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 Songes et Cauchemards

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MessageSujet: Songes et Cauchemards   Jeu 9 Juil - 21:00

Cela faisait déjà quelques heures qu’il se trouvait dans l’une des bibliothèques de Kiri. Il était dans une salle interdite du grand public et réservé uniquement aux shinobi. Devant lui, une large table en bois sombre, quelques bougies, éparses, trônaient , droite et fières, sur le support fuligineux. Aux côtés du ninja, plusieurs rouleaux de parchemins, que les années n’avaient pas ménagé. La faible lumière des chandelles ainsi que celle, ténue, issue d’une petite fenêtre, permettait au jeune homme de lire ses somptueux ouvrages. Iba appréciait ce mode de transmission de savoir. Il y avait cette odeur apaisante du vieux papier lorsqu’il ouvrait ces antiquités, venues d’un autre âge. Il aimait bien cette odeur. On pouvait aussi entendre un bruissement caractéristique du parchemin et cette texture dans ces mains, c’était agréable. Le lieu, plongé dans un silence religieux, respirait la quiétude. On était loin des champs de bataille, l’Oï-nin était loin de Konoha, loin de ces ennemis. Pour la première fois depuis longtemps, il avait l’impression d’être au calme.

Ses yeux suivaient les lignes de kanji à une vitesse élevée, Iba assimilait, en même temps, le contenu du texte, sans en perdre un mot. Ce qu’il lisait lui semblait néanmoins d’une simplicité fade, malgré que le contenu ne soit pas basique. Les techniques décrites, les sceaux à exécuter, la quantité de chakra à injecter aux différents moments, le timing à respecter, tout ce qui faisait la complexité de l’apprentissage lui paraissait d’une évidence puérile. En s’analysant, il aurait été facile et orgueilleux de dire que son niveau lui permettait désormais de survoler de telles connaissances et de s’en faire maître en un instant.

A l’évidence, la théorie ne lui posait plus aucun souci.

Enfin, il y avait bien quelques jutsu qui lui était, sans aucun doute, plus attirants car largement plus compliqués, plus pointus, mais ceux là, il les gardait pour plus tard. Il devait, malheureusement, d’abord s’ennuyer avec ce qu’il considérait désormais comme des bases, avant de passer à un niveau de subtilité plus élevé.

Son affrontement avec Karasu lui avait clairement dicté sa conduite actuelle. Ses connaissances techniques étaient insuffisantes, non pas qu’il n’ait pas les capacités pour les améliorer, simplement qu’il n’avait jamais pris le temps. Il partirait en mission sous peu avec Hyô. Ensemble, ils retourneraient chasser le membre d’Asahi. Iba serait prêt lorsqu’il faudrait de nouveau s’en aller, il serait prêt à affronter celui qui avait tué son maître. Et cette fois, Karasu ne serait pas sauvé par son Orochi de malheur.

Il referma délicatement un parchemin et commença à en ouvrir un autre quant il remarqua une présence supplémentaire dans la salle.

Iba – Que me vaut le plaisir de cette visite ?

Le vieil homme vint s’asseoir en face de lui. Il rajusta ses lunettes noires sur son nez, malgré l’obscurité de la pièce, éclairée par de simples bougies et la pâleur de jour. Doucement, il se découvrit de son couvre-chef, qu’il déposa avec soin sur la table. Il se passa la main dans les cheveux, tout en répondant à son interlocuteur.

Kenji – Sous-entendez vous que je ne viens pas parfaire mes connaissances dans les arts du shinobi ?

Le ton était sarcastique. Ils étaient convaincus tout deux que cela n’avait pas de raison d’arriver. L’Oï-nin ne savait pas réellement quelle posture prendre et quel ton utilisé. Il se contenta de garder un aspect sobre et un visage empli de neutralité.

Iba – Certains dirons que vous n’avez plus besoin de perfectionner vos acquis depuis longtemps. D’autres, que l’on doit avoir la bienséance de vous apporter les ouvrages que vous souhaitez consulter car il faut ménager les infirmes.

