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 L'Instinct du Tueur

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MessageSujet: L'Instinct du Tueur   Lun 9 Mar - 13:12

Quelques Années Auparavant...

Ses sandales de cuir bruni laissaient de profondes marques dans la boue du sentier principal. Sculpté par le temps passé, par tous ces pas qui s'étaient succédés, la terre avait pris un aspect plus clair, et l'herbe ne poussait que par endroits, éparse, en touffes désespérées. Une légère brume vespérale s'était levée, peu à peu. L'humidité piquait le visage de Noya, et lui semblait que ses mains étaient moites. Sans y penser, il passa le dos de l'une d'elle sur sa tunique, et rajusta son chapeau. Le cliquetis de son arme tintait à ses oreilles. Nul animal ne se manifestait alentour, hormis un oiseau solitaire, bien loin dans la forêt. Il appelait d'une petite voix fluette sa famille ; ce n'était pas un chant joyeux. Les portes de Konoha se dessinaient, juste devant lui.

Depuis quand n'avait-il pas vu ces deux battants en bois, imposante porte qui l'avait laissée une voix s'en aller vers de nouveaux cieux ?

Noya avisa le premier garde, accroupi, la main posée sur un long katana. Il portait son bandeau en évidence sur le front, comme un emblème, comme la bête de somme marquée qu'il était. Le deuxième garde était bien droit, à l'autre bout. Ils l'avaient vu. Noya n'essayait pas de se cacher.

Quelque part, encore maintenant, il se demandait si cela était réellement utile de revenir. Son maître avait ordonné, il obéissait.

L'homme accroupi dit quelque chose. Noya ne fit pas l'effort d'écouter, et poursuivit son chemin.

[Garde] – Vous arrivez aux abords de Konoha. Arrêtez-vous.

Noya esquissa un mince sourire.

[Noya] – Je le sais bien, chien.

Le shinobi de Konoha fronça les sourcils, et posa sa main sur son arme. Lui et son compagnon échangèrent un coup d'œil. Les yeux de Noya se tendirent, et ses veines apparurent sur ses tempes. Il ne s'était pas départi de son sourire quand ils l'attaquèrent, et souriait toujours quand ils furent étendus à terre, la gorge ouverte.

Il y avait des mouvements pas loin. Des bruissements dans les buissons. Quelqu'un venait de se cacher, à l'abri. Noya le voyait clairement ; son chakra le trahissait. Faible, faible quantité. Un Genin, tout au plus. Une petite cible. Une autre personne apparut dans son champ de vision, une main sur la hanche. Il observait d'un œil morne les gardes assassinés, puis leva la tête sur Noya.

[Shusuke] – Tu vas te faire écraser bâtard.

Ses yeux se cerclèrent de rouge et de noir. Un Uchiha, et pas le meilleur. En quelques instants, Noya fut sur lui. Son compagnon quitta son abri, prêt à secourir son ami. C'était risible. Konoha n'avait pas beaucoup changé. La même impatience, la même prétention. Le Genin qui venait de sortir envoya son poing contre lui. Noya ne broncha pas, attrapa le poignet et le brisa d'un mouvement presque nonchalant. D'un coup de pied, il repoussa son agresseur, tandis que Shusuke reculait à son tour.

Un nouveau Genin se présenta à lui. Ils étaient donc vraiment stupides. Au lieu d'appeler les autorités. Au lieu de prévenir le corps de garde. Au lieu de s'enfuir, de toute la force de leur petite jambe.

[Kashan] – Hey Shusuke, qu'est-ce que vous faites ? … C'est qui lui ?, ajouta-t-il, en observant le Sannin d'Asahi.

[Neko] – Un ennemi, il est puissant, faites attention.

Noya secoua doucement la tête, mais ne s'attarda pas plus longtemps. Si leurs actions étaient inutiles, ce n'était pas une raison pour perdre du temps. Pour le moment, il n'avait fait montre d'aucune de ses capacités, hormis ses yeux. Son sabre serait bien suffisant pour eux. D'où leur venait leur prétention ? C'était cela qu'ils apprenaient à l'Académie ? Attaquer leurs supérieurs ? Et c'était ainsi qu'ils se battaient ? Comme des bêtes désemparées, des enfants branlants aux jambes de coton ?

D'un grand revers du bras, il blessa grièvement Kashan, et en profita pour placer un coup du poing sur la nouvelle plaie. L'adolescent grimaça en reculant, mais déjà Noya s'apprêtait à lui ôter la vie. Un sabre se frotta au sien, au moment de frapper. Noya fronça les sourcils à observa son nouvel opposant.

Surprenant.

Le Raikage en personne était là, et à quelques pas derrière lui, ses deux gardes. Noya sentit une obscure excitation lui parcourir le corps. Son maître serait fier de lui en ce jour, et Kazuo sera jaloux de ses exploits. Sans parler de Karan. Ôter la tête du Raikage, celui-là même qui a été choisi suite au refus de Karan d'accéder au poste. Ôter la vie de quelqu'un qui ne mérite pas cette charge, d'un faible. Noya appuya plus fortement, le Raikage, Shagen, peinait à rivaliser.

[Noya] – Raikage-sama, mes hommages !

Noya enfonça sa main libre dans la cage thoracique de son adversaire, et pressa. Shagen grimaça, poussa un grognement, et se recula. Une balafre lui zébra le visage. Le Sannin tenait son arme droit devant lui, de façon à tenir en respect ses nombreux opposants. Il ne connaissait pas la puissance des deux gardes Kuméens, mais ils étaient fatalement plus vulnérables que leur maître. Les Genin étaient négligeables. Les yeux de Shagen se fermèrent, et quand il les rouvrit, ses veines saillaient sur ses tempes. Hyuuga ? …

[Shagen] – Hakkesho Kaiten !

