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 Îles du Pays de l'Eau

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MessageSujet: Îles du Pays de l'Eau   Ven 10 Avr - 18:28

La géographie du Pays de l’Eau est bien différente des autres. Contrairement au Pays du Feu qui peut se targuer de disposer d’une position centrale, le Pays de l’Eau est définitivement morcelé en dix îles. Communément, on pense que l’île principale regroupe les neuf autres sans que cela ne pose de problème. Ce n’est qu’en partie vrai. L’île principale qui porte le nom historique d’Uke, même si aujourd’hui on lui préfère le commode et fédérateur « Pays de l’Eau » abrite en son sein la demeure et le centre administratif du daimyo. Ainsi, c’est de là que l’économie, les finances, les projets sont gérés. Les autres îles étaient réparties entre différents nobles ou personnalités importantes, à qui l’on donnait des terres en guise de récompense.

Le problème véritable se posa le jour où Kiri fut fondé.

Cela donnait à l’île principale un pouvoir militaire que sa seule superficie ne pouvait justifier. Mais les temps étaient rudes et le daimyo savait agir au mieux. Ainsi, il promit que la force armée du futur Village Caché de la Brume aurait pour objectif de défendre équitablement la totalité du Pays de l’Eau, et que cela serait le pont qui manquait entre les îles. La force dissuasive d’un village ninja suffit à repousser les pirates qui occupaient les mers à ce moment-là, ainsi que les bandits qui saccageaient des villages entiers en quête de richesses.

Si cette création était un beau succès, qui faisait sereinement face à ses propres problèmes en interne, le daimyo n’était pas satisfait du rapport entre les îles. La plupart des nobles en poste ne l’étaient pas par compétence en gestion, ou par intelligence économique. Ils étaient là grâce aux hauts faits de leurs pères, et l’hérédité se chargeait de les enfoncer dans une molle médiocrité. Il prit une décision terriblement dangereuse pour lui, et qui eu de grandes répercussions, aujourd’hui encore, celle de faire table rase des fonctions des administrateurs. Il abolit gratuitement, sans se justifier, des héritages parfois vieux de mille ans, des héritages gagnés à la sueur du front de générations de samouraïs.

A la place, il mit trois de ses conseillers personnels, qui ne disposaient pas de lien avec la noblesse mais qui avaient prouvé leur efficacité sociale. Chacun d’entre eux gérait trois îles à lui seul, et les affaires tournèrent, n’en déplaise aux nobles, beaucoup mieux. L’argent entrait avec davantage de facilité et les contrats proposés à Kiri sortaient à présent des limites du pays. Les nobles ravalèrent à grand peine leur fierté, peu à peu leur règne se vit suspendu. Le daimyo mourut, un nouveau le remplaça.

La politique, dans les premières années, ne varia pas. Tout se faisait dans le respect de son prédécesseur. Mais Gotan était plus timoré que ce dernier. Les grandes familles nobles, qui n’avaient pas disparues, prirent avantage de cette faiblesse. Elles feignirent l’amitié avec lui pour s’attirer ses faveurs, et bien vite Gotan se retrouva empêtré dans des intrigues qui le dépassaient de loin. Il se retrouva obligé de livrer des îles, comme à l’ancien temps, en guise de cadeau. Ainsi, ce que son ancêtre avait essayé de mettre en place s’effaça partiellement. Il serait toutefois inexact de voir en Gotan un ingénu. C’était un homme politique appliqué et sagace, à défaut d’avoir la clairvoyance de son aîné. Ainsi, il prétexta que la gestion de trois îles par personne était une trop lourde charge, et qu’il fallait un administrateur par île. Les nobles se frottèrent les mains, certains de récupérer ce qu’ils considèrent comme leur dû. Gotan mit des hommes de confiance sur les îles d’Aso, de Nagumo, de Mage et de Shikoten. En revanche, il rendit Yagi et Tohoku aux anciennes familles qui y siégeaient, parmi les plus importantes. Cela lui conférait un avantage politique déterminant, puisque sans s’en rendre compte, les nobles se retrouvaient habilement inféodés à Gotan. Il ne toucha pas à l’île Kaisou car de l’avis de tous, ceux-ci s’étaient déjà bien établi et leur commerce profitait déjà à l’île principale. De fait, même du temps des trois administrateurs, celui en charge théoriquement de l’île Kaisou ne s’y investissait que fort peu.

En revanche, un problème se posa pour Yukan et Ohashi. Deux familles intriguaient autour de lui pour récupérer Ohashi, bien plus riche que la petite et très chétive Yukan. Ces deux familles étaient les Asagiri et les Hideyoshi, toutes deux également influentes. Néanmoins, le patriarche des Asagiri était connu pour son tempérament terrible, là où Oe Hideyoshi était réfléchi et consciencieux. Ainsi, Gotan favorisa le premier. Oe accepta cela avec grâce et élégance, sa famille partit s’établir sur l’île la plus à l’ouest.

L’opération était un succès, car la communication était grandement améliorée. Des navettes étaient mise en place par chaque administrateurs entre les îles les plus proches, l’échange de ressources s’accrut et le partage très diplomatique de Gotan arrangeait les uns et les autres. Le morcellement du pays qui était une grande faiblesse devint sa force première.

Néanmoins, sans s’en rendre compte, Gotan avait fourni les graines de sa propre destruction au pays. Et elles poussaient, poussaient, prenant lentement la place des générations sur lesquelles s’était fait cet accord. Des tensions se matérialisèrent, que ce soit pendant ou après l’administration de Gotan. Certaines tournèrent en de franches batailles rangées, et Kiri dut à plusieurs reprises intervenir pour apaiser la situation. Mais cela n’était jamais que partie remise. Quand une île cessait de fonctionner, cela s’en ressentait sur les autres et le pays se retrouvait amputé d’un membre. Le successeur de Gotan, Taisei, décida de rompre ce cycle.

Il interdit aux administrateurs des îles gravitationnaires de disposer de la moindre force armée. Si l’une d’elle se levait, elle serait sans pitié exterminée par les forces de Kiri. On appela cela la « Loi d’Uke », et l’impression de domination totale de l’île principale s’accrut grandement. Les punitions tombaient, Taisei n’avait pas peur de salir son nom et de l’entacher auprès des familles belliqueuses ; il ordonna au Mizukage le massacre complet de l’armée de Tohoku. Celle-ci, composée en majorité de paysans et d’anciens samouraïs, fut brisée et exterminée. Ishida Namae, le noble auquel on devait la levée de cette armée, vit une grande partie de ses biens saisis, son nom déshonoré.

A partir du moment où la Loi d’Uke entra en vigueur, les nobles ordonnèrent aussitôt la dissolution des armées et la levée des blocus. Le Pays de l’Eau reprit une activité normale, même si les vieilles rancunes persistent, transmises de générations en générations comme autant de maladies mortelles.

MessageSujet: Re: Îles du Pays de l'Eau   Sam 11 Avr - 12:03

Aso
Maître Actuel : Misako Yoshikawa
Familles Nobles : Famille Mishima
Lieux Importants : Galeries d’Izu (vestiges), Château Mishima


La grande et majestueuse Aso a toujours été une terre riche en minéraux et en denrées commerciales. Lors de sa distribution, Gotan savait que de nombreuses familles souhaitaient retourner y vivre et espéraient avoir la chance de la gouverner. Toutefois le daimyo n’était pas stupide ; il savait que tôt ou tard, s’il suivait cette voie, l’île finirait au bord du gouffre. Elle n’atteindrait jamais un potentiel de rendement suffisant pour Uke, même si elle se suffirait à elle-même.

