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 [BI003] - Les greniers de Yagi

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MessageSujet: [BI003] - Les greniers de Yagi   Ven 10 Avr - 22:50

- Shuo, Haya, Akio, Chiyoko, Liori et Sokka participent à cette mission qui se déroule sur une des petites îles, Yagi, aux alentours de l'île principale, avec Kiri no Kuni, nommée Uke.

- Liori, Chiyoko et Akio sont tous des MJ, c'est-à-dire que leurs posts sont susceptibles de donner des éléments supplémentaires/complémentaires pour faire avancer la mission.

- Comme pour le tournoi chuunin, vous ne pourrez poster que lorsque deux autres personnes auront posté suite à votre dernier post.

- N'hésitez pas à prendre des initiatives personnelles. Pour se faire, contactez un des MJ par Mp et exposez lui ce que vous comptez faire, il vous donnera alors les résultats de votre action. Il en va de même pour les dialogues avec des PNJ. Si vous n'êtes pas sûr des répliques ou si vous souhaitez poser des questions, envoyez les par MP aux MJ, ils vous donneront les réponses adéquates.

Nom : Les greniers de Yagi
Code : BI003
Rang : Mission de rang B
Type : Neutralisation

Descriptif : La famille Yagi craint pour ces greniers, une troupe de pirates bien organisée, qui frappe toujours au bon moment, semble avoir mis pied à terre et les faibles milices locales ne parviendront pas à les repousser. Les Yagi demandent donc l'aide des shinobi de Kiri no Kuni.

Pour Kiri, ce n'est pas la première fois que le village a affaire avec les pirates. La méthode la plus efficace pour les faire taire c'est de tuer la tête pensante, d'un coup. Le problème réside toutefois dans le fait qu'il n'y a pas qu'une seule tête. Laisser s'échapper un de ses individus c'est à coup sûr corser la mission.

Kiri a décidé de dépêcher deux équipes de chuunin, pour permettre d'adapter la stratégie aux évènements, et éviter que, dans une situation défavorable, les shinobi ne soient trop en infériorité numérique face à leurs adversaires.

Récompense : 400 £
Primes : 400 £ si vous trouvez comment les pirates s'organisent et s'informent et si vous y mettez fin.

[ Je vous laisse vous retrouver, si vous souhaitez vous pouvez aussi discuter de la mission. A partir de votre deuxième post vous pouvez avancer en direction de l'île de Yagi, sans y arriver immédiatement, bien sûr. Comme dis plus haut, pour tout complément d'informations, envoyer un MP aux MJ.]


Dernière édition par Akio Raiteiro le Mar 30 Juin - 22:28, édité 1 fois

MessageSujet: Re: [BI003] - Les greniers de Yagi   Ven 22 Mai - 23:46

Une demi heure avait passé, depuis la rencontre avec Satoshi. Le soleil n’était pas encore réveillé à cette heure-ci, il fallait encore attendre, être plus patient, pour le voir. La brume, elle était déjà. Elle les accompagnait vers la route qui menait aux portes de Kiri. Leur prochain rendez-vous était là-bas. Ils allaient découvrir l’autre équipe, et partir. Quitter le village, découvrir de nouvelles choses. La plupart des apprentis ninja en rêve d’une mission à l’extérieur, quitter enfin l’île principale.

Sokka bailla, il n’était pas encore réveillé, malgré la poussée d’adrénaline avait fourni son corps par l’excitation. La ballade matinale était menée par Liori, et Haya et le Kawaki le suivait, tout simplement. Le jeune homme au teint mat aurait bien voulu faire un détour à sa pâtisserie préférée, histoire de prendre de suite un vrai petit déjeuner. Oui, un petit zigzag parmi d’autres. Il avait déjà pris des croissants, mais là, c’était un jour différent, il en fallait donc plus.

* Bordel, Il n’est même pas six heures. Et le départ, lui, est à sept heures. Rien qu’une douzaine de pains de chocolat… C’est pas la mort… *

Le Chuunin se mit la main au ventre. Ce dernier avait déjà digéré ce qu’il avait ingurgité quelques minutes avant que son propriétaire rejoigne les autres à la fontaine et réclamait qu’on le remplisse. Le bruit fit écho dans la ruelle où s’était engagé, l’équipe. Il observa Haya qui avait mis sa main devant la bouche, comme pour se retenir de rire. Quant à Liori, il s’était retourné pour se rassurer que le bruit venait bien de son coéquipier, arrêtant ainsi la marche vers les portes de Kiri. Il avait un regard indéfinissable. Il fallait tout simplement lui répondre, pour qu’il puisse paraître plus compréhensible.

Sokka – C’est que j’ai faim moi… (Il marqua une pause avant de reprendre plus bas) Si seulement on pouvait faire un détour…

Liori – Vas-y, et grouille… Et, ramènes-en pour moi aussi…

Le Satsubatsu s’était un peu imposé comme le second de l’équipe, celui sur lequel il fallait écouter quand Satoshi n’était pas présent. Une équipe, même après quelque temps de cohabitation avait rarement une entente à affronter toute épreuve. Il fallait donc en choisir un, supérieur aux autres. Le choix était tombé sur le Chuunin aux cheveux blancs car, il était le seul, devenu instructeur. Donc si les autorités lui faisait assez confiance pour lui confier une équipe, il en valait de même pour cet autre cas.

Sokka – Compris.

Le Kawaki fit de suite demi-tour, courut à une assez bonne allure avant de sauter pour atteindre un balcon, son bras s’accrochant à la barrière et d’un geste agile, il arriva à sa route préférée pour traverser la ville : les toits. Il jeta un coup d’œil vers le sol, pour voir les deux autres repartir dans la direction du rendez-vous. Lui, il allait rendre visite à un cher ami, un certain pâtissier.

***


Sokka se retrouva devant la boutique, en peu de temps. Comme plus tôt dans cette matinée, le vieux Hoko, était là en train de préparer sa boutique qui allait bientôt être ouverte. Le Chuunin se prit la peine de frapper la porte. Le pâtissier leva la tête des gourmandises posées sur l’étalage pour revoir, son plus fidèle client, comme il le disait aussi bien. Il ouvrit la fenêtre étonné.

Hoko – Hé bien, hé bien. Je pensais que tu n’avais pas de temps à me consacrer !

Il se toucha sa barbe blanche avant de prendre un air niais prêt à éclater de rire.

Sokka – C’ets vrai… Excuse-moi, mais si je suis revenu c’est pour encore t’acheter tes douceurs… J’ai encore faim et puis un ami m’a demandé d’en ramener aussi. SI tu pouvais me mettre un mélange de tes véloutés, ça serait gentil.

Hoko – Je t’en met combien ?

Sokka – Pour 100ryos, on a une grosse faim !

Hoko – Hé bien, hé bien. Je t’apporte ça dans un gros sac…

Il fallut attendre quelques minutes à peine pour le revoir chargé de la commande. Sokka le paya tout en le remerciant et lui souhaita une bonne journée. Maintenant, le shinobi devait rejoindre l’équipe au plus vite. Il voulait perdre le moins de temps possible.

***


Le Kawaki rattrapa le groupe au moment où, ils allaient rejoindre l’autre équipe. Il balança une friandise à Liori. La rencontre était enfin là. On pouvait discerner deux hommes, et un autre un peu plus jeune, en retrait. Sokka le reconnut de suite, c’était Shuo. Les présentations n’allaient sûrement pas se faire attendre.


[Seuls les administrateurs ont le droit de voir cette image]

MessageSujet: Re: [BI003] - Les greniers de Yagi   Dim 31 Mai - 12:58

Malgré la description des membres de la seconde équipe – un genin et deux chuunin capables mais douteux – Haya n’était pas inquiète. Elle n’avait jamais effectué de missions de rang intermédiaire et elle s’attaquait pour commencer à une mission délicate et importante pour le village. Mais c’était ainsi, sans doute, qu’elle progresserait le plus rapidement. En attendant d’en savoir plus sur elle-même, la jeune fille faisait confiance à son corps et à ses capacités pour la sauver. Il l’avait déjà fait une fois et… peut-être un petit peu plus, bien qu’elle n’ait aucun moyen de le prouver. Mais quelque chose lui disait que son pouvoir s’était manifesté avant son arrivée à Kiri et que c’était grâce à lui qu’elle avait survécu suffisamment longtemps pour y entrer et être secourue.

Avec les cicatrices qui accompagnent chaque échec.

Aujourd’hui, cela faisait presque un an qu’elle était arrivée à Kiri. Le village de la brume l’avait accueilli en son sein plus vite qu’elle ne l’aurait cru possible. Hakame avait fait le nécessaire pour la faire intégrer l’académie et, contrairement à ce qu’avait pensé l’adolescente en premier lieu, cette décision n’avait pas été une erreur. Cette précision, Haya savait qu’elle n’avait rien du hasard. Hakame savait des choses sur son don et il savait qu’il allait se réveiller mais jamais Haya ne l’avait interrogé à ce sujet car elle sentait que s’il ne lui avait rien dit, c’était parce qu’il estimait que ce n’était pas son rôle. Néanmoins, des inconnues pesaient sur la jeune fille : est-ce que son père et son frère étaient toujours en vie ? Elle aimerait retourner à leur maison. Oui. Après la mission, elle demanderait une… permission… ou quelque chose comme cela pour retourner sur les lieux où elle avait grandi. Elle n’espérait pas, bien sûr, y découvrir son père et Yuma tranquillement assis et se lever pour la serrer dans leurs bras. Mais elle savait que c’était là-bas qu’il fallait aller pour commencer son enquête. Haya s’étonna même de ne pas y avoir pensé avant, comme si son esprit, pour la protéger, avait exclu la maison de son champ de possibilité. Après tout, il avait bien exclu la parole de ce champ…

Haya suivait Liori, car Sokka s’était absenté pour aller chercher à manger. Elle nota sans y attacher beaucoup d’importance qu’il n’avait pas pensé à prendre ses précautions avant de partir, ou bien qu’il avait un appétit redoutable dans lequel il sacrifierait à l’avenir sa paie. Elle se promit de trouver une réponse à cette question avant la fin de la mission.

Il n’y avait qu’Akio sur les lieux.

Haya regarda alentours pour s’assurer que les deux autres membres de l’équipe ne s’étaient pas éloignés pour aller à l’ombre, mais elle ne sentait la présence de personne d’autre autour d’eux. Elle fronça les sourcils imperceptiblement. Ils étaient un peu en avance sur l’emploi du temps, puisque Satoshi les avait laissé partir vingt bonnes minutes avant le début annoncé de la mission. Néanmoins, c’était étonnant. Haya se rappela le qualificatif employé par Satoshi pour décrire Chiyoko. Probablement avait-il oublié de se lever.

La jeune fille se tenait debout devant Akio et se demanda si, le cas échéant, il était suffisamment puissant pour assurer le rôle d’une équipe entière. Sans doute pas. S’il pouvait certainement accomplir le travail d’un genin en plus du sien, Chiyoko étant de niveau équivalent Akio serait moins solide. Par conséquent, la stratégie s’en retrouverait modifiée et leur équipe aurait un avis plus lourd que le sien. Elle notait cela sans s’en rendre compte, comme si son esprit savait parfaitement ce qu’il faisait et qu’il n’avait besoin du concours de personne pour y parvenir. Akio était d’un niveau plus élevé que le leur, cela ne faisait aucun doute. Il ne devait pas être extrêmement éloigné d’une promotion pour devenir Chuunin donc, sans avoir l’expérience de Satoshi ou d’Hyô, il restait puissant – peut-être plus qu’eux, à lui seul.

Quelque part et même si elle trouvait cette pensée ridicule voire dangereuse, Haya était rassurée de ne pas voir Chiyoko en compagnie d’Akio. Déjà qu’ils étaient plus puissants et expérimentés qu’eux, elle avait vraiment peur d’être reléguée à une importance anecdotique ; même si elle ne parvenait pas à déterminer pourquoi cela lui tenait tant à cœur. Après tout, le point capital était que la mission soit une réussite et peu importait les égos. Mais elle éprouvait toutefois de la satisfaction à se sentir en mesure de… négocier…

Elle hocha la tête à l’attention d’Akio, en attendant que quelqu’un parle – comme souvent.

MessageSujet: Re: [BI003] - Les greniers de Yagi   Sam 6 Juin - 15:36

Ploc. Le bruit de l’eau qui coulait le long des murs, s’ingurgitant dans les gouttières, s’immisçant dans les rigoles des trottoirs cherchant désespérément la porte de sortie, la fin de toutes ses souffrances, l’arrivée de ce trop long périple.

Une bouche d’égout.

Chiyoko collait avec un certain amusement son visage sur la plaque vitrée et léchait les gouttes qui s’y déposaient, de l’autre côté. Son regard se déportait là où le mouvement se faisait le plus étrange, se délectant de la moindre petite incompréhension, de l’aléatoire, du succin et du curieux. Imaginant les plus sombres scénarios, sortant des configurations requises, des paramètres nécessaires, les femmes passaient la porte de bois et s’allonger sur le pavé, à moitié nues, à moitié inconscientes. Et il viendrait les sauver, toutes. Une à une il les porterait sur son dos fragile de fébrile homme de puissance, il les ramènerait dans son chez lui, dans son petit coin tranquille, son refuge, enfumé et empestant le mauvais alcool. Une à une il les déposerait sur son lit moelleux. Une à une les déshabillerait. Une à une il les couvrirait.

Une à une elles disparaitraient.

Le temps des préliminaires était révolu. Chiyoko avait perdu foi dans le romantisme, l’érotisme. Il n’avait cessé de chercher le caractère humain chez l’autre. Il ne l’avait jamais vraiment trouvé. Arracher les robes et se jeter sur les peaux roses des femmes, cela l’avait toujours dégouté. Peut-être était-ce à cela que servait cette poudre blanche au début si violent, mais à l’état si agréable.

Le front contre la fenêtre, il passa un doigt sous son nez. Du sang. Encore ? Oui, encore quelques gouttes qu’il n’aimait guère. Le réveil sonna, il était déjà cinq heures. Le chuunin ne savait pas ce qu’il faisait là. Il était déjà debout, depuis un temps dont il ignorait tout. En vérité il ne se souvenait pas s’être couché. Pire.

Il ne se souvenait pas avec qui.

Un éclair blanc étincela sa raison. Il se retourna violemment et jeta son regard sur son propre lit. Les draps défaits cachaient quelques nouvelles taches rouges dont il espérait ne pas deviner la provenance. Si la garce qu’il avait comblée cette nuit portait en elle les fruits de l’avenir, il s’en serait rendu compte, bien avant. Oui, évidemment. Ce sang-là n’avait rien de commun avec celui qui sortait de la voute céleste qui donnait naissance et qui rougissait les joues heureuses de parents comblés. La porte de la chambre était ouverte, Chiyoko la passa et s’engagea dans le fin couloir. Là, à droite, la salle de bain était allumée, la porte entre ouverte. Réflexe humain, sa main droite s’empara d’un kunai, toujours en position dans la poche extérieure de son pantalon et de l’autre il poussa avec lenteur la porte. Ses deux genoux fléchirent. Ses yeux s’éteignirent. Sa main s’endormit et la lame tomba à même le sol, délivrant un sobre son métallique. Son dos bascula, ses jambes s’enfonçaient dans le carrelage. Un à un ses pieds se paralysèrent, sa langue se colla à son palet et sa bouche s’assécha. À genoux dans la salle de bain, il leva les yeux vers le plafond comme s’il allait tomber une solution. Son nez se remit à saigner. Quelques gouttes s’en échappèrent et dégoulinèrent le long de sa lèvre.

Ploc. Ploc. Le son ténu de la pluie qui tombe et qui s’écrase dans les flaques déjà grandes. Celle-là n’avait rien d’harmonieux. Cette eau était rouge.

Chiyoko ouvrit un œil. Allongé sur le carrelage, le dos contre la baignoire, la tête dans le vide, il reprit peu à peu ses esprits, comme sortant d’un cauchemar bien réel. Il devait être suffisamment en retard pour aujourd’hui il était donc temps de se lever, de se préparer et de partir comme il l’avait prévu. Sa main chatouilla le sol, froid et s’y posa pour prendre appui. Comme un réflexe, elle s’y retira. Remonta son bras vers lui, Chiyoko jeta son regard sur sa paume dont la sensibilité avait été touchée par une substance étrange. Une substance qui n’avait pas sa place ici, qui ne devait pas y être et qui n’y avait jamais été. Avec un soupir apeuré, Chiyoko essuya le sang qu’il avait dans la main sur le mur. Il se releva et défit son pantalon qu’il jeta dans la baignoire. Retournant dans la chambre il en enfila un autre et changea sa veste. Les yeux illuminés de tristesse, globuleux d’incompréhension il retourna devant la salle de bain. Il retourna affronter cette réalité qui lui faisait peur, cette réalité qui lui demandait : « alors bonhomme, comment es-tu arrivé jusqu’ici ? Qu’as-tu fait pour mériter cela ? »

Rien, absolument rien. Et c’était peut-être bien ça le problème.

La jeune femme était ravissante. Elle était nue, étalée sur le carrelage originairement blanc de la petite pièce. Plusieurs coups de couteau avaient tranché les veines de l’intérieur de ses bras et creusés deux fois son dos, une fois son sein gauche et une autre fois son abdomen. Oui, elle était très belle. Il lui aurait fait l’amour des heures durant s’il n’avait pas été si captivé par l’appât de l’illicite qui lui proposait un monde meilleur. Elle baignait dans une flaque de sang. Dans son propre sang dont elle était vidée en totalité. Blanche comme un linge. Un linge qu’on mouille et qu’on essore avec insistance jusqu’à ce qu’il cède. Quelques larmes perlèrent ses yeux, mais aucune n’osa s’écouler le long de sa joue. Il s’assit sur son lit et avança la petite table basse de bois. Une plaque de métal, une petite paille de plastique et une poudre mystérieusement blanche. D’un long reniflement, Chiyoko inspira violemment et se projeta en arrière, rebondissant sur son matelas. Il ne pleurait plus, il n’était même plus là, parti.

Chiyoko ne se pardonnerait jamais d’ignorer d’elle jusqu’à son propre nom.


¤¤¤



L’homme s’enferma dans son chapeau. Il mit une cigarette écrasée dans sa bouche et l’alluma rapidement sans aucun autre signe distinctif particulier. Il se mêlait dans la foule, entre les gens, un blouson, un bob et la figure cachée par l’ombre de l’égoïsme. Ce matin-là pourtant, il n’y avait personne. Il était six heures et demie déjà et l’homme sombre semblait s’imaginer les foules passantes de la pause déjeunée de midi. Kiri n’avait jamais été un village très culturellement actif. Le temps, le froid, l’humidité, l’armée, tout ici était fait pour rester chez soi, devant un bon feu, une tasse de thé entre les mains. Il ne semblait ni s’arrêter, ni vouloir passer le reste de sa vie autour de la chaude ambiance d’un confort irréel. En vérité, il méprisait ces gens-là. Cela se sentait à la simple pression de ses chaussures sur le trottoir, à son allure rapide, mais belliqueuse, à son bob qui cachait jusqu’à ses yeux et son blouson qui, rémonté, enfermait sa bouche sous une couche de toile.

L’homme bifurqua plusieurs fois. Parfois il revenait même sur ses pas comme s’il se sentait suivi, épié. Bientôt il arriva au point de rendez-vous. Son coéquipier était là, mais aujourd’hui il ne savait pas quoi en penser. Les mioches aussi lui tenaient compagnie sans qu’il en semble vraiment heureux. Qu’importe, il n’était pas homme à se soucier des autres. Et surtout pas de leurs sentiments. Toute la petite équipe était là, et encore une fois il était le dernier. Deux de ses doigts rabaissèrent le col de son manteau et insérèrent la cigarette incandescente dans sa bouche. Il inspira, puis replaça le manteau sur son visage. La fumée sortit par ses deux narines comme deux colonnes inarrêtables.

Chiyoko les regarda, un à un, les décrivant du regard. Ses yeux étaient d’un blanc pâteux, mais caché par les mèches plaquées sur son front par son bob, il était certain de ne pas être embêté. Et puis tous ici, connaissaient son tempérament. Ils imaginaient même savoir dans quelle belle merde il vivait. En temps normal, il aurait simplement dit que ce n’étaient pas leurs affaires. Aujourd’hui, il pouvait affirmer que non, sa vie n’avait rien de bien prévisible. Le chuunin les décrivait, un à un, lentement, dans un silence glacial.

[Chiyoko] - Salut Akio.

Le chuunin, son coéquipier était toujours droit, les muscles bombés. Il fallait admettre qu’il en avait un bon petit paquet, mais étrangement, Akio n’avait jamais été un élément perturbant pour Chiyoko. Il ne pensait pas l’être non plus. Tous deux avaient leurs peines, leurs haines et leurs envies. Ils ne se comprenaient pas, mais ils savaient parfaitement ce que la vie avait de chiant et ce qu’elle avait de profitable.

D’une philosophie commune, tout ce que la vie avait de profitable n’était jamais à repousser.

Sans grande surprise, Chiyoko s’était toujours rangé derrière Akio. Commander n’était pas une passion, bien au contraire même. Se mettre en avant était un art que le duelliste maîtrisait cependant avec un tact très subtil. Alors le cours des choses s’était ainsi fait et tous s’y retrouvaient.

Chiyoko tira négligemment sur sa clope et leva les yeux vers le ciel, brumeux. Il passa un doigt sous son nez et soupira. Quelques gouttes de sang. Quelques minuscules gouttes de sang.

MessageSujet: Re: [BI003] - Les greniers de Yagi   Mar 9 Juin - 20:18

Sans relâche, les gouttes tombaient d'un ciel noir et menaçant. Le vent faisait trembler les panneaux de bois de la grande demeure, tandis qu'il courait dans les champs, y dessinant une véritable mer en furie. La mer, justement. Non loin de là, la mer déchaînait sa colère sur les côtes de la petite île. Depuis que le clan avait chuté, plus rien ne pouvait apaiser la mer. Elle exprimait son désaccord. Mais je ne le savais pas encore. Rien ne s'était encore passé. Pas de défaites, pas de fuites désespérées, pas de retraites tragiques mais nécessaires... Rien de tout cela. Puis le ciel, tout là haut, qui, inlassablement, se rapproche, étendant ses bras sur la terre entière. L'île est devenue la terre, le royaume un empire. La chute est trop prévisible, alors que le ciel se fait de plus en plus oppressant. Comme un couvercle, comme une chape de plomb, il recouvre tout.

Jusqu'à m'obscurcir la vue.

***


Je me réveille en sursaut, réprimant un cri. La nuit a été rude pour moi. Un combat ardu, lame contre lame avec l'insomnie. Était-ce l'annonce de la mission à venir qui m'avait perturbé? J'en étais presque certain. Ce rêve à propos de l'île... Lorsqu'on m'avait annoncé que je partais avec plusieurs ninjas que je connaissais déjà, je m'étais réjoui. Lorsqu'on m'avait annoncé que cette mission se déroulait dans les îles, j'avais accusé un instant la surprise. J'avais bien trop peur d'un retour aux sources, et de ce qu'il pourrait occasionner chez moi. Malgré tout ce que je désirais ardemment, je n'étais pas fort mentalement. Enfin, mon esprit n'était malheureusement pas aussi blindé que celui d'autres personnes. J'étais peut-être devenu trop tendre.

*Assez de palabres! *

Me levant rapidement, je m'aperçus que j'étais en sueur, et que ma tête me lançait. Une sorte d'alerte, en quelque sorte. Je pris note mentalement de cet événement, avant d'engloutir rapidement un déjeuner complet, de prendre mes affaires, et de sortir prestement dans le froid. Une fois n'est pas coutume, j'étais en avance... Mes pas me menèrent tout naturellement au travers des ruelles jusqu'au port. Je me remémorai les conseils donnés pour la mission. L'île de Yagi... J'avais beau me targuer de connaître toutes les îles jouxtant celle de mon enfance, j'en découvrais tous les jours. Certainement une île qui se basait sur le commerce maritime. Florissant, d'où l'intérêt des pirates... Les derniers hommes du clan Qin, qui avaient pu s'enfuir et n'avaient pas retrouvé de quoi vivre, s'étaient très probablement faits pirates. Le meilleur moyen de gagner sa vie avec ses compétences martiales. Tant que les ninjas de tel ou tel village n'étaient pas dépêchés pour y remédier...
Au plus profond de moi, je ressassais cette idée effrayante: des hommes du clan avaient très bien pu devenir des pirates. Et au plus profond de moi, il n'existait plus qu'un espoir, avec celui de la réussite. Un espoir, un cri, une supplique, presque.

*Faites que je n'aie pas à combattre mes cousins... *

Je continuais désormais sans me poser plus de questions. Je tentais juste de me remémorer les personnes qui seraient présentes...

***


J'arrivai à l'endroit du rendez-vous à l'heure souhaitée. Cela me laissa le temps d'observer quelque peu mes camarades, puis de choisir une position pour glander suffisamment avant de partir pour la mission. Il y avait là Liori et Sokka, qui venait juste de partir acheter à manger. Je saluai ces deux-là d'un signe de tête. J'avais toujours en tête l'exercice périlleux de Liori, et de notre réaction qui l'avait laissé si dépité. Puis je me remémorai le combat avec Sokka. Éprouvant, et inutile. Mais une belle victoire pour mon camarade. Le troisième chuunin en présence était une chuunin, que je ne connaissais que de vue. Son nom m'échappait, mais elle n'allait sûrement pas tarder à se présenter. Je fus plus surpris quand je vis Akio attendre avec nous. Je ne l'avais pas revu depuis qu'il s'était fait blesser lors de la guerre civile. Il avait l'air toujours d'aussi bonne humeur que d'habitude. Enfin, des pas frappèrent le sol et je reconnus avec surprise Chiyoko. La dernière fois, je l'avais abandonné dans un troquet véreux, ivre mort, bien entendu. Le voir ainsi dans le cadre sérieux de cette mission avait quelque chose d'irréel.

M'avançant un peu plus, je saluai l'ensemble des personnes présentes d'un signe de la tête. Ils devaient certainement tous sentir que je n'étais pas à mon aise ici. J'avais l'impression de m'être trompé, de me trouver seul, trop faible pour une telle mission. J'espérais me tromper. Malgré tout, j'espérais que je pourrais prouver mon utilité. Ayant vécu les seize premières années de ma vie sur une telle île, je savais comment mon père procédait lorsqu'il devait défendre son petit territoire contre les pirates. Le plus important? Le soutien de la population. Si elle protégeait les pirates, nous ne pourrions rien faire. Il fallait espérer que la population locale ne les défendait pas... Malheureusement, la pauvreté était parfois telle...

Mais j'étais déjà en train d'extrapoler. Tout d'abord, les présentations. Puis nous verrions, tous ensemble, comment s'organiser. Préférant m'en remettre aux jugements des chuunins pour l'instant, je marquai une pose dans mes réflexions et, lorsque Sokka revint d'un pas rapide, son kilo de croissants ou autres viennoiseries à la main, je me rapprochai du groupe. Tous avaient l'air prêts.

