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 La rencontre

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MessageSujet: La rencontre   Dim 14 Juin - 19:39

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La rencontre
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[Viens de du magasin]

Lorsque je me dirigeai vers le parc Yumekuteka, une légère mélancolie me tira hors de mon rêve éveillé. Comme ma vie est monotone. J'ai pourtant atteint le grade de Chuunin, exploit que peu d'entre nous sont capables de réaliser. N'est-il pas? Ma vie devrait être excitante... Non? Je regarde les jeunes ninjas qui viennent tout juste de commencer leur périple dans l'académie. Ils ont les yeux qui débordent de rêves. Ils sont entourés, ils sont aimés. Ils font plaisir à voir, tout simplement. Est-ce que cela est un vrai bonheur? Tout d'abord, c'est quoi le bonheur? Est-ce qu'il y a une distinction entre des moments où nous sommes heureux ou le bonheur? Selon moi, le bonheur est un état d'esprit pleinement satisfait qui perdure dans le temps. Bref, les enfants que je croise ne réalisent pas que plus tard, ils devront faire face à des moments qui leur sembleront tout simplement insurmontables. La perte de son équipe n'est qu'un exemple. Depuis mon grade, je n'ai rencontré personne qui sois intéressant, que des étrangé à mon existence, que des marchants qui ont le sourire aux lèvres parce qu'ils y sont obligés pour attirer la clientèle et ainsi faire vivre leur famille. Depuis que j'ai été promu au grade de Chuunin, je n'ai plus eu de vie à proprement parler. J'existe pour moi, mais est-ce que j'existe pour quelqu'un d'autre ? Est-ce que les gens savent que j'existe ? Il y a peut-être la flaque dans ma chambre qui sait que j'existe... Enfin, ce n'est pas très rassurant et ce n'est pas une personne... J'espère. Quelques cristaux de glace en suspension dans l'air commençaient à se former. Ils allaient même à cacher la beauté du soleil. Ce n'est pas grave, j'aime nettement plus les journées nuageuses et humides que les journées chaudes et ensoleillées. C'est moins difficile pour ma peau.

Je venais d'arriver dans le parc. Il était aisé de constater l'influence du temps sur les gens. En effet, des familles commençaient à ranger leur bric-à-brac éparpillé ici et là et lever le camp pour retourner dans le confort de leur chaumière. La pluie est un obstacle pour eux. Personne ne peut prédire avec exactitude le temps qu'il fera, je suis bien ici et maintenant, je ne vais plus me déplacer sans une bonne raison. Le bois de mon violon est verni. Il peut résister à l'eau, enfin je l'espère. Avec les années, il serait probablement déjà mort, pour cela, il faudrait qu'il soit vivant. Moi qui déteste l'anthropomorphisme, je viens d'en faire. Honte sur moi. Enfin bon, j'avais le cœur à jouer. J'ai toujours le cœur à jouer. Triste ou heureux, mon violon m'accompagne partout. C'est assez étonnant qu'il soit encore en bon état. Avant de jouer, je devais premièrement, m'installer confortablement. Il y avait dans ce parc, un arbre en particulier, allez savoir pourquoi, j'adore cet arbre, il a une branche qui me parle, elle me force à m'asseoir sur elle. Pour cela, il faudrait qu'elle puisse parler. Bref, il y a une deuxième condition. Il faut de la concentration. Il existe des joueurs de musique qui jouent pour le plaisir. Moi, je joue pour l'art, pas pour le plaisir, je joue parce que jouer me met dans un état second, je joue pour me distraire. Je joue pour le plaisir aussi, mais pas que pour cela. Enfin installé sur la branche de mon arbre, je commençai à jouer. La réalité n'existe plus autour de moi, seuls les sons, le chant des oiseaux, le déplacement des objets familiaux, les discutions et mon violon. Voilà ce qui existait. C'était tout, il n'y avait que cela de vrai, tout le reste, c'était du vide. Je ne jouai pas du violon, je le maîtrisais. Une maîtrise qui prend plusieurs années avant de l'atteindre. Je n'ai pas toujours été bon, il y a un moment dans notre existence où il faut réaliser à quel point nous sommes plus que médiocres. Moi c'était à mes débuts, mon père me donnait des cours de violon et quand j'eus terminé avec le violon, mon grand-père prenait la relève avec la médecine.

