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 Méditations sur la plage

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MessageSujet: Méditations sur la plage   Mar 14 Oct - 22:40

[Suite de : http://ryoma-naruto.forumactif.com/centre-ville-de-kiri-f13/appartement-de-findecano-kaisou-t4174.htm ]

Il avait quitté sa nouvelle demeure et marchait maintenant sur le pavé qui composait les ruelles encore pleines de vie du village caché de la Brume. Comme attiré par la mer, le jeune Kaisou se dirigeait vers la plage. Quelques vendeurs espéraient vendre les dernières marchandises de la journée et appellaient donc les passants pour qu'ils viennent jeter un coups d'oeil. Findecano, concentré sur sa destination, les ignora complètement. Si l'on eut croisé son regard, on aurait pu croire qu'aucun sentiment ne se refletait dans ses pupilles livides. Un jeune homme vide et complètement désinterréssé de la vie elle même.
Le jeune homme était en fait en pleine méditation et se relatait les évènements passés depuis son arrivée. Il y avait eut cet acceuil un peu froid à la porte du village, puis l'inscription à l'Académie sous les rires de gamins qui n'avait que faire que de se préoccupper de lui qui était là par honneur et obligation. En y refléchissant bien, il aurait pu avoir le choix et dire non, mais les paroles de sa grand-mère lui était revenue en tête le jour où il était sur le bâteau en direction de Kiri.

* Les vieux m'envient... Moi qui, grâce à ce "devoir", pourra voir le monde extérieur. *

Cette phrase n'était qu'un très rapide résumé du long discour que lui avait fait sa grand-mère, une ancienne kunoïchi. Alors qu'il se remémorait ces instants, il arriva à la plage et lorsqu'il retrouva ses esprits, un magnifique paysage s'offrit à lui. Une tache d'encre orange venait se marier avec l'infini bleu de l'océan et du ciel. Quelques morceaux de coton flottaient impunément dans les airs et parfois l'encre, déversée de son pot par l'astre du jour se couchant, les coloriait d'une couleur flamboyante. Quelques îles pointaient pudiquement leurs sommets fôrestiers comme si elles voulaient toucher le soleil du bout d'une des branches des arbres qu'elles nourrissaient. Sur le coups, Findecano s'en voulut de n'avoir aucun talent artistique, lui qui aurait tant voulu peindre cette magnifique alliance de dégradés de couleurs chaudes et froides. Quelque chose d'étrange se dégageait de cette vision du couchant et le jeune Kaisou ne put s'empécher de comparant ce tableau au cycle de la vie. Le bleu de l'infini océan symbolisant la mort et les méandres de l'inconnu de l'au delà, se mariant avec l'orange et bientôt le rouge, vif, de la vie si éphèmère qui allait disparaître derrière l'horizon. Tout ceci lui fit se poser alors une question éxistencielle que surement tous s'étaient déjà demandé.
Qu'est réellement un ninja ?
Assis sur le sable encore chaud, face à la mer, -entre temps, le jeune Kaisou s'était rapproché de l'eau, tout en contemplant le crépuscule- le jeune Kaisou se mit à méditer. Un shinobi... N'était surement pas un être humain comme les autres. Dotés de pouvoirs dépassant l'entendement, ces êtres n'avaient cesser de se faire la guerre et de se battre, semant chaos et destruction. Mais dans quel but ? Il serait vraiment pessimiste de dire qu'ils le faisaient simplement pour mesurer leur force. Qu'est ce que cache tous ces affrontements ? Une défense de ses propres idéaux, peut être. Mais le ninja, qui est quand même un être intelligent, aurait pu trouver une autre manière d'affirmer ce qu'il pensait être juste. Dans son raisonnement, le jeune Kaisou écarta les êtres abjectes ne se battant que pour eux même. Pour lui, ils ne valaient pas mieux que des animaux à abbattre. Si un être humain était doté de tels pouvoirs, il y avait bien une raison. Mais quelle est-elle ?...

Continuant sa recherche de la vérité, il ne remarqua même pas que quelqu'un s'approchait de lui. Fixant le couchant, immobile en étant assis, les bras entourant ses genoux et le menton entre ces derniers, on aurait pu croire de loin, qu'il s'agissait simplement d'une statue.
Non, il méditait et réflechissait, simplement...


[ J'invite quiconque, à bien vouloir prendre part à ces méditations ou changer de sujet s'il le souhaite. Merci d'avance ! ^^ ]

MessageSujet: Re: Méditations sur la plage   Sam 18 Oct - 14:42

Finalement, elle était revenue sur la plage. Haya ne se sentait pas particulièrement attachée au lieu, mais il lui plaisait. Quand elle était enfant, c'était ainsi qu'elle imaginait Kiri, avec des plages qui l'entouraient, des bâtisses grises au loin, couvertes par une barricade de fortune, ou presque. Mais la vérité de ce côté-ci était différente. La plage s'étendait sur une longue surface, forcément en dehors des limites du village. Elle se surprit à se demander si Kiri avait déjà été attaqué par la mer, par des pirates ou bien des shinobi astucieux. Ou audacieux ? Utiliser la mer pour vaincre le village qui la maîtrise le mieux, ce serait intéressant. Ou surprenant, à tout le moins.

Il faisait presque nuit à présent. Le soleil mourait sur la mer, ou l'inverse, la mer étant sensiblement plus rouge que le soleil. Pouvoir passer la nuit là, étendue dans le sable à écouter le ressac de l'eau, était une perspective attirante. Si on oubliait qu'elle mourrait de froid avant d'y avoir passé deux heures, parce qu'elle n'avait pas vraiment pensé faire un détour par la plage. Mais quand elle l'avait longée, elle avait ressenti l'envie d'y faire un tour. Il y avait peu de passants à cette heure-ci, la plupart rentraient chez eux ou étaient déjà rentrés.

La guerre était finie, et cette perspective ne cessait d'interroger Haya. Il s'en était fallu de peu, quelque part. Elle avait revu certains de ses amis et avait pu les serrer dans ses bras, sans trop savoir s'ils étaient amis ou ennemis. C'était sans doute les considérations qui survenaient après une guerre civile. Elle aurait tout le loisir d'y réfléchir ici, sur cette plage, afin de se libérer un peu l'esprit et de se concentrer sur ce qui importait maintenant.

