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 Allez, Souriez...

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MessageSujet: Allez, Souriez...   Mer 25 Fév - 17:28

Makeru n’avait pas beaucoup dormi cette nuit. Il avait beaucoup, beaucoup travaillé. La passion du jeu, sans doute, ou quelque chose d’approchant. Pourtant il se sentait frais et curieusement reposé, comme s’il avait finalement trouvé la réponse à une vieille énigme qui le maintenait en échec depuis des lunes. Même la fatigue n’arrivait pas à marquer son visage. Quand Makeru ne faisait aucun effort, son visage n’était pas sans expression contrairement à ce qu’il aurait cru. Non, ses yeux pétillaient d’une colère retenue, sa mâchoire se serrait légèrement et son air devenait beaucoup plus menaçant. C’était amusant, pour lui, d’observer à quel point il avait oublié qu’elle était sa nature première. Non, se corrigea-t-il, pas oublié. Simplement mis de côté. Il était plus facile de tricher et de mentir que d’assumer être ce qu’on est. Plus facile, et mieux récompensé. Ce n’est pas un monde honnête ; à quoi bon être honnête avec lui, si ce n’est se donner une conscience ?

Makeru fit jouer la chaînette qu’il tenait entre ses doigts. C’était un bijou simple, en argent, sans ornement spécifique. Un cadeau d’une amie, il y a maintenant… deux ans ? Peut-être un peu moins. C’était dur de se rappeler. Elle lui avait dit qu’un jour, il finirait pas se perdre lui-même, comme il se devait. Makeru était déjà perdu depuis un long moment. Il n’était pas pressé de trouver la sortie. Tant qu’à être prisonnier, autant en profiter pour en retirer quelque chose. La liberté viendra quand on voudra aller la chercher.

Ou elle ne viendra pas.

La veille, plus tôt, il avait écrit un mot rapide à l’attention de ses élèves. Quelques mots murmurés aux bonnes personnes lui avaient valu d’être à nouveau professeur. Il n’avait jamais cessé de l’être, à vrai dire, mais les autorités avaient préféré mettre ses… talents… à disposition des missions. Mais aujourd’hui, Makeru était las de courir à travers le monde entier. Il voulait se retrouver un peu, prendre du temps. Et rien ne vaut une équipe de Genin pour se donner une certaine image et se ménager un maximum de temps aux études. Faire profil bas. Pas trop pour que ça ne paraisse pas suspect, mais suffisamment pour se concentrer sur de nouveaux objectifs.

Makeru avait notamment hérité des jeunes filles rencontrées après la mort de ce poids mort de Zen. Et d’un étudiant, Findecano Kaisou. Il se demandait s’il avait des secrets à garder, lui. Il n’était pas pressé de le découvrir. Rien ne vaut percer une énigme soi-même, plutôt que lire la solution. Inutile de gâcher le plaisir.

Le Chuunin finit par fixer la chaîne à son poignet. Il regarda l’heure une nouvelle fois ; neuf heure moins dix. Le lieu du rendez-vous se situait près de la fontaine, près du parc. Facile à trouver, et assez loin de la présence des shinobi. Makeru préférait les éviter un peu, en ce moment. Il avait déjà croisé ce salopard de Satoshi, qui était heureusement resté à Konoha. D’ailleurs, ses élèves revenaient également de ce petit village. Ayesha n’avait pas été promue. A quoi bon perdre son temps à la faire étudier, si elle était incapable de faire quoi que ce soit ? Non, non, c’était injuste. Il devait lui reconnaître qu’elle faisait des efforts. Et Makeru aimait bien travailler avec elle. Il aimait bien travailler avec des élèves en général, parce que lui-même avait des exercices à faire. Le temps qu’ils apprivoisent ce qu’il leur avait demandé, il pouvait avancer. Makeru ne savait pas la spécialité des deux autres membres de l’équipe. Ayesha faisait de la médecine, une voie hautement estimable. C’était l’étude du corps poussé à l’extrême, tandis que le Genjutsu représentait l’étude de l’esprit poussé à l’extrême. Très complémentaire, et très respectable. Très dur, aussi. Ce n’était pas pour les faibles. Ce monde n’est pas fait pour les faibles de toute façon, d’une manière générale. L’objectif des villages ninja était intéressant, mais vain. Bien. Inutile de le répéter, ou de s’engourdir l’esprit dans ces considérations. L’heure tournait, mais Makeru ne pressait pas le pas. Il arriverait précisément à l’heure dite. Ni avance, ni retard. La neutralité, c’était le vrai nom de la ponctualité.

Watagumo Ine était restée à Konoha avec cet imbécile de Satoshi. Bien. Tant pis. Elle apprendrait sans doute de petites choses utiles. Le Taijutsu, c’était une voie inutile et grotesque. Il n’y avait rien de plus déprimant que l’esprit de l’une de ces bêtes fauves. Un boulevard entier à saccager, des tours ridicules qui n’auraient pas dû piéger des enfants de douze ans. Et ça marchait… Vraiment inutile. Il faudrait faire interdire cette voie détestable. Les Taijutstuka n’étaient que des… comment dire… des soldats, voilà. Aucun esprit, aucune stratégie, on les mettait au front pour encaisser l’attaque pendant que les vrais penseurs organisaient la ligne de bataille. Des inutiles, oui. Satoshi, inutile. Il serait bien temps de le tuer un jour. Lui écraser une cigarette dans les yeux, tiens. Fumer, inutile.

Neuf heures, Makeru s’arrêta. Il était arrivé, et un jeune homme également. Le Kaisou. Makeru n’arrivait pas à se souvenir où il avait entendu ce nom. Findecano. Un long nom, pour des capacités intéressantes peut-être.

[Makeru] – Hey, bonjour !

Feindre l’enthousiasme était un jeu d’enfant. Feindre la tristesse aussi, ou l’affliction en règle générale. Ce qui était plus dure, c’était le plaisir. Feindre le plaisir, c’était dur. Sauf dans un lit. Là c’était facile. Mais autrement c’est dur. Pas impossible toutefois. Rien n’est impossible avec un visage, une voix et un corps pour écouter l’esprit. Rien. Sauf…

[Makeru] – Excusez-moi de vous déranger, j’attends mon professeur.

Jouer. Makeru n’arrivait pas à s’en empêcher. Il voulait tester les capacités de réflexion de son élève. Voir s’il méritait un petit cadeau. D’ailleurs, il faudrait organiser un beau jeu pour les occuper, pour se rendre compte de leur niveau. Pour les forcer à communiquer. Il n’y a rien de plus beau que deux esprits désemparés obligés de communiquer pour résoudre une énigme. Rien, sauf…

La haine aussi est difficile à ressentir, quand on ne l’éprouve pas. Parce que c’est un des rares sentiments qui prend vraiment aux tripes, qui les tord, qui fait mal, qui demande à jaillir avec une force souveraine. Mais la haine non plus est loin d’être impossible à imiter. Non, non, il n’y a qu’une chose que Makeru ne sait pas imiter, une seule.

[Makeru] – Et toi ? Oh, je m’appelle Hiken Majirusu.

Bonjour,

Je suis le professeur de votre équipe. Si vous souhaitez me rencontrer, rendez-vous à la fontaine de la place de Kiri, près du parc. Si vous ne le souhaitez pas, je ne vais pas venir vous chercher.
Passez une bonne journée.


Makeru Jishin.

MessageSujet: Re: Allez, Souriez...   Jeu 26 Fév - 13:43

Il était tôt. Assez tôt, en effet, le soleil venait à peine de pointer le bout de son nez derrière l'horizon. Une vague lumineuse vint peu à peu prendre du terrain dans la chambre sombre du jeune Kaisou, jusqu'à ce qu'elle arrive sur son visage. Il ouvrit un oeil, puis le second. Il se redressa alors puis sauta de son lit. Un pressentiment lui trotait déjà dans la tête.
Cette journée n'allait pas être une journée de repos...
Findecano se prépara un petit-déjeuner complet, avant d'aller prendre une douche et de s'être débarbouiller le visage. L'eau froide réveilla peu à peu ses cinq sens, et lorsqu'il sortit de la salle de bain, ce fut un shinobi tout frais et prêt à relever n'importe quelle situation, qui apparut. Cette semaine avait été épuisante. Vraiment... Il y avait déjà eut l'attaque de Konoha les jours précédants, puis le voyage pour rentrer à Kiri, cette bataille au "Ninja rassasié" qui aurait très bien pu être évitée, et enfin le séjour sur l'île Kaisou, pour faire un rapport détaillé sur ce qu'il s'était passé dans le village caché de la Feuille. Un entretien long, ennuyeux et assez épuisant... Le jeune Kaisou espérait bien pouvoir prendre une journée de repos, il allait sortir, lorsqu'on toqua à sa fenêtre...
C'était Haraku.

[Haraku Kaisou] Yo, Find' ! Ca va ?

Findecano acquiessa et se demanda alors pourquoi son camarade était venu si tôt ce matin. Il ne voulait certainement pas dialoguer autour d'un thé, il avait horreur de ça. Venir embêter son cousin ? C'était tout à fait possible... Le plus jeune des Kaisou resta sur ses gardes, lorsque tout à coup... Haraku tendit une simple lettre à Findecano. Celui-ci haussa d'abord un sourcil interrogateur, puis après l'avoir prise, l'ouvrit.

Citation :
Bonjour,

Je suis le professeur de votre équipe. Si vous souhaitez me rencontrer, rendez-vous à la fontaine de la place de Kiri, près du parc. Si vous ne le souhaitez pas, je ne vais pas venir vous chercher.
Passez une bonne journée.



Makeru Jishin.

"Professeur de votre équipe"... On avait déjà informé Findecano, concernant le fait qu'il allait bientôt être intégré à une équipe, mais il n'avait pas eut d'autres informations. Le professeur voulait enfin montrer son vrai visage, et le jeune Kaisou allait enfin pouvoir voir qui seraient ses coéquipiers. Il hocha la tête, comme pour dire qu'il avait tout saisit. Seuls détails qui le chagrinait fut qu'il n'y avait aucune date, aucun horaire, juste un lieu, et un nom : Makeru Jishin.
Findecano entendit un soupire derrière lui. Il se retourna vivement et demanda à Haraku, visiblement désemparé :

[Findecano] Qu'est-ce qui te fait avoir cette tête là ?

Son aîné lacha un petit rire, reprit son "sérieux" et répondit, visiblement plantif :

[Hakaru Kaisou] Mon pauvre... Makeru Jishin... Je ne le connais pas du tout, mais je n'en ai pas entendu de bonnes le concernant. Méfie toi bien de lui. Enfin... Ce n'est qu'un conseil.

Findecano fronça les sourcils, puis se ravisa. Il constatera par lui-même, si ce Makeru Jishin méritait qu'on soupire à la lecture de son nom. Hakaru prit rapidement congé de son cousin Kaisou, sans ommettre de lui préciser que la rencontre avait lieu aujourd'hui à neuf heures précises. Un rapide coup d'oeil à son horloge et l'étudiant put constater qu'il lui restait encore deux bonnes heures avant l'heure du rendez-vous... Il avait donc le temps d'aller se promener et de se reposer l'esprit. Il attrappa son manteau, son wakisashi, et sortit de chez lui...



Huit heures cinquante-sept minutes, Findecano entra dans le parc Hakuchou. Il était désert. La rosée du matin n'avait pas encore eut le temps de tomber sur certains feuillages, et les reflets des rayons du soleil sur les goutellettes d'eau donnait à cet environnement une ambiance plaisante et agréable.
Huit heures cinquante-neuf minutes cinquante-trois secondes, Findecano arriva enfin à la fontaine, après avoir traversé une parcelle du parc. L'étudiant s'arréta, croisa les bras et attendit que ses coéquipiers et que son futur professeur arrive, lorsque tout à coup, on l'interpella.

[???] Hey, bonjour !

Le jeune Kaisou tourna simplement la tête, tout en gardant ses bras croisés. Enfin, son professeur était arrivé, il était pile à l'heure ! L'étudiant allait se présenter, lorsque le nouvel arrivant prit les devants, et commença :

[???] Excusez-moi de vous déranger, j’attends mon professeur.

Un Chuunin attendant son professeur ? Les Chuunin avaient des professeurs, maintenant ? Findecano n'en savait rien... Un chef, d'acord, mais un professeur... Mais le plus étrange, un Chuunin attendant son professeur à exactement la même heure et au même endroit que la future troisième équipe de Kiri ?! Il y avait quelque chose qui clochait. Findecano hésita un instant : sétait-il trompé de lieu de rendez-vous ? Non, il était écrit noir sur blanc, que l'équipe devait se retrouver à la fontaine, près du parc. Findecano resta silencieux, et le Chuunin, reconnaissable à son gilet, renchérit :

[???] Et toi ? Oh, je m’appelle Hiken Majirusu.

Du vouvoiement, il passait maintenant au tutoiement, avant même que l'apprenti shinobi au cheveux de jais ait ouvert la bouche, pour prononcer une parole. C'était qui exactement ce nouvel arrivant ? Hiken Majirusu...
Findecano répondit, un peu méfiant :

[Findecano] J'attends aussi mon professeur. Il se nomme Makeru Ji...

