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 Encore un Peu Plus

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MessageSujet: Encore un Peu Plus   Lun 20 Avr - 20:01

L’épuisement pesait sur chacun de ses muscles. Haya décida de prendre un peu de repos et s’accroupie dans la boue nouvellement formée, une main posée à plat sur le sol. La pluie tombait drue depuis plusieurs longues minutes, altérant le sol et s’infiltrant dans les vêtements de la jeune fille. Elle aurait à présent pu les essorer à mains nues. La mission approchait. Encore trois jours et leur rendez-vous auprès de Satoshi arriverait. Haya redoutait ce moment, même si elle tentait de se rassurer en se disant que tout allait bien se passer. Les questions posées par Hyô ne laissaient de la torturer doucement, comme une écharde maligne qui aurait trouvé son chemin sous la plante de ses pieds. Trouver cette Tsuna n’était pas l’une des priorités d’Haya. Elle n’était pas sûre de vouloir faire la lumière sur tous ces événements.

C’est comme lire un conte. Quand on remonte à la racine du mal, la conclusion qu’on devine, on se demande si cela vaut vraiment la peine de poursuivre. La question sur sa famille demeurait, à la façon d’une ombre qui ne se décidait à se dissiper. Des questions sur son père, Kade, qui semblait accumuler les mystères autour de lui alors qu’Haya n’était même pas sûr qu’il soit également mort. Des questions sur son frère, Yuma, qui avait disparu et ne l’avait jamais retrouvé. Comment aurait-il pu penser venir à Kiri ? … Qui aurait pu croire qu’Haya deviendrait ce qu’elle était aujourd’hui ? Peut-être plus de monde qu’elle ne le supposait. Iba lui avait révélé une partie du secret ; elle faisait partie de sa famille – à lui. Son rapport avec l’eau, elle le devait à ce talent. Maître de l’Eau… Iba lui avait dit que les eaux choisissaient leurs représentants.

Pourquoi moi ?

Si son père possédait également cet attribut, il était peut-être shinobi. Ce qui expliquerait ses absences. Tout à coup, son père lui apparut comme un héros d’ombre et de lumière, une flamme fugace et terne. Il n’était pas le puissant bûcheron qu’elle avait toujours imaginé. Peut-être, s’empressa-t-elle de se corriger. Hyô, qui partage de toute évidence les mêmes pouvoirs qu’Iba, lui avait parlé comme s’il la connaissait, elle, une kunoichi parmi toutes les autres. Comme s’il connaissait sa famille et qu’elle en faisait partie.

Comme s’il connaissait son histoire… et qu’il ne voulait rien lui révéler.

Mais Haya comprenait et acceptait la sagesse de cette attitude. C’était à elle de découvrir la vérité sur son passé, de traquer le mal qui s’était instillé chez elle. Il faudrait entreprendre des recherches. Des recherches que son grade actuel pouvait justifier. Elle se demanda si Iba ou Hyô n’étaient pour rien dans sa promotion inattendue et cette pensée la mit mal à l’aise. Néanmoins, cela n’allait pas l’empêcher de chercher la vérité. Il fallait s’y résoudre de toute façon ; un mystère cesse de l’être une fois résolu. Sans cela, il demeure quelque chose d’inconnu et d’indistinct.

Haya secoua doucement la tête. Ses cheveux ruisselaient de pluie et son corps était frigorifié désormais, à cause de son inactivité. Malin… Elle se redressa et reprit une courte série d’échauffement. L’averse s’était calmée, un peu, on pouvait voir les nuages d’un gris moutonneux dans le ciel. Elle n’avait pas terminé ses exercices bien qu’elle se soit approchée d’un résultat concluant. La vague qu’elle projetait restait bien plus impressionnante que lors de ses premiers essais, voilà trois jours. Haya avait toujours l’impression d’avancer lourdement car, aussi surprenant que cela puisse paraître, elle n’avait pas à chaque fois la même facilité pour manipuler l’eau, bien au contraire. Si dans certaines situations elle surpassait des personnes d’un grade supérieur au sien, elle se révélait parfois aussi maladroite que le premier étudiant venu. Il ne semblait pas y avoir exactement de juste milieu. Mais cela, Haya s’en doutait. Tant qu’elle n’aurait pas répondu aux questions qui harcelaient son esprit et par extension son don, elle ne se sentirait jamais à l’aise avec lui. C’était une histoire de confiance. La jeune fille l’avait remarqué. Les personnes qui possèdent une capacité spéciale et qui l’utilisent avec le plus de talent se reposent entièrement sur cette capacité. Ils lui vouent une confiance totale et absolue, car ils savent qu’ils peuvent compter dessus. Dans son ignorance, Haya ignorait de quoi se composait exactement ce don. Difficile dans ces conditions de faire confiance à qui que ce soit. Mais Hyô le lui avait promis à demi-mot. Quand elle aurait ses réponses, il l’aiderait à apprendre.

