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 Autour d'un bol de nouilles... (PV : Taka Uchiwa)

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MessageSujet: Autour d'un bol de nouilles... (PV : Taka Uchiwa)   Mar 4 Aoû - 23:24

*** Chapitre 4 : Autour d'un bol de nouilles ***



L'Asakura avait cette étrange capacité à attirer bien du monde sitôt le clair de lune apparu... Moi y compris. Les bas-fonds de Kumo étaient pour moi un lieu commun et qui n'avait plus de secrets. Ce quartier longeait mon illustre demeure de taules ondulées, et j'y errais depuis la plus tendre enfance. Avant, c'était avec Aneko, maintenant, c'était tout seul, et je n'avais clairement plus les mêmes occupations. Du statut de gardien de sanctuaire érotique, j'étais maintenant le simple client d'un restaurant bon marché et agréable que j'avais découvert il y a déjà quelques années de cela.



Une échoppe toute simple, sans artifice, repérable de l'extérieur par une petite enseigne de néons fluorescents ternis par la saleté des années passées. Devant, toujours un vieux monsieur au chapeau de paille, assis sur une chaise de paille, qui montrait son long sourire édenté à quiconque croisait son regard. L'intérieur était somme toute similaire. Quelques tables, ornées de deux trois chaises branlantes, une cuisine à peine cachée dans un renfoncement, et une vieille dame cuisinière qui servait aussi les plats.



J'aimais beaucoup cet endroit. J'y trouvais tout ce que je cherchais : un repas pas trop mauvais, un prix défiant toute concurrence, et des clients qui ne demandent rien de plus que la même chose que moi. J'y restais rarement très longtemps. En tant qu'habitué, j'étais servi vite et bien. Mais ce soir là, j'étais loin de m'imaginer qu'une visite quotidienne et pour ainsi dire banale prendrait ce soir là une toute autre dimension...



Je revenais de ma première mission en tant que Genin. J'avais quitté Sho depuis quelques heures seulement, et pour la première fois depuis longtemps, je semblais satisfait. J'avais réussi à obtenir la confiance de mon équipe, j'avais su guider du mieux possible mes compagnons et nous étions revenus tous sains et saufs. Mon infiltration au sein de la communauté des shinobis commençait à peine, mais je réalisais déjà l'ampleur de l'avancée par rapport à quelques jours auparavant. Peu de temps avant, je n'étais que Genin attaché au doyen Genin, c'est à dire rien, dans le Grand Néant. Là, en mangeant ce banal bol de nouilles, j'étais toujours autant rien, mais dans un début de quelque chose.



Bref, revenons-en à notre moment... Le bol de nouilles, là devant, sur le bar de la cuisine, et moi, assis sur la chaise, la tête dans les nuages, au milieu de cette petite foule d'inconnus. La première cuillère fut une catastrophe... Bouillant, au point de bruler la lèvre... Sans réfléchir, je recrachai le tout, mais pas tout droit... Plutôt à droite, et la femme qui venait tout juste de s'installer n'avait pas l'air d'apprécier les nouilles machouillées tombées dans son décolleté...



Confus, je me grattai la tête avec embarras...


Ananda : Euh... désolé... Vous, vous voulez que je vous aide à nettoyer ?


Question stupide... Comme si elle allait me laisser trifouiller entre ses seins... En plus de paraître maladroit, et timide, j'avais maintenant l'air d'un pervers. Une chance si je ne recevais pas une baffe dans la seconde qui suivait...


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MessageSujet: Re: Autour d'un bol de nouilles... (PV : Taka Uchiwa)   Jeu 6 Aoû - 6:46

Autour d'un bol de nouilles
Deuxième soir à Kumo… Si on avait demandé comment elle avait fini là, elle n’aurait même pas su répondre. Le village de la foudre était des plus accueillants, tellement qu’il était vraiment très agréable de se laisser flâner le long des rues en n’écoutant que son désir et ses pieds. Certes, on était loin de trouver cette touche de gaieté du sud, celle là même à laquelle la jeune fille était finalement très attachée. Mais bon, à n’avoir jamais quitté le pays du feu, elle était contrainte de ne s’en rendre compte qu’à ce moment là et s’avouait qu’elle aurait préféré partager ces nouvelles choses avec quelqu’un… Pourquoi pas quelqu’un qui découvrait aussi ? Sauf qu’elle ne connaissait ni rien, ni personne là bas et qu’elle n’avait aucun proche à qui parler. Si seulement il était venu avec elle…

Déjà fort peu habituée au contact avec des gens de son village, Taka sentait, malgré l’incomparable plaisir de visiter un autre village caché, un étau de solitude se refermer sur elle. La population n’était pas guindée outre mesure et elle semblait bien accepter les étrangers, cependant il était toujours très difficile de trouver un prétexte à une première approche. Elle se rappelait encore les fois où elle avait eu l’occasion de se faire de maigres amitiés, quoi que l’expression fut un peu insultante pour certaines. Que fallait-il faire pour parler sans que l’on nous prenne pour une folle ? Il avait parfois suffit d’un même regard que le notre… Ca c’était après le malheureux enterrement d’Oroken, lorsqu’elle avait connu Kenji. L’on pouvait aussi bousculer… Keichi et Hakai était des gens croisés comme ça. Mais s’il fallait à chaque fois se rentrer dedans, quelle bande de beaux idiots ferions-nous.

Alors pour faire des rencontres, c’est connu, il faut aller dans les quartiers populaires. Seulement, il fallait reconnaître que la description de ce genre de zone était tout à fait floue, et Taka ne savait pas vraiment à quoi pouvait ressembler un secteur pareil dans Kumo. A Konoha, cet endroit là était plus modeste que le reste du village, mais il restait un endroit très convivial, relativement propre et surtout très bruyant. Paradoxalement, Taka appréciait la foule et l’effervescence, elle qui n’aimait pourtant pas se lier de trop à des semblables. En fait ce n’était pas le contact qu’elle refusait, mais bel et bien le fait de trop en dire sous peine de subir des attaques morales fort peu distinguées. Bien qu’à cette heure de la nuit, enfin de la soirée, il n’y ait pas grand monde dans les rues, elle s’engagea au détour d’une petite allée. Elle marcha quelques centaines de mètres pour finalement se rendre compte… Que ce n’était sans doute pas qu’un quartier populaire. Non, en fait cela ressemblait plus à un taudis.

Prise d’un certain effroi qui ne se dessina pas sur son visage, ni ailleurs sur son corps, elle prit sur elle pour continuer d’avancer. Sa motivation ? Elle n’en savait pas grand chose, sans doute l’espoir de trébucher sur un hasard pour s’en aller s’écraser sur un bonus. Mais plus elle avançait, plus elle en doutait. Les quelques personnes qui trainaient là la dévisageaient étrangement. D’abord parce que c’était une étrangère, mais aussi parce que, il fallait l’avouer, ses habits témoignaient d’une certaine qualité de vie. Sans doute d’un niveau que beaucoup d’habitants locaux ne connaitraient jamais. Elle poursuivit sa route jusqu’à arriver devant une enseigne tout à fait particulière. Elle s’arrêta devant et la regarda un instant, moment durant lequel un son gargouillement émana d’une position plus basse. Surprise de n’avoir rien senti, elle baissa les yeux pour s’en aller trouver une petite fille vêtue de guenilles, un visage d’ange sur la tête et la mine triste sur se même visage. L’enfant tira sur un pan de jupe avant de tendre une main, paume vers le ciel. Quel regard attendrissant… Prise d’une certaine culpabilité d’être né aisée, Taka attrapa une bourse complète et s’accroupit devant la petite. Arrivée à sa hauteur, comme si elle était son égal, elle sourit.

