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 Le Bar

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MessageSujet: Le Bar   Ven 17 Avr - 19:15

ACTE I: Le commencement.

Scène 3


Ce bar souvent rempli de monde offrait de nombreuses tables, un immense comptoir, des bouteilles contenant des liquides connus ou inconnus étalées sur de grandes étagères, à côté de placards remplis de vaiselle, de verres surtout et de tout ce qui a rapport avec la nourriture et la boisson. L'établissement était réputé dans tout Asakura, voire Kumo pour ces célèbres rixes entre deux clients trop alcoolisés qui dégénéraient dans toute la rue. En effet, Asakura, quand ça va on ouvre une bouteille de champagne, mais quand ça va pas, on ouvre des crânes avec. L'échoppe était cependant toujours autant fréquentée. Sa réputation avait fait certes fuir quelques clients, mais en avait attiré beaucoup plus. L'action faisait donc toujours venir les curieux...

Kojiro fit une entrée remarquée dans le bar. Il y avait une semaine maintenant qu'il avait mis au tapis, seul, dans un autre bistro, toute la bande des Yoru no Oni. La rumeur avait filé au galop, et le jeune homme était facilement identifiable avec son grand manteau blanc orné des kanjis "feu du ciel" et "Hayatori". D'abord son irruption avait jeté un grand silence, écarquillé les yeux et fait tourner les têtes; peu après le brouhaha habituel avait reprit, mais à présent on parlait doucement et on regardait Kojiro d'un air mauvais. Beaucoup semblaient vouloir en découdre avec celui qui avait pété les dents des meilleures petites frappes du quartier, verifier si la rumeur était vraie. Kojiro quant à lui se dirigea vers le zinc en ignorant la vingtaine de paires d'yeux braquées sur lui. Il s'assit sur le tabouret en face du comptoir. Le barman, affairé à ses verres, se retourna lentement vers lui. D'un geste de la tête intérrogatif, il demanda à Kojiro ce qu'il voulait, sans même prononcer un mot.


Kojiro -"Un Tamagozake."
Le Barman -"Enrhumé?"
Kojiro -"Non, amnésique..."

C'est en se retournant que le jeune shinobi prit conscience de l'ampleur de ce qui le menanaçait. L'information avait circulé dans tout le bar maintenant, et toute la salle le fixait, les yeux plissés. Cependant, aucun ne lui avait adressé la parole, et aucun ne se leva pour venir le provoquer. Kojiro savait qu'au moindre faux pas, tout le monde se jeterai sur lui. Il en découla toutefois une certaine fierté d'être détesté dans tout le quartier pour ce motif. D'ailleurs, si il était venu ici, c'était pour se défouler un peu et Kojiro ne se voilait pas la face. Sa boisson glissa sur le comptoir, il s'en saisit et commença à siroter son breuvage chaud.


Dernière édition par Kojiro Hayatori le Jeu 30 Avr - 21:05, édité 1 fois

MessageSujet: Re: Le Bar   Sam 18 Avr - 3:10

Les lourds nuages noirs annonciateur de l'orage à venir dansait rapidement sur la valse du vent rapide qui soufflait sur Kumo en ce début de soirée. Les percussions du tonnerre heurtait les tympans du jeune Kamata, le prévenant de l'arrivée des larmes célestes, douce caresse humide tombant maintenant à un rythme rapide.

[Kamata] - Je crois qu'il est temps d'arrêter mon entrainement, pensa le ninja, je pense que je vais aller vider quelques godets, histoire de ne pas affronter seul ce temps de chien.

C'est ainsi qu'il dirigea rapidement ses pas vers le centre ville, où il trouverait surement un bar ou une taverne ouverte par ce temps. En franchissant la porte d'un bar à l'aspect assez miteux, ses sens alertes lui firent un constat alarmant : l'ambiance de la salle était aussi menaçante que le temps à l'extérieur. L'attention de la foule de soiffards et autres pochards était entièrement tournée vers un jeune homme qui venait apparemment de commander un verre. Son front arborait l'insigne des ninjas de Kumo, voilà donc un de ses nouveaux frères d'armes.

S'avançant lentement vers le comptoir, le bruit métallique des renforts de ses chaussures heurtant le sol en bois tourna le regard de l'assemblée vers Kamata. Ils découvrirent ainsi un jeune homme au visage dissimulé sous une casquette noire affichant le symbole des shinobis du village, elle même masquée sous la lourde capuche noire de son pull. Son pantalon baggy orange affichait de multiples lanières de cuir, reposoir d'un Kunai et d'un shuriken. Dégoulinant de pluie et couvert de boue, Kamata s'accouda au comptoir non loin de l'étudiant, laissant apparaître les lourds bandages qui couvrait ses mains jusqu'à ses doigts griffus. Il releva rapidement la visière de sa casquette d'un doigt, laissant apparaître un visage sérieux.

[Kamata] -Vieil homme, sers moi donc une bouteille de sake au lieu de me dévisager ainsi ! J'ai soif et le temps me donne envie de boire. Met aussi trois verres.

[Barman] -Dis donc la politesse t'écorche pas toi. Mais bon tant que tu paye...

Kamata ouvrit donc sa bourse et paya sa commande, puis il se tourna vers le jeune shinobi et lui lança :

[Kamata] -Salut toi, t'a pas l'air d'avoir beaucoup d'amis ici ! N'en ayant pas beaucoup moi même à Kumo, je t'offre un verre. En disant cette phrase, il versait l'alcool dans les trois verres. Entre frères d'armes, faut savoir s'épauler tu crois pas? Il prononça ces mots avec joie.

Mais malgré cette apparente joie, ses sens restait en alerte, son regard fit le tour de la salle, mémorisant l'aspect et les mouvements des personnes présentes. Et son esprit jubilait en espérant une bonne bagarre.

MessageSujet: Re: Le Bar   Sam 18 Avr - 13:45

Kojiro termina son Tamagozake cul-sec, puis il reposa son verre. Agacé et légèrement piqué, il grimaça. Mais son oesophage en avait vu d'autres; il était loin de se brûler! N'en n'ayant pas assez pour être joyeux, Kojiro commanda un deuxième verre. Après avoir payé, il se l'enfila cul sec. Ça n'était toujours pas suffisant... Et le coup de tonnerre qui venait de retentir à l'extérieur ne fit qu'accentuer sa déprime. Le comble pour un Hayatori en somme. Le jeune homme se retourna une nouvelle fois, et constata avec surprise et satisfaction que les pochards ne s'occupaient plus de lui. Il étaient revenus à leur préoccupations habituelles, à savoir vider le verre le plus proche. L'atmosphère s'était détendue en apparence, mais elle restait toujours aussi explosive; ces pochtrons avaient tendance à avoir l'alcool mauvais, très mauvais...

L'attention de l'assistance fut une nouvelle fois sollicitée lorsqu'un deuxième jeune homme entra dans le bar. Ruisselant, il s'approcha du comptoir sous les regards sournois des habitués du coin. Kojiro fut le seul à ne pas se retourner, et à rester concentré sur son grog maintenant vide. Le nouvel arrivant prit place au bar, non-loin de Kojiro. Il commanda trois verres, alors que Kojiro en commanda un supplémentaire. Le grog fut encore une fois soulagé de son contenu. Mais le Genin n'observa aucune amélioration dans sa vision des choses. Pas de chance. Aujourd'hui, il avait l'alcool maussade. Pourtant, il s'était rendu ici comme ultime espoir de recouvrer sa mémoire. Dommage.


Kamata -"Salut toi, t'a pas l'air d'avoir beaucoup d'amis ici ! N'en ayant pas beaucoup moi même à Kumo, je t'offre un verre. Entre frères d'armes, faut savoir s'épauler tu crois pas?"

Enfin, Kojiro daigna accorder un regard au nouveau venu. Son équipement lui indiquait qu'il s'agissait d'un ninja, le motif de son pull qu'il venait de Kumo, cependant il ne vit pas son bandeau. Le Genin se moqua de lui intérieurement, puis rétorqua dans une sincérité exacerbée par la beuverie:

Kojiro -"Ah! Frères d'armes? Il est où ton bandeau? Honnêtement, tu as passé l'âge de jouer au ninja, tu ne crois pas? Fais attention, fit-il en pointant son étui à Kunai du doigt, "les kunai c'est pas des jouets et ça coupe."

Le Genin accepta tout de même le verre qu'on venait de lui offrir, l'air de rien. Il s'en saisit, et c'était parti pour un quatrième cul-sec.

[hrp]Tu peux donc poster une dernière fois, avant que la bagarre s'enclenche...[/hrp]

MessageSujet: Re: Le Bar   Sam 18 Avr - 20:05

La brulure ardente du sake qu'il venait d'avaler remonta rapidement le long de son oeusophage, la sensation d'être vivant envahit Kamata. Reposant son verre en le tapant sur le comptoir, il redressa sa tête en inspirant profondement. Il sortit de sa poche un paquet de cigarettes, d'où il en prit une qu'il plaça sur ses lèvres.

[Barman] - On fume pas ici ! envoya-t-il sèchement.

[Kamata] - Je comptais pas l'allumer de toute façon, c'est juste un tic.

Les mots de son voisin sonnait dans l'esprit de kamata, aussi abaissa-t-il la capuche de son pull, laissant apparaitre sa casquette entourée du bandeau de Kumo. Son regard couleur de sang rempli de malice se fixa sur le jeune ninja à l'air serieux, un sourire apparu soudainement sur son visage. Kamata éclata de rire en pointant de son doigt griffu le jeune homme.

[Kamata] - Hahaha, regarde toi, on dirait que t'es coincé ! Déride toi un peu et profite de la beauté de la nuit. Il y a un temps pour tout, et maintenant, c'est l'heure de la détente. Moi c'est Kamata, shinobi du village, tout comme toi, et ce malgré mon look ou mon âge. Et mes jouets, je ne les porte que pour être prêt au combat en permanence. Je pense que tu peux comprendre ça!


Levant ensuite son verre en face du visage de son voisin de bar, il lança :

[Kamata] - Allez, a ta santé, puisse les jours prochains nous apporter une occasion de combattre. Cul sec, dit-il en avalant d'un trait le second verre de sake de la soirée.

