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 Un Peu de Sport

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MessageSujet: Un Peu de Sport   Lun 17 Nov - 16:26

Quand elle se leva ce matin, Midona sut tout de suite qu'elle allait bien s'amuser. Ce n'était pas la sensation diffuse, brumeuse, de celle qui vient de se réveiller et qui espère. Midona en était persuadée, et cela pour une raison fort simple : tous les jours, Midona s'amusait. Le monde était devenu son terrain de jeu favori, même si son monde avait tendance à se limiter à Konoha. Elle aimait bien ce village. Il y avait des toits rigolos, et colorés, et bleus, et colorés donc.

Midona bondit dans sa baignoire, fit tourner à fond les robinets et écouta d'une oreille distraite les protestations de Rei, lequel avait le malheur d'avoir sa chambre entre la salle de bain et la chambre de Midona. Elle se lava lentement, écoutant cette fois ci d'une oreille distraite les coups contre la porte de la salle de bain. Ils étaient tous si stressés, dans cette maison ! Comme si leur professeur n'allait pas les attendre. Et puis, même : les trois-quart d'entre eux n'avaient pas cours aujourd'hui. Ils voulaient juste se passer de l'eau sur le visage pour faire croire qu'ils étaient frais.

La jeune fille - seize ans, jolie sans faire beaucoup d'efforts même si elle en jouait à loisir - sortit de la baignoire, s'habilla en hâte, quitta la salle puis serra finalement dans ses bras un Rei bougon et matinal.

[Midona] - Je sooooors !

[Rei] - 'Vais pas me plaindre...

[Midona] - Hein ?

[Rei] - J'ai dit : amuse-toi bien.

Midona s'illumina.

[Midona] - Oh, j't'adore.

[Rei] - Pauvre fille...

[Midona] - Hein ?

***


Midona courait dans les rues du village. Ses yeux évoluaient de bâtisses en bâtisses. Elle ne savait plus où c'était. Ce village était trop grand. Un jour, elle le ferait réduire. Quand elle sera Hokage. Et puis, elle le transformerait en cirque. Nan, en foire. Nan, en centre de jeu ! Avec une grande roue, et un... truc qui tourne ! C'était plus qu'une question de jour avant qu'elle ne devienne HOkage, de toute façon.

Midona avait une conception très particulière du temps.

Finalement, elle trouva le bâtiment qui l'intéressait. Une grande tour surplombée d'un dôme rouge très vif, blanche à la base, avec des ouvertures noires pour les fenêtres. Midona bondit jusqu'à arriver au niveau supérieur. Elle entra dans la tour. L'obscurité était presque totale, les rayons du soleil peinaient à pénétrer plus avant. Pourtant, Midona ne s'arrêta pas et sauta sur le mur en face. Ses doigts tâtonnèrent un instant, se posèrent sur ce qui l'intéressait. Au prix d'un petit effort, Midona rejoignit la sortie opposée - ou, pour être tout à fait exact, la fenêtre opposée - et sortit au grand jour en traînant une large planche.

Et longue, la planche, très longue.

Midona sauta sur le toit d'en face, sans lâcher son fardeau, et bondit ensuite sur le dôme de la tour. Elle disposa la planche avec amour et précision, puis retourna à la base pour corriger l'angle de tir. La jeune fille l'avait orienté vers une ruelle où peu de gens passaient, mais cela n'empêchait pas certaines personnes de la rue principale de s'arrêter pour la dévisager. Elle n'y fit pas attention, complètement absorbée par ce qu'elle faisait.

Elle finit par se redresser et, satisfaire, poussa un soupir ravi. Elle remonta sur le dôme, à plusieurs trentaine de mètres de là et contempla le village de Konoha. Les gens la pointaient du doigt, elle n'entendait pas ce qu'ils disaient.

[Villageois] - Elle va se suicider ? ...

[Villageois] - Encore une illuminée qui s'est faites plaquée. En même temps, si ce n'est que ça, je veux bien l'aider à surmonter la douleur... Héhé.

Et Midona sauta. La planche était raide et lisse, lisse à en mourir. Elle éclata de rire tandis qu'elle prenait de la vitesse. Arrivée à mi-distance, elle sauta sur le mur qui s'étalait à ses côtés, utilisa ses jambes comme des ressorts pour rejoindre une autre planche, disposée plus loin, et glissa à nouveau. Elle se servait de son chakra pour prendre toujours plus de vitesse, et à présent, arrivée à près de deux cent mètres de son point de départ, elle ne voyait plus que des formes floues et colorées. Et le plus drôle, c'est que ce n'était même pas des hallucinations.

Bien sûr, Midona finit par se cogner à un volet ouvert, et tomba comme une masse dix mètres plus bas. Elle grogna et toussa, la faute au nuage de fumée qu'elle avait soulevé. Les gens couraient et s'arrêtaient à ses côtés. Elle entendait leur voix comme s'ils parlaient dans des trous de souris. Cela la fit rire. Elle se releva, quelqu'un l'aida, puis elle éclata de rire et bondit sur place. La vrille dans sa tête et la sentation de vertige s'intensifia brusquement. Elle se demanda si elle n'allait pas s'évanouir cette fois-ci ? Mais non. Elle posa des yeux presque clairs sur les visages soucieux qui l'entouraient.

Elle éclata de rire.

[Midona] - Déliiiiiiiiire ! Deuxième représentation.

Elle poussa les gens, se mit à courir mais, mal assurée, percuta une personne, puis une autre, puis une troisième sur laquelle elle s'effondra. Ils tombèrent à la renverse, et Midona garda les yeux fermés un moment. Elle les rouvrit, baissa la tête pour regarder celui sur lequel elle était couchée.

[Midona] - Salut toi. Tu as ta main sur ma fesse droite. Juste pour prévenir, hein.

