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 [BI003] - Les greniers de Yagi

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MessageSujet: [BI003] - Les greniers de Yagi   Ven 10 Avr - 22:50

Rappel du premier message :

- Shuo, Haya, Akio, Chiyoko, Liori et Sokka participent à cette mission qui se déroule sur une des petites îles, Yagi, aux alentours de l'île principale, avec Kiri no Kuni, nommée Uke.

- Liori, Chiyoko et Akio sont tous des MJ, c'est-à-dire que leurs posts sont susceptibles de donner des éléments supplémentaires/complémentaires pour faire avancer la mission.

- Comme pour le tournoi chuunin, vous ne pourrez poster que lorsque deux autres personnes auront posté suite à votre dernier post.

- N'hésitez pas à prendre des initiatives personnelles. Pour se faire, contactez un des MJ par Mp et exposez lui ce que vous comptez faire, il vous donnera alors les résultats de votre action. Il en va de même pour les dialogues avec des PNJ. Si vous n'êtes pas sûr des répliques ou si vous souhaitez poser des questions, envoyez les par MP aux MJ, ils vous donneront les réponses adéquates.

Nom : Les greniers de Yagi
Code : BI003
Rang : Mission de rang B
Type : Neutralisation

Descriptif : La famille Yagi craint pour ces greniers, une troupe de pirates bien organisée, qui frappe toujours au bon moment, semble avoir mis pied à terre et les faibles milices locales ne parviendront pas à les repousser. Les Yagi demandent donc l'aide des shinobi de Kiri no Kuni.

Pour Kiri, ce n'est pas la première fois que le village a affaire avec les pirates. La méthode la plus efficace pour les faire taire c'est de tuer la tête pensante, d'un coup. Le problème réside toutefois dans le fait qu'il n'y a pas qu'une seule tête. Laisser s'échapper un de ses individus c'est à coup sûr corser la mission.

Kiri a décidé de dépêcher deux équipes de chuunin, pour permettre d'adapter la stratégie aux évènements, et éviter que, dans une situation défavorable, les shinobi ne soient trop en infériorité numérique face à leurs adversaires.

Récompense : 400 £
Primes : 400 £ si vous trouvez comment les pirates s'organisent et s'informent et si vous y mettez fin.

[ Je vous laisse vous retrouver, si vous souhaitez vous pouvez aussi discuter de la mission. A partir de votre deuxième post vous pouvez avancer en direction de l'île de Yagi, sans y arriver immédiatement, bien sûr. Comme dis plus haut, pour tout complément d'informations, envoyer un MP aux MJ.]


Dernière édition par Akio Raiteiro le Mar 30 Juin - 22:28, édité 1 fois

AuteurMessage

MessageSujet: Re: [BI003] - Les greniers de Yagi   Lun 8 Fév - 1:14

Depuis que Akio s’était repenti, chacun des shinobis était parti de son côté, pour visiter l’énorme bateau. Ils avaient de grandes chances de ne pas se retrouver par hasard. Il était si immense. Au moins ils avaient de quoi s’occuper, le bateau n’arriverait qu’aux côtes de Yagi le lendemain matin. Sokka soupirait longuement. Tout ce qui venait de se passer dans ce petit village tranquille, l’avait chagriné. La mission n’avait pas réellement débuté, et elle était déjà compromise.

Cela faisait un bon moment qu’ils avaient pris la mer. Le Soleil avait bientôt terminé sa course dans un ciel particulièrement dépourvue de nuages. Chose assez rare, quand on est habitué à la brume envahissante de Kiri. Le Kawaki s’était installé vers la poupe du bateau. Adossé à un mur, il regardait les vagues crées par l’engin, s’éloignant vers l’horizon. Bizarrement, ça l’avait fait penser à Mitsu, elle, qui était à Kiri, à l’attendre. Elle s’inquiétait beaucoup trop, c’était son « travail », d’effectuer des missions, d’une certaine façon. Plus on évoluait, plus on avait de tâches importantes c’était ainsi. Mais, le Chuunin avait peut-être un peu sauté le pas : Il n’avait qu’effectuer que des missions D puis, d’un seul coup, il se mettait à faire une du rang B. EN réalité, lui aussi, avait peur. Peur de ne pas être à la hauteur, d’être inutile. C’était ce qui avait de pire, d’être qu’un poids pour ces équipiers.

??? – Pensif ?

Sokka tourna brusquement la tête vers la droite, tout en ayant un léger sursaut. Shuo lui faisait face. Ses lèvres laissaient paraître un mince sourire. Sur le coup, Sokka avait évacué toutes ses idées négatives, ne réfléchissant qu’à la réponse qu’il pouvait bien donner à son interlocuteur.

Sokka – Plutôt, oui. Et toi, qu’est-ce que tu viens faire par ici ?

Shuo – Je me baladais, simplement. Puis j’ai cru t’apercevoir, et je me suis rapproché pour vérifier. C’était bien toi.

Dire, qu’il avait osé émettre l’hypothèse qu’ils ne pourraient pas se rencontrer vu la taille du bateau. Le hasard, comme quoi, avait son rôle dans ce monde. Le Genin prit la peine d’occuper la place juste à coté de son homologue. Il se balançait lentement les yeux tournés vers le ciel. A vrai dire, ce n’était pas facile de trouver un sujet de conversation quand on a rencontré un homme qu’une seule fois, qu’il était notre adversaire durant un combat. Sokka soupira à nouveau avant, à son tour, lever la tête.

Sokka –Pas un nuage. La nuit risque d’être belle et étoilée.

Shuo – Surement, un bon présage, pour demain. Espérons que ça nous portera chance.

Sokka – Ca risque de ne pas être facile avec Akio. Il a l’air d’un grand rigolo, celui là.

A la fin de sa phrase, il laissa échapper un rire bref. Shuo l’accompagna par la suite, avant de hocher la tête.

Shuo – C’est un bon combattant, en tout cas. J’ai eu l’occasion de le vérifier pendant la guerre de Kiri. On peut compter sur lui.

Sokka pivota de nouveau sa tête en direction du jeune homme aux cheveux noir de jais, l’air surpris par cette remarque. Il ne s’attendait pas à cette remarque. Par reflexe, il répondit simplement quelque mots pour écouter à nouveau les propos de Shuo.

Sokka – Tu crois ?

Shuo – Je le pense sincèrement.

***

Quelques heures avaient passé depuis cette rencontre, la nuit était bien avancée. Sokka était sûr que s’il pouvait voir le bateau au loin, il verrait une chose flottante brillant de mille feux. En effet, à l’intérieur du bateau, tout était allumé de sorte, à ce que les clients ne différencient pas la nuit du jour. Heureusement, à l’extérieur, cela s’atténuait. Sokka appuyé sur la rambarde toujours situé à la proue du bateau, la tête dans se mains, se penchant en avant. Il laissait vagabonder son esprit au loin dans ses pensées, le plus loin possible. La bise caressait son visage, lui rendant le teint plus frais. Ses yeux fixaient l’eau aussi noire que la nuit, regardant la danse des lumières du bateau. Il resta encore un bon moment, avant de remarquer le fait, qu’il était idiot d’être sur un bateau luxueux gratuitement et pouvoir en profiter un peu.

A contre cœur, il se retourna pour faire face à l’immense bâtiment qui flottait sur l’eau. La différence de luminosité avec le ciel que Sokka dut fermer les yeux le temps qu’ils s’habituent. D’un pas souple, il avança vers la première porte qu’il avait trouvée. Une bouffée de chaleur s’échappait alors de la pièce. De la chaleur humaine. Comme par hasard, il s’était rendu dans un bar, lui qui espérait éviter ce genre d’endroit depuis l’accident, au moins jusqu’à la fin de la mission. Sentant, l’air frais chatouillait leurs narines, quelques clients curieux jetèrent un regard vers le Chuunin. Il ne vit qu’un simple jeune homme en pleine force de son âge. En effet, Sokka voulait rester discret et avait rangé son bandeau dans une des poches de son pantalon ample. La seule chose inquiétante, était sûrement le fait qu’il se ballait avec un Katana qu’il avait pris soin de détacher de sa taille et de le tenir en main, d’une façon non agressive. Cela n’empêchait, les passagers d’avoir une lueur de peur, face à une arme. Le Kawaki les ignora tout simplement et s’installa sur une de ces chaises hautes qui décoraient le bar. Il posa son arme entre la chaise et le bar posé sur le bois du meuble.

Sokka – Bonjour.

Barman – Bonjour Monsieur. Que désirez-vous ?

L’Eisei-Nin fut surpris par l’accent et la prononciation irréprochable de celui qui tenait debout devant lui. Cela changeait des autres avec un accent plus ou moins compréhensible, montrant qu’il goûtait la marchandise avant de la servir. C’était sûrement dû à la clientèle qui avait le luxe de passer du tant sur un immeuble flottant. Cela enlevait le côté convivial, mais au moins le Shinobi était sûr qu’un combat d’ivrogne n’allait pas démarrer. C’était même inconcevable. Sokka prit la peine de répondre par un simple haussement d’épaule et commanda une simple boisson. Le service fut rapide et il put goûtait son cocktail en aspirant un peu de liquide par la taille. Il ne fallut pas plus longtemps pou que le jeune homme au teint mat se fasse abordé.

??? – Vous n’avez pas l’habitude d’être ici. C’est votre première croisière ?

Sokka reconnut la voix douce et mélodieuse d’une jeune femme à peine plus âgée que lui. Il ne prit pas la peine de détourner les yeux de son verre et but une autre gorgée avant de répondre.

Sokka – Pas exactement.

Têtue, la jeune femme ne voulait le laisser tranquille. Elle prit la peine de s’asseoir tout en commandant à son tour une boisson. Elle tourna la tête en direction du ninja avant de se présenter de façon assez solennelle.

Shizu – Mon nom est Shizu Sanade. Enchantée de vous rencontrer.

Sokka – Sokka Kawaki. De même.

Il avait prononce ces mots d’un ton monotone. Il voulait simplement ne pas être dérangé. Sokka pensa qu’en étant froid et distant, son interlocutrice allait abandonner et retourner à sa table. Cependant, elle semblait beaucoup plus bornée que ça. Elle recula sa chaise et jeta un coup d’œil vers le sol, avant de le fixer. Elle examinait l’arme, sans aucun doute. Et, elle allait certainement réengager la conversation via ce thème. Il en était certain, et cela n’allait pas manquer.

Shizu – Vous êtes un combattant solitaire voyageant aux quatre coins du globe ?

Excédé, Il tenait à ne pas répondre à ces divagations exotiques, sirotant toujours son mélange de fruits mixés. Il se força tout de même à sortir de sa poche le bandeau avant de le balancer sur la table. La passagère de la croisière eut les yeux qui s’écarquillaient, réaction typique maintenant qu’elle comprenait ce que signifiait le bout de tissu. A ce moment-là, Sokka décida enfin de tourner la tête vers elle, prêt à lancer un «Contente?», comme on plantait une arme dans le ventre de son ennemi. Il fut néanmoins arrêté par une certaine chose, chose qu’il aurait remarqué s’il s’était efforcé à la regarder avant de la parler ainsi. Ses cheveux était noir ébène et des saphir étincelants à la place de ces prunelles. Elle ressemblait trait pour trait à…

Sokka – …Mitsu

Il avait à peine susurré ce mot que Shizu n’avait pas dû entendre. Mais, pour le Chuunin, rien qu’en le prononçant ainsi, il avait eu un frisson traversant de part en part son corps. En repensant à tout ce qu’il lui avait, il avait été plus qu’odieux avec elle. Dire qu’il a fallu pour qu’il s’en rende compte. Il était désormais tout gêné, perdant toute son assurance et son amertume, envers la jeune femme. Il ne pouvait désormais que s’excuser. Heureusement, qu’elle n’était pas parti offusquée, comme il le voulait au début, cela lui laissait le temps d’avoir son pardon.

Sokka – Désolé. Je suis à cran en ce moment.

Il rangea tranquillement son bandeau à nouveau dans sa poche. C’était impossible, qu’une personne ressemblait tant à son aimée. Cela pouvait tout à fait être elle-même déguisé, surveillant son Sokka. Cependant, elle aurait prit le soin de se dissimuler, voire si elle tenait absolument à lui parler en se métamorphoser en une autre personne. Ou alors, elle avait décidé d’y aller au culot. Le pire, c’était qu’elle en était capable. Sokka n’eut pas le temps d’échafauder d’autres hypothèses que la conversation reprit.

Shizu – Alors vous êtes ninja. Mon père dit que s’il y en a c’est toujours mauvais signe.

Sokka – Ah ?

Shizu – Selon lui, si un ninja est présent, une altercation n’est jamais loin. Il dit aussi que plus on vit loin d’eux, plus on est en sécurité.

Sokka ne se sentit même pas offusqué. D’un certain point de vue, il n’avait pas tord. Vu que la force militaire d’un pays comme celui de l’eau était Kiri. Voir des membres d’une sorte d’armée débarquer, ce n’était effectivement jamais bon signe. Mais Sokka espérait qu’il n’allait rien se passer juste qu’à lui et son groupe soit arrivé sur l’île de Yagi, du moment que les exploits d’Akio n’avait traversé pas la mer avant eux.

Shizu – Mais pour moi, c’est l’inverse. Votre présence me rassure. On peut dire que tant que vous êtes là, on est protégé.

Sokka – Je l’espère moi aussi .

La discussion s’étala encore pendant de nombreuses minutes. Le bar allait fermer. Sokka décida qu’il était tant de partir. Le lendemain, une grosse journée l’attendait sûrement. Ils arriveront enfin à destination, et ce n’était pas plus mal. Le Chuunin se leva doucement, et pivota en direction de Shizu.

Sokka – Je suis désolé, mais je vais devoir y aller. Merci pour cette aimable soirée.

Shizu – Je vous remercie aussi. Bonne nuit Kawaki-san .

Sokka – Bonne nuit à vous aussi, Sanade-san.

Le jeune homme se retourna et prit la direction de la sortie. Il ne put s’empêcher de se retourner pour admirer de nouveau la ressemblance avec Mitsu. Cependant, elles étaient différentes. Après, avoir passé un moment avec elle, il ne pouvait plus douter que ce n’était pas sa bien-aimée.

Dehors, la température avait chuté. Sokka mit les mains dans les poches tout en se serrant contre lui-même. D’un pas discret, il se reposa à l’endroit qu’il avait quitté précédemment. Néanmoins, cette fois, il s’assit sur un des bancs qu’ornait le pont arrière du bateau. Encore quelques personnes étaient présentes sur les autres bancs. La plupart étant de jeunes amoureux admirant la Lune. Sokka fit de même et observa le rand blanc qui ornait le ciel ténébreux. Ses rayons ne frappaient pas le visage de Sokka comme le Soleil le ferait sans aucune once de remord. Elle était beaucoup plus douce et attentionnée. Sa lumière pâle caressait tout ce qu’elle éclairait, laissant un jeu d’ombre et lumière si fascinant. A ce moment-là, Sokka décida qu’il n’allait pas dormir dans la cabine qu’il partageait avec Haya et Liori. Il allait dormir à la belle étoile, encore une fois, pour passer un de ses nombreux rendez-vous avec l’astre inaccessible.

Le soleil venait de se lever quand Sokka se réveilla. Il ne savait plus trop où il était. Mais une chose est sûre, le vent glacial lui rappela qu’il était dehors, et ce depuis la veille au soir. Une chance, il n’avait pas attrapé de rhume. Il se dirigea tranquillement vers la proue du bateau, tout en secouant la tête dans les mains. Il regardant au loin. L’infini étendu d’eau avait cédé un peu de place à une île. Ils étaient finalement arrivés à Yagi. Ce n’était plus qu’une question de minutes avant qu’il puisse poser un pied à terre. Ce n’était définitivement pas trop tôt. La brume envahissante avait fait aussi son apparition. Elle n’était pas épaisse, mais elle était partout, cachant quelques rayons de soleil de passage. Ce n’était plus qu’une question de temps pour que l’astre flamboyant réchauffe l’air et que ce fin brouillard se dissipe.

Le Chuunin fut rejoint tout d’abord par Shuo, et Chiyoko. Ils se saluèrent tous respectivement. Enfin Liori et Haya arrivait sortant de leur chambre. La même chambre où était censé se reposer le Kawaki. Il était à présent tous sur le ponton excepté un. Akio n’était toujours pas revenu depuis son explication de la veille. Mais peu importe, ils étaient prêt à débarquer, à fouler la terre inconnue pour certains. Ils allaient retrouver certainement Akio à ce moment-là, se séparant de sa cachette. Aucun du groupe n’avait encore parlé, de peur de briser ce silence de quiétude matinale.

Soudain, la brume dévoilait ce qu’elle cachait en plus de l’île de Yagi. On ne put voir que des formes floues se rapprocher du bateau. Elles étaient rapides. Au fur et à mesure qu’elle avançait, les traits se dessinaient, laissant les spectateurs découvrir ce que c’était réellement. Les Ninjas n’ont pas eu le temps d’analyser ce que c’était. Certes des bateaux, mais la raison de leur visite et son contenu. Il s’en doutait un peu, mais cela se confirmait. Des dizaines de pirates avaient réussi à se hisser sur l’immense bateau. Ils arrivaient par petit groupe sur le ponton. Finalement, les Kiréens allaient peut-être rester encore un peu sur le Bateau.

? – Ces putains de ragots sont vrais ! Les shinobi de Kiri sont bien sur ce putain de rafiot !

Comme il le pensait, cette visite surprise leur était destinée. Ce n’était pas par hasard qu’il s’en prenait au bateau. Sokka eut un léger sourire se dessiner sur sa bouche. Il souriait à l’idée qu’au moins ils n’avaient pas à chercher à l’ennemi. Il l’avait déjà fait pour eux. Le seul problème, c’est que c’est eux qui bénéficiant de l’effet de surprise. Un des pirates se démarqua du groupe et tenta d’attaquer les shinobi. Chiyoko répliqua avant qu’il puisse faire quelque chose. Le résultat était que le pirate gisait désormais dans l’eau, après avoir été jeté. D’autres le suivirent. Sokka jeta un œil vers Shuo. Celui-ci avait déjà dégainait son arme. D’un geste souple, l’Eisei-Nin fit de même. Il s’amusa à le tournoyer en l’air avant de se placer en position d’attaque. Chacun à sa manière stoppa les pirates qui osaient les attaquer. Les autres restèrent stoïques. Il venait de se rendre compte que même en surnombre, il n’était pas aisé de s’attaquer à des ninjas. La bataille allait faire rage. Sokka serra son poing sur Heiwasensou, prêt à abattre d’autres cibles qui s’approcherait un peu trop près de lui. Mais avant qu’un des camps ne bougent. Une voix fit écho dans tout le bateau.

? – Shinobi de Kiri, nous venons de prendre possession du poste de commande avec ses officiers, plusieurs de nos groupes armés sont en train de capturer des passagers. L’ensemble du navire est désormais sous notre contrôle. Rendez vous immédiatement ou nous exécuterons les otages. Il n’y a pas de négociation possible, ni de deuxième sommation.

Le regard du Kawaki changea. Ils osaient sans prendre aux otages. Puis, sans qu’il puisse comprendre pourquoi, il se mit à repense à Shizu. Elle faisait sûrement partie du lot. Elle devait se dire, que son père n’avait pas tord, qu’ils ont amenés de terribles ennuis pendant leur croisière. Cependant, Sokka essayait de supprimer ces pensées, il était avant tout un Shinobi, une arme de Kiri, ses sentiments devaient rester secondaire, mais non inexistants. L’équipe s’était mis comme d’un accord commun, ils allaient continuer à se battre. Haya avait déjà commencé à composer des mudra. Le résultat fut qu’une brume beaucoup plus épaisse camouflant la précédente. La plupart ne voyait qu’un voile blanc opaque, s’étendant sur tout le bateau. Néanmoins, par l’habitude le groupe Kiréen voyait à peu près, juste assez pour se repérer sans se cogner.

Haya montra la marche à suivre à pointant du doigt la direction à prendre. Ils coururent donc vers la tour de contrôle. Là où résidait sûrement celui qui commandait, celui qui avait demandait qu’ils se rendent. Liori murmura quelques mots à son équipe. Il voulait prendre d’assaut la tour de contrôle. Des pirates étaient sur le chemin. Sans qu’un autre puisse réagir, Haya lança une technique de Suiton, elle envoyait une vague balayant les ennemis sur son passage. Liori s’élança, suivie de Haya. Ainsi se séparait le groupe. En effet, Sokka et les autres avaient décidés de visiter les salles, voire libérer des otages, pour éviter que ce combat aurait le moins de victimes innocentes. C’était peut-être une mauvaise stratégie, mais après tout, comme disait Shizu, un ninja peut aussi protéger la population.

Sokka ouvrit la première qui venait à sa main et s’engouffra dans le trou qu’elle venait de faire apparaître, il fut suivi de près par Shuo et Chiyoko. Ils venaient d’entrer dans un grand salon. De nombreux cris parvenaient des couleurs où des passagers bougent dans tous les sens. Cependant dans le grand salon, c’était calme. Après quelques regards dans toute la pièce, les Chuunin trouvèrent un group d’otages entourant par une petite vingtaine de Pirates. L’un d’eux s’aperçut qu’ils étaient présents et lança une menace.

? – Vous ne faites ne serait-ce un seul pas, nous exécuterons les otages. Attention, un seul pas !

Quelle menace originale. Il venait juste de vociférer les mêmes que son chef avait crié dans le haut parleur. Voyant sa menace non prise au sérieux, il prit une fillette qui devait avoir pas plus de 6-7ans, par les cheveux, qui hurla de douleur. Sa mère se sentit elle aussi agressé par ce fait et se mit à beugler, rejoignant les cris des couloirs. Le truand posa son couteau sur la gorge de la fille. Le reste de la bande l’imita, et tous demandèrent à nouveau que les Ninjas se rendent.

Shuo rangea son Katana, apparemment se décidant à se rendre, Sokka lui resta juste sur ses gardes, réfléchissant à un plan qui pourrait les sortir de ce pétrin. Quant à Chiyoko, il semblait concentré. On ne pouvait pas savoir à ce qu’il pensait. Mais Sokka regardait ses mains plus attentivement. Il allait lancer une technique. Il allait oser ? Certainement, cela se voyait qu’il n’était pas du genre à abandonner. Le Kawaki n’eut à peine le temps de voir la technique. Chiyoko était déjà près du groupe des pirates. Une téléportation ? Sûrement, c’est ce qui semblait le plus probable. De la manche de sa veste, il sortit son nunchaku et commença à se débarrasser des vils chanteurs. Les pirates avaient mis à certain temps à comprendre à ce qui leur arrivait. Ils allaient répliquer, en tuant les otages. Il fallait faire quelque chose.

Sokka, dès qu’il avait vu Chiyoko bouger, avait commencé à diriger son chakra vers son poing. D’un point de vue extérieur, il était impossible de le savoir. Puis quand le moment critique arriva, il frappa au sol en relâchant toute l’énergie qu’il avait emmagasinée. Le bois au sol, commença à se tordre dans tous les sens, essayant d’absorber le choc, mais ce dernier était trop puissant. Les planches se brisèrent une à une. La secousse alla même jusqu’à déformer les poutres métalliques qui soutenait le sol. Lorsque le tremblement atteignit les pirates, ils semblaient désemparés cherchant à ne pas tomber. Le Kawaki fit signe à son compère, il était d’attaquer. Shuo dégaina à nouveau son arme, et suivit le Chuunin, prêt à frapper. Une petite dizaine d’adversaires se retrouva au sol, abasourdis par leur lame.

Il restait à peu près le même nombre qui tenait encore debout. Sokka et Shuo se tenait prêt à attaquer de nouveau. Cependant il n’eut pas le temps de faire grand-chose. Chiyoko fonça sur les ennemis restants d’une vitesse ahurissante fracassant le crâne de chaque pirate. Au final, tous étaient à terre, complètement K.O.

Chiyoko – Bah voilà, fini. dit-il en se tournant vers les deux autres ninjas.

Suite à ces mots, des cris percèrent les tympans des trois Shinobis. Sokka fit volte face. C’étaient les otages, sous l’émotion, il ne pouvait plus s’empêcher d’hurler. La pression qui était en eux avait fini par exploser. Ils se sentaient soulagés d’être ainsi libéré. Tous se ruèrent vers les Kiréens s’agglutinant sur eux, cherchant à les serrer dans leurs bras, tout en lançant des «merci», «vous nous avez sauvés», et tout le panel de remerciement possible et imaginable. Le jeune homme au teint mat se sentit gêné, ne savant pas quoi faire ou dire. Quant à Chiyoko, il soupira longuement.

Chiyoko – Il manquait plus que ça. Lâchez-moi la grappe, ou je vous fume aussi.

Tous ceux qui s’étaient regroupés autour de lui se retirèrent décidant de donner leur joie aux autres sauveurs. Chiyoko lança un regard désespéré vers les deux autres qui n’avaient pas encore réussi à se débarrasser de leur fans.

Chiyoko – Vaudrait mieux pas traîner. Il doit avoir des pirates dans les autres salles aussi. Allez, on se bouge !

Il marqua une nouvelle pause, devant la foule qui ne voulait pas lâcher Sokka et Shuo. Apparemment, il fallait être encore plus cru. Cela rentrait évidement dans les compétences du Chuunin toxico.

Chiyoko – Bon, faut que je vous avoue un truc. Si on s’est débarrassé des pirates, ce n’est pas pour vous sauver. Non, non, on n’en a rien à foutre de vous. On a juste une mission. Oui, rien que la mission à effectuer. Tant pis si des gens meurent, c’est la vie. Vous avez eu juste la chance, qu’on a été plus rapides qu’eux.

