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 Les vérités d'un songe

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MessageSujet: Les vérités d'un songe   Les vérités d'un songe EmptyLun 2 Fév - 22:49

C’est le dernier soir je crois bien… Il est, particulier. Oui, j’ai l’impression que le temps s’est éteint. Vraiment étrange… Je suis, plutôt bien. Confortablement assis devrais-je rajouter. Je regarde la nuit… Elle est douce aujourd’hui… Quelques étoiles qui commencent à perler ça et là. Une nuit comme les autres. Peut-être. J’aimerais. Je croise mes pieds, et j’inspire doucement, l’air frais qui pénètre dans ma chambre, ma fenêtre grande ouverte. Et, doucement, je sens un bonheur certain qui monte. Je me demande comme cela est-il possible. Quinze années que je recherche la satiété de mon âme, la sérénité que mère a toujours désiré pour moi… Et puis je comprends.

J’en suis sûr maintenant : c’est le dernier soir.

J’écarte mes membres, reformant correctement les diagonales de mon lit, sur les draps dépliés. Mia n’est pas là ce soir ? Tant mieux. Je ne sais pas ce qu’elle fait. A vrai dire je m’en fous. Peu à peu, la boule de glace vanille qui luisait sur le toit, de l’autre côté de la rue, remonte. Je peux apprécier ses douces saveurs fruitées. Elle est ronde aujourd’hui, la lune. Elle est grande, pleine, et elle fond. On dirait bien qu’elle fond oui. Je n’ai jamais vu de lune fondre, et j’avoue ne pas savoir comment j’ai pu vivre sans cela. Elle tâche les toitures, et glisse dans les rues. J’aime autant la lune que je vénère le soleil. Deux habits d’apparats qui me tiennent à cœur.

Décidemment, je ne m’y ferais jamais je crois. C’est bien le dernier soir.

Tout m’est… différent. J’aime ce qui m’entoure, j’apprécie ce moment présent qui me fuit depuis toutes ces années. Je suis seul, adolescent de quinze ans, parfois rebelle, parfois impuissant. Je connais colère et tristesse. Je n’aime pas beaucoup le monde tel qu’il est fait, tel qu’il m’a fait. Mais ce soir… Mais ce soir je respire le même air, et tout… Tout m’est différent.

Je sourie.

Je passe mes bras derrière ma tête, qui se cale entre les deux coudes. Une sensation étrangère me transperce. Une plénitude sans nom se métamorphose en moi. Je ne sens plus le froid, ni le chaud, je n’ai plus mal, mes yeux restent ouverts, seuls, sans que je n’ai besoin de retenir mes paupières de tomber. Je respire, encore une fois… Je ne m’en laisserais jamais ! Oh non, jamais. Toutes ces souffrances endurées, que j’ai surmontées, comme tous les autres.

Alors voila, c’est donc la dernière fois que je la vois. Elle me plait. Je crois que, je l’aime, un peu. Je n’ai jamais pu toucher le soleil, mais elle, on dirait qu’elle est juste devant vous, et qu’elle vous tend la main. On voit tous ces petits cratères formés par les roches obscures, et on se dit que finalement, elle n’est pas si loin. Et que si je savais voler, j’irais la rejoindre, rapidement. Et jamais plus je ne redescendrais. Cette nuit sera la dernière. Et je résume tout ce que je sais. C’est ce moment dans sa vie où, on se rend compte de l’immensité de l’être, et où on appréhende demain. Je n’appréhende en fait rien, je connais demain. Demain… sera le dernier, comme tout ce que je vis en ce moment-même. Alors, puisqu’il ne me reste que quelques heures, je fais comme tous les autres, je vois ma vie qui défile devant moi.

J’ai la seule chance de prendre un peu d’avance et de pouvoir approfondir en quelques heures, ce que certains doivent à peine voir en deux secondes. Le temps que la lame quitte leur cœur. Et qu’ils s’éteignent.

Oui, ce sont des confessions.

Je connais un homme, qui s’appelle Shinzei. Il semble extérieur, et pourtant, il est en moi et symbolise mon sharingan, mon dôjutsu de colère.
Je connais, inexplicablement, le nom de et le visage de ma mère, Idji, qui m’a abandonné, pour des raisons, que j’ignore encore. Je me souviens simplement de l’expression de désolation qui crispait son visage.
Je connais le nom de mon père, Sanobu. Mais de lui, il n’y a rien d’autre qui vient, seulement un noir, flou. Presque malsain.
Il y a Takeshi qui, étrangement, peuple mes rêves, avec ces autres personnes, qui ne sont apparemment que fictives. C’est le seul lien, avec mon nom, qui relie, rêve à réalité. Et qui me permet d’affirmer, qu’il se cache des choses dont j’aurais aimé savoir plus tôt l’existence.
Enfin, il y a Lui. Un homme, grand, voix rauque, un long manteau sur ses épaules qui vient jusqu’à protéger ses chevilles des poussières. Un homme de nos terres, un homme du pays. Et sur sa tête, un grand chapeau. Il émane de cette personne dont je ne sais rien d’autre, un chakra immense, une aura, qui semble bienfaisante, pour moi en tout cas.

Et pourtant de ce système, le malsain renait, et je ne sais quoi penser.

Ma plume se pose et arrose. Le papier s’inhibe de l’encre violette qui s’illumine des reflets de la lune. J’apprécie. Peu à peu mes yeux se ferment. Cette nuit est la dernière, laisse toi porter, et revois tout ce qui te manquait. Saisis l’impossible, j’ai déjà pris tellement de mes rêves sans que personne n’en sache rien. Sauf Takeshi. C’est chez lui que j’ai puisé, les premières informations.

Demain j’affronterais Riku. Sûrement le plus tragique combat de ma courte existence. Pas le plus dangereux, loin de là. Mais le plus tragique oui. Une fin, pour nous deux.