En attendant, la Chuunin était limitée par ce pouvoir erratique qui pour le moment se reposait paresseusement en elle. Faisons-sans, se dit-elle.

Ses muscles réchauffés lui conféraient une curieuse impression de bien-être qu’elle s’ignorait jusqu’alors. La joie de l’effort, ou quelque chose comme ça, que prônaient les pratiquants du Taijutsu. Mis à part Satoshi, elle n’en connaissait pas beaucoup personnellement, si on pouvait parler de personnel avec Satoshi. Haya s’obligea à repousser toutes ces nombreuses digressions de son esprit pour se focaliser sur l’instant présent ; Daibakufu.

La technique n’était pas très complexe, surtout avec la quantité d’eau à disposition. Il suffisait, très simplement, de malaxer une quantité raisonnable de chakra qu’à force de tâtonner elle avait cerné, puis de la relâcher brusquement grâce à une courte série de signes. Cela devait former un enchevêtrement de colonnes d’eau, et c’était précisément ce point-là qui lui faisait défaut. Haya ne parvenait à générer qu’une unique colonne, insuffisante pour prétendre à l’impact d’un vrai daibakufu. La colonne était trop raide, trop droite, comme une lance. Ce n’était pas l’effet voulu.

La jeune fille s’appliqua pour réaliser un nouvel essai. Elle se campa sur ses jambes, des images de ses précédentes tentatives défilant sous ses yeux, son cerveau corrigeant de lui-même les erreurs relevées, puis calma sa respiration. Il fallait demeurer concentré sur ses faits et gestes pour ne pas faire de mouvement inutile, pour ne pas brûler plus de chakra qu’il n’en fallait. Haya inspira une grande goulée d’air frais puis l’expira doucement. Ses mains réalisaient les signes avant qu’elle ne s’en rende compte et une fois qu’elle sentit que c’était le bon moment, elle relâcha une importante masse d’eau.

Hélas, cette dernière avait non seulement une portée inférieure aux précédents essais mais surtout, elle n’était pas beaucoup plus épaisse. La technique n’était pas aussi belle et réussie qu’elle aurait dû l’être, et cela la frustrait. Elle regarda autour d’elle, et se décida à rester à l’abri le temps que la pluie cesse définitivement. Il serait temps de revenir ici plus tard dans la journée, le matin s’était levé depuis une poignée d’heures à peine.

*****


Haya s’était arrêtée à ce qui ressemblait à un… salon de thé, l’aspect salon en moins. Elle était à la terrasse, couverte par un toit fin mais qui ne laissait pas filtrer l’eau, ce qui était en soi amplement suffisant. Une chaude tasse entre les mains, la jeune fille observait les gens dans la rue en sirotant de temps à autre sa boisson. L’activité de Kiri était morne ce matin, des shinobi passaient dans la rue sans un regard, que ce soit en direction des portes pour une éventuelle mission ou dans le sens inverse, vers l’académie, la mairie ou encore leur maison. Le village était silencieux et même là où s’était arrêtée Haya il n’y avait que peu de bruits – et peu de clients. A peine entendait-on parfois un socle racler contre une table ou une chaise bousculée. Cela ne la dérangeait pas. Elle avait passé cette dernière année presque exclusivement silencieuse, elle aurait beau jeu de le reprocher à quiconque aujourd’hui.