Un moment d'hésitation ne lui permit pas de terminer sa phrase. Un éclair de lucidité avait traversé son esprit, et les paroles de son cousin pronconcées le matin-même lui revint dans la tête.
Makeru Jishin.
Hiken Majirusu.
Ce n'était pas bien difficile... Il suffisait d'inverser les lettres du patronyme et du prénom. Quelle heureuse coïncidence ! Même nombre de lettres ! Et même lettres ! Son futur professeur se jouait de lui, s'était indégniable...
Mais l'homme en face de lui semblait si... naturel. Cet air enthousiaste, ce sourire complice...
Findecano décida de s'incliner et de prononcer ces paroles :

[Findecano] Enchanté, Jishin-senseï. Je suis Findecano du clan Kaisou. Etudiant à l'Académie ninja de Kiri et l'un de vos futurs élèves.

Et si ce n'était pas lui ? Qu'allait penser ce shinobi ? Un dingue de plus dans le village. Ou un morveux qui se jouait de lui.
Quoi qu'il en soit, peu importe. Findecano se moquait bien de ce qu'on pouvait penser de lui. Seul son objectif comptait. Son image... Les ninjas n'avaient pas d'image à dorer. Ils étaient des armes, voilà tout.
Si ce shinobi était bien l'homme auquel pensait l'étudiant, mais qu'il avait envie de jouer, il allait rapidement être déçu. Le jeune Kaisou n'aimait pas vraiment les enfantillages... Les énigmes, il aimait. Les gamineries de ce genre, ce n'était pas vraiment son truc.

Ce couple allait devenir... explosif !...


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MessageSujet: Re: Allez, Souriez...   Jeu 26 Fév - 16:01

[Makeru] – L’un de mes élèves tout court, pour être exact.

Makeru acquiesça. Au moins, il ne faisait pas du Taijutsu. En quelques secondes, il avait eu les renseignements qu’il souhaitait et qu’on ne pouvait demander de vive voix. Premièrement, Findecano était normalement pourvu pour le côté intellectuel, même s’il était pour le moment impossible d’approfondir ce jugement. Ensuite, il disposait d’une confiance en lui suffisante, bien que marquée d’un certain respect pour la hiérarchie. C’était intéressant. Makeru avait vu beaucoup de visages différents ; parfois, les personnes qui ont confiance en eux sont prétentieuses et un jeu si risible lui aurait valu un grognement suffisant. Mais Findecano marquait néanmoins son respect pour le professeur qu’il était. Intéressant. Ce sont peut-être les jouets les plus amusants, et les plus rapidement lassants. Il se demanda, sans rien en laisser paraître, jusqu’où exactement il pourrait pousser ce respect face à l’autorité. Le meurtre ? Sans doute. La trahison ? Mmh.

Peut-être pas, non. Pas déjà.

[Makeru] – Je suis Makeru Jishin, Chuunin Instructeur de Kiri et expert des illusions. Je pense que tu fais du Ninjutsu. Ou alors, tu es un mauvais illusionniste. Mais je crois que tu fais du Ninjutsu.

Aux yeux de Makeru, le Genjutsu ne permettait pas la médiocrité. Il fallait être plus vif, plus percutant. Tranchant comme le fil d'un katana, faire de son esprit une arme aboutie, complète. Un illusionniste, un bon illusionniste, n'aurait pas même tenté de valider le vain mensonge de Makeru. Il aurait su immédiatement à qui il avait affaire. C'était le défaut des mensonges. On avait toujours plus de mal à mentir à un menteur, car les deux esprits fonctionnent de la même façon, communiquent sur un même plan.

Mais ce n'est pas impossible non plus.

[Makeru] – C’est étrange de reprendre une équipe. Cela fait plus d’un an maintenant que je dirige une équipe d’intervention pour le compte du village, mais c’est devenu un peu ennuyeux. Et avec les récentes directives du village… autant former la jeunesse, ce sera ça de gagné.

Tranquillement, Makeru égrainait les possibilités de discussion. Il ne comptait pas attendre les autres, il avait quelque chose à faire avec Findecano. Il revenait de Konoha. Ah, le beau village en cendres ! Asahi, hé ? Bien, bien. Il fallait que ce jour arrive, de toute façon. Chaque camp à mis ses pions en position, dommage que les Villages Cachés partent avec plusieurs coups de retard. Rien n’était perdu, pour peu qu’ils avancent intelligemment. Et ils le feront. Asahi était une organisation intéressante, mais lacunaire. C’est comme… un phare sans feu. On le voit seulement de jour, jamais de nuit. Il resplendit que quand on n’a pas besoin de lui…

[Makeru] – C’était bien Konoha ? Je n’ai jamais beaucoup aimé les tournois, personnellement. A part les compétitions de go. Intéressantes compétitions.

A ce jour, Makeru avait perdu trois fois très exactement. Il se souvenait de chacun de ses échecs. Quand il était jeune, il avait pris l’habitude de jouer seul. C’était redoutable d’essayer de se piéger soi-même. Une expérience perturbante, et qui ne peut pas être menée à bien par beaucoup de personnes – certaines très intelligente. Cela demande une dissociation parfaite de l’esprit, être deux, mais juste le temps d’une partie. Les vrais schizophrènes sont des faibles qui n’assument pas quelque chose chez eux. Seul un être entier peut prévaloir. Makeru avait perdu une seule fois contre son maître. Ils n’avaient joué qu’une seule fois, du reste. Un échec retentissant. Dès le second geste, il avait senti que la victoire lui échappait. Mais on ne peut rien contre certain génie, à part contempler et apprendre.

Contempler… et apprendre.

Makeru repartit, d’un ton maîtrisé, vaguement amusé.

[Makeru] – Je te propose un jeu, pour nous occuper. J’ai six boules dans la main.

Makeru les présenta, sorties de nulle part, parfaitement alignées dans sa paume.

[Makeru] – Jaune, rouge, bleue, mauve, noire et verte. En quatre essais, tu dois restituer la bonne ligne de quatre boules. Dès qu’une boule est bien placée, je te l’indiquerais. Dès qu’une boule est présente mais mal placée, je te l’indiquerais. Pas de double. Tu as compris ?

Makeru disposa les boules face à l’étudiant. Il pouvait aussi bien prendre le jeu à la légère, soit s’appliquer. Au final, il n’y avait pas grand-chose de différent avec un entraînement standard. Toujours ces deux possibilités. Les deux possibilités qui partagent les faibles des forts, les légumes des génies. Certains n’avaient pas besoin de s’entraîner. Certains maîtrisaient déjà beaucoup trop de choses. Mais certain est rare. Beaucoup en revanche, est nombreux.

Makeru observait d’un œil vif les boules. Le premier coup est de la simple chance. Le second, de la pure stratégie. On mérite sa victoire pour l’un et l’autre.

La chance fait tout simplement partie du jeu. Le génie aussi, d’ailleurs.

MessageSujet: Re: Allez, Souriez...   Sam 28 Fév - 19:35

[Makeru] L’un de mes élèves tout court, pour être exact.

C'était lui, le doute n'était plus permis. Findecano releva la tête et regarda son professeur. Il s'était peut être trompé sur lui. En fait, cette falsification était peut-être un test. Ce Chuunin semblait être perfectionniste. Ce n'était qu'une impression, biensûr, mais ce qui confortait l'étudiant dans cette hypothèse était ce petit jeu avec les lettres. Une sorte d'examen pour savoir si son élève était apte à suivre son éducation ou non.
Les deux esprits se toisaient l'un l'autre, se dévisageaient. Tous deux voulaient en savoir d'avantage sur l'entité qui se dressaient face à eux. Makeru coupa cependant court avec cette inspection spirituelle :

[Makeru] Je suis Makeru Jishin, Chuunin Instructeur de Kiri et expert des illusions. Je pense que tu fais du Ninjutsu. Ou alors, tu es un mauvais illusionniste. Mais je crois que tu fais du Ninjutsu.

Un expert en illusions ?!
Même si le visage de Findecano resta impassible, il n'en pensait pas moins. Le Genjutsu... Son plus grand point faible. Il le savait, et n'avait pas vraiment eut besoin de beaucoup de temps pour s'en rendre compte. Son esprit n'était pas assez protégé contre les menaces extérieurs. Il n'avait en plus aucune technique pour contrer les effets pervers de ces jutsus dévastateurs. Il était comme un bateau sans voile au milieu d'un typhon. Un rien pouvait le submerger... à tout moment...
Mais il y avait un point positif à celà, tout de même. En effet, qui serait plus efficace à enseigner comment se protéger des illusions, qu'un illusionniste émérite ? Peut-être lui enseignera-t-il l'art de bâtir une forteresse mentale ? Même si dans le cas de Makeru, c'était plutôt un labyrinthe.

Ce dernier n'eut aucun mal à trouver la spécialité de son élève : un shinobi travaillant avec les éléments. Il aurait très bien pu être un Eisei-nin, ou encore un spécialiste du corps-à-corps ! Pourquoi un spécialiste du ninjustu ? Etait-ce parce qu'il avait trouvé que son professeur s'était donné une fausse identité ? Findecano préfera mettre cette question de coté, et la lui poser plus tard.

[Makeru] C’est étrange de reprendre une équipe. Cela fait plus d’un an maintenant que je dirige une équipe d’intervention pour le compte du village, mais c’est devenu un peu ennuyeux. Et avec les récentes directives du village… autant former la jeunesse, ce sera ça de gagné.

Alors comme ça, Makeru avait une certaine expérience en tant que professeur. Interessant. Au moins, ses élèves pourront avancer rapidement et efficacement avec lui. Mais pourquoi n'a-t-il par continué sur la voie de l'enseignement ? Etait-ce un simple souhait ou n'avait-il pas d'autre choix que de diriger une équipe d'intervention ? Ses questions furent coupés court par Makeru lui-même :

[Makeru] – C’était bien Konoha ? Je n’ai jamais beaucoup aimé les tournois, personnellement. A part les compétitions de go. Intéressantes compétitions.

A la question Findecano ne répondit que par un haussement d'épaule. Le tournoi ne l'avait pas vraiment plu non plus, à vrai dire. Voir des adolescents à peine à peine plus jeune -ou plus agés- que lui se massacrer à coup de techniques de bas niveau... Très peu pour lui. Et cette ambiance, dans les tribunes. Des parieurs fous hurlant et vociférant pour encourager son coq... uniquement pour récolter le pactole. C'était affligeant, et Findecano s'en était presque demandé si on n'avait pas oublié ce qu'était réellement un ninja. Au fond de lui-même, Findecano espérait de jamais à passer Chuunin par ce biais. Et il le dit alors très clairement :

[Findecano] Franchement, du point de vue ludique, ce tournoi ne vallait pas le déplacement. Voir des apprentis shinobis se tapper dessus sous les acclamations d'imbéciles qui ne souhaitent que se remplir les poches... *soupire* Enfin... Et le go, mon Grand-Père devait m'apprendre à y jouer, mais il est mort en mission avant de pouvoir revenir...

Sa dernière phrase avait été prononcée sur un ton parfaitement neutre, bien que très respectueusement. Son Grand-Père était mort pour le village, pour son île. Une mort digne. On ne pouvait l'invoquer qu'avec respect...
Makeru changea de sujet rapidement en demandant sur un ton enjoué, presque amusé :

[Makeru] Je te propose un jeu, pour nous occuper. J’ai six boules dans la main.

Findecano fronça d'abord légèrement les sourcils. "Un jeu" ? Simplement pour "s'occupper" ? Le jeune Kaisou de dit rien et ne pensa rien, attendant de savoir ce que son professeur voulait faire de ces boules colorées qu'il tenait dans la main. Ce dernier précisa les règles et alors tout devint clair. Soit, l'entraînement commençait. Soit, c'était un autre test de son senseï, pour prouver sa valeur. Ce jeu semblait vraiment être tactique. Il fallait faire preuve de logique, de bon sens, et avoir une stratégie impeccable. Prendre tous les renseignments explicites et implicites, faire attention à ne pas faire de faux pas ou se répéter...
Findecano ne pouvait prendre ce jeu à la légère. Et c'est avec un parfait sérieux qu'il commença.

Le premier coup était de la chance. A moins de savoir lire dans les esprits... Et celà, l'étudiant en était incapable. Néanmoins, il tenta de créer la première combinaison en rapport avec l'individu en face de lui. Après quelques secondes de reflexion la suite de boules suivante, fut selectionnée :

Bleue - Mauve - Noire - Verte


La bleue, car c'était la couleur avec laquelle on se représentait Kiri. La mauve, car c'était une couleur sombre qui rejoignait le noire et son obscurité. Deux couleurs parfaites pour un maître des illusions. Et enfin, verte, parce que... Parce qu'il avait hésité avec la rouge, et qu'il était absolument certain que ce n'était pas la jaune. Makeru donna donc des indications sans trahir la combinaison, qu'il gardait secrètement dans son esprit :

[Makeru] Il y a trois boules mal placées.