MessageSujet: Re: [BI003] - Les greniers de Yagi   Mer 24 Juin - 18:06

Une marche paisible vers les portes du village. Un voyage pas si long que ça mais qui malheureusement avait semblé durer une éternité. Un voyage plein d’embuche, d’obstacle imprévu et d’aventure. De bêtes immondes à combattre, ce qui les força d’ailleurs à se séparer d’un des trois membres qui formaient leur petit groupe, pour contenter la bête rugissante.
Fort heureusement, ce n’était qu’une séparation temporaire. En attendant, le couple de ninja que formaient Liori et Haya continuèrent leur petit bout de chemin. Tout les deux occupés à diverses choses. L’une de ces occupation était bien évidement de marcher. La seconde, pour le Satsubatsu, était d’essayer de régler la radio qui occupait un espace dans son crâne, prêt de son oreille. Une station de radio encombrante qui avait fonctionné parfaitement durant plus d’une dizaine d’années, et qui soudainement tombait en panne, lançant un horrible grésillement que l’on ne stoppait que lorsque l’on se décidait à abandonner. Malheureusement pour lui, Liori n’avait pas l’habitude d’abandonner. Surtout quand un sursaut de clarté surmontait les interférences.

Bien évidement si on lui avait ouvert le crâne, on n’aurait pas trouvé une radio. Ni même un transistor. Sans doute de la matière grise, bien compressé dans un crâne ayant finit sa croissance.

Finit comme leur marche. La transition minable faite, le groupe de deux personnes avait presque rejoins les portes. Ils pouvaient même apercevoir l’unique personne qui se trouvait ici. Sans doute Akio. Se rapprochant tranquillement, Liori prit le temps de se demander combien de temps il avait attendu ici. Il en profita aussi pour se rappeler des ressources dont matériel dont il disposerait personnellement pour cette mission. Elles étaient maigres, mais cela lui suffirait amplement. Son arme, sa tenue et quelques pilules. Il connaissait ses faiblesses mieux que personne, il avait donc décidé de se montrer prudent sur ce point depuis quelques temps. Il avait aussi faim, mais ça, ça ne l’aiderait sans doute pas.
Finalement, ils arrivèrent en face d’Akio.

[Liori] – Salut… Tu as l’air en formes.

Toujours avec un éternel sourire plus que forcé, il ne prit même pas la peine d’écouter une possible réponse du Chuunin spécialisé en Taïjutsu.

Il s’était adressé à Akio en le tutoyant. Il voulait se montrer direct avec le Chuunin pour lui faire remarquer qu’il partageait maintenant le même grade. Et aussi car le vouvoiement n’était pas forcément le style de langage le plus à même d’être employé dans une mission. (Il songea d’ailleurs qu’Haya avec son mutisme risquait de poser problème en cas de difficultés).
Maintenant, il ne leur restait plus qu’à attendre les effectifs manquant des deux équipes, qui heureusement ne tardèrent pas.

Ce fut d’abords Shuo qui arriva à l’heure qui avait été convenue. L’élève et le maitre, aujourd’hui coéquipier, se saluèrent silencieusement. Ce fut ensuite au tour de Sokka d’apparaitre dans le champ de vision du petit groupe. Son coéquipier précédait de peu le dernier shinobi, Chiyoko, qui confirmait être ce qu’il était quand il s’arrêta auprès des cinq autres membres pour la mission, et salua Akio.
Le Satsubatsu dévisagea rapidement celui qui serait l’un de ses coéquipiers. Uniquement pour graver son image dans un coin de sa mémoire. Entre la pile de ceux dont il se souviendrait pour des années encore, et ceux qu’il avait oublié de classer dans la catégorie précédente. Un bref rappelle pour éviter de l’attaquer par erreur. (La vie serait plus simple avec des panneaux « allié » et « ennemie » à accrocher autour de son cou).

Liori mit en bouche la petite brioche que Sokka lui avait lancée. Il tenait à remplir le creux de son estomac avant de commencer quoi que ce soit. La pâtisserie était savoureuse, encore chaude et fondant sur la langue. Avec un agréable gout de miel qui faisait frissonner les papilles. Le genre de chose qui faisait regretter de n’avoir que le gout du sang en bouche chaque fois que l’on mangeait quelque chose. La petite douceur disparue aussi vite qu’elle était arrivée dans sa main, car de toute évidence elle ne faisait que passer.

Le Satsubatsu se frappa presque théâtralement les mains bandée et gantée, pour retirer d’hypothétique miette, avant de prendre la parole.

[Liori] – Je suppose qu’on aura tout le temps de discuter en chemin, donc autant se mettre en route tout de suite.

Il faisait confiance à ce qu’on lui avait décrit du caractère d’Akio pour que le groupe se mette en marche. Il espérait un mouvement rapide. Car même si cela ne faisait que quelques minutes qu’ils étaient là, il avait l’impression qu’un mois aurait tout aussi bien s’écouler. Une impression désagréable qu’il souhaitait dissiper.

MessageSujet: Re: [BI003] - Les greniers de Yagi   Mar 30 Juin - 23:51

Akio sourit. Finalement tout le monde était réuni. Bien sûr, il était arrivé en premier. Comme toujours, se dit-il pour lui même. La vitesse, c'était son monde à lui, un monde où l'on ne pouvait pas l'approcher. Toutefois une partie perfide de son esprit lui susurra que Rai l'avait atteint dernièrement. Il avait été plus rapide, plus prompt à agir et réagir, que lui. Il avait gagné sur le fils. En y repensant, c'était la surprise qui lui avait permis de gagner. Rai n'aurait jamais baissé sa garde sinon, la puissance des portes Célestes étaient immenses, mais Akio la maîtrisait très mal et encore il était bien incapable de la déployer entièrement.

Il se souvenait encore distinctement de cet étonnement non feint sur le visage de son ami d'enfance. Il avait saisi l'occasion et son adversaire ne s'en était pas remis. La suite avait été douloureuse. Les assauts du nukenin lui avaient brisé plusieurs côtes. La libération des verrous psychiques et les brusques mouvements qui suivirent avaient créé des hémorragies internes, le plongeant dans le coma. Il avait manqué toute la guerre à Kiri et bien d'autres choses. Il était resté invalide et allité durant de longs mois, lui qui aimait tant courir.

On lui avait même dit qu'il était possible qu'il ne puisse plus marcher. Jamais.

Mais heureusement le destin en avait décidé autrement. La médecine avait fait des miracles et ce qu'elle n'avait pu réparer, ses efforts intensifs en salle de rééducation, ses entraînements à la limite du masochisme, lui avaient rendu. Cela avait été dur. Il avait payé de sa personne, son mental s'était renforcé, sans aucun doute.

Il ne savait pas s'il pouvait vraiment dire qu'il avait progressé. Il espérait être au moins au niveau d'avant la guerre interne du village de la Brume. L'équipe était un peu bizarrement constituée. Cinq chuunin, un genin en passe d'être promu. Voilà qui était pour le moins étonnant.

On l'avait briffé, il savait quels étaient leurs objectifs et pourquoi on avait constitué une telle équipe. C'était une sorte de renforcement d'effectifs, parce que les autorités craignaient surtout un fort nombre d'adversaires. Ils avaient beau être des shinobi, ils n'étaient pas capable d'affronter une vingtaine d'adversaires simultanément, chacun. Il y aurait forcément des angles morts qu'ils ne pourraient couvrir et puis il y avait un risque de voir des ennemis sachant manipuler le chakra. Dans ce cas, le nombre d'opposant qu'ils pouvaient affronter en même temps était réduit très, très, fortement.

Il connaissait Liori, il avait été son élève, promu au dernier tournoi chuunin. Il avait avait Sokka Kawaki, un nouveau promu aussi. Haya Sasaki, une muette, qui était avec Satoshi le jour où ils avaient été attaqué. Shuo, un autre élève, futur chuunin à ce que l'on disait. Et lui, Akio, quand deviendrait-il juunin ? On lui avait refusé cette promotion, une fois. Cela lui laissait toujours un goût amer.

Et enfin il y avait le meilleur. Chiyoko. Un bon copain de promotion. Avec lui, la mission promettait d'être sympa. Akio se déplaça promptement, en soulevant un peu de poussière, ne devenant plus qu'une image floue sur les rétines. Il réapparru le bras enserrant les épaules de Chiyoko.

Akio - Hé ! Chiyoko ! On y va ? Tu sais, je pense que l'on va bien se marrer.

Son homologue chuunin répondit comme à son habitude. Akio se tourna vers les autres, passa la main dans ses cheveux, affichant un sourire presque candide.

Akio - Donc, puisque nous sommes tous là, il vous faut savoir un truc, c'est moi qui vais diriger cette mission.

Il y eut un grand silence. Ses interlocuteurs le regardaient étrangement. Son allocution ne devait pas avoir eut l'effet escompté. Décidément être chef d'équipe n'était pas de tout repos.

Akio - Ok...Je reconnais que je me suis peut-être un peu enflammé. Débutons cette mission correctement. Je serais le chef d'équipe avec Chiyoko comme second.

Nouveau silence. Même Chiyoko le regardait bizarrement. Bon, on verrait plus tard pour le commandement. Ils s'étaient tous levés du pied gauche ce matin, ou quoi. Restez zen, détourner l'attention, une technique "de sioux" pour parvenir à détendre l'atmosphère.

Akio - Allez Shuo, en route ! Va falloir accélérer si tu veux être promu.

Troisième silence. Décidément, il était temps de partir.

[Je vous laisse en autonomie, vous avez un post chacun (si cela fait un peu plus et ne rentre pas dans un seul post, poster le en deux parties). N'hésitez pas à contacter les autres pour écrire des dialogues communs narrés sur plusieurs posts. Chaque post doit faire avancer le groupe vers sa destination, un port de l'île d'Uke. Vous êtes libres de lancer des petites péripéties, mais attention cela doit se terminer avec le dernier des 6 prochains posts. N'hésitez donc pas à vous contacter tous par MP. Je rappelle que Akio c'est Iba et Chiyoko, c'est Iki Smile

La dernière personne à poster devra alors faire arriver tout le groupe dans le port.

Vous n'êtes pas obligé de respecter l'ordre ci-dessus. Si vous avez des questions, contactez moi par MP.]

MessageSujet: Re: [BI003] - Les greniers de Yagi   Mar 7 Juil - 18:59

Haya poussa un discret soupir. Elle ne voyait pas exactement de quel droit Akio pouvait revendiquer la direction de la mission, Satoshi n’avait rien évoqué de tel. Peut-être le Chuunin avait-il eu des ordres dans ce sens, en amont, et que leur responsable n’en avait pas été informé. D’après ce que Satoshi avait expliqué, il y avait deux équipes distinctes, soit deux commandements, pas une vaste équipe sous la gérance d’un unique chef. La jeune fille n’essaya toutefois pas d’en faire la remarque, d’une part parce que cela serait laborieux et qu’Akio ne semblait pas être le plus patient des hommes, mais également parce que à son avis, cela serait plus efficace de n’avoir qu’un dirigeant. De surcroît, Akio avait plus d’expériences qu’eux et si ce n’était pas une excuse pour se reposer sur lui, cela lui semblait naturel que pour leur première mission son avis et celui de Chiyoko soit plus déterminant que le leur. Cela leur épargnerait les discussions aux moments cruciaux, même si la jeune fille ne souhaitait pas réellement sacrifier en totalité l’idée de deux équipes en collaboration. Si leur avis devait être donné parce qu’il lui semblait plus judicieux, elle le donnerait, notamment d’après les mises en garde de Satoshi.

Le départ était lancé. Haya se positionna en queue de peloton sans y penser. Son regard se posa sur Shuo et elle ne put que se questionner sur sa présence. Pourquoi avoir intégré un genin à cette mission qui semblait proposer une confrontation inévitable ? Elle espérait que leur chef ne leur abandonnerait pas le membre de leur équipe, ce qui serait proprement scandaleux. Il était à leur charge et elle espérait bien que les deux gros bras en avaient conscience. S’ils avaient jugé bon d’intégrer un genin, c’était qu’il n’avait pas besoin de protection particulière. La jeune fille avait quelques réserves à son sujet, mais elle en saurait davantage une fois arrivé au terme de leur voyage.

Elle ne connaissait Yagi que de nom et n’y était jamais allée. On disait que c’était une île plutôt riche et commerçante. L’activité de pirates dans cette zone était pour le moins étonnante : si près d’Uke et si loin des côtes pirates, il fallait qu’il y ait un réseau solide et d’excellents bénéfices. Toutefois s’ils étaient parvenus à passer les défenses des autres îles, la force qu’ils allaient affronter risquer de se limiter à un ou deux navires, mais guère plus, à moins que leur passage n’ait été acheté ce qui présentait alors des risques aléatoires. La richesse de Yagi avait déjà attiré l’envie et la convoitise par le passé, et Haya savait que les vieilles rancunes étaient les plus promptes à se rouvrir. Sans trop s’avancer, la perspective d’affronter des pirates la rassurait quelque peu. Il s’agissait certainement de bretteurs compétents avec plusieurs atouts dans leurs manches, de l’équipement par exemple, mais la grande majorité d’entre eux ne devaient rien connaître des arts ninja. Si elle se doutait que les effrayer serait complexe, en partie à cause de la présence de leur chef, chacun d’entre eux pourra rivaliser avec plusieurs pirates sans courir trop de risques. Elle espérait simplement que chacun saura se montrer raisonnable et pourvu d’un sens d’équipe rigoureux, pour éviter de prendre un risque individuel qui se propagerait en risques de groupes.

Le paysage variait peu et évoquait les mêmes sites qu’Haya avait vu mille fois auparavant. Ils n’étaient qu’à une poignée de kilomètres de kiri, même s’ils avançaient à vive allure. Il s’agissait d’un calcul intelligent, puisqu’ils pourront se reposer un peu pendant l’inévitable voyage en bateau. De là où ils étaient, les ports les plus proches étaient ceux de Dashida et d’Ine, mais il se pouvait qu’ils utilisent un bateau personnellement réquisitionné par kiri, amarré dans un endroit spécifique. Ou alors vers un port inconnu à Haya, Uke ne manquait pas de petits villages portuaires qui s’improvisaient lieux de passages. Après un rapide calcul, la chuunin estima le temps de voyage jusqu’au port Dashida à un peu moins de deux heures, s’ils conservaient cette allure et à supposer que ce soit leur destination. Normalement, aucune pause ne devrait être déclarée, tout simplement parce que cela était superflu.

Ils se déplaçaient avec rapidité dans l’une des régions boisées d’Uke, sautant de branches en branches et conservant des distances qu’Haya supposa réglementaire mais à tout le moins commodes. Elle aimait assez avoir une vue sur chacun de ses équipiers, pas réellement pour espionner leurs actions ou par peur d’être surprise, mais parce qu’elle pouvait essayer de deviner à leurs traits et à leurs mouvements ce à quoi ils pensaient. Peut-être que Sokka pensait à son croissant, à cet instant et Haya esquissa un fin sourire.

Elle posa la main sur sa ceinture pour sentir la dure chaîne qui pendait à ses côtés. Aussitôt, la jeune fille se remémora ses intenses séances d’entraînements des dernières semaines, seule puis avec les membres de la flamme jaune. Elle pouvait se souvenir des blessures reçues, de son entretien très sérieux avec Satoshi. Ce matin, comme elle le pensait, il ne lui avait adressé aucune remarque particulière. C’était un arrangement entre eux et Sokka et Liori avaient été prévenus, un peu plus tôt dans la semaine, de ces séances d’entraînements afin de prévenir une éventuelle nouvelle mort. On n’était jamais trop prudent, sans doute, à fréquenter des tueurs patentés. Elle leur avait écrit un bête message, mais cela lui avait semblé suffisant d’autant qu’ils ne suivaient aucun cours ensemble et qu’ils n’avaient pas encore mis en place de programme d’entraînement commun. Ce sera peut-être le cas après cette mission.

Tous ces efforts n’avaient de cesse de rassurer Haya sur ses capacités. Hyô croyait en elle, Satoshi aussi, les membres de la flamme jaune étaient intrigués (ce qui se rapprochait le plus de l’admiration, sans doute, pour eux) et Haya était persuadée qu’il y avait autre chose et que très bientôt, dans quelques semaines, elle aurait des réponses à des questions qu’elle n’osait pas encore formuler.

MessageSujet: Re: [BI003] - Les greniers de Yagi   Mar 28 Juil - 23:29

La peur. Une émotion qu’on dit étrangère aux héros. Un sentiment obsolète, un de nos restes de l’animal qu’on était. Pour être fort, il fallait se débarrasser de ce sentiment. Tout ceci était faux, que des préjugés. C’est la peur qui rend plus fort. C’est la peur qui rendait les hommes des héros. Paradoxalement c’est grâce à elle qu’on évolue, qu’on change pour faire disparaître cette peur. Mais la peur est toujours présente. On la ressent plusieurs fois dans sa vie, nous permettant de passer d’un état à un autre qu’on juge meilleur. Puis la peur revient, sous une autre forme. Ainsi, s’établit un cycle sans fin.

Sokka était de nouveau dans cet état. Il y avait des signes qui ne trompaient pas. Une faim digne de celle d’un ogre par exemple. Ainsi, il se retrouvait à voyager avec un sac rempli de pâtisseries, croissants et brioches en tout genre, au goût mielleux et fondant. Le Chuunin s’inquiétait tout bonnement de cette mission. Sa première mission réellement importante. Il ne fallait pas ramener un chat perdu ou garder un gosse pourri gâté. Là, on pouvait considérait que c’était une "vraie mission", avec du sang et tout le reste. L'Eisei-nin allait devoir se battre pour sa survie, celle de ses compagnons et la réussite de la mission. Il espérait que les autorités de Kiri l'avait bien jugé apte à cette mission.

Le groupe, après de brèves salutations, s’était déjà mis en route depuis un moment sous un silence presque glacial. Chacun avait choisi sa position de chef ou de suiveur. C'était donc Akio qui menait la marche avec Chiyoko, suivi des autres. Sokka se trouvait dans les derniers, aussi muet que les autres. Il était mal à l'aise, il détestait ce genre de situation. C'était dans ces cas-là, qu'on se posait toutes sortes de questions, et surtout les plus absurdes, qui n'on pour effet que de douter. Voilà, pourquoi Sokka avait peur.

Les deux équipes avançait d'un pas assez rapide, laissant Kiri loin derrière. La route était parsemée d'arbres qui avait réussi à pousser dans la zone marécageuse où se trouvaient les Chuunin. Chaque pas s'enfonçait lourdement dans la terre molle, détrempé, par une pluie antérieure. Ainsi, le terrain empêcha les Shinobi de pouvoir apprécier le paysage. Ce n'était pas forcément ce qu'ils recherchaient, mais toute cette ambiance était stressante. Les chaussures boueuses demandant plus d'effort pour lever le pied. L'Eisei-nin n'attendait qu'une chose: arriver le plus tôt possible et il n'était pas le seul à penser ceci. De plus, en levant les yeux, on pouvait remarquer, que les nuages présents, s'assombrissaient. Ils étaient gorgés d'eau, liquide qui allait bientôt déborder et se déverser sur eux. On en pouvait pas rêver mieux comme temps pourri. Akio, impatient essayait, lui aussi, d'accélérer le pas, trouvant que la marche était trop mollassonne.

Sokka se retourna. Il vit une Haya perdue dans ses pensées. Il jugea bon, de ralentir le pas, pour se mettre à la même hauteur qu'elle. Il avait juste besoin d'une compagnie. Une personne avec lui. Il avait délibéré qu'elle était la personne idéale. En effet, le Kawaki avait apprécié leur collaboration lors de l'examen Chuunin – qui datait désormais. Il regrettait de n'avoir pas plus poussé ceci en amitié ou quelque chose s'en approchant, chose nécessaire, maintenant qu'ils étaient dans la même équipe. Se trouvant, désormais, suffisament proche pour engager la conversation, Sokka décida de briser le silence.

Sokka – Pensive?

Il prit une pause le temps que Haya quitte de vue ses chaussures et la route, pour tourner la tête vers le jeune homme. Ainsi fait, il pousuivit.

Sokka – Ou bien, tu réfléchis comme pour la première épreuve de l'examen?

Il avait décidé d'ajouter ceci, car il la connaissait un peu à ce sujet depuis leur coopération. Il la savait un peu calculatrice, enfin plutôt assez prévoyante, essayant de résoudre les inconnues avec les données qu'elle avait. Apparement il avait vu juste, vu que la Chuunin laissa fendre ses lèvres en un agréable sourire, avant d'acquiescer. A son tour, Sokka imita ce sourire. Cela suffisait, et il appréciait ce bref moment, qui le menait vers la quête qu'il s'était mis en tête. Toujours dans ce sens, il tendit son sachet en direction de la jeune fille. Il avait fait sûrement fait l'erreur de ne pas lui demander plus tôt si elle voulait une de ces friandises, si savoureuse, si mielleuse. Il ne fallut pas attendre longtemps pour que la Kunoichi plonge sa main dans le paquet où attendaient cinq six croissants, le reste étant englouti par le ventre glouton du jeune homme au teint mat. Elle en prit un, qui était saupoudré de sucre collant ses main, avant de l'apporter à ses fines lèvres pour en goûter un morceau.

Sans le vouloir Haya, avait enlevé un poids à son coéquipier. Ce dernier s'en foutait du temps qu'il ferrait, et dans quel terrain, il s'aventurait. Il était simplement heureux de commencer à nouer une amitié -enfin il espérait- , lui qui avait peu d'ami.


[Seuls les administrateurs ont le droit de voir cette image]

MessageSujet: Re: [BI003] - Les greniers de Yagi   Lun 3 Aoû - 0:18

[J'avance pour motiver les troupes, vous pourrez toujours revenir sur le déplacements dans les bois dans vos prochains posts. Nous arrivons au port.]

Akio sautait d'arbres en arbres. C'était la première fois depuis sa convalescence qu'il pouvait sortir du village. Il aurait aimé s'élancer à toute vitesse, faire la course avec le vent, le sentir fouetter son visage, voir les paysages défiler à une vitesse déroutante, enivrante. Mais il ne pouvait pas, on lui avait dit de se ménager ou il risquait une rechute. Il gardait encore des séquelles de son affrontement contre Rai.

Et puis, en toute modestie, le reste de l'équipe ne lui suivrait jamais. Il était bien trop vif.

Il était content de faire ce travail avec Chiyoko, même s'ils ne se ressemblaient pas, Akio avait déjà pu effectuer plusieurs missions avec ce dernier et éprouvait une franche sympathie pour lui. Il ne savait pas trop quoi penser de Liori, n'avait-il pas été son élève l'espace d'un bref instant ? Il semblait être devenu plus fort.

Akio - Dis moi, tu vas nous refaire le coup du type qui crache du sang au cours de la mission ? Enfin, je demande ça parce que c'est clairement dégueulasse et que ça risque de faire fuir les demoiselles, si tu vois ce que je veux dire ?

Aux vues du regard que lui lançait le Satsubatsu, il était assez évident "qu'il ne voyait pas". En son for intérieur, Akio savait qu'il y mettait de la mauvaise foi, il ne voulait pas voir. Les impératifs de la vie masculine lui passaient-ils au-dessus de la tête ? Se serait fort dommage de se priver de ces joies saines et simples. Toujours est-il que la discussion ne semblait pas bien engagée.

Il décida donc d'aller ennuyer quelqu'un d'autre. Il s'approcha d'Haya. Elle le dévisagea, se demandant certainement ce qu'il allait lui dire. Il lui fit un grand sourire et se repassa la main dans les cheveux. L'espace d'un instant, elle pouvait s'imaginer qu'il allait parler de stratégie, d'objectifs précis pour l'accomplissement, demander son avis ou donner le sien. Faire quelque chose de constructif et d'intéressant en somme.

Akio - Merde...j'ai oublié que t'étais muette.

Et il se déplaça vers un nouveau membre de l'équipe hétéroclite, laissant Haya le regarder de travers. Elle est bizarre celle-là, ne put s'empêcher de penser le chuunin, elle ne m'a pas rendu mon sourire. Puis il s'approcha de Sokka. Lui aussi le regardait étrangement. Akio ne put alors s'empêcher de creuser ses joues et de loucher, pour faire une grimace et rendre cet regard interrogateur à son interlocuteur. Sans surprise, cela ne le fit pas rire.

Akio - Décontractes-toi. J'ai l'impression que si je te met une olive dans le cul, tu vas me faire cent litres. T'inquiètes, si y a un problème, je te protégerai.

On lisait une profonde envie de l'injurier sur le visage de Sokka, à moins que ce ne soit le début d'un fou rire. Le décor défilait et déjà au loin on pouvait voir le port. Cela faisait plusieurs heures qu'ils progressaient sur les terres du Pays de l'Eau. Doucement, le chuunin s'approcha de Chiyoko. Il se passa la main dans les cheveux.

Akio - Dis donc ils sont pas causant, comment tu veux que l'on forme une équipe soudée si on communique pas. Tu penses qu'ils prennent mal le fait que je sois le chef de mission ?

Chiyoko - Je crois que tu penses trop.

C'était dis. Sans trop savoir pourquoi, Akio avait l'impression que Chiyoko venait de lui intimer l'ordre de se taire. Non, son ami ne ferait pas cela. Rapidement, le chuunin se retourna et héla le genin.

Akio - On est bientôt arrivé au port, encore un petit effort, Shuo, tu vas voir, c'est rien. Ensuite tu pourras te reposer.

Le chuunin, amateur de vitesse, n'avait nullement envie de diminuer les capacités de Shuo, il n'était juste pas doué en communication. Enfin "pas doué" n'était pas le bon terme, il était nul, serait plus proche de la vérité. Le port n'était plus qu'à quelques minutes. Le trajet lui avait parut long, forcément les autres trainaient un peu. Ils arrivèrent enfin à destination et pénétrèrent dans la ville. Elle était en ébullition, l'activité battait son plein. Après avoir déambuler dans quelques rues, Akio s'arrêta à un stand de poissonnerie et commença à discuter avec le vendeur, qu'il semblait connaître, il revint quelques minutes plus tard.

Akio - Il doit y avoir un bateau en partance pour notre destination dans deux heures, au quai 7. Vous pouvez vaquer dans la ville à vos occupations. Tâchez de ne pas être en retard., il saisit de l'épaule de Chiyoko et le ramena proche de lui. Nous, faut qu'on aille voir un truc. A tout à l'heure !

Déjà les deux compères s'éloignaient, se fondant dans la masse, jusqu'à disparaître complètement, sans laisser de trace.

[C'est court, mais c'est pour vous permettre de jouer et d'avancer un peu dans cette mission. Vous pouvez faire ce que vous voulez dans le port. Sachez que Akio et Chiyoko sont en retard au rendez-vous, vous pouvez finir vos posts en disant ce que vous faites pour les chercher.

Techniquement, il y a 10 quartiers dans la ville. En arrivant en ville vous êtes tous dans le Quartier 1 (entrée de la ville Nord), lorsque vous attendez au point de rendez vous, vous êtes au Quartier 5 (le port) à la fin de votre Post vous pouvez être dans n'importe quel autre quartier. Vous envoyez alors le numéro de quartier dans lequel vous vous trouvez à Akogare (ou à moi si je suis de retour de vacances), nous vous dirons si vous trouvez ou non Akio et Chiyoko.

