de son fourreau au cours de la permutation et avait profité de la faiblesse de son adversaire pour la lui glisser sous la gorge. En d'autres temps, contre de véritables ennemis, sa vie se serait alors éteinte dans un silence de mort. Ici, la fin se content de sourires et de petits rires amusés.

· Setsuko · Tu t'es montré plus malin et plus fort que je ne le suis Sho-san mais laisse moi un peu de temps et il se pourrait que la donne vienne rapidement à changer.

A l'écoute de ces paroles, l'eisei-nin se laissa aller à un sourire de plus, heureux qu'il se sentait d'avoir mené un tel combat auprès d'une telle amie. Dans le silence de la nuit, tous deux s'en retournèrent contre le tronc d'un arbre, à la lisière du bosquet qui demeurait au coeur des montagnes. Le peu de chakra qui pouvait leur rester fut employer à la régénération de leurs cellules et de leurs plaies, alors que tous deux s'échangeaient leurs impressions sur le combat qu'il venait de mener. Les compliments fusèrent, les rires et les provocations d'usage suivirent la cadence générale, et quand la pluie s'arrêta, que les nuages se dissipèrent et que le ciel bleu encre de la nuit put de nouveau révéler ses plus belles étoiles, alors les deux shinobis s'abandonnèrent au sommeil le plus profond, épuisés par leur lutte acharnée.

¤,.°o°O ... O°o°.,¤


[ Je demande la validation de la technique Permutation si c'est ok ]

MessageSujet: Re: Aire d'Entraînement de Sho   Jeu 6 Nov - 3:22

Sho : +20xp RP


"Une goutte d'eau de mon passé représente l'Océan pour moi. Mais cet océan serait bien vide sans ton image qui se refléterait dessus, Toi, ma Lune. Pour cela, et pour tout le reste aussi... Merci."

MessageSujet: Re: Aire d'Entraînement de Sho   Mar 9 Juin - 18:47

¤,.°o°O Chapitre 8 : L'Ombre Croissante O°o°.,¤
« Inconscience »
-1-

Ses yeux dorés fixaient le mur.

La pièce dans laquelle il se tenait était vide et silencieuse. Elle se trouvait à l'extrémité de l'aile ouest de l'hôpital et semblait oublié de tous. Cette pièce, Sho la connaissait bien. Il s'y était déjà arrêté un soir d'automne.

La pénombre qui habitait l'endroit lui apparaissait étrangement plus austère que dans ses souvenirs. L'atmosphère même de la pièce était pesante. Il n'aurait su dire quoi, mais il avait la sensation que quelque chose avait changé.

Sa main droite s'arrêta contre le mur du fond. Il sentit immédiatement un courant d'air froid remonter le long de son avant-bras et engourdir ses doigts. Aucun sentiment ne crispa son visage. Il savait ce qui allait se produire. Il l'avait déjà vu faire. Un carré aux arêtes noires se dessina sur la pierre blanche entourant sa main. Le grondement d'un premier rouage qu'on desserre parvint à ses oreilles ; rapidement suivi par l'apparition de plusieurs symboles noirs sur toute la superficie du mur. Un second rouage sauta et une ouverture noire se dessina. Elle semblait avoir été taillé à sa dimension.

Sho ne fit preuve d'aucune hésitation. Il se faufila dans l'ouverture et retrouva un escalier en colimaçon de l'autre côté. Derrière lui, l'entrée disparut aussitôt. La pièce dans laquelle il s'était trouvé quelques instants plus tôt était redevenue cette pièce abandonnée, vide, et silencieuse.

En haut de l'escalier, Sho trouva un vaste laboratoire où d'innombrables ouvrages jonchaient sur des étagères aux côtés de bocaux multicolores ou sur de grandes tables éclairées par de petites lampes de bureau. Sur le côté droit, les livres laissaient place à des instruments étrangers et des embranchements complexes entre des tubes en verre et des ballons du même matériau. Les lieux semblaient vides au premier abord mais il savait qu'il ne fallait pas se fier aux apparences. La propriétaire des lieux était tout à fait capable d'être métamorphosé en livre ou encore en tube à essai. Il était dans ses habitudes de le surprendre, peu importe comment.

Prudemment, il s'avança entre les tables. Ses yeux oscillaient entre sa gauche et sa droite. Il lui sembla entrevoir des plans, des listes, et même des fiches raturées mais rien qui ne put être considéré comme étrange. Arrivé devant le bureau derrière lequel elle avait l’habitude de se tenir, Sho s’arrêta net. Son regard perçant n’eut le temps de balayer le plan de travail que son attention toute entière se fixa sur un rouleau de parchemin et un papier soigneusement replié au centre.


***


La rue dans laquelle Sho s'engouffra était peu fréquentée. Il y avait bien une femme aux longs cheveux châtains, le visage rayonnant, qui balayait l’entrée de sa demeure et plus loin, deux hommes d’un age avancé qui discutaient à voix basse. Mis à part ça, cette rue respirait le calme et la sérénité. On pouvait presque entendre les flots continues du petit cours d’eau qui serpentait une rue plus loin.

Les yeux abaissés vers le sol, Sho avançait sans se poser la moindre question. Akai ne lui était plus apparu depuis quelques mois. Aujourd’hui, elle avait décidé de le revoir. Tout se résumait à ça. C’est en tout cas ce que laissait penser le message qu’elle avait laissé sur son bureau.

Le rouleau de parchemin était blottit dans la poche droite de sa longue veste. A chacun de ses pas, il pouvait le sentir battre contre sa cuisse et pourtant aucune pulsion ne l’avait encore poussé à le dérouler. Si Akai l’avait délibérément laissé à sa vue et lui avait demandé de le ramener au point de rendez-vous c’est que tout ou tard il prendrait connaissance de son contenu. Pour l’heure, il se contentait simplement de marcher en silence.

Parfois, son regard s’arrêtait sur un visage connu qu’il saluait d’un hochement de la tête et d’un sourire ou encore sur un détail dans le ciel bleu parsemé de nuages. Dans d‘autres situations, ses yeux se perdaient de nouveau dans le vide comme si ses pensées le torturaient alors qu’en réalité il n’en était rien.

Son ombre n’était encore qu’un minuscule grain de sable au loin. Un indiscernable détail dans le décor.


***


Elle était là, assise sur une branche à cinq mètres du sol. Son regard froid et profond le fixait tandis que ses longs doigts disparaissaient dans sa longue chevelure noire. Akai était ce genre de femme insondable qui savait jouer de sa ruse pour arriver à ses fins. Rien ne lui résistait. Beaucoup la fuyait en croyant voir le démon tandis que d’autres s’émerveillaient devant son insaisissable beauté.

A coté de ça, Sho était un privilégié.

Le bruit de ses pas sur le sol résonnèrent avec insistance jusqu’à son arrêt. Pas le moindre vent ne soufflait sur les montagnes. Pas le moindre bruit ne leur parvenait du village. Le silence était total.

Akai descendit de son abri. Le pas félin, elle se rapprocha peu à peu de lui, ses bras se balançant très légèrement le long de son corps gracile.

{ Akai } Toujours à l'heure.

Sho plongea son regard dans le sien sans répondre. Son visage n’affichait aucune émotion, fidèle à ses habitudes. Il enfonça simplement ses mains au fond des poches de sa veste. Une seule question trottait dans son esprit : pourquoi avait-elle décidé de réapparaître aujourd’hui ?

{ Akai } Excuse-moi de ne pas t’avoir accueilli dans mon laboratoire, j’ai eu un petit empêchement de dernière minute.

Des excuses ? C’était bien la première fois que Sho en entendait de sa bouche. Il avait cette sensation, la même qu’il avait ressentie en arrivant dans la pièce qui donnait sur le laboratoire. Quelque chose avait changé. Les traits d’Akai étaient creusés et sa peau plus blanche que jamais. Elle semblait malade et affaiblie bien qu’elle tentait d’afficher un bien meilleur état. Sans doute oubliait-elle qu’elle se trouvait en face d’un autre eisei-nin, certes moins puissant qu’elle, mais tout à fait capable de discerner ce genre de petits détails qui faisaient toute la différence.