C’est sûrement mieux ainsi.

Mes yeux se ferment, la plume, lâchée, retombe dans le gobelet d’encre, et mon bras s’étend doucement le long de mon corps. Je m’enroule dans les draps blancs, laissant la lune veiller sur moi. Alors les songes commencent.

C’était, mon dernier soir.


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MessageSujet: Re: Les vérités d'un songe   Les vérités d'un songe EmptyLun 2 Fév - 22:50

Shinzei parcourut les rues de Konoha. Le fier personnage avançait, sûr, la marche digne, et le corps élancé. Personne ne pouvait stopper son excès de confiance, sinon les personnes qui l’avaient mis au monde. Mais de celles-ci non plus, il n’était plus certain du caractère vivant de leur constitution. L’Uchiha parcourut le centre-ville, sans se soucier ni du soleil dominant qui écrasait le village de ses lumières et chaleurs insupportables, ni des passants, qui lançaient sur lui, un regard amer, un mépris notable mais apprécié. Le bout de son nez pointait, en avant, de son fier regard, de son allure arrogante, mais que les chefs appréciaient porter. Le shinobi fila, sans se soucier, donc, de tout cela. Il laissa, avec un dédain presque provocateur les deux gardes couvrant les frontières de Konoha, à leur place, et plongea dans l’ombre que les grands arbres projetaient sur le sol. Son pas facile accéléra, et Shinzei se mit à courir, comme s’il fuyait.

Non, il ne fuyait certainement pas, Shinzei n’était pas un lâche. Bien au contraire même. Il représentait, en son seul regard, tout ce dont on pouvait tirer des vices puissants des hommes. L’arrogance, le mépris, le dédain, la fierté, la dignité, tout cela rassemblé en une seule et unique personne, qui aboyait et jacassait ses bienfaits dans tous les coins de rue. Comme clamant une nouvelle parole, bonne, de surcroit, prêchant avec ferveur une pensée divine à laquelle tous et toutes, devaient se plier, couchés devant son opulence. C’était un idéal désagréable, qu’il était dur de supporter. Pour certains, la présence même de Shinzei était un facteur de fuite, de mal-être, et de malaise. Une suintante et inconfortable impression de rapetissement de soi-même, comme si l’excès de zèle, révélait une puissance autre, et qu’à côté du grand homme, nos tous petits pieds ne peuvent rien faire, que d’un pas, immense, les nôtres, doivent en user d’une dizaine pour suivre. Mais suivre qui ? Suivre quoi ? Suivre un homme qui dégoute chacun d’entre nous, déstabilisant nos plus profondes convictions morales. Shinzei était un nom que chacun ici connaissait, et que des plus immondes truands, aux plus vils personnages, vénéraient un respect sans fin. Un respect, qui prenait une vaine forme de crainte, un sentiment mue d’impossible révolte. On ne pouvait que vomir. Et c’était déjà une faiblesse.

Traversant rapidement la forêt, il se rendit enfin devant une haute cascade aux chaudes émanations. La vapeur qui s’en dégageait n’était pas inconnue, à qui ? Nous n’en savons rien. Cependant cette impression de déjà-vu aurait déstabilisé le plus sûr des hommes. Shinzei s’appuya contre un chêne, et caressant l’écorce de ses doigts fins s’avança vers le centre de la clairière. Il s’arrêta enfin, devant le petit étang, d’un bleu clair, presque transparent, qui laissait aux baigneurs, le plaisir de pouvoir écarquiller les yeux une fois plongé dans ses méandres. Quelques poissons d’un rouge flamboyant jouaient entre les pierres, torturant le calme apaisant des tiges de nénuphars.

- ? - Te voila enfin.

Shinzei sourit. Il ne bougea pas, contemplant son reflet aucunement déformé par les fébriles vagues.

- Shinzei - Aurais-tu douté de ma parole ?

- ? - Aucunement. Tu es à l’heure.

Il pointa un doigt vers les cieux, et prit un ton enjoué.

- Shinzei - Comme d’habitude, Sanobu-san.

Le ricanement frivole qui se fit entendre du personnage, percuta son dos. L’ombre avança vers lui, ternissant l’eau claire. Subitement, Shinzei tendit son bras, interdisant au dénommé Sanobu de faire un pas de plus, et de se mettre à son niveau. L’image se brouilla. L’onde devint visqueuse, la lumière s’assombrit. Peu à peu la clairière prenait une forme tavernière, une chaude ambiance s’y diffusant, quelques relans d’alcool et de cigarette coiffaient le plafond de bois lattés, pour seule couverture. Le tout s’évapora rapidement, et la nuit prit la cascade blanche de vitesse. La lune, ronde et jaune illumina les eaux de l’étang, où une fine brume continuait d’accentuer le charme du lieu. Assis sur un rocher, Shinzei toisa Sanobu du regard. Il trembla, traversé par un frisson incontrôlable.

- Sanobu - Qu’attends-tu de moi, Shinzei-san.

Son visage se défit, et enfin une expression vint déformer son rictus songeur et menaçant.

- Shinzei - Ce que nous voulons tous savoir. Ce que nous recherchons tous. Et moi, particulièrement. Regarde toi, tu fais tellement pitié, que tu ne mérites même plus de vivre parmi nous. Tu es rongé par je ne sais quels remords, qui te dévorent de l’intérieur. Un ermite, tu n’es devenu qu’un sal ermite. Une sangsue, qui suce notre société avec une soif sans fin. Tu n’es digne de rien, Sanobu, pas même de ma visite.

- Sanobu - Pourtant, c’est toi qui es venu à moi.

Un sourire se dessina sur ses deux lèvres.