Ainsi, il dépêcha l’un de ses proches à la gouvernance. La manœuvre fut couronnée de succès, puisque très vite l’argent recommença à entrer. Les familles sur place se plièrent à la nouvelle administration, de bon ou de mauvais gré. Il y avait une ressource qui démarquait nettement Aso, c’était l’argent. Elle disposait de formidables mines souterraines, des galeries béantes qui offraient leurs richesses à des centaines de mineurs. Grâce à elles, Aso connut un véritable emballement démographique, et les talents gestionnaires du gouverneur permirent d’éviter tout risque de chômage et d’assurer la sécurité des mines. Il fut même envisagé de faire intervenir Kiri, pour apaiser les chefs de chantiers qui parlaient de pression sur leurs mineurs.

Peut-être aurait-il mieux valu écouter ces craintes, car un jour Izu, la galerie la plus fournie, s’effondra sur elle-même, engloutissant par la même quelques centaines de vie. Des voix s’élevèrent pour condamner la négligence du gouverneur et des chefs de chantier. Le premier se retrouva obligé de se retirer, les seconds ne baissèrent pas le ton et protestèrent que cela faisait des mois qu’ils avertissaient des risques. Ce n’était pas le travail des mineurs qui avait été mal fait, comme le prouva une enquête de Kiri, mais il avait été saboté. Une explosion avait sapé les fondations et la galerie n’avait pu que s’écrouler.

L’enquête n’aboutit toutefois pas. Ils remontèrent chaque fil laissé par les mystérieux saboteurs, aucun ne donna de piste satisfaisante. L’acte semblait gratuit, puisque l’argent était à présent à jamais engloutit, ou alors il faudrait des moyens colossaux pour l’extraire de sa nouvelle gangue, personne ne pouvait plus en profiter. Il y avait bien un suspect principal, il s’agissait de la famille Mishima. Cela faisait des années qu’ils prétendaient qu’on abusait de leurs richesses, que cette terre avait toujours été la leur et qu’ils avaient des droits sur tout argent extraie de celle-ci. Le dossier fut envoyé au daimyo, mais ce dernier ne jugea pas la peine d’y jeter un œil. Néanmoins, puisqu’aucune preuve ne les accablait et que le travail avait été remarquablement fait, l’enquête fut abandonnée et les shinobi s’en retournèrent à Kiri.

Le chef de la famille Mishima suivait avec intérêt les échos de l’insoumission grandissante des familles nobles. Qu’elles soient ou non en charge d’une île, les tensions s’épaississaient comme un lent poison. Un jour, Tohoku attaqua Mage. Cela fut le signal que Ryunosuke Mishima attendait. Il en appela à son armée personnelle, qui marcha résolument sur les mines principales. Un massacre sans précédent pour la paisible Aso explosa. Quand ils arrivèrent, plusieurs heures après, les shinobi de Kiri virent un immense charnier. Des corps éventrés, grimaçant de douleur et d’horreur, les mines pillées et incendiées… Quand ils se présentèrent au château de Mishima, ils furent reçus fraîchement et aucune explication ne leur fut fournie. Les armures sanglantes des gardes ne pouvaient toutefois pas leur échapper, mais en l’absence d’ordre expressément fourni par le daimyo, il leur était impossible d’intervenir. Ainsi, ils repartirent et Mishima sût que quand ils reviendraient. Une force kiréenne fut ainsi envoyée pour veiller à ce que cela ne se reproduise pas. Quand on demanda l’aide des hommes de Ryonosuke pour donner une sépulture décente aux mineurs, celui-ci eut un rire franc et glacial. Les shinobi enterrèrent donc seuls les victimes de l’une des premières action armée de ce nouveau tournant. Aujourd’hui encore, on peut voir les pierres tombales sans nom qui s’étalent sur des centaines de mètre.

Avec l’avènement de Taisen toutefois, le ton changea. Si l’extraction d’argent cessa tout à fait, Mishima n’en avait pas fini ; il souhaitait prendre la place du gouverneur, reprendre l’île qu’il considérait comme sienne. Lorsque la Loi d’Uke fut appliquée, les décisionnaires d’Aso étaient prisonniers de débats interminables aux allures menaçantes. Une expédition de shinobi de Kiri interrompit toutefois la session, pour proclamer officiellement la mise en œuvre immédiate de la Loi d’Uke. Ryonosuke Mishima fut conduit face à un tribunal exceptionnel, qui le reconnut coupable de trahison et d’intrigues en vues de déstabiliser le gouvernement en place. Il fut exécuté sans attendre. Cela marqua le net ralentissement des actions armées dans l’ensemble du Pays de l’Eau. Les équipes d’administration se remirent au travail et, peu à peu, l’activité économique d’Aso reprit. Les familles nobles n’essayèrent plus de s’immiscer dans ce cercle qui leur était à présent interdit et si leur puissance ne décrut pas franchement, la possibilité de l’exercer cessa pour ainsi dire d’exister.

MessageSujet: Re: Îles du Pays de l'Eau   Mer 15 Avr - 12:20

Mage
Maître Actuel : Sei Ikezawa
Familles Nobles : Aucune
Lieux Importants : Kome, Atelier de Tamako


Que ce soit avant ou après la construction de Kiri, Mage n’a jamais souffert du moindre pillage sur ses terres. Cela était essentiellement dû à sa position géographique, plus qu’à ses défenses personnelles ou sa réputation. En effet, protégée au nord par Tohoku qui ne laissait que deux canaux étroits, le premier célèbre pour frôler Uke, le second pour être parfaitement impraticable et privée à l’est de la moindre baie riche en pillards, et à l’ouest par la flotte d’Ohashi, on pouvait dire que Mage était vernie. Les mauvaises langues disent aussi que le peu de personnes vivants sur cette île ainsi que le peu de ressources qu’elle pouvait proposer expliquait beaucoup de choses.

Le climat est fortement similaire à celui du Pays de la Brume, un brouillard épais et froid se lève chaque matin bien avant le soleil et ne se dissipe que tard dans la matinée, quand il se décide effectivement à s’évanouir. Mage a été un long moment pratiquement inhabitée à cause de la rudesse de ce climat, auquel s’ajoutait de fréquentes tempêtes contre les falaises. La légende voudrait que Kiri, fondateur du village du même nom, soit né sur cette île. Néanmoins, le brusque repeuplement de Mage ne doit rien à ce conte. En effet, on ne tarda pas à découvrir la richesse des forêts de la petite île, la qualité des bois ancestraux qui s’élevaient sur toute la surface humide de sa terre. Ces forêts, sombres d’aspect et peu engageantes, attisèrent bien vite les convoitises. Le Pays de l’Eau a toujours besoin de nombreux bateaux, que ce soit pour le commerce ou pour la communication. Le daimyo ordonna en quelque sorte la colonisation de Mage, de telle sorte que de nombreuses villes qu’on pensait éphémères ne tardèrent pas à éclore un peu partout, ponctuées de fabriques de bateau gigantesques. L’industrie avait commencé et répondait alors tout à fait aux besoins du pays. Le bois n’avait plus à être importé du Pays du Feu, qui proposait jusqu’alors le bois de meilleure qualité au meilleur prix.

Un village commença à croître lentement, à mesure des entrées d’argent. Peu à peu, elle s’équipait et s’affinait pour devenir une importante ville, riche de plusieurs centaines d’habitants artisans. Plusieurs ateliers et menuiseries se succédaient autour d’un but commun, produire le bois le plus robuste, le plus pur et le plus utile. On le leur rachetait bien souvent à prix d’or, si bien que davantage de travailleurs encore souhaitaient s’établir sur la pourtant inhospitalière Mage. Les villageois nommèrent leur petite ville Kome, du nom de l’artisan le plus exceptionnel qu’ils aient.

