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 Parce que la vie se répète souvent

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MessageSujet: Re: Parce que la vie se répète souvent   Jeu 25 Juin - 21:47

[Ginko] – Saluuut ! Moi c’est Ginko, je suis belle, je suis intelligente parfois, je suis belle, je suis kuni-ichi et joui-nin dans le village de… euh… Ko… Mmh… Attendez ne soufflez pas. Ko… Ça commence par Ko hein ? Parce que y en a y commencent par Ki, et Ku et Ka, alors… Bon, le vôtre quoi. Mon papa il me disait qu’on avait droit à l’erreur, le jour où j’ai renversé de la confiture à la fraise sur ses dossiers Oh-oui-Nin, il m’a dit « Ginko, tu es une jolie fille tu as le droit à l’erreur. Maintenant, dégage de là tout de suite et va bouffer ta putain de tartine dans ta putain de chambre ». Ça a marqué ma vie.

Ginko se passa une main sur le front, inconsciente qu’elle avait utilisé beaucoup de mots pour aborder une somme réduite d’idées. Elle regarda rapidement ses étudiants, puis se mit une main en visière et se tourna par là où elle était venue, visiblement impatiente. Elle tapotait nerveusement du pied le sol. Elle laissa de douloureuses secondes de silence s’installer avant de se retourner vers ses étudiants, perplexe.

[Ginko] – On attend quelqu’un ? … Ah ! Vous m’attendiez moi ? Ouaaah, tout cet amour si tôt dans notre relation, je sais pas si je suis mûre pour tout ça ! Je vous aime déjà. Toi t’as un joli petit nez et ton bandeau il est trop chouette je veux le même, tu me le prête, t’es aveugle ou juste non-voyant ? Ouaaah, ça te donne un style ! On aura tous un bandeau sur les yeux, sauf moi parce que la fois où j’ai essayé j’étais dans ma chambre avec un inconnu et enfin bref, mauvais souvenir.

Elle saisit le nez de Kehydan entre son index et son majeur et lui secoua la tête comme s’il s’agissait d’un beau jouet. Elle gloussa, émerveillée, peut-être, que la tête du jeune homme suive les mouvements de son bras. Elle s’écarta et dévisagea les autres.

[Ginko] – Désolée mais lui il a un joli nez.

Il n’y a pas si longtemps que ça.

Ginko émergeait tout doucement. Elle se souvenait d’avoir beaucoup bu la veille, ce qui était stupide parce qu’elle n’avait jamais tenu l’alcool. Elle se leva lentement, une main dans ses longs cheveux emmêlés. Heureusement elle était seule, pas comme la dernière fois où elle s’était réveillée à côté d’un gros monstre et où elle avait passée la matinée à se demander comment il avait bien pu se hisser jusqu’à chez elle et dormir dans son lit sans, d’une part, le casser net et, d’autre part, de l’écraser comme une jolie petite crêpe rose.

Non elle était toute seule, presque nue, un peu abrutie et elle pouvait sentir sa propre odeur d’alcool malgré l’anesthésie de ses sens. Elle se gratta le bras et bondit hors de son lit, en chantonnant un refrain sordide sur quelqu’un qui va chercher des cerises dans un bois. D’un geste mécanique, elle attrapa des vêtements propres, les jeta dans sa salle de bain et s’effondra dans sa baignoire. Peut-être qu’elle s’endormit à nouveau, elle ne put mesure le temps écoulé grâce à son ampoule, mais elle tourna les robinets, hurla de longues secondes à la mort à cause de l’eau glaciale et grelotta dans le fond de sa baignoire à mesure que se dissipait sa… son… elle ne se souvenait pas du terme.

Tsubaki aurait appelé ça une erreur, très prosaïquement, parce que l’esprit de Ginko est relativement prosaïque, surtout le matin.

Elle laissa le bac se remplir d’eau chaude et soupira d’aise. La Juunin n’avait pas oublié son rendez-vous avec ses étudiants, mais elle était déjà en retard d’une bonne heure d’après l’ampoule fixe, alors pourquoi se presser ? L’Académie lui avait signalé qu’elle enverrait elle-même les courriers aux étudiants, de peur que Ginko n’oublie de le faire. Quand même… ce manque de confiance était… affligeant.

Ginko s’endormit une nouvelle fois.

Quand elle sortit, elle était lavée (« ouais ! »), habillée (« ouais ! »), parfumée (« ouais ! ») et pleinement réveillée.

Elle avait, d’après son réveil cette fois-ci, un peu plus d’une heure de retard et ce n’était en soit pas dramatique, puisque ses étudiants n’avaient rien de mieux à faire que l’attendre. Surtout que cela leur aura permit de faire connaissance, peut-être même que des liens amoureux c’étaient tissés et que le drame pesait déjà sur eux, comme dans les bouquins chiants que lisait Tsubaki.

A présent.
.
Ginko se rendit compte qu’elle n’avait pas eu le temps de laisser ses étudiants s’exprimer. Elle retira sa main du nez de Kehydan, se recula de deux pas, la mine curieuse et un large sourire aux lèvres.

[Ginko] – Laissez-moi deviner !

Elle pointa un doigt triomphant vers Akizuchi.

[Ginko] – Tu es Nagashi ! Je te reconnais, inutile de nier. Toi…

Elle dévisageait Kehydan, l’air faussement concernée, comme si elle cherchait réellement une réponse consistante. Elle se tapa brusquement la cuisse en se penchant en avant – une vision terrifiante parfois.

[Ginko] – Tu es Joli-Neeez ! Lyushan !

Elle regarda ensuite Isei, les yeux plissés.

