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 Parc de Kiri

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MessageSujet: Parc de Kiri   Mer 7 Fév - 21:01

Rappel du premier message :

*Aaaaaaaahhhhh ! Rien de tel qu’une brise fraiche pour vous remettre les idées en place !*

La soirée était froide, un vent humide soufflait entre les branches des cerisiers qui avaient perdus leurs feuilles depuis longtemps. Il faisait plus que frisquet, mais le sang qui battait les tempes d’Ine et ses oreilles glacées avaient un effet revigorant sur la jeune femme.

Après une journée chargée en émotions, Ine était rentrée chez Ren’ai. Visiblement, celui-ci n’allait vraiment pas bien. Elle avait été frappée de voir des larmes sur ses joues, comme le choc que cela produit sur un enfant qui voit son père pleurer.

Elle n’avait pas eu besoin de demander, la raison était claire. Même si l’ex-chuunin n’avait plus aucune douleur, ni aucune déviance malheureuse la nuit, les cauchemars qui l’habitaient s’étaient intensifiés, comme si le sceau dont il avait été marqué voulait compenser la douleur perdue. Elle ne dormait plus près de lui, comme le lui avait recommandé Shinji Azechi, surtout depuis qu’il lui avait installé une chambre minuscule dans un recoin de la petite habitation. Mais quelque soit la distance qui la séparait de lui, les hurlements de Ren’ai continuaient de ponctuer ses nuits, conférant une atmosphère de peur à laquelle elle avait fini par s’habituer.

Pas lui. Il était fatigué, éprouvé même. Son visage était plus pâle que la mort, des cernes dessinaient des poches noireâtres sous ses yeux, enlaidissant l’homme séduisant qu’il était. Ine avait pris les choses en main. Pas question de le laisser comme ça. Elle avait pris son hôte par la main gentiment, et l’avait entrainé dehors.

Ren’ai n’avait pas renâclé. Accroché à la main de son petit bout de femme, il s’était laisser mener dans les allées du parc. Le froid, intensifié depuis quelques jours à mesure que l’hiver avançait, avait vidé la place, et seuls les arbres pouvaient encore témoigner d’une présence éthérée.

Paradoxalement, l’aspect lugubre du parc avait un effet calmant sur le chuunin. L’air vif ne semblait pas le déranger, il paraissait même s’en repaitre. Ces derniers jours passer à tenter de dormir à tout prix lui avaient fait oublier l’extérieur. Il remercia Ine de l’avoir fait sortir. Il devrait plus prendre l’air, cela lui ferait du bien. Peut-être qu’il dormirait mieux, après ça…

La jeune kunoichi était heureuse de voir son Ren’ai revigoré reprendre peu à peu des couleurs plus engageantes. Elle lui proposa de s’asseoir sur un banc un instant, ce qu’il accepta avec plaisir. Son inactivité l’avait un peu essouflée, et ses jambes restaient fébriles. Ine se percha sur une branche basse qui côtoyait le banc où s’installa Ren’ai, et laissa le silence s’installer.

Tellement de choses s’étaient passées ce jour-là, et sa petite altercation avec Zen n’était pas pour la rassurer. Voir le jeune homme, le visage entre les mains, et sentir qu’elle avait un devoir envers lui, celui de rendre sa vie de nouveau acceptable, faisait battre son cœur plus rapidement qu’à l’accoutumée. Elle s’était promis de le faire, de devenir ce maître genjutsu dont il avait besoin pour guérir son esprit, mais elle avait besoin de Zen pour cela. Si seulement déjà elle en savait plus sur ce qu’il s’était passé !

Elle décida de rompre le silence. Le shinobi avait l’air apaisé maintenant. Elle murmura :


« Tu sais, Ren’ai-kun, quand tu es arrivé chez moi il y a cinq ans, tu n’as rien voulu me dire, car je n’appartenais pas au corps des shinobi. Mais à présent que j’en suis, tu pourrais me parler de ce qu’il s’est passé, non ? »

Ine était consciente qu’elle risquait de gâcher la soirée, le calme auquel ils avaient goûtés tous les deux, mais c’était d’importance vitale pour elle. Ren’ai releva la tête et la regarda, un mince sourire désolé aux lèvres :

« Si seulement moi-même je le savais, Ine-chan. Je ne me souviens que de deux choses de cette soirée. Une impression de mal-être intense, quand j’étais au milieu de mon équipe. La seconde, c’est tes yeux qui me fixaient quand je me suis réveillé. »

Ine se sentit mal à l’aise. Elle se souvint des paroles lancées par le chuunin la nuit où elle était allée chercher Nimuro. "Ne me touche pas, chien de kuméen !" avait-il hurlé, ainsi que "Vous êtes deux, sales lâches ! Mais vous ne pourrez rien contre les soldats de Kiri !". La seule chose qu’avait dite les collègues de Ren’ai en le déposant chez les parents d’Ine, c’était qu’il avait été pris en embuscade dans les rizières.