Le daimyo Gotan choisit de laisser l’un de ses conseillers à Mage car, et il s’agissait là d’un calcul intelligent, celui qui contrôle le bois et la création de navire contrôle beaucoup pour un pays à la géographie aussi morcelée que celui de l’Eau. Ce qui fut moins malin fut peut-être de ne pas prévoir la moindre garnison sur place. Tous avaient en mémoire l’inviolabilité des terres de Mage par le passé, grâce en grande partie aux armements de Tohoku… du moins, jusqu’à ce que Tohoku n’attaque. Les témoins qui ont pu s’ouvrir auprès d’historiens parlent de huit voiles blanches pointées vers eux comme étant de flèches mortelles. L’écusson de Tohoku claquaient au vent, rares étaient les manifestations de force de cette ampleur alors, pour les artisans de Mage. Toutefois, quand les navires s’amarrèrent au large pour se transformer en centaines de barques menaçantes, un sombre pressentiment les prit.

Rien ne laissait présager une lutte armée. Le gouverneur de Mage savait, bien sûr, que les familles nobles du Pays de l’Eau se disputaient des héritages et des lopins de terres. Mais cela n’avait rien d’inhabituel. Pourtant, que cela en arrive aussi loin était un fait unique dans toute leur histoire. Le plus étonnant pour lui était encore qu’on ouvre les hostilités sur Mage qui, jusqu’alors, n’avait jamais représenté le moindre enjeu.

Le massacre de Kome marqua la première étape vers l’escalade rapide de la violence qui enflamma tout le pays. Des familles entières furent anéanties, passées au fil de la lame pour servir d’exemple. Le gouverneur et sa femme furent traînés dans la rue et sauvagement assassinés, sous les yeux de leurs enfants afin de marquer les esprits. Femme, enfant, nul n’était épargné. Les ateliers ne furent pas touchés, en revanche ; les artisans se firent retirer la totalité de leur travail, impitoyablement pillé par les forces de Tohoku qui s’en servir pour se pourvoir d’une flotte plus importante. Si quelqu’un s’avisait d’élever la voix, il était tué. La terreur qui s’était abattue sur Mage se propagea aux autres îles. Nagumo notamment craignant d’être la suivante sur la liste de Tohoku, mais il n’en fut toutefois rien – sans doute que la légende selon laquelle Nagumo était impénétrable pesait sur cette décision. Cet état dura plus de six mois, avant que Kiri n’envoie enfin une force capable de transformer la situation. Kome fut libéré de l’envahisseur voisin, mais le traumatisme restait présent dans tous les esprits si bien que l’activité économique de l’île ne reprit qu’une bonne année plus tard, une fois le village partiellement reconstruit et les exilés revenus.

Après la ratification officielle de la Loi d’Uke, qui interdisait aux îles de possédait la moindre force armée personnelle, Mage fut la seule notable exception. Kiri installa un avant-poste tout à fait performé, à l’intérieur même de Kome. Aujourd’hui, atteindre Mage est aussi difficile que par le passé, sinon plus. Il faut passer Uke, et donc Kiri, et les courants ne sont pas faciles à l’approche de l’île. Néanmoins, Taisei a promis que Mage ne souffrirait plus pareille injustice et que le Pays de l’Eau ne pouvait se permettre de voir cette industrie spécifiquement se voir amputée de son efficacité. Et les daimyos sont encore suffisamment lucides pour savoir que la situation n’est jamais totalement révolue, et qu’un jour les anciennes rancunes pourraient ressortir…

Une personne a récemment beaucoup fait parler d’elle. Il existe une femme complexe, blonde de cheveux et de teint, avec de curieux yeux oranges qui, lorsqu’ils se posaient sur quelqu’un, semblaient le transpercer jusqu’à saisir son âme. Elle semblait toujours sereine, maîtresse d’elle-même et… nostalgique. Personne ne peut se vanter de la connaître réellement, pourtant ils sont de plus en plus nombreux à venir la voir. Son nom est Tamako, du moins c’est celui qu’elle se donne. Elle se propose de vendre des perles de bois, mais elle a poussé le travail de ce matériau à un degré bien supérieur que n’importe qui pourrait l’imaginer. Comme si chacune de ses créations racontait une histoire, représentait un petit espace de vie, vibrant et entier. Elle ne vend ses créations nulle part ailleurs qu’à Mage, même si le climat ne semble pas la satisfaire totalement…

MessageSujet: Re: Îles du Pays de l'Eau   Jeu 16 Avr - 15:16

Yagi
Maître Actuel : Kamen Yagi
Familles Nobles : Famille Yagi, Famille Nabuo
Lieux Importants : Naojima, Iki, Kikai, Greniers de Yagi.


La famille Yagi s’est toujours occupée de cette île qui lui doit son nom. Bien avant que Kiri ne soit fondé, la dynastie prospérait paisiblement en faisant équitablement travailler les paysans dans les gigantesques terrains agricoles. Ceux-ci s’étendent sur des kilomètres entiers, le climat étant particulièrement favorable aux rizières notamment. Pourtant, au départ, rien ne destinait Yagi à une telle utilisation.

Uke a été la première île réellement habitée et organisée en tant que telle. De multiples villages naissaient sur toute sa surface, des noms se créaient, des familles régnaient. C’est souvent le privilège des plus gros, d’être colonisés en premier. Mais bien vite, certaines personnes aux sens aventureux décidèrent qu’Uke devenait trop étriquée pour eux. Ils se sont donc hasardés à voyager sur de courtes distances, et c’est ainsi qu’ils découvrirent que ce qui deviendrait le Pays de l’Eau n’était pas composé d’une seule grosse île, mais de plusieurs petites autres. C’est du moins ce qu’ils décrétèrent, à une époque où les frontières se créaient lentement.

La famille Yagi a accosté sur les rivages sablonneux d’une île de superficie importante. Ce qui les attira en premier furent les hautes montagnes que l’on pouvait observer depuis la mer, ils s’imaginaient de vastes plateaux où faire paître des animaux. C’est du reste ce qu’ils firent une fois établis, avec leurs gens qui gravissaient les sentiers vierges pour s’occuper des bêtes, et les nobles qui géraient la petite ville Naojima. Même si aujourd’hui ce n’est plus la plus grande des cités de l’île, un peu éclipsée par Iki et Kikai gérées par la famille Nabuo, les Yagi y ont installé leur château et ne l’ont jamais quitté, très attachés à leur terre. Mais à cette époque, ils étaient seuls possesseurs de l’île et transformèrent d’abondantes prairies en terrains agricoles, profitant du sol extrêmement fertile qui tapissait Yagi. Ainsi, très vite, le gouverneur ordonna la création des spacieux Greniers de Yagi qui figurent comme une merveille d’architecture, rien de moins. Ces derniers, adossés aux montagnes, permettaient de protéger les récoltes du temps parfois capricieux en automne et parfois trop chaud en été. Quelques années plus tard, on découvrit de riches gisements de minerais dans certains coins des montagnes, ce qui ne fit qu’accroitre la richesse de l’île et sa valeur commerciale.