Noya ne prit pas la peine de reculer. C'était une erreur stratégique de son opposant. L'un des Genin fut projeté à terre, Neko, celui qui s'était caché derrière les buissons. Sans un regard pour lui, Noya lui planta sa lame dans le thorax. Dès que Shagen eut fini son attaque, il leva la tête vers lui. Le Raikage soufflait doucement. Noya fut sur lui, avant que les gardes du Raikage ne purent s'interposer. Il frappa du plat de sa lame sur son épaule, descendit jusqu'à son estomac, et le transperça. Ses yeux l'informèrent d'une attaque de dos, menée par deux des Genin. Noya se retourna, son manteau claqua tandis qu'il plantait son arme dans le sol. En se redressant, il réalisait déjà une importante série de signe. Il bomba le torse et souffla :

[Noya] – Katon ! Dai Endan !

Les flammes quittèrent sa bouche brûlante et percutèrent ses adversaires. L'un d'eux cria, il ignora lequel. Le jeune Uchiha parvint à s'écarter légèrement de l'attaque, de sorte que seul l'un des côtés de son corps était calciné, tandis que son compagnon s'effondra au sol, accompagné d'une odieuse odeur de chair brûlée. Pour ne jamais se relever. L'Uchiha gémissait et, tout en reculant, il tomba en arrière. Sa jambe droite ne répondait plus, les nerfs étaient trop profondément touchés pour transmettre la moindre information à son cerveau affolé.

Le Sannin se détourna de lui pour fracasser le crâne de l'un des gardes.

[Noko] – Monstre !

[Noya] – N'as-tu pas compris encore ? Vous n'avez aucune chance face à moi. Vous ne possédez aucun instinct de tueur, vous n'êtes que des lâches, des médiocres.

Noya repoussa d'un violent coup de pied Noko, le seul gardien encore vivant. Une petite voix, une odieuse petite voix fluette s'éleva dans le tumulte. Les sens excités par la bataille de Noya le perturbaient. Il était comme un aveugle clairvoyant, un chanteur aphone.

[Shadoni] – Oh mon… Raikage-sama ? … Que … ? Oh…

[Shagen] – Pars d'ici, Shadoni. Retourne à Kumo.

Noya saisit la personne la plus proche de lui, le dénommé Noko, et lui trancha la gorge à l'aide d'un kunai. Il laissa l'arme enfoncée en lui, jusqu'à entendre un gargouillis immonde d'agonie, un dernier souffle et ce regard, ce beau regard terrifié de celui qui se fait tuer. De celui qui a échoué.

Le dernier des Genin survivant poussa un hurlement impressionnant. Un cri de loup blessé et piégé, un loup qui n'a plus toute sa lucidité ou qui ne l'a jamais eu ; un loup abandonné par sa meute et qui est devenu fou. Noya secoua la tête, tandis que le jeune adolescent se précipitait vers lui, le visage déformé par la haine, les yeux exorbités, comme s'il voyait quelque chose d'autre que ce qui était réellement autour de lui, comme s'il assistait à un spectacle intime, pour ses seuls yeux.

D'un geste ample et bref, Noya lui ôta la tête. Celle-ci partie rouler contre l'un de ses anciens amis. Un dernier cadeau. Sans doute.

Désormais, on n'entendait plus que le souffle rauque de Raikage. Le hurlement du Genin aura alerté certaines personnes. Il était temps de quitter les lieux.

[Shagen] – Qui es-tu, homme ?

Noya baissa les yeux sur lui. Il rangea son arme dans son fourreau. Le vent jouait avec des mèches de ses cheveux. Shagen avait une main sur son genou, à moitié plié en deux, il expulsait de la buée par la bouche, comme s'il avait froid. La mort qui rampait en lui refroidissait déjà son sang. Il était blême, désespérément pathétique, dans son dernier effort d'homme debout.

[Noya] – On m'appelle Noya. Et il n'y aura plus jamais aucune autre réalité que la mienne pour toi.

Le Sannin posa sa paume sur le torse du Raikage, murmura quelques mots et, instantanément, une colonne de feu le traversa de part en part. Noya sentit du sang chaud goûter sur ses doigts, tandis que le feu partait mourir contre les murs du village. Un village qu'il appelait maison un jour, et qui n'était désormais qu'un cercueil encore ouvert. Shagen était mort avant de tomber à genoux, les yeux encore grands ouverts. Il tomba finalement à la renverse.

Noya observa les lieux autour de lui. Le brouillard s'était dissipé pour faire admirer un spectacle de corps désarticulés, de membres individuels qui n'étaient définitivement pas à leur place. Le sol était humide, à présent, et Noya remarqua avec un sourire et en s'essuyant la main que ce sentiment de moiteur n'avait pas tout à fait disparu. Il entendait des cris et des appels en provenance du village. Tranquillement, comme si rien ne pressait, comme s'il n'était pas le déserteur le plus recherché du village, Noya fit demi-tour. Derrière lui, des corps morts. Ils sauraient qu'il était passé par là. Ils sauraient qu'il était l'auteur de ce massacre. Et ils tairont son nom.

Un jour, Noya retournera à ce village. Dans combien de temps, maintenant ? Un an, deux ? Six ? Mais un jour, il y retournerait, lui et l'organisation qu'il servait aujourd'hui. Il y retournerait, et il détruirait chaque pierre, brûlerait chaque corps qui aura le malheur de croiser son regard maudit.

Et peu importe le temps qui s'écoulera d'ici-là ; jamais, jamais, les habitants de Konoha n'auront cet instinct de tueur qui est le sien. Jamais.
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