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 Restaurant : « Le Chien Fou ! »

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MessageSujet: Restaurant : « Le Chien Fou ! »   Dim 20 Mar - 18:38

Rappel du premier message :

Les restaurants de Kumo compensent leur faible quantité par la qualité des mets proposés. Shinobi ou membre du village, tous se sentent à l'aise une fois le seuil franchi, et tout est fait pour rendre leur repas ou leur détente la plus agréable possible. De jolies serveuses laissent généreusement leurs jambes dénudées et s'attirent bien souvent les regards experts des consommateurs les plus avisés. La légende voudrait qu'il soit impossible de ne pas trouver ce qu'on était venu chercher en pénétrant à l'intérieur de ces lieux.

Bien sûr, ce sont des racontars de grand-mère : allez donc essayer de vous arranger un rendez-vous avec la serveuse alanguie sur sa chaise, oui oui, celle-là. Elle regarde sans la voir la pluie qui dégouline le long de la vitre, et croyez bien qu'elle est à des lieux de penser qu'une personne ici aura l'audace de l'approcher. Et qu'est-ce que vous lui diriez, à cette fille ?

[Vous] - Hey, salut ! Tu t'ennuies, j'arrive.

Vous l'entendez bâiller ? Deuxième tentative.

[Vous] - Jolies jambes. Combien pour que je pose ma tête ?

Même pas elle vous entend !

[Vous] - Dis-moi, c'est pas difficile d'être aussi mignonne ?

Ah ! un regard.

[Elle] - Si. On doit supporter les questions débiles et quasi-rhétorique de lourdaud libidineux incapable de se satisfaire de leur médiocrité crasse. Comme si cela ne suffisait pas, on subit également les regards en diagonale ou à la volée, tu sais, ceux que vous êtes sûrs être si discret que même votre grand-mère dans sa tombe vous grille.

Non, résignez-vous, c'est loupé.

[Vous] - Vous m'avez l'air... terriblement ennuyante comme fille. Mais jolies chaussures néanmoins.

[Elle] - C'est ma soeur qui me les a prêtées. Elle était sûre que je ne saurais pas marcher avec, mais ça faisait des mois que je lui prenais les autres, avec des talons comme ça.

Elle indique à l'aide de son pouce et de son index une dizaine de centimètre. Mais... on dirait que la discussion s'engage ? Vous parlez de quoi ? Cuisine, mode, élevage de crevette dans les régions sud... Ce n'était pas si difficile. Et même si cela ne se termine pas sur un lit, elle vous fera des café à l'œil.

Oui mais en attendant, il faudrait peut-être arrêter de fantasmer cette discussion et vous lever pour aller lui parler !

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MessageSujet: Re: Restaurant : « Le Chien Fou ! »   Mar 6 Oct - 16:44

¤,.°o°O Chapitre 9 : Un Fragment d'Avenir O°o°.,¤
« Tête à tête »
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Le cliquetis d'une serrure se fit entendre puis le grincement d'une porte qui s'ouvre. Une ombre glissa dans l'entrebâillement de la porte avant que celle-ci ne se referme. Le bruit d'une clé en métal qui rencontre le verre, d'un sac qui s'écroule sur le sol, le froissement d'un tissu qu'on enlève, le frémissement d'un linge qu'on abandonne sur le sol ... et le son de la pluie battante contre les fenêtres. Parmi tous ces sons, aucun n'égalait la profondeur de la respiration lente et quasi imperceptible de l'individu.

Dans le salon plongé dans la pénombre, l'ombre dégagea une chaise sur laquelle elle s'affala lourdement. La fatigue était bien là. Sournoise, déchirante, elle était capable de crisper le moindre centimètre de muscle et conférait au moindre clignement d'oeil des vertus soporifiques. Les longs doigts de l'étranger glissèrent le long de ses cuisses, son dos se bomba puis un long soupire s'échappa de sa bouche comme une sorte d'hymne à la libération. Ses lèvres frémirent, ses cheveux fourchus glissèrent sur son visage, voilant partiellement son regard, mais le silence ne trouva pas de trône où s'assoire. La pluie frappait les vitres avec toujours plus d'insistance quand les premiers grondements du ciel se firent entendre. Kumo et son mauvais temps légendaire ... une malédiction et une aubaine si on en croyait les rumeurs.

Au fil des minutes, l'averse prit une ampleur démesurée à un moment où les fenêtres parurent assaillis par des lances à eau.

L'ombre quitta son siège de fortune et marcha en direction de la cuisine. Là-bas, un étrange faisceau de lumière cendrée révéla son regard perçant. Ses yeux ressemblaient à deux fragments d'ambre ramenés à la lumière d'une lampe. Lumineux et envoûteurs, ils ne trahissaient pourtant aucune émotion ni aucun sentiment particulier. L'homme aux cheveux colorés de rouge et de violet ouvrit le réfrigérateur et en sortit une petite bouteille d'eau qu'il décapsula d'un seul coup de pouce avant de la porter à ses lèvres. Ses gorgées se succédèrent quasiment au même rythme que ses pas sur le parquet. Il entra dans sa chambre, referma la porte coulissante derrière lui, puis il s'assit sur le bord du lit en terminant d'une traite le restant d'eau que contenait la bouteille pendue à sa main. La chambre baignait dans l'obscurité la plus totale, mais cela n'empêcha pas Sho de poser la bouteille sur sa table de chevet ou encore de programmer son réveil. Question d'habitude. Il se coucha, les bras croisés derrière sa tête, puis il s'endormit au son de la pluie martelant la bâtisse.

¤¤¤

Le réveil sonna durant quelques secondes à peine. Sho délaissa rapidement sa sonnerie stridente pour la douceur de la pluie qui continuait inlassablement de s'abattre sur le village tout entier. L'eisei-nin se leva sans marquer d'arrêt. Il fit coulisser la porte de sa chambre et alluma la lampe posée sur la grande commode du salon. Un bassin d'or illumina aussitôt la pièce et son visage. Son regard s'arrêta sur l'autre bord de la commode. Une lettre y était posée. Une lettre qu'il n'avait lu qu'une seule fois au cours de son existence, une seule et unique fois. Depuis, la lettre était restée sur cette commode à l'écart de sa vie.

Il fallut quelques longues secondes à Sho pour reporter son attention ailleurs que sur cette lettre. Son regard balaya alors le salon avant de s'arrêter sur le cadran de l'horloge numérique. L'appareil indiquait 19:20.

Parfait ... dix minutes sous la douche, cinq autres à se préparer, et Sho sortit de sa chambre, fin prêt, pour le dîner qu’il avait lui-même organisé en l’honneur de son équipe. Sa tenue reflétait parfaitement bien sa personnalité. Une longue veste rouge ajustée à son torse et ornée de filaments d'or, un hakama assortie décoré de motifs noir brodés à la main, pour le côté mystérieux mais incroyablement voyant. Une chemise blanche sans manches, très légère, dont le col en V offrait une vue saisissante sur son cou tatoué et la jointure de ses clavicules, une longue étoffe de lin noir en guise de ceinture, pour le côté simpliste mais raffiné.

Quinze minutes avant l'heure prévue du rendez-vous, l'eisei-nin quitta son appartement pour le restaurant le plus réputé du village : le Chien Fou. Pour se protéger de la pluie, il fit un petit détour d'environ cinq minutes par des ruelles presque entièrement couvertes par le prolongement des toitures. Il fut accueilli à la porte du restaurant par le chef de salle en personne. Un dénommé Genki.

GENKI. Bonsoir Nagoshi-san, belle journée n'est-ce pas ?

L'eisei-nin sourit en levant le nez vers le ciel.

SHO. Oui, très belle journée.

GENKI. Bien, je ne vais pas vous faire attendre plus longtemps, suivez-moi je vous prie.

Légèrement en retrait par rapport au gérant, Sho se laissa guider à travers le restaurant. Quelques unes des têtes présentes se retournèrent sur son passage. L'eisei-nin le remarqua aisément mais il se contenta de suivre son chemin comme si de rien n'était, les yeux fixés droit devant lui. Après avoir traversé la grande salle, Genki le mena dans une sorte de complexe rectangulaire où plusieurs pièces privées jouxtaient une cour verdoyante à ciel ouvert. Une porte coulissante fut ouverte devant lui, Sho laissa ses sandales à l'entrer et entra dans ce qui était une magnifique petite pièce où siégeait une table basse entourée de quatre coussins. Il remercia son guide d'un hochement de la tête et s'installa du côté qui faisait face à la porte coulissante. A sa gauche, la cour lui offrait une vue imprenable sur le ciel grisâtre. Les couverts étaient déjà en place sur la table.

Sho n'y porta quasiment aucune attention. Son regard était tourné vers la cour, plus précisément vers les filets d'eau qui dégoulinaient de la toiture à trois mètres de lui. Entendre l'eau frappé la pierre avec toujours la même intensité avait quelque chose d'apaisant en soit.

Un coup fut donné à la porte. Le regard de Sho se porta immédiatement vers elle. Combien de temps s'était-il écoulé depuis son arrivé ? Il n'en savait rien. Il lui semblait juste s'être déconnecté de la réalité durant quelques instants.

SHO. Oui ?

La porte coulissa, laissant apparaître un pied en premier, puis une jambe couverte d'une étoffe fleurie, et finalement un corps svelte blottit dans une magnifique tenue traditionnelle et un visage angélique qui ne laissait aucune place à l'interprétation. Seika ... L'eisei-nin se leva et s'inclina devant son invité. En s'inclinant, un sourire glissa sur ses lèvres, un sourire léger qui ne laissait aucune place à la moquerie ou à la surprise. Un simple sourire ravi en réalité.

SEIKA. Bonsoir Sho.

SHO. Bonsoir Seika.

Sho lui indiqua le coussin qui lui faisait face d'un geste délicat de la main. Quand Seika se fut assise, il prit place sur son propre coussin dans un silence absolu. Inconsciemment ou pas, Seika l'intriguait. Elle avait un quelque chose qui l'attirait d'une manière qui échappait presque totalement à sa compréhension. Il ne la connaissait pas, il était loin de la connaître. Bien évidemment, il y avait les rapports qu'on lui avait transmis à son sujet. Mais il ne voulait pas la connaître de cette manière là. Les rapports n'étaient qu'un ramassis d'observations menées par des personnes qui n'approchaient quasiment jamais l'objet du rapport d'au moins cinquante mètres. Comment aurait-il pu se fier à ce genre d'âneries ? Qui pouvait s'y fier d'ailleurs ? Non, il voulait la découvrir de ses propres yeux, loin de tout a priori. Elle devait se livrer d'elle-même, lui révéler son véritable visage de manière qu'aucun rapport, aucun mot ne puisse relater. Ce n'est que de cette manière là qu'il découvrirait la véritable Seika.

Ce soir, quelque chose lui disait qu'il venait déjà de découvrir un peu de cette personne si étrangère et pourtant si familière à ses yeux. Sa coéquipière était absolument magnifique même pour l'oeil particulièrement observateur et critique qu'il était. Elle n'avait aucun défaut, elle était simplement éblouissante. Ce qualificatif choisit par ses propres soins le laissait perplexe. Lui qui n'avait jamais apprécié quoi que ce soit à sa juste valeur ne pouvait pourtant trouver d'autres mots pour qualifier la jeune femme qui lui faisait face. Lui qui prévoyait tout n'était plus capable de prévoir ne serait-ce que les dix prochaines minutes de ce dîner. Ses yeux descendirent vers la table basse, son sourire s'accentua, comme s'il se moquait de lui-même. Il secoua très très légèrement la tête puis il leva les yeux vers la cour. Lui qui était si énigmatique, si vague, devait côtoyer la réalité. Il ramena lentement ses yeux vers Seika et reprit un sourire plus léger, plus courtois.

SHO. Tu es très en beauté ce soir.

Dire la vérité, c'est sans doute ce qu'il faisait le mieux. Il fixa le regard de Seika pendant plusieurs secondes comme pour tenter de la percer à jour puis il dévia par-dessus son épaule lorsqu'un nouveau coup résonna contre la porte. Murai ou Ananda ? Il opta pour le second choix mais la réalité fut toute autre.

SHO. Entrez.

Genki apparut dans l'encadrement de la porte. Le sourire aux lèvres, il entra, s'inclina poliment devant Seika puis il déposa un petit plateau en porcelaine entre les deux ninjas avant de disparaître derrière la porte coulissante. Sur le plateau, une sorte de théière en porcelaine laissait échapper un semblant de fumée blanche par son bec. Le sourire de Sho prit une toute autre ampleur, s'apparentant à celui d'un enfant découvrant la plus grande merveille du monde. Avec une certaine légèreté et une profonde délicatesse, l'eisei-nin bascula sur ses genoux et se pencha de manière à saisir la théière et à faire couler quelques lampées de son contenu dans la tasse mise à la disposition de Seika.

SHO. D'où je viens, il est coutume d'offrir une gorgée du meilleur thé de la région à son invité afin de lui témoigner son respect et sa reconnaissance. Tiens.

En prononçant ces mots, Sho glissa ses mains de part et d'autre de la tasse. Il la souleva et bras tendus, il l'offrit à Seika sans la quitter du regard.

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

MessageSujet: Re: Restaurant : « Le Chien Fou ! »   Mar 6 Oct - 18:54

-| Diner en Tête à Tête Imprévu |-
.2.

Sho fût vite debout, et s’inclina devant la jeune femme à l’allure gracieuse. Elle-même lui rendit son salut, d’un mouvement de la tête vers l’avant. Son Sensei souriait, mais elle n’arrivait pas à dire pour quelle raison : trouvait-il sa tenue trop complexe et pas adapté à une soirée comme celle-ci ? Ou bien souriait-il de surprise à la découverte de cette jeune femme dont il n’avait eu que des aperçus froids et neutres, et qui se révélait être une femme en pleine période d’épanouissement ? Ou bien, était-il seulement content qu’elle soit arrivée la première, avant Ananda et Murai ? Malgré tout, elle aurait bien imaginé voir Murai arriver avant elle, ce singe devait avoir un ventre à nourrir capable de frigo des garde-mangers. Mais non, point de Murai, ni d’Ananda, qui, avec le sérieux dont il avait fait preuve durant la mission, aurait du se trouver là lui aussi. Les convenances, voulaient que ce soit la femme qui arrive en retard… Mais au diable les idées populaires !