MessageSujet: Re: Le Bar   Lun 20 Avr - 0:01

Ce quatrième verre eu raison de Kojiro; les effets de l'alcool se firent ressentir. Ses joues commencèrent à rougir, ses pupilles se dilater et son sens de l'équilibre fut un peu perturbé. Heureusement, il était assis. Il se rendit compte également que son champ de vision s'était rétrécit, que sa vue périphérique était devenue un peu floue. Ceci dit, il était encore en pleine possession de ses moyens. Il regarda alors dans le vide quelques instants, ce qui lui paru une éternité. Il espérait que cet état d'ivresse l'aiderait à retrouver la mémoire. Même si il savait que l'alcool n'était pas vraiment un remède contre l'amnésie, toute chance était bonne à prendre...

[Kamata] - "Hahaha, regarde toi, on dirait que t'es coincé ! Déride toi un peu et profite de la beauté de la nuit. Il y a un temps pour tout, et maintenant, c'est l'heure de la détente. Moi c'est Kamata, shinobi du village, tout comme toi, et ce malgré mon look ou mon âge. Et mes jouets, je ne les porte que pour être prêt au combat en permanence. Je pense que tu peux comprendre ça!"

[Kojiro] - *Ah?*

Kojiro tourna la tête vers la gauche, et vit le bandeau de son interlocuteur, qui trônait fièrement sur sa tête. Il pouvait également contempler son visage hilare, et le fait que le blondinet pointait dans sa direction avec quelque chose qui ressemblait plutôt à une serre de volatile qu'à un doigt humain. Le Genin avait eu tort. Et alors? Rien n'empêchait qu'il restait sur ses positions, peu convaincu d'une réelle compétence de son voisin de gauche. Cependant, au fond de lui, il ressentait un bon potentiel, et des points communs avec Kamata, et ce depuis son arrivée; même démarche, même façon de parler, même impétuosité. Il resta un moment à le fixer, perdu dans les méandres de sa pensée, qui s'embrumait peu à peu. Quelque part dans la salle, un des soiffards lança un grand éclat de rire, ce qui ramena Kojiro dans la réalité. Il sourit, et il était le seul à en savoir le motif.


[Kojiro] - *L'atmosphère est propice. Reste plus qu'a attendre l'étincelle.*


[Kamata] - Allez, a ta santé, puisse les jours prochains nous apporter une occasion de combattre. Cul sec.

[Kojiro] - *Mon p'tit gars, tu crois pas si bien dire... Attends un peu...*

Une odeur nauséabonde s'insinua alors dans les narines de Kojiro. Une sorte de mélange d'alcool, de crasse, de sueur et de tabac mouillé. La source s'approchait, il le sentait, la puanteur était de plus en plus intense... Un ivrogne tituba jusqu'au bar. C'était donc lui qui puait autant! Il souriait bêtement, en faisant les yeux doux à une bouteille de rhum posée devant lui.

[Ivrogne] - "Viiiiieeeennns maaaaa beeelleee viiiieeeeeens maaaaa gazeeeeellleeee le liiiioooonn est moooort, ce sooooooiiiir!"

Kojiro ne tourna pas la tête. La voix disgracieuse du pochtron lui donnait mal à la tête. Il devait en être de même pour Kamata. Kojiro sourit une dernière fois. C'était une question de secondes à présent. Tout allait se passer vite, très vite. Le soiffard vint alors dans sa direction, tenant par le goulot la bouteille de rhum.

[Ivrogne] - "'Soir les jeunes! Ziup'.... J'vous sert quequ'chose?"
[Kojiro] - "Dégage, tu pues la sueur! On parlait..."
[Ivrogne] - "Woups', l'est pas content, l'bébé..."

L'alcoolique lui versa un peu de rhum dans son verre, mais il en mis plus à côté. En signe d'amitié, ce dernier posa sa grosse main de maçon sur l'épaule du jeune homme, quand soudain...

Baoum!

C'était un coup de poing, lancé à pleine puissance par Kojiro, alors qu'il se retournait! La violence du avait dût lui briser le nez car il restait du sang sur les jointures du Genin, qui jubilait. L'ivrogne, quant à lui, alla valser dans une table proche, qui s'écroula sous son poids. La tablée d'origine de l'ivrogne se leva toute entière, ils étaient une demi-douzaine. Alors que Kojiro quitta son tabouret, il vit l'ivrogne se relever, ainsi que tous les autres clients qui n'en perdaient pas une goutte!

MessageSujet: Re: Le Bar   Mar 21 Avr - 3:31

Baoum

Le bruit résonna comme le son d'un gong marquant le départ des réjouissances. Tournant son regard en direction du jeune genin, il comprit que les hostilités avaient vraiment démarré, le poing de celui-ci était arrosé d'une projection de sang provenant vraisemblablement du nez fracturé du casse pied. Les muscles bandés par l'influx de rage et de colère, le ninja fixait la tablée d'origine de la loque humaine, où se dressait à présent six pantins de chair et d'alcool, apparemment prêt à en découdre.

[ Voyou A – Boule de billard ] - Hey takeshi, ça va ?

Aidant son ami à se relever, le plus chauve de la bande regardait le visage de celui-ci, couvert de ses deux mains, tremblant de colère face au flot de sang qui jaillissait des restes de son nez. Pointant du doigt le camarade de kamata, le chanteur s'exclama :

[ Voyou H – Takeshi le chanteur ] - Cet enfoiré m'a explosé le pif, et la lèvre, et pointant ensuite du doigt kamata, qui avait profité de l'agitation pour ramasser la bouteille perdue et s'en servir un verre, il lança : et regarde l'autre abruti, il picole gratis sur ma bibine.

Kamata sortit un briquet de sa poche droite, le pouce glissa rapidement sur la pierre d'où jaillit l'étincelle créatrice, il embrasa la cigarette qu'il tenait entre ses lèvres. Inspirant profondément, la fumée envahit ses poumons. D'un geste rapide comme l'éclair, il saisit le tabouret sur lequel il était assis plus tôt et le propulsa directement sur le chanteur. L'impact fût ravageur, des dents volèrent dans un nuage de sang au contact du solide bois, et il s'écroula de tout son long sur le sol.

[ Kamata ] - Tu as été puni par la où tu as péché, maintenant ta bouche réfléchira avant de parler.

Il tourna son regard vers le Genin en lui lançant :


[ Kamata ] - Ptit frère, ça te tente un défi : 1 point le blessé, 2 points le KO, -1 par mort ! Donc 2 à 1 pour moi, a toi l'honneur du prochain. Le perdant paie la prochaine tournée !!


Durant le laps de temps de cette phrase, les compagnons du soiffards avait déjà commencé à entourer les deux shinobis.

MessageSujet: Re: Le Bar   Jeu 30 Avr - 21:23

[Kamata] - "Ptit frère, ça te tente un défi : 1 point le blessé, 2 points le KO, -1 par mort ! Donc 2 à 1 pour moi, a toi l'honneur du prochain. Le perdant paie la prochaine tournée !!"


[Kojiro] - "Pas besoin d'aide, singe! Mais si tu me payes la tournée, je suis partant!"

Rien de tel que le chambrage pour tisser les liens d'une camaraderie qui promettait d'être longue, prospère et fructueuse. Un compagnon de rixe qui ne paye pas de mine, que demande le peuple? Kojiro avait apprécié à sa juste valeur l'attaque de Kamata. Pas mal, il avait l'air plutôt fort, alors il s'agissait d'assurer. Il fit un pas en avant, et se rendit compte qu'il n'aurait pas dût boire autant, en vue d'une bagarre. Le Genin s'efforça de garder l'équilibre, et enjamba le corps du chanteur. Il se planta là, à quelques mètres du chauve, qui le toisait, échauffé par la boisson. Un long moment s'écoula sans que personne ne prononce un mot, l'un attendait que l'autre agisse et vice versa, et tout le bar retenait son souffle. Puis Kojiro le provocateur fut le premier à rompre le silence.

[Kojiro] - "Alors, tu ne venges pas ton pote?"
[Boule de Billard] - "Foi de Toshine, tu vas mourir!"
[Kojiro] - "T'es pas le premier à me dire ça."

Crâne d'oeuf prit une bouteille qu'on lui tendit puis couru vers le Genin. Kojiro, lui recula d'un pas. Il n'avait pas peur, mais attendait simplement qu'il soit à la bonne distance. Alors qu'il était à deux mètres de lui, Kojiro fit un tour sur lui même pour assener un mule kick. Mais au moment de tourner, il glissa dans une flaque de vomi, et sa rotation prit une tout autre vitesse. Il tenta tout de même son Ishiro geri, cependant il avait tourné trop vite, et sa jambe gauche frappa dans le vent. Grisé par ses breuvages, il voulu attaquer avec sa jambe d'appui, alors il s'envola, et son assaut manqué prit une tout autre tournure. Son pied droit rencontra la mâchoire inférieure de son assaillant, et fit voler quelques dents au passage. Toshine perdit l'équilibre sous le choc, et Kojiro l'accompagna dans sa chute avec son pied. Sa tête alla se cogner contre le sol. Résultat: les deux étaient à terre, Toshine K.O et Kojiro s'était fait mal. Les autres n'attendirent pas qu'il se relève pour venger Toshine.


[P'tit Yama] - "Yaahaa!!"

P'tit Yama avait l'âge de Kojiro, et fut le premier à lui foncer dessus. Le Genin quand à lui était toujours à terre, et il avait eu juste le temps passer en position accroupie. Il poussa sur ses bras et fit à nouveau pivoter son corps, et envoya sa jambe droite faucher son nouvel adversaire. Celui ci alla rejoindre Toshine à terre en tombant lourdement. L'amnésique se releva, et flanqua un penalty dans les côtes de P'tit Yama. Il eu le souffle coupé, et l'envie de se relever lui passa. Kojiro transforma l'essai en prenant la tête de l'adversaire comme balle, ce qui le mit hors combat pour un moment.
Pour l'instant, tout allait bien, il n'était pas blessé. Mais il sentait que le décor vacillait dans un tourbillon de tabac, d'alcool, de sang et de rage...

MessageSujet: Re: Le Bar   Mar 5 Mai - 18:31

Quelle douce musique que l'écho de la bataille qui se tenait au sein du bar : fracas, cris de douleur et de rage rythmait maintenant la salle qui se parait du parfum cuivré du sang additionné a la puanteur acide de la transpiration et de l'alcool. Le jeune guenin, son nouveau compagnon de combat, se débrouillait plutôt bien, malgré un style de combat brouillon rempli de maladresses éthyliques, mais d'une efficacité redoutable, pour preuve, il venait de mettre hors combat deux autres adversaires. Cependant, durant l'infime laps de temps où les pensées de Kamata s'évadèrent en observation du pugilat, deux soiffards l'avait cerné, le bloquant dos au comptoir.