La jeune femme s’allongea sur sa branche, les bras maintenant son cou, le visage vers les étoiles qui parsemaient le ciel, plus visibles que jamais dans ce froid abrutissant. Elle murmura :


« Je te promets, Ren’ai, qu’un jour tu seras libéré de tes cauchemars. »

Elle ne vit pas le sourire reconnaissant, presque amoureux, qui s’imprimait sur les lèvres de son chuunin.

AuteurMessage

MessageSujet: Re: Parc de Kiri   Mar 1 Juil - 17:56

" Je suppose que tu ne veux pas simplement marcher avec moi… "

Ine se sentit rougir. Takeo n’était pas spécialement chaleureux, mais ce n’était pas froid non plus. Il ne la chassait donc pas. Soulagée, elle se détendit ; elle ignorait pourquoi elle était si contente de le revoir.

« Je… Non. » avoua-t-elle à mi-voix. Elle se gratta la tête, un peu gênée.

« En fait… »

« …tu veux savoir ce qu’il s’est réellement passé. » Takeo plongea son regard dans celui d’Ine qui baissa les yeux.

« J’aimerais bien. Je sais que ce ne sont pas mes oignons, et je ne voudrais pas que tu me prennes pour une sale gamine trop curieuse et mal élevée. Mais… »

*Ca ne va pas !* Ine avait l’étrange impression que les choses ne se passaient pas comme elles l’auraient dû. En tout cas, rien ne collait au scénario qu’elle s’était fait dans sa tête. Elle avait prévu de mettre Takeo au pied du mur, mais elle s’en révélait incapable. Troublée et perdue, plutôt que d’employer la confrontation, elle murmura :

« Tu sais, je voulais te remercier pour l’autre soir. Toute cette histoire… elle m’a permis d’exorciser mon propre passé. »

Elle sourit doucement et releva bravement la tête.

« Je voudrais t’aider. Bien sûr, c’est à toi de faire ce choix de me raconter les choses ou non, et je ne peux t’y obliger. Tu peux me trouver arrogante, mais sache que ce n’est pas le cas. Ma démarche est sincère. »

Elle marqua une pause pour mieux appuyer le regard de Takeo, sans parvenir à déchiffrer l’expression de celui-ci.

« Je ne te dénoncerai pas » reprit-elle, un air farouche illuminant son joli visage. « Je ne dirai rien à Ren’ai, même, si c’est ce que tu souhaites. D’ailleurs, il ne sait même pas que je suis ici. »

Ine baissa le ton de sa voix. Un éclair de mélancolie passa sur son front et elle se mordit la lèvre inférieure.

« Le passé est un miroir, Takeo-san. Brisé, il est comme un puzzle qu’il faut réassembler. Mais, tout seul, on risque de se couper. Et si l’hémorragie est grave, qui t’aidera à te soigner ? »

Elle rit. « Bien sûr, tu es médecin. Mais les blessures du cœur sont invisibles, et, pour ça, la médecine n’est pas suffisante. Il te faut la colle qui cimentera de nouveau ton miroir. Même ainsi, il ne sera plus jamais tout à fait pareil. »

Ine tendit la main vers Takeo. A ce moment seulement, elle s’aperçut qu’il la dévisageait avec stupeur.

MessageSujet: Re: Parc de Kiri   Jeu 3 Juil - 11:47

Takeo s’en doutait, Ine n’était pas venu pour se balader avec lui, ni pour lui faire la causette à propos de son dîner de la veille. Et bien évidemment, elle recherchait la vérité – et c’est bien logique – mais étonnamment elle ne la recherchait pas pour Ren’ai, mais pour elle.

* Comme si elle avait quelque chose à cacher, elle ! Quelque chose dont elle a si honte qu’elle ne sort que le soir, lorsque personne ne peut la voir !

