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 CK002 - Les Herboristes de Kumo [2]

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MessageSujet: CK002 - Les Herboristes de Kumo [2]   Mar 2 Juin - 17:58

Début de la mission Arrow [Seuls les administrateurs ont le droit de voir ce lien]

***

¤,.°o°O Spécial : Mission rang C O°o°.,¤
-5-

A peine le groupe avait-il franchi les portes du village qu'un doux vent d'ouest balaya la route devant eux. Quelques feuilles vertes furent emportées et mélangées aux grains de poussière transportés par le vent. La dernière fois que Sho était sorti de Kumo, il avait suivi un long cortège composé de shinobis de tous niveaux et des plus importantes figures du village. Tous ensemble, ils étaient partis vers le sud et plus particulièrement vers le village caché de la feuille où le dernier examen chuunin en date devait avoir lieu. Aujourd'hui, il allait guidé des personnes qui, pour la plupart, n'avaient jamais quitté l'enceinte du village pour ce qui serait donc leur premier " grand " voyage hors de Kumo. A cette simple idée, l'eisei-nin ressentit une vague émotion effleurer son coeur.

Sa mission était d'autant plus importante qu'il avait à sa charge trois ninjas assez peu expérimentés. Trois ninjas qui un beau jour le remplaceraient et devraient apprendre à d'autres ce qu'il leur apprendrait au cours de cette mission et des nombreuses autres qu'ils réaliseraient ensemble.

Sho arrêta son regard sur l'interminable chaîne de montagnes qui s'élevait au loin. Quelque part sur l'une de ces crêtes se trouvaient les plans d'Akajiso qu'ils devaient ramener à Koei, le commerçant qui était à l'origine de la mission. Il ne pouvait qu'espérer que tout se passe dans les meilleures conditions possibles même si, par les temps qui courent, tout était envisageable. Kumo avait besoin que cette mission réussisse, que la population se rende compte que les choses continuaient d'évoluer et que de nouvelles générations de shinobis étaient formés pour un jour les protéger. La mission n'avait beau être que de rang C, elle avait une sorte de portée symbolique, même si celle-ci était minime. Les enfants de la foudre avaient déjà prouvés au cours de l'examen chuunin que leurs compétences ne pouvaient pas être négligées ; ils n'appartenaient désormais qu'à eux de confirmer que leur nation retrouvait progressivement sa puissance d'antan.

C'est donc dans un contexte particulier que l'équipe 2 de Kumo s'aventura vers les montagnes. Sho annonça à ses élèves que la première heure s'écoulerait au pas de course puis qu'ils reviendraient à une allure normale passée ce délai. Cette manoeuvre avait bien évidemment pour but de les mettre en jambe puis ensuite de les habituer à un rythme plus régulier pour mieux s'assurer de leur chemin.

D'une simple impulsion le long de son pied d'appuis, Sho s'élança le dernier. Tandis que ses jambes continuaient de courir à une allure modérée – il devait bien courir en dessous de sa vitesse de course habituelle au vu de sa position dans la formation – ses pupilles scrutaient frénétiquement les alentours. Trois secondes à gauche, trois autres à droite, quatre par dessus son épaule, près d'une minute devant lui sur Ananda, Seika et Murai, Sho avait une manière bien singulière de s'assurer de leur sécurité. Ses yeux furtifs balayaient non seulement son champ de vision à la recherche du moindre détail troublant mais ils s'assuraient également qu'aucun obstacle ne se peaufinait devant eux. Ses oreilles étaient tendues, à l'affût du moindre bruit suspect. Même son odorat était rudement mis à contribution de manière à repérer rapidement les éventuelles traces de feu de bois qui pouvaient indiquer la présence d'individus dans leur périmètre.

Plus rien ne traversait son esprit comme si son cerveau s'était immédiatement vidé de toutes pensées au moment du départ. Sho était indéniablement concentré, même si aucun signe extérieur ne l'évoquait clairement.

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

MessageSujet: Re: CK002 - Les Herboristes de Kumo [2]   Mar 2 Juin - 19:19

/)_ Mission de Rang C : Les Herboristes _(\
.4.

Murai n’eut rien à ajouter à première vue : ça petite présentation doublé de son total manque de respect envers elle avait suffit à dire ce qu’il voulait dire, et à présent il ne restait plus qu’à se mettre en route. Ananda quand à lui, n’hésitait plus et avait arrêté de reculer. Finalement le garçon du quartier pauvre resterait de la partie, comme le reste du groupe. En même temps c’est lui qui avait la carte, alors on voyait mal comment accomplir une mission de ce genre sans cette fameuse carte : partir à l’aveuglette était le meilleur moyen de se perdre, voir pire. On n’était pas sans ignorer la nature montagneuse du pays de la foudre, et bien que l’on risque aussi bien d’être attaqué par des voleurs de grand chemin sur les routes, on risquait tout aussi de glisser sur une pente un peu trop raide pour dévaler des ravins de plus trentaine de mètres. Un coup à se rompre le cou, Chakra ou pas Chakra. La jeune femme resserra les pans de sa veste de cuir sur ses hanches, les bras toujours croisés : Sho avait finit tous les préparatifs, Murai ne semblait plus rien avoir à ajouter. Quand à Ananda cependant, il prit l’initiative de reparler du trajet et de l’itinéraire qu’ils allaient prendre pour atteindre le lieu où les plantes de la mission poussaient.

[Ananda] « La première partie du chemin est on ne peut plus classique. Il nous suffit de suivre la route principale qui traverse le pays pendant quelques heures de marche, avant de bifurquer vers un chemin annexe. Il fit une petite pause. Le temps est incertain. Il y a des chances qu'il pleuve en tout cas. »

En effet, le temps se couvrait sur les montagnes de la foudre. C’était un paramètre de la mission qui jouerait grandement sur sa réussite… La météo. Si la foudre se mêlait à eux, il y aurait un peu de soucis à se faire. Seika vérifia une dernière fois les sangles de son sac, installé à présent sur son dos : pas question que quelque chose aille de travers pendant la mission ! Elle devait donner l’exemple, en tant que Chunin, et se montrer digne de travailler au côté d’un instructeur lors de cette mission. Et elle devrait veiller sur Murai… Elle lui jeta un regard en coin : veiller sur lui hein ? Ok, mais seulement le temps de la mission. L’hurluberlu était prêt lui aussi, comme leur compagnon et leur Sensei. Aux portes, les deux gardes semblaient tout simplement attendre qu’ils y aillent… Lorsque l’un deux eut un sursaut. Mais ma parole… Il dormait ! La jeune femme ne l’avait pas remarqué parce qu’elle était trop occupé à observer ses compagnons, mais le grand garde à la porte dormait debout ! Et bien, tu parles d’une surveillance…

[Sho] « Très bien Ananda, nous suivrons donc cet itinéraire. »

Malgré cette déclaration, et l’air toujours assez neutre de leur Sensei, ce dernier sembla un instant refaire le tracé mental du trajet décrit par Ananda. Si c’était bien le Genin qui avait fait ce tracé, il y avait une possibilité pour qu’il ne soit pas le plus judicieux… Mais leur instructeur n’allait tout de même pas laissé à un novice le choix de l’itinéraire de tout le groupe, non ? Il n’allait pas le laisser les mettre en danger par une possible erreur ? Enfin elle l’espérait… Et quelque chose dans le regard de Sho confirma à la Fleur que c’était bel et bien Ananda qui serait responsable du groupe lors de ses déplacements, vis-à-vis du trajet. Ca ne laissait présager rien de bon ça… Malgré tout, elle s’en remettait à ce bonhomme au regard si distant, et parfois effrayé. Elle aurait préféré avoir à veiller sur lui plutôt que sur Murai… Mais bon, il fallait aussi savoir obéir aux ordres, et Shijima n’était pas exempte des règles de base d’un groupe : obéir au gradé, mais ne pas oublier de penser par soi-même.

Sho reprit la parole, pour leur parler de la formation qu’ils adopteraient lors du trajet. Et oui parce qu’il fallait bien en parler non ? L’histoire de parer aux situations les plus invraisemblables qui soient…

[Sho] « Tout au long de notre route, nous avancerons en formation flèche. En pointe, Ananda ouvrira la marche. Seika tu couvriras son flanc gauche en retrait, Murai son flanc droit. Quant à moi, je couvrirai vos arrières à tous les trois. Ne brisez cette formation que si je vous l'ordonne, compris ? Leur Sensei marqua une pause, le temps de jeter un coup d’œil à la route partant des portes ouvertes de Kumo. En route. »

Et c’était parti pour un tour comme on dit ! L’équipe n°2 se mit donc en mouvement, dans la formation indiqué par son responsable : Ananda en pointe, Murai sur le flanc droit, elle-même sur le flanc gauche, et leur Sensei derrière eux, pour veiller sur eux et les protéger d’un éventuel problème qui surviendrait derrière, ou même devant eux. Seika devrait régulièrement garder un œil sur Murai à sa droite, tout en balayant le chemin sur leur gauche. Après quelques pas hors de Kumo, la jeune femme senti passer sur son visage une petite brise matinale des plus fraîches : certes en journée il faisait chaud, mais à six heures et quelques, il caillait. Et surement parce qu’il caillait, Sho annonça l’air de rien… Qu’ils allaient passer la première heure de route à avancer au pas de course ! De bon matin ça allait les décrasser, et en plus ça les réchaufferait en prévision de l’activité physique que nécessiterait l’escalade de la montagne où l’équipe trouverait l’Akajiso. En même temps, elle ne se sentait pas vraiment d’être de nouveau en sueur après une douche… Snif.