[Rayne] - Toi tu bouge pas ou on t'éclate la tronche façon pizza.

L'homme qui émit ces quelques mots se tenait sur la droite du shinobi, un gourdin improvisé avec le pied d'une chaise cassée dans la main gauche. Son visage crispé lassait transparaitre une certaine tension. Un regard sur la gauche et Kamata put voir le second pochard, crâne rasé mis à part une courte queue de cheval, ses bras massifs décorés de multiples tatouages, son poing droit orné d'un poing américain.

[Kamata] - *Bon chuis trop imbibé pour réfléchir, alors il me reste qu'a utiliser mes techniques secrètes de combat. Si je rate mon coup, je vais déguster grave !*


[Kamata] -Hey, les deux taches là, z'avez qu'à me montrer comment vous compter me refaire la façade, parce que j'ai pas tout compris. Mais comme je suis sympa, je vais vous laisser frapper en premier, hahaha...

Le jeune étudiant essaya de prendre un voix claire, mais malgré ses efforts, on pouvait entendre le son du saké dissimulé derrière chaque mot. Les deux hommes qui l'entourait s'était suffisamment rapproché pour qu'il puisse sentir les effluves nauséabondes voire néfastes émanant de leur bouche emplie de chicots.

[Kamata] - *C'est maintenant que tout va se jouer, alors merde pas !*

Malgré son haut taux d'alcoolémie, l'instinct et l'entrainement quotidien auquel s'était soumis Kamata lui furent d'une aide précieuse. Le dit Rayne recula son bras pour porter un coup puissant dirigé vers le front du ninja tandis que dans son dos, le second amorça un crochet en direction des cottes. Profitant de cela, kamata lança son fameux CBDDLD [Coup de boule direct dans les dents] sur Rayne, la puissance du coup fut augmentée par le choc qu'il reçut dans le dos. Rayne et Kamata s'étalèrent sur le sol, mais l'étudiant tenait maintenant son adversaire par le col et continuait de lui assener coup de tête sur coup de tête jusqu'à entendre un craquement.

Une chose surpris kamata, il s'attendait à recevoir des coups provenant du second homme, mais ceux-ci tardait à arriver, aussi se tourna-t-il vers le tatoué, libérant sa proie ensanglantée de son étreinte. Le regard de celui-ci contenait de la peur et de l'incompréhension ! Enfin les choses allait devenir vraiment intéressantes !

[Kamata] - Ca, mon gars, c'est une tronche refaite façon pizza, lança-t-il en désignant du doigt le corps de Rayne. Alors maintenant, c'est à ton tour.

*Putain, le saké c'est efficace ! J'ai mal mais mon cerveau est tellement vaporeux que je sens presque rien.*

Le tatoué eut un mouvement de recul en lisant la détermination dans le regard du shinobi. De plus kamata avait maintenant de nombreuses contusions et coupures d'où le sang jaillissait, lui procurant l'allure d'un fou. le second mouvement de recul fut fatal, si on peut dire ainsi : le tatoué posa son pied sur une bouteille et perdit l'équilibre, juste un court instant dont kamata profita pour lui assener un coup de pied direct dans les parties géniales. L'homme tituba en se tenant le bas ventre avant de s'écrouler sur ses genoux.

[Kamata] - Mouvement final, explosion de tympans ! Hurla l'étudiant en frappant de la paume de ses mains les oreilles du tatoué, qui se répandit de tout son long sur le plancher sale du bar.

L'étudiant s'assit sur le sol reprenant douloureusement son souffle, la douleur qui lui brulait le dos l'empêchait presque de respirer. Puis il regarda Kojiro en souriant de ses dents rougis par le sang.


[Kamata] - Yo man, toujours vivant ?

MessageSujet: Re: Le Bar   Jeu 7 Mai - 13:53

Petite pause XP pour vous les amis

Kojiro : +23 XP
Murai : +17 XP

MessageSujet: Re: Le Bar   Mar 21 Juil - 17:32

Le bar de Kumo n'était pas forcément l'endroit le plus mal famé de la cité, même en pleine nuit. Etsuko avait déjà fréquenté, à l'occasion, les miteuses échoppes du quartier pauvre et elle était plutôt habituée aux étranges coutumes adoptées par les hommes ayant bu suffisamment pour offrir plus tard leur dernier repas aux pavés, et c'est pourquoi elle n'était aucunement gênée de se retrouver ici, en une telle heure.

Il faut dire qu'elle n'avait pas eu le choix : une quarantaine de minutes auparavant, elle s'était retrouvée en grande conversation avec un chat (certes, les chats ne parlent pas, mais c'est par timidité), et, comme elle se trouvait obligée de le suivre sur les toits, il l'avait amenée dans ce coin. Elle avait soif, et était entrée en toute innocence, espérant trouver du jus de myrtilles et une chaise confortable afin de pouvoir observer les autres occupants du bar.

Seulement (il fallait s'y attendre, à vrai dire...), le lieu était déjà bien bruyant, et elle eu quelque peu de peine à se frayer un chemin jusqu'au comptoir. Là, elle commanda le jus de fruit, répondit négativement à la proposition du serveur d'y ajouter un alcool quelconque (franchement, quelle idée, gâcher de la myrtille pour aller offrir le contenu de son estomac au sol... Elle n'était pas de nature égoïste, mais de manière générale, elle aimait garder pour elle ce qu'elle avait ingéré) et s'installa sur un tabouret, se retournant vers la salle afin de mieux examiner ce qui se passait autour d'elle.

Comme on pouvait s'y attendre, certains semblaient déjà mal en point. Peu intéressant. Elle avait déjà, une fois, pris le temps d'analyser longuement le comportement des personnes saoules, et en avait déduit qu'il était souvent, à peu de choses près, semblable, donc non inhérent au caractère du buveur. Sauf pour quelques exceptions. En fait, au début, l'alcool exacerbait, mettait en valeur une partie de la personnalité de celui qui en consommait, avant de le plonger dans le pitoyabilisme le plus total, et là, ils se ressemblaient tous.

A part ceux-là, elle trouva quelques voyageurs. Ils n'étaient pas de Kumo, c'était évident, de part la matière dans laquelle était coupée leur cape et leur immense sac. Sur le coup, il lui paru quelque peu étrange qu'ils ne passent pas plutôt la soirée à l'auberge. Et si elle allait leur poser la question, tiens ? Malheureusement, son jus de myrtilles n'était pas encore arrivé et elle n'avait pas envie de quitter le bar sur l'instant, elle irait donc plus tard.

Non loin du petit groupe de voyageurs étaient attablés quelques shinobis qu'elle avait déjà croisé dans les couloirs de l'académie. Eux étaient relativement sobres et discutaient de façon plus ou moins sérieuse. Deux d'entre eux semblaient plongés dans une conversation de grande importance, leurs fronts rapprochés, la mine grave. Etsuko eut une mine de mépris. Ils étaient toujours si sérieux, ses camarades, et toujours pour des raisons si futiles ! Elle n'avait jamais compris (malgré l'infinie patience déployée par l'un de ses senseï pour le lui expliquer) ce qui pouvait pousser quelqu'un à préférer taper sur des gens plutôt que regarder les nuages.

Elle les jugea donc sans intérêt et continua son observation. Dans un coin siégeaient plusieurs tablées de joueurs de cartes. Intéressée (son verre était enfin arrivé jusqu'à ses mains !), la jeune femme se leva et se dirigea vers eux. Elle avait toujours aimé regarder les joueurs de cartes, ils étaient passionnants, même si elle ne comprenait pas grand chose à leur jeu. Par exemple, elle n'avait jamais compris pourquoi le roi était supérieur à la dame (et d'ailleurs, pourquoi disait-on ('dame' et non 'reine' ?), et personne n'avait jamais été en mesure de lui expliquer.

La demoiselle se dirigea donc vers les joueurs, se délectant à l'avance des comportements qu'elle pourrait observer. Elle s'arrêta non loin de la première table et prit une chaise au hasard, portant son regard sur les expressions faciles et corporelles des cinq hommes tenant encore des cartes en main. Dans le brouhaha ambiant et le bazar qui régnait dans ce coin de la pièce, personne ne faisait attention à elle, aussi elle pouvait en toute quiétude parvenir à ses propres conclusions sans qu'on ne la dérange.

Comme à son habitude, Etsuko ne fut pas bien longue à analyser les joueurs : ils ne faisaient pas beaucoup d'effort pour se cacher, aussi. L'un d'entre eux avait les doigts qui tremblaient légèrement, signe de peur ou d'excitation. Comme il semblait agité d'un tic au dessus de l'oeil gauche, comme s'il se contractait un tout petit peu toutes les deux ou trois secondes, elle en déduit qu'il était inquiet. Celui-ci devait donc ne pas avoir un très bon jeu, pas de doute. Elle reporta son attention sur les autres. Deux d'entre eux avaient l'assurance feinte de son frère lorsque, plus jeune, il voulait faire croire à leur parents qu'il n'avait commis aucune stupidité la veille alors qu'il avait volé un poulet... Oui, les deux avaient les coudes fermement posés sur la table, le regard résolu et fixe, les épaules et le dos tendus. L'un d'entre eux gardait le menton haut, comme pour montrer au monde qu'il n'avait rien à craindre, alors que le second semblait refermer ses épaules, comme s'il voulait se refermer sur lui même.

La jeune fille esquissa un léger sourire. Ces deux là bluffaient. Quant aux deux derniers... Chacun d'entre eux tentait de cacher leur plaisir, leur assurance, justement. Ils semblaient se forcer à avoir le regard fuyant, les mains crispées, mais elle voyait bien à la façon dont leur cou s'étirait qu'ils étaient tous deux certains d'avoir un bon jeu. Restait à savoir lequel aurait le meilleur...

Posant son coude sur son genou et son menton dans la paume de sa main, Etsuko plissa les yeux. Quand elle aurait réussi à deviner lequel aller gagner, elle irait demander à quelqu'un pourquoi on jouait toujours de l'argent et jamais des framboises. Elles étaient bien meilleures au goût, après tout...


L'expression a des frontières, la pensée n'en a pas. (V. Hugo)

MessageSujet: Re: Le Bar   Jeu 23 Juil - 19:22

La fatigue, psychologique, physique, est quelque chose qui nous tombe dessus au moins une fois par jour. Mais tous n’avons pas un lieu digne de soi pour s’y reposer, un lit douillet pour s’affaler, un(e) conjoint(e) pour se revigorer, purger cette énergie négative, se purifier. Arai n’avait ni l’un ni l’autre. Sa maison ne fut jamais vraiment la sienne, habitant chez un tuteur, et sa compagne n’arriva jamais. Existait-elle au moins ?
Ce n’était pas ce soir qu’elle apparaîtrait. Il n’y réfléchissait pas tout du moins, ne la cherchait pas. Se laissant porter par la vie, parfois rieuse, souvent trompeuse.