Bon, on est le soir, mais elle m’a dit qu’elle m’attendait, c’est pour ça sûrement. *

Elle venait de lui déballer toutes ses pensées, confuses, en un instant. C’était assez paradoxal : Takeo avait besoin d’un confident et en devenait un. Mais Ine le mettait à l’aise ainsi. Il sourit, mais le cacha.
Elle voulait l’aider, il avait besoin d’aide.

Takeo, c’est encore moi. Ton miroir s’effrite encore. De plus en plus. Je suis là pour t’aider, écoutes mon histoire…
- Non !
Voilà cinq ans que je me rabâche chaque jour une version des faits différentes. Il est temps d’arrêter de se voiler la face. Il faut assumer…

Ine s’approcha. Hésitante, elle bafouilla en se mordant le lèvre –gênée ? – des paroles sincères, assez philosophiques.

" Le passé est un miroir, Takeo-san. Brisé, il est comme un puzzle qu’il faut réassembler. Mais, tout seul, on risque de se couper. Et si l’hémorragie est grave, qui t’aidera à te soigner ? "

* Le passé est un miroir ? Pourtant, quand je le regarde, rien ne se reflète. Est-il brisé ? Mon passé est intact… même s’il est faux. Je ne comprends plus..où j'en suis? *

Elle rit et se rapprocha.
" Bien sûr, tu es médecin. " Elle posa la mais sur la poitrine de Jounin, resté silencieux jusqu’alors. " Mais les blessures du cœur sont invisibles, et, pour ça, la médecine n’est pas suffisante. Il te faut la colle qui cimentera de nouveau ton miroir. Même ainsi, il ne sera plus jamais tout à fait pareil. "

" Et je suppose qu’on ne trouve pas cette colle dans les rayons de l’épicier…" Ine hocha négativement la tête en unique signe de réponse.
" Et tu te crois capable de cimenter ce cœur ? Voilà cinq ans qu’il se fragmente. " La réplique était cinglante. Takeo, quant à lui, était plutôt perturbé.
" Tu risques d’en avoir pour longtemps avant de le rafistoler. "

Il la fixa, de ses yeux fins. Il ne s’était toujours pas rasé, depuis près d’une semaine, des poils en bataille poussaient, irréguliers, sur sa peau pâle.
Ils restèrent immobiles, le temps d’une courte bise. Takeo, détourna son regard, finalement.

" Plus que mon passé, j’ai un autre miroir, moi qui s’est effrité… "

Comment ça, tu veux assumer ?
- C’est toi qui me dis sans cesse de réparer ce miroir. Je sais désormais comment il faut faire.
Tu mens. Tu ne sais pas, tu crois savoir.
- Si je veux de nouveaux voir un reflet dans ce visage brisé, sans en être dégoûté, sans frapper ce miroir d’autant plus fort, il faut que je me confie. Voilà tout.
Tu t’obstines dans l’erreur. Ecoutes donc mon histoire..
- Non ! Ce miroir, j’ai enfin saisi ce que c’était.
Tu mens. Tu n’as pas saisi, tu crois avoir saisi.
- Peut-être. Mais l’acceptation de soi est un pas vers la rédemption. Ce miroir, pour moi, c’est autant mon égo que ma conscience. J’ai besoin d’une conscience, je veux la retrouver !
Alors, Takeo, cette fille te servira de conscience ?
- Cette fille m’aidera à la retrouver et à ne plus jamais la perdre.
S’il en est ainsi, racontes donc ton histoire…pour la première fois depuis cinq ans. Libères toi de ce fardeau qui t’as occupé l’esprit pendant si longtemps.

" …ce miroir, j’en ai besoin. Et pour le reconstruire, j’ai besoin de toi. "

Ine me prêtait une oreille attentive, maintenant plus que jamais.

" La vraie version des faits, tu seras bientôt la deuxième personne au monde à la connaître. La première, c’est moi. "
J’inspirai. J’étais prêt, désormais.

MessageSujet: Re: Parc de Kiri   Mer 9 Juil - 19:34

" Et tu te crois capable de cimenter ce cœur ? Voilà cinq ans qu’il se fragmente. "

*PAF, prends ça dans ta figure, Ine-chan, ça t’apprendra à t’occuper des affaires des autres !*

Ine se sentit soudain très triste, et elle était prête à rentrer et à laisser Takeo tranquille, puisqu’il ne semblait pas vouloir de son aide. Heureusement, le jeune homme s’adoucit :

" Tu risques d’en avoir pour longtemps avant de le rafistoler. "

Il la fixait et elle lui rendit son regard, s’efforçant de se montrer forte et assurée pour mieux l’encourager. Sa barbe de quelques jours le rendait craquant, un peu sauvage. Ine sentit son cœur battre un peu plus vite qu’à l’accoutumé et finalement, Takeo détourna les yeux. Elle se détendit.

