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 Salle d'Opération n'°4

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MessageSujet: Salle d'Opération n'°4   Jeu 25 Juin - 19:49

¤,.°o°O Chapitre 8 : L'Ombre Croissante O°o°.,¤
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La salle d'opération n°4 était vide. Tout avait été soigneusement nettoyé la veille par l'équipe du professeur Jûjiro Tsukushi, suite à une intervention de tout premier plan sur un patient grièvement blessé aux intestins. Sa nouvelle opération, une séance de microchirurgie réparatrice, avait été programmé pour le lendemain matin, à onze heures précises. A cette occasion, il avait d’ailleurs convié Sho à l’assister, ayant à maintes fois remarqué l’intérêt que le chuunin avait manifesté pour ses travaux. Rendez-vous avait été prit à dix heures entre les deux hommes.

Quand Sho se présenta à l’accueil de l’hôpital, il était loin de se douter de quelle manière il ressortirait grandit de cette expérience. Sans aucune autre prétention que celle de se perfectionner, il s’était présenté au professeur Tsukushi avec le seul espoir de suivre ses précieux enseignements. Rien de plus. Détendu et sûr de lui, il arriva quinze minutes avant l’heure prévue. Guidé par une responsable de l’hôpital, il entra pour la première fois de son existence dans les couloirs interdits aux visiteurs du troisième étage. En s’enfonçant dans la longue artère qui servait d’allée centrale, Sho remarqua les cigles des différents services qui se trouvaient à l’étage.

A sa droite, une porte frappée d’un éclair au centre d’un cercle rouge indiquait l’entrée de la cellule de soin aux grands brûlés. Plus loin, une autre, marquée d’une capsule blanche et violette, délimitait l’entrée du service de développement des pilules. Enfin sur sa gauche, tout juste avant qu’il ne franchisse les imposantes portes en verre qui ouvraient sur le service de chirurgie avancée, Sho porta son regard sur une porte en ébène où trônait un nom dont il n’avait jamais entendu parler jusqu’à ce jour : S.R.A.

Il eut le temps à peine le temps d’émettre quelques hypothèses quant à la signification de ces lettres que la voix enrouée de Jûjiro le ramena à la réalité.

JÛJIRO # Bien le bonjour Nagoshi-san ! Soyez le bienvenu dans mon service. J’espère que vous vous sentez d’attaque car de grandes choses nous attendent aujourd’hui !

Sho regarda d’un air amusé ce quinquagénaire excentrique, aux cheveux gris et aux yeux pétillant dissimulés derrière de fines lunettes rectangulaires, s’exprimer davantage avec ses bras qu’il ne le faisait avec sa bouche. Avec une profonde sympathie, Sho le salua et lui répondit :

SHO # Je suis heureux de vous revoir Tsukuchi-sama et tiens encore à vous remercier pour votre invitation.

JÛJIRO # Allons, vous n’avez pas besoin de me remercier, comme je vous l’ai déjà dit, c’est un grand plaisir pour moi de vous accueillir ici. Bien, ne perdons pas de temps, si vous voulez bien me suivre, j’aimerai vous expliquez ce que nous allons réaliser aujourd’hui.

D’un geste de la main, Jûjiro invita Sho à entrer dans ce qui semblait être son bureau à en juger l’écriteau sur la porte. Contrairement à ce qu’il s’était attendu en entrant, Sho découvrit un bureau parfaitement rangé, peut-être même trop. C’était à se demander si son hôte n’était pas un de ces maniaques qui avaient pour habitude de ranger leur plume bien parallèlement les unes par rapport aux autres.

JÛJIRO # Faite comme chez vous, asseyez-vous.

Sho s’exécuta et s’enfonça dans le siège rembourré qui lui était présenté.

JÛJIRO # Est-ce que je peux vous offrir quelque chose à boire ? J’ai du très bon thé vert si vous le désirez.

Étant l’invité, Sho se voyait mal refusé une telle proposition malgré le petit-déjeuner copieux qu’il avait avalé avant d’arriver ici. Un hochement de tête approbatif, et quelques secondes plus tard il se retrouva avec un bol à thé entre les mains.

JÛJIRO # Bien, parlons de l’opération à présent. Je crois savoir que vous avez certaines prédispositions en matière de traitement avancé des plaies, dîtes-moi si je me trompe.

S’exclama Jûjiro en joignant les doigts de ses mains sous son menton.

SHO # C’est exact.

JÛJIRO # Très bien, très très bien. Dans ce cas, vos talents devraient grandement nous servir. Nous allons opérer un patient dont le foie a lourdement été touché à l’arme blanche. D’après mes observations, la lame devait être empoisonnée car le foie de notre ami se trouve dans un bien pitoyable état. S’il n’avait pas été retrouvé à temps, il aurait d’ailleurs très probablement péris dans d’atroces souffrances. Bien, voila comment nous allons procédés. Dans un premier temps, vous allez m’aider à extraire le poison emprisonné dans ses cellules, si mes sources sont toujours exactes cela ne devrait pas être un obstacle pour vous. Dans un deuxième temps, nous enlèverons les cellules mortes qui auraient pu être oubliés. Dans un troisième et dernier temps, nous réimplanterons les cellules saines que j’ai pu sauver lorsque notre ami a été admis dans mon service. Je les ai légèrement modifié en laboratoire avec un agent chimique qui devrait grandement faciliter son rétablissement.