Il y avait quelqu'un assis dans le sable. Il avait dû s'endormir, parce qu'il ne bougeait pas, mais la lumière était encore suffisamment forte pour qu'Haya remarque qu'il avait les yeux ouverts. Lui aussi avait besoin de réfléchir ? Elle ne voyait pas de bandeau sur lui, mais après tout Haya avait bien serré le sien autour de sa cuisse. On pouvait le mettre où on voulait, du moment qu'on le portait. Qu'allaient devenir ceux qui avaient suivi l'autre camp, pendant cette guerre ? Allaient-ils être destitués de leur droit d'être membre de Kiri ? Exécutés ? Réduit en esclavage ? …

Haya ne s'approcha pas vraiment du jeune homme. Une dizaine de mètres les séparaient, et elle se rapprocha davantage de la mer. Elle s'assit, les jambes menacées par les faibles vagues.

Elle frissonna.

Pour la première fois de sa vie, elle avait tenu la vie d'une personne entre ses mains. Si elle avait été un peu plus puissante, elle aurait pu le tuer. Et cela l'effrayait, mais elle s'en voulait de ne pas l'avoir fait. C'était une pensée terrifiante, quelque part, même pour une kunoichi, de se dire qu'elle aurait dû tuer. Elle avait senti une puissance réelle couler en elle, lui parler sans qu'un mot ne soit échangé, lui indiquer ou frapper, que faire. Elle n'avait pas revu cette personne. Peut-être même qu'elle ne se souviendrait plus de son visage. Juste de ses yeux rouges. Elle ne savait rien à ce sujet, elle ne savait pas ce que cela représentait. Peut-être rien. Elle avait la sensation qu'elle resterait la maîtresse des eaux, quel que soit son adversaire.

Pourquoi ? Iba maîtrisait quelque chose. Elle ne savait pas quoi, mais il maîtrisait quelque chose. Elle l'avait senti en prenant le miroir. Son corps répondait à ce pouvoir. Et son corps avait réagi d'une manière similaire pendant le combat. Les mêmes… impulsions, les mêmes sensations. Elle frissonna à nouveau, et Haya se fit la réflexion qu'elle ne voulait pas rester toute seule ici. Elle se tourna vers le jeune homme, qui avait conservé la même position. Leurs pensées n'étaient sans doute pas à partager. Mais Haya avait une bonne arme contre cela : le mutisme. Ils pourraient évoquer des choses diverses, mais pas la guerre, non, pas la guerre.

Elle se leva et s'approcha de lui. Elle lui adressa un sourire fin, et s'assit sur la même longueur que lui, mais à un peu plus d'un mètre d'écart. S'il ne souhaitait pas parler, il pourrait toujours faire semblant de ne pas l'avoir vu.

MessageSujet: Re: Méditations sur la plage   Dim 19 Oct - 21:38

On s'assied à un peu plus d'un mètre de lui, et il fallut bien une bonne minute au jeune Kaisou de se rendre compte qu'il n'était plus seul. Il suspendit sa reflexion et tourna doucement la tête en direction de la jeune femme. Il n'avait même pas remarqué son sourire, trop absorbé dans la contemplation du tableau qui s'offrait à lui. De ses sombres yeux, il observa quelques instants sa voisine. Une simple observation, toujours silencieux, sans jugement d'aucune sorte. D'ailleurs il n'aimait pas juger les gens comme il n'aimait pas qu'on le juge, lui. Toujours dans la même position que tout à l'heure, seule l'inclinaison de sa tête avait changé, il lacha au bout d'une autre minute :

[Findecano] Bonsoir.

Une salutation dîtes par simple respect. En fait, cette fille l'avait géné dans sa reflexion et alors qu'il s'était torturé l'esprit à trouver une réponse à sa question, cette présence l'avait tiré de sa rêverie. Pourquoi s'était-elle installée ici ? A coté de lui ? Enfin... A un mêtre de distance, mais ce n'est qu'un détail. La plage faisait plusieurs centaines de mêtre de long et elle s'était assis là. Pourquoi cet endroit et pas un autre ? Elle avait surement envie de parler, voilà tout. Mais le jeune Kaisou allait faire l'étrange découverte que sa future interlocutrice était muette. Pour l'instant il ne le savait pas et se contenta de dire en tournant la tête vers le fruit de son adoration :

[Findecano] C'est magnifique, n'est-ce pas ? Si seulement je savais dessinner... Enfin...

Il soupira. Un long soupire. Le jeune Kaisou savait que le travail permettait d'améliorer telle ou telle compétence, mais il n'en avait jamais trouvé le temps. Peut être qu'il en trouvera pendant ses cours à l'Académie ? A l'Académie, avec tous ses bambins insuportables et intenables... Mais qu'est-ce que leur avait appris leurs parents ? On vivait vraiment dans une période où les enfants étaient rois. Il lacha un petit sarcasme ironique à peine audible, pensant que demain c'était le premier jours de cour avec ces mômes... Enfin... Il s'égarait : Oui, il trouvera surement du temps entre deux cours à l'Académie...
Il repprit ses esprits -cette petite parenthèse spirituelle avait duré une dizaine de seconde- puis tourna de nouveau la tête vers sa voisine.

[Findecano] Je me nomme Findecano. Findecano du clan Kaisou.

Le jeune homme remarqua alors le bandeau de la demoiselle. Celle-ci l'avait accroché à sa jambe, pourquoi pas. Mais ce n'était pas le plus étonnant. En effet, elle avait au moins un ou deux ans de moins que lui -il faut préciser que Findecano faisait mature pour son âge- et était déjà une shinobi. Enfin, le terme "kunoïchi" était surement plus approprié. Lui, n'en avait pas. Tout simplement, parce que le temps n'était pas encore venu. Il venait tout juste de faire sa rentrée à l'Académie.
Sentant étrangement qu'elle dégageait quelque chose, il lui demanda :

[Findecano] Et vous, comment vous appellez vous, Mademoiselle ?