Les cris s’arrêtèrent net. Ses paroles avait fait l’effet d’une bombe. Tous s’éloignèrent des shinobis, d’un air écœuré. Chiyoko laissa fendre ses lèvres d’un fin sourire, devant les regards méfiants des passagers. Certains osèrent même chuchoter des insultes.

??? – Ils sont pas mieux que des pirates…

Cependant une personne n’avait pas bougé malgré les propos de Chiyoko. C’était la petite fille, la première avoir été prise par le pirate. Elle ne voulait pas lâcher la main de Sokka. De sa petite poigne, elle serra aussi fort qu’elle pouvait. Sokka s’accroupit et esquissa un bref sourire devant les yeux ébahis de la fillette.

Sokka – Désolé, mais il va falloir me rendre ma main. Va rejoindre ta maman, elle t’attend.

Déçue, elle hésita à lâcher prise, puis au bout d’un moment, elle se retourna et courut vers sa mère. Le Kawaki rejoignit les autres, prêt à passer dans une autre salle. Cette dernière n’était autre qu’une salle de jeu. Il n’y avait rien que ce soit du côté des pirates, des otages et même des objets. Les trois Shinobis décidèrent de passer à la salle suivante.

Sokka put remarquer qu’ils étaient à présent dans le réfectoire ou ce qu’il en restait. En effet, tout avait été pillé. Que ce soit les chaises, les tables et même…

Shuo – Même les tapis. On voit encore leurs traces fait par la poussière. indiqua-t-il en pointant du bois le sol.

Chiyoko – Les pirates ont quand même laissé quelque chose. Encore des otages au fond de la salle. Allons les questionner.

Chiyoko avançai d’un pas décidé, il voulait en terminer. Il voulait se battre rien d’autre, alors s’attarder avec des otages. Cela l’énervait, un peu. Sokka le rejoignit peu de temps après. Quant à Shuo, il resta assez loin de groupe à fixer le sol. Sokka se demandait ce qu’il faisait.

Chiyoko – Bon, j’ai pas toute la journée. Où sont les pirates ?

Aucune réponse, à part des regards pétrifiés, fixant vers une seule et unique direction. Sokka chercha à savoir où ils regardaient et apparemment la plupart observaient Shuo. C’était assez étrange. Chiyoko ne tenait plus sur place, il allait jeter son courroux sur les victimes quand Sokka jugea que s’ils étaient libres, ils seraient plus bavards. Ce qu’il fit, en dénouant les liens qui attachaient les passagers.

Chiyoko – Allez, répondez ! Hmm, peut être qu’un Genjustsu les persuadera…

Genjutsu ? Ainsi Chiyoko manipulerait les illusions. Sokka n’y aurait pas cru s’il l’avait entendu d’un autre bouche. Il y a quelques dizaines de minutes à peine, il maniait les nunchaku avec une certaine dextérité. Il cachait bien son jeu. Shuo se réveilla de son silence et se mit à faire certaines remarques.

Shuo – On dirait qu’il y a un parchemin ici. Ce n’est pas un explosif, mais il est rempli de signes assez bizarre…

Chiyoko détourna du regard les otages vers Shuo, inquiet. Il se demandait lui aussi ce que cela pouvait être.

Chiyoko – Un sceau ? Ca serait possible que ces foutus pirates maîtrisent les sceaux ?! Shuo, Arrache le, s’il te plaît.

Shuo, assez docile, sortit son Katana de son fourreau et d’un geste, il trancha le parchemin en deux. Cela eut l’effet pire qu’une bombe. Les otages se mettent à hurler à se recroqueviller sur eux-mêmes. Sous l’effet de la surprise, Sokka eut un léger sursaut suivi d’un frisson. Qu’est-ce qui venait de passer. Rien, apparemment. Ils avaient juste envie de crier, après le geste de Shuo ? Tout venait de plus en plus bizarre. Le Kawaki jeta un œil vers les otages. Leur visage montrait qu'un mélange de terreur et d'incompréhension. L’Eisei-Nin prit la peine de poser la question avant que le Chuunin toxico se mette à râler.

Sokka – Qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi vous hurlez comme ça ?

Un léger silence. Ce fut la seule réponse que Sokka eut avant qu’un des passagers prit la peine de parler, enfin.

Passager – Leles pipirates k’qui n’nous nous ont cacapturé, n’nous a d’dit k’que sssi on on parlait, lele paparchemin exploloserait.

Il bégayait encore suite à la terreur qui avait envahi son esprit. Cependant il s’efforça de continuer, tout en prenant un ton beaucoup plus calme. Ainsi, il arrivait à parler à peu près correctement.

Passager – Ils ont dépouillés tous nos biens, et aussi tout ce que contenait la salle.

Chiyoko – Ca pue la merde à plein nez. Ils ne sont pas si idiots, ces pirates. Ils tentent de faire coup double, nous tuer en prenant le plus de pognon au passage.

Sokka regarda le Chuunin d’un air étonné. Cependant ce dernier réfléchissait encore. Selon lui, il y avait encore autre chose qui allait rendre la situation de plus en plus surprenante.

Chiyoko – Cependant, on ne peut pas dire qu’on a rencontré de grandes difficultés, jusqu’ici. Il doit avoir un coup fourré, quelque part. A mon avis, faut se barrer d’ici, dehors on a plus de chance d’échapper à leur piège.

Chiyoko ignorant le reste de la salle, se dirigea vers une des portes, et l’ouvrit avant de s’engouffrer dans le trou. Sokka et Shuo le suivirent tout en emmenant les otages à l’air libre. C’est à ce moment-ci, que tous entendirent une grande détonation. Qu’est-ce que c’était encore ? Sokka pensa tout de suite à ses compagnons. C’était en rapport avec eux il en était sûr. Il leva la tête, tout en aidant les derniers otages à sortir. Il aperçut au loin, deux ombres qui volaient. Ou non, qui allait plutôt s’écraser sur le pont.

Shuo – A tout hasard, ça serait pas Liori et Haya, les oiseaux dans le ciel ?

Sokka fronçait des sourcils, pour mieux voir. Effectivement c’était bien eux. Mais la raison de leur expérience restait inconnue. Les trois Shinobi impuissants, à cause de la gêne qu’occasionnaient les otages les empêchant de se mouvoir correctement, assistèrent à la chute de leurs coéquipiers. Une très lourde chute.


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MessageSujet: Re: [BI003] - Les greniers de Yagi   Dim 28 Fév - 21:12

Akio s’était caché. Il n’y avait pas d’autre mot possible pour désigner son action. Il s’est introduit dans les cales du vaisseau pour éviter de devoir faire face à ses compagnons. Il avait vraiment été trop idiot.

Il aurait du prévoir que cela tournerait ainsi avec Chiyoko. Anticiper, voilà ce qu’on lui demandait pour passer au grade supérieur, mais le chuunin en était incapable. Il était tellement content d’avoir l’occasion de passer un bon moment avec son ami, qu’il en avait oublié les conséquences. Quel abruti !

Il était en mission, bordel ! Comment avait-il pu penser un seul instant à aller boire un coup avec Chiyoko. Et celui-ci n’avait pipé mot, pas plus que ces coéquipiers. Comment allait-il expliquer cela au « vieux » ? Parce que les autres ne manqueraient pas de le mentionner dans leur rapport. Ce n’était pas bon, mais pas bon du tout.

Assis sur une énorme pile de caisses, dans une cale immense, Akio se prenait la tête entre les mains, se mortifiant de son attitude irresponsable. Pourtant, il voulait tellement bien faire. Il s’était entraîné comme jamais pour pouvoir reprendre les missions, pouvoir de nouveau être considéré comme un shinobi et espérer un jour avoir cette promotion qui lui paraissait si importante. C’était rageant et si humiliant. Bon sang !

Sa mâchoire refusait de se relâcher. Il était en colère, à un point inimaginable, contre lui-même, contre tout le monde et en même temps il était infiniment triste. Finalement les autres avaient-ils raison ? Il n’était pas fait pour être juunin ? Pas fait pour diriger des hommes ? Son irresponsabilité et son manque de lucidité les mettaient en danger ? Pourquoi était-il si incapable de raisonner comme ces supérieurs ? C’était à croire que dès qu’une connerie pouvait être faite, il fonçait dedans.

Des larmes commencèrent doucement à couler sur ses joues. Il était amer et déçu. On lui avait laissé sa chance. Kenji avait dû jouer des pieds et des mains pour lui permettre de partir en mission, qui plus est, en ayant le commandement de cette dernière malgré son grade et son dossier et lui…

Lui avait tout fait raté avant même que la mission ne commence vraiment. Il était vraiment trop con !

Son rêve s’échappait. Il n’était même plus sûr de vouloir devenir juunin. Il ne se souvenait pas d’où lui venait cette ambition, ou plutôt il ne voulait pas se souvenir parce que son échec n’en serait que plus cuisant après.

* * *

Tout le monde au dôjo des Miroirs d’Ambres le connaissait. Akio Raiteiro ! Un sacré bonhomme, assez doué dans le domaine de prédilection de l’école, à savoir la vitesse, mais aussi très doué dans le domaine de la bêtise. Il en manquait rarement une. Pour ne pas dire jamais.

Pourtant son air enjoué, sa simplicité et son envie suffisaient souvent à dissiper les malentendus – ainsi que parfois – une bonne fessée.

Orphelin à la naissance, le dojô était devenu sa maison et ses habitants, sa famille. Très vite, il avait trouvé un grand frère, un rival : Yû. Ce dernier lui était supérieur en bien des points et ne cessait de l’appeler sous le désagréable sobriquet de « pousse de soja ». Pourtant, à ses côtés, il progressait et parvenait à se surpasser. Il se souvenait des interminables courses, qui débutaient le soleil à peine levé et qui finissaient quand la lune était haute dans le ciel. Les deux enfants refusant de reconnaître leur défaite. Mais son frère finit par partir, le laissant seul. Vraiment seul ? Non, pas tant qu’elle était là.

Les shinobi firent alors leur apparition. Il venait d’un village caché, dans la brume éternelle, disait-on. Le jeune enfant qu’il était les dévisageait d’un air suspicieux et émerveillé. Il voulut alors les suivre, pour apprendre avec eux. On l’y autorisa. Il promit de revenir, pour montrer sa réussite, lorsqu’il aurait atteint un grade supérieur. A l’époque, il avait juste retenu le mot : juunin.

Il avait promis. Elle l’avait cru.

* * *

Des hommes venaient d’entrer dans la cale immense du bateau. De son poste d’observation, tout en haut d’un tas de caisses, Akio était bien dissimulé. Soudain, une voix retentit dans les hauts parleurs de tout le bâtiment. Celui-ci était attaqué par des pirates. Les shinobi présents étaient sommés de se rendre.

Quelle farce !

Que devait-il faire ? Qui étaient ces hommes qui venaient de pénétrer dans la cale ? Des pirates ? Si oui, il se devait de les maîtriser, mais s’il ne s’agissait que de passagers qui étaient venus se cacher pour se protéger des assaillants, il massacrerait « des innocents ». Pour sur, avec la bagarre à l’auberge, il serait révoqué des forces de Kiri s’il faisait cela.

Pour une fois, Akio décida qu’il était plus sage d’observer avant d’agir. A croire qu’il devrait dévaster des auberges plus souvent.

Comment s’en sortait ses coéquipiers ? Arrivaient-ils à faire face à l’ennemi ? Certainement, après tout Chiyoko était avec eux, et puis, il leur faisait confiance. Dès l’instant où la mission avait commencé. C’était dans la nature du chuunin, il ne pouvait pas être aussi suspicieux que le vieux Kenji.

Il se maudissait encore une fois de ne pas avoir pris plus de précautions et de ne pas avoir apposé de sceaux de communication avec ces camarades. Il s’en voulait encore plus de s’être séparé d’eux pour « aller pleurer dans son coin ». Il allait continuer à s’apitoyer sur son idiotie flagrante lorsqu’une petite voix que l’on pouvait qualifier de conscience lui dit que ce n’était ni le moment, ni l’endroit pour ressasser ces mauvaises pensées.

A croire qu’il devrait boire plus souvent pour entendre plus clairement cette voix.

Les passagers n’en étaient pas, ou alors des qui n’avaient pas payés leur titre de transport. C’est tout du moins ce que laissait clairement présager les diverses armes qui pendaient négligemment aux ceintures des individus. Cela ne répondait toujours pas à la question : « que font-ils ici ? »

La réponse ne tomba pas du ciel, mais le chuunin put voir un des individus sortir avec un soin infini une boîte de son sac rembourré. Un trio commença alors à s’affairer autour. Il n’en fallut pas plus pour que les fourmis qui trépignaient dans les jambes d’Akio deviennent insupportables. Ces gars voulaient mettre en place une bombe, il ne leur en laisserait pas le temps, parce qu’à ce jeu là, il était roi.

Il quitta son repère, fondant sur ces ennemis, à une vitesse à peine imaginable. Le temps qu’ils se rendent compte de ce qui se passait, ils avaient été passé à tabac, et traînaient sur le sol dur et froid du navire.

Alors qu’Akio s’approchait de l’engin de mort, ses réflexes de combattant l’avertirent d’un danger. Il eut juste le temps de se mettre en garde pour encaisser un puissant coup de poing qui le fit reculer de plusieurs mètres. Un homme grand, à la musculature imposante, se tenait face à lui. D’un geste négligent, il appuya sur un bouton, un bip sonore retentit et même de sa position, Akio put voir un compteur défiler.

Ainsi le temps lui était compté. Un match de vitesse. Soit bonhomme, tu vas comprendre ta douleur !

Des marques grisâtres luisaient sous les vêtements de l’homme. Il était la tête pensante des pirates, c’était lui qui donnait les ordres. La maîtrise du chakra était un trait caractéristique des shinobi et en l’absence de bandeau, il y avait fort à parier que l’homme était un nukenin. Ses connaissances sur les schémas militaires des guerriers de l’ombre devaient énormément aider les flibustiers à tenir tête à ses coéquipiers. C’était comme jouer avec un coup d’avance.

Il allait faire la fête à ce guignol et faire évacuer le bateau. Il ne serait pas capable de désamorcer la bombe et il y avait fort à parier que son adversaire ne savait pas non plus ou qu’il ne dirait rien s’il était battu. Le temps de trouver quelqu’un capable de réduire l’engin au silence, ce dernier aurait fait son office.

Il avait aussi la possibilité de transporter la bombe à l’extérieur et la jeter à l’eau. Néanmoins, cela comportait un gros risque, il ne savait pas quel était la sensibilité de l’objet et il y avait fort à parier que son gros collègue ne le laisserait pas aisément faire. On en revenait à la problématique de base : éclater la tronche au guignol d’en face.

Un autre paramètre à prendre en compte était son état, il n’était pas certain de pouvoir utiliser à cent pour cents ses capacités, son précédent combat lui ayant quand même laissé de profondes séquelles.

Il ouvrit la première porte et pris un puissant pied d’appui pour fondre sur son adversaire. Avant qu’il ait eut le temps de réagir, il lui assena un puissant coup de pied retourné dans la mâchoire. Akio explosa au passage le nez de son adversaire. Retrouvant ses deux pieds comme appui, il ferma ses poings et les abattit verticalement, l’un frappant le plexus et l’autre, les côtes droites. La puissance du coup projeta le déserteur dans des caisses, à cinq bons mètres, qui fracassa allègrement.

Il en ressortit avec un halo vert autour de la main droite. Il se soignait. Un scapel de chakra apparu à sa main gauche.

Akio – Putain, toi t’es le genre d’enfoiré qui aime jouer l’horloge !

Il ne pouvait vraiment pas se permettre de traîner plus longtemps, les bip réguliers de la bombe lui rappelait à chaque instant que le temps lui était compté. Il allait devoir tout donner. Il le fallait, sinon il y aurait d’innombrables victimes civiles. Akio ouvrit deux portes supplémentaires pour arriver à son maximum. Il n’avait jamais dépassé ce stade.

Il disparut du champ de vision de son ennemi pour réapparaître juste devant lui et assener un violent uppercut, ne manquant pas de fracasser le menton de la victime, dans un bruit plus que sonore et une gerbe de sang conséquente. Toutefois, alors qu’il allait donner son deuxième coup, il sentit que quelque chose n’allait pas. Son équilibre était moins sûr, il peinait à évaluer correctement la distance entre lui et sa cible.

Assurément, ce n’était pas bon !

Sa vision était trouble. Il était pris dans une illusion, mais quand ? Son adversaire n’avait pas eut le temps de préparer quoique se soit qui puisse s’apparenter à du genjutsu. Sa carrure et ses techniques indiquaient clairement qu’il maîtrisait l’Eisei. Subitement la lumière se fit.

Ils sont deux !

Akio allait être attaqué dans son angle mort. Il devait bouger maintenant, mais ses membres étaient lourds, il avait l’impression d’être d’une mollesse incroyable alors que tout son esprit hurlait de se mouvoir pour éviter l’inévitable.

Puis vint la douleur, extrême. Il avait légèrement se décaler, évitant un coup mortel au cœur, mais une main foudroyante apparaissant quand même. Elle avait transpercé son dos, pour ressortir du côté du ventre. C’était une vision terrifiante, qui à elle seule paralysait le chuunin. Il s’était fait avoir. Il avait mal. Il tomba au sol et tout devint noir.

* * *

Tous les pirates évacuaient le bateau, pour rejoindre leurs propres embarcations, les bras chargés de leurs butins. Personne ne semblait vouloir les arrêter.

Chiyoko, Shuo et Sokka avaient accouru sur les lieux de l'explosion et déplaçait les décombres pour aider du mieux possible Liori et Haya à s’en extraire. Le temps qu’ils y parviennent, il semblait ne plus y avoir âme qui vive sur le bâtiment de plaisance.

Cela n’augurait rien de bon, surtout que les frégates ennemies s’éloignaient doucement d’eux.

* * *

Akio avait horreur des réveils. Ces bruits répétitifs, étourdissants qui étaient sensés vous faire quitter le doux monde des songes. Il détestait vraiment cela. Et celui-là avait la peau dure et refusait de se taire alors que se devait faire un bon bout de temps qu’il sonnait.

Le chuunin parvint à ouvrir les yeux, pour découvrir qu’il baignait dans son propre sang. Sa tête tournait, la douleur à son bas ventre le prit immédiatement. C’était inhumain. Sans savoir par quel miracle il était encore vie et pas complètement vidé de son sang, il se dirigea avec ces dernières forces vers l’objet de mort qui émettait ce bruit strident.

Était-ce l’ouverture de la troisième porte qui avait créé une sorte de barrière de chakra l’empêchant de perdre son sang, était un réflexe de son organisme, ou autre chose ? Ses adversaires avaient fait l’erreur de ne pas l’achever.

Avec une peine infinie, il arriva à la bombe. Il lui restait vingt sept secondes pour désamorcer l’engin, une éternité pour lui, en somme. Enfin, il aurait aimé que se soit réellement le cas. Pourquoi ce n’était pas comme dans les films, avec un fils bleu et un fils rouge ? Là y avait des dizaines de fils, des jaunes, des verts, des bleus, des rouges. Le temps défilait toujours. Il arracha tout d’un coup, sans se poser plus de question.

Le décompte s’arrêta. Sauvé !

Pourtant les bip, eux ne s’étaient pas arrêtés. Redoutant ce qu’il allait voir, Akio tourna la tête à droite puis à gauche. Il y avait une dizaine d’autres de ces saloperies.

Les déserteurs n’avaient finalement fait aucune erreur.

* * *

Une terrible suite d’explosions retentit, déchirant complètement la coque du navire, en de multiples endroits et secouant toute sa structure. La folie reprit les habitants du bateau. De nombreux passagers sortaient sur le ponton, prenant les rares embarcations de secours, sans aucune règle, sans se soucier des autres. Certains sautaient directement à l’eau, avec une simple bouée.

Dans moins d’une minute, le bâtiment aurait sombré, complètement.

Comme si cela ne suffisait pas, les navires des flibustiers s’arrêtèrent dans leur fuite et commencèrent à faire feu avec de sinistres engrenages, des sortes de catapultes,dont certains projectiles étaient même couvert de parchemins explosifs. De nombreux tirs manquaient leur cible à cause de la distance, mais ceux qui la touchait, infligeaient de nouveaux dégâts à la structure et ne manquaient de faucher la vie de plusieurs passagers en même temps.

MessageSujet: Re: [BI003] - Les greniers de Yagi   Lun 15 Mar - 19:16

D’accord il y avait l’explosion et peut-être qu’il n’y aurait plus grand-chose après, selon comment elle tomberait. Mais Haya ne pouvait voir autre chose qu’une phrase luminescente qui illuminait son esprit et s’éteignait sans cesse. Qu’est-ce qu’ils avaient manqué pour en arriver là ? Il ne lui semblait pas avoir négligé beaucoup de choses qui dépendaient d’elle. Les pirates avaient attaqué, ce qui n’était absolument pas prévu mais très prévisible à cause de ce bateau très discret et parfaitement indiqué dans une mer menacée par des pirates, et ils avaient été incapable de se défendre. Pire encore, ils n’avaient impressionné personne. C’était frustrant de travailler autant pour faire paniquer seulement une poignée de pisseux. Les chefs n’avaient pas peur, avec cette sorte de fanatisme qui les animait, cette confiance inébranlable… à cause des explosifs ? Non, il devait y avoir autre chose. Haya ne comprenait pas comment ils n’avaient pu penser vérifier le bateau intégralement. Ce n’était même pas le leur ! Ils auraient dû en prendre un autre, c’est un coup du hasard qu’ils aient atterri là. Rien ne se recoupait, c’était devenu n’importe quoi… Les pirates souhaitaient dynamiter ce bateau en particulier, et leur présence aurait été un hasard ? Pourtant, ils semblaient savoir sur qui ils allaient tomber (et ils s’en moquaient). Mais pourquoi cette confiance ?

Parce qu’eux aussi sont shinobi ?

Haya fut d’abord soufflée par une première explosion, puis par une seconde qui la précipita à terre. Sa tête heurta violemment une poutre ou une planche (une surface solide dans tous les cas) et la jeune fille crut que sa mâchoire avait explosée sous l’impact. Dans un éclair, elle voyait le sol se rapprocher plus vite qu’elle ne l’aurait cru. Elle heurta une paroi et manqua s’y fracasser totalement. Le choc sur ce qui restait du pont, en revanche, fut beaucoup plus étouffé qu’il aurait dû et, si c’était possible, un peu plus chaotique. Elle sentit les bras de quelqu’un se refermer sur elle (pour être plus précis, elle sentit le parfum et la présence de quelqu’un, et estima que ce qui la tenait par le dos devaient être des bras), lui arrachant une grimace de douleur au moment où ses côtes se rappelaient à elle. Elle rouvrit les yeux, en s’imaginant que de toute façon elle allait finir écrasée par ce qui restait de la tour balayée et que, d’une certaine façon, cela serait une conclusion qui en valait une autre à ce triste épisode. Mais il n’y avait pas grand-chose de ce type, si ce n’est Sokka qui se trouvait tout contre elle et qui l’aidait à se remettre debout. Haya était un peu stupéfaite et elle était sûre que même si elle avait été capable de parler, elle n’aurait pas su quoi dire. Elle acquiesça alors avec un grand sérieux, comme pour signifier que malgré cette performance redoutable de maladresse et d’amateurisme, il pouvait quand même compter sur elle pour la suite des opérations. Si suite il devait y avoir et, de toute évidence, il allait falloir faire quelque chose : le bateau n’était plus qu’un lointain souvenir.

Il sombrait à une vitesse plus grande que ne l’aurait cru possible Haya. Il était presque entièrement immergé à présent, fendu par le milieu comme une… banane qu’on aurait foulé aux pieds… Il était inutile de préciser que les civils s’agitaient dans la plus totale confusion, hurlaient, que les enfants pleuraient, et que chacun essayaient vainement de sauver sa vie alors que les pirates s’éloignaient à l’horizon. Haya se rapprocha du bastingage et envisagea un instant de souffler tous ces bateaux à l’aide d’une grande vague. Cela ferait beaucoup de problèmes en moins mais elle fut quelque peu interrompu en avisant un énorme rocher jaillir de l’un des bateaux pour plonger à quelques cinquantaines de mètres de leur bateau. Ces pirates leur en voulaient vraiment, pour une raison qu’elle ne parvenait pas à trouver, et avaient définitivement décidé de mettre un terme à leur périple aujourd’hui. Une sage décision, nota Haya, de la façon la plus objective qu’elle pouvait. Sans doute aurait-elle fait la même chose, pousser son avantage tant qu’elle l’avait, mais dans cette situation précise, la jeune fille n’était pas sûre que les pirates aient un si grand avantage. Ils avaient certes eu systématiquement un coup d’avance, sans qu’elle ne sache comment ou pourquoi (comment avaient-ils su, si rapidement, qu’ils étaient dans ce bateau de croisière ? Même si l’idée lui faisait horreur, elle n’aurait jamais imaginé que des ninjas puissent être assez téméraires pour choisir ce genre de transporteur, qui ne brille pas par sa discrétion, sa vitesse ou quoi que ce soit d’ailleurs), mais elle n’arrivait pas à se convaincre que cela suffirait à les mettre hors course. S’ils cherchaient le conflit maintenant, ils allaient sans aucun doute le trouver, et elle espérait sincèrement qu’ils étaient aussi prêts qu’ils semblaient le croire. C’était d’une insupportable suffisance, de se dire que ces pirates, ninjas ou non, pensaient avoir la force nécessaire pour s’élever contre l’autorité de kiri… qui qu’ils soient, ce n’était rien d’autre que des cibles futures. S’ils parvenaient à les tuer (une pensée peu réjouissante, d’accord), kiri enverrait une nouvelle équipe, beaucoup mieux préparés qu’ils ne l’avaient été.