Après ces quelques explications, Jûjiro porta une lampée de thé à ses lèvres et conclut sur un ton jovial.

JÛJIRO # Des questions ?

Sho sourit. L’exposé lui semblait parfait sous toutes les coutures. Il n’en attendait pas moins d’un homme qui avait oeuvré pendant vingt cinq longues années dans l’un des services les plus envié du monde. N’ayant donc rien à redire sur ses méthodes, Sho prit un air décontracté et répondit :

SHO # Aucune, tout me semble parfaitement ficelé.

Son regard de félin remarqua immédiatement le léger sourire apparut sur le visage de son interlocuteur. Dès cet instant, Sho comprit que son hôte lui portait un intérêt beaucoup plus grand qu’il ne l’avait laissé entendre jusqu’à maintenant. Quel pouvait être cet intérêt ? Il n’en avait aucune idée. Mais ce qui était certain, à ses yeux, c’est que Jûjiro n’avait pas fait appel à « ses sources » sans justification. Il avait sans doute cherché à le connaître en profondeur pour se tailler sa propre opinion à son sujet. Il restait néanmoins évident que le chef du service de chirurgie n’avait pas du trouver grand chose. Tout du moins, c’est ce qu’il pensait ...

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MessageSujet: Re: Salle d'Opération n'°4   Lun 29 Juin - 12:26

¤,.°o°O Chapitre 8 : L'Ombre Croissante O°o°.,¤
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JÛJIRO # Parfait ! Dans ce cas, je crois qu'il n'y a rien qui nous retienne plus longtemps ici, laissez-moi vous conduire à la salle d'opération.

Sho acquiesça. Les deux hommes quittèrent le confort de leur fauteuil et marchèrent à travers un long couloir qui rappelait étrangement à Sho celui qu’il avait longé avant de tomber sur le professeur Tsukushi. Seule différence entre les deux : l’absence de portes dans le second. Ce qui avait le don de le rendre d’autant plus interminable. Au bout du couloir, ils bifurquèrent sur la droite et passèrent sous un écriteau blanc sur fond noir indiquant l’entrée de la salle d’opération n°4. Un rapide coup d’oeil par dessus son épaule avait permis à Sho de remarquer que le chemin de gauche conduisait à la salle d’opération n°3.

Lorsque les deux hommes entrèrent dans la salle d’opération il y régnait un silence presque réconfortant. La pièce était éclairée de tous côtés par de larges baies vitrées offrant une vue imprenable sur la cime des arbres alentours et les quelques bâtiments qui réussissaient à les dépasser dans le lointain. En son centre, un matériel moderne attendait l’arrivée du patient. Table de travail, outils chirurgicaux, poches de sang et d’oxygène, tout avait été minutieusement préparé quelques minutes auparavant. Tout près de l’entrée, sur la droite, se tenait un petit bureau en bois sur lequel était posé une pile de parchemins visiblement scellés. Bien qu’intrigué, Sho continua de faire le tour de la pièce comme si de rien n’était. Naturellement, Jûjiro lui expliqua, quelques minutes durant, le rôle de chaque objet qui se trouvait ici, sauf pour les parchemins. Ce qui décupla encore davantage l’intérêt que Sho pouvait y porter.

JÛJIRO # Venez par ici Nagoshi-san, il y a quelque chose que j’aimerai vous offrir !

S’exclama Jûjiro d’un ton qui trahissait son impatience.

Sho détourna immédiatement son regard des parchemins et se rapprocha de Jûjiro qui lui apparaissait de dos dans le coin inférieur gauche de la pièce. Arrivé à son côté, le professeur fit volte face et tendit ses deux mains vers lui ; mains qui tenaient ce qui semblait être un linge soigneusement plié d’une couleur aussi noir que ne l’était le fond de l’écriteau à l’entrée. Le regard perçant de Sho oscilla entre le cadeau que lui offrait Jûjiro et ses yeux habités d’une lueur qu’il jugeait un brin enfantine.

JÛJIRO # Ne me faite pas languir ! Allez-y, prenez-le !

Un sourire délicat glissa sur les lèvres de Sho. Avec précaution, il prit le linge et inclina poliment la tête au même moment pour remercier son hôte. Lentement, sous le regard de plus en plus lumineux de Jûjiro, Sho le déplia et découvrit à sa plus grande surprise, une longue veste noire au dos de laquelle trônait un drôle d’insigne bleuté : un scalpel de chakra croisant une seringue. Ne comprenant pas tout à fait ce qu’il pouvait bien représenter, Sho lança un regard interrogateur à son hôte.

SHO # Merci infiniment Tsukuchi-sama mais qu’est-ce que c ....

JÛJIRO # Tous les membres de mon service sont habilité à porter cette blouse. Le scalpel de chakra croisant la seringue est l’insigne de ce service.

Lui expliqua un Jûjiro plus enjoué que jamais.

JÛJIRO # Votre oeil aguerrit a très certainement remarqué les quelques insignes qui trônaient fièrement sur les portes que vous avez croisé en arrivant. Sachez donc que chaque service en possède un qui lui permet de se distinguer des autres. Chaque service possède également sa couleur. Vous comprendrez donc aisément que le noir est la notre.

Qui aurait pensé que le troisième étage de l’hôpital hébergeait ce qui apparaissait comme des groupuscules différents aussi bien par leur fonction que par leur apparence ? Certainement très peu de personnes. Sho, lui, était étonnement surpris d’apprendre une telle chose. Même si après coup, il lui semblait tout à fait justifier que chaque service se distingue des autres pour éviter la moindre confusion.