Question remplie de politesse, adressée à quelqu'un qui l'intriguait. Elle n'avait pas laché un mot depuis le début. Calme et parler quand il était nécessaire, étaient des qualités que le jeune Kaisou affectionnait particulièrement et il sentait -pur fruit de son imagination- que les gens dotés de ces caractéristiques dégageait quelque chose. Mais il ne savait pas quoi ! Il lui était arrivé de se tromper. Plus d'une fois d'ailleurs, mais son orgueil le poussait toujours à croire qu'il avait raison et que cette... aura indescriptible émanait de ces êtres pleins d'humilité et calmes. De plus il ne l'avait pas envoyée voir ailleurs. Après tout, elle était simplement venue s'assoir ici. Peut être était-ce un endroit qu'elle affectionnait particulièrement. Sa place. Qui sait ? Peut être n'avait elle tout simplement pas envie -ou pas le pouvoir, mais ceci, il l'ignorait- de parler.
Il attendit alors la réponse à sa question, regardant toujours son interlocutrice de ses yeux noirs. Si elle n'avait pas envie de discuter, libre à elle de partir ou de lui faire comprendre. Il s'en contre-fichait, simplement...

MessageSujet: Re: Méditations sur la plage   Ven 24 Oct - 15:26

Le jeune homme observait le paysage en silence. Haya n'était pas venue ici pour voir la mer, du moins, ce n'était pas son objectif premier. Elle n'avait même pas d'objectif, vraiment. Juste une envie soudaine de s'arrêter là où elle avait peut-être fait ses premiers pas sur un sentier nouveau, angoissant, mais où elle n'était peut-être pas seule. Participer à la guerre ne l'avait pas effrayé. Elle avait eu une froide conscience des événements, comme s'il s'agissait d'un état latent. Il fallait aller là, il fallait amener ça, il fallait combattre ceux-là. Très bien. Haya n'avait pas encore la puissance d'écraser ses adversaires, de les balayer sans même les regarder, mais l'espace d'une journée elle avait senti ce que ressentaient les shinobi de part le monde.

Elle répondit aux salutations de Findecano d'un nouveau sourire. Le clan Kaisou ne lui disait rien, mais elle n'était pas très portée sur les clans de ninja. Elle n'en connaissait aucun de Kiri ou de l'étranger, et cela ne lui parlait pas du tout. Il devait probablement avoir des… capacités spéciales… ce genre de choses. Comme Iba, encore une fois. Haya prit le soin de le détailler plus attentivement. Il semblait plus âgé qu'elle, de peut-être trois ans. Il était… sombre, quelque part, mais pas seulement. Pas sinistre, voilà. Il ne disposait pas de bandeau. Un civil ? Improbable, s'il avait précisé son clan, ce devait être pour une raison. Le clan Kaisou devait être un clan reconnu dans le monde ninja, mais il n'avait allumé aucune étincelle dans le regard de la jeune fille. Un nouvel arrivant, donc. Vu son âge, s'il était originaire de Kiri, il aurait été intégré bien plus tôt. A son âge, il serait même Chuunin, ou plus s'il était doué. De fait, il n'avait pas l'air maladroit, sans qu'elle ne sache d'où lui venait ce sentiment.

Findecano – Et vous, comment vous appellez vous, Mademoiselle ?

Calmement, Haya traça à son attention un kanji unique.

Haya.

Elle douta, le doigt toujours enfoncé dans le sable, puis ajouta.

Sasaki.

Cela ne lui servirait sans doute à rien, puisqu'il n'existait pas de clan Sasaki ou même un quelconque Sasaki qui se serait illustré. Haya n'avait pas pour habitude de préciser qu'elle était muette. Souvent, ses interlocuteurs le comprenaient rapidement. Ou alors ils pensaient qu'elle voulait jouer. En fait, les réactions étaient plus nombreuses qu'elle ne l'aurait voulu. Il y avait ceux qui la pensaient également sourde, et qui lui écrivaient pour communiquer avec elle. Haya les trouvait amusant. Isamu, par exemple. Elle ne l'avait pas revu depuis qu'ils s'étaient combattus. Est-ce qu'il était en prison ? Mort ? Est-ce qu'il essayerait de la tuer s'ils se revoyaient ? … Il serait temps de s'en assurer une autre fois.

Il y avait également ceux qui ne comprenaient pas. Désespérément pas, et qui pensaient par conséquent qu'Haya jouait avec eux. Ils étaient gênants, ceux-là. Elle se sentait toujours presque agressée quand ils la soupçonnaient. Mais cela arrivait, et Haya avait appris à ne pas y attacher une trop grande importance.

La jeune fille leva les yeux vers Findecano. C'était un drôle de nom. Il sonnait étrangement. Pas désagréable, juste drôle. Il voulait peut-être dire quelque chose ? Une signification ?

Nouvel arrivant ?

Elle ajouta, un peu plus loin.

On dirait que tu as évité la guerre.

MessageSujet: Re: Méditations sur la plage   Sam 25 Oct - 13:28

Un simple sourire en guise de réponse à sa salutation et sans doute à sa question, pensa-t-il. Findecano inclina légèrement la tête, en se demandant ce que lui voulait vraiment cette jeune femme. Devant l'exclamation de la beauté du soleil couchant, elle n'avait répondu mot. Lorsqu'il avait décliné son identité, elle n'avait rien dit non plus. Certes le clan Kaisou n'était pas vraiment connu pour ses pouvoirs héréditaires qui restaient secrètement cachés, mais par les algues aux diverses propriétés qu'il vendait au village caché de la Brume. Une sorte de famille de marchands, en quelques sortes. Jamais donc, cette fille n'avait dégusté, au moins une fois, les algues de l'île du même nom que le clan qui l'habitait ? Jamais donc, cette fille n'avait été soignée par les propriétés curatives de ces plantes ? Et heureusement, jamais -enfin sans doute, d'après Findecano- elle n'avait utilisé les algues du clan Kaisou comme poison...
Ce n'était pas plus mal, car ainsi aucun préjugés ne viendraient brouiller et faire se superposer dans l'esprit de la jeune femme, l'image d'un gros marchand dont les poches étaient remplis de billets à celle du jeune homme qui se tenait à coté d'elle. D'ailleurs s'enrichir n'était pas le but premier du clan. Il voulait simplement aider Kiri et acquérir une certaine renommée...
" Haya "
Ce kanji fut écrit sur le sol par sa voisine, et Findecano en conclut donc qu'elle était muette. En effet, l'idée qu'elle veuille se moquer de lui ne lui traversa même pas l'esprit. Allant plus loin dans sa reflexion, il se demanda un instant si ce mutisme n'était pas la cause d'une défaillance de l'ouïe. Il en vint alors à la conclusion suivante : Soit elle était simplement muette, ce qui parut à Findecano comme le plus évident, soit elle était en plus de celà sourde et savait remarquablement bien lire sur les lèvres. Dans tous les cas, après un moment d'hésitation, il se résigna à écrire sur le sable, parce qu'il la savait capable de comprendre ce qu'il disait.
" Sazaki "
Ce nom ne lui disait rien et il ne l'avait d'ailleurs jamais entendu, ce fut d'ailleurs la première fois qu'il le vit écrit. Findecano, tout comme sa voisine, ne connaissait que très peu -voire pas du tout- les clans connus du village de Kiri, tout simplement parce qu'il n'avait jamais quitté son île natale.
" Nouvel arrivant ? "
Après avoir lu cette phrase, Findecano releva la tête et regarda sa voisine. Il répondit simplement d'un hochement de tête positif. De toute façon, cette réponse n'allait en rien lui faire apprendre quoi que se soit, et il ajouta donc :