Trois boules mal placées. Interessant. La chance lui avait esquissé un sourire, on dirait. Cependant, la tâche la plus ardue était de trouver la boule qui n'avait rien à faire ici. Après un autre laps de temps de reflexion intense, il se décida à changer l'ordre de certaine boule, et d'échanger la boule verte et la boule rouge.

Mauve - Bleue - Rouge - Noire


Gràce à cette combinaise, quatre possibilité s'offraient à lui.
La meilleure, étant, que les quatre boules soient bien placée, et qu'ainsi le jeu soit terminé. Mais Ce deuxième coup relevait aussi de la chance dans ce cas.
La deuxième meilleure possibilité, fut que les quatre boules soient simplement mal placée. Il aurait alors en deux coups à les replacer comme il le fallait, en prenant garde de ne pas se répéter, et le tout était joué.
La troisième meilleure, était que deux boules soient bien placée ou non. Celà signifiait donc, que la rouge ne faisait pas partie de la combinaise. La verte et la jaune, elles : si avec certitude. Et que soit la mauve, soit la bleue, soit la noire, devait être exclue.
Et enfin, la pire de toute. S'il y avait trois boules présentes dans la suite, indépendemment du fait qu'elles soient bien placées, ou non. En effet, comment savoir si les trois boules étaient celle de départ, donc la jaune était bonne. Ou alors, si la rouge était bonne, et donc, qu'il fallait trouver laquelle des trois restantes était la mauvaise.
Et le verdict de Makeru tomba, Findecano observa avec attention son professeur. Il ne devait laisser échapper aucune information. :

[Makeru] Une boule est bien placée... Et le nombre de boules présentes, mais mal placée est de... deux.

Dommage. C'était la pire option qu'il voulait entendre. Trois boules étaient présentes dans la suite. Mais avec si peu d'informations, comment savoir laquelle enlever ? L'étudiant tenta de sonder l'esprit de son adversaire, en le regardant droit dans les yeux. Peut-être en apprendrait-il quelque chose ?... Mais il n'en fut rien. Après tout, Makeru était un expert en illusions...Fermer son esprit était pour lui un jeu d'enfant, sans doute. Mais l'étudiant n'abbandonna pas. Findecano réfléchissait déjà à comment il pourrait faire pour s'en tirer. Réfléchissant à toute allure, une goutellette commençait à perler sur sa tempe droite. Il analysait tout, faisait des tests de probabilité assez pointus dans son esprit. Son cerveau fonctionnait à trois cent à l'heure, il devait se rappeller de chacun des mouvements de son professeur, de la combinaison des boules précédentes... Il ne pouvait renoncer. L'étudiant n'arrivait cependant pas à trouver.
Le jeune Kaisou changea alors de manière de penser et se lança dans une reflexion hypothétique. Il parta du fait que la rouge était bien placée. La chance faisait aussi partie du jeu. Il déplaça donc quelques boules, laissa la rouge à sa place, ôta la mauve, mais rajouta la verte :

Verte - Noire - Rouge - Bleue


Makeru répondit alors :

[Makeru] Idem que précedemment. Une boule bien placée, deux boules présentes, mais mal placées.

Parfait... Tout était parfait pour Findecano, et si son hypothèse s'avérait exacte, c'est-à-dire que la boule rouge était bien placée, alors il avait trouvé la bonne combinaison.
Il enleva la boule bleue, car cette dernière était passé par tous les rangs (sauf le numéro trois), elle n'avait donc pas sa place dans la suite. A la place, il réintégra la boule mauve, qu'il plaça en quatrième position. Celle-ci avait déjà pris la place une et deux, et était mal placée, donc... Il ne lui restait plus que la place numéro quatre. Idem pour les boules noire et verte, il suffisait simplement de changer de numéro.
Findecano proposa donc la combinaison suivante, espérant qu'elle serait bonne. Sur son visage on voyait de la détermination. Et en plaçant, la dernière boule, il regarda son professeur dans les yeux. Pas du tout avec un air hautain ou de défis. Non, pas du tout. Avec un air qui signifiait : "Voilà, c'est celle-là."

Noire - Verte - Rouge - Mauve


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MessageSujet: Re: Allez, Souriez...   Lun 2 Mar - 20:41

Il y avait bien longtemps à présent, Makeru avait participé à une compétition de go.

Son maître l’avait amené dans cette salle obscure, seulement entrecoupée d’étroits volets noirs. Makeru se souvenait très bien des visages concentrés des joueurs, sur lesquels les rayons du soleil dessinaient des rayures enfantines. C’était un beau spectacle. Mais une fois face à son adversaire, l’esprit de Makeru s’était tendu uniquement vers la table et ce qui se passait sur celle-ci. Le visage de son adversaire encore très net, les yeux légèrement plissés à cause de la lumière, son agacement bien dissimulé derrière ses épais sourcils. Il ne souhaitait pas affronter un enfant. Dès lors que Makeru bougea sa seconde pièce, le joueur comprit qu’il affrontait un égal.

Plus encore. Un supérieur.

Il avait neuf ans à ce moment-là. Depuis lors, hélas, il ne jouait guère plus. Il n’avait pas d’amis suffisamment résistant pour lui tenir tête, et trouver de bons joueurs demandait de voyager. C’était un investissement que Makeru ne comptait pas faire pour l’instant. Il y avait trop de choses en suspens encore, des choses qui demandaient de promptes résolutions.

Son élève était concentré lui aussi. Comme les joueurs de go. Le front plat, les yeux vifs. Il cherchait. Avec un peu de talent, il trouverait. Mais il prenait cela au sérieux. Un bon point. Combien de shinobi mouraient par simple inconscience ? A ignorer les enjeux, on négligeait les dangers. Une insupportable lacune, qui semblait se répandre avec entrain. Il n’y avait qu’à voir le portrait que dépeignait Findecano de Konoha. Parier sur les vainqueurs, comme de vulgaires soudards. Ah, Satoshi devait certainement être à la fête, oh oui. Un imbécile de son envergure, toujours prêt à accumuler un peu plus de richesse aussitôt dilapidée dans les tripots. Vraiment, quel visage à montrer pour un soi-disant chef. Kiri mettrait du temps à nettoyer la crasse accumulée par des années d’inattention. Il faudra frotter jusqu’à avoir les mains en sang, et l’avait le reste avec ce précieux liquide. Eh bien, ils le feront.

Makeru ne quittait pas les boules du regard. Il étudiait à la fois le jeune homme et son jeu. Une bonne intuition le menait près de la victoire. La bonne alchimie de la réflexion, la voici. De la raison et des émotions. Les ignorants pensent que les émotions sont très éloignées de la réflexion. C’est faux. Elles permettent de construire un instinct, une prescience des choses, une certaine sensibilité. Et là, on tenait l’une des clefs pour remporter tous les défis qui se présentaient. Makeru cachaient si bien son jeu qu’ils étaient nombreux à croire qu’il était en proie à de nombreuses émotions qui, par quelque miracle, n’entachaient jamais son professionnalisme. Ce n’était que partiellement vrai. Makeru créait des émotions, il les imitait. Bien, même très bien la plupart du temps, mais il ne parvenait pas à les ressentir profondément. Il s’en faisait une idée générale, il les étudiait consciencieusement pour les répéter. Le talent, l’ingrédient qui fait la différence.

Makeru hocha la tête une fois.

[Makeru] – C’est la bonne combinaison en effet.

Un petit jeu sympathique. Makeru chercha dans sa poche. Il savait qu’il allait redevenir chef d’équipe auprès de Genin car c’était lui qui l’avait demandé. Cela lui permettra de rester à Kiri plus souvent, et de surveiller les avancements. La perspective d’apprendre à nouveau comment combattre, comment réfléchir, comment vivre ne l’excitait pas autant qu’il l’aurait cru. La première équipe qui lui avait été confiée était aujourd’hui dissoute, plus ou moins, car deux membres avaient intégré les forces spéciales. Un autre était décédé il y a quelques mois, suite à une embuscade dans le Pays des Roches. Il était possible que ce soit l’œuvre d’Asahi, car Makeru avait mené son enquête sur les lieux, discrètement, au détour d’une mission. Il n’était pas là pour venger qui que ce soit. Se battre pour les morts est une imbécilité. Ils ne sont plus là pour regarder, et même s’ils pouvaient parler, eh bien, ils n’auraient rien d’intéressant à déclarer. Non, il faut combattre dans le présent, agir, pas réagir. Provoquer l’avenir, sans embrasser bêtement le passé dont les lèvres mortes aspiraient plus de vie qu’elles n’en donnaient.

Makeru saisit l’objet qu’il cherchait, et le présenta à Findecano.

[Makeru] – Te voilà officiellement Genin de Kiri. J’aime autant n’avoir que des Genin dans mon équipe, et tu me sembles largement capable d’assumer ce petit poste. Même si tu n’as guère apprécié le Tournoi Chuunin, je compte te préparer à le devenir dès maintenant.

C’était ennuyeux que la petite Watagumo soit restée à Konoha. Elle semblait impulsive, nerveuse et émotionnelle. Ce n’étaient pas exactement des qualités. Mais surtout, elle ne l’aimait pas beaucoup. Makeru ne cherchait jamais l’amour ou la validation auprès des autres, mais ces derniers finissaient par baisser leur garde et le lui donner néanmoins. Quand on regarde un miroir pour la première fois, au réveil, on peut grincer des dents. Mais après on se rapproche, on touche notre peau, notre menton, et on se dit voilà, c’est moi. Cela se produisait souvent dans l’entourage de Makeru. Il ne savait pas encore si Watagumo était limitée, mentalement. Elle faisait affaire avec Kenji. Cela pourrait s’avérer ennuyeux, aussi. Makeru aurait dû tuer ce vieillard quand il en a eu l’occasion. Mais s’il avait bougé, à ce moment-là, le vieil homme l’aurait reconnu. Alors il avait retenu sa respiration, et s’était contenté de regarder le vieil homme repartir.

Son heure viendra. L’heure où une aiguille viendra embrasser son cou usé et priver son cœur de souffle.

Makeru se retourna légèrement, et adressa un signe de tête à Sianishi Ayesha. Elle était venue elle aussi. Bien. Il n’avait pas perdu son temps à lui apprendre ces techniques. La médecine, une voie prometteuse. Une équipe sans stupide Taijutsuka. La clef du succès, encore une.

Une parmi tant d’autres.

MessageSujet: Re: Allez, Souriez...   Ven 6 Mar - 14:30

Makeru hocha la tête une fois.

[Makeru] C’est la bonne combinaison en effet.

Findecano soupira de soulagement. Cette intuition l'avait mené à la victoire. Mais pourquoi le rouge ? Cette couleur aurait très bien pu être autre. Le rouge... Un bon pressentiment, vraiment. Il releva les yeux vers son professeur, et remarqua que ce dernier semblait chercher quelque chose dans sa poche. Silencieux, le jeune Kaisou le regarda faire. De son vêtement, Makeru sortit un morceau de ruban noir. Les sourcils de l'étudiant se froncèrent jusqu'à ce que son professeur tende la main et qu'il dise d'une voix neutre :

[Makeru] – Te voilà officiellement Genin de Kiri. J’aime autant n’avoir que des Genin dans mon équipe, et tu me sembles largement capable d’assumer ce petit poste. Même si tu n’as guère apprécié le Tournoi Chuunin, je compte te préparer à le devenir dès maintenant.

Findecano, visiblement surpris, écarquilla les yeux, et ne crut pas au début ce que son professeur lui disait. Mais alors que la main de Makeru tenait ce morceau de tissu noir orné d'une plaque de métal arborant le signe de Kiri, et lorsqu'il finit sa phrase, Findecano comprit que ce n'était pas une plaisanterie. Lentement, et gardant toujours cette même mine étonnée, l'étudiant s'empara du bandeau, qui faisait de lui, maintenant, un véritable shinobi. Le jeune Kaisou contempla quelques instants sa future parure sous le regard de son senseï, puis décida enfin de l'attacher autour de son cou. Le bandeau n'était qu'en soi qu'une sorte de signe distinctif, tout comme la toque pour un cuisinier, ou la robe blanche pour un chirurgien. En fait, c'était les mots "Te voilà officiellement Genin de Kiri" qui l'avait le plus secoué.
Genin... Ninja sous les ordres d'un membre plus gradé exécutant diverses actions pour le compte de son village. Il prenait enfin ses fonctions en tant que cellule de ce magnifique organisme qu'était le village caché de la Brume. Il sentait en lui une force nouvelle et plus de motivation encore. Son dévouement pour sa patrie, mais surtout pour son clan grandit d'un seul coup. Et oui, car il était devenu avant tout par cette promotion : défenseur du clan Kaisou. Tel était l'un des principes énoncés dans le code d'honneur de son clan. Mais face à Makeru, il était ninja de Kiri, c'est donc ainsi qui se nomma :

[Findecano] C'est un grand honneur pour moi d'être ainsi promu à ce grade et dans votre équipe, Jishin-senseï. Et j'exécuterai les tâches qui me seront donnée avec le plus de sérieux et le plus de volonté possible.