Pourquoi jouer les faux-semblants avec lui ? Que cherchait-elle à lui prouver ? Pour le savoir, Sho saisit l’occasion de l’interroger directement sur son état.

{ Sho } Vous avez mauvaise mine. Est-ce que tout va bien ?

Comme il s’y était attendu, le silence s’installa entre eux avant de se défaire à l'approche d'une autre question.

{ Akai } Est-ce que tu as apporté le rouleau avec toi ?

Bon nombre de personnes se seraient certainement acharné à revenir sur leur question en espérant découvrir quelque chose, mais pas Sho ; surtout quand il savait pertinament que cela ne le mènerait nul part. Akai ne voulait pas en discuter, c’était aussi simple que ça. Et aussi simple qu’était sa réaction, Sho la comprenait. Une personne d’un tel rang n’avait pas forcément envie de discuter avec le premier venu de ce qui avait bien pu l’affaiblir ou la blesser. C’était une question d’intimité ou peut-être d’intégrité.

Sho sortit le rouleau de sa poche et le tendit à la juunin mais celle-ci continua de faire peser son regard sur lui comme si elle se désintéressait de l’objet.

{ Akai } Ouvre-le.

Il la fixa pendant quelques secondes puis il s’exécuta.

Dans une écriture fine et soignée, il découvrit un texte narrant l’utilisation d’une technique capable de surmonter l’inconscience. Au bas du parchemin, il trouva plusieurs dessins représentant les différents signes utilisés au cours de l’opération et un bref schéma explicatif des mouvements d’énergie dans l’organisme au moment de la réalisation. Mais son regard s’arrêta plus particulièrement sur les kanji dessinés à l’encre rouge en en-tête.

{ Sho } Kaeri ...

Il avait déjà lu ce nom quelque part mais il ne se souvenait plus où.

{ Akai } Ce que tu tiens entre tes mains fait l’objet de beaucoup d’intérêt dans notre branche.

Sho décolla immédiatement les yeux du parchemin pour observer le visage d’Akai. Il exprimait la fermeté et une certaine forme de mélancolie en même temps.

{ Akai } C’est une connaissance très ancienne. Quelque chose que nous nous transmettons de génération en génération. Pour ma part, j’ai jugé qu’il était temps pour toi d’accéder à cette connaissance.

Elle abaissa son regard vers le sol.

{ Akai } A toi de t’en servir avec discernement.

Le but de sa présence ici était désormais clair. Akai voulait lui confier les secrets d’une technique aux propriétés étonnantes. Une technique puissante qui lui demanderait très certainement plusieurs jours de travail acharné pour espérer la maîtriser. Sur le moment pourtant, Sho n’y porta aucun intérêt. Ses yeux étaient rivés sur Akai. Jamais elle n’avait baissé son regard devant lui ; jamais elle ne s’était excusé ; jamais elle ne lui était apparue aussi fébrile. Quelque chose avait changé ... mais quoi ?

Sho rangea rapidement le rouleau à l’endroit où il l’avait prit et fit un pas en avant quand Akai leva vers lui un regard étrangement doux.

{ Akai } Entraîne-toi, je viendrai surveiller l’avancée de tes progrès.

Un nouveau pas en avant. Un autre en arrière. Sho avançait. Akai pivotait sur ses talons et repartait. Le chuunin tenta vainement d’accélérer le pas mais sa supérieure lui fit signe de s’arrêter. Un simple regard par dessus son épaule nue, et Akai lui fit comprendre qu’il valait mieux pour lui de rester où il était. Un sourire sur un visage marqué, et elle ajouta ainsi que tout allait bien et qu’il n’avait pas à s’inquiéter.

Une seconde et un froissement d’étoffe plus tard, elle disparut.


***


La pleine lune faisait baigner le village tout entier dans un léger halo argenté. Le ciel était dégagé et les étoiles aussi brillantes que les plus beaux joyaux de ce monde. Kumo dormait déjà.

La lumière jaune qui éclairait la table du salon était la seule source de lumière visible dans le quartier où Sho habitait. La température extérieure était si agréable que l’eisei-nin avait laissé grandes ouvertes les portes coulissantes donnant sur le balcon. Sa silhouette apparaissait de loin comme une ombre noire nimbée d’une aura jaunâtre. Lui était simplement accoudé à la rambarde du balcon, une tasse de thé à la main, d’où une légère fumée blanche s’échappait puis s’évaporait à hauteur de sa poitrine.

Une douleur futile glissa le long de son cou. Sa main gauche se plaqua immédiatement sous sa mâchoire et il s’étira en penchant au maximum sa tête vers la droite. La douleur disparut aussitôt.

Sho avala une gorgée de thé vert et revint dans le salon où la petite lampe de bureau éclairait une table recouverte de plans et de feuillets en tout genre. Le rouleau que lui avait donné Akai était déroulé sur la pile de paperasse. Ses yeux s’attardèrent un instant sur les kanji trônant au sommet du parchemin. Après quoi, il prit place sur une chaise et commença le long processus de mémoration.

Quelque chose avait changé, mais quoi ?

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MessageSujet: Re: Aire d'Entraînement de Sho   Lun 15 Juin - 1:17

¤,.°o°O Chapitre 8 : L'Ombre Croissante O°o°.,¤
« Inconscience »
-2-

Quatre jours s'étaient écoulés depuis son entrevu avec Akai. Quatre jours durant lesquels il avait porté une grande attention à son entraînement. Après ses longues matinées passées à traiter d’affaires et d’autres au coeur de l’académie, il avait consacré ses après-midi à repousser toujours plus loin les limites de son corps en le soumettant à de lourdes contraintes. Le soir, il s’était chargé de mémoriser l’interminable série de signes incantatoires inscrites sur le rouleau de parchemin dont il était devenu le gardien quatre jours plus tôt. Bien que l’exercice présentait quelques difficultés vingt et un signes à retenir et à exécuter avec une synchronisation parfaite ça demandait forcément une maîtrise irréprochable – Sho avait réussi à en venir à bout dès la troisième nuit. Cette étape franchie, il allait désormais attaquer la seconde : apprendre à sceller la quantité de chakra produite dans un seul geste, de manière à pouvoir surprendre l’ennemi en utilisant la technique le plus discrètement possible.

A l’aube du cinquième jour, Sho décida donc de se rendre dans les montagnes. Plus précisément au plus bas de leurs racines, là où le gazon s’étendait encore à perte de vue comme un océan d’algues échoué aux pieds des montagnes. Ses pas s’arrêtèrent sur un hectare de terre où il ne subsistait qu’un seul arbre, une sorte d’épicéa commun aux aiguilles d’un vert foncé.

Bien qu’il aurait pu passer des heures à contempler cet endroit sans se lasser, Sho ne s’attarda guère longtemps sur la beauté du paysage. Il déposa son sac à terre et en sortit le fameux rouleau de parchemin à la source de tous les efforts qu’il avait du produire ces derniers jours. Après s’être débarrassé de sa longue veste rouge brique – qu’il avait prit soin de plier et de déposer sur son sac – Sho s’installa à même le sol et déroula l’objet cylindrique. Immédiatement, ses yeux ambrés s’arrêtèrent sur le paragraphe situé juste en dessous de la liste des signes utilisés dans la première partie. Celui-ci narrait très précisément la manipulation à suivre pour réussir à passer l’incantation de base de 21 signes à une incantation à un seul signe ; à savoir celui du serpent. Au premier abord, le processus était complexe et demandait de grandes quantités d’énergie. Il fallait en effet habitué l’organisme à associer l’effet de la technique au seul signe du serpent, via un enchaînement coûteux et dangereux. L’utilisateur devait réussir à enchaîner quatre fois d’affiler la technique – donc réussir une série totale de 84 signes – contenir ses effets tout le long du processus, et ne les relâcher qu’à la formation du signe unique.