[Ginko] – Bon et toi tu es forcément Akinazushida…du…de… Corrige-moi j’ai un peu oublié la dernière syllabe, mais tu as un nom ‘achement long !

Elle croisa les bras sur sa poitrine, de toute évidence très fière d’elle. Devant l'absence de réaction, Ginko dévisagea les élèves, soupira de façon théâtrale et tapa dans ses mains.

[Ginko] – J’déconnais ! Qui donnerait une équipe à une incapable comme moi ? Persooonne !

Elle disparut brusquement.

MessageSujet: Re: Parce que la vie se répète souvent   Sam 27 Juin - 22:34

Il y a des moments dans la vie qui sont indissociables de la volonté propre à chacun. Ces moments d’un hasard des plus parfaits qui nous étonnent, qui nous surprennent, parfois en bien. Parfois en mal également. Des situations dont nous ne contrôlons rien, sinon le moment présent. Lui-même n’étant qu’une suite d’évènements incongrus dont la seule probabilité qu’ils se dévoilent dans le bon sens, le sens commun, reste très, très, très faible. Parfois, on pourrait dire que l’évènement Ginko est une suite de proportions mal configurées, un socle tangent sur lequel on se repose sans notre consentement, et qui vacille, et vacille, et vacille encore.

Mais qu’importe. Ni la personne, ni le lieu, ni même la qualité du temps ne sauraient transformés ce moment si imprévisible et inqualifiable en une véritable séries de coups frappés le poing fermé sur un joue osseuse, la peau creusée par l’appétit de l’avenir mais jamais rassasié par le moment présent.

Comme une impression de déjà vu.

Isei se leva comme tous les autres matins : morne et bougon. La simple éventualité de devoir lever les yeux et confronter son regard à celui d’un de ses deux parents gâchait sa journée. La tristesse désuète de sa mère, qui ne flanche jamais, l’orgueil d’un père qui n’a de confiance qu’en lui-même et en ce bout d’accord sur l’honneur qu’on nomme mariage, les yeux innocents, candides, de ses deux petites sœurs qui ne comprenaient pas le tragique de ces trois dernières semaines mais qui en ressentaient largement les effets ; ce n’était qu’une mauvaise soupe qu’un estomac grillé par la patience, le calme et la rancœur devrait avalé. Non par plaisir, mais par nécessité. Nui posa d’une main tremblante la lettre sur le coin de la table. Le papier brun lécha la peau de l’enfant qui tenait entre ses deux mains cette mauvaise soupe chaude qui fumait dans la tasse qu’il avait l’habitude d’enlacer entre ses paumes afin d’en tirer toute la chaleur possible. Ce thé paraissait pourtant si bon ; il l’était. Mais aujourd’hui comme tous les autres jours depuis trois semaines, il ressemble à un mauvais bouillon aux croutons de pain rancis trempant dans l’eau croupie.

Nui - C’est pour toi.

Isei - Merci.

Il leva doucement la tête et haussa un sourcil interrogateur.

Isei - Qu’est-ce que c’est ?

Nui - Je ne sais pas. Ouvre, ça vient de l’académie.

Ah, intéressant. Un peu de piment dans l’amer arôme de la volaille bouillie ne faisait jamais de mal. Délaissant avec plaisir la tasse de terre-cuite qu’il tenait entre les mains, Isei s’empara de l’enveloppe et, plongeant son doigt dans l’encolure, l’ouvrit d’un coup de sec et sans bavure. On le convoquait. Le terme était plutôt étrange - mal choisi, en fait. Inviter aurait peut-être été mieux à même d’expliquer qu’on offrait à l’aspirant une place dans une équipe de Konoha. L’Académie lui donnait cette chance-là, lui qui n’avait rien prouvé jusqu’à aujourd’hui. Sans dire un mot, Isei rangea le coupon dans l’enveloppe et avala sa tasse, sobrement. Tin. C’est chaud.

Nui - Alors ?

Hein ?

Nui - L’enveloppe ? Qu’est-ce qu’ils veulent ?

Isei - Oh, rien d’intéressant. J’ai oublié de ramener des livres.

Nui sourit poliment. Naïve, pauvre femme. Isei n’aimait pas mentir, mais berner une femme à l’âge de onze ans, c’était presque jouissif. Si ça n’avait pas été sa mère il aurait souri. Ca l’aurait naturellement trompé, mais peu importe. Les mensonges ne sont jamais faits que pour s’éteindre très rapidement. Sinon ce ne sont plus de simples esquives, altérations de la vérité ; bien une vie nouvelle qu’on crée mais qui n’existe pas. Et ça, Isei ne l’appréciait pas. Que très peu de mérite à ne pas assumer la réalité ; une victoire sans bataille n’est qu’un orgueil faussement mérité. L’enfant ne sourit pas mais son esprit pouffait doucement. Il se leva et rangea l’enveloppe dans sa poche. D’un hochement de la tête, il remercia sa mère pour le thé et enfila sa courte veste et son sac. Il était temps de partir et de faire de ce mensonge une véritable et paisible aventure.

Un peu creuse, certes, mais une aventure tout de même. Un œuf dépourvu de blanc reste un œuf. Infâme, immonde, peu recommandable mais bordel, qu’importe le contenu, le poussin qui en sortira restera jaune, comme tous les autres. La porte claqua. Nade passa la tête hors de la chambre entre-ouverte. Son regard interrogateur se posa sur Nui. Elle soupira, la pauvre femme. Elle soupira et fit bouillir l’eau qu’elle avait dans les mains. Les pupilles vides, comme un œuf troué de part en part mais toujours solidement rond, Nade laissa son passé l’envahir. Et sombra.