[ Findecano ] Je viens d'entrer à l'Académie des Ninjas. Je m'y suis inscrit ce matin et mon premier cour aura lieu demain.

Findecano regretta un instant ses dernières paroles. En effet, celà le rabaissa au rang de simple étudiant, et surtout au rang de ces bambins bruyants et indisciplinés qui lui servaient de camarades de classe. Il soupira intérieurement, il n'avait en aucun cas l'obligation de se justifier. En fait, celà avait été une réponse plus instinctive que réfléchie. Le jeune homme préferait avoir le maximum d'informations lorsque l'on répondait à ses questions, voilà pourquoi il le faisait lui-même. Il haussa alors les épaules, après tout, le jugement qu'elle pouvait avoir de lui : il s'en moquait. Findecano n'était pas là pour prouver quoi que se soit, à qui se soit.
Il baissa alors à nouveau la tête, lorsqu'Haya se remit à écrire.
" On dirait que tu as évité la guerre. "
Le jeune Kaisou hocha de nouveau la tête et ajouta -il avait remarqué le tutoiement utilisé mais n'en avait que faire, ce n'était qu'un détail...- :

[Findecano] Oui, j'ai "évité" la guerre. En fait lorsqu'elle a commencé, le clan Kaisou a tout de suite cessé le commerce avec Kiri et a fermé ses portes pour ne pas être atteinte par les ravages du conflit. Biensûr les quelques ninjas de mon clan sont allés se battre pour aider à préserver la paix, mais aucune nouvelle nous est parvenue. Enfin... A ceux qui étaient restés sur l'île. Lorsque la guerre a cessé, le clan a de nouveau repprit ses activités commerciales avec Kiri et je suis arrivé au village pour suivre la voix du ninja.

Findecano avait parlé d'un ton monotone, comme si cette réponse avait été programmé des mois à l'avance aucun ton dans la voix. Mais ettonnement -et c'est ce qui le surprit- il avait parlé naturellement. C'était la manière dont s'exprimait Findecano, il ne fallait pas lui en vouloir.
Il ajouta alors sur la même longueur d'onde que sa tirade précédente, cette fois-ci en la tutoyant :

[Findecano] Sazaki-san, pourrais-tu me faire un bref résumé de cette guerre, s'il te plaît ? J'avoue être un peu... perdu...

MessageSujet: Re: Méditations sur la plage   Sam 25 Oct - 18:54

Il lui sembla qu'il avait mal prononcé son nom de famille, mais Haya ne jugea pas la peine de le faire remarquer. D'autant que, on regardant le kanji tracé, il était relativement mal fait. Ecrire à l'envers n'était pas une compétence que la jeune fille avait acquise au fil de ces trop nombreux mois de silence.

Inscrit seulement depuis ce matin ? Il débutait donc une nouvelle vie, comme Haya avait débuté la sienne il y maintenant neuf mois. Presque un an, et des changements déjà visibles. La genin n'avait pas vraiment gagné en condition physique, quoique ses muscles étaient moins fébriles et ils s'éloignaient rapidement de ce que devaient être des muscles de fille de quinze ans. Cela ne la dérangeait pas. Elle observait les changements de son corps avec une curiosité polie, tellement les variations étaient subtiles. Si elle n'y prêtait pas attention, elle aurait pu se réveiller deux ans plus tard et se demander d'où lui venaient ces deux énormes jambes de coureur de vitesse.

Enfin, elle espérait ne pas en arriver là tout de même.

Plus par jeu que pour autre chose, Haya tenta de déterminer le premier cours du jeune homme. Il semblait assez solide, même si elle n'avait aucune intention de tester. Peut-être un médecin ? Isamu aussi était médecin, plutôt orienté vers la destruction, d'ailleurs, que vers la sauvegarde de ses compagnons. Elle ne l'aurait pas imaginé en le voyant, mais elle ne le connaissait pas bien, si tant est que quiconque puisse prétendre le connaître.

D'après les dires de Findecano, son clan était un clan marchand. Spécialisé dans quoi ? La vente des armes ? Kiri semblait privilégier les artisans maisons. Peut-être des aliments ? Cela ne devait pas se révéler très important, puisque son interlocuteur ignora cette partie là. De fait, il n'avait pas l'air passionné par cette vie ou les éléments qui l'avaient composé jusqu'à présent. Etait-ce pour cela qu'il se risquait à devenir shinobi ? Ou bien cela était une sorte de contrat entre eux et Kiri ?

Un résumé de la guerre s'avérerait délicat. Déjà, l'écrire prendre plusieurs mètres de sable, et ensuite, Haya ne pouvait prétendre avoir compris toutes les facettes de la guerre. Elle était un peu honteuse de l'avouer, mais elle y avait pris part sans trop savoir où elle mettait les pieds. Elle n'avait fait que suivre les ordres de la première personne qui les lui avaient donné, Satoshi... Satoshi comment déjà ? Kage quelque chose. Elle s'en souvenait, parce que justement, son ombre avait été impressionnante lors de leur rencontre, et elle avait trouvé cela amusant. Et par là même, son camp avait été décidé : ce serait celui du gouvernement actuel, celui d'Iba et de Satoshi, même si Haya ne savait pas ce qu'ils représentaient.

Elle entreprit toutefois de tracer les grandes lignes sur le sable, face au jeune homme. La jeune fille se mit sur les genoux, et promena son doigt sur le sol un peu humide.

C'était un coup d'état de Nezu. Jugeait la politique actuelle trop molle. A été battu à la mairie. Avait fait affaire avec une organisation inconnue.