L’homme à la chevelure de sang avait le regard encore perdue dans le vague : à quoi pensait-il avant qu’elle n’arrive ? Seika, sans un mouvement et aucun signe visible, se maugréa mentalement : elle se posait bien trop de questions, et celles-ci allaient venir gâcher cette soirée qui s’annonçait pour le moment… Plutôt calme ? Le Ninja l’invita d’un geste gracile à prendre place sur un coussin en face d’elle. Son ombrelle fût laissée contre le mur de cloison séparant leur petit salon privé de celui à leur gauche, et la jeune femme, avec d’infini gestes et précautions, prit soin de s’installer de manière à être à l’aise, sans pour autant abîmer ou froisser son komon. Une fesse sur le coussin, le reste de son poids répartie sur ses deux jambes jointes placés à moitié sous elle, Seika avait adopté une position décontracté, différente de la simple position à genoux joints, qu’on adoptait de façon plus formelle lorsqu’on était à table mais que le repas n’avait pas encore été servi. Malheureusement, la Kunoichi n’avait pas vraiment été éduqué par une mère, et ce qu’elle savait de ces petites choses, ces uses et ses coutumes, c’était grâce à Ina et Sakura. Aussi, sans s’en rendre compte, la jeune femme respectait les convenances en adoptant cette position, car elle était célibataire. Le dos droit, se retenant un peu de se laisser aller à rougir tant la situation lui paraissait incongrue, Seika se contentait de sourire à son Sensei, tandis que lui-même s’installait face à elle, dans une position plus masculine qui, si elle l’avait adopté, n’aurait plus été de la provocation ou de l’indécence…

[Sho] « Tu es très en beauté ce soir. »

Cette remarque lui fît de nouveau pencher la tête de côté. Loin d’être gênée, elle plongea son regard dans celui couleur d’ambre de l’homme assis face à elle et son sourire un peu timide s’élargit de quelques millimètres. Les yeux légèrement plissés, elle tourna alors son regard vers l’extérieur, où le temps orageux continuait de déverser une pluie fine sur le village. Ce temps, entre lourdeur et fraicheur, leur permettait d’avoir le store ouvert sur le jardin intérieur, où des jeux d’eaux faisaient courir des petites ruisseaux dans tous les sens, formant des motifs recherchés représentant des symboles connus de la mythologique. Son regard, comme celui de son Sensei avant qu’elle n’arrive, fût absorbé par cette beauté simple, qui lui faisait encore oublier que le monde ne résumait pas à une goutte de pluie. Malgré le salut, et le sourire, Shijima remarqua qu’elle n’avait pas spécialement envie de parler : profiter de l’instant de calme qui régnait ici en compagnie de cet homme lui suffisait pour le moment. Et puis, elle attendait elle aussi que ses deux camarades les rejoignent.

Un coup à la porte lui fît détacher son regard de celui du Ninja Médecin. Ce dernier prit une nouvelle fois la parole et invita celui qui venait de frapper à entrer dans la pièce. Peut être s’agissait-il de Murai, ou d’Ananda ?... Rien du tout oui, c’était le serveur qui l’avait conduite ici qui venait leur apporter un service à thé. Le serveur s’inclina devant elle, qui se contenta de plisser les yeux en souriant, les mains croisés sur ses cuisses, appréciant le contact agréable de l’étoffe. Le service fût disposé entre Sho et elle, et Shijima pouvait voir une fine et imperceptible fumée blanche sortir du bec de la théière. Seika devait avouer que le service était beau, autant que la qualité d’ameublement du restaurant. Elle ne se souvenait pas qu’il ait été aussi chic. Mais à y penser sur le moment, c’était un cadeau charmant que Sho leur faisait de l’inviter ici : les tarifs ne devaient pas être donnés… Seika étouffa un petit rire, en voyant la mine réjouit de Sho face au service à thé, et son sourire se fit un peu plus naturel, légèrement moins neutre, tandis qu’il lui servait une tasse qu’il prit et tendit à la jeune femme après avoir déclaré.

[Sho] « D'où je viens, il est coutume d'offrir une gorgée du meilleur thé de la région à son invité afin de lui témoigner son respect et sa reconnaissance. Tiens. »

Seika se laissa aller à un autre petit rire. Ce n’était pas de l’amusement, juste des souvenirs qui continuaient d’affluer dans son esprit, comme le souvenir d’une conversation houleuse avec Sakura, dans laquelle elle avait défendu bec et ongle son point de vue selon quoi, lorsqu’un homme beau, charmant, et gentil, vous invitait au restaurant, il fallait sauter sur l’occasion ! Shijima n’imaginait pas très bien comment elle pourrait « sauter » sur l’occasion, mais elle imaginait un peu comme aurait réagit son amie en cet instant, ce qu’elle fit, son sourire révélant au moment où elle saisit la tasse, frôlant du bout des doigts les mains chaudes de Sho Nagoshi, ses dents blanches. Pour elle, tout ceci était presque un jeu, car il s’agissait d’une découverte tout simplement : la découverte d’une autre vie que celle qu’elle passait avec ses deux amies. La Kunoichi n’avait plus passé de temps avec un homme depuis un moment, du moins de cette façon en tout cas. Et à y réfléchir, c’était la première fois qu’on l’invitait au restaurant, que ce soit dans un cadre plus ou moins privé d’ailleurs, comme c’était le cas ce soir. Silencieuse, ses yeux légèrement plus rouges que d’habitudes posés sur la tasse, elle la fit tourner entre ses mains, réchauffant ainsi sa peau douce et traitée. Puis elle porta la tasse remplie du liquide chaud à ses narines, et ferma les yeux pour humer, et décrypter de façon plus précise les senteurs de ce thé. La séance du thé, elle la passait avec Ina d’habitude, ou avec Sakura, et c’était toujours un thé finement choisi, mais qui restait dans les moyens financiers de la propriétaire et de son amie : rien à voir avec les capacités du plus beau restaurant de Kumo ! L’odeur émanant du thé la transporta en quelques instants à travers des rizières et des montagnes, et il imagina la plante qui avait donné vie à ce breuvage, arrosée de la pluie fine qui continuait de battre autour d’eux, et dont chaque goutte continuait de résonner en elle, les yeux ainsi fermés. Finalement, ces lèvres délicates s’entrouvrirent de nouveau, et vinrent épouser presque sensuellement le rebord de la tasse. Sensuelle, mais naturelle avant tout, et surtout n’ayant pas vraiment conscience de l’effet qu’elle pouvait faire en cet instant à son Sensei, la jeune femme garda les yeux fermés tandis qu’elle avalait une gorgée du thé brûlant. La chaleur, loin de la blesser, réchauffa agréablement son être, tandis que l’arrière goût du thé se faisait déjà sentir, fort et pourtant subtile. En effet, il s’agissait bien du meilleur thé de la région, ou du moins qu’elle ait goûtée jusque là.

[Seika] « C’est une coutume des plus charmantes que tu m’apprends. Je n’en ai malheureusement pas à te faire découvrir moi-même. Si ce n’est exprimer de la façon la plus simple ma reconnaissance pour cette découverte : merci Sho, ce thé est vraiment très bon. »

La jeune femme garda la tasse sur ses genoux, entre ses mains pour éviter qu’un malheur n’arrive. Pas qu’elle soit spécialement maladroite, mais elle ressentait une certaine tension, accompagnant la découverte de cette situation, et elle désirait apparaitre sous son jour le plus radieux à Sho, pour qu’il la considère autrement que comme une personne froide et d’une neutralité permanente, comme l’avait peut être suggéré son dossier. Lorsqu’elle lui avait parlé, durant la nuit qu’ils avaient passée dans les montagnes, certes cela avait été court, mais suffisant. Elle n’avait pas su comment réagir en fait, et c’était immédiatement renfermée dans sa neutralité habituelle, ses yeux ne reflétant plus alors que les flammes qui marquaient la seule trace de vie en elle. Une façon comme une autre de ne pas rentrer en conflit avec les choses « nouvelles » c’était tout simplement de leur opposer un état à mi-chemin entre la gentillesse et la froideur, ce qu’elle faisait la plupart du temps. Mais ce soir, aussi nouvelle que soit la situation pour elle, c’était autre chose qu’un bout de papier qu’elle voulait lui présenter : c’était « elle », une femme charmante, agréable, et naturellement belle à se damné, comme un ange d’innocence et de douceur… Mais capable de se renfermer sur elle-même en quelques secondes, pour ne plus opposer qu'une armure froide et violente aux Hommes. Les secondes filaient vite, et Seika observa que Sho ne buvait pas du thé qu’il lui avait offert. Peut être que la coutume le voulait comme ça mais… La Kunoichi s’installa comme son Sensei à genoux à présent, et tendit la main droite tout en saisissant sa manche de la main gauche pour éviter de renverser quelque chose. Ses doigts fins vinrent enlacer la théière, qu’elle souleva délicatement pour venir lui verser un peu du breuvage. Concentrée sur ce qu’elle faisait, elle ne savait pas ce qu’exprimaient les yeux d’ambres de son Sensei et si elle faisait bien de faire ceci. Aussi ajouta-t-elle en versant le thé dans sa tasse.

[Seika] « Je m’en voudrais de profiter seule de ce succulent breuvage, bois donc avec moi… Ca te ferait surement du bien. Seika finit de verser le liquide toujours fumant et releva la tête, pour plonger -bien plus près-, ses yeux dans ceux de son Sensei, y lisant ce qu’elle soupçonnait. Et je pense que tu en auras besoin si tu ne veux pas t’effondrer de fatigue. Une nuit blanche ce n’est pas évident à rattraper, surtout en à peine une demi-journée… Seika posa la théière et recula pour laisser ses fesses reposer sur ses talons, tout en joignant naturellement ses mains à ses genoux, et en s’inclinant devant le Shinobi. Merci d’avoir veillé sur notre sommeil Sho, et merci de m’avoir permit d’accomplir cette mission avec succès. »

MessageSujet: Re: Restaurant : « Le Chien Fou ! »   Jeu 8 Oct - 19:36

¤,.°o°O Chapitre 9 : Un Fragment d'Avenir O°o°.,¤
« Tête à tête »
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Beaucoup auraient frissonnés, d'autres auraient rougis, en sentant les mains délicates de Seika glisser le long des leurs. Mais il était des gens pour qui ce genre de sensation peinait à provoquer des rictus aussi visibles. Sho, par exemple, ne ressentit qu’une peau agréablement douce glisser sur ses doigts, rien de plus, rien de moins. Il savait pertinemment que beaucoup de ses camarades auraient remué ciel et terre pour ne recevoir qu’une seule caresse de Seika, mais lui ne laissa aucune place à ce genre de sentiments. S’émerveiller pour un être ne se résumait pas à le toucher, à le regarder, ou ne serait-ce qu’à l’écouter. S’émerveiller relevait d’un mécanisme complexe qui prenait racine dans les méandres les plus tortueux du cerveau humain. Il s’agissait d’un tout et parfois d’un rien. Seika avait une part de mystère attirante. Elle était belle et intelligente, il n’y avait aucun doute là-dessus, mais Sho ne s’intéressait pas à ce genre de détails ou en tout cas ne les prenait-il pas en compte pour déterminer qui lui plaisait ou non. Seika lui plaisait mais il était sans doute un peu trop tôt pour se demander quel genre de détails lui plaisait chez elle. Il appréciait sa compagnie, sa présence, mais il ne chercha pas à comprendre le pourquoi du comment. Il se contentait d’observer et de profiter de leur instant.

Ses yeux perçants posés sur ses mains, Sho suivit attentivement chacun de ses gestes. La manière dont elle tenait la tasse entre ses mains, la lenteur avec laquelle elle ferma ses paupières, l’inspiration qu’elle prit pour se noyer dans l’odeur du thé, ou encore la légèreté avec laquelle elle porta la tasse jusqu’à ses lèvres, chacun de ces gestes dénotaient une forme de noblesse d’âme accompagnée d’une note de raffinement. En côtoyant Seika au jour le jour, notamment dans le cadre des missions, Sho avait réalisé sans trop de difficultés qu’elle disposait d’un large panel de chaînes qui lui permettaient d’obstruer toutes pensées au profit d’un calme olympien. Mais ce qu’elle offrait à sa vue depuis son arrivée, c’était une vision presque surréaliste de la plénitude et de la tranquillité. Un individu calme, quel qu’il soit, avait forcément quelque chose d’enfoui en lui. Quelque chose de destructeur qui lui accaparait toute sa force mentale quasiment tous les jours. C’est ce secret si bien gardé qui faisait d’eux des personnes calmes, parfois froides ou même distantes. Leur vie avait un goût différent du commun des mortels. Elle respirait la douleur, la peine, le doute, ou encore le chagrin sans jamais l’affirmer haut et fort. Ces gens là devenaient quasiment insensibles aux provocations, la vie les persécutant déjà bien assez au jour le jour. Le destin faisait souvent d’eux des incompris jusqu’à ce que deux d’entre eux se rencontrent et qu’inconsciemment ils finissent par se comprendre sans même avoir à prononcer le moindre mot.