Après la création de Kiri toutefois, cet équilibre fut perturbé. Un gouverneur expressément nommé par le daimyo se présenta pour gérer Yagi, Yukan et Shikoten. La famille eut beau protester, argumenter comme quoi cela faisait des années qu’elle était en charge et qu’elle connaissait tout du mécanisme, l’ordre du daimyo était très clair. La colère grondait. Comment Uke pouvait-elle se permettre d’empiéter sur des valeurs centenaires ? Ce que les nobles craignaient, la toute-puissance d’Uke à cause de cette maudite force de Kiri, semblait se réaliser. Les Yagi, bien qu’amers, décidèrent de céder leur place et leurs gens, et demeurèrent dans leur château. Comme ils l’avaient prédit, l’activité faiblit puis connut une crise retentissante. Le gouverneur n’était pas incompétent, mais Yukan ne disposant d’aucune population ou ressource véritable, il essayait de rééquilibrer les forces entre les trois îles dont il devait s’occuper. Il puisa grandement dans les Greniers de Yagi, tant et si bien que des rumeurs de famines ne tardèrent pas à éclore. Peu désireux de voir tout ce qu’ils avaient mis tant de temps à bâtir s’écrouler sans raison, les Yagi reprirent de force les choses en main en déclarant nul et non avenu les traités négociés par le gouverneur en présence. Ce dernier fut bien obligé de ravaler sa fierté et d’accepter l’action. Trois plus tard, au printemps, les Yagi rouvrirent les routes commerciales et déclarèrent sèchement au gouverneur qu’il aurait suffit d’attendre le printemps pour mettre en place son plan de redistribution, et que s’il s’était intéressé un tant soit peu à l’île il aurait appris que les hivers puisaient grandement dans les ressources des Greniers.

Suite à cet épisode, il apparaissait assez clairement que Yagi n’avait pas besoin d’un quelconque remaniement administratif, ce qui aurait pu à nouveau ralentir l’activité effrénée de l’île. La famille Yagi fut maintenue dans ses fonctions.

Lorsque les îles prirent les armes pour s’opposer aux décisions controversées des daimyos, Yagi ne réagit pas immédiatement. Dans les premiers mois, elle fut surnommée l’Œil du Cyclone, en référence au calme qui la caractérisait pendant que Yukan, Ohashi et Shikoten se livraient un combat à mort. Puis, les fameux Greniers finirent par les intéresser. Hayao Yagi, alors chef de la famille, n’hésita pas à prendre personnellement les armes pour repousser les ennemis. Les attaques incessantes de Shikoten se terminèrent par la mort tragique d’Hayao, hélas peu de temps avant que le nouveau daimyo Taisei ne mette un terme définitif à ce début de guerre civile. N’ayant aucune armée claire, la Loi d’Uke ne toucha que peu Yagi, mais leurs rapports avec Shikoten demeurèrent froids, même aujourd’hui.

Petit à petit les Yagi perdirent en force et la famille Nabuo s’établit. L’entente cordiale des premières années s’est aujourd’hui presque totalement effacée. Bien qu’elle gère deux des villes les plus productives, à savoir Iki et Kikai, les Greniers leur restent résolument fermés. Plusieurs daimyos ont essayé, au fil du temps, de faire évoluer la situation mais l’un comme l’autre restent campés sur leurs positions. Les débats se sont enflammés le jour où l’un des fils Nabuo a déclaré que l’île ferait mieux d’être renommée d’après son nom. Bien que la plaisanterie soit douteuse, Kamen Yagi, l’actuel chef de la famille, a fermement condamné ces propos.

MessageSujet: Re: Îles du Pays de l'Eau   Jeu 16 Avr - 19:35

Tohoku
Maître Actuel : Kintaro Rishiri
Familles Nobles : Famille Namae.
Lieux Importants : de nombreux forts déserts, les ruines du château Namae.


Querelleuse Tohoku qui en a payé le prix fort…

Depuis qu’elle est habitée, l’île de Tohoku a davantage été utilisée comme une place-forte que comme un grenier. Les terres cultivables ; médiocres, insuffisantes pour seulement survivre. Les matériaux ; rares, beaucoup de fer, quelques carrières de pierres, de trop exceptionnels arbres pour ne serait-ce qu’en couper un. Mais une géographie agressive, avec de grandes falaises dentelées et des rivages exigus, deux canaux dangereux ouverts comme la mâchoire d’un prédateur. Tohoku, à l’instar de Nagumo, a développé une réelle puissance défensive mais s’est également très vite porté sur l’attaque. Sa flotte n’était pas très impressionnante toutefois, et il s’agissait en majorité d’attaques punitives portées sur les baies pirates. Cela a donné lieu à quelques grandes batailles, aujourd’hui oubliées et sans réels effets sur le terrain.

C’était un jeu mortel sans fin. Les pirates massacrés étaient remplacés par d’autres, qui venaient à leur tour mettre à sac un village côtiers. En dépit de sa pauvreté matérielle, Tohoku n’était pas inhabitée, loin s’en faut. Elle disposait de villages qui devinrent avec le temps de grandes villes, souvent relativement éloignées des rivages. Près de ces derniers, les forts restaient majoritaires, avec une garde toujours alerte et d’importantes patrouilles organisées aussi bien sur terre que sur mer.

On pourrait se demander la façon dont Tohoku parvenait à entretenir des armées et, plus troublant encore, à les faire grossir et à diriger une véritable force. Cela était dû à un seul homme, ou presque, Takegi Namae. Ce dernier disposait d’un pouvoir politique important ainsi que d’une certaine influence auprès du daimyo Gotan. Ce fut grâce à lui que la famille Namae fut autorisée à conserver Tohoku malgré les derniers remaniements gouvernementaux. Il intriguait sans que personne ne le remarque, avec la perfidie travaillée du politicien affirmé. Peu à peu, grâce à divers contacts, il parvint à amasser une fortune colossale qu’il dispensait aussi bien en divertissement que dans son armée personnelle. Il fit armer de nouveaux bateaux et partait sans cesse incendier les côtes pirates, si bien qu’on lui doit leur départ vers le nord.

Takegi était un être raffiné mais sanguinaire. On pense aujourd’hui qu’il était manipulé par des voix dans les ombres, par des personnes qui souhaitaient le contrôle de Tohoku. On raconte que ces personnes désiraient le contrôle d’une place-forte imprenable, afin de mener une guerre de longue haleine contre Uke, l’île principale, qui serait comme une diversion pendant que la menace gagnerait le cœur. Cela n’a jamais été prouvé car Takegi ne gardait aucune trace de ce qu’il faisait ou de ses entrevues, pourtant nombreuses. Un fait est avéré toutefois, et il a largement été repris puis diabolisé : Takegi était un traître. Nul ne sait ce qu’il y gagna, peut-être l’ensemble de sa vie avant qu’elle ne s’achève brusquement d’une lame sur la gorge… Le fait est qu’il avait vendu Tohoku, que ce soit une réalité ou une métaphore. Il pervertit son esprit en douceur, immisçant les germes de son implosion avec la patience du botaniste.

Depuis des temps reculé, l’île servait de rempart à la fragile Mage. Takegi décida de l’attaquer, en prétextant que ce n’était que justice après avoir perdu tant d’hommes sans la moindre récompense. Mage n’avait rien d’une île de guerrier, et les carnages qui s’y déroulèrent glacèrent d’effroi l’ensemble du pays. Le village de Kome fut envahi, les petits regroupements d’artisans qui recouvraient l’île furent minutieusement exterminés. Takegi prit possession de la réserve de bois, et ordonna ainsi la construction de nouveaux bateaux, directement sur Mage. Takegi amassait une flotte imposante, et les rumeurs voulaient qu’il projetait d’attaquer Ohashi, alors inégalable sur les mers. Sa prétention prit fin d’une bien sordide manière. Il fut retrouvé égorgé dans son lit. Tohoku accusa Kiri d’avoir levé la main sur l’un des nobles du pays mais bien sûr, aucune preuve n’était utilisable. Les historiens et les artistes prirent possession de la réalité et prétendirent que la maîtresse du tyran, envoyée par Uke dans le seul but de le tuer, l’exécuta après le repos du guerrier. Quoiqu’il en soit son cousin, Ishida Namae, n’en avait pas terminé et il rassembla sur ses terres son armée. Il y avait beaucoup de paysans qui la composait, mais également des maîtres d’armes redoutés, d’anciens samouraïs qui avaient prêté allégeance à la famille Namae.