En cette fin de journée difficile, le chuunin n’avait pas envie de rentrer aussitôt, bien qu’épris d’un puissant désir de s’allonger et de s’assoupir, sa tête demandait autre chose. Le social lui manquait. C’est pourquoi le bar était un lieu tout décidé. L’hôpital aurait pu être un choix secondaire, mais, les malades n’étaient pas forcément les plus intéressants à côtoyer.
Si seulement Alucard était revenu. Ils auraient pu passer la soirée ensemble, quitte à se rendre quand même au bar, mais à deux. Ce qui fait une belle différence.

Kumo s’affichait cette nuit sous sa pluie commune, ses orages incessants, sa foudre maintenant reconnue comme habitante éternelle du village. Il serait intéressant d’aller lui rendre visite un jour, discuter autour d’un feu de cheminée et de s’y faire offrir un sake du tonnerre. Qui sait…

Sousei était lui aussi éreinté par la journée de labeur, il dormait, paisiblement. Le bar ne l’intéressait guère. Arai commanderait peut-être une assiettes d’œufs non cassés… Il les mangerait, ça se trouve.
Plusieurs carcasses d’hommes ivres, baignant dans un mélange d’eau de pluie et de sucs gastriques, semblaient s’accrocher aux maigres morceaux flottant à leurs côtés pour survivre en ces flaques si profondes. D’autres, paraissaient vraiment mortes, du sang coulant de diverses plaies, plus ou moins aisées à repérer. Arai ne se détourna pas de sa voie, il s’approcha de ces victimes et les examina. Il ne s’en occuperait que si leur état était grave. Il ne fallait pas abuser de la bonne volonté d’un médecin errant. Rien pour la plupart, rien d’alarmant, l’hôpital les accueillerait probablement le lendemain, faire quelques points de sutures, appliquer des bandages, les banalités d’usage.

Un homme se fit éjecter d’une porte, atterrissant lourdement sur le sol. Il éclaboussa tout sur son passage, y compris le chuunin qui en profita pour rentrer, la porte étant ouverte. L’homme ne tarda pas à aller chercher son interlocuteur et lui expliquer avec hargne ses arguments personnels. Ils finirent tous deux dehors, à s’entremêler haineusement sous la pluie, s’échangeant avec ferveur leurs discours respectifs.

Soulevant sa capuche, Arai secoua ses vêtements et pénétra plus en avant les lieux. Plusieurs groupes se distinguaient d’une masse grouillante et ponctuellement bruyante. Des ninjas et des civils se mélangeaient ou se repoussaient. L’ambiance tamisée instaurait quelque chose d’initialement paisible, évitant les couleurs inquiétantes pouvant provoquer la peur et la colère dans l’inconscient des masses.

Il s’accouda au bar, quémanda un petit remontant. Tel fut sa demande, mot pour mot. Peu importe ce qu’on lui servait, du moment que ça le réveillait un peu.
Des camarades chuunin discutaient sur sa gauche, la mine sombre. Le bar abritait aussi, visiblement, des gens trop sérieux. Ne connaissaient-ils pas un endroit plus propice ? Peut-être que cela servait de couverture finalement. Les ragots. Tout le monde, et personne ne croit en ce qui se dit dans un bar. Stratégie ou hasard ? Une question qu’il n’irait pas leur poser.

Une jeune femme attira son regard un peu plus loin. Qui était-elle ? Elle se trouvait au milieu d’une tablée de joueurs de cartes. Arai n’aimait guère ces jeux, de la tromperie, rien de plus. Et quel ennui qui plus est. Il préférait le go. Un ennui aussi remarque, comme quoi tout était affaire de subjectivité.
Jouait-elle ? Non, elle observait, simplement.

Son verra arriva, détournant ses yeux du délice lointain. Une mixture incolore, d’odeur poignante, et de goût… brûlant. Arai en toussa doucement, honteusement. Il reposa son verre, les yeux surpris, la gorge trahit et se priva d’en commander un deuxième. Son attention pouvait enfin se reposer sur…

[Arai] – Qu… ?

Un large personnage bloquait son champ de vision. Du haut de son bon mètre quatre-vingt, large comme trois portes de Temple, il fixait lourdement le chuunin. Il ne parlait visiblement pas. Il se poussa légèrement sur le côté, désigna cette femme un instant perdue de vue et tenta de faire comprendre que… oui, elle lui appartenait. Arai fut si indiscret que ça ? Se faire griller par un muet aux bras disproportionnés, probablement dépourvu de matière grise en plus de ça. Le pauvre n’avait rien pour lui… Même pas ses énormes et puissants poings, puisqu’il venait de les offrir à Arai, droit dans le nez.

Le chuunin vola, littéralement, à travers la porte malheureusement trop proche de lui. Il n’eut pas le temps de sentir la différence de température qu’il s’écrasa dans une flaque déjà habitée. Se relevant difficilement, il constata que du sang coulait de son visage. Son nez avait sûrement été brisé, écrasé, pulvérisé, en plusieurs endroits. Quelle chance.

L’homme sortit à son tour, décidé à faire comprendre qu’il n’était pas prêteur. Pourquoi fallait-il qu’Arai regarde la seule femme prise ? Il ne voulait pas se battre, et n’en avait de toute manière pas vraiment le droit. En tant que ninja, donc en tant qu’être légèrement supérieur, frapper des civils n’était pas bien vu, alors des handicapés… Et la légitime défense alors ? Des témoins, il faudrait des témoins… Et bien évidemment personne n’était sorti. Ha, si… ca venait. Peu à peu des visages apparaissaient sur les maigres fenêtres, et dans l’encadrement de la porte. Mais aucun n’osa poser le pied dehors. Que des voyeurs, pas un courageux pour défendre éthiquement le chuunin. Il s’en chargerait lui-même. Peu importe les lois. Qu’ils aillent tous se faire mettre. Raz-le-cul de se faire frapper sans pouvoir répliquer. Il allait manger.

Enfin… Ca aurait pu être le cas, si Arai ne s’était pas spécialisé dans le soutien.

Il atterrit de nouveau dans l’eau, le visage ouvert en de nouveaux endroits. Une régénération osseuse allait être nécessaire… Mais était-ce le moment pour penser à ça ?
Une droite de plus, un crocher… un uppercut. L’homme ne s’arrêta pas là, il voulait frapper, même si son adversaire était au sol, à quatre pattes à cracher son sang, le mêlant à celui d’autres dans cette ruelle sombre.
Ne voyant plus que flou, il distingua cependant que les deux pieds près de son visage n’étaient pas ceux du colosse. Quelqu’un s’était-il interposé ? …

Arai en profita pour enchaîner les sceaux de la régénération simple, c’était toujours ça.

[J'espère que tu as matière à répondre ^^]



MessageSujet: Re: Le Bar   Ven 24 Juil - 13:45

[ Sans aucun problème. Exucse mon personnage, elle divague un peu parfois... ]

En fait, les joueurs de cartes aussi se ressemblaient tous, et ça, c'était dommage. Quand ils abattirent leur jeu, la chuunin remarqua avec un mélange de satisfaction et de déception qu'elle avait eu raison. Ah, malheur, quand est-ce que l'un d'entre eux apprendrait à mieux bluffer, histoire qu'elle puisse progresser encore dans ses analyses ? Tout cela était bien trop aisé, et l'observation risquait de finir par manquer d'intérêt.

Finissant le jus de myrtille, la jeune femme le posa sur une table au hasard, se fichant de ce que pourrait bien devenir son verre à partir de cet instant. L'objet ne devrait pas se sentir trop seul, il était entouré par ses congénères. Convaincue donc qu'elle le laissait en bonne compagnie, la demoiselle reporta son attention sur la salle, cherchant un élément qu'elle n'aurait pas remarqué au premier regard.
Quelqu'un était entré, un homme. Il était accoudé au bar, l'air un peu pensif. Pas de tics, aucun mouvement très intéressant au premier regard, mais peut être méritait-il une analyse. Tiens, d'ailleurs, il l'observait, même s'il n'avait pas du voir que son regard à elle était dirigé en sa direction. Sans importance. Elle avait appris par l'expérience que les gens sont toujours moins naturels quand ils se rendent compte qu'on les regarde, et elle préférait pouvoir observer ceux qui étaient naturels. C'était ainsi qu'ils se dévoilaient le plus, ainsi qu'elle pouvait les étudier à son gré.

Quelqu'un se plaça entre eux. Un autre homme, plus grand, la même silhouette que celle des grosses colonnes qui jouxtaient le temple de Kumo. Elle lui jeta un regard rapide. Il en avait, lui, des tics. Des tremblements nerveux agitaient ses bras presque aussi larges que sa propre taille, et ses yeux sans intelligence allaient d'un point à un autre avec une vivacité presque incongrue. Elle arrêta son regard sur ses poings. Couverts de cals, puissants, le dos de ses mains avaient une couleur étrange. Cet homme utilisait souvent ses mains. Il cognait ses congénères, c'était certain, sinon ses doigts ne resteraient pas aussi repliés, de façon presque naturelle. Haussant les épaules avec mépris, Etsuko continua son observation.
Visage dur. Dur et stupide. De plus en plus déçue, la jeune fille s'attarda sur ses oreilles défoncées par les coups et réprima un soupir de mépris. Non, décidément, shinobi ou pas, elle ne comprendrait jamais ceux qui prenaient plaisir à se faire taper dessus, ça n'avait aucun intérêt et on perdait du temps, temps qu'il valait mieux utiliser à essayer de communiquer avec les corbeaux, par exemple.

Un cri de joie retentit à sa droite. Quelqu'un venait juste d'empocher tous l'argent de ses partenaires de jeu, leur infligeant apparemment honte et désappointement. Elle haussa de nouveau les épaules. Ils auraient du remercier le gagnant, l'argent n'attirait que des problèmes, elle avait vu ça bien des fois. Il fallait s'en débarrasser au plus vite, ou alors le cacher dans un coin. La seule utilité qu'elle avait pu trouver à la monnaie était qu'elle lui permettait d'acheter autant de myrtilles qu'elle le voulait si elle n'avait pas envie d'aller les cueillir elle même, et encore... C'était si agréable d'aller cueillir les fruits, alors pourquoi s'en priver et laisser quelqu'un prendre plaisir à sa place ?