MessageSujet: Re: Un Peu de Sport   Lun 17 Nov - 17:43

Quand il se leva ce matin, il savait, qu’il passerait encore une journée, affligeante, comme toutes les autres. En fait, il en était convaincu avant-même de se coucher. Alors chaque matin, bougon, il sortait de son lit, et il passait une journée de merde. Ce matin, pourtant, Sabi réfléchit à sa situation. Si chaque soir, il se persuade que le lendemain ne sera pas annonciateur de jours meilleurs que celui simple et proche de la veille, comme pouvait-il en vivre autrement ? Non, c’était tout bonnement impossible, cette journée, peut-être serait-elle bonne. Il fallait au moins lui laisser le bénéfice du doute…

Mia – Tu réfléchis trop…

Sabi, allongé sur ses coudes tourna la tête vers la jeune fille. Elle venait de se réveiller. Il plissa ses lèvres, comme vachement rassuré, d’un ironie un peu trop poussé. Il haussa les yeux, et soupira. La nuit avait été bonne, pourquoi le reste ne le serait-il pas ?

Mia – Tu te lèves ?

Sabi – Oui, j’ai rendez-vous. Tu ferais mieux de dormir.

Elle lui sourit, il déposa un baiser sur son front, et elle s’exécuta. Ses yeux se refermèrent, et sa respiration se calme, pour devenir profonde et régulière. Il haussa les sourcils. C’était vraiment possible de s’endormir aussi vite ? Il eut presque peur, puis il se dit qu’elle était encore très fatiguée. Oui c’était sûrement ça. Il ne voulut pas pousser plus loin son analyse, si tôt et déjà trop de questions. Ouais, tu réfléchis trop.

Vu son intonation, ce ne semblait pas vraiment être un compliment.

Il sortit doucement du lit, et ouvrit les robinets de la douche. L’eau ruisselait sur son corps et chauffait sa peau pour qu’elle devienne aussi rouge que possible. Il aimait se regarder dans le miroir, comme une tomate avec les doigts ridés par la chaleur. Il enfila rapidement une chemise, son pantalon, ses pieds glissèrent dans ses deux sandales, et il ferma doucement la pan de la porte.


C’était… comment dire… la première nuit qu’il passait avec quelqu’un d’autre du sexe opposé qui ne soit pas de sa famille. Non, en fait, c’était la première fois qu’il dormait avec une fille tout court – Sayuri n’avait jamais plié à ses avances de petit garçon en manque d’affection. C’était… étrange. Bon, il fallait dire que c’était leur première rencontre, dans un contexte un peu charnu – que l’Uchiha reprochait grandement à Kenji de lui avoir saboté sa soirée en amoureux. En fait, s’il se souvenait bien de tout, ils étaient rentrés, et… ils avaient dormi ? Oui, c’était à peu près ça. Bon d’accord, il y a les phases où les deux corps se rencontrent, et c’est toujours d’un agréable humain et sensuel. C’était malin, plaisant agréable… mais en aucun cas sexuel !
Sabi se rappela qu’il avait quinze ans, et qu’il était shinobi. Tout cela n’avait aucune importance.

Sabi – Moyennement convaincu…

Il se parlait à lui-même. Effectivement quand il repensait à l’attrait d’Akogare, et ses paroles pour Kyuza, il se disait qu’il avait à profiter des plaisirs de la vie. Et même qu’il se grouille ! Si demain il mourrait… N’avoir jamais fait ça de toute sa vie, aussi maigre soit-elle… Quelle frustrante déduction…

Perdu dans ses pensées, Sabi en oubliait sa direction. D’ailleurs l’avait-il vraiment eu en tête. Il semblerait que non. Il faisait beau ce matin, le temps était frais, le soleil juste assez agressif pour que ça peau ne se caille pas. Dans les rues, étrangement, il y avait une activité particulière, mais il n’y fit pas attention. Sabi ne comprenait pas pourquoi les gens levaient les yeux ainsi, puis que subitement leur passion disparaisse.


Le choc fut plutôt rude. Son bandeau ricocha contre son menton, ce qui finit de l’assomer. Dans ce genre de situation, au sol, ahuri et abruti, il restait quelques secondes là, à se remettre de ses émotions. Les gens affluaient, comme si il venait de tomber d’une toute autre planète. Il ouvrit les yeux, moyennement satisfait. Le boulet de canon, était féminin. Il était le boulet, elle était canon. Ca le fit sourire. Lorsque son regard interrogateur se posa sur lui, il se dit qu’il allait peut-être arrêter de sourire comme un idiot, alors qu’ils venaient de se rentrer dedans…

Sabi – Oha…

C’était délicat comme position. Surtout lorsque sa main se cramponnait à sa fesse. D’habitude il aurait rougi, se serait excusé mille fois, et partirait en courant dans le sens opposé. Non, il parut amusé de cette situation délirante, mais il évita de mettre trop en évidence ses impressions. Une gifle fait toujours mal. Surtout quand elle vient d’une aussi jolie fille.

Sabi – Ah euh… La coquine, elle a des pulsions parfois, dur dur de la retenir…

Elle semblait comprendre. Mais sa main n’avait pas bougé.

Sabi – Euh… héhéhé, pardon…

Ils se relevèrent tous deux, un espèce de cercle douteux autour d’eux. Sabi ne s’en intéressa pas. Il était étrange aujourd’hui, oui vraiment. C’était inhabituel. Il décrit longuement la jeune fille, un bandeau, à sa ceinture. Kunoichi ? Cool. Le sien, en évidence, elle n’avait pas pu le louper. En temps normal, l’Uchiha se demandait si c’était vraiment un avantage avec les filles. A vrai dire, cela tombait bien.

Il se tourna vers les passants, et de son simple regard un peu méchant, il lui indiqua la sortie. Non, il n’était ni un super héros avec des pouvoirs extraordinaires, ni un cow boy au foudres persuasives, mais dans ce genre de situations, l’homme embarrassé comprend très bien de quoi il s’agit…

Sabi – J’suis désolé, je t’ai pas vu arriver. Moi c’est Sabi. Sabi euh… Ouais, Sabi Uchiha.

MessageSujet: Re: Un Peu de Sport   Lun 17 Nov - 18:41

Midona se releva et épousseta ses vêtements. Sa tête tournait si vite qu'elle avait l'impression de voir le monde en plus de trois dimensions. Peut-être six. En comptant en haut et en bas, et les diagonales. Il y avait combien de diagonales dans un rond ? ...