Sans attendre plus longtemps, le professeur Tsukuchi enfila sa propre blouse qui se différenciait de celle offerte à Sho par la longue bande dorée qui longeait sa manche droite, sur toute la longueur, jusqu’au col. Imitant son hôte, Sho enfila sa propre blouse et le regarda, d’un oeil songeur, s’éloigner et prendre place derrière le petit bureau en bois. Tirant sur un tiroir, il en sortit une pochette à l’intérieur de laquelle attendaient deux feuilles. S’attardant sur l’une d’entre elle, Jûjiro commença à la lire de long en large en marmonnant très légèrement comme s’il se lisait à lui-même. Le regard de Sho ne put s’empêcher de glisser le long des bras du vieil homme et de s’arrêter sur la pile de parchemins qui se trouvait à côté de lui, posée sur le bureau. Que pouvaient-ils bien contenir ? Des techniques interdites ? Des rapports secrets ?

Sho était à court d’idées.

Il était néanmoins certain de quelque chose. C’est que ces parchemins avaient un caractère secret, sinon pour quelle autre raison auraient-il été scellés ?

JÛJIRO # Bien, très bien ! Je crois que tout est prêt. Notre patient ne devrait plus tarder à faire son apparition désormais.

La voix rocailleuse de Jûjiro eut presque le mérite de faire sursauter Sho. Fort heureusement pour lui, le contrôle permanent qu’il exerçait depuis quelques années sur ses émotions lui permit de faire passer sa surprise totalement inaperçue. Ramenant simplement son regard sur son interlocuteur, il se contenta d’accentuer légèrement la courbe de son sourire et de plonger ses mains au fond des poches de sa blouse.

JÛJIRO # Ah oui ! J’oubliais ! Aujourd’hui nous serons assistés par les deux meilleurs membres de mon service : Inoue Asano et Otojiro Nanbu. Ils sont légèrement plus âgés que vous mais vous devriez fort bien vous entendre avec eux, je n’en doute pas !

S’exclama-t-il avant de rire doucement.

Au même moment, les portes s’ouvrirent sur deux silhouettes, l’une féminine et l’autre masculine, encadrant un brancard sur lequel reposait un homme brun visiblement plongé dans un profond sommeil. Lentement, le duo amena le brancard jusqu’au centre de la pièce. Tous deux vêtus de la même blouse qu’il portait à cette heure, Sho comprit qu’il devait très probablement s’agir des deux assistants dont lui avait parlé Jûjiro.

Avant même qu’il ait le temps de réagir, ce dernier le poussa vers les nouveaux arrivants en brandissant un sourire radieux.

JÛJIRO # Asano-chan, Nanbu-kun, je vous présente mon ami Sho Nagoshi, celui même dont je vous avais parlé en préparant l’opération d’aujourd’hui.

Poliment, et armés de sourires courtois, les deux individus saluèrent Sho avant que celui-ci n’en fasse de même. Asano, une jolie blonde aux yeux vert émeraude et au visage finement sculpté, le fixa pendant de longues secondes durant lesquelles Sho ne manqua pas de soutenir son regard sans pourtant y découvrir quoi que ce soit. D’un geste brusque, Jûjiro le ramena près de lui et lui murmura discrètement quelques mots, tandis que les deux autres s’afféraient aux derniers préparatifs.

JÛJIRO # Je crois que vous lui plaisez ...

Lui confia-t-il avant de lui adresser un clin d’oeil espiègle.

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MessageSujet: Re: Salle d'Opération n'°4   Mar 30 Juin - 1:57

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Sho eut beau observer Inoue dans les minutes qui suivirent, il ne dénota chez elle aucune trace d’affection particulière à son égard. Le vieux Jûjiro avait certainement mal interprété son sourire.

JÛJIRO # Bien, mes chers amis, je crois qu’il est temps de commencer. Nanbu-kun, veuillez reporter l’heure et la date sur le rapport s’il vous plait.

Le dénommé Otojiro Nanbu acquiesça puis se dirigea vers le petit bureau où une feuille pré-remplie l’attendait. Pendant ce temps, Jûjiro demanda le soutient de Sho pour l’aider à déplacer le corps du patient du brancard à la table d’opération. Sho s’exécuta, soulevant le corps par les pieds tandis que Jûjiro tenait soigneusement sa nuque et sa tête en position. Par dessus l’épaule du chef de service, Sho pouvait voir la silhouette d’Inoue drapée de noir s’agiter dans un périmètre restreint.

JÛJIRO # Voila une bonne chose de faite ! A présent, Asano-chan, réduisez de moitié la quantité d’oxygène administré je vous prie.

Le regard perçant de Sho suivit les déplacements de la bien silencieuse jeune femme. Au moment précis où l’ordre du professeur Tsukushi avait retentit, Inoue avait immédiatement cessé son activité pour se diriger vers l’autre extrémité du masque à oxygène qui englobait la bouche et le nez du patient. Là, elle avait appuyé frénétiquement sur un bouton encastré dans une sorte de boite rectangulaire dont Sho pensait qu’il s’agissait certainement d’un quantificateur. A aucun moment, elle n’avait laissé la moindre émotion filtrer sur son visage. Elle lui avait paru parfaitement insensible à tout ce qui se passait autour d’elle, sauf aux ordres du professeur.