En disant ces mots, prononcés avec une véritable sincérité, Findecano s'inclina avec respect devant son professeur. Et en relevant la tête ont eut pu voir dans ses yeux, la flamme de la volonté brûler avec ardeur, même si son visage ne reflétait qu'une expression parfaitement neutre.
Makeru avait un certain charisme et une certaine prestance. Et le Genin savait qu'avec cet individu serait un parfait professeur. Il ne pouvait que progresser avec lui, le jeune Kaisou en était certain.
Le spécialiste en illusions se tourna légèrement et accueilla d'un signe de tête une Genin qui avait combattu lors du tournoi Chuunin. Findecano tenta de se remémorer son nom et prénom... Et l'image d'une fille aux étranges yeux, abandonnant face à son adversaire, vint se dessiner dans son esprit. La Genin qui arrivait avait forcé son opposante à s'incliner d'elle même, car visiblement, les coups portées par cette dernière ne semblait pas affecter la kunoïchi qui combattait avec un poing-kunaï...
Sianishi Ayesha...
Voilà. Elle s'appellait Sianishi Ayesha. Une Eisei-nin, d'après ce qu'il avait entendu dans les gradins de la part d'autres shinobis de Kiri. Interressant...
Le jeune Kaisou tourna son regard vers son professeur, qui semblait alors satisfait de l'arrivée de sa deuxième élève. Et d'une voix neutre, le Genin demanda :

[Findecano] Jishin-senseï... Qui est le dernier membre de l'équipe ?

Makeru eut juste le temps de répondre, que Sianishi arriva face aux deux hommes de sa nouvelle équipe...


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MessageSujet: Re: Allez, Souriez...   Dim 8 Mar - 20:25

En sortant de chez elle ce jour-là, elle avait d’abord été tôt à l’hôpital d’où Akio devait sortir incessamment sous peu. Il s’était bien rétabli, il restait encore en observation un jour ou deux, et il pourrait reprendre du service. Il aurait alors une nouvelle équipe, de nouveaux élèves, de nouveaux objectifs. Une nouvelle vie. Ayesha, quant à elle, était également intégrée dans une équipe. Oh cela ne faisait pas trop de mystère, Makeru serait son instructeur. Ils avaient tellement travaillé ensemble, qu’elle s’était faite à l’idée…

Il y avait cette guerre de Kiri, elle l’avait rencontré pour la première fois un instant après la mort de Zen Azechi. Troublante coïncidence. Makeru était-il précisément à se battre avec le groupe de ninja qui l’avait abattu ? Non, ces traitres auraient été récupérés et auraient payé pour leur crime. Avait-il croisé leur chemin par le plus grand des hasards à cet instant ? Attendait-il qu’arrive cet incident ? Ou en était-il responsable directement ? Ce n’était pas clair, mais parfois il valait mieux éviter de poser trop de question. Même s’il n’inspirait pas particulièrement confiance, Ayesha avait choisi de croire à la solution fortuite. A quoi aurait servi les doutes alors qu’il aurait pu les faire disparaître sans qu’elles puissent rien n’y faire.

Puis, les évènements s’étaient calmés. Elle eu vent des combats spectaculaires qui avaient eu lieu, mais que personne n’avait pu voir hormis les participants eux-mêmes. Elle ne les connaissait pas, elle ne les avait même pas croisés une seule fois depuis son arrivée à Kiri. Mais ça ne l’empêchait pas de lire les stigmates de ces combats sur leurs visages. Tout le monde avait changé. Chacun avait été ébranlé. Même les plus jeunes, ceux qui ne comprenaient rien aux politiques, sentaient qu’ils avaient perdu quelque chose. Il aurait pu se former un noyau encore plus soudé afin de faire face aux futurs problèmes, mais les doutes étaient restés. Il n’y avait pas eu d’euphorie à la fin, tout ce qui se disait c’était que l’on était faible, qu’on avait perdu beaucoup, et qu’on ne pouvait plus donner sa confiance à n’importe qui. Ce petit village qui semblait si souriant, était encore rongé par le mal dont les révolutionnaires avaient infesté les rues. Le doute était un poison qui circulait aussi facilement sue l’eau. Il faudrait encore du temps pour réussir à retrouver toute confiance, et dépasser l’état d’hésitation dont Nezu avait voulu profiter.

Encore tremblotant, Kiri avait voulu cacher ses faiblesses aux autres villages ninjas. Ils étaient alors partis au chuunin exam, même s’ils avaient perdu leur foi, la nouvelle génération était prometteuse. A Konoha, peu de villages avaient répondu à l’appel. Sur les cinq principaux, Suna et Iwa ne s’étaient pas déplacés. Les pays plus modestes, Ame – village de la pluie, Kusa - village de l’herbe, Taki- village de la cascade, Kawa – village de la rivière, Oto – village du son, le pays de la neige, celui de la lune, du thé, et des vagues, … aucun n’était venu. Qu’advenait-il d’eux ? Personne ne le savait vraiment. Etaient-ils eux aussi en train de péricliter ? N’était-ce pas le signe prouvant que le nombre de ninjas déclinait, que les compétences s’amoindrissaient ? La condition de chacun n’était-il pas mis en péril par les grandes villes, les multinationales florissantes, et les guerres occidentales ?

Quoiqu’il en soit, à Konoha, le cœur n’était pas tourné vers ces préoccupations. Le but de chaque participant était de monter en grade, le but de chaque spectateur, de pouvoir s’enorgueillir de son village, ou d’admettre la force d’un village adverse. La première partie était une mise en bouche en attendant que tous les concurrents se rassemblent, et pour éviter que ceux déjà présents entament les violences avant l’heure. Ayesha avait fait parti de l’équipe des gagnants, c’était même elle et sa comparse qui avaient remis le rouleau salvateur à l’instructeur. Cette épreuve l’avait mise en confiance. Elle était devenue trop confiante. Elle n’en avait pas moins continué de s’entrainer avec Makeru jusqu’au dernier moment. Mais en voyant Ine inerte quitter la piste, elle s’était rendue compte qu’elle n’était pas prête. Ayesha s’était quand même battu du mieux qu’elle pouvait, et même si elle avait gagné, elle n’avait utilisé aucun jutsu de ninja. Elle s’était battue comme n’importe qui se serait battu. Pas besoin de porter un bandeau pour frapper avec des griffes. La violence des combats qui avaient suivi avait confirmé ce sentiment. Gagner ne suffisait pas.

Elle n’eut pas besoin de se frotter à un nouvel adversaire au second tour pour le savoir. De toute façon, l’Asahi avait voulu profiter aussi du regroupement pour semer la panique et la discorde. Qui visaient-ils ? Peu de gens l’avaient su. Mais le feu et les explosions avait eu pour effet, non pas de dissoudre la population en groupuscules effrayés, mais au contraire de rapprocher tous les villages et d’obtenir une cohésion que bien peu auraient cru possible. L’assaut n’avait duré qu’une seule nuit, une nuit terriblement longue pour tout le monde. Au lendemain, tout était à reconstruire. C’était pire encore qu’après la guerre civile de Kiri. Il y avait aussi eu des pertes. Dont deux genins qui s’étaient courageusement battus. Au lieu de reprendre le tournoi, l’accord tacite avait été d’aider à remettre sur pieds toutes les maisons détruites. L’aide collective n’était que matériel, mais le soutien mettait aussi du baume au cœur. Les promotions furent annoncées solennellement deux jours après l’attaque. Les personnes concernées avaient leur visage illuminé, mais tous contenaient consciemment ou pas leur bonheur. Oui ils avaient gagné l’expérience pour le grade de chuunin, mais cette épreuve de l’Asahi leur avait rappelé la gravité de la situation, et le sérieux de leur rôle. Les deux genins furent promus à titre posthume. Paraît-il qu’ils avaient montré encore plus de bravoure en combat réel que dans l’arène. Quel dommage, ces avenirs prometteurs foudroyés !

Ayesha était rentrée dès que possible avec le premier groupe vers Kiri. Elle avait accompli une partie de ce pourquoi elle était venue : elle s’était battue, avait gagné, et surtout avait appris. Elle n’était pas prête à passer au niveau supérieur, mais dorénavant, elle concevait mieux ce qui était attendu et les efforts qu’elle devrait encore fournir avant de pouvoir à nouveau postuler pour ce grade.

Ayesha avait reçu le billet d’invitation de Makeru à une séance d’entraînement avec sa nouvelle équipe. Qui ferait parti de l’équipe ? Parmi les kiréens avec qui elle avait pu discuter à Konoha, quasiment tous étaient passés chuunin. Ine ? Ses rapports avec leur professeur n’avaient pas bien commencé. Et, même s’ils avaient tous les deux choisis la même voie, celle du genjutsu, ils s’étaient peu entraînés ensemble. Elle l’avait sûrement associé moins positivement à la mort de Zen. Un genin qui n’aurait pas participé au tournoi ? Il y avait encore tant de têtes kiréennes qu’elle n’avait pas retenues. Le papier ne précisait pas d’heure. Elle en avait profité pour aller se baigner les pieds à la plage. L’océan, si plat ce jour là, pourtant aussi tentant que la falaise de Konoha. Rien que d’y penser, la fièvre la prenait. Le doux ressac la ramena aussitôt à la mer étendue à ses pieds.

* Un jour, je viendrai te voir, et je rapporterai un de tes orochis…*

Elle fit demi-tour, ses sandales à la main, et cueillit deux œillets qu’elle glissa entre sa chevelure et son bandeau. Elle prit la direction du parc où devait déjà se trouver le reste de l’équipe. Le chemin n’était pas long, mais chaque pas à fouler la terre lui donnait envie de revenir à l’eau. L’eau l’avait appelée à elle, c’était ainsi qu’elle avait trouvé Kiri no Kuni. Et dès qu’elle s’en éloignait à présent, elle en ressentait le manque. Elle arriva par le côté du parc près du bassin aux carpes et aux lotus. En portant son regard au-delà, elle repéra deux personnes assises face à face.

Le dos de Makeru n’avait rien de particulièrement reconnaissable, pas de marque distinctive, pas de corpulence remarquable. Le personnage physique entier était on ne peut plus ordinaire. Trop ordinaire. Ainsi pouvait-il sûrement se glisser au mieux dans toutes les situations. C’est aussi ainsi qu’elle le reconnut. Devant lui, un jeune homme dont elle ne se rappelait pas le visage. Faisait-il parti des spectateurs ? Etait-il resté ici ? Elle n’aurait su le dire. Les seuls visages qu’elle avait imprimés étaient ceux avec qui elle avait eu des relations directes. Comme ça, elle n’avait pas à se préoccuper d’informations inutiles. Pourtant plus tard, elle aurait certainement à aiguiser son sens de l’observation, dans le cas contraire, ça pourrait lui jouer des tours.

Le jeune homme présentait une barre soucieuse sur le front, comme s’il était extrêmement concentré. Makeru attendait, dans l’indifférence qui le caractérisait. Elle attendit de loin en observant leurs mouvements. Le vent ne portait pas leurs paroles, mais leurs gestes devinrent soudain très explicites. Le jeune homme rayonna en se relevant de sa concentration, Makeru acquiesça d’un hochement de tête. Il sembla chercher à son tour quelque chose, les rôles s’inversaient, s’était le jeune homme qui attendait. Mais il attendit moins longtemps, et sa réaction fut bien plus expressive de son bonheur quand il prit en ses mains son nouveau bandeau.

* Ainsi, c’est lui mon nouvel équipier, un jeune genin…*

Pendant que celui-ci ceignait ce bandeau autour de son coup, Makeru fit un signe à Ayesha. Il ne pouvait pas y avoir de doute, il l’avait repérée, même dans son dos, et l’invitait seulement maintenant à les rejoindre. Avait-il capté ses réflexions ? Avait-elle été aussi discrète qu’un éléphant ? Non c’était juste un bon chuunin qui savait faire attention à tout ce qui l’entourait. Elle s’approcha alors. Le jeune genin avait relevé les yeux et enfin aperçue. Tout au long de son arrivée jusqu’aux deux hommes, ils se fixèrent pour essayer de sonder l’autre. Il n’y avait aucune animosité, juste la curiosité que peut susciter une telle rencontre. Il la quitta un instant des yeux pour poser une question à Makeru que cette fois-ci Ayesha comprit. Celui-ci répondit simplement en nommant la troisième kunoichi.

[Ayesha] – Est-elle seulement au courant ? Comme Ine est toujours à Konoha,je doute qu’elle ait déjà accepté.

Elle ne voulait pas être mesquine, mais elle doutait qu’Ine accepterait aussi facilement de l’avoir pour professeur. Et si tant bien même elle acceptait, apprendrait-elle autant qu’avec une personne en qui elle aurait confiance ? Peu importe, cette question aurait une réponse plus tard. Quand elle reviendrait. Ayesha se tourna alors vers le jeune homme et s’inclina.