Problème, retenir les effets de quatre utilisations représentait une pression d’énergie extrêmement importante et donc dangereuse pour l’organisme de l’utilisateur. C’est ici que l’entraînement physique qu’il s’était infligé entrait en ligne de compte. En repoussant ses limites, Sho s’était offert une plus grande marge d’erreur. Une marge d’erreur qui allait peut-être lui laisser une chance de valider une étape importante de sa formation.

En se concentrant, Sho sentit le vent glacial souffler dans ses cheveux et descendre le long de ses bras et de son dos nu. Ses pensées commencèrent à se disperser, ses sensations à s’amplifier, avant le grand silence. En un battement de cil, l’eisei-nin se retrouva enfermé dans une bulle hermétique comme s’il était soudainement tombé dans un abîme sans fin. Lentement, il scella ses paupières, au moment où son chakra commençait à bouillir au fond de lui. Privé de tous contacts visuels, Sho était littéralement coupé du monde extérieur. Toute sa perception n’était dès lors plus tournée que vers la circulation des flux de chakra dans son organisme. Dans un coin de son esprit, les 21 signes incantatoires défilaient continuellement pour ne pas qu’il vienne à manquer le moindre d’entre eux. Tout était donc prêt. Une profonde inspiration pour établir l’équilibre intérieur et Sho se lança dans la réalisation des signes.

Chèvre - Coq - Lièvre - Singe - Cochon - Coq - Boeuf - Cheval - Dragon - Cochon - Tigre - Singe - Rat - Chien - Cheval - Coq - Chèvre - Chien - Lièvre - Rat - Tigre

La première série terminée, il prononça très clairement :

SHO # Kaeri !

A ce moment précis, une quantité inqualifiable de chakra s’amassa au niveau de ses bras. Pour la retenir, Sho dut utiliser toute sa résistance mentale et physique. Ses doigts se crispèrent. Il sentit un poids terrible s’exercer sur ses avant-bras comme si des kilos de plomb avaient soudainement été coulés autour d’eux. Dire que ce n’était là que la première vague.

Les trois autres réalisations se firent avec toujours plus de difficultés. Le front de Sho, son torse, étaient tous deux ruisselant de sueur. Les veines de ses avant-bras dessinaient de petites ondulations sur sa peau comme si elles s’apprêtaient à exploser d’une minute à l’autre. La pression exercée par la quantité de chakra retenue était tout simplement insoutenable. Sho serrait les dents en se demandant pendant encore combien de temps ses os allaient pouvoir tenir. L’instant était des plus critiques, ses mains tremblaient. Pourtant, Sho trouva la force de les faire bouger une ultime fois pour former le signe unique : le serpent, le seul qui n’avait pas été utilisé jusque là. La douleur était devenue si grande qu’il n’attendit pas la moindre seconde de plus. Dans un cri mêlant la rage et la détermination, il libéra l’effet amplifié de la technique.

SHO # KAERI !

...
.....

Quand Sho se réveilla, la mi-journée était passée. Le ciel était d’un bleu turquoise et parsemé de nuages blancs comme neige. Son cerveau lui parut aussi lourd qu’une enclume lorsqu’il essaya, sans réussite, de se lever. Il se sentit terriblement épuisé, sans la moindre force. Tout s’était volatilisé, même ses souvenirs. Il ne se rappelait plus que du seul moment où il avait relâché la technique ; le reste avait disparu. Avait-il été victime d’effets secondaires ? Sho ne se souvenait pas en avoir lu sur le parchemin. Pourtant, lorsqu’il réussit enfin à se redresser en position assise, ce qu’il vit autour de lui l’amena rapidement à reconsidérer les éléments encore présents dans sa mémoire.

Dans un rayon de cinq mètres autour de lui, les brindilles d’herbes étaient couchés et brisés, comme si un grand cercle de pierre s’était abattu à cet endroit, aplatissant tout sous son poids. Mais il n’y avait pas eu de cercle de pierre. Il était seul au milieu de ce terrain, seul au milieu de ce cercle. La source de cet étrange phénomène ne pouvait être que lui. Il en était persuadé, mais n’en avait plus aucun souvenir.

Un parfum corsé glissa subrepticement sous ses narines. Il entendit comme un pop derrière lui mais avant même qu’il ne trouve les ressources pour tourner sa tête, une voix féminine s’éleva derrière son dos.

AKAI # Impressionnant, je n’aurai jamais imaginé que tu puisses réussir du premier coup.

Le corps athlétique, blanc, d’Akai Juutai apparut dans le coin droit de son champ de vision. Elle arborait une tenue légère, comme à son habitude, découvrant ses jambes fuselées, son ventre plat, et son décolleté plongeant. Les deux extrémités de son bandeau voletaient derrière sa longue chevelure noire à la moindre impulsion du vent. Ses lèvres recouvertes d’un noir aussi profond que celui de ses yeux se courbèrent en un sourire amusé.

AKAI # Laisse-moi t’aider.

Sho ne trouva le temps de penser à une réponse que la kunoichi s’était déjà agenouillé et apposait désormais ses mains sur ses avant-bras.

AKAI # Seikei no Mai.

Une sensation de chaleur ennivrante s’empara de lui. Incapable de tenir plus longuement assit, Sho se recoucha sur l’herbe, fermant ses yeux. Son esprit était toujours aussi confus. Il avait beau essayé d’y remettre un peu d’ordre, il n’y avait rien à faire. C’était comme s’il avait reçu un coup de marteau sur la tête. Fort heureusement, les soins promulgués par Akai ravivèrent un peu sa mémoire. Dans une sorte de flash, il se revit crier le nom de la technique avant que ne se forme une incroyable bulle de chakra autour de lui. Que s’était-il passé après ? Il n’arrivait toujours pas à s’en souvenir. Sa vision ne lui avait malheureusement pas offert plus de détails sur ce qui avait suivi la formation de la bulle de chakra.

Comme si elle venait de lire dans ses pensées, Akai lui raconta tout ce qui s’était passé.

AKAI # J’étais là. Je t’observais. Tu as réussi à réduire l’incantation dès ton premier essai, c’était éblouissant. Mais la quantité d’énergie que tu avais accumulé était si importante que tu t’es effondré après l’avoir relâché. Tu as dormi pendant six heures au total, mais ton organisme n’a pas encore tout à fait récupéré. Mes soins t’aideront à te rétablir mais je crois que quelques jours de repos supplémentaires ne seraient pas de trop. Surtout au vu de ce qui t’attends.

Sho rouvrit ses paupières et tourna son regard vers Akai. Bien qu’il n’avait pas compris sa dernière phrase, il mit de côté toutes les interrogations qui pouvaient y être liés en constatant combien son expression avait changé depuis leur dernière entrevue. Akai semblait revenu à son état habituel, bien loin de la morosité affichée de leur dernière rencontre. Elle semblait de nouveau épanouie – quoi que ce mot n’était pas forcément le mieux choisi pour la décrire. Sho avait la nette impression que tout ce qui avait pu affecté Akai ce jour là avait aujourd’hui disparu. Cette impression était si forte qu’il ne put s’empêcher de sourire en fermant ses yeux.

AKAI # Pourquoi un tel sourire ?

SHO # Vous semblez en bien meilleure forme que la dernière fois.

AKAI # Je ne peux pas en dire autant de toi.

Sho appuya un peu plus son sourire tandis qu’Akai en finissaient de ses soins.

AKAI # Voila, c’est terminé. Tu devrais pouvoir rentrer chez toi sans encombre.

Avec son aide, Sho se redressa sur ses deux jambes. Non sans quelques difficultés apparentes, il se faufila ensuite jusqu’à l’endroit où il avait laissé ses affaires pour y revêtir sa veste. C’est alors qu’il se remémora les paroles d’Akai. Celles qu’il n’avait pas saisit quelques instants plus tôt : « surtout au vu de ce qui t’attends ». Qu’insinuait-elle ? Le regard songeur, il pivota légèrement sur le côté et tourna ses yeux dans sa direction.