La réponse était déplacée, mais c’était un risque mesuré. Kenji était bien sûr là pour le voir et il n’avait pas encore exposé l’objet de sa venue. Nul doute que s’il l’avait voulu, il l’aurait fait convoqué dans son bureau, malgré son nouveau statut. Il souhaitait le rencontrer, qui plus est, au calme, sans personne pour venir les gêner. Il ne partirait donc pas outré, dans l’instant, suite à sa remarque. Le vieil homme en prendrait note, c’était une information que laissait de bon gré Iba à son opposant. Dorénavant, il était Oï-nin, ce grade lui ouvrait de nombreuses portes jusqu’alors fermées et lui permutaient des écarts qui aurait mené en prison ou sur l’échafaud de simples combattants. Il était bon de rappeler à Kenji qu’il ne pouvait pas complètement l’écraser sous sa botte. Pas maintenant, tout du moins, pas alors qu’il faisait parti de l’équipe de l’Homme de Glace, pas alors qu’il poursuivait un des plus dangereux déserteurs de Kiri no Sato. Le jeune homme n’était pas inquiet, Kenji ne le portait pas dans son cœur, ce qui était bien réciproque, mais le conseiller du Mizukage avait l’avantage indéniable de ne pas être stupide, loin de là.

Iba – Donc ?

Kenji effaça un bref sourire et son faciès redevint imperturbable. Appréciait-il l’idée d’avoir cette confrontation verbale avec Iba ? Peut-être. On disait que l’homme faisait parfois preuve d’un sadisme sans borne avec ses élèves. L’Oï-nin n’était plus un aspirant, mais il devait bien s’avouer que la présence du conseiller l’intriguait et excitait sa curiosité.

Kenji – J’ai lu récemment votre rapport sur les événements qui se sont déroulés à Konoha. Tragiques, je dois dire. Mais j’ai eu comme une désagréable sensation, en voyant vos bouts de papier…et je n’aime pas ce sentiment.

Où Eichino voulait-il en venir ? Iba s’en doutait bien, il savait ce qu’il avait occulté du rapport, la question était, comment Kenji avait-il pu soupçonné cela ? Il ne l’avait dit à personne, pas même Hyô. La solution la plus probable était que le vieux ne savait rien et bluffait. Il le testait, pour voir. Iba s’estimait bon à ce petit jeu, le serait-il assez aujourd’hui ? Difficile à prédire, le juunin était un redoutable adversaire.

Kenji – Il y a, comme qui dirait, des manques dans votre compte-rendu. Des oublis que je pense être importants et qui par conséquent n’ont pas pu échapper à votre mémoire.

Iba conservait le silence. Autant laisser Kenji abattre ces cartes, pas trop, pour ne pas être acculé, mais pas trop peu, pour prendre les plus d’informations possibles. L’Hiyori pressentait que son interlocuteur pesait ses mots, tout comme il le ferait, il ne fallait pas s’attendre à d’erreur grossière de sa part. Il ne devait pas céder à la facilité, Kenji devait d’or et déjà mettre ses pièges rhétoriques en place, l’Oï-nin ne devrait pas broncher car si le juunin guetterait le moindre signe de faiblesse.

Kenji – Cela est certainement dû à votre relation avec feu le Sandaime. Après tout, il a bien été votre maître ?

Iba – Où voulez vous en venir ?

Feindre l’ignorance. Tendre une joue pour mieux frapper d’un revers. Kenji n’avait pas le monopole de la matière grise. Les deux belligérants se regardaient droit dans les yeux, sans sourciller. Une tension oppressante s’était installée et quiconque serait rentrer dans la salle en aurait immédiatement ressenti le poids colossal.

Kenji – Karasu a déserté sous l’égide de Shinobu, mais étrangement un ordre de recherche et son entrée dans le bingo book ne furent promulgués que quelques années plus tard, à l’entrée en fonction du Yondaime. Dérangeant, non ?

Le regard d’Iba était devenu mauvais, l’air dans la salle s’était considérablement rafraîchit. Se devait être une petite victoire pour le vieil homme, mais la guerre ne faisait que débuter.