En vous montrant astucieux avec votre RP, vous pouvez faire en sorte de donner deux numéros de quartier dans votre MP, mais je n'en dirais pas plus, faites marcher vos méninges.

Attention, si vous êtes si vous êtes en groupe (2 minimum pour faire un groupe ^^) vous ne pouvez envoyer qu'un numéro de Quartier (sauf si vous êtes malins ^^). Néanmoins, si vous êtes seul et que vous trouvez les deux lascars, cela ne signifie pas que les autres les trouve. Dans le cas où ils sont trouvés, il faudra à chaque joueur ne les ayant pas trouvé, un post complet supplémentaire pour arriver sur les lieux.

Quartier 1 - Entrée de la Ville Nord
Quartier 2 - Entrée de la Ville Ouest
Quartier 3 - Entrée de la Ville Est
Quartier 4 - Quartier dit "chaud"
Quartier 5 - Docks
Quartier 6 - Quartier Résidentiel
Quartier 7 - Centre-ville
Quartier 8 - Quartier administratif
Quartier 9 - Quartier Marchand
Quartier 10 - Sources et Parcs.]

MessageSujet: Re: [BI003] - Les greniers de Yagi   Sam 8 Aoû - 17:06

Elle était heureuse que Sokka vienne lui parler. Les personnes qui faisaient cet effort en dépit de son mutisme étaient relativement rares, au-delà de son cercle d'amis le plus proche. Il s'agissait soit de ninja de rang avancé qui ne s'arrêtait pas à ce genre de détails, mais dont la discussion était souvent tout à fait professionnel, soit des personnes qui souhaitaient créer un lien avec elle. Elle se doutait que Sokka appartenait à ce bord, aussi accepta-t-elle avec plaisir le croissant qu'il lui proposait. Malgré son solide petit déjeuner, elle l'avala goulument et se lécha les doigts pour savourer le sucre resté collé. Elle jeta un coup d'œil à Sokka qui avait reporté son attention sur la route, et se dit qu'elle trouverait bien un moyen de le remercier pendant le voyage. Elle était navrée de ne pouvoir entretenir une conversation, mais visiblement cela ne gênait pas Sokka (ou bien il le cachait très bien), et elle fut rassurée qu'il ne prenne pas son silence pour de l'ingratitude ou une intention hostile, comme cela lui arrivait parfois.

Quand Akio l’aborda, Haya le dévisagea avec prudence. Vu ce qu’il venait de dire à Liori, elle s’attendait au pire. Elle essayait d’imaginer une remarque graveleuse ou mal maquillée, ou au contraire un compliment très joliment tourné, quelque chose de simplement sexuel en somme. Elle ne fut pas très déçue quand il ne se passa rien, pour ainsi dire, et qu’Akio lui rappela avec beaucoup de tact et de légèreté la nature de son handicap. Elle le dévisagea sans parvenir à dissimuler une once de mépris dans son regard.

Il pensait vraiment qu’elle allait se mettre à glousser et à se tortiller, gênée devant son regard de braise ? Impressionnant. Elle esquissa toutefois un vague sourire à la mention de l’arrière-train de Sokka. Elle doutait de la seconde partie de sa petite bravade, non parce qu’elle doutait de ses compétences mais parce qu’elle avait l’impression que ce serait à eux de lui sauver ses fesses à lui, tôt ou tard. Elle adressa un regard désolé à Sokka et fit un petit mouvement d'épaule, qui signifiait dans sa tête que la pertinence des phrases d'Akio étaient à peu près égales à celle d'un enfant de trois semaines.

Elle trouvait ses tentatives de discussions avec le reste de l’équipe pénibles. Ce n’était pas très naturel, mais elles avaient le mérite d’exister. Peut-être que si Haya pouvait parler, elle lui lancerait quelques piques gentilles pour voir s’il avait un peu d’esprit à revendre. S’il en avait, elle aurait trouvé une aimable distraction on le taquinant jusqu’à ce qu’elle se lasse ou qu’ils arrivent au port. Grâce à son imagination débordante, il penserait certainement qu’elle essayait de le séduire, vaincue par son charme époustouflant et sa répartie foudroyante. Alors il passerait la nuit dans sa cabine à attendre les petits coups sur sa porte, qui dévoileraient une Haya en fort petite tenue et tout alanguie d’amour.

Et ils auraient la paix.

Mais hélas, elle ne pouvait remplir cette mission de première importance. Alors ils atteignirent le port (enfin), les oreilles pures de toute autre tentative balourde de discussion.

Akio – Il doit y avoir un bateau en partance pour notre destination dans deux heures, au quai 7. Vous pouvez vaquer dans la ville à vos occupations. Tâchez de ne pas être en retard. Nous, faut qu'on aille voir un truc. A tout à l'heure !

Haya les regarda, atterrée. Mais à quoi bon se réveiller aussi tôt si c’était pour se tourner les pouces ?! Deux heures ? Elle avait perdu deux heures de sommeil, à courir comme des bœufs, alors que rien ne pressait ? Elle ramassa un caillou et l’envoya dans leur direction, bien qu’il eût disparu depuis un moment, et s’assit pesamment sur une petite caisse, le menton dans la main et les jambes croisées. Ils n’avaient rien à faire dans ce port pourri, à part se faire draguer par des marins qui lui feraient regretter la verve pâteuse d’Akio.

Voir un truc… Les prostituées ? Les bars ? Parce que non non, bien sûr ils n’allaient pas vérifier si le bateau partait toujours, si tout se passait bien, s’ils n’étaient pas attendu par des personnes malintentionnées, s’ils étaient les seuls passagers, si le bateau n’était pas piégé ou ce genre de petit détail intriguant qui peut, parfois, sauver une ou deux vies.

Cela n’avait aucune importance. Haya se releva et s’étira. Elle se rapprocha de ses équipiers toujours présents, et leur indiqua qu’elle allait se promener un peu, peut-être vers le port précisa-t-elle. Elle leur donnait rendez-vous à cet endroit dans une heure et demie, après quoi ils iraient chercher les soudards qui trouveraient sans doute très pertinent de rater le bateau. Après tout, un ninja peut courir sur l’eau alors pourquoi, pourquoi, prendre un bateau ?

Elle s’éloigna tranquillement, bien décidée à visiter le port malgré le peu d’attrait qu’il pouvait présenter de prime abord. Haya jeta un œil aux vitrines, les yeux grands ouverts. Malgré tout, c’était la première fois qu’elle pénétrait dans une ville. Son père l’avait amené quand elle était jeune dans quelques villes connues d’Uke, mais cela restait exceptionnel. Les deux villages qu’elle connaissait, celui où elle était née et kiri, ne présentaient pas beaucoup de magasins pour les jeunes filles en fleur. Ce port-ci (elle ignorait s’il s’agissait de Dashida ou d’un autre, son sens de l’orientation n’étant pas à ce point développé) présentait quelques bâtiments, surtout pour les adultes. Elle devina une sorte d’hôtel, deux restaurants et un certain nombre de magasins de vêtements. Il était étonnant de ne trouver nulle part de magasin d’armes ou quelque chose qui évoquait un aspect militaire.

Bien décidée à ne pas dépenser son argent, Haya errait dans ce qui ressemblait le plus à un quartier résidentiel, avec ses nombreuses demeures empilées les unes sur les autres. Le port possédait un petit charme malgré tout, et l’odeur marine lui rappelait ses souvenirs d’enfance, avec la mer si près que ses sœurs et elle y allaient à pied pour se baigner toute la journée. Elle devina au loin le port proprement dit, là où ils auraient dû se trouver si Akio savait compter et estimer les distances. Bien utile de savoir courir vite… Quelle était cette manie de se lever tôt pour une mission qui ne devait commencer que plus tard ? C’était idiot.

Elle se dirigea vers le port et s’assit sur le ponton, les jambes dans le vide. L’eau était plus sombre qu’elle ne l’aurait cru. Elle se sentait curieusement excitée en voyant toute cette étendue, et Haya se demanda si ce n’était pas un effet de son don éveillé. Elle jeta un œil autour d’elle pour s’assurer que personne ne viendrait l’ennuyer, et s’amusa à créer de petits serpents d’eau qui s’enroulaient entre eux. Elle retira ses chaussures et remonta le pantalon qu’elle portait sous sa tunique, puis marcha le long du ponton. Le bois chauffait ses pieds, mais l’heure matinale n’avait pas encore permit au soleil de briller trop durement. Elle descendit le long d’un petit escalier de pierre, sentit avec délice le sable chatouiller ses orteils et s’enfonça dans l’eau. Elle resta un moment immobile, les yeux fermés avec dans la main ses chaussures, puis elle remonta lentement la plage en restant immergée dans l’eau jusqu’aux genoux. Elle revint sur la plage. Il était encore tôt, aussi posa-t-elle ses affaires dans le sable et conserva ses pieds de manière à ce qu’ils soient caressés régulièrement par le ressac de la mer. Elle encore plus d’une demi-heure avant de devoir retourner à l’entrée de la ville, et peut-être que ses équipiers se sentiraient aussi attirés par le calme qui régnait sur la plage.

MessageSujet: Re: [BI003] - Les greniers de Yagi   Mer 19 Aoû - 4:07

Akio était sans doute un bon shinobi doublé d’un excellent combattant. Mais à sa façon, il était visiblement très con. Oh, bien sur, cela n’était pas une connerie définitivement handicapante et potentiellement mortelle. Son cerveau était sans doute capable de traduire la majeure partie des informations extérieures qui transitaient par les sensations de son corps, liées donc à ses sens de perceptions. De ce fait, il devait avoir un minimum les pieds sur terre, et savoir quelle réaction il valait mieux privilégier, en fonction de la situation dans laquelle lui et sa vie se trouvaient. Mais il n’en demeurait pas moins con.
Mais comme Liori respectait Akio en tant que combattant et partenaire, pour cette mission au moins, il passa outre sa remarque stupide, et se contenta de le regarder fixement sans dire un mot.

Il aurait très bien pu faire remarquer que, bien sur qu’il finirait invariablement par cracher du sang. C’était obligé. Et même si cela pouvait intervenir n’importe quand, c’était une telle routine qu’on ne trouvait pas forcément utile de toujours le mentionner.
Et pour ce qui était de faire fuir les demoiselles, il avait entendu dire que certaines étaient parfois attirées par les cicatrices, mais plus rarement pour les plaies ouvertes, à vie.
Il aurait donc pu dire quelque chose du genre. Mais il ne le fit pas. Il se foutait déjà royalement de ce que venais de lui dire Akio, et de plus, le spécialiste de taijutsu venait de s’éloigner pour aller « discuter » avec les autres membres de l’équipe.

Liori sorti son paquet de cigarette de sa poche et en prit une qui se retrouva bien vite coincé entre ses lèvres. Il réussit au bout de quelques essais à faire jaillir une petite et faible flamme via le mécanisme au supplice. Sans aucune hésitation, aucune ombre de remords sur son visage, il usa de la vie qu’il venait de donner pour entrainer un début de consumation à sa cigarette. La flamme s’éteignit lorsqu’il referma son vieux briquet. Lorsqu’elle sorti de sa bouche, la fumée se perdit derrière lui et bientôt derrière le groupe. Si quelqu’un y avait prêté attention, il aurait sans doute remarqué que Liori crachait, plus que souffler, la fumée de ses cigarettes. Mais contrairement à ceux qui ne supportait pas la fumée, lui il la crachait tranquillement. C’était juste qu’il n’en voulait pas. Il n’aimait pas particulièrement fumer et encore moins la fumée. Mais le faire lui permettait de s’éclaircir l’esprit, de lui libérer le crâne du vrombissement incessant qui l’assaillait depuis des années.

Et dans l’immédiat, cela le projeta, avec l’aide du décor qu’ils traversaient, en plein examen Chuunin. Une expérience en équipe qui avait été fort peu concluante. Les divers membres de l’équipe du moment n’avaient pas mené un jeu d’équipe idéal. Liori pouvait mettre cela sur le compte de la composition de l’équipe, qui comprenait des membres issus de deux villages différents et qui n’avait pas eut le temps de se connaitre et donc d’apprendre à se faire confiance. D’autant que s’il avait connu d’avance les capacités stratégique de leur « éclaireur », ils auraient peut être pu éviter le désastre qu’avait été cette épreuve.
Mais ici, ça ne se passerait pas comme ça. Faute de les aimer, il savait qu’il pouvait faire confiance à la plupart des membres de son équipe…
A la plupart.


Ce ne fut que quelques minutes plus tard que Liori écrasa le cadavre de sa cigarette. Encore un corps dont il était heureux de se débarrasser.

Akio venait de les abandonner dans le village inconnu, devant une poissonnerie. S’il ne l’avait pas vu discuter avec le marchand avant de partir, il aurait juré que c’était une action maladroite du Chuunin pour qu’ils ne se sentent pas dépaysé par rapport à Kiri. Si ça avait été le cas, s’aurait été un bel essai, même si le lieu importait peu au Satsubatsu tant qu’il savait où aller.

Une pierre rebondit dans la rue qu’avait empruntée les deux membres les plus expérimentés de l’équipe. Haya, visiblement mécontente, était l’auteur de cet excès de violence contre les vents et les sols de ce port. Soit elle en voulait particulièrement au caillou qu’elle venait de jeter, soit c’était adressé aux deux Chuunin qui venait de les quitter. Peu après elle sembla décider de visiter la ville, et avec une économie de mouvement lié à ce qu’on pouvait supposer être la force de l’habitude, réussie à faire comprendre qu’elle allait en direction du port, qu’elle leur donnait rendez vous ici dans une heure et demi et qu’ensuite ils iraient chercher, main dans la main, les deux personnes qui venaient de les quitter pour voir un « truc ». Parfois des gestes valaient mieux que des paroles. Parfois avoir un carnet aidait aussi.

Liori regarda Haya s’éloigner en fendant la foule. Le Satsubatsu réajusta son sabre afin qu’il ne le gêne pas pour progresser au milieu de la foule. Et après avoir signalé à ses deux autres coéquipiers qu’il partait aussi en balade, il se mit à la poursuite de la jeune fille.

Il la suivait sans trop de problème. Les rues marchandes étaient pleines de gens, sans doute une majorité d’étrangers qui venaient d’arriver par bateau, ou de marins en quêtes d’autres choses que d’un bordel. Pourtant, Liori n’avait pas de mal à avancer, la foule s’écartait devant lui, l’air de rien. Certaines personnes croisaient son regard et restaient ensuite accroché à un point sur son visage, jusqu’à ce qu’il les dépasse. Ce n’est que lorsqu’il s’arrêta devant une vitrine qu’avait observé sa muette de compatriote qu’il comprit pourquoi il sentait tant de regards se poser sur lui.
Certains marins ramenaient parfois de vilaines blessures au cours de leur voyage. Une majeure partie était lié à des accidents en cours de navigation, d’autres naissaient suite à un accrochage avec des pirates belliqueux, parfois boire un verre était l’occasion de gouter des spécialités locales. Bref, beaucoup de gens présent étaient sans doute habitués aux cicatrices en tout genre. Mais peu de personne pouvaient se vanter d’avoir une chair en charpie et toujours à vif sur le visage, sans en paraitre plus incommodé que cela.

Liori posa sa main droite sur la joue correspondante. Evidement, c’était plutôt douloureux, au quotidien comme maintenant. Sa main ou l’air marin le faisaient souffrir rien qu’avec le plus léger des contacts. Il n’y était pas insensible. Personne ne pouvait l’être. Il s’y été juste habitué et résigné. La marque de sa famille rampait sur lui avec la ferme intention de lentement, mais surement, le dévorer dans son intégralité. A moins qu’il ne meure avant… Mais il ne pouvait pas se plaindre. C’aurait été faire preuve de faiblesse quand il savait que des dizaines, de vingtaines et bien plus encore, vivaient la même chose de que lui, sans broncher d’avantage. Ils savaient que même « les autres » n’apprécieraient pas qu’il agisse ainsi.
Mais il attirait de plus en plus de regards, et cela le rendait peu à peu nerveux. Son reflet lui jeta un regard qui lui semble implorant quand il comprit ce que Liori comptait faire. Une expérience qui avait déjà été tenté bien des fois il y a des générations, et que n’importe quel Satsubatsu n’avait depuis jamais renouvelé.

Lorsqu’il retira sa main et senti le feu froids de son chakra arrêté de brûler sa joue, qui avait retrouvé une peau presque intacte. N’en demeurait qu’une fine trace blanche qui se fondait presque parfaitement avec son teint pale. Oh il le regretterait très bientôt, aucun doute. Mais maintenant on ferait sans doute moins attention à lui et il pourrait marcher l’esprit tranquille. La raison de sa marche avait justement profité de ce petit intermède pour quitter son champ de vision. Le Satsubatsu ne paniqua pas. Il savait où elle se rendait, il lui suffisait juste de suivre la même route.

Ce n’est que quelques longues minutes plus qu’il retrouva la jeune fille, au bord de l’eau, sur la plage. S’il devait tenir un journal des plaintes, nul doute que plusieurs centaines de pages pourraient être couvertes d’une petite écriture serré désordonnée qui serait là pour agresser et choquer l’égo de cette abomination naturelle, qui passait son temps à se faufiler dans chaque espace où elle pouvait nuire à n’importe quel individu de constitution normale. Surtout quand la constitution normale en question était un corps couvert de plaies en tout genre. Le sable s’immisçait partout, pire que le plus douer des membres du service d’espionnage de Kiri. Depuis sa plus tendre enfance, Liori avait évité tout lieu constitué de sable. Et la première fois qu’il en avait vu, une partie de son cerveau l’avait immédiatement identifié comme un ennemi naturel. Une nuisance à absolument éviter. Ses parents lui avait aussi déconseillé de trainer prêt de ceci, avec en plus les éternelles recommandations que font les parents à leurs enfants.

Il s’engagea sur l’étendu sableuse et s’arrêta juste à la droite d’Haya. Sa voix sembla entrer dans l’air avec la ferme intension de la lacérer, puis de trancher ce qui pouvait l’être, avant de passer les restes à la moulinette. Comme une juste revanche sur les vents froids, portant l’odeur du sel et du large, qui cherchait parfois à lui arracher la peau du visage.
Il avait toujours sa voix mutilée et pourtant tellement audible.

[Liori] – Tu ne devrais pas laisser tes pieds dans l’eau… Le sable va y rester coller.

Il l’observa un moment, sans rien dire, puis il s’assit à côté d’elle, déposant son arme à sa droite et évitant de trop s’approcher du ressacs de l’eau.
Il l’avait vu combattre, il se faisait une idée de ses capacités dans les arts du ninjutsu. Il savait que malgré son handicap elle avait réussi à progresser au même grade que lui, durant le même examen. Mais il devait poser la question.

[Liori] – Haya… Est-ce que je peux te faire confiance ?

MessageSujet: Re: [BI003] - Les greniers de Yagi   Sam 22 Aoû - 18:33

Le plaisir simple d’avoir les pieds dans l’eau lui rappelait des souvenirs qu’Haya pensait émoussés par le temps avec une netteté stupéfiante.

Bien qu’elle ait grandi pas très loin de la mer, elle n’était pas souvent allée sur la plage. Son père avait des difficultés à mobiliser une journée pour s’y rendre avec toute la famille, et il les trouvait trop jeunes pour y aller seules. Mais les fois où ils avaient pu s’enfoncer dans le sable et jouer dans les vagues, Haya avait toujours ressenti un plaisir profond et une joie sauvage à s’y trouver. Cela n’avait pourtant rien à voir avec le don de leur père, c’était seulement le plaisir d’une enfant qui s’amusait avec sa famille et ce bonheur simple lui manquait.

Sa vie ne s’était pas tellement compliquée. Elle avait eu des remous tragiques mais désormais, tout était en réalité très simple. Autant qu’un jeu d’enfant. Des missions à remplir, des entraînements à ingurgiter, des relations à nouer, tout était parfaitement établi. Quand Hakame lui avait proposé de devenir kunoichi, Haya avait pensé à une vague blague. A cette époque, elle était fragile, peinait à tenir debout et s’agrippait avec désespoir à ses béquilles. Une belle kunoichi ! Mais la vacuité de sa vie la frappait avec une telle violence qu’Haya avait accepté, ne serait-ce que pour s’occuper l’esprit. Elle s’était dit qu’il ne devait pas y avoir que des génies parmi les ninjas, et que là aussi ils devaient avoir des pelletées de médiocres. Cela ne la gênait pas de devenir l’une de ces médiocres, car ça la maintiendrait occupé. Elle voyait également là une rééducation pour son corps et son esprit : non seulement elle apprendrait à bouger à nouveau, mais elle se ferait des amis et cela l’aiderait. Quand on ne peut même pas se parler à soi-même, on se sentait rapidement très seul.

Et puis, tout cela s’était passé. Elle avait été médiocre, elle avait eu des amis, son corps s’était réhabitué à soutenir son propre poids. Elle s’était remplumée aussi et les marques de nombreuses semaines passées alitées se sont finalement effacées. Comme Naikin le lui avait dit, les cicatrices de son corps et de son esprit ne disparaîtraient jamais mais ce n’était pas là sa volonté. Cela faisait partie d’elle à présent. Pour le meilleur ou pour le pire, cela ne dépendait plus d’elle. Peu à peu, elle s’était révélée moins lamentable qu’il n’y paraissait. Il y avait des indices pendant ses entraînements, l’eau répondait parfois curieusement bien à ses demandes, mais aussi pendant la guerre civile où elle avait peut-être tué deux personnes (cela non plus elle n’en saurait jamais rien). Haya s’était ainsi retrouvée sans trop le vouloir au tournoi chuunin. Elle avait fait tout cela très sérieusement, comme on passerait un test important et elle eut la surprise de se voir proposer un grade supérieur, en compagnie de Satoshi Kagehisa et de deux garçons qu’elle connaissait encore bien peu. C’était si inattendu qu’elle n’eut pas le temps d’être surprise. Puis comme rassérénée par cette distinction, sa force crue lentement, progressivement, jusqu’à sa rencontre avec la flamme jaune. Et là, enfin, elle était arrivée à quelque chose.

Aujourd’hui, elle se doutait que le fait qu’Hakame lui propose une place à l’académie n’était pas un heureux hasard. Il devait connaître son père mieux qu’elle ne le connaissait elle-même (Haya se gronda mentalement de penser une telle chose ; peut-être que des éléments de la vie de son père lui échappait encore, mais elle était sûre d’être la seule personne vivante à pouvoir se souvenir de la façon dont il l’embrassait et la serrait contre lui), avec son don et tout le reste, alors il avait sauté le pas.

Haya secoua la tête, enfonça ses doigts dans le sable et tourna la tête sur le côté. Liori se tenait à ses côtés, il la dévisageait posément.

Liori – Tu ne devrais pas laisser tes pieds dans l’eau… Le sable va y rester coller.

Elle sourit légèrement. C’était le genre de choses qu’aurait pu dire sa sœur aînée, Kaeru. Une pensée soudain très rationnelle et coupée du plaisir immédiat de sentir l’eau lui caresser les pieds. Le jeune homme s’assit à sa droite, tandis qu’elle essayait de déterminer son âge. Les dégâts sur sa peau et, pour le peu qu’elle en savait, la souffrance continuelle qu’il subissait avait affecté ses traits. Ils étaient certainement plus durs qu’ils ne l’étaient à l’origine. Peut-être dix sept ans. Plus vieux qu’elle en tout cas, elle en était presque sûre.

Liori– Haya… Est-ce que je peux te faire confiance ?

Haya ne réagit pas, elle observa quelques secondes l’horizon et jeta un coup d’œil en biais à son partenaire. Elle sentait que sa réponse était importante à ses yeux, mais elle ne voyait pas de façon précise d’y répondre. Sa confiance… Elle n’en savait rien. Il aurait dû être un peu plus précis. Est-ce que je serais prête à me sacrifier pour lui sauver la vie ? Très certainement dans le feu de l’action, mais ce ne serait pas un sacrifice réfléchi et raisonné. Elle mettrait sa vie en jeu de façon naturelle, sans imaginer sa propre mort mais en ne voyant que la sienne. Il n’y avait pas de confiance là dedans, elle aurait probablement fait la même chose pour un inconnu qu’elle devait protéger, ou même un inconnu tout court (bien que se connaissant, elle aurait réfléchi un peu plus longtemps avant de partir pleine d’allant s’écraser contre quelqu’un de bien trop fort pour elle). Est-ce qu’elle était prête à entendre ses plus noirs secrets ? Haya n’était pas sûre d’en avoir très envie. Est-ce qu’il planifiait de laisser Akio et Chiyoko ici et de partir sans eux ? Si seulement !

A ses yeux, la confiance n’était pas une donnée que l’on attribuait à droite à gauche, mais un processus lent, qui se construit au fil des interactions et ne fera jamais que se renforcer au fil des ans sans jamais acquérir de statut définitif. La confiance peut être confiée, reprise, trahie… C’était un élément trop changeant pour qu’on puisse donner quelque chose d’absolu qui ne soit pas une promesse. Néanmoins, Haya sentait que cette confiance naîtrait et que c’était peut-être là le fond de la question de Liori. Ou bien il essayait de déterminer s’il pouvait faire confiance à ses capacités, ou si elle fléchirait au moment critique. Une pensée amusante, à vrai dire, et presque rassurante. C’était beau que certains voient encore en elle une jeune fille de bientôt dix-sept ans, qui n’avait rien appris en un an passé à kiri. Elle ne prétendait pas que la vie l’avait forgée, qu’elle s’était endurcie à la suite du massacre de sa famille, ou qu’elle était en quelque sorte… blasée quant aux questions relatives à la vie et la mort. Ce n’était pas du tout le cas. Il lui faudrait plus de temps que ces quelques secondes pour déterminer avec exactitude sa position, mais elle savait que combattre ou tuer n’était pas de l’ordre du problème, aussi sûrement qu’elle savait que sa poitrine respirait un air marin et salé. Peut-être aurait-elle dû se sentir un peu vexée de la question de Liori, même s’il n’y mettait aucun affect. Mais elle n’éprouvait rien de tel, c’était normal que la question se pose. Si quelqu’un l’avait vu en train de lutter sur ses béquilles, il ne pouvait pas se dire qu’il avait face à lui une redoutable combattante, et ce n’était probablement pas le cas même sans béquilles. Mais elle ne comptait pas mourir tout de suite, et même si ce n’est pas quelque chose que l’on décide tout seul, elle avait décidé de ne pas mourir l’année dernière. Il lui restait des questions à régler et ce n’était ni cette mission ni les suivantes qui l’en empêcherait. Et si ce faisant, elle pouvait conserver les mêmes partenaires et peut-être amis, chacun y trouvait son compte.

Haya hocha donc la tête profondément en rendant à Liori son regard, sans juger nécessaire d’ajouter quoi que ce soit par écrit. Elle revint à la contemplation de la mer une petite dizaine de secondes et traça quelques caractères dans le sable, face à son équipier.

Haya – J’ai confiance en moi.