Quand Uke demanda à Ishida de déposer les armes, il déclara qu’il était chez lui et que personne ne lui dirait quoi faire. Deux semaines plus tard, les forces furtives de Kiri pénétrèrent sur l’île sans se faire repérer. On ignore le nombre exact de shinobis envoyés, mais ils ont consciencieusement évité les nombreux forts de Tohoku et violèrent l’inviolable. La place-forte ne fut pas provoqué de face, mais de biais, et l’armée personnelle d’Ishida fut exterminée jusqu’au dernier homme. Celui-ci ne s’avoua pas vaincu pour autant, et appela à son renfort la totalité des forts de l’île ce qui devait représenter une moyenne de deux mille hommes. Le combat n’eut jamais lieu. La félonie de Takegi avait éclaté au grand jour et au final, seuls les plus acharnés se présentèrent au secours d’Ishida. Ce dernier, déshonoré, se fit confisquer son château et ses terres. Condamné à l’exil, on dit qu’il partit au Pays du Thé mais plus personne ne s’en souciait. Sa famille vit encore sur Tohoku, quoique plus misérablement qu’auparavant. Soumis à un certain mépris de la part des habitants de l’île, elle souffrit énormément des erreurs de leurs ancêtres. La plus jeune des filles Namae fut un jour retrouvée battue et pendue dans une ruelle, totalement méconnaissable. La douleur de la famille fut immense, mais elle ne quitta pas pour autant Tohoku. Uke appela au calme et condamna fermement la vindicte populaire. Aujourd’hui, même si la population ne semble pas avoir pardonné aux Namae, ceux-ci n’ont déploré aucun macabre règlement de compte.

L’île a perdu beaucoup de son intérêt une fois privée de son armée. Ainsi, elle reste relativement pauvre et en retard sur les autres. Elle parvient à survivre grâce à la présence toute proche d’Uke et de ses ports, mais Tohoku n’a plus rien de la place-forte qu’elle était par le passé. Peut-être que des plans futurs prévoient le réarmement de l’île, sous contrôle de Kiri, à la façon de ce qui s’est passé à Mage, mais cela n’est qu’une rumeur diffuse pour l’heure.

MessageSujet: Re: Îles du Pays de l'Eau   Ven 17 Avr - 13:54

Nagumo
Maître Actuel : Eiji Nosaka
Familles Nobles : Famille Deshimaru
Lieux Importants : Dozen


Avant l’apparition réellement salvatrice de Kiri, le pays souffrait d’attaques pirates venues de l’est et du sud. Nagumo particulièrement subissait les attaques répétées des nombreuses bandes qui se disputaient les baies du Pays de la Brume. D’intenses sessions de raids s’organisaient fréquemment, et ce fut en partie l’une des raisons qui poussa à fournir le pays d’une force armée dissuasive et efficace. Un homme marqua les esprits à Nagumo pour avoir été le premier à défendre sa terre des agressions des pillards. Cet homme s’appelle Sa Boeman. Il n’était pas lui-même un guerrier même si, avec le temps, les historiens eurent tendance à idéaliser ses ancêtres comme étant de puissants guerriers. En réalité, Sa était un simple paysan qui travaillait la terre avec sa bêche et son râteau. Lorsqu’il entendit la rumeur d’une attaque imminente, il ne fuit pas. Au contraire, il s’adressa à la population d’un petit village côtier et appela au calme. La colère grondait, car tous accusait Uke de ne pas les protéger comme elle devrait. Sa leur répondit simplement qu’ils avaient la chance d’être indépendants et qu’il fallait se montrer digne de ce privilège.

Les pirates furent repoussés aisément, notamment parce qu’ils ne s’attendaient pas à une quelconque résistance, habitués aux pillages dans des villages abandonnés ou aux massacres faciles de paysans effrayés. Les villageois, bien que satisfaits, prétendirent que désormais les pirates s’intéresseraient à eux et voudraient se venger. Sa répondit calmement que ces pillards agissaient en animaux, sans organisation, que personne ne se souciait de leur sort et que si d’autres pirates se dirigeaient ici, ils seraient accueillis d’une façon similaire. Cet exemple, beaucoup furent ceux à le suivre et peu à peu, Sa s’imposa comme le protecteur de Nagumo. Il entra en contact avec la famille Deshimaru qui avait hérité de la petite île, et explique sereinement son plan d’action contre les attaquées répétées. On lui donna les moyens de ses ambitions en débloquant des centaines de milliers de ryos. C’est ainsi que furent bâties les Hautes Tours de Nagumo, encore debout aujourd’hui quoiqu’inoccupées. Carrées, en pierre, elles s’élevaient comme leur nom l’indique suffisamment haut pour avoir une vue panoramique sur la mer. Des dispositifs de torches géantes étaient mis en place pour prévenir l’île de toute attaque. Cela s’avéra suffisamment décourageant les premiers temps, mais Sa voulu aller plus loin. Il ordonna à ce que les tours soient lourdement armées, afin de repousser les pirates qui venaient les narguer, parfois, la nuit. Cela lui fut accordé de bon gré et bientôt Nagumo fut la seule île totalement dépourvue de pirates, plusieurs années avant la fondation de Kiri.

Sa porta le nom de Défenseur de Nagumo, une statue lui fut dédiée dans la ville principale de Nagumo, Dozen.

Nagumo fut totalement épargnée par la guerre que s’opposèrent les nobles et le gouvernement. La Loi d’Uke lui passa également bien au-dessus. Nul ne sait si c’est grâce à l’histoire de l’île ou simplement au bon sens de ses dirigeants, mais tout le monde s’en félicita. Les familles de nobles de Nagumo perdirent un peu de prestige aux yeux de leurs semblables des autres îles, mais l’inverse était également vrai. Ce bain de sang injustifiable ne trouva aucun écho chez eux. Assez paradoxalement, la guerre qui embrasa le Pays de l’Eau profita à l’île. Comme son activité économique n’avait pas cessé, ils continuaient à brasser de nombreuses ressources. Les blocus ne retenaient jamais leurs ports car même si les autres familles ne supportaient pas la neutralité que s’imposait Nagumo, ils ne disposaient pas de suffisamment de navires pour s’impliquer davantage encore. Au sortir du conflit, le pays s’appuya sur Nagumo car son économie était restée presque intégralement stable et qu’il n’y avait rien à reconstruire.

Quand la gestion de l’île fut redistribuée, les nobles s’exécutèrent sans poser de problèmes. La famille Deshimaru, qui avait supporté les raids pirates pendant des années, savait que l’aide extérieure n’était pas superflue. Une entente fut rapidement trouvée entre la nouvelle administration et l’ancienne, qui retourna à ses quartiers historiques dans un village plus petit que Dozen.

MessageSujet: Re: Îles du Pays de l'Eau   Ven 17 Avr - 20:14

Yukan
Maître Actuel : Nagata Hideyoshi
Familles Nobles : Famille Hideyoshi,
Lieux Importants : Château Hideyoshi


Il y a des décennies, le daimyo du Pays de l’Eau, Gotan, se retrouva confronté à un problème. Deux familles se disputaient ses faveurs et, chacune très influente, il ne souhaitait en décevoir aucune. Au final, la famille Hideyoshi se retrouva liée à Yukan, tandis que la famille Asagiri recevait Ohashi. L’enjeu de cette lutte pacifique était, d’une part prouver à l’autre famille qu’on était plus important, et surtout de s’éviter ce qui apparaissait comme un exil vers la pauvre Yukan.