Haya hésita. Elle connaissait le nom de l'organisation, puisqu'elle avait contribué à le découvrir. Mais était-ce un secret d'état, ou quelque chose comme cela ? Elle préféra ne pas trop s'avancer. Si le gouvernement voulait donner des informations, il le ferait officiellement, sans que de simples genin aient besoin d'ébruiter le peu qu'ils savaient.

Quelques tensions encore. Entre les deux camps. Comme pour toutes les guerres civiles.

Sans doute, pensa-t-elle. Elle ne pouvait en être sûre. C'était sa première guerre civile. Elle en frissonna, tandis qu'elle se remettait à sa place initiale. Elle avait défendu Kiri, comme s'il s'agissait de sa patrie. Ce n'était pas vrai. Enfin, avant, cela ne l'était pas. Probablement. Mais maintenant, cela avait changé. Haya n'avait encore que des doutes en tête, et elle ne savait pas bien où elle mettait les pieds. Mais force était de constater que ce conflit était quasi symptomatique chez elle. Elle avait gagné sa place dans ce village, à Kiri. Pas aux yeux des autres, pour une obscure raison ils l'avaient déjà accepté, mais aux siens. Elle admettait finalement, sans le savoir tout à fait, appartenir au village de la brume.

C'était une sensation curieuse. Mais pas totalement désagréable. Après un petit temps, Haya effaça ses précédents messages, pour écrire à nouveau :

Pourquoi avoir choisi Kiri ? Proximité géographique ?

Dans son cas à elle, c'était davantage Kiri qui l'avait choisi que le contraire. Peut-être serait-ce la même chose pour Findecano ?

MessageSujet: Re: Méditations sur la plage   Dim 26 Oct - 0:09

En effet, Findecano n'avait pas du tout remarqué que le nom de la jeune femme avait mal été prononcé. C'est au visage que fit Haya, lorsqu'il l'appella par son nom, que le jeune homme se remit en question. Il regarda de nouveau le kanji tracé sur le sable et se repprit alors en demandant pardon :

[Findecano] Ho, je suis vraiment désolé, Sasaki-san, pour ton nom...

Lui, n'aimait pas qu'on fasse une erreur dans son nom ou prénom, il était donc tout à fait normal qu'il se reprit en s'excusant lorsqu'il lui arrivait -et c'était très rare, mais les circonstances expliquaient la faute- de faire une faute dans la prononciation d'un patronyme. Il était vraiment confus, mais celà ne se voyait pas sur son visage. Il fallait vraiment le connaître et remarquer ses sourcils se froncer très légèrement, lorsqu'il était dans un tel état de confusion.
Cet épisode fut bientôt oublié et Haya, à genoux sur le sol traça un bref résumé sur le sable. Findecano le lit alors petit à petit à haute voix. Il remarqua l'hésitation de la jeune femme, mais il en conclut qu'elle cherchait les mots les plus simples à écrire pour retranscrire ses pensées. Il ajouta alors après sa lecture :

[Findecano] Je vois...

Le nom de Nezu ne lui disait rien et les évènements relatés, non plus. Il faut dire que le clan Kaisou avait été vraiment très doué pour fermer complètement ses portes sur l'extérieur pendant le temps de la crise. Et comme si de rien n'avait été, il avait réouvert son commerce. Celà était compréhensible, les Kaisou avait un grand secret à garder et les leaders du clan avaient décidé de soutenir le gouvernement de Kiri, car ils craignaient que les dissidents utilisent le pouvoir des Kaisou a des fins purement personnelles. Mais celà, Findecano ne le savait pas.
Un petit temps passa, et la jeune femme effaça ses messages pour écrire une question à laquelle Findecano ne s'attendait pas du tout :
" Pourquoi avoir choisi Kiri ? Proximité géographique ? "
Le jeune homme soupira en souriant et hésita à répondre : le pouvait-il ? Celà ne menacerait pas les secrets de son clan ? Une rapide délibération intérieur lui montra que non. En lui disant celà, elle ne pouvait se douter du véritable potentiel des Kaisou, il répondit alors de sa voix monotone en regardant le mince filet orangé qui disparaissait peu à peu derrière l'horizon :

[Findecano] En fait, ce n'est pas vraiment un choix, mais plutôt un devoir. Dans chaque branche du clan, une génération sur deux, lorsque l'aîné de la branche atteind ses dix-huit ans, il doit partir pour Kiri et étudier la voie du shinobi. C'est une sorte de pacte ancestral qui remonte à... à peu près à la construction du village de la Brume. Mes ancètres avaient besoin de protection et Kiri avait sans doute besoin d'alliés. Voilà donc pourquoi je suis là. A vrai dire, ça ne me dérange pas et ça me permet de voir le monde éxtérieur, car les membres "normaux" du clan Kaisou ne sont pas autorisés à quitter l'île.

Il tourna de nouveau la tête vers Haya et demanda alors sur le même ton que ses précédentes tirades. En entendant ce ton si monotone, on pouvait se dire qu'il demandait celà par simple politesse et qu'il n'en avait strictement rien à faire. Mais c'était faux, il était vraiment interessé :

[Findecano] Et toi, Sasaki-san ? Pourquoi avoir choisi Kiri ?

MessageSujet: Re: Méditations sur la plage   Jeu 30 Oct - 13:32

Ainsi, c'était bien un contrat passé avec Kiri. Ce devait être ainsi qu'il avait patiemment construit sa puissance, en s'associant à des clans annexes pour emprunter leurs forces en échange… du droit de rester dans les environs, ou du commerce ? Ce devait être étrange pour Findecano, d'être celui sur lequel reposait l'honneur du clan, leurs espoirs peut-être, même. Une lourde charge, mais qu'il semblait accueillir avec calme. Avait-il attendu ce moment ? Était-il prévisible ? Haya avait plein de questions, mais rédiger chacune d'entre elle risquait d'être ennuyeux pour son interlocuteur.

Haya se demanda si le protectorat était encore répandu, maintenant que Kiri était établi. Surtout maintenant, se dit-elle. Beaucoup de regroupements mineurs devaient certainement leur survie à l'intérêt que Kiri avait de les laisser graviter autour de lui. Kiri ressemblait à une bête gigantesque, tranquillement endormie sur son trésor, un œil ouvert sur le monde, l'autre bercé par des rêves turbulents. Des rêves de guerre interne, de déchirement et d'une certaine idée du chaos.