Elle sourit au visage à qui cela n’avait pas dû arriver souvent, puis se passa un doigt chargé de chakra sur le mollet pour en retirer le sable. Elle l’essuya nonchalamment dans l’eau, mais il n’était pas encore l’heure de partir, à moins que Liori ne le désire particulièrement.

MessageSujet: Re: [BI003] - Les greniers de Yagi   Mer 23 Sep - 1:26

Quand Akio s'était approché de lui, il se demandait ce qu'il avait l'intention de faire. Il s'ennuyait de ce voyage apparemment, et essaya de remonter le niveau, enfin à sa manière. Sokka n'avait jamais encore eu affaire avec ce Chuunin, dont il ne pouvait que lui exprimer d'un regard à la fois inquiet et curieux, de ce que réservait son futur interlocuteur. Il commença par grimacer, d'une grimace que l’Eisei-nin aurait bien répondu par un sourire, mais ce n'était pas le moment de perdre une sorte de concentration que s'était mis Sokka dans la tête. Sans doute à cause de cette mission, sa première "vraie" mission, le danger était plus que présent, il devrait même le combattre et remporter la bataille.

Akio avait senti cette sorte d'inquiétude, et le Kawaki eut le droit à une de ces phrases censé le décontracter. Ces phrases qui affirmaient un de ses défauts sans doute: il n'avait réellement pas le don d'un orateur. Le jeune homme au teint mat, ne savait pas trop comment réagir face à ceci, il aurait bien voulu lui riposter d’un poing en pleine tête, juste comme ça. Mais il se ravisa, Akio allait répliquer, sûrement était-il plus fort, et la querelle aurait eu des conséquences plus que néfaste pour la mission. Sokka se ravisa, donc ne laissant que comme réponse un long silence, auquel il espérait que ça ferait fuir son interlocuteur. Ce qui fonctionna au bout d’un moment, comme un fauve qui se ravisa de poursuivre une proie inaccessible. Le Kawaki aurait pu entrer dans le jeu, mais il aurait fallu que ça en vaille la peine.

Il fallut attendre encore un moment avant que le groupe puisse arriver aux frontière de la ville. Une ville inconnue pour Sokka, il ne quittait que très rarement Kiri. Et les seuls sorties effectués, n’avait que pour souvenirs, des images floues. Apparemment la ville était bien dans le stéréotype d’un village portuaire, un endroit pour marins qui ne faisait que passer, leur permettant de s’occuper avant leur nouveau départ. Un lieu capable d’assouvir aussi bien les besoins, que les envies. Mais cela ne restait qu’à décuvrir pour l’Eisei-nin, espérant que sa curiosité serait assouvi en découvrant ce lieu.

Akio – Il doit y avoir un bateau en partance pour notre destination dans deux heures, au quai 7. Vous pouvez vaquer dans la ville à vos occupations. Tâchez de ne pas être en retard. Nous, faut qu'on aille voir un truc. A tout à l'heure !

Les autres personnes du groupe n’eut le temps de réagir, que les deux Chuunin s’enfonçait dans le peu de foule que présentaient les rues, avant d’être cachés par les bâtiments. Ils les avaient bien abandonnés. Ce qui surprit qu’à moitié, Sokka qui détourna alors le regard vers ses coéquipiers. Haya agacée, se décida d’aller vers le port. Elle fut suivi après un bref moment par Liori, qui semblait vouloir discuter avec sa coéquipière, Sokka ne voyait pas d’autre raison, connaissant un peu, le personnage.

Ainsi, il se retrouva seul avec Shuo. Ce dernier aperçut que son ancien adversaire lui adressa un regard avec un sourire exprimant un embarrant. C’était idiot, mais depuis le CE, ils ne s’étaient pas encore rencontré, même s’ils habitaient le même village. Sokka voulait éviter une sorte de malaise en le revoyant dans les rues kiréennes. Une sorte de tristesse inexplicable envers lui. Tout ceci était incompréhensible. Tous deux savient qu’il n’étaient que des pantins jouant leur promotion, pour espérer avoir une meilleure vie quotidienne, ou plus de responsabilités ou toute autre logique débouchant à ce combat. Et Aujourd’hui encore l’Eisei-nin n’était pas prêt à discuter avec lui. Cependant il le prévint qu’il allait lui à son tour, bouger de cet endroit, pour ne pas s’enraciner au portes de la ville ou devenir une statue que des enfant reluquerait d’un drôle d’œil.

Sokka – Bon, je vais, moi aussi visiter la ville, histoire de passer le temps. Il doit bien avoir un endroit, où je vais pouvoir flâner tranquillement .

Il marqua une pause. Il hésitait à dire une certaine phrase, néanmoins il devait briser cette glace entre eux avant qu’elle devienne assez épaisse pour en devenir indestructible. Il ne laissa qu’une ouverture, pour voir si son interlocuteur le rejoindrait ou non. S’il ne le retrouvait pas, ce n’était sûrement pas un échec, mais l’inverse indiquerait sûrement une réussite vers une bonne entente entre eux, vu qu’il n’avait rien à se reprocher, notamment.

Sokka – Si jamais, tu trouves un parc ou quelque chose ressemblant, en te baladant. J’y serai sûrement.

L’Eisei-nin se l’accorda. Il avait mieux comme ouverture. Cependant il espérait que ça suffirait. Il n’allait pas partir dans une de ses explications qui au final embrouillerait le tout. Sur ces mots, Sokka laissa esquisser, sur son visage un bref sourire, histoire de rassurer, sans doute.

Ainsi, le Kawaki se mit en marche, d’un pas nonchalant, les bras croisés derrière sa tête, comme pour reposer sa tête. Elle lui faisait mal depuis un certain incident plus tôt dans la matinée. Finalement c’était assez idiot ce qui c’était passé. Une envie de bien paraître, ce n’était pas ce qu’on leur demandait, aux shinobis. La classe, c’ets un bonus, qui s’acquiert pour les plus braves, les meilleurs d’entre eux. Sokka n’était pas de ce genre, ou tout du moins, pas encore.

En longeant le long des rues, il se demandant ce que pouvait réserver un endroit comme celui dans lequel où il se tenait. Un village pêcheur sans doute, venant de se lever. Il est vrai qu’il était assez tôt, mais le groupe avait deux heures à tuer avant d’embarquer. Pourquoi n’être pas parti deux heures plus tard ? En y songeant, c’était Akio qui l’avait voulu ainsi, la raison, il se tenait de ne pas la communiquer. Drôle d’homme en tout cas, Sokka aurait aimé le découvrir davantage, mais cela demandait une conversation, chose que le shinobi ne tenait pas à faire, vu le don du Chuunin en ce point. A part ça, ce détail, cela restait un inconnu, un inconnu en qui, apparemment, il devait faire confiance, sous certaines conditions avait dit Satoshi qui le désignait comme une tête brûlée.

Le jeune homme au teint mat, finit par arriver à un rue proche du quartier marchand. Cela devait être ça, il y avait les odeurs, qui ne trompait pas. Le poisson même frais dégage une odeur, non répugnante comme le pourri, mais une odeur quand même. La prochaine intersection lui donna raison. A sa droite, la rue était jonché de boutiques, dont certains marchands semblait attraper le client dès le niveau du trottoir, les interpellant sur les qualités de leur boutiques. Puis, un peu plus loin, on pouvait voir que la foule était plus animé, non pas par les joies des achats, mais il semblait avoir quelque chose perturbait le semblant de tranquillité de ce quartier. Sokka pensa à un marin qui n’avait pas décuvé, se mettant en scène, ou bien même un voleur matinal, s’enfuyant avec son butin. De toute façon, l’Eisei-nin ignora ce qui pouvait réellement se tramer et n’avait pas l’envie de s’y attarder. C’était quelque chose de sans importance, pas la peine de s’affoler.

Enfin après plusieurs minutes de marche, le Kiréen tomba enfin a ce qui semblait être un parc : un gros rectangle de verdures, découpé par des allées de pavés, le tout parsemés par des arbres. En s’y rapprochant, Sokka remarqua que l’endroit était au bord de la mer, bordée par une falaise ne dépassant pas les trois mètres. Il allait pouvoir enfin ce reposer dans un endroit calme, histoire de se préparer mentalement à ce qui l’attendait. Il se ramena le plus près du bord. Il s’assit et s’aida d’une arbre, pour en faire un dossier. Il était face à la ville qu’il venait de parcourir partiellement. On pouvait apercevoir que la côte dessinait une courbe, tout en rapprochant le sol de la mer niveau hauteur. Au niveau où les deux se rencontrèrent, le port s’y trouvait aménagé de quelques bateaux tanguant légèrement, par les vagues que le vent s’amusait à créer. Finalement, le Kawaki n’étais pas si mal, il faudrait juste qu’il veille à ne pas s’endormir et à attendre hypothétiquement Shuo. Seulement c’est ce qu’il pensait. Mais on avait prévu autre chose pour lui.

??? – Dégage !

[HRP : Désolé du temps de réponse, mais bon, ce que avec la reprise des études et tout ça... C'était pas facile de trouver du temps pour répondre. En espérant que ça ira. ^^]


[Seuls les administrateurs ont le droit de voir cette image]

MessageSujet: Re: [BI003] - Les greniers de Yagi   Mer 7 Oct - 12:57

Haya se détourna vers la mer, dont les vagues jouaient à quelques mètres d’eux. Elle ramena ses genoux sous son menton et passa ses bras autour, les yeux perdus dans l’horizon. Malgré ses efforts, elle ne parvenait pas à trouver une façon plus satisfaisante de répondre à son partenaire. Il apprendrait à lui faire confiance… ou non. Cela ne dépendait pas entièrement d’elle. Peut-être que le processus de confiance était quelque chose d’inévitable au travail d’une équipe ? Un élément qui se forgeait grâce à des missions de ce type. Haya était convaincue qu’on était davantage prêt à faire confiance à quelqu’un avec qui on a lutté, partagé des émotions fortes de danger et de peur, quelque chose d’intime qu’on ne montrait pas souvent, qu’à un étranger.

La seule chose qu’elle savait, et cela lui suffisait pour l’instant, c’était qu’elle ne doutait pas de ses capacités et qu’elle croyait en la force de son bras et en celle de son esprit. Elle ne redoutait pas de donner la mort. Elle s’y était préparée il y a longtemps, en acceptant de devenir une kunoichi et sans essayer de se cacher cette vérité. Elle n’apprendrait rien au moment d’abattre sa main pour ôter la vie. Pas de mauvaises surprises, pas d’hésitations ou de remords, rien que l’instant présent. Haya ne pouvait en être sûre, mais elle pensait avoir déjà donné la mort pendant la guerre de kiri. Elle n’avait jamais essayé de se renseigner. Mais elle savait également que quoi qu’il arrive, elle serait amenée à tuer dans un avenir plus ou moins proche.

Et elle redoutait un peu d’en retirer du plaisir.

Liori - Ca me va.

Haya leva la tête. Le ciel était couvert mais il ne pleuvait pas. Elle se leva et réitéra la même opération que précédemment pour retirer les grains de sable collés à ses jambes, après quoi elle enfila ses chaussures et indiqua à Liori la direction de la ville. Ils s’y rendirent sans se presser et sans parler. Haya n’avait pas grand espoir de retrouver un Akio prêt à partir et un Chiyoko enthousiaste à la perspective de prendre le bateau. Néanmoins, elle n’imaginait pas que deux Chuunin puissent réellement faire preuve d’un tel manquement.

Elle ne fut donc pas déçue lorsqu’elle n’aperçut… personne. Haya s’assit sur un tonneau, les mains sur le rebord et le regard évoluant sur les visages alentour. Kiri réussissait à être l’un des meilleurs villages malgré des agissements discutables. C’était honorable. Elle se demanda si elle n’était pas un peu trop sérieuse pour cette mission, mais elle jugea que son attitude était adaptée à la situation. Pour sa toute première mission effective, elle se retrouvait avec une mission de rang B et une équipe avec laquelle elle n’avait pas encore beaucoup travaillé. Et leur seul avantage, le fait d’être plusieurs ninjas sur l’affaire, se révélait plus une tare qu’autre chose. Mais elle se sentait tout de même stimulée par la mission proprement dit et par le voyage jusqu’à Yagi. Haya n’avait jamais voyagé, même pour aller d’une île à une autre, c’était une bonne occasion d’en apprendre un peu plus. Et puis, combattre des pirates, cela lui rappelait les histoires que lui racontait son père sur les attaques de l’est il y a longtemps.

D’ailleurs, elle n’imaginait pas que les pirates puissent encore attaquer une île aussi importante que Yagi, alors que celle-ci fait pratiquement face à Uke et Kiri. Ils devaient forcément s’attendre à l’arrivée d’une équipe du village, mais pourtant… Ils avaient certainement préparé quelque chose qui les retarderait ou qui les éliminerait, ou alors ils étaient très sûrs d’eux. Peut-être y avait-il parmi eux un ou plusieurs ninjas ? Peut-être allait-il attaquer le bateau pendant son voyage ? Peut-être que le bateau était en réalité une propriété des pirates ?

Haya aurait presque était tentée de croire qu’Akio et Chiyoko avaient déjà pris toutes ses hypothèses en considération mais à mesure que le temps s’écoulait et que l’heure du rendez-vous disparaissait dans l’oubli, sa conviction s’effilochait. Il serait regrettable de mourir à cause d’un mouvement bref d’incompétence ou d’égarement de la part des dirigeants de l’opération mais Haya restait convaincue qu’Akio et Chiyoko étaient malgré tout de très bons ninja. Satoshi l’avait bien dit et elle avait vu Akio combattre.

Haya finit par se remettre debout et s’étirer, les muscles un peu engourdis par l’inaction. Elle dévisagea Liori et indiqua du menton la rue qui s’offrait à eux. Un bref acquiescement de son équipier et ils se mirent en route, dans la direction empruntée par le duo maléfique. Et ils marchèrent longtemps… longtemps… sans rien trouver. Un peu découragée, Haya se demanda où ils étaient. Pas très loin des docks et… sans doute là où les marins venaient chercher un peu de compagnie.

Un excellent point de départ.

Haya s’engagea en compagnie de Liori dans une sordide petite ruelle où, curieusement, personne ne fit d’avance à son partenaire. Pourtant il était pratiquement entier aujourd’hui. La jeune fille jetait des coups d’œil furtifs par les fenêtres sales de ce qui pouvait s’apparenter à des auberges, sans jamais apercevoir Akio qui, elle en était sûre, aurait été extrêmement visible. Ils progressèrent ainsi pendant quelques minutes sans rien trouver qui puisse les mettre sur la piste. Haya se demanda si Sokka ne les attendait pas au lieu du rendez-vous. Il était étrange qu’il ait été en retard. Peut-être avait-il retrouvé avant eux les deux sordides personnages ? Et qu’il essayait en vain de les tirer de quelque endroit louche. Ou alors il s’était fait éventré par un voleur à la petite semaine, ce qui n’était tout de même pas très glorieux pour un ninja de kiri en mission. Haya se retourna plus par automatisme que par autre chose mais évidemment, il n’y avait aucun Sokka derrière elle.

Ils arrivèrent au bout de la rue sans avoir croisé l’ombre d’un chuunin. Haya ne put s’empêcher d’être un peu soulagée : au moins n’étaient-ils pas tombés dans la plus obscure décadence à aller aux prostituées quelques minutes avant de partir en bateau. Ce qui n’aurait d’ailleurs pas été très flatteur pour eux.

Haya consulta Liori du regard et il devait penser la même chose qu’elle : l’heure tournait, le bateau était très certainement à quai et il ne tarderait plus à partir. Pour l’instant, ils n’étaient plus que deux et Haya préférait dans l’absolu ne pas se séparer de son équipier. Il fallait passer à la vitesse supérieure, et dans toute cette foule il devait bien y avoir quelqu’un qui avait croisé deux ninjas de kiri, ce n’était tout de même pas complètement anodin. En remontant la voie en direction des quais, Haya eut une idée qui en valait une autre et qui étouffait un peu son handicap. Elle prit la forme d’Akio dans une belle imitation de sa crâne assurance. Liori comprit sa stratégie en la pointant du regard tandis qu’elle se transformait tour à tour en Akio et en Chiyoko.

Liori - Vous auriez vu un de ces hommes ?

Ils répétèrent l’opération à cinq reprises, mais souffraient toujours la même réponse négative. Les chuunin ne semblaient pas être passés par ici… Haya se retransforma en elle-même, un peu dépitée mais néanmoins déterminée à remettre la main sur ses coéquipiers d’un jour. Il se pouvait même qu’ils soient à présent sur le lieu du rendez-vous, mais quelque chose qui ressemblait à de l’instinct lui disait que non. Ils avaient l’air un peu trop pressés et un peu trop heureux de s’éclipser pour que ce soit une activité ponctuelle. Ils devaient être en train de rouler sous la table avec une jeune femme sur les genoux, ou un tableau aussi peu reluisant…

Haya interrogea Liori du menton pour savoir où il souhaitait chercher à présent. La ville, qui lui avait semblé un peu petite en arrivant, se révélait beaucoup plus vaste quand il s’agissait de retrouver deux individus en particulier. Haya se promit d’éviter, dans la mesure du possible, toutes les missions qui consistaient à retrouver des gens.

Ils ont une fâcheuse tendance à savoir où se fourrer pour demeurer invisible…

MessageSujet: Re: [BI003] - Les greniers de Yagi   Jeu 8 Oct - 0:00

Depuis combien de temps ne s'était-il pas fait une "mission" avec Chiyoko ? Des lustres au moins. Akio souriait, il ressortait du longue convalescence et pouvait enfin retrouver la liberté qu'il avait toujours tant apprécié. Non qu'il n'aimait pas son village, ni même que ce dernier lui pesait, il était prêt à donner sa vie pour lui, aujourd'hui, tout comme demain. Mais, car il y a souvent un "mais", il y avait ce petit quelque chose dans son être, cette malice, qui l'empêchait de rester en place. Il savait que lorsqu'il serait capable de la vaincre, de la surpasser, ou plutôt de l'ignorer, alors il serait mort. Tout du moins une part de lui.

On lui avait dit que cela s'appelait grandir...

Faire preuve de lucidité. Mon cul ! On l'accusait d'en manquer cruellement. Le chuunin était turbulent, mais pas idiot. Lorsqu'il avait quitté le dojô des Miroirs d'Ambre pour le village de Kiri no Sato, il savait parfaitement où il allait mettre les pieds, il savait ce qu'on allait exiger de lui, et il l'avait accepté. Il n'avait jusqu'alors pas regretter son choix.

Il l'entendait encore, et encore, sonner et résonner, cette petite phrase assassine, qu'on lui avait glissé subtilement, lors de son examen pour devenir classe supérieure. Elle l'avait usé durant ces trop longues journées d'hôpital, mais, il voulait croire, qu'à ce jour, qu'elle n'avait plus d'effet sur lui. Comme toute les épreuves qu'il avait été amené à affronter, il devait la surmonter pour continuer d'avancer.

Un incompétent comme vous ne sera jamais juunin.

Qu'importe ce qu'il avait dis, il deviendrait ce qu'il voudrait, même si cela devait lui prendre plusieurs éternités ! Chiyoko lui adressa un regard interrogateur, car Akio se taisait depuis quelques minutes ce qui n'est guère courant. L'intéressé sourit alors et comme à de rares instants son visage prit quelques années, une sérénité et une maîtrise que l'on ne trouve que chez certains hommes d'exception, puis tout fut dissipé en un instant, en un geste.

Akio passa sa main dans ses cheveux.

Son sourire se fit plus niais et il retrouva une expression joviale, adolescente. Il donna un léger coup de coude à son partenaire ce qui ne manqua pas de le déséquilibrer. Chiyoko répliqua le geste puéril, mais Akio esquiva prestement et commença à taquiner son camarade sur sa "lenteur" et son "manque de réflexe", n'omettant pas de rappeler qu'il avait été longtemps été blessé à l'instar de son homologue, qui n'avait, pas ce raisonnement fumeux, "aucune excuse pour être aussi mauvais" !

Akio - Cela fait une éternité qu'on a pas eu l'occasion de se voir. On a bien fait de prévoir un peu de temps avant le bateau, comme prévu, je te propose d'aller boire un coup pour fêter cela.

Un sourire complice apparut sur le visage d'ordinaire si mystérieux de Chiyoko. Ils étaient dans les temps, ils avaient bien le temps de déguster "un petit rafraîchissement" ensemble.

***


Cela faisait bien plus de deux heures que le "petit rafraîchissement" avait commencé et les deux compères avaient bien entamé leurs bourses et pas que ces dernières. Attelé à une table de jeu, Akio essayait de se concentrer sur les deux cartes qu'il tenait dans ses mains, il avait bien du mal à déchiffrer les chiffres et la couleur qui s'y trouvaient dessinés. Pour "aider" à retrouver sa concentration, il descendit une nouvelle pinte d'un trait. Passé la dixième, il avait commencé à avoir du mal à boire correctement, ainsi, une partie du contenu lui avait allègrement couler sur le menton et dans le cou. Chiyoko de son côté n'était pas en reste et finissait lui aussi son pichet.

Sacré tandem.

Chiyoko se plongea alors dans la contemplation de la table en bois en approchant sa tête au raz de cette dernière. Il finit par lever la main pour commander de nouveau. Leurs partenaires de jeu commençaient légèrement à s'impatienter devant l'état déplorable des deux shinobi, toutefois, ces derniers ayant de quoi jouer et surtout payer, ils se disaient tous que c'était une occasion facile de se faire quelques pièces. Une serveuse vint apporter deux nouvelles boissons et alors qu'elle s'en allait, Akio lui pinca maladroitement les fesses. Elle se retourna, le rouge aux joues, le coupable se défaussa immédiatement sur l'autre membre du tandem, le pointant du doigt.

Akio - C'est pas moi ! C'est lui, juré ! hoqueta-t-il, entre deux relans gastriques.

La pauvre demoiselle jeta une regard incrédule sur le pauvre Chiyoko qui reniflait sans ménagement les sciures de bois, mélangés à l'hydromel et la saleté qui régnait sur le table. Comprenant que le pauvre hère ne pouvait être l'auteur de l'acte, elle administra une virulente claque à Akio, qui accusa le coup avec un couinement disgracieux. La tablé eut un rire gras, ce qui ne suffit pas à décoller Chiyoko de son étude. Akio se passa la main dans les cheveux et tenta de se redonner un peu de contenance, ce qui rata lamentablement.

Akio - De toute façon, elle est moche, il posa ses cartes sur la table, se leva maladroitement.
Excusez-moi Messieurs, je dois aller faire pleurer le colosse.

Il zigzagua jusqu'à un coin du bar, évitant tant bien que mal les tables et les gens et urina en plein public, sous le regard hébété des clients et des tenanciers. ALors qu'il s'en retournait s'asseoir, un barman plus corpulent que les autres lui demanda de sortir. Dans son petit monde, Akio n'entendit rien, ni même n'entrevu l'individu. Alors qu'il arrivait à la table, le barman posa une main trapue sur l'épaule du chuunin. Ce dernier, avec un réflexe conditionné par des années d'entraînement, se débarrassa aisément de l'emprise et fit reculer son adversaire.

Akio - Hé ! Chi-Chi ! Je crois que ce gars à un problème !

L'interpellé releva la tête, quittant miraculeusement sa contemplation dans laquelle il était plongé depuis plusieurs minutes, s'aggripa à la table pour ne pas manquer de tomber, malgré le fait qu'il soit assis dans une chaise. D'un œil morne, il dévisagea le barman. Il sourit, une expression presque sadique trônait sur ses lèvres.

Chiyoko - Ouais...Je crois qu'il a un problème.

Puis complètement par surprise, Chiyoko pivota et assena un puissant coup de poing dans la mâchoire d'un des joueurs de la tablée. L'homme s'effondra sur le sol, tandis que Chiyoko se relevait et crachait un glaire consistant sur sa victime.

Chiyoko - Connard de tricheur !

***


Lorsque le premier membre, sobre, de l'équipe de Chiyoko et Akio arriva, à la taverne, il ne put que constater les dégâts, un homme jeté par la fenêtre, les tables fracassées, les chaises démembrées, de la bière et bien d'autres boissons, épandues partout par terre. Un Akio et un Chiyoko, hilares, sanglant, qui faisaient toujours face à une dizaine d'hommes, sur les décombres de ce qui avait été un bar sympathique.

[Vous avez manqué le bateau Razz
Je met les informations dans le topic Coin RP associé =)]

MessageSujet: Re: [BI003] - Les greniers de Yagi   Lun 19 Oct - 23:43

Sokka se décida enfin, de lever la tête, n’ouvrant qu’un œil, pour regarder quelle ombre venait de l’interpeller. A première vue, il semblait avoir une trentaine d’années. Ce dernier avait le poing serré. Le Chuunin ignora tout simplement cette attaque verbale, en refermant lentement sa paupière. Après tout, il n’y avait aucune raison de s’inquièter, pourtant, par reflexe il posa sa main droite près de sa taille, se rapprochant du tsuka de son katana.

??? – C’ets bien a toi que je parle. Bouge de cet endroit. C’est mon arbre.

Sokka – Ah ? Je n’avais pas vu de nom inscrit dessus pourtant.

Sokka aimait agacer, ce genre de personne. Le genre qui se croit permis de tout. Ils ne veulent que le monde les acceptent comme rois. Mais, face à cette attitude, l’Eisei-Nin, ne voyait qu’une seule chose comme réponse : les détrôner. Pour ne pas être surpris par quelconque attaque, il finit par ouvrir ses yeux, plongeant son regard dans celui de son interlocuteur. La luminosité piqua un peu ses prunelles, qui s’était habitué à la pénombre qu’offraient ses paupières. La suite n’allait être que bataille psychologique. Le villageois, regarda au niveau du cou du shinobi, avant de déclarer.

??? – C’est mon village, dégage ! Y’en a marre des ninjas qui viennent ici. Ils foutent toujours le bordel.

Sokka – Pas plus que les marins, si je me tiens à ce que j’ai vu précédemment.

Le Kawaki se leva, on lui avait gaché le plaisir de flemmarder, et puis le temps passant, l’heure du rendez-vous d’approchait à grand pas. Il allait devoir rejoindre, le port, à condition de retrouver, le deux Chuunin qui s’étaient éclipsé dès leur arrivée dans ce village.

??? – En tout cas, vous ne donnez pas une bonne image de vous-même. Toujours prêt a castagner, comme les deux autres que j’ai croisé au Bar, tout à l’heure.

Sokka réfléchit un moment. Se pouvait-il que ce soit eux ? Il était fort probable. Il fallait maintenant savoir où ils se trouvaient exactement. Il allait devoir cesser, son petit jeu, pour pouvoir partir à la pêche aux infos.

Sokka – Désolé. Sa main quitta la poignée de son arme pour que celle-ci passe dans ses cheveux. Je peux être idiot parfois.

Il utilisait non pas la flatterie mais l’humilité. Il allait le laisser roi pour cette fois. Le trone devenait ridicule par rapport, aux informations, qu’il pourrait délivrer. Et puis ce n’était pas à le briguant contre lui, qu’il allait les obtenir. Le jeune homme au teint mat, secoua la tête montrant un air peiné. Celui qui lui faisait pouvait penser que cela lui était adressé, mais L’Eisei-Nin, pensa tout simplement, où, le « capitaine » de cette mission et un de ses compagnons s’étaient tout simplement embarqués.