Mais passons. Perdue dans ses pensées, elle avait relâché son attention quelques secondes, et apparemment, une scène qui aurait pu être amusante lui avait échappé : le mastodonte observé quelques secondes plus tôt venait d'offrir à celui qu'elle cherchait à analyser juste avant un vol plané vers la sortie. Dommage. Était-ce par pure gentillesse et pour l'aider à sortir ou juste pour s'exercer à cet acte étrange et incompréhensible qui consistait à mesurer sa force en se faisant voler le plus loin possible ? S'il s'agissait de la seconde option, alors la colonne avait probablement gagné : en effet, elle doutait que le premier des deux hommes réussisse à envoyer l'autre aussi loin que ça. Enfin, on avait déjà vu des choses inattendues se passer, à Kumo, et elle-même en était habituellement une fidèle admiratrice. Par exemple, quoi de plus extraordinaire que de voir une fourmi soulever un morceau de nourriture probablement bien plus lourd qu'elle ?
Mais elle doutait que l'homme à la capuche ai pour objectif de manger le mastodonte, non pas parce que le cannibalisme était rare au pays des nuages, mais plutôt parce que si elle avait du choisir un humain à découper en tranche, son choix n'aurait pas porté sur une chair aussi dure que celle-ci. Trop de muscles. Et encore, ce genre de muscles n'avait rien de ragoutant, ils étaient bien trop lisses. Elle préférait de loin, dans la viande, les muscles étirés sur leur longueurs, et c'était bien pour cela que l'on faisait courir les chèvres lorsqu'on les changeait de pâturage. En conséquent, si elle avait du choisir son repas dans la salle, elle se serait probablement tournée vers un coureur de fond, un homme agile et endurant. Peut être un des voyageurs, par exemple ? Mais bon, dans l'instant, la question ne se posait pas, puisque la chair humaine ne l'attirait pas davantage que celle du vieux chien de ses voisins.

Tiens, d'ailleurs, le colosse avait suivi le trajet effectué par l'homme qu'il venait de projeter, et venait de passer par la porte. Dans quel but ? Prise par la curiosité, Etsuko céda son siège au prochain venu et s'élança à leur suite. D'autres personnes, probablement poussées par ce même sentiment, vinrent avec, et bientôt un attroupement se fut formé autour des deux hommes.

Le premier homme qu'elle avait remarqué était en bien mauvaise posture. Affalé au sol, baignant dans un mélange de sang et d'autres liquides qu'elle n'aurait pu déterminer, il était assailli par le mastodonte, lequel semblait prendre plaisir à frapper. Quoique... Son plaisir paraissait teinté d'une rage peu commune, comme si cela faisait très longtemps qu'il n'avait pas pu se défouler. Etsuko grimaça. Elle n'aimait pas le sang. C'était peu commun pour un shinobi, certes, mais elle n'avait pas la fascination morbide que partageaient certains de ses congénères. Et puis, encore une fois, elle ne comprenait pas comment on pouvait éprouver du plaisir dans le fait d'envoyer des coups aux autres. M'enfin, si elle en avait le temps et si la colonne avait plus d'intelligence qu'il en avait l'air, elle lui poserait peut être la question.

Pour l'instant, elle jetait des coups d'œil autour d'elle. La majorité des gens qui avait passé la porte semblaient fascinés par l'échange de coups. Non, pas l'échange, c'était plutôt un carnage. La jeune femme grimaça. C'était moche, le sang, et une personne blessée était encore plus désagréable au regard, alors elle allait bientôt se sentir obligée d'intervenir. Et puis, même si elle avait rarement écouté de toute son attention ce genre de discours, on l'avait déjà sermonnée de nombreuses fois, à l'académie : en tant que shinobi, elle se devait de protéger les plus faibles, d'aider le peuple, de faire tout ce qu'il fallait pour que le pays soit en paix. Elle avait toujours haussé les épaules. Si les gens voulaient la paix, pourquoi ne la provoquaient-ils pas ? Pourquoi était-ce à elle de faire tout le travail ?

Enfin, là, le pauvre bonhomme n'était apparemment pas en état de provoquer grand chose. Elle allait donc devoir s'y mettre, parce que dans le cas contraire, elle devrait ensuite l'amener à l'hôpital, et comme ce n'était pas la porte à côté, elle perdrait du temps et de l'énergie. Autant intervenir maintenant.

Seulement, elle n'était pas sensée utiliser les illusions pour son confort personnel, on le lui avait dit bien des fois. Mais était-ce son seul confort qui était en jeu, ici ? Bon, elle reflechirait à la question plus tard, mais autant éviter de gâcher du chakra pour rien, elle tenterait de faire sans, sauf si cela s'avérait absolument nécessaire. La jeune femme s'avança donc d'un pas souple vers le colosse, toujours occuper à mettre méticuleusement sa victime en miettes :

« Excuse-moi... ? »

Tutoyer tout le monde, on le lui avait dit, était inapproprié. Mais elle n'y arrivait pas, surtout après avoir observé quelqu'un... Elle considérait qu'elle le connaissait, maintenant. Bon, d'ailleurs, son interlocuteur semblait ne pas l'avoir entendu, aussi elle donna un ou deux coups sur l'épaule puissamment musclée :

« Je crois qu'il n'a pas envie de jouer. Enfin, ce n'est que mon avis, et parce que personnellement, je n'aimerais pas être à sa place. »

Ça, c'était de l'intervention, mais apparemment, ça ne suffirait pas, parce que le colosse s'était retourné et la toisait maintenant d'un regard goguenard. Il n'avait pas l'air d'avoir bien compris ce qu'elle avait dit, parce qu'il n'y répondait pas. Elle lui accordait quelques secondes, se demandant s'il serait en mesure de répondre à une des questions qu'elle s'était posée ce soir, mais malheureusement, il n'avait pas l'air d'être doté de la capacité de réflexion nécessaire pour déterminer si la groseille serait une alternative efficace au système monétaire de Kumo. D'ailleurs, il venait de profiter de ses quelques secondes pour passer son énorme bras autour de son épaule. Il dit quelque chose, mais elle était occupée à rassembler un brin d'énergie afin de l'occuper autre part.

En réalité, ça la désespérait de devoir user de son art pour quelqu'un aussi peu apte que lui à en apprécier la qualité, mais il l'y avait obligée. Elle aimait envoyer des illusions sur des personnes subtiles et attentives à la beauté des mirages. Tant pis. L'homme hurla de douleur. Elle sourit, satisfaite de n'avoir eu qu'à lui envoyer un enchantement sans qualité. Il s'écarta, tomba plus loin, provoquant des murmures interrogateurs de la part de la foule amassée autour d'eux.

Elle soupira, s'approcha du jeune homme en sang. Il était encore allongé par terre, recroquevillé sur le côté, comme s'il ne s'était pas rendu compte que la pluie de coups avait cessé. Certaines de ses blessures semblaient s'être soignées d'elles-même, fait étrange, mais cela ne la perturba pas. Par contre, elle se souvenait qu'en général, il était bien vu de tendre une main à une personne blessée encore à terre. Aussi ce fut ce qu'elle fit, et ajouta d'une voix laissant transparaitre le désappointement qu'elle ressentait encore :

« Tu m'as forcée à utiliser de l'art sur lui. C'est du gâchis. »


L'expression a des frontières, la pensée n'en a pas. (V. Hugo)

MessageSujet: Re: Le Bar   Lun 27 Juil - 13:35

C’était une femme. Elle s’était interposée de son propre gré, alors que tant autour ne faisaient que regarder, se délectant ou s’offusquant du spectacle offert. Elle, avait bougé.
Arai était-il en si grand danger que ça ? Visiblement, oui. Malgré sa volonté de briser les règles et de se battre, il n’avait pas pu lever le petit doigt sur son adversaire. Etait-ce l’endroit ? Etait-ce les circonstances ? L’ennemi ? Ou lui-même ? Qu’est-ce qui clochait ? Son ‘stage’ chez Alucard n’avait-il finalement servi qu’à peu de choses ? Se défendre, soi-même, pour ensuite être capable d’aller aider autrui. Tel était sa vision de sa propre voie. Il avait aujourd’hui échoué. C’est lui qu’on était venu sauver.
Des jambes assurées, une voix ferme. Elle avait couché l’homme, sans bouger. La foule en resta surprise un long moment. Tous se demandaient « comment ? », certains allèrent jusqu’à s’approcher du colosse pour observer son état. Lui seul avait hurlé, de douleur probablement, et s’était tut d’un coup, choqué, affecté dans son mental. Il n’y avait que ça.
De là où il était Arai n’avait pas bien suivi les choses. C’était à se demander s’il avait même vu qu’il était sauf. Rien de concret dans sa tête depuis l’apparition de cette paire de jambes.

Puis de cette main.

Une main, généreusement tendue vers lui, alors recroquevillé sur le bas côté, toujours baignant dans cette flaque dégueulasse. Ses petites billes de chakra tournoyaient furtivement autour de lui, se regroupant devant chaque blessure, devant chaque hématome, déversant ce chakra médical en zone superficielle. Il était moins moche à regarder maintenant. Mais des soins plus intensifs l’attendaient.

[femme] - Tu m'as forcée à utiliser de l'art sur lui. C'est du gâchis.

Qu… ? Elle l’aidait ou l’engueulait ? Arai accepta sa main préféra reporter à plus tard cette déclaration fort moins délicate. Etant de nouveau debout sur ses deux pieds, le chuunin souffla un bon coup, s’étira en arrière et grommela sous les craquements désagréables de sa colonne vertébrale. Il était atteint jusque là ? Oui, des soins allaient suivre. Mais pas tout de suite, la situation était loin d’être alarmante. Il préférait rentrer et poser son douloureux fessier sur une chaise confortable, apprécier une boisson revigorante et discuter en bonne compagnie.
Etait-elle, de bonne compagnie ? Si elle acceptait de venir boire avec lui, il le saurait peut-être.

[Arai] – Merci. Maintenant, je vais aller m’asseoir quelques minutes si tu ne m’en veux pas.

Titubant à moitié, il se dirigea vers l’entrée du bar. Il persistait, oui, avec cet endroit qui venait pourtant de lui coûter quelques os fêlés. Le danger était maintenant passé, il n’avait plus rien à craindre.

