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 [Cimetière] Funéraille d'aurore

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MessageSujet: [Cimetière] Funéraille d'aurore   Dim 15 Fév - 17:35

Le chant des oiseaux grésille dans ma tête. Mes deux tempes tremblent de leur cri aigu.

La seule chose qu’il put toujours admettre était la resplendissante beauté du soleil qui trouait les cieux encore noircis par la nuit. C’était sûrement parce que là bas, à quelques jours de marches, les siens pouvaient l’apercevoir, à quelques heures d’intervalles. Voila ce qui les séparait d’eux, un décalage horaire. Oui, c’est une conséquence futile, mais elle regroupe tant d’autres variables avec elle qu’Iki n’avait plus rien d’autre comme excuse, à sa vie d’exilé. Et le pire, c’était qu’il n’avait jamais été puni, et que les moindres concessions qu’on lui avait demandé de faire avaient été faites. En fait non, ce n’était pas un exil.

Il appellerait ça plutôt un divorce organisé.

Savoir si la ronde personne de l’astre était le reste d’espoir qui stagnait dans ce toit sombre, n’était pas une chose facile à admettre. Iki ne les avait jamais oubliés, et pourtant il s’avouait perdu. Le soleil ressemblait au visage dur et juste de Kawazi. Si loin…

Le jeune homme s’allongea doucement sur les tuiles encore glissantes de la rosée matinale. Il tira négligemment sur sa cigarette et en expira un nuage qui devint pourpre, traversé par les rayons de lumière. Il y avait, dans ce rituel quotidien, ce semblant de paraître. L’homme au loin, qui lui souriait, était tout ce qu’il lui restait. Mais chaque jour, la porte se refermait un peu plus, et les battants cédaient comme pris sous le poids d’une violente tempête. Konoha l’enfermait. Et s’il savait que Yasu faisait tout pour que jamais l’on ne change la serrure, un jour elle se claquerait contre le mur.

Et ce jour-là il lui faudra bien plus que les pupilles royales et argentées des Lions pour tenter de l’ouvrir.

Oui, le même rituel nous prend toujours, et qu’il soit original ou d’une ressemblance honteuse avec la morne vie de tout un chacun, il était là, sans que nous ne nous en rendions vraiment compte. Le gout du café amer et brut collait toujours au palet d’Iki, alors que le tabac prenait peu à peu sa place. Son haleine restait fraîche, il pouvait remercier les matinées boréales de Konoha. Comme à chaque fois, l’ombre revint, et d’un pas feutré, s’assit à côté de lui.

- ??? - Un jour tu tomberas…

La jeune femme pas bien plus âgée qu’Iki venait chaque matin lui tenir compagnie, comme si elle avait pris l’habitude de fumer avec lui, sans tenir entre ses mains, ce tube blanc de malheur. Les premiers jours, voila trois ans, elle lui avait fait peur. Rapide et souple, calme comme la brise qui, régulière, emporte nos mèches dans une danse, elle s’était posée juste à ses côtés, et il avait bondit. Un reste d’humanité ; la peur.

- Iki - Mourir écrasé, ou mourir tué ; qu’y a-t-il de bien différent ?

Le chuunin n’en voyait pas.

Il s’était accoutumé à cette présence. Pourtant la solitude aurait été un très appréciable refuge, mais l’Anbu avait comme deviner cet élan vers une mort bien plus horrible que toutes les autres ; la folie. Il se souvint s’être forcé. Ce fut sa première nuit, son premier levé de soleil, et tout allait changer dans sa vie. Il ne lui avait d’abord rien dit, taisant un silence que Yasu avait respecté. Et lorsqu’ils étaient sortis de la maire, il avait allumé sa première cigarette en ces lieux. Il sut alors très vite, qu’elle ne sera pas la dernière. Elle avait un gout très prononcé, différant de toutes celles qu’il avait fumé jusqu’à ce jour - et il en avait fumé. Alors ils avaient papotés, et le tout neuf chuunin, monté de toute pièce come un gâteau haut comme un enfant, sans vraiment faire œuvre d’un dialogue intéressant et sérieux. Il s’était forcé, certes, mais rien ne lui avait obligé à commencer. Ne l’avait-il pas fait ? Si, et aujourd’hui il ne regrettait rien. Combler ce vide avait été sa mission première, et si l’Anbu portait un masque sur son visage, Iki se devait de porter le sien. Un masque invisible mais bien présent, une personnalité, sobre et lunatique. Okugane lui avait donné un rang, une place, et une mission dans cette nouvelle vie. Iki s’était offert une personnalité. C’était peut-être ça, la moue sur le visage de l’officier.