JÛJIRO # Nagoshi-san ?

En entendant son nom, Sho décala immédiatement son regard vers le professeur Tsukushi qui semblait lui faire signer d’approcher.

JÛJIRO # Approchez, approchez, je vais très bientôt avoir besoin de vos talents.

Suite à ça, un bref silence s’installa entre les deux hommes. Un silence qui prit fin lorsque la main droite du professeur Tsukushi se mit à bleuir.

JÛJIRO # Chiryono Mesu !

En entendant ce nom, l’intrigante Inoue reprit sa place auprès du patient et le débarrassa de la couverture qui le préservait jusque là. Toujours aussi silencieux, Sho abaissa ses yeux sur la main du professeur lorsque celle-ci descendit, menaçante, vers la cicatrice tout juste refermée du pauvre homme allongé devant eux. Lentement, ou plutôt avec une minutie particulièrement soignée, Jûjiro transperça la cicatrice sans la moindre difficulté, comme si sa main s’enfonçait dans du beurre. Cette technique, Sho la connaissait particulièrement bien pour l’avoir mainte et mainte fois abordée durant ses cours de médecine à l’académie. Aujourd’hui encore, il s’étonnait de remarquer l’aisance avec laquelle le scalpel de chakra était capable de transpercer la peau.

JÛJIRO # Asano-chan, écarteur s’il vous plait.

Aussitôt, la jeune femme plaça une sorte d’étau de part et d’autre de la plaie pour la tenir bien ouverte et ainsi faciliter la suite des opérations.

JÛJIRO # C’est à vous de jouer désormais.

Ajouta-t-il en se tournant vers Sho.

Dire que sans l’expertise d’Akai, son mentor, il n’aurait pas pu intervenir comme il s’apprêtait à le faire. Sho retroussa les manches de sa blouse jusqu’aux coudes, enfila des gants noir en latex, puis il figea ses deux mains l’une contre l’autre.

SHO # Dokunuki !

En décollant progressivement ses mains l’une de l’autre, Sho révéla une bulle de chakra pure qu’il glissa lentement à l’intérieur de la plaie jusqu’au foie meurtri. Pendant près d’une dizaine de minutes, il conserva cette position, faisant affluer une grande quantité de chakra dans ses mains pour accroître le volume totale de la bulle à mesure que les fragments de poison s’y retrouvaient prisonnier. Au terme de ces dix minutes, Sho ne sentit plus la moindre présence de poison à l’intérieur de l’organe visé. La seule chose qu’il pouvait sentir était les perles de sueur qui avaient commencés à se former sur son front.

Comme si elle avait elle aussi ressentit cette désagréable sensation d’humidité s’accrocher à ses mèches de cheveux, Inoue s’approcha de lui et lui épongea le front à l’aide d’un linge blanc. Sho la remercia mais la jeune femme ne lui répondit rien, retournant de l’autre côté de la table d’opération sous l’oeil attentif du professeur Tsukushi.

Délicatement, il fit glisser ses mains hors de la plaie, révélant aux yeux de ses observateurs une bulle de chakra à l’intérieur de laquelle gravitait désormais une étrange substance bleu encre. Avec autant de rapidité qu’Inoue, Otojiro, revenu de sa paperasse, lui présenta une bassine dans laquelle il relâcha la totalité du poison.

Jûjiro applaudit franchement, comme s’il venait d’assister au plus amusant spectacle de sa vie.

SHO # Tsukushi-sama, avez-vous pratiquez des analyses de sang pour vous assurez que le poison n’avait pas filtré dans le sang du malade ?

Demanda Sho, le regard sondeur.

JÛJIRO # Oui, ne vous inquiétez pas. Nous en avons retrouvé en quantité beaucoup trop infime pour que cela soit inquiétant. Beau travail. Akai Juutai ne tarit pas d’éloges sur vous et je comprends pourquoi désormais. Beau travail, mon garçon !

S’exclama-t-il en lui adressant un sourire en croissant de lune.

Il n’aurait sut expliquer pourquoi, mais Sho ressentait un profond malaise auprès de cet homme. Sa jovialité, son enthousiasme, sa gaieté, sonnaient étrangement faux à son oreille, bien qu’il aurait été incapable de le prouver. Il était beaucoup trop bien renseigné pour quelqu’un qui ne quittait presque jamais cet étage de malheur. Bien sûr, Akai Juutai semblait une source sûre de renseignements mais il doutait fortement que la belle lui ait confié le moindre mot le concernant. Encore une fois, Sho était incapable d’expliquer pourquoi il avait cette sensation, mais elle était bien là et occupait de plus en plus de place dans son esprit.

JÛJIRO # Nanbu-kun, veuillez m’apporter une nouvelle poche de sang s’il ...

Quelque chose ne tournait pas rond dans cette histoire. Quelque chose avait échappé à sa vigilance ...

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MessageSujet: Re: Salle d'Opération n'°4   Ven 3 Juil - 21:39

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Le regard perçant de Sho vagabondait entre le visage du professeur Tsukushi et celui d’Inoue. Si le premier se distinguait du second par sa gaieté, ce dernier étincelait par son indifférence. Plus il y réfléchissait et plus il trouvait leur relation invraisemblable. Inoue était censée travailler sous les ordres du professeur Tsukushi ; même si elle s’avérait particulièrement pointilleuse dans l’exécution de ses ordres, elle n’en restait pas moins indifférente au moindre de ses regards. C’était à se demander s’ils s’entendaient réellement ou si tout ceci n’était qu’une mascarade. A côté de ça, il fallait ajouter l’absence remarquée d’Otojiro qui multipliait les va-et-vient entre la table d’opération et le petit bureau installé dans le coin de la salle.