SHO # Toute à l’heure, vous avez dit que quelque chose m’attendait. De quoi vous vouliez parler ?

AKAI # D’un combat.

Un combat ? C’était une plaisanterie ? Quelque chose lui échappait ...

SHO # Quel combat ?

AKAI # Celui qui t’opposeras à moi bien sûr.

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MessageSujet: Re: Aire d'Entraînement de Sho   Lun 15 Juin - 18:00

¤,.°o°O Chapitre 8 : L'Ombre Croissante O°o°.,¤
« Inconscience »
-3-

Deux jours entiers de repos avaient suffis à Sho pour se rétablir. 48 heures au cours desquelles la pluie n’avait cessé de tomber sur le village caché des nuages. Le troisième jour n’apporta aucun changement à ce fait. Le ciel était toujours d’un gris menaçant, tournant parfois au noir, et continuait de déverser des litres d’eau sur les toitures et dans les rues du village. L’air était chargé de fines particules de poussière, ce qui laissait une vague odeur de renfermer à tous promeneurs qui osaient mettre le pied dehors. Sho était l’un d’eux.

La nuit dernière, il avait reçu la visite d’Akai. Durant près de deux heures, ils avaient discutés de choses et d’autres. Sécurité du village, progression de l’équipe dont il avait la charge, inquiétudes quant aux agissements de l’Asahi, et surtout l’état de ses forces après le lourd revers qu’il avait essuyé quelques jours plus tôt, tout, ou presque, y était passé. Au terme de leur entrevue, Akai lui avait finalement donné rendez-vous le lendemain, à la première heure de l’après-midi. Elle n’avait bien évidemment pas omis de lui dire de venir avec tout ce qu’il jugerait nécessaire de ramener pour un affrontement comme ceux qu’il avait mené au cœur de l’arène de Kumo ou de Konoha. Après son départ, Sho s’était accordé une heure de réflexion durant laquelle il avait mis en place plusieurs types de stratégies, offensives comme défensives. Sachant Akai plus puissante que lui, il n’avait exclu aucune possibilité, même les plus cruelles. Il le savait, Akai ne lui laisserait aucune chance. Si elle voulait le combattre s’était non seulement pour juger ses capacités physiques mais également pour voir s’il était à même d’utiliser correctement la nouvelle technique qu’elle lui avait confié. Cette dernière option ne pouvait se produire qu’en lui faisant frôler l’inconscience. Alors autant dire qu’elle n’allait pas retenir ses coups.

Les mains enfoncées dans les poches de sa veste, son regard fixant un point imaginaire devant lui, Sho arpentait la rue principale du village en direction de l’est et de ses montagnes, là où Akai l’attendait. La pluie tombait encore et encore, le trempant de la tête au pied, mais il n’y accordait aucun crédit. C’était à se demander s’il n’était pas immunisé contre les désagréments. Sho ne s’importait pas plus des mèches de cheveux violettes qui collaient à son front que les ruisseaux d’eau qui semblaient couler le long de sa colonne vertébrale, sous sa veste. Son esprit était ailleurs. Il réfléchissait à ce qui l’attendait. Il repensait à aux divers plans qu’il avait pu mettre en place la veille. Rien n’était capable de le déstabiliser à cet instant. Il se savait marchant vers une défaite assurée. Pourtant, quelque chose au fond de lui, un sentiment dont il ne connaissait pas précisément la nature, lui dictait qu’il avait l’opportunité de montrer plus que n’en attendait Akai. Sa force résidait principalement dans sa capacité à analyser les réactions de ses adversaires et à choisir la voie offrant la plus grande probabilité de le surprendre. Cette carte, ce don, il allait l’exploiter jusqu’au bout bien que la perspective de blesser celle qui lui avait tout appris ne le réjouissait aucunement, bien au contraire.

Après vingt bonnes minutes de marche, Sho posa enfin le pied sur le terrain où il s’était entraîné deux jours plus tôt. Les brindilles d’herbes s’étaient hérissés au goût de l’averse mais le trop plein d’eau avait engorgé la terre. Des marres de boue attendaient ici et là le premier pied qui viendrait s‘y piéger. Sho continua son chemin en essayant de les éviter. La fine silhouette d’Akai l’attendait au pied de l’épicéa solitaire. Pour l’occasion, elle avait enfilé une tenue moins provocante qu’à son habitude. Pantalon en toile noire serré à la taille et aux tibia, un haut noir sans manches dissimulant les parties de son buste qu’elle laissait d’habitude à la vue de tous, Akai Juutai semblait presque métamorphosé dans cette panoplie. Si sa tenue étonnait, Sho nota surtout la présence d’une ceinture et d’un fourreau accroché à l’horizontal dans son dos. De sa position il ne pouvait pas encore le voir mais il pariait pour un wakizachi ou bien un katana comme celui qu’il avait lui même glissé dans la poche horizontale située à l’arrière de sa veste.

AKAI # C’est un temps idéal pour se battre, tu ne trouves pas ?

Son regard perçant fixé dans le sien, Sho répondit par un simple hochement de la tête. De son côté, Akai sourit. Pendant près d’une minute, ils se regardèrent sans rien dire tandis que l’averse s’amplifiait. Sho se demandait combien de temps elle allait encore resté immobile. Après tout, ils étaient venus pour se battre ? C’est donc que les habitudes protocolaires n’avaient plus vraiment lieu d’être à cet instant précis. Il avait bien évidemment l’opportunité de frapper le premier, mais il préféra mettre de côté cette option. Jamais il n’avait vu combattre Akai, il ne savait donc pas à quoi s’attendre. Gaspiller de l’énergie dès la première action aurait été la plus grande bêtise qu’il puisse faire, il en était conscient. Il devait dans ce cas attendre. Attendre que son opposante se décide.

AKAI # Bon et bien je crois…

Akai ne termina pas sa phrase. En une fraction de seconde, elle se volatilisa littéralement sous les yeux de Sho. Un réflexe le sauva, alors qu’elle réapparaissait un centième de seconde plus tard dans son dos, son katana à la main prêt à trancher la chair. En la voyant disparaître si brusquement, Sho avait immédiatement posé la main sur le manche d’Akikaze et l’avait brandi tout juste assez tôt pour contrer la lame d’Akai. Un sourire presque malsain se dessina aussitôt sur le visage de la kunoichi avant qu‘elle ne se volatilise en fumée. Avant même que Sho ne puisse dire ouf, il sentit un coup d’une puissance phénoménale s’abattre en plein milieu de son dos. Ses os semblèrent se craquer sous la puissance de l’impacte, bien qu’il n’en était rien. Le souffle coupé court, il s’échoua à genoux sur le sol.

AKAI # Un simple bunshin suffit à tromper ta vigilance, c’est intéressant …

C’était donc ça. Akai avait profité de sa téléportation pour produire un clone. Le coup qu’il avait contré avait été porté par le clone tandis que la véritable Akai trouvait un chemin tout tracé dans son dos. Bien que légèrement sonné par la puissance de l’impacte, Sho souriait. Il en avait appris un peu plus sur elle. Pas assez pour tenter quoi que ce soit mais c’était un début. A la force de ses jambes, il se redressa et s’élança aussitôt sur son adversaire, katana en main. Akai ne chercha pas à l’éviter, mais au contraire à le provoquer. Le fracas de leur lame résonna dans toute la vallée. Côte à côte, ils déchaînèrent une multitude de parades et de courtes offensives comme s’ils essayaient tous les deux de se tester. Ce qui était bien le cas : tandis que Sho cherchait une faille dans la défense d’Akai, elle essayait plutôt de l’éprouver physiquement pour abaisser naturellement sa capacité de réaction et donc sa garde. Coups de genoux, de coudes, de poings ou encore de pieds, toutes leurs articulations étaient mises à rude épreuve. Leur maîtrise des arts martiaux et des armes blanches était équivalente. A tel point qu’au terme de dix longues minutes, aucun d’eux n’avaient encore réussis à blesser l’autre.