Oe Hideyoshi n’en dit rien ouvertement mais prit cette décision comme une grande injure qui lui était faite, à lui, à son nom et à sa famille.

Mais il respecta la décision du daimyo en s’établissait sur Yukan. Lorsqu’il la vit se profiler de son bateau, il ne put empêcher ses mâchoires de se fermer.

Yukan apparaissait comme un caillou poussé hors de l’eau par quelque force magique, comme si un dieu arbitraire avait décidé de prouver que l’on pouvait vivre sur un grain de sable. Du regard, Oe pouvait embrasser une partie de sa superficie, même si sa mauvaise foi l’obligeait à diminuer l’importance de l’île. Celle-ci était surtout tirée en hauteur, le sommet d’une petite colline se dessinait nettement, avec déjà de modestes appartements pour les anciens administrateurs. Le village, sur la grève, un simple petit village de pêcheurs, ne l’enchantait guère plus. Tout cela sentait la pauvreté, l’exil, l’insulte. En mettant pied à terre toutefois, Oe eut la curieuse impression de se sentir chez lui. Cela n’était pas du tout le cas de sa femme, habituée aux salons interminables et oisifs. Oe lui avait promit de faire de cette île un petit havre.

Ce fut bien plus tard que Yukan devint un enfer.

Trois générations après la mort d’Oe naquit Nagata Hideyoshi. A la mort de son père, ce dernier devait devenir l’administrateur. Toutefois, trop jeune, on désigna sa nourrice. Celle-ci mourut trois jours plus tard. A l’époque, on incomba son décès à une mauvaise chute. Aujourd’hui… Nagata devint donc le plus jeune administrateur du pays, à quinze ans il disposait d’un peu plus de cinq cent sujets. Force fut de constater que l’économie, généralement faible, de la petite Yukan explosa. Nagata se révéla un esprit fin et puissant. En surface, il présentait un bilan solide qui ne cessait de s’améliorer au fil des ans. Avec cet argent, il se fit bâtir un palais plus imposant, digne de l’opulence d’antan. Par souci du détail, il n’oublia pas le village qui s’était sensiblement agrandi depuis le débarquement d’Oe.

Tout semblait parfait. Survint alors la première tenue du grand tournoi qui ferait la sinistre renommée de Yukan, un tournoi qui allait dès lors devenir un événement annuel. Nagata invita les plus puissants combattants des îles environnantes à se présenter à son île afin de combattre. Cela n’aurait rien eu d’extraordinaire si, contrairement aux ancestrales règles samouraïs, les combats n’étaient pas à armes réelles. Cela résonna comme un coup de tonnerre dans tout le pays. Le daimyo s’empressa d’intervenir, et Nagata de lui répondre d’une voix mielleuse qu’il avait toute autorité sur son île, que c’était le don que Gotan avait fait à sa famille, et qu’il n’utiliserait pas ces hommes pour organiser une armée. Le daimyo fut contraint au silence, car l’explosion des familles nobles n’était jamais loin. Et celles-ci virent avec un certain plaisir ce qui apparaissait comme un état d’insurrection de la petite Yukan. Le premier tournoi fut un grand succès ; le champion acclamé se vit offrir une somme énorme et la loge officielle lui était assurée pour le prochain tournoi. Car cela était clair, un tournoi aurait lieu chaque année. Les combattants du monde entier pouvaient se présenter quand bon leur semblait. L’opération était, c’est du moins ce qu’en pensèrent les analystes, une tentative réussie d’enrichissement car des navires entiers de spectateurs aisés avides de sang se présentèrent régulièrement. Tellement qu’il devint essentiel de construire de nouveaux locaux, rien que pour cet événement ponctuel qui suffisait toutefois à faire vivre Yukan pendant toute l’année.

La vérité est bien plus contrastée. Nagata fait cela pour son propre plaisir. Car il est lui-même avide de sang. C’est un vampire élégant, qui ne se salit pas les lèvres mais qui boit avec délectation les gerbes rouges que les guerriers laissaient derrière eux. La richesse n’est qu’un dégât collatéral de cette passion macabre. Nagata aime faire souffrir. Il aime savoir que des générations de personnes seront brisées par lui, savoir qu’il détient toute l’année la vie de milliers de personnes, et qu’un mois tous les ans, ses doigts ruissèlent d’un sang qui ne lui appartient pas. Peu à peu, la folie l’a rongé. Il sait que beaucoup voudraient le voir mort, alors il se protège. Certains anciens champions lui ont prêté allégeance. Personne ne peut l’approcher, son château reste résolument fermé excepté pendant le tournoi. Il ne sort plus dans le village, ne quitte plus ses appartements. Ses hommes vont acheter les marchandises que l’île ne peut produire, et c’est là le seul lien qui relie encore Yukan au Pays de l’Eau. La vérité, c’est que Nagata a une armée entière à ses ordres. Comme dans l’ancien temps. Une armée qu’il pourrait lever d’un claquement de doigt, une armée composée de guerriers légendaires.

De sombres héros que le monde a rejetés mais que Nagata accueille en son sein. On dit que la Loi d’Uke tremblera le jour où Yukan fera le premier pas. Le jour où le Pays de l’Eau explosera une nouvelle fois. Kiri ne sera peut-être pas une force suffisante cette fois-ci, et cela tous le savent. Mais en l’absence de preuves matérielles, il est impossible au daimyo de prévenir les actions de Nagata. Ils sont obligés de subir ; cela fait presque vingt ans désormais.

MessageSujet: Re: Îles du Pays de l'Eau   Dim 19 Avr - 21:19

Ohashi
Maître Actuel : Morihei Asagiri
Familles Nobles : Famille Asagiri
Lieux Importants : Bataille d’Aoi, Voie Blanche


La richesse des terres d’Ohashi a longtemps attisé la convoitise la plus franchement affirmée.

Un long moment, se furent les pirates qui posèrent problème. Tellement qu’une permanence de Kiri fut mise au point, comme un petit avant-poste ou une grande patrouille. Cette précaution s’avéra suffisante pour repousser les expéditions les plus modestes, mais les pirates adaptèrent leur stratégie de telle sorte à frapper moins souvent, mais avec davantage de force et à plus d’endroits qu’auparavant. Ils nommèrent cette stratégie « L’Art du Ressac » clin d’œil grinçant à l’immuabilité de la mer qui toujours s’en va à la rencontre du sable. Et Kiri dut se rendre à l’évidence que la mer gagnait du terrain sur la terre. Nidaime, las de voir une partie de ses forces occupée ailleurs, décida d’en finir pour de bon. Il réunit une force composée de ses meilleurs éléments, en tout et pour tout seize shinobi, qui débarquèrent un matin sur les rivages d’Ohashi. Ils réussirent à découvrir l’origine des pirates, une île un peu au sud qui ne portait pas de nom. Ils pénétrèrent de nuit dans l’un des campements, qui fut intégralement ravagé. Sans leur laisser la moindre chance, les pirates furent exterminés et leur commandant sommairement exécutés. Ce signal puissant retentit dans toutes les îles et Ohashi profita de nombreuses années de quiétude, que le gouverneur mit à profit pour exploiter les nombreuses richesses à sa disposition.