[Ayesha] – Bonjour, je suis Ayesha, spécialisée eisei-nin, j’espère que nous formerons une bonne équipe.

Un regard de son interlocuteur lui signifia qu’elle ne lui apprenait rien, soit. Elle lui rendit néanmoins un sourire simple mais sincère.

MessageSujet: Re: Allez, Souriez...   Dim 8 Mar - 23:00

Makeru acquiesça doucement.

[Makeru] – Bien, bien.

L’homme se décida à convier Ayesha à la petite réunion d’équipe. Maintenant que les soucis administratifs étaient réglés, il s’agissait de s’occuper du reste avec le plus grand sérieux. Si l’un de ses élèves doutait de ses capacités, il en dévoilerait quelques unes. Ce n’était que justice, car justement, Makeru doutait de leurs capacités à eux et s’apprêtait à les tester. Il détourna son regard de Findecano pour observer Ayesha qui s’approchait.

[Findecano] – Jishin-senseï... Qui est le dernier membre de l'équipe ?

[Makeru] – Elle s’appelle Watagumo Ine. Tu l’as peut-être croisée à Konoha, elle s’est battue.

[Ayesha] – Est-elle seulement au courant ? Comme Ine est toujours à Konoha, je doute qu’elle ait déjà accepté.

[Makeru] – A vrai dire, je m’en moque. Si elle n’accepte pas les ordres, elle ne me sera d’aucune utilité. Ni à moi, ni à son village.

Il n’en montra rien, mais intérieurement il esquissait un sourire mauvais. Comme s’ils avaient le choix. Leur seul et unique choix était de respirer l’air qui les entourait. Le reste ne dépendait pas d’eux. Ils étaient jeunes, sans la moindre expérience. Des inutiles totaux, de vieilles lames émoussées. La mission d’un professeur était d’effiler leur tranchant jusqu’à se couper lui-même le bout des doigts. Et de les lancer dans le flanc des ennemis du village.

Qu’Ine refuse son enseignement, il n’attendait que cela sans espérer grand-chose. Elle était sans doute trop molle pour faire quoi que ce soit avec panache. Elle se plierait à la décision du village. Car si elle ne le faisait pas, son précieux Kenji serait furieux. Il a bien des défauts, mais il tolère difficilement l’insurrection. Il serait le premier à lui dire qu’elle n’est pas là pour avoir de sentiments, bons ou mauvais, que ce soit envers son professeur ou envers le monde entier. Oh oui, qu’elle refuse et que son incompétence crasse explose au grand jour ! Alors Makeru n’aurait plus à se soucier d’elle, sa crédibilité fondrait comme glace au soleil.

Le Chuunin s’était bien sûr tenu au courant des prestations de ses élèves. Ine avait perdu son combat, et Ayesha l’avait remporté. Il avait envoyé l’un de ses hommes à Konoha pour observer ses élèves, mais aussi pour avoir un œil sur le déroulement du tournoi. Comme souvent, cette intuition s’était révélée payante, et Makeru en savait à présent autant si ce n’est plus que Shinji et ses laquais. Asahi avait pénétré à l’intérieur de Konoha pour abattre Nori, un homme influent de Kakumei. C’était une action d’éclat destinée à faire sentir au monde ninja qu’une organisation plus puissante que les autres subsistait aujourd’hui, et que cette organisation s’appelait Asahi.

Foutaises. Asahi sera détruite progressivement, et il faudra faire plus que casser trois maisons pour impressionner Makeru. Leur temps viendra sans se presser.

Plus important, son informateur avait scrupuleusement noté le déroulement de chacun des combats. Sianishi avait remporté son combat d’une façon relativement médiocre aux yeux de Makeru, en pariant sur l’épaisseur de ses cuisses plutôt que sur la profondeur de son intellect. Bah. Elle était jeune et l’expérience lui manquait pour créer des stratégies dignes de ce nom. Son adversaire devait toutefois être d’une rare faiblesse. Hyuuga ? Tout se perd, même le talent. Mais Ayesha avait marqué un très bon point en n’utilisant pas son chakra dans cette bataille, même si la méthode qu’elle avait employé était grossière. L’avait-elle fait à dessein ou par hasard ? Il se promit de lui poser la question une autre fois. Ine avait été bien décevante, mais Makeru sentait qu’il pouvait en faire quelque chose. Ses Genjutsu semblaient bien faibles pour ne pas avoir arrêté un lourdaud d’Eisei… Elle aurait dû adapter sa stratégie plus rapidement et surtout, ménager ses forces. Son informateur lui avait rapporté qu’elle s’était évanouie, à bout de forces. Mauvais, très mauvais. Des choix plus judicieux auraient dû se présenter. Il lui apprendrait. Ah, si elle acceptait d’apprendre. Mais Makeru parvenait à grand peine à tolérer la médiocrité dans le Genjutsu. On peut donner un coup de poing médiocre, ce sera toujours un coup de poing. Mais on ne peut pas se permettre d’utiliser son esprit de façon médiocre, c’est une insulte que l’on se fait à soi-même et une évidente preuve de mollesse.

Makeru prêtait une oreille distraite aux propos qu’échangeaient ses élèves. Bien sûr qu’ils formeront une bonne équipe. Si la pointe était bonne, le triangle ne pouvait qu’être parfait. C’était simplement une histoire de symétrie.

[Makeru] – Mon objectif sera principalement de vous former à être efficaces sur le terrain, c’est-à-dire en mission. Vous savez comment Kiri débloque ses missions, à peu près ? Je pense qu’une bonne connaissance du pourquoi donne de meilleurs résultats.

Le Chuunin se recula légèrement, comme s’il s’apprêtait à donner un cours. Néanmoins, il avait la curieuse capacité à moduler sa voix sur l’attention de ses interlocuteurs afin de captiver. S’ils commençaient à s’évaporer, il changeait légèrement de ton de façon à le rendre presque taquin et cette variation insensible brisait instantanément la monotonie ponctuelle de ses phrases. Le langage était l’un des Genjutsu les plus utilisé au monde. Et comme tout, il y a ceux qui le pratiquent avec talent, et ceux qui le pratiquent par routine. Beaucoup de gens pensent savoir parler parce que des mots sortent de leurs bouches… Si c’était si simple, cela fera des siècles que les chanteurs auraient disparus.

[Makeru] – Kiri est la force militaire du Pays de l’Eau. Nous dépendons du daimyo du Pays de l’Eau, qui gère l’économie, les finances, autant qu’il dépend de nous, qui gérons l’aspect militaire. Nos services sont en contact avec des particuliers ou des daimyos étrangers pour débloquer des missions. Plus Kiri étend son influence, plus les gens recourent à ses services. Selon le commanditaire de votre mission, vous ne devez pas vous attendre aux mêmes choses au niveau du degré de dangerosité et de la rémunération.

Makeru posa une main sur sa poitrine.

[Makeru] – Mon rôle sera de m’assurer que vous remplissiez au mieux vos missions, que vous fassiez les meilleurs choix possibles. Vous verrez que vous serez amenés à considérer les choses ainsi : le succès de la mission, et votre rapport à la mission. Parfois on vous demandera des choses difficiles à exécuter, ou bien des choix douloureux surviendront au hasard. Vous devrez prendre la décision la plus juste.

Ses lèvres dessinèrent un fin sourire.

[Makeru] – Parfois, ce choix juste contredira les ordres que vous aurez reçu. Vous devrez alors faire le choix de commettre une injustice, ou bien de désobéir à votre village. Je suis curieux de savoir de quel côté vous pensez être, à l’heure actuelle.

Makeru hocha doucement la tête.

[Makeru] – Mettons une situation classique. Un homme a trompé sa femme, et sa femme vous demande d’espionner cet homme. A partir du moment qu’elle vous paye, vous pouvez considérer cela comme une mission acceptable, non ? Vous parvenez à prouver que le mari trompe bien sa femme. Alors la femme vous demande de tuer son mari. Vous voyez, les gens sont ainsi faits. Ils savent que vos mains sont déjà sales et trempées de sang, alors pourquoi salir les leur ? Vous êtes payés pour leur donner bonne conscience. C’est un marché équitable, du reste. Qu’est-ce que vous faites ? Vous tuez cet homme que vous ne connaissez pas, et dont la femme empoisonne peut-être la vie ? Et pourquoi ? Parce que vous l’avez retrouvé aux bras d’une autre ? Vos choix ont des conséquences de vie ou de mort sur les gens qui vous entoure, c’est un grand pouvoir.

Makeru leva un doigt pour intimer le silence encore un peu plus longtemps à ses élèves.

[Makeru] – Maintenant, imaginez que la femme s’appelle Pays du Feu et que l’homme s’appelle Suna. Pays du Feu vous paye pour détruire Suna. Même problème, différente échelle. Ou voyez-vous la justice, exactement ? Est-ce que vous réagiriez mieux pour l’une ou l’autre des situations ? Je suis curieux.

Les yeux vifs de Makeru évoluaient de l’un à l’autre de ses élèves. Son bras retomba lentement sur son flanc.

MessageSujet: Re: Allez, Souriez...   Mer 11 Mar - 0:55

Findecano se retrouva donc dans un groupe où la féminité était largement représentée.

Watagumo Ine... Fouillant dans ses souvenirs, le jeune Kaisou retrouva rapidement le visage et la prestation de sa nouvelle coéquipière restée à Konoha. Elle avait perdu son combat contre Sho Nagoshi, un Kuméen avec qui Findecano avait fait connaissance avant le début de la première épreuve. Un Genin sympatique portant un manteau rouge brique, qui l'avait salué avec respect, et contre lequel Ine s'était inclinée, épuisée. La nouvelle arrivante demanda alors si celle qui manquait était au courant du fait qu'elle était assignée dans une équipe, tout en émettant des doutes sur l'acceptation de ses fonctions. Réponse à laquelle Makeru répondit sèchement. Le Genin aux cheveux de jais regarda tour à tour son professeur à son équipière. Ils semblaient se connaître. Et la relation qu'ils entretenaient ne semblait pas non plus vraiment... amicale. Une sorte de tension, enfin... Ce n'était qu'une impression. Impression qui s'envola lorsque la Genin s'inclina tout en déclinant son identité. Findecano n'apprenait rien, il garda une expression neutre. Les derniers mots avaient cependant éveillé son intérêt. Et il se présenta à son tour en s'inclinant respectueusement :

[Findecano] Enchanté, Ayesha-san. Je suis Findecano du clan Kaisou. Spécialisé dans la maîtrise du ninjustu élémentaire. Je suis certain que nous formerons une bonne équipe.

La dernière phrase n'avait pas été formulé sur un ton prétentieux ou orgueilleux, mais plutôt sincère bien que neutre. Et il retroussa ses lèvres discrètement, comme pour répondre à sa présentation et à son sourire sincère. Ce fut alors que Makeru prit la parole et le jeune Kaisou détourna le regard de sa coéquipière pour se concentrer sur son professeur, exclusivement. Il écouta avec attention tout son long discours.

Il dépeignit d'abord brièvement son rôle en tant que professeur de cette équipe trois de Kiri, puis enchaîna sur une description assez détaillée -bien qu'assez brève- de la politique du pays de l'eau. Findecano assistait à ce petit cour avec attention, bien qu'il savait déjà tout cela. Peut-être en apprendrait-il plus sur un point qui lui avait semblé obscur par le passé... Il n'en fut cependant rien. De toute façon, il n'y avait pas de point obscur à éclairer. L'organisation politique de son propre pays était déjà clair, comme de l'eau de roche.
Puis, par une astucieuse digressions, Makeru exposa un problême assez compliqué à ses deux élèves. Il s'agissait ici d'un conflit de devoir auquel n'importe quel shinobi sera surement confronté un jour. Il s'agissait donc de faire le bon choix, car l'acteur avait dans ses mains, deux possibilités, qui lui imputait de grandes responsabilités. Alors que le professeur exposait à ses élèves les différentes solutions à suivre, solutions qui pouvaient avoir différentes conséquences et non des moindres, Findecano réfléchissait déjà à ce qu'il allait répondre, bien que sa réponse apparaissait flou dans son esprit.
Il n'y avait pas de Bien ou de Mal, ici. Chaque choix fait entraînait des conséquences, et chaque choix fait vous plaçait dans tel ou tel camp. Comment choisir ?
Prendre celui qui était le plus bénéfique pour soi-même ?
Faire le choix qui semblait le plus juste... Mais qu'est-ce qui était juste ? Ou alors par renversement, qu'est-ce qui était le plus horrible ? Quelle attitude méritait de ne pas être suivi comparé à l'autre ?
Beaucoup d'autres questions se heurtaient et ricochaient dans le crâne du Genin. Et malgré une analyse éclair de la situation, il ne parvint pas à trancher. Il lui manquait des informations, c'était indéniable...