Au fond de lui, Sho sentait un doute incompréhensible grandir à mesure qu’il relevait de nouvelles observations.

JÛJIRO # Nagoshi-san, j’ai besoin de votre aide.

Il chassa momentanément ses sombres pensées et s’avança aux côtés du professeur. Celui-ci lui demanda de tirer sur l’écarteur pour lui permettre de réaliser de plus grands mouvements. Ce que Sho fit sans broncher.

JÛJIRO # Il reste quelques tissus morts ici ... et encore là ... mmmm ... ça sera compliqué, mais si je soulève un peu, comme ça ...

Jûjiro Tsukushi marmonnait comme s’il se parlait à lui même. A côté, Sho multipliait les regards en direction d’Inoue, alors occupée à ouvrir des boîtes translucides dont il n’avait aucune idée du contenu. Il ne s’attardait toutefois pas plus de cinq secondes d’affilé sur elle, préférant observer la précision avec laquelle Jûjiro découpait les tissus morts pour les déposer ensuite sur une coupelle en verre.

JÛJIRO # C’est une opération très complexe qui demande beaucoup de sang-froid vous savez ? C’est sans doute pourquoi les ninjas sont si nombreux à rater l’examen d’entrée des services chirurgicaux.

Cette fois-ci, Jûjiro s’était bien adressé à lui. Sho se contenta de sourire légèrement en guise de réponse lorsque le vieil homme tourna un regard interrogateur vers lui.

JÛJIRO # Vous n’êtes pas très bavard. C’est une qualité. Voyez par vous même, c’est mon plus grand défaut.

SHO # Rassurez-vous, ce n’est qu’un défaut de petite envergure.

Jûjiro hocha sensiblement de la tête comme s’il donnait raison aux paroles de Sho. Le chuunin relâcha progressivement son emprise sur l’écarteur tandis que le professeur en terminait de son intervention. Immobile, il l’observa se réfugier auprès d’Inoue et lui murmurer quelque chose qu’il ne réussit à discerner de sa position. Un bref coup d’oeil par dessus son épaule, lui permit ensuite de localiser Otojiro qui se donnait corps et âme à l’écriture d’un long rapport. Le malaise grandissait encore et encore quand dans un éclair de génie, Sho se remémora le briefing de l’opération. A aucun moment, le professeur ne lui avait mentionné le nom du patient. Cela aurait put être un détail insignifiant mais ayant observé la rigueur de son hôte, Sho ne pouvait croire à un simple oubli.

SHO # Tsukushi-sama, comment avez-vous dit que le patient s’appelait ?

La réactivité habituelle du professeur Tsukushi sembla fondre en quelques secondes. Sho ne fronça que très sensiblement les sourcils en le voyant jeté un bref coup d’oeil à Inoue avant qu’il ne se tourne vers lui, tout sourire.

JÛJIRO # Sanada ... sanada ... Ginhei Sanada !

L’hésitation qui nourrissait cette réponse laissa Sho des plus perplexe. Il était persuadé que le professeur ne lui avait pas donné le nom du patient quelques minutes plus tôt. Il était également sûr et certain qu’il venait d’inventer ce Ginhei Sanada en étant persuadé qu’il ne serait de toute façon pas capable de vérifier si une telle personne avait été acceptée ou non dans l’hôpital. Une question restait en suspend : pourquoi un homme tel que lui avait ressenti le besoin de lui mentir ? Que cherchait-il à cacher ? D’ailleurs, pourquoi l’avait-il invité à suivre cette opération si c’était pour lui cacher quelque chose ? Il aurait tout aussi bien fait de ne pas l’inviter dans ces conditions. Non, il y avait un sens caché derrière tout ça. Quelque chose que Sho ne devait pas découvrir.

L’eisei-nin abaissa son regard sur le visage du patient en se demandant ce qui avait bien pu l’amener sur cette table d’opération. Le professeur lui avait simplement raconté qu’il avait été blessé à l’arme blanche, ce qui était tout à fait vrai d’après ses propres observations. Mais à aucun moment il n’avait mentionné comment cela lui était arrivé.

SHO # Vous ne m’avez pas parlé de son accident. Était-il en mission lorsqu’on lui a infligé cette blessure ?

Jûjiro retrouva brusquement sa réactivité.

JÛJIRO # Je ne suis pas accrédité à vous le dire, Nagoshi-san, croyez bien que je le regrette.

Étant chuunin instructeur et ayant Akai Juutai pour mentor, Sho était persuadé qu’il aurait rapidement appris la nouvelle si une équipe était rentrée avec des blessés de leur mission. Il n’avait d’ailleurs pas connaissance d’une équipe partie en mission récemment, hormis celle de Mae, instructrice à l’académie. Hors il connaissait tous les membres de cette équipe pour les avoir longuement côtoyer avant leur départ. Partant de là, d’où pouvait bien venir cet homme ? Il ne pouvait pas être un simple villageois car si cela avait été le cas, il n’aurait jamais été admis dans ce service, faute de moyen. Les personnes qui atterrissaient ici étaient forcément des ninjas du village ou des villages alliés.