Comme par miracle, les questions perturbées que se posait l'esprit de Midona s'évaporaient à mesure qu'elle reprenait connaissance. Elle avait une capacité de récupération assez exceptionnelle, et certaines mauvaises langues disaient que, vu le nombre de chocs qu'elle avait subi dans sa vie, il ne devait pas lui rester beaucoup de neurones. Midona ne voulait même pas savoir ce qu'était un neurone ; sans doute une allusion sexuelle mal venue. Surtout s'ils étaient plusieurs...

[Midona] - Pas de soucis, ma fesse aussi a des pulsions.

Elle allait s'interrompre là avant de froncer les sourcils. Il lui manquait un bout de phrase.

[Midona] - Comme s'asseoir quand je suis fatiguée par exemple. Mais ch'uis jamais fatiguée !

Elle s'interrompit à nouveau. Est-ce que, ces deux phrases cumulées, ne signifiaient pas que sa fesse avait des pulsions toute autres ? Oh et puis, aucune importance.

[Midona] - Moi c'est Midona. Joli nom, hein ?

Elle se tourna autour d'elle. Il y avait des gens qui les regardaient. Midona tourna sur elle-même, puis repéra le dôme rouge. Elle prit la main de Sabi, poussa les personnes qui l'empêchaient de passer, et se dirigea d'un pas résolu vers le dôme. Elle lâcha la main du jeune homme pour s'éponger le front.

Elle se retourna brusquement vers celui qu'elle considérait désormais comme son nouveau camarade de jeu - qu'il le veuille ou non, cela n'entrait pas en ligne de compte.

[Midona] - Tu sais quoi, Sabi ?! J'ai trouvé un super jeu ! Un truc qui tuuuuuuuuuuuue. Même que je me suis cognée la tête.

Elle s'arrêta et montra son front.

[Midona] - J'ai quelque chose ? Ch'uis sûre que non, j'ai la tête solide, mais je me suis mangée un volet, PAF, à... j'devais être à... au moins quarante kilomètres à l'heure ! A moitié assommée.

Elle repartit d'un pas vif, et se retourna juste pour voir si Sabi la suivait. Il la suivait bel et bien. Il était plutôt mignon. Un peu triste, peut-être. Allons ! Personne ne pouvait être triste à côté de Midona. C'était une impossibilité probalistique. Avec Midona, on riait, on se laissait aller, et on s'amusait. C'était tout. Un art de vivre en somme, qu'elle manipulait depuis son plus jeune âge. Midona avait du mal à s'inscrire dans le schéma classique des shinobi qu'elle côtoyait tous les jours ; un peu triste, orphelin, orienté vers le travail acharné, vers la mort lente du corps. Non, Midona avait ses deux pères, elle était joyeuse, joueuse, et ne travaillait que quand il lui tombait un bas. Soit, pas très souvent. Enfin, pas tant que ça.

MessageSujet: Re: Un Peu de Sport   Mar 18 Nov - 2:30

D’une main agile, l’Uchiha se débarrassa de toute cette poussière. Avec tous ces gens qui passaient ici, le vent, la chaleur et la sécheresse, il devenait insupportable de se rouler par terre. Cela ne dérangeait pas outre mesure Sabi, mais il se dit que pour certains, se tordre allongé dans les rues de Konoha était un plaisir, leur situation deviendrait de plus en plus difficile. Presque soucieux des autres, le môme. Il fallait en rire.

Non, bien évidemment, il s’en foutait. Simplement que sa chemise blanche avait viré au beige. Et encore, c’était une couleur plutôt floue, qui virait parfois du brun au gris, sans être vraiment uniforme.

Sabi – Midona ? Oui, plutôt.

Il lui sourit agréablement. Il n’avait pas d’avis particulier sur l’esthétisme de ce nom, mais soit, si elle le décrétait ainsi, il n’y avait qu’elle pour juger son propre prénom. A près tout, il n’y a pas de plus ou moins beau patronymes…

Il fronça les sourcils.

Si, tout de même, il y en avait des biens vilains. Mais c’était un peu méchant, voir moqueur, il effaça cette pensée aussi vite qu’elle était apparue.

Sabi – Midona à la fesse impulsive, mignon, je ne sais pas, mais ça vaut le coup d’essayer…

Il dit ces quelques mots tout bas. En fait, La jeune fille ne lui faisait pas spécialement peur, juste qu’il préférait ne pas la contrarier. Peut-être le prendrait-elle avec une joie débordante d’incompréhension, mais peut-être pas, et à choisir, Sabi préféra ne pas essayer la chose. C’était comme lancer une pièce, pile, tu vie, face, tu meurs, et qu’elle tombe sur le côté… Une réponse bien médiocre en vérité.

Il le prit par la main et sans lui demander son avis aucun, elle l’embarqua. Une furie et un son homme dans les rues de Konoha, les gens se retournaient agréablement. Un peu de spectacle n’était jamais quelque chose de foncièrement mauvais. Bien que l’Uchiha n’aimait guère attirer les foules. Et puis… Il commença à se demander si c’était vraiment une bonne idée de faire confiance à Midona pour amuser la galerie. Dans le genre Ginko, il ne semblait pas y avoir pire. Et là, le spectacle peut couter, mais alors, très cher.

Sabi – Eh ! On va où comme ça ?

Non pas qu’il ne désirait pas la suivre… Si un peu, tout de même. Mais il ne préférait pas le lui dire. Alors il suivait. Enfin il évitait de voir sa main détacher du reste de son corps, ce qui constituait somme toute, un tar assez grossier, relativement gênant, avec les bons mots…

Elle haleta quelque peu, lâcha sa main et s’essuya le front.

Sabi – Eh tu t’es fais mal ? On dirait… une bosse ? Hein ? Euh… Ah ! Non, t’as rien… Ouais non t’as rien. Pourtant un volet… Enfin…

Il ne comprenait pas vraiment ce qu’elle avait fait, elle lui parlait d’un volet, d’un jeu, de quelque chose de saugrenue que seul un esprit féminin pouvait concocter. Elle s’enfuit à nouveau.

Et là, il eut un réflexe, humain, certes, mais pour le moins inexplicable et tout à fait illogique. Il la suivit. Le désir masculin ? Hum, il ne préférait pas y penser. L’envie d’adrénaline ? Peut-être… La curiosité ? Sûrement… Oui c’était sûrement cela. Il se dépêcha de la rattraper. Ils se retrouvèrent alors tous deux devant le grand dôme rouge, bâtiment que Sabi n’avait jamais remarqué. En fait, il ne passait pas vraiment de temps dans Konoha…

Sabi – C’est…. C’est quoi ?