Un sentiment d’échec.

Penser que formater un enfant est une chose facile est déjà une sottise. Sur lui, ce fut une terrible erreur.

- Yasu - Tu te trompes. Grandement.

Il sourit sans peine et laissa la fumée sortir de ses narines avec une lenteur solennelle.

- Iki - Sûrement. Je ne connais pas la mort.

- Yasu - Alors vient avec moi la côtoyer.

Il écarquilla difficilement les yeux. Que voulait-elle dire ? Son sourire était serein, comme d’habitude en fait, pourtant il y avait ce petit quelque chose de triste qui le rendait encore plus agréable que d’habitude. Peut-être était-ce le privilège de voir chez une femme qui porte un masque blanc et qui tue sans la moindre hésitation, afficher quelques sentiments dans ses propos et sur son visage.

Une telle rareté ne tolérait pas la déception. Soit.

Ils chutèrent sans mal du haut du toit, et entreprirent une marche rapide vers un lieu inconnu au chuunin. La jeune femme restait élancée, mais elle accélérait étrangement la marche. Iki regarda ses longues mèches, et les suivit du regard ; son crâne, sa nuque, son dos, ses hanches. Qu’y avait-il de si important pour que Yasu, contrôlée, maîtrisée, se livre ainsi. Quiconque l’aurait vu déboucher dans les ruelles vides de cette matinée sombre, n’aurait rien remarqué. Mais lui, Iki, il savait. Il avait étudié sa professeur et mentor, depuis trois ans maintenant. Il en apprit assez pour savoir qu’il la méritait, et non l’inverse, comme aurait aimé penser l’autre gradé perché sur son piédestal. Sous ses airs de femme comblée, elle était une calculatrice puissante - comme tous les autres Anbu, pensa-t-il - et sa chaleur bien humaine, ne l’affectait uniquement parce qu’elle le désirait.

Elle aurait pu refermer cette porte salvatrice comme destructrice dans la minute où on lui en avait donné l’ordre. Mais elle ne l’avait pas fait.

Le duo traversa les rues inertes, et Iki comprit enfin. Les hauts murs de pierres cachaient là une bien triste vérité, et entre les bâtiments effondrés, et les corps sans vie, leur destination ne fut que plus logique. Ils passèrent les grilles et zigzaguèrent entre les allées fleuries et les grands arbres encore endormis. La mort ne l’affectait pas, non, mais il avait toujours détesté pénétrer dans ce lieu macabre où on l’adulait. Le cimetière, un peu en hauteur, laissaient les ombres des grandes tombes s’étiraient lentement, alors que la moitié du soleil pointait le bout de son nez sur le village. Asahi avait fait des ravages, on les pleurait, maintenant. Sur une dizaine de tombe, quelques bougies éclairaient les plaques de marbre, comme si l’on pensait réconforter les morts dans leur nocturne solitude. Il était trop tôt, pour que famille et amis, ne s’entassent là, devant, et prient, ou ne gardent simplement le silence, ressassant sans fin les bons moments du passé.

On oublié très vite les mauvais. Iki n’en avait pas, les siens étaient devant, et l’attendaient. C’était ça de moins à porter, ça de plus à affronter.