Sho aurait put prononcer tous les mots du monde ou répondre évasivement aux paroles de Seika mais il se contenta simplement de sourire quand elle lui expliqua qu’elle n’avait rien à lui montrer d’aussi particulier que son introduction au thé. Paisible, calme, mais souriant, l’eisei-nin s’amusa de son imprévisibilité. Il quitta la prunelle de ses yeux pour la regarder entièrement se mettre à genoux et verser quelques centilitres de thé dans la tasse qu’il avait laissé vide jusque là. Irrésistiblement, son regard croisa de nouveau le sien, mais de plus près cette fois-ci. Un réflexe étranger lui fit accentuer son sourire avant de réprimer un rire quand Seika releva son manque évident de sommeil. A peine dix heures tout au plus, c’est le temps cumulé qu’il avait passé à dormir au cours de ces cinq derniers jours. De manière plus générale encore, il ne dormait presque plus. Parfois deux ou trois heures par-ci par-là, quand les jours ne lui étaient pas trop défavorables. Comme il lui arrivait souvent d’aligner les nuits blanches sans pouvoir y remédier. La fatigue était là, quelque part, pesant de tout son poids sur certaines parties de son organisme. La médecine lui avait heureusement appris à combattre ses méfaits et à essuyer, sans cesse essuyer, les dégâts, les dégâts du corps et non ceux de l’âme.

SHO. C’était mon devoir de veiller sur vous ... tout comme de te faire confiance.

Sa réponse était sans équivoque. Son sourire perdit un peu de sa gaieté pour prendre une forme plus légère, plus polie. Il avala une gorgée de thé et tourna sa tête en direction de la cour en visant plus particulièrement le seul carré de ciel qu’il lui était possible de voir depuis sa position. Il aurait pu terminer sa phrase en lui disant qu’elle n’avait pas à le remercier pour ce qu’il avait fait, mais une voix dans sa tête l’avait persuadé du contraire. Personne ne pouvait rejeter des remerciements, peu importe sur quels fondements ils se basaient, ils avaient toujours une raison d’être, même si ce n’était pas forcément évident de la découvrir. Seika avait ses raisons de le remercier. Il savait qu’en elle, les souvenirs de son passé la faisaient saigner, en le remerciant, elle lui murmurait en quelque sorte que les saignements avaient légèrement diminués grâce, directement ou indirectement, à ce qu’il avait fait pour elle. Un sentiment de joie aurait pu envahir son coeur sachant cela, mais il savait que le combat était loin d’être terminé. Il était d’ailleurs fort probable qu’il ne se termine jamais. Les souvenirs de Seika ne s’effaceraient jamais totalement, ils la poursuivraient jusqu’à la fin de ses jours. Sho ne ressentit qu’un sentiment à ce moment là : l’espoir. L’espoir qu’un jour, Seika puisse vivre sans avoir à se retourner continuellement sur son passé.

Les minutes passaient et toujours aucune nouvelle des deux autres membres de l’équipe. La première mission de rang C pour un aspirant ou pour un genin représentait toujours une débauche d’énergie largement supérieure à tous ce qu’ils avaient pu accomplir depuis leur premier jour d’inscription à l’académie. A cette heure-ci, Sho voyait Ananda et Murai allongés sur leur lit, partis pour une demi-journée de sommeil réparateur. Cette image le fit sourire quand un nouveau coup fut donné à la porte. Genki, toujours aussi souriant, revenait pour demander à Sho s’il fallait encore attendre les autres invités. Sho répondit que non. Murai et Ananda ne viendraient pas, ce qui transformait aussitôt un simple dîner en équipe en un dîner en tête à tête avec Seika. Étonnant coup du sort. Genki pivota sur ses talons et réapparut dix secondes plus tard avec les menus qu’il présenta d’abord à Seika puis ensuite à Sho. Ce dernier le remercia d’un hochement de tête. Le serveur s’inclina ensuite respectueusement puis il disparut aussi simplement qu’il était apparu.

Le menu était complet : yakitoris, tempura, niku-juga, sukiyaki, omu-raisu, gohan, korokke ou encore sushi pour les plats les plus célèbres, yôkan, monaka, dorayaki, kuzukiri, oshiruko ou encore an-mitsu pour les desserts, et les indémodables bols de riz ou de nouilles servis dans un nombre incalculable de sauces. Sho connaissait bien la carte, il posa donc rapidement son menu sur le sol, à sa gauche. Ne voulant pas déranger Seika dans sa séléction, il abaissa son regard dans le vide en essayant de paraître le moins absent possible. Se retrouver seul avec Seika avait une valeur particulière. Ce n’était pas quelque chose qu’il avait forcément prévu mais ça ne le déplaisait pas pour autant, au contraire. Il avait là une occasion peut-être unique de mieux cerner la seule femme qui l’intriguait à ce point. Il n’avait aucune idée de la manière dont les choses allaient évolués, mais il était désormais certain qu’elles allaient évolués. Peut-être vers un meilleur, peut-être vers un pire. A bien regarder la scène de plus près, il était presque impensable que ce dîner débouche sur un pire. Le temps confirmerait ou non.

Lorsque Seika parut sûre de son choix, Sho croisa brièvement son regard avant de tourner ses yeux vers la cour. Il aurait alors très bien pu lui demander ce qu’elle s’apprêtait à commander, mais l’eisei-nin porta ses paroles vers une autre réalité, plus lointaine.

SHO. Dire que je ne suis pas d’ici et que toute ma vie tourne désormais autour de ce village. Le destin est parfois ironique. Notre devoir pour ce pays, pour tous ces inconnus, nous ferait presque oublié notre ancienne vie, du temps où nous ne savions pas encore ce qu’était les armes, les responsabilités, ou même la mort. Ce que nous étions s’efface avec le temps ... mais il y a des jours où les choses refont surface et où nous saignons intérieurement, peut-être plus profondément encore que lorsque le tranchant d’une lame nous transperce.

Il abaissa ses yeux et finit par sourire légèrement.

SHO. L’autre soir, quand je t’ai dis que tu ne te séparerais jamais de ton souvenir, je savais que tu saignais, comme tu saignes à chaque fois que tu y repenses. Qui que tu sois, j’espère du fond du coeur qu’un peu de bonheur viendra embellir tes jours car à te voir comme je t’ai vu ce soir là, et comme je te vois maintenant, je crois qu’il n’existe aucune femme qui ne mérite plus cette chance que toi.

Aucune femme ... Sho replongea ses yeux ambrés dans le marron rouge de ceux de Seika ... non aucune.

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

MessageSujet: Re: Restaurant : « Le Chien Fou ! »   Ven 9 Oct - 2:41

-| Diner en Tête à Tête Imprévu |-
.3.

[Sho] « C’était mon devoir de veiller sur vous ... tout comme de te faire confiance. »

Bien sur, que dire de plus mise à part ceci ? Son rôle en tant qu’instructeur s’étendait aussi au fait de prendre le risque de faire confiance à ses élèves, et donc de veiller sur eux. Remarquez, tous les instructeurs Shinobis pouvaient ne pas posséder cette qualité, et d’ailleurs, tous les villages ne prisaient pas une méthode d’enseignement aussi libre vis-à-vis de leurs instructeurs. Le formatage était toujours d’actualité et de mise dans leur monde. Mais à Kumo, et en tout cas pour les expériences que Shijima en avaient eu, elle n’avait jamais eu à se plaindre d’une tentative d’endoctrinassions vers une idéologie nationaliste par exemple, ou sous n’importe quelle forme. Le sourire de Sho, qui avait suivit un rire étouffé à la remarque de la jeune femme sur son état de fatigue. Il n’y avait pas répondu, à cette partie de la phrase, mais c’était voulue et elle le savait : s’ils s’entendaient pour le moment bien, et s’ils avaient envies de se connaitre plus ou moins mieux tous les deux, c’était aussi parce qu’ils voyaient dans l’autre un part des reflets de sa propre âme. En tout cas c’était l’avis de Seika sur la question.

Silencieux, leurs gestes et leurs regards suffisant à la seule activité communicative entre eux, ils se perdirent chacun dans des songes différents. Après avoir tourné la tête vers la cour intérieur, mouvement que suivit Seika de ses yeux marrons-rouges, elle-même se mit à détailler une nouvelle fois le jardin intérieur, et les goutes d’eaux tombant ça et là, de façon chaotique et pourtant presque coordonnées. La symphonie ainsi créé continuait d’emplir l’air de la nuit. Un air lourd, pas froid, ni chaud, mais à mi-chemin entre le tiède et le froid. Un temps qui, contrairement à d’autres femmes frileuses, ne la faisait pas frissonner de froid. Sa main droite récupéra distraitement la tasse de thé encore chaude et aux trois quarts remplies, et sa sœur la rejoignit pour porter le breuvage raffiné à ses lèvres. Sans le vouloir surement, Sho et Seika pensaient à la même chose en cet instant : l’absence presque inquiétante des deux autres membres de l’équipe n°2. Mais d’inquiétante, leur absence était en fait presque normal : l’un n’était qu’un Aspirant Ninja, j’autre qu’un jeune Genin, ils n’avaient pas encore l’endurance de Shijima ou de Nagoshi. Et encore, Sho semblait cacher derrière son regard et ses gestes plus de fatigue qu’il ne voulait laisser penser, et surtout une fatigue qu’il se cachait à lui-même. Il était Médecin… Surement possédait-il des moyens de résister à la douleur, ou à la fatigue. Répondant à leurs interrogations, l’on frappa encore à la porte coulissante, qui s’ouvrit encore une fois sur le serveur qui semblait être responsable de leur soirée en quelque sorte. Ce dernier s’inclina et se mit à genoux à moitié sur l’entrée de la salle, avant de s’adresser à son Sensei.

[???] « Nagoshi-sama, voulez-vous attendre encore vos deux autres invités ? »

[Sho] « Non. La réponse fût plus rapide qu’elle ne l’aurait pensé. Nous allons commander, merci. »

Le serveur se releva et ressortit de la pièce pour revenir quelques secondes plus tard avec deux menus, qu’il tendit d’abord à Seika, en lui souriant d’un air légèrement rougissant encore, en s’inclinant, puis à son collègue Chuunin. S’étant remise dans sa position initiale, plus à l’aise, la jeune femme ouvrit la carte, qui comme elle l’aurait pensée pour ce restaurant à l’allure somme toute traditionnel, était complète. Mais alors que ses yeux parcouraient déjà les noms, et les descriptions des plans, elle réalisa comme un retour de boomerang -avec un retard donc-, que Sho venait tout simplement de transformer cette soirée tout d’abord prévue pour quatre, en tête à tête entre eux. Si un diner avec une équipe Ninja était une chose qu’elle ne pensait plus jamais vivre, elle n’avait jamais vécu auparavant un tel instant d’intimité avec une personne qu’elle trouvait d’agréable compagnie sans la connaitre plus, depuis longtemps. Ses lèvres se pincèrent, mais elle se remit naturellement à sourire : ils étaient juste tous les deux ? Tant mieux ! Ils pourraient discuter en toute tranquillité, vu que le singe et Ananda dormaient surement profondément, épuisés par cette mission qu’ils avaient accomplis avec brio, et il fallait bien le reconnaitre. La Kunoichi leva les yeux du menu, pour observer quelques secondes l’homme aux cheveux rouges : Sho avait déjà reposé son menu, et observait la table, le service, ou ses pieds tout simplement. Réfléchissait-il, était-il fatigué, ou bien tout simplement ne pensait-il à rien, ainsi penché en avant ? Plus les minutes passaient, plus la jeune femme sentait une certaine assurance lui venir : n’allez pas penser qu’elle se sentait plus encline à parler, loin de là. C’était même le contraire : plus le temps passait, plus elle se reprenait, et reformait ses barrières mentales naturels, se maugréant surtout de son emportement premier. Bien sur elle était la seule à penser que son comportement avait été indécent, et surtout digne d’une adolescente. Loin, très loin, des réactions d’une vraie femme si je puis dire. Certes elle voulait lui montrer qui elle était, mais il y avait manière, et manière, d’apprendre à se connaitre. Finalement ce diner en tête à tête renforçait encore plus la pensée qu’elle avait eu de considérer tout ceci comme une expérience nouvelle d’une part, mais aussi comme la possibilité de se rapprocher de quelqu’un d’autre que ces deux amies : pour Seika, la naissance d’une réelle relation d’amitié, nouvelle, était comme un rêve lointain, auquel pourtant elle vouait un espoir sans bornes. Sho… Avait quelque chose qui la rapprochait d’elle, autant qu’elle de lui, ils le sentaient tous les deux. Peut être que cette soirée allait créer les véritables premiers liens d’intimités entre eux, sur lesquels reposeraient une grande partie de leurs futurs rapports. En tout cas, c’était une partie de l’objectif de la jeune femme. L’autre objectif… C’était tout simplement de passer un bon moment en sa compagnie, avec des boissons douces montant très lentement à la tête, et une nourriture plus exotique que d’habitude. Seika aimait bien changer les habitudes, surtout dans ce genre de situations : ça lui donnait matière à réflexion, et qui disait réflexion disait contrôle. La Kunoichi ne relâcherait jamais ce contrôle qu’elle exerçait sur elle-même… Mais ça ne la rendait pas invivable pour tant, et faisait d’elle une personne somme toute très gentille, bien que mystérieuse. Finalement, elle porta son choix sur un plat qu’elle n’avait plus mangé depuis bien longtemps, des Yakitoris, la dernière fois remontait à un diner chez Sakura si ses souvenirs étaient bons, du temps où elles étaient Genin toutes les deux, avant de partir à cette fameuse mission… Rah, et voilà qu’elle y repensait. Mais cela ne changea en rien son sourire, et la jeune femme se contenta de reposer le menu sur la table, attendant tout comme son Sensei surement, que le serveur revienne prendre leur commande.

Leurs regards se croisant de nouveau, Shijima lut dans le regard de l’homme qu’il sortait lui aussi de ses propres réflexions. Et alors qu’il tournait sa tête de côté, mettant fin à leur contact visuel, Sho se mit à parler d’un sujet qu’elle ne c’était vraiment pas vue aborder deux minutes plus tôt. Mais un peu comme ce soir près du feu, il n’y avait eu aucuns signes précurseurs des paroles sérieuses de son Sensei. Par sérieuse, j’entends surtout, visant à un objectif, ou une conversation, plus profonde qu’à l’accoutumer.