Mon grand-papa était là devant moi, je devais avoir quoi... 15 ans. La mort de ma mère me faisait encore beaucoup de mal, même après 8 ans. Après tout, c'était la personne qui m'était le plus chère dans ce monde. Mon grand-père essayait de m'apprendre sa technique favorite. Je venais tout juste d'apprendre ce qu'était le Chakra, que mon grand-papa souhaitât me donner des cours du soir, c'était plutôt. Enfin, je ne réalisais pas l'importance du travail acharné quand j'étais jeune. Après tout, ce que nous ne faisons pas quand nous sommes jeunes, nous le payerons quand nous serons plus vieux. C'est plus vieux que j'ai compris cette phrase. La phrase préférée de mon père. C'est à ce moment-là que j'ai compris à quel point j'étais plus que médiocre. J'avais tant de difficulté à maîtriser le Jinsei Noshi. Enfin, c'est passé. Ce n'est pas en s'apitoyant sur mon sort que je vais changer le futur... Mon future, je me dois de le préparer. Toujours sur mon arbre, je continuais de jouer. La pluie commençait à tomber, tranquillement, elle est douce et timide. Elle n'ose pas trop se montrer. Presque tous les gens qui étaient restés ont décidé de partir. Tous ou presque tous.


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Dernière édition par Kallo Hone le Sam 27 Juin - 17:00, édité 1 fois

MessageSujet: Re: La rencontre   Mar 16 Juin - 1:55

¤,.°o°O Chapitre 8 : L'Ombre Croissante O°o°.,¤
« La valse des souvenirs »
-1-

Une journée de plus sous un ciel orageux. Le temps était le même depuis une semaine maintenant. Il y avait bien eu une éclaircie ou deux, ici et là, mais rien qui ne put être comparé au ciel bleu qui recouvrait habituellement le village à cette époque de l’année. Peu importe dans le fond, le temps n’influait pas forcément sur le caractère des kuméens, bien au contraire. Chaque habitant s’était habitué au climat quelque peu incertain du pays. A tel point que certains d’entre eux se plaisaient tout autant sous un soleil de plomb que sous un nuage menaçant. Parmi eux, on pouvait compter Sho Nagoshi, Kakuzo Aito, et Arata Daïbutsu, trois chuunins d’état.

Alors que la pluie tombait dru, tous les trois s’étaient donnés rendez-vous chez Arata, ou plutôt chez ses parents, pour un déjeuner entre amis. Pour l’occasion, la mère d’Arata, certainement l’une des toutes meilleures cuisinières du village, leur avait spécialement concocté ses meilleurs plats : yakitoris au blanc de poulet, brochettes de tsukuné, côtes de porc grillées au miso, avec en accompagnement du dashi, une sorte de bouillon local. Autant dire que leur repas était un véritable régale. Même s’il était peu répandu de déjeuner hors de la pièce principale, il existait certaines familles, comme celle des Daïbutsu, chez qui les repas se prenaient toujours en extérieur dans une petite cour aménagée ou encore dans un jardin à ciel ouvert. Le hasard des choses avait fait que le déjeuner de nos trois amis s’était installé dans la petite cour située au centre de la demeure familiale, couverte en partie par un large carré de toile. Assis autour d’une table garnie des plats de Madame Daïbutsu, ils pouvaient entendre la pluie s’abattre avec fracas sur la toile et voir l’eau s’écouler sur le sol comme de petites cascades tout autour du carré de toile.

KAKUZO # Arata, bénie soit ta mère pour ses merveilleux talents de cuisinière.

S’exclama Kakuzo avant de planter ses dents dans un autre yakitori.

Tête en l’air, Arata ne releva pas sa remarque. Armé d’une cuillère en porcelaine, il attaquait son bol de dashi avec une insouciance étonnante. En le regardant, Sho ne put s’empêcher de sourire ouvertement. Arata était sans doute le shinobi le plus étonnant qu’il avait pu rencontrer jusqu’à présent. Désintéressé, fantasque, parfois songeur, Arata était capable de passer pour mort à n’importe quel instant et dans un sursaut troublant se transformer en une véritable pile humaine. Il côtoyait les deux extrêmes avec une telle aisance que Sho le considérait comme une sorte de funambule.

KAKUZO # Tu ferais mieux d’attaquer ce qui se trouve sous ton nez Sho ou je m’en chargerai à ta place. Tu es prévenu.