Obtempérant malgré tout, car ses deux camarades en faisaient de même, Seika se mit à avancer au pas de course, en petite foulée. N’allez pas croire qu’elle avait du mal à faire de l’exercice : l’enseignement des Shinobis poussait à une forme physique exemplaire. C’était juste que voilà quoi, commencer par un footing de bon matin, ce n’était pas vraiment son truc. Un thé lui aurait bien plu par contre… Avec une petite pâtisserie… Oui, de temps en temps elle avait un penchant gourmand. Ses pensées se détachèrent des pâtisseries pour se concentrer sur la route, et la surveillance du flanc gauche qui lui était alloué, comme de la surveillance de Murai à sa droite, qui courrait silencieusement : parler en pleine course n’était pas vraiment possible de toute façon. Au loin, dans la chaîne de montagne de la foudre, de nouveaux nuages, poussés par des vents contraires, prenaient place et tournaient sur eux-mêmes. En espérant qu’ils n’aillent pas de ce côté, l’orage risquait de se déplacer pendant la journée et de leur tomber dessus. Le chemin était assez large pour le temps, car ils étaient encore au niveau des terres et du planché des vache, même si ce dernier était déjà lui-même en altitude. Dans plusieurs kilomètres, et suivant la nature du terrain qui commencerait à monter, le terrain allait se rétrécir, et ils ne pourraient surement plus tenir une formation en flèche. Mais comme l’avait dit Sho, ce ne serait pas à eux de décider de changer de formation, mais à lui.

Silencieusement, respirant et haletant de façon calme et mesuré, la Chunin continua sa route, avec son équipe à travers le pays de la foudre, en direction d’une chasse aux plantes… Et d’un orage…

MessageSujet: Re: CK002 - Les Herboristes de Kumo [2]   Mer 10 Juin - 19:50

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Le paysage défilait à toute vitesse autour d’eux. Ils courraient tous au même rythme comme une seule et même personne. Chacun tenait fidèlement son poste. Ananda ouvrait la route, Seika couvrait son flanc gauche, Murai son flanc droit, et Sho leurs arrières. Aucun problème n'était encore à signaler. Leur progression se déroulait en parfaite conformité avec ce qui avait été prévu au départ.

La première heure s’estompa rapidement. Comme convenu, l'équipe réduisit son allure, abandonnant progressivement leur pas de course à un pas plus modéré. Vu du ciel, Ananda, Seika, Murai et Sho ressemblaient à quatre points noirs au milieu d’une large bande de terre bordée par de longues étendues de gazon verdoyant. Loin devant eux se dressaient les imposantes montagnes alignées tel des remparts infranchissables.

Sho les contemplait d’un oeil prudent. Si le voyage qui l’avait conduit de sa vallée natale au village caché des nuages lui avait appris quelque chose, c’est bien que les montagnes n’étaient pas à prendre à la légère. Elles regorgeaient de pièges en tout genre, de passages secrets, et d’impasses mortelles. Celles qui se reflétaient dans ses yeux étaient particulièrement connues pour abriter un véritable labyrinthe de chemins chevauchés par des terrains glissant. Un labyrinthe auquel seules quelques rares kuméens avaient survécus : à savoir des marchants, pour la plupart, qui empruntaient la route des montagnes pour commercer dans le nord.

La prudence était donc de mise.

La team n°2 avançait dans un silence relatif. Seul le bruit de leur pas synchronisés troublaient le calme apaisant de leur escapade. Sho observait à tour de rôle les trois membres de son équipe en se demandant quel genre de pensées pouvaient traverser leur esprit à ce moment de la mission. Ananda fixait l’horizon et jetait parfois un coup d’oeil à sa carte. Sans doute pour vérifier que les informations recueillies sur le terrain correspondaient bien à celles détaillées sur la carte. Seika semblait encore renfrognée à l’idée de surveiller Murai — ce qui le fit sourire intérieurement. Quant à ce dernier, il apparaissait sans doute comme le plus détendu des trois — simple constatation qui ne le surprit pas davantage.

Ce groupe n’était encore qu’une matière brute qu’il fallait taillé avec la plus grande minutie et la plus grande délicatesse pour qu’un jour, peut-être, elle aboutisse à un joyau rare. Sho, lui, n’était autre que le joaillier de cette entreprise. Un homme dont les connaissances devait les amener à se surpasser.

Un jour, Kumo aurait besoin d’eux. Ce jour là, ils devraient être prêts ; prêts à agir.

Une éclaircie fendit le ciel au-dessus des montagnes. En la regardant, Sho se remémora l’instant où il était officiellement devenu chuunin.

Cette scène avait eu lieu après l’attaque de Konoha ....


***


Le couloir était éclairé par la seule lumière du jour qui filtrait à travers les fins carreaux des deux portes d’entrée. Silencieux, Sho se tenait entre deux silhouettes féminines. La première était svelte et athlétique et portait un masque devant son visage : une Immortel. La seconde était presque du même acabit et était coiffé de mèches au vert criard : une Sannin. Tous les trois attendaient l’arriver de l’Intendant dans un silence absolu. Il arrivait que quelques bruits étouffés leur parviennent de l’extérieur mais rien ne semblait pouvoir les sortir de leur mutisme.

Rien sauf l’Intendant en personne.

Celui-ci apparut encadrés par deux hommes, un de grande stature, et l’autre plus petit mais tout aussi athlétique que l’autre anbu qui se tenait à côté de Sho. Après de brèves salutations, l’Intendant se tourna vers lui et lui communiqua la décision prise certainement quelques heures plus tôt.

{ Shigeo } Les heures ont beau être sombre, ce n’est pas une raison pour passer outre la fonction première de ce tournoi. Je suis heureux d’accueillir un nouveau Chuunin à Kumo et nous sommes tous ici certain que tu sauras trouver ta place dans ces nouvelles fonctions.


***


Un sourire se dessina aux coins de ses lèvres. Ces paroles, il ne les avait pas oublié. Tout comme la confiance qui lui avait été alloué. Réussir cette mission revenait en quelque sorte à faire un pas de plus pour honorer cette confiance. Il fallait également prendre en compte qu’il s’agissait là de sa première mission à un tel rang. La responsabilité était donc doublement plus importante. Mais ce n’était sans doute que pour donner plus de goût à la victoire finale.

Trois heures s’étaient quasiment écoulés lorsque l’équipe arriva au dernier carrefour avant les montagnes. La route principale s’y séparait en deux tronçons distincts. Le premier bifurquait à 90° sur la gauche et fuyait vers les plaines de l’ouest. Le second bifurquait à 45° sur la droite et parcourait quelques dizaines de kilomètres pour ensuite longer les montagnes et repiquer progressivement vers Kumo. Aucune de ces deux routes ne pouvaient les conduire aux montagnes qui s’élevaient de plus en plus majestueusement devant eux. Ils n’avaient donc d’autres choix que de quitter la route pour se faufiler en ligne droite à travers les pâturages et rejoindre l’épaisse forêt qui tapissait le bas des montagnes. Toutefois, la décision ne revenait pas directement à Sho. C’est pourquoi il brisa la formation et s’arrêta aux côtés d’Ananda pour lui demander son avis. Sans la moindre once d’hésitation, le genin lui indiqua une route imaginaire qui se dessinait en ligne droite devant eux.

Sho sourit et acquiesça.

Aussitôt, le groupe se remit en marche et s’enfonça peu à peu sur des terres où l’herbe leur montait jusqu’aux tibias.

Plus les montagnes gagnaient sur le ciel, plus la vigilance grandissait. La formation en flèche avait l’avantage de répondre à toutes sorte de situations difficiles mais Sho savait que tôt ou tard il lui faudrait la briser pour en élaborer une autre plus adaptée aux terrains accidentés qu’ils allaient rencontrés. S’il savait exactement comment modifier cette formation, il voulait néanmoins connaître la vision de Seika qui à très peu de choses se voyait crédité du même rang que le sien. Même s’il savait qu’elle manquait encore d’expérience, Sho était intimement persuadé qu’elle était capable de répondre à ses attentes.

C’est donc le plus naturellement possible qu’il réduisit l’écart entre lui et la kunoichi pour finalement se retrouver entre elle et Murai.

{ Sho } Notre formation actuelle risque de nous faire défaut une fois dans les montagnes. Est-ce que tu en connaîtrais une qui nous éviterait de tous finir au fond d’un ravin si jamais les choses venaient à se compliquer ?

L’approche était simple mais suffisante. Sho faisait désormais peser tout le poids de son regard perçant sur Seika dans l’espoir de découvrir quelque chose en elle. Une lueur dans son regard, un tic nerveux, la moindre chose qui pouvait l’assurer de sa bonne ou mauvaise disposition.

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MessageSujet: Re: CK002 - Les Herboristes de Kumo [2]   Ven 10 Juil - 20:00

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Une heure de marche supplémentaire suffit au groupe pour atteindre le pied de la montagne.

Sho leur fit signe de s'arrêter à l'approche d'une bande rocheuse mesurant pas moins de trois fois la taille d'un homme normal. Un peu plus loin, à travers un passage étroit, on pouvait voir se peaufiner un petit chemin de terre qui coupait le versant sud sur un kilomètre et se perdait ensuite derrière une crête surélevée. Ce chemin l'équipe n°2 allait devoir le suivre jusqu'aux pentes recouvertes de gazon qui se dressaient un peu plus haut. Mais pour l'heure, Sho avait décidé d'offrir un repos bien mérité à ses troupes dans l'espoir qu'elles regagneraient assez de force pour entamer l'ascension de la montagne avant la tombée de la nuit.

L'air parfaitement décontracté, Sho se dirigea vers un petit montons de terre en laissant Seika, Ananda et Murai à leurs occupations. Après avoir déposé son sac au sol, il s'installa sur le montons de terre dans la position du lotus et se laissa gagner par un sentiment d'extrême plénitude. Ses paupières se fermèrent d'elles-mêmes. Il sentit son âme s'échapper de son corps et voyager au delà du temps et de l'espace. La mission, l'Akajiso, l'équipe, Sho fit abstraction de tout ce qui l'avait conduit si loin du village, le temps de s'évader. Il nagea pendant près d'une dizaine de minutes dans une sorte de vide traversé par une brise légère, avant de revenir progressivement à la réalité en entendant les voix de Seika et de Murai résonner à quelques mètres de sa position.

Ses yeux ambrés se rouvrirent délicatement, comme s'ils étaient resté suspendus dans le temps. Il eut alors la vision de Seika et de Murai en pleine conversation. A première vue, leur échange semblait se dérouler d'une bien meilleure manière que ne l'avait été leur rencontre devant les portes du village. Seika paressait détendue, soucieuse. Murai semblait quant à lui plus à l'écoute, plus respectueux envers sa supérieure hiérarchique. Cette vision lui arracha un léger sourire. Dire que ces deux là n'étaient pas fait pour s'entendre en principe. Son regard se reporta ensuite sur Ananda, posté en retrait de ses camarades, tout près du mur rocheux, visiblement occupé à consulter la carte qu'il lui avait confié quelques jours plus tôt. Sho était heureux de constater ô combien Ananda prenait sa mission au sérieux. Jusqu'à maintenant il n'avait fait aucun faux pas. Sho avait donc bon espoir que le retour se passerait aussi bien que l'aller.