[Taka] Désolée… je n’ai que ceci. J’aurais voulu te donner autre chose, comme… un savoir faire qui te ferait gagner de l’argent.

La petite ne comprit pas réellement. Elle sourit à la kunoichi et accepta avec grande joie ce paquet de pièces qu’elle recevait. Elle la remercia une seule et unique fois… Juste une qui en valait des dizaines pour la jeune femme, puis elle s’en alla en courant. Taka soupira… La pauvreté était le seul bien des pauvres qu’on ne leur enviait pas. Cette parenthèse fermée, elle se tourna de nouveau vers l’enseigne et cette fois-ci, ce fut bel et bien son ventre qui s’exprima. Haussant les épaules, elle entra dans le bouiboui, où déjà des personnes étaient présentes, sous le charmant accueil d’un sourire à faire peur. Elle s’avança vers le comptoir où une vieille femme était occupée.

[Vieille femme] Et bien, vous n’êtes pas d’ici vous. Qu’est-ce que je peux pour vous ?

[Taka] Vous faite du Miso Râmen ?

[Vieille femme] Et comment ! Je vous en envoie un tout de suite.

Taka salua du chef en remerciant la vieille femme. Elle s’installa là, devant ce comptoir où la commande tarda à venir. L’endroit était calme, très modeste, un restaurant de bas quartiers en somme. La clientèle allait et venait, pour la plupart des habitués à en croire la façon dont tous se saluaient. Parmi ceux là, un jeune garçon aux cheveux noirs venait de s’installer à côté d’elle. Du coin de l’œil, elle observa cette seule personne qui était venue tout près depuis qu’elle était dans les lieux. Elle n’en voyait pas grand chose, ses cheveux cachaient son visage et de profil, il n’y avait rien à étudier. Il se fit servir lui aussi un bol de nouille, en fait, les deux commandes arrivèrent au même moment. Comme à son habitude, elle ne se jeta pas sur son repas, prenant le temps de taper discrètement dans ses mains afin de souhaiter un bon appétit, même si elle était seule. A côté d’elle, le garçon entama son repas, un repas trop chaud, beaucoup trop chaud.

En l’espace d’une seconde, Taka se retrouvait du sec au mouillé, du bien au trop chaud. Elle sentit quelque chose qui se glissait entre ses seins, quelque chose de tortueux, presque visqueux. D’un geste rapide de la main, elle extirpa les quelques nouilles un peu trop aventurières qui se glissaient dans son décolleté. Elle s’était campée sur ses deux jambes légèrement fléchies, prête à bondir. Voyant rouge, elle ne calcula pas réellement les paroles du garçon, pourtant elle y répondit. Sa main gauche le saisit au col et sa main droite s’arma en fermant le poing.

[Taka] Tu te fous de ma gueule ? Tu veux pas non plus un ticket gratuit ?

Plutôt impulsive la jeune fille… C’était tellement rare de sa part. Sans parler du fait que sa façon de bouger avait nettement trahi sa profession. Encore une chance qu’elle ne soit pas en mission d’espionnage. Lorsqu’elle revint à elle même – car le coup de colère l’avait un peu déconnectée – elle tenait toujours le garçon de sa main gauche. Elle le poussa sur sa chaise, attrapa de quoi s’essuyer – un chiffon que venait de poser la vieille dame – et s’occupa à réparer un peu les choses. Sa main gantée vint s’écraser sur le comptoir alors qu’elle fixait Ananda. Sa voix devint soudain beaucoup moins agressive, comme si elle s’était instantanément calmée, elle aurait presque été douce.

[Taka] J’espère que tu as de quoi te racheter…

*Putin… je l’ai acheté hier ce t-shirt. Quel con !*



Age: 20ans | Taille: 1m67 | Poids: 60,2kg | Résidence: Konoha | Grade: Chuunin | Matricule: 000Z135R38T | Statut: Célibataire

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Dernière édition par Uchiha Taka le Mar 1 Déc - 22:55, édité 2 fois

MessageSujet: Re: Autour d'un bol de nouilles... (PV : Taka Uchiwa)   Jeu 6 Aoû - 15:32

La demoiselle réagit au quart de tour, comme je l'avais pensé... A la confusion s'ajouta une gêne très forte. Je n'avais jamais été doué pour les relations humaines, même quand il s'agissait de dire bonjour ou merci. Autant dire qu'une telle situation, aussi inédite et peu glorieuse, m'entraînait dans le plus grand désarroi. Incapable de réagir autrement, je baissai la tête, comme un enfant que l'on aurait grondé pour avoir volé un bonbon. Ma main qui se grattait la tête retomba lentement le long de mon corps, au moment même où elle agit de son côté. Un de ses mains attrapa mon col quand l'autre se gaina, prête à venir s'exploser sur mon nez. Je n'avais pas spécialement peur. J'étais plutôt mauvais shinobi, certainement l'un des moins doués de ma génération, mais si j'avais bien un atout, c'était celui de savoir encaisser. De toute ma jeune existence, je n'avais fait que ça.


[Taka] Tu te fous de ma gueule ? Tu veux pas non plus un ticket gratuit ?



Comme prévu, elle n'avait pas apprécié mon pardon, et ma proposition altruiste... Sa main resserra un peu plus mon col, qui détacha mon manteau, laissant voir mon bandeau de shinobi. La position de ses jambes, et la vitesse de ses réactions ne laissait aucun doute sur son statut aussi. Elle même était certainement une kunoïchi... En cet instant, j'espérais qu'elle ne pense pas à se battre sérieusement, parce que si tel étais le cas, ce ne serait pas quelques bleus que j'aurais subi. A la façon dont elle se tenait, dont elle respirait, dont elle agrippait mon col, ne me laissant aucun moyen de m'échapper, je devinais qu'elle avait subi un entraînement sévère et que décoller ma tête en un seul coup était largement à ma portée... Bref, j'en menais pas large, et j'attendais l'accalmie.



Le choc ne tarda pas, moins fort que ce à quoi je m'attendais. Sa main me poussa de nouveau sur ma chaise haute. Elle semblait s'être calmée. Moi, j'étais toujours aussi rouge de honte, mais cet état ne me changeait pas grand chose de l'habitude. C'est à ce moment là que je m'en rendis compte : de toute ma vie, je n'avais été capable que de me soumettre. Un gentil petit toutou, aux ordres d'un tel ou d'un autre, silencieux, obéissant, simple soldat de plomb sans voix... Cette pensée me traversa la tête comme une flèche en plein coeur. D'un coup, mes yeux s'emplirent d'eau. J'arrivai à contenir, bon gré malgré, le flot des émotions, mais je n'en étais pas guéri pour autant.



Je ne regardai pas ce que faisait mon interlocutrice en cet instant. La tête baissé, presque dans mon bol de nouilles, je ressentais toutefois son regard qui ne me lâchait pas, impassible, froid et distant. Puis soudain, la pression diminua, l'étau se desserra, et tandis qu'elle essuyait le comptoir, elle répondit aussitôt :


[Taka] J’espère que tu as de quoi te racheter…


Si elle parlait d'argent, elle serait déçue. Je n'avais absolument rien que le nécessaire. Et ce nécessaire, il était hors de question que je le lui donne. Tout mon maigre salaire de ninja de bas étage, je le donnais aux gens de ce quartier. J'étais né ici, j'avais vécu toute ma vie ici, et je savais qu'ils détestaient comme moi ce village aux relents de pourriture. La moindre des choses était de se serrer les coudes, et puis cet argent, je n'en avais pas besoin. Tous les mois, je ne gardais que ce qu'il fallait pour manger le mois durant. En somme, si elle voulait que je répare mes erreurs, il fallait que je trouve autre chose.