- Shinzei - Exact. Je reste… dans l’incompréhension. Voila deux mois que nous ne t’avons plus vu au domaine. Takeshi s’inquiète.

- Sanobu - C’est bien la première fois.

Un rire malsain sortit de la bouche du grand shinobi aux mèches noires. Quelques bagues ornées d’argent et de pierres éclaboussèrent Sanobu des éclats qui se reflétaient de la lune.

- Shinzei - Tu as raison, même si je n’y crois pas un seconde. J’ai besoin de réponses. C’est sûrement pour cela que je suis là. Après, peut-être, devrais-je te tuer.

Sanobu se tut. Sur son visage, aucune expression n’osa se former. Shinzei avait toujours ce sourire arrogant au bout des lèvres. Il dévisagea celui qui lui faisait face, celui avec qui il avait passé une grande partie de sa vie, et qu’aujourd’hui, il ne reconnaissait plus. Autrefois, ses cheveux étaient d’un brun lisse et poli. Aujourd’hui, ils sont encrassés par la poussière et par l’humidité. Ses plis s’étaient desserrés, laissant une peau détendu sur son visage. Sanobu s’était tassé, et la quarantaine d’années qu’il avait passé sur ce monde s’était soudainement transformé en une étrange attente. Son regard vif, son attitude hautaine, ses mains agiles, ses jambes rapides, tout cela avait disparu. Il ne restait chez lui, que le culte d’une puissance passée, l’attente d’un renouveau impossible, un chakra, qui émanait de sa personne comme toujours puissants, mais que l’enveloppe charnelle qui le protégeait n’avait plus rien de protecteur. Sinon la pitié qui en ressortait.

Shinzei ne connaissait pas la pitié. Et Sanobu avait vite deviné qu’il en faudrait bien plus à l’Uchiha pour qu’il ne le tue pas.

- Shinzei - Où est ton fils, Sanobu. Je ne te demanderais pas ce que tu as fait de ta femme, je suppose qu’il vaut mieux que je ne sache rien de tout cela, de sorte que ma colère ne soit pas encore plus grande. Tu fais ce que tu veux des femmes. Mais tu n’as pas le droit de jouer avec les Uchiha’s.

- Sanobu - Pourtant, j’ai bien joué avec vous tous, pendant huit années.

Il sourit, de jouissance.

- Shinzei - Ça fait vingt deux ans que je m’amuse de tout, de toi, du clan, des autres, crétin. Je t’ai posé une question : où est-il ?

Le juunin reprit une voix ferme. Il changeait du tout au tout. Du provocateur, il était devenu sérieux. Subitement, il devint menaçant. C’était tant de masques que l’homme portait, qu’il en était imprévisible, parce qu’impulsif.

- Sanobu - Ce n’est plus mon fils. D’ailleurs, un homme m’a bien fait comprendre que ça ne l’a jamais été, et que ça ne le sera jamais. Il appartient à la rue maintenant, tu ne pourras plus le retrouver. Takeshi non plus. C’était d’ailleurs pour cela qu’il voulut qu’on l’abandonne.

L’ermite parlait de choses qui étaient inconnus à Shinzei. Il brassait un mystère tellement gros que bientôt, l’appétit du juunin n’en fut plus satisfait. Il n’était pas vraiment venu pour cela, mais au fil de la conversation, son effort se fit payant.

- Shinzei - Qui « il » ? Qui « on » ? Tu parles en énigmes, chose que tu as toujours détestée. C’est à cause de ce même homme, que tu es ici – ne me crois pas attendri, ton exil me convient à merveille.

Sanobu fixa Shinzei, et ne dit rien. Un danger, énorme, que peut-être même le plus fier des Uchiha’s ne pourrait relever. Aucun nom ne sortait de leur bouche, pourtant Shinzei avait déjà compris qu’il s’attarderait plus tard sur ce sujet, si Sanobu ne mourrait pas aujourd’hui, et s’il valait la peine de s’y attarder. La peine et l’utilité. La couardise est une main-mise que même les plus forts d’entre les forts aiment mettre à mal, et utiliser avec une dextérité certaine. Un maniement innée, comme l’on donnerait toutes les cartes de la jouissance physique à la naissance. Il esquissa un « bien » timide, et reprit la conversation, plus calme.

- Shinzei - Comment s’appelle-t-il déjà ?

Sanobu sourit, sans qu’il ne comprenne vraiment pourquoi. Peut-être parce qu’il ne saisissait pas l’intéressement de Shinzei à ce propos. Peut-être aussi, parce que quel que soit son nom, le juunin ne le retrouverait pas. Mais si Shinzei avait bien une certitude, c’était qu’il fallait mettre la main sur l’enfant, avec que Takeshi ne décide de le faire. C’était la seule invariable de la phrase, seul point fixe du raisonnement. Seule condition valable de leur survie.

Quoi que de vivre, Shinzei s’en fichait pas mal. Il se croyait déjà immortel.

- Sanobu - Elle l’a appelé Sabi. Je ne sais pas pourquoi, le jour où elle en a décidé ainsi, je pleurais à des pieds trop grands pour chausser mes sandales.

La métaphore était intéressante, mais inutile. Il avait le nom. Sanobu ne lui était plus d’aucune utilité. Un sourire carnassier se dessina sur son visage. L’homme, en face, vieillit par la vie de nature qu’il menait, soupira, et ne répondit pas.

La lune s’arracha de son socle divin, et vint les éclairer de sa clairvoyante vérité.


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MessageSujet: Re: Les vérités d'un songe   Les vérités d'un songe EmptyLun 2 Fév - 22:51

Quelques heures plus tôt.