" Plus que mon passé, j’ai un autre miroir, moi qui s’est effrité… ce miroir, j’en ai besoin. Et pour le reconstruire, j’ai besoin de toi. "

Le feu monta aux joues d’Ine, et elle remercia le ciel qu’il fasse nuit noire pour que Takeo ne puisse pas le voir. Alors ça y était ? Il était prêt à lui raconter la véritable histoire de cette mission ratée ?

" La vraie version des faits, tu seras bientôt la deuxième personne au monde à la connaître. La première, c’est moi. "

Takeo inspira profondément. Prise d’un élan de je-ne-sais-pas-trop-quoi, je m’élevai sur la pointe des pieds pour déposer un baiser sur sa joue rappeuse. Je pris aussi sa main :

« Tu peux y aller » l’encourageai-je, « je suis avec toi. »

Je me donnai un air sérieux et élevai l’autre main, la droite. Solennelle et sans le perdre des yeux, je lâchai :

« Je te promets de ne pas t’interrompre. »

*Je passe pour une idiote* -_-‘

J’examinai Takeo qui avait pris l’air résolu de la personne bien décidée à en finir avec ses problèmes. Je souris malgré moi, parce que ça lui conférait une espèce d’aura qui le rendait encore plus séduisant. Pour ma part, j’étais prête à accueillir son récit, à l’écouter, à le consoler s’il le fallait. J’attendis qu’il se lance.


[Désolée c'est pas bien long et ça fait pas avancé le smilblik mais je peux pas raconter à ta place ce que va dire Takeo^^]

MessageSujet: Re: Parc de Kiri   Sam 19 Juil - 0:22

[Avec le scénario à Kiri, je suis complètement passé à côté >< soooorrrryyy (cf wanted xD)
Pour la peine, t'as le droit à un post plutôt long Very Happy]

Elle me prononçait des paroles encourageantes, mais je ne les entendais déjà plus. Mon esprit était revenu cinq ans auparavant, lors de la désastreuse affaire qui précéda ma dégradation.

" Où m’en étais-je arrêté la dernière fois ? "

En fait, je n’avais pas commencé. Je me posai cette question dans le seul et unique but de persister à croire que j’avais raconté un brin de vérité la dernière fois. Je ne suis pas encore tout à fait prêt à la raconter.
Je devrai partir, comme chez Ren’ai…

Je devrai fuir. Fuir ? Encore ? ! Ah, ça non ! J’en ai marre de fuir…

Mais j’ai beau chercher les mots, rien ne me vient à la bouche. J’ai menti. Je me suis enfui…Dis les, allez !

" Je…j’ai… " Me suis enfui ! Menti ! Dis quelque chose bon sang ! Mes cordes vocales semblent immuables, aucun son ne sort de ma bouche.
Tout d’un coup, je transpire. J’ai une bouffée de chaleur, comme si l’on m’avait enfermé dans un four à thermostat chaud. Je deviens rouge, heureusement que la nuit est bien noire ce soir.

" Ce n’est pas facile à dire. "

Pourquoi est-ce que je dis ça ? Elle le sait. Et ce n’est pas ce que je veux dire. Je détourne encore le problème. Je devrai peut-être, avant de le dire à quelqu’un d’autre, réussir à me le dire, à moi, que je me suis enfui, pour de bon. Après, ça serait plus simple, non ?

Peut-être pas. Face à face avec moi-même, avec mon miroir brisé, personne ne peut me pousser à m’assumer. Fuir est tellement simple.

" Je… "

Mais elle, elle me pousse vers l’avant, elle me guide, m’incite, non pas pour la vérité, mais pour m’enlever le poids qui m’alourdit les épaules.

" …me suis… "

Oui, allez, plus qu’un petit effort. Elle me prends la main, nos doigts s’entrelacent. Elle dépose un baiser sur ma joue, et la sensation me rappelle que je ne me suis pas rasé depuis quelques jours. Je sens qu’elle est captivée, qu’elle attends une suite, le dernier mot. Celui qui me libérera, qui nous libérera. Mon rythme cardiaque s’accélère, cette mission a été un véritable traumatisme pour moi.