Ananda : Je suis désolé... Je crois que je n'aurai pas assez d'argent... pour vous payer de nouveaux vêtements...


L'idée me traversa l'esprit en une fraction de seconde.

Ananda : ... mais je peux vous proposez autre chose. Mamea, peux tu nous mettre nos plats au chaud pour une petite demi-heure ?


Une fois l'accord de la cuisinière obtenu, j'attrapai la demoiselle par la main, au risque de me prendre une baffe, et l'apostrophai ainsi :


Ananda : Vous n'êtes pas d'ici, madame la kunoïchi, n'est-ce pas ? Laissez moi vous conduire quelque part pour me racheter.


Comment l'avais-je su, qu'elle n'était pas d'ici ? C'était simple... A cet instant, je ne savais pas qu'elle venait de Konoha. Mais je savais au moins qu'elle ne venait pas de l'Asakura. Ses vêtements et sa coiffure étaient bien trop sophistiqués pour qu'il en soit ainsi. Je bondis de ma chaise, tout en tirant légèrement la main de mon interlocutrice, puis la lâchai, et souris aussitôt. Je me tournai vers la porte et dis une dernière chose avant de sortir du restaurant.


Ananda : Ne vous inquiétez pas, ce n'est pas loin, et ça vaut le coup...


Je m'engageai vers la poignée. A mon avis, elle ne pouvait pas refuser. Elle avait l'assurance que son bol resterait au chaud, et elle ne me laisserait pas m'enfuir aussi facilement. Tant mieux, car ce n'était pas mon intention. Et puis, j'espérais avoir aiguisé sa curiosité.



Une fois la porte franchie, j'accélérai le pas et partit directement dans une ruelle à droite. Quelques zig-zag, puis j'escaladai un mur, sans me soucier si la kunoïchi m'avait suivi. Je devinais que oui. Une fois le toit atteint, j'attendis quelques secondes, avant de reprendre ma course. Je bondis de toit en toit, jusqu'à atterir sur une coupole, qui surplombait le vallon est à la sortie de Kumo. Je grimpai jusqu'à son plus haut point, et m'assis, comtemplant ce magnifique paysage...


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MessageSujet: Re: Autour d'un bol de nouilles... (PV : Taka Uchiwa)   Ven 7 Aoû - 12:49

Quoi c’était tout ? Où était la réaction ? Où était l’esprit de l’affrontement ? Ce type là n’en avait même pas la lueur dans les yeux. Par contre, chose qui dérangea Taka, c’était qu’il n’avait pas peur de se faire cogner. Ne pas se défendre mais ne pas avoir peur de prendre ? Il reconnaissait sa faute, ça suffisait. Pensant ceci, elle était sans doute à des années lumières de la vérité.

Le garçon se rassit sans rien dire, il était rouge de honte, il demeurait silencieux. Lui avait-elle fait peur ? Pourquoi ne disait-il rien de plus ? Elle essuyait ses habits puis le comptoir en lui jetant des petits regards vexés, ou en colère. C’était bien retombé, mais il restait un fragment de tout ceci qui vola en éclats lorsqu’elle remarqua que l’autre était en fait abattu. C’est là qu’elle se rappela avoir vu, dans l’ouverture de sa veste, le bandeau de ninja de Kumo. Il était shinobi, comme elle… Les épaules de la jeune fille tombèrent un peu, signe qu’elle se relâchait petit à petit. Elle soupira doucement en allongeant la durée d’un de ses clignements. Il y avait plusieurs choses qu’elle ne saisissait pas. D’abord, pourquoi n’avait-il pas réagi ? La majorité des personnes auraient au moins tenté de contrer en s’excusant violemment. Certes, il s’en serait terminé avec une bagarre, mais il y aurait au moins eu un petit accès de personnalité, d’orgueil… Quelque chose dans ce goût là surement. Là… Il s’était juste inculpé tout seul de sa faute. Et puis bon, comme faute, il y avait pire.

[Ananda] Je suis désolé… Je crois que je n’aurai pas assez d’argent… Pour vous payer de nouveaux vêtements.

Elle le regarda plus attentivement. Même s’il avait partiellement perdu son expression précédente, elle ne pouvait oublier la mine qu’il avait affichée. Un regard triste comme celui là, elle ne se rappelait en avoir eu qu’une fois dans sa vie… Et elle s’était promis de ne plus jamais vivre de chose pareille. Alors… Etait-il simplement quelqu’un avec la mine habituellement triste, ou quelque chose se cachait-il derrière tout ça ? Sans s’en rendre compte elle commençait à se poser des questions sur le garçon… Comme si… Comme si elle devait apprendre à mieux connaître l’un de ses élèves. Pourtant rien ne lui disait qu’il n’était pas quelqu’un d’un grade équivalent ou supérieur. En fait, pour le coup, c’était plus une question d’aura.

[Ananda] Mais je peux vous proposer autre chose. Mamea, peux-tu nous mettre nos plats au chaud pour une petite demi-heure ?

La vieille femme acquiesça. Il la connaissait… Voire, il la connaissait bien. Etait-il de ce quartier ? Elle ne pouvait le dire exactement, mais ça aurait collé avec le fait qu’il n’ait pas vraiment d’argent, pourtant, le t-shirt en question était bien simple. Bon, il fallait reconnaître que ce n’était pas le premier prix, mais il restait quelque chose de simple. Taka tourna la tête vers la dame qui prenait son bol. Cette dernière lui fit un regard méprisant, tout du moins un regard qui reprochait quelque chose. D’ailleurs, dans la salle, c’était pareil. On la dévisageait plus nettement encore que dehors. Elle se renfrogna un peu… elle n’était pas chez elle et on le lui faisait clairement comprendre. Qui plus était, elle venait foutre la merde sur son passage. D’ailleurs, en parlant de ça…

Le garçon lui saisit la main en l’interpellant. Il semblait avoir autre chose pour se racheter, certes ce n’était pas une poignée de biftons, encore qu’elle s’en foutait pas mal de l’argent finalement. En tout cas, il était clair qu’elle avait une apparence dépaysante, même ce curieux ninja l’avait remarqué. Bref, elle se laissa guider jusqu’à la porte du restaurant puis elle en franchit le pas en compagnie du garçon. Après quoi il commença à arpenter les rues de ce quartier mal famé. Une fois à droite, une autre à gauche, encore à gauche… Elle était déjà perdue. Il fallait dire, cette zone là n’était pas de la plus tendre architecture. On avait l’impression qu’il n’y avait aucun fil conducteur, aucune rue sérieusement dessinée. Mais au final, il n’y avait pas vraiment besoin d’allée prédécoupée dans cet amoncellement de taudis. Ils escaladèrent un mur et atteignirent les toits qui devinrent leur nouvelle route. Allant de charpente en charpente – ce même si elle n’avait que très peu confiance en ces toits là – ils allèrent jusqu’à une grande coupole à l’Est de la ville. Le garçon s’empressa de grimper, plus haut, toujours plus haut… Jusqu’à…

Elle se déconnecta instantanément de la réalité. Elle avait à peine posé le pied tout en haut, elle n’était même pas complètement redressée que déjà, le paysage l’absorbait complètement. Combien de mètres avaient-ils grimpés ? Elle ne s’en était même pas rendue compte avec ce parcours inhabituel, mais ils étaient suffisamment montés pour dominer la grande, la belle cité de Kumo. On percevait Asakura depuis cet endroit… en fait, on voyait tout, même le centre ville où l’auberge de Taka se trouvait. Le kuméen s’assit. Elle n’en fit pas de même, du moins pas immédiatement. A cet instant, elle ne pouvait plus bouger car toute son énergie se divisait dans ses cinq sens. Tous aux aguets, c’étaient eux qui lui permettait d’apprécier à son plus haut point le paysage qu’on venait de lui offrir. Elle en avait la chair de poule… Ah non, en fait non, ça c’était plus pour la petite brise fraîche qui venait de souffler. Mais il n’en restait pas moins que l’émotion qui la parcourait était indescriptible. Elle avait l’impression d’être chez elle, elle ressentait ce que… Ce que son jardin privé lui faisait ressentir. Cette dose d’isolement accompagnée d’une étrange liberté. D’ailleurs, sans doute ce haut point de Kumo était beaucoup mieux pour cette deuxième impression. Car contrairement au jardin secret qu’elle avait enfoui dans la forêt de Konoha, cet endroit là était complètement ouvert au reste du monde et l’on pouvait y toucher le ciel.