JÛJIRO # Nagoshi-san ?

Sortit de ses pensées par la voix du professeur, Sho s’arma d’un sourire énigmatique.

SHO # C’est amusant, je jurerai que cet homme n’est pas de notre village...

Un éclair noir traversa le regard du professeur Tsukushi.

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MessageSujet: Re: Salle d'Opération n'°4   Dim 5 Juil - 15:02

¤,.°o°O Chapitre 8 : L'Ombre Croissante O°o°.,¤
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En l'espace de quelques secondes, l'atmosphère changea du tout au tout. Un silence pesant s'installa dans toute la pièce.

Sho regardait Jûjiro et Inoue à tour de rôle tout en essayant de percevoir clairement la position Otojiro dans son dos. Il venait de mettre le doigt sur un détail auquel aucuns des trois autres protagonistes ne s’étaient attendus. Cela, il l’avait remarqué en sondant leur regard. L’habituelle neutralité d’Inoue s’était par exemple effacée, l’espace d’un instant. Elle avait alors montré plus d’intérêt que jamais pour ses mots. Tout près d’elle, le regard de Jûjiro s’était momentanément enflammé et ne l’avait plus quitté depuis.

Épié de tous côtés, Sho se demandait ce qui allait bien pouvoir advenir. Il pouvait presque sentir l’animosité de ces regards grandir et se distiller progressivement dans l’air pour l’alourdir.

Que se passait-il dans cette salle d’opération ? C’était là toute la question.

JÛJIRO # Je crains que votre perspicacité ne vous ait égaré, mon bon ami ... Otojiro !

Le changement dans le timbre de voix de Jûjiro mit Sho sur ses gardes. C’est sans doute ce qui lui permit de faire volte-face à temps et de parer l’offensive d’Otojiro à l’aide de son avant-bras gauche. Son assaillant tenait un kunai aiguisé dans sa main droite et tenta de l’étranger de sa main droite. Pour se défaire de cette situation, Sho ne trouva rien de mieux à faire que de frapper l’intérieur du genou d’Otojiro avec son pied droit puis d’enchaîner sur plusieurs coups dans ses côtes à l’aide de son poing droit. Mais rien à faire, Otojiro ne semblait rien ressentir. Sa main droite se refermait de plus en plus dangereusement sur son cou alors que son visage restait prisonnier d’une expression du plus pur stoïcisme.

L’oxygène commençait tout juste à se raréfier pour Sho quand il crut entendre la voix de Jûjiro s’élever de nouveau.

JÛJIRO # Nous sommes prêts à vous laissez la vie sauve ... vous allez devoir sortir notre patient de son état actuel ... pour cela vous utiliserez le Kaeri sur lui.

Incapable de réfléchir dans ses conditions, Sho se concentra sur sa dernière chance. Le plus lentement possible, pour ne pas attirer l’attention, il fit glisser sa main droite sous sa blouse et empoigna la garde d’Akikaze, son katana suspendu à l’horizontal dans le bas de son dos.

INOUE # Otojiro ! Attention !

Grâce à l’intervention in extremis d’Inoue, Otojiro eut tout juste le temps de relâcher son étreinte et de faire un bond en arrière pour esquiver le tranchant d’Akikaze. Libéré, Sho retrouva rapidement ses esprits et se tint à distance de son opposant direct sans pour autant trop s’éloigner de lui pour se faire le plus menaçant possible. Dans sa tête se mélangeaient toutes les informations qu’il avait pu accumuler jusqu’à maintenant.

Qui pouvait bien être ces gens ? Quel pouvait bien être leur but ? Se trouvait-il seulement dans la même pièce que le véritable professeur Jûjiro Tsukushi ?

Son regard perçant glissa momentanément sur le visage du patient. Quelque chose lui disait que cet homme était la clé de toute cette affaire. Mais la trêve prit fin trop rapidement et Sho dut une nouvelle fois parer la multitude de coups qu’Otojiro cherchait à lui donner.

Soudainement, une violente explosion souffla les fenêtres. Une fraction de seconde plus tard, une épaisse fumée blanche se répandait dans toute la salle. Sho profita de l’occasion pour rejoindre l’extérieur via une impulsion de chakra sous la plante de ses pieds. Un bref coup d’oeil par dessus son épaule lui permit de voir trois silhouettes entrer directement dans le nuage de fumée, avant que son numéro de haute voltige ne se termine sur un toit en contrebas. Malheureusement, il fut rapidement rejoins par Otojiro qui avait profité du vacarme pour le suivre.

SHO # Qu’attendiez-vous de moi ?

Otojiro ne répondit pas.

Ballottée par le vent, la longue chevelure blanche de Sho voilait partiellement la fermeté de son visage. Son regard de lynx fixait les jambes d’Otojiro dans l’attente du moindre geste de sa part. Akikaze attendait patiemment dans sa main droite de pouvoir trancher la chair de celui qui avait essayé de l’étrangler. Une nouvelle explosion retentit. Sho leva immédiatement les yeux vers le troisième étage de l’hôpital prisonnier de la fumée. Otojiro en profita pour se ruer sur lui, son kunai prêt à l’éventrer au moindre faux pas. La vitesse de Sho lui permit d’esquiver et de contrer le plus gros des offensives à répétition de son adversaire.