Kenji – Il est vrai qu’il y a des retards dans l’administration, mais là, on doit avoir un record, surtout pour une histoire de cette importance.

Kenji accusait son maître d’avoir caché et empêché certaines informations concernant son jumeau d’être divulguées. En d’autres mots, il accusait Shinobu de l’avoir protégé et il ne s’arrêtait pas là, Iba devenait lui aussi un complice à ses yeux. Kenji voulait appuyer là où cela faisait mal, soit, il allait être servi.

Iba – Ainsi, le Maître des Doutes à des soupçons. A moins que ce ne soit des hésitations ?

Le vieil homme le dévisagea étrangement. Ses yeux demandaient avec fureur d’où il tenait ce surnom dont on l’avait affublé, il y a de cela, des années, bien avant sa tragédie…

Iba – Vous ne faites plus parti du monde de l’ombre. Vous êtes en pleine lumière, sous le feu des tous les projecteurs. Conseiller…

Il piquait, c’était son tour. Chacun avait sa main et abattait ses atouts au fur et à mesure, avec précision et doigté. Il fallait jauger les données du moment, les informations offertes par l’adversaire, connaître ses armes et ne les utiliser qu’avec parcimonie et maîtrise. Les deux hommes excellaient, sans doute possible, dans cet art. La partie était plus que serré et aucun des deux ne se feraient le moindre présent.

Kenji – Voilà que ne me rajeunit pas. Votre connaissance non plus ne doit pas être née de la dernière pluie.

Grotesque. Pensait-il avec un sous-entendu si simpliste pouvoir avoir des aveux du jeune homme. Non, il s’agissait d’un piège plus subtil, plus retors que cela. Le juunin ne souhaitait connaître son informateur, mais plutôt s’il avait un informateur et par suite, jusqu’au s’étendait l’éventuel réseau del’Oï-nin.

Iba – Voyons, votre réputation vous précède, pas besoin de chercher plus loin.

Joli pied de nez qui fit grincer des dents le conseiller du Rokudaime Mizukage. Il faudrait faire mieux que cela pour le coincer. Eichino allait lancer une nouvelle offensive, sur un terrain différent, ou bien allait-il revenir à son sujet initial ? Iba sourit intérieurement, il vaincrait.

Kenji – Enfin, votre nomination semble toutefois laisser un goût amer à beaucoup. Vous avez désormais de nombreux ennemis.

Une proposition d’alliance ? De l’aide ? Certainement pas. Il ne voyait pas Kenji faire cela, c’était juste un nouveau traquenard, que préparait-il ?

Iba – Je n’ai pas le souvenir d’avoir eu des amis. Après tout, ne suis-je pas un Réprouvé ? Vous ne pouvez pas l’ignorer, vous qui avez participé, si ardemment, à cette chasse aux sorcières ?

Silence. La dernière attaque d’Iba était déstabilisante, mais qu’avait préparé son interlocuteur comme réplique ?


Dernière édition par Iba Hiyori le Ven 17 Juil - 19:06, édité 1 fois

MessageSujet: Re: Songes et Cauchemards   Ven 17 Juil - 19:05

Kenji – Sentirais-je une pointe d’accusation dans vos propos, Hiyori ? Pourtant, de vous à moi, nous savons bien ici qui sont les traîtres, ceux qui ont vendu leur nation pour quelques pièces d’or.

Iba regarda alors son interlocuteur, durant un laps de temps qui lui sembla infini. Les lunettes noires ne purent masquées l’expression farouche qu’auraient dû abriter ses pupilles mortes, cette haine sombre que l’on retrouvait, aussi chez l’Oï-nin, masqué sous un voile de rigidité excessive.

Iba – Où sont donc passés ces personnes et leurs prétendues fortunes ? Là-bas, ils n’ont trouvé que le froid glacial des lames. Et les descendants ? Le glaire et la boue de la patrie tant défendue.