Elle s’arrêta enfin. Ils étaient seuls, et Iki s’en contenta. Yasu remit correctement son masque sur le côté de son visage et plongea son regard sans dire un mot sur la tombe. Le chuunin ne put vraiment s’y intéresser, préférant comprendre ce qui animait son professeur. Il ne trouva qu’un vide obscur, un néant absolu. Ce n’était pas qu’elle ne ressentait rien. Oh non. Justement, rien n’était bien normal. Elle ne l’avait simplement pas habituée à cela. Il lui pardonna facilement. Si elle venait à tomber elle aussi, si un jour il devait aller se recueillir sur une tombe qui porterait son nom, alors il aurait la même réaction. C’est dans ces moments-là qu’on se sent humain.

Heureusement, ils sont rares.

- Iki - Qui est-ce ?

La nuit cachait tout, et Iki reporta son regard sur la lumière frappante d’une bougie qui scintillait sous la brise fraîche. Elle ne se détourna pas, et lentement, elle épela son nom. Il s’appelle…

- Yasu - C’est Sabi. Sabi Uchiha.

L’homme qui avait son cœur, aurait provoqué des pleurs, un effondrement personnel. S’il était tombé, lui aussi, en commençant pas croire qu’il en existait bien un, elle n’aurait pas emmené Iki avec lui. Yasu y serait allée seule, et aurait laissée son cœur voguer, seule. Cette cérémonie était bien plus solennelle. Pourtant il ne pouvait vraiment deviner qui il était. Son tact lui conseilla de ne pas brusquer la chose. Il laissa le temps défiler, contemplant le marbre qui ruisselait son la faible lumière.

MessageSujet: Re: [Cimetière] Funéraille d'aurore   Mar 17 Fév - 2:12

La nuit avait cédé la place à un nouveau jour, comme toujours le soleil montait dans le ciel suivant sa course incessante. Pour bien des gens le temps s'était arrêté cette nuit, la fin de leur vie mais peut être le début d'autre chose.

Plus rien n'as d'importance, la lumière revient sur le village de Konoha. Les quartiers en ruines sont toujours occupées par les équipes de recherches. Que ce soit des corps inertes ou des gens hurlant leur douleur en attendant les soins, tous sont tirés des décombres. Les shinobis des trois villages unissent leurs forces pour faire face à la crise, il faut garder la tête haute, se relever au plus vite. Bientôt ils auront fait le tour du village et dressé la liste des pertes. Il reste là à ne rien faire. Les corps sont enterrés, les familles versent des larmes, d'autres lèvent leurs armes.

Asahi est partit après avoir semé les vents du chaos, mais l'adage est bien connu ils récolterons la tempête. Car nombreux sont les germes de la vengeance qui grandissent dans le coeur de shinobi de tous pays, et leur pouvoir viendra à grandir pour se dresser ensemble et faire trembler les géants. Qui sous leurs pieds on écraser bien de jeunes pousses.

Il se lève après avoir passé les deux heures de la nuit restantes assis sur son lit. Va vers le lavabo et se regarde dans le miroir, l'homme en face ne lui ressemble plus il s'est métamorphosé. La douceur à quitté cet être. Riku tourne le robinet laissant couler l'eau quelques instants, il passe ses mains et essuie le sang la sueur et la poussière agglutiné sur son visage. La crasse coule dans un jus marron, tournoyant dans l'évier avant de partir dans les tuyaux. Son oeil lui fait encore mal, bien qu la blessure ait déjà commencé à cicatriser, il en est sûr il aura une cicatrice. Aucune importance, elle n'est pas comparable à celle laissée dans son âme.

Riku décide de se laver entièrement comme pour laver la nuit passée, l'eau à beau être brûlante la chaleur n'a rien de réconfortante, elle est agressive. Ce monde est agressif...car c'est celui des shinobi. Une fois tous ses effets en place, le jeune homme sort prêt comme s'il partait à la guerre mais la vie es devenue une guerre constante depuis cette nuit.

Beaucoup de gens ne le reconnaîtrons plus, il était gentil, ouvert et souriant désormais il est seul et triste comme une montagne sous la pluie. Il se sait faible, bien trop encore. Jamais plus il n'aura l'occasion de se mesurer à celui qui le tirait vers le haut mais son souvenir le poussera à devenir plus fort encore. La vie n'existe que pour soi-même, autant la vivre telle qu'on la souhaite.