La blancheur du soleil rayonnait encore dans le ciel. La lumière éblouissait Konoha, dans un air étrangement lourd, pesant. Ce sont ces journées, où l’on ne veut plus de ce sacro-saint astre qui nous protège. Ces jours où l’on renie tout ce qu’on a envié, tout ce qui nous a protégé. Et dans le village, le soleil était bien plus qu’un protecteur, c’était un culte, ce qui meublait les cartes postales et les sourires ; par sa seule présence, les gens sourient, les gens rient, et l’on est heureux, en arrivant au village, de sentir la chaude et intense bonne humeur qui s’y déploie. Ce même petit coin d’ombre qui nous accueille les saisons de grande chaleur, et qui, accompagnée d’une sympathique limonade, rendent la vie un peu plus douce qu’elle ne l’avait jamais été encore. Shinzei lança son regard vers l’hautain dieu, et lui tira la langue, comme s’il avait voulu qu’il redescende sur terre, parmi les siens, pour qu’enfin un être digne lui succède, lui et son insolente opulence. Non, ce n’était pas une de ces douces journées, que les gens du monde entier enviaient aux Konohéens. Pas de place pour dénuder le corps sans qu’il ne rougisse par trop de violence, pas de bars, de peur que l’eau ne croupisse, pas d’ombre, la lumière s’infiltre partout et répand sa luminescente clairvoyance.

Journée pourrie. Journée du feu. Ce soir, il y aurait du sang. C’est ce que les Dieux réclamaient, sinon pourquoi les puniraient-ils ainsi ? Shinzei avait souvent des idées saugrenues, mais la plupart du temps, il n’en prenait pas compte.

- Takeshi - Toujours à rêvasser, Shinzei. Laisse, celui-ci, tu ne l’auras jamais.

Accoudé contre le balcon, le jeune juunin aux courtes mèches noires ne se retourna pas. Il resta de marbre, et sa respiration pour seul métronome du temps. Ses yeux se perdaient dans l’immensité du profond bleu des cieux, un plafond bien étrange, qui l’empêchait de se jeter plus loin. Le monde était bien cruel de limiter les gens qui aiment voir loi, très loin, haut, très haut. Lorsqu’enfin, Shinzei avait su faire taire les imbéciles qui se plaignaient de son arrogance sournoise et souvent insultante, il avait maintenant la nature elle-même, la créatrice, génitrice, face à lui. Mais c’était un challenge des plus grands qui soit, et il le conclurait avec honneur, s’était-il souvent dit. Shinzei se remémora, avec quelle simplicité il les avait tous renvoyés à leurs problèmes, sans qu’il n’ait besoin qu’on s’occupe des siens. Petit, on n’avait pas hésité à lui rétorquer que la fierté et l’insolence n’amenaient jamais rien de bon. Et qu’à choisir, il fallait préférer être humble, modeste, et honnête. Shinzei avait essayé, bien sûr ! Il avait mis tout son cœur dans cette entreprise qui devint, à mesure que les années passaient, un chef d’œuvre, dont ses deux parents étaient fiers. Ils en étaient si heureux, qu’il projetait leur fils sur les scènes, de l’avant, une candide âme dans l’antre des persécutions des adultes. Jeune, Shinzei comprit rapidement qu’on l’avait utilisé, et qu’on lui avait menti. Que ceux qui lui avaient fait de morale, une éthique de vie, faisaient le contraire de leur dogme, lorsqu’enfin ils comprirent que leur fils était un très gentil petit bonhomme. Devant tous les autres parents, on le présentait, et bientôt, leurs mêmes enfants le retrouvèrent à l’académie. Vint alors la deuxième page du grand cahier de sa vie. Celle qui, après le tremblement des fondations, fit écrouler la structure même du « petit bonhomme », le gentil sourire de Shinzei. Aujourd’hui des dents carnassières pour seul blanc de pureté.

Les premiers jours des études arrivèrent. Tous très jeunes, les étudiants pénétraient dans l’élite de Konoha, quoi que premier maillon d’une longue chaine. Tous le reconnurent rapidement. Et Shinzei n’avait jamais été un mauvais élève. Bien au contraire. De son attitude exemplaire, dont la parentale volonté en était sûrement l’origine, l’esprit malin et les dons que son sang lui procurait le rendait merveille aux yeux de son professeur. Bientôt, certains devinrent jaloux. Les parents, d’abord, délaissèrent certains de leurs mômes, déçus, puis jaloux. L’abandon de certains les énerva, et finalement, la petite tête bien peignée de Shinzei fut bien largement bousculée, sa frange défaite, ses habits salis. Il comprit très vite, qu’être bon, ne servait à rien. Et que dans ce village qui se disait défenseur et protecteur, il n’y avait qu’une émotion qui en ressortait : la colère. Ou la haine. Alors pour être bon, l’enfant devint mauvais. Ses parents furent déçus, sans qu’ils ne comprennent qu’ils étaient à l’origine d’un tel marasme. Et qu’à défaut d’être mauvais, Shinzei aurait pu être lui-même. A la vue des évènements qui suivirent, cela leur aurait été préjudiciable. La hargne se lut bientôt sur ses pupilles. Il ne changeait pas, il restait cet exceptionnel génie, manipulant le chakra, si vite, et si tôt, avec tant de justesse, que les écarts de puissance ne pouvaient que nuire à sa réputation auprès des autres. Il ne faut pas croire, une cour de récréation où des gamins d’une dizaine d’année sont rassemblés, est bien le premier champ de bataille de la vie. Et il est souvent plus violent qu’on veut le croire, ou qu’on veut s’en souvenir. Les parents oublient rapidement quelles rares violences un enfant doit subir. Shinzei bouscula, il insulta, il entraîna avec lui des semaines entières de réprimandes, de conflits mais il ne lâcha jamais. Il passa la première année genin. Cette promotion calma temporairement ses parents, qui voyaient chaque jour, leur fils tomber un peu plus dans l’arrogance, la fierté, l’insolence, et dans la violence.