Elle tourna lentement sa tête vers le garçon… Elle aurait voulu dire quelque chose, mais rien ne sortit de sa bouche qui s’ouvrit pourtant. Elle s’excusa presque de l’avoir un peu brutalisé. Pourtant, devait-elle se sentir coupable de quelque chose ? Oui… Elle se disait que oui. Elle ne pouvait enlever de son esprit cette expression qu’il avait affichée malgré lui. Elle ne la retirerait sans doute jamais, sinon très longtemps après, de ses souvenirs. Elle s’approcha du garçon, toujours debout, et soudain, elle s’inclina devant lui, sans ne rien dire. Ses cheveux longs et sombres tombèrent de part et d’autre de sa tête, pointant le sol de toute leur taille. Elle se voulait humble, elle l’était, malgré son extraction noble… Certes, elle ne le serait sans doute jamais autant que la personne qui lui faisait face, ou même que cette petite fille croisée devant le restaurant… Mais sans doute un jour arriverait-elle à côtoyer des personnes comme ça sans qu’on essaie de faire la différence entre elles.

Dans sa position de pardon, de salut et de respect, elle en oublia qu’elle offrait une vue plongeante sur son décolleté. Certes sale, il renfermait quand même le corps qu’il était censé vêtir.



Age: 20ans | Taille: 1m67 | Poids: 60,2kg | Résidence: Konoha | Grade: Chuunin | Matricule: 000Z135R38T | Statut: Célibataire

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Dernière édition par Uchiha Taka le Jeu 12 Nov - 1:32, édité 1 fois

MessageSujet: Re: Autour d'un bol de nouilles... (PV : Taka Uchiwa)   Mar 11 Aoû - 2:46

PS : Cette scène sera encore plus sympa si vous écoutez ce morceau en même temps =)
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L'idée semblait l'avoir touchée en plein coeur, mais ce n'était que le début. L'étrangère se pencha vers moi afin de me remercier, ou quelque chose dans le genre. A vrai dire, je n'y prettai pas attention. Les pieds recroquevillés au plus près de mon postérieur, je regardais fixement vers le contrebas, guettant quelque évènement imprévu. La kunoïchi se rapprocha finalement assez prêt pour que je la remarque. Je remarquai que j'avais une vue stratégique sur son décolleté. Afin de ne pas la brusquer, je fis mine de n'avoir rien vu, et ce fut le moment où commença ce que j'attendais sur ce dôme.


"Ca va commencer. Regardez bien droit devant vous, en contrebas."


Le paysage n'était qu'une pièce dans le cadeau que je voulais lui offrir, pour me faire pardonner. Ce qui se passait à l'horizon, je ne m'en souciais plus depuis longtemps. Toutes ces petites tâches de lumière qui formaient la ville, par amoncellements successifs, je les connaissais sur le bout de doigts. Ce qui m'intéressait maintenant, c'était ce qui se passait au delà de cet horizon. Loin, loin de ce pays aux relents de pourriture, loin de ces gens qui ne signifiaient rien pour moi.


Mais retournons à ce contrebas. Devant nous, un petit champ vide, en plein milieu de la ville, n'émettait aucune lumière. C'était par là qu'il fallait regarder. Bientôt, une petite lumière, puis une autre, et encore une autre, partirent de la périphérie pour se rapprocher du centre. A y voir de plus près, on pouvait distinguer des flambeaux. Le tableau prenait vie, et cette centaine de lucioles se regroupa autour d'un cercle imaginaire. Je l'avais vu des centaines de fois, ce spectacle, mais il m'émeuvait toujours autant. Et je sentais que mon compagnon d'infortune était littéralement absorbé aussi. Lentement, le regroupement retrouvait sa stature immobile, et le centre du champ était de plus en plus éclairé. Tout en continuant à fixer ce rituel étrange, je pris de nouveau la parole.


"A Kumogakure, on appelle ça le Lien des Déchus. Ceux qui se réunissent sont tous des enfants de la ville. Tous sont orphelins."


Je sentais que j'avais installé une ambiance étrange, un mélange de solennité, et d'embarras, teinté de tristesse. Pourtant, je continuai mon récit.


"Ici, quand on est orphelin, on n'existe plus aux yeux de personne. Alors pour régler le problème, on s'est réunis. Toutes les semaines, on se retrouve dans ce terrain vague, on prie la paix de ceux qui nous ont quitté, et on essaie de s'entraider."


Au milieu de ce cercle dessiné par l'absence de la flamme des torches, la luminosité nouvelle permettait de voir petit à petit s'esquisser un parterre de fleurs, orné de quelques croix de bois.


"Quand j'étais plus petit, je venais avec Aneko. Elle partait dans l'Assemblée, et moi je la regardais d'ici. Je n'aimais pas être dans la foule, ça me rend mal à l'aise. Il faisait nuit noire parfois, mais je la reconnaissais quand même. "


Je ne sais pas pourquoi je racontais tout cela à cette demoiselle. Elle ne m'avait rien demandé, et à vrai dire, je la remerciais d'une bien étrange façon en lui partageant de si tristes souvenirs...


"Je ne viens presque plus maintenant. Mais quand je suis là, je prie pour Aneko aussi"


Un sourire s'esquissa sur mon visage. Bien entendu, je n'étais pas heureux qu'elle ne soit plus de ce monde... Mais cette scène rappelait en moi tellement de souvenirs heureux que je ne pouvais m'empêcher d'afficher ce visage serein. C'est le seul cadeau qu'il me restait d'elle, et je ne manquais pas de l'honorer lorsqu'il me revenait des tréfonds de ma mémoire.


" J'aimerais partir loin d'ici un jour....

... je vous envie, vous qui venez de loin."


Mes révélations l'avaient certainement embarrassé. Et pour le coup, moi aussi. Je rougis soudainement d'avoir tant palabré à quelqu'un qui finalement n'avait rien demandé. Et en prime, je ne m'occupais plus d'elle. Je la regardai et me confondis en excuses...


" Je suis désolé de vous avoir embêté avec tout ça... Je ne sais même pas pourquoi je vous en ai parlé."


En fait, je savais pertinemment pourquoi. Du plus profond d'elle même, cette fille respirait la bonté. Un simple regard, et je me sentais apaisé. Et puis j'avais besoin, depuis tant d'années, de dire ce que j'avais sur le coeur. C'était tombé sur cette étrangère, et j'espérais simplement que je ne l'avais pas dérangé à parler ainsi de moi...

"



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MessageSujet: Re: Autour d'un bol de nouilles... (PV : Taka Uchiwa)   Mar 11 Aoû - 19:11

[Ananda] Ca va commencer. Regardez bien droit devant vous en contrebas.

Elle se redressa soudain, posant ses yeux sur le garçon, une lueur d’incompréhension dans le fond du regard. Il semblait insister sur « en bas ». Mais qu’y avait-il de si important, de plus important que cette vue ? Doucement, Taka tourna la tête, épiant et détaillant chaque parcelle du village qui passait sous ses pupilles. Elle cherchait et cherchait encore mais rien ne l’interpellait. S’il y avait quelque chose d’atypique, c’était sûrement ce petit carré noir, d’où aucune lumière ne provenait. Mais quel intérêt à regarder un carré noir lorsque toute une ville nous sourit ? Un sourire au milieu de la nuit. Et pourtant dans ce carré sombre… vivaient des choses.