Les yeux ambrés de l’eisei-nin vinrent immédiatement se loger dans le regard fuyant de Kakuzo, trop occupé à choisir le prochain met qu’il dévorerait. Sho n’avait presque rien mangé depuis le début du repas. Ses pensées étaient éparpillées et il éprouvait bien des difficultés à se concentrer sur le moment présent. Il repensait au dernier entraînement qu’il avait suivi avec Akai Juutai, son mentor en quelque sorte ; à ce combat douloureux qu’il avait du mener contre elle et contre les faiblesses de son corps. A côté de ça, il était certain que son appétit éprouvait bien des difficultés à se faire entendre très clairement. C’est la voix monotone d’Arata qui le projeta brusquement hors de son imaginaire. Sho cligna sensiblement des yeux puis il s’arrêta sur le visage d’Arata, tourné dans une expression gênée vers Kakuzo.

ARATA # Est-ce que tu as trouvé le temps de parler à Mae ?

KAKUZO # Je l’ai croisé à son retour de mission mais je n’ai pas vraiment eu le temps de discuter avec elle. Désolé.

Répondit un Kakuzo obnubilé par le goût affriolant des côtes de porc grillées au miso.

De son côté, Sho avait quelques difficultés à comprendre le sens caché de sa question. Il connaissait bien évidemment Mae, la kunoichi que Kakuzo avait remplacé en tant que professeur à l’académie le temps d’une mission spéciale. Mais ce qu’il n’arrivait pas à comprendre, c’était la raison pour laquelle Arata voulait que Kakuzo parle à Mae. Peut-être était-ce le fait que son esprit soit quelque peu engourdi, en tout cas Sho ne comprit que plus tard ce qu’il en était réellement. Plus précisément au moment où Kakuzo terminait sa troisième côte de porc du repas.

KAKUZO # Tu devrais prendre ton courage à deux mains et le lui dire, au lieu de me faire passer pour un intermédiaire.

Arata abaissa son regard étonnement vide vers le sol en poussant un long soupire.

ARATA # A quoi bon, je serai incapable de lui dire quoi que ce soit en face.

KAKUZO # Il faudra pourtant bien que tu lui parles un jour, non ? N’est-ce pas Sho ?

Légèrement surprit, Sho prit le temps d’avaler une bouchée de tsukuné pour remettre en place ses esprits. L’analyse était très simple. De ce qu’il comprenait, Arata semblait éprouvé des sentiments forts pour Mae mais il se sentait incapable de les lui révéler. Comme méthode de substitution, il avait simplement préféré envoyer son meilleur ami à sa place. On aurait pu le traiter de lâche ou de trouillard mais ce n’est pas ce que Sho ressentait vis à vis d’Arata. Avoué ses sentiments à quelqu’un relevait souvent plus d’un supplice intenable que d’une véritable facilité. Lui-même n’en avait jamais avoué à qui que ce soit. Peut-être parce qu’il ne ressentait absolument rien.

KAKUZO # Sho ? Est-ce que ça va ?

SHO # Oui, excuse-moi je réfléchissais.

Répondit-t-il en déposant soigneusement ses baguettes à côté de son assiette à demi pleine avant de reporter son regard lumineux vers Arata.

SHO # Pour en revenir à ton petit problème, je ne peux que te conseiller d’attendre le bon moment pour lui dire ce que tu ressens. Kakuzo est à peine capable de tenir une bande de gamins agités, imagine ce qu’il pourrait dire à cette pauvre Mae.

KAKUZO # Ce que tu peux être cruel avec moi !! Je réquisitionne tes yakitoris en payement de ta bêtise.

Sho rit de bon coeur en regardant un Kakuzo ronchonneur s’emparer du plat de yakitoris qui se tenait tout juste devant son assiette.

SHO # Tu peux les prendre, je n’ai pas très faim de toute façon.

Avoua-t-il en se levant de table. Au même moment, Arata lui lançait un regard interrogateur.

ARATA # Tu t’en vas ?

SHO # J’aurai aimé resté plus longtemps mais j’ai du travail qui m’attend.

Répondit-il en lui adressant un léger sourire.

SHO # Remercies ta mère pour moi. Ce repas était succulent.

Sans attendre une seconde de plus, Sho s’éloigna à petits pas en entendant Kakuzo murmurer de manière peu discrète à Arata ces quelques mots :

KAKUZO # Succulent ? Il n’a presque rien mangé ! Il est étrange ces derniers temps ....