Sokka – Et tu peux me dire dans quel endroit tu as vu, ce que tu racontes ?

??? – Et pourquoi, je te le dirais. Roh, et puis je m’en fous. Va retrouver tes amis, du moment que tu te casses. Ils sont dans le bar « Le Mât Enivré ». Il doivent se taper sur la tronche depuis une demi heure déjà.

Le Kawaki, effectua un bref mouvement de tête vertical, tout en exprimant un « merci ». Finallement, il y repensa, mais il avait entendu des bruits assez sourd, au niveau du quartier marchand, et si c’était Akio et Chiyoko, et non un brigand, essayant de s’enfuir, tout en saccageant, le marché ? Son pouce et son index appuyèrent ses globules lui servant de vue. C’était plus qu’idiot de n’y avoir pas penser à ceci plus tôt. Enfin, il avait une bonne excuse, il ne les connaissait pas assez, pour le savoir.

L’Eisei-Nin, se mit en marche, prenant le même chemin, dans le sens inverse, qui l’avait amené dans le parc. Il courut rapidement, et ce n’est qu’au bout de 5min de course d’orientation, qu’il put se retrouver dans cette petite rue, où les bruits sourds prenaient leur origine. Il leva les yeux pour que son regard rencontrèrent l’insigne de la taverne. AU moment où il s’était approché assez pour entendre que son était bien celui provoqué par des coups de poings et autres, un homme vola littéralement par la fenêtre. Il n’attendit pas avant de s’écraser, sur le sol lourd de ses pavés, sans pouvoir se relever. Sokka imagina la situation dans laquelle s’était fourré les deux compères, et soupira à cette idée. Il n’aimait vraiment pas ce genre de situation.

Quelques instants plus tard, il pénétrant enfin dans l’antre. Les informations se révélèrent exacts. Akio et Chiyoko se battaient bien contre une bonne partie de la clientèle, tous ayant abusé de l’alcool. L’Eisei-Nin ne savait pas ce qu’il devait faire, pour mettre a terme, à ceci. Et ils allait louper, le bateau, ça devenait chaque seconde, une certitude. Le Chuunin devait peut-être essayer de les raisonner, ne sait-on jamais, peut-être qu’il n’avait pas assez bu pour oublier de faire fonctionner leurs méninges. Maladroitement, il essaya de se mettre entre les deux parties. Il voulait jouer le médiateur, celui qu’on écoute, voire obéit. Pauvre de lui, il ne savait pas que l’alcool et sa naïveté, faussaient tout bonnement sa pensée.

Il se plaça donc, entre d’un côté deux shinobi, se battant pour leur propre raison, et de l’autre, une troupe de clients habituels du bar – a en juger leur tête – revendiquant leur force en ce lieu.

Sokka – Écoutez. C’est une mauvaise idée. Vous allez le regrettez et…

Il n’eut pas le temps de terminer sa phrase qu’un objet voleta près de lui, le manquant de justesse, à quelque millimètres près, le Kawaki joncherait le seul, assommé, par un coup de bouteille, bien visé.

??? – On t’demande pas ton avis. Laisse-nous leur foutre une bonne raclée ! Et si tu veux pas, on va t’cogner dessus aussi, s’nous dérange pas !

Quel geste vain. Sokka était encore trop dans son idylle, malgré que cela faisait un bout de temps, qu’il était un ninja. Mais, il ne pouvait pas encore ne plus croire à ces rêves. Sinon, cela voudrait dire, que… Non, il ne pouvait pas y renoncer maintenant. C’était la raison qui lui avait poussé à faire, ceci. Le Chuunin ne voulait pas s’impliquer dans la bagarre. Il en aurait honte, qu’on rapporte qu’il aurait pris part à une bataille d’ivrogne, et les autres le regarderont différemment. Cependant, impuissant face à cette scène, un dilemme lui avait été posé. Combattre et ainsi, se débarrasser des ivrognes pour récupérer les deux autres compagnons, ou alors ne rien faire, ne voulant s’impliquer aucunement dans ce combat puéril.

Une idée lui germa. Ce n’était pas la meilleure, ni même une bonne, si on y réfléchissait après tout. Il suffisait de les empêcher de combattre. Cela semblait si simple et si évident. Mais, le jeune homme au teint mat, n’en avait pas les moyens, il ne pourrait pas les stopper par la force. Néanmoins avec de la malice, cela pouvait le faire. Ainsi, Sokka se retrouva à chambouler le bar, jonchant d’obstacles, diverses, comme un tabouret ou une table, déplacé plus facilement à l’aide de chakra. Encore un geste inutile, les opposant n’était que gêné temporairement, se servant même des obstacle pour essayer de frapper, l’autre plus facilement, plus fermement. Jusqu’à ce qu’il arrive face à face. Sokka devait en priorité éviter. Et c’est par reflexe, qu’il balança un cendrier, à deux reprises, qu’il avait trouvé en tâtonnant sur le bar où il s’était réfugié, visant les combattants. Il exprima un «désolé» au barman, pour la perte de ces objets. A chacun de ses lancés, un bruit sourd se fit entendre. Il avait touché des personnes, cependant aucune n’appartenant au corps Shinobi. Ils avaient reçu le coup en pleine, et étaient désormais allongé sur le sol, inertes.

??? – Qu’est-ce que t’as osé faire à Naoki et Yuu ? Tu vas le regretter. Maintenant on sait t’es dans quel camp.

Sa phrase eut un écho, cette fois, de la part des Chuunin, trouvant enfin quelque chose à dire.

Akio – Hé, Chichi. Finalement, il est pas aussi coincé que je pense !

Chiyoko – Ouaip. Vu qu’il est de notre coté… On a qu’à l’encourager, il nous aidera encore peut être.

Et c’est après cette décision mûrement réfléchie que les deux Chuunin se mettait le nom de Sokka, ou quelque chose s’y approchant. Sous cette ambiance infernale, le Kawaki se retrouvait face à quelques des opposants ivrognes. Ne cherchant toujours pas, à attaquer, il ne faisait que se protéger, encore une fois à l’aide de tabourets, ou tout simplement ses bras. Et quand la situation devenait extrême, c’est-à-dire de se prendre un coup visant à l’abattre, il se résolut, à placer un coup de poing chargé de chakra, un «Gouwan», une technique de son répertoire.

L’Eisei-Nin, était désespéré face à une situation, qu’il n’avait qu’aggravé, chose qu’il ne pensait guère probable auparavant. Il se demandait comment allait-il pouvoir sortir de ce pétrin. Soudain, la porte s’ouvrit. Sokka jeta un coup d’œil pour savoir qui allait pénétrer dans un bar qui ne l’était désormais que par son nom. Après avoir aperçu ce qu’il voulait voir, il esquissa un bref sourire.


[Seuls les administrateurs ont le droit de voir cette image]

MessageSujet: Re: [BI003] - Les greniers de Yagi   Mer 21 Oct - 18:04

Visiblement, une loi fondamentale de l’univers était établie pour la recherche des individus d’un certain type. Le type d’individu concerné était «l’abruti». La loi, à quelques détails prêts, pouvait être résumée à ceci. « Lors ce que l’on cherche un individu A, dans une ville P couvrant un périmètre pouvant se situer entre les points G ; V ; D ; M, alors, les deux individus H et L peuvent poser leur cul quelque part et attendre qu’une agitation de grande ampleur, tout en étant très localisé, est lieu. L’individu A sera sur place. ».
Je ne considérais pas vraiment Akio comme un abruti. J’avais déjà fais la remarque qu’il était con, mais je n’ai jamais osé penser de lui qu’il était abruti. Pourtant, parfois, j’avais la désagréable impression qu’il faisait absolument tout pour qu’on de lui qu’il n’était en réalité que ça.
Un abruti capable de se mettre à dos toute une taverne et de la démolir en même temps que ses clients.

J’observais le désastre, le genre de scène qui aurait fait s’évanouir d’indignation les Hippies de la pire espèce, ou bien fondre en larme les propriétaires de bar les plus aguerries. D’ailleurs, le barman étant invisible, j’en déduisis qu’il s’était simplement caché derrière le bar pour pleurer en paix. Pauvre homme, j’en serais presque compatissant.
L’auteur, ou plutôt « les », de ce carnage étaient bien évidemment les deux Chuunin portés disparus. Au moins, ils avaient l’air de s’amuser. Si la mission échouait suite à leur comportement, ils conserveraient tout de même quelques « agréables souvenirs ».

Les immondes connards.

Sokka aussi était de la partie, visiblement sobre et moins amoché que les deux autres soulards –même si je me doutais que le sang sur nos deux compagnons ne leur appartenait pas. Je supposais qu’il était, tout comme nous, arrivé juste assez tôt pour se rendre compte qu’il aurait du prendre le bateau sans les deux autres. Sans doute aura-t-il était mêlée à la bagarre en tentant d’intervenir.
Il faisait au moins preuve d’une retenue exemplaire. S’il y avait des morts, on ne pourrait sans doute pas les lui reprocher. Le tirer de ce mauvais pas, pour ensuite se concerter et trainer les deux autres hors de la taverne, pouvait être une bonne idée. D’un autre côté, il accaparait l’attention de quelques ivrognes…

Je laissais à Haya le soin de ne pas se faire agresser et me dirigeait vers Akio, évitent de tourner le dos à la faction qu’il s’était fait pour ennemie. Je devais essayer d’en ramener un à la raison, ou du moins, le convaincre que le monde là dehors était largement plus intéressant qu’une taverne déjà en ruine. En particulier lorsque le paysage extérieur était constitué d’un « charmant » bateau les menant vers les greniers Yagi.
J’allais m’attaquer à Akio. C’était simplement lui que je pensais le plus facile à manipuler, une fois ivre, étant donné que c’était sur lui que j’en savais le plus… Je réfléchis quelques instants à la façon de m’adresser à lui.

[Liori] – Capitaine… Vous vous rendez compte que perdre du temps ici fera sans doute échouer la mission. Je crois que vous avez d'autres ambitions, non ?

Le chuunin me regarda un instant, puis pointa du doigt ses congénères.

[Akio] – C’est moi qui aie commencé, c’est eux !

A peine eut-il détourné son attention quelques secondes, qu’un des ivrognes vint l’attaquer. L’idée était bonne, mais il n’avait pas encore suffisamment de pratique pour qu’il puisse l’exploité entièrement. Il serait sans doute encore en train de se demander pourquoi le mur se rapprochait de lui, si le choc ne l’avait pas assommé. Même si la réponse d’Akio était irritante, je devais reconnaitre qu’il avait effectué une jolie projection.

[Akio] – C’est pas faux, (visiblement, mes paroles avaient finalement atteint un groupe de neurones résistant encore à l’alcool) y a autre chose à foutre que de rester avec ces culs terreux, n’est pas Chi-chi ?

L’intéressé approuva du chef.

[Chiyoko] – Ouais, commencent à devenir bien chiants ces cons.

Il ponctua ses propos de craquement d’os. Je notais mentalement qu’à sa place, j’aurais sans doute bloqué le bras avant de briser la jambe et de l’assommer l’assaillant… Mais briser le bras en deux points puis jeté le corps plus loin ne manquait pas de style non plus.
Pendant ce temps, Akio reparti gambader dans la foule, distribuant pain et marron, tel un saint, à qui en réclamait.
J’observais la scène de l’œil le plus neutre que je pouvais afficher, dans les conditions actuelle. Rester calme, et analyser la situation. Il était clair que suivre l’exemple de mes ainées serait le moyen le plus rapide pour mettre fin à cet affrontement ridicule. L’ennuie c’est qu’il ne voudrait sans doute plus s’arrêter qu’à cette taverne. Non, il fallait utiliser une voie plus diplomate, ne pas résoudre un conflit aussi absurde par la violence.
Nous avions donc trois chuunin pris dans la mêlée, dont un contre son gré. Haya qui, je l’espérais, tenais aussi à la manière douce et moi. Dommage que le volume sonore ici couvrait largement la voix d’Haya, elle m’aurait sans doute efficacement remplacée. Dommage qu’elle soit muette en fait.

La pensée d’être l’un des membres de la première des doubles équipes de Kiri à échouer sa mission parce qu’ils n’ont pas réussit à quitter le port où ils devaient embarquer effleura mon esprit. Je devais être grippé lors des cours traitant sur la diplomatie. Ou alors je dormais.

Soigneusement, je sectionnais une partie de mon bandage au bras gauche. Laissant mon poignet à l’air libre.

Je le libérais. Enfin, il n’avait pas de conscience propre, autre que la mienne, donc je libérais mon envie. Celle de quitter cet endroit. Le liquide rouge fusa et forma plusieurs tentacules qui traversèrent l’espace entre mes collègues et les autres sales cons. Quatre longues formes rouges qui se figèrent dans les airs, à une hauteur suffisante pour être vu de tous. Les tentacules s’entortillèrent alors, formant une sorte de tronc un peu plus large que le bras auquel il était relié. Une dernière pulsion, semblable à un battement, parcouru le sang, qui changea légèrement de forme. De grosse pointe saillait, donnant à mon précieux liquide vital l’apparence d’une ronce.

Ca faisait mal.

Lorsque je m’adressais à Akio, ma voix me paraissait étrangement calme. Pour les autres, elle devait juste sembler aussi gracieuse que d’habitude.

[Liori] - Je pense que ça serait une sage décision de partir en ignorant ces gens...

Ca marchait. Tout le monde s’était calmé. Sokka pouvait même tranquillement fausser compagnie à ses nouveaux amis. J’aurais pu m’amuser de la grimace dégouté que tiraient la plupart des gens présents, si je n’attendais pas autre chose.
Le coup que donna, au grand regret de sa main, Akio sur la forma que j’avais mis en place, sonna comme le gong. Ils se dirigèrent vers la sortie, trainant les pieds et marmonnant comme des gosses. Enfin.

Le barman, celui que je supposais en train de pleurer derrière le comptoir, sorti de sous une table. Le fourbe.
Pendant qu’il guettait les alentours et se reconstituait un personnage, je faisais revenir mon sang à sa place. C’était un spectacle encore plus intriguant que de le voir sortir. Il se contentait de retourner en arrière, sans bruit, sans tache volontaire. Comment on faisait pour réussir à « ranger » notre sang, c’était dur à expliquer. On résumait ça assez sommairement. « C’est comme le faire sortir… Mais à l’envers. »

[Barman] – Attendez ! Vous… Vous… VOUS RUINEZ MON BAR ! ET VOUS… (*Des petits oiseaux qui volent dans le vent, avec un beau ciel bleu et un soleil étincelant. On est bien dans l’herbe…* Sokka, tu peux sortir avec Haya pour t’occuper des deux autres. Ah, il s'était tut).

Parfois il était bon de penser à autre chose lorsque quelqu’un vous parlait. Surtout si par « parler » on entend essayer de faire s’effondrer à la force de ses cordes vocales ce qui restait encore debout dans une taverne après une gentillette bagarre d’ivrogne.
Etant le seul shinobi en présence, je me chargeais de répondre à ce courageux individu. Tout en m’imaginant lui envoyer une pique de sang dans les yeux. Douce diplomatie, ne m’abandonne pas maintenant.

[Liori] - D'après ce que je sais, ce sont des hommes capables de mettre en pièce une trentaine de personne et une taverne, en étant totalement ivre, que vous essayez de menacer. De plus ils sont aussi responsables des dégâts (je désignais d’un geste vague les clients survivants) et peuvent donc vous rembourser.
(Et maintenant, un peu de bluff. S’il se cachait sous les tables quand on réduisait son bar en miette, je ne supposais qu’il n’aimait absolument pas les conflits dans lesquels il pouvait devenir le centre d’interêt.)
Finalement, avec vos histoires vous risquez de faire échouer une importante mission pour Kiri... Si c'est le cas, je pense que vous regretteriez plus que quelques meubles cassés, lorsque mon village et notre client vous feront connaitre leur mécontentement...

J’attendais un peu pour voir sa réaction.

Si vous vous montrez raisonnable maintenant, d'ici quelques jours vous devriez pouvoir recevoir une compensation pour... Ce qui s'est passé ici.

Il balbutia plusieurs réponses à la fois, mais qui se rejoignais sur une idée commune. Il nous laissait partir. Je le fis un sourire avant de tourner les talons et de rejoindre le reste de l’équipe.

Tout en glissant mon bras gauche à l’intérieur de ma veste, je me faisais la remarque que rien de pire ne pourrais théoriquement nous arriver.

MessageSujet: Re: [BI003] - Les greniers de Yagi   Sam 24 Oct - 14:29

Dès qu’ils eurent aperçu la taverne, des indices plutôt évidents indiquaient qu’un ou deux ninjas éméchés y sévissaient depuis plusieurs minutes.

Haya jeta un œil dans la rue qui descendait sur les docks avec un peu de regret. S’ils allaient dans la taverne, il y avait de très bonnes chances pour que le bateau ne les attende pas. Ils étaient déjà en retard et il semblait improbable que le capitaine du navire soit réellement averti de leur présence à bord ou, s’il l’était, qu’il prendrait la peine de les attendre. Haya se passa une main sur le front et s’engagea à la suite de Liori. Elle restait intimement convaincue que faire le voyage en s’économisant la présence pesante et catastrophique des deux chuunin avait beaucoup de bon. Après tout, ils prendraient le prochain et ils les rattraperaient à Yagi. Ce n’était pas comme s’ils étaient obligés de partir ensemble. S’ils préfèrent la présence de la bière à celle de la mission, leur choix est fait. Mais ce n’était certainement pas le sien.

Malgré tout les mots de Satoshi lui revenaient en tête. En fait, elle s’en rappela plusieurs. Il les avait qualifié de branleurs mais avait assuré qu’ils pouvaient compter sur eux. Jusque là, son assertion ne se justifiait pas réellement. Peut-être envisageait-il le cadre d’un affrontement. Mais pire peut-être, selon le point de vue, il avait précisé qu’Akio serait chargé de les observer. Et si tout cela n’avait été qu’une sorte de test pour eux ? Cela restait peu vraisemblable et comme elle put l’observer en voyant l’état dans lequel étaient les deux ninjas, très compromis comme hypothèse. Aucune excuse, il s’agissait réellement de deux boulets.

La taverne était partiellement détruite, des débris de mobilier jonchaient le sol tout autour d’eux. Haya avisa Sokka et lui adressa un petit signe de la main. Il n’avait pas l’air dans une position extrêmement confortable. Haya utilisa l’eau d’une barrique explosée pour réduire la mobilité de ses adversaires, dont les pieds s’empêtrèrent dans une substance spongieuse et collante. Cela devrait lui permettre de s’écarter sans trop de mal. La jeune fille observa ensuite ceux qu’on ne pouvait manquer de voir, les deux chuunin qui trônaient fièrement. Elle soupira brièvement et fut encore une fois tentée de repartir. Des badauds, derrière elle, s’assemblaient. Haya fronça les sourcils. Cette agitation était mauvaise. La sécurité locale n’allait pas tarder à venir, à mesure que la rumeur d’une rixe de taverne se répandrait. Quelle superbe image des ninjas de kiri…

Liori s’éloignait en direction d’Akio, mais Haya resta au seuil de la porte. Elle n’avait pas très envie de voir des amis des bagarreurs s’ajouter sur le tas, cela exciterait un peu trop Akio et Chiyoko. Elle rendit son regard à un des clients de la taverne qui se demandait probablement si elle méritait un coup du tabouret qu’il brandissait. Haya essaya de le gratifier de son plus innocent sourire pour qu’il frappe quelqu’un d’autre. De préférence, celui qui avait les cheveux longs ou le petit gars en veste. Il se désintéressa d’elle. La tentative diplomatique de Liori semblait être un échec. Ne voyant pas de solution évidente, Haya préféra le laisser gérer. Tout ce qu’elle voyait, c’était tenter de dégriser les chuunins (qui étaient immanquablement ivres) mais cela ne réglerait pas la situation présente pour autant. Akio évoluait joyeusement parmi les clients et chacun de ses coups repoussait de plusieurs mètres ses malheureux adversaires. Haya secoua la tête. Quelle gloire, vraiment, de battre des paysans… Elle n’arrivait pas à concevoir comment la situation avait pu en arriver là. Peut-être les chuunins avaient-ils refusé de payer, ou bien ils avaient… simplement bu jusqu’à s’en retourner le cerveau.

Haya sursauta presque lorsqu’elle tourna la tête sur le côté et avisa un homme du double de son âge qui la fixait du regard avec insistance, à quelques centimètres de son visage. Elle ne sait pas exactement où elle puisa la force de résister à son instinct (le frapper fort et plusieurs fois) et recula à l’intérieur de la taverne. L’homme l’observait toujours. Son court bâton (qui avait dû être jusqu’à aujourd’hui le pied d’une chaise) heurtait à intervalle régulier la paume de sa main. Elle maudit intérieurement à la fois son bandeau qui l’associait immanquablement aux fauteurs de trouble et son inattention qui aurait pu lui valoir un violent coup si son adversaire avait été un peu plus entreprenant. Haya hésitait à passer à l’attaque à son tour. Si elle le faisait, peut-être que la situation se terminerait plus vite mais il n’était pas dans son intention de combattre des civils qui, elle en était intimement persuadée, étaient dans leur bon droit. Son dilemme fut interrompu par l’apparition d’une substance pâteuse d’un rouge sombre. Haya porta sa main à son nez, l’odeur agressive du sang assaillant ses sens. La jeune fille lança un regard à Liori qui, comme elle l’avait pensé en voyant une quantité aussi prodigieuse, avait partiellement libéré son pouvoir. Ce n’était pas très esthétique mais tout le monde fixait le spectacle avec un mélange partagé de stupeur et de dégoût. Akio, assiégé par un certain nombre de litre de sang, l’observait avec une expression assez drôle.

Chiyoko et son compagnon finirent par se mettre en direction de la porte et Haya leur emboîta le pas. Elle s’arrêta toutefois pour contempler le sang qui était aspiré, en quelque sorte, par Liori et qui réintégrait son corps. Elle se demandait ce qui se passait quand il était blessé en combat. Un geyser de sang ? Rien de particulier ? Haya put assister aux hurlements du barman mais remarqua qu’il avait tout de même attendu qu’Akio et Chiyoko sortent pour la laisser s’exprimer. Pas très spontanée. Mais à mesure qu’il hurlait, il semblait prendre confiance et même si cela ne dura pas plus d’une vingtaine de secondes, il acheva essoufflé et rouge de fureur. Haya regarda autour d’elle. Il était vrai que les meubles encore debout se comptait sur… non, ils ne se comptaient plus.

Elle ignorait que Liori puisse se montrer si volubile. Elle ignorait aussi qu’il arrive à sourire. Haya elle-même ne se sentait pas d’humeur suffisamment apaisée pour sourire. Même si avoir raté le bateau ne signifiait pas avoir raté la mission, les pirates étaient par nature portés sur le déplacement. S’ils venaient à apprendre qu’une équipe de ninjas est restée bloquée dans un port d’Uke alors qu’ils étaient en mission… ils repartiraient et la mission s’évanouirait avec eux. Ou alors, pire, ils devraient faire une recherche méthodique et s’embarquer pendant plusieurs semaines jusqu’à retrouver les pirates.

Plusieurs semaines avec Akio et Chiyoko. L’horreur. Déjà qu’en quelques heures ils avaient su se montrer tout à fait brillants, elle n’osait imaginait leur potentiel s’étaler sur la durée. Finalement la diplomatie de Liori était un succès, mais il restait un problème. Akio et Chiyoko, observaient avec un très grand sérieux le sol qui quelques secondes plus tôt était couvert de sang. Ils discutaient à voix basse de ce miracle et s’attribuait l’un l’autre ce mérite. Dehors, la foule ne désemplissait pas et le temps jouait clairement contre eux. Haya n’avait aucune envie de subir la présence de deux ivrognes. Akio était déjà pénible sobre, cela lui suffisait. Elle malaxa un peu de chakra, prit une profonde inspiration et recracha une importante quantité d’eau dans le dos des deux chuunins, en visant la tête. Peut-être avait-elle un peu exagérée car ils traversèrent la cloison malmenée comme un seul homme et glissèrent à l’extérieur de la rue. Les passants s’écartèrent précipitamment et Haya regarda le plafond qui grinçait d’une façon menaçante. Elle essuya l’eau qui coulait sur son menton mais n’osa pas rencontrer le regard du barman. Elle sortit par l’ouverture qu’elle avait créé avec le plus de dignité possible et rendit à Akio son regard. Il semblait un peu hébété et se grattait le sommet du crâne en dévisageant Haya. Maintenant qu’il semblait aller mieux, elle ne désespérait pas de rejoindre les quais pour se renseigner sur le prochain bateau. Peut-être même que s’ils avaient de la chance, le dernier bateau n’était pas encore parti.

Mais la chance n’était définitivement pas avec eux. Elle perçut un bruit de course plus haut dans la rue et les passants qui s’écartaient laissèrent émerger un nombre impressionnant de gardes. En réalité, comme elle le remarqua, les gardes étaient déjà présents. C’était seulement les renforts qu’elle voyait là. Ils discutaient avec les badauds et des doigts fréquents se pointaient sur Akio et Chiyoko, qui s’étaient redressés et s’occupaient à dépoussiérer leurs habits, indifférents à l’agitation alentour. Haya rencontra le regard de Liori et haussa les épaules. Haya s’approcha et Akio lui jeta un regard mauvais, mais elle l’attribuait davantage à son humeur maussade qu’à une réelle hostilité. Il s’ébroua brutalement et Haya s’essuya le visage.

Celui qui semblait être le chef de la garde acquiesça sèchement au rapport de l’un de ses collaborateurs et s’avança de plusieurs pas, tout en restant à bonne distance des ninjas. Il indiqua du menton les clients de la taverne, en plus ou moins bon état.

Chef de la Garde - Vous êtes mis aux arrêts pour trouble de l’ordre public, coups et blessures et destruction de commerces. Gardes.

Une dizaine de gardes relevèrent les clients sans trop de ménagement et s’écartèrent de la foule. Le chef de la garde observait Akio et Chiyoko mais son trouble était évident. Il ouvrit la bouche puis la referma. Voyant que Haya le regardait (les deux chuunins étant encore un peu sonnés et toujours parfaitement indifférents au reste du monde), reporta son attention sur elle.

Chef de la Garde - Je vous prierai de vous rendre sans opposer de résistance, afin que vous soyez équitablement juger pour vos actions.