Une zone où la pénombre régnait en maîtresse, pendant un moment d’obscurité qui mettait en lumière des fissures profondes. Les blessures d’un passé, d’une condition, des cicatrices pas tout le temps refermées qui marquaient déjà les âmes les plus jeunes.

Comme des étoiles dans le ciel, des petites lucioles apparurent aux abords de l’aire noire. Les une après les autres, comme s’il avait s’agit d’un rendez vous. C’était comme si la lumière quittait la ville pour aller investir ce coin là, sous les yeux attentifs du Kuméens, mais surtout sous ceux de Taka. Elle clignait de moins en moins, ne perdant une goutte de tout ce qu’il se passait, veillant à graver loin, loin ces choses là dans sa mémoire. Tellement loin que, même si le temps venait user la surface de ses souvenirs, l’entaille faite par cet événement perdurerait. Les lucioles, après un examen plus poussé, s’avérèrent être des flambeaux. C’était un nombre incalculable de torches qui se rapprochaient les unes des autres, comme attirées entre elle, ou par quelque chose au centre. Dans un silence pesant que seul le vent pouvait briser, Taka et son hôte épiait les faits et gestes de ces gens là. Etait-ce… Une veillée ? Une tradition ? En quel honneur ? Pour quel culte ?

[Ananda] A Kumogakure, on appelle ça le Lien des Déchus. Ceux qui se réunissent sont tous des enfants de la ville. Tous sont orphelins.

Un frisson parcouru la totalité du corps de la Chuunin. Pas une parcelle de peau n’avait été épargnée, mêmes des endroits qu’elle ne soupçonnait pas avaient répondu. Cette fois-ci, ce n’était pas l’air qui en était la cause, ce n’était pas la nature… Mais l’appel lancé par le garçon. Elle ne le regardait pas, elle ne pouvait détacher ses sombres iris du spectacle, cependant elle l’écoutait. Elle l’écoutait comme elle avait rarement écouté quelqu’un. Et au même moment, elle se perdait entre la vue, le son de sa voix et une multitude d’images que générait son cerveau. Des pensées lancées à toutes vitesses, dont le principal support était son propre vécu… Non, dont le seul support était son histoire.

[Ananda] Ici, quand on est orphelin, on n’existe plus aux yeux de personne. Alors pour régler le problème, on s’est réunis. Toutes les semaines, on se retrouve dans ce terrain vague, on prie la paix de ceux qui nous ont quittés, et on essaie de s’entraider.

Encore une fois, toute sa chair s’emballa à l’entente du récit. Sa gorge se noua, elle respirait doucement mais difficilement et ses entrailles se serraient. Elle se rendait compte, à ce moment plus qu’à beaucoup d’autres, que d’horribles choses arrivaient à prendre un si bel attrait, selon la façon dont on les présentait, et que les gens en bas, à défaut d’avoir la richesse matérielle, disposaient d’une vertu chevaleresque… Une vertu que l’on effaçait rapidement en se complaisant dans le confort et la cupidité. On oubliait d’avoir du cœur… On fermait les yeux sur l’autre pour les ouvrir sur soi, et uniquement sur soi. A l’inverse – mais c’était cher payé – les croix de bois et les torches regroupées autour… Celles là même qui était des mètres plus bas, témoignaient la présence de certaines choses sans réelle valeur, tout en soulignant l’absence d’autres… pourtant tout aussi importantes.

[Ananda] Quand j’étais plus petit, je venais avec Aneko. Elle partait dans l’Assemblée, et moi je regardais d’ici. Je n’aimais pas être dans la foule, ca me rend mal à l’aise. Il faisait nuit noire parfois, mais je la reconnaissais quand même. Je ne viens presque plus maintenant. Mais quand je suis là, je prie pour Aneko aussi.

Choquée… Non, bouleversée, elle tourna la tête vers lui, quittant momentanément la valse des flammes. Il souriait. Il était triste, c’était clair, mais il souriait. La nostalgie avait empli son visage, il était dans un autre monde pour quelques secondes. Un monde que lui seul devait connaître et où il était le seul maître, ou presque. Mais il le contrôlait suffisamment pour ne pas paraître sans vie. Au contraire, il semblait bien plus en vie que quelques minutes auparavant, alors qu’il se mouvait à toutes vitesses dans les rues du village. Et au fond de son regard, l’horizon scintillait.

[Ananda] J’aimerais partir loin d’ici un jour… je vous envie, vous qui venez de loin.

Elle avait perdu la voix, lui sa pudeur. Drôle d’échange… Mais il ne faisait que commencer. Non pas qu’elle voulait une équité parfaite, un prêté pour un rendu, elle sentait juste qu’elle pourrait parler de tout et de rien, mais surtout de certaines choses sensibles… si toutefois le cœur lui en disait. Quant à lui, il rougissait encore, sûrement embarrassé d’avoir montré et dit tout ceci à une inconnue. Quelqu’un qu’il ne connaissait ni d’Adam, ni d’Eve et à qui il avait déballé son cœur sans grande retenue. C’était dire sa vie dans son nu le plus blême.

[Ananda] Je suis désolé de vous avoir embêtée avec tout ça… Je ne sais même pas pourquoi je vous en ai parlé.

*Tu devais en avoir besoin…*

Les yeux de la jeune fille scintillaient d’émotion, et sans doute d’une larme ou deux qui souhaitaient absolument s’y nicher. Mais il n’en fut rien. Elle s’installa, anormalement proche pour une étrangère, confortablement sur le dôme. Ses yeux plongèrent de nouveau sur le spectacle d’en bas, où l’obscurité faisait écho à son regard naturellement noir. Elle regardait attentivement et pourtant elle semblait perdue. Elle demeurait entre les plaies du garçon et ses propres meurtrissures qui demeuraient, bien que le temps passe.

[Taka] J’ai prié aussi…

Sortie de nulle part, alors qu’elle était restée sans voix depuis bien des minutes, cette phrase venait de se perdre sans qu’elle ne soit précisément adressée à Ananda.

[Taka] Je n’ai pas eu le temps de le faire pour beaucoup de monde... Pas pour ton amie, par exemple. Mais j’ai prié pour un petit garçon, sa mère et…

C’était déjà bien vieux, mais elle savait depuis longtemps que ce souvenir là ne s’effacerait jamais. Certes la douleur était plus supportable mais elle perdurait, particulièrement dans un moment pareil. Même pire, elle se décuplait, faisant surface partout où elle le pouvait jusqu’à gagner la moindre parcelle d’un être. Et il n’y avait qu’une larme, retenue depuis trop longtemps, pour apaiser les choses.

[Taka] Il n’est pas orphelin mais… Il paie lui aussi des choses qu’il n’a pas méritées.

Il aurait fallu mieux l’expliquer, si l’on voulait comprendre pourquoi elle en souffrait. Mais dans l’immédiat, elle n’arrivait pas à faire mieux. C’était sorti nature peinture, sans avoir vraiment réfléchi et en écoutant juste son instinct, ou son cœur. D’ailleurs, elle ne savait que dire d’autre. Alors, au lieu de parler pour faire du bruit, elle essuya rapidement cette eau sur sa joue gauche, et tourna la tête vers le garçon. Elle le regarda pendant une seconde ou deux, oubliant complètement que les traits de son clan pouvaient parfois déranger, tant leur regard était perçant. Pourtant, celui là semblait doux, presque innocent, particulièrement lorsqu’il était accompagné d’un petit sourire timide comme à cet instant. C’était franc et dénué de toute perversion. Elle souriait parce qu’elle en avait envie, et parce qu’elle voulait le revoir sourire plutôt que le laisser dans sa gène inappropriée.