Haya serra les dents en essayant de s’imaginer à quoi pensait exactement le village en envoyant une équipe aussi jeune se confronter à de tels ennemis. Pourquoi ne pas avoir laissé Satoshi les accompagner ? Il disait qu’il avait autre chose de prévu.. Mais il aurait tout de même été rassurant de le savoir à leurs côtés. Haya se rappelait du début de la guerre, et il avait été de très loin le plus impressionnant, lorsqu’elle l’avait vu combattre juste sous ses yeux. Akio lui… avait encore une fois été un peu trop enthousiaste et…

… et il se trouvait exactement comme il était à présent, ou peut-être dans un état un peu moins critique. Haya plissa les yeux. Cette chose carbonisée était bien Akio ? Il lui semblait reconnaître la forme générale d’un corps humain, et peut-être… hmm… elle regarda autour d’elle. Liori était introuvable. Il était avec lui lors de l’explosion, mais Haya n’avait pas eu la possibilité de voir où il avait atteri. Elle se pencha, tandis que les tirs s’intensifiaient autour d’eux (cela ne l’inquiétait pas outre mesure, les rochers étaient lents et faciles à éviter… pour eux, du moins, parce que les civils se faisaient exterminer mais il fallait tout de même avouer que cela n’était plus exactement de leur ressors et qu’il leur fallait avant tout récupérer toute l’équipe… toute la fine équipe…). Liori était invisible, mais il avait dû couler. Le jeune homme faisait toutefois montre d’un instinct de survie tout à fait raisonnable, et elle imaginait mal un kirien mourir noyé. Cela serait tout de même la couche finale d’humiliation pour leur première mission… un noyé et les autres exterminés par de grands cailloux… Haya retint un soupir en se détournant.

Ils avaient les pieds dans l’eau maintenant, où presque, et il fallait définitivement quitter ce bateau. Au loin, elle apercevait Yagi et la ville où ils étaient sans doute censés amarrer. Peut-être enverraient-ils des bateaux de secours. Elle ne l’espérait pas, il n’y aurait sans doute plus personne à secourir alors et il n’était pas utile d’ajouter de nouvelles victimes civiles à un bilan déjà prodigieusement élevé. Et qui, selon toute vraisemblance, risquait d’augmenter encore sous peu. Ils se mirent en mouvement comme dans une sorte de rêve fantasmée. Le genin, dont elle ne se souvenait plus du nom, était un peu plus bas. Chiyoko observait les flots, à la recherche de son ami. Comment est-ce qu’Akio se sera mis dans cette situation ? Il était parti boudé la veille, personne n’avait eu, pour ce qu’elle en savait, l’envie de le chercher… et il avait fini carbonisé. Liori émergea de l’eau, un bandeau à la main, et passa le bras autour de ce qui était donc ce qui restait d’Akio (la forme humaine carbonisée).

Chiyoko quitta son poste d’observation et désigna du menton l’île, à quelques centaines de mètres de là.

Chiyoko - Il faut qu’on rejoigne le rivage. Allez-y.

Haya observa les bateaux pirates, qui continuaient à leur envoyer leurs gros rochers. Ils étaient tout de même bien préparés et très déterminés à tuer du ninja. C’était une idée qui la troublait, qu’ils puissent s’estimer suffisamment prêts pour passer à la vitesse supérieure. Que feraient-ils après les avoir tué ? Ils quitteraient le pays pour aller piller ailleurs ? Ce serait sans doute ce qu’il y aurait de plus intelligent à faire, peu de chances que kiri tolère de perdre six de ses ninjas dans une mission qui n’était pas supposée se révéler aussi ardue. D’un autre côté, si on les avait avertis que les chefs pirates étaient des ninjas, on aurait probablement envoyé autre chose que deux pauvres équipes de chuunin… Il serait tellement plus simple d’envoyer systématiquement des brigades d’élimination, ou elle ne savait pas trop quoi !

Sokka, le genin et Haya sautèrent à l’eau et se mirent à courir droits sur la plage. Chiyoko, derrière eux, écrasa dans sa paume un premier fumigène (ils couraient à présent dans un nuage rose, mais la mer a cela de pratique qu’il n’y a pas beaucoup de risque de se cogner ou que ce soit), puis en écrasa deux autres dans sa course, générant à chaque fois un nouveau nuage épais. Cela, à défaut d’empêcher les imbéciles de lancer leurs cailloux, les empêchait de savoir où ils les tiraient. En prenant ainsi la fuite, ils condamnaient plus ou moins fermement les civils restants, mais ce n’était plus vraiment le moment d’y réfléchir. Ils atteignirent les rivages sans plus de bris, mais pour découvrir que les quatre bateaux les avaient pris en chasse. L’un d’entre eux était beaucoup plus avancé que les autres. Haya serra les dents. Les fameux ninjas, si fiers de leur coup, devaient se trouver là. Elle mit sa main en visière, tandis que Shuo et Sokka mettait un Akio lamentable à l’abri. Il était plus qu’à moitié mort, pour ce qu’elle avait pu voir, et elle n’était pas certaine que les trois médecins ici présents soient suffisants pour le maintenir en vie. Elle n’entendait rien à la médecine, mais elle tenait pour sûr que Liori et Sokka étaient spécialisés dans un versant plus destructeur que sauveur. Restait Shuo, qui ne semblait toutefois pas excessivement confiant (sagesse, certainement, car Haya devait bien dire qu’elle n’était pas plus confiante que cela elle non plus à la vue de tous ces pirates qui se hâter de venir les détrousser). Elle posa une main sur ses côtes et tâta un peu l’étendue de ses blessures. Il ne lui semblait pas que ses côtes soient cassées, juste un peu secouées, et Haya avait une malheureuse expérience de la sensation que font les côtes brisées. Néanmoins, elle se sentait épuisée et n’aurait pas crachée sur la possibilité de prendre un peu de repos. Mais les pirates savaient qu’ils étaient faibles, qu’ils avaient des pertes et qu’il était l’heure de frapper voir pour enfoncer le clou une bonne fois pour toute. Le bateau de tête se rapprochait rapidement, et Haya sourit avec sincérité quand elle avisa le pauvre ninja de tête essayer de leur envoyer une attaque avec l’eau qui l’environnait. Il avait bon espoir ! Haya se demandait si elle ne devait pas répondre en lui envoyant un galet. Peut-être, sait-on jamais, qu’elle parviendrait à le toucher ? Elle secoua la tête et jeta un coup d’œil derrière elle. Chiyoko évitait de regarder Akio, plus loin, entouré de Sokka et de Shuo. Une lumière verte s’échappait des doigts du genin. Akio était un imbécile, et c’était en grande partie sa faute s’ils en étaient là (mais pas seulement, ils auraient tous pu voir les explosifs), mais il ne méritait pas de mourir pour cela. Si elle survivait, elle essaierait de regarder ses blessures. Le lointain souvenir de sa propre survie, contre toutes les probabilités, la tiraillait. Mais elle n’avait pas du tout le temps de se pencher là-dessus pour l’instant. Pour que la survie d’Akio serve à quelque chose, il fallait que la situation ici s’achève.

Haya regarda la mer puis ferma les yeux, la gorge serrée. Elle porta à ses lèvres une pilule que venait de lui donner liori, sitôt arrivé à la plage et l'avala. Le vent marin lui caressait le visage et le sel de la mer mordait méchamment ses plaies ouvertes. Bien, il n’était plus l’heure de réfléchir aux conséquences de ses actes, il fallait tout simplement agir. Cela donnerait ce que ça devait donner, mais ils ne pouvaient pas rester là à attendre que les pirates n’arrivent, et que le zouave sur le pont avant soit à portée. Ils ne pouvaient pas fuir non plus, sans abandonner Akio, ce qui n’était pas envisageable. De quoi ils auraient l’air, de devoir leur survie au sacrifice de cet âne ? Il serait même suffisamment bête pour trouver cela héroïque… Haya joignit ses mains, les yeux toujours clos. Ces bateaux, ces pirates, cette force… ils étaient venus ici pour la détruire. Haya rouvrit les yeux et, si elle ne le remarqua pas, ils avaient pris une teinte uniformément bleue, sans iris. Le bateau avant se rapprochait, il venait de dépasser le défunt bateau de croisière, totalement englouti par les flots. Mais cela n’importait pas. L’horizon bougeait, au loin, tandis qu’une goutte de sueur unique perlait sur le nez de la jeune fille. Elle ne savait pas exactement ce qu’elle faisait, elle savait juste ce qu’elle voulait faire. L’horizon finit par se lever brusquement, en une colossale vague animée d’une volonté propre, qui dévorait la distance qui la séparait des pirates. Ils prirent de la vitesse, poussée par l’arrivée imminente du raz de marée, avant qu’un bateau ne soit engouffré dans cette bouche énorme pour disparaître totalement. Les deux autres le suivirent presque aussitôt, en rentrant l’un dans l’autre. Le bateau de tête filait, mais le ninja du pont de tête ne devait plus envisager de les toucher avec ses petits jouets aquatiques. Il avait un autre souci en tête, un souci de plusieurs milliers de tonnes qui se rapprochait un peu trop vite.

Haya sentit une résistance. Elle ferma les yeux et insista, le visage à présent recouvert de sueur. Si cela suffisait pour les balayer, elle devait appuyer. Peu importait leurs sceaux, leurs techniques, il n’était plus l’heure de calculer. Seulement de faire s’écrouler cette vague sur leur bateau. Ce qu’Haya fit. La résistance se brisa brusquement et la vague retomba de toute sa force sur le bâtiment de tête. La jeune fille s’épongea le front avec sa manche et recula vers ses équipiers, au bord de l’inconscience. Une pique de fatigue la foudroya quand elle s’arrêta, mais elle s’obligea à se retourner. Une marque était apparue sur le sol de la plage, un peu plus loin de là où elle se trouvait.

Chiyoko - Reculez tous. C’est Kukan Teni… ces salopards sont encore en vie.

Et ils l’étaient. Quatre personnes. Haya croisa le regard de la femme, une belle blonde qui devait bien avoir le double de son âge. Une combattante expérimentée, se dit la jeune fille. Un regard bleu farouche. Haya sourit à part elle-même. Il était un peu facile d’être fâchée, après tout, un bateau pour quatre bateaux, des civils pour des pirates, tout est une question d’équilibre. Elle ne semblait pas avoir beaucoup souffert de la chute d’eau. Haya secoua la tête… ils avaient dû se téléporter avant qu’elle ne tombe, autrement ils auraient dû avoir les corps brisés par la puissance des eaux. Mais elle était affectée par l’énergie déployée. C’est donc toi qui t’amuse à diriger ces hommes et à contrôler leurs mouvements ? Tu ne recommenceras pas, car tout cela va se terminer ici, et maintenant, et peu importe qui d’entre nous aura l’avantage. Haya se sentait prodigieusement lasse, et ce n’était pas seulement par faute de chakra. Ses tempes battaient, l’avertissant du niveau de dangerosité dans lequel elle s’engageait.

L’homme à ses côtés était également fatigué, il se tenait à moitié courbé. Haya sourit. Ce devait être lui qui essayait de les toucher avec ses jets d’eau et qui avait essayé de se dresser contre elle. Cela devait être rageant de se faire battre à ce type de bras de fer par une fille de dix-sept ans… Il ne partageait certainement pas son degré d’affinité avec les flots, mais il n’était pas maladroit pour autant. En réalité, sur un plan strictement militaire, il devait être plus doué qu’elle, plus expérimenté dans le maniement. Mais les eaux sans capricieuses, et elles choisissent les représentants qu’elles veulent… Il y avait un autre homme d’un âge similaire, qui saignait et qui paraissait être le plus faible physiquement à l’heure actuelle. Haya eut une pensée pour akio. Que faisait donc cet imbécile avant que le bateau n’explose ? Est-ce qu’il connaissait seulement la définition du mot équipe, ou bien se croyait-il d’une force suffisante pour être l’équipe à lui tout seul ? Ils avaient d’autres priorités à présent, mais Haya ne pouvait s’empêcher de ressentir une profonde colère pour le chuunin. S’il s’en sortait, elle le giflerait si fort qu’il regrettera longtemps qu’ils ne l’aient pas laissé mourir sur cette foutue plage !

Et le dernier celui qu'il avait croisé à la tour. Haya l’avait tout de suite rangé dans la case des personnes de peu d’envergure. Elle espérait ne pas se tromper. Mais elle se souvenait du souffle d’Encho Daisuke sur elle, le jour où il avait manqué la tuer. Tous ces gens, si braillards, si fiers de la force des personnes au-dessus d’eux… ces gens ne représentent pas d’intérêt. Elle le tuerait sans essayer d’étouffer un certain plaisir, cependant, car s’il venait à en arriver là ce serait uniquement du fait de sa prétention et de sa foi dans la force de ses compagnons alors que lui-même ne valait rien.

Et s’il était fort, bien, il la tuerait avec un plaisir similaire, probablement.

MessageSujet: Re: [BI003] - Les greniers de Yagi   Ven 19 Mar - 18:57

« Vous avez perdu… »
Typiquement le genre de réplique lancé par ceux qui faisait effectuer le sale boulot par les autres et en récoltait tout les mérites. Une méthode qu’on ne pouvait objectivement pas critiquer, vu que le monde fonctionnait très bien ainsi. En fait, ce qui était énervant, c’était de voir les gens fiers de leur méthode.
Les gens étaient tout simplement énervant. Surtout ceux dans une tour remplie d’explosifs. A plus forte raison quand il lançait ce genre de phrase.

En fait, l’avantage d’être sonné sur le pont d’un bateau, avec les débris d’une défunte tour sur le dos, c’est qu’on peut penser à toute sorte de chose sans avoir l’air de perdre son temps. Dans ce cas, le temps perdu venait des secours qui prenaient vraiment leur temps. Le temps était compté. Les pirates pouvaient très bien s’enfuir. C’était rageant d’être coincé ici…

Du mouvement. Je sentais le poids qui me clouait au sol d’alléger un peu, puis des mains qui me saisirent et me relevèrent. Des visages amicaux. Chouette.
Une violente douleur à la jambe, celle qui n’était pas déjà partie en charpie. Elle tirait une triste tête. Un exploit pour une jambe.

J’essayais de faire le point sur notre situation. Aucun ennemis en vue. J’apercevais juste leurs esquifs qui commençaient à s’éloigner du bateau. On n’allait pas en rester là ?!

Je m’agenouillais à moitié et retirais ce qui n’avait pas sa place dans ma jambe. Des débris, éclats d’acier et de verre. Ça faisait un mal de chien ! Plus que d’habitude. Je gobais une pilule de soin. Calmant la douleur et m’aidant à accélérer la régénération du membre. J’étais toujours prêt à en découdre, même si j’allais sans doute boiter un peu.
Quand le bateau trembla.

Je n’aurais jamais cru qu’une mission de rang B puisse autant bouleverser ma perception de l’univers. Durant toute ma jeunesse, on m’avait appris que le meilleur moyen de combattre un ennemie, est de le mettre à mort dés que possible. Bien sur, il y avait certaines subtilités, mais on ne m’avait jamais mentionné le cas d’un combat en infériorité numérique, sur une surface peu stable et passablement hostile, avec des explosifs planqués partout. Ou alors, j’avais dormi durant ce cours ?

Toujours est-il que ma perception du l’univers était bouleversée. Par exemple, mes jambes devaient être sous mon corps. Pas en train de me passer au dessus de la tête. Mon corps lui, se souvint des places habituelles, et sembla bien décidé à les faire respecter. Il suivit donc les jambes. Et moi j’étais balloté par ce corps capricieux.
Instinctivement, je senti que j’allais avoir mal.

Je heurtais une barre métallique de pleins fouet, avant de basculer par-dessus et de chuter le long d’une espèce de mur métallique. Je heurtais un autre mur. Moins dense, plus liquide, et froid. Très froid.

Froid ! L’eau était glaciale. Pourquoi on se fait jamais agresser par des pirates dans des mers chaudes ?
Au moins, la morsure de l’eau m’avait ramené dans la réalité. La prochaine fois, je prendrais un anti douleur un peu moins puissant… L’eau autour de moi était sombre, moche et remplie de bulles d'air qui s'échappait vers ce que je pouvais considérer comme le "haut", au fur et à mesure que l’immense forme noire devant moi s’enfonçait peu à peu.
Ce qu’il y avait d’amusant, c’est qu’elle avait l’air de s’enfoncer moins vite que moi.

Un instant de panique. Je coule, je n’ai pas d’air et j’ai froid. Accessoirement je suis trempé jusqu’aux os, et je sens mon sang qui lutte pour rester solide. Bientôt, quelqu’un allait m’annoncer que ces eaux étaient remplies de requin ?

*C’était quoi le truc qui vient de me frôler la main ?!*

Je levais la tête, mes yeux me piquaient et j’apercevais à peine les rayons du soleil passer à travers l’eau ayant l’air si épaisse.
Je n’avais pas eu l’idée de laisser mon katana couler sans moi. C’était assez évident que mon arme me servait d’ancre à laquelle je n’avais pas prévu de câble assez long. Mais c’était aussi mon arme ! Pas question de l’abandonner. Nageant tant bien que mal vers la coque éventrée, luttant tant bien que mal contre le poids qui m’amenait peu à peu plus profond.
Mes doigts touchèrent le métal déchiqueté de navire en perdition.

Je me tournais pour placer mes pieds sur la surface métallique. Y adhéra avec une concentration de chakra, prit appui, et me propulsa vers la liberté. Moitié nageant, moitié propulsé par mon chakra et l’air qui s’échappait encore un peu de l’épave.
Je crevais la surface.

Jamais une bouffée d’air sentant bon l’iode, le souffre, le brûlé et le sang me parut aussi exquise. Respirer. On y prend vite goût, ça en deviendrait presque indispensable.
Je pris à peine le temps de comprendre ce qui se passait. Le bateau coulait, des gens mourraient et brûlaient, et j’avais un truc de collé à ma main. Humide, froids, métallique. C’était gravé.
Je le regardais un instant. Un bandeau de Kiri.

Je portais ma main au front. Un bandeau de Kiri.
Je replongeais.

L’eau tentait à nouveau de se frayer un chemin vers mes poumons. Ma joue en charpie semblait décidée à l’y aider. C’est pourquoi je nageais (Ou plus exactement me laissait couler, inutile de fatiguer deux jambes en sale état quand une remontée épuisante les attendait), un masque de sang recouvrant ma bouche. Ce n’était pas ce qu’il y avait de mieux. Ça demandait pas mal d’effort de renouveler ça en permanence pour pouvoir empêcher le sang de s’en aller, avalé et digéré par les eaux. En prime, ça piquait.
Mais je devais être sur de ne pas m’être trompé. Calmement, j’atteins mon objectif. Les cales. Là où la coque avait volée en éclat. Sans doute d’autres explosifs.

Je cherchais du regard, fouillant ce que les eaux troubles me laissaient voir. Puis, je le vis.
J’aurais autant aimé être aveugle.
Une chose, noire, accrochée à je ne sais quoi. Aucun signe de conscience visible. Il était dans un sale état… Akio était dans un très sale état même ! Je le saisis avec précaution. On allait devoir remonter. J’allais devoir le remonter.

C’était à l’évidence foutu.

Je parlais d'Akio, pas de l’atteinte de la surface. Avec du calme, de la maitrise, du chakra, et deux jambes qui s’actionnaient jusqu’à m’arracher un long râle sous marin de douleur, je n’aurais aucun mal à l’atteindre cette bonne vieille surface.
Non, c’était mon coéquipier qui était foutu. Un cadavre. Un steak qu’on avait laissé trop longtemps sur le grill. Je savais que j’aurais du l’abandonner. Les morts ne servent à rien… Du moins dans cet état.
Mais la même partie naïve qui m’avait fait croire que tenter de sauver les otages était la chose à faire, celle la même que je me jurais de ne plus écouter… Elle me hurlait qu’il pouvait vivre. On verrait bien.

L’eau trouble puis la lumière. Et l’air aussi. Que je l’aime celui là !

Du chakra dans les mains, dans les pieds. Je remontais totalement à la surface. Sur le planché le plus inégale que je n’ai jamais frôlé. Mes coéquipiers étaient là. J’extirpais le corps de l’eau, et le prit dans mes bras. S’il avait était sec, je parie qu’une feuille de papier, elle aussi cuite à point, aurait eut l’air plus résistante.

Et le bateau qui coulait. Je savais qu’on ne pouvait pas leur faire confiance à ces engins là !

Chiyoko nous fit comprendre qu’on devait se rendre sur la plage. Je n’entendais rien, mais ses mouvements, bien qu’économiques, étaient explicites. Sans doute était-ce aussi lié au feu nourri des bateaux pirates. Loin, sur ma gauche, un de leur projectile percuta les flots, fit une magnifique éclaboussure, puis une seconde… Des explosifs hein ?
Se mettre hors de portée était un bon plan.

Je courus avec les restes de mon équipe. Chiyoko fit exploser quelques fumigènes pour couvrir notre retraite. Cela ne changea pas vraiment la situation. Les tirs continuaient, mais ils étaient vraiment imprécis. En fait, ce qui m’inquiétait le plus était l’état du charbon entre mes bras, et ma jambe. Pas celle qui me fait habituellement souffrir bien entendu. L’autre. J’avais abandonné le concept du muscle pour la faire marcher. Et j’avais encore un peu de mal avec ça. J’espérais pouvoir retrouver une mobilité normale d’ici peu… Et oui, elle me faisait aussi atrocement mal.

La plage enfin.

Ça ne décourageait pas vraiment nos poursuivants. Non, ils avaient l’intention d’en finir avec nous.
Avaient-ils si confiance en eux ? Le nombre était de leur côté… Mais la puissance ?
Sokka et Shuo partirent avec les restes de notre leader éphémère. Si un combat devait avoir lieu, il aurait été préférable d’être tous ensemble, prêt au combat… Mais sauver les meubles aussi, ça avait du bon. De toute façon, Shuo était encore trop peu expérimenté pour aider efficacement à combattre. Il aurait pu prodiguer des soins, mais assurer sa propre sécurité dans l’intervalle lui aurait sans doute été trop difficile…

Je confiais une pilule de chakra à Haya. Elle en aurait sans doute plus besoin que moi. Du moins c’était ce que je lui avais dit lorsque je lui avais donné. J'espérais ne pas avoir eu tort.

Les bateaux approchaient. Ils avaient cessé le feu, ou presque. Sans doute par manque de munition, ou simplement pour ne pas couler l’un de leur bateau ayant prit les devants. Même si c’était loin, j’arrivais à voir un homme à la proue. Il semblait bouger ses doigts comme s’il réalisait des signes. Il semblait réussir à faire rugir l’eau en une jutsu aqueux assez impressionnant. Il était aussi trop loin pour nous atteindre.
J’aurais pu feindre la surprise… Mais quand on voit un individu se téléporter avant une explosion, il n’y a que deux alternatives. Soit nos arts sont en exécution, soit on s’est drogué.
Hors, j’avais pris la drogue APRÈS l’explosion.

Haya souriait. C’était amusant en effet. Ils déployaient de terribles efforts pour nous tuer. Je ne cherchais pas vraiment à savoir pourquoi. On finirait bien par l’apprendre. Et de toute façon, il ne fallait pas de raison. Ils voulaient nous tuer. On voulait les tuer. Normal. Toute mon éducation.
Je ramassais un galet dans la main gauche, et le lançai, plaçant tout mon poids dans ma jambe nouvellement blessée. Évidement, le galet ne fit qu’un misérable «plouf » et disparut dans l’eau, mais au moins ma jambe semblait moins protester contre le traitement qu’elle avait reçut durant ces dix dernières minutes.
L’idée d’un combat dans ces conditions me soulageait un peu. Ce n’était certes pas l’idéal. Nous étions tous fatigué, mais au moins, c’était mieux que ce que ça aurait pu être.

Fichue drogue qui faisait de moi un incurable optimiste.

Et soudain, Haya se déchaina.
Rien de bien impressionnant au niveau de la personne, pour qui n’est pas apte à ressentir le chakra qui en émanait. Dans un silence oppressant, nous vîmes tous la mer se lever. Une vague, une gigantesque vague, venait de se dresser à l’arrière de nos ennemis… Et elle se rapprochait. Je dégainai mon arme et reculai un peu.

Autant laisser un peu de place au maitre d’œuvre et se reculer pour admirer le travail.

La vague grossit, se repliant peu à peu, comme une langue gourmande sortie des profondeurs. Elle allait pour gober les bonbons, non pas un par un, mais bien tous à la fois. Au diable la durée du plaisir, prenons en le plus possible pour mieux profiter du goût.
Haya était impressionnante. La vague roulait, toujours dans le silence. Enfin… Dans l’absence de grondement que je me serais attendu à entendre avec ce déchainement marin. Sinon il y avait les cris. Les pirates sans doute. Et aussi quelques uns des passagers du bateau de croisière.
Marrant comment on peut oublier certains détails.
Au moins, je me rendais compte que je n’éprouvais aucun remord quand au fait de savoir que notre équipe allait être responsable d’un sacré massacre.

La vague allait se refermer. C’était fini.