Les voilà donc replongés des années en arrière, à disserter sur des événements passés, désormais révolus, non pas oubliés, mais finis, comme bien des vies de témoins de ces instants fatidiques. L’Oï-nin savait ce qu’il l’attendait, il savait ce que guettait Kenji et aussi rageant que cela puisse paraître, il ne pourrait pas y échapper.

Kenji – Vous savez tout aussi bien que moi que cette hypothèse ne tient pas la route, Hiyori. Où sont passés les corps si cela est vrai ? Votre nouveau statut que vous semblez tant apprécier ne semble pas avoir comblé le vide de votre esprit.

Le jeune homme refusait d’admettre ce qui paraissait pourtant si évident. Toute sa logique, toute sa raison, lui hurlaient que ses raisonnements échafaudés pour sauver l’honneur des siens ne reposaient que sur des sables mouvants. Mais ne dit-on pas que l’Amour à ses raisons que la Raison ignore ?

Kenji – Si la vérité semble si dure à admettre, aller vous recueillir sur l’une des innombrables pierres tombales de ceux tombés à la bataille du Fleuve Rouge. Ce n’est que justice honorable que le châtiment décidé à l’encontre de ceux de votre espèce.

Eichino avait presque craché cette dernière phrase. Iba savait trop bien pourquoi. Kenji avait-il un orgueil si démesuré qu’il puisse faire la comparaison entre son martyr et cet acte ? Quel sentiment de supériorité l’animait ainsi ? Le seul patriotisme ne pouvait pas justifier un tel dédain. Cela ne collait pas avec le personnage. Le vieil homme jouait-il un rôle, pour voir si Iba mordrait à l’hameçon ? Kenji lançait une pierre dans un puits et maintenant il attendait. Il attendait ce bruit caractéristique de la roche engloutit par les flots, il testait sa profondeur. Non, il n’était pas simplement dégoûté par cet acte de trahison, l’Oï-nin en était convaincu maintenant, le juunin appuyait uniquement là où ça faisait mal.

Pourtant le jeune homme attrapa l’appât. Il laissait les premiers points à Kenji, ce qui ne manquerait pas de faire jubiler intérieurement son opposant. Mais Iba serait le dernier à rire, il se le promit. Le temps des demi-mesures et des politesses feintes n’étaient plus à l’ordre du jour.

Iba – Votre orgueil vous aveugle. Au final, vous n’aviez rien perdu lors de votre captivité, vous êtes toujours incapable de discerner le vrai du faux.

Même s’il se laissait prendre, pour l’instant, cela ne signifiait pas qu’il allait manquer de répartie pour autant. Si la discussion avait été une partie de tarot, Iba jouait le jeu de Kenji et relançait dans sa couleur. Oui, il continuait sur un débat vide de sens, des actes passés, qu’aucun des deux protagonistes ne pourraient jamais changés. En parler était juste une torture relevant du sadisme et du masochisme. Le vieil homme semblait doué pour cela, retourner le couteau dans le plaie…

Kenji – Que peut-on dire de votre naïveté ? Persistez et elle vous sera fatale. La réalité a ce piquant frustrant de simplicité et d’horreur que ne posséderons jamais les illusions.

Iba devait avoir été ferré, certainement. Cela tardait trop. Il était resté vigilant tout du long, guettant ses défenses mentales, mais Kenji n’avait pas daigné se montrer. Iba savait que le conseiller essayerait de prendre ce qu’il ne pouvait obtenir avec une simple discussion. Le pire serait qu’il soit déjà entré dans son esprit sans que l’Oï-nin s’en soit rendu compte.

Kenji – Vous n’avez pas la carrure pour votre nouveau grade, Hiyori.

Iba – Laissez moi vous retourner le compliment.

Il s’enhardissait. Kenji allait le défier sur son terrain préféré, l’Oï-nin serait malmené. Il ne pouvait toutefois pas fuir. Il avait décidé, lui-même, en acceptant sa promotion, de jouer dans la cours des Grands. Shinji réprimerait peut-être l’attitude de Kenji, mais Iba ne pourrait pas s’en servir pour se protéger. Il fallait affronter le conseiller maintenant et le défaire, quelques soient ses ruses.