... Kumo pouvait être fier de ses enfants ...

A l'évocation de cette pensée, Sho sentit brusquement le poids de son bandeau peser sur son front. C'était comme si le fait de penser à Kumo lui avait rappelé que l'insigne du village brillait à cet endroit. Avec une extrême délicatesse, Sho défit le noeud derrière sa tête. Il abaissa ensuite ses mains grandes ouvertes sous ses yeux pour contempler le bandeau du village luire d'une faible lueur argentée. La petite plaque en métal sur laquelle était gravé le symbole du Pays de la Foudre ne brillait presque plus, recouverte qu'elle était par une fine pellicule de poussière. Sho la nettoya à l'aide de sa manche avant de glisser une main dans son épaisse chevelure rouge flamme.

Pendant près d'une heure et demi, Sho se remémora tous les bons souvenirs qu'il avait accumulé en arrivant à Kumo. Puis, voyant que l'astre du jour s'était sensiblement rapproché de l'horizon, il se leva, attacha son bandeau, et frappa ses mains l'une contre l'autre pour attirer l'attention de ses trois protégés.

SHO # La pause est terminée. Vérifiez que vous n'avez rien oublié sur place et mettons-nous en route.

Une fois son sac hissé sur son dos, Sho se dirigea vers l'étroite ouverture dans la bande rocheuse.

SHO # La route risque d'être aussi étroite que ce passage. Seika et Ananda vous ouvrirez la marche, moi et Murai marcherons dans vos pas. Si l'un d'entre vous détecte le moindre danger en cours de route, il devra s'arrêter aussitôt et prévenir les autres.

Par simple précaution, il jeta un coup d'oeil par-dessus son épaule pour s'assurer que rien n'avait été oublié derrière eux. Le site était resté dans le même état dans lequel il l'avait trouvé. Il n'y avait donc rien à signaler.

SHO # Avançons prudemment.

La montagne était un milieu particulièrement dangereux. Sho savait pertinemment qu'ils s'exposaient tous à d'innombrables dangers. Il n'avait pas grandit dans une vallée et côtoyé les hautes montagnes depuis sa plus tendre enfance pour rien. L'équipe devait avancer comme un seul et même bloc. Tout le monde devait être sur ses gardes et être attentif au moindre bruit, au moindre détail dans le panorama. Si chacun jouait son rôle sérieusement, il n'y avait que peu de choses à craindre. En revanche, si un seul d'entre eux négligeait la surveillance des environs, le pire était à envisager. Mais Sho n'allais sûrement pas laisser le moindre de ses élèves agir de manière inconsidérée.

Le pas décidé mais vigilent donc, le quatuor se faufila à travers le passage étroit avant de suivre un sentier de terre en direction de l'est.

Plus ils avançaient plus le degré d'inclinaison de la pente grandissait. Les mollets commençaient tout juste à surchauffer lorsqu'ils passèrent près d'une petite crête dont la forme rappelait une pyramide quasi parfaite. Au-delà de cette crête, le sentier se découpait en deux branches distinctes. La première montait exagérément en direction de l'est alors que la seconde descendait brusquement vers le pied de la montagne. Le choix était tout fait. Le quatuor suivit le sentier qui les rapprocherait le plus du sommet.

Loin, beaucoup plus loin, sur les hauts plateaux, les feuilles rouges d'Akajiso regardaient le soleil descendre dangereusement vers l'horizon.

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

MessageSujet: Re: CK002 - Les Herboristes de Kumo [2]   Sam 11 Juil - 18:42

Dans le milieu de la matinée, 3n et Yami étaient enfin parvenus au pied des montagnes. Le soleil commençait déjà à être haut dans le ciel et il fallait trouver un endroit tranquille pour pouvoir se reposer après la nuit de marche. En observant les alentours, 3N finit par apercevoir un renfoncement rocheux qui leur offrait une ombre des plus souhaitable. 3N n'aimait vraiment le soleil. Sa lumière lui piquait les yeux et sa chaleur sur sa peau contrastait trop à son goût avait la froideur qu'il ressentait sans discontinuer dans son for intérieur. Le soleil le rendait irritable et Yami savait parfaitement qu'il ne fallait pas l'ennuyer dans des moments pareils. La mine renfrognée du voyageurs fit place à un rictus de soulagement lorsqu'il s'installa dans le renfoncement rocheux, à l'ombre et à la fraîcheur. L'endroit était idéal. De cette position ils étaient cachés de la majorité des directions. Il y avait donc peu de chance qu'on vienne les inquiéter.

Les deux vagabonds posèrent donc leur sac à terre et s'assirent. Pendant tout ce temps, il avait gardé la petite chauve-souris dans la main. Celle-ci s'était endormie et n'avait pas bougé de toute la nuit. Il l'observa de longues minutes durant, Yami faisant la même chose avec la sienne.

[3N]
"Je me demande ce que ça mange à cet âge-là. Tu crois qu'ils ont encore besoin de lait?"

[Yami]
"J'en sais rien... De toute façon on n'a pas de lait donc le problème est réglé."

Elle ouvrit son sac et y plongea la main. Après avoir farfouillé pendant quelques secondes elle en ressortit un abricot. Elle le coupa en deux et en lança une moitié à son compère.

[Yami]
"On a qu'à essayer avec ça. Ça mange des fruit ces p'tites bêtes, non?"

La moitié d'abricot au creux de la main, 3N réfléchit quelques instants à tout ce qu'il pouvait connaître sur le sujet. Il savait que c'était des animaux nocturnes et que certaines se nourrissait de fruits, d'autres d'insectes, d'autres des deux à la fois. Il y en avait même qui se nourrissaient à base de sang. Il haussa les épaules.

[3N]
"Essayons. De toute façon qui ne tente rien, n'a rien comme dit l'adage."

Il prit un petit morceau d'abricot et le déposa sur un de ses doigts qu'il approcha ensuite de la bouche de la chauve-souris. Il gigota un peu sa main afin de réveiller l'animal. Celle-ci mis quelques secondes à comprendre où elle était. L'odeur de l'abricot mûr lui chatouilla le museau et elle s'en approcha. L'affaire semblait bien commencer au vu des réactions de l'animal. Elle finit par mordre dans le fruit.

[3N]
"Bien vu Yami, ça à l'air de marcher."

La jeune femme commença donc à faire de même avec sa propre chauve-souris.

Après ce petit encas, les voyageurs décidèrent de se restaurer à leur tour. Une fois cela fait, il s'allongèrent, la tête sur leur sac en guise d'oreiller et s'endormir pour quelques heures, de façon à être prêt à commencer l'ascension en fin d'après-midi.

En fin d'après-midi donc, ils remirent leur sac sur leurs épaules, récupérèrent leurs chauve-souris et sortirent du renfoncement rocheux. Ils levèrent les yeux vers le sommet de la montagne qui semblait majestueux avec ce ciel qui commençait déjà à rosir. La baisse de luminosité rendait la silhouette rocheuse plus inquiétante également mais ça n'avait plus beaucoup d'emprise sur les deux voyageurs qui étaient plus habitués au monde nocturne et à ses apparences que probablement n'importe qui à un bon paquet de kilomètres à la ronde.
Il se remirent donc en marche alors que la course du soleil se rapprochait dangereusement de la crête des monts alentours. La fraîcheur de la soirée gagnait aussi du terrain sur la chaleur de l'après-midi. Un chemin montait vers des escarpements rocheux.

[3N]
"Bon hé bien nous n'avons pas trop le choix, il semblerait qu'il faille aller dans cette direction."

Ils commencèrent donc leur ascension, prenant de l'altitude au fur et à mesure que l'obscurité prenait le pas sur la lumière. Après quelques temps de marche, les deux vagabonds se retrouvèrent sur un chemin qui longeait une falaise rocheuse. Le chemin n'était pas très sécurisé puisque étroit et bloqué entre le vide sur la droite et la paroi rocheuse sur la gauche. Il fallait donc faire en sorte de ne jamais relâcher son attention sous peine de faire un faut pas suivi d'un beau plongeon qui ne se terminerait que d'une seule façon possible, la mort.
L'homme s'arrêta soudain et fit signe à sa partenaire d'en faire autant. Le vent qui venait de leur dos apportait des bruits lointains. C'était un son de pas très probablement. Un petit groupe qui avait un pas leste puisqu'ils demeuraient quand même relativement silencieux. 3n remercia intérieurement la montagne et ses gorges qui amplifiaient tous les sons. Sur un autre terrain, il ne les auraient peut-être pas entendu venir. Ce qui l'inquiétait c'était justement qu'ils ne faisaient pas beaucoup de bruit. Ils avaient donc l'habitude de se déplacer en silence.

[3N]
"Tu entends?"

La jeune femme prêta l'oreille plus attentivement et finit par distinguer le bruit. Elle fit un signe d'acquiescement en direction se son compagnon.

[3N]
"Vu le peu de bruit qu'ils font, c'est sûrement des ninjas. Le problème dans ces gorges c'est que le bruit se répercute sur les falaises. Ils peuvent être aussi bien à cent mètres qu'à un kilomètre. Le mieux c'est de nous cacher en attendant de voir."

Le problème était que sur leur petit chemin, il n'y avait pas vraiment d'endroit où se dissimuler. Ils avancèrent donc à allure forcée jusqu'à trouver un endroit à escalader jusqu'à un surplomb rocheux sur lequel ils pourraient se cacher. Ils arrivèrent donc sur le surplombs et s'allongèrent dessus pour diminuer les chances de se faire remarquer par le groupe en approche.