Étrange, il l’était. Exceptionnellement vêtu d’une longue chemise blanche à col large et privée de manches, il quitta la demeure des Daïbutsu et erra durant près d’une demi-heure sous la pluie. Durant ce laps de temps, ses pensées ne cessèrent de tourbillonner encore et encore jusqu’au moment où une mélodie s’éleva dans un coin de son esprit. Était-ce bien là qu’elle était né ? Il était persuadé que non. Ce n’est que lorsque ses yeux se mirent à scruter les environs qu’il remarqua l’entrée du parc Yumekuteka et une sorte d’ombre noire au loin. La mélodie semblait provenir de cette direction, aussi s’avança-t-il lentement vers elle.

A mesure que l’ombre grandissait, le son s’affinait. Il approchait de la source.

Cette source n’était autre qu’un jeune homme aux cheveux blancs comme neige dont la joue flirtait amoureusement avec le bois vernis d’un violon. La mélodie s’échappait de cet instrument rarissime dans les environs. Sho était même sûr de n’en avoir jamais vu dans les mains de quelqu’un d’autre depuis son arrivé à Kumo.

SHO # Tu es doué.

S’exclama-t-il.

C’est ce qui lui était venu à l’esprit en l’écoutant.

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

MessageSujet: Re: La rencontre   Mer 17 Juin - 2:15

J'étais encore et toujours là. Je jouai de mon violon. J'étais littéralement déconnecté de la réalité. Chaque fois que je joue du violon, des souvenirs en profitaient pour se glisser dans mon esprit. Chaque fois sans exception.

*Retour dans le passé*


Mon grand-père était debout devant moi. Il avait les bras croisés. Je tenais dans mes mains, un livre. C'était bien évidemment un livre de médecine. Il était quand même assez gros, 700 pages et plus. J'avais 3 jours pour le lire, l'apprendre et l'aimer. Sans cela, mon grand-père m'avait dit qu'il allait arrêter de m'enseigner la médecine, que ce serait une perte de temps. Il est impossible pour ma famille d'envisager l'échec. Je devais apprendre ce livre d'anatomie par coeur. J'avais 72 heures... Est-ce que c'est possible? Probablement pas. C'est pour cela que je devais prouver à mon grand-père que je n'étais pas un minable. J'avais l'infime conviction que j'allais un jour être un médecin plus compétent qu'il ne l'a jamais été. C'était ma motivation. Ma raison d'exister.

Enfin, je n'étais pas mécontent d'être sorti de cette épreuve. Ce livre plaisait assez à mon grand-père, d'une part parce qu'il dégageait un quelque chose d'énorme, il était sûr que jamais je ne réussirai à même le lire, j'avais réussi à le lire. En entier en 3 jours. L'apprendre par cœur? Non, d'après moi, c'est mentalement impossible. Dans le corps de ce livre, ce trouve toutes les informations - en résumé - de ce que des années d'études ont fournirent pour décortiquer le corps humain. Mon grand-père voulait que je l'apprenne par coeur? Il est fou. Le simple fait de le lire en 3 jours devait être un exploit. Évidemment, je n'avais pas réussi à le mémoriser. Lorsque mon grand-père entra dans la pièce, c'est la tête basse que j'avais. Je n'osais même pas le regarder, j'avais échoué. Mon apprentissage s'arrêtait maintenant.


[Kallo] – Grand-père, j'ai échoué

[Grand-père] – Que veux-tu dire?


[Kallo] – Je n'ai pas réussi, j'ai échoué


Mon grand-père avait son regard rivé sur moi. Je le savais, je le sentais. J'avais honte, j'avais si honte. Dans ma tête, j'étais la honte de la famille.

[Grand-père] – Tu sais Kallo, lorsque j'ai dit que j'allais arrêter ton entrainement.

[Kallo] - Oui grand-père?

La curiosité emportait mes pensées. Que voulait-il dire par là?

[Grand-père] – Hey bien, j'ai dit cela pour te motiver. En 3 jours, tu l'as lu. C'est déjà quelque chose de bien. Tu as mis du coeur dans ce que tu as fait. Souviens-toi cela, lorsque tu fais quelque chose. Que ce soit un petit truc, fais-le en mettant tout ton coeur

Mettre tout mon coeur.

*Retour dans le présent*

Depuis ce jour-là, dès que je fais quelque chose. Je le fais du mieux que je peux. Beaucoup de personnes ne comprennent pas l'importance de cela. Si je devais expliquer pourquoi je suis bon au violon, c'est la première chose qui me viendrait en tête. J'étais dans mon monde, un monde fait de son et non d'image.