Les lames de leur katana s’entrechoquaient dans de grands tintements de métal. C’était comme si la foudre s’abattait à chaque instant entre eux. Il arrivait même que des étincelles se produisent lorsque les lames s’entrechoquaient brusquement. Par moment, Akai prenait le dessus et décrochait un coup de pied latéral que Sho ne réussissait à esquiver qu’au dernier instant en reculant vivement. Autrement, c’était lui qui prenait l’avantage en faisant reculer Akai à grands coups d’épée et de coups de coudes. Pendant ce temps, il continuait d’apprendre de son adversaire. Chacune de ses offensives faisaient place à une analyse complète dans son esprit. Plus les minutes s’égrainaient, plus il se s’approchait de son but : trouver la parade qui ferait osciller Akai.

Après quinze minutes de combat rapproché, tous deux déclenchèrent une frappe qui eut pour effet de les éloigner l’un de l’autre tant la synchronisation de leur mouvement était parfaite. A puissance égale, leurs coups s’étaient tout simplement annulés.

AKAI # J’ai lu le rapport au sujet de ton combat à l’examen chuunin. Je connais ta stratégie de base.

Fit Akai, le sourire aux lèvres, comme si l’intensité de ce début de combat ne l’avait pas affecté.

SHO # Je ne vous pensais pas si inquiète à propos de ce combat pour partir en quête de détails insignifiants.

Rétorqua un Sho dont le souffle haletant trahissait un certain niveau de fatigue malgré l’ironie et l’aisance avec lesquelles il s’était exprimé.

AKAI # Quand on a la possibilité de se renseigner sur son adversaire, il ne faut jamais hésiter à se servir des détails acquits pour le déstabiliser.

La réponse d’Akai laissa une étrange impression à Sho. Qu’avait-elle bien pu apprendre en lisant ce dossier ? Il la savait très brillante pour lire entre les lignes. Akai Juutai était ce genre de personnes, comme lui, qui trouvait plus d’indices dans les plus petites observations que dans les grandes lignes décrites par ce genre de rapport. Alors avait-elle bien réussit à mettre la main sur des détails très précis ? Ou cherchait-elle simplement à le déconcentrer ? Difficile à dire, d’autant plus que la suite des évènements poussèrent Sho à abaisser sa garde. Avait-il était déconcentré pour autant ? Mystère.

Une seule phrase faisait impression dans son esprit : s’il voulait comprendre, il devait la laisser agir.

Et c’est ce qu’il fit. Quand Akai rangea son katana et qu’elle débuta une série de signes, il se rua sur elle pour lui donner l’illusion qu’il ne comptait pas la voir réussir sa technique. Akai esquiva sans difficulté la lame d’Akikaze et trouva le temps de terminer sa série de signes.

AKAI # Jinsei Noshi.

La douleur qui le transperça au moment où elle apposa ses mains contre ses côtes fut indescriptible. Sa peau se déchira comme si elle venait soigneusement d’être ciselé par le boucher du centre-ville. La pression dans la zone touchée fut si grande qu’il sentit littéralement l’une de ses côtes se fissurer. Le sang commença à couler le long de sa hanche gauche, il le sentit à ce fluide chaud qui glissait peu à peu de sa blessure. A cet instant précis, il aurait pu utiliser l’une des nombreuses techniques de soins qu’il connaissait mais il n’en fit rien. Akai voulait le plonger dans l’inconscience, il allait la laisser faire. Sa revanche sonnerait plus tard quand il trouverait enfin sa chance.

Il regarda Akai prendre ses distances comme si elle s’attendait à une riposte de sa part. Bien que la douleur le relançait continuellement, Sho dressa un sourire amusé aux coins de ses lèvres.

Il avait encore appris une chose sur son adversaire …

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MessageSujet: Re: Aire d'Entraînement de Sho   Mer 17 Juin - 17:17

¤,.°o°O Chapitre 8 : L'Ombre Croissante O°o°.,¤
« Inconscience »
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La pluie cessa soudainement de tomber. Sho et Akai se faisaient face, séparés par une dizaine de mètres tout au plus. La belle juunin au teint pâle s’amusait à jeter son katana en l’air et à le rattraper d’une seule main, comme si l’affrontement qu’elle était entrain de vivre ne méritait pas qu’elle y accorde toute son attention. Sho, lui, tenait sa main gauche appuyée contre ses côtes à l’endroit même où Akai l’avait blessé, de manière à atténuer la douleur. Son regard de félin la fixait avec une certaine distance. Il la savait capable de rompre son immobilisme à n’importe quel moment. Il devait donc rester sur ses gardes s’il ne voulait pas essuyer une autre mauvaise surprise.

Soudainement, une bourrasque de vent descendant des montagnes lui fouetta le visage, balayant sa longue chevelure flamboyante au passage.

AKAI # Trop tard !

En effet, il avait réagi trop tard. Akai avait profité de sa brève inattention pour se téléporter sur son flanc gauche. Il eut à peine le temps de prendre une impulsion pour se dégager du corps à corps que la belle lui décrocha un coup de pied fouetté en plein dans ses côtes. La douleur qu’il avait ressenti en subissant le Jinsei Noshi d’Akai n’était en rien comparable à celle qu’il dut essuyer après son coup de pied. Son ancienne blessure se remit à saigner de plus bel, l’obligeant à appuyer encore un peu plus contre ses côtes. Hors ses même côtes lui infligeaient une incroyable souffrance, comme si elles s’étaient définitivement brisées. Sho se sentit fléchir. Il ne posa le genou à terre qu’une fraction de seconde plus tard lorsque Akai fit peser le poids de son pied à l’arrière de son genou gauche.

AKAI # A quoi joues-tu ?

Lui demanda-t-elle en abaissant son regard ténébreux sur lui.

AKAI # Tu comptes vraiment essuyer chacun de mes coups sans riposter ?

Sho leva ses yeux lumineux vers elle, le sourire aux lèvres, et lui répondit :

SHO # Et si c’était le cas que pourriez-vous y changer ?

Akai ne sembla pas apprécier sa remarque vu la gifle qu’elle lui décolla juste après ça. Sho se mit à rire, ses yeux désormais tournés vers le sol. Akai n’avait pas dit son dernier mot, il le savait très bien. C’est sans doute la raison pour laquelle elle s’en prenait à lui de cette manière. Elle s’était certainement attendue à un combat acharné mais au lieu de ça elle récoltait une situation sans intérêt où son adversaire ne ripostait même pas convenablement. C’est cette idée qui faisait rire Sho. Akai réagissait violemment car les choses ne correspondaient pas exactement à ce qu’elle avait prévu. Il avait réussi la première de ses missions : la sortir de son immobilisme psychique en l’agaçant. Désormais, il devait mettre en place la seconde partie de son plan. Celle qui l’amènerait à la dépasser sur le plan physique ne serait-ce que l’espace d’un seul instant pour lui infliger une déroute sans pareil égal. C’est là qu’intervenaient toutes les observations qu’il avait pu enregistré jusqu’à maintenant. Akai s’était révélé à lui peut-être sans le vouloir mais elle allait lourdement payer le prix de cette erreur.

Pour l’heure, elle avait encore l’avantage. Un avantage qu’elle conforta encore un peu plus en profitant de sa faiblesse pour lui planter son katana dans son avant-bras droit et ainsi le clouer au sol pour un moment.

Sho serra les dents discrètement mais l’inflammation ne disparut pas pour autant. Ses yeux regardèrent le sang couler de part et d’autres de la blessure et s’écouler lentement sur les brindilles d’herbes. Du coin de l’oeil, il nota qu’Akai s’était une fois de plus volatilisé tandis que lui restait cloué au sol ; un bras en sang agrafé au sol à l’aide d’un katana et une partie de ses côtes fêlées. Dans de telles conditions, il lui était impossible de percer sa faille. Il devait réfléchir vite et trouver une solution pour se sortir de là. Malheureusement pour lui, la souffrance causée par ses deux blessures brouillait sensiblement ses idées. Sa tête semblait d’ailleurs sur le point d’éclater en ne sachant plus vers quel côté de la balance pencher : traiter la douleur ou établir un nouveau plan d’attaque.