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MessageSujet: Re: CK002 - Les Herboristes de Kumo [2]   Lun 13 Juil - 19:55

¤,.°o°O Spécial : Mission rang C O°o°.,¤
8

La montagne était silencieuse, plus silencieuse que dans les récits des plus vieux kuméens. Ce silence n'était seulement troublé que par l’écho du vent qui s’engouffrait parfois dans les gorges. Cet écho pouvait s’entendre à des kilomètres à la ronde comme une sorte de vrombissement de terreur qui grossissait à mesure que le jour s’effaçait. Les plus superstitieux y aurait certainement vu un très mauvais présage et une raison de ne pas s’aventurer plus loin dans les montagnes. Fort heureusement, il était des gens pour qui ce bruit sinistre ne signifiait rien d’autre que la levé du vent à l’approche d’une nuit bien fraîche.

Sho entendait, comme tous les autres membres de son équipe, ce grondement lui parvenir de plus en plus clairement à mesure que ses pas le rapprochaient des hauteurs ; puis quand il s’étouffait par lui-même, le calme et le silence reprendre leurs droits. L’ambiance était quasiment nulle au sein du groupe, chacun étant trop occupé à surveiller les alentours de peur qu’un éboulement ne les surprenne ou qu’un danger quelconque ne vienne perturber leur ascension. Il arrivait cependant qu’une question soit posée et qu’une réponse y soit apportée dans un esprit bon enfant. La tension n’en demeurait pas moins palpable. Tous avaient conscience que n’importe quoi pouvait les surprendre à n’importe quel moment de leur aventure. Les temps actuels n’aidant en rien à les rassurer, qui pouvait affirmer avec exactitude que l’Asahi ne rôdait pas dans les parages ? Qui pouvait prétendre connaître la destinée de ces quatre kuméens lancés sur les traces d’un bien dont ils ne connaissaient que si peu de chose ?

Peu importe les réponses qui pouvaient être offertes à ses questions, il était évident que sortir d’un village caché, par les temps qui courent, représentait déjà un grand danger en soit.

C’est avec cette pensée en tête que le groupe arriva sur un léger faux plat recouvert de gravillons. Là, Sho fit faire une halte à ses compagnons de route avant de suivre, seul, la route sur deux cents mètres jusqu’à une sorte de tremplin en terre. Dans ses yeux flamboyants se dessina alors la vision d’une falaise escarpée au pied de laquelle la route se poursuivait, bordée de très près par le vide. La route semblait peu sûre mais en analysant les alentours, Sho ne trouva aucun autre passage viable pour lui et ses trois élèves.

Pour s’assurer qu’il ne faisait pas erreur, il pensa à jeter un coup d’oeil à la carte de la région qu’il avait obtenue après les quelques recherches qu’il avait dû mener à l’académie. Il brandit un feuillet jaunis sur lequel des courbes et des intersections étaient dessinées dans une encre noire. L’endroit qu’il apercevait devant lui était bien cartographié sous le nom de « Falaise Rouge ». Sho n’eut guère besoin de réfléchir pour comprendre l’origine de ce nom. A son sens, un grand nombre de personnes peu avisées avaient certainement trouvés la mort en croyant pouvoir longer cette falaise sans s’exposer à des risques considérables. A partir de là, Sho n’avait pas vraiment besoin de vérifier si la falaise en contrebas était bel et bien aussi rouge que ne l’affirmait la carte.

SHO # Après la butte que vous apercevez là-bas, nous devrons longer la paroi d’une falaise escarpée par laquelle notre chemin passe inévitablement. La route se poursuit ensuite sur 400 mètres et se termine sur un escalier naturel qui nous mènera aux hauts plateaux.

S’exclama Sho en revenant auprès de ses élèves.

SHO # Comme nous allons nous lancer dans un exercice de haute voltige, je vous demanderai d’agir avec la plus grande prudence. J’ai amené avec moi une corde à laquelle vous pourrez vous accrocher, si vous ne vous sentez pas à votre aise à un moment ou à un autre de ce passage.

Pour joindre les gestes à la parole, Sho ôta son sac et en sortit une longe corde enroulée sur elle-même qu’il passa autour de son épaule droite. Un bref sourire pour encourager ses troupes, et Sho ouvrit la marche cette fois-ci, en direction de la Falaise Rouge.

En entrant dans le passage étroit, Sho plongea une main dans une poche de son sac avant de sortir une boucle en métal terminée par un pieu de quinze centimètres. Il fit affluer un peu de chakra dans sa main gauche et frappa lourdement la paroi pour y planter solidement le pieu. Maintenant que seule la boucle dépassait, Sho y noua la corde puis il continua son chemin, suivit de près par Murai, Ananda puis Seika. Tous les vingt mètres environ, Sho répétait la même opération. Il brandissait une nouvelle boucle terminée par un pieu, l’enfonçait dans la paroi, et faisait finalement passer la corde à l’intérieur de la boucle pour assurer une prise à ses élèves si jamais le besoin s’en faisait ressentir.

Arrivé à la moitié du trajet, les membres de l’équipe n°2 de Kumo purent entendre le vent souffler avec violence en contrebas et le grondement sinistre siffler dans leurs oreilles.

SHO # Restez vigilent. Il ne nous reste plus que 200 mètres à parcourir, nous y somme presque.

Presque ... enfin pas tout à fait.

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MessageSujet: Re: CK002 - Les Herboristes de Kumo [2]   Lun 27 Juil - 12:10

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Suspendus à moins d'un mètre du vide, Sho, Seika, Ananda et Murai, avançaient prudemment le long d’une étroite bande de terre découpée au flanc de la falaise. De loin, les quatre shinobis ne ressemblaient qu’à quatre petits points noirs s’aventurant sur les sentiers d’une gigantesque montagne au sommet en pointe. Mais au coeur de l’action, Sho était le premier à ressentir que cette traversée pouvait virer au drame à n’importe quel instant. Ils n’étaient pas quatre points noirs sans la moindre signification. A ses yeux, il avait à sa charge trois vies, trois vies encore jeunes qui ne demandaient qu’à se prolonger.

La méthode de progression que l’eisei-nin avait mise en place en vu de cette traversée périlleuse semblait avoir trouvé son intérêt. A vrai dire, chaque membre de son équipe s’était habitué à garder une main étroitement serrée sur la corde qu’il continuait de faire glisser à travers d’épaisses boucles de métal plantées à même la paroi rocheuse. Chacun de leur pas semblait millimétré, comme si tous redoutaient que le sol ne finisse par se dérober sous leurs pieds. En réalité, c’était la peur qui s’exprimait à travers cette étrange sensation que rien n’était tout à fait fiable au coeur de cette falaise. La peur de perdre la vie bêtement dans un endroit coupé du monde où tous avaient conscience que s’ils y disparaissaient, il se passerait certainement des jours voir des semaines avant que les autorités du village ne retrouvent leurs corps. Fort heureusement, Sho n’avait pas accepté de devenir chuunin instructeur pour perdre son équipe de la sorte. Tout avait été prévu, pensé, bien des semaines avant que leur petite expédition ne soit lancée.

Sho avait passé des heures et des heures à préparer cette mission avec une telle minutie qu’il paressait peu vraisemblable que son équipe se fasse surprendre par quelque chose qu’il n’avait pas prévu de rencontrer. Il avait envisagé tous les scénarios possibles, toutes les difficultés, toutes les rencontres malvenues, tout, absolument tout. C’était à se demander si cette montagne détenait encore quelques secrets dont il n’avait pas pris connaissance avant d’entreprendre son ascension. Quoi qu’il en soit, Sho avait tout prévu, la méthode de la corde le prouvait à elle seule. Il gardait dans son sac d’autres astuces du même type si jamais les choses venaient encore à se compliquer, même s’il avait tout de suite jugé la Falaise Rouge comme étant la seule grosse difficulté de leur ascension.

Ainsi donc, l’équipe continuait d’avancer à allure réduite certes, mais elle continuait tout de même d’avancer. En tête, Sho sentait toute la puissance du vent venir gifler la paroi en différents endroits. A chaque instant, il redoutait que ce vent ne les surprenne en les frappant de côté. C’est pourquoi, une fois les trois cent mètres atteints, il demanda à ses trois élèves de s’accrocher à la corde de leurs deux mains pour éviter les mauvaises surprises. Simple précaution d’usage qui se révéla somme toute assez inutile au vu du fait que jamais, au cours des quatre cents mètres de traversée, le vent ne les surprit.

Au terme de la falaise escarpée, le groupe tomba sur un léger faux plat montant qui se poursuivait, plus loin, sur une sorte d’escalier naturelle sculptée à même le flanc de la montagne. Celui-ci se dressait sur une vingtaine de mètres environ et offrait un accès tout tracé aux hauts plateaux. Leur quête touchait bientôt à sa fin. Sho savait pertinemment que les plants d’Akajiso les attendaient après cet escalier rocheux. Il savait pertinemment que les feuilles rouges élevées sur des tiges pourpres étaient là, à quelques mètres seulement de leur nouvelle position, et que sauf erreur de sa part, ils n’avaient plus grand chose à faire que de les ramasser et de rebrousser chemin avant la tombée de la nuit. Un sourire presque imperceptible aux coins de ses lèvres, il aida chacun de ses protégés à en terminer avec la traversée de la falaise avant de nouer solidement l’autre extrémité de la corde à la dernière boucle qu’il avait enfoncée dans la paroi. Il prit ensuite la queue du cortège et laissa, Seika en tête, le trio s’avancer les premiers vers l’escalier naturel.

Celui-ci, bien que légèrement pentu, ne leur parut qu’un bien maigre obstacle en comparaison de la falaise qu’ils venaient de traverser. En à peine quelques minutes, l’équipe toute entière l’escalada et découvrit, d’un oeil émerveillé, les haut plateaux et leurs tapis de verdure. Sur peut-être un kilomètre à la ronde, le panorama était des plus stupéfiant avec dans leur dos, une vue imprenable sur la région tout entière qu’ils avaient parcourus pour arriver jusqu’aux montagnes et même le village - dont seul le mur d’enceinte était plus ou moins visible. Sur leur gauche et leur droite, au-delà des plateaux, ils pouvaient voir la chaîne de montagne se profiler comme un gigantesque mur de roche faisant office de rempart. Enfin devant eux, ils virent les hauts plateaux, disposés les uns au-dessus des autres tel un imposant escalier aux marches large presque d’un kilomètre et couverture d’une pellicule de gazon ponctuée ici et là de quelques points rouge vif.