[Sho] « Dire que je ne suis pas d’ici et que toute ma vie tourne désormais autour de ce village. Le destin est parfois ironique. Notre devoir pour ce pays, pour tous ces inconnus, nous ferait presque oublier notre ancienne vie, du temps où nous ne savions pas encore ce qu’était les armes, les responsabilités, ou même la mort. Ce que nous étions s’efface avec le temps ... Mais il y a des jours où les choses refont surface et où nous saignons intérieurement, peut-être plus profondément encore que lorsque le tranchant d’une lame nous transperce. Il abaissa ses yeux et finit par sourire légèrement. L’autre soir, quand je t’ai dis que tu ne te séparerais jamais de ton souvenir, je savais que tu saignais, comme tu saignes à chaque fois que tu y repenses. Qui que tu sois, j’espère du fond du cœur qu’un peu de bonheur viendra embellir tes jours car à te voir comme je t’ai vu ce soir là, et comme je te vois maintenant, je crois qu’il n’existe aucune femme qui ne mérite plus cette chance que toi. »

Seika laissa passer une seconde avant de sentir son corps réagir sans qu’elle lui ait dicté d’ordres : ses yeux s’écarquillèrent, ses iris tremblèrent, sous le coup de la surprise, et tout son corps se raidit et se pencha naturellement en arrière, la bouche légèrement entre-ouverte, ne croyant pas qu’elle venait d’entendre ce qu’elle venait d’entendre. Là, elle aurait eu beau imaginer, retourner la déclaration dans tous les sens pendant des heures, elle ne savait pas quoi répondre. Et puis, pourquoi fallait-il qu’il la regarde aussi directement dans les yeux ? Le regard ambré de son interlocuteur faillit transpercer le mur électrique de ses barrières mentales. Et oui ne l’oublions pas, on ne devient pas pratiquante du Ninjutsu élémentaire de l’élément le plus instable de la création sur un simple coup de tête. Repéré dès les premiers exercices, elle avait été poussé, et l’avait senti, à s’entrainer sur cette voie. Mais quel est le rapport avec la situation, avec la déclaration, avec ce regard, et avec cet homme ? Et bien, si l’esprit était une forteresse, dans le cas de Seika, les paroles de Sho avaient été comme des boulets des canons, ne visant pas les murs, mais passant par-dessus, pour exploser au-dessus d’elle. Ces mots avaient passés les barrières psychologiques de son être sans les forcer, et c’était ça qui la troublait le plus. De façon imagée, les boulets de canons venaient d’exploser pour révéler une pluie de fleur…

Garder le contrôle, garder le contrôle, se calmer, tout va bien, oui tout va bien, il n’a fait que te dire ce qu’il pensait de toi. Mais pas seulement, la première partie de ses mots avaient presque une valeur de confidence, comme le fait de livrer une petite partie de soi à quelqu’un qui n’avait pas demandé à la recevoir. Un cadeau, pour voir si elle réagissait, s’il prenait la main tendue qu’il lui présentait mentalement. Ses iris dilatés revinrent à la normal, et ses lèvres closent frémirent, avant de laisser échapper de nouveaux sons, le buste de nouveau droit, le port altier et son calme retrouvé.

[Seika] « Tous nos souvenirs ne sont pas là pour nous faire saigner Sho. Et ce bonheur que tu me souhaites, je ne sais pas si je le connaitrais un jour, car c’est celui que tu conçois. Elle pencha la tête de côté en lui souriant plus naturellement. Tu as eu une expérience de la vie aussi longue et tortueuse que la mienne à t’entendre, et pourtant je pense que, comme moi, tu as le même point commun de ne pas pouvoir te libérer de tes souvenirs. Ton sommeil est aussi court et troublé que le mien, même si je dois avouer que je n’enchaine pas les nuits blanches comme tu sembles les enchainer ! Seika se mit à rire, en imaginant sa tête après le genre de nuit qu’avait passé Sho à veiller sur son équipe pendant leur sommeil, une nuit très éprouvante psychologiquement. Pourtant, nous avons tous les deux une vie, tous les deux des personnes qui comptent sur nous, et puis, le village attend de toi comme de moi que nous lui soyons fidèle, et que nous soutenions ceux qui ont besoins de nous en son sein. »

On aurait pu croire qu’elle lui faisait la morale, mais c’était loin d’être ça : Seika lui disait juste sur l’instant, ce qui lui venait à l’esprit. Après tout, être naturelle était le moyen le plus simple de se présenter, de présenter qui on était, comment on était, comment on pensait, plus ou moins d’ailleurs. Mais la jeune femme continua, car elle désirait ajouter quelque chose. Quelque chose qu’elle ajouta, avec sincérité, d’un ton qui n’avait jamais été aussi envoutant de toute sa vie, et le plus amusant, c’était tout simplement qu’elle ne s’en rendait pas compte ! Et malgré ceci, malgré les deux questions qu’elle allait poser, elle sentit encore passer un souvenir en elle, celui de la première fois où elle avait regardé Matsuo de cette façon… Leurs regards toujours entremêlés, leurs yeux ne se lâchant pas une seule seconde, ne clignant même pas des paupières, Seika fît exactement ce que Sho venait de faire sur elle : elle traversa son regard, et regarda au-delà de ses magnifiques yeux couleur d’ambre, tout en déclarant, avec un sourire joueur sur le visage, et un ton enjôleur.

[Seika] « Et comment m’as-tu vu ce soir là Sho ? Et… Comment me vois-tu en cet instant, pour mériter de voir mes jours être embellis de bonheur ? »

Et oui, Sho n’avait pas le monopole des déclarations visant à faire réagir l’autre, et à déterminer de ces réactions « qui » il était. Il fallait dire qu’à entendre cet homme, Seika devait avoir l’air bien malheureuse, alors qu’elle était loin de l’être : certes, sa vie n’était pas faite de « grandes » joies. Mais l’accumulation des petites choses de tous les jours, faisaient qu’elle était sereine, et parfois même heureuse, vraiment. Même si ces instants où elle pensait être heureuse soient extrêmement rares… Et puis, au final pourquoi lui non-plus n’y aurait pas droit à ce bonheur qu’il lui souhaitait ? Ses yeux souriant laissèrent échapper un scintillement de chaleur, qu’elle voulue aussi clair et interprétable par le Chuunin assit en face d’elle et qui ne voulait rien dire d’autre que « Tu n’es pas seul Sho, à vouloir le bonheur des autres… Moi aussi j’aimerais que tu sois heureux, à présent que je vois transparaitre toute cette souffrance que tu laisses peser et glisser sur toi, car ce n’est qu’un acide qui te ronge peu à peu, et effrite ton être. Et un jour, tu t’apercevras que tu ne sauras même plus ce que ça fait, d’être heureux toi aussi… Comme moi. », car Seika, ne savait plus depuis longtemps, ce que signifiait « être heureuse »…

MessageSujet: Re: Restaurant : « Le Chien Fou ! »   Lun 12 Oct - 0:17

¤,.°o°O Chapitre 9 : Un Fragment d'Avenir O°o°.,¤
« Tête à tête »
3

La réaction de Seika ne se fit pas attendre. Ses yeux s’écarquillèrent comme si elle venait de recevoir un coup violent dans la poitrine, sa bouche s’entrouvrit comme si l’air lui manquait, son âme resta en suspend durant plusieurs secondes comme si quelque chose venait de basculer en elle. Sho ne la quitta pas des yeux. Il voulait la voir, la regarder, sans aucun détour, sous cette apparence fragile, désemparée. C’était la première fois qu’il réussissait à réveiller une véritable réaction chez elle, la première fois qu’il découvrait un visage plus humain, loin des conventions imposées par le code des shinobis. Ils n’étaient en cet instant plus des chuunins, ou des ninjas du village caché des nuages, ils n’étaient que des êtres humains, une femme et un homme réunis autour d’une table par un jour de pluie.

La belle kunoichi à la chevelure d’ébène retrouva toutefois rapidement une meilleure posture et un visage plus modéré dans ses expressions. Un visage qui n’avait pourtant plus rien à voir avec celui qu’elle lui avait offert au cours de leur mission ou celui arboré depuis le début de cette soirée.

Sho porta la tasse de thé à ses lèvres, abaissa momentanément ses yeux dorés sur la robe translucide du breuvage, avant d’en avaler une gorgée. Il rencontrait enfin la véritable Seika, celle qui n’avait pas besoin de se cacher derrière un masque de neutralité pour attiser les regards. Lui aussi était d’un habituel neutre et distant. Mais ce soir, il révélait une facette plus singulière, plus intime, de sa personnalité. Il lui arrivait parfois d’en révéler quelques éclats dans le cadre de son travail d’instructeur, mais jamais rien de comparable à ce soir.

Pourquoi les choses étaient-elles si particulières ce soir là ? Peut-être parce qu’il avait l’impression de se retrouver devant un fragment de son propre reflet quand il la regardait. Seika lui ressemblait ... elle le complétait.

Sho reposa sa tasse de thé sur la table tout en reportant son regard vers Seika au moment où celle-ci retrouva le chemin de la parole. Avec une grande attention, il l’écouta et rit à son tour lorsqu’elle évoqua le nombre de nuits blanches dont il devait être victime. Le rire de Sho n’avait rien de communicatif ni de franc, il était léger comme celui de quelqu’un qui vit en paix avec le monde qui l’entoure et qui rit à la vue d’un papillon se couchant sur les pétales d’une fleur. Seika ne se trompait pas. Sa vie était tortueuse, parsemée de souvenirs douloureux, elle ressemblait à un champ de ruines. Mais il existait quelques vagues lueurs, tenus par des personnes qui lui étaient chers, qui laissaient place à un semblant d’espoir et de renouveau. Ces gens là expliquaient à eux seuls pourquoi Sho servait Kumo avec autant de brio. Ils n’étaient peut-être pas une raison de vivre pour lui, mais il savait pertinemment que sa vie aurait un goût bien plus amer sans eux.

La théière ne laissait plus échapper qu’un très fin filament de vapeur blanche quand Seika saisit sa chance. En un instant, les rôles s’inversèrent, Sho passa d’acteur à spectateur et Seika de spectatrice à actrice. Les deux questions qu’elle posa à Sho le firent sourire. Un sourire aimable qui exprimait tout son amusement. Seika était rusée, ses questions n’auraient pu être mieux choisies. Sho savait qu’il ne pouvait faire d’impasse, qu’il devait aller à l’essentiel, l’essentiel étant ce qu’il pensait d’elle. Il savait aussi qu’il ne pouvait prendre trop de temps à réfléchir car ce genre de détails laisserait planer un doute sur sa réponse. Aussi répondit-il avec un calme souligné, quelques secondes à peine après que Seika n’ait resserré ses lèvres.

SHO. Ce soir là, j’ai vu une femme qui se sentait seule face à son Mal. Aujourd’hui, je vois une femme qu’il me plait de ne plus laisser seule.

Révélation ? Difficile à savoir, l’eisei-nin avait l’art et la manière de retourner la situation à son avantage, même quand cela semblait tout à fait inespéré, mais tout en restant très vague dans ses intentions. Cela faisait certainement parti du mythe, cette image que Sho s’était habitué à véhiculer de jour en jour. Dire qu’il éprouvait quelque chose pour Seika ne relevait certainement pas du mensonge. Mais de là à désigner clairement ce qu’il éprouvait pour elle ... c’était une tâche nettement plus ardue. Il y avait quelque chose, c’était indéniable. Mais quoi exactement ? Sho savait reconnaître quand quelqu’un lui plaisait, Seika lui plaisait pour des raisons sans doute peu conventionnelles ( la première étant qu’elle l’intriguait plus que quiconque ). Elle était belle, intelligente, amusante et tout un tas d’autres superlatifs du même genre mais Sho la considérait bien au-delà de ça. Il savait également reconnaître quand il éprouvait des sentiments plus prononcés pour une personne en particulier, ce qu’il éprouvait en l’occurrence pour Seika. Ce qu’il ne savait pas en revanche, c’est sur quoi ses sentiments allaient déboucher. L’énigme se trouvait là, à cet endroit précis.

Pour nourrir cette grande question, Sho termina le contenu de sa tasse sans quitter Seika des yeux. Son regard n’avait presque pas changé. Ses yeux d’un rouge terne exprimaient une forme d’espièglerie qui allait sans doute de paire avec les questions qu’elle lui avait posées. Soudainement ses pensées se volatilisèrent, la porte coulissa et laissa apparaître un homme d’une soixantaine d’années au crâne dégarni. Ses yeux étaient si plissés qu’on en distinguait plus le blanc. Armé d’un très grand sourire, il s’inclina respectueusement devant les deux chuunins et s’arrêta sur le visage de Seika.

? Nagoshi-san, vous ne m’aviez pas dit qu’une telle beauté faisait parti de votre équipe ? Laissez-moi me présenter mademoiselle, je suis Nakaso Asano, le propriétaire de cet établissement.

Le sourire du vieil homme avait quelque chose de sage et de réconfortant. Sho le connaissait depuis un petit bout de temps désormais. Nakaso était un grand ami du vieux Hondô, l’homme qui avait en quelque sorte accueillit Sho dans le village. Très tôt, l’eisei-nin avait fait la rencontre du restaurateur, il avait même passé quelques après-midi en sa compagnie à jouer au jeu de go. Nakaso ne s’était jamais lassé de perdre, jamais. Il avait ce côté enfantin très prononcé, cette joie de vivre communicative, et ce respect contagieux de chaque être humain. Comme il le disait si bien lui-même « chaque vie a son importance, peut-être ni pour vous ni pour moi, mais pour quelqu’un quelque part ». En repensant à ces paroles, Sho abaissa ses yeux dans le vide pour ne pas avoir à regarder Seika. Une force invisible le poussait à regarder la jeune femme en pensant à ces paroles. Il ne sortit de là que lorsque Nakaso se tourna vers lui pour lui reparler.