*L'heure est aux faible d'hier... *

Pas à pas, Riku avance dans les rues, ses pieds l'entraînant tout droit vers le quartier nord. A l'heure qu'il est bien des gens reviennent du cimetière, tous on pleurés leurs morts et maintenant ils les laissent en paix. Riku prends un chemin plus long, passant par de multiples ruelles, il veut à tout prix éviter de croiser les gens. Peut être aussi retarde t-il la confrontation, inconsciemment.

*J'aurais dû veiller sur toi... Tu étais bien plus fort que je ne le suis mais seul tu ne pouvait porter ce fardeau... Ton âme se déchirait mais tu restait silencieux j'aurais dû te forcer à parler... Et puis merde des j'aurais dû il y en à plein... mais je n'ai rien fait... Tu as choisis ton destin c'est tout ! *

Riku entra dans le cimetière, les tombes se dressaient partout, mais on pouvait distinguer les dernières creusées quelques heures plus tôt. Des bougies dont la flamme vacillait éclairaient quelques noms gravés dans le marbre. A chacun de ses pas la sensation de manque se faisait plus forte encore, sabi avait fait partie de lui et sa mort avait été comme une amputation. Le visage fermé, le regard sombre Riku avançait parmi les morts.

*Sabi où est tu ?... Toi qui as choisis de profiter un peu plus de l'éternité. *

Le shinobi continua son chemin et remarqua deux personnes devant une tombe fraiche. Il se sentit comme attiré et ses pas l'y entraînèrent. Il passa doucement derrière la femme et le jeune homme au bob. Jetant un coup d'oeil à l'inscription il remarqua qu'il s'agissait bien de Sabi Uchiha.

*Hum... Sabi...Uchiha ? N'importe quoi... c'est juste Sabi et personne d'autre. Ils ne le connaissaient vraiment pas. *

Riku s'approcha de la plaque de marbre et s'agenouilla, il oublia complètement que deux personnes se tenaient derrière lui et le regardaient sans doute. Il se concentra sur ce qu'il avait à faire.

Il malaxa son chakra tout en effectuant une petite série de signe.

[Riku] – Il y a des choses que les mots ne peuvent pas décrire... Il faut les avoir vécue pour les comprendre... Sabi était juste... Sabi. DOTON !

Le garçon posa sa main sur la pierre tombale et les gravures formant le mot Uchiha se refermèrent lentement, ne laissant plus que le nom de celui qui reposait ici. Riku se releva et resta planté là sans rien faire juste pour passer du temps avec lui, temps qu'il ne voyait pas filer comme absorbé dans un autre univers.

Asahi s'est retiré, Sabi est mort, Riku à changé... Une aube nouvelle se lève pour bien des gens.

MessageSujet: Re: [Cimetière] Funéraille d'aurore   Mer 18 Fév - 21:37

¤,.°o°O Chapitre 7 : Croître et Grandir O°o°.,¤
« La vie d'un ami »
-1-

Le départ pour Kumo était imminent.

Konoha ne serait bientôt plus qu'un souvenir. Le souvenir d'un tournoi plaisant, de rencontres inédites, de bons moments, d'excellentes leçons, mais surtout le souvenir d'une douleur aigue. Celle qui était liée à l'Asahi – car la signature de l'attaque portait bien leur nom désormais. Leur offensive avait réveillé la peur de tous, signe incontestable de leur puissance grandissante. Les forces d'une coalition entre les trois principales nations de ce monde avaient réussi à les repousser mais au prix de combien de vies ?

Aucun chiffre n'avait été communiqué. Un seul nom résonnait au milieu de cette liste..

Sho avait appris la triste nouvelle quelques minutes seulement après avoir reçu le titre de Chuunin. La joie avait laissé place à une sorte de tristesse incomprise. Jusqu'à maintenant, il n'avait jamais vu qui que ce soit de plus ou moins proches tomber au combat. Jamais il n'avait perdu de membres de sa famille, d'amis ou de simples connaissances. La mort n'était encore il y a quelques minutes qu'un chemin mystérieux dont les affres ne l'atteignaient pas. Désormais, il comprenait.

