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 [Ame] - CK004 - Saezu, Partie de l'Eau

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MessageSujet: [Ame] - CK004 - Saezu, Partie de l'Eau   Lun 29 Sep - 16:54

CK004 : SAEZU - l'Eau, Ça Mouille


Ginko émergea à neuf heures. Saezu, levée dès six heures, s'était attelée à réveiller la Jounin, dusse-t-elle en subir les foudres. Mais cela s'avéra impossible. Elle eu beau la secouer, lui donner des coups de poings dans les côtes, rien à faire, Ginko conserva le même visage radieux dans son sommeil, comme si elle faisait un rêve extraordinaire, un truc de ouf, comme elle dira.

Et c'était effectivement le cas. Dans son rêve, elle poursuivait une laitue en robe rose avec une tête de tomate. Elle courait vite, ou plutôt, elle glissait vite, car elle n'avait pas de jambes. Et Ginko peinait à la rattraper, elle était tout essoufflée, comme avoir descendu ses escaliers en courant sur les murs, vous voyez, un truc super dur parce qu'il faut gérer les tournants, et les merdes que mettent ses voisins de paliers – genre des plantes, en plein couloir ! C'était du sport, un sport tonique et tonitruant, parce que Ginko n'était pas discrète quand elle faisait ça à trois heures du matin pour rentrer ou sortir de chez elle. Mais ses voisins l'adoraient.

C'était des hommes après tout.

Elle se réveilla finalement, avec ses deux grands yeux verts tout pétillants de bonheur. Elle s'étira, se redressa vivement et claironna.

[Ginko] – Saluuuuut ! On se réveille tout le monde !

Ils la regardaient tous droit dans les yeux, perplexes. Elle gloussa.

[Ginko] – Toujours la première levée, ça c'est ma devise. Désolée de vous avoir réveillé mais on va bientôt partir. Vous m'avez préparé à manger au moins ?



[Ginko] – Bon deux choses : UNE, on me réveille pas, quoi qu'il arrive. DEUX, le matin, on me prépare à manger sinon je suis pas GENTILLE. J'ai faim. J'ai très faim. Je suis affamée. Je crois que je suis en train de mourir de faim. Vous m'entendez gargouiller ?

Elle mit sa main devant sa bouche et imita un gargouillement – mais un gargouillement d'ogre à n'en pas douter – en regardant ailleurs, l'air de ne pas y toucher.

[Ginko] – Là ! Vous avez entendu ? Je vais mourir. Mon estomac s'atrophie, ma langue se dessèche, mon tube machin est en train de, euh, j'ai plus d'adjectifs…

Elle s'assit lourdement à terre, la tête entre les mains. On pouvait presque voir un nuage noir au-dessus de sa tête. Elle marmonnait des mots inaudibles.

Saezu regardait tour à tour les acteurs de cette triste comédie.

[Saezu] – Non mais, nourrissez-la ! On va pas en finir sinon (allez, même le sandwich d'hier, c'est un four cette femme)

[Ginko] – NE PARLE PAS DE FOUR ! Connasse.

Saezu ne releva pas et envoya son paquetage à Ginko, comme s'il s'agissait d'un lion dangereux duquel on ne devait pas trop s'approcher. Sous peine d'y perdre un bras. Elle devait être cannibale pour de vrai.

Ginko éventra le sac et chercha à l'intérieur comme une folle. Elle en sortit deux gros sandwich qu'elle s'enfila sans sourciller, puis un plat qu'elle ne prit pas la peine d'identifier mais qu'elle trouva délicieux – elle l'indiqua à Saezu à l'aide de son pouce – puis déchira trois paquets de gâteaux qu'elle vida dans sa bouche.

Elle soupira, posa sa main sur son ventre, et gloussa.

[Ginko] – J'ch'suis bête ! J'avais à manger dans mon "sac qu'a dos". J'ai piqué des trucs hier à l'auberge. Me regardez pas comme ça, j'ai pas dis que j'avais tué quelqu'un.

Elle se releva, pris son sac et partit d'un pas vif.

[Ginko] – Moins d'une heure et on sera à Ame.

Elle avait peut-être même oublié le mot d'hier.

***


Ils étaient à Ame. Le groupe avançait à un pas soutenu. Saezu avait spécifié la localisation du village, et Ginko suivait la route avec plus ou moins de bonheur. Le ciel était menaçant. Saezu maugréa que dans ce pays pourri, il pleuvait toujours. Ginko ajouta que c'était beau quand même. La marchande n'argumenta pas.

Ginko se sentait volubile ce matin. Elle parlait à Riku, à Tenson, à Sabi, puis encore à Tenson, à Riku, puis à Saezu, puis à Sabi, et encore à Sabi puis… Ok, elle parlait à tout le monde.

[Ginko] – Au fait, personne n'est venu vous racketter hier ?

Elle gloussa gaiment.

[Ginko] – J'déconne ! Je dormais même pas en plus.

Saezu lui lança un regard haineux.

MessageSujet: Re: [Ame] - CK004 - Saezu, Partie de l'Eau   Jeu 2 Oct - 0:20

Le gazouillis des oiseaux sonnait juste. Quelque chose me chatouillait la gorge, et bien que normalement ça en aurait fait rire plus d'un, je découvrais une atroce douleur. Ce genre de frottements à répétitions qui demandent d'abord à ce qu'on retire l'objet du délit, puis lorsque celle-ci persistait, une soudaine pression obligeait notre système nerveux et sensoriel à mettre le doigt dessus, puis à, comme ainsi dire, gratter, gratter, gratter et encore gratter. Ca devait être à ce moment-là que je me suis réveillé, sous le doux chant des oiseaux. Je sentais cette épaisseur qu'il était facile de deviner rouge, sur ma gorge. Pas de bestioles en vue, pas d'allergie - pour ce que j'avais mangé. Non simplement mon doigt qui n'avait pu résister à l'appel de l'automutilation.

...

A mon chevet, pas de tartines, pas de réveil non plus d'ailleurs - c'était peut-être la seule chose d'intéressante ce matin - pas de lait, ni de pantoufle en laine de chamois, bien confortable. J'aurais pu regretter le peignoire, la douche en porcelaine et les couverts en argent pour manger mon demi gramme de bacon sur mon toast beurré d'une couche d'environ un millimètre, ramassant le journal que le facteur aurait gentiment glissé sous ma porte sans avoir à appuyer environ dix-sept fois sur la sonnette, et découvrant avec une horreur innommable que l'épicier avait une pénurie de raisons secs et qu'il était désolé de ne plus pouvoir mettre que des morceaux d'amandes. J'aurais pu regretter toutes ces choses-là, qui ne m'arrivent jamais, et qui je l'espère ne m'arriveront pas.

Cependant, j'étais quand bien même en droit de soupçonner la douce vertu de la rosée sur les habits, du rhume que l'un de nous aller attraper, si ce n'était pas une bronchite ou une bonne grippe qui foudroyait l'un des nôtres. Bref, de Konoha on s'éloignait, mais j'avais l'impression que le soleil était resté au lit, lui. Bien au chaud dans son duvet, à couvrir les gentes dames qui traversent les rues bondés de Konoha. Sous une lumière radieuse.

Ce qui était étonnant avec Ginko, c'est que malgré son caractère lunatique, on avait rarement à se plaindre d'elle. On lui pardonnait tout comme on pardonnerait à un enfant de trois ans pour son innocence du monde, comme si la juunin était une enfant de trois ans... A quatre pattes devant une tortue, un inconnu que l'on aurait oublié de prévenir aurait presque pu dire moins, mais derrière son masque ? C'était une question que je m'étais beaucoup posé, mais que j'avais peu à peu oublié. Ginko était ainsi, parfois - souvent - une gamine - presque - toujours une très bonne mère. Ou une maîtresse, selon que notre prénom commence par un R ou par un S.
Chaque matin, je découvrais son sourire radieux, alors que le mien avait déjà disparu en voyant la mine décomposée de Saezu.

[Sabi] *Ksooooo ! J'avais oublié qu'elle était là...*

Oui, on peut rêver de tout et n'importe quoi, on peut rêver du meilleur des mondes ou du plus bas, on peut simplement demander l'amour ou même un bon bol de céréales, les quelques heures où je n'avais pas en face de moi sa tête de cruche de marchande, et sa langue de serpent - que dis-je ! De vipère ! Ces heures-là m'avaient fait le plus grand bien.

La chute fut douloureuse cependant.

[Sabi] - C'est vrai qu'il commence à faire faim.

Le ventre gargouillant comme le chant des canons sur le champ de bataille, Ginko dévalisait ce qu'elle avait comme sandwich. Ce qu'il m'aurait fallu pour deux jours de cuisines, en fait. Mais je n'en disais pas plus, elle se remettrait à penser que je mange des enfants pour satisfaire ma faim, et ma soif - de sang ? Non, j'ouvrais mon propre sac, et sortis un morceau de pain, armé d'une barre de chocolat. J'ouvrais ma gourde et compléter le trait de jauge avec les quelques gouttes qui dégoulinaient des feuilles tombantes. Quitte à ce qu'elle tombe, autant que ce ne soit pas sur nous ! Je m'étais parler à moi-même, de sorte que Saezu évite tout commentaire malvenu. Après les évènements de cette nuit je préférais laisser la marchande tranquille. Elle nous casserait bien les pieds plus tard, c'était à ne pas en douter : une certitude.

[Sabi] - Oha, Gjinkjo-chen...

J'avalai difficilement, les joues un peu plus rouges qu'à l'habitude.

[Sabi] - ... senseï.

[Saezu] - Quoi ? Bonjour ? C'est tout - et en plus il parle la bouche pleine !

Voila, je l'avais dis, j'en étais quasi sûr, pour ne pas dire certain. Pour éviter de répéter que c'était une certitude assurée. Y'en peut-être qui parlent la bouche pleine, mais y'en a d'autres, même vides, ils feraient mieux de se taire. Je gardais tout bas ce que je pensais tout haut. Si haut que je préférais le garder tout bas, juste pour moi. Pas besoin de crier pour se faire comprendre avec les autres. Dès qu'elle ouvre la bouche, de toute manière, il faut qu'elle dise n'importe quoi. J'en étais sûr !

[Saezu] - Et le mot ? Et l'arme ! Bonjour, c'est tout ce que tu trouves à dire ?

Je la regardais, étonné, les yeux grands ouverts, en guise d'incompréhension. Un mot ? Une arme ? Où ça ? C'est fou ce que la nuit apporte comme dose de rêves et d'hallucinations.

Même si elle était bien trop courte.

Un coup d'oeil à Riku qui semblait fatigué. Je ne me souvenais pas si j'avais pris mon tour de garde. Il me semblait que non. Je ne retrouvais pas dans ma mémoire le moment où il venait me réveiller. Tenson semblait avoir une forme dantesque bien que se soit lui que je trouvais le premier réveillé - après Ginko bien sûr - signe que les deux genins avaient permutés durant la nuit. Tant mieux. Je n'aimais pas être à court de sommeil, j'aurais ressemblé à cette tortue désagréable qui ne voulait pas montrer sa tête à une interlocutrice de premier choix.

Je fermais la sangle de mon sac, et nous étions parti, chacun vérifiant qu'il ne laissait rien derrière lui. Evidemment, on était obligé de passer trois fois derrière l'emplacement de Saezu qui avait décidé de laisser un souvenir, prétextant que c'était une matière biodégradable et que d'ici *un siècle ou deux* on ne verrait plus rien. Cochonneries en tout genre dont j'avais des relents rien que d'en approcher la main, nous partîmes finalement.

Sur la route, il n'y avait rien d'extravagant. Toujours la même peur sur le visage détruit par le maquillage et par la haine, de Saezu - quoi qu'un peu plus poussée peut-être - toujours la même joie enfantine sur le bout du nez de Ginko. Toujours la même confiance dans notre démarche, car moi et Riku n'attendions que ça. J'avais presque peur de trop en mettre et de me faire surprendre, mais une chose était sûre, j'avais envie de relever le défi et je m'attendais à tout. Pourtant, lorsque nous arrivâmes dans les contrées d'Ame no Kuni, il y avait quelque chose qui avait changé. Cette froide humidité peut-être ? J'imaginais que le village portait bien son nom et je m'apprêtais à être trempé de la tête aux pieds. J'aimais bien me battre sous la pluie, cela rendait la situation plus... catastrophique ? Passer les frontières du pays, on avait beau avoir tous les bandeaux du monde, il fallait vivre cela au moins une fois - bien que pour un shinobi, il était rare que cette *chance* soit unique.... Et là, il n'y avait plus rien qui comptait. Peut importe notre équipe, peu importe notre concentration et notre esprit d'équipe, la seule chose qui compte, c'est de ne pas perdre la tête. On se sent alors tout petit, presque ridicule, et si quelques mètres avant on se croyait tout puissant, on se rend vite compte que le monde est plus grand que ce nous croyions, et que dedans nous ne sommes que des gouttes d'eau... Dans un verre. Vide de toute substance.

Ginko avait toujours la même tenue décontractée, et cela me réconfortait un peu. Je ne montrais pas vraiment que pendant quelques minutes j'avais été mal à l'aise. Nous restions simplement devant un immense inconnu.

Et j'avais hâte de le découvrir jusqu'au dernier mètre carré.

J'accélérai légèrement le pas, et m'avançai en tête de la colonne que nous formions. Je pouvais alors mieux voir l'imposant nuage noir - où pourtant aucun éclair ne se dégageait - où on devinait des trombes d'eau, et accéder à l'oreille de Ginko et de Riku, sans que Saezu ne puisse toucher mot de nos discussions *coquines*...

[Sabi] - On doit l'amener où, notre paquet *cadeau* ?


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MessageSujet: Re: [Ame] - CK004 - Saezu, Partie de l'Eau   Jeu 2 Oct - 13:33

Le réveil fut animé, connaissant déjà les sautes d'humeur de Ginko-sensei, Riku s'amusa d'en découvrir une nouvelle. Lorsqu'elle était en compagnie, le matin, elle se faisait nourrir... Bon après tout faire sa princesse en pleine mission lorsqu'une menace cours ce n'est pas vraiment plus étrange que parler aux tortues. Cependant ce qui inquiétait plus le genin fut l'attitude de Saezu, qui restait toujours aussi grossière et désinvolte mais, elle consentit même à nourrir la jounin pour pouvoir partir plus vite. Elle savait quelque chose au sujet de ses poursuivant c'était sur, et elle les craignait beaucoup.