Un sourire ravi sembla se dessiner aussitôt sur le visage des trois shinobis placés sous les ordres de Sho. Les plants d’Akajiso étaient bien là, devant leurs yeux. Au faible contact du vent, ils se mettaient à danser de gauche à droite dans leur somptueuse robe mêlant le rouge au pourpre. Sur le seul plateau où ils se trouvaient, il s’en comptait peut-être une quinzaine de plants. Un nombre qui se raréfiait à mesure que le regard escaladait les plateaux successifs. Il sembla même à Sho qu’aucun plant n’avait réussi à embellir les deux derniers plateaux.

ANANDA # Vous aviez raison. L’Akajiso se trouve bien à l’endroit que vous aviez repéré à la bibliothèque.

Le regard couleur d’ambre de Sho se posa sur Ananda quand celui-ci se tourna vers lui. Un sourire immédiat glissa sur son visage. Un mot lui venait en tête : Kamyo. C’est le nom que portait cette région. Le nom qu’il avait découvert quelques semaines plus tôt, alors qu’il cherchait à percer les nombreux mystères de cette montagne. Bien qu’hostile de par ses falaises, ses crevasses, et autres chemins tortueux, cette région brillait plus que jamais par la beauté de ses plateaux vert et rouge. C’est comme si la nature avait fait en sorte d’entourer ces joyaux de beauté par des épines tranchantes que seuls les plus avertis étaient capable de franchir.

Indéniablement, aujourd’hui, l’équipe n°2 du village caché des Nuages faisait parti des avertis.

SEIKA # Que faisons-nous maintenant, Sho-sensei ?

Sho dévia ses yeux vers Seika qui paressait plus qu’impatiente d’en terminer maintenant que le plus dur était fait. L’astre du jour avait pendant ce temps continuer de s’approcher de l’horizon, ce qui ne laissait encore que deux petites heures, à peine, à l’équipe pour s’emparer des plants souhaités et redescendre le bout de versant qu’ils venaient tout juste d’escalader. Décidé à ne pas perdre plus de temps qu’il n’en fallait à leur récolte, Sho posa son sac à terre et en sortit quatre boîtes de verre translucide et quatre petites fourches. Il en tendit une à chacun, ainsi qu’une boîte, et garda la dernière fourche et la dernière boîte pour lui-même.

SHO # Nous avons peu de temps devant nous, mais tout de même assez pour agir correctement. Les plants d’Akajiso sont très fragiles. Vous en déterrez chacun un seul. Pour cela, vous agirez avec précaution et utiliserez la fourche pour aérer la terre tout autour du plant. Une fois que ça sera fait, vous n’aurez qu’à saisir le plant au plus bas de sa tige et tirez doucement, j’insiste bien sur doucement. Une fois que vous serez en possession du plant, vous le placerez à l’intérieur de la boîte que je vous ai confié. Exécution.

Tout le monde acquiesça. Sho regarda ses trois protégés s’éloigner, chacun dans une direction différente, et se pencher ensuite sur un des plants d’Akajiso à leur portée. Les sachant sur de bons rails, il se mit à son tour au travail. Le vieux Koei n’avait demandé que trois plants mais Sho savait qu’il valait mieux acheminer un plus grand nombre de plants au cas où les choses déraperaient pour une raison ou une autre.

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MessageSujet: Re: CK002 - Les Herboristes de Kumo [2]   Mer 29 Juil - 12:43

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Armé de sa petite fourche, Sho s'attaqua à un plant d'Akajiso trouvé à peut-être dix mètres en direction de l'est. Ses belles feuilles rouge semblaient miroiter sous l'effet des derniers rayons de soleil de la journée tandis que sa tige pourpre s'adoucissait en prévision de la nuit. Avec un soin tout particulier, Sho aéra la terre tout autour du plant. Désireux de ne pas abîmer ses racines peu profondes, il s'y prit délicatement tout en déblayant la terre autour de la tige de sa main libre. Le parfum de l'Akajiso avait quelque chose de voluptueux et de âcre, quelque chose de peu appréciable. A le respirer, on devinait aisément l'utilisation qui pouvait en être fait. Le vieux Koei était rusé. En cueillant la plante avant sa floraison, il préservait toutes ses propriétés végétales avant qu'elles ne se dénaturent. Il voulait obtenir des plants au sommet de leur résistance, sans doute pour qu'ils survivent mieux au voyage et pour qu'une fois revenus dans sa boutique, ils ne perdent pas de leur pouvoir au contact des autres produits.

La partie la plus délicate de cette petite leçon de botanique en plein air, restait l'extraction du plant. Sho, qui avait grandi au contact des plantes et des animaux, n'éprouva aucune difficulté à saisir la plante par sa tige et à la hisser, doucement, hors de la terre. Ce qui n'était résolument pas le cas pour tout le monde. Du coin de l'oeil, Sho remarqua la difficulté avec laquelle Murai tentait de dégager son plant en pensant, peut-être, qu'il ne s'agissait là que d'une épreuve de force. Hors, dans ce cas précis, la force n'amenait à rien si ce n'est à l'épuisement. L'Akajiso demandait une certaine forme de délicatesse. Ce que Seika avait compris puisqu'elle fut la première des trois à déterrer correctement son plant. Soucieux mais nullement inquiet, Sho se tourna vers Murai et lui apporta quelques détails supplémentaires.

SHO # Murai, délicatesse est le maître mot pour déterrer cette plante. Tu n'obtiendras rien par la force. Aussi, je te conseille de t'y prendre plus doucement. Agis comme si tu essayais de déterrer quelque chose de très fragile, de très ancien. Saisis la tige au plus près du sol et tire légèrement vers le haut tout en déblayant la terre autour, de ta main libre, de manière à donner un petit coup de pouce à la plante.

Murai lui lança des regards songeurs tout le long mais au final, il se résolut à mettre en application ses conseils. En quelques minutes, tout le monde déterra son plant et l'allongea, intacte, à l'intérieur de sa boîte translucide. Par simple précaution, Sho déterra deux plants au total qu'il rangea ensuite côte à côte dans sa boîte. Un rapide regard lancé vers l'horizon lui fit comprendre que le temps était compté et qu'il valait mieux ne pas s'attarder davantage dans cet endroit s'il espérait retrouver le pied de la montagne avant la tombée de la nuit. Rapidement, il fit donc réunir toutes les boîtes translucides et les rangea soigneusement au fond de son sac sur ce qui était un tapis de serviettes pliées, afin d'éviter que les boîtes n'encaissent de trop grands chocs durant leur voyage. Dans des poches adjacentes, il rangea les fourches, sans se soucier de la terre qu'elles pouvaient encore tenir accroché à l'extrémité de leurs griffes pointues. Finalement, il hissa son sac sur ses épaules et fit signe à ses élèves qu'il était grand temps pour eux de rebrousser chemin. C'est ainsi que tous les quatre quittèrent les hauts plateaux et redescendirent vers la Falaise Rouge par l'escalier naturelle qu'ils avaient emprunté quelques instants plus tôt.

Difficile à dire s'il s'agissait tout simplement d'agilité ou d'une désormais meilleure connaissance du terrain, quoi qu'il en soit le trio, en la personne de Seika, Ananda et Murai, n'éprouva que très peu de difficulté à traverser la falaise par le petit chemin de terre dessiné à même sa paroi. Le vent en contrebas, plus puissant et plus insistant qu'il ne l'avait été à leur premier passage, ne réussit à les effrayer. Tous étaient confiants. Ce qui amusa tout particulièrement Sho. Après cet épisode, l'équipe 2 de Kumo se laissa emporter par le versant de la montagne jusqu'à la petite crête où le chemin se séparait en trois branches. La première étant celle par laquelle ils venaient d'arriver, la second étant celle qui se dessinait vers l'ouest et qu'ils avaient utilisés pour grimper jusqu'ici, et enfin la troisième descendant exagérément vers le pied de la montagne. Le choix fut vite fait pour Sho. Reprendre la route par laquelle ils avaient escalader la montagne jusqu'à cette crête pouvait leur faire perdre un temps devenu plus que précieux maintenant que les ombres se dessinaient de plus en plus nettement autour d'eux. Il n'y avait donc pas 36 solutions ; ils emprunteraient le chemin qui descendait franchement vers le sud et le pied de la montagne. Le choix s'avéra le bon, bien que la pente eut offert pas mal de fil à retordre à notre quatuor. En à peine une heure, ils atteignirent un bosquet perdu au plus bas de la montagne. Par chance, ils y trouvèrent une petite clairière où Sho décida d'établir leur campement pour la nuit. Le bois leur offrait une cachette idéale mais également une bonne protection contre le vent frais qui s'amplifierait dans le déroulement de la nuit. L'idéal.

Sur les lieux, Sho posa délicatement son sac contre le tronc d'un arbre et invita ses compagnons à déposer les leurs au même endroit. Au centre de la clairière, il prépara ensuite une sorte de cercle de pierres après avoir demandé à Seika et Murai de lui trouver du gros bois. Ce qui, à bien regarder l'environnement dans lequel ils se trouvaient, ne fût pas une tâche trop ardue pour nos deux amis. Ananda, lui, fut envoyé à la recherche de combustible, soit des herbes sèches ou de la mousse desséchée qui furent un peu plus compliqué à trouver. Le temps pour eux de mener à bien leurs recherches, Sho revint à son sac dont il sortit une sorte de pendentif au bout duquel scintillaient deux lamelles de pierres argentées de la même longueur et de la même largeur mais d'épaisseurs différentes. Avec un léger sourire aux lèvres, il fit le tour de la clairière en observant minutieusement les lieux, son pendentif précieusement prisonnier de sa main droite. L'endroit semblait paisible et peu fréquenté des animaux. Ce qui était parfait dans le cadre de leur mission - Sho se voyant mal être aux aguets toute la nuit dès le moindre bruit de pas d'un écureuil ou le froissement d'aile d'un hibou. Pour autant, pour la première fois depuis longtemps, il ressentait un certain apaisement à se retrouver au beau milieu d'un habitat naturel. Il s'y sentait un peu comme chez lui, sans doute à cause des nombreuses journées qu'il avait passé au contact de cette même nature lorsqu'il était plus jeune et qu'il habitait encore la Vallée Verte.

MURAI # Et voila Sho-sensei ! Assez de bois pour tenir toute la nuit.