La situation était critique. Il n’avait aucune idée de ce qui se passait actuellement dans la salle d’opération n°4 et il devait rapidement trouver un moyen d’évincer son adversaire. Au corps à corps avec ce dernier, il opta pour une technique de diversion simple mais qui avait toujours fait ses preuves jusqu’à maintenant. C’est pourquoi il se débarrassa littéralement de son katana en le jetant dans les airs. Otojiro, surprit de voir son ennemi se débarrasser ainsi de sa seule arme, suivi le mouvement de cette dernière durant une fraction de seconde.

SHO # Jinsei Noshi !

Une lumière blanche jaillit brusquement de la paume de sa main posée contre le torse d’Otojiro. Ce dernier poussa un cri strident au moment où une multitude d’entailles s’ouvraient un peu partout sur son torse. Sho profita de l’impacte de sa technique pour déstabiliser son adversaire et le clouer définitivement au sol. Comme s’il avait minutieusement calculé son coup, il leva ses yeux au moment où son katana en terminait de sa chute et le rattrapa par la poignée. Sans la moindre hésitation, il le planta ensuite dans l’épaule droite de son adversaire en le bloquant définitivement au sol en appuyant son pied gauche sur son torse.

SHO # C’est terminé ... dîtes-mo ...

? # Laisse, je vais m’en occuper.

Sho jeta un regard par dessus son épaule et découvrit la silhouette d’un homme beaucoup plus grand que lui, plus musclé et sans nul doute plus robuste. Son visage était caché par un masque blanc reprenant les traits d’une sorte de démon au sourire absent. Un membre de l’anbu à n’en pas douter. Incrédule, Sho enfonça un peu plus la lame de son katana de l’épaule d’Otojiro en le sentant s’agiter.

? # Nous avons réussis à maîtriser les deux autres, laisse-moi ramener celui-ci auprès d’eux. Les membres de la brigade d’interrogation et de torture sauront leur faire cracher le morceau. En attendant, beau travail.

L’anbu se rapprocha d’Otojiro, exécuta une série de signes, et comme par magie ce dernier sembla sombrer dans un profond sommeil. Le colosse hissa le corps inanimé d’Otojiro sur ses épaules et adressa un hochement de tête à Sho.

? # Reste ici, Akai ne devrait pas tarder.

Et en effet, une minute plus tard, la silhouette d’Akai atterrissait à son tour sur le toit.

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

MessageSujet: Re: Salle d'Opération n'°4   Mar 7 Juil - 18:01

¤,.°o°O Chapitre 8 : L'Ombre Croissante O°o°.,¤
« Geka »
-6-

La brise légère qui flottait sur le toit faisait voleter la longue chevelure noire d'Akai, lui donnant une allure presque maléfique. Ses yeux parcouraient le vide et son visage exprimait un sentiment de profonde colère, comme si quelque chose l’avait mis hors d’elle-même. Sho, qui la regardait du coin de l’oeil, était persuadé que son humeur était étroitement liée aux évènements qui venaient de survenir. Mais à défaut de pouvoir le confirmer avec exactitude, il se contenta de l’accueillir normalement par un hochement de tête respectueux.

Akai y répondit par un même mouvement de la tête avant de lui faire signe de s’assoire.

AKAI # Je suis navré, tout ceci n’aurait jamais du arriver.

Lui confia-t-elle en toute sincérité.

Sho l’imita et s’assit sur place en prenant un air détendu. Il fronça toutefois les sourcils lorsque les paroles d’Akai lui parvinrent sur un plateau de remords. Était-elle entrain d’insinuer que toute cette affaire était de sa faute ? Sho éprouvait pour le moment quelques difficultés à comprendre en quoi elle pouvait y être plus ou moins lié. Néanmoins, il lisait bien comme de la culpabilité dans son regard.

SHO # Je suis persuadé que vous ...

Akai lui lança un regard courroucé.

SHO # Je suis persuadé que tu n’es pour rien dans ce qui vient de se produire.

Les vieilles habitudes avaient visiblement laissés quelques traces dans son esprit. Fort heureusement, il avait immédiatement rebondit et avait ajusté sa phrase en croisant le regard noir que lui avait lancé Akai. Ses mots n’eurent pourtant pas l’effet escompté. Akai lui parut encore plus soucieuse après son intervention. Son regard se dirigea vers le sol et elle se terra dans un silence inhabituel comme si elle s’était entièrement abandonnée à ses pensées.

AKAI # Si j’avais réagi trop tard, qui sait ce qui te serait arrivé.

SHO # Comme ce n’a pas été le cas, considérons simplement que tu m’as évité de graves ennuis et que je t’en remercie.

Sho arborait un sourire radieux. Il n’avait encore aucune idée de ce qui s’était produit exactement dans cette salle d’opération mais ce qui était devenu très clair à ses yeux, c’est que le pseudo professeur qu’il avait côtoyé tout au long de la matinée n’était sûrement pas le Jûjiro Tsukushi dont il avait tant entendu parler. Cette constatation suffisait-elle pour autant à justifier l’intervention de trois ninjas de classe supérieure dans cette affaire ? Il n’en savait pas encore assez pour y répondre. Il restait néanmoins évident que cet homme avait cherché à l’abattre pour de mystérieuses raisons ; Sho n’éprouvait donc aucune forme de pitié ni pour lui ni pour ses deux compagnons.

SHO # Akai, qui sont ces gens ?