[Sho] - Tu es doué.


Dans le monde que je vis. C'est moi qui le crée, je le crée avec les sons, c'est pour cela que lorsque je joue, je suis déconnecté de la réalité. Pourtant, une phrase se répète sans cesse. « Tu es doué ». Je compris que cela venait de l'extérieur, ce n'était pas moi qui l'avais créé. Suis-je doué? Je ne peux pas dire que je suis doué, je n'ai pas de talent inné pour le violon. J'ai la persévérance. Je ne suis pas doué, je suis têtu voilà tout. Je cessais de frotter l'archet sur les cordes et je repris conscience que le monde extérieur. J'étais tout mouillé, l'homme devant moi aussi. Enfin devant... En bas de moi. Je décidai de descendre de mon arbre et d'aller à sa rencontre


[Kallo] – C'est rare les gens au parc qui restent lorsque la pluie se met à tomber


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MessageSujet: Re: La rencontre   Mer 24 Juin - 21:02

¤,.°o°O Chapitre 8 : L'Ombre Croissante O°o°.,¤
« La valse des souvenirs »
-2-

Le temps avait beau ne pas s'améliorer, Sho trouvait un certain réconfort à sentir la pluie tomber sur ses épaules. C’était en quelque sorte comme si l’averse avait le don de le ressourcer.

Ses yeux lumineux n’avaient pas quittés la silhouette du musicien. Musicien qui le remarquant, se décida à descendre de son abri de fortune pour le saluer ou tout du moins tenter de l’aborder. Quand son visage s’eut enfin dessiné clairement devant lui, Sho se revit une semaine plus tôt ; assit dans la salle des professeurs en compagnie de ses amis. Tous étaient occupés à éplucher des dossiers tous plus important les uns que les autres. Lui avait jeté son dévolu sur la pile des nouveaux venus. C’est là, au beau milieu de cette pile, qu’il avait fait sa connaissance pour la première fois. Kallo Hone, c’est ainsi qu’il s’appelait. Il était passé chuunin récemment. Un garçon sans histoire selon les souvenirs qu’il avait gardé de son dossier.

L’approche que Kallo utilisa était équivalente à celle qu’il avait choisi quelques secondes plus tôt : sobre et simple. Sho dessina un léger sourire aux coins de ses lèvres et leva ses yeux vers le ciel.

SHO # Il pleut si souvent par ici qu’il me semble judicieux d’apprendre à aimer la pluie plutôt que de la fuir.

Répondit-il.

Lentement, Sho ramena son regard sur Kallo. Son sourire s’accentua encore un peu plus puis se figea dans une expression bienveillante. Peut-être valait-il mieux qu’il se présente maintenant. Tout du moins avant de poursuivre plus loin leur discussion.

SHO # Je me nomme Sho Nagoshi, et si je ne me trompe pas tu es Kallo.

Déclara-t-il d’une voix délicate.

SHO # Je le sais car j’ai déjà eu ton dossier entre les mains. D’ailleurs, toutes mes félicitations pour ta promotion. Devenir chuunin du jour au lendemain n’a pas du être facile mais je ne doute pas que tu honoreras dignement tes nouvelles fonctions.

Le plus clair étant dit, Sho laissa planer quelques secondes de silence entre lui et son interlocuteur avant de se diriger vers l’imposante racine qui sortait de terre deux mètres plus loin. La jugeant parfaite pour s’y assoire, il s’y installa le plus confortablement possible et tourna son regard vers le violon de Kallo. Il se remémora alors ces longues nuites d’hiver passées dans la Vallée Verte, sa terre natale, durant lesquelles son oncle leur jouait d’inoubliables mélodies au violon pour leur réchauffer le coeur.

Ces souvenirs semblaient si loin aujourd’hui, comme s’ils appartenaient à un passé définitivement révolu.

Kumo était devenu sa seule patrie. Bien qu’il pensait souvent à elle, Sho avait volontairement choisi de laisser sa famille à l’écart. Tous les jours il lui en coûtait un peu plus de ne plus les revoir. Tous les jours il lui en coûtait de ne pas avoir accompagné sa mère durant les derniers jours de son existence. Mais les choses étaient ainsi faite, il ne pouvait pas les changer. Au quotidien, il se contentait d’afficher une mine parfaitement détendue, prenant toujours le bon côté des choses plutôt que de s’apitoyer sur son mauvais sort. C’était sans doute le mieux à faire dans son cas.