? C’est une fille exceptionnelle Nagoshi-san, je le ressens. Veillez bien sur elle, vous m’entendez ?!

Sho sourit et acquiesça. Nakaso se pencha ensuite vers Seika pour lui murmurer ceci :

? Et vous veillez sur lui, il a beau être spécial, il n’en reste pas moins un bon garçon ... même s’il a la fâcheuse manie de toujours me battre au jeu de go.

L’eisei-nin ne ressentit pas le besoin de tendre l’oreille pour entendre les paroles de Nakaso. Son sourire s’accentua mais il se contenta de regarder son ami sans prononcer le moindre mot.

? Bien, jeunes gens, il est temps de passer votre commande, mademoiselle, avez-vous fait votre choix ?

Pendant que Nakaso interrogeait Seika, Sho porta son regard en direction de la cour à l’endroit où un oiseau au plumage d’un bleu encre très sombre s’était posé, à l’abri de la pluie. Ses sentiments ressemblaient un peu à cet oiseau. Pour l’heure, ils se cachaient de la pluie, bien à l’abri, mais un jour, qui sait, peut-être que la pluie cesserait de tomber et qu’ils s’envoleraient. Ses sentiments ressemblaient beaucoup à cet oiseau. Ils attendaient de croiser le regard.

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

MessageSujet: Re: Restaurant : « Le Chien Fou ! »   Mar 13 Oct - 10:44

-| Diner en Tête à Tête Imprévu |-
.4.

Seika et Sho jouait à un drôle de jeu : celui de la pernicieuse mais ô combien intéressante découverte de l’autre. Tous les deux avaient déjà réussis l’exploit, si tel pouvait être considéré comme un exploit, de comprendre la surface des eaux troubles qu’étaient leurs âmes respectives. Des âmes profondes, sombres, cachés derrières des sourires lumineux, se servant des effets produits sur autrui pour enfermer les démons qui rôdaient sous la surface de cette eau noire, parfois croupie, qui ne laissait au-dessus d’elle que quelques îlots de lumière, comme pour guider l’esprit égaré vers un lieu de refuge. Mais ce refuge, était aussi bien visible des démons que des anges, et il était normal, qu’avec le temps, ces îlots s’effritent, s’effondrent, et que le cœur d’une personne ne vive plus qu’en compagnie de ses plus grandes peurs, qui détruiraient peu à peu toutes formes d’humanité en elle. C’était de cette peur, que naissait l’espoir de trouver une île, voir un continent de bonheur, au milieu duquel, d’où qu’on tende l’oreille, l’on entendrait que les doux échos des souvenirs heureux, des paroles réconfortantes, ce qui permettait parfois à ce que d’aucun nommait l’être humain de rester Homme, et de ne pas sombrer dans le chaos.

Et c’était une partie plus ou moins importante de ce chaos qui guettait ces deux êtres, ces deux Chuunin de Kumo, alors que leurs regards se fuyaient puis se croisaient, incapables de ne penser à autre chose qu’à la personne en face de soi, et que leurs sourires laissaient peu à peu transparaitre plus de naturel, plus de franchise de leurs parts. Seika ne tint sa position de force sur Sho que quelques instants, le temps pour ce dernier de reprendre les deux questions de la jeune femme, et de leurs associés sans avoir à beaucoup y réfléchir deux réponses, qui mettraient Seika dans l’embarras une nouvelle fois, et dévoilerait encore un peu plus d’elle à l’homme aux cheveux rouges. A peine eut-elle quittée son sourire que Nagoshi contre-attaqua, en répondant par un autre sourire, et de manière franche. En tout cas c’était ce qu’il voulait faire paraître. Mais derrière ce jeu dans lequel ils s’étaient lancés tous les deux, y avait-il un véritable fond de vrai ?

[Sho] « Ce soir là, j’ai vu une femme qui se sentait seule face à son mal. Aujourd’hui, je vois une femme qu’il me plait de ne plus laisser seule. »

Mais que… ? Si son regard avait été autre, et si la jeune femme n’avait pas eu en elle cette part de contrôle qui lui permettait de résister à l’adversité, elle aurait surement rougie plus que de raison. Mais il était impossible pour elle de ne pas voiler cette rougeur sous ses yeux. La jeune femme plissa les yeux, gênée, et se contenta de continuer de sourire. C’était bien la première fois qu’une telle déclaration lui faisait quelque chose. Car Seika en avait eu des propositions, des déclarations en tout genre, des demandes mais, mais… Jamais elle n’en avait ressenti d’impressions particulières, comme en cet instant où Sho, cette fois sans passer par-dessus ses barrières, venant d’y frapper doucement, demandant presque la permission d’entrer pour découvrir encore plus intimement la jeune femme. Les yeux ambres de son Sensei prirent une allure espiègle, comme Seika lorsqu’elle avait posée ces deux questions. Il lui renvoyait la balle, si l’on devait exprimer ça en termes de jeu. C’était à elle maintenant, de l’arrêter, et de préparer son prochain envoi verbal, pour pousser au-delà leurs connaissances mutuelles, même si encore une fois, la difficulté était plus grande pour Seika que pour l’homme en face d’elle : elle n’avait pas eu le plaisir de lire son dossier à ce charmant jeune-homme. D’ailleurs, malgré les cernes et son regard sérieux et parfois aussi neutre et froid que le sien, quel âge avait-il ? La jeune femme lui donnait quasiment le même âge qu’elle, surement la vingtaine passé…

Les réflexions embrayèrent le processus psychologique de Sho visant à la pousser à se dévoiler encore plus. Certes, s’ils restaient tous les deux sur leurs positions ils n’avanceraient jamais, mais jamais au grand jamais il ne fallait brusquer autrui vis-à-vis d’un tel instant de douceur et de calme. Sho termina le contenu de sa tasse de thé, sans n’avoir lâché une seule seconde Shijima du regard. Elle-même, une fois son calme une nouvelle fois repris, répondit à se regard, et termina sa propre tasse, sans quitter ses iris d’ambre. Sa déclaration, même s’il n’éprouvait surement qu’un sentiment de proximité à son égard, était touchante dans le fond. Il était vrai que bon nombre de personnes appréciaient sa compagnie, alors qu’elle-même ne faisait rien pour être populaire. Mais c’était peut être parfois ce rire naturel, ses yeux doux mais pleins de détermination, qui jouaient en sa faveur sans qu’elle s’en rende compte. Ses pensées furent interrompues, alors que sans prévenir, un homme âgé, plus de la cinquantaine surement, fît coulisser la porte de la pièce et vint s’incliner devant eux, puis plus particulièrement vers Seika lorsqu’il découvrit sa silhouette habillée de son kimono.

[???] « Nagoshi-san, vous ne m’aviez pas dit qu’une telle beauté faisait parti de votre équipe ? Laissez-moi me présenter mademoiselle, je suis Nakaso Asano, le propriétaire de cet établissement. »

Ainsi c’était le propriétaire de l’établissement… Mais que venait-il faire ici ? Il connaissait Sho puisqu’il l’avait nommé naturellement Nagoshi-san. Ne se sentant pas exclue de la conversation, bien au contraire car elle en faisait partie sans s’en rendre compte, la jeune femme inclina la tête vers Asano en souriant. Ce dernier lui rendit sa gentillesse en dévoilant ses dents encore blanches. Cet homme avait un petit quelque chose d’amical pour la jeune femme, un peu comme Ina et son mari. Non, non, Seika n’avait pas la hantise de la vieillesse et du troisième âge, disons juste que dans l’absolu, le comportement de beaucoup n’étaient pas vraiment pour lui convenir, et que du coup elle ne s’approchait plus vraiment de ces personnes. Shijima jeta un coup d’œil à Sho qui lui en tout cas, n’avait plus les yeux fixés sur elle, mais… Oui là, un petit : il luttait pour ne pas la regarder. Et cela n’étonnait pas tant que ça la jeune femme, car elle aussi ne désirait plus luttée contre le mouvement naturel qui la poussait à garder ses yeux fixés sur lui. Le propriétaire les tira de leurs torpeurs en se penchant vers Sho pour lui dire ceci.

[Nakaso Asano] « C’est une fille exceptionnelle Nagoshi-san, je le ressens. Veillez bien sur elle, vous m’entendez ?! »

Ah les vieux et leur sens du tact légendaire, duquel ils se jouaient bien aisément : deux jeunes gens ainsi cachés aux regards, dinant en tête à tête, évidement il fallait tout de suite penser et faire des déclarations voilées dans ce sens. Mais c’était gentiment formulé, et peut être pas avec des arrières pensées, aussi Seika se contenta-t-elle de pencher la tête en avant, le rouge lui revenant un peu plus aux joues : et oui elle avait déjà perdu beaucoup de ses barrières, et commençait à réagir comme lorsqu’elle était seule avec Sakura et Ina. Sauf qu’elles n’étaient pas des hommes, et que leurs paroles ne lui faisaient pas le même effet loin de là. Et lorsque Sakura la regardait et lui disait d’un seul coup qu’elle était magnifique, cela les faisaient rires toutes les deux et Seika faisait un petit tour sur elle-même pour laisser son amie la détailler. Bref. Le propriétaire, après avoir adressé à son Sensei un sourire de « tu comprends que t’as pas droit à l’erreur avec une femme comme ça petit d’accord ? », ce dernier se pencha vers elle, et lui murmura faiblement quelques mots, de manière à ne pas être entendu de Sho. Seika se pencha un peu de côté pour écouter, les yeux fixés sur ce garçon aux cheveux rouges.

[Nakaso Asano] « Et vous veillez sur lui, il a beau être spécial, il n’en reste pas moins un bon garçon ... Même s’il a la fâcheuse manie de toujours me battre au jeu de go. Voyant la jeune femme sourire de plus belle, radieuse, et surtout sentant qu’elle allait suivre ce conseil à la lettre, Asano se redressa pour s’adresser aux deux jeunes gens. Bien, jeunes gens, il est temps de passer votre commande, mademoiselle, avez-vous fait votre choix ? »

[Seika] « Oui. La jeune femme pencha la tête de côté et déclara, souriante. Je vais prendre des Yakitoris s’il vous plait, volaille, pas de bœuf. »

De son côté Sho commanda ce qui lui plaisait, et qu’il avait choisi en à peine quelques secondes à partir du moment où il avait eu le menu en main. Surement connaissait-il bien l’établissement, pour connaitre son propriétaire et jouer avec lui. Sho était surprenant de par ses relations, mais pouvait-on en attendre moins de la part d’un Chuunin aussi connu et important que lui dans le village ? Sho n’était pas que son instructeur : il avait été l’instructeur de beaucoup de Shinobis, et la Kunoichi se sentait comme, privilégiée, d’accaparer l’attention d’un tel homme, et surtout de se voir désigner comme la source d’une envie « presque » trop douce, celle de ne plus la laisser seule. Est-ce les prémisses d’une vraie relation entre eux ? Impossible à dire, cette question appartenait à l’avenir. Après avoir noté mentalement leurs commandes, le vieux Asano s’inclina de nouveau et lui fit un dernier sourire tout en refermant la porte coulissante derrière lui. Ils auraient à attendre un petit moment, de l’ordre d’une dizaine de minutes, voir plus si le plat de son homologue était plus complexe à préparer que le sien. Seika, sans s’en rendre compte, avait été un peu stressé par l’apparition de ce personnage, et son souffle se calma. Son corps se détendit visiblement, et ceci la surprit, car cela voulait dire qu’inconsciemment, elle ne considérait plus la présence de Sho comme un élément instable de l’avenir, et donc une composante de calme. Mais si son corps disait ceci, son esprit restait suspicieux : Sho, était aussi mystérieux qu’elle ne l’était sur ses sentiments, sur ce qu’il pensait de tout et n’importe quoi, et l’on était obligé de se dévoiler soi-même par ses propres questions pour l’atteindre. Cet échange, qui n’était pas équivalent, n’irait peut être pas plus loin.

[Seika] « Sho… Tu es un homme… Intéressant. Dit-elle après avoir cherché le mot dans sa tête pendant une seconde. Mais déclarer ne pas vouloir laisser une femme seule… Ce ne sont que des mots. Et la femme que l’on ne veut pas laisser seule à son mot à dire dans l’histoire tu t’en doutes… Elle prit une inspiration et fixa de façon intense le Médecin. Même si une part de moi serait ravie de ne plus être seule… Je ne peux pas m’empêcher de penser, que c’est à sens unique. Tu es bien plus habile des mots et des impressions que moi, et je n’arrive pas à savoir si tes paroles donneront naissance à des actes. Mais… Seika respira plus lentement, le ton de sa voix baissant. Si tu essayais dans un futur proche… Je ne… Te repousserais pas. »

Non, elle ne le repousserait pas. Pas parce qu’il avait réussi à gagner quelques distances de plus par rapport à tous ceux qui avaient essayés avant lui, mais parce qu’elle avait envie de croire en quelque chose, et de croire en quelqu’un : de croire que cette personne arriverait vraiment à l’arracher à cette solitude de l’âme, petit à petit, et qu’ainsi, ensembles, ils seraient complets. Mais l’homme en qui elle voulait croire avait ses propres peurs, et l’eau trouble de son âme était aussi noire et profonde que la sienne. Etait-il vraiment possible que l’association de ces deux âmes puisse faire naître une nouvelle eau, plus claire ? Une autre question qu’elle mit de côté. Le plus important avait été dit : si Sho ne voulait pas la laisser seule, qu’il essaye donc, elle ne l’en empêcherait pas, ni ne le repousserait pas. Mais cela ne voulait pas dire, qu’il réussirait, même si tout au fond d’elle, perdue sur son îlot au milieu des eaux troubles, la lumière de son être tenterait de briller plus fort, pour l’inciter à venir la chercher… Seika avait un peu perdu son sourire, et son air était plus grave à présent, des mots qu’elle venait de déclarer à l’homme en face d’elle. Ses yeux, qu’elle avait laissés posés sur lui, se détachèrent de son regard. Elle baissa la tête, ne sachant plus quoi dire à présent. Le diner allait bientôt arriver, ils reparleraient après celui-ci surement, lorsque viendrait l’heure des desserts et des boissons…

MessageSujet: Re: Restaurant : « Le Chien Fou ! »   Mar 20 Oct - 12:48

¤,.°o°O Chapitre 9 : Un Fragment d'Avenir O°o°.,¤
« Tête à tête »
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L’ambiance était presque trop apaisante. Sho s’étant depuis toujours habitué au calme et à la sérénité, il aimait ces instants où les bruits de la ville s’évanouissaient au profit du silence. Ces instants où il pouvait presque s’entendre penser. Ce dîner ressemblait à l’un de ces moments privilégiés où il se sentait presque chez lui, dans la vallée verte. Il se revoyait enfant, perdu quelque part dans la vallée, assit sur un rocher ou sur une motte de terre à contempler l’incroyable vue que pouvait lui offrir cet endroit. Ce soir, il regardait le ciel et l’oiseau perché avec des yeux d’enfant, ses propres yeux qui n’avaient pas grandement changés d’expression depuis ses premiers jours. La vie avait parfois ce goût sucré qui lui donnait toute sa valeur. Le sucre de la vie s’apparentait souvent à des souvenirs ou à des souhaits inachevés. Ses souvenirs étaient toujours là, blottis dans un coin de sa mémoire, mais où étaient passés ses souhaits inachevés, ses rêves d’enfant ? Il n’en savait rien. Il ne se souvenait plus.