La foule se poussa, laissa passer les deux personnages étranges et se rassembla de nouveau ensuite. Tous observaient le duo, intrigués. Certains étaient cependant restés près de l’armoire à glace vivante, étalée sur le sol comme ses congénères partout dans la rue. Le bar retrouva peu à peu son activité, même si toutes les trois secondes de nouvelles paires de regards venaient se poser sur cette mystérieuse femme et Arai. Ils étaient reluqués de tous les côtés, mais le chuunin s’en contrefichait aujourd’hui.
Haaa, que cela faisait du bien, de poser son derrière dans un fauteuil douiller. Ca restait du miteux, mais c’était si doux et moelleux comparé à la roche dehors.

Un serveur vint les voir au bout de quelques minutes de silence, Arai commanda la même chose que précédemment, et fit de même pour son invitée.
Son chakra avait terminé la régénération superficielle, les billes disparurent, absorbées par son corps nécessiteux.

[Arai] – Je te remercie vraiment… J’ai tenté comme je pouvais de répondre, mais je n’ai pas réussi. Je ne peux qu’encaisser, et réparer ensuite. Je ne peux même pas me protéger moi-même. Quel minable.
Mais… finis de parler de moi. J’ai suffisamment été le centre de l’attention ce soir.


Ha, cette douleur. L’abdomen d’Arai se contracta et le fit tousser, laissant du sang dans le creux de sa main. C’était pas nécessairement bon ça.

Et merde… J’en ai raz le cul de l’hôpital. Je préfère intervenir aux yeux de tous ces chiens que d’aller perdre mon temps dans ce vieil immeuble moisi. Je suis désolé, j’vais encore attirer des regards vers nous.

Le chuunin détacha l’ouverture de sa veste, déchira son t-shirt en dessous pour laisser apparaître son torse, maintenant plus accessible. Il arrêta tout mouvement, ferma les yeux, les mains jointes en sceau préliminaire. Sa respiration devint de plus en plus faible, son cœur battit de moins en moins vite, et lorsque le temps sembla s’arrêta pour son organisme, il se ‘réveilla’. Ses mains parcoururent les sceaux de soins avec aisance, grâce et rythme. Elles finirent par s’unir dans un claquement retentissant, puis, peu à peu, il les écarta l’une de l’autre. Une lumière mystique se dégagea de leur ouverture nouvelle. Ses paumes brillaient comme le soleil, à n’en plus distinguer qu’une forme lumineuse. L’énergie dégagée était presque palpable. C’était le désavantage de cette technique, elle n’était pas vraiment très discrète. Peut-être était-ce parce qu’il était lui-même le blessé, pas au top de ses moyens et de son control du chakra. Il termina son incantation en plaçant ses mains sur son torse nu. L’éclat de lumière s’y répandit alors. Arai sentit que son corps se muait à l’intérieur, lui arrachant divers bruits de douleurs discrets.

Le serveur était arrivé depuis quelques secondes devant la table, stoppé net par le spectacle peu habituel pour ses petits yeux innocents. La lumière se reflétait dans le fond de son iris, absorbant toute son attention, comme hypnotisé.
L’opération dura une petite minute. Intervalle de temps durant laquelle rien n’avait bougé dans le bar.
La lumière s’estompa, les mains d’Arai retombèrent sur le côté, et lui-même souffla, libéré, soulagé.
Il lui fallut un instant avant de se relever, à nouveau neuf.

[Arai] – Bon, vous me le donnez ce verre ? J’ai soif ça ne se voit pas ?

Déconcerté le serveur s’activa aussitôt, déposant les verres sur la table mais repartant tout doucement, encore perturbé. Peu à peu tout redevint bruyant. Et Arai n’avait pas besoin de tendre l’oreille pour savoir quel était le sujet de conversation du bar. Lui, il sirotait doucement son verre, naturellement. Sa faisait mal, mais du bien par où ça passait. Pourquoi les gens buvaient-ils ces mixtures brûlantes et sans guère de goût ? Au moins ça requinquait, mais niveau plaisir c’était zéro.
Il reboutonna sa veste et posa son regard sur la jeune femme à ses côtés.

[Arai] – Et bien ? Je ne me suis même pas présenté. Arai Tsumetai, chuunin à l’académie. Et toi ? J’imagine que toi aussi, tu fais parti de l’académie ninja… Peu de gens peuvent coucher un colosse pareil sans lever un doigt. Tu m’expliques ton petit tour que je t’ai apparemment fait gâcher ? De l’art dis-tu ?... hmm…

En forme, comme au début, aucunement blessé, opérationnel. Arai était prêt à discuter normalement. Cette inconnue l’était-elle ?



MessageSujet: Re: Le Bar   Mar 28 Juil - 23:33

Ils étaient maintenant attablés à l'intérieur du bar. Elle était sortie pour y rentrer de nouveau, mais accompagnée de celui qui, quelques minutes plus tôt, empruntait lui même la sortie, mais pas de sa propre volonté. A l'instant, la situation parut quelque peu étrange à Etsuko, mais elle choisit de ne pas en faire la remarque. Au cours de ses observations, elle avait compris qu'il est chose commune d'offrir un verre à une personne avec qui l'on souhaite parler, ou à quelqu'un envers qui l'on est reconnaissant. C'était donc avec une sorte d'enthousiasme (pouvoir enfin participer à un rite dont on ne percevait pas toutes les subtilités si l'on était à l'extérieur !) qu'elle s'assit en face du jeune homme dont les blessures semblaient se soigner légèrement de manière spontanée. Phénomène finalement étrange qui la fascina quelques secondes, mais elle détourna vite son regard de la gorge abimée de son interlocuteur pour l'écouter.

Il l'avait remerciée pour son aide. Il lui sembla inutile de lui préciser qu'elle l'avait aidée plus parce que c'était là ses devoirs pour avoir le droit d'exercer son art et d'y progresser à l'aide des meilleurs maîtres. Il arrivait en effet à certaines personnes de se vexer lorsqu'elle leur annonçait cela, certaines se mettaient même en colère. Les autres ne comprenaient pas, et au final, la situation devenait cruellement déplaisante...
Toutefois, le reste de ses paroles l'intéressa vivement. Ah, il ne pouvait pas se défendre ? Un peu comme les lézards, en fait, qui vous laissent leur arracher la queue mais qui la réparent ensuite... Le phénomène avait toujours paru incroyable à la jeune femme, tout comme le fait que le corps se laisse abimer puis se répare ensuite. C'était vrai, cela, rien ne vous empêchait de vous trancher le bras, mais votre organisme se mettrait juste après à tenter de se protéger, envoyant ses anticorps dans les zones ouvertes au monde extérieur. Il se défendait après coup contre l'attaque. Pourquoi pas. Mais peut être aurait-il été moins fatigant et surtout moins gênant (elle même n'aurait pas aimé perdre un de ses bras...) d'empêcher l'automutilation avant qu'elle ne puisse se produire. Il aurait suffit d'un mécanisme de plus dans le cerveau... Secouant la tête, la demoiselle se rendit une fois de plus compte que l'humain était une formidable machine et qu'elle ne cesserait jamais de percer ses incroyables mystères. Se rendant compte que l'homme toussait, elle sortit de ses pensées et reporta son attention sur lui, le regard fixé sur les gouttelettes de sang venant d'atterrir dans sa main :

« Ce n'est pas vraiment minable, tant que tu parviens à te remettre entièrement... Par contre, si tu perdais un de tes bras, tu aurais l'air malin. »

Une remarque comme une autre. Il faut dire qu'Etsuko ne se rendait pas compte qu'elle outrepassait parfois les règles habituelles de la politesse, surtout avec des inconnus. Cette habitude (ou plutôt, ce manque d'habitude...) lui avait valu de nombreux ennuis à l'académie, mais elle ne parvenait toujours pas à vouvoyer les gens comme il le fallait... Ni à retenir l'intégralité de ses pensées en elle. Dommage. Intéressée par le personnage qui lui faisait face, elle écouta ce qu'il ajouta.
Il en avait marre de l'hôpital. Tiens, il était un des résidents ? Un médecin, un malade ? Ou alors l'homme qui faisait le ménage ? Etsuko appréciait ceux qui s'occupait du nettoyage, non pas par amour de la propreté, mais parce qu'ils avaient toujours une foule d'anecdotes à lui raconter. Et puis parce qu'ils étaient passionnants, qu'ils avaient pris l'habitude de ne pas se faire remarquer, et de n'être qu'à peine regardés. Mais passons.

Il s'excusa d'avance pour ce qu'il allait faire, et elle cligna des yeux. Demander le pardon avant d'agir était un acte étrange qu'elle n'avait que rarement observé, aussi elle voulait avoir toute son attention tournée vers lui lorsqu'il se mettrait à l'œuvre.

Elle ne fut pas déçue. Son interlocuteur commença par déchirer ses vêtements, ce qui la fit hausser les sourcils parce qu'elle ne comprenait l'objectif de la manœuvre. Puis il... Comment pouvait-elle expliquer, alors que, fascinée, elle ne faisait qu'observer de loin ce qui se passait ?
Le jeune homme laissa ses mains parcourir ses blessures, entourées par une lumière légèrement irisée. Lumière qui devint très vite beaucoup plus intense, jusqu'à l'éblouir, et éblouir aussi, probablement, tout ceux qui les entouraient. La jeune femme ferma un instant les yeux, craignant presque de perdre la vue. Lorsqu'elle les rouvrit, il appliquait ses mains sur les blessures encore à vif, qui semblaient se réparer de l'intérieur, comme une guérison en accéléré. Les yeux grands ouverts, Etsuko admira l'acte se produire avec tant d'attention qu'elle failli ne pas repérer le flux d'énergie que le jeune homme se transmettait à lui même. Elle n'avait jamais été bien douée pour comprendre tous ces détails techniques, les échanges de chakra et le contrôle de l'énergie (après tout, elle, elle créait des illusions, le reste n'avait pas d'importance...), mais il était certain que lui utilisait le chakra. D'une manière différente de la sienne, c'était flagrant (elle était certaine que la guérison miraculeuse n'était pas un mirage...), mais il l'utilisait. Soudainement plus intéressée, elle leva ses yeux vers le visage de l'homme, lui même occupé à rabrouer le serveur pour sa lenteur.

On lui servit quelque chose qu'elle ne connaissait pas, puisqu'elle l'avait laissé passer commande. Aouch. C'était de l'alcool, elle qui n'avait pas l'habitude. Trempant doucement ses lèvres dans le liquide, la jeune fille se demanda à partir de quelle dose on devenait stupide et insupportable, puis elle se rappela que son frère supportait plusieurs verres avant de se mettre à marcher de travers, aussi elle avala une gorgée, poussée par la curiosité. Le breuvage brulait la gorge. Le goût était étrange, fort, un peu amer, elle ne l'aurait pas qualifié de bon mais ce n'était pas si mauvais. Enhardie, elle but une autre gorgée et regarda son interlocuteur se rhabiller, puis reprendre la parole.