Haya écarquilla les yeux. Jugés ? C’était insensé ! Ils étaient payés par le daimyo de ce pays, par leur supérieur hiérarchique, pour une mission d’importance ! Et ils allaient perdre leur temps dans un procès ? Ils risquaient de passer au moins la nuit en cellule et c’était autant de chances pour que la mission s’évapore. Haya jugea l’homme et observa qu’il n’avait fait aucun mouvement dans le sens de ses paroles. Il leur demandait de venir, mais ne les y obligeait pas. Il devait savoir que s’ils opposaient une résistance, comme il disait, celle-ci serait brève et pas réjouissante pour lui. Néanmoins, il était dans son droit le plus absolu d’exiger que justice soit rendue et Haya n’allait pas lui jeter la pierre. Elle essaya tout de même une tentative qui, même si elle pouvait sembler primitive et un peu stupide, pouvait toutefois leur épargner quelques soucis. Elle essaya de prendre un air coquet, adressa un sourire ingénu au garde et battit légèrement des paupières. Le chef de la garde demeura impassible, même si une ombre d’inquiétude et d’incompréhension traversa son regard.

Va mourir rustre, pensa Haya…

Elle reprit un air neutre et s’approcha de l’homme. Ses subordonnés abaissèrent leurs armes ou reculèrent, méfiants, mais le chef ne broncha pas. Elle acquiesça la tête et l’homme écarquilla les yeux.

Chef de la Garde - Euh… Vous acceptez ?

Haya acquiesça à nouveau. Elle indiqua du doigt Liori, derrière elle, et fit un mouvement de la tête pour enjoindre le jeune homme à la rejoindre. Elle regarda Sokka et lui sourit en pointant cette fois-ci Akio et Chiyoko. Il ne devrait pas avoir trop de mal à les garder à l’œil, ils étaient encore groggy et de trop mauvaise humeur pour s’amuser davantage. Elle observa le chef de la garde qui la dévisageait avec de plus en plus de consternation, se désigna, désigna Liori à ses côtés et posa son doigt sur lui enfin.

Chef de la Garde - Vous deux ? Très bien. Parfait. Gardes !

Un homme la saisit par le bras mais la relâcha aussitôt. Haya se retrouva encadrée par quatre hommes, Liori derrière elle. La foule s’écartait à leur passage et les gardes qui détenaient les clients leur emboîtèrent le pas. Ils étaient plus nombreux encore qu’elle ne l’avait imaginé. Une ville avait vraiment besoin d’autant de gardes ? Si près de kiri ? Haya haussa mentalement les épaules et se concentra sur le déroulement des opérations. Par sécurité, elle avait préféré que Liori vienne avec elle. D’une part parce qu’elle était muette et que cela pouvait poser problème, mais également parce que très égoïstement, la perspective d’être seule en cellule pendant un temps indéterminé, sans la moindre possibilité de demander son avis à quelqu’un d’autre, la dérangeait. Bien sûr, il était hautement improbable que cette ville dispose d’un équipement capable de retenir des ninjas. Mais Haya n’avait pas envie d’attirer davantage d’ennuis à kiri et était décidée à respecter les procédures normales, même si elles les retardaient. Le fait qu’ils soient en mission à l’heure actuelle pèserait pour eux. Il serait stupide de les retenir, mais Haya, après le navrant spectacle de la taverne, préférait ne pas s’avancer sur l’intelligence des hommes. Ensuite, Sokka, Akio et Chiyoko pourraient prendre de l’avance s’ils voyaient que ça tardait, ou venir argumenter avec l’autorité qu’ils s’apprêtaient à voir. La situation n’était pas aussi misérable qu’elle le paraissait.

Ils arrivèrent en vue d’un vaste bâtiment que le chef de la garde, par politesse, leur dit être la mairie. Une fois dans le hall, Haya fut surprise de la qualité de la décoration. Le chef ne perdit pas de temps en observation et se dirigea directement vers deux hommes en poste. Il indiqua les ninjas de la tête.

Chef de la Garde - Je veux que ces deux-là passent en comparution immédiate. Faites le nécessaire.

Les gardes saluèrent et s’éloignèrent dans deux directions opposées. On les fit entrer dans une salle adjacente pourvue de quatre bancs le long de murs. Haya s’assit sagement sur le banc le plus éloigné de la porte, Liori s’installa à côté d’elle et les autres clients s’assirent tout autour mais aucun ne s’approcha de leur banc. Trois gardes restèrent dans la pièce avec eux. Haya se rejeta en arrière et ferma les yeux ; la lumière était un peu agressive.

Le temps passa et hormis quelques discussions qui se nouaient, personne n’entra dans la pièce. Liori refit son bandage calmement, déjà tâché de sang. Il absorba une substance qu’Haya ne connaissait pas, mais il demeura impassible. Elle savait avoir fait le bon choix en permettant à Akio et Chiyoko de s’éloigner et de ne pas venir s’expliquer. Ils n’auraient fait qu’aggraver la situation, en se plaignant comme des enfants en bas âge et en refusant d’admettre leurs torts. Oh et puis, ils auraient tout aussi bien pu frapper sur leurs juges. Tant qu’à faire… Quelqu’un finit toutefois par frapper brièvement, la porte s’entrouvrit et le garde indiqua les ninjas du menton. Les hommes en poste dans la pièce s’approchèrent d’eux.

Garde - L’assemblée va vous recevoir.

MessageSujet: Re: [BI003] - Les greniers de Yagi   Sam 24 Oct - 15:52

Haya se leva, et essaya d’en voir un peu plus en tendant la tête, mais la porte à peine entrebâillée ne la laissa pas voir grand-chose.

Garde - C’est une sorte de tribunal.

Il était de toute évidence gêné à l’idée de juger des ninjas de kiri. Haya haussa les épaules mentalement. Ils ne risquaient strictement rien. Il fallait être un fou pour s’opposer à une mission qui pourrait servir leurs intérêts. Et mieux encore, ni Haya ni Liori n’étaient responsables de quoi que ce soit. Ils se contentaient de représenter les intérêts des ninjas ici. Ils suivirent les gardes docilement dans de longs couloirs, jusqu’à arriver à l’intérieure d’une salle bien éclairée, occupée par différents dignitaires assis côte à côte à l’opposé de la porte. Haya les détailla rapidement du regard ; il s’agissait certainement de leurs juges, donc. Le tavernier se trouvait également là, un peu nerveux peut-être, ainsi que le chef de la garde, droit dans ses bottes. Haya commençait à trouver le temps très long. Cela faisait plus d’une heure qu’ils patientaient, et le temps ne jouait pas pour eux.

Elle ferait payer cela à Akio et Chiyoko, mais surtout Akio. Elle se promit de plus de le surveiller étroitement. Il était hors de question que ses choix discutables leur porte à nouveau préjudice, surtout lorsque leur vie serait en danger. Elle ne laisserait pas un imbécile la mettre en danger, ni elle, ni ses équipiers. Elle ne le laisserait pas mourir non plus, d’ailleurs.

Ils s’installèrent toujours sous étroite surveillance, dans un petit boxe. Haya se passa une main sur le visage. Elle mourrait de soif mais elle jugea inapproprié de créer un peu d’eau. Cela pourrait être pris comme une sorte de… violation de la paix tacite… Elle tira sur la manche du garde et lui indiqua d’un geste qu’elle allait se déshydrater de l’intérieur, mais l’homme la dévisagea comme si elle était folle (et un peu dangereuse). Haya reporta son attention sur les juges. Un homme âgé mais bien bâti s’était levé et observait tour à tour les participants de cette petite réunion officielle.

Maire - Bien, mmh, nous allons commencer. Mmh.

Il lisait différents rapports pendant qu’il s’exprimait, qui relataient certainement les faits qui leur étaient incriminés. Le regard suspicieux qu’il leur lança corrobora son hypothèse. Il se tourna en direction du tavernier qui se raidit avec violence.

Maire - Monsieur, pourriez-vous témoigner des faits que vous reprochez aux ninjas ici présents ?

L’homme se leva à son tour, toujours un peu mal à l’aise, et évita soigneusement le regard placide que lui jetait Haya. Pitié, qu’on en finisse, pensait-elle.

Tavernier - Bien sûr, monsieur le maire. Il y a deux heures environ, alors que je m’occupais du service comme à mon habitude, deux ninjas de kiri sont entrés.

Le maire acquiesça profondément.

Maire - La jeune fille et le jeune homme ici présents.

Tavernier - Heu, non. Non, deux hommes. Un petit voyou et un plus grand mauvais joueur.

Le maire relut ses fiches et dévisagea très rapidement le tavernier, Haya et Liori et le chef de la garde. Son regard resta sur ce dernier.

Maire - Mmh, continuez.

Tavernier - Je ne sais pas bien comment cela a commencé, ils jouaient aux cartes avec d’autres clients et puis brusquement, ils les ont frappé. Ils étaient ivres, sans aucun doute, et je les ai peut-être servi plus que de raison, mais ils étaient riches et… enfin… faut bien vivre quoi.

Maire - Passons, passons.

Tavernier - En quelques minutes à peine, ils avaient déjà détruit du mobilier, des tables de mon grand-père imaginez, et ils frappaient les clients. Alors bien sûr, ninja ou pas, ils ne se sont pas laissés faire et là, eh bien... certains se sont faits massacrer.

Maire - Mais cela a duré longtemps d’après ce qui est indiqué sur ces rapports ?

Tavernier - Oui, ils étaient saouls.

Le maire dévisagea Liori, puis Haya, essayant peut-être d’estimer à l’œil nu le degré d’alcoolémie qui circulait dans leurs veines.

Maire - Mais ce ne sont donc pas ces jeunes gens les principaux fautifs ?

Tavernier - Non monsieur. Le jeune homme a séparé tout le monde en faisant… je sais pas quoi… et la petite na… la jeune fille a cassé du mobilier en crachant de l’eau, je crois.

Ca sonnait si trivial dans sa bouche…

Tavernier - Pour dessaouler ses compagnons. Ca a marché je crois.

Le maire acquiesça doucement, le regard fixé sur ses fiches. Il indiqua au tavernier de se rasseoir et tourna son attention sur les ninjas.

Maire - Vous êtes bien associés aux fauteurs de troubles ?

Haya hocha la tête. Le chef de la garde dandinait.

Maire - Pourquoi avoir amené deux personnes qui n’ont pas grand-chose à voir avec les crimes ?

Le chef haussa les épaules et eut un geste vague, mal à l’aise.

Chef de la Garde - Ces deux-là se sont rendus de bon gré... Je ne savais pas qu’ils n’étaient pas les principaux coupables et je n’ai pas pensé à faire une enquête plus poussée, puisqu’ils se rendaient.

Le maire se tourna à nouveau vers les ninjas.

Maire - Pourquoi vous être rendus si vous n’avez rien à vous reprocher de particulier ?

Haya jeta un coup d’œil à Liori et haussa finalement les épaules. Il fronça les sourcils et enchaîna.

Maire - Est-ce que vous contestez les faits rapportés ? Que faites vous dans cette ville, pourquoi ce problème ?

Dignitaire - N’oublions pas, messieurs, que les ninjas de kiri ont toujours eu une attitude respectable par rapport à notre port et à notre ville. Je suis personnellement convaincu qu’il existe une bonne explication à ceci, car les débordements sont extrêmement rares.

Haya lui enverrait des fleurs, un jour, si elle ne finissait pas en prison.

Maire - Il n’en reste pas moins qu’ils ont détruit un établissement public. En avoir le pouvoir ne leur en donne pas l’autorisation… Expliquez-vous, je vous prie.

Haya saisit le papier et le stylo à sa disposition devant elle.

Maire - Mmh, à voix haute s’il vous plait, ne faites pas votre timide.

Haya lui lança visiblement un regard peu amène car le vieil homme s’adossa précipitamment à son siège. Elle grimaça un sourire et indiqua d’un geste qu’elle n’en était pas capable.

Elle entreprit alors d’écrire une longue lettre, en ordonnant ses pensées pour essayer d’agencer son discours de la façon la plus claire possible.

Haya - Messieurs,

Les faits ont été rapportés avec exactitude. Je vous remercie humblement de nous laisser l’opportunité de nous exprimer et je tiens à souligner que moi et mon collègue sommes profondément navrés de l’attitude désolante de nos compagnons ainsi que pour les torts et l’agitation qu’ils ont causés.

Je souhaitais représenter les ninjas dans cette affaire afin d’éviter tout trouble supplémentaire.

Nous sommes actuellement, tous ensembles, en mission pour kiri et pour le daimyo du pays de l’eau. Cette mission vise à arrêter et tuer les pirates qui s’en prennent à l’heure où nous parlons à l’île de Yagi. Il est probable que ces pirates, une fois enrichis par leurs pillages, s’en prennent à d’autres villages côtiers. Nous avons perdu un temps qui nous est extrêmement précieux et pardonnez-moi si je place la vie de nombreux civils un peu plus haut sur mon échelle que celle d’un bar de votre ville. Nous sommes certes en tort, mais vous devriez savoir au vu de votre position qu’il y a un temps pour tout.

Je remercie par ailleurs le chef de la milice de ne pas nous avoir attaqués à vue, car cela aurait causé sans aucun doute de nombreux problèmes supplémentaires. Néanmoins, les personnes incriminées sont mes supérieurs pour cette mission. Agir contre eux, ou les interdire de se déplacer en ville, ne m’était pas permis. Ils sont toutefois des éléments fondamentaux de cette mission, malgré leur immaturité certaine que vous avez hélas pu constater.

Messieurs, je vous répète nos plus sincères excuses.


Elle donna le papier au garde et dévisagea le maire pendant qu’il lisait à voix haute son texte. Elle n’aurait peut-être pas dû le traiter à mots couverts d’incompétent, mais son agacement commençait à se muer en colère à mesure que le temps passait. Combien de bateaux avaient-ils ratés à présent ? Y en aurait-il un autre avant demain ? Tout ça pour un bar insalubre et sordide… Il aurait été bien plus rapide de payer tout de suite le tavernier pour qu’il s’en paye trois heures, de ces foutus bars. Le maire s’éclaircit la gorge, après avoir brièvement délibéré avec ses collègues.

Maire - Bien, mmh, en ma qualité de maire de cette ville, je vous condamne à des travaux d’intérêts généraux. Toutefois, votre mission reste prioritaire, vous pouvez partir. Je tiens toutefois à ce que vous signez par écrit ou que vous déclariez sur l’honneur revenir ici une fois celle-ci réussie.

Haya l’observa d’un air impassible et écrivit sur une page blanche.

Haya - Monsieur,

Vous êtes trop bon.

Vous pouvez être assuré que les responsables, et j’insiste sur ce point, reviendront ici. Je m’en assurerai personnellement. Il est toutefois impensable que je vienne perdre mon temps ici, alors que je ne suis absolument pas responsable de quoi que ce soit. Les deux responsables reviendront et pas un de plus. Ils vous dédommageront également, de leur poche.

Je dois toutefois, malheureusement, apporter un petit bémol à cette déclaration Ô combien solennelle. Il se pourrait que nous mourions en essayant de protéger votre charmante petite ville côtière. Vous m’en voyez profondément désolée, mais je tiens tout de même à vous assurer qu’au moment de mourir, toutes mes pensées seront tournées vers cette injustice.

Monsieur, adieu, nous ne nous reverrons pas.


Elle donna le papier au même garde que précédemment, cette fois-ci le maire lut en silence. Ils discutèrent brièvement entre eux, puis le maire reprit la parole.

Maire - Eh bien, mmh, nous ferons ainsi. Si j'ai votre parole... vous pouvez disposer. Gardes !

Haya et Liori se levèrent en même temps. Ce n'était pas trop tôt. Il allait maintenant falloir supporter un Akio et un Chiyoko de mauvaise humeur. Mais Haya leur souhaitait de faire profil bas, car elle sentait que pour le bien de cette mission, elle n'allait pas supporter davantage d'écart. Et elle espérait bien que Liori et Sokka soient dans le même état d'esprit. Ils furent escortés à l'entrée de la mairie par les gardes et leur capitaine, qui semblait soulagé d'en avoir terminé avec cet épisode. Ils leur indiquèrent la direction des quais et repartirent en ronde. Haya regarda Liori et eut un mince sourire désabusé.

Ce n'était définitivement pas trop tôt.

MessageSujet: Re: [BI003] - Les greniers de Yagi   Jeu 29 Oct - 21:39

Sokka ne réalisait pas encore ce qui venait de se passer. Il y a quelques moments auparavant, il était acculé par terre cherchant une ultime chaise comme rempart à l’attaque d’un des ivrognes. Puis la porte s’était ouverte, par un petit bruit significatif, celui qui rapportait que les renforts étaient enfin arrivés. L’intervention de Liori avait nécessairement calmé le jeu qui se faisait depuis de longues dizaines de minutes. Puis Haya avait eu aussi l’envie de participer à l’arrêt totale des festivités, dessaoulant au passage les deux Chuunin ivres. Tout s’était passé si rapidement que le Kawaki n’eut à peine le temps d’attendre, qu’il se retrouvait déjà en dehors du bar, avec les autres Shinobi.

Tout ceci aurait été parfait, bien qu’incompréhensible, si la milice du village ne s’était pas ramené. Bien sur, que les gardes étaient présents prêt à intervenir, pour la sécurité du village. C’était ce qui avait de plus normal lorsqu’un incident de cet ampleur survenait dans un lieu qui était quasiment détruit. Un bar qui n’a pas pu résister à la puissance des coups qu’il recevait. Pas grand-chose, pouvait encore témoigner ce qu’il était, à part le comptoir qui avait servi de refuge a son propriétaire.

C’était tout cet ensemble d’événements qui avait amené aux conséquences qui suivaient : Haya et Liori arrêtés par les gardes, pour une quelconque condamnation, à la place de Akio et Chiyoko, qui, eux, étaient groggy par l’attaque aquatique de Haya. Sokka resta passif, devant cette scène, la scène où les compagnons de son équipe étaient arrêté, et allaient passés le reste de la journée, sûrement. Il résista à la tentation d’intervenir, ce n’était pas le moment d’envenimer les choses, ou plutôt, continuons d’envoyer de l’eau sur ce feu presque éteint et non de l’huile. Le jeune homme au teint continua d’aller en ce sens, en tirant les deux Ninjas endormis, vers une ruelle étroite, perpendiculaire à la rue du bar. Histoire de se cacher pour que la scène prennent fin.

Sokka attendit quelques minutes, avant, de modifier son apparence, histoire que les passants ne l’assimilent pas à cet incident. Pour se faire, il dénoua son bandeau Ninja autour de son cou pour le ranger de sa besace. Dans cette dernière il sortit une bande de tissu noir. Rangent ses cheveux mi-long bruns en arrière, il y attacha ce tissu au tour de la tête de manière à qu’il devienne un bandana, obligeant les cheveux a rester en arrière. Le changement était certes minime, mais assez pour tromper ceux qu’ils ne le connaissaient pas. Cela aurait été sans doute plus simple, s’il connaissait le jutsu de métamorphose.

Il se dépêcha de revenir à l’endroit de l’incident, pour questionner les promeneurs, de ce qu’il s’était passé, et où allait être emmenés tous les suspects. Il eût assez rapidement un réponse qu’il semblait convenable : «Sûrement à la mairie». Le petit stratagème ayant fonctionné, il retourna rapidement sur ses pas. Il allait devoir s’occuper d’autres choses, désormais. Il était face à deux ivrognes s’étant assoupi après avoir livré leur bataille de celui qui frapperait le plus fort. L’un des deux étaient même, le «chef» de cette mission. Sokka hésita à leur foutre une bonne claque, pour les réveiller, en les traitant d’irresponsable. Il l’aurait bien voulu et ils l’auraient bien cherché. Cependant, cela ne suffisait pas. Il ne connaissait pas à l’avance leur réaction dû à ce réveil, et pire encore, ils pourraient répliquer, chose que ne voulait pas le Chuunin. Après quelques reflexions du Kawaki, Akio et Chiyoko décidèrent de se réveiller, tous seuls. Et bien que Sokka n’avait pas frappé, leur réveil était ponctué de quelque maux au crânes. Après ce long moment, Akio décida enfin de savoir ce qu’il s’était passé, depuis qu’ils étaient sorti du bar. Sokka répondit à sa demande, essayant de garder un ton neutre.

Sokka – …Et c’est ainsi, que grâce à vous, Haya et Liori ont été emmené pour être juger de vos actes.

Après quelques échanges de regards entre les deux compères, Akio décida de prendre la parole.

Akio – Bah, c’est simple, non ? Il suffit d’aller les chercher. On y va, on demande d’abord gentillement de les libérer. Sinon, on les fera sortir à notre manière.

Après avoir expliqué son idée, il mit son poing dans son autre main, pour faire craquer les os de ses doigts. Un geste qui permettait de faire comprendre sa pensée, implicitement. Il eut comme seul réponse de Sokka, un long soupir. Il commençait à en avoir marre, malgré que cela faisait à peine que quelques heures qu’ils se côtoyaient.

Sokka – Et comme ça, on aggrave encore notre cas ? Vaut mieux faire profil bas pour le moment.

Chiyoko – C’est pas faux.

Sokka – Il vaut mieux réfléchir à un plan. Et en attendant, on a autre chose à s’occuper.

Akio – Comme ?

Sokka – Déjà il manque votre troisième compagnon. Ca serait bien d’aller le chercher, il pourrait nous être utile, non ? Et puis, avec votre petite escapade, on a loupé tout simplement le bateau, le mieux serait d’en trouver un autre, si on souhaite quitter rapidement cette ville.

Sokka était étonné. D’abord par lui-même, il avait réussi a dégager de ses paroles une certaine aisance et un sérieux qui ne le mettait pas en doute. C’était bien, sans aucun doute, la première fois qu’il parlait ainsi. La deuxième chose encore plus surprenante était que les deux compagnons se levèrent, sans broncher un seul mot. Il se montrait même prêt à suivre le Kawaki dans son plan. Sokka a été si persuasif ? Non, il ne fallait pas rêver tout de même. Alors que cachaient-il ? Sûrement un coup fourré, oui sûrement. Il allait devoir les surveiller, au moins il avait un avantage sur eux, lui savait où étaient ses deux coéquipiers. Il espéraient que leur curiosité serait assez forte, pour canaliser leur envie de les libérer de force.

Sokka – C’est parti pour chercher Shuo. On devrait retourner à l’entrée du village. Avec un peu de chance, il s’y trouve encore.

Avec énormément de chance aurait été plus juste, néanmoins c’était un de ces moments où on devait rester le plus positif possible. Bizarrement, encore une fois, les deux autres personne restaient silencieux, se contentant juste de suivre Sokka, se dirigeant vers l’endroit qu’il avait tout juste nommé. Il reprenait tout simplement la route qu’il avait arpenté, il y a quelques heures. Il fallut tout de même marcher un moment, avant d’arriver à destination. Et heureusement la chance était au rendez-vous : Shuo s’était installé non loin de la porte du village, assis sur un banc. Il attendait tout simplement qu’on vienne le chercher. A la vue des autres Ninja, il se contenta de se lever et rejoindre le groupe. Il devait se dire, qu’il était enfin l’heure de partir.

Sokka – Shuo… Je suis content de te revoir.

Le Genin se contenta d’acquiescer d’un signe de la tête avant d’esquisser un mince sourire figé. Sokka était à moitié rassuré au moins, il avait une personne sur qui compter et sobre, un argument qui prenait toute sa valeur, avec tous les évènements qui venaient de se dérouler. Sokka, quant à lui, décida de rester dans l’optique de son plan. Il allait pouvoir demander à Shuo de lui rendre un service, même.

Sokka – On n’a pas le temps de t’expliquer ce qui vient de se passer, cependant on a besoin de ton aide. Comme tu doute, les deux heures de délai pour les bateau ont été dépassé, et donc on l’a, tout simplement, loupé.

Il marqua une pause le temps que son interlocuteur puisse digérer les informations.

Sokka – On a besoin donc, que tu aille au port, pour rechercher un autre bateau. Si tu en trouve un. Fais tout pour qu’ils soient encore là, quand nous reviendrons.

Une nouvelle pause pour une nouvelle digestion.

Sokka – En effet, on ne peut t’accompagner. De notre côté, nous devons retrouver Liori et Haya pour les amener au port. Tu peux le faire ?

Shuo – D’accord. Il me suffit juste de trouver un bateau.

Encore une nouvelle fois, Sokka était stupéfait. Akio et Chiyoko ne bronchaient aucun mot. Avaient-ils décidé de se tenir a carreaux, en se rendant compte de la gravité de la situation. C’était trop beau pour être vrai. Le Kawaki se demandait tout de même quand le rêve allait prendre fin. Cependant, après tout, ils pourraient très bien s’être tout simplement calmés. Encore un mystère, songea Sokka. Le groupe se sépara donc, pour retrouver leur composition initiale : d’un côté Shuo, seul, devait réussir à retenir un bateau en direction de l’île de Yagi, de l’autre côté, les trois Chuunin devait s’occuper de réunir les deux équipes, au port pour embarquer. Une chose plus facile à dire qu’à faire. Tout d’abord il fallait se diriger vers la mairie, et se souvenir où elle se trouvait, aussi.

Il leur fallut une dizaine de minutes, pour se retrouver, enfin devant une batisse assez grande, qui semblait être la Mairie. Les deux gardes postés à la porte d’entrée, confirmaient les hypothèses. Il fallait maintenant jouer finement, pour espérer pouvoir rentrer et libérer Haya et Liori, en douceur. Sokka ne se permettrait pas qu’un autre incident survienne. Ca signerait sans aucun doute l’échec total de la mission. Il espérait que les deux personne qui l’accompagnaient, allaient garder leur calme. C’était tout de même, eux les fautifs. L’Eisei-Nin se posta devant un garde.

Sokka – On aimerait pouvoir rentrer, s’il vous plait.

Garde – Impossible. Une audience tient cours en ce moment même.

Ainsi, le jugement avait déjà commencé. Il ne perdait pas de temps, ici.

Sokka – Justement, on est là, pour ça. Il faudrait faire sortir les deux Ninja. Nous sommes en mission. Il en va de la réussite de cette mission importante.

Garde – Je ne changerais pas ma décision

Il tenait donc, à ce que Akio et Chiyoko s’énervent, et commence par le tabasser, puis mettre la mairie dans le même état que la taverne ? Pourtant, à la grande surprise, les deux Chuunin restaient passifs, ce qui devenait de plus en plus louche.

Un long moment d’attente, qui retardait leur mission, une fois de plus. Mais, au bout de ce délai, la porte de la Mairie s’ouvrit pour laisser s’échapper deux silouhettes. Sokka, qui s’était retiré un peu plus loin, après de vaines explications, fixa les deux personnages. C’était bien Haya et Liori. Sokka ne pouvait s’empêcher de crier de joie.

Sokka – Enfin vous voilà !

¤.¤.¤


Tous les six se trouvaient désormais au port. Shuo avait réussi à convaincre un capitaine d’embarquer des Shinobi dans son navire. Ils montèrent chacun leur tour pour arriver sur le pont principal du bateau. Chiyoko se dirigea vers le capitaine pour régler le payement de leur embarcation. Enfin ils allaient partir. Cependant l’aventure ne faisait que débuter, réservant encore de nombreuses surprises. Sokka n’allait, décidément, pas fini d’être étonné.