Isei - Salut, tékitoi, avait-il seulement demandé lorsqu’il rencontra pour la première fois le regard de la jeune femme aux longues mèches roses. Sa petite voix d’enfant de onze ans rendait la question un peu plus douce encore qu’elle ne l’était vraiment. T’es qui, toi, la grande dame aux cheveux roses et aux gros seins ? Il l’avait pensé si fort… Mais même à onze ans, on est tout de même capable de déceler quelque part entre trois gros mots, une ou deux règles de bienséances. Et ça non, il ne savait pas vraiment pourquoi, mais il ne devait pas le dire.

Les éclairs de génie, la conscience d’un adulte, les bégaiements d’un adolescent, l’intelligence d’un gamin et la clairvoyance d’un enfant ; ce sont toutes ces choses qu’on perd très vite avec ce putain de bandeau métallisé et avec l’âge pourtant peu avancé des nouveaux pions de Konoha. On se prend pour une star, on se croit invincible et puis un jour, on rencontre la merde qui nous redonne la vue, étrangement. Cette comparaison était stupide mais elle avait le don d’amusé Isei. Aeri était différente, elle, c’était une fille. A onze ans non plus, on n’est pas fille comme ça. Les deux gugusses à côté de lui, ce bandeau ils ne l’avaient pas non plus.

Ca ne faisait pas d’eux de superbes victimes de l’amitié pour autant. Oh non.

Hé !

Elle croisait ses deux bras fins sur sa poitrine rebondie et lâche le nez du premier. Lyushan. Enchanté.

Isei - Vouzètekivou ?

Merde, même avec le vouvoiement, cette phrase restait inlassablement une sorte de cliché basique du gamin dans un groupe d’enfant. Isei s’imaginait avec sa sucette dans la bouche, une poupée dans sa main, un biberon remplie de lait chaud dans l’autre. Car non, il ne s’appelait pas Akizumachintrucbidulechouette, ce qui, apparemment et en tout logique, devait être le nom du troisième larron - même si la dernière syllabe resterait une sorte de mystère dont la juunin semblait affrioler. Elle s’éclipsa.

Isei soupira, déjà fatigué par la professeur. Son excentricité ne semblait jamais avoir de fin. Elle épuisait son énergie à une vitesse que le Nagashi ne pensait pas possible. Les bras croisés, il plaça la paume de ses mains derrière sa nuque et s’allongea sur l’herbe où il était assis quelques secondes auparavant. Un soupir transperça le silence.

Isei - Hey, vous êtes encore là vous deux ? Tin, il faut entamer la conversation… C’est moi Isei Nagashi, elle a raconté n’importe quoi - mais je l’aime bien quand même, là tout de suite sur le moment. Toi c’est Lyushan et lui c’est Akizutrumachinchose, c’est ça ?

Il cligna des yeux rapides, le visage figé.

Isei - Je suis enchanté.

Je suis vraiment enchanté ? Non, trop poussé, trop fort comme réponse. Je suis enchanté, c’était sobre, concis et amical. C’était vraiment bien. Montré qu’on s’y intéresse alors qu’en vérité… Bref. Peut-être que ses deux compères montreraient un intérêt quelconque qui ferait au Nagashi une sorte d’étincelle. Et dans les lumières de l’Académie, ils travailleraient main dans la main, yeux dans les yeux, d’une seule voix, d’un seul pas, en avant vers l’avenir ! Mais vraiment, l’imbécile qui inventa les contes de fées, était-il sobre ?

Peut-être lui aussi avait-il, dans son enfance, bu l’infâme soupe acariâtre où flottait des croutons tous secs et un fromage verdâtre ? Peut-être le thé, les délices des râmens, peut-être tout cela s’était-il autrefois transformé en une immonde cuve d’eau croupie, un bouillon de poulet encore vivant ? Mince, les fées sont celles qui de leur baguette magique refondent le monde en une gigantesque meringue fraisée, des arbres quelques nouilles plates et larges tomberaient, dans l’herbe on trouverait les œufs de caille, frais , et sur les toits les poulets musclés de nos soupes de légumes aux couleurs affriolantes ?

C’est ça ?


Dernière édition par Isei Nagashi le Sam 4 Juil - 19:47, édité 3 fois

MessageSujet: Re: Parce que la vie se répète souvent   Dim 28 Juin - 22:19

En retard, comme toujours. Mais pour une fois, ça n’était pas de sa faute, n’est-ce pas ? Bon, peut-être aurait-il dû prêter un peu plus attention au courrier. M’enfin… Il n’avait pas vraiment le moral à aller voir du monde. Si seulement il avait été chez lui. Il aurait trouvé refuge dans le temple abandonné et pu s’apaiser, en grignotant une pomme du verger de ses sœurs. Il se força à avaler un chausson aux pommes, mais le cœur n’y était pas.

Il ne pouvait pas parler de tout ça à Syara. Et ce rêve lui pesait. Il se mit en route pour le… heu… Ah ouais, le parc Sebushu… Ou quelque chose comme ça, peu importe. Trainant des pieds et baillant, il faisait tout son possible pour arriver en retard. Histoire d’arriver et « oh ! Plus personne ! Dommaaaage…. ». Sauf que non. Malgré ses efforts pour se perdre, il est parvenu à trouver du premier coup le parc, en suivant plus ou moins les indications de sa ravissante voisine. Enfin, ravissante, il l’imaginait.