La mort était un gouffre qui pouvait happer n'importe qui, n'importe quand. Il n'était alors plus question de chance ou de malchance mais simplement la fin d'un destin. La fin pouvait être tragique ou paisible, cela ne changeait rien au terme de l'histoire. La mort annihilait toute la douleur de ceux qu'elle emportait avec elle, et la déchargeait sur tous ceux qui les côtoyaient jusque là. Toute la souffrance devenait la leur à des degrés différant selon les personnalités concernées. Les morts n'étaient plus mais les vivants devaient vivre avec le souvenir des morts. Ainsi était la règle.

Une règle cruelle..

Sabi n'était pas une simple connaissance rencontrée durant le Tournoi Chuunin. Il n'était pas un simple coéquipier côtoyé au cours d'une épreuve. Il était un ami.

Aussi court avait été le temps pour eux de faire connaissance cela avait suffit à créer un lien amical. Un lien qui venait de se briser. De lui, il ne subsistait plus rien hormis une tombe au milieu d'un cimetière et les souvenirs qu'il avait laissé dans l'esprit de tous ceux dont il avait pu croiser la route. Il était partit pour un monde certainement meilleur que celui-ci. Un monde où la guerre ne trouvait pas de fondements et où la vie ne pouvait être ôté. En connaissant son tempérament, Sho se demandait si ce nouveau monde était bien adapté aux volontés du Uchiha. Lui qui semblait tant aimé l'action, il ne trouverait probablement rien de bien saisissant à faire là où il était. Mais qu'importe, d'une certaine manière, il pouvait vivre en paix désormais.

En ayant cette pensée, Sho ne put s'empêcher de lever ses yeux vers le ciel ensoleillé de Konoha. Il n'était pas spécialement croyant mais si l'âme de Sabi était bien quelque part, c'était certainement en haut, en haut d'un monde qu'il avait dominé de son temps.

Un léger sourire entailla le visage du kuméen alors que ses pas foulaient tout juste l'entrée du cimetière de Konoha. Ce sourire, il le lui dédiait.

Quelques personnes se trouvaient à divers endroits du cimetière mais une seule tombe attira le regard du kuméen. Un groupuscule formait un cercle autour d'elle et parmi ce groupuscule il reconnut l'adversaire qui avait affronté Sabi durant les duels de la seconde épreuve. Yumeni Riku, c'est ainsi qu'il s'appelait d'après le tableau des combats.

Le pas léger, Sho s'avança jusqu'à la pierre tombale sur laquelle gisait très clairement le prénom à qui il était venu rendre un dernier hommage. Pour l'occasion, Sho avait abandonné son habituel manteau rouge brique et son col relevé à l'intérieur cousu de violet et d'or pour un long manteau noir en tout point identique à l'autre dans la forme. Ajusté aux épaules et à la taille, il lui donnait l'allure d'un fils de bonne famille bien qu'il n'en fut jamais un. Ses cheveux étaient en revanche toujours aussi colorés – partagés qu'ils étaient entre les mèches de couleur rouge brique et violettes.

Sans omettre la moindre politesse envers les gens présent, Sho leur adressa un léger hochement de tête en guise de salutation puis il fit quelques pas sur la droite de la tombe pour finalement s'accroupir. Il resta figé dans cette position pendant plusieurs minutes. Silencieux, il adressa une sorte de prière muette au défunt :

«Les lâches meurent plusieurs fois avant leur mort mais le brave ne goûte jamais la mort qu'une seule fois. Sache que ta mort ne sera jamais vaine, mon ami, non jamais. La mort ferme les yeux des morts mais elle ouvre ceux des survivants.

Maintenant je vois ce à quoi peut ressembler une vie ... et je comprends que nous nous reverrons un jour ...

... oui ... »

Un murmure s'échappa finalement de ses lèvres.

Sho – Nous nous reverrons ...

Son sourire s'accentua.

Sho – ... sois-en certain ... Sabi.

Le coeur du kuméen s'arrêta le temps d'un instant lorsqu'il sentit le poids d'une bourrasque de vent s'appuyer sur son épaule comme une main qu'on aurait déposé sur l'épaule d'un ami.