Iba – Car après tout, la situation du village n’était-elle pas précaire ? Ce fil de funambule sur lequel nous marchons semble chaque jour risquer de se rompre et malgré votre travail, colossal, je n’en doute pas, vous trouvez le temps d’interroger un Oï-nin sur un rapport datant de plus de deux mois ?

Le jeune homme sentit un frisson le parcourir. Pas de doute, il avait été piégé, il n’avait rien senti. Il lui restait encore beaucoup de progrès à faire dans cette discipline, enfin son adversaire était passé maître dans l’art du subterfuge. Sa main commençait à trembler, machinalement, il avait froid. Incroyable, lui, un Maître des Eaux, il sentait la douce morsure d’un gel fictif. La question était quand et surtout combien de fois ? Iba avait pourtant observé les mains de son opposant, pas de signes, ni même de variation dans l’intensité de son chakra. Son emprise s’était déployée dans un silence terrible. Le vieil homme était redoutable.

Kenji – Contrairement à beaucoup, je ne pense pas que vous soyez aliéné par votre passé au point d’en occulter le présent. Vous savez ce qu’il vous attends si vous vous opposez encore à moi, et l’un comme l’autre nous savons que vous n’y résisterez pas à une confrontation. Je vais vous briser et trouver ce que je cherche. Ne m’obligez pas à employer cette méthode.

Pourquoi lui proposait-il cela ? Il avait pour le moment, l’avantage, pourquoi ne pas pousser plus loin ? Qu’est-ce qui le retenait ? Certainement pas un élan de bonté. Croyait-il sincèrement que son petit tour allait suffire à l’impressionner et à lui faire dire ce qu’il cachait ? Avait-il confiance à ce point dans sa réputation ?

Iba – La jeunesse a cette faiblesse indéniable, cette insouciance de se croire invincible. J’ai perdu depuis longtemps ce manteau d’utopies stériles et débilitantes.

Le juunin semblait se relâcher légèrement, c’était à peine perceptible. Etait-il soulagé ? Déçu en pensant ne pas avoir à le brimer ?

Iba – Mais, je ne vous crains pas pour autant.

Les sourcils se froncèrent. Iba perçut, sans même le voir, le crispation de la mâchoire de son interlocuteur. Peut-être avait-il crié victoire un peu trop tôt ? Non, Kenji s’attendait à ce qu’il lui tienne tête. Maintenant, les choses allaient réellement commencer.

Kenji – Mon garçon, votre bêtise est insondable.

A la fin de la phrase, Iba fut soulevé de sa chaise par un violent courant d’air. Il alla s’écraser contre un mur de la bibliothèque. Les parchemins étaient restés immobiles, aucune ondulation malgré la puissante bourrasque. Kenji non plus n’avait pas bougé d’un cil. Il grogna, se serait douloureux. Il entreprit alors de se relever, mais le vent rageur vint encore le chasser, avec une force inouïe, l’aplatissant contre une étagère chargée de rouleaux. Elle se mit à osciller, puis de fils en aiguille, chavira sur sa personne. Le jeune homme n’avait le temps de rien faire, c’était comme si ces sens étaient engourdis, endormis. La douleur paraissait pourtant bien réelle.

Iba – Suffit !, rugit l’Oï-nin.

Instantanément, il se retrouva sur sa chaise, face à Kenji. Rien n’avait changé dans l’enceinte du bâtiment. L’étagère était toujours à sa place, droite, trônant fièrement sur ses appuis. Kenji avait un rictus mauvais, nul doute que ce n’était que le début, la puissance de ces assauts allaient monter crescendo. Iba ne pouvait plus fuir, et de toute façon, il ne voulait pas fuir.

Kenji – Combien de temps pensez vous pouvoir me résister, Hiyori ?

Iba – Cela dépends de votre médiocrité.