*Après tout ça peut être des percepteurs aussi, elle doit craindre pour ses thunes héhé ! Enfin... des percepteurs avec des kunaï ça doit pas courir les rues et encore moins les forêts... *

Tandis que Ginko s'affairer à vider le sac de la cliente de toute substance comestible pouvant remplir son vide interne, au niveau de l'estomac pas de la tête, et lui rendre le sourire, Riku imita Sabi et mangea un peu. Saezu ne tarda pas à se faire entendre, à nouveau, et sa cible fut le Uchiha exaspéré par tant de prévisibilité. Ce que la cliente n'arrivait pas à comprendre c'était que lorsque Ginko disait ou décidait quelque chose il était inutile de chercher à la faire changer d'opinion ou même d'agir de manière contraire à ses paroles.

Ils se mirent enfin en route et ne tardèrent pas à passer la frontière. Riku était sur le qui-vive, prêt à se battre contre un potentiel adversaire. Apparemment Sabi était tout aussi tendu, Ginko toujours aussi décontractée et... ailleurs, Saezu angoissée comme si elle était dans un film d'horreur. Riku se demanda comment se sentait Tenson.

[Riku] – Hé Tenson ! T'es prêt si jamais on doit se battre ?

Bref, ils continuèrent leur chemin et le genin se demandait s'il aller leur pleuvoir dessus. Dans le pays de la pluie cela n'aurait rien d'étonnant mais bon pour le moment il n'en avait pas vraiment envie. Sabi se rapprocha de la jounin et du genin demandant quel était le lieu de livraison. L'allusion au cadeau fit sourire Riku qui à son tour pris la parole.

[Riku] – Tant que c'est pas quelque part sous le nuage là bas... plus vite on s'en débarrasse plus vite on rentre ! Mais Ginko-sensei la menace vous pensez qu'on va se battre ?

Dans sa question on pouvait sentir une lueur d'espoir mal cachée, un jeune shinobi à qui il tardait de se faire les crocs. Cependant bien des jeunes shinobis l'ont regretté, ou sont simplement mort, après être tombé sur bien plus fort qu'eux.

*Nous ne serons pas de ceux là... *

MessageSujet: Re: [Ame] - CK004 - Saezu, Partie de l'Eau   Mer 8 Oct - 23:51

Ginko était malgré tout sur ses gardes. Cela n'était pas apparent, toutefois, et elle en jouait avec un certain humour. Elle était notamment plus attentive encore au monde qui l'entourait, même si pour le moment cela lui servait à débusquer les tortues et les scarabées à dos carré, une "espère très très rare j'vous jure et qui existe même en vrai, tiens, regarde". Elle ne se souvenait plus des termes employés dans le billet, juste que c'était concis et explicite.

Et puis, le méchant avait nom rigolo.



Comment déjà ?



Le ciel d'Ame était toujours aussi gris. Ginko racontait ses aventures dans ce pays à grands renforts de gestes théâtraux et de cris, cris qui auraient tôt fait d'ameuter tout le pays s'il y avait le moindre signe de vie. De vie humaine, les tortues ne sont pas comprises. Ame n'était pas triste à proprement parler, seul le ciel manifestait une certaine morosité mais, contrairement au préjugé, Ginko jurait que ce n'était pas toujours le cas.

[Ginko] – Et quoi, à Konoha, y a pas toujours le feu hein. Sauf quand j'oublie les œufs sur la poêle mais c'est pas pareil. On s'entend pas bien les œufs et moi. C'est depuis le jour où ma tante m'a forcé à en manger un, moi j'étais là et…

Et cela continuait ainsi pendant une petite poignée d'heure. Saezu montrait d'évidents signes d'inquiétude. Elle continuait d'indiquer la route à la Jounin, mais se montrait de plus en plus hésitante. La jeune femme avait le visage plus lisse que la veille, moins éclatant. Avec toujours le même air dédaigneux, mais un dédain fatigué. Cela amusait beaucoup Ginko qui conservait son teint juvénile et… bondissant.

Le village n'était toujours pas en vue. Ginko s'impatientait, et Saezu tout autant, bien qu'elle ne disposaient pas de la même définition du mot. Ginko se taisait souvent, à présent, de longs silences presque boudeurs, tandis que Saezu lâchait des piques sans trop de conviction, mordantes mais à peine.

Finalement, Ginko s'arrêta. D'un doigt, elle redressa sa casquette.

[Ginko] –

Ils se trouvaient dans une sorte de corridor naturel, sur une voie parallèle de la route diplomatique. Des arbustes et des massifs végétaux plus denses bordaient la route, une route légèrement pentue. Ils étaient dans la descente, quelques pas et, Saezu le promettait, ils pourraient apercevoir le village.

[Saezu] – C'est le chemin du veilleur. Une vieille légende du pays. Un homme qui pleurait sa… femme, il me semble. Non, non, sa fille, qui avait disparu pendant une tempête sur ces terres. Il était resté assis là à pleurer, et il est mort ici, sur la butte qu'on voit là. Pourquoi on s'arrête-là ?

Ses yeux noirs étaient posés sur Ginko, qui le lui rendit avec un petit sourire parfaitement sérieux.

[Ginko] – Dans cinq secondes, on va se faire attaquer, alors bon, je préfère qu'on soit à l'arrêt, ça fait quand même plus professionnel.

Ginko dévisagea ses étudiants. Riku, Sabi, Tenson. Celui qu'elle connaissait le mieux était Riku. Un bon Genin, un prometteur éventuel Chuunin, mais qui ne tiendrait pas longtemps face à au moins l'un de leur adversaire. Ils devaient être trois, peut-être quatre. L'un d'eux avait une belle aura, une belle aura. Sabi était un charmant gringalet mais pareil, s'il devait rester trop longtemps au contact, il finirait par se brûler ses petites joues roses. Et Tenson semblait plus reposé que la veille, mais peut-être un peu moins puissant que Riku.

Comme Ginko l'avait prédit, deux silhouettes se détachèrent des arbustes. Une de chaque côté. Ginko ne s'y intéressa pas. Saezu se raidit, mais ne prononça pas le moindre mot. Ce n'était pas exactement de la peur qu'on lisait sur son visage, mais plutôt un mélange improbable de joie sauvage et de colère. Pas le temps d'éclaircir ce mystère toutefois.

[Ginko] – Tenson-chéri, tu restes avec Saezu. Sabi, tu évites le contact avec celui de droite. Kinushasa – j'adore ton prénom – tu te concentres sur le type… attend laisse moi voir… ouais le type de droite. Moi j'me fait le type qui va apparaître devant moi genre "bouh fais moi peur",

A vrai dire, il y eu bien quelqu'un qui apparu devant Ginko, mais il lui envoya un coup si violent et si… inattendu, que la jeune femme tomba à terre, les yeux écarquillés. Elle redressa la tête et repositionna calmement sa casquette.

[Ginko] – Mouais laissez tomber, il durera pas longtemps c'ui-là. Si vous avez besoin de moi criez… hum…

[Akayuki] – Tu parles beaucoup, femme.

[Ginko] – … ouais voilà vous dites quelque chose genre : Ginko-chérie auriez-vous l'obligence – ça se dit comme ça ? – de me soutenir dans la rude épreuve qui…

L'homme qui faisait face au groupe chargea son poing en chakra.

[Ginko] – Pff, Doton ? T'es mort mec !

Ginko se propulsa en avant, le bras chargé d'un lourd chakra électrique. Elle planta sans la moindre hésitation son bras dans le ventre de son opposant et poursuivit sa course de plusieurs pas. Le Rasengan d'Akayuki mourut dans sa main.

Saezu regardait alternativement les participants de cette triste fête. Akayuki n'était pas exactement du genre à mourir après une telle attaque, même si la marchande admettait qu'elle était impressionnante et riche en hémoglobine. Ses deux acolytes observaient calmement leur cible – Saezu fut bien obligée d'admettre que c'était elle, qu'ils regardaient.

Si l'équipe de Ginko – cette gourdasse inutile et bruyante – arrivait à les tuer, ce serait un grand poids en moins dans sa carrière. Akayuki, le mangeur de démons. Un nom grotesque, pour un personnage qui demeure un shinobi très recherché du pays.

Les deux Genin semblaient très concentrés. Autant leur donner quelques conseils pendant que leur petit coeur battait encore.

[Saezu] – Le gros – Bakemon – est trop fort pour vous si vous le prenez seuls. Essayez de l'isoler, et refusez le corps à corps avec lui. L'autre – Hijin – est plus vif, mais moins puissant. Exterminez-le rapidement.

Et demandez de l'aide à la greluche, qui sait, elle en aura peut-être fini avec Akayuki ? Mais vu la foudre qui s'abattait désormais sur la butte, c'était peu probable. Ainsi, Ginko avait une affinité Raiton ? Cela expliquait bien des choses… Saezu avait toujours préféré les Doton : calmes, silencieux, et efficaces - parfois.

MessageSujet: Re: [Ame] - CK004 - Saezu, Partie de l'Eau   Mer 8 Oct - 23:54

Akogare : +36 XP
Sabi : +14 XP
Riku : +6 XP

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MessageSujet: Re: [Ame] - CK004 - Saezu, Partie de l'Eau   Lun 13 Oct - 7:34

Perché en hauteur, dans la même position qu’était Riku à son tour, Tenson montait la garde. Il balayait les alentours du regard, de gauche à droite, puis de droite à gauche et ainsi de suite. Il avait une vue intéressante sur les environs et il s’amusait à détailler chaque parcelle de forêt. Les feuillus étaient plus garnis qu’à Konoha, sûrement en raison des pluies plus nombreuses. La vie qui grouillait sous les végétaux était aussi sensiblement différente de celle du village de la feuille ; beaucoup plus d’amphibiens, dont la tortue que Ginko avait paralysée. De temps à autre, une nouvelle espèce d’oiseaux entamait sa mélodie caractéristique. Tenson se balançait les jambes en sifflotant avec eux, visant la note juste. Il inspira une grande bouffée de fraîcheur, la retint le plus longtemps possible, puis vida complètement ses poumons. Comme il se sentait bien ! Il était probablement le plus marqué de la différence du paysage parce qu’il avait été endormi et avait eu les yeux soit fermés, soit à demi-clos pendant la majeure partie du trajet. Il remercia encore son étoile filante pour le sommeil réparateur.

[Ginko] – Tenson-chou, tu viens ? On y va !

[Tenson] – Oui oui senseï, tout de suite !

Il descendit de l’arbre en utilissant encore la technique d’adhérence par le chakra, auquelle il commençait à s’habituer. Son sac à dos sur les épaules, les lacets bien attachés et le sourire aux lèvres, il avança en compagnie de son équipe. Peu après leur départ, Riku engagea la conversation.

[Tenson] – Et bien, je vais faire de mon mieux ! Aujourd’hui j’ai toutes mes forces et je me sens d’attaque ! Et toi, tu t’es déjà battu lors d’une mission ?

Et ils continuèrent comme ça à papoter sur leur vécu en tant que shinobi, apprenant à mieux se connaître. Tenson trouvait Riku très sympathique, il avait toujours l’air heureux et c’était contagieux. Cependant, il dissimulait mal son inquiétude face aux capacités du jeune Saishi.

[Riku] – Alors comme ça, c’est ta première mission ?

*Il doit sûrement avoir des doutes sur ce que je peux faire du haut de mes dix ans... Mais je sais que je peux le faire !*

[Tenson] – Oui, mais je me suis beaucoup entraîné ! C’est justement pour ça que j’étais un peu zombie hier, tu vois...

Soudain, Sabi s’informa sur les détails de la livraison, piquant la curiosité des deux autres shinobi. Après, Ginko se remit dans sa routine délirante de raconter ses mille et une anecdotes toutes aussi inusitées les unes que les autres. Mais quelle mémoire franchement ! C’est à se demander comment elle pouvait se rappeler de tout cela. Mais ses paroles se firent de plus en plus rares, séparées par des silences étranges. Soudain, Ginko s’arrêta devant un sentier un peu plus à l’écart.

[Saezu] - C'est le chemin du veilleur. Une vieille légende du pays. Un homme qui pleurait sa… femme, il me semble. Non, non, sa fille, qui avait disparu pendant une tempête sur ces terres. Il était resté assis là à pleurer, et il est mort ici, sur la butte qu'on voit là. Pourquoi on s'arrête-là ?

Tenson eut à peine le temps de s’intéresser à la légende.

[Ginko] – Dans cinq secondes, on va se faire attaquer, alors bon, je préfère qu'on soit à l'arrêt, ça fait quand même plus professionnel.

Brusquement, Tenson se mit en mode alerte. Son coeur battait plus vite, ses sens plus à l’affût, son chakra prêt à être malaxé. Il était quand même surpris de voir que Ginko recelait une intelligence stratégique développée. Le jeune Genin obtint le rôle auquel il s’attendait. Il était en charge de protéger la cible.

Les choses devenaient intéressantes.

MessageSujet: Re: [Ame] - CK004 - Saezu, Partie de l'Eau   Mar 18 Nov - 21:44

La suave sensation du froid qui prend le corps, et qui jamais ne le lâchera. Le visage blanc du mort. Sabi le redoutait plus que tout. Il s’imaginait, inerte, sur le sol. Ginko debout devant leurs trois corps sans âme, sans vie même. Pas un soupçon, pas même un doute dans son esprit. Elle serait revenue, elle n’aurait eu aucun mal à se défaire d’Hijin, et de ce qu’il en restait. N’avait-elle pas déjà mis à mal Bakemon puis lacéré son adversaire dont ils n’avaient pas même pu retenir l’acre nom. Puis elle les aurait vus, étalés. Sur terre. Et oui ils rejoignaient maintenant la douce nature et leur corps allaient enrichir la terre de leurs cendres ou de leur chaire. Et Saezu ? Peu importait. Si elle était arrivé à temps, elle serait sauve, sinon Sabi ne voulait pas imaginer dans quel était elle se trouvait.

Pourtant dans son esprit, quelque chose sonnait faux. Sabi essaya de chercher ce qui clochait.

Ce noir peut-être, Il n’y avait donc qu’un vide éternel après la mort ? Une chute pour toujours dans les sombres abysses de la fin. C’était glauque. Quelqu’un aurait tout de même pu prévoir quelque chose de plus joyeux, un petit bar pour leur souhaiter une bienvenue à jamais, et puis des salles de jeux, des petits coins sympas, des grands parcs verts, avec des fleurs de toute sorte, de grands arbres, un soleil reluisant, une nuit douce et tranquille et le doux cri des oisillons pour les réveiller le matin… Ouais, c’était glauque.

Non, ce n’était pas ce noir qui le gênait. La mort faisait ce qu’elle voulait de ses âmes. Après totu n’était-elle pas représentée sous une grande cape sombre, une tête squelettique et une immense faucille qui emporte les hommes aussi vite que Ginko vide une grosse tablée ?