NAKASO. Yakitoris de volaille ...

La voix de Nakaso le ramena dans l’instant présent. Ses yeux clignèrent puis se tournèrent vers le gérant du Chien Fou. Celui-ci était toujours penché sur son petit carnet, un stylo à la main. A regarder Seika, il jugea qu’elle avait sans doute fini de passer commande. Ce qui s’avéra être vrai lorsque le vieux Nakaso se tourna vers lui.

NAKASO. Et pour vous Nagoshi-san ?

Sho avait déjà fait son choix bien avant de franchir la porte de l’établissement. C’est donc sur un ton naturel qu’il répondit aussitôt :

SHO. Brochettes de Tsukuné. Merci.

Le gérant griffonna encore quelques mots sur son calepin tout en se caressant le menton d’un air songeur. Pauvre Nakaso, dire qu’il avait passé le plus clair de sa vie à s’occuper de ce restaurant sans jamais mettre le pied en dehors du village. Toute sa vie tournait autour de cette bâtisse et du seul et unique projet dans lequel il s’était investi corps et âme. L'étranger ne représentait absolument rien pour lui. Il ne voulait pas y mettre un pied, il était beaucoup trop attaché à Kumo et à sa clientèle pour ça. Allez savoir pourquoi, Nakaso Asano était pourtant l’homme le plus aux faits des politiques étrangères. Sûrement était-ce l'oeuvre des nombreux voyageurs qui faisaient escales ici et qui lui murmuraient tout ce qu'il y avait à murmurer sur l'extérieur et ses travers.

NAKASO. Parfait ! Rétorqua le vieil homme. Je crois que je n’ai plus rien à faire ici, je vous souhaite donc de passer une agréable soirée.

Après quoi Nakaso quitta la petite pièce, laissant de nouveau les deux chuunin seuls. Le silence était toujours roi à ce moment là. Les deux shinobis échangeaient quelques regards par-ci par-là mais pas le moindre mot, à croire qu’ils se testaient l’un l’autre. En réalité, pour ce qui était de Sho, ces regards lui suffisaient amplement. Il n’en demandait pas davantage. La discussion avait bien avancé, même s’il n’avait pas appris tout ce qu’il y avait à apprendre sur Seika, il comprenait que cela demanderait du temps, beaucoup de temps. Mais de son côté, la belle kunoichi ne semblait pas vouloir attendre plus longtemps pour exprimer quelques unes de ses petites vérités.

SEIKA. Sho… Tu es un homme… Intéressant, lui annonça-t-elle avec un semblant d’hésitation. Mais déclarer ne pas vouloir laisser une femme seule… Ce ne sont que des mots. Et la femme que l’on ne veut pas laisser seule à son mot à dire dans l’histoire tu t’en doutes…

Aucun sourire ne fendit les lèvres de l’eisei-nin à ce moment là. Son regard mielleux et ô combien mystérieux se contenta de fixer attentivement celui de Seika. Elle s’apprêtait à lui dire quelque chose de très important pour elle, certainement plus important encore que ce qu’elle aurait pu imaginer en entrant dans le restaurant quelques minutes plus tôt. Ce dîner prenait une allure de plus en plus inattendue, pensa-t-il.

SEIKA. Même si une part de moi serait ravie de ne plus être seule… continua-t-elle sur le même ton. Je ne peux pas m’empêcher de penser, que c’est à sens unique. Tu es bien plus habile des mots et des impressions que moi, et je n’arrive pas à savoir si tes paroles donneront naissance à des actes. Mais… Si tu essayais dans un futur proche… Je ne… Te repousserais pas.

Sho continua de regarder Seika pendant plusieurs dizaines de secondes sans rien dire. Ses mots ne laissaient place à aucune interprétation, ils étaient tout à fait clairs, tout du moins pour l’esprit analytique de l’eisei-nin. Seika ne le repousserait pas s’il essayait de l’approcher ... conquérir étant un mot qui n’avait aucune valeur dans son vocabulaire. Elle ne dirait pas non, elle demandait simplement à voir des actes qui justifieraient toutes les paroles qu’il avait pu prononcé depuis le début du dîner. Mais Sho savait que les choses n’évoluaient jamais aussi facilement, surtout en présence de Seika. Il la savait fragile et lui n’était pas homme à tout précipiter comme beaucoup de ses collègues. Chaque chose avait son cours naturel et mieux valait ne pas le dévier. Il avancerait mais à son rythme.

Délicatement, Sho fit couler un peu de thé dans la tasse de Seika par politesse puis dans la sienne ensuite. Après avoir reposé la théière, il porta le délicieux liquide à ses lèvres en réfléchissant à ce qu’il allait pouvoir répondre. Le déclic se fit en quelques instants. La tasse de thé retrouva la table et les yeux de Sho ceux de Seika.

SHO. J’avancerai pas à pas dans ce cas.

¤¤¤

Les minutes s’écoulèrent avec une étrange lenteur pour les deux chuunin. Les plats furent servis comme ils les avaient demandés. Yakitoris de volaille pour Seika et brochettes de Tsukuné pour Sho, accompagnés de quelques sauces, bols de riz, carotte, ou encore chou. Durant le repas, le silence fut quelques fois interrompu par quelques questions d’ordre général et d’autres un peu plus personnelles. Mais globalement le dîner se déroula dans un calme relatif qui avait au moins le don de justifier le vieil adage « A un dîner, parles si tu le désires, mais ton assiette risquerait de fuir » comprenez, à trop parler on en oublie de manger. Quand leur plat principal fut achevé, Sho et Seika reçurent la visite d’un serveur qu’il leur amena toute sorte de petites pâtisseries offertes par le restaurant mais aussi quelques échantillons de liqueurs et autres alcool plus ou moins forts, avec pour les moins tentés, deux breuvages sucrés préparés à base de thé vert tout aussi exquis que le premier qu’ils avaient goûtés en arrivant.

N’étant pas spécialement fan des liqueurs, Sho les laissa volontiers de côté et se servit une tasse d’un thé vert au goût très prononcé et très sucré. La théière encore à la main, il adressa un regard à Seika, comme pour lui demander ce qu’elle voulait qu’il lui serve. Quand elle porta enfin son choix sur l’un des produits en présence, Sho la servit habilement puis il s’occupa de sa propre dégustation dans un silence absolu.

Un silence rapidement interrompu par une énième question.

SHO. Racontes-moi comment tu es devenu chuunin.

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

MessageSujet: Re: Restaurant : « Le Chien Fou ! »   Mar 20 Oct - 21:49

-| Diner en Tête à Tête Imprévu |-
.5.

Sho avait commandé des brochettes de Tsukunés, et Nakaso, le gérant du restaurant, était parti depuis un moment lorsqu’il lui répondit enfin. Son sourire avait disparu dès qu’elle c’était remise à parler, surement parce sa déclaration était personnelle et nécessitait toute son attention. Malgré cela, et les longues secondes qui succédèrent sa voix lorsque se fût éteinte, Sho semblait reprendre le contrôle de son corps. Il lui servit une nouvelle tasse de thé, et s’en servit une à lui aussi, qu’il porta à ses lèvres, les paupières à moitié fermés, appréciant le contact de breuvage encore chaud. Puis il rouvrit brusquement les yeux, comme s’il venait de trouver quoi lui répondre. Une réponse toute simple, qui convenait parfaitement au moment, et à sa nature calme et silencieuse.

[Sho] « J’avancerai pas à pas dans ce cas. »

La Kunoichi pencha la tête en avant, l’inclinant de telle manière à faire comprendre à son hôte qu’elle était d’accord avec cette conclusion sur ce sujet de la discussion. Ils avaient tous le temps de voir évoluer leur relation, tout le temps d’apprendre à se connaitre, et ce diner était un pas en avant dans leurs histoires à chacun. Un pas tranquille, sur les rivages des îles respectives des quelques ils étaient séparés par les eaux sombres, et les dangers qui se trouvaient en dessous. Cela prendrait du temps de se rejoindre l’un l’autre, voir dans le cas présent, de laisser Sho la rejoindre. Mais bon, c’était le seul moyen d’y arriver. Seika prit sa tasse, et porta à son tour le thé à ses lèvres, tout en continuant de fixer son charmant Sensei aux cheveux rouges… La soirée était, et promettait de demeurer agréable…

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Le temps passa lentement, calmement, ce qui n’était pas pour déplaire la jeune femme qui, malgré son sommeil réparateur de l’après-midi, restait encore un peu chamboulé par cette première sortie hors du village depuis plusieurs années. Quand à Sho, son regard passait de Seika au jardin ouvragé. La pluie c’était arrêté depuis un moment à présent, et les filets d’eaux qui tombaient et sr poursuivaient ça et là avaient cessés leur jeu musicale.

Un serveur vint leur apporter le plat principale environ une dizaine de minutes seulement après que Nakaso ait prit leurs commandes. Pourtant, elle avait l’impression que cela faisait des heures qu’il avait disparu. Son ventre ne criait cependant pas famine, et les effluves venant des cuisines étaient évacués par un système de ventilation pour permettre à chaque convive d’apprécier son plat et ses odeurs, sans être agressés par celles des autres. Seika remit ses genoux l’un contre l’autre, reprenant une position plus distinguée pour une femme au restaurant, les fesses sur ses talons. Le serveur déposa son plateau devant elle : Yakitoris de volailles, sauces piquantes, et un bol de riz.

Sho avait quelque chose de relativement semblable face à lui. Le diner commença donc, agrémenté de quelques échanges verbaux, dans des sourires bienveillants l’un envers l’autre. Seika lâcha un peu le regard du Chuunin pour se concentrer sur son repas. Un diner sympathique vraiment, ça la changeait. En fait elle se sentait comme les fois où elle dinait seule : un silence, un bien être, un calme. Mais elle n’était pas seule, et elle se sentait malgré tout bien, c’est ce qui était formidable avec cette soirée. Et Sho n’était pas Sakura, loin de là : Sakura aurait eu le temps de caser au moins une dizaine de sujet de conversations depuis qu’elle était entrée dans le restaurant, et même sur le chemin pour y venir, et même avant si elle était venue l’attendre devant chez elle pour aller diner. Oui parce qu’il arrivait que même la présence d’une porte n’empêche pas son amie de lui parler, même si elle devait crier pour ça. Elle aussi, avait souffert de ce qui était arrivé, mais l’apprentie Kunoichi Médecin avait toujours été plus douée que Shijima pour se faire des amies… Du coup elle avait reçu plus de soutien que Seika, mais cela n’excusait rien à la jeune femme à la chevelure d’ébène.

Elle termina légèrement avant son collègue son repas : elle n’avait pas spécialement un gros appétit, même s’il ne restait rien sur son plateau. Non là c’était particulier : la nourriture était tellement bonne qu’elle ne pouvait pas résister à l’envie de tout manger. Et puis c’était aussi une marque de respect vis-à-vis du gérant et de son cuisiner, et de Sho qui l’invitait à ce diner.

A croire que cela était calculé, un serveur entra quelques minutes après que Sho ait terminé, pour les débarrasser de leurs plateaux vides. La jeune femme avait vraiment bien mangé, et elle se sentait toute chose : elle avait sommeil, voilà tout. Mais rien dans son apparence ne semblait la trahir, si ce n’était ses yeux dont les iris devaient avoir l’air de se rétracter. Sho, qui était médecin, verrait surement qu’elle était fatiguée, mais la soirée n’était pas terminée après tout, et le serveur revint avec un assortiment de pâtisserie, puis un autre de boissons. Pour les pâtisseries Seika passait son tour : elle n’avait vraiment plus de place dans l’estomac. Par contre une petite douceur du cœur, elle n’était pas contre…

Du regard, Sho lui présenta le plateau de boissons qu’elle observait, et suivi le regard de la jeune femme. Aucun mot ne fût prononcé : ils n’en avaient pas eu besoins apparemment. Sho saisit une toute petite bouteille d’alcool de prune et lui en versa une petite coupe. Inclinant une nouvelle fois la tête vers lui, Sho se servit quand à lui une tasse d’un autre thé qui à l’odeur, semblait particulièrement parfumé et sucré. Shijima se promit de lui en demander une coupe une fois son petite verre d’alcool ingurgité, et cela prendrait un moment. Seika n’était pas femme à boire l’alcool comme du petit lait, et même, c’était très rare qu’elle s’autorise un petit verre. Du coup son corps était peu habitué et réagissait très vite aux liqueurs, l’obligeant à n’en prendre qu’en petites quantités.