AKAI # Tu ne veux toujours pas riposter ?

L’interrogea Akai, réapparue une dizaine de mètres plus loin.

AKAI # ... dans ce cas tu ne me laisses pas le choix ... Kurohitsugi !

Sho eut à peine le temps d’entrevoir le bras tendu d’Akai que les ténèbres se refermèrent sur lui. Le ciel, les montagnes, Akai, tout avait disparu de son champ de vision, laissant place au chaos le plus absolu. Il eut beau tourner sa tête dans toutes les directions possibles et imaginables, Sho ne voyait plus rien, pas même ses mains. Où était-il tombé, il n’en savait rien. Une illusion était tout de suite à écarter vu qu’Akai était une spécialiste de la branche eisei, non du genjutsu. Il ne restait donc que peu de solutions. Parmi elles, il retint le ninjutsu de combat et non-élémentaire sans pour autant pouvoir l’identifier à l’une des deux branches. Que pouvait-il faire, enfermé comme il l’était ? Il n’eut pas vraiment le temps d’y réfléchir car une lumière pourpre venait de parcourir à toute vitesse les arrêtes de ce qui semblait être un carré parfait juste au-dessus de sa tête. S’agissait-il d’un courant électrique ? Peu probable à en juger la couleur de l’élément. Ce qui fut ensuite confirmé par l’apparition d’une multitude de lances pourpre tout autour de lui.

Une fraction de seconde plus tard, Sho étouffa un cri de détresse en se faisant transpercer de tous les côtés par les lances lumineuses. Le supplice devint si grand que la douleur s’estompa à mesure que ses paupières se refermaient. Le seuil de l’inconscience était désormais plus proche que jamais. Sa vision se floua alors que les ténèbres se dissipaient enfin. Il trouva à peine la force d’entrevoir un vague reflet de ciel gris avant de s’effondrer de tout son poids sur le sol. Son rythme cardiaque commença à baisser, il l’entendait aux battements sourds qui venaient s’éteindre dans ses oreilles.

Ses paupières se refermèrent complètement avant qu’une goutte de sang ne vienne s’y glisser.

Des images commencèrent à transpercer ce nouveau voile de ténèbres. Des images de son passé, de son présent et de ce qu’aurait pu être son futur. Parmi toutes ces images, son cerveau s’arrêta sur une en particulier : la dernière qu’il avait eu de sa mère vivante. Au même moment, une flamme s’alluma dans ses entrailles, répandant une chaleur presque enivrante dans tout son corps. Étrangement, il se sentit regagner de l’énergie. Assez pour glisser son corps sur le côté, tâté le sol puis le katana d’Akai, l’empoigner et l’ôter de son avant-bras. Assez pour joindre ses mains, rouvrir à peine ses paupières et se voir aveuglé. Assez pour former le signe du serpent et murmurer ...

SHO # Kaeri ...

La flamme s’embrasa violemment au fond de lui. Ses yeux s’ouvrirent comme s’il se réveillait d’un mauvais rêve. Une seconde vie s’était écoulée dans ses veines en l’espace de quelques secondes, même s’il se sentait encore lourdement affaibli. La douleur, elle aussi, était revenue.

Crispé, il regarda les nuages gris se dessiner très précisément devant ses yeux et la lumière s’affiner petit à petit. Une petite voix dans sa tête lui murmura qu’il devait agir rapidement s’il ne voulait pas échouer une nouvelle fois. A force de courage et d’abnégation, Sho expulsa momentanément la douleur de sa tête, le temps pour lui de retrouver la trace des signes liés au Shosen dans sa mémoire. Au fer et à mesure qu’il se les rappelait, ses mains les reproduisaient dans la réalité.

SHO # Shosen.

Immédiatement, le sang s’arrêta de couler de ses multiples blessures. Ses réserves en chakra avait peut-être diminuées, il se sentit habité d’une nouvelle énergie, physique celle-ci. Sans la moindre difficulté, il se leva et détailla rapidement le panorama autour de lui. Les montagnes, les pâturages, l’épicéa, Akai ... son regard s’arrêta sur elle. Comme une sorte de déclic instantané, son cerveau se remit à détailler le plan auquel il avait pensé avant de sombrer dans l’inconscience.

AKAI # Je vois que revenir n’est plus un souci pour toi, tu auras au moins ap...

Akai ne trouva pas le temps de terminer sa phrase. Sho venait brusquement d’engager le corps à corps à mains nues. Leurs poings s’entrechoquèrent ou terminaient parfois bloqués dans les paumes de l’autre. Leurs coups de pieds volaient à une vitesse démesurée, fendant l’air ou se bloquant violemment contre une cuisse ou un avant-bras. Bien évidemment, Sho était mis en difficulté à ce petit jeu, au vu des blessures dont il souffrait. Pourtant, l’eisei-nin trouva l’opportunité de se dégager très rapidement de cette situation pour porter ce qui sonnerait le premier acte de sa revanche.

Une impulsion sur sa jambe d’appuis en basculant vers l’arrière, Sho fit influer une grande quantité d’énergie dans son bras gauche et l’envoya s’abattre sur Akai.

SHO # Taitou Suiryoku !

Une aura blanche aveugla la scène au moment ou une véritable barrière de lumière frappait le sol tout juste à l’endroit où Akai s’était trouvé une fraction de seconde plus tôt. Déstabilisée, la belle avait néanmoins réussi à éviter la puissante attaque lancée par son opposant.

Voila la faille que Sho avait tant attendue ! Une nouvelle impulsion sur son pied d’appuis et il s’élança brusquement vers elle au moment où elle se trouvait encore les pieds décollés du sol. L’oeil vif, Akai eut le temps de placer ses bras en opposition pour se défendre avant que Sho ne la frappe de plein fouet à la seule force de son poing. Frappé ? Pas vraiment. Un nuage de fumée blanche explosa sous le nez d’Akai au moment où sa peau entra en contact avec le poing de Sho ou plutôt le rondin de bois qui s’était fait passé pour lui. Pour la première fois, Akai écarquilla ses yeux de surprise avant de les refermer brusquement pour éviter que le nuage de poussière ne l’aveugle même après sa disparition.

SHO # Trop tard ....

Murmura Sho.

Quand le nuage de poussière se dissipa, Akai rouvrit ses yeux et se laissa surprendre par la clarté d’Akikaze dont la pointe était posée sur sa poitrine avec en ligne de mire son coeur. La surprise disparut progressivement de son visage et laissa place à un sentiment de bonheur. Sho avait ses yeux ambrés tournés vers elle, un léger sourire triomphant garnissant ses lèvres.

SHO # Il semblerait que la riposte soit finalement venu.

Akai glissa son index le long de la lame avant de la dévier de sa poitrine. Son visage s’illumina. Pour la première fois, Sho l’entendit rire de bon coeur avant d’écarquiller ses yeux comme jamais en la voyant poser ses mains sur ses épaules et glisser sa tête contre l'une d'elle.

AKAI # Merci ...

Sho ne le remarqua pas ... mais Akai pleurait.

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

MessageSujet: Re: Aire d'Entraînement de Sho   Mer 17 Juin - 22:17

¤,.°o°O Chapitre 8 : L'Ombre Croissante O°o°.,¤
« Inconscience »
-5-

A la tombée de la nuit ...

Leur combat était terminé. Akai avait obtenu les réponses qu’elle avait tant cherchées en prenant Sho sous son aile. Elle avait gagné quelqu’un en qui elle pouvait avoir confiance. Quelqu’un sur qui elle pouvait compter après toutes ces années passées dans la solitude la plus profonde. De son côté, Sho avait réussi à se surpasser. Il avait non seulement réussi à repousser ses limites, il avait également trouver la véritable voie des eisei-nin. Celle qui les amenait à renaître dans n’importe quelle circonstance. Aujourd’hui, tous deux avaient réalisés combien il était bénéfique de pouvoir compter sur une véritable amitié pour se hisser plus haut. Ils avaient en quelque sorte compris qui ils étaient.