Un jeu, grandeur nature, où les vilains volets agresse, les toits glissent, les gens regardent. Bref, tout ce que l’on peut donner comme plaisir à une jeune fille aussi éberluée que Midona. Il avala difficilement. Et c’était reparti…

MessageSujet: Re: Un Peu de Sport   Mar 18 Nov - 16:43

Midona ne se rendait pas compte qu'elle tenait un discours décousu. On pouvait mettre cela sur le choc, ou bien sur sa certitude présente que Sabi avait toujours fait partie de son environnement, qu'il était un élément inaltérable, un ami de longue date, un compagnon de misère, ou un amant au débauché. Ou débauché tout court. Les mots s'emmêlaient, une chance qu'elle n'ait pas à les prononcer.

Elle se tenait là, face à son Némésis, le dôme rouge. Un air de défi sur le visage, Midona était sûre que le bâtiment soutenait son regard - l'insolent ! Depuis le temps qu'elle faisait cela - au moins trois siècles, selon son calendrier fantaisiste - elle savait reconnaître les signes qui ne trompent pas. Dans sa tête résonnait déjà la fameuse musique des westerns que lui avait fait écouté... euh... eh bien... Sanado ? Quelque chose comme ça. Il lui avait fait écouté pour la... enfin. Elle aimait quand même la musique. Avec les boules d'herbes sèches qui roulent entre les deux personnages. Elle, la fragile et jolie adolescente, face au monstre gigantesque à la crête rouge et au regard mauvais.

Midona jeta un coup d'oeil à Sabi et lui adressa un sourire charmant. Heureusement qu'il ne pouvait pas lire dans son esprit, se dit-elle. Il aurait pris peur, à tous les coups. Elle posa familièrement son bras sur son épaule.

[Midona] - Notre adversaire, cowboy ! Regarde regarde j'te montre !

Midona sauta sur la planche - branlante, malgré tout - et leva les bras en l'air, triomphante.

[Midona] - Moi qui ait installé la rampe de lancement.

Elle pointa du doigt le dôme, et descendit jusqu'en bas de la planche, qui touchait le sol, beaucoup plus bas.

[Midona] - Un super jeu. Tu te laisses tomber sur la planche, et tu utilises ton chakra pour augmenter ta vitesse. Après, quand tu le sens, tu sautes sur un autre bâtiment, tu vois, le plus bas, et tu descends toujours plus bas et de plus en plus vite.

Elle se tourna sur elle-même à deux reprises, à la recherche d'un certain point. Finalement, elle désigna un grand bâtiment au toit jaune, bien plus loin, pratiquement à l'autre bout du village. La planche était orientée dans un certain sens qui indiquait qu'il faudrait faire un fameux détour pour rejoindre ce bâtiment.

[Midona] - J'ai réussi à aller jusque là ! Très très vite. Je me suis cognée dans le mur...

Elle se gratta la tête.

[Midona] - Encore mal... Mais c'est pas grave ! Tu verras c'est suuuuuuuper. Tu vas devenir addict. Promis.

Midona sourit de toutes ses dents.

[Midona] - Oh et puis, les cowboy finissent souvent avec une jolie dame - moi - et ça c'est cool. Tu commences le premier.

Il n'y avait aucune marque de question dans sa dernière phrase.

Midona faisait cela depuis des années. Elle avait commençait à huit ans, sans même savoir ce qu'était le chakra. Quand elle avait finalement appris les merveilleuses propriétés du chakra, elle avait aussitôt pensé l'utiliser pour son sport préféré. Elle n'en était pas morte jusqu'à présent. D'une chute presque libre elle était passée à une chute contrôlée, un peu folle, douloureuse toujours à la fin et il était rare qu'elle cumule les expériences dans une même semaine.

Mais elle ne pouvait pas s'en passer. C'était... sa drogue à elle.

MessageSujet: Re: Un Peu de Sport   Jeu 20 Nov - 16:29

Il ignora son dernier phrasé. Il lui faisait un peu plus peur qu’autre chose. C’était… pourtant si simple. Tout semblait facile avec Midona. Un peu comme avec Ginko, il n’y avait pas de questions à se poser, tel un philosophe un peu trop averti du danger qu’est de se lancer dans les plaines de la sagesse. Vivre, et ne faire que ça. Nouvelle leçon de morale. Il en prenait toujours plein la gueule ainsi, le petit Uchiha, qui ne vivait pour si peu de chose, autrement que pour lui-même. Le monde était si vaste, quel était l’intérêt de s’en occuper ? Les autres jouaient si bien avec leurs passions, qu’à vrai dire, elles l’intéressaient peu. Et pourtant, il se prêtait au jeu, comme un grand enfant, qui chaque fois fais un nouveau pas dans un immense plateau, où les dès sont déjà lancés…

Il regarda le grand dôme rouge. Lui et sa fière allure. C’était, simple, et compliqué à la fois. Simple à vivre, mais si dangereux. Sabi respectait plus que tout l’audace de ceux qui croient. Et Midona, ne faisait que croire, qu’on pouvait ainsi gambader et s’adonner à de nouvelles expériences.

Chez l’Uchiha, tout n’était qu’un éternel recommencement. Chaque jour identique à celui de la veille. Il ne servait pas vraiment de parler de celui du lendemain. Et pourtant, il est de ces journées si spéciales, qui font qu’il chute sur une jeune fille – mignonne de surcroît – qui n’ait qu’une envie, celle de profiter.

C’était bien pitoyable comme situation.

Il se sentait tout petit, mais c’était finalement une habitude. Il avait beau avoir son bandeau sur le bras, autant de chakra qu’il voulait, un corps agile, des bras puissants, des pieds rapides, il avait beau receler en lui des yeux de pouvoirs, il pouvait encore porter ce nom d’honneur mais de malheur, il était toujours ce petit être sans problème apparent, il était celui qu’on pouvait prendre en main et dont on pouvait faire tout ce dont on voudra. Ginko l’avait fait, Midona s’en extasiait déjà. Et il y en avait tant d’autres, dont il oubliait le nom, et tant d’autres encore, dont il n’avait pas fait la connaissance.