Le silence fût une nouvelle fois « troublé » par la voix de l’homme aux cheveux rouges, qui lui posa une question qui la prit un peu de court…

[Sho] « Racontes-moi comment tu es devenu Chuunin. »

Le plus étonnant étant que ce n’était pas une question en soit, du moins si elle jugeait du ton employé par le Médecin. Seika prit finalement une inspiration : l’histoire n’était pas bien longue à raconter.

[Seika] « Et bien, je suis devenu Chuunin il y a quelques semaines à peine en fait. Cette promotion est une sorte de gratification pour mes efforts fournis pour me réinsérer dans le village, et pour des événements survenus à partir d’une simple Mission de Rang D. Seika prit une petite inspiration et tourna son visage vers le jardin. Je devais aider un vieux jardinier à tenir son magasin pour l’après-midi. Tout allait bien puis brusquement un groupe de trois Genin est arrivé. Ils n’avaient pas la tête à passer chez le fleuriste si tu vois ce que je veux dire, et le propriétaire les a amenés à l’arrière pour leur parler en privé. Je trouvais ça louche, et surtout j’avais enlevé mon bandeau pour travailler, aussi les trois adolescents ne se doutaient-ils pas que j’étais une Kunoichi. Vu qu’il n’y avait personne dans le magasin, j’ai abandonné mon post pour aller écouter… Et grand bien m’en a prit : les trois adolescents pratiquaient le racket sur le pauvre commerçant, à ce qu’ils dirent, ce n’était pas que sur lui. J’ai… J’ai prit une chaise et j’ai frappé le premier avant qu’il ne comprenne ce qui lui arrivait. Le second je l’ai immobilisé d'une décharge de Chakra. Le troisième a réussi à fuir. Alors je l’ai poursuivi à travers le village, tantôt le combattant, tantôt lui courant après. Quand les gens ont enfin compris qu’on n’était pas deux étudiants en train de jouer, ils ont appelés à l’aide. J’ai fini par rattraper le Genin, à qui j’ai demandé son nom. Il s’appelait… Zabi… Quelque chose. La Juunin Yoigoshi Ibaru -une collègue à vous je suppose- est alors intervenu, pour nous séparer avant que je fasse quelque chose d’irréfléchi. Après quoi le village m’a offert cette promotion, en découvrant que j’avais non-seulement mit fit au racket des marchands, mais que le Genin que j’avais arrêté était le chef du gang. Maintenant il était en prison… »

En y repensant, il lui avait sorti un truc sur le village, et sa mère. Mais elle n’était pas vraiment en état d’écouter du coup elle n’y avait pas fait attention… Seika secoua la tête et revint à son Sensei aux cheveux rouges, lui souriant, avant de lui demander.

[Seika] « Et toi Sho, comment es-tu devenu Chuunin ? »

Au moins, elle, elle posait une question, non mais.

MessageSujet: Re: Restaurant : « Le Chien Fou ! »   Ven 23 Oct - 17:51

¤,.°o°O Chapitre 9 : Un Fragment d'Avenir O°o°.,¤
« Tête à tête »
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Sa tasse de thé blottit dans le creux de sa main gauche, sa main droite blottit contre elle, Sho laissait son parfum enivrant remonter jusqu'à ses narines par un presque imperceptible nuage de fumée. Son regard n'avait pas quitté le visage de Seika. La belle portait de temps à autres la coupe contenant un peu d'alcool de prune à ses lèvres. Une légère brise s'engouffrait dans la pièce par la petite cour intérieure et venait jouer avec les cheveux de nos deux invités. L'oiseau au plumage bleu encre avait quitté son refuge de fortune et s'était envolé vers son nid certainement. La soirée suivait son cours normal, sans interruption, sans précipitation, juste au rythme qu'il fallait. On ne pouvait espérer meilleure soirée, si ce n'est une soirée sous un ciel étoilé, mais tout habitant de Kumo avait depuis longtemps appris à apprécier les innombrables masses nuageuses qui venaient encombrer la voûte céleste au-dessus de sa tête, au point d'en oublier le reste.

SEIKA. Et bien, je suis devenu Chuunin il y a quelques semaines à peine en fait, s'exclama Seika après une courte inspiration. Cette promotion est une sorte de gratification pour mes efforts fournis pour me réinsérer dans le village, et pour des événements survenus à partir d’une simple Mission de Rang D.

Sho avala une gorgée de thé en fixant attentivement Seika. La question qu'il avait posée était loin d'être anodine. Il souhaitait apprendre la vérité, celle qui ne dormait sur un aucun rapport mais qui sortirait tout simplement de sa bouche. Cette vérité là était la plus précieuse de toute, celle que la personne concernée offrait à son vis-à-vis sans forcément attendre quelque chose de lui. C'était sans doute le premier pas vers ce qu'on pouvait appeler une confiance réciproque.

Détendu, calme, l'eisei-nin écouta attentivement le récit de sa camarade après avoir reposé sa tasse sur la table pour montrer, en quelque sorte, qu'il était tout ouï. Ce qu'il entendit était en soit une histoire particulièrement rocambolesque. D'après ses dires, tout avait commencé par une simple mission de rang D, autant dire le genre de missions où le danger n'existait pas, sauf exceptions très rares. Avec la chance qu'elle avait, Seika était tombée sur l'une de ces exceptions. Le commanditaire de la mission avait reçu la visite d'un trio de genin venu pour lui soustraire une somme d'argent alors que Seika était entrain d'accomplir sa mission pour lui. Elle avait découvert la supercherie fomentée par le trio malgré la discrétion voulu par le gérant de l'établissement et son employeur. Elle avait décidé d'attaquer – rien d'étonnant du point de vu de Sho – et s'était ainsi débarrassé de deux des trois imbéciles. Elle avait ensuite pourchassé le troisième dans une bonne partie du village avant d'être coupé dans son élan par Yoigoshi Ibaru – une collègue d'Akai Juutai également professeur de Médecine à l'académie. Conclusion de l'histoire : sans le savoir elle avait en quelque sorte démanteler un petit gang de shinobis sévissant dans les parages. C'est cet acte qui lui avait valu sa promotion au rang de chuunin. Une promotion pour le moins originale, loin de celle qu'avait vécu Sho bien avant elle.

C'est justement ce que Seika à savoir dans la foulée.

SEIKA. Et toi Sho, comment es-tu devenu Chuunin ?

La promotion de Sho ne résonnait qu'à l'appel d'un seul nom : Konoha. C'est en effet au village caché de la feuille que Sho l'avait décroché en passant brillamment les épreuves imposées par les organisateurs de l'examen chuunin. Il avait tout d'abord fait parti d'une équipe composée de shinobis venus des trois plus grandes nations du monde, Foudre, Feu, et Eau, au cours de la première épreuve. Les Chasseurs ... il sourit à l'évocation du nom de cette équipe. Comme leur nom l'indiquait, les chasseurs courraient après une autre équipe. Cette équipe là avait héritée de l'appellation proies. Le but de l'épreuve était simple. Quelque part dans la forêt interne de Konoha se trouvait deux examinateurs, le premier avec un code en sa possession, et le second au centre de la forêt attendait quant à lui de recevoir ce fameux code pour déclarer l'une des deux équipes gagnantes. Les proies étaient partis avec une demi-heure d'avance sur les chasseurs mais grâce à leur rapidité d'action et leur efficacité, les chasseurs séparés en plusieurs binômes avaient réussis à mettre la main sur le code et à le remettre à l'examinateur placé au centre de la forêt.

Moment inoubliable ...

SHO. Ma promotion remonte à quelques mois déjà, commença-t-il en souriant légèrement. J'étais l'un des membres de la délégation de Kumo envoyée à Konoha pour l'examen chuunin. En recevant l'honneur de représenter le village à cet examen, j'ai pu me mêler et me confronter aux meilleurs genin venus des quatre coins du monde. Au cours de cette édition, l'examen se déclinait en deux épreuves distinctes. La première consistait à mettre la main sur un code secret dans l'épaisse forêt interne de Konoha et de remettre ce code à un examinateur situé au centre de la dite forêt pour deux équipes composées de genin de tous les horizons. La première équipe à remettre le code au centre l'emportait. Je te passe volontiers les détails, mais l'équipe dont je faisais parti à remporter cette épreuve.

Si la première épreuve cherchait à mettre en avant l'esprit d'équipe des concurrents, la seconde épreuve, elle, les avait mené au coeur de l'arène, là où la poussière se mêlait à la chaleur du soleil ardent. Au coeur de l'arène de Konoha, les genin s'étaient affrontés dans des duels libres sous les regards de centaine et de centaine de spectateurs et de dirigeants. Un moyen comme un autre pour les autorités de chaque village caché de jauger plus ou moins l'évolution des effectifs adverses. Kumo, qui comptait le plus petit effectif de genin parmi les grandes nations représentées, avait plus ou moins bien réussi cette seconde épreuve. Parmi les sélectionnés, Sho se souvenait notamment d'Asuna, sa première coéquipière, celle avec qui il avait fait équipe sous la tutelle de Reisui Shouka. Elle s'était malheureusement inclinée face à une kiréenne spécialiste du ninjutsu. Lui était tombé sur une autre représentante du Pays de l'Eau, Watagumo Ine, spécialiste du genjutsu, et l'avait remporté, validant ainsi sa réussite complète à l'examen.

SHO. La deuxième épreuve consistait à se retrouver au coeur de l'arène de Konoha face à un autre genin choisi au hasard, poursuivit-il en fixant toujours Seika. Le hasard m'a offert une kiréenne maîtrisant le genjutsu. Malgré les difficultés qu'elle m'a posé, j'ai réussi à la vaincre. Tout ça avant ...

Avant la fin. La terrible fin. Le sourire de Sho s'effaça et son regard dévia vers la cour intérieure du restaurant. Devant ses yeux, il revit défilé toutes les images de l'examen. Les explosions, les colonnes de fumées noires s'échappant vers le ciel, les cris, l'incompréhension, et la mise en sécurité des participants par les autorités combinées des trois grandes nations. L'attaque d'Asahi les avait tous surpris. Les sbires de la terrible organisation avaient mis à mal les forces spéciales des trois grandes nations. Ils avaient frappés Konoha en plein coeur pour des raisons qui lui échappaient encore totalement. Sur leur marche victorieuse ils l'avaient emporté lui ... lui avec qui il avait fait équipe au cours de la première épreuve de l'examen. Sabi Uchiha. Sho se revit brusquement devant sa tombe sous le ciel bleu de Konoha souriant à l'un de ses fils disparus. Le plus prometteur des genin de l'examen y avait trouvé la mort. L'Asahi lui avait offert cette mort ... il n'était qu'un genin. Un simple genin.

Les lâches meurent plusieurs fois avant leur mort mais le brave ne goûte jamais la mort qu'une seule fois. Sache que ta mort ne sera jamais vaine, mon ami, non jamais. La mort ferme les yeux des morts mais elle ouvre ceux des survivants.

SHO. ... tout ça avant l'attaque de l'Asahi, finit-il par dire en plissant légèrement les yeux. Les membres de cette organisation ont surpris les dirigeants de toutes les nations par leur puissance. Ils ont ôtés nombre de vies. Parmi elles, il y avait un garçon avec qui j'ai formé un binôme au cours de la première épreuve de l'examen. Il s'appelait Sabi. C'était le meilleur konohéen en course. Lui aussi avait réussi toutes les épreuves de l'examen ... mais ils ont pris sa vie. Je ne sais pas comment, mais ils lui ont pris.

Sans même réellement s'en rendre compte, Sho venait de révéler à Seika une de ces blessures. Sabi n'était peut-être pas son meilleur ami – il n'en avait jamais eu – mais il avait été son coéquipier et quelque part son ami au cours de cet examen. Un jour, l'Asahi payerait pour sa mort. Sho ne savait pas quand, ne savait pas où, mais un jour les membres de l'Asahi payeraient. Ce jour là, il espérait pouvoir être là pour leur faire avaler la poussière ou un de ces poisons hautement toxiques dont Akai avait le secret. Il espérait qu'un jour il serait là pour les regarder de haut mourir à petit feu. Ce jour là, Sabi et tous les autres seraient vengés.

Le regard de Sho perdit de sa profondeur en repensant à ces évènements tragiques. Aucune colère ne glissait sur lui ni à l'intérieur de lui. Le temps d'un instant, il se déconnecta de la réalité pour tomber quelque part dans le néant. Là où les pensées tournoyaient et l'imaginaire se dessinait.

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

MessageSujet: Re: Restaurant : « Le Chien Fou ! »   Ven 23 Oct - 19:00

-| Diner en Tête à Tête Imprévu |-
.6.

Sho lui raconta à son tour une partie de son histoire, après quelques minutes de silence qui lui permirent surement de mettre de l’ordre dans ses idées. Comme elle s’en doutait un peu, l’homme aux cheveux rouges avait suivi le chemin classique de la monté au grade de Ninja de classe moyenne : par le tournoi des Chuunin. Un tournoi auquel elle n’avait jamais participé. Si son équipe n’avait pas été décimée au cours de cette mission, et si elle avait été plus forte, elle aurait pu suivre Sakura qui elle, avait participé, seule, à la session de cette année là.