Beaucoup devaient la trouver triste, pourtant, ce n’était pas vrai. Haya n’avait jamais été une fille triste ou morose. Même aujourd’hui, alors que sa famille est morte ou disparue et que son avenir lui semble incertain, elle n’avait pas souvent ressentit de tristesse. De la douleur, oui, comme tout le monde et aussi, quand elle éprouvait des difficultés à se lever le matin ou à se coucher le soir, un peu de désespoir. Mais rarement de la tristesse. Elle attribuait cela à son absence de paroles qui l’empêchait de partager la majeure partie des émotions qui animent les gens autour d’elle. Souvent, ils ne prenaient pas la peine de partager avec elle en s’imaginant qu’elle ne pourrait pas comprendre. Cela, en revanche, pouvait effectivement la rendre un peu triste mais pas tant que ça. Elle savait que la parole lui reviendrait. Ce n’était plus un sujet qui l’obsédait, comme un vieux refrain dont on ne parvient pas à retrouver le rythme. C’était en étroite relation avec son don, elle le sentait. Une fois l’un résolu, le second surviendrait sans qu’on ne s’y attende. Haya avait compris cela à Konoha.

Quand ils s’étaient enfuis à travers les ruelles, après que Satoshi se soit arrêté pour arrêter l’un des ennemis, ils étaient arrivés à l’intérieur d’un grand bâtiment à travers une porte dérobée. D’après ce que disaient les personnes qui l’environnaient, il s’agissait de la tour de l’hokage. Mais au moment où cet homme, après avoir vu quelqu’un qui lui était cher se faire attaquer dehors, avait tenté de le rejoindre, un autre s’était interposé. C’était si… injuste. Un shinobi devrait pouvoir se battre pour ce aider les siens. Sinon, à quoi servait-il ? A quoi bon s’entraîner chaque jour si au final, alors qu’on le pourrait, on tourne le dos à ceux qu’on aime ? Ce n’était pas juste. Et la colère qu’elle avait éprouvée à cet instant, une colère glaciale et méthodique, presque médicale, lui rappelait ses émotions lorsqu’elle avait fait face aux garçons aux yeux rouges, pendant la guerre à Kiri. C’était troublant. Quand elle s’était dressé face aux garçons aux yeux rouges, son don s’était manifesté pour la première fois ; puissant, souverain, terrible. Elle l’avait peut-être tué, lui et son compagnon, elle n’en savait rien et n’en saurait peut-être jamais rien. Et quand elle s’était dressée face à l’injustice à Konoha, c’était sa voix qui lui était revenue, comme une arme antique qu’elle se serait découvert, une retrouvaille amicale et rassurante, un ami perdu de vue qui n’était jamais très loin… A présent, Haya en avait la certitude. Sa voix et son don réagissaient aux mêmes choses, répondaient aux mêmes critères. Ils lui proposaient un jeu ; si elle parvenait à trouver la réponse (et ils voulaient qu’elle la trouve), alors ils reviendraient plus sûrs que jamais. Haya retrouverait sa voix, qu’elle avait presque oubliée à présent. Une voix d’adolescente, douce et émue, souvent. Elle l’imaginait rauque à présent, rouillée. Oui, ce serait une cicatrice qu’elle garderait à jamais – une voix dure et profonde. Une cicatrice qui lui rappellerait son nom marqué au couteau dans son dos, ses jambes brisées et tout le reste. Patiemment, son corps se construisait une identité de guerrier. Haya sourit. Sans destin de kunoichi avait été décidée contre son assentiment, mais elle arriverait à s’y faire. Son corps, du moins, y était déjà parvenu. Presque. Encore quelques verrous à faire sauter, mais les douleurs qui la parcouraient quand elle essayait de se déplacer il y a plusieurs mois avaient disparu presque entièrement. Aujourd’hui, elle pouvait travailler dur sans craindre une paralysie partielle le lendemain ou dans les jours qui suivent. La voie de la guérison, le retour en grâce.

Définitivement, elle le sentait. Sa voix, bientôt, résonnerait à nouveau à ses propres oreilles.