Ils grimpèrent rapidement jusqu’à son sommet. Le large bâtiment était bien plus impressionnant vu d’en haut. Cette profondeur, immense. Large, comme deux immeubles, et sous le ponton, le vide…

L’Uchiha lança un regard vidé de sens à la genin, au large sourire. Qui n’était pas pour le rassurer, en vérité.

Sabi – Ouais, les cowboy’s…

Il n’avait pas grand-chose d’un homme au regard mortel, d’une froide sérénité, appuyant sur la gâchette aussi facilement que la barre perce le cœur de son adversaire, casse quelques côtes, déchire ses poumons, et ressorte… Non, décidemment il n’avait rien de ça, il était plutôt le contraire. Mais soit.

Il mit un pied sur la planche de bois. Elle tituba sous son poids. Ce n’était pas franchement rassurant tout ça… Mais elle tiendrait bon, il en était – presque – certain, juste instable…. Il avança, doucement, la planche bascula et… c’était parti.

Son visage se referma, il préféra ne pas voir. Son chakra se concentra, dans ses pieds, puis un peu partout dans son corps. Il glissait sur les toits de Konoha, c’était si… amusant ! Un sourire apparut sur son visage. Comme un nouvel âge… C’était ressortir de soi-même, voler, dans tous les sens du terme, planer, sur les gens, et être libérer, totalement, de cette prison qu’est la physique. Etre un ninja ouvrait déjà de nombreuses possibilités qu’aucun homme normal n’aurait jamais pu envisager, mais là, ça dépassait l’entendement…

Surfant les vagues de tuile, il se pencha, pris un peu de vitesse, et continua de glisser, jusqu’à ce qu’il n’en fut plus possible… Une agréable sensation de liberté, l’air qui filait sur son visage. Et derrière lui, une âme qui le suivait… Il sourit. Bientôt, elle le rattraperait, mais il ne se laisserait pas faire…

MessageSujet: Re: Un Peu de Sport   Lun 24 Nov - 19:30

Midona attendit qu'il parte ou, plutôt, qu'il se décide à partir. Elle ne doutait pas qu'il se lance. Peut-être n'y aurait-il jamais pensé tout seul, mais maintenant qu'il était face à cette possibilité, maintenant que la perspective de se lancer dans le vide, dans l'inconnu, dans le danger lui était proposée, il ne refuserait pas. Il sauterait. Midona n'avait jamais pensé inclure quelqu'un dans cette aventure. Cela ne s'était jamais présenté à elle. La jeune fille n'avait pas beaucoup réfléchi avant de prendre Sabi pour compagnon de jeu. Elle était convaincue que ce jeu-ci était fait pour être joué à plusieurs, à bien y penser.

Il sauta. Midona sourit, le regarda évoluer un instant. Il se débrouillait bien ! Pour un premier essai. Elle était un peu chagrinée de voir qu'il ratait quelques occasions de faire des bonds de folies, mais il n'avait pas encore l'œil suffisamment exercé pour voir les opportunités que le village lui offrait. Il débutait tout juste. Peut-être qu'il y prendrait goût ? …

Midona le suivit. Elle dévala la planche à toute allure et se propulsa puissamment sur le côté du bâtiment qui longeait la tour au dôme rouge. Comme avant. Elle se rattrapa avec une main sur le bord opposé, se hissa d'un coup sec pour bondir sur une poutre. Elle descendait, elle descendait toujours plus vite. Son chakra battait dans ses chevilles, remontait dans ses genoux, gérait les pliures, les excès, les douleurs. C'était jouissif. Son pied effleura un volet, un tremplin suffisant pour attendre un nouveau mur, et encore un autre. Petit à petit, Midona descendait dans la rue. Sabi était plus haut. La jeune fille se jouait des étals des marchands, couraient sur les tentures dressées et allaient toujours plus vite. Elle remonta sur les toits à l'aide de ses pieds et de ses mains, dépassa Sabi, et poursuivit sa course affolée.

Plus rien ne comptait ; est-ce que quelque chose n'avait jamais compté ? Le regard des gens, les exclamations, les sifflements, les airs désapprobateurs. Tout cela se mélangeait pour ne formait qu'un tout, pour former Konoha. C'était cela, pour Midona, son village. Un grand tout dans lequel elle évoluait gaiement, sans se soucier de qui fait quoi, mais toujours peinée de s'apercevoir qu'il manquait quelque chose à cet équilibre imparfait.

Avec une dextérité certaine, Midona évita un coin de mur. Sabi l'avait rattrapée. A force de rêvasser, on se faisait avoir par les garçons ! Grand dicton de fille. Ou peut-être seulement de Midona. Elle le doubla à nouveau, profitant d'un bond sur une façade. L'académie était en vue, à présent. Ils étaient donc déjà si loin ? Le temps s'accélérait, ou s'immobilisait, impossible d'en être sûre.

Finalement, il y eut la chute. Midona négocia mal un tournant, dû freiner brutalement, et sentit le corps de Sabi lui rentrer dedans. Encore. C'était plus douloureux, mais ce qui la fit cracher un peu de salive, se fut le coin du toit qui lui rentra dans la poitrine de plein fouet, et Sabi qui vint l'aplatir un peu davantage. Midona porta une main pour se rattraper, mais elle fut surprise – et un peu effrayée, mais c'était une peur animale, délicieuse – quand elle s'aperçut que sa main ne faisait aucun mouvement. Elle sourit, inconscient. Son esprit visualisait l'action qui fallait faire à présent pour ne pas chuter d'une dizaine de mètre, pour éviter d'avoir encore plus mal. Mais son corps était trop lent, et Midona ne leva la main que trois mètres plus tard, quand déjà plus rien ne pouvait la sauver. Elle s'écrasa sur le dos. Impossible pour elle de se rappeler s'il valait mieux tomber sur le ventre – sans doute pas, la poitrine écrasée c'est douloureux – sur le côté, ou sur le dos.

Visiblement, le dos n'était pas le moins douloureux.