Les bras chargés, Seika et Murai venaient tout juste de réapparaître au centre de la clairière. Sho leur fit signe de déposer les morceaux de bois à côté du cercle de pierres et leur conseilla ensuite de préparer leur couchette pour la nuit. Ananda ne revint qu'une quinzaine de minutes plus tard, en possession d'un combustible viable pour démarrer un véritable feu de ce nom. Le tout fut soigneusement séparé en deux lots par Sho. Le premier lot termina au centre du cercle alors que le deuxième resta à ses côtés. C'est à ce moment précis que son étrange pendentif entra en jeu. En frottant les deux lamelles l'une contre l'autre, il obtint de belles étincelles scintillantes qui s'embrasèrent aussitôt au contact des composants végétaux desséchés. Avec parcimonie, Sho ajouta ensuite de plus en plus de combustible pour nourrir le brasier avant d'ajouter la première bûche de gros bois.

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SHO # Cette nuit, vous vous relayerez toutes les heures pour assurer la surveillance du camp. Seika, tu seras la première à assurer ce tour de garde. Pour ma part, je ne fermerai pas l'oeil de la nuit, je resterai en surveillance permanente. Des questions ?

Aucune. Murai sembla s'agiter intérieurement mais finalement se ravisa. Le regard perçant de Sho arrêta donc de le fixer et se tourna vers Seika.

SHO # Vous pouvez rejoindre vos couvertures les garçons, bonne nuit.

Ananda et Murai quittèrent le cercle et partirent se coucher à quelques pas de là. Sho se leva et, d'une impulsion, alla se percher sur une branche qu'il avait repérée. Tranquillement, il s'y installa à califourchon, adossé contre le tronc. Ses pupilles glissèrent vers le coin de ses yeux pour observer Seika, en contrebas. La jeune femme semblait parfaitement détendue, quoi que peut-être un peu fatiguée. En revanche, ce qu'il n'arrivait pas à discerner c'est si cette fatigue était physique ou mentale. Sho savait ô combien cette mission en extérieure avait valeur de test pour elle. Bien que les choses s'étaient parfaitement déroulées, elle devait à présent relâcher la pression accumulée tout au long de leur voyage, pour son propre bien comme pour celui de l'équipe. Sho ramena son regard droit devant lui avant de battre des cils.

SHO # Le plus dur est fait Seika. Tu n'as plus à t'inquiéter.

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MessageSujet: Re: CK002 - Les Herboristes de Kumo [2]   Jeu 30 Juil - 19:38

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La nuit avait étendu ses doigts sombres sur le bosquet où Sho et son équipe avaient décidé de camper. Les étoiles peinaient à briller dans le ciel obscurcit par le plus imposant amas nuageux qui avait été vu dans la région, annonçant que le beau temps n'accompagnerait pas le retour du quatuor dans leur village. Perché sur sa branche, Sho contemplait le feuillage de l'arbre au-dessus de sa tête. Il était perdu dans ses pensées les plus profondes. En contrebas, Seika fixait le feu avec une certaine persistance. Le silence qui pesait entre eux se brisa soudainement avec l'aveu pour le moins étonnant de Seika.

SEIKA # Ce souvenir hante toujours mon esprit ...

Sho ne connaissait peut-être pas Seika depuis très longtemps, mais il savait pourtant très bien à quoi elle faisait allusion. Le souvenir de son ancienne équipe hantait son esprit depuis qu'elle avait été entièrement décimée au cours de sa dernière mission en date. Ce souvenir était devenu plus vivace avec leur récente expédition. C'était la première fois depuis l'accident qu'elle prenait part à une mission. Il le savait, Seika amorçait une sorte de thérapie personnelle. Une thérapie qui prendrait beaucoup de temps, peut-être même une éternité à se concrétiser, car oublier un tel épisode de sa vie relevait certainement plus du miracle que de la simplicité. Sho était bien placé pour le savoir.

Songeur, il prit une courte inspiration et prononça quelques mots sur un ton insipide.

SHO # Tu ne te sépareras jamais totalement de lui, mais avec le temps, il s'estompera et se fera moins insistant.

L'expression sur le visage de Seika changea, l'espace d'un court instant, comme si elle venait de recevoir une confirmation. Mais une fraction de seconde plus tard, elle avait retrouvé sa neutralité habituelle. Elle soupira.

SEIKA # Vous semblez savoir de quoi vous parlez, Sho-sensei.

Pour savoir, Sho savait. Il lui arrivait encore fréquemment de se remémorer ces jours sombres où la mort était venue lui prendre des êtres chers. Sabi, sa mère, n'étaient plus que des fragments de son passé. Des fragments qui ressurgissaient parfois, au hasard des situations.

Plus il y songeait, plus son regard perdait de sa profondeur. Il se sentait partir dans une autre de ces réflexions interminables quand un rouage s'enclencha quelque part dans son esprit et le ramena à la réalité. Ses yeux brillant décrivirent alors un mouvement brusque et s'arrêtèrent sur le visage de Seika.

SHO # Indéniablement.

Les sourcils de Seika se froncèrent mais elle abandonna rapidement l'idée d'en apprendre un peu plus sur son chef d'équipe, sans doute gênée par son regard pesant. Sho se mit à fixer le vide pendant quelques poignées de secondes, sans rien dire. Puis il dirigea de nouveau ses yeux vers l'épaisse chevelure verdâtre de l'arbre dans lequel il avait trouvé refuge en s'efforçant de penser à autre chose - quelque chose de plus reposant.

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Côte à côte, Sho et Seika, suivis d'Ananda et de Murai, s'arrêtèrent au croisement de trois routes. La première, sur leur gauche, descendait tranquillement vers les montagnes. La seconde, sur leur droite, filait tout droit vers les plaines de l'ouest. Quant à la troisième, en face, elle menait sans détour aux portes de Kumo. Sans la moindre hésitation, les quatre kuméens poursuivirent leur périple par la troisième route. Mais le temps - qui ne s'était guère améliorer au cours de la nuit - n'était pas enclin à faciliter leur retour. En l'espace d'une minute, les éléments se déchaînèrent. Se fut en premier de violentes bourrasques de vent qui soufflèrent sur la route puis le tonnerre qui se déchaîna. En dernier, une seconde après le premier coup de tonnerre, ce n'est autre que la pluie qui se mêla au cortège de malheur.

Avant que le premier coup de tonnerre ne retentisse, Sho avait remarqué le rassemblement inquiétant de plusieurs amas nuageux de couleur gris foncé. Il en avait immédiatement conclu que le ciel finirait par tomber sur leur tête. Dans l'anticipation, il avait enfilé une cape de voyage grise ornée d'une bande violette à hauteur des genoux. Ses trois compagnons de route l'avaient imités dans la foulée. C'est ainsi qu'ils évitèrent de se retrouver mouiller de la tête aux pieds lorsque l'averse commença à frapper leurs larges capuches.

Ananda - qui regardait le ciel orageux d'un air détaché - se permit une remarque. A côté de lui, Murai acquiesça en inclinant sa tête.

ANANDA # Nous aurions pu espérer meilleur temps pour notre retour.

Un sourire amusé vint ponctuer le visage impénétrable de Sho. A son sens, ils avaient déjà eu beaucoup de chance de ne pas affronter une telle averse à l'allée. Cela aurait considérablement gêné leur progression jusqu'aux montagnes et même l'ascension qui en avait résulté. Certes, l'averse allait rendre la route boueuse et leur faire perdre plus d'énergie qu'il n'en fallait habituellement à ce genre d'entreprise, mais maintenant que les plants d'Akajiso étaient en leur possession, cela n'avait plus vraiment d'importance. Ils arriveraient simplement avec un peu de retard sur l'horaire prévu.

SHO # Nous avons eu la chance de voyager sous un ciel clément à l'allée, alors acceptons un peu de pluie pour notre retour. Ne ronchonnons pas, d'ici quelques heures, nous retrouverons la chaleur et le confort de nos appartements.

Ananda ne fit aucun commentaire, au même titre que Murai. Seika, elle, fixait l'horizon qui s'ouvrait à elle sans se soucier du temps. Elle n'avait qu'une hâte, rentrer.

Malgré les intempéries, le mur d'enceinte du village se dessinait de plus en plus nettement devant leurs yeux. En le fixant, Sho se remémora son arrivée par cette même route, deux ans auparavant. C'était un jour ensoleillé. Les arbres étaient coiffés de leurs plus belles parurent et le piaillement des oisillons avait ponctué chacun de ses pas comme une marche glorieuse. Aux portes du village, il avait fait la rencontre d'un chuunin au poste de garde. Il se souvenait encore de son visage ferme et de sa chevelure noire hérissée. Après interrogation, il était entré à l'intérieur de Kumo et s'était émerveillé devant ce " monde " si vaste. Plus tard dans la journée, après que des investigations eurent été rigoureusement menées sur son identité, il avait été intégré au village au rang d'aspirant.

Aujourd'hui, il tenait le rang de chuunin instructeur. Comme ce chuunin deux ans auparavant, il avait accueilli trois nouvelles recrues. D'ici un temps plus ou moins long, ses trois protégés atteindraient son niveau et à leur tour prendraient en main l'éducation de nouvelles recrues. La boucle serait alors bouclée.

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MessageSujet: Re: CK002 - Les Herboristes de Kumo [2]   Jeu 30 Juil - 21:10

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Il fallut trois heures en plus sur l'horaire prévu aux quatre kuméens pour rejoindre les portes du village. Il planait comme un brin d'excitation au-dessus de leur tête. Tous, sans exceptions, étaient heureux de retrouver Kumo après les dernières 36 heures qu'ils venaient de vivre. La fatigue les terrassait au même titre que la faim. En franchissant l'arche d'entrée, Sho promit d'ailleurs à ses trois élèves de les inviter à dîner, une fois que leur mission serait officiellement terminée. C'était en quelque sorte une manière de les remercier pour le travail qu'ils avaient brillamment accompli.

Terré dans la case de bois qui servait de poste de garde, Kakuzo Aito, de garde cette après-midi là, ne remarqua pas tout de suite le retour de l'équipe 2, trop occupé qu'il était à lire le journal local. La pluie s'abattait encore et encore sur lui quand Sho s'approcha du comptoir en tenant sa capuche entre son pouce et son index droit.