La mort avait perdu ce combat ... car tant qu'il vivrait assez de ses amis, Sabi continuerait d'exister dans leur mémoire.

¤,.°o°O ... O°o°.,¤
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MessageSujet: Re: [Cimetière] Funéraille d'aurore   Jeu 26 Fév - 18:44

Iki n’avait jamais su qui il était vraiment. Son passé s’était refermé sur lui-même, caché sous une chape noire que le chuunin craignait. Il n’osait rarement l’admettre, mais oui, il en avait peur, il redoutait de savoir. Il est étrange de constaté comment rien d’autre que soi-même ne peut nous faire trembler, autrement que par plaisir. Sa vie en était atteinte, c’était certain. Okugane, ce juunin à l’allure fière et hautaine lui avait interdit, d’une manière un peu plus cordiale mais ses mots étaient mâchés et encore mâchés de sorte que derrière eux le sens se défilait sous une injonction digne d’un gradé de l’administration. Okugane le lui avait interdit oui, et pourtant cela avait été bien inutile. Il n’était pas dans la nature d’Iki de se découvrir. Exprimer des sentiments ne semblait pas être une nécessité, mais le chuunin n’avait jamais refusé une petite partie de psychologie instinctive. Il choisissait simplement ceux à qui il confierait son cœur. Konoha lui demandait de garder le silence sur ce dont il était capable. Lui n’avait aucun plaisir à dévoiler au monde qu’il était différent.

Finalement, se moquer des regards était bien hypocrite, chacun, même lui, serait touché par la haine que les gens peuvent déployer à leur égard. A l’égard de ceux qui ne relèvent pas de la normalité.

Iki s’était ouvert à Yasu, et elle l’avait acceptait. Aujourd’hui c’est à son tour d’apporter un œil nouveau à celle qui côtoie chaque jour, sans aucune moquerie, sans aucun préjugé. Malgré le masque que l’Anbu portait continuellement, d’un blanc de marbre, ou d’un rose de peau, Iki avait toujours su décrire certaines émotions, et elle ne s’en cachait pas. C’était un jeu réciproque, où si l’un des deux participants ne joue plus, les pions s’arrêtent et le circuit reste stoppé.

Il s’appelait Sabi Uchiha. Voila un bien drôle de nom. Yasu ne s’attachait-elle qu’aux cas uniques, ou était-ce une simple coïncidence ? Il n’en savait trop rien. Mais son regard, lui, n’était pas trompeur. Il y avait une réelle compassion pour cette mort qui le laissait insensible, quelque chose qui ressemblait à de l’amitié, un respect réciproque et sincère. Le voilà mort, le voilà partit, mais la terre continue de tourne, le monde ne s’est jamais arrêté, et son sang restait chaud dans ses veines bleutées.

Iki n’ajouta rien de plus. Ses yeux décrivaient toute son incompréhension pour le problème et Yasu en sourit. Il serait toujours cet enfant insouciant qui ne comprenait pas ce qu’était la vie. Parce qu’il ignorait ce qu’était la mort. Le protocole aurait voulu qu’il lui demande ce qui s’était passé, mais le chuunin n’en avait cure et ce n’était certainement pas la seule tombe que l’on pleurait aujourd’hui. Les funestes passages d’Asahi sont toujours un profit intéressant pour nos croque-morts. D’un mouvement de la tête, il rompit le silence des corps : « Et eux, qui sont-ils ? » Des proches, des amis, de la famille ? Elle lui chuchota quelques mots.

- Yasu - Riku, son coéquipier. Son ancien, coéquipier. Plus un frère, à ce qu’il m’en a raconté. Le second s’appelle Sho. Le dernier à l’avoir vu. Il a partagé avec lui ses derniers moments lors de la première épreuve de l’Examen, et… il semblait en avoir tiré une très bonne expérience.

Iki ne comprenait pas. Yasu ajouta rapidement ce qui ne semblait pas logique dans son esprit.