*****


La vague gonfla, ronflante, avant de s’écraser avec fracas contre le mur. La palissade trembla. C’était tout de même beaucoup mieux. Le daibakufu répondait à une certaine qualité désormais, bien qu’il soit encore imparfait. Sans bien savoir comment, Haya le voyait aussi clairement qu’un professeur l’aurait vu. La vague disposait d’une amplitude suffisante et se manifestait comme elle le devait, mais la curiosité ne cessait d’aiguillonner l’esprit de la jeune fille. Celle-ci se demandait comment la vague réagirait si elle devait devenir encore plus grosse. Les heures suivantes furent consacrées à cette pensée, car Haya avait déjà vu des shinobi utiliser des techniques connues d’une manière si étonnante que cela l’avait fasciné. Un jet d’eau devenait dans leurs mains une trombe grandiose et cela en agissant sur de subtiles variations qu’elle avait entendu lors d’un cours sur le teppou dama, si ses souvenirs ne la trompaient pas.

Au final, son mur d’entraînement était couvert d’humidité. A sa grande satisfaction, en restant résolument à sa place, le diamètre de l’impact avait significativement augmenté, couvrant une surface bien plus grande qu’auparavant. Ainsi, en situation de combat réelle, englober plusieurs adversaires ne lui serait plus aussi difficile. Ou plutôt, elle pourrait le décider d’elle-même, ce qui était tout aussi bien. Haya eut un sourire fatigué puis s’adossa paresseusement contre le mur. Elle se laissa tomber à terre, la tête soudainement plus lourde qu’elle ne l’aurait pensé. La jeune fille n’en avait pas exactement terminé. Mais c’était déjà un bon début. Un très bon début.


Dernière édition par Haya Sasaki le Sam 24 Oct - 20:01, édité 1 fois

MessageSujet: Re: Encore un Peu Plus   Mer 22 Avr - 15:02

Malgré la fatigue, Haya se releva.

Elle ne travaillait pas plus que d’habitude à cause de la mission qui s’annonçait. Son souhait était effectivement d’être prête pour ne pas décevoir ou mener à leur perte ses compagnons. Elle ne prenait pas du tout cela à la légère, surtout depuis qu’elle avait été choisie par les représentants de son village pour intégrer une équipe de niveau intermédiaire. Haya se sentait curieusement honorée de cette distinction. Après tout, on l’avait élu elle au sein d’une compétition officielle. Sa peur qu’Iba ou Hyô aient pu jouer un rôle dans cette promotion lui apparaissait maintenant comme une pensée ridicule. Elle avait lu des choses à ce sujet. C’était les chefs des villages qui choisissaient, ensemble, les shinobi qui méritaient de passer au grade supérieur. Certaines années, aucun n’était choisi, d’autres étaient plus prolifiques. Elle ignorait exactement ce qu’il en était pour les autres villages cachés, mais il y avait eu trois promus à Kiri ce qui, somme toute, était un pourcentage honorable.

Ces trois promus formeraient l’équipe numéro… Haya eut une moue dubitative. Elle ignorait le numéro de son équipe. Elle s’appellerait pour le moment l’équipe de Sokka et de Liori. Kiri souhaitait certainement se pourvoir d’une force de frappe supplémentaire pour englober davantage de contrats de mission afin d’étendre son influence. Devant les menaces constituées par les deux organisations ennemies, Asahi et Kakumei, Kiri allait vraisemblablement baser sa stratégie sur une certaine temporisation. Amasser de l’argent tout en faisant des recherches pour traquer leurs ennemis et ainsi lancer leurs propres missions. Haya ignorait d’où elle tirait ça, mais ce serait ce qu’elle aurait fait à leur place. L’attaque d’Asahi avait été plus impressionnante que terrible. Il y avait eu de nombreux morts, c’était un fait, mais il s’agissait davantage de présenter les forces. Asahi voulait se montrer au grand jour, avec tous ses atouts. Haya avait entendu certains gradés discuter entre eux et s’étonner du nombre d’adversaires. Visiblement, Asahi n’avait pas toujours été composé de ces membres. L’organisation avait voulu marquer les esprits des villages cachés et de leur ennemi, Kakumei. Ils en avaient tué l’un des chefs, d’après ce qu’elle avait compris, et toute l’attaque portait sur cet unique objectif.

Il fallait être très puissant pour détruire les défenses d’un des villages cachés, alors que ce dernier reçoit certaines des personnalités les plus célèbres de chaque autre village… Ils en avaient appris beaucoup plus qu’il n’y paraissait pendant cet affrontement auquel elle n’avait pas pris part. Si Kakumei voulait la fin d’Asahi et réciproquement, les villages ninjas avaient une chance de tirer leur épingle de ce sordide petit jeu.