Il réfléchit, à sa situation. Actuelle, bien sûr. Il ne sentait plus son corps. Cela semblait tout à fait logique. Pourtant, il n’avait pas vraiment froid. Juste une absence de réponse quand il demande de bouger sa jambe, ou son doigt. Ou même ses yeux. Pourquoi ses paupières ne s’ouvraient pas, alors même qu’il le commandait ? Le mort devait-il avoir les yeux fermés à jamais ? Louche.

Il réfléchit encore, et en arriva à une conclusion, un peu particulière.

Je réfléchis… J’imagine… Je sens, et ressens…

Il n’était pas mort…


***


Ses genoux touchèrent le sol et peu à peu il sentit ce fluide qui anime tout homme se vider. Tomber sur le sol, comme si on avait troué son corps, et que tout sortait. L’espoir, la hargne, l’envie, le plaisir, le vie… Sa respiration s’entrechoqua, ses yeux n’étaient plus que de grosses et grossières loupes dont il ne pouvait plus rien tirer… Les cheveux rouges de Tenson le percutèrent une dernière fois. Dans ce monde si sombre, il ne pouvait pas les louper, Tenson et sa bonne humeur. Il lui avait souhaité tout le courage possible, il avait tout fait pour ne pas avoir à en finir, mais il n’y était pas arrivé. Une dernière fois, Sabi l’admira…

Il s’effondra. Dans un dernier plissement des lèvres, il immortalisa cet instant, fatidique. Oui il mourrait en souriant. C’était ce qu’il pouvait faire de mieux. Il vit à peine le corps de Riku, allongé un peu plus loin. Le grand Bakemon, effondré, et une perruque rose qui se ballade en sautillant.

Il eu la force d’écarquiller les yeux. Une perruque rose ? Qu’est-ce que cela voulait dire ? Il n’y avait personne ici qui avait les cheveux roses… Un éclair pourfendit la clairière. Puissant, vif, insolent, il brûla Hijin. Alors… il tombait lui aussi ? Beaucoup de morts pour pas grand-chose. A la seule différence qu’il l’avait bien mérité. Encore que Sabi ne savait pas vraiment si la mort devait se mériter ou non, il y en avait tellement qui partaient sans n’avoir rien fait d’autre qu’être honnête, sans qu’ils n’aient rien demandé à personne. Et pourtant, ils partaient eux aussi. Riku…

Les mèches rouges de Tenson ne touchèrent pas le sol. L’Uchiha eut juste le temps d’entendre Saezu lâcher un léger soupir de soulagement. Il revoyait le sourire de Ginko, et sa puissance, qui s’étalait encore un peu partout sur le champ de bataille. Aujourd’hui était un jour rouge. Encore un dans l’histoire de ce grand monde. Mais Tenson était encore en vie.

Nous avons… réussi. Mais à quel prix ?

Il s’éteint.


***



Peu à peu, la lumière devint agressive. Il avait pourtant les yeux fermés, mais elle transperçait ses paupières. Une odeur maligne se faufila jusqu’à lui. Il mit quelques secondes à la reconnaitre. L’herbe chaude. Les feuilles qui se froissent. Les animaux qui crient. Il avait froid. Il avait froid ? La mort le prenait finalement ? Non, en fait, juste sa main. Une sensation étrange la prenait. Premier reflexe, il la souleva et la mis sur son abdomen.



Il pouvait bouger ? Ses paupières feintèrent de se soulever, mais il n’en avait pas la force. La lumière était trop oppressante. Sa main rampa le long de son torse et vint se poser sur son visage, comme s’il sortait d’une trop courte nuit, encore fatigué. Ses doigts appuyèrent contre ses yeux, et un sa bouche s’ouvrit pour laisser sortir un bâillement discret. Il effectua quelques tours de tête, voir si elle était encore sur son cou. Ca pouvait aider…

Il sentit un regard amusé mais pressé sur lui. Le grand Œil ? Dieu ? Non, bien plus enfantin, et bien plus gentil ! Il osa entre-ouvrir ses yeux. Les mèches rouges qui se dévoilaient devant lui ne lui laissaient aucun doute. Sabi sourit, il gonfla ses poumons comme il ne l’avait jamais fait, et respira. Oui, il était bien là.

Tenson – Ginko-senseï ! Sabi ! Il vient de se réveiller !

Etait-il vraiment obliger de crier ? Il ne pouvait pas vraiment lui en vouloir, lui aussi avait du avoir peur. Deux coéquipiers – des amis ? – qui s’effondrent ainsi sans que ni lui ni eux ne puissent rien faire…
L’Uchiha se frotta les yeux. Et doucement, il reprit contact avec la réalité.

Sabi – Je… Je suis pas mort ?

La question lui sembla stupide. Tout à fait incongrue en fait. Elle n’avait pas lieu d’être, c’était comme si il était déçu. Il eu la force de lancer un petit sourire à l’égard de Tenson. Ouais mec, j’suis réveillé… Puis un autre un peu plus poussé pour Ginko. Dans ce genre de rôle, les remerciements étaient de mises, mais devait-il vraiment le faire ? C’était son boulot, et ça le désolé de ne pas pouvoir vraiment gratifié la juunin. Et puis elle s’en vanterait… Ouais, c’était une mauvaise idée.

Sabi – J’ai… huum… dormi longtemps ?

Elle se rapprocha de lui et tendit son doigt vers lui, comme titubant.

Ginko – Looooooooooooongtemps... Me suis ennuyée. J'ai fait du cheval avec Tenson. Enfin non, sans lui. Dans ma tête. C'était bien aussi.

Sabi tourna son regard vers le jeune genin. Il l’interrogeait des yeux, savoir si… Enfin non, elle divaguait, pleinement sobre, évidemment. Elle ne semblait alors pas si touchée que ça. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes…

L’Uchiha mis ses mains à même le sol et se releva comme il put. Il était bien en vie oui, mais dans quel état. Il se sentait lourd, très lourd. Comme lorsqu’Hakuba lui avait attaché ses ceintures de poids, ces immondices justifiées par un sévère mais efficace entraînement. Appuyé contre un tronc d’arbre, il s’y posa doucement.

Sabi – Je…. J’ai vu un éclair. Il s’est passé quoi ?

Il trouva du regard le cops inerte d’Hijin. Alors il avait bien vu, cette bouche noire meurtrière et violente. Mais… de quoi était faite Ginko ?

Il préféra ne pas le savoir. Finalement, il était dans le même état que ses deux victimes. Cela devait être très dur pour lui, de sentir le contact du sol, lui et son orgueil monté sur des tours qui côtoient les nuages, lui et sa fierté. Alors on les avait eu…

Ginko – J'ai gagné, z'avez perdu. Saezu elle fait dodo, Riku il fait dodo, et Tenson il était toujours debout quand je suis arrivée. Tu me dois la vie !

Il sourit. Un sourire un peu particulier. Un rictus emplit de tristesse. Mais Riku était en vie. C’était une bien drôle manière de dire à son élève que son meilleur ami n’avait pas sombré dans les bras de Morphée pour toujours. Mais c’était heureux. Alors ils étaient tous vivants ? Mais dans quel état… Des remords, encore, oui, encore. Il était pris à la gorge. Une nouvelle menace dans ses yeux. Une nouvelle défaite…

Sabi – Kso... j'ai encore mordu la poussière, ça devient presque une habitude...

Les petits yeux de Tenson auraient voulu lui dire que Sabi n’était pas seul dans cette histoire. Mais l’Uchiha le savait. Il n’empêche. Par leur faute, ou la sienne, ils avaient failli échouer.

Il retrouva cette peur qui l’avait pris, quelques secondes à peine. Juste assez longtemps pour se faire matraquer par leurs armes. Des furies. Le poing immense de Bakemon, qui fit trembler la terre lorsque les Milles Oiseaux crièrent toute leur puissance et déchirèrent les derniers espoirs du grand shinobi. Et son dernier souffle… Ginko fit mine de ne pas l’avoir entendu. Ils se rappelaient tous deux leur âpre conversation sur sa défaite face à Oni, remuer le couteau dans la plaie n’était pas une bonne solution, et la juunin se doutait bien que son élève était assez intelligent pour savoir qu’une nouvelle fois, il n’avait pas été assez fort.

Il ne voulait pas qu’elle le réconforte, même si au plus profond de lui, il savait que cela lui aurait fait le plus grand bien. Mais ce n’était pas sa mère. Ils avaient échoué, mais ils étaient encore là, vivants, et dans une forme certes sommaire, mais assez bonne pour continuer leur marche… La réalité le prit soudainement, et effaça ses sombres pensées. Il retrouva dans un coin du chemin du Veilleur les deux corps qui n’avaient pas bougés.

Sabi – Qu’est-ce qu’on en fait, d’eux ?

Ginko – Euh, je crois pas qu'ils se mangent...

C’était quoi cette manie de vouloir manger des gens ? Après Sabi, voila maintenant qu’elle désirait la viande avariée de leurs adversaires. Ils n’étaient peut-être même pas morts… Il haussa les yeux, et jeta un dernier coup d’œil sur les deux ‘victimes’…

Sabi – Non, effectivement…

Il rassembla ses affaires, s’étira longuement. Le doux retour à la réalité. Il manquait juste un soleil un peu plus ardent, une forêt plus consistante, et une bonne odeur de nature. Tout ce que Konoha avait qu’Ame ne pouvait se vanter de posséder… Une douleur le prit à l’estomac. Cela faisait combien de jours qu’ils n’avaient pas manger ?

Sabi – J’ai la dalle… On part quand ? Plus vite on sera arrivé, plus vite on aura à manger…

Elle le regarda, les yeux ronds.

Ginko – J'attends que l'un des deux se réveille pour porter l'autre. J'ai envie de retourner à Konoha pour faire l'amour à Tsubaki. Ou pas.

Il savait parler à Ginko, avancer les bons arguments... L’Uchiha se dit qu’il allait très vite oublier de transmettre à la jolie chuunin aux longues mèches blondes les dires de son amie, et qu’il allait s’exécutait. Il prit le corps de Riku, jusqu’à ce qu’il rende compte que son genoux lui faisait encore atrocement mal. Heureusement le genin n’avait pas vraiment le même genre de corpulence que Bakemon… D’ailleurs il se demandait bien comment Hijin aurait fait pour transporter son corps… lui si faible, si fin, si…. Il ressemblait à une allumette qu’on pouvait casser en soufflant simplement dessus…

Il fit signe à la jeune femme qu’il était prêt. Il s’en mordait la langue de douleur, mais soit, ils avanceraient, au moins…


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MessageSujet: Re: [Ame] - CK004 - Saezu, Partie de l'Eau   Jeu 20 Nov - 21:21

Après s'être motivé pour combattre, le genin observa le colosse répondre à sa provocation faisant le beau tel un animal non évolué. L'intimidation purement physique dans un combat de shinobi n'avait pas toujours sa place mais lui pouvait s'en vanter car il semblait bien que les jutsus rebondiraient sur son corps massif. Ne pas leur laisser le temps de choisir ! Il fallait agir tout de suite et Riku décida de s'attaquer à ce puissant adversaire oubliant les nombreuses stratégies qu'il avait mis en place dans de telles situation. Cela lui jouerait sans doute des tours par la suite, mais dans l'action, pour ce premier combat, il oublia toutes les règles et se laissa emporter par la volonté de feu de Konoha.

Sans doute devrait il porter plus d'attention à ses origines dans le futur car à Iwa on prend son temps et on fait les choses prudemment, ce qui correspond plus à Riku.

Le gamin aux cheveux blancs couru et dégaina tout en déclenchant la technique de renforcement de la lame par le chakra, Hien. Il était sur que même si l'ennemi tentait une esquive il parviendrait à le toucher grâce à l'allonge apportée par le chakra. Puis Riku effectua la danse que sa senseï lui avait apprise, la danse de la mort.

[Riku] – Mikazuki no mai !

Un bunshin apparut a son côté, ils sautèrent comme un seul corps... le choix de Bakemon déciderait de l'importance de la frappe que porterait Riku. A sa grande surprise, l'ennemi choisit le vrai genin et il se protégea avec une facilité abhérante, Sadame entailla à peine le bras du monstre de muscles.

*Lui... il est fort... trop pour moi mais je dois tout faire pour le diminuer... en attendant Sabi. *

Les sarcasmes du ninja étaient fondés, mais Riku ne plaisantait pas il y avait une différence de niveau réelle sans doute l'autre était chuunin voire jounin ? Ou simplement était-il plus fort et plus expérimenté ? Pas le temps de chercher réponse, il fallait se battre pour survivre désormais ! Saezu était la mission et elle passerait avant tout. Tenson tenta de blesser Bakemon avec des shuriken mais cette bête là était bien trop solide pour s'en inquiéter, robuste... et généralement la puissance d'attaque allait de paire.

Riku n'arrivait plus à réfléchir, il savait que la stratégie adoptée n'était pas la bonne mais sous la pression il ne voulait pas tenter et échouer. L'adversaire se présenta et joua sur les mots, mais Riku n'allait pas se laisser faire, il tiendrait bon jusqu'à ce que quelqu'un vienne l'aider à achever cet homme. Ginko était loin, dans son propre combat, Sabi devrait se défaire de l'autre plus chétif mais sans doute fourbe et rusé, Tenson devait à tout prix protéger Saezu. Finalement ils étaient bien dans la merde, Riku voyait petit à petit apparaître le plan qu'il cherchait mais lorsque Bakemon frappa prsque aussi vif et puissant que la foudre de Ginko il perdit le tout dans son esquive. D'une rotation rapide suivit d'un déplacement du pied droit, il évita de prendre le poing massif du colosse. Sans doute beaucoup de chance.

Bakemon parla encore mais Riku n'écoutait qu'a moitié, se rendant compte que ce combat était très différent de celui avec Sabi ou de celui avec Yosuke, celui ci était un combat à mort. Avant on l'attend, pendant on s'inquiète. S'il en sortait vivant au moins il aurait acquérit de l'expérience et pourrait la mettre en pratique pour ses prochaines missions.

*De toute façon je doit y arriver ! *

Tandis que Sabi entamait son combat, Riku prépara une petite surprise pour son adversaire, il lui faudrait bien ça pour entamer ses défenses et encore serait-ce suffisant ? Tandis que Tenson tenta une nouvelle offensive soutenant Riku au mieux, Bakemon ignorant le kunaï frappa puissamment et Riku rata un signe sous le choc... du temps gâché, une vulnérabilité certaine, l'ennemi savait ce qu'il faisait. Il se savait plus fort et comptait bien le montrer mais le genin lui ne se laisserai pas faire, il serait le perturbateur, celui qui empêcherait le monstre d'abattre la femme.