*Je devrai essayer de me perdre plus souvent.*

Il inspira à fond histoire de secouer sa tête de déprimé. Avant de franchir l’entrée du parc il voulait pouvoir passer à autre chose. Il n’avait pas envie de montrer cette mine boudeuse qu’il n’arborait que rarement. Il passa ses mains dans ses cheveux afin de les rendre aussi ébouriffés que d’habitude et pénétra sous le couvert rassurant des quelques arbres surplombants l’allée. Oui, finalement, le parc, une bonne idée. Il rejoignit ses deux nouveaux camarades qui attendaient encore.

*Tiens, notre professeur serait-il encore plus en retard que moi ?*

Alors qu’il s’approchait, il reconnut Akizuchi. Il n’aurait su dire s’il était content ou pas de le retrouver dans son équipe. Il jugea l’autre garçon plus jeune que lui-même, mais plus âgé que son frère Nolufan. Il les salua à peine de la tête que Ginko surgit et commença à les abreuver d’un flot continu de paroles. Un léger sourire égaya son visage tandis qu’il l’écoutait.

*Ginko, une fille vraiment bizarre. Elle doit être marrante !*

Du moins pensait-il jusqu’à ce qu’elle parle de son bandeau. Sur ses gardes, il plaqua ses mains sur la bande de tissu noire avec méfiance. Une fille imprévisible. Qui veut que je lui prête. Hors de question. Attention. Mais l’esprit de la jounin papillonnait d’une idée à l’autre, et avant même qu’il ait eu le temps de prononcer ne serait-ce qu’un mot de refus, elle s’était déjà attaquée à son nez.

[Kehydan] Maiiieuuuh !

Surpris, ce fut son seul signe de contestation avant qu’elle ne le relâche. Se massant délicatement les narines, l’étudiant trouva plus prudent de faire quelques pas en arrière.

*Ok, elle est carrément jetée! Je me demande bien comment elle a pu devenir Jounin… Et tiens, pourquoi elle se barre en disant que personne ne lui donnerait d’équipe ? Elle n’a pas tout à fait tort d’un côté, mais bon… Elle m’a épuisé en cinq minutes à peine, c’est comme ça qu’elle terrasse ses adversaires ?!*

Intérieurement, Kehydan commençait à trouver que la journée commençait vraiment mal. Les Lyushan ont toujours tendance à considérer les gens de l’Extérieur comme des personnes inférieures. Sa bonté naturelle lui avait épargné certains de ces aprioris mais il commençait à se demander si les autres n’avaient pas raison.

[Isei] C’est moi Isei Nagashi, elle a raconté n’importe quoi - mais je l’aime bien quand même, là tout de suite sur le moment. Toi c’est Lyushan et lui c’est Akizutrumachinchose, c’est ça ?
[Kehydan] Je suis Kehydan Lyushan. Et lui, c’est juste Akizuchi, pas si long que ça… Ravi de faire ta connaissance.

D’humeur sombre, il se contenta de s’allonger dans l’herbe et d’écouter les oiseaux, tendant l’oreille.

[Kehydan] Vous savez, il paraît que certains peuvent entendre les nuages voyager à toute allure dans le ciel…

Ces nuages que jamais il ne verrait plus. Il se sentit soudain nostalgique. À moins qu'il ne renie son clan. Son cauchemar revenait le hanter, l'Ombre lui avait dit qu'il se reniait lui-même. Parlait-elle de ça? Oh, non, ça devait être qu'un stupide rêve... Un simple rêve...

*Sale journée… Y a des jours, comme ça…*

MessageSujet: Re: Parce que la vie se répète souvent   Sam 4 Juil - 20:09

Ses deux doigts s’enlacèrent doucement dans le creux de sa chevelure et descendirent lentement le long de ses oreilles. Ils tournoyaient comme des hélices emmêlant dans leur course quelques pointes noires. Isei aimait bien boucler ses cheveux sombres qui recouvraient ses oreilles. Il avait une coiffure plutôt étrange, à bien y regarder. De taille équivalente sur toute sa tête, d’une longueur respectable, les mèches qui cachaient ses oreilles étaient particulièrement longues. C’était devenu une sorte de tic, de jouer avec. Ca le calmait, c’était indéniable. Même s’il ne s’en rendait pas vraiment compte.

Une bourrasque passagère balaya le sol. Quelques feuilles s’envolèrent dansant avec leur partenaire invisible. Les lacets qui fermaient d’habitude le col de la veste du Nagashi se tendirent dans le vide, poussés par une force contre laquelle ils ne pouvaient rivaliser.

Ginko avait disparu. Isei s’était dit qu’elle reviendrait très vite mais maintenant qu’ils étaient là, tous les trois, sous le ciel bleu et seuls ; il doutait. Peut-être était-il inconcevable qu’un chef d’équipe, un juunin qui plus est, délaisse ainsi ses responsabilités, son équipe - des hommes et des femmes, peut-être de futurs amis - mais le jeune Nagashi n’avait pas ces conceptions là dans la tête. D’autant que Ginko ressemblait à un jouet, comme une grosse poupée qu’on a envie de tenir chaud contre soi. On en rêve, la nuit, et le lendemain on espère la retrouver au détour d’une ruelle, dans un carrefour romantique et agréable. Ginko ne quitterait pas son esprit aussi vite qu’elle quittait sa dignité.

Parce qu’elle ne reviendrait pas, c’était une certitude maintenant. Il ne bouderait pas, il se l’était promis. C’était dommage, pourtant… Un sourire sournois se dessina sur son visage. Il enroula son doigt autour du lacet de son manteau et reporta son attention sur Kehydan. Immédiatement, il imagina Yamiyo à sa place, avec son bandeau sur les yeux. Isei aurait faillit dire qu’ils se ressemblaient, mais… mais en fait non. Ce gars-là n’avait aucune classe, il était juste bougon et moribond. Et les gens bougons et moribonds sont des gens normaux, sauf qu’ils ne sont pas drôles. Isei ne s’amusait pas avec les gens pas drôles.