Son regard glissa le long du bras de Kallo et s’arrêta sur son visage. Si ses souvenirs étaient exacts, il avait à faire à un ami médecin. Dans ces conditions, il lui était peut-être possible de lui donner quelques astuces quant à la branche qu’ils avaient tous les deux décidés de suivre. C’était une manière comme une autre de poursuivre leur conversation après tout.

C’est donc avec un certain recul que Sho reprit le cours de leur échange, le sourire toujours aux lèvres.

SHO # Je crois savoir que tu as choisi de suivre la branche Eisei. Je ne sais pas où tu en es de ton apprentissage mais si tu as besoin d’aide, c’est le moment.

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

MessageSujet: Re: La rencontre   Sam 27 Juin - 20:41

[Sho] - Il pleut si souvent par ici qu’il me semble judicieux d’apprendre à aimer la pluie plutôt que de la fuir.

Il est vrai qu'il serait stupide de fuir la pluie. Surtout dans le village caché des nuages. Ce serait ironique d'avoir peur des éclairs ici. S'il y en a, ils ne savent vraiment pas où trouver leur place. Les averses en générales ont le don de me purifier. Pas au sens lavé bien entendu. Elles me calment, me détendent, me rendent zen. Bref, elles m'aident. Elles m'aident à quoi? À tout plein de trucs. Tel qu'oublier les souvenirs passés, me laver de la colère ou bien me détendre en vue d'un grand stress. Un éclair se fit entendre... Logique ici. L'homme regardait le ciel avec un léger sourire. Cela me fit sourire. Enfin, un petit sourire en coin.

Il avait l'air sympathique et charismatique. Il m'apportait confiance, même si je venais de le rencontrer. La pluie ne le gêna pas, il était poli et ma abordé. Pourquoi ne devrais-je pas lui faire confiance? Logiquement, un ennemie serais capable d'en faire autant, mais est-ce que j'ai fait quelque chose de mal? Je veux dire par là, je vie ma vie sans déranger celle des autres, je n'entre en contacte avec les gens seulement si c'est nécessaire, pourquoi quelqu'un me voudrait du mal. Bref, ce n'est pas là l'important

[Sho] - Je me nomme Sho Nagoshi, et si je ne me trompe pas tu es Kallo.

Au moment où il prononça mon nom, un frisson parcourut mon corps. Ce n'est pas un frisson de peur, seulement de surprise. Il connaissait mon nom. Rares sont les personnes qui daignent l'apprendre. Aux yeux des gens, je n'existe tout simplement pas.


[Sho] - Je le sais, car j’ai déjà eu ton dossier entre les mains. D’ailleurs, toutes mes félicitations pour ta promotion. Devenir chuunin du jour au lendemain n’a pas dû être facile, mais je ne doute pas que tu honoreras dignement tes nouvelles fonctions.

Il devrait être une autorité de ce village. Pour avoir accès aux dossiers, il faut qu'il soit relativement haut placé, un chuunin normal comme moi n'y a pas encore accès. Logiquement, il est sois Jounin et plus, sois un chuunin possédant une équipe ou même quelqu'un d'honorifique au sein du village. L'option un et deux sont plus envisageables, car pour la trois, je saurais probablement qui il est. J'aimerais bien un jour avoir une équipe. Cela pourrait être amusant. Pas maintenant, j'ai encore trop à apprendre. Je ne fais que débuter dans ce monde. Le monde des Chuunins. Ce monde regorge de danger, mais aussi de beauté. Pour quelqu'un comme moi qui prône la curiosité et la rigueur intellectuelle, c'est un univers des plus fascinent. Surtout dans la branche que j'ai empruntée. Une branche des plus universelle, tant sur les connaissances que sur la pratique.

Cet homme avait toujours le sourire aux lèvres, et ce, depuis le début de notre « conversation » de quelques mots

[Sho] - Je crois savoir que tu as choisi de suivre la branche Eisei. Je ne sais pas où tu en es de ton apprentissage, mais si tu as besoin d’aide, c’est le moment.


Si je me demandai quelle était la voie qu'il avait empruntée. Je venais de le savoir. Il était lui aussi un ami médecin. Je viens tout juste de le rencontrer qu'il veut me montrer quelque chose. Je le trouve de plus en plus sympathique.