Tout vint se compliquer lorsque l'homme trompeur devint Monsieur Suna et que celle qui payait pour tuer devint Madame Pays du Feu. Tout se compliquait, mais paradoxalement, le problême fut rapidement résolu par le jeune Kaisou. Ce dernier regarda sa coéquipière qui semblait ne pas vouloir commencer à déballer son arsenal. Le Genin commença alors, plongeant ses yeux verts dans ceux de son professeur. Il parla d'une voix monotone :

[Findecano] Je suis tout à fait conscient que nous aurons tous à faire des choix difficiles durant notre vie de shinobi... Et face à la première situation, j'avoue que j'aurai essayer de me renseigner le plus possible sur cet homme et sa femme qui me demande de le tuer. Je me renseignerai aussi sur les répercussions qu'il pourrait y avoir sur Kiri, si j'exécute ou non cette tâche. Donc, je ne donnerai pas de réponse tout de suite, mais attendrai d'avoir assez d'informations pour pouvoir me décider. Ce n'est pas vraiment la peur de culpabiliser après avoir tuer un innocent qui me fait hésiter. C'est plutôt le fait que chacun de mes actes peut entraîner des conséquences insoupçonnées, voilà pourquoi il faut se renseigner un maximum. Pour avoir une parfaite maîtrise des évènements. Mais bon... En situation où le choix doit être prit immédiatement...

Findecano détourna le regard et porta sa main à son visage, se gratta le menton puis réfléchit quelques instants. Sianishi ne voulait toujours pas prendre la parole, et le jeune Kaisou continua alors en omettant -volontairement- de répondre à sa propre interrogation, en redressant le chef :

[Findecano] Concernant maintenant le Pays du Feu qui me demande d'anéantir Suna... Je ne suis pas en mesure de répondre... Mais... Je pense que je refuserai. Premièrement, toutes les informations que nous avons sur le village caché du sable sont insuffisantes pour tenter une quelconque attaque. Deuxièmement et c'est le plus important, le Pays du Feu possède sa propre force militaire... Pourquoi demander l'assistance à un village situé dans un pays rival alors que le Pays du Feu possède soit même sa puissance militaire ? J'y verrai quelque chose de louche la dessous... Surement une tentative d'affaiblir Kiri, après une guerre contre Suna, pour pouvoir lancer une offensive avec des chances de victoire plus élevée. Je ne vois que ça...

Il termina sa tirade en haussant les épaules, et conclut enfin, toujours avec cette même voix monotone :

[Findecano] En résumé, ce qui priment pour moi, ce sont les répercussions que peuvent avoir mes actes pour le village et pour mon clan. C'est triste à dire, mais c'est ainsi, et cela ne peut pas être autrement.

En était-il sir sûr ?...
Quoiqu'il en soit, il se tut et regarda successivement son professeur et sa coéquipière.
Qu'allait-il penser de lui ? Il s'en moquait, il espérait juste que sa vision qu'il avait partagé n'interfère dans la bonne entente de ce groupe...


[ Désolé, c'est pas super super :x Je tâcherai de faire mieux le prochain post ! ]


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MessageSujet: Re: Allez, Souriez...   Sam 14 Mar - 1:40

Que Makeru avait répondu sèchement ! Elle n’avait fait que constater un état de fait. Les étudiants n’auraient pas le droit de choisir, ils seraient trop ‘immatures’ pour ça ? Ne se pourrait-il pas qu’il existe des changements d’équipe ? Pourquoi s’acharner à faire apprendre deux personnes ensemble alors qu’elles ne se supportent pas. On apprend bien mieux avec quelqu’un de niveau moyen qu’on aime, qu’avec une personne de haut niveau mais que l’on ne supporte pas. Dans un autre sens, ce pourrait être pris sous forme d’épreuve : montrer qu’on peut aller au-delà des rapports humains. Tout le monde ne peut pas s’aimer, sinon les ninjas n’auraient plus lieu d’être. Prouver que l’on peut se surpasser pour montrer à l’autre son tort. Il faut seulement parvenir à accepter le défi. Ce n’était pas toujours le plus évident. Mais l’idée de désobéir à un ordre du village aidait souvent à choisir. Pour une étudiante, refuser une invective reviendrait à signer son arrêt de mort.

Ni l’un ni l’autre ne s’éternisèrent sur la question. Ine était une grande fille, prendre sa défense ne ferait qu’augmenter une impression de faiblesse, et Ine valait-elle qu’on se batte pour elle ? Sûrement, mais Ayesha ne s’intéressait que très peu aux autres. Pas d’ouverture sur l’extérieur, pas de blessure future. Findecano répondit cérémonieusement à sa présentation. Il était aimable et courtois. Ce serait sûrement agréable de travailler avec lui. Elle ne put réfléchir trop longtemps sur le sujet que déjà Makeru endossait son rôle de professeur. Il fit une brève entrée en matière sur la politique du pays de l’eau et la position de Kiri en son sein. Evidemment que les deux genins savaient ça, la lecture de l’imposant manuel était très fortement conseillé dès l’arrivée au village et l’admission à l’académie. Soit il s’assurait qu’ils avaient bien lu, soit il rappelait les bases pour bien établir les bases du cours. Ce prélude ne dura que peu de temps, l’exercice fut présenté rapidement. Les profs aiment bien faire réfléchir, pendant ce temps là, ils ne sont pas obligés de parler.

La question en elle-même ne la surpris pas particulièrement. Chacun se trouvait confronté tôt ou tard à ce cas de figure. Comme elle se l’était déjà demandé, en repensant à l’homme qu’elle avait tué dans les égouts en mission, elle préféra se taire et laisser parler le jeune gradé. Ainsi, elle aurait plus de temps pour réfléchir à une réponse, et à la façon la plus claire d’exprimer son point de vue. Findecano se lança avec aisance directement dans la réponse qui lui correspondait. Il se moquait de savoir si c’était la bonne (si tant est qu’il y en ait une), mais il la défendait car c’était celle qui ne contredisait pas ses principes. Quoiqu’il arrive, il ne pouvait pas y avoir de réponse ferme et définitive, l’idée devait être plus d’ouvrir le débat, afin que chacun comprenne bien les implications de chaque mission.

Sa démonstration était bonne, il avait de la suite dans les idées. Par contre, était-ce par espièglerie pour qu’elle ne se trouve pas à court de réponse qu’il lui avait laissé l’ouverture pour une ‘action immédiate’, ou avait-il pour l’instant trop de doutes à ce sujet pour trouver une réponse juste et cohérente ? Non ce ne devait pas être de l’espièglerie, son attitude jusque là n’avait rien suggéré de tel. Mais ce devait néanmoins être la possibilité de la laisser parler librement sur un sujet où il n’avait pas encore donné son avis. Quand il finit, ses yeux hésitaient. Avait-il fait le bon choix ? Il semblait attendre un jugement, presque avec crainte, comme un élève patientant sans savoir s’il allait recevoir un bon point ou une réprimande. Plutôt que de laisser Makeru commenter l’analyse, et se retrouver avec l’herbe coupée sous le pied, Ayesha se lança à son tour.

[Ayesha] – A l’instar du boulanger qui produit du pain pour celui qui en a besoin, ou de la ménagère qui nettoie la maison d’un riche commerçant, le ninja qui accepte une mission sera un prestataire de services. Ce n’est pas un service comme les autres, et n’est pas ninja qui veut, loin de moi l’idée de vouloir rabaisser le ninja. Cependant le ninja subit les mêmes règles que tous ces travailleurs, surtout la règle de l’offre et de la demande. Plus le shinobi rapporte d’argent à son village, plus le village peut investir en éducation, asseoir son pouvoir, et prospérer. Le village est somme toute une entreprise, qui, entre parenthèses, ne fonctionne pas que grâce aux ninjas, mais aussi par les simples villageois qui servent nos ramens le midi, fin de la parenthèse.

Devant l’absence de réaction de son auditoire, Ayesha se rendit compte qu’elle s’égarait du sujet. Elle revint aux préoccupations primaires, à savoir le couple, en s’appuyant sur les bases qu’elle avait installées.

[Ayesha] – Dans les cas de cette femme qui réclame vengeance, si c’est une mission, alors il faut la relever. On ne peut pas se permettre de refuser tous les contrats qui mèneraient à devoir tuer quelqu’un, ou effectuer quelques bassesses sous prétexte qu’elles ne sont pas en accord avec l’éthique. Si l’on n’est pas près à de telles extrémités, on ne part pas en mission, on ne devient même pas ninja. En ce qui concerne la victime, on ne demande pas d’être sentimentaliste, mais bien d’exécuter un ordre préalablement accepté. Cependant, je ne vais pas jusqu’à dire que le shinobi doit accepter toutes les missions. Il peut y en avoir parfois qui sont en totale contradiction avec l’objectif personnel ou du village. Mais plus le village refusera de missions jugées ‘extrêmes’, plus les ‘clients’ iront voir ailleurs pour assouvir leurs desseins. Moins le village ninja accepte de mission, moins il est connu et / ou reconnu, plus sa raison d’exister est précaire. Il ne reste plus qu’à le transformer en village vacance pour touristes attirés par l’exotisme. A côté de cela, on peut néanmoins moduler le contrat sur chaque terme pour que les deux parties en tirent satisfaction.

De plus, nous ne sommes pas des shinobis idiots qui suivent aveuglements les ordres. Il faut savoir qui est visé. Si l’on est payé pour assassiner le daimyo du pays de l’eau alors que c’est lui notre principal client, on aurait tout à perdre en l’exécutant. Ici, je ne pense pas qu’il faille faire des recherches supplémentaires. Comme il a d’abord fallu espionner le mari, cela me paraît normal d’enquêter en même temps sur les deux protagonistes : le mari infidèle ET la femme trompée. Et bien sûr, avant de donner la réponse à la dame, il faut s’attendre à ses éventuelles réactions : de la crise de larmes à la requête d’assassinat. Si bien que dès l’instant où elle te le demande, tu es capable de savoir si oui ou non tu tueras le mari, et donc de donner une réponse immédiate.


Ayesha regarda Findecano en biais, pour voir si la réponse ‘immédiate’ qu’elle préconisait lui convenait. Elle reprit avant que quelqu’un d’autre ne puisse lui prendre la parole.

[Ayesha] – Ah ! J’oubliais presque… avant de tuer l’homme, il peut être intéressant de lui demander s’il veut racheter sa vie… La loi de l’offre et de la demande … On vend nos services aux plus offrant. Mais j’avoue que c’est un jeu dangereux car plus l’heure fatale s’éloigne, plus il y a de risques de se faire doubler. Voilà pour le cas de ce couple, c’est ce genre d’affaire qu’on risque de rencontrer le plus fréquemment il me semble.

Quant à Konoha, je rejoins le raisonnement de Findecano sur leurs capacités militaires, et sur les risques d’affaiblir Kiri au profit des autres villages. Prendre parti pour l’un ou pour l’autre réveillerait aussitôt les autres voisins qui s’empresseraient de rejoindre les rangs servant leurs propres intérêts. Pour ce cas là, il n’était plus question de rendre justice à Konoha, mais de protéger les intérêts de Kiri. Car sur le monde des affaires de l’ombre, tous les villages sont concurrents, même si chacun possède une part de marché propre dont leurs daimyos respectifs. Moi, aussi je refuserai ce contrat là. Quitte à ce que ce soit Kumo qui en profite … ou qui en subisse les conséquences.


Voilà, c’était dit. Sa voix ne semblait pas avoir eu d’effet soporifique sur l’assistance ce qui la rassura. Oh elle n’était pas vraiment inquiète. Elle avait dit ce qu’elle pensait vraiment de la situation. Elle se trompait peut-être, voire sûrement, sur le raisonnement, si tant est qu’il y ait une réponse meilleure que les autres. Eh bien tant pis. Elle était là pour apprendre. Qu’on lui montre ses failles pour qu’elle les comble et avance au mieux plus vite. Son raisonnement de commercial, elle l’avait entendu de la bouche de son père, quand il formait son fils. Qui aurait pu dire avant cet instant qu’elle utiliserait ces notions avant Subaru ? Personne, encore moins ses parents. Que devenaient-ils ? Ayesha s’en moquait. Ce qui comptait à présent, c’était l’apprentissage de la voie qu’elle avait choisie par elle-même.

MessageSujet: Re: Allez, Souriez...   Dim 15 Mar - 20:07

[Makeru] – Le jour où vous verrez Kiri mettre un contrat sur son daimyo, prévenez-moi.

Cela voudra dire que je suis soit en vacances, soit extrêmement occupé, songea-t-il sans s’arrêter sur cette pensée. Ils pensaient bien connaître les tenants et aboutissants de ce complexe processus qu’était la politique du Pays de l’Eau et de Kiri en particulier. Après tout, cela était peut-être le cas. Mais s’ils faisaient référence aux quelques informations trouvées à la bibliothèque, c’était bien maigre pour retranscrire la formidable lutte de pouvoir qui déchire ce pays morcelé. C’est la raison pour laquelle Kiri restera le faible village d’un faible pays, tant qu’aucun homme n’aura domestiqué ces îles. Personne n’y est parvenu jusqu’à présent, il y a toujours eu trop d’intérêts en jeu. Shinji, lui, n’essaye même pas. Mettez une huître à sa place, elle fera un travail aussi intéressant. Malgré la débâcle de Konoha, il y avait fort à parier pour que la politique reste la même. C’était frustrant.