Aussitôt dit, des chaînes en acier apparurent et en lassèrent Iba. Elles se resserraient de secondes en secondes. Elles menaçaient de l’étouffer. Le jeune homme se concentra alors, cherchant à ignorer les informations que lui faisaient parvenir ses sens. Ce n’est pas la réalité, se répétait-il, rien de tout cela n’est vrai, il abuse tes sens, tu es au dessus de cela. Malgré l’asphyxie qui le menaçait, il resta de marbre, son effort de concentration se lisait uniquement sur sa mâchoire serrée. Kenji ne réagissait pas, cependant les chaînes se mirent à blanchirent, elles devenaient brûlantes et lacéraient le corps du jeune homme. C’était plus que son esprit ne pouvait supporter, il fallait trouver autre chose, il ne pouvait se contenter de d’ignorer son esprit, il lui fallait contre-attaquer. Bandant sa volonté, les chaînes se couvrirent de givre. Il sentit alors l’emprise du juunin tenter de se raffermir. Surtout, ne pas lui laisser le temps de parvenir à ses fins. Il se leva de son dossier brusquement, brisant ses entraves glacées. Elles se matérialisèrent de nouveau, encore plus nombreuses qu’au début et tentèrent de se saisir, encore, de leur cible. Iba ne leur en laissa pas le temps et accumulant son énergie, il relâcha immédiatement une arcane aqueuse sur son ennemi.

Toutefois, alors que les Eaux allaient broyer son opposant, la scène se figea, arrêtée, complètement, juste avant que Kenji ne soit atteint. Puis elle se désagrégea et de nouveau Iba était assis sur son siège, face à un Kenji toujours aussi neutre. La table n’avait pas changé, si les objets qui reposaient dessus. Seul Iba était plus crispé, quelques gouttes de sueur roulant sur son front.

Iba – Et maintenant, Conseiller ?

D’un mouvement de main, le juunin matérialisa un verre d’eau à ses côtés, sortis de nul part, s’en saisit et avala quelques gorgées. Iba était toujours piégé dans les illusions de son adversaire. Il avait été pris autant de fois dans les mailles du filet de Kenji…

Kenji – La suite n’appartient qu’à vous. Allez vous me dire ce que je souhaite savoir ?

Iba – Combien de fois m'avez vous eut au cours de notre début de discussion ?

La question était vaine, l’Oï-nin le savait, il n’attendait pas une réponse, il suggérait juste à son interlocuteur qu’il commençait à faiblir. Il flattait, en un sens l’ego du vieil homme. Iba voulait le faire parler, pour gagner du temps et pouvoir réfléchir à une stratégie.

Kenji – Votre esprit, mon garçon, est comme une forteresse sans garde et aux portes grandes ouvertes. Cette métaphore devrait trouver bien des échos dans votre mémoire.

Alors qu’il voulait se concentrer, le jeune homme avait l’impression d’avoir des grosses caisses qui raisonnaient dans son esprit. Le bruit, une cacophonie intense, était tout simplement insupportable. C’était comme si des sauterelles et des grillons faisaient des grondements amplifiés pour porter sur des dizaines de kilomètres. Impossible de penser à quoique se soit ainsi. Alors qu’il cherchait une solution en regardant Kenji, sa vue se mit à se troubler. Il avait beau se dire qu’il ne s’agissait là que de leurres, il n’arrivait pas à les occulter de son esprit. Il aurait cru qu’après l’épreuve des chaînes, le reste lui semblerait être des broutilles, mais ces illusions là, avaient bien plus réelles que les entraves de métal fictives. Le bruit s’intensifia encore, sa respiration se faisait plus difficile, l’obscurité gagnait du terrain. Iba se leva et renversa la table avec tout ce qui trônait dessus. Il se colla les mains sur les oreilles, cherchant vainement à se protéger des sons. L’Oï-nin cherchait à dissiper ces songes cauchemardesques à revenir à la réalité, mais l’esprit du juunin le broyait littéralement, il ne parvenait pas à résister.

Kenji – Alors ?

Iba – Avec tout le respect…que je vous dois…allez vous faire foutre…Conseiller., hoqueta-t-il.
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