Il mit notamment au point la très célèbre Voie Blanche, un axe commercial abondamment utilisé qui est en grande partie la cause de l’épanouissement complet d’Ohashi. Cet axe débute sur l’île Kaisou, traverse Mage, et à partir d’Ohashi prend deux directions distinctes : d’un côté il passe entre Aso et Yagi pour rejoindre ensuite le Pays du Feu et celui des Vagues, de l’autre il traverse Shikoten et Yukan jusqu’au Pays du Thé. La création de cet axe est entièrement due à Ohashi, sans qui il manquerait un élément essentiel. Plus tard dans le temps, après le réarmement massif de l’île, ce fut elle qui se chargea de la protection de la route commerciale.

Ce réarmement n’intervint qu’une fois les îles redistribuées par le daimyo Gotan. Ce fut la famille Asagiri, illustre pour la véhémence de son caractère, qui en hérita. La première chose qu’entreprit le chef de la famille fut de réarmer considérablement les flottes pour préserver les richesses. En effet, des assauts pirates étaient signalés sur la Voie Blanche. Bientôt, des navires hérissés de piques et bardés d’acier jaillirent des ports d’Ohashi pour protéger les bateaux marchands, et d’importantes patrouilles furent mises en place. L’armée d’Ohashi était, disait-on, aussi puissante qu’un village ninja bien qu’elle n’en possédât pas les forces. Mais l’expérience était bien présence parmi les équipages, et de nombreux mercenaires n’hésitaient pas à s’engager en guise de support. Une terrible bataille entrée dans la légende se déroula sur les mers séparant Ohashi et Mage, la Bataille d’Aoi. Une force pirate importante se dirigeait vers Mage afin d’en piller les richesses. Tohoku avait déclaré essayer d’envoyer des hommes au plus vite, Kiri avait également été alerté, mais la flotte du commandant Yamamoto du port d’Ohashi décida de faire demi-tour pour faire face aux pirates. C’était un pari fou ; six bâtiments de leur côté, contre au moins onze en face. Néanmoins, les navires de Yamamoto patientaient tranquillement, jusqu’à ce que les voiles pirates se dessinent à l’horizon. Il ordonna l’assaut, en utilisant son propre bateau en tant que leurre. Les pirates envoyèrent pas moins de cinq brûlots dans l’espoir de faire sauter le légendaire Aoi. Yamamoto ne fuit pas. Les navires de sa flotte entrèrent avec force dans quatre des pirates. L’une des coques se fendit, béante, et le vaisseau d’Ohashi poursuivit sa route parmi les débris pour en percuter un deuxième. Aoi commença à prendre l’eau à partir de la troisième et dernière explosion des brûlots, les autres ayant été stoppés dans leur tentative. Yamamoto continuait à donner ses ordres, inlassable, tandis que la victoire se profilait lentement. Les survivants de l’Aoi furent récupérés par les trois navires restants. Des pirates, il ne restait que des décombres, du bois brisé, et un peu de sang peut-être.

Malgré cette cuisante défaite, les pirates continuèrent quoiqu’avec peu d’enthousiasme à tenter de piller les marchands de la Voie Blanche.

La famille Asagiri prit une part importante à la crise du Pays. Alors que certains nobles négligés tentaient de récupérer leurs biens par la force, Ohashi faisait face à l’avidité de la famille Hideyoshi, écartée par le daimyo Gotan. Ohashi concentra la quasi-totalité de ses forces sur l’extermination de Yukan. Ils abordèrent l’île, et des centaines d’hommes pénétrèrent dans le village afin de couper le château Hideyoshi de ses moyens de subsistances. Un début de siège commença, interrompu par l’intervention de Kiri. Peut-être que poussé par son orgueil, Asagiri aurait pu transgresser la présence de Kiri.

Peut-être, mais il avait face à lui la Flamme Jaune au grand complet. Trois guerriers connus dans le monde entier pour être parmi les éléments les plus puissants du Village Caché du Brouillard. Le siège fut levé, mais les forces d’Ohashi demeurèrent sur place jusqu’à la proclamation de la Loi d’Uke. Asagiri dut se résoudre à voir son armée disparaître en fumée ou plutôt se faire racheter par Uke. Cela se passa très mal, comme on pouvait s’y attendre, et les puissants navires de l’île prospère continuent aujourd’hui encore à assurer la protection des marchands. La seule chose qui a changé, ce sont leurs écussons…

Morihei Asagiri, actuel chef de la famille, ne cesse d’interpeller le daimyo à ce sujet. Il prétend qu’il est injuste et extrêmement dangereux de laisser Yukan entretenir une armée de l’ombre sans ordonner la moindre enquête, alors qu’Ohashi est sans défense. Il dit qu’en cas de rébellion de Yukan, son île sera la première à être attaquée. Bien peu peuvent le contredire…

MessageSujet: Re: Îles du Pays de l'Eau   Lun 20 Avr - 13:35

Kaisou
Maître Actuel : Musashi Kaisou
Familles en Présence : Clan Kaisou
Lieux Importants : Rocher du Clair de Lune, Ikkiuchi no Seiiki (le Sanctuaire du Combat Personnel)


Cela fait longtemps à présent que les Kaisou se sont installés sur cette île et, à l’instar de Yagi, lui ont donné leur nom. Cette île ne prit pas réellement part aux différentes évolutions du Pays de l’Eau, bien qu’elle soit géographiquement comprise sous son influence. L’administrateur qui avait été à l’époque en charge des trois îles Tohoku, Mage et Kaisou ne s’occupa que très superficiellement de la dernière pour se concentrer sur la seconde. En effet, la charge de travail nécessaire était bien supérieure pour Mage, qui avait besoin de tout même si au final, elle donna énormément.

Même durant la guerre que s’opposèrent les familles nobles des différentes îles, celle des Kaisou fut épargnée. On la surnomma « La Lointaine » à ce moment-là car elle était précisément trop loin pour intéresser quiconque. Tohoku essayait de piller Mage qui, sans force armée, ne pillait personne. Ohashi était entièrement concentrée sur Yukan, et les pirates n’avaient jamais trouvé la moindre ressource intéressante sur Kaisou, déjà à l’époque.

Ainsi, l’île Kaisou ressortit indemne de cette terrible lutte. Elle reprit ses activités économiques légèrement déstabilisées et l’économie repartit paisiblement. En tant que premier élément de la Voie Blanche, l’île Kaisou a toujours été bien protégée par Ohashi. Depuis la mise en place de la Loi d’Uke toutefois, les Kaisou ne bénéficient plus de cette protection. Jusqu’à présent, on n’a pas vu la différence et lorsque le daimyo proposa l’envoi d’une force de Kiri pour préserver la sécurité de l’île, les Kaisou refusèrent vivement. Ceux qui ont pu approcher l'île de près disent que c'est à cause de cette bâtisse au sommet d'une falaise, éloigné des principaux regroupements de maisons ; quand ils demandèrent des informations, on leur répondit succinctement qu'il s'agissait du Ikkiuchi no Seiiki dont le nom semblait annoncer quelque entreprise guerrière ou du moins un entraînement physique. Ils ne purent toutefois en apprendre plus à ce sujet.

Petit à petit, on laissa les Kaisou gérer leur commerce seuls, sans intervention extérieure. Aujourd’hui au nombre approximatif de deux cent, les Kaisou se sont progressivement mis en place jusqu’à disposer de solides bases commerciales. Bien que tranquille et disposant d’un climat agréable, l’île en elle-même n’est pas extrêmement riche, bien moins que certaines énormes productrices telles qu’Aso, Yagi ou Ohashi. En effet, Kaisou dispose principalement de denrées alimentaires. Que ce soit des poissons gras et abondants qui s’approchent des côtes, des fruits uniques, propres à cette terre qui poussent à l’abri des frondaisons, au cœur de l’île ou des très nombreuses algues de tout type, le commerce Kaisou tourne principalement autour de la nourriture. Il existe également des gisements de fer encore jamais touché par l’homme, trop faibles toutefois pour intéresser quiconque d’extérieur à l’île.