Mais… Elle s’immobilisa. Je n’avais pas la prétention de m’y connaitre en vague monstrueuse du type « raz-de-marée »… Mais elle n’était pas sensé bouger et finir son boulot là ?
Le premier bateau. Le type à la proue nous tournait le dos. Un spécialiste du Ninjutsu Aqueux… Il luttait contre Haya…
Il fallait faire quelque chose ! Empêcher les efforts de ma coéquipière d’être vains !
Vite, quelque chose à faire. A lancer ! Un… Galet ? Bof.

Finalement, comme un vase précieux sur le bord d’une table, la vague décida de basculer. Les bateaux furent réduits en miette… Les eaux rugissantes (enfin le fameux grondement !) se précipitèrent vers la plage, mais se calmèrent très rapidement. Comme ralenties.
Haya était vraiment puissante…

Je n’éprouvais pas vraiment de soulagement. Juste un sacré respect pour ma coéquipière qui semblait être au bout du rouleau. Elle méritait du repos, aucun doute là-dessus. Elle revint vers nous.
Et derrière elle, je vis des symboles étranges s’afficher au sol. Je levais mon arme…

Chiyoko - Reculez tous. C’est Kukan Teni… ces salopards sont encore en vie.

Effectivement… Quatre individus étaient présents. Quatre sur une bonne centaine.
Mais on pouvait parier que les plus faibles n’étaient pas ces quatre là. Je fis deux pas en avant, arme au clair. Ils étaient pour la plupart épuisé. Mis à part une tête connue. Celui de la tour.
Ça ne m’étonnait pas de lui…

Silencieusement, je choisis qui serait mon adversaire pour ce combat. Car la suite était pour le moins évidente…

MessageSujet: Re: [BI003] - Les greniers de Yagi   Dim 21 Mar - 18:37

Sokka ne se souvenait plus vraiment ce qui c’était passé. Tout s’était passé vite, un peu trop vite pour son cerveau, qui n’avait pas pu suivre et donc enregistrer. Mais le fait était là, le Chuunin se trouvait à côté de sa coéquipière, ses pieds nus effleurant la surface de l’eau. Non loin d’eux se trouvait se trouvait Liori avec vraisemblablement un trésor carbonisé qui n’était qu’autre que Akio, et Chiyoko. Ce dernier avait ordonné une sorte de repli vers la plage, histoire, d’être au moins arriver à l’île de Yagi et ainsi pouvoir penser à une stratégie de contre attaque. Les shinobis avaient donc entamé leur course, dont la raison principale, était qu’il pleuvait des pierres, des grosses pierres, envoyés par les pirates retournés à leurs bateaux. Derrière eux, le bateau de croisière qui avait encore fier allure quelques heures auparavant, coulait lentement mais sûrement. Tous les passagers affolés se jetaient dans l’eau. Qu’est-ce qu’il avait pu bien se passer. Le Kawaki avait beau réfléchir, mais rien ne lui venait à l’esprit, mis à part une explosion, qu’il avait entendu peu après sa course folle et désespérée, pour recueillir une de ses coéquipiers. Après, c’était le trou noir.

Ils étaient enfin arrivés sur la plage. La terre ferme enfin. Le Chuunin fut désigné, lui et Shuo, à transporter ce qui restait de leur chef d’équipe. A l’aide d’un drap qui avait échoué sur la plage servant de civière, ils le prirent délicatement pour ne pas aggraver les blessures, bien qu’il fût difficile de le faire. Ils se repliaient plus loin de la plage qui devenait une sorte de champ de bataille : les pirates continuaient de catapulter, espérant qu’un de leur tir touche un Kiréen. Les chances étaient mince car leurs projectiles se voyaient d’assez loin, et pouvait être facilement évités. Finalement, les deux Shinobi posèrent le corps calciné derrière une dune, considérant qu’ils étaient, à priori, à l’abri. Sokka leva son regard du corps pour regarder Shuo. Il était figé, ne sachant pas réellement quoi faire. Il devait être, sûrement, pour la première fois, dans un tel cas de figure. Sokka le comprenait bien, car lui aussi, devait confronter cette situation en novice.

Sokka – Ca va ?

Shuo – Je ne suis pas un expert en soin… Je peux soigner les petits bobos, mais là…

Le Kawaki se contenta juste de poser la main sur l’épaule de son coéquipier. C’était un geste anodin, mais il espérait qu’il allait faire quand même son effet. Le Chuunin pouvait ressentir le cœur de Shuo battre à en exploser son corps. Ils devaient réussir à le maintenir en vie au moins, le temps que quelqu’un de nettement plus expérimenté puisse faire quelque chose. Shuo reprit son calme et se mit à exécuter quelques mudra avant de poser ses mains sur Akio. Une aura verte se dégagea de la paume de l’Eisei-Nin avant de se diffuser vers le blessé. Quant à Sokka, il se servit de quelques bouts du tissu – qu’il avait préalablement déchiré – se trouvant sous Akio, pour essayer de compresser les dernières blessures dont le sang s’échappait encore.

Shuo – Son cas est trop grave, on ne fait que gagner quelques dizaines de minutes… Il va…

Sa voix se bloqua dans sa gorge. Tous les deux ne savait pas comment réagir. Ils étaient impuissants face à la situation. C’était un trop grand blessé. Fallait-il le laisser partir, ce monde ? Sokka serra des poings. Il était en colère contre lui-même. Tous ces entrainements effectués, toutes ces choses passées dans le village, semblaient insignifiantes, ce qu’il avait vécu jusqu’à présent, ne lui avait pas appris à aider ses compagnons. Cependant, il ne pouvait pas laisser cela se passer ainsi. Il fallait forcer le destin. Rien de plus.

Sokka – Dis pas ça. Continue, il va tenir.

L’Eisei-Nin fut surpris, puis finit par acquiescer, en redoublant ses efforts. Le Chuunin décida de voir ce que faisaient ses équipiers sur la plage. Il se leva, fit un signe de la tête montrant du menton le rivage pour essayer d’expliquer à Shuo, qu’il allait bouger. Ils ne pouvaient plus se permettre d’attendre s’ils veulent arriver sans avoir une perte, ils devaient partir, trouver quelqu’un qui pourrait soigner Akio. Il apercevait Haya utiliser une de ses techniques aqueuses. La mer répondait à son appel, l’aidant de ses vagues pour essayer de chavirer les navires des pirates qui essayer d’accoster. Finalement, une véritable lame de fond se propagea de la plage, balayant tout sur son passage. Sokka remarqua qu’il y avait des survivants du bateau de croisière qui étaient encore dans l’eau. Ses muscles se bloquèrent. Ils allaient tous y passer. D’un coup, un flash retentit dans sa tête. Un visage souriant. C’était celui de Shizu, la jeune fille qu’il avait rencontrée sur le pont, la veille au soir. Le Kawaki serra des dents, son père n’avait eu que raison : ils avaient apportés leur mort aux portes de leur voyage. Une larme perla sur le coin de son œil, et coula sur son visage. Malgré tous ces entrainements, il était impuissant face à cette scène. Aucun entrainement au monde ne pourrait préparer à ce genre de situation. Il fallait la vivre et essayer de s’en accommoder, pour pouvoir réagir avant de le voir une deuxième fois se produire. Le shinobi ne pouvait pas non plus reprocher à Haya ou quiconque d’autre dans son équipe. Ils ne faisaient que répliquer aux assauts des pirates. C’était eux la véritable source et ils devaient les arrêter avec que la liste des victimes se rallongent.

Sokka, perdu dans ses pensées n’avait pas entendu crier Chiyoko, ni même aperçu l’arrivée des quatre personnes qui se dressaient à présent en face de Chiyoko, Haya et Liori. Ce n’est qu’en entendant le début du combat qu’il regarda attentivement la scène. Sokka se dépêcha de sortir de sa cachette, pour essayer de venir en renfort à ses compagnons. Il ne remarqua qu’une chose dans un premier temps, une femme qui se retirait du champ de bataille. Le Chuunin écarquilla des yeux pour apercevoir dans sa course, les traits de la jeune femme. C’était Haya l’air essoufflée qui se repliait pour reprendre des forces. Vu l’état qu’elle affichait, il semblait qu’elle avait du mettre toutes ces forces restantes dans sa tentative de créer un raz de marée, qui n’avait épargné que les 4 pirates. Sa coéquipière avait du mal a retrouvé son souffle. Sokka ne s’attarda pas plus dessus et tourna la tête en direction de la mêlée. Il aperçut juste une technique aqueuse qui frappa de plein fouet Chiyoko. Il essaya de suivre la trajectoire qu’avait prise le Jutsu pour retrouver son expéditeur. Il avait trouvé sa cible. Décidément, même ces pirates savaient maîtriser le Suiton. La première question était de savoir, si de ce fait, ils étaient déserteurs ou non. Mais le moment était mal venu. Sokka avait autre chose à faire. C’était un de ses premiers combats en équipe, la communication n’allait pas être parfaite. Néanmoins, il savait qu’il pouvait être utile en s’occupant du spécialiste du Ninjutsu. Il fonça sur lui, avant que sa main se rapprocher des siennes. De ses doigts, le Chuunin saisit une des phalanges que lui présentait son adversaire, avant d’exercer une pression dessus. La tension fut assez forte pour que l’os se brise. Son opposant laissa échapper un gémissement. Il comprit plus tard quand il voulut réaliser une technique, le véritable but du Jutsu : la blessure lui empêcha de réaliser les signes aussi rapidement qu’auparavant. Craignant qu’il saisisse son handicap trop tôt et que ce dernier se mette à utiliser des armes, de son autre main, Sokka saisit le pouce et le retourna net.

Il était handicapé, c’était le bon moment pour répliquer. Mais, le Chuunin n’avait pas tout prévu, son adversaire montra ses tatouages situés au niveau des poignets. Le Kawaki se demandait bien ce que cela pouvait être. Mais il n’eut pas à se poser la question bien longtemps, une pluie de shuriken sortit de ses sceaux, et semblant se diriger derrière Sokka. Il visait Chiyoko. Soit il pensait que Chiyoko devait être à tout prix être mis hors combat ou alors que Sokka ne semblait pas être assez puissant pour être un véritable danger pour lui. Cette dernière solution était vraiment peu flatteuse. Il devait lui prouver le contraire et lui faire mal, le faire saigner. Sokka empoigna le manche de son Katana, mais avant qu’il puisse le dégainer, il fut balayé par un souffle assez puissant. Jetant un regard pour identifier la source, il remarqua que l’explosion avait été émise par la jeune femme qui était à ses côtés, dont il n’avait pas encore prêté attention. Seulement, une personne avait pu encaisser le choc sans s’éloigner d’elle. L’Eisei-Nin reconnut à la chevelure blanche que c’était Liori. Il devenait de plus en plus flou, avant de disparaître : quelqu’un avait lancé un fumigène gênant la vue de toute personne qui avait engagé le combat. Le Shinobi de Kiri essaya de se souvenir où était son adversaire, avant que la fumée envahisse son champ de vision. La fumée se dissipait peu à peu, on pouvait discerner des silhouettes. Cependant, ce la ne dura qu’un temps, un nouveau fumigène fut lâché re-brouillant l’image qui n’avait pas eu le temps d’être nette. C’était vraiment désagréable de ne pouvoir apercevoir qu’un rideau nuageux. Sokka se sentit si inutile. Il ne connaissait pas la solution adaptée à ce genre de situation. Il ne savait qu’une seule chose. Une silhouette était plus ou moins devant lui, néanmoins sans connaitre sa position exacte, il était inutile d’attaquer, couper de la fumée au Katana en espérant que sa lame morde de la chair n’était qu’un effort inutile.

Sokka s’arrêta un moment attendant qu’il voit plus clair, juste assez pour repérer sa cible. Dès qu’il entrevit de nouveau l’ombre non loin de lui, sa main droite agrippa le Tsuka de son arme. Toutefois, il n'eut rien à faire, une autre personne se dressa entre l’ombre et lui, comme par magie et frappa la silhouette. Cette dernière n’avait pas pu résister au choc, et s’effondra sur le sol. Quelques poignées de secondes plus tard, il discerna à nouveau que c’était son équipier Eisei-Nin qui lui avait porté le coup fatal. Sokka ne chercha pas à comprendre et se rua sur celle qui l’avait repoussé avec son explosion. Il en restait encore trois à mettre KO. Mais cette dernière utilisa à nouveau sa technique qui fit reculer le Ninja hors portée d’une attaque à l’arme blanche. Sokka se maudissait, il n’arrivait à rien. Il prit une pause afin d’évaluer ce qui se passait autour de lui. Deux adversaires gisait sur le sol inconscient, un troisième restait conscient mais avait du mal à tenir. La dernière, l’explosive, n’avait pas l’air de pouvoir tenir sur ses jambes avant un moment.

Le combat était considéré comme fini. Ils avaient gagné, même si pour Sokka, cela sonnait comme une défaite. Il n’avait quasiment rien fait sur ce combat, n’étant qu’un combattant futile n’apportant pas grand-chose à l’équipe. Il se rabaissait peut-être, mais il n’avait pas tellement tord.


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Dernière édition par Sokka Kawaki le Dim 25 Juil - 17:34, édité 1 fois

MessageSujet: Re: [BI003] - Les greniers de Yagi   Dim 21 Mar - 18:44

Combat sur la plage de Yagi !

  • Liori, Haya, Chiyoko et les 4 assaillants sont sur la zone de combat.
  • Akio, Shuo et Sokka sont en dehors de la zone de combat. Ils ne peuvent donc pas être pris pour cible et ne peuvent cibler des adversaires ou alliés.
  • Il faut une action pour entrer dans la zone de combat (noter que la réciproque n'est pas vraie, il faut déclarer fuir la zone de combat et l'arbitre décide alors du nombre de points d'action nécessaire pour le faire).
  • Lorsque l'on entre dans la zone de combat, on est considéré comme étant à distance de tous les personnages présents dans la zone de combat.

  • Liori, Haya et Chiyoko sont au corps à corps entre eux.
  • Les 4 assaillants sont au corps à corps entre eux.
  • Liori, Haya et Chiyoko sont à distance des 4 assaillants.

  • Butin autorisé

  • La Pélagie sur le Terrain est de 20 et ne peut être inférieure à 20 (présence de la mer).
  • Peu de Terre
  • Haya souffre d'une blessure durable superficielle : côtes fêlées.

  • Les deux équipes s’affrontent jusqu’à ce que toutes sauf une soient neutralisées, détruites ou s’enfuient.
  • Les vainqueurs gagnent 8 fois la somme du niveau de leur adversaire divisée par leur nombre en XP.
  • Les perdants gagnent 4 fois la somme du niveau de leur adversaire divisée par leur nombre en XP.
  • La mort des personnages est autorisée.
  • L’arbitre gagnera 130% du nombre total des actions résolues.

    Arbitre RP : aucun
    Arbitre réel : Iba Hiyori


Dernière édition par Iba Hiyori le Dim 21 Mar - 21:30, édité 1 fois

MessageSujet: Re: [BI003] - Les greniers de Yagi   Dim 21 Mar - 18:52

Action 1 a écrit:
Sumi, la femme blonde prépare une technique. Shiro, l’homme trempé, se métamorphose en Sumi (- 6 MP). Il y a désormais deux femmes blondes sur le terrain et il est impossible pour tous les combattants, autre que Sumi et Shiro d’identifier qui est qui.

Liori se téléporte (- 30 MP) au corps à corps avec une des Sumi et frappe violemment sa cuisse (- 30 MP), sans que cette dernière n’ait le temps de réagir (- 45 HPDouleur : 41).

Haya observe le terrain et se sent menacée, elle effectue un replis (Action en réserve : Si prise pour cible par une technique ou engagé au corps à corps, quitte la zone de combat). Sokka quitte la dune de sable qui lui servait de couvert et intègre la zone de combat, tandis qu’Ironoshi, l’homme blessé lance une technique fort connue de régénération (- 10 MP, + 15 HP, - 4 VIT).

Chiyoko lance une complexe illusion (- 65 MP) sur une des Sumi (celle qui n’a pas été attaquée par Liori). Ironoshi lance un torrent démentiel (- 30 MP) sur Chiyoko (- 90 HP). L’attaque aurait été assez puissante pour inquiéter des combattants aux côtés de Chiyoko, mais il n’y a personne.


Notes :
  • Le Henge est vraiment une vieille technique, que l’on n’a presque jamais utilisée en combat sur Ryoma. Ici, je trouve que c’est tout simplement excellent.

    Toutefois on peut se questionner sur l’équivalence « niveau-grade » pour savoir si l’équipe Kiréenne ne détecte pas la supercherie, à savoir qu’il y a une importante différence de niveau entre Shiro et Liori/Chiyoko, mais simplement un grade d’écart (la technique est utilisée au niveau genin). Ce point n’a pas été mis à jour par le staff (c’est-à-dire savoir s’il le grade d’écart peut aussi se traduire en un certain nombre de niveaux d’écart) et si l’on devait strictement s’en tenir aux règles, alors tous les combattants sur le terrain seraient bernés par un henge de niveau genin.

    La déclaration de Seiki était pensée là-dessus et je ne peux pas revenir sur les règles durant un combat. Néanmoins, j’ai appliqué le coût chuunin de la technique par souci de crédibilité. Ce point fera sans doute l’objet d’un errata dans une mise à jour prochaine des règles de combat.

  • A partir du fait que plus personne n’est capable d’identifier qui est réellement la blonde de sa copie, j’ai décidé que lorsque vous déclariez attaquer Sumi (la vraie), vous aviez X % de la trouver réellement, X étant égale à 100 divisé par le nombre de Sumi sur le terrain.

  • J’ai rajouté Tremblements au build de Chiyoko, prérequis nécessaire pour Hurlement Mental. Heureusement qu’il lui reste des slots de techniques au gugus.

  • Aucune Toile de Perdition ne peut être activée parce que la cible (ici une des Sumi) n’est pas déjà affectée par un genjutsu. Une altération combinée, quelque soit le nombre d’altérations qui la composent ne compte que pour un genjutsu. Par contre Décuplement mental est une technique qui prend en compte le nombre d’altérations lancées dans une seule altération combinée.

  • Avec l’équivalence « grade-niveau », Oronishi ne peut atteindre que le rang juunin pour la régénération. Level d’apprentissage : 5 + 4*4 = level 21 requis pour le rang anbu.

  • L’action en réserve d’Haya spécifiait un engagement au corps à corps ou être prise pour cible. Les torrents ciblaient Chiyoko et avec la zone de dégâts passive, l’attaque aurait aussi dû toucher Haya. J’ai considéré que l’action en réserve pouvait s’activer, malgré que la déclaration d’Ironoshi ne précise pas explicitement cibler Haya.

Action 2 a écrit:
Oronoshi maintient sa technique de soin (- 15 MP, + 15 HP). Chiyoko paye l’entretien de ses techniques (- 5 MP).

Il décide aussi de saborder la mémoire de sa victime (- 10 MP), ce qui a pour effet d’annuler le henge de Shiro (- 30 HP). Sumi et Shiro sont désormais reconnaissables.

Sumi, incapable de se déplacer, finit sa technique (- 90 MP) et assène un chidori sur Liori (- 125 HP). Shiro, hébété par les assauts mentaux de Chiyoko (- 15 HP), réalise quand même un clonage (- 45 MP) et se retrouve avec deux copies conformes. Il est désormais impossible de savoir qui est le vrai des faux.

Liori sait désormais qu’il est engagé au corps à corps avec la bonne personne. Avec son bô, il s’acharne sur la jambe de la femme (- 20 MP), qu’il frappe avec une force et une précision inouïe (- 65 HP). S’en est trop pour les appuis de la déserteuse, qui s’écroule sur le sol (AGI à 1).

Haya, hors de portée des assauts ennemis, récupère ses forces (+ 20 MP). Le médecin de l’équipe de renégat fonce alors sur Chiyoko (- 25 MP), le spécialiste en genjutsu ne parvient pas à esquiver l'assaut (- 30 HP)

Sokka entre au corps à corps avec Ironoshi, le spécialiste ninjutsu de l’équipe de pirates. Chiyoko décide de ravager l’esprit de la femme blonde à l’aide d’un puissant choc psychique (- 40 MP).

Ironishi trouve un angle d’attaque et lance une nouvelle fois, son assaut aqueux (- 30 MP), sur Chiyoko (- 90 HP). Dans sa fougue, il blesse aussi son allié médecin (- 88 HP).

Notes :
  • L’activation de Lobotomie est résolue dans la Phase d’Effets et d’Entretiens (cf, l’Art du Combat – Règles d’Expert). La seule technique utilisée par Shiro est le henge. Technique à entretien, Lobotomie la désactive et empêche qu’elle soit utilisée durant 4 actions.

  • Sumi ne pouvait plus se déplacer (même mouvements spéciaux), elle ne pouvait donc pas prendre Chiyoko pour cible. De plus, elle ne pouvait pas réaliser une action pour amoindrir la douleur, suite à l’attaque « Cuisse » de Liori, parce qu’elle avait déjà réalisée des signes pour lancer une technique (j’ai calqué cette idée sur Art du combat – Règles Expert – Malus, Bonus – Autres). Elle a donc lancé son chidori sur Liori qui était au corps à corps avec elle.

  • Le fait de pouvoir exécuter une action par défaut volontaire en dehors de la zone de combat est une énigme pour moi. Du point de vue des règles, c’est normalement non, les actions par défaut ne peuvent être utilisées que lors d’un combat, hors quitter la zone de combat, c’est n’est plus combattre.

    Néanmoins c’est ma faute parce que j’ai créé une sorte de hors zone pour Shuo et Akio, ce n’était pas très clair. Normalement lorsque l’on quitte la zone de combat, on a fuit et à moins d’être de nouveau engager par l’adversaire, le combat est fini. Ici, c’est spécial et ce que j’applique lors de ce combat est une exception qui ne sera pas appliqué aux autres.

  • La technique « Maîtrise des Eaux » n’affecte pas les combattants tant qu’Haya est en dehors de la zone de combat.

  • Oronishi ne peut pas lancer Adrénaline au rang Anbu. L’équivalence « grade-niveau » pour cette technique est de « Anbu – Niveau 25 ». Le niveau requis pour l’apprentissage est 9. Pour le niveau anbu, il faut + 16 niveaux.

  • Chiyoko et Oronishi (le spé MED) sont au corps à corps. Il n’y a personne d’autres au corps à corps. Ironoshi avec son arcane, déclenche l’effet passif de zone de dégâts (dès que l’attaque dépasse 125 dégâts) et touche son allié, faute de pouvoir blesser un autre adversaire au corps à corps avec Chiyoko. L’action en réserve d’Oronishi ne peut être déclenchée puisque c’est son action normale qui l’a amené au corps à corps avec Chiyoko.

    Ce cas correspond à une des remarques dans les Règles d’Expert, sur les phases d’une séquence.

Action 3 a écrit:
Oronoshi maintient sa technique de soin (- 15 MP, + 15 HP). Chiyoko maintient ses techniques (- 35 MP).

Oronishi, prudent, se soigne de nouveau (- 40 MP, + 32 HP).

Sumi se relève. Shiro ne fait rien car il a oublié comment faire un clonage.

Liori décide de mettre toutes ses forces dans la bataille (- 65 MP), avec son katana, englobé de chakra. La technique Hien empêche Sumi de se prévenir de la pluie de coups qui s’abat sur elle (- 262 HP). Haya continue de recouvrir ses forces (+ 20 MP).

Sokka décide lui aussi de mettre en pratique ses arts Eisei et frappe le spécialiste ninjutsu sur les phalanges (- 20 MP). Ce dernier n’a pas l’air d’apprécier (- 15 HP) et éprouve des difficultés à réaliser les signes de sa techniques.

Chiyoko réalise une esquive, malgré l'attitude défensive de son adversaire.

Notes :

  • Il aurait peut être été intéressant Sokka que tu rappelles dans ton MP les modalités d’admission de phalanges =).

Action 4 a écrit:
Oronoshi maintient sa technique de soin (- 15 MP, + 15 HP). Chiyoko maintient ses techniques (- 5 MP).

Sumi décide qu’il est plus que temps de transformer Chiyoko en porc-épic et libère le contenu d’un de ses tatouages corporels (- 50 MP) sur le malheureux (- 92 HP). Shiro ne fait rien, pas plus que ses clones.

Liori range une de ses armes et charge son poing d’énergie (- 60 MP) et frappe de nouveau la femme (- 120 HP). Haya continue de recouvrir ses forces (+ 20 MP).

Oronishi attaque à l’aide d’une technique Eisei (- 25 MP), Chiyoko prend une nouvelle mandale (- 30 HP). Sokka frappe de nouveau les mains de son adversaire (- 5 MP), qui en pâtit légèrement (- 20 HP). Chiyoko, tardivement, se met en position pour esquiver.

Ironishi continue de réaliser des signes avec ses phalanges abîmées.

Notes :
  • Les Esquives sont résolues comme des actions normales si elles ne sont pas mises en réserve. Donc avec l'initiative normale aussi. Ce qui explique pourquoi Chiyoko n'a pas pu esquivé les assauts adverses.

Résumé

Spoiler:
 

MessageSujet: Re: [BI003] - Les greniers de Yagi   Dim 28 Mar - 20:59

Action 1 a écrit:
Liori ne maintient pas son enveloppe de chakra autour de son katana (- 5 MP). Oronoshi ne semble pas continuer à se régénérer.

Chiyoko, par contre, maintient son emprise sur Shiro (- 35 MP).

Ironoshi souhaite prendre tout le monde de vitesse, en guettant le moindre assaut sur la zone de combat (Action en réserve : Si un combattant réalise une action offensive, lance Tatouage corporel sur Chiyoko). Il relâche une pluie d’acier (- 40 MP) sur Chiyoko (- 57 HP)

Sumi décide que l’affrontement au corps à corps ne tourne pas en sa faveur. Elle extériorise violemment son chakra (- 10 HP, - 10 MP) et met tous ses adversaires à distance, les uns des autres, sauf le Satsubatsu qui campe fermement sur ces appuis. Les clones de Shiro explosent - Liori, Sokka, Ironoshi et Shiro sont légèrement blessés (- 10 HP).