" …enfui. " Oui ! Le mot est finalement sorti, en fin de souffle. Mais tout d’un coup, je sens son treinte sur ma main, plus faible moins vivace.
Maintenant que j’ai commencé, il faut finir. Je lui dois la vérité, toute, entière.

" Connais-tu les Réprouvés ? " Elle ne dit mot, mais je crois qu’elle a hoché la tête.
" Ce sont des traîtres à la Patrie. Ils ont permit à Kumo de s’infiltrer par le Fort de la Rivière Rouge et de nous couper les renforts. Nous avons pu repousser l’assaut, au pris de fortes pertes.
J’étais Jounin à l’époque. Je dirigeais une escouade, comprenant Ren’ai. La veille de la trahison, l’ancien Kage nous a confié une mission terriblement cruciale. Cette mission était d’apporter un message aux dirigeants du Fort. Certaines hautes Instances avaient entendus le bruit que des intrus avaient pénétrer ledit Fort. Ils étaient au courant de la trahison des Réprouvés.

Comment je le sais ? Ah, ça c’est un secret professionnel, j’y viens. " Une petite touche d’ironie pour se donner du courage.

" Nous sommes partis au coucher de soleil. Imagine notre équipe comme espoir de Kiri. Quelle farce ! " Je m’arrête un instant.

" J’avais presque quinze ans à l’époque… "

Etonnamment, l’étreinte d’Ine se resserra. C’était agréable. Heureusement que Tachi, ma fiancée, ne nous voyait pas, sinon j’allais au-delà de gros ennuis.

" Au milieu de notre chemin, en plein marécage, nous avons été attaqué. Ren’ai, le premier, est tombé. Sa cage thoracique avait explosé. Puis, j’ai esquivé de justesse une attaque raiton qui m’a blessé à la nuque. "
Comme preuve à l’appui, je relève mon col et fais découvrir à Ine, bien qu’elle ne puisse la voir, une cicatrice, marque d’une ancienne estafilade.

" L’ennemi était trop bien embusqué. J’ai déclaré un repli. Mes mais deux autres coéquipiers avaient été touchés à leur tour. L’un est mort sur le coup. L’autre a aujourd’hui un bras en moins. On a pu repartir à trois – je portais Ren’ai – sans blessure supplémentaire, et sans honneur.
Le but de cette unité devait être d’empêcher des troupes de rejoindre le Fort. Il s’agissait d’une embuscade sans aucun doute. Nous étions attendus et pris au dépourvu. Mon unité avait été réduite au néant. J’ai administré, lorsque j’ai estimé être assez éloigné de la zone de combat, les premiers soins à Ren’ai et ma coéquipière. Malheureusement, je n’ai pas pu faire de miracle.

Le jutsu qui a frappé Ren’ai était un maléfice puissant, et je n’ai fait que préserver sa vie. Nul doute que si j’étais resté plus longtemps à ses côtés pour étudier son cas, avant que le maléfice ne s’installe et devienne trop puissant, j’aurais pu l’enlever ou au moins en diminuer la portée. Quant à mon autre équipière, son bras était foutu, je ne pouvais rien pour elle. "

J’étais sur ma lancée, je ne me souciais plus de la réaction d’Ine vis-à-vis de ma déclaration. Il fallait que je dise tout, sans erreur, sans mensonge.

" On a trouvé un petit village, où j’ai confié mes deux équipiers à des familles différentes. Tu l’auras deviné, tu as hérité de Ren. " On s’était assis sur l’herbe depuis longtemps. Je ne m’en étais pas rendu compte. Je pris un brin d’herbe que je coinçais entre mes deux lèvres.

" J’ai ensuite enfreint une règle élémentaire. J’ai voulu savoir pourquoi mon équipe avait été attaquée et disloquée. J’ai donc ouvert la missive, et j’ai tout lu…
Il était question d’un, d’un seul, d’un unique traître. Il fallait que je reparte finir la mission, en prenant un nouveau chemin. Mais j’avais terriblement peur. Désormais j’étais tout seul, sans renfort, ni soutien.

J’ai avancé dans les marécages, par un autre chemin, mais il était impossible d’y être silencieux. Je supportais une pression effroyable, d’être attaqué à tout moment, et d’y laisser la vie sur le coup, sans pouvoir rien y faire.