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MessageSujet: Re: Autour d'un bol de nouilles... (PV : Taka Uchiwa)   Mer 12 Aoû - 18:29

Le silence s'installa... Soit j'avais plombé l'ambiance à un tel point qu'elle n'était plus capable de prononcer le moindre mot, soit elle réflechissait aussi. La seconde option fut la bonne. Alors que je fixais toujours les lumières incandescentes du terrain vague, l'esprit embrumé, la douce voix, posée et calme de ma compagne d'un soir résonna dans l'air frais.


[Taka] "J’ai prié aussi..."

Bizarrement, je n'eus pas l'impression que cette parole soit adressée à moi. Comme un appel, dans le vide, ou adressé à quelqu'un qui manifestement n'était pas là. Une excuse, ou une justification. Pour avoir bonne conscience ? Je ne le savais pas encore...


"Je n’ai pas eu le temps de le faire pour beaucoup
de monde... Pas pour ton amie, par exemple. Mais j’ai prié pour un
petit garçon, sa mère et…
"


Elle s'arrêta soudain. Je la regardai à mon tour, sans expression aucune. Mes yeux fixaient son profil fin, qui s'illuminait au clair de lune. Je ne dis rien. Je sentais qu'au fond d'elle-même, elle cherchait les mots, rassemblait ses souvenirs. Petit à petit, elle redevenait un, paraissait moins vide, moins absente. Vivante, tout simplement. Car tout être humain a ses failles, ses abysses, ses trous noirs. Chacun cache tant qu'il peut sa faiblesse derrière un voile. Certains y parviennent, d'autres moins, mais toujours, le rideau tombait tôt ou tard. Puis on le tissait de nouveau, jusqu'à ce qu'il relâche, ad vitam eternam...


[Taka] Il n’est pas orphelin mais… Il paie lui aussi des choses qu’il n’a pas méritées.

Elle n'en dit pas plus. Et je ressentai que la suite n'était pas à la portée de ses mots. L'unité que je ressentais quelques instants auparavant s'éroda de nouveau. Peut-être n'était-elle pas prête d'en parler, du moins pas totalement encore. Des noeuds n'avaient pas encore été défaits. Et c'était à elle de faire ce chemin. Personne ne le ferait à sa place...

Je me mis de nouveau à contempler la scène pour laquelle nous étions ici. Elle tourna la tête de nouveau vers moi, et je sentis son regard transpercer ma tête. Comme une flèche qu'elle avait décoché, le fil de sa vision tranchait mes iris avec une force incomparable. J'en eus mal à la tête. Je ne compris pas d'où cela venait, et pensai à une petite hallucination. Dans le mouvement, je notai cependant quelques larmes, qui s'étaient échapées de ses yeux, et perlaient sur sa joue comme de petites perles dans leur écrin. Elle essuya le tout, et je repris la parole.

Ananda : "Voici la fin du rituel."

A peine la phrase prononcée qu'on entendit un murmure gronder sur le petit champ. Les lumières des flambeaux semblaient s'être démultipliées, en un milliard de petites billes incandescentes. Lentement, dans une forme spiralaire remarquable, elles prirent de la hauteur, et se dispersèrent, toujours aussi brillantes. Une nuée de ces choses s'envola ainsi, dans le souffle frais de cette nuit.

Quelques secondes plus tard, les lumières s'approchèrent de nous, et nous traversèrent de toutes parts, sans que nous ne ressentions quoi que ce soit. Elles virevoltèrent autour de nous, portées par le vent, avant de s'envoler encore plus haut et de disparaître parmi les étoiles qui brillaient si fort ce jour là.

Je devais quelques explications à la demoiselle.

Ananda : "Chacune de ces petites lumières est un message à ceux qui nous ont quitté. En tout cas, c'est ce qu'on fait croire aux petits. Il s'agit en fait du genjutsu d'un de mes amis, qui est parmi eux."

Anael, le leader des orphelins de Kumo, avait autrefois été un shinobi de l'Académie. Mais il avait abandonné sa carrière lorsqu'il avait perdu l'usage de ses jambes en mission. La seule chose qu'il pouvait faire aujourd'hui, c'était tenter de redonner le moral aux petits en s'occupant d'eux. Il était l'un des rares amis que j'avais sur ces terres, et j'éprouvais pour lui une confiance aveugle. C'est lui qui m'avait d'ailleurs initié à l'art du genjutsu, seule maîtrise que j'avais aujourd'hui dans mon arsenal.

Je me levai d'un coup, écartai les bras pour sentir mieux le vent se prendre dans mon manteau, et repris la parole :

"Je vous propose que l'on se retrouve ici, un jour. Je serai là aussi souvent que je le pourrai, tous les mois, sur ce toit. Et j'attendrai votre visite. Et si vous ne venez pas, ce n'est pas grave, je prierai pour Aneko..."

Puis mes yeux se posèrent sur son visage. Un grand sourire illuminait le mien.

"Je prierai pour ce petit garçon aussi, si vous êtes d'accord."

Je ne sus pas immédiatement si j'avais crée un malaise. A vrai dire, je n'avais pas réfléchi immédiatement à ce que j'avais dit. Pour casser tout ça, je lui tendis la main, afin de l'aider à se lever.

"Si nous allions manger, maintenant ?"







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MessageSujet: Re: Autour d'un bol de nouilles... (PV : Taka Uchiwa)   Sam 15 Aoû - 4:28

C’était la fin d’un acte, mais aussi le début d’un autre. On laissait la parole pour quelques secondes au profit du silence et de la fin de la cérémonie. Ananda l’annonça simplement, le reste, c’était au spectacle de le faire. En bas, les quelques flambeaux devinrent mille et ce qui n’étaient que des flammèches d’espoirs et de prières devinrent des flambeaux de voix et de messages.

En formes de spirales étendues et ininterrompues, les flammes s’envolèrent pour aller virevolter dans les airs, sans perdre leur intensité, sans laisser se dissiper leur luminosité. Elles montèrent encore et encore, jusqu’à atteindre les hauteurs des bâtiments, et les gens qui se trouvaient dessus. Peu de personnes, en fait, seulement deux… Deux individus qui ne purent les arrêter. Taka et le kuméens se firent transpercer de part en part, sans qu’elle ne comprenne vraiment comment cela fonctionnait. Elle avait bien l’impression d’une illusion, un peu à la façon des légendaires feux follets que l’on ne voit jamais. Elles s’envolèrent encore plus haut et disparurent parmi le vaste champ des étoiles. Taka leva la tête, saisit d’une nouvelle émotion, comme l’enfant qui découvre… Des yeux tout aussi impressionnables que l’innocence elle même.

[Ananda] Chacune de ces petites lumières est un message à ceux qui nous ont quittés. En tout cas, c’est ce qu’on fait croire aux petits. Il s’agit en fait du genjutsu d’un de mes amis, qui est parmi eux.

Elle aurait aimé le rencontrer, tout comme elle aimait ce soir là avec Ananda. C’était étrange comment certaines choses les liaient et comment d’autres les rendaient si opposés. Mais l’alchimie qui en naissait était à la limite du magique, du moins pour elle. Elle n’arrivait même pas à souhaiter un espérer qu’il en soit ainsi pour lui… En fait, ça lui semblait trop évident pour qu’elle puisse en douter à un moment ou un autre. Et cette phrase, qui résonna dans son esprit comme un écho dans un canyon, le confirmait. Elle était inattendue, mais elle faisait chaud au cœur. C’était un autre cadeau de la part du garçon, un cadeau avec une forme peu commune, tout comme les premiers. Et finalement, pour quelqu’un qui n’avait pas grand chose, il pouvait offrir beaucoup.