Les Kaisou ont néanmoins réussi à exploiter au mieux ces ressources. Ils doivent certainement beaucoup de leur efficacité à leur organisation. Le chef du clan a offert à une douzaine de familles une part de l’île qu’ils cultivent en bonne intelligence, ce qui a permit à terme d’améliorer le rendement en facilitant le suivi des exploitations. Les marchands versés dans les secrets de ce type disent souvent que les Kaisou ont certainement la plus grande entreprise commerciale imaginable. Les Kaisou disposent d’une maigre flotte d’environ cinq petits bateaux qui servent principalement à faire transiter les marchandises afin de les vendre aux îles avoisinantes, principalement Uke.

Le lien qui unit l’île Kaisou à Uke est indéterminé. Peut-être qu’un jour, le voile de mystère qui pèse sur cette île se lèvera. Ou peut-être que quelqu’un l’empêchera précisément de se lever. Le fait est que les Kaisou, pour le peu de visites qu’ils reçoivent, présentent le visage d’un clan normal, uni et porté vers le commerce. Pour la plupart, cela est largement suffisant pour faire des affaires…

MessageSujet: Re: Îles du Pays de l'Eau   Mar 21 Avr - 12:54

Shikoten
Maître Actuel : Junpei Soseki
Familles Nobles : Famille Doogen
Lieux Importants : Yasoshima, Temple d’Amaterasu.


Une légende surfaite que l’on doit à un ivrogne de la petite bourgade de Yasoshima raconte le jour où Amaterasu descendit du ciel pour bénir Shikoten.

A l’endroit de cette supposée apparition, un temple. Majestueux, de blanc et d’or, parfaitement entretenu au fil du temps, il nécessita pas loin de dix années pour être considéré comme achevé. Situé sur une colline à plusieurs kilomètres de Yasoshima, il est de coutume de s’y rendre quand on a perdu un objet ou un être cher car la lumière d’Amaterasu a le pouvoir de tout révéler. On ne sait pas exactement si la forte dévotion de l’île est due à la construction du temple ou bien si elle était déjà présente avant, mais le fait est que Shikoten a longtemps été un grand lieu de culte, connu alors en tant que « Shikoten des Terres du Sud ».

Lorsque le daimyo Gotan parla de modifier les gouverneurs des îles, une tension restée latente éclata. Au sein de l’une des familles les plus influentes de Shikoten, un frère et une sœur se livraient une lutte sans merci. La sœur, Ayame Doogen, s’était tournée très tôt vers la politique, contrairement à ses ancêtres qui avaient toujours dédaigné cette vocation. Son frère quant à lui, Shoei Doogen, était le prêtre du temple d’Amaterasu et en cela il perpétrait l’idéologie familiale. Cette divergence aurait sans doute pu trouver une issue diplomatique si les deux concernés n’avaient pas hérité d’une certaine obstination propre à agacer n’importe qui. Ayame désirait devenir gouverneur de Shikoten afin de faire en sorte que l’île pèse dans les débats qui agitaient le Pays de l’Eau, plutôt que se cantonner à un rôle de spectateur passif. De plus, elle était persuadée que quelque chose n’allait pas avec son frère. Elle avait vu à plusieurs reprises les mêmes visages comploteurs se murmurer à l’oreille, sous son toit et devant son frère qui les avait, semble-t-il, invités. Persuadée que son frère tombait dans des dérives sectaires, Ayame tenta de toutes ses forces de le raisonner. Cela se traduisit de deux façons : un débat familial qui se termina en lutte armée et l’impossibilité pour Ayame de voir ses aspirations gouvernementales se concrétiser. Peut-être que ce dernier facteur influa sur la violence des combats. La passive Shikoten devint le lieu d’affrontements mal maîtrisés, qui se terminaient souvent sur la mort de plusieurs partisans de l’un ou de l’autre.

Un mandat d’arrêt pesait sur la tête de Shoei, mais pour des raisons inconnues il mit du temps à être appliqué. Temps qui lui suffit à mettre en déroute la faible armée assemblée par sa sœur, et à la traduire devant un simulacre de justice. Il convia la population de Yasoshima à assister à l’exécution de sa sœur, devant le Temple d’Amaterasu. Le visage que présenta Ayame pendant ce « procès » ne manqua pas d’interpeler les spectateurs : des marques de sévices évidentes apparaissaient sur sa peau, l’un de ses yeux refusait de s’ouvrir à cause du sang coagulés, ses vêtements sales et déchirés lui donnaient l’apparence d’une mendiante davantage que de la fille aînée de la famille Doogen. Elle regardait obstinément le Temple, et quand on lui demanda finalement de prononcer ses dernières paroles, elle adressa une prière à la déesse du soleil. Ses paroles, désormais célèbres, furent par la suite inscrites sur la façade du temple. Ayame demanda à ce que la lumière d’Amaterasu repose sur son frère, afin de percer les lourdes ténèbres qui s’étaient abattues sur lui. Une mission kiréenne interrompit la cérémonie avant qu’un fratricide aux conséquences funestes ne soit commis. Ce geste acheva de convaincre les habitants de Shikoten que la déesse était réellement près d’eux.

Par la suite, la famille Doogen fut écartée du pouvoir, définitivement. Shoei fut contraint à l’exil, Ayame demeura en froid avec sa famille et finit par quitter elle aussi Shikoten. Le daimyo Gotan mis l’un de ses conseillers au pouvoir. Quelques années plus tard, il se faisait renversé par des fanatiques d’un clergé inconnu. On supposa qu’ils avaient quelques accointances avec les précédents événements et en effet, Shoei réapparut à la tête de ces hommes. Ensemble, ils prirent le pouvoir sur l’île et utilisèrent leur flotte pour partir à l’assaut de l’île Yagi. Les attaques, nombreuses, étaient rarement couronnées de succès. Ils visaient les Greniers, mais si Yagi ne disposait pas véritablement d’une armée, ce n’était pas pour autant que ses habitants étaient prêts à laisser des inconnus s’emparer de leurs richesses.

Une bataille sur les rives opposa les hommes de Shoei à Hayao Yagi. Ce dernier s’était un peu trop avancé, et était allé au-delà de ses troupes pour forcer les envahisseurs à se limiter au terrain difficile du rivage. Cette fois-ci, l’attaque avait été mieux préparée et avec plus d’hommes. Par la faute d’Hayao, elle fut un nouvel échec, même s’il le paya de sa vie. Par la suite, la Loi d’Uke mit un terme aux velléités guerrières de Shoei, qui fut conduit à une prison sur l’île principale, son armée dissolue et le nom de sa famille encore un peu plus entaché de ses actions. Ayame ne revit plus jamais « Shikoten des Terres du Sud », on raconte qu’elle partit étudier au Pays de la Foudre.

Aujourd’hui, Shikoten a perdu un peu de sa puissance dévote. Certains cultes essayent de s’implanter, mais le terreau s’avère moins fertile que par le passé. Parfois, les gens apprennent de leurs erreurs. Parfois…

MessageSujet: Re: Îles du Pays de l'Eau   Jeu 30 Juil - 23:31

Haya : +146 XP

Merci pour ton investissement sur le forum et pour le temps que tu y consacres afin d'utiliser et d'approfondir considérablement la trame que nous avons mis en place. Cela nous fait très plaisir et j'espère que nous continuerons longtemps à te lire =)
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MessageSujet: Re: Îles du Pays de l'Eau   

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