Shiro lance un fumigène sur le sol. Liori et Sokka restent sur la défensive (Esquive).

Haya revient sur la zone de combat. Chiyoko avale une pilule ( + 300 HP). Oronishi semble préparer quelque chose.

Notes :
  • Pour les techniques qui ont un entretien à payer toutes les deux actions (ou plus) et qui sont désactivées avant la fin d’une période d’entretien, on fait quand même payer le coût d’entretien lors de la désactivation (par exemple pour Hien).

  • J’ai considéré que « Tatouages Corporels » ne nécessitait pas de lancer les armes soi-même et par conséquent que « Pouce » n’affectait pas Ironoshi. Toutefois, il n’est pas possible avec Zone de Dégâts active de cibler plusieurs fois un même ennemi.

  • Suite à l’activation d’explosion de chakra, j’ai considéré que Liori, Sokka, Shiro et Ironoshi étaient tous mis à distance les uns des autres.

  • Mauvaise réponse de ma part à Ishiki sur les fumigènes : lorsqu’on en lance un, il dure jusqu’à l’action de la séquence suivante du lanceur. Donc ici, le fumigène dure jusqu’à la réalisation de l’action 2 de Shiro, durant la séquence 2 du tour. Je suis désolé de mettre emmêler sur ce point.

Action 2 a écrit:
Chiyoko ne maintient plus ses illusions (- 30 MP) sur Shiro.

Sumi perçoit l’attitude offensive du spécialiste genjutsu de Kiri (Action en réserve : Si Chiyoko attaque, Tatouages Corporels sur lui) et décide d’activer un nouveau tatouage (- 50 MP) sur Chiyoko (- 82 HP), malgré la fumée.

Une nouvelle fois, Ironoshi guettait les actions offensives des combattants (Action en réserve : Si un combattant réalise une action offensive, lance Tatouage corporel sur Chiyoko), mais il n’arrivera pas à trouver la concentration nécessaire pour réussir la technique (Esquive).

A peine la fumée dissipée, Shiro décide d’utiliser de nouveau un fumigène. Liori se désengage du corps à corps avec Sumi.

Haya lance un dragon aqueux (- 8 MP) en utilisant l’eau de la mer pour augmenter ses effets sur Ironoshi (- 38 HP).

Sokka parvient à engager Ironoshi au corps à corps tandis qu’Oronishi finit d’avaler une pilule décuplant ses forces (- 20 MP, FOR * 2).

Chiyoko ne parvient pas à lancer un genjutsu sur Ironoshi (- 40 MP).

Notes :
  • L’action en réserve de l’action 1 d’Ironoshi l’empêche de réaliser une action défensive dans la séquence 1 du tour, suite à l’explosion de chakra de Sumi, il doit donc la réaliser à son action 2. De plus, j’ai considéré l’activation de l’action en réserve prioritaire sur l’obligation de réaliser une action défensive, cela pour la raison que faire sauter des activations d'actions en réserve en collant des actions "obligatoires" me semblait bien plus puissant et désavantageux que de faire sauter les effets d'actions en réserve à cause d'actions "obligatoires".

  • L’action en réserve : Si Chiyoko attaque est assez trouble. J’ai considéré qu’il s’agissait de si Chiyoko réalise une action offensive, donc prenant un adversaire pour cible.

  • Un déplacement d’engagement du corps à corps est considéré comme une action offensive, puisqu’elle cible un adversaire. Elle peut donc échouer avec le fumigène, ce qui semble d’ailleurs assez logique.

Action 3 a écrit:
Sumi, sur ses gardes (Action en réserve : Si Sumi est attaquée, Henge de Shiro), décide de prendre l’apparence de Shiro (- 6 MP). Les deux sont maintenant indiscernables.

Le nuage de fumée se dissipe et un des Shiro engage le corps à corps avec Chiyoko. Liori se téléporte de nouveau avec une technique Eisei en frappant dans l'aine (- 70 MP). Grâce à sa décapitation fatale, le coup est magistralement réussi et à l'aide de son bô, Liori abat son adversaire (- 95 HP, tombe inconscient).

Haya prend pour cible un des Shiro, celui a engagé le corps à corps avec Chiyoko, avec un nouveau dragon aqueux (- 16 MP), à grand renfort d’hydrolyse. Le Shiro encaisse stoïquement l’assaut (- 45 HP).

Sokka quitte le combat, pour engager l'affrontement avec Sumi, tandis qu’Oronishi, avec sa nouvelle force, abat son poing (- 25 MP) sur Chiyoko (- 57 HP).

Chiyoko relâche un de ses tatouages corporels sur le Shiro au corps à corps avec lui, qu’il suppose être Sumi (- 50 MP). Celui-ci ploie sous l’assaut (- 89 HP), mais ne cède pas.

Notes :

  • S’il peut paraître ici évident qui est le vrai Shiro du faux, j’ai estimé qu’en combat ce ne l’était pas et que par conséquent Haya et Chiyoko avaient 50 % de chance de se « tromper », à chaque fois, jusqu’à ce que le vrai du faux soit identifié.

  • Le déplacement de Sokka est dû à une zone d'ombre de l'Art du combat. Que se passe-t-il lorsque la cible de nos assauts tombe inconsciente ? J'ai considéré qu'il y avait deux possibilités. Les actions offensives sont transformées en mise à mort ou alors les actions offensives sont reportées sur un autre adversaire. Ici, j'ai décidé d'un point de vue RP, je me suis dis que Sokka ne mettrait pas à mort son adversaire et qu'il engagerait le combat avec l'ennemi le plus proche (Sumi).

    La décision est purement arbitraire. Dis donc ça tombe bien, je suis l'arbitre (l'Art du combat ou une annexe sera mis en place prochainement pour tous ces cas de figure que nous (arbitres, staff et joueurs) découvrons au fur et à mesure de nos combats RPG. En l'absence, on fait comme on peut =))

Action 4 a écrit:
Sumi pour une raison saugrenue décide de ne pas maintenir son henge.

Elle réalise de nouveau une explosion de chakra, pour se débarrasser de son assaillant (- 10 HP, - 10 MP). Sokka encaisse le choc (- 10 HP). Shiro, au corps à corps avec Oronishi et le spécialiste genjutsu, de surcroît, de nouveau identifié comme le seul et unique, frappe Chiyoko (- 16 HP).

Liori se concentre pour retrouver ses réserves d'énergie (+ 20 MP).

Haya lance de nouveau un dragon aqueux sur Shiro, le vrai, à l’aide des eaux environnantes (- 8 MP). Shiro subit l’attaque et s’effondre inconscient (- 38 HP).

Oronishi frappe avec la même puissance son adversaire (- 25 MP), mais ce dernier, chanceux ou prompt à réagir, esquive. Sokka reste sur la défensive à cause de la technique de Sumi (Esquive).

Chiyoko relâche le contenu d’un nouveau tatouage (- 50 MP) sur son adversaire Oronishi ( – 82 HP), qui reste conscient malgré son état désastreux.

Notes :
  • On ne peut pas céder son initiative au profit d’un autre, par contre, je pense que l’on peut demander à réaliser son action avec une AGI de 1. A voir avec les autres modérateurs.

Résumé

Spoiler:
 

MessageSujet: Re: [BI003] - Les greniers de Yagi   Lun 29 Mar - 21:28

Fin du combat : Combat sur la plage de Yagi !


Victoire de l'équipe Kiréenne


Haya : + 140 XP
Liori : + 140 XP
Sokka : + 140 XP
Iba : + 85 XP (Arbitrage)

Pour le calcul d'XP, la somme des niveaux est de 70. Chiyoko compte comme étant un combattant actif. Akio et Shuo non. Les XP RP de la mission seront donnés à la fin de cette dernière.

Butin : A répartir équitablement entre Chiyoko, Shuo, Liori, Haya et Sokka - Vous m'enverrez un MP pour me détailler qui prends quoi. Les armures sont trop endommagées pour pouvoir être prises, utilisées, revendues etc. Chiyoko reprends son équipement (5 fuma shuriken, 6 shurikens) qui n'est pas listé dans le butin.

Citation :
- 40 senbons FQ (9)
- 1 bolas FQ (17)
- 14 shuriken FQ (15)
- 2 fuma shuriken FQ (20)
- 2 kunai FQ (15)
- 38 petits shuriken FQ (12)
- 1 parchemin de taille moyenne (15 petits shuriken FQ dedans)
- 4 fumigènes
- 1 note explosive

- 2 Pilule de Soins Améliorés (+ 100 HP)
- 1 Pilule de Savoir (+ 100 MP)
- 1 Antidote Type II
- 1 Stéroïde chuunin
- 1 Enzyme genin
- 1 Enzyme chuunin

Explications HRP :

Il reste 6 HP à Sumi, Oronishi est à - 1 HP et tient juste grâce à la technique passive qui permet d'aller à 0-MED avant le seuil d'inconscience. Je vais pas faire un tour de plus pour une victoire qui est évidente au vue de vos HP / MP restant.

J'avais prévu une porte de sortie avec le sceau bleu : L'armée Convoquée, lancé par Sumi. Seulement Cuisse l'empêche de réaliser des déplacements, même spéciaux et le sceau bleu, qui est une téléportation est considéré comme un déplacement. Il lui faudrait donc utiliser 4 actions pour se débarrasser du seuil de Douleur de 41, pour réaliser un déplacement et donc sa technique. Avec 6 HP au compteur et 4 adversaires, inutile de dire que c'est mission impossible.

La victoire vous revient et est plus que légitime. Félicitations !

Contexte RP à respecter pour vos prochains posts :

Sumi avale une pilule qui augmente considérablement ses HP et tente de lancer le sceau bleu de téléportation (bien sûr, vous l'abattez avant). Oronishi frappe de nouveau Chiyoko. Je vous laisse libre de la manière dont vous les mettez inconscient. Restez crédibles =)

Une fois cette besogne terminée, vous êtes de nouveau seuls sur la plage, dans un calme étrange et irréel. Chiyoko court derrière la dune où se trouvent Akio et Shuo. Ce dernier est tout transpirant, le teint livide. Il a tout donné pour essayer de sauver Akio, certaines blessures sont recouvertes d'une croûte, d'autres se sont refermées, mais son état est encore critique. Les pilules et les premiers soins n'y feront rien, le chuunin a besoin d'experts, d'installations importantes pour être sauvé et même sans une grande connaissance en médecine, cela transpire d'évidence.

Akio semble toutefois être sorti de son état comateux, mais il ne va clairement pas bien, très loin de là. Shuo est au bout du rouleau, il n'a plus de chakra, il secoue la tête lorsque Chiyoko le questionne du regard, puis s'arrête, exsangue.

Chiyoko dissipe son bunshin. Les secours ne seront pas là avant une dizaine de minutes au mieux. Ce sera trop tard pour le chuunin. Chiyoko se met à genou à côté de la tête de son ami. Celui-ci lui demande ce qui est arrivé. Chiyoko répond, en mentant d'une voix maîtrisée quoique troublée, que c'est lui, Akio, qui a vaincu à lui seul leurs ennemis. Akio demande alors s'il est un bon chef d'équipe. Chiyoko, une larme sur le visage lui répond qui est certainement l'un des meilleurs.

Haya s'agenouille aussi et tente une opération désespérée pour sauver le chuunin mutilé en dissipant énormément de chakra. Chiyoko, Liori, Sokka, sans bien savoir le pourquoi du comment, viennent l'aider dans son entreprise incertaine. Alors qu'il allait rendre son dernier souffle, Akio disparait.

Chiyoko, bien qu'il essaye de ne pas le montrer, est assez affecté.

Des miliciens du port de Yagi finissent par arriver, avec un médecin non shinobi. J'attends vos propositions/questions pour continuer (finir ?) cette harassante mission.

MessageSujet: Re: [BI003] - Les greniers de Yagi   Sam 3 Avr - 17:02

Haya voyait flou. Elle cligna des yeux avec conviction, mais il paraissait clair que la vague avait totalement séché son chakra. Elle espérait que son adversaire sur le bateau avait une réserve similaire à la sienne après avoir tenté de la contrer, mais elle ne se faisait pas d’illusion. Il avait dû cesser après avoir senti qu’il ne tiendrait pas la comparaison, ou que la femme lui ait ordonné d’arrêter là pour qu’elle puisse les ramener sur le rivage. Néanmoins, Haya n’était pas mécontente de savoir que les pirates étaient envoyés par le fond. Non seulement cela signifiait le succès partiel de la mission, avec seulement quatre pirates encore en vie (du moins, elle espérait que c’était là la totalité de leurs forces, sinon ils ne s’en sortiraient jamais), mais surtout cela leur évitait de devoir affronter cent à deux cent ennemis simultanément. Quatre contre quatre, cela semblait beaucoup plus équilibré, quelque soit la force de leurs adversaires.

La bataille commença aussitôt, sans grande déclaration. Liori avait engagé le combat. Haya jeta un coup d’œil par-dessus son épaule et préféra se mettre à l’abri sur la colline, hors de portée immédiate des pirates. Elle était inutile pour l’instant, avec seulement sa chaîne à agiter en vain. Cela aurait été ridicule de prendre le risque d’entraver ses amis pendant qu’ils combattaient. Haya s’accroupit, le souffle court et le regard posé sur la bataille en contrebas. Personne ne faisait mine de la poursuivre, pas même le plus jeune de la bande qu’elle avait croisé sur la tour. Il avait disparu, d’ailleurs, et ce devait certainement être cette autre femme blonde. Comme s’il n’y en avait pas déjà assez d’une... Haya regarda dans son dos, le reste de l’équipe de kiri. Une lumière verte illuminait les mains du genin tandis qu’il essayait de sauver cet imbécile d’Akio. De là où elle était, Haya devait tout de même avouer que cela lui paraissait très inutile. Akio donnait l’impression d’être déjà mort, aucun mouvement ne l’agitait et il conservait les yeux résolument fermés. Ce serait un peu trop facile de mourir maintenant, imbécile, en t’attirant toute la gloire posthume ! Non seulement tu auras été une vraie plaie pendant toute la mission, mais en plus on retiendrait d’elle seulement ta mort ? Quelle prétention abominable... Akio était-il condamné, jusqu’à sa mort, à l’agacer ? Comme s’il ne pouvait pas faire les choses simplement, dans l’ordre où elles doivent être faites... Respecter le concept d’équipe, ne pas agir en solitaire comme un sale petit prétentieux vantard qui pense pouvoir tout assumer par lui-même, en méprisant ses équipiers, soit parce qu’il les trouve trop jeunes et inexpérimentés, soit parce qu’il se trouve lui-même au-dessus de cela. Il méritait une bonne gifle, une gifle magistrale dont il se souviendrait toute sa vie et qui lui brûlerait la joue dès qu’il s’apprêterait à faire une énorme bêtise, alors non, il n’allait certainement pas mourir sur cette foutue plage ! C’était tout de même mal vu de gifler un cadavre et de surcroît... l’aspect pédagogique avait tendance à disparaître.

Haya reporta son attention sur la bataille. Chiyoko avait été sérieusement pris pour cible, mais l’homme était solide. Haya se remercia mentalement de n’être pas restée à côté de lui. Sa récupération en aurait été rudement affectée, et elle aurait été inutile beaucoup plus longtemps. Son pouls s’était quelque peu stabilisé, malgré le stress et l’angoisse de la bataille, et elle sentait les quelques tiraillements faibles de son chakra qui battait dans ses veines. Il était cependant encore un peu trop tôt pour envisager faire quoi que ce soit, alors Haya prit son mal en patience et attendit, même si cela était incroyablement difficile de rester simple observatrice d’un combat de cette importance. La jeune grimaça et espérait que ses équipiers comprendraient qu’elle n’avait pas... fuit, ou quoi que ce soit, et qu’après avoir abattu deux cent pirates, on peut ressentir une certaine lassitude. Elle était sûre qu’ils comprendraient.

Ils se concentraient par ailleurs sur la femme de l’équipe, ce qui était gênant dans cette situation à cause de son sosie qui s’était multiplié. Ils avaient également un médecin dans leur équipe, qui était durement affecté, sans doute par son combat contre leur imbécile, et qui récupérait rapidement. Haya calcula que ce ne serait pas la meilleure cible pour elle, il devait être un peu trop résistant pour ses réserves actuelles de chakra. Mais au vu de son état, Haya estima qu’il n’aurait qu’un impact secondaire sur la bataille, à moins qu’il ne conserve quelques artifices vicieux dans ses sacoches. La jeune fille se remit debout, et vérifia une fois encore que personne ne s’essayait à la rejoindre ou à la prendre pour cible (bien que, au vu de la distance qui la séparait, elle était impatiente de voir le type de projectile qu’on pouvait lui envoyer). Mais tout le monde était englué dans des corps à corps rapides et brusques, qui intensifiaient l’impression de chaos hâtif. Sokka avait rejoint le combat à son tour depuis un moment, il était au contact avec la femme, qui repoussa brusquement ses adversaires, sauf Liori qui tint bon. Haya secoua la tête et décida qu’il était temps de revenir et de prendre une part plus active dans cette lutte.

Elle descendit rapidement la petite butte sablonneuse, mais prit soin de n’engager le combat avec personne. D’après ce qu’elle avait pu voir, ses adversaires s’étaient concentrés sur Chiyoko dans l’intention de l’éliminer rapidement, mais cela était jusqu’à présent un échec. Il y avait également cet insupportable fanfaron de la tour, qui se reproduisait rapidement en imitant le visage des autres et qui ne faisait qu’accentuer le chaos de la rive. Haya nota dans un coin de son esprit qu’il allait falloir l’éliminer rapidement pour qu’il se tienne enfin tranquille. Mais elle préféra dans un premier temps renvoyer à son opposant des eaux une réponse humide à sa résistance sur le bateau. L’attaque n’était pas extrêmement puissante, mais si le combat devait s’éterniser il serait gêné pour la suite (l’idéal étant que le combat ne s’éternise pas, justement, mais Haya préférait rester prudente). Le pénible jeune homme venait juste de faire éclater un fumigène similaire à ceux que Chiyoko avait utilisé plus tôt. La fumée, épaisse et rosée, s’élevait dans le ciel et ne semblait pas pressée de disparaître.

Elle haussa les sourcils et se concentra sur le jeune homme qui venait juste d’engager le combat avec Chiyoko, dans l’intention vraisemblable d’aider à le mettre à terre une bonne fois pour toute. Haya lui envoya un assaut similaire, d’une puissance réduite mais qui avait l’avantage de ne pas puiser trop durement dans ses encore maigres réserves. Même si elle planifiait une issue rapide pour le combat, que l’avantage aille d’un côté ou de l’autre, il ne lui semblait pas nécessaire de s’exposer tout de suite à une situation aussi extrême que précédemment. Haya espérait ne pas le regretter plus tard... Le jeune homme tint bon, mais il paraissait affecté par les blessures successives glanées lors de la dernière minute. Cela fut accentué par les quantités impressionnantes d’armes aiguisées que Chiyoko relâcha sur lui. A moins qu’ils n’aient visé tout deux la femme, qui avait entre temps pris la forme du jeune homme... quelle tactique ennuyante... ils auraient aussi bien pu jouer aux cartes que cela aurait été plus intéressant. Mais il était intéressant de noter que le jeune homme prenait la forme de la femme, et que la femme prenait la forme du jeune homme, comme si un lien quelconque unissait les deux. Peut-être une information utile à retenir s’ils devaient les interroger plus tard, en cas d’un succès qui s’annonçait de plus en plus clairement. Liori semblait aller raisonnablement bien, Sokka aussi, Chiyoko était diminué mais sa pilule lui avait fait du bien. Haya devait bien reconnaître qu’il fallait une certaine force de caractère pour se concentrer aussi pleinement sur le combat, alors que son ami était en train de mourir de l’autre côté de la butte. Mais après tout, ils étaient des ninjas...

Haya relâcha une nouvelle attaque sur le jeune homme, qui s’écroula pour de bon cette fois. Ce n’était pas trop tôt... La femme était réapparue, toujours à terre et de toute évidence épuisée. Liori avait mis hors d’état de nuire l’utilisateur de ninjutsu adverse, et Chiyoko venait juste de perforer de part en part le médecin du groupe, qui avait mis genou à terre mais qui restait, sans doute, vaguement conscient. Il se remit debout, frappa Chiyoko au thorax qui recula sous l’impact. Ce dernier assomma finalement d’un revers de sa chaîne le médecin, dont la mâchoire heurta rudement le sable. Le calme était brusquement retombé sur la plage. Cela fut brièvement rompu par la femme, qui porta quelque chose à sa bouche, et commença à s’agiter avant d’être mise à terre une bonne fois pour toute. Haya se passa une main dans les cheveux. Ils avaient gagné... à moins que d’autres pirates ne se décident à les rejoindre. Le sol était jonché d’armes hétéroclites Chiyoko ne perdit pas davantage de temps sur le champ de bataille, et courut directement le long de la petite colline de sable, avec sans doute une angoisse qu’Haya ressentait elle-même, de savoir si Akio était toujours vivant ou s’il avait lâché l’affaire. Elle n’était toutefois pas aussi pressée que lui d’avoir une réponse définitive. Elle adressa un pâle sourire épuisé à ses équipiers, avant de s’essuyer la bouche à l’aide d’une manche trempée. Haya se dirigea lentement vers le dos de la colline.

Et il était là, à moitié mort mais pas encore tout à fait. Haya aurait été bien incapable de mettre un mot sur les émotions qui la traversaient. Elle était encore dans le combat, avec le bruit, la rapidité, comme des flashs successifs qui la laissait hagarde et hébétée. Elle se passa une main sur son front trempé d’une sueur moite et glacée, étonnamment. La fatigue s’engageait dans chacun de ses muscles maintenant que la tension du combat redescendait, comme si son corps n’avait rien attendu d’autre que le moment de se relâcher enfin. Chiyoko regardait son ami mourir, et il y avait quelque chose de triste et de frustrant à les voir ainsi.

Qu’est-ce qui pouvait possiblement être pire que voir un ami (son meilleur ami ?) mourir juste sous ses yeux, sans qu’on n’y puise rien faire. Apprendre qu’il était mort au loin, peut-être, mais le sentiment de frustration serait similaire. Haya grimaça. Quel stupide imbécile ! Il continuait à parler malgré son état, au lieu de se concentrer sur sa récupération ! Il ne pouvait pas s’empêcher de faire le fier, même au moment de mourir, et d’enfin avoir l’humilité de reconnaître que oui, s’il est dans cet état, c’est probablement parce qu’il a tout foutu en l’air. Obligé de tout ramener à lui, de nier le concept même d’une équipe. Crétin... Il ne peut pas se taire non ? Il est vraiment obligé de parler, d’articuler péniblement quelques mots ? Haya se gratta le dos de la main. La douleur apaisée de sa voix la mettait mal à l’aise, alors qu’ils assistaient à cela en silence. C’était comme si Akio s’était résigné à la mort. Ou, plus exactement, qu’il savait qu’à ce stade il n’y avait plus d’alternative. Ils avaient fait tout ce chemin, un chemin ponctué de victoire, pour finalement voir un allié mourir. Haya ne pouvait même pas dire que c’était un ami. Pour elle, Akio n’était qu’un abruti prétentieux, vantard, qui se croyait au-dessus des règles les plus élémentaires de... survie ou de vie tout court.

Mais c’était aussi, elle le savait sans pouvoir le prouver, un homme d’une certaine bonté, et qui pensait effectivement faire le bien alors qu’il ne faisait que mettre le chaos. Un enfant... est-ce qu’on peut en vouloir à un enfant ? Non, et peut-être encore moins quand cet enfant assume la responsabilité de ses actes avec le sourire, alors que la vie est en train de le quitter, et qu’il ne voudrait pas laisser une image trop pitoyable dans leur esprit à tous. Un bon chef d’équipe... Haya sourit pour elle-même. Akio n’est pas le chef de grand-chose hormis de lui-même, et c’est déjà beaucoup. Haya ferma les yeux et pensa à son père. La sensation d’impuissance rageuse qu’il avait dû ressentir quand il avait compris que non seulement il allait mourir loin de chez lui, mais qu’en plus il avait mis en danger ses propres filles. Et il était mort dans cette incertitude de savoir si ses filles allaient grandir et vieillir, ou si elles allaient le rejoindre dans la soirée. Malgré ses grands pouvoirs, il en avait été réduit à cette impuissance. Mais avant d’en arriver à ce point, Kade avait sauvé beaucoup de personne, et il n’était pas juste, même pour Haya qui était directement impliquée, de ne retenir de lui que son plus grand échec. Quand elle pensait à son père... elle voyait surtout le père en lui, ses retards, ses cadeaux, son odeur, la chaleur de ses bras... elle n’arrivait même pas à le visualiser en train d’utiliser de l’eau pour attaquer, malgré ce qu’on lui avait raconté sur lui.

Haya s’agenouilla aux côtés d’Akio, qui avait les yeux presque fermés maintenant. Elle jeta un rapide coup d’œil à Chiyoko, une larme coulait lentement le long de sa joue, mais il ne quittait pas du regard son ami. La jeune fille ne réfléchit pas réellement, il n’y avait pas d’intention clairement formulée chez elle, hormis de sauver la vie de cet insupportable chuunin qui, s’il n’avait pas manqué les tuer, devait sans doute être quelqu’un de sympathique. Haya se promit de le découvrir un jour, et de lui redonner une chance de briller, même si cela devait être d’un éclat bien sombre. Elle posa sa main sur son front brûlé et noir et chercha de toutes ses forces quelque chose à faire, une idée, n’importe quoi. Haya se concentrait sur la nécessité de sauver la vie d’Akio, plus que sur le moyen d’y parvenir. Chiyoko tourna les yeux vers elle, les paupières plissées.

