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 Au fond du jardin de l'Académie...

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MessageSujet: Au fond du jardin de l'Académie...   Ven 29 Mai - 22:20

Hetan Ideyoki... doyen Genin, qui du haut de sa quarantaine d'années, fait passer toute son aigreur sur les nouvelles recrues Genins de l'Académie shinobi. Une vie de raté, incapable de prouver sa valeur, mauvais au combat, inculte en stratégie, ignare en ninjutsu, il a vécu le plus clair de son temps dans les couloirs sombres de l'école shinobi, avec pour mission de s'occuper des classes inférieures non affectées à une équipe. Son visage marqué par les ravages du temps est la figure même de la perfidie.

De petits yeux méfiants, entourés de sourcils noirs épais, sont au centre d'une mosaïque géante de rides d'expression, de haine et de colère. Cet homme avait tellement peu souri dans sa vie que toutes ses courbes s'étaient affaissées sous le poids de la rancune. De longues bajoues, symboles de son embonpoint manifeste, flottent dans les airs lorsqu'il marche. Et si vous voyiez comment il marche. Une allure grotesque, pataude, lasse, que son kimono trop petit pour lui ne fait qu'accentuer. Bref, Hetan Ideyoki était l'archétype de l'individu désagréable.

Et pourtant, c'était mon premier senseï. Je m'en souviens comme si c'était hier. La cérémonie de passage au rang de Genin. Nous étions une cinquantaine, presque tout le monde avait obtenu le passage de rang. Normal me direz-vous. Ce qui fut moins normal, c'est ce qui se passa après. Au garde à vous, par rangées ordonnées, nous contemplâmes les chuunins instructeurs, ceux qui avaient besoin de nouveaux arrivants dans leur équipe. Une trentaine tout au plus. Je compris en cet instant que tout le monde ne serait pas affecté.

Mais bien au delà d'une évaluation sur les compétences, ce fut un choix sur les relations. Certains incapables furent enrôlés. Moi, comme la plupart des originaires de l'Est, restâmes dans ce rang devenu soudain beaucoup plus lâche, et regardâmes les chanceux partir avec leurs chefs d'équipe respectifs. Là, plus loin vers la montagne, les nuages gris foncés arrivaient lentement pour nous envelopper de leur pluie, cette pluie où nous avions envie de fondre, tellement nous nous sentions insignifiants. L'assistant du Raikage ne nous regarda même pas. Nous étions les déchets. On ne prit pas la peine de nous expliquer ce qu'il fallait qu'on fasse. Livrés à nous même, il fallait continuer dans notre voie sans l'aide de personne. Certains trouvèrent un emploi à même l'Académie, d'autres se mirent au service des plus grands clans, qui avaient besoin de Genins pour s'occuper des tâches ingrates. Moi, je décidai de trouver un senseï coûte que coûte. Le seul à m'accepter fut Ideyoki. Mais à quel prix....

Au final, je n'appris pas grand chose, mais j'acceptai, car je n'avais pas grand chose d'autre à faire. Chez moi, je m'entraînais pour compenser, et garder la forme. Cela dura un an. Un an avant aujourd'hui, où j'allais annoncer mon intégration à l'équipe de Sho Nagoshi. J'ouvris la porte à coulisses de la petite maison au fond du jardin de l'Académie, et m'asseyai sur le tatami, les pieds nus, attendant le droit de parler. Ideyoki-san se retourna lentement. Son regard brumeux me renseigna sur la quantité d'alcool qu'il avait déjà ingurgité en cette fin de matinée.



Ideyoki : Que veux-tu, Ananda ?


Ananda : Je dois vous parler à propos de...

Je le sais déjà, imbécile ! Vous êtes tous pareils... Moi qui t'ai tout appris, et c'est comme ça que tu remercie ?


Je ne répondis rien. D'une part, je n'avais rien appris auprès de lui. D'autre part, je savais que répondre ne servirait à rien. Toujours assis sur mes genoux, je vis Ideyoki-san s'approcher de moi, le regard froid, livide. Le coup partit. J'encaissai, et ne répondis toujours rien.

Je vais reprendre ce que je t'ai donné, imbécile !


Les coups s'enchaînèrent. Mon visage rougit, je le savais, bien que je puisse pas voir. Je ne bronchai pas. Je savais qu'il s'arrêterait. Ce fut chose faite, après maintes complaintes, de nombreux cris et quelques insultes. Puis il retourna sur son siège, continuer son travail de caligraphie. Je me levai, sanguignolant, puis me tournai les talons avant de me diriger vers la sortie. A l'entrée, je ne vis pas pas la silhouette qui montait les quelques marches de bois. Je percutai ainsi l'inconnu, tombai sur un genou, avant de me relever et de baisser la tête.