La technique que la jeune fille souhaitait apprendre cette fois-ci était plus offensive que la précédente, dans le sens où son potentiel destructeur était plus élevé. Haya avait participé à un cours à ce sujet, mais rapidement seulement. Elle s’était attardée dans la salle pour prêter une oreille attentive à l’introduction faite par Mr. T en personne, le bondissant petit professeur, et avait noté le nom d’un ouvrage et de son auteur. Par la suite, la jeune fille était allée le retirer à la bibliothèque. C’était un livre plus vieux qu’elle ne l’aurait pensé. Daté très précisément du début du règne, si le terme est correct, de Shinobu. La technique semblait être née à ce moment-là, à la suite de l’élaboration de daibakufu. Au moins, Haya respecterait l’ordre chronologique.

Sereinement, la kunoichi se prépara. La pluie avait repris sa triste besogne, étalant à terre de larges flaques sans éclat. Le mince soleil du matin avait à présent entièrement disparu, englouti par les filets de nuages qui formaient comme une couverture au-dessus de Kiri. Il n’y avait pas de bruit autre que celui de l’eau qui rencontre l’eau, ou qui épouse les vêtements. Lorsqu’elle se déplaçait, Haya faisait un drôle de bruit de succion, et cela l’amena à se demander si les Maîtres des Eaux pouvaient s’enrhumer. Elle chassa résolument cette interrogation de son esprit pour se concentrer sur son chakra. Si au moment de devenir kunoichi ce sujet l’avait angoissé (car elle n’avait jamais, de sa vie, ressenti le moindre chakra en elle et elle craignait que cela soit un attribut rare et précieux), aujourd’hui il réagissait aussi bien que pour n’importe qui d’autre. C’était comme un muscle. Si on l’exerçait, il se densifiait et gagnait en fluidité. Si on le laissait à l’abandon, il ne disparaissait pas mais ne se manifestait pas pour autant. Du moins, c’était ainsi qu’Haya avait intégré la chose.

La particularité des torrents, c’était de nécessiter une grande quantité d’eau. Plus que cela, la puissance dégagée par la technique brûlait l’eau. Elle était utilisée comme le serait un explosif, avec l’immédiateté d’une pensée. Ce défaut était tempéré par le peu de chakra nécessaire, ce qui était utile pour finir un adversaire quand on commençait à souffrir un peu, ou pour l’entamer au contraire quand on a de quoi assurer derrière. Haya était convaincue qu’un shinobi efficace était un shinobi qui disposait de multiples possibilités. L’adversaire s’arrangera déjà pour limiter sa puissance, alors pourquoi lui faciliter le travail en se bornant à des tactiques uniques. C’était s’exposer à un contre inconscient. La perspective d’avoir une arme lourde sous le bras la séduisait beaucoup, de façon à frapper fort si la situation l’exigeait.

Haya concentra un peu de chakra et utilisa l’eau alentour pour la projeter contre l’arbre.

*****


Trois heures plus tard, Haya était à genoux, essoufflée. Des étincelles pétillaient devant ses yeux, comme autant d’avertissements. L’eau coulait sur son cou et descendait le long de sa colonne vertébrale pour lui griffer les reins. Elle grelottait à présent et conservait la tête basse pour économiser ses mouvements. Ses jambes nues étaient sales, couvertes de boue et d’éraflures à la provenance inconnue. La tête lui tournait.

Autour d’elle, un vaste cercle parfaitement sec s’était formé.

A force d’utiliser l’eau de manière aussi violente, celle-ci avait bel et bien disparu, brûlée, comme Haya se plaisait à dire. Ses bras étaient agités d’un léger tremblement, qui s’accroissait quand elle tenait ses mains droites devant elle. Daibakufu lui avait pris plusieurs jours pour être correctement maîtrisée et il s’agissait là d’une technique plus évoluée, néanmoins son schéma était rigoureusement similaire. Elle pouvait poursuivre, mais il apparaissait de plus en plus clairement qu’Haya allait devoir puiser dans ses réserves pour y arriver. Les shinobi de tout niveau jouaient à un jeu dangereux : danser avec ses limites. Ils vont parfois trop loin et s’étalent au sol sans pouvoir rien n’y faire. Mais cela les aide à les cerner. Haya était convaincue de très bien connaître ses limites. Elle savait quand elle les dépassait et quand cela serait périlleux pour sa santé. Actuellement, la jeune fille savait être allée trop loin, mais de peu.