SHO # Me ferais-tu le plaisir de surveiller ces portes, il me semble que tu es là pour ça.

Le ton ironique de Sho fit sursauter Kakuzo. Dans son mouvement de panique, il fit tomber son journal parterre. Gêné, il se pencha et le ramassa avant de lever un regard déconfit vers Sho. Aucun mot ne voulait sortir de sa bouche. Cela faisait plusieurs jours qu'il assurait seul la garde des portes, Arata, son coéquipier, ne comptant pas vraiment vu le nombre d'heures qu'il passait à dormir. La fatigue le terrassait autant que la solitude. Il était épuisé de tenir ce poste, épuisé de surveiller ses portes que personnes, hormis Sho et son équipe, n'avaient franchies. S'il avait sursauté, c'est qu'il avait cru reconnaître la voix d'un supérieur hiérarchique qu'il pensait être venu lui tirer les oreilles. Une frayeur qui n'avait visiblement pas eu lieu d'en être une.

KAKUZO # Seulement si tu me fais le plaisir de ne plus refaire ça. L'espace d'un instant, j'ai pensé que les autorités avaient remarqués mon manque d'implication.

Sho lui adressa un sourire volontaire. Kakuzo soupira, amer.

KAKUZO # Tu peux sourire, tu as bien de la chance de pouvoir partir en mission. Je suis sûr que tu sourirais moins si tu étais confiné derrière ce comptoir à longueur de journée.

Sho inclina la tête. Il est vrai qu'il était incapable de tenir un tel poste. Il avait toujours ressenti le besoin d'être au coeur de l'action, sans l'être totalement. Il aimait être une sorte d'électron libre, même s'il ne l'était pas totalement. Tous les shinobis étaient régis par des règles bien précises. Des règles identiques pour tous. Les ordres étaient les ordres, les responsabilités liées à leur grade étaient des responsabilités. Ils devaient tous s'y tenir. Sho aimait simplement avoir un certain degré de liberté dans le choix de ses actions.

SHO # Tu as raison, n'importe qui perdrait sa joie de vivre à ce poste. En même temps, il faut bien que quelqu'un le fasse. Et qui mieux que toi pour nous défendre des menaces extérieures ?

L'ironie dont Sho faisait preuve - cela afin de redonner le sourire à son ami - ne semblait pas affecter Kakuzo. La fatigue se lisait presque sur son visage. Embarrassé, Sho se mit à fixer le comptoir en réfléchissant à une manière d'égayer la journée de son ami, mais rien ne lui vint à l'idée. En relevant ses yeux, il remarqua son regard vagabond, perdu quelque part au-dessus de son épaule gauche. Il n'eut guère besoin de réfléchir pour savoir ce qu'il regardait avec autant d'insistance. Seika lui avait définitivement tapé dans l'oeil.

SHO # Kakuzo, tu veux bien arrêter de regarder ma coéquipière et noter l'heure de notre retour sur le rapport des entrées et sorties.

Kakuzo ne releva pas sa remarque. C'est à peine s'il l'avait écouté. Sho claqua des doigts juste sous son nez pour le sortir de sa rêverie.

KAKUZO # Quoi ?!!

SHO # Excuses-moi d'interrompre tes fantasmes les plus fous mais j'aimerai que tu notes l'heure de notre arrivée, si cela ne te déranges pas.

Cette fois-ci, Kakuzo s'exécuta. Il sortit un cahier et nota l'heure actuelle dans une écriture approximative. Sho le remarqua et tapota aussitôt sa main gauche contre son épaule.

SHO # Moi et mon équipe devons rejoindre le centre de missions, je passerai par le service de surveillance pour leur demander de te relever.

KAKUZO # Ne te donnes pas tout ce mal, tu risquerais de t'attirer les mauvais rega ...

Sho l'interrompit d'un geste de la main.

SHO # Je leur demanderai de te relever, point.

Bien qu'il souhaitait l'en dissuader, Kakuzo n'osa pas aller à l'encontre de Sho. Question de respect certainement. Sho inclina respectueusement la tête et lui souhaita une bonne journée avant de revenir auprès de son équipe. La pluie se calma, passant d'une averse à une pluie fine. Lentement mais sûrement, tous reprirent la route qui devait les conduire au centre de missions et à leur récompense.

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

[ FIN ]

MessageSujet: Re: CK002 - Les Herboristes de Kumo [2]   Ven 11 Sep - 23:59

[Seuls les administrateurs ont le droit de voir cette image]

Mission de rang C - Les Herboristes de Kumo - Accomplie

Sho

+ 123 XP (bonus chuunin, mission et bonus pour encadrement de mission inclus)
+ 150 £

Seika

+ 30 XP (bonus chuunin et mission inclus)
+ 150 £

Ananda et Murai :

+ 150 £

3N :

+ 10 XP (bonus inclus)

Désolé pour le retard : /

MessageSujet: Re: CK002 - Les Herboristes de Kumo [2]   Lun 5 Oct - 14:16

-| Mission de Rang C : Les Herboristes |-
.5.

Les choses auraient pu se passer très mal, très mal, autant pour Seika que pour le reste de l’équipe. Un flash au mauvais moment, une panique inconsciente durant cette nuit qu’elle avait passé dans les montagnes avec l’équipe n°2, et ça en aurait été finie d’elle, ou d’un de ses coéquipiers. Non bien entendu elle n’aurait pas été violente, mais dans une crise d’hystérie on ne fait pas vraiment attention à tout ce qui se passe autour de soi, et un accident est si vite arrivé dans les montagnes. Ce singe de Murai aurait très bien pu ne pas réussir à se rattraper, se renfermer d’Ananda, plus encore qu’elle peut être, aurait pu glisser d’une pierre, ou Sho… Seika secoua mentalement la tête, seul Sho aurait pu réussir à la calmer surement, comme il l’avait fait en lui disant ses quelques mots, lorsqu’elle fixait le feu de camp, perdue dans ses pensées : « Tu ne te sépareras jamais totalement de lui, mais avec le temps, il s'estompera et se fera moins insistant ». Puisses-tu avoir raison Sho. Les flammes n’avaient été ce soir qu’un miroir au travers duquel elle c’était peu à peu laissé prendre aux souvenirs des feux de camp faits par le passé, avec Sakura, Matsuo et Sazaki… De ces trois noms, il ne risquait plus que celui de son amie. Que serait sa vie s’ils étaient encore en vie aujourd’hui ? Shijima l’ignorait, et y penser avec autant d’insistance alors qu’elle devait veiller n’était pas l’attitude d’une Kunoichi responsable ! Le village, Sho Nagoshi, et même ses coéquipiers lui faisaient confiance pour cette mission, elle ne devait pas les décevoir, même si le gros du travail avait été fait plus tôt dans la journée. A présent ils devaient tous les quatre rentré à bon port et aller à la case départ sans passer par la prison !

Et les mots de Sho, qu’elle avait sentie à leur intonation plus proche d’elle qu’elle ne l’aurait cru possible, la jeune femme avait failli se laisser submerger par la curiosité. Mais elle n’était pas naturellement curieuse, et elle ne se sentait pas encore assez d’affinités avec qui que ce soit pour oser lui demander des questions banales comme « Alors c’est quoi ta vie ? ». C’était à cent lieux d’elle, aussi c’était-elle replongé dans la contemplation des flammes du feu, et avec un ton neutre avait répondu à son Sensei. Lui-même n’avait pas soutenu la conversation plus loin. Peu après, elle était allé réveiller Murai, qui, grommelant, avait eu beaucoup de mal à se mettre sur ses fesses et à ouvrir les yeux de son sommeil dans lequel ce devait être le calme plat. La jeune femme à la chevelure d’ébène en avait un peu ri, ce qui avait fait bouger Ananda dans son sommeil : Murai n’était pas un mauvais garçon, un peu brusque et pas très à l’aise pour parler à une femme ça c’était une évidence, mais son fond n’était pas celui de quelqu’un envers qui elle ressentirait de l’antipathie. Seika tourna la tête vers l’arbre et la branche où reposait leur Sensei… Le rouge qui côtoyait le marron naturel de ses yeux ressorti pendant l’espace d’une seconde, reflété par les flammes du camp, mais aussi par la flamme naturelle qui brillait en elle : malgré toutes les difficultés, malgré qu’elle-même ne ce soit jamais considéré que comme une étrangère pour Kumo, malgré la perte de celui qu’elle avait considéré comme son père, et son meilleur ami duquel elle était tombée amoureuse, malgré tout ça… Shijima Seika était encore debout, et son mental, fait d’un métal aussi flexible que résistant, était à l’apogée de sa force depuis bien des années. Sho tourna la tête vers elle, et leurs regards se croisèrent pendant une seconde, avant que Seika ne lui fasse un sourire en penchant la tête de côté et en plissant les yeux : ils savaient tous les deux que le premier pas, le plus dur, était fait, et que malgré que leur route, à elle, ou à lui, soit encore longue, ils empruntaient une voie sûre.

Sur ce dernier regard chargé, du moins pour elle, d’un message chaleureux et déterminé, la jeune femme c’était enroulé dans son sac de couchage, bercée par les bruits de la nature et le crépitement du feu, ainsi que par les grommèlements de Murai qui ne semblait pas spécialement content de monter la garde, marmonnant quelque chose sur un rêve qu’il était en train de faire, d’une piscine et de jolies filles… Seika se laissa sourire encore une fois… Seigneur, deux fois en même pas une dizaine de minutes, il fallait qu’elle arrête où elle n’aurait bientôt plus qu’à se coiffer d’un chapeau de clown et à aller faire des cabrioles sur la grande place marchande de Kumo ! Sur cette pensée ironique, chargée d’une joie de vivre qu’elle commençait à sentir renaitre en elle, loin, très loin de ses souvenirs, de ses peurs, de ses angoisses sur l’ombre qui la suivait dans le village et dont elle oubliait même l’existence, perdue dans les montagnes, Shijima s’endormie, paisiblement…

Pour se réveiller, le visage caresser par une brise des plus froides et désagréables.