Toutes mes excuses monsieur.


Je relevai la tête, le regard vide. J'étais passablement énervé, aussi le moment n'était pas propice aux excuses... J'espérai que l'interlocuteur percuté ne le prenne pas mal, mais je ne pouvais faire mieux. Mon visage bosselé et rougeoyant tenta de sourire. Ce fut trop pénible, aussi j'abandonnai cette tâche. En résulta une sorte de grimace incompréhensible... Puis j'époussetai mon manteau et repris la marche...


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MessageSujet: Re: Au fond du jardin de l'Académie...   Mar 7 Juil - 17:02

La vie est parsemée d’imprévue, qu’il faut savoir gérer et profiter. Ainsi, se faire heurter par un inconnu est toujours une occasion d’engager le dialogue. Dans certaines situations cette possibilité devient même une obligation, lorsque le dit inconnu est couvert de sang par exemple. Ishiki examina attentivement le jeune homme, il semblait avoir pris stoïquement des coups sans y répondre… enfin pas si stoïquement que cela à en juger son regard vide, sa grimace et la bousculade en question. Ainsi son attitude envers la violence était passive et active. Il avait subi et non pas voulu. Encore une victime…

Quoique l’on en préjuge, les victimes ne sont pas si innocentes que cela. Souvent, elles ont leur part de responsabilité dans leur agression ; de part leur comportement elles ont laissé s’exprimer la violence. Certes, si celle-ci était inévitable et bien soit ; mais c’est leur attitude face à celle-ci qui est déterminante. Quoiqu’il en soit la violence n’est pas une raison valable de perdre son calme voire même sa bonne humeur. S’énerver contre l’inéluctable est vain. S’énerver sur ce que l’on a provoqué est pathétique. Si l’agression est le fruit de notre comportement, autant se relevé de son erreur et positiver.

Apparemment cet étudiant n’avait pas appris cette leçon de vie.

Autant y remédier tout de suite, cette bousculade résonnait comme un appel du destin qui lui confiait une étape du parcours de vie de cet adolescent. Ishiki passa la tête dans l’ouverture de la porte pour tenter d’éclaircir les causes la conjoncture. L’identité de l’occupant de la salle ne lui était pas inconnue : Hetan Ideyoki... doyen Genin. Le Cetana éprouvait toujours une vague consternation à son égard. Comment peut-on rester à ce niveau aussi longtemps sans faire le moindre effort sur soi-même pour progresser, aller au-delà ? Ishiki aurait bien tenté quelque chose avec lui s’il ne savait par avance que c’était peine perdue : avec l’âge, les gens deviennent s’y ancrés dans leurs habitudes qu’il est très difficile de les en faire changer. En outre ce n’était pas le plus jeune jounin qui était le mieux placé pour conseiller ou ordonner au doyen genin sans que ce dernier n’en conçoive une amertume qui étoufferait dans l’œuf toutes les tentatives de transformation en profondeur. L’étudiant en revanche lui semblait potentiellement plus réceptif à l’enseignement qu’il pourrait lui fournir. C’était donc pour lui que le Cetana agit.


[Ishiki] – « Un instant. »

En deux enjambées il rattrapa l’adolescent et lui posa la main sur l’épaule. Avec un sourire, il donna une légère impulsion de chakra de telle sorte qu’un peu de sa propre énergie vitale se mélange avec celui de cet inconnu. Ishiki éprouva un bonheur irrationnel à avoir ainsi fait don son de son chakra. Ah la magie des offrandes… Le jeune diplomate affirmait à qui voulait l’entendre que pour créer des rapports sociaux sains, il fallait d’abord donné un peu de soi-même, pas nécessairement beaucoup ni de manière aussi direct. C’est la symbolique qui agit. Si un tel don est désintéressé, la magie opère.

[Ishiki] – « Crois-tu que je vais de laisser partir ainsi ? »

La question était ambiguë et s’offrait à de multiples interprétations. C’était voulu. Le jounin souhaitait le faire réfléchir, lui faire prendre de la distance par rapport à son flot d’émotions négatives.