[Kallo] – Oh, un ami médecin. Sache que je suis constamment ouvert aux nouvelles propositions. C'est de la curiosité intellectuelle, je veux toujours en savoir plus. En ce qui concerne mon apprentissage, je ne suis pas bien loin. Je viens tout juste d'entrer dans le monde des Chuunins. C'est maintenant que ma vraie vie commence. Alors oui, je suis partant.

Apprendre est pour moi, la jouissance la plus ultime qui existe. Je suis constamment en quête de savoir. Je suis né comme ça et j'ai été élevé dans cette mentalité. Voilà pourquoi. Les jeunots qui peuplent nos académies sont loin d'être à la hauteur au niveau d'intérêt et de scolarité que je l'étais à leur âge. Je ne suis pourtant pas si vieux, ce n'est pas une décennie qui nous séparer. Seulement quelques années.


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MessageSujet: Re: La rencontre   Mar 7 Juil - 1:53

¤,.°o°O Chapitre 8 : L'Ombre Croissante O°o°.,¤
« La valse des souvenirs »
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Confortablement installé sur sa racine, à l'ombre de l'arbre, Sho commença à frotter son pouce et son index de la main droite l’un contre l’autre. Ses yeux, aussi perçant qu’à leur habitude, fixaient le visage de Kallo.

En l’espace de quelques secondes, une source de chaleur se mit à croître puis à tournoyer dans ses entrailles. Il aurait aisément pu comparer cette sensation à un coulis de miel chaud mais tous ninjas d’un niveau avancé comme le sien, savaient qu’il s’agissait en fait du chakra dans sa forme la plus pure. Le sien se mit à tournoyer de plus en plus rapidement comme s’il imitait les petits cercles imaginaires dessinés par le frottement de son pouce et de son index.

D’extérieur, Sho paressait parfaitement détendu et souriant, mais au fond de lui, son organisme était soumis à des pressions de plus en plus considérables à mesure que les secondes s’égrainaient. Il n’éprouvait cependant aucune inquiétude. Tout ceci faisait parti d’un processus parfaitement naturel qui consistait à malaxer le chakra avant de le conduire dans un endroit ciblé du corps, comme les mains par exemple. C’était en quelque sorte une façon de sauter les étapes en attendant de pouvoir exécuter une technique. Comme Sho n’avait aucune idée des techniques que Kallo avait apprises, il avait tout de suite prit l’initiative de malaxer son chakra dans l’attente qu’une technique jaillirait de la bouche du nouveau promu.

Seulement, la réponse que lui offrit Kallo ne l’informa ni sur le répertoire qu’il avait acquis jusqu’ici ni sur les attentes qu’il pouvait avoir vis à vis de leur discipline. La seule information intéressante qui était ressorti de sa tirade concernait le fait qu’il n’avait pas conduis très loin son apprentissage. Tout le reste ressemblait à une sorte de discours préconçu dépourvu du moindre intérêt aux yeux de Sho. Après tout, il n’était pas un examinateur venu s’assurer de la bonne motivation de son élève. Il n’avait donc pas vraiment besoin de savoir si Kallo était curieux ou pas, ou même s’il avait soif de connaissances ou bien s’il se fichait de tout ça ; tout ce qui l’importait, c’était de lui offrir l’opportunité de progresser. Le reste n’avait strictement aucune importance.

Comme croire que la vie commençait avec cette promotion ; encore un de ces leurres implantés dans la mémoire collective par des générations d’idéalistes. Devenir chuunin signifiait côtoyer, épouser, embrasser la mort. La vie à côté de ça, n’était plus qu’un triste souvenir dans la mémoire des hommes et des femmes qui campaient ce rôle. L’inconnue dictait les paroles de Kallo comme l’impassibilité accompagnait le visage de Sho.

Son sourire énigmatique s’accentua puis ses yeux glissèrent vers le vide.

Pendant quelques dizaines de secondes, Sho se laissa bercé par le chant des gouttes d’eau s’échouant sur la chevelure verdoyante de l’arbre au pied duquel il se trouvait. Son chakra cessa aussitôt de tournoyer. Il se répandit progressivement dans la partie supérieure de son torse, glissa sous son cou avant de bifurquer vers ses épaules puis de redescendre dans ses bras. Tel des fleurs s’ouvrant à l’approche du soleil, ses mains s’ouvrirent lentement, paume contre paume. Le schéma d’une technique germa dans l’esprit de Sho, jugeant que si Kallo n’était pas allé bien loin dans son apprentissage c’est qu’il ne devait pas encore bien la connaître.