On lui rétorqua souvent, qu’il fallait être modeste pour être vrai. On lui répondait tout le temps, après quelques éloquentes provocations, que si dans ce monde, on ne pouvait lier les actes à la parole, nous n’étions que des mauviettes qui ne savaient que tourner leur langue dans leur bouche. Alors, puisqu’on lui demandait si gentiment, ses poings s’exprimaient, et la parole n’avait finalement aucun gout face à ses gestes. Les insultes ne devenaient que de frivoles notes sans consonances. Les coups qu’il donnait, avec une rare violence, un brin d’assurance dans ses yeux, une flamme sur ses deux pupilles, tout cela avait une bien autre atteinte que de simples mots qu’on raccrochaient les uns aux autres pour faire une phrase, aussi vulgaire soit-elle. Un « fils de pute » ne valait jamais un nez cassé et deux cocards, le tout dans une marre de sang. Pourtant, Shinzei essuya les mêmes moqueries que la morale obligeait au monde. Cette morale était stupide. A chaque arrogance, on clamait le vice qui se cachait derrière, on montrait du doigt l’impossibilité de satisfaire la soif des dires. Et un jour, on donna un masque à Shinzei, pour qu’il arrête de prouver continuelle au monde, qu’il avait raison, et qu’eux, avaient tort. Ce jour-là, où l’Anbu l’accueillit, autant pour ses capacités que pour le bonheur du village, Shinzei changea d’objectif. Il n’était plus question d’imposer aux hommes ses ambitions, il avait déjà eu tout ce qu’il voulait.

Il se retourna vers Takeshi, et resta neutre.

- Shinzei - Ce n’est pas dans tes habitudes de parler lorsque tu ne sais pas. Takeshi-sama.

La tension qui étirait les deux hommes était palpable. Shinzei n’avait jamais aimé cet homme. Takeshi avait toujours essayé d’utiliser le jeune homme, parce que, paradoxalement, ils se ressemblent tout deux. Mais le juunin reprochait au chef du clan, une chose dont ses valeurs morales ne pourrait jamais lui pardonner : la puissance de ses ambitions, la bassesses des moyens qu’il use pour les réaliser. Un jour, je décrocherais le soleil, disait-il souvent. Il s’empressait d’ajouter qu’il irait le chercher de ses propres mains, et non de celles d’un autre. Takeshi n’était qu’une âme manipulatrice et maligne, qui se servait de corps pour ses propres intérêts. Pourtant il était le chef, il lui vouait un faux respect. De cette manière, il le tutoyait, comme il l’avait toujours fait dès qu’il avait intégré l’Anbu, et n’oubliait pas de rajouter, avec une insistance louche, un « sama » bien appuyé. C’était une façon de résumer, les relations tendues qui liaient les deux personnages, qui à une échelle bien différentes, possédaient une place tournante dans le clan.

- Takeshi - Je sais que le soleil est assez chaud, pour que même toi, tu t’y brûles. Et qu’à voir toujours plus haut la place que tu occupes, un jour tu dégringoleras jusqu’aux basses vallées de la honte. Comme beaucoup d’autres avant toi.

Son sourire se fit serein. Le côté manipulateur du chef n’était jamais surjoué, et c’était avec une finesse particulière qu’il aurait pu convaincre toute autre membre, de sa sincérité à plus se soucier du bien des autres, que du mal qu’ils pourraient lui faire.

- Shinzei - Peu m’importe les autres. Ils ne valent pas grand-chose. D’ailleurs je ne suis pas venu pour entendre tes sottises. Et je doute que tu aies envie d’entendre les miennes. Je n'attend rien de ça.

Il marqua un temps d’arrêt, et se retourna pour refaire face au vide que la terrasse comblait.

- Shinzei - Je suis venu voir Sanobu. Cela fait longtemps que je ne l’ai pas trouvé ici. Serait-il parti du Domaine du Cygne ?

- Takeshi - Si vous, ceux du Domaine du Lion passiez plus souvent, vous sauriez que Sanobu est parti du clan il y a deux mois de ça, et que s’il n’est pas mort, il doit être en train de pourrir quelque part dans la forêt… Lui, et son fils.

Shinzei fronça les sourcils. Il avait presque oublié cette donnée. Son fils… Comment s’appelait-il déjà ? Il ne s’en souvenait plus. Mais c’était l’objectif. Si Sanobu était parti, c’était qu’il était en danger. Shinzei ne l’avait jamais vraiment apprécié, l’Uchiha avait toujours eu une conduite étrange à l’égard des membres de sa famille. Il restait cloitré dans sa main pour y moisir, recouvert de poussière. Mais Shinzei connaissait bien sa femme, et rapidement il apprit que tous deux attendaient un enfant. Les missions l’avaient pris de part en part, et Shinzei revenait profiter du soleil qui dominait le Domaine du Lion, son domaine, alors qu’un de ses membres disparait, ainsi, sans aucune explication. Le sourire malsain de Takeshi n’annonçait rien de bon. Si Sanobu avait fait des erreurs, la juunin s’en fichait. Mais il ne laisserait pas l’enfant se perdre dans la nature. Encore moins qu’il passe dans les mains du chef du Cygne.

- Shinzei - Je ne te le laisserais pas, Takeshi-sama. Il est hors de question que tu le récupères.

- Takeshi - Mais qui donc a parlé d’un intéressement pour ce garçon - un fils d’exilé, qui plus est ?

Shinzei dévisagea du menton jusqu’au front le fier shinobi, et sourit avant de passer à sa hauteur.

- Shinzei - Ton silence. Juste ton silence. Et ton faux air bienfaiteur. M’enfin je ne te demande pas de changer.