[Ishiki] – « Suis-moi. »

L’injonction relevait plus du conseil que de l’ordre. Néanmoins le ton de sa voix et son attitude montrait bien qu’Ishiki ne doutait pas de l’effet de celle-ci. Il entraîna l’étudiant jusqu’à une salle de repos, laquelle était à cette heure-ci agréablement éclairée par les rayons tombants du soleil et – cerise sur le gâteau – vide. Il l’invita de la main à prendre place à l’une des tables éclairées. Une fois installé, il lui intima :


[Ishiki] – « Ta respiration. Allonge l’inspire et l’expire. »

L’ordre allait peut-être le surprendre. Tant mieux, l’étonnement lui ferait couper les ponts avec son ressentiment. Le jeune jounin était toujours émerveillé de constater les effets du contrôle de la respiration sur l’être émotionnel. « Le souffle est la monture de l’esprit » disait l’adage. Il était en tout cas impossible de s’énerver si l’on conserve un souffle long. La maîtrise du souffle donnait des résultats stupéfiants ! Assurément c’était une voie royale pour parvenir à la maîtrise de soi.

Le jeune jounin alla chercher de l’eau à la fontaine, s’assit à la table de l’adolescent et lui présenta l’un des gâteaux au miel qu’il conservait en permanence dans sa veste pour la probabilité ténue mais réelle d’un départ en mission immédiat. Les actions du diplomate n’étaient point vaines : le partage de nourriture était l’un des plus anciens rites d’association de l’espèce humaine.


[Ishiki] – « La vie ne nous conduit pas toujours sur des chemins agréables, car la vie n’a pas pour vocation d’être vécue agréablement, mais de nous amener à nous poser les bonnes questions, afin de parcourir les bons chemins. La vie que nous vivons n’est pas une cause, la vie est la résultante de nos pensées de nos sentiments. C’est à partir d’eux que nous agissons, nous forgeons jour après jour notre parcours de vie. D’où l’importance vitale - au sens strict du terme – d’apprendre à les maîtriser. Nos pensées et nos émotions d’aujourd’hui forme nos expériences de demain. Quiconque oublie ce principe essentiel, sera amenez à maudire le destin, les circonstances, etc. ou fuir dans l’apathie. Mais en vérité nous récoltons ce que nous semons.

C’est ô combien responsabilisant que de savoir que notre vie dépend essentiellement de nous et que nous ne pouvons rejeter la responsabilité de nos malheurs sur autrui ! C’est en cela que réside la liberté humaine, cette capacité de s’auto-déterminer en toutes circonstances.

Fasse à tout événement négatif quel qu’il soit, il faut se demander : Mon comportement antérieur est-il en partie responsable du dit évènement ? Dans l’affirmative nous devons remercier la vie de nous donner la possibilité de réformer positivement notre conduite, de nos améliorer intérieurement, d’évoluer. Dans la négative, prenons cela pour une épreuve dont nous sortirons plus fort, plus Grand. Elevons dans les hautes sphères de nous-même, à gravissons les chemins sinueux - et même si de plus en plus étroits - de nos propres sommets intérieurs !

Vivre une vie morne suscite toujours en nous le désir de la voir plus épanouie. C’est bien évidemment légitime, chacun a le droit à l’épanouissement intérieur. Mais celui-ci ne s’obtient que par des efforts acharnés sur soi.

Il n’y a ni bien ni mal dans le cœur de l’homme. Seulement l’encours d’une longue évolution parsemée d’erreurs salutaires à la compréhension profonde. Seulement des illusions énormes, des incompréhensions flagrantes et un besoin viscéral d’expérimenter le véritable sens de la vie.
»

Ishiki souriait. Le jounin avait usé de tout son savoir-faire d’orateur pour captiver l’attention du jeune homme sur ses propos. Il était certain à présent que le message qu’il avait souhaité lui passer allait avoir une influence durable et salutaire sur la vie de cet individu. Il éprouvait alors une joie intense et visible à avoir ainsi pu contribuer - ne serait-ce que modestement - à l’épanouissement intérieur de son prochain.


Dernière édition par Ishiki Cetana le Mer 5 Aoû - 20:42, édité 1 fois

MessageSujet: Re: Au fond du jardin de l'Académie...   Ven 31 Juil - 12:56

En attendant que vous poursuiviez peut-être.