En réalité, Haya concentrait beaucoup de chakra sans s’en rendre compte, et sans aucun doute plus qu’elle ne pouvait en supporter. Sa vision était traversée de zébrure blanche et noire, mais cela n’importait pas : il fallait qu’Akio survive. Sa fatigue, le faible pouls de son chakra, l’état catastrophique d’Akio, les regards des ninjas autour d’elle, rien d’autre n’était important. Elle sursauta cependant quand Chiyoko pressa contre ses lèvres quelque chose, mais sans la forcer, comme pour lui laisser le temps de déduire qu’il n’essayait pas de la tuer par un moyen sournois et peu glorieux. Haya reconnut une pilule, ouvrit la bouche et la croqua d’un même mouvement. Elle avait l’exact goût de la précédente, mais le coup de fouet fut plus violent cette fois ci. Les zébrures disparurent tout à fait, puis réapparurent une minute plus tard, mais Haya ferma les yeux.

Elle posa les deux mains sur Akio, qui venait de perdre connaissance (il n’était pas mort, davantage parce qu’il n’en avait pas encore le droit que parce qu’elle sentait vraiment un pouls sous ses doigts), et libéra brusquement toute son énergie. Elle hoqueta en silence, traversée par une puissance étonnante mais surtout par un sentiment qui lui était à la fois familier et étranger. Elle ne l’avait ressenti que très peu de fois, peut-être trois. Lors de la guerre civile, quand elle avait tué le garçon aux yeux rouges et l’homme dont elle ne se rappelait plus le nom, avec qui elle avait parlé un jour aux bains. C’était le souvenir le plus vivace et violent de ce sentiment. Mais elle le ressentait aussi toujours, quoique plus diffus, au contact d’Hyô. C’était une sensation... douce et rassurante, dont elle ne parvenait pas à identifier clairement la cause. Et même si elle n’en avait jamais eu conscience, dans ces quelques occasions, Haya portait le regard bleu des Aisu, celui de son père.

A deux reprises, elle crut qu’elle allait simplement s’évanouir. C’était chaotique. Haya ne pouvait détacher son attention de ce qui se passait directement en elle, cette énergie folle qui s’agitait en elle, comme si elle n’était pas faite pour être dominée, ou dominée par Haya à tout le moins. C’était comme une boule glissante, qui allait en elle sans que ses doigts ne parviennent à la saisir. Puis la boule se multipliait, et Haya se disait qu’il valait mieux tomber inconsciente ici, plutôt que d’essayer de rattraper chacune des boules (une tâche, elle le savait, qui lui prendrait trop de temps pour ses forces actuelles). C’était une énergie bleue et mélancolique, qui lui donnait des réminiscences d’événement passés. Elle revoyait son père, qui tenait Murasaki sur les genoux et qui lui racontait une histoire. Haya sourit et les larmes lui montèrent aux yeux sans qu’elle ne parvienne à savoir pourquoi... et la réponse lui vint aussitôt, la voix de son père retentissait à ses oreilles, l’exacte restitution, elle en était certaine, de ce qu’il disait alors. Haya n’éclata pas en sanglots, mais les larmes ruisselaient sur ses joues sans qu’elle ne puisse les arrêter, et les boules continuaient à rouler en elle. La voix de son père... elle n’avait jamais espéré l’entendre à nouveau, et elle la portait en elle tout ce temps...

? - Il y a encore un Kasen en vie.

Haya sursauta.

La voix venait de très, très loin, si loin qu’Haya se demanda si elle l’avait vraiment entendu ou simplement rêvée. Le monde autour d’elle avait changé. Sans doute. Elle ne voyait que du bleu, du blanc et beaucoup, beaucoup de noir, sans qu’elle ne parvienne à savoir où elle était. Haya se murmurait à elle-même qu’elle était dans son esprit, qu’elle avait simplement fermé les yeux pour se concentrer, qu’elle luttait pour assurer la survie de l’imbécile, et qu’il n’y avait rien de plus important pour elle à l’heure actuelle.

? - Une Kasen.

Haya tournait sur elle-même, dans l’espoir d’apercevoir quelque chose, mais la voix venait de nulle part. Une voix immatérielle, désincarnée. A la fois froide et terriblement chaude, avec comme... de l’affection dans son inflexion, du soulagement peut-être aussi, mais une certaine neutralité qui la tendait, comme le son monocorde produit par un enregistrement.

? - Seriez-vous la fille de Kade ?

Cette fois, la voix semblait beaucoup plus proche. Haya regarda autour d’elle, mais rien ni personne n’apparut sous ses yeux. Sans qu’elle ne réponde quoi que ce soit, la voix reprit :

? - Ah... Nous nous reverrons en ce cas. Nous nous reverrons très bientôt.

Un sentiment glacé et rassurant à la fois l’envahit.

? - Parce que nous vous appartenons et nous avons juré fidélité bien avant que vous ne naissiez.

Haya - Sauvez cet homme, s’écria-t-elle.

Haya écarquilla les yeux et porta ses doigts à sa gorge. Les mots avaient coulé hors d’elle, avec cette même voix désincarnée que celles de ceux qui lui parlaient dans le noir, et qu’elle ne se souvenait pas avoir déjà eu par le passé. Mais cela n’était pas très étonnant, si elle se contentait de penser.

Haya - S’il vous plait, sauvez cet homme.

La sensation glaçante s’épaissit et la recouvrit totalement. Haya passa ses doigts dans le vide et sembla rencontra du vent... mais du vent à l’état solide, aussi inconcevable que cela puisse paraître. Il y eut un instant de flottement, où Haya sentait les battements de son cœur faire trembler le monde autour d’elle.

? - Votre désir est un ordre. Nous nous reverrons. Maintenant que nous savons que vous êtes bien vivante, Haya Kasen, nous prendrons soin de vous. Nous nous reverrons. Tout n’aura pas été vain, peut-être.

Et tout disparut.

Haya s’écroula en avant, et elle se maudissait intérieurement parce qu’elle allait tomber sur le cadavre d’Akio, mais son visage rencontra la surface molle du sable. Elle en recracha faiblement. Les sons lui venaient étouffés, il lui semblait qu’on l’appelait, qui avait des bruits au-delà, des pas sur le sable qui se répercutaient directement dans son crâne. Il y avait aussi des mains sur elle, mais Haya en restait à la sensation glaçante, à la voix dans sa tête, ou où qu’elle soit. Nous nous reverrons... et le plus curieux, c’était qu’Haya en était absolument convaincue. Un instant, un très bref instant, elle avait senti l’odeur de son père, comme la prolongation de son souvenir vivace. Elles ne savaient pas qui ils étaient, mais elles savaient qu’ils étaient plusieurs et que, d’une manière qu’elle ne comprenait pas, ils étaient liés à son père plus encore qu’elle ne pouvait l’imaginer.

Mais il n’y avait pas le moindre début de réponse et Haya ne se sentait pas encore la force d’ouvrir les yeux. Elle ne parvenait pas à saisir ce qui s’était passé, ni même où elle était, parce qu’akio aurait dû se trouver juste là, sous elle, dans une sorte de grand coffre de glace... c’est plus ou moins ce qu’elle avait visualisé au moment de relâcher son chakra, mais c’était de toute évidence un échec retentissant. Ce n’était pas tant qu’Haya se sentait épuisée, même si elle aurait tué pour pouvoir se reposer dans un lit pas trop inconfortable pendant quinze heures d’affilée. Et de fait, elle avait tué pour avoir ce droit, alors elle comptait vraiment dessus avant de poursuivre cette mission plus avant. Il y avait un temps pour fuir, un temps pour combattre, un temps pour essayer de sauver un imbécile, mais maintenant, que cela soit réussi ou non, il était temps de prendre du repos. Haya se rejeta sur le dos et poussa un profond soupir. Elle avait retenu sa respiration sans savoir pourquoi. Quand elle rouvrit les yeux, elle manqua sursauter en voyant le visage de Sokka penché sur elle à distance de baiser. Elle posa machinalement une main sur son épaule et esquissa un sourire assez pitoyable, qui montrait simplement qu’elle en était restée à son idée de tuer pour dormir et oublier la fatigue qui lui meurtrissait chaque muscle et chaque cellule. Le jeune homme l’aida à l’asseoir, avec précaution, tandis qu’Haya devait fournir un effort conséquent pour discerner les sons qu’on lui adressait. Elle plissa les yeux sur Chiyoko. Il la tenait par les deux bras et rapprochait son visage. A distance de baiser aussi.

Chiyoko - Akio, où est Akio ? Tu l’as... envoyé quelque part ? Où ? Il est vivant ?

Haya regarda par terre, désabusée, comme si c’était nécessaire de la déranger pour... Akio n’était pas là. Ses pensées s’ordonnèrent sous le choc. Les voix dans sa tête lui avaient dit qu’elles s’occuperaient d’Akio. Mais n’étaient-elles pas seulement un résultat de ses efforts et de son épuisement ? Si c’était le cas, où était Akio ? Haya frissonna d’horreur. Elle était certaine d’avoir bien manifesté ses dons un peu plus tôt, comme cela lui était arrivée (ce n’était pas un sentiment qu’on pouvait rêver). Elle se rappelait aussi très bien des miroirs d’Iba... est-ce qu’elle avait envoyé Akio... mourir ailleurs... ? Une aide brillante et salutaire. Elle regarda autour d’elle, en vain, Chiyoko devait avoir une meilleure vue qu’elle à l’heure actuelle (les choses lui apparaissaient d’une blancheur éclatante, à cause de la clarté violente du soleil et de la réflexion sur l’eau qui achevait de l’aveugler). Akio n’était tout simplement pas là. Est-ce qu’elle pouvait demander aux voix ?

Chiyoko - Tu ne sais pas ?

Il y avait quelque chose dans son ton qu’Haya ne parvint pas à nommer mais qui la mit profondément mal à l’aise. Comme si elle avait trahi un espoir, après l’avoir fait monter tout en haut. Mais elle n’avait aucune réponse à apporter. Akio était là où il devait être, probablement, où à tout le moins au maximum de là où pouvait l’envoyer Haya. Peut-être l’avait-elle envoyé mourir dans la mer, ou s’écraser contre un arbre, mais cela ne changerait plus rien pour lui. Elle n’avait tout simplement aucun moyen de savoir s’il était vivant ou déjà mort, ailleurs. Elle secoua sourdement la tête, tandis que les mains de Chiyoko la relâchaient.

Elle aurait aimé s’excuser, mais elle ne savait pas de quoi, et de toute façon elle n’arrivait pas à articuler le moindre mot. Tout cela restait très décevant. Cependant, le sentiment d’urgence à sauver Akio avait disparu. Peut-être parce qu’elle l’avait bel et bien sauvé, ou alors parce qu’Haya savait au fond d’elle-même que, quelque soit la façon dont elle s’y serait prise, le résultat aurait été rigoureusement identique. Akio ne devait pas sa survie à elle, mais à la liaison qui s’était créée à l’intérieur d’elle. Haya redressa la tête. Elle n’avait pas pu rêver cela. Les voix retentissaient encore dans cette tête, leur froideur, leur réconfort. Nous nous reverrons. Haya sourit et se passa une main sur les yeux. Elle avait encore ce sentiment chez elle, qui savait qu’elle allait revoir ces voix. Cela n’était pas une chimère. Et ses lèvres étaient encore salées de ses larmes, les larmes qu’elle avait laissé couler à la vision de son père.

Haya posa sa main sur l’épaule de Chiyoko, qui s’était mis à fixer un point bien au-delà de l’horizon, et lui sourit sereinement. Akio, qu’il survive ou non aux voix, est dans le seul endroit où il peut survivre. Votre désir est un ordre. La voix était sûre d’elle, n’admettait pas la contradiction. Akio était déjà sauvé au moment où elle parlait, cela ne faisait pas le moindre doute pour elle. Elle transpirait la puissance, une puissance au-delà de ce qu’Haya avait jamais senti, l’état brut. Chiyoko la dévisagea, incertain, puis acquiesça imperceptiblement. Ils devaient faire confiance aux voix et, sans les connaître, Haya leur faisait déjà confiance. Il n’était pas possible qu’elles se trompent. Les rêves d’Akio n’était pas encore morts et oubliés. Ils vivaient, ailleurs, et reviendraient, et à ce moment Haya lui accorderait peut-être le bénéfice du doute.

Des bruits, plus loin, commencèrent à se faire entendre. Haya plissa les yeux, mais le blanc l’aveuglait encore. Elle se redressa avec quelque effort, secoua la tête et fut prise d’un violent vertige qui menaça de la jeter à terre à nouveau, mais elle se stabilisa. C’était la milice de Yagi. Certains observaient les corps à terre, d’autres regardaient ce qui restait des bateaux, à l’horizon, et ce qui devait être des dizaines et des dizaines de cadavres. Mes cadavres, pensa Haya. Elle se demanda ce qu’en aurait pensé son père... il avait dû lui-même tuer beaucoup de gens. Haya n’avait pas réfléchi au moment de frapper, mais elle avait certainement achevé les naufragés civils. Des personnes avec qui elle avait pris quelques moments de plaisir dans le bateau et qui étaient mortes à présent, par sa main. Mais c’était des considérations morales... elles seraient mortes d’une façon ou d’une autre, écrasées par les boulets de canons, écrasées par les bateaux... achevées par les pirates... l’erreur qu’ils avaient fait, plus que de les tuer, c’était d’avoir embarqué dans ce damné bateau de croisière.

Du reste, ce n’était pas quelque chose qu’Haya pouvait changer maintenant et, de toute manière, elle ne changerait plus rien avant d’avoir pris du repos.

MessageSujet: Re: [BI003] - Les greniers de Yagi   Jeu 3 Juin - 22:01

La milice était plus importante que ne l’aurait pensé Haya. Elle doutait qu’ils leur auraient été utiles pendant le combat, hormis pour détourner l’attention ce qui était déjà en soit une pensée douteuse, mais on ne pouvait pas dire que yagi avait pris la menace à la légère. Haya suspectait qu’ils aient commencé à se mettre en mouvement dès qu’ils ont aperçu, depuis la ville, le gigantesque bateau de croisière se faire éventrer comme un fruit. Yagi aurait alors dépêché une pleine garnison, sans doute dans l’idée de secourir les malheureux plutôt que d’affronter les responsables. Il devait y avoir une trentaine de personnes, mais Haya voyait mal de là où elle était. La milice ne les avait pas encore remarqués, elle et Chiyoko. Le chuunin reporta son regard sur elle, et ni l’un ni l’autre ne savait quoi dire. Akio avait disparu sans laisser de trace, Chiyoko ne pouvait partager le sentiment d’Haya sur le bien qui ressortirait de cela. Il était d’une part plus impliqué émotionnellement qu’elle (Haya devait bien avouer que la mort d’akio lui aurait paru, à tout prendre, plutôt légitime compte tenu de ses agissements maladroits et imbéciles) et d’autre part il n’avait pas parlé... au spectre, ou quoi que ce soit.

Elle aurait aimé pouvoir donné un signe de réconfort et d’espoir à Chiyoko, mais pour l’instant, elle avait très mal à la tête et n’aspirait qu’à se reposer les yeux et le corps. Le chuunin se passa une main dans les cheveux et fit un signe de tête à Shuo. Ils partirent tous les deux à la rencontre de la milice, laissant Haya en arrière. La jeune fille se frotta le visage et créa un peu d’eau au bout de ses doigts pour se rafraîchir. Elle ne savait pas quelles autres épreuves les attendaient, mais elle ne comptait pas laisser l’un des garçons surestimer ses forces : il était plus que temps de se poser, les pirates attendront bien. Ils venaient d’en abattre peut-être deux cent, dont quatre ninjas. Si cela ne suffisait pas, cela suffirait pour aujourd’hui. Elle alla s’installer sur la petite dune de sable. Chiyoko s’entretenait avec la milice, Liori et Sokka gardaient leurs adversaires sous le regard perplexe du reste des miliciens. Haya ne parvenait pas à déterminer, de là où elle était, si leurs ennemis étaient tous en vie. Probablement... ils n’avaient pas déployé une puissance suffisante pour les mettre définitivement hors course, le résultat s’était joué à peu de choses. Même si l’un des hommes utilisait des techniques de kiri, cela ne voulait pas nécessairement dire qu’ils avaient retrouvé des déserteurs. Il suffisait qu’il ait une affinité à base d’eau, et il pouvait bien utiliser les techniques qu’il voulait, qu’elles soient la propriété officielle de kiri ou non. Mais elle se demandait ce qui se passerait si c’était le cas. Devaient-ils les ramener au village ? Elle ne savait pas s’ils étaient tenus de faire quelque chose de particulier (les exécuter ?). Chiyoko en saurait probablement plus.

Haya quitta sa dune pour retrouver ses équipiers. Elle leur adressa un sourire fatigué. Ils partageaient le butin ce qui, en soit, n’était pas très élégant, mais ils l’avaient bien mérité. Haya ramassa une fiole aux côtés de l’homme que Chiyoko avait mis hors course sur la fin du combat, et l’observa de plus près. C’était un antidote qu’elle rangea dans sa poche. Elle ramassa également quelques shuriken qui traînaient et s’en tint là. Chiyoko discutait seul avec celui qui devait être le chef de la milice, puis il les rejoignit.

Chiyoko - Bon, on va en ville. Les soldats vont transporter nos prisonniers, mais il faudra prendre garde à ne pas leur laisser une chance de s’échapper. Je ne recommence pas à patauger.

Haya acquiesça histoire de faire quelque chose. Les miliciens s’activèrent rapidement et en moins d’un quart d’heure, ils avaient ligotés et empaquetés les ninjas ennemis. Ils étaient transportés par deux voire trois miliciens, sans beaucoup de ménagement. Ils reprirent la route vers la ville qu’ils discernaient au loin dont Haya avait oublié le nom, et qu’elle décida d’appeler simplement yagi. Elle ne chercha pas à communiquer pendant le trajet, parce que cela aurait été laborieux et pénible, et que d’une façon générale, Haya était trop épuisée pour fournir ce genre d’efforts. Elle commençait à rêver d’un lit, ou même simplement du temps nécessaire pour dormir, mais elle savait qu’elle n’était pas encore prête d’y goûter. Une fois arrivés à yagi, il leur faudrait encore rencontrer la famille dirigeante, leurs commanditaires. Faire un rapport... indiquer que les civils avaient été massacrés inopinément... s’arranger avec lui sur la façon dont traiter les ninjas ennemis... puis peut-être enfin dormir. Au bas mot, une bonne heure la séparait du moindre repos. Ces pensées ne l’aidaient pas à se motiver pour se maintenir dans le rythme, mais il fallait quand même observer que justement, le rythme était très réduit. Le transport des prisonniers était délicat, surtout dans l’espèce de bois de palmiers qui s’étendait sur une centaine de mètres. Haya regardait cela d’un point de vue extérieur, après tout, elle faisait partie de ceux qui avaient mis à terre ces ennemis, alors leur transport ne relevait plus de ses forces.

Chiyoko était retombé dans le silence, un peu plus loin devant eux. Il marchait les mains dans les poches, d’un pas égal. Haya ne savait pas ce qu’on pouvait ressentir à sa place, pas exactement. Cela devait être maintenant, plus qu’une tristesse légitime, de l’incertitude. Ce qui devait être bien pire, elle n’en doutait pas. Elle espérait qu’il ne lui en voudrait pas trop, mais à sa décharge, Haya n’avait rien essayé de faire de particulier. Elle avait simplement souhaité sauver Akio, libérant ainsi, comme cela arrivait parfois, ses pouvoirs, qui avaient une nouvelle fois provoqué quelque chose d’incertain. Haya se souvenait des combats dans les rues de kiri, lors de la guerre civile, où elle avait peut-être été amenée à tuer deux de leurs adversaires. Ici, c’était la même incertitude, mais beaucoup plus positive : avait elle sauvé Akio ? L’autre différence étant sa rencontre avec les spectres. Ils l’avaient comprise quand elle avait parlé. Bien sûr, elle avait parlé dans sa tête, alors cela faisait sens, mais ils l’avaient tout de même comprise. Et cela lui mettait du baume au cœur car c’était la première fois qu’elle parlait à quelqu’un, fut il un glaçon géant. Pour une raison qu’elle ne s’expliquait pas entièrement, elle avait instinctivement su qu’il fallait faire confiance à ce géant. Comme si brusquement, Haya s’était retrouvée face à la vérité, quelque chose d’immense contre laquelle il ne sert à rien de détourner les yeux. Et aussi parce que la vision de ce guerrier, sa voix, avait réveillé chez elle un frisson qu’elle n’avait plus ressenti depuis très longtemps. Pour la première depuis plus d’un an, Haya s’était revue au moment où son père poussait la porte de chez eux, après une longue semaine d’absence. L’excitation, un sentiment proche du soulagement, la joie sauvage de pouvoir le serrer dans ses bras... c’était quelque chose comme cela qu’elle avait ressenti à la vue du guerrier bleu. Mais cela ne pouvait s’expliquer avec des mots, quand bien même Haya parlerait.

Les portes de yagi étaient toutes proches maintenant, et Haya fut quelque peu glacée de voir qu’une importante concentration de gens attendait aux portes. Ils s’étaient arrêtés en apercevant la milice émerger de la butte, et la regardèrent passer dans les rues. Il y avait un étonnant silence dans les environs immédiats, même si le reste de la ville retentissait des bruits habituels. Les regards des passants détaillaient avec une grande curiosité les tristes héros qu’on leur avait peut-être promis. Ils n’avaient pas une très bonne mine et leurs pensées, en tout cas les pensées d’Haya, étaient uniquement tournées vers une seule chose. Puis les prisonniers captivèrent l’attention et là, les murmures reprirent. Mais le groupe de la milice était déjà loin. Le chef de la milice fit arrêter le mouvement. Il sépara le groupe en deux parties : le plus important conduirait les prisonniers dans des cellules sécurisées, l’autre (à peine deux hommes en plus de lui) accompagnerait les ninjas à la demeure Yagi.

Les prévisions d’Haya se révélèrent globalement justes. Un homme, Kamen Yagi, les accueillit avec son épouse et quelques hommes supplémentaires. C’était un homme âgé, pour ce qu’Haya pouvait en juger, mais avec un air de force tranquille sur le visage. Le chef de la milice le mit rapidement au courant de la situation, puis pris congé pour retourner surveiller les prisonniers. La discussion avec Kamen ne s’éternisa pas, Haya n’avait rien de particulier à faire valoir, elle ne se sentait pas plus investie que cela du sort des prisonniers. Il ne faisait aucun doute que Liori et Sokka sauraient gérer l’affaire s’ils souhaitaient superviser les événements, mais Haya n’avait plus ce genre de délicatesse.

Chiyoko - Je rejoins votre milice pour surveiller les prisonniers. S’ils devaient s’échapper... on ignore encore si nous avons éliminé toutes les menaces et tous les chefs. Mais pour l’instant, plus personne n’est en état de mener un interrogatoire.

Kamen - C’est parfait en ce cas. Si vous désirez vous reposer, Shisai va vous conduire.

Haya fonça sur Shisai sans essayer de voir qui faisait quoi. Moins de cinq minutes plus tard, elle était dans une vaste chambre pour elle toute seule, avec une salle de bain aménagée qui la jouxtait. Haya se déshabilla, laissa sa tunique en chiffon par terre et retira tous ses vêtements encore humides qui lui collaient à la peau. Elle ne songea pas même à se passer un coup de serviette ou à fermer les fenêtres et s’effondra sans plus attendre sur le lit, les bras contre le corps, pour sombrer aussitôt dans un profond sommeil qu’elle espérait le plus long possible.

Il ne lui sembla pas qu’il le fut. Quand Haya se réveilla, en sursaut, elle se passa une main sur le visage un long moment. Personne n’était entré dans sa chambre, il faisait jour dehors mais la jeune fille ne pouvait déterminer précisément l’heure qu’il pouvait bien être. Parfaitement éveillée, elle passa ses jambes par-dessus son lit et alla s’apprêter dans la pièce à côté. Elle espérait que personne n’avait rien commencé sans elle, surtout, que personne n’avait fait de bêtises. Elle s’en voulait un peu de ne pas avoir eu le souci d’aller voir les prisonniers, s’assurer qu’ils étaient traités convenablement, d’une part, et qu’ils ne risquaient pas de s’enfuir, d’autre part. Elle n’avait aucune envie de leur recourir après des jours durant, surtout s’ils restaient des pirates dans les parages. D’accord, ce n’était pas exactement l’ennemi qui lui faisait le plus peur après en avoir englouti quelques centaines sous les flots, mais elle n’en gardait pas un souvenir réjouissant. Cela l’avait épuisé, et ses blessures collectées sur ce damné bateau lui faisaient encore mal. Haya en profita pour regarder de plus près l’état de son ventre. Il y avait un gros hématome sur le flanc, mais rien de vraiment inquiétant. Elle tâta du bout des doigts. Ce n’était pas douloureux. Elle soupira, se frotta énergiquement les joues, ramassa le reste de ses affaires et sortit.