[Ananda] Je vous propose que l’on se retrouve ici, un jour. Je serai là aussi souvent que je le pourrai, tous les mois, sur ce toit. Et j’attendrai votre visite. Et si vous ne venez pas, ce n’est pas grave, je prierai Aneko…

Il la regarda et elle lui répondit en faisant de même. Il souriait, elle ne comprenait pas comment il pouvait sourire aussi ouvertement et aussi largement. Même si elle faisait du bien, la tristesse n’encourageait pas à ce genre de choses… Il avait lui aussi montré qu’il pouvait être triste normalement, quelques dizaines de minutes plus tôt, dans ce restaurant où tout s’était déclenché. Elle avait eu le dessus physiquement, il l’avait mentalement, et de loin. Encore que… Debout comme ça à la regarder d’en haut, et elle assise… Il avait aussi l’avantage physique. Pourtant, cela ne l’empêchait pas de rester humble, jusqu’à proposer de prier pour un inconnu. En réponse, elle baissa la tête, pour réfléchir sincèrement, et puis surtout pour arriver à savoir s’il devait vraiment le faire. Il avait déjà connu des choses qui pesaient lourd, pourquoi lui en rajouter ?

Le garçon tendit la main. Sans répondre, Taka la saisit puis se releva. Elle lui fit signe de la tête, approuvant son idée. Mais juste avant qu’il ne commence à redescendre, elle l’arrêta en lui attrapant doucement le bras.

[Taka] M-merci pour tout ceci… Et… Pardon pour tout à l’heure.

Elle parlait toujours aussi bas, juste ce qu’il fallait pour être entendue. On aurait dit une tout autre personne qu’aux premières minutes. Comme ça, elle n’aurait pas semblé pouvoir être brutale, ni même agressive. Sa main gantée lâcha Ananda pour s’en aller le long de son corps. Elle n’osait même pas le regarder, laissant ses yeux trainer sur un point vague en contrebas.

[Taka] Permettez… Que je vous invite ce soir. Ne serait-ce que pour montrer ma gratitude.

*Ce n’est pas grand chose. Il faut mieux, beaucoup mieux.*

[Taka] Mais aussi, parce que je ne sais pas si j’aurai l’occasion de le faire à nouveau. Alors, s’il est quoi que ce soit que je puisse faire, pour vous où l’un de vos amis…

C’était formel, très formel. Mais elle avait été élevée ainsi. Oui, son éducation ressortait souvent, la laissant droite, parfois fière, très souvent polie – même si certains dérapages se glissaient sur sa route – et serviable. Enfin bon, ce dernier point relevait plus de son caractère personnel que de son éducation. Elle y avait juste été encouragée par la suite.

Elle s’inclina légèrement une fois de plus, comme les coutumes le voulaient. Des coutumes dont elle ne sortait pas vraiment sans en être un parfait stéréotype. Puis elle fit signe de passer devant. Pour l’heure il était encore son guide et aussi celui qui la mènerait à leur repas. Pourvu que la soirée soit encore longue, pourvu qu’elle en profite encore. C’était ce qu’elle souhaitait. Puis… elle avait encore tellement à apprendre.



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MessageSujet: Re: Autour d'un bol de nouilles... (PV : Taka Uchiwa)   Mar 18 Aoû - 0:12

Une fois la demoiselle relevée, elle prit aussitôt la parole. Son expression semblait confuse. On eut dit qu'elle hésitait entre joie et tristesse, légèreté et amertume. Au fond de ses yeux, une pointe de nostalgie, teintée d'une brume indiscernable, et qu'elle seule pouvait comprendre. Elle s'inclina, tout en m'adressant ces quelques paroles :

[Taka] M-merci pour tout ceci… Et… Pardon pour tout à l’heure.


Un peu gêné, je mr grattai la tête en regardant vers le sol...

Ananda : "Ce n'est rien. C'est à moi de m'excuser pour ma maladresse..."


Le silence régna quelques instants. L'un de ces blancs, solennels, qui marquent le passage à un autre registre, ou à un autre chapitre. De ceux qui peuvent s'éterniser sans qu'aucun ne se sente mal à l'aise. J'attendis donc qu'elle réponde, sans la moindre envie de rompre la quiétude des lieux, ni le sacré de cette scène.



[Taka] Permettez… Que je vous invite ce soir. Ne serait-ce que pour montrer ma gratitude.

Ananda : "Merci, c'est gentil"


J'acceptai, sans crier gare. A mon avis, cela l'avait surprise. Elle s'attendait surement à l'une de ces réponses de politesse, du genre : "Non je vous en prie, je vous ai déjà causé assez de peine aujourd'hui", ou encore mieux, la version chevaleresque : "Non, mademoiselle, permettez moi de vous offrir le couvert ce soir, c'est tout naturel". Eh ben non. Ici, le moindre centime avait son importance, et l'on apprenait depuis le plus jeune âge à accepter sans broncher les témoignages de générosité dont nous étions les cibles.


[Taka] Mais aussi, parce que je ne sais pas si j’aurai l’occasion de le faire à nouveau. Alors, s’il est quoi que ce soit que je puisse faire, pour vous où l’un de vos amis…


Cette fois-ci cependant, je fronçai les sourcils. L'initiative ne revenait plus de la gratitude, mais de la charité, voire de la pitié. Je découvris en cet instant l'un des pans de la personnalité de la jeune femme. Elle devait certainement venir d'une famille aisée. Il n'y a que ces gens là pour asséner des paroles aussi peu subtiles. Toutefois, ce qu'elle avait dit ne semblait pas émaner du coeur, mais plutôt d'un réflexe quasi pulsionnel. La phrase s'était comme échappée de sa bouche, et avant qu'elle puisse la rattraper, elle avait déjà atteint mes oreilles.
Je décidai de ne pas y faire attention, finalement, et le visage redevenu plus serein, je choisis la réponse la moins sujette à polémique.


Ananda : Je vais y réfléchir pendant notre retour vers le restaurant.


La sentant prête à quitter ce toit, je m'élançai sur la paroi qui plongeait vers le sol de la ruelle, et par petits bonds successifs, j'atteignis bientôt le plancher des vaches, accompagnée de la Konohane. Nous arpentîmes ensuite tranquillement les chemins de traverse du quartier populaire, qui n'avait plus de secrets pour moi. Ce soir, comme tous les autres d'ailleurs, la vie grouillait autour de nous. Le quartier était principalement composé de bars crasseux, d'échoppes louches, et de maisons closes plus ou moins sales. Le spectacle n'était pas des plus touristiques, mais il reflétait fidèlement la situation miséreuse des habitants de ce quartier. Au détour d'un passage, je m'arrêtai, puis apostrophai ma compagne de fortune.


Ananda : Non, décidément, je ne trouve pas meilleure idée. Je crois que le plus grand cadeau que vous pourriez me faire, c'est de me dire votre nom.


Etrange requête, s'il en est. Mais c'est ce qui me donnait le plus envie en cet instant. Pour ne pas paraître grossier, je me penchai en avant, et dans le mouvement de ma révérence, déclarai le mien en premier.

"Je m'appelle Ananda, enchanté..."

Ma phrase n'eut le temps de se terminer qu'une explosion retentit à quelques centaines de mètres de nous. On aperçut alors une gerbe de flammes s'emparer aussitôt des ruelles adjascentes, et des cris orner le tout d'un voile de cauchemard. Je compris tout de suite de quoi il s'agissait.

"Venez !"