Ananda : +6 XP
Ishiki : +11 XP

MessageSujet: Re: Au fond du jardin de l'Académie...   Ven 31 Juil - 21:54

J'eus le temps de faire quelques pas, titubant, avant que l'individu que j'avais bousculé auparavant ne vienne me rejoindre d'un bond. Il m'apostropha. Sa main se posa sur mon épaule, et je sentis une vague de chaleur envahir mon corps. Une onde rayonnante de sentiments humains positifs s'empara de mon esprit. Cependant, il n'eut pas l'effet escompté : un tel acte était volontaire, et je n'acceptais pas la charité gratuite. Mon regard croisa de nouveau l'homme aux cheveux blancs. Il fut beaucoup moins vide, la lassitude et l'ennui avaient remplacé le néant...

[Ishiki] – « Crois-tu que je vais de laisser partir ainsi ? »

Ananda : - Sauf votre respect, je n'en ai que faire...

Au moins, je fus clair, même si le ton de ma voix montrait aussi une certaine insolence dont je ne fus pas fier après coup. Mais ils étaient sortis, bon gré mal gré.
S'ensuit une injonction à le suivre... Vu ce que je venais de lui dire, je crus d'abord à une énième punition. Non, mesdames et messieurs, l'univers des shinobis n'est pas tout rose, et bien des haut gradés nous prennent pour des paillassons...
Mais non.

A la place, une salle de repos, vide, et plutôt apaisante. Quel était ce cirque ? Le sang qui avait coulé quelques minutes auparavant avait sêché. J'en essuyai quelques filets qui partaient de mon crâne quand le Juunin me lança une nouvelle requête surprenante.


[Ishiki] – « Ta respiration. Allonge l’inspire et l’expire. »


Pourquoi me demandait-il ça ? Croyait-il que j'étais énervé au point de ne pas pouvoir me contrôler ? Il est vrai qu'il m'avait vu sous un angle assez inédit, et que la situation pouvait expliquer la suite de son comportement. Mais il était dans le faux, et j'allais bientôt m'en rendre compte. J'obéis à sa demande, et allongeai ma respiration. Assis à la table, je vis l'inconnu partir chercher de l'eau, sortir un gâteau de sa poche, et s'asseoir en face de moi. Je regardai ces offrandes avec perplexité, et mon regard peu convaincu s'accentua lorsque j'entendis le monologue du bonhomme...


Et blablabla... Encore un de ces érudits auto-proclamés, qui se croient philosophes et assez imbus d'eux mêmes pour faire la morale aux autres. Je stoppai net l'exercice de respiration, et attendis patiemment que le monologue s'arrête, à court d'arguments. Je préparai ma réponse, par la même occasion.


Décidemment, vous n'avez absolument rien compris. Quand me suis-je plaint de ce que j'ai subi ? Je suis parfaitement conscient de la conséquence de mes actes, et je l'assume. Tout comme j'assume le fait de rester ici à discuter avec vous alors que je sais que cela ne servira probablement à rien. Si je suis ici, d'ailleurs, c'est parce que vous n'avez pas dû apprécier mon attitude lors de la bousculade, mais vous n'avez qu'une vision partielle.

Je me levai calmement de la chaise, sans avoir touché au gâteau, ni à l'eau. On aurait cru une scène comique. Mais pour qui il se prenait, cet imbécile heureux ? Lentement, je m'approchais de la porte de sortie, tout en continuant mon explication

Vous voulez savoir pourquoi j'étais énervé ? Je vais vous le dire... Ce n'est pas parce que j'ai dû subir ces coups. Ce qui m'a mis hors de moi, c'est qu'en cet instant, je ne pouvais pas répondre à sa violence. Car croyez bien que si ce foutu village n'avait pas de telles lois, Ideyoki aurait déjà la tête détachée du corps. J'ai choisi la voie la plus simple. Ce n'est peut être pas la meilleure. Mais à vouloir me guider vers la votre, vous me manquez de respect, monsieur.

Mes paroles étaient lourdes de sens, et pourtant, je les assumais entièrement. Ma sincérité allait cependant peut-être se payer, mais j'avais atteint le point de non-retour. Et le juunin en face de moi m'avait réellement agacé...