Assit au pied des rambardes de son balcon, Sho fixait le ciel étoilé avec mélancolie. Assise en face de lui, Akai buvait son thé en silence. Sho pouvait encore sentir une petite douleur au niveau de ses côtes lorsqu’il bougeait trop brusquement, malgré les soins qu’avait pu lui apporter Akai. La trace de leur combat était plus profondément enfouie dans son âme qu’une simple blessure. Ses yeux avaient beau contemplé la voûte étoilée, il ne cessait de revoir les scènes les plus marquantes de ces derniers jours. Ses soirées passées à mémoriser la nouvelle technique de son répertoire, les retrouvailles avec Akai, son enfermement dans le Kurohitsugi, tout lui revenait par flash successif. Sans même s’en rendre compte, il poussa un soupire d’aise.

Akai sourit en le remarquant. Pendant un court instant, elle continua de fixer le visage de Sho avant d’abaisser son regard vers le sol dans une infime expression de tristesse.

AKAI # J’ai appris pour ta mère. Je suis désolé.

Ce genre de remarque aurait pu paraître étrange, étonnante, dans un tel moment. Pourtant, Sho se contenta simplement de glisser ses pupilles dans le coin de ses yeux pour observer le visage d’Akai, sans pivoter sa tête. Il garda cette position quelques secondes à peine avant de reporter son regard vers le ciel. Cela ne l’étonnait pas franchement qu’elle soit au courant. Pas plus qu’elle ne décide de lui en parler maintenant. Depuis que l’Asahi s’était attaqué à Konoha, les mesures de surveillance s’étaient renforcées dans tous les grands villages cachés, y compris Kumo. Il était donc peu étonnant qu’une personne comme Akai, qui avait accès à toute sorte de dossiers à l’intérieur du village, ait été mis au courant directement ou indirectement du courrier qu’il avait reçu.

SHO # Merci.

Répondit-il en repensant au visage de sa mère, tel qu’il l’avait vu en sombrant dans l’inconscience quelques heures plus tôt.

AKAI # Je sais bien que tous les mots du monde ne suffiraient pas à alléger ta peine mais je veux que tu saches que je comprends.

SHO # Je n’ai aucune peine. Ce qui est arrivé est arrivé.

Akai laissa échapper un petit rire.

AKAI # C’est ce que je répondais moi aussi.

Cette fois-ci, Sho tourna sa tête vers Akai. Il la dévisagea de son regard perçant. Elle disait le comprendre ... répondre la même chose que lui ... c’est donc qu’elle avait elle aussi perdu quelqu’un de cher au cours de sa vie ? A défaut d’en être sûr, Sho lui lança un regard interrogateur en espérant obtenir de plus amples précisions.

AKAI # Il y a une semaine, lorsque nous nous sommes revus, tu m’as fait une remarque sur mon état. Tu te souviens ?

Pour s’en souvenir, il s’en souvenait. Jamais il ne l’avait vu si ... perdue. Il acquiesça de la tête.

AKAI # C’était le jour anniversaire de la mort de mon père.

A cet instant, Sho baissa ses yeux, emplie qu’il était de compassion. Pour la première fois depuis la mort de sa mère, il prenait véritablement conscience de la perte qu’elle pouvait représenter. Dire qu’il n’éprouvait aucune peine était un mensonge. Il se sentait déchirer de l’intérieur. Il réussissait bien évidemment à passer cette sensation totalement inaperçue. Si bien que lui-même s’était pris au jeu. Combien de jours avait-il passé depuis sans rien ressentir, comme si sa mère n’avait jamais représenté pour lui ? Il ne les avait pas compté mais il les savait nombreux.

AKAI # Toute à l’heure, quand tu as réussi à déjouer ma défense, je me suis souvenu du jour de sa mort.

Continua-t-elle sur un ton solennel.

AKAI # Le seul jour, avant celui-ci, où j’ai été défait de la sorte.

Elle avala une gorgée de thé en gardant son regard toujours fixé sur le sol.

AKAI # Quoi qu’on veuille bien en dire, perdre quelque chose, quelqu’un, laisse toujours une marque indélébile. Nous avons le choix d’oublier ou de nous souvenir, le choix de condamner ou d’accepter, mais pas celui de pouvoir changer ce qui s’est passé. Dans ma bêtise, j’ai choisi d’oublier ... jusqu’au jour où je t’ai rencontré. Ce jour là j’ai cru le revoir en te regardant. Cette fausse insouciance, cette façon de ne jamais rien juger juste d’exécuter, cette forme de recul, de silence, vous partagez un si grand nombre de similitude tout en étant si différents. Depuis ce jour, j’ai choisi de me souvenir à nouve ...

SHO # Est-ce pour cette raison que vous m’avez appris toutes ces choses ? Que vous m’avez pris sous votre aile ?

L’interrompit Sho, le regard plus sondeur que jamais.

En croisant son regard, Akai sourit tendrement - chose que Sho n’aurait jamais cru possible. Elle termina sa tasse de thé et la déposa avec délicatesse sur le sol. Son regard ténébreux n’avait pas quitté le sien. Lentement, elle se leva, se rapprocha, avant de basculer sur ses genoux. Là, elle glissa sa main froide le long de sa mâchoire jusque dans ses cheveux avant d’appliquer une légère pression sur sa nuque pour l’obliger à baisser légèrement sa tête. Délicate, elle déposa un baiser sur son front et ramena sa main près d’elle. Sho se demandait s’il n’était pas réellement tombé dans une illusion cette fois-ci. Mais la petite claque et le sourire que lui offrit Akai lui prouva que ce n’était pas le cas.

AKAI # Non pauvre fou. C’est parce que je t’étais redevable de m’avoir rappelé qui j’étais.

Sur ces paroles, Akai se leva définitivement et se dirigea vers la porte. De son côté, Sho souriait en regardant de nouveau les étoiles brillées dans l’océan de la nuit.

SHO # Juutai-sa ..

AKAI # Akai suffira désormais.

Le coupa-t-elle en s’arrêtant devant la porte.

SHO # Akai ... c’est moi qui te suis redevable désormais.

Akai accentua son sourire en entendant ses paroles, mais Sho n’en vit rien. La porte claqua derrière elle, laissant l’eisei-nin seul avec ses souvenirs.

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

[ FIN ]

MessageSujet: Re: Aire d'Entraînement de Sho   Mer 17 Juin - 22:40

Sho : +86 XP

Pfou. Enorme, fluide, tranquille, précis, crédible. Vraiment, change rien =)

MessageSujet: Re: Aire d'Entraînement de Sho   Jeu 14 Jan - 20:12

¤,.°o°O Chapitre 10 : Les Prémisses du Changement O°o°.,¤
« L'hirondelle »
1

La lame fend l'air et passe à quelques centimètres du rondin de bois sans le toucher. On pourrait croire que rien n'est arrivé. Pourtant, l'écorce se fend d'une entaille peu profonde dont les rebords dégagent une forte odeur de bois brûlé. L'oeil avisé s'attarde sur son contour net et précis, comprenant que le procédé a fonctionné.

Si un spectateur avait assisté à la scène, il aurait très certainement conclu que la lame que tenait Sho était maudite. Car comment une lame pouvait-elle découper le bois sans même le toucher ? Impossible ...

... mais pas tout à fait.

Sho ramena ses bras le long de son corps, ne soutenant plus son nodachi que de sa seule main droite. Il s'approcha et caressa la blessure légèrement brûlée qu'il avait infligée à ce pauvre tronc d'arbre décapité. La coupure était parfaite. Trop parfaite pour avoir été creusé par une lame conventionnelle. Tous shinobis pouvaient y reconnaître la marque laissée par le tranchant du chakra ; un tranchant loin d'être anodin.