Kehydan feignit une relative politesse que son visage - bougon et moribond - excusa rapidement. Ses lèvres roses se disaient ravis, ses yeux lourds et ennuyés l’emmerdaient profondément. Le même sourire sournois qu’arborait Isei aurait mis la puce à l’oreille à quiconque aurait écouté le Nagashi leur expliquer combien le Lyushan était un animal associable et très peu amusant. Ce n’était qu’un enfant après tout, il jugeait tout ce qu’il trouvait avec peu de jugeote et beaucoup d’impartialité. Certains avouent même qu’il est dans leur nature à tous de se tromper. Dingue ce que l’on peut être bête.

Isei ne dit rien. Il n’avait pas envie de se voir recaler, peut-être même prendrait-il des coups. Ou peut-être finit-il par admettre qu’il ne pouvait pas mettre dans une boite une personne qu’il découvrait depuis cinquante sept secondes. Le timing n’était pas le plus adéquat alors il attendrait.

Isei - Salut Kehydan, salut Akizu…

Il soupira.

Isei - Salut Aki.

De toute manière, ce pleutre n’était pas intéressant.



S’il existait un Dieu quelconque en ce monde, et qu’il l’entendait, Isei ne donnerait pas cher de sa peau. Mais devant leurs bouilles tendues, fatiguées, même décomposées par leur propre vie, l’enfant avait fait le choix de rayonner de bonheur. Ce n’était pas vrai mais Yamiyo avait insisté sur le fait qu’il ne fallait pas nécessairement être heureux pour le paraître et qu’à le feindre on rendait ce monde un peu meilleur. Et si l’on était beaucoup à feindre et à faire de ces terres quelque chose de mieux, alors un jour, on serait peut-être vraiment heureux.

Evidemment, c’était sans compter sur les mensonges de Nade, sur l’acerbe thé de Nui qui avait pris quelques arômes immondes ces dernières semaines, sur la tristesse de ses deux sœurs et sur l’entraînement quotidien qui donnait à sa patience des airs de confiseries dans une cour de récréation bondée d’enfant de neuf ans qui ne raffolent que de ça…

Les jardins étaient magnifiques à cette période de l’année et les grands arbres couvraient de leurs vertes ramures le soleil des nombreuses allées emplies de passants. L’herbe paraissait souple et molle, d’un vert parfait. Peut-être était-ce pour cela que Kehydan s’y allongea discrètement et ne put retenir une ânerie. Isei soupira et haussa les épaules, nonchalant. Pourtant le Lyushan gardait ce semblant de recul - qui le rendait particulièrement désagréable, désintéressé par tout et ennuyeux à mourir, mais une nouvelle fois Isei se maudit de penser cela bien qu’il en aurait rien en d’autres où et quand - et n’avait aucune raison de ne parler pour ne rien dire. Le silence, on aurait mis ça sur le compte de leurs personnalités. Et vu le topo déjà réalisé, ce ne sera qu’une nouvelle goutte péjorative dans un océan de négativité.

Isei ne demandait qu’à aimer - et à être aimé, un peu tout de même. En fait, ses critères étaient loin d’être sévère. Mais il refusait ce genre de défaitisme du caractère. Il lui en fallait peu pour ne perdre la confiance qu’il avait dans son entourage. Il s’assit sur le banc de bois, juste en face de Kehydan.

Parler pour ne rien dire restait un art.

Isei - J’aime pas les nuages, ils nous cachent du soleil.

Et j’aime bien le soleil, ajouta-t-il pour lui-même bien que cela ne semblait pas nécessaire.

Isei - Dis Lyushan-kun, pourquoi tu portes ce bandeau sur tes yeux ? Toi aussi tu es aveugle ?

Oui, parler pour ne rien dire était un art. Mettre les pieds dans le plat aussi.



Sourire sournois.

MessageSujet: Re: Parce que la vie se répète souvent   Jeu 9 Juil - 16:01

"Mon monde n'a plus ni soleil, ni nuage" pensa Kehydan. La seule sensation qui pouvait attester de leur présence, c'était la chaleur sur sa peau et la pluie qui parfois tombait. La lune n'existe plus pour lui. La nuit n'a pas tellement plus de sens. Peut-être est-ce pour cela qu'il aimerait entendre les nuages danser avec le vent...

[Isei] J'aime pas les nuages, ils nous cachent du soleil.

La réponse d'Isei surprit Kehydan au point de le laisser sans voix. Les nuages font partie de ce cercle immuable et indispensable qui rend la vie fertile sur ces terres. Les aimer ou ne pas les aimer... Une réflexion étrange selon le jeune garçon. Ils sont juste là, et parfois c'est ennuyeux quand les mauvais jours se suivent, privant les êtres vivants de la lumière du soleil. Comme toute chose, il ne faut pas en abuser. Quelques cumulus traînant leurs volutes blanches et formant d'incompréhensibles signaux qui changent au fur et à mesure que le vent les pousse et les déforme. Sans, le ciel bleu est certes très joli, mais quelques peu monotone. Trop nombreux, c'est sombre et tristounet. Sauf pendant les orages, là, ils ont une majesté, et des couleurs qui surpassent aisément les couleurs habituelles du ciel. Mais des orages non plus, il ne faut pas abuser. L'eau tombée de tout là-haut finit par déprimer les gens, au bout de quelques temps...

L'eau. Miekyu. La Déesse. Les Dragons.