Tiens, lui aussi avait un diplôme rangé au fond d'un tiroir, le même qu'elle. Chuunin. Détail dont elle n'avait jamais compris l'importance. Lorsqu'il évoqua ce qu'elle avait utilisé contre le mastodonte, elle accepta le compliment avec un hochement de tête. Elle n'était pas satisfaite, elle avait bâclé son illusion, mais le pire avait été qu'elle avait quand même été efficace. Oui, vraiment, cette énorme chose n'avait pas mérité qu'elle lui accorde de l'attention... Après quoi, il évoqua ce qu'elle lui avait dit une dizaine de minutes auparavant. Il ne comprenait pas. Mais il avait l'air de vouloir comprendre. Poussée par la bonne volonté et l'envie de parler de sa passion, la jeune femme répondit à ses questions d'une voix soudain enthousiaste :

« Je suis Etsuko Kaori. Oui, je suis à l'académie, et j'ai le même bout de papier que toi. Enfin, je veux dire, je suis aussi chuunin. Et ensuite... »

Se penchant un peu sur la table, totalement insensible aux regards qu'on leur jetait, la jeune femme continua d'une voix presque conspiratrice :

« Ça n'était pas vraiment de l'art, là, j'ai tout fait n'importe comment, mais cet imbécile est tombé dans plein dedans. Une illusion. Enfin, une mauvaise illusion, bâclée et banale. Cet homme est totalement insensible à la beauté, c'est évident, vu la façon dont il s'est laissé avoir par ce ridicule dessin. »

L'insulte suprême. Comparer un genjustu à un dessin, c'était considérer qu'il ne touchait que la vue. Elle avait envoyé des images touchant à peine les autres sens à cet homme, et il avait marché. Non, elle n'utilisait pas de fausse modestie, Etsuko ignorait ce qu'était l'orgueil, sauf par ce qu'elle avait observé et analysé chez les autres. La seule prétention qu'elle avait, c'était lorsqu'elle était fière de l'une de ses créations... Ayant envie de s'appesantir sur ce qu'elle aimait, la jeune femme enchaîna :

« Normalement, s'il est possible de parler de normalité à propos d'une telle merveille, une illusion se doit d'être une explosion de sentiments, de sensations, elle doit faire totalement oublier à celui qui a le privilège d'y goûter où il est, qui il est. Elle doit... Changer, ne serait-ce que pendant un instant, tout ce qui fait qu'il est ce qu'il est, de manière à ce qu'il ne puisse même plus savoir si il préfère les framboises aux groseilles ! »

Elle reprit sa respiration, ayant envoyé sa tirade d'un seul trait. Oui, elle aimait ce qu'elle faisait... D'ailleurs, une question lui vint à l'esprit, qu'elle s'empressa de lui poser d'une voix pressante :

« Et toi, tu préfères les framboises ou les groseilles ? »

Problématique fondamentale dans la vie d'un homme. Elle observa sa réaction, guettant un tic quelconque, une rebuffade. Oui, Arai, puisqu'il disait s'appellait ainsi, méritait au moins d'être un peu analysé. Il semblait, en effet, s'être remis très vite de l'humiliation qu'il avait subie, et il n'avait pas l'air troublé par le sang qui s'était écoulé de lui pendant un moment. Deux caractéristiques rares, et la première l'était encore plus chez les shinobi, elle l'avait remarqué.
Mais peut être était-ce dû aux capacités spéciales dont il avait fait preuve quelques minutes plus tôt ? Les soins, la guérison spontanée, l'hôpital... Au cours des quelques missions qu'elle avait effectué, la jeune femme avait rencontré plusieurs guérisseurs, et celui-ci avait tout l'air d'en être un. Mûe par la curiosité, elle ajouta, comme pour constater :

« Alors, tu guéris les gens. C'est, à mon avis, bien plus interessant que de les blesser... »


L'expression a des frontières, la pensée n'en a pas. (V. Hugo)

MessageSujet: Re: Le Bar   Sam 1 Aoû - 15:22

Etsuko Kaori, jeune femme brune diplomée de l’académie ninja. Un point commun, peut-être le seul, si on ne compte pas le verre qu’ils venaient de tous deux engloutir avec plus ou moins de dégoûts. Arai n’aimait guère ça, mais ça avait le mérite de ne pas endormir sur le coup. Et à en voir le visage d’Etsuko, crispé l’espace d’un court instant, elle non plus n’aimait pas vraiment ce breuvage.
C’est à se demander pourquoi ça a été conservé, ce type de boisson. Personne ne peut apprécier une brûlure pareille. Peut-être que cela fait Homme, Viril… démontrant une certaine vigueur, une résistance ‘naturelle’, ou une volonté supérieure. Quoiqu’il en soit, ça n’avait rien d’intéressant au niveau du goût pur. Acte stupide rien de plus.

Des illusions. C’était ça, la passion d’Etsuko, et c’était cela aussi qu’elle avait infligé au gros macaque qui baignait dehors. C’est clair qu’un type pareil a peut de chances de résister à des attaques psychiques de ce type. Le coup de bol, car il aurait rit devant toute autre offensive.
Des illusions à en oublier notre propre essence. C’était plutôt intéressant, Etsuko avait une vision de sa voie bien poussée, qui méritait d’être approfondie, travaillée. Si elle arrivait à ce stade du voile mystique, couvrant la mémoire totale de son adversaire jusqu’à son existence même, elle en deviendrait redoutable. Qui sait, peut-être l’était-elle déjà ? Arai en avait la curiosité picotée, mais, loin de lui l’envie d’en faire les essais en tant que cobaye. Il tenait à son intimité spirituelle. Bien qu’un jour, probablement, un Genjutsu-ka lui fouillerait le psyché, en attendant il aimerait rester maître de son jardin intérieur.

[Etsuko] – Et toi, tu préfères les framboises ou les groseilles ?

Hmm ? Arai en perdit les mots. Cette question l’avait sortit de ses réflexions d’un seul coup. Framboise ou groseille, quelle question ! Le chuunin était perdu, il ne s’attendait pas à quelque chose comme cela et dans la précipitation il répondit.

[Arai] – Euh… les framboises, je crois. Probablement oui. Avec du sucre, beaucoup de sucre. Ca pique et ca croustille. J’adore le sucre. D’ailleurs…

Un petit regard au serveur qui rappliqua aussitôt, et Arai fit la commande de deux verres de jus de framboises. Avec petit supplément de sucre à côté, au cas où.
Une fois reparti, Etsuko changea de sujet.

[Estuko] - Alors, tu guéris les gens. C'est, à mon avis, bien plus intéressant que de les blesser...

Elle avait l’œil la coquine ! Nan il fallait dire qu’après son tour d’extravagance gratuite, il était clair qu’Arai avait des facultés médicales. Après, il n’était pas nécessairement un guérisseur. Peut-être était-il simplement égoïste, ne se contentant que de se guérir lui-même, ne prêtant pas d’attention aux victimes alentours. Non, ça n’était pas lui ça. Maladroit, mais généreux. Sa maîtrise de la guérison n’avait rien d’extraordinaire pour le moment, mais il faisait ce qu’il pouvait lorsque l’occasion se présentait. Un jour, peut-être, il égalerait la puissance des Grands. Cette légende qu’il entendait étant gosse, sur ces Immortels. Des dieux vivants, parait-il. Les rencontrer serait un honneur, presque une exaltation.
Et si ces Immortels étaient si intouchables, ils avaient probablement aussi le pouvoir de tuer. Une chose qui n’était guère loin de la première.

[Arai] - Tu sais, je crois qu’au fond ce n’est pas vraiment différent. La morale derrière, elle, est différente, mais dans l’application elle-même, les deux sont liés. Blesser et guérir, ce n’est au final qu’une seule et même action : jouer avec la composition physique et physiologique d’un être vivant. C’est sûr que, ça demande différents types d’apprentissage mais… pour moi c’est identique.
Tout du moins j’essaie de m’en convaincre.


Le serveur déposa les deux verres. Avec le sourire et un léger clin d’œil en la direction d’Etsuko, Arai trinqua à distance et but une gorgée.

[Arai] – J’ai connu deux personnes, un père et son fils. Deux médecins. Le plus vieux aimait le côté destructeur, et s’était spécialisé dans les techniques visant à pulvériser son adversaire au plus profond de ses organes. Quelque chose d’assez ignoble en fait. J’ai eu la chance de ne pas m’y frotter en tant qu’ennemi. Son fils, par contre, avait pris un tout autre chemin. Le contraire. A eux deux, ils étaient relativement puissants. Le problème, et la particularité de cette puissance, c’est que ces deux personnes faisaient parti d’un seul et même corps…

Arai ne laissa guère le temps à Etsuko de réfléchir sur l’énigme énoncée. Lui aussi aimait parler de ce qu’il appréciait.

C’est ce qui me fait penser que ce n’est pas si opposé que cela.
Par contre, au niveau de l’éthique, je te rejoins totalement sur la question. J’ai moi-même porté mon dévolu sur cette voie dite de défense, que j’aurais aimé qualifié plutôt de protection. Je préviens et soigne les blessures de mes coéquipiers. Enfin, en théorie, puisque je n’ai pas d’équipe. Que des élèves et en ce moment ils sont occupés ailleurs.


Asuna… en faisait parti. Le temps et la distance qui s’installait entre eux n’améliorait pas vraiment leur relation. Peu à peu, les pensées du Chuunin pour cette jeune fille disparaissaient. Le temps guérissait les maux qui n’en étaient pas, même contre notre volonté.

On a tous une motivation qui nous appartient. La mienne est de trouver un remède, et je ne sais pas où chercher. La médecine m’a semblé plus logique, mais… j’ai hésité avec la maîtrise des esprits. Je crois qu’on peut soigner aussi par ce biais.