- Yasu - Il suffit de peu pour marquer l’esprit d’un homme. Deux ans ou une simple journée, qu’importe. Tu reconnaîtras tes amis entre ceux qui peuplent ta tombe. Et pour cela, il ne suffit pas toujours de larmes…

Iki approuva sans vraiment y croire. Il n’avait pas d’amis, il n’avait pas d’ennemis, et pourtant il avait cet étrange sensation qui lui susurrait dans l’oreille que s’il venait lui-même à tomber, l’Anbu serait également sur sa tombe. Mais elle serait seule…

Il s’en fichait.

Dans ces moments, le chuunin ignorait purement et simplement le rang, le nom, l’appartenance des hommes. Il n’y avait plus de haine, plus de colère ni même d’amour. Il allumait simplement une clope, laissait la fumée inerte coiffer les quelques rayons du soleil qui peinaient à percer les grandes et lointaines forêts, et il les observait, tous, dans le plus simple respect. Son regard était perçant, comme s’il les mettait tous à nu et que chacun s’exhibait dans une étrange cérémonie de tous leurs apparats physiques. Personne ne le voyait et c’était heureux. Ce genre de procédés avait le dont de mettre le plus sûr ninja mal à l’aise.

- Yasu - Qu’importe la manière dont la vie lui a été ôté, Iki. Il n’avait pas à mourir, pas maintenant. On le regrettera d’autant plus. Même si personne ne te le dira.

- Iki - Si tu trouves les codes de la vie, n’oublie pas de me les donner.

Elle le fusilla du regard, Iki ravala ses sarcasmes. C’était très mal placé, mais s’il perdait tout sentiment envers son entourage, il restait lui-même. Et ça, personne ne pouvait le changer. Il s’excusa du regard et reprit son intérêt pour la tombe, bien vivante elle aussi. Le foyer de sa cigarette se raviva et des vapeurs nauséabondes s’en échappèrent. Ceux à qui elle avait donné un nom s’activaient ou non. Riku le premier ôta d’un arcane dont Iki ignorait l’existence le Uchiha de la roche. Etrange… Qu’avait-il de si beau à se reprocher ce petit bonhomme ? Comme exécutant une dernière volonté en fait. Peut-être n’avait-il pas entrepris tout ce que la vie lui avait ordonné de faire. Peut-être encore n’avait-il pas su et non pu le réaliser. Peut-être enfin était-ce pour cela que le fluide c’était échappé de son corps pour cette même raison.

Si faible était la passion. Si alléchant était le corps sans âme. Le corps que personne n’aime, le corps qui n’aime personne, le corps dont on se fiche, le corps dont la disparition ne serait qu’une élimination d’un maillon de la chaîne naturelle. Quelle vie intéressant l’on est capable de s’autoriser. Iki s’était débarrassé de tout cela. Il avait oublié d’aimer, préférant être ignoré, ou pire, être détesté. La première était une bonne solution ; la seconde n’attirait qu’un peu plus ses foudres. Et pourtant il aurait été si simple de vivre, tout simplement…

L’homme s’avança aspirant la fumée qui sortait du tube blanc. Il réfléchit quelques secondes et vida son esprit. Est-ce que la tristesse devait-elle venir d’elle-même ? Est-ce que c’est un état dont on doit se charger de soi-même ? La sensibilité n’est pas bien coopérative, elle pourrait au moins faire le premier pas. La cigarette tomba de ses doigts, encore allumée, et son pied se mit à l’écraser doucement à même se sol, comme pour l’enfouir le plus profond possible. Yasu restait en retrait, il l’avait assez embêté, il l’avait assez déçu, elle de trouver les clés de sa nouvelle vie, sans lui, sans tous les autres. Elle n’avait pas demandé qu’il la réconforte, elle ne le demanderait jamais. Parce que jamais il ne ferait une chose aussi idiote, et ça aussi, Yasu le savait.

Désolé, c’est tout ce que je peux faire pour toi, pour vous. Vous laisser tranquille…
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MessageSujet: Re: [Cimetière] Funéraille d'aurore   Dim 8 Mar - 15:40

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MessageSujet: Re: [Cimetière] Funéraille d'aurore   

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