Il suffisait pourtant de décapiter les bonnes têtes pour reprendre ce pays qui piquait du nez jusqu’à sentir l’odeur de ses excréments.

[Makeru] – Vos réponses sont riches et intéressantes. De plus, je distingue une certaine sagesse dans tes propos, ajouta-t-il à l’attention de Findecano. En effet, si Konoha et Suna étaient de la partie, cela ne dépendait vraiment plus de son libre arbitre. Il serait réduit à sa bête fonction d’outil. Ah, si seulement les shinobi avaient raison, si seulement les shinobi étaient ces fameux outils. Non, l’homme a toujours été un outil. Le shinobi, lui, est la serrure. Celui qui permet l’accomplissement des choses, celui qui décide si les opportunités sont fermées ou ouvertes. Les jeunes ingurgitaient cette notion d’outil et la recrachaient comme s’ils étaient sûrs d’avoir la paix avec. Bien sûr. Nos chaussures ont la paix de leur porteur, jusqu’à ce qu’elles les portent. Si un jour on repère un trou, la chaussure était remplacée.

Cela ne suffisait pas à Makeru. Ses activités opposées au Mizukage en poste pouvaient certes expliquer sa position. Mais même s’il était dirigeant de Kiri, la notion d’outil ne serait pas quelque chose qu’il dispenserait. Du moins, il essaierait de travailler autrement.

[Makeru] – Et une certaine précision dans les tiens, ce qui est une qualité appréciable pour une Eisei. Néanmoins, je suis en désaccord avec ta vision. Ce qui ne veut pas dire qu’elle est fausse pour autant.

Makeru fronça les sourcils, un geste étudié, comme s’il essayait de rassembler ses pensées. Mais les choses étaient courues d’avance. A quoi bon accepter la mission d’une imbécile énamourée ? Elle a des doutes sur son mari ? C’est mignon, mais on s’en moque pas mal. Si sa mission est retenue par le village, alors là elle mérite qu’on s’investisse. Dans le cas contraire, cela revient à s’investir pour une cause publique, si jamais on considère l’honneur de cette femme comme une cause publique. Depuis quand les shinobi devaient-ils se montrer philanthropes ?

[Makeru] – Si vous acceptez une mission dès qu’on vous paye, vous êtes des putains. C’est aussi simple que cela. Elle vous paye pour tuer son mari ? La belle affaire. Elle réagit sous la colère, ses ordres n’ont aucun intérêt et il serait stupide de les suivre. Si un jour je suis en colère, vous serez tenu par les règles de m’obéir quoi que je dise et par votre intelligence de me désobéir. J’espère que vous ferez le bon choix, même si vous ne risquez pas de me voir un jour en colère.

La maîtrise de soi. La première chose que son maître lui avait enseignée. Il disait que Makeru était fort, fort à se briser lui-même sans s’en apercevoir. Alors Makeru avait oublié la colère qui l’animait. Oubliée, la rage qui consume. Parce que c’est une émotion stérile. La stérilité a toujours été l’ennemi de l’intelligence. Et l’intelligence est définitivement le partie auquel s’est voué Makeru.

Non, les personnes soumises à leurs émotions ne méritaient pas de se faire écouter. On n’écoute que les chefs. Pas ceux qui ne parviennent même pas à se contenir. Comment oser espérer contrôler les autres, si on était en peine face à soi ? C’était idiot. Et pourtant, combien de ces chefs parasitaient le monde à l’heure actuelle ? Combien de conflits évités si les personnes qui le méritaient étaient en poste ? Beaucoup. Il est impossible de baser quoi que ce soit de durable sur des imbéciles. Tôt ou tard, cela se fissurera.

On pouvait bien sûr travailler pour l’argent, devenir un chasseur de prime. Des putains, rien de plus. Tous autant qu’ils sont. Il n’y a rien de déshonorant à vendre son corps, son esprit et toutes les possessions qui ne devraient appartenir qu’à soi. Mais on a beau le dire, ce n’est pas pour autant qu’on aspire à le devenir.

[Makeru] – Vous avez souvent le choix de vos missions, quand vous vous renseignez auprès du village. Choisissez celles que vous voulez, mais ne cherchez pas uniquement la ligne du profit ou le commanditaire, en vous disant combien le village ou vous pourriez gagner si vous acceptiez. Regardez l’essence des missions, ce qu’elles vous proposent, ce qui vous permettra de croître en force et en sagesse. Plus vous serez fort, plus vous servirez votre village. Ne raisonnez pas comme des concierges, mais comme des chefs.

Cela était peut-être la seule facette véritable du personnage qu’était Makeru que ses élèves pourraient discerner. Il avait toujours été un chef, depuis son enfance jusqu’à aujourd’hui. Même à présent, caché sous l’épaisseur de plusieurs masques successifs, innombrables, il ne parvenait pas à cacher durablement ce trait de sa nature. Il y travaillait, pourtant, mais il y avait des choses tellement naturelles qu’aller au devant revenait à chercher à se priver d’air.

[Makeru] – Si je vous donne quinze milles ryos pour mourir, le feriez-vous ? J’imagine que non. Car cela ne servirait pas vos intérêts, vous n’avez rien à gagner. Si je vous donne quinze mille ryos pour tuer quelqu’un de plus fort que vous, le feriez-vous ? Cela a des chances de revenir au même, mais peut-être que ça flatte votre lucidité oublieuse.

Makeru ne souriait pas, son visage ne marquait qu’une légère curiosité et un très grand sérieux. Son regard tomba sur Sianishi. Il ne la quitta pas. Quand il a tué Zen, il avait ressenti un grand plaisir. Ce n’était pas l’action de tuer qui l’avait fait tressaillir, mais la portée de cette action. Intellectualiser son plaisir, la plus grande masturbation du genre humain. Ce n’était pas la première vie qu’il prenait. Il en avait pris de toutes les façons possible ; de face, avec honneur et courage, de dos, avec lâcheté et traîtrise, de flanc avec quelque chose qui ressemble à la rage. Et d’autres aussi, plus subtiles, plus artistiques.

Si seulement les gens réalisaient les faiblesses de leurs esprits, ils cesseraient de penser les malheureux… Quoique pour certains, c’est à se demander s’ils ne l’ont pas déjà fait. Mais l’esprit est comme une grande terre cultivable laissée à l’abandon. On peut certes se contenter de planter trois citrouilles et deux patates. Mais on peut aussi employer des personnes pour fonder un empire. Un esprit se mine, se travaille, se torture. Un corps s’abandonne, dépérit, se trahi.

[Makeru] – Sachez toujours la force qui vous anime. Si c’est le pouvoir, alors vous aimerez tuer car il n’y a pas plus grand pouvoir que le droit de vie et de mort sur quelqu’un. Si c’est l’argent, sachez que vous trouverez toujours quelqu’un pour vous acheter, et qu’un jour l’argent vous tuera. Si c’est l’amour… Hmm… Quel défaut a l’amour, dites-moi ? Attention. Il y a un lieu commun éculé et assez inexact qui circule un peu partout, je ne veux pas l’entendre. Je veux le vrai défaut de l’amour. Mais non, non, ne me répondais pas tout de suite. Je vous propose un petit amusement.

Makeru leva la tête et observa un point situé derrière eux. Il ne lui avait pas été difficile de mettre au point ce petit jeu. Une banale mission de rang D, à ses frais. On était toujours mieux servi par soi-même. Il baissa à nouveau la tête vers Findecano et Ayesha.

[Makeru] – Il y a une femme, dans la maison située juste là, qui souhaite que vous espionniez son mari. Elle pense que ce dernier la trompe. C’est un shinobi de Kiri, un Chuunin, comme moi. Elle a des soupçons parce qu’à deux reprises cette semaine, il n’est pas rentré en prétextant avoir du travail.

Makeru haussa les épaules.

[Makeru] – Si vous voulez mon avis, il y a peu de chances qu’il soit contraint de travailler la nuit. Mais peut-être qu’un entraînement avec sa partenaire, la jolie et expansive Naya, n’est pas exclu. Après tout, c’est bientôt le printemps.

Makeru indiqua la maison du menton. Il n’allait pas rester là, oh non. Il suivrait d’un peu plus loin les évolutions de ses élèves. Bien sûr, il savait ce qu’ils allaient faire. Ils le lui avaient dit, après tout. Juste expérimenter le fossé qu’il existe entre discussion aimable et réalité.

Entre mensonges, et vérité.

MessageSujet: Re: Allez, Souriez...   Mer 15 Avr - 14:54

Makeru se lança dans une longue tirade parsemée ci et là de quelques moments de réflexion intenses. Ce qu'il disait était vrai. Ce qu'il disait sortait de la bouche d'un chef. Ce ne fut que ce que Findecano put réellement toucher du doigt dans la personnalité de ce personnage. Il était un chef, c'était indéniable. Mais de quel coté était-il ? Ça, impossible de le dire clairement. Ce qui était bien avec ce professeur, c'était qu'il parlait franchement. Pas besoin de se voiler la face et de se cacher la vérité. Les mots qu'il utilisait percutaient l'esprit du Genin comme autant d'éclat de lumière que pouvait lancer l'astre du jour sur un pierre noire, si bien que le minéral chauffait, tout comme le cerveau du Kaisou qui emmagasinait les informations en plus de réfléchir à chaque phrase prononcée.
Alors que Makeru continuait de parler, Findecano lança un regard discret en direction de sa partenaire. Elle semblait écouter avec attention, elle aussi, son professeur, mais il y avait quelque chose de différent que le jeune Kaisou ne sut percevoir clairement.

Makeru exposait sa -?- vision des choses avec une certaine manière, si bien qu'une seule chose ne pouvait ressortir et qui s'imposait à Findecano comme un impératif à suivre : avec Makeru, il fallait être intelligent, réfléchit et vif. Il privilégiait l'esprit sur le corps, si bien qu'on pouvait deviner qu'il se réjouissait de n'avoir dans son équipe aucun spécialiste du Taïjutsu. Findecano réfléchissait au meilleur moyen de décrire son professeur et de faire ressortir les traits de caractère qu'il lui connaissait -c'est-à-dire très peu...- et il s'imagina alors une épaisse purée de pois qui vous englobe totalement et dont le simple contact vous lasserait grâce à des milliers de minuscules lames aussi aiguisées que des lames de rasoir.

D'ailleurs, Findecano eut une preuve de ce qu'il s'imaginait : encore un petit jeu à la sauce Jishin. Mais cette fois, il ne fallait pas deviner des boules de couleur présentes dans son esprit, mais plutôt faire le bon choix face à un dilemme. Une petite mission : espionner un homme dont la femme avait des doutes sur la fidélité...
Personnellement, Makeru pensait que ce Chuunin infidèle l'était réellement avec une certaine Naya...

Faisant le point dans sa tête, Findecano chercha quels pourraient être les bénéfices qu'on pourrait retirer d'une telle mission. Suivant le conseil de son professeur, c'est-à-dire d'analyser "l'essence même" de cette épreuve, le jeune Kaisou dressa une sorte de tableau dans sa tête avec les aspects positifs et les aspects négatifs. Ces derniers étaient nombreux ; en réussissant la mission, ils déchiraient un couple, ruinaient la réputation de deux shinobis du village, et pouvaient s'attirer les foudres de ces derniers s'ils n'étaient pas assez discrets... En échouant la mission, ils perdraient de la valeur aux yeux de leur professeur et de leurs futurs employés, en plus d'être vu par la femme cocue et son mari trompeur comme des incapables. Bruit qui parviendrait sans doute aux oreilles de pas mal de monde...
Les points positifs maintenant. Ils n'étaient pas très nombreux et n'avaient de conséquences que pour eux même : travailler l'esprit d'équipe, améliorer leurs capacités de filature et... et puis c'était tout. En fait, presque rien comparé aux aspects négatifs que cette mission entraînerait...
Mais en y réfléchissant bien, Findecano se demanda si ce jeu n'avait pas été inventé pour faire réfléchir sur "l'amour" dont il était question plus tôt.
Le jeune Kaisou finit par répondre :

[Findecano] Après réflexion, personnellement, je n'accepte pas cette mission. Les conséquences négatives sont bien trop nombreuses et je ne vois pas vraiment ce que ça pourrait nous apporter. Par contre, je veux bien aller lui parler et lui faire comprendre, qu'il faudrait mieux pour elle essayer d'en parler sincèrement avec son mari plutôt que d'engager une tierce personne pour l'espionner.

Findecano haussa les épaules et jeta un regard à Sianishi. Il continua alors, finissant sa phrase en montant la voix. Mais il connaissait déjà sa réponse :

[Findecano] Mais si tu acceptes de la faire, Ayesha-san, je te suivrai. Nous formons désormais une équipe, pas vrai ?