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MessageSujet: Re: Au fond du jardin de l'Académie...   Jeu 20 Aoû - 4:37

A peine avait-il terminé son petit discours que le jounin eut la vague impression qu’il venait de jeter des perles à un pourceau… Quoiqu’il en soit, il ne fallait pas être devin pour s’apercevoir que l’individu en face de lui n’écoutait pas vraiment les paroles du Cetana qui semblait même avoir l’effet inverse de celui escompté. Ishiki en conclut qu’il ne s’était pas suffisamment adapté à son auditoire et qu’il fallait donc en conséquence changer d’angle d’approche. Alors qu’il réfléchissait sur la question, il fut comme foudroyé par les propos du jeune homme :

[?] – « vous me manquez de respect, monsieur. »

Le Cetana se figea comme pétrifié. Il en était estomaqué : lui Ishiki Cetana manquer de respect à autrui ? C’était le monde à l’envers ! Son teint avait soudainement blanchi sous le coup de la stupéfaction et sa bouche s’ouvrit –sans même qu’il en prenne totalement conscience– pour exprimer son étonnement :

[Ishiki Cetana] – « Te manquer de respect ? »

Absurde. Il devait y avoir une erreur quelque part. Mais où en vérité ? Il devait avoir manqué de tact. Ah il était bien beau le plus jeune diplomate de Kumo ! Cela devait être du aux effets secondaires (ou pas) de ses expériences nocturnes en genjutsu. Ishiki se promit de ne pas réitérer de telle erreur et de prendre plus de précautions la prochaine fois. Cela lui éviterait de se prendre un « vous me manquez de respect, monsieur. » surréaliste. Le jeune jounin s’autorisa un bref soupir et confessa :

[Ishiki Cetana] – « En tout cas telle n’était pas mon intention. Je ne suis qu’un être humain, tu sais, un être humain très jeune qui plus est. Un simple être humain condamné à n’avoir qu’une vision partielle de la réalité.
Mais un simple être humain qui n’a que trop vu les effets de la colère. Un simple être humain qui sait à quel point elle engendre la violence. Un simple être humain qui n’a que trop vu des shinobis tuer sur un simple coup de tête –c’est si facile pour eux. Un simple être humain qui a ressenti la douleur, la colère des victimes et de leurs proches. Un simple être humain qui a vu combien il était facile sous le coup de la colère de passer de victime à bourreau. Et c’est ainsi que le simple être humain que je suis, voit ces congénères, s’embourber dans des cercles vicieux et ne vivre que des réalités morbide, nauséabondes plus proche des égouts que du ciel bleu. Mais bon sang, n’y a-t-il point un autre horizon à contempler, symbole d’un avenir duquel encore attendre quelque chose ?
»

Ishiki avait lâché ce qu’il avait sur le cœur. Avoir ainsi extérioriser sa lassitude lui avait fait du bien. Il reprenait peu à peu des couleurs. Ah c’est qu’il avait été secoué ! Son interlocuteur ne l’avait pas ménagé, c’est une bonne chose, lui qui croyait la paix le calme intérieur, voilà qu’il se retrouvait là à recevoir un « vous me manquez de respect, monsieur. » en pleine face, et à s’entendre parler de lassitude ! Où était donc passé sa joie naturelle, cette joie profonde, ce bien-être intérieur à même de surfer sur toutes les péripéties de la vie ? Il se trouvait bien ridicule, s’il bien qu’il en rit librement. Un petit rire d’auto-dérision. Ce fut avec un petit sourire :

[Ishiki Cetana] – « En tout cas, merci de me remettre les idées en place. J’apprécie ta franchise, elle a mis en lumière mon erreur. »

Le jeune jounin souriait pleinement à présent, la vie lui avait donné l’occasion d’en apprendre toujours plus. Il avait trouvé en autrui une parcelle de la Lumière de la vérité. Cela l’enthousiasmait et l’emplissait d’une joie sans borne. Ce fut avec une voie pleine de gratitude qu’il demanda :

[Ishiki Cetana] – « Si je puis te rendre service… Aurais-tu une requête quelconque à formuler ? Tu critiquais les lois du village… Quelle réforme souhaiterais-tu y apporter ? »

Ishiki était sincèrement curieux. Le jeune homme en face de lui semblait avoir un point de vu différent du sien, et de surcroît il semblait plein de griefs, de doléances vis à vis de la législation du village caché de la Foudre. Et bien s’il avait le pouvoir politique, qu’en ferrait-il ?

Ce n’est pas le tout de se plaindre, il faut proposer.

Peut-être que son interlocuteur aurait une suggestion particulièrement pertinente qui pourrait véritablement améliorer les textes régissant la vie de la cité. Une idée suffirait à révolutionner le fonctionnement institutionnel de la capitale militaire du pays de la Foudre. Le monde est gouverner par les idées. Le tout est de les trouver, de les collecter. La parole est au peuple des opprimés.

MessageSujet: Re: Au fond du jardin de l'Académie...   Mar 20 Oct - 13:19


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