J'aggripai la main de la kunoichi qui m'accompagnait, et l'emportai aussitôt dans le dédale que je connaissais par coeur. C'était déjà la troisième fois cette semaine. Mais jamais ils n'avaient causé d'aussi gros dégâts. Je ressentais sans peine la confusion de ma partenaire, à qui je ne pris pas le temps d'expliquer la situation. L'urgence, c'était de trouver un lieu sûr. Après quatre ou cinq intersections, je l'invitai de nouveau à grimper sur un toit en hauteur. Haletants, nous nous arretâmes, et j'essayai d'expliquer la situation à la Konohane.


"Il s'agit d'un gang dans le village, qui s'amuse à attaquer les commerces du quartier. Personne n'a jamais tenté de les arrêter, parce qu'aucun contrat suffisamment juteux ne peut être lancé par les habitants d'ici. Restez-là, je vais essayer de porter secours aux personnes blessées."


Je ne souhaitais pas qu'elle nous vienne en aide. D'une part parce qu'elle ne venait pas d'ici, et qu'en conséquence, cela ne la regardait pas. D'autre part, parce que je ne souhaitais pas qu'elle soit blessée. En si peu de temps, je me rendis compte que son sort m'intéressait. Chose qui n'était pas arrivé depuis bien des années. Cela faisait si longtemps que personnes ne comptait plus pour moi, que ma réaction m'emplit soudain d'une forte émotion, mélange de plénitude, et d'inquiétude. Bref, aussitôt dit, aussitôt fait, je sautai de nouveau vers la ruelle d'où nous venions...


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MessageSujet: Re: Autour d'un bol de nouilles... (PV : Taka Uchiwa)   Ven 28 Aoû - 14:14

Ananda : +38 XP
Taka : +39 XP

MessageSujet: Re: Autour d'un bol de nouilles... (PV : Taka Uchiwa)   Mar 6 Oct - 23:56

[Vague reprise, désolé d'avoir tout abandonné ainsi... Si tu as des choses à mettre au point (quand tu passeras) Mp moi]


C’était au carrefour entre les mœurs et les sentiments qu’elle se trouvait. Bien que profondément atteinte, ce qu’il restait de superficiel dans sa vie, des choses qu’elle avait de tout temps voulu combattre, avait refait surface comme un fouet claque dans les airs. L’intention y était réellement, mais la façon de présenter tout ceci pouvait être blessante, simplement parce qu’il était dur d’admettre que l’on ne possède pas grand chose, mais aussi parce qu’un certain manque de tact pouvait déclencher des réactions humaines… incontrôlées. Taka n’avait pas fait preuve de délicatesse, il le lui fallait encore apprendre. Mais elle était jeune et avait encore du temps.

Les deux ninjas descendirent des toits pour regagner l’altitude que les dieux ont accordée à l’homme. S’inscrivant dans un rythme de marche décontractée, calme et sans doute un peu rêveuse ou mélancolique, ils entamèrent le chemin qui les séparait du restaurant. Il devait surement chercher quoi répondre, quant à elle, elle n’osait pas parler. Elle regardait les sombres silhouettes des dernières personnes présentes dans la rue, et parfois ses yeux s’élevaient là où les lumières s’étaient envolées un peu plus tôt. Même si c’était une illusion, même si tout ceci n’était que supercherie… Il était une belle histoire qui vivait là, dans les murs de Kumo. Dans les remparts que la culture avait dessinés entre les quartiers « normaux » et ceux d’Asakura.

Cette partie là du quartier était bien plus bruyante. Bar crasseux, maisons closes, quelque bambins qui jouent malgré l’heure tardive… Dans tous les cas, il n’était pas commun pour la jeune fille de voir ces choses là. Et même si elle ne pouvait s’émerveiller de ce spectacle, le dépaysement lui plaisait. Elle se disait juste qu’elle n’aimerait pas y vivre. Mais après tout, en n’ayant connu que ça, pourquoi pas ? Le propre de l’homme c’est bien d’arriver à se satisfaire de presque tout. Alors certes, un vêtement soyeux, un intérieur chaud et douillet où un petit cocon nous attend est plus simple à accepter qu’une baraque de taules et de plastique… Mais les deux semblaient acceptables, d’ailleurs, le Kuméen semblait s’en contenter. Tout comme il se contentait de la présence de Taka jusqu’à… Jusqu’à ce qu’il s’arrête après un coin de rue.

[Ananda] Non, décidément je ne trouve pas de meilleure idée. Je crois que le plus grand cadeau que vous pourriez me faire, c’est me dire votre nom.

Elle eut un petit pas de recul, d’abord surprise, elle se mit à trifouiller activement dans sa mémoire. Il était vrai que depuis l’incident des nouilles, ils ne s’étaient à aucun moment présentés l’un à l’autre. C’était aussi passablement sa faute… Mais bon, à quoi bon s’accrocher à de tels détails, la soirée était agréable, très agréable. Un brin de nostalgie planait, certes, mais il n’était pas déplaisant et puis il avait permis un contact autre qu’un simple « bonjour, pardon, au revoir ». Elle baissa des yeux qu’elle avait brièvement levés au ciel, une fois de plus, ce après quoi elle s’inclina légèrement.

[Taka] Taka… Je m’appelle Taka.

Elle se redressa en souriant. Le garçon n’attendit pas plus pour se présenter à son tour, cependant, quelque chose le dérangea rapidement. Un peu plus loin, une explosion défigura le paysage. La déflagration déversa un air chaud très familier de la kunoichi. Le feu restait son élément après tout. Elle tourna brusquement la tête vers l’épicentre de toute cette agitation, mais avant qu’elle n’ait pu demander quoi que ce soit, la main d’Ananda l’attrapait et la tirait avec lui. Ils coururent à travers quelque rues, prirent quelques croisement et se ruèrent une nouvelle fois sur les toits.

[Ananda] Il s'agit d'un gang dans le village, qui s'amuse à attaquer les commerces du quartier. Personne n'a jamais tenté de les arrêter, parce qu'aucun contrat suffisamment juteux ne peut être lancé par les habitants d'ici. Restez-là, je vais essayer de porter secours aux personnes blessées.

Elle ne comprit pas tout de suite tout ce qu’il se passait. L’histoire était claire, mais pourquoi ne pas vouloir d’aide ? Après tout même pour quelques blessés, sans même parler d’aller affronter ce gang, un peu plus de main d’œuvre pouvait aider. Elle n’était pas médecin mais elle avait ce réflexe d’essayer de faire le bien autour d’elle, du moins ce qu’elle pensait bien.

[Taka] Mais … !

Pourtant, il lui avait cloué le bec. Elle ne savait pas pourquoi mais il dégageait quelque chose de convaincant. Elle sentait quand même se profond désir d’aider même si le risque d’être un boulet restait présent. Après tout, elle ne connaissait pas les lieux et lui, son seul guide, s’éloignait déjà. Que faire ? Rester là ? Prendre à gauche pour aller freiner le carnage ? A droite et suivre ses pas ? En fait, la dernière solution restait la meilleure. Il avait quelques dizaines de mètres d’avance mais cela ne la dérangerait pas. Elle bondit sur ses deux jambes et lui emboita le pas. Forçant un rythme très soutenu, elle tenta de le rattraper le plus rapidement possible. Aider des blessés hein ? Oui, ça elle savait le faire… Pour avoir ramené des coéquipiers presque morts, elle savait le faire. Lorsqu’elle arriva tout près d’Ananda elle lui lança.

[Taka]
Hors de question que je reste sans bouger ! Je serai sous vos ordres pour ce coup.


*Jusqu’à ce que je me retrouve face à ce gang…*



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MessageSujet: Re: Autour d'un bol de nouilles... (PV : Taka Uchiwa)   Mer 28 Oct - 12:32



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