Il eût un frisson en se remémorant la plage près de laquelle son oncle vivait. Mais il se secoua : rester dans cet état n'avancera à rien. Ce maudit rêve ne changera rien. Alors peu importe. Il se redressa, assis en tailleur, et reprit conscience du silence depuis la remarque d'Isei. Il sourit en se frottant le bout du nez de l'index. Un nez légèrement retroussé, autrefois plus marqué, lors de son enfance. Sa mère disait qu'ils avaient un petit toboggan au milieu de la figure et la comparaison les avait toujours amusés. Il regrettait un peu de ne pas garder le même. Grandir lui déplaisait.


[Kehydan] Pris sous cette facette, waip, c'est sûr qu'ils sont pas terribles, les nuages... Mais ils ont d'autres petites choses qui me plaisent malgré tout!

*Et puis, ils me manquent un petit peu, quand même..*

Akizuchi semblait décidé à rester un tantinet silencieux. Quelque part, cela étonnait Kehydan qui l'avait trouvé volubile lors de leur précédente rencontre. Mais d'un autre côté, il préférait ce calme au débat de la dernière fois. Peut-être n'avait-il pas envie de lui parler, finalement. Ou simplement, tout comme le jeune Lyushan, il se sentait morose.

L'étudiant se demanda alors ce qu'ils faisaient là, tous les trois. La jounin qui avait attaqué son nez (!) était repartie sans demander son reste après un petit discours. Formaient-ils vraiment une équipe, tous les quatre? Ou seulement tous les trois, avec un autre professeur? À moins que ce ne soit une mauvaise blague, ce qui ne serait guère étonnant de la part d'une femme aussi fantaisiste... Les sourcils froncés, il ne savait pas quoi faire. Attendre? Mais quoi?


[Isei] Dis Lyushan-kun, pourquoi tu portes ce bandeau sur tes yeux? Toi aussi tu es aveugle?

Tact? Zéro pointé. Mais Kehydan n'était pas du genre à se formaliser pour si peu. Même s'il trouvait cette remarque étrange. En fait, Isei lui semblait bizarre tout court, pas seulement ses réflexions.

[Kehydan] Oh ça... Pour commencer, j'ai pas vraiment l'habitude qu'on m'appelle par mon nom, appelle-moi plutôt Kehydan ou Kehy si tu veux... Je me passerai de suffixes aussi, ça me fait plutôt drôle, à part les -sama, ça ne s'utilise pas tellement chez moi. Quant à mon bandeau...

Il s'arrêta un instant, cherchant à formuler sa réponse. Mais aussi à repousser ses spectres oniriques. Il avait l'impression d'entendre encore la voix de son cauchemar où sourdait la menace. Mais pas question de se laisser faire. Et si une ombre passa sur son visage, elle en fut vite chassée. Peut-être Isei l'aura-t-il aperçue et en tirera des conclusions hâtives, mais qu'importe. L'ironie pointa légèrement avec un petit air espiègle.

[Kehydan] Bah, dans la mesure où ce bandeau obstrue ma vue, je suis effectivement atteint de cécité. C'est simplement une tradition de mon clan.

Il avait parlé d'un ton ferme et définitif, les affaires de son clan ne regardaient pas vraiment les autres. Valiran l'avait prévenu que les gens de l'Extérieur n'étaient pas tellement réceptifs à leur religion, et il n'avait pas envie d'être ennuyé à cause de ça. Néanmoins, quelque chose dans la phrase de son coéquipier (mais était-ce vraiment le cas?) l'avait intrigué. Il se repassa la phrase en tête et percuta aussitôt.

[Kehydan] Pourquoi dis-tu "toi aussi"? Il y a beaucoup d'aveugles dans le coin?

Peut-être un autre Lyushan, non? Il serait heureux de revoir l'un des membres de sa grande famille. À part Valiran chez qui l'amabilité n'était pas une qualité et Syara, il n'avais pas grand monde. Et puis, s'il s'était bien entendu avec Kyuza, il n'avait plus eu de nouvelles depuis leur entraînement. De là à dire qu'il ressentait une légère solitude... Hmmm... Non, pas vraiment. Sa famille lui manquait, certes, mais il appréciait le calme et le silence.

Il ne souffrait plus de l'impression qu'il ressentait à jouer un rôle, à se surveiller pour ne pas trahir ses secrets comme en la présence des membres de son clan. Et son frère le suit. Toujours. Où qu'il aille. Même dans ses cauchemars... En tout cas, là... Difficile de lier connaissance. Il trouvait Aki distant et Isei plutôt froid. Lui-même n'avait pas été parfait non plus, il en avait conscience. Mais bon. Ainsi soit-il.

MessageSujet: Re: Parce que la vie se répète souvent   Mar 14 Juil - 17:03

Le vent se leva et siffla dans leurs oreilles. Puis il s’éteint soudainement. Une loi parmi tant d’autres à Konoha, une loi commune et connue de tous, que même la nature respectait. Il n’y avait jamais que de rares moutons blancs dans le ciel du village et du pays même. Le vent s’essayait souvent à déformer le bleu du plafond onirique mais il s’essoufflait très vite. La brise amusait Isei. Tant d’efforts pour si peu de choses, il y avait de quoi se moquer.

Il aurait certainement abandonné depuis longtemps, à sa place.

Kehydan parut surpris. Isei ne le releva mais en d’autres temps peut-être l’aurait-il deviné, et compris. Oui, il n’aimait pas les nuages et c’était en soit complètement stupide d’arriver à ce stade-là d’aimer une chose… un objet… un nuage ? En quoi cela changerait-il la face du monde ? Certainement en rien. Mais Isei du haut de ses onze ans avait encore l’espoir de voir dans le soleil des lendemains plus chauds, des lendemains heureux et agréables. On ne se complait pas dans la pluie, pensait-il régulièrement. Il souriait de cette modeste phrase en se remémorant les explications de Nui à cet effet. La pluie, mère des hommes, mère de la nature et nécessairement de ce monde.