Midona perdit son souffle pendant deux secondes, son corps avait tout expulsé d'un coup et elle suffoquait un peu. Mais ses organes repartirent de plus belle, prêt à la sauver d'un nouveau malmenage. Il était comme ça, ce corps. La Genin cligna plusieurs fois des yeux, surprise de la violence du choc. D'abord le corps de Sabi, puis le mur, puis le corps de Sabi et le mur, puis le sol, pour finir. Elle tourna la tête sur le côté. Son compagnon de jeu s'était éteint comme elle, sur la même ligne, tout près. Il n'y avait pas d'agitation autour d'eux, cette fois-ci. Ils avaient été cachés de la vue de leurs spectateurs au moment de tourner – même s'ils avaient raté le fameux tournant. Personne pour se précipiter à leur rencontre, les relever, les gronder aussi, un peu, parfois. Midona aurait dû prendre son air peiné, avec cette petite moue de la bouche qui faisait fondre toute velléité hostile. Masculine comme féminine – ça marchait très bien avec sa mère et sa sensei.

Elle toucha la joue de Sabi.

[Midona] – Coulé, héhé.

Il était si proche que son bras n'avait même pas à se tendre. Alors Midona l'embrassa, parce que ses lèvres n'ont plus n'avaient pas besoin de se tendre. Et c'était doux, et sucré, un peu, comme souvent les lèvres des garçons. Et peut-être des filles. Elle ne resta pas beaucoup, juste le temps de les pincer un peu pour leur redonner un peu de couleur, puis elle se recula et retomba sur le dos.

Comme avant.

MessageSujet: Re: Un Peu de Sport   Mar 25 Nov - 17:50

Cette sensation… était prenante. Le vide, total. Dans son esprit. Liberté. Il volait. Comme un oiseau. C’était un peu ça en effet. Bien sûr, sous ses pieds il y avait toujours la dure réalité, les toits rosés de Konoha, mais il allait si vite, qu’il n’avait pas même le temps de voir sur quoi il surfait. Si.

Sur une vague de bonheur.

Réaliser qu’on peut s’amuser si facilement était étrange. Lui, l’Uchiha, aux journées si pleines d’un vide irréel. C’était fictif. Il ne faisait pas grand-chose de sa vie. Il s’entraînait, il s’entraînait… Les seules personnes qu’il connaissait étaient des coéquipiers, ou des professeurs. Même les membres de sa famille étaient shinobi. Il ne les regrettait pas. Il essayait simplement d’imaginer ce que ça devait être d’avoir une famille normale, des amis qui n’utilisent pas le chakra, ou d’autres sottises du même acabit. Mais il était Uchiha, et la seule famille qu’il avait était soit dissoute à ses yeux, soit particulièrement impliquée dans les rangs armés du village.

En fait, il n’y avait que Riku, qui ressemblait plus à un frère qu’à un véritable coéquipier, en opposition à Tenson, et puis il y avait Mia. Cela faisait une nuit. Ce fut un déclic, sûrement. Alors il était ouvert à tout maintenant. L’aimait-il ? La soirée qu’ils avaient passés tous deux ne s’oubliait pas ainsi. Non, il ne parlait pas de rapports physiques. D’ailleurs il ne s’était pas passé grand-chose. Mais le simple fait de la serrer dans ses bras était déjà un progrès.

Non, ce qui les liait, c’était quelque chose d’absurde, d’infini et d’indéfini. Une passerelle si fragile, friable. La seule chose qu’il avait ressenti à son égard, c’était le simple sentiment de ne pas la décevoir. Il aurait pu tuer Kenji, dans cette boite de nuit. Oui, il en aurait été capable. Il ne se l’avouait pas souvent. Donne la mort restait impensable, et cela le faisait trembler de la tête aux pieds, la plupart du temps. Pourtant, il en était certain. On lui aurait laissé le champ libre… il s’en sentait capable. Pourquoi lui ? Alors que même pour un dangereux adversaire il hésiterait – pas longtemps, certes, mais il hésiterait tout de même – un frêle étudiant aurait subi le joug de sa colère. Justement, sa colère. Sa plus âpre, sa plus profonde colère. Il était un Uchiha. Voila sûrement pourquoi. C’était la seule raison pour laquelle il voyait une issue.

Ou alors était-il fou.

Mais il n’avait aucune folie de mort contre Keïko ou Sayuri, alors lui… Parce que dans ses yeux, la même colère l’abimait. Parce qu’il avait leur prétention, leur orgueil, leur ambition. Ce qui faisait de lui un Uchiha, et de Sabi un renégat. Même s’il n’était pas bien sûr que ces sentiments ne l’habitent pas également. C’était peut-être pour cela qu’il préférait éliminer tout lien avec eux, pour éviter que tout cela ne se réveille. Il ne savait pas vraiment ce qui se passerait si tel était le cas. Sa seule certitude était qu’il ne devait pas se tenter. Voila tout. Alors, oui, il éliminait. Dans tous les sens du terme… C’était un peu comme avec Oni. Il aurait eu les yeux de mort dès le début, il lui aurait déjà fait la peau. Il lui a fallu une défaite pour comprendre le personnage. Mais il ne se ferait pas avoir deux fois.


Le sourire de Midona réapparut à sa vue. Ils avaient bien avancés. Il pensait trop. Mia le lui avait déjà dit. Mais il n’y pouvait plus grand-chose maintenant. C’était intéressant cette capacité qu’a le corps à pouvoir satisfaire naturellement les plus grandes nécessités sans que l’esprit ne s’en rende compte. C’est un peu comme s’il avait mis le pilotage automatique, pendant que le pilot réfléchissait sur la meilleure stratégie à adopter. Sauf qu’ici, il n’y avait aucune tactique, il fallait juste foncer. Il y arrivait avec une facilité un peu déconcertante à ses yeux bien que nullement glorieuse. Il ne se pensait seulement pas capable de réaliser une telle chose.

Ou peut-être, simplement, de s’amuser. C’était… Tout était si simple.