[Seuls les administrateurs ont le droit de voir cette image]

MessageSujet: Re: [BI003] - Les greniers de Yagi   Lun 2 Nov - 18:35

Akio gardait le silence. Depuis longtemps, trop longtemps, sans qu’on n’ait à lui rappeler. Même pour ceux qui ne le côtoyaient que depuis quelques heures, cette nouvelle tranquillité, ou tout du moins, inactivité des cordes vocales, était pour le moins étrange. Cela faisait plusieurs minutes que le grand bateau, chargé de nombreux voyageurs, avait quitté le port, et ni Chiyoko, ni Akio n’avaient dit un mot. Une espèce de lourdeur s’était installée entre les membres de l’équipe depuis que les deux compères avaient retrouvé leur esprit.

En faisant le point sur les évènements qu’ils venaient de traverser, on pouvait vite se rendre compte que ce n’était pas bien glorieux. La mission n’avait même pas commencée. Ils n’avaient même pas pris la mer et leurs objectifs avaient risqué d’être compromis. Et pourquoi ? Parce qu’il avait souhaité boire un verre avec son ami Chiyoko…

Akio, vous ne serez jamais juunin.

Que les mots peuvent être douloureux parfois et resurgir au plus mauvais moment. Le jugement de ces supérieurs était telle une lame qu’on aurait plantée près du cœur et qu’on ne cesserait de remuer. Aujourd’hui, encore, Akio ne les avait pas fait mentir. Il se souvenait pourtant des recommandations qu’on lui avait données, ils lui avaient dit qu’il s’agissait d’une nouvelle chance.

Il n’y avait pas à tortiller, il avait bien merdé.

Pourtant ce n’était pas faute de vouloir bien faire. Il avait la motivation, il avait l’envie. Mais comme on lui avait rabâché, il lui manquait encore des choses pour être chef d’équipe.

***


Alors qu’il était encore en rééducation, en train de lutter pour faire un pas, suivi d’un deuxième, cramponné sur deux barres parallèles, on était venu lui annoncer la nouvelle. C’était Kenji, lui-même, qui était venu lui dire. « Le vieux », comme Akio aimait l’appeler, l’avait évité durant toute la période où il avait dû rester aliter, mais l’infirmière, un peu bavarde, n’avait pu s’empêcher de raconter au chuunin, que celui qui siégeait dorénavant à la droite du Mizukage Shinji, venait demander des nouvelles presque chaque jour.

Kenji était un vieillard bougon, irascible, retors, mais Akio l’aimait bien.

C’était cet aveugle acariâtre qui l’avait accueillit à son arrivée à Kiri, alors qu’il arrivait de l’école des Miroirs d’Ambre. Il se rappelait bien que son mentor lui avait dit qu’il n’arriverait à rien en faisant du taïjutsu. Il l’avait plus ou moins confié à Idan, mais avait continué à veiller sur lui de loin. Ensemble, ils leur étaient arrivés de surveiller les portes du village. Akio ne savait pas pour qui cela avait le plus été une punition, dans le sens où tous les deux, à leur manière, étaient insupportables.

Kenji – Satoshi a fait un compte-rendu sur ton action lors de la tentative de coup d’état de Nezu. Suite à cela, l’administration a décidé de te confier une équipe, pour un essai, sur une mission extérieure.

Sur le coup, Akio n’avait pas su quoi dire et une fois n’est pas coutume, il n’avait rien essayé de raconter pour combler le « vide ». Pas de bégaiements, pas de phrases sans queue ni tête. Juste rien. L’annonce l’avait complètement estomaqué, lui à qui on avait promis l’échec, on lui laissait une sorte de passe-droit pour devenir chef d’équipe ? Est-ce que la nouvelle position de Kenji avait joué en sa faveur ? Akio n’en savait rien et n’imaginait pas un instant que « le vieux » ait pu faire cela dans son intérêt.

Kenji – Par contre, pour faire une mission, je pense que je ne t’apprends rien en te disant, qu’il faut sortir de l’hôpital. Et pas sur des béquilles.

Le chuunin avait hoché bêtement la tête. Kenji était parti. Une sorte de folie, de frénésie s’empara alors du jeune homme. On avait rarement vu un homme, même shinobi, faire autant d’efforts pour se remettre d’aplomb et pouvoir courir de nouveau. Son rétablissement fut « foudroyant » d’après les médecins, avec plus de deux mois d’avance sur les prévisions.

***


Akio réalisait qu’il venait d’anéantir plusieurs mois de travail en quelques heures. Il avait complètement détruit un bar, amoché les clients qui consommaient à l’intérieur, jeté l’opprobre sur Kiri no Sato. Et le pire, ce n’était pas lui qui avait dû assumer les conséquences de ses actes. Il se retourna vers les membres de son « équipe ». Comme on pouvait l’observer en de trop rares moments, une certaine aura « charismatique », un sérieux maîtrisé, quelque peu repentant, se lisait sur le visage du jeune homme.

Akio – Je vous dois des excuses, à vous tous. Notre…enfin…mon comportement n’a pas été celui qui incombe à un chef d’équipe. J’ai…j’ai été complètement…stupide. J’assumerai mes torts, lorsque la mission sera terminée. En attendant…je vous laisse choisir entre vous qui dirigera par la suite cette mission.

Akio fit alors volte face et commença à s’éloigner avant de se faire interpeller par Liori.

Liori – Hé ! Où est-ce que tu crois aller comme cela ?!

L’interpellé se retourna pour dire qu’il avait besoin de se reposer et réitéra des excuses. Avant qu’un des membres puissent ajouter quelque chose, Chiyoko leva le bras horizontalement, qui leur signifiait de se taire. Lui aussi était fautif, mais il semblait bien moins affecté que son compagnon de beuverie. Peut-être était-il plus lucide, toujours est-il qu’il avait l’intelligente réflexion de laisser Akio seul, un instant, pour faire le point. Ce dernier disparut alors du champs de vision des cinq autres ninja, comme avalé par la carcasse en bois du bateau.

***


Les côtes de Yagi étaient maintenant visibles. Cela faisait de longues heures qu’ils étaient partis d’Uke. D’après le capitaine du navire, ils seraient à quai dans moins d’un quart d’heure. La brume s’était levée en en même temps que l’astre solaire. L’équipe s’était réunie sur un ponton, mais Akio n’était toujours pas réapparu.

Soudain, des formes floues et sombres firent leur apparition par l’opaque horizon blanchit. Quatre, cinq ? Peut-être même plus. Tout se passa très vite, sans réellement que les shinobi n’aient le temps de réagir. Les contours se firent distincts et dévoilèrent des embarcations fines et élancées. Ces dernières fondaient sur le paquebot. L’absence de pavillon laissait présager le pire et alors que l’alarme commençait à retentir, les premiers flibustiers prenaient déjà d’assaut le navire. De leur position, les ninja de Kiri no Kuni purent observer que les pirates avaient positionné leurs petits voiliers sous forme d’un cercle autour de leur gros bateau. Des dizaines d’hommes montaient sur le navire à l’aide de grappins et autres outils d’abordage. Ils semblaient étrangement disciplinés, malgré les cris et les injures qu’ils proféraient et une cohésion militaire ressortait de leur déplacement groupé. Une dizaine d’hommes finirent par arriver sur le ponton où se trouvaient les membres du village de la Brume.

[???] – Ces putains de ragots sont vrais ! Les shinobi de Kiri sont bien sur ce putain de rafiot !, s’exclama l’un d’entre eux en apercevant les bandeaux sombres, ornés d’une plaquette de métal.

La nouvelle se propagea comme une traînée de poudre que l’on venait d’allumer et toujours plus de pirates arrivaient sur le ponton, avec des intentions très peu pacifiques. L’un d’eux eut le courage et la bêtise d’attaquer Chiyoko. Sa mâchoire fut immédiatement brisée et son corps jeté, dans la foulée, par-dessus bord. La prestation des autres membres de l’équipe du village de la Brume, freina brutalement les ardeurs des bandits, qui commençaient à les encercler, tout en gardant une bonne distance de sécurité.

Subitement, alors que la bataille semblait s’engager une voix rocailleuse retentit dans les haut-parleurs du navire.

[???] – Shinobi de Kiri, nous venons de prendre possession du poste de commande avec ses officiers, plusieurs de nos groupes armés sont en train de capturer des passagers. L’ensemble du navire est désormais sous notre contrôle. Rendez vous immédiatement ou nous exécuterons les otages. Il n’y a pas de négociation possible, ni de deuxième sommation.

[Allez vite voir le Coin RP pour avoir plus d’informations sur la suite de la mission.]

MessageSujet: Re: [BI003] - Les greniers de Yagi   Mar 3 Nov - 18:06

Ce bateau était trop gros.

Haya resta accoudée à la balustrade alors qu’il s’éloignait du port. Le capitaine avait visiblement accepté de retarder son expédition, qui ne devait faire qu’escale à Yagi pour se ravitailler et laisser les nombreux civils se dégourdir les jambes sur la terre ferme. La petite ville qui les avait tant retardés s’éloignait et Haya n’en était pas mécontente. Ils avaient à présent au moins deux heures de retard sur leurs prévisions et ce n’était pas une excellente chose. C’était vraiment trop stupide… risquer de rater une mission importante pour une broutille sans grosses conséquences. Il aurait été tellement plus simple de laisser repartir les ninjas ! Maintenant, les pirates avaient de grandes chances de savoir qu’une ou plusieurs équipes de kiri étaient toutes proches. Le bateau qui devait arriver à Yagi leur donnera cette information, a fortiori s’ils parviennent à l’intercepter.

Mais tout cela n’était qu’un élément à venir. La traversée ne faisait que commencer. Haya avait été quelque peu surprise de voir que Sokka et les deux autres les attendaient à la sortie de la mairie. Elle n’aurait su dire exactement pourquoi, mais cela l’avait surprise. Elle avait salué Sokka d’un signe de main et d’un sourire, puis ils s’étaient dirigé tous ensemble vers les docks dans un silence un peu tendu, peut-être. Haya n’avait pas grand-chose à dire même si elle avait été capable de parler. A présent qu’ils étaient en route, elle ne pouvait pas dire qu’elle en voulait à Akio ou à Chiyoko pour leur attitude. C’était leur façon d’être, ils auraient dû être plus fermes dès le début. Maintenant qu’ils partaient et que le mal était mis entre parenthèses, il n’y avait plus de raison de ne pas rester uniquement concentrés sur la mission. Haya mentirait en prétendant désirer repartir un jour en compagnie d’Akio ou de Chiyoko, mais elle ne désirait pas rester sur cette impression plus que mitigée pour autant. Après tout, deux amis qui se retrouvent pour une mission, ils avaient certainement des choses à se dire. Peut-être d’une façon un peu trop virile, mais enfin…

Néanmoins, Akio semblait très affecté et plus cela durait, plus Haya excluait les relents de l’alcool. Il regardait dans le vague ou par terre, sans réelle expression, ne manifestait pas de plaisir particulier à être en route pour une mission et quelque part, Haya sentait qu’il y avait quelque chose pour lui qui signifiait beaucoup. Probablement était-il déçu de lui-même ? Il y avait en effet de quoi. Lorsqu’il avait présenté ses excuses, Haya n’avait rien ressenti de particulier à son égard. Mais elle trouvait que c’était de la facilité d’abandonner ses charges à ce moment-là. Il s’était certainement décrédibilisé à leurs yeux, mais la décision ne lui appartenait pas. Haya ne pensait pas qu’un changement de chef d’équipe était pertinent (d’autant qu’à ses yeux, Akio n’avait jamais été le chef d’équipe de cette mission, simplement une sorte de consultant plus expérimenté). Mais c’était naturel de vouloir s’isoler et Haya n’aurait absolument pas imaginé venir coller Akio dans cette situation. Elle espérait simplement qu’il ne fasse pas de bêtises pour se racheter. Ce serait catastrophique, pour eux et pour lui. Avant d’arriver au port, Haya se promit d’aller le voir. Elle n’aurait pas grand-chose à lui dire (et pour cause…), mais peut-être seulement lui signifier que non, à ses yeux, il n’était pas la raclure de l’univers. Seulement… un garçon emporté qui devrait réfléchir avec plus d’attention.

Elle ne disposait pas de beaucoup d’éléments sur ce qu’avait été sa vie, sur ce qu’il vivait à présent. Mais elle l’avait vu combattre pour les protéger dans la forêt, juste avant la guerre, et ce n’était pas quelque chose qu’Haya oublierait facilement. Il avait sans aucun doute de grandes qualités, des qualités de chef, mais il souffrait de ses propres démons. Il ne devait pas être beaucoup plus vieux qu’elle, même si cela devait faire bien plus longtemps qu’il était ninja. Elle espérait que cette mission lui permettrait de mettre le doigt sur ce qu’il lui fallait surveiller pour continuer sa progression…

Haya, elle, savait ce qu’il lui fallait. Et elle savait aussi qu’elle irait les chercher, ces éléments manquants, parce que de sa progression dépendait beaucoup de composantes de sa vie. Cela prendrait du temps, mais elle n’était pas impatiente. Elle quitta la balustrade et déambula un peu sur le ponton. Le bateau était trop gros. Elle s’était fait la réflexion en montant. Il était trop… appétissant… un bateau de croisière, c’était une mauvaise idée de l’emprunter dans le cadre de leur mission. Après tout, des pirates pillent. Quelque chose d’aussi gros et d’aussi fastueux ne manquerait pas d’exciter leurs instincts, d’autant qu’ils étaient certainement au courant du passage de ce bateau à proximité de Yagi. Néanmoins, les prochains bateaux étaient beaucoup trop tardifs et si celui-ci se faisait attaquer, il y aurait toujours six ninjas pour le défendre.

Même si ce n’était pas exactement ce qu’elle aimait, le bateau était beau et très bien entretenu. Elle se demandait si elle aurait eu les moyens de se le payer s’ils ne voyageaient pas gratuitement. Ou peut-être était-ce le village qui payait leur trajet, elle n’en savait pas beaucoup plus et la perspective d’interroger quelqu’un à ce sujet ne lui disait vraiment rien. En réalité le bateau était si intimidant qu’Haya hésitait à aller dans sa cabine ou à explorer ses entrailles. Elle se sentait presque rassurée à côté de la mer, avec la brise marine et cette odeur de sel tout autour d’eux. Il lui était impossible de savoir exactement où étaient ses compagnons à l’heure actuelle, Haya était restée plus longtemps qu’elle ne l’aurait pensé sur le ponton. Le voyage ne serait pas trop long, huit heures peut-être, quoiqu’au rythme où allait le bateau cela pouvait s’allonger de quelques heures supplémentaires. Comme il lui semblait probable qu’elle ne mettrait plus jamais les pieds devant un bateau aussi gargantuesque, Haya trouva idiot de ne pas en profiter pour le découvrir plus en détail.

Elle ouvrit une porte et traversa un bref couloir pour déboucher sur une salle gigantesque, où se fréquentaient plusieurs dizaines de passagers. Les femmes avaient de jolies robes, les hommes étaient richement habillés, si bien qu’Haya en vint à observer sa tenue pour remarquer à quel point elle faisait tache. Une chaîne fixée à la taille, une veste seyante mais malgré tout guerrière, avec une plaque de métal clairement visible, et les bandages autour de ses jambes qui faisaient très… ninja. On lui jeta quelques coups d’œil curieux mais elle n’était pas parvenue à complètement casser l’ambiance. Haya prit son courage à deux mains et commença à marcher très lentement dans le salon, en regardant autour d’elle en essayant de ne pas paraître trop émerveillée. Certes elle était kunoichi et elle était partie pour tuer des pirates, mais elle ne pouvait rester totalement placide face à ce spectacle. Ou plutôt, elle aurait pu, mais elle n’en voyait pas du tout la nécessité.

Homme - Ah, c’est vous les ninja de Kiri ?

Haya baissa brusquement les yeux et s’arrêta net pour éviter de rentrer dans l’homme qui lui faisait face. Elle hocha la tête une fois et tenta un sourire maladroit. C’est vous qui nous avez retardé de près d’une heure ?. Oui oui c’est nous désolée désolée. L’homme souriait et l’observait avec intérêt (si bien que s’en était vaguement gênant), et Haya en conclut que c’était la première fois qu’il voyait un ninja et qu’il espérait peut-être quelque chose d’un peu… extraordinaire. Mais Haya n’avait pas grand-chose d’impressionnant à lui montrer et là non plus, elle n’en voyait absolument pas la nécessité.

Homme - Cela fait plaisir de savoir que vous êtes là.

L’homme inclina brièvement la tête et revint auprès de sa compagne pour l’entretenir de sa discussion enrichissante avec la jeune ninja qu’il venait de rencontrer (ou quelque chose dans cet esprit). Haya acheva sa petite visite et s’éclipsa discrètement dans un nouveau couloir. Elle essayait de se repérer au mieux, si jamais elle devait se rendre quelque part en toute urgence, mais la grandeur des lieux rendaient la tâche délicate. Elle rencontrait quelques personnes, seules ou en couple, qui traversaient le couloir dans le sens opposé pour se rendre, comme elle le déduisit, dans le salon géant. Haya découvrit toutefois qu’il y avait plusieurs salons géants, avec parfois autant de monde, ce qui laissait présager un bateau plus gigantesque encore qu’elle ne l’avait pensé. Combien pouvaient-ils être là dedans ? Plus de cent, sans aucun doute.

Un escalier descendait. Haya jeta un œil mais estima que ce devait être la salle des machines, ou quelque chose dans cet esprit, et que les lieux ne devaient pas présenter beaucoup d’intérêt. Elle poursuivit donc sa route sans se presser, s’arrêta dans une sorte de restaurant pour manger quelque chose (toujours à l’œil), puis continua jusqu’à ce qui ressemblait à une salle de jeu. Elle observait les tables avec stupéfactions, sans même savoir pourquoi les gens utilisaient un long bâton pour frapper une boule qui allait frapper d’autres boules qui s’enfonçaient ensuite dans des trous. Et ils faisaient cela longtemps, en faisant parfois jouer quelqu’un d’autre, pour on sait qu’elle raison. Haya finit par remarquer que les joueurs échangeaient leurs places quand aucune boule ne rentrait dans les trous, ce qui devait donc être le but du jeu. Elle était toute proche de l’une de ses tables et tellement concentrée sur le jeu qu’elle sursauta quand on lui toucha l’épaule.

Homme - Tu veux essayer ?

Haya écarquilla les yeux et secoua la tête avec énergie.

Homme - Tu es sûre ? Tu joues mon coup. Ce n’est pas un problème, au contraire.

Au contraire de quoi ? Les ninjas avaient une prédisposition naturelle à envoyer des boules dans des trous avec un bâton ? Elle se saisit toutefois du bâton qu’on lui tendait et sentit (avec une certaine gêne) ses joues rosirent en constatant que tout le monde la fixait avec curiosité. Mais après tout, il fallait bien faire quelque chose de ce voyage et Haya avait calculé son temps pour aller se reposer une ou deux heures sur la fin du voyage. Elle copia la position qu’elle avait observée plusieurs fois, par rapport à la boule qu’il fallait vraisemblablement envoyer contre les autres. Elle visa avec soin une autre boule et rata complètement son coup, avec un brio qui confinait au génie. Haya se redressa, perplexe, et observa la boule qui avait soigneusement évité toutes les autres. C’était minable.

Homme - Ah! Peut-être un peu trop de force dans le bras. Ce n’est pas étonnant.

Il rit et Haya sourit maladroitement, en passant le bâton à un autre homme qui réussit avec décontraction un coup compliqué, qui déclencha quelques sifflets d’admiration. Il finit par rater sa troisième boule, et tendit le bâton à Haya (qui se reprocha de ne pas s’être enfuie sitôt son échec consommé).

Homme - Vas-y, vas-y, tente à nouveau !

Haya cherchait un moyen de refuser poliment mais se prêta finalement au jeu. L’homme ne tenait pas exactement le bâton comme elle. Au coup précédent, la jeune fille l’avait utilisé comme un bâton utilisé pour frapper (un vrai bâton), mais là il s’agissait plutôt de faire glisser la boule jusqu’aux autres, quelque chose de plus perforant et de moins écrasant. Elle se repositionna, heurta la boule d’un geste vif et la regarder en heurter une, puis deux autres, pour un total de deux boules dans les trous. L’homme lui donna une grande claque dans le dos et il y eut quelques applaudissements. On l’engagea à jouer son deuxième coup, qu’Haya joua rapidement avec succès, mais comme l’autre joueur, elle buta à la troisième. Il y avait de moins en moins de boules, en réalité, et elles étaient mal placées (mais cela faisait sans doute partie du jeu). Haya rendit son bâton à l’homme, s’inclina et leur adressa un petit signe de la main avant de s’éloigner. Ils l’encouragèrent à revenir jouer plus tard dans la journée, mais Haya doutait intérieurement d’en avoir l’opportunité. Elle s’assit à une table et se passa une main sur le front. Amusant ce jeu inconnu. Plus mathématique qu’elle ne l’aurait pensé en l’observant simplement.

On lui servit un verre sans qu’elle ne l’ait demandé. Haya renifla le liquide, repéra une vague odeur d’alcool, masquée par du sucre et du sirop. Elle regarda soigneusement autour d’elle pour s’assurer qu’il n’y avait pas de personne vaguement louche qui l’observait. Il n’était pas improbable que les pirates soit sur place, qu’ils aient laissé des hommes au port et qu’ils aient infiltré le bateau pour assurer à leurs petits amis des portes grandes ouvertes en trafiquant, pourquoi pas, la machinerie du bateau. Haya plongea le bout du doigt dans le verre et le porta à sa bouche. Il ne semblait pas y avoir de goût autre que ceux qu’on peut espérer dans une liqueur, mais elle ne s’y connaissait ni en liqueur, ni en poison. Elle redressa la tête et avisa un homme, à sa table, qui l’observait avec consternation. Haya laissa retomber sa main sur la table et essaya, en vain, de prendre un air dégagé comme s’il n’y avait rien de plus distingué au monde que de tremper son petit doigt dans un verre.

Elle se garda toutefois de le boire, se leva et essaya d’observer les autres jeux. La salle devait être encore plus grande que le salon où elle était arrivée tout d’abord. Au mur opposé, des gens jouaient à envoyer des boules, encore, contre des tubes qui tombaient. Haya fixait ce spectacle avec étonnement, parce que les gens semblaient trouver cela très amusant alors que de là où elle était, Haya peinait à voir l’intérêt de la chose. Poussée par la curiosité, elle s’approcha et observa de plus près. Les boules avaient des tailles et des couleurs variées, mais devaient nécessairement avoir un poids différents les unes des autres car les gens ne les portaient pas de la même manière. Elle secoua la tête intérieurement en avisant un homme prendre une boule trop grosse pour son gabarit, probablement pour faire le malin. Son jet fut une catastrophe. Haya s’amusa à estimer la taille idéale de la boule selon la morphologie des personnes qui jouaient (elle s’amusait comme elle pouvait), puis se décida à tenter elle-même quand l’une des parties en cours s’acheva. Les personnes autour d’elle l’inscrire dans leur groupe. Ils n’étaient que quatre, ce qui annonçait une partie plus brève que la précédente. Haya jouait en dernière, les jets des autres joueurs n’avaient pas été prodigieux, hormis un qui avait essayé de s’y prendre à deux fois pour une raison qui lui échappait, mais qui avait échoué. Haya passa la main sur les boules, les effleurant juste, pour trouver celle qui lui conviendrait le mieux. Elle en essaya une, puis une autre et porta son choix sur une boule intermédiaire de couleur orange.

Elle se positionna, copiant sur les joueurs précédents qu’elle avait observé avec grand soin, légèrement décalée sur la droite. Elle s’élança sur deux pas (elle ne voyait pas beaucoup l’intérêt de courir sur une grande distance, ce n’était pas comme si elle essayait de toucher le ponton arrière du bateau) et relâcha sa boule avec, jugea-t-elle, une certaine habilité. Tous les tubes tombèrent et Haya sourit puis s’apprêta à céder sa place quand on lui indiqua qu’elle avait un deuxième tir offert. La jeune fille ne s’interrogea pas davantage sur la raison, saisit la même boule et réussit un nouveau tir parfait. Cette fois-ci, visiblement, c’était à quelqu’un d’autre de jouer. Haya réussit un total de six tirs parfaits pour 8 tirs, ce qui étaient un score intéressant, mais elle s’en voulait un peu d’avoir faiblit sur les derniers tirs. Son bras était plus lourd qu’elle ne l’aurait cru et elle aurait peut-être dû choisir une boule plus légère, alors, pour équilibrer. Le jeu était plus amusant qu’elle ne l’aurait cru, à nouveau, et Haya regretta de ne pas avoir trouvé à kiri des équivalents. Elle s’arracha toutefois à la salle de jeu pour ne pas être tentée d’y rester tout le trajet et poursuivit son chemin.

Il y avait une salle avec des gens à moitié nus qui… ne faisaient pas ce qu’on pensait, mais… pourquoi des coquillages sur le dos ? … Certains barbotaient sans grande élégance, des personnes d’âges divers, d’autres portaient des masques pour la peau et Haya en conclut que c’était l’endroit où venaient les gens qui avaient besoin de cuver l’alcool ingurgité. Elle s’approcha de quelques pas.

Homme - Bonjour mademoiselle, venez par ici pour vous dévêtir.

Haya le regarda avec des yeux ronds. Il semblait sérieux, en plus. Elle secoua lentement la tête, pour essayer de voir s’il ne plaisantait finalement pas.

Il ne plaisantait pas.

Haya repartit aussi vite qu’elle était venue. Elle ne saisissait pas exactement pourquoi on lui aurait mis des coquillages morts sur le bas du dos, mais certainement pas pour qu’elle aille mieux. Et il n’était pas réellement dans ses intentions de montrer au tout-venant les meurtrissures à jamais marquées dans son dos, c’était quelque chose de suffisamment pénible dans un milieu intimiste sans qu’elle n’aille le laisser admirer par tout le monde. La jeune fille remonta le couloir et atteignit finalement les chambres. Elle se souvenait par chance du numéro de la sienne, qui semblait être à l’opposé, aussi marcha-t-elle sans se presser. Elle partageait sa chambre avec Sokka et Liori. Seul ce dernier se trouvait dans la cabine, elle le salua d’un signe de la tête et d’un sourire.

Haya grimpa sur sa couchette, retira sa veste, s’étira, et s’enfonça dans ses couvertures. Elle ferma les yeux et s’endormit quelques minutes plus tard, comme si son corps répondait docilement à son emploi du temps.

MessageSujet: Re: [BI003] - Les greniers de Yagi   Ven 6 Nov - 20:11

Quand Haya se leva, elle était seule dans la chambre. Elle glissa hors du lit, se passa une main sur les yeux et chercha un peu d’eau, en vain. Elle se dirigea vers la salle de bain, s’essuya le visage et remis sa veste sur ses épaules. Sans doute étaient-ils bientôt arrivés à présent. Haya retrouva avec une relative facilité son chemin jusqu’au ponton, où se trouvaient déjà Chiyoko, Sokka et Liori. Haya se positionna à côté d’eux. Yagi apparaissait au loin. Le voyage s’était bien passé, mais il n’y avait aucune trace d’Akio. Elle espérait qu’il ne s’était pas mortifié dans quelque endroit obscur pour expier son crime. Il fallait tout de même aller de l’avant maintenant, et réfléchir plus tard sur cet épisode malheureux. Haya fut toutefois perturbée dans sa pensée par un événement qui lui arracha un frisson d’appréhension.