Bakemon se détourna de Riku et se dirigea vers Saezu, il fallait le suivre rapidement mais au prix d'abandonner la réalisation de la technique ? Celle qui pourrait mettre à mal cet homme ? Non, Tenson devrait subir un assaut pour permettre à Riku de revenir plus puissant qu'avant !

Sabi se battait contre Hijin tandis que tous se rapprochaient de Tenson et de Saezu, celle là ! Si elle avait avoué des le début qu'il y avait des ninjas à ses trousses ils n'en seraient pas à risquer leur vie, et la mission serait de rang A et aurait été confiée à des chuunin au moins.

Un grand bruit d'eau retentit, mais il ne devait pas se déconcentrer il devait rattraper le temps perdu et aller aider Tenson et Saezu car les deux ennemis n'avaient d' yeux que pour elle, il ne se souciaient guère de petits genins. Ils allaient leur montrer leur tort.

*Sabi faut qu'on se magne le cul *

Riku vit Tenson permuter sous la frappe de Hijin et fut horrifié voyant Bakemon saisir Saezu qui était désormais sans rempart. Saezu prit une belle mandale, mais elle tiendrait encore, elle était robuste malgré tout. Ginko surgissant de nulle part lança un éclair étrange sur Bakemon, lequel ne sembla vraiment pas apprécier.

*Tu l'as mangé celui là ! *

Ginko semblait concentrée, ce n'était pas bon signe et son rappel à l'ordre fut plus douloureux que la frappe de Bakemon car elle insinuaient qu'ils ne se donnaient pas à fond pour protéger Saezu. Puis elle disparut vers son combat à elle. Les deux shinobis se détournèrent de Saezu, peut être l'apparition de Ginko leur avait fait comprendre qu'ils devaient se débarrasser des gamins avant qu'elle ne revienne. Riku courrait vers le regroupement, Tenson retourna protéger la femme à terre et Bakemon disparut sous terre avant de resurgir derrière Sabi en lui plantant violemment quelque chose dans le corps. Riku fou de rage et de peur accéléra, mais l'autre, le maigre lui lança un suiton en pleine face. Voyant le dragon arriver le genin ne pensait qu'a une chose, abattre Bakemon, il reçut le jutsu de plein fouet et continua tant bien que mal. La raison lui fit apparaître le plan qu'il avait perdu au début mais la rage l'empêchait de le voir. Il parvint enfin a atteindre Bakemon, il leva son rasegan, Tenson lâcha un Katon et c'est à la suite des flammes que Riku surgit, puissant.

Un second dragon d'eau vint le frapper mais c'était inutile, le genin ne sentit pas la douleur car tout son esprit était tourné vers Bakemon ce gros enfoiré à descendre, après ils n'auraient aucun mal contre l'autre.

Riku tendis le bras et enfonça ssa boule de chakra dans le ventre du colosse, celui ci plia les jambes pour tenir bon.

[Riku] – J'ai pas encore fini !

Tandis que des nouvelles flammes jaillissaient de la bouche de Tenson, que Riku tenait sont rasengan essayant de faire tomber Bakemon, ce dernier trouva la force de frapper Sabi à la jambe. Tandis que son frère d'armes, son ami, s'écroulait Riku eut un regain de volonté et de rage. Le genin poussa encore de toute sa puissance mais l'autre était bien plus résistant, et bien plus fort. Il ne cilla pas. Une fois encore Bakemon frappa Sabi, il devait se retenir ou faire quelque chose mais il ne devait plus tenir qu'à un fil.

Tandis que le monstre se retournait vers Riku, arriva Ginko qui avait réussit à se libérer une fois de plus pour leur filer un coup de main. Elle effectua la danse sous la nouvelle lune, à son niveau, et le ninja ennemi pris une mauvaise décision et la lame de la jounin perfora les solides défenses de l'homme. Lorsqu'elle eut disparut, le plus maigre des deux sembla s'affoler en voyant son coéquipier presque à bout, il lâcha un autre dragon aqueux sur les genins tout en restant un peu à l'écart. Il était temps de finir tout ça, la douleur faisait revenir les idées de Riku chassant la témérité. Le plan se dessina clairement dans sa tête, ils avaient vraiment chié leur combat.

*Et merde, on aurait du se concentrer sur le plus faible pour l'abattre rapidement et s'occuper du plus résistant après... la prochaine fois on fera bien mieux. S'il y a une prochaine fois... *

Riku sourit ironiquement il allait tout faire péter pour mettre Sabi à l'écart et peut être faire valser le gars balèze, il falait du temps à son équipier pour lancer sa technique Riku l'avait lu dans ses yeux, il voulait du temps. Tenson tint Hijin en respect en lui lançant adroitement un Kunaï mais leurs armures étaient résistantes. Voyant que Bakemon ne bougeait toujours pas il se décida à faire quelque chose, d'autant plus qu'il sembler faire ou préparer quelque chose. Tous les genins furent enfin au point, cette fois ils l'auraient. Tenson lâcha un Katon qui permit à Riku de préparer son sabre pour lancer une technique, Hijin tenta de les arrêter mais Riku d'un regard lui fit coprendre qu'ils étaient déterminés, il lui adressa un dernier sourire car il savait que pour lui ce serait dur voire impossible de finir le combat.

[Riku] – Mikazuki no Mai !

Il sautèrent à nouveau et fondirent vers leur proie, voyant le regard de Bakemon se poser sur le Bunshin, Riku sut qu'il ferait mouche et il enfonça Sadame à travers le corps massif du shinobi et resta là à attendre qu'il s'effondre, ce qui n'arriva pas. Il attrapa une lame et l'enfonça entièrement dans le ventre de Riku qui sentit la vie s'écouler en même temps que son sang.

[Bakemon] – Crève, enfoiré !

[Riku] – Peut être... mais pas tout seul... Sabi ! achève cet enfoiré... héhé !

Le genin recula en titubant tandis que Bakemon se concentrait encore, cet enfoiré se régénérait mais s'en était fini pour lui. Un éclair le dépassa et partit frapper la masse de muscle, ils en auraient au moins descendu un. Riku mit un genou a terre, puis les mains, il releva la tête il voulait voir Bakemon tomber. Puis tout disparut, un bruit d'eau suivit d'une flamme, Hijin et Tenson se donnaient à fond, pourvu que cela suffise pour protéger Saezu...

*Mes amis je suis désolé mais j'en peux plus... pardonnez moi j'ai été idiot et faible... réussissez cette mission à tout prix. Ginko devrait plus trop tard... *

Sabi devait défaire Hijin, mais il était à bout lui aussi et Hijin avait encore des ressources, il resterait Tenson. Riku connaissait peu Tenson mais il le savait déterminé tout comme eux, il pouvait compter sur lui car il se battrait jusqu'à ses dernières forces.
Il ne vit pas la fin du combat pour lequel il avait tout donné mais lorsqu'il ouvrit les yeux, il sentit le froid, la douleur et l'étrange sensation due à sa position. C'était très désagréable d'être inconscient et si la mort c'est ça, ça doit être super chiant pensa-t-il. Puis il se rendit compte que Sabi le portait, il lui souffla à l'oreille quelques mots.

[Riku] – On a vraiment chié dans la colle... la prochaine fois on fera selon le plan et pas à l'arrache hun poto !

Riku descendit de son ami pour le soulager, mais ses blessures étaient très douloureuses. Quelqu'un avait fait un bandage autour de son ventre pour que le sang s'arrête de couler, Ginko ? Tenson ? La seconde option était plus probable. Riku tourna la tête et vit tous le monde vivant, la mission n'avait pas échouée c'était le principal après le fait que personne ne soit mort bien sur.

[Riku] – Merci pour avoir fini Bakemon... comment vous avez fait pour Hijin ? Dit il à Sabi.

Puis il haussa le ton du mieux qu'il put pour Tenson et Ginko-senseï.

[Riku] – Hé Tenson t'as géré mon pote ! Ginko... bon on à vraiment fait n'importe quoi mais... ils étaient assez fort quand même. J'aurais bien aimé voir celui qui faisait des Doton... enfin. Je crois que je peux marcher mais... J'ai la dalle !

Une sourire mal assuré se dessina sur le visage du genin, tout revenait comme avant même s'ils souffraient encore de leur blessures. Ils récupéreraient, mais plus important ils avaient gagné de l'expérience du combat. Leur prochain serait bien différent et ils deviendraient bien plus fort.

MessageSujet: Re: [Ame] - CK004 - Saezu, Partie de l'Eau   Ven 21 Nov - 1:49

Ginko eut une moue boudeuse.

[Ginko] - Nan ! Ils étaient nuls...

Elle avait les bras croisés sur la poitrine, assise sur le corps massif de Bakemon. Tranquillement, elle balançait ses jambes croisées dans le vide. Elle était pensive. Ses étudiants ne s'étaient pas très bien débrouillés. La preuve, elle avait dû agir plusieurs fois. Garder un œil sur eux. L'horreur. C'était peut-être son instinct maternel qui s'éveillait ?! Oh, non !

Ginko bondit sur ses pieds et s'écria, à plein poumons.

[Ginko] - Je vais être MAMAN !

Elle sautilla sur place et commença quelques pas de danse, comme si elle reposait dans les bras d'un amant doué. Ou bien que lui reposait dans ses bras à elle, car il était évident que la Juunin menait la danse.

[Ginko] - Ce sera une fille - vous êtes des gonzesses - avec les yeux jaune et les cheveux bleus, et il ne saura parler qu'à l'âge de douze ans et il dira MAMAN JE T'AIME, et MAMAN TU ES LA MEILLEURE DU MONDE. Et ça me fera plaisir au coeur, ça oui !

Elle poursuivit une poignée de minutes puis s'arrêta sèchement, le regard planté dans celui de ses étudiants - mortifiés. Saezu s'était éveillée, vraisemblablement suite à son cri initial. Elle pointa un doigt sur elle.

[Ginko] - Tu peux marcher, femme ?

[Saezu] - Hein ? Euh... Oui...

[Ginko] - Alors on est parti.

Elle ne bougea toutefois pas, les yeux fixé sur Sabi. Le poids de Riku semblait trop lourd pour lui, déjà qu'il était blessé à la jambe, c'était plutôt lui qui fallait soigner. Tenson avait bandé les plaies de Riku - sous l'oeil admiratif de Ginko, qui trouvait quand même cela très drôle et drôlement bien fait. Mais il était toujours blessé, et il avait perdu beaucoup de sang. D'après ce qu'elle avait vu, c'était le coeur qui était touché. Et un coeur brisé, c'est terrible !

Inutile de préciser que Ginko n'a aucune notion d'anatomie...

Elle s'approcha de Sabi et, sans même sourciller, le souleva lui et son compagnon.

[Ginko] - Tu veux monter Tenson-chou ? Non ? Bon alors on y vaaaaaaaaaaa.

Elle commença à courir, sans attendre que Saezu ne se relève. Il n'y avait plus rien à craindre à présent. Hormis la rencontre inopinée d'une tortue adorable.

***


Ils ne tardèrent pas à atteindre les portes du village, sous les indications de Saezu. Ginko portait toujours ses deux étudiants et elle commençait à s'essouffler. Ils n'étaient pas lourd - enfin... - mais ses bras étaient engourdis, et son dos gémissait à force d'être penché ainsi. Elle les lâcha avec une délicatesse modérée.

[Ginko] - Vous étiez pas obligé de me toucher les fesses et les seins pendant que je vous portais, hein. Mais bon, vous avez huit ans alors je peux comprendre que cela titille votre... enfin.

Elle se gratta la tête, et ils pénétrèrent dans le village. C'était un petit village un peu triste, avec ses maisons grises et ses habitants sombres. Ils les regardaient passer avec une certaine indifférence. Saezu commençait à se diriger vers un bâtiment, mais Ginko s'était arrêtée - et ses étudiants avec elle. Elle huma l'air.

[Ginko] - C'est l'heure de manger.

La sentence avait été prononcée. Ginko s'avança d'un pas convaincu vers une bâtisse à la cheminée fumante. C'est que ça devait être une auberge. Non ? Le nez de Ginko ne la trompa pas. Elle ouvrit la porte d'un dynamique coup d'épaule et répondit au regard atterré du tavernier par... en vérité, elle lui sauta dans les bras, l'embrassa sur les deux joues, demanda des nouvelles de sa famille, et partit s'asseoir à une table. Elle poussa sans ménagement le couple d'amoureux qui cherchait un peu d'intimité.

[Ginko] - Il paraît que JE PARLE FORT. Vous devriez... me laisser la place. Voilà. Allez vous galocher ailleurs, il Y A DES ENFANTS ICI.

Puis elle commanda un menu gargantuesque, digne d'une famille d'ogre en vacance.

[Ginko] - Vous prenez quoi vous ?


Ginko commença à tapoter sur la table, impatiente de manger.

[Saezu] - Euh... Vous êtes déjà venue ici ? Vous aviez l'air de connaître le tavernier.

[Ginko] - Nan je le connais pas. Mais c'est un homme et sa taverne est pleine, alors je presse mes seins contre lui et il nous sert. Cool, hein ? ...

Elle regarda Riku qui lui faisait face, et ouvrit de grands yeux. Il fallait dire quelque chose dans ces cas-là, elle le savait, mais elle ne s'en souvenait pas... Peu inspirée, elle tenta quelque chose.

[Ginko] - Ça va bien ? Enfin, non, tu t'es fais trouer le ventre mais je veux dire...

...

[Ginko] - Laisse-tomber.

Elle se tourna vers Sabi.

[Ginko] - Tu me donnes faim. Tu as une copine ? Tu te bats comme une crevette tu sais ? C'est un compliment. Tu as déjà regardé un combat de crevette ? Trippant. Elles... agitent leurs antennes et... non mais en fait, c'est plus visuel que descriptif.

Elle mourait de faim. Saezu la regardait, inquiète. Elle avait eu un coup sur la tête, peut-être ? ... Oh non ! Le monstre rose s'était tournée vers elle !

[Ginko] - Tu sais que tu es jolie avec de la boue sur le visage ? ...

Elle se gratta la tête.

Il y avait un grand blanc autour de la table.

En fait, il y avait un grand blanc dans toute la taverne.

[Ginko] - Je disais ça comme ça... On mange bientôt ?

MessageSujet: Re: [Ame] - CK004 - Saezu, Partie de l'Eau   Ven 21 Nov - 15:37

Son genou lui faisait atrocement mal. Cette impression qu’il pouvait lâcher à tout instant le gênait. Plus par peur que par souffrance, finalement. D’une certaine manière, il avait la lourde tâche de porter Riku, et il s’en faisait un honneur. Mais que faudrait-il faire s’il mordait une nouvelle fois la poussière ?