L’Uchiha du Domaine du Cygne posa doucement sa main sur l’épaule de son compatriote du Domaine du Lyon. Et d’un sourire menaçant, il chuchota quelques mots. Shinzei ricana doucement et, soupirant, s’en fut, une colère bien amère contre Takeshi. Malgré le soleil, il devait trouver son homme. Et l’enfant.


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MessageSujet: Re: Les vérités d'un songe   Les vérités d'un songe EmptyLun 2 Fév - 22:51

Sanobu était cet homme, dont on n’envie rien. Pas même la force de ses bras, ni son intelligence pertinente, sa sagesse appréciée, ou son respect immense. En fait, on aurait pu l’aimé, s’il avait eu tout cela. Mais Sanobu n’avait rien d’autre que sa studieuse ambition comme qualités. Et de celle-ci contre toutes les autres, elle ne fit que rarement le poids. Sanobu, n’était pas une puissance née, il n’était pas prédestiné à vivre parmi les grands, et pourtant il s’était toujours refusé à croire que dans un autre monde, c’était un doigt, divin ou hasardeux qui donnait à l’être en devenir son propre chemin, ses pieds, ceux qui pourraient grimper les falaises, et ceux qui ne feraient que suivre les traces presque éteintes sur le sable humide. Non, l’Uchiha pensait de la plus grande et sotte force qu’on avait tous une chance de réussir, de prouver que nous sommes en adéquation avec le système, et que lui, comme tous ses frères d’armes et de sangs, méritaient sa place parmi les forcés spéciales de Konoha. Ces mêmes forces qu’on cache aux yeux de tous, mais qui font le sal boulot lorsque la mort n’est qu’une question de centimètre ; entre la lame et la peau, si peu de temps pour repenser à toute une vie.

Et Sanobu, avait réussi. Oui, aussi fou que cela puisse paraître, aussi étrange que la situation le voulait, cet enfant sans avenir aucun, sinon celui de peupler parmi les autres shinobis, à la déjà extraordinaire connaissance, touchait peu à peu ce que beaucoup appellent le divin. Cette maîtrise de soi au-delà de toutes les espérances, au-delà de toute imagination possible. Oui, c’était sûrement grotesque, un brin orgueilleux ou arrogant, mais si l’extraordinaire était déjà utilisé pour des faits bien réels, il convenait de trouver un autre terme pour ceux qui, sacrifiaient bien plus que leur vie. Le tout était de savoir : pour qui, et pour quoi la sacrifiaient-ils ?

L’Uchiha avait tout fait pour s’intégrer, il avait travaillé, de longues années durant, pour seule motivation une ambition, une vue de l’avenir toute particulière, un destin qu’il ne voulait se promettre fermé. Ouvrir des portes, sans jamais en fermer aucune sur son passage. Etre seul, au sommet, c’était une conception du pouvoir bien individuelle mais le clan était rempli de ces individualités, et en ce sens, c’était sûrement ce qui formait leur force. Un groupe qui n’hésitait pas à s’allier, pour retrouver une gloire perdue, ou passée, qui en fait ne l’était pas. Il fallait juste à Sanobu, un peu plus de travail, et bientôt le Domaine du Lion ne put se satisfaire à lui-même. A son trône, Shinzei régnait en maître, surclassant quiconque avait, ne serait-ce que pour idée, de prendre sa place. C’était un rapport de forces et de conflits perpétuels, qu’aucun des trois domaines ne connaissaient pas. Dans tout le quartier Uchiha, le Cygne était déjà gouverné par Takeshi, depuis de longues années, qui s’était finalement imposé comme le représentant suprême du clan et où la lutte semblait fermée, où un semblant d’ordre et d’obéissance se diffusait dans le grande domaine entouré des lacs où les majestueux oiseaux blancs s’envolaient ; le Lion, téméraire, fougueux, recelait des forces improbables, que l’on cache, et que l’on entretient ; le Tigre, sage, rapide, intelligent, était sûrement le domaine le plus calme et le plus soudé, sans chef nommé, c’était un conseil, qui menait d’une patte féline les actes qui le régissaient.

Sanobu, mue par l’opulente impression de domination de Shinzei, n’avait vécu que dans son ombre. Mais il n’était pas seul, et de nombreux autres Uchiha s’étaient, avant lui, hasardés à l’équivoque sensation de rébellion. Dissolue dans le sang. Jamais dans la mort. Et sans jamais porter atteinte au chef, au sommet de la pyramide, de la montagne des puissances, voyant un à un ses concurrents tombés le long de ses rêches parois, il fut très vite, un de ces seconds qui sa cachent. Ou que l’on cache. Lorsque le travail paye, on oublie souvent la modestie qui prime, celle que l’on a exercé sur soi-même pour s’admettre moins doué, d’un pouvoir innée moins percutant, mais qui par ces révélations, cette ouverture sur ses faiblesses, permet de les combattre. Oui, tout cela s’oublie très vite. Ce passé auquel on ne veut plus jamais référer. C’était comme si toute sa vie on en avait eu peur, on avait voulu le réfuter, et on avait tout fait pour le surpasser. Et le jour où enfin on sent les fibres de la volonté dite divine, s’abattre sur soi, on peut, tout effacer, tout éteindre, des souvenirs brouillés par la jouissance du moment présent, et, de ce qu’il nous apporte, la jubilation des possibilités futures. Alors on laisse, de la même manière, la modestie, l’humble sensation de surpassement de soi-même, et tout le reste, dans un placard scellé par des forces obscures, dont on ne comprend pas la signification, mais dont on ne veut rien savoir. Et on méprise, de la même manière qu’on nous a méprisé, tous les autres, qui grimpent, et qui trébuchent sous les gravats que notre ascension laisse derrière elle.

Voila, la sombre vie de Sanobu. Un ramassis de corruption, d’expériences, qui ne mènent qu’au seul et unique but de puissance. Pour lui, par lui, et avec lui.