Il eut envie de s’amuser. Intéressant. Inhabituel, mais intéressant. Ses pieds filaient, suivant le vent. Il touchait à peine les toits, les murs. Parfois, son kinobori changeait radicalement de substance, jonglant entre une main, une autre, puis les deux pieds. Il s’affinait, avec facilité, plus ou moins dru, en fonction de la qualité du support, ou de la vitesse à prendre et à avoir. C’était une régulation du chakra subtile mais Sabi aimait bien se savoir capable de le faire. Plusieurs fois le visage de Midona le dépassait, et finalement, parce qu’ils empruntaient des chemins relativement différents, il repassait devant. Il aimait courir sur les murs, parallèle au sol, effrayé les gens de son ombre lorsqu’il sautait une fenêtre, puis basculer jusqu’au mur opposé, changeant radicalement de position. Il remontait souvent sur les toits, slalomant entre les cheminées, les antennes et les élévations constamment présentes. Il enjambait les terrasses, puis redescendait rapidement.

Il attendait la chute… Elle serait là, c’était inévitable.

Midona lui passa devant sans même qu’il n’ait eu le temps de la voir arriver. Elle négocia un peu trop rapidement un angle droit et s’écrasa contre le coin du toit. L’Uchiha bien qu’agile, essaya de récupérer sa ligne de conduite comme il put. Une seconde de plus, et il serait passé sans la toucher. A défaut de temps, il l’enfonça un peu plus encore… C’était drôle. Dommaaaage…

Ils tombèrent tous deux. Sabi aurait aimé faire une petite roulade classe et se relever, essuyant ses habits de la poussière, un petit sourire en coin. Mais il savait bien que c’était impossible. Il tendit les bras vers le bas sans même essayé de retenir sa chute. Le choc au niveau des coudes fut violent. Il eut l’impression que ses avant-bras s’enfonçait douloureusement dans son bras, que le coude lâchait et que ses os se pliait, se cassait, et se rencontrait… Il préférer ne pas se lever avec les os qui sortent du poignet, mais cela aussi il ne pouvait le prévoir. Heureusement, la chute était grande, mais elle n’était pas immense. Et puis l’Uchiha eut le temps d’appliquer une légère couche de chakra, il remercia du fond du cœur Akogare pour cette merveilleuse technique, et il s’affala sur le sol.

Sur le ventre, il se retourna. Et étendit ses bras sur le sol, allongé, encore. Ici, personne ne viendrait les déranger. Il pouvait prendre son temps. Il sentit la respiration coupée de Midona. Un choc sur le dos remuait toujours un peu les poumons. Il inspira profondément. Il se sentait bien ici. En fait, il aurait pu rester des heures, à contempler le ciel éternellement bleu, le soleil, lumineux mais doux.

Sabi – Touchée…

Le doigt de la jeune kunoichi toucha sa joue. Pas un seul instant il ne voulut partir en courant. D’ailleurs toute image était absente. Il ne voyait que ce qui était possible. Et il était pour le moment impossible à ses yeux de voir le visage de Mia, ou de quiconque.

Il sentit ses lèvres, chaudes, sur les siennes. Sans qu’il ne s’en rende compte, il l’embrassait. Il avait oublié d’éteindre le pilotage automatique. C’était sûrement ça. Mais bizarrement, il rappela à la tour de contrôle que la touche était bloquée. Mais ils n’avaient pas à s’en faire, oh non. Tout se passerait très bien…

Le Genin resta allongé, sur le sol terreux.

Sabi – C’était euh… chouette…

Il ne savait pas bien s’il parlait de leur baiser, ou de leur course. Ou peut-être même des deux.

Sabi – Tes lèvres aussi, ont des pulsions ?

MessageSujet: Re: Un Peu de Sport   Mer 26 Nov - 15:13

Il y avait de longs nuages blancs au-dessus de Konoha.

Ils se découpaient nettement sur le ciel trop bleu, avec des anomalies généreuses et sporadiques, mais qui revendiquaient aujourd'hui leur place. Y avait-il des nuages, la nuit ? Pourquoi est-ce qu'elle ne les voyait pas, si c'était le cas ? Sauf en temps de pluie. Il était préférable, pour Midona, de croire que les nuages étaient le propre du jour, là où les étoiles étaient attachées à la nuit. De cette façon, les choses s'ordonnaient d'elles-mêmes. Même si la jeune fille n'avait rien contre le désordre.

Elle tourna la tête vers Sabi.

[Midona] – Non. J'avais envie.

Elle ne lui retourna pas la question. Bien sûr qu'il avait envie qu'elle l'embrasse. Pourquoi pas ?

Midona s'étira, toujours à terre, puis passa ses mains derrière la tête. Ses cheveux allaient sentir la poussière. C'était une drôle d'odeur, la poussière de dehors. Une odeur… de temps qui passe, de sandales qui se posent et qui repartent pour, peut-être, ne jamais plus repasser par-là. Une odeur un petit peu trop mélancolique pour Midona.

Elle roula sur elle-même pour se poser sur Sabi. Elle l'enfourcha et demeura là, couchée sur lui, les bras posés sur sa poitrine et son menton dessus. Elle semblait pensive, et ne se soucia pas de son genou qui rentrait dans les côtes du jeune homme.

[Midona] – Sabi Uchiha. Ma maman elle disait qu'avec votre regard, vous pouviez ensorceler les gens.

Un sourire lent s'étira sur son visage, jusqu'à ce que ses dents réapparaissent.

[Midona] – Tu penses que tu pourrais m'ensorceler ? …

Elle se pencha une nouvelle fois, posa ses lèvres sur les siennes sans l'embrasser. Elle jouait. Midona glissa sa main sur l'épaule de Sabi et la serra doucement. Elle lui ouvrit la bouche, le poussa sans le presser, et l'embrassa encore. Longtemps. Il n'était pas entier dans son baiser, mais cela ne la gênait pas ; il y avait plus de place pour elle. Ils se cherchaient, se trouvaient, se quittaient. Midona finit par reculer sa tête, ses yeux étonnamment pétillants. Son sourire se renouvela, et elle acquiesça pour elle-même.

[Midona] – Mmh, non, je pense que tu n'y arriveras pas, hé.

Elle se redressa, et recula d'un pas pour se dégager du corps de Sabi. Debout, elle s'arrangea les cheveux et épousseta pour la deuxième fois de la journée ses vêtements sales. Elle n'attendit pas que Sabi se relève. Non, elle se contenta de lui adresser un clin d'œil taquin et lui souffler :

[Midona] – A plus tard Sabi ! On se revoie… Eh bien, plus tard, je l'ai déjà dit.