Haya chassa ces idées de son esprit.

Mais en revanche, elle ne sut pas comment répondre à Findecano. Sa main s'était posée sur le sable, prête à écrire, mais les mots lui manquaient. Elle ne pouvait pas tout raconter. Ce n'était pas quelque chose qui se lançait au détour d'une conversation. Elle y attachait trop d'importance. Toutefois, elle ne désirait pas mentir non plus. A quoi bon ? Les choses s'étaient déroulées dans un sens donné, il n'était plus de son pouvoir de changer quoi que ce soit. Elle haussa doucement les épaules, un étrange sourire aux lèvres.

J'imagine qu'on peut dire que c'est pour proximité géographique, moi.

Elle envisagea ne pas aller plus loin, puis ajouta.

Un jour je me suis réveillée à Kiri le corps brisé couchée sur un lit d'hôpital. Je pensais rester jusqu'à pouvoir me déplacer, mais je suis restée tout court.

Elle n'avait pas beaucoup d'autres endroits où aller. Retourner dans son village ? Elle savait qu'il était toujours debout, que seule sa maison – sa famille – avait été attaquée. Elle y avait des amis, qui prendraient soin d'elle. Mais curieusement, Haya savait qu'elle avait déjà décidé du tour que prendrait sa vie. Au moment même où elle s'était réveillée à Kiri, quelque chose s'était accompli. Elle ne travaillait pas pour la vengeance, mais un jour, elle en avait la conviction, un jour elle comprendrait.

Peut-être que la vie d'un shinobi commence sur une tragédie ? …

Son doigt resta dans le sable.

Je ne sais pas.

MessageSujet: Re: Méditations sur la plage   Jeu 30 Oct - 15:59

Après une longue hésitation, Findecano remarqua le haussement léger des épaules de la jeune femme, en plus d'un sourire étrange. Celui-ci fronça légèrement les sourcils, tentant de comprendre, pendant qu'elle écrivait. Ce sourire... Qu'exprimait-il réellement ? Ce n'était pas un simple sourire de politesse ou de joie, mais plutôt une sorte de masque pour cacher quelque chose... Se voiler la face.
" J'imagine qu'on peut dire que c'est pour proximité géographique, moi. "
Le jeune Kaisou eut un peu de mal à déchiffrer la phrase. Ecrire sur un sol sablonneux n'était vraiment pas l'idéal pour la lisibilité, mais elle n'avait que celà pour communiquer... A moins que... Son mutisme était dut à un bloquage, auquel cas, retrouver l'usage de la parole était tout à fait possible... Il en arriva à cette éventuelle conclusion, car la phrase écrite l'intriguait. Ce " J'imagine qu'on peut dire" signifiait surement que ce n'avait pas été un choix de sa part que de devenir Kiréenne. Et la suite : " pour proximité géographique "... Il manquait quelque chose, sa phrase n'était pas finit, Findecano pouvait le sentir. Une sorte d'instinct -qui pouvait s'avérer complètement faux, mais ici ce ne fut pas le cas- qu'il eut eut. La demoiselle continua alors son autobiographie -très résumée- sur le sable.
" Un jour je me suis réveillée à Kiri le corps brisé couchée sur un lit d'hôpital. Je pensais rester jusqu'à pouvoir me déplacer, mais je suis restée tout court. "
Une phrase bien longue, et Findecano eut bien fait de commencer à la lire, en même temps qu'elle écrivait. Il la relut une autre fois, pour mieux s'en imprégner. Les mots étaient bien choisis et étaient en parfaite concordance avec la phrase précédente. Ils rajoutaient des détails, que le jeune Kaisou goba comme s'il s'en était attendu. C'est pour celà qu'aucun signe de surprise ne fut visible sur son visage. Il commença à décortiquer la phrase. Le " Un jour je me suis réveillée à Kiri " rejoignait l'idée que son entrée au village caché de la Brume n'avait pas été un choix, mais plutôt un évènement lié au destin. " Le corps brisé couchée sur un lit d'hôpital "... Il comprit alors pourquoi ce sourire, et émis ainsi l'hypothèse que ce fut cet incident qui lui ôta la parole. Il décida alors qu'il lui demanderai celà -ou pas- plus tard. La fin de la phrase : " Je pensais rester jusqu'à pouvoir me déplacer, mais je suis restée tout court. " Etait-ce par choix ? Par obligation ? En effet, une enfant lachée dans la nature avec la connaissance du lieu où se cachait Kiri, pouvait être une menace non-négligeable pour la sécurité du village caché de la Brume. Néanmoins, il ne saurait répondre à une telle question.
Haya avait continué à écrire, et il lu alors les mots sur le sable. Son doigt s'arréta alors et Findecano releva lentement la tête et regarda son interlocutrice, cherchant son regard. Qu'est-ce que celà signifiait ? Haya avait vécu un incident, mais celui-ci s'apparentait plus à une "tragédie". Elle avait en plus utilisé une forme générale, surement pour dépersonnaliser ce qui s'était passé. Une sorte de message codé, que seul ceux qui s'interressaient vraiment à son histoire pouvaient comprendre... Findecano le prit comme ça et chercha dans le regard de la jeune femme quelque chose... Il ne savait cependant pas quoi.
En même temps, même s'il lui demandait, elle pouvait très bien ne pas répondre. Et dans le cas où elle choisissait de ne pas répondre, Findecano s'imagina qu'elle repartirait avec un lourd sentiment de mélancolie et de tristesse, ce qu'il voulait à tout prix éviter. Le jeune Kaisou se retrouva alors devant un dilemne : lui poser plus de questions sur son histoire au risque de faire remonter de trop lourds souvenirs ? ou passer à autre chose ?
Il dit alors, toujours la regardant :

[Findecano] Je regrette sincèrement de ne pas avoir pris avec moi des feuilles et un crayon. Ton histoire doit surement être vraiment longue et la raconter sur le sable ne serait pas chose aisée...

Le jeune Kaisou ferma les yeux, et tourna la tête vers la mer. Il les rouvrit, puis regarda le mince filet de lumière orangée se faire happer par l'immensité sombre de couleur bleue, tendant vers le noir... Il ajouta alors :

[Findecano] Tu n'as peut être tout simplement pas envie de relater ces évènements... surtout à un inconnu.