[Seika] « Nom de nom ! »

Avec un million de précautions, la jeune femme palpa son corps dans un premier temps, pour jauger de sa propre température, tant qu’elle n’était pas encore totalement réveillée. Ainsi, elle pouvait savoir à l’avance si elle avait déjà froid. Heureusement son sac de couchage était d’un des plus résistances du genre, et dont on se servait le plus souvent pour des exercices ou des missions de survie et donc, capable de garder parfaitement la chaleur du corps à l’intérieur. Mais à l’extérieur c’était une autre affaire. Seika résista à l’envie de rentrer sa tête dans le sac pour mettre son visage au chaud et le soustraire à la cruauté des vents de la montagne. En même, il n’y avait rien d’étonnant à ce temps : ils l’avaient prévus depuis leur départ, qu’il se mettrait à faire aussi moche. Soupirant, elle réajusta, allongée, ses vêtements qu’elle avait légèrement défaits pour dormir, avant de se glisser en se tortillant hors de son sac de couchage, comme on sort d’une seconde peau. Les nuages gris cachaient le soleil du levant. Il ne devait pas être loin de six ou sept heures du matin.

Autour d’elle, malgré le vent, elle percevait le souffle de ses coéquipiers. Murai semblait dormir profondément, et avec une respiration calme. Ananda quand à lui, respirait plus fort : son sommeil était agité, et cela ne l’étonnait guère. Elle avait toute de suite sentie lorsqu’ils c’étaient croisés aux portes la veille, que ce garçon portait sa propre croix et qu’il en souffrait. Shijima se frotta les yeux, agressé de si bon matin par le vent froid du paysage. Finalement, Seika tourna la tête vers l’arbre et la branche sur laquelle reposait toujours Sho. Ce dernier tourna la tête lui aussi, et lui sourit.

[Sho] « Bonjour Seika. »

[Seika] « Bonjour Sensei. Répondit-elle d’un ton neutre avant de bailler brusquement, la main sur la bouche. Quelle heure est-il ? »

[Sho] « Pas loin de sept heures je pense. Voyant que Seika jetait un coup d’œil à ses coéquipiers, il ajouta. Laisse-les encore dormir un peu, ça ne leur fera pas de mal. »

Acquiesçant, la Kunoichi se rassit sur son sac de couchage, pour s’apercevoir qu’elle avait mal reboutonné sa chemise blanche à manche longue. Heureusement que son soutien gorge était blanc, Sho n’avait surement pas remarqué cette tenue un peu trop décontracté… Dos à son Sensei, elle remit sa chemise comme il le fallait et remit sa veste de cuir marron lui tombant sur ses cuisses nues, elle avait un peu froid… Attendant que leur responsable les réveils de lui-même, la jeune femme se contenta de sortir de son sac un peigne, tout en faisant bien attention à l’Akajiso qu’elle transportait. Il ne devait rien arriver à l’objet de leur mission… Tranquillement, reproduisant un geste surement inscrit dans le code génétique féminin, la jeune femme se brossa son imposante mais pourtant fine chevelure noire, tout en gardant le regard fixé sur les montagnes autour d’eux. Les nuages venaient frôler les cimes de nombre d’entre elles, et un épais brouillard faisait jouer à cache-cache la vallée avec son regard. Silencieuse, elle se vida l’esprit comme elle l’avait fait la veille au soir avant de s’endormir, malgré le souvenir de réveils similaires… Matsuo l’avait toujours admiré d’être capable de se réveiller d’elle-même aussi tôt. Seika ne lui avait jamais dit, mais cela lui avait bien souvent permis d’observer son visage pendant son sommeil, comme celui de Sakura d’ailleurs. Au bout d’une demi-heure de brossage, et sentant que sa chevelure était de nouveau en bon état malgré cette nuit passé au grand air, Shijima rangea ses affaires, replia son sac de couchage, et finit de s’assurer du bon transport de sa plante tandis qu’Ananda se réveillait derrière elle, de lui-même, surement dérangé dans son sommeil et ses cauchemars par le vent froid du matin. Civilités échangées avec son coéquipier, le jeune femme s’installa sur un rocher plat et lisse, et attendit qu’ils se remettent en route, pour rentrer à Kumo.

Bien entendu ce fût Murai qui se réveilla en dernier. Sho avait sans doute voulu observer leurs résistances au sommeil à chacun durant la nuit, et leurs capacités à se réveiller d’eux-mêmes. Et lorsqu’ils se remirent enfin en route, ce fût pour être de plus en plus pressé par les nuages gris, tombant peu à peu sur le décor rocheux du pays de la foudre. L’air était lourd et chargé d’électricité, elle se sentait très bien, vu qu’elle était une pratiquante du Ninjutsu de Kumo. La Kunoichi avait appris à sentir les variations d’électricité de l’air, propice ou non à sa technique de l’éclair fendu. Mais elle s’égarait dans ses pensées alors que c’était le moment le plus dangereux de la mission ! Shijima se fit violence et se concentra sur sa descente des flancs de la montagne, tout en gardant un œil sur Murai, prête à bondir et le rattraper s’il tombait. Heureusement rien d’aussi affreux ne se passa, et ils revinrent au croisement qu’ils avaient abordé la veille sain et sauf ! L’équipe n°2 prit le chemin en face d’eux, pour remonter vers le village caché, tandis qu’au-dessus d’eux, le ciel grondait, se réveillait comme autant de créatures géantes donc chaque respiration était un coup de tonnerre, et où leurs souffles fouettaient leurs visages d’humains, au travers d’un vent de plus en plus violent. Imitant leur Sensei, les trois membres de l’équipe avaient sortis de quoi se couvrir et se protéger de la pluie. Seika elle, se drapa d’une cape fine, faite d’un alliage à base de plastique, et qui ne permettait que de se protéger de la pluie, tout en étant très facile à transporter du fait de sa légèreté. La pluie se mit à tomber quelques minutes plus tard, et ils furent bientôt obligés de marcher dans la boue, trempés de la tête aux pieds, pour rentrer à Kumo. Heureusement ses bottes de cuir résistaient parfaitement à l’humidité, et la jeune femme prenait soin d’éviter de marcher dans les flaques trop profondes, l’histoire de ne pas se retrouver avec de la boue plein les mollets, attention tout féminine car ses compagnons de mission n’en faisait pas de même, et le bas de leurs vêtements furent bientôt recouvert d’une couche de plus en plus épaisse de crasse. Ah les garçons… J’espère que vous avez une bonne lessive chez vous vraiment.

Après trente-six heures passées hors du village, le petit groupe arriva enfin aux portes de Kumo, qui étaient gardés par le même Ninja qu’à l’allée. L’humidité de sa veste de pluie l’avait collé à ses vêtements redessinant ses formes de façon assez soulignés, ce que ne manqua pas de remarquer le Chunin répondant au nom de Kakuzo. A cause de la pluie, et du tonnerre, Seika n’entendit pas ce qu’ils dirent, lui et Sho, mais Kakuzo avait l’œil baladeur, et surtout plaqué sur le corps de la jeune femme. Indifférente à ce regard, elle n’en conçu ni gêne, ni complexe, et se contenta d’attendre l’ouverture des portes. Ce qui ne tarda pas. Sho s’inclina devant le garde, et il revint vers eux pour les inviter à le suivre au centre de mission qui se trouvait à quelques ruelles de l’entrée du village…

---|-¤-|---

Seika sortit la première du centre de mission, son sac sur l’épaule, capuche toujours rabattu sur sa tête, cachant son visage et son regard aux yeux du monde, tandis que la pluie diluvienne continuait de draper le village de Kumo d’un manteau d’eau. La mission était terminée. Sa seconde mission de rang C en somme, et sa seconde mission depuis qu’elle avait reprit du service en tant que Chunin. Félicité autant par le responsable du centre que par leur client, Akio le forgeron, la jeune femme n’en avait pas ressenti de réelle joie pourtant. Surement à cause du temps dehors, et du fait d’avoir senti pesé sur elle, dès son entré dans le village, le regard d’une ombre invisible. Paranoïa que tout cela elle le savait, ou du moins essayait de s’en convaincre. La saison des pluies menaçait le village et ce temps risquait de durer un moment. Elle ne devait pas en concevoir de tristesse ou être gêné par ceci dans l’accomplissement de ses tâches coutumières. Mais elle devrait être prudente, et peut être évité le lac Karas pour ses entrainements : encore plus en altitude que le village, ce lieu d’entrainement que Shijima appréciait était souvent sujet à des impacts d’éclairs. Quand aux missions… Et bien elle ferait avec.

Ananda et Murai soutirèrent peu après : l’un comme l’autre déclarèrent qu’ils allaient rentrer chez eux se reposer, et qu’ils essaieraient de se réveiller attend pour le diner. Seika les salua de la tête, tout en s’interrogeant sur le sens de ces paroles : le diner ? Pourquoi parlaient-ils de ça ? C’est alors qu’elle se souvint ! Sho leur avait promis de les inviter à diner une fois rentré au village ! Seika baissa la tête, observant les milliers d’impacts des goutes de pluie créer sur une petite flaque dans la ruelle. La pluie ne la rendait pas spécialement triste, elle l’aimait d’ailleurs beaucoup, mais aujourd’hui, la Kunoichi n’y était tout simplement pas très sensible… Des bruits de pas derrière elle, lui firent tourner la tête de côté, offrant le profil de l’arrête de son nez fin à son Sensei. Avant que ce dernier n’ait le temps de dire quoique ce soit, et surement devait-il s’inquiéter de l’état de la jeune femme après cette mission qui avait été pour elle de son point de vue un test réussi, cette dernière tourna de nouveau la tête vers la ruelle, lui cachant son visage, tout en déclarant.

[Seika] « A ce soir Sho-Sensei. »

D’un pas vif, prenant moins garde qu’auparavant à marcher ailleurs que dans les flaques, la jeune femme prit la direction de son appartement, à travers le dédale de ruelle… Ina devait attendre impatiemment son retour, mais elle avait surtout besoin d’une bonne douche chaude et de repos, avant de ressortir… Si elle décidait de ressortir, ce dont elle doutait.

Spoiler:
 

MessageSujet: Re: CK002 - Les Herboristes de Kumo [2]   Lun 5 Oct - 16:12

[ Seika : +12 XP ]

[ Tu gagnes aussi une remise de 10% sur ton prochain achat à l'armurerie, c'est valable pour tous ceux qui ont participé à la mission ]
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MessageSujet: Re: CK002 - Les Herboristes de Kumo [2]   

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