Comme si elle n'était jamais tombée de dix mètres, comme si elle ne venait pas juste de se relever, Midona gravit sans efforts la bâtisse la plus proche et disparut de la vue du jeune homme à terre.

Il y avait de longs nuages blancs au-dessus de Konoha. Ils étaient gros et laiteux, ils attendaient qu'une bouche se pose sur eux pour en retirer tout leur suc sucré. Pour le moment, ils erraient simplement dans le ciel, se chargeant parfois de pluie et éclatant en trombes d'eaux. Jamais ils ne s'arrêtaient, et c'était tentant de devenir un nuage. D'attendre que quelqu'un nous découvre, nous goûte. Mais Midona avait beau faire. Dans cette histoire, elle était toujours davantage le vent farceur, le vent curieux, plutôt que le nuage paresseux.

C'était un marché honnête. Pour elle, et pour les autres.

MessageSujet: Re: Un Peu de Sport   Jeu 27 Nov - 17:20

Concert de regards, instruments de la torture des âmes. L’amour. Il n’y en avait pas. Ici, aucunement. Il n’y avait rien. Juste quelques fantasmes délivrés par l’impudeur d’une jeune fille qui semblait connaitre les hommes aussi bien que les toits de Konoha. C’était peu dire. Mais Sabi ne regrettait rien. Dans ses prunelles il lisait la situation éphémère qu’il vivait. Oui, éphémère. Cela ne durerait que quelques instants. C’était sa récompense, Midona le voyait ainsi. Elle avait trouvé un compagnon de jeu et elle savait que pour ce genre d’opération il n’était pas aisé d’en embobiner un. Sabi avait toujours très bien joué le bon pigeon. Mais sur le coup, il ne savait pas vraiment si c’était une arnaque. C’était… plutôt cool.

Assise sur ses côtes, leurs lèvres se rencontrèrent à nouveau, sans que l’Uchiwa ne dise rien. Il était dans une étonnante faiblesse, bloqué, ne pouvait réagir. Mais n’en avait-il pas un peu envie, tout de même ? Alors il se laissait faire. Ainsi n’avait-il aucun remord, aucun regret, il était encore sûr de lui-même.

Il retraçait des yeux tout le chemin qu’ils avaient fait. Oui, ils étaient allés loin. La jeune kunoichi n’avait peut-être pas refait son record, mais pour une première fois à deux, elle semblait satisfaite. Elle ne pouvait imaginer comment Sabi l’était. Ses baisers ouvraient une nouvelle porte. Il pénétrait dans un couloir qu’il n’avait encore jamais vu et découvrait une nouvelle fois tout ce que la vie avait décidé de lui cacher. C’était beau. Un long couloir blanc, tâché par le rose pulpeux de ses lèvres. Il rouvrit les yeux. Celui-ci avait duré un peu plus longtemps. Mais ils ne calculaient pas. Comment savoir s’il faisait ça bien ? Non, ce devait être tragique, c’était presque le premier. Pourtant Midona sembla s’en satisfaire. Elle avait remplie sa part du marché. Que demander de plus ?

Ils cherchaient, ils trouvaient, elle le quittait.

Elle se leva doucement et libéra le corps du genin, pris sous son poids. Dire qu’ils venaient de faire une chute d’une dizaine de mètres. C’était peu commun. Mais c’était tellement bon. Légèrement classe. Le cowboy et sa bien-aimée qui chutent, et qui dans leurs dernières secondes ensemble, se déclarent leur amour. Et puis, juste après, ils mourraient. Elle, lui, et ces quelques moments de bonheur. Il devinait dans ses yeux avec quel plaisir elle le manipulait. C’était amusant. Autant en profiter. De toute manière…

Sabi – T’ensorceler… Peut-être… Un jour.

Il se mit sur les coudes et se plongea dans la grande rue vide de passants. Elle avait bondi et déjà elle s’échappait de la réalité de sa vie.

Sabi – Ciao, Midona-chan..

De toute manière, il y avait Mia, qui l’attendait encore peut-être. Il espérait la retrouver dans son lit, rêvant. Elle pouvait rêver, il ne pouvait espérer que cela pour elle. Elle n’avait pas vraiment d’avenir en s’accrochant à lui. Mais il ferait tout pour la rendre heureuse. Il fallait simplement qu’elle ne soit jamais au courant de ce qui s’est passé aujourd’hui. Il ne trouverait pas les mots pour s’expliquer. Il n’y avait rien à expliquer en fait. C’était venu ainsi, comme c’était reparti.

Une fine pluie de poussière s’envola. Quelques têtes passèrent enfin entre les murs, intriguées. Les gens aimaient bien avoir la confirmation visuelle de ce que leurs autres sens leur apportent. Pourtant, la vue n’est-elle pas tout aussi manipulable que le reste ? Parfois plus, même…

Il s’enfila dans les petites ruelles de Konoha. Le centre-ville était assez immense. Il allait directement à la Maire. On venait de lui prévenir qu’une lettre était arrivée pour lui. Pour lui, et simplement pour lui ? Il avait une boîte aux lettres, comme tout le monde. Alors c’était particulier. Evidemment. Il accéléra la marche. Personne sur sa route, seul sur le chemin. Triste, comme d’habitude. Non, ce n’était pas possible. Pas faisable. Il n’en était pas capable. Il venait de s’amuser, il y avait quelqu’un qui pensait à lui pendant les longues secondes qui peuplaient leur vie, et il revenait de mission. Tout allait pour le mieux…

Il sourit, et passa les portes de la grande bâtisse. Cela faisait longtemps qu’il n’était pas venu ici. La première et dernière fois, c’était la rencontre avec Riku… Et avec Ginko. Un changement brutal dans sa vie. Elle avait basculé dans ce qu’il était maintenant. Mais bientôt tout cela changerait encore. Le Chuunin Exam arrivait. Et il comptait les emmener, lui et son frère, jusqu’à la plus haute des marches possibles…

MessageSujet: Re: Un Peu de Sport   Dim 30 Nov - 12:37

Midona : + 31 XP
Sabi : + 23 XP
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