Findecano sourit légèrement à sa dernière remarque. Il aurait surement l'occasion, plus tard, d'en apprendre plus la concernant, il changea alors de sujet :

[Findecano] J'ai remarqué que tu étais une kunoïchi, lorsque j'ai vu ton bandeau... Tu auras surement plus de qualification à répondre à cette question que moi : Qu'est-ce réellement, qu'un ninja ? Je me posais la question avant que tu n'arrives et essayais de décortiquer toutes les solutions possibles. J'aimerai avoir ton avis là-dessus... Sasaki-san.

MessageSujet: Re: Méditations sur la plage   Jeu 30 Oct - 18:48

Son histoire n'était pas si longue que cela. Elle aurait pu raconter, bien sûr, les journées quotidiennes, les plaisirs et les petits malheurs qui surviennent dans la vie d'une adolescente de quinze ans. Il y avait certainement beaucoup à dire sur cette partie-là, mais rien ne lui venait de spécifique. Des anecdotes, elle en avait plein, mais aucune à raconter à cet instant. D'autant que ce n'était même pas intéressant. Il ne s'agissait que de souvenirs personnels, et un souvenir qui n'a pas été partagé n'est qu'un petit moment sacré d'égoïsme, un égoïsme saint comme il en faudrait plus, mais pas trop. Ne pas s'enfoncer dans la voie (facile et commode) du regret et de la morosité. Dans morose, il y a mort. Haya ne voulait pas de cette vie là, si elle avait survécu à quoi bon ressasser ?

Il serait temps, un jour, de se replonger dans ce passé. Elle en était certaine.

Maintenant qu'elle y pensait, peu de personnes connaissaient toute l'histoire. Même elle, d'ailleurs, ne la connaissait pas. Elle savait qu'elle avait été agressée, elle et ses sœurs, battue et laissée pour morte, oui, mais elle n'en connaissait pas la raison. Ses amis en savaient autant qu'elle, quoiqu'elle n'ait pas jugé nécessaire de tout raconter à chacun d'eux. Ils ne lui avaient pas demandé de détails, ils se contentaient d'une généralité. Ils étaient bien, vraiment.

Findecano – Qu'est-ce réellement, qu'un ninja ?

La question était intéressante, et Haya se l'était repassée dans la tête à plusieurs reprises, déjà, par le passé. Qu'est-ce qui peut définir un ninja ? Ses techniques ? Dès qu'il apprend à maîtriser son chakra, il devient un ninja ? Ce serait trop simpliste. Certains genin qu'elle avait vu, malgré le nombre important (pour une poignée d'entre eux) qu'ils maîtrisaient, elle ne voyait pas en eux des ninja. Juste des enfants (de grands enfants parfois) qui apprenaient quelque chose de neuf. Plutôt que faire des tas de pâte à modeler, ils faisaient des dragons d'eau. Et il y a quelques temps, Haya n'aurait pas su répondre à cette question. Car elle ne s'était jamais approchée des ninja, même si elle vivait parmi eux. Elle était comme un jardinier au milieu de plantes : il apprend à les cultiver, mais il n'en est pas une pour autant.

Mais elle avait rencontré Iba, Isamu, Satoshi et Akio. Elle avait rencontré des hommes qui prenaient des décisions calmement, qui mettait leur vie sur une grande balance et qui appuyaient de toutes leurs forces pour la faire pencher du côté qu'il pensait bon. L'était-il vraiment ? Sans doute pas toujours. Sans doute faisaient-ils des erreurs, des erreurs dramatiques parce qu'ils avaient beaucoup de pouvoir au creux de leurs mains. Mais ils prenaient tous des décisions, douloureuses ou non, sans s'y arrêter, jamais. Ce mode de pensée, elle ne l'épousait pas tout à fait encore. Elle ne s'imaginait pas prendre les décisions qu'ils prenaient. Pourtant, elle en avait déjà pris, sur l'impulsion du moment. Quand elle avait décidé de ne pas abandonner Iba à ses ennemis, elle savait qu'elle faisait quelque chose d'important. Qu'elle avait pris une décision et que l'autre des choses s'agençait autour d'elle. Tout à coup, décision, acte et conséquences étaient parfaitement alignés pour chacun des acteurs de cette scène. Et elle y prenait part.

C'est quelqu'un qui fait des choix que personne d'autre ne pourrait faire. Il aligne ce choix sur lui-même et sur les autres. Lui-même parce que de sa puissance dépend sa capacité à faire changer les choses. Et des autres, parce que ce sont avec eux qu'il interagit.

En bien ou en mal. Haya s'était déplacée pour avoir suffisamment de place pour tout écrire. Certains caractères étaient… au mieux grimaçants, au pire presque illisibles, aussi corrigea-t-elle quelques traits épars.

Qu'est-ce que tu en penses toi ?

MessageSujet: Re: Méditations sur la plage   Jeu 30 Oct - 21:47

Haya semblait trouver la question interressante, et après un petit temps de reflexion elle se lança dans son écriture. Pour mettre ce qu'elle pensait, elle devait se déplacer. Tout en restant à sa place, Findecano parcoura du regardl'ensemble de la pensée de le jeune femme, puis lu, plus concentré, ses mots. Quelques caractères s'étaient déjà partiellement effacé, mais d'après le sens de la phrase -et les corrections de son interlocutrice- le jeune Kaisou parvint sans trop de difficultés à déchiffrer le fond du cogito de la demoiselle. Lorsqu'il eut terminé sa lecture, il releva la tête, et se questionna alors sérieusement sur l'âge de son interlocutrice. Cette réponse ne pouvait sortir de l'esprit d'une kunoïchi en "formation" et si jeune ! Enfin... C'est ce qu'il pensait, et puis pourquoi pas ? Elle était genin, au mieux chuunin -peut-être même jounin !- et avait surement vu et vécu des choses qui pouvait lui faire arriver à cette conclusion. L'âge... Qu'est-ce que c'était mise à part une succession d'années de vie ? Il ne s'attarda donc pas sur ce point, mais plutôt sur le résultat de la matière pensante qui se tenait devant lui. Il réfléchit, en regardant le ciel qui commençait petit à petit à se remplir de petit points lumineux.
Il essaya de décortiquer cette affirmation, mais il ne le put. Elle formait un tout, et la diviser pour l'analyser n'avait aucun sens...