Le chemin n’était pas bien long. En fait, ils étaient presque arrivés, ils touchaient au but, et cette seule idée compensait tout le reste. Bientôt oui, ils reverraient le toit bleu de Konoha, ils quitteraient ce pays que Sabi n’aimait pas beaucoup. Ses mèches brunes voletant au grès du vent, froid, téméraire. Vicieux et fourbe. L’Uchiha voyait Hijin partout… Décidemment, même mort il restait un poison dont on ne pouvait se soustraire. C’était plutôt tragique comme mission. Comme rendu surtout. Le genre d’évènements qui vous font regretter très rapidement de porter tel bandeau, prestige d’un fardeau.


Quelques mots lui tombèrent dans l’oreille. Une voix fine, déjà amoindri par la souffrance et par l’effort. Riku se réveillait. Sabi le déposa sur le sol, alors que Ginko, ne comprenant pas, se dépêchait de partager le fardeau de l’Uchiha, si fardeau il était.

Sabi – Hé !

Il tira doucement la manche de la Juunin, qui se rendit finalement compte qu’elle transportait bien un corps vivant. C’était plutôt rassurant. Sur l’état de Riku, comme sur celui de Ginko… Il se rapprocha de son ami, et le serra dans ses bras. Crispé par la douleur qui le tiraillait encore au ventre, Sabi desserra son emprise. La joie cachait le reste.

Sabi – Qu’importe, on est là maintenant ! La prochaine fois… La prochaine fois on les niquera.

Il ne savait pas vraiment ce qu’il disait. Mais il en était certain, cette expérience aurait des conséquences inéluctable dans l’esprit de la petite équipe. Petite qui deviendra grandi et qui déjà sortait agrandie de sa balade en terre hostile. Finalement, il aurait presque pris Saezu pour lui pleurer dans le creux de l’épaule. Elle avait fait la conne, mais ils en étaient tous sorti, alors peu importait son caractère violemment espiègle, de mauvaise foi, d’une gentillesse assez paradoxale… Il se retint. Tout de même, il y avait des choses qu’on ne pouvait pas faire.

Ils purent continuer, tout aussi lentement, leur course. Si Sabi n’était plus ralenti par le poids qu’il avait eu à porter, il n’en restait pas amoindri. Il était inutile d’expliquer la même situation du genin aux longues mèches blanches…


Ils passèrent les portes du village. Leur destination, enfin ! A y repenser, ils avaient fait tout ça pour en arriver là, c’était assez complexe à décrire, comme sensation. On se sent tout petit, on ne comprend pas vraiment. Tant de danger à éviter ou à combattre, pour débarquer dans un petit bled sans aucune prétention….

Sabi passa doucement sa main le long de son ventre. Ses doigts ripèrent sur les deux pansements qui refermaient les deux dernières blessures qu’il avait subis. Qui bien que moindre, avaient mis un point d’honneur à sa place dans le combat. Il retint un cri de douleur. Les lèvres mordillées, les traces étaient encore bien présentes. Cela durerait longtemps, oui, très longtemps sûrement. Ils avaient du laisser de nombreuses gouttes de sang là-bas, des particules de vie qui s’enfuyaient de leur propre âme. C’était un joli combat. Très mal géré, mais pour une fois, ils avaient vu la puissance, ils avaient pu se jauger, se confronter à la dure réalité de leur vie. Ils avaient à progresser, mais le bilan n’était pas uniquement négatif.



Il chercha, mais il ne trouva pas. Mise à part cet élan charnel qui ne les avait pas effacés devant la peur, et devant la mort, il n’y avait pas grand-chose de bon dans ce combat. Sabi pouvait tuer. Il regarda l’intérieur de ses mains. Oui, il n’avait vu cela. Il s’en rendait compte maintenant, il avait ôté la vie. Pas seul bien sûr, mais il ne se souvenait pas avoir tremblé lorsqu’il prit la décision de lui infliger le dernier coup. Peut-être que le corps inerte de Riku l’avait aveuglé, mais il n’en était pas bien sûr.


Saezu – Enfin, nous sommes arrivés ! C’est par i…

Ginko sonnait le glas d’un nouveau spectacle gastrique. Mais il était bien différent que le précédent. En fait, Sabi commençait à craindre que sa prime ne passe dans le repas. La dernière fois, Ginko avait tout payé, même ce qu’elle n’avait pas pris, mais ils n’avaient été fatigué que par la longue marche qu’ils avaient fait. L’Uchiha n’avait jamais senti son estomac se tordre ainsi. S’il avait pu crier, il aurait déchiré les oreilles des passants. Et les siennes.

Il n’hésita pas.

Il avait tout autant envie de terminer cette mission, mais… Il fallait qu’il mange.

Ils pénétrèrent enfin dans une taverne. Cérémonie oblige, Ginko dans toute sa splendeur, ils étaient immanquables. Le tavernier, privilégié, eut droit à l’accolade, les petites touches, les caresses et tout ce qui va avec. Au moins, ils étaient certains d’avoir à manger. Sabi se dit qu’il devrait vérifier qu’il n’y est pas encore trois types louches dans le logis, mais il préféra choisir sa place sur le banc.

Ils se posèrent enfin, délogeant un nombre de personne à trois chiffres.

Sabi – J’vais aux toilettes, je reviens.

Il repassa ses jambes de l’autre côté du banc, dans une extrême lenteur. Il préférait ne pas trop brusquer son propre corps. Il se demandait même s’il avait vraiment envie de se vider, ou s’il préférait ne pas répondre au compliment incongrue mais bien involontaire de Ginko. Sûrement les deux, pensa-t-il. L’estomac vide, la jolie Juunin aux cheveux roses devenait un peu plus encombrant encore. Alors c’était peu dire.

Il traversa la grande salle, zigzagant entre les tablées, les gens qui balançaient leurs bras dans de grands cris de joies, et les phrases débiles ou stupide, ou idiotes, enfin dans ce genre-là.

Sabi –Excusez-moi, Ô-san, les toilettes, elles sont où ?

Le tavernier se tourna rapidement, comme si on venait de lui faire peur, le regarda de haut – ce qui n’était en soi, pas bien difficile – et soupira. Soulagé ? Il ne savait pas trop. Il lui attrapa fermement le bras, comme si Sabi sortait d’un programme de bien-être, et colla son visage contre le sien.

Tavernier – Dis, elle va encore me faire du chahut comme ça pendant longtemps ?

Sabi sourit. Il ne savait pas vraiment si c’était pour oublier l’haleine chaude du bonhomme – il fallait toujours que les taverniers soient des bons vivants, large bide, grosses joues rosées, haleine chaude… ça fait parti d’un tout – ou si c’était parce que Ginko avait un espèce de pouvoir sur ces gens-là. Les hormones sûrement…

Sabi – Tant qu’elle n’a pas mangé…

Il jouait fin. Il jouait faim surtout ! Il savait que ce qu’il faisait le rapprochait un peu plus du manipulateur de senseï naïf, mais c’était pour la bonne cause. D’un geste de la main, il activa ses cuisiniers et ses serveurs.

Tavernier – Plus vite elle aura mangé, plus vite elle partira ?

Sabi – C’est un peu ça. M’enfin on a pas encore fini, je vous l’assure. En fait… Elle mange autant qu’un éléphant en crise d’anorexie, et personnellement, je sens ma trompe poussé, moi aussi…

Il déglutit difficilement. Sabi plissa ses lèvres.

Sabi – Ne vous inquiétez pas, vous serez riche à la fin de la journée, c’est la seule variable connue. Les toilettes ?

Il respira profondément, comme si pendant quelques secondes il s’était retenu. En fait, il s’était vraiment retenu. Un simple filon d’air aérant ses poumons, la sentence tombé, la vague d’oxygène pénétrait son corps. D’un geste de la tête il lui indiqua la direction des toilettes. Sabi le remercia d’un sourire, qu’il conserva, le dos tourné, entendant les ordres saccadés du grand chef, l’imaginant dans tous ses états. Sur la qui-vive, en état de crise quoi.

Le Sabi s’enfila dans un petit couloir, et passa la porte des toilettes. Il s’arrêta devant un lavabo, juste au dessus un miroir. Cela faisait quelques jours qu’il ne s’était pas vu. Non, il n’était pas égocentrique, simplement qu’il se trouvait changer. Mais comment aurait-il pu le deviner avant ? Les marques de blessures sur son visage, les griffures, les bleus. Le bandage sur sa rotule ne l’empêchait pas de ressentir la douleur. D’ailleurs c’était bien interne, il n’y avait pas de sang, pas d’ouverture, rien. Le médecin avait dégradé la substance organique même, sans avoir à l’écorcher. C’était vraiment balèze…

Dans le miroir, il vit la porte derrière qui s’ouvrit. Une jeune fille sortit, de longues mèches blondes descendaient jusqu’à ses épaules, des petits yeux bleus meublaient son visage fin et blanc.

??? – Hé ! T’es chez les nanas !

Il se retourna, parut surpris.

Sabi – Ah ? Mince… Excuse-moi.

Il se dirigea vers la sortie, regarda la porte. Il ne voyait pas de jupe sur le petit bonhomme noir qui siégeait devant chaque porte digne d’être ouverture de lieux public pour satisfaction d’organe humain. Il repassa la tête dans les toilettes, toujours incompréhensif. Il aurait pu attendre qu’elle quitte les lieux, mais il avait envie de chercher. Peut-être trouverait-il…

Sabi – Nan, c’est toi qui est chez les mecs…

??? – Tu te fous de moi ? J’ai l’air d’être un homme moi ?

Il se mit en face d’elle, ses yeux la décrire de haut en bas, puis de bas en haut, retrouvant son regard attentif et impatient.

Sabi – Non, cela semble évident. Ou alors…

Cette seule idée fit mûrir en elle un choc assez absurde, bien féminin en fait. Confirmation, ce n’était pas un tigre, mais bien une tigresse, bien rageuse, bien pulpeuse, bien comme il ne les aimait pas. Pourtant, ce n’était la beauté qui manquait dans ce genre de personne. Sa main partit, elle claqua sur sa joue.

??? – Ca va pas de penser ça oui !

Elle fut si violente qu’il eut l’impression que sa tête allait s’arracher du reste de son corps. Il l’imaginait déjà rougir de douleur. Le choc était rude. Il avait trouvé…
Son genou le fit tressaillir, il manqua de s’affaler sur le sol. Ses bras trouvèrent l’évier, il s’y appuya donc. La tête baissée, il cracha quelques gouttes de sang qui remontaient douloureusement. Les taches rouges se diluèrent dans le creux du lavabo, et s’égouttèrent peu à peu, pour disparaitre. Il imaginait la jeune fille mettre ses mains devant sa bouche grande ouverte.

??? – Je fais si mal que ça ?

Il sourit. Il réussit à sourire oui, un rictus moqueur. Elle trouva enfin les bandages qui recouvraient en de nombreux endroits le corps de Sabi.

??? – Oh ! Qu’est-ce que c’est ?

Sabi – Des blessures…

Elle laissa tomber sa mâchoire. Elle le prenait pour une idiote ou quoi ? Oui un peu, il fallait dire qu’elle ne faisait pas tout pour éviter cela.

??? – Tu t’es fais ça où ?

Il se retourna, enfin remis. D’un geste de la main il finit d’essuyer le sang qui perlait sur ses lèvres.

Sabi – Boarf, en chemin. Je viens de Konoha. On est quatre en fait. Mais si tu le permets, j’aimerais bien aller aux toilettes…

Il ne lui laissa pas le temps de répondre. Il força le passage, il savait bien que sinon, il était encore parti dans une partie de question-réponses longue et fatigante. Vérifiant que la porte était bien fermée à clé – on ne sait jamais… - il s’assit et soupira, enfin.

??? – Konoha ! C’est cool ça ! Et les gens de Konoha on tous des bandages comme vous ?

Il baissa la tête, pas même le temps de souffler, et elle en rajoutait une couche. Mais quand est-ce qu’elle se taisait ? Quand est-ce qu’elle se rendrait compte qu’elle était dans les toilettes pour hommes ?

Sabi – Non, seulement les hommes mariés et les femmes trompées.

??? – Oh ! C’est cool !

Il sourit. Mais il n’en pouvait plus de tant d’idiotie. Pourtant, il la faisait bien marcher. Ca fonctionnait rarement ce genre petite phrase bien ironique. Avec Saezu, il avait déjà eu un bon début, encore qu’elle avait sûrement du oubliée tout ce qu’il lui avait dit, après tant d’évènements. Et puis, ne l’avaient-ils pas défendu ?

??? – T’es un homme marié alors ?

Sabi – Nan, moi je suis une femme trompée.

Elle ne dit rien. Il la voyait déjà, réfléchissant. Comment cela était possible. Elle avait pourtant vu un homme.

??? – Ba, qu’est-ce que tu fais dans les toilettes des hommes alors ?

Sabi – La même chose que toi…

??? – Eh ! T’es dégueula… Oh…

Il faillit pouffer de rire, mais dès qu’il lui monta dans la gorge, il sentit qu’il allait *encore* souffrir… Il finit par sortir. Direction la table. Il défit le verrou, ouvrit rapidement la porte et traversa en vitesse les toilettes. Pourtant un bras le retint et le colla contre elle.

??? – T’es sûr que t’es une femme ? Tu ressembles pas vraim… Huum !

Il passa sa main derrière son cou, et l’embrassa. Quelques secondes à peine. Pourtant il lui sembla que cela durait des heures. Il se dépêcha de retirer ses lèvres des siennes et se lança dans la salle principale.

??? – Ah non, t’es bien un homme…

Elle leva les yeux vers le plafond. Elle s’était encore faite avoir, c’était pas croyable. Mais il l’avait embrassé, c’était toujours ça de gagner. Finalement, les chiottes masculines, c’était cool…

Sabi fit un hochement de la tête en guise de désespoir. Il retrouva enfin ses amis, sur la table un immense plateau entamé par la bouche déjà pleine de Ginko. Il s’assit à côté de Riku et se frotta les mains.

Sabi – J’ai faim !


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MessageSujet: Re: [Ame] - CK004 - Saezu, Partie de l'Eau   Lun 24 Nov - 8:09

Ils étaient trois, en tout. Ginko en avait un pour elle toute seule, leur laissant les deux autres. L’un était assez costaud et on aurait dit que son visage avait été sculpté dans du bois, tellement ses traits étaients durs. L’autre était plus discret mais la lueur de malice dans ses yeux laissait entrevoir une intelligence qui lui permettrait sans doute de compenser à sa musculature moins prononcée. Saezu souriait. Tenson haussa un sourcil. Ginko était déjà engagée dans son propre combat et Tenson haussa l’autre sourcil en voyant la force avec laquelle elle pouvait frapper. Riku le rappela à l’ordre.