Le palais... ou quoi que ce soit, était drôlement silencieux. Seuls ses pas retentissaient sourdement. Haya ne chercha pas à trouver un responsable, où l’homme de la veille, car elle se doutait qu’il la jugerait particulièrement ennuyeuse, comme fille, à gratter du papier. La perspective d’interroger les prisonniers, dans sa situation, ne l’enthousiasmait pas plus que ça. Elle se pressa en entendant autour d’elle les conversations : on parlait bien des ennemis, mais aussi d’un interrogatoire qui se préparait. Après un rapide coup d’œil au soleil, Haya estimait qu’il était environ neuf heures, peut-être même un peu moins. Elle tomba sur Kamen, le vieil homme de la veille. Il s’entretenait avec des gardes de yagi. Haya apercevait deux cellules, et crut voir un bout de chevelure de Liori dans le petit cadre qui surmontait l’une des pièces. Elle s’approcha. Il y avait bien Liori et Sokka, avec deux des prisonniers de la veille. Le petit sur la tour et celui qui faisait du ninjutsu, d’après ce que se rappelait Haya. Oui, c’était lui. Ils étaient dans un sale état. Elle se demandait si c’était ses équipiers qui les avaient maltraités ainsi, mais ils semblaient s’entretenir à voix basse sans rien faire de particulier.

Haya ne les rejoignit pas et se dirigea vers l’autre cellule. La grande silhouette de Chiyoko se dessina. La jeune fille entra immédiatement et le tira par la manche. Il dégageait une impression un peu sinistre et, pour tout dire, pas très engageante sur ce qu’il prévoyait de faire. Autant que faire se pouvait, Haya se disait qu’il valait mieux essayer d’être efficaces sans faire trop de bruits maintenant. Elle n’avait pas envie de devoir expliquer dans un rapport qu’ils avaient dû détruire un bateau civil et torturer à morts leurs ennemis, qui n’avaient rien dit de toute façon, et qu’au final, bien, c’était à prendre ou à laisser. L’homme lui jeta un regard peu amène, mais Haya ne se laissa pas démonter et lui demanda de la suivre à l’extérieur. Cela la surprit un peu, mais il obéit sans rien dire, les bras croisés sur sa poitrine. Elle se retint de lever les yeux au ciel, mais il y avait une très légère pointe de tension entre eux, et Haya ne parvenait pas à déterminer si cette pointe la visait directement, elle, ou si c’était un état général. Est-ce que Chiyoko était capable de lui en vouloir d’avoir certainement sauvé la vie d’akio ? Il devait bien savoir qu’il allait mourir de toute façon s’ils ne faisaient rien. Il était même plus qu’à moitié mort quand Haya s’était agenouillée près de lui, elle n’y connaissait pas grand-chose, mais elle estimait qu’à ce moment là il ne lui restait plus que quelques minutes à respirer difficilement pour finalement mourir sur une plage de yagi, où il n’avait rien à faire, au lieu de... courir les bars et les filles, ou d’autres trucs de garçons pas forcément très vifs. Elle voulait bien reconnaître que l’incertitude n’était pas aussi plaisante que la certitude. Mais entre une certitude pourrie et une incertitude (un espoir) plaisante, le choix était vite fait. Si quelqu’un lui disait que son père était peut-être en vie, elle n’irait certainement pas s’amuser à torturer quelques pauvres pirates pour passer le temps, mais elle retournerait le monde pour mettre la main dessus, même si ce n’était qu’une plaisanterie de mauvais goût.

Elle écrivait sur son carnet et, nouvelle surprise, Chiyoko attendit qu’elle en eut terminé.

On est tous fatigués, mais on ne doit pas se laisser aller. On a déjà détruit un bateau civil. Laisse moi essayer de leur parler. Si je n’y arrive pas, on verra.

Elle présenta la page au chuunin, qui la parcourut rapidement sans mot dire. Il lui jeta un coup d’œil, et finit par hausser les épaules, de toute évidence de très mauvaise humeur.

Chiyoko - Tu as dix minutes.

Haya se retint de lui demander, gentiment, d’aller se faire foutre ailleurs pendant ces dix minutes. Ils commençaient à sérieusement lui courir, les deux. Quand ils seront à kiri, si akio revenait bel et bien d’une façon ou d’une autre (façon dont elle ignorait tout), elle n’allait pas les laisser lui marcher sur les pieds comme ils l’avaient fait tout du long de la mission. Ils avaient perdu akio, et c’était une bonne chose, un boulet en moins. Il n’était pas mort, elle en était sûre, elle ne savait pas s’il reviendrait tout de suite, mais elle savait qu’il n’était pas mort et ils n’avaient pas un crétin carbonisé à porter jusqu’à kiri. Une bonne chose. S’il fallait emmener chiyoko se rafraichir les idées auprès des géants, Haya s’y plierait avec plaisir, mais elle ne le laissera pas pourrir encore la fin de leur mission comme il avait si généreusement planté le début. Il fallait que la conception d’équipe commence à rentrer dans son crâne, ou dans leur crâne, ils n’étaient les chefs de rien du tout. La situation n’aurait pas aussi dramatiquement dérapé si Akio n’avait pas fait n’importe quoi (du début à la fin) et ça, ils le savaient tous.

Les prisonniers étaient aussi amochés que dans l’autre salle. Les miliciens n’avaient pas apporté de soins suffisants, et, Haya s’en doutait un peu, n’avaient pas puisé beaucoup dans leurs réserves pour les nourrir. Elle se frotta le bras. Ils étaient dans des dispositions parfaites pour parler... désespérés, affamés, sans rien à perdre... oui, tout le monde avait décidé de lui faciliter la situation. Non seulement elle ne pouvait pas articuler un mot mais, à tous les coups, les pirates qu’elle avait sous les yeux n’y prêteraient pas la moindre attention. Ils avaient l’air déjà morts... elle se demanda ce que chiyoko pourrait en tirer... probablement rien, car il ne rechercherait probablement rien.

Elle prit le temps de préparer plusieurs pages à l’avance, comme tout le monde se moquait bien de sa présence. Haya s’agenouilla en face de la femme, celle qui avait paru la plus proche du rôle de chef dans leur petit groupe. Elle regardait un point fixe par terre, les yeux vides, avec du sang séché un peu partout sur le corps et dans le cuir chevelu. Haya lui présenta une page sous les yeux et l’agita un moment.

Qui êtes vous ?

Elle se sentait ridicule, mais le sentiment s’atténuait à mesure que personne ne lui prêtait la moindre espèce d’attention. Elle aurait aussi bien pu leur faire une danse du ventre avec des noix de cocos, Haya était sûre qu’elle aurait eu autant de succès. Sans violence, elle attrapa le menton de la femme et lui leva la tête. Leurs regards se rencontrèrent, mais il n’y eu aucune étincelle. Cela aurait été plus facile si elle pouvait lui parler, jouer avec sa voix ou... faire quelque chose d’autre que la dévisager dans le blanc des yeux. Est-ce qu’elle préparait quelque chose ? Haya ne parvenait pas à le dire. Est-ce qu’ils communiquaient entre eux ? Est-ce qu’il s’agissait d’une technique qui les faisait quitter leurs corps en cas de torture ? Elle n’en savait rien du tout.

Finalement, elle rédigea un autre message que ceux qu’elle avait préparé.

Vous n’êtes pas encore morts bon sang. Tu es la chef de ce groupe. Tu as une responsabilité dans son sort. Tu ne peux pas juste faire la morte! Réveille toi.

Voilà qui était envoyé... elle ne savait même pas si la femme avait lu les mots. Haya jeta un regard par-dessus son épaule. Chiyoko était invisible. Sorti s’aérer en prévision de la matinée qui l’attendait. Qu’est-ce que je peux faire, se demandait Haya ? S’opposer frontalement à Chiyoko ? Déjà que leurs relations n’étaient pas resplendissantes, cela ne risquait pas d’arranger les choses. Et que faisaient Sokka et liori ? Ils torturaient les leurs ? Liori n’avait pas semblé rebuté par l’idée... elle comprenait bien que pour assurer le succès de la mission, il fallait se tacher un peu de sang, mais il y avait des limites à ne pas franchir. Ils avaient tué peut-être deux cent pirates. Ils avaient détruit leurs embarcations et capturé les quatre chefs visibles. S’il restait des choses à faire, on les avertirait. Il n’était pas utile de se soulager contre leurs captifs. Haya remettait distraitement en place la lanière de sa chaussure. Elle ne voulait pas faire à quelqu’un ce qu’on lui avait fait, c’était insensé. Elle ne voulait pas non plus se contenter bêtement de fermer les yeux, comme une oie qui plantait sa tête sous l’eau. Il n’en était pas question un instant. Elle n’était pas venue à kiri pour faire ce qu’on lui avait fait. C’était des pirates ? Et alors... Ils avaient presque tué akio ? Et alors ! C’était de sa faute, à lui et à sa bêtise naturelle, pas la leur. Il n’était pas mort de surcroit, juste un peu cuit et disparu quelque part. Mais même s’ils avaient tué akio... même s’il l’avait tué elle... cela ne justifiait rien, ce n’était que des excuses de personnes blessées.

Elle ne les laisserait pas faire.

Je peux vous aider. Je ne te demande pas de me croire. Je peux vous éviter une douleur inutile. Je le ferai quoi qu’il en soit.

J’ai été dans leur situation, se disait Haya. J’ai été à leur place, il n’y a pas si longtemps. Il y avait eu ce moment où j’ai arrêté de me battre. Ou je croyais que j’étais morte. Non. Ou je voulais être morte. Comme je voulais mourir ! Que tout soit terminé. Je n’étais pas une guerrière, comme eux. Je n’étais pas habituée à la douleur, à voir du sang, à souffrir autant. Mais ce n’est pas un sentiment que j’ignore. Je l’ai ressenti au plus profond de mon âme et, je crois, qu’il est le même pour tous. Qu’on soit ninja ou rien du tout. C’est l’absence d’espoir qui nous tue. Ils attendent simplement de mourir. Peu importe le temps que cela prendra, combien de temps on leur fera mal. Ils s’en moquent, ils savent que la partie est finie.

Haya secoua la tête. Ils avaient gagné. Il n’y avait pas d’autres pirates. Pas de chef pirate en plus. Rien du tout. Ils avaient gagné la partie et les pirates l’avaient perdu. Plus d’espoir autre qu’une mort rapide. Chiyoko le savait-il déjà ? Peut-être. Peut-être qu’il voulait simplement leur refuser cette mort. Haya attrapa la femme par les aisselles et la redressa d’un coup. La femme trembla sur ses jambes et s’écroula contre le mur. Haya essayait de lui sourire gentiment, sans trop de succès. Elle devait la trouver stupide, à sourire. Elle devait se dire, pauvre fille, tu n’as rien vécu. Mais j’ai touché la mort moi aussi. Elle est froide et elle pique. Elle la prit par le bras et la soutint jusqu’à la porte, qu’elle ouvrit et referma derrière elle et la femme pirate. Les regards se tournèrent vers eux. Chiyoko avait les sourcils froncés mais il ne disait rien. Haya la conduisit jusqu’à la cellule à côté, et tapa du pied contre le bois. Sokka lui ouvrit presque aussitôt. Haya lui laissa la femme et partit chercher l’autre pirate, qu’elle conduisit dans l’autre cellule. Là, elle s’assit par terre et se passa une main sur les yeux. Les pirates s’observaient en silence.

Haya écrivit quelques mots sur un papier, arracha la feuille et la passa à Sokka.

Soignez les. Ce ne sont pas des animaux. On les a déjà battu.

Elle sortit et laissa un autre mot sur la table, avant de retourner dans la cellule. Un garde porta le papier à Kamen.

Nourriture. Eau.

Haya s’installa contre le mur qui faisait face aux pirates rassemblés. Elle s’adossa, les bras posés sur ses genoux, les observant sans avoir rien de plus à dire. Il faisait humide dans ces cellules et, même d’ici, l’odeur salée de la mer lui parvenait. Elle ne savait pas si elle commettait une imprudence. Personne encore ne l’avait arrêtée. Peut-être était-elle uniquement influencée, manipulée par son propre passé ? Qu’elle mélangeait situation passée et situation présente... cela ne lui semblait pas être le cas. Elle n’avait pas l’impression d’être assujettie à son histoire, mais simplement de s’appuyer sur ses expériences, même les expériences malheureuses et traumatisantes, pour essayer de prendre les bonnes décisions. C’était le fond de tout. Prendre les bonnes décisions, faire les choix les plus justes. Il ne s’agissait pas seulement de gagner ou de perdre. Il fallait encore le faire en restant soi-même, et entier. Ils avaient déjà gagné. Haya n’attendait aucune réponse. Elle n’essayait pas d’être gentille, de se donner bonne conscience. Sans doute les pirates allaient-ils mourir une fois à kiri. C’était vrai, mais ils avaient le droit de mourir en hommes, ensemble, et pas abattus comme des bêtes dans des geôles, privés de tout jusqu’à la fin. Personne n’avait le droit de tuer leurs maigres espoirs. Quand on est acculé, qu’on sait que tout est perdu, le simple fait d’être aux côtés des personnes qu’on aime... de pouvoir les voir, sentir leur présence... cela n’a pas de prix. Il n’y avait aucune raison (pas la moindre) de leur refuser cette pitoyable douceur.

Haya ne laisserait plus personne, jamais, la transformer contre sa volonté. Y compris elle-même.

Chiyoko - Cinq minutes.

MessageSujet: Re: [BI003] - Les greniers de Yagi   Dim 6 Juin - 12:32

Amuse toi seulement à me défier, se dit Haya. Elle n’était pas une des serveuses qu’il avait peut-être l’habitude de fréquenter, elle n’allait pas baisser les yeux parce qu’il prenait sa grosse voix. Il n’avait pas une autorité qu’elle reconnaîtrait, pas sur ce terrain là. Qu’il lève seulement un début de doigt sur les prisonniers sans qu’ils n’en donnent une vraie raison... juste pour voir... elle n’hésiterait pas une seconde à se dresser contre lui, même si cela devait la confronter à quelqu’un de plus fort et de plus expérimenté qu’elle, et qu’on lui en tienne rigueur à kiri. Elle n’était pas ici pour faire des choses qui s’opposaient à sa morale, pour être transformée en quelque chose qu’elle ne sera jamais. Certainement pas. Personne ne la toucherait plus jamais ainsi, contre son gré. Certaines personnes la penseront peut-être naïve ou douce... Haya se demandait comment on pouvait être l’un et l’autre quand, la veille, on massacrait sans ciller des centaines de civils pour dévaster la flotte ennemie et survivre. Il n’y avait pas de douceur dans ce qu’elle faisait, peut-être un peu de bonté, mais une bonté qui devrait être élémentaire. Haya comprenait qu’on puisse essayer de la tuer. C’était normal, leurs intérêts divergeaient. Mais elle n’aurait pas compris qu’on la torture, juste pour s’amuser, cela n’avait pas de sens. S’ils avaient perdu, elle aurait aimé que les pirates la tuent sobrement, sans faire d’histoires. Et elle était pratiquement sûre qu’ils l’auraient fait au cours du combat. Cependant, même dans le cas où eux-mêmes l’auraient torturé... ce n’était pas une raison, pas une raison du tout, de s’engager sur la mauvaise voie.

Sokka et Liori soignaient les pirates, même si Haya ne savait pas si c’était leur manque d’expérience ou une relative mauvaise volonté, mais cela ne semblait pas fournir des résultats exceptionnels. Elle ne désirait pas tellement plus, c’était davantage faire montre d’un signe apaisant, la lueur d’espoir qui leur manquait. On entendait les pas de Chiyoko dans la pièce d’à côté, tourner comme un fauve en cage. Haya gardait le regard fixé sur les pirates, qui s’observaient, surpris, sans savoir bien quelle attitude adopter. La femme dévisageait Haya. Des gardes apportèrent de la nourriture, le plus jeune des pirates (celui de la tour, se souvenait la jeune fille) la regardait avec envie mais n’osa pas y toucher. Haya soutenait le regard de la femme sereinement. Leur attitude avait changé. Ils n’étaient plus amorphes, ils étaient en mouvement. Leurs cerveaux s’étaient remis à fonctionner. Haya pouvait presque voir les mécanismes de celui de la femme s’articuler, grincer pour trouver la meilleure des solutions.

Sumi - Je veux négocier mes informations.

Haya n’avait rien à répondre. Il n’y avait plus, dans sa tête, d’informations à négocier. Il n’y avait plus de pirates autres qu’eux, la mission était terminée. La seule chose qui restait dans la balance, c’est ce qu’ils allaient faire d’eux. Haya ne les connaissait pas, Chiyoko non plus, ses équipiers pas plus... s’ils étaient de kiri, cela changeait certaines choses. Pas toutes. Haya se leva.

Sumi - Je veux que nous soyons remis au daimyô du pays de la forêt.

Haya manqua sursauter en voyant la porte s’ouvrir à la volée après un violent coup (de poing, releva-t-elle en voyant apparaître Chiyoko). Il foudroyait du regard la femme.

Chiyoko - Hors de question !

Haya réfléchissait aussi vite que possible. Chiyoko semblait avoir écarté, pour un temps, l’idée de la torture (bon point). Que venait faire le pays de la forêt là dedans ? Le regard de la jeune fille s’attarda sur Chiyoko. Il avait effectivement oublié l’idée de la torture, remplacée par une autre idée... mais impossible de savoir laquelle. Pourquoi ne pas les livrer au pays de la forêt? Parce qu’ils appartenaient à kiri ? Mais pourquoi personne ne les connaissait alors ? Ou bien, Chiyoko les avait (encore une fois ?) écarté de la mission. Elle espérait pour lui qu’il n’en était rien. Elle espérait vraiment pour lui qu’il n’en était rien. S’il avait laissé cette menace de torture peser, s’il avait réellement eu l’intention de torturer ces gens gratuitement, il saurait vite ce que c’était qu’une femme en colère, et que c’était autre chose qu’un coup d’enfant sur une porte de métal. Il connaissait ces gens ? Et il n’avait rien dit ? A aucun moment ? Satoshi était gentil de dire qu’ils n’étaient pas nuls à en crever, mais de ce qu’Haya voyait, il était à des kilomètres de la vérité. Elle n’avait jamais vu des personnes aussi abominablement individualistes, cela confinait à la malveillance. Akio qui attaquait un bateau pirate à lui tout seul, sans même venir les consulter, sans rien faire d’autres qu’accumuler sa propre bêtises comme un enfant des châteaux de sables. Chiyoko qui était maintenant formellement suspecté de ne pas avoir tout révélé, comme il l’aurait fallu avec des équipiers. C’était quoi cette attitude ? Il les trouvait à ce point faibles qu’il préférait faire la mission seule ? Mais qu’il la fasse ! Lui et l’autre carbonisé.

Haya rédigea sur sa feuille quelques mots, s’avança en ignorant vertement Chiyoko et le montra à la femme.

Qui êtes vous ? Vous n’avez pour l’instant aucune information intéressante à me donner. Pourquoi ferions-nous le trajet vers le pays de la forêt ?

S’ils étaient de kiri, leur avenir était noir, pour ne pas dire inexistant. Haya se demandait jusqu’où s’étendaient exactement ses affectations. Elle n’était pas ici pour faire de la politique. Si kiri devait négocier avec le pays de la forêt, c’était l’administration du village que cela regardait. Mais elle ne voulait pas passer à côté d’une information importante. Elle ne voyait pas où était la négociation dans ce que demandait la femme. Ils faisaient le trajet pour le pays du bois, sans aucune raison valable, ce qui pouvait très bien s’apparenter à de la trahison selon le groupe qu’ils avaient face à eux. Pourquoi est-ce qu’ils prendraient ce risque ? Pour des informations ? Haya ne voyait pas où cela les menait. Qui étaient ces hommes, quel enjeu représentaient-ils ? Le pays de la forêt ? Haya ne savait même pas où c’était et, d’un point de vue strictement égoïste, elle commençait à trouver le temps long. Sans compter que transporter quatre prisonniers, peu amènes et aux dispositions incertaines, sur une probable longue distance, pendant, mettons, environ une semaine à cause des limitations de vitesse imposées par leurs entraves, avec des risques conséquents de fuites et de complications... les informations avaient intérêt à être énormes.

Je ne vois pas ce que vous pouvez m’apprendre que j’ai besoin de savoir. Tu me demandes de trahir kiri pour toi ? Ce serait insultant et maladroit.

Il y avait toujours la possibilité d’envoyer un message au daimyo du pays en question, pour qu’il vienne ramasser les colis... des vacances à yagi, pendant lesquelles Haya pourrait exécuter la commission que Naikin lui avait confiée. Mais pourquoi donc aurait-elle envie de trahir son village, et comment la femme pouvait même envisager de le lui proposer ? Ce n’était pas comme si elles étaient de grandes amies unies pour la vie, Haya n’attachait pas à sa vie une importance démesurée. Elle attachait une grande importance à sa dignité, mais au-delà... elle ne comprenait pas où elle voulait en venir. Elle ne leur devait rien, quelques heures plus tôt, elle aurait aussi bien pu mourir sous ses mains et personne ne s’en serait soucié. Il devait lui manquer une information d’importance, quelque chose qui permettait de tout lier ensemble. Haya jeta un coup d’œil à Chiyoko. Il ne semblait pas désireux de parler.

Pas plus que les pirates par ailleurs qui se terraient dans un nouveau silence absolu. Ils regardaient par terre, exactement comme s’ils étaient revenus à leur situation de départ. Mais quel était le tabou ici, qu’est-ce qui lui échappait? Il y avait forcément quelque chose, un point de détail qu’elle n’avait pas repéré, ou bien un élément qu’elle ne pouvait pas deviner... La colère de Chiyoko semblait augmenter proportionnellement au silence des prisonniers. Il va attaquer, se disait Haya, cet imbécile va attaquer. Elle ne savait pas ce qui le retenait, et sans doute lui-même l’ignorait, mais il allait lâcher très vite.

Je ne vous aiderai pas si vous ne me donnez rien. Cela ne marche pas comme ça. Je prends ma décision dans les deux prochaines minutes. Décidez-vous. Je ne vous laisserai pas d'autre chance. Maintenant.

Haya dévisageait le plus jeune des pirates. Elle se demandait s’ils allaient vraiment prendre le risque de ne pas lui répondre. La décision d’Haya était déjà prise pour l’instant, ils iraient à kiri. Pourquoi n’y iraient-ils pas ? Il n’y avait aucun argument de part et d’autre, simplement un il faut, ou un on va. Non. Ce n’était ni chiyoko ni eux qui prenaient les décisions.

La femme parcourut le papier, glissa un regard sur Chiyoko, déglutit. Elle hésitait. Mais pourquoi ? Est-ce que chiyoko était leur adversaire ? Est-ce que c’était un traître ou quelque chose comme ça ? C’était l’impression que la scène donnait. Eux, qui avaient un secret trop gros et Chiyoko qui ne voulait pas qu’il soit lâché. Le regard d’Haya passait de l’un à l’autre, elle essayait de comprendre mais rien ne lui venait. Sokka et Liori observaient les pirates, probablement dans la même incertitude. S’il fallait combattre chiyoko (Haya n’écartait pas tout à fait l’hypothèse), elle pensait bien qu’ils la soutiendraient. Enfin, elle l’espérait quand même... Après, est-ce qu’ils en sortiraient vainqueurs et est-ce qu’ils arriveraient à faire parvenir cinq prisonniers à kiri ? Sans doute pas.

Sumi - Nous...

Haya se retourna vers la femme. Elle avait presque perdu tout espoir qu’elle prononce un mot.

Sumi - En nous exécutant, vous ne réglerez pas les pillages sur les côtes de Yagî...

La jeune fille la dévisagea sans comprendre. Elle attendait une suite, quelque chose de moins... banal... forcément que les attaques continueront, comme le ciel restera bleu une fois qu’ils seront morts. Cela n’avait rien de surprenant. Haya ne pouvait pas croire qu’ils avaient tué tous les pirates au monde à eux seuls... il y aurait d’autres pillages, d’autres massacres... et d’autres missions pour les faire cesser. Mais pas la leur. Si c’était cela tout leur argumentaire, leur grand secret, ils pouvaient le ranger et le relire pendant le voyage à kiri. Chiyoko cependant s’était calmé, comme s’il réfléchissait, enfin. Peut-être n’était-il pas aussi désespérant qu’akio... leurs regards se rencontrèrent. Il fit un signe de tête et demanda à ce qu’ils sortent un instant. Haya consulta du regard ses équipiers et haussa les épaules.

Une fois la porte refermée, Chiyoko se mit à se déplacer dans la pièce.

Chiyoko - Elle ment, elle est prête à tout pour sauver sa peau.

Il semblait sûr de son fait. Elle ment... bien sûr que non elle ne ment pas. Il y aura d’autres attaques, c’est seulement que cela ne les regardait plus. Ils avaient terminé la mission, mais cet imbécile prenait cela à cœur. A cause d’akio ? A cause de quelque chose d’autre ?

Sans doute, je m’en moque.

Haya écrivit plus longuement sur une page vierge, et présenta le papier à chiyoko.

Pourquoi doivent-ils mourir? Si tu nous caches des choses, crois moi sincèrement, je te le ferai regretter. Je te fais peut être pitié avec mon carnet, mais je te le ferai regretter. Durement. Akio et toi avez eu une attitude épouvantable envers nous. Alors si tu nous a menti, si tu nous as mis en danger, c'est autre chose que ma main dans ta tête que tu auras. Ceci est une menace.