Une tâche ardue... Très ardue... Son cerveau cogitait depuis déjà une minute, et aucune objection ne vint à lui. Biensûr, loin de lui l'idée de vouloir absolument remettre en cause cette affirmation. Ce serait plonger dans un scepticisme dans lequel il finirait par se noyer. Sincèrement, il ne trouvait rien à dire. Il y avait déjà refléchit sérieusement, et avait commencé à entrevoir la facette de " quelqu'un qui fait des choix que personne d'autre ne pourrait faire ". Mais de ce fait, que ces choix dépendent des capacités personnelles et de l'interaction avec les autres, il n'en avait pas soupçonné l'existence. En fait, il fallait donner une définition à "ninja"...
Une personne qui, par ses choix, agit pour ses propres intérêts personnels ? Non... Cette définition s'approchait plus du nukenin qui avait déserté...
Une simple arme que le gouvernement utilise à sa guise, et qui doit donc faire des choix pour sa patrie ? Cette définition le dérangeait vraiment, et n'expliquait pas le fait qu'il pouvait faire changer les choses. Une arme, seule, n'est rien et l'idée qu'elle puisse faire des choix était contradictoire.
Il lacha alors, à mi-voix, à lui même et toujours plongé dans sa reflexion :

[Findecano] Une personne qui choisit d'améliorer ses capacités personnelles, pour étendre la possibilité des choix qui s'offre à lui, et ainsi choisir le meilleur dénouement possible, pas seulement pour lui, mais pour une communauté entière qui l'a soutenu, qui le soutient et le soutiendra encore... Hum... Peut-être...

Vision réaliste ? idéalisée ? Il ne saurait le dire...
Findecano soupira longuement, et en entendant ce relachement de sa part, il se ressaisit, retrouva la terre ferme, et tourna la tête vers son interlocutrice en acquiessant :

[Findecano] Oui, je suis d'accord avec toi. Pardonne moi ce petit moment de reflexion intense, mais j'aime à faire fonctionner mon cogito et je me perds parfois dans des raisonnements trop labyrinthiques. Je pense que ta vison des choses se rapproche très près de la véritable définition du ninja. Il faudrait creuser d'avantage dans cette direction, mais il se fait tard...

En effet, on ne voyait plus à l'horizon de ligne orange. Seul le bleu et le noir étaient visibles et la lune éclairait faiblement la plage de sa lueur divine. Quelques étoiles s'étaient placées ici et là, et les bruits des quelques acivités de la ville avaient cessé depuis longtemps. L'odeur iodée était toujours présente tout comme le bruit monotone des vagues s'abattant sur le sable.
Findecano se leva, et s'étira les bras, le dos et la tête. Il avait comme l'impression de sortir d'un état de léthargie millénaire. Par simple politesse, il tendit la main à la jeune femme. Libre alors à elle de la prendre pour s'aider à se lever ou non...

MessageSujet: Re: Méditations sur la plage   Dim 2 Nov - 16:15

En effet, le soleil s'était couché. Et l'air s'était rafraîchi. Haya n'y faisait attention qu'à présent et, en observant ses gribouillages sur le sable, elle s'aperçut également qu'ils étaient presque invisibles à présent. Elle ne prit pas la peine de les effacer ; l'eau s'en chargerait pendant la nuit. Et puis, retranscrire des pensées éphémères sur un sol éphémère était suffisamment intéressant pour que Haya pousse le processus jusqu'au bout. Elle prit la main de Findecano, se redressa, et le remercia d'un nouveau sourire. C'était toujours un petit peu angoissant.

Haya ressentait cela, quand elle était plus jeune, lorsque des amis de son père mangeaient à la maison. C'était très rare, mais elle ressentait toujours la même chose : la sensation de ne pas trop savoir quoi dire, ou comment le dire. Pour la plupart, il s'agissait d'hommes ou de femmes mûrs, qui ne semblaient pas exercer de professions définies. Haya aurait dit qu'ils étaient marchands, certains portaient de fines cicatrices sous leurs épais vêtements. La jeune fille secoua doucement la tête. Une nuit nostalgique ?

Elle commença à marcher en direction de l'escalier qui leur permettrait de quitter la plage. Si tôt arrivé, Findecano se posait déjà des questions sur sa fonction ? C'était sans doute utile, savoir où on mettait les pas, afin de définir une… ligne de conduite. Des bornes, en somme, à ne pas dépasser, ou au moins suffisamment nettes pour que l'on sache à quel moment on les a dépassées. Haya n'avait pas le sentiment d'en avoir dépassé encore. Mais de nouvelles bornes s'étaient ajoutées aux précédentes, qui pointaient dans une autre direction qu'elle serait bien obligée de prendre. Curieusement, cela ne la dérangeait pas autant qu'elle l'aurait cru.

Elle gravit en silence les marches de l'escalier, et Haya aurait bien voulu souhaiter bonne chance à Findecano pour son cours du lendemain, mais les mots lui manquaient. Elle hocha alors simplement la tête dans sa direction, en en geste qu'elle espérait encourageant, ou quelque chose d'approchant.

MessageSujet: Re: Méditations sur la plage   Lun 3 Nov - 1:27

Elle avait pris sa main pour se relever, puis avait sourit. Sans doute un remerciement ou quelque chose du genre... Le jeune Kaisou eut alors l'impression qu'elle se remémorait des souvenirs lointains, qu'elle dissipa d'un mouvement de tête. Elle partit alors en direction des escaliers de pierre pour quitter cet endroit. Findecano, debout, la tête simplement tournée dans sa direction, la regarda gravir les marches.
Au grand étonnement de celui-ci, Haya hocha la tête dans sa direction. Findecano sourit intérieurement et lui répondit par un salut de la main accompagné de ces mots :

[Findecano] Ne t'en fais pas pour moi, Sasaki-san. On se croisera peut être demain à l'Académie.

Il baissa alors son membre levé, puis attendit de ne plus voir son interlocutrice d'un soir, pour avancer et longer la mer sombre où se reflétait la reine de la nuit : la lune. Il avait envie de réfléchir et de profiter de l'air marin et du claquement des vagues sur le sable froid et légèrement humide avant de rentrer pour s'endormir dans son futon en repensant à tout ce qui c'était dit cette soirée là...

[FINIT]

MessageSujet: Re: Méditations sur la plage   Ven 7 Nov - 16:54

Findecano : +32 XP
Haya : +38 XP
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