Une nouvelle gorgée de ce doux jus de framboises. Sa couleur rose, légèrement crémeuse, lui donnait envie d’en boire un nouveau. Il s’était lancé dans cette boisson uniquement à cause de la question posée par Etsuko. Et il ne le regrettait pas.
Le bar avait retrouvé son ambiance de l’heure passée. Les gens qui les fixaient étaient moins nombreux. Evidemment, quand le singe arrête ses grimaces, il ne se détache plus des autres primates. L’intérêt qu’on lui porte disparait peu à peu. Et ce n’était pas plus mal. Tout à l’heure, Arai était trop préoccupé par son propre corps pour être dérangé par le regard des autres, mais habituellement c’est une vraie torture. Etsuko l’avait peut-être aidé à surmonté ça ? Car après la « bataille », il semblait inhibé. A moins que ça ne soit les toxines sécrétées par son cerveau… Possible. Cette pensée vis-à-vis du cerveau lui rappela le sujet de conversation en cours, et sa motivation personnelle. Une question lui brûla le bout des lèvres. C’était peut-être là une chance inouïe.

[Arai] – Saurais-tu, toi, guérir le psyché d’un malade, avec tes illusions ?



MessageSujet: Re: Le Bar   Mer 5 Aoû - 16:16

Arai préférait les framboises aux groseilles. Avec du sucre. Elle avait du mal à comprendre ce dernier point, puisqu'en général, on ne mange les framboises que lorsqu'elles sont mûres, et une framboise mûre, c'est déjà délicieusement sucré. Encore, les groseilles avaient un léger goût acide qui pouvait justifier l'ajout de sucre, mais les framboises ! Etsuko lança un regard perçant à son interlocuteur. Les framboises ne croustillaient pas, elles étaient moelleuses. Du moins, pour elle, c'était le cas. Ce jeune homme devait avoir une langue assez différente de celle de la plupart des gens.
Il avait l'air un peu désemparé, comme si la question était bizarre. Ou comme s'il n'y avait jamais réfléchi. La jeune fille ne comprenait pas les gens qui n'avaient jamais pensé à ce genre de chose, c'était pourtant une des problématiques à régler avant de commencer à s'occuper des autres. Enfin, sa réponse était justement assez analysable.

Il avait répondu dans la surprise, donc elle pouvait juger qu'il était sincère. Il semblait avoir peur de manquer de sucre. C'était probablement une personne douce, ou alors qui avait besoin énormément de douceur. Pourtant il buvait ce liquide infect qu'il leur avait fait servir... Quoique apparemment sans plaisir. Hum. Elle appuya un peu ses regards, constatant avec toujours autant de déception qu'Arai n'était agité ni de spasmes, ni de tics, ni d'autre mouvement involontaire qui aurait pu la renseigner davantage sur le personnage. Par contre, il semblait avoir l'habitude de s'adresser à des subordonnés, vu la façon dont il parlait au serveur. Du jus de framboise. Bon signe, il avait bon goût, mais y ajouter du sucre était pour elle un sacrilège, le liquide finirait par devenir du sirop, et il faudrait ajouter de l'eau pour qu'il soit buvable... Elle choisit de ne rien en dire pour l'instant, réservant ses remarques pour un peu plus tard.

Et de toute façon, il s'était remis à parler, alors elle l'écouta attentivement, cherchant à repérer le moindre changement dans le rythme des mots ou le ton de la voix employée. Selon lui, infliger des dégâts au corps humain et les réparer étaient deux choses semblables. Pourquoi pas... Il était vrai que manipuler les divers éléments d'un corps nécessitait les mêmes connaissances, mais certaines personnes devaient être plus douées pour entraver les fonctions, ou pour les réparer.

Le serveur apporta les jus de fruit, et Arai lui fit un clin d'œil, auquel elle répondit par un léger sourire. Les clins d'œil avaient des significations qui lui paraissaient encore obscures, parce qu'elle n'avait pas pu en observer suffisamment pour établir une loi générale, elle ne savait donc pas vraiment comment réagir, mais sa bouche s'était étirée d'elle-même, alors elle l'avait laissée faire, écoutant avec attention le médecin se lancer dans un discours sur un père et un fils dont les fonctions étaient différentes mais qui vivaient dans le même corps. Était-ce un problème ?

La jeune fille fronça les sourcils, cherchant en quoi cela était-il problématique. Évidemment, vivre dans le même corps que son père ou son fils pouvait potentiellement être dérangeant, psychologiquement parlant. Les relations père-fils n'étaient pas sa spécialité, mais elle se doutait qu'une telle intimité pouvait y être néfaste... Quant au reste... Hum. Oui, bien sûr, une mésentente aboutissait forcément sur une faiblesse sur le plan médical. Et puis, face à une personne amoindrie, on pouvait choisir entre blesser davantage, voire achever l'être, ou alors le soigner. Personnellement, Etsuko s'en fichait, mais avoir le choix entre les deux pouvait s'avérer problématique. Il ne faut pas laisser trop de choix aux humains, ils n'aiment pas ça. Elle continua à l'écouter, sans mot dire, vivement intéressée.

Arai semblait apprécier l'art qui pratiquait, et il semblait aimer soigner des coéquipiers qu'il n'avait pas. Tiens, elle aussi aimait s'occuper de l'équipe qu'elle ne voyait presque jamais, parce que comme ils n'étaient pas là, c'était plus pratique et plus rapide. La jeune fille était sur le point de se laisser plonger dans ses pensées lorsqu'elle perçut la voix descendante de son interlocuteur. Elle se redressa. Il venait d'évoquer les élèves qui remplaçaient sa potentielle équipe (Etsuko n'en avait pas, aucune personne saine d'esprit ne lui en aurait confié...), et son regard partait doucement dans le vague. A mi-voix, elle murmura :

« Tes élèves partagent souvent le corps de leur père ? »

Oui, bien sûr, ça lui était venu à l'esprit. Elle n'était pas sûre qu'il l'ai entendue, mais il continua sur la motivation, et sur le fait qu'il aurait aussi pu s'intéresser aux illusions. 'La maîtrise des esprits', selon lui. Elle pencha un peu la tête sur le côté, évaluant la justesse de cette expression qui ne lui semblait pas convenir au premier abord, mais ne répondit rien. Il semblait apprécier le jus de framboise, et n'avait pas ajouté de sucre. Normal, tout le monde aimait les framboises. Mais... Arai paraissait encore pensif, comme perturbé par quelque chose. Elle était sur le point de lui poser une question aussi pertinente que la précédente (non, ce n'était pas pour savoir s'il préférait la viande de chèvre à celle de mouton), mais il la prit de court, précisément lorsqu'une nouvelle étincelle s'alluma dans ses yeux. Elle lui adressa un regard interrogateur, et écouta son étrange question.

Guérir l'esprit par l'illusion.

Elle n'y avait jamais pensé, vraiment. Réfléchissant, la chuunin vida la moitié de son verre avant de s'attarder sur le visage de son interlocuteur. Il était vrai que certaines personnes étaient malheureuses, ou souffraient de l'intérieur. Elle savait qu'elle intervenaient sur les esprits, mais elle n'avait jamais, oh grand jamais, songé à interférer en eux de la sorte. Hésitante pour la première fois depuis le début de l'échange, elle prit cependant la parole avec un minimum de fermeté :

« Je ne sais pas si je maitrise vraiment les esprits. Enfin, si, l'espace d'un instant. Les genjustu les plus simples consistent à envoyer l'illusion directement au cerveau en passant par les nerfs qui sont reliés aux sens. C'est généralement efficace pour les personnes dont le mental est vacillant, et je suppose que ça pourrait apaiser la tension ou la peur de quelqu'un temporairement. »

Elle s'arrêta un instant, se demandant si Arai était capable de percer la subtilité entre ce type d'illusion et celui qu'elle allait énoncer. Après tout, pour elle qui les pratiquait et qui en avait fait son art, c'était une évidence, mais elle n'était pas certaine que cela soit perceptible pour quelqu'un d'autre.

« Les plus complexes, les plus difficiles à créer passent d'abord par une prise d'information. Elles sont plus risquées, pour l'utilisateur comme pour la personne qui reçoit l'illusion. L'un peut perdre beaucoup d'énergie en très peu de temps, alors que l'autre peut resté marqué à vie. Elles consistent à aller chercher directement dans l'esprit de la personne ce qui va créer le sentiment, l'émotion que l'on veut, puis à la provoquer à partir d'une illusion appropriée. On entre parfois dans le plus profond du psyché, il peut arriver qu'on parvienne à briser des barrières internes pour réussir à toucher l'autre, et ça ne doit pas être utilisé à la légère, vraiment pas. »

Etsuko marqua une autre pause. Là, elle savait de quoi elle parlait, aucun doute, mais elle prenait son temps afin d'éviter d'en révéler trop à un néophyte.

« Si on réussit, la personne aura l'impression d'être amoureux, en colère, terrifié ou autre chose. Mais ce n'est qu'un artefact, pas un vrai sentiment. Enfin, si, mais créé artificiellement, alors il peut être très différent, beaucoup plus intense ou plein de failles... Tout dépend de la façon dont l'illusion a été lancée, et de l'expérience de l'illusionniste. »

Quelqu'un qui connaît bien la peur peut devenir un maître dans l'art de la provoquer chez une victime, elle le savait. Etsuko n'avait que rarement peur, quant aux autres sentiments... Elle se sentait trop spectatrice du monde pour les éprouver réellement. D'ailleurs, c'est dans son art que son expérience de l'observation et de l'analyse des gens lui avait été la plus profitable, et elle gagnait tous les jours à persévérer dans l'exercice de compréhension d'autrui. Elle but une gorgée de plus du délicieux jus de fruit posé devant elle, puis, un peu rêveuse, parce qu'elle cernait peu à peu le fait que ce qu'Arai lui avait évoqué nécessitait une grande maîtrise, elle continua :

« Ce genre de genjustu peut changer quelqu'un, je crois. Le soigner, peut être, je ne sais pas... Je pense que cela dépend du type de souffrance dont est atteint l'esprit. Je peux le soulager de façon brève, ça j'en suis presque certaine, mais... Pour que l'effet soit durable, il vaut mieux que l'illusionniste connaisse très bien le malade et que ce dernier se laisse faire. C'est plus facile d'entrer dans l'esprit d'une personne qui ne résiste pas. »

Elle s'arrêta là, encore pensive. Pour une fois, elle était vraiment sérieuse, et sa conversation se rapprochait de plus en plus de celle d'une personne totalement normale, même si elle n'en avait pas vraiment conscience. En fait, elle ne s'était que trop rarement attardée sur les personnes qui souffraient psychologiquement, mais peut être aurait-elle du. Eux connaissaient peut être les réponses à ses questions...


L'expression a des frontières, la pensée n'en a pas. (V. Hugo)

MessageSujet: Re: Le Bar   Ven 28 Aoû - 14:10

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MessageSujet: Re: Le Bar   

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