[HRPG : Désolé, c'est pas vraiment le meilleur que je puisse donner... Mais c'est pour faire avancer les choses. ]


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MessageSujet: Re: Allez, Souriez...   Ven 1 Mai - 17:54

Ainsi, Makeru ne reconnaissait pas sa réponse. Ou plutôt, si, il la reconnaissait, mais ne l’acceptait pas. L’idée que son rôle de ninja n’était rien de plus qu’un outil aussi banal que n’importe quel autre métier semblait lui être insupportable. Non le ninja n’est pas une serrure. Non, le ninja n’est pas supérieur aux autres.

*Je n’étais vouée qu’à être mère de famille, à l’origine. Puis j’ai été rétrogradée au rang de femme de ménage sans avenir. Et finalement, aujourd’hui, je suis genin ici, et capable d’exploits dont je n’aurais jamais soupçonné l’existence quelques années plus tôt.
Être shinobi n’est qu’un métier qui s’apprend. Un métier dur que n’est pas capable de supporter chacun. Un métier où il y en aura toujours certains prédisposés qui iront loin, et d’autre sans qualité innée qui travailleront cent fois plus pour obtenir le même résultat. Comme dans chaque métier.*


Makeru était peut-être imbu de lui-même. Il se jugeait supérieur aux autres. Oh, ce n’était peut-être pas sans raison. Après tout, il avait appris à Ayesha quelques techniques intéressantes d’Eisei alors que ce n’était pas du tout son domaine de prédilection. Mais cela suffisait-il à le rendre supérieur au forgeron ? Sa voie était celle du shinobi. Jamais Makeru ne saurait forger une lame aussi parfaite que le forgeron qui y aura donné son âme et son savoir-faire.

Oui, cet homme si sûr de lui possédait aussi des défauts. Pourtant, ses qualités pourraient mener ses élèves très haut. Elle savait ce qu’elle lui devait, et elle lui serait chaque jour plus redevante. C’est pourquoi elle avait l’intention de continuer à suivre son instruction, même s’il semblait en ce jour accorder plus de crédit à l’homme qu’à la femme.

[Ayesha] – Peut-être n’ai-je pas été assez claire. Je ne dis pas qu’il faut accepter tous les contrats, mais il ne faut pas non plus les rejeter dès qu’il peut être question de sang. Notre rôle à nous est de parvenir à trouver le juste milieu sans passer d’un extrême à l’autre.

*Il se sent rabaissé de n’être qu’un outil. Mais il ne faut non plus croire que je dirais oui à n’importe quoi. Je suis un outil doué du pouvoir de réflexion. Je suis capable de juger une situation, même si aujourd’hui, je sais que ce jugement serait biaisé par mon manque de connaissance. J’apprendrai, de lui, des épreuves que je subirai, de tous ceux que je cotoierai. En bien, comme en mal.*

Ayesha releva également dans les propos de Makeru quelque chose qui la dérangeait plus encore que cette fierté de shinobi. Ce qu’il disait clairement c’est qu’en plus de s’intéresser à la mission, il fallait pouvoir prévoir d’en retirer un gain personnel. Comme si les missions trop ‘faciles’ ne valaient pas le coup qu’on les fasse sous prétexte qu’on n’y gagnerait rien en termes de capacité de ninja. Bien sûr il faut savoir se situer par rapport à la situation : c’est inutile de relever une mission de rang A quand on n’est que genin. Mais si c’est dans l’intérêt du village de donner un petit coup de main à un fermier, et que le shinobi n’en gagne que de la terre sous les ongles, il faudrait refuser la mission ?
Oui en relevant des défis on deviendra plus fort. Mais il ne faut pas rester égoïste et ne considérer que ce qui est bien pour notre personne. Si le ninja n’agit plus que dans son propre intérêt, alors il n’est plus au service des autres. Il n’est plus utile au village, et il prend la voie des nuke-nin. Makeru aurait-il des tendances vers cette voie-là ? Elle ne pouvait pas savoir, juste avoir des soupçons. Et ce n’était pas parce qu’il pouvait sonder son esprit à tout instant qu’elle s’arrêterait de réfléchir sur son étrange professeur. Sa confiance, il ne l’aurait que partiellement. D’ailleurs, qui pouvait se vanter d’avoir sa confiance à elle ? Prudence est mère de sureté, comme le dit le dicton. Méfiance donc.

Pendant ces instants d’analyse, la leçon continuait. Makeru souhaitait mettre leurs paroles à l’épreuve. D’ordinaire, les missions sont données par le Kage ou son conseil, si bien que l’on n’a pas à remettre en cause le bien fondé de la mission. Poser des questions n’est pas exclu bien sûr. Cependant, il est possible que des missions s’improvisent, et à ce moment-là, il faut savoir déterminer de quel type de mission il s’agit. C’était justement là un des buts de l’exercice de Makeru.

[Makeru] – Il y a une femme, dans la maison située juste là, qui souhaite que vous espionniez son mari. Elle pense que ce dernier la trompe. C’est un shinobi de Kiri, un Chuunin, comme moi. Elle a des soupçons parce qu’à deux reprises cette semaine, il n’est pas rentré en prétextant avoir du travail.

Findecano prit un temps de réflexion relativement court qui le fit répondre en premier. Il avait saisi également l’enjeu de la mission, et l’idée de se frotter à un chuunin expérimenté ne l’avait pas séduit. A juste titre. Ce mari n’aurait pas été dupe d’un hypothétique espionnage, et les représailles pourraient être trop difficiles à supporter par des petits genins de cette envergure. Cependant, la femme avait fait appel à des shinobis. Cela sous-entendait à priori que les autres moyens qu’elle aurait pu mettre en œuvre n’avait pas abouti, car les services des shinobis ne sont pas les premiers auxquels on pense dans ce genre de situation : les tarifs sont élevés comparés à d’autres services.

[Ayesha] – En ce qui me concerne, j’irais d’abord commencer par quérir d’autres informations. On ne sait pas grand-chose, ni sur l’un, ni sur l’autre. Il faut comprendre l’ensemble des enjeux de cette mission. Si son mari est bien un chuunin de Kiri, alors il est évident que la mission n’aboutira pas par sa mort. Mais si l’argent est payé, il est de notre devoir de se renseigner un minimum.

Rien n’indiquait le ressenti de Makeru, mais elle devinait qu’avant de lancer la mission, il avait su quelles seraient les réactions. Le genjutsu aide à cerner ses interlocuteurs. Elle n’avait d’ailleurs pas précisé à haute voix ce dont Makeru devait se douter :

*Quelle foi accorder à l’opinion de Makeru-sensei ? Il nous a donné son avis, mais quel poids son avis a-t-il dans la réalité des faits ? Je dois vérifier, même si pour cela je perds du temps. Aujourd’hui, je ne suis pas pressée à choisir entre deux missions urgentes.*

Ayesha se trouna alors vers son coéquipier et planta son regard dans le sien.

[Ayesha] – Findecano-san, je suis heureuse que nous formions une équipe, et les décisions seront donc prises à deux. Moi je veux aller prendre des informations avant d’accepter ou non la mission. Tu n’es pas obligé de me suivre, tu as surtout le droit de me dire non et de m’expliquer pourquoi on ne doit pas y aller. Nous agirons ensemble, mais je refuse que ce soit sous la forme ‘l’un qui suit l’autre’. Sachant les raisons qui me poussent à vouloir y aller, et moi connaissant tes motivations, souhaites-tu toujours venir avec moi ?

Ayesha avait peut-être été dure, et ne voulait pas donner l’impression de parler à un enfant. Mais elle ne voulait surtout pas se trouver en situation où une seule personne prend les décisions. Sa proposition n’avait peut-être été formulée que par politesse, et elle avait voulu aussitôt mettre les choses au point et au clair. Car c’est tout de suite qu’ils allaient devoir commencer à travailler en équipe.

MessageSujet: Re: Allez, Souriez...   Lun 4 Mai - 22:41

Pourquoi devoir demander l'aide -rémunérée- de ninjas lorsqu'on sent que la situation nous échappe et nous dépasse ? Bon, lorsqu'il s'agit de conflits armés qui ne peuvent être résolus simplement, il est clair, que faire appel à des des shinobis est surement la meilleure solution envisageable. Mais quand il s'agit d'abus de confiance dans un couple ? Ne serait-il pas plus simple de discuter autour d'une table pour remettre les choses au clair ?
Une majorité pense surement que non, qu'il est vraiment plus simple de faire appel à des ninjas pour pallier à leur manque de courage, ou pour pallier à leur trop grande faiblesse. Que risquerait une femme qui demanderait à son mari de bien vouloir s'assoir pour discuter de ses trop long retards ? Bon, c'est vrai que nous vivons à une époque, où un mari peut s'avérer violent et où les coups peuvent partir rapidement. Changeons donc la question : que risquerait une femme -protégée par des shinobis dissimulés- qui demanderait à son mari de bien vouloir s'assoir pour discuter de ses trop longues retards ?
En fait, on trouve -ou on peut trouver- les shinobis partout.
Et ce fut à cet instant, pendant lequel il avait réfléchit que Findecano se rendit compte qu'on rencontrait les ninjas vraiment partout, même si on ne s'en doutait pas. Pour régler les grands conflits armés, ils étaient présents et en première ligne ! Pour régler des affaires économiques trop louches, ils étaient encore là. Pour escorter des personnalités importantes -ou non-, des cargaisons de marchandises rares -ou pas- et autres choses, ils se tenaient auprès des convois. Et même pour garder des enfants, retrouver un chat égaré ou régler une affaire conjugale, ils étaient là, et tout le monde -ou presque- faisait appel à eux. Qu'est-ce que le monde deviendrait sans eux ? Vraiment ?
Findecano n'eut pas trop le temps de se poser la question, que sa coéquipière avait déjà commencé à exposer ce qu'elle voulait entreprendre.

[Ayesha] En ce qui me concerne, j’irais d’abord commencer par quérir d’autres informations. On ne sait pas grand-chose, ni sur l’un, ni sur l’autre. Il faut comprendre l’ensemble des enjeux de cette mission. Si son mari est bien un chuunin de Kiri, alors il est évident que la mission n’aboutira pas par sa mort. Mais si l’argent est payé, il est de notre devoir de se renseigner un minimum.

Quérir d'autres informations... En voilà une bonne idée ! Le début de sa réponse laissait témoigner d'un sans doute intérêt dans son esprit de kunoïchi. Et Findecano hocha légèrement la tête lorsqu'elle renchérit qu'on ne savait rien ni du mari, ni de la femme. Le très récent Genin nota dans un coin de sa tête qu'il fallait toujours se renseigner sur sa mission avant de l'accepter ou la refuser, et pas seulement répondre, certes après avoir réfléchit, mais étant peut-être victime de préjugés ou de mauvais jugement. Findecano n'avait jamais fait de mission, mais ceci ne pouvait être une excuse pour combler son manque de jugeote... Il n'avait pas fait une erreur. On ne pouvait pas dire cela. Disons en fait qu'il avait faillit passer à coté de quelque chose qui aurait très bien pu ne pas être aussi terrible que ce qu'il prédisait et donc, lui être surement utile.
Un rapide temps de réflexion de la part de sa coéquipière et Findecano eut le temps de jeter un coups d'œil à Makeru pour voir ce qu'il en pensait. Mais son demi-sourire ne put donner aucune information sur ce à quoi pensait le professeur, bien qu'il semblait avoir déjà sut ce que ses deux élèves allaient répondre.
Sianishi s'adressa à Findecano avec un tel sérieux, que le récent Genin ne peut que se plonger dans son regard sans dire mot :

[Ayesha] Findecano-san, je suis heureuse que nous formions une équipe, et les décisions seront donc prises à deux. Moi je veux aller prendre des informations avant d’accepter ou non la mission. Tu n’es pas obligé de me suivre, tu as surtout le droit de me dire non et de m’expliquer pourquoi on ne doit pas y aller. Nous agirons ensemble, mais je refuse que ce soit sous la forme ‘l’un qui suit l’autre’. Sachant les raisons qui me poussent à vouloir y aller, et moi connaissant tes motivations, souhaites-tu toujours venir avec moi ?

Que répondre à cela ?
Sianishi acceptait visiblement volontiers d'aller voir cette femme, mais pas pour les mêmes raisons que Findecano qui souhaitait plus parler que se renseigner, même s'il avait reçu des informations en essayant de régler cette histoire autrement. Sianishi voulait en savoir plus sur cette histoire.
Findecano ne répondit que par un hochement de tête au début, en jetant un rapide coups d'œil à Makeru qui ne semblait pas broncher. Puis, alors qu'il se tournait vers la maison de leur future employeur, il lui dit enfin en la regardant comme elle l'avait fait :

[Findecano] Allons-y, Ayesha-san.


[Seuls les administrateurs ont le droit de voir cette image]

[Seuls les administrateurs ont le droit de voir cette image]

MessageSujet: Re: Allez, Souriez...   Mar 2 Juin - 14:15

Makeru : +76 XP
Findecano : +44 XP
Ayesha : +30 XP

Je ne m'occupe plus de ce sujet. Improvisez.
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MessageSujet: Re: Allez, Souriez...   

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