La belle juunin leva ses yeux dans sa direction, l’air songeuse.

AKAI # Je ne le sais pas encore. Le plus puissant d’entre eux, celui qui a utilisé une métamorphose de rang supérieure pour prendre les traits du professeur Tsukushi, est approximativement de mon niveau, et la fille, du tien. Nous ne savons pas ce qui a pu les amener ici ni l’identité du corps que vous étiez entrain d’opérer. Ne te rappelles-tu de rien qui puisse nous aider à conclure cette affaire ? Des paroles, des faits, quoi que ce soit d’étrange.

Étrange ? Il avait trouvé toute l’intervention étrange depuis qu’il avait commencé à nourrir des soupçons sur l’identité du patient. Il aurait pu donc lui raconter tout dans les moindres détails, de son arrivé dans le véritable bureau du professeur Tsukushi au moment où il avait commencé à soulever des questions à voix haute. Mais Sho se rappela d’un détail en particulier, une information encore bien imprégnée dans son esprit au vu du cours laps de temps qui s’était écoulé entre l’instant où il l’avait entendu et le moment présent.

SHO # Maintenant que tu me le dis, cet homme, celui qui se faisait passer pour le professeur Tsukushi, il voulait que j’utilise la technique de retour sur le patient.

Akai haussa un sourcil avant de glisser son index replié sur ses lèvres, l’air gêné.

AKAI # Peut-être que leur but était de soigner cet homme à n’importe quel prix ... peut-être qu’il s’agissait de leur chef ... il aurait pu être blessé au cours d’un affrontement et ils l’auraient amenés ici en sachant que le village comptait les meilleurs médecins du monde ...

SHO # Mais cela n’explique pas comment ils ont forcés les défenses du village ni comment ils ont réussis à entrer dans l’hôpital.

AKAI # En prenant l’apparence de Jûjiro Tsukushi ? Si. Cela devenait même un jeu d’enfant. Mais en ce qui concerne leur entrée dans le village, je ne sais pas comment cela a pu se produire ... espérons que la brigade d’interrogation et de torture saura nous en dire davantage dans les heures qui viennent.

Sho acquiesça et se pencha légèrement vers l’arrière en prenant appuis sur ses bras pour ne pas se retrouver de dos au sol. Son regard s’arrêta sur le ciel étonnement bleu pour cette époque de l’année.

Cette affaire l’intriguait au plus haut point. Il y avait d’ailleurs un autre détail qui l’intriguait tout autant.

SHO # Comment t’es-tu rendu compte de la supercherie ?

Demanda-t-il en ramenant brusquement son regard sur Akai.

AKAI # J’ai croisé ce faux Tsukushi dans les couloirs de l’hôpital ce matin même, bien avant que tu n’arrives. Il m’a paru tout de suite très étrange dès lors qu’il a commencé à me poser des questions sur toi, mais je devais me rendre à une réunion et je dois t’avouer que je n’ai pas vraiment eu le temps de me rendre compte de quoi que ce soit, la métamorphose était parfaite ... enfin pas tout à fait. Notre ami n’avait pas assez eu de temps devant lui pour étudier correctement le comportement du véritable professeur Tsukushi. Alors que je me rendais à la réunion, un de mes contacts m’a prévenu que tu étais arrivé à l’hôpital avec l’autorisation de suivre l’opération du professeur Tsukushi programmée ce matin même. C’est à ce moment là que je me suis rendu compte de la supercherie car, vois-tu, Jûjiro n’est pas homme à faire confiance à un inconnu, ce que tu es à ses yeux, au point de l’inviter à suivre son intervention comme un véritable élève. Non, il est plutôt du genre à te faire passer une centaine de test d’aptitudes pour être bien sûr que tu peux le seconder. Comme je savais que tu n’avais passé aucun de ces tests, j’ai tout de suite prévenu mes supérieurs et nous avons rapidement formés une équipe pour te sortir de là.

Tout devenait plus clair dans l’esprit de Sho. Toutes ces remarques que le faux Jûjiro Tsukushi lui avait faites, tous ces petits détails au premier abord insignifiant sur ce qu’Akai pensait de lui, toutes ces informations qu’il avait accumulées sur lui, tout s’expliquait à présent. Une pensée traversa son esprit : si le faux Jûjiro Tsukushi avait réalisé toutes ces choses alors où s’était trouvé le véritable Jûjiro Tsukushi pendant ce temps ?

Sho se leva d’un bond en gardant son regard fixé sur Akai.

SHO # Si cet homme se faisait passer pour Jûjiro Tsukushi c’est qu’il était certain que le véritable Jûjiro ne pouvait pas interférer ...

Un silence s’installa entre eux. Akai se leva à son tour et secoua sa tête comme pour lui répondre non à la question sous-entendue par sa dernière intervention. Sho comprit ainsi que le véritable professeur Tsukushi était porté disparu.

SHO # Je ne te demande pas de me suivre, mais sache que je pars à sa recherche.

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

[ FIN ]

MessageSujet: Re: Salle d'Opération n'°4   Mar 7 Juil - 19:30

Sho : + 87 XP (bonus chuunin inclus)

Techniques validées.

C'est prenant, je m'attendais à une autre fin, j'ai été bien surpris. J'attends de savoir comment ils ont pu faire pour s'introduire dans le village Smile
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MessageSujet: Re: Salle d'Opération n'°4   

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