Oui, mais à onze ans la pluie c’est moche et ça mouille. C’est pas cool.

Isei - Mouais, répondit-il, peu convaincu.

Il soupira.

Isei - J’aime me lever le matin, et ne pas voir l’obscurité de la nuit. Me coucher le soir, sans me demander si demain il fera ce même temps naze. C’est vraiment pas cool.

Le soleil nous éclaire et nous lui répondons amen, comme des fanatiques face à leur bourreau. Il nous crame la peau, il nous brûle parfois, nous, nos maisons, avec nos enfants dedans, mais après ? Pourrait-on vivre sous un ciel noir, dans une grande cuve remplie d’eau, trois manteaux sur les épaules et six manches à chaque bras ? Pourrait-on vivre ainsi, à Konoha ?

Isei - Qu’ils amènent l’eau là-bas, il fit des grands signes des bras vers l’horizon, et qu’ils se cassent ! De toute façon, le thé c’est bien meilleur que l’eau.

Je boirais du thé toute ma vie si c’était possible. Il parait que ça endort, dommage…

La bouille souriante du Nagashi se déporta du ciel vers Akizuchi, dont il n’avait toujours pas retenu le nom, mais peu importait, il ne le trouvait pas intéressant. Pas assez pour qu’il fige et son visage et son nom dans sa mémoire. Quant à ce qu’il valait ou ce qu’il espérait, il fallait qu’il ouvre la bouche pour qu’Isei s’en imprègne. Les absents ont toujours torts. Les muets aussi. C’est plutôt con. Il sourit, moqueur.

Isei - Ca veut dire qu’en dessous, là, tu vois ? Tout noir ? Wahou…

Il se rapprocha du jeune homme et, d’une taille plus réduite, en profita pour tenter de poser son regard sous son visage. Peut-être pourrait-il voir le maigre espace entre le bandeau et ses yeux. En vain. Il envoya tout de même sa main vers le masque avec la folle envie de le retirer.

Isei - Tu veux dire que si je l’enlève, tu vois ? Tu vois, d’un mouvement de la main il retire un bandeau virtuel posé sur ses yeux puis il le remet, tu vois pû. Tu vois, même mouvement, tu vois pû. Cool.

Il se retourna sans faire attention aux deux autres protagonistes et continua le jeu dans lequel il était rentré, avec plaisir. Kehydan et Akizuchi s’effaçaient doucement de son monde. Tu vois, tu vois pû. Tu vois. Tu vois pû. Il s’éloignait, pas à pas, puis revenait lentement. D’un bond, il sortir de ses rêves et sourit à Kehydan.

Isei - La chance. Moi il faudrait que je ferme les yeux. Mais c’est plutôt chiant et j’ai la flemme.

Isei finit par s’assoir dans l’herbe et se calma. Le ciel, ce ciel, était toujours bleu, il ne pouvait qu’aller bien. Il repensa à Yamiyo qui, lui aussi, vivait dans le noir. Un noir absolu cependant. Il n’y avait pas de solution de sortie pour lui, pas de choix de vie ni de décisions pseudo religieuses - chose que si Isei avait compris, il se serait très vite moqué. Isei n’était pas de nature moqueuse, pas concernant les sujets sérieux tout du moins. Les infirmes, non, cela ne le faisait pas rire. Les handicapés, les blessés de guerre ou les sourds, tout cela lui rappelait à quel point il n’était encore qu’un vulgaire enfant dans un monde de brut.

Et il ne voulait pas s’adapter à ce monde-là, le découvrir.

Isei - Oui, mon prof est aveugle - mais il l’est vraiment lui, même sans bandeau. Il le pose sur son nez, parce qu’il a la classe.

Il soupira et s’allongea dans l’herbe.

Isei - Mais il voit quand même. Ou il lit. Avec son cœur, il nous transperce tous.

MessageSujet: Re: Parce que la vie se répète souvent   Mar 28 Juil - 18:29

Akogare : +13 XP
Kehydan : +14 XP
Isei : +20 XP

MessageSujet: Re: Parce que la vie se répète souvent   Mer 19 Aoû - 1:29

[HRP : Enfin posté! Vraiment pas l'inspi sur ce coup, désolé d'avoir tant tardé >.<]

Les propos véhéments d’Isei confortèrent l’opinion de Kehyan à son égard. Voilà un jeune garçon bien surprenant. Rapidement, il se désintéressa de sa conversation et choisit plutôt de s’amuser avec des brins d’herbe. Il les entortillait machinalement autour de ses doigts d’enfant, en se demandant à quoi ressemblait ce parc pour quiconque doté de la vue. Les fleurs étaient-elles colorées ? L’horizon était-il bouché par les constructions de la civilisation ou avait-on l’impression de ne plus se trouver au sein de Konoha ? Il n’en savait rien. Et c’était peut-être mieux ainsi. Le chatoiement de son univers n’avait rien à envier à un jardin fleuri, et il avait la sensation de se reposer dans un bout de paradis calme. Un lieu qui lui faisait penser à chez lui. Le bandeau cachant son regard absent, Isei ne se rendit probablement pas compte que son interlocuteur ne l’écoutait plus vraiment.

[Isei] De toute façon, le thé c’est bien meilleur que l’eau.