Chiyoko réagit en quelques secondes. Il écrasa son avant-bras contre sa trachée et la repoussa brutalement contre le mur, lui tenait le poignet de sa main libre. Le visage d’Haya vira instantanément au rouge. Il était beaucoup plus fort qu’elle ne l’aurait envisagé. Il était massif et puissant, mais elle devait bien avouer ne pas s’attendre à être balayée aussi facilement. Ce type est dangereux, se disait Haya. Elle le regardait et sa colère gonflait, s’embrasait. Ce type a un regard dangereux. Il y a longtemps, mais pas tellement, un homme la tenait en son pouvoir. Trois hommes, en réalité, et Haya avait pu éprouver toute la puissance de son impuissance. Mais ce temps était fini. Ce type est dangereux, et je ne le laisserai pas faire. Il tremblait de rage, et il appuyait fermement, si bien que le souffle ne tarda pas à manquer à la jeune fille qui ne parvenait pas à se dégager. Liori avait la main posée sur l’épaule de Chiyoko, qui lui crachait la figure.

Chiyoko - Je me fous de tes menaces, je me fous de Yagi, je me fous des cadavres laissés sur la côte, des pillages à venir et autres conneries. Par contre, il y a un truc que je ferais, quoiqu'il arrive, je buterai ces gars. Personne ne m'en empêchera. Personne !

Il appuya une dernière fois et recula en tempêtant. Haya se plia en deux, une main sur sa gorge. Le fils de pute, cela n’allait pas se passer comme ça. Peut-être que là où il vit, les gens baissent les yeux quand il crie. Peut-être que là où il vit, il suffit de pousser un peu pour qu’on accepte tout. Haya ne vivait pas dans ce monde et elle n’y mettrait jamais les pieds. Chiyoko était plus fort qu’elle ? Cela n’excusait rien. Ce n’était pas une question de mission ou non, de force ou non. C’était une question de morale et de responsabilité. Haya ne s’était pas battue, en surmontant lentement ses infirmités, pour se faire cracher dessus par un fils de pute dans ce genre. Un type au regard dangereux, un regard qu’elle n’était plus prête d’oublier. Haya se redressa, son bras tremblait aussi, comme si la rage de Chiyoko l’avait infectée. Elle essayait de se dire de ne pas prendre cela à cœur, de lâcher l’affaire. Lâcher l’affaire ? Laisser ce connard, cet incapable, un type qui a manqué nous tué à plusieurs reprises, qui a saboté notre mission du sol au plafond, qui ne pense qu’à lui et à son connard d’ami, torturer et abattre des prisonniers, comme s’il représentait l’autorité décisionnaire du groupe ? Jamais ! Il ferait cela quand elle sera inconsciente et baignant dans son propre sang, certainement pas avant. Elle se retenait de ne pas l’attaquer tout de suite, son esprit lui chuchotait qu’elle n’était pas en état de combattre qui que ce soit, que son corps était toujours fatigué des efforts fournis. Mais cela non plus n’excusait rien.

Chiyoko, peut-être gêné de son coup de sang, essayait de changer du sujet. Suis-le dans cette voie, Haya, se disait-elle. Ne le provoque pas. Il est fou. Il se calmera. Laisse lui le temps. Tu détestes ce qu’il représente maintenant, d’accord. Ce n’est peut-être pas un homme mauvais. Il est dans une situation mauvaise. C’est la situation qui est mauvaise, Haya, pas lui. Pas forcément lui. Ne prend pas de risque. C’est toi qui parlais de défendre la mission, de l’empêcher de lui nuire. Ne lui nuis pas toi-même.

Chiyoko - La femme est la tête pensante. Il est évident qu'ils ont déployé tous leurs moyens pour nous tuer. Je ne vois pas pourquoi ils en auraient gardé sous la pédale et combien même, ce serait une quantité négligeable.

Je vais le démolir, je vais le démolir, se répétait Haya. Ses mots la traversaient sans qu’elle ne s’arrête sur leur sens. Je vais le démolir car il est dangereux. Il nous a mis en danger plusieurs fois déjà. Il veut recommencer. Il ne s’intéresse pas à sa propre vie. Il a l’impression d’avoir tout perdu et il peut bien nous perdre nous, on ne représente rien à ses yeux. Il parle de la mission pour te distraire, Haya, il agite un jouet mais il s’en moque bien. Quand tu auras le dos tourné, il tuera (au mieux) les prisonniers parce qu’il est fou. Fils de pute ! Je me suis battue pour revenir parmi les vivants. C’est mon combat ! Et je vais te laisser tout mettre par terre ? Toi, un obscur chuunin de kiri ? Mais dans quel monde !

Chiyoko fracassa son poing contre le mur. Haya sourit sauvagement. C’est ce que tu aurais voulu me mettre dans la tête, imbécile. Je vais te démolir. La jeune fille inspira profondément, les yeux fermés. Elle resta une dizaine de seconde sans rien faire, puis se remit à écrire.

La femme attendra. Réglons cela. Tu ne devrais pas te foutre de mes menaces. J'ai sauvé ton ami. Il me devra sa vie. Car il vivra. J'ai sauvé notre mission. Je ne te la laisserai pas me la pourrir. Essaye, et je t'écrase maintenant.

Son écriture ne tremblait pas. Haya lui rendait son regard froidement. Il laissa le papier tomber par terre et approcha son visage du sien.

Chiyoko - Ne me tentes pas gamine.

Il jeta un coup d’œil à Liori et Sokka, immobiles à quelques pas, puis reporta son attention sur Haya.

Chiyoko - Akio est perdu "on ne sait où". Toi-même tu ne sais même pas ce que tu as fait. Vivant ? Hein !? Ce n'est pas ce que disait ton visage lorsque son corps a disparu ! Ton "moi, je" n'est que la preuve de ton ego surdimensionné et de ton estime surfaite de ta personne. Redescend sur terre, princesse, je n'ai pas le souvenir que tu étais seule sur la plage, ni nulle part ailleurs. Si tu me gênes et ne veux pas que j'emploie mes "méthodes", c'est parce que t’es pas capable d'être une véritable kunoichi !

Haya sourit froidement. Une vraie kunoichi ? Ah... Encho était un vrai ninja quand il l’avait violée, torturée et massacrée ? Non, c’était un connard, au même titre que Chiyoko. Bien sûr que non elle n’était pas une vraie kunoichi. Elle ne savait même pas ce que c’était, que d’être une vraie kunoichi. Mais elle savait qu’elle ne jouait pas au ninja, comme cet imbécile d’Akio. Si Akio était dans l’état où il était, c’était de sa faute. Et Chiyoko s’en voulait, oh oui il s’en voulait, de ne pas avoir été celui capable de le sauver. Parce qu’Haya comprenait cette peine insondable, de sentir son impuissance à sauver ses proches. Ce n’est pas une peine commune. Mais s’en prendre à des plus faibles pour s’épancher de son mal, c’était méprisable, immonde et immoral. Chiyoko n’avait aucune excuse. Sa douleur ? Haya avait mal aussi, elle n’y cédait pas et n’y céderait jamais. Tout le monde avait mal. Tout le monde perdait des êtres chers. Et il parlait d’ego ? Il osait la prendre de haut, alors que lui et son ami les avaient mis dans un océan d’ennuis, de par leur incapacité complète à travailler en équipe, à réfléchir et à prendre les bonnes décisions ? Pour faire les gros bras, les fiers, les petits branleurs, il y avait du monde. Mais quand il s’agissait d’agir en homme, et pas qu’avec ses couilles qu’on imaginait plus grosses qu’elles ne l’étaient, on perdait de sa superbe...

Mon ego? Abruti. Vous êtes ceux qui n’avaient pas compris que c’était une mission d’équipe, que ce n’était pas une virée entre deux connards. Vous nous avez fait prendre des risques. Reviens me donner des leçons d’ego, connard, mais la tête basse. Tu ne fais peur qu’à toi-même. Tu crois quoi ? Que je suis une de tes poules ? Que je vais avoir peur parce que tu aboies ? Je n’ai pas peur des connards. Je ne leur laisse pas faire ce qu’ils veulent parce qu’ils ont une grosse voix et des gros bras. Tu es un lâche. Pas moi. Je ne te laisserai pas gagner cette fois-ci. Si tu n’es pas content, dégage. Je te casserai la gueule quand ce sera terminé. Rappelle t'en, je n'oublierai pas. Tu calculeras mon estime et ta connerie d'un seul mouvement d'ensemble, car on aurait cent fois mieux réussi sans vous supporter, vous et votre imbécilité sans limite humaine. Tes méthodes, je leur crache dessus. Tu ne gagneras pas cette fois ci. Peut-être que quand tu es seul, tu peux torturer, tu peux soulager ta peine sur d’autres, tu peux jouer au roi triste, mais pas avec moi. Si tu ne me fais pas confiance pour ramener akio, aies au moins la décence de taire ta tristesse et de ne pas laisser tes sentiments personnels affecter notre mission. Si tu te fous de notre mission, dégage, on n'a pas besoin de toi, de ta rage. Tu ne fais peur à personne ici. Capable de s’en prendre à ses alliés et oser me parler de force, de vrai ninja... de vrais connards, oui.

Haya le défiait du regard. Il n’imaginait pas, ou peut-être que si, à quel point elle attendait qu’il fasse un mouvement contre elle à nouveau, qu’il ose la saisir à la gorge, la frapper, utiliser son genjutsu ou ce qu’il voulait pour se sentir un peu plus mâle. Je vais le défoncer. Je vais le défoncer. Essaye juste. Juste pour voir à quel point je ne plaisante pas. A quel point je hais ce que tu représentes à l’instant. Je me bats tous les jours pour pouvoir me dresser contre les gens comme toi. Des gens qui ont brisé ma vie, parce qu’ils en avaient le pouvoir. Mais j’ai le pouvoir de les en empêcher maintenant et je le ferai, je le ferai même si cela devait me coûter cher. Ce que tu représentes, pour moi, c’est un vaste rien. Si tu veux les prisonniers, tu devras me passer dessus et je ne serai pas une proie facile, parce que je me bats pour des choses qui te dépassent de loin.

Quand tu retrouveras ton ami Akio, c’est les yeux baissés que tu me regarderas. J’espère que tu auras cette décence, la décence d’avoir honte de toi et j’espère que j’aurais la force de pardonner à ta faiblesse. Car on a le droit d’être faible. Mais il faut que des personnes plus fortes nous permettent de rester sur le bon chemin, ne nous laisse pas nous noyer dans l’erreur. Je serai cette personne pour toi et, toi aussi, comme ton connard d’ami incapable, tu me devras la vie. Je ne vous demanderai rien en retour. Juste la décence de vos yeux baissés si vous décidez de persévérer dans l’erreur, car ma bonté s’arrêtera là. Fais un mouvement, maintenant.

Mais il n’en fit pas. Il laissa retomber le papier par terre, la tension sur son visage paru s’effacer rapidement. Il se détourna, silencieux, puis acquiesça pour lui-même.

Chiyoko - Tu as raison. J'ai tort. Je te laisse faire comme te le souhaite.

Il fit mine de s’engager dans la cellule, mais Haya se déplaça pour l’en empêcher, lui rendant son regard sans expression supplémentaire.

Chiyoko - D’accord. Si vous n’avez plus besoin de moi, je vais manger quelque chose.

Il avait dit cela sur le ton de la conversation comme si, quelques secondes plus tôt, ils ne s’apprêtaient pas à s’écharper au beau milieu de cette prison. Haya le regarda partir les yeux froncés. Elle rencontra le regard de Liori, qui indiqua qu’il allait le suivre pour voir ce qu’il faisait. Haya hocha la tête, brusquement très lasse. Il lui avait semblé, un instant, que chiyoko n’avait lui-même plus d’espoir. A quel point était-il affecté par la disparition d’akio ? Probablement assez pour perdre de sa lucidité. Elle refusait de croire qu’on leur ait laissé les deux chuunins les plus pitoyables qui soient à kiri. Que akio soit un boulet, cela ne faisait aucun doute, mais il avait ses raisons de l’être (des raisons obscures, mais des raisons néanmoins). L’attitude de chiyoko de ces dernières minutes, c’était juste... de l’agressivité à l’état brut, comme une bête blessée qui ne savait plus où aller et ce qu’il convenait de faire. Les possibilités de chiyoko passaient dans son esprit, mais elles lui paraissaient grotesques. Mais parce qu’elle n’était pas celle qui était blessée... chiyoko pouvait faire beaucoup de choses maintenant. Haya espérait qu’il n’en ferait aucune et qu’il resterait là où il est, en attendant de recouvrir ses esprits.

Mais elle ne pouvait pas s’occuper de tout le monde. Elle retourna auprès des prisonniers et rédigea un papier. Elle sentait que c’était l’un des derniers, sa patience avait touché ses ultimes limites. S’ils ne voulaient pas l’aider, elle s’arrêterait là. Son but n’était pas d’assurer leur survie plus que tout. Au nom de quoi ? De leurs bonnes têtes ?

J'ai besoin de savoir. Cet homme veut vous tuer. Je ne pense pas que ses raisons soient bonnes. Quelles sont les vôtres ?

Il n’y eu (surprise) aucune réaction. La femme finit par grimacer.

Sumi - Vous êtes une belle hypocrite. Ou alors une idiote idéaliste. Cet homme veut nous tuer ? La belle affaire ! Que croyez-vous qui nous arrivera lorsque vous nous ramènerez à Kiri ? Et puis vous vous foutez bien de nos raisons ...

Haya ne réagit pas. Tu sais quoi, mourrait-elle d’envie de dire, tu as raison, je m’en fous de tes raisons. Tu crois que c’est à ta vie que j’attache de l’importance ? Je me moque de ta vie, elle ne représente rien pour toi. Ce n’était pas toi que je protégeais, c’était cet imbécile de chiyoko. Il n’avait pas le droit de s’abîmer à cause de sa douleur, il doit aspirer à se redresser. Vous faire perdre votre dignité pour retrouver un peu d’espoir, ce n’est pas un marché convenable. Et je me serai battue pour l’empêcher. Que vous mourriez ou non, cela ne me regarde pas. Tu penses vraiment que ma main faiblirait au moment de te frapper ? Que j’hésiterais ne serait-ce qu’un instant ? Je ne suis pas la seule idéaliste dans cette pièce.

Je n’ai plus de temps à perdre avec des gens qui ne rêvent que de s’abîmer, qui n’ont pas d’autres aspirations dans leur foutue vie que leur propre mort. Alors, mourrez, si c’est la seule chose que vous êtes capables d’attendre.

Adieu alors.

Haya sortit et prévint les gardes qu’ils en avaient terminé. Elle rédigea une longue note, où elle expliquait que les ninjas se relaieraient pour surveiller les prisonniers avec eux. Elle insista sur le fait qu’ils devaient être traités convenablement. Elle rejoignit Liori et Sokka. Liori les avertit que Chiyoko était dans sa chambre. Haya fut tentée de lui demander s’il avait pensé à lui retirer ses lacets, mais elle en avait marre d’écrire. Elle s’attaqua néanmoins à une seconde lettre, pour Kamen cette fois ci, qui détaillait le plan sur lequel ils se mirent d’accord pour les jours à venir. Le groupe s’accorderait deux jours de repos, à surveiller les prisonniers, pendant que Kamen leur affréterait un navire pour kiri. Ils demandaient des hommes supplémentaires pour le trajet. Elle laissa la lettre à un homme qui passait par là, puis se mit d’accord sur les tours de gardes avec ses coéquipiers. Ils choisirent d’exclure shuo et chiyoko, au moins pour un temps.

Haya prit le premier tour de garde et subit quatre heures passionnantes à regarder le plafond qui gouttait et les gardes discuter entre eux. Ils l’invitèrent à manger pour midi et, la jeune fille mourant de faim, elle accepta de bon cœur. Contrairement à ce qu’elle s’était imaginée, ils se conduisaient très bien. Liori vint la relever, et Haya partit directement se reposer. Dans la soirée, elle se décida à rendre visite à chiyoko. Ce qui était certainement très malvenu. Haya s’arrêta à sa porte, hésita une dernière fois et tapa à sa porte. Comme il ne répondait pas, la jeune fille se dit qu’elle avait une excuse parfaite pour se donner bonne conscience et en profiter pour échapper à ce pénible face à face (qu’elle s’était imposée), mais la porte s’ouvrit sur Chiyoko. Son visage se rembrunit quelque peu lorsqu’il avisa Haya. Il ne la fit pas entrer, ce à quoi s’était préparée Haya, aussi se contenta-t-elle de lui donner un billet. Elle ne savait pas s’il était convenable d’attendre une réponse, qui risquait de plus d’être piquante, voire inexistante si Chiyoko avait décidé d’oublier au plus vite la rouquine emmerdeuse.

Akio n’est pas mort. Il reviendra. Je ne sais pas comment il reviendra, mais il reviendra. Peut-être ne sera-t-il plus le Akio que l’on a connu, peut-être qu’il lui manquera... je ne sais pas, des choses. Mais il reviendra. Quand je me suis approchée de lui, je voulais seulement lui sauver la vie. Je n’avais pas d’autre intention. Je ne contrôlais rien. Je sais qu’il est sur un autre plan et que là-bas, ses blessures seront soignées. Je ne peux rien dire de plus.

Haya n’avait pas écrit, je ne sais rien de plus, car elle savait des choses. Le nom que lui avait donné le spectre, Kasen. Mais instinctivement, elle préférait ne pas le lancer autour d’elle tant qu’elle n’en saurait pas plus. Benihime le lui avait dit : quand on saura qui tu es, tu seras en danger. Haya, pour l’instant, avait la sécurité d’ignorer elle-même qui elle était... mais de ce qu’elle avait pu voir chez Chiyoko, rien ne lui donnait envie de lui fournir des armes à même de se retourner contre elle un jour, même pour apaiser son âme perturbée.

Chiyoko releva la tête vers elle.

Chiyoko - Ok.

Haya acquiesça et repartit avec la sensation d’avoir fait quelque chose de complètement inutile, mais de néanmoins rafraîchissant. Elle remonta directement dans sa chambre pour récupérer des derniers jours.

Le lendemain, la jeune fille se mit en quête de la mission que Naikin lui avait confiée. Il lui fallait mettre la main sur le fils de Kamen, dont elle ignorait le nom par ailleurs, pour peu qu’il ait plusieurs fils. Bien sûr, il en avait plusieurs. Mais la tâche lui fut facilitée par un homme d’une trentaine d’année, qui la prit par le bras en souriant aimablement et l’amena un peu à l’écart, près du balcon qui ouvrait sur le reste de la ville, en contrebas. Il l’observa de haut en bas (d’une façon un peu étrange, quand même) et finit par renouveler son sourire. Haya lui tendit le papier de Naikin, que l’homme parcourut du regard.

? - Mmh, une réponse pas très optimiste. Et toi ? Crois-tu que la puissance des hommes ne dépende que de leur volonté ?

La jeune fille hésita, puis haussa les épaules, sans bien savoir quoi dire.

? - Ce que dit Naikin, c’est qu’il suffit de vouloir être fort pour l’être. Mais, certaines personnes ne veulent pas de cette puissance. Pourtant, elles en disposent. Ce n’est pas très équitable j’imagine.

L’homme relut la lettre, secoua la tête et haussa à son tour les épaules.

? - Tu as raison, cela n’est pas très important. Tiens.

Il chercha un moment dans les plis de ses vêtements, avant de lui confier un nouveau parchemin. Celui-ci était toutefois parfaitement scellé. Haya força un peu, sans trop que cela ne se remarque, mais le cachet tenait bon.

? - Il n’a pas été scellé par des moyens conventionnels. Naikin saura l’ouvrir. C’est une nouvelle devinette, pour lui. Je suis sûr que cela lui plaira.

L’homme continuait à la dévisager, un sourire aux lèvres.

? - Haya, hein ? Je t’ai observée de loin hier. Tu as grandi. Tu es vraiment devenue une belle fille.

Haya écarquilla les yeux et se retint de se retourner pour voir si des gens observaient la scène, prêts à rire ou à applaudir. Mais il n’y avait qu’eux deux. De quoi parlait il ? Sa main, qui s’apprêtait à ranger le parchemin qu’elle venait de recevoir, s’immobilisa. Haya plissa les yeux. Elle rédigea un mot qu’elle présenta à l’homme, qui ne releva pas le fait qu’elle ne parlait pas. Peut être était il au courant de cela aussi...

Vous me connaissez ?

? - Pas vraiment... mais je t’ai tenue dans mes bras peu après ta naissance. Je connaissais ton père.

Devant le visage d’Haya, plus atterré que jamais, l’homme poursuivit.

? - Tu ne sais rien du tout ?

Non ?

C’était au tour de l’homme d’être stupéfait. Il observait Haya comme s’il s’attendait à ce qu’elle sourit et écarte le sujet d’une plaisanterie.

? - Comment dire... qui est ton père, pour toi ? Son nom.

Kade Sasaki.

? - Non... non, ton père est Kade Kasen. C’est... mais Naikin ne t’a rien dit ?

Haya posa inconsciemment la main sur le sceau que lui avait confié Benihime. Le sceau de la flamme jaune. Elle n’avait pas eu le temps d’y passer avant sa mission. Pour la seconde fois en vingt-quatre heures, le nom de Kasen était prononcé, et cela ne lui évoquait rien du tout. Elle essayait de se remémorer quelque chose, mais rien, elle avait toujours été Haya Sasaki, fille de Kade Sasaki. Il n’y avait que Yuma, son frère... mais son nom de famille n’avait jamais été une question soulevée, aux yeux d’Haya, même si elle ne s’était jamais interrogée dessus, c’était Sasaki aussi. Elle secoua la tête.

? - C’est un héros de kiri et... enfin... une grande déception dans le cœur des gens. Je ne pense pas qu’il soit convenable que je t’en apprenne plus. Je ne connais pas les détails. Non, non, écoute moi. Tu en apprendras plus auprès de Naikin. Ce que je peux te dire, moi, c’est que ton père était grand. J’avais ton âge à l’époque, quand je t’ai tenue dans mes bras. Mon père avait souhaité rencontrer Kade, dans un port d’uke, parce qu’il avait fait beaucoup pour yagi. Il y avait sa famille avec lui, il disait qu’il n’avait pu faire autrement, et on voyait que cela le dérangeait qu’on voit sa famille. Il te tenait dans ses bras, mon père voulait le décorer, alors il t’a confié à moi. Il m’a regardé dans les yeux et il m’a demandé de faire très attention, il y avait une grande force dans son regard. Beaucoup de... beaucoup d’amour, dans son regard. C’était un grand.

Haya ne répondit rien, et tomba à son tour dans le plus parfait silence, un silence physique qui n’était pas sans rappeler celui des prisonniers. L’homme lui serra l’épaule et repartit, la laissant à ses pensées. C’était. Elle ne s’attendait pas à revoir son père, après un an, elle ne se disait pas que son père l’avait perdu de vue et l’attendait tranquillement chez lui, là où ses sœurs étaient mortes. Elle savait que son père lui-même était mort, d’une façon qui ne demande aucune preuve. Car, son père vivant, Haya savait qu’elle n’aurait jamais vécu tout cela. Parce que c’était son père...

*****

Au lendemain matin, Haya n’avait pas vraiment à cœur de s’intéresser au reste de la mission. Elle était finie à ses yeux, aussi suivit elle les derniers événements de loin. Tout juste vérifia-t-elle que les prisonniers étaient bien attachés. Ils étaient drogués et assommés, pour ne prendre aucun risque sur le retour. Ils redoutaient un nouveau sceau, ils en avaient sur le corps, pour appeler d’autres pirates, ou n’importe quoi de sournois et à même de les retarder. Haya s’installa à l’avant du navire, la tête contre le bastingage. Elle était pressée de rentrer à kiri. Il y avait des choses qui attendaient d’être découvertes, des barrières résiduelles à surmonter. Elle ne parvenait pas à dire si cela était à cause de la mission ou d’autre chose, mais elle se sentait fin prête à faire tout ce qui devait être fait. Elle répétait dans sa tête le nom Kasen, sans qu’il ne fasse écho à la moindre histoire en elle. Sasaki, c’était ce qui lui restait de sa famille, un héritage, un vrai héritage, avec des souvenirs...

Le voyage se passa dans de bonnes conditions. L’équipage était aguerri, les prisonniers tranquillisés. Même Chiyoko semblait plus détendu (Haya et lui ne s’étaient plus adressés la parole, pour ainsi dire, depuis la veille, mais cela leur convenait très bien à l’un et l’autre), mais Haya ne parvenait pas à s’intéresser à pourquoi. Ils feront tous ce qu’ils voudront. Elle avait l’impression d’avoir défendu ce qui devait l’être pendant cette mission, de ne pas avoir laissé des gens qui se croyaient plus gros qu’ils ne l’étaient lui marcher sur les pieds. C’était rassurant... petit à petit, elle parvenait à réaliser ce qu’elle voulait. En allant voir la flamme jaune, jour après jour, en subissant déconvenue sur déconvenue, elle s’endurcissait. Peut-être que quelques mois plus tôt, Haya n’aurait pas osé tenir tête à Chiyoko (et obtenir gain de cause, qui plus est), mais elle l’avait fait sans y penser. Elle gardait dans un coin de sa tête qu’elle lui avait promis de lui casser la tête. Curieusement, elle ne ressentait pas de satisfaction particulière à l’idée qu’ils aient réussi leur première mission. Peut-être parce qu’elle ne pensait plus qu’à son père et à d’autres choses peu réjouissantes depuis la veille. Probablement. Haya finit par quitter le pont avant pour rejoindre ses coéquipiers. Elle pouvait bien, après tout, rester silencieuse avec eux. Au moins, personne ne s’attendait à ce qu’elle fasse la conversation.

MessageSujet: Re: [BI003] - Les greniers de Yagi   Ven 8 Oct - 19:53

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Haya Sasaki

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Liori Satsubatsu

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Sokka Kawaki

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