Des bateaux se dirigeaient vers eux. Il ne fallait pas être un génie pour deviner que d’une part, cela s’annonçait comme une mauvaise rencontre, et que d’autre part il allait falloir réagir rapidement. Il ne s’agissait certainement pas de la milice de Yagi, bien que cela soit vraisemblable, l’heure était trop avancée maintenant. Les pirates devaient déjà être implantés à Yagi, savoir qui s’y dirigeait et prendre l’initiative. Haya porta son regard autour d’elle à mesure qu’elle comprenait. Les civils. Il y en avait plus ici que sur l’île. Leur tactique n’était pas mauvaise. Haya savait toutefois qu’elle bénéficiait ici d’un soutien inépuisable d’eau et que ce serait, pour elle, un avantage important. Et elle savait aussi que, malheureusement, les otages ne représentaient qu’une donnée parmi d’autres à ses yeux.

C’était une tactique pas mauvaise. Pas mauvaise… le rapport de la mission indiquait la présence d’un chef. Haya connaissait sa cible. Cet homme se ferait connaître. Il voudra se faire mousser auprès de ses hommes, leur montrer qu’il ne craint pas kiri. Ce sera probablement l’erreur de sa stratégie, parce que lorsqu’il le fera, ils connaîtront sa position. Une fois leur tacticien soigneusement éventré, cette marée impressionnante devrait ranger ses crocs. S’ils parvenaient jusqu’au chef. Haya pouvait les voir à présent et les choses se passèrent avec une telle facilité et une telle vitesse qu’elle en resta un instant décontenancée. Les pirates étaient sur le quai, partout, par grappes entières, ils montaient sur le bateau comme des colonies de fourmis autour d’une miche de pain. Haya serra les poings et s’approcha, les sourcils froncés. De nombreux regards étaient tournés vers eux, petite unité immobile dans cette agitation. Haya se retourna brusquement vers Chiyoko mais ce dernier se dégagea avec une aisance évidente de son agresseur. Il observait la situation avec sérieux et efficacité, jugea Haya. Elle le préférait ainsi.

??? – Shinobi de Kiri, nous venons de prendre possession du poste de commande avec ses officiers, plusieurs de nos groupes armés sont en train de capturer des passagers. L’ensemble du navire est désormais sous notre contrôle. Rendez vous immédiatement ou nous exécuterons les otages. Il n’y a pas de négociation possible, ni de deuxième sommation.

Hélas, la mission stipulait d’arrêter les pirates, pas de sauver les otages. Haya savait quelle serait la décision de ses équipiers parce que c’était aussi la sienne. Elle les observa et acquiesça doucement la tête. Haya tourna tout autour d’elle-même pour voir toujours plus de pirates s’agglutiner avec prudence.

Elle connaissait en tout cas la localisation du chef et elle se souvenait que la mission précisait très clairement d’éliminer la tête. Une indication judicieuse. Il était dans la salle des commandes, seul endroit susceptible de disposer d’une installation permettant de communiquer à tout le bateau à la fois. Haya l’indiqua du doigt à ses équipiers, pour montrer qu’elle allait se diriger là-bas et qu’un peu d’aide pour dégager le terrain ne serait pas superflue.

Ce bateau était beau, mais il n’en resterait pas grand-chose s’ils se donnaient réellement à fond. Les pirates ne leur laisseraient pas beaucoup de choix, Haya ne les sous-estimait pas. Ils étaient trente fois plus nombreux qu’eux, ils étaient armés d’objets suffisamment coupants pour être dangereux et ils avaient des ordres clairs donnés par une personne habituée à ce genre d’opération. Rien de risible là-dedans. Mais elle ne se cachait pas non plus la vérité : ils n’avaient pas la moindre chance, même à l’usure, contre eux. S’ils travaillaient efficacement pour se soutenir les uns les autres, les vagues de pirates s’écraseraient contre eux en vain.

Le problème venait alors des otages, qui seraient massacrés pendant ce temps, sans qu’ils puissent intervenir. Deux cent morts civiles, plus deux cent morts de pirates, un carnage abominable qui risquait de tourner court. C’était tout de même perturbant de se dire que cinq ninjas étaient capables d’une telle ampleur dans le massacre. Il n’était toutefois pas l’heure de se questionner la rationalité de la puissance, mais plutôt d’agir promptement et avec efficacité.

Les pirates qui les entouraient s’approchaient avec précaution. Il était temps de passer à l’action. Haya se tourna vers eux, joignit ses mains et quelques secondes plus tard, un début de brouillard se répandait sur toute la longueur du bateau. Elle observa froidement les pirates disparaître, emportés par les brumes, tandis qu’ils jetaient des coups d’œil inquiets autour d’eux. Un très léger maux de tête la menaça puis s’évanouit. Ce bateau était définitivement trop grand, mais si elle voulait couvrir une surface suffisante Haya savait qu’elle ne devait pas hésiter à entamer ses réserves. Heureusement que Benihime lui avait appris cette technique, elle risquait de gêner terriblement les pirates (s’ils n’avaient pas l’habitude de ce genre de climat, ce qui pouvait tout aussi bien être le cas). Néanmoins, étendre le brouillard sur une telle surface la fatiguait plus qu’elle ne l’aurait pensé et elle adressa un remerciement muet au pirate qui avait décidé de les attaquer pendant qu’ils étaient sur le bateau. C’était un mouvement vaguement inconsidéré quand quelqu’un de son sang voyageait dessus, quand bien même ne disposait-elle ni de la puissance ni de la maîtrise d’un Hyô ou d’un Iba.

Certains pirates se hélaient d’un bout à l’autre du bateau, désorientés par ce brusque revirement. Elle entendait des conversations étouffées et précipitées, nerveuses, et il lui sembla que des hommes quittaient le navire embrumé, terrifiés à l’idée qu’une lame ne les traverse silencieusement pendant qu’ils ne s’y attendaient pas. Une bonne occasion pour passer à la suite.

Haya se passa une main sur le front et se rapprocha sans faire de bruit de ses équipiers qui semblaient avoir convenu d’un plan. Haya indiqua les pirates devant eux pour signifier qu’il fallait s’en occuper avant de se séparer. Il ne lui paraissait pas très pertinent de laisser derrière eux des équipiers en situation délicate, ils auraient déjà fort à faire une fois engagés plus avant. La jeune fille fit de nouveau face aux pirates dissimulés dans de lourdes chapes brumeuses, joignit ses mains, inspira et concentra son chakra. D’un geste de la main, elle envoya l’eau de la mer avec force contre ses adversaires en essayant d’en toucher le plus possible en une fois. Maintenant qu’ils étaient sonnés, c’était le moment de passer à l’action. Haya suivit Liori qui s’engageait déjà vers le poste de commandement, à présent invisible à leurs yeux mais qui ne devait pas avoir changé de place depuis la dernière fois. Elle se pencha en avant et traversa les pirates sans s’arrêter, alors que Chiyoko, Shuo et Sokka se précipitaient pour les achever. Une fois ces derniers mis hors d’état de nuire, cette petite équipe pourrait infiltrer le bateau et essayer de sauver quelques otages. Haya aurait certainement préféré qu’ils se concentrent tous ensemble sur le poste de commandement, mais il lui semblait également irresponsable d’abandonner les civils à leur sort. Et elle et Liori avaient de bonnes chances de mettre un terme à la vie du chef pirate à eux deux, Haya n’avait pas encore de plan bien établi en tête mais pour l’instant, leurs adversaires n’avaient rien montré de particulièrement troublant. Leur nombre, toutefois, représentait une lourde pénalité mais ils ne pouvaient pas s’arrêter là-dessus.

Haya sauta sur la balustrade et bondit d’un même élan sur le haut du toit. Le brouillard la recouvrait totalement ici aussi, mais elle se doutait que l’intérieur du bateau était hélas préservé. Utiliser un tel brouillard l’aurait complètement asséchée et l’idée d’être à la merci d’une horde de pirates ne lui disait rien du tout. Chiyoko, Sokka et Shuo pourront toutefois profiter de l’exigüité des couloirs pour briser l’avantage numérique, elle leur faisait confiance pour limiter les chances d’être blessé ou capturé. Ou pire… Liori avait atteint le poste de commandement, d’une façon qui manquait assurément de subtilité mais qui était tout de même relativement spectaculaire. Haya s’arrêta brusquement pour éviter la pluie de verre et de copeaux de bois. Elle ne parvenait plus à voir ce qui se déroulait là haut.

Haya sauta sur le mur à quatre pattes, se redressa et reprit sa course. Instinctivement, elle savait qu’elle allait très bientôt utiliser son chakra et à chaque pas qu’elle faisait, les différentes possibilités qui s’offraient à elle défilaient à toute allure. Haya n’était pas inquiète. Liori n’était pas un incapable et la voix de tout à l’heure, alors déformée par le mégaphone, retentit à ses oreilles comme un murmure au loin.

? - Vous n'êtes pas si surprenants que cela, shinobi.

Ils avaient trouvé un chef.

Pourquoi n’était-il pas plus inquiet que cela, au moment de mourir ?

MessageSujet: Re: [BI003] - Les greniers de Yagi   Sam 7 Nov - 0:34

J’étais accoudé au bastingage, laissant l’air marin me caresser, ou plutôt fouetter, le visage. Je me remémorais les paroles d’Akio quelques dizaines de minutes plus tôt. Il avait l’air vraiment affecté par ce qu’il avait fait. Il réalisa
it les conséquences de ses actes et avait la décence de son excuser. C’était peut être plus que ce qu’on était vraiment en droit de lui demander.
Cependant, je m’inquiétais de sa réaction. Je ne le connaissais pas suffisamment pour prévoir ce qu’il allait faire, mais j’avais la net impression que ce qu’il avait fait lui avait énormément couté. Au moins, il n’allait pas fuir la mission, il l’avait dit. Mais est-ce que ces événements allaient l’affecter ?

J’observais l’horizon. Au moins, le bon côté de la chose, c’était qu’avec le retard accumulé nous avions sans doute embarqué sur un navire bien plus confortable que celui prévu initialement. Un bateau de croisière, suffisamment spacieux, gros et lourd pour ne pas se faire importuner par les vagues qu’il dominait.
Du moins le plus petite.
Du moins celle qui ne faisait pas trop tanguer le navire…
Enfin…

Beurps.

Ayant laissé une part de moi-même derrière moi. Plus exactement, dans l’eau de mer qui s’agitait et peut être quelques infimes morceaux de coques, je décidais de m’aventurer plus avant dans le cercueil marin… Le bateau quoi.


Je déambulais dans les couloirs donnant accès aux cabines. Je sortais de la notre. On avait réussit à dégoter deux cabines pour nous six, l’espace de la traversé jusqu’à notre objectif. Je m’y étais rendu dans l’idée de la repérer plus facilement une fois la nuit tombé, et tout simplement pour m’allonger et oublier l’endroit où je me trouvais. Cependant…
C’était comme demander à un bout de viande d’oublier qu’il venait de se faire avaler et qu’il était en passe de se faire dissoudre dans un estomac étranger, par des sucs gastriques vraiment agressif. Sauf que dans le cas présent, le bout de viande c’était moi, et l’estomac la gigantesque carcasse de métal qui –pour l’instant- se trouvait en majorité au dessus du niveau de l’eau.
Cette comparaison m’ouvrait l’appétit.
Curieuse sensation que de sentir son estomac réclamer à corps et à cri de se faire remplir, tout en suppliant de le laisser partir en balade, à travers notre bouche.

Je me promenais donc sur le navire, me fixant pour objectif de rejoindre l’une des deux « salles de restauration » du navire. Les endroits qui avaient l’air le plus intéressant avec nos cabines.
J’arrivai sur place et je pu admirer d’un œil distrait la décoration du lieu. Un faux luxe, avec ses meubles et mur en bois vernis, une baie vitrée qui donnait vue sur une piscine –je trouvais vraiment bizarre ce concept de cuve d’eau servant à se baigner, sur un bâtiment conçus exactement pour le contraire- et plusieurs tables rectangulaires, couverte par une nappe blanche, étaient parsemé dans la pièce. Et il y avait bien évidement un buffet à volonté. A mon sens, l’une des meilleures inventions de l’homme depuis… Aucune idée.

Ma table était envahie. Une invasion d’odeur, de couleur et de gout différent. Des assiettes, des bols remplis de divers aliments. Ici, de simple nouille accompagné de quelques légumes. Relativement sec, elles s’accordaient bien avec la sauce du canard laqué. Des pommes de terres, légèrement poivré et dorée. Des jolis morceaux de porc panés. Des cuisses de diverse volaille. Une sautée de champignon. Le moins que je puisse dire, c’est que même si ce n’était pas aussi bon que ça en avait l’air, ça remplissait son office tout autant que mon estomac.


Retour à la cabine, un petit somme pour digérer en paix. C’était le plan de base. Un très bon plan. Dommage qu’un picotement à la joue me réveilla.
Je retirais la tête de mon oreiller qui s’était collé à ma joue. Il était humide et rouge. Je passais la main sur ma joue. Elle se couvrit elle aussi d’une humidité rouge. Peut être aurais-je le temps d’aller jusque dans la salle de bain ? Visiblement non.
Ma joue, mes bras, mon torse. Tout mon corps subissait des pulsations irrégulières, de plus en plus violente. Je serrais les dents, tandis que du sang se frayait un chemin entre elles, les teintants de rouge. Le hurlement que je retenais au fond de ma gorge se transforma en gargouillis quand le sang monta à l’assaut de la lumière du jour. Il ne prit même pas la peine de chercher à passer la maigre barrière que représentait ma mâchoire, et s’échappa allégrement au niveau de mon cou. Le bandage qui le cerclait s’étira, se trempa et changea de couleur, avant de tout simplement exploser. Du sang se répandait sur le mur et ma couchette.
Ma joue me faisait de plus en plus mal, tout comme la totalité de mon corps, en dépit de la drogue que j’avais pris avant de me coucher. Les chairs que j’avais reformé quelques heures auparavant dans le port finirent de se déchirer, lentement, le faux sourire que cela me formait s’était d’avantage élargit, je le sentais. Et le sang coulait.

Ce ne fut que qu’une dizaine de minutes plus tard que je fus apte à constater les dégâts… Et à tenter de les diminuer.
J’ouvris le hublot de notre cabine, et laissait l’air marin envahir la pièce, l’odeur de l’iode luttant avec celle du sang pour la domination de la pièce. Pendant que l’air s’engouffrait dans la cabine, je faisais sortir mon sang de là. Il me suffisait d’appliquer ma main dessus pour pouvoir tranquillement le faire se déplacer à travers le hublot et se déverser dans l’eau. Tandis que j’essayais de totalement retirer le sang de ma couverture et de mon matelas, je me fis la réflexion qu’avec une telle manœuvre, le bateau attirerait sans nul doute les requins.

Finalement, ma couverture et mon T-shirt furent bon pour finir à la poubelle. Le sang s’étant trop profondément incrusté pour que je puisse l’en faire sortir. C’était vraiment triste. Je maitrisais mon sang depuis maintenant plus de 13 ans, voir même plus, et cela faisait à peine 3 ans que j’arrivais à maitriser la manipulation extérieur. Et encore, ce n’était même pas dans sa totalité. Quel dommage.

Lorsque que Haya entra dans la cabine j’avais finis par refaire la totalité et mes bandages, et fermé ma veste par dessus. Elle me salua d’un signe de tête et d’un sourire. Je ne fis d’effort que pour l’un, l’autre étant à nouveau ancré dans mon visage. Elle venait se coucher. J’observais le ciel, à travers le hublot fermé, qui s’assombrissait peut à peu. Encore abruti par la drogue et la douleur, je décidais de l’imiter, me couchant sur la couchette à l’opposé de celle que j’avais occupée. Puis je sombrais dans le sommeil peu après Haya, bercé par a respiration.

Je fus réveillé une fois de plus, mais par la fraicheur cette fois. Je restais allongé une ou deux minutes, essayant de me rappeler rapidement où j’étais. Lorsque je réalisais que ce lieu concernait des balancements répétitifs et une rébellion de mon estomac, je décidais d’oublier de me rappeler.
Le ciel se colorait lentement hors de notre cabine. Le matin approchait, ainsi, je décidais de me lever. Je sortis de la cabine, et ferma doucement la porte en me rappelant que Haya dormait au dessus de moi. Quant à Sokka, je ne l’avais pas vu.

Je fus rapidement sur le pont, regrettant le vêtement que ma crise avait ruiné quand l’air violent et froid me percuta. Je repérais certains de me camarade, qui observaient l’horizon. En m’approchant d’eux, je constatais qu’on pouvait enfin voir notre destination. Les sombres côtes que nous devions protéger des pirates… A supposé qu’il ne soit pas trop tard et qu’il reste bel et bien quelque chose à protéger.
Haya nous rejoignit au bout de quelques minutes. L’équipe était ainsi presque complète, il ne manquait plus que Akio, que je n’avais pas vu depuis ses « excuses publiques ».

Et soudain, tout se passa très vite. De nombreuses embarcations surgirent de l’horizon. Avalèrent la distance les séparant de notre navire, et l’encerclèrent. Alors que l’alarme résonnait enfin, des dizaines, je pouvais même supposer une centaine, d’hommes abordèrent notre navire. Nous fûmes alors encerclés par un certain nombre d’entre eux.

[???] – Ces putains de ragots sont vrais ! Les shinobi de Kiri sont bien sur ce putain de rafiot !

Inutile d’être un génie pour comprendre que ces individus étaient des pirates. S’ils étaient ici, cela voulait-il dire qu’ils avaient déjà attaqué les greniers ? Sans doute… Les commanditaires de notre mission avaient du finir entre leurs mains et tout avouer. Enfin, c’était le scénario le plus catastrophique –Je ne prenais pas en compte le fait d’effectuer une bataille navale comme un scénario catastrophe. Ils pouvaient très bien avoir attaqué ce navire par hasard, en ayant entendu des rumeurs.
Un bruit d’os qui craque, suivit par le bruit d’un corps à la mer se fit entendre. Cela me remémora une pensée que j’avais eue entre deux phases de sommeil.
L’imitable et fameux style de Chiyoko, eut tôt fait de faire comprendre aux pirates que le corps à corps était déconseillé. Je portais la main à la poigné de mon arme et me demandant lesquels d’entre eux je devrais prendre pour cible une fois que le combat débuterait.

[???] – Shinobi de Kiri, nous venons de prendre possession du poste de commande avec ses officiers, plusieurs de nos groupes armés sont en train de capturer des passagers. L’ensemble du navire est désormais sous notre contrôle. Rendez vous immédiatement ou nous exécuterons les otages. Il n’y a pas de négociation possible, ni de deuxième sommation.

Voila autre chose. Ils n’étaient pas idiots. Prendre des otages.
J’eue un instant d’hésitation. Je ne tenais pas particulièrement aux personnes à bord du navire, mis à part mes coéquipiers et peut être celui chargé d’éviter que ce navire finisse au fond de l’eau. Mais, si nous agissions et qu’un massacre avait lieu, que des « innocents » étaient tués. Cela ne risquait-il pas de ternir la réputation du village ? Devrions nous les écouter pour agir ensuite… Un charmant conflit entre deux faces de l’éducation que m’avait fournis ma famille. Se battre et faire honneur au village. Bordel.

Haya pointa du doigt la tour de contrôle. Oui, évidement. Celui qui venait de parler et que l’ont pouvait supposer être le chef devait se tenir là. Il avait de plus une superbe vue pour voir si nous agissions de façon contraire à ses souhaits. Saleté.
Un mouvement à côté de moi. Haya qui composait des signes. Elle avait visiblement décidé d’ignorer les consignes du pirate. Pendant quelques secondes, je me sentis honteux. Notre mission spécifié bien l’élimination des pirates, le sauvetage d’otage n’était que secondaire.

Des langues brumeuses montèrent à l’assaut de nos chevilles et recouvrirent bientôt tout le sol, pour ensuite envelopper une grande partie du bateau. La visibilité diminuait peu à peu. Je murmurais alors aux personnes situés à mes côtés, Haya et Sokka, ma décision de prendre d’assaut la tour… Quelques secondes plus tard, je bondissais en avant, arme au clair. Je frappais une silhouette dans la brume qui obstruait le chemin, et poursuivit ma course. Derrière moi, les rumeurs d’un combat (ou plutôt d’exécutions) se faisaient entendre.
Malgré l’absence de visibilité, le bateau n’avait pas changé. J’avais observé le chemin, ainsi aucun obstacle imprévu ne me barra le chemin.
Des bruits de course derrière moi indiquèrent que j’étais suivi.

Lorsque j’entamais enfin l’escalade de la tour, je fus sur à 100% qu’il s’agissait d’un de mes coéquipiers. Sans doute Haya vu qu’il n’y avait pas eus de commentaire Sokkarien, et que cette dernière avait eut la même idée que moi. J’atteignis le sommet.
Les vitres qui me bouchaient l’accès subirent mon courroux. Le chakra concentré dans mon poing explosa au moment de l’impact, le choc se propageant à travers une bonne partie de la structure qui céda. De nombreux débris chutèrent vers l’extérieur. Mauvais calcul, espérons que mon compagnon n’en subirait pas trop les frais.

Dans la pièce, beaucoup de personne. Des gens debout, les méchants. Des gens attachés, les otages. Un homme juste en face de moi, d’un âge indéfini, mais sans nul doute encore jeune, au visage marqué par l’expérience et les vilaines cicatrices qui vont avec. Le chef.

[Le Pirate] - Vous n'êtes pas si surprenants que cela, shinobi.

Le mouvement qu’il effectua me mit la puce à l’oreille. Le fait de tourner la tête et de voir un pirate amorcer un coup avec une masse confirma mes derniers soupons. C’est l’homme qui veut me faire mal. Qui a osé prétendre que la vie n’était pas faite de noir et de blanc ?

Je me renversais en arrière, semelle toujours coller à la paroi de la tour. Et admira le coup me passer largement au dessus. Je me redressais, me servant plus de mon sang que des mes muscles pour forcer mon corps à effectuer cette pénible besogne, et saisit la cheville du pirate armé. Au passage, je notais la présence de pirate sortant des accessoires qui risquaient de poser problèmes s’ils étaient justement utilisés. Ramenant mon corps vers l’extérieur, je jetais le pirate, hors de la tour, de toute la force dont je pouvais faire preuve. Tandis qu’il s’écrasait plusieurs mètres plus bas, Haya acheva de monter à mon niveau. Les choses sérieuses aller commencer, et en beauté je vous pris.

Le bandage neuf de mon bras gauche se déchira, libérant une quantité élevé de sang, qui prit rapidement la forme de lame. Plus exactement, d’un quadrillage de lame, qui nous précéda lorsque nous firent à nouveau irruption dans l’étage. Les fameux accessoires, des filets, furent réduit en charpie par le tranchant de mon sang, et Haya cracha une fabuleuse substance, semblable à un glaire géant (faute de meilleur comparaison). Le produit immonde eut tôt fait de coller les pirates au sol.
Nous entrions donc plus avant dans la tour, chargeant mes pieds de chakra pour éviter d’être moi aussi totalement englué. Haya, à l’aide d’une arme qu’il maniait avec dextérité, mis à terre trois pirates. Quant à moi, m’attaquais aux lanceurs de filets, et aux pirates les plus proches, avec mon sang. Ils finirent eux aussi au sol.

Celui que nous identifions comme le chef hurla un autre, et alors que ma coéquipière se jetais sur lui, il y eut un grand flash blanc qui m’aveugla en dépit me mes, trop petites, lunettes noires. (Qui malgré toute cette agitation demeuraient obstinément sur le bout de mon nez). Les pirates profitèrent de ceci pour se libérer de la glue. L’un d’entre eux se jeta sur moi et fit intimement connaissance avec mon arme, qui lui trancha proprement le ventre. Un autre, d’un acabit tellement énorme (même pour une masse floue) que je me demandais comment je ne l’avais pas remarqué avant, me fonça dessus.

Etrangement, durant les quelques secondes qui séparait la course de l’impact, j’eus le temps de voir que ceux qui avaient l’air de… Sergent ou grade pirate équivalent, s’occupait à écrire sur des parchemins. En général, si on prend le temps de faire ça quand quelqu’un massacre joyeusement ses camarades, c’est soit qu’on a un héritage à légué… Soit qu’on accorde un certains pouvoir aux parchemins possédant des écritures… Ou des sceaux.

Le choc promettait d’être rude, et je m’y préparais. Le sang Jaillis de la plante de mes pieds, traversa mes chaussures et s’enfonça dans le sol. J’allais m’ancrer pour arrêter une charge de taureau. Saisissant mon arme à deux mais, je l’abattis dés qu’il arrivait à porté, ce qui était difficile à définir avec mes yeux encore perturbé par la lumière trop vive de tout à l’heure.
La lame lui rentra dans le flanc, et ne lui trancha par les jambes comme je l’avais espéré. La prochaine fois je viserais la tête.

La charge s’arrêta finalement, de justesse. Quelle classe. Mon arme coincé dans le corps d’une vache muté en être humain, et j’avais failli faire le grand saut. Au moins, et désolé pour elle, Haya se chargeait de finir le travail tandis que je décoincé mon arme.
Les derniers pirates encore debout me permirent de rattraper mon retard sur les actions d’Haya, et la pièce fut alors totalement transformé en bain de sang. Une bonne partie m’appartenait, mais je n’étais pas la victime. Il parait que c’est toujours comme ça quand un Satsubatsu se bat.

[Liori] – Tu vas nous dire à quoi servaient ces parchemins !

Ou pas. Une confiance malsaine. Soit il était puissant, soit il était idiot. Dans tout les cas, il savait garder le silence. Un sourire plus énervant que le miens lui barrait le visage. Je luttais contre l’envie de lui trancher la gorge.
Je regardais Haya. Peut être avait elle une subite idée de génie.
Par la fenêtre derrière elle, je pouvais voir un certain nombre de pirate revenir sur le pont, les bras chargé d’objet qui devait être dans la bateau avant. Visiblement, nos coéquipiers ne pouvaient pas être partout à la fois et n’avaient pas pu empêcher le pillage du bateau.
Ce n’était pas vraiment un problème. Nous n’avions qu’à tuer tout les pirates.

J’allais commenter cela, lorsque de la fumée sortie du sol. Il ne s’agissait pas de brume. Haya (du moins je supposais que c’était son fait) l’avait dissipée quelques instants plus tôt.
Je ne tardais pas à faire le lien. Parchemin et fumée. Des explosifs. On devait fuir. Mais les otages ? On s’en foutait non ? Et le pirate ? Il ne parlerait pas. Mais on avait trop de question… Et puis merde.

[Le pirate] - C'est inutile. Vous avez perdu...

Le sang s’abattis sur les corps d’où semblait provenir la fumée. Nous avions fait une erreur. J’avais fais une erreur. La fuite aurait du être la meilleure solution.
Plutôt que de me lamenter, j’entamais une série de jurons, difficile de faire mieux dans notre situation. Le souffle de l’explosion me fit bientôt taire.


Dernière édition par Liori Satsubatsu le Mar 16 Mar - 18:09, édité 1 fois
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