[Riku] – Tenson, t'as le rôle le plus important, protège Saezu à n'importe quel prix ! Si Sabi et moi on se débrouille à poutrer les deux blaireaux là bas t'auras rien à faire alors si t'es blindé en kunai ou en jutsu à distance tu peux nous soutenir.

Il répondit d’un bref hochement de tête. Positionné devant Saezu, il mit la main dans sa poche arrière tout en obervant attentivement ce qui se passait. Riku se dirigeait vers le gros lourd et Sabi vers le malin. Sans plus attendre, il s’empara de deux shurikens et les envoya en direction de Bakemon. Il s’était beaucoup entraîné à lancer deux shurikens à la fois et il ne rata pas sa cible. Cependant, l’ennemi retira les projectiles comme s’ils n’avaient été que de simples échardes plantées dans sa peau probablement plus dure que le bois. Il dit quelque chose, mais Tenson n’entendit pas bien. Et c’était sûrement mieux comme ça.

Tenson ne se laisserait pas faire. Il s’empara d’un kunai et le lança de toutes ses forces vers l’opposant de Riku. Le projectile fendit l’air quelques instants, et s’écrasa contre son épaule. Malheureusement, il était en plein coup de poing et comme son muscle s’était durci, l’attaque avait été inutile. Riku avait du encaisser tout un choc, ce qui fit grimacer Tenson.

Pendant ce temps, Sabi se chargeait d’Hijin. Tenson n’avait pas directement vu son attaque, mais il savait à présent que l’ennemi numéro 2 utilisait des techniques d’eau. Sabi et Riku avaient tous deux subi des dommages, ce qui n’augurait pas très bien la bataille.

Tenson reçu des éclaboussures sur le visage et dans les yeux. Il eut à peine le temps de voir Hijin arriver, juste assez pour qu’il ait le réflexe de préparer un katon et de le lancer. Tout ça fait dans la précipitation, il ne put pas en tirer les effets maximaux. Presque tout de suite après, un poing se dirigeait vers sa figure. étant donné l’entraînement intensif avec Sentetsu, il réagit instinctivement en permutant. Ce n’est qu’un fois qu’il se retourna du haut de la branche d’arbre où il avait permuté qu’il se rendit compte de son erreur...

*Oh non ! Zut, j’ai laissé Saezu seule ! Non mais à quoi je pense, moi ?!*

Bakemon eut amplement le temps de la soulever et de la menacer de ses yeux sombres tels des abysses sans fond. Il lui serrait le cou, très fort et on voyait qu’elle souffrait. Elle réussit toutefois à lâcher un cri aigu. Ginko, alertée, apparut instantanément. Elle était blessée au ventre, ce qui signifiait que son adversaire devait être très fort ou bien qu’elle avait été déconcentrée par le cri de Saezu... Tenson s’en voulut énormément. Ça ne l’empêcha pas de s’étonner encore une fois de la puissance de sa senseï. L’éclair qui attaqua Bakemon laissa même une volute de fumée derrière elle.

[Ginko] – Occupez-vous d'elle, imbéciles !

Tenson fut déçu de lui-même lorsqu’il entendit ça... Mais c’était vrai, il avait été imbécile. Ça ne durerait pas. Il se rapprocha aussitôt de Saezu. Celle-ci peinait à se remettre sur pieds. Elle ne se donna pas la peine de hurler contre lui, mais le regard froid qu’elle lui lança voulait tout dire.

[Tenson] – Ça n’arrivera plus.

Il avait dit ça comme une promesse, comme s’il l’avait toujours su. La femme sembla se calmer un peu, voyant qu’il prenait la situation très au sérieux et qu’il regrettait son geste imprudent. Riku s’était rapproché, alerté par Ginko. Tenson se sentit mal à l’aise.

[Riku] – Qu’est-ce que tu fabriques ?

[Tenson] – Ça n’arrivera plus.

Le garçon au cheveux blancs retourna affronter Bakemon. Tenson vit alors l’ampleur du Katon de Sabi, qui était beaucoup plus gros que le sien. Il se sentit mis au défi. En plus, il avait une dette envers Riku, qui avait perdu du temps à cause de lui. Il exécuta les signes, finissant par le tigre, et lâcha un katon sur Bakemon, qui était de dos.

[Tenson] – Katon ! Tora no Jutsu !

Il aimait bien rajouter un petit quelque chose au nom de la technique, ça faisait plus cool. Ses énergies intérieures chauffaient. Le sceau du tigre. Le chakra qui bouillonnait en lui fut alors recraché sur Bakemon, avec moins de force que celui de Sabi, cependant. Hijin avait lancé deux Dragon Aqueux, un à la suite de l’autre, sur Riku. C’en était assez. Sur son élan, Tenson relâcha un deuxième Katon, sur Hijin cette fois. Ce dernier avait relâché son attention et sembla grimacer sous les flammes. Pendant ce temps, Riku semblait être très efficace avec son Rasengan sur Bakemon. Sabi s’était rapproché. Tenson préféra ne pas bouger, il risquait de blesser ses alliés.

Bakemon n’avait guère apprécié le Rasengan... Il s’en est alors pris à Sabi, l’attaquait férocément sur la tête. On aurait dit qu’il était dans une sorte de rage incontrôlable. Ginko, de nouveau alertée par les cris, réapparue en triple et infligea une correction au colosse. Tenson eut à peine le temps de la voir. L’instant d’après, elle retournait à son combat. Bakemon semblait étourdi. Riku avait marqué de sacré bons points sur ce coup-là. Il avait maintenu la technique relativement longtemps et les effets s’étaient fait ressentir. Peu à peu, le décor s’emplissait de rouge brunâtre.Sabi semblait mal en point, Hijin l’avait beaucoup amoché. C’est alors que Tenson aperçu pour la deuxième fois les yeux rouges des Uchiha, les premiers étant ceux de Sayuri-senseï lors de leur entraînement sur le lac. Lorsqu’il se releva, il semblait concentré. Il réfléchissait.

Le silence régnait à présent. C’était ce moment, dans les combats, où chacun de son côté analyse la situation, avec ce qu’il a vu du combat, ce qu’il a appris de ses adversaires. Les seuls bruits sont les respirations haletantes des shinobi. Puis la tension monte, de plus en plus, le combat est sur le point de recommencer, c’est imminent. Ils n’étaient pas dans une situation idéale. Leurs ennemis étaient sacrément forts. De plus, les techniques de feu de Sabi et Tenson ne valait pas grand chose contre les dragons d’eau d’Hijin. Il semblait avoir une sacrée réserve de chakra. Bakemon, lui, était monstrueux. Malgré les interventions de Ginko, il était toujours debout, comme un rocher qui refuse d’éclater. Les prochaines minutes montreraient l’issue du combat. Un pas, des sceaux, un tintement métallique. Ça recommençait.

Hijin fut le premier à bouger. Il exécuta ses sceaux plus vite que Sabi et relâcha sa technique avant lui, atteignant à la fois Riku et Sabi. Le réflexe de Tenson fut de lancer un kunai, aussi inutile qu’il soit, il avait pour but de déconcentrer l’adversaire. Mais ce n’était pas très efficace. Riku avait expulsé du chakra de son corps, atteignant Bakemon mais aussi Sabi... Au moins, Bakemon semblait en ressentir les effets.

Tenson ne comprenait pas ce que le colosse faisait. Il baissait la tête et serrait les poings, ce qui faisait encore plus ressortir ses muscles impressionnants. Tenson sentit qu’il devait faire quelque chose, profiter de l’immobilité de son opposant. Il fit ce qu’il savait faire le mieux, il envoya un katon. Les flammes atteignirent la cible, qui n’essaya même pas de les éviter. L’intant d’après, les minimes traces de brûlures sur sa peau n’étaient même plus là.

Hijin réattaqua, mais avec une technique différente. Deux jets d’eau se transformèrent en balles avant d’atteindre Riku, violemment. Ce dernier ne se laissa pas déconcentrer plus longtemps et répliqua avec une attaque époustouflante. Il se clona de multiples fois, plongeant l’ennemi dans la confusion. Il virevoltait autour de Bakemon, il dansait. Son katana en main, un des clones attaqua alors Bakemon. Le colosse saignait abondamment. Il était furieux. Comme il avait été attaqué par une lame, il se vengea avec une lame. Son mouvement fut si rapide que Tenson ne le vit même pas bouger.

[Bakemon] – Crève, enfoiré !

Le sang se répandit en une longue traînée lorsque la lame ressortit du ventre de Riku. Il se tenait le ventre, souffrant. Une goutte de plus, une goutte de trop... Il était légèrement plus foncé que celui du monstre.

りくの血。。。

Tenson n’en croyait pas ses yeux. Son ami s’effondrait devant lui et il ne pouvait rien faire. Il ne pouvait qu’encaisser le choc émotionnel et continuer le combat du mieux qu’il pouvait. Avant qu,il ne put faire quoi que ce soit, Sabi s’élança. Les milles oiseaux fusèrent sur l’assaillant. Assailli. Sa lourde masse souleva les poussières...

*C’est bien fait pour lui...*

Tout à coup, une vague glaciale lui fouetta le visage, le faisant trébucher. Il se reprit de justesse et n’hésita pas à contre-attaquer. Le sang bouillait en lui. Le tigre montrait les crocs. Il rugissait. Il bondissait.

[Tenson] – KATON ! TORA NO JUTSU !

L’eau crépita sous les flammes, émettant une sorte de plainte. Mais c’est la seule chose à laquelle les techniques de Tenson servaient : faire du bruit. Un simple murmure comparé aux redoutables techniques de ses adversaires, et même de ses alliés. Il était le plus faible du groupe, il le savait. N’empêche qu’il haïssait terriblement ce sentiment d’impuissance. Il resserra son bandeau frontal et se jura de suivre un entraînement intensif dès la mission terminée. S’ils y arrivaient...

Saezu avait été éloignée des autres à cause de l’impact de la vague. Sur les genoux, elle se remettait difficilement du choc. C’était la deuxième attauqe qu,elle subissait depuis le début du combat. Elle s’essuya le visage trempé et rougit par le choc de l’eau. On pouvait lire la peur dans ses yeux. Son masque de méchanceté s’effaçait, par instinct de survie. Elle lança un regard suppliant aux deux shinobis encore debout. Elle bégayait.

[Saezu] – F-faites qu-quelque cho-ose...

Elle tremblait. Elle se mordait la lèvre inférieure et ne regardait plus rien. Un instant, Tenson imagina comment il devait être difficile pour un villageois normal de vivre dans les conditions de ce monde peuplé de ninjas tout aussi effrayants les uns que les autres...

De légers remous à la surface de l’eau s’étaient rejoints pour former un bouclier autour d’Hijin. Il en aurait besoin. Enfin, ça lui serait utile. Il les regardait avec un tel mépris mélangé à de l’amusement. N’était-il donc pas bouleversé par la perte de son compagnon ? Il devait vraiment falloir être fort pour arriver à se noircir le coeur d’une telle façon. Une épaisse couche de suie et de goudron.

L’ennemi sembla se remettre en mouvement. Il s’esclaffa d’un rire d’abord faible qui se fit de plus en plus tonitruant et machiavélique. Un cliquettement d’armes remit Tenson et Sabi à l’affût. Tous deux se dirigèrent à l’avant de Saezu pour le protéger de l’éventuelle attaque. Tenson fouilla sa ceinture pour y dénicher un projectile. Il glissa la main dans sa poche et tomba sur un objet de forme sphérique. Il le tâta un peu pour l’identifier.

*Le bombe de grand-père ! Mais oui, pourquoi je n’y ai pas pensé avant !*

Secrètement, il enclencha le dispositif pour libérer la mèche. Il n’aurait ensuite qu’à l’allumer avec un peu de chakra enflammé, comme il le faisait dans le Trou avec ses brochettes de dango. Il n’était pas sécuritaire pour son équipe de l’utiliser tout de suite. Il devrait attendre que Hijin soit à une plus grande distance.

Ce dernier lança trois shurikens, trois étoiles noires. Il savait viser. Deux se fichèrent dans le cou de Sabi... Non... Ça n’allait pas arriver... Ça ne devait pas arriver... Impossible...

[Tenson] – Noooonnn !!!

L’Uchiha s’écroula par terre. Le coeur de Tenson manqua un battement. Sabi avait toujours les yeux ouverts, mais ils n’aboraient plus le rouge du Sharingan. Le feu s’était éteint sous la vague, laissant une simple vapeur d’amertume.

[Sabi] – Bonne chance… Tenson… Et merci… Pour tout…

Tenson pria pour que ce ne fût pas ses derniers mots. L’Uchiha ferma les yeux. Le garçon était seul, désormais.

Le mouvement avait été calculé. Hijin, économe, avait compris qu’il n’aurait pas à déployer de grandes forces pour venir à bout de celui-là. Tenson trouvait cela arrogant et insultant ! Mais en même temps...

*Je suis tout seul pour protéger Saezu... Je ne dois pas faillir à ma tâche ! Mais ai-je vraiment une chance d’y arriver ? J’ai peur... C’est la première fois que je me retrouve tout seul comme ça face à l’ennemi.*

Il serra les dents et le poing, sur sa bombe.

*C’est ma dernière chance. Mais avant, je dois le faire reculer davantage.*

Hijin était dans une sorte d’hystérie assassine. Il se trouvait tellement fort et tellement intelligent. Tenson n’en pouvait plus de ce type... Il en avait trop fait. Il lui envoya deux shurikens en direction du coeur. Ils atteignirent la cible, mais son armure était assez résistante. Le plus étrange dans tout ça, c’est qu’il semblait s’amuser.

*Il est fou... Ça me fait peur...*

[Hijin] – Allez garçon, n'aie pas peur. Et apprécie ma composition.

Il se lança dans un combo tranchant. Il lança deux shurikens et créa une lame d’énergie le long de son bras qui propulsa les projectiles à unee vitesse hallucinante. Tenson n’avait pas le temps de permuter. Encore moins d’esquiver. Il ferma les yeux et mit un bras devant son visage. L’autre s’occupait se saisir la Spéciale d’Hanabi. S’il survivait au choc, il pourrait au moins espérer l’utiliser.

Soudain, un bruit électrique se fit entendre. Le choc ne vint pas. Tenson rouvrit les yeux avec une lueur d’espoir. Ginko-senseï ! Elle était venue à sa rescousse ! En quelques secondes seulement, elle abattit la foudre sur Hijin qui sentit le brûlé avant d’avoir pu hurler. Vraiment, il était cuit.