L'eisei-nin balaya de gauche à droite son champ d'entraînement. Des montagnes de roche poreuse s'élevaient à toutes les hauteurs autour de lui. Le sol n'était qu'un ramassis de gravas et de poussière. Quant aux seules traces de verdure, elles se résumaient à un petit bosquet niché au pied d'une grande paroi.

En moins de temps qu'il lui en fallut pour cligner des yeux, Sho se retrouva face à l'arbre le plus avancé du groupe. Au moment où son pied gauche se posait délicatement sur le sol, le tronc fut fendu en deux, comme frappé par la foudre.

Le ciel était pourtant dégagé.

Une forme se matérialisa tout près du rondin de bois. Sho la sentit et jetant un regard par dessus son épaule, il reconnut celle qui le toisait.

Yoigoshi – L'aile déployée de l'hirondelle me surprendra toujours.

Il ramena son nodachi sur son épaule. Pendant un court instant, une aura bleu ciel avait semblé brûler à l'extrémité de la lame. Il se tourna et rencontra le regard de la célèbre juunin.

Sho – Moins que sa portée.

Elle lui sourit.

Yoigoshi – Maîtriser un nodachi n'est pas à la portée de tout le monde, encore moins d'un eisei-nin. Mais il a fallu en plus de ça que tu te compliques la tache avec cette technique ... t'arrive-t-il de faire preuve d'un peu de bon sens ?

Sho leva les yeux vers le ciel en souriant exagérément. Le bon sens n'était pas quelque chose qui entrait en ligne de compte dans ses décisions. Il faisait les choses comme il l'entendait, sans rien imposer à personne. Le bon sens était aussi incertain à ses yeux que ne l'était la logique. Rien n'avait vraiment de bon sens ni de logique, tout dépendait du regard qui analysait la situation. Lui trouvait que son entraînement relevait du bon sens ; elle non. Le monde continuait de tourner et relayait ce désaccord à une simple question de point de vu.

Le silence dura à peine quelques dizaines de secondes. Sho rabaissa son menton et plongea son regard lumineux dans celui d'Yoigoshi.

Sho – Soyez rassurée Yoigoshi-sama, mon état mental est au plus stable.

Son sourire se radoucit. Elle prit place sur le rondin de bois, les bras croisés sous sa poitrine. Leurs yeux se renvoyèrent des lueurs qu'aucun d'eux n'étaient capable de déchiffrer. Ils se jaugeaient, s'analysaient, sans attendre la moindre conclusion.

Yoigoshi – Tu portes un bandeau touché par les mains des plus illustres personnages de ce village. Akai t'as appris presque tout ce qu'elle pouvait t'apprendre. J'ai moi-même décidé de ...

Sho – Pourquoi vous donner autant de mal ? L'interrompit-il.

D'abord un brin étonné, le visage d'Yoigoshi retrouva rapidement une expression plus ferme. Elle décroisa ses bras pour joindre ses mains sur ses cuisses.

Yoigoshi – Le libre arbitre.

Pendant un court instant, Sho songea qu'il avait mal entendu. Après coup, il réalisa tout le sérieux d'Yoigoshi et se demanda pourquoi elle était venue le trouver. Malheureusement, il était incapable de se pencher sur la question. Son esprit bouillonnait déjà. Il cherchait à comprendre pourquoi elle lui disait toutes ces choses et où elle voulait en venir. Sans réponses.

Il abaissa son regard.

Yoigoshi – J'aimerai te montrer quelque chose.

Il la regarda de nouveau et la vit tirer sur le col de sa chemise. Elle dégagea ainsi son épaule droite, révélant un sceau grisâtre niché sous l'os saillant de sa clavicule.

Sho avait déjà entendu parler des sceaux gris de communication mais sa propre maîtrise des sceaux rouge de blocage l'empêchait expressément d'y avoir recours. Il savait vaguement qu'ils pouvaient permettre à deux, voir à plusieurs individus en même temps, de partager des informations dans un silence absolu ; mais il était loin de connaître les transmissions de pensées, d'émotions, de sentiments, ou même de volonté qu'ils étaient capables de retranscrire chez leurs utilisateurs.

Sho – Pourquoi me montrer ce sceau ?

Yoigoshi – Parce qu'il me relie à des personnes qui me sont chers et qu'il me semble le bienvenu de te rappeler que tu n'es pas seul toi aussi.

Les sourcils légèrement froncés, il ramena son nodachi vers son fourreau. Mais pour une raison qui lui échappait encore, Yoigoshi l'arrêta.

Yoigoshi – Ne le range pas.

Elle recouvrit son épaule et se leva.

Yoigoshi – Je sais ce que tu caches dans ton dos et je sais en conséquent que ce sceau ne te dit rien. Sache néanmoins que nous l'appelons Mugon Kotobano Fuuin, le sceau de la parole muette et qu'il me relie mentalement à tous ceux qui l'ont inscris avec moi.

Sho ne voyait toujours pas où elle voulait en venir. Il était simplement étonné de l'entendre dire qu'elle savait ce qui se trouvait dans son dos. Mais en y réfléchissant à deux fois, il se souvenait que Danjuro – un de ces amis chuunin – et Noriyori – le fils de l'armurier – l'avaient déjà croisés torse nu. Suite à quoi peut-être Danjuro en avait-il parlé autour de lui.

Sho – Quel rapport cela peut-il avoir avec moi ?

Yoigoshi – Il existe de nombreux liens en ce monde, des plus fragiles au plus résistants. Peut-être un jour t'intéresseras-tu assez à eux pour les étudier. En attendant, je veux te montrer l'un d'eux. A la manière que le Mugon Kotobano Fuuin me relie à mes proches, le sceau que je vais te montrer te reliera à ton nodachi.

Sous ses yeux, elle rapprocha ses mains enrobées de chakra pur. Elle dessina ensuite une sorte de kanji dans l'air ambiant qui s'illumina brusquement d'une belle couleur dorée avant de disparaître d'un souffle de vent.

Sho – C'est un sceau de préservation, n'est-ce pas ?

Elle hocha de la tête en souriant.

Yoigoshi – Hashinmyona, la Lame Docile, c'est ainsi qu'il se nomme. Il te permettra de sceller ton nodachi, le rendant imperméable aux malédictions.

La kunoichi attrapa le nodachi par la garde et lui fit signe de lâcher prise. Il relâcha son étreinte et la laissa se saisir totalement de l'arme qu'elle lui présenta à l'horizontale.

Yoigoshi – Vas-y. Imagine le lien de préservation qui vous unis et scelle l'incantation sur la lame.

L'eisei-nin s'exécuta aussitôt. Comme Yoigoshi l'avait fait, il rapprocha ses mains baignées de chakra. Il imagina le fil argenté qui le reliait au fil de sa lame ; le lien qui l'unissait à son arme. Enfin, il dessina le sceau du bout de l'index. A première vue, l'incantation n'avait pas fonctionné. La lame brillait toujours par sa noirceur caractéristique. Il s'apprêtait à lancer un coup d'oeil interrogateur à son instructrice quand le sceau apparut en lignes d'or sur la lame.

Yoigoshi – Bien joué.

Elle lui rendit son arme et Sho observa un instant le sceau brillant dans l'obscurité du tranchant. Il la rangea ensuite dans son fourreau et remercia Yoigoshi en baissant la tête.

Sho – Il semblerait que mon apprentissage n'en soit finalement qu'à ses débuts.

Le sourire d'Yoigoshi s'accentua, laissant presque apparaître ses dents. Elle tourna sur ses talons et lança un regard de côté.

Yoigoshi – Tu as finalement compris la leçon d'aujourd'hui.

Avant même que Sho ne puisse répliquer, Yoigoshi se téléporta.

L'eisei-nin leva de nouveau les yeux vers le ciel.

Sho – ... la route risque encore d'être longue ...

[ FIN ]
¤,.°o°O ... O°o°.,¤

MessageSujet: Re: Aire d'Entraînement de Sho   Jeu 14 Jan - 20:14



    Sho : + 13 XP ( bonus chuunin inclus - technique et sceau validés )

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MessageSujet: Re: Aire d'Entraînement de Sho   

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