Amen.


***



Savoir pourquoi Sanobu avait si radicalement changé, aurait été une explication satisfaisante. Shinzei se remémora les faits, quelques secondes durant, alors que son regard décrivait encore un point fixe dans le profond ciel bleu. Quatre mois auparavant, Sanobu, un de ces précieux juunin avait quitté le Domaine du Lion, laissant sa femme, Idji Uchiha, enceinte qui plus est, chez elle. Shinzei s’était fait une promesse de la protéger. Elle était si belle qu’il n’avait pu la laisser profiter des griffes aiguisées de l’extérieur. Et dans son ventre, elle portait une nouvelle génération, la première que Shinzei connut sous son règne au domaine. Les pupilles noirs du juunin recelaient une colère que l’Anbu n’avait que très peu connu. Sinon chez lui. Couvert par Takeshi, il resta deux mois à l’abri de tout. Sinon de lui-même, se serait empressé de rajouter l’Uchiha. Mais il y a deux mois, ils disparurent tous les trois. Sanobu, Idji, et leur fils, sans ne laisser aucune trace, sinon un vague soupçon de mort morbide qui flottait dans le clan. Des faits inexplicables, que Shinzei put enfin mettre à jour, en partie, que maintenant. C’était une chose assez horrible, trouvait-il, de devoir chercher une vérité qui lui est propre, de ne savoir ce qu’on faisait d’hommes qui lui appartenaient. Il avait toujours eu un regain exprimé envers Sanobu, mais si Idji n’avait pas été pris d’un étrange amour pour cet homme, elle aurait sûrement été sienne. Mais Shinzei la respectait assez, pour qu’il prenne honneur de ses choix. Et durant huit années, il put suivre la décadence de ce couple déséquilibré, qui n’avait pour seul réussite, l’avènement d’un enfant, qu’Idji semblait porter avec le plus grand amour possible, celui là même, qu’elle n’avait pu donner à un homme.

Il se surprit à la colère, en repensant au visage de muse qui s’était incarné sur celui d’Idji.

- Shinzei - Sais-tu ce que cela veut dire ? As-tu au moins de la seule signification de ce prénom ? Ne te rends-tu pas compte, qu’ici tu payes tout ce que tu n’as pas voulu céder à Idji, tout ce que tu n’as même pas voulu te donner, à toi-même. Pauvre idiot, regarde dans quel piteux état tu es.

Sanobu esquissa un sourire mauvais, sal, et toussota.

- Sanobu - Depuis quand t’occupes-tu de moi ? Tu crois que j’ai besoin de toi pour vivre ?

Shinzei sourit. Vainement. Il aurait aimé corrigé Sanobu d’un « survivre » qui lui semblait peut-être plus juste. Mais la colère le prit bien avant. Toutes ces années à ressentir le chakra noir du juunin derrière lui, grimpant un peu plus avec le temps, toujours à l’affut d’une carte, une simple carte à jouer. Pour Sanobu, le monde était un jeu dans lequel il ne lui suffisait pas de lancer les dès pour avancer. L’Uchiha était là, et il suivait des chemins différents de tous les autres. Il suivait son chemin, et voilà où il avait atterri, et dans quel état. Il n’y avait pas de pitié dans le regard du chef Uchiha. Il n’y en avait d’ailleurs jamais eu. Sanobu représentait et cachait trop de choses pour qu’il mérite un tel traitement de faveur, traitement que peu sous sa tutelle, avaient eu.

Il se leva, et son sharingan, un magnifique shuriken noir dessiné dans le rouge de ses yeux se dessina les contours de ses pupilles. Le Mangekyou, c’était bien l’une des rares personnes à le voir. Et ça n’avait jamais été un bon signe.

- Shinzei - Ecoute moi bien. Tout ce que tu as touché à dépéri. Aujourd’hui, je cherche - en vain - ta femme et ton fils, les deux seules choses qui depuis deux mois me torturent. La colère que tu portes dans ton cœur m’importe peu, et tu n’as fait pour le clan, que ce qui ne t’as jamais été qu’utile. De nos airs sombres et hautains, nous avons toujours su faire front, faire face, tu as été, et tu resteras, l’épine, qui fragilise la formation, l’échine courbé d’un dos impuissant. Il y a un jour, où tout s’arrête. Toi, moi, tout sombreras. Mais je peux te jurer que tu y passeras avant moi.

Sanobu n’avait pas l’habitude de se jouer des mots, et de flancher, devant un danger, aussi puissant soit-il. Qu’importe la force du regard sanguin qui l’exécutait, sur son socle rocheux, au beau milieu d’une lune orange, tachée de sang. Cette arrogance qu’il appréciait tant, l’avait hissé vers des sommets improbables, contre des sommets un peu plus hauts encore. Mais que pouvait-il faire contre Shinzei ? L’aura orange qui s’en dégageait était impénétrable. Il resta assis, le visage neutre, fusillé.

Il reprit peu à peu son calme. Sa respiration restait sourde, posée, satisfaite à elle-même, son regard serein, et froid. Très froid.

- Shinzei - J’ai pour responsabilité de protéger mon domaine. Et mon clan. Qu’importe la méthode, et qu’importe les remous, le Domaine du Lion n’a jamais chaviré. Tu es devenu un danger, Sanobu-san. Tu caches trop de chose sous toi, que tu deviens une potentielle lumière atténuée pour moi, et pour nous tous. Comme Takeshi d’ailleurs. Sauf que contrairement à toi, il est bien mieux équipé pour survivre dans ce monde. Tu n’es qu’un pantin, qu’on a utilisé, et aujourd’hui tu payes les conséquences. Te voila devenu un simple ermite, sal et puant, sans dignité aucune - si tant y est qu’un jour tu en as eu.