MessageSujet: Re: [Ame] - CK004 - Saezu, Partie de l'Eau   Lun 24 Nov - 8:09

L’atmosphère changea radicalement. Tenson prit conscience de la gravité de la situation. Ses deux partenaires et amis gisaient dans leur sang, Saezu était à bout de souffle et toute trempée, lui-même était toujours debout, quoiqu’ébranlé par les évènements et les émotions qui en découlaient en lui. Et Ginko s’avançait vers lui. Aussi indéchiffrable que toujours, Tenson ne savait pas si elle allait le sermoner pour conduite irresponsable ou tout bonnement le frapper. Il était convaincu qu’elle était furieuse contre lui d’avoir laisser les ennemis frapper deux fois Saezu. Ça aurait pu lui être fatal.

[Tenson] – Ginko-senseï, je... je suis vraiment...

Sa main s’approcha de sa tête. Alors elle allait le frapper... Tenson ne tenta pas de résister, il méritait sa punition. Encore une fois, il ferma les yeux, prêt à encaisser. Il frissonna lorsqu’elle lui ébouriffa les cheveux. Bouche bée, ses nerfs si tendus lui avaient joué des tours. Il n’eut pas le temps de finir sa phrase.

[Tenson] – Riku est... là-bas.

En fait, il avait voulu dire « Riku est mort », mais il se dit qu’elle le découvrirait bien assez tôt... Tenson rangea sa bombe, désormais plus utile. Elle le serait une autre fois. Tenson sursauta lorsque Ginko se téléporta et revint avec le corps de Riku entre les bras.

[Ginko] – OUF ! Ils sont pas morts, je me suis dit : "oh non, ils sont morts", mais en fait ils sont pas morts et c'est cool. Hein ?

[Tenson] – Cool ? C’est le moins qu’on puisse dire...

Bien qu’il était content d’apprendre que tout n’était pas perdu, il s’inquiétait du sang qui coulait de la blessure de Riku. Sa jambe était sérieusement touchée. Il se pencha et retira son t-shirt mouillé.

[Tenson] – Ma grand-mère est calée en médecine. Elle m’a appris quelques trucs. Tu vas rester parmis nous, Riku, je te le promets.

Il déchira le vêtement pour en avoir plus long et l'attacha au ventre de Riku pour stopper l'hémorragie. C’était à peu près tout ce qu’il pouvait faire pour l’instant. Il prenait le pouls de Riku régulièrement pour s’assurer qu’il était toujours en vie. Il s’étonnait de l’insouciance de Ginko face aux sévères blessures des deux shinobis inconscients. À un tel point, ça le frustra.

[Ginko] – Je dormirais bien dans une tente, c’est très...

[Tenson] – LA FERME ! J’EN AI ASSEZ ! RIKU ET SABI SONT PROCHES DE LA MORT ET VOUS PENSEZ À DORMIR ?! VOUS AVEZ PAS DE CŒUR OU QUOI ?!

Elle l’ignora complètement.

[Tenson] – JE CROYAIT QU’ILS COMPTAIENT POUR VOUS ! ET S’ILS ÉTAIENT VRAIMENT MORTS, VOUS AURIEZ FAIT QUOI ?! VOUS LES AURIEZ LAISSER LÀ AUX ANIMAUX SAUVAGES ?! MAIS RÉPONDEZ-MOI BON SANG !!

Il avait explosé toute la peine et la rage qui s’étaient accumulées en son coeur depuis le début du combat.

***


[Tenson] – Ginko-senseï ! Sabi ! Il vient de se réveiller !

Tenson s'approcha de lui pour vérifier s'il allait bien.

[Sabi] – Je… Je suis pas mort ?

[Tenson] - Une chance...

Sabi reprit lentement ses esprits et questionna Ginko sur ce qui s'était passé. Elle le résuma à sa façon. Sabi évaluait le terrain des yeux et constatait l'issue du combat. Ginko leur rappela qu'ils avaient échoué dans le sens où elle avait dû intervenir plusieurs fois et que le deux tiers des effectifs étaient tombés inconscients. Tenson s'en voulait énormément. Il avait le sentiment de ne pas avoir assez fait dans ce combat, une lacune de capacités ? Un manque de courage ? De stratégie ? Il ne considérait certainement pas cela comme une victoire.

[Sabi] - Dis, pourquoi t'as pas de chandail ?

Il rougit en se rendant compte de la situation.

[Tenson] - Oh ! C'est pour Riku...

Ils repartirent un peu plus tard, ne désirant pas s'attarder à un endroit pareil. Et puis ils avaient faim, ça gargouillait de partout. Sabi se porta volontaire pour transporter Riku, toujours dans les vapes. Un vrai pote... Il se réveilla un peu plus tard sur la route. Il se remit difficilement sur pieds. Il remarqua le bandage que Tenson lui avait fait. Il devina que c'était lui, puisqu'il se baladait sans rien sur le dos. Il lui fit un sourire en coin, sympathique. Il ne mit pas beaucoup de temps à retrouver sa bonne humeur contagieuse et Tenson était content de le revoir sourire, même si ce n'était qu'un peu.

[Saezu] - On y est presque c'est juste là.

Le village n'était pas très accueillant, les passants avaient à peine un regard vers eux et ne souriaient pas. Ginko les entraîna dans une taverne dont elle semblait connaître le propriétaire.Juste avant d'entrer, Riku lui prêta un gilet qu'il avait dans son sac. Il était un peu grand mais ça allait. Le Saishi le remercia.

Dans la taverne, l'odeur délicieuse du repas imminent faisait saliver tout le monde. Tenson s'assit à la table que Ginko avait choisie et soupira un bon coup.

*Enfin un peu de tranquillité...*

MessageSujet: Re: [Ame] - CK004 - Saezu, Partie de l'Eau   Lun 24 Nov - 16:43

Ginko se repoussa dans sa chaise, et étendit ses jambes sous la table. Les deux mains sur le ventre, elle avait bien mangé. Elle ferma même les yeux, un sourire ravi aux lèvres. Parfois, en mission, ils n'avaient pas l'occasion de toucher beaucoup de nourriture. Ils devaient se dépêcher – le fait d'avoir un Genin estropié et un Genin au foie perforé n'était pas un motif de hâte pour Ginko – faire des trucs ennuyeux comme tuer des gens et sauver d'autres gens, sans bien savoir qui est qui, et éviter les catastrophes, bien sûr, puisqu'ils étaient payé pour les prévenir.

Et avec de l'argent, Ginko l'avait bien compris, on achetait de la nourriture.

C'était bien ça.

Saezu quant à elle avait un peu boudé son repas. Le temps de s'enfiler une timide boulette, un peu d'eau, et rien d'autre. Elle était songeuse, ou bien fatiguée. Ginko ne parlait plus depuis un long, long moment à présent. De toute façon ils n'avaient aucune conversation. Ils parlaient que de… techniques… de… missions… de… trucs chiants. Comme s'ils avaient l'âge de se soucier de tout ça ! Même Ginko n'avait pas l'âge suffisant. Et elle était assez rassurée de savoir qu'elle ne l'aurait jamais.

Ginko rouvrit les yeux, un soupir s'échappa de ses lèvres, et elle se gratta le sommet de la tête.

[Ginko] – J'ai envie de dormir…

Elle avait un ton presque boudeur, de petite fille contrariée. Elle regarda les personnes qui partageaient sa tablée – c'était toujours sa tablée quand elle était présente, parce que c'était toujours elle qui mangeait le plus ; c'était ainsi qu'elle voyait les choses – une à une, sans se presser, sans pression non plus, d'ailleurs. Calmement, comme si elle cherchait des réponses.

Elle digérait, en réalité, mais ça, personne ne le savait.

Ginko n'était pas attachée à cette équipe. Elle n'était jamais reliée à quoi que ce soit de tangible. C'était incroyable pour ses proches qu'ils puissent se considérer comme tels, tant la jeune femme était ancrée dans le présent. Si elle partait en voyage ou en mission pendant plus de deux mois, tout le monde se demandait si elle ne les aurait pas oublié en revenant. Remplacés par de nouvelles aventures, de nouvelles personnes, trop pour son petit cerveau volage, trop pour qu'elle retienne tout. Ginko était généreuse, elle se livrait sans regard ; et tout pouvait s'arrêter lors de la même minute, sans préparation, sans conflit.

Mais elle se souvenait de ses parents et ça, c'était déjà un bel exploit.

[Ginko] – Toshiro ira voir un médecin – doit y en avoir dans ton patelin. Tenson va avec lui parce que je veux pas que Toshiro tombe dans les pommes et meurt dans son sang, huhu, quoique ce serait rigolo. Sans vouloir te vexer. Moi et Sabina on va avec Saezinette donner la boîte à ceux qui la veulent. Mission terminée, on va se coucher. Moi je prends le grand lit, vous… au fait, j'ai plus d'argent, vous réglerez la nuit hein ? Sinon il faudrait que je fasse… des trucs louches… avec le tenancier pour payer et pis bon, c'est crevant quoi, vous savez pas ce que c'est vous. Peu importe, vous payez, on dort, on remange demain matin… Sur cette phrase, Ginko s'arrêta un instant pour révéler des dents blanches ravies qui appelaient la nourriture comme autant de petits enfants quémandant des bonbons. Et on repart pour Konoha. Et me refaites pas le coup des handicapés hein, je vous croirais pas.

[Saezu] – Je paierai l'auberge. Je ne vous raccompagne pas à Konoha.

[Ginko] – Mauvaise idée ma chérie.

[Saezu] – Votre mission est déjà remplie, vous serez payée, mais...

Ginko haussa les épaules. Elle protestait plus pour la forme que par devoir moral. Les gens faisaient ce qu'ils voulaient. Des bêtises, souvent, comme elle. Ginko se leva, Saezu l'imita, puis Sabi.

[Ginko] – Je sais pas où est le médecin ici, demandez aux gens mes grands. Enfin, façon de parler, vous m'arrivez pas à la hanche. Au sens littéral hein. Au sens figuré, vous m'arrivez au gros orteil, à peu près. Pour vous donner une idée.

Mal assurée, Ginko regarda son gros orteil d'un œil critique. Oui, c'était à peu près ça. Elle hocha la tête sèchement.

[Ginko] – A tout à l'heeeeeeeeeure.

Ginko poussa Saezu vers la porte, le tenancier fronça les sourcils.

[Ginko] – Je vais m'enfuir sans payer, là. Je vous laisse les deux enfants, faites leur ce que voulez.

Pour éviter toute discussion plus avancée – d'autant que Ginko semblait d'humeur à argumenter – Saezu envoya les ryos nécessaires, et même plus, puis sortit de son habituel pas de sénatrice. Ginko gloussa comme une écolière. En pire.

[Ginko] – Sabi, t'es un nain. Tu es mon grand nain à moi, quoi. Comme un ours en peluche vert. Tu aimes le vert Sabi ? Moi oui. Je trouve ça sexy. Et diététique. Et écologique en plus. Je soutiens la protection des forêts moi, tout à fait. C'est pour ta sauvegarde que je fais ça. Comme tu es un grand ours. Un bel ours poilu. Enfin non, même pas poilu. Laisse tomber.

Ginko laissa passer une seconde puis, sur le même ton de la conversation, elle ajouta.

[Ginko] – Si tu as des questions à poser à Saezu c'est maintenant Sabi. Moi je répondrais à rien du tout. Enfin si, si tu me chatouilles je serais bien obligée.



Ils étaient vraiment sinistres.

MessageSujet: Re: [Ame] - CK004 - Saezu, Partie de l'Eau   Mer 26 Nov - 18:24

Elle était vraiment sinistre. Eux, il ne savait pas. Il ne dirait rien. Mais elle… Cela faisait trois fois qu’elle lui sortait un speatch à faire tomber un arbre en pleine digestion, ce qui était alors, sensiblement impossible. Un arbre ne digère pas. Enfin Sabi ne croyait pas. A moins que…

Il se surprit à penser façon Ginko. Ce n’était pas vraiment bon signe. Un arbre en pleine digestion…

Il était sinistre.

Ils passèrent la porte de l’auberge. Sabi sourit devant le tavernier, bien qu’il se fût trompé. Ginko ne payerai donc pas deux fois – avec excédent – leur nuit ici. Etrangement, Saezu compléta la note. Enfin compléter… Disons qu’elle la faisait à elle-même, la note. Bref, la liasse de billet tomba sur le bureau, ne sachant pas vraiment si elle faisait ça plus par gentillesse que par impatience. Si le tavernier se mettait à rouspéter, ils étaient partis dans une argumentation tout à fait extra-terrestre qui pourrait se perdurer pendant environ un ou deux jours. Enfin Sabi ne faisait qu’une hypothèse. Cela durerait sûrement plus. Etrangement, il doutait que cela aurait pris moins de temps que cela.

Enfin Saezu était pressée d’en finir. D’ailleurs elle n’avait apparemment pas envie de retourner à Konoha avec eux. Ca tombait plutôt bien, il n’avait pas vraiment envie de faire le voyage retour avec elle. Comment lier l’utile à l’agréable, l’Uchiwa votait toujours pour. Ce n’était pas de la fainéantise, non, bien sûr que non ! Il avait simplement assez gouté au caractère de la jeune et riche marchande. Surtout riche, proportionnellement.


Ginko haussa son petit menton. D’en bas, elle avait un visage un peu plus fin encore. Sabi ne savait pas vraiment si il pouvait parler de menton aquilin. D’habitude, c’était plus le nez qui profitait de ce merveilleux adjectif qualificatif. Péjoratif. Aussi. Oui mon petit garçon, de genin, je te nomme inspecteur des travaux fini ! Il commençait à se demander si elle ne lui en voulait pas pour quelque chose… Il était aisé de comprendre que le genin n’était pas vraiment un journaliste détective de grand choix.

Il sortit son micro, défilant dans la large rue, mis sa casquette à carreau, sortit sa pipe et se rapprocha de Saezu d’une démarche tout aussi discrète qu’un troupeau d’éléphant qui fuit le scarabée. Bref, un truc de dingue quoi. Il avait de ses comparaisons… Ginko avait une trop mauvaise influence sur l’Uchiwa…

Il tira doucement sur la manche de Saezu. Il voulait éviter d’être désagréable. Alors il prit le sourire d’un gamin de huit ans qu’un autre de quinze arrive encore habilement à reconstituer, et respira profondément.

Sabi – Dites, Saezu-chan… vous saviez qu’on aurait ces problèmes, n’est-ce pas ?

Il rectifia rapidement.

Sabi – En fait je m’en fiche un peu hein. C’est juste qu’on a faillit y passer. C’est la première fois qu’on se prend ça, Riku et moi. Alors vous comprenez… on se pose quelques questions.

Elle lui lança un regard tendu. Il n’était pas méchant. Enfin pas autant qu’à l’accoutumée.