Ainsi son Sensei s’était-il montré brillant lors de l’examen : il avait brillamment réussi ses deux épreuves. La première qui avait été une course poursuite autant qu’une course tout court, puis la seconde, un classique duel en un contre un dans l’arène de Konoha, le village caché du Pays du Feu où c’était déroulé le tournoi. Elle était malgré tout assez surprise d’apprendre qu’il était devenu Chuunin seulement à ce moment là : a voir l’autorité et les responsabilités dont il jouissait, on aurait pu croire que ça faisait déjà quelques années qu’il était dans le circuit. Et bien non, aussi surprenant que ce soit, cela remontait à seulement quelques mois en arrière. Seika se souvint, avoir entendu la rumeur d’un départ, d’un événement à l’extérieur de sa cage blanche. Mais elle était trop basse, et ne pouvait pas voir la rue depuis la maison de soin. Peu importe, elle était devenue Chuunin par ses propres moyens. Même si dans le fond, sa promotion était étrange… Certes démanteler un gang, ça n’arrivait pas tous les jours, mais même. Shijima secoua mentalement la tête : pas besoin de se prendre le chou sur les raisons qui avaient poussé l’administration à lui accorder ce grade.

[Sho] « Tout ça avant ... »

Seika tendit l’oreille, car le ton de son collègue avait changé. Sa voix c’était fait plus distance en l’espace d’une seconde. Son regard vacilla, et échappa à ses iris, retournant à la contemplation de la cour intérieure. Que c’était-il passé après ? Elle aurait voulu poser la question d’elle-même, mais elle savait déjà que Sho, s’il devait lui parler de son passé, ne le ferait pas plus que par ce qu’il se déciderait à lui montrer.

[Sho] « ... Tout ça avant l'attaque de l'Asahi. Les membres de cette organisation ont surpris les dirigeants de toutes les nations par leur puissance. Ils ont ôtés nombre de vies. Parmi elles, il y avait un garçon avec qui j'ai formé un binôme au cours de la première épreuve de l'examen. Il s'appelait Sabi. C'était le meilleur Konohéen en course. Lui aussi avait réussi toutes les épreuves de l'examen ... Mais ils ont pris sa vie. Je ne sais pas comment, mais ils lui ont pris. »

Asahi. Un nom qu’elle avait déjà entendu murmurer, sans jamais comprendre de qui ou quoi il s’agissait. N’étant pas d’un naturelle très curieuse, surtout lorsqu’on murmurait des mots avec un regard un peu effrayé, la Kunoichi n’avait jamais essayé d’en savoir plus sur ce nom, sur ce qui tournait autour de lui, sur le mystère qui gravitait dans ces murmures.

Maintenant elle en savait un peu plus grâce à Sho. Asahi était donc une organisation. Une organisation sans but apparent, qui avait attaqué Konoha à la clôture de l’examen Chuunin. Une organisation toujours de ce monde à en croire le regard qu’elle croyait déceler du coin de l’œil de Sho, le visage toujours tourné vers la cours. Apparemment l’histoire le touchait personnellement parce qu’une personne à laquelle il tenait était morte durant l’attaque d’Asahi sur le village caché, un Genin nommé Sabi. Le nom ne lui disait rien, mais si l’attaque avait été aussi violente qu’il semblait le faire entendre, de nombreux morts il y avait du avoir. Etrange cette organisation. Elle avait bien quelques questions qui lui venaient automatiquement à l’esprit, mais elle les garda pour elle. Certes elle n’était pas curieuse, mais elle aimait bien avoir toutes les données en main pour réfléchir calmement.

Elle aurait voulu par exemple demander si l’Asahi avait laissé un message, s’ils avaient e des revendications, ce genre de chose, un élément qui pourrait expliquer leurs motivations. Mais aussi important que soit le Chuunin instructeur aujourd’hui, à l’époque il n’était qu’un Genin. Et ce ne sont pas les Genin qui sont au courant de ce genre de chose. Surement choqué par la mort de cet ami qu’il semblait s’être fait pendant l’examen, il n’avait de façon pas eu l’esprit à poser des questions de ce genre, enfin peut être. Peut être pour la première fois depuis ces trois jours qu’elle connaissait Sho, Seika n’était pas sur d’arriver à le comprendre : il semblait toujours calme et plein d’une force solide, d’une volonté implacable et tout en douceur. Pourtant là, son regard avait perdu de son intensité, et elle n’y voyait plus de là où elle était, briller la flamme qui l’animait sans cesse. Sho, avait ses propres cicatrices, comme tout le monde. Comme elle.

La jeune femme tendit la main et saisit délicatement sa petite coupelle d’alcool de prune, qu’elle termina, laissant le breuvage finir de réchauffer son organisme, en émoussant légèrement ses sens. Loin de se sentir pompette, la jeune femme n’en était pas moins légèrement fatiguée. Que devait-elle faire, ou dire, en cet instant ? Elle n’en savait rien, aussi ne dit-elle rien, plutôt que de dire une bêtise. La Kunoichi tritura une mèche d’ébène de ses cheveux, avant d’avoir un petit éclair de réveil dans sa tête. Se servant une tasse du thé qu’avait prit son vis-à-vis, elle prit un alcool très léger de riz de bonne qualité, et remplit une nouvelle petite coupe, qu’elle posa à l’extrémité gauche de la table, du côté de la cour.

Délicatement, Seika se releva et saisit deux coussins qui bordaient ceux dont elle se servait pour s’assoir. Elle les plaça face à la cour, s’installa sur le sien, et fit signe à Sho de la rejoindre, tout en ajoutant par-dessus son épaule avec un sourire amicale.

[Seika] « Nous serons plus à l’aise pour regarder le jardin ainsi, sinon demain nous aurons tous les deux un torticolis affreux. »

Bien sur elle savait que Sho, étant médecin, n’avait pas à craindre ce genre de petits désagréments de la vie. Mais elle n’était pas dans cette situation, et préférait être installée ainsi, pour profiter de la fraicheur de la nuit, tout en étant réchauffé par l’alcool.

Lorsque son collègue l’eut rejoint, elle prit du bout de ses doigts fins sa tasse de thé, qu’elle plaça sur ses genoux, observant une nouvelle fois le jardin, mais du coin du regard, son esprit tourné vers des réflexions inutiles auxquelles elle ne pouvait pas apporter de réponse. Nagoshi lui fournirait : ses réponses un jour, pour le moment ils en avaient assez dit sur eux-mêmes pour la soirée. Toutes leurs questions trouveraient des réponses en temps voulu. Mais en cet instant il y en avait une qui lui tournait de façon malsaine dans la tête…

Pouvait-elle devenir assez puissante pour défier un village à elle seule, comme cette organisation l’avait fait en défiant trois villages en même temps, alors que leurs ressources militaires étaient déployées et prêtes au combat ? Pouvait-on réellement devenir aussi puissant ? L’idée était plaisante, mais elle arrivait mal à juger de la puissance des Shinobis qu’elle croisait pour le moment. Elle manquait encore d’expérience…

La pensée lui vint, que si cette organisation venait à s’en prendre à un seul village à la fois, ce village serait peut être anéanti. Une pensée terrifiante en fait, car même si elle n’aimait pas spécialement Kumo, c’était ici qu’elle avait grandie, et souffert. Mais aussi ici qu’elle avait connue le bonheur, et la joie, qu’elle avait rencontrée des personnes qui étaient chers à son cœur. Comment réagirait-elle, si un tel événement devait arriver ? Elle aviserait sur le moment sans doute. Ce leitmotiv ne se lassait pas de lui revenir. Dans un sens, c’était marcher à l’instinct, et cela pouvait être vu comme de l’orgueil. Seika n’était pas de cet avis : si Asahi attaquait le village, peu importe la décision qu’elle prendrait, ce ne serait nullement pas guidé par l’orgueil, seulement par sa promesse : protéger ceux qui ne peuvent se protéger seuls… Quitte à en mourir à son tour ? Surement oui…

Mais ça aurait été dommage.

Les secondes puis les minutes continuèrent de s’écouler, tandis qu’ils restaient perdus dans leurs pensées. Mais au moins, se dit-elle avait un sourire en coin, étaient-ils côte à côté dans cette situation. Seika tourna la tête vers Sho, et fixa ses yeux ambrés. Encore un message du regard de la part de la Kunoichi, un message qui disait simplement « Nous affronterons l’avenir tous les deux ».

MessageSujet: Re: Restaurant : « Le Chien Fou ! »   Sam 24 Oct - 15:07

¤,.°o°O Chapitre 9 : Un Fragment d'Avenir O°o°.,¤
« Tête à tête »
6

A l'intérieur du vide dans lequel Sho venait de tomber, ses souvenirs tournoyaient dans un panache de fumée grise. Il revoyait plusieurs visions du passé, son passé. Les épais troncs d'arbre de la Forêt Interne de Konoha, l'examinatrice aux cheveux rose bonbon, le groupe des proies aligné sous ses yeux, l'annonce de la première victoire, le regard de Sabi, le tirage au sort de la deuxième épreuve, le brouhaha du centre ville de Konoha, le sunéen qui parlait trop, la silhouette d'Akai Juutai sur le toit, le quartier de Kumo, les Immortels, l'Intendant, l'arène de Konoha, le soleil ardant, la détermination d'Ine, la main levée de l'examinateur, sa seconde victoire, les explosions ... l'agitation générale ... les premières tours de fumée noire ... l'ombre d'Asahi. Autant de flashs qui se succédèrent les uns à la suite des aux autres dans sa tête. Mais dans le fond, que connaissait-il d'Asahi ? De vagues rumeurs, même pas un seul visage, une seule silhouette, rien que des ombres qui faisaient peser leur épée de Damoclès sur le monde shinobi tout entier.

Ce monde là n'était pas prêt à les combattre, pas encore. Kumo le premier. A cette idée, un noeud se noua autour de son estomac. Et si jamais – l'éventualité était omniprésente dans son esprit – les sbires d'Asahi choisissaient d'attaquer Kumo, que se passerait-il ? Certes, le village avait vu naître les Immortels en son sein mais que pouvait un petit groupe d'individus, aussi puissants soient-ils, face à une armée de destructeurs ? Probablement pas grand chose. Il ne doutait pas des capacités de son village à se défendre, il doutait de ses capacités à survivre. Il y aurait toujours un kuméen pour défendre le village, toujours. Il croiserait peut-être rapidement le chemin de la mort mais il défendrait le village jusqu'au dernier souffle. Au-delà de ça, qui pouvait réellement contenir cette organisation ? L'Intendant ? Sho se doutait bien que Shigeo-sama possédait plus d'une corde à son arc. Mais même lui avait été surpris par l'attaque portée à Konoha, même lui avait été surpris par leur puissance. Alors qui pouvait les retenir ? Une coalition des principales nations ? Peut-être ... mais si l'attaque était portée sur un village caché en particulier, il faudrait trois à quatre jours à leurs alliés d'infortune pour leur porter secours ... alors à quoi pouvait bien ressembler cette coalition ?

Tant de questions mais si peu de réponses. Tant d'énigmes et si peu de solutions.

SEIKA. Nous serons plus à l’aise pour regarder le jardin ainsi, sinon demain nous aurons tous les deux un torticolis affreux.

Les yeux de Sho retrouvèrent leur teinte et leur profondeur habituelle. Il dévia aussitôt son attention vers Seika dont la voix l'avait brusquement ramené sous le ciel de Kumo. La kunoichi aux cheveux d'ébène avait quitté sa position pour s'assoire face à la cour, offrant son dos à sa vue. En la regardant ainsi, Sho se murmura à lui-même que Kumo avait peut-être un avenir. Une génération prometteuse commençait à voir le jour en son sein. Bien sûr, certains deviendraient des shinobis de légende, d'autres mourraient dans l'anonymat ou sur le champ de bataille, d'autres encore quitteraient ces murs pour se joindre à des groupuscules plus ou moins scrupuleux ... mais parmi cette génération, il y aurait forcément une lueur d'espoir, quelqu'un qui serait capable à son tour de perpétuer la volonté des Nuages.

Dans un froissement d'étoffes, Sho se mit debout et parcourut la courte distance qui le séparait de Seika. Il prit ensuite place sur le coussin qu'elle avait laissé à sa disposition.

SHO. C'est une belle soirée, fit-il en souriant légèrement.

Les mains posées sur ses genoux, l'eisei-nin contempla longuement la magnifique petite cour du Chien Fou. Il observa aussi le ciel sous toutes ses coutures. Les nuages, les fragments d'étoiles qui réussissaient à se révéler par moment, l'encre de la nuit, le faible éclat de la lune derrière un voile grisâtre, en clair un ciel dans tout ses états. Quand Seika tourna sa tête vers lui, il fit de même et la contempla avec la même admiration. Ils ne leur fallaient aucuns mots pour se comprendre, leur regard parlait pour eux. Lui comprenait qu'il pourrait compter sur elle, elle qu'elle pourrait compter sur lui simplement en regardant au-delà de ses yeux. Il y avait comme une forme de télépathie entre eux. Un langage qui leur était propre, qu'ils étaient seuls à déchiffrer et à émettre, une communication intemporelle.

Un sourire franc courba les lèvres de Sho, ses yeux se plissèrent très légèrement, comme s'il réalisait vraiment que cette soirée était une belle soirée. Son regard glissa vers le sol puis il repartit vers la cour où il se perdit définitivement.

¤¤¤

Personne ne sait vraiment ce qui s'est passé ce soir là. Pas même les deux protagonistes de cette soirée. Il n'y a aucun récit qui raconte fidèlement ce diner entre Shijimano Seika et Nagoshi Sho. Ce que l'Histoire raconte, c'est que quelque chose est né de cette complicité entre les deux chuunins et que cette chose évolua en une longue et belle aventure. Ces deux noms sont gravés quelque part, leur histoire, elle, s'est noyée dans leur silence. Personne ne sait vraiment qui ils sont ni même à quoi ils aspirent. Mais leurs noms sont gravés quelque part et leur histoire fera parler d'eux encore longtemps après leur mort.

De ce dîner, il ne demeura qu'une image ... un homme et une femme assis l'un à côté de l'autre, deux âmes identiques, sous le ciel nuageux de Kumo.

[ FIN ]

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

MessageSujet: Re: Restaurant : « Le Chien Fou ! »   Sam 24 Oct - 15:17



    Seika : + 78 XP ( bonus chuunin inclus )
    Sho : + 78 XP ( bonus chuunin inclus )

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