C’est là que je me suis écroulé, et que mon miroir s’est effrité pour la première fois. " Je crachais au plus loin le brin d’herbe que j’avais gardé dans la bouche.

" Je me suis enfui, comme une lopette. Et je ne suis même pas retourné vers mes camarades blessés. J’avais besoin de me sentir en sécurité, alors je suis repartit sur Kiri sur le champ.

C’est sur le chemin du retour que j’ai eu affreusement honte. J’ai inventé une histoire à deux sous pour revenir plus en héros qu’en lâche, quitte à me poignarder moi-même, aux portes de la ville.

Une unité médicale ne fut même pas déplacée : cette mission était un secret absolu, elle ne devait pas s’ébruiter. C’est pour ça que Ren’ai et ma coéquipière n’ont pas reçu les soins nécessaires. J’ai été hospitalisé, moi, sans enquête.

A mon réveil, l’homme qui m’avait chargé de la mission était mort, la guerre était déclarée. Une nouvelle notion s’était installée, celle de Réprouvés. Ma missive avait disparu, je n’avais plus de preuve, mais je reste persuadé que les Réprouvés ont été piégé par le traître, qui n’a d’ailleurs plus remis le pieds au village.

Voilà, tu connais les grandes lignes. C’est pas glorieux. J’ai raté la mission, et tué mon équipe, en me donnant le beau rôle. Et je suis loin d’en être fier.

Pardon. " Je m’excuse à qui ? Pourquoi ? Ce que je viens de dire, j’aimerai que Ren’ai le sache. Je me passe la main sur le menton, comme à l’accoutumée.

* Il faudrait que je rase cette barbe de trois jours…*

MessageSujet: Re: Parc de Kiri   Mar 22 Juil - 23:52

« Elle te va bien pourtant. Je trouve ça très sexy. »

Ca lui avait échappé. Ecrasée de honte, Ine se mit à rougir tandis que Takeo la dévisageait sans comprendre. Il se rendit compte qu’il avait pensé à voix haute et il se mit à rire de la confusion de la jeune kunoichi, bientôt rejoint par Ine qui se moqua d’elle-même de bon cœur. Ils étaient toujours assis sous un arbre du parc, déserté à cette heure avancée de la nuit. La lune faisait néon, les quelques chouettes bande sonore. Leurs rires s’éteignirent dans la vapeur de leur souffle.

Ine sentait, entre ses doigts mêlés à ceux de Takeo, les battements de cœur du chuunin médecin. Sa main était chaude, et en cherchant bien elle ressentait même l’infime flux de chakra qui circulait dans ses veines. Plus d’affolement. De la sérénité, seulement. Apaisée, Ine posa sa tête sur l’épaule de Takeo qui se raidit un peu.

« Je ne sais pas quoi te dire. » Ine était grave, un peu confuse, presque désolée. Maintenant que Takeo lui avait tout raconté, maintenant que le puzzle du miroir était résolu, il fallait le consolider. Mais était-elle capable d’effacer sa culpabilité ?

« Je ne sais pas ce que j’aurais fait, à ta place. Tu n’avais que quinze ans, et quelque fut le nombre d’années d’entraînement, quelque fut ton grade d’alors, on n’est pas encore un homme à quinze ans.

Ce que je sais, c’est que j’aurais fait pareil que toi. J’aurais privilégié mes hommes à ma mission. Ce qu’il s’est passé après, je ne peux pas t’en blâmer. Avec la pression, les responsabilités que cela impliquait, tu as pris peur et c’est tout à fait humain. Tu n’as pas à t’en vouloir, Takeo. Tu as agi comme n’importe quel enfant qui a fait une bêtise. Tu as déguisé la faute. »


Ine se mit à bailler involontairement, rattrapée par la fatigue. Elle s'excusa, d’une voix de petite fille :

« Je suis désolée, Tak. Je ne t’aurais pas été d’un grand secours finalement. Je voudrais sauver le monde mais je suis bien incapable de te consoler. J’espère que le fait de m’avoir raconté ton histoire t’aura au moins soulagé, comme moi je l’ai été quand Ren m’a prêté son oreille. »

Elle savait qu’elle devait s’en aller, mais Ine n’en avait aucune envie. La chaleur de Takeo, là, dans le froid de la nuit kiréenne, elle se sentait bien tout contre lui.

« Pardon. » murmura-t-elle. Envie de dormir. Elle ferma les yeux.

MessageSujet: Re: Parc de Kiri   Lun 20 Oct - 18:15

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