Saezu – Oui, et vous êtes shinobi, ce ne sera pas la dernière fois.

C’était évident. Sabi n’aimait vraiment pas le caractère de la jeune marchande. Elle croyait quoi ? Qu’il s’était embarqué ainsi, en croyant faire une petite promenade de santé ? Elle pensait vraiment qu’elle avait affaire à des enfants candides, des petites choses qui ne connaissent rien de ce monde ?

Sabi – Ca va. On a peut-être peu d’expérience. On n’est pas des gamins pour autant.

Il haussa les yeux vers le ciel grisé d’une nappe de nuage. Cela ne servait à rien de s’énerver…

Sabi – Pourquoi trois mecs si balèzes pour un tout petit paquet… C’est ça qui me touche. Je respecte les ordres donnés par Konoha. Mais risquer nos vies pour quelque chose de si petit et de si inconnu…

Saezu - Ce n'est pas le paquet qui les intéressait.

Il ne voulait pas pousser le bouchon un peu trop loin. S’il avait eu tous les droits, bien sûr, il lui aurait imposé de dévoiler ce lourd secret. Mais il ne l’avait pas. Et il préférait ne pas avoir de problèmes avec la riche marchande.

C’est elle qui faisait le chèque, quand on mettra The End…

Sabi – Ah autre chose. Vous les connaissiez, Bakemon, Hijin, et l’autre zozo. Vous nous aviez mis en garde contre le gros. J’ai bien vu votre visage devant le mot… Tout ça c’est louche. J’vous en veux pas, on est tous ici, et vivants, aujourd’hui… Mais j’aimerais comprendre.

Elle s’arrêta. Quoi ? Qu’avait-il dit qui était si impossible ? Si dérangeant. Puis haussant les sourcils ils reprirent leur courte marche. Il valait mieux éviter de rendre impatiente la juunin aux mèches roses.

Saezu - Akayuki peut être appelé de bien des façons, mais certainement pas un zozo. J'ai demandé les services de la greluche rose parce que je connaissais son affinité et celle d'Akayuki. C'était, hélas, la plus à même de le battre.

Il fixa Ginko. Elle ne sembla pas broncher, peut-être à la recherche d’un papillon à trois ailes ou d’une chenille volante – ce qui était à peu près la même chose, littéralement parlant…

En fait, il posait des questions, mais il n’avait aucune réponse. Chaque fois que Saezu ouvrait la bouche, elle répondait. Mais il y avait tants d’autres ombres qu’elle en amenait d’autres avec elle. Et l’interroger, Sabi n’avait pas vraiment envie de le faire pendant des heures.

Sabi – Gardez vos secrets pour vous. Le jour où une équipe mourra vraiment parce que vous n’avez pas cru bon leur faire part de quelques points *utiles* peut-être que vous vous sentirez mieux.


Il tira doucement la manche de Ginko.

Sabi – C’est où qu’on va ?


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MessageSujet: Re: [Ame] - CK004 - Saezu, Partie de l'Eau   Jeu 27 Nov - 18:00

Ginko avait repris la route mais, comme elle ne savait pas où aller, Saezu dut à deux reprises corriger son itinéraire. La marchande daigna à peine jeter un coup d'œil à Sabi. Le problème des shinobi, c'est qu'ils passaient par tellement d'épreuves difficiles, qu'ils pensaient immanquablement être mûrs, avoir choisi une voie, bonne ou non, et pouvoir s'y tenir. C'était ridicule. Quand Saezu regardait Sabi, elle ne voyait qu'un imbécile d'adolescent perturbé par des problèmes d'adolescent, justement. Rien d'intéressant, rien qui ne mérite qu'on s'y arrête. Rien qui ne mérite des explications.

Elle marcha d'un pas vif jusqu'à une demeure perchée sur des pilotis. Ils faisaient cela à cause des inondations, nettement moins fréquentes que par le passé, mais néanmoins dangereuses pour les habitations, sinon la vie des occupants du village. Ce n'était pas un village très riche, il n'avait, aux yeux experts de Saezu, aucune valeur marchande. Oh non, il ne valait rien ce village. C'était pour cette raison qu'ils se rencontraient ici. Saezu gravit rapidement les marches, suivie de Ginko et de Sabi. La grande Jounin s'arrêta en haut, mis sa main en visière et se pencha pour observer le village. Il y avait quoi, un peu de boue séchée, un puits, des maisons sombre aux toits gris, des cheminées, aussi, qui fumaient, et des personnes tristes. Mais aussi quelques enfants, qui jouaient.

Ginko n'aimait pas les enfants. Ils étaient si immatures !

Saezu tapa à deux reprises à la porte, et entra sans attendre de réponse. Ginko gloussa – personne ne lui demanda pourquoi, et elle aurait été bien en peine de répondre de toute façon – et entra à son tour. Elle ferma la porte sur Sabi, et posa son bras sur son épaule pour s'appuyer contre le Genin.

[Saezu] – Hanateru-san.

L'homme était assis à terre, face à eux, sur un petit tapis. Ginko le dévisageait avec de gros yeux amusés, mais elle ne trouva rien de spirituel à lancer. Saezu s'inclina très légèrement, et Ginko supposa que leurs rangs, quels qu'ils soient, ne devaient pas être bien éloignés. Elle sortit la boîte noire de sa sacoche, et la déposa sur une table.

[Hanateru] – Tu as survécu alors, hé ?

Les lèvres de Saezu se plissèrent et, méprisante, elle siffla.

[Saezu] – Bien entendu.

Hanateru acquiesça, pensif. A en juger par les blessures que portait la jeune femme, cela n'avait pas été aussi facile qu'elle l'entendait. Mais Saezu était ce genre de personne qui ne changerait jamais. Pas même un mot pour présenter Ginko ou Sabi, et encore moins pour les remercier, mais Ginko s'en souciait peu.

[Ginko] – C'est grâce à moooooooooi !

Elle se déplaçait déjà à travers toute la pièce pour toucher aux objets qui passaient dans son champ de vision. Un bougeoir qu'elle souleva et secoua pour l'entendre tinter, une cloche en bois qu'elle se posa sur la tête avant de la dédaigner, un chauffage sur lequel elle s'assit, finalement, avant de se relever brusquement, sans doute brûlée. Hanateru l'observait avec un sourire fin, calme, et amusé.

Ginko s'attaqua au mur opposé, l'homme s'intéressa à Sabi.

[Hanateru] – On m'appelle Hanateru, c'est moi qui avait besoin de cette boîte. Je te remercie, toi et tes amis – ainsi que vous, Yagi Ginko – pour avoir risqué votre vie et me l'apporter.

Ginko ne réagit pas à l'appel de son nom, complètement absorbée dans la contemplation d'une petite tortue de nacre qu'elle tenait dans sa paume et qu'elle touchait du bout de l'ongle.

[Hanateru] – Intéréssée par les animaux ? Vous pouvez la prendre si vous voulez.

Ginko releva la tête au bout de trente bonnes secondes d'attention.

[Ginko] – J'étais une tortue dans une vie antérieure. Je crois que je la connais elle.

Sans un mot, elle la glissa dans sa poche, comme si elle avait toujours été sa propriété. Hanateru ne s'en émut pas, et il réussit même à sourire, quoi qu'il fût impossible de déterminer s'il savait oui ou non si Ginko plaisantait. Il comprit néanmoins que les choses bassement matérielles et pratiques ne l'intéressaient pas, aussi reporta-il son attention sur Sabi.

[Hanateru] – J'imagine que vous avez dû vous demander ce que contenait cette boîte. Oh, rien de bien exceptionnel, à vrai dire.

Saezu ne réagit pas. Elle se contenta de se verser du thé, sans en proposer aux autres. Bien mal lui en prit, dès que Ginko aperçut la théière, elle se jeta dessus avec une avidité toute féline qui manqua les ébouillanter toutes deux.

[Hanateru] – Vous avez un professeur dynamique, c'est bien. En vérité, cette boîte…

Il retira la partie supérieure sans effort. Pendant que Ginko s'affairait à le dévaliser, l'homme avait simplement défait la sécurité qui rendait cette boîte aussi impraticable qu'une forteresse de moines saouls. Il en retira deux parchemins enroulés, et une bague.

[Hanateru] – Rien que des papiers. Pas même importants. Rien que des papiers et une alliance. Les papiers ne sont rien qu'un contrat stipulant que Saezu m'a livré plusieurs tonnes de marchandises, le second papier précise la somme que je lui ai versée, et l'alliance, c'est mon gage de fidélité. A Saezu et à Konoha.

Il sourit.

[Hanateru] – Maintenant, vous pouvez trouver tout cela bien utile. La suite appartient à Saezu, pas à moi. Elle vous dira ce qu'elle pense avoir à vous dire, et si elle pense que l'ignorance vous convient eh bien… Je n'y pourrais rien.

Le marchand adressa à Saezu un regard étrange, qu'elle ne chercha pas à apercevoir. Bientôt, ils furent dehors, après avoir dit au revoir – adieu – à Hanateru. Ginko, riche de ses nouvelles acquisitions, rayonnait de milles feux. Elle s'assit sur les marches de la maison, et il aurait fallu être aussi Ginkiesque que Ginko pour savoir que cette acte était non seulement parfaitement calculé, mais en plus redoutablement malin.

Sabi voulait des réponses. Il était trop fier pour le dire ouvertement, mais il en voulait. Ginko s'en fichait éperdument. S'ils avaient failli mourir, c'était parce qu'ils étaient faibles, voilà tout, pas parce que leurs adversaires étaient forts : ils ne l'étaient pas. Mais aujourd'hui, là, elle se sentait de bonne humeur. Et elle sentait que ce serait important pour eux, quoique ce soit confus à ses yeux. Saezu ne tarda pas à s'asseoir à son tour sur les marches, plus fatiguée qu'elle ne l'avouerait jamais. Il fallu une bonne minute de silence avant qu'elle ne se lance.

[Saezu] – En quelques années seulement, j'ai acquis une fortune colossale. J'ai des contacts dans le monde entier, je visite les membres les plus prestigieux et les plus puissants qui vivent actuellement. On plaisante souvent à mon propos, en disant que si je le souhaitais, je pourrais racheter Konoha et le Pays du Feu tout entier.

Elle parlait d'une voix mesurée et quelque part, elle avait dû prévoir de tout raconter à quelqu'un, au moins une fois, pour que se soit dit. Beaucoup l'admiraient, mais plus encore la méprisaient. Allons, qu'ils le fassent. Ce qu'ils pensaient revêtait si peu d'importance, si peu de pertinence.

[Saezu] – Il y a de cela huit mois, j'ai été contactée par une organisation qui m'était inconnue, appelée Kakumei. Ils m'ont demandé de les rejoindre, ils me proposaient un monde, un univers qui m'était encore inaccessible malgré l'argent. Tu sais, on cherche tous quelque chose ; moi ce n'est pas l'argent et, malheureusement, ce n'est pas quelque chose qu'on peut acheter. Cette organisation a posé cette chose sur la table et, en tant que marchande, je ne pouvais trouver cela que redoutablement intelligent. Non seulement ils me connaissaient parfaitement, mais en plus, ils étaient prêts à beaucoup pour m'engager.

Elle souriait d'une manière à la fois triste et féroce.

[Saezu] – Ils me demandaient simplement de leur livrer Konoha. J'avais suffisamment de poids, et on me faisait suffisamment confiance, pour que je réussisse sans débourser le moindre argent. Je n'avais qu'à parler à quelques personnes, et l'affaire était entendue. Comme tu es là pour te battre aujourd'hui, tu te doutes bien que j'ai refusé. Ils m'ont dit que tôt ou tard, malgré la protection des autorités de Konoha, qui sont au courant, bien sûr, de cette affaire, que tôt ou tard je mourrais. Et c'est évident, tôt ou tard, ils me tueront. Akayuki est un vieil adversaire à moi, un vieil ennemi. Kakumei l'a utilisé, mais la prochaine fois, ce sera un agent à eux, un agent bien plus fort, bien plus redoutable. C'est le lot de tous ceux fidèles à Konoha, toi comme moi. Alors ne va pas me donner des leçons sur la vie ou sur la mort, ça ne m'intéresse pas.

Ginko lui posa une main sur l'épaule – pour prendre appui et se relever.

[Ginko] – On m'avait dit tout ça mais j'avais oublié. Je crois.

Elle commença à descendre les marches, et Saezu la suivit.

***


N'ayant plus rien à faire ici, Riku étant – presque – remis et la jambe de Sabi pouvant supporter son propre poids, ils s'apprêtèrent à reprendre la route vers Konoha. Saezu avait donné l'argent à chacun d'eux, et à Ginko, qui avait regardé les pièces avec un air si triste que cela aurait fendu l'âme d'un rocher. Saezu n'eut pas le courage de lui demander pourquoi. Sur quoi, elle retourna dans le village. Ginko lui avait conseillé de les suivre jusqu'au Pays du Feu, au moins, mais la marchande prétexta d'avoir autre chose à faire avant le départ, des choses qui dureraient trop longtemps, et qu'elle ne voulait pas donner d'argent supplémentaires à une équipe aussi faillible que celle-ci.

Sur quoi, elle disparut.

Avant de partir, Ginko s'arrêta devant Tenson. Elle se dressait de toute sa taille – Ginko était grande, pour son âge serait-on tenté de dire – et regardait le jeune Genin d'un air dangereusement sérieux.

[Ginko] – Histoire de préciser. Je n'ai pas répondu à ce moment parce que tu n'aurais rien entendu. Mais tu rugiras quand tu seras un tigre, pour le moment tu n'es qu'un petit chaton qui a du mal à tenir sur ses pattes. Et je dis ça avec tout l'amour que j'ai pour les chatons. Vos vies ne m'appartiennent pas ; si vous échouez, vous mourrez. C'est ainsi, je ne pourrais pas toujours être là pour vous et je ne me sentirais pas coupable de ça. Et un autre jour, ce sera moi qui mourrais, et je n'en ferai pas toute une histoire. Ce n'est pas une question d'avoir du cœur. S'ils étaient morts, j'aurais creusé une tombe et j'aurais prié pour leurs âmes. Point final.

Elle sourit et lui toucha le bout du nez.

[Ginko] – Mais j'ai l'impression qu'ils ont survécu.

Elle se détourna, indiquant qu'il était l'heure de rentrer à Konoha. Tout en marchant, elle babilla gaiement sur l'itinéraire qu'ils suivraient. Elle comptait bien s'arrêter à une autre auberge, et elle attendait impatiemment de nouvelles rencontres avec les tortues…

Ou quelque chose comme ça.

MessageSujet: Re: [Ame] - CK004 - Saezu, Partie de l'Eau   Jeu 27 Nov - 21:04

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