Hélas, ce n’était pas fini. Elle comptait encore deux essais. Un pour réussir la technique, l’autre pour confirmer. Aussi se releva-t-elle, chancelante, les yeux clos. Quand elle les rouvrit, bien qu’elle l’ignorât, ils étaient d’un bleu intense. Elle réalisa la courte série de signes sans s’en rendre compte, se redressa brusquement comme si la fatigue était oubliée pour quelques instants et expulsa l’eau qui s’était accumulée en une nouvelle flaque autour d’elle. Un couloir transparent se forma, ronfla fièrement, puis s’écrasa huit mètres plus loin contre un arbre. Les gouttes accumulées tombèrent d’un coup, suite au choc et éclaboussèrent joyeusement les autres troncs. Haya recommença à six reprises.

Elle sentait une énergie en elle, et quoiqu’elle n’en sache rien, elle sut que son don était là, tout près, une main tranquille posée sur son épaule. Pour le moment, il guettait ses faiblesses. Car il n’y avait que deux façons de le convoquer pour l’instant ; la colère, ou tout autre émotion forte, ce qui le rendait imprévisible et instable, mais aussi la fatigue, physique ou mentale, et les blessures. C’était comme une ombre, un ami fidèle qui aurait juré de ne jamais rentrer chez lui, de toujours être là pour protéger. Toujours, toujours.

Haya s’écroula une nouvelle fois à terre. Sa poitrine lui faisait mal, elle desserra largement sa tunique et tomba les deux mains en avant. Ses cheveux touchaient presque le sol tandis qu’elle reprenait péniblement sa respiration. Son crâne la faisait souffrir et exigeait du repos. Une angoisse frappa soudainement la jeune fille : et si elle ne parvenait pas à rentrer chez elle ? Peut-être avait-elle un peu trop poussé. Mais elle s’était sentie si bien, si vivante pendant ces précieuses secondes…

A nouveau entière… C’était ce qu’elle avait pensé.

Il fallait toutefois se montrer prudent et minutieux. Une erreur de ce type ne lui pardonnerait pas en conditions réelles. Personne ne se soucierait de savoir si elle serait capable de rentrer chez elle sur ses deux jambes et sans se traîner. Mais pour cette sensation, elle aurait abandonné beaucoup de choses. Beaucoup de choses…

Haya se remit sur ses jambes, appuyée à un arbre. Elle attendit de s’habituer à cette hauteur puis se tourna résolument vers Kiri. Les portes étaient toutes proches, elle ne s’était guère éloignée, par souci pratique principalement. En louant sa prudence, la jeune fille amorça un pas douloureux vers sa maison.

*****


Après un long bain au milieu duquel elle s’était endormie, Haya s’était saisit d’un épais peignoir dans lequel elle s’était emmitouflée. Finissant de se sécher les cheveux, elle sortit de la petite pièce bleue pour retourner à la cuisine. Elle mit à chauffer son café et le regarda se faire, gourmande. Dehors, le soleil commençait à descendre, il devait être plus tard qu’elle ne s’y attendait. Mais cela ne changeait rien, son programme pour la soirée se limitait à une chose : dormir… au chaud. Elle porta sa tasse jusqu’à son canapé où elle s’assit et jamais il ne lui avait semblé si confortable.

Haya laissa aller sa tête contre le dossier, son café posé sur le ventre et les jambes tendues en avant. Elle sirota sa boisson les yeux fermés et sentit le sommeil s’immiscer en elle avec douceur. Fournissant un effort incroyable, la jeune Chuunin se redressa et se dirigea en trébuchant vers son lit. Sans prendre la peine de s’habiller, elle défit son peignoir et se noya sous les couvertures. Il ne lui fallut guère plus d’une minute pour s’assoupir.

Dehors, quelqu’un sauta du parapet.

MessageSujet: Re: Encore un Peu Plus   Jeu 4 Juin - 13:49

Haya : +38 XP - Techniques validées.

Haya, Haya... Aïe aïe aïe ! Mais quel jeu de mot... Mais je suis époustouflant de jeu de mot... Nan ne fuis pas :/
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