Cette phrase déclencha un mécanisme très simple chez Kehydan. Qu’est-ce qui est meilleur que tout sur cette terre et dont il peut parler des heures durant ? Facile. Il sortit de sa rêverie et adressa un sourire éclatant à Isei. Rien que de penser à ces merveilleux fruits, il se sentait déjà transporté de joie et d’envie. S’il n’avait pas eu ce bandeau, on aurait pu voir ses yeux s’illuminer en apercevant cette immense pomme imaginaire qui flottait devant lui.

[Kehydan] Et les pommes sont meilleures que tout !

Il hocha la tête d’un air convaincu en affichant un sourire béat, celui apporté par une joie simple et une certitude inébranlable.

[Kehydan] D’ailleurs, je suis en train de tester toutes les viennoiseries de la ville pour savoir laquelle fait les meilleurs chaussons aux pommes ! J’en ai testé un nouveau ce matin, et c’était pas terrible. Je lui donnerai la note de quatre sur dix.

*Moui, il ne m’a même pas remonté le moral…*

Il sembla à nouveau sérieux, comme pénétré d’une mission à l’importance capitale. Dès son arrivée à Konoha, il s’était mis à la recherche du meilleur marchand de fruits, et cela faisait un petit bout de temps qu’il en avait fait la connaissance. Maintenant, il réfléchissait intérieurement à quel établissement recevrait bientôt sa visite. Et après cette pâtisserie, il lui restait encore de nombreux projets. Son prochain objectif ? Trouver la meilleure tarte aux pommes de la ville. Mais d’abord, les chaussons aux pommes. Allier la douce saveur sucrée de la pomme à une pâte feuilletée qui laissera un léger goût de beurre sur la langue. Et encore avant, répondre à l’aspirant en face de lui.

[Isei] Ca veut dire qu’en dessous, là, tu vois ? Tout noir ? Wahou…

Perplexe, Kehydan ne saisit pas ce qui pouvait engendrer un tel enthousiasme pour sa position. Il hocha la tête en tirant sur une mèche de cheveux tandis qu’Isei se rapprochait. Il n’eût pas le réflexe habituel de s’écarter lorsque l’aspirant lança sa main vers son bandeau en l’observant étrangement. Sans doute parce que son champ de vision n’était pas gêné par si peu, de même qu’il ne ressentait plus la nécessité de cligner des yeux. Il fit tout de même un pas en arrière en portant sa main droite à sa tête, au cas où l’étudiant trouverait amusant de lui arracher le tissu. Voilà bien une idée qu’auraient eue ses frères. Et Isei leur ressemblait un peu. À moins que le jeune Lyushan n’ait simplement envie de les voir en lui, car sa famille lui manquait. Le Nagashi entra dans un délire personnel et s’amusa tout seul pendant quelques secondes qui permirent à Kehydan de vérifier si le nœud de son bandeau était bien serré, avant de sourire.

[Kehydan] Oui, c’est un peu ça le principe, sauf que je ne le quitte que pour en changer, et que je garde les yeux fermés…
[Isei] La chance. Moi il faudrait que je ferme les yeux. Mais c’est plutôt chiant et j’ai la flemme.
[Kehydan] La flemme de fermer les yeux ?! Tu dors les yeux ouverts alors ? Impressionnant…

Une expression de stupéfaction crédule se grava sur les traits du Lyushan. Avant d’utiliser son Œil Interne, il n’aurait jamais pu faire une chose pareille. Aujourd’hui encore, il s’adaptait à cet œil sans paupière et le sommeil était devenu long à se manifester, ce qu’il déplorait. Voilà pourquoi il restait longuement éveillé le soir et se levait rarement avant dix heures le matin. Comment ? Excuse bidon ? Nooon… Du tout…. Du tout !

Manifestement, le professeur d’Isei lui avait fait forte impression. Mais ses paroles furent étranges. Dommage, pensa Kehydan. Ce ne devait pas être un Lyushan, ou du moins pas un Lyushan de Shenmuan. Il était probablement shinobi depuis longtemps et très expérimenté, afin de pouvoir donner son enseignement. Il l’aurait connu, au moins de vue, lorsqu’il serait venu rendre visite à sa famille dans son village, car les véritables aveugles ne courent pas les rues. Dans son petit patelin, ce genre de choses se savait. L’étudiant ne se sentait pas emballé par l’idée de rencontrer un membre de son clan d’un autre village. La seule fois où cela s’était produit, il avait neuf ans et il gardait une certaine appréhension de ce souvenir.


[Kehydan] Oh ? Il existe alors plein de façons de voir sans voir ? Mais c’est bizarre de transpercer et de lire avec son cœur. Enfin, pas plus que mon Œil Intérieur je suppose. C’est un prof ninja ? Il t’enseigne quoi ?

Il repensa à la jounin qui les avait réunis ici, Ginko. Cette étrange fille allait-elle finir par revenir ? Le temps passant, il commençait à se dire que peut-être la blague de sa disparition était encore plus mauvaise que ce qu’il pensait à l’origine. Et il en avait réellement marre désormais : les profs de Konoha sont décidément tous des rigolos, il n'y en a pas un qui tienne la route... Il bailla longuement.

[Kehydan] Dîtes, vous croyez que Ginko va revenir ?
[HRP: Histoire de boucler ce RP, j'aime pas les trucs sans fin]

[Kehydan] Pfwah, j'ai envie de faire une sieste... Je vous laisse, tant pis pour cette prof... À la prochaine!

L'étudiant tourna les talons et planta là les deux autres aspirants ninja.


Dernière édition par Kehydan Lyushan le Dim 17 Jan - 16:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Parce que la vie se répète souvent   Mer 28 Oct - 13:09

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