SHO # Un médecin doit apprendre à accélérer les réactions chimiques de son propre organisme s’il veut essuyer de longues vagues de dégâts et espérer en sortir vivant.

S’exclama-t-il d’une voix lente et mélodieuse.

Sho ferma ses yeux et ses mains se mirent à reproduire les signes qui défilèrent dans sa tête : serpent, cheval, coq, chien, et buffle. La quantité de chakra accumulée dans ses mains se déversa progressivement dans l’air avant de stagner autour de lui comme une sorte d’aura bleuie.

SHO # Sasei

Au moment où l’incantation fut prononcée, Sho sentit son propre chakra transpercer son corps et engendrer comme une sorte de réveil brutal en lui. Il rouvrit ses yeux et les tourna vers Kallo qui n’avait visiblement pas bougé d’un poil durant la manœuvre.

SHO # C’est la technique basique de régénération des cellules. Est-ce qu’elle te dit quelque chose ?

Il émanait une sensation de simplicité venant de Sho. Son regard lumineux observait Kallo sans la moindre prétention, le rendant parfaitement insondable, presque mystérieux.

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

MessageSujet: Re: La rencontre   Ven 28 Aoû - 13:44

Kallo : +22 XP
Sho : +26 XP

MessageSujet: Re: La rencontre   Mar 13 Oct - 20:01

Un médecin. Voilà l'homme qui était devant moi. Quoi de plus intéressant qu'une personne qui partage comme centre d'intérêt la médecine? Sho Nagoshi était son nom. Un nom que je ne risquai pas d'oublier. En plus d'être un « toubib » de ce village, il me proposa d'élargir mon éventail de compétence. Voilà qui rendait ce jour pluvieux emplie de souvenirs en une journée aux aspects ensoleillés. Sertes oui, cela ne faisait pas de mal de retourner dans les racines de sa mémoire, mais parfois, ce n'était pas quelque chose de très agréable. J'avais choisi d'emprunter cette voie pour plusieurs raisons. Premièrement, parce que mon grand-père m'avait transmis sa passion pour la médecine. Deuxièmement, parce qu'il m'avait forcé à recevoir son enseignement. Finalement, parce que c'était gratifiant de se faire remercier par quelqu'un qu'on venait de sauver. Enfin, sauver fut vite employer, disons plutôt : « prolonger l'existence de ».

[Sho] – Un médecin doit apprendre à accélérer les réactions chimiques de son propre organisme s'il veut essuyer de longues vagues de dégâts et espérer en sortir vivant.

Une mélodie, voilà la première idée qui me passait par la tête. Sho avait parlé, son contenu était bien intéressant, mais pour moi, c'était la façon dont il l'avait dit qui marqua un point. Étant quelqu'un qui partagé son existence avec la musique, Sho avait piqué ma concentration. J'avais toujours estimé le chakra comme étant une forme parallèle de l'art. Avec le chakra, il était possible de créer des merveilles. Je pensai par exemple au shitai. Bien que je ne maîtrisai pas cette forme de la médecine, je n'avais pas entendu parler. Un shitai était comme une marionnette qu'on modifie de nos propres mains. C'était une marionnette humaine qui demandait des heures de travail acharné.

[Sho] – Sasei

Sasei? Ce nom ne me disait absolument rien. La médecine est un art très vaste, il est donc difficile, même en lisant énormément, d'avoir des connaissances exhaustives sur le sujet.


[Sho] – C'est la technique basique de régénération des cellules. Est-ce qu'elle te dit quelque chose ?

[Kallo] – Enfaite, non

D'un coup de tête vers la gauche, je retirai les cheveux qui cachèrent mon oeil droit.

[Kallo] – Je suppose que cela consiste à augmenter la régénération naturelle de nos cellules. Ce qui pourrait nous soigner en combat?

C'était une déduction logique avec : « Régénération des cellules » Il était aisé de le constater. Enfin, il fallait moindrement avoir un peu de logique. Avec délicatesse, je déposais mon violon au ras de l'arbre. Une main en moins n'était peut-être pas pratique pour apprendre cette technique.

[Kallo] - Pardonnez-moi Sho. Je suis simplement curieux, cela fait combien de temps que vous faites de la médecine?


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