- Sanobu - Si tu me tues, tu ne sauras plus rien. Parce qu’il y a un fond, sous le plancher, tu sais, cet exemple que tu adores citer : « la couche cachée de l’iceberg », que tu ne connais pas, toi, aussi haut que tu sois. J’emporterais avec moi, tous les secrets. Tu n’imagines pas à quel point ton clan est pourri. Jusqu’à l’os.

Ses dix doigts se lièrent, ses paupières se fermèrent, et, déversant toute leur colère dans la nuit bleutée, elles se rouvrirent, laissant échapper quelques larmes de sang. Des larmes rouges, gouttes de vie. Le temps s’arrêta, les arbres se déformèrent, la lune tombait sur eux. Des spectres sortirent des antres de la terre, et les deux shuriken qui faisaient du sharingan de Shinzei un Mangekyou digne de ce nom, sortirent de leur orbite pour pervertir Sanobu.

- Shinzei - Je n’aime pas me répéter. Qu’importe. Je trouverais.

Pour la première fois de sa vie, Sanobu eut peur. Un frisson incontrôlable, violent, qui parcourait son cœur, nouant son échine, glaçant l’hémoglobine qui chauffait son cœur. Et son corps. Pour toutes ces choses, Shinzei ne lui pardonnerait jamais.


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MessageSujet: Re: Les vérités d'un songe   Les vérités d'un songe EmptyLun 2 Fév - 23:48

La vie se déforme, comme un morceau de papier mâché. On l’humidifie, on le froisse, et après, on le brûle. Shinzei possédait ce genre de pouvoir là, sur la vie d’un homme. Sur la vie de ses hommes surtout. Et Sanobu ne dérogeait pas à la règle. Surtout pas lui.

Il était une marionnette qu’on avait tous et toujours utilisé.

Sans même qu’il ne s’en rende compte, lui laissant le plaisir de croire à une certain ambition comblée, mais non. Il n’en ait rien petit père, tu n’es qu’une larve qu’on écrase, et aujourd’hui seulement, Shinzei se rend compte qu’il sera dur de laver la semelle avec laquelle il l’a t’a ôter la vie.

Des flammes jaillirent de sa bouche, et craquelèrent le peau desséchée de Sanobu. Son cri plaintif devint un hurlement poussif, atrophié par une douleur que l’on imaginait… inimaginable. Il crevait sur place. Il criait encore assez fort pour que cela reste désagréable. C’était désagréable. Il continuait de mourir. Il essaya de répliquer. Faiblement. Shinzei ne sourit pas même à ces tentatives enfantines. Il restait concentré, mué par la colère. Ces huit dernières années, en un seul mot.

Mort.

La main du chef de domaine sa referma sur le cou de l’ermite.

- Shinzei - Son nom. Je veux un nom.

- Sanobu - Je t’avais prévenu que tu… n’aurais… rien.

Des larmes de colères s’évaporèrent du sharingan de Shinzei, et Sanobu hurla. Une vision d’horreur sûrement, les images floutés ne pouvaient en indiquer plus. Il s’essouffla, cracha vers le sol, et reprit peu à peu sa respiration.

Un nom, il voulait juste un nom, et peut-être même le tuerait-il sans souffrance, qu’il abrogerait son droit de douleur sur ce monde, et que Sanobu repartirait, après toutes ses fautes, par la plus douce des portes. Ses lèvres bougèrent, mais Shinzei n’entendit rien. Sa main devint ferme, son regard perçant, comme si on fouinait dans votre tête pour y trouver des réponses.

- Sanobu - Noya.

Tout s’arrêta. Le ciel devint blanc. Les images se reformèrent. La lune se tourna puis disparut. Le soleil arriva, les cieux bleus avec. Le jour renaissait de ses cendres, après un combat glacé. Et fondant. Brûlant. Sur l’herbe, un corps. Un visage ancien, aux traits tirés, de nombreux bleus et de multiples blessures. Autour de lui, une marre de sang. Pourtant il respirait encore.

Le doux chant des oiseaux. L’eau qui se mélange au sang. Les feuilles qui s’envolent au vent. L’air qui s’humidifie de la fermentation des corps. Le soleil frappe et réchauffe. La mort, lente et froide, s’insinue partout.


***



Sabi se réveilla en sursaut. Il repoussa doucement le drap qui, désordonné, cachait son corps du soleil. Il se rehaussa sur ses deux coudes, et s’épongea comme il put le front. Dehors, le soleil n’était pas encore levé. Une triste ambiance régnait, une fraîcheur inhabituelle. Ce visage, il le connaissait. C’était l’ermite, qu’il avait vu il y a quelques années déjà, lorsque Takeshi l’avait sorti des ruelles de Konoha. Il retrouvait tous les noms. Shinzei, Idji, Sanobu, Takeshi. Mais il y en avait un nouveau. Un nom qu’il n’avait jamais entendu jusqu’à maintenant. Il prit sa plume et continua d’écrire, sans s’arrêter. Il décrivait tout, dans la mesure du possible. A chaque minute qui passait, c’était des détails qui s’évaporaient de sa mémoire, un rêve fumant, un cauchemar devrait-il dire, qui n’avait de conséquence aucune, mais pourtant…

Sabi se leva, il enfila ses vêtements, raffermit son armure, plaça quelques pilules dans sa poche, et avant de fermer la porte, reprit son pinceau d’aquarelle et le trempa dans l’encre.

Cette forme mystérieuse, cette aura puissante, ce chakra, intrigua. Il dessina quatre lettres. Noya. Riku n’attendrait pas plus longtemps, le jour se levait déjà.


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MessageSujet: Re: Les vérités d'un songe   Les vérités d'un songe EmptyLun 9 Fév - 14:18

Sabi: + 61 XP (bonus genin inclus)

C'est long, mais on ne s'en lasse pas Smile
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